Apprentissage en ligne des échecs

De EduTech Wiki
Aller à : navigation, rechercher

Méthodes et technologies de l’enseignement en ligne des échecs <pageby comments="false"/>

1 Introduction

Cat article tente de passer en revue les stratégies pédagogiques les plus couramment observées sur Internet, ainsi que les technologies informatiques qui les accompagnent ou les supportent.

1.1 Apprentissage généralement transmissif

On remarquera que dans l’immense majorité des cas observés en ligne, la présentation d’un aspect théorique aux échecs se fait sur un mode transmissif littéral. On s’appuie généralement sur un diagramme (plutôt fixe) illustrant la position résultante. Ce mode de transmission peu interactif reproduit fidèlement l’esprit de toute la littérature échiquéenne. En effet, qu’il s’agisse des règles de base ou de situations complexes à étudier, le choix des armes pédagogiques s’appuie sur un à-priori probablement vrai : un joueur d’échecs n’a pas besoin d’être un génie, mais il doit avoir une bonne capacité d’abstraction et une bonne mémoire visuelle. Ces qualités se passent fort bien de l’interactivité : pas besoin de moyens visuels énormes, au contraire. C’est dans l’esprit du joueur que doit se produire l’essentiel. D’autre part, dans la pratique, le joueur d’échecs ne peut pas essayer ses coups, déplacer des pièces et les remettre en place : la règle du jeu l’interdit. Il faut donc l’habituer à visualiser mentalement la succession des coups, car on ne peut pas reprendre un coup. Cet effort d’imagination peut devenir énorme si on cherche à approfondir une analyse.

1.2 Mise en situation : noli me tangere?

Cependant, pour faire passer des notions plus complexes, on remarque l’emploi fréquent de visualiseurs de parties (voir ci-dessous). On donne ainsi à l’apprenant une perspective dynamique de la situation, et l’illusion de participer à l’action. Mais on lui permet rarement de prendre une liberté, et encore moins de prendre une décision. On ne touche pas les monuments historiques... Alors, à quelle visée pédagogique peut donc prétendre cet abondant matériel en ligne ?

1.3 Avantages du matériel en ligne par rapport à un bon livre

  • Trivialement, il faut d’abord souligner que c’est gratuit.
  • Un facteur plus intéressant est l’accessibilité : pour une partie peu avancée, on peut trouver immédiatement des information sur cette situation, en la soumettant à un moteur de recherche (en la traduisant aux formats de notation universels des échecs : PGN pour décrire une partie, FEN pour une position). Les analyses de parties sont innombrables sur Internet.
  • Et il faut relever tout de même les possibilités d’interaction que proposent les sites à vocation pédagogique (voir ci-dessous).


2 Apprendre à jouer aux échecs : description des objectifs

a) Apprendre le but et les règles du jeu, connaître la marche des pièces, et apprendre leur valeur relative.

b) Apprendre les règles fondamentales du « développement », pour être capable de construire une position coordonnée, solide et offensive des pièces.

c) Apprendre les règles de notation d’une partie jouée, afin de pouvoir se documenter.

d) Observer et comprendre des mécanismes subtils, pour développer des compétences stratégiques (vision d’ensemble, temporelle et spatiale), et tactiques (estimation de l’issue d’un combat rapproché, sur le plan matériel).

e) Développer les facultés de visualisation, de mémorisation et d’organisation du raisonnement.

f) Pour un joueur averti, développer une « culture » propre aux échecs, sous la forme d’une connaissance étendue des ouvertures possibles et des meilleures réponses.


3 Pédagogie et techniques

Passons en revue quelques exemples représentatifs.

3.1 Mode transmissif pur

Echecs-X, le site radioactif Site à vocation pédagogique, amusant et inventif, et pourtant toujours transmissif. Utilisation d’images fixes, avec quelques éléments mis en évidence. Les explications de Karim Berouague, bon joueur d'échecs, sont très vivantes et claires. Aucune interaction n’est proposée.
Le jeu d'échecs expliqué (1) Cet autre site propose plusieurs pages de théorie, comme dans cet exemple, expliquant la notion délicate de prise en passant à l’aide de diagrammes fléchés, et plus loin, d’une image GIF animée. Ecrit en XHTML par N.Lamoureux. EnPassant1.png

Google

3.2 Interactions proposées pour la présentation des notions

Le jeu d'échecs expliqué (2) Le même site propose des questionnaires pour approfondir les notions de base. Des liens hypertexte permettent d’afficher une page de réponses. EnPassant3.png
Leçons d’échecs pour débutants Un autre site, avec une interaction proposée pour montrer la prise en passant. En cliquant sur les liens dans le texte, l’image s’anime. L’apprenant participe, mais assiste au déroulement sans pouvoir toucher directement aux pièces. Programmation en Javascript. EnPassant2.png


3.3 Mode dynamique et ouvert (visualiseurs / experts)

Le jeu d'échecs expliqué (3) Troisième citation de ce site très varié : un lecteur de parties, permettant un contrôle historique sur la séquence de coups étudiée. On donne ainsi à l’apprenant une perspective dynamique de la situation, et l’illusion de participer à l’action. Mais on ne le laisse pas prendre de libertés pour explorer, on le lui demande pas de prendre une décision. Il reste spectateur. Code écrit en Javascript par Lutz Tautenhahn, adapté en français par N.Lamoureux. PNGviewer.png
ChessGenie Ce visualiseur de parties offre une nouvelle perspective: en plus de naviguer dans la séquence de coups étudiée, on peut intervenir et s’écarter du chemin en essayant ses propres déplacements. L’application ne joue pas vraiment aux échecs (elle ne fait pas d’analyse), mais elle sait appliquer les règles. L’utilisateur peut ainsi devenir plus actif en explorant les variantes non jouées, et tenter de comprendre pourquoi certains coups ont été écartés, puis revenir aux coups joués.Ecrit en ActionScript par Robert Ambalong pour un club d’échecs de Sydney. Utilisation possible comme widget avec l’autorisation de l’auteur. ChessGenie.png
Shredder Exemple d’exercice interactif, qui propose au joueur d’exercer son talent en découvrant le meilleur coup possible dans la situation donnée. Cette application permet également de déplacer librement les pièces, et valide les coups selon les règles du jeu. Lorsqu’on soulève une pièce, une option très instructive indique les destinations possibles. La solution proposée, quand on lâche la pièce, est validée immédiatement. Le site de Shredder dispose également d’une banque de données sur les ouvertures (débuts de parties), qui propose une liste de coups classiquement joués pour chaque position. L’application est écrite en Ajax par Stefan Meyer-Kahlen. Shredder.png

4 Conclusion

Les technologies informatiques sont peu, ou même sous-employées dans la plupart des cas. La vision pédagogique sous-jacente est souvent une pure transmission des informations, accordant peu de place à une possibilité d’expérimentation. Quelle est en fin de compte, l’authenticité de tels dispositifs d’apprentissage ? Il s’agit peut-être de distinguer plusieurs cas.

  • Pour le joueur d’échecs débutant, désirant apprendre à jouer, les informations écrites ne le stimuleront pas beaucoup : elles risquent plutôt de lui donner le vertige. Une solution technologique sur le modèle de l’application du site Shredder, permet mieux à un débutant de valider ses représentations, par des essais libres mais cadrés (règles, déplacements). Elle correspond mieux à la situation virtuelle d’un échiquier sur lequel on fait des essais.

A l’avenir, on pourrait imaginer une application plus experte encore, qui ferait des commentaires sur les exploits, ou sur les gaffes commises par le joueur… mais il faudrait réfléchir aussi au moyen de redorer le statut de l’erreur: dans une partie d’échecs, elle se traduit généralement par une pièce perdue.

  • Le joueur moyen, ayant acquis et maîtrisant les notions de base, souhaitant approfondir sa technique ou armer son jeu de quelques idées percutantes, aura besoin d’expérimenter aussi des séquences de coups tactiques pour les comprendre et les intégrer. Il n’y a pas de meilleure façon de l’aider que de lui proposer de les refaire sur un échiquier virtuel. Là aussi, des outils comme chessGenie et Shredder sont mieux adaptés.

Comme développements possibles, une présentation d’exercices plus ouverte (sans feed-back immédiat) serait peut-être intéressante. Ou un assistant de variantes, qui construirait automatiquement l’arbre des combinaisons de coups déjà tentées ?

  • Un joueur avancé, en quête de connaissances objectives, s’orientera sans doute vers les banques de données, pour chercher des informations sur une position donnée. Il pourra se passer totalement d’interactivité. Son apprentissage passe par les nouveaux liens qu’il doit faire, et il préférera travailler avec un logiciel plus performant, installé sur son ordinateur.


5 Autres liens

iEchecs Un site à vocation pédagogique contenant un outil similaire à chessGenie, largement employé pour illustrer les notions présentées sur le site.

Chesstr.com Site dédié aux échecs, proposant un widget pour visualiser des parties.

Little ChessPartner Petit programme jouant aux échecs. Ne permet pas de charger une partie. Ecrit en Java par Lex Loep, peut être téléchargé librement.

PGNviewer Freeware (en anglais) écrit en Javascript, peut être téléchargé. Permet de visualiser des parties.

chessFEN Le site DTHMLGoodies.com, géré par Alf Magne Kalleland, contient notamment cette application fort utile pour afficher le diagramme d'échecs d'un code FEN.


6 Appendice : standards de notation aux échecs

Ce format permet de décrire une position avec des caractères textuels simples. Ce format est reconnu par la plupart des logiciels et visualiseurs (voir chessFEN ci-dessous).

Exemple : la position initiale aux échecs s'écrit rnbqkbnr/pppppppp/8/8/8/8/PPPPPPPP/RNBQKBNR w KQkq - 0 1

Une telle séquence peut servir pour une recherche sur Internet.

Ce format permet de décrire une partie avec sa séquence de coups (ainsi que les adversaires, la date, le lieu, etc.). Il s'agit d'un format universel: tout logiciel d'échecs doit pouvoir importer et exporter des parties avec ce format. Ecrit en clair, avec une syntaxe rigoureuse, il est également lisible... à l'oeil nu.

Ce format se pose comme une alternative moderne au format PGN, avec l'avantage d'être une grammaire XML.


Y.Dethurens 9 juin 2008 à 23:15 (CEST)