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	<title>DeWiki - Contributions [fr]</title>
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	<updated>2026-05-04T02:59:40Z</updated>
	<subtitle>Contributions</subtitle>
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		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Conclusion_sur_les_droits_des_personnes&amp;diff=13246</id>
		<title>Conclusion sur les droits des personnes</title>
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		<updated>2014-01-15T09:15:48Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Victoria : /* Le contexte: climat économique, contingence sociale et politique, &amp;quot;esprit du temps&amp;quot; de l&amp;#039;après-guerre. Quid d&amp;#039;aujourd&amp;#039;hui ? */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;== Que sont les droits de la personne entre 1960-1980? ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En conclusion, nous pouvons constater que les droits de la personne dans des domaines différents se sont construits socialement et historiquement à partir de revendications de minorités (ou des porte-parole de minorités dans le cas des enfants ou des personnes qui n&#039;auraient pas leurs responsabilités juridiques), respectivement:&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* les enfants&lt;br /&gt;
* les femmes&lt;br /&gt;
* les prisonniers&lt;br /&gt;
* les patients psychiatriques&lt;br /&gt;
* les personnes en situation de handicap&lt;br /&gt;
* Les patients dans les hôpitaux (victimes d&#039;abus d&#039;expérimentation).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des acteurs se sont donc mobilisés pour que ces personnes puissent acquérir les mêmes droits proclamés d&#039;abord dans la [http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/IMG/pdf/DUDH.pdf Déclaration Universelle des Droits de l&#039;Homme], puis dans différentes lois, règlements et chartes. Les différents chapitres écrits par notre communauté de travail montrent tous que les personnes militantes se sont mobilisées pour le droit à l&#039;intégrité physique (femmes, prisonniers, patients) mais aussi pour le droit à l&#039;autodétermination (personne en situation de handicap et patients psychiatriques) et également pour le droit à la parole, à l&#039;écoute ou à une place reconnue dans la société (notamment pour les femmes – droit de vote et les enfants – droit à la parole –). C&#039;est d&#039;abord un traitement égal que ces minorités veulent obtenir, lequel suppose l&#039;émancipation et la reconnaissance de leurs droits, en tant que personnes, en tant qu&#039;êtres humains avec les valeurs qui s&#039;incarnent dans des pratiques relationnelles (le respect, la transparence, l&#039;égalité, etc.).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Souvent, ces revendications ont été faites suite à une remise en question des institutions ou plus globalement de la société.  &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les années 60-80 témoignent de changements importants. Bien évidement leurs prémisses remontent en-deça de cette période comme c&#039;est le cas des [[Droits_des_enfants|droits de l’enfant]] en tant que personne. Le chemin vers son individualisation a été bien avant 1968, une devise dans le travail éducatif et juridique de [[Index|Jean-Pierre Audéoud]] lequel, avec une participation active de sa femme, a pu l’appliquer durant son parcours professionnel. Mais l’histoire retrace également la construction des droits des [[Droits_des_femmes|femmes]], lesquelles, encore aujourd&#039;hui, revendiquent leur droit à l’avortement ou à des salaires égaux à celui des hommes. Leurs rôles sociaux, loin du stéréotype de la mère au foyer, font leur chemin. La lutte pour l’égalité des femmes est en perpétuelle évolution, et encore au XXIème siècle. L’entretien avec [[Entretien Amélia Christinat|Amélia Christianat]] en est une preuve. Son parcours militant en faveur des droits des femmes impressionne. Un combat important qui vise, comme dans le cas des droits de l’enfant, une reconnaissance non seulement tout à fait méritée, mais juste.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il faut dire que la reconnaissance en matière des droits des personnes est un processus long et complexe. Notre société accepte certains changements et s’oppose à d&#039;autres. Cela a été le cas durant les deux décennies prises en compte par notre recherche pendant lesquelles d&#039;autres droits sont revendiqués tels que les droits des [[Droits_des_patients_psychiatriques|patients]] ou [[Droits des patients (à l&#039;hôpital)|patients hospitaliers]], des [[Droits_des_prisonniers|prisonniers]] et des [[Droits_des_personnes_en_situation_de_handicap|personnes en situation de handicap]] . Tout individu avec son identité propre avec ses forces, ses faiblesses, ses différences, doit se battre afin d’être accepté à part entière par la société dont il fait partie &amp;lt;br /&amp;gt;: c&#039;est cela les droits de la personne.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Néanmoins, un certain nombre de constats peuvent être relevés:&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Pour avoir des droits, il faut se battre pour les obtenir; c&#039;est une lutte permanente; ce n&#039;est jamais acquis.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Le temps de la construction des droits est un temps long pour les promoteurs, mais un temps court dans l&#039;histoire de la démocratie et de l&#039;humanité (1789).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* l&#039;égalité des individus quelques soient leur situation comme personne (droit à la parole, droit à l&#039;intégrité physique, droit de vote, dignité, consentement, participation, etc.) demande une prise de conscience du public: ce n&#039;est pas évident (notamment pour des populations incarcérées).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*  la revendication de droits pour des populations &amp;quot;marginalisées&amp;quot; (patients psychiatriques, handicapés, prisonniers) demande un changement de &amp;quot;posture&amp;quot; épistémologique, idéologique, politique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* les  droits de l&#039;homme et du citoyens représentent les prémisses des droits accordé à l&#039;être humain. Puis, il a eu les droits envers des populations spécifiques, plus ou moins dans cet ordre dans ceux que nous avons traité: enfants, femmes, prisonniers, patients psychiatrique, handicapés, patients à l&#039;hôpital. On peut penser que cette revendications de droits spécifiques est dû au fait que les droits de l&#039;homme ne suffisaient pas à soutenir les réalités de vie des populations citées, d&#039;où les luttes pour faire valoir leurs droits particuliers. Ainsi, peut-être sommes-nous passés des droits de l&#039;être humain aux droits de la personne?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* L&#039;importance de faire valoir ses droits (les connaître, les faire respecter, participer à leur application).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Sur la question des droits, le risque est toujours présent de régression.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Le contexte: climat économique, contingence sociale et politique, &amp;quot;esprit du temps&amp;quot; de l&#039;après-guerre. Quid d&#039;aujourd&#039;hui ? === &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A travers nos différents chapitres sur les droits des personnes, nous avons constaté que toutes les mobilisations ont émergé à la suite de la seconde guerre mondiale. En effet, la [http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/IMG/pdf/DUDH.pdf Déclaration Universelle des Droits de l&#039;Homme] (10 décembre 1948), a permis de lutter contre les injustices qui se faisaient à l&#039;encontre des populations marginalisées ([[Droits_des_enfants|enfants]], femmes, prisonniers, personne en situation de handicap, patients psychiatrique et patient à l&#039;hôpital). Plus particulièrement, le jugement de Nuremberg a joué un rôle fondamental, lorsque les médecins nazis ont été condamnés pour avoir causé l&#039;humiliation, la séquestration, l&#039;expérimentation médicale et la mort de minorités. D&#039;ailleurs l&#039;action de la population juive a été déterminante dans la promotion des droits humains. L&#039;émergence des revendications de l&#039;après-guerre en matière d&#039;égalités des femmes, de protection de l&#039;enfant, de droit des patients en psychiatrie, ainsi que de droits des prisonniers prennent pour cible la société de type capitaliste, inégalitaire – et dans laquelle les écarts socio-économiques tendent à se creuser – et ses institutions, dites alors &amp;quot;totalitaires&amp;quot;. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le contexte de l&#039;époque était favorable à des revendications, manifestations et soulèvements de populations pour les droits des opprimés. D&#039;ailleurs, la bonne croissance économique y a beaucoup contribué, car lorsque tout va bien pour les gens ne sont-ils pas prêts à aider les plus démunis ? Certains témoins interrogés laissent entendre que lorsque la société est en période de crise, les droits des personnes acquis durant cette période (1960-1980) tendent à régresser. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La lutte pour le droit des personnes (enfants, femmes, prisonniers, patients ...) a duré pour la plupart plus de trente ans. Parfois les acteurs se sont investis du début jusqu&#039;à l&#039;acquisition de ce droit ; dédiant une grande partie de leur vie à ce projet. C&#039;est pourquoi, marquée de luttes, la construction des droits de l&#039;homme est un temps long pour ces promoteurs, mais si nous le  plaçons sur un axe temporel plus large, ces luttes ne constituent qu&#039;une courte période dans l&#039;histoire de l&#039;humanité. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C&#039;est en fait la lutte d&#039;associations de minorités qui va être à l&#039;origine de la reconnaissance de ces droits. Sans cette lutte point de progression pour l&#039;humanité. Nous remarquons, plus que jamais, aujourd&#039;hui, que cette lutte est permanente et n&#039;est jamais acquise. Plusieurs acteurs, que nous avons eu la chance d&#039;écouter, nous ont rappelé l&#039;importance de se mobiliser pour que ces droits restent actuels. Pour eux, la lutte ne doit cesser puisque sans une mobilisation de notre part, les droits qu&#039;ils ont acquis durement, vont rapidement régresser.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les femmes comme populations dites « marginalisées », ont pu être sensibles à d&#039;autres problématique comme celles du droits des patients puisque ce sont des femmes qui ont fondé la première association des droits de patients en Suisse. Ce sont elles qui se sont questionnées, elles qui ont de près vécu des situations d’injustice. Voir que le médecin décidait à la place du malade leur apparaissaient non pas seulement anodin, mais injuste. Souvent c&#039;est lorsque l&#039;on est touché personnellement que vient la conscience des manquements aux droits, au contournement des lois et c&#039;est souvent lorsqu&#039;une &amp;quot;affaire&amp;quot; se fait publique que les autorités réagissent pour calmer le scandale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Aujourd&#039;hui, en pleine crise économique, les mentalités se transforment. Passant d&#039;un &amp;quot;Je vais bien, il faut que j&#039;aide l&#039;autre&amp;quot; à un &amp;quot;Je vais mal, c&#039;est la faute de l&#039;autre&amp;quot;. Néanmoins, d&#039;autres militants partent au combat. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme il a été remarqué avec les droits des patients à l&#039;hôpital ou le droit des prisonniers, une régression est toujours possible, généralement marquée par une stigmatisation de ces minorités ou une volonté d&#039;en contrôler la dynamique. En effet, il y a quelques mois, après l&#039;affaire du meurtre d&#039;Adeline M. à [http://www.hug-ge.ch/tags/la-paquerette la pâquerette],le gouvernement a eu une volonté de durcir encore davantage les conditions des prisonniers afin de calmer la population qui criait au scandale. Pour ce faire, Yvonne Bercher nous a informé qu&#039;ils ont enlevé tout droits de sortis à tous les prisonniers de Champ-Dellon sans prendre en considération la nature des crimes de chacun ce qui, selon nous, représente une forme de régression.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour rester sur la thématique des prisonniers,nous pouvons également noter que défendre de tels droits n’est toujours pas quelque chose de facile puisque l’importance de cette lutte n’est pas encore très démocratisée et comprise par l’ensemble de la population. En effet, la prison demeure encore un lieu où l’on a de la difficulté à considérer les criminels comme des êtres humains. De ce fait, les prisonniers ont encore beaucoup de mal à exister en tant que personnes à part entière mais davantage comme des individus morcelés et éclatés. Par ailleurs, l’humiliation et le non respect de la dignité semble toujours très présents en prison. Par conséquent, nous pouvons nous demander quelle est la véritable place à accorder aux droits de l&#039;être humain dans un contexte carcéral si difficile. Nos constatations nous amène à réfléchir sur l&#039;avenir : que faut-il faire maintenant pour améliorer le respect des droits des détenus? A cette question,  les divers textes que nous avons pu lire ainsi que nos deux entretiens se rejoignent tous sur un point : il faut rendre la prison plus visible. En effet, comment agir pour les détenus si personne ne sait exactement comment ils sont traités? Reste maintenant à savoir si la population est véritablement désireuse de rendre le traitement des prisonniers plus transparents. Dans une démocratie, il revient au peuple de faire des choix quant aux droits et devoirs des citoyens qui la composent. Sommes-nous alors prêts à assumer notre responsabilité dans le traitement des personnes déviantes? Ou préférons-nous occulter cette zone d&#039;ombre de la société et l&#039;enterrer au plus profond de nos esprits?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour ce qui est du droit des femmes, un léger retour en arrière peut également être observé quant à l&#039;avortement. En effet, ce dernier est actuellement en train de faire débat, puisqu&#039;une votation aura lieu d&#039;ici quelque mois sur le non-remboursement par les caisses maladies de celui-ci. Nous risquons de revenir vers un statut des opprimés dans une société qui par ailleurs valorise l&#039;individu, la personne. Le cas récent de l&#039;Espagne illustre parfaitement la possibilité de régression. Dans la majorité des pays de l&#039;Union Européenne, l&#039;avortement est autorisé. L&#039;Espagne vient tout juste de sortir de cette majorité en modifiant la loi sur l&#039;avortement. Désormais, l&#039;avortement est interdit sauf dans quelques cas : &lt;br /&gt;
* en cas de danger physique encourus par la femme. Ce point devra avoir été vérifié par deux médecins différents et étrangers à l&#039;établissement où prendra place l&#039;avortement.&lt;br /&gt;
* en cas de viol mais à condition que la femme ait porté plainte.&lt;br /&gt;
* en cas de malformation fœtale.&lt;br /&gt;
Enfin, pour qu&#039;une mineure puisse avorter, l&#039;accord des parents sera nécessaire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est certain que, malheureusement, toutes les revendications finissent par s’essouffler. Les gens ne peuvent se battre pour une cause indéfiniment. Au bout d&#039;un certain temps, on se convainc que ce que l&#039;on a obtenu est suffisant et on arrête de se battre. Ou on arrête parce qu&#039;on est fatigué. Et la relève n&#039;est pas toujours là. Par contre, du moment qu&#039;un mouvement militant s&#039;essouffle, il y a des chances pour que le parti opposé se relève et effectue le combat inverse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En ce qui concerne les personnes en situation de handicap, si l&#039;on en croit le discours des acteurs des années 1960-1980, le combat est loin d&#039;être achevé. A l&#039;heure où l&#039;école s&#039;ouvre à l&#039;intégration, où l&#039;on parle d&#039;inclusion de tous les élèves, des institutions ségrégatives continuent de se développer, et la réalité du terrain est encore très éloignée des lois ([http://www.ge.ch/legislation/rsg/f/s/rsg_c1_12.html loi sur l&#039;intégration LIJBEP, 2008]). Le temps où l&#039;on cachait les enfants porteurs d&#039;un handicap semble révolu, et pourtant, quand on travaille dans ce milieu, les regards réprobateurs ne sont pas rares, et rappellent le chemin qu&#039;il reste à parcourir. A l&#039;Université, nombre de cours nous forment à considérer ces personnes en tant que &amp;quot;personnes&amp;quot; justement, comme si cela n&#039;était pas une évidence. C&#039;est donc que l&#039;on peut encore douter du statut de cette population.&lt;br /&gt;
En bref, la question aujourd&#039;hui pourrait se résumer ainsi, en termes politiquement incorrects: la société, en temps de crise, peut-elle s&#039;offrir le luxe de se préoccuper des plus démunis? Citons ici [http://fr.wikipedia.org/wiki/Charles_Fourier Charles Fourier] &amp;quot;On mesure le degré de civilisation d&#039;une société au sort qu&#039;elle réserve aux plus démunis&amp;quot;. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Qu&#039;en est-il des droits de l&#039;enfant aujourd&#039;hui? En Suisse, nous avons pu voir à travers l&#039;[[Entretien avec M. Jean-Pierre Audéoud|entretien]] avec M. [[Index| Audéoud]] et sa femme, que la considération des mineurs a changé dans le domaine éducatif. On peut penser que les mentalités et valeurs ont été modifiées entre les années 60 et la fin du siècle ainsi que les instances rattachées à l&#039;enfant, tel que le Tribunal des mineurs ou l&#039;école. Le Tribunal des mineurs a évolué dans ce sens, avec une attention particulière à l&#039;enfant ou adolescent, à ce qui serait le plus favorable pour lui. Quant à l&#039;école, on  peut voir que la pédagogie s&#039;attache désormais plus à la participation de l&#039;enfant, au respect de son rythme, entre autres nombreux aspects. Mais cela ne veut pas dire qu&#039;il n&#039;y a pas encore à faire dans le sens du respect des droits de l&#039;enfant. En effet, la sensibilisation des enfants quant à leurs droits reste d&#039;actualité, d&#039;où le travail dans les écoles sur ceux-ci, présentés aux enfants de manière simplifiée. Même si sur le versant visible, la Suisse, comme pays &amp;quot;développé&amp;quot;, a mis en place des dispositions juridiques relatives aux droits de l&#039;enfant, il demeure que dans le privé il existe toujours des cas que l&#039;on pourrait appeler de maltraitance envers les enfants.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sur le plan international, bien que la quasi totalité des Etats reconnus pas l&#039;ONU aient ratifié la [http://www.unicef.ch/sites/default/files/attachements/convention_relative_aux_droits_de_lenfant.pdf Convention relative aux droits de l&#039;enfant] de 1989, son application fait encore largement défaut dans certains pays. L&#039;UNICEF met en lumière quelques chiffres mondiaux très parlants quant aux principes fondamentaux de la CIDE (droit à la santé, à l&#039;éducation, à une identité, à la protection et à la participation) dans un [http://www.unicef.fr/userfiles/livretParlementUNICEF100107v2.pdf dossier] de 2008. Par exemple, en ce qui concerne le droit à l&#039;identité de l&#039;enfant, &amp;quot;51 millions de naissances ne sont pas enregistrées&amp;quot;, tandis que &amp;quot;24&#039;000 enfants âgés de moins de cinq ans meurent chaque jour de malnutrition et de maladies qui, dans la plupart des cas, pourraient être évitées&amp;quot; alors que le CIDE accorde à l&#039;enfant le droit essentiel à la santé. Bien que la nécessité et le droit de l&#039;enfant à l&#039;éducation soient inscrite dans ce texte, &amp;quot;101 millions d’enfants ne sont pas scolarisés&amp;quot; dans le monde et &amp;quot;158 millions d’enfants âgés de 5 à 14 ans travaillent&amp;quot; malgré la reconnaissance des Etats de leur droit à la protection. Pour ce qui est du droit à la participation des enfants, il n&#039;est pas évident d&#039;y associé un chiffre, mais on peut tout de même aisément penser que bon nombre d&#039;enfants n&#039;ont guère possibilité d&#039;expression et sont certainement peu, voir pas écoutés.&lt;br /&gt;
Il y a donc encore bien du chemin à parcourir encore pour faire valoir et respecter les droits des enfants, avenir de notre société, dans le monde.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En ce qui concerne les droits des patients psychiatriques en Suisse, l’on peut remarquer comme des amélioration ont été apportées grâce aux revendications des groupes militants. Néanmoins certaines problématiques sont toujours d’actualités et il semble difficile d’y trouver des solutions. Comme nous l’avons pu remarquer à travers l’entretien avec Monsieur Riesen et lors de nos recherches, l’évolution des droits des patients psychiatriques se confronte à des impasses au niveau juridique. Tout d’abord il est difficile de limiter le pouvoir médical. En effet, lorsque un médecin se prononce en faveur d’un internement, motivant sa décision par la possible dangerosité du patient, personne ou peu de monde ose s’y opposer. De plus, la nature de la maladie mentale empêche le patient psychiatrique de pouvoir jouir pleinement des droits des patients.  &lt;br /&gt;
Si d’un côté les lois visent la tutelle de cette type de population perçue comme étant plus vulnérable, ces mêmes lois sont responsables de la limitation de ces personne dans l’exercice de leur droits. C’est le cas par exemple de la lois sur la privation de liberté à des fins d’assistance qui reste dans l’ambiguïté face à la Convention européenne des droits de l’homme (ratifiée par la Suisse en 1974). En effet, on peut interner une personne contre son gré si on estime que cela soit la seule façon d’assurer son assistance. &lt;br /&gt;
Une autre difficulté se trouve dans l’évaluation de la capacité de discernement. Le code civil prévoit certaines situations dans lesquelles cette capacité peut être limitée dans l’intérêt de la personne concernée, notamment dans le cas de « maladie mentale » et de « faiblesse d’esprit ». La reconnaissance de cette capacité est la condition indispensable sans laquelle l’individu n’est pas en mesure d’exercer ses droits personnels. L’évaluation de la capacité de discernement se prête à controverse, notamment entre psychiatre et juriste, car il est impossible de poser un jugement objectif. Ceci est encore de nos jours source de malentendus et il semble très difficile qu’une réforme juridique puisse parvenir à éclaircir cette situation compliquée.&lt;br /&gt;
En outre, on assiste aujourd’hui à une forme de stigmatisation, de la part des mouvements populistes et de l’extrême droite, des personnes qui souffrent de troubles psychiques et qui bénéficient de l’assistance. Le discours budgétaire se traduit aussi par rapport aux diminutions des subventions aux hôpitaux psychiatriques. De plus, au niveau de la population, il y moins de tolérance, moins d’acceptation des personnes ayant des troubles psychiques. Ceci est dû aussi à des évènements récents qui font resurgir le discours sécuritaire de protection de la population.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Et les sciences de l&#039;éducation dans tout ça? ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les rencontres que nous avons faites avec ces militants d&#039;une autre époque nous ont permis d&#039;alimenter nos réflexion sur le domaine des droits de la personne entre 1960 et 1980. Nous avons surtout relevé la fougue et la passion de ces militants en faveur d&#039;autrui. C&#039;est une belle leçon d&#039;humanité que nous avons eue, puisque par leur mobilisation ils ont pu faire changer les conditions des personnes marginalisées. Nous qui avons choisi une filière sociale et qui souhaitons plus tard intervenir auprès de personnes fragilisées, cette expérience nous a appris qu&#039;il faut s&#039;engager &amp;quot;à fond&amp;quot; pour la cause que nous défendons si nous voulons qu&#039;il y ait du changement. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous avons également pu comprendre que le droit à l&#039;autodétermination [[Droits des personnes en situation de handicap|des personnes en situation de handicap]] - que nous voyons dans le cadre de notre formation - est un droit qui a été avant cela revendiqué par d&#039;autres personnes ; les [[Droits_des_enfants|enfants]], [[Droits des femmes|les femmes]], [[Droits des prisonniers|les prisonniers]], [[Droits des patients psychiatriques|les patients psychiatriques]] et [[Droits des patients (à l&#039;hôpital)|les patients à l&#039;hôpital]]. Tout ceci nous a donc expliqué que l&#039;acquisition des droits de la personne prend du temps puisque pour la plus part, il a fallu se mobiliser pendant vingt ans pour voir des changements dans la société. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les sciences de l&#039;éducation prennent une place dans la lutte a poursuivre pour certains de ces droits, leur connaissance et leur  maintien. On peut notamment penser aux populations des enfants et des personnes en situation de handicap avec qui nous travaillerons. Il est ainsi important de continuer à faire valoir leurs droits, leurs applications et la connaissance de ceux-ci par les populations concernées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De plus les sciences de l’éducation doivent promouvoir une réflexion constante autour des populations les plus démunies, afin de permettre une remise en question des concepts qui encore aujourd’hui limitent la reconnaissance et l’exercice des droits de ces personnes. Pour que des changements au niveau juridique et des politiques publiques s’opèrent, il est nécessaire un changement de mentalité de la part de la société. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des auteurs, comme Illich, préconisaient une société sans école, où l&#039;on apprendrait, directement d&#039;autrui, inséré dans un réseau, au gré de nos besoins éducatifs. La personne irait trouver les connaissances dont elle a besoin dans un réseau de connaissances et d&#039;individus, pédagogues, comme elle, en puissance. Nous constatons, également, que dans une même revendication d&#039;égalité et de remise en question des institutions, des auteurs comme Foucault dénoncent l&#039;autoritarisme d&#039;institutions comme la médecine qui en fait exerce un vrai pouvoir policier sur les personnes. Toute institution se construit socialement. Il en est de même pour la médecine qui s&#039;éloigne volontairement du patient, en adoptant une posture d&#039;expertise. Ce dernier ne construit pas le savoir médical avec le médecin, il ne connait souvent pas les méthodes de recherches concernant cet art. Or il pourrait, en aller autrement, notamment en permettant aux hommes d&#039;apprendre davantage sur la médecine et ses méthodes de construction du savoir. Le patient est avant tout une personne, comme l&#039;est d&#039;ailleurs le médecin. C&#039;est pourquoi cette dyade doit s&#039;évertuer à construire ensemble un savoir médical compréhensible par tout-un-chacun.  Telle est la condition, telle que visionnée par Illich, pour que l&#039;homme se connaisse davantage lui-même, c&#039;est-à-dire se réapproprie ce regard sur lui-même qui sait aujourd&#039;hui en lien avec les autres dans des relations qui soient productrices de respect et de compréhension réciproque.&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Victoria</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Conclusion_sur_les_droits_des_personnes&amp;diff=13245</id>
		<title>Conclusion sur les droits des personnes</title>
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		<updated>2014-01-15T08:51:09Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Victoria : /* Que sont les droits de la personne entre 1960-1980? */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;== Que sont les droits de la personne entre 1960-1980? ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En conclusion, nous pouvons constater que les droits de la personne dans des domaines différents se sont construits socialement et historiquement à partir de revendications de minorités (ou des porte-parole de minorités dans le cas des enfants ou des personnes qui n&#039;auraient pas leurs responsabilités juridiques), respectivement:&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* les enfants&lt;br /&gt;
* les femmes&lt;br /&gt;
* les prisonniers&lt;br /&gt;
* les patients psychiatriques&lt;br /&gt;
* les personnes en situation de handicap&lt;br /&gt;
* Les patients dans les hôpitaux (victimes d&#039;abus d&#039;expérimentation).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des acteurs se sont donc mobilisés pour que ces personnes puissent acquérir les mêmes droits proclamés d&#039;abord dans la [http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/IMG/pdf/DUDH.pdf Déclaration Universelle des Droits de l&#039;Homme], puis dans différentes lois, règlements et chartes. Les différents chapitres écrits par notre communauté de travail montrent tous que les personnes militantes se sont mobilisées pour le droit à l&#039;intégrité physique (femmes, prisonniers, patients) mais aussi pour le droit à l&#039;autodétermination (personne en situation de handicap et patients psychiatriques) et également pour le droit à la parole, à l&#039;écoute ou à une place reconnue dans la société (notamment pour les femmes – droit de vote et les enfants – droit à la parole –). C&#039;est d&#039;abord un traitement égal que ces minorités veulent obtenir, lequel suppose l&#039;émancipation et la reconnaissance de leurs droits, en tant que personnes, en tant qu&#039;êtres humains avec les valeurs qui s&#039;incarnent dans des pratiques relationnelles (le respect, la transparence, l&#039;égalité, etc.).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Souvent, ces revendications ont été faites suite à une remise en question des institutions ou plus globalement de la société.  &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les années 60-80 témoignent de changements importants. Bien évidement leurs prémisses remontent en-deça de cette période comme c&#039;est le cas des [[Droits_des_enfants|droits de l’enfant]] en tant que personne. Le chemin vers son individualisation a été bien avant 1968, une devise dans le travail éducatif et juridique de [[Index|Jean-Pierre Audéoud]] lequel, avec une participation active de sa femme, a pu l’appliquer durant son parcours professionnel. Mais l’histoire retrace également la construction des droits des [[Droits_des_femmes|femmes]], lesquelles, encore aujourd&#039;hui, revendiquent leur droit à l’avortement ou à des salaires égaux à celui des hommes. Leurs rôles sociaux, loin du stéréotype de la mère au foyer, font leur chemin. La lutte pour l’égalité des femmes est en perpétuelle évolution, et encore au XXIème siècle. L’entretien avec [[Entretien Amélia Christinat|Amélia Christianat]] en est une preuve. Son parcours militant en faveur des droits des femmes impressionne. Un combat important qui vise, comme dans le cas des droits de l’enfant, une reconnaissance non seulement tout à fait méritée, mais juste.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il faut dire que la reconnaissance en matière des droits des personnes est un processus long et complexe. Notre société accepte certains changements et s’oppose à d&#039;autres. Cela a été le cas durant les deux décennies prises en compte par notre recherche pendant lesquelles d&#039;autres droits sont revendiqués tels que les droits des [[Droits_des_patients_psychiatriques|patients]] ou [[Droits des patients (à l&#039;hôpital)|patients hospitaliers]], des [[Droits_des_prisonniers|prisonniers]] et des [[Droits_des_personnes_en_situation_de_handicap|personnes en situation de handicap]] . Tout individu avec son identité propre avec ses forces, ses faiblesses, ses différences, doit se battre afin d’être accepté à part entière par la société dont il fait partie &amp;lt;br /&amp;gt;: c&#039;est cela les droits de la personne.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Néanmoins, un certain nombre de constats peuvent être relevés:&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Pour avoir des droits, il faut se battre pour les obtenir; c&#039;est une lutte permanente; ce n&#039;est jamais acquis.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Le temps de la construction des droits est un temps long pour les promoteurs, mais un temps court dans l&#039;histoire de la démocratie et de l&#039;humanité (1789).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* l&#039;égalité des individus quelques soient leur situation comme personne (droit à la parole, droit à l&#039;intégrité physique, droit de vote, dignité, consentement, participation, etc.) demande une prise de conscience du public: ce n&#039;est pas évident (notamment pour des populations incarcérées).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*  la revendication de droits pour des populations &amp;quot;marginalisées&amp;quot; (patients psychiatriques, handicapés, prisonniers) demande un changement de &amp;quot;posture&amp;quot; épistémologique, idéologique, politique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* les  droits de l&#039;homme et du citoyens représentent les prémisses des droits accordé à l&#039;être humain. Puis, il a eu les droits envers des populations spécifiques, plus ou moins dans cet ordre dans ceux que nous avons traité: enfants, femmes, prisonniers, patients psychiatrique, handicapés, patients à l&#039;hôpital. On peut penser que cette revendications de droits spécifiques est dû au fait que les droits de l&#039;homme ne suffisaient pas à soutenir les réalités de vie des populations citées, d&#039;où les luttes pour faire valoir leurs droits particuliers. Ainsi, peut-être sommes-nous passés des droits de l&#039;être humain aux droits de la personne?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* L&#039;importance de faire valoir ses droits (les connaître, les faire respecter, participer à leur application).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Sur la question des droits, le risque est toujours présent de régression.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Le contexte: climat économique, contingence sociale et politique, &amp;quot;esprit du temps&amp;quot; de l&#039;après-guerre. Quid d&#039;aujourd&#039;hui ? === &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A travers nos différents chapitres sur les droits des personnes, nous avons constaté que toutes les mobilisations ont émergé à la suite de la seconde guerre mondiale. En effet, la [http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/IMG/pdf/DUDH.pdf Déclaration Universelle des Droits de l&#039;Homme] (10 décembre 1948), a permis de lutter contre les injustices qui se faisaient à l&#039;encontre des populations marginalisées ([[Droits_des_enfants|enfants]], femmes, prisonniers, personne en situation de handicap, patients psychiatrique et patient à l&#039;hôpital). Plus particulièrement, le jugement de Nuremberg a joué un rôle fondamental, lorsque les médecins nazis ont été condamnés pour avoir causé l&#039;humiliation, la séquestration, l&#039;expérimentation médicale et la mort de minorités. D&#039;ailleurs l&#039;action de la population juive a été déterminante dans la promotion des droits humains. L&#039;émergence des revendications de l&#039;après-guerre en matière d&#039;égalités des femmes, de protection de l&#039;enfant, de droit des patients en psychiatrie, ainsi que de droits des prisonniers prennent pour cible la société de type capitaliste, inégalitaire – et dans laquelle les écarts socio-économiques tendent à se creuser – et ses institutions, dites alors &amp;quot;totalitaires&amp;quot;. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le contexte de l&#039;époque était favorable à des revendications, manifestations et soulèvements de populations pour les droits des opprimés. D&#039;ailleurs, la bonne croissance économique y a beaucoup contribué, car lorsque tout va bien pour les gens ne sont-ils pas prêts à aider les plus démunis ? Certains témoins interrogés laissent entendre que lorsque la société est en période de crise, les droits des personnes acquis durant cette période (1960-1980) tendent à régresser. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La lutte pour le droit des personnes (enfants, femmes, prisonniers, patients ...) a duré pour la plupart plus de trente ans. Parfois les acteurs se sont investis du début jusqu&#039;à l&#039;acquisition de ce droit ; dédiant une grande partie de leur vie à ce projet. C&#039;est pourquoi, marquée de luttes, la construction des droits de l&#039;homme est un temps long pour ces promoteurs, mais si nous le  plaçons sur un axe temporel plus large, ces luttes ne constituent qu&#039;une courte période dans l&#039;histoire de l&#039;humanité. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C&#039;est en fait la lutte d&#039;associations de minorités qui va être à l&#039;origine de la reconnaissance de ces droits. Sans cette lutte point de progression pour l&#039;humanité. Nous remarquons, plus que jamais, aujourd&#039;hui, que cette lutte est permanente et n&#039;est jamais acquise. Plusieurs acteurs, que nous avons eu la chance d&#039;écouter, nous ont rappelé l&#039;importance de se mobiliser pour que ces droits restent actuels. Pour eux, la lutte ne doit cesser puisque sans une mobilisation de notre part, les droits qu&#039;ils ont acquis durement, vont rapidement régresser.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les femmes comme populations dites « marginalisées », ont pu être sensibles à d&#039;autres problématique comme celles du droits des patients puisque ce sont des femmes qui ont fondé la première association des droits de patients en Suisse. Ce sont elles qui se sont questionnées, elles qui ont de près vécu des situations d’injustice. Voir que le médecin décidait à la place du malade leur apparaissaient non pas seulement anodin, mais injuste. Souvent c&#039;est lorsque l&#039;on est touché personnellement que vient la conscience des manquements aux droits, au contournement des lois et c&#039;est souvent lorsqu&#039;une &amp;quot;affaire&amp;quot; se fait publique que les autorités réagissent pour calmer le scandale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Aujourd&#039;hui, en pleine crise économique, les mentalités se transforment. Passant d&#039;un &amp;quot;Je vais bien, il faut que j&#039;aide l&#039;autre&amp;quot; à un &amp;quot;Je vais mal, c&#039;est la faute de l&#039;autre&amp;quot;. Néanmoins, d&#039;autres militants partent au combat. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme il a été remarqué avec les droits des patients à l&#039;hôpital ou le droit des prisonniers, une régression est toujours possible, généralement marquée par une stigmatisation de ces minorités ou une volonté d&#039;en contrôler la dynamique. En effet, il y a quelques mois, après l&#039;affaire du meurtre d&#039;Adeline M. à [http://www.hug-ge.ch/tags/la-paquerette la pâquerette],le gouvernement a eu une volonté de durcir encore davantage les conditions des prisonniers afin de calmer la population qui criait au scandale. Pour ce faire, Yvonne Bercher nous a informé qu&#039;ils ont enlevé tout droits de sortis à tous les prisonniers de Champ-Dellon sans prendre en considération la nature des crimes de chacun ce qui, selon nous, représente une forme de régression.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour rester sur la thématique des prisonniers,nous pouvons également noter que défendre de tels droits n’est toujours pas quelque chose de facile puisque l’importance de cette lutte n’est pas encore très démocratisée et comprise par l’ensemble de la population. En effet, la prison demeure encore un lieu où l’on a de la difficulté à considérer les criminels comme des êtres humains. De ce fait, les prisonniers ont encore beaucoup de mal à exister en tant que personnes à part entière mais davantage comme des individus morcelés et éclatés. Par ailleurs, l’humiliation et le non respect de la dignité semble toujours très présents en prison. Par conséquent, nous pouvons nous demander quelle est la véritable place à accorder aux droits de l&#039;être humain dans un contexte carcéral si difficile. Nos constatations nous amène à réfléchir sur l&#039;avenir : que faut-il faire maintenant pour améliorer le respect des droits des détenus? A cette question,  les divers textes que nous avons pu lire ainsi que nos deux entretiens se rejoignent tous sur un point : il faut rendre la prison plus visible. En effet, comment agir pour les détenus si personne ne sait exactement comment ils sont traités? Reste maintenant à savoir si la population est véritablement désireuse de rendre le traitement des prisonniers plus transparents. Dans une démocratie, il revient au peuple de faire des choix quant aux droits et devoirs des citoyens qui la composent. Sommes-nous alors prêts à assumer notre responsabilité dans le traitement des personnes déviantes? Ou préférons-nous occulter cette zone d&#039;ombre de la société et l&#039;enterrer au plus profond de nos esprits?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour ce qui est du droit des femmes, un léger retour en arrière peut également être observé quant à l&#039;avortement. En effet, ce dernier est actuellement en train de faire débat, puisqu&#039;une votation aura lieu d&#039;ici quelque mois sur le non-remboursement par les caisses maladies de celui-ci. Nous risquons de revenir vers un statut des opprimés dans une société qui par ailleurs valorise l&#039;individu, la personne. Le cas récent de l&#039;Espagne illustre parfaitement la possibilité de régression. Dans la majorité des pays de l&#039;Union Européenne, l&#039;avortement est autorisé. L&#039;Espagne vient tout juste de sortir de cette majorité en modifiant la loi sur l&#039;avortement. Désormais, l&#039;avortement est interdit sauf dans quelques cas : &lt;br /&gt;
* en cas de danger physique encourus par la femme. Ce point devra avoir été vérifié par deux médecins différents et étrangers à l&#039;établissement où prendra place l&#039;avortement.&lt;br /&gt;
* en cas de viol mais à condition que la femme ait porté plainte.&lt;br /&gt;
* en cas de malformation fœtale.&lt;br /&gt;
Enfin, pour qu&#039;une mineure puisse avorter, l&#039;accord des parents sera nécessaire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est certain que, malheureusement, toutes les revendications finissent par s’essouffler. Les gens ne peuvent se battre pour une cause indéfiniment. Au bout d&#039;un certain temps, on se convainc que ce que l&#039;on a obtenu est suffisant et on arrête de se battre. Ou on arrête parce qu&#039;on est fatigué. Et la relève n&#039;est pas toujours là. Par contre, du moment qu&#039;un mouvement militant s&#039;essouffle, il y a des chances pour que le parti opposé se relève et effectue le combat inverse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En ce qui concerne les personnes en situation de handicap, si l&#039;on en croit le discours des acteurs des années 1960-1980, le combat est loin d&#039;être achevé. A l&#039;heure où l&#039;école s&#039;ouvre à l&#039;intégration, où l&#039;on parle d&#039;inclusion de tous les élèves, des institutions ségrégatives continuent de se développer, et la réalité du terrain est encore très éloignée des lois ([http://www.ge.ch/legislation/rsg/f/s/rsg_c1_12.html loi sur l&#039;intégration LIJBEP, 2008]). Le temps où l&#039;on cachait les enfants porteurs d&#039;un handicap semble révolu, et pourtant, quand on travaille dans ce milieu, les regards réprobateurs ne sont pas rares, et rappellent le chemin qu&#039;il reste à parcourir. A l&#039;Université, nombre de cours nous forment à considérer ces personnes en tant que &amp;quot;personnes&amp;quot; justement, comme si cela n&#039;était pas une évidence. C&#039;est donc que l&#039;on peut encore douter du statut de cette population.&lt;br /&gt;
En bref, la question aujourd&#039;hui pourrait se résumer ainsi, en termes politiquement incorrects: la société, en temps de crise, peut-elle s&#039;offrir le luxe de se préoccuper des plus démunis? Citons ici [http://fr.wikipedia.org/wiki/Charles_Fourier Charles Fourier] &amp;quot;On mesure le degré de civilisation d&#039;une société au sort qu&#039;elle réserve aux plus démunis&amp;quot;. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Qu&#039;en est-il des droits de l&#039;enfant aujourd&#039;hui? En Suisse, nous avons pu voir à travers l&#039;[[Entretien avec M. Jean-Pierre Audéoud|entretien]] avec M. [[Index| Audéoud]] et sa femme, que la considération des mineurs a changé dans le domaine éducatif. On peut penser que les mentalités et valeurs ont été modifiées entre les années 60 et la fin du siècle ainsi que les instances rattachées à l&#039;enfant, tel que le Tribunal des mineurs ou l&#039;école. Le Tribunal des mineurs a évolué dans ce sens, avec une attention particulière à l&#039;enfant ou adolescent, à ce qui serait le plus favorable pour lui. Quant à l&#039;école, on  peut voir que la pédagogie s&#039;attache désormais plus à la participation de l&#039;enfant, au respect de son rythme, entre autres nombreux aspects. Mais cela ne veut pas dire qu&#039;il n&#039;y a pas encore à faire dans le sens du respect des droits de l&#039;enfant. En effet, la sensibilisation des enfants quant à leurs droits reste d&#039;actualité, d&#039;où le travail dans les écoles sur ceux-ci, présentés aux enfants de manière simplifiée. Même si sur le versant visible, la Suisse, comme pays &amp;quot;développé&amp;quot;, a mis en place des dispositions juridiques relatives aux droits de l&#039;enfant, il demeure que dans le privé il existe toujours des cas que l&#039;on pourrait appeler de maltraitance envers les enfants.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sur le plan international, bien que la quasi totalité des Etats reconnus pas l&#039;ONU aient ratifié la [http://www.unicef.ch/sites/default/files/attachements/convention_relative_aux_droits_de_lenfant.pdf Convention relative aux droits de l&#039;enfant] de 1989, son application fait encore largement défaut dans certains pays. L&#039;UNICEF met en lumière quelques chiffres mondiaux très parlants quant aux principes fondamentaux de la CIDE (droit à la santé, à l&#039;éducation, à une identité, à la protection et à la participation) dans un [http://www.unicef.fr/userfiles/livretParlementUNICEF100107v2.pdf dossier] de 2008. Par exemple, en ce qui concerne le droit à l&#039;identité de l&#039;enfant, &amp;quot;51 millions de naissances ne sont pas enregistrées&amp;quot;, tandis que &amp;quot;24&#039;000 enfants âgés de moins de cinq ans meurent chaque jour de malnutrition et de maladies qui, dans la plupart des cas, pourraient être évitées&amp;quot; alors que le CIDE accorde à l&#039;enfant le droit essentiel à la santé. Bien que la nécessité et le droit de l&#039;enfant à l&#039;éducation soient inscrite dans ce texte, &amp;quot;101 millions d’enfants ne sont pas scolarisés&amp;quot; dans le monde et &amp;quot;158 millions d’enfants âgés de 5 à 14 ans travaillent&amp;quot; malgré la reconnaissance des Etats de leur droit à la protection. Pour ce qui est du droit à la participation des enfants, il n&#039;est pas évident d&#039;y associé un chiffre, mais on peut tout de même aisément penser que bon nombre d&#039;enfants n&#039;ont guère possibilité d&#039;expression et sont certainement peu, voir pas écoutés.&lt;br /&gt;
Il y a donc encore bien du chemin à parcourir encore pour faire valoir et respecter les droits des enfants, avenir de notre société, dans le monde.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En ce qui concerne les droits des patients psychiatriques en Suisse, l’on peut remarquer comme des amélioration ont été apportées grâce aux revendications des groupes militants. Néanmoins certaines problématiques sont toujours d’actualités et il semble difficile d’y trouver des solutions. Comme nous l’avons pu remarquer à travers l’entretien avec Monsieur Riesen et lors de nos recherches, l’évolution des droits des patients psychiatriques se confronte à des impasses au niveau juridique. Tout d’abord il est difficile de limiter le pouvoir médical. En effet, lorsque un médecin se prononce en faveur d’un internement, motivant sa décision par la possible dangerosité du patient, personne ou peu de monde ose s’y opposer. De plus, la nature de la maladie mentale empêche le patient psychiatrique de pouvoir jouir pleinement des droits des patients.  &lt;br /&gt;
Si d’un côté les lois visent la tutelle de cette type de population perçue comme étant plus vulnérable, ces mêmes lois sont responsables de la limitation de ces personne dans l’exercice de leur droits. C’est le cas par exemple de la lois sur la privation de liberté à des fins d’assistance qui reste dans l’ambiguïté face à la Convention européenne des droits de l’homme (ratifiée par la Suisse n 1974). En effet, on peut interner une personne contre son gré si on estime que cela soit la seule façon d’assurer son assistance. &lt;br /&gt;
Une autre difficulté se trouve dans l’évaluation de la capacité de discernement. Le code civil prévoit certaines situations dans lesquelles cette capacité peut être limitée dans l’intérêt de la personne concernée, notamment dans le cas de « maladie mentale » et de « faiblesse d’esprit ». La reconnaissance de cette capacité est la condition indispensable sans laquelle l’individu n’est pas en mesure d’exercer ses droits personnels. L’évaluation de la capacité de discernement se prête à controverse, notamment entre psychiatre et juriste, car il est impossible de poser un jugement objectif. Ceci est encore de nos jours source de malentendus et il semble très difficile qu’une réforme juridique puisse parvenir à éclaircir cette situation compliquée.&lt;br /&gt;
En outre, on assiste aujourd’hui à une forme de stigmatisation, de la part des mouvements populistes et de l’extrême droite, des personnes qui souffrent de troubles psychiques et qui bénéficient de l’assistance. Le discours budgétaire se traduit aussi par rapport aux diminutions des subventions aux hôpitaux psychiatriques. De plus, au niveau de la population, il y moins de tolérance, moins d’acceptation des personnes ayant des troubles psychiques. Ceci est dû aussi à des évènements récents qui font resurgir le discours sécuritaire de protection de la population.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Et les sciences de l&#039;éducation dans tout ça? ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les rencontres que nous avons faites avec ces militants d&#039;une autre époque nous ont permis d&#039;alimenter nos réflexion sur le domaine des droits de la personne entre 1960 et 1980. Nous avons surtout relevé la fougue et la passion de ces militants en faveur d&#039;autrui. C&#039;est une belle leçon d&#039;humanité que nous avons eue, puisque par leur mobilisation ils ont pu faire changer les conditions des personnes marginalisées. Nous qui avons choisi une filière sociale et qui souhaitons plus tard intervenir auprès de personnes fragilisées, cette expérience nous a appris qu&#039;il faut s&#039;engager &amp;quot;à fond&amp;quot; pour la cause que nous défendons si nous voulons qu&#039;il y ait du changement. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous avons également pu comprendre que le droit à l&#039;autodétermination [[Droits des personnes en situation de handicap|des personnes en situation de handicap]] - que nous voyons dans le cadre de notre formation - est un droit qui a été avant cela revendiqué par d&#039;autres personnes ; les [[Droits_des_enfants|enfants]], [[Droits des femmes|les femmes]], [[Droits des prisonniers|les prisonniers]], [[Droits des patients psychiatriques|les patients psychiatriques]] et [[Droits des patients (à l&#039;hôpital)|les patients à l&#039;hôpital]]. Tout ceci nous a donc expliqué que l&#039;acquisition des droits de la personne prend du temps puisque pour la plus part, il a fallu se mobiliser pendant vingt ans pour voir des changements dans la société. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les sciences de l&#039;éducation prennent une place dans la lutte a poursuivre pour certains de ces droits, leur connaissance et leur  maintien. On peut notamment penser aux populations des enfants et des personnes en situation de handicap avec qui nous travaillerons. Il est ainsi important de continuer à faire valoir leurs droits, leurs applications et la connaissance de ceux-ci par les populations concernées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De plus les sciences de l’éducation doivent promouvoir une réflexion constante autour des populations les plus démunies, afin de permettre une remise en question des concepts qui encore aujourd’hui limitent la reconnaissance et l’exercice des droits de ces personnes. Pour que des changements au niveau juridique et des politiques publiques s’opèrent, il est nécessaire un changement de mentalité de la part de la société. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des auteurs, comme Illich, préconisaient une société sans école, où l&#039;on apprendrait, directement d&#039;autrui, inséré dans un réseau, au gré de nos besoins éducatifs. La personne irait trouver les connaissances dont elle a besoin dans un réseau de connaissances et d&#039;individus, pédagogues, comme elle, en puissance. Nous constatons, également, que dans une même revendication d&#039;égalité et de remise en question des institutions, des auteurs comme Foucault dénoncent l&#039;autoritarisme d&#039;institutions comme la médecine qui en fait exerce un vrai pouvoir policier sur les personnes. Toute institution se construit socialement. Il en est de même pour la médecine qui s&#039;éloigne volontairement du patient, en adoptant une posture d&#039;expertise. Ce dernier ne construit pas le savoir médical avec le médecin, il ne connait souvent pas les méthodes de recherches concernant cet art. Or il pourrait, en aller autrement, notamment en permettant aux hommes d&#039;apprendre davantage sur la médecine et ses méthodes de construction du savoir. Le patient est avant tout une personne, comme l&#039;est d&#039;ailleurs le médecin. C&#039;est pourquoi cette dyade doit s&#039;évertuer à construire ensemble un savoir médical compréhensible par tout-un-chacun.  Telle est la condition, telle que visionnée par Illich, pour que l&#039;homme se connaisse davantage lui-même, c&#039;est-à-dire se réapproprie ce regard sur lui-même qui sait aujourd&#039;hui en lien avec les autres dans des relations qui soient productrices de respect et de compréhension réciproque.&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Victoria</name></author>
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	<entry>
		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Histoire_des_droits_de_la_personne:_entre_luttes_des_usagers_et_politiques_institutionnelles_1960-1980&amp;diff=13244</id>
		<title>Histoire des droits de la personne: entre luttes des usagers et politiques institutionnelles 1960-1980</title>
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		<updated>2014-01-15T08:40:49Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Victoria : /* Critique de la méthode */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&lt;br /&gt;
== Histoire des droits de la personne: entre luttes des usagers et politiques institutionnelles 1960-1980 ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Introduction ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les années 1960-1980 sont des années de grandes transformations culturelles et sociales avec 1968, une année charnière qui deviendra l&#039;emblème de la contestation portant les valeurs d&#039;une génération, celle du baby-boom. Aujourd&#039;hui l&#039;histoire de cette contestation demande à être comprise dans un temps plus vaste d&#039;un avant, pendant et après Mai 68. Certes, on peut faire remonter la question des droits de la personne à la [http://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9claration_des_droits_de_l%27homme_et_du_citoyen_de_1789 Déclaration des droits de l&#039;hommes et du citoyen] comme une matrice générative d&#039;autres conventions, déclarations et droits. Or, il semblerait que le mouvement de contestation des années 1960-1980 ait poussé plus loin l&#039;exigence démocratique en partant de revendication de populations, elles-mêmes, se sentant non respectées comme des personnes ; notamment les femmes, les détenus, les patients psychiatriques (&amp;quot;[[Droits_des_patients_psychiatriques#Lois_sur_la_psychiatrie|Loi Basaglia]]&amp;quot;), les handicapés (charte de l&#039;[http://fr.wikipedia.org/wiki/ONU ONU] datant de 1975) et les enfants ([http://www.unicef.ch/sites/default/files/attachements/convention_relative_aux_droits_de_lenfant.pdf Convention relative aux droits de l’enfant]). De nouveaux droits liés à l&#039;éthique se sont développés dès les années 1970 autour du respect de la volonté des mourants, avec la pratique des directives anticipées, et plus largement des droits des patients à être traités dans la dignité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Certes, on pourrait rattacher cette histoire à une pré-histoire reliée à d&#039;autres courants comme, par exemple pour les enfants celui de l&#039;éducation nouvelle dont le pédagogue [http://fr.wikipedia.org/wiki/C%C3%A9lestin_Freinet Célestin Freinet] en est l&#039;un des fondateurs, et des expériences pédagogiques démocratiques comme celles des écoles nouvelles à la campagne, communautés d&#039;enfants (république d&#039;enfants, Cité d&#039;enfants, village d&#039;enfants). [[Libres enfants de Summerhill (Neill)|Summerhill]] incontestablement sera LE modèle de la seconde moitié du 20e siècle, mais aussi l&#039;expérience de [http://fr.wikipedia.org/wiki/Fernand_Deligny Fernand Deligny] et de communautés thérapeutiques telles que Boulens en Suisse romande [[http://edutechwiki.unige.ch/dewiki/Résumé_film_de_Catherine_Scheuchzer]]. Des racines ainsi plus lointaines peuvent être vues dans la &amp;quot;protection de l&#039;enfance&amp;quot; qui voit déjà en 1924  une convention, la [http://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/images/f/fb/Declaration-geneve.pdf &amp;quot;Convention de Genève&amp;quot;] dite prémice lointaine de la [http://www.unicef.ch/sites/default/files/attachements/convention_relative_aux_droits_de_lenfant.pdf Convention relative aux droits de l&#039;enfant] en 1989. Il en va de même avec l&#039;histoire des femmes qui revendiquent le droit de vote depuis le 19e siècle (les suffragettes). Or, nous nous attacherons essentiellement à circonscrire une histoire se déroulant pendant une vingtaine d&#039;années autour de nouvelles revendications qui ont pu porter sur des micro-éléments (&amp;quot;petits trucs&amp;quot;, &amp;quot;micro-conflictualités&amp;quot;, petits événements de la vie quotidienne, cas particulier), mais qui sont à rattacher à un &amp;quot;esprit d&#039;un temps&amp;quot; contestataire de la hiérarchie, des pouvoirs constitués (des patrons, des médecins, des &amp;quot;supposés savoirs&amp;quot; notamment) dans une perspective libertaire (liberté de sortir de l&#039;hôpital psychiatrique, liberté d&#039;user de son corps, liberté de sexualité en prison, liberté de parole, de choix, de décision...) et d&#039;exigence de sa réalisation (utopique?) par des actions et manifestations politiques face aux violences institutionnelles (portes fermées, nudité imposée, horaire imposé, cure de sommeil et électrochocs imposés, contention, viol, avortement clandestin, etc.). Peut-on alors y voir une expression de revendication des droits de la personne (autodétermination, autonomie, intégrité, dignité) qui sous-tendrait des droits portant sur un objet particulier (à l&#039;instruction, au salaire égal, à l&#039;avortement, à une &amp;quot;vie comme tout le monde&amp;quot;, à consulter son dossier individuel, aux parloirs sexuels, etc.) ? Ce sera une des questions auxquelles cherchera à répondre cet ouvrage. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un certain nombre de notions et de valeurs démocratiques et libertaires semblent parcourir une histoire longue (du 18e au 21e siècle) avec des incarnations plus ou moins denses selon les périodes. Celles envisagées dans les droits de la personnes pendant la période 1960-1980 s&#039;incarnent dans la liberté certes (valeur première de la Déclaration des droits de l&#039;homme et du citoyen), mais aussi la créativité, l&#039;innovation, la contestation valorisant l&#039;individu et son autonomie, mais aussi le collectif comme matrice créatrice, avec un souci du respect de la différence (une reconnaissance) mais aussi du groupe comme porteur de revendications, un ancrage dans la vie quotidienne et une volonté d&#039;universalisme. La culture contestataire est-elle monolithique ou multiple? Est-elle aussi traversée par des contradictions, des paradoxes: on prône une liberté individuelle dans un carcan idéologique, la lutte est collective pour des droits individuels?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La recherche a abouti à l&#039;écriture de six articles, introduits et conclus par des textes rédigés en communs, qui tous viseront à mieux saisir qui sont les acteurs/trices (intégrés dans un mouvement de revendication ou un courant idéologique contestataire), leurs actions dans l&#039;expérience quotidienne de leurs luttes pour les droits de l&#039;individu et/ou de la personne, les valeurs prônées, les objectifs atteints ou non pour faire valoir les droits des personnes placées dans des institutions dites alors &amp;quot;totalitaires&amp;quot;, tout en cherchant à mieux définir ce que signifient ces droits dans le quotidien institutionnel et personnel.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le travail de cette &amp;quot;communauté de recherche&amp;quot; vise aussi à repérer les ouvrages de références qui ont marqué les acteurs/trices de cette période, des intellectuels ([[Basaglia]], [http://fr.wikipedia.org/wiki/Michel_Foucault Foucault], [[Une_ société sans école|Illitch]], [http://fr.wikipedia.org/wiki/Erving_Goffman Goffman]) entre autres penseurs, parfois utopistes voir visionnaires, ainsi que, suivant la méthode prônée par Michel Foucault dans son ouvrage &#039;&#039;Histoire de la clinique&#039;&#039; notamment, à questionner les faits, à interroger le système, autrement dit à &amp;quot;déconstruire&amp;quot; la réalité pour comprendre les enjeux du pouvoir qui ont traversé les luttes de promotion des droits de la personne dans des champs différents, mais relevant tous d&#039;un rapport entre un pouvoir qui désigne et un individu-objet dont on attend la soumission. Ces ouvrages montrent que les mouvements de contestation se font dans tous les pays ; par exemple, en ce qui concerne l&#039;anti-psychiatrie, les critiques ont eu lieu en Italie avec [[Basaglia]] mais également aux États-Unis avec [http://fr.wikipedia.org/wiki/Erving_Goffman Goffman]. Ainsi que ce soit le pédagogue et l&#039;élève  &amp;quot;difficile&amp;quot;, déviant, handicapé, le médecin et le patient désigné, le juge qui désigne les degrés de culpabilité d&#039;un &amp;quot;coupable&amp;quot; ou l’État qui décide de la responsabilité civique ou non des femmes (et des jeunes), partout se modèlent et se modulent des relations différentes à l&#039;intérieur d&#039;une structure hiérarchique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des acteurs/actrices seront interrogés afin de mieux saisir leur engagement, les valeurs qu&#039;ils ont prônées, la conscience qu&#039;ils ont eu de déstabiliser le pouvoir médical, l&#039;institution totalitaire, pour des alternatives dont on interrogera leur devenir subversif: communautés d&#039;enfants, communautés thérapeutiques en milieu psychiatrique, en milieu carcéral (notamment la Pâquerette à Genève) et plus généralement dans l&#039;éducation spécialisée. Mais c&#039;est fondamentalement la question de la revendication des droits de la personne qui sera l&#039;objet de ce questionnement. Il s&#039;agira dans un premier temps de mieux comprendre ce qui différencie les droits de la personne, des droits de l&#039;homme érigés au 18e siècle, et de comprendre les enjeux des luttes pour voir émerger ces &amp;quot;nouveaux&amp;quot; droits et les formes qu&#039;ils ont prises: droit à la parole, droit de sortie, droit à l&#039;avortement, droit à consulter son dossier médical, etc...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au moyen de [[Questions pour les entretiens|cinq questions ouvertes]], il s&#039;agit de récolter leurs témoignages afin de mieux comprendre les ressorts de leur engagement (politique, idéologique, éthique), les événements qui ont marqué cette période 1960-1980, les mobiles des acteurs/trices.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Fondamentalement, c&#039;est à une réflexion sur la construction de la réalité que cet ouvrage invite, celle de la maladie, de la déviance, de la différence, mais aussi à celle des relations entretenues avec des personnes qui sont stigmatisées (handicapées, psychiatrisées, détenues, patients) et/ou placées dans une catégorie sociale dépendante (la femme non-citoyenne, dépendante de l&#039;homme, l&#039;enfant de ses parents). L&#039;institution réifie l&#039;individu et lui fait perdre ses droits et c&#039;est donc bien une volonté de récupérer une place d&#039;acteur, de prendre la parole, de donner haut et fort son avis qui va mobiliser les acteurs des luttes, en particulier dans l&#039;après 68. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C&#039;est aussi &#039;&#039;in fine&#039;&#039; un questionnement sur l&#039;histoire et ses changements, lesquels demandent à s&#039;interroger sur la place accordée, dans le temps, aux personnes en difficultés quelles qu&#039;elles soient et sur la nécessité dans le domaine des droits de la personne à rester vigilant afin de ne pas perdre ce qui a été acquis parfois de haute lutte et d&#039;étendre encore les valeurs sur lesquelles ils reposent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Revue de la littérature ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La &amp;quot;matrice générative&amp;quot; des droits de la personne est bien la Déclaration des droits de l&#039;homme et du citoyen : une &amp;quot;matrice&amp;quot; juridique à partir de laquelle vont se développer d&#039;autres droits, règlementations et conventions. Pour couvrir les différents champs de la réalité sociale qui ont été touchés par la créativité des acteur/trice/s (qu&#039;ils aient été des militant/e/s ou des réformateur/trice/s) particulièrement active dans les années 1960-1980 et les changements opérés, il est nécessaire de se référer aux auteur/e/s qui, autant dans le champ du handicap, des patients de l&#039;hôpital, des usagers de la psychiatrie, des détenus, des enfants et des femmes, ont proposé des approches nouvelles, des concepts voire des pratiques novatrices.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Certes, il n&#039;y a pas un moment particulier où commencerait une lutte pour les droits de la personne. Cette question s&#039;inscrit dans une histoire longue de la constitution des droits, de la &amp;quot;fabrication&amp;quot; de l&#039;individu, de la conception de la personne comme être sensible, consciente d&#039;elle-même. Il en va de même pour des pratiques qui certes ont été promues pendant cette période comme, par exemple, les communautés de vie, mais il existe des traditions qui peuvent remonter bien avant les années 60. C&#039;est le cas avec la communauté d&#039;enfants de Summerhill en Angleterre créée par Alexander S. Neill. Dans son livre [[Libres enfants de Summerhill (Neill)]], on peut déceler la place centrale de la notion de liberté dans sa conception de l&#039;éducation et de l&#039;instruction des enfants. Selon cet auteur, on ne peut construire de collectif cohérent qu&#039;en respectant la liberté des individus. Les violences, les incivilités ne sont pour lui que le produit des incohérences de la société, qui frustrent l&#039;individu et qui, à vouloir trop l&#039;uniformiser, en brisent les richesses. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans la fin des années soixante, la critique des institutions psychiatriques surgissent. Une mise en évidence des conditions de vie des patients psychiatriques se fait notamment par [[Basaglia]] en Italie. Ce qu&#039;il rencontre dans cet univers le pousse à créer des lieux de vie plus accueillants où l&#039;on donnerait plus de liberté à la personne psychiatrique ; c&#039;est ce qu&#039;il appelle les communautés thérapeutiques. Ces bâtiments ouverts sur l&#039;extérieur et où la hiérarchie est horizontale favorise la mobilisation des personnes afin de lutter pour la liberté des droits de la personne, et surtout la liberté des droits de la personne psychiatrique. [[Basaglia]] est donc probablement l&#039;un des auteurs de l&#039;époque qui a influencé les acteurs/actrices que nous avons interrogés pour notre recherche. Un discours pareil est ténu par Goffman aux Etats-Unis. Dans son livre « Asiles, études sur la condition sociale des malades mentaux », l’auteur se penche sur le déroulement du quotidien des patients vivant dans ce qu’il appelle une « institution totalitaire ». Ces personnes, privées de tout droit, sont à la merci des médecins, du personnel soignant et du fonctionnement de l’hôpital qui est désormais leur lieu de vie. En effet, l’hôpital psychiatrique ne vise pas à soigner, mais à exclure de la société les personnes qui dérangent par leur comportement. Fondamentalement, la critique est politique, sociale, mais aussi épistémologique: on s&#039;attaque à la réalité qui est un &amp;quot;construit&amp;quot; social. Ce qui explique aussi l&#039;attention mise à la vie quotidienne (voire Goffman, mais aussi [http://fr.wikipedia.org/wiki/Lucien_Febvre Lucien Lefebvre] notamment). Le quotidien devenant matrice de la relation créative autant que de la subversion, dans une tradition qui s&#039;inspire d&#039;ailleurs des surréalistes des années 20 (voire notamment [http://fr.wikipedia.org/wiki/Georges_Perec Georges Perec]). L&#039;approche constructionniste de [http://en.wikipedia.org/wiki/Kenneth_J._Gergen Kenneth Gergen], aujourd&#039;hui, poursuit cette tradition voyant dans la relation la matrice de cette construction de la réalité allant jusqu&#039;à affirmer que l&#039;individu n&#039;existe pas en-dehors de la relation qui le &amp;quot;produit&amp;quot; [[http://www.taosinstitute.net]]. Une autre manière de montrer, comme l&#039;a fait Foucault, que l&#039;individu est aussi une construction sociale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les droits de la personne: un concept complexe  ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La thématique des droits de la personne oblige à réfléchir sur le concept et à le relier ou détacher d&#039;autres concepts: celui de l&#039;individu, celui du sujet (de droit) et celui de l&#039;humain.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La plupart des revendications peuvent être reliées aux &amp;quot;droits de la personne&amp;quot;. Or ceux-ci sont rarement explicités. Lorsqu&#039;ils le sont c&#039;est en référence à la &amp;quot;liberté individuelle&amp;quot;, au droit à la parole, au choix (de traitement notamment) et à la dignité. Souvent, ce sont des valeurs individualistes qui sont prônées même si elles le sont par un collectif (association, comité, mouvement contestataire manifestant collectivement dans la rue) et qui fondent un certain &amp;quot;esprit&amp;quot; du droit de la personne. C&#039;est par le regroupement de plusieurs personnes qui ont des valeurs communes (telles que le libre choix,l&#039;intégrité physique) que le changement peut s&#039;opérer. En effet, à travers notre recherche nous avons pu voir que, qu&#039;il s&#039;agisse des droits des prisonniers, des droits des patients à l&#039;hôpital, des droits des patients psychiatriques ou des droits des femmes, les changements constatés se sont fait par l&#039;intermédiaire de mouvements, d&#039;associations, de fondations...&lt;br /&gt;
On peut noter la particularité du champ des droits des personnes en situation en handicap, des droits des patients en psychiatrie ou même en partie ceux des enfants, par le fait que ces personnes ne disposent elles-mêmes pas des facultés à défendre leurs propres droits. Il revient alors à leur entourage, aux professionnels, et enfin à la société toute entière, de se porter garante du respect de ces droits. La société en protégeant ces personnes, en les considérant comme faisant partie intégrante des individus qui la composent, effectue alors un grand pas dans les valeurs qu&#039;elle véhicule. L&#039;idéologie en effet, doit être collective, pour prendre du sens pour tous. Mais les actes permettant cette évolution, restent bien souvent le fait d&#039;individus, qui, plus que d&#039;autres, poussés par un idéal, portent des actions progressistes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le terme personne est à distinguer d&#039;individu (voire de &amp;quot;cas&amp;quot;) en ce qui laisse entendre une capacité de droit et une place comme partenaire dans la relation (éducative, thérapeutique notamment) et les échanges de communication. Ceci peut s&#039;incarner dans des pratiques sociales élémentaires comme de désigner la personne par son nom, la vouvoyer (en langue française en particulier!), jusqu&#039;à la fermeture des hôpitaux psychiatriques par exemple. Mais c&#039;est surtout sur le plan juridique, de ses droits civils et politiques, que les luttes ont été menées: de l&#039;admission volontaire au droit de sortie pour les patients psychiatrique par exemple. Du côté des prisons, les revendications touchent aussi l&#039;individu dans son corps et son esprit: droit à l&#039;intégrité physique et morale, le droit à des conditions de vie appropriées, ou encore le droit à la santé. C&#039;est donc au nom du respect de la personne en tant qu&#039;être humain que les différentes organisations ont milité, bien que ceci n&#039;ait pas été et ne soit toujours pas quelque chose de facile. En effet, la prison demeure un lieu où l’on a de la difficulté à considérer les criminels comme des êtres humains. De ce fait, la population ne semble pas être en mesure de concevoir que ces personnes possèdent également des droits. &lt;br /&gt;
Pour changer les mentalités, nous pourrions poser le problème de la réinsertion. En effet, si l&#039;on ôte tout droit aux prisonniers, comment espérer les réinsérer dans la société. Peut-on véritablement rendre un Homme &amp;quot;meilleur&amp;quot; en lui enlevant toute dignité?   &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Du côté des [[Droits des enfants|enfants]], le droit s&#039;est surtout construit à partir de la considération de l&#039;enfant plus seulement comme un adulte en devenir, mais en tant qu&#039;individu ayant des droits propres, notamment liés à la protection, à la parole et l&#039;écoute, mais également aux autres besoins fondamentaux qu&#039;il peut présenter. En fait, la reconnaissance des droits de l&#039;enfant lui ont conféré peu à peu un rôle plus actif dans sa propre existence, comme par exemple par une considération plus importante de ses opinions dans les choix qui le concerne. Du coté des [[Droits des femmes|femmes]], les contestations se font sur plusieurs plans, mais ce qui est surtout recherché c&#039;est l&#039;égalité avec les hommes. Cette égalité passe donc par la ré-appropriation de leur corps, la liberté de choisir une contraception et la liberté de penser différemment. En ce qui concerne les droits des patients psychiatriques, l’on peut remarquer que la lutte vise une revendication juridique en passant à travers l’humanisation de cette population. En effet, la conception de ce que l’on appelle aujourd’hui les troubles psychiques, est en constante évolution, influencée par les croyances et les valeurs de la société. La reconnaissance des droits des patients psychiatriques vise la reconnaissance de ces personnes comme étant des êtres humains, l’égalité de traitements face à la loi et l’autodétermination ainsi que la liberté d’être tous égaux dans nos diversités. Nous pouvons donc rapprocher ces faits au droit du consentement de la personne et de l&#039;intégrité physique. Ces droits et les droits d&#039;être informé touchent d&#039;ailleurs le quotidien médical et la lutte pour les droits des patients. Les droits des patients touchent la sphère politique et juridique où une bataille s&#039;est générée contre la liberté thérapeutique des médecins considérés comme subordonnés au droit d&#039;autodétermination du patient. Valoriser le rôle des patients en tant que partenaires critiques des médecins, du personnel médical ou encore de les responsabiliser pour éviter des difficultés lors de leur traitement permettraient d&#039;améliorer la qualité des soins dans le domaine de la santé du patient.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Paradoxalement ce sont des luttes (collectives, pour la communauté) qui ont ainsi contribué à construire la notion de personne comme corps, identité physique, morale, psychologique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En outre, concernant [http://edutechwiki.unige.ch/dewiki/Droits_des_patients_%28%C3%A0_l%27h%C3%B4pital%29 les droits des patients (à l&#039;hôpital)] et les droits [http://edutechwiki.unige.ch/dewiki/Droits_des_patients_psychiatriques des patients psychiatriques], il est à remarquer que ces droits peuvent rapidement se révéler ambigus. En effet, la légitimité du secret médical, de l&#039;asymétrie de l&#039;expertise médicale, peuvent davantage protéger le médecin que le patient. Nous avons relevé par exemple des cas où ce sont les patients qui ont dû subir des conséquences, tant au niveau de leur reconnaissance, en tant que victimes, qu&#039;au niveau économique, car ils n&#039;ont pas pu prouver que le médecin qui leur avait causé du tort était véridiquement coupable d&#039;expériences illicites sur eux. Nous pouvons nous demander dans quelle mesure ces droits permettent, intelligemment, à la médecine d&#039;opacifier la recherche médicale et par la même la problématique du patient-cobaye. Problématique qui est de nos jours, une contrainte pour faire avancer la science en toute légalité. Finalement, il faudrait se demander si l&#039;être humain dépend d&#039;expériences faites sur un groupe restreint de personnes. La réponse est oui, passablement des expériences se font avec très peu de personnes pour appliquer les résultats à grande échelle. Par exemple, cela s&#039;est observé avec la morphine concernant le traitement des douleurs. Un médecin, un jour ou l&#039;autre, s&#039;est de toute façon risqué, initialement, à injecter dans un corps appartenant à une personne, cette substance considérée comme stupéfiant auparavant. Une autre expérience de ce même type, à hôpital de Saint-Gall en Suisse, était l&#039;application d&#039;ampoules bleues de méthylène dans le ventre des patients non-informés. Ils essayaient de soigner, par ce biais, leurs occlusions gastriques qui a fini par les tuer.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Méthode ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La récolte d&#039;un récit personnel, afin d&#039;approcher l&#039;histoire d&#039;une période et de constituer une archive orale, a une tradition en sciences humaine et sociale. L&#039;ouvrage &amp;quot;Le cheval d&#039;orgueil&amp;quot; de Pierre Jakez Hélias paru en 1975 est souvent présenté comme un détonateur de l&#039;usage des récits de vie pour décrire la réalité sociale et culturelle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Diverses disciplines ont intégré la narration comme un moyen d&#039;approcher la réalité vue à travers un individu ou un groupe, que cela soit en sociologie, en histoire, en médecine, en sciences de l&#039;éducation, en ethnologie et même en littérature.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les travaux de [http://fr.wikipedia.org/wiki/Philippe_Lejeune_%28auteur%29 Philippe Lejeune] ont contribué à collecter des récits sous formes notamment autobiographiques qui sont déposés à [http://association.sitapa.org/accueil.php l&#039;Association pour l&#039;autobiographie] près de Lyon.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La démarche effectuée dans le cadre de cette recherche d&#039;intelligence collective relève de la collecte de récits. La personne interviewée est considérée comme un témoin de son temps. L&#039;histoire se construit dans l&#039;échange grâce aux [[Questions pour les entretiens|questions]] posées, lesquelles doivent donner lieu à une narration libre, reliée aux souvenirs de la personne. Il s&#039;agit d&#039;être dans une écoute bienveillante d&#039;un récit narré afin de venir combler l&#039;intérêt des étudiant/e/s qui sont les récepteur/trice/s respectueux et curieux de cette histoire. Même si pour certains étudiants, relancer ces questions a permis à l&#039;interviewé de se recentrer sur le sujet. Lors de l&#039;interview et comme étape préalable à l&#039;introduction de ces questions, l&#039;explication de cette recherche collective a fait comprendre à certains interviewés l&#039;importance de leurs témoignages.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La démarche de &amp;quot;biographies narratives&amp;quot;, telle qu&#039;elle devrait être développée dans cette démarche citoyenne, relève de compétences relationnelles, humaines, particulièrement formatrices aux métiers de l&#039;humain. Elle demande du tact, de l&#039;écoute, de la curiosité intelligente (capacité de s&#039;adapter dans le cadre de l&#039;entretien). Il s&#039;agit de laisser de l&#039;espace et de la liberté aux personnes interviewées. Par conséquent, seules des questions générales et ouvertes assureront la liberté de narrer. Les méthodes d&#039;entretien se distinguent par la mise en œuvre des processus fondamentaux de communication et d&#039;interaction humaine. Ces processus permettent au chercheur de retirer de ses entretiens des informations et éléments de réflexion riches en nuances. Nous accorderons un long temps de réponse, afin de laisser à la personne la possibilité de se souvenir et de raconter l&#039;histoire et son histoire, tout en restant attentive qu&#039;elle ne se perde pas dans des chemins trop éloignés. Elle ne relève pas d&#039;une &amp;quot;conduite d&#039;entretien&amp;quot; particulière, comme l&#039;a développée par exemple Boutin (2006), mais elle relève sans aucun doute d&#039;une approche qualitative.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans la plupart des cas, les étudiants n&#039;ont pas transmis au préalable les questions qui allaient être abordées dans l&#039;entretien à leur témoin. Pourtant, il est possible que cette démarche donne la possibilité aux personnes interviewées de prendre du temps pour récupérer leurs souvenirs en mémoire et ainsi construire un récit plus riche que lors d&#039;une réponse spontanée. Toutefois, cette démarche peut également faire perdre quelque peu aux intervieweurs/euses le contrôle de l&#039;entretien, avec un témoin qui se raconte, sans un réel cadre établi, puisqu&#039;il sait sur quels chemins on va l&#039;amener. Ainsi, le cadrage de l&#039;entretien est d&#039;autant moins aisé, car l’intervieweur perd un peu son contrôle sur celui-ci, qu&#039;il aurait pu exercer notamment par la succession des questions.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour d&#039;autres étudiants, la transmission des questions préalablement a permis aux interviewés d&#039;affiner leur mémoire en développant leurs réponses pour que leur récit soit accompagné par des souvenirs marquants. Ils ont d&#039;ailleurs fait appel aux gestes pour appuyer leurs témoignages en laissant entendre à leurs interlocuteurs que leur lutte ne cessait pas. &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Les réactions (y compris non verbales) encouragent un récit qui se construit dans la relation. Celui-ci devrait être, par définition, original (même si certain/e témoins racontent pour la Xème fois leur &amp;quot;histoire&amp;quot;, leur &amp;quot;légende&amp;quot;), puisqu&#039;il est raconté à de nouvelles personnes. L&#039;attitude du/des collecteur/trice/s de récits favorise (ou non) l&#039;expression (et ce jusqu&#039;à la confidence) et permet, qui sait, aux témoins d&#039;innover, de se déplacer dans leur narration, de raconter une histoire nouvelle, vraiment originale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Critique de la méthode ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A travers cette expérience, nous avons en tant &amp;quot;qu&#039;apprentis chercheurs&amp;quot; appris à mener un entretien semi-directif. Malgré le fait que nous avions beau imaginer le déroulement de notre entretien, nous avons rencontré quelques difficultés lors de la passation de ceux-ci. Tout d&#039;abord, il a fallu faire face au personnage que nous avions en face de nous. En effet, comme nous l&#039;avons expliqué, ces personnes ont, pour la plupart, été des militants en faveur des droits de la personne. Parfois, leur engagement a été tellement fort, qu&#039;elles sont devenues des &amp;quot;icônes&amp;quot; dans le combat de ces droits. Nous avons donc dû faire face à leur agacement et leur lassitude face à nos questions qui pouvaient certes être considérées comme trop larges. Ceci nous amène donc à penser que le choix de faire des questions ouvertes, pour que chacun puisse raconter ce dont il a envie, n&#039;était peut-être pas judicieux pour toutes les personnes que nous avons interviewées. Par contre, pour d&#039;autres &amp;quot;icônes&amp;quot; habituées à discuter, même au parlement, ces questions étaient importantes à partir du moment où on allait les analyser par la suite au sein d&#039;une recherche et ils ont répondu le plus précisément possible. Lorsqu&#039;on a présenté ces questions au sein d&#039;une recherche pour un cours universitaire, elles ont été prises sérieusement, sans nous faire remarquer de près le type de question ou les liens entre elles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De plus, il s&#039;est avéré que pour certains témoins, les questions étaient peu adéquates puisqu&#039;elles positionnaient cette personne en tant que &amp;quot;militante&amp;quot; peut-être trop directement. De même, le mot &amp;quot;droit&amp;quot; se trouvait être un peu fort pour parler de certains engagements, qui ont probablement contribué ou du moins retracent les changements de ces droits, certes, mais ne se positionnaient pas à la base comme des engagements pour les droits d&#039;une population. C&#039;est pourquoi, pour certaines questions, nous avons utilisé d&#039;autres termes (moins forts) ou nous les avons posées différemment, tout en respectant l&#039;idée fondamentale de celles-ci. Cependant, le fait de faire des questions différentes et précises pour chacun des acteurs, nous aurait fortement contraints pour l&#039;analyse transversale des entretiens. &amp;lt;br /&amp;gt; De plus, lors de certains entretiens, les acteurs se sont laissés emporter par leurs émotions. Il n&#039;était donc pas évident de gérer les pleurs rencontrés. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un cas de figure était, pour ceux qui ont eu l&#039;occasion de faire deux interviews, la position de collecteur/trice/s au niveau générationnel, à savoir faire face à une génération plus âgée, était enveloppée, pour les deux cas, d&#039;une écoute éveillée peut-être parce que leurs récits nous touchaient de près ou parce de la sagesse émanait de certains interviewés. Pour l&#039;un des interviewés, il a suscité en nous un rappel vers les droits de nos proches et, pour l&#039;autre, il nous a sensibilisé vers une menace toujours présente des droits de la personne dans le pays où nous séjournons, la Suisse. Même si l&#039;un des ces interviewés était une personnalité fédérale, le reflet de son authenticité nous a fait croire à son récit et il nous a appris plus sur les droits de la personne, qui sont par ailleurs également &amp;quot;nos droits&amp;quot;. Le rapport entre les interlocuteurs a pu être franc et nous avons ressentis que l&#039;un des interviewés nous avait confié une mission, celle de divulguer des faits. C&#039;était pour certains collecteur/trice/s un moment très intense, de vérité et jamais oublié. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Parfois, nous avons pu nous confronter à la difficulté de recentrer la discussion vers les sujets qui nous intéressent. Comme tout un chacun, les acteurs peuvent certes parler du passé, mais en tant que militants ils auront, si leur combat est toujours vivant, tendance à parler plus du présent, et de ce qu&#039;il reste à faire. Pour que nous soyons aussi amenés à prendre la relève. Il faut alors savoir &amp;quot;lire entre les paroles&amp;quot;, pour récolter des informations sur la période qui nous intéresse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il aurait peut-être été profitable de mettre à disposition de tous les acteurs les questions de l&#039;entretien à l&#039;avance. Cela aurait permis de recentrer le débat, de rappeler plus facilement les questions de recherche. Un cas de figure était pour ceux qui l&#039;on fait et qui ont reçu, en tant que collecteur/trice/s spontanément et préalablement à l&#039;interview tête à tête, des réponses écrites aux questions, de la part des interviewés. Ces réponses ont permis de mieux connaître l&#039;interviewé, son parcours, ses valeurs, son engagement pour les droits de la personne. La pré-analyse de ces réponses par écrit a permis entre autres de revenir encore une fois sur les questions et de solliciter l&#039;interviewé en confiance pour continuer à expliciter certains souvenirs marquants et enrichissants pour cette recherche. Pour les collecteur/trice/s ce va-et-vient entre les réponses écrites à l&#039;avance et la poursuite du récit a engendré une appropriation du sujet, bénéficiant ainsi la cohérence et la compréhension pour eux-mêmes. Toutefois, nous avons également relevé plus haut que cette démarche peut au contraire compliquer le guidage de l&#039;entretien dans certains cas.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Autrement, une des questions qui permettrait de situer l&#039;interviewé sur le passé sans revenir immédiatement dans son discours sur le présent est [[Questions pour les entretiens|la question 2]]. Elle aurait pu être formulée ainsi : Y a-t-il un événement originel durant la période de votre engagement ? Pourriez-vous revenir sur le passé et nous raconter un ou des événements marquants que vous avez menés ou qui vous ont frappés durant une certaine période en faveur de ces droits ? Sinon [[Questions pour les entretiens|la question 5]] fait l&#039;effet contraire en revenant sur le pas d&#039;aujourd&#039;hui comme conséquence du passé : Qu&#039;en est-il aujourd&#039;hui de cette lutte et des acquis et des risques de retour en arrière? Sur quoi faudrait-il continuer de se battre de lutter? Continuez-vous aujourd&#039;hui à vous engager et sur quoi? Donc, il n&#039;est pas étonnant d&#039;entendre les interviewés parler sur leur présent et ainsi, pourquoi ne serait-il pas envisageable de leur demander : Est-ce que l&#039;un des sujets de votre engagement pour les droits de la personne (patient, enfant, prisonnier...) continue à être d&#039;actualité aujourd&#039;hui ? Lequel ? Pourriez-vous nous l&#039;expliciter s&#039;il vous plaît ? &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quant aux valeurs des témoins, ces dernières ont été évoquées suite à la question formulée qui a engendré aussi des souvenirs vers un événement marquant lié à leurs valeurs et pour la lutte des droits de la personne.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En outre, peut-être peut-on reprocher aussi le manque de temps pour chaque entretien. Au vu de la méthodologie d&#039;entretien semi-directif et biographique, des entretiens d&#039;1h30 ne permettent pas toujours des digressions chronophages. Des entretiens plus longs, dont on aurait pu ressortir la quintessence auraient pu être bénéfiques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Enfin, la relation biographique n&#039;a pas toujours permis que les questions soient posées comme souhaitées et prises dans l&#039;échange. L&#039;entretien a pu prendre la forme d&#039;une discussion à bâtons rompus en un dialogue qui finalement a échappé aux récolteurs/teuses de récits. En effet, il a parfois été difficile pour certains interviewers de ne pas intervenir dans l&#039;échange ou poser davantage de questions étant donné leur intérêt pour les propos et le parcours de vie de leur témoin. De plus, certains entretiens se sont déroulés en présence de deux témoins, ce qui peut changer la dynamique de celui-ci en amenant plus de tours de parole. On peut noter, par ailleurs, que la distance générationnelle entre les récolteurs/teuses et l&#039;interviewé a pu donner à ce dernier/ère l&#039;envie de transmettre le passé, mais surtout d&#039;avertir et de former pour aujourd&#039;hui. Le retour sur des faits historiques n&#039;est pas chose aisée à réaliser.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Certains ont dû faire face à des difficultés techniques concernant l&#039;enregistrement de l&#039;interview. En effet, l&#039;appareil enregistreur est tombé en panne. Heureusement, que nous avions un autre enregistreur qui a pris le relais immédiatement car la prise de note n&#039;aurait fait que retarder l&#039;interview.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quoi qu&#039;il en soit [[Retranscriptions des entretiens|neuf entretiens]] ont été effectués, lesquels ont permis de construire une histoire qui s&#039;est étendue entre les années 1960 (engagement de Mme [[Amélia Christinat]]) et aujourd&#039;hui (engagement de Mme Margrit Kessler, conseillère nationale de Saint-Gall).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des thématiques (problématiques) plus fines ont pu être définies à partir des récits récoltés. Soit:&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
– le droit des [[Droits des enfants|enfants]] à travers le prisme de l&#039;éducation&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
– le droit des [[Droits des femmes|femmes]] pour la liberté de leur corps (l&#039;intégrité physique), et plus généralement pour le droit à leur autonomie &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
– le  droit à l&#039;intégrité physique et morale des [[Droits des prisonniers|détenus]] en Suisse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
– la lutte contre les abus de la [[Droits_des_patients_psychiatriques|psychiatrie]] &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
– la prise en compte des personnes en situation de [[Droits des personnes en situation de handicap|handicap]] dans ce champ  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
– le droit à être informé pour que les [[Droits des patients (à l&#039;hôpital)|patients]] ne deviennent pas les cobayes, des expériences scientifiques&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;analyse sera alors traversante permettant de mieux comprendre ce temps de l&#039;innovation, de la contestation, de la réforme des grandes institutions qui structurent le social et la culture occidentale depuis le 19e siècle: l&#039;hôpital, l&#039;hôpital psychiatrique, l&#039;école, le tribunal, la prison, le code civil, les institutions spécialisées: qui sont ces acteur/trice/s engagés, quelles ont été leurs idées et leurs valeurs, quelles ont été leurs actions et leurs victoires, leurs échecs aussi?&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Victoria</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Droits_des_enfants&amp;diff=13243</id>
		<title>Droits des enfants</title>
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		<updated>2014-01-15T08:29:22Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Victoria : /* Retour et analyse de l&amp;#039;entretien */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;=== Introduction ===&lt;br /&gt;
Les droits de l&#039;enfant visant la protection des mineurs évoluent au cours des décennies. Les prémices du XXe siècle les plus connues sont bien évidemment la [http://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/images/f/fb/Declaration-geneve.pdf Déclaration de Genève] (1924), la [http://cofradeenfrance.files.wordpress.com/2010/10/dc3a9claration-1959.pdf déclaration des Droits de l&#039;Enfant] (1959) et enfin le texte de la [http://www.unicef.ch/sites/default/files/attachements/convention_relative_aux_droits_de_lenfant.pdf Convention Internationale relative aux Droits de l’Enfant] du 20 novembre 1989. Ce dernier “ratifié d’une manière quasi universelle (193 États sur 195) en fait un texte hors norme de part sa portée dans l’espace et de par l’enthousiasme spontané qu’ [il] a suscité.”&amp;lt;ref&amp;gt;Zermatten, J., Stoecklin D. 2009. Le droit des enfants de participer. Norme juridique et réalité pratique: contribution à un nouveau contrat social. Suisse: Institut International des Droits de l&#039;Enfant., p.7 &amp;lt;/ref&amp;gt; Ce parcours historique est une partie importante de l’histoire qu’on écrit aujourd’hui.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
On peut remarquer que le premier pas vers l&#039;individualisation de l&#039;enfant datant de 1924, pointe le bout de son nez quelques années après la fin de la première guerre mondiale. Le deuxième est marqué par la Déclaration de Droits de l&#039;Enfant de 1959, donc à l’image de la précédente, elle date des années après la seconde guerre mais est également un point de départ menant vers la Convention de 1989.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Le long chemin vers une telle reconnaissance était en grande partie marqué par la création, un peu partout en Europe, des communautés d&#039;enfants. Leur rôle n&#039;est pas négligeable. La définition de ces communautés d&#039;enfants est donné à Trogen en juillet 1948 et semble préciser un peu plus les besoins de l&#039;enfant en tant que personne. Ce sont: &amp;quot;les organisations éducatives ou rééducatives à caractère permanent, fondées sur la participation active des enfants ou adolescents à la vie de la communauté, dans le cadre des méthodes d’éducation et d’instruction modernes – et dans lesquelles la vie de famille se combine de diverses façons aux modalités de la vie de collectivité&amp;quot;.&amp;lt;ref&amp;gt;Cours de M.Ruchat: L’éducation spéciale du XVIIIe au XXe siècles: L’éducation, les normes et l’individu, Université de Genève, 2013&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Dans l’esprit de la reconnaissance d’un enfant à part entière avec le respect de sa liberté, [[Libres enfants de Summerhill (Neill)|Alexander Sutherland Neill]] crée son école de Summerhill en 1921, une école qui encore de nos jours suscite beaucoup de discussions et polémiques. Dans le cadre de cet atelier d’intelligence collective nous avons procédé à une comparaison des idées de Neill décrites dans son livre [[Libres enfants de Summerhill (Neill)|&amp;quot;Libres enfants de Summerhill&amp;quot;]] (1960) avec la Convention relative aux Droits de l’Enfant de 1989 avec un constat tout à fait surprenant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Historique des droits de l&#039;enfant ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== « L’humanité doit donner à l’enfant ce qu’elle a de meilleur » Déclaration de Genève sur les Droits de l’Enfant, 1924 ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est important de signaler qu&#039;avant même l&#039;intérêt qui s&#039;est peu à peu développé quant aux droits de l&#039;enfant, il a d&#039;abord fallu que la société prenne [[Fichier:Déclaration de Genève 1924.jpg|vignette|droite|Déclaration de Genève (1924)]]conscience du statut particulier de l&#039;enfant, avec ses spécificités, et bien plus encore d&#039;être humain digne de droits propres : “L’adulte a longtemps cru que c’était lui-même qui devait animer l’enfant par ses soins et son assistance. Il pensait que son rôle était de façonner l’enfant, de construire sa vie psychique pour que l’enfant devienne peu à peu comme lui. L’enfant était un objet d’assistance, un adulte en devenir (certains disent même &amp;quot;en miniature&amp;quot;) et non une personne humaine à part entière. Petit, faible, pauvre, dépendant, il n’était qu’un citoyen potentiel qui ne sera homme ou femme que demain. Il ne devenait une personne humaine, sujet de droits, qu’à partir du moment où il atteignait l’âge adulte. C’est à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle, notamment après la Première Guerre mondiale, que le concept de droits de l’enfant apparaît.” &amp;lt;ref&amp;gt;Dhellemmes V. ,2010. La dignité et les droits de l&#039;enfant : vingt ans d&#039;avancées sur le plan international. In. Transversalités, 2010/3 N° 115, p. 99-110.&amp;lt;/ref&amp;gt;   &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quand on fait une recherche sur des droits de l’enfant à travers les documents écrits en l&#039;espace de plus de cent ans, du début du XXème siècle jusqu’à aujourd’hui, on retrouve les noms de deux précurseurs qui ont marqué le cours de l’histoire. Il s’agit de Britannique Eglantyne Jebb (1876-1928) et du polonais Henryk Goldzmit (1878–1942) connu sous le nom de [http://fr.wikipedia.org/wiki/Janusz_Korczak Janusz Korczak].&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Ce dernier, pédiatre et éducateur qui a tant &amp;quot;aimé et défendu&amp;quot; les enfants, ne voulant pas les laisser seuls, s&#039;est laissé emmener avec eux à Treblinka où il est mort dans une chambre à gaz.&amp;lt;ref&amp;gt;Korczak J. Le droit de l’enfant au respect. L’héritage de Janusz Korczak. Conférences sur les enjeux actuels pour l’enfance. In. http://www.coe.int/t/commissioner/Activities/themes/Children/PublicationKorczak_fr.pdf&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Korczak, l&#039;inspirateur des droits de l&#039;enfant est bien, d&#039;abord, un insurgé, comme toute son œuvre en témoigne. C&#039;est un homme qui ne supporte pas la violence faite à l&#039;enfance : la violence physique, bien sûr, la violence psychologique également, mais aussi la violence des institutions qui prétendent œuvrer pour &amp;quot;son bien&amp;quot;.&amp;lt;ref&amp;gt;Meirieu P. 2002. Le pédagogue et les droits de l’enfant : histoire d’un malentendu ?. Editions du Tricorne et Association suisse des Amis du Dr Korczak. p.4&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
“Janusz Korczak, premier défenseur des droits de l’enfant et le plus radical, a été déçu en découvrant la Déclaration des droits de l’enfant adoptée par la Société des Nations en 1924, pas assez claire à son goût et plus implorante que contraignante. Il voulait des droits et non la charité, immédiatement et non dans un avenir lointain.” &amp;lt;ref&amp;gt;Korczak J. Le droit de l’enfant au respect. L’héritage de Janusz Korczak. Conférences sur les enjeux actuels pour l’enfance. In. http://www.coe.int/t/commissioner/Activities/themes/Children/PublicationKorczak_fr.pdf p.7). &amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le travail d&#039;Eglantyne Jebb qui a élaboré et rédigé la [http://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/images/f/fb/Declaration-geneve.pdf Déclaration de Genève] a été important. Elle l’a présenté le 26 septembre 1923 et le 28 février 1924 le Ve Congrès général de la Société de Nations qui l&#039;a alors ratifié.&lt;br /&gt;
C&#039;est le premier texte énonçant des droits fondamentaux des enfants ainsi que la responsabilité des adultes à leur égard. Il est constitué de cinq articles. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Déjà  dans le préambule on peut lire que « L’humanité doit donner à l’enfant ce qu’elle a de meilleur.» On peut y voir également que c’est la protection physique qui est mise en avant en soutenant l&#039;idée de venir en aide en cas de détresse ainsi que celle de combattre la faim et l&#039;exploitation (articles 2, 3, 4). En parallèle la notion de développement spirituel n’est pas omis (article 1) de même que le fait que “l’enfant doit être élevé dans le sentiment que ses meilleures qualités devront être mises au service de ses frères”(article 5). Ce texte d&#039;après première guerre mondiale est aussi une contribution à un monde de paix s&#039;étayant sur les enfants qui forment l&#039;avenir, un avenir que les promoteurs des droits de l&#039;enfant voudraient dans la paix.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Déclaration des Droits de l’Enfant, 1959 ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après la seconde guerre mondiale, l&#039;ONU est créée. Elle va s&#039;intéresser aux droits de l&#039;enfant et révéler l&#039;insuffisance de la Déclaration de Genève. En effet, suite à l&#039;adoption de la [http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/IMG/pdf/DUDH.pdf Déclaration universelle des droits de l&#039;Homme] (1948) et à l&#039;évolution du droit durant cette période, on pense nécessaire d&#039;approfondir cette question des droits de l&#039;enfant.&lt;br /&gt;
Plusieurs pays membres de l&#039;ONU réclament une convention, c&#039;est-à-dire un instrument international contraignant qui engage les états qui l&#039;ont ratifié. Mais cette proposition est refusée. Le choix se porte alors sur une seconde Déclaration des droits de l&#039;enfant qui reprend l&#039;idée selon laquelle l&#039;humanité doit donner à l&#039;enfant ce qu&#039;elle a de meilleur. [http://cofradeenfrance.files.wordpress.com/2010/10/dc3a9claration-1959.pdf La déclaration des Droits de l&#039;Enfant] est adoptée par l&#039;assemblée générale des Nations Unies à l&#039;unanimité (70 pays membres), le 20 novembre 1959. Cette date est depuis lors officiellement la journée des droits de l&#039;enfant. La déclaration contient 10 principes fondateurs (elle double donc ceux de 1924!) avec des droits concrets comme par exemple le droit à un nom, à une nationalité ou à un enseignement gratuit au niveau élémentaire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Convention Internationale relative aux Droits de l’Enfant, 1989 ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le 20 novembre 1989, la [http://www.unicef.ch/sites/default/files/attachements/convention_relative_aux_droits_de_lenfant.pdf Convention Internationale relative aux Droits de l’Enfant] (CIDE) a été adoptée par l&#039;Assemblée générale des Nations Unies. Cette Convention a pour but de reconnaître et protéger les droits spécifiques de l&#039;enfant. Elle est composée de 54 articles (elle quintuple le nombre de 1959!) autour des orientations principales suivantes:&lt;br /&gt;
:la non - discrimination&lt;br /&gt;
:l&#039;intérêt supérieur de l&#039;enfant&lt;br /&gt;
:le droit à la vie, la survie et le développement&lt;br /&gt;
:les droits participatifs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les Etats ayant ratifiés cette Convention se doivent de respecter ces articles et de mettre en place les mesures législatives pour protéger les droits de l&#039;enfant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La CIDE est une déclinaison des droits de l&#039;homme exprimés dans la [http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/IMG/pdf/DUDH.pdf Déclaration Universelle des Droits de l&#039;Homme] (1948) et pose que l’enfant est sujet de droit. Elle accorde aux enfants des droits propres et expose leurs droits économiques, sociaux, civils, culturels et politiques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En effet, cette Convention est le texte concernant les droits de l&#039;homme qui a été le plus rapidement accepté au cours de l&#039;histoire, et a été ratifié par le plus d&#039;Etats. Seuls les Etats-Unis et la Somalie ne l&#039;ont pas encore ratifiée aujourd&#039;hui: Les Etats-Unis pratiquent encore la peine de mort pour les enfants dans certains Etats, or cela serait contraire au droit à la vie de l&#039;enfant promulgué dans la CIDE, tandis que la Somalie ne possède pas de gouvernement reconnu pour la ratifier à cause des troubles politiques dans le pays.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Droits de l&#039;enfant - droits de la personne ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;quot;L&#039;humanité doit donner à l&#039;enfant ce qu&#039;elle a de meilleur, affirmer  leurs devoirs, en dehors de toute considération de race, de nationalité et de croyance&amp;quot; - ce sont les prémices officielles de la reconnaissance de l&#039;enfant de 1924. C&#039;était un début, suivi, comme nous avons décrit plus haut, par la Déclaration des Droits de l&#039;Enfant de 1959 et par La Convention relative aux Droits de l&#039;Enfant de 1989. &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il faut ici souligner que “jusqu&#039;à l’adoption de la Convention en 1989, les enfants ne vivaient pas dans les limbes juridiques internationales. Il était au contraire admis qu’ils jouissent de garanties offertes par les instruments internationaux précédents, tels que les pactes internationaux relatifs aux droits de l’homme (que la Suisse a récemment ratifiés), à l&#039;exclusion bien entendu des droits liés directement à la condition de l’adulte (droit de se marier, de fonder une famille, assurance-vieillesse ou maternité). L’année internationale de l’enfant a conduit la communauté internationale à préciser le statut des enfants en confirmant leur particularité en tant qu&#039;êtres à la fois vulnérables (Préambules de la Convention, par exemple pp. 5, 6, 12) et appelés “à assumer les responsabilités de la vie dans une société libre”.&amp;lt;ref&amp;gt;Lücker-Babel M-F, Droits de l&#039;enfant: idéologies et réalités. In. Ratifier en Suisse. La Convention de l&#039;ONU relative aux droits de l&#039;enfant?. N° 26, Novembre 1992. p. 43&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;enfant est donc considéré peu à peu comme un être de droit au cours du XXe siècle, ce que l&#039;on peut voir notamment à travers les différents textes codifiant les droits de l&#039;enfant à cette époque. L&#039;enfant est alors une personne a qui on confère des droits propres.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout d&#039;abord, en 1924, le premier texte international au sujet des droits de l&#039;enfant ([http://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/images/f/fb/Declaration-geneve.pdf Déclaration de Genève]) attribut à celui-ci des droits primaires, comme lui permettre de se développer normalement sur le plan matériel et spirituel, de gagner sa vie sans être exploité, être nourri, soigné, recueilli et secouru, ainsi que d&#039;être élever dans l&#039;esprit que ses qualités devront pourvoir à la société. On voit dans ce texte que les droits dotés à l&#039;enfant amorce une idée de soin et de protection de l&#039;enfant dans l&#039;évocation du secours qui doit lui être porté, et démontre aussi un intérêt pour son bon développement. Toutefois, ces articles restent assez pauvres quant aux droits qui leurs sont accordés et l&#039;on voit que le travail de l&#039;enfant reste de mise.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[http://cofradeenfrance.files.wordpress.com/2010/10/dc3a9claration-1959.pdf La Déclaration des Droits de l&#039;Enfant] de 1959 va plus loin. Ce texte insiste d&#039;avantage sur la protection qui doit être accordée à l&#039;enfant qui n&#039;est plus seulement suggérée sous le terme &amp;quot;secours&amp;quot;. Ici, son développement ne doit plus uniquement être normal, mais également sain sur le plan, cette fois-ci moral, spirituel, physique, intellectuel et social. On ajoute que l&#039;enfant doit pouvoir se développer dans la liberté et la dignité.&lt;br /&gt;
Il est important de voir que certains principes sont totalement nouveaux comme par exemple, le droit de posséder une nationalité et un nom. On y parle aussi de sécurité non seulement sociale pour l&#039;enfant et sa mère, mais également de sécurité morale.&lt;br /&gt;
Dans ce texte, on voit apparaître l&#039;importance accordée à l&#039;affection envers l&#039;enfant, qui est pour lui un besoin. De plus, il est indiqué que la séparation du petit enfant et de sa mère doit être éviter autant que possible. Si l&#039;enfant n&#039;a pas de famille, il est déclaré que c&#039;est alors aux pouvoirs publics et à la société d&#039;en prendre soin, de même pour les enfants n&#039;ayant pas les moyens nécessaires d’existence.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
A noter également, l&#039;entrée de l&#039;éducation comme étant un droit pour l&#039;enfant: &amp;quot;une éducation gratuite et obligatoire au moins au niveau élémentaire&amp;quot; (principe 7). Les loisirs sont incorporés dans ce principe comme éléments importants. Il est indiqué que l&#039;enfant a en effet le droit de jouer. &lt;br /&gt;
En 1959 est présente l&#039;idée de l&#039;apport des qualités de l&#039;enfant pour les autres membres de la société. Cette idée est accompagnée de celle du devoir de le protéger contre la discrimination, et de l&#039;élever dans un esprit de compréhension, de paix et de tolérance. De plus, on peut remarquer une évolution en ce qui concerne le travail des enfants. En effet, le principe 9 pose clairement des limites à son employabilité; outre la protection de son développement moral, physique ou mental, sa santé ou son éducation, on parle d&#039;âge minimum approprié pour l&#039;emploi. Toutefois, celui-ci n&#039;est pas spécifié. La notion d&#039;intérêt supérieur de l&#039;enfant fait son apparition dans cet écrit.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[http://www.unicef.ch/sites/default/files/attachements/convention_relative_aux_droits_de_lenfant.pdf La Convention relative aux Droits de l&#039;Enfant] de 1989 est le texte relevant des droits de l&#039;enfant le plus abouti. En effet, on peut déjà noter la différence en termes de nombres d&#039;articles de ces textes: 1924, La Déclaration de Genève compte 5 articles, on passe à 10 principes en 1959 et à 54 articles dans la Convention relative aux Droits de l&#039;Enfant en 1989. Cette convention reprend les droits exprimés dans les textes précédents, notamment les fondamentaux: droit à l&#039;identité, à la santé, à l&#039;éducation et à la protection et ajoute également bons nombres d&#039;autres considérations. Notamment, un nouveau droit fondamental est inclus dès lors: le droit à la participation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour conclure, en suivant le parcours de l&#039;enfant en tant que personne à part entière, on constate qu&#039;il évolue au cours du XXe siècle. À partir des informations publiées sur le site de l&#039;[http://www.unicef.org/french/sowc05/timeline.html Unicef] on peut retracer les éléments marquants de ce changement en vue de la reconnaissance internationale et de l’importance de l’enfance.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les droits de l&#039;enfant en Suisse ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le 24 février 1997, la Suisse a ratifié la Convention des Nations Unies relative aux Droits de l’Enfant. &lt;br /&gt;
Le conseil fédéral a constaté que dans l&#039;ensemble l&#039;ordre juridique suisse était en accord avec les principes de la convention. Néanmoins, il a émis des réserves dans plusieurs domaines où cet ordre juridique n&#039;est pas encore en totale adéquation avec les dispositions de la convention: le droit de l&#039;enfant à une nationalité, le regroupement familial, la séparation des jeunes et des adultes en cas de détention, les procédures pénales impliquant des mineurs. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Par ailleurs, il y a beaucoup de différences entre les divers cantons à propos de la mise en œuvre des droits. Tout ceci doit encore être amélioré.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La Convention est entrée en vigueur le 26 mars 1997 en Suisse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il faut ajouter que le pays a ratifié le protocole facultatif au sujet de l&#039;implication des enfants dans les conflits armés le 26 juillet 2002. Ce protocole, afin d&#039;augmenter la protection des enfants et adolescents, a élevé l&#039;âge minimum requis prévu dans la convention sur l’engagement volontaire et l’enrôlement obligatoire dans les forces armées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En Suisse, le deuxième protocole facultatif qui concerne la vente d&#039;enfants, la prostitution des enfants et la pornographie mettant en scène des enfants afin de mieux les protéger de l&#039;exploitation sexuelle est entré en vigueur le 19 octobre 2006.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une nouveauté visant la reconnaissance d&#039;un mineur est son droit de vote. Il s&#039;agit d&#039;un sujet d&#039;actualité qui prouve que celui des droits de l&#039;enfant commencé le siècle dernier continue.&lt;br /&gt;
Il faut savoir que les Constitutions et les législations en Suisse divergent en fonction du canton. D’une manière générale le droit de vote au niveau fédéral et cantonal est accordé aux ressortissants suisses ayant 18 ans révolus. &lt;br /&gt;
Néanmoins certaines cantons suisses ont débuté une démarche visant à accorder le doit de vote au niveau cantonal dès l’âge de 16 ans. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les citoyens ont pu s’exprimer sur l&#039;abaissement de l&#039;âge du droit de vote à 16 ans dans plusieurs cantons suisses tels que par exemple le canton de Berne, de Neuchâtel ou de Glaris. Celui-ci, en 2010, est le premier a avoir accepté d&#039;accorder ce droit aux jeunes à partir de 16 ans. Comme on peut le lire dans l’article de [http://www.rts.ch/info/suisse/1142189-glaris-dit-oui-au-droit-de-vote-a-16-ans.html RTS] paru le 28 juin 2010 “beaucoup de jeunes entrent dans la vie active à 16 ans. Ils pourront désormais aussi s&#039;exprimer sur des sujets qui les concernent directement, comme l&#039;école ou l&#039;apprentissage”.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Retour et analyse de l&#039;entretien ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* [[Entretien avec M. Jean-Pierre Audéoud|Entretien]] avec M. [[Index|Jean-Pierre Audéoud]]&lt;br /&gt;
* [[Article 2013/14|Méthode d&#039;entretien]]&lt;br /&gt;
* [[Questions pour les entretiens|Questions d&#039;entretien]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous avons interviewé Monsieur Jean-Pierre Audéoud, accompagné de sa femme Colette, le 4 décembre 2013. Cet homme, au parcours professionnel d&#039;une grande richesse a oscillé entre le droit et l&#039;éducation. En effet, après des études de droit à l&#039;université de Genève, il a fait une école d&#039;éducateurs au sud de la France (1958-1960). Diplôme en poche, il est revenu en Suisse où lui et sa femme, éducatrice également, ont repris la direction de Serix, une maison d&#039;éducation à Oron-Palézieux. Ils y ont travaillé 10 ans (1963-1973). Ensuite, Monsieur Audéoud a officié en tant que président du Tribunal des mineurs du canton de Vaud et ce jusqu&#039;en 1995, date officielle de sa retraite. Il s&#039;est ensuite engagé auprès des personnes handicapées en tant que président bénévole de la fondation Espérance. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===== Le Tribunal des mineurs =====&lt;br /&gt;
M. [[Index|Jean-Pierre Audéoud]], nous a expliqué durant l&#039; [[Entretien avec M. Jean-Pierre Audéoud|interview]] que son expérience dans le domaine du social lui a permis de mieux appréhender les tâches auprès du Tribunal des mineurs. L’engagement tout à fait remarquable de cet homme est mis en avant durant l’entretien:&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
“en choisissant le droit j’avais déjà une arrière pensée, je ne pensais pas être juriste dans un bureau ou faire avocat, quelque chose comme ça. C’est… c’était… alors c’est déjà une orientation si vous voulez, c’est-à-dire que je me suis déjà engagé en commençant le droit mais pas d’une manière précise, pas un moment « tac » voilà. Alors bon je sais pas si c’est à prendre en considération. Mais ça c’est affiné si vous voulez… non puis alors l’engagement véritable c’est quand je suis parti à Montpellier, c’est le choix de cette école d’éducateurs où je voulais compléter ma formation de juriste pour pouvoir à l’occasion revenir dans la juridiction des mineurs.”&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Il faut souligner ici que le Tribunal des mineurs, cette instance pour laquelle a travaillé Monsieur Jean-Pierre Audéoud, tient une place importante dans le champ des droits de l&#039;enfant. En outre le rôle du juge des mineurs est primordial, car c&#039;est lui qui va s&#039;occuper d&#039;instruire la cause, prendre les décisions quand un délit est commis par un enfant et s&#039;occuper de son exécution.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Une recherche menée à ce sujet nous a permis de voir qu&#039;il existe plusieurs types de sanctions:&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
* Les &amp;quot;peines prévues par le droit des mineurs :&lt;br /&gt;
réprimande ; prestation personnelle (travail d’intérêt général ou séance de sensibilisation) ; amende ; privation de liberté&amp;quot;.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
* Les &amp;quot;mesures de protection prévues par le droit des mineurs :&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
surveillance (droit de regard et d&#039;information sur la prise en charge éducative ou thérapeutique du mineur par ses parents) ; assistance personnelle (désignation d’une personne pour seconder les parents et assister le mineur) ; traitement ambulatoire (en cas de troubles psychiques, du développement de la personnalité, de toxicodépendance ou d’autre addiction) ; placement (si l’éducation et le traitement de l’état du mineur ne peuvent être assurés autrement).&amp;quot; &amp;lt;ref&amp;gt;http://www.vd.ch/fileadmin/user_upload/themes/etat_droit/justice/fichiers_pdf/Penal_7_web.pdf&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La page web officielle de la République et du canton de Genève, indique que &amp;quot;le Tribunal des mineurs est l’autorité pénale compétente pour poursuivre et juger les infractions commises par les mineurs âgés de dix à dix-huit ans au moment de l&#039;acte.&lt;br /&gt;
Il est également l&#039;autorité d&#039;exécution des peines et mesures prononcées, ces dernières pouvant durer jusqu&#039;à l&#039;âge de 22 ans.&amp;quot; &amp;lt;ref&amp;gt;https://ge.ch/justice/tribunal-des-mineurs&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Les droits de l&#039;enfant à travers le prisme de l&#039;éducation  ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est important de souligner qu&#039;avant de rencontrer notre témoin, nous n&#039;avions que peu d&#039;informations sur son parcours professionnel et de vie. Nous nous sommes rendues compte en menant l&#039;entretien qu&#039;il n&#039;était pas dans des revendications, dans une lutte en faveur des droits de l&#039;enfant au sens strict. Mais il a, de part son métier d&#039;éducateur et ses actions concrètes, participé à l&#039;évolution d&#039;une individualisation de l&#039;enfant; son but étant de faire grandir, évoluer des jeunes  pour qu&#039;ils reprennent le droit chemin, tout en respectant leurs besoins. Ainsi, il se trouve un certain décalage entre nos chapitres précédents concernant les droits de l&#039;enfant au sens strict et celui-ci qui traite d&#039;aspects éducatifs à travers une expérience de vie. Néanmoins, nous avons pu faire différents liens entre cette expérience et les droits en tant que tels. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;entretien avec M. et Mme Audéoud nous a permis de mettre en avant divers aspects reliés aux changements quant au travail d&#039;éducateur durant la période des [[Article_2013/14|années 60-80]]. Ils ont, comme énoncé plus haut, travaillé durant 10 ans (1963-1973) en tant que couple-directeur à la colonie de Serix. Cette maison d&#039;éducation pour jeunes délinquants accueillait à l&#039;époque 40 jeunes enfants et adolescents (uniquement des garçons) placés soit par une instance civile, soit par le service de protection de la jeunesse, ou encore par le tribunal des mineurs. Durant ces 10 années, ils ont initié et participé à de nombreux changements concrets au sein de leur institution. Ces changements reflètent grandement l&#039;évolution du regard porté sur l&#039;enfant à l&#039;époque. Avec la mise en place de cultes le dimanche où les gens des villages alentours se réunissaient au sein même de l&#039;institution  ou encore la création d&#039;un jardin d&#039;enfants pour les enfants du personnel, la création d&#039;un parc de jeux par de jeunes scouts, il y a cette volonté d&#039;ouvrir l&#039;institution pour que d&#039;une part les jeunes puissent avoir des contacts avec l&#039;extérieur, mais également pour que les gens de l&#039;extérieur puissent avoir un regard différent sur ce lieu et ses résidents. Les Audéoud vont encore plus loin en créant un foyer d&#039;habitation dépendant de Serix, en intégrant des jeunes dans les écoles des alentours, en leur organisant des vacances ou la possibilité de rentrer dans leur famille le week-end. Cette ouverture vers l&#039;extérieur était vraiment quelque chose de nouveau car durant des années Serix était un lieu très fermé ou rien de filtrait.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un élément marquant constaté par le couple Audéoud à travers leurs années à Serix est l&#039;évolution du statut d&#039;éducateur. En effet, ils voient se créer des associations professionnelles comme &amp;quot;la conférence romande de directeurs d&#039;institution&amp;quot; ou &amp;quot;l&#039;association romande des éducateurs spécialisés&amp;quot;. Se crée aussi durant cette période les syndicats, les conventions collectives. On aspire également à ce que les éducateurs soient mieux formés, soient soutenus dans leur métier. On voit par exemple apparaître des séances de trainings de groupe, des supervisions collectives et individuelles, ce qui était totalement nouveau pour l&#039;époque. Ainsi, dans ces années apparaît une valorisation de cette profession ainsi qu&#039; une prise en compte de la parole des éducateurs et de leurs besoins et souhaits. Il est vrai qu&#039;avant, ces gens se consacraient entièrement à leur métier, jour et nuit; ils ne comptaient pas leurs heures. Ils remplaçaient, comme le dit monsieur Audéoud, la famille de ces jeunes avec tout ce que ça implique. On voit alors petit à petit se créer un structure autour de ce métier, on met en place des horaires, des salaires, etc. On est attentif à leurs revendications, comme par exemple dans le cas de Serix, le fait de pouvoir habiter à l&#039;extérieur de la colonie. Fort est de constater qu&#039;à cette période, il semble y avoir une vraie évolution dans la prise en compte de la personne et de ses besoins. Cette reconnaissance de la profession d&#039;éducateurs a sûrement eu des impacts positifs sur la prise en charge des enfants. On peut finalement dire que l&#039;évolution des mentalités va dans le même sens pour ces deux catégories de personnes.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Cet entretien a mis également en lumière l&#039;évolution de la reconnaissance de l&#039;enfant et de ses droits. En effet, les droits de l&#039;enfant sont des droits de la personne avant tout. L&#039;entretien a par exemple souligné l&#039;importance de l&#039;écoute de l&#039;enfant et son droit à la parole. Ainsi, M. Audéoud nous a expliqué qu&#039;au Tribunal des mineurs le président se doit d&#039;écouter le mineur accusé et ses responsables légaux. D&#039;ailleurs, le but du juge pour enfant selon notre témoin est de choisir la sanction appropriée au mineur particulier, éduquer ou punir : travaux d&#039;intérêts généraux, amande ou encore le placement dans un établissement d&#039;éducation. Il se mêle alors des aspects juridiques à des aspects éducatifs et l&#039;on tente de déterminer ce qui est le mieux pour le jeune et non réellement selon le délit commis.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Il s&#039;agit là d&#039;un changement conséquent, car dans les années 60, M. Audéoud nous a fait part que dans son poste de directeur à Serix, les besoins des jeunes étaient définis par les adultes, qui décidaient pour les jeunes par rapport à ce qu&#039;ils pensaient être bien pour eux, mais sans leur demander leur avis. On n&#039;était pas encore dans une réelle prise en compte de la parole de l&#039;enfant à l&#039;époque. Une évolution sur le plan de l&#039;individualisation de l&#039;enfant et de la prise en compte de ses besoins est visible. En effet, aujourd&#039;hui on entend plus l&#039;enfant, on tente de connaître ce qu&#039;il désire et on regarde si on peut y accommoder. Avant, l&#039;enfant se devait de s&#039;accommoder lui à ce qu&#039;on lui imposait. De même, à Serix les colloques concernant les enfants se déroulaient sans l&#039;intéressé et ses parents, mais seulement avec les éducateurs et autres professionnels entourant le jeune. Petit à petit, les éducateurs ont changé de manière de faire, en imposant moins de choses supposées pour le bien des enfants et adolescents. Dans cet ordre d&#039;idée, on retrouve les points fondamentaux de la Constitution de 1989, du droit à la participation ainsi que la prise en compte de l&#039;intérêt supérieur de l&#039;enfant. Donc, entre les années 60 et 80, le domaine de l&#039;éducation a évolué dans la place attribuée au mineur dans les choix et sujets le concernant, l&#039;écoute qu&#039;on lui accorde et le droit de parole de celui-ci. De plus, les changements sont aussi visibles dans la prise en compte plus aboutie des besoins de l&#039;enfant, notamment par l&#039;expression de ses désirs et ressentis. Mme Audéoud souligne également le recours progressif à l&#039;individualisation de la démarche envers le jeune dans le milieu éducatif de Serix. Ainsi les jeunes ne sont plus approchés collectivement et on tient davantage compte de leur individualité dans les démarches entreprises à leur égard.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Par rapport à la question des valeurs portées par ces deux personnes, on retrouve celles de donner une structure à l&#039;enfant de manière attentionnée, de donner de l&#039;affection à ces jeunes qui souvent en manquait, ainsi que de la reconnaissance. Valoriser l&#039;enfant, le protéger, lui manifester de l&#039;intérêt, mais aussi l&#039;aider à développer ses capacités d&#039;un point de vue cognitif, social et affectif, voilà ce en quoi croyait ce couple. Leurs convictions et ils l&#039;évoquent eux-mêmes répondent toutes aux différents besoins que l&#039;enfant a pour se développer harmonieusement. En cela, on retrouve les fondements de base des droits internationaux des enfants, car on y parle également de protection de l&#039;enfant ainsi que la nécessité de permettre son développement harmonieux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Finalement, il semblerait légitime de penser que la promotion des droits de l&#039;enfant dans les années 60-80 sont en lien avec les changements dans le travail éducatif de nos témoins et l&#039;évolution de leur regard sur l&#039;enfant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Conclusions ===&lt;br /&gt;
Les droits de l’enfant, comme nous les avons présenté, ont évolué au cours de décennies du XXème siècle. L’histoire de cette période nous témoigne de leur importance, de leur rôle prépondérant dans la vie d’un être humain. Ceci ne signifie pas que l’on n’a rien de plus à accomplir, bien au contraire. Les préoccupations quant aux conditions de vie des enfants dans le monde sont encore d&#039;actualité au XXIème sciècle. L&#039;enfant est une personne à part entière ce qui ne fait aucune doute et la [[Article_2013/14|complexité du concept des droits de la personne]] abordée dans notre article renvoie justement à la liberté, à l&#039;intégrité, à la sûreté. Mais surtout qu’importe d&#039;où l’on vient et ce qu’on fait, nous avons le droit à la vie. &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Les [[Droits_des_femmes|femmes]], les [[Droits_des_prisonniers|prisonniers]], les [[Droits_des_patients_psychiatriques|patients]], les [[Droits_des_personnes_en_situation_de_handicap|personnes en situation de handicap]], chaque individu a ce droit pour lequel certains se battent encore aujourd&#039;hui.&amp;lt;br /&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’enfance lie les individus qu’importe leur appartenance. Cette période de la vie qui nous est commune prend une dimension à part tout simplement parce que dans chaque enfant émerge l’avenir, notre avenir. Les adultes ont pour but de comprendre les enfants, de les respecter en tant que personnes et de protéger leurs droits. &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Avec le temps, l&#039;enfant a peu à peu existé comme personne à part entière. Il n&#039;est plus seulement un &amp;quot;homme en devenir&amp;quot;, mais bien un enfant avec ses particularités et besoins spécifiques. De plus, l&#039;intérêt qu&#039;on lui a porté a amené à une prise de conscience de l&#039;importance de lui donner la parole, de respecter ses désirs, intérêts, ainsi que de ses besoins, comme lui les définit. On a ainsi vu à travers notre entretien que d&#039;une définition des besoins de l&#039;enfant par l&#039;adulte durant les années 60 dans les milieux éducatifs en Suisse, on est passé vers une prise en compte plus réelle des besoins de l&#039;enfant en s&#039;adressent directement à celui-ci et en l&#039;écoutant davantage. La protection de l&#039;enfant est une notion importante dans la construction de ses droits.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme nous l&#039;avons écrit auparavant, son droit à la vie est signifié dans les textes internationaux. De prime abord, le droit à la vie de tout être humain ainsi que le droit à être protégé nous paraît naturel, mais on voit que cela ne va pas de soi. La reconnaissance du droit et besoin de protection de l&#039;enfant est essentielle, car il s&#039;agit d&#039;un être vulnérable et dépendant, soumis au bon vouloir des parents. Cette relation dominant-dominé, où l&#039;un possède un certain pouvoir sur l&#039;autre se retrouve dans bien d&#039;autres populations. Ainsi, d&#039;autres droits développés à partir du milieu du XXe siècle, comme le droits des [[Droits_des_femmes|femmes]], des [[Droits_des_patients_psychiatriques|patients psychiatriques]], des [[Droits des patients (à l&#039;hôpital)|patients hospitaliers]], des [[Droits_des_personnes_en_situation_de_handicap|personnes en situation de handicap]] ou encore des [[Droits_des_prisonniers|prisonniers]] vont dans ce sens. Ce sont toutes des populations sous la domination d&#039;autrui pour lesquelles des luttes se sont développées afin de faire valoir leurs droits, en particulier de parole, écoute, autodétermination, etc. La préoccupation de l&#039;enfant va sans doute de paire avec la conscience de la société de cet enfant comme devenir de cette société. En effet, en désirant une société de bons citoyens, épanouis et travailleurs, il faut avant tout s&#039;occuper des conditions et favoriser au mieux le développement harmonieux des enfants. On peut ainsi rapprocher cette volonté d&#039;améliorer la société par le soucis de l&#039;enfant avec l&#039;apparition de l&#039;obligation scolaire pour tous. L&#039;instauration des droits de l&#039;enfant va cependant plus loin, car elle touche à bien d&#039;autres domaines que l&#039;instruction.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour finir, on peut voir que ces droits reconnus internationalement doivent tout de même continué à être l&#039;objet d&#039;un travail constant, car entre la théorie et la pratique, il y a de grandes différences, même dans nos pays développés. Ainsi, il importe de faire connaître leurs droits aux enfants, de les faire respecter, notamment à travers des instances et sanctions juridiques à cet égard.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Bibliographie / Webographie ===&lt;br /&gt;
* Droux J.,2011. &#039;&#039;L&#039;internationalisation de la protection de l&#039;enfance : acteurs, concurrences et projets transnationaux (1900-1925)&#039;&#039;. In. Critique internationale, 2011/3 n° 52, p. 17-33&lt;br /&gt;
* Martinetti, F. 2002. &#039;&#039;Les Droits de l&#039;enfant&#039;&#039;. Librio&lt;br /&gt;
* http://cofrade.fr/&lt;br /&gt;
* http://www.humanium.org/fr/&lt;br /&gt;
* http://www.netzwerk-kinderrechte.ch/&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Notes et références ===&lt;br /&gt;
&amp;lt;references/&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Auteurs du chapitre ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Claire Bourgeois Dubois-Ferriere&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
* Katarzyna Milena Fratczak&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
* Victoria Salomon&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Victoria</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Droits_des_enfants&amp;diff=13242</id>
		<title>Droits des enfants</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Droits_des_enfants&amp;diff=13242"/>
		<updated>2014-01-15T08:28:27Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Victoria : /* Retour et analyse de l&amp;#039;entretien */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;=== Introduction ===&lt;br /&gt;
Les droits de l&#039;enfant visant la protection des mineurs évoluent au cours des décennies. Les prémices du XXe siècle les plus connues sont bien évidemment la [http://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/images/f/fb/Declaration-geneve.pdf Déclaration de Genève] (1924), la [http://cofradeenfrance.files.wordpress.com/2010/10/dc3a9claration-1959.pdf déclaration des Droits de l&#039;Enfant] (1959) et enfin le texte de la [http://www.unicef.ch/sites/default/files/attachements/convention_relative_aux_droits_de_lenfant.pdf Convention Internationale relative aux Droits de l’Enfant] du 20 novembre 1989. Ce dernier “ratifié d’une manière quasi universelle (193 États sur 195) en fait un texte hors norme de part sa portée dans l’espace et de par l’enthousiasme spontané qu’ [il] a suscité.”&amp;lt;ref&amp;gt;Zermatten, J., Stoecklin D. 2009. Le droit des enfants de participer. Norme juridique et réalité pratique: contribution à un nouveau contrat social. Suisse: Institut International des Droits de l&#039;Enfant., p.7 &amp;lt;/ref&amp;gt; Ce parcours historique est une partie importante de l’histoire qu’on écrit aujourd’hui.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
On peut remarquer que le premier pas vers l&#039;individualisation de l&#039;enfant datant de 1924, pointe le bout de son nez quelques années après la fin de la première guerre mondiale. Le deuxième est marqué par la Déclaration de Droits de l&#039;Enfant de 1959, donc à l’image de la précédente, elle date des années après la seconde guerre mais est également un point de départ menant vers la Convention de 1989.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Le long chemin vers une telle reconnaissance était en grande partie marqué par la création, un peu partout en Europe, des communautés d&#039;enfants. Leur rôle n&#039;est pas négligeable. La définition de ces communautés d&#039;enfants est donné à Trogen en juillet 1948 et semble préciser un peu plus les besoins de l&#039;enfant en tant que personne. Ce sont: &amp;quot;les organisations éducatives ou rééducatives à caractère permanent, fondées sur la participation active des enfants ou adolescents à la vie de la communauté, dans le cadre des méthodes d’éducation et d’instruction modernes – et dans lesquelles la vie de famille se combine de diverses façons aux modalités de la vie de collectivité&amp;quot;.&amp;lt;ref&amp;gt;Cours de M.Ruchat: L’éducation spéciale du XVIIIe au XXe siècles: L’éducation, les normes et l’individu, Université de Genève, 2013&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Dans l’esprit de la reconnaissance d’un enfant à part entière avec le respect de sa liberté, [[Libres enfants de Summerhill (Neill)|Alexander Sutherland Neill]] crée son école de Summerhill en 1921, une école qui encore de nos jours suscite beaucoup de discussions et polémiques. Dans le cadre de cet atelier d’intelligence collective nous avons procédé à une comparaison des idées de Neill décrites dans son livre [[Libres enfants de Summerhill (Neill)|&amp;quot;Libres enfants de Summerhill&amp;quot;]] (1960) avec la Convention relative aux Droits de l’Enfant de 1989 avec un constat tout à fait surprenant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Historique des droits de l&#039;enfant ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== « L’humanité doit donner à l’enfant ce qu’elle a de meilleur » Déclaration de Genève sur les Droits de l’Enfant, 1924 ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est important de signaler qu&#039;avant même l&#039;intérêt qui s&#039;est peu à peu développé quant aux droits de l&#039;enfant, il a d&#039;abord fallu que la société prenne [[Fichier:Déclaration de Genève 1924.jpg|vignette|droite|Déclaration de Genève (1924)]]conscience du statut particulier de l&#039;enfant, avec ses spécificités, et bien plus encore d&#039;être humain digne de droits propres : “L’adulte a longtemps cru que c’était lui-même qui devait animer l’enfant par ses soins et son assistance. Il pensait que son rôle était de façonner l’enfant, de construire sa vie psychique pour que l’enfant devienne peu à peu comme lui. L’enfant était un objet d’assistance, un adulte en devenir (certains disent même &amp;quot;en miniature&amp;quot;) et non une personne humaine à part entière. Petit, faible, pauvre, dépendant, il n’était qu’un citoyen potentiel qui ne sera homme ou femme que demain. Il ne devenait une personne humaine, sujet de droits, qu’à partir du moment où il atteignait l’âge adulte. C’est à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle, notamment après la Première Guerre mondiale, que le concept de droits de l’enfant apparaît.” &amp;lt;ref&amp;gt;Dhellemmes V. ,2010. La dignité et les droits de l&#039;enfant : vingt ans d&#039;avancées sur le plan international. In. Transversalités, 2010/3 N° 115, p. 99-110.&amp;lt;/ref&amp;gt;   &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quand on fait une recherche sur des droits de l’enfant à travers les documents écrits en l&#039;espace de plus de cent ans, du début du XXème siècle jusqu’à aujourd’hui, on retrouve les noms de deux précurseurs qui ont marqué le cours de l’histoire. Il s’agit de Britannique Eglantyne Jebb (1876-1928) et du polonais Henryk Goldzmit (1878–1942) connu sous le nom de [http://fr.wikipedia.org/wiki/Janusz_Korczak Janusz Korczak].&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Ce dernier, pédiatre et éducateur qui a tant &amp;quot;aimé et défendu&amp;quot; les enfants, ne voulant pas les laisser seuls, s&#039;est laissé emmener avec eux à Treblinka où il est mort dans une chambre à gaz.&amp;lt;ref&amp;gt;Korczak J. Le droit de l’enfant au respect. L’héritage de Janusz Korczak. Conférences sur les enjeux actuels pour l’enfance. In. http://www.coe.int/t/commissioner/Activities/themes/Children/PublicationKorczak_fr.pdf&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Korczak, l&#039;inspirateur des droits de l&#039;enfant est bien, d&#039;abord, un insurgé, comme toute son œuvre en témoigne. C&#039;est un homme qui ne supporte pas la violence faite à l&#039;enfance : la violence physique, bien sûr, la violence psychologique également, mais aussi la violence des institutions qui prétendent œuvrer pour &amp;quot;son bien&amp;quot;.&amp;lt;ref&amp;gt;Meirieu P. 2002. Le pédagogue et les droits de l’enfant : histoire d’un malentendu ?. Editions du Tricorne et Association suisse des Amis du Dr Korczak. p.4&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
“Janusz Korczak, premier défenseur des droits de l’enfant et le plus radical, a été déçu en découvrant la Déclaration des droits de l’enfant adoptée par la Société des Nations en 1924, pas assez claire à son goût et plus implorante que contraignante. Il voulait des droits et non la charité, immédiatement et non dans un avenir lointain.” &amp;lt;ref&amp;gt;Korczak J. Le droit de l’enfant au respect. L’héritage de Janusz Korczak. Conférences sur les enjeux actuels pour l’enfance. In. http://www.coe.int/t/commissioner/Activities/themes/Children/PublicationKorczak_fr.pdf p.7). &amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le travail d&#039;Eglantyne Jebb qui a élaboré et rédigé la [http://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/images/f/fb/Declaration-geneve.pdf Déclaration de Genève] a été important. Elle l’a présenté le 26 septembre 1923 et le 28 février 1924 le Ve Congrès général de la Société de Nations qui l&#039;a alors ratifié.&lt;br /&gt;
C&#039;est le premier texte énonçant des droits fondamentaux des enfants ainsi que la responsabilité des adultes à leur égard. Il est constitué de cinq articles. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Déjà  dans le préambule on peut lire que « L’humanité doit donner à l’enfant ce qu’elle a de meilleur.» On peut y voir également que c’est la protection physique qui est mise en avant en soutenant l&#039;idée de venir en aide en cas de détresse ainsi que celle de combattre la faim et l&#039;exploitation (articles 2, 3, 4). En parallèle la notion de développement spirituel n’est pas omis (article 1) de même que le fait que “l’enfant doit être élevé dans le sentiment que ses meilleures qualités devront être mises au service de ses frères”(article 5). Ce texte d&#039;après première guerre mondiale est aussi une contribution à un monde de paix s&#039;étayant sur les enfants qui forment l&#039;avenir, un avenir que les promoteurs des droits de l&#039;enfant voudraient dans la paix.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Déclaration des Droits de l’Enfant, 1959 ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après la seconde guerre mondiale, l&#039;ONU est créée. Elle va s&#039;intéresser aux droits de l&#039;enfant et révéler l&#039;insuffisance de la Déclaration de Genève. En effet, suite à l&#039;adoption de la [http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/IMG/pdf/DUDH.pdf Déclaration universelle des droits de l&#039;Homme] (1948) et à l&#039;évolution du droit durant cette période, on pense nécessaire d&#039;approfondir cette question des droits de l&#039;enfant.&lt;br /&gt;
Plusieurs pays membres de l&#039;ONU réclament une convention, c&#039;est-à-dire un instrument international contraignant qui engage les états qui l&#039;ont ratifié. Mais cette proposition est refusée. Le choix se porte alors sur une seconde Déclaration des droits de l&#039;enfant qui reprend l&#039;idée selon laquelle l&#039;humanité doit donner à l&#039;enfant ce qu&#039;elle a de meilleur. [http://cofradeenfrance.files.wordpress.com/2010/10/dc3a9claration-1959.pdf La déclaration des Droits de l&#039;Enfant] est adoptée par l&#039;assemblée générale des Nations Unies à l&#039;unanimité (70 pays membres), le 20 novembre 1959. Cette date est depuis lors officiellement la journée des droits de l&#039;enfant. La déclaration contient 10 principes fondateurs (elle double donc ceux de 1924!) avec des droits concrets comme par exemple le droit à un nom, à une nationalité ou à un enseignement gratuit au niveau élémentaire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Convention Internationale relative aux Droits de l’Enfant, 1989 ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le 20 novembre 1989, la [http://www.unicef.ch/sites/default/files/attachements/convention_relative_aux_droits_de_lenfant.pdf Convention Internationale relative aux Droits de l’Enfant] (CIDE) a été adoptée par l&#039;Assemblée générale des Nations Unies. Cette Convention a pour but de reconnaître et protéger les droits spécifiques de l&#039;enfant. Elle est composée de 54 articles (elle quintuple le nombre de 1959!) autour des orientations principales suivantes:&lt;br /&gt;
:la non - discrimination&lt;br /&gt;
:l&#039;intérêt supérieur de l&#039;enfant&lt;br /&gt;
:le droit à la vie, la survie et le développement&lt;br /&gt;
:les droits participatifs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les Etats ayant ratifiés cette Convention se doivent de respecter ces articles et de mettre en place les mesures législatives pour protéger les droits de l&#039;enfant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La CIDE est une déclinaison des droits de l&#039;homme exprimés dans la [http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/IMG/pdf/DUDH.pdf Déclaration Universelle des Droits de l&#039;Homme] (1948) et pose que l’enfant est sujet de droit. Elle accorde aux enfants des droits propres et expose leurs droits économiques, sociaux, civils, culturels et politiques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En effet, cette Convention est le texte concernant les droits de l&#039;homme qui a été le plus rapidement accepté au cours de l&#039;histoire, et a été ratifié par le plus d&#039;Etats. Seuls les Etats-Unis et la Somalie ne l&#039;ont pas encore ratifiée aujourd&#039;hui: Les Etats-Unis pratiquent encore la peine de mort pour les enfants dans certains Etats, or cela serait contraire au droit à la vie de l&#039;enfant promulgué dans la CIDE, tandis que la Somalie ne possède pas de gouvernement reconnu pour la ratifier à cause des troubles politiques dans le pays.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Droits de l&#039;enfant - droits de la personne ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;quot;L&#039;humanité doit donner à l&#039;enfant ce qu&#039;elle a de meilleur, affirmer  leurs devoirs, en dehors de toute considération de race, de nationalité et de croyance&amp;quot; - ce sont les prémices officielles de la reconnaissance de l&#039;enfant de 1924. C&#039;était un début, suivi, comme nous avons décrit plus haut, par la Déclaration des Droits de l&#039;Enfant de 1959 et par La Convention relative aux Droits de l&#039;Enfant de 1989. &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il faut ici souligner que “jusqu&#039;à l’adoption de la Convention en 1989, les enfants ne vivaient pas dans les limbes juridiques internationales. Il était au contraire admis qu’ils jouissent de garanties offertes par les instruments internationaux précédents, tels que les pactes internationaux relatifs aux droits de l’homme (que la Suisse a récemment ratifiés), à l&#039;exclusion bien entendu des droits liés directement à la condition de l’adulte (droit de se marier, de fonder une famille, assurance-vieillesse ou maternité). L’année internationale de l’enfant a conduit la communauté internationale à préciser le statut des enfants en confirmant leur particularité en tant qu&#039;êtres à la fois vulnérables (Préambules de la Convention, par exemple pp. 5, 6, 12) et appelés “à assumer les responsabilités de la vie dans une société libre”.&amp;lt;ref&amp;gt;Lücker-Babel M-F, Droits de l&#039;enfant: idéologies et réalités. In. Ratifier en Suisse. La Convention de l&#039;ONU relative aux droits de l&#039;enfant?. N° 26, Novembre 1992. p. 43&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;enfant est donc considéré peu à peu comme un être de droit au cours du XXe siècle, ce que l&#039;on peut voir notamment à travers les différents textes codifiant les droits de l&#039;enfant à cette époque. L&#039;enfant est alors une personne a qui on confère des droits propres.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout d&#039;abord, en 1924, le premier texte international au sujet des droits de l&#039;enfant ([http://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/images/f/fb/Declaration-geneve.pdf Déclaration de Genève]) attribut à celui-ci des droits primaires, comme lui permettre de se développer normalement sur le plan matériel et spirituel, de gagner sa vie sans être exploité, être nourri, soigné, recueilli et secouru, ainsi que d&#039;être élever dans l&#039;esprit que ses qualités devront pourvoir à la société. On voit dans ce texte que les droits dotés à l&#039;enfant amorce une idée de soin et de protection de l&#039;enfant dans l&#039;évocation du secours qui doit lui être porté, et démontre aussi un intérêt pour son bon développement. Toutefois, ces articles restent assez pauvres quant aux droits qui leurs sont accordés et l&#039;on voit que le travail de l&#039;enfant reste de mise.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[http://cofradeenfrance.files.wordpress.com/2010/10/dc3a9claration-1959.pdf La Déclaration des Droits de l&#039;Enfant] de 1959 va plus loin. Ce texte insiste d&#039;avantage sur la protection qui doit être accordée à l&#039;enfant qui n&#039;est plus seulement suggérée sous le terme &amp;quot;secours&amp;quot;. Ici, son développement ne doit plus uniquement être normal, mais également sain sur le plan, cette fois-ci moral, spirituel, physique, intellectuel et social. On ajoute que l&#039;enfant doit pouvoir se développer dans la liberté et la dignité.&lt;br /&gt;
Il est important de voir que certains principes sont totalement nouveaux comme par exemple, le droit de posséder une nationalité et un nom. On y parle aussi de sécurité non seulement sociale pour l&#039;enfant et sa mère, mais également de sécurité morale.&lt;br /&gt;
Dans ce texte, on voit apparaître l&#039;importance accordée à l&#039;affection envers l&#039;enfant, qui est pour lui un besoin. De plus, il est indiqué que la séparation du petit enfant et de sa mère doit être éviter autant que possible. Si l&#039;enfant n&#039;a pas de famille, il est déclaré que c&#039;est alors aux pouvoirs publics et à la société d&#039;en prendre soin, de même pour les enfants n&#039;ayant pas les moyens nécessaires d’existence.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
A noter également, l&#039;entrée de l&#039;éducation comme étant un droit pour l&#039;enfant: &amp;quot;une éducation gratuite et obligatoire au moins au niveau élémentaire&amp;quot; (principe 7). Les loisirs sont incorporés dans ce principe comme éléments importants. Il est indiqué que l&#039;enfant a en effet le droit de jouer. &lt;br /&gt;
En 1959 est présente l&#039;idée de l&#039;apport des qualités de l&#039;enfant pour les autres membres de la société. Cette idée est accompagnée de celle du devoir de le protéger contre la discrimination, et de l&#039;élever dans un esprit de compréhension, de paix et de tolérance. De plus, on peut remarquer une évolution en ce qui concerne le travail des enfants. En effet, le principe 9 pose clairement des limites à son employabilité; outre la protection de son développement moral, physique ou mental, sa santé ou son éducation, on parle d&#039;âge minimum approprié pour l&#039;emploi. Toutefois, celui-ci n&#039;est pas spécifié. La notion d&#039;intérêt supérieur de l&#039;enfant fait son apparition dans cet écrit.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[http://www.unicef.ch/sites/default/files/attachements/convention_relative_aux_droits_de_lenfant.pdf La Convention relative aux Droits de l&#039;Enfant] de 1989 est le texte relevant des droits de l&#039;enfant le plus abouti. En effet, on peut déjà noter la différence en termes de nombres d&#039;articles de ces textes: 1924, La Déclaration de Genève compte 5 articles, on passe à 10 principes en 1959 et à 54 articles dans la Convention relative aux Droits de l&#039;Enfant en 1989. Cette convention reprend les droits exprimés dans les textes précédents, notamment les fondamentaux: droit à l&#039;identité, à la santé, à l&#039;éducation et à la protection et ajoute également bons nombres d&#039;autres considérations. Notamment, un nouveau droit fondamental est inclus dès lors: le droit à la participation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour conclure, en suivant le parcours de l&#039;enfant en tant que personne à part entière, on constate qu&#039;il évolue au cours du XXe siècle. À partir des informations publiées sur le site de l&#039;[http://www.unicef.org/french/sowc05/timeline.html Unicef] on peut retracer les éléments marquants de ce changement en vue de la reconnaissance internationale et de l’importance de l’enfance.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les droits de l&#039;enfant en Suisse ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le 24 février 1997, la Suisse a ratifié la Convention des Nations Unies relative aux Droits de l’Enfant. &lt;br /&gt;
Le conseil fédéral a constaté que dans l&#039;ensemble l&#039;ordre juridique suisse était en accord avec les principes de la convention. Néanmoins, il a émis des réserves dans plusieurs domaines où cet ordre juridique n&#039;est pas encore en totale adéquation avec les dispositions de la convention: le droit de l&#039;enfant à une nationalité, le regroupement familial, la séparation des jeunes et des adultes en cas de détention, les procédures pénales impliquant des mineurs. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Par ailleurs, il y a beaucoup de différences entre les divers cantons à propos de la mise en œuvre des droits. Tout ceci doit encore être amélioré.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La Convention est entrée en vigueur le 26 mars 1997 en Suisse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il faut ajouter que le pays a ratifié le protocole facultatif au sujet de l&#039;implication des enfants dans les conflits armés le 26 juillet 2002. Ce protocole, afin d&#039;augmenter la protection des enfants et adolescents, a élevé l&#039;âge minimum requis prévu dans la convention sur l’engagement volontaire et l’enrôlement obligatoire dans les forces armées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En Suisse, le deuxième protocole facultatif qui concerne la vente d&#039;enfants, la prostitution des enfants et la pornographie mettant en scène des enfants afin de mieux les protéger de l&#039;exploitation sexuelle est entré en vigueur le 19 octobre 2006.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une nouveauté visant la reconnaissance d&#039;un mineur est son droit de vote. Il s&#039;agit d&#039;un sujet d&#039;actualité qui prouve que celui des droits de l&#039;enfant commencé le siècle dernier continue.&lt;br /&gt;
Il faut savoir que les Constitutions et les législations en Suisse divergent en fonction du canton. D’une manière générale le droit de vote au niveau fédéral et cantonal est accordé aux ressortissants suisses ayant 18 ans révolus. &lt;br /&gt;
Néanmoins certaines cantons suisses ont débuté une démarche visant à accorder le doit de vote au niveau cantonal dès l’âge de 16 ans. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les citoyens ont pu s’exprimer sur l&#039;abaissement de l&#039;âge du droit de vote à 16 ans dans plusieurs cantons suisses tels que par exemple le canton de Berne, de Neuchâtel ou de Glaris. Celui-ci, en 2010, est le premier a avoir accepté d&#039;accorder ce droit aux jeunes à partir de 16 ans. Comme on peut le lire dans l’article de [http://www.rts.ch/info/suisse/1142189-glaris-dit-oui-au-droit-de-vote-a-16-ans.html RTS] paru le 28 juin 2010 “beaucoup de jeunes entrent dans la vie active à 16 ans. Ils pourront désormais aussi s&#039;exprimer sur des sujets qui les concernent directement, comme l&#039;école ou l&#039;apprentissage”.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Retour et analyse de l&#039;entretien ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* [[Entretien avec M. Jean-Pierre Audéoud|Entretien]] avec M. [[Index|Jean-Pierre Audéoud]]&lt;br /&gt;
* [[Article 2013/14|Méthode d&#039;entretien]]&lt;br /&gt;
* [[Questions pour les entretiens|Questions d&#039;entretien]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous avons interviewé Monsieur Jean-Pierre accompagné de sa femme Colette, le 4 décembre 2013. Cet homme, au parcours professionnel d&#039;une grande richesse a oscillé entre le droit et l&#039;éducation. En effet, après des études de droit à l&#039;université de Genève, il a fait une école d&#039;éducateurs au sud de la France (1958-1960). Diplôme en poche, il est revenu en Suisse où lui et sa femme, éducatrice également, ont repris la direction de Serix, une maison d&#039;éducation à Oron-Palézieux. Ils y ont travaillé 10 ans (1963-1973). Ensuite, Monsieur Audéoud a officié en tant que président du Tribunal des mineurs du canton de Vaud et ce jusqu&#039;en 1995, date officielle de sa retraite. Il s&#039;est ensuite engagé auprès des personnes handicapées en tant que président bénévole de la fondation Espérance. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===== Le Tribunal des mineurs =====&lt;br /&gt;
M. [[Index|Jean-Pierre Audéoud]], nous a expliqué durant l&#039; [[Entretien avec M. Jean-Pierre Audéoud|interview]] que son expérience dans le domaine du social lui a permis de mieux appréhender les tâches auprès du Tribunal des mineurs. L’engagement tout à fait remarquable de cet homme est mis en avant durant l’entretien:&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
“en choisissant le droit j’avais déjà une arrière pensée, je ne pensais pas être juriste dans un bureau ou faire avocat, quelque chose comme ça. C’est… c’était… alors c’est déjà une orientation si vous voulez, c’est-à-dire que je me suis déjà engagé en commençant le droit mais pas d’une manière précise, pas un moment « tac » voilà. Alors bon je sais pas si c’est à prendre en considération. Mais ça c’est affiné si vous voulez… non puis alors l’engagement véritable c’est quand je suis parti à Montpellier, c’est le choix de cette école d’éducateurs où je voulais compléter ma formation de juriste pour pouvoir à l’occasion revenir dans la juridiction des mineurs.”&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Il faut souligner ici que le Tribunal des mineurs, cette instance pour laquelle a travaillé Monsieur Jean-Pierre Audéoud, tient une place importante dans le champ des droits de l&#039;enfant. En outre le rôle du juge des mineurs est primordial, car c&#039;est lui qui va s&#039;occuper d&#039;instruire la cause, prendre les décisions quand un délit est commis par un enfant et s&#039;occuper de son exécution.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Une recherche menée à ce sujet nous a permis de voir qu&#039;il existe plusieurs types de sanctions:&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
* Les &amp;quot;peines prévues par le droit des mineurs :&lt;br /&gt;
réprimande ; prestation personnelle (travail d’intérêt général ou séance de sensibilisation) ; amende ; privation de liberté&amp;quot;.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
* Les &amp;quot;mesures de protection prévues par le droit des mineurs :&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
surveillance (droit de regard et d&#039;information sur la prise en charge éducative ou thérapeutique du mineur par ses parents) ; assistance personnelle (désignation d’une personne pour seconder les parents et assister le mineur) ; traitement ambulatoire (en cas de troubles psychiques, du développement de la personnalité, de toxicodépendance ou d’autre addiction) ; placement (si l’éducation et le traitement de l’état du mineur ne peuvent être assurés autrement).&amp;quot; &amp;lt;ref&amp;gt;http://www.vd.ch/fileadmin/user_upload/themes/etat_droit/justice/fichiers_pdf/Penal_7_web.pdf&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La page web officielle de la République et du canton de Genève, indique que &amp;quot;le Tribunal des mineurs est l’autorité pénale compétente pour poursuivre et juger les infractions commises par les mineurs âgés de dix à dix-huit ans au moment de l&#039;acte.&lt;br /&gt;
Il est également l&#039;autorité d&#039;exécution des peines et mesures prononcées, ces dernières pouvant durer jusqu&#039;à l&#039;âge de 22 ans.&amp;quot; &amp;lt;ref&amp;gt;https://ge.ch/justice/tribunal-des-mineurs&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Les droits de l&#039;enfant à travers le prisme de l&#039;éducation  ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est important de souligner qu&#039;avant de rencontrer notre témoin, nous n&#039;avions que peu d&#039;informations sur son parcours professionnel et de vie. Nous nous sommes rendues compte en menant l&#039;entretien qu&#039;il n&#039;était pas dans des revendications, dans une lutte en faveur des droits de l&#039;enfant au sens strict. Mais il a, de part son métier d&#039;éducateur et ses actions concrètes, participé à l&#039;évolution d&#039;une individualisation de l&#039;enfant; son but étant de faire grandir, évoluer des jeunes  pour qu&#039;ils reprennent le droit chemin, tout en respectant leurs besoins. Ainsi, il se trouve un certain décalage entre nos chapitres précédents concernant les droits de l&#039;enfant au sens strict et celui-ci qui traite d&#039;aspects éducatifs à travers une expérience de vie. Néanmoins, nous avons pu faire différents liens entre cette expérience et les droits en tant que tels. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;entretien avec M. et Mme Audéoud nous a permis de mettre en avant divers aspects reliés aux changements quant au travail d&#039;éducateur durant la période des [[Article_2013/14|années 60-80]]. Ils ont, comme énoncé plus haut, travaillé durant 10 ans (1963-1973) en tant que couple-directeur à la colonie de Serix. Cette maison d&#039;éducation pour jeunes délinquants accueillait à l&#039;époque 40 jeunes enfants et adolescents (uniquement des garçons) placés soit par une instance civile, soit par le service de protection de la jeunesse, ou encore par le tribunal des mineurs. Durant ces 10 années, ils ont initié et participé à de nombreux changements concrets au sein de leur institution. Ces changements reflètent grandement l&#039;évolution du regard porté sur l&#039;enfant à l&#039;époque. Avec la mise en place de cultes le dimanche où les gens des villages alentours se réunissaient au sein même de l&#039;institution  ou encore la création d&#039;un jardin d&#039;enfants pour les enfants du personnel, la création d&#039;un parc de jeux par de jeunes scouts, il y a cette volonté d&#039;ouvrir l&#039;institution pour que d&#039;une part les jeunes puissent avoir des contacts avec l&#039;extérieur, mais également pour que les gens de l&#039;extérieur puissent avoir un regard différent sur ce lieu et ses résidents. Les Audéoud vont encore plus loin en créant un foyer d&#039;habitation dépendant de Serix, en intégrant des jeunes dans les écoles des alentours, en leur organisant des vacances ou la possibilité de rentrer dans leur famille le week-end. Cette ouverture vers l&#039;extérieur était vraiment quelque chose de nouveau car durant des années Serix était un lieu très fermé ou rien de filtrait.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un élément marquant constaté par le couple Audéoud à travers leurs années à Serix est l&#039;évolution du statut d&#039;éducateur. En effet, ils voient se créer des associations professionnelles comme &amp;quot;la conférence romande de directeurs d&#039;institution&amp;quot; ou &amp;quot;l&#039;association romande des éducateurs spécialisés&amp;quot;. Se crée aussi durant cette période les syndicats, les conventions collectives. On aspire également à ce que les éducateurs soient mieux formés, soient soutenus dans leur métier. On voit par exemple apparaître des séances de trainings de groupe, des supervisions collectives et individuelles, ce qui était totalement nouveau pour l&#039;époque. Ainsi, dans ces années apparaît une valorisation de cette profession ainsi qu&#039; une prise en compte de la parole des éducateurs et de leurs besoins et souhaits. Il est vrai qu&#039;avant, ces gens se consacraient entièrement à leur métier, jour et nuit; ils ne comptaient pas leurs heures. Ils remplaçaient, comme le dit monsieur Audéoud, la famille de ces jeunes avec tout ce que ça implique. On voit alors petit à petit se créer un structure autour de ce métier, on met en place des horaires, des salaires, etc. On est attentif à leurs revendications, comme par exemple dans le cas de Serix, le fait de pouvoir habiter à l&#039;extérieur de la colonie. Fort est de constater qu&#039;à cette période, il semble y avoir une vraie évolution dans la prise en compte de la personne et de ses besoins. Cette reconnaissance de la profession d&#039;éducateurs a sûrement eu des impacts positifs sur la prise en charge des enfants. On peut finalement dire que l&#039;évolution des mentalités va dans le même sens pour ces deux catégories de personnes.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Cet entretien a mis également en lumière l&#039;évolution de la reconnaissance de l&#039;enfant et de ses droits. En effet, les droits de l&#039;enfant sont des droits de la personne avant tout. L&#039;entretien a par exemple souligné l&#039;importance de l&#039;écoute de l&#039;enfant et son droit à la parole. Ainsi, M. Audéoud nous a expliqué qu&#039;au Tribunal des mineurs le président se doit d&#039;écouter le mineur accusé et ses responsables légaux. D&#039;ailleurs, le but du juge pour enfant selon notre témoin est de choisir la sanction appropriée au mineur particulier, éduquer ou punir : travaux d&#039;intérêts généraux, amande ou encore le placement dans un établissement d&#039;éducation. Il se mêle alors des aspects juridiques à des aspects éducatifs et l&#039;on tente de déterminer ce qui est le mieux pour le jeune et non réellement selon le délit commis.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Il s&#039;agit là d&#039;un changement conséquent, car dans les années 60, M. Audéoud nous a fait part que dans son poste de directeur à Serix, les besoins des jeunes étaient définis par les adultes, qui décidaient pour les jeunes par rapport à ce qu&#039;ils pensaient être bien pour eux, mais sans leur demander leur avis. On n&#039;était pas encore dans une réelle prise en compte de la parole de l&#039;enfant à l&#039;époque. Une évolution sur le plan de l&#039;individualisation de l&#039;enfant et de la prise en compte de ses besoins est visible. En effet, aujourd&#039;hui on entend plus l&#039;enfant, on tente de connaître ce qu&#039;il désire et on regarde si on peut y accommoder. Avant, l&#039;enfant se devait de s&#039;accommoder lui à ce qu&#039;on lui imposait. De même, à Serix les colloques concernant les enfants se déroulaient sans l&#039;intéressé et ses parents, mais seulement avec les éducateurs et autres professionnels entourant le jeune. Petit à petit, les éducateurs ont changé de manière de faire, en imposant moins de choses supposées pour le bien des enfants et adolescents. Dans cet ordre d&#039;idée, on retrouve les points fondamentaux de la Constitution de 1989, du droit à la participation ainsi que la prise en compte de l&#039;intérêt supérieur de l&#039;enfant. Donc, entre les années 60 et 80, le domaine de l&#039;éducation a évolué dans la place attribuée au mineur dans les choix et sujets le concernant, l&#039;écoute qu&#039;on lui accorde et le droit de parole de celui-ci. De plus, les changements sont aussi visibles dans la prise en compte plus aboutie des besoins de l&#039;enfant, notamment par l&#039;expression de ses désirs et ressentis. Mme Audéoud souligne également le recours progressif à l&#039;individualisation de la démarche envers le jeune dans le milieu éducatif de Serix. Ainsi les jeunes ne sont plus approchés collectivement et on tient davantage compte de leur individualité dans les démarches entreprises à leur égard.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Par rapport à la question des valeurs portées par ces deux personnes, on retrouve celles de donner une structure à l&#039;enfant de manière attentionnée, de donner de l&#039;affection à ces jeunes qui souvent en manquait, ainsi que de la reconnaissance. Valoriser l&#039;enfant, le protéger, lui manifester de l&#039;intérêt, mais aussi l&#039;aider à développer ses capacités d&#039;un point de vue cognitif, social et affectif, voilà ce en quoi croyait ce couple. Leurs convictions et ils l&#039;évoquent eux-mêmes répondent toutes aux différents besoins que l&#039;enfant a pour se développer harmonieusement. En cela, on retrouve les fondements de base des droits internationaux des enfants, car on y parle également de protection de l&#039;enfant ainsi que la nécessité de permettre son développement harmonieux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Finalement, il semblerait légitime de penser que la promotion des droits de l&#039;enfant dans les années 60-80 sont en lien avec les changements dans le travail éducatif de nos témoins et l&#039;évolution de leur regard sur l&#039;enfant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Conclusions ===&lt;br /&gt;
Les droits de l’enfant, comme nous les avons présenté, ont évolué au cours de décennies du XXème siècle. L’histoire de cette période nous témoigne de leur importance, de leur rôle prépondérant dans la vie d’un être humain. Ceci ne signifie pas que l’on n’a rien de plus à accomplir, bien au contraire. Les préoccupations quant aux conditions de vie des enfants dans le monde sont encore d&#039;actualité au XXIème sciècle. L&#039;enfant est une personne à part entière ce qui ne fait aucune doute et la [[Article_2013/14|complexité du concept des droits de la personne]] abordée dans notre article renvoie justement à la liberté, à l&#039;intégrité, à la sûreté. Mais surtout qu’importe d&#039;où l’on vient et ce qu’on fait, nous avons le droit à la vie. &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Les [[Droits_des_femmes|femmes]], les [[Droits_des_prisonniers|prisonniers]], les [[Droits_des_patients_psychiatriques|patients]], les [[Droits_des_personnes_en_situation_de_handicap|personnes en situation de handicap]], chaque individu a ce droit pour lequel certains se battent encore aujourd&#039;hui.&amp;lt;br /&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’enfance lie les individus qu’importe leur appartenance. Cette période de la vie qui nous est commune prend une dimension à part tout simplement parce que dans chaque enfant émerge l’avenir, notre avenir. Les adultes ont pour but de comprendre les enfants, de les respecter en tant que personnes et de protéger leurs droits. &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Avec le temps, l&#039;enfant a peu à peu existé comme personne à part entière. Il n&#039;est plus seulement un &amp;quot;homme en devenir&amp;quot;, mais bien un enfant avec ses particularités et besoins spécifiques. De plus, l&#039;intérêt qu&#039;on lui a porté a amené à une prise de conscience de l&#039;importance de lui donner la parole, de respecter ses désirs, intérêts, ainsi que de ses besoins, comme lui les définit. On a ainsi vu à travers notre entretien que d&#039;une définition des besoins de l&#039;enfant par l&#039;adulte durant les années 60 dans les milieux éducatifs en Suisse, on est passé vers une prise en compte plus réelle des besoins de l&#039;enfant en s&#039;adressent directement à celui-ci et en l&#039;écoutant davantage. La protection de l&#039;enfant est une notion importante dans la construction de ses droits.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme nous l&#039;avons écrit auparavant, son droit à la vie est signifié dans les textes internationaux. De prime abord, le droit à la vie de tout être humain ainsi que le droit à être protégé nous paraît naturel, mais on voit que cela ne va pas de soi. La reconnaissance du droit et besoin de protection de l&#039;enfant est essentielle, car il s&#039;agit d&#039;un être vulnérable et dépendant, soumis au bon vouloir des parents. Cette relation dominant-dominé, où l&#039;un possède un certain pouvoir sur l&#039;autre se retrouve dans bien d&#039;autres populations. Ainsi, d&#039;autres droits développés à partir du milieu du XXe siècle, comme le droits des [[Droits_des_femmes|femmes]], des [[Droits_des_patients_psychiatriques|patients psychiatriques]], des [[Droits des patients (à l&#039;hôpital)|patients hospitaliers]], des [[Droits_des_personnes_en_situation_de_handicap|personnes en situation de handicap]] ou encore des [[Droits_des_prisonniers|prisonniers]] vont dans ce sens. Ce sont toutes des populations sous la domination d&#039;autrui pour lesquelles des luttes se sont développées afin de faire valoir leurs droits, en particulier de parole, écoute, autodétermination, etc. La préoccupation de l&#039;enfant va sans doute de paire avec la conscience de la société de cet enfant comme devenir de cette société. En effet, en désirant une société de bons citoyens, épanouis et travailleurs, il faut avant tout s&#039;occuper des conditions et favoriser au mieux le développement harmonieux des enfants. On peut ainsi rapprocher cette volonté d&#039;améliorer la société par le soucis de l&#039;enfant avec l&#039;apparition de l&#039;obligation scolaire pour tous. L&#039;instauration des droits de l&#039;enfant va cependant plus loin, car elle touche à bien d&#039;autres domaines que l&#039;instruction.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour finir, on peut voir que ces droits reconnus internationalement doivent tout de même continué à être l&#039;objet d&#039;un travail constant, car entre la théorie et la pratique, il y a de grandes différences, même dans nos pays développés. Ainsi, il importe de faire connaître leurs droits aux enfants, de les faire respecter, notamment à travers des instances et sanctions juridiques à cet égard.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Bibliographie / Webographie ===&lt;br /&gt;
* Droux J.,2011. &#039;&#039;L&#039;internationalisation de la protection de l&#039;enfance : acteurs, concurrences et projets transnationaux (1900-1925)&#039;&#039;. In. Critique internationale, 2011/3 n° 52, p. 17-33&lt;br /&gt;
* Martinetti, F. 2002. &#039;&#039;Les Droits de l&#039;enfant&#039;&#039;. Librio&lt;br /&gt;
* http://cofrade.fr/&lt;br /&gt;
* http://www.humanium.org/fr/&lt;br /&gt;
* http://www.netzwerk-kinderrechte.ch/&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Notes et références ===&lt;br /&gt;
&amp;lt;references/&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Auteurs du chapitre ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Claire Bourgeois Dubois-Ferriere&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
* Katarzyna Milena Fratczak&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
* Victoria Salomon&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Victoria</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Droits_des_enfants&amp;diff=13241</id>
		<title>Droits des enfants</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Droits_des_enfants&amp;diff=13241"/>
		<updated>2014-01-15T08:26:42Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Victoria : /* Retour et analyse de l&amp;#039;entretien */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;=== Introduction ===&lt;br /&gt;
Les droits de l&#039;enfant visant la protection des mineurs évoluent au cours des décennies. Les prémices du XXe siècle les plus connues sont bien évidemment la [http://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/images/f/fb/Declaration-geneve.pdf Déclaration de Genève] (1924), la [http://cofradeenfrance.files.wordpress.com/2010/10/dc3a9claration-1959.pdf déclaration des Droits de l&#039;Enfant] (1959) et enfin le texte de la [http://www.unicef.ch/sites/default/files/attachements/convention_relative_aux_droits_de_lenfant.pdf Convention Internationale relative aux Droits de l’Enfant] du 20 novembre 1989. Ce dernier “ratifié d’une manière quasi universelle (193 États sur 195) en fait un texte hors norme de part sa portée dans l’espace et de par l’enthousiasme spontané qu’ [il] a suscité.”&amp;lt;ref&amp;gt;Zermatten, J., Stoecklin D. 2009. Le droit des enfants de participer. Norme juridique et réalité pratique: contribution à un nouveau contrat social. Suisse: Institut International des Droits de l&#039;Enfant., p.7 &amp;lt;/ref&amp;gt; Ce parcours historique est une partie importante de l’histoire qu’on écrit aujourd’hui.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
On peut remarquer que le premier pas vers l&#039;individualisation de l&#039;enfant datant de 1924, pointe le bout de son nez quelques années après la fin de la première guerre mondiale. Le deuxième est marqué par la Déclaration de Droits de l&#039;Enfant de 1959, donc à l’image de la précédente, elle date des années après la seconde guerre mais est également un point de départ menant vers la Convention de 1989.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Le long chemin vers une telle reconnaissance était en grande partie marqué par la création, un peu partout en Europe, des communautés d&#039;enfants. Leur rôle n&#039;est pas négligeable. La définition de ces communautés d&#039;enfants est donné à Trogen en juillet 1948 et semble préciser un peu plus les besoins de l&#039;enfant en tant que personne. Ce sont: &amp;quot;les organisations éducatives ou rééducatives à caractère permanent, fondées sur la participation active des enfants ou adolescents à la vie de la communauté, dans le cadre des méthodes d’éducation et d’instruction modernes – et dans lesquelles la vie de famille se combine de diverses façons aux modalités de la vie de collectivité&amp;quot;.&amp;lt;ref&amp;gt;Cours de M.Ruchat: L’éducation spéciale du XVIIIe au XXe siècles: L’éducation, les normes et l’individu, Université de Genève, 2013&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Dans l’esprit de la reconnaissance d’un enfant à part entière avec le respect de sa liberté, [[Libres enfants de Summerhill (Neill)|Alexander Sutherland Neill]] crée son école de Summerhill en 1921, une école qui encore de nos jours suscite beaucoup de discussions et polémiques. Dans le cadre de cet atelier d’intelligence collective nous avons procédé à une comparaison des idées de Neill décrites dans son livre [[Libres enfants de Summerhill (Neill)|&amp;quot;Libres enfants de Summerhill&amp;quot;]] (1960) avec la Convention relative aux Droits de l’Enfant de 1989 avec un constat tout à fait surprenant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Historique des droits de l&#039;enfant ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== « L’humanité doit donner à l’enfant ce qu’elle a de meilleur » Déclaration de Genève sur les Droits de l’Enfant, 1924 ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est important de signaler qu&#039;avant même l&#039;intérêt qui s&#039;est peu à peu développé quant aux droits de l&#039;enfant, il a d&#039;abord fallu que la société prenne [[Fichier:Déclaration de Genève 1924.jpg|vignette|droite|Déclaration de Genève (1924)]]conscience du statut particulier de l&#039;enfant, avec ses spécificités, et bien plus encore d&#039;être humain digne de droits propres : “L’adulte a longtemps cru que c’était lui-même qui devait animer l’enfant par ses soins et son assistance. Il pensait que son rôle était de façonner l’enfant, de construire sa vie psychique pour que l’enfant devienne peu à peu comme lui. L’enfant était un objet d’assistance, un adulte en devenir (certains disent même &amp;quot;en miniature&amp;quot;) et non une personne humaine à part entière. Petit, faible, pauvre, dépendant, il n’était qu’un citoyen potentiel qui ne sera homme ou femme que demain. Il ne devenait une personne humaine, sujet de droits, qu’à partir du moment où il atteignait l’âge adulte. C’est à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle, notamment après la Première Guerre mondiale, que le concept de droits de l’enfant apparaît.” &amp;lt;ref&amp;gt;Dhellemmes V. ,2010. La dignité et les droits de l&#039;enfant : vingt ans d&#039;avancées sur le plan international. In. Transversalités, 2010/3 N° 115, p. 99-110.&amp;lt;/ref&amp;gt;   &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quand on fait une recherche sur des droits de l’enfant à travers les documents écrits en l&#039;espace de plus de cent ans, du début du XXème siècle jusqu’à aujourd’hui, on retrouve les noms de deux précurseurs qui ont marqué le cours de l’histoire. Il s’agit de Britannique Eglantyne Jebb (1876-1928) et du polonais Henryk Goldzmit (1878–1942) connu sous le nom de [http://fr.wikipedia.org/wiki/Janusz_Korczak Janusz Korczak].&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Ce dernier, pédiatre et éducateur qui a tant &amp;quot;aimé et défendu&amp;quot; les enfants, ne voulant pas les laisser seuls, s&#039;est laissé emmener avec eux à Treblinka où il est mort dans une chambre à gaz.&amp;lt;ref&amp;gt;Korczak J. Le droit de l’enfant au respect. L’héritage de Janusz Korczak. Conférences sur les enjeux actuels pour l’enfance. In. http://www.coe.int/t/commissioner/Activities/themes/Children/PublicationKorczak_fr.pdf&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Korczak, l&#039;inspirateur des droits de l&#039;enfant est bien, d&#039;abord, un insurgé, comme toute son œuvre en témoigne. C&#039;est un homme qui ne supporte pas la violence faite à l&#039;enfance : la violence physique, bien sûr, la violence psychologique également, mais aussi la violence des institutions qui prétendent œuvrer pour &amp;quot;son bien&amp;quot;.&amp;lt;ref&amp;gt;Meirieu P. 2002. Le pédagogue et les droits de l’enfant : histoire d’un malentendu ?. Editions du Tricorne et Association suisse des Amis du Dr Korczak. p.4&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
“Janusz Korczak, premier défenseur des droits de l’enfant et le plus radical, a été déçu en découvrant la Déclaration des droits de l’enfant adoptée par la Société des Nations en 1924, pas assez claire à son goût et plus implorante que contraignante. Il voulait des droits et non la charité, immédiatement et non dans un avenir lointain.” &amp;lt;ref&amp;gt;Korczak J. Le droit de l’enfant au respect. L’héritage de Janusz Korczak. Conférences sur les enjeux actuels pour l’enfance. In. http://www.coe.int/t/commissioner/Activities/themes/Children/PublicationKorczak_fr.pdf p.7). &amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le travail d&#039;Eglantyne Jebb qui a élaboré et rédigé la [http://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/images/f/fb/Declaration-geneve.pdf Déclaration de Genève] a été important. Elle l’a présenté le 26 septembre 1923 et le 28 février 1924 le Ve Congrès général de la Société de Nations qui l&#039;a alors ratifié.&lt;br /&gt;
C&#039;est le premier texte énonçant des droits fondamentaux des enfants ainsi que la responsabilité des adultes à leur égard. Il est constitué de cinq articles. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Déjà  dans le préambule on peut lire que « L’humanité doit donner à l’enfant ce qu’elle a de meilleur.» On peut y voir également que c’est la protection physique qui est mise en avant en soutenant l&#039;idée de venir en aide en cas de détresse ainsi que celle de combattre la faim et l&#039;exploitation (articles 2, 3, 4). En parallèle la notion de développement spirituel n’est pas omis (article 1) de même que le fait que “l’enfant doit être élevé dans le sentiment que ses meilleures qualités devront être mises au service de ses frères”(article 5). Ce texte d&#039;après première guerre mondiale est aussi une contribution à un monde de paix s&#039;étayant sur les enfants qui forment l&#039;avenir, un avenir que les promoteurs des droits de l&#039;enfant voudraient dans la paix.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Déclaration des Droits de l’Enfant, 1959 ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après la seconde guerre mondiale, l&#039;ONU est créée. Elle va s&#039;intéresser aux droits de l&#039;enfant et révéler l&#039;insuffisance de la Déclaration de Genève. En effet, suite à l&#039;adoption de la [http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/IMG/pdf/DUDH.pdf Déclaration universelle des droits de l&#039;Homme] (1948) et à l&#039;évolution du droit durant cette période, on pense nécessaire d&#039;approfondir cette question des droits de l&#039;enfant.&lt;br /&gt;
Plusieurs pays membres de l&#039;ONU réclament une convention, c&#039;est-à-dire un instrument international contraignant qui engage les états qui l&#039;ont ratifié. Mais cette proposition est refusée. Le choix se porte alors sur une seconde Déclaration des droits de l&#039;enfant qui reprend l&#039;idée selon laquelle l&#039;humanité doit donner à l&#039;enfant ce qu&#039;elle a de meilleur. [http://cofradeenfrance.files.wordpress.com/2010/10/dc3a9claration-1959.pdf La déclaration des Droits de l&#039;Enfant] est adoptée par l&#039;assemblée générale des Nations Unies à l&#039;unanimité (70 pays membres), le 20 novembre 1959. Cette date est depuis lors officiellement la journée des droits de l&#039;enfant. La déclaration contient 10 principes fondateurs (elle double donc ceux de 1924!) avec des droits concrets comme par exemple le droit à un nom, à une nationalité ou à un enseignement gratuit au niveau élémentaire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Convention Internationale relative aux Droits de l’Enfant, 1989 ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le 20 novembre 1989, la [http://www.unicef.ch/sites/default/files/attachements/convention_relative_aux_droits_de_lenfant.pdf Convention Internationale relative aux Droits de l’Enfant] (CIDE) a été adoptée par l&#039;Assemblée générale des Nations Unies. Cette Convention a pour but de reconnaître et protéger les droits spécifiques de l&#039;enfant. Elle est composée de 54 articles (elle quintuple le nombre de 1959!) autour des orientations principales suivantes:&lt;br /&gt;
:la non - discrimination&lt;br /&gt;
:l&#039;intérêt supérieur de l&#039;enfant&lt;br /&gt;
:le droit à la vie, la survie et le développement&lt;br /&gt;
:les droits participatifs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les Etats ayant ratifiés cette Convention se doivent de respecter ces articles et de mettre en place les mesures législatives pour protéger les droits de l&#039;enfant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La CIDE est une déclinaison des droits de l&#039;homme exprimés dans la [http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/IMG/pdf/DUDH.pdf Déclaration Universelle des Droits de l&#039;Homme] (1948) et pose que l’enfant est sujet de droit. Elle accorde aux enfants des droits propres et expose leurs droits économiques, sociaux, civils, culturels et politiques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En effet, cette Convention est le texte concernant les droits de l&#039;homme qui a été le plus rapidement accepté au cours de l&#039;histoire, et a été ratifié par le plus d&#039;Etats. Seuls les Etats-Unis et la Somalie ne l&#039;ont pas encore ratifiée aujourd&#039;hui: Les Etats-Unis pratiquent encore la peine de mort pour les enfants dans certains Etats, or cela serait contraire au droit à la vie de l&#039;enfant promulgué dans la CIDE, tandis que la Somalie ne possède pas de gouvernement reconnu pour la ratifier à cause des troubles politiques dans le pays.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Droits de l&#039;enfant - droits de la personne ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;quot;L&#039;humanité doit donner à l&#039;enfant ce qu&#039;elle a de meilleur, affirmer  leurs devoirs, en dehors de toute considération de race, de nationalité et de croyance&amp;quot; - ce sont les prémices officielles de la reconnaissance de l&#039;enfant de 1924. C&#039;était un début, suivi, comme nous avons décrit plus haut, par la Déclaration des Droits de l&#039;Enfant de 1959 et par La Convention relative aux Droits de l&#039;Enfant de 1989. &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il faut ici souligner que “jusqu&#039;à l’adoption de la Convention en 1989, les enfants ne vivaient pas dans les limbes juridiques internationales. Il était au contraire admis qu’ils jouissent de garanties offertes par les instruments internationaux précédents, tels que les pactes internationaux relatifs aux droits de l’homme (que la Suisse a récemment ratifiés), à l&#039;exclusion bien entendu des droits liés directement à la condition de l’adulte (droit de se marier, de fonder une famille, assurance-vieillesse ou maternité). L’année internationale de l’enfant a conduit la communauté internationale à préciser le statut des enfants en confirmant leur particularité en tant qu&#039;êtres à la fois vulnérables (Préambules de la Convention, par exemple pp. 5, 6, 12) et appelés “à assumer les responsabilités de la vie dans une société libre”.&amp;lt;ref&amp;gt;Lücker-Babel M-F, Droits de l&#039;enfant: idéologies et réalités. In. Ratifier en Suisse. La Convention de l&#039;ONU relative aux droits de l&#039;enfant?. N° 26, Novembre 1992. p. 43&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;enfant est donc considéré peu à peu comme un être de droit au cours du XXe siècle, ce que l&#039;on peut voir notamment à travers les différents textes codifiant les droits de l&#039;enfant à cette époque. L&#039;enfant est alors une personne a qui on confère des droits propres.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout d&#039;abord, en 1924, le premier texte international au sujet des droits de l&#039;enfant ([http://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/images/f/fb/Declaration-geneve.pdf Déclaration de Genève]) attribut à celui-ci des droits primaires, comme lui permettre de se développer normalement sur le plan matériel et spirituel, de gagner sa vie sans être exploité, être nourri, soigné, recueilli et secouru, ainsi que d&#039;être élever dans l&#039;esprit que ses qualités devront pourvoir à la société. On voit dans ce texte que les droits dotés à l&#039;enfant amorce une idée de soin et de protection de l&#039;enfant dans l&#039;évocation du secours qui doit lui être porté, et démontre aussi un intérêt pour son bon développement. Toutefois, ces articles restent assez pauvres quant aux droits qui leurs sont accordés et l&#039;on voit que le travail de l&#039;enfant reste de mise.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[http://cofradeenfrance.files.wordpress.com/2010/10/dc3a9claration-1959.pdf La Déclaration des Droits de l&#039;Enfant] de 1959 va plus loin. Ce texte insiste d&#039;avantage sur la protection qui doit être accordée à l&#039;enfant qui n&#039;est plus seulement suggérée sous le terme &amp;quot;secours&amp;quot;. Ici, son développement ne doit plus uniquement être normal, mais également sain sur le plan, cette fois-ci moral, spirituel, physique, intellectuel et social. On ajoute que l&#039;enfant doit pouvoir se développer dans la liberté et la dignité.&lt;br /&gt;
Il est important de voir que certains principes sont totalement nouveaux comme par exemple, le droit de posséder une nationalité et un nom. On y parle aussi de sécurité non seulement sociale pour l&#039;enfant et sa mère, mais également de sécurité morale.&lt;br /&gt;
Dans ce texte, on voit apparaître l&#039;importance accordée à l&#039;affection envers l&#039;enfant, qui est pour lui un besoin. De plus, il est indiqué que la séparation du petit enfant et de sa mère doit être éviter autant que possible. Si l&#039;enfant n&#039;a pas de famille, il est déclaré que c&#039;est alors aux pouvoirs publics et à la société d&#039;en prendre soin, de même pour les enfants n&#039;ayant pas les moyens nécessaires d’existence.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
A noter également, l&#039;entrée de l&#039;éducation comme étant un droit pour l&#039;enfant: &amp;quot;une éducation gratuite et obligatoire au moins au niveau élémentaire&amp;quot; (principe 7). Les loisirs sont incorporés dans ce principe comme éléments importants. Il est indiqué que l&#039;enfant a en effet le droit de jouer. &lt;br /&gt;
En 1959 est présente l&#039;idée de l&#039;apport des qualités de l&#039;enfant pour les autres membres de la société. Cette idée est accompagnée de celle du devoir de le protéger contre la discrimination, et de l&#039;élever dans un esprit de compréhension, de paix et de tolérance. De plus, on peut remarquer une évolution en ce qui concerne le travail des enfants. En effet, le principe 9 pose clairement des limites à son employabilité; outre la protection de son développement moral, physique ou mental, sa santé ou son éducation, on parle d&#039;âge minimum approprié pour l&#039;emploi. Toutefois, celui-ci n&#039;est pas spécifié. La notion d&#039;intérêt supérieur de l&#039;enfant fait son apparition dans cet écrit.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[http://www.unicef.ch/sites/default/files/attachements/convention_relative_aux_droits_de_lenfant.pdf La Convention relative aux Droits de l&#039;Enfant] de 1989 est le texte relevant des droits de l&#039;enfant le plus abouti. En effet, on peut déjà noter la différence en termes de nombres d&#039;articles de ces textes: 1924, La Déclaration de Genève compte 5 articles, on passe à 10 principes en 1959 et à 54 articles dans la Convention relative aux Droits de l&#039;Enfant en 1989. Cette convention reprend les droits exprimés dans les textes précédents, notamment les fondamentaux: droit à l&#039;identité, à la santé, à l&#039;éducation et à la protection et ajoute également bons nombres d&#039;autres considérations. Notamment, un nouveau droit fondamental est inclus dès lors: le droit à la participation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour conclure, en suivant le parcours de l&#039;enfant en tant que personne à part entière, on constate qu&#039;il évolue au cours du XXe siècle. À partir des informations publiées sur le site de l&#039;[http://www.unicef.org/french/sowc05/timeline.html Unicef] on peut retracer les éléments marquants de ce changement en vue de la reconnaissance internationale et de l’importance de l’enfance.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les droits de l&#039;enfant en Suisse ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le 24 février 1997, la Suisse a ratifié la Convention des Nations Unies relative aux Droits de l’Enfant. &lt;br /&gt;
Le conseil fédéral a constaté que dans l&#039;ensemble l&#039;ordre juridique suisse était en accord avec les principes de la convention. Néanmoins, il a émis des réserves dans plusieurs domaines où cet ordre juridique n&#039;est pas encore en totale adéquation avec les dispositions de la convention: le droit de l&#039;enfant à une nationalité, le regroupement familial, la séparation des jeunes et des adultes en cas de détention, les procédures pénales impliquant des mineurs. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Par ailleurs, il y a beaucoup de différences entre les divers cantons à propos de la mise en œuvre des droits. Tout ceci doit encore être amélioré.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La Convention est entrée en vigueur le 26 mars 1997 en Suisse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il faut ajouter que le pays a ratifié le protocole facultatif au sujet de l&#039;implication des enfants dans les conflits armés le 26 juillet 2002. Ce protocole, afin d&#039;augmenter la protection des enfants et adolescents, a élevé l&#039;âge minimum requis prévu dans la convention sur l’engagement volontaire et l’enrôlement obligatoire dans les forces armées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En Suisse, le deuxième protocole facultatif qui concerne la vente d&#039;enfants, la prostitution des enfants et la pornographie mettant en scène des enfants afin de mieux les protéger de l&#039;exploitation sexuelle est entré en vigueur le 19 octobre 2006.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une nouveauté visant la reconnaissance d&#039;un mineur est son droit de vote. Il s&#039;agit d&#039;un sujet d&#039;actualité qui prouve que celui des droits de l&#039;enfant commencé le siècle dernier continue.&lt;br /&gt;
Il faut savoir que les Constitutions et les législations en Suisse divergent en fonction du canton. D’une manière générale le droit de vote au niveau fédéral et cantonal est accordé aux ressortissants suisses ayant 18 ans révolus. &lt;br /&gt;
Néanmoins certaines cantons suisses ont débuté une démarche visant à accorder le doit de vote au niveau cantonal dès l’âge de 16 ans. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les citoyens ont pu s’exprimer sur l&#039;abaissement de l&#039;âge du droit de vote à 16 ans dans plusieurs cantons suisses tels que par exemple le canton de Berne, de Neuchâtel ou de Glaris. Celui-ci, en 2010, est le premier a avoir accepté d&#039;accorder ce droit aux jeunes à partir de 16 ans. Comme on peut le lire dans l’article de [http://www.rts.ch/info/suisse/1142189-glaris-dit-oui-au-droit-de-vote-a-16-ans.html RTS] paru le 28 juin 2010 “beaucoup de jeunes entrent dans la vie active à 16 ans. Ils pourront désormais aussi s&#039;exprimer sur des sujets qui les concernent directement, comme l&#039;école ou l&#039;apprentissage”.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Retour et analyse de l&#039;entretien ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* [[Entretien avec M. Jean-Pierre Audéoud|Entretien]] avec M. [[Index|Jean-Pierre Audéoud]]&lt;br /&gt;
* [[Article 2013/14|Méthode d&#039;entretien]]&lt;br /&gt;
* [[Questions pour les entretiens|Questions d&#039;entretien]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous avons interviewé Jean-Pierre et Clolette Audéoud le 4 décembre 2013. Monsieur Audéoud, au parcours professionnel d&#039;une grande richesse a oscillé entre le droit et l&#039;éducation. En effet, après des études de droit à l&#039;université de Genève, il a fait une école d&#039;éducateurs au sud de la France (1958-1960). Diplôme en poche, il est revenu en Suisse où lui et sa femme, éducatrice également, ont repris la direction de Serix, une maison d&#039;éducation à Oron-Palézieux. Ils y ont travaillé 10 ans (1963-1973). Ensuite, Monsieur Audéoud a officié en tant que président du Tribunal des mineurs du canton de Vaud et ce jusqu&#039;en 1995, date officielle de sa retraite. Il s&#039;est ensuite engagé auprès des personnes handicapées en tant que président bénévole de la fondation Espérance. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===== Le Tribunal des mineurs =====&lt;br /&gt;
M. [[Index|Jean-Pierre Audéoud]], nous a expliqué durant l&#039; [[Entretien avec M. Jean-Pierre Audéoud|interview]] que son expérience dans le domaine du social lui a permis de mieux appréhender les tâches auprès du Tribunal des mineurs. L’engagement tout à fait remarquable de cet homme est mis en avant durant l’entretien:&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
“en choisissant le droit j’avais déjà une arrière pensée, je ne pensais pas être juriste dans un bureau ou faire avocat, quelque chose comme ça. C’est… c’était… alors c’est déjà une orientation si vous voulez, c’est-à-dire que je me suis déjà engagé en commençant le droit mais pas d’une manière précise, pas un moment « tac » voilà. Alors bon je sais pas si c’est à prendre en considération. Mais ça c’est affiné si vous voulez… non puis alors l’engagement véritable c’est quand je suis parti à Montpellier, c’est le choix de cette école d’éducateurs où je voulais compléter ma formation de juriste pour pouvoir à l’occasion revenir dans la juridiction des mineurs.”&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Il faut souligner ici que le Tribunal des mineurs, cette instance pour laquelle a travaillé Monsieur Jean-Pierre Audéoud, tient une place importante dans le champ des droits de l&#039;enfant. En outre le rôle du juge des mineurs est primordial, car c&#039;est lui qui va s&#039;occuper d&#039;instruire la cause, prendre les décisions quand un délit est commis par un enfant et s&#039;occuper de son exécution.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Une recherche menée à ce sujet nous a permis de voir qu&#039;il existe plusieurs types de sanctions:&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
* Les &amp;quot;peines prévues par le droit des mineurs :&lt;br /&gt;
réprimande ; prestation personnelle (travail d’intérêt général ou séance de sensibilisation) ; amende ; privation de liberté&amp;quot;.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
* Les &amp;quot;mesures de protection prévues par le droit des mineurs :&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
surveillance (droit de regard et d&#039;information sur la prise en charge éducative ou thérapeutique du mineur par ses parents) ; assistance personnelle (désignation d’une personne pour seconder les parents et assister le mineur) ; traitement ambulatoire (en cas de troubles psychiques, du développement de la personnalité, de toxicodépendance ou d’autre addiction) ; placement (si l’éducation et le traitement de l’état du mineur ne peuvent être assurés autrement).&amp;quot; &amp;lt;ref&amp;gt;http://www.vd.ch/fileadmin/user_upload/themes/etat_droit/justice/fichiers_pdf/Penal_7_web.pdf&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La page web officielle de la République et du canton de Genève, indique que &amp;quot;le Tribunal des mineurs est l’autorité pénale compétente pour poursuivre et juger les infractions commises par les mineurs âgés de dix à dix-huit ans au moment de l&#039;acte.&lt;br /&gt;
Il est également l&#039;autorité d&#039;exécution des peines et mesures prononcées, ces dernières pouvant durer jusqu&#039;à l&#039;âge de 22 ans.&amp;quot; &amp;lt;ref&amp;gt;https://ge.ch/justice/tribunal-des-mineurs&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Les droits de l&#039;enfant à travers le prisme de l&#039;éducation  ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est important de souligner qu&#039;avant de rencontrer notre témoin, nous n&#039;avions que peu d&#039;informations sur son parcours professionnel et de vie. Nous nous sommes rendues compte en menant l&#039;entretien qu&#039;il n&#039;était pas dans des revendications, dans une lutte en faveur des droits de l&#039;enfant au sens strict. Mais il a, de part son métier d&#039;éducateur et ses actions concrètes, participé à l&#039;évolution d&#039;une individualisation de l&#039;enfant; son but étant de faire grandir, évoluer des jeunes  pour qu&#039;ils reprennent le droit chemin, tout en respectant leurs besoins. Ainsi, il se trouve un certain décalage entre nos chapitres précédents concernant les droits de l&#039;enfant au sens strict et celui-ci qui traite d&#039;aspects éducatifs à travers une expérience de vie. Néanmoins, nous avons pu faire différents liens entre cette expérience et les droits en tant que tels. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;entretien avec M. et Mme Audéoud nous a permis de mettre en avant divers aspects reliés aux changements quant au travail d&#039;éducateur durant la période des [[Article_2013/14|années 60-80]]. Ils ont, comme énoncé plus haut, travaillé durant 10 ans (1963-1973) en tant que couple-directeur à la colonie de Serix. Cette maison d&#039;éducation pour jeunes délinquants accueillait à l&#039;époque 40 jeunes enfants et adolescents (uniquement des garçons) placés soit par une instance civile, soit par le service de protection de la jeunesse, ou encore par le tribunal des mineurs. Durant ces 10 années, ils ont initié et participé à de nombreux changements concrets au sein de leur institution. Ces changements reflètent grandement l&#039;évolution du regard porté sur l&#039;enfant à l&#039;époque. Avec la mise en place de cultes le dimanche où les gens des villages alentours se réunissaient au sein même de l&#039;institution  ou encore la création d&#039;un jardin d&#039;enfants pour les enfants du personnel, la création d&#039;un parc de jeux par de jeunes scouts, il y a cette volonté d&#039;ouvrir l&#039;institution pour que d&#039;une part les jeunes puissent avoir des contacts avec l&#039;extérieur, mais également pour que les gens de l&#039;extérieur puissent avoir un regard différent sur ce lieu et ses résidents. Les Audéoud vont encore plus loin en créant un foyer d&#039;habitation dépendant de Serix, en intégrant des jeunes dans les écoles des alentours, en leur organisant des vacances ou la possibilité de rentrer dans leur famille le week-end. Cette ouverture vers l&#039;extérieur était vraiment quelque chose de nouveau car durant des années Serix était un lieu très fermé ou rien de filtrait.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un élément marquant constaté par le couple Audéoud à travers leurs années à Serix est l&#039;évolution du statut d&#039;éducateur. En effet, ils voient se créer des associations professionnelles comme &amp;quot;la conférence romande de directeurs d&#039;institution&amp;quot; ou &amp;quot;l&#039;association romande des éducateurs spécialisés&amp;quot;. Se crée aussi durant cette période les syndicats, les conventions collectives. On aspire également à ce que les éducateurs soient mieux formés, soient soutenus dans leur métier. On voit par exemple apparaître des séances de trainings de groupe, des supervisions collectives et individuelles, ce qui était totalement nouveau pour l&#039;époque. Ainsi, dans ces années apparaît une valorisation de cette profession ainsi qu&#039; une prise en compte de la parole des éducateurs et de leurs besoins et souhaits. Il est vrai qu&#039;avant, ces gens se consacraient entièrement à leur métier, jour et nuit; ils ne comptaient pas leurs heures. Ils remplaçaient, comme le dit monsieur Audéoud, la famille de ces jeunes avec tout ce que ça implique. On voit alors petit à petit se créer un structure autour de ce métier, on met en place des horaires, des salaires, etc. On est attentif à leurs revendications, comme par exemple dans le cas de Serix, le fait de pouvoir habiter à l&#039;extérieur de la colonie. Fort est de constater qu&#039;à cette période, il semble y avoir une vraie évolution dans la prise en compte de la personne et de ses besoins. Cette reconnaissance de la profession d&#039;éducateurs a sûrement eu des impacts positifs sur la prise en charge des enfants. On peut finalement dire que l&#039;évolution des mentalités va dans le même sens pour ces deux catégories de personnes.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Cet entretien a mis également en lumière l&#039;évolution de la reconnaissance de l&#039;enfant et de ses droits. En effet, les droits de l&#039;enfant sont des droits de la personne avant tout. L&#039;entretien a par exemple souligné l&#039;importance de l&#039;écoute de l&#039;enfant et son droit à la parole. Ainsi, M. Audéoud nous a expliqué qu&#039;au Tribunal des mineurs le président se doit d&#039;écouter le mineur accusé et ses responsables légaux. D&#039;ailleurs, le but du juge pour enfant selon notre témoin est de choisir la sanction appropriée au mineur particulier, éduquer ou punir : travaux d&#039;intérêts généraux, amande ou encore le placement dans un établissement d&#039;éducation. Il se mêle alors des aspects juridiques à des aspects éducatifs et l&#039;on tente de déterminer ce qui est le mieux pour le jeune et non réellement selon le délit commis.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Il s&#039;agit là d&#039;un changement conséquent, car dans les années 60, M. Audéoud nous a fait part que dans son poste de directeur à Serix, les besoins des jeunes étaient définis par les adultes, qui décidaient pour les jeunes par rapport à ce qu&#039;ils pensaient être bien pour eux, mais sans leur demander leur avis. On n&#039;était pas encore dans une réelle prise en compte de la parole de l&#039;enfant à l&#039;époque. Une évolution sur le plan de l&#039;individualisation de l&#039;enfant et de la prise en compte de ses besoins est visible. En effet, aujourd&#039;hui on entend plus l&#039;enfant, on tente de connaître ce qu&#039;il désire et on regarde si on peut y accommoder. Avant, l&#039;enfant se devait de s&#039;accommoder lui à ce qu&#039;on lui imposait. De même, à Serix les colloques concernant les enfants se déroulaient sans l&#039;intéressé et ses parents, mais seulement avec les éducateurs et autres professionnels entourant le jeune. Petit à petit, les éducateurs ont changé de manière de faire, en imposant moins de choses supposées pour le bien des enfants et adolescents. Dans cet ordre d&#039;idée, on retrouve les points fondamentaux de la Constitution de 1989, du droit à la participation ainsi que la prise en compte de l&#039;intérêt supérieur de l&#039;enfant. Donc, entre les années 60 et 80, le domaine de l&#039;éducation a évolué dans la place attribuée au mineur dans les choix et sujets le concernant, l&#039;écoute qu&#039;on lui accorde et le droit de parole de celui-ci. De plus, les changements sont aussi visibles dans la prise en compte plus aboutie des besoins de l&#039;enfant, notamment par l&#039;expression de ses désirs et ressentis. Mme Audéoud souligne également le recours progressif à l&#039;individualisation de la démarche envers le jeune dans le milieu éducatif de Serix. Ainsi les jeunes ne sont plus approchés collectivement et on tient davantage compte de leur individualité dans les démarches entreprises à leur égard.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Par rapport à la question des valeurs portées par ces deux personnes, on retrouve celles de donner une structure à l&#039;enfant de manière attentionnée, de donner de l&#039;affection à ces jeunes qui souvent en manquait, ainsi que de la reconnaissance. Valoriser l&#039;enfant, le protéger, lui manifester de l&#039;intérêt, mais aussi l&#039;aider à développer ses capacités d&#039;un point de vue cognitif, social et affectif, voilà ce en quoi croyait ce couple. Leurs convictions et ils l&#039;évoquent eux-mêmes répondent toutes aux différents besoins que l&#039;enfant a pour se développer harmonieusement. En cela, on retrouve les fondements de base des droits internationaux des enfants, car on y parle également de protection de l&#039;enfant ainsi que la nécessité de permettre son développement harmonieux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Finalement, il semblerait légitime de penser que la promotion des droits de l&#039;enfant dans les années 60-80 sont en lien avec les changements dans le travail éducatif de nos témoins et l&#039;évolution de leur regard sur l&#039;enfant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Conclusions ===&lt;br /&gt;
Les droits de l’enfant, comme nous les avons présenté, ont évolué au cours de décennies du XXème siècle. L’histoire de cette période nous témoigne de leur importance, de leur rôle prépondérant dans la vie d’un être humain. Ceci ne signifie pas que l’on n’a rien de plus à accomplir, bien au contraire. Les préoccupations quant aux conditions de vie des enfants dans le monde sont encore d&#039;actualité au XXIème sciècle. L&#039;enfant est une personne à part entière ce qui ne fait aucune doute et la [[Article_2013/14|complexité du concept des droits de la personne]] abordée dans notre article renvoie justement à la liberté, à l&#039;intégrité, à la sûreté. Mais surtout qu’importe d&#039;où l’on vient et ce qu’on fait, nous avons le droit à la vie. &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Les [[Droits_des_femmes|femmes]], les [[Droits_des_prisonniers|prisonniers]], les [[Droits_des_patients_psychiatriques|patients]], les [[Droits_des_personnes_en_situation_de_handicap|personnes en situation de handicap]], chaque individu a ce droit pour lequel certains se battent encore aujourd&#039;hui.&amp;lt;br /&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’enfance lie les individus qu’importe leur appartenance. Cette période de la vie qui nous est commune prend une dimension à part tout simplement parce que dans chaque enfant émerge l’avenir, notre avenir. Les adultes ont pour but de comprendre les enfants, de les respecter en tant que personnes et de protéger leurs droits. &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Avec le temps, l&#039;enfant a peu à peu existé comme personne à part entière. Il n&#039;est plus seulement un &amp;quot;homme en devenir&amp;quot;, mais bien un enfant avec ses particularités et besoins spécifiques. De plus, l&#039;intérêt qu&#039;on lui a porté a amené à une prise de conscience de l&#039;importance de lui donner la parole, de respecter ses désirs, intérêts, ainsi que de ses besoins, comme lui les définit. On a ainsi vu à travers notre entretien que d&#039;une définition des besoins de l&#039;enfant par l&#039;adulte durant les années 60 dans les milieux éducatifs en Suisse, on est passé vers une prise en compte plus réelle des besoins de l&#039;enfant en s&#039;adressent directement à celui-ci et en l&#039;écoutant davantage. La protection de l&#039;enfant est une notion importante dans la construction de ses droits.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme nous l&#039;avons écrit auparavant, son droit à la vie est signifié dans les textes internationaux. De prime abord, le droit à la vie de tout être humain ainsi que le droit à être protégé nous paraît naturel, mais on voit que cela ne va pas de soi. La reconnaissance du droit et besoin de protection de l&#039;enfant est essentielle, car il s&#039;agit d&#039;un être vulnérable et dépendant, soumis au bon vouloir des parents. Cette relation dominant-dominé, où l&#039;un possède un certain pouvoir sur l&#039;autre se retrouve dans bien d&#039;autres populations. Ainsi, d&#039;autres droits développés à partir du milieu du XXe siècle, comme le droits des [[Droits_des_femmes|femmes]], des [[Droits_des_patients_psychiatriques|patients psychiatriques]], des [[Droits des patients (à l&#039;hôpital)|patients hospitaliers]], des [[Droits_des_personnes_en_situation_de_handicap|personnes en situation de handicap]] ou encore des [[Droits_des_prisonniers|prisonniers]] vont dans ce sens. Ce sont toutes des populations sous la domination d&#039;autrui pour lesquelles des luttes se sont développées afin de faire valoir leurs droits, en particulier de parole, écoute, autodétermination, etc. La préoccupation de l&#039;enfant va sans doute de paire avec la conscience de la société de cet enfant comme devenir de cette société. En effet, en désirant une société de bons citoyens, épanouis et travailleurs, il faut avant tout s&#039;occuper des conditions et favoriser au mieux le développement harmonieux des enfants. On peut ainsi rapprocher cette volonté d&#039;améliorer la société par le soucis de l&#039;enfant avec l&#039;apparition de l&#039;obligation scolaire pour tous. L&#039;instauration des droits de l&#039;enfant va cependant plus loin, car elle touche à bien d&#039;autres domaines que l&#039;instruction.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour finir, on peut voir que ces droits reconnus internationalement doivent tout de même continué à être l&#039;objet d&#039;un travail constant, car entre la théorie et la pratique, il y a de grandes différences, même dans nos pays développés. Ainsi, il importe de faire connaître leurs droits aux enfants, de les faire respecter, notamment à travers des instances et sanctions juridiques à cet égard.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Bibliographie / Webographie ===&lt;br /&gt;
* Droux J.,2011. &#039;&#039;L&#039;internationalisation de la protection de l&#039;enfance : acteurs, concurrences et projets transnationaux (1900-1925)&#039;&#039;. In. Critique internationale, 2011/3 n° 52, p. 17-33&lt;br /&gt;
* Martinetti, F. 2002. &#039;&#039;Les Droits de l&#039;enfant&#039;&#039;. Librio&lt;br /&gt;
* http://cofrade.fr/&lt;br /&gt;
* http://www.humanium.org/fr/&lt;br /&gt;
* http://www.netzwerk-kinderrechte.ch/&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Notes et références ===&lt;br /&gt;
&amp;lt;references/&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Auteurs du chapitre ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Claire Bourgeois Dubois-Ferriere&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
* Katarzyna Milena Fratczak&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
* Victoria Salomon&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Victoria</name></author>
	</entry>
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		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Histoire_des_droits_de_la_personne:_entre_luttes_des_usagers_et_politiques_institutionnelles_1960-1980&amp;diff=13232</id>
		<title>Histoire des droits de la personne: entre luttes des usagers et politiques institutionnelles 1960-1980</title>
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		<updated>2014-01-14T20:17:28Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Victoria : /* Critique de la méthode */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&lt;br /&gt;
== Histoire des droits de la personne: entre luttes des usagers et politiques institutionnelles 1960-1980 ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Introduction ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les années 1960-1980 sont des années de grandes transformations culturelles et sociales avec 1968, une année charnière qui deviendra l&#039;emblème de la contestation portant les valeurs d&#039;une génération, celle du baby-boom. Aujourd&#039;hui l&#039;histoire de cette contestation demande à être comprise dans un temps plus vaste d&#039;un avant, pendant et après Mai 68. Certes, on peut faire remonter la question des droits de la personne à la [http://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9claration_des_droits_de_l%27homme_et_du_citoyen_de_1789 Déclaration des droits de l&#039;hommes et du citoyen] comme une matrice générative d&#039;autres conventions, déclarations et droits. Or, il semblerait que le mouvement de contestation des années 1960-1980 ait poussé plus loin l&#039;exigence démocratique en partant de revendication de populations, elles-mêmes, se sentant non respectées comme des personnes ; notamment les femmes, les détenus, les patients psychiatriques (&amp;quot;[[Droits_des_patients_psychiatriques#Lois_sur_la_psychiatrie|Loi Basaglia]]&amp;quot;), les handicapés (charte de l&#039;[http://fr.wikipedia.org/wiki/ONU ONU] datant de 1975) et les enfants ([http://www.unicef.ch/sites/default/files/attachements/convention_relative_aux_droits_de_lenfant.pdf Convention relative aux droits de l’enfant]). De nouveaux droits liés à l&#039;éthique se sont développés dès les années 1970 autour du respect de la volonté des mourants, avec la pratique des directives anticipées, et plus largement des droits des patients à être traités dans la dignité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Certes, on pourrait rattacher cette histoire à une pré-histoire reliée à d&#039;autres courants comme, par exemple pour les enfants celui de l&#039;éducation nouvelle dont le pédagogue [http://fr.wikipedia.org/wiki/C%C3%A9lestin_Freinet Célestin Freinet] en est l&#039;un des fondateurs, et des expériences pédagogiques démocratiques comme celles des écoles nouvelles à la campagne, communautés d&#039;enfants (république d&#039;enfants, Cité d&#039;enfants, village d&#039;enfants). [[Libres enfants de Summerhill (Neill)|Summerhill]] incontestablement sera LE modèle de la seconde moitié du 20e siècle, mais aussi l&#039;expérience de [http://fr.wikipedia.org/wiki/Fernand_Deligny Fernand Deligny] et de communautés thérapeutiques telles que Boulens en Suisse romande [[http://edutechwiki.unige.ch/dewiki/Résumé_film_de_Catherine_Scheuchzer]]. Des racines ainsi plus lointaines peuvent être vues dans la &amp;quot;protection de l&#039;enfance&amp;quot; qui voit déjà en 1924  une convention, la [http://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/images/f/fb/Declaration-geneve.pdf &amp;quot;Convention de Genève&amp;quot;] dite prémice lointaine de la [http://www.unicef.ch/sites/default/files/attachements/convention_relative_aux_droits_de_lenfant.pdf Convention relative aux droits de l&#039;enfant] en 1989. Il en va de même avec l&#039;histoire des femmes qui revendiquent le droit de vote depuis le 19e siècle (les suffragettes). Or, nous nous attacherons essentiellement à circonscrire une histoire se déroulant pendant une vingtaine d&#039;années autour de nouvelles revendications qui ont pu porter sur des micro-éléments (&amp;quot;petits trucs&amp;quot;, &amp;quot;micro-conflictualités&amp;quot;, petits événements de la vie quotidienne, cas particulier), mais qui sont à rattacher à un &amp;quot;esprit d&#039;un temps&amp;quot; contestataire de la hiérarchie, des pouvoirs constitués (des patrons, des médecins, des &amp;quot;supposés savoirs&amp;quot; notamment) dans une perspective libertaire (liberté de sortir de l&#039;hôpital psychiatrique, liberté d&#039;user de son corps, liberté de sexualité en prison, liberté de parole, de choix, de décision...) et d&#039;exigence de sa réalisation (utopique?) par des actions et manifestations politiques face aux violences institutionnelles (portes fermées, nudité imposée, horaire imposé, cure de sommeil et électrochocs imposés, contention, viol, avortement clandestin, etc.). Peut-on alors y voir une expression de revendication des droits de la personne (autodétermination, autonomie, intégrité, dignité) qui sous-tendrait des droits portant sur un objet particulier (à l&#039;instruction, au salaire égal, à l&#039;avortement, à une &amp;quot;vie comme tout le monde&amp;quot;, à consulter son dossier individuel, aux parloirs sexuels, etc.) ? Ce sera une des questions auxquelles cherchera à répondre cet ouvrage. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un certain nombre de notions et de valeurs démocratiques et libertaires semblent parcourir une histoire longue (du 18e au 21e siècle) avec des incarnations plus ou moins denses selon les périodes. Celles envisagées dans les droits de la personnes pendant la période 1960-1980 s&#039;incarnent dans la liberté certes (valeur première de la Déclaration des droits de l&#039;homme et du citoyen), mais aussi la créativité, l&#039;innovation, la contestation valorisant l&#039;individu et son autonomie, mais aussi le collectif comme matrice créatrice, avec un souci du respect de la différence (une reconnaissance) mais aussi du groupe comme porteur de revendications, un ancrage dans la vie quotidienne et une volonté d&#039;universalisme. La culture contestataire est-elle monolithique ou multiple? Est-elle aussi traversée par des contradictions, des paradoxes: on prône une liberté individuelle dans un carcan idéologique, la lutte est collective pour des droits individuels?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La recherche a abouti à l&#039;écriture de six articles, introduits et conclus par des textes rédigés en communs, qui tous viseront à mieux saisir qui sont les acteurs/trices (intégrés dans un mouvement de revendication ou un courant idéologique contestataire), leurs actions dans l&#039;expérience quotidienne de leurs luttes pour les droits de l&#039;individu et/ou de la personne, les valeurs prônées, les objectifs atteints ou non pour faire valoir les droits des personnes placées dans des institutions dites alors &amp;quot;totalitaires&amp;quot;, tout en cherchant à mieux définir ce que signifient ces droits dans le quotidien institutionnel et personnel.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le travail de cette &amp;quot;communauté de recherche&amp;quot; vise aussi à repérer les ouvrages de références qui ont marqué les acteurs/trices de cette période, des intellectuels ([[Basaglia]], [http://fr.wikipedia.org/wiki/Michel_Foucault Foucault], [[Une_ société sans école|Illitch]], [http://fr.wikipedia.org/wiki/Erving_Goffman Goffman]) entre autres penseurs, parfois utopistes voir visionnaires, ainsi que, suivant la méthode prônée par Michel Foucault dans son ouvrage &#039;&#039;Histoire de la clinique&#039;&#039; notamment, à questionner les faits, à interroger le système, autrement dit à &amp;quot;déconstruire&amp;quot; la réalité pour comprendre les enjeux du pouvoir qui ont traversé les luttes de promotion des droits de la personne dans des champs différents, mais relevant tous d&#039;un rapport entre un pouvoir qui désigne et un individu-objet dont on attend la soumission. Ces ouvrages montrent que les mouvements de contestation se font dans tous les pays ; par exemple, en ce qui concerne l&#039;anti-psychiatrie, les critiques ont eu lieu en Italie avec [[Basaglia]] mais également aux États-Unis avec [http://fr.wikipedia.org/wiki/Erving_Goffman Goffman]. Ainsi que ce soit le pédagogue et l&#039;élève  &amp;quot;difficile&amp;quot;, déviant, handicapé, le médecin et le patient désigné, le juge qui désigne les degrés de culpabilité d&#039;un &amp;quot;coupable&amp;quot; ou l’État qui décide de la responsabilité civique ou non des femmes (et des jeunes), partout se modèlent et se modulent des relations différentes à l&#039;intérieur d&#039;une structure hiérarchique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des acteurs/actrices seront interrogés afin de mieux saisir leur engagement, les valeurs qu&#039;ils ont prônées, la conscience qu&#039;ils ont eu de déstabiliser le pouvoir médical, l&#039;institution totalitaire, pour des alternatives dont on interrogera leur devenir subversif: communautés d&#039;enfants, communautés thérapeutiques en milieu psychiatrique, en milieu carcéral (notamment la Pâquerette à Genève) et plus généralement dans l&#039;éducation spécialisée. Mais c&#039;est fondamentalement la question de la revendication des droits de la personne qui sera l&#039;objet de ce questionnement. Il s&#039;agira dans un premier temps de mieux comprendre ce qui différencie les droits de la personne, des droits de l&#039;homme érigés au 18e siècle, et de comprendre les enjeux des luttes pour voir émerger ces &amp;quot;nouveaux&amp;quot; droits et les formes qu&#039;ils ont prises: droit à la parole, droit de sortie, droit à l&#039;avortement, droit à consulter son dossier médical, etc...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au moyen de [[Questions pour les entretiens|cinq questions ouvertes]], il s&#039;agit de récolter leurs témoignages afin de mieux comprendre les ressorts de leur engagement (politique, idéologique, éthique), les événements qui ont marqué cette période 1960-1980, les mobiles des acteurs/trices.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Fondamentalement, c&#039;est à une réflexion sur la construction de la réalité que cet ouvrage invite, celle de la maladie, de la déviance, de la différence, mais aussi à celle des relations entretenues avec des personnes qui sont stigmatisées (handicapées, psychiatrisées, détenues, patients) et/ou placées dans une catégorie sociale dépendante (la femme non-citoyenne, dépendante de l&#039;homme, l&#039;enfant de ses parents). L&#039;institution réifie l&#039;individu et lui fait perdre ses droits et c&#039;est donc bien une volonté de récupérer une place d&#039;acteur, de prendre la parole, de donner haut et fort son avis qui va mobiliser les acteurs des luttes, en particulier dans l&#039;après 68. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C&#039;est aussi &#039;&#039;in fine&#039;&#039; un questionnement sur l&#039;histoire et ses changements, lesquels demandent à s&#039;interroger sur la place accordée, dans le temps, aux personnes en difficultés quelles qu&#039;elles soient et sur la nécessité dans le domaine des droits de la personne à rester vigilant afin de ne pas perdre ce qui a été acquis parfois de haute lutte et d&#039;étendre encore les valeurs sur lesquelles ils reposent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Revue de la littérature ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La &amp;quot;matrice générative&amp;quot; des droits de la personne est bien la Déclaration des droits de l&#039;homme et du citoyen : une &amp;quot;matrice&amp;quot; juridique à partir de laquelle vont se développer d&#039;autres droits, règlementations et conventions. Pour couvrir les différents champs de la réalité sociale qui ont été touchés par la créativité des acteur/trice/s (qu&#039;ils aient été des militant/e/s ou des réformateur/trice/s) particulièrement active dans les années 1960-1980 et les changements opérés, il est nécessaire de se référer aux auteur/e/s qui, autant dans le champ du handicap, des patients de l&#039;hôpital, des usagers de la psychiatrie, des détenus, des enfants et des femmes, ont proposé des approches nouvelles, des concepts voire des pratiques novatrices.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Certes, il n&#039;y a pas un moment particulier où commencerait une lutte pour les droits de la personne. Cette question s&#039;inscrit dans une histoire longue de la constitution des droits, de la &amp;quot;fabrication&amp;quot; de l&#039;individu, de la conception de la personne comme être sensible, consciente d&#039;elle-même. Il en va de même pour des pratiques qui certes ont été promues pendant cette période comme, par exemple, les communautés de vie, mais il existe des traditions qui peuvent remonter bien avant les années 60. C&#039;est le cas avec la communauté d&#039;enfants de Summerhill en Angleterre créée par Alexander S. Neill. Dans son livre [[Libres enfants de Summerhill (Neill)]], on peut déceler la place centrale de la notion de liberté dans sa conception de l&#039;éducation et de l&#039;instruction des enfants. Selon cet auteur, on ne peut construire de collectif cohérent qu&#039;en respectant la liberté des individus. Les violences, les incivilités ne sont pour lui que le produit des incohérences de la société, qui frustrent l&#039;individu et qui, à vouloir trop l&#039;uniformiser, en brisent les richesses. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans la fin des années soixante, la critique des institutions psychiatriques surgissent. Une mise en évidence des conditions de vie des patients psychiatriques se fait notamment par [[Basaglia]] en Italie. Ce qu&#039;il rencontre dans cet univers le pousse à créer des lieux de vie plus accueillants où l&#039;on donnerait plus de liberté à la personne psychiatrique ; c&#039;est ce qu&#039;il appelle les communautés thérapeutiques. Ces bâtiments ouverts sur l&#039;extérieur et où la hiérarchie est horizontale favorise la mobilisation des personnes afin de lutter pour la liberté des droits de la personne, et surtout la liberté des droits de la personne psychiatrique. [[Basaglia]] est donc probablement l&#039;un des auteurs de l&#039;époque qui a influencé les acteurs/actrices que nous avons interrogés pour notre recherche. Un discours pareil est ténu par Goffman aux Etats-Unis. Dans son livre « Asiles, études sur la condition sociale des malades mentaux », l’auteur se penche sur le déroulement du quotidien des patients vivant dans ce qu’il appelle une « institution totalitaire ». Ces personnes, privées de tout droit, sont à la merci des médecins, du personnel soignant et du fonctionnement de l’hôpital qui est désormais leur lieu de vie. En effet, l’hôpital psychiatrique ne vise pas à soigner, mais à exclure de la société les personnes qui dérangent par leur comportement. Fondamentalement, la critique est politique, sociale, mais aussi épistémologique: on s&#039;attaque à la réalité qui est un &amp;quot;construit&amp;quot; social. Ce qui explique aussi l&#039;attention mise à la vie quotidienne (voire Goffman, mais aussi [http://fr.wikipedia.org/wiki/Lucien_Febvre Lucien Lefebvre] notamment). Le quotidien devenant matrice de la relation créative autant que de la subversion, dans une tradition qui s&#039;inspire d&#039;ailleurs des surréalistes des années 20 (voire notamment [http://fr.wikipedia.org/wiki/Georges_Perec Georges Perec]). L&#039;approche constructionniste de [http://en.wikipedia.org/wiki/Kenneth_J._Gergen Kenneth Gergen], aujourd&#039;hui, poursuit cette tradition voyant dans la relation la matrice de cette construction de la réalité allant jusqu&#039;à affirmer que l&#039;individu n&#039;existe pas en-dehors de la relation qui le &amp;quot;produit&amp;quot; [[http://www.taosinstitute.net]]. Une autre manière de montrer, comme l&#039;a fait Foucault, que l&#039;individu est aussi une construction sociale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les droits de la personne: un concept complexe  ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La thématique des droits de la personne oblige à réfléchir sur le concept et à le relier ou détacher d&#039;autres concepts: celui de l&#039;individu, celui du sujet (de droit) et celui de l&#039;humain.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La plupart des revendications peuvent être reliées aux &amp;quot;droits de la personne&amp;quot;. Or ceux-ci sont rarement explicités. Lorsqu&#039;ils le sont c&#039;est en référence à la &amp;quot;liberté individuelle&amp;quot;, au droit à la parole, au choix (de traitement notamment) et à la dignité. Souvent, ce sont des valeurs individualistes qui sont prônées même si elles le sont par un collectif (association, comité, mouvement contestataire manifestant collectivement dans la rue) et qui fondent un certain &amp;quot;esprit&amp;quot; du droit de la personne. C&#039;est par le regroupement de plusieurs personnes qui ont des valeurs communes (telles que le libre choix,l&#039;intégrité physique) que le changement peut s&#039;opérer. En effet, à travers notre recherche nous avons pu voir que, qu&#039;il s&#039;agisse des droits des prisonniers, des droits des patients à l&#039;hôpital, des droits des patients psychiatriques ou des droits des femmes, les changements constatés se sont fait par l&#039;intermédiaire de mouvements, d&#039;associations, de fondations...&lt;br /&gt;
On peut noter la particularité du champ des droits des personnes en situation en handicap, des droits des patients en psychiatrie ou même en partie ceux des enfants, par le fait que ces personnes ne disposent elles-mêmes pas des facultés à défendre leurs propres droits. Il revient alors à leur entourage, aux professionnels, et enfin à la société toute entière, de se porter garante du respect de ces droits. La société en protégeant ces personnes, en les considérant comme faisant partie intégrante des individus qui la composent, effectue alors un grand pas dans les valeurs qu&#039;elle véhicule. L&#039;idéologie en effet, doit être collective, pour prendre du sens pour tous. Mais les actes permettant cette évolution, restent bien souvent le fait d&#039;individus, qui, plus que d&#039;autres, poussés par un idéal, portent des actions progressistes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le terme personne est à distinguer d&#039;individu (voire de &amp;quot;cas&amp;quot;) en ce qui laisse entendre une capacité de droit et une place comme partenaire dans la relation (éducative, thérapeutique notamment) et les échanges de communication. Ceci peut s&#039;incarner dans des pratiques sociales élémentaires comme de désigner la personne par son nom, la vouvoyer (en langue française en particulier!), jusqu&#039;à la fermeture des hôpitaux psychiatriques par exemple. Mais c&#039;est surtout sur le plan juridique, de ses droits civils et politiques, que les luttes ont été menées: de l&#039;admission volontaire au droit de sortie pour les patients psychiatrique par exemple. Du côté des prisons, les revendications touchent aussi l&#039;individu dans son corps et son esprit: droit à l&#039;intégrité physique et morale, le droit à des conditions de vie appropriées, ou encore le droit à la santé. C&#039;est donc au nom du respect de la personne en tant qu&#039;être humain que les différentes organisations ont milité, bien que ceci n&#039;ait pas été et ne soit toujours pas quelque chose de facile. En effet, la prison demeure un lieu où l’on a de la difficulté à considérer les criminels comme des êtres humains. De ce fait, la population ne semble pas être en mesure de concevoir que ces personnes possèdent également des droits. &lt;br /&gt;
Pour changer les mentalités, nous pourrions poser le problème de la réinsertion. En effet, si l&#039;on ôte tout droit aux prisonniers, comment espérer les réinsérer dans la société. Peut-on véritablement rendre un Homme &amp;quot;meilleur&amp;quot; en lui enlevant toute dignité?   &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Du côté des [[Droits des enfants|enfants]], le droit s&#039;est surtout construit à partir de la considération de l&#039;enfant plus seulement comme un adulte en devenir, mais en tant qu&#039;individu ayant des droits propres, notamment liés à la protection, à la parole et l&#039;écoute, mais également aux autres besoins fondamentaux qu&#039;il peut présenter. En fait, la reconnaissance des droits de l&#039;enfant lui ont conféré peu à peu un rôle plus actif dans sa propre existence, comme par exemple par une considération plus importante de ses opinions dans les choix qui le concerne. Du coté des [[Droits des femmes|femmes]], les contestations se font sur plusieurs plans, mais ce qui est surtout recherché c&#039;est l&#039;égalité avec les hommes. Cette égalité passe donc par la ré-appropriation de leur corps, la liberté de choisir une contraception et la liberté de penser différemment. En ce qui concerne les droits des patients psychiatriques, l’on peut remarquer que la lutte vise une revendication juridique en passant à travers l’humanisation de cette population. En effet, la conception de ce que l’on appelle aujourd’hui les troubles psychiques, est en constante évolution, influencée par les croyances et les valeurs de la société. La reconnaissance des droits des patients psychiatriques vise la reconnaissance de ces personnes comme étant des êtres humains, l’égalité de traitements face à la loi et l’autodétermination ainsi que la liberté d’être tous égaux dans nos diversités. Nous pouvons donc rapprocher ces faits au droit du consentement de la personne et de l&#039;intégrité physique. Ces droits et les droits d&#039;être informé touchent d&#039;ailleurs le quotidien médical et la lutte pour les droits des patients. Les droits des patients touchent la sphère politique et juridique où une bataille s&#039;est générée contre la liberté thérapeutique des médecins considérés comme subordonnés au droit d&#039;autodétermination du patient. Valoriser le rôle des patients en tant que partenaires critiques des médecins, du personnel médical ou encore de les responsabiliser pour éviter des difficultés lors de leur traitement permettraient d&#039;améliorer la qualité des soins dans le domaine de la santé du patient.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Paradoxalement ce sont des luttes (collectives, pour la communauté) qui ont ainsi contribué à construire la notion de personne comme corps, identité physique, morale, psychologique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En outre, concernant [http://edutechwiki.unige.ch/dewiki/Droits_des_patients_%28%C3%A0_l%27h%C3%B4pital%29 les droits des patients (à l&#039;hôpital)] et les droits [http://edutechwiki.unige.ch/dewiki/Droits_des_patients_psychiatriques des patients psychiatriques], il est à remarquer que ces droits peuvent rapidement se révéler ambigus. En effet, la légitimité du secret médical, de l&#039;asymétrie de l&#039;expertise médicale, peuvent davantage protéger le médecin que le patient. Nous avons relevé par exemple des cas où ce sont les patients qui ont dû subir des conséquences, tant au niveau de leur reconnaissance, en tant que victimes, qu&#039;au niveau économique, car ils n&#039;ont pas pu prouver que le médecin qui leur avait causé du tort était véridiquement coupable d&#039;expériences illicites sur eux. Nous pouvons nous demander dans quelle mesure ces droits permettent, intelligemment, à la médecine d&#039;opacifier la recherche médicale et par la même la problématique du patient-cobaye. Problématique qui est de nos jours, une contrainte pour faire avancer la science en toute légalité. Finalement, il faudrait se demander si l&#039;être humain dépend d&#039;expériences faites sur un groupe restreint de personnes. La réponse est oui, passablement des expériences se font avec très peu de personnes pour appliquer les résultats à grande échelle. Par exemple, cela s&#039;est observé avec la morphine concernant le traitement des douleurs. Un médecin, un jour ou l&#039;autre, s&#039;est de toute façon risqué, initialement, à injecter dans un corps appartenant à une personne, cette substance considérée comme stupéfiant auparavant. Une autre expérience de ce même type, à hôpital de Saint-Gall en Suisse, était l&#039;application d&#039;ampoules bleues de méthylène dans le ventre des patients non-informés. Ils essayaient de soigner, par ce biais, leurs occlusions gastriques qui a fini par les tuer.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Méthode ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La récolte d&#039;un récit personnel, afin d&#039;approcher l&#039;histoire d&#039;une période et de constituer une archive orale, a une tradition en sciences humaine et sociale. L&#039;ouvrage &amp;quot;Le cheval d&#039;orgueil&amp;quot; de Pierre Jakez Hélias paru en 1975 est souvent présenté comme un détonateur de l&#039;usage des récits de vie pour décrire la réalité sociale et culturelle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Diverses disciplines ont intégré la narration comme un moyen d&#039;approcher la réalité vue à travers un individu ou un groupe, que cela soit en sociologie, en histoire, en médecine, en sciences de l&#039;éducation, en ethnologie et même en littérature.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les travaux de [http://fr.wikipedia.org/wiki/Philippe_Lejeune_%28auteur%29 Philippe Lejeune] ont contribué à collecter des récits sous formes notamment autobiographiques qui sont déposés à [http://association.sitapa.org/accueil.php l&#039;Association pour l&#039;autobiographie] près de Lyon.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La démarche effectuée dans le cadre de cette recherche d&#039;intelligence collective relève de la collecte de récits. La personne interviewée est considérée comme un témoin de son temps. L&#039;histoire se construit dans l&#039;échange grâce aux [[Questions pour les entretiens|questions]] posées, lesquelles doivent donner lieu à une narration libre, reliée aux souvenirs de la personne. Il s&#039;agit d&#039;être dans une écoute bienveillante d&#039;un récit narré afin de venir combler l&#039;intérêt des étudiant/e/s qui sont les récepteur/trice/s respectueux et curieux de cette histoire. Même si pour certains étudiants, relancer ces questions a permis à l&#039;interviewé de se recentrer sur le sujet. Lors de l&#039;interview et comme étape préalable à l&#039;introduction de ces questions, l&#039;explication de cette recherche collective a fait comprendre à certains interviewés l&#039;importance de leurs témoignages.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La démarche de &amp;quot;biographies narratives&amp;quot;, telle qu&#039;elle devrait être développée dans cette démarche citoyenne, relève de compétences relationnelles, humaines, particulièrement formatrices aux métiers de l&#039;humain. Elle demande du tact, de l&#039;écoute, de la curiosité intelligente (capacité de s&#039;adapter dans le cadre de l&#039;entretien). Il s&#039;agit de laisser de l&#039;espace et de la liberté aux personnes interviewées. Par conséquent, seules des questions générales et ouvertes assureront la liberté de narrer. Les méthodes d&#039;entretien se distinguent par la mise en œuvre des processus fondamentaux de communication et d&#039;interaction humaine. Ces processus permettent au chercheur de retirer de ses entretiens des informations et éléments de réflexion riches en nuances. Nous accorderons un long temps de réponse, afin de laisser à la personne la possibilité de se souvenir et de raconter l&#039;histoire et son histoire, tout en restant attentive qu&#039;elle ne se perde pas dans des chemins trop éloignés. Elle ne relève pas d&#039;une &amp;quot;conduite d&#039;entretien&amp;quot; particulière, comme l&#039;a développée par exemple Boutin (2006), mais elle relève sans aucun doute d&#039;une approche qualitative.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans la plupart des cas, les étudiants n&#039;ont pas transmis au préalable les questions qui allaient être abordées dans l&#039;entretien à leur témoin. Pourtant, il est possible que cette démarche donne la possibilité aux personnes interviewées de prendre du temps pour récupérer leurs souvenirs en mémoire et ainsi construire un récit plus riche que lors d&#039;une réponse spontanée. Toutefois, cette démarche peut également faire perdre quelque peu aux intervieweurs/euses le contrôle de l&#039;entretien, avec un témoin qui se raconte, sans un réel cadre établi, puisqu&#039;il sait sur quels chemins on va l&#039;amener. Ainsi, le cadrage de l&#039;entretien est d&#039;autant moins aisé, car l’intervieweur perd un peu son contrôle sur celui-ci, qu&#039;il aurait pu exercer notamment par la succession des questions.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour d&#039;autres étudiants, la transmission des questions préalablement a permis aux interviewés d&#039;affiner leur mémoire en développant leurs réponses pour que leur récit soit accompagné par des souvenirs marquants. Ils ont d&#039;ailleurs fait appel aux gestes pour appuyer leurs témoignages en laissant entendre à leurs interlocuteurs que leur lutte ne cessait pas. &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Les réactions (y compris non verbales) encouragent un récit qui se construit dans la relation. Celui-ci devrait être, par définition, original (même si certain/e témoins racontent pour la Xème fois leur &amp;quot;histoire&amp;quot;, leur &amp;quot;légende&amp;quot;), puisqu&#039;il est raconté à de nouvelles personnes. L&#039;attitude du/des collecteur/trice/s de récits favorise (ou non) l&#039;expression (et ce jusqu&#039;à la confidence) et permet, qui sait, aux témoins d&#039;innover, de se déplacer dans leur narration, de raconter une histoire nouvelle, vraiment originale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Critique de la méthode ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A travers cette expérience, nous avons en tant &amp;quot;qu&#039;apprentis chercheurs&amp;quot; appris à mener un entretien semi-directif. Malgré le fait que nous avions beau imaginer le déroulement de notre entretien, nous avons rencontré quelques difficultés lors de la passation de ceux-ci. Tout d&#039;abord, il a fallu faire face au personnage que nous avions en face de nous. En effet, comme nous l&#039;avons expliqué, ces personnes ont, pour la plupart, été des militants en faveur des droits de la personne. Parfois, leur engagement a été tellement fort, qu&#039;elles sont devenues des &amp;quot;icônes&amp;quot; dans le combat de ces droits. Nous avons donc dû faire face à leur agacement et leur lassitude face à nos questions qui pouvaient certes être considérées comme trop larges. Ceci nous amène donc à penser que le choix de faire des questions ouvertes, pour que chacun puisse raconter ce dont il a envie, n&#039;était peut-être pas judicieux pour toutes les personnes que nous avons interviewées. Par contre, pour d&#039;autres &amp;quot;icônes&amp;quot; habituées à discuter, même au parlement, ces questions étaient importantes à partir du moment où on allait les analyser par la suite au sein d&#039;une recherche et ils ont répondu le plus précisément possible. Lorsqu&#039;on a présenté ces questions au sein d&#039;une recherche pour un cours universitaire, elles ont été prises sérieusement, sans nous faire remarquer de près le type de question ou les liens entre elles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De plus, il s&#039;est avéré que pour certains témoins, les questions étaient peu adéquates puisqu&#039;elles positionnaient cette personne en tant que &amp;quot;militante&amp;quot; peut-être trop directement. De même, le mot &amp;quot;droit&amp;quot; se trouvait être un peu fort pour parler de certains engagements, qui ont probablement contribué ou du moins retracent les changements de ces droits, certes, mais ne se positionnaient pas à la base comme des engagements pour les droits d&#039;une population. C&#039;est pourquoi, pour certaines questions, nous avons utilisé d&#039;autres termes (moins forts) ou nous les avons posées différemment, tout en respectant l&#039;idée fondamentale de celles-ci. Cependant, le fait de faire des questions différentes et précises pour chacun des acteurs, nous aurait fortement contraints pour l&#039;analyse transversale des entretiens. &amp;lt;br /&amp;gt; De plus, lors de certains entretiens, les acteurs se sont laissés emporter par leurs émotions. Il n&#039;était donc pas évident de gérer les pleurs rencontrés. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un cas de figure était, pour ceux qui ont eu l&#039;occasion de faire deux interviews, la position de collecteur/trice/s au niveau générationnel, à savoir faire face à une génération plus âgée, était enveloppée, pour les deux cas, d&#039;une écoute éveillée peut-être parce que leurs récits nous touchaient de près ou parce de la sagesse émanait de certains interviewés. Pour l&#039;un des interviewés, il a suscité en nous un rappel vers les droits de nos proches et, pour l&#039;autre, il nous a sensibilisé vers une menace toujours présente des droits de la personne dans le pays où nous séjournons, la Suisse. Même si l&#039;un des ces interviewés était une personnalité fédérale, le reflet de son authenticité nous a fait croire à son récit et il nous a appris plus sur les droits de la personne, qui sont par ailleurs également &amp;quot;nos droits&amp;quot;. Le rapport entre les interlocuteurs a pu être franc et nous avons ressentis que l&#039;un des interviewés nous avait confié une mission, celle de divulguer des faits. C&#039;était pour certains collecteur/trice/s un moment très intense, de vérité et jamais oublié. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Parfois, nous avons pu nous confronter à la difficulté de recentrer la discussion vers les sujets qui nous intéressent. Comme tout un chacun, les acteurs peuvent certes parler du passé, mais en tant que militants ils auront, si leur combat est toujours vivant, tendance à parler plus du présent, et de ce qu&#039;il reste à faire. Pour que nous soyons aussi amenés à prendre la relève. Il faut alors savoir &amp;quot;lire entre les paroles&amp;quot;, pour récolter des informations sur la période qui nous intéresse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il aurait peut-être été profitable de mettre à disposition de tous les acteurs les questions de l&#039;entretien à l&#039;avance. Cela aurait permis de recentrer le débat, de rappeler plus facilement les questions de recherche. Un cas de figure était pour ceux qui l&#039;on fait et qui ont reçu, en tant que collecteur/trice/s spontanément et préalablement à l&#039;interview tête à tête, des réponses écrites aux questions, de la part des interviewés. Ces réponses ont permis de mieux connaître l&#039;interviewé, son parcours, ses valeurs, son engagement pour les droits de la personne. La pré-analyse de ces réponses par écrit a permis entre autres de revenir encore une fois sur les questions et de solliciter l&#039;interviewé en confiance pour continuer à expliciter certains souvenirs marquants et enrichissants pour cette recherche. Pour les collecteur/trice/s ce va-et-vient entre les réponses écrites à l&#039;avance et la poursuite du récit a engendré une appropriation du sujet, bénéficiant ainsi la cohérence et la compréhension pour eux-mêmes. Toutefois, nous avons également relevé plus haut que cette démarche peut au contraire compliquer le guidage de l&#039;entretien dans certains cas.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Autrement, une des questions qui permettrait de situer l&#039;interviewé sur le passé sans revenir immédiatement dans son discours sur le présent est [[Questions pour les entretiens|la question 2]]. Elle aurait pu être formulée ainsi : Y a-t-il un événement originel durant la période de votre engagement ? Pourriez-vous revenir sur le passé et nous raconter un ou des événements marquants que vous avez menés ou qui vous ont frappés durant une certaine période en faveur de ces droits ? Sinon [[Questions pour les entretiens|la question 5]] fait l&#039;effet contraire en revenant sur le pas d&#039;aujourd&#039;hui comme conséquence du passé : Qu&#039;en est-il aujourd&#039;hui de cette lutte et des acquis et des risques de retour en arrière? Sur quoi faudrait-il continuer de se battre de lutter? Continuez-vous aujourd&#039;hui à vous engager et sur quoi? Donc, il n&#039;est pas étonnant d&#039;entendre les interviewés parler sur leur présent et ainsi, pourquoi ne serait-il pas envisageable de leur demander : Est-ce que l&#039;un des sujets de votre engagement pour les droits de la personne (patient, enfant, prisonnier...) continue à être d&#039;actualité aujourd&#039;hui ? Lequel ? Pourriez-vous nous l&#039;expliciter s&#039;il vous plaît ? &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quant aux valeurs des témoins, ces dernières ont été évoquées suite à la question formulée qui a engendré aussi des souvenirs vers un événement marquant lié à leurs valeurs et pour la lutte des droits de la personne.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En outre, peut-être peut-on reprocher aussi le manque de temps pour chaque entretien. Au vu de la méthodologie d&#039;entretien semi-directif et biographique, des entretiens d&#039;1h30 ne permettent pas toujours des digressions chronophages. Des entretiens plus longs, dont on aurait pu ressortir la quintessence auraient pu être bénéfiques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Enfin, la relation biographique n&#039;a pas toujours permis que les questions soient posées comme souhaitées et prises dans l&#039;échange. L&#039;entretien a pu prendre la forme d&#039;une discussion à bâtons rompus en un dialogue qui finalement a échappé aux récolteurs/teuses de récits. On peut noter, par ailleurs, que la distance générationnelle entre les récolteurs/teuses et l&#039;interviewé a pu donner à ce dernier/ère l&#039;envie de transmettre le passé, mais surtout d&#039;avertir et de former pour aujourd&#039;hui. Le retour sur des faits historiques n&#039;est pas chose aisée à réaliser.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Certains ont dû faire face à des difficultés techniques concernant l&#039;enregistrement de l&#039;interview. En effet, l&#039;appareil enregistreur est tombé en panne. Heureusement, que nous avions un autre enregistreur qui a pris le relais immédiatement car la prise de note n&#039;aurait fait que retarder l&#039;interview.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quoi qu&#039;il en soit [[Retranscriptions des entretiens|neuf entretiens]] ont été effectués, lesquels ont permis de construire une histoire qui s&#039;est étendue entre les années 1960 (engagement de Mme [[Amélia Christinat]]) et aujourd&#039;hui (engagement de Mme Margrit Kessler, conseillère nationale de Saint-Gall).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des thématiques (problématiques) plus fines ont pu être définies à partir des récits récoltés. Soit:&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
– le droit des [[Droits des enfants|enfants]] à travers le prisme de l&#039;éducation&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
– le droit des [[Droits des femmes|femmes]] pour la liberté de leur corps (l&#039;intégrité physique), et plus généralement pour le droit à leur autonomie &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
– le  droit à l&#039;intégrité physique et morale des [[Droits des prisonniers|détenus]] en Suisse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
– la lutte contre les abus de la [[Droits_des_patients_psychiatriques|psychiatrie]] &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
– la prise en compte des personnes en situation de [[Droits des personnes en situation de handicap|handicap]] dans ce champ  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
– le droit à être informé pour que les [[Droits des patients (à l&#039;hôpital)|patients]] ne deviennent pas les cobayes, des expériences scientifiques&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;analyse sera alors traversante permettant de mieux comprendre ce temps de l&#039;innovation, de la contestation, de la réforme des grandes institutions qui structurent le social et la culture occidentale depuis le 19e siècle: l&#039;hôpital, l&#039;hôpital psychiatrique, l&#039;école, le tribunal, la prison, le code civil, les institutions spécialisées: qui sont ces acteur/trice/s engagés, quelles ont été leurs idées et leurs valeurs, quelles ont été leurs actions et leurs victoires, leurs échecs aussi?&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Victoria</name></author>
	</entry>
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		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Histoire_des_droits_de_la_personne:_entre_luttes_des_usagers_et_politiques_institutionnelles_1960-1980&amp;diff=13231</id>
		<title>Histoire des droits de la personne: entre luttes des usagers et politiques institutionnelles 1960-1980</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Histoire_des_droits_de_la_personne:_entre_luttes_des_usagers_et_politiques_institutionnelles_1960-1980&amp;diff=13231"/>
		<updated>2014-01-14T20:08:34Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Victoria : /* Méthode */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&lt;br /&gt;
== Histoire des droits de la personne: entre luttes des usagers et politiques institutionnelles 1960-1980 ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Introduction ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les années 1960-1980 sont des années de grandes transformations culturelles et sociales avec 1968, une année charnière qui deviendra l&#039;emblème de la contestation portant les valeurs d&#039;une génération, celle du baby-boom. Aujourd&#039;hui l&#039;histoire de cette contestation demande à être comprise dans un temps plus vaste d&#039;un avant, pendant et après Mai 68. Certes, on peut faire remonter la question des droits de la personne à la [http://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9claration_des_droits_de_l%27homme_et_du_citoyen_de_1789 Déclaration des droits de l&#039;hommes et du citoyen] comme une matrice générative d&#039;autres conventions, déclarations et droits. Or, il semblerait que le mouvement de contestation des années 1960-1980 ait poussé plus loin l&#039;exigence démocratique en partant de revendication de populations, elles-mêmes, se sentant non respectées comme des personnes ; notamment les femmes, les détenus, les patients psychiatriques (&amp;quot;[[Droits_des_patients_psychiatriques#Lois_sur_la_psychiatrie|Loi Basaglia]]&amp;quot;), les handicapés (charte de l&#039;[http://fr.wikipedia.org/wiki/ONU ONU] datant de 1975) et les enfants ([http://www.unicef.ch/sites/default/files/attachements/convention_relative_aux_droits_de_lenfant.pdf Convention relative aux droits de l’enfant]). De nouveaux droits liés à l&#039;éthique se sont développés dès les années 1970 autour du respect de la volonté des mourants, avec la pratique des directives anticipées, et plus largement des droits des patients à être traités dans la dignité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Certes, on pourrait rattacher cette histoire à une pré-histoire reliée à d&#039;autres courants comme, par exemple pour les enfants celui de l&#039;éducation nouvelle dont le pédagogue [http://fr.wikipedia.org/wiki/C%C3%A9lestin_Freinet Célestin Freinet] en est l&#039;un des fondateurs, et des expériences pédagogiques démocratiques comme celles des écoles nouvelles à la campagne, communautés d&#039;enfants (république d&#039;enfants, Cité d&#039;enfants, village d&#039;enfants). [[Libres enfants de Summerhill (Neill)|Summerhill]] incontestablement sera LE modèle de la seconde moitié du 20e siècle, mais aussi l&#039;expérience de [http://fr.wikipedia.org/wiki/Fernand_Deligny Fernand Deligny] et de communautés thérapeutiques telles que Boulens en Suisse romande [[http://edutechwiki.unige.ch/dewiki/Résumé_film_de_Catherine_Scheuchzer]]. Des racines ainsi plus lointaines peuvent être vues dans la &amp;quot;protection de l&#039;enfance&amp;quot; qui voit déjà en 1924  une convention, la [http://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/images/f/fb/Declaration-geneve.pdf &amp;quot;Convention de Genève&amp;quot;] dite prémice lointaine de la [http://www.unicef.ch/sites/default/files/attachements/convention_relative_aux_droits_de_lenfant.pdf Convention relative aux droits de l&#039;enfant] en 1989. Il en va de même avec l&#039;histoire des femmes qui revendiquent le droit de vote depuis le 19e siècle (les suffragettes). Or, nous nous attacherons essentiellement à circonscrire une histoire se déroulant pendant une vingtaine d&#039;années autour de nouvelles revendications qui ont pu porter sur des micro-éléments (&amp;quot;petits trucs&amp;quot;, &amp;quot;micro-conflictualités&amp;quot;, petits événements de la vie quotidienne, cas particulier), mais qui sont à rattacher à un &amp;quot;esprit d&#039;un temps&amp;quot; contestataire de la hiérarchie, des pouvoirs constitués (des patrons, des médecins, des &amp;quot;supposés savoirs&amp;quot; notamment) dans une perspective libertaire (liberté de sortir de l&#039;hôpital psychiatrique, liberté d&#039;user de son corps, liberté de sexualité en prison, liberté de parole, de choix, de décision...) et d&#039;exigence de sa réalisation (utopique?) par des actions et manifestations politiques face aux violences institutionnelles (portes fermées, nudité imposée, horaire imposé, cure de sommeil et électrochocs imposés, contention, viol, avortement clandestin, etc.). Peut-on alors y voir une expression de revendication des droits de la personne (autodétermination, autonomie, intégrité, dignité) qui sous-tendrait des droits portant sur un objet particulier (à l&#039;instruction, au salaire égal, à l&#039;avortement, à une &amp;quot;vie comme tout le monde&amp;quot;, à consulter son dossier individuel, aux parloirs sexuels, etc.) ? Ce sera une des questions auxquelles cherchera à répondre cet ouvrage. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un certain nombre de notions et de valeurs démocratiques et libertaires semblent parcourir une histoire longue (du 18e au 21e siècle) avec des incarnations plus ou moins denses selon les périodes. Celles envisagées dans les droits de la personnes pendant la période 1960-1980 s&#039;incarnent dans la liberté certes (valeur première de la Déclaration des droits de l&#039;homme et du citoyen), mais aussi la créativité, l&#039;innovation, la contestation valorisant l&#039;individu et son autonomie, mais aussi le collectif comme matrice créatrice, avec un souci du respect de la différence (une reconnaissance) mais aussi du groupe comme porteur de revendications, un ancrage dans la vie quotidienne et une volonté d&#039;universalisme. La culture contestataire est-elle monolithique ou multiple? Est-elle aussi traversée par des contradictions, des paradoxes: on prône une liberté individuelle dans un carcan idéologique, la lutte est collective pour des droits individuels?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La recherche a abouti à l&#039;écriture de six articles, introduits et conclus par des textes rédigés en communs, qui tous viseront à mieux saisir qui sont les acteurs/trices (intégrés dans un mouvement de revendication ou un courant idéologique contestataire), leurs actions dans l&#039;expérience quotidienne de leurs luttes pour les droits de l&#039;individu et/ou de la personne, les valeurs prônées, les objectifs atteints ou non pour faire valoir les droits des personnes placées dans des institutions dites alors &amp;quot;totalitaires&amp;quot;, tout en cherchant à mieux définir ce que signifient ces droits dans le quotidien institutionnel et personnel.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le travail de cette &amp;quot;communauté de recherche&amp;quot; vise aussi à repérer les ouvrages de références qui ont marqué les acteurs/trices de cette période, des intellectuels ([[Basaglia]], [http://fr.wikipedia.org/wiki/Michel_Foucault Foucault], [[Une_ société sans école|Illitch]], [http://fr.wikipedia.org/wiki/Erving_Goffman Goffman]) entre autres penseurs, parfois utopistes voir visionnaires, ainsi que, suivant la méthode prônée par Michel Foucault dans son ouvrage &#039;&#039;Histoire de la clinique&#039;&#039; notamment, à questionner les faits, à interroger le système, autrement dit à &amp;quot;déconstruire&amp;quot; la réalité pour comprendre les enjeux du pouvoir qui ont traversé les luttes de promotion des droits de la personne dans des champs différents, mais relevant tous d&#039;un rapport entre un pouvoir qui désigne et un individu-objet dont on attend la soumission. Ces ouvrages montrent que les mouvements de contestation se font dans tous les pays ; par exemple, en ce qui concerne l&#039;anti-psychiatrie, les critiques ont eu lieu en Italie avec [[Basaglia]] mais également aux États-Unis avec [http://fr.wikipedia.org/wiki/Erving_Goffman Goffman]. Ainsi que ce soit le pédagogue et l&#039;élève  &amp;quot;difficile&amp;quot;, déviant, handicapé, le médecin et le patient désigné, le juge qui désigne les degrés de culpabilité d&#039;un &amp;quot;coupable&amp;quot; ou l’État qui décide de la responsabilité civique ou non des femmes (et des jeunes), partout se modèlent et se modulent des relations différentes à l&#039;intérieur d&#039;une structure hiérarchique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des acteurs/actrices seront interrogés afin de mieux saisir leur engagement, les valeurs qu&#039;ils ont prônées, la conscience qu&#039;ils ont eu de déstabiliser le pouvoir médical, l&#039;institution totalitaire, pour des alternatives dont on interrogera leur devenir subversif: communautés d&#039;enfants, communautés thérapeutiques en milieu psychiatrique, en milieu carcéral (notamment la Pâquerette à Genève) et plus généralement dans l&#039;éducation spécialisée. Mais c&#039;est fondamentalement la question de la revendication des droits de la personne qui sera l&#039;objet de ce questionnement. Il s&#039;agira dans un premier temps de mieux comprendre ce qui différencie les droits de la personne, des droits de l&#039;homme érigés au 18e siècle, et de comprendre les enjeux des luttes pour voir émerger ces &amp;quot;nouveaux&amp;quot; droits et les formes qu&#039;ils ont prises: droit à la parole, droit de sortie, droit à l&#039;avortement, droit à consulter son dossier médical, etc...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au moyen de [[Questions pour les entretiens|cinq questions ouvertes]], il s&#039;agit de récolter leurs témoignages afin de mieux comprendre les ressorts de leur engagement (politique, idéologique, éthique), les événements qui ont marqué cette période 1960-1980, les mobiles des acteurs/trices.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Fondamentalement, c&#039;est à une réflexion sur la construction de la réalité que cet ouvrage invite, celle de la maladie, de la déviance, de la différence, mais aussi à celle des relations entretenues avec des personnes qui sont stigmatisées (handicapées, psychiatrisées, détenues, patients) et/ou placées dans une catégorie sociale dépendante (la femme non-citoyenne, dépendante de l&#039;homme, l&#039;enfant de ses parents). L&#039;institution réifie l&#039;individu et lui fait perdre ses droits et c&#039;est donc bien une volonté de récupérer une place d&#039;acteur, de prendre la parole, de donner haut et fort son avis qui va mobiliser les acteurs des luttes, en particulier dans l&#039;après 68. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C&#039;est aussi &#039;&#039;in fine&#039;&#039; un questionnement sur l&#039;histoire et ses changements, lesquels demandent à s&#039;interroger sur la place accordée, dans le temps, aux personnes en difficultés quelles qu&#039;elles soient et sur la nécessité dans le domaine des droits de la personne à rester vigilant afin de ne pas perdre ce qui a été acquis parfois de haute lutte et d&#039;étendre encore les valeurs sur lesquelles ils reposent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Revue de la littérature ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La &amp;quot;matrice générative&amp;quot; des droits de la personne est bien la Déclaration des droits de l&#039;homme et du citoyen : une &amp;quot;matrice&amp;quot; juridique à partir de laquelle vont se développer d&#039;autres droits, règlementations et conventions. Pour couvrir les différents champs de la réalité sociale qui ont été touchés par la créativité des acteur/trice/s (qu&#039;ils aient été des militant/e/s ou des réformateur/trice/s) particulièrement active dans les années 1960-1980 et les changements opérés, il est nécessaire de se référer aux auteur/e/s qui, autant dans le champ du handicap, des patients de l&#039;hôpital, des usagers de la psychiatrie, des détenus, des enfants et des femmes, ont proposé des approches nouvelles, des concepts voire des pratiques novatrices.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Certes, il n&#039;y a pas un moment particulier où commencerait une lutte pour les droits de la personne. Cette question s&#039;inscrit dans une histoire longue de la constitution des droits, de la &amp;quot;fabrication&amp;quot; de l&#039;individu, de la conception de la personne comme être sensible, consciente d&#039;elle-même. Il en va de même pour des pratiques qui certes ont été promues pendant cette période comme, par exemple, les communautés de vie, mais il existe des traditions qui peuvent remonter bien avant les années 60. C&#039;est le cas avec la communauté d&#039;enfants de Summerhill en Angleterre créée par Alexander S. Neill. Dans son livre [[Libres enfants de Summerhill (Neill)]], on peut déceler la place centrale de la notion de liberté dans sa conception de l&#039;éducation et de l&#039;instruction des enfants. Selon cet auteur, on ne peut construire de collectif cohérent qu&#039;en respectant la liberté des individus. Les violences, les incivilités ne sont pour lui que le produit des incohérences de la société, qui frustrent l&#039;individu et qui, à vouloir trop l&#039;uniformiser, en brisent les richesses. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans la fin des années soixante, la critique des institutions psychiatriques surgissent. Une mise en évidence des conditions de vie des patients psychiatriques se fait notamment par [[Basaglia]] en Italie. Ce qu&#039;il rencontre dans cet univers le pousse à créer des lieux de vie plus accueillants où l&#039;on donnerait plus de liberté à la personne psychiatrique ; c&#039;est ce qu&#039;il appelle les communautés thérapeutiques. Ces bâtiments ouverts sur l&#039;extérieur et où la hiérarchie est horizontale favorise la mobilisation des personnes afin de lutter pour la liberté des droits de la personne, et surtout la liberté des droits de la personne psychiatrique. [[Basaglia]] est donc probablement l&#039;un des auteurs de l&#039;époque qui a influencé les acteurs/actrices que nous avons interrogés pour notre recherche. Un discours pareil est ténu par Goffman aux Etats-Unis. Dans son livre « Asiles, études sur la condition sociale des malades mentaux », l’auteur se penche sur le déroulement du quotidien des patients vivant dans ce qu’il appelle une « institution totalitaire ». Ces personnes, privées de tout droit, sont à la merci des médecins, du personnel soignant et du fonctionnement de l’hôpital qui est désormais leur lieu de vie. En effet, l’hôpital psychiatrique ne vise pas à soigner, mais à exclure de la société les personnes qui dérangent par leur comportement. Fondamentalement, la critique est politique, sociale, mais aussi épistémologique: on s&#039;attaque à la réalité qui est un &amp;quot;construit&amp;quot; social. Ce qui explique aussi l&#039;attention mise à la vie quotidienne (voire Goffman, mais aussi [http://fr.wikipedia.org/wiki/Lucien_Febvre Lucien Lefebvre] notamment). Le quotidien devenant matrice de la relation créative autant que de la subversion, dans une tradition qui s&#039;inspire d&#039;ailleurs des surréalistes des années 20 (voire notamment [http://fr.wikipedia.org/wiki/Georges_Perec Georges Perec]). L&#039;approche constructionniste de [http://en.wikipedia.org/wiki/Kenneth_J._Gergen Kenneth Gergen], aujourd&#039;hui, poursuit cette tradition voyant dans la relation la matrice de cette construction de la réalité allant jusqu&#039;à affirmer que l&#039;individu n&#039;existe pas en-dehors de la relation qui le &amp;quot;produit&amp;quot; [[http://www.taosinstitute.net]]. Une autre manière de montrer, comme l&#039;a fait Foucault, que l&#039;individu est aussi une construction sociale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les droits de la personne: un concept complexe  ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La thématique des droits de la personne oblige à réfléchir sur le concept et à le relier ou détacher d&#039;autres concepts: celui de l&#039;individu, celui du sujet (de droit) et celui de l&#039;humain.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La plupart des revendications peuvent être reliées aux &amp;quot;droits de la personne&amp;quot;. Or ceux-ci sont rarement explicités. Lorsqu&#039;ils le sont c&#039;est en référence à la &amp;quot;liberté individuelle&amp;quot;, au droit à la parole, au choix (de traitement notamment) et à la dignité. Souvent, ce sont des valeurs individualistes qui sont prônées même si elles le sont par un collectif (association, comité, mouvement contestataire manifestant collectivement dans la rue) et qui fondent un certain &amp;quot;esprit&amp;quot; du droit de la personne. C&#039;est par le regroupement de plusieurs personnes qui ont des valeurs communes (telles que le libre choix,l&#039;intégrité physique) que le changement peut s&#039;opérer. En effet, à travers notre recherche nous avons pu voir que, qu&#039;il s&#039;agisse des droits des prisonniers, des droits des patients à l&#039;hôpital, des droits des patients psychiatriques ou des droits des femmes, les changements constatés se sont fait par l&#039;intermédiaire de mouvements, d&#039;associations, de fondations...&lt;br /&gt;
On peut noter la particularité du champ des droits des personnes en situation en handicap, des droits des patients en psychiatrie ou même en partie ceux des enfants, par le fait que ces personnes ne disposent elles-mêmes pas des facultés à défendre leurs propres droits. Il revient alors à leur entourage, aux professionnels, et enfin à la société toute entière, de se porter garante du respect de ces droits. La société en protégeant ces personnes, en les considérant comme faisant partie intégrante des individus qui la composent, effectue alors un grand pas dans les valeurs qu&#039;elle véhicule. L&#039;idéologie en effet, doit être collective, pour prendre du sens pour tous. Mais les actes permettant cette évolution, restent bien souvent le fait d&#039;individus, qui, plus que d&#039;autres, poussés par un idéal, portent des actions progressistes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le terme personne est à distinguer d&#039;individu (voire de &amp;quot;cas&amp;quot;) en ce qui laisse entendre une capacité de droit et une place comme partenaire dans la relation (éducative, thérapeutique notamment) et les échanges de communication. Ceci peut s&#039;incarner dans des pratiques sociales élémentaires comme de désigner la personne par son nom, la vouvoyer (en langue française en particulier!), jusqu&#039;à la fermeture des hôpitaux psychiatriques par exemple. Mais c&#039;est surtout sur le plan juridique, de ses droits civils et politiques, que les luttes ont été menées: de l&#039;admission volontaire au droit de sortie pour les patients psychiatrique par exemple. Du côté des prisons, les revendications touchent aussi l&#039;individu dans son corps et son esprit: droit à l&#039;intégrité physique et morale, le droit à des conditions de vie appropriées, ou encore le droit à la santé. C&#039;est donc au nom du respect de la personne en tant qu&#039;être humain que les différentes organisations ont milité, bien que ceci n&#039;ait pas été et ne soit toujours pas quelque chose de facile. En effet, la prison demeure un lieu où l’on a de la difficulté à considérer les criminels comme des êtres humains. De ce fait, la population ne semble pas être en mesure de concevoir que ces personnes possèdent également des droits. &lt;br /&gt;
Pour changer les mentalités, nous pourrions poser le problème de la réinsertion. En effet, si l&#039;on ôte tout droit aux prisonniers, comment espérer les réinsérer dans la société. Peut-on véritablement rendre un Homme &amp;quot;meilleur&amp;quot; en lui enlevant toute dignité?   &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Du côté des [[Droits des enfants|enfants]], le droit s&#039;est surtout construit à partir de la considération de l&#039;enfant plus seulement comme un adulte en devenir, mais en tant qu&#039;individu ayant des droits propres, notamment liés à la protection, à la parole et l&#039;écoute, mais également aux autres besoins fondamentaux qu&#039;il peut présenter. En fait, la reconnaissance des droits de l&#039;enfant lui ont conféré peu à peu un rôle plus actif dans sa propre existence, comme par exemple par une considération plus importante de ses opinions dans les choix qui le concerne. Du coté des [[Droits des femmes|femmes]], les contestations se font sur plusieurs plans, mais ce qui est surtout recherché c&#039;est l&#039;égalité avec les hommes. Cette égalité passe donc par la ré-appropriation de leur corps, la liberté de choisir une contraception et la liberté de penser différemment. En ce qui concerne les droits des patients psychiatriques, l’on peut remarquer que la lutte vise une revendication juridique en passant à travers l’humanisation de cette population. En effet, la conception de ce que l’on appelle aujourd’hui les troubles psychiques, est en constante évolution, influencée par les croyances et les valeurs de la société. La reconnaissance des droits des patients psychiatriques vise la reconnaissance de ces personnes comme étant des êtres humains, l’égalité de traitements face à la loi et l’autodétermination ainsi que la liberté d’être tous égaux dans nos diversités. Nous pouvons donc rapprocher ces faits au droit du consentement de la personne et de l&#039;intégrité physique. Ces droits et les droits d&#039;être informé touchent d&#039;ailleurs le quotidien médical et la lutte pour les droits des patients. Les droits des patients touchent la sphère politique et juridique où une bataille s&#039;est générée contre la liberté thérapeutique des médecins considérés comme subordonnés au droit d&#039;autodétermination du patient. Valoriser le rôle des patients en tant que partenaires critiques des médecins, du personnel médical ou encore de les responsabiliser pour éviter des difficultés lors de leur traitement permettraient d&#039;améliorer la qualité des soins dans le domaine de la santé du patient.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Paradoxalement ce sont des luttes (collectives, pour la communauté) qui ont ainsi contribué à construire la notion de personne comme corps, identité physique, morale, psychologique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En outre, concernant [http://edutechwiki.unige.ch/dewiki/Droits_des_patients_%28%C3%A0_l%27h%C3%B4pital%29 les droits des patients (à l&#039;hôpital)] et les droits [http://edutechwiki.unige.ch/dewiki/Droits_des_patients_psychiatriques des patients psychiatriques], il est à remarquer que ces droits peuvent rapidement se révéler ambigus. En effet, la légitimité du secret médical, de l&#039;asymétrie de l&#039;expertise médicale, peuvent davantage protéger le médecin que le patient. Nous avons relevé par exemple des cas où ce sont les patients qui ont dû subir des conséquences, tant au niveau de leur reconnaissance, en tant que victimes, qu&#039;au niveau économique, car ils n&#039;ont pas pu prouver que le médecin qui leur avait causé du tort était véridiquement coupable d&#039;expériences illicites sur eux. Nous pouvons nous demander dans quelle mesure ces droits permettent, intelligemment, à la médecine d&#039;opacifier la recherche médicale et par la même la problématique du patient-cobaye. Problématique qui est de nos jours, une contrainte pour faire avancer la science en toute légalité. Finalement, il faudrait se demander si l&#039;être humain dépend d&#039;expériences faites sur un groupe restreint de personnes. La réponse est oui, passablement des expériences se font avec très peu de personnes pour appliquer les résultats à grande échelle. Par exemple, cela s&#039;est observé avec la morphine concernant le traitement des douleurs. Un médecin, un jour ou l&#039;autre, s&#039;est de toute façon risqué, initialement, à injecter dans un corps appartenant à une personne, cette substance considérée comme stupéfiant auparavant. Une autre expérience de ce même type, à hôpital de Saint-Gall en Suisse, était l&#039;application d&#039;ampoules bleues de méthylène dans le ventre des patients non-informés. Ils essayaient de soigner, par ce biais, leurs occlusions gastriques qui a fini par les tuer.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Méthode ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La récolte d&#039;un récit personnel, afin d&#039;approcher l&#039;histoire d&#039;une période et de constituer une archive orale, a une tradition en sciences humaine et sociale. L&#039;ouvrage &amp;quot;Le cheval d&#039;orgueil&amp;quot; de Pierre Jakez Hélias paru en 1975 est souvent présenté comme un détonateur de l&#039;usage des récits de vie pour décrire la réalité sociale et culturelle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Diverses disciplines ont intégré la narration comme un moyen d&#039;approcher la réalité vue à travers un individu ou un groupe, que cela soit en sociologie, en histoire, en médecine, en sciences de l&#039;éducation, en ethnologie et même en littérature.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les travaux de [http://fr.wikipedia.org/wiki/Philippe_Lejeune_%28auteur%29 Philippe Lejeune] ont contribué à collecter des récits sous formes notamment autobiographiques qui sont déposés à [http://association.sitapa.org/accueil.php l&#039;Association pour l&#039;autobiographie] près de Lyon.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La démarche effectuée dans le cadre de cette recherche d&#039;intelligence collective relève de la collecte de récits. La personne interviewée est considérée comme un témoin de son temps. L&#039;histoire se construit dans l&#039;échange grâce aux [[Questions pour les entretiens|questions]] posées, lesquelles doivent donner lieu à une narration libre, reliée aux souvenirs de la personne. Il s&#039;agit d&#039;être dans une écoute bienveillante d&#039;un récit narré afin de venir combler l&#039;intérêt des étudiant/e/s qui sont les récepteur/trice/s respectueux et curieux de cette histoire. Même si pour certains étudiants, relancer ces questions a permis à l&#039;interviewé de se recentrer sur le sujet. Lors de l&#039;interview et comme étape préalable à l&#039;introduction de ces questions, l&#039;explication de cette recherche collective a fait comprendre à certains interviewés l&#039;importance de leurs témoignages.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La démarche de &amp;quot;biographies narratives&amp;quot;, telle qu&#039;elle devrait être développée dans cette démarche citoyenne, relève de compétences relationnelles, humaines, particulièrement formatrices aux métiers de l&#039;humain. Elle demande du tact, de l&#039;écoute, de la curiosité intelligente (capacité de s&#039;adapter dans le cadre de l&#039;entretien). Il s&#039;agit de laisser de l&#039;espace et de la liberté aux personnes interviewées. Par conséquent, seules des questions générales et ouvertes assureront la liberté de narrer. Les méthodes d&#039;entretien se distinguent par la mise en œuvre des processus fondamentaux de communication et d&#039;interaction humaine. Ces processus permettent au chercheur de retirer de ses entretiens des informations et éléments de réflexion riches en nuances. Nous accorderons un long temps de réponse, afin de laisser à la personne la possibilité de se souvenir et de raconter l&#039;histoire et son histoire, tout en restant attentive qu&#039;elle ne se perde pas dans des chemins trop éloignés. Elle ne relève pas d&#039;une &amp;quot;conduite d&#039;entretien&amp;quot; particulière, comme l&#039;a développée par exemple Boutin (2006), mais elle relève sans aucun doute d&#039;une approche qualitative.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans la plupart des cas, les étudiants n&#039;ont pas transmis au préalable les questions qui allaient être abordées dans l&#039;entretien à leur témoin. Pourtant, il est possible que cette démarche donne la possibilité aux personnes interviewées de prendre du temps pour récupérer leurs souvenirs en mémoire et ainsi construire un récit plus riche que lors d&#039;une réponse spontanée. Toutefois, cette démarche peut également faire perdre quelque peu aux intervieweurs/euses le contrôle de l&#039;entretien, avec un témoin qui se raconte, sans un réel cadre établi, puisqu&#039;il sait sur quels chemins on va l&#039;amener. Ainsi, le cadrage de l&#039;entretien est d&#039;autant moins aisé, car l’intervieweur perd un peu son contrôle sur celui-ci, qu&#039;il aurait pu exercer notamment par la succession des questions.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour d&#039;autres étudiants, la transmission des questions préalablement a permis aux interviewés d&#039;affiner leur mémoire en développant leurs réponses pour que leur récit soit accompagné par des souvenirs marquants. Ils ont d&#039;ailleurs fait appel aux gestes pour appuyer leurs témoignages en laissant entendre à leurs interlocuteurs que leur lutte ne cessait pas. &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Les réactions (y compris non verbales) encouragent un récit qui se construit dans la relation. Celui-ci devrait être, par définition, original (même si certain/e témoins racontent pour la Xème fois leur &amp;quot;histoire&amp;quot;, leur &amp;quot;légende&amp;quot;), puisqu&#039;il est raconté à de nouvelles personnes. L&#039;attitude du/des collecteur/trice/s de récits favorise (ou non) l&#039;expression (et ce jusqu&#039;à la confidence) et permet, qui sait, aux témoins d&#039;innover, de se déplacer dans leur narration, de raconter une histoire nouvelle, vraiment originale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Critique de la méthode ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A travers cette expérience, nous avons en tant &amp;quot;qu&#039;apprentis chercheurs&amp;quot; appris à mener un entretien semi-directif. Malgré le fait que nous avions beau imaginer le déroulement de notre entretien, nous avons rencontré quelques difficultés lors de la passation de ceux-ci. Tout d&#039;abord, il a fallu faire face au personnage que nous avions en face de nous. En effet, comme nous l&#039;avons expliqué, ces personnes ont, pour la plupart, été des militants en faveur des droits de la personne. Parfois, leur engagement a été tellement fort, qu&#039;elles sont devenues des &amp;quot;icônes&amp;quot; dans le combat de ces droits. Nous avons donc dû faire face à leur agacement et leur lassitude face à nos questions qui pouvaient certes être considérées comme trop larges. Ceci nous amène donc à penser que le choix de faire des questions ouvertes, pour que chacun puisse raconter ce dont il a envie, n&#039;était peut-être pas judicieux pour toutes les personnes que nous avons interviewées. Par contre, pour d&#039;autres &amp;quot;icônes&amp;quot; habituées à discuter, même au parlement, ces questions étaient importantes à partir du moment où on allait les analyser par la suite au sein d&#039;une recherche et ils ont répondu le plus précisément possible. Lorsqu&#039;on a présenté ces questions au sein d&#039;une recherche pour un cours universitaire, elles ont été prises sérieusement, sans nous faire remarquer de près le type de question ou les liens entre elles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De plus, il s&#039;est avéré que pour certains témoins, les questions étaient peu adéquates puisqu&#039;elles positionnaient cette personne en tant que &amp;quot;militante&amp;quot; peut-être trop directement. De même, le mot &amp;quot;droit&amp;quot; se trouvait être un peu fort pour parler de certains engagements, qui ont probablement contribué ou du moins retracent les changements de ces droits, certes, mais ne se positionnaient pas à la base comme des engagements pour les droits d&#039;une population. C&#039;est pourquoi, pour certaines questions, nous avons utilisé d&#039;autres termes (moins forts) ou nous les avons posées différemment, tout en respectant l&#039;idée fondamentale de celles-ci. Cependant, le fait de faire des questions différentes et précises pour chacun des acteurs, nous aurait fortement contraints pour l&#039;analyse transversale des entretiens. &amp;lt;br /&amp;gt; De plus, lors de certains entretiens, les acteurs se sont laissés emporter par leurs émotions. Il n&#039;était donc pas évident de gérer les pleurs rencontrés. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un cas de figure était, pour ceux qui ont eu l&#039;occasion de faire deux interviews, la position de collecteur/trice/s au niveau générationnel, à savoir faire face à une génération plus âgée, était enveloppée, pour les deux cas, d&#039;une écoute éveillée peut-être parce que leurs récits nous touchaient de près ou parce de la sagesse émanait de certains interviewés. Pour l&#039;un des interviewés, il a suscité en nous un rappel vers les droits de nos proches et, pour l&#039;autre, il nous a sensibilisé vers une menace toujours présente des droits de la personne dans le pays où nous séjournons, la Suisse. Même si l&#039;un des ces interviewés était une personnalité fédérale, le reflet de son authenticité nous a fait croire à son récit et il nous a appris plus sur les droits de la personne, qui sont par ailleurs également &amp;quot;nos droits&amp;quot;. Le rapport entre les interlocuteurs a pu être franc et nous avons ressentis que l&#039;un des interviewés nous avait confié une mission, celle de divulguer des faits. C&#039;était pour certains collecteur/trice/s un moment très intense, de vérité et jamais oublié. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Parfois, nous avons pu nous confronter à la difficulté de recentrer la discussion vers les sujets qui nous intéressent. Comme tout un chacun, les acteurs peuvent certes parler du passé, mais en tant que militants ils auront, si leur combat est toujours vivant, tendance à parler plus du présent, et de ce qu&#039;il reste à faire. Pour que nous soyons aussi amenés à prendre la relève. Il faut alors savoir &amp;quot;lire entre les paroles&amp;quot;, pour récolter des informations sur la période qui nous intéresse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il aurait peut-être été profitable de mettre à disposition de tous les acteurs les questions de l&#039;entretien à l&#039;avance. Cela aurait permis de recentrer le débat, de rappeler plus facilement les questions de recherche. Un cas de figure était pour ceux qui l&#039;on fait et qui ont reçu, en tant que collecteur/trice/s spontanément et préalablement à l&#039;interview tête à tête, des réponses écrites aux questions, de la part des interviewés. Ces réponses ont permis de mieux connaître l&#039;interviewé, son parcours, ses valeurs, son engagement pour les droits de la personne. La pré-analyse de ces réponses par écrit a permis entre autres de revenir encore une fois sur les questions et de solliciter l&#039;interviewé en confiance pour continuer à expliciter certains souvenirs marquants et enrichissants pour cette recherche. Pour les collecteur/trice/s ce va-et-vient entre les réponses écrites à l&#039;avance et la poursuite du récit a engendré une appropriation du sujet, bénéficiant ainsi la cohérence et la compréhension pour eux-mêmes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Autrement, une des questions qui permettrait de situer l&#039;interviewé sur le passé sans revenir immédiatement dans son discours sur le présent est [[Questions pour les entretiens|la question 2]]. Elle aurait pu être formulée ainsi : Y a-t-il un événement originel durant la période de votre engagement ? Pourriez-vous revenir sur le passé et nous raconter un ou des événements marquants que vous avez menés ou qui vous ont frappés durant une certaine période en faveur de ces droits ? Sinon [[Questions pour les entretiens|la question 5]] fait l&#039;effet contraire en revenant sur le pas d&#039;aujourd&#039;hui comme conséquence du passé : Qu&#039;en est-il aujourd&#039;hui de cette lutte et des acquis et des risques de retour en arrière? Sur quoi faudrait-il continuer de se battre de lutter? Continuez-vous aujourd&#039;hui à vous engager et sur quoi? Donc, il n&#039;est pas étonnant d&#039;entendre les interviewés parler sur leur présent et ainsi, pourquoi ne serait-il pas envisageable de leur demander : Est-ce que l&#039;un des sujets de votre engagement pour les droits de la personne (patient, enfant, prisonnier...) continue à être d&#039;actualité aujourd&#039;hui ? Lequel ? Pourriez-vous nous l&#039;expliciter s&#039;il vous plaît ? &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quant aux valeurs des témoins, ces dernières ont été évoquées suite à la question formulée qui a engendré aussi des souvenirs vers un événement marquant lié à leurs valeurs et pour la lutte des droits de la personne.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En outre, peut-être peut-on reprocher aussi le manque de temps pour chaque entretien. Au vu de la méthodologie d&#039;entretien semi-directif et biographique, des entretiens d&#039;1h30 ne permettent pas toujours des digressions chronophages. Des entretiens plus longs, dont on aurait pu ressortir la quintessence auraient pu être bénéfiques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Enfin, la relation biographique n&#039;a pas toujours permis que les questions soient posées comme souhaitées et prises dans l&#039;échange. L&#039;entretien a pu prendre la forme d&#039;une discussion à bâtons rompus en un dialogue qui finalement a échappé aux récolteurs/teuses de récits. On peut noter, par ailleurs, que la distance générationnelle entre les récolteurs/teuses et l&#039;interviewé a pu donner à ce dernier/ère l&#039;envie de transmettre le passé, mais surtout d&#039;avertir et de former pour aujourd&#039;hui. Le retour sur des faits historiques n&#039;est pas chose aisée à réaliser.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Certains ont dû faire face à des difficultés techniques concernant l&#039;enregistrement de l&#039;interview. En effet, l&#039;appareil enregistreur est tombé en panne. Heureusement, que nous avions un autre enregistreur qui a pris le relais immédiatement car la prise de note n&#039;aurait fait que retarder l&#039;interview.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quoi qu&#039;il en soit [[Retranscriptions des entretiens|neuf entretiens]] ont été effectués, lesquels ont permis de construire une histoire qui s&#039;est étendue entre les années 1960 (engagement de Mme [[Amélia Christinat]]) et aujourd&#039;hui (engagement de Mme Margrit Kessler, conseillère nationale de Saint-Gall).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des thématiques (problématiques) plus fines ont pu être définies à partir des récits récoltés. Soit:&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
– le droit des [[Droits des enfants|enfants]] à travers le prisme de l&#039;éducation&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
– le droit des [[Droits des femmes|femmes]] pour la liberté de leur corps (l&#039;intégrité physique), et plus généralement pour le droit à leur autonomie &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
– le  droit à l&#039;intégrité physique et morale des [[Droits des prisonniers|détenus]] en Suisse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
– la lutte contre les abus de la [[Droits_des_patients_psychiatriques|psychiatrie]] &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
– la prise en compte des personnes en situation de [[Droits des personnes en situation de handicap|handicap]] dans ce champ  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
– le droit à être informé pour que les [[Droits des patients (à l&#039;hôpital)|patients]] ne deviennent pas les cobayes, des expériences scientifiques&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;analyse sera alors traversante permettant de mieux comprendre ce temps de l&#039;innovation, de la contestation, de la réforme des grandes institutions qui structurent le social et la culture occidentale depuis le 19e siècle: l&#039;hôpital, l&#039;hôpital psychiatrique, l&#039;école, le tribunal, la prison, le code civil, les institutions spécialisées: qui sont ces acteur/trice/s engagés, quelles ont été leurs idées et leurs valeurs, quelles ont été leurs actions et leurs victoires, leurs échecs aussi?&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Victoria</name></author>
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		<title>Histoire des droits de la personne: entre luttes des usagers et politiques institutionnelles 1960-1980</title>
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		<updated>2014-01-14T20:04:15Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Victoria : /* Les droits de la personne: un concept complexe */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&lt;br /&gt;
== Histoire des droits de la personne: entre luttes des usagers et politiques institutionnelles 1960-1980 ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Introduction ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les années 1960-1980 sont des années de grandes transformations culturelles et sociales avec 1968, une année charnière qui deviendra l&#039;emblème de la contestation portant les valeurs d&#039;une génération, celle du baby-boom. Aujourd&#039;hui l&#039;histoire de cette contestation demande à être comprise dans un temps plus vaste d&#039;un avant, pendant et après Mai 68. Certes, on peut faire remonter la question des droits de la personne à la [http://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9claration_des_droits_de_l%27homme_et_du_citoyen_de_1789 Déclaration des droits de l&#039;hommes et du citoyen] comme une matrice générative d&#039;autres conventions, déclarations et droits. Or, il semblerait que le mouvement de contestation des années 1960-1980 ait poussé plus loin l&#039;exigence démocratique en partant de revendication de populations, elles-mêmes, se sentant non respectées comme des personnes ; notamment les femmes, les détenus, les patients psychiatriques (&amp;quot;[[Droits_des_patients_psychiatriques#Lois_sur_la_psychiatrie|Loi Basaglia]]&amp;quot;), les handicapés (charte de l&#039;[http://fr.wikipedia.org/wiki/ONU ONU] datant de 1975) et les enfants ([http://www.unicef.ch/sites/default/files/attachements/convention_relative_aux_droits_de_lenfant.pdf Convention relative aux droits de l’enfant]). De nouveaux droits liés à l&#039;éthique se sont développés dès les années 1970 autour du respect de la volonté des mourants, avec la pratique des directives anticipées, et plus largement des droits des patients à être traités dans la dignité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Certes, on pourrait rattacher cette histoire à une pré-histoire reliée à d&#039;autres courants comme, par exemple pour les enfants celui de l&#039;éducation nouvelle dont le pédagogue [http://fr.wikipedia.org/wiki/C%C3%A9lestin_Freinet Célestin Freinet] en est l&#039;un des fondateurs, et des expériences pédagogiques démocratiques comme celles des écoles nouvelles à la campagne, communautés d&#039;enfants (république d&#039;enfants, Cité d&#039;enfants, village d&#039;enfants). [[Libres enfants de Summerhill (Neill)|Summerhill]] incontestablement sera LE modèle de la seconde moitié du 20e siècle, mais aussi l&#039;expérience de [http://fr.wikipedia.org/wiki/Fernand_Deligny Fernand Deligny] et de communautés thérapeutiques telles que Boulens en Suisse romande [[http://edutechwiki.unige.ch/dewiki/Résumé_film_de_Catherine_Scheuchzer]]. Des racines ainsi plus lointaines peuvent être vues dans la &amp;quot;protection de l&#039;enfance&amp;quot; qui voit déjà en 1924  une convention, la [http://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/images/f/fb/Declaration-geneve.pdf &amp;quot;Convention de Genève&amp;quot;] dite prémice lointaine de la [http://www.unicef.ch/sites/default/files/attachements/convention_relative_aux_droits_de_lenfant.pdf Convention relative aux droits de l&#039;enfant] en 1989. Il en va de même avec l&#039;histoire des femmes qui revendiquent le droit de vote depuis le 19e siècle (les suffragettes). Or, nous nous attacherons essentiellement à circonscrire une histoire se déroulant pendant une vingtaine d&#039;années autour de nouvelles revendications qui ont pu porter sur des micro-éléments (&amp;quot;petits trucs&amp;quot;, &amp;quot;micro-conflictualités&amp;quot;, petits événements de la vie quotidienne, cas particulier), mais qui sont à rattacher à un &amp;quot;esprit d&#039;un temps&amp;quot; contestataire de la hiérarchie, des pouvoirs constitués (des patrons, des médecins, des &amp;quot;supposés savoirs&amp;quot; notamment) dans une perspective libertaire (liberté de sortir de l&#039;hôpital psychiatrique, liberté d&#039;user de son corps, liberté de sexualité en prison, liberté de parole, de choix, de décision...) et d&#039;exigence de sa réalisation (utopique?) par des actions et manifestations politiques face aux violences institutionnelles (portes fermées, nudité imposée, horaire imposé, cure de sommeil et électrochocs imposés, contention, viol, avortement clandestin, etc.). Peut-on alors y voir une expression de revendication des droits de la personne (autodétermination, autonomie, intégrité, dignité) qui sous-tendrait des droits portant sur un objet particulier (à l&#039;instruction, au salaire égal, à l&#039;avortement, à une &amp;quot;vie comme tout le monde&amp;quot;, à consulter son dossier individuel, aux parloirs sexuels, etc.) ? Ce sera une des questions auxquelles cherchera à répondre cet ouvrage. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un certain nombre de notions et de valeurs démocratiques et libertaires semblent parcourir une histoire longue (du 18e au 21e siècle) avec des incarnations plus ou moins denses selon les périodes. Celles envisagées dans les droits de la personnes pendant la période 1960-1980 s&#039;incarnent dans la liberté certes (valeur première de la Déclaration des droits de l&#039;homme et du citoyen), mais aussi la créativité, l&#039;innovation, la contestation valorisant l&#039;individu et son autonomie, mais aussi le collectif comme matrice créatrice, avec un souci du respect de la différence (une reconnaissance) mais aussi du groupe comme porteur de revendications, un ancrage dans la vie quotidienne et une volonté d&#039;universalisme. La culture contestataire est-elle monolithique ou multiple? Est-elle aussi traversée par des contradictions, des paradoxes: on prône une liberté individuelle dans un carcan idéologique, la lutte est collective pour des droits individuels?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La recherche a abouti à l&#039;écriture de six articles, introduits et conclus par des textes rédigés en communs, qui tous viseront à mieux saisir qui sont les acteurs/trices (intégrés dans un mouvement de revendication ou un courant idéologique contestataire), leurs actions dans l&#039;expérience quotidienne de leurs luttes pour les droits de l&#039;individu et/ou de la personne, les valeurs prônées, les objectifs atteints ou non pour faire valoir les droits des personnes placées dans des institutions dites alors &amp;quot;totalitaires&amp;quot;, tout en cherchant à mieux définir ce que signifient ces droits dans le quotidien institutionnel et personnel.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le travail de cette &amp;quot;communauté de recherche&amp;quot; vise aussi à repérer les ouvrages de références qui ont marqué les acteurs/trices de cette période, des intellectuels ([[Basaglia]], [http://fr.wikipedia.org/wiki/Michel_Foucault Foucault], [[Une_ société sans école|Illitch]], [http://fr.wikipedia.org/wiki/Erving_Goffman Goffman]) entre autres penseurs, parfois utopistes voir visionnaires, ainsi que, suivant la méthode prônée par Michel Foucault dans son ouvrage &#039;&#039;Histoire de la clinique&#039;&#039; notamment, à questionner les faits, à interroger le système, autrement dit à &amp;quot;déconstruire&amp;quot; la réalité pour comprendre les enjeux du pouvoir qui ont traversé les luttes de promotion des droits de la personne dans des champs différents, mais relevant tous d&#039;un rapport entre un pouvoir qui désigne et un individu-objet dont on attend la soumission. Ces ouvrages montrent que les mouvements de contestation se font dans tous les pays ; par exemple, en ce qui concerne l&#039;anti-psychiatrie, les critiques ont eu lieu en Italie avec [[Basaglia]] mais également aux États-Unis avec [http://fr.wikipedia.org/wiki/Erving_Goffman Goffman]. Ainsi que ce soit le pédagogue et l&#039;élève  &amp;quot;difficile&amp;quot;, déviant, handicapé, le médecin et le patient désigné, le juge qui désigne les degrés de culpabilité d&#039;un &amp;quot;coupable&amp;quot; ou l’État qui décide de la responsabilité civique ou non des femmes (et des jeunes), partout se modèlent et se modulent des relations différentes à l&#039;intérieur d&#039;une structure hiérarchique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des acteurs/actrices seront interrogés afin de mieux saisir leur engagement, les valeurs qu&#039;ils ont prônées, la conscience qu&#039;ils ont eu de déstabiliser le pouvoir médical, l&#039;institution totalitaire, pour des alternatives dont on interrogera leur devenir subversif: communautés d&#039;enfants, communautés thérapeutiques en milieu psychiatrique, en milieu carcéral (notamment la Pâquerette à Genève) et plus généralement dans l&#039;éducation spécialisée. Mais c&#039;est fondamentalement la question de la revendication des droits de la personne qui sera l&#039;objet de ce questionnement. Il s&#039;agira dans un premier temps de mieux comprendre ce qui différencie les droits de la personne, des droits de l&#039;homme érigés au 18e siècle, et de comprendre les enjeux des luttes pour voir émerger ces &amp;quot;nouveaux&amp;quot; droits et les formes qu&#039;ils ont prises: droit à la parole, droit de sortie, droit à l&#039;avortement, droit à consulter son dossier médical, etc...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au moyen de [[Questions pour les entretiens|cinq questions ouvertes]], il s&#039;agit de récolter leurs témoignages afin de mieux comprendre les ressorts de leur engagement (politique, idéologique, éthique), les événements qui ont marqué cette période 1960-1980, les mobiles des acteurs/trices.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Fondamentalement, c&#039;est à une réflexion sur la construction de la réalité que cet ouvrage invite, celle de la maladie, de la déviance, de la différence, mais aussi à celle des relations entretenues avec des personnes qui sont stigmatisées (handicapées, psychiatrisées, détenues, patients) et/ou placées dans une catégorie sociale dépendante (la femme non-citoyenne, dépendante de l&#039;homme, l&#039;enfant de ses parents). L&#039;institution réifie l&#039;individu et lui fait perdre ses droits et c&#039;est donc bien une volonté de récupérer une place d&#039;acteur, de prendre la parole, de donner haut et fort son avis qui va mobiliser les acteurs des luttes, en particulier dans l&#039;après 68. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C&#039;est aussi &#039;&#039;in fine&#039;&#039; un questionnement sur l&#039;histoire et ses changements, lesquels demandent à s&#039;interroger sur la place accordée, dans le temps, aux personnes en difficultés quelles qu&#039;elles soient et sur la nécessité dans le domaine des droits de la personne à rester vigilant afin de ne pas perdre ce qui a été acquis parfois de haute lutte et d&#039;étendre encore les valeurs sur lesquelles ils reposent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Revue de la littérature ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La &amp;quot;matrice générative&amp;quot; des droits de la personne est bien la Déclaration des droits de l&#039;homme et du citoyen : une &amp;quot;matrice&amp;quot; juridique à partir de laquelle vont se développer d&#039;autres droits, règlementations et conventions. Pour couvrir les différents champs de la réalité sociale qui ont été touchés par la créativité des acteur/trice/s (qu&#039;ils aient été des militant/e/s ou des réformateur/trice/s) particulièrement active dans les années 1960-1980 et les changements opérés, il est nécessaire de se référer aux auteur/e/s qui, autant dans le champ du handicap, des patients de l&#039;hôpital, des usagers de la psychiatrie, des détenus, des enfants et des femmes, ont proposé des approches nouvelles, des concepts voire des pratiques novatrices.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Certes, il n&#039;y a pas un moment particulier où commencerait une lutte pour les droits de la personne. Cette question s&#039;inscrit dans une histoire longue de la constitution des droits, de la &amp;quot;fabrication&amp;quot; de l&#039;individu, de la conception de la personne comme être sensible, consciente d&#039;elle-même. Il en va de même pour des pratiques qui certes ont été promues pendant cette période comme, par exemple, les communautés de vie, mais il existe des traditions qui peuvent remonter bien avant les années 60. C&#039;est le cas avec la communauté d&#039;enfants de Summerhill en Angleterre créée par Alexander S. Neill. Dans son livre [[Libres enfants de Summerhill (Neill)]], on peut déceler la place centrale de la notion de liberté dans sa conception de l&#039;éducation et de l&#039;instruction des enfants. Selon cet auteur, on ne peut construire de collectif cohérent qu&#039;en respectant la liberté des individus. Les violences, les incivilités ne sont pour lui que le produit des incohérences de la société, qui frustrent l&#039;individu et qui, à vouloir trop l&#039;uniformiser, en brisent les richesses. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans la fin des années soixante, la critique des institutions psychiatriques surgissent. Une mise en évidence des conditions de vie des patients psychiatriques se fait notamment par [[Basaglia]] en Italie. Ce qu&#039;il rencontre dans cet univers le pousse à créer des lieux de vie plus accueillants où l&#039;on donnerait plus de liberté à la personne psychiatrique ; c&#039;est ce qu&#039;il appelle les communautés thérapeutiques. Ces bâtiments ouverts sur l&#039;extérieur et où la hiérarchie est horizontale favorise la mobilisation des personnes afin de lutter pour la liberté des droits de la personne, et surtout la liberté des droits de la personne psychiatrique. [[Basaglia]] est donc probablement l&#039;un des auteurs de l&#039;époque qui a influencé les acteurs/actrices que nous avons interrogés pour notre recherche. Un discours pareil est ténu par Goffman aux Etats-Unis. Dans son livre « Asiles, études sur la condition sociale des malades mentaux », l’auteur se penche sur le déroulement du quotidien des patients vivant dans ce qu’il appelle une « institution totalitaire ». Ces personnes, privées de tout droit, sont à la merci des médecins, du personnel soignant et du fonctionnement de l’hôpital qui est désormais leur lieu de vie. En effet, l’hôpital psychiatrique ne vise pas à soigner, mais à exclure de la société les personnes qui dérangent par leur comportement. Fondamentalement, la critique est politique, sociale, mais aussi épistémologique: on s&#039;attaque à la réalité qui est un &amp;quot;construit&amp;quot; social. Ce qui explique aussi l&#039;attention mise à la vie quotidienne (voire Goffman, mais aussi [http://fr.wikipedia.org/wiki/Lucien_Febvre Lucien Lefebvre] notamment). Le quotidien devenant matrice de la relation créative autant que de la subversion, dans une tradition qui s&#039;inspire d&#039;ailleurs des surréalistes des années 20 (voire notamment [http://fr.wikipedia.org/wiki/Georges_Perec Georges Perec]). L&#039;approche constructionniste de [http://en.wikipedia.org/wiki/Kenneth_J._Gergen Kenneth Gergen], aujourd&#039;hui, poursuit cette tradition voyant dans la relation la matrice de cette construction de la réalité allant jusqu&#039;à affirmer que l&#039;individu n&#039;existe pas en-dehors de la relation qui le &amp;quot;produit&amp;quot; [[http://www.taosinstitute.net]]. Une autre manière de montrer, comme l&#039;a fait Foucault, que l&#039;individu est aussi une construction sociale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les droits de la personne: un concept complexe  ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La thématique des droits de la personne oblige à réfléchir sur le concept et à le relier ou détacher d&#039;autres concepts: celui de l&#039;individu, celui du sujet (de droit) et celui de l&#039;humain.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La plupart des revendications peuvent être reliées aux &amp;quot;droits de la personne&amp;quot;. Or ceux-ci sont rarement explicités. Lorsqu&#039;ils le sont c&#039;est en référence à la &amp;quot;liberté individuelle&amp;quot;, au droit à la parole, au choix (de traitement notamment) et à la dignité. Souvent, ce sont des valeurs individualistes qui sont prônées même si elles le sont par un collectif (association, comité, mouvement contestataire manifestant collectivement dans la rue) et qui fondent un certain &amp;quot;esprit&amp;quot; du droit de la personne. C&#039;est par le regroupement de plusieurs personnes qui ont des valeurs communes (telles que le libre choix,l&#039;intégrité physique) que le changement peut s&#039;opérer. En effet, à travers notre recherche nous avons pu voir que, qu&#039;il s&#039;agisse des droits des prisonniers, des droits des patients à l&#039;hôpital, des droits des patients psychiatriques ou des droits des femmes, les changements constatés se sont fait par l&#039;intermédiaire de mouvements, d&#039;associations, de fondations...&lt;br /&gt;
On peut noter la particularité du champ des droits des personnes en situation en handicap, des droits des patients en psychiatrie ou même en partie ceux des enfants, par le fait que ces personnes ne disposent elles-mêmes pas des facultés à défendre leurs propres droits. Il revient alors à leur entourage, aux professionnels, et enfin à la société toute entière, de se porter garante du respect de ces droits. La société en protégeant ces personnes, en les considérant comme faisant partie intégrante des individus qui la composent, effectue alors un grand pas dans les valeurs qu&#039;elle véhicule. L&#039;idéologie en effet, doit être collective, pour prendre du sens pour tous. Mais les actes permettant cette évolution, restent bien souvent le fait d&#039;individus, qui, plus que d&#039;autres, poussés par un idéal, portent des actions progressistes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le terme personne est à distinguer d&#039;individu (voire de &amp;quot;cas&amp;quot;) en ce qui laisse entendre une capacité de droit et une place comme partenaire dans la relation (éducative, thérapeutique notamment) et les échanges de communication. Ceci peut s&#039;incarner dans des pratiques sociales élémentaires comme de désigner la personne par son nom, la vouvoyer (en langue française en particulier!), jusqu&#039;à la fermeture des hôpitaux psychiatriques par exemple. Mais c&#039;est surtout sur le plan juridique, de ses droits civils et politiques, que les luttes ont été menées: de l&#039;admission volontaire au droit de sortie pour les patients psychiatrique par exemple. Du côté des prisons, les revendications touchent aussi l&#039;individu dans son corps et son esprit: droit à l&#039;intégrité physique et morale, le droit à des conditions de vie appropriées, ou encore le droit à la santé. C&#039;est donc au nom du respect de la personne en tant qu&#039;être humain que les différentes organisations ont milité, bien que ceci n&#039;ait pas été et ne soit toujours pas quelque chose de facile. En effet, la prison demeure un lieu où l’on a de la difficulté à considérer les criminels comme des êtres humains. De ce fait, la population ne semble pas être en mesure de concevoir que ces personnes possèdent également des droits. &lt;br /&gt;
Pour changer les mentalités, nous pourrions poser le problème de la réinsertion. En effet, si l&#039;on ôte tout droit aux prisonniers, comment espérer les réinsérer dans la société. Peut-on véritablement rendre un Homme &amp;quot;meilleur&amp;quot; en lui enlevant toute dignité?   &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Du côté des [[Droits des enfants|enfants]], le droit s&#039;est surtout construit à partir de la considération de l&#039;enfant plus seulement comme un adulte en devenir, mais en tant qu&#039;individu ayant des droits propres, notamment liés à la protection, à la parole et l&#039;écoute, mais également aux autres besoins fondamentaux qu&#039;il peut présenter. En fait, la reconnaissance des droits de l&#039;enfant lui ont conféré peu à peu un rôle plus actif dans sa propre existence, comme par exemple par une considération plus importante de ses opinions dans les choix qui le concerne. Du coté des [[Droits des femmes|femmes]], les contestations se font sur plusieurs plans, mais ce qui est surtout recherché c&#039;est l&#039;égalité avec les hommes. Cette égalité passe donc par la ré-appropriation de leur corps, la liberté de choisir une contraception et la liberté de penser différemment. En ce qui concerne les droits des patients psychiatriques, l’on peut remarquer que la lutte vise une revendication juridique en passant à travers l’humanisation de cette population. En effet, la conception de ce que l’on appelle aujourd’hui les troubles psychiques, est en constante évolution, influencée par les croyances et les valeurs de la société. La reconnaissance des droits des patients psychiatriques vise la reconnaissance de ces personnes comme étant des êtres humains, l’égalité de traitements face à la loi et l’autodétermination ainsi que la liberté d’être tous égaux dans nos diversités. Nous pouvons donc rapprocher ces faits au droit du consentement de la personne et de l&#039;intégrité physique. Ces droits et les droits d&#039;être informé touchent d&#039;ailleurs le quotidien médical et la lutte pour les droits des patients. Les droits des patients touchent la sphère politique et juridique où une bataille s&#039;est générée contre la liberté thérapeutique des médecins considérés comme subordonnés au droit d&#039;autodétermination du patient. Valoriser le rôle des patients en tant que partenaires critiques des médecins, du personnel médical ou encore de les responsabiliser pour éviter des difficultés lors de leur traitement permettraient d&#039;améliorer la qualité des soins dans le domaine de la santé du patient.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Paradoxalement ce sont des luttes (collectives, pour la communauté) qui ont ainsi contribué à construire la notion de personne comme corps, identité physique, morale, psychologique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En outre, concernant [http://edutechwiki.unige.ch/dewiki/Droits_des_patients_%28%C3%A0_l%27h%C3%B4pital%29 les droits des patients (à l&#039;hôpital)] et les droits [http://edutechwiki.unige.ch/dewiki/Droits_des_patients_psychiatriques des patients psychiatriques], il est à remarquer que ces droits peuvent rapidement se révéler ambigus. En effet, la légitimité du secret médical, de l&#039;asymétrie de l&#039;expertise médicale, peuvent davantage protéger le médecin que le patient. Nous avons relevé par exemple des cas où ce sont les patients qui ont dû subir des conséquences, tant au niveau de leur reconnaissance, en tant que victimes, qu&#039;au niveau économique, car ils n&#039;ont pas pu prouver que le médecin qui leur avait causé du tort était véridiquement coupable d&#039;expériences illicites sur eux. Nous pouvons nous demander dans quelle mesure ces droits permettent, intelligemment, à la médecine d&#039;opacifier la recherche médicale et par la même la problématique du patient-cobaye. Problématique qui est de nos jours, une contrainte pour faire avancer la science en toute légalité. Finalement, il faudrait se demander si l&#039;être humain dépend d&#039;expériences faites sur un groupe restreint de personnes. La réponse est oui, passablement des expériences se font avec très peu de personnes pour appliquer les résultats à grande échelle. Par exemple, cela s&#039;est observé avec la morphine concernant le traitement des douleurs. Un médecin, un jour ou l&#039;autre, s&#039;est de toute façon risqué, initialement, à injecter dans un corps appartenant à une personne, cette substance considérée comme stupéfiant auparavant. Une autre expérience de ce même type, à hôpital de Saint-Gall en Suisse, était l&#039;application d&#039;ampoules bleues de méthylène dans le ventre des patients non-informés. Ils essayaient de soigner, par ce biais, leurs occlusions gastriques qui a fini par les tuer.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Méthode ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La récolte d&#039;un récit personnel, afin d&#039;approcher l&#039;histoire d&#039;une période et de constituer une archive orale, a une tradition en sciences humaine et sociale. L&#039;ouvrage &amp;quot;Le cheval d&#039;orgueil&amp;quot; de Pierre Jakez Hélias paru en 1975 est souvent présenté comme un détonateur de l&#039;usage des récits de vie pour décrire la réalité sociale et culturelle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Diverses disciplines ont intégré la narration comme un moyen d&#039;approcher la réalité vue à travers un individu ou un groupe, que cela soit en sociologie, en histoire, en médecine, en sciences de l&#039;éducation, en ethnologie et même en littérature.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les travaux de [http://fr.wikipedia.org/wiki/Philippe_Lejeune_%28auteur%29 Philippe Lejeune] ont contribué à collecter des récits sous formes notamment autobiographiques qui sont déposés à [http://association.sitapa.org/accueil.php l&#039;Association pour l&#039;autobiographie] près de Lyon.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La démarche effectuée dans le cadre de cette recherche d&#039;intelligence collective relève de la collecte de récits. La personne interviewée est considérée comme un témoin de son temps. L&#039;histoire se construit dans l&#039;échange grâce aux questions posées [[Questions_pour_les_entretiens]], lesquelles doivent donner lieu à une narration libre, reliée aux souvenirs de la personne. Il s&#039;agit d&#039;être dans une écoute bienveillante d&#039;un récit narré afin de venir combler l&#039;intérêt des étudiant/e/s qui sont les récepteur/trice/s respectueux et curieux de cette histoire. Même si pour certains étudiants, relancer ces questions a permis à l&#039;interviewé de se recentrer sur le sujet. Lors de l&#039;interview et comme étape préalable à l&#039;introduction de ces questions, l&#039;explication de cette recherche collective a fait comprendre à certains interviewés l&#039;importance de leurs témoignages.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La démarche de &amp;quot;biographies narratives&amp;quot;, telle qu&#039;elle devrait être développée dans cette démarche citoyenne, relève de compétences relationnelles, humaines, particulièrement formatrices aux métiers de l&#039;humain. Elle demande du tact, de l&#039;écoute, de la curiosité intelligente (capacité de s&#039;adapter dans le cadre de l&#039;entretien). Il s&#039;agit de laisser de l&#039;espace et de la liberté aux personnes interviewées. Par conséquent, seules des questions générales et ouvertes assureront la liberté de narrer. Les méthodes d&#039;entretien se distinguent par la mise en œuvre des processus fondamentaux de communication et d&#039;interaction humaine. Ces processus permettent au chercheur de retirer de ses entretien des informations et éléments de réflexion riches en nuances. Nous accorderons un long temps de réponse, afin de laisser à la personne la possibilité de se souvenir et de raconter l&#039;histoire et son histoire, tout en restant attentive qu&#039;elle ne se perde pas dans des chemins trop éloignés. Elle ne relève pas d&#039;une &amp;quot;conduite d&#039;entretien&amp;quot; particulière, comme l&#039;a développée par exemple Boutin (2006), mais elle relève sans aucun doute d&#039;une approche qualitative.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans la plupart des cas, les étudiants n&#039;ont pas transmis au préalable les questions qui allaient être abordées dans l&#039;entretien à leur témoin. Pourtant, il est possible que cette démarche donne la possibilité aux personnes interviewées de prendre du temps pour récupérer leurs souvenirs en mémoire et ainsi construire un récit plus riche que lors d&#039;une réponse spontanée. Toutefois, cette démarche peut également faire perdre quelque peu aux intervieweurs/euses le contrôle de l&#039;entretien, avec un témoin qui se raconte, sans un réel cadre établi, puisqu&#039;il sait sur quels chemins on va l&#039;amener. Ainsi, le cadrage de l&#039;entretien est d&#039;autant moins aisé, car l’intervieweur perd un peu son contrôle sur celui-ci, qu&#039;il aurait pu exercer notamment par la succession des questions.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour d&#039;autres étudiants, la transmission des questions préalablement a permis aux interviewés d&#039;affiner leur mémoire en développant leurs réponses pour que leur récit soit accompagné par des souvenirs marquants. Ils ont d&#039;ailleurs fait appel aux gestes pour appuyer leurs témoignages en laissant entendre à leurs interlocuteurs que leur lutte ne cessait pas. &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Les réactions (y compris non verbales) encouragent un récit qui se construit dans la relation. Celui-ci devrait être, par définition, original (même si certain/e témoins racontent pour la Xème fois leur &amp;quot;histoire&amp;quot;, leur &amp;quot;légende&amp;quot;), puisqu&#039;il est raconté à de nouvelles personnes. L&#039;attitude du/des collecteur/trice/s de récits favorise (ou non) l&#039;expression (et ce jusqu&#039;à la confidence) et permet, qui sait, aux témoins d&#039;innover, de se déplacer dans leur narration, de raconter une histoire nouvelle, vraiment originale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Critique de la méthode ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A travers cette expérience, nous avons en tant &amp;quot;qu&#039;apprentis chercheurs&amp;quot; appris à mener un entretien semi-directif. Malgré le fait que nous avions beau imaginer le déroulement de notre entretien, nous avons rencontré quelques difficultés lors de la passation de ceux-ci. Tout d&#039;abord, il a fallu faire face au personnage que nous avions en face de nous. En effet, comme nous l&#039;avons expliqué, ces personnes ont, pour la plupart, été des militants en faveur des droits de la personne. Parfois, leur engagement a été tellement fort, qu&#039;elles sont devenues des &amp;quot;icônes&amp;quot; dans le combat de ces droits. Nous avons donc dû faire face à leur agacement et leur lassitude face à nos questions qui pouvaient certes être considérées comme trop larges. Ceci nous amène donc à penser que le choix de faire des questions ouvertes, pour que chacun puisse raconter ce dont il a envie, n&#039;était peut-être pas judicieux pour toutes les personnes que nous avons interviewées. Par contre, pour d&#039;autres &amp;quot;icônes&amp;quot; habituées à discuter, même au parlement, ces questions étaient importantes à partir du moment où on allait les analyser par la suite au sein d&#039;une recherche et ils ont répondu le plus précisément possible. Lorsqu&#039;on a présenté ces questions au sein d&#039;une recherche pour un cours universitaire, elles ont été prises sérieusement, sans nous faire remarquer de près le type de question ou les liens entre elles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De plus, il s&#039;est avéré que pour certains témoins, les questions étaient peu adéquates puisqu&#039;elles positionnaient cette personne en tant que &amp;quot;militante&amp;quot; peut-être trop directement. De même, le mot &amp;quot;droit&amp;quot; se trouvait être un peu fort pour parler de certains engagements, qui ont probablement contribué ou du moins retracent les changements de ces droits, certes, mais ne se positionnaient pas à la base comme des engagements pour les droits d&#039;une population. C&#039;est pourquoi, pour certaines questions, nous avons utilisé d&#039;autres termes (moins forts) ou nous les avons posées différemment, tout en respectant l&#039;idée fondamentale de celles-ci. Cependant, le fait de faire des questions différentes et précises pour chacun des acteurs, nous aurait fortement contraints pour l&#039;analyse transversale des entretiens. &amp;lt;br /&amp;gt; De plus, lors de certains entretiens, les acteurs se sont laissés emporter par leurs émotions. Il n&#039;était donc pas évident de gérer les pleurs rencontrés. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un cas de figure était, pour ceux qui ont eu l&#039;occasion de faire deux interviews, la position de collecteur/trice/s au niveau générationnel, à savoir faire face à une génération plus âgée, était enveloppée, pour les deux cas, d&#039;une écoute éveillée peut-être parce que leurs récits nous touchaient de près ou parce de la sagesse émanait de certains interviewés. Pour l&#039;un des interviewés, il a suscité en nous un rappel vers les droits de nos proches et, pour l&#039;autre, il nous a sensibilisé vers une menace toujours présente des droits de la personne dans le pays où nous séjournons, la Suisse. Même si l&#039;un des ces interviewés était une personnalité fédérale, le reflet de son authenticité nous a fait croire à son récit et il nous a appris plus sur les droits de la personne, qui sont par ailleurs également &amp;quot;nos droits&amp;quot;. Le rapport entre les interlocuteurs a pu être franc et nous avons ressentis que l&#039;un des interviewés nous avait confié une mission, celle de divulguer des faits. C&#039;était pour certains collecteur/trice/s un moment très intense, de vérité et jamais oublié. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Parfois, nous avons pu nous confronter à la difficulté de recentrer la discussion vers les sujets qui nous intéressent. Comme tout un chacun, les acteurs peuvent certes parler du passé, mais en tant que militants ils auront, si leur combat est toujours vivant, tendance à parler plus du présent, et de ce qu&#039;il reste à faire. Pour que nous soyons aussi amenés à prendre la relève. Il faut alors savoir &amp;quot;lire entre les paroles&amp;quot;, pour récolter des informations sur la période qui nous intéresse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il aurait peut-être été profitable de mettre à disposition de tous les acteurs les questions de l&#039;entretien à l&#039;avance. Cela aurait permis de recentrer le débat, de rappeler plus facilement les questions de recherche. Un cas de figure était pour ceux qui l&#039;on fait et qui ont reçu, en tant que collecteur/trice/s spontanément et préalablement à l&#039;interview tête à tête, des réponses écrites aux questions, de la part des interviewés. Ces réponses ont permis de mieux connaître l&#039;interviewé, son parcours, ses valeurs, son engagement pour les droits de la personne. La pré-analyse de ces réponses par écrit a permis entre autres de revenir encore une fois sur les questions et de solliciter l&#039;interviewé en confiance pour continuer à expliciter certains souvenirs marquants et enrichissants pour cette recherche. Pour les collecteur/trice/s ce va-et-vient entre les réponses écrites à l&#039;avance et la poursuite du récit a engendré une appropriation du sujet, bénéficiant ainsi la cohérence et la compréhension pour eux-mêmes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Autrement, une des questions qui permettrait de situer l&#039;interviewé sur le passé sans revenir immédiatement dans son discours sur le présent est [[Questions pour les entretiens|la question 2]]. Elle aurait pu être formulée ainsi : Y a-t-il un événement originel durant la période de votre engagement ? Pourriez-vous revenir sur le passé et nous raconter un ou des événements marquants que vous avez menés ou qui vous ont frappés durant une certaine période en faveur de ces droits ? Sinon [[Questions pour les entretiens|la question 5]] fait l&#039;effet contraire en revenant sur le pas d&#039;aujourd&#039;hui comme conséquence du passé : Qu&#039;en est-il aujourd&#039;hui de cette lutte et des acquis et des risques de retour en arrière? Sur quoi faudrait-il continuer de se battre de lutter? Continuez-vous aujourd&#039;hui à vous engager et sur quoi? Donc, il n&#039;est pas étonnant d&#039;entendre les interviewés parler sur leur présent et ainsi, pourquoi ne serait-il pas envisageable de leur demander : Est-ce que l&#039;un des sujets de votre engagement pour les droits de la personne (patient, enfant, prisonnier...) continue à être d&#039;actualité aujourd&#039;hui ? Lequel ? Pourriez-vous nous l&#039;expliciter s&#039;il vous plaît ? &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quant aux valeurs des témoins, ces dernières ont été évoquées suite à la question formulée qui a engendré aussi des souvenirs vers un événement marquant lié à leurs valeurs et pour la lutte des droits de la personne.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En outre, peut-être peut-on reprocher aussi le manque de temps pour chaque entretien. Au vu de la méthodologie d&#039;entretien semi-directif et biographique, des entretiens d&#039;1h30 ne permettent pas toujours des digressions chronophages. Des entretiens plus longs, dont on aurait pu ressortir la quintessence auraient pu être bénéfiques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Enfin, la relation biographique n&#039;a pas toujours permis que les questions soient posées comme souhaitées et prises dans l&#039;échange. L&#039;entretien a pu prendre la forme d&#039;une discussion à bâtons rompus en un dialogue qui finalement a échappé aux récolteurs/teuses de récits. On peut noter, par ailleurs, que la distance générationnelle entre les récolteurs/teuses et l&#039;interviewé a pu donner à ce dernier/ère l&#039;envie de transmettre le passé, mais surtout d&#039;avertir et de former pour aujourd&#039;hui. Le retour sur des faits historiques n&#039;est pas chose aisée à réaliser.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Certains ont dû faire face à des difficultés techniques concernant l&#039;enregistrement de l&#039;interview. En effet, l&#039;appareil enregistreur est tombé en panne. Heureusement, que nous avions un autre enregistreur qui a pris le relais immédiatement car la prise de note n&#039;aurait fait que retarder l&#039;interview.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quoi qu&#039;il en soit [[Retranscriptions des entretiens|neuf entretiens]] ont été effectués, lesquels ont permis de construire une histoire qui s&#039;est étendue entre les années 1960 (engagement de Mme [[Amélia Christinat]]) et aujourd&#039;hui (engagement de Mme Margrit Kessler, conseillère nationale de Saint-Gall).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des thématiques (problématiques) plus fines ont pu être définies à partir des récits récoltés. Soit:&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
– le droit des [[Droits des enfants|enfants]] à travers le prisme de l&#039;éducation&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
– le droit des [[Droits des femmes|femmes]] pour la liberté de leur corps (l&#039;intégrité physique), et plus généralement pour le droit à leur autonomie &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
– le  droit à l&#039;intégrité physique et morale des [[Droits des prisonniers|détenus]] en Suisse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
– la lutte contre les abus de la [[Droits_des_patients_psychiatriques|psychiatrie]] &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
– la prise en compte des personnes en situation de [[Droits des personnes en situation de handicap|handicap]] dans ce champ  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
– le droit à être informé pour que les [[Droits des patients (à l&#039;hôpital)|patients]] ne deviennent pas les cobayes, des expériences scientifiques&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;analyse sera alors traversante permettant de mieux comprendre ce temps de l&#039;innovation, de la contestation, de la réforme des grandes institutions qui structurent le social et la culture occidentale depuis le 19e siècle: l&#039;hôpital, l&#039;hôpital psychiatrique, l&#039;école, le tribunal, la prison, le code civil, les institutions spécialisées: qui sont ces acteur/trice/s engagés, quelles ont été leurs idées et leurs valeurs, quelles ont été leurs actions et leurs victoires, leurs échecs aussi?&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Victoria</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Histoire_des_droits_de_la_personne:_entre_luttes_des_usagers_et_politiques_institutionnelles_1960-1980&amp;diff=13225</id>
		<title>Histoire des droits de la personne: entre luttes des usagers et politiques institutionnelles 1960-1980</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Histoire_des_droits_de_la_personne:_entre_luttes_des_usagers_et_politiques_institutionnelles_1960-1980&amp;diff=13225"/>
		<updated>2014-01-14T19:51:05Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Victoria : /* Revue de la littérature */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&lt;br /&gt;
== Histoire des droits de la personne: entre luttes des usagers et politiques institutionnelles 1960-1980 ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Introduction ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les années 1960-1980 sont des années de grandes transformations culturelles et sociales avec 1968, une année charnière qui deviendra l&#039;emblème de la contestation portant les valeurs d&#039;une génération, celle du baby-boom. Aujourd&#039;hui l&#039;histoire de cette contestation demande à être comprise dans un temps plus vaste d&#039;un avant, pendant et après Mai 68. Certes, on peut faire remonter la question des droits de la personne à la [http://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9claration_des_droits_de_l%27homme_et_du_citoyen_de_1789 Déclaration des droits de l&#039;hommes et du citoyen] comme une matrice générative d&#039;autres conventions, déclarations et droits. Or, il semblerait que le mouvement de contestation des années 1960-1980 ait poussé plus loin l&#039;exigence démocratique en partant de revendication de populations, elles-mêmes, se sentant non respectées comme des personnes ; notamment les femmes, les détenus, les patients psychiatriques (&amp;quot;[[Droits_des_patients_psychiatriques#Lois_sur_la_psychiatrie|Loi Basaglia]]&amp;quot;), les handicapés (charte de l&#039;[http://fr.wikipedia.org/wiki/ONU ONU] datant de 1975) et les enfants ([http://www.unicef.ch/sites/default/files/attachements/convention_relative_aux_droits_de_lenfant.pdf Convention relative aux droits de l’enfant]). De nouveaux droits liés à l&#039;éthique se sont développés dès les années 1970 autour du respect de la volonté des mourants, avec la pratique des directives anticipées, et plus largement des droits des patients à être traités dans la dignité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Certes, on pourrait rattacher cette histoire à une pré-histoire reliée à d&#039;autres courants comme, par exemple pour les enfants celui de l&#039;éducation nouvelle dont le pédagogue [http://fr.wikipedia.org/wiki/C%C3%A9lestin_Freinet Célestin Freinet] en est l&#039;un des fondateurs, et des expériences pédagogiques démocratiques comme celles des écoles nouvelles à la campagne, communautés d&#039;enfants (république d&#039;enfants, Cité d&#039;enfants, village d&#039;enfants). [[Libres enfants de Summerhill (Neill)|Summerhill]] incontestablement sera LE modèle de la seconde moitié du 20e siècle, mais aussi l&#039;expérience de [http://fr.wikipedia.org/wiki/Fernand_Deligny Fernand Deligny] et de communautés thérapeutiques telles que Boulens en Suisse romande [[http://edutechwiki.unige.ch/dewiki/Résumé_film_de_Catherine_Scheuchzer]]. Des racines ainsi plus lointaines peuvent être vues dans la &amp;quot;protection de l&#039;enfance&amp;quot; qui voit déjà en 1924  une convention, la [http://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/images/f/fb/Declaration-geneve.pdf &amp;quot;Convention de Genève&amp;quot;] dite prémice lointaine de la [http://www.unicef.ch/sites/default/files/attachements/convention_relative_aux_droits_de_lenfant.pdf Convention relative aux droits de l&#039;enfant] en 1989. Il en va de même avec l&#039;histoire des femmes qui revendiquent le droit de vote depuis le 19e siècle (les suffragettes). Or, nous nous attacherons essentiellement à circonscrire une histoire se déroulant pendant une vingtaine d&#039;années autour de nouvelles revendications qui ont pu porter sur des micro-éléments (&amp;quot;petits trucs&amp;quot;, &amp;quot;micro-conflictualités&amp;quot;, petits événements de la vie quotidienne, cas particulier), mais qui sont à rattacher à un &amp;quot;esprit d&#039;un temps&amp;quot; contestataire de la hiérarchie, des pouvoirs constitués (des patrons, des médecins, des &amp;quot;supposés savoirs&amp;quot; notamment) dans une perspective libertaire (liberté de sortir de l&#039;hôpital psychiatrique, liberté d&#039;user de son corps, liberté de sexualité en prison, liberté de parole, de choix, de décision...) et d&#039;exigence de sa réalisation (utopique?) par des actions et manifestations politiques face aux violences institutionnelles (portes fermées, nudité imposée, horaire imposé, cure de sommeil et électrochocs imposés, contention, viol, avortement clandestin, etc.). Peut-on alors y voir une expression de revendication des droits de la personne (autodétermination, autonomie, intégrité, dignité) qui sous-tendrait des droits portant sur un objet particulier (à l&#039;instruction, au salaire égal, à l&#039;avortement, à une &amp;quot;vie comme tout le monde&amp;quot;, à consulter son dossier individuel, aux parloirs sexuels, etc.) ? Ce sera une des questions auxquelles cherchera à répondre cet ouvrage. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un certain nombre de notions et de valeurs démocratiques et libertaires semblent parcourir une histoire longue (du 18e au 21e siècle) avec des incarnations plus ou moins denses selon les périodes. Celles envisagées dans les droits de la personnes pendant la période 1960-1980 s&#039;incarnent dans la liberté certes (valeur première de la Déclaration des droits de l&#039;homme et du citoyen), mais aussi la créativité, l&#039;innovation, la contestation valorisant l&#039;individu et son autonomie, mais aussi le collectif comme matrice créatrice, avec un souci du respect de la différence (une reconnaissance) mais aussi du groupe comme porteur de revendications, un ancrage dans la vie quotidienne et une volonté d&#039;universalisme. La culture contestataire est-elle monolithique ou multiple? Est-elle aussi traversée par des contradictions, des paradoxes: on prône une liberté individuelle dans un carcan idéologique, la lutte est collective pour des droits individuels?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La recherche a abouti à l&#039;écriture de six articles, introduits et conclus par des textes rédigés en communs, qui tous viseront à mieux saisir qui sont les acteurs/trices (intégrés dans un mouvement de revendication ou un courant idéologique contestataire), leurs actions dans l&#039;expérience quotidienne de leurs luttes pour les droits de l&#039;individu et/ou de la personne, les valeurs prônées, les objectifs atteints ou non pour faire valoir les droits des personnes placées dans des institutions dites alors &amp;quot;totalitaires&amp;quot;, tout en cherchant à mieux définir ce que signifient ces droits dans le quotidien institutionnel et personnel.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le travail de cette &amp;quot;communauté de recherche&amp;quot; vise aussi à repérer les ouvrages de références qui ont marqué les acteurs/trices de cette période, des intellectuels ([[Basaglia]], [http://fr.wikipedia.org/wiki/Michel_Foucault Foucault], [[Une_ société sans école|Illitch]], [http://fr.wikipedia.org/wiki/Erving_Goffman Goffman]) entre autres penseurs, parfois utopistes voir visionnaires, ainsi que, suivant la méthode prônée par Michel Foucault dans son ouvrage &#039;&#039;Histoire de la clinique&#039;&#039; notamment, à questionner les faits, à interroger le système, autrement dit à &amp;quot;déconstruire&amp;quot; la réalité pour comprendre les enjeux du pouvoir qui ont traversé les luttes de promotion des droits de la personne dans des champs différents, mais relevant tous d&#039;un rapport entre un pouvoir qui désigne et un individu-objet dont on attend la soumission. Ces ouvrages montrent que les mouvements de contestation se font dans tous les pays ; par exemple, en ce qui concerne l&#039;anti-psychiatrie, les critiques ont eu lieu en Italie avec [[Basaglia]] mais également aux États-Unis avec [http://fr.wikipedia.org/wiki/Erving_Goffman Goffman]. Ainsi que ce soit le pédagogue et l&#039;élève  &amp;quot;difficile&amp;quot;, déviant, handicapé, le médecin et le patient désigné, le juge qui désigne les degrés de culpabilité d&#039;un &amp;quot;coupable&amp;quot; ou l’État qui décide de la responsabilité civique ou non des femmes (et des jeunes), partout se modèlent et se modulent des relations différentes à l&#039;intérieur d&#039;une structure hiérarchique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des acteurs/actrices seront interrogés afin de mieux saisir leur engagement, les valeurs qu&#039;ils ont prônées, la conscience qu&#039;ils ont eu de déstabiliser le pouvoir médical, l&#039;institution totalitaire, pour des alternatives dont on interrogera leur devenir subversif: communautés d&#039;enfants, communautés thérapeutiques en milieu psychiatrique, en milieu carcéral (notamment la Pâquerette à Genève) et plus généralement dans l&#039;éducation spécialisée. Mais c&#039;est fondamentalement la question de la revendication des droits de la personne qui sera l&#039;objet de ce questionnement. Il s&#039;agira dans un premier temps de mieux comprendre ce qui différencie les droits de la personne, des droits de l&#039;homme érigés au 18e siècle, et de comprendre les enjeux des luttes pour voir émerger ces &amp;quot;nouveaux&amp;quot; droits et les formes qu&#039;ils ont prises: droit à la parole, droit de sortie, droit à l&#039;avortement, droit à consulter son dossier médical, etc...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au moyen de [[Questions pour les entretiens|cinq questions ouvertes]], il s&#039;agit de récolter leurs témoignages afin de mieux comprendre les ressorts de leur engagement (politique, idéologique, éthique), les événements qui ont marqué cette période 1960-1980, les mobiles des acteurs/trices.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Fondamentalement, c&#039;est à une réflexion sur la construction de la réalité que cet ouvrage invite, celle de la maladie, de la déviance, de la différence, mais aussi à celle des relations entretenues avec des personnes qui sont stigmatisées (handicapées, psychiatrisées, détenues, patients) et/ou placées dans une catégorie sociale dépendante (la femme non-citoyenne, dépendante de l&#039;homme, l&#039;enfant de ses parents). L&#039;institution réifie l&#039;individu et lui fait perdre ses droits et c&#039;est donc bien une volonté de récupérer une place d&#039;acteur, de prendre la parole, de donner haut et fort son avis qui va mobiliser les acteurs des luttes, en particulier dans l&#039;après 68. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C&#039;est aussi &#039;&#039;in fine&#039;&#039; un questionnement sur l&#039;histoire et ses changements, lesquels demandent à s&#039;interroger sur la place accordée, dans le temps, aux personnes en difficultés quelles qu&#039;elles soient et sur la nécessité dans le domaine des droits de la personne à rester vigilant afin de ne pas perdre ce qui a été acquis parfois de haute lutte et d&#039;étendre encore les valeurs sur lesquelles ils reposent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Revue de la littérature ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La &amp;quot;matrice générative&amp;quot; des droits de la personne est bien la Déclaration des droits de l&#039;homme et du citoyen : une &amp;quot;matrice&amp;quot; juridique à partir de laquelle vont se développer d&#039;autres droits, règlementations et conventions. Pour couvrir les différents champs de la réalité sociale qui ont été touchés par la créativité des acteur/trice/s (qu&#039;ils aient été des militant/e/s ou des réformateur/trice/s) particulièrement active dans les années 1960-1980 et les changements opérés, il est nécessaire de se référer aux auteur/e/s qui, autant dans le champ du handicap, des patients de l&#039;hôpital, des usagers de la psychiatrie, des détenus, des enfants et des femmes, ont proposé des approches nouvelles, des concepts voire des pratiques novatrices.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Certes, il n&#039;y a pas un moment particulier où commencerait une lutte pour les droits de la personne. Cette question s&#039;inscrit dans une histoire longue de la constitution des droits, de la &amp;quot;fabrication&amp;quot; de l&#039;individu, de la conception de la personne comme être sensible, consciente d&#039;elle-même. Il en va de même pour des pratiques qui certes ont été promues pendant cette période comme, par exemple, les communautés de vie, mais il existe des traditions qui peuvent remonter bien avant les années 60. C&#039;est le cas avec la communauté d&#039;enfants de Summerhill en Angleterre créée par Alexander S. Neill. Dans son livre [[Libres enfants de Summerhill (Neill)]], on peut déceler la place centrale de la notion de liberté dans sa conception de l&#039;éducation et de l&#039;instruction des enfants. Selon cet auteur, on ne peut construire de collectif cohérent qu&#039;en respectant la liberté des individus. Les violences, les incivilités ne sont pour lui que le produit des incohérences de la société, qui frustrent l&#039;individu et qui, à vouloir trop l&#039;uniformiser, en brisent les richesses. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans la fin des années soixante, la critique des institutions psychiatriques surgissent. Une mise en évidence des conditions de vie des patients psychiatriques se fait notamment par [[Basaglia]] en Italie. Ce qu&#039;il rencontre dans cet univers le pousse à créer des lieux de vie plus accueillants où l&#039;on donnerait plus de liberté à la personne psychiatrique ; c&#039;est ce qu&#039;il appelle les communautés thérapeutiques. Ces bâtiments ouverts sur l&#039;extérieur et où la hiérarchie est horizontale favorise la mobilisation des personnes afin de lutter pour la liberté des droits de la personne, et surtout la liberté des droits de la personne psychiatrique. [[Basaglia]] est donc probablement l&#039;un des auteurs de l&#039;époque qui a influencé les acteurs/actrices que nous avons interrogés pour notre recherche. Un discours pareil est ténu par Goffman aux Etats-Unis. Dans son livre « Asiles, études sur la condition sociale des malades mentaux », l’auteur se penche sur le déroulement du quotidien des patients vivant dans ce qu’il appelle une « institution totalitaire ». Ces personnes, privées de tout droit, sont à la merci des médecins, du personnel soignant et du fonctionnement de l’hôpital qui est désormais leur lieu de vie. En effet, l’hôpital psychiatrique ne vise pas à soigner, mais à exclure de la société les personnes qui dérangent par leur comportement. Fondamentalement, la critique est politique, sociale, mais aussi épistémologique: on s&#039;attaque à la réalité qui est un &amp;quot;construit&amp;quot; social. Ce qui explique aussi l&#039;attention mise à la vie quotidienne (voire Goffman, mais aussi [http://fr.wikipedia.org/wiki/Lucien_Febvre Lucien Lefebvre] notamment). Le quotidien devenant matrice de la relation créative autant que de la subversion, dans une tradition qui s&#039;inspire d&#039;ailleurs des surréalistes des années 20 (voire notamment [http://fr.wikipedia.org/wiki/Georges_Perec Georges Perec]). L&#039;approche constructionniste de [http://en.wikipedia.org/wiki/Kenneth_J._Gergen Kenneth Gergen], aujourd&#039;hui, poursuit cette tradition voyant dans la relation la matrice de cette construction de la réalité allant jusqu&#039;à affirmer que l&#039;individu n&#039;existe pas en-dehors de la relation qui le &amp;quot;produit&amp;quot; [[http://www.taosinstitute.net]]. Une autre manière de montrer, comme l&#039;a fait Foucault, que l&#039;individu est aussi une construction sociale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les droits de la personne: un concept complexe  ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La thématique des droits de la personne oblige à réfléchir sur le concept et à le relier ou détacher d&#039;autres concepts: celui de l&#039;individu, celui du sujet (de droit) et celui de l&#039;humain.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La plupart des revendications peuvent être reliées aux &amp;quot;droits de la personne&amp;quot;. Or ceux-ci sont rarement explicités. Lorsqu&#039;ils le sont c&#039;est en référence à la &amp;quot;liberté individuelle&amp;quot;, au droit à la parole, au choix (de traitement notamment) et à la dignité. Souvent, ce sont des valeurs individualistes qui sont prônées même si elles le sont par un collectif (association, comité, mouvement contestataire manifestant collectivement dans la rue) et qui fondent un certain &amp;quot;esprit&amp;quot; du droit de la personne. C&#039;est par le regroupement de plusieurs personnes qui ont des valeurs communes (telles que le libre choix,l&#039;intégrité physique) que le changement peut s&#039;opérer. En effet, à travers notre recherche nous avons pu voir que, qu&#039;il s&#039;agisse des droits des prisonniers, des droits des patients à l&#039;hôpital, des droits des patients psychiatriques ou des droits des femmes, les changements constatés se sont fait par l&#039;intermédiaire de mouvements, d&#039;associations, de fondations...&lt;br /&gt;
On peut noter la particularité du champ des droits des personnes en situation en handicap, ou des droits des patients en psychiatrie, par le fait que ces personnes ne disposent elles-mêmes pas des facultés à défendre leurs propres droits. Il revient alors à leur entourage, aux professionnels, et enfin à la société toute entière, de se porter garante du respect de ces droits. La société en protégeant ces personnes, en les considérant comme faisant partie intégrante des individus qui la composent, effectue alors un grand pas dans les valeurs qu&#039;elle véhicule. L&#039;idéologie en effet, doit être collective, pour prendre du sens pour tous. Mais les actes permettant cette évolution, restent bien souvent le fait d&#039;individus, qui, plus que d&#039;autres, poussés par un idéal, portent des actions progressistes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le terme personne est à distinguer d&#039;individu (voire de &amp;quot;cas&amp;quot;) en ce qui laisse entendre une capacité de droit et une place comme partenaire dans la relation (éducative, thérapeutique notamment) et les échanges de communication. Ceci peut s&#039;incarner dans des pratiques sociales élémentaires comme de désigner la personne par son nom, la vouvoyer (en langue française en particulier!), jusqu&#039;à la fermeture des hôpitaux psychiatriques par exemple. Mais c&#039;est surtout sur le plan juridique, de ses droits civils et politiques, que les luttes ont été menées: de l&#039;admission volontaire au droit de sortie pour les patients psychiatrique par exemple. Du côté des prisons, les revendications touchent aussi l&#039;individu dans son corps et son esprit: droit à l&#039;intégrité physique et morale, le droit à des conditions de vie appropriées, ou encore le droit à la santé. C&#039;est donc au nom du respect de la personne en tant qu&#039;être humain que les différentes organisations ont milité, bien que ceci n&#039;ait pas été et ne soit toujours pas quelque chose de facile. En effet, la prison demeure un lieu où l’on a de la difficulté à considérer les criminels comme des êtres humains. De ce fait, la population ne semble pas être en mesure de concevoir que ces personnes possèdent également des droits. &lt;br /&gt;
Pour changer les mentalités, nous pourrions poser le problème de la réinsertion. En effet, si l&#039;on ôte tout droit aux prisonniers, comment espérer les réinsérer dans la société. Peut-on véritablement rendre un Homme &amp;quot;meilleur&amp;quot; en lui enlevant toute dignité?   &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Du côté des [[Droits des enfants|enfants]], le droit s&#039;est surtout construit à partir de la considération de l&#039;enfant en tant qu&#039;individu ayant des droits propres, notamment liés à la protection, à la parole et l&#039;écoute, mais également aux autres besoins fondamentaux qu&#039;il peut présenter. En fait, la reconnaissance des droits de l&#039;enfant lui ont conféré peu à peu un rôle plus actif dans sa propre existence, comme par exemple par une considération plus importante de ses opinions dans les choix qui le concerne. Du coté des [[Droits des femmes|femmes]], les contestations se font sur plusieurs plans, mais ce qui est surtout recherché c&#039;est l&#039;égalité avec les hommes. Cette égalité passe donc par la ré-appropriation de leur corps, la liberté de choisir une contraception et la liberté de penser différemment. En ce qui concerne les droits des patients psychiatriques, l’on peut remarquer comme la lutte concernant vise une revendication juridique en passant à travers l’humanisation de cette population. En effet, la conception de ce que l’on appelle aujourd’hui les troubles psychiques, est en constante évolution, influencée par les croyances et les valeurs de la société. La reconnaissance des droits des patients psychiatriques vise la reconnaissance de ces personnes comme étant des êtres humains, l’égalité de traitements face à la loi et l’autodétermination et la liberté d’être tous égaux dans nos diversités.  Nous pouvons donc rapprocher ces faits au droit du consentement de la personne et de l&#039;intégrité physique. Ces droits et les droits d&#039;être informé touchent d&#039;ailleurs le quotidien médical et la lutte pour les droits des patients. Les droits des patients touchent la sphère politique et juridique où une bataille s&#039;est générée contre la liberté thérapeutique des médecins considérés comme subordonnés au droit d&#039;autodétermination du patient. Valoriser le rôle des patients en tant que partenaires critiques des médecins, du personnel médical ou encore de les responsabiliser pour éviter des difficultés lors de leur traitement permettraient d&#039;améliorer la qualité des soins dans le domaine de la santé du patient.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Paradoxalement ce sont des luttes (collectives, pour la communauté) qui ont ainsi contribué à construire la notion de personne comme corps, identité physique, morale, psychologique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En outre, concernant [http://edutechwiki.unige.ch/dewiki/Droits_des_patients_%28%C3%A0_l%27h%C3%B4pital%29 les droits des patients (à l&#039;hôpital)] et les droits [http://edutechwiki.unige.ch/dewiki/Droits_des_patients_psychiatriques des patients psychiatriques], il est à remarquer que ces droits peuvent rapidement se révéler ambigus. En effet, la légitimité du secret médical, de l&#039;asymétrie de l&#039;expertise médicale, peuvent davantage protéger le médecin que le patient. Nous avons relevé par exemple des cas où ce sont les patients qui ont dû subir des conséquences, tant au niveau de leur reconnaissance, en tant que victimes, qu&#039;au niveau économique, car elles n&#039;ont pas pu prouver que le médecin qui leur avait causé du tort était véridiquement coupable d&#039;expériences illicites sur eux. Nous pouvons nous demander dans quelle mesure ces droits permettent, intelligemment, à la médecine d&#039;opacifier la recherche médicale et par la même la problématique du patient-cobaye. Problématique qui est de nos jours, une contrainte pour faire avancer la science en toute légalité. Finalement, il faudrait se demander si l&#039;être humain dépend d&#039;expériences faites sur un groupe restreint de personnes. La réponse est oui, passablement des expériences se font avec très peu de personnes pour appliquer les résultats à grande échelle. Par exemple, cela s&#039;est observé avec la morphine concernant le traitement des douleurs. Un médecin, un jour ou l&#039;autre, s&#039;est de toute façon risqué, initialement, à injecter dans un corps appartenant à une personne, cette substance considérée comme stupéfiant auparavant. Une autre expérience de ce même type, à hôpital de Saint-Gall en Suisse, était l&#039;application d&#039;ampoules bleues de méthylène dans le ventre des patients non-informés. Ils essayaient de soigner, par ce biais, leurs occlusions gastriques qui a fini par les tuer.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Méthode ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La récolte d&#039;un récit personnel, afin d&#039;approcher l&#039;histoire d&#039;une période et de constituer une archive orale, a une tradition en sciences humaine et sociale. L&#039;ouvrage &amp;quot;Le cheval d&#039;orgueil&amp;quot; de Pierre Jakez Hélias paru en 1975 est souvent présenté comme un détonateur de l&#039;usage des récits de vie pour décrire la réalité sociale et culturelle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Diverses disciplines ont intégré la narration comme un moyen d&#039;approcher la réalité vue à travers un individu ou un groupe, que cela soit en sociologie, en histoire, en médecine, en sciences de l&#039;éducation, en ethnologie et même en littérature.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les travaux de [http://fr.wikipedia.org/wiki/Philippe_Lejeune_%28auteur%29 Philippe Lejeune] ont contribué à collecter des récits sous formes notamment autobiographiques qui sont déposés à [http://association.sitapa.org/accueil.php l&#039;Association pour l&#039;autobiographie] près de Lyon.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La démarche effectuée dans le cadre de cette recherche d&#039;intelligence collective relève de la collecte de récits. La personne interviewée est considérée comme un témoin de son temps. L&#039;histoire se construit dans l&#039;échange grâce aux questions posées [[Questions_pour_les_entretiens]], lesquelles doivent donner lieu à une narration libre, reliée aux souvenirs de la personne. Il s&#039;agit d&#039;être dans une écoute bienveillante d&#039;un récit narré afin de venir combler l&#039;intérêt des étudiant/e/s qui sont les récepteur/trice/s respectueux et curieux de cette histoire. Même si pour certains étudiants, relancer ces questions a permis à l&#039;interviewé de se recentrer sur le sujet. Lors de l&#039;interview et comme étape préalable à l&#039;introduction de ces questions, l&#039;explication de cette recherche collective a fait comprendre à certains interviewés l&#039;importance de leurs témoignages.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La démarche de &amp;quot;biographies narratives&amp;quot;, telle qu&#039;elle devrait être développée dans cette démarche citoyenne, relève de compétences relationnelles, humaines, particulièrement formatrices aux métiers de l&#039;humain. Elle demande du tact, de l&#039;écoute, de la curiosité intelligente (capacité de s&#039;adapter dans le cadre de l&#039;entretien). Il s&#039;agit de laisser de l&#039;espace et de la liberté aux personnes interviewées. Par conséquent, seules des questions générales et ouvertes assureront la liberté de narrer. Les méthodes d&#039;entretien se distinguent par la mise en œuvre des processus fondamentaux de communication et d&#039;interaction humaine. Ces processus permettent au chercheur de retirer de ses entretien des informations et éléments de réflexion riches en nuances. Nous accorderons un long temps de réponse, afin de laisser à la personne la possibilité de se souvenir et de raconter l&#039;histoire et son histoire, tout en restant attentive qu&#039;elle ne se perde pas dans des chemins trop éloignés. Elle ne relève pas d&#039;une &amp;quot;conduite d&#039;entretien&amp;quot; particulière, comme l&#039;a développée par exemple Boutin (2006), mais elle relève sans aucun doute d&#039;une approche qualitative.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans la plupart des cas, les étudiants n&#039;ont pas transmis au préalable les questions qui allaient être abordées dans l&#039;entretien à leur témoin. Pourtant, il est possible que cette démarche donne la possibilité aux personnes interviewées de prendre du temps pour récupérer leurs souvenirs en mémoire et ainsi construire un récit plus riche que lors d&#039;une réponse spontanée. Toutefois, cette démarche peut également faire perdre quelque peu aux intervieweurs/euses le contrôle de l&#039;entretien, avec un témoin qui se raconte, sans un réel cadre établi, puisqu&#039;il sait sur quels chemins on va l&#039;amener. Ainsi, le cadrage de l&#039;entretien est d&#039;autant moins aisé, car l’intervieweur perd un peu son contrôle sur celui-ci, qu&#039;il aurait pu exercer notamment par la succession des questions.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour d&#039;autres étudiants, la transmission des questions préalablement a permis aux interviewés d&#039;affiner leur mémoire en développant leurs réponses pour que leur récit soit accompagné par des souvenirs marquants. Ils ont d&#039;ailleurs fait appel aux gestes pour appuyer leurs témoignages en laissant entendre à leurs interlocuteurs que leur lutte ne cessait pas. &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Les réactions (y compris non verbales) encouragent un récit qui se construit dans la relation. Celui-ci devrait être, par définition, original (même si certain/e témoins racontent pour la Xème fois leur &amp;quot;histoire&amp;quot;, leur &amp;quot;légende&amp;quot;), puisqu&#039;il est raconté à de nouvelles personnes. L&#039;attitude du/des collecteur/trice/s de récits favorise (ou non) l&#039;expression (et ce jusqu&#039;à la confidence) et permet, qui sait, aux témoins d&#039;innover, de se déplacer dans leur narration, de raconter une histoire nouvelle, vraiment originale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Critique de la méthode ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A travers cette expérience, nous avons en tant &amp;quot;qu&#039;apprentis chercheurs&amp;quot; appris à mener un entretien semi-directif. Malgré le fait que nous avions beau imaginer le déroulement de notre entretien, nous avons rencontré quelques difficultés lors de la passation de ceux-ci. Tout d&#039;abord, il a fallu faire face au personnage que nous avions en face de nous. En effet, comme nous l&#039;avons expliqué, ces personnes ont, pour la plupart, été des militants en faveur des droits de la personne. Parfois, leur engagement a été tellement fort, qu&#039;elles sont devenues des &amp;quot;icônes&amp;quot; dans le combat de ces droits. Nous avons donc dû faire face à leur agacement et leur lassitude face à nos questions qui pouvaient certes être considérées comme trop larges. Ceci nous amène donc à penser que le choix de faire des questions ouvertes, pour que chacun puisse raconter ce dont il a envie, n&#039;était peut-être pas judicieux pour toutes les personnes que nous avons interviewées. Par contre, pour d&#039;autres &amp;quot;icônes&amp;quot; habituées à discuter, même au parlement, ces questions étaient importantes à partir du moment où on allait les analyser par la suite au sein d&#039;une recherche et ils ont répondu le plus précisément possible. Lorsqu&#039;on a présenté ces questions au sein d&#039;une recherche pour un cours universitaire, elles ont été prises sérieusement, sans nous faire remarquer de près le type de question ou les liens entre elles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De plus, il s&#039;est avéré que pour certains témoins, les questions étaient peu adéquates puisqu&#039;elles positionnaient cette personne en tant que &amp;quot;militante&amp;quot; peut-être trop directement. De même, le mot &amp;quot;droit&amp;quot; se trouvait être un peu fort pour parler de certains engagements, qui ont probablement contribué ou du moins retracent les changements de ces droits, certes, mais ne se positionnaient pas à la base comme des engagements pour les droits d&#039;une population. C&#039;est pourquoi, pour certaines questions, nous avons utilisé d&#039;autres termes (moins forts) ou nous les avons posées différemment, tout en respectant l&#039;idée fondamentale de celles-ci. Cependant, le fait de faire des questions différentes et précises pour chacun des acteurs, nous aurait fortement contraints pour l&#039;analyse transversale des entretiens. &amp;lt;br /&amp;gt; De plus, lors de certains entretiens, les acteurs se sont laissés emporter par leurs émotions. Il n&#039;était donc pas évident de gérer les pleurs rencontrés. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un cas de figure était, pour ceux qui ont eu l&#039;occasion de faire deux interviews, la position de collecteur/trice/s au niveau générationnel, à savoir faire face à une génération plus âgée, était enveloppée, pour les deux cas, d&#039;une écoute éveillée peut-être parce que leurs récits nous touchaient de près ou parce de la sagesse émanait de certains interviewés. Pour l&#039;un des interviewés, il a suscité en nous un rappel vers les droits de nos proches et, pour l&#039;autre, il nous a sensibilisé vers une menace toujours présente des droits de la personne dans le pays où nous séjournons, la Suisse. Même si l&#039;un des ces interviewés était une personnalité fédérale, le reflet de son authenticité nous a fait croire à son récit et il nous a appris plus sur les droits de la personne, qui sont par ailleurs également &amp;quot;nos droits&amp;quot;. Le rapport entre les interlocuteurs a pu être franc et nous avons ressentis que l&#039;un des interviewés nous avait confié une mission, celle de divulguer des faits. C&#039;était pour certains collecteur/trice/s un moment très intense, de vérité et jamais oublié. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Parfois, nous avons pu nous confronter à la difficulté de recentrer la discussion vers les sujets qui nous intéressent. Comme tout un chacun, les acteurs peuvent certes parler du passé, mais en tant que militants ils auront, si leur combat est toujours vivant, tendance à parler plus du présent, et de ce qu&#039;il reste à faire. Pour que nous soyons aussi amenés à prendre la relève. Il faut alors savoir &amp;quot;lire entre les paroles&amp;quot;, pour récolter des informations sur la période qui nous intéresse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il aurait peut-être été profitable de mettre à disposition de tous les acteurs les questions de l&#039;entretien à l&#039;avance. Cela aurait permis de recentrer le débat, de rappeler plus facilement les questions de recherche. Un cas de figure était pour ceux qui l&#039;on fait et qui ont reçu, en tant que collecteur/trice/s spontanément et préalablement à l&#039;interview tête à tête, des réponses écrites aux questions, de la part des interviewés. Ces réponses ont permis de mieux connaître l&#039;interviewé, son parcours, ses valeurs, son engagement pour les droits de la personne. La pré-analyse de ces réponses par écrit a permis entre autres de revenir encore une fois sur les questions et de solliciter l&#039;interviewé en confiance pour continuer à expliciter certains souvenirs marquants et enrichissants pour cette recherche. Pour les collecteur/trice/s ce va-et-vient entre les réponses écrites à l&#039;avance et la poursuite du récit a engendré une appropriation du sujet, bénéficiant ainsi la cohérence et la compréhension pour eux-mêmes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Autrement, une des questions qui permettrait de situer l&#039;interviewé sur le passé sans revenir immédiatement dans son discours sur le présent est [[Questions pour les entretiens|la question 2]]. Elle aurait pu être formulée ainsi : Y a-t-il un événement originel durant la période de votre engagement ? Pourriez-vous revenir sur le passé et nous raconter un ou des événements marquants que vous avez menés ou qui vous ont frappés durant une certaine période en faveur de ces droits ? Sinon [[Questions pour les entretiens|la question 5]] fait l&#039;effet contraire en revenant sur le pas d&#039;aujourd&#039;hui comme conséquence du passé : Qu&#039;en est-il aujourd&#039;hui de cette lutte et des acquis et des risques de retour en arrière? Sur quoi faudrait-il continuer de se battre de lutter? Continuez-vous aujourd&#039;hui à vous engager et sur quoi? Donc, il n&#039;est pas étonnant d&#039;entendre les interviewés parler sur leur présent et ainsi, pourquoi ne serait-il pas envisageable de leur demander : Est-ce que l&#039;un des sujets de votre engagement pour les droits de la personne (patient, enfant, prisonnier...) continue à être d&#039;actualité aujourd&#039;hui ? Lequel ? Pourriez-vous nous l&#039;expliciter s&#039;il vous plaît ? &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quant aux valeurs des témoins, ces dernières ont été évoquées suite à la question formulée qui a engendré aussi des souvenirs vers un événement marquant lié à leurs valeurs et pour la lutte des droits de la personne.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En outre, peut-être peut-on reprocher aussi le manque de temps pour chaque entretien. Au vu de la méthodologie d&#039;entretien semi-directif et biographique, des entretiens d&#039;1h30 ne permettent pas toujours des digressions chronophages. Des entretiens plus longs, dont on aurait pu ressortir la quintessence auraient pu être bénéfiques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Enfin, la relation biographique n&#039;a pas toujours permis que les questions soient posées comme souhaitées et prises dans l&#039;échange. L&#039;entretien a pu prendre la forme d&#039;une discussion à bâtons rompus en un dialogue qui finalement a échappé aux récolteurs/teuses de récits. On peut noter, par ailleurs, que la distance générationnelle entre les récolteurs/teuses et l&#039;interviewé a pu donner à ce dernier/ère l&#039;envie de transmettre le passé, mais surtout d&#039;avertir et de former pour aujourd&#039;hui. Le retour sur des faits historiques n&#039;est pas chose aisée à réaliser.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Certains ont dû faire face à des difficultés techniques concernant l&#039;enregistrement de l&#039;interview. En effet, l&#039;appareil enregistreur est tombé en panne. Heureusement, que nous avions un autre enregistreur qui a pris le relais immédiatement car la prise de note n&#039;aurait fait que retarder l&#039;interview.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quoi qu&#039;il en soit [[Retranscriptions des entretiens|neuf entretiens]] ont été effectués, lesquels ont permis de construire une histoire qui s&#039;est étendue entre les années 1960 (engagement de Mme [[Amélia Christinat]]) et aujourd&#039;hui (engagement de Mme Margrit Kessler, conseillère nationale de Saint-Gall).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des thématiques (problématiques) plus fines ont pu être définies à partir des récits récoltés. Soit:&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
– le droit des [[Droits des enfants|enfants]] à travers le prisme de l&#039;éducation&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
– le droit des [[Droits des femmes|femmes]] pour la liberté de leur corps (l&#039;intégrité physique), et plus généralement pour le droit à leur autonomie &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
– le  droit à l&#039;intégrité physique et morale des [[Droits des prisonniers|détenus]] en Suisse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
– la lutte contre les abus de la [[Droits_des_patients_psychiatriques|psychiatrie]] &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
– la prise en compte des personnes en situation de [[Droits des personnes en situation de handicap|handicap]] dans ce champ  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
– le droit à être informé pour que les [[Droits des patients (à l&#039;hôpital)|patients]] ne deviennent pas les cobayes, des expériences scientifiques&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;analyse sera alors traversante permettant de mieux comprendre ce temps de l&#039;innovation, de la contestation, de la réforme des grandes institutions qui structurent le social et la culture occidentale depuis le 19e siècle: l&#039;hôpital, l&#039;hôpital psychiatrique, l&#039;école, le tribunal, la prison, le code civil, les institutions spécialisées: qui sont ces acteur/trice/s engagés, quelles ont été leurs idées et leurs valeurs, quelles ont été leurs actions et leurs victoires, leurs échecs aussi?&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Victoria</name></author>
	</entry>
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		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Histoire_des_droits_de_la_personne:_entre_luttes_des_usagers_et_politiques_institutionnelles_1960-1980&amp;diff=13222</id>
		<title>Histoire des droits de la personne: entre luttes des usagers et politiques institutionnelles 1960-1980</title>
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		<updated>2014-01-14T19:45:13Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Victoria : /* Introduction */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&lt;br /&gt;
== Histoire des droits de la personne: entre luttes des usagers et politiques institutionnelles 1960-1980 ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Introduction ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les années 1960-1980 sont des années de grandes transformations culturelles et sociales avec 1968, une année charnière qui deviendra l&#039;emblème de la contestation portant les valeurs d&#039;une génération, celle du baby-boom. Aujourd&#039;hui l&#039;histoire de cette contestation demande à être comprise dans un temps plus vaste d&#039;un avant, pendant et après Mai 68. Certes, on peut faire remonter la question des droits de la personne à la [http://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9claration_des_droits_de_l%27homme_et_du_citoyen_de_1789 Déclaration des droits de l&#039;hommes et du citoyen] comme une matrice générative d&#039;autres conventions, déclarations et droits. Or, il semblerait que le mouvement de contestation des années 1960-1980 ait poussé plus loin l&#039;exigence démocratique en partant de revendication de populations, elles-mêmes, se sentant non respectées comme des personnes ; notamment les femmes, les détenus, les patients psychiatriques (&amp;quot;[[Droits_des_patients_psychiatriques#Lois_sur_la_psychiatrie|Loi Basaglia]]&amp;quot;), les handicapés (charte de l&#039;[http://fr.wikipedia.org/wiki/ONU ONU] datant de 1975) et les enfants ([http://www.unicef.ch/sites/default/files/attachements/convention_relative_aux_droits_de_lenfant.pdf Convention relative aux droits de l’enfant]). De nouveaux droits liés à l&#039;éthique se sont développés dès les années 1970 autour du respect de la volonté des mourants, avec la pratique des directives anticipées, et plus largement des droits des patients à être traités dans la dignité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Certes, on pourrait rattacher cette histoire à une pré-histoire reliée à d&#039;autres courants comme, par exemple pour les enfants celui de l&#039;éducation nouvelle dont le pédagogue [http://fr.wikipedia.org/wiki/C%C3%A9lestin_Freinet Célestin Freinet] en est l&#039;un des fondateurs, et des expériences pédagogiques démocratiques comme celles des écoles nouvelles à la campagne, communautés d&#039;enfants (république d&#039;enfants, Cité d&#039;enfants, village d&#039;enfants). [[Libres enfants de Summerhill (Neill)|Summerhill]] incontestablement sera LE modèle de la seconde moitié du 20e siècle, mais aussi l&#039;expérience de [http://fr.wikipedia.org/wiki/Fernand_Deligny Fernand Deligny] et de communautés thérapeutiques telles que Boulens en Suisse romande [[http://edutechwiki.unige.ch/dewiki/Résumé_film_de_Catherine_Scheuchzer]]. Des racines ainsi plus lointaines peuvent être vues dans la &amp;quot;protection de l&#039;enfance&amp;quot; qui voit déjà en 1924  une convention, la [http://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/images/f/fb/Declaration-geneve.pdf &amp;quot;Convention de Genève&amp;quot;] dite prémice lointaine de la [http://www.unicef.ch/sites/default/files/attachements/convention_relative_aux_droits_de_lenfant.pdf Convention relative aux droits de l&#039;enfant] en 1989. Il en va de même avec l&#039;histoire des femmes qui revendiquent le droit de vote depuis le 19e siècle (les suffragettes). Or, nous nous attacherons essentiellement à circonscrire une histoire se déroulant pendant une vingtaine d&#039;années autour de nouvelles revendications qui ont pu porter sur des micro-éléments (&amp;quot;petits trucs&amp;quot;, &amp;quot;micro-conflictualités&amp;quot;, petits événements de la vie quotidienne, cas particulier), mais qui sont à rattacher à un &amp;quot;esprit d&#039;un temps&amp;quot; contestataire de la hiérarchie, des pouvoirs constitués (des patrons, des médecins, des &amp;quot;supposés savoirs&amp;quot; notamment) dans une perspective libertaire (liberté de sortir de l&#039;hôpital psychiatrique, liberté d&#039;user de son corps, liberté de sexualité en prison, liberté de parole, de choix, de décision...) et d&#039;exigence de sa réalisation (utopique?) par des actions et manifestations politiques face aux violences institutionnelles (portes fermées, nudité imposée, horaire imposé, cure de sommeil et électrochocs imposés, contention, viol, avortement clandestin, etc.). Peut-on alors y voir une expression de revendication des droits de la personne (autodétermination, autonomie, intégrité, dignité) qui sous-tendrait des droits portant sur un objet particulier (à l&#039;instruction, au salaire égal, à l&#039;avortement, à une &amp;quot;vie comme tout le monde&amp;quot;, à consulter son dossier individuel, aux parloirs sexuels, etc.) ? Ce sera une des questions auxquelles cherchera à répondre cet ouvrage. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un certain nombre de notions et de valeurs démocratiques et libertaires semblent parcourir une histoire longue (du 18e au 21e siècle) avec des incarnations plus ou moins denses selon les périodes. Celles envisagées dans les droits de la personnes pendant la période 1960-1980 s&#039;incarnent dans la liberté certes (valeur première de la Déclaration des droits de l&#039;homme et du citoyen), mais aussi la créativité, l&#039;innovation, la contestation valorisant l&#039;individu et son autonomie, mais aussi le collectif comme matrice créatrice, avec un souci du respect de la différence (une reconnaissance) mais aussi du groupe comme porteur de revendications, un ancrage dans la vie quotidienne et une volonté d&#039;universalisme. La culture contestataire est-elle monolithique ou multiple? Est-elle aussi traversée par des contradictions, des paradoxes: on prône une liberté individuelle dans un carcan idéologique, la lutte est collective pour des droits individuels?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La recherche a abouti à l&#039;écriture de six articles, introduits et conclus par des textes rédigés en communs, qui tous viseront à mieux saisir qui sont les acteurs/trices (intégrés dans un mouvement de revendication ou un courant idéologique contestataire), leurs actions dans l&#039;expérience quotidienne de leurs luttes pour les droits de l&#039;individu et/ou de la personne, les valeurs prônées, les objectifs atteints ou non pour faire valoir les droits des personnes placées dans des institutions dites alors &amp;quot;totalitaires&amp;quot;, tout en cherchant à mieux définir ce que signifient ces droits dans le quotidien institutionnel et personnel.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le travail de cette &amp;quot;communauté de recherche&amp;quot; vise aussi à repérer les ouvrages de références qui ont marqué les acteurs/trices de cette période, des intellectuels ([[Basaglia]], [http://fr.wikipedia.org/wiki/Michel_Foucault Foucault], [[Une_ société sans école|Illitch]], [http://fr.wikipedia.org/wiki/Erving_Goffman Goffman]) entre autres penseurs, parfois utopistes voir visionnaires, ainsi que, suivant la méthode prônée par Michel Foucault dans son ouvrage &#039;&#039;Histoire de la clinique&#039;&#039; notamment, à questionner les faits, à interroger le système, autrement dit à &amp;quot;déconstruire&amp;quot; la réalité pour comprendre les enjeux du pouvoir qui ont traversé les luttes de promotion des droits de la personne dans des champs différents, mais relevant tous d&#039;un rapport entre un pouvoir qui désigne et un individu-objet dont on attend la soumission. Ces ouvrages montrent que les mouvements de contestation se font dans tous les pays ; par exemple, en ce qui concerne l&#039;anti-psychiatrie, les critiques ont eu lieu en Italie avec [[Basaglia]] mais également aux États-Unis avec [http://fr.wikipedia.org/wiki/Erving_Goffman Goffman]. Ainsi que ce soit le pédagogue et l&#039;élève  &amp;quot;difficile&amp;quot;, déviant, handicapé, le médecin et le patient désigné, le juge qui désigne les degrés de culpabilité d&#039;un &amp;quot;coupable&amp;quot; ou l’État qui décide de la responsabilité civique ou non des femmes (et des jeunes), partout se modèlent et se modulent des relations différentes à l&#039;intérieur d&#039;une structure hiérarchique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des acteurs/actrices seront interrogés afin de mieux saisir leur engagement, les valeurs qu&#039;ils ont prônées, la conscience qu&#039;ils ont eu de déstabiliser le pouvoir médical, l&#039;institution totalitaire, pour des alternatives dont on interrogera leur devenir subversif: communautés d&#039;enfants, communautés thérapeutiques en milieu psychiatrique, en milieu carcéral (notamment la Pâquerette à Genève) et plus généralement dans l&#039;éducation spécialisée. Mais c&#039;est fondamentalement la question de la revendication des droits de la personne qui sera l&#039;objet de ce questionnement. Il s&#039;agira dans un premier temps de mieux comprendre ce qui différencie les droits de la personne, des droits de l&#039;homme érigés au 18e siècle, et de comprendre les enjeux des luttes pour voir émerger ces &amp;quot;nouveaux&amp;quot; droits et les formes qu&#039;ils ont prises: droit à la parole, droit de sortie, droit à l&#039;avortement, droit à consulter son dossier médical, etc...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au moyen de [[Questions pour les entretiens|cinq questions ouvertes]], il s&#039;agit de récolter leurs témoignages afin de mieux comprendre les ressorts de leur engagement (politique, idéologique, éthique), les événements qui ont marqué cette période 1960-1980, les mobiles des acteurs/trices.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Fondamentalement, c&#039;est à une réflexion sur la construction de la réalité que cet ouvrage invite, celle de la maladie, de la déviance, de la différence, mais aussi à celle des relations entretenues avec des personnes qui sont stigmatisées (handicapées, psychiatrisées, détenues, patients) et/ou placées dans une catégorie sociale dépendante (la femme non-citoyenne, dépendante de l&#039;homme, l&#039;enfant de ses parents). L&#039;institution réifie l&#039;individu et lui fait perdre ses droits et c&#039;est donc bien une volonté de récupérer une place d&#039;acteur, de prendre la parole, de donner haut et fort son avis qui va mobiliser les acteurs des luttes, en particulier dans l&#039;après 68. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C&#039;est aussi &#039;&#039;in fine&#039;&#039; un questionnement sur l&#039;histoire et ses changements, lesquels demandent à s&#039;interroger sur la place accordée, dans le temps, aux personnes en difficultés quelles qu&#039;elles soient et sur la nécessité dans le domaine des droits de la personne à rester vigilant afin de ne pas perdre ce qui a été acquis parfois de haute lutte et d&#039;étendre encore les valeurs sur lesquelles ils reposent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Revue de la littérature ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La &amp;quot;matrice générative&amp;quot; des droits de la personne est bien la Déclaration des droits de l&#039;homme et du citoyen : une &amp;quot;matrice&amp;quot; juridique à partir de laquelle vont se développer d&#039;autres droits, règlementations et conventions. Pour couvrir les différents champs de la réalité sociale qui ont été touchés par la créativité des acteur/trice/s (qu&#039;ils aient été des militant/e/s ou des réformateur/trice/s) particulièrement active dans les années 1960-1980 et les changements opérés, il est nécessaire de se référer aux auteur/e/s qui, autant dans le champ du handicap, des patients de l&#039;hôpital, des usagers de la psychiatrie, des détenus, des [[Droits_des_enfants|enfants]] et des femmes, ont proposé des approches nouvelles, des concepts voire des pratiques novatrices.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Certes, il n&#039;y a pas un moment particulier où commencerait une lutte pour les droits de la personne. Cette question s&#039;inscrit dans une histoire longue de la constitution des droits, de la &amp;quot;fabrication&amp;quot; de l&#039;individu, de la conception de la personne comme être sensible, consciente d&#039;elle-même. Il en va de même pour des pratiques qui certes ont été promues pendant cette période comme, par exemple, les communautés de vie, mais il existe des traditions qui peuvent remonter bien avant les années 60. C&#039;est le cas avec la communauté d&#039;enfants de Summerhill en Angleterre créée par Alexander S. Neill. Dans son livre [[Libres enfants de Summerhill (Neill)]], on peut déceler la place centrale de la notion de liberté dans sa conception de l&#039;éducation et de l&#039;instruction des enfants. Selon cet auteur, on ne peut construire de collectif cohérent qu&#039;en respectant la liberté des individus. Les violences, les incivilités ne sont pour lui que le produit des incohérences de la société, qui frustrent l&#039;individu et qui, à vouloir trop l&#039;uniformiser, en brisent les richesses. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans la fin des années soixante, la critique des institutions psychiatriques surgissent. Une mise en évidence des conditions de vie des patients psychiatriques se fait notamment par [[Basaglia]] en Italie. Ce qu&#039;il rencontre dans cet univers le pousse à créer des lieux de vie plus accueillants où l&#039;on donnerait plus de liberté à la personne psychiatrique ; c&#039;est ce qu&#039;il appelle les communautés thérapeutiques. Ces bâtiments ouverts sur l&#039;extérieur et où la hiérarchie est horizontale favorise la mobilisation des personnes pour lutter pour la liberté des droits de la personne, et surtout la liberté des droits de la personne psychiatrique. [[Basaglia]] est donc probablement l&#039;un des auteurs de l&#039;époque qui a influencé les acteurs/actrices que nous avons interrogés pour notre recherche. Un discours pareil est ténu par Goffman aux Etats-Unis. Dans son livre « Asiles, études sur la condition sociale des malades mentaux », l’auteur se penche sur le déroulement du quotidien des patients vivant dans ce qu’il appelle une « institution totalitaire ». Ce personnes, privées de tout droit, sont à la merci des médecins, du personnel soignant et du fonctionnement de l’hôpital qui est désormais leur lieu de vie. En effet, l’hôpital psychiatrique ne vise pas à soigner, mais à exclure de la société les personnes qui dérangent par leur comportement.   Fondamentalement, la critique est politique, sociale, mais aussi épistémologique: on s&#039;attaque à la réalité qui est un &amp;quot;construit&amp;quot; social. Ce qui explique aussi l&#039;attention mise à la vie quotidienne (voire Goffman, mais aussi [http://fr.wikipedia.org/wiki/Lucien_Febvre Lucien Lefebvre] notamment). Le quotidien devenant matrice de la relation créative autant que de la subversion, dans une tradition qui s&#039;inspire d&#039;ailleurs des surréalistes des années 20 (voire notamment [http://fr.wikipedia.org/wiki/Georges_Perec Georges Perec]). L&#039;approche constructionniste de [http://en.wikipedia.org/wiki/Kenneth_J._Gergen Kenneth Gergen], aujourd&#039;hui, poursuit cette tradition voyant dans la relation la matrice de cette construction de la réalité allant jusqu&#039;à affirmer que l&#039;individu n&#039;existe pas en-dehors de la relation qui le &amp;quot;produit&amp;quot; [[http://www.taosinstitute.net]]. Une autre manière de montrer, comme l&#039;a fait Foucault, que l&#039;individu est aussi une construction sociale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les droits de la personne: un concept complexe  ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La thématique des droits de la personne oblige à réfléchir sur le concept et à le relier ou détacher d&#039;autres concepts: celui de l&#039;individu, celui du sujet (de droit) et celui de l&#039;humain.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La plupart des revendications peuvent être reliées aux &amp;quot;droits de la personne&amp;quot;. Or ceux-ci sont rarement explicités. Lorsqu&#039;ils le sont c&#039;est en référence à la &amp;quot;liberté individuelle&amp;quot;, au droit à la parole, au choix (de traitement notamment) et à la dignité. Souvent, ce sont des valeurs individualistes qui sont prônées même si elles le sont par un collectif (association, comité, mouvement contestataire manifestant collectivement dans la rue) et qui fondent un certain &amp;quot;esprit&amp;quot; du droit de la personne. C&#039;est par le regroupement de plusieurs personnes qui ont des valeurs communes (telles que le libre choix,l&#039;intégrité physique) que le changement peut s&#039;opérer. En effet, à travers notre recherche nous avons pu voir que, qu&#039;il s&#039;agisse des droits des prisonniers, des droits des patients à l&#039;hôpital, des droits des patients psychiatriques ou des droits des femmes, les changements constatés se sont fait par l&#039;intermédiaire de mouvements, d&#039;associations, de fondations...&lt;br /&gt;
On peut noter la particularité du champ des droits des personnes en situation en handicap, ou des droits des patients en psychiatrie, par le fait que ces personnes ne disposent elles-mêmes pas des facultés à défendre leurs propres droits. Il revient alors à leur entourage, aux professionnels, et enfin à la société toute entière, de se porter garante du respect de ces droits. La société en protégeant ces personnes, en les considérant comme faisant partie intégrante des individus qui la composent, effectue alors un grand pas dans les valeurs qu&#039;elle véhicule. L&#039;idéologie en effet, doit être collective, pour prendre du sens pour tous. Mais les actes permettant cette évolution, restent bien souvent le fait d&#039;individus, qui, plus que d&#039;autres, poussés par un idéal, portent des actions progressistes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le terme personne est à distinguer d&#039;individu (voire de &amp;quot;cas&amp;quot;) en ce qui laisse entendre une capacité de droit et une place comme partenaire dans la relation (éducative, thérapeutique notamment) et les échanges de communication. Ceci peut s&#039;incarner dans des pratiques sociales élémentaires comme de désigner la personne par son nom, la vouvoyer (en langue française en particulier!), jusqu&#039;à la fermeture des hôpitaux psychiatriques par exemple. Mais c&#039;est surtout sur le plan juridique, de ses droits civils et politiques, que les luttes ont été menées: de l&#039;admission volontaire au droit de sortie pour les patients psychiatrique par exemple. Du côté des prisons, les revendications touchent aussi l&#039;individu dans son corps et son esprit: droit à l&#039;intégrité physique et morale, le droit à des conditions de vie appropriées, ou encore le droit à la santé. C&#039;est donc au nom du respect de la personne en tant qu&#039;être humain que les différentes organisations ont milité, bien que ceci n&#039;ait pas été et ne soit toujours pas quelque chose de facile. En effet, la prison demeure un lieu où l’on a de la difficulté à considérer les criminels comme des êtres humains. De ce fait, la population ne semble pas être en mesure de concevoir que ces personnes possèdent également des droits. &lt;br /&gt;
Pour changer les mentalités, nous pourrions poser le problème de la réinsertion. En effet, si l&#039;on ôte tout droit aux prisonniers, comment espérer les réinsérer dans la société. Peut-on véritablement rendre un Homme &amp;quot;meilleur&amp;quot; en lui enlevant toute dignité?   &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Du côté des [[Droits des enfants|enfants]], le droit s&#039;est surtout construit à partir de la considération de l&#039;enfant en tant qu&#039;individu ayant des droits propres, notamment liés à la protection, à la parole et l&#039;écoute, mais également aux autres besoins fondamentaux qu&#039;il peut présenter. En fait, la reconnaissance des droits de l&#039;enfant lui ont conféré peu à peu un rôle plus actif dans sa propre existence, comme par exemple par une considération plus importante de ses opinions dans les choix qui le concerne. Du coté des [[Droits des femmes|femmes]], les contestations se font sur plusieurs plans, mais ce qui est surtout recherché c&#039;est l&#039;égalité avec les hommes. Cette égalité passe donc par la ré-appropriation de leur corps, la liberté de choisir une contraception et la liberté de penser différemment. En ce qui concerne les droits des patients psychiatriques, l’on peut remarquer comme la lutte concernant vise une revendication juridique en passant à travers l’humanisation de cette population. En effet, la conception de ce que l’on appelle aujourd’hui les troubles psychiques, est en constante évolution, influencée par les croyances et les valeurs de la société. La reconnaissance des droits des patients psychiatriques vise la reconnaissance de ces personnes comme étant des êtres humains, l’égalité de traitements face à la loi et l’autodétermination et la liberté d’être tous égaux dans nos diversités.  Nous pouvons donc rapprocher ces faits au droit du consentement de la personne et de l&#039;intégrité physique. Ces droits et les droits d&#039;être informé touchent d&#039;ailleurs le quotidien médical et la lutte pour les droits des patients. Les droits des patients touchent la sphère politique et juridique où une bataille s&#039;est générée contre la liberté thérapeutique des médecins considérés comme subordonnés au droit d&#039;autodétermination du patient. Valoriser le rôle des patients en tant que partenaires critiques des médecins, du personnel médical ou encore de les responsabiliser pour éviter des difficultés lors de leur traitement permettraient d&#039;améliorer la qualité des soins dans le domaine de la santé du patient.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Paradoxalement ce sont des luttes (collectives, pour la communauté) qui ont ainsi contribué à construire la notion de personne comme corps, identité physique, morale, psychologique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En outre, concernant [http://edutechwiki.unige.ch/dewiki/Droits_des_patients_%28%C3%A0_l%27h%C3%B4pital%29 les droits des patients (à l&#039;hôpital)] et les droits [http://edutechwiki.unige.ch/dewiki/Droits_des_patients_psychiatriques des patients psychiatriques], il est à remarquer que ces droits peuvent rapidement se révéler ambigus. En effet, la légitimité du secret médical, de l&#039;asymétrie de l&#039;expertise médicale, peuvent davantage protéger le médecin que le patient. Nous avons relevé par exemple des cas où ce sont les patients qui ont dû subir des conséquences, tant au niveau de leur reconnaissance, en tant que victimes, qu&#039;au niveau économique, car elles n&#039;ont pas pu prouver que le médecin qui leur avait causé du tort était véridiquement coupable d&#039;expériences illicites sur eux. Nous pouvons nous demander dans quelle mesure ces droits permettent, intelligemment, à la médecine d&#039;opacifier la recherche médicale et par la même la problématique du patient-cobaye. Problématique qui est de nos jours, une contrainte pour faire avancer la science en toute légalité. Finalement, il faudrait se demander si l&#039;être humain dépend d&#039;expériences faites sur un groupe restreint de personnes. La réponse est oui, passablement des expériences se font avec très peu de personnes pour appliquer les résultats à grande échelle. Par exemple, cela s&#039;est observé avec la morphine concernant le traitement des douleurs. Un médecin, un jour ou l&#039;autre, s&#039;est de toute façon risqué, initialement, à injecter dans un corps appartenant à une personne, cette substance considérée comme stupéfiant auparavant. Une autre expérience de ce même type, à hôpital de Saint-Gall en Suisse, était l&#039;application d&#039;ampoules bleues de méthylène dans le ventre des patients non-informés. Ils essayaient de soigner, par ce biais, leurs occlusions gastriques qui a fini par les tuer.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Méthode ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La récolte d&#039;un récit personnel, afin d&#039;approcher l&#039;histoire d&#039;une période et de constituer une archive orale, a une tradition en sciences humaine et sociale. L&#039;ouvrage &amp;quot;Le cheval d&#039;orgueil&amp;quot; de Pierre Jakez Hélias paru en 1975 est souvent présenté comme un détonateur de l&#039;usage des récits de vie pour décrire la réalité sociale et culturelle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Diverses disciplines ont intégré la narration comme un moyen d&#039;approcher la réalité vue à travers un individu ou un groupe, que cela soit en sociologie, en histoire, en médecine, en sciences de l&#039;éducation, en ethnologie et même en littérature.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les travaux de [http://fr.wikipedia.org/wiki/Philippe_Lejeune_%28auteur%29 Philippe Lejeune] ont contribué à collecter des récits sous formes notamment autobiographiques qui sont déposés à [http://association.sitapa.org/accueil.php l&#039;Association pour l&#039;autobiographie] près de Lyon.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La démarche effectuée dans le cadre de cette recherche d&#039;intelligence collective relève de la collecte de récits. La personne interviewée est considérée comme un témoin de son temps. L&#039;histoire se construit dans l&#039;échange grâce aux questions posées [[Questions_pour_les_entretiens]], lesquelles doivent donner lieu à une narration libre, reliée aux souvenirs de la personne. Il s&#039;agit d&#039;être dans une écoute bienveillante d&#039;un récit narré afin de venir combler l&#039;intérêt des étudiant/e/s qui sont les récepteur/trice/s respectueux et curieux de cette histoire. Même si pour certains étudiants, relancer ces questions a permis à l&#039;interviewé de se recentrer sur le sujet. Lors de l&#039;interview et comme étape préalable à l&#039;introduction de ces questions, l&#039;explication de cette recherche collective a fait comprendre à certains interviewés l&#039;importance de leurs témoignages.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La démarche de &amp;quot;biographies narratives&amp;quot;, telle qu&#039;elle devrait être développée dans cette démarche citoyenne, relève de compétences relationnelles, humaines, particulièrement formatrices aux métiers de l&#039;humain. Elle demande du tact, de l&#039;écoute, de la curiosité intelligente (capacité de s&#039;adapter dans le cadre de l&#039;entretien). Il s&#039;agit de laisser de l&#039;espace et de la liberté aux personnes interviewées. Par conséquent, seules des questions générales et ouvertes assureront la liberté de narrer. Les méthodes d&#039;entretien se distinguent par la mise en œuvre des processus fondamentaux de communication et d&#039;interaction humaine. Ces processus permettent au chercheur de retirer de ses entretien des informations et éléments de réflexion riches en nuances. Nous accorderons un long temps de réponse, afin de laisser à la personne la possibilité de se souvenir et de raconter l&#039;histoire et son histoire, tout en restant attentive qu&#039;elle ne se perde pas dans des chemins trop éloignés. Elle ne relève pas d&#039;une &amp;quot;conduite d&#039;entretien&amp;quot; particulière, comme l&#039;a développée par exemple Boutin (2006), mais elle relève sans aucun doute d&#039;une approche qualitative.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans la plupart des cas, les étudiants n&#039;ont pas transmis au préalable les questions qui allaient être abordées dans l&#039;entretien à leur témoin. Pourtant, il est possible que cette démarche donne la possibilité aux personnes interviewées de prendre du temps pour récupérer leurs souvenirs en mémoire et ainsi construire un récit plus riche que lors d&#039;une réponse spontanée. Toutefois, cette démarche peut également faire perdre quelque peu aux intervieweurs/euses le contrôle de l&#039;entretien, avec un témoin qui se raconte, sans un réel cadre établi, puisqu&#039;il sait sur quels chemins on va l&#039;amener. Ainsi, le cadrage de l&#039;entretien est d&#039;autant moins aisé, car l’intervieweur perd un peu son contrôle sur celui-ci, qu&#039;il aurait pu exercer notamment par la succession des questions.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour d&#039;autres étudiants, la transmission des questions préalablement a permis aux interviewés d&#039;affiner leur mémoire en développant leurs réponses pour que leur récit soit accompagné par des souvenirs marquants. Ils ont d&#039;ailleurs fait appel aux gestes pour appuyer leurs témoignages en laissant entendre à leurs interlocuteurs que leur lutte ne cessait pas. &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Les réactions (y compris non verbales) encouragent un récit qui se construit dans la relation. Celui-ci devrait être, par définition, original (même si certain/e témoins racontent pour la Xème fois leur &amp;quot;histoire&amp;quot;, leur &amp;quot;légende&amp;quot;), puisqu&#039;il est raconté à de nouvelles personnes. L&#039;attitude du/des collecteur/trice/s de récits favorise (ou non) l&#039;expression (et ce jusqu&#039;à la confidence) et permet, qui sait, aux témoins d&#039;innover, de se déplacer dans leur narration, de raconter une histoire nouvelle, vraiment originale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Critique de la méthode ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A travers cette expérience, nous avons en tant &amp;quot;qu&#039;apprentis chercheurs&amp;quot; appris à mener un entretien semi-directif. Malgré le fait que nous avions beau imaginer le déroulement de notre entretien, nous avons rencontré quelques difficultés lors de la passation de ceux-ci. Tout d&#039;abord, il a fallu faire face au personnage que nous avions en face de nous. En effet, comme nous l&#039;avons expliqué, ces personnes ont, pour la plupart, été des militants en faveur des droits de la personne. Parfois, leur engagement a été tellement fort, qu&#039;elles sont devenues des &amp;quot;icônes&amp;quot; dans le combat de ces droits. Nous avons donc dû faire face à leur agacement et leur lassitude face à nos questions qui pouvaient certes être considérées comme trop larges. Ceci nous amène donc à penser que le choix de faire des questions ouvertes, pour que chacun puisse raconter ce dont il a envie, n&#039;était peut-être pas judicieux pour toutes les personnes que nous avons interviewées. Par contre, pour d&#039;autres &amp;quot;icônes&amp;quot; habituées à discuter, même au parlement, ces questions étaient importantes à partir du moment où on allait les analyser par la suite au sein d&#039;une recherche et ils ont répondu le plus précisément possible. Lorsqu&#039;on a présenté ces questions au sein d&#039;une recherche pour un cours universitaire, elles ont été prises sérieusement, sans nous faire remarquer de près le type de question ou les liens entre elles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De plus, il s&#039;est avéré que pour certains témoins, les questions étaient peu adéquates puisqu&#039;elles positionnaient cette personne en tant que &amp;quot;militante&amp;quot; peut-être trop directement. De même, le mot &amp;quot;droit&amp;quot; se trouvait être un peu fort pour parler de certains engagements, qui ont probablement contribué ou du moins retracent les changements de ces droits, certes, mais ne se positionnaient pas à la base comme des engagements pour les droits d&#039;une population. C&#039;est pourquoi, pour certaines questions, nous avons utilisé d&#039;autres termes (moins forts) ou nous les avons posées différemment, tout en respectant l&#039;idée fondamentale de celles-ci. Cependant, le fait de faire des questions différentes et précises pour chacun des acteurs, nous aurait fortement contraints pour l&#039;analyse transversale des entretiens. &amp;lt;br /&amp;gt; De plus, lors de certains entretiens, les acteurs se sont laissés emporter par leurs émotions. Il n&#039;était donc pas évident de gérer les pleurs rencontrés. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un cas de figure était, pour ceux qui ont eu l&#039;occasion de faire deux interviews, la position de collecteur/trice/s au niveau générationnel, à savoir faire face à une génération plus âgée, était enveloppée, pour les deux cas, d&#039;une écoute éveillée peut-être parce que leurs récits nous touchaient de près ou parce de la sagesse émanait de certains interviewés. Pour l&#039;un des interviewés, il a suscité en nous un rappel vers les droits de nos proches et, pour l&#039;autre, il nous a sensibilisé vers une menace toujours présente des droits de la personne dans le pays où nous séjournons, la Suisse. Même si l&#039;un des ces interviewés était une personnalité fédérale, le reflet de son authenticité nous a fait croire à son récit et il nous a appris plus sur les droits de la personne, qui sont par ailleurs également &amp;quot;nos droits&amp;quot;. Le rapport entre les interlocuteurs a pu être franc et nous avons ressentis que l&#039;un des interviewés nous avait confié une mission, celle de divulguer des faits. C&#039;était pour certains collecteur/trice/s un moment très intense, de vérité et jamais oublié. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Parfois, nous avons pu nous confronter à la difficulté de recentrer la discussion vers les sujets qui nous intéressent. Comme tout un chacun, les acteurs peuvent certes parler du passé, mais en tant que militants ils auront, si leur combat est toujours vivant, tendance à parler plus du présent, et de ce qu&#039;il reste à faire. Pour que nous soyons aussi amenés à prendre la relève. Il faut alors savoir &amp;quot;lire entre les paroles&amp;quot;, pour récolter des informations sur la période qui nous intéresse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il aurait peut-être été profitable de mettre à disposition de tous les acteurs les questions de l&#039;entretien à l&#039;avance. Cela aurait permis de recentrer le débat, de rappeler plus facilement les questions de recherche. Un cas de figure était pour ceux qui l&#039;on fait et qui ont reçu, en tant que collecteur/trice/s spontanément et préalablement à l&#039;interview tête à tête, des réponses écrites aux questions, de la part des interviewés. Ces réponses ont permis de mieux connaître l&#039;interviewé, son parcours, ses valeurs, son engagement pour les droits de la personne. La pré-analyse de ces réponses par écrit a permis entre autres de revenir encore une fois sur les questions et de solliciter l&#039;interviewé en confiance pour continuer à expliciter certains souvenirs marquants et enrichissants pour cette recherche. Pour les collecteur/trice/s ce va-et-vient entre les réponses écrites à l&#039;avance et la poursuite du récit a engendré une appropriation du sujet, bénéficiant ainsi la cohérence et la compréhension pour eux-mêmes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Autrement, une des questions qui permettrait de situer l&#039;interviewé sur le passé sans revenir immédiatement dans son discours sur le présent est [[Questions pour les entretiens|la question 2]]. Elle aurait pu être formulée ainsi : Y a-t-il un événement originel durant la période de votre engagement ? Pourriez-vous revenir sur le passé et nous raconter un ou des événements marquants que vous avez menés ou qui vous ont frappés durant une certaine période en faveur de ces droits ? Sinon [[Questions pour les entretiens|la question 5]] fait l&#039;effet contraire en revenant sur le pas d&#039;aujourd&#039;hui comme conséquence du passé : Qu&#039;en est-il aujourd&#039;hui de cette lutte et des acquis et des risques de retour en arrière? Sur quoi faudrait-il continuer de se battre de lutter? Continuez-vous aujourd&#039;hui à vous engager et sur quoi? Donc, il n&#039;est pas étonnant d&#039;entendre les interviewés parler sur leur présent et ainsi, pourquoi ne serait-il pas envisageable de leur demander : Est-ce que l&#039;un des sujets de votre engagement pour les droits de la personne (patient, enfant, prisonnier...) continue à être d&#039;actualité aujourd&#039;hui ? Lequel ? Pourriez-vous nous l&#039;expliciter s&#039;il vous plaît ? &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quant aux valeurs des témoins, ces dernières ont été évoquées suite à la question formulée qui a engendré aussi des souvenirs vers un événement marquant lié à leurs valeurs et pour la lutte des droits de la personne.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En outre, peut-être peut-on reprocher aussi le manque de temps pour chaque entretien. Au vu de la méthodologie d&#039;entretien semi-directif et biographique, des entretiens d&#039;1h30 ne permettent pas toujours des digressions chronophages. Des entretiens plus longs, dont on aurait pu ressortir la quintessence auraient pu être bénéfiques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Enfin, la relation biographique n&#039;a pas toujours permis que les questions soient posées comme souhaitées et prises dans l&#039;échange. L&#039;entretien a pu prendre la forme d&#039;une discussion à bâtons rompus en un dialogue qui finalement a échappé aux récolteurs/teuses de récits. On peut noter, par ailleurs, que la distance générationnelle entre les récolteurs/teuses et l&#039;interviewé a pu donner à ce dernier/ère l&#039;envie de transmettre le passé, mais surtout d&#039;avertir et de former pour aujourd&#039;hui. Le retour sur des faits historiques n&#039;est pas chose aisée à réaliser.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Certains ont dû faire face à des difficultés techniques concernant l&#039;enregistrement de l&#039;interview. En effet, l&#039;appareil enregistreur est tombé en panne. Heureusement, que nous avions un autre enregistreur qui a pris le relais immédiatement car la prise de note n&#039;aurait fait que retarder l&#039;interview.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quoi qu&#039;il en soit [[Retranscriptions des entretiens|neuf entretiens]] ont été effectués, lesquels ont permis de construire une histoire qui s&#039;est étendue entre les années 1960 (engagement de Mme [[Amélia Christinat]]) et aujourd&#039;hui (engagement de Mme Margrit Kessler, conseillère nationale de Saint-Gall).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des thématiques (problématiques) plus fines ont pu être définies à partir des récits récoltés. Soit:&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
– le droit des [[Droits des enfants|enfants]] à travers le prisme de l&#039;éducation&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
– le droit des [[Droits des femmes|femmes]] pour la liberté de leur corps (l&#039;intégrité physique), et plus généralement pour le droit à leur autonomie &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
– le  droit à l&#039;intégrité physique et morale des [[Droits des prisonniers|détenus]] en Suisse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
– la lutte contre les abus de la [[Droits_des_patients_psychiatriques|psychiatrie]] &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
– la prise en compte des personnes en situation de [[Droits des personnes en situation de handicap|handicap]] dans ce champ  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
– le droit à être informé pour que les [[Droits des patients (à l&#039;hôpital)|patients]] ne deviennent pas les cobayes, des expériences scientifiques&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;analyse sera alors traversante permettant de mieux comprendre ce temps de l&#039;innovation, de la contestation, de la réforme des grandes institutions qui structurent le social et la culture occidentale depuis le 19e siècle: l&#039;hôpital, l&#039;hôpital psychiatrique, l&#039;école, le tribunal, la prison, le code civil, les institutions spécialisées: qui sont ces acteur/trice/s engagés, quelles ont été leurs idées et leurs valeurs, quelles ont été leurs actions et leurs victoires, leurs échecs aussi?&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Victoria</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Histoire_des_droits_de_la_personne:_entre_luttes_des_usagers_et_politiques_institutionnelles_1960-1980&amp;diff=13221</id>
		<title>Histoire des droits de la personne: entre luttes des usagers et politiques institutionnelles 1960-1980</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Histoire_des_droits_de_la_personne:_entre_luttes_des_usagers_et_politiques_institutionnelles_1960-1980&amp;diff=13221"/>
		<updated>2014-01-14T19:35:51Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Victoria : /* Introduction */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&lt;br /&gt;
== Histoire des droits de la personne: entre luttes des usagers et politiques institutionnelles 1960-1980 ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Introduction ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les années 1960-1980 sont des années de grandes transformations culturelles et sociales avec 1968, une année charnière qui deviendra l&#039;emblème de la contestation portant les valeurs d&#039;une génération, celle du baby-boom. Aujourd&#039;hui l&#039;histoire de cette contestation demande à être comprise dans un temps plus vaste d&#039;un avant, pendant et après Mai 68. Certes, on peut faire remonter la question des droits de la personne à la [http://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9claration_des_droits_de_l%27homme_et_du_citoyen_de_1789 Déclaration des droits de l&#039;hommes et du citoyen] comme une matrice générative d&#039;autres conventions, déclarations et droits. Or, il semblerait que le mouvement de contestation des années 1960-1980 ait poussé plus loin l&#039;exigence démocratique en partant de revendication de populations, elles-mêmes, se sentant non respectées comme des personnes ; notamment les femmes, les détenus, les patients psychiatriques (&amp;quot;[[Droits_des_patients_psychiatriques#Lois_sur_la_psychiatrie|Loi Basaglia]]&amp;quot;), les handicapés (charte de l&#039;[http://fr.wikipedia.org/wiki/ONU ONU] datant de 1975) et les enfants ([http://www.unicef.ch/sites/default/files/attachements/convention_relative_aux_droits_de_lenfant.pdf Convention relative aux droits de l’enfant]). De nouveaux droits liés à l&#039;éthique se sont développés dès les années 1970 autour du respect de la volonté des mourants, avec la pratique des directives anticipées, et plus largement des droits des patients à être traités dans la dignité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Certes, on pourrait rattacher cette histoire à une pré-histoire reliée à d&#039;autres courants comme, par exemple pour les enfants celui de l&#039;éducation nouvelle dont le pédagogue [http://fr.wikipedia.org/wiki/C%C3%A9lestin_Freinet Célestin Freinet] en est l&#039;un des fondateurs, et des expériences pédagogiques démocratiques comme celles des écoles nouvelles à la campagne, communautés d&#039;enfants (république d&#039;enfants, Cité d&#039;enfants, village d&#039;enfants). [[Libres enfants de Summerhill (Neill)|Summerhill]] incontestablement sera LE modèle de la seconde moitié du 20e siècle, mais aussi l&#039;expérience de [http://fr.wikipedia.org/wiki/Fernand_Deligny Fernand Deligny] et de communautés thérapeutiques telles que Boulens en Suisse romande [[http://edutechwiki.unige.ch/dewiki/Résumé_film_de_Catherine_Scheuchzer]]. Des racines ainsi plus lointaines peuvent être vues dans la &amp;quot;protection de l&#039;enfance&amp;quot; qui voit déjà en 1924  une convention, la [http://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/images/f/fb/Declaration-geneve.pdf &amp;quot;Convention de Genève&amp;quot;] dite prémice lointaine de la [http://www.unicef.ch/sites/default/files/attachements/convention_relative_aux_droits_de_lenfant.pdf Convention relative aux droits de l&#039;enfant] en 1989. Il en va de même avec l&#039;histoire des femmes qui revendiquent le droit de vote depuis le 19e siècle (les suffragettes). Or, nous nous attacherons essentiellement à circonscrire une histoire se déroulant pendant une vingtaine d&#039;années autour de nouvelles revendications qui ont pu porter sur des micro-éléments (&amp;quot;petits trucs&amp;quot;, &amp;quot;micro-conflictualités&amp;quot;, petits événements de la vie quotidienne, cas particulier), mais qui sont à rattacher à un &amp;quot;esprit d&#039;un temps&amp;quot; contestataire de la hiérarchie, des pouvoirs constitués (des patrons, des médecins, des &amp;quot;supposés savoirs&amp;quot; notamment) dans une perspective libertaire (liberté de sortir de l&#039;hôpital psychiatrique, liberté d&#039;user de son corps, liberté de sexualité en prison, liberté de parole, de choix, de décision...) et d&#039;exigence de sa réalisation (utopique?) par des actions et manifestations politiques face aux violences institutionnelles (portes fermées, nudité imposée, horaire imposé, cure de sommeil et électrochocs imposés, contention, viol, avortement clandestin, etc.). Peut-on alors y voir une expression de revendication des droits de la personne (autodétermination, autonomie, intégrité, dignité) qui sous-tendrait des droits portant sur un objet particulier (à l&#039;instruction, au salaire égal, à l&#039;avortement, à une &amp;quot;vie comme tout le monde&amp;quot;, à consulter son dossier individuel, aux parloirs sexuels, etc.) ? Ce sera une des questions auxquelles cherchera à répondre cet ouvrage. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un certain nombre de notions et de valeurs démocratiques et libertaires semblent parcourir une histoire longue (du 18e au 21e siècle) avec des incarnations plus ou moins denses selon les périodes. Celles envisagées dans les droits de la personnes pendant la période 1960-1980 s&#039;incarnent dans la liberté certes (valeur première de la Déclaration des droits de l&#039;homme et du citoyen), mais aussi la créativité, l&#039;innovation, la contestation valorisant l&#039;individu et son autonomie, mais aussi le collectif comme matrice créatrice, avec un souci du respect de la différence (une reconnaissance) mais aussi du groupe comme porteur de revendications, un ancrage dans la vie quotidienne et une volonté d&#039;universalisme. La culture contestataire est-elle monolithique ou multiple? Est-elle aussi traversée par des contradictions, des paradoxes: on prône une liberté individuelle dans un carcan idéologique, la lutte est collective pour des droits individuels?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La recherche a abouti à l&#039;écriture de six articles, introduits et conclus par des textes rédigés en communs, qui tous viseront à mieux saisir qui sont les acteurs/trices (intégrés dans un mouvement de revendication ou un courant idéologique contestataire), leurs actions dans l&#039;expérience quotidienne de leurs luttes pour les droits de l&#039;individu et/ou de la personne, les valeurs prônées, les objectifs atteints ou non pour faire valoir les droits des personnes placées dans des institutions dites alors &amp;quot;totalitaires&amp;quot;, tout en cherchant à mieux définir ce que signifient ces droits dans le quotidien institutionnel et personnel.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le travail de cette &amp;quot;communauté de recherche&amp;quot; vise aussi à repérer les ouvrages de références qui ont marqué les acteurs/trices de cette période, des intellectuels ([[Basaglia]], [http://fr.wikipedia.org/wiki/Michel_Foucault Foucault], [[Une_ société sans école|Illitch]], [http://fr.wikipedia.org/wiki/Erving_Goffman Goffman] entre autres penseurs, parfois utopistes voir visionnaires, ainsi que, suivant la méthode prônée par Michel Foucault dans son ouvrage &#039;&#039;Histoire de la clinique&#039;&#039; notamment, à questionner les faits, à interroger le système, autrement dit à &amp;quot;déconstruire&amp;quot; la réalité pour comprendre les enjeux du pouvoir qui ont traversé les luttes de promotion des droits de la personne dans des champs différents, mais relevant tous d&#039;un rapport entre un pouvoir qui désigne et un individu-objet dont on attend la soumission. Ces ouvrages montrent que les mouvements de contestation se font dans tous les pays ; par exemple, en ce qui concerne l&#039;anti-psychiatrie, les critiques ont eu lieu en Italie avec [[Basaglia]] mais également aux États-Unis avec Goffman. Ainsi que ce soit le pédagogue et l&#039;élève  &amp;quot;difficile&amp;quot;, déviant, handicapé, le médecin et le patient désigné, le juge qui désigne les degrés de culpabilité d&#039;un &amp;quot;coupable&amp;quot; ou l’État qui décide de la responsabilité civique ou non des femmes (et des jeunes), partout se modèlent et se modulent des relations différentes à l&#039;intérieur d&#039;une structure hiérarchique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des acteurs/actrices seront interrogés afin de mieux saisir leur engagement, les valeurs qu&#039;ils ont prônées, la conscience qu&#039;ils ont eu de déstabiliser le pouvoir médical, l&#039;institution totalitaire, pour des alternatives dont on interrogera leur devenir subversif: communautés d&#039;enfants, communautés thérapeutiques en milieu psychiatrique, en milieu carcéral (notamment la Pâquerette à Genève) et plus généralement dans l&#039;éducation spécialisée. Mais c&#039;est fondamentalement la question de la revendication des droits de la personne qui sera l&#039;objet de ce questionnement. Il s&#039;agira dans un premier temps de mieux comprendre ce qui différencie les droits de la personne, des droits de l&#039;homme érigés au 18e siècle, et de comprendre les enjeux des luttes pour voir émerger ces &amp;quot;nouveaux&amp;quot; droits et les formes qu&#039;ils ont prises: droit à la parole, droit de sortie, droit à l&#039;avortement, droit à consulter son dossier médical, etc...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au moyen de cinq questions ouvertes, il s&#039;agit de récolter leurs témoignages afin de mieux comprendre les ressorts de leur engagement (politique, idéologique, éthique), les événements qui ont marqué cette période 1960-1980, les mobiles des acteurs/trices. [[http://edutechwiki.unige.ch/dewiki/Questions_pour_les_entretiens]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Fondamentalement, c&#039;est à une réflexion sur la construction de la réalité que cet ouvrage invite, celle de la maladie, de la déviance, de la différence, mais aussi à celle des relations entretenues avec des personnes qui sont stigmatisées (handicapées, psychiatrisées, détenues, patients) et/ou placées dans une catégorie sociale dépendante (la femme non-citoyenne, dépendante de l&#039;homme, l&#039;enfant de ses parents). L&#039;institution réifie l&#039;individu et lui fait perdre ses droits et c&#039;est donc bien une volonté de récupérer une place d&#039;acteur, de prendre la parole, de donner haut et fort son avis qui va mobiliser les acteurs des luttes, en particulier dans l&#039;après 68. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C&#039;est aussi &#039;&#039;in fine&#039;&#039; un questionnement sur l&#039;histoire et ses changements, lesquels demandent à s&#039;interroger sur la place accordée, dans le temps, aux personnes en difficultés quelles qu&#039;elles soient et sur la nécessité dans le domaine des droits de la personne à rester vigilant afin de ne pas perdre ce qui a été acquis parfois de haute lutte et d&#039;étendre encore les valeurs sur lesquelles ils reposent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Revue de la littérature ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La &amp;quot;matrice générative&amp;quot; des droits de la personne est bien la Déclaration des droits de l&#039;homme et du citoyen : une &amp;quot;matrice&amp;quot; juridique à partir de laquelle vont se développer d&#039;autres droits, règlementations et conventions. Pour couvrir les différents champs de la réalité sociale qui ont été touchés par la créativité des acteur/trice/s (qu&#039;ils aient été des militant/e/s ou des réformateur/trice/s) particulièrement active dans les années 1960-1980 et les changements opérés, il est nécessaire de se référer aux auteur/e/s qui, autant dans le champ du handicap, des patients de l&#039;hôpital, des usagers de la psychiatrie, des détenus, des [[Droits_des_enfants|enfants]] et des femmes, ont proposé des approches nouvelles, des concepts voire des pratiques novatrices.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Certes, il n&#039;y a pas un moment particulier où commencerait une lutte pour les droits de la personne. Cette question s&#039;inscrit dans une histoire longue de la constitution des droits, de la &amp;quot;fabrication&amp;quot; de l&#039;individu, de la conception de la personne comme être sensible, consciente d&#039;elle-même. Il en va de même pour des pratiques qui certes ont été promues pendant cette période comme, par exemple, les communautés de vie, mais il existe des traditions qui peuvent remonter bien avant les années 60. C&#039;est le cas avec la communauté d&#039;enfants de Summerhill en Angleterre créée par Alexander S. Neill. Dans son livre [[Libres enfants de Summerhill (Neill)]], on peut déceler la place centrale de la notion de liberté dans sa conception de l&#039;éducation et de l&#039;instruction des enfants. Selon cet auteur, on ne peut construire de collectif cohérent qu&#039;en respectant la liberté des individus. Les violences, les incivilités ne sont pour lui que le produit des incohérences de la société, qui frustrent l&#039;individu et qui, à vouloir trop l&#039;uniformiser, en brisent les richesses. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans la fin des années soixante, la critique des institutions psychiatriques surgissent. Une mise en évidence des conditions de vie des patients psychiatriques se fait notamment par [[Basaglia]] en Italie. Ce qu&#039;il rencontre dans cet univers le pousse à créer des lieux de vie plus accueillants où l&#039;on donnerait plus de liberté à la personne psychiatrique ; c&#039;est ce qu&#039;il appelle les communautés thérapeutiques. Ces bâtiments ouverts sur l&#039;extérieur et où la hiérarchie est horizontale favorise la mobilisation des personnes pour lutter pour la liberté des droits de la personne, et surtout la liberté des droits de la personne psychiatrique. [[Basaglia]] est donc probablement l&#039;un des auteurs de l&#039;époque qui a influencé les acteurs/actrices que nous avons interrogés pour notre recherche. Un discours pareil est ténu par Goffman aux Etats-Unis. Dans son livre « Asiles, études sur la condition sociale des malades mentaux », l’auteur se penche sur le déroulement du quotidien des patients vivant dans ce qu’il appelle une « institution totalitaire ». Ce personnes, privées de tout droit, sont à la merci des médecins, du personnel soignant et du fonctionnement de l’hôpital qui est désormais leur lieu de vie. En effet, l’hôpital psychiatrique ne vise pas à soigner, mais à exclure de la société les personnes qui dérangent par leur comportement.   Fondamentalement, la critique est politique, sociale, mais aussi épistémologique: on s&#039;attaque à la réalité qui est un &amp;quot;construit&amp;quot; social. Ce qui explique aussi l&#039;attention mise à la vie quotidienne (voire Goffman, mais aussi [http://fr.wikipedia.org/wiki/Lucien_Febvre Lucien Lefebvre] notamment). Le quotidien devenant matrice de la relation créative autant que de la subversion, dans une tradition qui s&#039;inspire d&#039;ailleurs des surréalistes des années 20 (voire notamment [http://fr.wikipedia.org/wiki/Georges_Perec Georges Perec]). L&#039;approche constructionniste de [http://en.wikipedia.org/wiki/Kenneth_J._Gergen Kenneth Gergen], aujourd&#039;hui, poursuit cette tradition voyant dans la relation la matrice de cette construction de la réalité allant jusqu&#039;à affirmer que l&#039;individu n&#039;existe pas en-dehors de la relation qui le &amp;quot;produit&amp;quot; [[http://www.taosinstitute.net]]. Une autre manière de montrer, comme l&#039;a fait Foucault, que l&#039;individu est aussi une construction sociale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les droits de la personne: un concept complexe  ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La thématique des droits de la personne oblige à réfléchir sur le concept et à le relier ou détacher d&#039;autres concepts: celui de l&#039;individu, celui du sujet (de droit) et celui de l&#039;humain.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La plupart des revendications peuvent être reliées aux &amp;quot;droits de la personne&amp;quot;. Or ceux-ci sont rarement explicités. Lorsqu&#039;ils le sont c&#039;est en référence à la &amp;quot;liberté individuelle&amp;quot;, au droit à la parole, au choix (de traitement notamment) et à la dignité. Souvent, ce sont des valeurs individualistes qui sont prônées même si elles le sont par un collectif (association, comité, mouvement contestataire manifestant collectivement dans la rue) et qui fondent un certain &amp;quot;esprit&amp;quot; du droit de la personne. C&#039;est par le regroupement de plusieurs personnes qui ont des valeurs communes (telles que le libre choix,l&#039;intégrité physique) que le changement peut s&#039;opérer. En effet, à travers notre recherche nous avons pu voir que, qu&#039;il s&#039;agisse des droits des prisonniers, des droits des patients à l&#039;hôpital, des droits des patients psychiatriques ou des droits des femmes, les changements constatés se sont fait par l&#039;intermédiaire de mouvements, d&#039;associations, de fondations...&lt;br /&gt;
On peut noter la particularité du champ des droits des personnes en situation en handicap, ou des droits des patients en psychiatrie, par le fait que ces personnes ne disposent elles-mêmes pas des facultés à défendre leurs propres droits. Il revient alors à leur entourage, aux professionnels, et enfin à la société toute entière, de se porter garante du respect de ces droits. La société en protégeant ces personnes, en les considérant comme faisant partie intégrante des individus qui la composent, effectue alors un grand pas dans les valeurs qu&#039;elle véhicule. L&#039;idéologie en effet, doit être collective, pour prendre du sens pour tous. Mais les actes permettant cette évolution, restent bien souvent le fait d&#039;individus, qui, plus que d&#039;autres, poussés par un idéal, portent des actions progressistes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le terme personne est à distinguer d&#039;individu (voire de &amp;quot;cas&amp;quot;) en ce qui laisse entendre une capacité de droit et une place comme partenaire dans la relation (éducative, thérapeutique notamment) et les échanges de communication. Ceci peut s&#039;incarner dans des pratiques sociales élémentaires comme de désigner la personne par son nom, la vouvoyer (en langue française en particulier!), jusqu&#039;à la fermeture des hôpitaux psychiatriques par exemple. Mais c&#039;est surtout sur le plan juridique, de ses droits civils et politiques, que les luttes ont été menées: de l&#039;admission volontaire au droit de sortie pour les patients psychiatrique par exemple. Du côté des prisons, les revendications touchent aussi l&#039;individu dans son corps et son esprit: droit à l&#039;intégrité physique et morale, le droit à des conditions de vie appropriées, ou encore le droit à la santé. C&#039;est donc au nom du respect de la personne en tant qu&#039;être humain que les différentes organisations ont milité, bien que ceci n&#039;ait pas été et ne soit toujours pas quelque chose de facile. En effet, la prison demeure un lieu où l’on a de la difficulté à considérer les criminels comme des êtres humains. De ce fait, la population ne semble pas être en mesure de concevoir que ces personnes possèdent également des droits. &lt;br /&gt;
Pour changer les mentalités, nous pourrions poser le problème de la réinsertion. En effet, si l&#039;on ôte tout droit aux prisonniers, comment espérer les réinsérer dans la société. Peut-on véritablement rendre un Homme &amp;quot;meilleur&amp;quot; en lui enlevant toute dignité?   &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Du côté des [[Droits des enfants|enfants]], le droit s&#039;est surtout construit à partir de la considération de l&#039;enfant en tant qu&#039;individu ayant des droits propres, notamment liés à la protection, à la parole et l&#039;écoute, mais également aux autres besoins fondamentaux qu&#039;il peut présenter. En fait, la reconnaissance des droits de l&#039;enfant lui ont conféré peu à peu un rôle plus actif dans sa propre existence, comme par exemple par une considération plus importante de ses opinions dans les choix qui le concerne. Du coté des [[Droits des femmes|femmes]], les contestations se font sur plusieurs plans, mais ce qui est surtout recherché c&#039;est l&#039;égalité avec les hommes. Cette égalité passe donc par la ré-appropriation de leur corps, la liberté de choisir une contraception et la liberté de penser différemment. En ce qui concerne les droits des patients psychiatriques, l’on peut remarquer comme la lutte concernant vise une revendication juridique en passant à travers l’humanisation de cette population. En effet, la conception de ce que l’on appelle aujourd’hui les troubles psychiques, est en constante évolution, influencée par les croyances et les valeurs de la société. La reconnaissance des droits des patients psychiatriques vise la reconnaissance de ces personnes comme étant des êtres humains, l’égalité de traitements face à la loi et l’autodétermination et la liberté d’être tous égaux dans nos diversités.  Nous pouvons donc rapprocher ces faits au droit du consentement de la personne et de l&#039;intégrité physique. Ces droits et les droits d&#039;être informé touchent d&#039;ailleurs le quotidien médical et la lutte pour les droits des patients. Les droits des patients touchent la sphère politique et juridique où une bataille s&#039;est générée contre la liberté thérapeutique des médecins considérés comme subordonnés au droit d&#039;autodétermination du patient. Valoriser le rôle des patients en tant que partenaires critiques des médecins, du personnel médical ou encore de les responsabiliser pour éviter des difficultés lors de leur traitement permettraient d&#039;améliorer la qualité des soins dans le domaine de la santé du patient.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Paradoxalement ce sont des luttes (collectives, pour la communauté) qui ont ainsi contribué à construire la notion de personne comme corps, identité physique, morale, psychologique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En outre, concernant [http://edutechwiki.unige.ch/dewiki/Droits_des_patients_%28%C3%A0_l%27h%C3%B4pital%29 les droits des patients (à l&#039;hôpital)] et les droits [http://edutechwiki.unige.ch/dewiki/Droits_des_patients_psychiatriques des patients psychiatriques], il est à remarquer que ces droits peuvent rapidement se révéler ambigus. En effet, la légitimité du secret médical, de l&#039;asymétrie de l&#039;expertise médicale, peuvent davantage protéger le médecin que le patient. Nous avons relevé par exemple des cas où ce sont les patients qui ont dû subir des conséquences, tant au niveau de leur reconnaissance, en tant que victimes, qu&#039;au niveau économique, car elles n&#039;ont pas pu prouver que le médecin qui leur avait causé du tort était véridiquement coupable d&#039;expériences illicites sur eux. Nous pouvons nous demander dans quelle mesure ces droits permettent, intelligemment, à la médecine d&#039;opacifier la recherche médicale et par la même la problématique du patient-cobaye. Problématique qui est de nos jours, une contrainte pour faire avancer la science en toute légalité. Finalement, il faudrait se demander si l&#039;être humain dépend d&#039;expériences faites sur un groupe restreint de personnes. La réponse est oui, passablement des expériences se font avec très peu de personnes pour appliquer les résultats à grande échelle. Par exemple, cela s&#039;est observé avec la morphine concernant le traitement des douleurs. Un médecin, un jour ou l&#039;autre, s&#039;est de toute façon risqué, initialement, à injecter dans un corps appartenant à une personne, cette substance considérée comme stupéfiant auparavant. Une autre expérience de ce même type, à hôpital de Saint-Gall en Suisse, était l&#039;application d&#039;ampoules bleues de méthylène dans le ventre des patients non-informés. Ils essayaient de soigner, par ce biais, leurs occlusions gastriques qui a fini par les tuer.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Méthode ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La récolte d&#039;un récit personnel, afin d&#039;approcher l&#039;histoire d&#039;une période et de constituer une archive orale, a une tradition en sciences humaine et sociale. L&#039;ouvrage &amp;quot;Le cheval d&#039;orgueil&amp;quot; de Pierre Jakez Hélias paru en 1975 est souvent présenté comme un détonateur de l&#039;usage des récits de vie pour décrire la réalité sociale et culturelle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Diverses disciplines ont intégré la narration comme un moyen d&#039;approcher la réalité vue à travers un individu ou un groupe, que cela soit en sociologie, en histoire, en médecine, en sciences de l&#039;éducation, en ethnologie et même en littérature.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les travaux de [http://fr.wikipedia.org/wiki/Philippe_Lejeune_%28auteur%29 Philippe Lejeune] ont contribué à collecter des récits sous formes notamment autobiographiques qui sont déposés à [http://association.sitapa.org/accueil.php l&#039;Association pour l&#039;autobiographie] près de Lyon.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La démarche effectuée dans le cadre de cette recherche d&#039;intelligence collective relève de la collecte de récits. La personne interviewée est considérée comme un témoin de son temps. L&#039;histoire se construit dans l&#039;échange grâce aux questions posées [[Questions_pour_les_entretiens]], lesquelles doivent donner lieu à une narration libre, reliée aux souvenirs de la personne. Il s&#039;agit d&#039;être dans une écoute bienveillante d&#039;un récit narré afin de venir combler l&#039;intérêt des étudiant/e/s qui sont les récepteur/trice/s respectueux et curieux de cette histoire. Même si pour certains étudiants, relancer ces questions a permis à l&#039;interviewé de se recentrer sur le sujet. Lors de l&#039;interview et comme étape préalable à l&#039;introduction de ces questions, l&#039;explication de cette recherche collective a fait comprendre à certains interviewés l&#039;importance de leurs témoignages.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La démarche de &amp;quot;biographies narratives&amp;quot;, telle qu&#039;elle devrait être développée dans cette démarche citoyenne, relève de compétences relationnelles, humaines, particulièrement formatrices aux métiers de l&#039;humain. Elle demande du tact, de l&#039;écoute, de la curiosité intelligente (capacité de s&#039;adapter dans le cadre de l&#039;entretien). Il s&#039;agit de laisser de l&#039;espace et de la liberté aux personnes interviewées. Par conséquent, seules des questions générales et ouvertes assureront la liberté de narrer. Les méthodes d&#039;entretien se distinguent par la mise en œuvre des processus fondamentaux de communication et d&#039;interaction humaine. Ces processus permettent au chercheur de retirer de ses entretien des informations et éléments de réflexion riches en nuances. Nous accorderons un long temps de réponse, afin de laisser à la personne la possibilité de se souvenir et de raconter l&#039;histoire et son histoire, tout en restant attentive qu&#039;elle ne se perde pas dans des chemins trop éloignés. Elle ne relève pas d&#039;une &amp;quot;conduite d&#039;entretien&amp;quot; particulière, comme l&#039;a développée par exemple Boutin (2006), mais elle relève sans aucun doute d&#039;une approche qualitative.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans la plupart des cas, les étudiants n&#039;ont pas transmis au préalable les questions qui allaient être abordées dans l&#039;entretien à leur témoin. Pourtant, il est possible que cette démarche donne la possibilité aux personnes interviewées de prendre du temps pour récupérer leurs souvenirs en mémoire et ainsi construire un récit plus riche que lors d&#039;une réponse spontanée. Toutefois, cette démarche peut également faire perdre quelque peu aux intervieweurs/euses le contrôle de l&#039;entretien, avec un témoin qui se raconte, sans un réel cadre établi, puisqu&#039;il sait sur quels chemins on va l&#039;amener. Ainsi, le cadrage de l&#039;entretien est d&#039;autant moins aisé, car l’intervieweur perd un peu son contrôle sur celui-ci, qu&#039;il aurait pu exercer notamment par la succession des questions.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour d&#039;autres étudiants, la transmission des questions préalablement a permis aux interviewés d&#039;affiner leur mémoire en développant leurs réponses pour que leur récit soit accompagné par des souvenirs marquants. Ils ont d&#039;ailleurs fait appel aux gestes pour appuyer leurs témoignages en laissant entendre à leurs interlocuteurs que leur lutte ne cessait pas. &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Les réactions (y compris non verbales) encouragent un récit qui se construit dans la relation. Celui-ci devrait être, par définition, original (même si certain/e témoins racontent pour la Xème fois leur &amp;quot;histoire&amp;quot;, leur &amp;quot;légende&amp;quot;), puisqu&#039;il est raconté à de nouvelles personnes. L&#039;attitude du/des collecteur/trice/s de récits favorise (ou non) l&#039;expression (et ce jusqu&#039;à la confidence) et permet, qui sait, aux témoins d&#039;innover, de se déplacer dans leur narration, de raconter une histoire nouvelle, vraiment originale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Critique de la méthode ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A travers cette expérience, nous avons en tant &amp;quot;qu&#039;apprentis chercheurs&amp;quot; appris à mener un entretien semi-directif. Malgré le fait que nous avions beau imaginer le déroulement de notre entretien, nous avons rencontré quelques difficultés lors de la passation de ceux-ci. Tout d&#039;abord, il a fallu faire face au personnage que nous avions en face de nous. En effet, comme nous l&#039;avons expliqué, ces personnes ont, pour la plupart, été des militants en faveur des droits de la personne. Parfois, leur engagement a été tellement fort, qu&#039;elles sont devenues des &amp;quot;icônes&amp;quot; dans le combat de ces droits. Nous avons donc dû faire face à leur agacement et leur lassitude face à nos questions qui pouvaient certes être considérées comme trop larges. Ceci nous amène donc à penser que le choix de faire des questions ouvertes, pour que chacun puisse raconter ce dont il a envie, n&#039;était peut-être pas judicieux pour toutes les personnes que nous avons interviewées. Par contre, pour d&#039;autres &amp;quot;icônes&amp;quot; habituées à discuter, même au parlement, ces questions étaient importantes à partir du moment où on allait les analyser par la suite au sein d&#039;une recherche et ils ont répondu le plus précisément possible. Lorsqu&#039;on a présenté ces questions au sein d&#039;une recherche pour un cours universitaire, elles ont été prises sérieusement, sans nous faire remarquer de près le type de question ou les liens entre elles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De plus, il s&#039;est avéré que pour certains témoins, les questions étaient peu adéquates puisqu&#039;elles positionnaient cette personne en tant que &amp;quot;militante&amp;quot; peut-être trop directement. De même, le mot &amp;quot;droit&amp;quot; se trouvait être un peu fort pour parler de certains engagements, qui ont probablement contribué ou du moins retracent les changements de ces droits, certes, mais ne se positionnaient pas à la base comme des engagements pour les droits d&#039;une population. C&#039;est pourquoi, pour certaines questions, nous avons utilisé d&#039;autres termes (moins forts) ou nous les avons posées différemment, tout en respectant l&#039;idée fondamentale de celles-ci. Cependant, le fait de faire des questions différentes et précises pour chacun des acteurs, nous aurait fortement contraints pour l&#039;analyse transversale des entretiens. &amp;lt;br /&amp;gt; De plus, lors de certains entretiens, les acteurs se sont laissés emporter par leurs émotions. Il n&#039;était donc pas évident de gérer les pleurs rencontrés. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un cas de figure était, pour ceux qui ont eu l&#039;occasion de faire deux interviews, la position de collecteur/trice/s au niveau générationnel, à savoir faire face à une génération plus âgée, était enveloppée, pour les deux cas, d&#039;une écoute éveillée peut-être parce que leurs récits nous touchaient de près ou parce de la sagesse émanait de certains interviewés. Pour l&#039;un des interviewés, il a suscité en nous un rappel vers les droits de nos proches et, pour l&#039;autre, il nous a sensibilisé vers une menace toujours présente des droits de la personne dans le pays où nous séjournons, la Suisse. Même si l&#039;un des ces interviewés était une personnalité fédérale, le reflet de son authenticité nous a fait croire à son récit et il nous a appris plus sur les droits de la personne, qui sont par ailleurs également &amp;quot;nos droits&amp;quot;. Le rapport entre les interlocuteurs a pu être franc et nous avons ressentis que l&#039;un des interviewés nous avait confié une mission, celle de divulguer des faits. C&#039;était pour certains collecteur/trice/s un moment très intense, de vérité et jamais oublié. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Parfois, nous avons pu nous confronter à la difficulté de recentrer la discussion vers les sujets qui nous intéressent. Comme tout un chacun, les acteurs peuvent certes parler du passé, mais en tant que militants ils auront, si leur combat est toujours vivant, tendance à parler plus du présent, et de ce qu&#039;il reste à faire. Pour que nous soyons aussi amenés à prendre la relève. Il faut alors savoir &amp;quot;lire entre les paroles&amp;quot;, pour récolter des informations sur la période qui nous intéresse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il aurait peut-être été profitable de mettre à disposition de tous les acteurs les questions de l&#039;entretien à l&#039;avance. Cela aurait permis de recentrer le débat, de rappeler plus facilement les questions de recherche. Un cas de figure était pour ceux qui l&#039;on fait et qui ont reçu, en tant que collecteur/trice/s spontanément et préalablement à l&#039;interview tête à tête, des réponses écrites aux questions, de la part des interviewés. Ces réponses ont permis de mieux connaître l&#039;interviewé, son parcours, ses valeurs, son engagement pour les droits de la personne. La pré-analyse de ces réponses par écrit a permis entre autres de revenir encore une fois sur les questions et de solliciter l&#039;interviewé en confiance pour continuer à expliciter certains souvenirs marquants et enrichissants pour cette recherche. Pour les collecteur/trice/s ce va-et-vient entre les réponses écrites à l&#039;avance et la poursuite du récit a engendré une appropriation du sujet, bénéficiant ainsi la cohérence et la compréhension pour eux-mêmes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Autrement, une des questions qui permettrait de situer l&#039;interviewé sur le passé sans revenir immédiatement dans son discours sur le présent est [[Questions pour les entretiens|la question 2]]. Elle aurait pu être formulée ainsi : Y a-t-il un événement originel durant la période de votre engagement ? Pourriez-vous revenir sur le passé et nous raconter un ou des événements marquants que vous avez menés ou qui vous ont frappés durant une certaine période en faveur de ces droits ? Sinon [[Questions pour les entretiens|la question 5]] fait l&#039;effet contraire en revenant sur le pas d&#039;aujourd&#039;hui comme conséquence du passé : Qu&#039;en est-il aujourd&#039;hui de cette lutte et des acquis et des risques de retour en arrière? Sur quoi faudrait-il continuer de se battre de lutter? Continuez-vous aujourd&#039;hui à vous engager et sur quoi? Donc, il n&#039;est pas étonnant d&#039;entendre les interviewés parler sur leur présent et ainsi, pourquoi ne serait-il pas envisageable de leur demander : Est-ce que l&#039;un des sujets de votre engagement pour les droits de la personne (patient, enfant, prisonnier...) continue à être d&#039;actualité aujourd&#039;hui ? Lequel ? Pourriez-vous nous l&#039;expliciter s&#039;il vous plaît ? &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quant aux valeurs des témoins, ces dernières ont été évoquées suite à la question formulée qui a engendré aussi des souvenirs vers un événement marquant lié à leurs valeurs et pour la lutte des droits de la personne.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En outre, peut-être peut-on reprocher aussi le manque de temps pour chaque entretien. Au vu de la méthodologie d&#039;entretien semi-directif et biographique, des entretiens d&#039;1h30 ne permettent pas toujours des digressions chronophages. Des entretiens plus longs, dont on aurait pu ressortir la quintessence auraient pu être bénéfiques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Enfin, la relation biographique n&#039;a pas toujours permis que les questions soient posées comme souhaitées et prises dans l&#039;échange. L&#039;entretien a pu prendre la forme d&#039;une discussion à bâtons rompus en un dialogue qui finalement a échappé aux récolteurs/teuses de récits. On peut noter, par ailleurs, que la distance générationnelle entre les récolteurs/teuses et l&#039;interviewé a pu donner à ce dernier/ère l&#039;envie de transmettre le passé, mais surtout d&#039;avertir et de former pour aujourd&#039;hui. Le retour sur des faits historiques n&#039;est pas chose aisée à réaliser.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Certains ont dû faire face à des difficultés techniques concernant l&#039;enregistrement de l&#039;interview. En effet, l&#039;appareil enregistreur est tombé en panne. Heureusement, que nous avions un autre enregistreur qui a pris le relais immédiatement car la prise de note n&#039;aurait fait que retarder l&#039;interview.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quoi qu&#039;il en soit [[Retranscriptions des entretiens|neuf entretiens]] ont été effectués, lesquels ont permis de construire une histoire qui s&#039;est étendue entre les années 1960 (engagement de Mme [[Amélia Christinat]]) et aujourd&#039;hui (engagement de Mme Margrit Kessler, conseillère nationale de Saint-Gall).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des thématiques (problématiques) plus fines ont pu être définies à partir des récits récoltés. Soit:&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
– le droit des [[Droits des enfants|enfants]] à travers le prisme de l&#039;éducation&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
– le droit des [[Droits des femmes|femmes]] pour la liberté de leur corps (l&#039;intégrité physique), et plus généralement pour le droit à leur autonomie &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
– le  droit à l&#039;intégrité physique et morale des [[Droits des prisonniers|détenus]] en Suisse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
– la lutte contre les abus de la [[Droits_des_patients_psychiatriques|psychiatrie]] &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
– la prise en compte des personnes en situation de [[Droits des personnes en situation de handicap|handicap]] dans ce champ  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
– le droit à être informé pour que les [[Droits des patients (à l&#039;hôpital)|patients]] ne deviennent pas les cobayes, des expériences scientifiques&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;analyse sera alors traversante permettant de mieux comprendre ce temps de l&#039;innovation, de la contestation, de la réforme des grandes institutions qui structurent le social et la culture occidentale depuis le 19e siècle: l&#039;hôpital, l&#039;hôpital psychiatrique, l&#039;école, le tribunal, la prison, le code civil, les institutions spécialisées: qui sont ces acteur/trice/s engagés, quelles ont été leurs idées et leurs valeurs, quelles ont été leurs actions et leurs victoires, leurs échecs aussi?&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Victoria</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Discussion:Droits_des_enfants&amp;diff=13220</id>
		<title>Discussion:Droits des enfants</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Discussion:Droits_des_enfants&amp;diff=13220"/>
		<updated>2014-01-14T19:32:37Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Victoria : /* Finalisé -- ~~~~ */ nouvelle section&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;==  -- [[Utilisateur:Ruchat|Ruchat]] ([[Discussion utilisateur:Ruchat|discussion]]) 15 novembre 2013 à 11:39 (CET) ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je ne saisis pas bien votre projet. car si vous allez interviewer quelqu&#039;un qui s&#039;est engagé dans les années 60 pour les droits des enfants il s&#039;agit je pense de travailler sur la convention de 1989. Or vous développez abondamment la question du vote des enfants aujourd&#039;hui? Pensez-vous que cela soit une question dans les années 60? Sinon vous auriez deux sujets et je ne suis pas sûre que M. Audéoud puisse répondre aux questions du débat actuel mais je peux aussi me tromper.&lt;br /&gt;
si vous interviewez deux juges, il faudrait  orienter alors votre recherche sur les droits des mineurs &amp;quot;en conflit avec la loi&amp;quot; (comme on dit aujourd&#039;hui!).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Re: -- [[Utilisateur:Victoria|Victoria]] ([[Discussion utilisateur:Victoria|discussion]]) 15 novembre 2013 à 13:09 (CET)==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Notre idée première est de retracer historiquement les étapes qui ont aboutie à la Convention de 1989. Effectivement, notre témoin ne pourra pas nous renseigner sur les dates de 24 et 59, mais il nous semblait pertinent de retracer un peu le contexte, mais il est vrai que l&#039;approfondissement, notamment grâce aux propos de notre témoin se fera plus sur les années 60-90, donc sur la Convention de 1989.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quant au débat actuel, nous voulions ouvrir notre travail sur l&#039;actualité, mais sans avoir dans l&#039;idée de nous référer à notre témoin pour cela. Mais il est vrai que l&#039;on pourrait abandonner cette partie, afin de mieux se concentrer sur notre réel sujet.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je comprend votre proposition de travailler sur le droit des mineurs en conflit avec la loi, mais cela signifie que nous devrions abandonner notre recherche sur les droits des enfants?&lt;br /&gt;
Pour répondre également à votre mail, nous avions plus dans l&#039;optique d&#039;interwiever un seul témoin, car nous ne sommes que trois personnes sur le sujet. De plus, on aurait préféré que cela puisse se faire avec M. Audéoud pour une question pratique, Morges étant plus accessible pour nous. Mais si toutefois il ne peut pas répondre à notre demande, nous avions dans l&#039;idée de contacter alors notre deuxième témoin proposé.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
J&#039;espère avoir répondu à vos interrogations, et merci à vous de nous aider à nous réorienter vers une recherche plus adéquate quant à notre possible témoin.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==  -- [[Utilisateur:Ruchat|Ruchat]] ([[Discussion utilisateur:Ruchat|discussion]]) 26 novembre 2013 à 15:54 (CET) ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il me semble que vous avancez bien. Il faudrait mieux utiliser les liens avec les documents externes (sur internet) et mettre les références en bas de  page comme il a été proposé dans le cours par le groupe sur les droits des détenus.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Aux membres du groupe -- [[Utilisateur:Victoria|Victoria]] ([[Discussion utilisateur:Victoria|discussion]]) 26 novembre 2013 à 19:10 (CET) ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Merci Claire pour avoir pris contact avec M. Audéoud.&lt;br /&gt;
Maintenant il nous faut voir quand on aurait du temps pour aller sur Morges le rencontrer.&lt;br /&gt;
Il nous a demandé des jours et heures de disponibilités.&lt;br /&gt;
Pour ma part, je suis libre:&lt;br /&gt;
Vendredi 29 toute la journée,&lt;br /&gt;
Mercredi 4 décembre toute la journée&lt;br /&gt;
Jeudi 5 décembre à partir de 14h&lt;br /&gt;
En gros c&#039;est à peut près cela. Quand êtes-vous libres pour votre part?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Victoria&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Re: Aux membres du groupe -- [[Utilisateur:Fratczak|Fratczak]] ([[Discussion utilisateur:Fratczak|discussion]]) 26 novembre 2013 à 21:12 (CET)===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
salut les filles, &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
mercredi 4 (toute la journée) ou jeudi 5 à partir de 14h je suis aussi dispo. &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
par contre pas le 29.11&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
====Re: Re: Aux membres du groupe -- [[Utilisateur:Claire Bourgeois|Claire Bourgeois]] ([[Discussion utilisateur:Claire Bourgeois|discussion]]) 27 novembre 2013 à 10:27 (CET)====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Alors moi le mercredi 4 serait le jour qui me conviendrait mieux. Le mardi 10 ça irait aussi (toute la journée). Les jeudis et vendredis c&#039;est impossible car je suis en stage. &lt;br /&gt;
Je propose à Monsieur Audéoud pour le mercredi 4? Qu&#039;en est-il pour vous du mardi 10? Je pense que ce serait bien de lui proposer deux dates...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=====Re: Re: Re: Aux membres du groupe -- [[Utilisateur:Claire Bourgeois|Claire Bourgeois]] ([[Discussion utilisateur:Claire Bourgeois|discussion]]) 27 novembre 2013 à 10:29 (CET)=====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je m&#039;occupe de l&#039;enregistreur. Alexandre Bourquin est mon beau frère alors je lui ai déjà demandé et il nous en réserve un!&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==  -- [[Utilisateur:Ruchat|Ruchat]] ([[Discussion utilisateur:Ruchat|discussion]]) 27 novembre 2013 à 12:01 (CET) ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C&#039;est bien d&#039;avoir eu le rendez-vous: il faut y aller. C&#039;est une chance de pouvoir rencontrer un ancien juge pour enfant. Souvent les gens craignent les entretiens est disent qu&#039;ils ne savnet pas ou ne sont  pas la bonne personne...&lt;br /&gt;
Ce qui est important s&#039;est d&#039;arriver à comprendre son engagement, quand, avec qui etc. (voir les questions).&lt;br /&gt;
Bravo!&lt;br /&gt;
Pour le reste lisez  les quelques phrases que j&#039;ai mise dans Méthodologie.&lt;br /&gt;
N&#039;oubliez pas de lire ce qui est écrit sur la première page du wiki, mais aussi sur toutes celles des différentes thématiques afin de réfléchir à la problématique et d&#039;avancer dans une compréhension commune de cette histoire de l&#039;apparition des revendication des droits des usagers, patients, détenus, enfants: les acteurs/trices (dont vos témoins), les actions, les valeurs prônées, les changements de pratiques éventuelles, les espoirs....&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Aux membres du groupe -- [[Utilisateur:Victoria|Victoria]] ([[Discussion utilisateur:Victoria|discussion]]) 27 novembre 2013 à 18:42 (CET) ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme je le disais avant que mon message soit effacé,&lt;br /&gt;
pour ma part je ne suis pas libre du tout mardi.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Entretien -- [[Utilisateur:Victoria|Victoria]] ([[Discussion utilisateur:Victoria|discussion]]) 4 décembre 2013 à 10:44 (CET) ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous avons rendez-vous aujourd&#039;hui avec M. Jean-Pierre Audéoud pour l&#039;entretien.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==  -- [[Utilisateur:Ruchat|Ruchat]] ([[Discussion utilisateur:Ruchat|discussion]]) 4 décembre 2013 à 17:09 (CET) ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Vous n&#039;avez guère avancé dans votre texte.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
J&#039;espère que votre entretien s&#039;est bien passé.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il faut mettre les liens avec les documents que vous citez.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De même avec les références de livre, il faut les mettre dans la bibliographie et faire un lien.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Du point de vue du contenu: serait-il imaginable d&#039;avoir du point de vue des droits de la personne une petite analyse comparative des trois textes?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Re: -- [[Utilisateur:Victoria|Victoria]] ([[Discussion utilisateur:Victoria|discussion]]) 4 décembre 2013 à 19:10 (CET)===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je ne comprend vraiment pas, j&#039;avais mis toutes les références dans l&#039;onglet à cet effet et enregistré, mais maintenant tout est comme avant ma modification. Je m&#039;en excuse donc, il a dû y avoir un problème, je vais donc recommencer...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Re: -- [[Utilisateur:Victoria|Victoria]] ([[Discussion utilisateur:Victoria|discussion]]) 4 décembre 2013 à 19:21 (CET)===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je viens de voir que les références des citations n&#039;apparaissent plus dans l&#039;onglet à cet effet mais dans le texte, car vous avez révoqué mes dernières modifications. Je ne comprend pas, ce n&#039;est pas la manière de faire que vous nous aviez demandé?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Modifications -- [[Utilisateur:Fratczak|Fratczak]] ([[Discussion utilisateur:Fratczak|discussion]]) 5 décembre 2013 à 12:22 (CET) ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
coucou les filles,&lt;br /&gt;
j&#039;ai fait quelques modifications en ajoutant les informations et en changant l&#039;emplacement de certains points. Qu&#039;est ce que vous en pensez?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==  -- [[Utilisateur:Ruchat|Ruchat]] ([[Discussion utilisateur:Ruchat|discussion]]) 6 janvier 2014 à 18:13 (CET) ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
J&#039;attends en ce début d&#039;année une analyse de l&#039;entretien de M. Audéoud permettant de faire ressortir des éléments qui répondraient aux objectifs qui apparaissent dans l&#039;introduction générale (commune).&lt;br /&gt;
Dans cette attente je vous souhaite plein de bonnes choses pour 2014: réussite, santé et bonheur!&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== aux membres du groupe -- [[Utilisateur:Victoria|Victoria]] ([[Discussion utilisateur:Victoria|discussion]]) 10 janvier 2014 à 12:12 (CET) ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Coucou les filles, je voulais vous rappelez de ne pas oublier de faire les liens entre ce qu&#039;on retire de l&#039;entretien et ce qui est dit dans les différents textes de loi. J&#039;ai retravaillé un peu la partie droits des enfants à travers le prisme de l&#039;éducation en mettant en lien ce que j&#039;avais écris et ce que tu avais écris Claire. Il faut voir si il y a encore d&#039;autres points à mettre en avant ressortis dans l&#039;entretien. Sinon j&#039;ai aussi complété la conclusion, vous pouvez la modifier et compléter. En revanche, Kasia je vois pas le rapport de ce que tu dis avec les 3 derniers points de la citation de Janusz Korczak? Que veux-tu faire passer à travers cette citation et que veulent dire ces trois derniers points?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Re: aux membres du groupe -- [[Utilisateur:Fratczak|Fratczak]] ([[Discussion utilisateur:Fratczak|discussion]]) 11 janvier 2014 à 12:35 (CET)===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C&#039;étaient juste des idées vu que je ne pouvais pas continuer à ce moment là, je les noté.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Sinon j&#039;ai mis qq liens dans notre texte avec les differentes pages wiki. En revanche je n&#039;arrive pas à le faire pour les patients à l&#039;hopital. Peut-être je fais mal quelque chose. Pouvez-vouz regarder de votre côté?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
====Re: Re: aux membres du groupe -- [[Utilisateur:Victoria|Victoria]] ([[Discussion utilisateur:Victoria|discussion]]) 11 janvier 2014 à 18:01 (CET)====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ah ok, pas de soucis. Voilà j&#039;ai mis le lien :-)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== organisation du texte -- [[Utilisateur:Claire Bourgeois|Claire Bourgeois]] ([[Discussion utilisateur:Claire Bourgeois|discussion]]) 13 janvier 2014 à 18:03 (CET) ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Coucou!&lt;br /&gt;
En relisant notre texte au sujet de notre entretien, je remarque qu&#039;il y a des parties où l&#039;on se répète, notamment quand au parcours professionnel de notre témoin. Que pensez-vous de mettre un chapitre principal se nommant retour et analyse de l&#039;entretien avec en introduction son parcours professionnel et notamment ses deux activités principale d&#039;éducateur et de juge, puis ensuite en sous chapitre le tribunal des mineurs où l&#039;on parle de son expérience de juge et le sous chapitre des droits de l&#039;enfant sous le prisme de l&#039;éducation où l&#039;on axe sur son activité à Serix? Je pense que ce sera plus clair et que ca évitera les redondances, non?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Re: organisation du texte -- [[Utilisateur:Victoria|Victoria]] ([[Discussion utilisateur:Victoria|discussion]]) 13 janvier 2014 à 18:22 (CET)===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si c&#039;est ce que tu as fait là, moi ça me va. En revanche, dans les droits de l&#039;enfant à travers le prisme de l&#039;éducation j&#039;ai aussi parlé du Tribunal pour faire le lien avec ce qui se faisait avant (notamment à Serix) donc c&#039;est difficile de vraiment cliver les deux. Mais l&#039;organisation actuelle me convient.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
====Re: Re: organisation du texte -- [[Utilisateur:Victoria|Victoria]] ([[Discussion utilisateur:Victoria|discussion]]) 13 janvier 2014 à 18:30 (CET)====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dites, pour ce qui est de l&#039;évolution car il y a eu une formation d&#039;éducateurs, que c&#039;était un couple de directeur (nouveau), leur participation dans la formation et le travail d&#039;éducateur, les colloques, etc. On doit en parler pour les changements? Moi je me dis que non car cela ne concerne pas l&#039;enfant en soi, mais plutôt le travail d&#039;éducateur, non? Vous en pensez quoi?&lt;br /&gt;
Et est-ce que ça vous va ce que j&#039;ai mis dans la conclusion commune sur quid d&#039;aujourd&#039;hui? Vous pouvez y modifier sans autre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Re: organisation du texte -- [[Utilisateur:Fratczak|Fratczak]] ([[Discussion utilisateur:Fratczak|discussion]]) 13 janvier 2014 à 21:34 (CET)===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je trouve aussi que cette structure est cohérante, Claire ;).&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Si vous modifiez la construction du texte, attention de ne pas enlèver de liens! J&#039;ai refait quelques uns qui ont disparus. &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
J&#039;ai ajouté également le texte de la Déclaration Universelle des Droits de l&#039;Homme car on en parle souvent dans notre article sans que le document soit visible donc accessible.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Victoria, j&#039;ai lu ton texte - il est bien ;)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
====Re: Re: organisation du texte -- [[Utilisateur:Claire Bourgeois|Claire Bourgeois]] ([[Discussion utilisateur:Claire Bourgeois|discussion]]) 13 janvier 2014 à 22:11 (CET)====&lt;br /&gt;
Je trouve cohérent de parler des changements dans l&#039;évolution du métier d&#039;éducateurs. On peut faire en effet un lien entre l&#039; évolution du droit à la parole chez l&#039;enfant (droit d&#039;exprimer ses désirs, le fait qu&#039;on l&#039;écoute davantage) et l&#039;évolution  dans la prise en compte de la parole de l&#039;éducateur et de ses besoins. Les changements dans ce métier ont aussi eu des répercussions sur le regard porté sur l&#039;enfant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Victoria, en effet, tu fais le lien avec le tribunal des mineurs mais je ne trouve pas que ça gêne dans le chapitre dédié à Serix. C&#039;est sûr que c&#039;est lié!&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Finalisé -- [[Utilisateur:Victoria|Victoria]] ([[Discussion utilisateur:Victoria|discussion]]) 14 janvier 2014 à 20:32 (CET) ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bon, pour moi ça m&#039;a l&#039;air bien comme ça. J&#039;ai relu le tout et c&#039;est cohérent à mon sens. A demain! :-)&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Victoria</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Droits_des_enfants&amp;diff=13219</id>
		<title>Droits des enfants</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Droits_des_enfants&amp;diff=13219"/>
		<updated>2014-01-14T19:31:13Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Victoria : /* Les droits de l&amp;#039;enfant à travers le prisme de l&amp;#039;éducation */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;=== Introduction ===&lt;br /&gt;
Les droits de l&#039;enfant visant la protection des mineurs évoluent au cours des décennies. Les prémices du XXe siècle les plus connues sont bien évidemment la [http://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/images/f/fb/Declaration-geneve.pdf Déclaration de Genève] (1924), la [http://cofradeenfrance.files.wordpress.com/2010/10/dc3a9claration-1959.pdf déclaration des Droits de l&#039;Enfant] (1959) et enfin le texte de la [http://www.unicef.ch/sites/default/files/attachements/convention_relative_aux_droits_de_lenfant.pdf Convention Internationale relative aux Droits de l’Enfant] du 20 novembre 1989. Ce dernier “ratifié d’une manière quasi universelle (193 États sur 195) en fait un texte hors norme de part sa portée dans l’espace et de par l’enthousiasme spontané qu’ [il] a suscité.”&amp;lt;ref&amp;gt;Zermatten, J., Stoecklin D. 2009. Le droit des enfants de participer. Norme juridique et réalité pratique: contribution à un nouveau contrat social. Suisse: Institut International des Droits de l&#039;Enfant., p.7 &amp;lt;/ref&amp;gt; Ce parcours historique est une partie importante de l’histoire qu’on écrit aujourd’hui.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
On peut remarquer que le premier pas vers l&#039;individualisation de l&#039;enfant datant de 1924, pointe le bout de son nez quelques années après la fin de la première guerre mondiale. Le deuxième est marqué par la Déclaration de Droits de l&#039;Enfant de 1959, donc à l’image de la précédente, elle date des années après la seconde guerre mais est également un point de départ menant vers la Convention de 1989.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Le long chemin vers une telle reconnaissance était en grande partie marqué par la création, un peu partout en Europe, des communautés d&#039;enfants. Leur rôle n&#039;est pas négligeable. La définition de ces communautés d&#039;enfants est donné à Trogen en juillet 1948 et semble préciser un peu plus les besoins de l&#039;enfant en tant que personne. Ce sont: &amp;quot;les organisations éducatives ou rééducatives à caractère permanent, fondées sur la participation active des enfants ou adolescents à la vie de la communauté, dans le cadre des méthodes d’éducation et d’instruction modernes – et dans lesquelles la vie de famille se combine de diverses façons aux modalités de la vie de collectivité&amp;quot;.&amp;lt;ref&amp;gt;Cours de M.Ruchat: L’éducation spéciale du XVIIIe au XXe siècles: L’éducation, les normes et l’individu, Université de Genève, 2013&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Dans l’esprit de la reconnaissance d’un enfant à part entière avec le respect de sa liberté, [[Libres enfants de Summerhill (Neill)|Alexander Sutherland Neill]] crée son école de Summerhill en 1921, une école qui encore de nos jours suscite beaucoup de discussions et polémiques. Dans le cadre de cet atelier d’intelligence collective nous avons procédé à une comparaison des idées de Neill décrites dans son livre [[Libres enfants de Summerhill (Neill)|&amp;quot;Libres enfants de Summerhill&amp;quot;]] (1960) avec la Convention relative aux Droits de l’Enfant de 1989 avec un constat tout à fait surprenant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Historique des droits de l&#039;enfant ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== « L’humanité doit donner à l’enfant ce qu’elle a de meilleur » Déclaration de Genève sur les Droits de l’Enfant, 1924 ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est important de signaler qu&#039;avant même l&#039;intérêt qui s&#039;est peu à peu développé quant aux droits de l&#039;enfant, il a d&#039;abord fallu que la société prenne [[Fichier:Déclaration de Genève 1924.jpg|vignette|droite|Déclaration de Genève (1924)]]conscience du statut particulier de l&#039;enfant, avec ses spécificités, et bien plus encore d&#039;être humain digne de droits propres : “L’adulte a longtemps cru que c’était lui-même qui devait animer l’enfant par ses soins et son assistance. Il pensait que son rôle était de façonner l’enfant, de construire sa vie psychique pour que l’enfant devienne peu à peu comme lui. L’enfant était un objet d’assistance, un adulte en devenir (certains disent même &amp;quot;en miniature&amp;quot;) et non une personne humaine à part entière. Petit, faible, pauvre, dépendant, il n’était qu’un citoyen potentiel qui ne sera homme ou femme que demain. Il ne devenait une personne humaine, sujet de droits, qu’à partir du moment où il atteignait l’âge adulte. C’est à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle, notamment après la Première Guerre mondiale, que le concept de droits de l’enfant apparaît.” &amp;lt;ref&amp;gt;Dhellemmes V. ,2010. La dignité et les droits de l&#039;enfant : vingt ans d&#039;avancées sur le plan international. In. Transversalités, 2010/3 N° 115, p. 99-110.&amp;lt;/ref&amp;gt;   &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quand on fait une recherche sur des droits de l’enfant à travers les documents écrits en l&#039;espace de plus de cent ans, du début du XXème siècle jusqu’à aujourd’hui, on retrouve les noms de deux précurseurs qui ont marqué le cours de l’histoire. Il s’agit de Britannique Eglantyne Jebb (1876-1928) et du polonais Henryk Goldzmit (1878–1942) connu sous le nom de [http://fr.wikipedia.org/wiki/Janusz_Korczak Janusz Korczak].&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Ce dernier, pédiatre et éducateur qui a tant &amp;quot;aimé et défendu&amp;quot; les enfants, ne voulant pas les laisser seuls, s&#039;est laissé emmener avec eux à Treblinka où il est mort dans une chambre à gaz.&amp;lt;ref&amp;gt;Korczak J. Le droit de l’enfant au respect. L’héritage de Janusz Korczak. Conférences sur les enjeux actuels pour l’enfance. In. http://www.coe.int/t/commissioner/Activities/themes/Children/PublicationKorczak_fr.pdf&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Korczak, l&#039;inspirateur des droits de l&#039;enfant est bien, d&#039;abord, un insurgé, comme toute son œuvre en témoigne. C&#039;est un homme qui ne supporte pas la violence faite à l&#039;enfance : la violence physique, bien sûr, la violence psychologique également, mais aussi la violence des institutions qui prétendent œuvrer pour &amp;quot;son bien&amp;quot;.&amp;lt;ref&amp;gt;Meirieu P. 2002. Le pédagogue et les droits de l’enfant : histoire d’un malentendu ?. Editions du Tricorne et Association suisse des Amis du Dr Korczak. p.4&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
“Janusz Korczak, premier défenseur des droits de l’enfant et le plus radical, a été déçu en découvrant la Déclaration des droits de l’enfant adoptée par la Société des Nations en 1924, pas assez claire à son goût et plus implorante que contraignante. Il voulait des droits et non la charité, immédiatement et non dans un avenir lointain.” &amp;lt;ref&amp;gt;Korczak J. Le droit de l’enfant au respect. L’héritage de Janusz Korczak. Conférences sur les enjeux actuels pour l’enfance. In. http://www.coe.int/t/commissioner/Activities/themes/Children/PublicationKorczak_fr.pdf p.7). &amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le travail d&#039;Eglantyne Jebb qui a élaboré et rédigé la [http://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/images/f/fb/Declaration-geneve.pdf Déclaration de Genève] a été important. Elle l’a présenté le 26 septembre 1923 et le 28 février 1924 le Ve Congrès général de la Société de Nations qui l&#039;a alors ratifié.&lt;br /&gt;
C&#039;est le premier texte énonçant des droits fondamentaux des enfants ainsi que la responsabilité des adultes à leur égard. Il est constitué de cinq articles. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Déjà  dans le préambule on peut lire que « L’humanité doit donner à l’enfant ce qu’elle a de meilleur.» On peut y voir également que c’est la protection physique qui est mise en avant en soutenant l&#039;idée de venir en aide en cas de détresse ainsi que celle de combattre la faim et l&#039;exploitation (articles 2, 3, 4). En parallèle la notion de développement spirituel n’est pas omis (article 1) de même que le fait que “l’enfant doit être élevé dans le sentiment que ses meilleures qualités devront être mises au service de ses frères”(article 5). Ce texte d&#039;après première guerre mondiale est aussi une contribution à un monde de paix s&#039;étayant sur les enfants qui forment l&#039;avenir, un avenir que les promoteurs des droits de l&#039;enfant voudraient dans la paix.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Déclaration des Droits de l’Enfant, 1959 ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après la seconde guerre mondiale, l&#039;ONU est créée. Elle va s&#039;intéresser aux droits de l&#039;enfant et révéler l&#039;insuffisance de la Déclaration de Genève. En effet, suite à l&#039;adoption de la [http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/IMG/pdf/DUDH.pdf Déclaration universelle des droits de l&#039;Homme] (1948) et à l&#039;évolution du droit durant cette période, on pense nécessaire d&#039;approfondir cette question des droits de l&#039;enfant.&lt;br /&gt;
Plusieurs pays membres de l&#039;ONU réclament une convention, c&#039;est-à-dire un instrument international contraignant qui engage les états qui l&#039;ont ratifié. Mais cette proposition est refusée. Le choix se porte alors sur une seconde Déclaration des droits de l&#039;enfant qui reprend l&#039;idée selon laquelle l&#039;humanité doit donner à l&#039;enfant ce qu&#039;elle a de meilleur. [http://cofradeenfrance.files.wordpress.com/2010/10/dc3a9claration-1959.pdf La déclaration des Droits de l&#039;Enfant] est adoptée par l&#039;assemblée générale des Nations Unies à l&#039;unanimité (70 pays membres), le 20 novembre 1959. Cette date est depuis lors officiellement la journée des droits de l&#039;enfant. La déclaration contient 10 principes fondateurs (elle double donc ceux de 1924!) avec des droits concrets comme par exemple le droit à un nom, à une nationalité ou à un enseignement gratuit au niveau élémentaire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Convention Internationale relative aux Droits de l’Enfant, 1989 ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le 20 novembre 1989, la [http://www.unicef.ch/sites/default/files/attachements/convention_relative_aux_droits_de_lenfant.pdf Convention Internationale relative aux Droits de l’Enfant] (CIDE) a été adoptée par l&#039;Assemblée générale des Nations Unies. Cette Convention a pour but de reconnaître et protéger les droits spécifiques de l&#039;enfant. Elle est composée de 54 articles (elle quintuple le nombre de 1959!) autour des orientations principales suivantes:&lt;br /&gt;
:la non - discrimination&lt;br /&gt;
:l&#039;intérêt supérieur de l&#039;enfant&lt;br /&gt;
:le droit à la vie, la survie et le développement&lt;br /&gt;
:les droits participatifs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les Etats ayant ratifiés cette Convention se doivent de respecter ces articles et de mettre en place les mesures législatives pour protéger les droits de l&#039;enfant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La CIDE est une déclinaison des droits de l&#039;homme exprimés dans la [http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/IMG/pdf/DUDH.pdf Déclaration Universelle des Droits de l&#039;Homme] (1948) et pose que l’enfant est sujet de droit. Elle accorde aux enfants des droits propres et expose leurs droits économiques, sociaux, civils, culturels et politiques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En effet, cette Convention est le texte concernant les droits de l&#039;homme qui a été le plus rapidement accepté au cours de l&#039;histoire, et a été ratifié par le plus d&#039;Etats. Seuls les Etats-Unis et la Somalie ne l&#039;ont pas encore ratifiée aujourd&#039;hui: Les Etats-Unis pratiquent encore la peine de mort pour les enfants dans certains Etats, or cela serait contraire au droit à la vie de l&#039;enfant promulgué dans la CIDE, tandis que la Somalie ne possède pas de gouvernement reconnu pour la ratifier à cause des troubles politiques dans le pays.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Droits de l&#039;enfant - droits de la personne ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;quot;L&#039;humanité doit donner à l&#039;enfant ce qu&#039;elle a de meilleur, affirmer  leurs devoirs, en dehors de toute considération de race, de nationalité et de croyance&amp;quot; - ce sont les prémices officielles de la reconnaissance de l&#039;enfant de 1924. C&#039;était un début, suivi, comme nous avons décrit plus haut, par la Déclaration des Droits de l&#039;Enfant de 1959 et par La Convention relative aux Droits de l&#039;Enfant de 1989. &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il faut ici souligner que “jusqu&#039;à l’adoption de la Convention en 1989, les enfants ne vivaient pas dans les limbes juridiques internationales. Il était au contraire admis qu’ils jouissent de garanties offertes par les instruments internationaux précédents, tels que les pactes internationaux relatifs aux droits de l’homme (que la Suisse a récemment ratifiés), à l&#039;exclusion bien entendu des droits liés directement à la condition de l’adulte (droit de se marier, de fonder une famille, assurance-vieillesse ou maternité). L’année internationale de l’enfant a conduit la communauté internationale à préciser le statut des enfants en confirmant leur particularité en tant qu&#039;êtres à la fois vulnérables (Préambules de la Convention, par exemple pp. 5, 6, 12) et appelés “à assumer les responsabilités de la vie dans une société libre”.&amp;lt;ref&amp;gt;Lücker-Babel M-F, Droits de l&#039;enfant: idéologies et réalités. In. Ratifier en Suisse. La Convention de l&#039;ONU relative aux droits de l&#039;enfant?. N° 26, Novembre 1992. p. 43&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;enfant est donc considéré peu à peu comme un être de droit au cours du XXe siècle, ce que l&#039;on peut voir notamment à travers les différents textes codifiant les droits de l&#039;enfant à cette époque. L&#039;enfant est alors une personne a qui on confère des droits propres.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout d&#039;abord, en 1924, le premier texte international au sujet des droits de l&#039;enfant ([http://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/images/f/fb/Declaration-geneve.pdf Déclaration de Genève]) attribut à celui-ci des droits primaires, comme lui permettre de se développer normalement sur le plan matériel et spirituel, de gagner sa vie sans être exploité, être nourri, soigné, recueilli et secouru, ainsi que d&#039;être élever dans l&#039;esprit que ses qualités devront pourvoir à la société. On voit dans ce texte que les droits dotés à l&#039;enfant amorce une idée de soin et de protection de l&#039;enfant dans l&#039;évocation du secours qui doit lui être porté, et démontre aussi un intérêt pour son bon développement. Toutefois, ces articles restent assez pauvres quant aux droits qui leurs sont accordés et l&#039;on voit que le travail de l&#039;enfant reste de mise.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[http://cofradeenfrance.files.wordpress.com/2010/10/dc3a9claration-1959.pdf La Déclaration des Droits de l&#039;Enfant] de 1959 va plus loin. Ce texte insiste d&#039;avantage sur la protection qui doit être accordée à l&#039;enfant qui n&#039;est plus seulement suggérée sous le terme &amp;quot;secours&amp;quot;. Ici, son développement ne doit plus uniquement être normal, mais également sain sur le plan, cette fois-ci moral, spirituel, physique, intellectuel et social. On ajoute que l&#039;enfant doit pouvoir se développer dans la liberté et la dignité.&lt;br /&gt;
Il est important de voir que certains principes sont totalement nouveaux comme par exemple, le droit de posséder une nationalité et un nom. On y parle aussi de sécurité non seulement sociale pour l&#039;enfant et sa mère, mais également de sécurité morale.&lt;br /&gt;
Dans ce texte, on voit apparaître l&#039;importance accordée à l&#039;affection envers l&#039;enfant, qui est pour lui un besoin. De plus, il est indiqué que la séparation du petit enfant et de sa mère doit être éviter autant que possible. Si l&#039;enfant n&#039;a pas de famille, il est déclaré que c&#039;est alors aux pouvoirs publics et à la société d&#039;en prendre soin, de même pour les enfants n&#039;ayant pas les moyens nécessaires d’existence.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
A noter également, l&#039;entrée de l&#039;éducation comme étant un droit pour l&#039;enfant: &amp;quot;une éducation gratuite et obligatoire au moins au niveau élémentaire&amp;quot; (principe 7). Les loisirs sont incorporés dans ce principe comme éléments importants. Il est indiqué que l&#039;enfant a en effet le droit de jouer. &lt;br /&gt;
En 1959 est présente l&#039;idée de l&#039;apport des qualités de l&#039;enfant pour les autres membres de la société. Cette idée est accompagnée de celle du devoir de le protéger contre la discrimination, et de l&#039;élever dans un esprit de compréhension, de paix et de tolérance. De plus, on peut remarquer une évolution en ce qui concerne le travail des enfants. En effet, le principe 9 pose clairement des limites à son employabilité; outre la protection de son développement moral, physique ou mental, sa santé ou son éducation, on parle d&#039;âge minimum approprié pour l&#039;emploi. Toutefois, celui-ci n&#039;est pas spécifié. La notion d&#039;intérêt supérieur de l&#039;enfant fait son apparition dans cet écrit.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[http://www.unicef.ch/sites/default/files/attachements/convention_relative_aux_droits_de_lenfant.pdf La Convention relative aux Droits de l&#039;Enfant] de 1989 est le texte relevant des droits de l&#039;enfant le plus abouti. En effet, on peut déjà noter la différence en termes de nombres d&#039;articles de ces textes: 1924, La Déclaration de Genève compte 5 articles, on passe à 10 principes en 1959 et à 54 articles dans la Convention relative aux Droits de l&#039;Enfant en 1989. Cette convention reprend les droits exprimés dans les textes précédents, notamment les fondamentaux: droit à l&#039;identité, à la santé, à l&#039;éducation et à la protection et ajoute également bons nombres d&#039;autres considérations. Notamment, un nouveau droit fondamental est inclus dès lors: le droit à la participation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour conclure, en suivant le parcours de l&#039;enfant en tant que personne à part entière, on constate qu&#039;il évolue au cours du XXe siècle. À partir des informations publiées sur le site de l&#039;[http://www.unicef.org/french/sowc05/timeline.html Unicef] on peut retracer les éléments marquants de ce changement en vue de la reconnaissance internationale et de l’importance de l’enfance.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les droits de l&#039;enfant en Suisse ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le 24 février 1997, la Suisse a ratifié la Convention des Nations Unies relative aux Droits de l’Enfant. &lt;br /&gt;
Le conseil fédéral a constaté que dans l&#039;ensemble l&#039;ordre juridique suisse était en accord avec les principes de la convention. Néanmoins, il a émis des réserves dans plusieurs domaines où cet ordre juridique n&#039;est pas encore en totale adéquation avec les dispositions de la convention: le droit de l&#039;enfant à une nationalité, le regroupement familial, la séparation des jeunes et des adultes en cas de détention, les procédures pénales impliquant des mineurs. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Par ailleurs, il y a beaucoup de différences entre les divers cantons à propos de la mise en œuvre des droits. Tout ceci doit encore être amélioré.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La Convention est entrée en vigueur le 26 mars 1997 en Suisse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il faut ajouter que le pays a ratifié le protocole facultatif au sujet de l&#039;implication des enfants dans les conflits armés le 26 juillet 2002. Ce protocole, afin d&#039;augmenter la protection des enfants et adolescents, a élevé l&#039;âge minimum requis prévu dans la convention sur l’engagement volontaire et l’enrôlement obligatoire dans les forces armées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En Suisse, le deuxième protocole facultatif qui concerne la vente d&#039;enfants, la prostitution des enfants et la pornographie mettant en scène des enfants afin de mieux les protéger de l&#039;exploitation sexuelle est entré en vigueur le 19 octobre 2006.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une nouveauté visant la reconnaissance d&#039;un mineur est son droit de vote. Il s&#039;agit d&#039;un sujet d&#039;actualité qui prouve que celui des droits de l&#039;enfant commencé le siècle dernier continue.&lt;br /&gt;
Il faut savoir que les Constitutions et les législations en Suisse divergent en fonction du canton. D’une manière générale le droit de vote au niveau fédéral et cantonal est accordé aux ressortissants suisses ayant 18 ans révolus. &lt;br /&gt;
Néanmoins certaines cantons suisses ont débuté une démarche visant à accorder le doit de vote au niveau cantonal dès l’âge de 16 ans. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les citoyens ont pu s’exprimer sur l&#039;abaissement de l&#039;âge du droit de vote à 16 ans dans plusieurs cantons suisses tels que par exemple le canton de Berne, de Neuchâtel ou de Glaris. Celui-ci, en 2010, est le premier a avoir accepté d&#039;accorder ce droit aux jeunes à partir de 16 ans. Comme on peut le lire dans l’article de [http://www.rts.ch/info/suisse/1142189-glaris-dit-oui-au-droit-de-vote-a-16-ans.html RTS] paru le 28 juin 2010 “beaucoup de jeunes entrent dans la vie active à 16 ans. Ils pourront désormais aussi s&#039;exprimer sur des sujets qui les concernent directement, comme l&#039;école ou l&#039;apprentissage”.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Retour et analyse de l&#039;entretien ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* [[Entretien avec M. Jean-Pierre Audéoud|Entretien]] avec M. [[Index|Jean-Pierre Audéoud]]&lt;br /&gt;
* [[Article 2013/14|Méthode d&#039;entretien]]&lt;br /&gt;
* [[Questions pour les entretiens|Questions d&#039;entretien]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous avons interviewé Monsieur Jean-Pierre Audéoud le 4 décembre 2013. Cet homme, au parcours professionnel d&#039;une grande richesse a oscillé entre le droit et l&#039;éducation. En effet, après des études de droit à l&#039;université de Genève, il a fait une école d&#039;éducateurs au sud de la France (1958-1960). Diplôme en poche, il est revenu en Suisse où lui et sa femme, éducatrice également, ont repris la direction de Serix, une maison d&#039;éducation à Oron-Palézieux. Ils y ont travaillé 10 ans (1963-1973). Ensuite, Monsieur Audéoud a officié en tant que président du Tribunal des mineurs du canton de Vaud et ce jusqu&#039;en 1995, date officielle de sa retraite. Il s&#039;est ensuite engagé auprès des personnes handicapées en tant que président bénévole de la fondation Espérance. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===== Le Tribunal des mineurs =====&lt;br /&gt;
M. [[Index|Jean-Pierre Audéoud]], nous a expliqué durant l&#039; [[Entretien avec M. Jean-Pierre Audéoud|interview]] que son expérience dans le domaine du social lui a permis de mieux appréhender les tâches auprès du Tribunal des mineurs. L’engagement tout à fait remarquable de cet homme est mis en avant durant l’entretien:&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
“en choisissant le droit j’avais déjà une arrière pensée, je ne pensais pas être juriste dans un bureau ou faire avocat, quelque chose comme ça. C’est… c’était… alors c’est déjà une orientation si vous voulez, c’est-à-dire que je me suis déjà engagé en commençant le droit mais pas d’une manière précise, pas un moment « tac » voilà. Alors bon je sais pas si c’est à prendre en considération. Mais ça c’est affiné si vous voulez… non puis alors l’engagement véritable c’est quand je suis parti à Montpellier, c’est le choix de cette école d’éducateurs où je voulais compléter ma formation de juriste pour pouvoir à l’occasion revenir dans la juridiction des mineurs.”&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Il faut souligner ici que le Tribunal des mineurs, cette instance pour laquelle a travaillé Monsieur Jean-Pierre Audéoud, tient une place importante dans le champ des droits de l&#039;enfant. En outre le rôle du juge des mineurs est primordial, car c&#039;est lui qui va s&#039;occuper d&#039;instruire la cause, prendre les décisions quand un délit est commis par un enfant et s&#039;occuper de son exécution.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Une recherche menée à ce sujet nous a permis de voir qu&#039;il existe plusieurs types de sanctions:&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
* Les &amp;quot;peines prévues par le droit des mineurs :&lt;br /&gt;
réprimande ; prestation personnelle (travail d’intérêt général ou séance de sensibilisation) ; amende ; privation de liberté&amp;quot;.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
* Les &amp;quot;mesures de protection prévues par le droit des mineurs :&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
surveillance (droit de regard et d&#039;information sur la prise en charge éducative ou thérapeutique du mineur par ses parents) ; assistance personnelle (désignation d’une personne pour seconder les parents et assister le mineur) ; traitement ambulatoire (en cas de troubles psychiques, du développement de la personnalité, de toxicodépendance ou d’autre addiction) ; placement (si l’éducation et le traitement de l’état du mineur ne peuvent être assurés autrement).&amp;quot; &amp;lt;ref&amp;gt;http://www.vd.ch/fileadmin/user_upload/themes/etat_droit/justice/fichiers_pdf/Penal_7_web.pdf&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La page web officielle de la République et du canton de Genève, indique que &amp;quot;le Tribunal des mineurs est l’autorité pénale compétente pour poursuivre et juger les infractions commises par les mineurs âgés de dix à dix-huit ans au moment de l&#039;acte.&lt;br /&gt;
Il est également l&#039;autorité d&#039;exécution des peines et mesures prononcées, ces dernières pouvant durer jusqu&#039;à l&#039;âge de 22 ans.&amp;quot; &amp;lt;ref&amp;gt;https://ge.ch/justice/tribunal-des-mineurs&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Les droits de l&#039;enfant à travers le prisme de l&#039;éducation  ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est important de souligner qu&#039;avant de rencontrer notre témoin, nous n&#039;avions que peu d&#039;informations sur son parcours professionnel et de vie. Nous nous sommes rendues compte en menant l&#039;entretien qu&#039;il n&#039;était pas dans des revendications, dans une lutte en faveur des droits de l&#039;enfant au sens strict. Mais il a, de part son métier d&#039;éducateur et ses actions concrètes, participé à l&#039;évolution d&#039;une individualisation de l&#039;enfant; son but étant de faire grandir, évoluer des jeunes  pour qu&#039;ils reprennent le droit chemin, tout en respectant leurs besoins. Ainsi, il se trouve un certain décalage entre nos chapitres précédents concernant les droits de l&#039;enfant au sens strict et celui-ci qui traite d&#039;aspects éducatifs à travers une expérience de vie. Néanmoins, nous avons pu faire différents liens entre cette expérience et les droits en tant que tels. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;entretien avec M. et Mme Audéoud nous a permis de mettre en avant divers aspects reliés aux changements quant au travail d&#039;éducateur durant la période des [[Article_2013/14|années 60-80]]. Ils ont, comme énoncé plus haut, travaillé durant 10 ans (1963-1973) en tant que couple-directeur à la colonie de Serix. Cette maison d&#039;éducation pour jeunes délinquants accueillait à l&#039;époque 40 jeunes enfants et adolescents (uniquement des garçons) placés soit par une instance civile, soit par le service de protection de la jeunesse, ou encore par le tribunal des mineurs. Durant ces 10 années, ils ont initié et participé à de nombreux changements concrets au sein de leur institution. Ces changements reflètent grandement l&#039;évolution du regard porté sur l&#039;enfant à l&#039;époque. Avec la mise en place de cultes le dimanche où les gens des villages alentours se réunissaient au sein même de l&#039;institution  ou encore la création d&#039;un jardin d&#039;enfants pour les enfants du personnel, la création d&#039;un parc de jeux par de jeunes scouts, il y a cette volonté d&#039;ouvrir l&#039;institution pour que d&#039;une part les jeunes puissent avoir des contacts avec l&#039;extérieur, mais également pour que les gens de l&#039;extérieur puissent avoir un regard différent sur ce lieu et ses résidents. Les Audéoud vont encore plus loin en créant un foyer d&#039;habitation dépendant de Serix, en intégrant des jeunes dans les écoles des alentours, en leur organisant des vacances ou la possibilité de rentrer dans leur famille le week-end. Cette ouverture vers l&#039;extérieur était vraiment quelque chose de nouveau car durant des années Serix était un lieu très fermé ou rien de filtrait.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un élément marquant constaté par le couple Audéoud à travers leurs années à Serix est l&#039;évolution du statut d&#039;éducateur. En effet, ils voient se créer des associations professionnelles comme &amp;quot;la conférence romande de directeurs d&#039;institution&amp;quot; ou &amp;quot;l&#039;association romande des éducateurs spécialisés&amp;quot;. Se crée aussi durant cette période les syndicats, les conventions collectives. On aspire également à ce que les éducateurs soient mieux formés, soient soutenus dans leur métier. On voit par exemple apparaître des séances de trainings de groupe, des supervisions collectives et individuelles, ce qui était totalement nouveau pour l&#039;époque. Ainsi, dans ces années apparaît une valorisation de cette profession ainsi qu&#039; une prise en compte de la parole des éducateurs et de leurs besoins et souhaits. Il est vrai qu&#039;avant, ces gens se consacraient entièrement à leur métier, jour et nuit; ils ne comptaient pas leurs heures. Ils remplaçaient, comme le dit monsieur Audéoud, la famille de ces jeunes avec tout ce que ça implique. On voit alors petit à petit se créer un structure autour de ce métier, on met en place des horaires, des salaires, etc. On est attentif à leurs revendications, comme par exemple dans le cas de Serix, le fait de pouvoir habiter à l&#039;extérieur de la colonie. Fort est de constater qu&#039;à cette période, il semble y avoir une vraie évolution dans la prise en compte de la personne et de ses besoins. Cette reconnaissance de la profession d&#039;éducateurs a sûrement eu des impacts positifs sur la prise en charge des enfants. On peut finalement dire que l&#039;évolution des mentalités va dans le même sens pour ces deux catégories de personnes.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Cet entretien a mis également en lumière l&#039;évolution de la reconnaissance de l&#039;enfant et de ses droits. En effet, les droits de l&#039;enfant sont des droits de la personne avant tout. L&#039;entretien a par exemple souligné l&#039;importance de l&#039;écoute de l&#039;enfant et son droit à la parole. Ainsi, M. Audéoud nous a expliqué qu&#039;au Tribunal des mineurs le président se doit d&#039;écouter le mineur accusé et ses responsables légaux. D&#039;ailleurs, le but du juge pour enfant selon notre témoin est de choisir la sanction appropriée au mineur particulier, éduquer ou punir : travaux d&#039;intérêts généraux, amande ou encore le placement dans un établissement d&#039;éducation. Il se mêle alors des aspects juridiques à des aspects éducatifs et l&#039;on tente de déterminer ce qui est le mieux pour le jeune et non réellement selon le délit commis.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Il s&#039;agit là d&#039;un changement conséquent, car dans les années 60, M. Audéoud nous a fait part que dans son poste de directeur à Serix, les besoins des jeunes étaient définis par les adultes, qui décidaient pour les jeunes par rapport à ce qu&#039;ils pensaient être bien pour eux, mais sans leur demander leur avis. On n&#039;était pas encore dans une réelle prise en compte de la parole de l&#039;enfant à l&#039;époque. Une évolution sur le plan de l&#039;individualisation de l&#039;enfant et de la prise en compte de ses besoins est visible. En effet, aujourd&#039;hui on entend plus l&#039;enfant, on tente de connaître ce qu&#039;il désire et on regarde si on peut y accommoder. Avant, l&#039;enfant se devait de s&#039;accommoder lui à ce qu&#039;on lui imposait. De même, à Serix les colloques concernant les enfants se déroulaient sans l&#039;intéressé et ses parents, mais seulement avec les éducateurs et autres professionnels entourant le jeune. Petit à petit, les éducateurs ont changé de manière de faire, en imposant moins de choses supposées pour le bien des enfants et adolescents. Dans cet ordre d&#039;idée, on retrouve les points fondamentaux de la Constitution de 1989, du droit à la participation ainsi que la prise en compte de l&#039;intérêt supérieur de l&#039;enfant. Donc, entre les années 60 et 80, le domaine de l&#039;éducation a évolué dans la place attribuée au mineur dans les choix et sujets le concernant, l&#039;écoute qu&#039;on lui accorde et le droit de parole de celui-ci. De plus, les changements sont aussi visibles dans la prise en compte plus aboutie des besoins de l&#039;enfant, notamment par l&#039;expression de ses désirs et ressentis. Mme Audéoud souligne également le recours progressif à l&#039;individualisation de la démarche envers le jeune dans le milieu éducatif de Serix. Ainsi les jeunes ne sont plus approchés collectivement et on tient davantage compte de leur individualité dans les démarches entreprises à leur égard.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Par rapport à la question des valeurs portées par ces deux personnes, on retrouve celles de donner une structure à l&#039;enfant de manière attentionnée, de donner de l&#039;affection à ces jeunes qui souvent en manquait, ainsi que de la reconnaissance. Valoriser l&#039;enfant, le protéger, lui manifester de l&#039;intérêt, mais aussi l&#039;aider à développer ses capacités d&#039;un point de vue cognitif, social et affectif, voilà ce en quoi croyait ce couple. Leurs convictions et ils l&#039;évoquent eux-mêmes répondent toutes aux différents besoins que l&#039;enfant a pour se développer harmonieusement. En cela, on retrouve les fondements de base des droits internationaux des enfants, car on y parle également de protection de l&#039;enfant ainsi que la nécessité de permettre son développement harmonieux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Finalement, il semblerait légitime de penser que la promotion des droits de l&#039;enfant dans les années 60-80 sont en lien avec les changements dans le travail éducatif de nos témoins et l&#039;évolution de leur regard sur l&#039;enfant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Conclusions ===&lt;br /&gt;
Les droits de l’enfant, comme nous les avons présenté, ont évolué au cours de décennies du XXème siècle. L’histoire de cette période nous témoigne de leur importance, de leur rôle prépondérant dans la vie d’un être humain. Ceci ne signifie pas que l’on n’a rien de plus à accomplir, bien au contraire. Les préoccupations quant aux conditions de vie des enfants dans le monde sont encore d&#039;actualité au XXIème sciècle. L&#039;enfant est une personne à part entière ce qui ne fait aucune doute et la [[Article_2013/14|complexité du concept des droits de la personne]] abordée dans notre article renvoie justement à la liberté, à l&#039;intégrité, à la sûreté. Mais surtout qu’importe d&#039;où l’on vient et ce qu’on fait, nous avons le droit à la vie. &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Les [[Droits_des_femmes|femmes]], les [[Droits_des_prisonniers|prisonniers]], les [[Droits_des_patients_psychiatriques|patients]], les [[Droits_des_personnes_en_situation_de_handicap|personnes en situation de handicap]], chaque individu a ce droit pour lequel certains se battent encore aujourd&#039;hui.&amp;lt;br /&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’enfance lie les individus qu’importe leur appartenance. Cette période de la vie qui nous est commune prend une dimension à part tout simplement parce que dans chaque enfant émerge l’avenir, notre avenir. Les adultes ont pour but de comprendre les enfants, de les respecter en tant que personnes et de protéger leurs droits. &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Avec le temps, l&#039;enfant a peu à peu existé comme personne à part entière. Il n&#039;est plus seulement un &amp;quot;homme en devenir&amp;quot;, mais bien un enfant avec ses particularités et besoins spécifiques. De plus, l&#039;intérêt qu&#039;on lui a porté a amené à une prise de conscience de l&#039;importance de lui donner la parole, de respecter ses désirs, intérêts, ainsi que de ses besoins, comme lui les définit. On a ainsi vu à travers notre entretien que d&#039;une définition des besoins de l&#039;enfant par l&#039;adulte durant les années 60 dans les milieux éducatifs en Suisse, on est passé vers une prise en compte plus réelle des besoins de l&#039;enfant en s&#039;adressent directement à celui-ci et en l&#039;écoutant davantage. La protection de l&#039;enfant est une notion importante dans la construction de ses droits.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme nous l&#039;avons écrit auparavant, son droit à la vie est signifié dans les textes internationaux. De prime abord, le droit à la vie de tout être humain ainsi que le droit à être protégé nous paraît naturel, mais on voit que cela ne va pas de soi. La reconnaissance du droit et besoin de protection de l&#039;enfant est essentielle, car il s&#039;agit d&#039;un être vulnérable et dépendant, soumis au bon vouloir des parents. Cette relation dominant-dominé, où l&#039;un possède un certain pouvoir sur l&#039;autre se retrouve dans bien d&#039;autres populations. Ainsi, d&#039;autres droits développés à partir du milieu du XXe siècle, comme le droits des [[Droits_des_femmes|femmes]], des [[Droits_des_patients_psychiatriques|patients psychiatriques]], des [[Droits des patients (à l&#039;hôpital)|patients hospitaliers]], des [[Droits_des_personnes_en_situation_de_handicap|personnes en situation de handicap]] ou encore des [[Droits_des_prisonniers|prisonniers]] vont dans ce sens. Ce sont toutes des populations sous la domination d&#039;autrui pour lesquelles des luttes se sont développées afin de faire valoir leurs droits, en particulier de parole, écoute, autodétermination, etc. La préoccupation de l&#039;enfant va sans doute de paire avec la conscience de la société de cet enfant comme devenir de cette société. En effet, en désirant une société de bons citoyens, épanouis et travailleurs, il faut avant tout s&#039;occuper des conditions et favoriser au mieux le développement harmonieux des enfants. On peut ainsi rapprocher cette volonté d&#039;améliorer la société par le soucis de l&#039;enfant avec l&#039;apparition de l&#039;obligation scolaire pour tous. L&#039;instauration des droits de l&#039;enfant va cependant plus loin, car elle touche à bien d&#039;autres domaines que l&#039;instruction.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour finir, on peut voir que ces droits reconnus internationalement doivent tout de même continué à être l&#039;objet d&#039;un travail constant, car entre la théorie et la pratique, il y a de grandes différences, même dans nos pays développés. Ainsi, il importe de faire connaître leurs droits aux enfants, de les faire respecter, notamment à travers des instances et sanctions juridiques à cet égard.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Bibliographie / Webographie ===&lt;br /&gt;
* Droux J.,2011. &#039;&#039;L&#039;internationalisation de la protection de l&#039;enfance : acteurs, concurrences et projets transnationaux (1900-1925)&#039;&#039;. In. Critique internationale, 2011/3 n° 52, p. 17-33&lt;br /&gt;
* Martinetti, F. 2002. &#039;&#039;Les Droits de l&#039;enfant&#039;&#039;. Librio&lt;br /&gt;
* http://cofrade.fr/&lt;br /&gt;
* http://www.humanium.org/fr/&lt;br /&gt;
* http://www.netzwerk-kinderrechte.ch/&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Notes et références ===&lt;br /&gt;
&amp;lt;references/&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Auteurs du chapitre ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Claire Bourgeois Dubois-Ferriere&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
* Katarzyna Milena Fratczak&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
* Victoria Salomon&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Victoria</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Droits_des_enfants&amp;diff=13145</id>
		<title>Droits des enfants</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Droits_des_enfants&amp;diff=13145"/>
		<updated>2014-01-14T11:59:39Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Victoria : /* Conclusions */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;=== Introduction ===&lt;br /&gt;
Les droits de l&#039;enfant visant la protection des mineurs évoluent au cours des décennies. Les prémices du XXe siècle les plus connues sont bien évidemment la [http://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/images/f/fb/Declaration-geneve.pdf Déclaration de Genève] (1924), la [http://cofradeenfrance.files.wordpress.com/2010/10/dc3a9claration-1959.pdf déclaration des Droits de l&#039;Enfant] (1959) et enfin le texte de la [http://www.unicef.ch/sites/default/files/attachements/convention_relative_aux_droits_de_lenfant.pdf Convention Internationale relative aux Droits de l’Enfant] du 20 novembre 1989. Ce dernier “ratifié d’une manière quasi universelle (193 États sur 195) en fait un texte hors norme de part sa portée dans l’espace et de par l’enthousiasme spontané qu’ [il] a suscité.”&amp;lt;ref&amp;gt;Zermatten, J., Stoecklin D. 2009. Le droit des enfants de participer. Norme juridique et réalité pratique: contribution à un nouveau contrat social. Suisse: Institut International des Droits de l&#039;Enfant., p.7 &amp;lt;/ref&amp;gt; Ce parcours historique est une partie importante de l’histoire qu’on écrit aujourd’hui.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
On peut remarquer que le premier pas vers l&#039;individualisation de l&#039;enfant datant de 1924, pointe le bout de son nez quelques années après la fin de la première guerre mondiale. Le deuxième est marqué par la Déclaration de Droits de l&#039;Enfant de 1959, donc à l’image de la précédente, elle date des années après la seconde guerre mais est également un point de départ menant vers la Convention de 1989.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Le long chemin vers une telle reconnaissance était en grande partie marqué par la création, un peu partout en Europe, des communautés d&#039;enfants. Leur rôle n&#039;est pas négligeable. La définition de ces communautés d&#039;enfants est donné à Trogen en juillet 1948 et semble préciser un peu plus les besoins de l&#039;enfant en tant que personne. Ce sont: &amp;quot;les organisations éducatives ou rééducatives à caractère permanent, fondées sur la participation active des enfants ou adolescents à la vie de la communauté, dans le cadre des méthodes d’éducation et d’instruction modernes – et dans lesquelles la vie de famille se combine de diverses façons aux modalités de la vie de collectivité&amp;quot;.&amp;lt;ref&amp;gt;Cours de M.Ruchat: L’éducation spéciale du XVIIIe au XXe siècles: L’éducation, les normes et l’individu, Université de Genève, 2013&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Dans l’esprit de la reconnaissance d’un enfant à part entière avec le respect de sa liberté, [[Libres enfants de Summerhill (Neill)|Alexander Sutherland Neill]] crée son école de Summerhill en 1921, une école qui encore de nos jours suscite beaucoup de discussions et polémiques. Dans le cadre de cet atelier d’intelligence collective nous avons procédé à une comparaison des idées de Neill décrites dans son livre [[Libres enfants de Summerhill (Neill)|&amp;quot;Libres enfants de Summerhill&amp;quot;]] (1960) avec la Convention relative aux Droits de l’Enfant de 1989 avec un constat tout à fait surprenant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Historique des droits de l&#039;enfant ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== « L’humanité doit donner à l’enfant ce qu’elle a de meilleur » Déclaration de Genève sur les Droits de l’Enfant, 1924 ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est important de signaler qu&#039;avant même l&#039;intérêt qui s&#039;est peu à peu développé quant aux droits de l&#039;enfant, il a d&#039;abord fallu que la société prenne [[Fichier:Déclaration de Genève 1924.jpg|vignette|droite|Déclaration de Genève (1924)]]conscience du statut particulier de l&#039;enfant, avec ses spécificités, et bien plus encore d&#039;être humain digne de droits propres : “L’adulte a longtemps cru que c’était lui-même qui devait animer l’enfant par ses soins et son assistance. Il pensait que son rôle était de façonner l’enfant, de construire sa vie psychique pour que l’enfant devienne peu à peu comme lui. L’enfant était un objet d’assistance, un adulte en devenir (certains disent même &amp;quot;en miniature&amp;quot;) et non une personne humaine à part entière. Petit, faible, pauvre, dépendant, il n’était qu’un citoyen potentiel qui ne sera homme ou femme que demain. Il ne devenait une personne humaine, sujet de droits, qu’à partir du moment où il atteignait l’âge adulte. C’est à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle, notamment après la Première Guerre mondiale, que le concept de droits de l’enfant apparaît.” &amp;lt;ref&amp;gt;Dhellemmes V. ,2010. La dignité et les droits de l&#039;enfant : vingt ans d&#039;avancées sur le plan international. In. Transversalités, 2010/3 N° 115, p. 99-110.&amp;lt;/ref&amp;gt;   &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quand on fait une recherche sur des droits de l’enfant à travers les documents écrits en l&#039;espace de plus de cent ans, du début du XXème siècle jusqu’à aujourd’hui, on retrouve les noms de deux précurseurs qui ont marqué le cours de l’histoire. Il s’agit de Britannique Eglantyne Jebb (1876-1928) et du polonais Henryk Goldzmit (1878–1942) connu sous le nom de [http://fr.wikipedia.org/wiki/Janusz_Korczak Janusz Korczak].&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Ce dernier, pédiatre et éducateur qui a tant &amp;quot;aimé et défendu&amp;quot; les enfants, ne voulant pas les laisser seuls, s&#039;est laissé emmener avec eux à Treblinka où il est mort dans une chambre à gaz.&amp;lt;ref&amp;gt;Korczak J. Le droit de l’enfant au respect. L’héritage de Janusz Korczak. Conférences sur les enjeux actuels pour l’enfance. In. http://www.coe.int/t/commissioner/Activities/themes/Children/PublicationKorczak_fr.pdf&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Korczak, l&#039;inspirateur des droits de l&#039;enfant est bien, d&#039;abord, un insurgé, comme toute son œuvre en témoigne. C&#039;est un homme qui ne supporte pas la violence faite à l&#039;enfance : la violence physique, bien sûr, la violence psychologique également, mais aussi la violence des institutions qui prétendent œuvrer pour &amp;quot;son bien&amp;quot;.&amp;lt;ref&amp;gt;Meirieu P. 2002. Le pédagogue et les droits de l’enfant : histoire d’un malentendu ?. Editions du Tricorne et Association suisse des Amis du Dr Korczak. p.4&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
“Janusz Korczak, premier défenseur des droits de l’enfant et le plus radical, a été déçu en découvrant la Déclaration des droits de l’enfant adoptée par la Société des Nations en 1924, pas assez claire à son goût et plus implorante que contraignante. Il voulait des droits et non la charité, immédiatement et non dans un avenir lointain.” &amp;lt;ref&amp;gt;Korczak J. Le droit de l’enfant au respect. L’héritage de Janusz Korczak. Conférences sur les enjeux actuels pour l’enfance. In. http://www.coe.int/t/commissioner/Activities/themes/Children/PublicationKorczak_fr.pdf p.7). &amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le travail d&#039;Eglantyne Jebb qui a élaboré et rédigé la [http://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/images/f/fb/Declaration-geneve.pdf Déclaration de Genève] a été important. Elle l’a présenté le 26 septembre 1923 et le 28 février 1924 le Ve Congrès général de la Société de Nations qui l&#039;a alors ratifié.&lt;br /&gt;
C&#039;est le premier texte énonçant des droits fondamentaux des enfants ainsi que la responsabilité des adultes à leur égard. Il est constitué de cinq articles. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Déjà  dans le préambule on peut lire que « L’humanité doit donner à l’enfant ce qu’elle a de meilleur.» On peut y voir également que c’est la protection physique qui est mise en avant en soutenant l&#039;idée de venir en aide en cas de détresse ainsi que celle de combattre la faim et l&#039;exploitation (articles 2, 3, 4). En parallèle la notion de développement spirituel n’est pas omis (article 1) de même que le fait que “l’enfant doit être élevé dans le sentiment que ses meilleures qualités devront être mises au service de ses frères”(article 5). Ce texte d&#039;après première guerre mondiale est aussi une contribution à un monde de paix s&#039;étayant sur les enfants qui forment l&#039;avenir, un avenir que les promoteurs des droits de l&#039;enfant voudraient dans la paix.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Déclaration des Droits de l’Enfant, 1959 ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après la seconde guerre mondiale, l&#039;ONU est créée. Elle va s&#039;intéresser aux droits de l&#039;enfant et révéler l&#039;insuffisance de la Déclaration de Genève. En effet, suite à l&#039;adoption de la [http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/IMG/pdf/DUDH.pdf Déclaration universelle des droits de l&#039;Homme] (1948) et à l&#039;évolution du droit durant cette période, on pense nécessaire d&#039;approfondir cette question des droits de l&#039;enfant.&lt;br /&gt;
Plusieurs pays membres de l&#039;ONU réclament une convention, c&#039;est-à-dire un instrument international contraignant qui engage les états qui l&#039;ont ratifié. Mais cette proposition est refusée. Le choix se porte alors sur une seconde Déclaration des droits de l&#039;enfant qui reprend l&#039;idée selon laquelle l&#039;humanité doit donner à l&#039;enfant ce qu&#039;elle a de meilleur. [http://cofradeenfrance.files.wordpress.com/2010/10/dc3a9claration-1959.pdf La déclaration des Droits de l&#039;Enfant] est adoptée par l&#039;assemblée générale des Nations Unies à l&#039;unanimité (70 pays membres), le 20 novembre 1959. Cette date est depuis lors officiellement la journée des droits de l&#039;enfant. La déclaration contient 10 principes fondateurs (elle double donc ceux de 1924!) avec des droits concrets comme par exemple le droit à un nom, à une nationalité ou à un enseignement gratuit au niveau élémentaire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Convention Internationale relative aux Droits de l’Enfant, 1989 ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le 20 novembre 1989, la [http://www.unicef.ch/sites/default/files/attachements/convention_relative_aux_droits_de_lenfant.pdf Convention Internationale relative aux Droits de l’Enfant] (CIDE) a été adoptée par l&#039;Assemblée générale des Nations Unies. Cette Convention a pour but de reconnaître et protéger les droits spécifiques de l&#039;enfant. Elle est composée de 54 articles (elle quintuple le nombre de 1959!) autour des orientations principales suivantes:&lt;br /&gt;
:la non - discrimination&lt;br /&gt;
:l&#039;intérêt supérieur de l&#039;enfant&lt;br /&gt;
:le droit à la vie, la survie et le développement&lt;br /&gt;
:les droits participatifs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les Etats ayant ratifiés cette Convention se doivent de respecter ces articles et de mettre en place les mesures législatives pour protéger les droits de l&#039;enfant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La CIDE est une déclinaison des droits de l&#039;homme exprimés dans la [http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/IMG/pdf/DUDH.pdf Déclaration Universelle des Droits de l&#039;Homme] (1948) et pose que l’enfant est sujet de droit. Elle accorde aux enfants des droits propres et expose leurs droits économiques, sociaux, civils, culturels et politiques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En effet, cette Convention est le texte concernant les droits de l&#039;homme qui a été le plus rapidement accepté au cours de l&#039;histoire, et a été ratifié par le plus d&#039;Etats. Seuls les Etats-Unis et la Somalie ne l&#039;ont pas encore ratifiée aujourd&#039;hui: Les Etats-Unis pratiquent encore la peine de mort pour les enfants dans certains Etats, or cela serait contraire au droit à la vie de l&#039;enfant promulgué dans la CIDE, tandis que la Somalie ne possède pas de gouvernement reconnu pour la ratifier à cause des troubles politiques dans le pays.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Droits de l&#039;enfant - droits de la personne ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;quot;L&#039;humanité doit donner à l&#039;enfant ce qu&#039;elle a de meilleur, affirmer  leurs devoirs, en dehors de toute considération de race, de nationalité et de croyance&amp;quot; - ce sont les prémices officielles de la reconnaissance de l&#039;enfant de 1924. C&#039;était un début, suivi, comme nous avons décrit plus haut, par la Déclaration des Droits de l&#039;Enfant de 1959 et par La Convention relative aux Droits de l&#039;Enfant de 1989. &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il faut ici souligner que “jusqu&#039;à l’adoption de la Convention en 1989, les enfants ne vivaient pas dans les limbes juridiques internationales. Il était au contraire admis qu’ils jouissent de garanties offertes par les instruments internationaux précédents, tels que les pactes internationaux relatifs aux droits de l’homme (que la Suisse a récemment ratifiés), à l&#039;exclusion bien entendu des droits liés directement à la condition de l’adulte (droit de se marier, de fonder une famille, assurance-vieillesse ou maternité). L’année internationale de l’enfant a conduit la communauté internationale à préciser le statut des enfants en confirmant leur particularité en tant qu&#039;êtres à la fois vulnérables (Préambules de la Convention, par exemple pp. 5, 6, 12) et appelés “à assumer les responsabilités de la vie dans une société libre”.&amp;lt;ref&amp;gt;Lücker-Babel M-F, Droits de l&#039;enfant: idéologies et réalités. In. Ratifier en Suisse. La Convention de l&#039;ONU relative aux droits de l&#039;enfant?. N° 26, Novembre 1992. p. 43&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;enfant est donc considéré peu à peu comme un être de droit au cours du XXe siècle, ce que l&#039;on peut voir notamment à travers les différents textes codifiant les droits de l&#039;enfant à cette époque. L&#039;enfant est alors une personne a qui on confère des droits propres.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout d&#039;abord, en 1924, le premier texte international au sujet des droits de l&#039;enfant ([http://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/images/f/fb/Declaration-geneve.pdf Déclaration de Genève]) attribut à celui-ci des droits primaires, comme lui permettre de se développer normalement sur le plan matériel et spirituel, de gagner sa vie sans être exploité, être nourri, soigné, recueilli et secouru, ainsi que d&#039;être élever dans l&#039;esprit que ses qualités devront pourvoir à la société. On voit dans ce texte que les droits dotés à l&#039;enfant amorce une idée de soin et de protection de l&#039;enfant dans l&#039;évocation du secours qui doit lui être porté, et démontre aussi un intérêt pour son bon développement. Toutefois, ces articles restent assez pauvres quant aux droits qui leurs sont accordés et l&#039;on voit que le travail de l&#039;enfant reste de mise.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[http://cofradeenfrance.files.wordpress.com/2010/10/dc3a9claration-1959.pdf La Déclaration des Droits de l&#039;Enfant] de 1959 va plus loin. Ce texte insiste d&#039;avantage sur la protection qui doit être accordée à l&#039;enfant qui n&#039;est plus seulement suggérée sous le terme &amp;quot;secours&amp;quot;. Ici, son développement ne doit plus uniquement être normal, mais également sain sur le plan, cette fois-ci moral, spirituel, physique, intellectuel et social. On ajoute que l&#039;enfant doit pouvoir se développer dans la liberté et la dignité.&lt;br /&gt;
Il est important de voir que certains principes sont totalement nouveaux comme par exemple, le droit de posséder une nationalité et un nom. On y parle aussi de sécurité non seulement sociale pour l&#039;enfant et sa mère, mais également de sécurité morale.&lt;br /&gt;
Dans ce texte, on voit apparaître l&#039;importance accordée à l&#039;affection envers l&#039;enfant, qui est pour lui un besoin. De plus, il est indiqué que la séparation du petit enfant et de sa mère doit être éviter autant que possible. Si l&#039;enfant n&#039;a pas de famille, il est déclaré que c&#039;est alors aux pouvoirs publics et à la société d&#039;en prendre soin, de même pour les enfants n&#039;ayant pas les moyens nécessaires d’existence.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
A noter également, l&#039;entrée de l&#039;éducation comme étant un droit pour l&#039;enfant: &amp;quot;une éducation gratuite et obligatoire au moins au niveau élémentaire&amp;quot; (principe 7). Les loisirs sont incorporés dans ce principe comme éléments importants. Il est indiqué que l&#039;enfant a en effet le droit de jouer. &lt;br /&gt;
En 1959 est présente l&#039;idée de l&#039;apport des qualités de l&#039;enfant pour les autres membres de la société. Cette idée est accompagnée de celle du devoir de le protéger contre la discrimination, et de l&#039;élever dans un esprit de compréhension, de paix et de tolérance. De plus, on peut remarquer une évolution en ce qui concerne le travail des enfants. En effet, le principe 9 pose clairement des limites à son employabilité; outre la protection de son développement moral, physique ou mental, sa santé ou son éducation, on parle d&#039;âge minimum approprié pour l&#039;emploi. Toutefois, celui-ci n&#039;est pas spécifié. La notion d&#039;intérêt supérieur de l&#039;enfant fait son apparition dans cet écrit.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[http://www.unicef.ch/sites/default/files/attachements/convention_relative_aux_droits_de_lenfant.pdf La Convention relative aux Droits de l&#039;Enfant] de 1989 est le texte relevant des droits de l&#039;enfant le plus abouti. En effet, on peut déjà noter la différence en termes de nombres d&#039;articles de ces textes: 1924, La Déclaration de Genève compte 5 articles, on passe à 10 principes en 1959 et à 54 articles dans la Convention relative aux Droits de l&#039;Enfant en 1989. Cette convention reprend les droits exprimés dans les textes précédents, notamment les fondamentaux: droit à l&#039;identité, à la santé, à l&#039;éducation et à la protection et ajoute également bons nombres d&#039;autres considérations. Notamment, un nouveau droit fondamental est inclus dès lors: le droit à la participation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour conclure, en suivant le parcours de l&#039;enfant en tant que personne à part entière, on constate qu&#039;il évolue au cours du XXe siècle. À partir des informations publiées sur le site de l&#039;[http://www.unicef.org/french/sowc05/timeline.html Unicef] on peut retracer les éléments marquants de ce changement en vue de la reconnaissance internationale et de l’importance de l’enfance.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les droits de l&#039;enfant en Suisse ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le 24 février 1997, la Suisse a ratifié la Convention des Nations Unies relative aux Droits de l’Enfant. &lt;br /&gt;
Le conseil fédéral a constaté que dans l&#039;ensemble l&#039;ordre juridique suisse était en accord avec les principes de la convention. Néanmoins, il a émis des réserves dans plusieurs domaines où cet ordre juridique n&#039;est pas encore en totale adéquation avec les dispositions de la convention: le droit de l&#039;enfant à une nationalité, le regroupement familial, la séparation des jeunes et des adultes en cas de détention, les procédures pénales impliquant des mineurs. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Par ailleurs, il y a beaucoup de différences entre les divers cantons à propos de la mise en œuvre des droits. Tout ceci doit encore être amélioré.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La Convention est entrée en vigueur le 26 mars 1997 en Suisse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il faut ajouter que le pays a ratifié le protocole facultatif au sujet de l&#039;implication des enfants dans les conflits armés le 26 juillet 2002. Ce protocole, afin d&#039;augmenter la protection des enfants et adolescents, a élevé l&#039;âge minimum requis prévu dans la convention sur l’engagement volontaire et l’enrôlement obligatoire dans les forces armées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En Suisse, le deuxième protocole facultatif qui concerne la vente d&#039;enfants, la prostitution des enfants et la pornographie mettant en scène des enfants afin de mieux les protéger de l&#039;exploitation sexuelle est entré en vigueur le 19 octobre 2006.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une nouveauté visant la reconnaissance d&#039;un mineur est son droit de vote. Il s&#039;agit d&#039;un sujet d&#039;actualité qui prouve que celui des droits de l&#039;enfant commencé le siècle dernier continue.&lt;br /&gt;
Il faut savoir que les Constitutions et les législations en Suisse divergent en fonction du canton. D’une manière générale le droit de vote au niveau fédéral et cantonal est accordé aux ressortissants suisses ayant 18 ans révolus. &lt;br /&gt;
Néanmoins certaines cantons suisses ont débuté une démarche visant à accorder le doit de vote au niveau cantonal dès l’âge de 16 ans. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les citoyens ont pu s’exprimer sur l&#039;abaissement de l&#039;âge du droit de vote à 16 ans dans plusieurs cantons suisses tels que par exemple le canton de Berne, de Neuchâtel ou de Glaris. Celui-ci, en 2010, est le premier a avoir accepté d&#039;accorder ce droit aux jeunes à partir de 16 ans. Comme on peut le lire dans l’article de [http://www.rts.ch/info/suisse/1142189-glaris-dit-oui-au-droit-de-vote-a-16-ans.html RTS] paru le 28 juin 2010 “beaucoup de jeunes entrent dans la vie active à 16 ans. Ils pourront désormais aussi s&#039;exprimer sur des sujets qui les concernent directement, comme l&#039;école ou l&#039;apprentissage”.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Retour et analyse de l&#039;entretien ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* [[Entretien avec M. Jean-Pierre Audéoud|Entretien]] avec M. [[Index|Jean-Pierre Audéoud]]&lt;br /&gt;
* [[Article 2013/14|Méthode d&#039;entretien]]&lt;br /&gt;
* [[Questions pour les entretiens|Questions d&#039;entretien]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous avons interviewé Monsieur Jean-Pierre Audéoud le 4 décembre 2013. Cet homme, au parcours professionnel d&#039;une grande richesse a oscillé entre le droit et l&#039;éducation. En effet, après des études de droit à l&#039;université de Genève, il a fait une école d&#039;éducateurs au sud de la France (1958-1960). Diplôme en poche, il est revenu en Suisse où lui et sa femme, éducatrice également, ont repris la direction de Serix, une maison d&#039;éducation à Oron-Palézieux. Ils y ont travaillé 10 ans (1963-1973). Ensuite, Monsieur Audéoud a officié en tant que président du Tribunal des mineurs du canton de Vaud et ce jusqu&#039;en 1995, date officielle de sa retraite. Il s&#039;est ensuite engagé auprès des personnes handicapées en tant que président bénévole de la fondation Espérance. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===== Le Tribunal des mineurs =====&lt;br /&gt;
M. [[Index|Jean-Pierre Audéoud]], nous a expliqué durant l&#039; [[Entretien avec M. Jean-Pierre Audéoud|interview]] que son expérience dans le domaine du social lui a permis de mieux appréhender les tâches auprès du Tribunal des mineurs. L’engagement tout à fait remarquable de cet homme est mis en avant durant l’entretien:&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
“en choisissant le droit j’avais déjà une arrière pensée, je ne pensais pas être juriste dans un bureau ou faire avocat, quelque chose comme ça. C’est… c’était… alors c’est déjà une orientation si vous voulez, c’est-à-dire que je me suis déjà engagé en commençant le droit mais pas d’une manière précise, pas un moment « tac » voilà. Alors bon je sais pas si c’est à prendre en considération. Mais ça c’est affiné si vous voulez… non puis alors l’engagement véritable c’est quand je suis parti à Montpellier, c’est le choix de cette école d’éducateurs où je voulais compléter ma formation de juriste pour pouvoir à l’occasion revenir dans la juridiction des mineurs.”&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Il faut souligner ici que le Tribunal des mineurs, cette instance pour laquelle a travaillé Monsieur Jean-Pierre Audéoud, tient une place importante dans le champ des droits de l&#039;enfant. En outre le rôle du juge des mineurs est primordial, car c&#039;est lui qui va s&#039;occuper d&#039;instruire la cause, prendre les décisions quand un délit est commis par un enfant et s&#039;occuper de son exécution.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Une recherche menée à ce sujet nous a permis de voir qu&#039;il existe plusieurs types de sanctions:&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
* Les &amp;quot;peines prévues par le droit des mineurs :&lt;br /&gt;
réprimande ; prestation personnelle (travail d’intérêt général ou séance de sensibilisation) ; amende ; privation de liberté&amp;quot;.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
* Les &amp;quot;mesures de protection prévues par le droit des mineurs :&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
surveillance (droit de regard et d&#039;information sur la prise en charge éducative ou thérapeutique du mineur par ses parents) ; assistance personnelle (désignation d’une personne pour seconder les parents et assister le mineur) ; traitement ambulatoire (en cas de troubles psychiques, du développement de la personnalité, de toxicodépendance ou d’autre addiction) ; placement (si l’éducation et le traitement de l’état du mineur ne peuvent être assurés autrement).&amp;quot; &amp;lt;ref&amp;gt;http://www.vd.ch/fileadmin/user_upload/themes/etat_droit/justice/fichiers_pdf/Penal_7_web.pdf&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La page web officielle de la République et du canton de Genève, indique que &amp;quot;le Tribunal des mineurs est l’autorité pénale compétente pour poursuivre et juger les infractions commises par les mineurs âgés de dix à dix-huit ans au moment de l&#039;acte.&lt;br /&gt;
Il est également l&#039;autorité d&#039;exécution des peines et mesures prononcées, ces dernières pouvant durer jusqu&#039;à l&#039;âge de 22 ans.&amp;quot; &amp;lt;ref&amp;gt;https://ge.ch/justice/tribunal-des-mineurs&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Les droits de l&#039;enfant à travers le prisme de l&#039;éducation  ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est important de souligner qu&#039;avant de rencontrer notre témoin, nous n&#039;avions que peu d&#039;informations sur son parcours professionnel et de vie. Nous nous sommes rendues compte en menant l&#039;entretien qu&#039;il n&#039;était pas dans des revendications, dans une lutte en faveur des droits de l&#039;enfant au sens strict. Mais il a, de part son métier d&#039;éducateur et ses actions concrètes, participé à l&#039;évolution d&#039;une individualisation de l&#039;enfant; son but étant de faire grandir, évoluer des jeunes  pour qu&#039;ils reprennent le droit chemin, tout en respectant leurs besoins. Ainsi, il se trouve un certain décalage entre nos chapitres précédents concernant les droits de l&#039;enfant au sens strict et celui-ci qui traite d&#039;aspects éducatifs à travers une expérience de vie. Néanmoins, nous avons pu faire différents liens entre cette expérience et les droits en tant que tels. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;entretien avec M. et Mme Audéoud nous a permis de mettre en avant divers aspects reliés aux changements quant au travail d&#039;éducateur durant la période des [[Article_2013/14|années 60-80]]. Ils ont, comme énoncé plus haut, travaillé durant 10 ans (1963-1973) en tant que couple-directeur à la colonie de Serix. Cette maison d&#039;éducation pour jeunes délinquants accueillait à l&#039;époque 40 jeunes enfants et adolescents (uniquement des garçons) placés soit par une instance civile, soit par le service de protection de la jeunesse, ou encore par le tribunal des mineurs. Durant ces 10 années, ils ont initié et participé à de nombreux changements concrets au sein de leur institution. Ces changements reflètent grandement l&#039;évolution du regard porté sur l&#039;enfant à l&#039;époque. Avec la mise en place de cultes le dimanche où les gens des villages alentours se réunissaient au sein même de l&#039;institution  ou encore la création d&#039;un jardin d&#039;enfants pour les enfants du personnel, la création d&#039;un parc de jeux par de jeunes scouts, il y a cette volonté d&#039;ouvrir l&#039;institution pour que d&#039;une part les jeunes puissent avoir des contacts avec l&#039;extérieur, mais également pour que les gens de l&#039;extérieur puissent avoir un regard différent sur ce lieu et ses résidents. Les Audéoud vont encore plus loin en créant un foyer d&#039;habitation dépendant de Serix, en intégrant des jeunes dans les écoles des alentours, en leur organisant des vacances ou la possibilité de rentrer dans leur famille le week-end. Cette ouverture vers l&#039;extérieur était vraiment quelque chose de nouveau car durant des années Serix était un lieu très fermé ou rien de filtrait.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un élément marquant constaté par le couple Audéoud à travers leurs années à Serix est l&#039;évolution du statut d&#039;éducateur. En effet, ils voient se créer des associations professionnelles comme &amp;quot;la conférence romande de directeurs d&#039;institution&amp;quot; ou &amp;quot;l&#039;association romande des éducateurs spécialisés&amp;quot;. Se crée aussi durant cette période les syndicats, les conventions collectives. On aspire également à ce que les éducateurs soient mieux formés, soient soutenus dans leur métier. On voit par exemple apparaître des séances de trainings de groupe, des supervisions collectives et individuelles, ce qui était totalement nouveau pour l&#039;époque. Ainsi, dans ces années apparaît une valorisation de cette profession ainsi qu&#039; une prise en compte de la parole des éducateurs et de leurs besoins et souhaits. Il est vrai qu&#039;avant, ces gens se consacraient entièrement à leur métier, jour et nuit; ils ne comptaient pas leurs heures. Ils remplaçaient, comme le dit monsieur Audéoud, la famille de ces jeunes avec tout ce que ça implique. On voit alors petit à petit se créer un structure autour de ce métier, on met en place des horaires, des salaires, etc. On est attentif à leurs revendications, comme par exemple dans le cas de Serix, le fait de pouvoir habiter à l&#039;extérieur de la colonie. (fin à venir...) &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Cet entretien a mis également en lumière l&#039;évolution de la reconnaissance de l&#039;enfant et de ses droits. En effet, les droits de l&#039;enfant sont des droits de la personne avant tout. L&#039;entretien a par exemple souligné l&#039;importance de l&#039;écoute de l&#039;enfant et son droit à la parole. Ainsi, M. Audéoud nous a expliqué qu&#039;au Tribunal des mineurs le président se doit d&#039;écouter le mineur accusé et ses responsables légaux. D&#039;ailleurs, le but du juge pour enfant selon notre témoin est de choisir la sanction appropriée au mineur particulier, éduquer ou punir : travaux d&#039;intérêts généraux, amande ou encore le placement dans un établissement d&#039;éducation. Il se mêle alors des aspects juridiques à des aspects éducatifs et l&#039;on tente de déterminer ce qui est le mieux pour le jeune et non réellement selon le délit commis.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Il s&#039;agit là d&#039;un changement conséquent, car dans les années 60, M. Audéoud nous a fait part que dans son poste de directeur à Serix, les besoins des jeunes étaient définis par les adultes, qui décidaient pour les jeunes par rapport à ce qu&#039;ils pensaient être bien pour eux, mais sans leur demander leur avis. On n&#039;était pas encore dans une réelle prise en compte de la parole de l&#039;enfant à l&#039;époque. Une évolution sur le plan de l&#039;individualisation de l&#039;enfant et de la prise en compte de ses besoins est visible. En effet, aujourd&#039;hui on entend plus l&#039;enfant, on tente de connaître ce qu&#039;il désire et on regarde si on peut y accommoder. Avant, l&#039;enfant se devait de s&#039;accommoder lui à ce qu&#039;on lui imposait. De même, à Serix les colloques concernant les enfants se déroulaient sans l&#039;intéressé et ses parents, mais seulement avec les éducateurs et autres professionnels entourant le jeune. Petit à petit, les éducateurs ont changé de manière de faire, en imposant moins de choses supposées pour le bien des enfants et adolescents. Dans cet ordre d&#039;idée, on retrouve les points fondamentaux de la Constitution de 1989, du droit à la participation ainsi que la prise en compte de l&#039;intérêt supérieur de l&#039;enfant. Donc, entre les années 60 et 80, le domaine de l&#039;éducation a évolué dans la place attribuée au mineur dans les choix et sujets le concernant, l&#039;écoute qu&#039;on lui accorde et le droit de parole de celui-ci. De plus, les changements sont aussi visibles dans la prise en compte plus aboutie des besoins de l&#039;enfant, notamment par son expression de ses désirs et ressentis. Mme Audéoud souligne également le recours progressif à l&#039;individualisation de la démarche envers le jeune dans le milieu éducatif de Serix. Ainsi les jeunes ne sont plus approchés collectivement et on tient davantage compte de leur individualité dans les démarches entreprises à son égard.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Par rapport à la question des valeurs portées par ces deux personnes, on retrouve celles de donner une structure à l&#039;enfant de manière attentionnée, de donner de l&#039;affection à ces jeunes  qui souvent en manquait, ainsi que de la reconnaissance. Valoriser l&#039;enfant, le protéger, lui manifester de l&#039;intérêt, mais aussi l&#039;aider à développer ses capacités d&#039;un point de vue cognitif, social et affectif, voilà ce en quoi croyait ce couple. Leurs convictions et ils l&#039;évoquent eux-mêmes répondent toutes aux différents besoins que l&#039;enfant a pour se développer harmonieusement. En cela, on retrouve les fondements de base des droits internationaux des enfants, car on y parle de protection de l&#039;enfant ainsi que permettre à l&#039;enfant de se développer harmonieusement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Finalement, on semblerait légitime de penser que la promotion des droits de l&#039;enfant dans les années 60-80 sont en lien avec les changements dans le travail éducatif de nos témoins et l&#039;évolution de leur regard sur l&#039;enfant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Conclusions ===&lt;br /&gt;
Les droits de l’enfant, comme nous les avons présenté, ont évolué au cours de décennies du XXème siècle. L’histoire de cette période nous témoigne de leur importance, de leur rôle prépondérant dans la vie d’un être humain. Ceci ne signifie pas que l’on n’a rien de plus à accomplir, bien au contraire. Les préoccupations quant aux conditions de vie des enfants dans le monde sont encore d&#039;actualité au XXIème sciècle. L&#039;enfant est une personne à part entière ce qui ne fait aucune doute et la [[Article_2013/14|complexité du concept des droits de la personne]] abordée dans notre article renvoie justement à la liberté, à l&#039;intégrité, à la sûreté. Mais surtout qu’importe d&#039;où l’on vient et ce qu’on fait, nous avons le droit à la vie. &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Les [[Droits_des_femmes|femmes]], les [[Droits_des_prisonniers|prisonniers]], les [[Droits_des_patients_psychiatriques|patients]], les [[Droits_des_personnes_en_situation_de_handicap|personnes en situation de handicap]], chaque individu a ce droit pour lequel certains se battent encore aujourd&#039;hui.&amp;lt;br /&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’enfance lie les individus qu’importe leur appartenance. Cette période de la vie qui nous est commune prend une dimension à part tout simplement parce que dans chaque enfant émerge l’avenir, notre avenir. Les adultes ont pour but de comprendre les enfants, de les respecter en tant que personnes et de protéger leurs droits. &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Avec le temps, l&#039;enfant a peu à peu existé comme personne à part entière. Il n&#039;est plus seulement un &amp;quot;homme en devenir&amp;quot;, mais bien un enfant avec ses particularités et besoins spécifiques. De plus, l&#039;intérêt qu&#039;on lui a porté a amené à une prise de conscience de l&#039;importance de lui donner la parole, de respecter ses désirs, intérêts, ainsi que de ses besoins, comme lui les définit. On a ainsi vu à travers notre entretien que d&#039;une définition des besoins de l&#039;enfant par l&#039;adulte durant les années 60 dans les milieux éducatifs en Suisse, on est passé vers une prise en compte plus réelle des besoins de l&#039;enfant en s&#039;adressent directement à celui-ci et en l&#039;écoutant davantage. La protection de l&#039;enfant est une notion importante dans la construction de ses droits.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme nous l&#039;avons écrit auparavant, son droit à la vie est signifié dans les textes internationaux. De prime abord, le droit à la vie de tout être humain ainsi que le droit à être protégé nous paraît naturel, mais on voit que cela ne va pas de soi. La reconnaissance du droit et besoin de protection de l&#039;enfant est essentielle, car il s&#039;agit d&#039;un être vulnérable et dépendant, soumis au bon vouloir des parents. Cette relation dominant-dominé, où l&#039;un possède un certain pouvoir sur l&#039;autre se retrouve dans bien d&#039;autres populations. Ainsi, d&#039;autres droits développés à partir du milieu du XXe siècle, comme le droits des [[Droits_des_femmes|femmes]], des [[Droits_des_patients_psychiatriques|patients psychiatriques]], des [[Droits des patients (à l&#039;hôpital)|patients hospitaliers]], des [[Droits_des_personnes_en_situation_de_handicap|personnes en situation de handicap]] ou encore des [[Droits_des_prisonniers|prisonniers]] vont dans ce sens. Ce sont toutes des populations sous la domination d&#039;autrui pour lesquelles des luttes se sont développées afin de faire valoir leurs droits, en particulier de parole, écoute, autodétermination, etc. La préoccupation de l&#039;enfant va sans doute de paire avec la conscience de la société de cet enfant comme devenir de cette société. En effet, en désirant une société de bons citoyens, épanouis et travailleurs, il faut avant tout s&#039;occuper des conditions et favoriser au mieux le développement harmonieux des enfants. On peut ainsi rapprocher cette volonté d&#039;améliorer la société par le soucis de l&#039;enfant avec l&#039;apparition de l&#039;obligation scolaire pour tous. L&#039;instauration des droits de l&#039;enfant va cependant plus loin, car elle touche à bien d&#039;autres domaines que l&#039;instruction.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour finir, on peut voir que ces droits reconnus internationalement doivent tout de même continué à être l&#039;objet d&#039;un travail constant, car entre la théorie et la pratique, il y a de grandes différences, même dans nos pays développés. Ainsi, il importe de faire connaître leurs droits aux enfants, de les faire respecter, notamment à travers des instances et sanctions juridiques à cet égard.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Bibliographie / Webographie ===&lt;br /&gt;
* Droux J.,2011. &#039;&#039;L&#039;internationalisation de la protection de l&#039;enfance : acteurs, concurrences et projets transnationaux (1900-1925)&#039;&#039;. In. Critique internationale, 2011/3 n° 52, p. 17-33&lt;br /&gt;
* Martinetti, F. 2002. &#039;&#039;Les Droits de l&#039;enfant&#039;&#039;. Librio&lt;br /&gt;
* http://cofrade.fr/&lt;br /&gt;
* http://www.humanium.org/fr/&lt;br /&gt;
* http://www.netzwerk-kinderrechte.ch/&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Notes et références ===&lt;br /&gt;
&amp;lt;references/&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Auteurs du chapitre ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Claire Bourgeois Dubois-Ferriere&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
* Katarzyna Milena Fratczak&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
* Victoria Salomon&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Victoria</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Droits_des_enfants&amp;diff=13143</id>
		<title>Droits des enfants</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Droits_des_enfants&amp;diff=13143"/>
		<updated>2014-01-14T11:54:24Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Victoria : /* Le Tribunal des mineurs */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;=== Introduction ===&lt;br /&gt;
Les droits de l&#039;enfant visant la protection des mineurs évoluent au cours des décennies. Les prémices du XXe siècle les plus connues sont bien évidemment la [http://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/images/f/fb/Declaration-geneve.pdf Déclaration de Genève] (1924), la [http://cofradeenfrance.files.wordpress.com/2010/10/dc3a9claration-1959.pdf déclaration des Droits de l&#039;Enfant] (1959) et enfin le texte de la [http://www.unicef.ch/sites/default/files/attachements/convention_relative_aux_droits_de_lenfant.pdf Convention Internationale relative aux Droits de l’Enfant] du 20 novembre 1989. Ce dernier “ratifié d’une manière quasi universelle (193 États sur 195) en fait un texte hors norme de part sa portée dans l’espace et de par l’enthousiasme spontané qu’ [il] a suscité.”&amp;lt;ref&amp;gt;Zermatten, J., Stoecklin D. 2009. Le droit des enfants de participer. Norme juridique et réalité pratique: contribution à un nouveau contrat social. Suisse: Institut International des Droits de l&#039;Enfant., p.7 &amp;lt;/ref&amp;gt; Ce parcours historique est une partie importante de l’histoire qu’on écrit aujourd’hui.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
On peut remarquer que le premier pas vers l&#039;individualisation de l&#039;enfant datant de 1924, pointe le bout de son nez quelques années après la fin de la première guerre mondiale. Le deuxième est marqué par la Déclaration de Droits de l&#039;Enfant de 1959, donc à l’image de la précédente, elle date des années après la seconde guerre mais est également un point de départ menant vers la Convention de 1989.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Le long chemin vers une telle reconnaissance était en grande partie marqué par la création, un peu partout en Europe, des communautés d&#039;enfants. Leur rôle n&#039;est pas négligeable. La définition de ces communautés d&#039;enfants est donné à Trogen en juillet 1948 et semble préciser un peu plus les besoins de l&#039;enfant en tant que personne. Ce sont: &amp;quot;les organisations éducatives ou rééducatives à caractère permanent, fondées sur la participation active des enfants ou adolescents à la vie de la communauté, dans le cadre des méthodes d’éducation et d’instruction modernes – et dans lesquelles la vie de famille se combine de diverses façons aux modalités de la vie de collectivité&amp;quot;.&amp;lt;ref&amp;gt;Cours de M.Ruchat: L’éducation spéciale du XVIIIe au XXe siècles: L’éducation, les normes et l’individu, Université de Genève, 2013&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Dans l’esprit de la reconnaissance d’un enfant à part entière avec le respect de sa liberté, [[Libres enfants de Summerhill (Neill)|Alexander Sutherland Neill]] crée son école de Summerhill en 1921, une école qui encore de nos jours suscite beaucoup de discussions et polémiques. Dans le cadre de cet atelier d’intelligence collective nous avons procédé à une comparaison des idées de Neill décrites dans son livre [[Libres enfants de Summerhill (Neill)|&amp;quot;Libres enfants de Summerhill&amp;quot;]] (1960) avec la Convention relative aux Droits de l’Enfant de 1989 avec un constat tout à fait surprenant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Historique des droits de l&#039;enfant ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== « L’humanité doit donner à l’enfant ce qu’elle a de meilleur » Déclaration de Genève sur les Droits de l’Enfant, 1924 ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est important de signaler qu&#039;avant même l&#039;intérêt qui s&#039;est peu à peu développé quant aux droits de l&#039;enfant, il a d&#039;abord fallu que la société prenne [[Fichier:Déclaration de Genève 1924.jpg|vignette|droite|Déclaration de Genève (1924)]]conscience du statut particulier de l&#039;enfant, avec ses spécificités, et bien plus encore d&#039;être humain digne de droits propres : “L’adulte a longtemps cru que c’était lui-même qui devait animer l’enfant par ses soins et son assistance. Il pensait que son rôle était de façonner l’enfant, de construire sa vie psychique pour que l’enfant devienne peu à peu comme lui. L’enfant était un objet d’assistance, un adulte en devenir (certains disent même &amp;quot;en miniature&amp;quot;) et non une personne humaine à part entière. Petit, faible, pauvre, dépendant, il n’était qu’un citoyen potentiel qui ne sera homme ou femme que demain. Il ne devenait une personne humaine, sujet de droits, qu’à partir du moment où il atteignait l’âge adulte. C’est à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle, notamment après la Première Guerre mondiale, que le concept de droits de l’enfant apparaît.” &amp;lt;ref&amp;gt;Dhellemmes V. ,2010. La dignité et les droits de l&#039;enfant : vingt ans d&#039;avancées sur le plan international. In. Transversalités, 2010/3 N° 115, p. 99-110.&amp;lt;/ref&amp;gt;   &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quand on fait une recherche sur des droits de l’enfant à travers les documents écrits en l&#039;espace de plus de cent ans, du début du XXème siècle jusqu’à aujourd’hui, on retrouve les noms de deux précurseurs qui ont marqué le cours de l’histoire. Il s’agit de Britannique Eglantyne Jebb (1876-1928) et du polonais Henryk Goldzmit (1878–1942) connu sous le nom de [http://fr.wikipedia.org/wiki/Janusz_Korczak Janusz Korczak].&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Ce dernier, pédiatre et éducateur qui a tant &amp;quot;aimé et défendu&amp;quot; les enfants, ne voulant pas les laisser seuls, s&#039;est laissé emmener avec eux à Treblinka où il est mort dans une chambre à gaz.&amp;lt;ref&amp;gt;Korczak J. Le droit de l’enfant au respect. L’héritage de Janusz Korczak. Conférences sur les enjeux actuels pour l’enfance. In. http://www.coe.int/t/commissioner/Activities/themes/Children/PublicationKorczak_fr.pdf&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Korczak, l&#039;inspirateur des droits de l&#039;enfant est bien, d&#039;abord, un insurgé, comme toute son œuvre en témoigne. C&#039;est un homme qui ne supporte pas la violence faite à l&#039;enfance : la violence physique, bien sûr, la violence psychologique également, mais aussi la violence des institutions qui prétendent œuvrer pour &amp;quot;son bien&amp;quot;.&amp;lt;ref&amp;gt;Meirieu P. 2002. Le pédagogue et les droits de l’enfant : histoire d’un malentendu ?. Editions du Tricorne et Association suisse des Amis du Dr Korczak. p.4&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
“Janusz Korczak, premier défenseur des droits de l’enfant et le plus radical, a été déçu en découvrant la Déclaration des droits de l’enfant adoptée par la Société des Nations en 1924, pas assez claire à son goût et plus implorante que contraignante. Il voulait des droits et non la charité, immédiatement et non dans un avenir lointain.” &amp;lt;ref&amp;gt;Korczak J. Le droit de l’enfant au respect. L’héritage de Janusz Korczak. Conférences sur les enjeux actuels pour l’enfance. In. http://www.coe.int/t/commissioner/Activities/themes/Children/PublicationKorczak_fr.pdf p.7). &amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le travail d&#039;Eglantyne Jebb qui a élaboré et rédigé la [http://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/images/f/fb/Declaration-geneve.pdf Déclaration de Genève] a été important. Elle l’a présenté le 26 septembre 1923 et le 28 février 1924 le Ve Congrès général de la Société de Nations qui l&#039;a alors ratifié.&lt;br /&gt;
C&#039;est le premier texte énonçant des droits fondamentaux des enfants ainsi que la responsabilité des adultes à leur égard. Il est constitué de cinq articles. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Déjà  dans le préambule on peut lire que « L’humanité doit donner à l’enfant ce qu’elle a de meilleur.» On peut y voir également que c’est la protection physique qui est mise en avant en soutenant l&#039;idée de venir en aide en cas de détresse ainsi que celle de combattre la faim et l&#039;exploitation (articles 2, 3, 4). En parallèle la notion de développement spirituel n’est pas omis (article 1) de même que le fait que “l’enfant doit être élevé dans le sentiment que ses meilleures qualités devront être mises au service de ses frères”(article 5). Ce texte d&#039;après première guerre mondiale est aussi une contribution à un monde de paix s&#039;étayant sur les enfants qui forment l&#039;avenir, un avenir que les promoteurs des droits de l&#039;enfant voudraient dans la paix.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Déclaration des Droits de l’Enfant, 1959 ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après la seconde guerre mondiale, l&#039;ONU est créée. Elle va s&#039;intéresser aux droits de l&#039;enfant et révéler l&#039;insuffisance de la Déclaration de Genève. En effet, suite à l&#039;adoption de la [http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/IMG/pdf/DUDH.pdf Déclaration universelle des droits de l&#039;Homme] (1948) et à l&#039;évolution du droit durant cette période, on pense nécessaire d&#039;approfondir cette question des droits de l&#039;enfant.&lt;br /&gt;
Plusieurs pays membres de l&#039;ONU réclament une convention, c&#039;est-à-dire un instrument international contraignant qui engage les états qui l&#039;ont ratifié. Mais cette proposition est refusée. Le choix se porte alors sur une seconde Déclaration des droits de l&#039;enfant qui reprend l&#039;idée selon laquelle l&#039;humanité doit donner à l&#039;enfant ce qu&#039;elle a de meilleur. [http://cofradeenfrance.files.wordpress.com/2010/10/dc3a9claration-1959.pdf La déclaration des Droits de l&#039;Enfant] est adoptée par l&#039;assemblée générale des Nations Unies à l&#039;unanimité (70 pays membres), le 20 novembre 1959. Cette date est depuis lors officiellement la journée des droits de l&#039;enfant. La déclaration contient 10 principes fondateurs (elle double donc ceux de 1924!) avec des droits concrets comme par exemple le droit à un nom, à une nationalité ou à un enseignement gratuit au niveau élémentaire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Convention Internationale relative aux Droits de l’Enfant, 1989 ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le 20 novembre 1989, la [http://www.unicef.ch/sites/default/files/attachements/convention_relative_aux_droits_de_lenfant.pdf Convention Internationale relative aux Droits de l’Enfant] (CIDE) a été adoptée par l&#039;Assemblée générale des Nations Unies. Cette Convention a pour but de reconnaître et protéger les droits spécifiques de l&#039;enfant. Elle est composée de 54 articles (elle quintuple le nombre de 1959!) autour des orientations principales suivantes:&lt;br /&gt;
:la non - discrimination&lt;br /&gt;
:l&#039;intérêt supérieur de l&#039;enfant&lt;br /&gt;
:le droit à la vie, la survie et le développement&lt;br /&gt;
:les droits participatifs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les Etats ayant ratifiés cette Convention se doivent de respecter ces articles et de mettre en place les mesures législatives pour protéger les droits de l&#039;enfant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La CIDE est une déclinaison des droits de l&#039;homme exprimés dans la [http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/IMG/pdf/DUDH.pdf Déclaration Universelle des Droits de l&#039;Homme] (1948) et pose que l’enfant est sujet de droit. Elle accorde aux enfants des droits propres et expose leurs droits économiques, sociaux, civils, culturels et politiques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En effet, cette Convention est le texte concernant les droits de l&#039;homme qui a été le plus rapidement accepté au cours de l&#039;histoire, et a été ratifié par le plus d&#039;Etats. Seuls les Etats-Unis et la Somalie ne l&#039;ont pas encore ratifiée aujourd&#039;hui: Les Etats-Unis pratiquent encore la peine de mort pour les enfants dans certains Etats, or cela serait contraire au droit à la vie de l&#039;enfant promulgué dans la CIDE, tandis que la Somalie ne possède pas de gouvernement reconnu pour la ratifier à cause des troubles politiques dans le pays.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Droits de l&#039;enfant - droits de la personne ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;quot;L&#039;humanité doit donner à l&#039;enfant ce qu&#039;elle a de meilleur, affirmer  leurs devoirs, en dehors de toute considération de race, de nationalité et de croyance&amp;quot; - ce sont les prémices officielles de la reconnaissance de l&#039;enfant de 1924. C&#039;était un début, suivi, comme nous avons décrit plus haut, par la Déclaration des Droits de l&#039;Enfant de 1959 et par La Convention relative aux Droits de l&#039;Enfant de 1989. &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il faut ici souligner que “jusqu&#039;à l’adoption de la Convention en 1989, les enfants ne vivaient pas dans les limbes juridiques internationales. Il était au contraire admis qu’ils jouissent de garanties offertes par les instruments internationaux précédents, tels que les pactes internationaux relatifs aux droits de l’homme (que la Suisse a récemment ratifiés), à l&#039;exclusion bien entendu des droits liés directement à la condition de l’adulte (droit de se marier, de fonder une famille, assurance-vieillesse ou maternité). L’année internationale de l’enfant a conduit la communauté internationale à préciser le statut des enfants en confirmant leur particularité en tant qu&#039;êtres à la fois vulnérables (Préambules de la Convention, par exemple pp. 5, 6, 12) et appelés “à assumer les responsabilités de la vie dans une société libre”.&amp;lt;ref&amp;gt;Lücker-Babel M-F, Droits de l&#039;enfant: idéologies et réalités. In. Ratifier en Suisse. La Convention de l&#039;ONU relative aux droits de l&#039;enfant?. N° 26, Novembre 1992. p. 43&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;enfant est donc considéré peu à peu comme un être de droit au cours du XXe siècle, ce que l&#039;on peut voir notamment à travers les différents textes codifiant les droits de l&#039;enfant à cette époque. L&#039;enfant est alors une personne a qui on confère des droits propres.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout d&#039;abord, en 1924, le premier texte international au sujet des droits de l&#039;enfant ([http://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/images/f/fb/Declaration-geneve.pdf Déclaration de Genève]) attribut à celui-ci des droits primaires, comme lui permettre de se développer normalement sur le plan matériel et spirituel, de gagner sa vie sans être exploité, être nourri, soigné, recueilli et secouru, ainsi que d&#039;être élever dans l&#039;esprit que ses qualités devront pourvoir à la société. On voit dans ce texte que les droits dotés à l&#039;enfant amorce une idée de soin et de protection de l&#039;enfant dans l&#039;évocation du secours qui doit lui être porté, et démontre aussi un intérêt pour son bon développement. Toutefois, ces articles restent assez pauvres quant aux droits qui leurs sont accordés et l&#039;on voit que le travail de l&#039;enfant reste de mise.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[http://cofradeenfrance.files.wordpress.com/2010/10/dc3a9claration-1959.pdf La Déclaration des Droits de l&#039;Enfant] de 1959 va plus loin. Ce texte insiste d&#039;avantage sur la protection qui doit être accordée à l&#039;enfant qui n&#039;est plus seulement suggérée sous le terme &amp;quot;secours&amp;quot;. Ici, son développement ne doit plus uniquement être normal, mais également sain sur le plan, cette fois-ci moral, spirituel, physique, intellectuel et social. On ajoute que l&#039;enfant doit pouvoir se développer dans la liberté et la dignité.&lt;br /&gt;
Il est important de voir que certains principes sont totalement nouveaux comme par exemple, le droit de posséder une nationalité et un nom. On y parle aussi de sécurité non seulement sociale pour l&#039;enfant et sa mère, mais également de sécurité morale.&lt;br /&gt;
Dans ce texte, on voit apparaître l&#039;importance accordée à l&#039;affection envers l&#039;enfant, qui est pour lui un besoin. De plus, il est indiqué que la séparation du petit enfant et de sa mère doit être éviter autant que possible. Si l&#039;enfant n&#039;a pas de famille, il est déclaré que c&#039;est alors aux pouvoirs publics et à la société d&#039;en prendre soin, de même pour les enfants n&#039;ayant pas les moyens nécessaires d’existence.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
A noter également, l&#039;entrée de l&#039;éducation comme étant un droit pour l&#039;enfant: &amp;quot;une éducation gratuite et obligatoire au moins au niveau élémentaire&amp;quot; (principe 7). Les loisirs sont incorporés dans ce principe comme éléments importants. Il est indiqué que l&#039;enfant a en effet le droit de jouer. &lt;br /&gt;
En 1959 est présente l&#039;idée de l&#039;apport des qualités de l&#039;enfant pour les autres membres de la société. Cette idée est accompagnée de celle du devoir de le protéger contre la discrimination, et de l&#039;élever dans un esprit de compréhension, de paix et de tolérance. De plus, on peut remarquer une évolution en ce qui concerne le travail des enfants. En effet, le principe 9 pose clairement des limites à son employabilité; outre la protection de son développement moral, physique ou mental, sa santé ou son éducation, on parle d&#039;âge minimum approprié pour l&#039;emploi. Toutefois, celui-ci n&#039;est pas spécifié. La notion d&#039;intérêt supérieur de l&#039;enfant fait son apparition dans cet écrit.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[http://www.unicef.ch/sites/default/files/attachements/convention_relative_aux_droits_de_lenfant.pdf La Convention relative aux Droits de l&#039;Enfant] de 1989 est le texte relevant des droits de l&#039;enfant le plus abouti. En effet, on peut déjà noter la différence en termes de nombres d&#039;articles de ces textes: 1924, La Déclaration de Genève compte 5 articles, on passe à 10 principes en 1959 et à 54 articles dans la Convention relative aux Droits de l&#039;Enfant en 1989. Cette convention reprend les droits exprimés dans les textes précédents, notamment les fondamentaux: droit à l&#039;identité, à la santé, à l&#039;éducation et à la protection et ajoute également bons nombres d&#039;autres considérations. Notamment, un nouveau droit fondamental est inclus dès lors: le droit à la participation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour conclure, en suivant le parcours de l&#039;enfant en tant que personne à part entière, on constate qu&#039;il évolue au cours du XXe siècle. À partir des informations publiées sur le site de l&#039;[http://www.unicef.org/french/sowc05/timeline.html Unicef] on peut retracer les éléments marquants de ce changement en vue de la reconnaissance internationale et de l’importance de l’enfance.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les droits de l&#039;enfant en Suisse ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le 24 février 1997, la Suisse a ratifié la Convention des Nations Unies relative aux Droits de l’Enfant. &lt;br /&gt;
Le conseil fédéral a constaté que dans l&#039;ensemble l&#039;ordre juridique suisse était en accord avec les principes de la convention. Néanmoins, il a émis des réserves dans plusieurs domaines où cet ordre juridique n&#039;est pas encore en totale adéquation avec les dispositions de la convention: le droit de l&#039;enfant à une nationalité, le regroupement familial, la séparation des jeunes et des adultes en cas de détention, les procédures pénales impliquant des mineurs. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Par ailleurs, il y a beaucoup de différences entre les divers cantons à propos de la mise en œuvre des droits. Tout ceci doit encore être amélioré.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La Convention est entrée en vigueur le 26 mars 1997 en Suisse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il faut ajouter que le pays a ratifié le protocole facultatif au sujet de l&#039;implication des enfants dans les conflits armés le 26 juillet 2002. Ce protocole, afin d&#039;augmenter la protection des enfants et adolescents, a élevé l&#039;âge minimum requis prévu dans la convention sur l’engagement volontaire et l’enrôlement obligatoire dans les forces armées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En Suisse, le deuxième protocole facultatif qui concerne la vente d&#039;enfants, la prostitution des enfants et la pornographie mettant en scène des enfants afin de mieux les protéger de l&#039;exploitation sexuelle est entré en vigueur le 19 octobre 2006.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une nouveauté visant la reconnaissance d&#039;un mineur est son droit de vote. Il s&#039;agit d&#039;un sujet d&#039;actualité qui prouve que celui des droits de l&#039;enfant commencé le siècle dernier continue.&lt;br /&gt;
Il faut savoir que les Constitutions et les législations en Suisse divergent en fonction du canton. D’une manière générale le droit de vote au niveau fédéral et cantonal est accordé aux ressortissants suisses ayant 18 ans révolus. &lt;br /&gt;
Néanmoins certaines cantons suisses ont débuté une démarche visant à accorder le doit de vote au niveau cantonal dès l’âge de 16 ans. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les citoyens ont pu s’exprimer sur l&#039;abaissement de l&#039;âge du droit de vote à 16 ans dans plusieurs cantons suisses tels que par exemple le canton de Berne, de Neuchâtel ou de Glaris. Celui-ci, en 2010, est le premier a avoir accepté d&#039;accorder ce droit aux jeunes à partir de 16 ans. Comme on peut le lire dans l’article de [http://www.rts.ch/info/suisse/1142189-glaris-dit-oui-au-droit-de-vote-a-16-ans.html RTS] paru le 28 juin 2010 “beaucoup de jeunes entrent dans la vie active à 16 ans. Ils pourront désormais aussi s&#039;exprimer sur des sujets qui les concernent directement, comme l&#039;école ou l&#039;apprentissage”.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Retour et analyse de l&#039;entretien ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* [[Entretien avec M. Jean-Pierre Audéoud|Entretien]] avec M. [[Index|Jean-Pierre Audéoud]]&lt;br /&gt;
* [[Article 2013/14|Méthode d&#039;entretien]]&lt;br /&gt;
* [[Questions pour les entretiens|Questions d&#039;entretien]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous avons interviewé Monsieur Jean-Pierre Audéoud le 4 décembre 2013. Cet homme, au parcours professionnel d&#039;une grande richesse a oscillé entre le droit et l&#039;éducation. En effet, après des études de droit à l&#039;université de Genève, il a fait une école d&#039;éducateurs au sud de la France (1958-1960). Diplôme en poche, il est revenu en Suisse où lui et sa femme, éducatrice également, ont repris la direction de Serix, une maison d&#039;éducation à Oron-Palézieux. Ils y ont travaillé 10 ans (1963-1973). Ensuite, Monsieur Audéoud a officié en tant que président du Tribunal des mineurs du canton de Vaud et ce jusqu&#039;en 1995, date officielle de sa retraite. Il s&#039;est ensuite engagé auprès des personnes handicapées en tant que président bénévole de la fondation Espérance. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===== Le Tribunal des mineurs =====&lt;br /&gt;
M. [[Index|Jean-Pierre Audéoud]], nous a expliqué durant l&#039; [[Entretien avec M. Jean-Pierre Audéoud|interview]] que son expérience dans le domaine du social lui a permis de mieux appréhender les tâches auprès du Tribunal des mineurs. L’engagement tout à fait remarquable de cet homme est mis en avant durant l’entretien:&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
“en choisissant le droit j’avais déjà une arrière pensée, je ne pensais pas être juriste dans un bureau ou faire avocat, quelque chose comme ça. C’est… c’était… alors c’est déjà une orientation si vous voulez, c’est-à-dire que je me suis déjà engagé en commençant le droit mais pas d’une manière précise, pas un moment « tac » voilà. Alors bon je sais pas si c’est à prendre en considération. Mais ça c’est affiné si vous voulez… non puis alors l’engagement véritable c’est quand je suis parti à Montpellier, c’est le choix de cette école d’éducateurs où je voulais compléter ma formation de juriste pour pouvoir à l’occasion revenir dans la juridiction des mineurs.”&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Il faut souligner ici que le Tribunal des mineurs, cette instance pour laquelle a travaillé Monsieur Jean-Pierre Audéoud, tient une place importante dans le champ des droits de l&#039;enfant. En outre le rôle du juge des mineurs est primordial, car c&#039;est lui qui va s&#039;occuper d&#039;instruire la cause, prendre les décisions quand un délit est commis par un enfant et s&#039;occuper de son exécution.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Une recherche menée à ce sujet nous a permis de voir qu&#039;il existe plusieurs types de sanctions:&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
* Les &amp;quot;peines prévues par le droit des mineurs :&lt;br /&gt;
réprimande ; prestation personnelle (travail d’intérêt général ou séance de sensibilisation) ; amende ; privation de liberté&amp;quot;.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
* Les &amp;quot;mesures de protection prévues par le droit des mineurs :&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
surveillance (droit de regard et d&#039;information sur la prise en charge éducative ou thérapeutique du mineur par ses parents) ; assistance personnelle (désignation d’une personne pour seconder les parents et assister le mineur) ; traitement ambulatoire (en cas de troubles psychiques, du développement de la personnalité, de toxicodépendance ou d’autre addiction) ; placement (si l’éducation et le traitement de l’état du mineur ne peuvent être assurés autrement).&amp;quot; &amp;lt;ref&amp;gt;http://www.vd.ch/fileadmin/user_upload/themes/etat_droit/justice/fichiers_pdf/Penal_7_web.pdf&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La page web officielle de la République et du canton de Genève, indique que &amp;quot;le Tribunal des mineurs est l’autorité pénale compétente pour poursuivre et juger les infractions commises par les mineurs âgés de dix à dix-huit ans au moment de l&#039;acte.&lt;br /&gt;
Il est également l&#039;autorité d&#039;exécution des peines et mesures prononcées, ces dernières pouvant durer jusqu&#039;à l&#039;âge de 22 ans.&amp;quot; &amp;lt;ref&amp;gt;https://ge.ch/justice/tribunal-des-mineurs&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Les droits de l&#039;enfant à travers le prisme de l&#039;éducation  ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est important de souligner qu&#039;avant de rencontrer notre témoin, nous n&#039;avions que peu d&#039;informations sur son parcours professionnel et de vie. Nous nous sommes rendues compte en menant l&#039;entretien qu&#039;il n&#039;était pas dans des revendications, dans une lutte en faveur des droits de l&#039;enfant au sens strict. Mais il a, de part son métier d&#039;éducateur et ses actions concrètes, participé à l&#039;évolution d&#039;une individualisation de l&#039;enfant; son but étant de faire grandir, évoluer des jeunes  pour qu&#039;ils reprennent le droit chemin, tout en respectant leurs besoins. Ainsi, il se trouve un certain décalage entre nos chapitres précédents concernant les droits de l&#039;enfant au sens strict et celui-ci qui traite d&#039;aspects éducatifs à travers une expérience de vie. Néanmoins, nous avons pu faire différents liens entre cette expérience et les droits en tant que tels. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;entretien avec M. et Mme Audéoud nous a permis de mettre en avant divers aspects reliés aux changements quant au travail d&#039;éducateur durant la période des [[Article_2013/14|années 60-80]]. Ils ont, comme énoncé plus haut, travaillé durant 10 ans (1963-1973) en tant que couple-directeur à la colonie de Serix. Cette maison d&#039;éducation pour jeunes délinquants accueillait à l&#039;époque 40 jeunes enfants et adolescents (uniquement des garçons) placés soit par une instance civile, soit par le service de protection de la jeunesse, ou encore par le tribunal des mineurs. Durant ces 10 années, ils ont initié et participé à de nombreux changements concrets au sein de leur institution. Ces changements reflètent grandement l&#039;évolution du regard porté sur l&#039;enfant à l&#039;époque. Avec la mise en place de cultes le dimanche où les gens des villages alentours se réunissaient au sein même de l&#039;institution  ou encore la création d&#039;un jardin d&#039;enfants pour les enfants du personnel, la création d&#039;un parc de jeux par de jeunes scouts, il y a cette volonté d&#039;ouvrir l&#039;institution pour que d&#039;une part les jeunes puissent avoir des contacts avec l&#039;extérieur, mais également pour que les gens de l&#039;extérieur puissent avoir un regard différent sur ce lieu et ses résidents. Les Audéoud vont encore plus loin en créant un foyer d&#039;habitation dépendant de Serix, en intégrant des jeunes dans les écoles des alentours, en leur organisant des vacances ou la possibilité de rentrer dans leur famille le week-end. Cette ouverture vers l&#039;extérieur était vraiment quelque chose de nouveau car durant des années Serix était un lieu très fermé ou rien de filtrait.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un élément marquant constaté par le couple Audéoud à travers leurs années à Serix est l&#039;évolution du statut d&#039;éducateur. En effet, ils voient se créer des associations professionnelles comme &amp;quot;la conférence romande de directeurs d&#039;institution&amp;quot; ou &amp;quot;l&#039;association romande des éducateurs spécialisés&amp;quot;. Se crée aussi durant cette période les syndicats, les conventions collectives. On aspire également à ce que les éducateurs soient mieux formés, soient soutenus dans leur métier. On voit par exemple apparaître des séances de trainings de groupe, des supervisions collectives et individuelles, ce qui était totalement nouveau pour l&#039;époque. Ainsi, dans ces années apparaît une valorisation de cette profession ainsi qu&#039; une prise en compte de la parole des éducateurs et de leurs besoins et souhaits. Il est vrai qu&#039;avant, ces gens se consacraient entièrement à leur métier, jour et nuit; ils ne comptaient pas leurs heures. Ils remplaçaient, comme le dit monsieur Audéoud, la famille de ces jeunes avec tout ce que ça implique. On voit alors petit à petit se créer un structure autour de ce métier, on met en place des horaires, des salaires, etc. On est attentif à leurs revendications, comme par exemple dans le cas de Serix, le fait de pouvoir habiter à l&#039;extérieur de la colonie. (fin à venir...) &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Cet entretien a mis également en lumière l&#039;évolution de la reconnaissance de l&#039;enfant et de ses droits. En effet, les droits de l&#039;enfant sont des droits de la personne avant tout. L&#039;entretien a par exemple souligné l&#039;importance de l&#039;écoute de l&#039;enfant et son droit à la parole. Ainsi, M. Audéoud nous a expliqué qu&#039;au Tribunal des mineurs le président se doit d&#039;écouter le mineur accusé et ses responsables légaux. D&#039;ailleurs, le but du juge pour enfant selon notre témoin est de choisir la sanction appropriée au mineur particulier, éduquer ou punir : travaux d&#039;intérêts généraux, amande ou encore le placement dans un établissement d&#039;éducation. Il se mêle alors des aspects juridiques à des aspects éducatifs et l&#039;on tente de déterminer ce qui est le mieux pour le jeune et non réellement selon le délit commis.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Il s&#039;agit là d&#039;un changement conséquent, car dans les années 60, M. Audéoud nous a fait part que dans son poste de directeur à Serix, les besoins des jeunes étaient définis par les adultes, qui décidaient pour les jeunes par rapport à ce qu&#039;ils pensaient être bien pour eux, mais sans leur demander leur avis. On n&#039;était pas encore dans une réelle prise en compte de la parole de l&#039;enfant à l&#039;époque. Une évolution sur le plan de l&#039;individualisation de l&#039;enfant et de la prise en compte de ses besoins est visible. En effet, aujourd&#039;hui on entend plus l&#039;enfant, on tente de connaître ce qu&#039;il désire et on regarde si on peut y accommoder. Avant, l&#039;enfant se devait de s&#039;accommoder lui à ce qu&#039;on lui imposait. De même, à Serix les colloques concernant les enfants se déroulaient sans l&#039;intéressé et ses parents, mais seulement avec les éducateurs et autres professionnels entourant le jeune. Petit à petit, les éducateurs ont changé de manière de faire, en imposant moins de choses supposées pour le bien des enfants et adolescents. Dans cet ordre d&#039;idée, on retrouve les points fondamentaux de la Constitution de 1989, du droit à la participation ainsi que la prise en compte de l&#039;intérêt supérieur de l&#039;enfant. Donc, entre les années 60 et 80, le domaine de l&#039;éducation a évolué dans la place attribuée au mineur dans les choix et sujets le concernant, l&#039;écoute qu&#039;on lui accorde et le droit de parole de celui-ci. De plus, les changements sont aussi visibles dans la prise en compte plus aboutie des besoins de l&#039;enfant, notamment par son expression de ses désirs et ressentis. Mme Audéoud souligne également le recours progressif à l&#039;individualisation de la démarche envers le jeune dans le milieu éducatif de Serix. Ainsi les jeunes ne sont plus approchés collectivement et on tient davantage compte de leur individualité dans les démarches entreprises à son égard.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Par rapport à la question des valeurs portées par ces deux personnes, on retrouve celles de donner une structure à l&#039;enfant de manière attentionnée, de donner de l&#039;affection à ces jeunes  qui souvent en manquait, ainsi que de la reconnaissance. Valoriser l&#039;enfant, le protéger, lui manifester de l&#039;intérêt, mais aussi l&#039;aider à développer ses capacités d&#039;un point de vue cognitif, social et affectif, voilà ce en quoi croyait ce couple. Leurs convictions et ils l&#039;évoquent eux-mêmes répondent toutes aux différents besoins que l&#039;enfant a pour se développer harmonieusement. En cela, on retrouve les fondements de base des droits internationaux des enfants, car on y parle de protection de l&#039;enfant ainsi que permettre à l&#039;enfant de se développer harmonieusement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Finalement, on semblerait légitime de penser que la promotion des droits de l&#039;enfant dans les années 60-80 sont en lien avec les changements dans le travail éducatif de nos témoins et l&#039;évolution de leur regard sur l&#039;enfant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Conclusions ===&lt;br /&gt;
Les droits de l’enfant, comme nous l’avons présenté, ont évolué au cours de décennies du XXème siècle. L’histoire de cette période nous témoigne de leur importance, de leur rôle prépondérant dans la vie d’un être humain. Ceci ne signifie pas que l’on n’a rien de plus à accomplir, bien au contraire. Les préoccupations quant aux conditions de vie des enfants dans le monde sont encore d&#039;actualité au XXIème sciècle. L&#039;enfant est une personne à part entière ce qui ne fait aucune doute et la [[Article_2013/14|complexité du concept des droits de la personne]] abordée dans notre article renvoie justement à la liberté, à l&#039;intégrité, à la sûreté. Mais surtout qu’importe d&#039;où l’on vient et ce qu’on fait, nous avons le droit à la vie. &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Les [[Droits_des_femmes|femmes]], les [[Droits_des_prisonniers|prisonniers]], les [[Droits_des_patients_psychiatriques|patients]], les [[Droits_des_personnes_en_situation_de_handicap|personnes en situation de handicap]], chaque individu a ce droit pour lequel certains se battent encore aujourd&#039;hui.&amp;lt;br /&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’enfance lie les individus qu’importe leur appartenance. Cette période de la vie qui nous est commune prend une dimension à part tout simplement parce que dans chaque enfant émerge l’avenir, notre avenir. Les adultes ont pour but de comprendre les enfants, de les respecter en tant que personnes et de protéger leurs droits. &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Avec le temps, l&#039;enfant a peu à peu existé comme personne à part entière. Il n&#039;est plus seulement un &amp;quot;homme en devenir&amp;quot;, mais bien un enfant avec ses particularités et besoins spécifiques. De plus, l&#039;intérêt qu&#039;on lui a porté a amené à une prise de conscience de l&#039;importance de lui donner la parole, de respecter ses désirs, intérêts, ainsi que de ses besoins, comme lui les définit. On a ainsi vu à travers notre entretien que d&#039;une définition des besoins de l&#039;enfant par l&#039;adulte durant les années 60 dans les milieux éducatifs en Suisse, on est passé vers une prise en compte plus réelle des besoins de l&#039;enfant en s&#039;adressent directement à celui-ci et en l&#039;écoutant davantage. La protection de l&#039;enfant est une notion importante dans la construction de ses droits.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme nous l&#039;avons écrit auparavant, son droit à la vie est signifié dans les textes internationaux. De prime abord, le droit à la vie de tout être humain ainsi que le droit à être protégé nous paraît naturel, mais on voit que cela ne va pas de soi. La reconnaissance du droit et besoin de protection de l&#039;enfant est essentielle, car il s&#039;agit d&#039;un être vulnérable et dépendant, soumis au bon vouloir des parents. Cette relation dominant-dominé, où l&#039;un possède un certain pouvoir sur l&#039;autre se retrouve dans bien d&#039;autres populations. Ainsi, d&#039;autres droits développés à partir du milieu du XXe siècle, comme le droits des [[Droits_des_femmes|femmes]], des [[Droits_des_patients_psychiatriques|patients psychiatriques]], des [[Droits des patients (à l&#039;hôpital)|patients hospitaliers]], des [[Droits_des_personnes_en_situation_de_handicap|personnes en situation de handicap]] ou encore des [[Droits_des_prisonniers|prisonniers]] vont dans ce sens. Ce sont toutes des populations sous la domination d&#039;autrui pour lesquelles des luttes se sont développées afin de faire valoir leurs droits, en particulier de parole, écoute, etc. La préoccupation de l&#039;enfant va sans doute de paire avec la conscience de la société de cet enfant comme devenir de la société. En effet, en désirant une société de bons citoyens, épanouis et travailleurs, il faut avant tout s&#039;occuper des conditions et favoriser au mieux le développement harmonieux des enfants. On peut ainsi rapprocher cette volonté d&#039;améliorer la société par le soucis de l&#039;enfant avec l&#039;apparition de l&#039;obligation scolaire pour tous. L&#039;instauration des droits pour l&#039;enfant va cependant plus loin, car elle touche à bien d&#039;autres domaines que l&#039;instruction.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour finir, on peut voir que ces droits reconnus internationalement doivent tout de même continué à être l&#039;objet d&#039;un travail constant, car entre la théorie et la pratique, il y a de grandes différences, même dans nos pays développés. Ainsi, il importe de faire connaître leurs droits aux enfants, de les faire respecter, notamment à travers des instances  et sanctions juridiques à cet égard.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Bibliographie / Webographie ===&lt;br /&gt;
* Droux J.,2011. &#039;&#039;L&#039;internationalisation de la protection de l&#039;enfance : acteurs, concurrences et projets transnationaux (1900-1925)&#039;&#039;. In. Critique internationale, 2011/3 n° 52, p. 17-33&lt;br /&gt;
* Martinetti, F. 2002. &#039;&#039;Les Droits de l&#039;enfant&#039;&#039;. Librio&lt;br /&gt;
* http://cofrade.fr/&lt;br /&gt;
* http://www.humanium.org/fr/&lt;br /&gt;
* http://www.netzwerk-kinderrechte.ch/&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Notes et références ===&lt;br /&gt;
&amp;lt;references/&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Auteurs du chapitre ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Claire Bourgeois Dubois-Ferriere&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
* Katarzyna Milena Fratczak&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
* Victoria Salomon&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Victoria</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Droits_des_enfants&amp;diff=13142</id>
		<title>Droits des enfants</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Droits_des_enfants&amp;diff=13142"/>
		<updated>2014-01-14T11:53:58Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Victoria : /* Droits de l&amp;#039;enfant - droits de la personne */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;=== Introduction ===&lt;br /&gt;
Les droits de l&#039;enfant visant la protection des mineurs évoluent au cours des décennies. Les prémices du XXe siècle les plus connues sont bien évidemment la [http://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/images/f/fb/Declaration-geneve.pdf Déclaration de Genève] (1924), la [http://cofradeenfrance.files.wordpress.com/2010/10/dc3a9claration-1959.pdf déclaration des Droits de l&#039;Enfant] (1959) et enfin le texte de la [http://www.unicef.ch/sites/default/files/attachements/convention_relative_aux_droits_de_lenfant.pdf Convention Internationale relative aux Droits de l’Enfant] du 20 novembre 1989. Ce dernier “ratifié d’une manière quasi universelle (193 États sur 195) en fait un texte hors norme de part sa portée dans l’espace et de par l’enthousiasme spontané qu’ [il] a suscité.”&amp;lt;ref&amp;gt;Zermatten, J., Stoecklin D. 2009. Le droit des enfants de participer. Norme juridique et réalité pratique: contribution à un nouveau contrat social. Suisse: Institut International des Droits de l&#039;Enfant., p.7 &amp;lt;/ref&amp;gt; Ce parcours historique est une partie importante de l’histoire qu’on écrit aujourd’hui.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
On peut remarquer que le premier pas vers l&#039;individualisation de l&#039;enfant datant de 1924, pointe le bout de son nez quelques années après la fin de la première guerre mondiale. Le deuxième est marqué par la Déclaration de Droits de l&#039;Enfant de 1959, donc à l’image de la précédente, elle date des années après la seconde guerre mais est également un point de départ menant vers la Convention de 1989.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Le long chemin vers une telle reconnaissance était en grande partie marqué par la création, un peu partout en Europe, des communautés d&#039;enfants. Leur rôle n&#039;est pas négligeable. La définition de ces communautés d&#039;enfants est donné à Trogen en juillet 1948 et semble préciser un peu plus les besoins de l&#039;enfant en tant que personne. Ce sont: &amp;quot;les organisations éducatives ou rééducatives à caractère permanent, fondées sur la participation active des enfants ou adolescents à la vie de la communauté, dans le cadre des méthodes d’éducation et d’instruction modernes – et dans lesquelles la vie de famille se combine de diverses façons aux modalités de la vie de collectivité&amp;quot;.&amp;lt;ref&amp;gt;Cours de M.Ruchat: L’éducation spéciale du XVIIIe au XXe siècles: L’éducation, les normes et l’individu, Université de Genève, 2013&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Dans l’esprit de la reconnaissance d’un enfant à part entière avec le respect de sa liberté, [[Libres enfants de Summerhill (Neill)|Alexander Sutherland Neill]] crée son école de Summerhill en 1921, une école qui encore de nos jours suscite beaucoup de discussions et polémiques. Dans le cadre de cet atelier d’intelligence collective nous avons procédé à une comparaison des idées de Neill décrites dans son livre [[Libres enfants de Summerhill (Neill)|&amp;quot;Libres enfants de Summerhill&amp;quot;]] (1960) avec la Convention relative aux Droits de l’Enfant de 1989 avec un constat tout à fait surprenant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Historique des droits de l&#039;enfant ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== « L’humanité doit donner à l’enfant ce qu’elle a de meilleur » Déclaration de Genève sur les Droits de l’Enfant, 1924 ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est important de signaler qu&#039;avant même l&#039;intérêt qui s&#039;est peu à peu développé quant aux droits de l&#039;enfant, il a d&#039;abord fallu que la société prenne [[Fichier:Déclaration de Genève 1924.jpg|vignette|droite|Déclaration de Genève (1924)]]conscience du statut particulier de l&#039;enfant, avec ses spécificités, et bien plus encore d&#039;être humain digne de droits propres : “L’adulte a longtemps cru que c’était lui-même qui devait animer l’enfant par ses soins et son assistance. Il pensait que son rôle était de façonner l’enfant, de construire sa vie psychique pour que l’enfant devienne peu à peu comme lui. L’enfant était un objet d’assistance, un adulte en devenir (certains disent même &amp;quot;en miniature&amp;quot;) et non une personne humaine à part entière. Petit, faible, pauvre, dépendant, il n’était qu’un citoyen potentiel qui ne sera homme ou femme que demain. Il ne devenait une personne humaine, sujet de droits, qu’à partir du moment où il atteignait l’âge adulte. C’est à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle, notamment après la Première Guerre mondiale, que le concept de droits de l’enfant apparaît.” &amp;lt;ref&amp;gt;Dhellemmes V. ,2010. La dignité et les droits de l&#039;enfant : vingt ans d&#039;avancées sur le plan international. In. Transversalités, 2010/3 N° 115, p. 99-110.&amp;lt;/ref&amp;gt;   &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quand on fait une recherche sur des droits de l’enfant à travers les documents écrits en l&#039;espace de plus de cent ans, du début du XXème siècle jusqu’à aujourd’hui, on retrouve les noms de deux précurseurs qui ont marqué le cours de l’histoire. Il s’agit de Britannique Eglantyne Jebb (1876-1928) et du polonais Henryk Goldzmit (1878–1942) connu sous le nom de [http://fr.wikipedia.org/wiki/Janusz_Korczak Janusz Korczak].&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Ce dernier, pédiatre et éducateur qui a tant &amp;quot;aimé et défendu&amp;quot; les enfants, ne voulant pas les laisser seuls, s&#039;est laissé emmener avec eux à Treblinka où il est mort dans une chambre à gaz.&amp;lt;ref&amp;gt;Korczak J. Le droit de l’enfant au respect. L’héritage de Janusz Korczak. Conférences sur les enjeux actuels pour l’enfance. In. http://www.coe.int/t/commissioner/Activities/themes/Children/PublicationKorczak_fr.pdf&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Korczak, l&#039;inspirateur des droits de l&#039;enfant est bien, d&#039;abord, un insurgé, comme toute son œuvre en témoigne. C&#039;est un homme qui ne supporte pas la violence faite à l&#039;enfance : la violence physique, bien sûr, la violence psychologique également, mais aussi la violence des institutions qui prétendent œuvrer pour &amp;quot;son bien&amp;quot;.&amp;lt;ref&amp;gt;Meirieu P. 2002. Le pédagogue et les droits de l’enfant : histoire d’un malentendu ?. Editions du Tricorne et Association suisse des Amis du Dr Korczak. p.4&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
“Janusz Korczak, premier défenseur des droits de l’enfant et le plus radical, a été déçu en découvrant la Déclaration des droits de l’enfant adoptée par la Société des Nations en 1924, pas assez claire à son goût et plus implorante que contraignante. Il voulait des droits et non la charité, immédiatement et non dans un avenir lointain.” &amp;lt;ref&amp;gt;Korczak J. Le droit de l’enfant au respect. L’héritage de Janusz Korczak. Conférences sur les enjeux actuels pour l’enfance. In. http://www.coe.int/t/commissioner/Activities/themes/Children/PublicationKorczak_fr.pdf p.7). &amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le travail d&#039;Eglantyne Jebb qui a élaboré et rédigé la [http://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/images/f/fb/Declaration-geneve.pdf Déclaration de Genève] a été important. Elle l’a présenté le 26 septembre 1923 et le 28 février 1924 le Ve Congrès général de la Société de Nations qui l&#039;a alors ratifié.&lt;br /&gt;
C&#039;est le premier texte énonçant des droits fondamentaux des enfants ainsi que la responsabilité des adultes à leur égard. Il est constitué de cinq articles. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Déjà  dans le préambule on peut lire que « L’humanité doit donner à l’enfant ce qu’elle a de meilleur.» On peut y voir également que c’est la protection physique qui est mise en avant en soutenant l&#039;idée de venir en aide en cas de détresse ainsi que celle de combattre la faim et l&#039;exploitation (articles 2, 3, 4). En parallèle la notion de développement spirituel n’est pas omis (article 1) de même que le fait que “l’enfant doit être élevé dans le sentiment que ses meilleures qualités devront être mises au service de ses frères”(article 5). Ce texte d&#039;après première guerre mondiale est aussi une contribution à un monde de paix s&#039;étayant sur les enfants qui forment l&#039;avenir, un avenir que les promoteurs des droits de l&#039;enfant voudraient dans la paix.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Déclaration des Droits de l’Enfant, 1959 ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après la seconde guerre mondiale, l&#039;ONU est créée. Elle va s&#039;intéresser aux droits de l&#039;enfant et révéler l&#039;insuffisance de la Déclaration de Genève. En effet, suite à l&#039;adoption de la [http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/IMG/pdf/DUDH.pdf Déclaration universelle des droits de l&#039;Homme] (1948) et à l&#039;évolution du droit durant cette période, on pense nécessaire d&#039;approfondir cette question des droits de l&#039;enfant.&lt;br /&gt;
Plusieurs pays membres de l&#039;ONU réclament une convention, c&#039;est-à-dire un instrument international contraignant qui engage les états qui l&#039;ont ratifié. Mais cette proposition est refusée. Le choix se porte alors sur une seconde Déclaration des droits de l&#039;enfant qui reprend l&#039;idée selon laquelle l&#039;humanité doit donner à l&#039;enfant ce qu&#039;elle a de meilleur. [http://cofradeenfrance.files.wordpress.com/2010/10/dc3a9claration-1959.pdf La déclaration des Droits de l&#039;Enfant] est adoptée par l&#039;assemblée générale des Nations Unies à l&#039;unanimité (70 pays membres), le 20 novembre 1959. Cette date est depuis lors officiellement la journée des droits de l&#039;enfant. La déclaration contient 10 principes fondateurs (elle double donc ceux de 1924!) avec des droits concrets comme par exemple le droit à un nom, à une nationalité ou à un enseignement gratuit au niveau élémentaire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Convention Internationale relative aux Droits de l’Enfant, 1989 ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le 20 novembre 1989, la [http://www.unicef.ch/sites/default/files/attachements/convention_relative_aux_droits_de_lenfant.pdf Convention Internationale relative aux Droits de l’Enfant] (CIDE) a été adoptée par l&#039;Assemblée générale des Nations Unies. Cette Convention a pour but de reconnaître et protéger les droits spécifiques de l&#039;enfant. Elle est composée de 54 articles (elle quintuple le nombre de 1959!) autour des orientations principales suivantes:&lt;br /&gt;
:la non - discrimination&lt;br /&gt;
:l&#039;intérêt supérieur de l&#039;enfant&lt;br /&gt;
:le droit à la vie, la survie et le développement&lt;br /&gt;
:les droits participatifs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les Etats ayant ratifiés cette Convention se doivent de respecter ces articles et de mettre en place les mesures législatives pour protéger les droits de l&#039;enfant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La CIDE est une déclinaison des droits de l&#039;homme exprimés dans la [http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/IMG/pdf/DUDH.pdf Déclaration Universelle des Droits de l&#039;Homme] (1948) et pose que l’enfant est sujet de droit. Elle accorde aux enfants des droits propres et expose leurs droits économiques, sociaux, civils, culturels et politiques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En effet, cette Convention est le texte concernant les droits de l&#039;homme qui a été le plus rapidement accepté au cours de l&#039;histoire, et a été ratifié par le plus d&#039;Etats. Seuls les Etats-Unis et la Somalie ne l&#039;ont pas encore ratifiée aujourd&#039;hui: Les Etats-Unis pratiquent encore la peine de mort pour les enfants dans certains Etats, or cela serait contraire au droit à la vie de l&#039;enfant promulgué dans la CIDE, tandis que la Somalie ne possède pas de gouvernement reconnu pour la ratifier à cause des troubles politiques dans le pays.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Droits de l&#039;enfant - droits de la personne ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;quot;L&#039;humanité doit donner à l&#039;enfant ce qu&#039;elle a de meilleur, affirmer  leurs devoirs, en dehors de toute considération de race, de nationalité et de croyance&amp;quot; - ce sont les prémices officielles de la reconnaissance de l&#039;enfant de 1924. C&#039;était un début, suivi, comme nous avons décrit plus haut, par la Déclaration des Droits de l&#039;Enfant de 1959 et par La Convention relative aux Droits de l&#039;Enfant de 1989. &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il faut ici souligner que “jusqu&#039;à l’adoption de la Convention en 1989, les enfants ne vivaient pas dans les limbes juridiques internationales. Il était au contraire admis qu’ils jouissent de garanties offertes par les instruments internationaux précédents, tels que les pactes internationaux relatifs aux droits de l’homme (que la Suisse a récemment ratifiés), à l&#039;exclusion bien entendu des droits liés directement à la condition de l’adulte (droit de se marier, de fonder une famille, assurance-vieillesse ou maternité). L’année internationale de l’enfant a conduit la communauté internationale à préciser le statut des enfants en confirmant leur particularité en tant qu&#039;êtres à la fois vulnérables (Préambules de la Convention, par exemple pp. 5, 6, 12) et appelés “à assumer les responsabilités de la vie dans une société libre”.&amp;lt;ref&amp;gt;Lücker-Babel M-F, Droits de l&#039;enfant: idéologies et réalités. In. Ratifier en Suisse. La Convention de l&#039;ONU relative aux droits de l&#039;enfant?. N° 26, Novembre 1992. p. 43&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;enfant est donc considéré peu à peu comme un être de droit au cours du XXe siècle, ce que l&#039;on peut voir notamment à travers les différents textes codifiant les droits de l&#039;enfant à cette époque. L&#039;enfant est alors une personne a qui on confère des droits propres.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout d&#039;abord, en 1924, le premier texte international au sujet des droits de l&#039;enfant ([http://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/images/f/fb/Declaration-geneve.pdf Déclaration de Genève]) attribut à celui-ci des droits primaires, comme lui permettre de se développer normalement sur le plan matériel et spirituel, de gagner sa vie sans être exploité, être nourri, soigné, recueilli et secouru, ainsi que d&#039;être élever dans l&#039;esprit que ses qualités devront pourvoir à la société. On voit dans ce texte que les droits dotés à l&#039;enfant amorce une idée de soin et de protection de l&#039;enfant dans l&#039;évocation du secours qui doit lui être porté, et démontre aussi un intérêt pour son bon développement. Toutefois, ces articles restent assez pauvres quant aux droits qui leurs sont accordés et l&#039;on voit que le travail de l&#039;enfant reste de mise.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[http://cofradeenfrance.files.wordpress.com/2010/10/dc3a9claration-1959.pdf La Déclaration des Droits de l&#039;Enfant] de 1959 va plus loin. Ce texte insiste d&#039;avantage sur la protection qui doit être accordée à l&#039;enfant qui n&#039;est plus seulement suggérée sous le terme &amp;quot;secours&amp;quot;. Ici, son développement ne doit plus uniquement être normal, mais également sain sur le plan, cette fois-ci moral, spirituel, physique, intellectuel et social. On ajoute que l&#039;enfant doit pouvoir se développer dans la liberté et la dignité.&lt;br /&gt;
Il est important de voir que certains principes sont totalement nouveaux comme par exemple, le droit de posséder une nationalité et un nom. On y parle aussi de sécurité non seulement sociale pour l&#039;enfant et sa mère, mais également de sécurité morale.&lt;br /&gt;
Dans ce texte, on voit apparaître l&#039;importance accordée à l&#039;affection envers l&#039;enfant, qui est pour lui un besoin. De plus, il est indiqué que la séparation du petit enfant et de sa mère doit être éviter autant que possible. Si l&#039;enfant n&#039;a pas de famille, il est déclaré que c&#039;est alors aux pouvoirs publics et à la société d&#039;en prendre soin, de même pour les enfants n&#039;ayant pas les moyens nécessaires d’existence.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
A noter également, l&#039;entrée de l&#039;éducation comme étant un droit pour l&#039;enfant: &amp;quot;une éducation gratuite et obligatoire au moins au niveau élémentaire&amp;quot; (principe 7). Les loisirs sont incorporés dans ce principe comme éléments importants. Il est indiqué que l&#039;enfant a en effet le droit de jouer. &lt;br /&gt;
En 1959 est présente l&#039;idée de l&#039;apport des qualités de l&#039;enfant pour les autres membres de la société. Cette idée est accompagnée de celle du devoir de le protéger contre la discrimination, et de l&#039;élever dans un esprit de compréhension, de paix et de tolérance. De plus, on peut remarquer une évolution en ce qui concerne le travail des enfants. En effet, le principe 9 pose clairement des limites à son employabilité; outre la protection de son développement moral, physique ou mental, sa santé ou son éducation, on parle d&#039;âge minimum approprié pour l&#039;emploi. Toutefois, celui-ci n&#039;est pas spécifié. La notion d&#039;intérêt supérieur de l&#039;enfant fait son apparition dans cet écrit.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[http://www.unicef.ch/sites/default/files/attachements/convention_relative_aux_droits_de_lenfant.pdf La Convention relative aux Droits de l&#039;Enfant] de 1989 est le texte relevant des droits de l&#039;enfant le plus abouti. En effet, on peut déjà noter la différence en termes de nombres d&#039;articles de ces textes: 1924, La Déclaration de Genève compte 5 articles, on passe à 10 principes en 1959 et à 54 articles dans la Convention relative aux Droits de l&#039;Enfant en 1989. Cette convention reprend les droits exprimés dans les textes précédents, notamment les fondamentaux: droit à l&#039;identité, à la santé, à l&#039;éducation et à la protection et ajoute également bons nombres d&#039;autres considérations. Notamment, un nouveau droit fondamental est inclus dès lors: le droit à la participation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour conclure, en suivant le parcours de l&#039;enfant en tant que personne à part entière, on constate qu&#039;il évolue au cours du XXe siècle. À partir des informations publiées sur le site de l&#039;[http://www.unicef.org/french/sowc05/timeline.html Unicef] on peut retracer les éléments marquants de ce changement en vue de la reconnaissance internationale et de l’importance de l’enfance.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les droits de l&#039;enfant en Suisse ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le 24 février 1997, la Suisse a ratifié la Convention des Nations Unies relative aux Droits de l’Enfant. &lt;br /&gt;
Le conseil fédéral a constaté que dans l&#039;ensemble l&#039;ordre juridique suisse était en accord avec les principes de la convention. Néanmoins, il a émis des réserves dans plusieurs domaines où cet ordre juridique n&#039;est pas encore en totale adéquation avec les dispositions de la convention: le droit de l&#039;enfant à une nationalité, le regroupement familial, la séparation des jeunes et des adultes en cas de détention, les procédures pénales impliquant des mineurs. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Par ailleurs, il y a beaucoup de différences entre les divers cantons à propos de la mise en œuvre des droits. Tout ceci doit encore être amélioré.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La Convention est entrée en vigueur le 26 mars 1997 en Suisse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il faut ajouter que le pays a ratifié le protocole facultatif au sujet de l&#039;implication des enfants dans les conflits armés le 26 juillet 2002. Ce protocole, afin d&#039;augmenter la protection des enfants et adolescents, a élevé l&#039;âge minimum requis prévu dans la convention sur l’engagement volontaire et l’enrôlement obligatoire dans les forces armées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En Suisse, le deuxième protocole facultatif qui concerne la vente d&#039;enfants, la prostitution des enfants et la pornographie mettant en scène des enfants afin de mieux les protéger de l&#039;exploitation sexuelle est entré en vigueur le 19 octobre 2006.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une nouveauté visant la reconnaissance d&#039;un mineur est son droit de vote. Il s&#039;agit d&#039;un sujet d&#039;actualité qui prouve que celui des droits de l&#039;enfant commencé le siècle dernier continue.&lt;br /&gt;
Il faut savoir que les Constitutions et les législations en Suisse divergent en fonction du canton. D’une manière générale le droit de vote au niveau fédéral et cantonal est accordé aux ressortissants suisses ayant 18 ans révolus. &lt;br /&gt;
Néanmoins certaines cantons suisses ont débuté une démarche visant à accorder le doit de vote au niveau cantonal dès l’âge de 16 ans. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les citoyens ont pu s’exprimer sur l&#039;abaissement de l&#039;âge du droit de vote à 16 ans dans plusieurs cantons suisses tels que par exemple le canton de Berne, de Neuchâtel ou de Glaris. Celui-ci, en 2010, est le premier a avoir accepté d&#039;accorder ce droit aux jeunes à partir de 16 ans. Comme on peut le lire dans l’article de [http://www.rts.ch/info/suisse/1142189-glaris-dit-oui-au-droit-de-vote-a-16-ans.html RTS] paru le 28 juin 2010 “beaucoup de jeunes entrent dans la vie active à 16 ans. Ils pourront désormais aussi s&#039;exprimer sur des sujets qui les concernent directement, comme l&#039;école ou l&#039;apprentissage”.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Retour et analyse de l&#039;entretien ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* [[Entretien avec M. Jean-Pierre Audéoud|Entretien]] avec M. [[Index|Jean-Pierre Audéoud]]&lt;br /&gt;
* [[Article 2013/14|Méthode d&#039;entretien]]&lt;br /&gt;
* [[Questions pour les entretiens|Questions d&#039;entretien]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous avons interviewé Monsieur Jean-Pierre Audéoud le 4 décembre 2013. Cet homme, au parcours professionnel d&#039;une grande richesse a oscillé entre le droit et l&#039;éducation. En effet, après des études de droit à l&#039;université de Genève, il a fait une école d&#039;éducateurs au sud de la France (1958-1960). Diplôme en poche, il est revenu en Suisse où lui et sa femme, éducatrice également, ont repris la direction de Serix, une maison d&#039;éducation à Oron-Palézieux. Ils y ont travaillé 10 ans (1963-1973). Ensuite, Monsieur Audéoud a officié en tant que président du Tribunal des mineurs du canton de Vaud et ce jusqu&#039;en 1995, date officielle de sa retraite. Il s&#039;est ensuite engagé auprès des personnes handicapées en tant que président bénévole de la fondation Espérance. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===== Le Tribunal des mineurs =====&lt;br /&gt;
M. [[Index|Jean-Pierre Audéoud]], nous a expliqué durant l&#039; [[Entretien avec M. Jean-Pierre Audéoud|interview]] que son expérience dans le domaine du social lui a permis de mieux appréhender les tâches auprès du Tribunal des mineurs. L’engagement tout à fait remarquable de cet homme est mis en avant durant l’entretien:&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
“en choisissant le droit j’avais déjà une arrière pensée, je ne pensais pas être juriste dans un bureau ou faire avocat, quelque chose comme ça. C’est… c’était… alors c’est déjà une orientation si vous voulez, c’est-à-dire que je me suis déjà engagé en commençant le droit mais pas d’une manière précise, pas un moment « tac » voilà. Alors bon je sais pas si c’est à prendre en considération. Mais ça c’est affiné si vous voulez… non puis alors l’engagement véritable c’est quand je suis parti à Montpellier, c’est le choix de cette école d’éducateurs où je voulais compléter ma formation de juriste pour pouvoir à l’occasion revenir dans la juridiction des mineurs.”&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Il faut souligner ici que le Tribunal des mineurs, cette instance pour laquelle a travaillé Monsieur Jean-Pierre Audéoud, tient une place importante dans le champ des droits de l&#039;enfant. En outre le rôle du juge des mineurs est primordial, car c&#039;est lui qui va s&#039;occuper d&#039;instruire la cause, prendre les décisions quand un délit est commis par un enfant et s&#039;occuper de son exécution.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Une recherche menée à ce sujet nous a permis de voir qu&#039;il existe plusieurs types de sanctions:&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
* Les &amp;quot;peines prévues par le droit des mineurs :&lt;br /&gt;
réprimande ; prestation personnelle (travail d’intérêt général ou séance de sensibilisation) ; amende ; privation de liberté&amp;quot;.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
* Les &amp;quot;mesures de protection prévues par le droit des mineurs :&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
surveillance (droit de regard et d&#039;information sur la prise en charge éducative ou thérapeutique du mineur par ses parents) ; assistance personnelle (désignation d’une personne pour seconder les parents et assister le mineur) ; traitement ambulatoire (en cas de troubles psychiques, du développement de la personnalité, de toxicodépendance ou d’autre addiction) ; placement (si l’éducation et le traitement de l’état du mineur ne peuvent être assurés autrement).&amp;quot; &amp;lt;ref&amp;gt;http://www.vd.ch/fileadmin/user_upload/themes/etat_droit/justice/fichiers_pdf/Penal_7_web.pdf&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La page web officielle de la République et du canton de Genève, indique que &amp;quot;le Tribunal des mineurs est l’autorité pénale compétente pour poursuivre et juger les infractions commises par les mineurs âgés de dix à dix-huit ans au moment de l&#039;acte.&lt;br /&gt;
Il est également l&#039;autorité d&#039;exécution des peines et mesures prononcées, ces dernières pouvant durer jusqu&#039;à l&#039;âge de 22 ans.&amp;quot; &amp;lt;ref&amp;gt;https://ge.ch/justice/tribunal-des-mineurs&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De manière plus générale, la protection de l&#039;enfant est une démarche sociétale qui concerne l&#039;ensemble des citoyens qu&#039;importe leurs origines.&lt;br /&gt;
En suivant le parcours de l&#039;enfant en tant que personne à part entière, on constate qu&#039;il évolue au cours du XXe siècle. À partir des informations publiées sur le site de l&#039;[http://www.unicef.org/french/sowc05/timeline.html Unicef], on peut retracer les éléments marquants de ce changement en vue de la reconnaissance internationale et de l’importance de l’enfance.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Les droits de l&#039;enfant à travers le prisme de l&#039;éducation  ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est important de souligner qu&#039;avant de rencontrer notre témoin, nous n&#039;avions que peu d&#039;informations sur son parcours professionnel et de vie. Nous nous sommes rendues compte en menant l&#039;entretien qu&#039;il n&#039;était pas dans des revendications, dans une lutte en faveur des droits de l&#039;enfant au sens strict. Mais il a, de part son métier d&#039;éducateur et ses actions concrètes, participé à l&#039;évolution d&#039;une individualisation de l&#039;enfant; son but étant de faire grandir, évoluer des jeunes  pour qu&#039;ils reprennent le droit chemin, tout en respectant leurs besoins. Ainsi, il se trouve un certain décalage entre nos chapitres précédents concernant les droits de l&#039;enfant au sens strict et celui-ci qui traite d&#039;aspects éducatifs à travers une expérience de vie. Néanmoins, nous avons pu faire différents liens entre cette expérience et les droits en tant que tels. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;entretien avec M. et Mme Audéoud nous a permis de mettre en avant divers aspects reliés aux changements quant au travail d&#039;éducateur durant la période des [[Article_2013/14|années 60-80]]. Ils ont, comme énoncé plus haut, travaillé durant 10 ans (1963-1973) en tant que couple-directeur à la colonie de Serix. Cette maison d&#039;éducation pour jeunes délinquants accueillait à l&#039;époque 40 jeunes enfants et adolescents (uniquement des garçons) placés soit par une instance civile, soit par le service de protection de la jeunesse, ou encore par le tribunal des mineurs. Durant ces 10 années, ils ont initié et participé à de nombreux changements concrets au sein de leur institution. Ces changements reflètent grandement l&#039;évolution du regard porté sur l&#039;enfant à l&#039;époque. Avec la mise en place de cultes le dimanche où les gens des villages alentours se réunissaient au sein même de l&#039;institution  ou encore la création d&#039;un jardin d&#039;enfants pour les enfants du personnel, la création d&#039;un parc de jeux par de jeunes scouts, il y a cette volonté d&#039;ouvrir l&#039;institution pour que d&#039;une part les jeunes puissent avoir des contacts avec l&#039;extérieur, mais également pour que les gens de l&#039;extérieur puissent avoir un regard différent sur ce lieu et ses résidents. Les Audéoud vont encore plus loin en créant un foyer d&#039;habitation dépendant de Serix, en intégrant des jeunes dans les écoles des alentours, en leur organisant des vacances ou la possibilité de rentrer dans leur famille le week-end. Cette ouverture vers l&#039;extérieur était vraiment quelque chose de nouveau car durant des années Serix était un lieu très fermé ou rien de filtrait.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un élément marquant constaté par le couple Audéoud à travers leurs années à Serix est l&#039;évolution du statut d&#039;éducateur. En effet, ils voient se créer des associations professionnelles comme &amp;quot;la conférence romande de directeurs d&#039;institution&amp;quot; ou &amp;quot;l&#039;association romande des éducateurs spécialisés&amp;quot;. Se crée aussi durant cette période les syndicats, les conventions collectives. On aspire également à ce que les éducateurs soient mieux formés, soient soutenus dans leur métier. On voit par exemple apparaître des séances de trainings de groupe, des supervisions collectives et individuelles, ce qui était totalement nouveau pour l&#039;époque. Ainsi, dans ces années apparaît une valorisation de cette profession ainsi qu&#039; une prise en compte de la parole des éducateurs et de leurs besoins et souhaits. Il est vrai qu&#039;avant, ces gens se consacraient entièrement à leur métier, jour et nuit; ils ne comptaient pas leurs heures. Ils remplaçaient, comme le dit monsieur Audéoud, la famille de ces jeunes avec tout ce que ça implique. On voit alors petit à petit se créer un structure autour de ce métier, on met en place des horaires, des salaires, etc. On est attentif à leurs revendications, comme par exemple dans le cas de Serix, le fait de pouvoir habiter à l&#039;extérieur de la colonie. (fin à venir...) &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Cet entretien a mis également en lumière l&#039;évolution de la reconnaissance de l&#039;enfant et de ses droits. En effet, les droits de l&#039;enfant sont des droits de la personne avant tout. L&#039;entretien a par exemple souligné l&#039;importance de l&#039;écoute de l&#039;enfant et son droit à la parole. Ainsi, M. Audéoud nous a expliqué qu&#039;au Tribunal des mineurs le président se doit d&#039;écouter le mineur accusé et ses responsables légaux. D&#039;ailleurs, le but du juge pour enfant selon notre témoin est de choisir la sanction appropriée au mineur particulier, éduquer ou punir : travaux d&#039;intérêts généraux, amande ou encore le placement dans un établissement d&#039;éducation. Il se mêle alors des aspects juridiques à des aspects éducatifs et l&#039;on tente de déterminer ce qui est le mieux pour le jeune et non réellement selon le délit commis.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Il s&#039;agit là d&#039;un changement conséquent, car dans les années 60, M. Audéoud nous a fait part que dans son poste de directeur à Serix, les besoins des jeunes étaient définis par les adultes, qui décidaient pour les jeunes par rapport à ce qu&#039;ils pensaient être bien pour eux, mais sans leur demander leur avis. On n&#039;était pas encore dans une réelle prise en compte de la parole de l&#039;enfant à l&#039;époque. Une évolution sur le plan de l&#039;individualisation de l&#039;enfant et de la prise en compte de ses besoins est visible. En effet, aujourd&#039;hui on entend plus l&#039;enfant, on tente de connaître ce qu&#039;il désire et on regarde si on peut y accommoder. Avant, l&#039;enfant se devait de s&#039;accommoder lui à ce qu&#039;on lui imposait. De même, à Serix les colloques concernant les enfants se déroulaient sans l&#039;intéressé et ses parents, mais seulement avec les éducateurs et autres professionnels entourant le jeune. Petit à petit, les éducateurs ont changé de manière de faire, en imposant moins de choses supposées pour le bien des enfants et adolescents. Dans cet ordre d&#039;idée, on retrouve les points fondamentaux de la Constitution de 1989, du droit à la participation ainsi que la prise en compte de l&#039;intérêt supérieur de l&#039;enfant. Donc, entre les années 60 et 80, le domaine de l&#039;éducation a évolué dans la place attribuée au mineur dans les choix et sujets le concernant, l&#039;écoute qu&#039;on lui accorde et le droit de parole de celui-ci. De plus, les changements sont aussi visibles dans la prise en compte plus aboutie des besoins de l&#039;enfant, notamment par son expression de ses désirs et ressentis. Mme Audéoud souligne également le recours progressif à l&#039;individualisation de la démarche envers le jeune dans le milieu éducatif de Serix. Ainsi les jeunes ne sont plus approchés collectivement et on tient davantage compte de leur individualité dans les démarches entreprises à son égard.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Par rapport à la question des valeurs portées par ces deux personnes, on retrouve celles de donner une structure à l&#039;enfant de manière attentionnée, de donner de l&#039;affection à ces jeunes  qui souvent en manquait, ainsi que de la reconnaissance. Valoriser l&#039;enfant, le protéger, lui manifester de l&#039;intérêt, mais aussi l&#039;aider à développer ses capacités d&#039;un point de vue cognitif, social et affectif, voilà ce en quoi croyait ce couple. Leurs convictions et ils l&#039;évoquent eux-mêmes répondent toutes aux différents besoins que l&#039;enfant a pour se développer harmonieusement. En cela, on retrouve les fondements de base des droits internationaux des enfants, car on y parle de protection de l&#039;enfant ainsi que permettre à l&#039;enfant de se développer harmonieusement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Finalement, on semblerait légitime de penser que la promotion des droits de l&#039;enfant dans les années 60-80 sont en lien avec les changements dans le travail éducatif de nos témoins et l&#039;évolution de leur regard sur l&#039;enfant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Conclusions ===&lt;br /&gt;
Les droits de l’enfant, comme nous l’avons présenté, ont évolué au cours de décennies du XXème siècle. L’histoire de cette période nous témoigne de leur importance, de leur rôle prépondérant dans la vie d’un être humain. Ceci ne signifie pas que l’on n’a rien de plus à accomplir, bien au contraire. Les préoccupations quant aux conditions de vie des enfants dans le monde sont encore d&#039;actualité au XXIème sciècle. L&#039;enfant est une personne à part entière ce qui ne fait aucune doute et la [[Article_2013/14|complexité du concept des droits de la personne]] abordée dans notre article renvoie justement à la liberté, à l&#039;intégrité, à la sûreté. Mais surtout qu’importe d&#039;où l’on vient et ce qu’on fait, nous avons le droit à la vie. &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Les [[Droits_des_femmes|femmes]], les [[Droits_des_prisonniers|prisonniers]], les [[Droits_des_patients_psychiatriques|patients]], les [[Droits_des_personnes_en_situation_de_handicap|personnes en situation de handicap]], chaque individu a ce droit pour lequel certains se battent encore aujourd&#039;hui.&amp;lt;br /&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’enfance lie les individus qu’importe leur appartenance. Cette période de la vie qui nous est commune prend une dimension à part tout simplement parce que dans chaque enfant émerge l’avenir, notre avenir. Les adultes ont pour but de comprendre les enfants, de les respecter en tant que personnes et de protéger leurs droits. &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Avec le temps, l&#039;enfant a peu à peu existé comme personne à part entière. Il n&#039;est plus seulement un &amp;quot;homme en devenir&amp;quot;, mais bien un enfant avec ses particularités et besoins spécifiques. De plus, l&#039;intérêt qu&#039;on lui a porté a amené à une prise de conscience de l&#039;importance de lui donner la parole, de respecter ses désirs, intérêts, ainsi que de ses besoins, comme lui les définit. On a ainsi vu à travers notre entretien que d&#039;une définition des besoins de l&#039;enfant par l&#039;adulte durant les années 60 dans les milieux éducatifs en Suisse, on est passé vers une prise en compte plus réelle des besoins de l&#039;enfant en s&#039;adressent directement à celui-ci et en l&#039;écoutant davantage. La protection de l&#039;enfant est une notion importante dans la construction de ses droits.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme nous l&#039;avons écrit auparavant, son droit à la vie est signifié dans les textes internationaux. De prime abord, le droit à la vie de tout être humain ainsi que le droit à être protégé nous paraît naturel, mais on voit que cela ne va pas de soi. La reconnaissance du droit et besoin de protection de l&#039;enfant est essentielle, car il s&#039;agit d&#039;un être vulnérable et dépendant, soumis au bon vouloir des parents. Cette relation dominant-dominé, où l&#039;un possède un certain pouvoir sur l&#039;autre se retrouve dans bien d&#039;autres populations. Ainsi, d&#039;autres droits développés à partir du milieu du XXe siècle, comme le droits des [[Droits_des_femmes|femmes]], des [[Droits_des_patients_psychiatriques|patients psychiatriques]], des [[Droits des patients (à l&#039;hôpital)|patients hospitaliers]], des [[Droits_des_personnes_en_situation_de_handicap|personnes en situation de handicap]] ou encore des [[Droits_des_prisonniers|prisonniers]] vont dans ce sens. Ce sont toutes des populations sous la domination d&#039;autrui pour lesquelles des luttes se sont développées afin de faire valoir leurs droits, en particulier de parole, écoute, etc. La préoccupation de l&#039;enfant va sans doute de paire avec la conscience de la société de cet enfant comme devenir de la société. En effet, en désirant une société de bons citoyens, épanouis et travailleurs, il faut avant tout s&#039;occuper des conditions et favoriser au mieux le développement harmonieux des enfants. On peut ainsi rapprocher cette volonté d&#039;améliorer la société par le soucis de l&#039;enfant avec l&#039;apparition de l&#039;obligation scolaire pour tous. L&#039;instauration des droits pour l&#039;enfant va cependant plus loin, car elle touche à bien d&#039;autres domaines que l&#039;instruction.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour finir, on peut voir que ces droits reconnus internationalement doivent tout de même continué à être l&#039;objet d&#039;un travail constant, car entre la théorie et la pratique, il y a de grandes différences, même dans nos pays développés. Ainsi, il importe de faire connaître leurs droits aux enfants, de les faire respecter, notamment à travers des instances  et sanctions juridiques à cet égard.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Bibliographie / Webographie ===&lt;br /&gt;
* Droux J.,2011. &#039;&#039;L&#039;internationalisation de la protection de l&#039;enfance : acteurs, concurrences et projets transnationaux (1900-1925)&#039;&#039;. In. Critique internationale, 2011/3 n° 52, p. 17-33&lt;br /&gt;
* Martinetti, F. 2002. &#039;&#039;Les Droits de l&#039;enfant&#039;&#039;. Librio&lt;br /&gt;
* http://cofrade.fr/&lt;br /&gt;
* http://www.humanium.org/fr/&lt;br /&gt;
* http://www.netzwerk-kinderrechte.ch/&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Notes et références ===&lt;br /&gt;
&amp;lt;references/&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Auteurs du chapitre ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Claire Bourgeois Dubois-Ferriere&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
* Katarzyna Milena Fratczak&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
* Victoria Salomon&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Victoria</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Droits_des_enfants&amp;diff=13140</id>
		<title>Droits des enfants</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Droits_des_enfants&amp;diff=13140"/>
		<updated>2014-01-14T11:53:10Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Victoria : /* Retour et analyse de l&amp;#039;entretien */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;=== Introduction ===&lt;br /&gt;
Les droits de l&#039;enfant visant la protection des mineurs évoluent au cours des décennies. Les prémices du XXe siècle les plus connues sont bien évidemment la [http://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/images/f/fb/Declaration-geneve.pdf Déclaration de Genève] (1924), la [http://cofradeenfrance.files.wordpress.com/2010/10/dc3a9claration-1959.pdf déclaration des Droits de l&#039;Enfant] (1959) et enfin le texte de la [http://www.unicef.ch/sites/default/files/attachements/convention_relative_aux_droits_de_lenfant.pdf Convention Internationale relative aux Droits de l’Enfant] du 20 novembre 1989. Ce dernier “ratifié d’une manière quasi universelle (193 États sur 195) en fait un texte hors norme de part sa portée dans l’espace et de par l’enthousiasme spontané qu’ [il] a suscité.”&amp;lt;ref&amp;gt;Zermatten, J., Stoecklin D. 2009. Le droit des enfants de participer. Norme juridique et réalité pratique: contribution à un nouveau contrat social. Suisse: Institut International des Droits de l&#039;Enfant., p.7 &amp;lt;/ref&amp;gt; Ce parcours historique est une partie importante de l’histoire qu’on écrit aujourd’hui.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
On peut remarquer que le premier pas vers l&#039;individualisation de l&#039;enfant datant de 1924, pointe le bout de son nez quelques années après la fin de la première guerre mondiale. Le deuxième est marqué par la Déclaration de Droits de l&#039;Enfant de 1959, donc à l’image de la précédente, elle date des années après la seconde guerre mais est également un point de départ menant vers la Convention de 1989.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Le long chemin vers une telle reconnaissance était en grande partie marqué par la création, un peu partout en Europe, des communautés d&#039;enfants. Leur rôle n&#039;est pas négligeable. La définition de ces communautés d&#039;enfants est donné à Trogen en juillet 1948 et semble préciser un peu plus les besoins de l&#039;enfant en tant que personne. Ce sont: &amp;quot;les organisations éducatives ou rééducatives à caractère permanent, fondées sur la participation active des enfants ou adolescents à la vie de la communauté, dans le cadre des méthodes d’éducation et d’instruction modernes – et dans lesquelles la vie de famille se combine de diverses façons aux modalités de la vie de collectivité&amp;quot;.&amp;lt;ref&amp;gt;Cours de M.Ruchat: L’éducation spéciale du XVIIIe au XXe siècles: L’éducation, les normes et l’individu, Université de Genève, 2013&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Dans l’esprit de la reconnaissance d’un enfant à part entière avec le respect de sa liberté, [[Libres enfants de Summerhill (Neill)|Alexander Sutherland Neill]] crée son école de Summerhill en 1921, une école qui encore de nos jours suscite beaucoup de discussions et polémiques. Dans le cadre de cet atelier d’intelligence collective nous avons procédé à une comparaison des idées de Neill décrites dans son livre [[Libres enfants de Summerhill (Neill)|&amp;quot;Libres enfants de Summerhill&amp;quot;]] (1960) avec la Convention relative aux Droits de l’Enfant de 1989 avec un constat tout à fait surprenant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Historique des droits de l&#039;enfant ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== « L’humanité doit donner à l’enfant ce qu’elle a de meilleur » Déclaration de Genève sur les Droits de l’Enfant, 1924 ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est important de signaler qu&#039;avant même l&#039;intérêt qui s&#039;est peu à peu développé quant aux droits de l&#039;enfant, il a d&#039;abord fallu que la société prenne [[Fichier:Déclaration de Genève 1924.jpg|vignette|droite|Déclaration de Genève (1924)]]conscience du statut particulier de l&#039;enfant, avec ses spécificités, et bien plus encore d&#039;être humain digne de droits propres : “L’adulte a longtemps cru que c’était lui-même qui devait animer l’enfant par ses soins et son assistance. Il pensait que son rôle était de façonner l’enfant, de construire sa vie psychique pour que l’enfant devienne peu à peu comme lui. L’enfant était un objet d’assistance, un adulte en devenir (certains disent même &amp;quot;en miniature&amp;quot;) et non une personne humaine à part entière. Petit, faible, pauvre, dépendant, il n’était qu’un citoyen potentiel qui ne sera homme ou femme que demain. Il ne devenait une personne humaine, sujet de droits, qu’à partir du moment où il atteignait l’âge adulte. C’est à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle, notamment après la Première Guerre mondiale, que le concept de droits de l’enfant apparaît.” &amp;lt;ref&amp;gt;Dhellemmes V. ,2010. La dignité et les droits de l&#039;enfant : vingt ans d&#039;avancées sur le plan international. In. Transversalités, 2010/3 N° 115, p. 99-110.&amp;lt;/ref&amp;gt;   &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quand on fait une recherche sur des droits de l’enfant à travers les documents écrits en l&#039;espace de plus de cent ans, du début du XXème siècle jusqu’à aujourd’hui, on retrouve les noms de deux précurseurs qui ont marqué le cours de l’histoire. Il s’agit de Britannique Eglantyne Jebb (1876-1928) et du polonais Henryk Goldzmit (1878–1942) connu sous le nom de [http://fr.wikipedia.org/wiki/Janusz_Korczak Janusz Korczak].&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Ce dernier, pédiatre et éducateur qui a tant &amp;quot;aimé et défendu&amp;quot; les enfants, ne voulant pas les laisser seuls, s&#039;est laissé emmener avec eux à Treblinka où il est mort dans une chambre à gaz.&amp;lt;ref&amp;gt;Korczak J. Le droit de l’enfant au respect. L’héritage de Janusz Korczak. Conférences sur les enjeux actuels pour l’enfance. In. http://www.coe.int/t/commissioner/Activities/themes/Children/PublicationKorczak_fr.pdf&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Korczak, l&#039;inspirateur des droits de l&#039;enfant est bien, d&#039;abord, un insurgé, comme toute son œuvre en témoigne. C&#039;est un homme qui ne supporte pas la violence faite à l&#039;enfance : la violence physique, bien sûr, la violence psychologique également, mais aussi la violence des institutions qui prétendent œuvrer pour &amp;quot;son bien&amp;quot;.&amp;lt;ref&amp;gt;Meirieu P. 2002. Le pédagogue et les droits de l’enfant : histoire d’un malentendu ?. Editions du Tricorne et Association suisse des Amis du Dr Korczak. p.4&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
“Janusz Korczak, premier défenseur des droits de l’enfant et le plus radical, a été déçu en découvrant la Déclaration des droits de l’enfant adoptée par la Société des Nations en 1924, pas assez claire à son goût et plus implorante que contraignante. Il voulait des droits et non la charité, immédiatement et non dans un avenir lointain.” &amp;lt;ref&amp;gt;Korczak J. Le droit de l’enfant au respect. L’héritage de Janusz Korczak. Conférences sur les enjeux actuels pour l’enfance. In. http://www.coe.int/t/commissioner/Activities/themes/Children/PublicationKorczak_fr.pdf p.7). &amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le travail d&#039;Eglantyne Jebb qui a élaboré et rédigé la [http://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/images/f/fb/Declaration-geneve.pdf Déclaration de Genève] a été important. Elle l’a présenté le 26 septembre 1923 et le 28 février 1924 le Ve Congrès général de la Société de Nations qui l&#039;a alors ratifié.&lt;br /&gt;
C&#039;est le premier texte énonçant des droits fondamentaux des enfants ainsi que la responsabilité des adultes à leur égard. Il est constitué de cinq articles. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Déjà  dans le préambule on peut lire que « L’humanité doit donner à l’enfant ce qu’elle a de meilleur.» On peut y voir également que c’est la protection physique qui est mise en avant en soutenant l&#039;idée de venir en aide en cas de détresse ainsi que celle de combattre la faim et l&#039;exploitation (articles 2, 3, 4). En parallèle la notion de développement spirituel n’est pas omis (article 1) de même que le fait que “l’enfant doit être élevé dans le sentiment que ses meilleures qualités devront être mises au service de ses frères”(article 5). Ce texte d&#039;après première guerre mondiale est aussi une contribution à un monde de paix s&#039;étayant sur les enfants qui forment l&#039;avenir, un avenir que les promoteurs des droits de l&#039;enfant voudraient dans la paix.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Déclaration des Droits de l’Enfant, 1959 ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après la seconde guerre mondiale, l&#039;ONU est créée. Elle va s&#039;intéresser aux droits de l&#039;enfant et révéler l&#039;insuffisance de la Déclaration de Genève. En effet, suite à l&#039;adoption de la [http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/IMG/pdf/DUDH.pdf Déclaration universelle des droits de l&#039;Homme] (1948) et à l&#039;évolution du droit durant cette période, on pense nécessaire d&#039;approfondir cette question des droits de l&#039;enfant.&lt;br /&gt;
Plusieurs pays membres de l&#039;ONU réclament une convention, c&#039;est-à-dire un instrument international contraignant qui engage les états qui l&#039;ont ratifié. Mais cette proposition est refusée. Le choix se porte alors sur une seconde Déclaration des droits de l&#039;enfant qui reprend l&#039;idée selon laquelle l&#039;humanité doit donner à l&#039;enfant ce qu&#039;elle a de meilleur. [http://cofradeenfrance.files.wordpress.com/2010/10/dc3a9claration-1959.pdf La déclaration des Droits de l&#039;Enfant] est adoptée par l&#039;assemblée générale des Nations Unies à l&#039;unanimité (70 pays membres), le 20 novembre 1959. Cette date est depuis lors officiellement la journée des droits de l&#039;enfant. La déclaration contient 10 principes fondateurs (elle double donc ceux de 1924!) avec des droits concrets comme par exemple le droit à un nom, à une nationalité ou à un enseignement gratuit au niveau élémentaire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Convention Internationale relative aux Droits de l’Enfant, 1989 ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le 20 novembre 1989, la [http://www.unicef.ch/sites/default/files/attachements/convention_relative_aux_droits_de_lenfant.pdf Convention Internationale relative aux Droits de l’Enfant] (CIDE) a été adoptée par l&#039;Assemblée générale des Nations Unies. Cette Convention a pour but de reconnaître et protéger les droits spécifiques de l&#039;enfant. Elle est composée de 54 articles (elle quintuple le nombre de 1959!) autour des orientations principales suivantes:&lt;br /&gt;
:la non - discrimination&lt;br /&gt;
:l&#039;intérêt supérieur de l&#039;enfant&lt;br /&gt;
:le droit à la vie, la survie et le développement&lt;br /&gt;
:les droits participatifs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les Etats ayant ratifiés cette Convention se doivent de respecter ces articles et de mettre en place les mesures législatives pour protéger les droits de l&#039;enfant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La CIDE est une déclinaison des droits de l&#039;homme exprimés dans la [http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/IMG/pdf/DUDH.pdf Déclaration Universelle des Droits de l&#039;Homme] (1948) et pose que l’enfant est sujet de droit. Elle accorde aux enfants des droits propres et expose leurs droits économiques, sociaux, civils, culturels et politiques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En effet, cette Convention est le texte concernant les droits de l&#039;homme qui a été le plus rapidement accepté au cours de l&#039;histoire, et a été ratifié par le plus d&#039;Etats. Seuls les Etats-Unis et la Somalie ne l&#039;ont pas encore ratifiée aujourd&#039;hui: Les Etats-Unis pratiquent encore la peine de mort pour les enfants dans certains Etats, or cela serait contraire au droit à la vie de l&#039;enfant promulgué dans la CIDE, tandis que la Somalie ne possède pas de gouvernement reconnu pour la ratifier à cause des troubles politiques dans le pays.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Droits de l&#039;enfant - droits de la personne ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;quot;L&#039;humanité doit donner à l&#039;enfant ce qu&#039;elle a de meilleur, affirmer  leurs devoirs, en dehors de toute considération de race, de nationalité et de croyance&amp;quot; - ce sont les prémices officielles de la reconnaissance de l&#039;enfant de 1924. C&#039;était un début, suivi, comme nous avons décrit plus haut, par la Déclaration des Droits de l&#039;Enfant de 1959 et par La Convention relative aux Droits de l&#039;Enfant de 1989. &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il faut ici souligner que “jusqu&#039;à l’adoption de la Convention en 1989, les enfants ne vivaient pas dans les limbes juridiques internationales. Il était au contraire admis qu’ils jouissent de garanties offertes par les instruments internationaux précédents, tels que les pactes internationaux relatifs aux droits de l’homme (que la Suisse a récemment ratifiés), à l&#039;exclusion bien entendu des droits liés directement à la condition de l’adulte (droit de se marier, de fonder une famille, assurance-vieillesse ou maternité). L’année internationale de l’enfant a conduit la communauté internationale à préciser le statut des enfants en confirmant leur particularité en tant qu&#039;êtres à la fois vulnérables (Préambules de la Convention, par exemple pp. 5, 6, 12) et appelés “à assumer les responsabilités de la vie dans une société libre”.&amp;lt;ref&amp;gt;Lücker-Babel M-F, Droits de l&#039;enfant: idéologies et réalités. In. Ratifier en Suisse. La Convention de l&#039;ONU relative aux droits de l&#039;enfant?. N° 26, Novembre 1992. p. 43&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;enfant est donc considéré peu à peu comme un être de droit au cours du XXe siècle, ce que l&#039;on peut voir notamment à travers les différents textes codifiant les droits de l&#039;enfant à cette époque. L&#039;enfant est alors une personne a qui on confère des droits propres.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout d&#039;abord, en 1924, le premier texte international au sujet des droits de l&#039;enfant ([http://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/images/f/fb/Declaration-geneve.pdf Déclaration de Genève]) attribut à celui-ci des droits primaires, comme lui permettre de se développer normalement sur le plan matériel et spirituel, de gagner sa vie sans être exploité, être nourri, soigné, recueilli et secouru, ainsi que d&#039;être élever dans l&#039;esprit que ses qualités devront pourvoir à la société. On voit dans ce texte que les droits dotés à l&#039;enfant amorce une idée de soin et de protection de l&#039;enfant dans l&#039;évocation du secours qui doit lui être porté, et démontre aussi un intérêt pour son bon développement. Toutefois, ces articles restent assez pauvres quant aux droits qui leurs sont accordés et l&#039;on voit que le travail de l&#039;enfant reste de mise.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[http://cofradeenfrance.files.wordpress.com/2010/10/dc3a9claration-1959.pdf La Déclaration des Droits de l&#039;Enfant] de 1959 va plus loin. Ce texte insiste d&#039;avantage sur la protection qui doit être accordée à l&#039;enfant qui n&#039;est plus seulement suggérée sous le terme &amp;quot;secours&amp;quot;. Ici, son développement ne doit plus uniquement être normal, mais également sain sur le plan, cette fois-ci moral, spirituel, physique, intellectuel et social. On ajoute que l&#039;enfant doit pouvoir se développer dans la liberté et la dignité.&lt;br /&gt;
Il est important de voir que certains principes sont totalement nouveaux comme par exemple, le droit de posséder une nationalité et un nom. On y parle aussi de sécurité non seulement sociale pour l&#039;enfant et sa mère, mais également de sécurité morale.&lt;br /&gt;
Dans ce texte, on voit apparaître l&#039;importance accordée à l&#039;affection envers l&#039;enfant, qui est pour lui un besoin. De plus, il est indiqué que la séparation du petit enfant et de sa mère doit être éviter autant que possible. Si l&#039;enfant n&#039;a pas de famille, il est déclaré que c&#039;est alors aux pouvoirs publics et à la société d&#039;en prendre soin, de même pour les enfants n&#039;ayant pas les moyens nécessaires d’existence.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
A noter également, l&#039;entrée de l&#039;éducation comme étant un droit pour l&#039;enfant: &amp;quot;une éducation gratuite et obligatoire au moins au niveau élémentaire&amp;quot; (principe 7). Les loisirs sont incorporés dans ce principe comme éléments importants. Il est indiqué que l&#039;enfant a en effet le droit de jouer. &lt;br /&gt;
En 1959 est présente l&#039;idée de l&#039;apport des qualités de l&#039;enfant pour les autres membres de la société. Cette idée est accompagnée de celle du devoir de le protéger contre la discrimination, et de l&#039;élever dans un esprit de compréhension, de paix et de tolérance. De plus, on peut remarquer une évolution en ce qui concerne le travail des enfants. En effet, le principe 9 pose clairement des limites à son employabilité; outre la protection de son développement moral, physique ou mental, sa santé ou son éducation, on parle d&#039;âge minimum approprié pour l&#039;emploi. Toutefois, celui-ci n&#039;est pas spécifié. La notion d&#039;intérêt supérieur de l&#039;enfant fait son apparition dans cet écrit.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[http://www.unicef.ch/sites/default/files/attachements/convention_relative_aux_droits_de_lenfant.pdf La Convention relative aux Droits de l&#039;Enfant] de 1989 est le texte relevant des droits de l&#039;enfant le plus abouti. En effet, on peut déjà noter la différence en termes de nombres d&#039;articles de ces textes: 1924, La Déclaration de Genève compte 5 articles, on passe à 10 principes en 1959 et à 54 articles dans la Convention relative aux Droits de l&#039;Enfant en 1989. Cette convention reprend les droits exprimés dans les textes précédents, notamment les fondamentaux: droit à l&#039;identité, à la santé, à l&#039;éducation et à la protection et ajoute également bons nombres d&#039;autres considérations. Notamment, un nouveau droit fondamental est inclus dès lors: le droit à la participation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour conclure, en suivant le parcours de l&#039;enfant en tant que personne à part entière, on constate qu&#039;il évolue au cours du XXe siècle. À partir des informations publiées sur le site de [http://www.unicef.org/french/sowc05/timeline.html Unicef] on peut retracer les éléments marquants de ce changement en vue de la reconnaissance internationale et de l’importance de l’enfance.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les droits de l&#039;enfant en Suisse ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le 24 février 1997, la Suisse a ratifié la Convention des Nations Unies relative aux Droits de l’Enfant. &lt;br /&gt;
Le conseil fédéral a constaté que dans l&#039;ensemble l&#039;ordre juridique suisse était en accord avec les principes de la convention. Néanmoins, il a émis des réserves dans plusieurs domaines où cet ordre juridique n&#039;est pas encore en totale adéquation avec les dispositions de la convention: le droit de l&#039;enfant à une nationalité, le regroupement familial, la séparation des jeunes et des adultes en cas de détention, les procédures pénales impliquant des mineurs. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Par ailleurs, il y a beaucoup de différences entre les divers cantons à propos de la mise en œuvre des droits. Tout ceci doit encore être amélioré.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La Convention est entrée en vigueur le 26 mars 1997 en Suisse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il faut ajouter que le pays a ratifié le protocole facultatif au sujet de l&#039;implication des enfants dans les conflits armés le 26 juillet 2002. Ce protocole, afin d&#039;augmenter la protection des enfants et adolescents, a élevé l&#039;âge minimum requis prévu dans la convention sur l’engagement volontaire et l’enrôlement obligatoire dans les forces armées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En Suisse, le deuxième protocole facultatif qui concerne la vente d&#039;enfants, la prostitution des enfants et la pornographie mettant en scène des enfants afin de mieux les protéger de l&#039;exploitation sexuelle est entré en vigueur le 19 octobre 2006.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une nouveauté visant la reconnaissance d&#039;un mineur est son droit de vote. Il s&#039;agit d&#039;un sujet d&#039;actualité qui prouve que celui des droits de l&#039;enfant commencé le siècle dernier continue.&lt;br /&gt;
Il faut savoir que les Constitutions et les législations en Suisse divergent en fonction du canton. D’une manière générale le droit de vote au niveau fédéral et cantonal est accordé aux ressortissants suisses ayant 18 ans révolus. &lt;br /&gt;
Néanmoins certaines cantons suisses ont débuté une démarche visant à accorder le doit de vote au niveau cantonal dès l’âge de 16 ans. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les citoyens ont pu s’exprimer sur l&#039;abaissement de l&#039;âge du droit de vote à 16 ans dans plusieurs cantons suisses tels que par exemple le canton de Berne, de Neuchâtel ou de Glaris. Celui-ci, en 2010, est le premier a avoir accepté d&#039;accorder ce droit aux jeunes à partir de 16 ans. Comme on peut le lire dans l’article de [http://www.rts.ch/info/suisse/1142189-glaris-dit-oui-au-droit-de-vote-a-16-ans.html RTS] paru le 28 juin 2010 “beaucoup de jeunes entrent dans la vie active à 16 ans. Ils pourront désormais aussi s&#039;exprimer sur des sujets qui les concernent directement, comme l&#039;école ou l&#039;apprentissage”.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Retour et analyse de l&#039;entretien ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* [[Entretien avec M. Jean-Pierre Audéoud|Entretien]] avec M. [[Index|Jean-Pierre Audéoud]]&lt;br /&gt;
* [[Article 2013/14|Méthode d&#039;entretien]]&lt;br /&gt;
* [[Questions pour les entretiens|Questions d&#039;entretien]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous avons interviewé Monsieur Jean-Pierre Audéoud le 4 décembre 2013. Cet homme, au parcours professionnel d&#039;une grande richesse a oscillé entre le droit et l&#039;éducation. En effet, après des études de droit à l&#039;université de Genève, il a fait une école d&#039;éducateurs au sud de la France (1958-1960). Diplôme en poche, il est revenu en Suisse où lui et sa femme, éducatrice également, ont repris la direction de Serix, une maison d&#039;éducation à Oron-Palézieux. Ils y ont travaillé 10 ans (1963-1973). Ensuite, Monsieur Audéoud a officié en tant que président du Tribunal des mineurs du canton de Vaud et ce jusqu&#039;en 1995, date officielle de sa retraite. Il s&#039;est ensuite engagé auprès des personnes handicapées en tant que président bénévole de la fondation Espérance. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===== Le Tribunal des mineurs =====&lt;br /&gt;
M. [[Index|Jean-Pierre Audéoud]], nous a expliqué durant l&#039; [[Entretien avec M. Jean-Pierre Audéoud|interview]] que son expérience dans le domaine du social lui a permis de mieux appréhender les tâches auprès du Tribunal des mineurs. L’engagement tout à fait remarquable de cet homme est mis en avant durant l’entretien:&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
“en choisissant le droit j’avais déjà une arrière pensée, je ne pensais pas être juriste dans un bureau ou faire avocat, quelque chose comme ça. C’est… c’était… alors c’est déjà une orientation si vous voulez, c’est-à-dire que je me suis déjà engagé en commençant le droit mais pas d’une manière précise, pas un moment « tac » voilà. Alors bon je sais pas si c’est à prendre en considération. Mais ça c’est affiné si vous voulez… non puis alors l’engagement véritable c’est quand je suis parti à Montpellier, c’est le choix de cette école d’éducateurs où je voulais compléter ma formation de juriste pour pouvoir à l’occasion revenir dans la juridiction des mineurs.”&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Il faut souligner ici que le Tribunal des mineurs, cette instance pour laquelle a travaillé Monsieur Jean-Pierre Audéoud, tient une place importante dans le champ des droits de l&#039;enfant. En outre le rôle du juge des mineurs est primordial, car c&#039;est lui qui va s&#039;occuper d&#039;instruire la cause, prendre les décisions quand un délit est commis par un enfant et s&#039;occuper de son exécution.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Une recherche menée à ce sujet nous a permis de voir qu&#039;il existe plusieurs types de sanctions:&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
* Les &amp;quot;peines prévues par le droit des mineurs :&lt;br /&gt;
réprimande ; prestation personnelle (travail d’intérêt général ou séance de sensibilisation) ; amende ; privation de liberté&amp;quot;.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
* Les &amp;quot;mesures de protection prévues par le droit des mineurs :&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
surveillance (droit de regard et d&#039;information sur la prise en charge éducative ou thérapeutique du mineur par ses parents) ; assistance personnelle (désignation d’une personne pour seconder les parents et assister le mineur) ; traitement ambulatoire (en cas de troubles psychiques, du développement de la personnalité, de toxicodépendance ou d’autre addiction) ; placement (si l’éducation et le traitement de l’état du mineur ne peuvent être assurés autrement).&amp;quot; &amp;lt;ref&amp;gt;http://www.vd.ch/fileadmin/user_upload/themes/etat_droit/justice/fichiers_pdf/Penal_7_web.pdf&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La page web officielle de la République et du canton de Genève, indique que &amp;quot;le Tribunal des mineurs est l’autorité pénale compétente pour poursuivre et juger les infractions commises par les mineurs âgés de dix à dix-huit ans au moment de l&#039;acte.&lt;br /&gt;
Il est également l&#039;autorité d&#039;exécution des peines et mesures prononcées, ces dernières pouvant durer jusqu&#039;à l&#039;âge de 22 ans.&amp;quot; &amp;lt;ref&amp;gt;https://ge.ch/justice/tribunal-des-mineurs&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De manière plus générale, la protection de l&#039;enfant est une démarche sociétale qui concerne l&#039;ensemble des citoyens qu&#039;importe leurs origines.&lt;br /&gt;
En suivant le parcours de l&#039;enfant en tant que personne à part entière, on constate qu&#039;il évolue au cours du XXe siècle. À partir des informations publiées sur le site de l&#039;[http://www.unicef.org/french/sowc05/timeline.html Unicef], on peut retracer les éléments marquants de ce changement en vue de la reconnaissance internationale et de l’importance de l’enfance.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Les droits de l&#039;enfant à travers le prisme de l&#039;éducation  ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est important de souligner qu&#039;avant de rencontrer notre témoin, nous n&#039;avions que peu d&#039;informations sur son parcours professionnel et de vie. Nous nous sommes rendues compte en menant l&#039;entretien qu&#039;il n&#039;était pas dans des revendications, dans une lutte en faveur des droits de l&#039;enfant au sens strict. Mais il a, de part son métier d&#039;éducateur et ses actions concrètes, participé à l&#039;évolution d&#039;une individualisation de l&#039;enfant; son but étant de faire grandir, évoluer des jeunes  pour qu&#039;ils reprennent le droit chemin, tout en respectant leurs besoins. Ainsi, il se trouve un certain décalage entre nos chapitres précédents concernant les droits de l&#039;enfant au sens strict et celui-ci qui traite d&#039;aspects éducatifs à travers une expérience de vie. Néanmoins, nous avons pu faire différents liens entre cette expérience et les droits en tant que tels. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;entretien avec M. et Mme Audéoud nous a permis de mettre en avant divers aspects reliés aux changements quant au travail d&#039;éducateur durant la période des [[Article_2013/14|années 60-80]]. Ils ont, comme énoncé plus haut, travaillé durant 10 ans (1963-1973) en tant que couple-directeur à la colonie de Serix. Cette maison d&#039;éducation pour jeunes délinquants accueillait à l&#039;époque 40 jeunes enfants et adolescents (uniquement des garçons) placés soit par une instance civile, soit par le service de protection de la jeunesse, ou encore par le tribunal des mineurs. Durant ces 10 années, ils ont initié et participé à de nombreux changements concrets au sein de leur institution. Ces changements reflètent grandement l&#039;évolution du regard porté sur l&#039;enfant à l&#039;époque. Avec la mise en place de cultes le dimanche où les gens des villages alentours se réunissaient au sein même de l&#039;institution  ou encore la création d&#039;un jardin d&#039;enfants pour les enfants du personnel, la création d&#039;un parc de jeux par de jeunes scouts, il y a cette volonté d&#039;ouvrir l&#039;institution pour que d&#039;une part les jeunes puissent avoir des contacts avec l&#039;extérieur, mais également pour que les gens de l&#039;extérieur puissent avoir un regard différent sur ce lieu et ses résidents. Les Audéoud vont encore plus loin en créant un foyer d&#039;habitation dépendant de Serix, en intégrant des jeunes dans les écoles des alentours, en leur organisant des vacances ou la possibilité de rentrer dans leur famille le week-end. Cette ouverture vers l&#039;extérieur était vraiment quelque chose de nouveau car durant des années Serix était un lieu très fermé ou rien de filtrait.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un élément marquant constaté par le couple Audéoud à travers leurs années à Serix est l&#039;évolution du statut d&#039;éducateur. En effet, ils voient se créer des associations professionnelles comme &amp;quot;la conférence romande de directeurs d&#039;institution&amp;quot; ou &amp;quot;l&#039;association romande des éducateurs spécialisés&amp;quot;. Se crée aussi durant cette période les syndicats, les conventions collectives. On aspire également à ce que les éducateurs soient mieux formés, soient soutenus dans leur métier. On voit par exemple apparaître des séances de trainings de groupe, des supervisions collectives et individuelles, ce qui était totalement nouveau pour l&#039;époque. Ainsi, dans ces années apparaît une valorisation de cette profession ainsi qu&#039; une prise en compte de la parole des éducateurs et de leurs besoins et souhaits. Il est vrai qu&#039;avant, ces gens se consacraient entièrement à leur métier, jour et nuit; ils ne comptaient pas leurs heures. Ils remplaçaient, comme le dit monsieur Audéoud, la famille de ces jeunes avec tout ce que ça implique. On voit alors petit à petit se créer un structure autour de ce métier, on met en place des horaires, des salaires, etc. On est attentif à leurs revendications, comme par exemple dans le cas de Serix, le fait de pouvoir habiter à l&#039;extérieur de la colonie. (fin à venir...) &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Cet entretien a mis également en lumière l&#039;évolution de la reconnaissance de l&#039;enfant et de ses droits. En effet, les droits de l&#039;enfant sont des droits de la personne avant tout. L&#039;entretien a par exemple souligné l&#039;importance de l&#039;écoute de l&#039;enfant et son droit à la parole. Ainsi, M. Audéoud nous a expliqué qu&#039;au Tribunal des mineurs le président se doit d&#039;écouter le mineur accusé et ses responsables légaux. D&#039;ailleurs, le but du juge pour enfant selon notre témoin est de choisir la sanction appropriée au mineur particulier, éduquer ou punir : travaux d&#039;intérêts généraux, amande ou encore le placement dans un établissement d&#039;éducation. Il se mêle alors des aspects juridiques à des aspects éducatifs et l&#039;on tente de déterminer ce qui est le mieux pour le jeune et non réellement selon le délit commis.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Il s&#039;agit là d&#039;un changement conséquent, car dans les années 60, M. Audéoud nous a fait part que dans son poste de directeur à Serix, les besoins des jeunes étaient définis par les adultes, qui décidaient pour les jeunes par rapport à ce qu&#039;ils pensaient être bien pour eux, mais sans leur demander leur avis. On n&#039;était pas encore dans une réelle prise en compte de la parole de l&#039;enfant à l&#039;époque. Une évolution sur le plan de l&#039;individualisation de l&#039;enfant et de la prise en compte de ses besoins est visible. En effet, aujourd&#039;hui on entend plus l&#039;enfant, on tente de connaître ce qu&#039;il désire et on regarde si on peut y accommoder. Avant, l&#039;enfant se devait de s&#039;accommoder lui à ce qu&#039;on lui imposait. De même, à Serix les colloques concernant les enfants se déroulaient sans l&#039;intéressé et ses parents, mais seulement avec les éducateurs et autres professionnels entourant le jeune. Petit à petit, les éducateurs ont changé de manière de faire, en imposant moins de choses supposées pour le bien des enfants et adolescents. Dans cet ordre d&#039;idée, on retrouve les points fondamentaux de la Constitution de 1989, du droit à la participation ainsi que la prise en compte de l&#039;intérêt supérieur de l&#039;enfant. Donc, entre les années 60 et 80, le domaine de l&#039;éducation a évolué dans la place attribuée au mineur dans les choix et sujets le concernant, l&#039;écoute qu&#039;on lui accorde et le droit de parole de celui-ci. De plus, les changements sont aussi visibles dans la prise en compte plus aboutie des besoins de l&#039;enfant, notamment par son expression de ses désirs et ressentis. Mme Audéoud souligne également le recours progressif à l&#039;individualisation de la démarche envers le jeune dans le milieu éducatif de Serix. Ainsi les jeunes ne sont plus approchés collectivement et on tient davantage compte de leur individualité dans les démarches entreprises à son égard.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Par rapport à la question des valeurs portées par ces deux personnes, on retrouve celles de donner une structure à l&#039;enfant de manière attentionnée, de donner de l&#039;affection à ces jeunes  qui souvent en manquait, ainsi que de la reconnaissance. Valoriser l&#039;enfant, le protéger, lui manifester de l&#039;intérêt, mais aussi l&#039;aider à développer ses capacités d&#039;un point de vue cognitif, social et affectif, voilà ce en quoi croyait ce couple. Leurs convictions et ils l&#039;évoquent eux-mêmes répondent toutes aux différents besoins que l&#039;enfant a pour se développer harmonieusement. En cela, on retrouve les fondements de base des droits internationaux des enfants, car on y parle de protection de l&#039;enfant ainsi que permettre à l&#039;enfant de se développer harmonieusement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Finalement, on semblerait légitime de penser que la promotion des droits de l&#039;enfant dans les années 60-80 sont en lien avec les changements dans le travail éducatif de nos témoins et l&#039;évolution de leur regard sur l&#039;enfant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Conclusions ===&lt;br /&gt;
Les droits de l’enfant, comme nous l’avons présenté, ont évolué au cours de décennies du XXème siècle. L’histoire de cette période nous témoigne de leur importance, de leur rôle prépondérant dans la vie d’un être humain. Ceci ne signifie pas que l’on n’a rien de plus à accomplir, bien au contraire. Les préoccupations quant aux conditions de vie des enfants dans le monde sont encore d&#039;actualité au XXIème sciècle. L&#039;enfant est une personne à part entière ce qui ne fait aucune doute et la [[Article_2013/14|complexité du concept des droits de la personne]] abordée dans notre article renvoie justement à la liberté, à l&#039;intégrité, à la sûreté. Mais surtout qu’importe d&#039;où l’on vient et ce qu’on fait, nous avons le droit à la vie. &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Les [[Droits_des_femmes|femmes]], les [[Droits_des_prisonniers|prisonniers]], les [[Droits_des_patients_psychiatriques|patients]], les [[Droits_des_personnes_en_situation_de_handicap|personnes en situation de handicap]], chaque individu a ce droit pour lequel certains se battent encore aujourd&#039;hui.&amp;lt;br /&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’enfance lie les individus qu’importe leur appartenance. Cette période de la vie qui nous est commune prend une dimension à part tout simplement parce que dans chaque enfant émerge l’avenir, notre avenir. Les adultes ont pour but de comprendre les enfants, de les respecter en tant que personnes et de protéger leurs droits. &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Avec le temps, l&#039;enfant a peu à peu existé comme personne à part entière. Il n&#039;est plus seulement un &amp;quot;homme en devenir&amp;quot;, mais bien un enfant avec ses particularités et besoins spécifiques. De plus, l&#039;intérêt qu&#039;on lui a porté a amené à une prise de conscience de l&#039;importance de lui donner la parole, de respecter ses désirs, intérêts, ainsi que de ses besoins, comme lui les définit. On a ainsi vu à travers notre entretien que d&#039;une définition des besoins de l&#039;enfant par l&#039;adulte durant les années 60 dans les milieux éducatifs en Suisse, on est passé vers une prise en compte plus réelle des besoins de l&#039;enfant en s&#039;adressent directement à celui-ci et en l&#039;écoutant davantage. La protection de l&#039;enfant est une notion importante dans la construction de ses droits.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme nous l&#039;avons écrit auparavant, son droit à la vie est signifié dans les textes internationaux. De prime abord, le droit à la vie de tout être humain ainsi que le droit à être protégé nous paraît naturel, mais on voit que cela ne va pas de soi. La reconnaissance du droit et besoin de protection de l&#039;enfant est essentielle, car il s&#039;agit d&#039;un être vulnérable et dépendant, soumis au bon vouloir des parents. Cette relation dominant-dominé, où l&#039;un possède un certain pouvoir sur l&#039;autre se retrouve dans bien d&#039;autres populations. Ainsi, d&#039;autres droits développés à partir du milieu du XXe siècle, comme le droits des [[Droits_des_femmes|femmes]], des [[Droits_des_patients_psychiatriques|patients psychiatriques]], des [[Droits des patients (à l&#039;hôpital)|patients hospitaliers]], des [[Droits_des_personnes_en_situation_de_handicap|personnes en situation de handicap]] ou encore des [[Droits_des_prisonniers|prisonniers]] vont dans ce sens. Ce sont toutes des populations sous la domination d&#039;autrui pour lesquelles des luttes se sont développées afin de faire valoir leurs droits, en particulier de parole, écoute, etc. La préoccupation de l&#039;enfant va sans doute de paire avec la conscience de la société de cet enfant comme devenir de la société. En effet, en désirant une société de bons citoyens, épanouis et travailleurs, il faut avant tout s&#039;occuper des conditions et favoriser au mieux le développement harmonieux des enfants. On peut ainsi rapprocher cette volonté d&#039;améliorer la société par le soucis de l&#039;enfant avec l&#039;apparition de l&#039;obligation scolaire pour tous. L&#039;instauration des droits pour l&#039;enfant va cependant plus loin, car elle touche à bien d&#039;autres domaines que l&#039;instruction.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour finir, on peut voir que ces droits reconnus internationalement doivent tout de même continué à être l&#039;objet d&#039;un travail constant, car entre la théorie et la pratique, il y a de grandes différences, même dans nos pays développés. Ainsi, il importe de faire connaître leurs droits aux enfants, de les faire respecter, notamment à travers des instances  et sanctions juridiques à cet égard.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Bibliographie / Webographie ===&lt;br /&gt;
* Droux J.,2011. &#039;&#039;L&#039;internationalisation de la protection de l&#039;enfance : acteurs, concurrences et projets transnationaux (1900-1925)&#039;&#039;. In. Critique internationale, 2011/3 n° 52, p. 17-33&lt;br /&gt;
* Martinetti, F. 2002. &#039;&#039;Les Droits de l&#039;enfant&#039;&#039;. Librio&lt;br /&gt;
* http://cofrade.fr/&lt;br /&gt;
* http://www.humanium.org/fr/&lt;br /&gt;
* http://www.netzwerk-kinderrechte.ch/&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Notes et références ===&lt;br /&gt;
&amp;lt;references/&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Auteurs du chapitre ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Claire Bourgeois Dubois-Ferriere&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
* Katarzyna Milena Fratczak&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
* Victoria Salomon&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Victoria</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Droits_des_enfants&amp;diff=13134</id>
		<title>Droits des enfants</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Droits_des_enfants&amp;diff=13134"/>
		<updated>2014-01-14T11:44:35Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Victoria : /* Les droits de l&amp;#039;enfant en Suisse */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;=== Introduction ===&lt;br /&gt;
Les droits de l&#039;enfant visant la protection des mineurs évoluent au cours des décennies. Les prémices du XXe siècle les plus connues sont bien évidemment la [http://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/images/f/fb/Declaration-geneve.pdf Déclaration de Genève] (1924), la [http://cofradeenfrance.files.wordpress.com/2010/10/dc3a9claration-1959.pdf déclaration des Droits de l&#039;Enfant] (1959) et enfin le texte de la [http://www.unicef.ch/sites/default/files/attachements/convention_relative_aux_droits_de_lenfant.pdf Convention Internationale relative aux Droits de l’Enfant] du 20 novembre 1989. Ce dernier “ratifié d’une manière quasi universelle (193 États sur 195) en fait un texte hors norme de part sa portée dans l’espace et de par l’enthousiasme spontané qu’ [il] a suscité.”&amp;lt;ref&amp;gt;Zermatten, J., Stoecklin D. 2009. Le droit des enfants de participer. Norme juridique et réalité pratique: contribution à un nouveau contrat social. Suisse: Institut International des Droits de l&#039;Enfant., p.7 &amp;lt;/ref&amp;gt; Ce parcours historique est une partie importante de l’histoire qu’on écrit aujourd’hui.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
On peut remarquer que le premier pas vers l&#039;individualisation de l&#039;enfant datant de 1924, pointe le bout de son nez quelques années après la fin de la première guerre mondiale. Le deuxième est marqué par la Déclaration de Droits de l&#039;Enfant de 1959, donc à l’image de la précédente, elle date des années après la seconde guerre mais est également un point de départ menant vers la Convention de 1989.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Le long chemin vers une telle reconnaissance était en grande partie marqué par la création, un peu partout en Europe, des communautés d&#039;enfants. Leur rôle n&#039;est pas négligeable. La définition de ces communautés d&#039;enfants est donné à Trogen en juillet 1948 et semble préciser un peu plus les besoins de l&#039;enfant en tant que personne. Ce sont: &amp;quot;les organisations éducatives ou rééducatives à caractère permanent, fondées sur la participation active des enfants ou adolescents à la vie de la communauté, dans le cadre des méthodes d’éducation et d’instruction modernes – et dans lesquelles la vie de famille se combine de diverses façons aux modalités de la vie de collectivité&amp;quot;.&amp;lt;ref&amp;gt;Cours de M.Ruchat: L’éducation spéciale du XVIIIe au XXe siècles: L’éducation, les normes et l’individu, Université de Genève, 2013&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Dans l’esprit de la reconnaissance d’un enfant à part entière avec le respect de sa liberté, [[Libres enfants de Summerhill (Neill)|Alexander Sutherland Neill]] crée son école de Summerhill en 1921, une école qui encore de nos jours suscite beaucoup de discussions et polémiques. Dans le cadre de cet atelier d’intelligence collective nous avons procédé à une comparaison des idées de Neill décrites dans son livre [[Libres enfants de Summerhill (Neill)|&amp;quot;Libres enfants de Summerhill&amp;quot;]] (1960) avec la Convention relative aux Droits de l’Enfant de 1989 avec un constat tout à fait surprenant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Historique des droits de l&#039;enfant ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== « L’humanité doit donner à l’enfant ce qu’elle a de meilleur » Déclaration de Genève sur les Droits de l’Enfant, 1924 ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est important de signaler qu&#039;avant même l&#039;intérêt qui s&#039;est peu à peu développé quant aux droits de l&#039;enfant, il a d&#039;abord fallu que la société prenne [[Fichier:Déclaration de Genève 1924.jpg|vignette|droite|Déclaration de Genève (1924)]]conscience du statut particulier de l&#039;enfant, avec ses spécificités, et bien plus encore d&#039;être humain digne de droits propres : “L’adulte a longtemps cru que c’était lui-même qui devait animer l’enfant par ses soins et son assistance. Il pensait que son rôle était de façonner l’enfant, de construire sa vie psychique pour que l’enfant devienne peu à peu comme lui. L’enfant était un objet d’assistance, un adulte en devenir (certains disent même &amp;quot;en miniature&amp;quot;) et non une personne humaine à part entière. Petit, faible, pauvre, dépendant, il n’était qu’un citoyen potentiel qui ne sera homme ou femme que demain. Il ne devenait une personne humaine, sujet de droits, qu’à partir du moment où il atteignait l’âge adulte. C’est à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle, notamment après la Première Guerre mondiale, que le concept de droits de l’enfant apparaît.” &amp;lt;ref&amp;gt;Dhellemmes V. ,2010. La dignité et les droits de l&#039;enfant : vingt ans d&#039;avancées sur le plan international. In. Transversalités, 2010/3 N° 115, p. 99-110.&amp;lt;/ref&amp;gt;   &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quand on fait une recherche sur des droits de l’enfant à travers les documents écrits en l&#039;espace de plus de cent ans, du début du XXème siècle jusqu’à aujourd’hui, on retrouve les noms de deux précurseurs qui ont marqué le cours de l’histoire. Il s’agit de Britannique Eglantyne Jebb (1876-1928) et du polonais Henryk Goldzmit (1878–1942) connu sous le nom de [http://fr.wikipedia.org/wiki/Janusz_Korczak Janusz Korczak].&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Ce dernier, pédiatre et éducateur qui a tant &amp;quot;aimé et défendu&amp;quot; les enfants, ne voulant pas les laisser seuls, s&#039;est laissé emmener avec eux à Treblinka où il est mort dans une chambre à gaz.&amp;lt;ref&amp;gt;Korczak J. Le droit de l’enfant au respect. L’héritage de Janusz Korczak. Conférences sur les enjeux actuels pour l’enfance. In. http://www.coe.int/t/commissioner/Activities/themes/Children/PublicationKorczak_fr.pdf&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Korczak, l&#039;inspirateur des droits de l&#039;enfant est bien, d&#039;abord, un insurgé, comme toute son œuvre en témoigne. C&#039;est un homme qui ne supporte pas la violence faite à l&#039;enfance : la violence physique, bien sûr, la violence psychologique également, mais aussi la violence des institutions qui prétendent œuvrer pour &amp;quot;son bien&amp;quot;.&amp;lt;ref&amp;gt;Meirieu P. 2002. Le pédagogue et les droits de l’enfant : histoire d’un malentendu ?. Editions du Tricorne et Association suisse des Amis du Dr Korczak. p.4&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
“Janusz Korczak, premier défenseur des droits de l’enfant et le plus radical, a été déçu en découvrant la Déclaration des droits de l’enfant adoptée par la Société des Nations en 1924, pas assez claire à son goût et plus implorante que contraignante. Il voulait des droits et non la charité, immédiatement et non dans un avenir lointain.” &amp;lt;ref&amp;gt;Korczak J. Le droit de l’enfant au respect. L’héritage de Janusz Korczak. Conférences sur les enjeux actuels pour l’enfance. In. http://www.coe.int/t/commissioner/Activities/themes/Children/PublicationKorczak_fr.pdf p.7). &amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le travail d&#039;Eglantyne Jebb qui a élaboré et rédigé la [http://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/images/f/fb/Declaration-geneve.pdf Déclaration de Genève] a été important. Elle l’a présenté le 26 septembre 1923 et le 28 février 1924 le Ve Congrès général de la Société de Nations qui l&#039;a alors ratifié.&lt;br /&gt;
C&#039;est le premier texte énonçant des droits fondamentaux des enfants ainsi que la responsabilité des adultes à leur égard. Il est constitué de cinq articles. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Déjà  dans le préambule on peut lire que « L’humanité doit donner à l’enfant ce qu’elle a de meilleur.» On peut y voir également que c’est la protection physique qui est mise en avant en soutenant l&#039;idée de venir en aide en cas de détresse ainsi que celle de combattre la faim et l&#039;exploitation (articles 2, 3, 4). En parallèle la notion de développement spirituel n’est pas omis (article 1) de même que le fait que “l’enfant doit être élevé dans le sentiment que ses meilleures qualités devront être mises au service de ses frères”(article 5). Ce texte d&#039;après première guerre mondiale est aussi une contribution à un monde de paix s&#039;étayant sur les enfants qui forment l&#039;avenir, un avenir que les promoteurs des droits de l&#039;enfant voudraient dans la paix.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Déclaration des Droits de l’Enfant, 1959 ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après la seconde guerre mondiale, l&#039;ONU est créée. Elle va s&#039;intéresser aux droits de l&#039;enfant et révéler l&#039;insuffisance de la Déclaration de Genève. En effet, suite à l&#039;adoption de la [http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/IMG/pdf/DUDH.pdf Déclaration universelle des droits de l&#039;Homme] (1948) et à l&#039;évolution du droit durant cette période, on pense nécessaire d&#039;approfondir cette question des droits de l&#039;enfant.&lt;br /&gt;
Plusieurs pays membres de l&#039;ONU réclament une convention, c&#039;est-à-dire un instrument international contraignant qui engage les états qui l&#039;ont ratifié. Mais cette proposition est refusée. Le choix se porte alors sur une seconde Déclaration des droits de l&#039;enfant qui reprend l&#039;idée selon laquelle l&#039;humanité doit donner à l&#039;enfant ce qu&#039;elle a de meilleur. [http://cofradeenfrance.files.wordpress.com/2010/10/dc3a9claration-1959.pdf La déclaration des Droits de l&#039;Enfant] est adoptée par l&#039;assemblée générale des Nations Unies à l&#039;unanimité (70 pays membres), le 20 novembre 1959. Cette date est depuis lors officiellement la journée des droits de l&#039;enfant. La déclaration contient 10 principes fondateurs (elle double donc ceux de 1924!) avec des droits concrets comme par exemple le droit à un nom, à une nationalité ou à un enseignement gratuit au niveau élémentaire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Convention Internationale relative aux Droits de l’Enfant, 1989 ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le 20 novembre 1989, la [http://www.unicef.ch/sites/default/files/attachements/convention_relative_aux_droits_de_lenfant.pdf Convention Internationale relative aux Droits de l’Enfant] (CIDE) a été adoptée par l&#039;Assemblée générale des Nations Unies. Cette Convention a pour but de reconnaître et protéger les droits spécifiques de l&#039;enfant. Elle est composée de 54 articles (elle quintuple le nombre de 1959!) autour des orientations principales suivantes:&lt;br /&gt;
:la non - discrimination&lt;br /&gt;
:l&#039;intérêt supérieur de l&#039;enfant&lt;br /&gt;
:le droit à la vie, la survie et le développement&lt;br /&gt;
:les droits participatifs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les Etats ayant ratifiés cette Convention se doivent de respecter ces articles et de mettre en place les mesures législatives pour protéger les droits de l&#039;enfant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La CIDE est une déclinaison des droits de l&#039;homme exprimés dans la [http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/IMG/pdf/DUDH.pdf Déclaration Universelle des Droits de l&#039;Homme] (1948) et pose que l’enfant est sujet de droit. Elle accorde aux enfants des droits propres et expose leurs droits économiques, sociaux, civils, culturels et politiques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En effet, cette Convention est le texte concernant les droits de l&#039;homme qui a été le plus rapidement accepté au cours de l&#039;histoire, et a été ratifié par le plus d&#039;Etats. Seuls les Etats-Unis et la Somalie ne l&#039;ont pas encore ratifiée aujourd&#039;hui: Les Etats-Unis pratiquent encore la peine de mort pour les enfants dans certains Etats, or cela serait contraire au droit à la vie de l&#039;enfant promulgué dans la CIDE, tandis que la Somalie ne possède pas de gouvernement reconnu pour la ratifier à cause des troubles politiques dans le pays.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Droits de l&#039;enfant - droits de la personne ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;quot;L&#039;humanité doit donner à l&#039;enfant ce qu&#039;elle a de meilleur, affirmer  leurs devoirs, en dehors de toute considération de race, de nationalité et de croyance&amp;quot; - ce sont les prémices officielles de la reconnaissance de l&#039;enfant de 1924. C&#039;était un début, suivi, comme nous avons décrit plus haut, par la Déclaration des Droits de l&#039;Enfant de 1959 et par La Convention relative aux Droits de l&#039;Enfant de 1989. &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il faut ici souligner que “jusqu&#039;à l’adoption de la Convention en 1989, les enfants ne vivaient pas dans les limbes juridiques internationales. Il était au contraire admis qu’ils jouissent de garanties offertes par les instruments internationaux précédents, tels que les pactes internationaux relatifs aux droits de l’homme (que la Suisse a récemment ratifiés), à l&#039;exclusion bien entendu des droits liés directement à la condition de l’adulte (droit de se marier, de fonder une famille, assurance-vieillesse ou maternité). L’année internationale de l’enfant a conduit la communauté internationale à préciser le statut des enfants en confirmant leur particularité en tant qu&#039;êtres à la fois vulnérables (Préambules de la Convention, par exemple pp. 5, 6, 12) et appelés “à assumer les responsabilités de la vie dans une société libre”.&amp;lt;ref&amp;gt;Lücker-Babel M-F, Droits de l&#039;enfant: idéologies et réalités. In. Ratifier en Suisse. La Convention de l&#039;ONU relative aux droits de l&#039;enfant?. N° 26, Novembre 1992. p. 43&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;enfant est donc considéré peu à peu comme un être de droit au cours du XXe siècle, ce que l&#039;on peut voir notamment à travers les différents textes codifiant les droits de l&#039;enfant à cette époque. L&#039;enfant est alors une personne a qui on confère des droits propres.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout d&#039;abord, en 1924, le premier texte international au sujet des droits de l&#039;enfant ([http://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/images/f/fb/Declaration-geneve.pdf Déclaration de Genève]) attribut à celui-ci des droits primaires, comme lui permettre de se développer normalement sur le plan matériel et spirituel, de gagner sa vie sans être exploité, être nourri, soigné, recueilli et secouru, ainsi que d&#039;être élever dans l&#039;esprit que ses qualités devront pourvoir à la société. On voit dans ce texte que les droits dotés à l&#039;enfant amorce une idée de soin et de protection de l&#039;enfant dans l&#039;évocation du secours qui doit lui être porté, et démontre aussi un intérêt pour son bon développement. Toutefois, ces articles restent assez pauvres quant aux droits qui leurs sont accordés et l&#039;on voit que le travail de l&#039;enfant reste de mise.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[http://cofradeenfrance.files.wordpress.com/2010/10/dc3a9claration-1959.pdf La Déclaration des Droits de l&#039;Enfant] de 1959 va plus loin. Ce texte insiste d&#039;avantage sur la protection qui doit être accordée à l&#039;enfant qui n&#039;est plus seulement suggérée sous le terme &amp;quot;secours&amp;quot;. Ici, son développement ne doit plus uniquement être normal, mais également sain sur le plan, cette fois-ci moral, spirituel, physique, intellectuel et social. On ajoute que l&#039;enfant doit pouvoir se développer dans la liberté et la dignité.&lt;br /&gt;
Il est important de voir que certains principes sont totalement nouveaux comme par exemple, le droit de posséder une nationalité et un nom. On y parle aussi de sécurité non seulement sociale pour l&#039;enfant et sa mère, mais également de sécurité morale.&lt;br /&gt;
Dans ce texte, on voit apparaître l&#039;importance accordée à l&#039;affection envers l&#039;enfant, qui est pour lui un besoin. De plus, il est indiqué que la séparation du petit enfant et de sa mère doit être éviter autant que possible. Si l&#039;enfant n&#039;a pas de famille, il est déclaré que c&#039;est alors aux pouvoirs publics et à la société d&#039;en prendre soin, de même pour les enfants n&#039;ayant pas les moyens nécessaires d’existence.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
A noter également, l&#039;entrée de l&#039;éducation comme étant un droit pour l&#039;enfant: &amp;quot;une éducation gratuite et obligatoire au moins au niveau élémentaire&amp;quot; (principe 7). Les loisirs sont incorporés dans ce principe comme éléments importants. Il est indiqué que l&#039;enfant a en effet le droit de jouer. &lt;br /&gt;
En 1959 est présente l&#039;idée de l&#039;apport des qualités de l&#039;enfant pour les autres membres de la société. Cette idée est accompagnée de celle du devoir de le protéger contre la discrimination, et de l&#039;élever dans un esprit de compréhension, de paix et de tolérance. De plus, on peut remarquer une évolution en ce qui concerne le travail des enfants. En effet, le principe 9 pose clairement des limites à son employabilité; outre la protection de son développement moral, physique ou mental, sa santé ou son éducation, on parle d&#039;âge minimum approprié pour l&#039;emploi. Toutefois, celui-ci n&#039;est pas spécifié. La notion d&#039;intérêt supérieur de l&#039;enfant fait son apparition dans cet écrit.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[http://www.unicef.ch/sites/default/files/attachements/convention_relative_aux_droits_de_lenfant.pdf La Convention relative aux Droits de l&#039;Enfant] de 1989 est le texte relevant des droits de l&#039;enfant le plus abouti. En effet, on peut déjà noter la différence en termes de nombres d&#039;articles de ces textes: 1924, La Déclaration de Genève compte 5 articles, on passe à 10 principes en 1959 et à 54 articles dans la Convention relative aux Droits de l&#039;Enfant en 1989. Cette convention reprend les droits exprimés dans les textes précédents, notamment les fondamentaux: droit à l&#039;identité, à la santé, à l&#039;éducation et à la protection et ajoute également bons nombres d&#039;autres considérations. Notamment, un nouveau droit fondamental est inclus dès lors: le droit à la participation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour conclure, en suivant le parcours de l&#039;enfant en tant que personne à part entière, on constate qu&#039;il évolue au cours du XXe siècle. À partir des informations publiées sur le site de [http://www.unicef.org/french/sowc05/timeline.html Unicef] on peut retracer les éléments marquants de ce changement en vue de la reconnaissance internationale et de l’importance de l’enfance.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les droits de l&#039;enfant en Suisse ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le 24 février 1997, la Suisse a ratifié la Convention des Nations Unies relative aux Droits de l’Enfant. &lt;br /&gt;
Le conseil fédéral a constaté que dans l&#039;ensemble l&#039;ordre juridique suisse était en accord avec les principes de la convention. Néanmoins, il a émis des réserves dans plusieurs domaines où cet ordre juridique n&#039;est pas encore en totale adéquation avec les dispositions de la convention: le droit de l&#039;enfant à une nationalité, le regroupement familial, la séparation des jeunes et des adultes en cas de détention, les procédures pénales impliquant des mineurs. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Par ailleurs, il y a beaucoup de différences entre les divers cantons à propos de la mise en œuvre des droits. Tout ceci doit encore être amélioré.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La Convention est entrée en vigueur le 26 mars 1997 en Suisse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il faut ajouter que le pays a ratifié le protocole facultatif au sujet de l&#039;implication des enfants dans les conflits armés le 26 juillet 2002. Ce protocole, afin d&#039;augmenter la protection des enfants et adolescents, a élevé l&#039;âge minimum requis prévu dans la convention sur l’engagement volontaire et l’enrôlement obligatoire dans les forces armées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En Suisse, le deuxième protocole facultatif qui concerne la vente d&#039;enfants, la prostitution des enfants et la pornographie mettant en scène des enfants afin de mieux les protéger de l&#039;exploitation sexuelle est entré en vigueur le 19 octobre 2006.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une nouveauté visant la reconnaissance d&#039;un mineur est son droit de vote. Il s&#039;agit d&#039;un sujet d&#039;actualité qui prouve que celui des droits de l&#039;enfant commencé le siècle dernier continue.&lt;br /&gt;
Il faut savoir que les Constitutions et les législations en Suisse divergent en fonction du canton. D’une manière générale le droit de vote au niveau fédéral et cantonal est accordé aux ressortissants suisses ayant 18 ans révolus. &lt;br /&gt;
Néanmoins certaines cantons suisses ont débuté une démarche visant à accorder le doit de vote au niveau cantonal dès l’âge de 16 ans. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les citoyens ont pu s’exprimer sur l&#039;abaissement de l&#039;âge du droit de vote à 16 ans dans plusieurs cantons suisses tels que par exemple le canton de Berne, de Neuchâtel ou de Glaris. Celui-ci, en 2010, est le premier a avoir accepté d&#039;accorder ce droit aux jeunes à partir de 16 ans. Comme on peut le lire dans l’article de [http://www.rts.ch/info/suisse/1142189-glaris-dit-oui-au-droit-de-vote-a-16-ans.html RTS] paru le 28 juin 2010 “beaucoup de jeunes entrent dans la vie active à 16 ans. Ils pourront désormais aussi s&#039;exprimer sur des sujets qui les concernent directement, comme l&#039;école ou l&#039;apprentissage”.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Retour et analyse de l&#039;entretien ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* [[Entretien avec M. Jean-Pierre Audéoud|Entretien]] avec M. [[Index|Jean-Pierre Audéoud]]&lt;br /&gt;
* [[Article 2013/14|Méthode d&#039;entretien]]&lt;br /&gt;
* [[Questions pour les entretiens|Questions d&#039;entretien]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous avons interviewé Monsieur Jean-Pierre Audéoud le 4 décembre 2013. Cet homme, au parcours professionnel d&#039;une grande richesse a oscillé entre le droit et l&#039;éducation. En effet, après des études de droit à l&#039;université de Genève, il a fait une école d&#039;éducateurs au sud de la France (1958-1960). Diplôme en poche, il est revenu en Suisse où lui et sa femme, éducatrice également, ont repris la direction de Serix, une maison d&#039;éducation à Oron-Palézieux. Ils y ont travaillé 10 ans (1963-1973). Ensuite, Monsieur Audéoud a officié en tant président du tribunal des mineurs du canton de Vaud et ce jusqu&#039;en 1995, date officielle de sa retraite. Il s&#039;est ensuite engagé auprès des personnes handicapées en tant que président bénévole de la fondation Espérance. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===== Le Tribunal des mineurs =====&lt;br /&gt;
M. [[Index|Jean-Pierre Audéoud]], nous a expliqué durant l&#039; [[Entretien avec M. Jean-Pierre Audéoud|interview]] que son expérience dans le domaine du social lui a permis de mieux appréhender les tâches auprès du Tribunal des mineurs. L’engagement tout à fait remarquable de cet homme est mis en avant durant l’entretien:&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
“en choisissant le droit j’avais déjà une arrière pensée, je ne pensais pas être juriste dans un bureau ou faire avocat, quelque chose comme ça. C’est… c’était… alors c’est déjà une orientation si vous voulez, c’est-à-dire que je me suis déjà engagé en commençant le droit mais pas d’une manière précise, pas un moment « tac » voilà. Alors bon je sais pas si c’est à prendre en considération. Mais ça c’est affiné si vous voulez… non puis alors l’engagement véritable c’est quand je suis parti à Montpellier, c’est le choix de cette école d’éducateurs où je voulais compléter ma formation de juriste pour pouvoir à l’occasion revenir dans la juridiction des mineurs.”&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Il faut souligner ici que le Tribunal des mineurs, cette instance pour laquelle a travaillé Monsieur Jean-Pierre Audéoud, tient une place importante dans le champ des droits de l&#039;enfant. En outre le rôle du juge des mineurs est primordial, car c&#039;est lui qui va s&#039;occuper d&#039;instruire la cause, c&#039;est lui qui prend les décisions quand un délit est commis par un enfant.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Une recherche menée à ce sujet nous a permis de voir qu&#039;il existe plusieurs types de sanctions:&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
* Les &amp;quot;peines prévues par le droit des mineurs :&lt;br /&gt;
réprimande ; prestation personnelle (travail d’intérêt général ou séance de sensibilisation) ; amende ; privation de liberté&amp;quot;.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
* Les &amp;quot;mesures de protection prévues par le droit des mineurs :&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
surveillance (droit de regard et d&#039;information sur la prise en charge éducative ou thérapeutique du mineur par ses parents) ; assistance personnelle (désignation d’une personne pour seconder les parents et assister le mineur) ; traitement ambulatoire (en cas de troubles psychiques, du développement de la personnalité, de toxicodépendance ou d’autre addiction) ; placement (si l’éducation et le traitement de l’état du mineur ne peuvent être assurés autrement).&amp;quot; &amp;lt;ref&amp;gt;http://www.vd.ch/fileadmin/user_upload/themes/etat_droit/justice/fichiers_pdf/Penal_7_web.pdf&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La page web officielle de la République et du canton de Genève, indique  &amp;quot;le Tribunal des mineurs est l’autorité pénale compétente pour poursuivre et juger les infractions commises par les mineurs âgés de dix à dix-huit ans au moment de l&#039;acte.&lt;br /&gt;
Il est également l&#039;autorité d&#039;exécution des peines et mesures prononcées, ces dernières pouvant durer jusqu&#039;à l&#039;âge de 22 ans.&amp;quot; &amp;lt;ref&amp;gt;https://ge.ch/justice/tribunal-des-mineurs&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De manière plus générale, la protection de l&#039;enfant est une démarche sociétale qui concerne l&#039;ensemble des citoyens qu&#039;importe leurs origines.&lt;br /&gt;
En suivant le parcours de l&#039;enfant en tant que personne à part entière, on constate qu&#039;il évolue au cours du XXe siècle. À partir des informations publiées sur le site de [http://www.unicef.org/french/sowc05/timeline.html Unicef] on peut retracer les éléments marquants de ce changement en vue de la reconnaissance internationale et de l’importance de l’enfance.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Les droits de l&#039;enfant à travers le prisme de l&#039;éducation  ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est important de souligner qu&#039;avant de rencontrer notre témoin, nous n&#039;avions que peu d&#039;informations sur son parcours professionnel et de vie. Nous nous sommes rendues compte en menant l&#039;entretien qu&#039;il n&#039;était pas dans des revendications, dans une lutte en faveur des droits de l&#039;enfant au sens strict. Mais il a, de part son métier d&#039;éducateur et ses actions concrètes, participé à l&#039;évolution d&#039;une individualisation de l&#039;enfant; son but étant de faire grandir, évoluer des jeunes  pour qu&#039;ils reprennent le droit chemin, tout en respectant leurs besoins. Ainsi, il se trouve un certain décalage entre nos chapitres précédents concernant les droits de l&#039;enfant au sens strict et celui-ci qui traite d&#039;aspects éducatifs à travers une expérience de vie. Néanmoins, nous avons pu faire différents liens entre cette expérience et les droits en tant que tels. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;entretien avec M. et Mme Audéoud nous a permis de mettre en avant divers aspects reliés aux changements quant au travail d&#039;éducateur durant la période des [[Article_2013/14|années 60-80]]. Ils ont, comme énoncé plus haut, travaillé durant 10 ans (1963-1973) en tant que couple-directeur à la colonie de Serix. Cette maison d&#039;éducation pour jeunes délinquants accueillait à l&#039;époque 40 jeunes enfants et adolescents (uniquement des garçons) placés soit par une instance civile, soit par le service de protection de la jeunesse, ou encore par le tribunal des mineurs. Durant ces 10 années, ils ont initié et participé à de nombreux changements concrets au sein de leur institution. Ces changements reflètent grandement l&#039;évolution du regard porté sur l&#039;enfant à l&#039;époque. Avec la mise en place de cultes le dimanche où les gens des villages alentours se réunissaient au sein même de l&#039;institution  ou encore la création d&#039;un jardin d&#039;enfants pour les enfants du personnel, la création d&#039;un parc de jeux par de jeunes scouts, il y a cette volonté d&#039;ouvrir l&#039;institution pour que d&#039;une part les jeunes puissent avoir des contacts avec l&#039;extérieur, mais également pour que les gens de l&#039;extérieur puissent avoir un regard différent sur ce lieu et ses résidents. Les Audéoud vont encore plus loin en créant un foyer d&#039;habitation dépendant de Serix, en intégrant des jeunes dans les écoles des alentours, en leur organisant des vacances ou la possibilité de rentrer dans leur famille le week-end. Cette ouverture vers l&#039;extérieur était vraiment quelque chose de nouveau car durant des années Serix était un lieu très fermé ou rien de filtrait.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un élément marquant constaté par le couple Audéoud à travers leurs années à Serix est l&#039;évolution du statut d&#039;éducateur. En effet, ils voient se créer des associations professionnelles comme &amp;quot;la conférence romande de directeurs d&#039;institution&amp;quot; ou &amp;quot;l&#039;association romande des éducateurs spécialisés&amp;quot;. Se crée aussi durant cette période les syndicats, les conventions collectives. On aspire également à ce que les éducateurs soient mieux formés, soient soutenus dans leur métier. On voit par exemple apparaître des séances de trainings de groupe, des supervisions collectives et individuelles, ce qui était totalement nouveau pour l&#039;époque. Ainsi, dans ces années apparaît une valorisation de cette profession ainsi qu&#039; une prise en compte de la parole des éducateurs et de leurs besoins et souhaits. Il est vrai qu&#039;avant, ces gens se consacraient entièrement à leur métier, jour et nuit; ils ne comptaient pas leurs heures. Ils remplaçaient, comme le dit monsieur Audéoud, la famille de ces jeunes avec tout ce que ça implique. On voit alors petit à petit se créer un structure autour de ce métier, on met en place des horaires, des salaires, etc. On est attentif à leurs revendications, comme par exemple dans le cas de Serix, le fait de pouvoir habiter à l&#039;extérieur de la colonie. (fin à venir...) &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Cet entretien a mis également en lumière l&#039;évolution de la reconnaissance de l&#039;enfant et de ses droits. En effet, les droits de l&#039;enfant sont des droits de la personne avant tout. L&#039;entretien a par exemple souligné l&#039;importance de l&#039;écoute de l&#039;enfant et son droit à la parole. Ainsi, M. Audéoud nous a expliqué qu&#039;au Tribunal des mineurs le président se doit d&#039;écouter le mineur accusé et ses responsables légaux. D&#039;ailleurs, le but du juge pour enfant selon notre témoin est de choisir la sanction appropriée au mineur particulier, éduquer ou punir : travaux d&#039;intérêts généraux, amande ou encore le placement dans un établissement d&#039;éducation. Il se mêle alors des aspects juridiques à des aspects éducatifs et l&#039;on tente de déterminer ce qui est le mieux pour le jeune et non réellement selon le délit commis.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Il s&#039;agit là d&#039;un changement conséquent, car dans les années 60, M. Audéoud nous a fait part que dans son poste de directeur à Serix, les besoins des jeunes étaient définis par les adultes, qui décidaient pour les jeunes par rapport à ce qu&#039;ils pensaient être bien pour eux, mais sans leur demander leur avis. On n&#039;était pas encore dans une réelle prise en compte de la parole de l&#039;enfant à l&#039;époque. Une évolution sur le plan de l&#039;individualisation de l&#039;enfant et de la prise en compte de ses besoins est visible. En effet, aujourd&#039;hui on entend plus l&#039;enfant, on tente de connaître ce qu&#039;il désire et on regarde si on peut y accommoder. Avant, l&#039;enfant se devait de s&#039;accommoder lui à ce qu&#039;on lui imposait. De même, à Serix les colloques concernant les enfants se déroulaient sans l&#039;intéressé et ses parents, mais seulement avec les éducateurs et autres professionnels entourant le jeune. Petit à petit, les éducateurs ont changé de manière de faire, en imposant moins de choses supposées pour le bien des enfants et adolescents. Dans cet ordre d&#039;idée, on retrouve les points fondamentaux de la Constitution de 1989, du droit à la participation ainsi que la prise en compte de l&#039;intérêt supérieur de l&#039;enfant. Donc, entre les années 60 et 80, le domaine de l&#039;éducation a évolué dans la place attribuée au mineur dans les choix et sujets le concernant, l&#039;écoute qu&#039;on lui accorde et le droit de parole de celui-ci. De plus, les changements sont aussi visibles dans la prise en compte plus aboutie des besoins de l&#039;enfant, notamment par son expression de ses désirs et ressentis. Mme Audéoud souligne également le recours progressif à l&#039;individualisation de la démarche envers le jeune dans le milieu éducatif de Serix. Ainsi les jeunes ne sont plus approchés collectivement et on tient davantage compte de leur individualité dans les démarches entreprises à son égard.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Par rapport à la question des valeurs portées par ces deux personnes, on retrouve celles de donner une structure à l&#039;enfant de manière attentionnée, de donner de l&#039;affection à ces jeunes  qui souvent en manquait, ainsi que de la reconnaissance. Valoriser l&#039;enfant, le protéger, lui manifester de l&#039;intérêt, mais aussi l&#039;aider à développer ses capacités d&#039;un point de vue cognitif, social et affectif, voilà ce en quoi croyait ce couple. Leurs convictions et ils l&#039;évoquent eux-mêmes répondent toutes aux différents besoins que l&#039;enfant a pour se développer harmonieusement. En cela, on retrouve les fondements de base des droits internationaux des enfants, car on y parle de protection de l&#039;enfant ainsi que permettre à l&#039;enfant de se développer harmonieusement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Finalement, on semblerait légitime de penser que la promotion des droits de l&#039;enfant dans les années 60-80 sont en lien avec les changements dans le travail éducatif de nos témoins et l&#039;évolution de leur regard sur l&#039;enfant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Conclusions ===&lt;br /&gt;
Les droits de l’enfant, comme nous l’avons présenté, ont évolué au cours de décennies du XXème siècle. L’histoire de cette période nous témoigne de leur importance, de leur rôle prépondérant dans la vie d’un être humain. Ceci ne signifie pas que l’on n’a rien de plus à accomplir, bien au contraire. Les préoccupations quant aux conditions de vie des enfants dans le monde sont encore d&#039;actualité au XXIème sciècle. L&#039;enfant est une personne à part entière ce qui ne fait aucune doute et la [[Article_2013/14|complexité du concept des droits de la personne]] abordée dans notre article renvoie justement à la liberté, à l&#039;intégrité, à la sûreté. Mais surtout qu’importe d&#039;où l’on vient et ce qu’on fait, nous avons le droit à la vie. &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Les [[Droits_des_femmes|femmes]], les [[Droits_des_prisonniers|prisonniers]], les [[Droits_des_patients_psychiatriques|patients]], les [[Droits_des_personnes_en_situation_de_handicap|personnes en situation de handicap]], chaque individu a ce droit pour lequel certains se battent encore aujourd&#039;hui.&amp;lt;br /&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’enfance lie les individus qu’importe leur appartenance. Cette période de la vie qui nous est commune prend une dimension à part tout simplement parce que dans chaque enfant émerge l’avenir, notre avenir. Les adultes ont pour but de comprendre les enfants, de les respecter en tant que personnes et de protéger leurs droits. &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Avec le temps, l&#039;enfant a peu à peu existé comme personne à part entière. Il n&#039;est plus seulement un &amp;quot;homme en devenir&amp;quot;, mais bien un enfant avec ses particularités et besoins spécifiques. De plus, l&#039;intérêt qu&#039;on lui a porté a amené à une prise de conscience de l&#039;importance de lui donner la parole, de respecter ses désirs, intérêts, ainsi que de ses besoins, comme lui les définit. On a ainsi vu à travers notre entretien que d&#039;une définition des besoins de l&#039;enfant par l&#039;adulte durant les années 60 dans les milieux éducatifs en Suisse, on est passé vers une prise en compte plus réelle des besoins de l&#039;enfant en s&#039;adressent directement à celui-ci et en l&#039;écoutant davantage. La protection de l&#039;enfant est une notion importante dans la construction de ses droits.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme nous l&#039;avons écrit auparavant, son droit à la vie est signifié dans les textes internationaux. De prime abord, le droit à la vie de tout être humain ainsi que le droit à être protégé nous paraît naturel, mais on voit que cela ne va pas de soi. La reconnaissance du droit et besoin de protection de l&#039;enfant est essentielle, car il s&#039;agit d&#039;un être vulnérable et dépendant, soumis au bon vouloir des parents. Cette relation dominant-dominé, où l&#039;un possède un certain pouvoir sur l&#039;autre se retrouve dans bien d&#039;autres populations. Ainsi, d&#039;autres droits développés à partir du milieu du XXe siècle, comme le droits des [[Droits_des_femmes|femmes]], des [[Droits_des_patients_psychiatriques|patients psychiatriques]], des [[Droits des patients (à l&#039;hôpital)|patients hospitaliers]], des [[Droits_des_personnes_en_situation_de_handicap|personnes en situation de handicap]] ou encore des [[Droits_des_prisonniers|prisonniers]] vont dans ce sens. Ce sont toutes des populations sous la domination d&#039;autrui pour lesquelles des luttes se sont développées afin de faire valoir leurs droits, en particulier de parole, écoute, etc. La préoccupation de l&#039;enfant va sans doute de paire avec la conscience de la société de cet enfant comme devenir de la société. En effet, en désirant une société de bons citoyens, épanouis et travailleurs, il faut avant tout s&#039;occuper des conditions et favoriser au mieux le développement harmonieux des enfants. On peut ainsi rapprocher cette volonté d&#039;améliorer la société par le soucis de l&#039;enfant avec l&#039;apparition de l&#039;obligation scolaire pour tous. L&#039;instauration des droits pour l&#039;enfant va cependant plus loin, car elle touche à bien d&#039;autres domaines que l&#039;instruction.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour finir, on peut voir que ces droits reconnus internationalement doivent tout de même continué à être l&#039;objet d&#039;un travail constant, car entre la théorie et la pratique, il y a de grandes différences, même dans nos pays développés. Ainsi, il importe de faire connaître leurs droits aux enfants, de les faire respecter, notamment à travers des instances  et sanctions juridiques à cet égard.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Bibliographie / Webographie ===&lt;br /&gt;
* Droux J.,2011. &#039;&#039;L&#039;internationalisation de la protection de l&#039;enfance : acteurs, concurrences et projets transnationaux (1900-1925)&#039;&#039;. In. Critique internationale, 2011/3 n° 52, p. 17-33&lt;br /&gt;
* Martinetti, F. 2002. &#039;&#039;Les Droits de l&#039;enfant&#039;&#039;. Librio&lt;br /&gt;
* http://cofrade.fr/&lt;br /&gt;
* http://www.humanium.org/fr/&lt;br /&gt;
* http://www.netzwerk-kinderrechte.ch/&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Notes et références ===&lt;br /&gt;
&amp;lt;references/&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Auteurs du chapitre ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Claire Bourgeois Dubois-Ferriere&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
* Katarzyna Milena Fratczak&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
* Victoria Salomon&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Victoria</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Droits_des_enfants&amp;diff=13132</id>
		<title>Droits des enfants</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Droits_des_enfants&amp;diff=13132"/>
		<updated>2014-01-14T11:40:16Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Victoria : /* Droits de l&amp;#039;enfant - droits de la personne */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;=== Introduction ===&lt;br /&gt;
Les droits de l&#039;enfant visant la protection des mineurs évoluent au cours des décennies. Les prémices du XXe siècle les plus connues sont bien évidemment la [http://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/images/f/fb/Declaration-geneve.pdf Déclaration de Genève] (1924), la [http://cofradeenfrance.files.wordpress.com/2010/10/dc3a9claration-1959.pdf déclaration des Droits de l&#039;Enfant] (1959) et enfin le texte de la [http://www.unicef.ch/sites/default/files/attachements/convention_relative_aux_droits_de_lenfant.pdf Convention Internationale relative aux Droits de l’Enfant] du 20 novembre 1989. Ce dernier “ratifié d’une manière quasi universelle (193 États sur 195) en fait un texte hors norme de part sa portée dans l’espace et de par l’enthousiasme spontané qu’ [il] a suscité.”&amp;lt;ref&amp;gt;Zermatten, J., Stoecklin D. 2009. Le droit des enfants de participer. Norme juridique et réalité pratique: contribution à un nouveau contrat social. Suisse: Institut International des Droits de l&#039;Enfant., p.7 &amp;lt;/ref&amp;gt; Ce parcours historique est une partie importante de l’histoire qu’on écrit aujourd’hui.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
On peut remarquer que le premier pas vers l&#039;individualisation de l&#039;enfant datant de 1924, pointe le bout de son nez quelques années après la fin de la première guerre mondiale. Le deuxième est marqué par la Déclaration de Droits de l&#039;Enfant de 1959, donc à l’image de la précédente, elle date des années après la seconde guerre mais est également un point de départ menant vers la Convention de 1989.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Le long chemin vers une telle reconnaissance était en grande partie marqué par la création, un peu partout en Europe, des communautés d&#039;enfants. Leur rôle n&#039;est pas négligeable. La définition de ces communautés d&#039;enfants est donné à Trogen en juillet 1948 et semble préciser un peu plus les besoins de l&#039;enfant en tant que personne. Ce sont: &amp;quot;les organisations éducatives ou rééducatives à caractère permanent, fondées sur la participation active des enfants ou adolescents à la vie de la communauté, dans le cadre des méthodes d’éducation et d’instruction modernes – et dans lesquelles la vie de famille se combine de diverses façons aux modalités de la vie de collectivité&amp;quot;.&amp;lt;ref&amp;gt;Cours de M.Ruchat: L’éducation spéciale du XVIIIe au XXe siècles: L’éducation, les normes et l’individu, Université de Genève, 2013&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Dans l’esprit de la reconnaissance d’un enfant à part entière avec le respect de sa liberté, [[Libres enfants de Summerhill (Neill)|Alexander Sutherland Neill]] crée son école de Summerhill en 1921, une école qui encore de nos jours suscite beaucoup de discussions et polémiques. Dans le cadre de cet atelier d’intelligence collective nous avons procédé à une comparaison des idées de Neill décrites dans son livre [[Libres enfants de Summerhill (Neill)|&amp;quot;Libres enfants de Summerhill&amp;quot;]] (1960) avec la Convention relative aux Droits de l’Enfant de 1989 avec un constat tout à fait surprenant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Historique des droits de l&#039;enfant ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== « L’humanité doit donner à l’enfant ce qu’elle a de meilleur » Déclaration de Genève sur les Droits de l’Enfant, 1924 ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est important de signaler qu&#039;avant même l&#039;intérêt qui s&#039;est peu à peu développé quant aux droits de l&#039;enfant, il a d&#039;abord fallu que la société prenne [[Fichier:Déclaration de Genève 1924.jpg|vignette|droite|Déclaration de Genève (1924)]]conscience du statut particulier de l&#039;enfant, avec ses spécificités, et bien plus encore d&#039;être humain digne de droits propres : “L’adulte a longtemps cru que c’était lui-même qui devait animer l’enfant par ses soins et son assistance. Il pensait que son rôle était de façonner l’enfant, de construire sa vie psychique pour que l’enfant devienne peu à peu comme lui. L’enfant était un objet d’assistance, un adulte en devenir (certains disent même &amp;quot;en miniature&amp;quot;) et non une personne humaine à part entière. Petit, faible, pauvre, dépendant, il n’était qu’un citoyen potentiel qui ne sera homme ou femme que demain. Il ne devenait une personne humaine, sujet de droits, qu’à partir du moment où il atteignait l’âge adulte. C’est à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle, notamment après la Première Guerre mondiale, que le concept de droits de l’enfant apparaît.” &amp;lt;ref&amp;gt;Dhellemmes V. ,2010. La dignité et les droits de l&#039;enfant : vingt ans d&#039;avancées sur le plan international. In. Transversalités, 2010/3 N° 115, p. 99-110.&amp;lt;/ref&amp;gt;   &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quand on fait une recherche sur des droits de l’enfant à travers les documents écrits en l&#039;espace de plus de cent ans, du début du XXème siècle jusqu’à aujourd’hui, on retrouve les noms de deux précurseurs qui ont marqué le cours de l’histoire. Il s’agit de Britannique Eglantyne Jebb (1876-1928) et du polonais Henryk Goldzmit (1878–1942) connu sous le nom de [http://fr.wikipedia.org/wiki/Janusz_Korczak Janusz Korczak].&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Ce dernier, pédiatre et éducateur qui a tant &amp;quot;aimé et défendu&amp;quot; les enfants, ne voulant pas les laisser seuls, s&#039;est laissé emmener avec eux à Treblinka où il est mort dans une chambre à gaz.&amp;lt;ref&amp;gt;Korczak J. Le droit de l’enfant au respect. L’héritage de Janusz Korczak. Conférences sur les enjeux actuels pour l’enfance. In. http://www.coe.int/t/commissioner/Activities/themes/Children/PublicationKorczak_fr.pdf&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Korczak, l&#039;inspirateur des droits de l&#039;enfant est bien, d&#039;abord, un insurgé, comme toute son œuvre en témoigne. C&#039;est un homme qui ne supporte pas la violence faite à l&#039;enfance : la violence physique, bien sûr, la violence psychologique également, mais aussi la violence des institutions qui prétendent œuvrer pour &amp;quot;son bien&amp;quot;.&amp;lt;ref&amp;gt;Meirieu P. 2002. Le pédagogue et les droits de l’enfant : histoire d’un malentendu ?. Editions du Tricorne et Association suisse des Amis du Dr Korczak. p.4&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
“Janusz Korczak, premier défenseur des droits de l’enfant et le plus radical, a été déçu en découvrant la Déclaration des droits de l’enfant adoptée par la Société des Nations en 1924, pas assez claire à son goût et plus implorante que contraignante. Il voulait des droits et non la charité, immédiatement et non dans un avenir lointain.” &amp;lt;ref&amp;gt;Korczak J. Le droit de l’enfant au respect. L’héritage de Janusz Korczak. Conférences sur les enjeux actuels pour l’enfance. In. http://www.coe.int/t/commissioner/Activities/themes/Children/PublicationKorczak_fr.pdf p.7). &amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le travail d&#039;Eglantyne Jebb qui a élaboré et rédigé la [http://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/images/f/fb/Declaration-geneve.pdf Déclaration de Genève] a été important. Elle l’a présenté le 26 septembre 1923 et le 28 février 1924 le Ve Congrès général de la Société de Nations qui l&#039;a alors ratifié.&lt;br /&gt;
C&#039;est le premier texte énonçant des droits fondamentaux des enfants ainsi que la responsabilité des adultes à leur égard. Il est constitué de cinq articles. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Déjà  dans le préambule on peut lire que « L’humanité doit donner à l’enfant ce qu’elle a de meilleur.» On peut y voir également que c’est la protection physique qui est mise en avant en soutenant l&#039;idée de venir en aide en cas de détresse ainsi que celle de combattre la faim et l&#039;exploitation (articles 2, 3, 4). En parallèle la notion de développement spirituel n’est pas omis (article 1) de même que le fait que “l’enfant doit être élevé dans le sentiment que ses meilleures qualités devront être mises au service de ses frères”(article 5). Ce texte d&#039;après première guerre mondiale est aussi une contribution à un monde de paix s&#039;étayant sur les enfants qui forment l&#039;avenir, un avenir que les promoteurs des droits de l&#039;enfant voudraient dans la paix.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Déclaration des Droits de l’Enfant, 1959 ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après la seconde guerre mondiale, l&#039;ONU est créée. Elle va s&#039;intéresser aux droits de l&#039;enfant et révéler l&#039;insuffisance de la Déclaration de Genève. En effet, suite à l&#039;adoption de la [http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/IMG/pdf/DUDH.pdf Déclaration universelle des droits de l&#039;Homme] (1948) et à l&#039;évolution du droit durant cette période, on pense nécessaire d&#039;approfondir cette question des droits de l&#039;enfant.&lt;br /&gt;
Plusieurs pays membres de l&#039;ONU réclament une convention, c&#039;est-à-dire un instrument international contraignant qui engage les états qui l&#039;ont ratifié. Mais cette proposition est refusée. Le choix se porte alors sur une seconde Déclaration des droits de l&#039;enfant qui reprend l&#039;idée selon laquelle l&#039;humanité doit donner à l&#039;enfant ce qu&#039;elle a de meilleur. [http://cofradeenfrance.files.wordpress.com/2010/10/dc3a9claration-1959.pdf La déclaration des Droits de l&#039;Enfant] est adoptée par l&#039;assemblée générale des Nations Unies à l&#039;unanimité (70 pays membres), le 20 novembre 1959. Cette date est depuis lors officiellement la journée des droits de l&#039;enfant. La déclaration contient 10 principes fondateurs (elle double donc ceux de 1924!) avec des droits concrets comme par exemple le droit à un nom, à une nationalité ou à un enseignement gratuit au niveau élémentaire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Convention Internationale relative aux Droits de l’Enfant, 1989 ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le 20 novembre 1989, la [http://www.unicef.ch/sites/default/files/attachements/convention_relative_aux_droits_de_lenfant.pdf Convention Internationale relative aux Droits de l’Enfant] (CIDE) a été adoptée par l&#039;Assemblée générale des Nations Unies. Cette Convention a pour but de reconnaître et protéger les droits spécifiques de l&#039;enfant. Elle est composée de 54 articles (elle quintuple le nombre de 1959!) autour des orientations principales suivantes:&lt;br /&gt;
:la non - discrimination&lt;br /&gt;
:l&#039;intérêt supérieur de l&#039;enfant&lt;br /&gt;
:le droit à la vie, la survie et le développement&lt;br /&gt;
:les droits participatifs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les Etats ayant ratifiés cette Convention se doivent de respecter ces articles et de mettre en place les mesures législatives pour protéger les droits de l&#039;enfant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La CIDE est une déclinaison des droits de l&#039;homme exprimés dans la [http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/IMG/pdf/DUDH.pdf Déclaration Universelle des Droits de l&#039;Homme] (1948) et pose que l’enfant est sujet de droit. Elle accorde aux enfants des droits propres et expose leurs droits économiques, sociaux, civils, culturels et politiques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En effet, cette Convention est le texte concernant les droits de l&#039;homme qui a été le plus rapidement accepté au cours de l&#039;histoire, et a été ratifié par le plus d&#039;Etats. Seuls les Etats-Unis et la Somalie ne l&#039;ont pas encore ratifiée aujourd&#039;hui: Les Etats-Unis pratiquent encore la peine de mort pour les enfants dans certains Etats, or cela serait contraire au droit à la vie de l&#039;enfant promulgué dans la CIDE, tandis que la Somalie ne possède pas de gouvernement reconnu pour la ratifier à cause des troubles politiques dans le pays.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Droits de l&#039;enfant - droits de la personne ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;quot;L&#039;humanité doit donner à l&#039;enfant ce qu&#039;elle a de meilleur, affirmer  leurs devoirs, en dehors de toute considération de race, de nationalité et de croyance&amp;quot; - ce sont les prémices officielles de la reconnaissance de l&#039;enfant de 1924. C&#039;était un début, suivi, comme nous avons décrit plus haut, par la Déclaration des Droits de l&#039;Enfant de 1959 et par La Convention relative aux Droits de l&#039;Enfant de 1989. &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il faut ici souligner que “jusqu&#039;à l’adoption de la Convention en 1989, les enfants ne vivaient pas dans les limbes juridiques internationales. Il était au contraire admis qu’ils jouissent de garanties offertes par les instruments internationaux précédents, tels que les pactes internationaux relatifs aux droits de l’homme (que la Suisse a récemment ratifiés), à l&#039;exclusion bien entendu des droits liés directement à la condition de l’adulte (droit de se marier, de fonder une famille, assurance-vieillesse ou maternité). L’année internationale de l’enfant a conduit la communauté internationale à préciser le statut des enfants en confirmant leur particularité en tant qu&#039;êtres à la fois vulnérables (Préambules de la Convention, par exemple pp. 5, 6, 12) et appelés “à assumer les responsabilités de la vie dans une société libre”.&amp;lt;ref&amp;gt;Lücker-Babel M-F, Droits de l&#039;enfant: idéologies et réalités. In. Ratifier en Suisse. La Convention de l&#039;ONU relative aux droits de l&#039;enfant?. N° 26, Novembre 1992. p. 43&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;enfant est donc considéré peu à peu comme un être de droit au cours du XXe siècle, ce que l&#039;on peut voir notamment à travers les différents textes codifiant les droits de l&#039;enfant à cette époque. L&#039;enfant est alors une personne a qui on confère des droits propres.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout d&#039;abord, en 1924, le premier texte international au sujet des droits de l&#039;enfant ([http://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/images/f/fb/Declaration-geneve.pdf Déclaration de Genève]) attribut à celui-ci des droits primaires, comme lui permettre de se développer normalement sur le plan matériel et spirituel, de gagner sa vie sans être exploité, être nourri, soigné, recueilli et secouru, ainsi que d&#039;être élever dans l&#039;esprit que ses qualités devront pourvoir à la société. On voit dans ce texte que les droits dotés à l&#039;enfant amorce une idée de soin et de protection de l&#039;enfant dans l&#039;évocation du secours qui doit lui être porté, et démontre aussi un intérêt pour son bon développement. Toutefois, ces articles restent assez pauvres quant aux droits qui leurs sont accordés et l&#039;on voit que le travail de l&#039;enfant reste de mise.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[http://cofradeenfrance.files.wordpress.com/2010/10/dc3a9claration-1959.pdf La Déclaration des Droits de l&#039;Enfant] de 1959 va plus loin. Ce texte insiste d&#039;avantage sur la protection qui doit être accordée à l&#039;enfant qui n&#039;est plus seulement suggérée sous le terme &amp;quot;secours&amp;quot;. Ici, son développement ne doit plus uniquement être normal, mais également sain sur le plan, cette fois-ci moral, spirituel, physique, intellectuel et social. On ajoute que l&#039;enfant doit pouvoir se développer dans la liberté et la dignité.&lt;br /&gt;
Il est important de voir que certains principes sont totalement nouveaux comme par exemple, le droit de posséder une nationalité et un nom. On y parle aussi de sécurité non seulement sociale pour l&#039;enfant et sa mère, mais également de sécurité morale.&lt;br /&gt;
Dans ce texte, on voit apparaître l&#039;importance accordée à l&#039;affection envers l&#039;enfant, qui est pour lui un besoin. De plus, il est indiqué que la séparation du petit enfant et de sa mère doit être éviter autant que possible. Si l&#039;enfant n&#039;a pas de famille, il est déclaré que c&#039;est alors aux pouvoirs publics et à la société d&#039;en prendre soin, de même pour les enfants n&#039;ayant pas les moyens nécessaires d’existence.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
A noter également, l&#039;entrée de l&#039;éducation comme étant un droit pour l&#039;enfant: &amp;quot;une éducation gratuite et obligatoire au moins au niveau élémentaire&amp;quot; (principe 7). Les loisirs sont incorporés dans ce principe comme éléments importants. Il est indiqué que l&#039;enfant a en effet le droit de jouer. &lt;br /&gt;
En 1959 est présente l&#039;idée de l&#039;apport des qualités de l&#039;enfant pour les autres membres de la société. Cette idée est accompagnée de celle du devoir de le protéger contre la discrimination, et de l&#039;élever dans un esprit de compréhension, de paix et de tolérance. De plus, on peut remarquer une évolution en ce qui concerne le travail des enfants. En effet, le principe 9 pose clairement des limites à son employabilité; outre la protection de son développement moral, physique ou mental, sa santé ou son éducation, on parle d&#039;âge minimum approprié pour l&#039;emploi. Toutefois, celui-ci n&#039;est pas spécifié. La notion d&#039;intérêt supérieur de l&#039;enfant fait son apparition dans cet écrit.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[http://www.unicef.ch/sites/default/files/attachements/convention_relative_aux_droits_de_lenfant.pdf La Convention relative aux Droits de l&#039;Enfant] de 1989 est le texte relevant des droits de l&#039;enfant le plus abouti. En effet, on peut déjà noter la différence en termes de nombres d&#039;articles de ces textes: 1924, La Déclaration de Genève compte 5 articles, on passe à 10 principes en 1959 et à 54 articles dans la Convention relative aux Droits de l&#039;Enfant en 1989. Cette convention reprend les droits exprimés dans les textes précédents, notamment les fondamentaux: droit à l&#039;identité, à la santé, à l&#039;éducation et à la protection et ajoute également bons nombres d&#039;autres considérations. Notamment, un nouveau droit fondamental est inclus dès lors: le droit à la participation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour conclure, en suivant le parcours de l&#039;enfant en tant que personne à part entière, on constate qu&#039;il évolue au cours du XXe siècle. À partir des informations publiées sur le site de [http://www.unicef.org/french/sowc05/timeline.html Unicef] on peut retracer les éléments marquants de ce changement en vue de la reconnaissance internationale et de l’importance de l’enfance.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les droits de l&#039;enfant en Suisse ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le 24 février 1997, la Suisse a ratifié la Convention des Nations Unies relative aux droits de l’enfant. &lt;br /&gt;
Le conseil fédéral a constaté que dans l&#039;ensemble l&#039;ordre juridique suisse était en accord avec les principes de la convention. Néanmoins, il a émis des réserves dans plusieurs domaines où cet ordre juridique n&#039;est pas encore en totale adéquation avec les dispositions de la convention: le droit de l&#039;enfant à une nationalité, le regroupement familial, la séparation des jeunes et des adultes en cas de détention, les procédures pénales impliquant des mineurs. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Par ailleurs, il y a beaucoup de différences entre les différents cantons à propos de la mise en œuvre des droits. Tout ceci doit encore être amélioré.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La Convention est entrée en vigueur le 26 mars 1997 en Suisse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il faut ajouter que le pays a ratifié le protocole facultatif au sujet de l&#039;implication des enfants dans les conflits armés le 26 juillet 2002. Ce protocole, afin d&#039;augmenter la protection des enfants et adolescents, a élevé l&#039;âge minimum requis prévu dans la convention sur l’engagement volontaire et l’enrôlement obligatoire dans les forces armées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En Suisse, le deuxième protocole facultatif qui concerne la vente d&#039;enfants, la prostitution des enfants et la pornographie mettant en scène des enfants afin de mieux protéger les enfants de l&#039;exploitation sexuelle est entré en vigueur le 19 octobre &lt;br /&gt;
2006.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Une nouveauté visant une reconnaissance d&#039;un mineur est son droit de vote. C&#039;est un sujet encore d&#039;actualité qui preuve que le sujet de droits de l&#039;enfant commencé le siècle dernier continue. &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Il faut savoir que les Constitutions et les législations en Suisse divergent en fonction du canton. D’une manière générale le droit de vote au niveau fédéral et cantonal est accordé aux ressortissants suisses ayant 18 ans révolus. &lt;br /&gt;
Néanmoins certaines cantons suisses ont débuté une démarche visant à accorder le doit de vote au niveau cantonal dès l’âge de 16 ans. &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Les citoyens ont pu s’exprimer sur l&#039;abaissement de l&#039;âge du droit de vote à 16 ans dans plusieurs cantons suisses tels que par exemple le canton de Berne, de Neuchâtel ou de Glaris. Celui-ci, en 2010, a accepté d&#039;accorder le premier ce droit aux jeunes à partir de 16 ans. Comme on peut le lire dans l’article de [http://www.rts.ch/info/suisse/1142189-glaris-dit-oui-au-droit-de-vote-a-16-ans.html RTS] paru le 28.06.2010 “beaucoup de jeunes entrent dans la vie active à 16 ans. Ils pourront désormais aussi s&#039;exprimer sur des sujets qui les concernent directement, comme l&#039;école ou l&#039;apprentissage”.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Retour et analyse de l&#039;entretien ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* [[Entretien avec M. Jean-Pierre Audéoud|Entretien]] avec M. [[Index|Jean-Pierre Audéoud]]&lt;br /&gt;
* [[Article 2013/14|Méthode d&#039;entretien]]&lt;br /&gt;
* [[Questions pour les entretiens|Questions d&#039;entretien]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous avons interviewé Monsieur Jean-Pierre Audéoud le 4 décembre 2013. Cet homme, au parcours professionnel d&#039;une grande richesse a oscillé entre le droit et l&#039;éducation. En effet, après des études de droit à l&#039;université de Genève, il a fait une école d&#039;éducateurs au sud de la France (1958-1960). Diplôme en poche, il est revenu en Suisse où lui et sa femme, éducatrice également, ont repris la direction de Serix, une maison d&#039;éducation à Oron-Palézieux. Ils y ont travaillé 10 ans (1963-1973). Ensuite, Monsieur Audéoud a officié en tant président du tribunal des mineurs du canton de Vaud et ce jusqu&#039;en 1995, date officielle de sa retraite. Il s&#039;est ensuite engagé auprès des personnes handicapées en tant que président bénévole de la fondation Espérance. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===== Le Tribunal des mineurs =====&lt;br /&gt;
M. [[Index|Jean-Pierre Audéoud]], nous a expliqué durant l&#039; [[Entretien avec M. Jean-Pierre Audéoud|interview]] que son expérience dans le domaine du social lui a permis de mieux appréhender les tâches auprès du Tribunal des mineurs. L’engagement tout à fait remarquable de cet homme est mis en avant durant l’entretien:&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
“en choisissant le droit j’avais déjà une arrière pensée, je ne pensais pas être juriste dans un bureau ou faire avocat, quelque chose comme ça. C’est… c’était… alors c’est déjà une orientation si vous voulez, c’est-à-dire que je me suis déjà engagé en commençant le droit mais pas d’une manière précise, pas un moment « tac » voilà. Alors bon je sais pas si c’est à prendre en considération. Mais ça c’est affiné si vous voulez… non puis alors l’engagement véritable c’est quand je suis parti à Montpellier, c’est le choix de cette école d’éducateurs où je voulais compléter ma formation de juriste pour pouvoir à l’occasion revenir dans la juridiction des mineurs.”&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Il faut souligner ici que le Tribunal des mineurs, cette instance pour laquelle a travaillé Monsieur Jean-Pierre Audéoud, tient une place importante dans le champ des droits de l&#039;enfant. En outre le rôle du juge des mineurs est primordial, car c&#039;est lui qui va s&#039;occuper d&#039;instruire la cause, c&#039;est lui qui prend les décisions quand un délit est commis par un enfant.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Une recherche menée à ce sujet nous a permis de voir qu&#039;il existe plusieurs types de sanctions:&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
* Les &amp;quot;peines prévues par le droit des mineurs :&lt;br /&gt;
réprimande ; prestation personnelle (travail d’intérêt général ou séance de sensibilisation) ; amende ; privation de liberté&amp;quot;.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
* Les &amp;quot;mesures de protection prévues par le droit des mineurs :&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
surveillance (droit de regard et d&#039;information sur la prise en charge éducative ou thérapeutique du mineur par ses parents) ; assistance personnelle (désignation d’une personne pour seconder les parents et assister le mineur) ; traitement ambulatoire (en cas de troubles psychiques, du développement de la personnalité, de toxicodépendance ou d’autre addiction) ; placement (si l’éducation et le traitement de l’état du mineur ne peuvent être assurés autrement).&amp;quot; &amp;lt;ref&amp;gt;http://www.vd.ch/fileadmin/user_upload/themes/etat_droit/justice/fichiers_pdf/Penal_7_web.pdf&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La page web officielle de la République et du canton de Genève, indique  &amp;quot;le Tribunal des mineurs est l’autorité pénale compétente pour poursuivre et juger les infractions commises par les mineurs âgés de dix à dix-huit ans au moment de l&#039;acte.&lt;br /&gt;
Il est également l&#039;autorité d&#039;exécution des peines et mesures prononcées, ces dernières pouvant durer jusqu&#039;à l&#039;âge de 22 ans.&amp;quot; &amp;lt;ref&amp;gt;https://ge.ch/justice/tribunal-des-mineurs&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De manière plus générale, la protection de l&#039;enfant est une démarche sociétale qui concerne l&#039;ensemble des citoyens qu&#039;importe leurs origines.&lt;br /&gt;
En suivant le parcours de l&#039;enfant en tant que personne à part entière, on constate qu&#039;il évolue au cours du XXe siècle. À partir des informations publiées sur le site de [http://www.unicef.org/french/sowc05/timeline.html Unicef] on peut retracer les éléments marquants de ce changement en vue de la reconnaissance internationale et de l’importance de l’enfance.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Les droits de l&#039;enfant à travers le prisme de l&#039;éducation  ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est important de souligner qu&#039;avant de rencontrer notre témoin, nous n&#039;avions que peu d&#039;informations sur son parcours professionnel et de vie. Nous nous sommes rendues compte en menant l&#039;entretien qu&#039;il n&#039;était pas dans des revendications, dans une lutte en faveur des droits de l&#039;enfant au sens strict. Mais il a, de part son métier d&#039;éducateur et ses actions concrètes, participé à l&#039;évolution d&#039;une individualisation de l&#039;enfant; son but étant de faire grandir, évoluer des jeunes  pour qu&#039;ils reprennent le droit chemin, tout en respectant leurs besoins. Ainsi, il se trouve un certain décalage entre nos chapitres précédents concernant les droits de l&#039;enfant au sens strict et celui-ci qui traite d&#039;aspects éducatifs à travers une expérience de vie. Néanmoins, nous avons pu faire différents liens entre cette expérience et les droits en tant que tels. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;entretien avec M. et Mme Audéoud nous a permis de mettre en avant divers aspects reliés aux changements quant au travail d&#039;éducateur durant la période des [[Article_2013/14|années 60-80]]. Ils ont, comme énoncé plus haut, travaillé durant 10 ans (1963-1973) en tant que couple-directeur à la colonie de Serix. Cette maison d&#039;éducation pour jeunes délinquants accueillait à l&#039;époque 40 jeunes enfants et adolescents (uniquement des garçons) placés soit par une instance civile, soit par le service de protection de la jeunesse, ou encore par le tribunal des mineurs. Durant ces 10 années, ils ont initié et participé à de nombreux changements concrets au sein de leur institution. Ces changements reflètent grandement l&#039;évolution du regard porté sur l&#039;enfant à l&#039;époque. Avec la mise en place de cultes le dimanche où les gens des villages alentours se réunissaient au sein même de l&#039;institution  ou encore la création d&#039;un jardin d&#039;enfants pour les enfants du personnel, la création d&#039;un parc de jeux par de jeunes scouts, il y a cette volonté d&#039;ouvrir l&#039;institution pour que d&#039;une part les jeunes puissent avoir des contacts avec l&#039;extérieur, mais également pour que les gens de l&#039;extérieur puissent avoir un regard différent sur ce lieu et ses résidents. Les Audéoud vont encore plus loin en créant un foyer d&#039;habitation dépendant de Serix, en intégrant des jeunes dans les écoles des alentours, en leur organisant des vacances ou la possibilité de rentrer dans leur famille le week-end. Cette ouverture vers l&#039;extérieur était vraiment quelque chose de nouveau car durant des années Serix était un lieu très fermé ou rien de filtrait.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un élément marquant constaté par le couple Audéoud à travers leurs années à Serix est l&#039;évolution du statut d&#039;éducateur. En effet, ils voient se créer des associations professionnelles comme &amp;quot;la conférence romande de directeurs d&#039;institution&amp;quot; ou &amp;quot;l&#039;association romande des éducateurs spécialisés&amp;quot;. Se crée aussi durant cette période les syndicats, les conventions collectives. On aspire également à ce que les éducateurs soient mieux formés, soient soutenus dans leur métier. On voit par exemple apparaître des séances de trainings de groupe, des supervisions collectives et individuelles, ce qui était totalement nouveau pour l&#039;époque. Ainsi, dans ces années apparaît une valorisation de cette profession ainsi qu&#039; une prise en compte de la parole des éducateurs et de leurs besoins et souhaits. Il est vrai qu&#039;avant, ces gens se consacraient entièrement à leur métier, jour et nuit; ils ne comptaient pas leurs heures. Ils remplaçaient, comme le dit monsieur Audéoud, la famille de ces jeunes avec tout ce que ça implique. On voit alors petit à petit se créer un structure autour de ce métier, on met en place des horaires, des salaires, etc. On est attentif à leurs revendications, comme par exemple dans le cas de Serix, le fait de pouvoir habiter à l&#039;extérieur de la colonie. (fin à venir...) &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Cet entretien a mis également en lumière l&#039;évolution de la reconnaissance de l&#039;enfant et de ses droits. En effet, les droits de l&#039;enfant sont des droits de la personne avant tout. L&#039;entretien a par exemple souligné l&#039;importance de l&#039;écoute de l&#039;enfant et son droit à la parole. Ainsi, M. Audéoud nous a expliqué qu&#039;au Tribunal des mineurs le président se doit d&#039;écouter le mineur accusé et ses responsables légaux. D&#039;ailleurs, le but du juge pour enfant selon notre témoin est de choisir la sanction appropriée au mineur particulier, éduquer ou punir : travaux d&#039;intérêts généraux, amande ou encore le placement dans un établissement d&#039;éducation. Il se mêle alors des aspects juridiques à des aspects éducatifs et l&#039;on tente de déterminer ce qui est le mieux pour le jeune et non réellement selon le délit commis.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Il s&#039;agit là d&#039;un changement conséquent, car dans les années 60, M. Audéoud nous a fait part que dans son poste de directeur à Serix, les besoins des jeunes étaient définis par les adultes, qui décidaient pour les jeunes par rapport à ce qu&#039;ils pensaient être bien pour eux, mais sans leur demander leur avis. On n&#039;était pas encore dans une réelle prise en compte de la parole de l&#039;enfant à l&#039;époque. Une évolution sur le plan de l&#039;individualisation de l&#039;enfant et de la prise en compte de ses besoins est visible. En effet, aujourd&#039;hui on entend plus l&#039;enfant, on tente de connaître ce qu&#039;il désire et on regarde si on peut y accommoder. Avant, l&#039;enfant se devait de s&#039;accommoder lui à ce qu&#039;on lui imposait. De même, à Serix les colloques concernant les enfants se déroulaient sans l&#039;intéressé et ses parents, mais seulement avec les éducateurs et autres professionnels entourant le jeune. Petit à petit, les éducateurs ont changé de manière de faire, en imposant moins de choses supposées pour le bien des enfants et adolescents. Dans cet ordre d&#039;idée, on retrouve les points fondamentaux de la Constitution de 1989, du droit à la participation ainsi que la prise en compte de l&#039;intérêt supérieur de l&#039;enfant. Donc, entre les années 60 et 80, le domaine de l&#039;éducation a évolué dans la place attribuée au mineur dans les choix et sujets le concernant, l&#039;écoute qu&#039;on lui accorde et le droit de parole de celui-ci. De plus, les changements sont aussi visibles dans la prise en compte plus aboutie des besoins de l&#039;enfant, notamment par son expression de ses désirs et ressentis. Mme Audéoud souligne également le recours progressif à l&#039;individualisation de la démarche envers le jeune dans le milieu éducatif de Serix. Ainsi les jeunes ne sont plus approchés collectivement et on tient davantage compte de leur individualité dans les démarches entreprises à son égard.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Par rapport à la question des valeurs portées par ces deux personnes, on retrouve celles de donner une structure à l&#039;enfant de manière attentionnée, de donner de l&#039;affection à ces jeunes  qui souvent en manquait, ainsi que de la reconnaissance. Valoriser l&#039;enfant, le protéger, lui manifester de l&#039;intérêt, mais aussi l&#039;aider à développer ses capacités d&#039;un point de vue cognitif, social et affectif, voilà ce en quoi croyait ce couple. Leurs convictions et ils l&#039;évoquent eux-mêmes répondent toutes aux différents besoins que l&#039;enfant a pour se développer harmonieusement. En cela, on retrouve les fondements de base des droits internationaux des enfants, car on y parle de protection de l&#039;enfant ainsi que permettre à l&#039;enfant de se développer harmonieusement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Finalement, on semblerait légitime de penser que la promotion des droits de l&#039;enfant dans les années 60-80 sont en lien avec les changements dans le travail éducatif de nos témoins et l&#039;évolution de leur regard sur l&#039;enfant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Conclusions ===&lt;br /&gt;
Les droits de l’enfant, comme nous l’avons présenté, ont évolué au cours de décennies du XXème siècle. L’histoire de cette période nous témoigne de leur importance, de leur rôle prépondérant dans la vie d’un être humain. Ceci ne signifie pas que l’on n’a rien de plus à accomplir, bien au contraire. Les préoccupations quant aux conditions de vie des enfants dans le monde sont encore d&#039;actualité au XXIème sciècle. L&#039;enfant est une personne à part entière ce qui ne fait aucune doute et la [[Article_2013/14|complexité du concept des droits de la personne]] abordée dans notre article renvoie justement à la liberté, à l&#039;intégrité, à la sûreté. Mais surtout qu’importe d&#039;où l’on vient et ce qu’on fait, nous avons le droit à la vie. &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Les [[Droits_des_femmes|femmes]], les [[Droits_des_prisonniers|prisonniers]], les [[Droits_des_patients_psychiatriques|patients]], les [[Droits_des_personnes_en_situation_de_handicap|personnes en situation de handicap]], chaque individu a ce droit pour lequel certains se battent encore aujourd&#039;hui.&amp;lt;br /&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’enfance lie les individus qu’importe leur appartenance. Cette période de la vie qui nous est commune prend une dimension à part tout simplement parce que dans chaque enfant émerge l’avenir, notre avenir. Les adultes ont pour but de comprendre les enfants, de les respecter en tant que personnes et de protéger leurs droits. &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Avec le temps, l&#039;enfant a peu à peu existé comme personne à part entière. Il n&#039;est plus seulement un &amp;quot;homme en devenir&amp;quot;, mais bien un enfant avec ses particularités et besoins spécifiques. De plus, l&#039;intérêt qu&#039;on lui a porté a amené à une prise de conscience de l&#039;importance de lui donner la parole, de respecter ses désirs, intérêts, ainsi que de ses besoins, comme lui les définit. On a ainsi vu à travers notre entretien que d&#039;une définition des besoins de l&#039;enfant par l&#039;adulte durant les années 60 dans les milieux éducatifs en Suisse, on est passé vers une prise en compte plus réelle des besoins de l&#039;enfant en s&#039;adressent directement à celui-ci et en l&#039;écoutant davantage. La protection de l&#039;enfant est une notion importante dans la construction de ses droits.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme nous l&#039;avons écrit auparavant, son droit à la vie est signifié dans les textes internationaux. De prime abord, le droit à la vie de tout être humain ainsi que le droit à être protégé nous paraît naturel, mais on voit que cela ne va pas de soi. La reconnaissance du droit et besoin de protection de l&#039;enfant est essentielle, car il s&#039;agit d&#039;un être vulnérable et dépendant, soumis au bon vouloir des parents. Cette relation dominant-dominé, où l&#039;un possède un certain pouvoir sur l&#039;autre se retrouve dans bien d&#039;autres populations. Ainsi, d&#039;autres droits développés à partir du milieu du XXe siècle, comme le droits des [[Droits_des_femmes|femmes]], des [[Droits_des_patients_psychiatriques|patients psychiatriques]], des [[Droits des patients (à l&#039;hôpital)|patients hospitaliers]], des [[Droits_des_personnes_en_situation_de_handicap|personnes en situation de handicap]] ou encore des [[Droits_des_prisonniers|prisonniers]] vont dans ce sens. Ce sont toutes des populations sous la domination d&#039;autrui pour lesquelles des luttes se sont développées afin de faire valoir leurs droits, en particulier de parole, écoute, etc. La préoccupation de l&#039;enfant va sans doute de paire avec la conscience de la société de cet enfant comme devenir de la société. En effet, en désirant une société de bons citoyens, épanouis et travailleurs, il faut avant tout s&#039;occuper des conditions et favoriser au mieux le développement harmonieux des enfants. On peut ainsi rapprocher cette volonté d&#039;améliorer la société par le soucis de l&#039;enfant avec l&#039;apparition de l&#039;obligation scolaire pour tous. L&#039;instauration des droits pour l&#039;enfant va cependant plus loin, car elle touche à bien d&#039;autres domaines que l&#039;instruction.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour finir, on peut voir que ces droits reconnus internationalement doivent tout de même continué à être l&#039;objet d&#039;un travail constant, car entre la théorie et la pratique, il y a de grandes différences, même dans nos pays développés. Ainsi, il importe de faire connaître leurs droits aux enfants, de les faire respecter, notamment à travers des instances  et sanctions juridiques à cet égard.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Bibliographie / Webographie ===&lt;br /&gt;
* Droux J.,2011. &#039;&#039;L&#039;internationalisation de la protection de l&#039;enfance : acteurs, concurrences et projets transnationaux (1900-1925)&#039;&#039;. In. Critique internationale, 2011/3 n° 52, p. 17-33&lt;br /&gt;
* Martinetti, F. 2002. &#039;&#039;Les Droits de l&#039;enfant&#039;&#039;. Librio&lt;br /&gt;
* http://cofrade.fr/&lt;br /&gt;
* http://www.humanium.org/fr/&lt;br /&gt;
* http://www.netzwerk-kinderrechte.ch/&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Notes et références ===&lt;br /&gt;
&amp;lt;references/&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Auteurs du chapitre ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Claire Bourgeois Dubois-Ferriere&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
* Katarzyna Milena Fratczak&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
* Victoria Salomon&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Victoria</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Droits_des_enfants&amp;diff=13131</id>
		<title>Droits des enfants</title>
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		<updated>2014-01-14T11:28:56Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Victoria : /* Les droits de l&amp;#039;enfant à travers le prisme de l&amp;#039;éducation */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;=== Introduction ===&lt;br /&gt;
Les droits de l&#039;enfant visant la protection des mineurs évoluent au cours des décennies. Les prémices du XXe siècle les plus connues sont bien évidemment la [http://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/images/f/fb/Declaration-geneve.pdf Déclaration de Genève] (1924), la [http://cofradeenfrance.files.wordpress.com/2010/10/dc3a9claration-1959.pdf déclaration des Droits de l&#039;Enfant] (1959) et enfin le texte de la [http://www.unicef.ch/sites/default/files/attachements/convention_relative_aux_droits_de_lenfant.pdf Convention Internationale relative aux Droits de l’Enfant] du 20 novembre 1989. Ce dernier “ratifié d’une manière quasi universelle (193 États sur 195) en fait un texte hors norme de part sa portée dans l’espace et de par l’enthousiasme spontané qu’ [il] a suscité.”&amp;lt;ref&amp;gt;Zermatten, J., Stoecklin D. 2009. Le droit des enfants de participer. Norme juridique et réalité pratique: contribution à un nouveau contrat social. Suisse: Institut International des Droits de l&#039;Enfant., p.7 &amp;lt;/ref&amp;gt; Ce parcours historique est une partie importante de l’histoire qu’on écrit aujourd’hui.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
On peut remarquer que le premier pas vers l&#039;individualisation de l&#039;enfant datant de 1924, pointe le bout de son nez quelques années après la fin de la première guerre mondiale. Le deuxième est marqué par la Déclaration de Droits de l&#039;Enfant de 1959, donc à l’image de la précédente, elle date des années après la seconde guerre mais est également un point de départ menant vers la Convention de 1989.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Le long chemin vers une telle reconnaissance était en grande partie marqué par la création, un peu partout en Europe, des communautés d&#039;enfants. Leur rôle n&#039;est pas négligeable. La définition de ces communautés d&#039;enfants est donné à Trogen en juillet 1948 et semble préciser un peu plus les besoins de l&#039;enfant en tant que personne. Ce sont: &amp;quot;les organisations éducatives ou rééducatives à caractère permanent, fondées sur la participation active des enfants ou adolescents à la vie de la communauté, dans le cadre des méthodes d’éducation et d’instruction modernes – et dans lesquelles la vie de famille se combine de diverses façons aux modalités de la vie de collectivité&amp;quot;.&amp;lt;ref&amp;gt;Cours de M.Ruchat: L’éducation spéciale du XVIIIe au XXe siècles: L’éducation, les normes et l’individu, Université de Genève, 2013&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Dans l’esprit de la reconnaissance d’un enfant à part entière avec le respect de sa liberté, [[Libres enfants de Summerhill (Neill)|Alexander Sutherland Neill]] crée son école de Summerhill en 1921, une école qui encore de nos jours suscite beaucoup de discussions et polémiques. Dans le cadre de cet atelier d’intelligence collective nous avons procédé à une comparaison des idées de Neill décrites dans son livre [[Libres enfants de Summerhill (Neill)|&amp;quot;Libres enfants de Summerhill&amp;quot;]] (1960) avec la Convention relative aux Droits de l’Enfant de 1989 avec un constat tout à fait surprenant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Historique des droits de l&#039;enfant ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== « L’humanité doit donner à l’enfant ce qu’elle a de meilleur » Déclaration de Genève sur les Droits de l’Enfant, 1924 ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est important de signaler qu&#039;avant même l&#039;intérêt qui s&#039;est peu à peu développé quant aux droits de l&#039;enfant, il a d&#039;abord fallu que la société prenne [[Fichier:Déclaration de Genève 1924.jpg|vignette|droite|Déclaration de Genève (1924)]]conscience du statut particulier de l&#039;enfant, avec ses spécificités, et bien plus encore d&#039;être humain digne de droits propres : “L’adulte a longtemps cru que c’était lui-même qui devait animer l’enfant par ses soins et son assistance. Il pensait que son rôle était de façonner l’enfant, de construire sa vie psychique pour que l’enfant devienne peu à peu comme lui. L’enfant était un objet d’assistance, un adulte en devenir (certains disent même &amp;quot;en miniature&amp;quot;) et non une personne humaine à part entière. Petit, faible, pauvre, dépendant, il n’était qu’un citoyen potentiel qui ne sera homme ou femme que demain. Il ne devenait une personne humaine, sujet de droits, qu’à partir du moment où il atteignait l’âge adulte. C’est à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle, notamment après la Première Guerre mondiale, que le concept de droits de l’enfant apparaît.” &amp;lt;ref&amp;gt;Dhellemmes V. ,2010. La dignité et les droits de l&#039;enfant : vingt ans d&#039;avancées sur le plan international. In. Transversalités, 2010/3 N° 115, p. 99-110.&amp;lt;/ref&amp;gt;   &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quand on fait une recherche sur des droits de l’enfant à travers les documents écrits en l&#039;espace de plus de cent ans, du début du XXème siècle jusqu’à aujourd’hui, on retrouve les noms de deux précurseurs qui ont marqué le cours de l’histoire. Il s’agit de Britannique Eglantyne Jebb (1876-1928) et du polonais Henryk Goldzmit (1878–1942) connu sous le nom de [http://fr.wikipedia.org/wiki/Janusz_Korczak Janusz Korczak].&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Ce dernier, pédiatre et éducateur qui a tant &amp;quot;aimé et défendu&amp;quot; les enfants, ne voulant pas les laisser seuls, s&#039;est laissé emmener avec eux à Treblinka où il est mort dans une chambre à gaz.&amp;lt;ref&amp;gt;Korczak J. Le droit de l’enfant au respect. L’héritage de Janusz Korczak. Conférences sur les enjeux actuels pour l’enfance. In. http://www.coe.int/t/commissioner/Activities/themes/Children/PublicationKorczak_fr.pdf&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Korczak, l&#039;inspirateur des droits de l&#039;enfant est bien, d&#039;abord, un insurgé, comme toute son œuvre en témoigne. C&#039;est un homme qui ne supporte pas la violence faite à l&#039;enfance : la violence physique, bien sûr, la violence psychologique également, mais aussi la violence des institutions qui prétendent œuvrer pour &amp;quot;son bien&amp;quot;.&amp;lt;ref&amp;gt;Meirieu P. 2002. Le pédagogue et les droits de l’enfant : histoire d’un malentendu ?. Editions du Tricorne et Association suisse des Amis du Dr Korczak. p.4&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
“Janusz Korczak, premier défenseur des droits de l’enfant et le plus radical, a été déçu en découvrant la Déclaration des droits de l’enfant adoptée par la Société des Nations en 1924, pas assez claire à son goût et plus implorante que contraignante. Il voulait des droits et non la charité, immédiatement et non dans un avenir lointain.” &amp;lt;ref&amp;gt;Korczak J. Le droit de l’enfant au respect. L’héritage de Janusz Korczak. Conférences sur les enjeux actuels pour l’enfance. In. http://www.coe.int/t/commissioner/Activities/themes/Children/PublicationKorczak_fr.pdf p.7). &amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le travail d&#039;Eglantyne Jebb qui a élaboré et rédigé la [http://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/images/f/fb/Declaration-geneve.pdf Déclaration de Genève] a été important. Elle l’a présenté le 26 septembre 1923 et le 28 février 1924 le Ve Congrès général de la Société de Nations qui l&#039;a alors ratifié.&lt;br /&gt;
C&#039;est le premier texte énonçant des droits fondamentaux des enfants ainsi que la responsabilité des adultes à leur égard. Il est constitué de cinq articles. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Déjà  dans le préambule on peut lire que « L’humanité doit donner à l’enfant ce qu’elle a de meilleur.» On peut y voir également que c’est la protection physique qui est mise en avant en soutenant l&#039;idée de venir en aide en cas de détresse ainsi que celle de combattre la faim et l&#039;exploitation (articles 2, 3, 4). En parallèle la notion de développement spirituel n’est pas omis (article 1) de même que le fait que “l’enfant doit être élevé dans le sentiment que ses meilleures qualités devront être mises au service de ses frères”(article 5). Ce texte d&#039;après première guerre mondiale est aussi une contribution à un monde de paix s&#039;étayant sur les enfants qui forment l&#039;avenir, un avenir que les promoteurs des droits de l&#039;enfant voudraient dans la paix.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Déclaration des Droits de l’Enfant, 1959 ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après la seconde guerre mondiale, l&#039;ONU est créée. Elle va s&#039;intéresser aux droits de l&#039;enfant et révéler l&#039;insuffisance de la Déclaration de Genève. En effet, suite à l&#039;adoption de la [http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/IMG/pdf/DUDH.pdf Déclaration universelle des droits de l&#039;Homme] (1948) et à l&#039;évolution du droit durant cette période, on pense nécessaire d&#039;approfondir cette question des droits de l&#039;enfant.&lt;br /&gt;
Plusieurs pays membres de l&#039;ONU réclament une convention, c&#039;est-à-dire un instrument international contraignant qui engage les états qui l&#039;ont ratifié. Mais cette proposition est refusée. Le choix se porte alors sur une seconde Déclaration des droits de l&#039;enfant qui reprend l&#039;idée selon laquelle l&#039;humanité doit donner à l&#039;enfant ce qu&#039;elle a de meilleur. [http://cofradeenfrance.files.wordpress.com/2010/10/dc3a9claration-1959.pdf La déclaration des Droits de l&#039;Enfant] est adoptée par l&#039;assemblée générale des Nations Unies à l&#039;unanimité (70 pays membres), le 20 novembre 1959. Cette date est depuis lors officiellement la journée des droits de l&#039;enfant. La déclaration contient 10 principes fondateurs (elle double donc ceux de 1924!) avec des droits concrets comme par exemple le droit à un nom, à une nationalité ou à un enseignement gratuit au niveau élémentaire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Convention Internationale relative aux Droits de l’Enfant, 1989 ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le 20 novembre 1989, la [http://www.unicef.ch/sites/default/files/attachements/convention_relative_aux_droits_de_lenfant.pdf Convention Internationale relative aux Droits de l’Enfant] (CIDE) a été adoptée par l&#039;Assemblée générale des Nations Unies. Cette Convention a pour but de reconnaître et protéger les droits spécifiques de l&#039;enfant. Elle est composée de 54 articles (elle quintuple le nombre de 1959!) autour des orientations principales suivantes:&lt;br /&gt;
:la non - discrimination&lt;br /&gt;
:l&#039;intérêt supérieur de l&#039;enfant&lt;br /&gt;
:le droit à la vie, la survie et le développement&lt;br /&gt;
:les droits participatifs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les Etats ayant ratifiés cette Convention se doivent de respecter ces articles et de mettre en place les mesures législatives pour protéger les droits de l&#039;enfant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La CIDE est une déclinaison des droits de l&#039;homme exprimés dans la [http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/IMG/pdf/DUDH.pdf Déclaration Universelle des Droits de l&#039;Homme] (1948) et pose que l’enfant est sujet de droit. Elle accorde aux enfants des droits propres et expose leurs droits économiques, sociaux, civils, culturels et politiques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En effet, cette Convention est le texte concernant les droits de l&#039;homme qui a été le plus rapidement accepté au cours de l&#039;histoire, et a été ratifié par le plus d&#039;Etats. Seuls les Etats-Unis et la Somalie ne l&#039;ont pas encore ratifiée aujourd&#039;hui: Les Etats-Unis pratiquent encore la peine de mort pour les enfants dans certains Etats, or cela serait contraire au droit à la vie de l&#039;enfant promulgué dans la CIDE, tandis que la Somalie ne possède pas de gouvernement reconnu pour la ratifier à cause des troubles politiques dans le pays.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Droits de l&#039;enfant - droits de la personne ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;quot;L&#039;humanité doit donner à l&#039;enfant ce qu&#039;elle a de meilleur, affirmer  leurs devoirs, en dehors de toute considération de race, de nationalité et de croyance&amp;quot; - ce sont les prémices officielles de la reconnaissance de l&#039;enfant de 1924. C&#039;était un début, suivi, comme nous avons décrit plus haut, par la Déclaration des droits de l&#039;enfant de 1959 et par La Convention relative aux droits de l&#039;enfant de 1989. &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il faut ici souligner que “jusqu&#039;à l’adoption de la Convention en 1989, les enfants ne vivaient pas dans les limbes juridiques internationales. Il était au contraire admis qu’ils jouissent de garanties offertes par les instruments internationaux précédents, tels que les pactes internationaux relatifs aux droits de l’homme (que la Suisse a récemment ratifiés), à l&#039;exclusion bien entendu des droits liés directement à la condition de l’adulte (droit de se marier, de fonder une famille, assurance-vieillesse ou maternité). L’année internationale de l’enfant a conduit la communauté internationale à préciser le statut des enfants en confirmant leur particularité en tant qu&#039;êtres à la fois vulnérables (Préambules de la Convention, par exemple pp. 5, 6, 12) et appelés “à assumer les responsabilités de la vie dans une société libre”.&amp;lt;ref&amp;gt;Lücker-Babel M-F, Droits de l&#039;enfant: idéologies et réalités. In. Ratifier en Suisse. La Convention de l&#039;ONU relative aux droits de l&#039;enfant?. N° 26, Novembre 1992. p. 43&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;enfant est considéré peu à peu comme un être de droit au cours du XXe siècle, ce que l&#039;on peut voir notamment à travers les différents textes codifiant les droits de l&#039;enfant à cette époque.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout d&#039;abord, en 1924, le premier texte international au sujet des droits de l&#039;enfant ([http://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/images/f/fb/Declaration-geneve.pdf Déclaration de Genève]) confère à celui-ci des droits primaires, comme lui permettre de se développer normalement sur le plan matériel et spirituel, de gagner sa vie sans être exploité, être nourri, soigné, recueilli et secouru, et également de l&#039;élever dans l&#039;esprit que ses qualités devront pourvoir à la société. On voit dans ce texte que les droits dotés à l&#039;enfant amorce une idée de soin et de protection de l&#039;enfant dans l&#039;évocation du secours qui doit lui être porté, et démontre aussi un intérêt pour son bon développement. Toutefois, ces articles restent assez pauvres quant aux droits accordés aux enfants et l&#039;on voit que le travail de l&#039;enfant reste de mise.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[http://cofradeenfrance.files.wordpress.com/2010/10/dc3a9claration-1959.pdf La Déclaration des Droits de l&#039;Enfant] de 1959 va plus loin. Ce texte insiste d&#039;avantage sur la protection  qui doit être accordée à l&#039;enfant qui n&#039;est plus seulement suggérée sous le terme &amp;quot;secours&amp;quot;. Ici, son développement ne doit plus uniquement être normal, mais également sain sur le plan, cette fois-ci moral, spirituel, physique, intellectuel et social. On ajoute que l&#039;enfant doit pouvoir se développer dans la liberté et la dignité.&lt;br /&gt;
Il est important de voir que certains principes sont totalement nouveaux comme par exemple le droit de posséder une nationalité et un nom. On y parle aussi de sécurité non seulement sociale pour l&#039;enfant et sa mère, mais également de sécurité morale.&lt;br /&gt;
Dans ce texte, on voit apparaître l&#039;importance accordée à l&#039;affection envers l&#039;enfant, qui est pour lui un besoin. De plus, il est indiqué que la séparation du petit enfant et de sa mère doit être éviter autant que possible. Si l&#039;enfant n&#039;a pas de famille, il est déclaré que c&#039;est alors aux pouvoirs publics et à la société d&#039;en prendre soin, de même pour les enfants n&#039;ayant pas les moyens nécessaires d’existence.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
A noter également, l&#039;entrée de l&#039;éducation comme étant un droit pour l&#039;enfant: &amp;quot;une éducation gratuite et obligatoire au moins au niveau élémentaire&amp;quot; (principe 7). Les loisirs sont incorporés dans ce principe comme éléments importants. Il est indiqué que l&#039;enfant a en effet le droit de jouer. &lt;br /&gt;
En 1959 est présente l&#039;idée de l&#039;apport des qualités de l&#039;enfant pour les autres membres de la société. Cette idée est accompagnée de celle du devoir de le protéger contre la discrimination, et de l&#039;élever dans un esprit de compréhension, de paix et de tolérance. De plus, on peut remarquer une évolution en ce qui concerne le travail des enfants. En effet, le principe 9 pose clairement des limites à l&#039;employabilité de l&#039;enfant; outre la protection de son développement moral, physique ou mental, sa santé ou son éducation, on parle d&#039;âge minimum approprié pour l&#039;emploi. Toutefois, celui-ci n&#039;est pas spécifié. La notion d&#039;intérêt supérieur de l&#039;enfant fait son apparition dans cet écrit.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[http://www.unicef.ch/sites/default/files/attachements/convention_relative_aux_droits_de_lenfant.pdf La Convention relative aux Droits de l&#039;Enfant] de 1989 est le texte relevant des droits de l&#039;enfant le plus abouti. En effet, on peut déjà noter la différence en termes de nombres d&#039;articles de ces textes: 1924, La Déclaration de Genève compte 5 articles, on passe à 10 principes en 1959 et à 54 articles dans la Convention relative aux droits de l&#039;enfant en 1989. Cette convention reprend les droits exprimés dans les textes précédents, notamment les fondamentaux: droit à l&#039;identité, à la santé, à l&#039;éducation et à la protection et ajoute également bons nombres d&#039;autres considérations. Notamment, un nouveau droit fondamental est inclus dès lors: le droit à la participation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour conclure, en suivant le parcours de l&#039;enfant en tant que personne à part entière, on constate qu&#039;il évolue au cours du XXe siècle. À partir des informations publiées sur le site de [http://www.unicef.org/french/sowc05/timeline.html Unicef] on peut retracer les éléments marquants de ce changement en vue de la reconnaissance internationale et de l’importance de l’enfance.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les droits de l&#039;enfant en Suisse ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le 24 février 1997, la Suisse a ratifié la Convention des Nations Unies relative aux droits de l’enfant. &lt;br /&gt;
Le conseil fédéral a constaté que dans l&#039;ensemble l&#039;ordre juridique suisse était en accord avec les principes de la convention. Néanmoins, il a émis des réserves dans plusieurs domaines où cet ordre juridique n&#039;est pas encore en totale adéquation avec les dispositions de la convention: le droit de l&#039;enfant à une nationalité, le regroupement familial, la séparation des jeunes et des adultes en cas de détention, les procédures pénales impliquant des mineurs. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Par ailleurs, il y a beaucoup de différences entre les différents cantons à propos de la mise en œuvre des droits. Tout ceci doit encore être amélioré.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La Convention est entrée en vigueur le 26 mars 1997 en Suisse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il faut ajouter que le pays a ratifié le protocole facultatif au sujet de l&#039;implication des enfants dans les conflits armés le 26 juillet 2002. Ce protocole, afin d&#039;augmenter la protection des enfants et adolescents, a élevé l&#039;âge minimum requis prévu dans la convention sur l’engagement volontaire et l’enrôlement obligatoire dans les forces armées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En Suisse, le deuxième protocole facultatif qui concerne la vente d&#039;enfants, la prostitution des enfants et la pornographie mettant en scène des enfants afin de mieux protéger les enfants de l&#039;exploitation sexuelle est entré en vigueur le 19 octobre &lt;br /&gt;
2006.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Une nouveauté visant une reconnaissance d&#039;un mineur est son droit de vote. C&#039;est un sujet encore d&#039;actualité qui preuve que le sujet de droits de l&#039;enfant commencé le siècle dernier continue. &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Il faut savoir que les Constitutions et les législations en Suisse divergent en fonction du canton. D’une manière générale le droit de vote au niveau fédéral et cantonal est accordé aux ressortissants suisses ayant 18 ans révolus. &lt;br /&gt;
Néanmoins certaines cantons suisses ont débuté une démarche visant à accorder le doit de vote au niveau cantonal dès l’âge de 16 ans. &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Les citoyens ont pu s’exprimer sur l&#039;abaissement de l&#039;âge du droit de vote à 16 ans dans plusieurs cantons suisses tels que par exemple le canton de Berne, de Neuchâtel ou de Glaris. Celui-ci, en 2010, a accepté d&#039;accorder le premier ce droit aux jeunes à partir de 16 ans. Comme on peut le lire dans l’article de [http://www.rts.ch/info/suisse/1142189-glaris-dit-oui-au-droit-de-vote-a-16-ans.html RTS] paru le 28.06.2010 “beaucoup de jeunes entrent dans la vie active à 16 ans. Ils pourront désormais aussi s&#039;exprimer sur des sujets qui les concernent directement, comme l&#039;école ou l&#039;apprentissage”.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Retour et analyse de l&#039;entretien ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* [[Entretien avec M. Jean-Pierre Audéoud|Entretien]] avec M. [[Index|Jean-Pierre Audéoud]]&lt;br /&gt;
* [[Article 2013/14|Méthode d&#039;entretien]]&lt;br /&gt;
* [[Questions pour les entretiens|Questions d&#039;entretien]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous avons interviewé Monsieur Jean-Pierre Audéoud le 4 décembre 2013. Cet homme, au parcours professionnel d&#039;une grande richesse a oscillé entre le droit et l&#039;éducation. En effet, après des études de droit à l&#039;université de Genève, il a fait une école d&#039;éducateurs au sud de la France (1958-1960). Diplôme en poche, il est revenu en Suisse où lui et sa femme, éducatrice également, ont repris la direction de Serix, une maison d&#039;éducation à Oron-Palézieux. Ils y ont travaillé 10 ans (1963-1973). Ensuite, Monsieur Audéoud a officié en tant président du tribunal des mineurs du canton de Vaud et ce jusqu&#039;en 1995, date officielle de sa retraite. Il s&#039;est ensuite engagé auprès des personnes handicapées en tant que président bénévole de la fondation Espérance. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===== Le Tribunal des mineurs =====&lt;br /&gt;
M. [[Index|Jean-Pierre Audéoud]], nous a expliqué durant l&#039; [[Entretien avec M. Jean-Pierre Audéoud|interview]] que son expérience dans le domaine du social lui a permis de mieux appréhender les tâches auprès du Tribunal des mineurs. L’engagement tout à fait remarquable de cet homme est mis en avant durant l’entretien:&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
“en choisissant le droit j’avais déjà une arrière pensée, je ne pensais pas être juriste dans un bureau ou faire avocat, quelque chose comme ça. C’est… c’était… alors c’est déjà une orientation si vous voulez, c’est-à-dire que je me suis déjà engagé en commençant le droit mais pas d’une manière précise, pas un moment « tac » voilà. Alors bon je sais pas si c’est à prendre en considération. Mais ça c’est affiné si vous voulez… non puis alors l’engagement véritable c’est quand je suis parti à Montpellier, c’est le choix de cette école d’éducateurs où je voulais compléter ma formation de juriste pour pouvoir à l’occasion revenir dans la juridiction des mineurs.”&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Il faut souligner ici que le Tribunal des mineurs, cette instance pour laquelle a travaillé Monsieur Jean-Pierre Audéoud, tient une place importante dans le champ des droits de l&#039;enfant. En outre le rôle du juge des mineurs est primordial, car c&#039;est lui qui va s&#039;occuper d&#039;instruire la cause, c&#039;est lui qui prend les décisions quand un délit est commis par un enfant.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Une recherche menée à ce sujet nous a permis de voir qu&#039;il existe plusieurs types de sanctions:&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
* Les &amp;quot;peines prévues par le droit des mineurs :&lt;br /&gt;
réprimande ; prestation personnelle (travail d’intérêt général ou séance de sensibilisation) ; amende ; privation de liberté&amp;quot;.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
* Les &amp;quot;mesures de protection prévues par le droit des mineurs :&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
surveillance (droit de regard et d&#039;information sur la prise en charge éducative ou thérapeutique du mineur par ses parents) ; assistance personnelle (désignation d’une personne pour seconder les parents et assister le mineur) ; traitement ambulatoire (en cas de troubles psychiques, du développement de la personnalité, de toxicodépendance ou d’autre addiction) ; placement (si l’éducation et le traitement de l’état du mineur ne peuvent être assurés autrement).&amp;quot; &amp;lt;ref&amp;gt;http://www.vd.ch/fileadmin/user_upload/themes/etat_droit/justice/fichiers_pdf/Penal_7_web.pdf&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La page web officielle de la République et du canton de Genève, indique  &amp;quot;le Tribunal des mineurs est l’autorité pénale compétente pour poursuivre et juger les infractions commises par les mineurs âgés de dix à dix-huit ans au moment de l&#039;acte.&lt;br /&gt;
Il est également l&#039;autorité d&#039;exécution des peines et mesures prononcées, ces dernières pouvant durer jusqu&#039;à l&#039;âge de 22 ans.&amp;quot; &amp;lt;ref&amp;gt;https://ge.ch/justice/tribunal-des-mineurs&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De manière plus générale, la protection de l&#039;enfant est une démarche sociétale qui concerne l&#039;ensemble des citoyens qu&#039;importe leurs origines.&lt;br /&gt;
En suivant le parcours de l&#039;enfant en tant que personne à part entière, on constate qu&#039;il évolue au cours du XXe siècle. À partir des informations publiées sur le site de [http://www.unicef.org/french/sowc05/timeline.html Unicef] on peut retracer les éléments marquants de ce changement en vue de la reconnaissance internationale et de l’importance de l’enfance.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Les droits de l&#039;enfant à travers le prisme de l&#039;éducation  ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est important de souligner qu&#039;avant de rencontrer notre témoin, nous n&#039;avions que peu d&#039;informations sur son parcours professionnel et de vie. Nous nous sommes rendues compte en menant l&#039;entretien qu&#039;il n&#039;était pas dans des revendications, dans une lutte en faveur des droits de l&#039;enfant au sens strict. Mais il a, de part son métier d&#039;éducateur et ses actions concrètes, participé à l&#039;évolution d&#039;une individualisation de l&#039;enfant; son but étant de faire grandir, évoluer des jeunes  pour qu&#039;ils reprennent le droit chemin, tout en respectant leurs besoins. Ainsi, il se trouve un certain décalage entre nos chapitres précédents concernant les droits de l&#039;enfant au sens strict et celui-ci qui traite d&#039;aspects éducatifs à travers une expérience de vie. Néanmoins, nous avons pu faire différents liens entre cette expérience et les droits en tant que tels. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;entretien avec M. et Mme Audéoud nous a permis de mettre en avant divers aspects reliés aux changements quant au travail d&#039;éducateur durant la période des [[Article_2013/14|années 60-80]]. Ils ont, comme énoncé plus haut, travaillé durant 10 ans (1963-1973) en tant que couple-directeur à la colonie de Serix. Cette maison d&#039;éducation pour jeunes délinquants accueillait à l&#039;époque 40 jeunes enfants et adolescents (uniquement des garçons) placés soit par une instance civile, soit par le service de protection de la jeunesse, ou encore par le tribunal des mineurs. Durant ces 10 années, ils ont initié et participé à de nombreux changements concrets au sein de leur institution. Ces changements reflètent grandement l&#039;évolution du regard porté sur l&#039;enfant à l&#039;époque. Avec la mise en place de cultes le dimanche où les gens des villages alentours se réunissaient au sein même de l&#039;institution  ou encore la création d&#039;un jardin d&#039;enfants pour les enfants du personnel, la création d&#039;un parc de jeux par de jeunes scouts, il y a cette volonté d&#039;ouvrir l&#039;institution pour que d&#039;une part les jeunes puissent avoir des contacts avec l&#039;extérieur, mais également pour que les gens de l&#039;extérieur puissent avoir un regard différent sur ce lieu et ses résidents. Les Audéoud vont encore plus loin en créant un foyer d&#039;habitation dépendant de Serix, en intégrant des jeunes dans les écoles des alentours, en leur organisant des vacances ou la possibilité de rentrer dans leur famille le week-end. Cette ouverture vers l&#039;extérieur était vraiment quelque chose de nouveau car durant des années Serix était un lieu très fermé ou rien de filtrait.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un élément marquant constaté par le couple Audéoud à travers leurs années à Serix est l&#039;évolution du statut d&#039;éducateur. En effet, ils voient se créer des associations professionnelles comme &amp;quot;la conférence romande de directeurs d&#039;institution&amp;quot; ou &amp;quot;l&#039;association romande des éducateurs spécialisés&amp;quot;. Se crée aussi durant cette période les syndicats, les conventions collectives. On aspire également à ce que les éducateurs soient mieux formés, soient soutenus dans leur métier. On voit par exemple apparaître des séances de trainings de groupe, des supervisions collectives et individuelles, ce qui était totalement nouveau pour l&#039;époque. Ainsi, dans ces années apparaît une valorisation de cette profession ainsi qu&#039; une prise en compte de la parole des éducateurs et de leurs besoins et souhaits. Il est vrai qu&#039;avant, ces gens se consacraient entièrement à leur métier, jour et nuit; ils ne comptaient pas leurs heures. Ils remplaçaient, comme le dit monsieur Audéoud, la famille de ces jeunes avec tout ce que ça implique. On voit alors petit à petit se créer un structure autour de ce métier, on met en place des horaires, des salaires, etc. On est attentif à leurs revendications, comme par exemple dans le cas de Serix, le fait de pouvoir habiter à l&#039;extérieur de la colonie. (fin à venir...) &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Cet entretien a mis également en lumière l&#039;évolution de la reconnaissance de l&#039;enfant et de ses droits. En effet, les droits de l&#039;enfant sont des droits de la personne avant tout. L&#039;entretien a par exemple souligné l&#039;importance de l&#039;écoute de l&#039;enfant et son droit à la parole. Ainsi, M. Audéoud nous a expliqué qu&#039;au Tribunal des mineurs le président se doit d&#039;écouter le mineur accusé et ses responsables légaux. D&#039;ailleurs, le but du juge pour enfant selon notre témoin est de choisir la sanction appropriée au mineur particulier, éduquer ou punir : travaux d&#039;intérêts généraux, amande ou encore le placement dans un établissement d&#039;éducation. Il se mêle alors des aspects juridiques à des aspects éducatifs et l&#039;on tente de déterminer ce qui est le mieux pour le jeune et non réellement selon le délit commis.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Il s&#039;agit là d&#039;un changement conséquent, car dans les années 60, M. Audéoud nous a fait part que dans son poste de directeur à Serix, les besoins des jeunes étaient définis par les adultes, qui décidaient pour les jeunes par rapport à ce qu&#039;ils pensaient être bien pour eux, mais sans leur demander leur avis. On n&#039;était pas encore dans une réelle prise en compte de la parole de l&#039;enfant à l&#039;époque. Une évolution sur le plan de l&#039;individualisation de l&#039;enfant et de la prise en compte de ses besoins est visible. En effet, aujourd&#039;hui on entend plus l&#039;enfant, on tente de connaître ce qu&#039;il désire et on regarde si on peut y accommoder. Avant, l&#039;enfant se devait de s&#039;accommoder lui à ce qu&#039;on lui imposait. De même, à Serix les colloques concernant les enfants se déroulaient sans l&#039;intéressé et ses parents, mais seulement avec les éducateurs et autres professionnels entourant le jeune. Petit à petit, les éducateurs ont changé de manière de faire, en imposant moins de choses supposées pour le bien des enfants et adolescents. Dans cet ordre d&#039;idée, on retrouve les points fondamentaux de la Constitution de 1989, du droit à la participation ainsi que la prise en compte de l&#039;intérêt supérieur de l&#039;enfant. Donc, entre les années 60 et 80, le domaine de l&#039;éducation a évolué dans la place attribuée au mineur dans les choix et sujets le concernant, l&#039;écoute qu&#039;on lui accorde et le droit de parole de celui-ci. De plus, les changements sont aussi visibles dans la prise en compte plus aboutie des besoins de l&#039;enfant, notamment par son expression de ses désirs et ressentis. Mme Audéoud souligne également le recours progressif à l&#039;individualisation de la démarche envers le jeune dans le milieu éducatif de Serix. Ainsi les jeunes ne sont plus approchés collectivement et on tient davantage compte de leur individualité dans les démarches entreprises à son égard.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Par rapport à la question des valeurs portées par ces deux personnes, on retrouve celles de donner une structure à l&#039;enfant de manière attentionnée, de donner de l&#039;affection à ces jeunes  qui souvent en manquait, ainsi que de la reconnaissance. Valoriser l&#039;enfant, le protéger, lui manifester de l&#039;intérêt, mais aussi l&#039;aider à développer ses capacités d&#039;un point de vue cognitif, social et affectif, voilà ce en quoi croyait ce couple. Leurs convictions et ils l&#039;évoquent eux-mêmes répondent toutes aux différents besoins que l&#039;enfant a pour se développer harmonieusement. En cela, on retrouve les fondements de base des droits internationaux des enfants, car on y parle de protection de l&#039;enfant ainsi que permettre à l&#039;enfant de se développer harmonieusement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Finalement, on semblerait légitime de penser que la promotion des droits de l&#039;enfant dans les années 60-80 sont en lien avec les changements dans le travail éducatif de nos témoins et l&#039;évolution de leur regard sur l&#039;enfant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Conclusions ===&lt;br /&gt;
Les droits de l’enfant, comme nous l’avons présenté, ont évolué au cours de décennies du XXème siècle. L’histoire de cette période nous témoigne de leur importance, de leur rôle prépondérant dans la vie d’un être humain. Ceci ne signifie pas que l’on n’a rien de plus à accomplir, bien au contraire. Les préoccupations quant aux conditions de vie des enfants dans le monde sont encore d&#039;actualité au XXIème sciècle. L&#039;enfant est une personne à part entière ce qui ne fait aucune doute et la [[Article_2013/14|complexité du concept des droits de la personne]] abordée dans notre article renvoie justement à la liberté, à l&#039;intégrité, à la sûreté. Mais surtout qu’importe d&#039;où l’on vient et ce qu’on fait, nous avons le droit à la vie. &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Les [[Droits_des_femmes|femmes]], les [[Droits_des_prisonniers|prisonniers]], les [[Droits_des_patients_psychiatriques|patients]], les [[Droits_des_personnes_en_situation_de_handicap|personnes en situation de handicap]], chaque individu a ce droit pour lequel certains se battent encore aujourd&#039;hui.&amp;lt;br /&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’enfance lie les individus qu’importe leur appartenance. Cette période de la vie qui nous est commune prend une dimension à part tout simplement parce que dans chaque enfant émerge l’avenir, notre avenir. Les adultes ont pour but de comprendre les enfants, de les respecter en tant que personnes et de protéger leurs droits. &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Avec le temps, l&#039;enfant a peu à peu existé comme personne à part entière. Il n&#039;est plus seulement un &amp;quot;homme en devenir&amp;quot;, mais bien un enfant avec ses particularités et besoins spécifiques. De plus, l&#039;intérêt qu&#039;on lui a porté a amené à une prise de conscience de l&#039;importance de lui donner la parole, de respecter ses désirs, intérêts, ainsi que de ses besoins, comme lui les définit. On a ainsi vu à travers notre entretien que d&#039;une définition des besoins de l&#039;enfant par l&#039;adulte durant les années 60 dans les milieux éducatifs en Suisse, on est passé vers une prise en compte plus réelle des besoins de l&#039;enfant en s&#039;adressent directement à celui-ci et en l&#039;écoutant davantage. La protection de l&#039;enfant est une notion importante dans la construction de ses droits.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme nous l&#039;avons écrit auparavant, son droit à la vie est signifié dans les textes internationaux. De prime abord, le droit à la vie de tout être humain ainsi que le droit à être protégé nous paraît naturel, mais on voit que cela ne va pas de soi. La reconnaissance du droit et besoin de protection de l&#039;enfant est essentielle, car il s&#039;agit d&#039;un être vulnérable et dépendant, soumis au bon vouloir des parents. Cette relation dominant-dominé, où l&#039;un possède un certain pouvoir sur l&#039;autre se retrouve dans bien d&#039;autres populations. Ainsi, d&#039;autres droits développés à partir du milieu du XXe siècle, comme le droits des [[Droits_des_femmes|femmes]], des [[Droits_des_patients_psychiatriques|patients psychiatriques]], des [[Droits des patients (à l&#039;hôpital)|patients hospitaliers]], des [[Droits_des_personnes_en_situation_de_handicap|personnes en situation de handicap]] ou encore des [[Droits_des_prisonniers|prisonniers]] vont dans ce sens. Ce sont toutes des populations sous la domination d&#039;autrui pour lesquelles des luttes se sont développées afin de faire valoir leurs droits, en particulier de parole, écoute, etc. La préoccupation de l&#039;enfant va sans doute de paire avec la conscience de la société de cet enfant comme devenir de la société. En effet, en désirant une société de bons citoyens, épanouis et travailleurs, il faut avant tout s&#039;occuper des conditions et favoriser au mieux le développement harmonieux des enfants. On peut ainsi rapprocher cette volonté d&#039;améliorer la société par le soucis de l&#039;enfant avec l&#039;apparition de l&#039;obligation scolaire pour tous. L&#039;instauration des droits pour l&#039;enfant va cependant plus loin, car elle touche à bien d&#039;autres domaines que l&#039;instruction.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour finir, on peut voir que ces droits reconnus internationalement doivent tout de même continué à être l&#039;objet d&#039;un travail constant, car entre la théorie et la pratique, il y a de grandes différences, même dans nos pays développés. Ainsi, il importe de faire connaître leurs droits aux enfants, de les faire respecter, notamment à travers des instances  et sanctions juridiques à cet égard.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Bibliographie / Webographie ===&lt;br /&gt;
* Droux J.,2011. &#039;&#039;L&#039;internationalisation de la protection de l&#039;enfance : acteurs, concurrences et projets transnationaux (1900-1925)&#039;&#039;. In. Critique internationale, 2011/3 n° 52, p. 17-33&lt;br /&gt;
* Martinetti, F. 2002. &#039;&#039;Les Droits de l&#039;enfant&#039;&#039;. Librio&lt;br /&gt;
* http://cofrade.fr/&lt;br /&gt;
* http://www.humanium.org/fr/&lt;br /&gt;
* http://www.netzwerk-kinderrechte.ch/&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Notes et références ===&lt;br /&gt;
&amp;lt;references/&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Auteurs du chapitre ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Claire Bourgeois Dubois-Ferriere&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
* Katarzyna Milena Fratczak&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
* Victoria Salomon&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Victoria</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Droits_des_enfants&amp;diff=13130</id>
		<title>Droits des enfants</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Droits_des_enfants&amp;diff=13130"/>
		<updated>2014-01-14T11:26:26Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Victoria : /* Les droits de l&amp;#039;enfant à travers le prisme de l&amp;#039;éducation */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;=== Introduction ===&lt;br /&gt;
Les droits de l&#039;enfant visant la protection des mineurs évoluent au cours des décennies. Les prémices du XXe siècle les plus connues sont bien évidemment la [http://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/images/f/fb/Declaration-geneve.pdf Déclaration de Genève] (1924), la [http://cofradeenfrance.files.wordpress.com/2010/10/dc3a9claration-1959.pdf déclaration des Droits de l&#039;Enfant] (1959) et enfin le texte de la [http://www.unicef.ch/sites/default/files/attachements/convention_relative_aux_droits_de_lenfant.pdf Convention Internationale relative aux Droits de l’Enfant] du 20 novembre 1989. Ce dernier “ratifié d’une manière quasi universelle (193 États sur 195) en fait un texte hors norme de part sa portée dans l’espace et de par l’enthousiasme spontané qu’ [il] a suscité.”&amp;lt;ref&amp;gt;Zermatten, J., Stoecklin D. 2009. Le droit des enfants de participer. Norme juridique et réalité pratique: contribution à un nouveau contrat social. Suisse: Institut International des Droits de l&#039;Enfant., p.7 &amp;lt;/ref&amp;gt; Ce parcours historique est une partie importante de l’histoire qu’on écrit aujourd’hui.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
On peut remarquer que le premier pas vers l&#039;individualisation de l&#039;enfant datant de 1924, pointe le bout de son nez quelques années après la fin de la première guerre mondiale. Le deuxième est marqué par la Déclaration de Droits de l&#039;Enfant de 1959, donc à l’image de la précédente, elle date des années après la seconde guerre mais est également un point de départ menant vers la Convention de 1989.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Le long chemin vers une telle reconnaissance était en grande partie marqué par la création, un peu partout en Europe, des communautés d&#039;enfants. Leur rôle n&#039;est pas négligeable. La définition de ces communautés d&#039;enfants est donné à Trogen en juillet 1948 et semble préciser un peu plus les besoins de l&#039;enfant en tant que personne. Ce sont: &amp;quot;les organisations éducatives ou rééducatives à caractère permanent, fondées sur la participation active des enfants ou adolescents à la vie de la communauté, dans le cadre des méthodes d’éducation et d’instruction modernes – et dans lesquelles la vie de famille se combine de diverses façons aux modalités de la vie de collectivité&amp;quot;.&amp;lt;ref&amp;gt;Cours de M.Ruchat: L’éducation spéciale du XVIIIe au XXe siècles: L’éducation, les normes et l’individu, Université de Genève, 2013&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Dans l’esprit de la reconnaissance d’un enfant à part entière avec le respect de sa liberté, [[Libres enfants de Summerhill (Neill)|Alexander Sutherland Neill]] crée son école de Summerhill en 1921, une école qui encore de nos jours suscite beaucoup de discussions et polémiques. Dans le cadre de cet atelier d’intelligence collective nous avons procédé à une comparaison des idées de Neill décrites dans son livre [[Libres enfants de Summerhill (Neill)|&amp;quot;Libres enfants de Summerhill&amp;quot;]] (1960) avec la Convention relative aux Droits de l’Enfant de 1989 avec un constat tout à fait surprenant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Historique des droits de l&#039;enfant ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== « L’humanité doit donner à l’enfant ce qu’elle a de meilleur » Déclaration de Genève sur les Droits de l’Enfant, 1924 ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est important de signaler qu&#039;avant même l&#039;intérêt qui s&#039;est peu à peu développé quant aux droits de l&#039;enfant, il a d&#039;abord fallu que la société prenne [[Fichier:Déclaration de Genève 1924.jpg|vignette|droite|Déclaration de Genève (1924)]]conscience du statut particulier de l&#039;enfant, avec ses spécificités, et bien plus encore d&#039;être humain digne de droits propres : “L’adulte a longtemps cru que c’était lui-même qui devait animer l’enfant par ses soins et son assistance. Il pensait que son rôle était de façonner l’enfant, de construire sa vie psychique pour que l’enfant devienne peu à peu comme lui. L’enfant était un objet d’assistance, un adulte en devenir (certains disent même &amp;quot;en miniature&amp;quot;) et non une personne humaine à part entière. Petit, faible, pauvre, dépendant, il n’était qu’un citoyen potentiel qui ne sera homme ou femme que demain. Il ne devenait une personne humaine, sujet de droits, qu’à partir du moment où il atteignait l’âge adulte. C’est à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle, notamment après la Première Guerre mondiale, que le concept de droits de l’enfant apparaît.” &amp;lt;ref&amp;gt;Dhellemmes V. ,2010. La dignité et les droits de l&#039;enfant : vingt ans d&#039;avancées sur le plan international. In. Transversalités, 2010/3 N° 115, p. 99-110.&amp;lt;/ref&amp;gt;   &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quand on fait une recherche sur des droits de l’enfant à travers les documents écrits en l&#039;espace de plus de cent ans, du début du XXème siècle jusqu’à aujourd’hui, on retrouve les noms de deux précurseurs qui ont marqué le cours de l’histoire. Il s’agit de Britannique Eglantyne Jebb (1876-1928) et du polonais Henryk Goldzmit (1878–1942) connu sous le nom de [http://fr.wikipedia.org/wiki/Janusz_Korczak Janusz Korczak].&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Ce dernier, pédiatre et éducateur qui a tant &amp;quot;aimé et défendu&amp;quot; les enfants, ne voulant pas les laisser seuls, s&#039;est laissé emmener avec eux à Treblinka où il est mort dans une chambre à gaz.&amp;lt;ref&amp;gt;Korczak J. Le droit de l’enfant au respect. L’héritage de Janusz Korczak. Conférences sur les enjeux actuels pour l’enfance. In. http://www.coe.int/t/commissioner/Activities/themes/Children/PublicationKorczak_fr.pdf&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Korczak, l&#039;inspirateur des droits de l&#039;enfant est bien, d&#039;abord, un insurgé, comme toute son œuvre en témoigne. C&#039;est un homme qui ne supporte pas la violence faite à l&#039;enfance : la violence physique, bien sûr, la violence psychologique également, mais aussi la violence des institutions qui prétendent œuvrer pour &amp;quot;son bien&amp;quot;.&amp;lt;ref&amp;gt;Meirieu P. 2002. Le pédagogue et les droits de l’enfant : histoire d’un malentendu ?. Editions du Tricorne et Association suisse des Amis du Dr Korczak. p.4&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
“Janusz Korczak, premier défenseur des droits de l’enfant et le plus radical, a été déçu en découvrant la Déclaration des droits de l’enfant adoptée par la Société des Nations en 1924, pas assez claire à son goût et plus implorante que contraignante. Il voulait des droits et non la charité, immédiatement et non dans un avenir lointain.” &amp;lt;ref&amp;gt;Korczak J. Le droit de l’enfant au respect. L’héritage de Janusz Korczak. Conférences sur les enjeux actuels pour l’enfance. In. http://www.coe.int/t/commissioner/Activities/themes/Children/PublicationKorczak_fr.pdf p.7). &amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le travail d&#039;Eglantyne Jebb qui a élaboré et rédigé la [http://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/images/f/fb/Declaration-geneve.pdf Déclaration de Genève] a été important. Elle l’a présenté le 26 septembre 1923 et le 28 février 1924 le Ve Congrès général de la Société de Nations qui l&#039;a alors ratifié.&lt;br /&gt;
C&#039;est le premier texte énonçant des droits fondamentaux des enfants ainsi que la responsabilité des adultes à leur égard. Il est constitué de cinq articles. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Déjà  dans le préambule on peut lire que « L’humanité doit donner à l’enfant ce qu’elle a de meilleur.» On peut y voir également que c’est la protection physique qui est mise en avant en soutenant l&#039;idée de venir en aide en cas de détresse ainsi que celle de combattre la faim et l&#039;exploitation (articles 2, 3, 4). En parallèle la notion de développement spirituel n’est pas omis (article 1) de même que le fait que “l’enfant doit être élevé dans le sentiment que ses meilleures qualités devront être mises au service de ses frères”(article 5). Ce texte d&#039;après première guerre mondiale est aussi une contribution à un monde de paix s&#039;étayant sur les enfants qui forment l&#039;avenir, un avenir que les promoteurs des droits de l&#039;enfant voudraient dans la paix.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Déclaration des Droits de l’Enfant, 1959 ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après la seconde guerre mondiale, l&#039;ONU est créée. Elle va s&#039;intéresser aux droits de l&#039;enfant et révéler l&#039;insuffisance de la Déclaration de Genève. En effet, suite à l&#039;adoption de la [http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/IMG/pdf/DUDH.pdf Déclaration universelle des droits de l&#039;Homme] (1948) et à l&#039;évolution du droit durant cette période, on pense nécessaire d&#039;approfondir cette question des droits de l&#039;enfant.&lt;br /&gt;
Plusieurs pays membres de l&#039;ONU réclament une convention, c&#039;est-à-dire un instrument international contraignant qui engage les états qui l&#039;ont ratifié. Mais cette proposition est refusée. Le choix se porte alors sur une seconde Déclaration des droits de l&#039;enfant qui reprend l&#039;idée selon laquelle l&#039;humanité doit donner à l&#039;enfant ce qu&#039;elle a de meilleur. [http://cofradeenfrance.files.wordpress.com/2010/10/dc3a9claration-1959.pdf La déclaration des Droits de l&#039;Enfant] est adoptée par l&#039;assemblée générale des Nations Unies à l&#039;unanimité (70 pays membres), le 20 novembre 1959. Cette date est depuis lors officiellement la journée des droits de l&#039;enfant. La déclaration contient 10 principes fondateurs (elle double donc ceux de 1924!) avec des droits concrets comme par exemple le droit à un nom, à une nationalité ou à un enseignement gratuit au niveau élémentaire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Convention Internationale relative aux Droits de l’Enfant, 1989 ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le 20 novembre 1989, la [http://www.unicef.ch/sites/default/files/attachements/convention_relative_aux_droits_de_lenfant.pdf Convention Internationale relative aux Droits de l’Enfant] (CIDE) a été adoptée par l&#039;Assemblée générale des Nations Unies. Cette Convention a pour but de reconnaître et protéger les droits spécifiques de l&#039;enfant. Elle est composée de 54 articles (elle quintuple le nombre de 1959!) autour des orientations principales suivantes:&lt;br /&gt;
:la non - discrimination&lt;br /&gt;
:l&#039;intérêt supérieur de l&#039;enfant&lt;br /&gt;
:le droit à la vie, la survie et le développement&lt;br /&gt;
:les droits participatifs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les Etats ayant ratifiés cette Convention se doivent de respecter ces articles et de mettre en place les mesures législatives pour protéger les droits de l&#039;enfant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La CIDE est une déclinaison des droits de l&#039;homme exprimés dans la [http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/IMG/pdf/DUDH.pdf Déclaration Universelle des Droits de l&#039;Homme] (1948) et pose que l’enfant est sujet de droit. Elle accorde aux enfants des droits propres et expose leurs droits économiques, sociaux, civils, culturels et politiques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En effet, cette Convention est le texte concernant les droits de l&#039;homme qui a été le plus rapidement accepté au cours de l&#039;histoire, et a été ratifié par le plus d&#039;Etats. Seuls les Etats-Unis et la Somalie ne l&#039;ont pas encore ratifiée aujourd&#039;hui: Les Etats-Unis pratiquent encore la peine de mort pour les enfants dans certains Etats, or cela serait contraire au droit à la vie de l&#039;enfant promulgué dans la CIDE, tandis que la Somalie ne possède pas de gouvernement reconnu pour la ratifier à cause des troubles politiques dans le pays.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Droits de l&#039;enfant - droits de la personne ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;quot;L&#039;humanité doit donner à l&#039;enfant ce qu&#039;elle a de meilleur, affirmer  leurs devoirs, en dehors de toute considération de race, de nationalité et de croyance&amp;quot; - ce sont les prémices officielles de la reconnaissance de l&#039;enfant de 1924. C&#039;était un début, suivi, comme nous avons décrit plus haut, par la Déclaration des droits de l&#039;enfant de 1959 et par La Convention relative aux droits de l&#039;enfant de 1989. &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il faut ici souligner que “jusqu&#039;à l’adoption de la Convention en 1989, les enfants ne vivaient pas dans les limbes juridiques internationales. Il était au contraire admis qu’ils jouissent de garanties offertes par les instruments internationaux précédents, tels que les pactes internationaux relatifs aux droits de l’homme (que la Suisse a récemment ratifiés), à l&#039;exclusion bien entendu des droits liés directement à la condition de l’adulte (droit de se marier, de fonder une famille, assurance-vieillesse ou maternité). L’année internationale de l’enfant a conduit la communauté internationale à préciser le statut des enfants en confirmant leur particularité en tant qu&#039;êtres à la fois vulnérables (Préambules de la Convention, par exemple pp. 5, 6, 12) et appelés “à assumer les responsabilités de la vie dans une société libre”.&amp;lt;ref&amp;gt;Lücker-Babel M-F, Droits de l&#039;enfant: idéologies et réalités. In. Ratifier en Suisse. La Convention de l&#039;ONU relative aux droits de l&#039;enfant?. N° 26, Novembre 1992. p. 43&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;enfant est considéré peu à peu comme un être de droit au cours du XXe siècle, ce que l&#039;on peut voir notamment à travers les différents textes codifiant les droits de l&#039;enfant à cette époque.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout d&#039;abord, en 1924, le premier texte international au sujet des droits de l&#039;enfant ([http://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/images/f/fb/Declaration-geneve.pdf Déclaration de Genève]) confère à celui-ci des droits primaires, comme lui permettre de se développer normalement sur le plan matériel et spirituel, de gagner sa vie sans être exploité, être nourri, soigné, recueilli et secouru, et également de l&#039;élever dans l&#039;esprit que ses qualités devront pourvoir à la société. On voit dans ce texte que les droits dotés à l&#039;enfant amorce une idée de soin et de protection de l&#039;enfant dans l&#039;évocation du secours qui doit lui être porté, et démontre aussi un intérêt pour son bon développement. Toutefois, ces articles restent assez pauvres quant aux droits accordés aux enfants et l&#039;on voit que le travail de l&#039;enfant reste de mise.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[http://cofradeenfrance.files.wordpress.com/2010/10/dc3a9claration-1959.pdf La Déclaration des Droits de l&#039;Enfant] de 1959 va plus loin. Ce texte insiste d&#039;avantage sur la protection  qui doit être accordée à l&#039;enfant qui n&#039;est plus seulement suggérée sous le terme &amp;quot;secours&amp;quot;. Ici, son développement ne doit plus uniquement être normal, mais également sain sur le plan, cette fois-ci moral, spirituel, physique, intellectuel et social. On ajoute que l&#039;enfant doit pouvoir se développer dans la liberté et la dignité.&lt;br /&gt;
Il est important de voir que certains principes sont totalement nouveaux comme par exemple le droit de posséder une nationalité et un nom. On y parle aussi de sécurité non seulement sociale pour l&#039;enfant et sa mère, mais également de sécurité morale.&lt;br /&gt;
Dans ce texte, on voit apparaître l&#039;importance accordée à l&#039;affection envers l&#039;enfant, qui est pour lui un besoin. De plus, il est indiqué que la séparation du petit enfant et de sa mère doit être éviter autant que possible. Si l&#039;enfant n&#039;a pas de famille, il est déclaré que c&#039;est alors aux pouvoirs publics et à la société d&#039;en prendre soin, de même pour les enfants n&#039;ayant pas les moyens nécessaires d’existence.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
A noter également, l&#039;entrée de l&#039;éducation comme étant un droit pour l&#039;enfant: &amp;quot;une éducation gratuite et obligatoire au moins au niveau élémentaire&amp;quot; (principe 7). Les loisirs sont incorporés dans ce principe comme éléments importants. Il est indiqué que l&#039;enfant a en effet le droit de jouer. &lt;br /&gt;
En 1959 est présente l&#039;idée de l&#039;apport des qualités de l&#039;enfant pour les autres membres de la société. Cette idée est accompagnée de celle du devoir de le protéger contre la discrimination, et de l&#039;élever dans un esprit de compréhension, de paix et de tolérance. De plus, on peut remarquer une évolution en ce qui concerne le travail des enfants. En effet, le principe 9 pose clairement des limites à l&#039;employabilité de l&#039;enfant; outre la protection de son développement moral, physique ou mental, sa santé ou son éducation, on parle d&#039;âge minimum approprié pour l&#039;emploi. Toutefois, celui-ci n&#039;est pas spécifié. La notion d&#039;intérêt supérieur de l&#039;enfant fait son apparition dans cet écrit.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[http://www.unicef.ch/sites/default/files/attachements/convention_relative_aux_droits_de_lenfant.pdf La Convention relative aux Droits de l&#039;Enfant] de 1989 est le texte relevant des droits de l&#039;enfant le plus abouti. En effet, on peut déjà noter la différence en termes de nombres d&#039;articles de ces textes: 1924, La Déclaration de Genève compte 5 articles, on passe à 10 principes en 1959 et à 54 articles dans la Convention relative aux droits de l&#039;enfant en 1989. Cette convention reprend les droits exprimés dans les textes précédents, notamment les fondamentaux: droit à l&#039;identité, à la santé, à l&#039;éducation et à la protection et ajoute également bons nombres d&#039;autres considérations. Notamment, un nouveau droit fondamental est inclus dès lors: le droit à la participation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour conclure, en suivant le parcours de l&#039;enfant en tant que personne à part entière, on constate qu&#039;il évolue au cours du XXe siècle. À partir des informations publiées sur le site de [http://www.unicef.org/french/sowc05/timeline.html Unicef] on peut retracer les éléments marquants de ce changement en vue de la reconnaissance internationale et de l’importance de l’enfance.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les droits de l&#039;enfant en Suisse ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le 24 février 1997, la Suisse a ratifié la Convention des Nations Unies relative aux droits de l’enfant. &lt;br /&gt;
Le conseil fédéral a constaté que dans l&#039;ensemble l&#039;ordre juridique suisse était en accord avec les principes de la convention. Néanmoins, il a émis des réserves dans plusieurs domaines où cet ordre juridique n&#039;est pas encore en totale adéquation avec les dispositions de la convention: le droit de l&#039;enfant à une nationalité, le regroupement familial, la séparation des jeunes et des adultes en cas de détention, les procédures pénales impliquant des mineurs. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Par ailleurs, il y a beaucoup de différences entre les différents cantons à propos de la mise en œuvre des droits. Tout ceci doit encore être amélioré.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La Convention est entrée en vigueur le 26 mars 1997 en Suisse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il faut ajouter que le pays a ratifié le protocole facultatif au sujet de l&#039;implication des enfants dans les conflits armés le 26 juillet 2002. Ce protocole, afin d&#039;augmenter la protection des enfants et adolescents, a élevé l&#039;âge minimum requis prévu dans la convention sur l’engagement volontaire et l’enrôlement obligatoire dans les forces armées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En Suisse, le deuxième protocole facultatif qui concerne la vente d&#039;enfants, la prostitution des enfants et la pornographie mettant en scène des enfants afin de mieux protéger les enfants de l&#039;exploitation sexuelle est entré en vigueur le 19 octobre &lt;br /&gt;
2006.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Une nouveauté visant une reconnaissance d&#039;un mineur est son droit de vote. C&#039;est un sujet encore d&#039;actualité qui preuve que le sujet de droits de l&#039;enfant commencé le siècle dernier continue. &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Il faut savoir que les Constitutions et les législations en Suisse divergent en fonction du canton. D’une manière générale le droit de vote au niveau fédéral et cantonal est accordé aux ressortissants suisses ayant 18 ans révolus. &lt;br /&gt;
Néanmoins certaines cantons suisses ont débuté une démarche visant à accorder le doit de vote au niveau cantonal dès l’âge de 16 ans. &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Les citoyens ont pu s’exprimer sur l&#039;abaissement de l&#039;âge du droit de vote à 16 ans dans plusieurs cantons suisses tels que par exemple le canton de Berne, de Neuchâtel ou de Glaris. Celui-ci, en 2010, a accepté d&#039;accorder le premier ce droit aux jeunes à partir de 16 ans. Comme on peut le lire dans l’article de [http://www.rts.ch/info/suisse/1142189-glaris-dit-oui-au-droit-de-vote-a-16-ans.html RTS] paru le 28.06.2010 “beaucoup de jeunes entrent dans la vie active à 16 ans. Ils pourront désormais aussi s&#039;exprimer sur des sujets qui les concernent directement, comme l&#039;école ou l&#039;apprentissage”.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Retour et analyse de l&#039;entretien ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* [[Entretien avec M. Jean-Pierre Audéoud|Entretien]] avec M. [[Index|Jean-Pierre Audéoud]]&lt;br /&gt;
* [[Article 2013/14|Méthode d&#039;entretien]]&lt;br /&gt;
* [[Questions pour les entretiens|Questions d&#039;entretien]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous avons interviewé Monsieur Jean-Pierre Audéoud le 4 décembre 2013. Cet homme, au parcours professionnel d&#039;une grande richesse a oscillé entre le droit et l&#039;éducation. En effet, après des études de droit à l&#039;université de Genève, il a fait une école d&#039;éducateurs au sud de la France (1958-1960). Diplôme en poche, il est revenu en Suisse où lui et sa femme, éducatrice également, ont repris la direction de Serix, une maison d&#039;éducation à Oron-Palézieux. Ils y ont travaillé 10 ans (1963-1973). Ensuite, Monsieur Audéoud a officié en tant président du tribunal des mineurs du canton de Vaud et ce jusqu&#039;en 1995, date officielle de sa retraite. Il s&#039;est ensuite engagé auprès des personnes handicapées en tant que président bénévole de la fondation Espérance. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===== Le Tribunal des mineurs =====&lt;br /&gt;
M. [[Index|Jean-Pierre Audéoud]], nous a expliqué durant l&#039; [[Entretien avec M. Jean-Pierre Audéoud|interview]] que son expérience dans le domaine du social lui a permis de mieux appréhender les tâches auprès du Tribunal des mineurs. L’engagement tout à fait remarquable de cet homme est mis en avant durant l’entretien:&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
“en choisissant le droit j’avais déjà une arrière pensée, je ne pensais pas être juriste dans un bureau ou faire avocat, quelque chose comme ça. C’est… c’était… alors c’est déjà une orientation si vous voulez, c’est-à-dire que je me suis déjà engagé en commençant le droit mais pas d’une manière précise, pas un moment « tac » voilà. Alors bon je sais pas si c’est à prendre en considération. Mais ça c’est affiné si vous voulez… non puis alors l’engagement véritable c’est quand je suis parti à Montpellier, c’est le choix de cette école d’éducateurs où je voulais compléter ma formation de juriste pour pouvoir à l’occasion revenir dans la juridiction des mineurs.”&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Il faut souligner ici que le Tribunal des mineurs, cette instance pour laquelle a travaillé Monsieur Jean-Pierre Audéoud, tient une place importante dans le champ des droits de l&#039;enfant. En outre le rôle du juge des mineurs est primordial, car c&#039;est lui qui va s&#039;occuper d&#039;instruire la cause, c&#039;est lui qui prend les décisions quand un délit est commis par un enfant.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Une recherche menée à ce sujet nous a permis de voir qu&#039;il existe plusieurs types de sanctions:&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
* Les &amp;quot;peines prévues par le droit des mineurs :&lt;br /&gt;
réprimande ; prestation personnelle (travail d’intérêt général ou séance de sensibilisation) ; amende ; privation de liberté&amp;quot;.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
* Les &amp;quot;mesures de protection prévues par le droit des mineurs :&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
surveillance (droit de regard et d&#039;information sur la prise en charge éducative ou thérapeutique du mineur par ses parents) ; assistance personnelle (désignation d’une personne pour seconder les parents et assister le mineur) ; traitement ambulatoire (en cas de troubles psychiques, du développement de la personnalité, de toxicodépendance ou d’autre addiction) ; placement (si l’éducation et le traitement de l’état du mineur ne peuvent être assurés autrement).&amp;quot; &amp;lt;ref&amp;gt;http://www.vd.ch/fileadmin/user_upload/themes/etat_droit/justice/fichiers_pdf/Penal_7_web.pdf&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La page web officielle de la République et du canton de Genève, indique  &amp;quot;le Tribunal des mineurs est l’autorité pénale compétente pour poursuivre et juger les infractions commises par les mineurs âgés de dix à dix-huit ans au moment de l&#039;acte.&lt;br /&gt;
Il est également l&#039;autorité d&#039;exécution des peines et mesures prononcées, ces dernières pouvant durer jusqu&#039;à l&#039;âge de 22 ans.&amp;quot; &amp;lt;ref&amp;gt;https://ge.ch/justice/tribunal-des-mineurs&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De manière plus générale, la protection de l&#039;enfant est une démarche sociétale qui concerne l&#039;ensemble des citoyens qu&#039;importe leurs origines.&lt;br /&gt;
En suivant le parcours de l&#039;enfant en tant que personne à part entière, on constate qu&#039;il évolue au cours du XXe siècle. À partir des informations publiées sur le site de [http://www.unicef.org/french/sowc05/timeline.html Unicef] on peut retracer les éléments marquants de ce changement en vue de la reconnaissance internationale et de l’importance de l’enfance.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Les droits de l&#039;enfant à travers le prisme de l&#039;éducation  ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est important de souligner qu&#039;avant de rencontrer notre témoin, nous n&#039;avions que peu d&#039;informations sur son parcours professionnel et de vie. Nous nous sommes rendues compte en menant l&#039;entretien qu&#039;il n&#039;était pas dans des revendications, dans une lutte en faveur des droits de l&#039;enfant au sens strict. Mais il a, de part son métier d&#039;éducateur et ses actions concrètes, participé à l&#039;évolution d&#039;une individualisation de l&#039;enfant; son but étant de faire grandir, évoluer des jeunes  pour qu&#039;ils reprennent le droit chemin, tout en respectant leurs besoins. Ainsi, il se trouve un certain décalage entre nos chapitres précédents concernant les droits de l&#039;enfant au sens strict et celui-ci qui traite d&#039;aspects éducatifs à travers une expérience de vie. Néanmoins, nous avons pu faire différents liens entre cette expérience et les droits en tant que tels. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;entretien avec M. et Mme Audéoud nous a permis de mettre en avant divers aspects reliés aux changements quant au travail d&#039;éducateur durant la période des [[Article_2013/14|années 60-80]]. Ils ont, comme énoncé plus haut, travaillé durant 10 ans (1963-1973) en tant que couple-directeur à la colonie de Serix. Cette maison d&#039;éducation pour jeunes délinquants accueillait à l&#039;époque 40 jeunes enfants et adolescents (uniquement des garçons) placés soit par une instance civile, soit par le service de protection de la jeunesse, ou encore par le tribunal des mineurs. Durant ces 10 années, ils ont initié et participé à de nombreux changements concrets au sein de leur institution. Ces changements reflètent grandement l&#039;évolution du regard porté sur l&#039;enfant à l&#039;époque. Avec la mise en place de cultes le dimanche où les gens des villages alentours se réunissaient au sein même de l&#039;institution  ou encore la création d&#039;un jardin d&#039;enfants pour les enfants du personnel, la création d&#039;un parc de jeux par de jeunes scouts, il y a cette volonté d&#039;ouvrir l&#039;institution pour que d&#039;une part les jeunes puissent avoir des contacts avec l&#039;extérieur, mais également pour que les gens de l&#039;extérieur puissent avoir un regard différent sur ce lieu et ses résidents. Les Audéoud vont encore plus loin en créant un foyer d&#039;habitation dépendant de Serix, en intégrant des jeunes dans les écoles des alentours, en leur organisant des vacances ou la possibilité de rentrer dans leur famille le week-end. Cette ouverture vers l&#039;extérieur était vraiment quelque chose de nouveau car durant des années Serix était un lieu très fermé ou rien de filtrait.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un élément marquant constaté par le couple Audéoud à travers leurs années à Serix est l&#039;évolution du statut d&#039;éducateur. En effet, ils voient se créer des associations professionnelles comme &amp;quot;la conférence romande de directeurs d&#039;institution&amp;quot; ou &amp;quot;l&#039;association romande des éducateurs spécialisés&amp;quot;. Se crée aussi durant cette période les syndicats, les conventions collectives. On aspire également à ce que les éducateurs soient mieux formés, soient soutenus dans leur métier. On voit par exemple apparaître des séances de trainings de groupe, des supervisions collectives et individuelles, ce qui était totalement nouveau pour l&#039;époque. Ainsi, dans ces années apparaît une valorisation de cette profession ainsi qu&#039; une prise en compte de la parole des éducateurs et de leurs besoins et souhaits. Il est vrai qu&#039;avant, ces gens se consacraient entièrement à leur métier, jour et nuit; ils ne comptaient pas leurs heures. Ils remplaçaient, comme le dit monsieur Audéoud, la famille de ces jeunes avec tout ce que ça implique. On voit alors petit à petit se créer un structure autour de ce métier, on met en place des horaires, des salaires, etc. On est attentif à leurs revendications, comme par exemple dans le cas de Serix, le fait de pouvoir habiter à l&#039;extérieur de la colonie. (fin à venir...) &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Cet entretien a mis également en lumière l&#039;évolution de la reconnaissance de l&#039;enfant et de ses droits. En effet, les droits de l&#039;enfant sont des droits de la personne avant tout. L&#039;entretien a par exemple souligné l&#039;importance de l&#039;écoute de l&#039;enfant et son droit à la parole. Ainsi, M. Audéoud nous a expliqué qu&#039;au Tribunal des mineurs le président se doit d&#039;écouter le mineur accusé et ses responsables légaux. D&#039;ailleurs, le but du juge pour enfant selon notre témoin est de choisir la sanction appropriée au mineur particulier, éduquer ou punir : travaux d&#039;intérêts généraux, amande ou encore le placement dans un établissement d&#039;éducation. Il se mêle alors des aspects juridiques à des aspects éducatifs et l&#039;on tente de déterminer ce qui est le mieux pour le jeune et non réellement selon le délit commis.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Il s&#039;agit là d&#039;un changement conséquent, car dans les années 60, M. Audéoud nous a fait part que dans son poste de directeur à Serix, les besoins des jeunes étaient définis par les adultes, qui décidaient pour les jeunes par rapport à ce qu&#039;ils pensaient être bien pour eux, mais sans leur demander leur avis. On n&#039;était pas encore dans une réelle prise en compte de la parole de l&#039;enfant à l&#039;époque. Une évolution sur le plan de l&#039;individualisation de l&#039;enfant et de la prise en compte de ses besoins est visible. En effet, aujourd&#039;hui on entend plus l&#039;enfant, on tente de connaître ce qu&#039;il désire et on regarde si on peut y accommoder. Avant, l&#039;enfant se devait de s&#039;accommoder lui à ce qu&#039;on lui imposait. De même, à Serix les colloques concernant les enfants se déroulaient sans l&#039;intéressé et ses parents, mais seulement avec les éducateurs et autres professionnels entourant le jeune. Petit à petit, les éducateurs ont changé de manière de faire, en imposant moins de choses supposées pour le bien des enfants et adolescents. Dans cet ordre d&#039;idée, on retrouve les points fondamentaux de la Constitution de 1989, du droit à la participation ainsi que la prise en compte de l&#039;intérêt supérieur de l&#039;enfant. Donc, entre les années 60 et 80, le domaine de l&#039;éducation a évolué dans la place attribuée au mineur dans les choix et sujets le concernant, l&#039;écoute qu&#039;on lui accorde et le droit de parole de celui-ci. De plus, les changements sont aussi visibles dans la prise en compte plus aboutie des besoins de l&#039;enfant, notamment par son expression de ses désirs et ressentis. Mme Audéoud souligne également le recours progressif à l&#039;individualisation de la démarche envers le jeune dans le milieu éducatif de Serix. Ainsi les jeunes ne sont plus approchés collectivement et on tient davantage compte de leur individualité dans les démarches entreprises à son égard.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Par rapport à la question des valeurs portées par ces deux personnes, on retrouve celles de donner une structure à l&#039;enfant de manière attentionnée, de donner de l&#039;affection à ces jeunes  qui souvent en manquait, ainsi que de la reconnaissance. Valoriser l&#039;enfant, le protéger, lui manifester de l&#039;intérêt, mais aussi l&#039;aider à développer ses capacités d&#039;un point de vue cognitif, social et affectif, voilà ce en quoi croyait ce couple. Leurs convictions et ils l&#039;évoquent eux-mêmes répondent toutes aux différents besoins que l&#039;enfant a pour se développer harmonieusement. En cela, on retrouve les fondements de base des droits internationaux des enfants, car on y parle de protection de l&#039;enfant ainsi que permettre à l&#039;enfant de se développer harmonieusement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Finalement, on peut se demander si la promotion des droits de l&#039;enfant dans les années 60-80 ne sont pas en lien avec les changements dans le travail éducatifs de nos témoins et de l&#039;évolution de leur regard sur l&#039;enfant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Conclusions ===&lt;br /&gt;
Les droits de l’enfant, comme nous l’avons présenté, ont évolué au cours de décennies du XXème siècle. L’histoire de cette période nous témoigne de leur importance, de leur rôle prépondérant dans la vie d’un être humain. Ceci ne signifie pas que l’on n’a rien de plus à accomplir, bien au contraire. Les préoccupations quant aux conditions de vie des enfants dans le monde sont encore d&#039;actualité au XXIème sciècle. L&#039;enfant est une personne à part entière ce qui ne fait aucune doute et la [[Article_2013/14|complexité du concept des droits de la personne]] abordée dans notre article renvoie justement à la liberté, à l&#039;intégrité, à la sûreté. Mais surtout qu’importe d&#039;où l’on vient et ce qu’on fait, nous avons le droit à la vie. &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Les [[Droits_des_femmes|femmes]], les [[Droits_des_prisonniers|prisonniers]], les [[Droits_des_patients_psychiatriques|patients]], les [[Droits_des_personnes_en_situation_de_handicap|personnes en situation de handicap]], chaque individu a ce droit pour lequel certains se battent encore aujourd&#039;hui.&amp;lt;br /&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’enfance lie les individus qu’importe leur appartenance. Cette période de la vie qui nous est commune prend une dimension à part tout simplement parce que dans chaque enfant émerge l’avenir, notre avenir. Les adultes ont pour but de comprendre les enfants, de les respecter en tant que personnes et de protéger leurs droits. &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Avec le temps, l&#039;enfant a peu à peu existé comme personne à part entière. Il n&#039;est plus seulement un &amp;quot;homme en devenir&amp;quot;, mais bien un enfant avec ses particularités et besoins spécifiques. De plus, l&#039;intérêt qu&#039;on lui a porté a amené à une prise de conscience de l&#039;importance de lui donner la parole, de respecter ses désirs, intérêts, ainsi que de ses besoins, comme lui les définit. On a ainsi vu à travers notre entretien que d&#039;une définition des besoins de l&#039;enfant par l&#039;adulte durant les années 60 dans les milieux éducatifs en Suisse, on est passé vers une prise en compte plus réelle des besoins de l&#039;enfant en s&#039;adressent directement à celui-ci et en l&#039;écoutant davantage. La protection de l&#039;enfant est une notion importante dans la construction de ses droits.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme nous l&#039;avons écrit auparavant, son droit à la vie est signifié dans les textes internationaux. De prime abord, le droit à la vie de tout être humain ainsi que le droit à être protégé nous paraît naturel, mais on voit que cela ne va pas de soi. La reconnaissance du droit et besoin de protection de l&#039;enfant est essentielle, car il s&#039;agit d&#039;un être vulnérable et dépendant, soumis au bon vouloir des parents. Cette relation dominant-dominé, où l&#039;un possède un certain pouvoir sur l&#039;autre se retrouve dans bien d&#039;autres populations. Ainsi, d&#039;autres droits développés à partir du milieu du XXe siècle, comme le droits des [[Droits_des_femmes|femmes]], des [[Droits_des_patients_psychiatriques|patients psychiatriques]], des [[Droits des patients (à l&#039;hôpital)|patients hospitaliers]], des [[Droits_des_personnes_en_situation_de_handicap|personnes en situation de handicap]] ou encore des [[Droits_des_prisonniers|prisonniers]] vont dans ce sens. Ce sont toutes des populations sous la domination d&#039;autrui pour lesquelles des luttes se sont développées afin de faire valoir leurs droits, en particulier de parole, écoute, etc. La préoccupation de l&#039;enfant va sans doute de paire avec la conscience de la société de cet enfant comme devenir de la société. En effet, en désirant une société de bons citoyens, épanouis et travailleurs, il faut avant tout s&#039;occuper des conditions et favoriser au mieux le développement harmonieux des enfants. On peut ainsi rapprocher cette volonté d&#039;améliorer la société par le soucis de l&#039;enfant avec l&#039;apparition de l&#039;obligation scolaire pour tous. L&#039;instauration des droits pour l&#039;enfant va cependant plus loin, car elle touche à bien d&#039;autres domaines que l&#039;instruction.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour finir, on peut voir que ces droits reconnus internationalement doivent tout de même continué à être l&#039;objet d&#039;un travail constant, car entre la théorie et la pratique, il y a de grandes différences, même dans nos pays développés. Ainsi, il importe de faire connaître leurs droits aux enfants, de les faire respecter, notamment à travers des instances  et sanctions juridiques à cet égard.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Bibliographie / Webographie ===&lt;br /&gt;
* Droux J.,2011. &#039;&#039;L&#039;internationalisation de la protection de l&#039;enfance : acteurs, concurrences et projets transnationaux (1900-1925)&#039;&#039;. In. Critique internationale, 2011/3 n° 52, p. 17-33&lt;br /&gt;
* Martinetti, F. 2002. &#039;&#039;Les Droits de l&#039;enfant&#039;&#039;. Librio&lt;br /&gt;
* http://cofrade.fr/&lt;br /&gt;
* http://www.humanium.org/fr/&lt;br /&gt;
* http://www.netzwerk-kinderrechte.ch/&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Notes et références ===&lt;br /&gt;
&amp;lt;references/&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Auteurs du chapitre ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Claire Bourgeois Dubois-Ferriere&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
* Katarzyna Milena Fratczak&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
* Victoria Salomon&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Victoria</name></author>
	</entry>
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		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Histoire_des_droits_de_la_personne:_entre_luttes_des_usagers_et_politiques_institutionnelles_1960-1980&amp;diff=13129</id>
		<title>Histoire des droits de la personne: entre luttes des usagers et politiques institutionnelles 1960-1980</title>
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		<updated>2014-01-14T11:17:17Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Victoria : /* Critique de la méthode */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&lt;br /&gt;
== Histoire des droits de la personne: entre luttes des usagers et politiques institutionnelles 1960-1980 ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Introduction ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les années 1960-1980 sont des années de grandes transformations culturelles et sociales avec 1968, une année charnière qui deviendra l&#039;emblème de la contestation portant les valeurs d&#039;une génération, celle du baby-boom. Aujourd&#039;hui l&#039;histoire de cette contestation demande à être comprise dans un temps plus vaste d&#039;un avant, pendant et après Mai 68. Certes, on peut faire remonter la question des droits de la personne à la [http://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9claration_des_droits_de_l%27homme_et_du_citoyen_de_1789 Déclaration des droits de l&#039;hommes et du citoyen] comme une matrice générative d&#039;autres conventions, déclarations et droits. Or, il semblerait que le mouvement de contestation des années 1960-1980 ait poussé plus loin l&#039;exigence démocratique en partant de revendication de populations, elles-mêmes, se sentant non respectées comme des personnes ; notamment les femmes, les détenus, les patients psychiatriques (&amp;quot;[[Droits_des_patients_psychiatriques#Lois_sur_la_psychiatrie|Loi Basaglia]]&amp;quot;), les handicapés (charte de l&#039;[http://fr.wikipedia.org/wiki/ONU ONU] datant de 1975) et les enfants ([http://www.unicef.ch/sites/default/files/attachements/convention_relative_aux_droits_de_lenfant.pdf Convention relative aux droits de l’enfant]). De nouveaux droits liés à l&#039;éthique se sont développés dès les années 1970 autour du respect de la volonté des mourants, avec la pratique des directives anticipées, et plus largement des droits des patients à être traités dans la dignité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Certes, on pourrait rattacher cette histoire à une pré-histoire reliée à d&#039;autres courants comme, par exemple pour les enfants celui de l&#039;éducation nouvelle dont le pédagogue Célestin Freinet en est l&#039;un des fondateurs, et des expériences pédagogiques démocratiques comme celles des écoles nouvelles à la campagne, communautés d&#039;enfants (république d&#039;enfants, Cité d&#039;enfants, village d&#039;enfants). [[Libres enfants de Summerhill (Neill)|Summerhill]] incontestablement sera LE modèle de la seconde moitié du 20e siècle, mais aussi l&#039;expérience de [http://fr.wikipedia.org/wiki/Fernand_Deligny Fernand Deligny] et de communautés thérapeutiques telles que Boulens en Suisse romande [[http://edutechwiki.unige.ch/dewiki/Résumé_film_de_Catherine_Scheuchzer]]. Des racines ainsi plus lointaines peuvent être vues dans la &amp;quot;protection de l&#039;enfance&amp;quot; qui voit déjà en 1924  une convention [http://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/images/f/fb/Declaration-geneve.pdf &amp;quot;Convention de Genève&amp;quot;] dite prémice lointaine de la [http://www.unicef.ch/sites/default/files/attachements/convention_relative_aux_droits_de_lenfant.pdf Convention relative aux droits de l&#039;enfant] en 1989. Il en va de même avec l&#039;histoire des femmes qui revendiquent le droit de vote depuis le 19e siècle (les suffragettes). Or, nous nous attacherons essentiellement à circonscrire une histoire se déroulant pendant une vingtaine d&#039;années autour de nouvelles revendications qui ont pu porter sur des micro-éléments (&amp;quot;petits trucs&amp;quot;, &amp;quot;micro-conflictualités&amp;quot;, petits événements de la vie quotidienne, cas particulier), mais qui sont à rattacher à un &amp;quot;esprit d&#039;un temps&amp;quot; contestataire de la hiérarchie, des pouvoirs constitués (des patrons, des médecins, des &amp;quot;supposés savoirs&amp;quot; notamment) dans une perspective libertaire (liberté de sortir de l&#039;hôpital psychiatrique, liberté d&#039;user de son corps, liberté de sexualité en prison, liberté de parole, de choix, de décision...) et d&#039;exigence de sa réalisation (utopique?) par des actions et manifestations politiques face aux violences institutionnelles (portes fermées, nudité imposée, horaire imposé, cure de sommeil et électrochocs imposés, contention, viol, avortement clandestin, etc.). Peut-on alors y voir une expression de revendication des droits de la personne (autodétermination, autonomie, intégrité, dignité) qui sous-tendrait des droits portant sur un objet particulier (à l&#039;instruction, au salaire égal, à l&#039;avortement, à une &amp;quot;vie comme tout le monde&amp;quot;, à consulter son dossier individuel, aux parloirs sexuels, etc.) ? Ce sera une des questions auxquelles cherchera à répondre cet ouvrage. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un certain nombre de notions et de valeurs démocratiques et libertaires semblent parcourir une histoire longue (du 18e au 21e siècle) avec des incarnations plus ou moins denses selon les périodes. Celles envisagées dans les droits de la personnes pendant la période 1960-1980 s&#039;incarnent dans la liberté certes (valeur première de la Déclaration des droits de l&#039;homme et du citoyen), mais aussi la créativité, l&#039;innovation, la contestation valorisant l&#039;individu et son autonomie, mais aussi le collectif comme matrice créatrice, avec un souci du respect de la différence (une reconnaissance) mais aussi du groupe comme porteur de revendications, un ancrage dans la vie quotidienne et une volonté d&#039;universalisme. La culture contestataire est-elle monolithique ou multiple? Est-elle aussi traversée par des contradictions, des paradoxes: on prône une liberté individuelle dans un carcan idéologique, la lutte est collective pour des droits individuels?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La recherche a abouti à l&#039;écriture de six articles, introduits et conclus par des textes rédigés en communs, qui tous viseront à mieux saisir qui sont les acteurs/trices (intégrés dans un mouvement de revendication ou un courant idéologique contestataire), leurs actions dans l&#039;expérience quotidienne de leurs luttes pour les droits de l&#039;individu et/ou de la personne, les valeurs prônées, les objectifs atteints ou non pour faire valoir les droits des personnes placées dans des institutions dites alors &amp;quot;totalitaires&amp;quot;, tout en cherchant à mieux définir ce que signifient ces droits dans le quotidien institutionnel et personnel.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le travail de cette &amp;quot;communauté de recherche&amp;quot; vise aussi à repérer les ouvrages de références qui ont marqué les acteurs/trices de cette période, des intellectuels ([[Basaglia]], Foucault, [[Une_ société sans école|Illitch]], [http://fr.wikipedia.org/wiki/Erving_Goffman Goffman] entre autres penseurs, parfois utopistes voir visionnaires, ainsi que, suivant la méthode prônée par Michel Foucault dans son ouvrage &#039;&#039;Histoire de la clinique&#039;&#039; notamment, à questionner les faits, à interroger le système, autrement dit à &amp;quot;déconstruire&amp;quot; la réalité pour comprendre les enjeux du pouvoir qui ont traversé les luttes de promotion des droits de la personne dans des champs différents, mais relevant tous d&#039;un rapport entre un pouvoir qui désigne et un individu-objet dont on attend la soumission. Ces ouvrages montrent que les mouvements de contestation se font dans tous les pays ; par exemple, en ce qui concerne l&#039;anti-psychiatrie, les critiques ont eu lieu en Italie avec [[Basaglia]] mais également aux États-Unis avec Goffman. Ainsi que ce soit le pédagogue et l&#039;élève  &amp;quot;difficile&amp;quot;, déviant, handicapé, le médecin et le patient désigné, le juge qui désigne les degrés de culpabilité d&#039;un &amp;quot;coupable&amp;quot; ou l’État qui décide de la responsabilité civique ou non des femmes (et des jeunes), partout se modèlent et se modulent des relations différentes à l&#039;intérieur d&#039;une structure hiérarchique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des acteurs/actrices seront interrogés afin de mieux saisir leur engagement, les valeurs qu&#039;ils ont prônées, la conscience qu&#039;ils ont eu de déstabiliser le pouvoir médical, l&#039;institution totalitaire, pour des alternatives dont on interrogera leur devenir subversif: communautés d&#039;enfants, communautés thérapeutiques en milieu psychiatrique, en milieu carcéral (notamment la Pâquerette à Genève) et plus généralement dans l&#039;éducation spécialisée. Mais c&#039;est fondamentalement la question de la revendication des droits de la personne qui sera l&#039;objet de ce questionnement. Il s&#039;agira dans un premier temps de mieux comprendre ce qui différencie les droits de la personne, des droits de l&#039;homme érigés au 18e siècle, et de comprendre les enjeux des luttes pour voir émerger ces &amp;quot;nouveaux&amp;quot; droits et les formes qu&#039;ils ont prises: droit à la parole, droit de sortie, droit à l&#039;avortement, droit à consulter son dossier médical, etc...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au moyen de cinq questions ouvertes, il s&#039;agit de récolter leurs témoignages afin de mieux comprendre les ressorts de leur engagement (politique, idéologique, éthique), les événements qui ont marqué cette période 1960-1980, les mobiles des acteurs/trices. [[http://edutechwiki.unige.ch/dewiki/Questions_pour_les_entretiens]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Fondamentalement, c&#039;est à une réflexion sur la construction de la réalité que cet ouvrage invite, celle de la maladie, de la déviance, de la différence, mais aussi à celle des relations entretenues avec des personnes qui sont stigmatisées (handicapées, psychiatrisées, détenues, patients) et/ou placées dans une catégorie sociale dépendante (la femme non-citoyenne, dépendante de l&#039;homme, l&#039;enfant de ses parents). L&#039;institution réifie l&#039;individu et lui fait perdre ses droits et c&#039;est donc bien une volonté de récupérer une place d&#039;acteur, de prendre la parole, de donner haut et fort son avis qui va mobiliser les acteurs des luttes, en particulier dans l&#039;après 68. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C&#039;est aussi &#039;&#039;in fine&#039;&#039; un questionnement sur l&#039;histoire et ses changements, lesquels demandent à s&#039;interroger sur la place accordée, dans le temps, aux personnes en difficultés quelles qu&#039;elles soient et sur la nécessité dans le domaine des droits de la personne à rester vigilant afin de ne pas perdre ce qui a été acquis parfois de haute lutte et d&#039;étendre encore les valeurs sur lesquelles ils reposent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Revue de la littérature ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La &amp;quot;matrice générative&amp;quot; des droits de la personne est bien la Déclaration des droits de l&#039;homme et du citoyen : une &amp;quot;matrice&amp;quot; juridique à partir de laquelle vont se développer d&#039;autres droits, règlementations et conventions. Pour couvrir les différents champs de la réalité sociale qui ont été touchés par la créativité des acteur/trice/s (qu&#039;ils aient été des militant/e/s ou des réformateur/trice/s) particulièrement active dans les années 1960-1980 et les changements opérés, il est nécessaire de se référer aux auteur/e/s qui, autant dans le champ du handicap, des patients de l&#039;hôpital, des usagers de la psychiatrie, des détenus, des [[Droits_des_enfants|enfants]] et des femmes, ont proposé des approches nouvelles, des concepts voire des pratiques novatrices.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Certes, il n&#039;y a pas un moment particulier où commencerait une lutte pour les droits de la personne. Cette question s&#039;inscrit dans une histoire longue de la constitution des droits, de la &amp;quot;fabrication&amp;quot; de l&#039;individu, de la conception de la personne comme être sensible, consciente d&#039;elle-même. Il en va de même pour des pratiques qui certes ont été promues pendant cette période comme, par exemple, les communautés de vie, mais il existe des traditions qui peuvent remonter bien avant les années 60. C&#039;est le cas avec la communauté d&#039;enfants de Summerhill en Angleterre créée par Alexander S. Neill. Dans son livre [[Libres enfants de Summerhill (Neill)]], on peut déceler la place centrale de la notion de liberté dans sa conception de l&#039;éducation et de l&#039;instruction des enfants. Selon cet auteur, on ne peut construire de collectif cohérent qu&#039;en respectant la liberté des individus. Les violences, les incivilités ne sont pour lui que le produit des incohérences de la société, qui frustrent l&#039;individu et qui, à vouloir trop l&#039;uniformiser, en brisent les richesses. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans la fin des années soixante, la critique des institutions psychiatriques surgissent. Une mise en évidence des conditions de vie des patients psychiatriques se fait notamment par [[Basaglia]] en Italie. Ce qu&#039;il rencontre dans cet univers le pousse à créer des lieux de vie plus accueillants où l&#039;on donnerait plus de liberté à la personne psychiatrique ; c&#039;est ce qu&#039;il appelle les communautés thérapeutiques. Ces bâtiments ouverts sur l&#039;extérieur et où la hiérarchie est horizontale favorise la mobilisation des personnes pour lutter pour la liberté des droits de la personne, et surtout la liberté des droits de la personne psychiatrique. [[Basaglia]] est donc probablement l&#039;un des auteurs de l&#039;époque qui a influencé les acteurs/actrices que nous avons interrogés pour notre recherche. Un discours pareil est ténu par Goffman aux Etats-Unis. Dans son livre « Asiles, études sur la condition sociale des malades mentaux », l’auteur se penche sur le déroulement du quotidien des patients vivant dans ce qu’il appelle une « institution totalitaire ». Ce personnes, privées de tout droit, sont à la merci des médecins, du personnel soignant et du fonctionnement de l’hôpital qui est désormais leur lieu de vie. En effet, l’hôpital psychiatrique ne vise pas à soigner, mais à exclure de la société les personnes qui dérangent par leur comportement.   Fondamentalement, la critique est politique, sociale, mais aussi épistémologique: on s&#039;attaque à la réalité qui est un &amp;quot;construit&amp;quot; social. Ce qui explique aussi l&#039;attention mise à la vie quotidienne (voire Goffman, mais aussi Lucien Lefebvre notamment). Le quotidien devenant matrice de la relation créative autant que de la subversion, dans une tradition qui s&#039;inspire d&#039;ailleurs des surréalistes des années 20 (voire notamment [http://fr.wikipedia.org/wiki/Georges_Perec Georges Perec]). L&#039;approche constructionniste de Kenneth Gergen, aujourd&#039;hui, poursuit cette tradition voyant dans la relation la matrice de cette construction de la réalité allant jusqu&#039;à affirmer que l&#039;individu n&#039;existe pas en-dehors de la relation qui le &amp;quot;produit&amp;quot; [[http://www.taosinstitute.net]]. Une autre manière de montrer, comme l&#039;a fait Foucault, que l&#039;individu est aussi une construction sociale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les droits de la personne: un concept complexe  ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La thématique des droits de la personne oblige à réfléchir sur le concept et à le relier ou détacher d&#039;autres concepts: celui de l&#039;individu, celui du sujet (de droit) et celui de l&#039;humain.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La plupart des revendications peuvent être reliées aux &amp;quot;droits de la personne&amp;quot;. Or ceux-ci sont rarement explicités. Lorsqu&#039;ils le sont c&#039;est en référence à la &amp;quot;liberté individuelle&amp;quot;, au droit à la parole, au choix (de traitement notamment) et à la dignité. Souvent, ce sont des valeurs individualistes qui sont prônées même si elles le sont par un collectif (association, comité, mouvement contestataire manifestant collectivement dans la rue) et qui fondent un certain &amp;quot;esprit&amp;quot; du droit de la personne. C&#039;est par le regroupement de plusieurs personnes qui ont des valeurs communes (telles que le libre choix,l&#039;intégrité physique) que le changement peut s&#039;opérer. En effet, à travers notre recherche nous avons pu voir que, qu&#039;il s&#039;agisse des droits des prisonniers, des droits des patients à l&#039;hôpital, des droits des patients psychiatriques ou des droits des femmes, les changements constatés se sont fait par l&#039;intermédiaire de mouvements, d&#039;associations, de fondations...&lt;br /&gt;
On peut noter la particularité du champ des droits des personnes en situation en handicap, ou des droits des patients en psychiatrie, par le fait que ces personnes ne disposent elles-mêmes pas des facultés à défendre leurs propres droits. Il revient alors à leur entourage, aux professionnels, et enfin à la société toute entière, de se porter garante du respect de ces droits. La société en protégeant ces personnes, en les considérant comme faisant partie intégrante des individus qui la composent, effectue alors un grand pas dans les valeurs qu&#039;elle véhicule. L&#039;idéologie en effet, doit être collective, pour prendre du sens pour tous. Mais les actes permettant cette évolution, restent bien souvent le fait d&#039;individus, qui, plus que d&#039;autres, poussés par un idéal, portent des actions progressistes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le terme personne est à distinguer d&#039;individu (voire de &amp;quot;cas&amp;quot;) en ce qui laisse entendre une capacité de droit et une place comme partenaire dans la relation (éducative, thérapeutique notamment) et les échanges de communication. Ceci peut s&#039;incarner dans des pratiques sociales élémentaires comme de désigner la personne par son nom, la vouvoyer (en langue française en particulier!), jusqu&#039;à la fermeture des hôpitaux psychiatriques par exemple. Mais c&#039;est surtout sur le plan juridique, de ses droits civils et politiques, que les luttes ont été menées: de l&#039;admission volontaire au droit de sortie pour les patients psychiatrique par exemple. Du côté des prisons, les revendications touchent aussi l&#039;individu dans son corps et son esprit: droit à l&#039;intégrité physique et morale, le droit à des conditions de vie appropriées, ou encore le droit à la santé. C&#039;est donc au nom du respect de la personne en tant qu&#039;être humain que les différentes organisations ont milité, bien que ceci n&#039;ait pas été et ne soit toujours pas quelque chose de facile. En effet, la prison demeure un lieu où l’on a de la difficulté à considérer les criminels comme des êtres humains. De ce fait, la population ne semble pas être en mesure de concevoir que ces personnes possèdent également des droits. &lt;br /&gt;
Pour changer les mentalités, nous pourrions poser le problème de la réinsertion. En effet, si l&#039;on ôte tout droit aux prisonniers, comment espérer les réinsérer dans la société. Peut-on véritablement rendre un Homme &amp;quot;meilleur&amp;quot; en lui enlevant toute dignité?   &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Du côté des [[Droits des enfants|enfants]], le droit s&#039;est surtout construit à partir de la considération de l&#039;enfant en tant qu&#039;individu ayant des droits propres, notamment liés à la protection, à la parole et l&#039;écoute, mais également aux autres besoins fondamentaux qu&#039;il peut présenter. En fait, la reconnaissance des droits de l&#039;enfant lui ont conféré peu à peu un rôle plus actif dans sa propre existence, comme par exemple par une considération plus importante de ses opinions dans les choix qui le concerne. Du coté des [[Droits des femmes|femmes]], les contestations se font sur plusieurs plans, mais ce qui est surtout recherché c&#039;est l&#039;égalité avec les hommes. Cette égalité passe donc par la ré-appropriation de leur corps, la liberté de choisir une contraception et la liberté de penser différemment. En ce qui concerne les droits des patients psychiatriques, l’on peut remarquer comme la lutte concernant vise une revendication juridique en passant à travers l’humanisation de cette population. En effet, la conception de ce que l’on appelle aujourd’hui les troubles psychiques, est en constante évolution, influencée par les croyances et les valeurs de la société. La reconnaissance des droits des patients psychiatriques vise la reconnaissance de ces personnes comme étant des êtres humains, l’égalité de traitements face à la loi et l’autodétermination et la liberté d’être tous égaux dans nos diversités.  Nous pouvons donc rapprocher ces faits au droit du consentement de la personne et de l&#039;intégrité physique. Ces droits et les droits d&#039;être informé touchent d&#039;ailleurs le quotidien médical et la lutte pour les droits des patients. Les droits des patients touchent la sphère politique et juridique où une bataille s&#039;est générée contre la liberté thérapeutique des médecins considérés comme subordonnés au droit d&#039;autodétermination du patient. Valoriser le rôle des patients en tant que partenaires critiques des médecins, du personnel médical ou encore de les responsabiliser pour éviter des difficultés lors de leur traitement permettraient d&#039;améliorer la qualité des soins dans le domaine de la santé du patient.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Paradoxalement ce sont des luttes (collectives, pour la communauté) qui ont ainsi contribué à construire la notion de personne comme corps, identité physique, morale, psychologique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En outre, concernant [http://edutechwiki.unige.ch/dewiki/Droits_des_patients_%28%C3%A0_l%27h%C3%B4pital%29 les droits des patients (à l&#039;hôpital)] et les droits [http://edutechwiki.unige.ch/dewiki/Droits_des_patients_psychiatriques des patients psychiatriques], il est à remarquer que ces droits peuvent rapidement se révéler ambigus. En effet, la légitimité du secret médical, de l&#039;asymétrie de l&#039;expertise médicale, peuvent davantage protéger le médecin que le patient. Nous avons relevé par exemple des cas où ce sont les patients qui ont dû subir des conséquences, tant au niveau de leur reconnaissance, en tant que victimes, qu&#039;au niveau économique, car elles n&#039;ont pas pu prouver que le médecin qui leur avait causé du tort était véridiquement coupable d&#039;expériences illicites sur eux. Nous pouvons nous demander dans quelle mesure ces droits permettent, intelligemment, à la médecine d&#039;opacifier la recherche médicale et par la même la problématique du patient-cobaye. Problématique qui est de nos jours, une contrainte pour faire avancer la science en toute légalité. Finalement, il faudrait se demander si l&#039;être humain dépend d&#039;expériences faites sur un groupe restreint de personnes. La réponse est oui, passablement des expériences se font avec très peu de personnes pour appliquer les résultats à grande échelle. Par exemple, cela s&#039;est observé avec la morphine concernant le traitement des douleurs. Un médecin, un jour ou l&#039;autre, s&#039;est de toute façon risqué, initialement, à injecter dans un corps appartenant à une personne, cette substance considérée comme stupéfiant auparavant. Une autre expérience de ce même type, à hôpital de Saint-Gall en Suisse, était l&#039;application d&#039;ampoules bleues de méthylène dans le ventre des patients non-informés. Ils essayaient de soigner, par ce biais, leurs occlusions gastriques qui a fini par les tuer.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Méthode ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La récolte d&#039;un récit personnel, afin d&#039;approcher l&#039;histoire d&#039;une période et de constituer une archive orale, a une tradition en sciences humaine et sociale. L&#039;ouvrage &amp;quot;Le cheval d&#039;orgueil&amp;quot; de Pierre Jakez Hélias paru en 1975 est souvent présenté comme un détonateur de l&#039;usage des récits de vie pour décrire la réalité sociale et culturelle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Diverses disciplines ont intégré la narration comme un moyen d&#039;approcher la réalité vue à travers un individu ou un groupe, que cela soit en sociologie, en histoire, en médecine, en sciences de l&#039;éducation, en ethnologie et même en littérature.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les travaux de [http://fr.wikipedia.org/wiki/Philippe_Lejeune_%28auteur%29 Philippe Lejeune] ont contribué à collecter des récits sous formes notamment autobiographiques qui sont déposés à [http://association.sitapa.org/accueil.php l&#039;Association pour l&#039;autobiographie] près de Lyon.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La démarche effectuée dans le cadre de cette recherche d&#039;intelligence collective relève de la collecte de récits. La personne interviewée est considérée comme un témoin de son temps. L&#039;histoire se construit dans l&#039;échange grâce aux questions posées [[Questions_pour_les_entretiens]], lesquelles doivent donner lieu à une narration libre, reliée aux souvenirs de la personne. Il s&#039;agit d&#039;être dans une écoute bienveillante d&#039;un récit narré afin de venir combler l&#039;intérêt des étudiant/e/s qui sont les récepteur/trice/s respectueux et curieux de cette histoire. Même si pour certains étudiants, relancer ces questions a permis à l&#039;interviewé de se recentrer sur le sujet. Lors de l&#039;interview et comme étape préalable à l&#039;introduction de ces questions, l&#039;explication de cette recherche collective a fait comprendre à certains interviewés l&#039;importance de leurs témoignages.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La démarche de &amp;quot;biographies narratives&amp;quot;, telle qu&#039;elle devrait être développée dans cette démarche citoyenne, relève de compétences relationnelles, humaines, particulièrement formatrices aux métiers de l&#039;humain. Elle demande du tact, de l&#039;écoute, de la curiosité intelligente (capacité de s&#039;adapter dans le cadre de l&#039;entretien). Il s&#039;agit de laisser de l&#039;espace et de la liberté aux personnes interviewées. Par conséquent, seules des questions générales et ouvertes assureront la liberté de narrer. Les méthodes d&#039;entretien se distinguent par la mise en œuvre des processus fondamentaux de communication et d&#039;interaction humaine. Ces processus permettent au chercheur de retirer de ses entretien des informations et éléments de réflexion riches en nuances. Nous accorderons un long temps de réponse, afin de laisser à la personne la possibilité de se souvenir et de raconter l&#039;histoire et son histoire, tout en restant attentive qu&#039;elle ne se perde pas dans des chemins trop éloignés. Elle ne relève pas d&#039;une &amp;quot;conduite d&#039;entretien&amp;quot; particulière, comme l&#039;a développée par exemple Boutin (2006), mais elle relève sans aucun doute d&#039;une approche qualitative.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans la plupart des cas, les étudiants n&#039;ont pas transmis au préalable les questions qui allaient être abordées dans l&#039;entretien à leur témoin. Pourtant, il est possible que cette démarche donne la possibilité aux personnes interviewées de prendre du temps pour récupérer leurs souvenirs en mémoire et ainsi construire un récit plus riche que lors d&#039;une réponse spontanée. Toutefois, cette démarche peut également faire perdre quelque peu aux intervieweurs/euses le contrôle de l&#039;entretien, avec un témoin qui se raconte, sans un réel cadre établi, puisqu&#039;il sait sur quels chemins on va l&#039;amener. Ainsi, le cadrage de l&#039;entretien est d&#039;autant moins aisé, car l’intervieweur perd un peu son contrôle sur celui-ci, qu&#039;il aurait pu exercer notamment par la succession des questions.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour d&#039;autres étudiants, la transmission des questions préalablement a permis aux interviewés d&#039;affiner leur mémoire en développant leurs réponses pour que leur récit soit accompagné par des souvenirs marquants. Ils ont d&#039;ailleurs fait appel aux gestes pour appuyer leurs témoignages en laissant entendre à leurs interlocuteurs que leur lutte ne cessait pas. &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Les réactions (y compris non verbales) encouragent un récit qui se construit dans la relation. Celui-ci devrait être, par définition, original (même si certain/e témoins racontent pour la Xème fois leur &amp;quot;histoire&amp;quot;, leur &amp;quot;légende&amp;quot;), puisqu&#039;il est raconté à de nouvelles personnes. L&#039;attitude du/des collecteur/trice/s de récits favorise (ou non) l&#039;expression (et ce jusqu&#039;à la confidence) et permet, qui sait, aux témoins d&#039;innover, de se déplacer dans leur narration, de raconter une histoire nouvelle, vraiment originale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Critique de la méthode ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A travers cette expérience, nous avons en tant &amp;quot;qu&#039;apprentis chercheurs&amp;quot; appris à mener un entretien semi-directif. Malgré le fait que nous avions beau imaginer le déroulement de notre entretien, nous avons rencontré quelques difficultés lors de la passation de ceux-ci. Tout d&#039;abord, il a fallu faire face au personnage que nous avions en face de nous. En effet, comme nous l&#039;avons expliqué, ces personnes ont, pour la plupart, été des militants en faveur des droits de la personne. Parfois, leur engagement a été tellement fort, qu&#039;elles sont devenues des &amp;quot;icônes&amp;quot; dans le combat de ces droits. Nous avons donc dû faire face à leur agacement et leur lassitude face à nos questions qui pouvaient certes être considérées comme trop larges. Ceci nous amène donc à penser que le choix de faire des questions ouvertes, pour que chacun puisse raconter ce dont il a envie, n&#039;était peut-être pas judicieux pour toutes les personnes que nous avons interviewées. Par contre, pour d&#039;autres &amp;quot;icônes&amp;quot; habituées à discuter, même au parlement, ces questions étaient importantes à partir du moment où on allait les analyser par la suite au sein d&#039;une recherche et ils ont répondu le plus précisément possible. Lorsqu&#039;on a présenté ces questions au sein d&#039;une recherche pour un cours universitaire, elles ont été prises sérieusement, sans nous faire remarquer de près le type de question ou les liens entre elles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De plus, il s&#039;est avéré que pour certains témoins, les questions étaient peu adéquates puisqu&#039;elles positionnaient cette personne en tant que &amp;quot;militante&amp;quot; peut-être trop directement. De même, le mot &amp;quot;droit&amp;quot; se trouvait être un peu fort pour parler de certains engagements, qui ont probablement contribué ou du moins retracent les changements de ces droits, certes, mais ne se positionnaient pas à la base comme des engagements pour les droits d&#039;une population. C&#039;est pourquoi, pour certaines questions, nous avons utilisé d&#039;autres termes (moins forts) ou nous les avons posées différemment, tout en respectant l&#039;idée fondamentale de celles-ci. Cependant, le fait de faire des questions différentes et précises pour chacun des acteurs, nous aurait fortement contraints pour l&#039;analyse transversale des entretiens. &amp;lt;br /&amp;gt; De plus, lors de certains entretiens, les acteurs se sont laissés emporter par leurs émotions. Il n&#039;était donc pas évident de gérer les pleurs rencontrés. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un cas de figure était, pour ceux qui ont eu l&#039;occasion de faire deux interviews, la position de collecteur/trice/s au niveau générationnel, à savoir faire face à une génération plus âgée, était enveloppée, pour les deux cas, d&#039;une écoute éveillée peut-être parce que leurs récits nous touchaient de près ou parce de la sagesse émanait de certains interviewés. Pour l&#039;un des interviewés, il a suscité en nous un rappel vers les droits de nos proches et, pour l&#039;autre, il nous a sensibilisé vers une menace toujours présente des droits de la personne dans le pays où nous séjournons, la Suisse. Même si l&#039;un des ces interviewés était une personnalité fédérale, le reflet de son authenticité nous a fait croire à son récit et il nous a appris plus sur les droits de la personne, qui sont par ailleurs également &amp;quot;nos droits&amp;quot;. Le rapport entre les interlocuteurs a pu être franc et nous avons ressentis que l&#039;un des interviewés nous avait confié une mission, celle de divulguer des faits. C&#039;était pour certains collecteur/trice/s un moment très intense, de vérité et jamais oublié. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Parfois, nous avons pu nous confronter à la difficulté de recentrer la discussion vers les sujets qui nous intéressent. Comme tout un chacun, les acteurs peuvent certes parler du passé, mais en tant que militants ils auront, si leur combat est toujours vivant, tendance à parler plus du présent, et de ce qu&#039;il reste à faire. Pour que nous soyons aussi amenés à prendre la relève. Il faut alors savoir &amp;quot;lire entre les paroles&amp;quot;, pour récolter des informations sur la période qui nous intéresse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il aurait peut-être été profitable de mettre à disposition de tous les acteurs les questions de l&#039;entretien à l&#039;avance. Cela aurait permis de recentrer le débat, de rappeler plus facilement les questions de recherche. Un cas de figure était pour ceux qui l&#039;on fait et qui ont reçu, en tant que collecteur/trice/s spontanément et préalablement à l&#039;interview tête à tête, des réponses écrites aux questions, de la part des interviewés. Ces réponses ont permis de mieux connaître l&#039;interviewé, son parcours, ses valeurs, son engagement pour les droits de la personne. La pré-analyse de ces réponses par écrit a permis entre autres de revenir encore une fois sur les questions et de solliciter l&#039;interviewé en confiance pour continuer à expliciter certains souvenirs marquants et enrichissants pour cette recherche. Pour les collecteur/trice/s ce va-et-vient entre les réponses écrites à l&#039;avance et la poursuite du récit a engendré une appropriation du sujet, bénéficiant ainsi la cohérence et la compréhension pour eux-mêmes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Autrement, une des questions qui permettrait de situer l&#039;interviewé sur le passé sans revenir immédiatement dans son discours sur le présent est [[Questions pour les entretiens|la question 2]]. Elle aurait pu être formulée ainsi : Y a-t-il un événement originel durant la période de votre engagement ? Pourriez-vous revenir sur le passé et nous raconter un ou des événements marquants que vous avez menés ou qui vous ont frappés durant une certaine période en faveur de ces droits ? Sinon [[Questions pour les entretiens|la question 5]] fait l&#039;effet contraire en revenant sur le pas d&#039;aujourd&#039;hui comme conséquence du passé : Qu&#039;en est-il aujourd&#039;hui de cette lutte et des acquis et des risques de retour en arrière? Sur quoi faudrait-il continuer de se battre de lutter? Continuez-vous aujourd&#039;hui à vous engager et sur quoi? Donc, il n&#039;est pas étonnant d&#039;entendre les interviewés parler sur leur présent et ainsi, pourquoi ne serait-il pas envisageable de leur demander : Est-ce que l&#039;un des sujets de votre engagement pour les droits de la personne (patient, enfant, prisonnier...) continue à être d&#039;actualité aujourd&#039;hui ? Lequel ? Pourriez-vous nous l&#039;expliciter s&#039;il vous plaît ? &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quant aux valeurs des témoins, ces dernières ont été évoquées suite à la question formulée qui a engendré aussi des souvenirs vers un événement marquant lié à leurs valeurs et pour la lutte des droits de la personne.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En outre, peut-être peut-on reprocher aussi le manque de temps pour chaque entretien. Au vu de la méthodologie d&#039;entretien semi-directif et biographique, des entretiens d&#039;1h30 ne permettent pas toujours des digressions chronophages. Des entretiens plus longs, dont on aurait pu ressortir la quintessence auraient pu être bénéfiques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Enfin, la relation biographique n&#039;a pas toujours permis que les questions soient posées comme souhaitées et prises dans l&#039;échange. L&#039;entretien a pu prendre la forme d&#039;une discussion à bâtons rompus en un dialogue qui finalement a échappé aux récolteurs/teuses de récits. On peut noter, par ailleurs, que la distance générationnelle entre les récolteurs/teuses et l&#039;interviewé a pu donner à ce dernier/ère l&#039;envie de transmettre le passé, mais surtout d&#039;avertir et de former pour aujourd&#039;hui. Le retour sur des faits historiques n&#039;est pas chose aisée à réaliser.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Certains ont dû faire face à des difficultés techniques concernant l&#039;enregistrement de l&#039;interview. En effet, l&#039;appareil enregistreur est tombé en panne. Heureusement, que nous avions un autre enregistreur qui a pris le relais immédiatement car la prise de note n&#039;aurait fait que retarder l&#039;interview.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quoi qu&#039;il en soit [[Retranscriptions des entretiens|neuf entretiens]] ont été effectués, lesquels ont permis de construire une histoire qui s&#039;est étendue entre les années 1960 (engagement de Mme [[Amélia Christinat]]) et aujourd&#039;hui (engagement de Mme Margrit Kessler, conseillère nationale de Saint-Gall).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des thématiques (problématiques) plus fines ont pu être définies à partir des récits récoltés. Soit:&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
– le droit des [[Droits des enfants|enfants]] à travers le prisme de l&#039;éducation&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
– le droit des [[Droits des femmes|femmes]] pour la liberté de leur corps (l&#039;intégrité physique), et plus généralement pour le droit à leur autonomie &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
– le  droit à l&#039;intégrité physique et morale des [[Droits des prisonniers|détenus]] en Suisse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
– la lutte contre les abus de la [[Droits_des_patients_psychiatriques|psychiatrie]] &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
– la prise en compte des personnes en situation de [[Droits des personnes en situation de handicap|handicap]] dans ce champ  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
– le droit à être informé pour que les [[Droits des patients (à l&#039;hôpital)|patients]] ne deviennent pas les cobayes, des expériences scientifiques&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;analyse sera alors traversante permettant de mieux comprendre ce temps de l&#039;innovation, de la contestation, de la réforme des grandes institutions qui structurent le social et la culture occidentale depuis le 19e siècle: l&#039;hôpital, l&#039;hôpital psychiatrique, l&#039;école, le tribunal, la prison, le code civil, les institutions spécialisées: qui sont ces acteur/trice/s engagés, quelles ont été leurs idées et leurs valeurs, quelles ont été leurs actions et leurs victoires, leurs échecs aussi?&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Victoria</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Histoire_des_droits_de_la_personne:_entre_luttes_des_usagers_et_politiques_institutionnelles_1960-1980&amp;diff=13128</id>
		<title>Histoire des droits de la personne: entre luttes des usagers et politiques institutionnelles 1960-1980</title>
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		<updated>2014-01-14T11:16:01Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Victoria : /* Critique de la méthode */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&lt;br /&gt;
== Histoire des droits de la personne: entre luttes des usagers et politiques institutionnelles 1960-1980 ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Introduction ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les années 1960-1980 sont des années de grandes transformations culturelles et sociales avec 1968, une année charnière qui deviendra l&#039;emblème de la contestation portant les valeurs d&#039;une génération, celle du baby-boom. Aujourd&#039;hui l&#039;histoire de cette contestation demande à être comprise dans un temps plus vaste d&#039;un avant, pendant et après Mai 68. Certes, on peut faire remonter la question des droits de la personne à la [http://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9claration_des_droits_de_l%27homme_et_du_citoyen_de_1789 Déclaration des droits de l&#039;hommes et du citoyen] comme une matrice générative d&#039;autres conventions, déclarations et droits. Or, il semblerait que le mouvement de contestation des années 1960-1980 ait poussé plus loin l&#039;exigence démocratique en partant de revendication de populations, elles-mêmes, se sentant non respectées comme des personnes ; notamment les femmes, les détenus, les patients psychiatriques (&amp;quot;[[Droits_des_patients_psychiatriques#Lois_sur_la_psychiatrie|Loi Basaglia]]&amp;quot;), les handicapés (charte de l&#039;[http://fr.wikipedia.org/wiki/ONU ONU] datant de 1975) et les enfants ([http://www.unicef.ch/sites/default/files/attachements/convention_relative_aux_droits_de_lenfant.pdf Convention relative aux droits de l’enfant]). De nouveaux droits liés à l&#039;éthique se sont développés dès les années 1970 autour du respect de la volonté des mourants, avec la pratique des directives anticipées, et plus largement des droits des patients à être traités dans la dignité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Certes, on pourrait rattacher cette histoire à une pré-histoire reliée à d&#039;autres courants comme, par exemple pour les enfants celui de l&#039;éducation nouvelle dont le pédagogue Célestin Freinet en est l&#039;un des fondateurs, et des expériences pédagogiques démocratiques comme celles des écoles nouvelles à la campagne, communautés d&#039;enfants (république d&#039;enfants, Cité d&#039;enfants, village d&#039;enfants). [[Libres enfants de Summerhill (Neill)|Summerhill]] incontestablement sera LE modèle de la seconde moitié du 20e siècle, mais aussi l&#039;expérience de [http://fr.wikipedia.org/wiki/Fernand_Deligny Fernand Deligny] et de communautés thérapeutiques telles que Boulens en Suisse romande [[http://edutechwiki.unige.ch/dewiki/Résumé_film_de_Catherine_Scheuchzer]]. Des racines ainsi plus lointaines peuvent être vues dans la &amp;quot;protection de l&#039;enfance&amp;quot; qui voit déjà en 1924  une convention [http://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/images/f/fb/Declaration-geneve.pdf &amp;quot;Convention de Genève&amp;quot;] dite prémice lointaine de la [http://www.unicef.ch/sites/default/files/attachements/convention_relative_aux_droits_de_lenfant.pdf Convention relative aux droits de l&#039;enfant] en 1989. Il en va de même avec l&#039;histoire des femmes qui revendiquent le droit de vote depuis le 19e siècle (les suffragettes). Or, nous nous attacherons essentiellement à circonscrire une histoire se déroulant pendant une vingtaine d&#039;années autour de nouvelles revendications qui ont pu porter sur des micro-éléments (&amp;quot;petits trucs&amp;quot;, &amp;quot;micro-conflictualités&amp;quot;, petits événements de la vie quotidienne, cas particulier), mais qui sont à rattacher à un &amp;quot;esprit d&#039;un temps&amp;quot; contestataire de la hiérarchie, des pouvoirs constitués (des patrons, des médecins, des &amp;quot;supposés savoirs&amp;quot; notamment) dans une perspective libertaire (liberté de sortir de l&#039;hôpital psychiatrique, liberté d&#039;user de son corps, liberté de sexualité en prison, liberté de parole, de choix, de décision...) et d&#039;exigence de sa réalisation (utopique?) par des actions et manifestations politiques face aux violences institutionnelles (portes fermées, nudité imposée, horaire imposé, cure de sommeil et électrochocs imposés, contention, viol, avortement clandestin, etc.). Peut-on alors y voir une expression de revendication des droits de la personne (autodétermination, autonomie, intégrité, dignité) qui sous-tendrait des droits portant sur un objet particulier (à l&#039;instruction, au salaire égal, à l&#039;avortement, à une &amp;quot;vie comme tout le monde&amp;quot;, à consulter son dossier individuel, aux parloirs sexuels, etc.) ? Ce sera une des questions auxquelles cherchera à répondre cet ouvrage. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un certain nombre de notions et de valeurs démocratiques et libertaires semblent parcourir une histoire longue (du 18e au 21e siècle) avec des incarnations plus ou moins denses selon les périodes. Celles envisagées dans les droits de la personnes pendant la période 1960-1980 s&#039;incarnent dans la liberté certes (valeur première de la Déclaration des droits de l&#039;homme et du citoyen), mais aussi la créativité, l&#039;innovation, la contestation valorisant l&#039;individu et son autonomie, mais aussi le collectif comme matrice créatrice, avec un souci du respect de la différence (une reconnaissance) mais aussi du groupe comme porteur de revendications, un ancrage dans la vie quotidienne et une volonté d&#039;universalisme. La culture contestataire est-elle monolithique ou multiple? Est-elle aussi traversée par des contradictions, des paradoxes: on prône une liberté individuelle dans un carcan idéologique, la lutte est collective pour des droits individuels?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La recherche a abouti à l&#039;écriture de six articles, introduits et conclus par des textes rédigés en communs, qui tous viseront à mieux saisir qui sont les acteurs/trices (intégrés dans un mouvement de revendication ou un courant idéologique contestataire), leurs actions dans l&#039;expérience quotidienne de leurs luttes pour les droits de l&#039;individu et/ou de la personne, les valeurs prônées, les objectifs atteints ou non pour faire valoir les droits des personnes placées dans des institutions dites alors &amp;quot;totalitaires&amp;quot;, tout en cherchant à mieux définir ce que signifient ces droits dans le quotidien institutionnel et personnel.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le travail de cette &amp;quot;communauté de recherche&amp;quot; vise aussi à repérer les ouvrages de références qui ont marqué les acteurs/trices de cette période, des intellectuels ([[Basaglia]], Foucault, [[Une_ société sans école|Illitch]], [http://fr.wikipedia.org/wiki/Erving_Goffman Goffman] entre autres penseurs, parfois utopistes voir visionnaires, ainsi que, suivant la méthode prônée par Michel Foucault dans son ouvrage &#039;&#039;Histoire de la clinique&#039;&#039; notamment, à questionner les faits, à interroger le système, autrement dit à &amp;quot;déconstruire&amp;quot; la réalité pour comprendre les enjeux du pouvoir qui ont traversé les luttes de promotion des droits de la personne dans des champs différents, mais relevant tous d&#039;un rapport entre un pouvoir qui désigne et un individu-objet dont on attend la soumission. Ces ouvrages montrent que les mouvements de contestation se font dans tous les pays ; par exemple, en ce qui concerne l&#039;anti-psychiatrie, les critiques ont eu lieu en Italie avec [[Basaglia]] mais également aux États-Unis avec Goffman. Ainsi que ce soit le pédagogue et l&#039;élève  &amp;quot;difficile&amp;quot;, déviant, handicapé, le médecin et le patient désigné, le juge qui désigne les degrés de culpabilité d&#039;un &amp;quot;coupable&amp;quot; ou l’État qui décide de la responsabilité civique ou non des femmes (et des jeunes), partout se modèlent et se modulent des relations différentes à l&#039;intérieur d&#039;une structure hiérarchique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des acteurs/actrices seront interrogés afin de mieux saisir leur engagement, les valeurs qu&#039;ils ont prônées, la conscience qu&#039;ils ont eu de déstabiliser le pouvoir médical, l&#039;institution totalitaire, pour des alternatives dont on interrogera leur devenir subversif: communautés d&#039;enfants, communautés thérapeutiques en milieu psychiatrique, en milieu carcéral (notamment la Pâquerette à Genève) et plus généralement dans l&#039;éducation spécialisée. Mais c&#039;est fondamentalement la question de la revendication des droits de la personne qui sera l&#039;objet de ce questionnement. Il s&#039;agira dans un premier temps de mieux comprendre ce qui différencie les droits de la personne, des droits de l&#039;homme érigés au 18e siècle, et de comprendre les enjeux des luttes pour voir émerger ces &amp;quot;nouveaux&amp;quot; droits et les formes qu&#039;ils ont prises: droit à la parole, droit de sortie, droit à l&#039;avortement, droit à consulter son dossier médical, etc...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au moyen de cinq questions ouvertes, il s&#039;agit de récolter leurs témoignages afin de mieux comprendre les ressorts de leur engagement (politique, idéologique, éthique), les événements qui ont marqué cette période 1960-1980, les mobiles des acteurs/trices. [[http://edutechwiki.unige.ch/dewiki/Questions_pour_les_entretiens]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Fondamentalement, c&#039;est à une réflexion sur la construction de la réalité que cet ouvrage invite, celle de la maladie, de la déviance, de la différence, mais aussi à celle des relations entretenues avec des personnes qui sont stigmatisées (handicapées, psychiatrisées, détenues, patients) et/ou placées dans une catégorie sociale dépendante (la femme non-citoyenne, dépendante de l&#039;homme, l&#039;enfant de ses parents). L&#039;institution réifie l&#039;individu et lui fait perdre ses droits et c&#039;est donc bien une volonté de récupérer une place d&#039;acteur, de prendre la parole, de donner haut et fort son avis qui va mobiliser les acteurs des luttes, en particulier dans l&#039;après 68. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C&#039;est aussi &#039;&#039;in fine&#039;&#039; un questionnement sur l&#039;histoire et ses changements, lesquels demandent à s&#039;interroger sur la place accordée, dans le temps, aux personnes en difficultés quelles qu&#039;elles soient et sur la nécessité dans le domaine des droits de la personne à rester vigilant afin de ne pas perdre ce qui a été acquis parfois de haute lutte et d&#039;étendre encore les valeurs sur lesquelles ils reposent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Revue de la littérature ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La &amp;quot;matrice générative&amp;quot; des droits de la personne est bien la Déclaration des droits de l&#039;homme et du citoyen : une &amp;quot;matrice&amp;quot; juridique à partir de laquelle vont se développer d&#039;autres droits, règlementations et conventions. Pour couvrir les différents champs de la réalité sociale qui ont été touchés par la créativité des acteur/trice/s (qu&#039;ils aient été des militant/e/s ou des réformateur/trice/s) particulièrement active dans les années 1960-1980 et les changements opérés, il est nécessaire de se référer aux auteur/e/s qui, autant dans le champ du handicap, des patients de l&#039;hôpital, des usagers de la psychiatrie, des détenus, des [[Droits_des_enfants|enfants]] et des femmes, ont proposé des approches nouvelles, des concepts voire des pratiques novatrices.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Certes, il n&#039;y a pas un moment particulier où commencerait une lutte pour les droits de la personne. Cette question s&#039;inscrit dans une histoire longue de la constitution des droits, de la &amp;quot;fabrication&amp;quot; de l&#039;individu, de la conception de la personne comme être sensible, consciente d&#039;elle-même. Il en va de même pour des pratiques qui certes ont été promues pendant cette période comme, par exemple, les communautés de vie, mais il existe des traditions qui peuvent remonter bien avant les années 60. C&#039;est le cas avec la communauté d&#039;enfants de Summerhill en Angleterre créée par Alexander S. Neill. Dans son livre [[Libres enfants de Summerhill (Neill)]], on peut déceler la place centrale de la notion de liberté dans sa conception de l&#039;éducation et de l&#039;instruction des enfants. Selon cet auteur, on ne peut construire de collectif cohérent qu&#039;en respectant la liberté des individus. Les violences, les incivilités ne sont pour lui que le produit des incohérences de la société, qui frustrent l&#039;individu et qui, à vouloir trop l&#039;uniformiser, en brisent les richesses. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans la fin des années soixante, la critique des institutions psychiatriques surgissent. Une mise en évidence des conditions de vie des patients psychiatriques se fait notamment par [[Basaglia]] en Italie. Ce qu&#039;il rencontre dans cet univers le pousse à créer des lieux de vie plus accueillants où l&#039;on donnerait plus de liberté à la personne psychiatrique ; c&#039;est ce qu&#039;il appelle les communautés thérapeutiques. Ces bâtiments ouverts sur l&#039;extérieur et où la hiérarchie est horizontale favorise la mobilisation des personnes pour lutter pour la liberté des droits de la personne, et surtout la liberté des droits de la personne psychiatrique. [[Basaglia]] est donc probablement l&#039;un des auteurs de l&#039;époque qui a influencé les acteurs/actrices que nous avons interrogés pour notre recherche. Un discours pareil est ténu par Goffman aux Etats-Unis. Dans son livre « Asiles, études sur la condition sociale des malades mentaux », l’auteur se penche sur le déroulement du quotidien des patients vivant dans ce qu’il appelle une « institution totalitaire ». Ce personnes, privées de tout droit, sont à la merci des médecins, du personnel soignant et du fonctionnement de l’hôpital qui est désormais leur lieu de vie. En effet, l’hôpital psychiatrique ne vise pas à soigner, mais à exclure de la société les personnes qui dérangent par leur comportement.   Fondamentalement, la critique est politique, sociale, mais aussi épistémologique: on s&#039;attaque à la réalité qui est un &amp;quot;construit&amp;quot; social. Ce qui explique aussi l&#039;attention mise à la vie quotidienne (voire Goffman, mais aussi Lucien Lefebvre notamment). Le quotidien devenant matrice de la relation créative autant que de la subversion, dans une tradition qui s&#039;inspire d&#039;ailleurs des surréalistes des années 20 (voire notamment [http://fr.wikipedia.org/wiki/Georges_Perec Georges Perec]). L&#039;approche constructionniste de Kenneth Gergen, aujourd&#039;hui, poursuit cette tradition voyant dans la relation la matrice de cette construction de la réalité allant jusqu&#039;à affirmer que l&#039;individu n&#039;existe pas en-dehors de la relation qui le &amp;quot;produit&amp;quot; [[http://www.taosinstitute.net]]. Une autre manière de montrer, comme l&#039;a fait Foucault, que l&#039;individu est aussi une construction sociale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les droits de la personne: un concept complexe  ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La thématique des droits de la personne oblige à réfléchir sur le concept et à le relier ou détacher d&#039;autres concepts: celui de l&#039;individu, celui du sujet (de droit) et celui de l&#039;humain.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La plupart des revendications peuvent être reliées aux &amp;quot;droits de la personne&amp;quot;. Or ceux-ci sont rarement explicités. Lorsqu&#039;ils le sont c&#039;est en référence à la &amp;quot;liberté individuelle&amp;quot;, au droit à la parole, au choix (de traitement notamment) et à la dignité. Souvent, ce sont des valeurs individualistes qui sont prônées même si elles le sont par un collectif (association, comité, mouvement contestataire manifestant collectivement dans la rue) et qui fondent un certain &amp;quot;esprit&amp;quot; du droit de la personne. C&#039;est par le regroupement de plusieurs personnes qui ont des valeurs communes (telles que le libre choix,l&#039;intégrité physique) que le changement peut s&#039;opérer. En effet, à travers notre recherche nous avons pu voir que, qu&#039;il s&#039;agisse des droits des prisonniers, des droits des patients à l&#039;hôpital, des droits des patients psychiatriques ou des droits des femmes, les changements constatés se sont fait par l&#039;intermédiaire de mouvements, d&#039;associations, de fondations...&lt;br /&gt;
On peut noter la particularité du champ des droits des personnes en situation en handicap, ou des droits des patients en psychiatrie, par le fait que ces personnes ne disposent elles-mêmes pas des facultés à défendre leurs propres droits. Il revient alors à leur entourage, aux professionnels, et enfin à la société toute entière, de se porter garante du respect de ces droits. La société en protégeant ces personnes, en les considérant comme faisant partie intégrante des individus qui la composent, effectue alors un grand pas dans les valeurs qu&#039;elle véhicule. L&#039;idéologie en effet, doit être collective, pour prendre du sens pour tous. Mais les actes permettant cette évolution, restent bien souvent le fait d&#039;individus, qui, plus que d&#039;autres, poussés par un idéal, portent des actions progressistes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le terme personne est à distinguer d&#039;individu (voire de &amp;quot;cas&amp;quot;) en ce qui laisse entendre une capacité de droit et une place comme partenaire dans la relation (éducative, thérapeutique notamment) et les échanges de communication. Ceci peut s&#039;incarner dans des pratiques sociales élémentaires comme de désigner la personne par son nom, la vouvoyer (en langue française en particulier!), jusqu&#039;à la fermeture des hôpitaux psychiatriques par exemple. Mais c&#039;est surtout sur le plan juridique, de ses droits civils et politiques, que les luttes ont été menées: de l&#039;admission volontaire au droit de sortie pour les patients psychiatrique par exemple. Du côté des prisons, les revendications touchent aussi l&#039;individu dans son corps et son esprit: droit à l&#039;intégrité physique et morale, le droit à des conditions de vie appropriées, ou encore le droit à la santé. C&#039;est donc au nom du respect de la personne en tant qu&#039;être humain que les différentes organisations ont milité, bien que ceci n&#039;ait pas été et ne soit toujours pas quelque chose de facile. En effet, la prison demeure un lieu où l’on a de la difficulté à considérer les criminels comme des êtres humains. De ce fait, la population ne semble pas être en mesure de concevoir que ces personnes possèdent également des droits. &lt;br /&gt;
Pour changer les mentalités, nous pourrions poser le problème de la réinsertion. En effet, si l&#039;on ôte tout droit aux prisonniers, comment espérer les réinsérer dans la société. Peut-on véritablement rendre un Homme &amp;quot;meilleur&amp;quot; en lui enlevant toute dignité?   &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Du côté des [[Droits des enfants|enfants]], le droit s&#039;est surtout construit à partir de la considération de l&#039;enfant en tant qu&#039;individu ayant des droits propres, notamment liés à la protection, à la parole et l&#039;écoute, mais également aux autres besoins fondamentaux qu&#039;il peut présenter. En fait, la reconnaissance des droits de l&#039;enfant lui ont conféré peu à peu un rôle plus actif dans sa propre existence, comme par exemple par une considération plus importante de ses opinions dans les choix qui le concerne. Du coté des [[Droits des femmes|femmes]], les contestations se font sur plusieurs plans, mais ce qui est surtout recherché c&#039;est l&#039;égalité avec les hommes. Cette égalité passe donc par la ré-appropriation de leur corps, la liberté de choisir une contraception et la liberté de penser différemment. En ce qui concerne les droits des patients psychiatriques, l’on peut remarquer comme la lutte concernant vise une revendication juridique en passant à travers l’humanisation de cette population. En effet, la conception de ce que l’on appelle aujourd’hui les troubles psychiques, est en constante évolution, influencée par les croyances et les valeurs de la société. La reconnaissance des droits des patients psychiatriques vise la reconnaissance de ces personnes comme étant des êtres humains, l’égalité de traitements face à la loi et l’autodétermination et la liberté d’être tous égaux dans nos diversités.  Nous pouvons donc rapprocher ces faits au droit du consentement de la personne et de l&#039;intégrité physique. Ces droits et les droits d&#039;être informé touchent d&#039;ailleurs le quotidien médical et la lutte pour les droits des patients. Les droits des patients touchent la sphère politique et juridique où une bataille s&#039;est générée contre la liberté thérapeutique des médecins considérés comme subordonnés au droit d&#039;autodétermination du patient. Valoriser le rôle des patients en tant que partenaires critiques des médecins, du personnel médical ou encore de les responsabiliser pour éviter des difficultés lors de leur traitement permettraient d&#039;améliorer la qualité des soins dans le domaine de la santé du patient.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Paradoxalement ce sont des luttes (collectives, pour la communauté) qui ont ainsi contribué à construire la notion de personne comme corps, identité physique, morale, psychologique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En outre, concernant [http://edutechwiki.unige.ch/dewiki/Droits_des_patients_%28%C3%A0_l%27h%C3%B4pital%29 les droits des patients (à l&#039;hôpital)] et les droits [http://edutechwiki.unige.ch/dewiki/Droits_des_patients_psychiatriques des patients psychiatriques], il est à remarquer que ces droits peuvent rapidement se révéler ambigus. En effet, la légitimité du secret médical, de l&#039;asymétrie de l&#039;expertise médicale, peuvent davantage protéger le médecin que le patient. Nous avons relevé par exemple des cas où ce sont les patients qui ont dû subir des conséquences, tant au niveau de leur reconnaissance, en tant que victimes, qu&#039;au niveau économique, car elles n&#039;ont pas pu prouver que le médecin qui leur avait causé du tort était véridiquement coupable d&#039;expériences illicites sur eux. Nous pouvons nous demander dans quelle mesure ces droits permettent, intelligemment, à la médecine d&#039;opacifier la recherche médicale et par la même la problématique du patient-cobaye. Problématique qui est de nos jours, une contrainte pour faire avancer la science en toute légalité. Finalement, il faudrait se demander si l&#039;être humain dépend d&#039;expériences faites sur un groupe restreint de personnes. La réponse est oui, passablement des expériences se font avec très peu de personnes pour appliquer les résultats à grande échelle. Par exemple, cela s&#039;est observé avec la morphine concernant le traitement des douleurs. Un médecin, un jour ou l&#039;autre, s&#039;est de toute façon risqué, initialement, à injecter dans un corps appartenant à une personne, cette substance considérée comme stupéfiant auparavant. Une autre expérience de ce même type, à hôpital de Saint-Gall en Suisse, était l&#039;application d&#039;ampoules bleues de méthylène dans le ventre des patients non-informés. Ils essayaient de soigner, par ce biais, leurs occlusions gastriques qui a fini par les tuer.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Méthode ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La récolte d&#039;un récit personnel, afin d&#039;approcher l&#039;histoire d&#039;une période et de constituer une archive orale, a une tradition en sciences humaine et sociale. L&#039;ouvrage &amp;quot;Le cheval d&#039;orgueil&amp;quot; de Pierre Jakez Hélias paru en 1975 est souvent présenté comme un détonateur de l&#039;usage des récits de vie pour décrire la réalité sociale et culturelle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Diverses disciplines ont intégré la narration comme un moyen d&#039;approcher la réalité vue à travers un individu ou un groupe, que cela soit en sociologie, en histoire, en médecine, en sciences de l&#039;éducation, en ethnologie et même en littérature.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les travaux de [http://fr.wikipedia.org/wiki/Philippe_Lejeune_%28auteur%29 Philippe Lejeune] ont contribué à collecter des récits sous formes notamment autobiographiques qui sont déposés à [http://association.sitapa.org/accueil.php l&#039;Association pour l&#039;autobiographie] près de Lyon.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La démarche effectuée dans le cadre de cette recherche d&#039;intelligence collective relève de la collecte de récits. La personne interviewée est considérée comme un témoin de son temps. L&#039;histoire se construit dans l&#039;échange grâce aux questions posées [[Questions_pour_les_entretiens]], lesquelles doivent donner lieu à une narration libre, reliée aux souvenirs de la personne. Il s&#039;agit d&#039;être dans une écoute bienveillante d&#039;un récit narré afin de venir combler l&#039;intérêt des étudiant/e/s qui sont les récepteur/trice/s respectueux et curieux de cette histoire. Même si pour certains étudiants, relancer ces questions a permis à l&#039;interviewé de se recentrer sur le sujet. Lors de l&#039;interview et comme étape préalable à l&#039;introduction de ces questions, l&#039;explication de cette recherche collective a fait comprendre à certains interviewés l&#039;importance de leurs témoignages.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La démarche de &amp;quot;biographies narratives&amp;quot;, telle qu&#039;elle devrait être développée dans cette démarche citoyenne, relève de compétences relationnelles, humaines, particulièrement formatrices aux métiers de l&#039;humain. Elle demande du tact, de l&#039;écoute, de la curiosité intelligente (capacité de s&#039;adapter dans le cadre de l&#039;entretien). Il s&#039;agit de laisser de l&#039;espace et de la liberté aux personnes interviewées. Par conséquent, seules des questions générales et ouvertes assureront la liberté de narrer. Les méthodes d&#039;entretien se distinguent par la mise en œuvre des processus fondamentaux de communication et d&#039;interaction humaine. Ces processus permettent au chercheur de retirer de ses entretien des informations et éléments de réflexion riches en nuances. Nous accorderons un long temps de réponse, afin de laisser à la personne la possibilité de se souvenir et de raconter l&#039;histoire et son histoire, tout en restant attentive qu&#039;elle ne se perde pas dans des chemins trop éloignés. Elle ne relève pas d&#039;une &amp;quot;conduite d&#039;entretien&amp;quot; particulière, comme l&#039;a développée par exemple Boutin (2006), mais elle relève sans aucun doute d&#039;une approche qualitative.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans la plupart des cas, les étudiants n&#039;ont pas transmis au préalable les questions qui allaient être abordées dans l&#039;entretien à leur témoin. Pourtant, il est possible que cette démarche donne la possibilité aux personnes interviewées de prendre du temps pour récupérer leurs souvenirs en mémoire et ainsi construire un récit plus riche que lors d&#039;une réponse spontanée. Toutefois, cette démarche peut également faire perdre quelque peu aux intervieweurs/euses le contrôle de l&#039;entretien, avec un témoin qui se raconte, sans un réel cadre établi, puisqu&#039;il sait sur quels chemins on va l&#039;amener. Ainsi, le cadrage de l&#039;entretien est d&#039;autant moins aisé, car l’intervieweur perd un peu son contrôle sur celui-ci, qu&#039;il aurait pu exercer notamment par la succession des questions.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour d&#039;autres étudiants, la transmission des questions préalablement a permis aux interviewés d&#039;affiner leur mémoire en développant leurs réponses pour que leur récit soit accompagné par des souvenirs marquants. Ils ont d&#039;ailleurs fait appel aux gestes pour appuyer leurs témoignages en laissant entendre à leurs interlocuteurs que leur lutte ne cessait pas. &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Les réactions (y compris non verbales) encouragent un récit qui se construit dans la relation. Celui-ci devrait être, par définition, original (même si certain/e témoins racontent pour la Xème fois leur &amp;quot;histoire&amp;quot;, leur &amp;quot;légende&amp;quot;), puisqu&#039;il est raconté à de nouvelles personnes. L&#039;attitude du/des collecteur/trice/s de récits favorise (ou non) l&#039;expression (et ce jusqu&#039;à la confidence) et permet, qui sait, aux témoins d&#039;innover, de se déplacer dans leur narration, de raconter une histoire nouvelle, vraiment originale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Critique de la méthode ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A travers cette expérience, nous avons en tant &amp;quot;qu&#039;apprentis chercheurs&amp;quot; appris à mener un entretien semi-directif. Malgré le fait que nous avions beau imaginer le déroulement de notre entretien, nous avons rencontré quelques difficultés lors de la passation de ceux-ci. Tout d&#039;abord, il a fallu faire face au personnage que nous avions en face de nous. En effet, comme nous l&#039;avons expliqué, ces personnes ont, pour la plupart, été des militants en faveur des droits de la personne. Parfois, leur engagement a été tellement fort, qu&#039;elles sont devenues des &amp;quot;icônes&amp;quot; dans le combat de ces droits. Nous avons donc dû faire face à leur agacement et leur lassitude face à nos questions qui pouvaient certes être considérées comme trop larges. Ceci nous amène donc à penser que le choix de faire des questions ouvertes, pour que chacun puisse raconter ce dont il a envie, n&#039;était peut-être pas judicieux pour toutes les personnes que nous avons interviewées. Par contre, pour d&#039;autres &amp;quot;icônes&amp;quot; habituées à discuter, même au parlement, ces questions étaient importantes à partir du moment où on allait les analyser par la suite au sein d&#039;une recherche et ils ont répondu le plus précisément possible. Lorsqu&#039;on a présenté ces questions au sein d&#039;une recherche pour un cours universitaire, elles ont été prises sérieusement, sans nous faire remarquer de près le type de question ou les liens entre elles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De plus, il s&#039;est avéré que pour certains témoins, les questions étaient peu adéquates puisqu&#039;elles positionnaient cette personne en tant que &amp;quot;militante&amp;quot; peut-être trop directement. De même, le mot &amp;quot;droit&amp;quot; se trouvait être un peu fort pour parler de certains engagements, qui ont probablement contribué ou du moins retracent les changements de ces droits, certes, mais ne se positionnaient pas à la base comme des engagements pour les droits d&#039;une population. C&#039;est pourquoi, pour certaines questions, nous avons utilisé d&#039;autres termes (moins forts) ou nous les avons posées différemment, tout en respectant l&#039;idée fondamentale de celles-ci. Cependant, le fait de faire des questions différentes et précises pour chacun des acteurs, nous aurait fortement contraints pour l&#039;analyse transversale des entretiens. &amp;lt;br /&amp;gt; De plus, lors de certains entretiens, les acteurs se sont laissés emporter par leurs émotions. Il n&#039;était donc pas évident de gérer les pleurs rencontrés. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un cas de figure était, pour ceux qui ont eu l&#039;occasion de faire deux interviews, la position de collecteur/trice/s au niveau générationnel, à savoir faire face à une génération plus âgée, était enveloppée, pour les deux cas, d&#039;une écoute éveillée peut-être parce que leurs récits nous touchaient de près ou parce de la sagesse émanait de certains interviewés. Pour l&#039;un des interviewés, il a suscité en nous un rappel vers les droits de nos proches et, pour l&#039;autre, il nous a sensibilisé vers une menace toujours présente des droits de la personne dans le pays où nous séjournons, la Suisse. Même si l&#039;un des ces interviewés était une personnalité fédérale, le reflet de son authenticité nous a fait croire à son récit et il nous a appris plus sur les droits de la personne, qui sont par ailleurs également &amp;quot;nos droits&amp;quot;. Le rapport entre les interlocuteurs a pu être franc et nous avons ressentis que l&#039;un des interviewés nous avait confié une mission, celle de divulguer des faits. C&#039;était pour certains collecteur/trice/s un moment très intense, de vérité et jamais oublié. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Parfois, nous avons pu nous confronter à la difficulté de recentrer la discussion vers les sujets qui nous intéressent. Comme tout un chacun, les acteurs peuvent certes parler du passé, mais en tant que militants ils auront, si leur combat est toujours vivant, tendance à parler plus du présent, et de ce qu&#039;il reste à faire. Pour que nous soyons aussi amenés à prendre la relève. Il faut alors savoir &amp;quot;lire entre les paroles&amp;quot;, pour récolter des informations sur la période qui nous intéresse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il aurait peut-être été profitable de mettre à disposition de tous les acteurs les questions de l&#039;entretien à l&#039;avance. Cela aurait permis de recentrer le débat, de rappeler plus facilement les questions de recherche. Un cas de figure était pour ceux qui l&#039;on fait et qui ont reçu, en tant que collecteur/trice/s spontanément et préalablement à l&#039;interview tête à tête, des réponses écrites aux questions, de la part des interviewés. Ces réponses ont permis de mieux connaître l&#039;interviewé, son parcours, ses valeurs, son engagement pour les droits de la personne. La pré-analyse de ces réponses par écrit a permis entre autres de revenir encore une fois sur les questions et de solliciter l&#039;interviewé en confiance pour continuer à expliciter certains souvenirs marquants et enrichissants pour cette recherche. Pour les collecteur/trice/s ce va-et-vient entre les réponses écrites à l&#039;avance et la poursuite du récit a engendré une appropriation du sujet, bénéficiant ainsi la cohérence et la compréhension pour eux-mêmes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Autrement, une des questions qui permettrait de situer l&#039;interviewé sur le passé sans revenir immédiatement dans son discours sur le présent est [[Questions pour les entretiens|la question 2]]. Elle aurait pu être formulée ainsi : Y a-t-il un événement originel durant la période de votre engagement ? Pourriez-vous revenir sur le passé et nous raconter un ou des événements marquants que vous avez menés ou qui vous ont frappés durant une certaine période en faveur de ces droits ? Sinon [[Questions pour les entretiens|la question 5]] fait l&#039;effet contraire en revenant sur le pas d&#039;aujourd&#039;hui comme conséquence du passé : Qu&#039;en est-il aujourd&#039;hui de cette lutte et des acquis et des risques de retour en arrière? Sur quoi faudrait-il continuer de se battre de lutter? Continuez-vous aujourd&#039;hui à vous engager et sur quoi? Donc, il n&#039;est pas étonnant d&#039;entendre les interviewés parler sur leur présent et ainsi, pourquoi ne serait-il pas envisageable de leur demander : Est-ce que l&#039;un des sujets de votre engagement pour les droits de la personne (patient, enfant, prisonnier...) continue à être d&#039;actualité aujourd&#039;hui ? Lequel ? Pourriez-vous nous l&#039;expliciter s&#039;il vous plaît ? &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quant aux valeurs des témoins, ces dernières ont été évoquées suite à la question formulée qui a engendré aussi des souvenirs vers un événement marquant lié à leurs valeurs et pour la lutte des droits de la personne.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En outre, peut-être peut-on reprocher aussi le manque de temps pour chaque entretien. Au vu de la méthodologie d&#039;entretien semi-directif et biographique, des entretiens d&#039;1h30 ne permettent pas toujours des digressions chronophages. Des entretiens plus longs, dont on aurait pu ressortir la quintessence auraient pu être bénéfiques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Enfin, la relation biographique n&#039;a pas toujours permis que les questions soient posées comme souhaitées et prises dans l&#039;échange. L&#039;entretien a pu prendre la forme d&#039;une discussion à bâtons rompus en un dialogue qui finalement a échappé aux récolteurs/teuses de récits. On peut noter, par ailleurs, que la distance générationnelle entre les récolteurs/teuses et l&#039;interviewé a pu donner à ce dernier/ère l&#039;envie de transmettre le passé, mais surtout d&#039;avertir et de former pour aujourd&#039;hui. Le retour sur des faits historiques n&#039;est pas chose aisée à réaliser.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Certains ont dû faire face à des difficultés techniques concernant l&#039;enregistrement de l&#039;interview. En effet, l&#039;appareil enregistreur est tombé en panne. Heureusement, que nous avions un autre enregistreur qui a pris le relais immédiatement car la prise de note n&#039;aurait fait que retarder l&#039;interview.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quoi qu&#039;il en soit [[Retranscriptions des entretiens|neuf entretiens]] ont été effectués, lesquels ont permis de construire une histoire qui s&#039;est étendue entre les années 1960 (engagement de Mme [[Amélia Christinat]]) et aujourd&#039;hui (engagement de Mme Margrit Kessler, conseillère nationale de Saint-Gall).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des thématiques (problématiques) plus fines ont pu être définies à partir des récits récoltés. Soit:&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
– le droit des [[Droits des enfants|enfants]] à travers le prisme de l&#039;éducation&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
– le droit des [[Droits des femmes|femmes]] pour la liberté de leur corps (l&#039;intégrité physique), et plus généralement pour le droit à leur autonomie &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
– le  droit à l&#039;intégrité physique et morale des [[Droits des prisonniers|détenus]] en Suisse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
– la lutte contre les abus de la [[Droits_des_patients_psychiatriques|psychiatrie]] &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
– la prise en compte des personnes en situation de [[Droits des personnes en situation de handicap|handicap]] dans ce champ  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
– le droit à être informé pour que les [[Droits des patients (à l&#039;hôpital)|patients]] ne deviennent pas les cobayes des expériences scientifiques&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;analyse sera alors traversante permettant de mieux comprendre ce temps de l&#039;innovation, de la contestation, de la réforme des grandes institutions qui structurent le social et la culture occidentale depuis le 19e siècle: l&#039;hôpital, l&#039;hôpital psychiatrique, l&#039;école, le tribunal, la prison, le code civil, les institutions spécialisées: qui sont ces acteur/trice/s engagés, quelles ont été leurs idées et leurs valeurs, quelles ont été leurs actions et leurs victoires, leurs échecs aussi?&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Victoria</name></author>
	</entry>
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		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Histoire_des_droits_de_la_personne:_entre_luttes_des_usagers_et_politiques_institutionnelles_1960-1980&amp;diff=13127</id>
		<title>Histoire des droits de la personne: entre luttes des usagers et politiques institutionnelles 1960-1980</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Histoire_des_droits_de_la_personne:_entre_luttes_des_usagers_et_politiques_institutionnelles_1960-1980&amp;diff=13127"/>
		<updated>2014-01-14T11:15:23Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Victoria : /* Méthode */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&lt;br /&gt;
== Histoire des droits de la personne: entre luttes des usagers et politiques institutionnelles 1960-1980 ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Introduction ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les années 1960-1980 sont des années de grandes transformations culturelles et sociales avec 1968, une année charnière qui deviendra l&#039;emblème de la contestation portant les valeurs d&#039;une génération, celle du baby-boom. Aujourd&#039;hui l&#039;histoire de cette contestation demande à être comprise dans un temps plus vaste d&#039;un avant, pendant et après Mai 68. Certes, on peut faire remonter la question des droits de la personne à la [http://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9claration_des_droits_de_l%27homme_et_du_citoyen_de_1789 Déclaration des droits de l&#039;hommes et du citoyen] comme une matrice générative d&#039;autres conventions, déclarations et droits. Or, il semblerait que le mouvement de contestation des années 1960-1980 ait poussé plus loin l&#039;exigence démocratique en partant de revendication de populations, elles-mêmes, se sentant non respectées comme des personnes ; notamment les femmes, les détenus, les patients psychiatriques (&amp;quot;[[Droits_des_patients_psychiatriques#Lois_sur_la_psychiatrie|Loi Basaglia]]&amp;quot;), les handicapés (charte de l&#039;[http://fr.wikipedia.org/wiki/ONU ONU] datant de 1975) et les enfants ([http://www.unicef.ch/sites/default/files/attachements/convention_relative_aux_droits_de_lenfant.pdf Convention relative aux droits de l’enfant]). De nouveaux droits liés à l&#039;éthique se sont développés dès les années 1970 autour du respect de la volonté des mourants, avec la pratique des directives anticipées, et plus largement des droits des patients à être traités dans la dignité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Certes, on pourrait rattacher cette histoire à une pré-histoire reliée à d&#039;autres courants comme, par exemple pour les enfants celui de l&#039;éducation nouvelle dont le pédagogue Célestin Freinet en est l&#039;un des fondateurs, et des expériences pédagogiques démocratiques comme celles des écoles nouvelles à la campagne, communautés d&#039;enfants (république d&#039;enfants, Cité d&#039;enfants, village d&#039;enfants). [[Libres enfants de Summerhill (Neill)|Summerhill]] incontestablement sera LE modèle de la seconde moitié du 20e siècle, mais aussi l&#039;expérience de [http://fr.wikipedia.org/wiki/Fernand_Deligny Fernand Deligny] et de communautés thérapeutiques telles que Boulens en Suisse romande [[http://edutechwiki.unige.ch/dewiki/Résumé_film_de_Catherine_Scheuchzer]]. Des racines ainsi plus lointaines peuvent être vues dans la &amp;quot;protection de l&#039;enfance&amp;quot; qui voit déjà en 1924  une convention [http://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/images/f/fb/Declaration-geneve.pdf &amp;quot;Convention de Genève&amp;quot;] dite prémice lointaine de la [http://www.unicef.ch/sites/default/files/attachements/convention_relative_aux_droits_de_lenfant.pdf Convention relative aux droits de l&#039;enfant] en 1989. Il en va de même avec l&#039;histoire des femmes qui revendiquent le droit de vote depuis le 19e siècle (les suffragettes). Or, nous nous attacherons essentiellement à circonscrire une histoire se déroulant pendant une vingtaine d&#039;années autour de nouvelles revendications qui ont pu porter sur des micro-éléments (&amp;quot;petits trucs&amp;quot;, &amp;quot;micro-conflictualités&amp;quot;, petits événements de la vie quotidienne, cas particulier), mais qui sont à rattacher à un &amp;quot;esprit d&#039;un temps&amp;quot; contestataire de la hiérarchie, des pouvoirs constitués (des patrons, des médecins, des &amp;quot;supposés savoirs&amp;quot; notamment) dans une perspective libertaire (liberté de sortir de l&#039;hôpital psychiatrique, liberté d&#039;user de son corps, liberté de sexualité en prison, liberté de parole, de choix, de décision...) et d&#039;exigence de sa réalisation (utopique?) par des actions et manifestations politiques face aux violences institutionnelles (portes fermées, nudité imposée, horaire imposé, cure de sommeil et électrochocs imposés, contention, viol, avortement clandestin, etc.). Peut-on alors y voir une expression de revendication des droits de la personne (autodétermination, autonomie, intégrité, dignité) qui sous-tendrait des droits portant sur un objet particulier (à l&#039;instruction, au salaire égal, à l&#039;avortement, à une &amp;quot;vie comme tout le monde&amp;quot;, à consulter son dossier individuel, aux parloirs sexuels, etc.) ? Ce sera une des questions auxquelles cherchera à répondre cet ouvrage. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un certain nombre de notions et de valeurs démocratiques et libertaires semblent parcourir une histoire longue (du 18e au 21e siècle) avec des incarnations plus ou moins denses selon les périodes. Celles envisagées dans les droits de la personnes pendant la période 1960-1980 s&#039;incarnent dans la liberté certes (valeur première de la Déclaration des droits de l&#039;homme et du citoyen), mais aussi la créativité, l&#039;innovation, la contestation valorisant l&#039;individu et son autonomie, mais aussi le collectif comme matrice créatrice, avec un souci du respect de la différence (une reconnaissance) mais aussi du groupe comme porteur de revendications, un ancrage dans la vie quotidienne et une volonté d&#039;universalisme. La culture contestataire est-elle monolithique ou multiple? Est-elle aussi traversée par des contradictions, des paradoxes: on prône une liberté individuelle dans un carcan idéologique, la lutte est collective pour des droits individuels?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La recherche a abouti à l&#039;écriture de six articles, introduits et conclus par des textes rédigés en communs, qui tous viseront à mieux saisir qui sont les acteurs/trices (intégrés dans un mouvement de revendication ou un courant idéologique contestataire), leurs actions dans l&#039;expérience quotidienne de leurs luttes pour les droits de l&#039;individu et/ou de la personne, les valeurs prônées, les objectifs atteints ou non pour faire valoir les droits des personnes placées dans des institutions dites alors &amp;quot;totalitaires&amp;quot;, tout en cherchant à mieux définir ce que signifient ces droits dans le quotidien institutionnel et personnel.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le travail de cette &amp;quot;communauté de recherche&amp;quot; vise aussi à repérer les ouvrages de références qui ont marqué les acteurs/trices de cette période, des intellectuels ([[Basaglia]], Foucault, [[Une_ société sans école|Illitch]], [http://fr.wikipedia.org/wiki/Erving_Goffman Goffman] entre autres penseurs, parfois utopistes voir visionnaires, ainsi que, suivant la méthode prônée par Michel Foucault dans son ouvrage &#039;&#039;Histoire de la clinique&#039;&#039; notamment, à questionner les faits, à interroger le système, autrement dit à &amp;quot;déconstruire&amp;quot; la réalité pour comprendre les enjeux du pouvoir qui ont traversé les luttes de promotion des droits de la personne dans des champs différents, mais relevant tous d&#039;un rapport entre un pouvoir qui désigne et un individu-objet dont on attend la soumission. Ces ouvrages montrent que les mouvements de contestation se font dans tous les pays ; par exemple, en ce qui concerne l&#039;anti-psychiatrie, les critiques ont eu lieu en Italie avec [[Basaglia]] mais également aux États-Unis avec Goffman. Ainsi que ce soit le pédagogue et l&#039;élève  &amp;quot;difficile&amp;quot;, déviant, handicapé, le médecin et le patient désigné, le juge qui désigne les degrés de culpabilité d&#039;un &amp;quot;coupable&amp;quot; ou l’État qui décide de la responsabilité civique ou non des femmes (et des jeunes), partout se modèlent et se modulent des relations différentes à l&#039;intérieur d&#039;une structure hiérarchique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des acteurs/actrices seront interrogés afin de mieux saisir leur engagement, les valeurs qu&#039;ils ont prônées, la conscience qu&#039;ils ont eu de déstabiliser le pouvoir médical, l&#039;institution totalitaire, pour des alternatives dont on interrogera leur devenir subversif: communautés d&#039;enfants, communautés thérapeutiques en milieu psychiatrique, en milieu carcéral (notamment la Pâquerette à Genève) et plus généralement dans l&#039;éducation spécialisée. Mais c&#039;est fondamentalement la question de la revendication des droits de la personne qui sera l&#039;objet de ce questionnement. Il s&#039;agira dans un premier temps de mieux comprendre ce qui différencie les droits de la personne, des droits de l&#039;homme érigés au 18e siècle, et de comprendre les enjeux des luttes pour voir émerger ces &amp;quot;nouveaux&amp;quot; droits et les formes qu&#039;ils ont prises: droit à la parole, droit de sortie, droit à l&#039;avortement, droit à consulter son dossier médical, etc...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au moyen de cinq questions ouvertes, il s&#039;agit de récolter leurs témoignages afin de mieux comprendre les ressorts de leur engagement (politique, idéologique, éthique), les événements qui ont marqué cette période 1960-1980, les mobiles des acteurs/trices. [[http://edutechwiki.unige.ch/dewiki/Questions_pour_les_entretiens]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Fondamentalement, c&#039;est à une réflexion sur la construction de la réalité que cet ouvrage invite, celle de la maladie, de la déviance, de la différence, mais aussi à celle des relations entretenues avec des personnes qui sont stigmatisées (handicapées, psychiatrisées, détenues, patients) et/ou placées dans une catégorie sociale dépendante (la femme non-citoyenne, dépendante de l&#039;homme, l&#039;enfant de ses parents). L&#039;institution réifie l&#039;individu et lui fait perdre ses droits et c&#039;est donc bien une volonté de récupérer une place d&#039;acteur, de prendre la parole, de donner haut et fort son avis qui va mobiliser les acteurs des luttes, en particulier dans l&#039;après 68. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C&#039;est aussi &#039;&#039;in fine&#039;&#039; un questionnement sur l&#039;histoire et ses changements, lesquels demandent à s&#039;interroger sur la place accordée, dans le temps, aux personnes en difficultés quelles qu&#039;elles soient et sur la nécessité dans le domaine des droits de la personne à rester vigilant afin de ne pas perdre ce qui a été acquis parfois de haute lutte et d&#039;étendre encore les valeurs sur lesquelles ils reposent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Revue de la littérature ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La &amp;quot;matrice générative&amp;quot; des droits de la personne est bien la Déclaration des droits de l&#039;homme et du citoyen : une &amp;quot;matrice&amp;quot; juridique à partir de laquelle vont se développer d&#039;autres droits, règlementations et conventions. Pour couvrir les différents champs de la réalité sociale qui ont été touchés par la créativité des acteur/trice/s (qu&#039;ils aient été des militant/e/s ou des réformateur/trice/s) particulièrement active dans les années 1960-1980 et les changements opérés, il est nécessaire de se référer aux auteur/e/s qui, autant dans le champ du handicap, des patients de l&#039;hôpital, des usagers de la psychiatrie, des détenus, des [[Droits_des_enfants|enfants]] et des femmes, ont proposé des approches nouvelles, des concepts voire des pratiques novatrices.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Certes, il n&#039;y a pas un moment particulier où commencerait une lutte pour les droits de la personne. Cette question s&#039;inscrit dans une histoire longue de la constitution des droits, de la &amp;quot;fabrication&amp;quot; de l&#039;individu, de la conception de la personne comme être sensible, consciente d&#039;elle-même. Il en va de même pour des pratiques qui certes ont été promues pendant cette période comme, par exemple, les communautés de vie, mais il existe des traditions qui peuvent remonter bien avant les années 60. C&#039;est le cas avec la communauté d&#039;enfants de Summerhill en Angleterre créée par Alexander S. Neill. Dans son livre [[Libres enfants de Summerhill (Neill)]], on peut déceler la place centrale de la notion de liberté dans sa conception de l&#039;éducation et de l&#039;instruction des enfants. Selon cet auteur, on ne peut construire de collectif cohérent qu&#039;en respectant la liberté des individus. Les violences, les incivilités ne sont pour lui que le produit des incohérences de la société, qui frustrent l&#039;individu et qui, à vouloir trop l&#039;uniformiser, en brisent les richesses. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans la fin des années soixante, la critique des institutions psychiatriques surgissent. Une mise en évidence des conditions de vie des patients psychiatriques se fait notamment par [[Basaglia]] en Italie. Ce qu&#039;il rencontre dans cet univers le pousse à créer des lieux de vie plus accueillants où l&#039;on donnerait plus de liberté à la personne psychiatrique ; c&#039;est ce qu&#039;il appelle les communautés thérapeutiques. Ces bâtiments ouverts sur l&#039;extérieur et où la hiérarchie est horizontale favorise la mobilisation des personnes pour lutter pour la liberté des droits de la personne, et surtout la liberté des droits de la personne psychiatrique. [[Basaglia]] est donc probablement l&#039;un des auteurs de l&#039;époque qui a influencé les acteurs/actrices que nous avons interrogés pour notre recherche. Un discours pareil est ténu par Goffman aux Etats-Unis. Dans son livre « Asiles, études sur la condition sociale des malades mentaux », l’auteur se penche sur le déroulement du quotidien des patients vivant dans ce qu’il appelle une « institution totalitaire ». Ce personnes, privées de tout droit, sont à la merci des médecins, du personnel soignant et du fonctionnement de l’hôpital qui est désormais leur lieu de vie. En effet, l’hôpital psychiatrique ne vise pas à soigner, mais à exclure de la société les personnes qui dérangent par leur comportement.   Fondamentalement, la critique est politique, sociale, mais aussi épistémologique: on s&#039;attaque à la réalité qui est un &amp;quot;construit&amp;quot; social. Ce qui explique aussi l&#039;attention mise à la vie quotidienne (voire Goffman, mais aussi Lucien Lefebvre notamment). Le quotidien devenant matrice de la relation créative autant que de la subversion, dans une tradition qui s&#039;inspire d&#039;ailleurs des surréalistes des années 20 (voire notamment [http://fr.wikipedia.org/wiki/Georges_Perec Georges Perec]). L&#039;approche constructionniste de Kenneth Gergen, aujourd&#039;hui, poursuit cette tradition voyant dans la relation la matrice de cette construction de la réalité allant jusqu&#039;à affirmer que l&#039;individu n&#039;existe pas en-dehors de la relation qui le &amp;quot;produit&amp;quot; [[http://www.taosinstitute.net]]. Une autre manière de montrer, comme l&#039;a fait Foucault, que l&#039;individu est aussi une construction sociale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les droits de la personne: un concept complexe  ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La thématique des droits de la personne oblige à réfléchir sur le concept et à le relier ou détacher d&#039;autres concepts: celui de l&#039;individu, celui du sujet (de droit) et celui de l&#039;humain.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La plupart des revendications peuvent être reliées aux &amp;quot;droits de la personne&amp;quot;. Or ceux-ci sont rarement explicités. Lorsqu&#039;ils le sont c&#039;est en référence à la &amp;quot;liberté individuelle&amp;quot;, au droit à la parole, au choix (de traitement notamment) et à la dignité. Souvent, ce sont des valeurs individualistes qui sont prônées même si elles le sont par un collectif (association, comité, mouvement contestataire manifestant collectivement dans la rue) et qui fondent un certain &amp;quot;esprit&amp;quot; du droit de la personne. C&#039;est par le regroupement de plusieurs personnes qui ont des valeurs communes (telles que le libre choix,l&#039;intégrité physique) que le changement peut s&#039;opérer. En effet, à travers notre recherche nous avons pu voir que, qu&#039;il s&#039;agisse des droits des prisonniers, des droits des patients à l&#039;hôpital, des droits des patients psychiatriques ou des droits des femmes, les changements constatés se sont fait par l&#039;intermédiaire de mouvements, d&#039;associations, de fondations...&lt;br /&gt;
On peut noter la particularité du champ des droits des personnes en situation en handicap, ou des droits des patients en psychiatrie, par le fait que ces personnes ne disposent elles-mêmes pas des facultés à défendre leurs propres droits. Il revient alors à leur entourage, aux professionnels, et enfin à la société toute entière, de se porter garante du respect de ces droits. La société en protégeant ces personnes, en les considérant comme faisant partie intégrante des individus qui la composent, effectue alors un grand pas dans les valeurs qu&#039;elle véhicule. L&#039;idéologie en effet, doit être collective, pour prendre du sens pour tous. Mais les actes permettant cette évolution, restent bien souvent le fait d&#039;individus, qui, plus que d&#039;autres, poussés par un idéal, portent des actions progressistes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le terme personne est à distinguer d&#039;individu (voire de &amp;quot;cas&amp;quot;) en ce qui laisse entendre une capacité de droit et une place comme partenaire dans la relation (éducative, thérapeutique notamment) et les échanges de communication. Ceci peut s&#039;incarner dans des pratiques sociales élémentaires comme de désigner la personne par son nom, la vouvoyer (en langue française en particulier!), jusqu&#039;à la fermeture des hôpitaux psychiatriques par exemple. Mais c&#039;est surtout sur le plan juridique, de ses droits civils et politiques, que les luttes ont été menées: de l&#039;admission volontaire au droit de sortie pour les patients psychiatrique par exemple. Du côté des prisons, les revendications touchent aussi l&#039;individu dans son corps et son esprit: droit à l&#039;intégrité physique et morale, le droit à des conditions de vie appropriées, ou encore le droit à la santé. C&#039;est donc au nom du respect de la personne en tant qu&#039;être humain que les différentes organisations ont milité, bien que ceci n&#039;ait pas été et ne soit toujours pas quelque chose de facile. En effet, la prison demeure un lieu où l’on a de la difficulté à considérer les criminels comme des êtres humains. De ce fait, la population ne semble pas être en mesure de concevoir que ces personnes possèdent également des droits. &lt;br /&gt;
Pour changer les mentalités, nous pourrions poser le problème de la réinsertion. En effet, si l&#039;on ôte tout droit aux prisonniers, comment espérer les réinsérer dans la société. Peut-on véritablement rendre un Homme &amp;quot;meilleur&amp;quot; en lui enlevant toute dignité?   &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Du côté des [[Droits des enfants|enfants]], le droit s&#039;est surtout construit à partir de la considération de l&#039;enfant en tant qu&#039;individu ayant des droits propres, notamment liés à la protection, à la parole et l&#039;écoute, mais également aux autres besoins fondamentaux qu&#039;il peut présenter. En fait, la reconnaissance des droits de l&#039;enfant lui ont conféré peu à peu un rôle plus actif dans sa propre existence, comme par exemple par une considération plus importante de ses opinions dans les choix qui le concerne. Du coté des [[Droits des femmes|femmes]], les contestations se font sur plusieurs plans, mais ce qui est surtout recherché c&#039;est l&#039;égalité avec les hommes. Cette égalité passe donc par la ré-appropriation de leur corps, la liberté de choisir une contraception et la liberté de penser différemment. En ce qui concerne les droits des patients psychiatriques, l’on peut remarquer comme la lutte concernant vise une revendication juridique en passant à travers l’humanisation de cette population. En effet, la conception de ce que l’on appelle aujourd’hui les troubles psychiques, est en constante évolution, influencée par les croyances et les valeurs de la société. La reconnaissance des droits des patients psychiatriques vise la reconnaissance de ces personnes comme étant des êtres humains, l’égalité de traitements face à la loi et l’autodétermination et la liberté d’être tous égaux dans nos diversités.  Nous pouvons donc rapprocher ces faits au droit du consentement de la personne et de l&#039;intégrité physique. Ces droits et les droits d&#039;être informé touchent d&#039;ailleurs le quotidien médical et la lutte pour les droits des patients. Les droits des patients touchent la sphère politique et juridique où une bataille s&#039;est générée contre la liberté thérapeutique des médecins considérés comme subordonnés au droit d&#039;autodétermination du patient. Valoriser le rôle des patients en tant que partenaires critiques des médecins, du personnel médical ou encore de les responsabiliser pour éviter des difficultés lors de leur traitement permettraient d&#039;améliorer la qualité des soins dans le domaine de la santé du patient.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Paradoxalement ce sont des luttes (collectives, pour la communauté) qui ont ainsi contribué à construire la notion de personne comme corps, identité physique, morale, psychologique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En outre, concernant [http://edutechwiki.unige.ch/dewiki/Droits_des_patients_%28%C3%A0_l%27h%C3%B4pital%29 les droits des patients (à l&#039;hôpital)] et les droits [http://edutechwiki.unige.ch/dewiki/Droits_des_patients_psychiatriques des patients psychiatriques], il est à remarquer que ces droits peuvent rapidement se révéler ambigus. En effet, la légitimité du secret médical, de l&#039;asymétrie de l&#039;expertise médicale, peuvent davantage protéger le médecin que le patient. Nous avons relevé par exemple des cas où ce sont les patients qui ont dû subir des conséquences, tant au niveau de leur reconnaissance, en tant que victimes, qu&#039;au niveau économique, car elles n&#039;ont pas pu prouver que le médecin qui leur avait causé du tort était véridiquement coupable d&#039;expériences illicites sur eux. Nous pouvons nous demander dans quelle mesure ces droits permettent, intelligemment, à la médecine d&#039;opacifier la recherche médicale et par la même la problématique du patient-cobaye. Problématique qui est de nos jours, une contrainte pour faire avancer la science en toute légalité. Finalement, il faudrait se demander si l&#039;être humain dépend d&#039;expériences faites sur un groupe restreint de personnes. La réponse est oui, passablement des expériences se font avec très peu de personnes pour appliquer les résultats à grande échelle. Par exemple, cela s&#039;est observé avec la morphine concernant le traitement des douleurs. Un médecin, un jour ou l&#039;autre, s&#039;est de toute façon risqué, initialement, à injecter dans un corps appartenant à une personne, cette substance considérée comme stupéfiant auparavant. Une autre expérience de ce même type, à hôpital de Saint-Gall en Suisse, était l&#039;application d&#039;ampoules bleues de méthylène dans le ventre des patients non-informés. Ils essayaient de soigner, par ce biais, leurs occlusions gastriques qui a fini par les tuer.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Méthode ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La récolte d&#039;un récit personnel, afin d&#039;approcher l&#039;histoire d&#039;une période et de constituer une archive orale, a une tradition en sciences humaine et sociale. L&#039;ouvrage &amp;quot;Le cheval d&#039;orgueil&amp;quot; de Pierre Jakez Hélias paru en 1975 est souvent présenté comme un détonateur de l&#039;usage des récits de vie pour décrire la réalité sociale et culturelle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Diverses disciplines ont intégré la narration comme un moyen d&#039;approcher la réalité vue à travers un individu ou un groupe, que cela soit en sociologie, en histoire, en médecine, en sciences de l&#039;éducation, en ethnologie et même en littérature.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les travaux de [http://fr.wikipedia.org/wiki/Philippe_Lejeune_%28auteur%29 Philippe Lejeune] ont contribué à collecter des récits sous formes notamment autobiographiques qui sont déposés à [http://association.sitapa.org/accueil.php l&#039;Association pour l&#039;autobiographie] près de Lyon.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La démarche effectuée dans le cadre de cette recherche d&#039;intelligence collective relève de la collecte de récits. La personne interviewée est considérée comme un témoin de son temps. L&#039;histoire se construit dans l&#039;échange grâce aux questions posées [[Questions_pour_les_entretiens]], lesquelles doivent donner lieu à une narration libre, reliée aux souvenirs de la personne. Il s&#039;agit d&#039;être dans une écoute bienveillante d&#039;un récit narré afin de venir combler l&#039;intérêt des étudiant/e/s qui sont les récepteur/trice/s respectueux et curieux de cette histoire. Même si pour certains étudiants, relancer ces questions a permis à l&#039;interviewé de se recentrer sur le sujet. Lors de l&#039;interview et comme étape préalable à l&#039;introduction de ces questions, l&#039;explication de cette recherche collective a fait comprendre à certains interviewés l&#039;importance de leurs témoignages.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La démarche de &amp;quot;biographies narratives&amp;quot;, telle qu&#039;elle devrait être développée dans cette démarche citoyenne, relève de compétences relationnelles, humaines, particulièrement formatrices aux métiers de l&#039;humain. Elle demande du tact, de l&#039;écoute, de la curiosité intelligente (capacité de s&#039;adapter dans le cadre de l&#039;entretien). Il s&#039;agit de laisser de l&#039;espace et de la liberté aux personnes interviewées. Par conséquent, seules des questions générales et ouvertes assureront la liberté de narrer. Les méthodes d&#039;entretien se distinguent par la mise en œuvre des processus fondamentaux de communication et d&#039;interaction humaine. Ces processus permettent au chercheur de retirer de ses entretien des informations et éléments de réflexion riches en nuances. Nous accorderons un long temps de réponse, afin de laisser à la personne la possibilité de se souvenir et de raconter l&#039;histoire et son histoire, tout en restant attentive qu&#039;elle ne se perde pas dans des chemins trop éloignés. Elle ne relève pas d&#039;une &amp;quot;conduite d&#039;entretien&amp;quot; particulière, comme l&#039;a développée par exemple Boutin (2006), mais elle relève sans aucun doute d&#039;une approche qualitative.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans la plupart des cas, les étudiants n&#039;ont pas transmis au préalable les questions qui allaient être abordées dans l&#039;entretien à leur témoin. Pourtant, il est possible que cette démarche donne la possibilité aux personnes interviewées de prendre du temps pour récupérer leurs souvenirs en mémoire et ainsi construire un récit plus riche que lors d&#039;une réponse spontanée. Toutefois, cette démarche peut également faire perdre quelque peu aux intervieweurs/euses le contrôle de l&#039;entretien, avec un témoin qui se raconte, sans un réel cadre établi, puisqu&#039;il sait sur quels chemins on va l&#039;amener. Ainsi, le cadrage de l&#039;entretien est d&#039;autant moins aisé, car l’intervieweur perd un peu son contrôle sur celui-ci, qu&#039;il aurait pu exercer notamment par la succession des questions.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour d&#039;autres étudiants, la transmission des questions préalablement a permis aux interviewés d&#039;affiner leur mémoire en développant leurs réponses pour que leur récit soit accompagné par des souvenirs marquants. Ils ont d&#039;ailleurs fait appel aux gestes pour appuyer leurs témoignages en laissant entendre à leurs interlocuteurs que leur lutte ne cessait pas. &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Les réactions (y compris non verbales) encouragent un récit qui se construit dans la relation. Celui-ci devrait être, par définition, original (même si certain/e témoins racontent pour la Xème fois leur &amp;quot;histoire&amp;quot;, leur &amp;quot;légende&amp;quot;), puisqu&#039;il est raconté à de nouvelles personnes. L&#039;attitude du/des collecteur/trice/s de récits favorise (ou non) l&#039;expression (et ce jusqu&#039;à la confidence) et permet, qui sait, aux témoins d&#039;innover, de se déplacer dans leur narration, de raconter une histoire nouvelle, vraiment originale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Critique de la méthode ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A travers cette expérience, nous avons en tant &amp;quot;qu&#039;apprentis chercheurs&amp;quot; appris à mener un entretien semi-directif. Malgré le fait que nous avions beau imaginer le déroulement de notre entretien, nous avons rencontré quelques difficultés lors de la passation de ceux-ci. Tout d&#039;abord, il a fallu faire face au personnage que nous avions en face de nous. En effet, comme nous l&#039;avons expliqué, ces personnes ont, pour la plupart, été des militants en faveur des droits de la personne. Parfois, leur engagement a été tellement fort, qu&#039;elles sont devenues des &amp;quot;icônes&amp;quot; dans le combat de ces droits. Nous avons donc dû faire face à leur agacement et leur lassitude face à nos questions qui pouvaient certes être considérées comme trop larges. Ceci nous amène donc à penser que le choix de faire des questions ouvertes, pour que chacun puisse raconter ce dont il a envie, n&#039;était peut-être pas judicieux pour toutes les personnes que nous avons interviewées. Par contre, pour d&#039;autres &amp;quot;icônes&amp;quot; habituées à discuter, même au parlement, ces questions étaient importantes à partir du moment où on allait les analyser par la suite au sein d&#039;une recherche et ils ont répondu le plus précisément possible. Lorsqu&#039;on a présenté ces questions au sein d&#039;une recherche pour un cours universitaire, elles ont été prises sérieusement, sans nous faire remarquer de près le type de question ou les liens entre elles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De plus, il s&#039;est avéré que pour certains témoins, les questions étaient peu adéquates puisqu&#039;elles positionnaient cette personne en tant que &amp;quot;militante&amp;quot; peut-être trop directement. De même, le mot &amp;quot;droit&amp;quot; se trouvait être un peu fort pour parler de certains engagements, qui ont probablement contribué ou du moins retracent les changements de ces droits, certes, mais ne se positionnaient pas à la base comme des engagements pour les droits d&#039;une population. C&#039;est pourquoi, pour certaines questions, nous avons utilisé d&#039;autres termes (moins forts) ou nous les avons posées différemment, tout en respectant l&#039;idée fondamentale de celles-ci. Cependant, le fait de faire des questions différentes et précises pour chacun des acteurs, nous aurait fortement contraints pour l&#039;analyse transversale des entretiens. &amp;lt;br /&amp;gt; De plus, lors de certains entretiens, les acteurs se sont laissés emporter par leurs émotions. Il n&#039;était donc pas évident de gérer les pleurs rencontrés. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un cas de figure était, pour ceux qui ont eu l&#039;occasion de faire deux interviews, la position de collecteur/trice/s au niveau générationnel, à savoir faire face à une génération plus âgée, était enveloppée, pour les deux cas, d&#039;une écoute éveillée peut-être parce que leurs récits nous touchaient de près ou parce de la sagesse émanait de certains interviewés. Pour l&#039;un des interviewés, il a suscité en nous un rappel vers les droits de nos proches et, pour l&#039;autre, il nous a sensibilisé vers une menace toujours présente des droits de la personne dans le pays où nous séjournons, la Suisse. Même si l&#039;un des ces interviewés était une personnalité fédérale, le reflet de son authenticité nous a fait croire à son récit et il nous a appris plus sur les droits de la personne, qui sont par ailleurs également &amp;quot;nos droits&amp;quot;. Le rapport entre les interlocuteurs a pu être franc et nous avons ressentis que l&#039;un des interviewés nous avait confié une mission, celle de divulguer des faits. C&#039;était pour certains collecteur/trice/s un moment très intense, de vérité et jamais oublié. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Parfois, nous avons pu nous confronter à la difficulté de recentrer la discussion vers les sujets qui nous intéressent. Comme tout un chacun, les acteurs peuvent certes parler du passé, mais en tant que militants ils auront, si leur combat est toujours vivant, tendance à parler plus du présent, et de ce qu&#039;il reste à faire. Pour que nous soyons aussi amenés à prendre la relève. Il faut alors savoir &amp;quot;lire entre les paroles&amp;quot;, pour récolter des informations sur la période qui nous intéresse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il aurait peut-être été profitable de mettre à disposition de tous les acteurs les questions de l&#039;entretien à l&#039;avance. Cela aurait permis de recentrer le débat, de rappeler plus facilement les questions de recherche. Un cas de figure était pour ceux qui l&#039;on fait et qui ont reçu, en tant que collecteur/trice/s spontanément et préalablement à l&#039;interview tête à tête, des réponses écrites aux questions, de la part des interviewés. Ces réponses ont permis de mieux connaître l&#039;interviewé, son parcours, ses valeurs, son engagement pour les droits de la personne. La pré-analyse de ces réponses par écrit a permis entre autres de revenir encore une fois sur les questions et de solliciter l&#039;interviewé en confiance pour continuer à expliciter certains souvenirs marquants et enrichissants pour cette recherche. Pour les collecteur/trice/s ce va-et-vient entre les réponses écrites à l&#039;avance et la poursuite du récit a engendré une appropriation du sujet, bénéficiant ainsi la cohérence et la compréhension pour eux-mêmes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Autrement, une des questions qui permettrait de situer l&#039;interviewé sur le passé sans revenir immédiatement dans son discours sur le présent est [[Questions pour les entretiens|la question 2]]. Elle aurait pu être formulée ainsi : Y a-t-il un événement originel durant la période de votre engagement ? Pourriez-vous revenir sur le passé et nous raconter un ou des événements marquants que vous avez menés ou qui vous ont frappés durant une certaine période en faveur de ces droits ? Sinon [[Questions pour les entretiens|la question 5]] fait l&#039;effet contraire en revenant sur le pas d&#039;aujourd&#039;hui comme conséquence du passé : Qu&#039;en est-il aujourd&#039;hui de cette lutte et des acquis et des risques de retour en arrière? Sur quoi faudrait-il continuer de se battre de lutter? Continuez-vous aujourd&#039;hui à vous engager et sur quoi? Donc, il n&#039;est pas étonnant d&#039;entendre les interviewés parler sur leur présent et ainsi, pourquoi ne serait-il pas envisageable de leur demander : Est-ce que l&#039;un des sujets de votre engagement pour les droits de la personne (patient, enfant, prisonnier...) continue à être d&#039;actualité aujourd&#039;hui ? Lequel ? Pourriez-vous nous l&#039;expliciter s&#039;il vous plaît ? &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quant aux valeurs des témoins, ces dernières ont été évoquées suite à la question formulée qui a engendré aussi des souvenirs vers un événement marquant lié à leurs valeurs et pour la lutte des droits de la personne.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En outre, peut-être peut-on reprocher aussi le manque de temps pour chaque entretien. Au vu de la méthodologie d&#039;entretien semi-directif et biographique, des entretiens d&#039;1h30 ne permettent pas toujours des digressions chronophages. Des entretiens plus longs, dont on aurait pu ressortir la quintessence auraient pu être bénéfiques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Enfin, la relation biographique n&#039;a pas toujours permis que les questions soient posées comme souhaitées et prises dans l&#039;échange. L&#039;entretien a pu prendre la forme d&#039;une discussion à bâtons rompus en un dialogue qui finalement a échappé aux récolteurs/teuses de récits. On peut noter, par ailleurs, que la distance générationnelle entre les récolteurs/teuses et l&#039;interviewé a pu donner à ce dernier/ère l&#039;envie de transmettre le passé, mais surtout d&#039;avertir et de former pour aujourd&#039;hui. Le retour sur des faits historiques n&#039;est pas chose aisée à réaliser.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Certains ont dû faire face à des difficultés techniques concernant l&#039;enregistrement de l&#039;interview. En effet, l&#039;appareil enregistreur est tombé en panne. Heureusement, que nous avions un autre enregistreur qui a pris le relais immédiatement car la prise de note n&#039;aurait fait que retarder l&#039;interview.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quoi qu&#039;il en soit [[Retranscriptions des entretiens|neuf entretiens]] ont été effectués, lesquels ont permis de construire une histoire qui s&#039;est étendue entre les années 1960 (engagement de Mme [[Amélia Christinat]]) et aujourd&#039;hui (engagement de Mme Margrit Kessler, conseillère nationale de Saint-Gall).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des thématiques (problématiques) plus fines ont pu être définies à partir des récits récoltés. Soit:&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
– le droit des [[Droits des enfants|enfants]] à travers le prisme de l&#039;éducation&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
– le droit des [[Droits des femmes|femmes]] pour la liberté de leur corps (l&#039;intégrité physique), et plus généralement pour le droit à leur autonomie &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- le  droit à l&#039;intégrité physique et morale des [[Droits des prisonniers|détenus]] en Suisse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- la lutte contre les abus de la [[Droits_des_patients_psychiatriques|psychiatrie]] &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
– la prise en compte des personnes en situation de [[Droits des personnes en situation de handicap|handicap]] dans ce champ  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
– le droit à être informé pour que les [[Droits des patients (à l&#039;hôpital)|patients]] ne deviennent pas les cobayes des expériences scientifiques&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;analyse sera alors traversante permettant de mieux comprendre ce temps de l&#039;innovation, de la contestation, de la réforme des grandes institutions qui structurent le social et la culture occidentale depuis le 19e siècle: l&#039;hôpital, l&#039;hôpital psychiatrique, l&#039;école, le tribunal, la prison, le code civil, les institutions spécialisées: qui sont ces acteur/trice/s engagés, quelles ont été leurs idées et leurs valeurs, quelles ont été leurs actions et leurs victoires, leurs échecs aussi?&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Victoria</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Droits_des_enfants&amp;diff=13126</id>
		<title>Droits des enfants</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Droits_des_enfants&amp;diff=13126"/>
		<updated>2014-01-14T11:14:02Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Victoria : /* Historique des droits de l&amp;#039;enfant */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;=== Introduction ===&lt;br /&gt;
Les droits de l&#039;enfant visant la protection des mineurs évoluent au cours des décennies. Les prémices du XXe siècle les plus connues sont bien évidemment la [http://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/images/f/fb/Declaration-geneve.pdf Déclaration de Genève] (1924), la [http://cofradeenfrance.files.wordpress.com/2010/10/dc3a9claration-1959.pdf déclaration des Droits de l&#039;Enfant] (1959) et enfin le texte de la [http://www.unicef.ch/sites/default/files/attachements/convention_relative_aux_droits_de_lenfant.pdf Convention Internationale relative aux Droits de l’Enfant] du 20 novembre 1989. Ce dernier “ratifié d’une manière quasi universelle (193 États sur 195) en fait un texte hors norme de part sa portée dans l’espace et de par l’enthousiasme spontané qu’ [il] a suscité.”&amp;lt;ref&amp;gt;Zermatten, J., Stoecklin D. 2009. Le droit des enfants de participer. Norme juridique et réalité pratique: contribution à un nouveau contrat social. Suisse: Institut International des Droits de l&#039;Enfant., p.7 &amp;lt;/ref&amp;gt; Ce parcours historique est une partie importante de l’histoire qu’on écrit aujourd’hui.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
On peut remarquer que le premier pas vers l&#039;individualisation de l&#039;enfant datant de 1924, pointe le bout de son nez quelques années après la fin de la première guerre mondiale. Le deuxième est marqué par la Déclaration de Droits de l&#039;Enfant de 1959, donc à l’image de la précédente, elle date des années après la seconde guerre mais est également un point de départ menant vers la Convention de 1989.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Le long chemin vers une telle reconnaissance était en grande partie marqué par la création, un peu partout en Europe, des communautés d&#039;enfants. Leur rôle n&#039;est pas négligeable. La définition de ces communautés d&#039;enfants est donné à Trogen en juillet 1948 et semble préciser un peu plus les besoins de l&#039;enfant en tant que personne. Ce sont: &amp;quot;les organisations éducatives ou rééducatives à caractère permanent, fondées sur la participation active des enfants ou adolescents à la vie de la communauté, dans le cadre des méthodes d’éducation et d’instruction modernes – et dans lesquelles la vie de famille se combine de diverses façons aux modalités de la vie de collectivité&amp;quot;.&amp;lt;ref&amp;gt;Cours de M.Ruchat: L’éducation spéciale du XVIIIe au XXe siècles: L’éducation, les normes et l’individu, Université de Genève, 2013&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Dans l’esprit de la reconnaissance d’un enfant à part entière avec le respect de sa liberté, [[Libres enfants de Summerhill (Neill)|Alexander Sutherland Neill]] crée son école de Summerhill en 1921, une école qui encore de nos jours suscite beaucoup de discussions et polémiques. Dans le cadre de cet atelier d’intelligence collective nous avons procédé à une comparaison des idées de Neill décrites dans son livre [[Libres enfants de Summerhill (Neill)|&amp;quot;Libres enfants de Summerhill&amp;quot;]] (1960) avec la Convention relative aux Droits de l’Enfant de 1989 avec un constat tout à fait surprenant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Historique des droits de l&#039;enfant ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== « L’humanité doit donner à l’enfant ce qu’elle a de meilleur » Déclaration de Genève sur les Droits de l’Enfant, 1924 ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est important de signaler qu&#039;avant même l&#039;intérêt qui s&#039;est peu à peu développé quant aux droits de l&#039;enfant, il a d&#039;abord fallu que la société prenne [[Fichier:Déclaration de Genève 1924.jpg|vignette|droite|Déclaration de Genève (1924)]]conscience du statut particulier de l&#039;enfant, avec ses spécificités, et bien plus encore d&#039;être humain digne de droits propres : “L’adulte a longtemps cru que c’était lui-même qui devait animer l’enfant par ses soins et son assistance. Il pensait que son rôle était de façonner l’enfant, de construire sa vie psychique pour que l’enfant devienne peu à peu comme lui. L’enfant était un objet d’assistance, un adulte en devenir (certains disent même &amp;quot;en miniature&amp;quot;) et non une personne humaine à part entière. Petit, faible, pauvre, dépendant, il n’était qu’un citoyen potentiel qui ne sera homme ou femme que demain. Il ne devenait une personne humaine, sujet de droits, qu’à partir du moment où il atteignait l’âge adulte. C’est à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle, notamment après la Première Guerre mondiale, que le concept de droits de l’enfant apparaît.” &amp;lt;ref&amp;gt;Dhellemmes V. ,2010. La dignité et les droits de l&#039;enfant : vingt ans d&#039;avancées sur le plan international. In. Transversalités, 2010/3 N° 115, p. 99-110.&amp;lt;/ref&amp;gt;   &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quand on fait une recherche sur des droits de l’enfant à travers les documents écrits en l&#039;espace de plus de cent ans, du début du XXème siècle jusqu’à aujourd’hui, on retrouve les noms de deux précurseurs qui ont marqué le cours de l’histoire. Il s’agit de Britannique Eglantyne Jebb (1876-1928) et du polonais Henryk Goldzmit (1878–1942) connu sous le nom de [http://fr.wikipedia.org/wiki/Janusz_Korczak Janusz Korczak].&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Ce dernier, pédiatre et éducateur qui a tant &amp;quot;aimé et défendu&amp;quot; les enfants, ne voulant pas les laisser seuls, s&#039;est laissé emmener avec eux à Treblinka où il est mort dans une chambre à gaz.&amp;lt;ref&amp;gt;Korczak J. Le droit de l’enfant au respect. L’héritage de Janusz Korczak. Conférences sur les enjeux actuels pour l’enfance. In. http://www.coe.int/t/commissioner/Activities/themes/Children/PublicationKorczak_fr.pdf&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Korczak, l&#039;inspirateur des droits de l&#039;enfant est bien, d&#039;abord, un insurgé, comme toute son œuvre en témoigne. C&#039;est un homme qui ne supporte pas la violence faite à l&#039;enfance : la violence physique, bien sûr, la violence psychologique également, mais aussi la violence des institutions qui prétendent œuvrer pour &amp;quot;son bien&amp;quot;.&amp;lt;ref&amp;gt;Meirieu P. 2002. Le pédagogue et les droits de l’enfant : histoire d’un malentendu ?. Editions du Tricorne et Association suisse des Amis du Dr Korczak. p.4&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
“Janusz Korczak, premier défenseur des droits de l’enfant et le plus radical, a été déçu en découvrant la Déclaration des droits de l’enfant adoptée par la Société des Nations en 1924, pas assez claire à son goût et plus implorante que contraignante. Il voulait des droits et non la charité, immédiatement et non dans un avenir lointain.” &amp;lt;ref&amp;gt;Korczak J. Le droit de l’enfant au respect. L’héritage de Janusz Korczak. Conférences sur les enjeux actuels pour l’enfance. In. http://www.coe.int/t/commissioner/Activities/themes/Children/PublicationKorczak_fr.pdf p.7). &amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le travail d&#039;Eglantyne Jebb qui a élaboré et rédigé la [http://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/images/f/fb/Declaration-geneve.pdf Déclaration de Genève] a été important. Elle l’a présenté le 26 septembre 1923 et le 28 février 1924 le Ve Congrès général de la Société de Nations qui l&#039;a alors ratifié.&lt;br /&gt;
C&#039;est le premier texte énonçant des droits fondamentaux des enfants ainsi que la responsabilité des adultes à leur égard. Il est constitué de cinq articles. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Déjà  dans le préambule on peut lire que « L’humanité doit donner à l’enfant ce qu’elle a de meilleur.» On peut y voir également que c’est la protection physique qui est mise en avant en soutenant l&#039;idée de venir en aide en cas de détresse ainsi que celle de combattre la faim et l&#039;exploitation (articles 2, 3, 4). En parallèle la notion de développement spirituel n’est pas omis (article 1) de même que le fait que “l’enfant doit être élevé dans le sentiment que ses meilleures qualités devront être mises au service de ses frères”(article 5). Ce texte d&#039;après première guerre mondiale est aussi une contribution à un monde de paix s&#039;étayant sur les enfants qui forment l&#039;avenir, un avenir que les promoteurs des droits de l&#039;enfant voudraient dans la paix.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Déclaration des Droits de l’Enfant, 1959 ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après la seconde guerre mondiale, l&#039;ONU est créée. Elle va s&#039;intéresser aux droits de l&#039;enfant et révéler l&#039;insuffisance de la Déclaration de Genève. En effet, suite à l&#039;adoption de la [http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/IMG/pdf/DUDH.pdf Déclaration universelle des droits de l&#039;Homme] (1948) et à l&#039;évolution du droit durant cette période, on pense nécessaire d&#039;approfondir cette question des droits de l&#039;enfant.&lt;br /&gt;
Plusieurs pays membres de l&#039;ONU réclament une convention, c&#039;est-à-dire un instrument international contraignant qui engage les états qui l&#039;ont ratifié. Mais cette proposition est refusée. Le choix se porte alors sur une seconde Déclaration des droits de l&#039;enfant qui reprend l&#039;idée selon laquelle l&#039;humanité doit donner à l&#039;enfant ce qu&#039;elle a de meilleur. [http://cofradeenfrance.files.wordpress.com/2010/10/dc3a9claration-1959.pdf La déclaration des Droits de l&#039;Enfant] est adoptée par l&#039;assemblée générale des Nations Unies à l&#039;unanimité (70 pays membres), le 20 novembre 1959. Cette date est depuis lors officiellement la journée des droits de l&#039;enfant. La déclaration contient 10 principes fondateurs (elle double donc ceux de 1924!) avec des droits concrets comme par exemple le droit à un nom, à une nationalité ou à un enseignement gratuit au niveau élémentaire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Convention Internationale relative aux Droits de l’Enfant, 1989 ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le 20 novembre 1989, la [http://www.unicef.ch/sites/default/files/attachements/convention_relative_aux_droits_de_lenfant.pdf Convention Internationale relative aux Droits de l’Enfant] (CIDE) a été adoptée par l&#039;Assemblée générale des Nations Unies. Cette Convention a pour but de reconnaître et protéger les droits spécifiques de l&#039;enfant. Elle est composée de 54 articles (elle quintuple le nombre de 1959!) autour des orientations principales suivantes:&lt;br /&gt;
:la non - discrimination&lt;br /&gt;
:l&#039;intérêt supérieur de l&#039;enfant&lt;br /&gt;
:le droit à la vie, la survie et le développement&lt;br /&gt;
:les droits participatifs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les Etats ayant ratifiés cette Convention se doivent de respecter ces articles et de mettre en place les mesures législatives pour protéger les droits de l&#039;enfant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La CIDE est une déclinaison des droits de l&#039;homme exprimés dans la [http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/IMG/pdf/DUDH.pdf Déclaration Universelle des Droits de l&#039;Homme] (1948) et pose que l’enfant est sujet de droit. Elle accorde aux enfants des droits propres et expose leurs droits économiques, sociaux, civils, culturels et politiques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En effet, cette Convention est le texte concernant les droits de l&#039;homme qui a été le plus rapidement accepté au cours de l&#039;histoire, et a été ratifié par le plus d&#039;Etats. Seuls les Etats-Unis et la Somalie ne l&#039;ont pas encore ratifiée aujourd&#039;hui: Les Etats-Unis pratiquent encore la peine de mort pour les enfants dans certains Etats, or cela serait contraire au droit à la vie de l&#039;enfant promulgué dans la CIDE, tandis que la Somalie ne possède pas de gouvernement reconnu pour la ratifier à cause des troubles politiques dans le pays.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Droits de l&#039;enfant - droits de la personne ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;quot;L&#039;humanité doit donner à l&#039;enfant ce qu&#039;elle a de meilleur, affirmer  leurs devoirs, en dehors de toute considération de race, de nationalité et de croyance&amp;quot; - ce sont les prémices officielles de la reconnaissance de l&#039;enfant de 1924. C&#039;était un début, suivi, comme nous avons décrit plus haut, par la Déclaration des droits de l&#039;enfant de 1959 et par La Convention relative aux droits de l&#039;enfant de 1989. &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il faut ici souligner que “jusqu&#039;à l’adoption de la Convention en 1989, les enfants ne vivaient pas dans les limbes juridiques internationales. Il était au contraire admis qu’ils jouissent de garanties offertes par les instruments internationaux précédents, tels que les pactes internationaux relatifs aux droits de l’homme (que la Suisse a récemment ratifiés), à l&#039;exclusion bien entendu des droits liés directement à la condition de l’adulte (droit de se marier, de fonder une famille, assurance-vieillesse ou maternité). L’année internationale de l’enfant a conduit la communauté internationale à préciser le statut des enfants en confirmant leur particularité en tant qu&#039;êtres à la fois vulnérables (Préambules de la Convention, par exemple pp. 5, 6, 12) et appelés “à assumer les responsabilités de la vie dans une société libre”.&amp;lt;ref&amp;gt;Lücker-Babel M-F, Droits de l&#039;enfant: idéologies et réalités. In. Ratifier en Suisse. La Convention de l&#039;ONU relative aux droits de l&#039;enfant?. N° 26, Novembre 1992. p. 43&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;enfant est considéré peu à peu comme un être de droit au cours du XXe siècle, ce que l&#039;on peut voir notamment à travers les différents textes codifiant les droits de l&#039;enfant à cette époque.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout d&#039;abord, en 1924, le premier texte international au sujet des droits de l&#039;enfant ([http://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/images/f/fb/Declaration-geneve.pdf Déclaration de Genève]) confère à celui-ci des droits primaires, comme lui permettre de se développer normalement sur le plan matériel et spirituel, de gagner sa vie sans être exploité, être nourri, soigné, recueilli et secouru, et également de l&#039;élever dans l&#039;esprit que ses qualités devront pourvoir à la société. On voit dans ce texte que les droits dotés à l&#039;enfant amorce une idée de soin et de protection de l&#039;enfant dans l&#039;évocation du secours qui doit lui être porté, et démontre aussi un intérêt pour son bon développement. Toutefois, ces articles restent assez pauvres quant aux droits accordés aux enfants et l&#039;on voit que le travail de l&#039;enfant reste de mise.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[http://cofradeenfrance.files.wordpress.com/2010/10/dc3a9claration-1959.pdf La Déclaration des Droits de l&#039;Enfant] de 1959 va plus loin. Ce texte insiste d&#039;avantage sur la protection  qui doit être accordée à l&#039;enfant qui n&#039;est plus seulement suggérée sous le terme &amp;quot;secours&amp;quot;. Ici, son développement ne doit plus uniquement être normal, mais également sain sur le plan, cette fois-ci moral, spirituel, physique, intellectuel et social. On ajoute que l&#039;enfant doit pouvoir se développer dans la liberté et la dignité.&lt;br /&gt;
Il est important de voir que certains principes sont totalement nouveaux comme par exemple le droit de posséder une nationalité et un nom. On y parle aussi de sécurité non seulement sociale pour l&#039;enfant et sa mère, mais également de sécurité morale.&lt;br /&gt;
Dans ce texte, on voit apparaître l&#039;importance accordée à l&#039;affection envers l&#039;enfant, qui est pour lui un besoin. De plus, il est indiqué que la séparation du petit enfant et de sa mère doit être éviter autant que possible. Si l&#039;enfant n&#039;a pas de famille, il est déclaré que c&#039;est alors aux pouvoirs publics et à la société d&#039;en prendre soin, de même pour les enfants n&#039;ayant pas les moyens nécessaires d’existence.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
A noter également, l&#039;entrée de l&#039;éducation comme étant un droit pour l&#039;enfant: &amp;quot;une éducation gratuite et obligatoire au moins au niveau élémentaire&amp;quot; (principe 7). Les loisirs sont incorporés dans ce principe comme éléments importants. Il est indiqué que l&#039;enfant a en effet le droit de jouer. &lt;br /&gt;
En 1959 est présente l&#039;idée de l&#039;apport des qualités de l&#039;enfant pour les autres membres de la société. Cette idée est accompagnée de celle du devoir de le protéger contre la discrimination, et de l&#039;élever dans un esprit de compréhension, de paix et de tolérance. De plus, on peut remarquer une évolution en ce qui concerne le travail des enfants. En effet, le principe 9 pose clairement des limites à l&#039;employabilité de l&#039;enfant; outre la protection de son développement moral, physique ou mental, sa santé ou son éducation, on parle d&#039;âge minimum approprié pour l&#039;emploi. Toutefois, celui-ci n&#039;est pas spécifié. La notion d&#039;intérêt supérieur de l&#039;enfant fait son apparition dans cet écrit.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[http://www.unicef.ch/sites/default/files/attachements/convention_relative_aux_droits_de_lenfant.pdf La Convention relative aux Droits de l&#039;Enfant] de 1989 est le texte relevant des droits de l&#039;enfant le plus abouti. En effet, on peut déjà noter la différence en termes de nombres d&#039;articles de ces textes: 1924, La Déclaration de Genève compte 5 articles, on passe à 10 principes en 1959 et à 54 articles dans la Convention relative aux droits de l&#039;enfant en 1989. Cette convention reprend les droits exprimés dans les textes précédents, notamment les fondamentaux: droit à l&#039;identité, à la santé, à l&#039;éducation et à la protection et ajoute également bons nombres d&#039;autres considérations. Notamment, un nouveau droit fondamental est inclus dès lors: le droit à la participation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour conclure, en suivant le parcours de l&#039;enfant en tant que personne à part entière, on constate qu&#039;il évolue au cours du XXe siècle. À partir des informations publiées sur le site de [http://www.unicef.org/french/sowc05/timeline.html Unicef] on peut retracer les éléments marquants de ce changement en vue de la reconnaissance internationale et de l’importance de l’enfance.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les droits de l&#039;enfant en Suisse ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le 24 février 1997, la Suisse a ratifié la Convention des Nations Unies relative aux droits de l’enfant. &lt;br /&gt;
Le conseil fédéral a constaté que dans l&#039;ensemble l&#039;ordre juridique suisse était en accord avec les principes de la convention. Néanmoins, il a émis des réserves dans plusieurs domaines où cet ordre juridique n&#039;est pas encore en totale adéquation avec les dispositions de la convention: le droit de l&#039;enfant à une nationalité, le regroupement familial, la séparation des jeunes et des adultes en cas de détention, les procédures pénales impliquant des mineurs. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Par ailleurs, il y a beaucoup de différences entre les différents cantons à propos de la mise en œuvre des droits. Tout ceci doit encore être amélioré.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La Convention est entrée en vigueur le 26 mars 1997 en Suisse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il faut ajouter que le pays a ratifié le protocole facultatif au sujet de l&#039;implication des enfants dans les conflits armés le 26 juillet 2002. Ce protocole, afin d&#039;augmenter la protection des enfants et adolescents, a élevé l&#039;âge minimum requis prévu dans la convention sur l’engagement volontaire et l’enrôlement obligatoire dans les forces armées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En Suisse, le deuxième protocole facultatif qui concerne la vente d&#039;enfants, la prostitution des enfants et la pornographie mettant en scène des enfants afin de mieux protéger les enfants de l&#039;exploitation sexuelle est entré en vigueur le 19 octobre &lt;br /&gt;
2006.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Une nouveauté visant une reconnaissance d&#039;un mineur est son droit de vote. C&#039;est un sujet encore d&#039;actualité qui preuve que le sujet de droits de l&#039;enfant commencé le siècle dernier continue. &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Il faut savoir que les Constitutions et les législations en Suisse divergent en fonction du canton. D’une manière générale le droit de vote au niveau fédéral et cantonal est accordé aux ressortissants suisses ayant 18 ans révolus. &lt;br /&gt;
Néanmoins certaines cantons suisses ont débuté une démarche visant à accorder le doit de vote au niveau cantonal dès l’âge de 16 ans. &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Les citoyens ont pu s’exprimer sur l&#039;abaissement de l&#039;âge du droit de vote à 16 ans dans plusieurs cantons suisses tels que par exemple le canton de Berne, de Neuchâtel ou de Glaris. Celui-ci, en 2010, a accepté d&#039;accorder le premier ce droit aux jeunes à partir de 16 ans. Comme on peut le lire dans l’article de [http://www.rts.ch/info/suisse/1142189-glaris-dit-oui-au-droit-de-vote-a-16-ans.html RTS] paru le 28.06.2010 “beaucoup de jeunes entrent dans la vie active à 16 ans. Ils pourront désormais aussi s&#039;exprimer sur des sujets qui les concernent directement, comme l&#039;école ou l&#039;apprentissage”.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Retour et analyse de l&#039;entretien ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* [[Entretien avec M. Jean-Pierre Audéoud|Entretien]] avec M. [[Index|Jean-Pierre Audéoud]]&lt;br /&gt;
* [[Article 2013/14|Méthode d&#039;entretien]]&lt;br /&gt;
* [[Questions pour les entretiens|Questions d&#039;entretien]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous avons interviewé Monsieur Jean-Pierre Audéoud le 4 décembre 2013. Cet homme, au parcours professionnel d&#039;une grande richesse a oscillé entre le droit et l&#039;éducation. En effet, après des études de droit à l&#039;université de Genève, il a fait une école d&#039;éducateurs au sud de la France (1958-1960). Diplôme en poche, il est revenu en Suisse où lui et sa femme, éducatrice également, ont repris la direction de Serix, une maison d&#039;éducation à Oron-Palézieux. Ils y ont travaillé 10 ans (1963-1973). Ensuite, Monsieur Audéoud a officié en tant président du tribunal des mineurs du canton de Vaud et ce jusqu&#039;en 1995, date officielle de sa retraite. Il s&#039;est ensuite engagé auprès des personnes handicapées en tant que président bénévole de la fondation Espérance. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===== Le Tribunal des mineurs =====&lt;br /&gt;
M. [[Index|Jean-Pierre Audéoud]], nous a expliqué durant l&#039; [[Entretien avec M. Jean-Pierre Audéoud|interview]] que son expérience dans le domaine du social lui a permis de mieux appréhender les tâches auprès du Tribunal des mineurs. L’engagement tout à fait remarquable de cet homme est mis en avant durant l’entretien:&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
“en choisissant le droit j’avais déjà une arrière pensée, je ne pensais pas être juriste dans un bureau ou faire avocat, quelque chose comme ça. C’est… c’était… alors c’est déjà une orientation si vous voulez, c’est-à-dire que je me suis déjà engagé en commençant le droit mais pas d’une manière précise, pas un moment « tac » voilà. Alors bon je sais pas si c’est à prendre en considération. Mais ça c’est affiné si vous voulez… non puis alors l’engagement véritable c’est quand je suis parti à Montpellier, c’est le choix de cette école d’éducateurs où je voulais compléter ma formation de juriste pour pouvoir à l’occasion revenir dans la juridiction des mineurs.”&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Il faut souligner ici que le Tribunal des mineurs, cette instance pour laquelle a travaillé Monsieur Jean-Pierre Audéoud, tient une place importante dans le champ des droits de l&#039;enfant. En outre le rôle du juge des mineurs est primordial, car c&#039;est lui qui va s&#039;occuper d&#039;instruire la cause, c&#039;est lui qui prend les décisions quand un délit est commis par un enfant.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Une recherche menée à ce sujet nous a permis de voir qu&#039;il existe plusieurs types de sanctions:&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
* Les &amp;quot;peines prévues par le droit des mineurs :&lt;br /&gt;
réprimande ; prestation personnelle (travail d’intérêt général ou séance de sensibilisation) ; amende ; privation de liberté&amp;quot;.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
* Les &amp;quot;mesures de protection prévues par le droit des mineurs :&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
surveillance (droit de regard et d&#039;information sur la prise en charge éducative ou thérapeutique du mineur par ses parents) ; assistance personnelle (désignation d’une personne pour seconder les parents et assister le mineur) ; traitement ambulatoire (en cas de troubles psychiques, du développement de la personnalité, de toxicodépendance ou d’autre addiction) ; placement (si l’éducation et le traitement de l’état du mineur ne peuvent être assurés autrement).&amp;quot; &amp;lt;ref&amp;gt;http://www.vd.ch/fileadmin/user_upload/themes/etat_droit/justice/fichiers_pdf/Penal_7_web.pdf&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La page web officielle de la République et du canton de Genève, indique  &amp;quot;le Tribunal des mineurs est l’autorité pénale compétente pour poursuivre et juger les infractions commises par les mineurs âgés de dix à dix-huit ans au moment de l&#039;acte.&lt;br /&gt;
Il est également l&#039;autorité d&#039;exécution des peines et mesures prononcées, ces dernières pouvant durer jusqu&#039;à l&#039;âge de 22 ans.&amp;quot; &amp;lt;ref&amp;gt;https://ge.ch/justice/tribunal-des-mineurs&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De manière plus générale, la protection de l&#039;enfant est une démarche sociétale qui concerne l&#039;ensemble des citoyens qu&#039;importe leurs origines.&lt;br /&gt;
En suivant le parcours de l&#039;enfant en tant que personne à part entière, on constate qu&#039;il évolue au cours du XXe siècle. À partir des informations publiées sur le site de [http://www.unicef.org/french/sowc05/timeline.html Unicef] on peut retracer les éléments marquants de ce changement en vue de la reconnaissance internationale et de l’importance de l’enfance.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Les droits de l&#039;enfant à travers le prisme de l&#039;éducation  ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est important de souligner qu&#039;avant de rencontrer notre témoin, nous n&#039;avions que peu d&#039;informations sur son parcours professionnel et de vie. Nous nous sommes rendues compte en menant l&#039;entretien qu&#039;il n&#039;était pas dans des revendications, dans une lutte en faveur des droits de l&#039;enfant au sens strict. Mais il a, de part son métier d&#039;éducateur et ses actions concrètes, participé à l&#039;évolution d&#039;une individualisation de l&#039;enfant; son but étant de faire grandir, évoluer des jeunes  pour qu&#039;ils reprennent le droit chemin, tout en respectant leurs besoins. Ainsi, il se trouve un certain décalage entre nos chapitres précédents concernant les droits de l&#039;enfant au sens strict et celui-ci qui traite d&#039;aspects éducatifs à travers une expérience de vie. Néanmoins, nous avons pu faire différents liens entre cette expérience et les droits en tant que tels. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;entretien avec M. et Mme Audéoud nous a permis de mettre en avant divers aspects reliés aux changements quant au travail d&#039;éducateur durant la période des [[Article_2013/14|années 60-80]]. Ils ont, comme énoncé plus haut, travaillé durant 10 ans (1963-1973) en tant que couple-directeur à la colonie de Serix. Cette maison d&#039;éducation pour jeunes délinquants accueillait à l&#039;époque 40 jeunes enfants et adolescents (uniquement des garçons) placés soit par une instance civile, soit par le service de protection de la jeunesse, ou encore par le tribunal des mineurs. Durant ces 10 années, ils ont initié et participé à de nombreux changements concrets au sein de leur institution. Ces changements reflètent grandement l&#039;évolution du regard porté sur l&#039;enfant à l&#039;époque. Avec la mise en place de cultes le dimanche où les gens des villages alentours se réunissaient au sein même de l&#039;institution  ou encore la création d&#039;un jardin d&#039;enfants pour les enfants du personnel, la création d&#039;un parc de jeux par de jeunes scouts, il y a cette volonté d&#039;ouvrir l&#039;institution pour que d&#039;une part les jeunes puissent avoir des contacts avec l&#039;extérieur, mais également pour que les gens de l&#039;extérieur puissent avoir un regard différent sur ce lieu et ses résidents. Les Audéoud vont encore plus loin en créant un foyer d&#039;habitation dépendant de Serix, en intégrant des jeunes dans les écoles des alentours, en leur organisant des vacances ou la possibilité de rentrer dans leur famille le week-end. Cette ouverture vers l&#039;extérieur était vraiment quelque chose de nouveau car durant des années Serix était un lieu très fermé ou rien de filtrait.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un élément marquant constaté par le couple Audéoud à travers leurs années à Serix est l&#039;évolution du statut d&#039;éducateur. En effet, ils voient se créer des associations professionnelles comme &amp;quot;la conférence romande de directeurs d&#039;institution&amp;quot; ou &amp;quot;l&#039;association romande des éducateurs spécialisés&amp;quot;. Se crée aussi durant cette période les syndicats, les conventions collectives. On aspire également à ce que les éducateurs soient mieux formés, soient soutenus dans leur métier. On voit par exemple apparaître des séances de trainings de groupe, des supervisions collectives et individuelles, ce qui était totalement nouveau pour l&#039;époque. Ainsi, dans ces années apparaît une valorisation de cette profession ainsi qu&#039; une prise en compte de la parole des éducateurs et de leurs besoins et souhaits. Il est vrai qu&#039;avant, ces gens se consacraient entièrement à leur métier, jour et nuit; ils ne comptaient pas leurs heures. Ils remplaçaient, comme le dit monsieur Audéoud, la famille de ces jeunes avec tout ce que ça implique. On voit alors petit à petit se créer un structure autour de ce métier, on met en place des horaires, des salaires, etc. On est attentif à leurs revendications, comme par exemple dans le cas de Serix, le fait de pouvoir habiter à l&#039;extérieur de la colonie. (fin à venir...) &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Cet entretien a mis également en lumière l&#039;évolution de la reconnaissance de l&#039;enfant et de ses droits. En effet, les droits de l&#039;enfant sont des droits de la personne avant tout. L&#039;entretien a par exemple souligné l&#039;importance de l&#039;écoute de l&#039;enfant et son droit à la parole. Ainsi, M. Audéoud nous a expliqué qu&#039;au Tribunal des mineurs le président se doit d&#039;écouter le mineur accusé et ses responsables légaux. D&#039;ailleurs, le but du juge pour enfant selon notre témoin est de choisir la sanction appropriée au mineur particulier, éduquer ou punir : travaux d&#039;intérêts généraux, amande ou encore le placement dans un établissement d&#039;éducation. Il se mêle alors des aspects juridiques à des aspects éducatifs et l&#039;on tente de déterminer ce qui est le mieux pour le jeune et non réellement selon le délit commis.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Il s&#039;agit là d&#039;un changement conséquent, car dans les années 60, M. Audéoud nous a fait part que dans son poste de directeur à Serix, les besoins des jeunes étaient définis par les adultes, qui décidaient pour les jeunes par rapport à ce qu&#039;ils pensaient être bien pour eux, mais sans leur demander leur avis. On n&#039;était pas encore dans une réelle prise en compte de la parole de l&#039;enfant à l&#039;époque. Une évolution sur le plan de l&#039;individualisation de l&#039;enfant et de la prise en compte de ses besoins est visible. En effet, aujourd&#039;hui on entend plus l&#039;enfant, on tente de connaître ce qu&#039;il désire et on regarde si on peut y accommoder. Avant, l&#039;enfant se devait de s&#039;accommoder lui à ce qu&#039;on lui imposait. De même, à Serix les colloques concernant les enfants se déroulaient sans l&#039;intéressé et ses parents, mais seulement avec les éducateurs et autres professionnels entourant le jeune. Petit à petit, les éducateurs ont changé de manière de faire, en imposant moins de choses supposées pour le bien des enfants et adolescents. Dans cet ordre d&#039;idée, on retrouve les points fondamentaux de la Constitution de 1989, du droit à la participation ainsi que la prise en compte de l&#039;intérêt supérieur de l&#039;enfant. Donc, entre les années 60 et 80, le domaine de l&#039;éducation a évolué dans la place attribuée au mineur dans les choix et sujets le concernant, l&#039;écoute qu&#039;on lui accorde et le droit de parole de celui-ci. De plus, les changements sont aussi visibles dans la prise en compte plus aboutie des besoins de l&#039;enfant, notamment par son expression de ses désirs et ressentis. Mme Audéoud souligne également le recours progressif à l&#039;individualisation de la démarche envers le jeune dans le milieu éducatif de Serix. Ainsi les jeunes ne sont plus approchés collectivement et on tient davantage compte de leur individualité dans les démarches entreprises à son égard. &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Par rapport à la question des valeurs portées par ces deux personnes, on retrouve celles de donner une structure à l&#039;enfant de manière attentionnée, de donner de l&#039;affection à ces jeunes  qui souvent en manquait, ainsi que de la reconnaissance. Valoriser l&#039;enfant, le protéger, lui manifester de l&#039;intérêt, mais aussi l&#039;aider à développer ses capacités d&#039;un point de vue cognitif, social et affectif, voilà ce en quoi croyait ce couple. Leurs convictions et ils l&#039;évoquent eux-mêmes répondent toutes aux différents besoins que l&#039;enfant a pour se développer harmonieusement. En cela, on retrouve les fondements de base des droits internationaux des enfants, car on y parle de protection de l&#039;enfant ainsi que permettre à l&#039;enfant de se développer harmonieusement.  &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Conclusions ===&lt;br /&gt;
Les droits de l’enfant, comme nous l’avons présenté, ont évolué au cours de décennies du XXème siècle. L’histoire de cette période nous témoigne de leur importance, de leur rôle prépondérant dans la vie d’un être humain. Ceci ne signifie pas que l’on n’a rien de plus à accomplir, bien au contraire. Les préoccupations quant aux conditions de vie des enfants dans le monde sont encore d&#039;actualité au XXIème sciècle. L&#039;enfant est une personne à part entière ce qui ne fait aucune doute et la [[Article_2013/14|complexité du concept des droits de la personne]] abordée dans notre article renvoie justement à la liberté, à l&#039;intégrité, à la sûreté. Mais surtout qu’importe d&#039;où l’on vient et ce qu’on fait, nous avons le droit à la vie. &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Les [[Droits_des_femmes|femmes]], les [[Droits_des_prisonniers|prisonniers]], les [[Droits_des_patients_psychiatriques|patients]], les [[Droits_des_personnes_en_situation_de_handicap|personnes en situation de handicap]], chaque individu a ce droit pour lequel certains se battent encore aujourd&#039;hui.&amp;lt;br /&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’enfance lie les individus qu’importe leur appartenance. Cette période de la vie qui nous est commune prend une dimension à part tout simplement parce que dans chaque enfant émerge l’avenir, notre avenir. Les adultes ont pour but de comprendre les enfants, de les respecter en tant que personnes et de protéger leurs droits. &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Avec le temps, l&#039;enfant a peu à peu existé comme personne à part entière. Il n&#039;est plus seulement un &amp;quot;homme en devenir&amp;quot;, mais bien un enfant avec ses particularités et besoins spécifiques. De plus, l&#039;intérêt qu&#039;on lui a porté a amené à une prise de conscience de l&#039;importance de lui donner la parole, de respecter ses désirs, intérêts, ainsi que de ses besoins, comme lui les définit. On a ainsi vu à travers notre entretien que d&#039;une définition des besoins de l&#039;enfant par l&#039;adulte durant les années 60 dans les milieux éducatifs en Suisse, on est passé vers une prise en compte plus réelle des besoins de l&#039;enfant en s&#039;adressent directement à celui-ci et en l&#039;écoutant davantage. La protection de l&#039;enfant est une notion importante dans la construction de ses droits.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme nous l&#039;avons écrit auparavant, son droit à la vie est signifié dans les textes internationaux. De prime abord, le droit à la vie de tout être humain ainsi que le droit à être protégé nous paraît naturel, mais on voit que cela ne va pas de soi. La reconnaissance du droit et besoin de protection de l&#039;enfant est essentielle, car il s&#039;agit d&#039;un être vulnérable et dépendant, soumis au bon vouloir des parents. Cette relation dominant-dominé, où l&#039;un possède un certain pouvoir sur l&#039;autre se retrouve dans bien d&#039;autres populations. Ainsi, d&#039;autres droits développés à partir du milieu du XXe siècle, comme le droits des [[Droits_des_femmes|femmes]], des [[Droits_des_patients_psychiatriques|patients psychiatriques]], des [[Droits des patients (à l&#039;hôpital)|patients hospitaliers]], des [[Droits_des_personnes_en_situation_de_handicap|personnes en situation de handicap]] ou encore des [[Droits_des_prisonniers|prisonniers]] vont dans ce sens. Ce sont toutes des populations sous la domination d&#039;autrui pour lesquelles des luttes se sont développées afin de faire valoir leurs droits, en particulier de parole, écoute, etc. La préoccupation de l&#039;enfant va sans doute de paire avec la conscience de la société de cet enfant comme devenir de la société. En effet, en désirant une société de bons citoyens, épanouis et travailleurs, il faut avant tout s&#039;occuper des conditions et favoriser au mieux le développement harmonieux des enfants. On peut ainsi rapprocher cette volonté d&#039;améliorer la société par le soucis de l&#039;enfant avec l&#039;apparition de l&#039;obligation scolaire pour tous. L&#039;instauration des droits pour l&#039;enfant va cependant plus loin, car elle touche à bien d&#039;autres domaines que l&#039;instruction.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour finir, on peut voir que ces droits reconnus internationalement doivent tout de même continué à être l&#039;objet d&#039;un travail constant, car entre la théorie et la pratique, il y a de grandes différences, même dans nos pays développés. Ainsi, il importe de faire connaître leurs droits aux enfants, de les faire respecter, notamment à travers des instances  et sanctions juridiques à cet égard.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Bibliographie / Webographie ===&lt;br /&gt;
* Droux J.,2011. &#039;&#039;L&#039;internationalisation de la protection de l&#039;enfance : acteurs, concurrences et projets transnationaux (1900-1925)&#039;&#039;. In. Critique internationale, 2011/3 n° 52, p. 17-33&lt;br /&gt;
* Martinetti, F. 2002. &#039;&#039;Les Droits de l&#039;enfant&#039;&#039;. Librio&lt;br /&gt;
* http://cofrade.fr/&lt;br /&gt;
* http://www.humanium.org/fr/&lt;br /&gt;
* http://www.netzwerk-kinderrechte.ch/&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Notes et références ===&lt;br /&gt;
&amp;lt;references/&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Auteurs du chapitre ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Claire Bourgeois Dubois-Ferriere&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
* Katarzyna Milena Fratczak&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
* Victoria Salomon&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Victoria</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Droits_des_enfants&amp;diff=13125</id>
		<title>Droits des enfants</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Droits_des_enfants&amp;diff=13125"/>
		<updated>2014-01-14T11:01:54Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Victoria : /* Introduction */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;=== Introduction ===&lt;br /&gt;
Les droits de l&#039;enfant visant la protection des mineurs évoluent au cours des décennies. Les prémices du XXe siècle les plus connues sont bien évidemment la [http://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/images/f/fb/Declaration-geneve.pdf Déclaration de Genève] (1924), la [http://cofradeenfrance.files.wordpress.com/2010/10/dc3a9claration-1959.pdf déclaration des Droits de l&#039;Enfant] (1959) et enfin le texte de la [http://www.unicef.ch/sites/default/files/attachements/convention_relative_aux_droits_de_lenfant.pdf Convention Internationale relative aux Droits de l’Enfant] du 20 novembre 1989. Ce dernier “ratifié d’une manière quasi universelle (193 États sur 195) en fait un texte hors norme de part sa portée dans l’espace et de par l’enthousiasme spontané qu’ [il] a suscité.”&amp;lt;ref&amp;gt;Zermatten, J., Stoecklin D. 2009. Le droit des enfants de participer. Norme juridique et réalité pratique: contribution à un nouveau contrat social. Suisse: Institut International des Droits de l&#039;Enfant., p.7 &amp;lt;/ref&amp;gt; Ce parcours historique est une partie importante de l’histoire qu’on écrit aujourd’hui.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
On peut remarquer que le premier pas vers l&#039;individualisation de l&#039;enfant datant de 1924, pointe le bout de son nez quelques années après la fin de la première guerre mondiale. Le deuxième est marqué par la Déclaration de Droits de l&#039;Enfant de 1959, donc à l’image de la précédente, elle date des années après la seconde guerre mais est également un point de départ menant vers la Convention de 1989.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Le long chemin vers une telle reconnaissance était en grande partie marqué par la création, un peu partout en Europe, des communautés d&#039;enfants. Leur rôle n&#039;est pas négligeable. La définition de ces communautés d&#039;enfants est donné à Trogen en juillet 1948 et semble préciser un peu plus les besoins de l&#039;enfant en tant que personne. Ce sont: &amp;quot;les organisations éducatives ou rééducatives à caractère permanent, fondées sur la participation active des enfants ou adolescents à la vie de la communauté, dans le cadre des méthodes d’éducation et d’instruction modernes – et dans lesquelles la vie de famille se combine de diverses façons aux modalités de la vie de collectivité&amp;quot;.&amp;lt;ref&amp;gt;Cours de M.Ruchat: L’éducation spéciale du XVIIIe au XXe siècles: L’éducation, les normes et l’individu, Université de Genève, 2013&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Dans l’esprit de la reconnaissance d’un enfant à part entière avec le respect de sa liberté, [[Libres enfants de Summerhill (Neill)|Alexander Sutherland Neill]] crée son école de Summerhill en 1921, une école qui encore de nos jours suscite beaucoup de discussions et polémiques. Dans le cadre de cet atelier d’intelligence collective nous avons procédé à une comparaison des idées de Neill décrites dans son livre [[Libres enfants de Summerhill (Neill)|&amp;quot;Libres enfants de Summerhill&amp;quot;]] (1960) avec la Convention relative aux Droits de l’Enfant de 1989 avec un constat tout à fait surprenant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Historique des droits de l&#039;enfant ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== « L’humanité doit donner à l’enfant ce qu’elle a de meilleur » Déclaration de Genève sur les Droits de l’Enfant, 1924 ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est important de signaler qu&#039;avant même l&#039;intérêt qui s&#039;est peu à peu développé quant aux droits de l&#039;enfant, il a d&#039;abord fallu que le société prenne [[Fichier:Déclaration de Genève 1924.jpg|vignette|droite|Déclaration de Genève (1924)]]conscience du statut particulier de l&#039;enfant, avec ses spécificités, et bien plus encore d&#039;être humain digne de droits propres : “L’adulte a longtemps cru que c’était lui-même qui devait animer l’enfant par ses soins et son assistance. Il pensait que son rôle était de façonner l’enfant, de construire sa vie psychique pour que l’enfant devienne peu à peu comme lui. L’enfant était un objet d’assistance, un adulte en devenir (certains disent même &amp;quot;en miniature&amp;quot;) et non une personne humaine à part entière. Petit, faible, pauvre, dépendant, il n’était qu’un citoyen potentiel qui ne sera homme ou femme que demain. Il ne devenait une personne humaine, sujet de droits, qu’à partir du moment où il atteignait l’âge adulte. C’est à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle, notamment après la Première Guerre mondiale, que le concept de droits de l’enfant apparaît.” &amp;lt;ref&amp;gt;Dhellemmes V. ,2010. La dignité et les droits de l&#039;enfant : vingt ans d&#039;avancées sur le plan international. In. Transversalités, 2010/3 N° 115, p. 99-110.&amp;lt;/ref&amp;gt;   &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quand on fait une recherche sur des droits de l’enfant à travers les documents écrits en l&#039;espace de plus de cent ans, du début du XXème siècle jusqu’à aujourd’hui, on retrouve les noms de deux précurseurs qui ont marqué le cours de l’histoire. Il s’agit de Britannique Eglantyne Jebb (1876-1928) et du polonais Henryk Goldzmit (1878–1942) connu sous le nom de Janusz Korczak.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Ce dernier, pédiatre et éducateur qui a tant &amp;quot;aimé et défendu&amp;quot; les enfants, ne voulant pas les laisser seuls, s&#039;est laissé emmener avec eux à Treblinka où il est mort dans une chambre à gaz.&amp;lt;ref&amp;gt;Korczak J. Le droit de l’enfant au respect. L’héritage de Janusz Korczak. Conférences sur les enjeux actuels pour l’enfance. In. http://www.coe.int/t/commissioner/Activities/themes/Children/PublicationKorczak_fr.pdf&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Korczak, l&#039;inspirateur des droits de l&#039;enfant est bien, d&#039;abord, un insurgé, comme toute son œuvre en témoigne. C&#039;est un homme qui ne supporte pas la violence faite à l&#039;enfance : la violence physique, bien sûr, la violence psychologique également, mais aussi la violence des institutions qui prétendent œuvrer pour &amp;quot;son bien&amp;quot;.&amp;lt;ref&amp;gt;Meirieu P. 2002. Le pédagogue et les droits de l’enfant : histoire d’un malentendu ?. Editions du Tricorne et Association suisse des Amis du Dr Korczak. p.4&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
“Janusz Korczak, premier défenseur des droits de l’enfant et le plus radical, a été déçu en découvrant la Déclaration des droits de l’enfant adoptée par la Société des Nations en 1924, pas assez claire à son goût et plus implorante que contraignante. Il voulait des droits et non la charité, immédiatement et non dans un avenir lointain.” &amp;lt;ref&amp;gt;Korczak J. Le droit de l’enfant au respect. L’héritage de Janusz Korczak. Conférences sur les enjeux actuels pour l’enfance. In. http://www.coe.int/t/commissioner/Activities/themes/Children/PublicationKorczak_fr.pdf p.7). &amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le travail d&#039;Eglantyne Jebb qui a élaboré et rédigé la [http://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/images/f/fb/Declaration-geneve.pdf Déclaration de Genève] a été important. Elle l’a présenté le 26 septembre 1923 et le 28 février 1924 le Ve Congrès général de la Société de Nations qui l&#039;a alors ratifié.&lt;br /&gt;
C&#039;est le premier texte énonçant des droits fondamentaux des enfants ainsi que la responsabilité des adultes à leur égard. Il est constitué de cinq articles. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Déjà  dans le préambule on peut lire que « L’humanité doit donner à l’enfant ce qu’elle a de meilleur.» On peut y voir également que c’est la protection physique qui est mise en avant en soutenant l&#039;idée de venir en aide en cas de détresse ainsi que celle de combattre la faim et l&#039;exploitation.(articles 2, 3, 4). En parallèle la notion de développement spirituel n’est pas omis (article 1) de même que le fait que “l’enfant doit être élevé dans le sentiment que ses meilleures qualités devront être mises au service de ses frères”(article 5). Ce texte d&#039;après première guerre mondiale est aussi une contribution à un monde paix qui s&#039;étaye sur les enfants qui forme l&#039;avenir, un avenir que les promoteurs des droits de l&#039;enfant voudraient dans la paix.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Déclaration des Droits de l’Enfant, 1959 ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après la seconde guerre mondiale, l&#039;ONU est créée. Elle va s&#039;intéresser aux droits de l&#039;enfant et révéler l&#039;insuffisance de la Déclaration de Genève. En effet, suite à l&#039;adoption de la [http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/IMG/pdf/DUDH.pdf Déclaration universelle des droits de l&#039;Homme] (1948) et à l&#039;évolution du droit durant cette période, on pense nécessaire d&#039;approfondir cette question des droits de l&#039;enfant.&lt;br /&gt;
Plusieurs pays membres de l&#039;ONU réclame une convention, c&#039;est à dire un instrument international contraignant qui engage les états qui l&#039;ont ratifié. Mais cette proposition est refusée. Le choix se porte alors sur une seconde Déclaration des droits de l&#039;enfant qui reprend l&#039;idée selon laquelle l&#039;humanité doit donner à l&#039;enfant ce qu&#039;elle a de meilleur. [http://cofradeenfrance.files.wordpress.com/2010/10/dc3a9claration-1959.pdf La déclaration des Droits de l&#039;Enfant] est adoptée par l&#039;assemblée générale des Nations Unies à l&#039;unanimité (70 pays membres), le 20 novembre 1959. Cette date est depuis lors officiellement la journée des droits de l&#039;enfant. La déclaration contient 10 principes fondateurs (elle double donc ceux de 1924!) avec des droits concrets comme par exemple le droit à un nom, à une nationalité ou à un enseignement gratuit au niveau élémentaire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Convention Internationale relative aux Droits de l’Enfant, 1989 ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le 20 novembre 1989, la [http://www.unicef.ch/sites/default/files/attachements/convention_relative_aux_droits_de_lenfant.pdf Convention Internationale relative aux Droits de l’Enfant] (CIDE) a été adoptée par l&#039;Assemblée générale des Nations Unies. Cette Convention a pour but de reconnaître et protéger les droits spécifiques de l&#039;enfant. Elle est composée de 54 articles (elle quintuple le nombre de 1959!) autour des orientations principales suivantes:&lt;br /&gt;
:la non - discrimination&lt;br /&gt;
:l&#039;intérêt supérieur de l&#039;enfant&lt;br /&gt;
:le droit à la vie, la survie et le développement&lt;br /&gt;
:les droits participatifs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les Etats ayant ratifiés cette Convention se doivent de respecter ces articles et de mettre en place les mesures législatives pour protéger les droits de l&#039;enfant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La CIDE est une déclinaison des droits de l&#039;homme exprimés dans la [http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/IMG/pdf/DUDH.pdf Déclaration Universelle des Droits de l&#039;Homme] (1948) et pose que l’enfant est sujet de droit. Elle accorde aux enfants des droits propres et expose leurs droits économiques, sociaux, civils, culturels et politiques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En effet, cette Convention est le texte concernant les droits de l&#039;homme qui a été le plus rapidement accepté au cours de l&#039;histoire, et a été ratifié par le plus d&#039;Etats. Seuls les Etats-Unis et la Somalie ne l&#039;ont pas encore ratifiée aujourd&#039;hui: Les Etats-Unis pratiquent encore la peine de mort pour les enfants dans certains Etats, or cela serait contraire au droit à la vie de l&#039;enfant promulgué dans la CIDE, tandis que la Somalie ne possède pas de gouvernement reconnu pour la ratifier à cause des troubles politiques dans le pays.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Droits de l&#039;enfant - droits de la personne ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;quot;L&#039;humanité doit donner à l&#039;enfant ce qu&#039;elle a de meilleur, affirmer  leurs devoirs, en dehors de toute considération de race, de nationalité et de croyance&amp;quot; - ce sont les prémices officielles de la reconnaissance de l&#039;enfant de 1924. C&#039;était un début, suivi, comme nous avons décrit plus haut, par la Déclaration des droits de l&#039;enfant de 1959 et par La Convention relative aux droits de l&#039;enfant de 1989. &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il faut ici souligner que “jusqu&#039;à l’adoption de la Convention en 1989, les enfants ne vivaient pas dans les limbes juridiques internationales. Il était au contraire admis qu’ils jouissent de garanties offertes par les instruments internationaux précédents, tels que les pactes internationaux relatifs aux droits de l’homme (que la Suisse a récemment ratifiés), à l&#039;exclusion bien entendu des droits liés directement à la condition de l’adulte (droit de se marier, de fonder une famille, assurance-vieillesse ou maternité). L’année internationale de l’enfant a conduit la communauté internationale à préciser le statut des enfants en confirmant leur particularité en tant qu&#039;êtres à la fois vulnérables (Préambules de la Convention, par exemple pp. 5, 6, 12) et appelés “à assumer les responsabilités de la vie dans une société libre”.&amp;lt;ref&amp;gt;Lücker-Babel M-F, Droits de l&#039;enfant: idéologies et réalités. In. Ratifier en Suisse. La Convention de l&#039;ONU relative aux droits de l&#039;enfant?. N° 26, Novembre 1992. p. 43&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;enfant est considéré peu à peu comme un être de droit au cours du XXe siècle, ce que l&#039;on peut voir notamment à travers les différents textes codifiant les droits de l&#039;enfant à cette époque.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout d&#039;abord, en 1924, le premier texte international au sujet des droits de l&#039;enfant ([http://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/images/f/fb/Declaration-geneve.pdf Déclaration de Genève]) confère à celui-ci des droits primaires, comme lui permettre de se développer normalement sur le plan matériel et spirituel, de gagner sa vie sans être exploité, être nourri, soigné, recueilli et secouru, et également de l&#039;élever dans l&#039;esprit que ses qualités devront pourvoir à la société. On voit dans ce texte que les droits dotés à l&#039;enfant amorce une idée de soin et de protection de l&#039;enfant dans l&#039;évocation du secours qui doit lui être porté, et démontre aussi un intérêt pour son bon développement. Toutefois, ces articles restent assez pauvres quant aux droits accordés aux enfants et l&#039;on voit que le travail de l&#039;enfant reste de mise.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[http://cofradeenfrance.files.wordpress.com/2010/10/dc3a9claration-1959.pdf La Déclaration des Droits de l&#039;Enfant] de 1959 va plus loin. Ce texte insiste d&#039;avantage sur la protection  qui doit être accordée à l&#039;enfant qui n&#039;est plus seulement suggérée sous le terme &amp;quot;secours&amp;quot;. Ici, son développement ne doit plus uniquement être normal, mais également sain sur le plan, cette fois-ci moral, spirituel, physique, intellectuel et social. On ajoute que l&#039;enfant doit pouvoir se développer dans la liberté et la dignité.&lt;br /&gt;
Il est important de voir que certains principes sont totalement nouveaux comme par exemple le droit de posséder une nationalité et un nom. On y parle aussi de sécurité non seulement sociale pour l&#039;enfant et sa mère, mais également de sécurité morale.&lt;br /&gt;
Dans ce texte, on voit apparaître l&#039;importance accordée à l&#039;affection envers l&#039;enfant, qui est pour lui un besoin. De plus, il est indiqué que la séparation du petit enfant et de sa mère doit être éviter autant que possible. Si l&#039;enfant n&#039;a pas de famille, il est déclaré que c&#039;est alors aux pouvoirs publics et à la société d&#039;en prendre soin, de même pour les enfants n&#039;ayant pas les moyens nécessaires d’existence.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
A noter également, l&#039;entrée de l&#039;éducation comme étant un droit pour l&#039;enfant: &amp;quot;une éducation gratuite et obligatoire au moins au niveau élémentaire&amp;quot; (principe 7). Les loisirs sont incorporés dans ce principe comme éléments importants. Il est indiqué que l&#039;enfant a en effet le droit de jouer. &lt;br /&gt;
En 1959 est présente l&#039;idée de l&#039;apport des qualités de l&#039;enfant pour les autres membres de la société. Cette idée est accompagnée de celle du devoir de le protéger contre la discrimination, et de l&#039;élever dans un esprit de compréhension, de paix et de tolérance. De plus, on peut remarquer une évolution en ce qui concerne le travail des enfants. En effet, le principe 9 pose clairement des limites à l&#039;employabilité de l&#039;enfant; outre la protection de son développement moral, physique ou mental, sa santé ou son éducation, on parle d&#039;âge minimum approprié pour l&#039;emploi. Toutefois, celui-ci n&#039;est pas spécifié. La notion d&#039;intérêt supérieur de l&#039;enfant fait son apparition dans cet écrit.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[http://www.unicef.ch/sites/default/files/attachements/convention_relative_aux_droits_de_lenfant.pdf La Convention relative aux Droits de l&#039;Enfant] de 1989 est le texte relevant des droits de l&#039;enfant le plus abouti. En effet, on peut déjà noter la différence en termes de nombres d&#039;articles de ces textes: 1924, La Déclaration de Genève compte 5 articles, on passe à 10 principes en 1959 et à 54 articles dans la Convention relative aux droits de l&#039;enfant en 1989. Cette convention reprend les droits exprimés dans les textes précédents, notamment les fondamentaux: droit à l&#039;identité, à la santé, à l&#039;éducation et à la protection et ajoute également bons nombres d&#039;autres considérations. Notamment, un nouveau droit fondamental est inclus dès lors: le droit à la participation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour conclure, en suivant le parcours de l&#039;enfant en tant que personne à part entière, on constate qu&#039;il évolue au cours du XXe siècle. À partir des informations publiées sur le site de [http://www.unicef.org/french/sowc05/timeline.html Unicef] on peut retracer les éléments marquants de ce changement en vue de la reconnaissance internationale et de l’importance de l’enfance.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les droits de l&#039;enfant en Suisse ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le 24 février 1997, la Suisse a ratifié la Convention des Nations Unies relative aux droits de l’enfant. &lt;br /&gt;
Le conseil fédéral a constaté que dans l&#039;ensemble l&#039;ordre juridique suisse était en accord avec les principes de la convention. Néanmoins, il a émis des réserves dans plusieurs domaines où cet ordre juridique n&#039;est pas encore en totale adéquation avec les dispositions de la convention: le droit de l&#039;enfant à une nationalité, le regroupement familial, la séparation des jeunes et des adultes en cas de détention, les procédures pénales impliquant des mineurs. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Par ailleurs, il y a beaucoup de différences entre les différents cantons à propos de la mise en œuvre des droits. Tout ceci doit encore être amélioré.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La Convention est entrée en vigueur le 26 mars 1997 en Suisse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il faut ajouter que le pays a ratifié le protocole facultatif au sujet de l&#039;implication des enfants dans les conflits armés le 26 juillet 2002. Ce protocole, afin d&#039;augmenter la protection des enfants et adolescents, a élevé l&#039;âge minimum requis prévu dans la convention sur l’engagement volontaire et l’enrôlement obligatoire dans les forces armées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En Suisse, le deuxième protocole facultatif qui concerne la vente d&#039;enfants, la prostitution des enfants et la pornographie mettant en scène des enfants afin de mieux protéger les enfants de l&#039;exploitation sexuelle est entré en vigueur le 19 octobre &lt;br /&gt;
2006.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Une nouveauté visant une reconnaissance d&#039;un mineur est son droit de vote. C&#039;est un sujet encore d&#039;actualité qui preuve que le sujet de droits de l&#039;enfant commencé le siècle dernier continue. &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Il faut savoir que les Constitutions et les législations en Suisse divergent en fonction du canton. D’une manière générale le droit de vote au niveau fédéral et cantonal est accordé aux ressortissants suisses ayant 18 ans révolus. &lt;br /&gt;
Néanmoins certaines cantons suisses ont débuté une démarche visant à accorder le doit de vote au niveau cantonal dès l’âge de 16 ans. &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Les citoyens ont pu s’exprimer sur l&#039;abaissement de l&#039;âge du droit de vote à 16 ans dans plusieurs cantons suisses tels que par exemple le canton de Berne, de Neuchâtel ou de Glaris. Celui-ci, en 2010, a accepté d&#039;accorder le premier ce droit aux jeunes à partir de 16 ans. Comme on peut le lire dans l’article de [http://www.rts.ch/info/suisse/1142189-glaris-dit-oui-au-droit-de-vote-a-16-ans.html RTS] paru le 28.06.2010 “beaucoup de jeunes entrent dans la vie active à 16 ans. Ils pourront désormais aussi s&#039;exprimer sur des sujets qui les concernent directement, comme l&#039;école ou l&#039;apprentissage”.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Retour et analyse de l&#039;entretien ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* [[Entretien avec M. Jean-Pierre Audéoud|Entretien]] avec M. [[Index|Jean-Pierre Audéoud]]&lt;br /&gt;
* [[Article 2013/14|Méthode d&#039;entretien]]&lt;br /&gt;
* [[Questions pour les entretiens|Questions d&#039;entretien]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous avons interviewé Monsieur Jean-Pierre Audéoud le 4 décembre 2013. Cet homme, au parcours professionnel d&#039;une grande richesse a oscillé entre le droit et l&#039;éducation. En effet, après des études de droit à l&#039;université de Genève, il a fait une école d&#039;éducateurs au sud de la France (1958-1960). Diplôme en poche, il est revenu en Suisse où lui et sa femme, éducatrice également, ont repris la direction de Serix, une maison d&#039;éducation à Oron-Palézieux. Ils y ont travaillé 10 ans (1963-1973). Ensuite, Monsieur Audéoud a officié en tant président du tribunal des mineurs du canton de Vaud et ce jusqu&#039;en 1995, date officielle de sa retraite. Il s&#039;est ensuite engagé auprès des personnes handicapées en tant que président bénévole de la fondation Espérance. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===== Le Tribunal des mineurs =====&lt;br /&gt;
M. [[Index|Jean-Pierre Audéoud]], nous a expliqué durant l&#039; [[Entretien avec M. Jean-Pierre Audéoud|interview]] que son expérience dans le domaine du social lui a permis de mieux appréhender les tâches auprès du Tribunal des mineurs. L’engagement tout à fait remarquable de cet homme est mis en avant durant l’entretien:&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
“en choisissant le droit j’avais déjà une arrière pensée, je ne pensais pas être juriste dans un bureau ou faire avocat, quelque chose comme ça. C’est… c’était… alors c’est déjà une orientation si vous voulez, c’est-à-dire que je me suis déjà engagé en commençant le droit mais pas d’une manière précise, pas un moment « tac » voilà. Alors bon je sais pas si c’est à prendre en considération. Mais ça c’est affiné si vous voulez… non puis alors l’engagement véritable c’est quand je suis parti à Montpellier, c’est le choix de cette école d’éducateurs où je voulais compléter ma formation de juriste pour pouvoir à l’occasion revenir dans la juridiction des mineurs.”&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Il faut souligner ici que le Tribunal des mineurs, cette instance pour laquelle a travaillé Monsieur Jean-Pierre Audéoud, tient une place importante dans le champ des droits de l&#039;enfant. En outre le rôle du juge des mineurs est primordial, car c&#039;est lui qui va s&#039;occuper d&#039;instruire la cause, c&#039;est lui qui prend les décisions quand un délit est commis par un enfant.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Une recherche menée à ce sujet nous a permis de voir qu&#039;il existe plusieurs types de sanctions:&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
* Les &amp;quot;peines prévues par le droit des mineurs :&lt;br /&gt;
réprimande ; prestation personnelle (travail d’intérêt général ou séance de sensibilisation) ; amende ; privation de liberté&amp;quot;.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
* Les &amp;quot;mesures de protection prévues par le droit des mineurs :&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
surveillance (droit de regard et d&#039;information sur la prise en charge éducative ou thérapeutique du mineur par ses parents) ; assistance personnelle (désignation d’une personne pour seconder les parents et assister le mineur) ; traitement ambulatoire (en cas de troubles psychiques, du développement de la personnalité, de toxicodépendance ou d’autre addiction) ; placement (si l’éducation et le traitement de l’état du mineur ne peuvent être assurés autrement).&amp;quot; &amp;lt;ref&amp;gt;http://www.vd.ch/fileadmin/user_upload/themes/etat_droit/justice/fichiers_pdf/Penal_7_web.pdf&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La page web officielle de la République et du canton de Genève, indique  &amp;quot;le Tribunal des mineurs est l’autorité pénale compétente pour poursuivre et juger les infractions commises par les mineurs âgés de dix à dix-huit ans au moment de l&#039;acte.&lt;br /&gt;
Il est également l&#039;autorité d&#039;exécution des peines et mesures prononcées, ces dernières pouvant durer jusqu&#039;à l&#039;âge de 22 ans.&amp;quot; &amp;lt;ref&amp;gt;https://ge.ch/justice/tribunal-des-mineurs&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De manière plus générale, la protection de l&#039;enfant est une démarche sociétale qui concerne l&#039;ensemble des citoyens qu&#039;importe leurs origines.&lt;br /&gt;
En suivant le parcours de l&#039;enfant en tant que personne à part entière, on constate qu&#039;il évolue au cours du XXe siècle. À partir des informations publiées sur le site de [http://www.unicef.org/french/sowc05/timeline.html Unicef] on peut retracer les éléments marquants de ce changement en vue de la reconnaissance internationale et de l’importance de l’enfance.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Les droits de l&#039;enfant à travers le prisme de l&#039;éducation  ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est important de souligner qu&#039;avant de rencontrer notre témoin, nous n&#039;avions que peu d&#039;informations sur son parcours professionnel et de vie. Nous nous sommes rendues compte en menant l&#039;entretien qu&#039;il n&#039;était pas dans des revendications, dans une lutte en faveur des droits de l&#039;enfant au sens strict. Mais il a, de part son métier d&#039;éducateur et ses actions concrètes, participé à l&#039;évolution d&#039;une individualisation de l&#039;enfant; son but étant de faire grandir, évoluer des jeunes  pour qu&#039;ils reprennent le droit chemin, tout en respectant leurs besoins. Ainsi, il se trouve un certain décalage entre nos chapitres précédents concernant les droits de l&#039;enfant au sens strict et celui-ci qui traite d&#039;aspects éducatifs à travers une expérience de vie. Néanmoins, nous avons pu faire différents liens entre cette expérience et les droits en tant que tels. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;entretien avec M. et Mme Audéoud nous a permis de mettre en avant divers aspects reliés aux changements quant au travail d&#039;éducateur durant la période des [[Article_2013/14|années 60-80]]. Ils ont, comme énoncé plus haut, travaillé durant 10 ans (1963-1973) en tant que couple-directeur à la colonie de Serix. Cette maison d&#039;éducation pour jeunes délinquants accueillait à l&#039;époque 40 jeunes enfants et adolescents (uniquement des garçons) placés soit par une instance civile, soit par le service de protection de la jeunesse, ou encore par le tribunal des mineurs. Durant ces 10 années, ils ont initié et participé à de nombreux changements concrets au sein de leur institution. Ces changements reflètent grandement l&#039;évolution du regard porté sur l&#039;enfant à l&#039;époque. Avec la mise en place de cultes le dimanche où les gens des villages alentours se réunissaient au sein même de l&#039;institution  ou encore la création d&#039;un jardin d&#039;enfants pour les enfants du personnel, la création d&#039;un parc de jeux par de jeunes scouts, il y a cette volonté d&#039;ouvrir l&#039;institution pour que d&#039;une part les jeunes puissent avoir des contacts avec l&#039;extérieur, mais également pour que les gens de l&#039;extérieur puissent avoir un regard différent sur ce lieu et ses résidents. Les Audéoud vont encore plus loin en créant un foyer d&#039;habitation dépendant de Serix, en intégrant des jeunes dans les écoles des alentours, en leur organisant des vacances ou la possibilité de rentrer dans leur famille le week-end. Cette ouverture vers l&#039;extérieur était vraiment quelque chose de nouveau car durant des années Serix était un lieu très fermé ou rien de filtrait.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un élément marquant constaté par le couple Audéoud à travers leurs années à Serix est l&#039;évolution du statut d&#039;éducateur. En effet, ils voient se créer des associations professionnelles comme &amp;quot;la conférence romande de directeurs d&#039;institution&amp;quot; ou &amp;quot;l&#039;association romande des éducateurs spécialisés&amp;quot;. Se crée aussi durant cette période les syndicats, les conventions collectives. On aspire également à ce que les éducateurs soient mieux formés, soient soutenus dans leur métier. On voit par exemple apparaître des séances de trainings de groupe, des supervisions collectives et individuelles, ce qui était totalement nouveau pour l&#039;époque. Ainsi, dans ces années apparaît une valorisation de cette profession ainsi qu&#039; une prise en compte de la parole des éducateurs et de leurs besoins et souhaits. Il est vrai qu&#039;avant, ces gens se consacraient entièrement à leur métier, jour et nuit; ils ne comptaient pas leurs heures. Ils remplaçaient, comme le dit monsieur Audéoud, la famille de ces jeunes avec tout ce que ça implique. On voit alors petit à petit se créer un structure autour de ce métier, on met en place des horaires, des salaires, etc. On est attentif à leurs revendications, comme par exemple dans le cas de Serix, le fait de pouvoir habiter à l&#039;extérieur de la colonie. (fin à venir...) &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Cet entretien a mis également en lumière l&#039;évolution de la reconnaissance de l&#039;enfant et de ses droits. En effet, les droits de l&#039;enfant sont des droits de la personne avant tout. L&#039;entretien a par exemple souligné l&#039;importance de l&#039;écoute de l&#039;enfant et son droit à la parole. Ainsi, M. Audéoud nous a expliqué qu&#039;au Tribunal des mineurs le président se doit d&#039;écouter le mineur accusé et ses responsables légaux. D&#039;ailleurs, le but du juge pour enfant selon notre témoin est de choisir la sanction appropriée au mineur particulier, éduquer ou punir : travaux d&#039;intérêts généraux, amande ou encore le placement dans un établissement d&#039;éducation. Il se mêle alors des aspects juridiques à des aspects éducatifs et l&#039;on tente de déterminer ce qui est le mieux pour le jeune et non réellement selon le délit commis.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Il s&#039;agit là d&#039;un changement conséquent, car dans les années 60, M. Audéoud nous a fait part que dans son poste de directeur à Serix, les besoins des jeunes étaient définis par les adultes, qui décidaient pour les jeunes par rapport à ce qu&#039;ils pensaient être bien pour eux, mais sans leur demander leur avis. On n&#039;était pas encore dans une réelle prise en compte de la parole de l&#039;enfant à l&#039;époque. Une évolution sur le plan de l&#039;individualisation de l&#039;enfant et de la prise en compte de ses besoins est visible. En effet, aujourd&#039;hui on entend plus l&#039;enfant, on tente de connaître ce qu&#039;il désire et on regarde si on peut y accommoder. Avant, l&#039;enfant se devait de s&#039;accommoder lui à ce qu&#039;on lui imposait. De même, à Serix les colloques concernant les enfants se déroulaient sans l&#039;intéressé et ses parents, mais seulement avec les éducateurs et autres professionnels entourant le jeune. Petit à petit, les éducateurs ont changé de manière de faire, en imposant moins de choses supposées pour le bien des enfants et adolescents. Dans cet ordre d&#039;idée, on retrouve les points fondamentaux de la Constitution de 1989, du droit à la participation ainsi que la prise en compte de l&#039;intérêt supérieur de l&#039;enfant. Donc, entre les années 60 et 80, le domaine de l&#039;éducation a évolué dans la place attribuée au mineur dans les choix et sujets le concernant, l&#039;écoute qu&#039;on lui accorde et le droit de parole de celui-ci. De plus, les changements sont aussi visibles dans la prise en compte plus aboutie des besoins de l&#039;enfant, notamment par son expression de ses désirs et ressentis. Mme Audéoud souligne également le recours progressif à l&#039;individualisation de la démarche envers le jeune dans le milieu éducatif de Serix. Ainsi les jeunes ne sont plus approchés collectivement et on tient davantage compte de leur individualité dans les démarches entreprises à son égard. &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Par rapport à la question des valeurs portées par ces deux personnes, on retrouve celles de donner une structure à l&#039;enfant de manière attentionnée, de donner de l&#039;affection à ces jeunes  qui souvent en manquait, ainsi que de la reconnaissance. Valoriser l&#039;enfant, le protéger, lui manifester de l&#039;intérêt, mais aussi l&#039;aider à développer ses capacités d&#039;un point de vue cognitif, social et affectif, voilà ce en quoi croyait ce couple. Leurs convictions et ils l&#039;évoquent eux-mêmes répondent toutes aux différents besoins que l&#039;enfant a pour se développer harmonieusement. En cela, on retrouve les fondements de base des droits internationaux des enfants, car on y parle de protection de l&#039;enfant ainsi que permettre à l&#039;enfant de se développer harmonieusement.  &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Conclusions ===&lt;br /&gt;
Les droits de l’enfant, comme nous l’avons présenté, ont évolué au cours de décennies du XXème siècle. L’histoire de cette période nous témoigne de leur importance, de leur rôle prépondérant dans la vie d’un être humain. Ceci ne signifie pas que l’on n’a rien de plus à accomplir, bien au contraire. Les préoccupations quant aux conditions de vie des enfants dans le monde sont encore d&#039;actualité au XXIème sciècle. L&#039;enfant est une personne à part entière ce qui ne fait aucune doute et la [[Article_2013/14|complexité du concept des droits de la personne]] abordée dans notre article renvoie justement à la liberté, à l&#039;intégrité, à la sûreté. Mais surtout qu’importe d&#039;où l’on vient et ce qu’on fait, nous avons le droit à la vie. &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Les [[Droits_des_femmes|femmes]], les [[Droits_des_prisonniers|prisonniers]], les [[Droits_des_patients_psychiatriques|patients]], les [[Droits_des_personnes_en_situation_de_handicap|personnes en situation de handicap]], chaque individu a ce droit pour lequel certains se battent encore aujourd&#039;hui.&amp;lt;br /&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’enfance lie les individus qu’importe leur appartenance. Cette période de la vie qui nous est commune prend une dimension à part tout simplement parce que dans chaque enfant émerge l’avenir, notre avenir. Les adultes ont pour but de comprendre les enfants, de les respecter en tant que personnes et de protéger leurs droits. &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Avec le temps, l&#039;enfant a peu à peu existé comme personne à part entière. Il n&#039;est plus seulement un &amp;quot;homme en devenir&amp;quot;, mais bien un enfant avec ses particularités et besoins spécifiques. De plus, l&#039;intérêt qu&#039;on lui a porté a amené à une prise de conscience de l&#039;importance de lui donner la parole, de respecter ses désirs, intérêts, ainsi que de ses besoins, comme lui les définit. On a ainsi vu à travers notre entretien que d&#039;une définition des besoins de l&#039;enfant par l&#039;adulte durant les années 60 dans les milieux éducatifs en Suisse, on est passé vers une prise en compte plus réelle des besoins de l&#039;enfant en s&#039;adressent directement à celui-ci et en l&#039;écoutant davantage. La protection de l&#039;enfant est une notion importante dans la construction de ses droits.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme nous l&#039;avons écrit auparavant, son droit à la vie est signifié dans les textes internationaux. De prime abord, le droit à la vie de tout être humain ainsi que le droit à être protégé nous paraît naturel, mais on voit que cela ne va pas de soi. La reconnaissance du droit et besoin de protection de l&#039;enfant est essentielle, car il s&#039;agit d&#039;un être vulnérable et dépendant, soumis au bon vouloir des parents. Cette relation dominant-dominé, où l&#039;un possède un certain pouvoir sur l&#039;autre se retrouve dans bien d&#039;autres populations. Ainsi, d&#039;autres droits développés à partir du milieu du XXe siècle, comme le droits des [[Droits_des_femmes|femmes]], des [[Droits_des_patients_psychiatriques|patients psychiatriques]], des [[Droits des patients (à l&#039;hôpital)|patients hospitaliers]], des [[Droits_des_personnes_en_situation_de_handicap|personnes en situation de handicap]] ou encore des [[Droits_des_prisonniers|prisonniers]] vont dans ce sens. Ce sont toutes des populations sous la domination d&#039;autrui pour lesquelles des luttes se sont développées afin de faire valoir leurs droits, en particulier de parole, écoute, etc. La préoccupation de l&#039;enfant va sans doute de paire avec la conscience de la société de cet enfant comme devenir de la société. En effet, en désirant une société de bons citoyens, épanouis et travailleurs, il faut avant tout s&#039;occuper des conditions et favoriser au mieux le développement harmonieux des enfants. On peut ainsi rapprocher cette volonté d&#039;améliorer la société par le soucis de l&#039;enfant avec l&#039;apparition de l&#039;obligation scolaire pour tous. L&#039;instauration des droits pour l&#039;enfant va cependant plus loin, car elle touche à bien d&#039;autres domaines que l&#039;instruction.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour finir, on peut voir que ces droits reconnus internationalement doivent tout de même continué à être l&#039;objet d&#039;un travail constant, car entre la théorie et la pratique, il y a de grandes différences, même dans nos pays développés. Ainsi, il importe de faire connaître leurs droits aux enfants, de les faire respecter, notamment à travers des instances  et sanctions juridiques à cet égard.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Bibliographie / Webographie ===&lt;br /&gt;
* Droux J.,2011. &#039;&#039;L&#039;internationalisation de la protection de l&#039;enfance : acteurs, concurrences et projets transnationaux (1900-1925)&#039;&#039;. In. Critique internationale, 2011/3 n° 52, p. 17-33&lt;br /&gt;
* Martinetti, F. 2002. &#039;&#039;Les Droits de l&#039;enfant&#039;&#039;. Librio&lt;br /&gt;
* http://cofrade.fr/&lt;br /&gt;
* http://www.humanium.org/fr/&lt;br /&gt;
* http://www.netzwerk-kinderrechte.ch/&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Notes et références ===&lt;br /&gt;
&amp;lt;references/&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Auteurs du chapitre ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Claire Bourgeois Dubois-Ferriere&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
* Katarzyna Milena Fratczak&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
* Victoria Salomon&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Victoria</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Droits_des_enfants&amp;diff=13124</id>
		<title>Droits des enfants</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Droits_des_enfants&amp;diff=13124"/>
		<updated>2014-01-14T10:57:00Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Victoria : /* Conclusions */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;=== Introduction ===&lt;br /&gt;
Les droits de l&#039;enfant visant la protection des mineurs évoluent au cours des décennies. Les prémices du XXe siècle les plus connues sont bien évidemment la [http://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/images/f/fb/Declaration-geneve.pdf Déclaration de Genève] (1924), la [http://cofradeenfrance.files.wordpress.com/2010/10/dc3a9claration-1959.pdf La déclaration des Droits de l&#039;Enfant] (1959) et enfin le texte de la [http://www.unicef.ch/sites/default/files/attachements/convention_relative_aux_droits_de_lenfant.pdf Convention Internationale relative aux Droits de l’Enfant] du 20 novembre 1989. Ce dernier “ratifié d’une manière quasi universelle (193 États sur 195) en fait un texte hors norme de part sa portée dans l’espace et de par l’enthousiasme spontané qu’ [il] a suscité.”&amp;lt;ref&amp;gt;Zermatten, J., Stoecklin D. 2009. Le droit des enfants de participer. Norme juridique et réalité pratique: contribution à un nouveau contrat social. Suisse: Institut International des Droits de l&#039;Enfant., p.7 &amp;lt;/ref&amp;gt; Ce parcours historique est une partie importante de l’histoire qu’on écrit aujourd’hui.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
On peut remarquer que le premier pas vers l&#039;individualisation de l&#039;enfant datant de 1924, pointe le bout de son nez quelques années après la fin de la première guerre mondiale. Le 2ème est marqué par la Déclaration de droits de l&#039;enfant de 1959, donc à l’image de la précédente, elle date des années après la seconde guerre mais est également un point de départ menant vers la Convention de 1989.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Le long chemin vers  une telle reconnaissance était en grande partie marqué par la création, un peu partout en Europe, des communautés d&#039;enfants. Leur rôle  n&#039;est pas négligeable. La  définition de ces communautés d&#039;enfants est donné à Trogen en juillet 1948  et semble préciser un peu plus les besoins de l&#039;enfant en tant que personne. Ce sont: « les organisations éducatives ou rééducatives à caractère permanent, fondées sur la participation active des enfants ou adolescents à la vie de la communauté, dans le cadre des méthodes d’éducation et d’instruction modernes – et dans lesquelles la vie de famille se combine de diverses façons aux modalités de la vie de collectivité&amp;quot;.&amp;lt;ref&amp;gt;Cours de M.Ruchat: L’éducation spéciale du XVIIIe au XXe siècles: L’éducation, les normes et l’individu, Université de Genève, 2013&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Dans l’esprit de la reconnaissance d’un enfant à part entière mais avec le respect de sa liberté, [[Libres enfants de Summerhill (Neill)|Alexander Sutherland Neill]] crée son école de Summerhill en 1921, une école qui encore de nos jours suscite beaucoup de discussions et polémiques. Dans le cadre de cet atelier d’intelligence collective nous avons procédé à une comparaison des idées de Neill décrites dans son livre [[Libres enfants de Summerhill (Neill)|&amp;quot;Libres enfants de Summerhill&amp;quot;]] (1960) avec la Convention relative aux droits de l’enfant de 1989 avec un constat tout à fait surprenant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Historique des droits de l&#039;enfant ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== « L’humanité doit donner à l’enfant ce qu’elle a de meilleur » Déclaration de Genève sur les Droits de l’Enfant, 1924 ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est important de signaler qu&#039;avant même l&#039;intérêt qui s&#039;est peu à peu développé quant aux droits de l&#039;enfant, il a d&#039;abord fallu que le société prenne [[Fichier:Déclaration de Genève 1924.jpg|vignette|droite|Déclaration de Genève (1924)]]conscience du statut particulier de l&#039;enfant, avec ses spécificités, et bien plus encore d&#039;être humain digne de droits propres : “L’adulte a longtemps cru que c’était lui-même qui devait animer l’enfant par ses soins et son assistance. Il pensait que son rôle était de façonner l’enfant, de construire sa vie psychique pour que l’enfant devienne peu à peu comme lui. L’enfant était un objet d’assistance, un adulte en devenir (certains disent même &amp;quot;en miniature&amp;quot;) et non une personne humaine à part entière. Petit, faible, pauvre, dépendant, il n’était qu’un citoyen potentiel qui ne sera homme ou femme que demain. Il ne devenait une personne humaine, sujet de droits, qu’à partir du moment où il atteignait l’âge adulte. C’est à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle, notamment après la Première Guerre mondiale, que le concept de droits de l’enfant apparaît.” &amp;lt;ref&amp;gt;Dhellemmes V. ,2010. La dignité et les droits de l&#039;enfant : vingt ans d&#039;avancées sur le plan international. In. Transversalités, 2010/3 N° 115, p. 99-110.&amp;lt;/ref&amp;gt;   &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quand on fait une recherche sur des droits de l’enfant à travers les documents écrits en l&#039;espace de plus de cent ans, du début du XXème siècle jusqu’à aujourd’hui, on retrouve les noms de deux précurseurs qui ont marqué le cours de l’histoire. Il s’agit de Britannique Eglantyne Jebb (1876-1928) et du polonais Henryk Goldzmit (1878–1942) connu sous le nom de Janusz Korczak.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Ce dernier, pédiatre et éducateur qui a tant &amp;quot;aimé et défendu&amp;quot; les enfants, ne voulant pas les laisser seuls, s&#039;est laissé emmener avec eux à Treblinka où il est mort dans une chambre à gaz.&amp;lt;ref&amp;gt;Korczak J. Le droit de l’enfant au respect. L’héritage de Janusz Korczak. Conférences sur les enjeux actuels pour l’enfance. In. http://www.coe.int/t/commissioner/Activities/themes/Children/PublicationKorczak_fr.pdf&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Korczak, l&#039;inspirateur des droits de l&#039;enfant est bien, d&#039;abord, un insurgé, comme toute son œuvre en témoigne. C&#039;est un homme qui ne supporte pas la violence faite à l&#039;enfance : la violence physique, bien sûr, la violence psychologique également, mais aussi la violence des institutions qui prétendent œuvrer pour &amp;quot;son bien&amp;quot;.&amp;lt;ref&amp;gt;Meirieu P. 2002. Le pédagogue et les droits de l’enfant : histoire d’un malentendu ?. Editions du Tricorne et Association suisse des Amis du Dr Korczak. p.4&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
“Janusz Korczak, premier défenseur des droits de l’enfant et le plus radical, a été déçu en découvrant la Déclaration des droits de l’enfant adoptée par la Société des Nations en 1924, pas assez claire à son goût et plus implorante que contraignante. Il voulait des droits et non la charité, immédiatement et non dans un avenir lointain.” &amp;lt;ref&amp;gt;Korczak J. Le droit de l’enfant au respect. L’héritage de Janusz Korczak. Conférences sur les enjeux actuels pour l’enfance. In. http://www.coe.int/t/commissioner/Activities/themes/Children/PublicationKorczak_fr.pdf p.7). &amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le travail d&#039;Eglantyne Jebb qui a élaboré et rédigé la [http://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/images/f/fb/Declaration-geneve.pdf Déclaration de Genève] a été important. Elle l’a présenté le 26 septembre 1923 et le 28 février 1924 le Ve Congrès général de la Société de Nations qui l&#039;a alors ratifié.&lt;br /&gt;
C&#039;est le premier texte énonçant des droits fondamentaux des enfants ainsi que la responsabilité des adultes à leur égard. Il est constitué de cinq articles. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Déjà  dans le préambule on peut lire que « L’humanité doit donner à l’enfant ce qu’elle a de meilleur.» On peut y voir également que c’est la protection physique qui est mise en avant en soutenant l&#039;idée de venir en aide en cas de détresse ainsi que celle de combattre la faim et l&#039;exploitation.(articles 2, 3, 4). En parallèle la notion de développement spirituel n’est pas omis (article 1) de même que le fait que “l’enfant doit être élevé dans le sentiment que ses meilleures qualités devront être mises au service de ses frères”(article 5). Ce texte d&#039;après première guerre mondiale est aussi une contribution à un monde paix qui s&#039;étaye sur les enfants qui forme l&#039;avenir, un avenir que les promoteurs des droits de l&#039;enfant voudraient dans la paix.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Déclaration des Droits de l’Enfant, 1959 ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après la seconde guerre mondiale, l&#039;ONU est créée. Elle va s&#039;intéresser aux droits de l&#039;enfant et révéler l&#039;insuffisance de la Déclaration de Genève. En effet, suite à l&#039;adoption de la [http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/IMG/pdf/DUDH.pdf Déclaration universelle des droits de l&#039;Homme] (1948) et à l&#039;évolution du droit durant cette période, on pense nécessaire d&#039;approfondir cette question des droits de l&#039;enfant.&lt;br /&gt;
Plusieurs pays membres de l&#039;ONU réclame une convention, c&#039;est à dire un instrument international contraignant qui engage les états qui l&#039;ont ratifié. Mais cette proposition est refusée. Le choix se porte alors sur une seconde Déclaration des droits de l&#039;enfant qui reprend l&#039;idée selon laquelle l&#039;humanité doit donner à l&#039;enfant ce qu&#039;elle a de meilleur. [http://cofradeenfrance.files.wordpress.com/2010/10/dc3a9claration-1959.pdf La déclaration des Droits de l&#039;Enfant] est adoptée par l&#039;assemblée générale des Nations Unies à l&#039;unanimité (70 pays membres), le 20 novembre 1959. Cette date est depuis lors officiellement la journée des droits de l&#039;enfant. La déclaration contient 10 principes fondateurs (elle double donc ceux de 1924!) avec des droits concrets comme par exemple le droit à un nom, à une nationalité ou à un enseignement gratuit au niveau élémentaire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Convention Internationale relative aux Droits de l’Enfant, 1989 ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le 20 novembre 1989, la [http://www.unicef.ch/sites/default/files/attachements/convention_relative_aux_droits_de_lenfant.pdf Convention Internationale relative aux Droits de l’Enfant] (CIDE) a été adoptée par l&#039;Assemblée générale des Nations Unies. Cette Convention a pour but de reconnaître et protéger les droits spécifiques de l&#039;enfant. Elle est composée de 54 articles (elle quintuple le nombre de 1959!) autour des orientations principales suivantes:&lt;br /&gt;
:la non - discrimination&lt;br /&gt;
:l&#039;intérêt supérieur de l&#039;enfant&lt;br /&gt;
:le droit à la vie, la survie et le développement&lt;br /&gt;
:les droits participatifs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les Etats ayant ratifiés cette Convention se doivent de respecter ces articles et de mettre en place les mesures législatives pour protéger les droits de l&#039;enfant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La CIDE est une déclinaison des droits de l&#039;homme exprimés dans la [http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/IMG/pdf/DUDH.pdf Déclaration Universelle des Droits de l&#039;Homme] (1948) et pose que l’enfant est sujet de droit. Elle accorde aux enfants des droits propres et expose leurs droits économiques, sociaux, civils, culturels et politiques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En effet, cette Convention est le texte concernant les droits de l&#039;homme qui a été le plus rapidement accepté au cours de l&#039;histoire, et a été ratifié par le plus d&#039;Etats. Seuls les Etats-Unis et la Somalie ne l&#039;ont pas encore ratifiée aujourd&#039;hui: Les Etats-Unis pratiquent encore la peine de mort pour les enfants dans certains Etats, or cela serait contraire au droit à la vie de l&#039;enfant promulgué dans la CIDE, tandis que la Somalie ne possède pas de gouvernement reconnu pour la ratifier à cause des troubles politiques dans le pays.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Droits de l&#039;enfant - droits de la personne ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;quot;L&#039;humanité doit donner à l&#039;enfant ce qu&#039;elle a de meilleur, affirmer  leurs devoirs, en dehors de toute considération de race, de nationalité et de croyance&amp;quot; - ce sont les prémices officielles de la reconnaissance de l&#039;enfant de 1924. C&#039;était un début, suivi, comme nous avons décrit plus haut, par la Déclaration des droits de l&#039;enfant de 1959 et par La Convention relative aux droits de l&#039;enfant de 1989. &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il faut ici souligner que “jusqu&#039;à l’adoption de la Convention en 1989, les enfants ne vivaient pas dans les limbes juridiques internationales. Il était au contraire admis qu’ils jouissent de garanties offertes par les instruments internationaux précédents, tels que les pactes internationaux relatifs aux droits de l’homme (que la Suisse a récemment ratifiés), à l&#039;exclusion bien entendu des droits liés directement à la condition de l’adulte (droit de se marier, de fonder une famille, assurance-vieillesse ou maternité). L’année internationale de l’enfant a conduit la communauté internationale à préciser le statut des enfants en confirmant leur particularité en tant qu&#039;êtres à la fois vulnérables (Préambules de la Convention, par exemple pp. 5, 6, 12) et appelés “à assumer les responsabilités de la vie dans une société libre”.&amp;lt;ref&amp;gt;Lücker-Babel M-F, Droits de l&#039;enfant: idéologies et réalités. In. Ratifier en Suisse. La Convention de l&#039;ONU relative aux droits de l&#039;enfant?. N° 26, Novembre 1992. p. 43&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;enfant est considéré peu à peu comme un être de droit au cours du XXe siècle, ce que l&#039;on peut voir notamment à travers les différents textes codifiant les droits de l&#039;enfant à cette époque.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout d&#039;abord, en 1924, le premier texte international au sujet des droits de l&#039;enfant ([http://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/images/f/fb/Declaration-geneve.pdf Déclaration de Genève]) confère à celui-ci des droits primaires, comme lui permettre de se développer normalement sur le plan matériel et spirituel, de gagner sa vie sans être exploité, être nourri, soigné, recueilli et secouru, et également de l&#039;élever dans l&#039;esprit que ses qualités devront pourvoir à la société. On voit dans ce texte que les droits dotés à l&#039;enfant amorce une idée de soin et de protection de l&#039;enfant dans l&#039;évocation du secours qui doit lui être porté, et démontre aussi un intérêt pour son bon développement. Toutefois, ces articles restent assez pauvres quant aux droits accordés aux enfants et l&#039;on voit que le travail de l&#039;enfant reste de mise.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[http://cofradeenfrance.files.wordpress.com/2010/10/dc3a9claration-1959.pdf La Déclaration des Droits de l&#039;Enfant] de 1959 va plus loin. Ce texte insiste d&#039;avantage sur la protection  qui doit être accordée à l&#039;enfant qui n&#039;est plus seulement suggérée sous le terme &amp;quot;secours&amp;quot;. Ici, son développement ne doit plus uniquement être normal, mais également sain sur le plan, cette fois-ci moral, spirituel, physique, intellectuel et social. On ajoute que l&#039;enfant doit pouvoir se développer dans la liberté et la dignité.&lt;br /&gt;
Il est important de voir que certains principes sont totalement nouveaux comme par exemple le droit de posséder une nationalité et un nom. On y parle aussi de sécurité non seulement sociale pour l&#039;enfant et sa mère, mais également de sécurité morale.&lt;br /&gt;
Dans ce texte, on voit apparaître l&#039;importance accordée à l&#039;affection envers l&#039;enfant, qui est pour lui un besoin. De plus, il est indiqué que la séparation du petit enfant et de sa mère doit être éviter autant que possible. Si l&#039;enfant n&#039;a pas de famille, il est déclaré que c&#039;est alors aux pouvoirs publics et à la société d&#039;en prendre soin, de même pour les enfants n&#039;ayant pas les moyens nécessaires d’existence.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
A noter également, l&#039;entrée de l&#039;éducation comme étant un droit pour l&#039;enfant: &amp;quot;une éducation gratuite et obligatoire au moins au niveau élémentaire&amp;quot; (principe 7). Les loisirs sont incorporés dans ce principe comme éléments importants. Il est indiqué que l&#039;enfant a en effet le droit de jouer. &lt;br /&gt;
En 1959 est présente l&#039;idée de l&#039;apport des qualités de l&#039;enfant pour les autres membres de la société. Cette idée est accompagnée de celle du devoir de le protéger contre la discrimination, et de l&#039;élever dans un esprit de compréhension, de paix et de tolérance. De plus, on peut remarquer une évolution en ce qui concerne le travail des enfants. En effet, le principe 9 pose clairement des limites à l&#039;employabilité de l&#039;enfant; outre la protection de son développement moral, physique ou mental, sa santé ou son éducation, on parle d&#039;âge minimum approprié pour l&#039;emploi. Toutefois, celui-ci n&#039;est pas spécifié. La notion d&#039;intérêt supérieur de l&#039;enfant fait son apparition dans cet écrit.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[http://www.unicef.ch/sites/default/files/attachements/convention_relative_aux_droits_de_lenfant.pdf La Convention relative aux Droits de l&#039;Enfant] de 1989 est le texte relevant des droits de l&#039;enfant le plus abouti. En effet, on peut déjà noter la différence en termes de nombres d&#039;articles de ces textes: 1924, La Déclaration de Genève compte 5 articles, on passe à 10 principes en 1959 et à 54 articles dans la Convention relative aux droits de l&#039;enfant en 1989. Cette convention reprend les droits exprimés dans les textes précédents, notamment les fondamentaux: droit à l&#039;identité, à la santé, à l&#039;éducation et à la protection et ajoute également bons nombres d&#039;autres considérations. Notamment, un nouveau droit fondamental est inclus dès lors: le droit à la participation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour conclure, en suivant le parcours de l&#039;enfant en tant que personne à part entière, on constate qu&#039;il évolue au cours du XXe siècle. À partir des informations publiées sur le site de [http://www.unicef.org/french/sowc05/timeline.html Unicef] on peut retracer les éléments marquants de ce changement en vue de la reconnaissance internationale et de l’importance de l’enfance.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les droits de l&#039;enfant en Suisse ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le 24 février 1997, la Suisse a ratifié la Convention des Nations Unies relative aux droits de l’enfant. &lt;br /&gt;
Le conseil fédéral a constaté que dans l&#039;ensemble l&#039;ordre juridique suisse était en accord avec les principes de la convention. Néanmoins, il a émis des réserves dans plusieurs domaines où cet ordre juridique n&#039;est pas encore en totale adéquation avec les dispositions de la convention: le droit de l&#039;enfant à une nationalité, le regroupement familial, la séparation des jeunes et des adultes en cas de détention, les procédures pénales impliquant des mineurs. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Par ailleurs, il y a beaucoup de différences entre les différents cantons à propos de la mise en œuvre des droits. Tout ceci doit encore être amélioré.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La Convention est entrée en vigueur le 26 mars 1997 en Suisse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il faut ajouter que le pays a ratifié le protocole facultatif au sujet de l&#039;implication des enfants dans les conflits armés le 26 juillet 2002. Ce protocole, afin d&#039;augmenter la protection des enfants et adolescents, a élevé l&#039;âge minimum requis prévu dans la convention sur l’engagement volontaire et l’enrôlement obligatoire dans les forces armées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En Suisse, le deuxième protocole facultatif qui concerne la vente d&#039;enfants, la prostitution des enfants et la pornographie mettant en scène des enfants afin de mieux protéger les enfants de l&#039;exploitation sexuelle est entré en vigueur le 19 octobre &lt;br /&gt;
2006.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Une nouveauté visant une reconnaissance d&#039;un mineur est son droit de vote. C&#039;est un sujet encore d&#039;actualité qui preuve que le sujet de droits de l&#039;enfant commencé le siècle dernier continue. &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Il faut savoir que les Constitutions et les législations en Suisse divergent en fonction du canton. D’une manière générale le droit de vote au niveau fédéral et cantonal est accordé aux ressortissants suisses ayant 18 ans révolus. &lt;br /&gt;
Néanmoins certaines cantons suisses ont débuté une démarche visant à accorder le doit de vote au niveau cantonal dès l’âge de 16 ans. &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Les citoyens ont pu s’exprimer sur l&#039;abaissement de l&#039;âge du droit de vote à 16 ans dans plusieurs cantons suisses tels que par exemple le canton de Berne, de Neuchâtel ou de Glaris. Celui-ci, en 2010, a accepté d&#039;accorder le premier ce droit aux jeunes à partir de 16 ans. Comme on peut le lire dans l’article de [http://www.rts.ch/info/suisse/1142189-glaris-dit-oui-au-droit-de-vote-a-16-ans.html RTS] paru le 28.06.2010 “beaucoup de jeunes entrent dans la vie active à 16 ans. Ils pourront désormais aussi s&#039;exprimer sur des sujets qui les concernent directement, comme l&#039;école ou l&#039;apprentissage”.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Retour et analyse de l&#039;entretien ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* [[Entretien avec M. Jean-Pierre Audéoud|Entretien]] avec M. [[Index|Jean-Pierre Audéoud]]&lt;br /&gt;
* [[Article 2013/14|Méthode d&#039;entretien]]&lt;br /&gt;
* [[Questions pour les entretiens|Questions d&#039;entretien]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous avons interviewé Monsieur Jean-Pierre Audéoud le 4 décembre 2013. Cet homme, au parcours professionnel d&#039;une grande richesse a oscillé entre le droit et l&#039;éducation. En effet, après des études de droit à l&#039;université de Genève, il a fait une école d&#039;éducateurs au sud de la France (1958-1960). Diplôme en poche, il est revenu en Suisse où lui et sa femme, éducatrice également, ont repris la direction de Serix, une maison d&#039;éducation à Oron-Palézieux. Ils y ont travaillé 10 ans (1963-1973). Ensuite, Monsieur Audéoud a officié en tant président du tribunal des mineurs du canton de Vaud et ce jusqu&#039;en 1995, date officielle de sa retraite. Il s&#039;est ensuite engagé auprès des personnes handicapées en tant que président bénévole de la fondation Espérance. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===== Le Tribunal des mineurs =====&lt;br /&gt;
M. [[Index|Jean-Pierre Audéoud]], nous a expliqué durant l&#039; [[Entretien avec M. Jean-Pierre Audéoud|interview]] que son expérience dans le domaine du social lui a permis de mieux appréhender les tâches auprès du Tribunal des mineurs. L’engagement tout à fait remarquable de cet homme est mis en avant durant l’entretien:&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
“en choisissant le droit j’avais déjà une arrière pensée, je ne pensais pas être juriste dans un bureau ou faire avocat, quelque chose comme ça. C’est… c’était… alors c’est déjà une orientation si vous voulez, c’est-à-dire que je me suis déjà engagé en commençant le droit mais pas d’une manière précise, pas un moment « tac » voilà. Alors bon je sais pas si c’est à prendre en considération. Mais ça c’est affiné si vous voulez… non puis alors l’engagement véritable c’est quand je suis parti à Montpellier, c’est le choix de cette école d’éducateurs où je voulais compléter ma formation de juriste pour pouvoir à l’occasion revenir dans la juridiction des mineurs.”&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Il faut souligner ici que le Tribunal des mineurs, cette instance pour laquelle a travaillé Monsieur Jean-Pierre Audéoud, tient une place importante dans le champ des droits de l&#039;enfant. En outre le rôle du juge des mineurs est primordial, car c&#039;est lui qui va s&#039;occuper d&#039;instruire la cause, c&#039;est lui qui prend les décisions quand un délit est commis par un enfant.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Une recherche menée à ce sujet nous a permis de voir qu&#039;il existe plusieurs types de sanctions:&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
* Les &amp;quot;peines prévues par le droit des mineurs :&lt;br /&gt;
réprimande ; prestation personnelle (travail d’intérêt général ou séance de sensibilisation) ; amende ; privation de liberté&amp;quot;.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
* Les &amp;quot;mesures de protection prévues par le droit des mineurs :&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
surveillance (droit de regard et d&#039;information sur la prise en charge éducative ou thérapeutique du mineur par ses parents) ; assistance personnelle (désignation d’une personne pour seconder les parents et assister le mineur) ; traitement ambulatoire (en cas de troubles psychiques, du développement de la personnalité, de toxicodépendance ou d’autre addiction) ; placement (si l’éducation et le traitement de l’état du mineur ne peuvent être assurés autrement).&amp;quot; &amp;lt;ref&amp;gt;http://www.vd.ch/fileadmin/user_upload/themes/etat_droit/justice/fichiers_pdf/Penal_7_web.pdf&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La page web officielle de la République et du canton de Genève, indique  &amp;quot;le Tribunal des mineurs est l’autorité pénale compétente pour poursuivre et juger les infractions commises par les mineurs âgés de dix à dix-huit ans au moment de l&#039;acte.&lt;br /&gt;
Il est également l&#039;autorité d&#039;exécution des peines et mesures prononcées, ces dernières pouvant durer jusqu&#039;à l&#039;âge de 22 ans.&amp;quot; &amp;lt;ref&amp;gt;https://ge.ch/justice/tribunal-des-mineurs&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De manière plus générale, la protection de l&#039;enfant est une démarche sociétale qui concerne l&#039;ensemble des citoyens qu&#039;importe leurs origines.&lt;br /&gt;
En suivant le parcours de l&#039;enfant en tant que personne à part entière, on constate qu&#039;il évolue au cours du XXe siècle. À partir des informations publiées sur le site de [http://www.unicef.org/french/sowc05/timeline.html Unicef] on peut retracer les éléments marquants de ce changement en vue de la reconnaissance internationale et de l’importance de l’enfance.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Les droits de l&#039;enfant à travers le prisme de l&#039;éducation  ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est important de souligner qu&#039;avant de rencontrer notre témoin, nous n&#039;avions que peu d&#039;informations sur son parcours professionnel et de vie. Nous nous sommes rendues compte en menant l&#039;entretien qu&#039;il n&#039;était pas dans des revendications, dans une lutte en faveur des droits de l&#039;enfant au sens strict. Mais il a, de part son métier d&#039;éducateur et ses actions concrètes, participé à l&#039;évolution d&#039;une individualisation de l&#039;enfant; son but étant de faire grandir, évoluer des jeunes  pour qu&#039;ils reprennent le droit chemin, tout en respectant leurs besoins. Ainsi, il se trouve un certain décalage entre nos chapitres précédents concernant les droits de l&#039;enfant au sens strict et celui-ci qui traite d&#039;aspects éducatifs à travers une expérience de vie. Néanmoins, nous avons pu faire différents liens entre cette expérience et les droits en tant que tels. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;entretien avec M. et Mme Audéoud nous a permis de mettre en avant divers aspects reliés aux changements quant au travail d&#039;éducateur durant la période des [[Article_2013/14|années 60-80]]. Ils ont, comme énoncé plus haut, travaillé durant 10 ans (1963-1973) en tant que couple-directeur à la colonie de Serix. Cette maison d&#039;éducation pour jeunes délinquants accueillait à l&#039;époque 40 jeunes enfants et adolescents (uniquement des garçons) placés soit par une instance civile, soit par le service de protection de la jeunesse, ou encore par le tribunal des mineurs. Durant ces 10 années, ils ont initié et participé à de nombreux changements concrets au sein de leur institution. Ces changements reflètent grandement l&#039;évolution du regard porté sur l&#039;enfant à l&#039;époque. Avec la mise en place de cultes le dimanche où les gens des villages alentours se réunissaient au sein même de l&#039;institution  ou encore la création d&#039;un jardin d&#039;enfants pour les enfants du personnel, la création d&#039;un parc de jeux par de jeunes scouts, il y a cette volonté d&#039;ouvrir l&#039;institution pour que d&#039;une part les jeunes puissent avoir des contacts avec l&#039;extérieur, mais également pour que les gens de l&#039;extérieur puissent avoir un regard différent sur ce lieu et ses résidents. Les Audéoud vont encore plus loin en créant un foyer d&#039;habitation dépendant de Serix, en intégrant des jeunes dans les écoles des alentours, en leur organisant des vacances ou la possibilité de rentrer dans leur famille le week-end. Cette ouverture vers l&#039;extérieur était vraiment quelque chose de nouveau car durant des années Serix était un lieu très fermé ou rien de filtrait.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un élément marquant constaté par le couple Audéoud à travers leurs années à Serix est l&#039;évolution du statut d&#039;éducateur. En effet, ils voient se créer des associations professionnelles comme &amp;quot;la conférence romande de directeurs d&#039;institution&amp;quot; ou &amp;quot;l&#039;association romande des éducateurs spécialisés&amp;quot;. Se crée aussi durant cette période les syndicats, les conventions collectives. On aspire également à ce que les éducateurs soient mieux formés, soient soutenus dans leur métier. On voit par exemple apparaître des séances de trainings de groupe, des supervisions collectives et individuelles, ce qui était totalement nouveau pour l&#039;époque. Ainsi, dans ces années apparaît une valorisation de cette profession ainsi qu&#039; une prise en compte de la parole des éducateurs et de leurs besoins et souhaits. Il est vrai qu&#039;avant, ces gens se consacraient entièrement à leur métier, jour et nuit; ils ne comptaient pas leurs heures. Ils remplaçaient, comme le dit monsieur Audéoud, la famille de ces jeunes avec tout ce que ça implique. On voit alors petit à petit se créer un structure autour de ce métier, on met en place des horaires, des salaires, etc. On est attentif à leurs revendications, comme par exemple dans le cas de Serix, le fait de pouvoir habiter à l&#039;extérieur de la colonie. (fin à venir...) &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Cet entretien a mis également en lumière l&#039;évolution de la reconnaissance de l&#039;enfant et de ses droits. En effet, les droits de l&#039;enfant sont des droits de la personne avant tout. L&#039;entretien a par exemple souligné l&#039;importance de l&#039;écoute de l&#039;enfant et son droit à la parole. Ainsi, M. Audéoud nous a expliqué qu&#039;au Tribunal des mineurs le président se doit d&#039;écouter le mineur accusé et ses responsables légaux. D&#039;ailleurs, le but du juge pour enfant selon notre témoin est de choisir la sanction appropriée au mineur particulier, éduquer ou punir : travaux d&#039;intérêts généraux, amande ou encore le placement dans un établissement d&#039;éducation. Il se mêle alors des aspects juridiques à des aspects éducatifs et l&#039;on tente de déterminer ce qui est le mieux pour le jeune et non réellement selon le délit commis.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Il s&#039;agit là d&#039;un changement conséquent, car dans les années 60, M. Audéoud nous a fait part que dans son poste de directeur à Serix, les besoins des jeunes étaient définis par les adultes, qui décidaient pour les jeunes par rapport à ce qu&#039;ils pensaient être bien pour eux, mais sans leur demander leur avis. On n&#039;était pas encore dans une réelle prise en compte de la parole de l&#039;enfant à l&#039;époque. Une évolution sur le plan de l&#039;individualisation de l&#039;enfant et de la prise en compte de ses besoins est visible. En effet, aujourd&#039;hui on entend plus l&#039;enfant, on tente de connaître ce qu&#039;il désire et on regarde si on peut y accommoder. Avant, l&#039;enfant se devait de s&#039;accommoder lui à ce qu&#039;on lui imposait. De même, à Serix les colloques concernant les enfants se déroulaient sans l&#039;intéressé et ses parents, mais seulement avec les éducateurs et autres professionnels entourant le jeune. Petit à petit, les éducateurs ont changé de manière de faire, en imposant moins de choses supposées pour le bien des enfants et adolescents. Dans cet ordre d&#039;idée, on retrouve les points fondamentaux de la Constitution de 1989, du droit à la participation ainsi que la prise en compte de l&#039;intérêt supérieur de l&#039;enfant. Donc, entre les années 60 et 80, le domaine de l&#039;éducation a évolué dans la place attribuée au mineur dans les choix et sujets le concernant, l&#039;écoute qu&#039;on lui accorde et le droit de parole de celui-ci. De plus, les changements sont aussi visibles dans la prise en compte plus aboutie des besoins de l&#039;enfant, notamment par son expression de ses désirs et ressentis. Mme Audéoud souligne également le recours progressif à l&#039;individualisation de la démarche envers le jeune dans le milieu éducatif de Serix. Ainsi les jeunes ne sont plus approchés collectivement et on tient davantage compte de leur individualité dans les démarches entreprises à son égard. &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Par rapport à la question des valeurs portées par ces deux personnes, on retrouve celles de donner une structure à l&#039;enfant de manière attentionnée, de donner de l&#039;affection à ces jeunes  qui souvent en manquait, ainsi que de la reconnaissance. Valoriser l&#039;enfant, le protéger, lui manifester de l&#039;intérêt, mais aussi l&#039;aider à développer ses capacités d&#039;un point de vue cognitif, social et affectif, voilà ce en quoi croyait ce couple. Leurs convictions et ils l&#039;évoquent eux-mêmes répondent toutes aux différents besoins que l&#039;enfant a pour se développer harmonieusement. En cela, on retrouve les fondements de base des droits internationaux des enfants, car on y parle de protection de l&#039;enfant ainsi que permettre à l&#039;enfant de se développer harmonieusement.  &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Conclusions ===&lt;br /&gt;
Les droits de l’enfant, comme nous l’avons présenté, ont évolué au cours de décennies du XXème siècle. L’histoire de cette période nous témoigne de leur importance, de leur rôle prépondérant dans la vie d’un être humain. Ceci ne signifie pas que l’on n’a rien de plus à accomplir, bien au contraire. Les préoccupations quant aux conditions de vie des enfants dans le monde sont encore d&#039;actualité au XXIème sciècle. L&#039;enfant est une personne à part entière ce qui ne fait aucune doute et la [[Article_2013/14|complexité du concept des droits de la personne]] abordée dans notre article renvoie justement à la liberté, à l&#039;intégrité, à la sûreté. Mais surtout qu’importe d&#039;où l’on vient et ce qu’on fait, nous avons le droit à la vie. &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Les [[Droits_des_femmes|femmes]], les [[Droits_des_prisonniers|prisonniers]], les [[Droits_des_patients_psychiatriques|patients]], les [[Droits_des_personnes_en_situation_de_handicap|personnes en situation de handicap]], chaque individu a ce droit pour lequel certains se battent encore aujourd&#039;hui.&amp;lt;br /&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’enfance lie les individus qu’importe leur appartenance. Cette période de la vie qui nous est commune prend une dimension à part tout simplement parce que dans chaque enfant émerge l’avenir, notre avenir. Les adultes ont pour but de comprendre les enfants, de les respecter en tant que personnes et de protéger leurs droits. &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Avec le temps, l&#039;enfant a peu à peu existé comme personne à part entière. Il n&#039;est plus seulement un &amp;quot;homme en devenir&amp;quot;, mais bien un enfant avec ses particularités et besoins spécifiques. De plus, l&#039;intérêt qu&#039;on lui a porté a amené à une prise de conscience de l&#039;importance de lui donner la parole, de respecter ses désirs, intérêts, ainsi que de ses besoins, comme lui les définit. On a ainsi vu à travers notre entretien que d&#039;une définition des besoins de l&#039;enfant par l&#039;adulte durant les années 60 dans les milieux éducatifs en Suisse, on est passé vers une prise en compte plus réelle des besoins de l&#039;enfant en s&#039;adressent directement à celui-ci et en l&#039;écoutant davantage. La protection de l&#039;enfant est une notion importante dans la construction de ses droits.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme nous l&#039;avons écrit auparavant, son droit à la vie est signifié dans les textes internationaux. De prime abord, le droit à la vie de tout être humain ainsi que le droit à être protégé nous paraît naturel, mais on voit que cela ne va pas de soi. La reconnaissance du droit et besoin de protection de l&#039;enfant est essentielle, car il s&#039;agit d&#039;un être vulnérable et dépendant, soumis au bon vouloir des parents. Cette relation dominant-dominé, où l&#039;un possède un certain pouvoir sur l&#039;autre se retrouve dans bien d&#039;autres populations. Ainsi, d&#039;autres droits développés à partir du milieu du XXe siècle, comme le droits des [[Droits_des_femmes|femmes]], des [[Droits_des_patients_psychiatriques|patients psychiatriques]], des [[Droits des patients (à l&#039;hôpital)|patients hospitaliers]], des [[Droits_des_personnes_en_situation_de_handicap|personnes en situation de handicap]] ou encore des [[Droits_des_prisonniers|prisonniers]] vont dans ce sens. Ce sont toutes des populations sous la domination d&#039;autrui pour lesquelles des luttes se sont développées afin de faire valoir leurs droits, en particulier de parole, écoute, etc. La préoccupation de l&#039;enfant va sans doute de paire avec la conscience de la société de cet enfant comme devenir de la société. En effet, en désirant une société de bons citoyens, épanouis et travailleurs, il faut avant tout s&#039;occuper des conditions et favoriser au mieux le développement harmonieux des enfants. On peut ainsi rapprocher cette volonté d&#039;améliorer la société par le soucis de l&#039;enfant avec l&#039;apparition de l&#039;obligation scolaire pour tous. L&#039;instauration des droits pour l&#039;enfant va cependant plus loin, car elle touche à bien d&#039;autres domaines que l&#039;instruction.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour finir, on peut voir que ces droits reconnus internationalement doivent tout de même continué à être l&#039;objet d&#039;un travail constant, car entre la théorie et la pratique, il y a de grandes différences, même dans nos pays développés. Ainsi, il importe de faire connaître leurs droits aux enfants, de les faire respecter, notamment à travers des instances  et sanctions juridiques à cet égard.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Bibliographie / Webographie ===&lt;br /&gt;
* Droux J.,2011. &#039;&#039;L&#039;internationalisation de la protection de l&#039;enfance : acteurs, concurrences et projets transnationaux (1900-1925)&#039;&#039;. In. Critique internationale, 2011/3 n° 52, p. 17-33&lt;br /&gt;
* Martinetti, F. 2002. &#039;&#039;Les Droits de l&#039;enfant&#039;&#039;. Librio&lt;br /&gt;
* http://cofrade.fr/&lt;br /&gt;
* http://www.humanium.org/fr/&lt;br /&gt;
* http://www.netzwerk-kinderrechte.ch/&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Notes et références ===&lt;br /&gt;
&amp;lt;references/&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Auteurs du chapitre ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Claire Bourgeois Dubois-Ferriere&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
* Katarzyna Milena Fratczak&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
* Victoria Salomon&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Victoria</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Droits_des_enfants&amp;diff=13123</id>
		<title>Droits des enfants</title>
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		<updated>2014-01-14T10:42:12Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Victoria : /* Les droits de l&amp;#039;enfant en Suisse */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;=== Introduction ===&lt;br /&gt;
Les droits de l&#039;enfant visant la protection des mineurs évoluent au cours des décennies. Les prémices du XXe siècle les plus connues sont bien évidemment la [http://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/images/f/fb/Declaration-geneve.pdf Déclaration de Genève] (1924), la [http://cofradeenfrance.files.wordpress.com/2010/10/dc3a9claration-1959.pdf La déclaration des Droits de l&#039;Enfant] (1959) et enfin le texte de la [http://www.unicef.ch/sites/default/files/attachements/convention_relative_aux_droits_de_lenfant.pdf Convention Internationale relative aux Droits de l’Enfant] du 20 novembre 1989. Ce dernier “ratifié d’une manière quasi universelle (193 États sur 195) en fait un texte hors norme de part sa portée dans l’espace et de par l’enthousiasme spontané qu’ [il] a suscité.”&amp;lt;ref&amp;gt;Zermatten, J., Stoecklin D. 2009. Le droit des enfants de participer. Norme juridique et réalité pratique: contribution à un nouveau contrat social. Suisse: Institut International des Droits de l&#039;Enfant., p.7 &amp;lt;/ref&amp;gt; Ce parcours historique est une partie importante de l’histoire qu’on écrit aujourd’hui.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
On peut remarquer que le premier pas vers l&#039;individualisation de l&#039;enfant datant de 1924, pointe le bout de son nez quelques années après la fin de la première guerre mondiale. Le 2ème est marqué par la Déclaration de droits de l&#039;enfant de 1959, donc à l’image de la précédente, elle date des années après la seconde guerre mais est également un point de départ menant vers la Convention de 1989.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Le long chemin vers  une telle reconnaissance était en grande partie marqué par la création, un peu partout en Europe, des communautés d&#039;enfants. Leur rôle  n&#039;est pas négligeable. La  définition de ces communautés d&#039;enfants est donné à Trogen en juillet 1948  et semble préciser un peu plus les besoins de l&#039;enfant en tant que personne. Ce sont: « les organisations éducatives ou rééducatives à caractère permanent, fondées sur la participation active des enfants ou adolescents à la vie de la communauté, dans le cadre des méthodes d’éducation et d’instruction modernes – et dans lesquelles la vie de famille se combine de diverses façons aux modalités de la vie de collectivité&amp;quot;.&amp;lt;ref&amp;gt;Cours de M.Ruchat: L’éducation spéciale du XVIIIe au XXe siècles: L’éducation, les normes et l’individu, Université de Genève, 2013&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Dans l’esprit de la reconnaissance d’un enfant à part entière mais avec le respect de sa liberté, [[Libres enfants de Summerhill (Neill)|Alexander Sutherland Neill]] crée son école de Summerhill en 1921, une école qui encore de nos jours suscite beaucoup de discussions et polémiques. Dans le cadre de cet atelier d’intelligence collective nous avons procédé à une comparaison des idées de Neill décrites dans son livre [[Libres enfants de Summerhill (Neill)|&amp;quot;Libres enfants de Summerhill&amp;quot;]] (1960) avec la Convention relative aux droits de l’enfant de 1989 avec un constat tout à fait surprenant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Historique des droits de l&#039;enfant ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== « L’humanité doit donner à l’enfant ce qu’elle a de meilleur » Déclaration de Genève sur les Droits de l’Enfant, 1924 ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est important de signaler qu&#039;avant même l&#039;intérêt qui s&#039;est peu à peu développé quant aux droits de l&#039;enfant, il a d&#039;abord fallu que le société prenne [[Fichier:Déclaration de Genève 1924.jpg|vignette|droite|Déclaration de Genève (1924)]]conscience du statut particulier de l&#039;enfant, avec ses spécificités, et bien plus encore d&#039;être humain digne de droits propres : “L’adulte a longtemps cru que c’était lui-même qui devait animer l’enfant par ses soins et son assistance. Il pensait que son rôle était de façonner l’enfant, de construire sa vie psychique pour que l’enfant devienne peu à peu comme lui. L’enfant était un objet d’assistance, un adulte en devenir (certains disent même &amp;quot;en miniature&amp;quot;) et non une personne humaine à part entière. Petit, faible, pauvre, dépendant, il n’était qu’un citoyen potentiel qui ne sera homme ou femme que demain. Il ne devenait une personne humaine, sujet de droits, qu’à partir du moment où il atteignait l’âge adulte. C’est à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle, notamment après la Première Guerre mondiale, que le concept de droits de l’enfant apparaît.” &amp;lt;ref&amp;gt;Dhellemmes V. ,2010. La dignité et les droits de l&#039;enfant : vingt ans d&#039;avancées sur le plan international. In. Transversalités, 2010/3 N° 115, p. 99-110.&amp;lt;/ref&amp;gt;   &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quand on fait une recherche sur des droits de l’enfant à travers les documents écrits en l&#039;espace de plus de cent ans, du début du XXème siècle jusqu’à aujourd’hui, on retrouve les noms de deux précurseurs qui ont marqué le cours de l’histoire. Il s’agit de Britannique Eglantyne Jebb (1876-1928) et du polonais Henryk Goldzmit (1878–1942) connu sous le nom de Janusz Korczak.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Ce dernier, pédiatre et éducateur qui a tant &amp;quot;aimé et défendu&amp;quot; les enfants, ne voulant pas les laisser seuls, s&#039;est laissé emmener avec eux à Treblinka où il est mort dans une chambre à gaz.&amp;lt;ref&amp;gt;Korczak J. Le droit de l’enfant au respect. L’héritage de Janusz Korczak. Conférences sur les enjeux actuels pour l’enfance. In. http://www.coe.int/t/commissioner/Activities/themes/Children/PublicationKorczak_fr.pdf&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Korczak, l&#039;inspirateur des droits de l&#039;enfant est bien, d&#039;abord, un insurgé, comme toute son œuvre en témoigne. C&#039;est un homme qui ne supporte pas la violence faite à l&#039;enfance : la violence physique, bien sûr, la violence psychologique également, mais aussi la violence des institutions qui prétendent œuvrer pour &amp;quot;son bien&amp;quot;.&amp;lt;ref&amp;gt;Meirieu P. 2002. Le pédagogue et les droits de l’enfant : histoire d’un malentendu ?. Editions du Tricorne et Association suisse des Amis du Dr Korczak. p.4&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
“Janusz Korczak, premier défenseur des droits de l’enfant et le plus radical, a été déçu en découvrant la Déclaration des droits de l’enfant adoptée par la Société des Nations en 1924, pas assez claire à son goût et plus implorante que contraignante. Il voulait des droits et non la charité, immédiatement et non dans un avenir lointain.” &amp;lt;ref&amp;gt;Korczak J. Le droit de l’enfant au respect. L’héritage de Janusz Korczak. Conférences sur les enjeux actuels pour l’enfance. In. http://www.coe.int/t/commissioner/Activities/themes/Children/PublicationKorczak_fr.pdf p.7). &amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le travail d&#039;Eglantyne Jebb qui a élaboré et rédigé la [http://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/images/f/fb/Declaration-geneve.pdf Déclaration de Genève] a été important. Elle l’a présenté le 26 septembre 1923 et le 28 février 1924 le Ve Congrès général de la Société de Nations qui l&#039;a alors ratifié.&lt;br /&gt;
C&#039;est le premier texte énonçant des droits fondamentaux des enfants ainsi que la responsabilité des adultes à leur égard. Il est constitué de cinq articles. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Déjà  dans le préambule on peut lire que « L’humanité doit donner à l’enfant ce qu’elle a de meilleur.» On peut y voir également que c’est la protection physique qui est mise en avant en soutenant l&#039;idée de venir en aide en cas de détresse ainsi que celle de combattre la faim et l&#039;exploitation.(articles 2, 3, 4). En parallèle la notion de développement spirituel n’est pas omis (article 1) de même que le fait que “l’enfant doit être élevé dans le sentiment que ses meilleures qualités devront être mises au service de ses frères”(article 5). Ce texte d&#039;après première guerre mondiale est aussi une contribution à un monde paix qui s&#039;étaye sur les enfants qui forme l&#039;avenir, un avenir que les promoteurs des droits de l&#039;enfant voudraient dans la paix.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Déclaration des Droits de l’Enfant, 1959 ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après la seconde guerre mondiale, l&#039;ONU est créée. Elle va s&#039;intéresser aux droits de l&#039;enfant et révéler l&#039;insuffisance de la Déclaration de Genève. En effet, suite à l&#039;adoption de la [http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/IMG/pdf/DUDH.pdf Déclaration universelle des droits de l&#039;Homme] (1948) et à l&#039;évolution du droit durant cette période, on pense nécessaire d&#039;approfondir cette question des droits de l&#039;enfant.&lt;br /&gt;
Plusieurs pays membres de l&#039;ONU réclame une convention, c&#039;est à dire un instrument international contraignant qui engage les états qui l&#039;ont ratifié. Mais cette proposition est refusée. Le choix se porte alors sur une seconde Déclaration des droits de l&#039;enfant qui reprend l&#039;idée selon laquelle l&#039;humanité doit donner à l&#039;enfant ce qu&#039;elle a de meilleur. [http://cofradeenfrance.files.wordpress.com/2010/10/dc3a9claration-1959.pdf La déclaration des Droits de l&#039;Enfant] est adoptée par l&#039;assemblée générale des Nations Unies à l&#039;unanimité (70 pays membres), le 20 novembre 1959. Cette date est depuis lors officiellement la journée des droits de l&#039;enfant. La déclaration contient 10 principes fondateurs (elle double donc ceux de 1924!) avec des droits concrets comme par exemple le droit à un nom, à une nationalité ou à un enseignement gratuit au niveau élémentaire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Convention Internationale relative aux Droits de l’Enfant, 1989 ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le 20 novembre 1989, la [http://www.unicef.ch/sites/default/files/attachements/convention_relative_aux_droits_de_lenfant.pdf Convention Internationale relative aux Droits de l’Enfant] (CIDE) a été adoptée par l&#039;Assemblée générale des Nations Unies. Cette Convention a pour but de reconnaître et protéger les droits spécifiques de l&#039;enfant. Elle est composée de 54 articles (elle quintuple le nombre de 1959!) autour des orientations principales suivantes:&lt;br /&gt;
:la non - discrimination&lt;br /&gt;
:l&#039;intérêt supérieur de l&#039;enfant&lt;br /&gt;
:le droit à la vie, la survie et le développement&lt;br /&gt;
:les droits participatifs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les Etats ayant ratifiés cette Convention se doivent de respecter ces articles et de mettre en place les mesures législatives pour protéger les droits de l&#039;enfant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La CIDE est une déclinaison des droits de l&#039;homme exprimés dans la [http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/IMG/pdf/DUDH.pdf Déclaration Universelle des Droits de l&#039;Homme] (1948) et pose que l’enfant est sujet de droit. Elle accorde aux enfants des droits propres et expose leurs droits économiques, sociaux, civils, culturels et politiques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En effet, cette Convention est le texte concernant les droits de l&#039;homme qui a été le plus rapidement accepté au cours de l&#039;histoire, et a été ratifié par le plus d&#039;Etats. Seuls les Etats-Unis et la Somalie ne l&#039;ont pas encore ratifiée aujourd&#039;hui: Les Etats-Unis pratiquent encore la peine de mort pour les enfants dans certains Etats, or cela serait contraire au droit à la vie de l&#039;enfant promulgué dans la CIDE, tandis que la Somalie ne possède pas de gouvernement reconnu pour la ratifier à cause des troubles politiques dans le pays.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Droits de l&#039;enfant - droits de la personne ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;quot;L&#039;humanité doit donner à l&#039;enfant ce qu&#039;elle a de meilleur, affirmer  leurs devoirs, en dehors de toute considération de race, de nationalité et de croyance&amp;quot; - ce sont les prémices officielles de la reconnaissance de l&#039;enfant de 1924. C&#039;était un début, suivi, comme nous avons décrit plus haut, par la Déclaration des droits de l&#039;enfant de 1959 et par La Convention relative aux droits de l&#039;enfant de 1989. &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il faut ici souligner que “jusqu&#039;à l’adoption de la Convention en 1989, les enfants ne vivaient pas dans les limbes juridiques internationales. Il était au contraire admis qu’ils jouissent de garanties offertes par les instruments internationaux précédents, tels que les pactes internationaux relatifs aux droits de l’homme (que la Suisse a récemment ratifiés), à l&#039;exclusion bien entendu des droits liés directement à la condition de l’adulte (droit de se marier, de fonder une famille, assurance-vieillesse ou maternité). L’année internationale de l’enfant a conduit la communauté internationale à préciser le statut des enfants en confirmant leur particularité en tant qu&#039;êtres à la fois vulnérables (Préambules de la Convention, par exemple pp. 5, 6, 12) et appelés “à assumer les responsabilités de la vie dans une société libre”.&amp;lt;ref&amp;gt;Lücker-Babel M-F, Droits de l&#039;enfant: idéologies et réalités. In. Ratifier en Suisse. La Convention de l&#039;ONU relative aux droits de l&#039;enfant?. N° 26, Novembre 1992. p. 43&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;enfant est considéré peu à peu comme un être de droit au cours du XXe siècle, ce que l&#039;on peut voir notamment à travers les différents textes codifiant les droits de l&#039;enfant à cette époque.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout d&#039;abord, en 1924, le premier texte international au sujet des droits de l&#039;enfant ([http://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/images/f/fb/Declaration-geneve.pdf Déclaration de Genève]) confère à celui-ci des droits primaires, comme lui permettre de se développer normalement sur le plan matériel et spirituel, de gagner sa vie sans être exploité, être nourri, soigné, recueilli et secouru, et également de l&#039;élever dans l&#039;esprit que ses qualités devront pourvoir à la société. On voit dans ce texte que les droits dotés à l&#039;enfant amorce une idée de soin et de protection de l&#039;enfant dans l&#039;évocation du secours qui doit lui être porté, et démontre aussi un intérêt pour son bon développement. Toutefois, ces articles restent assez pauvres quant aux droits accordés aux enfants et l&#039;on voit que le travail de l&#039;enfant reste de mise.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[http://cofradeenfrance.files.wordpress.com/2010/10/dc3a9claration-1959.pdf La Déclaration des Droits de l&#039;Enfant] de 1959 va plus loin. Ce texte insiste d&#039;avantage sur la protection  qui doit être accordée à l&#039;enfant qui n&#039;est plus seulement suggérée sous le terme &amp;quot;secours&amp;quot;. Ici, son développement ne doit plus uniquement être normal, mais également sain sur le plan, cette fois-ci moral, spirituel, physique, intellectuel et social. On ajoute que l&#039;enfant doit pouvoir se développer dans la liberté et la dignité.&lt;br /&gt;
Il est important de voir que certains principes sont totalement nouveaux comme par exemple le droit de posséder une nationalité et un nom. On y parle aussi de sécurité non seulement sociale pour l&#039;enfant et sa mère, mais également de sécurité morale.&lt;br /&gt;
Dans ce texte, on voit apparaître l&#039;importance accordée à l&#039;affection envers l&#039;enfant, qui est pour lui un besoin. De plus, il est indiqué que la séparation du petit enfant et de sa mère doit être éviter autant que possible. Si l&#039;enfant n&#039;a pas de famille, il est déclaré que c&#039;est alors aux pouvoirs publics et à la société d&#039;en prendre soin, de même pour les enfants n&#039;ayant pas les moyens nécessaires d’existence.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
A noter également, l&#039;entrée de l&#039;éducation comme étant un droit pour l&#039;enfant: &amp;quot;une éducation gratuite et obligatoire au moins au niveau élémentaire&amp;quot; (principe 7). Les loisirs sont incorporés dans ce principe comme éléments importants. Il est indiqué que l&#039;enfant a en effet le droit de jouer. &lt;br /&gt;
En 1959 est présente l&#039;idée de l&#039;apport des qualités de l&#039;enfant pour les autres membres de la société. Cette idée est accompagnée de celle du devoir de le protéger contre la discrimination, et de l&#039;élever dans un esprit de compréhension, de paix et de tolérance. De plus, on peut remarquer une évolution en ce qui concerne le travail des enfants. En effet, le principe 9 pose clairement des limites à l&#039;employabilité de l&#039;enfant; outre la protection de son développement moral, physique ou mental, sa santé ou son éducation, on parle d&#039;âge minimum approprié pour l&#039;emploi. Toutefois, celui-ci n&#039;est pas spécifié. La notion d&#039;intérêt supérieur de l&#039;enfant fait son apparition dans cet écrit.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[http://www.unicef.ch/sites/default/files/attachements/convention_relative_aux_droits_de_lenfant.pdf La Convention relative aux Droits de l&#039;Enfant] de 1989 est le texte relevant des droits de l&#039;enfant le plus abouti. En effet, on peut déjà noter la différence en termes de nombres d&#039;articles de ces textes: 1924, La Déclaration de Genève compte 5 articles, on passe à 10 principes en 1959 et à 54 articles dans la Convention relative aux droits de l&#039;enfant en 1989. Cette convention reprend les droits exprimés dans les textes précédents, notamment les fondamentaux: droit à l&#039;identité, à la santé, à l&#039;éducation et à la protection et ajoute également bons nombres d&#039;autres considérations. Notamment, un nouveau droit fondamental est inclus dès lors: le droit à la participation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour conclure, en suivant le parcours de l&#039;enfant en tant que personne à part entière, on constate qu&#039;il évolue au cours du XXe siècle. À partir des informations publiées sur le site de [http://www.unicef.org/french/sowc05/timeline.html Unicef] on peut retracer les éléments marquants de ce changement en vue de la reconnaissance internationale et de l’importance de l’enfance.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les droits de l&#039;enfant en Suisse ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le 24 février 1997, la Suisse a ratifié la Convention des Nations Unies relative aux droits de l’enfant. &lt;br /&gt;
Le conseil fédéral a constaté que dans l&#039;ensemble l&#039;ordre juridique suisse était en accord avec les principes de la convention. Néanmoins, il a émis des réserves dans plusieurs domaines où cet ordre juridique n&#039;est pas encore en totale adéquation avec les dispositions de la convention: le droit de l&#039;enfant à une nationalité, le regroupement familial, la séparation des jeunes et des adultes en cas de détention, les procédures pénales impliquant des mineurs. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Par ailleurs, il y a beaucoup de différences entre les différents cantons à propos de la mise en œuvre des droits. Tout ceci doit encore être amélioré.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La Convention est entrée en vigueur le 26 mars 1997 en Suisse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il faut ajouter que le pays a ratifié le protocole facultatif au sujet de l&#039;implication des enfants dans les conflits armés le 26 juillet 2002. Ce protocole, afin d&#039;augmenter la protection des enfants et adolescents, a élevé l&#039;âge minimum requis prévu dans la convention sur l’engagement volontaire et l’enrôlement obligatoire dans les forces armées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En Suisse, le deuxième protocole facultatif qui concerne la vente d&#039;enfants, la prostitution des enfants et la pornographie mettant en scène des enfants afin de mieux protéger les enfants de l&#039;exploitation sexuelle est entré en vigueur le 19 octobre &lt;br /&gt;
2006.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Une nouveauté visant une reconnaissance d&#039;un mineur est son droit de vote. C&#039;est un sujet encore d&#039;actualité qui preuve que le sujet de droits de l&#039;enfant commencé le siècle dernier continue. &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Il faut savoir que les Constitutions et les législations en Suisse divergent en fonction du canton. D’une manière générale le droit de vote au niveau fédéral et cantonal est accordé aux ressortissants suisses ayant 18 ans révolus. &lt;br /&gt;
Néanmoins certaines cantons suisses ont débuté une démarche visant à accorder le doit de vote au niveau cantonal dès l’âge de 16 ans. &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Les citoyens ont pu s’exprimer sur l&#039;abaissement de l&#039;âge du droit de vote à 16 ans dans plusieurs cantons suisses tels que par exemple le canton de Berne, de Neuchâtel ou de Glaris. Celui-ci, en 2010, a accepté d&#039;accorder le premier ce droit aux jeunes à partir de 16 ans. Comme on peut le lire dans l’article de [http://www.rts.ch/info/suisse/1142189-glaris-dit-oui-au-droit-de-vote-a-16-ans.html RTS] paru le 28.06.2010 “beaucoup de jeunes entrent dans la vie active à 16 ans. Ils pourront désormais aussi s&#039;exprimer sur des sujets qui les concernent directement, comme l&#039;école ou l&#039;apprentissage”.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Retour et analyse de l&#039;entretien ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* [[Entretien avec M. Jean-Pierre Audéoud|Entretien]] avec M. [[Index|Jean-Pierre Audéoud]]&lt;br /&gt;
* [[Article 2013/14|Méthode d&#039;entretien]]&lt;br /&gt;
* [[Questions pour les entretiens|Questions d&#039;entretien]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous avons interviewé Monsieur Jean-Pierre Audéoud le 4 décembre 2013. Cet homme, au parcours professionnel d&#039;une grande richesse a oscillé entre le droit et l&#039;éducation. En effet, après des études de droit à l&#039;université de Genève, il a fait une école d&#039;éducateurs au sud de la France (1958-1960). Diplôme en poche, il est revenu en Suisse où lui et sa femme, éducatrice également, ont repris la direction de Serix, une maison d&#039;éducation à Oron-Palézieux. Ils y ont travaillé 10 ans (1963-1973). Ensuite, Monsieur Audéoud a officié en tant président du tribunal des mineurs du canton de Vaud et ce jusqu&#039;en 1995, date officielle de sa retraite. Il s&#039;est ensuite engagé auprès des personnes handicapées en tant que président bénévole de la fondation Espérance. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===== Le Tribunal des mineurs =====&lt;br /&gt;
M. [[Index|Jean-Pierre Audéoud]], nous a expliqué durant l&#039; [[Entretien avec M. Jean-Pierre Audéoud|interview]] que son expérience dans le domaine du social lui a permis de mieux appréhender les tâches auprès du Tribunal des mineurs. L’engagement tout à fait remarquable de cet homme est mis en avant durant l’entretien:&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
“en choisissant le droit j’avais déjà une arrière pensée, je ne pensais pas être juriste dans un bureau ou faire avocat, quelque chose comme ça. C’est… c’était… alors c’est déjà une orientation si vous voulez, c’est-à-dire que je me suis déjà engagé en commençant le droit mais pas d’une manière précise, pas un moment « tac » voilà. Alors bon je sais pas si c’est à prendre en considération. Mais ça c’est affiné si vous voulez… non puis alors l’engagement véritable c’est quand je suis parti à Montpellier, c’est le choix de cette école d’éducateurs où je voulais compléter ma formation de juriste pour pouvoir à l’occasion revenir dans la juridiction des mineurs.”&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Il faut souligner ici que le Tribunal des mineurs, cette instance pour laquelle a travaillé Monsieur Jean-Pierre Audéoud, tient une place importante dans le champ des droits de l&#039;enfant. En outre le rôle du juge des mineurs est primordial, car c&#039;est lui qui va s&#039;occuper d&#039;instruire la cause, c&#039;est lui qui prend les décisions quand un délit est commis par un enfant.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Une recherche menée à ce sujet nous a permis de voir qu&#039;il existe plusieurs types de sanctions:&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
* Les &amp;quot;peines prévues par le droit des mineurs :&lt;br /&gt;
réprimande ; prestation personnelle (travail d’intérêt général ou séance de sensibilisation) ; amende ; privation de liberté&amp;quot;.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
* Les &amp;quot;mesures de protection prévues par le droit des mineurs :&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
surveillance (droit de regard et d&#039;information sur la prise en charge éducative ou thérapeutique du mineur par ses parents) ; assistance personnelle (désignation d’une personne pour seconder les parents et assister le mineur) ; traitement ambulatoire (en cas de troubles psychiques, du développement de la personnalité, de toxicodépendance ou d’autre addiction) ; placement (si l’éducation et le traitement de l’état du mineur ne peuvent être assurés autrement).&amp;quot; &amp;lt;ref&amp;gt;http://www.vd.ch/fileadmin/user_upload/themes/etat_droit/justice/fichiers_pdf/Penal_7_web.pdf&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La page web officielle de la République et du canton de Genève, indique  &amp;quot;le Tribunal des mineurs est l’autorité pénale compétente pour poursuivre et juger les infractions commises par les mineurs âgés de dix à dix-huit ans au moment de l&#039;acte.&lt;br /&gt;
Il est également l&#039;autorité d&#039;exécution des peines et mesures prononcées, ces dernières pouvant durer jusqu&#039;à l&#039;âge de 22 ans.&amp;quot; &amp;lt;ref&amp;gt;https://ge.ch/justice/tribunal-des-mineurs&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De manière plus générale, la protection de l&#039;enfant est une démarche sociétale qui concerne l&#039;ensemble des citoyens qu&#039;importe leurs origines.&lt;br /&gt;
En suivant le parcours de l&#039;enfant en tant que personne à part entière, on constate qu&#039;il évolue au cours du XXe siècle. À partir des informations publiées sur le site de [http://www.unicef.org/french/sowc05/timeline.html Unicef] on peut retracer les éléments marquants de ce changement en vue de la reconnaissance internationale et de l’importance de l’enfance.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Les droits de l&#039;enfant à travers le prisme de l&#039;éducation  ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est important de souligner qu&#039;avant de rencontrer notre témoin, nous n&#039;avions que peu d&#039;informations sur son parcours professionnel et de vie. Nous nous sommes rendues compte en menant l&#039;entretien qu&#039;il n&#039;était pas dans des revendications, dans une lutte en faveur des droits de l&#039;enfant au sens strict. Mais il a, de part son métier d&#039;éducateur et ses actions concrètes, participé à l&#039;évolution d&#039;une individualisation de l&#039;enfant; son but étant de faire grandir, évoluer des jeunes  pour qu&#039;ils reprennent le droit chemin, tout en respectant leurs besoins. Ainsi, il se trouve un certain décalage entre nos chapitres précédents concernant les droits de l&#039;enfant au sens strict et celui-ci qui traite d&#039;aspects éducatifs à travers une expérience de vie. Néanmoins, nous avons pu faire différents liens entre cette expérience et les droits en tant que tels. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;entretien avec M. et Mme Audéoud nous a permis de mettre en avant divers aspects reliés aux changements quant au travail d&#039;éducateur durant la période des [[Article_2013/14|années 60-80]]. Ils ont, comme énoncé plus haut, travaillé durant 10 ans (1963-1973) en tant que couple-directeur à la colonie de Serix. Cette maison d&#039;éducation pour jeunes délinquants accueillait à l&#039;époque 40 jeunes enfants et adolescents (uniquement des garçons) placés soit par une instance civile, soit par le service de protection de la jeunesse, ou encore par le tribunal des mineurs. Durant ces 10 années, ils ont initié et participé à de nombreux changements concrets au sein de leur institution. Ces changements reflètent grandement l&#039;évolution du regard porté sur l&#039;enfant à l&#039;époque. Avec la mise en place de cultes le dimanche où les gens des villages alentours se réunissaient au sein même de l&#039;institution  ou encore la création d&#039;un jardin d&#039;enfants pour les enfants du personnel, la création d&#039;un parc de jeux par de jeunes scouts, il y a cette volonté d&#039;ouvrir l&#039;institution pour que d&#039;une part les jeunes puissent avoir des contacts avec l&#039;extérieur, mais également pour que les gens de l&#039;extérieur puissent avoir un regard différent sur ce lieu et ses résidents. Les Audéoud vont encore plus loin en créant un foyer d&#039;habitation dépendant de Serix, en intégrant des jeunes dans les écoles des alentours, en leur organisant des vacances ou la possibilité de rentrer dans leur famille le week-end. Cette ouverture vers l&#039;extérieur était vraiment quelque chose de nouveau car durant des années Serix était un lieu très fermé ou rien de filtrait.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un élément marquant constaté par le couple Audéoud à travers leurs années à Serix est l&#039;évolution du statut d&#039;éducateur. En effet, ils voient se créer des associations professionnelles comme &amp;quot;la conférence romande de directeurs d&#039;institution&amp;quot; ou &amp;quot;l&#039;association romande des éducateurs spécialisés&amp;quot;. Se crée aussi durant cette période les syndicats, les conventions collectives. On aspire également à ce que les éducateurs soient mieux formés, soient soutenus dans leur métier. On voit par exemple apparaître des séances de trainings de groupe, des supervisions collectives et individuelles, ce qui était totalement nouveau pour l&#039;époque. Ainsi, dans ces années apparaît une valorisation de cette profession ainsi qu&#039; une prise en compte de la parole des éducateurs et de leurs besoins et souhaits. Il est vrai qu&#039;avant, ces gens se consacraient entièrement à leur métier, jour et nuit; ils ne comptaient pas leurs heures. Ils remplaçaient, comme le dit monsieur Audéoud, la famille de ces jeunes avec tout ce que ça implique. On voit alors petit à petit se créer un structure autour de ce métier, on met en place des horaires, des salaires, etc. On est attentif à leurs revendications, comme par exemple dans le cas de Serix, le fait de pouvoir habiter à l&#039;extérieur de la colonie. (fin à venir...) &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Cet entretien a mis également en lumière l&#039;évolution de la reconnaissance de l&#039;enfant et de ses droits. En effet, les droits de l&#039;enfant sont des droits de la personne avant tout. L&#039;entretien a par exemple souligné l&#039;importance de l&#039;écoute de l&#039;enfant et son droit à la parole. Ainsi, M. Audéoud nous a expliqué qu&#039;au Tribunal des mineurs le président se doit d&#039;écouter le mineur accusé et ses responsables légaux. D&#039;ailleurs, le but du juge pour enfant selon notre témoin est de choisir la sanction appropriée au mineur particulier, éduquer ou punir : travaux d&#039;intérêts généraux, amande ou encore le placement dans un établissement d&#039;éducation. Il se mêle alors des aspects juridiques à des aspects éducatifs et l&#039;on tente de déterminer ce qui est le mieux pour le jeune et non réellement selon le délit commis.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Il s&#039;agit là d&#039;un changement conséquent, car dans les années 60, M. Audéoud nous a fait part que dans son poste de directeur à Serix, les besoins des jeunes étaient définis par les adultes, qui décidaient pour les jeunes par rapport à ce qu&#039;ils pensaient être bien pour eux, mais sans leur demander leur avis. On n&#039;était pas encore dans une réelle prise en compte de la parole de l&#039;enfant à l&#039;époque. Une évolution sur le plan de l&#039;individualisation de l&#039;enfant et de la prise en compte de ses besoins est visible. En effet, aujourd&#039;hui on entend plus l&#039;enfant, on tente de connaître ce qu&#039;il désire et on regarde si on peut y accommoder. Avant, l&#039;enfant se devait de s&#039;accommoder lui à ce qu&#039;on lui imposait. De même, à Serix les colloques concernant les enfants se déroulaient sans l&#039;intéressé et ses parents, mais seulement avec les éducateurs et autres professionnels entourant le jeune. Petit à petit, les éducateurs ont changé de manière de faire, en imposant moins de choses supposées pour le bien des enfants et adolescents. Dans cet ordre d&#039;idée, on retrouve les points fondamentaux de la Constitution de 1989, du droit à la participation ainsi que la prise en compte de l&#039;intérêt supérieur de l&#039;enfant. Donc, entre les années 60 et 80, le domaine de l&#039;éducation a évolué dans la place attribuée au mineur dans les choix et sujets le concernant, l&#039;écoute qu&#039;on lui accorde et le droit de parole de celui-ci. De plus, les changements sont aussi visibles dans la prise en compte plus aboutie des besoins de l&#039;enfant, notamment par son expression de ses désirs et ressentis. Mme Audéoud souligne également le recours progressif à l&#039;individualisation de la démarche envers le jeune dans le milieu éducatif de Serix. Ainsi les jeunes ne sont plus approchés collectivement et on tient davantage compte de leur individualité dans les démarches entreprises à son égard. &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Par rapport à la question des valeurs portées par ces deux personnes, on retrouve celles de donner une structure à l&#039;enfant de manière attentionnée, de donner de l&#039;affection à ces jeunes  qui souvent en manquait, ainsi que de la reconnaissance. Valoriser l&#039;enfant, le protéger, lui manifester de l&#039;intérêt, mais aussi l&#039;aider à développer ses capacités d&#039;un point de vue cognitif, social et affectif, voilà ce en quoi croyait ce couple. Leurs convictions et ils l&#039;évoquent eux-mêmes répondent toutes aux différents besoins que l&#039;enfant a pour se développer harmonieusement. En cela, on retrouve les fondements de base des droits internationaux des enfants, car on y parle de protection de l&#039;enfant ainsi que permettre à l&#039;enfant de se développer harmonieusement.  &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Conclusions ===&lt;br /&gt;
Les droits de l’enfant, comme nous l’avons présenté, ont évolué au cours de décennies du XXème siècle. L’histoire de cette période nous témoigne de leur importance, de leur rôle prépondérant dans la vie d’un être humain. Ceci ne signifie pas que l’on n’a rien de plus à accomplir, bien au contraire. Les préoccupations quant aux conditions de vie des enfants dans le monde sont encore d&#039;actualité au XXIème sciècle. L&#039;enfant est une personne à part entière ce qui ne fait aucune doute et la [[Article_2013/14|complexité du concept des droits de la personne]] abordée dans notre article renvoie justement à la liberté, à l&#039;intégrité, à la sûreté. Mais surtout qu’importe d&#039;où l’on vient et ce qu’on fait, nous avons le droit à la vie. &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Les [[Droits_des_femmes|femmes]], les [[Droits_des_prisonniers|prisonniers]], les [[Droits_des_patients_psychiatriques|patients]], les [[Droits_des_personnes_en_situation_de_handicap|personnes en situation de handicap]], chaque individu a ce droit pour lequel certains se battent encore aujourd&#039;hui.&amp;lt;br /&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’enfance lie les individus qu’importe leur appartenance. Cette période de la vie qui nous est commune prend une dimension à part tout simplement parce que dans chaque enfant émerge l’avenir, notre avenir. Les adultes ont pour but de comprendre les enfants, de les respecter en tant que personnes et de protéger leurs droits. &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Avec le temps, l&#039;enfant a peu à peu existé comme personne à part entière. Il n&#039;est plus seulement un &amp;quot;homme en devenir&amp;quot;, mais bien un enfant avec ses particularités et besoins spécifiques. De plus, l&#039;intérêt qu&#039;on lui a porté a amené à une prise de conscience de l&#039;importance de lui donner la parole, de respecter ses désirs, intérêts, ainsi que de ses besoins, comme lui les définit. On a ainsi vu à travers notre entretien que d&#039;une définition des besoins de l&#039;enfant par l&#039;adulte durant les années 60 dans les milieux éducatifs en Suisse, on est passé vers une prise en compte plus réelle des besoins de l&#039;enfant en s&#039;adressent directement à celui-ci et en l&#039;écoutant davantage. La protection de l&#039;enfant est une notion importante dans la construction de ses droits.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme nous l&#039;avons écrit auparavant, son droit à la vie est signifié dans les textes internationaux. De prime abord, le droit à la vie de tout être humain ainsi que le droit à être protégé nous paraît naturel, mais on voit que cela ne va pas de soi. La reconnaissance du droit et besoin de protection de l&#039;enfant est essentielle, car il s&#039;agit d&#039;un être vulnérable et dépendant, soumis au bon vouloir des parents. Cette relation dominant-dominé, où l&#039;un possède un certain pouvoir sur l&#039;autre se retrouve dans bien d&#039;autres populations. Ainsi, d&#039;autres droits développés à partir du milieu du 20ème siècle, comme le droits des [[Droits_des_femmes|femmes]], des [[Droits_des_patients_psychiatriques|patients psychiatriques]], des [[Droits des patients (à l&#039;hôpital)|patients hospitaliers]], des [[Droits_des_personnes_en_situation_de_handicap|personnes en situation de handicap]] ou encore des [[Droits_des_prisonniers|prisonniers]] vont dans ce sens. Ce sont toutes des populations sous la domination d&#039;autrui pour lesquelles des luttes se sont développées afin de faire valoir leurs droits, en particulier de parole, écoute, etc. La préoccupation de l&#039;enfant va sans doute de paire avec la conscience de la société de cet enfant comme devenir de la société. En effet, en désirant une société de bons citoyens, épanouis et travailleurs, il faut avant tout s&#039;occuper des conditions et favoriser au mieux le développement harmonieux des enfants. On peut ainsi rapprocher cette volonté d&#039;améliorer la société par le soucis de l&#039;enfant avec l&#039;apparition de l&#039;obligation scolaire pour tous. L&#039;instauration des droits pour l&#039;enfant va cependant plus loin, car elle touche à bien d&#039;autres domaines que l&#039;instruction.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour finir, on peut voir que ces droits reconnus internationalement doivent tout de même continué à être l&#039;objet d&#039;un travail constant, car entre la théorie et la pratique, il y a de grandes différences, même dans nos pays développés. Ainsi, il importe de faire connaître leurs droits aux enfants, de les faire respecter, notamment à travers des instances  et sanctions juridiques à cet égard.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Bibliographie / Webographie ===&lt;br /&gt;
* Droux J.,2011. &#039;&#039;L&#039;internationalisation de la protection de l&#039;enfance : acteurs, concurrences et projets transnationaux (1900-1925)&#039;&#039;. In. Critique internationale, 2011/3 n° 52, p. 17-33&lt;br /&gt;
* Martinetti, F. 2002. &#039;&#039;Les Droits de l&#039;enfant&#039;&#039;. Librio&lt;br /&gt;
* http://cofrade.fr/&lt;br /&gt;
* http://www.humanium.org/fr/&lt;br /&gt;
* http://www.netzwerk-kinderrechte.ch/&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Notes et références ===&lt;br /&gt;
&amp;lt;references/&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Auteurs du chapitre ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Claire Bourgeois Dubois-Ferriere&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
* Katarzyna Milena Fratczak&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
* Victoria Salomon&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Victoria</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Conclusion_sur_les_droits_des_personnes&amp;diff=13122</id>
		<title>Conclusion sur les droits des personnes</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Conclusion_sur_les_droits_des_personnes&amp;diff=13122"/>
		<updated>2014-01-14T10:41:28Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Victoria : /* Et les sciences de l&amp;#039;éducation dans tout ça? */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;== Que sont les droits de la personne entre 1960-1980? ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En conclusion, nous pouvons constater que les droits de la personne dans des domaines différents se sont construits socialement et historiquement à partir de revendications de minorités (ou des porte-parole de minorités dans le cas des enfants ou des personnes qui n&#039;auraient pas leurs responsabilités juridiques), respectivement:&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* les enfants&lt;br /&gt;
* les femmes&lt;br /&gt;
* les prisonniers&lt;br /&gt;
* les patients psychiatriques&lt;br /&gt;
* les personnes en situation de handicap&lt;br /&gt;
* Les patients dans les hôpitaux (victimes d&#039;abus d&#039;expérimentation).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des acteurs se sont donc mobilisés pour que ces personnes puissent acquérir les mêmes droits proclamés d&#039;abord dans la [http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/IMG/pdf/DUDH.pdf Déclaration Universelle des Droits de l&#039;Homme], puis dans différentes lois, règlements et chartes. Les différents chapitres écrits par notre communauté de travail montrent tous que les personnes militantes se sont mobilisées pour le droit à l&#039;intégrité physique (femmes, prisonniers, patients) mais aussi pour le droit à l&#039;autodétermination (personne en situation de handicap et patients psychiatriques) et également pour le droit à la parole, à l&#039;écoute ou à une place reconnue dans la société (notamment pour les femmes – droit de vote et les enfants – droit à la parole –). C&#039;est d&#039;abord un traitement égal que ces minorités veulent obtenir, lequel suppose l&#039;émancipation et la reconnaissance de leurs droits, en tant que personnes, en tant qu&#039;êtres humains avec les valeurs qui s&#039;incarnent dans des pratiques relationnelles (le respect, la transparence, l&#039;égalité, etc.).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Souvent, ces revendications ont été faites suite à une remise en question des institutions ou plus globalement de la société.  &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les années 60-80 témoignent de changements importants. Bien évidement leurs prémisses remontent en-deça de cette période comme c&#039;est le cas des [[Droits_des_enfants|droits de l’enfant]] en tant que personne. Le chemin vers son individualisation a été bien avant 1968, une devise dans le travail éducatif et juridique de [[Index|Jean-Pierre Audéoud]] lequel, avec une participation active de sa femme, a pu l’appliquer durant son parcours professionnel. Mais l’histoire retrace également la construction des droits des [[Droits_des_femmes|femmes]], lesquelles, encore aujourd&#039;hui, revendiquent leur droit à l’avortement ou à des salaires égaux à celui des hommes. Leurs rôles sociaux, loin du stéréotype de la mère au foyer, font leur chemin. La lutte pour l’égalité des femmes est en perpétuelle évolution, et encore au XXIème siècle. L’entretien avec [[Entretien Amélia Christinat|Amélia Christianat]] en est une preuve. Son parcours militant en faveur des droits des femmes impressionne. Un combat important qui vise, comme dans le cas des droits de l’enfant, une reconnaissance non seulement tout à fait méritée, mais juste.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il faut dire que la reconnaissance en matière des droits des personnes est un processus long et complexe. Notre société accepte certains changements et s’oppose à d&#039;autres. Cela a été le cas durant les deux décennies prises en compte par notre recherche pendant lesquelles d&#039;autres droits sont revendiqués tels que les droits des [[Droits_des_patients_psychiatriques|patients]] ou [[Droits des patients (à l&#039;hôpital)|patients hospitaliers]], des [[Droits_des_prisonniers|prisonniers]] et des [[Droits_des_personnes_en_situation_de_handicap|personnes en situation de handicap]] . Tout individu avec son identité propre avec ses forces, ses faiblesses, ses différences, doit se battre afin d’être accepté à part entière par la société dont il fait partie &amp;lt;br /&amp;gt;: c&#039;est cela les droits de la personne.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Néanmoins, un certain nombre de constats peuvent être relevés:&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Pour avoir des droits, il faut se battre pour les obtenir; c&#039;est une lutte permanente; ce n&#039;est jamais acquis.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Le temps de la construction des droits est un temps long pour les promoteurs, mais un temps court dans l&#039;histoire de la démocratie et de l&#039;humanité (1789).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* l&#039;égalité des individus quelques soient leur situation comme personne (droit à la parole, droit à l&#039;intégrité physique, droit de vote, dignité, consentement, participation, etc.) demande une prise de conscience du public: ce n&#039;est pas évident (notamment pour des populations incarcérées).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*  la revendication de droits pour des populations &amp;quot;marginalisées&amp;quot; (patients psychiatriques, handicapés, prisonniers) demande un changement de &amp;quot;posture&amp;quot; épistémologique, idéologique, politique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* les  droits de l&#039;homme et du citoyens représentent les prémisses des droits accordé à l&#039;être humain. Puis, il a eu les droits envers des populations spécifiques, plus ou moins dans cet ordre dans ceux que nous avons traité: enfants, femmes, prisonniers, patients psychiatrique, handicapés, patients à l&#039;hôpital. On peut penser que cette revendications de droits spécifiques est dû au fait que les droits de l&#039;homme ne suffisaient pas à soutenir les réalités de vie des populations citées, d&#039;où les luttes pour faire valoir leurs droits particuliers. Ainsi, peut-être sommes-nous passé des droits de l&#039;être humain aux droits de la personne?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* L&#039;importance de faire valoir ses droits (les connaître, les faire respecter, participer à leur application).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Sur la question des droits, le risque est toujours présent de régression.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Le contexte: climat économique, contingence sociale et politique, &amp;quot;esprit du temps&amp;quot; de l&#039;après-guerre. Quid d&#039;aujourd&#039;hui ? === &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A travers nos différents chapitres sur les droits des personnes, nous avons constaté que toutes les mobilisations ont émergé à la suite de la seconde guerre mondiale. En effet, la [http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/IMG/pdf/DUDH.pdf Déclaration Universelle des Droits de l&#039;Homme] (10 décembre 1948), a permis de lutter contre les injustices qui se faisaient à l&#039;encontre des populations marginalisées ([[Droits_des_enfants|enfants]], femmes, prisonniers, personne en situation de handicap, patients psychiatrique et patient à l&#039;hôpital). Plus particulièrement, le jugement de Nuremberg a joué un rôle fondamental, lorsque les médecins nazis ont été condamnés pour avoir causé l&#039;humiliation, la séquestration, l&#039;expérimentation médicale et la mort de minorités. D&#039;ailleurs l&#039;action de la population juive a été déterminante dans la promotion des droits humains. L&#039;émergence des revendications de l&#039;après-guerre en matière d&#039;égalités des femmes, de protection de l&#039;enfant, de droit des patients en psychiatrie, ainsi que de droits des prisonniers prennent pour cible la société de type capitaliste, inégalitaire – et dans laquelle les écarts socio-économiques tendent à se creuser – et ses institutions, dites alors &amp;quot;totalitaires&amp;quot;. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le contexte de l&#039;époque était favorable à des revendications, manifestations et soulèvements de populations pour les droits des opprimés. D&#039;ailleurs, la bonne croissance économique y a beaucoup contribué, car lorsque tout va bien pour les gens ne sont-ils pas prêts à aider les plus démunis ? Certains témoins interrogés laissent entendre que lorsque la société est en période de crise, les droits des personnes acquis durant cette période (1960-1980) tendent à régresser. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La lutte pour le droit des personnes (enfants, femmes, prisonniers, patients ...) a duré pour la plupart plus de trente ans. Parfois les acteurs se sont investis du début jusqu&#039;à l&#039;acquisition de ce droit ; dédiant une grande partie de leur vie à ce projet. C&#039;est pourquoi, marquée de luttes, la construction des droits de l&#039;homme est un temps long pour ces promoteurs, mais si nous le  plaçons sur un axe temporel plus large, ces luttes ne constituent qu&#039;une courte période dans l&#039;histoire de l&#039;humanité. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C&#039;est en fait la lutte d&#039;associations de minorités qui va être à l&#039;origine de la reconnaissance de ces droits. Sans cette lutte point de progression pour l&#039;humanité. Nous remarquons, plus que jamais, aujourd&#039;hui, que cette lutte est permanente et n&#039;est jamais acquise. Plusieurs acteurs, que nous avons eu la chance d&#039;écouter, nous ont rappelé l&#039;importance de se mobiliser pour que ces droits restent actuels. Pour eux, la lutte ne doit cesser puisque sans une mobilisation de notre part, les droits qu&#039;ils ont acquis durement, vont rapidement régresser.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les femmes comme populations dites « marginalisées », ont pu être sensibles à d&#039;autres problématique comme celles du droits des patients puisque ce sont des femmes qui ont fondé la première association des droits de patients en Suisse. Ce sont elles qui se sont questionnées, elles qui ont de près vécu des situations d’injustice. Voir que le médecin décidait à la place du malade leur apparaissaient non pas seulement anodin, mais injuste. Souvent c&#039;est lorsque l&#039;on est touché personnellement que vient la conscience des manquements aux droits, au contournement des lois et c&#039;est souvent lorsqu&#039;une &amp;quot;affaire&amp;quot; se fait publique que les autorités réagissent pour calmer le scandale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Aujourd&#039;hui, en pleine crise économique, les mentalités se transforment. Passant d&#039;un &amp;quot;Je vais bien, il faut que j&#039;aide l&#039;autre&amp;quot; à un &amp;quot;Je vais mal, c&#039;est la faute de l&#039;autre&amp;quot;. Néanmoins, d&#039;autres militants partent au combat. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme il a été remarqué avec les droits des patients à l&#039;hôpital ou le droit des prisonniers, une régression est toujours possible, généralement marquée par une stigmatisation de ces minorités ou une volonté d&#039;en contrôler la dynamique. En effet, il y a quelques mois, après l&#039;affaire du meurtre d&#039;Adeline M. à [http://www.hug-ge.ch/tags/la-paquerette la pâquerette],le gouvernement a eu une volonté de durcir encore davantage les conditions des prisonniers afin de calmer la population qui criait au scandale. Pour ce faire, Yvonne Bercher nous a informé qu&#039;ils ont enlevé tout droits de sortis à tous les prisonniers de Champ-Dellon sans prendre en considération la nature des crimes de chacun ce qui, selon nous, représente une forme de régression.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour rester sur la thématique des prisonniers,nous pouvons également noter que défendre de tels droits n’est toujours pas quelque chose de facile puisque l’importance de cette lutte n’est pas encore très démocratisée et comprise par l’ensemble de la population. En effet, la prison demeure encore un lieu où l’on a de la difficulté à considérer les criminels comme des êtres humains. De ce fait, les prisonniers ont encore beaucoup de mal à exister en tant que personnes à part entière mais davantage comme des individus morcelés et éclatés. Par ailleurs, l’humiliation et le non respect de la dignité semble toujours très présents en prison. Par conséquent, nous pouvons nous demander quelle est la véritable place à accorder aux droits de l&#039;être humain dans un contexte carcéral si difficile. Nos constatations nous amène à réfléchir sur l&#039;avenir : que faut-il faire maintenant pour améliorer le respect des droits des détenus? A cette question,  les divers textes que nous avons pu lire ainsi que nos deux entretiens se rejoignent tous sur un point : il faut rendre la prison plus visible. En effet, comment agir pour les détenus si personne ne sait exactement comment ils sont traités? Reste maintenant à savoir si la population est véritablement désireuse de rendre le traitement des prisonniers plus transparents. Dans une démocratie, il revient au peuple de faire des choix quant aux droits et devoirs des citoyens qui la composent. Sommes-nous alors prêts à assumer notre responsabilité dans le traitement des personnes déviantes? Ou préférons-nous occulter cette zone d&#039;ombre de la société et l&#039;enterrer au plus profond de nos esprits?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour ce qui est du droit des femmes, un léger retour en arrière peut également être observé quant à l&#039;avortement. En effet, ce dernier est actuellement en train de faire débat, puisqu&#039;une votation aura lieu d&#039;ici quelque mois sur le non-remboursement par les caisses maladies de celui-ci. Nous risquons de revenir vers un statut des opprimés dans une société qui par ailleurs valorise l&#039;individu, la personne. Le cas récent de l&#039;Espagne illustre parfaitement la possibilité de régression. Dans la majorité des pays de l&#039;Union Européenne, l&#039;avortement est autorisé. L&#039;Espagne vient tout juste de sortir de cette majorité en modifiant la loi sur l&#039;avortement. Désormais, l&#039;avortement est interdit sauf dans quelques cas : &lt;br /&gt;
* en cas de danger physique encourus par la femme. Ce point devra avoir été vérifié par deux médecins différents et étrangers à l&#039;établissement où prendra place l&#039;avortement.&lt;br /&gt;
* en cas de viol mais à condition que la femme ait porté plainte.&lt;br /&gt;
* en cas de malformation fœtale.&lt;br /&gt;
Enfin, pour qu&#039;une mineure puisse avorter, l&#039;accord des parents sera nécessaire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est certain que, malheureusement, toutes les revendications finissent par s’essouffler. Les gens ne peuvent se battre pour une cause indéfiniment. Au bout d&#039;un certain temps, on se convainc que ce que l&#039;on a obtenu est suffisant et on arrête de se battre. Ou on arrête parce qu&#039;on est fatigué. Et la relève n&#039;est pas toujours là. Par contre, du moment qu&#039;un mouvement militant s&#039;essouffle, il y a des chances pour que le parti opposé se relève et effectue le combat inverse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En ce qui concerne les personnes en situation de handicap, si l&#039;on en croit le discours des acteurs des années 1960-1980, le combat est loin d&#039;être achevé. A l&#039;heure où l&#039;école s&#039;ouvre à l&#039;intégration, où l&#039;on parle d&#039;inclusion de tous les élèves, des institutions ségrégatives continuent de se développer, et la réalité du terrain est encore très éloignée des lois ([http://www.ge.ch/legislation/rsg/f/s/rsg_c1_12.html loi sur l&#039;intégration LIJBEP, 2008]). Le temps où l&#039;on cachait les enfants porteurs d&#039;un handicap semble révolu, et pourtant, quand on travaille dans ce milieu, les regards réprobateurs ne sont pas rares, et rappellent le chemin qu&#039;il reste à parcourir. A l&#039;Université, nombre de cours nous forment à considérer ces personnes en tant que &amp;quot;personnes&amp;quot; justement, comme si cela n&#039;était pas une évidence. C&#039;est donc que l&#039;on peut encore douter du statut de cette population.&lt;br /&gt;
En bref, la question aujourd&#039;hui pourrait se résumer ainsi, en termes politiquement incorrects: la société, en temps de crise, peut-elle s&#039;offrir le luxe de se préoccuper des plus démunis? Citons ici [http://fr.wikipedia.org/wiki/Charles_Fourier Charles Fourier] &amp;quot;On mesure le degré de civilisation d&#039;une société au sort qu&#039;elle réserve aux plus démunis&amp;quot;. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Qu&#039;en est-il des droits de l&#039;enfant aujourd&#039;hui? En Suisse, nous avons pu voir à travers l&#039;[[Entretien avec M. Jean-Pierre Audéoud|entretien]] avec M. [[Index| Audéoud]] et sa femme, que la considération des mineurs a changé dans le domaine éducatif. On peut penser que les mentalités et valeurs ont été modifiées entre les années 60 et la fin du siècle ainsi que les instances rattachées à l&#039;enfant, tel que le Tribunal des mineurs ou l&#039;école. Le Tribunal des mineurs a évolué dans ce sens, avec une attention particulière à l&#039;enfant ou adolescent, à ce qui serait le plus favorable pour lui. Quant à l&#039;école, on  peut voir que la pédagogie s&#039;attache désormais plus à la participation de l&#039;enfant, au respect de son rythme, entre autres nombreux aspects. Mais cela ne veut pas dire qu&#039;il n&#039;y a pas encore à faire dans le sens du respect des droits de l&#039;enfant. En effet, la sensibilisation des enfants quant à leurs droits reste d&#039;actualité, d&#039;où le travail dans les écoles sur ceux-ci, présentés aux enfants de manière simplifiée. Même si sur le versant visible, la Suisse, comme pays &amp;quot;développé&amp;quot;, a mis en place des dispositions juridiques relatives aux droits de l&#039;enfant, il demeure que dans le privé il existe toujours des cas que l&#039;on pourrait appeler de maltraitance envers les enfants.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sur le plan international, bien que la quasi totalité des Etats reconnus pas l&#039;ONU aient ratifié la [http://www.unicef.ch/sites/default/files/attachements/convention_relative_aux_droits_de_lenfant.pdf Convention relative aux droits de l&#039;enfant] de 1989, son application fait encore largement défaut dans certains pays. L&#039;UNICEF met en lumière quelques chiffres mondiaux très parlants quant aux principes fondamentaux de la CIDE (droit à la santé, à l&#039;éducation, à une identité, à la protection et à la participation) dans un [http://www.unicef.fr/userfiles/livretParlementUNICEF100107v2.pdf dossier] de 2008. Par exemple, en ce qui concerne le droit à l&#039;identité de l&#039;enfant, &amp;quot;51 millions de naissances ne sont pas enregistrées&amp;quot;, tandis que &amp;quot;24&#039;000 enfants âgés de moins de cinq ans meurent chaque jour de malnutrition et de maladies qui, dans la plupart des cas, pourraient être évitées&amp;quot; alors que le CIDE accorde à l&#039;enfant le droit essentiel à la santé. Bien que la nécessité et le droit de l&#039;enfant à l&#039;éducation soient inscrite dans ce texte, &amp;quot;101 millions d’enfants ne sont pas scolarisés&amp;quot; dans le monde et &amp;quot;158 millions d’enfants âgés de 5 à 14 ans travaillent&amp;quot; malgré la reconnaissance des Etats de leur droit à la protection. Pour ce qui est du droit à la participation des enfants, il n&#039;est pas évident d&#039;y associé un chiffre, mais on peut tout de même aisément penser que bon nombre d&#039;enfants n&#039;ont guère possibilité d&#039;expression et sont certainement peu, voir pas écoutés.&lt;br /&gt;
Il y a donc encore bien du chemin à parcourir encore pour faire valoir et respecter les droits des enfants, avenir de notre société, dans le monde.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En ce qui concerne les droits des patients psychiatriques en Suisse, l’on peut remarquer comme des amélioration ont été apportées grâce aux revendications des groupes militants. Néanmoins certaines problématiques sont toujours d’actualités et il semble difficile d’y trouver des solutions. Comme nous l’avons pu remarquer à travers l’entretien avec Monsieur Riesen et lors de nos recherches, l’évolution des droits des patients psychiatriques se confronte à des impasses au niveau juridique. Tout d’abord il est difficile de limiter le pouvoir médical. En effet, lorsque un médecin se prononce en faveur d’un internement, motivant sa décision par la possible dangerosité du patient, personne ou peu de monde ose s’y opposer. De plus, la nature de la maladie mentale empêche le patient psychiatrique de pouvoir jouir pleinement des droits des patients.  &lt;br /&gt;
Si d’un côté les lois visent la tutelle de cette type de population perçue comme étant plus vulnérable, ces mêmes lois sont responsables de la limitation de ces personne dans l’exercice de leur droits. C’est le cas par exemple de la lois sur la privation de liberté à des fins d’assistance qui reste dans l’ambiguïté face à la Convention européenne des droits de l’homme (ratifiée par la Suisse n 1974). En effet, on peut interner une personne contre son gré si on estime que cela soit la seule façon d’assurer son assistance. La maladie mentale fait partie des motivations valables. &lt;br /&gt;
Une autre difficulté se trouve dans l’évaluation de la capacité de discernement. Le code civil prévoit certaines situations dans lesquelles cette capacité peut être limitée dans l’intérêt de la personne concernée, notamment dans le cas de « maladie mentale » et de « faiblesse d’esprit ». La reconnaissance de cette capacité est la condition indispensable sans laquelle l’individu n’est pas en mesure d’exercer ses droits personnels. L’évaluation de la capacité de discernement se prête à controverse, notamment entre psychiatre et juriste, car il est impossible de poser un jugement objectif. Ceci est encore de nos jours source de malentendus et il semble très difficile qu’une réforme juridique puisse parvenir à éclaircir cette situation compliquée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Et les sciences de l&#039;éducation dans tout ça? ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les rencontres que nous avons faites avec ces militants d&#039;une autre époque nous ont permis d&#039;alimenter nos réflexion sur le domaine des droits de la personne entre 1960 et 1980. Nous avons surtout relevé la fougue et la passion de ces militants en faveur d&#039;autrui. C&#039;est une belle leçon d&#039;humanité que nous avons eue, puisque par leur mobilisation ils ont pu faire changer les conditions des personnes marginalisées. Nous qui avons choisi une filière sociale et qui souhaitons plus tard intervenir auprès de personnes fragilisées, cette expérience nous a appris qu&#039;il faut s&#039;engager &amp;quot;à fond&amp;quot; pour la cause que nous défendons si nous voulons qu&#039;il y ait du changement. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous avons également pu comprendre que le droit à l&#039;autodétermination [[Droits des personnes en situation de handicap|des personnes en situation de handicap]] - que nous voyons dans le cadre de notre formation - est un droit qui a été avant cela revendiqué par d&#039;autres personnes ; les [[Droits_des_enfants|enfants]], [[Droits des femmes|les femmes]], [[Droits des prisonniers|les prisonniers]], [[Droits des patients psychiatriques|les patients psychiatriques]] et [[Droits des patients (à l&#039;hôpital)|les patients à l&#039;hôpital]]. Tout ceci nous a donc expliqué que l&#039;acquisition des droits de la personne prend du temps puisque pour la plus part, il a fallu se mobiliser pendant vingt ans pour voir des changements dans la société. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les sciences de l&#039;éducation prennent une place dans la lutte a poursuivre pour certains de ces droits, leur connaissance et leur  maintien. On peut notamment penser aux populations des enfants et des personnes en situation de handicap avec qui nous travaillerons. Il est ainsi important de continuer à faire valoir leurs droits, leurs applications et la connaissance de ceux-ci par les populations concernées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des auteurs, comme Illich, préconisaient une société sans école, où l&#039;on apprendrait, directement d&#039;autrui, inséré dans un réseau, au gré de nos besoins éducatifs. La personne irait trouver les connaissances dont elle a besoin dans un réseau de connaissances et d&#039;individus, pédagogues, comme elle, en puissance. Nous constatons, également, que dans une même revendication d&#039;égalité et de remise en question des institutions, des auteurs comme Foucault dénoncent l&#039;autoritarisme d&#039;institutions comme la médecine qui en fait exerce un vrai pouvoir policier sur les personnes. Toute institution se construit socialement. Il en est de même pour la médecine qui s&#039;éloigne volontairement du patient, en adoptant une posture d&#039;expertise. Ce dernier ne construit pas le savoir médical avec le médecin, il ne connait souvent pas les méthodes de recherches concernant cet art. Or il pourrait, en aller autrement, notamment en permettant aux hommes d&#039;apprendre davantage sur la médecine et ses méthodes de construction du savoir. Le patient est avant tout une personne, comme l&#039;est d&#039;ailleurs le médecin. C&#039;est pourquoi cette dyade doit s&#039;évertuer à construire ensemble un savoir médical compréhensible par tout-un-chacun.  Telle est la condition, telle que visionnée par Illich, pour que l&#039;homme se connaisse davantage lui-même, c&#039;est-à-dire se réapproprie ce regard sur lui-même qui sait aujourd&#039;hui en lien avec les autres dans des relations qui soient productrices de respect et de compréhension réciproque.&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Victoria</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Conclusion_sur_les_droits_des_personnes&amp;diff=13121</id>
		<title>Conclusion sur les droits des personnes</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Conclusion_sur_les_droits_des_personnes&amp;diff=13121"/>
		<updated>2014-01-14T10:31:52Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Victoria : /* Et les sciences de l&amp;#039;éducation dans tout ça? */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;== Que sont les droits de la personne entre 1960-1980? ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En conclusion, nous pouvons constater que les droits de la personne dans des domaines différents se sont construits socialement et historiquement à partir de revendications de minorités (ou des porte-parole de minorités dans le cas des enfants ou des personnes qui n&#039;auraient pas leurs responsabilités juridiques), respectivement:&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* les enfants&lt;br /&gt;
* les femmes&lt;br /&gt;
* les prisonniers&lt;br /&gt;
* les patients psychiatriques&lt;br /&gt;
* les personnes en situation de handicap&lt;br /&gt;
* Les patients dans les hôpitaux (victimes d&#039;abus d&#039;expérimentation).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des acteurs se sont donc mobilisés pour que ces personnes puissent acquérir les mêmes droits proclamés d&#039;abord dans la [http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/IMG/pdf/DUDH.pdf Déclaration Universelle des Droits de l&#039;Homme], puis dans différentes lois, règlements et chartes. Les différents chapitres écrits par notre communauté de travail montrent tous que les personnes militantes se sont mobilisées pour le droit à l&#039;intégrité physique (femmes, prisonniers, patients) mais aussi pour le droit à l&#039;autodétermination (personne en situation de handicap et patients psychiatriques) et également pour le droit à la parole, à l&#039;écoute ou à une place reconnue dans la société (notamment pour les femmes – droit de vote et les enfants – droit à la parole –). C&#039;est d&#039;abord un traitement égal que ces minorités veulent obtenir, lequel suppose l&#039;émancipation et la reconnaissance de leurs droits, en tant que personnes, en tant qu&#039;êtres humains avec les valeurs qui s&#039;incarnent dans des pratiques relationnelles (le respect, la transparence, l&#039;égalité, etc.).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Souvent, ces revendications ont été faites suite à une remise en question des institutions ou plus globalement de la société.  &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les années 60-80 témoignent de changements importants. Bien évidement leurs prémisses remontent en-deça de cette période comme c&#039;est le cas des [[Droits_des_enfants|droits de l’enfant]] en tant que personne. Le chemin vers son individualisation a été bien avant 1968, une devise dans le travail éducatif et juridique de [[Index|Jean-Pierre Audéoud]] lequel, avec une participation active de sa femme, a pu l’appliquer durant son parcours professionnel. Mais l’histoire retrace également la construction des droits des [[Droits_des_femmes|femmes]], lesquelles, encore aujourd&#039;hui, revendiquent leur droit à l’avortement ou à des salaires égaux à celui des hommes. Leurs rôles sociaux, loin du stéréotype de la mère au foyer, font leur chemin. La lutte pour l’égalité des femmes est en perpétuelle évolution, et encore au XXIème siècle. L’entretien avec [[Entretien Amélia Christinat|Amélia Christianat]] en est une preuve. Son parcours militant en faveur des droits des femmes impressionne. Un combat important qui vise, comme dans le cas des droits de l’enfant, une reconnaissance non seulement tout à fait méritée, mais juste.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il faut dire que la reconnaissance en matière des droits des personnes est un processus long et complexe. Notre société accepte certains changements et s’oppose à d&#039;autres. Cela a été le cas durant les deux décennies prises en compte par notre recherche pendant lesquelles d&#039;autres droits sont revendiqués tels que les droits des [[Droits_des_patients_psychiatriques|patients]] ou [[Droits des patients (à l&#039;hôpital)|patients hospitaliers]], des [[Droits_des_prisonniers|prisonniers]] et des [[Droits_des_personnes_en_situation_de_handicap|personnes en situation de handicap]] . Tout individu avec son identité propre avec ses forces, ses faiblesses, ses différences, doit se battre afin d’être accepté à part entière par la société dont il fait partie &amp;lt;br /&amp;gt;: c&#039;est cela les droits de la personne.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Néanmoins, un certain nombre de constats peuvent être relevés:&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Pour avoir des droits, il faut se battre pour les obtenir; c&#039;est une lutte permanente; ce n&#039;est jamais acquis.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Le temps de la construction des droits est un temps long pour les promoteurs, mais un temps court dans l&#039;histoire de la démocratie et de l&#039;humanité (1789).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* l&#039;égalité des individus quelques soient leur situation comme personne (droit à la parole, droit à l&#039;intégrité physique, droit de vote, dignité, consentement, participation, etc.) demande une prise de conscience du public: ce n&#039;est pas évident (notamment pour des populations incarcérées).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*  la revendication de droits pour des populations &amp;quot;marginalisées&amp;quot; (patients psychiatriques, handicapés, prisonniers) demande un changement de &amp;quot;posture&amp;quot; épistémologique, idéologique, politique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* les  droits de l&#039;homme et du citoyens représentent les prémisses des droits accordé à l&#039;être humain. Puis, il a eu les droits envers des populations spécifiques, plus ou moins dans cet ordre dans ceux que nous avons traité: enfants, femmes, prisonniers, patients psychiatrique, handicapés, patients à l&#039;hôpital. On peut penser que cette revendications de droits spécifiques est dû au fait que les droits de l&#039;homme ne suffisaient pas à soutenir les réalités de vie des populations citées, d&#039;où les luttes pour faire valoir leurs droits particuliers. Ainsi, peut-être sommes-nous passé des droits de l&#039;être humain aux droits de la personne?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* L&#039;importance de faire valoir ses droits (les connaître, les faire respecter, participer à leur application).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Sur la question des droits, le risque est toujours présent de régression.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Le contexte: climat économique, contingence sociale et politique, &amp;quot;esprit du temps&amp;quot; de l&#039;après-guerre. Quid d&#039;aujourd&#039;hui ? === &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A travers nos différents chapitres sur les droits des personnes, nous avons constaté que toutes les mobilisations ont émergé à la suite de la seconde guerre mondiale. En effet, la [http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/IMG/pdf/DUDH.pdf Déclaration Universelle des Droits de l&#039;Homme] (10 décembre 1948), a permis de lutter contre les injustices qui se faisaient à l&#039;encontre des populations marginalisées ([[Droits_des_enfants|enfants]], femmes, prisonniers, personne en situation de handicap, patients psychiatrique et patient à l&#039;hôpital). Plus particulièrement, le jugement de Nuremberg a joué un rôle fondamental, lorsque les médecins nazis ont été condamnés pour avoir causé l&#039;humiliation, la séquestration, l&#039;expérimentation médicale et la mort de minorités. D&#039;ailleurs l&#039;action de la population juive a été déterminante dans la promotion des droits humains. L&#039;émergence des revendications de l&#039;après-guerre en matière d&#039;égalités des femmes, de protection de l&#039;enfant, de droit des patients en psychiatrie, ainsi que de droits des prisonniers prennent pour cible la société de type capitaliste, inégalitaire – et dans laquelle les écarts socio-économiques tendent à se creuser – et ses institutions, dites alors &amp;quot;totalitaires&amp;quot;. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le contexte de l&#039;époque était favorable à des revendications, manifestations et soulèvements de populations pour les droits des opprimés. D&#039;ailleurs, la bonne croissance économique y a beaucoup contribué, car lorsque tout va bien pour les gens ne sont-ils pas prêts à aider les plus démunis ? Certains témoins interrogés laissent entendre que lorsque la société est en période de crise, les droits des personnes acquis durant cette période (1960-1980) tendent à régresser. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La lutte pour le droit des personnes (enfants, femmes, prisonniers, patients ...) a duré pour la plupart plus de trente ans. Parfois les acteurs se sont investis du début jusqu&#039;à l&#039;acquisition de ce droit ; dédiant une grande partie de leur vie à ce projet. C&#039;est pourquoi, marquée de luttes, la construction des droits de l&#039;homme est un temps long pour ces promoteurs, mais si nous le  plaçons sur un axe temporel plus large, ces luttes ne constituent qu&#039;une courte période dans l&#039;histoire de l&#039;humanité. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C&#039;est en fait la lutte d&#039;associations de minorités qui va être à l&#039;origine de la reconnaissance de ces droits. Sans cette lutte point de progression pour l&#039;humanité. Nous remarquons, plus que jamais, aujourd&#039;hui, que cette lutte est permanente et n&#039;est jamais acquise. Plusieurs acteurs, que nous avons eu la chance d&#039;écouter, nous ont rappelé l&#039;importance de se mobiliser pour que ces droits restent actuels. Pour eux, la lutte ne doit cesser puisque sans une mobilisation de notre part, les droits qu&#039;ils ont acquis durement, vont rapidement régresser.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les femmes comme populations dites « marginalisées », ont pu être sensibles à d&#039;autres problématique comme celles du droits des patients puisque ce sont des femmes qui ont fondé la première association des droits de patients en Suisse. Ce sont elles qui se sont questionnées, elles qui ont de près vécu des situations d’injustice. Voir que le médecin décidait à la place du malade leur apparaissaient non pas seulement anodin, mais injuste. Souvent c&#039;est lorsque l&#039;on est touché personnellement que vient la conscience des manquements aux droits, au contournement des lois et c&#039;est souvent lorsqu&#039;une &amp;quot;affaire&amp;quot; se fait publique que les autorités réagissent pour calmer le scandale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Aujourd&#039;hui, en pleine crise économique, les mentalités se transforment. Passant d&#039;un &amp;quot;Je vais bien, il faut que j&#039;aide l&#039;autre&amp;quot; à un &amp;quot;Je vais mal, c&#039;est la faute de l&#039;autre&amp;quot;. Néanmoins, d&#039;autres militants partent au combat. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme il a été remarqué avec les droits des patients à l&#039;hôpital ou le droit des prisonniers, une régression est toujours possible, généralement marquée par une stigmatisation de ces minorités ou une volonté d&#039;en contrôler la dynamique. En effet, il y a quelques mois, après l&#039;affaire du meurtre d&#039;Adeline M. à [http://www.hug-ge.ch/tags/la-paquerette la pâquerette],le gouvernement a eu une volonté de durcir encore davantage les conditions des prisonniers afin de calmer la population qui criait au scandale. Pour ce faire, Yvonne Bercher nous a informé qu&#039;ils ont enlevé tout droits de sortis à tous les prisonniers de Champ-Dellon sans prendre en considération la nature des crimes de chacun ce qui, selon nous, représente une forme de régression.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour rester sur la thématique des prisonniers,nous pouvons également noter que défendre de tels droits n’est toujours pas quelque chose de facile puisque l’importance de cette lutte n’est pas encore très démocratisée et comprise par l’ensemble de la population. En effet, la prison demeure encore un lieu où l’on a de la difficulté à considérer les criminels comme des êtres humains. De ce fait, les prisonniers ont encore beaucoup de mal à exister en tant que personnes à part entière mais davantage comme des individus morcelés et éclatés. Par ailleurs, l’humiliation et le non respect de la dignité semble toujours très présents en prison. Par conséquent, nous pouvons nous demander quelle est la véritable place à accorder aux droits de l&#039;être humain dans un contexte carcéral si difficile. Nos constatations nous amène à réfléchir sur l&#039;avenir : que faut-il faire maintenant pour améliorer le respect des droits des détenus? A cette question,  les divers textes que nous avons pu lire ainsi que nos deux entretiens se rejoignent tous sur un point : il faut rendre la prison plus visible. En effet, comment agir pour les détenus si personne ne sait exactement comment ils sont traités? Reste maintenant à savoir si la population est véritablement désireuse de rendre le traitement des prisonniers plus transparents. Dans une démocratie, il revient au peuple de faire des choix quant aux droits et devoirs des citoyens qui la composent. Sommes-nous alors prêts à assumer notre responsabilité dans le traitement des personnes déviantes? Ou préférons-nous occulter cette zone d&#039;ombre de la société et l&#039;enterrer au plus profond de nos esprits?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour ce qui est du droit des femmes, un léger retour en arrière peut également être observé quant à l&#039;avortement. En effet, ce dernier est actuellement en train de faire débat, puisqu&#039;une votation aura lieu d&#039;ici quelque mois sur le non-remboursement par les caisses maladies de celui-ci. Nous risquons de revenir vers un statut des opprimés dans une société qui par ailleurs valorise l&#039;individu, la personne. Le cas récent de l&#039;Espagne illustre parfaitement la possibilité de régression. Dans la majorité des pays de l&#039;Union Européenne, l&#039;avortement est autorisé. L&#039;Espagne vient tout juste de sortir de cette majorité en modifiant la loi sur l&#039;avortement. Désormais, l&#039;avortement est interdit sauf dans quelques cas : &lt;br /&gt;
* en cas de danger physique encourus par la femme. Ce point devra avoir été vérifié par deux médecins différents et étrangers à l&#039;établissement où prendra place l&#039;avortement.&lt;br /&gt;
* en cas de viol mais à condition que la femme ait porté plainte.&lt;br /&gt;
* en cas de malformation fœtale.&lt;br /&gt;
Enfin, pour qu&#039;une mineure puisse avorter, l&#039;accord des parents sera nécessaire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est certain que, malheureusement, toutes les revendications finissent par s’essouffler. Les gens ne peuvent se battre pour une cause indéfiniment. Au bout d&#039;un certain temps, on se convainc que ce que l&#039;on a obtenu est suffisant et on arrête de se battre. Ou on arrête parce qu&#039;on est fatigué. Et la relève n&#039;est pas toujours là. Par contre, du moment qu&#039;un mouvement militant s&#039;essouffle, il y a des chances pour que le parti opposé se relève et effectue le combat inverse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En ce qui concerne les personnes en situation de handicap, si l&#039;on en croit le discours des acteurs des années 1960-1980, le combat est loin d&#039;être achevé. A l&#039;heure où l&#039;école s&#039;ouvre à l&#039;intégration, où l&#039;on parle d&#039;inclusion de tous les élèves, des institutions ségrégatives continuent de se développer, et la réalité du terrain est encore très éloignée des lois ([http://www.ge.ch/legislation/rsg/f/s/rsg_c1_12.html loi sur l&#039;intégration LIJBEP, 2008]). Le temps où l&#039;on cachait les enfants porteurs d&#039;un handicap semble révolu, et pourtant, quand on travaille dans ce milieu, les regards réprobateurs ne sont pas rares, et rappellent le chemin qu&#039;il reste à parcourir. A l&#039;Université, nombre de cours nous forment à considérer ces personnes en tant que &amp;quot;personnes&amp;quot; justement, comme si cela n&#039;était pas une évidence. C&#039;est donc que l&#039;on peut encore douter du statut de cette population.&lt;br /&gt;
En bref, la question aujourd&#039;hui pourrait se résumer ainsi, en termes politiquement incorrects: la société, en temps de crise, peut-elle s&#039;offrir le luxe de se préoccuper des plus démunis? Citons ici [http://fr.wikipedia.org/wiki/Charles_Fourier Charles Fourier] &amp;quot;On mesure le degré de civilisation d&#039;une société au sort qu&#039;elle réserve aux plus démunis&amp;quot;. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Qu&#039;en est-il des droits de l&#039;enfant aujourd&#039;hui? En Suisse, nous avons pu voir à travers l&#039;[[Entretien avec M. Jean-Pierre Audéoud|entretien]] avec M. [[Index| Audéoud]] et sa femme, que la considération des mineurs a changé dans le domaine éducatif. On peut penser que les mentalités et valeurs ont été modifiées entre les années 60 et la fin du siècle ainsi que les instances rattachées à l&#039;enfant, tel que le Tribunal des mineurs ou l&#039;école. Le Tribunal des mineurs a évolué dans ce sens, avec une attention particulière à l&#039;enfant ou adolescent, à ce qui serait le plus favorable pour lui. Quant à l&#039;école, on  peut voir que la pédagogie s&#039;attache désormais plus à la participation de l&#039;enfant, au respect de son rythme, entre autres nombreux aspects. Mais cela ne veut pas dire qu&#039;il n&#039;y a pas encore à faire dans le sens du respect des droits de l&#039;enfant. En effet, la sensibilisation des enfants quant à leurs droits reste d&#039;actualité, d&#039;où le travail dans les écoles sur ceux-ci, présentés aux enfants de manière simplifiée. Même si sur le versant visible, la Suisse, comme pays &amp;quot;développé&amp;quot;, a mis en place des dispositions juridiques relatives aux droits de l&#039;enfant, il demeure que dans le privé il existe toujours des cas que l&#039;on pourrait appeler de maltraitance envers les enfants.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sur le plan international, bien que la quasi totalité des Etats reconnus pas l&#039;ONU aient ratifié la [http://www.unicef.ch/sites/default/files/attachements/convention_relative_aux_droits_de_lenfant.pdf Convention relative aux droits de l&#039;enfant] de 1989, son application fait encore largement défaut dans certains pays. L&#039;UNICEF met en lumière quelques chiffres mondiaux très parlants quant aux principes fondamentaux de la CIDE (droit à la santé, à l&#039;éducation, à une identité, à la protection et à la participation) dans un [http://www.unicef.fr/userfiles/livretParlementUNICEF100107v2.pdf dossier] de 2008. Par exemple, en ce qui concerne le droit à l&#039;identité de l&#039;enfant, &amp;quot;51 millions de naissances ne sont pas enregistrées&amp;quot;, tandis que &amp;quot;24&#039;000 enfants âgés de moins de cinq ans meurent chaque jour de malnutrition et de maladies qui, dans la plupart des cas, pourraient être évitées&amp;quot; alors que le CIDE accorde à l&#039;enfant le droit essentiel à la santé. Bien que la nécessité et le droit de l&#039;enfant à l&#039;éducation soient inscrite dans ce texte, &amp;quot;101 millions d’enfants ne sont pas scolarisés&amp;quot; dans le monde et &amp;quot;158 millions d’enfants âgés de 5 à 14 ans travaillent&amp;quot; malgré la reconnaissance des Etats de leur droit à la protection. Pour ce qui est du droit à la participation des enfants, il n&#039;est pas évident d&#039;y associé un chiffre, mais on peut tout de même aisément penser que bon nombre d&#039;enfants n&#039;ont guère possibilité d&#039;expression et sont certainement peu, voir pas écoutés.&lt;br /&gt;
Il y a donc encore bien du chemin à parcourir encore pour faire valoir et respecter les droits des enfants, avenir de notre société, dans le monde.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En ce qui concerne les droits des patients psychiatriques en Suisse, l’on peut remarquer comme des amélioration ont été apportées grâce aux revendications des groupes militants. Néanmoins certaines problématiques sont toujours d’actualités et il semble difficile d’y trouver des solutions. Comme nous l’avons pu remarquer à travers l’entretien avec Monsieur Riesen et lors de nos recherches, l’évolution des droits des patients psychiatriques se confronte à des impasses au niveau juridique. Tout d’abord il est difficile de limiter le pouvoir médical. En effet, lorsque un médecin se prononce en faveur d’un internement, motivant sa décision par la possible dangerosité du patient, personne ou peu de monde ose s’y opposer. De plus, la nature de la maladie mentale empêche le patient psychiatrique de pouvoir jouir pleinement des droits des patients.  &lt;br /&gt;
Si d’un côté les lois visent la tutelle de cette type de population perçue comme étant plus vulnérable, ces mêmes lois sont responsables de la limitation de ces personne dans l’exercice de leur droits. C’est le cas par exemple de la lois sur la privation de liberté à des fins d’assistance qui reste dans l’ambiguïté face à la Convention européenne des droits de l’homme (ratifiée par la Suisse n 1974). En effet, on peut interner une personne contre son gré si on estime que cela soit la seule façon d’assurer son assistance. La maladie mentale fait partie des motivations valables. &lt;br /&gt;
Une autre difficulté se trouve dans l’évaluation de la capacité de discernement. Le code civil prévoit certaines situations dans lesquelles cette capacité peut être limitée dans l’intérêt de la personne concernée, notamment dans le cas de « maladie mentale » et de « faiblesse d’esprit ». La reconnaissance de cette capacité est la condition indispensable sans laquelle l’individu n’est pas en mesure d’exercer ses droits personnels. L’évaluation de la capacité de discernement se prête à controverse, notamment entre psychiatre et juriste, car il est impossible de poser un jugement objectif. Ceci est encore de nos jours source de malentendus et il semble très difficile qu’une réforme juridique puisse parvenir à éclaircir cette situation compliquée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Et les sciences de l&#039;éducation dans tout ça? ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les rencontres que nous avons faites avec ces militants d&#039;une autre époque nous ont permis d&#039;alimenter nos réflexion sur le domaine des droits de la personne entre 1960 et 1980. Nous avons surtout relevé la fougue et la passion de ces militants en faveur d&#039;autrui. C&#039;est une belle leçon d&#039;humanité que nous avons eue, puisque par leur mobilisation ils ont pu faire changer les conditions des personnes marginalisées. Nous qui avons choisi une filière sociale et qui souhaitons plus tard intervenir auprès de personnes fragilisées, cette expérience nous a appris qu&#039;il faut s&#039;engager &amp;quot;à fond&amp;quot; pour la cause que nous défendons si nous voulons qu&#039;il y ait du changement. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous avons également pu comprendre que le droit à l&#039;autodétermination [[Droits des personnes en situation de handicap|des personnes en situation de handicap]] - que nous voyons dans le cadre de notre formation - est un droit qui a été avant cela revendiqué par d&#039;autres personnes ; les [[Droits_des_enfants|enfants]], [[Droits des femmes|les femmes]], [[Droits des prisonniers|les prisonniers]], [[Droits des patients psychiatriques|les patients psychiatriques]] et [[Droits des patients (à l&#039;hôpital)|les patients à l&#039;hôpital]]. Tout ceci nous a donc expliqué que l&#039;acquisition des droits de la personne prend du temps puisque pour la plus part, il a fallu se mobiliser pendant vingt ans pour voir des changements dans la société. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des auteurs, comme Illich, préconisaient une société sans école, où l&#039;on apprendrait, directement d&#039;autrui, inséré dans un réseau, au gré de nos besoins éducatifs. La personne irait trouver les connaissances dont elle a besoin dans un réseau de connaissances et d&#039;individus, pédagogues, comme elle, en puissance. Nous constatons, également, que dans une même revendication d&#039;égalité et de remise en question des institutions, des auteurs comme Foucault dénoncent l&#039;autoritarisme d&#039;institutions comme la médecine qui en fait exerce un vrai pouvoir policier sur les personnes. Toute institution se construit socialement. Il en est de même pour la médecine qui s&#039;éloigne volontairement du patient, en adoptant une posture d&#039;expertise. Ce dernier ne construit pas le savoir médical avec le médecin, il ne connait souvent pas les méthodes de recherches concernant cet art. Or il pourrait, en aller autrement, notamment en permettant aux hommes d&#039;apprendre davantage sur la médecine et ses méthodes de construction du savoir. Le patient est avant tout une personne, comme l&#039;est d&#039;ailleurs le médecin. C&#039;est pourquoi cette dyade doit s&#039;évertuer à construire ensemble un savoir médical compréhensible par tout-un-chacun.  Telle est la condition, telle que visionnée par Illich, pour que l&#039;homme se connaisse davantage lui-même, c&#039;est-à-dire se réapproprie ce regard sur lui-même qui sait aujourd&#039;hui en lien avec les autres dans des relations qui soient productrices de respect et de compréhension réciproque.&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Victoria</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Conclusion_sur_les_droits_des_personnes&amp;diff=13119</id>
		<title>Conclusion sur les droits des personnes</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Conclusion_sur_les_droits_des_personnes&amp;diff=13119"/>
		<updated>2014-01-14T10:22:13Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Victoria : /* Que sont les droits de la personne entre 1960-1980? */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;== Que sont les droits de la personne entre 1960-1980? ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En conclusion, nous pouvons constater que les droits de la personne dans des domaines différents se sont construits socialement et historiquement à partir de revendications de minorités (ou des porte-parole de minorités dans le cas des enfants ou des personnes qui n&#039;auraient pas leurs responsabilités juridiques), respectivement:&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* les enfants&lt;br /&gt;
* les femmes&lt;br /&gt;
* les prisonniers&lt;br /&gt;
* les patients psychiatriques&lt;br /&gt;
* les personnes en situation de handicap&lt;br /&gt;
* Les patients dans les hôpitaux (victimes d&#039;abus d&#039;expérimentation).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des acteurs se sont donc mobilisés pour que ces personnes puissent acquérir les mêmes droits proclamés d&#039;abord dans la [http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/IMG/pdf/DUDH.pdf Déclaration Universelle des Droits de l&#039;Homme], puis dans différentes lois, règlements et chartes. Les différents chapitres écrits par notre communauté de travail montrent tous que les personnes militantes se sont mobilisées pour le droit à l&#039;intégrité physique (femmes, prisonniers, patients) mais aussi pour le droit à l&#039;autodétermination (personne en situation de handicap et patients psychiatriques) et également pour le droit à la parole, à l&#039;écoute ou à une place reconnue dans la société (notamment pour les femmes – droit de vote et les enfants – droit à la parole –). C&#039;est d&#039;abord un traitement égal que ces minorités veulent obtenir, lequel suppose l&#039;émancipation et la reconnaissance de leurs droits, en tant que personnes, en tant qu&#039;êtres humains avec les valeurs qui s&#039;incarnent dans des pratiques relationnelles (le respect, la transparence, l&#039;égalité, etc.).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Souvent, ces revendications ont été faites suite à une remise en question des institutions ou plus globalement de la société.  &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les années 60-80 témoignent de changements importants. Bien évidement leurs prémisses remontent en-deça de cette période comme c&#039;est le cas des [[Droits_des_enfants|droits de l’enfant]] en tant que personne. Le chemin vers son individualisation a été bien avant 1968, une devise dans le travail éducatif et juridique de [[Index|Jean-Pierre Audéoud]] lequel, avec une participation active de sa femme, a pu l’appliquer durant son parcours professionnel. Mais l’histoire retrace également la construction des droits des [[Droits_des_femmes|femmes]], lesquelles, encore aujourd&#039;hui, revendiquent leur droit à l’avortement ou à des salaires égaux à celui des hommes. Leurs rôles sociaux, loin du stéréotype de la mère au foyer, font leur chemin. La lutte pour l’égalité des femmes est en perpétuelle évolution, et encore au XXIème siècle. L’entretien avec [[Entretien Amélia Christinat|Amélia Christianat]] en est une preuve. Son parcours militant en faveur des droits des femmes impressionne. Un combat important qui vise, comme dans le cas des droits de l’enfant, une reconnaissance non seulement tout à fait méritée, mais juste.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il faut dire que la reconnaissance en matière des droits des personnes est un processus long et complexe. Notre société accepte certains changements et s’oppose à d&#039;autres. Cela a été le cas durant les deux décennies prises en compte par notre recherche pendant lesquelles d&#039;autres droits sont revendiqués tels que les droits des [[Droits_des_patients_psychiatriques|patients]] ou [[Droits des patients (à l&#039;hôpital)|patients hospitaliers]], des [[Droits_des_prisonniers|prisonniers]] et des [[Droits_des_personnes_en_situation_de_handicap|personnes en situation de handicap]] . Tout individu avec son identité propre avec ses forces, ses faiblesses, ses différences, doit se battre afin d’être accepté à part entière par la société dont il fait partie &amp;lt;br /&amp;gt;: c&#039;est cela les droits de la personne.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Néanmoins, un certain nombre de constats peuvent être relevés:&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Pour avoir des droits, il faut se battre pour les obtenir; c&#039;est une lutte permanente; ce n&#039;est jamais acquis.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Le temps de la construction des droits est un temps long pour les promoteurs, mais un temps court dans l&#039;histoire de la démocratie et de l&#039;humanité (1789).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* l&#039;égalité des individus quelques soient leur situation comme personne (droit à la parole, droit à l&#039;intégrité physique, droit de vote, dignité, consentement, participation, etc.) demande une prise de conscience du public: ce n&#039;est pas évident (notamment pour des populations incarcérées).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*  la revendication de droits pour des populations &amp;quot;marginalisées&amp;quot; (patients psychiatriques, handicapés, prisonniers) demande un changement de &amp;quot;posture&amp;quot; épistémologique, idéologique, politique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* les  droits de l&#039;homme et du citoyens représentent les prémisses des droits accordé à l&#039;être humain. Puis, il a eu les droits envers des populations spécifiques, plus ou moins dans cet ordre dans ceux que nous avons traité: enfants, femmes, prisonniers, patients psychiatrique, handicapés, patients à l&#039;hôpital. On peut penser que cette revendications de droits spécifiques est dû au fait que les droits de l&#039;homme ne suffisaient pas à soutenir les réalités de vie des populations citées, d&#039;où les luttes pour faire valoir leurs droits particuliers. Ainsi, peut-être sommes-nous passé des droits de l&#039;être humain aux droits de la personne?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* L&#039;importance de faire valoir ses droits (les connaître, les faire respecter, participer à leur application).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Sur la question des droits, le risque est toujours présent de régression.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Le contexte: climat économique, contingence sociale et politique, &amp;quot;esprit du temps&amp;quot; de l&#039;après-guerre. Quid d&#039;aujourd&#039;hui ? === &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A travers nos différents chapitres sur les droits des personnes, nous avons constaté que toutes les mobilisations ont émergé à la suite de la seconde guerre mondiale. En effet, la [http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/IMG/pdf/DUDH.pdf Déclaration Universelle des Droits de l&#039;Homme] (10 décembre 1948), a permis de lutter contre les injustices qui se faisaient à l&#039;encontre des populations marginalisées ([[Droits_des_enfants|enfants]], femmes, prisonniers, personne en situation de handicap, patients psychiatrique et patient à l&#039;hôpital). Plus particulièrement, le jugement de Nuremberg a joué un rôle fondamental, lorsque les médecins nazis ont été condamnés pour avoir causé l&#039;humiliation, la séquestration, l&#039;expérimentation médicale et la mort de minorités. D&#039;ailleurs l&#039;action de la population juive a été déterminante dans la promotion des droits humains. L&#039;émergence des revendications de l&#039;après-guerre en matière d&#039;égalités des femmes, de protection de l&#039;enfant, de droit des patients en psychiatrie, ainsi que de droits des prisonniers prennent pour cible la société de type capitaliste, inégalitaire – et dans laquelle les écarts socio-économiques tendent à se creuser – et ses institutions, dites alors &amp;quot;totalitaires&amp;quot;. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le contexte de l&#039;époque était favorable à des revendications, manifestations et soulèvements de populations pour les droits des opprimés. D&#039;ailleurs, la bonne croissance économique y a beaucoup contribué, car lorsque tout va bien pour les gens ne sont-ils pas prêts à aider les plus démunis ? Certains témoins interrogés laissent entendre que lorsque la société est en période de crise, les droits des personnes acquis durant cette période (1960-1980) tendent à régresser. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La lutte pour le droit des personnes (enfants, femmes, prisonniers, patients ...) a duré pour la plupart plus de trente ans. Parfois les acteurs se sont investis du début jusqu&#039;à l&#039;acquisition de ce droit ; dédiant une grande partie de leur vie à ce projet. C&#039;est pourquoi, marquée de luttes, la construction des droits de l&#039;homme est un temps long pour ces promoteurs, mais si nous le  plaçons sur un axe temporel plus large, ces luttes ne constituent qu&#039;une courte période dans l&#039;histoire de l&#039;humanité. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C&#039;est en fait la lutte d&#039;associations de minorités qui va être à l&#039;origine de la reconnaissance de ces droits. Sans cette lutte point de progression pour l&#039;humanité. Nous remarquons, plus que jamais, aujourd&#039;hui, que cette lutte est permanente et n&#039;est jamais acquise. Plusieurs acteurs, que nous avons eu la chance d&#039;écouter, nous ont rappelé l&#039;importance de se mobiliser pour que ces droits restent actuels. Pour eux, la lutte ne doit cesser puisque sans une mobilisation de notre part, les droits qu&#039;ils ont acquis durement, vont rapidement régresser.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les femmes comme populations dites « marginalisées », ont pu être sensibles à d&#039;autres problématique comme celles du droits des patients puisque ce sont des femmes qui ont fondé la première association des droits de patients en Suisse. Ce sont elles qui se sont questionnées, elles qui ont de près vécu des situations d’injustice. Voir que le médecin décidait à la place du malade leur apparaissaient non pas seulement anodin, mais injuste. Souvent c&#039;est lorsque l&#039;on est touché personnellement que vient la conscience des manquements aux droits, au contournement des lois et c&#039;est souvent lorsqu&#039;une &amp;quot;affaire&amp;quot; se fait publique que les autorités réagissent pour calmer le scandale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Aujourd&#039;hui, en pleine crise économique, les mentalités se transforment. Passant d&#039;un &amp;quot;Je vais bien, il faut que j&#039;aide l&#039;autre&amp;quot; à un &amp;quot;Je vais mal, c&#039;est la faute de l&#039;autre&amp;quot;. Néanmoins, d&#039;autres militants partent au combat. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme il a été remarqué avec les droits des patients à l&#039;hôpital ou le droit des prisonniers, une régression est toujours possible, généralement marquée par une stigmatisation de ces minorités ou une volonté d&#039;en contrôler la dynamique. En effet, il y a quelques mois, après l&#039;affaire du meurtre d&#039;Adeline M. à [http://www.hug-ge.ch/tags/la-paquerette la pâquerette],le gouvernement a eu une volonté de durcir encore davantage les conditions des prisonniers afin de calmer la population qui criait au scandale. Pour ce faire, Yvonne Bercher nous a informé qu&#039;ils ont enlevé tout droits de sortis à tous les prisonniers de Champ-Dellon sans prendre en considération la nature des crimes de chacun ce qui, selon nous, représente une forme de régression.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour rester sur la thématique des prisonniers,nous pouvons également noter que défendre de tels droits n’est toujours pas quelque chose de facile puisque l’importance de cette lutte n’est pas encore très démocratisée et comprise par l’ensemble de la population. En effet, la prison demeure encore un lieu où l’on a de la difficulté à considérer les criminels comme des êtres humains. De ce fait, les prisonniers ont encore beaucoup de mal à exister en tant que personnes à part entière mais davantage comme des individus morcelés et éclatés. Par ailleurs, l’humiliation et le non respect de la dignité semble toujours très présents en prison. Par conséquent, nous pouvons nous demander quelle est la véritable place à accorder aux droits de l&#039;être humain dans un contexte carcéral si difficile. Nos constatations nous amène à réfléchir sur l&#039;avenir : que faut-il faire maintenant pour améliorer le respect des droits des détenus? A cette question,  les divers textes que nous avons pu lire ainsi que nos deux entretiens se rejoignent tous sur un point : il faut rendre la prison plus visible. En effet, comment agir pour les détenus si personne ne sait exactement comment ils sont traités? Reste maintenant à savoir si la population est véritablement désireuse de rendre le traitement des prisonniers plus transparents. Dans une démocratie, il revient au peuple de faire des choix quant aux droits et devoirs des citoyens qui la composent. Sommes-nous alors prêts à assumer notre responsabilité dans le traitement des personnes déviantes? Ou préférons-nous occulter cette zone d&#039;ombre de la société et l&#039;enterrer au plus profond de nos esprits?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour ce qui est du droit des femmes, un léger retour en arrière peut également être observé quant à l&#039;avortement. En effet, ce dernier est actuellement en train de faire débat, puisqu&#039;une votation aura lieu d&#039;ici quelque mois sur le non-remboursement par les caisses maladies de celui-ci. Nous risquons de revenir vers un statut des opprimés dans une société qui par ailleurs valorise l&#039;individu, la personne. Le cas récent de l&#039;Espagne illustre parfaitement la possibilité de régression. Dans la majorité des pays de l&#039;Union Européenne, l&#039;avortement est autorisé. L&#039;Espagne vient tout juste de sortir de cette majorité en modifiant la loi sur l&#039;avortement. Désormais, l&#039;avortement est interdit sauf dans quelques cas : &lt;br /&gt;
* en cas de danger physique encourus par la femme. Ce point devra avoir été vérifié par deux médecins différents et étrangers à l&#039;établissement où prendra place l&#039;avortement.&lt;br /&gt;
* en cas de viol mais à condition que la femme ait porté plainte.&lt;br /&gt;
* en cas de malformation fœtale.&lt;br /&gt;
Enfin, pour qu&#039;une mineure puisse avorter, l&#039;accord des parents sera nécessaire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est certain que, malheureusement, toutes les revendications finissent par s’essouffler. Les gens ne peuvent se battre pour une cause indéfiniment. Au bout d&#039;un certain temps, on se convainc que ce que l&#039;on a obtenu est suffisant et on arrête de se battre. Ou on arrête parce qu&#039;on est fatigué. Et la relève n&#039;est pas toujours là. Par contre, du moment qu&#039;un mouvement militant s&#039;essouffle, il y a des chances pour que le parti opposé se relève et effectue le combat inverse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En ce qui concerne les personnes en situation de handicap, si l&#039;on en croit le discours des acteurs des années 1960-1980, le combat est loin d&#039;être achevé. A l&#039;heure où l&#039;école s&#039;ouvre à l&#039;intégration, où l&#039;on parle d&#039;inclusion de tous les élèves, des institutions ségrégatives continuent de se développer, et la réalité du terrain est encore très éloignée des lois ([http://www.ge.ch/legislation/rsg/f/s/rsg_c1_12.html loi sur l&#039;intégration LIJBEP, 2008]). Le temps où l&#039;on cachait les enfants porteurs d&#039;un handicap semble révolu, et pourtant, quand on travaille dans ce milieu, les regards réprobateurs ne sont pas rares, et rappellent le chemin qu&#039;il reste à parcourir. A l&#039;Université, nombre de cours nous forment à considérer ces personnes en tant que &amp;quot;personnes&amp;quot; justement, comme si cela n&#039;était pas une évidence. C&#039;est donc que l&#039;on peut encore douter du statut de cette population.&lt;br /&gt;
En bref, la question aujourd&#039;hui pourrait se résumer ainsi, en termes politiquement incorrects: la société, en temps de crise, peut-elle s&#039;offrir le luxe de se préoccuper des plus démunis? Citons ici [http://fr.wikipedia.org/wiki/Charles_Fourier Charles Fourier] &amp;quot;On mesure le degré de civilisation d&#039;une société au sort qu&#039;elle réserve aux plus démunis&amp;quot;. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Qu&#039;en est-il des droits de l&#039;enfant aujourd&#039;hui? En Suisse, nous avons pu voir à travers l&#039;[[Entretien avec M. Jean-Pierre Audéoud|entretien]] avec M. [[Index| Audéoud]] et sa femme, que la considération des mineurs a changé dans le domaine éducatif. On peut penser que les mentalités et valeurs ont été modifiées entre les années 60 et la fin du siècle ainsi que les instances rattachées à l&#039;enfant, tel que le Tribunal des mineurs ou l&#039;école. Le Tribunal des mineurs a évolué dans ce sens, avec une attention particulière à l&#039;enfant ou adolescent, à ce qui serait le plus favorable pour lui. Quant à l&#039;école, on  peut voir que la pédagogie s&#039;attache désormais plus à la participation de l&#039;enfant, au respect de son rythme, entre autres nombreux aspects. Mais cela ne veut pas dire qu&#039;il n&#039;y a pas encore à faire dans le sens du respect des droits de l&#039;enfant. En effet, la sensibilisation des enfants quant à leurs droits reste d&#039;actualité, d&#039;où le travail dans les écoles sur ceux-ci, présentés aux enfants de manière simplifiée. Même si sur le versant visible, la Suisse, comme pays &amp;quot;développé&amp;quot;, a mis en place des dispositions juridiques relatives aux droits de l&#039;enfant, il demeure que dans le privé il existe toujours des cas que l&#039;on pourrait appeler de maltraitance envers les enfants.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sur le plan international, bien que la quasi totalité des Etats reconnus pas l&#039;ONU aient ratifié la [http://www.unicef.ch/sites/default/files/attachements/convention_relative_aux_droits_de_lenfant.pdf Convention relative aux droits de l&#039;enfant] de 1989, son application fait encore largement défaut dans certains pays. L&#039;UNICEF met en lumière quelques chiffres mondiaux très parlants quant aux principes fondamentaux de la CIDE (droit à la santé, à l&#039;éducation, à une identité, à la protection et à la participation) dans un [http://www.unicef.fr/userfiles/livretParlementUNICEF100107v2.pdf dossier] de 2008. Par exemple, en ce qui concerne le droit à l&#039;identité de l&#039;enfant, &amp;quot;51 millions de naissances ne sont pas enregistrées&amp;quot;, tandis que &amp;quot;24&#039;000 enfants âgés de moins de cinq ans meurent chaque jour de malnutrition et de maladies qui, dans la plupart des cas, pourraient être évitées&amp;quot; alors que le CIDE accorde à l&#039;enfant le droit essentiel à la santé. Bien que la nécessité et le droit de l&#039;enfant à l&#039;éducation soient inscrite dans ce texte, &amp;quot;101 millions d’enfants ne sont pas scolarisés&amp;quot; dans le monde et &amp;quot;158 millions d’enfants âgés de 5 à 14 ans travaillent&amp;quot; malgré la reconnaissance des Etats de leur droit à la protection. Pour ce qui est du droit à la participation des enfants, il n&#039;est pas évident d&#039;y associé un chiffre, mais on peut tout de même aisément penser que bon nombre d&#039;enfants n&#039;ont guère possibilité d&#039;expression et sont certainement peu, voir pas écoutés.&lt;br /&gt;
Il y a donc encore bien du chemin à parcourir encore pour faire valoir et respecter les droits des enfants, avenir de notre société, dans le monde.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En ce qui concerne les droits des patients psychiatriques en Suisse, l’on peut remarquer comme des amélioration ont été apportées grâce aux revendications des groupes militants. Néanmoins certaines problématiques sont toujours d’actualités et il semble difficile d’y trouver des solutions. Comme nous l’avons pu remarquer à travers l’entretien avec Monsieur Riesen et lors de nos recherches, l’évolution des droits des patients psychiatriques se confronte à des impasses au niveau juridique. Tout d’abord il est difficile de limiter le pouvoir médical. En effet, lorsque un médecin se prononce en faveur d’un internement, motivant sa décision par la possible dangerosité du patient, personne ou peu de monde ose s’y opposer. De plus, la nature de la maladie mentale empêche le patient psychiatrique de pouvoir jouir pleinement des droits des patients.  &lt;br /&gt;
Si d’un côté les lois visent la tutelle de cette type de population perçue comme étant plus vulnérable, ces mêmes lois sont responsables de la limitation de ces personne dans l’exercice de leur droits. C’est le cas par exemple de la lois sur la privation de liberté à des fins d’assistance qui reste dans l’ambiguïté face à la Convention européenne des droits de l’homme (ratifiée par la Suisse n 1974). En effet, on peut interner une personne contre son gré si on estime que cela soit la seule façon d’assurer son assistance. La maladie mentale fait partie des motivations valables. &lt;br /&gt;
Une autre difficulté se trouve dans l’évaluation de la capacité de discernement. Le code civil prévoit certaines situations dans lesquelles cette capacité peut être limitée dans l’intérêt de la personne concernée, notamment dans le cas de « maladie mentale » et de « faiblesse d’esprit ». La reconnaissance de cette capacité est la condition indispensable sans laquelle l’individu n’est pas en mesure d’exercer ses droits personnels. L’évaluation de la capacité de discernement se prête à controverse, notamment entre psychiatre et juriste, car il est impossible de poser un jugement objectif. Ceci est encore de nos jours source de malentendus et il semble très difficile qu’une réforme juridique puisse parvenir à éclaircir cette situation compliquée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Et les sciences de l&#039;éducation dans tout ça? ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les rencontres que nous avons faites avec ces militants d&#039;une autre époque nous ont permis d&#039;alimenter nos réflexion sur le domaine des droits de la personne entre 1960 et 1980. Nous avons surtout relevé la fougue et la passion de ces militants en faveur d&#039;autrui. C&#039;est une belle leçon d&#039;humanité que nous avons eue, puisque par leur mobilisation ils ont pu faire changer les conditions des personnes marginalisées. Nous qui avons choisi une filière sociale et qui souhaitons plus tard intervenir auprès de personnes fragilisées, cette expérience nous a appris qu&#039;il faut s&#039;engager &amp;quot;à fond&amp;quot; pour la cause que nous défendons si nous voulons qu&#039;il y ait du changement. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous avons également pu comprendre que le droit à l&#039;autodétermination des personnes en situation de handicap - que nous voyons dans le cadre de notre formation - est un droit qui a été avant cela revendiqué par d&#039;autres personnes ; les [[Droits_des_enfants|enfants]], les femmes, les prisonniers, les patients psychiatriques et les patients à l&#039;hôpital. Tout ceci nous a donc expliqué que l&#039;acquisition des droits de la personne prend du temps puisque pour la plus part, il a fallu se mobiliser pendant vingt ans pour voir des changements dans la société. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des auteurs, comme Illich, préconisaient une société sans école, où l&#039;on apprendrait, directement d&#039;autrui, inséré dans un réseau, au gré de nos besoins éducatifs. La personne irait trouver les connaissances dont elle a besoin dans un réseau de connaissances et d&#039;individus, pédagogues, comme elle, en puissance. Nous constatons, également, que dans une même revendication d&#039;égalité et de remise en question des institutions, des auteurs comme Foucault dénoncent l&#039;autoritarisme d&#039;institutions comme la médecine qui en fait exerce un vrai pouvoir policier sur les personnes. Toute institution se construit socialement. Il en est de même pour la médecine qui s&#039;éloigne volontairement du patient, en adoptant une posture d&#039;expertise. Ce dernier ne construit pas le savoir médical avec le médecin, il ne connait souvent pas les méthodes de recherches concernant cet art. Or il pourrait, en aller autrement, notamment en permettant aux hommes d&#039;apprendre davantage sur la médecine et ses méthodes de construction du savoir. Le patient est avant tout une personne, comme l&#039;est d&#039;ailleurs le médecin. C&#039;est pourquoi cette dyade doit s&#039;évertuer à construire ensemble un savoir médical compréhensible par tout-un-chacun.  Telle est la condition, telle que visionnée par Illich, pour que l&#039;homme se connaisse davantage lui-même, c&#039;est-à-dire se réapproprie ce regard sur lui-même qui sait aujourd&#039;hui en lien avec les autres dans des relations qui soient productrices de respect et de compréhension réciproque.&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Victoria</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Conclusion_sur_les_droits_des_personnes&amp;diff=13115</id>
		<title>Conclusion sur les droits des personnes</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Conclusion_sur_les_droits_des_personnes&amp;diff=13115"/>
		<updated>2014-01-14T10:07:30Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Victoria : /* Que sont les droits de la personne entre 1960-1980? */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;== Que sont les droits de la personne entre 1960-1980? ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En conclusion, nous pouvons constater que les droits de la personne dans des domaines différents se sont construits socialement et historiquement à partir de revendications de minorités (ou des porte-parole de minorités dans le cas des enfants ou des personnes qui n&#039;auraient pas leurs responsabilités juridiques), respectivement:&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* les enfants&lt;br /&gt;
* les femmes&lt;br /&gt;
* les prisonniers&lt;br /&gt;
* les patients psychiatriques&lt;br /&gt;
* les personnes en situation de handicap&lt;br /&gt;
* Les patients dans les hôpitaux (victimes d&#039;abus d&#039;expérimentation).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des acteurs se sont donc mobilisés pour que ces personnes puissent acquérir les mêmes droits proclamés d&#039;abord dans la [http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/IMG/pdf/DUDH.pdf Déclaration Universelle des Droits de l&#039;Homme], puis dans différentes lois, règlements et chartes. Les différents chapitres écrits par notre communauté de travail montrent tous que les personnes militantes se sont mobilisées pour le droit à l&#039;intégrité physique (femmes, prisonniers, patients) mais aussi pour le droit à l&#039;autodétermination (personne en situation de handicap et patients psychiatriques) et également pour le droit à la parole, à l&#039;écoute ou à une place reconnue dans la société (notamment pour les femmes – droit de vote et les enfants – droit à la parole –). C&#039;est d&#039;abord un traitement égal que ces minorités veulent obtenir, lequel suppose l&#039;émancipation et la reconnaissance de leurs droits, en tant que personnes, en tant qu&#039;êtres humains avec les valeurs qui s&#039;incarnent dans des pratiques relationnelles (le respect, la transparence, l&#039;égalité, etc.).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Souvent, ces revendications ont été faites suite à une remise en question des institutions ou plus globalement de la société.  &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les années 60-80 témoignent de changements importants. Bien évidement leurs prémisses remontent en-deça de cette période comme c&#039;est le cas des [[Droits_des_enfants|droits de l’enfant]] en tant que personne. Le chemin vers son individualisation a été bien avant 1968, une devise dans le travail éducatif et juridique de [[Index|Jean-Pierre Audéoud]] lequel, avec une participation active de sa femme, a pu l’appliquer durant son parcours professionnel. Mais l’histoire retrace également la construction des droits des [[Droits_des_femmes|femmes]], lesquelles, encore aujourd&#039;hui, revendiquent leur droit à l’avortement ou à des salaires égaux à celui des hommes. Leurs rôles sociaux, loin du stéréotype de la mère au foyer, font leur chemin. La lutte pour l’égalité des femmes est en perpétuelle évolution, et encore au XXIème siècle. L’entretien avec [[Entretien Amélia Christinat|Amélia Christianat]] en est une preuve. Son parcours militant en faveur des droits des femmes impressionne. Un combat important qui vise, comme dans le cas des droits de l’enfant, une reconnaissance non seulement tout à fait méritée, mais juste.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il faut dire que la reconnaissance en matière des droits des personnes est un processus long et complexe. Notre société accepte certains changements et s’oppose à d&#039;autres. Cela a été le cas durant les deux décennies prises en compte par notre recherche pendant lesquelles d&#039;autres droits sont revendiqués tels que les droits des [[Droits_des_patients_psychiatriques|patients]] ou [[Droits des patients (à l&#039;hôpital)|patients hospitaliers]], des [[Droits_des_prisonniers|prisonniers]] et des [[Droits_des_personnes_en_situation_de_handicap|personnes en situation de handicap]] . Tout individu avec son identité propre avec ses forces, ses faiblesses, ses différences, doit se battre afin d’être accepté à part entière par la société dont il fait partie &amp;lt;br /&amp;gt;: c&#039;est cela les droits de la personne.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Néanmoins, un certain nombre de constats peuvent être relevés:&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Pour avoir des droits, il faut se battre pour les obtenir; c&#039;est une lutte permanente; ce n&#039;est jamais acquis.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Le temps de la construction des droits est un temps long pour les promoteurs, mais un temps court dans l&#039;histoire de la démocratie et de l&#039;humanité (1789).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* l&#039;égalité des individus quelques soient leur situation comme personne (droit à la parole, droit à l&#039;intégrité physique, droit de vote, dignité, consentement, participation, etc.) demande une prise de conscience du public: ce n&#039;est pas évident (notamment pour des populations incarcérées).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*  la revendication de droits pour des populations &amp;quot;marginalisées&amp;quot; (patients psychiatriques, handicapés, prisonniers) demande un changement de &amp;quot;posture&amp;quot; épistémologique, idéologique, politique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* les  droits de l&#039;homme et du citoyens représentent les prémisses des droits accordé à l&#039;être humain. Puis, il a eu les droits envers des populations spécifiques (enfants, femmes, handicapés, prisonniers, patients psychiatrique, etc.). On peut penser que cette évolution: les droits de la personne? les droits de l&#039;être humain? doivent être articulés&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* L&#039;importance de faire valoir ses droits (les connaître, les faire respecter, participer à leur application).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Sur la question des droits, le risque est toujours présent de régression.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Le contexte: climat économique, contingence sociale et politique, &amp;quot;esprit du temps&amp;quot; de l&#039;après-guerre. Quid d&#039;aujourd&#039;hui ? === &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A travers nos différents chapitres sur les droits des personnes, nous avons constaté que toutes les mobilisations ont émergé à la suite de la seconde guerre mondiale. En effet, la [http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/IMG/pdf/DUDH.pdf Déclaration Universelle des Droits de l&#039;Homme] (10 décembre 1948), a permis de lutter contre les injustices qui se faisaient à l&#039;encontre des populations marginalisées ([[Droits_des_enfants|enfants]], femmes, prisonniers, personne en situation de handicap, patients psychiatrique et patient à l&#039;hôpital). Plus particulièrement, le jugement de Nuremberg a joué un rôle fondamental, lorsque les médecins nazis ont été condamnés pour avoir causé l&#039;humiliation, la séquestration, l&#039;expérimentation médicale et la mort de minorités. D&#039;ailleurs l&#039;action de la population juive a été déterminante dans la promotion des droits humains. L&#039;émergence des revendications de l&#039;après-guerre en matière d&#039;égalités des femmes, de protection de l&#039;enfant, de droit des patients en psychiatrie, ainsi que de droits des prisonniers prennent pour cible la société de type capitaliste, inégalitaire – et dans laquelle les écarts socio-économiques tendent à se creuser – et ses institutions, dites alors &amp;quot;totalitaires&amp;quot;. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le contexte de l&#039;époque était favorable à des revendications, manifestations et soulèvements de populations pour les droits des opprimés. D&#039;ailleurs, la bonne croissance économique y a beaucoup contribué, car lorsque tout va bien pour les gens ne sont-ils pas prêts à aider les plus démunis ? Certains témoins interrogés laissent entendre que lorsque la société est en période de crise, les droits des personnes acquis durant cette période (1960-1980) tendent à régresser. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La lutte pour le droit des personnes (enfants, femmes, prisonniers, patients ...) a duré pour la plupart plus de trente ans. Parfois les acteurs se sont investis du début jusqu&#039;à l&#039;acquisition de ce droit ; dédiant une grande partie de leur vie à ce projet. C&#039;est pourquoi, marquée de luttes, la construction des droits de l&#039;homme est un temps long pour ces promoteurs, mais si nous le  plaçons sur un axe temporel plus large, ces luttes ne constituent qu&#039;une courte période dans l&#039;histoire de l&#039;humanité. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C&#039;est en fait la lutte d&#039;associations de minorités qui va être à l&#039;origine de la reconnaissance de ces droits. Sans cette lutte point de progression pour l&#039;humanité. Nous remarquons, plus que jamais, aujourd&#039;hui, que cette lutte est permanente et n&#039;est jamais acquise. Plusieurs acteurs, que nous avons eu la chance d&#039;écouter, nous ont rappelé l&#039;importance de se mobiliser pour que ces droits restent actuels. Pour eux, la lutte ne doit cesser puisque sans une mobilisation de notre part, les droits qu&#039;ils ont acquis durement, vont rapidement régresser.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les femmes comme populations dites « marginalisées », ont pu être sensibles à d&#039;autres problématique comme celles du droits des patients puisque ce sont des femmes qui ont fondé la première association des droits de patients en Suisse. Ce sont elles qui se sont questionnées, elles qui ont de près vécu des situations d’injustice. Voir que le médecin décidait à la place du malade leur apparaissaient non pas seulement anodin, mais injuste. Souvent c&#039;est lorsque l&#039;on est touché personnellement que vient la conscience des manquements aux droits, au contournement des lois et c&#039;est souvent lorsqu&#039;une &amp;quot;affaire&amp;quot; se fait publique que les autorités réagissent pour calmer le scandale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Aujourd&#039;hui, en pleine crise économique, les mentalités se transforment. Passant d&#039;un &amp;quot;Je vais bien, il faut que j&#039;aide l&#039;autre&amp;quot; à un &amp;quot;Je vais mal, c&#039;est la faute de l&#039;autre&amp;quot;. Néanmoins, d&#039;autres militants partent au combat. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme il a été remarqué avec les droits des patients à l&#039;hôpital ou le droit des prisonniers, une régression est toujours possible, généralement marquée par une stigmatisation de ces minorités ou une volonté d&#039;en contrôler la dynamique. En effet, il y a quelques mois, après l&#039;affaire du meurtre d&#039;Adeline M. à [http://www.hug-ge.ch/tags/la-paquerette la pâquerette],le gouvernement a eu une volonté de durcir encore davantage les conditions des prisonniers afin de calmer la population qui criait au scandale. Pour ce faire, Yvonne Bercher nous a informé qu&#039;ils ont enlevé tout droits de sortis à tous les prisonniers de Champ-Dellon sans prendre en considération la nature des crimes de chacun ce qui, selon nous, représente une forme de régression.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour rester sur la thématique des prisonniers,nous pouvons également noter que défendre de tels droits n’est toujours pas quelque chose de facile puisque l’importance de cette lutte n’est pas encore très démocratisée et comprise par l’ensemble de la population. En effet, la prison demeure encore un lieu où l’on a de la difficulté à considérer les criminels comme des êtres humains. De ce fait, les prisonniers ont encore beaucoup de mal à exister en tant que personnes à part entière mais davantage comme des individus morcelés et éclatés. Par ailleurs, l’humiliation et le non respect de la dignité semble toujours très présents en prison. Par conséquent, nous pouvons nous demander quelle est la véritable place à accorder aux droits de l&#039;être humain dans un contexte carcéral si difficile. Nos constatations nous amène à réfléchir sur l&#039;avenir : que faut-il faire maintenant pour améliorer le respect des droits des détenus? A cette question,  les divers textes que nous avons pu lire ainsi que nos deux entretiens se rejoignent tous sur un point : il faut rendre la prison plus visible. En effet, comment agir pour les détenus si personne ne sait exactement comment ils sont traités? Reste maintenant à savoir si la population est véritablement désireuse de rendre le traitement des prisonniers plus transparents. Dans une démocratie, il revient au peuple de faire des choix quant aux droits et devoirs des citoyens qui la composent. Sommes-nous alors prêts à assumer notre responsabilité dans le traitement des personnes déviantes? Ou préférons-nous occulter cette zone d&#039;ombre de la société et l&#039;enterrer au plus profond de nos esprits?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour ce qui est du droit des femmes, un léger retour en arrière peut également être observé quant à l&#039;avortement. En effet, ce dernier est actuellement en train de faire débat, puisqu&#039;une votation aura lieu d&#039;ici quelque mois sur le non-remboursement par les caisses maladies de celui-ci. Nous risquons de revenir vers un statut des opprimés dans une société qui par ailleurs valorise l&#039;individu, la personne. Le cas récent de l&#039;Espagne illustre parfaitement la possibilité de régression. Dans la majorité des pays de l&#039;Union Européenne, l&#039;avortement est autorisé. L&#039;Espagne vient tout juste de sortir de cette majorité en modifiant la loi sur l&#039;avortement. Désormais, l&#039;avortement est interdit sauf dans quelques cas : &lt;br /&gt;
* en cas de danger physique encourus par la femme. Ce point devra avoir été vérifié par deux médecins différents et étrangers à l&#039;établissement où prendra place l&#039;avortement.&lt;br /&gt;
* en cas de viol mais à condition que la femme ait porté plainte.&lt;br /&gt;
* en cas de malformation fœtale.&lt;br /&gt;
Enfin, pour qu&#039;une mineure puisse avorter, l&#039;accord des parents sera nécessaire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est certain que, malheureusement, toutes les revendications finissent par s’essouffler. Les gens ne peuvent se battre pour une cause indéfiniment. Au bout d&#039;un certain temps, on se convainc que ce que l&#039;on a obtenu est suffisant et on arrête de se battre. Ou on arrête parce qu&#039;on est fatigué. Et la relève n&#039;est pas toujours là. Par contre, du moment qu&#039;un mouvement militant s&#039;essouffle, il y a des chances pour que le parti opposé se relève et effectue le combat inverse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En ce qui concerne les personnes en situation de handicap, si l&#039;on en croit le discours des acteurs des années 1960-1980, le combat est loin d&#039;être achevé. A l&#039;heure où l&#039;école s&#039;ouvre à l&#039;intégration, où l&#039;on parle d&#039;inclusion de tous les élèves, des institutions ségrégatives continuent de se développer, et la réalité du terrain est encore très éloignée des lois ([http://www.ge.ch/legislation/rsg/f/s/rsg_c1_12.html loi sur l&#039;intégration LIJBEP, 2008]). Le temps où l&#039;on cachait les enfants porteurs d&#039;un handicap semble révolu, et pourtant, quand on travaille dans ce milieu, les regards réprobateurs ne sont pas rares, et rappellent le chemin qu&#039;il reste à parcourir. A l&#039;Université, nombre de cours nous forment à considérer ces personnes en tant que &amp;quot;personnes&amp;quot; justement, comme si cela n&#039;était pas une évidence. C&#039;est donc que l&#039;on peut encore douter du statut de cette population.&lt;br /&gt;
En bref, la question aujourd&#039;hui pourrait se résumer ainsi, en termes politiquement incorrects: la société, en temps de crise, peut-elle s&#039;offrir le luxe de se préoccuper des plus démunis? Citons ici [http://fr.wikipedia.org/wiki/Charles_Fourier Charles Fourier] &amp;quot;On mesure le degré de civilisation d&#039;une société au sort qu&#039;elle réserve aux plus démunis&amp;quot;. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Qu&#039;en est-il des droits de l&#039;enfant aujourd&#039;hui? En Suisse, nous avons pu voir à travers l&#039;[[Entretien avec M. Jean-Pierre Audéoud|entretien]] avec M. [[Index| Audéoud]] et sa femme, que la considération des mineurs a changé dans le domaine éducatif. On peut penser que les mentalités et valeurs ont été modifiées entre les années 60 et la fin du siècle ainsi que les instances rattachées à l&#039;enfant, tel que le Tribunal des mineurs ou l&#039;école. Le Tribunal des mineurs a évolué dans ce sens, avec une attention particulière à l&#039;enfant ou adolescent, à ce qui serait le plus favorable pour lui. Quant à l&#039;école, on  peut voir que la pédagogie s&#039;attache désormais plus à la participation de l&#039;enfant, au respect de son rythme, entre autres nombreux aspects. Mais cela ne veut pas dire qu&#039;il n&#039;y a pas encore à faire dans le sens du respect des droits de l&#039;enfant. En effet, la sensibilisation des enfants quant à leurs droits reste d&#039;actualité, d&#039;où le travail dans les écoles sur ceux-ci, présentés aux enfants de manière simplifiée. Même si sur le versant visible, la Suisse, comme pays &amp;quot;développé&amp;quot;, a mis en place des dispositions juridiques relatives aux droits de l&#039;enfant, il demeure que dans le privé il existe toujours des cas que l&#039;on pourrait appeler de maltraitance envers les enfants.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sur le plan international, bien que la quasi totalité des Etats reconnus pas l&#039;ONU aient ratifié la [http://www.unicef.ch/sites/default/files/attachements/convention_relative_aux_droits_de_lenfant.pdf Convention relative aux droits de l&#039;enfant] de 1989, son application fait encore largement défaut dans certains pays. L&#039;UNICEF met en lumière quelques chiffres mondiaux très parlants quant aux principes fondamentaux de la CIDE (droit à la santé, à l&#039;éducation, à une identité, à la protection et à la participation) dans un [http://www.unicef.fr/userfiles/livretParlementUNICEF100107v2.pdf dossier] de 2008. Par exemple, en ce qui concerne le droit à l&#039;identité de l&#039;enfant, &amp;quot;51 millions de naissances ne sont pas enregistrées&amp;quot;, tandis que &amp;quot;24&#039;000 enfants âgés de moins de cinq ans meurent chaque jour de malnutrition et de maladies qui, dans la plupart des cas, pourraient être évitées&amp;quot; alors que le CIDE accorde à l&#039;enfant le droit essentiel à la santé. Bien que la nécessité et le droit de l&#039;enfant à l&#039;éducation soient inscrite dans ce texte, &amp;quot;101 millions d’enfants ne sont pas scolarisés&amp;quot; dans le monde et &amp;quot;158 millions d’enfants âgés de 5 à 14 ans travaillent&amp;quot; malgré la reconnaissance des Etats de leur droit à la protection. Pour ce qui est du droit à la participation des enfants, il n&#039;est pas évident d&#039;y associé un chiffre, mais on peut tout de même aisément penser que bon nombre d&#039;enfants n&#039;ont guère possibilité d&#039;expression et sont certainement peu, voir pas écoutés.&lt;br /&gt;
Il y a donc encore bien du chemin à parcourir encore pour faire valoir et respecter les droits des enfants, avenir de notre société, dans le monde.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En ce qui concerne les droits des patients psychiatriques en Suisse, l’on peut remarquer comme des amélioration ont été apportées grâce aux revendications des groupes militants. Néanmoins certaines problématiques sont toujours d’actualités et il semble difficile d’y trouver des solutions. Comme nous l’avons pu remarquer à travers l’entretien avec Monsieur Riesen et lors de nos recherches, l’évolution des droits des patients psychiatriques se confronte à des impasses au niveau juridique. Tout d’abord il est difficile de limiter le pouvoir médical. En effet, lorsque un médecin se prononce en faveur d’un internement, motivant sa décision par la possible dangerosité du patient, personne ou peu de monde ose s’y opposer. De plus, la nature de la maladie mentale empêche le patient psychiatrique de pouvoir jouir pleinement des droits des patients.  &lt;br /&gt;
Si d’un côté les lois visent la tutelle de cette type de population perçue comme étant plus vulnérable, ces mêmes lois sont responsables de la limitation de ces personne dans l’exercice de leur droits. C’est le cas par exemple de la lois sur la privation de liberté à des fins d’assistance qui reste dans l’ambiguïté face à la Convention européenne des droits de l’homme (ratifiée par la Suisse n 1974). En effet, on peut interner une personne contre son gré si on estime que cela soit la seule façon d’assurer son assistance. La maladie mentale fait partie des motivations valables. &lt;br /&gt;
Une autre difficulté se trouve dans l’évaluation de la capacité de discernement. Le code civil prévoit certaines situations dans lesquelles cette capacité peut être limitée dans l’intérêt de la personne concernée, notamment dans le cas de « maladie mentale » et de « faiblesse d’esprit ». La reconnaissance de cette capacité est la condition indispensable sans laquelle l’individu n’est pas en mesure d’exercer ses droits personnels. L’évaluation de la capacité de discernement se prête à controverse, notamment entre psychiatre et juriste, car il est impossible de poser un jugement objectif. Ceci est encore de nos jours source de malentendus et il semble très difficile qu’une réforme juridique puisse parvenir à éclaircir cette situation compliquée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Et les sciences de l&#039;éducation dans tout ça? ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les rencontres que nous avons faites avec ces militants d&#039;une autre époque nous ont permis d&#039;alimenter nos réflexion sur le domaine des droits de la personne entre 1960 et 1980. Nous avons surtout relevé la fougue et la passion de ces militants en faveur d&#039;autrui. C&#039;est une belle leçon d&#039;humanité que nous avons eue, puisque par leur mobilisation ils ont pu faire changer les conditions des personnes marginalisées. Nous qui avons choisi une filière sociale et qui souhaitons plus tard intervenir auprès de personnes fragilisées, cette expérience nous a appris qu&#039;il faut s&#039;engager &amp;quot;à fond&amp;quot; pour la cause que nous défendons si nous voulons qu&#039;il y ait du changement. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous avons également pu comprendre que le droit à l&#039;autodétermination des personnes en situation de handicap - que nous voyons dans le cadre de notre formation - est un droit qui a été avant cela revendiqué par d&#039;autres personnes ; les [[Droits_des_enfants|enfants]], les femmes, les prisonniers, les patients psychiatriques et les patients à l&#039;hôpital. Tout ceci nous a donc expliqué que l&#039;acquisition des droits de la personne prend du temps puisque pour la plus part, il a fallu se mobiliser pendant vingt ans pour voir des changements dans la société. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des auteurs, comme Illich, préconisaient une société sans école, où l&#039;on apprendrait, directement d&#039;autrui, inséré dans un réseau, au gré de nos besoins éducatifs. La personne irait trouver les connaissances dont elle a besoin dans un réseau de connaissances et d&#039;individus, pédagogues, comme elle, en puissance. Nous constatons, également, que dans une même revendication d&#039;égalité et de remise en question des institutions, des auteurs comme Foucault dénoncent l&#039;autoritarisme d&#039;institutions comme la médecine qui en fait exerce un vrai pouvoir policier sur les personnes. Toute institution se construit socialement. Il en est de même pour la médecine qui s&#039;éloigne volontairement du patient, en adoptant une posture d&#039;expertise. Ce dernier ne construit pas le savoir médical avec le médecin, il ne connait souvent pas les méthodes de recherches concernant cet art. Or il pourrait, en aller autrement, notamment en permettant aux hommes d&#039;apprendre davantage sur la médecine et ses méthodes de construction du savoir. Le patient est avant tout une personne, comme l&#039;est d&#039;ailleurs le médecin. C&#039;est pourquoi cette dyade doit s&#039;évertuer à construire ensemble un savoir médical compréhensible par tout-un-chacun.  Telle est la condition, telle que visionnée par Illich, pour que l&#039;homme se connaisse davantage lui-même, c&#039;est-à-dire se réapproprie ce regard sur lui-même qui sait aujourd&#039;hui en lien avec les autres dans des relations qui soient productrices de respect et de compréhension réciproque.&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Victoria</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Conclusion_sur_les_droits_des_personnes&amp;diff=13109</id>
		<title>Conclusion sur les droits des personnes</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Conclusion_sur_les_droits_des_personnes&amp;diff=13109"/>
		<updated>2014-01-14T09:59:51Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Victoria : /* Le contexte: climat économique, contingence sociale et politique, &amp;quot;esprit du temps&amp;quot; de l&amp;#039;après-guerre. Quid d&amp;#039;aujourd&amp;#039;hui ? */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;== Que sont les droits de la personne entre 1960-1980? ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En conclusion, nous pouvons constater que les droits de la personne dans des domaines différents se sont construits socialement et historiquement à partir de revendications de minorités (ou des porte-parole de minorités dans le cas des enfants ou des personnes qui n&#039;auraient pas leurs responsabilités juridiques), respectivement:&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* les enfants&lt;br /&gt;
* les femmes&lt;br /&gt;
* les prisonniers&lt;br /&gt;
* les patients psychiatriques&lt;br /&gt;
* les personnes en situation de handicap&lt;br /&gt;
* Les patients dans les hôpitaux (victimes d&#039;abus d&#039;expérimentation).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des acteurs se sont donc mobilisés pour que ces personnes puissent acquérir les mêmes droits proclamés d&#039;abord dans la [http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/IMG/pdf/DUDH.pdf Déclaration Universelle des Droits de l&#039;Homme], puis dans différentes lois, règlements et chartes. Les différents chapitres écrits par notre communauté de travail montrent tous que les personnes militantes se sont mobilisées pour le droit à l&#039;intégrité physique (femmes, prisonniers, patients) mais aussi pour le droit à l&#039;autodétermination (personne en situation de handicap et patients psychiatriques) et également pour le droit à la parole, à l&#039;écoute ou à une place reconnue dans la société (notamment pour les femmes – droit de vote et les enfants – droit à la parole –). C&#039;est d&#039;abord un traitement égal que ces minorités veulent obtenir, lequel suppose l&#039;émancipation et la reconnaissance de leurs droits, en tant que personnes, en tant qu&#039;êtres humains avec les valeurs qui s&#039;incarnent dans des pratiques relationnelles (le respect, la transparence, l&#039;égalité, etc.).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Souvent, ces revendications ont été faites suite à une remise en question des institutions ou plus globalement de la société.  &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les années 60-80 témoignent de changements importants. Bien évidement leurs prémisses remontent en-deça de cette période comme c&#039;est le cas des [[Droits_des_enfants|droits de l’enfant]] en tant que personne. Le chemin vers son individualisation a été bien avant 1968, une devise dans le travail éducatif et juridique de [[Index|Jean-Pierre Audéoud]] lequel, avec une participation active de sa femme, a pu l’appliquer durant son parcours professionnel. Mais l’histoire retrace également la construction des droits des [[Droits_des_femmes|femmes]], lesquelles, encore aujourd&#039;hui, revendiquent leur droit à l’avortement ou à des salaires égaux à celui des hommes. Leurs rôles sociaux, loin du stéréotype de la mère au foyer, font leur chemin. La lutte pour l’égalité des femmes est en perpétuelle évolution, et encore au XXIème siècle. L’entretien avec [[Entretien Amélia Christinat|Amélia Christianat]] en est une preuve. Son parcours militant en faveur des droits des femmes impressionne. Un combat important qui vise, comme dans le cas des droits de l’enfant, une reconnaissance non seulement tout à fait méritée, mais juste.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il faut dire que la reconnaissance en matière des droits des personnes est un processus long et complexe. Notre société accepte certains changements et s’oppose à d&#039;autres. Cela a été le cas durant les deux décennies prises en compte par notre recherche pendant lesquelles d&#039;autres droits sont revendiqués tels que les droits des [[Droits_des_patients_psychiatriques|patients]] ou [[Droits des patients (à l&#039;hôpital)|patients hospitaliers]], des [[Droits_des_prisonniers|prisonniers]] et des [[Droits_des_personnes_en_situation_de_handicap|personnes en situation de handicap]] . Tout individu avec son identité propre avec ses forces, ses faiblesses, ses différences, doit se battre afin d’être accepté à part entière par la société dont il fait partie &amp;lt;br /&amp;gt;: c&#039;est cela les droits de la personne.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Néanmoins, un certain nombre de constats peuvent être relevés:&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Pour avoir des droits, il faut se battre pour les obtenir; c&#039;est une lutte permanente; ce n&#039;est jamais acquis.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Le temps de la construction des droits est un temps long pour les promoteurs, mais un temps court dans l&#039;histoire de la démocratie et de l&#039;humanité (1789).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* l&#039;égalité des individus quelques soient leur situation comme personne (droit à la parole, droit à l&#039;intégrité physique, droit de vote, dignité, consentement, participation, etc.) demande une prise de conscience du public: ce n&#039;est pas évident (notamment pour des populations incarcérées).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*  la revendication de droits pour des populations &amp;quot;marginalisées&amp;quot; (patients psychiatriques, handicapés, prisonniers) demande un changement de &amp;quot;posture&amp;quot; épistémologique, idéologique, politique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* les  droits de l&#039;homme et du citoyens et les droits envers une population spécifique (handicapés, prisonniers, patients psychiatrique, etc.): les droits de la personne? les droits de l&#039;être humain? doivent être articulés&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* L&#039;importance de faire valoir ses droits (les connaître, les faire respecter, participer à leur application).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Sur la question des droits, le risque est toujours présent de régression.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Le contexte: climat économique, contingence sociale et politique, &amp;quot;esprit du temps&amp;quot; de l&#039;après-guerre. Quid d&#039;aujourd&#039;hui ? === &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A travers nos différents chapitres sur les droits des personnes, nous avons constaté que toutes les mobilisations ont émergé à la suite de la seconde guerre mondiale. En effet, la [http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/IMG/pdf/DUDH.pdf Déclaration Universelle des Droits de l&#039;Homme] (10 décembre 1948), a permis de lutter contre les injustices qui se faisaient à l&#039;encontre des populations marginalisées ([[Droits_des_enfants|enfants]], femmes, prisonniers, personne en situation de handicap, patients psychiatrique et patient à l&#039;hôpital). Plus particulièrement, le jugement de Nuremberg a joué un rôle fondamental, lorsque les médecins nazis ont été condamnés pour avoir causé l&#039;humiliation, la séquestration, l&#039;expérimentation médicale et la mort de minorités. D&#039;ailleurs l&#039;action de la population juive a été déterminante dans la promotion des droits humains. L&#039;émergence des revendications de l&#039;après-guerre en matière d&#039;égalités des femmes, de protection de l&#039;enfant, de droit des patients en psychiatrie, ainsi que de droits des prisonniers prennent pour cible la société de type capitaliste, inégalitaire – et dans laquelle les écarts socio-économiques tendent à se creuser – et ses institutions, dites alors &amp;quot;totalitaires&amp;quot;. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le contexte de l&#039;époque était favorable à des revendications, manifestations et soulèvements de populations pour les droits des opprimés. D&#039;ailleurs, la bonne croissance économique y a beaucoup contribué, car lorsque tout va bien pour les gens ne sont-ils pas prêts à aider les plus démunis ? Certains témoins interrogés laissent entendre que lorsque la société est en période de crise, les droits des personnes acquis durant cette période (1960-1980) tendent à régresser. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La lutte pour le droit des personnes (enfants, femmes, prisonniers, patients ...) a duré pour la plupart plus de trente ans. Parfois les acteurs se sont investis du début jusqu&#039;à l&#039;acquisition de ce droit ; dédiant une grande partie de leur vie à ce projet. C&#039;est pourquoi, marquée de luttes, la construction des droits de l&#039;homme est un temps long pour ces promoteurs, mais si nous le  plaçons sur un axe temporel plus large, ces luttes ne constituent qu&#039;une courte période dans l&#039;histoire de l&#039;humanité. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C&#039;est en fait la lutte d&#039;associations de minorités qui va être à l&#039;origine de la reconnaissance de ces droits. Sans cette lutte point de progression pour l&#039;humanité. Nous remarquons, plus que jamais, aujourd&#039;hui, que cette lutte est permanente et n&#039;est jamais acquise. Plusieurs acteurs, que nous avons eu la chance d&#039;écouter, nous ont rappelé l&#039;importance de se mobiliser pour que ces droits restent actuels. Pour eux, la lutte ne doit cesser puisque sans une mobilisation de notre part, les droits qu&#039;ils ont acquis durement, vont rapidement régresser.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les femmes comme populations dites « marginalisées », ont pu être sensibles à d&#039;autres problématique comme celles du droits des patients puisque ce sont des femmes qui ont fondé la première association des droits de patients en Suisse. Ce sont elles qui se sont questionnées, elles qui ont de près vécu des situations d’injustice. Voir que le médecin décidait à la place du malade leur apparaissaient non pas seulement anodin, mais injuste. Souvent c&#039;est lorsque l&#039;on est touché personnellement que vient la conscience des manquements aux droits, au contournement des lois et c&#039;est souvent lorsqu&#039;une &amp;quot;affaire&amp;quot; se fait publique que les autorités réagissent pour calmer le scandale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Aujourd&#039;hui, en pleine crise économique, les mentalités se transforment. Passant d&#039;un &amp;quot;Je vais bien, il faut que j&#039;aide l&#039;autre&amp;quot; à un &amp;quot;Je vais mal, c&#039;est la faute de l&#039;autre&amp;quot;. Néanmoins, d&#039;autres militants partent au combat. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme il a été remarqué avec les droits des patients à l&#039;hôpital ou le droit des prisonniers, une régression est toujours possible, généralement marquée par une stigmatisation de ces minorités ou une volonté d&#039;en contrôler la dynamique. En effet, il y a quelques mois, après l&#039;affaire du meurtre d&#039;Adeline M. à [http://www.hug-ge.ch/tags/la-paquerette la pâquerette],le gouvernement a eu une volonté de durcir encore davantage les conditions des prisonniers afin de calmer la population qui criait au scandale. Pour ce faire, Yvonne Bercher nous a informé qu&#039;ils ont enlevé tout droits de sortis à tous les prisonniers de Champ-Dellon sans prendre en considération la nature des crimes de chacun ce qui, selon nous, représente une forme de régression.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour rester sur la thématique des prisonniers,nous pouvons également noter que défendre de tels droits n’est toujours pas quelque chose de facile puisque l’importance de cette lutte n’est pas encore très démocratisée et comprise par l’ensemble de la population. En effet, la prison demeure encore un lieu où l’on a de la difficulté à considérer les criminels comme des êtres humains. De ce fait, les prisonniers ont encore beaucoup de mal à exister en tant que personnes à part entière mais davantage comme des individus morcelés et éclatés. Par ailleurs, l’humiliation et le non respect de la dignité semble toujours très présents en prison. Par conséquent, nous pouvons nous demander quelle est la véritable place à accorder aux droits de l&#039;être humain dans un contexte carcéral si difficile. Nos constatations nous amène à réfléchir sur l&#039;avenir : que faut-il faire maintenant pour améliorer le respect des droits des détenus? A cette question,  les divers textes que nous avons pu lire ainsi que nos deux entretiens se rejoignent tous sur un point : il faut rendre la prison plus visible. En effet, comment agir pour les détenus si personne ne sait exactement comment ils sont traités? Reste maintenant à savoir si la population est véritablement désireuse de rendre le traitement des prisonniers plus transparents. Dans une démocratie, il revient au peuple de faire des choix quant aux droits et devoirs des citoyens qui la composent. Sommes-nous alors prêts à assumer notre responsabilité dans le traitement des personnes déviantes? Ou préférons-nous occulter cette zone d&#039;ombre de la société et l&#039;enterrer au plus profond de nos esprits?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour ce qui est du droit des femmes, un léger retour en arrière peut également être observé quant à l&#039;avortement. En effet, ce dernier est actuellement en train de faire débat, puisqu&#039;une votation aura lieu d&#039;ici quelque mois sur le non-remboursement par les caisses maladies de celui-ci. Nous risquons de revenir vers un statut des opprimés dans une société qui par ailleurs valorise l&#039;individu, la personne. Le cas récent de l&#039;Espagne illustre parfaitement la possibilité de régression. Dans la majorité des pays de l&#039;Union Européenne, l&#039;avortement est autorisé. L&#039;Espagne vient tout juste de sortir de cette majorité en modifiant la loi sur l&#039;avortement. Désormais, l&#039;avortement est interdit sauf dans quelques cas : &lt;br /&gt;
* en cas de danger physique encourus par la femme. Ce point devra avoir été vérifié par deux médecins différents et étrangers à l&#039;établissement où prendra place l&#039;avortement.&lt;br /&gt;
* en cas de viol mais à condition que la femme ait porté plainte.&lt;br /&gt;
* en cas de malformation fœtale.&lt;br /&gt;
Enfin, pour qu&#039;une mineure puisse avorter, l&#039;accord des parents sera nécessaire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est certain que, malheureusement, toutes les revendications finissent par s’essouffler. Les gens ne peuvent se battre pour une cause indéfiniment. Au bout d&#039;un certain temps, on se convainc que ce que l&#039;on a obtenu est suffisant et on arrête de se battre. Ou on arrête parce qu&#039;on est fatigué. Et la relève n&#039;est pas toujours là. Par contre, du moment qu&#039;un mouvement militant s&#039;essouffle, il y a des chances pour que le parti opposé se relève et effectue le combat inverse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En ce qui concerne les personnes en situation de handicap, si l&#039;on en croit le discours des acteurs des années 1960-1980, le combat est loin d&#039;être achevé. A l&#039;heure où l&#039;école s&#039;ouvre à l&#039;intégration, où l&#039;on parle d&#039;inclusion de tous les élèves, des institutions ségrégatives continuent de se développer, et la réalité du terrain est encore très éloignée des lois ([http://www.ge.ch/legislation/rsg/f/s/rsg_c1_12.html loi sur l&#039;intégration LIJBEP, 2008]). Le temps où l&#039;on cachait les enfants porteurs d&#039;un handicap semble révolu, et pourtant, quand on travaille dans ce milieu, les regards réprobateurs ne sont pas rares, et rappellent le chemin qu&#039;il reste à parcourir. A l&#039;Université, nombre de cours nous forment à considérer ces personnes en tant que &amp;quot;personnes&amp;quot; justement, comme si cela n&#039;était pas une évidence. C&#039;est donc que l&#039;on peut encore douter du statut de cette population.&lt;br /&gt;
En bref, la question aujourd&#039;hui pourrait se résumer ainsi, en termes politiquement incorrects: la société, en temps de crise, peut-elle s&#039;offrir le luxe de se préoccuper des plus démunis? Citons ici [http://fr.wikipedia.org/wiki/Charles_Fourier Charles Fourier] &amp;quot;On mesure le degré de civilisation d&#039;une société au sort qu&#039;elle réserve aux plus démunis&amp;quot;. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Qu&#039;en est-il des droits de l&#039;enfant aujourd&#039;hui? En Suisse, nous avons pu voir à travers l&#039;[[Entretien avec M. Jean-Pierre Audéoud|entretien]] avec M. [[Index| Audéoud]] et sa femme, que la considération des mineurs a changé dans le domaine éducatif. On peut penser que les mentalités et valeurs ont été modifiées entre les années 60 et la fin du siècle ainsi que les instances rattachées à l&#039;enfant, tel que le Tribunal des mineurs ou l&#039;école. Le Tribunal des mineurs a évolué dans ce sens, avec une attention particulière à l&#039;enfant ou adolescent, à ce qui serait le plus favorable pour lui. Quant à l&#039;école, on  peut voir que la pédagogie s&#039;attache désormais plus à la participation de l&#039;enfant, au respect de son rythme, entre autres nombreux aspects. Mais cela ne veut pas dire qu&#039;il n&#039;y a pas encore à faire dans le sens du respect des droits de l&#039;enfant. En effet, la sensibilisation des enfants quant à leurs droits reste d&#039;actualité, d&#039;où le travail dans les écoles sur ceux-ci, présentés aux enfants de manière simplifiée. Même si sur le versant visible, la Suisse, comme pays &amp;quot;développé&amp;quot;, a mis en place des dispositions juridiques relatives aux droits de l&#039;enfant, il demeure que dans le privé il existe toujours des cas que l&#039;on pourrait appeler de maltraitance envers les enfants.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sur le plan international, bien que la quasi totalité des Etats reconnus pas l&#039;ONU aient ratifié la [http://www.unicef.ch/sites/default/files/attachements/convention_relative_aux_droits_de_lenfant.pdf Convention relative aux droits de l&#039;enfant] de 1989, son application fait encore largement défaut dans certains pays. L&#039;UNICEF met en lumière quelques chiffres mondiaux très parlants quant aux principes fondamentaux de la CIDE (droit à la santé, à l&#039;éducation, à une identité, à la protection et à la participation) dans un [http://www.unicef.fr/userfiles/livretParlementUNICEF100107v2.pdf dossier] de 2008. Par exemple, en ce qui concerne le droit à l&#039;identité de l&#039;enfant, &amp;quot;51 millions de naissances ne sont pas enregistrées&amp;quot;, tandis que &amp;quot;24&#039;000 enfants âgés de moins de cinq ans meurent chaque jour de malnutrition et de maladies qui, dans la plupart des cas, pourraient être évitées&amp;quot; alors que le CIDE accorde à l&#039;enfant le droit essentiel à la santé. Bien que la nécessité et le droit de l&#039;enfant à l&#039;éducation soient inscrite dans ce texte, &amp;quot;101 millions d’enfants ne sont pas scolarisés&amp;quot; dans le monde et &amp;quot;158 millions d’enfants âgés de 5 à 14 ans travaillent&amp;quot; malgré la reconnaissance des Etats de leur droit à la protection. Pour ce qui est du droit à la participation des enfants, il n&#039;est pas évident d&#039;y associé un chiffre, mais on peut tout de même aisément penser que bon nombre d&#039;enfants n&#039;ont guère possibilité d&#039;expression et sont certainement peu, voir pas écoutés.&lt;br /&gt;
Il y a donc encore bien du chemin à parcourir encore pour faire valoir et respecter les droits des enfants, avenir de notre société, dans le monde.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En ce qui concerne les droits des patients psychiatriques en Suisse, l’on peut remarquer comme des amélioration ont été apportées grâce aux revendications des groupes militants. Néanmoins certaines problématiques sont toujours d’actualités et il semble difficile d’y trouver des solutions. Comme nous l’avons pu remarquer à travers l’entretien avec Monsieur Riesen et lors de nos recherches, l’évolution des droits des patients psychiatriques se confronte à des impasses au niveau juridique. Tout d’abord il est difficile de limiter le pouvoir médical. En effet, lorsque un médecin se prononce en faveur d’un internement, motivant sa décision par la possible dangerosité du patient, personne ou peu de monde ose s’y opposer. De plus, la nature de la maladie mentale empêche le patient psychiatrique de pouvoir jouir pleinement des droits des patients.  &lt;br /&gt;
Si d’un côté les lois visent la tutelle de cette type de population perçue comme étant plus vulnérable, ces mêmes lois sont responsables de la limitation de ces personne dans l’exercice de leur droits. C’est le cas par exemple de la lois sur la privation de liberté à des fins d’assistance qui reste dans l’ambiguïté face à la Convention européenne des droits de l’homme (ratifiée par la Suisse n 1974). En effet, on peut interner une personne contre son gré si on estime que cela soit la seule façon d’assurer son assistance. La maladie mentale fait partie des motivations valables. &lt;br /&gt;
Une autre difficulté se trouve dans l’évaluation de la capacité de discernement. Le code civil prévoit certaines situations dans lesquelles cette capacité peut être limitée dans l’intérêt de la personne concernée, notamment dans le cas de « maladie mentale » et de « faiblesse d’esprit ». La reconnaissance de cette capacité est la condition indispensable sans laquelle l’individu n’est pas en mesure d’exercer ses droits personnels. L’évaluation de la capacité de discernement se prête à controverse, notamment entre psychiatre et juriste, car il est impossible de poser un jugement objectif. Ceci est encore de nos jours source de malentendus et il semble très difficile qu’une réforme juridique puisse parvenir à éclaircir cette situation compliquée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Et les sciences de l&#039;éducation dans tout ça? ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les rencontres que nous avons faites avec ces militants d&#039;une autre époque nous ont permis d&#039;alimenter nos réflexion sur le domaine des droits de la personne entre 1960 et 1980. Nous avons surtout relevé la fougue et la passion de ces militants en faveur d&#039;autrui. C&#039;est une belle leçon d&#039;humanité que nous avons eue, puisque par leur mobilisation ils ont pu faire changer les conditions des personnes marginalisées. Nous qui avons choisi une filière sociale et qui souhaitons plus tard intervenir auprès de personnes fragilisées, cette expérience nous a appris qu&#039;il faut s&#039;engager &amp;quot;à fond&amp;quot; pour la cause que nous défendons si nous voulons qu&#039;il y ait du changement. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous avons également pu comprendre que le droit à l&#039;autodétermination des personnes en situation de handicap - que nous voyons dans le cadre de notre formation - est un droit qui a été avant cela revendiqué par d&#039;autres personnes ; les [[Droits_des_enfants|enfants]], les femmes, les prisonniers, les patients psychiatriques et les patients à l&#039;hôpital. Tout ceci nous a donc expliqué que l&#039;acquisition des droits de la personne prend du temps puisque pour la plus part, il a fallu se mobiliser pendant vingt ans pour voir des changements dans la société. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des auteurs, comme Illich, préconisaient une société sans école, où l&#039;on apprendrait, directement d&#039;autrui, inséré dans un réseau, au gré de nos besoins éducatifs. La personne irait trouver les connaissances dont elle a besoin dans un réseau de connaissances et d&#039;individus, pédagogues, comme elle, en puissance. Nous constatons, également, que dans une même revendication d&#039;égalité et de remise en question des institutions, des auteurs comme Foucault dénoncent l&#039;autoritarisme d&#039;institutions comme la médecine qui en fait exerce un vrai pouvoir policier sur les personnes. Toute institution se construit socialement. Il en est de même pour la médecine qui s&#039;éloigne volontairement du patient, en adoptant une posture d&#039;expertise. Ce dernier ne construit pas le savoir médical avec le médecin, il ne connait souvent pas les méthodes de recherches concernant cet art. Or il pourrait, en aller autrement, notamment en permettant aux hommes d&#039;apprendre davantage sur la médecine et ses méthodes de construction du savoir. Le patient est avant tout une personne, comme l&#039;est d&#039;ailleurs le médecin. C&#039;est pourquoi cette dyade doit s&#039;évertuer à construire ensemble un savoir médical compréhensible par tout-un-chacun.  Telle est la condition, telle que visionnée par Illich, pour que l&#039;homme se connaisse davantage lui-même, c&#039;est-à-dire se réapproprie ce regard sur lui-même qui sait aujourd&#039;hui en lien avec les autres dans des relations qui soient productrices de respect et de compréhension réciproque.&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Victoria</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Conclusion_sur_les_droits_des_personnes&amp;diff=13019</id>
		<title>Conclusion sur les droits des personnes</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Conclusion_sur_les_droits_des_personnes&amp;diff=13019"/>
		<updated>2014-01-13T19:50:21Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Victoria : /* Que sont les droits de la personne entre 1960-1980? */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;== Que sont les droits de la personne entre 1960-1980? ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En conclusion, nous pouvons constater que les droits de la personne dans des domaines différents se sont construits socialement et historiquement à partir de revendications de minorités (ou des porte-parole de minorités dans le cas des enfants ou des personnes qui n&#039;auraient pas leurs responsabilités juridiques), respectivement:&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* les enfants&lt;br /&gt;
* les femmes&lt;br /&gt;
* les prisonniers&lt;br /&gt;
* les patients psychiatriques&lt;br /&gt;
* les personnes en situation de handicap&lt;br /&gt;
* Les patients dans les hôpitaux (victimes d&#039;abus d&#039;expérimentation).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des acteurs se sont donc mobilisés pour que ces personnes puissent acquérir les mêmes droits proclamés d&#039;abord dans la Déclaration Universelle des Droits de l&#039;Homme, puis dans différentes lois, règlements et chartes. Les différents chapitres écrits par notre communauté de travail montrent tous que les personnes militantes se sont mobilisées pour le droit à l&#039;intégrité physique (femmes, prisonniers, patients) mais aussi pour le droit à l&#039;autodétermination (personne en situation de handicap) et également pour le droit à la parole, à l&#039;écoute ou à une place reconnue dans la société (notamment pour les femmes – droit de vote et les enfants – droit à la parole –). C&#039;est d&#039;abord un traitement égal que ces minorités veulent obtenir, lequel suppose l&#039;émancipation et la reconnaissance de leurs droits, en tant que personnes, en tant qu&#039;êtres humains avec les valeurs qui s&#039;incarnent dans des pratiques relationnelles (le respect, la transparence, l&#039;égalité, etc.).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Souvent, ces revendications ont été faites suite à une remise en question des institutions ou plus globalement de la société.  &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les années 60-80 témoignent de changements importants. Bien évidement leurs prémisses remontent en-deça de cette période comme c&#039;est le cas des [[Droits_des_enfants|droits de l’enfant]] en tant que personne. Le chemin vers son individualisation a été bien avant 1968, une devise dans le travail éducatif et juridique de [[Index|Jean-Pierre Audéoud]] lequel, avec une participation active de sa femme, a pu l’appliquer durant son parcours professionnel. Mais l’histoire retrace également la construction des droits des [[Droits_des_femmes|femmes]], lesquelles, encore aujourd&#039;hui, revendiquent leur droit à l’avortement ou à des salaires égaux à celui des hommes. Leurs rôles sociaux, loin du stéréotype de la mère au foyer, font leur chemin. La lutte pour l’égalité des femmes est en perpétuelle évolution, et encore au XXIème siècle. L’entretien avec [[Entretien Amélia Christinat|Amélia Christianat]] en est une preuve. Son parcours militant en faveur des droits des femmes impressionne. Un combat important qui vise, comme dans le cas des droits de l’enfant, une reconnaissance non seulement tout à fait méritée, mais juste.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il faut dire que la reconnaissance en matière des droits des personnes est un processus long et complexe. Notre société accepte certains changements et s’oppose à d&#039;autres. Cela a été le cas durant les deux décennies prises en compte par notre recherche pendant lesquelles d&#039;autres droits sont revendiqués tels que les droits des [[Droits_des_patients_psychiatriques|patients]] ou [[Droits des patients (à l&#039;hôpital)|patients hospitaliers]], des [[Droits_des_prisonniers|prisonniers]] et des [[Droits_des_personnes_en_situation_de_handicap|personnes en situation de handicap]] . Tout individu avec son identité propre avec ses forces, ses faiblesses, ses différences, doit se battre afin d’être accepté à part entière par la société dont il fait partie &amp;lt;br /&amp;gt;: c&#039;est cela les droits de la personne.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Néanmoins, un certain nombre de constats peuvent être relevés:&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Pour avoir des droits, il faut se battre pour les obtenir; c&#039;est une lutte permanente; ce n&#039;est jamais acquis.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Le temps de la construction des droits est un temps long pour les promoteurs, mais un temps court dans l&#039;histoire de la démocratie et de l&#039;humanité (1789).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* l&#039;égalité des individus quelques soient leur situation comme personne (droit à la parole, droit à l&#039;intégrité physique, droit de vote, dignité, consentement, participation, etc.) demande une prise de conscience du public: ce n&#039;est pas évident (notamment pour des populations incarcérées).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*  la revendication de droits pour des populations &amp;quot;marginalisées&amp;quot; (patients psychiatriques, handicapés, prisonniers) demande un changement de &amp;quot;posture&amp;quot; épistémologique, idéologique, politique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* les  droits de l&#039;homme et du citoyens et les droits envers une population spécifique (handicapés, prisonniers, patients psychiatrique, etc.): les droits de la personne? les droits de l&#039;être humain? doivent être articulés&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* L&#039;importance de faire valoir ses droits (les connaître, les faire respecter, participer à leur application).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Sur la question des droits, le risque est toujours présent de régression.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Le contexte: climat économique, contingence sociale et politique, &amp;quot;esprit du temps&amp;quot; de l&#039;après-guerre. Quid d&#039;aujourd&#039;hui ? === &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A travers nos différents chapitres sur les droits des personnes, nous avons constaté que toutes les mobilisations ont émergé à la suite de la seconde guerre mondiale. En effet, la Déclaration Universelle des Droits de l&#039;Homme (10 décembre 1948), a permis de lutter contre les injustices qui se faisaient à l&#039;encontre des populations marginalisées (enfants, femmes, prisonniers, personne en situation de handicap, patients psychiatrique et patient à l&#039;hôpital). Plus particulièrement, le jugement de Nuremberg a joué un rôle fondamental, lorsque les médecins nazis ont été condamnés pour avoir causé l&#039;humiliation, la séquestration, l&#039;expérimentation médicale et la mort de minorités. D&#039;ailleurs l&#039;action de la population juive a été déterminante dans la promotion des droits humains. L&#039;émergence des revendications de l&#039;après-guerre en matière d&#039;égalités des femmes, de protection de l&#039;enfant, de droit des patients en psychiatrie, ainsi que de droits des prisonniers prennent pour cible la société de type capitaliste, inégalitaire – et dans laquelle les écarts socio-économiques tendent à se creuser – et ses institutions, dites alors &amp;quot;totalitaires&amp;quot;. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le contexte de l&#039;époque était favorable à des revendications, manifestations et soulèvements de populations pour les droits des opprimés. D&#039;ailleurs, la bonne croissance économique y a beaucoup contribué, car lorsque tout va bien pour les gens ne sont-ils pas prêts à aider les plus démunis ? Certains témoins interrogés laissent entendre que lorsque la société est en période de crise, les droits des personnes acquis durant cette période (1960-1980) tendent à régresser. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La lutte pour le droit des personnes (enfants, femmes, prisonniers, patients ...) a duré pour la plupart plus de trente ans. Parfois les acteurs se sont investis du début jusqu&#039;à l&#039;acquisition de ce droit ; dédiant une grande partie de leur vie à ce projet. C&#039;est pourquoi, marquée de luttes, la construction des droits de l&#039;homme est un temps long pour ces promoteurs, mais si nous le  plaçons sur un axe temporel plus large, ces luttes ne constituent qu&#039;une courte période dans l&#039;histoire de l&#039;humanité. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C&#039;est en fait la lutte d&#039;associations de minorités qui va être à l&#039;origine de la reconnaissance de ces droits. Sans cette lutte point de progression pour l&#039;humanité. Nous remarquons, plus que jamais, aujourd&#039;hui, que cette lutte est permanente et n&#039;est jamais acquise. Plusieurs acteurs, que nous avons eu la chance d&#039;écouter, nous ont rappelé l&#039;importance de se mobiliser pour que ces droits restent actuels. Pour eux, la lutte ne doit cesser puisque sans une mobilisation de notre part, les droits qu&#039;ils ont acquis durement, vont rapidement régresser.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les femmes comme populations dites « marginalisées », ont pu être sensibles à d&#039;autres problématique comme celles du droits des patients puisque ce sont des femmes qui ont fondé la première association des droits de patients en Suisse. Ce sont elles qui se sont questionnées, elles qui ont de près vécu des situations d’injustice. Voir que le médecin décidait à la place du malade leur apparaissaient non pas seulement anodin, mais injuste. Souvent c&#039;est lorsque l&#039;on est touché personnellement que vient la conscience des manquements aux droits, au contournement des lois et c&#039;est souvent lorsqu&#039;une &amp;quot;affaire&amp;quot; se fait publique que les autorités réagissent pour calmer le scandale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Aujourd&#039;hui, en pleine crise économique, les mentalités se transforment. Passant d&#039;un &amp;quot;Je vais bien, il faut que j&#039;aide l&#039;autre&amp;quot; à un &amp;quot;Je vais mal, c&#039;est la faute de l&#039;autre&amp;quot;. Néanmoins, d&#039;autres militants partent au combat. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme il a été remarqué avec les droits des patients à l&#039;hôpital ou le droit des prisonniers, une régression est toujours possible, généralement marquée par une stigmatisation de ces minorités ou une volonté d&#039;en contrôler la dynamique. En effet, il y a quelques mois, après l&#039;affaire du meurtre d&#039;Adeline M. à [http://www.hug-ge.ch/tags/la-paquerette la pâquerette],le gouvernement a eu une volonté de durcir encore davantage les conditions des prisonniers afin de calmer la population qui criait au scandale. Pour ce faire, Yvonne Bercher nous a informé qu&#039;ils ont enlevé tout droits de sortis à tous les prisonniers de Champ-Dellon sans prendre en considération la nature des crimes de chacun ce qui, selon nous, représente une forme de régression.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour rester sur la thématique des prisonniers,nous pouvons également noter que défendre de tels droits n’est toujours pas quelque chose de facile puisque l’importance de cette lutte n’est pas encore très démocratisée et comprise par l’ensemble de la population. En effet, la prison demeure encore un lieu où l’on a de la difficulté à considérer les criminels comme des êtres humains. De ce fait, les prisonniers ont encore beaucoup de mal à exister en tant que personnes à part entière mais davantage comme des individus morcelés et éclatés. Par ailleurs, l’humiliation et le non respect de la dignité semble toujours très présents en prison. Par conséquent, nous pouvons nous demander quelle est la véritable place à accorder aux droits de l&#039;être humain dans un contexte carcéral si difficile. Nos constatations nous amène à réfléchir sur l&#039;avenir : que faut-il faire maintenant pour améliorer le respect des droits des détenus? A cette question,  les divers textes que nous avons pu lire ainsi que nos deux entretiens se rejoignent tous sur un point : il faut rendre la prison plus visible. En effet, comment agir pour les détenus si personne ne sait exactement comment ils sont traités? Reste maintenant à savoir si la population est véritablement désireuse de rendre le traitement des prisonniers plus transparents. Dans une démocratie, il revient au peuple de faire des choix quant aux droits et devoirs des citoyens qui la composent. Sommes-nous alors prêts à assumer notre responsabilité dans le traitement des personnes déviantes? Ou préférons-nous occulter cette zone d&#039;ombre de la société et l&#039;enterrer au plus profond de nos esprits?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour ce qui est du droit des femmes, un léger retour en arrière peut également être observé quant à l&#039;avortement. En effet, ce dernier est actuellement en train de faire débat, puisqu&#039;une votation aura lieu d&#039;ici quelque mois sur le non-remboursement par les caisses maladies de celui-ci. Nous risquons de revenir vers un statut des opprimés dans une société qui par ailleurs valorise l&#039;individu, la personne. Le cas récent de l&#039;Espagne illustre parfaitement la possibilité de régression. Dans la majorité des pays de l&#039;Union Européenne, l&#039;avortement est autorisé. L&#039;Espagne vient tout juste de sortir de cette majorité en modifiant la loi sur l&#039;avortement. Désormais, l&#039;avortement est interdit sauf dans quelques cas : &lt;br /&gt;
* en cas de danger physique encourus par la femme. Ce point devra avoir été vérifié par deux médecins différents et étrangers à l&#039;établissement où prendra place l&#039;avortement.&lt;br /&gt;
* en cas de viol mais à condition que la femme ait porté plainte.&lt;br /&gt;
* en cas de malformation fœtale.&lt;br /&gt;
Enfin, pour qu&#039;une mineure puisse avorter, l&#039;accord des parents sera nécessaire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est certain que, malheureusement, toutes les revendications finissent par s’essouffler. Les gens ne peuvent se battre pour une cause indéfiniment. Au bout d&#039;un certain temps, on se convainc que ce que l&#039;on a obtenu est suffisant et on arrête de se battre. Ou on arrête parce qu&#039;on est fatigué. Et la relève n&#039;est pas toujours là. Par contre, du moment qu&#039;un mouvement militant s&#039;essouffle, il y a des chances pour que le parti opposé se relève et effectue le combat inverse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En ce qui concerne les personnes en situation de handicap, si l&#039;on en croit le discours des acteurs des années 1960-1980, le combat est loin d&#039;être achevé. A l&#039;heure où l&#039;école s&#039;ouvre à l&#039;intégration, où l&#039;on parle d&#039;inclusion de tous les élèves, des institutions ségrégatives continuent de se développer, et la réalité du terrain est encore très éloignée des lois ([http://www.ge.ch/legislation/rsg/f/s/rsg_c1_12.html loi sur l&#039;intégration LIJBEP, 2008]). Le temps où l&#039;on cachait les enfants porteurs d&#039;un handicap semble révolu, et pourtant, quand on travaille dans ce milieu, les regards réprobateurs ne sont pas rares, et rappellent le chemin qu&#039;il reste à parcourir. A l&#039;Université, nombre de cours nous forment à considérer ces personnes en tant que &amp;quot;personnes&amp;quot; justement, comme si cela n&#039;était pas une évidence. C&#039;est donc que l&#039;on peut encore douter du statut de cette population.&lt;br /&gt;
En bref, la question aujourd&#039;hui pourrait se résumer ainsi, en termes politiquement incorrects: la société, en temps de crise, peut-elle s&#039;offrir le luxe de se préoccuper des plus démunis? Citons ici http://fr.wikipedia.org/wiki/Charles_Fourier &amp;quot;On mesure le degré de civilisation d&#039;une société au sort qu&#039;elle réserve aux plus démunis&amp;quot;. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Qu&#039;en est-il des droits de l&#039;enfant aujourd&#039;hui? En Suisse, nous avons pu voir à travers l&#039;entretien avec M. Audéoud et sa femme, que la considération des mineurs a changé dans le domaine éducatif. On peut penser que les mentalités et valeurs ont été modifiées entre le années 60 et la fin du siècle ainsi que les instances rattachées à l&#039;enfant, tel que le Tribunal des mineurs ou l&#039;école. Le Tribunal des mineurs a évolué dans ce sens, avec une attention particulière à l&#039;enfant ou adolescent, à ce qui serait le plus favorable pour lui. Quant à l&#039;école, on  peut voir que la pédagogie s&#039;attache désormais plus à la participation de l&#039;enfant, au respect de son rythme, entre autres nombreux aspects. Mais cela ne veut pas dire qu&#039;il n&#039;y a pas encore à faire dans le sens du respect des droits de l&#039;enfant. En effet, la sensibilisation des enfants quant à leurs droits reste d&#039;actualité, d&#039;où le travail dans les écoles sur ceux-ci, présentés aux enfants de manière simplifiée. Même si sur le versant visible, la Suisse, comme pays &amp;quot;développé&amp;quot;, a mis en place des dispositions juridiques relatives aux droits de l&#039;enfant, il demeure que dans le privé il existe toujours des cas que l&#039;on pourrait appeler de maltraitance envers les enfants.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sur le plan international, bien que la quasi totalité des Etats reconnus pas l&#039;ONU aient ratifié la Convention internationale relative aux droits de l&#039;enfant de 1989, son application fait encore largement défaut dans certains pays. L&#039;UNICEF met en lumière quelques chiffres mondiaux très parlants quant aux principes fondamentaux de la CIDE (droit à la santé, à l&#039;éducation, à une identité, à la protection et à la participation) dans un [http://www.unicef.fr/userfiles/livretParlementUNICEF100107v2.pdf dossier] de 2008. Par exemple, en ce qui concerne le droit à l&#039;identité de l&#039;enfant, &amp;quot;51 millions de naissances ne sont pas enregistrées&amp;quot;, tandis que &amp;quot;24&#039;000 enfants âgés de moins de cinq ans meurent chaque jour de malnutrition et de maladies qui, dans la plupart des cas, pourraient être évitées&amp;quot; alors que le CIDE accorde à l&#039;enfant le droit essentiel à la santé. Bien que la nécessité et le droit de l&#039;enfant à l&#039;éducation soient inscrite dans ce texte, &amp;quot;101 millions d’enfants ne sont pas scolarisés&amp;quot; dans le monde et &amp;quot;158 millions d’enfants âgés de 5 à 14 ans travaillent&amp;quot; malgré la reconnaissance des Etats de leur droit à la protection. Pour ce qui est du droit à la participation des enfants, il n&#039;est pas évident d&#039;y associé un chiffre, mais on peut tout de même aisément penser que bon nombre d&#039;enfants n&#039;ont guère possibilité d&#039;expression et sont certainement peu, voir pas écoutés.&lt;br /&gt;
Il y a donc encore bien du chemin à parcourir encore pour faire valoir et respecter les droits des enfants, avenir de notre société, dans le monde.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Et les sciences de l&#039;éducation dans tout ça? ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les rencontres que nous avons faites avec ces militants d&#039;une autre époque nous ont permis d&#039;alimenter nos réflexion sur le domaine des droits de la personne entre 1960 et 1980. Nous avons surtout relevé la fougue et la passion de ces militants en faveur d&#039;autrui. C&#039;est une belle leçon d&#039;humanité que nous avons eue, puisque par leur mobilisation ils ont pu faire changer les conditions des personnes marginalisées. Nous qui avons choisi une filière sociale et qui souhaitons plus tard intervenir auprès de personnes fragilisées, cette expérience nous a appris qu&#039;il faut s&#039;engager &amp;quot;à fond&amp;quot; pour la cause que nous défendons si nous voulons qu&#039;il y ait du changement. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous avons également pu comprendre que le droit à l&#039;autodétermination des personnes en situation de handicap - que nous voyons dans le cadre de notre formation - est un droit qui a été avant cela revendiqué par d&#039;autres personnes ; les enfants, les femmes, les prisonniers, les patients psychiatriques et les patients à l&#039;hôpital. Tout ceci nous a donc expliqué que l&#039;acquisition des droits de la personne prend du temps puisque pour la plus part, il a fallu se mobiliser pendant vingt ans pour voir des changements dans la société. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des auteurs, comme Illich, préconisaient une société sans école, où l&#039;on apprendrait, directement d&#039;autrui, inséré dans un réseau, au gré de nos besoins éducatifs. La personne irait trouver les connaissances dont elle a besoin dans un réseau de connaissances et d&#039;individus, pédagogues, comme elle, en puissance. Nous constatons, également, que dans une même revendication d&#039;égalité et de remise en question des institutions, des auteurs comme Foucault dénoncent l&#039;autoritarisme d&#039;institutions comme la médecine qui en fait exerce un vrai pouvoir policier sur les personnes. Toute institution se construit socialement. Il en est de même pour la médecine qui s&#039;éloigne volontairement du patient, en adoptant une posture d&#039;expertise. Ce dernier ne construit pas le savoir médical avec le médecin, il ne connait souvent pas les méthodes de recherches concernant cet art. Or il pourrait, en aller autrement, notamment en permettant aux hommes d&#039;apprendre davantage sur la médecine et ses méthodes de construction du savoir. Le patient est avant tout une personne, comme l&#039;est d&#039;ailleurs le médecin. C&#039;est pourquoi cette dyade doit s&#039;évertuer à construire ensemble un savoir médical compréhensible par tout-un-chacun.  Telle est la condition, telle que visionnée par Illich, pour que l&#039;homme se connaisse davantage lui-même, c&#039;est-à-dire se réapproprie ce regard sur lui-même qui sait aujourd&#039;hui en lien avec les autres dans des relations qui soient productrices de respect et de compréhension réciproque.&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Victoria</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Discussion:Droits_des_enfants&amp;diff=13017</id>
		<title>Discussion:Droits des enfants</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Discussion:Droits_des_enfants&amp;diff=13017"/>
		<updated>2014-01-13T19:34:56Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Victoria : /* Re: Re: organisation du texte -- Victoria (discussion) 13 janvier 2014 à 18:30 (CET) */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;==  -- [[Utilisateur:Ruchat|Ruchat]] ([[Discussion utilisateur:Ruchat|discussion]]) 15 novembre 2013 à 11:39 (CET) ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je ne saisis pas bien votre projet. car si vous allez interviewer quelqu&#039;un qui s&#039;est engagé dans les années 60 pour les droits des enfants il s&#039;agit je pense de travailler sur la convention de 1989. Or vous développez abondamment la question du vote des enfants aujourd&#039;hui? Pensez-vous que cela soit une question dans les années 60? Sinon vous auriez deux sujets et je ne suis pas sûre que M. Audéoud puisse répondre aux questions du débat actuel mais je peux aussi me tromper.&lt;br /&gt;
si vous interviewez deux juges, il faudrait  orienter alors votre recherche sur les droits des mineurs &amp;quot;en conflit avec la loi&amp;quot; (comme on dit aujourd&#039;hui!).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Re: -- [[Utilisateur:Victoria|Victoria]] ([[Discussion utilisateur:Victoria|discussion]]) 15 novembre 2013 à 13:09 (CET)==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Notre idée première est de retracer historiquement les étapes qui ont aboutie à la Convention de 1989. Effectivement, notre témoin ne pourra pas nous renseigner sur les dates de 24 et 59, mais il nous semblait pertinent de retracer un peu le contexte, mais il est vrai que l&#039;approfondissement, notamment grâce aux propos de notre témoin se fera plus sur les années 60-90, donc sur la Convention de 1989.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quant au débat actuel, nous voulions ouvrir notre travail sur l&#039;actualité, mais sans avoir dans l&#039;idée de nous référer à notre témoin pour cela. Mais il est vrai que l&#039;on pourrait abandonner cette partie, afin de mieux se concentrer sur notre réel sujet.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je comprend votre proposition de travailler sur le droit des mineurs en conflit avec la loi, mais cela signifie que nous devrions abandonner notre recherche sur les droits des enfants?&lt;br /&gt;
Pour répondre également à votre mail, nous avions plus dans l&#039;optique d&#039;interwiever un seul témoin, car nous ne sommes que trois personnes sur le sujet. De plus, on aurait préféré que cela puisse se faire avec M. Audéoud pour une question pratique, Morges étant plus accessible pour nous. Mais si toutefois il ne peut pas répondre à notre demande, nous avions dans l&#039;idée de contacter alors notre deuxième témoin proposé.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
J&#039;espère avoir répondu à vos interrogations, et merci à vous de nous aider à nous réorienter vers une recherche plus adéquate quant à notre possible témoin.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==  -- [[Utilisateur:Ruchat|Ruchat]] ([[Discussion utilisateur:Ruchat|discussion]]) 26 novembre 2013 à 15:54 (CET) ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il me semble que vous avancez bien. Il faudrait mieux utiliser les liens avec les documents externes (sur internet) et mettre les références en bas de  page comme il a été proposé dans le cours par le groupe sur les droits des détenus.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Aux membres du groupe -- [[Utilisateur:Victoria|Victoria]] ([[Discussion utilisateur:Victoria|discussion]]) 26 novembre 2013 à 19:10 (CET) ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Merci Claire pour avoir pris contact avec M. Audéoud.&lt;br /&gt;
Maintenant il nous faut voir quand on aurait du temps pour aller sur Morges le rencontrer.&lt;br /&gt;
Il nous a demandé des jours et heures de disponibilités.&lt;br /&gt;
Pour ma part, je suis libre:&lt;br /&gt;
Vendredi 29 toute la journée,&lt;br /&gt;
Mercredi 4 décembre toute la journée&lt;br /&gt;
Jeudi 5 décembre à partir de 14h&lt;br /&gt;
En gros c&#039;est à peut près cela. Quand êtes-vous libres pour votre part?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Victoria&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Re: Aux membres du groupe -- [[Utilisateur:Fratczak|Fratczak]] ([[Discussion utilisateur:Fratczak|discussion]]) 26 novembre 2013 à 21:12 (CET)===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
salut les filles, &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
mercredi 4 (toute la journée) ou jeudi 5 à partir de 14h je suis aussi dispo. &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
par contre pas le 29.11&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
====Re: Re: Aux membres du groupe -- [[Utilisateur:Claire Bourgeois|Claire Bourgeois]] ([[Discussion utilisateur:Claire Bourgeois|discussion]]) 27 novembre 2013 à 10:27 (CET)====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Alors moi le mercredi 4 serait le jour qui me conviendrait mieux. Le mardi 10 ça irait aussi (toute la journée). Les jeudis et vendredis c&#039;est impossible car je suis en stage. &lt;br /&gt;
Je propose à Monsieur Audéoud pour le mercredi 4? Qu&#039;en est-il pour vous du mardi 10? Je pense que ce serait bien de lui proposer deux dates...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=====Re: Re: Re: Aux membres du groupe -- [[Utilisateur:Claire Bourgeois|Claire Bourgeois]] ([[Discussion utilisateur:Claire Bourgeois|discussion]]) 27 novembre 2013 à 10:29 (CET)=====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je m&#039;occupe de l&#039;enregistreur. Alexandre Bourquin est mon beau frère alors je lui ai déjà demandé et il nous en réserve un!&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==  -- [[Utilisateur:Ruchat|Ruchat]] ([[Discussion utilisateur:Ruchat|discussion]]) 27 novembre 2013 à 12:01 (CET) ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C&#039;est bien d&#039;avoir eu le rendez-vous: il faut y aller. C&#039;est une chance de pouvoir rencontrer un ancien juge pour enfant. Souvent les gens craignent les entretiens est disent qu&#039;ils ne savnet pas ou ne sont  pas la bonne personne...&lt;br /&gt;
Ce qui est important s&#039;est d&#039;arriver à comprendre son engagement, quand, avec qui etc. (voir les questions).&lt;br /&gt;
Bravo!&lt;br /&gt;
Pour le reste lisez  les quelques phrases que j&#039;ai mise dans Méthodologie.&lt;br /&gt;
N&#039;oubliez pas de lire ce qui est écrit sur la première page du wiki, mais aussi sur toutes celles des différentes thématiques afin de réfléchir à la problématique et d&#039;avancer dans une compréhension commune de cette histoire de l&#039;apparition des revendication des droits des usagers, patients, détenus, enfants: les acteurs/trices (dont vos témoins), les actions, les valeurs prônées, les changements de pratiques éventuelles, les espoirs....&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Aux membres du groupe -- [[Utilisateur:Victoria|Victoria]] ([[Discussion utilisateur:Victoria|discussion]]) 27 novembre 2013 à 18:42 (CET) ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme je le disais avant que mon message soit effacé,&lt;br /&gt;
pour ma part je ne suis pas libre du tout mardi.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Entretien -- [[Utilisateur:Victoria|Victoria]] ([[Discussion utilisateur:Victoria|discussion]]) 4 décembre 2013 à 10:44 (CET) ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous avons rendez-vous aujourd&#039;hui avec M. Jean-Pierre Audéoud pour l&#039;entretien.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==  -- [[Utilisateur:Ruchat|Ruchat]] ([[Discussion utilisateur:Ruchat|discussion]]) 4 décembre 2013 à 17:09 (CET) ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Vous n&#039;avez guère avancé dans votre texte.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
J&#039;espère que votre entretien s&#039;est bien passé.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il faut mettre les liens avec les documents que vous citez.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De même avec les références de livre, il faut les mettre dans la bibliographie et faire un lien.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Du point de vue du contenu: serait-il imaginable d&#039;avoir du point de vue des droits de la personne une petite analyse comparative des trois textes?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Re: -- [[Utilisateur:Victoria|Victoria]] ([[Discussion utilisateur:Victoria|discussion]]) 4 décembre 2013 à 19:10 (CET)===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je ne comprend vraiment pas, j&#039;avais mis toutes les références dans l&#039;onglet à cet effet et enregistré, mais maintenant tout est comme avant ma modification. Je m&#039;en excuse donc, il a dû y avoir un problème, je vais donc recommencer...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Re: -- [[Utilisateur:Victoria|Victoria]] ([[Discussion utilisateur:Victoria|discussion]]) 4 décembre 2013 à 19:21 (CET)===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je viens de voir que les références des citations n&#039;apparaissent plus dans l&#039;onglet à cet effet mais dans le texte, car vous avez révoqué mes dernières modifications. Je ne comprend pas, ce n&#039;est pas la manière de faire que vous nous aviez demandé?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Modifications -- [[Utilisateur:Fratczak|Fratczak]] ([[Discussion utilisateur:Fratczak|discussion]]) 5 décembre 2013 à 12:22 (CET) ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
coucou les filles,&lt;br /&gt;
j&#039;ai fait quelques modifications en ajoutant les informations et en changant l&#039;emplacement de certains points. Qu&#039;est ce que vous en pensez?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==  -- [[Utilisateur:Ruchat|Ruchat]] ([[Discussion utilisateur:Ruchat|discussion]]) 6 janvier 2014 à 18:13 (CET) ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
J&#039;attends en ce début d&#039;année une analyse de l&#039;entretien de M. Audéoud permettant de faire ressortir des éléments qui répondraient aux objectifs qui apparaissent dans l&#039;introduction générale (commune).&lt;br /&gt;
Dans cette attente je vous souhaite plein de bonnes choses pour 2014: réussite, santé et bonheur!&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== aux membres du groupe -- [[Utilisateur:Victoria|Victoria]] ([[Discussion utilisateur:Victoria|discussion]]) 10 janvier 2014 à 12:12 (CET) ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Coucou les filles, je voulais vous rappelez de ne pas oublier de faire les liens entre ce qu&#039;on retire de l&#039;entretien et ce qui est dit dans les différents textes de loi. J&#039;ai retravaillé un peu la partie droits des enfants à travers le prisme de l&#039;éducation en mettant en lien ce que j&#039;avais écris et ce que tu avais écris Claire. Il faut voir si il y a encore d&#039;autres points à mettre en avant ressortis dans l&#039;entretien. Sinon j&#039;ai aussi complété la conclusion, vous pouvez la modifier et compléter. En revanche, Kasia je vois pas le rapport de ce que tu dis avec les 3 derniers points de la citation de Janusz Korczak? Que veux-tu faire passer à travers cette citation et que veulent dire ces trois derniers points?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Re: aux membres du groupe -- [[Utilisateur:Fratczak|Fratczak]] ([[Discussion utilisateur:Fratczak|discussion]]) 11 janvier 2014 à 12:35 (CET)===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C&#039;étaient juste des idées vu que je ne pouvais pas continuer à ce moment là, je les noté.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Sinon j&#039;ai mis qq liens dans notre texte avec les differentes pages wiki. En revanche je n&#039;arrive pas à le faire pour les patients à l&#039;hopital. Peut-être je fais mal quelque chose. Pouvez-vouz regarder de votre côté?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
====Re: Re: aux membres du groupe -- [[Utilisateur:Victoria|Victoria]] ([[Discussion utilisateur:Victoria|discussion]]) 11 janvier 2014 à 18:01 (CET)====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ah ok, pas de soucis. Voilà j&#039;ai mis le lien :-)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== organisation du texte -- [[Utilisateur:Claire Bourgeois|Claire Bourgeois]] ([[Discussion utilisateur:Claire Bourgeois|discussion]]) 13 janvier 2014 à 18:03 (CET) ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Coucou!&lt;br /&gt;
En relisant notre texte au sujet de notre entretien, je remarque qu&#039;il y a des parties où l&#039;on se répète, notamment quand au parcours professionnel de notre témoin. Que pensez-vous de mettre un chapitre principal se nommant retour et analyse de l&#039;entretien avec en introduction son parcours professionnel et notamment ses deux activités principale d&#039;éducateur et de juge, puis ensuite en sous chapitre le tribunal des mineurs où l&#039;on parle de son expérience de juge et le sous chapitre des droits de l&#039;enfant sous le prisme de l&#039;éducation où l&#039;on axe sur son activité à Serix? Je pense que ce sera plus clair et que ca évitera les redondances, non?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Re: organisation du texte -- [[Utilisateur:Victoria|Victoria]] ([[Discussion utilisateur:Victoria|discussion]]) 13 janvier 2014 à 18:22 (CET)===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si c&#039;est ce que tu as fait là, moi ça me va. En revanche, dans les droits de l&#039;enfant à travers le prisme de l&#039;éducation j&#039;ai aussi parlé du Tribunal pour faire le lien avec ce qui se faisait avant (notamment à Serix) donc c&#039;est difficile de vraiment cliver les deux. Mais l&#039;organisation actuelle me convient.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
====Re: Re: organisation du texte -- [[Utilisateur:Victoria|Victoria]] ([[Discussion utilisateur:Victoria|discussion]]) 13 janvier 2014 à 18:30 (CET)====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dites, pour ce qui est de l&#039;évolution car il y a eu une formation d&#039;éducateurs, que c&#039;était un couple de directeur (nouveau), leur participation dans la formation et le travail d&#039;éducateur, les colloques, etc. On doit en parler pour les changements? Moi je me dis que non car cela ne concerne pas l&#039;enfant en soi, mais plutôt le travail d&#039;éducateur, non? Vous en pensez quoi?&lt;br /&gt;
Et est-ce que ça vous va ce que j&#039;ai mis dans la conclusion commune sur quid d&#039;aujourd&#039;hui? Vous pouvez y modifier sans autre.&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Victoria</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Discussion:Droits_des_enfants&amp;diff=12993</id>
		<title>Discussion:Droits des enfants</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Discussion:Droits_des_enfants&amp;diff=12993"/>
		<updated>2014-01-13T17:30:04Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Victoria : /* Re: organisation du texte -- Victoria (discussion) 13 janvier 2014 à 18:22 (CET) */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;==  -- [[Utilisateur:Ruchat|Ruchat]] ([[Discussion utilisateur:Ruchat|discussion]]) 15 novembre 2013 à 11:39 (CET) ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je ne saisis pas bien votre projet. car si vous allez interviewer quelqu&#039;un qui s&#039;est engagé dans les années 60 pour les droits des enfants il s&#039;agit je pense de travailler sur la convention de 1989. Or vous développez abondamment la question du vote des enfants aujourd&#039;hui? Pensez-vous que cela soit une question dans les années 60? Sinon vous auriez deux sujets et je ne suis pas sûre que M. Audéoud puisse répondre aux questions du débat actuel mais je peux aussi me tromper.&lt;br /&gt;
si vous interviewez deux juges, il faudrait  orienter alors votre recherche sur les droits des mineurs &amp;quot;en conflit avec la loi&amp;quot; (comme on dit aujourd&#039;hui!).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Re: -- [[Utilisateur:Victoria|Victoria]] ([[Discussion utilisateur:Victoria|discussion]]) 15 novembre 2013 à 13:09 (CET)==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Notre idée première est de retracer historiquement les étapes qui ont aboutie à la Convention de 1989. Effectivement, notre témoin ne pourra pas nous renseigner sur les dates de 24 et 59, mais il nous semblait pertinent de retracer un peu le contexte, mais il est vrai que l&#039;approfondissement, notamment grâce aux propos de notre témoin se fera plus sur les années 60-90, donc sur la Convention de 1989.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quant au débat actuel, nous voulions ouvrir notre travail sur l&#039;actualité, mais sans avoir dans l&#039;idée de nous référer à notre témoin pour cela. Mais il est vrai que l&#039;on pourrait abandonner cette partie, afin de mieux se concentrer sur notre réel sujet.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je comprend votre proposition de travailler sur le droit des mineurs en conflit avec la loi, mais cela signifie que nous devrions abandonner notre recherche sur les droits des enfants?&lt;br /&gt;
Pour répondre également à votre mail, nous avions plus dans l&#039;optique d&#039;interwiever un seul témoin, car nous ne sommes que trois personnes sur le sujet. De plus, on aurait préféré que cela puisse se faire avec M. Audéoud pour une question pratique, Morges étant plus accessible pour nous. Mais si toutefois il ne peut pas répondre à notre demande, nous avions dans l&#039;idée de contacter alors notre deuxième témoin proposé.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
J&#039;espère avoir répondu à vos interrogations, et merci à vous de nous aider à nous réorienter vers une recherche plus adéquate quant à notre possible témoin.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==  -- [[Utilisateur:Ruchat|Ruchat]] ([[Discussion utilisateur:Ruchat|discussion]]) 26 novembre 2013 à 15:54 (CET) ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il me semble que vous avancez bien. Il faudrait mieux utiliser les liens avec les documents externes (sur internet) et mettre les références en bas de  page comme il a été proposé dans le cours par le groupe sur les droits des détenus.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Aux membres du groupe -- [[Utilisateur:Victoria|Victoria]] ([[Discussion utilisateur:Victoria|discussion]]) 26 novembre 2013 à 19:10 (CET) ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Merci Claire pour avoir pris contact avec M. Audéoud.&lt;br /&gt;
Maintenant il nous faut voir quand on aurait du temps pour aller sur Morges le rencontrer.&lt;br /&gt;
Il nous a demandé des jours et heures de disponibilités.&lt;br /&gt;
Pour ma part, je suis libre:&lt;br /&gt;
Vendredi 29 toute la journée,&lt;br /&gt;
Mercredi 4 décembre toute la journée&lt;br /&gt;
Jeudi 5 décembre à partir de 14h&lt;br /&gt;
En gros c&#039;est à peut près cela. Quand êtes-vous libres pour votre part?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Victoria&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Re: Aux membres du groupe -- [[Utilisateur:Fratczak|Fratczak]] ([[Discussion utilisateur:Fratczak|discussion]]) 26 novembre 2013 à 21:12 (CET)===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
salut les filles, &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
mercredi 4 (toute la journée) ou jeudi 5 à partir de 14h je suis aussi dispo. &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
par contre pas le 29.11&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
====Re: Re: Aux membres du groupe -- [[Utilisateur:Claire Bourgeois|Claire Bourgeois]] ([[Discussion utilisateur:Claire Bourgeois|discussion]]) 27 novembre 2013 à 10:27 (CET)====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Alors moi le mercredi 4 serait le jour qui me conviendrait mieux. Le mardi 10 ça irait aussi (toute la journée). Les jeudis et vendredis c&#039;est impossible car je suis en stage. &lt;br /&gt;
Je propose à Monsieur Audéoud pour le mercredi 4? Qu&#039;en est-il pour vous du mardi 10? Je pense que ce serait bien de lui proposer deux dates...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=====Re: Re: Re: Aux membres du groupe -- [[Utilisateur:Claire Bourgeois|Claire Bourgeois]] ([[Discussion utilisateur:Claire Bourgeois|discussion]]) 27 novembre 2013 à 10:29 (CET)=====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je m&#039;occupe de l&#039;enregistreur. Alexandre Bourquin est mon beau frère alors je lui ai déjà demandé et il nous en réserve un!&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==  -- [[Utilisateur:Ruchat|Ruchat]] ([[Discussion utilisateur:Ruchat|discussion]]) 27 novembre 2013 à 12:01 (CET) ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C&#039;est bien d&#039;avoir eu le rendez-vous: il faut y aller. C&#039;est une chance de pouvoir rencontrer un ancien juge pour enfant. Souvent les gens craignent les entretiens est disent qu&#039;ils ne savnet pas ou ne sont  pas la bonne personne...&lt;br /&gt;
Ce qui est important s&#039;est d&#039;arriver à comprendre son engagement, quand, avec qui etc. (voir les questions).&lt;br /&gt;
Bravo!&lt;br /&gt;
Pour le reste lisez  les quelques phrases que j&#039;ai mise dans Méthodologie.&lt;br /&gt;
N&#039;oubliez pas de lire ce qui est écrit sur la première page du wiki, mais aussi sur toutes celles des différentes thématiques afin de réfléchir à la problématique et d&#039;avancer dans une compréhension commune de cette histoire de l&#039;apparition des revendication des droits des usagers, patients, détenus, enfants: les acteurs/trices (dont vos témoins), les actions, les valeurs prônées, les changements de pratiques éventuelles, les espoirs....&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Aux membres du groupe -- [[Utilisateur:Victoria|Victoria]] ([[Discussion utilisateur:Victoria|discussion]]) 27 novembre 2013 à 18:42 (CET) ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme je le disais avant que mon message soit effacé,&lt;br /&gt;
pour ma part je ne suis pas libre du tout mardi.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Entretien -- [[Utilisateur:Victoria|Victoria]] ([[Discussion utilisateur:Victoria|discussion]]) 4 décembre 2013 à 10:44 (CET) ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous avons rendez-vous aujourd&#039;hui avec M. Jean-Pierre Audéoud pour l&#039;entretien.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==  -- [[Utilisateur:Ruchat|Ruchat]] ([[Discussion utilisateur:Ruchat|discussion]]) 4 décembre 2013 à 17:09 (CET) ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Vous n&#039;avez guère avancé dans votre texte.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
J&#039;espère que votre entretien s&#039;est bien passé.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il faut mettre les liens avec les documents que vous citez.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De même avec les références de livre, il faut les mettre dans la bibliographie et faire un lien.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Du point de vue du contenu: serait-il imaginable d&#039;avoir du point de vue des droits de la personne une petite analyse comparative des trois textes?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Re: -- [[Utilisateur:Victoria|Victoria]] ([[Discussion utilisateur:Victoria|discussion]]) 4 décembre 2013 à 19:10 (CET)===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je ne comprend vraiment pas, j&#039;avais mis toutes les références dans l&#039;onglet à cet effet et enregistré, mais maintenant tout est comme avant ma modification. Je m&#039;en excuse donc, il a dû y avoir un problème, je vais donc recommencer...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Re: -- [[Utilisateur:Victoria|Victoria]] ([[Discussion utilisateur:Victoria|discussion]]) 4 décembre 2013 à 19:21 (CET)===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je viens de voir que les références des citations n&#039;apparaissent plus dans l&#039;onglet à cet effet mais dans le texte, car vous avez révoqué mes dernières modifications. Je ne comprend pas, ce n&#039;est pas la manière de faire que vous nous aviez demandé?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Modifications -- [[Utilisateur:Fratczak|Fratczak]] ([[Discussion utilisateur:Fratczak|discussion]]) 5 décembre 2013 à 12:22 (CET) ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
coucou les filles,&lt;br /&gt;
j&#039;ai fait quelques modifications en ajoutant les informations et en changant l&#039;emplacement de certains points. Qu&#039;est ce que vous en pensez?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==  -- [[Utilisateur:Ruchat|Ruchat]] ([[Discussion utilisateur:Ruchat|discussion]]) 6 janvier 2014 à 18:13 (CET) ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
J&#039;attends en ce début d&#039;année une analyse de l&#039;entretien de M. Audéoud permettant de faire ressortir des éléments qui répondraient aux objectifs qui apparaissent dans l&#039;introduction générale (commune).&lt;br /&gt;
Dans cette attente je vous souhaite plein de bonnes choses pour 2014: réussite, santé et bonheur!&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== aux membres du groupe -- [[Utilisateur:Victoria|Victoria]] ([[Discussion utilisateur:Victoria|discussion]]) 10 janvier 2014 à 12:12 (CET) ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Coucou les filles, je voulais vous rappelez de ne pas oublier de faire les liens entre ce qu&#039;on retire de l&#039;entretien et ce qui est dit dans les différents textes de loi. J&#039;ai retravaillé un peu la partie droits des enfants à travers le prisme de l&#039;éducation en mettant en lien ce que j&#039;avais écris et ce que tu avais écris Claire. Il faut voir si il y a encore d&#039;autres points à mettre en avant ressortis dans l&#039;entretien. Sinon j&#039;ai aussi complété la conclusion, vous pouvez la modifier et compléter. En revanche, Kasia je vois pas le rapport de ce que tu dis avec les 3 derniers points de la citation de Janusz Korczak? Que veux-tu faire passer à travers cette citation et que veulent dire ces trois derniers points?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Re: aux membres du groupe -- [[Utilisateur:Fratczak|Fratczak]] ([[Discussion utilisateur:Fratczak|discussion]]) 11 janvier 2014 à 12:35 (CET)===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C&#039;étaient juste des idées vu que je ne pouvais pas continuer à ce moment là, je les noté.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Sinon j&#039;ai mis qq liens dans notre texte avec les differentes pages wiki. En revanche je n&#039;arrive pas à le faire pour les patients à l&#039;hopital. Peut-être je fais mal quelque chose. Pouvez-vouz regarder de votre côté?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
====Re: Re: aux membres du groupe -- [[Utilisateur:Victoria|Victoria]] ([[Discussion utilisateur:Victoria|discussion]]) 11 janvier 2014 à 18:01 (CET)====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ah ok, pas de soucis. Voilà j&#039;ai mis le lien :-)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== organisation du texte -- [[Utilisateur:Claire Bourgeois|Claire Bourgeois]] ([[Discussion utilisateur:Claire Bourgeois|discussion]]) 13 janvier 2014 à 18:03 (CET) ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Coucou!&lt;br /&gt;
En relisant notre texte au sujet de notre entretien, je remarque qu&#039;il y a des parties où l&#039;on se répète, notamment quand au parcours professionnel de notre témoin. Que pensez-vous de mettre un chapitre principal se nommant retour et analyse de l&#039;entretien avec en introduction son parcours professionnel et notamment ses deux activités principale d&#039;éducateur et de juge, puis ensuite en sous chapitre le tribunal des mineurs où l&#039;on parle de son expérience de juge et le sous chapitre des droits de l&#039;enfant sous le prisme de l&#039;éducation où l&#039;on axe sur son activité à Serix? Je pense que ce sera plus clair et que ca évitera les redondances, non?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Re: organisation du texte -- [[Utilisateur:Victoria|Victoria]] ([[Discussion utilisateur:Victoria|discussion]]) 13 janvier 2014 à 18:22 (CET)===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si c&#039;est ce que tu as fait là, moi ça me va. En revanche, dans les droits de l&#039;enfant à travers le prisme de l&#039;éducation j&#039;ai aussi parlé du Tribunal pour faire le lien avec ce qui se faisait avant (notamment à Serix) donc c&#039;est difficile de vraiment cliver les deux. Mais l&#039;organisation actuelle me convient.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
====Re: Re: organisation du texte -- [[Utilisateur:Victoria|Victoria]] ([[Discussion utilisateur:Victoria|discussion]]) 13 janvier 2014 à 18:30 (CET)====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dites, pour ce qui est de l&#039;évolution car il y a eu une formation d&#039;éducateurs, que c&#039;était un couple de directeur (nouveau), leur participation dans la formation et le travail d&#039;éducateur, les colloques, etc. On doit en parler pour les changements? Moi je me dis que non car cela ne concerne pas l&#039;enfant en soi, mais plutôt le travail d&#039;éducateur, non? Vous en pensez quoi?&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Victoria</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Discussion:Droits_des_enfants&amp;diff=12992</id>
		<title>Discussion:Droits des enfants</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Discussion:Droits_des_enfants&amp;diff=12992"/>
		<updated>2014-01-13T17:22:28Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Victoria : /* Re: organisation du texte -- Victoria (discussion) 13 janvier 2014 à 18:22 (CET) */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;==  -- [[Utilisateur:Ruchat|Ruchat]] ([[Discussion utilisateur:Ruchat|discussion]]) 15 novembre 2013 à 11:39 (CET) ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je ne saisis pas bien votre projet. car si vous allez interviewer quelqu&#039;un qui s&#039;est engagé dans les années 60 pour les droits des enfants il s&#039;agit je pense de travailler sur la convention de 1989. Or vous développez abondamment la question du vote des enfants aujourd&#039;hui? Pensez-vous que cela soit une question dans les années 60? Sinon vous auriez deux sujets et je ne suis pas sûre que M. Audéoud puisse répondre aux questions du débat actuel mais je peux aussi me tromper.&lt;br /&gt;
si vous interviewez deux juges, il faudrait  orienter alors votre recherche sur les droits des mineurs &amp;quot;en conflit avec la loi&amp;quot; (comme on dit aujourd&#039;hui!).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Re: -- [[Utilisateur:Victoria|Victoria]] ([[Discussion utilisateur:Victoria|discussion]]) 15 novembre 2013 à 13:09 (CET)==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Notre idée première est de retracer historiquement les étapes qui ont aboutie à la Convention de 1989. Effectivement, notre témoin ne pourra pas nous renseigner sur les dates de 24 et 59, mais il nous semblait pertinent de retracer un peu le contexte, mais il est vrai que l&#039;approfondissement, notamment grâce aux propos de notre témoin se fera plus sur les années 60-90, donc sur la Convention de 1989.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quant au débat actuel, nous voulions ouvrir notre travail sur l&#039;actualité, mais sans avoir dans l&#039;idée de nous référer à notre témoin pour cela. Mais il est vrai que l&#039;on pourrait abandonner cette partie, afin de mieux se concentrer sur notre réel sujet.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je comprend votre proposition de travailler sur le droit des mineurs en conflit avec la loi, mais cela signifie que nous devrions abandonner notre recherche sur les droits des enfants?&lt;br /&gt;
Pour répondre également à votre mail, nous avions plus dans l&#039;optique d&#039;interwiever un seul témoin, car nous ne sommes que trois personnes sur le sujet. De plus, on aurait préféré que cela puisse se faire avec M. Audéoud pour une question pratique, Morges étant plus accessible pour nous. Mais si toutefois il ne peut pas répondre à notre demande, nous avions dans l&#039;idée de contacter alors notre deuxième témoin proposé.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
J&#039;espère avoir répondu à vos interrogations, et merci à vous de nous aider à nous réorienter vers une recherche plus adéquate quant à notre possible témoin.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==  -- [[Utilisateur:Ruchat|Ruchat]] ([[Discussion utilisateur:Ruchat|discussion]]) 26 novembre 2013 à 15:54 (CET) ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il me semble que vous avancez bien. Il faudrait mieux utiliser les liens avec les documents externes (sur internet) et mettre les références en bas de  page comme il a été proposé dans le cours par le groupe sur les droits des détenus.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Aux membres du groupe -- [[Utilisateur:Victoria|Victoria]] ([[Discussion utilisateur:Victoria|discussion]]) 26 novembre 2013 à 19:10 (CET) ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Merci Claire pour avoir pris contact avec M. Audéoud.&lt;br /&gt;
Maintenant il nous faut voir quand on aurait du temps pour aller sur Morges le rencontrer.&lt;br /&gt;
Il nous a demandé des jours et heures de disponibilités.&lt;br /&gt;
Pour ma part, je suis libre:&lt;br /&gt;
Vendredi 29 toute la journée,&lt;br /&gt;
Mercredi 4 décembre toute la journée&lt;br /&gt;
Jeudi 5 décembre à partir de 14h&lt;br /&gt;
En gros c&#039;est à peut près cela. Quand êtes-vous libres pour votre part?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Victoria&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Re: Aux membres du groupe -- [[Utilisateur:Fratczak|Fratczak]] ([[Discussion utilisateur:Fratczak|discussion]]) 26 novembre 2013 à 21:12 (CET)===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
salut les filles, &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
mercredi 4 (toute la journée) ou jeudi 5 à partir de 14h je suis aussi dispo. &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
par contre pas le 29.11&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
====Re: Re: Aux membres du groupe -- [[Utilisateur:Claire Bourgeois|Claire Bourgeois]] ([[Discussion utilisateur:Claire Bourgeois|discussion]]) 27 novembre 2013 à 10:27 (CET)====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Alors moi le mercredi 4 serait le jour qui me conviendrait mieux. Le mardi 10 ça irait aussi (toute la journée). Les jeudis et vendredis c&#039;est impossible car je suis en stage. &lt;br /&gt;
Je propose à Monsieur Audéoud pour le mercredi 4? Qu&#039;en est-il pour vous du mardi 10? Je pense que ce serait bien de lui proposer deux dates...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=====Re: Re: Re: Aux membres du groupe -- [[Utilisateur:Claire Bourgeois|Claire Bourgeois]] ([[Discussion utilisateur:Claire Bourgeois|discussion]]) 27 novembre 2013 à 10:29 (CET)=====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je m&#039;occupe de l&#039;enregistreur. Alexandre Bourquin est mon beau frère alors je lui ai déjà demandé et il nous en réserve un!&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==  -- [[Utilisateur:Ruchat|Ruchat]] ([[Discussion utilisateur:Ruchat|discussion]]) 27 novembre 2013 à 12:01 (CET) ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C&#039;est bien d&#039;avoir eu le rendez-vous: il faut y aller. C&#039;est une chance de pouvoir rencontrer un ancien juge pour enfant. Souvent les gens craignent les entretiens est disent qu&#039;ils ne savnet pas ou ne sont  pas la bonne personne...&lt;br /&gt;
Ce qui est important s&#039;est d&#039;arriver à comprendre son engagement, quand, avec qui etc. (voir les questions).&lt;br /&gt;
Bravo!&lt;br /&gt;
Pour le reste lisez  les quelques phrases que j&#039;ai mise dans Méthodologie.&lt;br /&gt;
N&#039;oubliez pas de lire ce qui est écrit sur la première page du wiki, mais aussi sur toutes celles des différentes thématiques afin de réfléchir à la problématique et d&#039;avancer dans une compréhension commune de cette histoire de l&#039;apparition des revendication des droits des usagers, patients, détenus, enfants: les acteurs/trices (dont vos témoins), les actions, les valeurs prônées, les changements de pratiques éventuelles, les espoirs....&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Aux membres du groupe -- [[Utilisateur:Victoria|Victoria]] ([[Discussion utilisateur:Victoria|discussion]]) 27 novembre 2013 à 18:42 (CET) ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme je le disais avant que mon message soit effacé,&lt;br /&gt;
pour ma part je ne suis pas libre du tout mardi.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Entretien -- [[Utilisateur:Victoria|Victoria]] ([[Discussion utilisateur:Victoria|discussion]]) 4 décembre 2013 à 10:44 (CET) ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous avons rendez-vous aujourd&#039;hui avec M. Jean-Pierre Audéoud pour l&#039;entretien.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==  -- [[Utilisateur:Ruchat|Ruchat]] ([[Discussion utilisateur:Ruchat|discussion]]) 4 décembre 2013 à 17:09 (CET) ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Vous n&#039;avez guère avancé dans votre texte.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
J&#039;espère que votre entretien s&#039;est bien passé.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il faut mettre les liens avec les documents que vous citez.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De même avec les références de livre, il faut les mettre dans la bibliographie et faire un lien.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Du point de vue du contenu: serait-il imaginable d&#039;avoir du point de vue des droits de la personne une petite analyse comparative des trois textes?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Re: -- [[Utilisateur:Victoria|Victoria]] ([[Discussion utilisateur:Victoria|discussion]]) 4 décembre 2013 à 19:10 (CET)===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je ne comprend vraiment pas, j&#039;avais mis toutes les références dans l&#039;onglet à cet effet et enregistré, mais maintenant tout est comme avant ma modification. Je m&#039;en excuse donc, il a dû y avoir un problème, je vais donc recommencer...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Re: -- [[Utilisateur:Victoria|Victoria]] ([[Discussion utilisateur:Victoria|discussion]]) 4 décembre 2013 à 19:21 (CET)===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je viens de voir que les références des citations n&#039;apparaissent plus dans l&#039;onglet à cet effet mais dans le texte, car vous avez révoqué mes dernières modifications. Je ne comprend pas, ce n&#039;est pas la manière de faire que vous nous aviez demandé?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Modifications -- [[Utilisateur:Fratczak|Fratczak]] ([[Discussion utilisateur:Fratczak|discussion]]) 5 décembre 2013 à 12:22 (CET) ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
coucou les filles,&lt;br /&gt;
j&#039;ai fait quelques modifications en ajoutant les informations et en changant l&#039;emplacement de certains points. Qu&#039;est ce que vous en pensez?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==  -- [[Utilisateur:Ruchat|Ruchat]] ([[Discussion utilisateur:Ruchat|discussion]]) 6 janvier 2014 à 18:13 (CET) ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
J&#039;attends en ce début d&#039;année une analyse de l&#039;entretien de M. Audéoud permettant de faire ressortir des éléments qui répondraient aux objectifs qui apparaissent dans l&#039;introduction générale (commune).&lt;br /&gt;
Dans cette attente je vous souhaite plein de bonnes choses pour 2014: réussite, santé et bonheur!&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== aux membres du groupe -- [[Utilisateur:Victoria|Victoria]] ([[Discussion utilisateur:Victoria|discussion]]) 10 janvier 2014 à 12:12 (CET) ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Coucou les filles, je voulais vous rappelez de ne pas oublier de faire les liens entre ce qu&#039;on retire de l&#039;entretien et ce qui est dit dans les différents textes de loi. J&#039;ai retravaillé un peu la partie droits des enfants à travers le prisme de l&#039;éducation en mettant en lien ce que j&#039;avais écris et ce que tu avais écris Claire. Il faut voir si il y a encore d&#039;autres points à mettre en avant ressortis dans l&#039;entretien. Sinon j&#039;ai aussi complété la conclusion, vous pouvez la modifier et compléter. En revanche, Kasia je vois pas le rapport de ce que tu dis avec les 3 derniers points de la citation de Janusz Korczak? Que veux-tu faire passer à travers cette citation et que veulent dire ces trois derniers points?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Re: aux membres du groupe -- [[Utilisateur:Fratczak|Fratczak]] ([[Discussion utilisateur:Fratczak|discussion]]) 11 janvier 2014 à 12:35 (CET)===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C&#039;étaient juste des idées vu que je ne pouvais pas continuer à ce moment là, je les noté.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Sinon j&#039;ai mis qq liens dans notre texte avec les differentes pages wiki. En revanche je n&#039;arrive pas à le faire pour les patients à l&#039;hopital. Peut-être je fais mal quelque chose. Pouvez-vouz regarder de votre côté?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
====Re: Re: aux membres du groupe -- [[Utilisateur:Victoria|Victoria]] ([[Discussion utilisateur:Victoria|discussion]]) 11 janvier 2014 à 18:01 (CET)====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ah ok, pas de soucis. Voilà j&#039;ai mis le lien :-)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== organisation du texte -- [[Utilisateur:Claire Bourgeois|Claire Bourgeois]] ([[Discussion utilisateur:Claire Bourgeois|discussion]]) 13 janvier 2014 à 18:03 (CET) ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Coucou!&lt;br /&gt;
En relisant notre texte au sujet de notre entretien, je remarque qu&#039;il y a des parties où l&#039;on se répète, notamment quand au parcours professionnel de notre témoin. Que pensez-vous de mettre un chapitre principal se nommant retour et analyse de l&#039;entretien avec en introduction son parcours professionnel et notamment ses deux activités principale d&#039;éducateur et de juge, puis ensuite en sous chapitre le tribunal des mineurs où l&#039;on parle de son expérience de juge et le sous chapitre des droits de l&#039;enfant sous le prisme de l&#039;éducation où l&#039;on axe sur son activité à Serix? Je pense que ce sera plus clair et que ca évitera les redondances, non?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Re: organisation du texte -- [[Utilisateur:Victoria|Victoria]] ([[Discussion utilisateur:Victoria|discussion]]) 13 janvier 2014 à 18:22 (CET)===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si c&#039;est ce que tu as fait là, moi ça me va. En revanche, dans les droits de l&#039;enfant à travers le prisme de l&#039;éducation j&#039;ai aussi parlé du Tribunal pour faire le lien avec ce qui se faisait avant (notamment à Serix) donc c&#039;est difficile de vraiment cliver les deux. Mais l&#039;organisation actuelle me convient.&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Victoria</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Discussion:Droits_des_enfants&amp;diff=12991</id>
		<title>Discussion:Droits des enfants</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Discussion:Droits_des_enfants&amp;diff=12991"/>
		<updated>2014-01-13T17:22:10Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Victoria : /* organisation du texte -- Claire Bourgeois (discussion) 13 janvier 2014 à 18:03 (CET) */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;==  -- [[Utilisateur:Ruchat|Ruchat]] ([[Discussion utilisateur:Ruchat|discussion]]) 15 novembre 2013 à 11:39 (CET) ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je ne saisis pas bien votre projet. car si vous allez interviewer quelqu&#039;un qui s&#039;est engagé dans les années 60 pour les droits des enfants il s&#039;agit je pense de travailler sur la convention de 1989. Or vous développez abondamment la question du vote des enfants aujourd&#039;hui? Pensez-vous que cela soit une question dans les années 60? Sinon vous auriez deux sujets et je ne suis pas sûre que M. Audéoud puisse répondre aux questions du débat actuel mais je peux aussi me tromper.&lt;br /&gt;
si vous interviewez deux juges, il faudrait  orienter alors votre recherche sur les droits des mineurs &amp;quot;en conflit avec la loi&amp;quot; (comme on dit aujourd&#039;hui!).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Re: -- [[Utilisateur:Victoria|Victoria]] ([[Discussion utilisateur:Victoria|discussion]]) 15 novembre 2013 à 13:09 (CET)==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Notre idée première est de retracer historiquement les étapes qui ont aboutie à la Convention de 1989. Effectivement, notre témoin ne pourra pas nous renseigner sur les dates de 24 et 59, mais il nous semblait pertinent de retracer un peu le contexte, mais il est vrai que l&#039;approfondissement, notamment grâce aux propos de notre témoin se fera plus sur les années 60-90, donc sur la Convention de 1989.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quant au débat actuel, nous voulions ouvrir notre travail sur l&#039;actualité, mais sans avoir dans l&#039;idée de nous référer à notre témoin pour cela. Mais il est vrai que l&#039;on pourrait abandonner cette partie, afin de mieux se concentrer sur notre réel sujet.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je comprend votre proposition de travailler sur le droit des mineurs en conflit avec la loi, mais cela signifie que nous devrions abandonner notre recherche sur les droits des enfants?&lt;br /&gt;
Pour répondre également à votre mail, nous avions plus dans l&#039;optique d&#039;interwiever un seul témoin, car nous ne sommes que trois personnes sur le sujet. De plus, on aurait préféré que cela puisse se faire avec M. Audéoud pour une question pratique, Morges étant plus accessible pour nous. Mais si toutefois il ne peut pas répondre à notre demande, nous avions dans l&#039;idée de contacter alors notre deuxième témoin proposé.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
J&#039;espère avoir répondu à vos interrogations, et merci à vous de nous aider à nous réorienter vers une recherche plus adéquate quant à notre possible témoin.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==  -- [[Utilisateur:Ruchat|Ruchat]] ([[Discussion utilisateur:Ruchat|discussion]]) 26 novembre 2013 à 15:54 (CET) ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il me semble que vous avancez bien. Il faudrait mieux utiliser les liens avec les documents externes (sur internet) et mettre les références en bas de  page comme il a été proposé dans le cours par le groupe sur les droits des détenus.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Aux membres du groupe -- [[Utilisateur:Victoria|Victoria]] ([[Discussion utilisateur:Victoria|discussion]]) 26 novembre 2013 à 19:10 (CET) ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Merci Claire pour avoir pris contact avec M. Audéoud.&lt;br /&gt;
Maintenant il nous faut voir quand on aurait du temps pour aller sur Morges le rencontrer.&lt;br /&gt;
Il nous a demandé des jours et heures de disponibilités.&lt;br /&gt;
Pour ma part, je suis libre:&lt;br /&gt;
Vendredi 29 toute la journée,&lt;br /&gt;
Mercredi 4 décembre toute la journée&lt;br /&gt;
Jeudi 5 décembre à partir de 14h&lt;br /&gt;
En gros c&#039;est à peut près cela. Quand êtes-vous libres pour votre part?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Victoria&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Re: Aux membres du groupe -- [[Utilisateur:Fratczak|Fratczak]] ([[Discussion utilisateur:Fratczak|discussion]]) 26 novembre 2013 à 21:12 (CET)===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
salut les filles, &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
mercredi 4 (toute la journée) ou jeudi 5 à partir de 14h je suis aussi dispo. &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
par contre pas le 29.11&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
====Re: Re: Aux membres du groupe -- [[Utilisateur:Claire Bourgeois|Claire Bourgeois]] ([[Discussion utilisateur:Claire Bourgeois|discussion]]) 27 novembre 2013 à 10:27 (CET)====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Alors moi le mercredi 4 serait le jour qui me conviendrait mieux. Le mardi 10 ça irait aussi (toute la journée). Les jeudis et vendredis c&#039;est impossible car je suis en stage. &lt;br /&gt;
Je propose à Monsieur Audéoud pour le mercredi 4? Qu&#039;en est-il pour vous du mardi 10? Je pense que ce serait bien de lui proposer deux dates...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=====Re: Re: Re: Aux membres du groupe -- [[Utilisateur:Claire Bourgeois|Claire Bourgeois]] ([[Discussion utilisateur:Claire Bourgeois|discussion]]) 27 novembre 2013 à 10:29 (CET)=====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je m&#039;occupe de l&#039;enregistreur. Alexandre Bourquin est mon beau frère alors je lui ai déjà demandé et il nous en réserve un!&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==  -- [[Utilisateur:Ruchat|Ruchat]] ([[Discussion utilisateur:Ruchat|discussion]]) 27 novembre 2013 à 12:01 (CET) ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C&#039;est bien d&#039;avoir eu le rendez-vous: il faut y aller. C&#039;est une chance de pouvoir rencontrer un ancien juge pour enfant. Souvent les gens craignent les entretiens est disent qu&#039;ils ne savnet pas ou ne sont  pas la bonne personne...&lt;br /&gt;
Ce qui est important s&#039;est d&#039;arriver à comprendre son engagement, quand, avec qui etc. (voir les questions).&lt;br /&gt;
Bravo!&lt;br /&gt;
Pour le reste lisez  les quelques phrases que j&#039;ai mise dans Méthodologie.&lt;br /&gt;
N&#039;oubliez pas de lire ce qui est écrit sur la première page du wiki, mais aussi sur toutes celles des différentes thématiques afin de réfléchir à la problématique et d&#039;avancer dans une compréhension commune de cette histoire de l&#039;apparition des revendication des droits des usagers, patients, détenus, enfants: les acteurs/trices (dont vos témoins), les actions, les valeurs prônées, les changements de pratiques éventuelles, les espoirs....&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Aux membres du groupe -- [[Utilisateur:Victoria|Victoria]] ([[Discussion utilisateur:Victoria|discussion]]) 27 novembre 2013 à 18:42 (CET) ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme je le disais avant que mon message soit effacé,&lt;br /&gt;
pour ma part je ne suis pas libre du tout mardi.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Entretien -- [[Utilisateur:Victoria|Victoria]] ([[Discussion utilisateur:Victoria|discussion]]) 4 décembre 2013 à 10:44 (CET) ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous avons rendez-vous aujourd&#039;hui avec M. Jean-Pierre Audéoud pour l&#039;entretien.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==  -- [[Utilisateur:Ruchat|Ruchat]] ([[Discussion utilisateur:Ruchat|discussion]]) 4 décembre 2013 à 17:09 (CET) ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Vous n&#039;avez guère avancé dans votre texte.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
J&#039;espère que votre entretien s&#039;est bien passé.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il faut mettre les liens avec les documents que vous citez.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De même avec les références de livre, il faut les mettre dans la bibliographie et faire un lien.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Du point de vue du contenu: serait-il imaginable d&#039;avoir du point de vue des droits de la personne une petite analyse comparative des trois textes?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Re: -- [[Utilisateur:Victoria|Victoria]] ([[Discussion utilisateur:Victoria|discussion]]) 4 décembre 2013 à 19:10 (CET)===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je ne comprend vraiment pas, j&#039;avais mis toutes les références dans l&#039;onglet à cet effet et enregistré, mais maintenant tout est comme avant ma modification. Je m&#039;en excuse donc, il a dû y avoir un problème, je vais donc recommencer...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Re: -- [[Utilisateur:Victoria|Victoria]] ([[Discussion utilisateur:Victoria|discussion]]) 4 décembre 2013 à 19:21 (CET)===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je viens de voir que les références des citations n&#039;apparaissent plus dans l&#039;onglet à cet effet mais dans le texte, car vous avez révoqué mes dernières modifications. Je ne comprend pas, ce n&#039;est pas la manière de faire que vous nous aviez demandé?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Modifications -- [[Utilisateur:Fratczak|Fratczak]] ([[Discussion utilisateur:Fratczak|discussion]]) 5 décembre 2013 à 12:22 (CET) ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
coucou les filles,&lt;br /&gt;
j&#039;ai fait quelques modifications en ajoutant les informations et en changant l&#039;emplacement de certains points. Qu&#039;est ce que vous en pensez?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==  -- [[Utilisateur:Ruchat|Ruchat]] ([[Discussion utilisateur:Ruchat|discussion]]) 6 janvier 2014 à 18:13 (CET) ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
J&#039;attends en ce début d&#039;année une analyse de l&#039;entretien de M. Audéoud permettant de faire ressortir des éléments qui répondraient aux objectifs qui apparaissent dans l&#039;introduction générale (commune).&lt;br /&gt;
Dans cette attente je vous souhaite plein de bonnes choses pour 2014: réussite, santé et bonheur!&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== aux membres du groupe -- [[Utilisateur:Victoria|Victoria]] ([[Discussion utilisateur:Victoria|discussion]]) 10 janvier 2014 à 12:12 (CET) ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Coucou les filles, je voulais vous rappelez de ne pas oublier de faire les liens entre ce qu&#039;on retire de l&#039;entretien et ce qui est dit dans les différents textes de loi. J&#039;ai retravaillé un peu la partie droits des enfants à travers le prisme de l&#039;éducation en mettant en lien ce que j&#039;avais écris et ce que tu avais écris Claire. Il faut voir si il y a encore d&#039;autres points à mettre en avant ressortis dans l&#039;entretien. Sinon j&#039;ai aussi complété la conclusion, vous pouvez la modifier et compléter. En revanche, Kasia je vois pas le rapport de ce que tu dis avec les 3 derniers points de la citation de Janusz Korczak? Que veux-tu faire passer à travers cette citation et que veulent dire ces trois derniers points?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Re: aux membres du groupe -- [[Utilisateur:Fratczak|Fratczak]] ([[Discussion utilisateur:Fratczak|discussion]]) 11 janvier 2014 à 12:35 (CET)===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C&#039;étaient juste des idées vu que je ne pouvais pas continuer à ce moment là, je les noté.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Sinon j&#039;ai mis qq liens dans notre texte avec les differentes pages wiki. En revanche je n&#039;arrive pas à le faire pour les patients à l&#039;hopital. Peut-être je fais mal quelque chose. Pouvez-vouz regarder de votre côté?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
====Re: Re: aux membres du groupe -- [[Utilisateur:Victoria|Victoria]] ([[Discussion utilisateur:Victoria|discussion]]) 11 janvier 2014 à 18:01 (CET)====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ah ok, pas de soucis. Voilà j&#039;ai mis le lien :-)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== organisation du texte -- [[Utilisateur:Claire Bourgeois|Claire Bourgeois]] ([[Discussion utilisateur:Claire Bourgeois|discussion]]) 13 janvier 2014 à 18:03 (CET) ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Coucou!&lt;br /&gt;
En relisant notre texte au sujet de notre entretien, je remarque qu&#039;il y a des parties où l&#039;on se répète, notamment quand au parcours professionnel de notre témoin. Que pensez-vous de mettre un chapitre principal se nommant retour et analyse de l&#039;entretien avec en introduction son parcours professionnel et notamment ses deux activités principale d&#039;éducateur et de juge, puis ensuite en sous chapitre le tribunal des mineurs où l&#039;on parle de son expérience de juge et le sous chapitre des droits de l&#039;enfant sous le prisme de l&#039;éducation où l&#039;on axe sur son activité à Serix? Je pense que ce sera plus clair et que ca évitera les redondances, non?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Re: organisation du texte -- [[Utilisateur:Victoria|Victoria]] ([[Discussion utilisateur:Victoria|discussion]]) 13 janvier 2014 à 18:22 (CET)===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si c&#039;est ce que tu as fait là, moi ça me va. En revanche, dans les droits de l&#039;enfant à travers le prisme de l&#039;éducation j&#039;ai aussi parlé du Tribunal pour faire le lien avec ce qui se faisait avant (notamment à Serix) donc c&#039;est difficile de vraiment clivé les deux. Mais l&#039;organisation actuelle me convient.&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Victoria</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Droits_des_enfants&amp;diff=12989</id>
		<title>Droits des enfants</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Droits_des_enfants&amp;diff=12989"/>
		<updated>2014-01-13T17:13:00Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Victoria : /* Droits de l&amp;#039;enfant - droits de la personne */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;=== Introduction ===&lt;br /&gt;
Les droits de l&#039;enfant visant la protection des mineurs évoluent au cours des décennies. Les prémices du XXe siècle les plus connues sont bien évidemment la Déclaration de Genève (1924), la Déclaration de droits de l&#039;enfant (1959) et enfin le texte de la Convention des Nations Unies relative aux droits de l&#039;enfant du 20 novembre 1989. Ce dernier “ratifié d’une manière quasi universelle (193 États sur 195) en fait un texte hors norme de part sa portée dans l’espace et de par l’enthousiasme spontané qu’ [il] a suscité.”&amp;lt;ref&amp;gt;Zermatten, J., Stoecklin D. 2009. Le droit des enfants de participer. Norme juridique et réalité pratique: contribution à un nouveau contrat social. Suisse: Institut International des Droits de l&#039;Enfant., p.7 &amp;lt;/ref&amp;gt; Ce parcours historique est une partie importante de l’histoire qu’on écrit aujourd’hui.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
On peut remarquer que le premier pas vers l&#039;individualisation de l&#039;enfant datant de 1924, pointe le bout de son nez quelques années après la fin de la première guerre mondiale. Le 2ème est marqué par la Déclaration de droits de l&#039;enfant de 1959, donc à l’image de la précédente, elle date des années après la seconde guerre mais est également un point de départ menant vers la Convention de 1989.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Le long chemin vers  une telle reconnaissance était en grande partie marqué par la création, un peu partout en Europe, des communautés d&#039;enfants. Leur rôle  n&#039;est pas négligeable. La  définition de ces communautés d&#039;enfants est donné à Trogen en juillet 1948  et semble préciser un peu plus les besoins de l&#039;enfant en tant que personne. Ce sont: « les organisations éducatives ou rééducatives à caractère permanent, fondées sur la participation active des enfants ou adolescents à la vie de la communauté, dans le cadre des méthodes d’éducation et d’instruction modernes – et dans lesquelles la vie de famille se combine de diverses façons aux modalités de la vie de collectivité&amp;quot;.&amp;lt;ref&amp;gt;Cours de M.Ruchat: L’éducation spéciale du XVIIIe au XXe siècles: L’éducation, les normes et l’individu, Université de Genève, 2013&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Dans l’esprit de la reconnaissance d’un enfant à part entière mais avec le respect de sa liberté, [[Libres enfants de Summerhill (Neill)|Alexander Sutherland Neill]] crée son école de Summerhill en 1921, une école qui encore de nos jours suscite beaucoup de discussions et polémiques. Dans le cadre de cet atelier d’intelligence collective nous avons procédé à une comparaison des idées de Neill décrites dans son livre [[Libres enfants de Summerhill (Neill)|&amp;quot;Libres enfants de Summerhill&amp;quot;]] (1960) avec la Convention relative aux droits de l’enfant de 1989 avec un constat tout à fait surprenant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Historique des droits de l&#039;enfant ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== « L’humanité doit donner à l’enfant ce qu’elle a de meilleur » Déclaration de Genève sur les Droits de l’Enfant, 1924 ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est important de signaler qu&#039;avant même l&#039;intérêt qui s&#039;est peu à peu développé quant aux droits de l&#039;enfant, il a d&#039;abord fallu que le société prenne conscience du statut particulier de l&#039;enfant, avec ses spécificités, et bien plus encore d&#039;être humain digne de droits propres : “L’adulte a longtemps cru que c’était lui-même qui devait animer l’enfant par ses soins et son assistance. Il pensait que son rôle était de façonner l’enfant, de construire sa vie psychique pour que l’enfant devienne peu à peu comme lui. L’enfant était un objet d’assistance, un adulte en devenir (certains disent même &amp;quot;en miniature&amp;quot;) et non une personne humaine à part entière. Petit, faible, pauvre, dépendant, il n’était qu’un citoyen potentiel qui ne sera homme ou femme que demain. Il ne devenait une personne humaine, sujet de droits, qu’à partir du moment où il atteignait l’âge adulte. C’est à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle, notamment après la Première Guerre mondiale, que le concept de droits de l’enfant apparaît.” &amp;lt;ref&amp;gt;Dhellemmes V. ,2010. La dignité et les droits de l&#039;enfant : vingt ans d&#039;avancées sur le plan international. In. Transversalités, 2010/3 N° 115, p. 99-110.&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quand on fait une recherche sur des droits de l’enfant à travers les documents écrits en l&#039;espace de plus de cent ans, du début du XXème siècle jusqu’à aujourd’hui, on retrouve les noms de deux précurseurs qui ont marqué le cours de l’histoire. Il s’agit de Britannique Eglantyne Jebb (1876-1928) et du polonais Henryk Goldzmit (1878–1942) connu sous le nom de Janusz Korczak.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Ce dernier, pédiatre et éducateur qui a tant &amp;quot;aimé et défendu&amp;quot; les enfants, ne voulant pas les laisser seuls, s&#039;est laissé emmener avec eux à Treblinka où il est mort dans une chambre à gaz.&amp;lt;ref&amp;gt;Korczak J. Le droit de l’enfant au respect. L’héritage de Janusz Korczak. Conférences sur les enjeux actuels pour l’enfance. In. http://www.coe.int/t/commissioner/Activities/themes/Children/PublicationKorczak_fr.pdf&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Korczak, l&#039;inspirateur des droits de l&#039;enfant est bien, d&#039;abord, un insurgé, comme toute son œuvre en témoigne. C&#039;est un homme qui ne supporte pas la violence faite à l&#039;enfance : la violence physique, bien sûr, la violence psychologique également, mais aussi la violence des institutions qui prétendent œuvrer pour &amp;quot;son bien&amp;quot;.&amp;lt;ref&amp;gt;Meirieu P. 2002. Le pédagogue et les droits de l’enfant : histoire d’un malentendu ?. Editions du Tricorne et Association suisse des Amis du Dr Korczak. p.4&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
“Janusz Korczak, premier défenseur des droits de l’enfant et le plus radical, a été déçu en découvrant la Déclaration des droits de l’enfant adoptée par la Société des Nations en 1924, pas assez claire à son goût et plus implorante que contraignante. Il voulait des droits et non la charité, immédiatement et non dans un avenir lointain.” &amp;lt;ref&amp;gt;Korczak J. Le droit de l’enfant au respect. L’héritage de Janusz Korczak. Conférences sur les enjeux actuels pour l’enfance. In. http://www.coe.int/t/commissioner/Activities/themes/Children/PublicationKorczak_fr.pdf p.7). &amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le travail d&#039;Eglantyne Jebb qui a élaboré et rédigé la [http://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/images/f/fb/Declaration-geneve.pdf Déclaration de Genève] a été important. Elle l’a présenté le 26 septembre 1923 et le 28 février 1924 le Ve Congrès général de la Société de Nations qui l&#039;a alors ratifié.&lt;br /&gt;
C&#039;est le premier texte énonçant des droits fondamentaux des enfants ainsi que la responsabilité des adultes à leur égard. Il est constitué de cinq articles. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Déjà  dans le préambule on peut lire que « L’humanité doit donner à l’enfant ce qu’elle a de meilleur.» On peut y voir également que c’est la protection physique qui est mise en avant en soutenant l&#039;idée de venir en aide en cas de détresse ainsi que celle de combattre la faim et l&#039;exploitation.(articles 2, 3, 4). En parallèle la notion de développement spirituel n’est pas omis (article 1) de même que le fait que “l’enfant doit être élevé dans le sentiment que ses meilleures qualités devront être mises au service de ses frères”(article 5). Ce texte d&#039;après première guerre mondiale est aussi une contribution à un monde paix qui s&#039;étaye sur les enfants qui forme l&#039;avenir, un avenir que les promoteurs des droits de l&#039;enfant voudraient dans la paix.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Déclaration des Droits de l’Enfant, 1959 ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après la seconde guerre mondiale, l&#039;ONU est créée. Elle va s&#039;intéresser aux droits de l&#039;enfant et révéler l&#039;insuffisance de la Déclaration de Genève. En effet, suite à l&#039;adoption de la Déclaration universelle des droits de l&#039;homme (1948) et à l&#039;évolution du droit durant cette période, on pense nécessaire d&#039;approfondir cette question des droits de l&#039;enfant.&lt;br /&gt;
Plusieurs pays membres de l&#039;ONU réclame une convention, c&#039;est à dire un instrument international contraignant qui engage les états qui l&#039;ont ratifié. Mais cette proposition est refusée. Le choix se porte alors sur une seconde Déclaration des droits de l&#039;enfant qui reprend l&#039;idée selon laquelle l&#039;humanité doit donner à l&#039;enfant ce qu&#039;elle a de meilleur. [http://cofradeenfrance.files.wordpress.com/2010/10/dc3a9claration-1959.pdf La déclaration des Droits de l&#039;Enfant] est adoptée par l&#039;assemblée générale des Nations Unies à l&#039;unanimité (70 pays membres), le 20 novembre 1959. Cette date est depuis lors officiellement la journée des droits de l&#039;enfant. La déclaration contient 10 principes fondateurs (elle double donc ceux de 1924!) avec des droits concrets comme par exemple le droit à un nom, à une nationalité ou à un enseignement gratuit au niveau élémentaire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Convention Internationale relative aux Droits de l’Enfant, 1989 ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le 20 novembre 1989, la [http://www.unicef.ch/sites/default/files/attachements/convention_relative_aux_droits_de_lenfant.pdf Convention Internationale relative aux Droits de l’Enfant] (CIDE) a été adoptée par l&#039;Assemblée générale des Nations Unies. Cette Convention a pour but de reconnaître et protéger les droits spécifiques de l&#039;enfant. Elle est composée de 54 articles (elle quintuple le nombre de 1959!) autour des orientations principales suivantes:&lt;br /&gt;
:la non - discrimination&lt;br /&gt;
:l&#039;intérêt supérieur de l&#039;enfant&lt;br /&gt;
:le droit à la vie, la survie et le développement&lt;br /&gt;
:les droits participatifs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les Etats ayant ratifiés cette Convention se doivent de respecter ces articles et de mettre en place les mesures législatives pour protéger les droits de l&#039;enfant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La CIDE est une déclinaison des droits de l&#039;homme exprimés dans la Déclaration universelle des droits de l&#039;homme (1948) et pose que l’enfant est sujet de droit. Elle accorde aux enfants des droits propres et expose leurs droits économiques, sociaux, civils, culturels et politiques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En effet, cette Convention est le texte concernant les droits de l&#039;homme qui a été le plus rapidement accepté au cours de l&#039;histoire, et a été ratifié par le plus d&#039;Etats. Seuls les Etats-Unis et la Somalie ne l&#039;ont pas encore ratifiée aujourd&#039;hui: Les Etats-Unis pratiquent encore la peine de mort pour les enfants dans certains Etats, or cela serait contraire au droit à la vie de l&#039;enfant promulgué dans la CIDE, tandis que la Somalie ne possède pas de gouvernement reconnu pour la ratifier à cause des troubles politiques dans le pays.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Droits de l&#039;enfant - droits de la personne ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;quot;L&#039;humanité doit donner à l&#039;enfant ce qu&#039;elle a de meilleur, affirmer  leurs devoirs, en dehors de toute considération de race, de nationalité et de croyance&amp;quot; - ce sont les prémices officielles de la reconnaissance de l&#039;enfant de 1924. C&#039;était un début, suivi, comme nous avons décrit plus haut, par la Déclaration des droits de l&#039;enfant de 1959 et par La Convention relative aux droits de l&#039;enfant de 1989. &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il faut ici souligner que “jusqu&#039;à l’adoption de la Convention en 1989, les enfants ne vivaient pas dans les limbes juridiques internationales. Il était au contraire admis qu’ils jouissent de garanties offertes par les instruments internationaux précédents, tels que les pactes internationaux relatifs aux droits de l’homme (que la Suisse a récemment ratifiés), à l&#039;exclusion bien entendu des droits liés directement à la condition de l’adulte (droit de se marier, de fonder une famille, assurance-vieillesse ou maternité). L’année internationale de l’enfant a conduit la communauté internationale à préciser le statut des enfants en confirmant leur particularité en tant qu&#039;êtres à la fois vulnérables (Préambules de la Convention, par exemple pp. 5, 6, 12) et appelés “à assumer les responsabilités de la vie dans une société libre”.&amp;lt;ref&amp;gt;Lücker-Babel M-F, Droits de l&#039;enfant: idéologies et réalités. In. Ratifier en Suisse. La Convention de l&#039;ONU relative aux droits de l&#039;enfant?. N° 26, Novembre 1992. p. 43&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;enfant est considéré peu à peu comme un être de droit au cours du XXe siècle, ce que l&#039;on peut voir notamment à travers les différents textes codifiant les droits de l&#039;enfant à cette époque.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout d&#039;abord, en 1924, le premier texte international au sujet des droits de l&#039;enfant ([http://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/images/f/fb/Declaration-geneve.pdf Déclaration de Genève]) confère à celui-ci des droits primaires, comme lui permettre de se développer normalement sur le plan matériel et spirituel, de gagner sa vie sans être exploité, être nourri, soigné, recueilli et secouru, et également de l&#039;élever dans l&#039;esprit que ses qualités devront pourvoir à la société. On voit dans ce texte que les droits dotés à l&#039;enfant amorce une idée de soin et de protection de l&#039;enfant dans l&#039;évocation du secours qui doit lui être porté, et démontre aussi un intérêt pour son bon développement. Toutefois, ces articles restent assez pauvres quant aux droits accordés aux enfants et l&#039;on voit que le travail de l&#039;enfant reste de mise.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[http://cofradeenfrance.files.wordpress.com/2010/10/dc3a9claration-1959.pdf La Déclaration des Droits de l&#039;Enfant] de 1959 va plus loin. Ce texte insiste d&#039;avantage sur la protection  qui doit être accordée à l&#039;enfant qui n&#039;est plus seulement suggérée sous le terme &amp;quot;secours&amp;quot;. Ici, son développement ne doit plus uniquement être normal, mais également sain sur le plan, cette fois-ci moral, spirituel, physique, intellectuel et social. On ajoute que l&#039;enfant doit pouvoir se développer dans la liberté et la dignité.&lt;br /&gt;
Il est important de voir que certains principes sont totalement nouveaux comme par exemple le droit de posséder une nationalité et un nom. On y parle aussi de sécurité non seulement sociale pour l&#039;enfant et sa mère, mais également de sécurité morale.&lt;br /&gt;
Dans ce texte, on voit apparaître l&#039;importance accordée à l&#039;affection envers l&#039;enfant, qui est pour lui un besoin. De plus, il est indiqué que la séparation du petit enfant et de sa mère doit être éviter autant que possible. Si l&#039;enfant n&#039;a pas de famille, il est déclaré que c&#039;est alors aux pouvoirs publics et à la société d&#039;en prendre soin, de même pour les enfants n&#039;ayant pas les moyens nécessaires d’existence.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
A noter également, l&#039;entrée de l&#039;éducation comme étant un droit pour l&#039;enfant: &amp;quot;une éducation gratuite et obligatoire au moins au niveau élémentaire&amp;quot; (principe 7). Les loisirs sont incorporés dans ce principe comme éléments importants. Il est indiqué que l&#039;enfant a en effet le droit de jouer. &lt;br /&gt;
En 1959 est présente l&#039;idée de l&#039;apport des qualités de l&#039;enfant pour les autres membres de la société. Cette idée est accompagnée de celle du devoir de le protéger contre la discrimination, et de l&#039;élever dans un esprit de compréhension, de paix et de tolérance. De plus, on peut remarquer une évolution en ce qui concerne le travail des enfants. En effet, le principe 9 pose clairement des limites à l&#039;employabilité de l&#039;enfant; outre la protection de son développement moral, physique ou mental, sa santé ou son éducation, on parle d&#039;âge minimum approprié pour l&#039;emploi. Toutefois, celui-ci n&#039;est pas spécifié. La notion d&#039;intérêt supérieur de l&#039;enfant fait son apparition dans cet écrit.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[http://www.unicef.ch/sites/default/files/attachements/convention_relative_aux_droits_de_lenfant.pdf La Convention relative aux Droits de l&#039;Enfant] de 1989 est le texte relevant des droits de l&#039;enfant le plus abouti. En effet, on peut déjà noter la différence en termes de nombres d&#039;articles de ces textes: 1924, La Déclaration de Genève compte 5 articles, on passe à 10 principes en 1959 et à 54 articles dans la Convention relative aux droits de l&#039;enfant en 1989. Cette convention reprend les droits exprimés dans les textes précédents, notamment les fondamentaux: droit à l&#039;identité, à la santé, à l&#039;éducation et à la protection et ajoute également bons nombres d&#039;autres considérations. Notamment, un nouveau droit fondamental est inclus dès lors: le droit à la participation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les droits de l&#039;enfant en Suisse ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le 24 février 1997, la Suisse a ratifié la Convention des Nations Unies relative aux droits de l’enfant. &lt;br /&gt;
Le conseil fédéral a constaté que dans l&#039;ensemble l&#039;ordre juridique suisse était en accord avec les principes de la convention. Néanmoins, il a émis des réserves dans plusieurs domaines où cet ordre juridique n&#039;est pas encore en totale adéquation avec les dispositions de la convention: le droit de l&#039;enfant à une nationalité, le regroupement familial, la séparation des jeunes et des adultes en cas de détention, les procédures pénales impliquant des mineurs. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Par ailleurs, il y a beaucoup de différences entre les différents cantons à propos de la mise en œuvre des droits. Tout ceci doit encore être amélioré.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La Convention est entrée en vigueur le 26 mars 1997 en Suisse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il faut ajouter que le pays a ratifié le protocole facultatif au sujet de l&#039;implication des enfants dans les conflits armés le 26 juillet 2002. Ce protocole, afin d&#039;augmenter la protection des enfants et adolescents, a élevé l&#039;âge minimum requis prévu dans la convention sur l’engagement volontaire et l’enrôlement obligatoire dans les forces armées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En Suisse, le deuxième protocole facultatif qui concerne la vente d&#039;enfants, la prostitution des enfants et la pornographie mettant en scène des enfants afin de mieux protéger les enfants de l&#039;exploitation sexuelle est entré en vigueur le 19 octobre &lt;br /&gt;
2006.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Une nouveauté visant une reconnaissance d&#039;un mineur est son droit de vote. C&#039;est un sujet encore d&#039;actualité qui preuve que le sujet de droits de l&#039;enfant commencé le siècle dernier continue. &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Il faut savoir que les Constitutions et les législations en Suisse divergent en fonction du canton. D’une manière générale le droit de vote au niveau fédéral et cantonal est accordé aux ressortissants suisses ayant 18 ans révolus. &lt;br /&gt;
Néanmoins certaines cantons suisses ont débuté une démarche visant à accorder le doit de vote au niveau cantonal dès l’âge de 16 ans. &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Les citoyens ont pu s’exprimer sur l&#039;abaissement de l&#039;âge du droit de vote à 16 ans dans plusieurs cantons suisses tels que par exemple le canton de Berne, de Neuchâtel ou de Glaris. Celui-ci, en 2010, a accepté d&#039;accorder le premier ce droit aux jeunes à partir de 16 ans. Comme on peut le lire dans l’article de [http://www.rts.ch/info/suisse/1142189-glaris-dit-oui-au-droit-de-vote-a-16-ans.html RTS] paru le 28.06.2010 “beaucoup de jeunes entrent dans la vie active à 16 ans. Ils pourront désormais aussi s&#039;exprimer sur des sujets qui les concernent directement, comme l&#039;école ou l&#039;apprentissage”.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Retour et analyse de l&#039;entretien ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous avons interviewé Monsieur Jean-Pierre Audéoud le 4 décembre 213. Cet homme a eu un parcours professionnel très riche. Après des études de droits........&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===== Le Tribunal des mineurs =====&lt;br /&gt;
Notre temoin, M. [[Index|Jean-Pierre Audéoud]], nous a expliqué durant l&#039;[[Entretien avec M. Jean-Pierre Audéoud|interview]] du 4 décembre 2013 qu’il était engagé professionnellement, en tant qu’éducateur et en tant que juge pour les mineurs. Son riche expérience dans le domaine sociale lui a permis de mieux appréhender les tâches auprès de Tribunal des mineurs dans le Canton de Vaud. L’engagement tout à fait remarquable de cet homme est mis en avant durant l’entretien:&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
“en choisissant le droit j’avais déjà une arrière pensée, je ne pensais pas être juriste dans un bureau ou faire avocat, quelque chose comme ça. C’est… c’était… alors c’est déjà une orientation si vous voulez, c’est-à-dire que je me suis déjà engagé en commençant le droit mais pas d’une manière précise, pas un moment « tac » voilà. Alors bon je sais pas si c’est à prendre en considération. Mais ça c’est affiné si vous voulez… non puis alors l’engagement véritable c’est quand je suis parti à Montpellier, c’est le choix de cette école d’éducateurs où je voulais compléter ma formation de juriste pour pouvoir à l’occasion revenir dans la juridiction des mineurs.”&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Il faut souligner ici que le Tribunal des mineurs, une instance pour laquelle a travaillé Monsieur Jean-Pierre Audéoud, tient une place importante dans le champ des droits de l&#039;enfant. En outre le rôle du juge des mineurs est primordial, car c&#039;est lui qui va s&#039;occuper d&#039;instruire la cause, c&#039;est lui qui prend les décisions quand un délit  est commis par un enfant.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Une recherche que nous avons mené à ce sujet nous a permis de voir qu&#039;il existe plusieurs types de sanctions:&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
* Les &amp;quot;peines prévues par le droit des mineurs :&lt;br /&gt;
réprimande ; prestation personnelle (travail d’intérêt général ou séance de sensibilisation) ; amende ; privation de liberté&amp;quot;.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
* Les &amp;quot;mesures de protection prévues par le droit des mineurs :&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
surveillance (droit de regard et d&#039;information sur la prise en charge éducative ou thérapeutique du mineur par ses parents) ; assistance personnelle (désignation d’une personne pour seconder les parents et assister le mineur) ; traitement ambulatoire (en cas de troubles psychiques, du développement de la personnalité, de toxicodépendance ou d’autre addiction) ; placement (si l’éducation et le traitement de l’état du mineur ne peuvent être assurés autrement).&amp;quot; &amp;lt;ref&amp;gt;http://www.vd.ch/fileadmin/user_upload/themes/etat_droit/justice/fichiers_pdf/Penal_7_web.pdf&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La page web officielle de la République et du canton de Genève, indique  &amp;quot;le Tribunal des mineurs est l’autorité pénale compétente pour poursuivre et juger les infractions commises par les mineurs âgés de dix à dix-huit ans au moment de l&#039;acte.&lt;br /&gt;
Il est également l&#039;autorité d&#039;exécution des peines et mesures prononcées, ces dernières pouvant durer jusqu&#039;à l&#039;âge de 22 ans.&amp;quot; &amp;lt;ref&amp;gt;https://ge.ch/justice/tribunal-des-mineurs&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De manière plus générale, la protection de l&#039;enfant est une démarche sociétale qui concerne l&#039;ensemble des citoyens qu&#039;importe leurs origines.&lt;br /&gt;
En suivant le parcours de l&#039;enfant en tant que personne à part entière, on constate qu&#039;il évolue au cours du XXe siècle. À partir des informations publiées sur le site de Unicef on peut retracer les éléments marquants de ce changement en vue de la reconnaissance internationale et de l’importance de l’enfance.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Les droits de l&#039;enfant à travers le prisme de l&#039;éducation  ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* [[Entretien avec M. Jean-Pierre Audéoud|Entretien]] avec M. [[Index|Jean-Pierre Audéoud]]&lt;br /&gt;
* [[Article 2013/14|Méthode d&#039;entretien]]&lt;br /&gt;
* [[Questions pour les entretiens|Questions d&#039;entretien]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme l&#039;indique le titre de cette section, nous allons aborder les droits des enfants à travers le prisme de l&#039;éducation, car notre témoin à avant tout travailler dans le cadre de l&#039;éducation, que ce soit dans sa formation d&#039;éducateur, ou son poste de directeur d&#039;une maison d&#039;éducation pour les jeunes délinquants à Serix avec sa femme Colette Audéoud ou encore celui de juge au Tribunal des mineurs du canton de Vaud.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est important de souligner qu&#039;avant de rencontrer notre témoin, nous n&#039;avions que peu d&#039;informations sur son parcours professionnel et de vie. Nous nous sommes rendues compte en menant l&#039;interview qu&#039;il n&#039;était pas dans des revendications, dans une lutte en faveur des droits de l&#039;enfant au sens strict. Mais il a, de part son métier et ses actions concrètes, participé à l&#039;évolution d&#039;une individualisation de l&#039;enfant; son but étant de faire grandir, évoluer des jeunes  pour qu&#039;ils reprennent le droit chemin, tout en respectant leurs besoins. Ainsi, il se trouve un certain décalage entre nos chapitres précédents concernant les droits de l&#039;enfant au sens strict et celui-ci qui traite d&#039;aspects éducatifs à travers une expérience de vie. Néanmoins, nous avons pu faire différents liens entre cette expérience et les droits en tant que tels. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;entretien avec M. et Mme Audéoud nous a permis de mettre en avant divers aspects reliés aux changements quant au travail d&#039;éducateur durant la période des [[Article_2013/14|années 60-80]]. Monsieur et Madame Audéoud on travaillé durant 10 ans (1963-1973) en tant que couple-directeur dans une maison d&#039;éducation pour jeunes délinquants. La colonie de Serix accueillait 40 jeunes enfants et adolescents (uniquement des garçons) placés soit par une instance civile, soit par le service de protection de la jeunesse, ou encore par le tribunal des mineurs. Durant ces 10 années, ils ont initié et participé à de nombreux changements concrets au sein de leur institution. Ces changements reflètent grandement l&#039;évolution du regard porté sur l&#039;enfant à l&#039;époque. Avec la mise en place de cultes le dimanche où les gens des villages alentours se réunissaient au sein même de l&#039;institution  ou encore la création d&#039;un jardin d&#039;enfants pour les enfants du personnel, la création d&#039;un parc de jeux par de jeunes scouts, il y a cette volonté d&#039;ouvrir l&#039;institution pour que d&#039;une part les jeunes puissent avoir des contacts avec l&#039;extérieur, mais également pour que les gens de l&#039;extérieur puissent avoir un regard différent sur ce lieu et ses résidents. Les Audéoud vont encore plus loin en créant un foyer d&#039;habitation dépendant de Serix, en intégrant des jeunes dans les écoles des alentours, en leur organisant des vacances ou la possibilité de rentrer dans leur famille le week-end. Cette ouverture vers l&#039;extérieur était vraiment quelque chose de nouveau car durant des années Serix était un lieu très fermé ou rien de filtrait.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un élément marquant constaté par le couple Audéoud à travers leurs années à Serix est l&#039;évolution du statut d&#039;éducateur. &lt;br /&gt;
(suite à venir...)&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Cet entretien a mis également en lumière l&#039;évolution de la reconnaissance de l&#039;enfant et de ses droits. En effet, les droits de l&#039;enfant sont des droits de la personne avant tout. L&#039;entretien a par exemple souligné l&#039;importance de l&#039;écoute de l&#039;enfant et son droit à la parole. Ainsi, M. Audéoud nous a expliqué qu&#039;au Tribunal des mineurs le président se doit d&#039;écouter le mineur accusé et ses responsables légaux. D&#039;ailleurs, le but du juge pour enfant selon notre témoin est de choisir la sanction appropriée au mineur particulier, éduquer ou punir : travaux d&#039;intérêts généraux, amande ou encore le placement dans un établissement d&#039;éducation. Il se mêle alors des aspects juridiques à des aspects éducatifs et l&#039;on tente de déterminer ce qui est le mieux pour le jeune et non réellement selon le délit commis.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Il s&#039;agit là d&#039;un changement conséquent, car dans les années 60, M. Audéoud nous a fait part que dans son poste de directeur à Serix, les besoins des jeunes étaient définis par les adultes, qui décidaient pour les jeunes par rapport à ce qu&#039;ils pensaient être bien pour eux, mais sans leur demander leur avis. On n&#039;était pas encore dans une réelle prise en compte de la parole de l&#039;enfant à l&#039;époque. Une évolution sur le plan de l&#039;individualisation de l&#039;enfant et de la prise en compte de ses besoins est visible. En effet, aujourd&#039;hui on entend plus l&#039;enfant, on tente de connaître ce qu&#039;il désire et on regarde si on peut y accommoder. Avant, l&#039;enfant se devait de s&#039;accommoder lui à ce qu&#039;on lui imposait. De même, à Serix les colloques concernant les enfants se déroulaient sans l&#039;intéressé et ses parents, mais seulement avec les éducateurs et autres professionnels entourant le jeune. Petit à petit, les éducateurs ont changé de manière de faire, en imposant moins de choses supposées pour le bien des enfants et adolescents. Dans cet ordre d&#039;idée, on retrouve les points fondamentaux de la Constitution de 1989, du droit à la participation ainsi que la prise en compte de l&#039;intérêt supérieur de l&#039;enfant. Donc, entre les années 60 et 80, le domaine de l&#039;éducation a évolué dans la place attribuée au mineur dans les choix et sujets le concernant, l&#039;écoute qu&#039;on lui accorde et le droit de parole de celui-ci. De plus, les changements sont aussi visibles dans la prise en compte plus aboutie des besoins de l&#039;enfant, notamment par son expression de ses désirs et ressentis. Mme Audéoud souligne également le recours progressif à l&#039;individualisation de la démarche envers le jeune dans le milieu éducatif de Serix. Ainsi les jeunes ne sont plus approchés collectivement et on tient davantage compte de leur individualité dans les démarches entreprises à son égard. &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Par rapport à la question des valeurs portées par ces deux personnes, on retrouve celles de donner une structure à l&#039;enfant de manière attentionnée, de donner de l&#039;affection à ces jeunes  qui souvent en manquait, ainsi que de la reconnaissance. Valoriser l&#039;enfant, le protéger, lui manifester de l&#039;intérêt, mais aussi l&#039;aider à développer ses capacités d&#039;un point de vue cognitif, social et affectif, voilà ce en quoi croyait ce couple. Leurs convictions et ils l&#039;évoquent eux-mêmes répondent toutes aux différents besoins que l&#039;enfant a pour se développer harmonieusement. En cela, on retrouve les fondements de base des droits internationaux des enfants, car on y parle de protection de l&#039;enfant ainsi que permettre à l&#039;enfant de se développer harmonieusement.  &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Conclusions ===&lt;br /&gt;
Les droits de l’enfant, comme nous l’avons présenté, ont évolués au cours de décennies du XXème siècle. L’histoire de cette période nous témoigne de leur importance, de leur rôle prépondérant dans la vie d’un être humain. Ce qui ne veut pas dire que l’on n’a rien de plus à accomplir, bien au contraire. La préoccupation importante quant à aux conditions des enfants dans le monde est encore d&#039;actualité au XXIème sciècle. L&#039;enfant est une personne à part entière ce qui ne fait aucune doute et la [[Article_2013/14|complexité du concept des droits de la personne]] abordée dans notre article renvoie justement à la liberté, à l&#039;intégrité, à la sûreté. Mais surtout qu’importe d&#039;où l’on vient et ce qu’on fait, nous avons le droit à la vie. &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Les [[Droits_des_femmes|femmes]], les [[Droits_des_prisonniers|prisonniers]], les [[Droits_des_patients_psychiatriques|patients]], les [[Droits_des_personnes_en_situation_de_handicap|personnes en situation de handicap]], chaque individu a ce droit pour lequel certains se battent encore aujourd&#039;hui.&amp;lt;br /&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’enfance lie les individus qu’importe leur appartenance. Ce période de la vie qui nous est commun prend une dimension à part tout simplement parce que dans chaque enfant émerge l’avenir, notre avenir. Les adultes ont pour but de les comprendre, de les respecter en tant que personnes et de protéger leurs droits. &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Avec le temps, l&#039;enfant a peu à peu exister comme personne à part entière. Il n&#039;est plus seulement un &amp;quot;homme en devenir&amp;quot;, mais bien un enfant avec ses particularités et besoins spécifiques. De plus, l&#039;intérêt qui lui a été porté à amener à la prise en compte de sa parole, de ses désirs, intérêts, ainsi que de ses besoins, comme lui les définit. On a ainsi vu à travers notre entretien que d&#039;une définition des besoins de l&#039;enfant par l&#039;adulte durant les années 60 dans les milieux éducatifs en Suisse, on est passé vers une prise en compte plus réelle des besoins de l&#039;enfant en s&#039;adressent directement à celui-ci et en l&#039;écoutant davantage. La protection de l&#039;enfant est une notion importante dans la construction de ses droits.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme nous l&#039;avons dit auparavant, son droit à la vie est apparu dans ces textes internationaux. De prime abord, le droit à la vie de tout être humain nous paraît naturel, mais on voit que cela ne va pas de soi, de même que sa protection. La reconnaissance du droit et besoin de protection de l&#039;enfant est essentielle, car il s&#039;agit d&#039;un être vulnérable et dépendant, soumis au bon vouloir des parents. Cette relation dominant-dominé, où l&#039;un possède un certain pouvoir sur l&#039;autre se retrouve dans bien d&#039;autres populations. Ainsi, d&#039;autres droits développés à partir du milieu du 20ème siècle, comme le droits des [[Droits_des_femmes|femmes]], des [[Droits_des_patients_psychiatriques|patients psychiatriques]], des [[Droits des patients (à l&#039;hôpital)|patients hospitaliers]], des [[Droits_des_personnes_en_situation_de_handicap|personnes en situation de handicap]] ou encore des [[Droits_des_prisonniers|prisonniers]] vont dans ce sens. Ce sont toutes des populations sous la domination d&#039;autrui pour lesquelles des luttes se sont développées afin de faire valoir leurs droits, en particulier de parole, écoute, etc. La préoccupation de l&#039;enfant va sans doute de paire avec la conscience de la société de cet enfant comme devenir de la société. En effet, en désirant une société de bons citoyens, épanouis et travailleurs, il faut avant tout s&#039;occuper des conditions et favoriser au mieux le développement harmonieux des enfants. On peut ainsi rapprocher cette volonté d&#039;améliorer la société par le soucis de l&#039;enfant avec l&#039;apparition de l&#039;obligation scolaire pour tous. L&#039;instauration des droits pour l&#039;enfant va cependant plus loin, car elle touche à bien d&#039;autres domaines que l&#039;instruction.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour finir, on peut voir que ces droits reconnus internationalement doivent tout de même continué à être l&#039;objet d&#039;un travail constant, car entre la théorie et la pratique, on peut voir de grandes différences, même dans nos pays développés. Ainsi, il importe de faire connaître leurs droits aux enfants, de les faire respecter, notamment à travers des instances  et sanctions juridiques à cet égard.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Bibliographie / Webographie ===&lt;br /&gt;
* Droux J.,2011. &#039;&#039;L&#039;internationalisation de la protection de l&#039;enfance : acteurs, concurrences et projets transnationaux (1900-1925)&#039;&#039;. In. Critique internationale, 2011/3 n° 52, p. 17-33&lt;br /&gt;
* Martinetti, F. 2002. &#039;&#039;Les Droits de l&#039;enfant&#039;&#039;. Librio&lt;br /&gt;
* http://cofrade.fr/&lt;br /&gt;
* http://www.humanium.org/fr/&lt;br /&gt;
* http://www.netzwerk-kinderrechte.ch/&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Notes et références ===&lt;br /&gt;
&amp;lt;references/&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Auteurs du chapitre ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Claire Bourgeois Dubois-Ferriere&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
* Katarzyna Milena Fratczak&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
* Victoria Salomon&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Victoria</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Droits_des_enfants&amp;diff=12987</id>
		<title>Droits des enfants</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Droits_des_enfants&amp;diff=12987"/>
		<updated>2014-01-13T17:11:58Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Victoria : /* Droits de l&amp;#039;enfant - droits de la personne */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;=== Introduction ===&lt;br /&gt;
Les droits de l&#039;enfant visant la protection des mineurs évoluent au cours des décennies. Les prémices du XXe siècle les plus connues sont bien évidemment la Déclaration de Genève (1924), la Déclaration de droits de l&#039;enfant (1959) et enfin le texte de la Convention des Nations Unies relative aux droits de l&#039;enfant du 20 novembre 1989. Ce dernier “ratifié d’une manière quasi universelle (193 États sur 195) en fait un texte hors norme de part sa portée dans l’espace et de par l’enthousiasme spontané qu’ [il] a suscité.”&amp;lt;ref&amp;gt;Zermatten, J., Stoecklin D. 2009. Le droit des enfants de participer. Norme juridique et réalité pratique: contribution à un nouveau contrat social. Suisse: Institut International des Droits de l&#039;Enfant., p.7 &amp;lt;/ref&amp;gt; Ce parcours historique est une partie importante de l’histoire qu’on écrit aujourd’hui.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
On peut remarquer que le premier pas vers l&#039;individualisation de l&#039;enfant datant de 1924, pointe le bout de son nez quelques années après la fin de la première guerre mondiale. Le 2ème est marqué par la Déclaration de droits de l&#039;enfant de 1959, donc à l’image de la précédente, elle date des années après la seconde guerre mais est également un point de départ menant vers la Convention de 1989.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Le long chemin vers  une telle reconnaissance était en grande partie marqué par la création, un peu partout en Europe, des communautés d&#039;enfants. Leur rôle  n&#039;est pas négligeable. La  définition de ces communautés d&#039;enfants est donné à Trogen en juillet 1948  et semble préciser un peu plus les besoins de l&#039;enfant en tant que personne. Ce sont: « les organisations éducatives ou rééducatives à caractère permanent, fondées sur la participation active des enfants ou adolescents à la vie de la communauté, dans le cadre des méthodes d’éducation et d’instruction modernes – et dans lesquelles la vie de famille se combine de diverses façons aux modalités de la vie de collectivité&amp;quot;.&amp;lt;ref&amp;gt;Cours de M.Ruchat: L’éducation spéciale du XVIIIe au XXe siècles: L’éducation, les normes et l’individu, Université de Genève, 2013&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Dans l’esprit de la reconnaissance d’un enfant à part entière mais avec le respect de sa liberté, [[Libres enfants de Summerhill (Neill)|Alexander Sutherland Neill]] crée son école de Summerhill en 1921, une école qui encore de nos jours suscite beaucoup de discussions et polémiques. Dans le cadre de cet atelier d’intelligence collective nous avons procédé à une comparaison des idées de Neill décrites dans son livre [[Libres enfants de Summerhill (Neill)|&amp;quot;Libres enfants de Summerhill&amp;quot;]] (1960) avec la Convention relative aux droits de l’enfant de 1989 avec un constat tout à fait surprenant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Historique des droits de l&#039;enfant ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== « L’humanité doit donner à l’enfant ce qu’elle a de meilleur » Déclaration de Genève sur les Droits de l’Enfant, 1924 ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est important de signaler qu&#039;avant même l&#039;intérêt qui s&#039;est peu à peu développé quant aux droits de l&#039;enfant, il a d&#039;abord fallu que le société prenne conscience du statut particulier de l&#039;enfant, avec ses spécificités, et bien plus encore d&#039;être humain digne de droits propres : “L’adulte a longtemps cru que c’était lui-même qui devait animer l’enfant par ses soins et son assistance. Il pensait que son rôle était de façonner l’enfant, de construire sa vie psychique pour que l’enfant devienne peu à peu comme lui. L’enfant était un objet d’assistance, un adulte en devenir (certains disent même &amp;quot;en miniature&amp;quot;) et non une personne humaine à part entière. Petit, faible, pauvre, dépendant, il n’était qu’un citoyen potentiel qui ne sera homme ou femme que demain. Il ne devenait une personne humaine, sujet de droits, qu’à partir du moment où il atteignait l’âge adulte. C’est à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle, notamment après la Première Guerre mondiale, que le concept de droits de l’enfant apparaît.” &amp;lt;ref&amp;gt;Dhellemmes V. ,2010. La dignité et les droits de l&#039;enfant : vingt ans d&#039;avancées sur le plan international. In. Transversalités, 2010/3 N° 115, p. 99-110.&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quand on fait une recherche sur des droits de l’enfant à travers les documents écrits en l&#039;espace de plus de cent ans, du début du XXème siècle jusqu’à aujourd’hui, on retrouve les noms de deux précurseurs qui ont marqué le cours de l’histoire. Il s’agit de Britannique Eglantyne Jebb (1876-1928) et du polonais Henryk Goldzmit (1878–1942) connu sous le nom de Janusz Korczak.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Ce dernier, pédiatre et éducateur qui a tant &amp;quot;aimé et défendu&amp;quot; les enfants, ne voulant pas les laisser seuls, s&#039;est laissé emmener avec eux à Treblinka où il est mort dans une chambre à gaz.&amp;lt;ref&amp;gt;Korczak J. Le droit de l’enfant au respect. L’héritage de Janusz Korczak. Conférences sur les enjeux actuels pour l’enfance. In. http://www.coe.int/t/commissioner/Activities/themes/Children/PublicationKorczak_fr.pdf&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Korczak, l&#039;inspirateur des droits de l&#039;enfant est bien, d&#039;abord, un insurgé, comme toute son œuvre en témoigne. C&#039;est un homme qui ne supporte pas la violence faite à l&#039;enfance : la violence physique, bien sûr, la violence psychologique également, mais aussi la violence des institutions qui prétendent œuvrer pour &amp;quot;son bien&amp;quot;.&amp;lt;ref&amp;gt;Meirieu P. 2002. Le pédagogue et les droits de l’enfant : histoire d’un malentendu ?. Editions du Tricorne et Association suisse des Amis du Dr Korczak. p.4&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
“Janusz Korczak, premier défenseur des droits de l’enfant et le plus radical, a été déçu en découvrant la Déclaration des droits de l’enfant adoptée par la Société des Nations en 1924, pas assez claire à son goût et plus implorante que contraignante. Il voulait des droits et non la charité, immédiatement et non dans un avenir lointain.” &amp;lt;ref&amp;gt;Korczak J. Le droit de l’enfant au respect. L’héritage de Janusz Korczak. Conférences sur les enjeux actuels pour l’enfance. In. http://www.coe.int/t/commissioner/Activities/themes/Children/PublicationKorczak_fr.pdf p.7). &amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le travail d&#039;Eglantyne Jebb qui a élaboré et rédigé la [http://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/images/f/fb/Declaration-geneve.pdf Déclaration de Genève] a été important. Elle l’a présenté le 26 septembre 1923 et le 28 février 1924 le Ve Congrès général de la Société de Nations qui l&#039;a alors ratifié.&lt;br /&gt;
C&#039;est le premier texte énonçant des droits fondamentaux des enfants ainsi que la responsabilité des adultes à leur égard. Il est constitué de cinq articles. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Déjà  dans le préambule on peut lire que « L’humanité doit donner à l’enfant ce qu’elle a de meilleur.» On peut y voir également que c’est la protection physique qui est mise en avant en soutenant l&#039;idée de venir en aide en cas de détresse ainsi que celle de combattre la faim et l&#039;exploitation.(articles 2, 3, 4). En parallèle la notion de développement spirituel n’est pas omis (article 1) de même que le fait que “l’enfant doit être élevé dans le sentiment que ses meilleures qualités devront être mises au service de ses frères”(article 5). Ce texte d&#039;après première guerre mondiale est aussi une contribution à un monde paix qui s&#039;étaye sur les enfants qui forme l&#039;avenir, un avenir que les promoteurs des droits de l&#039;enfant voudraient dans la paix.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Déclaration des Droits de l’Enfant, 1959 ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après la seconde guerre mondiale, l&#039;ONU est créée. Elle va s&#039;intéresser aux droits de l&#039;enfant et révéler l&#039;insuffisance de la Déclaration de Genève. En effet, suite à l&#039;adoption de la Déclaration universelle des droits de l&#039;homme (1948) et à l&#039;évolution du droit durant cette période, on pense nécessaire d&#039;approfondir cette question des droits de l&#039;enfant.&lt;br /&gt;
Plusieurs pays membres de l&#039;ONU réclame une convention, c&#039;est à dire un instrument international contraignant qui engage les états qui l&#039;ont ratifié. Mais cette proposition est refusée. Le choix se porte alors sur une seconde Déclaration des droits de l&#039;enfant qui reprend l&#039;idée selon laquelle l&#039;humanité doit donner à l&#039;enfant ce qu&#039;elle a de meilleur. [http://cofradeenfrance.files.wordpress.com/2010/10/dc3a9claration-1959.pdf La déclaration des Droits de l&#039;Enfant] est adoptée par l&#039;assemblée générale des Nations Unies à l&#039;unanimité (70 pays membres), le 20 novembre 1959. Cette date est depuis lors officiellement la journée des droits de l&#039;enfant. La déclaration contient 10 principes fondateurs (elle double donc ceux de 1924!) avec des droits concrets comme par exemple le droit à un nom, à une nationalité ou à un enseignement gratuit au niveau élémentaire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Convention Internationale relative aux Droits de l’Enfant, 1989 ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le 20 novembre 1989, la [http://www.unicef.ch/sites/default/files/attachements/convention_relative_aux_droits_de_lenfant.pdf Convention Internationale relative aux Droits de l’Enfant] (CIDE) a été adoptée par l&#039;Assemblée générale des Nations Unies. Cette Convention a pour but de reconnaître et protéger les droits spécifiques de l&#039;enfant. Elle est composée de 54 articles (elle quintuple le nombre de 1959!) autour des orientations principales suivantes:&lt;br /&gt;
:la non - discrimination&lt;br /&gt;
:l&#039;intérêt supérieur de l&#039;enfant&lt;br /&gt;
:le droit à la vie, la survie et le développement&lt;br /&gt;
:les droits participatifs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les Etats ayant ratifiés cette Convention se doivent de respecter ces articles et de mettre en place les mesures législatives pour protéger les droits de l&#039;enfant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La CIDE est une déclinaison des droits de l&#039;homme exprimés dans la Déclaration universelle des droits de l&#039;homme (1948) et pose que l’enfant est sujet de droit. Elle accorde aux enfants des droits propres et expose leurs droits économiques, sociaux, civils, culturels et politiques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En effet, cette Convention est le texte concernant les droits de l&#039;homme qui a été le plus rapidement accepté au cours de l&#039;histoire, et a été ratifié par le plus d&#039;Etats. Seuls les Etats-Unis et la Somalie ne l&#039;ont pas encore ratifiée aujourd&#039;hui: Les Etats-Unis pratiquent encore la peine de mort pour les enfants dans certains Etats, or cela serait contraire au droit à la vie de l&#039;enfant promulgué dans la CIDE, tandis que la Somalie ne possède pas de gouvernement reconnu pour la ratifier à cause des troubles politiques dans le pays.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Droits de l&#039;enfant - droits de la personne ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;quot;L&#039;humanité doit donner à l&#039;enfant ce qu&#039;elle a de meilleur, affirmer  leurs devoirs, en dehors de toute considération de race, de nationalité et de croyance&amp;quot; - ce sont les prémices officielles de la reconnaissance de l&#039;enfant de 1924. C&#039;était un début, suivi, comme nous avons décrit plus haut, par la Déclaration des droits de l&#039;enfant de 1959 et par La Convention relative aux droits de l&#039;enfant de 1989. &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il faut ici souligner que “jusqu&#039;à l’adoption de la Convention en 1989, les enfants ne vivaient pas dans les limbes juridiques internationales. Il était au contraire admis qu’ils jouissent de garanties offertes par les instruments internationaux précédents, tels que les pactes internationaux relatifs aux droits de l’homme (que la Suisse a récemment ratifiés), à l&#039;exclusion bien entendu des droits liés directement à la condition de l’adulte (droit de se marier, de fonder une famille, assurance-vieillesse ou maternité). L’année internationale de l’enfant a conduit la communauté internationale à préciser le statut des enfants en confirmant leur particularité en tant qu&#039;êtres à la fois vulnérables (Préambules de la Convention, par exemple pp. 5, 6, 12) et appelés “à assumer les responsabilités de la vie dans une société libre”.&amp;lt;ref&amp;gt;Lücker-Babel M-F, Droits de l&#039;enfant: idéologies et réalités. In. Ratifier en Suisse. La Convention de l&#039;ONU relative aux droits de l&#039;enfant?. N° 26, Novembre 1992. p. 43&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;enfant est considéré peu à peu comme un être de droit au cours du XXe siècle, ce que l&#039;on peut voir notamment à travers les différents textes codifiant les droits de l&#039;enfant à cette époque.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout d&#039;abord, en 1924, le premier texte international au sujet des droits de l&#039;enfant ([http://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/images/f/fb/Declaration-geneve.pdf Déclaration de Genève]) confère à celui-ci des droits primaires, comme lui permettre de se développer normalement sur le plan matériel et spirituel, de gagner sa vie sans être exploité, être nourri, soigné, recueilli et secouru, et également de l&#039;élever dans l&#039;esprit que ses qualités devront pourvoir à la société. On voit dans ce texte que les droits dotés à l&#039;enfant amorce une idée de soin et de protection de l&#039;enfant dans l&#039;évocation du secours qui doit lui être porté, et démontre aussi un intérêt pour son bon développement. Toutefois, ces articles restent assez pauvres quant aux droits accordés aux enfants et l&#039;on voit que le travail de l&#039;enfant reste de mise.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[http://cofradeenfrance.files.wordpress.com/2010/10/dc3a9claration-1959.pdf La Déclaration des Droits de l&#039;Enfant] de 1959 va plus loin. Ce texte insiste d&#039;avantage sur la protection  qui doit être accordée à l&#039;enfant qui n&#039;est plus seulement suggérée sous le terme &amp;quot;secours&amp;quot;. Ici, son développement ne doit plus uniquement être normal, mais également sain sur le plan, cette fois-ci moral, spirituel, physique, intellectuel et social. On ajoute que l&#039;enfant doit pouvoir se développer dans la liberté et la dignité.&lt;br /&gt;
Il est important de voir que certains principes sont totalement nouveaux comme par exemple le droit de posséder une nationalité et un nom. On y parle aussi de sécurité non seulement sociale pour l&#039;enfant et sa mère, mais également de sécurité morale.&lt;br /&gt;
Dans ce texte, on voit apparaître l&#039;importance accordée à l&#039;affection envers l&#039;enfant, qui est pour lui un besoin. De plus, il est indiqué que la séparation du petit enfant et de sa mère doit être éviter autant que possible. Si l&#039;enfant n&#039;a pas de famille, il est déclaré que c&#039;est alors aux pouvoirs publics et à la société d&#039;en prendre soin, de même pour les enfants n&#039;ayant pas les moyens nécessaires d’existence.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
A noter également, l&#039;entrée de l&#039;éducation comme étant un droit pour l&#039;enfant: &amp;quot;une éducation gratuite et obligatoire au moins au niveau élémentaire&amp;quot; (principe 7). Les loisirs sont incorporés dans ce principe comme éléments importants. Il est indiqué que l&#039;enfant a en effet le droit de jouer. &lt;br /&gt;
En 1959 est présente l&#039;idée de l&#039;apport des qualités de l&#039;enfant pour les autres membres de la société. Cette idée est accompagnée de celle du devoir de le protéger contre la discrimination, et de l&#039;élever dans un esprit de compréhension, de paix et de tolérance. De plus, on peut remarquer une évolution en ce qui concerne le travail des enfants. En effet, le principe 9 pose clairement des limites à l&#039;employabilité de l&#039;enfant; outre la protection de son développement moral, physique ou mental, sa santé ou son éducation, on parle d&#039;âge minimum approprié pour l&#039;emploi. Toutefois, celui-ci n&#039;est pas spécifié. La notion d&#039;intérêt supérieur de l&#039;enfant fait son apparition dans cet écrit.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[http://www.unicef.ch/sites/default/files/attachements/convention_relative_aux_droits_de_lenfant.pdf La Convention relative aux Droits de l&#039;Enfant] de 1989 est le texte relevant des droits de l&#039;enfant le plus abouti. En effet, on peut déjà noter la différence en termes de nombres d&#039;articles de ces textes: 1924, La Déclaration de Genève compte 5 articles, on passe à 10 principes en 1959 et à 54 articles dans la Convention relative aux droits de l&#039;enfant en 1989. Cette convention reprend les droits exprimés dans les textes précédents, notamment les fondamentaux: droit à l&#039;identité, à la santé, à l&#039;éducation et à la protection et ajoute également bons nombres d&#039;autres considérations. Notamment, un droit fondamental est inclus dès lors: le droit à la participation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les droits de l&#039;enfant en Suisse ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le 24 février 1997, la Suisse a ratifié la Convention des Nations Unies relative aux droits de l’enfant. &lt;br /&gt;
Le conseil fédéral a constaté que dans l&#039;ensemble l&#039;ordre juridique suisse était en accord avec les principes de la convention. Néanmoins, il a émis des réserves dans plusieurs domaines où cet ordre juridique n&#039;est pas encore en totale adéquation avec les dispositions de la convention: le droit de l&#039;enfant à une nationalité, le regroupement familial, la séparation des jeunes et des adultes en cas de détention, les procédures pénales impliquant des mineurs. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Par ailleurs, il y a beaucoup de différences entre les différents cantons à propos de la mise en œuvre des droits. Tout ceci doit encore être amélioré.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La Convention est entrée en vigueur le 26 mars 1997 en Suisse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il faut ajouter que le pays a ratifié le protocole facultatif au sujet de l&#039;implication des enfants dans les conflits armés le 26 juillet 2002. Ce protocole, afin d&#039;augmenter la protection des enfants et adolescents, a élevé l&#039;âge minimum requis prévu dans la convention sur l’engagement volontaire et l’enrôlement obligatoire dans les forces armées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En Suisse, le deuxième protocole facultatif qui concerne la vente d&#039;enfants, la prostitution des enfants et la pornographie mettant en scène des enfants afin de mieux protéger les enfants de l&#039;exploitation sexuelle est entré en vigueur le 19 octobre &lt;br /&gt;
2006.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Une nouveauté visant une reconnaissance d&#039;un mineur est son droit de vote. C&#039;est un sujet encore d&#039;actualité qui preuve que le sujet de droits de l&#039;enfant commencé le siècle dernier continue. &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Il faut savoir que les Constitutions et les législations en Suisse divergent en fonction du canton. D’une manière générale le droit de vote au niveau fédéral et cantonal est accordé aux ressortissants suisses ayant 18 ans révolus. &lt;br /&gt;
Néanmoins certaines cantons suisses ont débuté une démarche visant à accorder le doit de vote au niveau cantonal dès l’âge de 16 ans. &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Les citoyens ont pu s’exprimer sur l&#039;abaissement de l&#039;âge du droit de vote à 16 ans dans plusieurs cantons suisses tels que par exemple le canton de Berne, de Neuchâtel ou de Glaris. Celui-ci, en 2010, a accepté d&#039;accorder le premier ce droit aux jeunes à partir de 16 ans. Comme on peut le lire dans l’article de [http://www.rts.ch/info/suisse/1142189-glaris-dit-oui-au-droit-de-vote-a-16-ans.html RTS] paru le 28.06.2010 “beaucoup de jeunes entrent dans la vie active à 16 ans. Ils pourront désormais aussi s&#039;exprimer sur des sujets qui les concernent directement, comme l&#039;école ou l&#039;apprentissage”.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Retour et analyse de l&#039;entretien ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous avons interviewé Monsieur Jean-Pierre Audéoud le 4 décembre 213. Cet homme a eu un parcours professionnel très riche. Après des études de droits........&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===== Le Tribunal des mineurs =====&lt;br /&gt;
Notre temoin, M. [[Index|Jean-Pierre Audéoud]], nous a expliqué durant l&#039;[[Entretien avec M. Jean-Pierre Audéoud|interview]] du 4 décembre 2013 qu’il était engagé professionnellement, en tant qu’éducateur et en tant que juge pour les mineurs. Son riche expérience dans le domaine sociale lui a permis de mieux appréhender les tâches auprès de Tribunal des mineurs dans le Canton de Vaud. L’engagement tout à fait remarquable de cet homme est mis en avant durant l’entretien:&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
“en choisissant le droit j’avais déjà une arrière pensée, je ne pensais pas être juriste dans un bureau ou faire avocat, quelque chose comme ça. C’est… c’était… alors c’est déjà une orientation si vous voulez, c’est-à-dire que je me suis déjà engagé en commençant le droit mais pas d’une manière précise, pas un moment « tac » voilà. Alors bon je sais pas si c’est à prendre en considération. Mais ça c’est affiné si vous voulez… non puis alors l’engagement véritable c’est quand je suis parti à Montpellier, c’est le choix de cette école d’éducateurs où je voulais compléter ma formation de juriste pour pouvoir à l’occasion revenir dans la juridiction des mineurs.”&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Il faut souligner ici que le Tribunal des mineurs, une instance pour laquelle a travaillé Monsieur Jean-Pierre Audéoud, tient une place importante dans le champ des droits de l&#039;enfant. En outre le rôle du juge des mineurs est primordial, car c&#039;est lui qui va s&#039;occuper d&#039;instruire la cause, c&#039;est lui qui prend les décisions quand un délit  est commis par un enfant.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Une recherche que nous avons mené à ce sujet nous a permis de voir qu&#039;il existe plusieurs types de sanctions:&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
* Les &amp;quot;peines prévues par le droit des mineurs :&lt;br /&gt;
réprimande ; prestation personnelle (travail d’intérêt général ou séance de sensibilisation) ; amende ; privation de liberté&amp;quot;.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
* Les &amp;quot;mesures de protection prévues par le droit des mineurs :&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
surveillance (droit de regard et d&#039;information sur la prise en charge éducative ou thérapeutique du mineur par ses parents) ; assistance personnelle (désignation d’une personne pour seconder les parents et assister le mineur) ; traitement ambulatoire (en cas de troubles psychiques, du développement de la personnalité, de toxicodépendance ou d’autre addiction) ; placement (si l’éducation et le traitement de l’état du mineur ne peuvent être assurés autrement).&amp;quot; &amp;lt;ref&amp;gt;http://www.vd.ch/fileadmin/user_upload/themes/etat_droit/justice/fichiers_pdf/Penal_7_web.pdf&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La page web officielle de la République et du canton de Genève, indique  &amp;quot;le Tribunal des mineurs est l’autorité pénale compétente pour poursuivre et juger les infractions commises par les mineurs âgés de dix à dix-huit ans au moment de l&#039;acte.&lt;br /&gt;
Il est également l&#039;autorité d&#039;exécution des peines et mesures prononcées, ces dernières pouvant durer jusqu&#039;à l&#039;âge de 22 ans.&amp;quot; &amp;lt;ref&amp;gt;https://ge.ch/justice/tribunal-des-mineurs&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De manière plus générale, la protection de l&#039;enfant est une démarche sociétale qui concerne l&#039;ensemble des citoyens qu&#039;importe leurs origines.&lt;br /&gt;
En suivant le parcours de l&#039;enfant en tant que personne à part entière, on constate qu&#039;il évolue au cours du XXe siècle. À partir des informations publiées sur le site de Unicef on peut retracer les éléments marquants de ce changement en vue de la reconnaissance internationale et de l’importance de l’enfance.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Les droits de l&#039;enfant à travers le prisme de l&#039;éducation  ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* [[Entretien avec M. Jean-Pierre Audéoud|Entretien]] avec M. [[Index|Jean-Pierre Audéoud]]&lt;br /&gt;
* [[Article 2013/14|Méthode d&#039;entretien]]&lt;br /&gt;
* [[Questions pour les entretiens|Questions d&#039;entretien]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme l&#039;indique le titre de cette section, nous allons aborder les droits des enfants à travers le prisme de l&#039;éducation, car notre témoin à avant tout travailler dans le cadre de l&#039;éducation, que ce soit dans sa formation d&#039;éducateur, ou son poste de directeur d&#039;une maison d&#039;éducation pour les jeunes délinquants à Serix avec sa femme Colette Audéoud ou encore celui de juge au Tribunal des mineurs du canton de Vaud.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est important de souligner qu&#039;avant de rencontrer notre témoin, nous n&#039;avions que peu d&#039;informations sur son parcours professionnel et de vie. Nous nous sommes rendues compte en menant l&#039;interview qu&#039;il n&#039;était pas dans des revendications, dans une lutte en faveur des droits de l&#039;enfant au sens strict. Mais il a, de part son métier et ses actions concrètes, participé à l&#039;évolution d&#039;une individualisation de l&#039;enfant; son but étant de faire grandir, évoluer des jeunes  pour qu&#039;ils reprennent le droit chemin, tout en respectant leurs besoins. Ainsi, il se trouve un certain décalage entre nos chapitres précédents concernant les droits de l&#039;enfant au sens strict et celui-ci qui traite d&#039;aspects éducatifs à travers une expérience de vie. Néanmoins, nous avons pu faire différents liens entre cette expérience et les droits en tant que tels. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;entretien avec M. et Mme Audéoud nous a permis de mettre en avant divers aspects reliés aux changements quant au travail d&#039;éducateur durant la période des [[Article_2013/14|années 60-80]]. Monsieur et Madame Audéoud on travaillé durant 10 ans (1963-1973) en tant que couple-directeur dans une maison d&#039;éducation pour jeunes délinquants. La colonie de Serix accueillait 40 jeunes enfants et adolescents (uniquement des garçons) placés soit par une instance civile, soit par le service de protection de la jeunesse, ou encore par le tribunal des mineurs. Durant ces 10 années, ils ont initié et participé à de nombreux changements concrets au sein de leur institution. Ces changements reflètent grandement l&#039;évolution du regard porté sur l&#039;enfant à l&#039;époque. Avec la mise en place de cultes le dimanche où les gens des villages alentours se réunissaient au sein même de l&#039;institution  ou encore la création d&#039;un jardin d&#039;enfants pour les enfants du personnel, la création d&#039;un parc de jeux par de jeunes scouts, il y a cette volonté d&#039;ouvrir l&#039;institution pour que d&#039;une part les jeunes puissent avoir des contacts avec l&#039;extérieur, mais également pour que les gens de l&#039;extérieur puissent avoir un regard différent sur ce lieu et ses résidents. Les Audéoud vont encore plus loin en créant un foyer d&#039;habitation dépendant de Serix, en intégrant des jeunes dans les écoles des alentours, en leur organisant des vacances ou la possibilité de rentrer dans leur famille le week-end. Cette ouverture vers l&#039;extérieur était vraiment quelque chose de nouveau car durant des années Serix était un lieu très fermé ou rien de filtrait.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un élément marquant constaté par le couple Audéoud à travers leurs années à Serix est l&#039;évolution du statut d&#039;éducateur. &lt;br /&gt;
(suite à venir...)&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Cet entretien a mis également en lumière l&#039;évolution de la reconnaissance de l&#039;enfant et de ses droits. En effet, les droits de l&#039;enfant sont des droits de la personne avant tout. L&#039;entretien a par exemple souligné l&#039;importance de l&#039;écoute de l&#039;enfant et son droit à la parole. Ainsi, M. Audéoud nous a expliqué qu&#039;au Tribunal des mineurs le président se doit d&#039;écouter le mineur accusé et ses responsables légaux. D&#039;ailleurs, le but du juge pour enfant selon notre témoin est de choisir la sanction appropriée au mineur particulier, éduquer ou punir : travaux d&#039;intérêts généraux, amande ou encore le placement dans un établissement d&#039;éducation. Il se mêle alors des aspects juridiques à des aspects éducatifs et l&#039;on tente de déterminer ce qui est le mieux pour le jeune et non réellement selon le délit commis.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Il s&#039;agit là d&#039;un changement conséquent, car dans les années 60, M. Audéoud nous a fait part que dans son poste de directeur à Serix, les besoins des jeunes étaient définis par les adultes, qui décidaient pour les jeunes par rapport à ce qu&#039;ils pensaient être bien pour eux, mais sans leur demander leur avis. On n&#039;était pas encore dans une réelle prise en compte de la parole de l&#039;enfant à l&#039;époque. Une évolution sur le plan de l&#039;individualisation de l&#039;enfant et de la prise en compte de ses besoins est visible. En effet, aujourd&#039;hui on entend plus l&#039;enfant, on tente de connaître ce qu&#039;il désire et on regarde si on peut y accommoder. Avant, l&#039;enfant se devait de s&#039;accommoder lui à ce qu&#039;on lui imposait. De même, à Serix les colloques concernant les enfants se déroulaient sans l&#039;intéressé et ses parents, mais seulement avec les éducateurs et autres professionnels entourant le jeune. Petit à petit, les éducateurs ont changé de manière de faire, en imposant moins de choses supposées pour le bien des enfants et adolescents. Dans cet ordre d&#039;idée, on retrouve les points fondamentaux de la Constitution de 1989, du droit à la participation ainsi que la prise en compte de l&#039;intérêt supérieur de l&#039;enfant. Donc, entre les années 60 et 80, le domaine de l&#039;éducation a évolué dans la place attribuée au mineur dans les choix et sujets le concernant, l&#039;écoute qu&#039;on lui accorde et le droit de parole de celui-ci. De plus, les changements sont aussi visibles dans la prise en compte plus aboutie des besoins de l&#039;enfant, notamment par son expression de ses désirs et ressentis. Mme Audéoud souligne également le recours progressif à l&#039;individualisation de la démarche envers le jeune dans le milieu éducatif de Serix. Ainsi les jeunes ne sont plus approchés collectivement et on tient davantage compte de leur individualité dans les démarches entreprises à son égard. &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Par rapport à la question des valeurs portées par ces deux personnes, on retrouve celles de donner une structure à l&#039;enfant de manière attentionnée, de donner de l&#039;affection à ces jeunes  qui souvent en manquait, ainsi que de la reconnaissance. Valoriser l&#039;enfant, le protéger, lui manifester de l&#039;intérêt, mais aussi l&#039;aider à développer ses capacités d&#039;un point de vue cognitif, social et affectif, voilà ce en quoi croyait ce couple. Leurs convictions et ils l&#039;évoquent eux-mêmes répondent toutes aux différents besoins que l&#039;enfant a pour se développer harmonieusement. En cela, on retrouve les fondements de base des droits internationaux des enfants, car on y parle de protection de l&#039;enfant ainsi que permettre à l&#039;enfant de se développer harmonieusement.  &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Conclusions ===&lt;br /&gt;
Les droits de l’enfant, comme nous l’avons présenté, ont évolués au cours de décennies du XXème siècle. L’histoire de cette période nous témoigne de leur importance, de leur rôle prépondérant dans la vie d’un être humain. Ce qui ne veut pas dire que l’on n’a rien de plus à accomplir, bien au contraire. La préoccupation importante quant à aux conditions des enfants dans le monde est encore d&#039;actualité au XXIème sciècle. L&#039;enfant est une personne à part entière ce qui ne fait aucune doute et la [[Article_2013/14|complexité du concept des droits de la personne]] abordée dans notre article renvoie justement à la liberté, à l&#039;intégrité, à la sûreté. Mais surtout qu’importe d&#039;où l’on vient et ce qu’on fait, nous avons le droit à la vie. &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Les [[Droits_des_femmes|femmes]], les [[Droits_des_prisonniers|prisonniers]], les [[Droits_des_patients_psychiatriques|patients]], les [[Droits_des_personnes_en_situation_de_handicap|personnes en situation de handicap]], chaque individu a ce droit pour lequel certains se battent encore aujourd&#039;hui.&amp;lt;br /&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’enfance lie les individus qu’importe leur appartenance. Ce période de la vie qui nous est commun prend une dimension à part tout simplement parce que dans chaque enfant émerge l’avenir, notre avenir. Les adultes ont pour but de les comprendre, de les respecter en tant que personnes et de protéger leurs droits. &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Avec le temps, l&#039;enfant a peu à peu exister comme personne à part entière. Il n&#039;est plus seulement un &amp;quot;homme en devenir&amp;quot;, mais bien un enfant avec ses particularités et besoins spécifiques. De plus, l&#039;intérêt qui lui a été porté à amener à la prise en compte de sa parole, de ses désirs, intérêts, ainsi que de ses besoins, comme lui les définit. On a ainsi vu à travers notre entretien que d&#039;une définition des besoins de l&#039;enfant par l&#039;adulte durant les années 60 dans les milieux éducatifs en Suisse, on est passé vers une prise en compte plus réelle des besoins de l&#039;enfant en s&#039;adressent directement à celui-ci et en l&#039;écoutant davantage. La protection de l&#039;enfant est une notion importante dans la construction de ses droits.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme nous l&#039;avons dit auparavant, son droit à la vie est apparu dans ces textes internationaux. De prime abord, le droit à la vie de tout être humain nous paraît naturel, mais on voit que cela ne va pas de soi, de même que sa protection. La reconnaissance du droit et besoin de protection de l&#039;enfant est essentielle, car il s&#039;agit d&#039;un être vulnérable et dépendant, soumis au bon vouloir des parents. Cette relation dominant-dominé, où l&#039;un possède un certain pouvoir sur l&#039;autre se retrouve dans bien d&#039;autres populations. Ainsi, d&#039;autres droits développés à partir du milieu du 20ème siècle, comme le droits des [[Droits_des_femmes|femmes]], des [[Droits_des_patients_psychiatriques|patients psychiatriques]], des [[Droits des patients (à l&#039;hôpital)|patients hospitaliers]], des [[Droits_des_personnes_en_situation_de_handicap|personnes en situation de handicap]] ou encore des [[Droits_des_prisonniers|prisonniers]] vont dans ce sens. Ce sont toutes des populations sous la domination d&#039;autrui pour lesquelles des luttes se sont développées afin de faire valoir leurs droits, en particulier de parole, écoute, etc. La préoccupation de l&#039;enfant va sans doute de paire avec la conscience de la société de cet enfant comme devenir de la société. En effet, en désirant une société de bons citoyens, épanouis et travailleurs, il faut avant tout s&#039;occuper des conditions et favoriser au mieux le développement harmonieux des enfants. On peut ainsi rapprocher cette volonté d&#039;améliorer la société par le soucis de l&#039;enfant avec l&#039;apparition de l&#039;obligation scolaire pour tous. L&#039;instauration des droits pour l&#039;enfant va cependant plus loin, car elle touche à bien d&#039;autres domaines que l&#039;instruction.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour finir, on peut voir que ces droits reconnus internationalement doivent tout de même continué à être l&#039;objet d&#039;un travail constant, car entre la théorie et la pratique, on peut voir de grandes différences, même dans nos pays développés. Ainsi, il importe de faire connaître leurs droits aux enfants, de les faire respecter, notamment à travers des instances  et sanctions juridiques à cet égard.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Bibliographie / Webographie ===&lt;br /&gt;
* Droux J.,2011. &#039;&#039;L&#039;internationalisation de la protection de l&#039;enfance : acteurs, concurrences et projets transnationaux (1900-1925)&#039;&#039;. In. Critique internationale, 2011/3 n° 52, p. 17-33&lt;br /&gt;
* Martinetti, F. 2002. &#039;&#039;Les Droits de l&#039;enfant&#039;&#039;. Librio&lt;br /&gt;
* http://cofrade.fr/&lt;br /&gt;
* http://www.humanium.org/fr/&lt;br /&gt;
* http://www.netzwerk-kinderrechte.ch/&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Notes et références ===&lt;br /&gt;
&amp;lt;references/&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Auteurs du chapitre ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Claire Bourgeois Dubois-Ferriere&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
* Katarzyna Milena Fratczak&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
* Victoria Salomon&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Victoria</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Droits_des_enfants&amp;diff=12982</id>
		<title>Droits des enfants</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Droits_des_enfants&amp;diff=12982"/>
		<updated>2014-01-13T17:02:23Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Victoria : /* Droits de l&amp;#039;enfant - droits de la personne */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;=== Introduction ===&lt;br /&gt;
Les droits de l&#039;enfant visant la protection des mineurs évoluent au cours des décennies. Les prémices du XXe siècle les plus connues sont bien évidemment la Déclaration de Genève (1924), la Déclaration de droits de l&#039;enfant (1959) et enfin le texte de la Convention des Nations Unies relative aux droits de l&#039;enfant du 20 novembre 1989. Ce dernier “ratifié d’une manière quasi universelle (193 États sur 195) en fait un texte hors norme de part sa portée dans l’espace et de par l’enthousiasme spontané qu’ [il] a suscité.”&amp;lt;ref&amp;gt;Zermatten, J., Stoecklin D. 2009. Le droit des enfants de participer. Norme juridique et réalité pratique: contribution à un nouveau contrat social. Suisse: Institut International des Droits de l&#039;Enfant., p.7 &amp;lt;/ref&amp;gt; Ce parcours historique est une partie importante de l’histoire qu’on écrit aujourd’hui.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
On peut remarquer que le premier pas vers l&#039;individualisation de l&#039;enfant datant de 1924, pointe le bout de son nez quelques années après la fin de la première guerre mondiale. Le 2ème est marqué par la Déclaration de droits de l&#039;enfant de 1959, donc à l’image de la précédente, elle date des années après la seconde guerre mais est également un point de départ menant vers la Convention de 1989.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Le long chemin vers  une telle reconnaissance était en grande partie marqué par la création, un peu partout en Europe, des communautés d&#039;enfants. Leur rôle  n&#039;est pas négligeable. La  définition de ces communautés d&#039;enfants est donné à Trogen en juillet 1948  et semble préciser un peu plus les besoins de l&#039;enfant en tant que personne. Ce sont: « les organisations éducatives ou rééducatives à caractère permanent, fondées sur la participation active des enfants ou adolescents à la vie de la communauté, dans le cadre des méthodes d’éducation et d’instruction modernes – et dans lesquelles la vie de famille se combine de diverses façons aux modalités de la vie de collectivité&amp;quot;.&amp;lt;ref&amp;gt;Cours de M.Ruchat: L’éducation spéciale du XVIIIe au XXe siècles: L’éducation, les normes et l’individu, Université de Genève, 2013&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Dans l’esprit de la reconnaissance d’un enfant à part entière mais avec le respect de sa liberté, [[Libres enfants de Summerhill (Neill)|Alexander Sutherland Neill]] crée son école de Summerhill en 1921, une école qui encore de nos jours suscite beaucoup de discussions et polémiques. Dans le cadre de cet atelier d’intelligence collective nous avons procédé à une comparaison des idées de Neill décrites dans son livre [[Libres enfants de Summerhill (Neill)|&amp;quot;Libres enfants de Summerhill&amp;quot;]] (1960) avec la Convention relative aux droits de l’enfant de 1989 avec un constat tout à fait surprenant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Historique des droits de l&#039;enfant ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== « L’humanité doit donner à l’enfant ce qu’elle a de meilleur » Déclaration de Genève sur les Droits de l’Enfant, 1924 ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est important de signaler qu&#039;avant même l&#039;intérêt qui s&#039;est peu à peu développé quant aux droits de l&#039;enfant, il a d&#039;abord fallu que le société prenne conscience du statut particulier de l&#039;enfant, avec ses spécificités, et bien plus encore d&#039;être humain digne de droits propres : “L’adulte a longtemps cru que c’était lui-même qui devait animer l’enfant par ses soins et son assistance. Il pensait que son rôle était de façonner l’enfant, de construire sa vie psychique pour que l’enfant devienne peu à peu comme lui. L’enfant était un objet d’assistance, un adulte en devenir (certains disent même &amp;quot;en miniature&amp;quot;) et non une personne humaine à part entière. Petit, faible, pauvre, dépendant, il n’était qu’un citoyen potentiel qui ne sera homme ou femme que demain. Il ne devenait une personne humaine, sujet de droits, qu’à partir du moment où il atteignait l’âge adulte. C’est à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle, notamment après la Première Guerre mondiale, que le concept de droits de l’enfant apparaît.” &amp;lt;ref&amp;gt;Dhellemmes V. ,2010. La dignité et les droits de l&#039;enfant : vingt ans d&#039;avancées sur le plan international. In. Transversalités, 2010/3 N° 115, p. 99-110.&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quand on fait une recherche sur des droits de l’enfant à travers les documents écrits en l&#039;espace de plus de cent ans, du début du XXème siècle jusqu’à aujourd’hui, on retrouve les noms de deux précurseurs qui ont marqué le cours de l’histoire. Il s’agit de Britannique Eglantyne Jebb (1876-1928) et du polonais Henryk Goldzmit (1878–1942) connu sous le nom de Janusz Korczak.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Ce dernier, pédiatre et éducateur qui a tant &amp;quot;aimé et défendu&amp;quot; les enfants, ne voulant pas les laisser seuls, s&#039;est laissé emmener avec eux à Treblinka où il est mort dans une chambre à gaz.&amp;lt;ref&amp;gt;Korczak J. Le droit de l’enfant au respect. L’héritage de Janusz Korczak. Conférences sur les enjeux actuels pour l’enfance. In. http://www.coe.int/t/commissioner/Activities/themes/Children/PublicationKorczak_fr.pdf&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Korczak, l&#039;inspirateur des droits de l&#039;enfant est bien, d&#039;abord, un insurgé, comme toute son œuvre en témoigne. C&#039;est un homme qui ne supporte pas la violence faite à l&#039;enfance : la violence physique, bien sûr, la violence psychologique également, mais aussi la violence des institutions qui prétendent œuvrer pour &amp;quot;son bien&amp;quot;.&amp;lt;ref&amp;gt;Meirieu P. 2002. Le pédagogue et les droits de l’enfant : histoire d’un malentendu ?. Editions du Tricorne et Association suisse des Amis du Dr Korczak. p.4&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
“Janusz Korczak, premier défenseur des droits de l’enfant et le plus radical, a été déçu en découvrant la Déclaration des droits de l’enfant adoptée par la Société des Nations en 1924, pas assez claire à son goût et plus implorante que contraignante. Il voulait des droits et non la charité, immédiatement et non dans un avenir lointain.” &amp;lt;ref&amp;gt;Korczak J. Le droit de l’enfant au respect. L’héritage de Janusz Korczak. Conférences sur les enjeux actuels pour l’enfance. In. http://www.coe.int/t/commissioner/Activities/themes/Children/PublicationKorczak_fr.pdf p.7). &amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le travail d&#039;Eglantyne Jebb qui a élaboré et rédigé la [http://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/images/f/fb/Declaration-geneve.pdf Déclaration de Genève] a été important. Elle l’a présenté le 26 septembre 1923 et le 28 février 1924 le Ve Congrès général de la Société de Nations qui l&#039;a alors ratifié.&lt;br /&gt;
C&#039;est le premier texte énonçant des droits fondamentaux des enfants ainsi que la responsabilité des adultes à leur égard. Il est constitué de cinq articles. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Déjà  dans le préambule on peut lire que « L’humanité doit donner à l’enfant ce qu’elle a de meilleur.» On peut y voir également que c’est la protection physique qui est mise en avant en soutenant l&#039;idée de venir en aide en cas de détresse ainsi que celle de combattre la faim et l&#039;exploitation.(articles 2, 3, 4). En parallèle la notion de développement spirituel n’est pas omis (article 1) de même que le fait que “l’enfant doit être élevé dans le sentiment que ses meilleures qualités devront être mises au service de ses frères”(article 5). Ce texte d&#039;après première guerre mondiale est aussi une contribution à un monde paix qui s&#039;étaye sur les enfants qui forme l&#039;avenir, un avenir que les promoteurs des droits de l&#039;enfant voudraient dans la paix.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Déclaration des Droits de l’Enfant, 1959 ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après la seconde guerre mondiale, l&#039;ONU est créée. Elle va s&#039;intéresser aux droits de l&#039;enfant et révéler l&#039;insuffisance de la Déclaration de Genève. En effet, suite à l&#039;adoption de la Déclaration universelle des droits de l&#039;homme (1948) et à l&#039;évolution du droit durant cette période, on pense nécessaire d&#039;approfondir cette question des droits de l&#039;enfant.&lt;br /&gt;
Plusieurs pays membres de l&#039;ONU réclame une convention, c&#039;est à dire un instrument international contraignant qui engage les états qui l&#039;ont ratifié. Mais cette proposition est refusée. Le choix se porte alors sur une seconde Déclaration des droits de l&#039;enfant qui reprend l&#039;idée selon laquelle l&#039;humanité doit donner à l&#039;enfant ce qu&#039;elle a de meilleur. [http://cofradeenfrance.files.wordpress.com/2010/10/dc3a9claration-1959.pdf La déclaration des Droits de l&#039;Enfant] est adoptée par l&#039;assemblée générale des Nations Unies à l&#039;unanimité (70 pays membres), le 20 novembre 1959. Cette date est depuis lors officiellement la journée des droits de l&#039;enfant. La déclaration contient 10 principes fondateurs (elle double donc ceux de 1924!) avec des droits concrets comme par exemple le droit à un nom, à une nationalité ou à un enseignement gratuit au niveau élémentaire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Convention Internationale relative aux Droits de l’Enfant, 1989 ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le 20 novembre 1989, la [http://www.unicef.ch/sites/default/files/attachements/convention_relative_aux_droits_de_lenfant.pdf Convention Internationale relative aux Droits de l’Enfant] (CIDE) a été adoptée par l&#039;Assemblée générale des Nations Unies. Cette Convention a pour but de reconnaître et protéger les droits spécifiques de l&#039;enfant. Elle est composée de 54 articles (elle quintuple le nombre de 1959!) autour des orientations principales suivantes:&lt;br /&gt;
:la non - discrimination&lt;br /&gt;
:l&#039;intérêt supérieur de l&#039;enfant&lt;br /&gt;
:le droit à la vie, la survie et le développement&lt;br /&gt;
:les droits participatifs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les Etats ayant ratifiés cette Convention se doivent de respecter ces articles et de mettre en place les mesures législatives pour protéger les droits de l&#039;enfant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La CIDE est une déclinaison des droits de l&#039;homme exprimés dans la Déclaration universelle des droits de l&#039;homme (1948) et pose que l’enfant est sujet de droit. Elle accorde aux enfants des droits propres et expose leurs droits économiques, sociaux, civils, culturels et politiques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En effet, cette Convention est le texte concernant les droits de l&#039;homme qui a été le plus rapidement accepté au cours de l&#039;histoire, et a été ratifié par le plus d&#039;Etats. Seuls les Etats-Unis et la Somalie ne l&#039;ont pas encore ratifiée aujourd&#039;hui: Les Etats-Unis pratiquent encore la peine de mort pour les enfants dans certains Etats, or cela serait contraire au droit à la vie de l&#039;enfant promulgué dans la CIDE, tandis que la Somalie ne possède pas de gouvernement reconnu pour la ratifier à cause des troubles politiques dans le pays.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Droits de l&#039;enfant - droits de la personne ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;quot;L&#039;humanité doit donner à l&#039;enfant ce qu&#039;elle a de meilleur, affirmer  leurs devoirs, en dehors de toute considération de race, de nationalité et de croyance&amp;quot; - ce sont les prémices officielles de la reconnaissance de l&#039;enfant de 1924. C&#039;était un début, suivi, comme nous avons décrit plus haut, par la Déclaration des droits de l&#039;enfant de 1959 et par La Convention relative aux droits de l&#039;enfant de 1989. &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il faut ici souligner que “jusqu&#039;à l’adoption de la Convention en 1989, les enfants ne vivaient pas dans les limbes juridiques internationales. Il était au contraire admis qu’ils jouissent de garanties offertes par les instruments internationaux précédents, tels que les pactes internationaux relatifs aux droits de l’homme (que la Suisse a récemment ratifiés), à l&#039;exclusion bien entendu des droits liés directement à la condition de l’adulte (droit de se marier, de fonder une famille, assurance-vieillesse ou maternité). L’année internationale de l’enfant a conduit la communauté internationale à préciser le statut des enfants en confirmant leur particularité en tant qu&#039;êtres à la fois vulnérables (Préambules de la Convention, par exemple pp. 5, 6, 12) et appelés “à assumer les responsabilités de la vie dans une société libre”.&amp;lt;ref&amp;gt;Lücker-Babel M-F, Droits de l&#039;enfant: idéologies et réalités. In. Ratifier en Suisse. La Convention de l&#039;ONU relative aux droits de l&#039;enfant?. N° 26, Novembre 1992. p. 43&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;enfant est considéré peu à peu comme un être de droit au cours du XXe siècle, ce que l&#039;on peut voir notamment à travers les différents textes codifiant les droits de l&#039;enfant à cette époque.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout d&#039;abord, en 1924, le premier texte international au sujet des droits de l&#039;enfant ([http://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/images/f/fb/Declaration-geneve.pdf Déclaration de Genève]) confère à celui-ci des droits primaires, comme lui permettre de se développer normalement sur le plan matériel et spirituel, de gagner sa vie sans être exploité, être nourri, soigné, recueilli et secouru, et également de l&#039;élever dans l&#039;esprit que ses qualités devront pourvoir à la société. On voit dans ce texte que les droits dotés à l&#039;enfant amorce une idée de soin et de protection de l&#039;enfant dans l&#039;évocation du secours qui doit lui être porté, et démontre aussi un intérêt pour son bon développement. Toutefois, ces articles restent assez pauvres quant aux droits accordés aux enfants et l&#039;on voit que le travail de l&#039;enfant reste de mise.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[http://cofradeenfrance.files.wordpress.com/2010/10/dc3a9claration-1959.pdf La Déclaration des Droits de l&#039;Enfant] de 1959 va plus loin. Ce texte insiste d&#039;avantage sur la protection  qui doit être accordée à l&#039;enfant qui n&#039;est plus seulement suggérée sous le terme &amp;quot;secours&amp;quot;. Ici, son développement ne doit plus uniquement être normal, mais également sain sur le plan, cette fois-ci moral, spirituel, physique, intellectuel et social. On ajoute que l&#039;enfant doit pouvoir se développer dans la liberté et la dignité.&lt;br /&gt;
Il est important de voir que certains principes sont totalement nouveaux comme par exemple le droit de posséder une nationalité et un nom. On y parle aussi de sécurité non seulement sociale pour l&#039;enfant et sa mère, mais également de sécurité morale.&lt;br /&gt;
Dans ce texte, on voit apparaître l&#039;importance accordée à l&#039;affection envers l&#039;enfant, qui est pour lui un besoin. De plus, il est indiqué que la séparation du petit enfant et de sa mère doit être éviter autant que possible. Si l&#039;enfant n&#039;a pas de famille, il est déclaré que c&#039;est alors aux pouvoirs publics et à la société d&#039;en prendre soin, de même pour les enfants n&#039;ayant pas les moyens nécessaires d’existence.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
A noter également, l&#039;entrée de l&#039;éducation comme étant un droit pour l&#039;enfant: &amp;quot;une éducation gratuite et obligatoire au moins au niveau élémentaire&amp;quot; (principe 7). Les loisirs sont incorporés dans ce principe comme éléments importants. Il est indiqué que l&#039;enfant a en effet le droit de jouer. &lt;br /&gt;
En 1959 est présente l&#039;idée de l&#039;apport des qualités de l&#039;enfant pour les autres membres de la société. Cette idée est accompagnée de celle du devoir de le protéger contre la discrimination, et de l&#039;élever dans un esprit de compréhension, de paix et de tolérance. De plus, on peut remarquer une évolution en ce qui concerne le travail des enfants. En effet, le principe 9 pose clairement des limites à l&#039;employabilité de l&#039;enfant; outre la protection de son développement moral, physique ou mental, sa santé ou son éducation, on parle d&#039;âge minimum approprié pour l&#039;emploi. Toutefois, celui-ci n&#039;est pas spécifié. La notion d&#039;intérêt supérieur de l&#039;enfant fait son apparition dans cet écrit.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[http://www.unicef.ch/sites/default/files/attachements/convention_relative_aux_droits_de_lenfant.pdf La Convention relative aux Droits de l&#039;Enfant] de 1989 est le texte relevant des droits de l&#039;enfant le plus abouti. En effet, on peut déjà noter la différence en termes de nombres d&#039;articles de ces textes: 1924, La Déclaration de Genève compte 5 articles, on passe à 10 principes en 1959 et à 54 articles dans la Convention relative aux droits de l&#039;enfant en 1989. Cette convention reprend les droits exprimés dans les textes précédents, notamment les fondamentaux: droit à l&#039;identité, à la santé, à l&#039;éducation et à la protection et ajoute également bons nombres d&#039;autres considérations.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les droits de l&#039;enfant en Suisse ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le 24 février 1997, la Suisse a ratifié la Convention des Nations Unies relative aux droits de l’enfant. &lt;br /&gt;
Le conseil fédéral a constaté que dans l&#039;ensemble l&#039;ordre juridique suisse était en accord avec les principes de la convention. Néanmoins, il a émis des réserves dans plusieurs domaines où cet ordre juridique n&#039;est pas encore en totale adéquation avec les dispositions de la convention: le droit de l&#039;enfant à une nationalité, le regroupement familial, la séparation des jeunes et des adultes en cas de détention, les procédures pénales impliquant des mineurs. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Par ailleurs, il y a beaucoup de différences entre les différents cantons à propos de la mise en œuvre des droits. Tout ceci doit encore être amélioré.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La Convention est entrée en vigueur le 26 mars 1997 en Suisse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il faut ajouter que le pays a ratifié le protocole facultatif au sujet de l&#039;implication des enfants dans les conflits armés le 26 juillet 2002. Ce protocole, afin d&#039;augmenter la protection des enfants et adolescents, a élevé l&#039;âge minimum requis prévu dans la convention sur l’engagement volontaire et l’enrôlement obligatoire dans les forces armées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En Suisse, le deuxième protocole facultatif qui concerne la vente d&#039;enfants, la prostitution des enfants et la pornographie mettant en scène des enfants afin de mieux protéger les enfants de l&#039;exploitation sexuelle est entré en vigueur le 19 octobre &lt;br /&gt;
2006.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Une nouveauté visant une reconnaissance d&#039;un mineur est son droit de vote. C&#039;est un sujet encore d&#039;actualité qui preuve que le sujet de droits de l&#039;enfant commencé le siècle dernier continue. &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Il faut savoir que les Constitutions et les législations en Suisse divergent en fonction du canton. D’une manière générale le droit de vote au niveau fédéral et cantonal est accordé aux ressortissants suisses ayant 18 ans révolus. &lt;br /&gt;
Néanmoins certaines cantons suisses ont débuté une démarche visant à accorder le doit de vote au niveau cantonal dès l’âge de 16 ans. &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Les citoyens ont pu s’exprimer sur l&#039;abaissement de l&#039;âge du droit de vote à 16 ans dans plusieurs cantons suisses tels que par exemple le canton de Berne, de Neuchâtel ou de Glaris. Celui-ci, en 2010, a accepté d&#039;accorder le premier ce droit aux jeunes à partir de 16 ans. Comme on peut le lire dans l’article de [http://www.rts.ch/info/suisse/1142189-glaris-dit-oui-au-droit-de-vote-a-16-ans.html RTS] paru le 28.06.2010 “beaucoup de jeunes entrent dans la vie active à 16 ans. Ils pourront désormais aussi s&#039;exprimer sur des sujets qui les concernent directement, comme l&#039;école ou l&#039;apprentissage”.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Retour et analyse de l&#039;entretien ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous avons interviewé Monsieur Jean-Pierre Audéoud le 4 décembre 213. Cet homme a eu un parcours professionnel très riche. Après des études de droits, il&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===== Le Tribunal des mineurs =====&lt;br /&gt;
Notre temoin, M. [[Index|Jean-Pierre Audéoud]], nous a expliqué durant l&#039;[[Entretien avec M. Jean-Pierre Audéoud|interview]] du 4 décembre 2013 qu’il était engagé professionnellement, en tant qu’éducateur et en tant que juge pour les mineurs. Son riche expérience dans le domaine sociale lui a permis de mieux appréhender les tâches auprès de Tribunal des mineurs dans le Canton de Vaud. L’engagement tout à fait remarquable de cet homme est mis en avant durant l’entretien:&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
“en choisissant le droit j’avais déjà une arrière pensée, je ne pensais pas être juriste dans un bureau ou faire avocat, quelque chose comme ça. C’est… c’était… alors c’est déjà une orientation si vous voulez, c’est-à-dire que je me suis déjà engagé en commençant le droit mais pas d’une manière précise, pas un moment « tac » voilà. Alors bon je sais pas si c’est à prendre en considération. Mais ça c’est affiné si vous voulez… non puis alors l’engagement véritable c’est quand je suis parti à Montpellier, c’est le choix de cette école d’éducateurs où je voulais compléter ma formation de juriste pour pouvoir à l’occasion revenir dans la juridiction des mineurs.”&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Il faut souligner ici que le Tribunal des mineurs, une instance pour laquelle a travaillé Monsieur Jean-Pierre Audéoud, tient une place importante dans le champ des droits de l&#039;enfant. En outre le rôle du juge des mineurs est primordial, car c&#039;est lui qui va s&#039;occuper d&#039;instruire la cause, c&#039;est lui qui prend les décisions quand un délit  est commis par un enfant.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Une recherche que nous avons mené à ce sujet nous a permis de voir qu&#039;il existe plusieurs types de sanctions:&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
* Les &amp;quot;peines prévues par le droit des mineurs :&lt;br /&gt;
réprimande ; prestation personnelle (travail d’intérêt général ou séance de sensibilisation) ; amende ; privation de liberté&amp;quot;.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
* Les &amp;quot;mesures de protection prévues par le droit des mineurs :&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
surveillance (droit de regard et d&#039;information sur la prise en charge éducative ou thérapeutique du mineur par ses parents) ; assistance personnelle (désignation d’une personne pour seconder les parents et assister le mineur) ; traitement ambulatoire (en cas de troubles psychiques, du développement de la personnalité, de toxicodépendance ou d’autre addiction) ; placement (si l’éducation et le traitement de l’état du mineur ne peuvent être assurés autrement).&amp;quot; &amp;lt;ref&amp;gt;http://www.vd.ch/fileadmin/user_upload/themes/etat_droit/justice/fichiers_pdf/Penal_7_web.pdf&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La page web officielle de la République et du canton de Genève, indique  &amp;quot;le Tribunal des mineurs est l’autorité pénale compétente pour poursuivre et juger les infractions commises par les mineurs âgés de dix à dix-huit ans au moment de l&#039;acte.&lt;br /&gt;
Il est également l&#039;autorité d&#039;exécution des peines et mesures prononcées, ces dernières pouvant durer jusqu&#039;à l&#039;âge de 22 ans.&amp;quot; &amp;lt;ref&amp;gt;https://ge.ch/justice/tribunal-des-mineurs&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De manière plus générale, la protection de l&#039;enfant est une démarche sociétale qui concerne l&#039;ensemble des citoyens qu&#039;importe leurs origines.&lt;br /&gt;
En suivant le parcours de l&#039;enfant en tant que personne à part entière, on constate qu&#039;il évolue au cours du XXe siècle. À partir des informations publiées sur le site de Unicef on peut retracer les éléments marquants de ce changement en vue de la reconnaissance internationale et de l’importance de l’enfance.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les droits de l&#039;enfant à travers le prisme de l&#039;éducation ===&lt;br /&gt;
* [[Entretien avec M. Jean-Pierre Audéoud|Entretien]] avec M. [[Index|Jean-Pierre Audéoud]]&lt;br /&gt;
* [[Article 2013/14|Méthode d&#039;entretien]]&lt;br /&gt;
* [[Questions pour les entretiens|Questions d&#039;entretien]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme l&#039;indique le titre de cette section, nous allons aborder les droits des enfants à travers le prisme de l&#039;éducation, car notre témoin à avant tout travailler dans le cadre de l&#039;éducation, que ce soit dans sa formation d&#039;éducateur, ou son poste de directeur d&#039;une maison d&#039;éducation pour les jeunes délinquants à Serix avec sa femme Colette Audéoud ou encore celui de juge au Tribunal des mineurs du canton de Vaud.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est important de souligner qu&#039;avant de rencontrer notre témoin, nous n&#039;avions que peu d&#039;informations sur son parcours professionnel et de vie. Nous nous sommes rendues compte en menant l&#039;interview qu&#039;il n&#039;était pas dans des revendications, dans une lutte en faveur des droits de l&#039;enfant au sens strict. Mais il a, de part son métier et ses actions concrètes, participé à l&#039;évolution d&#039;une individualisation de l&#039;enfant; son but étant de faire grandir, évoluer des jeunes  pour qu&#039;ils reprennent le droit chemin, tout en respectant leurs besoins. Ainsi, il se trouve un certain décalage entre nos chapitres précédents concernant les droits de l&#039;enfant au sens strict et celui-ci qui traite d&#039;aspects éducatifs à travers une expérience de vie. Néanmoins, nous avons pu faire différents liens entre cette expérience et les droits en tant que tels. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;entretien avec M. et Mme Audéoud nous a permis de mettre en avant divers aspects reliés aux changements quant au travail d&#039;éducateur durant la période des [[Article_2013/14|années 60-80]]. Monsieur et Madame Audéoud on travaillé durant 10 ans (1963-1973) en tant que couple-directeur dans une maison d&#039;éducation pour jeunes délinquants. La colonie de Serix accueillait 40 jeunes enfants et adolescents (uniquement des garçons) placés soit par une instance civile, soit par le service de protection de la jeunesse, ou encore par le tribunal des mineurs. Durant ces 10 années, ils ont initié et participé à de nombreux changements concrets au sein de leur institution. Ces changements reflètent grandement l&#039;évolution du regard porté sur l&#039;enfant à l&#039;époque. Avec la mise en place de cultes le dimanche où les gens des villages alentours se réunissaient au sein même de l&#039;institution  ou encore la création d&#039;un jardin d&#039;enfants pour les enfants du personnel, la création d&#039;un parc de jeux par de jeunes scouts, il y a cette volonté d&#039;ouvrir l&#039;institution pour que d&#039;une part les jeunes puissent avoir des contacts avec l&#039;extérieur, mais également pour que les gens de l&#039;extérieur puissent avoir un regard différent sur ce lieu et ses résidents. Les Audéoud vont encore plus loin en créant un foyer d&#039;habitation dépendant de Serix, en intégrant des jeunes dans les écoles des alentours, en leur organisant des vacances ou la possibilité de rentrer dans leur famille le week-end. Cette ouverture vers l&#039;extérieur était vraiment quelque chose de nouveau car durant des années Serix était un lieu très fermé ou rien de filtrait.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un élément marquant constaté par le couple Audéoud à travers leurs années à Serix est l&#039;évolution du statut d&#039;éducateur. &lt;br /&gt;
(suite à venir...)&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Cet entretien a mis également en lumière l&#039;évolution de la reconnaissance de l&#039;enfant et de ses droits. En effet, les droits de l&#039;enfant sont des droits de la personne avant tout. L&#039;entretien a par exemple souligné l&#039;importance de l&#039;écoute de l&#039;enfant et son droit à la parole. Ainsi, M. Audéoud nous a expliqué qu&#039;au Tribunal des mineurs le président se doit d&#039;écouter le mineur accusé et ses responsables légaux. D&#039;ailleurs, le but du juge pour enfant selon notre témoin est de choisir la sanction appropriée au mineur particulier, éduquer ou punir : travaux d&#039;intérêts généraux, amande ou encore le placement dans un établissement d&#039;éducation. Il se mêle alors des aspects juridiques à des aspects éducatifs et l&#039;on tente de déterminer ce qui est le mieux pour le jeune et non réellement selon le délit commis.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Il s&#039;agit là d&#039;un changement conséquent, car dans les années 60, M. Audéoud nous a fait part que dans son poste de directeur à Serix, les besoins des jeunes étaient définis par les adultes, qui décidaient pour les jeunes par rapport à ce qu&#039;ils pensaient être bien pour eux, mais sans leur demander leur avis. On n&#039;était pas encore dans une réelle prise en compte de la parole de l&#039;enfant à l&#039;époque. Une évolution sur le plan de l&#039;individualisation de l&#039;enfant et de la prise en compte de ses besoins est visible. En effet, aujourd&#039;hui on entend plus l&#039;enfant, on tente de connaître ce qu&#039;il désire et on regarde si on peut y accommoder. Avant, l&#039;enfant se devait de s&#039;accommoder lui à ce qu&#039;on lui imposait. De même, à Serix les colloques concernant les enfants se déroulaient sans l&#039;intéressé et ses parents, mais seulement avec les éducateurs et autres professionnels entourant le jeune. Petit à petit, les éducateurs ont changé de manière de faire, en imposant moins de choses supposées pour le bien des enfants et adolescents. Dans cet ordre d&#039;idée, on retrouve les points fondamentaux de la Constitution de 1989, du droit à la participation ainsi que la prise en compte de l&#039;intérêt supérieur de l&#039;enfant. Donc, entre les années 60 et 80, le domaine de l&#039;éducation a évolué dans la place attribuée au mineur dans les choix et sujets le concernant, l&#039;écoute qu&#039;on lui accorde et le droit de parole de celui-ci. De plus, les changements sont aussi visibles dans la prise en compte plus aboutie des besoins de l&#039;enfant, notamment par son expression de ses désirs et ressentis. Mme Audéoud souligne également le recours progressif à l&#039;individualisation de la démarche envers le jeune dans le milieu éducatif de Serix. Ainsi les jeunes ne sont plus approchés collectivement et on tient davantage compte de leur individualité dans les démarches entreprises à son égard. &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Par rapport à la question des valeurs portées par ces deux personnes, on retrouve celles de donner une structure à l&#039;enfant de manière attentionnée, de donner de l&#039;affection à ces jeunes  qui souvent en manquait, ainsi que de la reconnaissance. Valoriser l&#039;enfant, le protéger, lui manifester de l&#039;intérêt, mais aussi l&#039;aider à développer ses capacités d&#039;un point de vue cognitif, social et affectif, voilà ce en quoi croyait ce couple. Leurs convictions et ils l&#039;évoquent eux-mêmes répondent toutes aux différents besoins que l&#039;enfant a pour se développer harmonieusement. En cela, on retrouve les fondements de base des droits internationaux des enfants, car on y parle de protection de l&#039;enfant ainsi que permettre à l&#039;enfant de se développer harmonieusement.  &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Conclusions ===&lt;br /&gt;
Les droits de l’enfant, comme nous l’avons présenté, ont évolués au cours de décennies du XXème siècle. L’histoire de cette période nous témoigne de leur importance, de leur rôle prépondérant dans la vie d’un être humain. Ce qui ne veut pas dire que l’on n’a rien de plus à accomplir, bien au contraire. La préoccupation importante quant à aux conditions des enfants dans le monde est encore d&#039;actualité au XXIème sciècle. L&#039;enfant est une personne à part entière ce qui ne fait aucune doute et la [[Article_2013/14|complexité du concept des droits de la personne]] abordée dans notre article renvoie justement à la liberté, à l&#039;intégrité, à la sûreté. Mais surtout qu’importe d&#039;où l’on vient et ce qu’on fait, nous avons le droit à la vie. &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Les [[Droits_des_femmes|femmes]], les [[Droits_des_prisonniers|prisonniers]], les [[Droits_des_patients_psychiatriques|patients]], les [[Droits_des_personnes_en_situation_de_handicap|personnes en situation de handicap]], chaque individu a ce droit pour lequel certains se battent encore aujourd&#039;hui.&amp;lt;br /&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’enfance lie les individus qu’importe leur appartenance. Ce période de la vie qui nous est commun prend une dimension à part tout simplement parce que dans chaque enfant émerge l’avenir, notre avenir. Les adultes ont pour but de les comprendre, de les respecter en tant que personnes et de protéger leurs droits. &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Avec le temps, l&#039;enfant a peu à peu exister comme personne à part entière. Il n&#039;est plus seulement un &amp;quot;homme en devenir&amp;quot;, mais bien un enfant avec ses particularités et besoins spécifiques. De plus, l&#039;intérêt qui lui a été porté à amener à la prise en compte de sa parole, de ses désirs, intérêts, ainsi que de ses besoins, comme lui les définit. On a ainsi vu à travers notre entretien que d&#039;une définition des besoins de l&#039;enfant par l&#039;adulte durant les années 60 dans les milieux éducatifs en Suisse, on est passé vers une prise en compte plus réelle des besoins de l&#039;enfant en s&#039;adressent directement à celui-ci et en l&#039;écoutant davantage. La protection de l&#039;enfant est une notion importante dans la construction de ses droits.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme nous l&#039;avons dit auparavant, son droit à la vie est apparu dans ces textes internationaux. De prime abord, le droit à la vie de tout être humain nous paraît naturel, mais on voit que cela ne va pas de soi, de même que sa protection. La reconnaissance du droit et besoin de protection de l&#039;enfant est essentielle, car il s&#039;agit d&#039;un être vulnérable et dépendant, soumis au bon vouloir des parents. Cette relation dominant-dominé, où l&#039;un possède un certain pouvoir sur l&#039;autre se retrouve dans bien d&#039;autres populations. Ainsi, d&#039;autres droits développés à partir du milieu du 20ème siècle, comme le droits des [[Droits_des_femmes|femmes]], des [[Droits_des_patients_psychiatriques|patients psychiatriques]], des [[Droits des patients (à l&#039;hôpital)|patients hospitaliers]], des [[Droits_des_personnes_en_situation_de_handicap|personnes en situation de handicap]] ou encore des [[Droits_des_prisonniers|prisonniers]] vont dans ce sens. Ce sont toutes des populations sous la domination d&#039;autrui pour lesquelles des luttes se sont développées afin de faire valoir leurs droits, en particulier de parole, écoute, etc. La préoccupation de l&#039;enfant va sans doute de paire avec la conscience de la société de cet enfant comme devenir de la société. En effet, en désirant une société de bons citoyens, épanouis et travailleurs, il faut avant tout s&#039;occuper des conditions et favoriser au mieux le développement harmonieux des enfants. On peut ainsi rapprocher cette volonté d&#039;améliorer la société par le soucis de l&#039;enfant avec l&#039;apparition de l&#039;obligation scolaire pour tous. L&#039;instauration des droits pour l&#039;enfant va cependant plus loin, car elle touche à bien d&#039;autres domaines que l&#039;instruction.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour finir, on peut voir que ces droits reconnus internationalement doivent tout de même continué à être l&#039;objet d&#039;un travail constant, car entre la théorie et la pratique, on peut voir de grandes différences, même dans nos pays développés. Ainsi, il importe de faire connaître leurs droits aux enfants, de les faire respecter, notamment à travers des instances  et sanctions juridiques à cet égard.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Bibliographie / Webographie ===&lt;br /&gt;
* Droux J.,2011. &#039;&#039;L&#039;internationalisation de la protection de l&#039;enfance : acteurs, concurrences et projets transnationaux (1900-1925)&#039;&#039;. In. Critique internationale, 2011/3 n° 52, p. 17-33&lt;br /&gt;
* Martinetti, F. 2002. &#039;&#039;Les Droits de l&#039;enfant&#039;&#039;. Librio&lt;br /&gt;
* http://cofrade.fr/&lt;br /&gt;
* http://www.humanium.org/fr/&lt;br /&gt;
* http://www.netzwerk-kinderrechte.ch/&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Notes et références ===&lt;br /&gt;
&amp;lt;references/&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Auteurs du chapitre ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Claire Bourgeois Dubois-Ferriere&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
* Katarzyna Milena Fratczak&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
* Victoria Salomon&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Victoria</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Droits_des_enfants&amp;diff=12980</id>
		<title>Droits des enfants</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Droits_des_enfants&amp;diff=12980"/>
		<updated>2014-01-13T16:58:38Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Victoria : /* Droits de l&amp;#039;enfant - droits de la personne */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;=== Introduction ===&lt;br /&gt;
Les droits de l&#039;enfant visant la protection des mineurs évoluent au cours des décennies. Les prémices du XXe siècle les plus connues sont bien évidemment la Déclaration de Genève (1924), la Déclaration de droits de l&#039;enfant (1959) et enfin le texte de la Convention des Nations Unies relative aux droits de l&#039;enfant du 20 novembre 1989. Ce dernier “ratifié d’une manière quasi universelle (193 États sur 195) en fait un texte hors norme de part sa portée dans l’espace et de par l’enthousiasme spontané qu’ [il] a suscité.”&amp;lt;ref&amp;gt;Zermatten, J., Stoecklin D. 2009. Le droit des enfants de participer. Norme juridique et réalité pratique: contribution à un nouveau contrat social. Suisse: Institut International des Droits de l&#039;Enfant., p.7 &amp;lt;/ref&amp;gt; Ce parcours historique est une partie importante de l’histoire qu’on écrit aujourd’hui.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
On peut remarquer que le premier pas vers l&#039;individualisation de l&#039;enfant datant de 1924, pointe le bout de son nez quelques années après la fin de la première guerre mondiale. Le 2ème est marqué par la Déclaration de droits de l&#039;enfant de 1959, donc à l’image de la précédente, elle date des années après la seconde guerre mais est également un point de départ menant vers la Convention de 1989.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Le long chemin vers  une telle reconnaissance était en grande partie marqué par la création, un peu partout en Europe, des communautés d&#039;enfants. Leur rôle  n&#039;est pas négligeable. La  définition de ces communautés d&#039;enfants est donné à Trogen en juillet 1948  et semble préciser un peu plus les besoins de l&#039;enfant en tant que personne. Ce sont: « les organisations éducatives ou rééducatives à caractère permanent, fondées sur la participation active des enfants ou adolescents à la vie de la communauté, dans le cadre des méthodes d’éducation et d’instruction modernes – et dans lesquelles la vie de famille se combine de diverses façons aux modalités de la vie de collectivité&amp;quot;.&amp;lt;ref&amp;gt;Cours de M.Ruchat: L’éducation spéciale du XVIIIe au XXe siècles: L’éducation, les normes et l’individu, Université de Genève, 2013&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Dans l’esprit de la reconnaissance d’un enfant à part entière mais avec le respect de sa liberté, [[Libres enfants de Summerhill (Neill)|Alexander Sutherland Neill]] crée son école de Summerhill en 1921, une école qui encore de nos jours suscite beaucoup de discussions et polémiques. Dans le cadre de cet atelier d’intelligence collective nous avons procédé à une comparaison des idées de Neill décrites dans son livre [[Libres enfants de Summerhill (Neill)|&amp;quot;Libres enfants de Summerhill&amp;quot;]] (1960) avec la Convention relative aux droits de l’enfant de 1989 avec un constat tout à fait surprenant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Historique des droits de l&#039;enfant ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== « L’humanité doit donner à l’enfant ce qu’elle a de meilleur » Déclaration de Genève sur les Droits de l’Enfant, 1924 ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est important de signaler qu&#039;avant même l&#039;intérêt qui s&#039;est peu à peu développé quant aux droits de l&#039;enfant, il a d&#039;abord fallu que le société prenne conscience du statut particulier de l&#039;enfant, avec ses spécificités, et bien plus encore d&#039;être humain digne de droits propres : “L’adulte a longtemps cru que c’était lui-même qui devait animer l’enfant par ses soins et son assistance. Il pensait que son rôle était de façonner l’enfant, de construire sa vie psychique pour que l’enfant devienne peu à peu comme lui. L’enfant était un objet d’assistance, un adulte en devenir (certains disent même &amp;quot;en miniature&amp;quot;) et non une personne humaine à part entière. Petit, faible, pauvre, dépendant, il n’était qu’un citoyen potentiel qui ne sera homme ou femme que demain. Il ne devenait une personne humaine, sujet de droits, qu’à partir du moment où il atteignait l’âge adulte. C’est à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle, notamment après la Première Guerre mondiale, que le concept de droits de l’enfant apparaît.” &amp;lt;ref&amp;gt;Dhellemmes V. ,2010. La dignité et les droits de l&#039;enfant : vingt ans d&#039;avancées sur le plan international. In. Transversalités, 2010/3 N° 115, p. 99-110.&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quand on fait une recherche sur des droits de l’enfant à travers les documents écrits en l&#039;espace de plus de cent ans, du début du XXème siècle jusqu’à aujourd’hui, on retrouve les noms de deux précurseurs qui ont marqué le cours de l’histoire. Il s’agit de Britannique Eglantyne Jebb (1876-1928) et du polonais Henryk Goldzmit (1878–1942) connu sous le nom de Janusz Korczak.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Ce dernier, pédiatre et éducateur qui a tant &amp;quot;aimé et défendu&amp;quot; les enfants, ne voulant pas les laisser seuls, s&#039;est laissé emmener avec eux à Treblinka où il est mort dans une chambre à gaz.&amp;lt;ref&amp;gt;Korczak J. Le droit de l’enfant au respect. L’héritage de Janusz Korczak. Conférences sur les enjeux actuels pour l’enfance. In. http://www.coe.int/t/commissioner/Activities/themes/Children/PublicationKorczak_fr.pdf&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Korczak, l&#039;inspirateur des droits de l&#039;enfant est bien, d&#039;abord, un insurgé, comme toute son œuvre en témoigne. C&#039;est un homme qui ne supporte pas la violence faite à l&#039;enfance : la violence physique, bien sûr, la violence psychologique également, mais aussi la violence des institutions qui prétendent œuvrer pour &amp;quot;son bien&amp;quot;.&amp;lt;ref&amp;gt;Meirieu P. 2002. Le pédagogue et les droits de l’enfant : histoire d’un malentendu ?. Editions du Tricorne et Association suisse des Amis du Dr Korczak. p.4&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
“Janusz Korczak, premier défenseur des droits de l’enfant et le plus radical, a été déçu en découvrant la Déclaration des droits de l’enfant adoptée par la Société des Nations en 1924, pas assez claire à son goût et plus implorante que contraignante. Il voulait des droits et non la charité, immédiatement et non dans un avenir lointain.” &amp;lt;ref&amp;gt;Korczak J. Le droit de l’enfant au respect. L’héritage de Janusz Korczak. Conférences sur les enjeux actuels pour l’enfance. In. http://www.coe.int/t/commissioner/Activities/themes/Children/PublicationKorczak_fr.pdf p.7). &amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le travail d&#039;Eglantyne Jebb qui a élaboré et rédigé la [http://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/images/f/fb/Declaration-geneve.pdf Déclaration de Genève] a été important. Elle l’a présenté le 26 septembre 1923 et le 28 février 1924 le Ve Congrès général de la Société de Nations qui l&#039;a alors ratifié.&lt;br /&gt;
C&#039;est le premier texte énonçant des droits fondamentaux des enfants ainsi que la responsabilité des adultes à leur égard. Il est constitué de cinq articles. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Déjà  dans le préambule on peut lire que « L’humanité doit donner à l’enfant ce qu’elle a de meilleur.» On peut y voir également que c’est la protection physique qui est mise en avant en soutenant l&#039;idée de venir en aide en cas de détresse ainsi que celle de combattre la faim et l&#039;exploitation.(articles 2, 3, 4). En parallèle la notion de développement spirituel n’est pas omis (article 1) de même que le fait que “l’enfant doit être élevé dans le sentiment que ses meilleures qualités devront être mises au service de ses frères”(article 5). Ce texte d&#039;après première guerre mondiale est aussi une contribution à un monde paix qui s&#039;étaye sur les enfants qui forme l&#039;avenir, un avenir que les promoteurs des droits de l&#039;enfant voudraient dans la paix.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Déclaration des Droits de l’Enfant, 1959 ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après la seconde guerre mondiale, l&#039;ONU est créée. Elle va s&#039;intéresser aux droits de l&#039;enfant et révéler l&#039;insuffisance de la Déclaration de Genève. En effet, suite à l&#039;adoption de la Déclaration universelle des droits de l&#039;homme (1948) et à l&#039;évolution du droit durant cette période, on pense nécessaire d&#039;approfondir cette question des droits de l&#039;enfant.&lt;br /&gt;
Plusieurs pays membres de l&#039;ONU réclame une convention, c&#039;est à dire un instrument international contraignant qui engage les états qui l&#039;ont ratifié. Mais cette proposition est refusée. Le choix se porte alors sur une seconde Déclaration des droits de l&#039;enfant qui reprend l&#039;idée selon laquelle l&#039;humanité doit donner à l&#039;enfant ce qu&#039;elle a de meilleur. [http://cofradeenfrance.files.wordpress.com/2010/10/dc3a9claration-1959.pdf La déclaration des Droits de l&#039;Enfant] est adoptée par l&#039;assemblée générale des Nations Unies à l&#039;unanimité (70 pays membres), le 20 novembre 1959. Cette date est depuis lors officiellement la journée des droits de l&#039;enfant. La déclaration contient 10 principes fondateurs (elle double donc ceux de 1924!) avec des droits concrets comme par exemple le droit à un nom, à une nationalité ou à un enseignement gratuit au niveau élémentaire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Convention Internationale relative aux Droits de l’Enfant, 1989 ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le 20 novembre 1989, la [http://www.unicef.ch/sites/default/files/attachements/convention_relative_aux_droits_de_lenfant.pdf Convention Internationale relative aux Droits de l’Enfant] (CIDE) a été adoptée par l&#039;Assemblée générale des Nations Unies. Cette Convention a pour but de reconnaître et protéger les droits spécifiques de l&#039;enfant. Elle est composée de 54 articles (elle quintuple le nombre de 1959!) autour des orientations principales suivantes:&lt;br /&gt;
:la non - discrimination&lt;br /&gt;
:l&#039;intérêt supérieur de l&#039;enfant&lt;br /&gt;
:le droit à la vie, la survie et le développement&lt;br /&gt;
:les droits participatifs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les Etats ayant ratifiés cette Convention se doivent de respecter ces articles et de mettre en place les mesures législatives pour protéger les droits de l&#039;enfant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La CIDE est une déclinaison des droits de l&#039;homme exprimés dans la Déclaration universelle des droits de l&#039;homme (1948) et pose que l’enfant est sujet de droit. Elle accorde aux enfants des droits propres et expose leurs droits économiques, sociaux, civils, culturels et politiques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En effet, cette Convention est le texte concernant les droits de l&#039;homme qui a été le plus rapidement accepté au cours de l&#039;histoire, et a été ratifié par le plus d&#039;Etats. Seuls les Etats-Unis et la Somalie ne l&#039;ont pas encore ratifiée aujourd&#039;hui: Les Etats-Unis pratiquent encore la peine de mort pour les enfants dans certains Etats, or cela serait contraire au droit à la vie de l&#039;enfant promulgué dans la CIDE, tandis que la Somalie ne possède pas de gouvernement reconnu pour la ratifier à cause des troubles politiques dans le pays.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Droits de l&#039;enfant - droits de la personne ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;quot;L&#039;humanité doit donner à l&#039;enfant ce qu&#039;elle a de meilleur, affirmer  leurs devoirs, en dehors de toute considération de race, de nationalité et de croyance&amp;quot; - ce sont les prémices officielles de la reconnaissance de l&#039;enfant de 1924. C&#039;était un début, suivi, comme nous avons décrit plus haut, par la Déclaration des droits de l&#039;enfant de 1959 et par La Convention relative aux droits de l&#039;enfant de 1989. &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il faut ici souligner que “jusqu&#039;à l’adoption de la Convention en 1989, les enfants ne vivaient pas dans les limbes juridiques internationales. Il était au contraire admis qu’ils jouissent de garanties offertes par les instruments internationaux précédents, tels que les pactes internationaux relatifs aux droits de l’homme (que la Suisse a récemment ratifiés), à l&#039;exclusion bien entendu des droits liés directement à la condition de l’adulte (droit de se marier, de fonder une famille, assurance-vieillesse ou maternité). L’année internationale de l’enfant a conduit la communauté internationale à préciser le statut des enfants en confirmant leur particularité en tant qu&#039;êtres à la fois vulnérables (Préambules de la Convention, par exemple pp. 5, 6, 12) et appelés “à assumer les responsabilités de la vie dans une société libre”.&amp;lt;ref&amp;gt;Lücker-Babel M-F, Droits de l&#039;enfant: idéologies et réalités. In. Ratifier en Suisse. La Convention de l&#039;ONU relative aux droits de l&#039;enfant?. N° 26, Novembre 1992. p. 43&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;enfant est considéré peu à peu comme un être de droit au cours du XXe siècle, ce que l&#039;on peut voir notamment à travers les différents textes codifiant les droits de l&#039;enfant à cette époque.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout d&#039;abord, en 1924, le premier texte international au sujet des droits de l&#039;enfant ([http://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/images/f/fb/Declaration-geneve.pdf Déclaration de Genève]) confère à celui-ci des droits primaires, comme lui permettre de se développer normalement sur le plan matériel et spirituel, de gagner sa vie sans être exploité, être nourri, soigné, recueilli et secouru, et également de l&#039;élever dans l&#039;esprit que ses qualités devront pourvoir à la société. On voit dans ce texte que les droits dotés à l&#039;enfant amorce une idée de soin et de protection de l&#039;enfant dans l&#039;évocation du secours qui doit lui être porté, et démontre aussi un intérêt pour son bon développement. Toutefois, ces articles restent assez pauvres quant aux droits accordés aux enfants et l&#039;on voit que le travail de l&#039;enfant reste de mise.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[http://cofradeenfrance.files.wordpress.com/2010/10/dc3a9claration-1959.pdf La Déclaration des Droits de l&#039;Enfant] de 1959 va plus loin. Ce texte insiste d&#039;avantage sur la protection  qui doit être accordée à l&#039;enfant qui n&#039;est plus seulement suggérée sous le terme &amp;quot;secours&amp;quot;. Ici, son développement ne doit plus uniquement être normal, mais également sain sur le plan, cette fois-ci moral, spirituel, physique, intellectuel et social. On ajoute que l&#039;enfant doit pouvoir se développer dans la liberté et la dignité.&lt;br /&gt;
Il est important de voir que certains principes sont totalement nouveaux comme par exemple le droit de posséder une nationalité et un nom. On y parle aussi de sécurité non seulement sociale pour l&#039;enfant et sa mère, mais également de sécurité morale.&lt;br /&gt;
Dans ce texte, on voit apparaître l&#039;importance accordée à l&#039;affection envers l&#039;enfant, qui est pour lui un besoin. De plus, il est indiqué que la séparation du petit enfant et de sa mère doit être éviter autant que possible. Si l&#039;enfant n&#039;a pas de famille, il est déclaré que c&#039;est alors aux pouvoirs publics et à la société d&#039;en prendre soin, de même pour les enfants n&#039;ayant pas les moyens nécessaires d’existence.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
A noter également, l&#039;entrée de l&#039;éducation comme étant un droit pour l&#039;enfant: &amp;quot;une éducation gratuite et obligatoire au moins au niveau élémentaire&amp;quot; (principe 7). Les loisirs sont incorporés dans ce principe comme éléments importants. Il est indiqué que l&#039;enfant a en effet le droit de jouer. &lt;br /&gt;
En 1959 est présente l&#039;idée de l&#039;apport des qualités de l&#039;enfant pour les autres membres de la société. Cette idée est accompagnée de celle du devoir de le protéger contre la discrimination, et de l&#039;élever dans un esprit de compréhension, de paix et de tolérance. De plus, on peut remarquer une évolution en ce qui concerne le travail des enfants. En effet, le principe 9 pose clairement des limites à l&#039;employabilité de l&#039;enfant; outre la protection de son développement moral, physique ou mental, sa santé ou son éducation, on parle d&#039;âge minimum approprié pour l&#039;emploi. Toutefois, celui-ci n&#039;est pas spécifié. La notion d&#039;intérêt supérieur de l&#039;enfant fait son apparition dans cet écrit.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[http://www.unicef.ch/sites/default/files/attachements/convention_relative_aux_droits_de_lenfant.pdf La Convention relative aux Droits de l&#039;Enfant] de 1989 est le texte relevant des droits de l&#039;enfant le plus abouti. En effet, on peut déjà noter la différence en termes de nombres d&#039;articles de ces textes: 1924, La Déclaration de Genève compte 5 articles, on passe à 10 principes en 1959 et à 54 articles dans la Convention relative aux droits de l&#039;enfant en 1989. Cette convention reprend les droits exprimés dans les textes précédents, les complète et ajoute également bons nombres d&#039;autres considérations.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les droits de l&#039;enfant en Suisse ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le 24 février 1997, la Suisse a ratifié la Convention des Nations Unies relative aux droits de l’enfant. &lt;br /&gt;
Le conseil fédéral a constaté que dans l&#039;ensemble l&#039;ordre juridique suisse était en accord avec les principes de la convention. Néanmoins, il a émis des réserves dans plusieurs domaines où cet ordre juridique n&#039;est pas encore en totale adéquation avec les dispositions de la convention: le droit de l&#039;enfant à une nationalité, le regroupement familial, la séparation des jeunes et des adultes en cas de détention, les procédures pénales impliquant des mineurs. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Par ailleurs, il y a beaucoup de différences entre les différents cantons à propos de la mise en œuvre des droits. Tout ceci doit encore être amélioré.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La Convention est entrée en vigueur le 26 mars 1997 en Suisse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il faut ajouter que le pays a ratifié le protocole facultatif au sujet de l&#039;implication des enfants dans les conflits armés le 26 juillet 2002. Ce protocole, afin d&#039;augmenter la protection des enfants et adolescents, a élevé l&#039;âge minimum requis prévu dans la convention sur l’engagement volontaire et l’enrôlement obligatoire dans les forces armées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En Suisse, le deuxième protocole facultatif qui concerne la vente d&#039;enfants, la prostitution des enfants et la pornographie mettant en scène des enfants afin de mieux protéger les enfants de l&#039;exploitation sexuelle est entré en vigueur le 19 octobre &lt;br /&gt;
2006.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Une nouveauté visant une reconnaissance d&#039;un mineur est son droit de vote. C&#039;est un sujet encore d&#039;actualité qui preuve que le sujet de droits de l&#039;enfant commencé le siècle dernier continue. &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Il faut savoir que les Constitutions et les législations en Suisse divergent en fonction du canton. D’une manière générale le droit de vote au niveau fédéral et cantonal est accordé aux ressortissants suisses ayant 18 ans révolus. &lt;br /&gt;
Néanmoins certaines cantons suisses ont débuté une démarche visant à accorder le doit de vote au niveau cantonal dès l’âge de 16 ans. &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Les citoyens ont pu s’exprimer sur l&#039;abaissement de l&#039;âge du droit de vote à 16 ans dans plusieurs cantons suisses tels que par exemple le canton de Berne, de Neuchâtel ou de Glaris. Celui-ci, en 2010, a accepté d&#039;accorder le premier ce droit aux jeunes à partir de 16 ans. Comme on peut le lire dans l’article de [http://www.rts.ch/info/suisse/1142189-glaris-dit-oui-au-droit-de-vote-a-16-ans.html RTS] paru le 28.06.2010 “beaucoup de jeunes entrent dans la vie active à 16 ans. Ils pourront désormais aussi s&#039;exprimer sur des sujets qui les concernent directement, comme l&#039;école ou l&#039;apprentissage”.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Retour et analyse de l&#039;entretien ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous avons interviewé Monsieur Jean-Pierre Audéoud le 4 décembre 213. Cet homme a eu un parcours professionnel très riche. Après des études de droits, il&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===== Le Tribunal des mineurs =====&lt;br /&gt;
Notre temoin, M. [[Index|Jean-Pierre Audéoud]], nous a expliqué durant l&#039;[[Entretien avec M. Jean-Pierre Audéoud|interview]] du 4 décembre 2013 qu’il était engagé professionnellement, en tant qu’éducateur et en tant que juge pour les mineurs. Son riche expérience dans le domaine sociale lui a permis de mieux appréhender les tâches auprès de Tribunal des mineurs dans le Canton de Vaud. L’engagement tout à fait remarquable de cet homme est mis en avant durant l’entretien:&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
“en choisissant le droit j’avais déjà une arrière pensée, je ne pensais pas être juriste dans un bureau ou faire avocat, quelque chose comme ça. C’est… c’était… alors c’est déjà une orientation si vous voulez, c’est-à-dire que je me suis déjà engagé en commençant le droit mais pas d’une manière précise, pas un moment « tac » voilà. Alors bon je sais pas si c’est à prendre en considération. Mais ça c’est affiné si vous voulez… non puis alors l’engagement véritable c’est quand je suis parti à Montpellier, c’est le choix de cette école d’éducateurs où je voulais compléter ma formation de juriste pour pouvoir à l’occasion revenir dans la juridiction des mineurs.”&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Il faut souligner ici que le Tribunal des mineurs, une instance pour laquelle a travaillé Monsieur Jean-Pierre Audéoud, tient une place importante dans le champ des droits de l&#039;enfant. En outre le rôle du juge des mineurs est primordial, car c&#039;est lui qui va s&#039;occuper d&#039;instruire la cause, c&#039;est lui qui prend les décisions quand un délit  est commis par un enfant.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Une recherche que nous avons mené à ce sujet nous a permis de voir qu&#039;il existe plusieurs types de sanctions:&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
* Les &amp;quot;peines prévues par le droit des mineurs :&lt;br /&gt;
réprimande ; prestation personnelle (travail d’intérêt général ou séance de sensibilisation) ; amende ; privation de liberté&amp;quot;.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
* Les &amp;quot;mesures de protection prévues par le droit des mineurs :&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
surveillance (droit de regard et d&#039;information sur la prise en charge éducative ou thérapeutique du mineur par ses parents) ; assistance personnelle (désignation d’une personne pour seconder les parents et assister le mineur) ; traitement ambulatoire (en cas de troubles psychiques, du développement de la personnalité, de toxicodépendance ou d’autre addiction) ; placement (si l’éducation et le traitement de l’état du mineur ne peuvent être assurés autrement).&amp;quot; &amp;lt;ref&amp;gt;http://www.vd.ch/fileadmin/user_upload/themes/etat_droit/justice/fichiers_pdf/Penal_7_web.pdf&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La page web officielle de la République et du canton de Genève, indique  &amp;quot;le Tribunal des mineurs est l’autorité pénale compétente pour poursuivre et juger les infractions commises par les mineurs âgés de dix à dix-huit ans au moment de l&#039;acte.&lt;br /&gt;
Il est également l&#039;autorité d&#039;exécution des peines et mesures prononcées, ces dernières pouvant durer jusqu&#039;à l&#039;âge de 22 ans.&amp;quot; &amp;lt;ref&amp;gt;https://ge.ch/justice/tribunal-des-mineurs&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De manière plus générale, la protection de l&#039;enfant est une démarche sociétale qui concerne l&#039;ensemble des citoyens qu&#039;importe leurs origines.&lt;br /&gt;
En suivant le parcours de l&#039;enfant en tant que personne à part entière, on constate qu&#039;il évolue au cours du XXe siècle. À partir des informations publiées sur le site de Unicef on peut retracer les éléments marquants de ce changement en vue de la reconnaissance internationale et de l’importance de l’enfance.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les droits de l&#039;enfant à travers le prisme de l&#039;éducation ===&lt;br /&gt;
* [[Entretien avec M. Jean-Pierre Audéoud|Entretien]] avec M. [[Index|Jean-Pierre Audéoud]]&lt;br /&gt;
* [[Article 2013/14|Méthode d&#039;entretien]]&lt;br /&gt;
* [[Questions pour les entretiens|Questions d&#039;entretien]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme l&#039;indique le titre de cette section, nous allons aborder les droits des enfants à travers le prisme de l&#039;éducation, car notre témoin à avant tout travailler dans le cadre de l&#039;éducation, que ce soit dans sa formation d&#039;éducateur, ou son poste de directeur d&#039;une maison d&#039;éducation pour les jeunes délinquants à Serix avec sa femme Colette Audéoud ou encore celui de juge au Tribunal des mineurs du canton de Vaud.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est important de souligner qu&#039;avant de rencontrer notre témoin, nous n&#039;avions que peu d&#039;informations sur son parcours professionnel et de vie. Nous nous sommes rendues compte en menant l&#039;interview qu&#039;il n&#039;était pas dans des revendications, dans une lutte en faveur des droits de l&#039;enfant au sens strict. Mais il a, de part son métier et ses actions concrètes, participé à l&#039;évolution d&#039;une individualisation de l&#039;enfant; son but étant de faire grandir, évoluer des jeunes  pour qu&#039;ils reprennent le droit chemin, tout en respectant leurs besoins. Ainsi, il se trouve un certain décalage entre nos chapitres précédents concernant les droits de l&#039;enfant au sens strict et celui-ci qui traite d&#039;aspects éducatifs à travers une expérience de vie. Néanmoins, nous avons pu faire différents liens entre cette expérience et les droits en tant que tels. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;entretien avec M. et Mme Audéoud nous a permis de mettre en avant divers aspects reliés aux changements quant au travail d&#039;éducateur durant la période des [[Article_2013/14|années 60-80]]. Monsieur et Madame Audéoud on travaillé durant 10 ans (1963-1973) en tant que couple-directeur dans une maison d&#039;éducation pour jeunes délinquants. La colonie de Serix accueillait 40 jeunes enfants et adolescents (uniquement des garçons) placés soit par une instance civile, soit par le service de protection de la jeunesse, ou encore par le tribunal des mineurs. Durant ces 10 années, ils ont initié et participé à de nombreux changements concrets au sein de leur institution. Ces changements reflètent grandement l&#039;évolution du regard porté sur l&#039;enfant à l&#039;époque. Avec la mise en place de cultes le dimanche où les gens des villages alentours se réunissaient au sein même de l&#039;institution  ou encore la création d&#039;un jardin d&#039;enfants pour les enfants du personnel, la création d&#039;un parc de jeux par de jeunes scouts, il y a cette volonté d&#039;ouvrir l&#039;institution pour que d&#039;une part les jeunes puissent avoir des contacts avec l&#039;extérieur, mais également pour que les gens de l&#039;extérieur puissent avoir un regard différent sur ce lieu et ses résidents. Les Audéoud vont encore plus loin en créant un foyer d&#039;habitation dépendant de Serix, en intégrant des jeunes dans les écoles des alentours, en leur organisant des vacances ou la possibilité de rentrer dans leur famille le week-end. Cette ouverture vers l&#039;extérieur était vraiment quelque chose de nouveau car durant des années Serix était un lieu très fermé ou rien de filtrait.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un élément marquant constaté par le couple Audéoud à travers leurs années à Serix est l&#039;évolution du statut d&#039;éducateur. &lt;br /&gt;
(suite à venir...)&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Cet entretien a mis également en lumière l&#039;évolution de la reconnaissance de l&#039;enfant et de ses droits. En effet, les droits de l&#039;enfant sont des droits de la personne avant tout. L&#039;entretien a par exemple souligné l&#039;importance de l&#039;écoute de l&#039;enfant et son droit à la parole. Ainsi, M. Audéoud nous a expliqué qu&#039;au Tribunal des mineurs le président se doit d&#039;écouter le mineur accusé et ses responsables légaux. D&#039;ailleurs, le but du juge pour enfant selon notre témoin est de choisir la sanction appropriée au mineur particulier, éduquer ou punir : travaux d&#039;intérêts généraux, amande ou encore le placement dans un établissement d&#039;éducation. Il se mêle alors des aspects juridiques à des aspects éducatifs et l&#039;on tente de déterminer ce qui est le mieux pour le jeune et non réellement selon le délit commis.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Il s&#039;agit là d&#039;un changement conséquent, car dans les années 60, M. Audéoud nous a fait part que dans son poste de directeur à Serix, les besoins des jeunes étaient définis par les adultes, qui décidaient pour les jeunes par rapport à ce qu&#039;ils pensaient être bien pour eux, mais sans leur demander leur avis. On n&#039;était pas encore dans une réelle prise en compte de la parole de l&#039;enfant à l&#039;époque. Une évolution sur le plan de l&#039;individualisation de l&#039;enfant et de la prise en compte de ses besoins est visible. En effet, aujourd&#039;hui on entend plus l&#039;enfant, on tente de connaître ce qu&#039;il désire et on regarde si on peut y accommoder. Avant, l&#039;enfant se devait de s&#039;accommoder lui à ce qu&#039;on lui imposait. De même, à Serix les colloques concernant les enfants se déroulaient sans l&#039;intéressé et ses parents, mais seulement avec les éducateurs et autres professionnels entourant le jeune. Petit à petit, les éducateurs ont changé de manière de faire, en imposant moins de choses supposées pour le bien des enfants et adolescents. Dans cet ordre d&#039;idée, on retrouve les points fondamentaux de la Constitution de 1989, du droit à la participation ainsi que la prise en compte de l&#039;intérêt supérieur de l&#039;enfant. Donc, entre les années 60 et 80, le domaine de l&#039;éducation a évolué dans la place attribuée au mineur dans les choix et sujets le concernant, l&#039;écoute qu&#039;on lui accorde et le droit de parole de celui-ci. De plus, les changements sont aussi visibles dans la prise en compte plus aboutie des besoins de l&#039;enfant, notamment par son expression de ses désirs et ressentis. Mme Audéoud souligne également le recours progressif à l&#039;individualisation de la démarche envers le jeune dans le milieu éducatif de Serix. Ainsi les jeunes ne sont plus approchés collectivement et on tient davantage compte de leur individualité dans les démarches entreprises à son égard. &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Par rapport à la question des valeurs portées par ces deux personnes, on retrouve celles de donner une structure à l&#039;enfant de manière attentionnée, de donner de l&#039;affection à ces jeunes  qui souvent en manquait, ainsi que de la reconnaissance. Valoriser l&#039;enfant, le protéger, lui manifester de l&#039;intérêt, mais aussi l&#039;aider à développer ses capacités d&#039;un point de vue cognitif, social et affectif, voilà ce en quoi croyait ce couple. Leurs convictions et ils l&#039;évoquent eux-mêmes répondent toutes aux différents besoins que l&#039;enfant a pour se développer harmonieusement. En cela, on retrouve les fondements de base des droits internationaux des enfants, car on y parle de protection de l&#039;enfant ainsi que permettre à l&#039;enfant de se développer harmonieusement.  &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Conclusions ===&lt;br /&gt;
Les droits de l’enfant, comme nous l’avons présenté, ont évolués au cours de décennies du XXème siècle. L’histoire de cette période nous témoigne de leur importance, de leur rôle prépondérant dans la vie d’un être humain. Ce qui ne veut pas dire que l’on n’a rien de plus à accomplir, bien au contraire. La préoccupation importante quant à aux conditions des enfants dans le monde est encore d&#039;actualité au XXIème sciècle. L&#039;enfant est une personne à part entière ce qui ne fait aucune doute et la [[Article_2013/14|complexité du concept des droits de la personne]] abordée dans notre article renvoie justement à la liberté, à l&#039;intégrité, à la sûreté. Mais surtout qu’importe d&#039;où l’on vient et ce qu’on fait, nous avons le droit à la vie. &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Les [[Droits_des_femmes|femmes]], les [[Droits_des_prisonniers|prisonniers]], les [[Droits_des_patients_psychiatriques|patients]], les [[Droits_des_personnes_en_situation_de_handicap|personnes en situation de handicap]], chaque individu a ce droit pour lequel certains se battent encore aujourd&#039;hui.&amp;lt;br /&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’enfance lie les individus qu’importe leur appartenance. Ce période de la vie qui nous est commun prend une dimension à part tout simplement parce que dans chaque enfant émerge l’avenir, notre avenir. Les adultes ont pour but de les comprendre, de les respecter en tant que personnes et de protéger leurs droits. &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Avec le temps, l&#039;enfant a peu à peu exister comme personne à part entière. Il n&#039;est plus seulement un &amp;quot;homme en devenir&amp;quot;, mais bien un enfant avec ses particularités et besoins spécifiques. De plus, l&#039;intérêt qui lui a été porté à amener à la prise en compte de sa parole, de ses désirs, intérêts, ainsi que de ses besoins, comme lui les définit. On a ainsi vu à travers notre entretien que d&#039;une définition des besoins de l&#039;enfant par l&#039;adulte durant les années 60 dans les milieux éducatifs en Suisse, on est passé vers une prise en compte plus réelle des besoins de l&#039;enfant en s&#039;adressent directement à celui-ci et en l&#039;écoutant davantage. La protection de l&#039;enfant est une notion importante dans la construction de ses droits.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme nous l&#039;avons dit auparavant, son droit à la vie est apparu dans ces textes internationaux. De prime abord, le droit à la vie de tout être humain nous paraît naturel, mais on voit que cela ne va pas de soi, de même que sa protection. La reconnaissance du droit et besoin de protection de l&#039;enfant est essentielle, car il s&#039;agit d&#039;un être vulnérable et dépendant, soumis au bon vouloir des parents. Cette relation dominant-dominé, où l&#039;un possède un certain pouvoir sur l&#039;autre se retrouve dans bien d&#039;autres populations. Ainsi, d&#039;autres droits développés à partir du milieu du 20ème siècle, comme le droits des [[Droits_des_femmes|femmes]], des [[Droits_des_patients_psychiatriques|patients psychiatriques]], des [[Droits des patients (à l&#039;hôpital)|patients hospitaliers]], des [[Droits_des_personnes_en_situation_de_handicap|personnes en situation de handicap]] ou encore des [[Droits_des_prisonniers|prisonniers]] vont dans ce sens. Ce sont toutes des populations sous la domination d&#039;autrui pour lesquelles des luttes se sont développées afin de faire valoir leurs droits, en particulier de parole, écoute, etc. La préoccupation de l&#039;enfant va sans doute de paire avec la conscience de la société de cet enfant comme devenir de la société. En effet, en désirant une société de bons citoyens, épanouis et travailleurs, il faut avant tout s&#039;occuper des conditions et favoriser au mieux le développement harmonieux des enfants. On peut ainsi rapprocher cette volonté d&#039;améliorer la société par le soucis de l&#039;enfant avec l&#039;apparition de l&#039;obligation scolaire pour tous. L&#039;instauration des droits pour l&#039;enfant va cependant plus loin, car elle touche à bien d&#039;autres domaines que l&#039;instruction.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour finir, on peut voir que ces droits reconnus internationalement doivent tout de même continué à être l&#039;objet d&#039;un travail constant, car entre la théorie et la pratique, on peut voir de grandes différences, même dans nos pays développés. Ainsi, il importe de faire connaître leurs droits aux enfants, de les faire respecter, notamment à travers des instances  et sanctions juridiques à cet égard.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Bibliographie / Webographie ===&lt;br /&gt;
* Droux J.,2011. &#039;&#039;L&#039;internationalisation de la protection de l&#039;enfance : acteurs, concurrences et projets transnationaux (1900-1925)&#039;&#039;. In. Critique internationale, 2011/3 n° 52, p. 17-33&lt;br /&gt;
* Martinetti, F. 2002. &#039;&#039;Les Droits de l&#039;enfant&#039;&#039;. Librio&lt;br /&gt;
* http://cofrade.fr/&lt;br /&gt;
* http://www.humanium.org/fr/&lt;br /&gt;
* http://www.netzwerk-kinderrechte.ch/&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Notes et références ===&lt;br /&gt;
&amp;lt;references/&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Auteurs du chapitre ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Claire Bourgeois Dubois-Ferriere&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
* Katarzyna Milena Fratczak&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
* Victoria Salomon&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Victoria</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Droits_des_enfants&amp;diff=12979</id>
		<title>Droits des enfants</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Droits_des_enfants&amp;diff=12979"/>
		<updated>2014-01-13T16:57:26Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Victoria : /* Droits de l&amp;#039;enfant - droits de la personne */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;=== Introduction ===&lt;br /&gt;
Les droits de l&#039;enfant visant la protection des mineurs évoluent au cours des décennies. Les prémices du XXe siècle les plus connues sont bien évidemment la Déclaration de Genève (1924), la Déclaration de droits de l&#039;enfant (1959) et enfin le texte de la Convention des Nations Unies relative aux droits de l&#039;enfant du 20 novembre 1989. Ce dernier “ratifié d’une manière quasi universelle (193 États sur 195) en fait un texte hors norme de part sa portée dans l’espace et de par l’enthousiasme spontané qu’ [il] a suscité.”&amp;lt;ref&amp;gt;Zermatten, J., Stoecklin D. 2009. Le droit des enfants de participer. Norme juridique et réalité pratique: contribution à un nouveau contrat social. Suisse: Institut International des Droits de l&#039;Enfant., p.7 &amp;lt;/ref&amp;gt; Ce parcours historique est une partie importante de l’histoire qu’on écrit aujourd’hui.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
On peut remarquer que le premier pas vers l&#039;individualisation de l&#039;enfant datant de 1924, pointe le bout de son nez quelques années après la fin de la première guerre mondiale. Le 2ème est marqué par la Déclaration de droits de l&#039;enfant de 1959, donc à l’image de la précédente, elle date des années après la seconde guerre mais est également un point de départ menant vers la Convention de 1989.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Le long chemin vers  une telle reconnaissance était en grande partie marqué par la création, un peu partout en Europe, des communautés d&#039;enfants. Leur rôle  n&#039;est pas négligeable. La  définition de ces communautés d&#039;enfants est donné à Trogen en juillet 1948  et semble préciser un peu plus les besoins de l&#039;enfant en tant que personne. Ce sont: « les organisations éducatives ou rééducatives à caractère permanent, fondées sur la participation active des enfants ou adolescents à la vie de la communauté, dans le cadre des méthodes d’éducation et d’instruction modernes – et dans lesquelles la vie de famille se combine de diverses façons aux modalités de la vie de collectivité&amp;quot;.&amp;lt;ref&amp;gt;Cours de M.Ruchat: L’éducation spéciale du XVIIIe au XXe siècles: L’éducation, les normes et l’individu, Université de Genève, 2013&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Dans l’esprit de la reconnaissance d’un enfant à part entière mais avec le respect de sa liberté, [[Libres enfants de Summerhill (Neill)|Alexander Sutherland Neill]] crée son école de Summerhill en 1921, une école qui encore de nos jours suscite beaucoup de discussions et polémiques. Dans le cadre de cet atelier d’intelligence collective nous avons procédé à une comparaison des idées de Neill décrites dans son livre [[Libres enfants de Summerhill (Neill)|&amp;quot;Libres enfants de Summerhill&amp;quot;]] (1960) avec la Convention relative aux droits de l’enfant de 1989 avec un constat tout à fait surprenant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Historique des droits de l&#039;enfant ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== « L’humanité doit donner à l’enfant ce qu’elle a de meilleur » Déclaration de Genève sur les Droits de l’Enfant, 1924 ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est important de signaler qu&#039;avant même l&#039;intérêt qui s&#039;est peu à peu développé quant aux droits de l&#039;enfant, il a d&#039;abord fallu que le société prenne conscience du statut particulier de l&#039;enfant, avec ses spécificités, et bien plus encore d&#039;être humain digne de droits propres : “L’adulte a longtemps cru que c’était lui-même qui devait animer l’enfant par ses soins et son assistance. Il pensait que son rôle était de façonner l’enfant, de construire sa vie psychique pour que l’enfant devienne peu à peu comme lui. L’enfant était un objet d’assistance, un adulte en devenir (certains disent même &amp;quot;en miniature&amp;quot;) et non une personne humaine à part entière. Petit, faible, pauvre, dépendant, il n’était qu’un citoyen potentiel qui ne sera homme ou femme que demain. Il ne devenait une personne humaine, sujet de droits, qu’à partir du moment où il atteignait l’âge adulte. C’est à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle, notamment après la Première Guerre mondiale, que le concept de droits de l’enfant apparaît.” &amp;lt;ref&amp;gt;Dhellemmes V. ,2010. La dignité et les droits de l&#039;enfant : vingt ans d&#039;avancées sur le plan international. In. Transversalités, 2010/3 N° 115, p. 99-110.&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quand on fait une recherche sur des droits de l’enfant à travers les documents écrits en l&#039;espace de plus de cent ans, du début du XXème siècle jusqu’à aujourd’hui, on retrouve les noms de deux précurseurs qui ont marqué le cours de l’histoire. Il s’agit de Britannique Eglantyne Jebb (1876-1928) et du polonais Henryk Goldzmit (1878–1942) connu sous le nom de Janusz Korczak.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Ce dernier, pédiatre et éducateur qui a tant &amp;quot;aimé et défendu&amp;quot; les enfants, ne voulant pas les laisser seuls, s&#039;est laissé emmener avec eux à Treblinka où il est mort dans une chambre à gaz.&amp;lt;ref&amp;gt;Korczak J. Le droit de l’enfant au respect. L’héritage de Janusz Korczak. Conférences sur les enjeux actuels pour l’enfance. In. http://www.coe.int/t/commissioner/Activities/themes/Children/PublicationKorczak_fr.pdf&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Korczak, l&#039;inspirateur des droits de l&#039;enfant est bien, d&#039;abord, un insurgé, comme toute son œuvre en témoigne. C&#039;est un homme qui ne supporte pas la violence faite à l&#039;enfance : la violence physique, bien sûr, la violence psychologique également, mais aussi la violence des institutions qui prétendent œuvrer pour &amp;quot;son bien&amp;quot;.&amp;lt;ref&amp;gt;Meirieu P. 2002. Le pédagogue et les droits de l’enfant : histoire d’un malentendu ?. Editions du Tricorne et Association suisse des Amis du Dr Korczak. p.4&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
“Janusz Korczak, premier défenseur des droits de l’enfant et le plus radical, a été déçu en découvrant la Déclaration des droits de l’enfant adoptée par la Société des Nations en 1924, pas assez claire à son goût et plus implorante que contraignante. Il voulait des droits et non la charité, immédiatement et non dans un avenir lointain.” &amp;lt;ref&amp;gt;Korczak J. Le droit de l’enfant au respect. L’héritage de Janusz Korczak. Conférences sur les enjeux actuels pour l’enfance. In. http://www.coe.int/t/commissioner/Activities/themes/Children/PublicationKorczak_fr.pdf p.7). &amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le travail d&#039;Eglantyne Jebb qui a élaboré et rédigé la [http://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/images/f/fb/Declaration-geneve.pdf Déclaration de Genève] a été important. Elle l’a présenté le 26 septembre 1923 et le 28 février 1924 le Ve Congrès général de la Société de Nations qui l&#039;a alors ratifié.&lt;br /&gt;
C&#039;est le premier texte énonçant des droits fondamentaux des enfants ainsi que la responsabilité des adultes à leur égard. Il est constitué de cinq articles. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Déjà  dans le préambule on peut lire que « L’humanité doit donner à l’enfant ce qu’elle a de meilleur.» On peut y voir également que c’est la protection physique qui est mise en avant en soutenant l&#039;idée de venir en aide en cas de détresse ainsi que celle de combattre la faim et l&#039;exploitation.(articles 2, 3, 4). En parallèle la notion de développement spirituel n’est pas omis (article 1) de même que le fait que “l’enfant doit être élevé dans le sentiment que ses meilleures qualités devront être mises au service de ses frères”(article 5). Ce texte d&#039;après première guerre mondiale est aussi une contribution à un monde paix qui s&#039;étaye sur les enfants qui forme l&#039;avenir, un avenir que les promoteurs des droits de l&#039;enfant voudraient dans la paix.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Déclaration des Droits de l’Enfant, 1959 ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après la seconde guerre mondiale, l&#039;ONU est créée. Elle va s&#039;intéresser aux droits de l&#039;enfant et révéler l&#039;insuffisance de la Déclaration de Genève. En effet, suite à l&#039;adoption de la Déclaration universelle des droits de l&#039;homme (1948) et à l&#039;évolution du droit durant cette période, on pense nécessaire d&#039;approfondir cette question des droits de l&#039;enfant.&lt;br /&gt;
Plusieurs pays membres de l&#039;ONU réclame une convention, c&#039;est à dire un instrument international contraignant qui engage les états qui l&#039;ont ratifié. Mais cette proposition est refusée. Le choix se porte alors sur une seconde Déclaration des droits de l&#039;enfant qui reprend l&#039;idée selon laquelle l&#039;humanité doit donner à l&#039;enfant ce qu&#039;elle a de meilleur. [http://cofradeenfrance.files.wordpress.com/2010/10/dc3a9claration-1959.pdf La déclaration des Droits de l&#039;Enfant] est adoptée par l&#039;assemblée générale des Nations Unies à l&#039;unanimité (70 pays membres), le 20 novembre 1959. Cette date est depuis lors officiellement la journée des droits de l&#039;enfant. La déclaration contient 10 principes fondateurs (elle double donc ceux de 1924!) avec des droits concrets comme par exemple le droit à un nom, à une nationalité ou à un enseignement gratuit au niveau élémentaire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Convention Internationale relative aux Droits de l’Enfant, 1989 ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le 20 novembre 1989, la [http://www.unicef.ch/sites/default/files/attachements/convention_relative_aux_droits_de_lenfant.pdf Convention Internationale relative aux Droits de l’Enfant] (CIDE) a été adoptée par l&#039;Assemblée générale des Nations Unies. Cette Convention a pour but de reconnaître et protéger les droits spécifiques de l&#039;enfant. Elle est composée de 54 articles (elle quintuple le nombre de 1959!) autour des orientations principales suivantes:&lt;br /&gt;
:la non - discrimination&lt;br /&gt;
:l&#039;intérêt supérieur de l&#039;enfant&lt;br /&gt;
:le droit à la vie, la survie et le développement&lt;br /&gt;
:les droits participatifs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les Etats ayant ratifiés cette Convention se doivent de respecter ces articles et de mettre en place les mesures législatives pour protéger les droits de l&#039;enfant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La CIDE est une déclinaison des droits de l&#039;homme exprimés dans la Déclaration universelle des droits de l&#039;homme (1948) et pose que l’enfant est sujet de droit. Elle accorde aux enfants des droits propres et expose leurs droits économiques, sociaux, civils, culturels et politiques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En effet, cette Convention est le texte concernant les droits de l&#039;homme qui a été le plus rapidement accepté au cours de l&#039;histoire, et a été ratifié par le plus d&#039;Etats. Seuls les Etats-Unis et la Somalie ne l&#039;ont pas encore ratifiée aujourd&#039;hui: Les Etats-Unis pratiquent encore la peine de mort pour les enfants dans certains Etats, or cela serait contraire au droit à la vie de l&#039;enfant promulgué dans la CIDE, tandis que la Somalie ne possède pas de gouvernement reconnu pour la ratifier à cause des troubles politiques dans le pays.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Droits de l&#039;enfant - droits de la personne ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;quot;L&#039;humanité doit donner à l&#039;enfant ce qu&#039;elle a de meilleur, affirmer  leurs devoirs, en dehors de toute considération de race, de nationalité et de croyance&amp;quot; - ce sont les prémices officielles de la reconnaissance de l&#039;enfant de 1924. C&#039;était un début, suivi, comme nous avons décrit plus haut, par la Déclaration des droits de l&#039;enfant de 1959 et par La Convention relative aux droits de l&#039;enfant de 1989. &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il faut ici souligner que “jusqu&#039;à l’adoption de la Convention en 1989, les enfants ne vivaient pas dans les limbes juridiques internationales. Il était au contraire admis qu’ils jouissent de garanties offertes par les instruments internationaux précédents, tels que les pactes internationaux relatifs aux droits de l’homme (que la Suisse a récemment ratifiés), à l&#039;exclusion bien entendu des droits liés directement à la condition de l’adulte (droit de se marier, de fonder une famille, assurance-vieillesse ou maternité). L’année internationale de l’enfant a conduit la communauté internationale à préciser le statut des enfants en confirmant leur particularité en tant qu&#039;êtres à la fois vulnérables (Préambules de la Convention, par exemple pp. 5, 6, 12) et appelés “à assumer les responsabilités de la vie dans une société libre”.&amp;lt;ref&amp;gt;Lücker-Babel M-F, Droits de l&#039;enfant: idéologies et réalités. In. Ratifier en Suisse. La Convention de l&#039;ONU relative aux droits de l&#039;enfant?. N° 26, Novembre 1992. p. 43&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;enfant est considéré peu à peu comme un être de droit au cours du XXe siècle, ce que l&#039;on peut voir notamment à travers les différents textes codifiant les droits de l&#039;enfant à cette époque.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout d&#039;abord, en 1924, le premier texte international au sujet des droits de l&#039;enfant ([http://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/images/f/fb/Declaration-geneve.pdf Déclaration de Genève]) confère à celui-ci des droits primaires, comme lui permettre de se développer normalement sur le plan matériel et spirituel, de gagner sa vie sans être exploité, être nourri, soigné, recueilli et secouru, et également de l&#039;élever dans l&#039;esprit que ses qualités devront pourvoir à la société. On voit dans ce texte que les droits dotés à l&#039;enfant amorce une idée de soin et de protection de l&#039;enfant dans l&#039;évocation du secours qui doit lui être porté, et démontre aussi un intérêt pour son bon développement. Toutefois, ces articles restent assez pauvres quant aux droits accordés aux enfants et l&#039;on voit que le travail de l&#039;enfant reste de mise.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[http://cofradeenfrance.files.wordpress.com/2010/10/dc3a9claration-1959.pdf La Déclaration des Droits de l&#039;Enfant] de 1959 va plus loin. Ce texte insiste d&#039;avantage sur la protection  qui doit être accordée à l&#039;enfant qui n&#039;est plus seulement suggérée sous le terme &amp;quot;secours&amp;quot;. Ici, son développement ne doit plus uniquement être normal, mais également sain sur le plan, cette fois-ci moral, spirituel, physique, intellectuel et social. On ajoute que l&#039;enfant doit pouvoir se développer dans la liberté et la dignité.&lt;br /&gt;
Il est important de voir que certains principes sont totalement nouveaux comme par exemple le droit de posséder une nationalité et un nom. On y parle aussi de sécurité non seulement sociale pour l&#039;enfant et sa mère, mais également de sécurité morale.&lt;br /&gt;
Dans ce texte, on voit apparaître l&#039;importance accordée à l&#039;affection envers l&#039;enfant, qui est pour lui un besoin. De plus, il est indiqué que la séparation du petit enfant et de sa mère doit être éviter autant que possible. Si l&#039;enfant n&#039;a pas de famille, il est déclaré que c&#039;est alors aux pouvoirs publics et à la société d&#039;en prendre soin, de même pour les enfants n&#039;ayant pas les moyens nécessaires d’existence.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
A noter également, l&#039;entrée de l&#039;éducation comme étant un droit pour l&#039;enfant: &amp;quot;une éducation gratuite et obligatoire au moins au niveau élémentaire&amp;quot; (principe 7). Les loisirs sont incorporés dans ce principe comme éléments importants. Il est indiqué que l&#039;enfant a en effet le droit de jouer. &lt;br /&gt;
En 1959 est présente l&#039;idée de l&#039;apport des qualités de l&#039;enfant pour les autres membres de la société. Cette idée est accompagnée de celle du devoir de le protéger contre la discrimination, et de l&#039;élever dans un esprit de compréhension, de paix et de tolérance. De plus, on peut remarquer une évolution en ce qui concerne le travail des enfants. En effet, le principe 9 pose clairement des limites à l&#039;employabilité de l&#039;enfant; outre la protection de son développement moral, physique ou mental, sa santé ou son éducation, on parle d&#039;âge minimum approprié pour l&#039;emploi. Toutefois, celui-ci n&#039;est pas spécifié. La notion d&#039;intérêt supérieur de l&#039;enfant fait son apparition dans cet écrit.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La Convention relative aux Droits de l&#039;Enfant de 1989 est le texte relevant des droits de l&#039;enfant le plus abouti. En effet, on peut déjà noter la différence en termes de nombres d&#039;articles de ces textes: 1924, La Déclaration de Genève compte 5 articles, on passe à 10 principes en 1959 et à 54 articles dans la Convention relative aux droits de l&#039;enfant en 1989. Cette convention reprend les droits exprimés dans les textes précédents, les complète et ajoute également bons nombres d&#039;autres considérations.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les droits de l&#039;enfant en Suisse ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le 24 février 1997, la Suisse a ratifié la Convention des Nations Unies relative aux droits de l’enfant. &lt;br /&gt;
Le conseil fédéral a constaté que dans l&#039;ensemble l&#039;ordre juridique suisse était en accord avec les principes de la convention. Néanmoins, il a émis des réserves dans plusieurs domaines où cet ordre juridique n&#039;est pas encore en totale adéquation avec les dispositions de la convention: le droit de l&#039;enfant à une nationalité, le regroupement familial, la séparation des jeunes et des adultes en cas de détention, les procédures pénales impliquant des mineurs. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Par ailleurs, il y a beaucoup de différences entre les différents cantons à propos de la mise en œuvre des droits. Tout ceci doit encore être amélioré.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La Convention est entrée en vigueur le 26 mars 1997 en Suisse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il faut ajouter que le pays a ratifié le protocole facultatif au sujet de l&#039;implication des enfants dans les conflits armés le 26 juillet 2002. Ce protocole, afin d&#039;augmenter la protection des enfants et adolescents, a élevé l&#039;âge minimum requis prévu dans la convention sur l’engagement volontaire et l’enrôlement obligatoire dans les forces armées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En Suisse, le deuxième protocole facultatif qui concerne la vente d&#039;enfants, la prostitution des enfants et la pornographie mettant en scène des enfants afin de mieux protéger les enfants de l&#039;exploitation sexuelle est entré en vigueur le 19 octobre &lt;br /&gt;
2006.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Une nouveauté visant une reconnaissance d&#039;un mineur est son droit de vote. C&#039;est un sujet encore d&#039;actualité qui preuve que le sujet de droits de l&#039;enfant commencé le siècle dernier continue. &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Il faut savoir que les Constitutions et les législations en Suisse divergent en fonction du canton. D’une manière générale le droit de vote au niveau fédéral et cantonal est accordé aux ressortissants suisses ayant 18 ans révolus. &lt;br /&gt;
Néanmoins certaines cantons suisses ont débuté une démarche visant à accorder le doit de vote au niveau cantonal dès l’âge de 16 ans. &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Les citoyens ont pu s’exprimer sur l&#039;abaissement de l&#039;âge du droit de vote à 16 ans dans plusieurs cantons suisses tels que par exemple le canton de Berne, de Neuchâtel ou de Glaris. Celui-ci, en 2010, a accepté d&#039;accorder le premier ce droit aux jeunes à partir de 16 ans. Comme on peut le lire dans l’article de [http://www.rts.ch/info/suisse/1142189-glaris-dit-oui-au-droit-de-vote-a-16-ans.html RTS] paru le 28.06.2010 “beaucoup de jeunes entrent dans la vie active à 16 ans. Ils pourront désormais aussi s&#039;exprimer sur des sujets qui les concernent directement, comme l&#039;école ou l&#039;apprentissage”.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Retour et analyse de l&#039;entretien ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous avons interviewé Monsieur Jean-Pierre Audéoud le 4 décembre 213. Cet homme a eu un parcours professionnel très riche. Après des études de droits, il&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===== Le Tribunal des mineurs =====&lt;br /&gt;
Notre temoin, M. [[Index|Jean-Pierre Audéoud]], nous a expliqué durant l&#039;[[Entretien avec M. Jean-Pierre Audéoud|interview]] du 4 décembre 2013 qu’il était engagé professionnellement, en tant qu’éducateur et en tant que juge pour les mineurs. Son riche expérience dans le domaine sociale lui a permis de mieux appréhender les tâches auprès de Tribunal des mineurs dans le Canton de Vaud. L’engagement tout à fait remarquable de cet homme est mis en avant durant l’entretien:&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
“en choisissant le droit j’avais déjà une arrière pensée, je ne pensais pas être juriste dans un bureau ou faire avocat, quelque chose comme ça. C’est… c’était… alors c’est déjà une orientation si vous voulez, c’est-à-dire que je me suis déjà engagé en commençant le droit mais pas d’une manière précise, pas un moment « tac » voilà. Alors bon je sais pas si c’est à prendre en considération. Mais ça c’est affiné si vous voulez… non puis alors l’engagement véritable c’est quand je suis parti à Montpellier, c’est le choix de cette école d’éducateurs où je voulais compléter ma formation de juriste pour pouvoir à l’occasion revenir dans la juridiction des mineurs.”&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Il faut souligner ici que le Tribunal des mineurs, une instance pour laquelle a travaillé Monsieur Jean-Pierre Audéoud, tient une place importante dans le champ des droits de l&#039;enfant. En outre le rôle du juge des mineurs est primordial, car c&#039;est lui qui va s&#039;occuper d&#039;instruire la cause, c&#039;est lui qui prend les décisions quand un délit  est commis par un enfant.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Une recherche que nous avons mené à ce sujet nous a permis de voir qu&#039;il existe plusieurs types de sanctions:&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
* Les &amp;quot;peines prévues par le droit des mineurs :&lt;br /&gt;
réprimande ; prestation personnelle (travail d’intérêt général ou séance de sensibilisation) ; amende ; privation de liberté&amp;quot;.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
* Les &amp;quot;mesures de protection prévues par le droit des mineurs :&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
surveillance (droit de regard et d&#039;information sur la prise en charge éducative ou thérapeutique du mineur par ses parents) ; assistance personnelle (désignation d’une personne pour seconder les parents et assister le mineur) ; traitement ambulatoire (en cas de troubles psychiques, du développement de la personnalité, de toxicodépendance ou d’autre addiction) ; placement (si l’éducation et le traitement de l’état du mineur ne peuvent être assurés autrement).&amp;quot; &amp;lt;ref&amp;gt;http://www.vd.ch/fileadmin/user_upload/themes/etat_droit/justice/fichiers_pdf/Penal_7_web.pdf&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La page web officielle de la République et du canton de Genève, indique  &amp;quot;le Tribunal des mineurs est l’autorité pénale compétente pour poursuivre et juger les infractions commises par les mineurs âgés de dix à dix-huit ans au moment de l&#039;acte.&lt;br /&gt;
Il est également l&#039;autorité d&#039;exécution des peines et mesures prononcées, ces dernières pouvant durer jusqu&#039;à l&#039;âge de 22 ans.&amp;quot; &amp;lt;ref&amp;gt;https://ge.ch/justice/tribunal-des-mineurs&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De manière plus générale, la protection de l&#039;enfant est une démarche sociétale qui concerne l&#039;ensemble des citoyens qu&#039;importe leurs origines.&lt;br /&gt;
En suivant le parcours de l&#039;enfant en tant que personne à part entière, on constate qu&#039;il évolue au cours du XXe siècle. À partir des informations publiées sur le site de Unicef on peut retracer les éléments marquants de ce changement en vue de la reconnaissance internationale et de l’importance de l’enfance.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les droits de l&#039;enfant à travers le prisme de l&#039;éducation ===&lt;br /&gt;
* [[Entretien avec M. Jean-Pierre Audéoud|Entretien]] avec M. [[Index|Jean-Pierre Audéoud]]&lt;br /&gt;
* [[Article 2013/14|Méthode d&#039;entretien]]&lt;br /&gt;
* [[Questions pour les entretiens|Questions d&#039;entretien]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme l&#039;indique le titre de cette section, nous allons aborder les droits des enfants à travers le prisme de l&#039;éducation, car notre témoin à avant tout travailler dans le cadre de l&#039;éducation, que ce soit dans sa formation d&#039;éducateur, ou son poste de directeur d&#039;une maison d&#039;éducation pour les jeunes délinquants à Serix avec sa femme Colette Audéoud ou encore celui de juge au Tribunal des mineurs du canton de Vaud.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est important de souligner qu&#039;avant de rencontrer notre témoin, nous n&#039;avions que peu d&#039;informations sur son parcours professionnel et de vie. Nous nous sommes rendues compte en menant l&#039;interview qu&#039;il n&#039;était pas dans des revendications, dans une lutte en faveur des droits de l&#039;enfant au sens strict. Mais il a, de part son métier et ses actions concrètes, participé à l&#039;évolution d&#039;une individualisation de l&#039;enfant; son but étant de faire grandir, évoluer des jeunes  pour qu&#039;ils reprennent le droit chemin, tout en respectant leurs besoins. Ainsi, il se trouve un certain décalage entre nos chapitres précédents concernant les droits de l&#039;enfant au sens strict et celui-ci qui traite d&#039;aspects éducatifs à travers une expérience de vie. Néanmoins, nous avons pu faire différents liens entre cette expérience et les droits en tant que tels. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;entretien avec M. et Mme Audéoud nous a permis de mettre en avant divers aspects reliés aux changements quant au travail d&#039;éducateur durant la période des [[Article_2013/14|années 60-80]]. Monsieur et Madame Audéoud on travaillé durant 10 ans (1963-1973) en tant que couple-directeur dans une maison d&#039;éducation pour jeunes délinquants. La colonie de Serix accueillait 40 jeunes enfants et adolescents (uniquement des garçons) placés soit par une instance civile, soit par le service de protection de la jeunesse, ou encore par le tribunal des mineurs. Durant ces 10 années, ils ont initié et participé à de nombreux changements concrets au sein de leur institution. Ces changements reflètent grandement l&#039;évolution du regard porté sur l&#039;enfant à l&#039;époque. Avec la mise en place de cultes le dimanche où les gens des villages alentours se réunissaient au sein même de l&#039;institution  ou encore la création d&#039;un jardin d&#039;enfants pour les enfants du personnel, la création d&#039;un parc de jeux par de jeunes scouts, il y a cette volonté d&#039;ouvrir l&#039;institution pour que d&#039;une part les jeunes puissent avoir des contacts avec l&#039;extérieur, mais également pour que les gens de l&#039;extérieur puissent avoir un regard différent sur ce lieu et ses résidents. Les Audéoud vont encore plus loin en créant un foyer d&#039;habitation dépendant de Serix, en intégrant des jeunes dans les écoles des alentours, en leur organisant des vacances ou la possibilité de rentrer dans leur famille le week-end. Cette ouverture vers l&#039;extérieur était vraiment quelque chose de nouveau car durant des années Serix était un lieu très fermé ou rien de filtrait.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un élément marquant constaté par le couple Audéoud à travers leurs années à Serix est l&#039;évolution du statut d&#039;éducateur. &lt;br /&gt;
(suite à venir...)&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Cet entretien a mis également en lumière l&#039;évolution de la reconnaissance de l&#039;enfant et de ses droits. En effet, les droits de l&#039;enfant sont des droits de la personne avant tout. L&#039;entretien a par exemple souligné l&#039;importance de l&#039;écoute de l&#039;enfant et son droit à la parole. Ainsi, M. Audéoud nous a expliqué qu&#039;au Tribunal des mineurs le président se doit d&#039;écouter le mineur accusé et ses responsables légaux. D&#039;ailleurs, le but du juge pour enfant selon notre témoin est de choisir la sanction appropriée au mineur particulier, éduquer ou punir : travaux d&#039;intérêts généraux, amande ou encore le placement dans un établissement d&#039;éducation. Il se mêle alors des aspects juridiques à des aspects éducatifs et l&#039;on tente de déterminer ce qui est le mieux pour le jeune et non réellement selon le délit commis.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Il s&#039;agit là d&#039;un changement conséquent, car dans les années 60, M. Audéoud nous a fait part que dans son poste de directeur à Serix, les besoins des jeunes étaient définis par les adultes, qui décidaient pour les jeunes par rapport à ce qu&#039;ils pensaient être bien pour eux, mais sans leur demander leur avis. On n&#039;était pas encore dans une réelle prise en compte de la parole de l&#039;enfant à l&#039;époque. Une évolution sur le plan de l&#039;individualisation de l&#039;enfant et de la prise en compte de ses besoins est visible. En effet, aujourd&#039;hui on entend plus l&#039;enfant, on tente de connaître ce qu&#039;il désire et on regarde si on peut y accommoder. Avant, l&#039;enfant se devait de s&#039;accommoder lui à ce qu&#039;on lui imposait. De même, à Serix les colloques concernant les enfants se déroulaient sans l&#039;intéressé et ses parents, mais seulement avec les éducateurs et autres professionnels entourant le jeune. Petit à petit, les éducateurs ont changé de manière de faire, en imposant moins de choses supposées pour le bien des enfants et adolescents. Dans cet ordre d&#039;idée, on retrouve les points fondamentaux de la Constitution de 1989, du droit à la participation ainsi que la prise en compte de l&#039;intérêt supérieur de l&#039;enfant. Donc, entre les années 60 et 80, le domaine de l&#039;éducation a évolué dans la place attribuée au mineur dans les choix et sujets le concernant, l&#039;écoute qu&#039;on lui accorde et le droit de parole de celui-ci. De plus, les changements sont aussi visibles dans la prise en compte plus aboutie des besoins de l&#039;enfant, notamment par son expression de ses désirs et ressentis. Mme Audéoud souligne également le recours progressif à l&#039;individualisation de la démarche envers le jeune dans le milieu éducatif de Serix. Ainsi les jeunes ne sont plus approchés collectivement et on tient davantage compte de leur individualité dans les démarches entreprises à son égard. &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Par rapport à la question des valeurs portées par ces deux personnes, on retrouve celles de donner une structure à l&#039;enfant de manière attentionnée, de donner de l&#039;affection à ces jeunes  qui souvent en manquait, ainsi que de la reconnaissance. Valoriser l&#039;enfant, le protéger, lui manifester de l&#039;intérêt, mais aussi l&#039;aider à développer ses capacités d&#039;un point de vue cognitif, social et affectif, voilà ce en quoi croyait ce couple. Leurs convictions et ils l&#039;évoquent eux-mêmes répondent toutes aux différents besoins que l&#039;enfant a pour se développer harmonieusement. En cela, on retrouve les fondements de base des droits internationaux des enfants, car on y parle de protection de l&#039;enfant ainsi que permettre à l&#039;enfant de se développer harmonieusement.  &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Conclusions ===&lt;br /&gt;
Les droits de l’enfant, comme nous l’avons présenté, ont évolués au cours de décennies du XXème siècle. L’histoire de cette période nous témoigne de leur importance, de leur rôle prépondérant dans la vie d’un être humain. Ce qui ne veut pas dire que l’on n’a rien de plus à accomplir, bien au contraire. La préoccupation importante quant à aux conditions des enfants dans le monde est encore d&#039;actualité au XXIème sciècle. L&#039;enfant est une personne à part entière ce qui ne fait aucune doute et la [[Article_2013/14|complexité du concept des droits de la personne]] abordée dans notre article renvoie justement à la liberté, à l&#039;intégrité, à la sûreté. Mais surtout qu’importe d&#039;où l’on vient et ce qu’on fait, nous avons le droit à la vie. &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Les [[Droits_des_femmes|femmes]], les [[Droits_des_prisonniers|prisonniers]], les [[Droits_des_patients_psychiatriques|patients]], les [[Droits_des_personnes_en_situation_de_handicap|personnes en situation de handicap]], chaque individu a ce droit pour lequel certains se battent encore aujourd&#039;hui.&amp;lt;br /&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’enfance lie les individus qu’importe leur appartenance. Ce période de la vie qui nous est commun prend une dimension à part tout simplement parce que dans chaque enfant émerge l’avenir, notre avenir. Les adultes ont pour but de les comprendre, de les respecter en tant que personnes et de protéger leurs droits. &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Avec le temps, l&#039;enfant a peu à peu exister comme personne à part entière. Il n&#039;est plus seulement un &amp;quot;homme en devenir&amp;quot;, mais bien un enfant avec ses particularités et besoins spécifiques. De plus, l&#039;intérêt qui lui a été porté à amener à la prise en compte de sa parole, de ses désirs, intérêts, ainsi que de ses besoins, comme lui les définit. On a ainsi vu à travers notre entretien que d&#039;une définition des besoins de l&#039;enfant par l&#039;adulte durant les années 60 dans les milieux éducatifs en Suisse, on est passé vers une prise en compte plus réelle des besoins de l&#039;enfant en s&#039;adressent directement à celui-ci et en l&#039;écoutant davantage. La protection de l&#039;enfant est une notion importante dans la construction de ses droits.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme nous l&#039;avons dit auparavant, son droit à la vie est apparu dans ces textes internationaux. De prime abord, le droit à la vie de tout être humain nous paraît naturel, mais on voit que cela ne va pas de soi, de même que sa protection. La reconnaissance du droit et besoin de protection de l&#039;enfant est essentielle, car il s&#039;agit d&#039;un être vulnérable et dépendant, soumis au bon vouloir des parents. Cette relation dominant-dominé, où l&#039;un possède un certain pouvoir sur l&#039;autre se retrouve dans bien d&#039;autres populations. Ainsi, d&#039;autres droits développés à partir du milieu du 20ème siècle, comme le droits des [[Droits_des_femmes|femmes]], des [[Droits_des_patients_psychiatriques|patients psychiatriques]], des [[Droits des patients (à l&#039;hôpital)|patients hospitaliers]], des [[Droits_des_personnes_en_situation_de_handicap|personnes en situation de handicap]] ou encore des [[Droits_des_prisonniers|prisonniers]] vont dans ce sens. Ce sont toutes des populations sous la domination d&#039;autrui pour lesquelles des luttes se sont développées afin de faire valoir leurs droits, en particulier de parole, écoute, etc. La préoccupation de l&#039;enfant va sans doute de paire avec la conscience de la société de cet enfant comme devenir de la société. En effet, en désirant une société de bons citoyens, épanouis et travailleurs, il faut avant tout s&#039;occuper des conditions et favoriser au mieux le développement harmonieux des enfants. On peut ainsi rapprocher cette volonté d&#039;améliorer la société par le soucis de l&#039;enfant avec l&#039;apparition de l&#039;obligation scolaire pour tous. L&#039;instauration des droits pour l&#039;enfant va cependant plus loin, car elle touche à bien d&#039;autres domaines que l&#039;instruction.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour finir, on peut voir que ces droits reconnus internationalement doivent tout de même continué à être l&#039;objet d&#039;un travail constant, car entre la théorie et la pratique, on peut voir de grandes différences, même dans nos pays développés. Ainsi, il importe de faire connaître leurs droits aux enfants, de les faire respecter, notamment à travers des instances  et sanctions juridiques à cet égard.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Bibliographie / Webographie ===&lt;br /&gt;
* Droux J.,2011. &#039;&#039;L&#039;internationalisation de la protection de l&#039;enfance : acteurs, concurrences et projets transnationaux (1900-1925)&#039;&#039;. In. Critique internationale, 2011/3 n° 52, p. 17-33&lt;br /&gt;
* Martinetti, F. 2002. &#039;&#039;Les Droits de l&#039;enfant&#039;&#039;. Librio&lt;br /&gt;
* http://cofrade.fr/&lt;br /&gt;
* http://www.humanium.org/fr/&lt;br /&gt;
* http://www.netzwerk-kinderrechte.ch/&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Notes et références ===&lt;br /&gt;
&amp;lt;references/&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Auteurs du chapitre ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Claire Bourgeois Dubois-Ferriere&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
* Katarzyna Milena Fratczak&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
* Victoria Salomon&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Victoria</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Droits_des_enfants&amp;diff=12978</id>
		<title>Droits des enfants</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Droits_des_enfants&amp;diff=12978"/>
		<updated>2014-01-13T16:56:18Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Victoria : /* Droits de l&amp;#039;enfant - droits de la personne */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;=== Introduction ===&lt;br /&gt;
Les droits de l&#039;enfant visant la protection des mineurs évoluent au cours des décennies. Les prémices du XXe siècle les plus connues sont bien évidemment la Déclaration de Genève (1924), la Déclaration de droits de l&#039;enfant (1959) et enfin le texte de la Convention des Nations Unies relative aux droits de l&#039;enfant du 20 novembre 1989. Ce dernier “ratifié d’une manière quasi universelle (193 États sur 195) en fait un texte hors norme de part sa portée dans l’espace et de par l’enthousiasme spontané qu’ [il] a suscité.”&amp;lt;ref&amp;gt;Zermatten, J., Stoecklin D. 2009. Le droit des enfants de participer. Norme juridique et réalité pratique: contribution à un nouveau contrat social. Suisse: Institut International des Droits de l&#039;Enfant., p.7 &amp;lt;/ref&amp;gt; Ce parcours historique est une partie importante de l’histoire qu’on écrit aujourd’hui.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
On peut remarquer que le premier pas vers l&#039;individualisation de l&#039;enfant datant de 1924, pointe le bout de son nez quelques années après la fin de la première guerre mondiale. Le 2ème est marqué par la Déclaration de droits de l&#039;enfant de 1959, donc à l’image de la précédente, elle date des années après la seconde guerre mais est également un point de départ menant vers la Convention de 1989.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Le long chemin vers  une telle reconnaissance était en grande partie marqué par la création, un peu partout en Europe, des communautés d&#039;enfants. Leur rôle  n&#039;est pas négligeable. La  définition de ces communautés d&#039;enfants est donné à Trogen en juillet 1948  et semble préciser un peu plus les besoins de l&#039;enfant en tant que personne. Ce sont: « les organisations éducatives ou rééducatives à caractère permanent, fondées sur la participation active des enfants ou adolescents à la vie de la communauté, dans le cadre des méthodes d’éducation et d’instruction modernes – et dans lesquelles la vie de famille se combine de diverses façons aux modalités de la vie de collectivité&amp;quot;.&amp;lt;ref&amp;gt;Cours de M.Ruchat: L’éducation spéciale du XVIIIe au XXe siècles: L’éducation, les normes et l’individu, Université de Genève, 2013&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Dans l’esprit de la reconnaissance d’un enfant à part entière mais avec le respect de sa liberté, [[Libres enfants de Summerhill (Neill)|Alexander Sutherland Neill]] crée son école de Summerhill en 1921, une école qui encore de nos jours suscite beaucoup de discussions et polémiques. Dans le cadre de cet atelier d’intelligence collective nous avons procédé à une comparaison des idées de Neill décrites dans son livre [[Libres enfants de Summerhill (Neill)|&amp;quot;Libres enfants de Summerhill&amp;quot;]] (1960) avec la Convention relative aux droits de l’enfant de 1989 avec un constat tout à fait surprenant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Historique des droits de l&#039;enfant ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== « L’humanité doit donner à l’enfant ce qu’elle a de meilleur » Déclaration de Genève sur les Droits de l’Enfant, 1924 ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est important de signaler qu&#039;avant même l&#039;intérêt qui s&#039;est peu à peu développé quant aux droits de l&#039;enfant, il a d&#039;abord fallu que le société prenne conscience du statut particulier de l&#039;enfant, avec ses spécificités, et bien plus encore d&#039;être humain digne de droits propres : “L’adulte a longtemps cru que c’était lui-même qui devait animer l’enfant par ses soins et son assistance. Il pensait que son rôle était de façonner l’enfant, de construire sa vie psychique pour que l’enfant devienne peu à peu comme lui. L’enfant était un objet d’assistance, un adulte en devenir (certains disent même &amp;quot;en miniature&amp;quot;) et non une personne humaine à part entière. Petit, faible, pauvre, dépendant, il n’était qu’un citoyen potentiel qui ne sera homme ou femme que demain. Il ne devenait une personne humaine, sujet de droits, qu’à partir du moment où il atteignait l’âge adulte. C’est à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle, notamment après la Première Guerre mondiale, que le concept de droits de l’enfant apparaît.” &amp;lt;ref&amp;gt;Dhellemmes V. ,2010. La dignité et les droits de l&#039;enfant : vingt ans d&#039;avancées sur le plan international. In. Transversalités, 2010/3 N° 115, p. 99-110.&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quand on fait une recherche sur des droits de l’enfant à travers les documents écrits en l&#039;espace de plus de cent ans, du début du XXème siècle jusqu’à aujourd’hui, on retrouve les noms de deux précurseurs qui ont marqué le cours de l’histoire. Il s’agit de Britannique Eglantyne Jebb (1876-1928) et du polonais Henryk Goldzmit (1878–1942) connu sous le nom de Janusz Korczak.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Ce dernier, pédiatre et éducateur qui a tant &amp;quot;aimé et défendu&amp;quot; les enfants, ne voulant pas les laisser seuls, s&#039;est laissé emmener avec eux à Treblinka où il est mort dans une chambre à gaz.&amp;lt;ref&amp;gt;Korczak J. Le droit de l’enfant au respect. L’héritage de Janusz Korczak. Conférences sur les enjeux actuels pour l’enfance. In. http://www.coe.int/t/commissioner/Activities/themes/Children/PublicationKorczak_fr.pdf&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Korczak, l&#039;inspirateur des droits de l&#039;enfant est bien, d&#039;abord, un insurgé, comme toute son œuvre en témoigne. C&#039;est un homme qui ne supporte pas la violence faite à l&#039;enfance : la violence physique, bien sûr, la violence psychologique également, mais aussi la violence des institutions qui prétendent œuvrer pour &amp;quot;son bien&amp;quot;.&amp;lt;ref&amp;gt;Meirieu P. 2002. Le pédagogue et les droits de l’enfant : histoire d’un malentendu ?. Editions du Tricorne et Association suisse des Amis du Dr Korczak. p.4&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
“Janusz Korczak, premier défenseur des droits de l’enfant et le plus radical, a été déçu en découvrant la Déclaration des droits de l’enfant adoptée par la Société des Nations en 1924, pas assez claire à son goût et plus implorante que contraignante. Il voulait des droits et non la charité, immédiatement et non dans un avenir lointain.” &amp;lt;ref&amp;gt;Korczak J. Le droit de l’enfant au respect. L’héritage de Janusz Korczak. Conférences sur les enjeux actuels pour l’enfance. In. http://www.coe.int/t/commissioner/Activities/themes/Children/PublicationKorczak_fr.pdf p.7). &amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le travail d&#039;Eglantyne Jebb qui a élaboré et rédigé la [http://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/images/f/fb/Declaration-geneve.pdf Déclaration de Genève] a été important. Elle l’a présenté le 26 septembre 1923 et le 28 février 1924 le Ve Congrès général de la Société de Nations qui l&#039;a alors ratifié.&lt;br /&gt;
C&#039;est le premier texte énonçant des droits fondamentaux des enfants ainsi que la responsabilité des adultes à leur égard. Il est constitué de cinq articles. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Déjà  dans le préambule on peut lire que « L’humanité doit donner à l’enfant ce qu’elle a de meilleur.» On peut y voir également que c’est la protection physique qui est mise en avant en soutenant l&#039;idée de venir en aide en cas de détresse ainsi que celle de combattre la faim et l&#039;exploitation.(articles 2, 3, 4). En parallèle la notion de développement spirituel n’est pas omis (article 1) de même que le fait que “l’enfant doit être élevé dans le sentiment que ses meilleures qualités devront être mises au service de ses frères”(article 5). Ce texte d&#039;après première guerre mondiale est aussi une contribution à un monde paix qui s&#039;étaye sur les enfants qui forme l&#039;avenir, un avenir que les promoteurs des droits de l&#039;enfant voudraient dans la paix.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Déclaration des Droits de l’Enfant, 1959 ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après la seconde guerre mondiale, l&#039;ONU est créée. Elle va s&#039;intéresser aux droits de l&#039;enfant et révéler l&#039;insuffisance de la Déclaration de Genève. En effet, suite à l&#039;adoption de la Déclaration universelle des droits de l&#039;homme (1948) et à l&#039;évolution du droit durant cette période, on pense nécessaire d&#039;approfondir cette question des droits de l&#039;enfant.&lt;br /&gt;
Plusieurs pays membres de l&#039;ONU réclame une convention, c&#039;est à dire un instrument international contraignant qui engage les états qui l&#039;ont ratifié. Mais cette proposition est refusée. Le choix se porte alors sur une seconde Déclaration des droits de l&#039;enfant qui reprend l&#039;idée selon laquelle l&#039;humanité doit donner à l&#039;enfant ce qu&#039;elle a de meilleur. [http://cofradeenfrance.files.wordpress.com/2010/10/dc3a9claration-1959.pdf La déclaration des Droits de l&#039;Enfant] est adoptée par l&#039;assemblée générale des Nations Unies à l&#039;unanimité (70 pays membres), le 20 novembre 1959. Cette date est depuis lors officiellement la journée des droits de l&#039;enfant. La déclaration contient 10 principes fondateurs (elle double donc ceux de 1924!) avec des droits concrets comme par exemple le droit à un nom, à une nationalité ou à un enseignement gratuit au niveau élémentaire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Convention Internationale relative aux Droits de l’Enfant, 1989 ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le 20 novembre 1989, la [http://www.unicef.ch/sites/default/files/attachements/convention_relative_aux_droits_de_lenfant.pdf Convention Internationale relative aux Droits de l’Enfant] (CIDE) a été adoptée par l&#039;Assemblée générale des Nations Unies. Cette Convention a pour but de reconnaître et protéger les droits spécifiques de l&#039;enfant. Elle est composée de 54 articles (elle quintuple le nombre de 1959!) autour des orientations principales suivantes:&lt;br /&gt;
:la non - discrimination&lt;br /&gt;
:l&#039;intérêt supérieur de l&#039;enfant&lt;br /&gt;
:le droit à la vie, la survie et le développement&lt;br /&gt;
:les droits participatifs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les Etats ayant ratifiés cette Convention se doivent de respecter ces articles et de mettre en place les mesures législatives pour protéger les droits de l&#039;enfant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La CIDE est une déclinaison des droits de l&#039;homme exprimés dans la Déclaration universelle des droits de l&#039;homme (1948) et pose que l’enfant est sujet de droit. Elle accorde aux enfants des droits propres et expose leurs droits économiques, sociaux, civils, culturels et politiques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En effet, cette Convention est le texte concernant les droits de l&#039;homme qui a été le plus rapidement accepté au cours de l&#039;histoire, et a été ratifié par le plus d&#039;Etats. Seuls les Etats-Unis et la Somalie ne l&#039;ont pas encore ratifiée aujourd&#039;hui: Les Etats-Unis pratiquent encore la peine de mort pour les enfants dans certains Etats, or cela serait contraire au droit à la vie de l&#039;enfant promulgué dans la CIDE, tandis que la Somalie ne possède pas de gouvernement reconnu pour la ratifier à cause des troubles politiques dans le pays.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Droits de l&#039;enfant - droits de la personne ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;quot;L&#039;humanité doit donner à l&#039;enfant ce qu&#039;elle a de meilleur, affirmer  leurs devoirs, en dehors de toute considération de race, de nationalité et de croyance&amp;quot; - ce sont les prémices officielles de la reconnaissance de l&#039;enfant de 1924. C&#039;était un début, suivi, comme nous avons décrit plus haut, par la Déclaration des droits de l&#039;enfant de 1959 et par La Convention relative aux droits de l&#039;enfant de 1989. &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il faut ici souligner que “jusqu&#039;à l’adoption de la Convention en 1989, les enfants ne vivaient pas dans les limbes juridiques internationales. Il était au contraire admis qu’ils jouissent de garanties offertes par les instruments internationaux précédents, tels que les pactes internationaux relatifs aux droits de l’homme (que la Suisse a récemment ratifiés), à l&#039;exclusion bien entendu des droits liés directement à la condition de l’adulte (droit de se marier, de fonder une famille, assurance-vieillesse ou maternité). L’année internationale de l’enfant a conduit la communauté internationale à préciser le statut des enfants en confirmant leur particularité en tant qu&#039;êtres à la fois vulnérables (Préambules de la Convention, par exemple pp. 5, 6, 12) et appelés “à assumer les responsabilités de la vie dans une société libre”.&amp;lt;ref&amp;gt;Lücker-Babel M-F, Droits de l&#039;enfant: idéologies et réalités. In. Ratifier en Suisse. La Convention de l&#039;ONU relative aux droits de l&#039;enfant?. N° 26, Novembre 1992. p. 43&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;enfant est considéré peu à peu comme un être de droit au cours du XXe siècle, ce que l&#039;on peut voir notamment à travers les différents textes codifiant les droits de l&#039;enfant à cette époque.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout d&#039;abord, en 1924, le premier texte international au sujet des droits de l&#039;enfant ([http://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/images/f/fb/Declaration-geneve.pdf Déclaration de Genève]) confère à celui-ci des droits primaires, comme lui permettre de se développer normalement sur le plan matériel et spirituel, de gagner sa vie sans être exploité, être nourri, soigné, recueilli et secouru, et également de l&#039;élever dans l&#039;esprit que ses qualités devront pourvoir à la société. On voit dans ce texte que les droits dotés à l&#039;enfant amorce une idée de soin et de protection de l&#039;enfant dans l&#039;évocation du secours qui doit lui être porté, et démontre aussi un intérêt pour son bon développement. Toutefois, ces articles restent assez pauvres quant aux droits accordés aux enfants et l&#039;on voit que le travail de l&#039;enfant reste de mise.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La Déclaration des Droits de l&#039;Enfant de 1959 va plus loin. Ce texte insiste d&#039;avantage sur la protection  qui doit être accordée à l&#039;enfant qui n&#039;est plus seulement suggérée sous le terme &amp;quot;secours&amp;quot;. Ici, son développement ne doit plus uniquement être normal, mais également sain sur le plan, cette fois-ci moral, spirituel, physique, intellectuel et social. On ajoute que l&#039;enfant doit pouvoir se développer dans la liberté et la dignité.&lt;br /&gt;
Il est important de voir que certains principes sont totalement nouveaux comme par exemple le droit de posséder une nationalité et un nom. On y parle aussi de sécurité non seulement sociale pour l&#039;enfant et sa mère, mais également de sécurité morale.&lt;br /&gt;
Dans ce texte, on voit apparaître l&#039;importance accordée à l&#039;affection envers l&#039;enfant, qui est pour lui un besoin. De plus, il est indiqué que la séparation du petit enfant et de sa mère doit être éviter autant que possible. Si l&#039;enfant n&#039;a pas de famille, il est déclaré que c&#039;est alors aux pouvoirs publics et à la société d&#039;en prendre soin, de même pour les enfants n&#039;ayant pas les moyens nécessaires d’existence.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
A noter également, l&#039;entrée de l&#039;éducation comme étant un droit pour l&#039;enfant: &amp;quot;une éducation gratuite et obligatoire au moins au niveau élémentaire&amp;quot; (principe 7). Les loisirs sont incorporés dans ce principe comme éléments importants. Il est indiqué que l&#039;enfant a en effet le droit de jouer. &lt;br /&gt;
En 1959 est présente l&#039;idée de l&#039;apport des qualités de l&#039;enfant pour les autres membres de la société. Cette idée est accompagnée de celle du devoir de le protéger contre la discrimination, et de l&#039;élever dans un esprit de compréhension, de paix et de tolérance. De plus, on peut remarquer une évolution en ce qui concerne le travail des enfants. En effet, le principe 9 pose clairement des limites à l&#039;employabilité de l&#039;enfant; outre la protection de son développement moral, physique ou mental, sa santé ou son éducation, on parle d&#039;âge minimum approprié pour l&#039;emploi. Toutefois, celui-ci n&#039;est pas spécifié. La notion d&#039;intérêt supérieur de l&#039;enfant fait son apparition dans cet écrit.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La Convention relative aux Droits de l&#039;Enfant de 1989 est le texte relevant des droits de l&#039;enfant le plus abouti. En effet, on peut déjà noter la différence en termes de nombres d&#039;articles de ces textes: 1924, La Déclaration de Genève compte 5 articles, on passe à 10 principes en 1959 et à 54 articles dans la Convention relative aux droits de l&#039;enfant en 1989. Cette convention reprend les droits exprimés dans les textes précédents, les complète et ajoute également bons nombres d&#039;autres considérations.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les droits de l&#039;enfant en Suisse ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le 24 février 1997, la Suisse a ratifié la Convention des Nations Unies relative aux droits de l’enfant. &lt;br /&gt;
Le conseil fédéral a constaté que dans l&#039;ensemble l&#039;ordre juridique suisse était en accord avec les principes de la convention. Néanmoins, il a émis des réserves dans plusieurs domaines où cet ordre juridique n&#039;est pas encore en totale adéquation avec les dispositions de la convention: le droit de l&#039;enfant à une nationalité, le regroupement familial, la séparation des jeunes et des adultes en cas de détention, les procédures pénales impliquant des mineurs. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Par ailleurs, il y a beaucoup de différences entre les différents cantons à propos de la mise en œuvre des droits. Tout ceci doit encore être amélioré.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La Convention est entrée en vigueur le 26 mars 1997 en Suisse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il faut ajouter que le pays a ratifié le protocole facultatif au sujet de l&#039;implication des enfants dans les conflits armés le 26 juillet 2002. Ce protocole, afin d&#039;augmenter la protection des enfants et adolescents, a élevé l&#039;âge minimum requis prévu dans la convention sur l’engagement volontaire et l’enrôlement obligatoire dans les forces armées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En Suisse, le deuxième protocole facultatif qui concerne la vente d&#039;enfants, la prostitution des enfants et la pornographie mettant en scène des enfants afin de mieux protéger les enfants de l&#039;exploitation sexuelle est entré en vigueur le 19 octobre &lt;br /&gt;
2006.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Une nouveauté visant une reconnaissance d&#039;un mineur est son droit de vote. C&#039;est un sujet encore d&#039;actualité qui preuve que le sujet de droits de l&#039;enfant commencé le siècle dernier continue. &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Il faut savoir que les Constitutions et les législations en Suisse divergent en fonction du canton. D’une manière générale le droit de vote au niveau fédéral et cantonal est accordé aux ressortissants suisses ayant 18 ans révolus. &lt;br /&gt;
Néanmoins certaines cantons suisses ont débuté une démarche visant à accorder le doit de vote au niveau cantonal dès l’âge de 16 ans. &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Les citoyens ont pu s’exprimer sur l&#039;abaissement de l&#039;âge du droit de vote à 16 ans dans plusieurs cantons suisses tels que par exemple le canton de Berne, de Neuchâtel ou de Glaris. Celui-ci, en 2010, a accepté d&#039;accorder le premier ce droit aux jeunes à partir de 16 ans. Comme on peut le lire dans l’article de [http://www.rts.ch/info/suisse/1142189-glaris-dit-oui-au-droit-de-vote-a-16-ans.html RTS] paru le 28.06.2010 “beaucoup de jeunes entrent dans la vie active à 16 ans. Ils pourront désormais aussi s&#039;exprimer sur des sujets qui les concernent directement, comme l&#039;école ou l&#039;apprentissage”.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Retour et analyse de l&#039;entretien ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous avons interviewé Monsieur Jean-Pierre Audéoud le 4 décembre 213. Cet homme a eu un parcours professionnel très riche. Après des études de droits, il&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===== Le Tribunal des mineurs =====&lt;br /&gt;
Notre temoin, M. [[Index|Jean-Pierre Audéoud]], nous a expliqué durant l&#039;[[Entretien avec M. Jean-Pierre Audéoud|interview]] du 4 décembre 2013 qu’il était engagé professionnellement, en tant qu’éducateur et en tant que juge pour les mineurs. Son riche expérience dans le domaine sociale lui a permis de mieux appréhender les tâches auprès de Tribunal des mineurs dans le Canton de Vaud. L’engagement tout à fait remarquable de cet homme est mis en avant durant l’entretien:&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
“en choisissant le droit j’avais déjà une arrière pensée, je ne pensais pas être juriste dans un bureau ou faire avocat, quelque chose comme ça. C’est… c’était… alors c’est déjà une orientation si vous voulez, c’est-à-dire que je me suis déjà engagé en commençant le droit mais pas d’une manière précise, pas un moment « tac » voilà. Alors bon je sais pas si c’est à prendre en considération. Mais ça c’est affiné si vous voulez… non puis alors l’engagement véritable c’est quand je suis parti à Montpellier, c’est le choix de cette école d’éducateurs où je voulais compléter ma formation de juriste pour pouvoir à l’occasion revenir dans la juridiction des mineurs.”&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Il faut souligner ici que le Tribunal des mineurs, une instance pour laquelle a travaillé Monsieur Jean-Pierre Audéoud, tient une place importante dans le champ des droits de l&#039;enfant. En outre le rôle du juge des mineurs est primordial, car c&#039;est lui qui va s&#039;occuper d&#039;instruire la cause, c&#039;est lui qui prend les décisions quand un délit  est commis par un enfant.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Une recherche que nous avons mené à ce sujet nous a permis de voir qu&#039;il existe plusieurs types de sanctions:&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
* Les &amp;quot;peines prévues par le droit des mineurs :&lt;br /&gt;
réprimande ; prestation personnelle (travail d’intérêt général ou séance de sensibilisation) ; amende ; privation de liberté&amp;quot;.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
* Les &amp;quot;mesures de protection prévues par le droit des mineurs :&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
surveillance (droit de regard et d&#039;information sur la prise en charge éducative ou thérapeutique du mineur par ses parents) ; assistance personnelle (désignation d’une personne pour seconder les parents et assister le mineur) ; traitement ambulatoire (en cas de troubles psychiques, du développement de la personnalité, de toxicodépendance ou d’autre addiction) ; placement (si l’éducation et le traitement de l’état du mineur ne peuvent être assurés autrement).&amp;quot; &amp;lt;ref&amp;gt;http://www.vd.ch/fileadmin/user_upload/themes/etat_droit/justice/fichiers_pdf/Penal_7_web.pdf&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La page web officielle de la République et du canton de Genève, indique  &amp;quot;le Tribunal des mineurs est l’autorité pénale compétente pour poursuivre et juger les infractions commises par les mineurs âgés de dix à dix-huit ans au moment de l&#039;acte.&lt;br /&gt;
Il est également l&#039;autorité d&#039;exécution des peines et mesures prononcées, ces dernières pouvant durer jusqu&#039;à l&#039;âge de 22 ans.&amp;quot; &amp;lt;ref&amp;gt;https://ge.ch/justice/tribunal-des-mineurs&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De manière plus générale, la protection de l&#039;enfant est une démarche sociétale qui concerne l&#039;ensemble des citoyens qu&#039;importe leurs origines.&lt;br /&gt;
En suivant le parcours de l&#039;enfant en tant que personne à part entière, on constate qu&#039;il évolue au cours du XXe siècle. À partir des informations publiées sur le site de Unicef on peut retracer les éléments marquants de ce changement en vue de la reconnaissance internationale et de l’importance de l’enfance.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les droits de l&#039;enfant à travers le prisme de l&#039;éducation ===&lt;br /&gt;
* [[Entretien avec M. Jean-Pierre Audéoud|Entretien]] avec M. [[Index|Jean-Pierre Audéoud]]&lt;br /&gt;
* [[Article 2013/14|Méthode d&#039;entretien]]&lt;br /&gt;
* [[Questions pour les entretiens|Questions d&#039;entretien]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme l&#039;indique le titre de cette section, nous allons aborder les droits des enfants à travers le prisme de l&#039;éducation, car notre témoin à avant tout travailler dans le cadre de l&#039;éducation, que ce soit dans sa formation d&#039;éducateur, ou son poste de directeur d&#039;une maison d&#039;éducation pour les jeunes délinquants à Serix avec sa femme Colette Audéoud ou encore celui de juge au Tribunal des mineurs du canton de Vaud.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est important de souligner qu&#039;avant de rencontrer notre témoin, nous n&#039;avions que peu d&#039;informations sur son parcours professionnel et de vie. Nous nous sommes rendues compte en menant l&#039;interview qu&#039;il n&#039;était pas dans des revendications, dans une lutte en faveur des droits de l&#039;enfant au sens strict. Mais il a, de part son métier et ses actions concrètes, participé à l&#039;évolution d&#039;une individualisation de l&#039;enfant; son but étant de faire grandir, évoluer des jeunes  pour qu&#039;ils reprennent le droit chemin, tout en respectant leurs besoins. Ainsi, il se trouve un certain décalage entre nos chapitres précédents concernant les droits de l&#039;enfant au sens strict et celui-ci qui traite d&#039;aspects éducatifs à travers une expérience de vie. Néanmoins, nous avons pu faire différents liens entre cette expérience et les droits en tant que tels. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;entretien avec M. et Mme Audéoud nous a permis de mettre en avant divers aspects reliés aux changements quant au travail d&#039;éducateur durant la période des [[Article_2013/14|années 60-80]]. Monsieur et Madame Audéoud on travaillé durant 10 ans (1963-1973) en tant que couple-directeur dans une maison d&#039;éducation pour jeunes délinquants. La colonie de Serix accueillait 40 jeunes enfants et adolescents (uniquement des garçons) placés soit par une instance civile, soit par le service de protection de la jeunesse, ou encore par le tribunal des mineurs. Durant ces 10 années, ils ont initié et participé à de nombreux changements concrets au sein de leur institution. Ces changements reflètent grandement l&#039;évolution du regard porté sur l&#039;enfant à l&#039;époque. Avec la mise en place de cultes le dimanche où les gens des villages alentours se réunissaient au sein même de l&#039;institution  ou encore la création d&#039;un jardin d&#039;enfants pour les enfants du personnel, la création d&#039;un parc de jeux par de jeunes scouts, il y a cette volonté d&#039;ouvrir l&#039;institution pour que d&#039;une part les jeunes puissent avoir des contacts avec l&#039;extérieur, mais également pour que les gens de l&#039;extérieur puissent avoir un regard différent sur ce lieu et ses résidents. Les Audéoud vont encore plus loin en créant un foyer d&#039;habitation dépendant de Serix, en intégrant des jeunes dans les écoles des alentours, en leur organisant des vacances ou la possibilité de rentrer dans leur famille le week-end. Cette ouverture vers l&#039;extérieur était vraiment quelque chose de nouveau car durant des années Serix était un lieu très fermé ou rien de filtrait.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un élément marquant constaté par le couple Audéoud à travers leurs années à Serix est l&#039;évolution du statut d&#039;éducateur. &lt;br /&gt;
(suite à venir...)&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Cet entretien a mis également en lumière l&#039;évolution de la reconnaissance de l&#039;enfant et de ses droits. En effet, les droits de l&#039;enfant sont des droits de la personne avant tout. L&#039;entretien a par exemple souligné l&#039;importance de l&#039;écoute de l&#039;enfant et son droit à la parole. Ainsi, M. Audéoud nous a expliqué qu&#039;au Tribunal des mineurs le président se doit d&#039;écouter le mineur accusé et ses responsables légaux. D&#039;ailleurs, le but du juge pour enfant selon notre témoin est de choisir la sanction appropriée au mineur particulier, éduquer ou punir : travaux d&#039;intérêts généraux, amande ou encore le placement dans un établissement d&#039;éducation. Il se mêle alors des aspects juridiques à des aspects éducatifs et l&#039;on tente de déterminer ce qui est le mieux pour le jeune et non réellement selon le délit commis.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Il s&#039;agit là d&#039;un changement conséquent, car dans les années 60, M. Audéoud nous a fait part que dans son poste de directeur à Serix, les besoins des jeunes étaient définis par les adultes, qui décidaient pour les jeunes par rapport à ce qu&#039;ils pensaient être bien pour eux, mais sans leur demander leur avis. On n&#039;était pas encore dans une réelle prise en compte de la parole de l&#039;enfant à l&#039;époque. Une évolution sur le plan de l&#039;individualisation de l&#039;enfant et de la prise en compte de ses besoins est visible. En effet, aujourd&#039;hui on entend plus l&#039;enfant, on tente de connaître ce qu&#039;il désire et on regarde si on peut y accommoder. Avant, l&#039;enfant se devait de s&#039;accommoder lui à ce qu&#039;on lui imposait. De même, à Serix les colloques concernant les enfants se déroulaient sans l&#039;intéressé et ses parents, mais seulement avec les éducateurs et autres professionnels entourant le jeune. Petit à petit, les éducateurs ont changé de manière de faire, en imposant moins de choses supposées pour le bien des enfants et adolescents. Dans cet ordre d&#039;idée, on retrouve les points fondamentaux de la Constitution de 1989, du droit à la participation ainsi que la prise en compte de l&#039;intérêt supérieur de l&#039;enfant. Donc, entre les années 60 et 80, le domaine de l&#039;éducation a évolué dans la place attribuée au mineur dans les choix et sujets le concernant, l&#039;écoute qu&#039;on lui accorde et le droit de parole de celui-ci. De plus, les changements sont aussi visibles dans la prise en compte plus aboutie des besoins de l&#039;enfant, notamment par son expression de ses désirs et ressentis. Mme Audéoud souligne également le recours progressif à l&#039;individualisation de la démarche envers le jeune dans le milieu éducatif de Serix. Ainsi les jeunes ne sont plus approchés collectivement et on tient davantage compte de leur individualité dans les démarches entreprises à son égard. &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Par rapport à la question des valeurs portées par ces deux personnes, on retrouve celles de donner une structure à l&#039;enfant de manière attentionnée, de donner de l&#039;affection à ces jeunes  qui souvent en manquait, ainsi que de la reconnaissance. Valoriser l&#039;enfant, le protéger, lui manifester de l&#039;intérêt, mais aussi l&#039;aider à développer ses capacités d&#039;un point de vue cognitif, social et affectif, voilà ce en quoi croyait ce couple. Leurs convictions et ils l&#039;évoquent eux-mêmes répondent toutes aux différents besoins que l&#039;enfant a pour se développer harmonieusement. En cela, on retrouve les fondements de base des droits internationaux des enfants, car on y parle de protection de l&#039;enfant ainsi que permettre à l&#039;enfant de se développer harmonieusement.  &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Conclusions ===&lt;br /&gt;
Les droits de l’enfant, comme nous l’avons présenté, ont évolués au cours de décennies du XXème siècle. L’histoire de cette période nous témoigne de leur importance, de leur rôle prépondérant dans la vie d’un être humain. Ce qui ne veut pas dire que l’on n’a rien de plus à accomplir, bien au contraire. La préoccupation importante quant à aux conditions des enfants dans le monde est encore d&#039;actualité au XXIème sciècle. L&#039;enfant est une personne à part entière ce qui ne fait aucune doute et la [[Article_2013/14|complexité du concept des droits de la personne]] abordée dans notre article renvoie justement à la liberté, à l&#039;intégrité, à la sûreté. Mais surtout qu’importe d&#039;où l’on vient et ce qu’on fait, nous avons le droit à la vie. &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Les [[Droits_des_femmes|femmes]], les [[Droits_des_prisonniers|prisonniers]], les [[Droits_des_patients_psychiatriques|patients]], les [[Droits_des_personnes_en_situation_de_handicap|personnes en situation de handicap]], chaque individu a ce droit pour lequel certains se battent encore aujourd&#039;hui.&amp;lt;br /&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’enfance lie les individus qu’importe leur appartenance. Ce période de la vie qui nous est commun prend une dimension à part tout simplement parce que dans chaque enfant émerge l’avenir, notre avenir. Les adultes ont pour but de les comprendre, de les respecter en tant que personnes et de protéger leurs droits. &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Avec le temps, l&#039;enfant a peu à peu exister comme personne à part entière. Il n&#039;est plus seulement un &amp;quot;homme en devenir&amp;quot;, mais bien un enfant avec ses particularités et besoins spécifiques. De plus, l&#039;intérêt qui lui a été porté à amener à la prise en compte de sa parole, de ses désirs, intérêts, ainsi que de ses besoins, comme lui les définit. On a ainsi vu à travers notre entretien que d&#039;une définition des besoins de l&#039;enfant par l&#039;adulte durant les années 60 dans les milieux éducatifs en Suisse, on est passé vers une prise en compte plus réelle des besoins de l&#039;enfant en s&#039;adressent directement à celui-ci et en l&#039;écoutant davantage. La protection de l&#039;enfant est une notion importante dans la construction de ses droits.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme nous l&#039;avons dit auparavant, son droit à la vie est apparu dans ces textes internationaux. De prime abord, le droit à la vie de tout être humain nous paraît naturel, mais on voit que cela ne va pas de soi, de même que sa protection. La reconnaissance du droit et besoin de protection de l&#039;enfant est essentielle, car il s&#039;agit d&#039;un être vulnérable et dépendant, soumis au bon vouloir des parents. Cette relation dominant-dominé, où l&#039;un possède un certain pouvoir sur l&#039;autre se retrouve dans bien d&#039;autres populations. Ainsi, d&#039;autres droits développés à partir du milieu du 20ème siècle, comme le droits des [[Droits_des_femmes|femmes]], des [[Droits_des_patients_psychiatriques|patients psychiatriques]], des [[Droits des patients (à l&#039;hôpital)|patients hospitaliers]], des [[Droits_des_personnes_en_situation_de_handicap|personnes en situation de handicap]] ou encore des [[Droits_des_prisonniers|prisonniers]] vont dans ce sens. Ce sont toutes des populations sous la domination d&#039;autrui pour lesquelles des luttes se sont développées afin de faire valoir leurs droits, en particulier de parole, écoute, etc. La préoccupation de l&#039;enfant va sans doute de paire avec la conscience de la société de cet enfant comme devenir de la société. En effet, en désirant une société de bons citoyens, épanouis et travailleurs, il faut avant tout s&#039;occuper des conditions et favoriser au mieux le développement harmonieux des enfants. On peut ainsi rapprocher cette volonté d&#039;améliorer la société par le soucis de l&#039;enfant avec l&#039;apparition de l&#039;obligation scolaire pour tous. L&#039;instauration des droits pour l&#039;enfant va cependant plus loin, car elle touche à bien d&#039;autres domaines que l&#039;instruction.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour finir, on peut voir que ces droits reconnus internationalement doivent tout de même continué à être l&#039;objet d&#039;un travail constant, car entre la théorie et la pratique, on peut voir de grandes différences, même dans nos pays développés. Ainsi, il importe de faire connaître leurs droits aux enfants, de les faire respecter, notamment à travers des instances  et sanctions juridiques à cet égard.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Bibliographie / Webographie ===&lt;br /&gt;
* Droux J.,2011. &#039;&#039;L&#039;internationalisation de la protection de l&#039;enfance : acteurs, concurrences et projets transnationaux (1900-1925)&#039;&#039;. In. Critique internationale, 2011/3 n° 52, p. 17-33&lt;br /&gt;
* Martinetti, F. 2002. &#039;&#039;Les Droits de l&#039;enfant&#039;&#039;. Librio&lt;br /&gt;
* http://cofrade.fr/&lt;br /&gt;
* http://www.humanium.org/fr/&lt;br /&gt;
* http://www.netzwerk-kinderrechte.ch/&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Notes et références ===&lt;br /&gt;
&amp;lt;references/&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Auteurs du chapitre ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Claire Bourgeois Dubois-Ferriere&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
* Katarzyna Milena Fratczak&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
* Victoria Salomon&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Victoria</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Droits_des_enfants&amp;diff=12974</id>
		<title>Droits des enfants</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Droits_des_enfants&amp;diff=12974"/>
		<updated>2014-01-13T16:39:48Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Victoria : /* Les droits de l&amp;#039;enfant à travers le prisme de l&amp;#039;éducation */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;=== Introduction ===&lt;br /&gt;
Les droits de l&#039;enfant visant la protection des mineurs évoluent au cours des décennies. Les prémices du XXe siècle les plus connues sont bien évidemment la Déclaration de Genève (1924), la Déclaration de droits de l&#039;enfant (1959) et enfin le texte de la Convention des Nations Unies relative aux droits de l&#039;enfant du 20 novembre 1989. Ce dernier “ratifié d’une manière quasi universelle (193 États sur 195) en fait un texte hors norme de part sa portée dans l’espace et de par l’enthousiasme spontané qu’ [il] a suscité.”&amp;lt;ref&amp;gt;Zermatten, J., Stoecklin D. 2009. Le droit des enfants de participer. Norme juridique et réalité pratique: contribution à un nouveau contrat social. Suisse: Institut International des Droits de l&#039;Enfant., p.7 &amp;lt;/ref&amp;gt; Ce parcours historique est une partie importante de l’histoire qu’on écrit aujourd’hui.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
On peut remarquer que le premier pas vers l&#039;individualisation de l&#039;enfant datant de 1924, pointe le bout de son nez quelques années après la fin de la première guerre mondiale. Le 2ème est marqué par la Déclaration de droits de l&#039;enfant de 1959, donc à l’image de la précédente, elle date des années après la seconde guerre mais est également un point de départ menant vers la Convention de 1989.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Le long chemin vers  une telle reconnaissance était en grande partie marqué par la création, un peu partout en Europe, des communautés d&#039;enfants. Leur rôle  n&#039;est pas négligeable. La  définition de ces communautés d&#039;enfants est donné à Trogen en juillet 1948  et semble préciser un peu plus les besoins de l&#039;enfant en tant que personne. Ce sont: « les organisations éducatives ou rééducatives à caractère permanent, fondées sur la participation active des enfants ou adolescents à la vie de la communauté, dans le cadre des méthodes d’éducation et d’instruction modernes – et dans lesquelles la vie de famille se combine de diverses façons aux modalités de la vie de collectivité&amp;quot;.&amp;lt;ref&amp;gt;Cours de M.Ruchat: L’éducation spéciale du XVIIIe au XXe siècles: L’éducation, les normes et l’individu, Université de Genève, 2013&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Dans l’esprit de la reconnaissance d’un enfant à part entière mais avec le respect de sa liberté, [[Libres enfants de Summerhill (Neill)|Alexander Sutherland Neill]] crée son école de Summerhill en 1921, une école qui encore de nos jours suscite beaucoup de discussions et polémiques. Dans le cadre de cet atelier d’intelligence collective nous avons procédé à une comparaison des idées de Neill décrites dans son livre [[Libres enfants de Summerhill (Neill)|&amp;quot;Libres enfants de Summerhill&amp;quot;]] (1960) avec la Convention relative aux droits de l’enfant de 1989 avec un constat tout à fait surprenant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Historique des droits de l&#039;enfant ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== « L’humanité doit donner à l’enfant ce qu’elle a de meilleur » Déclaration de Genève sur les Droits de l’Enfant, 1924 ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est important de signaler qu&#039;avant même l&#039;intérêt qui s&#039;est peu à peu développé quant aux droits de l&#039;enfant, il a d&#039;abord fallu que le société prenne conscience du statut particulier de l&#039;enfant, avec ses spécificités, et bien plus encore d&#039;être humain digne de droits propres : “L’adulte a longtemps cru que c’était lui-même qui devait animer l’enfant par ses soins et son assistance. Il pensait que son rôle était de façonner l’enfant, de construire sa vie psychique pour que l’enfant devienne peu à peu comme lui. L’enfant était un objet d’assistance, un adulte en devenir (certains disent même &amp;quot;en miniature&amp;quot;) et non une personne humaine à part entière. Petit, faible, pauvre, dépendant, il n’était qu’un citoyen potentiel qui ne sera homme ou femme que demain. Il ne devenait une personne humaine, sujet de droits, qu’à partir du moment où il atteignait l’âge adulte. C’est à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle, notamment après la Première Guerre mondiale, que le concept de droits de l’enfant apparaît.” &amp;lt;ref&amp;gt;Dhellemmes V. ,2010. La dignité et les droits de l&#039;enfant : vingt ans d&#039;avancées sur le plan international. In. Transversalités, 2010/3 N° 115, p. 99-110.&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quand on fait une recherche sur des droits de l’enfant à travers les documents écrits en l&#039;espace de plus de cent ans, du début du XXème siècle jusqu’à aujourd’hui, on retrouve les noms de deux précurseurs qui ont marqué le cours de l’histoire. Il s’agit de Britannique Eglantyne Jebb (1876-1928) et du polonais Henryk Goldzmit (1878–1942) connu sous le nom de Janusz Korczak.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Ce dernier, pédiatre et éducateur qui a tant &amp;quot;aimé et défendu&amp;quot; les enfants, ne voulant pas les laisser seuls, s&#039;est laissé emmener avec eux à Treblinka où il est mort dans une chambre à gaz.&amp;lt;ref&amp;gt;Korczak J. Le droit de l’enfant au respect. L’héritage de Janusz Korczak. Conférences sur les enjeux actuels pour l’enfance. In. http://www.coe.int/t/commissioner/Activities/themes/Children/PublicationKorczak_fr.pdf&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Korczak, l&#039;inspirateur des droits de l&#039;enfant est bien, d&#039;abord, un insurgé, comme toute son œuvre en témoigne. C&#039;est un homme qui ne supporte pas la violence faite à l&#039;enfance : la violence physique, bien sûr, la violence psychologique également, mais aussi la violence des institutions qui prétendent œuvrer pour &amp;quot;son bien&amp;quot;.&amp;lt;ref&amp;gt;Meirieu P. 2002. Le pédagogue et les droits de l’enfant : histoire d’un malentendu ?. Editions du Tricorne et Association suisse des Amis du Dr Korczak. p.4&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
“Janusz Korczak, premier défenseur des droits de l’enfant et le plus radical, a été déçu en découvrant la Déclaration des droits de l’enfant adoptée par la Société des Nations en 1924, pas assez claire à son goût et plus implorante que contraignante. Il voulait des droits et non la charité, immédiatement et non dans un avenir lointain.” &amp;lt;ref&amp;gt;Korczak J. Le droit de l’enfant au respect. L’héritage de Janusz Korczak. Conférences sur les enjeux actuels pour l’enfance. In. http://www.coe.int/t/commissioner/Activities/themes/Children/PublicationKorczak_fr.pdf p.7). &amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le travail d&#039;Eglantyne Jebb qui a élaboré et rédigé la [http://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/images/f/fb/Declaration-geneve.pdf Déclaration de Genève] a été important. Elle l’a présenté le 26 septembre 1923 et le 28 février 1924 le Ve Congrès général de la Société de Nations qui l&#039;a alors ratifié.&lt;br /&gt;
C&#039;est le premier texte énonçant des droits fondamentaux des enfants ainsi que la responsabilité des adultes à leur égard. Il est constitué de cinq articles. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Déjà  dans le préambule on peut lire que « L’humanité doit donner à l’enfant ce qu’elle a de meilleur.» On peut y voir également que c’est la protection physique qui est mise en avant en soutenant l&#039;idée de venir en aide en cas de détresse ainsi que celle de combattre la faim et l&#039;exploitation.(articles 2, 3, 4). En parallèle la notion de développement spirituel n’est pas omis (article 1) de même que le fait que “l’enfant doit être élevé dans le sentiment que ses meilleures qualités devront être mises au service de ses frères”(article 5). Ce texte d&#039;après première guerre mondiale est aussi une contribution à un monde paix qui s&#039;étaye sur les enfants qui forme l&#039;avenir, un avenir que les promoteurs des droits de l&#039;enfant voudraient dans la paix.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Déclaration des Droits de l’Enfant, 1959 ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après la seconde guerre mondiale, l&#039;ONU est créée. Elle va s&#039;intéresser aux droits de l&#039;enfant et révéler l&#039;insuffisance de la Déclaration de Genève. En effet, suite à l&#039;adoption de la Déclaration universelle des droits de l&#039;homme (1948) et à l&#039;évolution du droit durant cette période, on pense nécessaire d&#039;approfondir cette question des droits de l&#039;enfant.&lt;br /&gt;
Plusieurs pays membres de l&#039;ONU réclame une convention, c&#039;est à dire un instrument international contraignant qui engage les états qui l&#039;ont ratifié. Mais cette proposition est refusée. Le choix se porte alors sur une seconde Déclaration des droits de l&#039;enfant qui reprend l&#039;idée selon laquelle l&#039;humanité doit donner à l&#039;enfant ce qu&#039;elle a de meilleur. [http://cofradeenfrance.files.wordpress.com/2010/10/dc3a9claration-1959.pdf La déclaration des Droits de l&#039;Enfant] est adoptée par l&#039;assemblée générale des Nations Unies à l&#039;unanimité (70 pays membres), le 20 novembre 1959. Cette date est depuis lors officiellement la journée des droits de l&#039;enfant. La déclaration contient 10 principes fondateurs (elle double donc ceux de 1924!) avec des droits concrets comme par exemple le droit à un nom, à une nationalité ou à un enseignement gratuit au niveau élémentaire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Convention Internationale relative aux Droits de l’Enfant, 1989 ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le 20 novembre 1989, la [http://www.unicef.ch/sites/default/files/attachements/convention_relative_aux_droits_de_lenfant.pdf Convention Internationale relative aux Droits de l’Enfant] (CIDE) a été adoptée par l&#039;Assemblée générale des Nations Unies. Cette Convention a pour but de reconnaître et protéger les droits spécifiques de l&#039;enfant. Elle est composée de 54 articles (elle quintuple le nombre de 1959!) autour des orientations principales suivantes:&lt;br /&gt;
:la non - discrimination&lt;br /&gt;
:l&#039;intérêt supérieur de l&#039;enfant&lt;br /&gt;
:le droit à la vie, la survie et le développement&lt;br /&gt;
:les droits participatifs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les Etats ayant ratifiés cette Convention se doivent de respecter ces articles et de mettre en place les mesures législatives pour protéger les droits de l&#039;enfant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La CIDE est une déclinaison des droits de l&#039;homme exprimés dans la Déclaration universelle des droits de l&#039;homme (1948) et pose que l’enfant est sujet de droit. Elle accorde aux enfants des droits propres et expose leurs droits économiques, sociaux, civils, culturels et politiques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En effet, cette Convention est le texte concernant les droits de l&#039;homme qui a été le plus rapidement accepté au cours de l&#039;histoire, et a été ratifié par le plus d&#039;Etats. Seuls les Etats-Unis et la Somalie ne l&#039;ont pas encore ratifiée aujourd&#039;hui: Les Etats-Unis pratiquent encore la peine de mort pour les enfants dans certains Etats, or cela serait contraire au droit à la vie de l&#039;enfant promulgué dans la CIDE, tandis que la Somalie ne possède pas de gouvernement reconnu pour la ratifier à cause des troubles politiques dans le pays.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Droits de l&#039;enfant - droits de la personne ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;quot;L&#039;humanité doit donner à l&#039;enfant ce qu&#039;elle a de meilleur, affirmer  leurs devoirs, en dehors de toute considération de race, de nationalité et de croyance&amp;quot; - ce sont les prémices officielles de la reconnaissance de l&#039;enfant de 1924. C&#039;était un début, suivi, comme nous avons décrit plus haut, par la Déclaration des droits de l&#039;enfant de 1959 et par La Convention relative aux droits de l&#039;enfant de 1989. &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il faut ici souligner que “jusqu&#039;à l’adoption de la Convention en 1989, les enfants ne vivaient pas dans les limbes juridiques internationales. Il était au contraire admis qu’ils jouissent de garanties offertes par les instruments internationaux précédents, tels que les pactes internationaux relatifs aux droits de l’homme (que la Suisse a récemment ratifiés), à l&#039;exclusion bien entendu des droits liés directement à la condition de l’adulte (droit de se marier, de fonder une famille, assurance-vieillesse ou maternité). L’année internationale de l’enfant a conduit la communauté internationale à préciser le statut des enfants en confirmant leur particularité en tant qu&#039;êtres à la fois vulnérables (Préambules de la Convention, par exemple pp. 5, 6, 12) et appelés “à assumer les responsabilités de la vie dans une société libre”.&amp;lt;ref&amp;gt;Lücker-Babel M-F, Droits de l&#039;enfant: idéologies et réalités. In. Ratifier en Suisse. La Convention de l&#039;ONU relative aux droits de l&#039;enfant?. N° 26, Novembre 1992. p. 43&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;enfant est considéré peu à peu comme un être de droit au cours du XXe siècle, ce que l&#039;on peut voir notamment à travers les différents textes codifiant les droits de l&#039;enfant à cette époque.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout d&#039;abord, en 1924, le premier texte international au sujet des droits de l&#039;enfant (Déclaration de Genève) confère à celui-ci des droits primaires, comme lui permettre de se développer normalement sur le plan matériel et spirituel, de gagner sa vie sans être exploité, être nourri, soigné, recueilli et secouru, et également de l&#039;élever dans l&#039;esprit que ses qualités devront pourvoir à la société. On voit dans ce texte que les droits dotés à l&#039;enfant amorce une idée de soin et de protection de l&#039;enfant dans l&#039;évocation du secours qui doit lui être porté, et démontre aussi un intérêt pour son bon développement. Toutefois, ces articles restent assez pauvres quant aux droits accordés aux enfants et l&#039;on voit que le travail de l&#039;enfant reste de mise.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La Déclaration des Droits de l&#039;Enfant de 1959 va plus loin. Ce texte insiste d&#039;avantage sur la protection  qui doit être accordée à l&#039;enfant qui n&#039;est plus seulement suggérée sous le terme &amp;quot;secours&amp;quot;. Ici, son développement ne doit plus uniquement être normal, mais également sain sur le plan, cette fois-ci moral, spirituel, physique, intellectuel et social. On ajoute que l&#039;enfant doit pouvoir se développer dans la liberté et la dignité.&lt;br /&gt;
Il est important de voir que certains principes sont totalement nouveaux comme par exemple le droit de posséder une nationalité et un nom. On y parle aussi de sécurité non seulement sociale pour l&#039;enfant et sa mère, mais également de sécurité morale.&lt;br /&gt;
Dans ce texte, on voit apparaître l&#039;importance accordée à l&#039;affection envers l&#039;enfant, qui est pour lui un besoin. De plus, il est indiqué que la séparation du petit enfant et de sa mère doit être éviter autant que possible. Si l&#039;enfant n&#039;a pas de famille, il est déclaré que c&#039;est alors aux pouvoirs publics et à la société d&#039;en prendre soin, de même pour les enfants n&#039;ayant pas les moyens nécessaires d’existence.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
A noter également, l&#039;entrée de l&#039;éducation comme étant un droit pour l&#039;enfant: &amp;quot;une éducation gratuite et obligatoire au moins au niveau élémentaire&amp;quot; (principe 7). Les loisirs sont incorporés dans ce principe comme éléments importants. Il est indiqué que l&#039;enfant a en effet le droit de jouer. &lt;br /&gt;
En 1959 est présente l&#039;idée de l&#039;apport des qualités de l&#039;enfant pour les autres membres de la société. Cette idée est accompagnée de celle du devoir de le protéger contre la discrimination, et de l&#039;élever dans un esprit de compréhension, de paix et de tolérance. De plus, on peut remarquer une évolution en ce qui concerne le travail des enfants. En effet, le principe 9 pose clairement des limites à l&#039;employabilité de l&#039;enfant; outre la protection de son développement moral, physique ou mental, sa santé ou son éducation, on parle d&#039;âge minimum approprié pour l&#039;emploi. Toutefois, celui-ci n&#039;est pas spécifié. La notion d&#039;intérêt supérieur de l&#039;enfant fait son apparition dans cet écrit.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La Convention relative aux Droits de l&#039;Enfant de 1989 est le texte relevant des droits de l&#039;enfant le plus abouti. En effet, on peut déjà noter la différence en termes de nombres d&#039;articles de ces textes: 1924, La Déclaration de Genève compte 5 articles, on passe à 10 principes en 1959 et à 54 articles dans la Convention relative aux droits de l&#039;enfant en 1989. Cette convention reprend les droits exprimés dans les textes précédents, les complète et ajoute également bons nombres d&#039;autres considérations.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les droits de l&#039;enfant en Suisse ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le 24 février 1997, la Suisse a ratifié la Convention des Nations Unies relative aux droits de l’enfant. &lt;br /&gt;
Le conseil fédéral a constaté que dans l&#039;ensemble l&#039;ordre juridique suisse était en accord avec les principes de la convention. Néanmoins, il a émis des réserves dans plusieurs domaines où cet ordre juridique n&#039;est pas encore en totale adéquation avec les dispositions de la convention: le droit de l&#039;enfant à une nationalité, le regroupement familial, la séparation des jeunes et des adultes en cas de détention, les procédures pénales impliquant des mineurs. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Par ailleurs, il y a beaucoup de différences entre les différents cantons à propos de la mise en œuvre des droits. Tout ceci doit encore être amélioré.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La Convention est entrée en vigueur le 26 mars 1997 en Suisse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il faut ajouter que le pays a ratifié le protocole facultatif au sujet de l&#039;implication des enfants dans les conflits armés le 26 juillet 2002. Ce protocole, afin d&#039;augmenter la protection des enfants et adolescents, a élevé l&#039;âge minimum requis prévu dans la convention sur l’engagement volontaire et l’enrôlement obligatoire dans les forces armées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En Suisse, le deuxième protocole facultatif qui concerne la vente d&#039;enfants, la prostitution des enfants et la pornographie mettant en scène des enfants afin de mieux protéger les enfants de l&#039;exploitation sexuelle est entré en vigueur le 19 octobre &lt;br /&gt;
2006.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Une nouveauté visant une reconnaissance d&#039;un mineur est son droit de vote. C&#039;est un sujet encore d&#039;actualité qui preuve que le sujet de droits de l&#039;enfant commencé le siècle dernier continue. &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Il faut savoir que les Constitutions et les législations en Suisse divergent en fonction du canton. D’une manière générale le droit de vote au niveau fédéral et cantonal est accordé aux ressortissants suisses ayant 18 ans révolus. &lt;br /&gt;
Néanmoins certaines cantons suisses ont débuté une démarche visant à accorder le doit de vote au niveau cantonal dès l’âge de 16 ans. &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Les citoyens ont pu s’exprimer sur l&#039;abaissement de l&#039;âge du droit de vote à 16 ans dans plusieurs cantons suisses tels que par exemple le canton de Berne, de Neuchâtel ou de Glaris. Celui-ci, en 2010, a accepté d&#039;accorder le premier ce droit aux jeunes à partir de 16 ans. Comme on peut le lire dans l’article de [http://www.rts.ch/info/suisse/1142189-glaris-dit-oui-au-droit-de-vote-a-16-ans.html RTS] paru le 28.06.2010 “beaucoup de jeunes entrent dans la vie active à 16 ans. Ils pourront désormais aussi s&#039;exprimer sur des sujets qui les concernent directement, comme l&#039;école ou l&#039;apprentissage”.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Retour et analyse de l&#039;entretien ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===== Le Tribunal des mineurs =====&lt;br /&gt;
Notre temoin, M. [[Index|Jean-Pierre Audéoud]], nous a expliqué durant l&#039;[[Entretien avec M. Jean-Pierre Audéoud|interview]] du 4 décembre 2013 qu’il était engagé professionnellement, en tant qu’éducateur et en tant que juge pour les mineurs. Son riche expérience dans le domaine sociale lui a permis de mieux appréhender les tâches auprès de Tribunal des mineurs dans le Canton de Vaud. L’engagement tout à fait remarquable de cet homme est mis en avant durant l’entretien:&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
“en choisissant le droit j’avais déjà une arrière pensée, je ne pensais pas être juriste dans un bureau ou faire avocat, quelque chose comme ça. C’est… c’était… alors c’est déjà une orientation si vous voulez, c’est-à-dire que je me suis déjà engagé en commençant le droit mais pas d’une manière précise, pas un moment « tac » voilà. Alors bon je sais pas si c’est à prendre en considération. Mais ça c’est affiné si vous voulez… non puis alors l’engagement véritable c’est quand je suis parti à Montpellier, c’est le choix de cette école d’éducateurs où je voulais compléter ma formation de juriste pour pouvoir à l’occasion revenir dans la juridiction des mineurs.”&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Il faut souligner ici que le Tribunal des mineurs, une instance pour laquelle a travaillé Monsieur Jean-Pierre Audéoud, tient une place importante dans le champ des droits de l&#039;enfant. En outre le rôle du juge des mineurs est primordial, car c&#039;est lui qui va s&#039;occuper d&#039;instruire la cause, c&#039;est lui qui prend les décisions quand un délit  est commis par un enfant.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Une recherche que nous avons mené à ce sujet nous a permis de voir qu&#039;il existe plusieurs types de sanctions:&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
* Les &amp;quot;peines prévues par le droit des mineurs :&lt;br /&gt;
réprimande ; prestation personnelle (travail d’intérêt général ou séance de sensibilisation) ; amende ; privation de liberté&amp;quot;.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
* Les &amp;quot;mesures de protection prévues par le droit des mineurs :&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
surveillance (droit de regard et d&#039;information sur la prise en charge éducative ou thérapeutique du mineur par ses parents) ; assistance personnelle (désignation d’une personne pour seconder les parents et assister le mineur) ; traitement ambulatoire (en cas de troubles psychiques, du développement de la personnalité, de toxicodépendance ou d’autre addiction) ; placement (si l’éducation et le traitement de l’état du mineur ne peuvent être assurés autrement).&amp;quot; &amp;lt;ref&amp;gt;http://www.vd.ch/fileadmin/user_upload/themes/etat_droit/justice/fichiers_pdf/Penal_7_web.pdf&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La page web officielle de la République et du canton de Genève, indique  &amp;quot;le Tribunal des mineurs est l’autorité pénale compétente pour poursuivre et juger les infractions commises par les mineurs âgés de dix à dix-huit ans au moment de l&#039;acte.&lt;br /&gt;
Il est également l&#039;autorité d&#039;exécution des peines et mesures prononcées, ces dernières pouvant durer jusqu&#039;à l&#039;âge de 22 ans.&amp;quot; &amp;lt;ref&amp;gt;https://ge.ch/justice/tribunal-des-mineurs&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De manière plus générale, la protection de l&#039;enfant est une démarche sociétale qui concerne l&#039;ensemble des citoyens qu&#039;importe leurs origines.&lt;br /&gt;
En suivant le parcours de l&#039;enfant en tant que personne à part entière, on constate qu&#039;il évolue au cours du XXe siècle. À partir des informations publiées sur le site de Unicef on peut retracer les éléments marquants de ce changement en vue de la reconnaissance internationale et de l’importance de l’enfance.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les droits de l&#039;enfant à travers le prisme de l&#039;éducation ===&lt;br /&gt;
* [[Entretien avec M. Jean-Pierre Audéoud|Entretien]] avec M. [[Index|Jean-Pierre Audéoud]]&lt;br /&gt;
* [[Article 2013/14|Méthode d&#039;entretien]]&lt;br /&gt;
* [[Questions pour les entretiens|Questions d&#039;entretien]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme l&#039;indique le titre de cette section, nous allons aborder les droits des enfants à travers le prisme de l&#039;éducation, car notre témoin à avant tout travailler dans le cadre de l&#039;éducation, que ce soit dans sa formation d&#039;éducateur, ou son poste de directeur d&#039;une maison d&#039;éducation pour les jeunes délinquants à Serix avec sa femme Colette Audéoud ou encore celui de juge au Tribunal des mineurs du canton de Vaud.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est important de souligner qu&#039;avant de rencontrer notre témoin, nous n&#039;avions que peu d&#039;informations sur son parcours professionnel et de vie. Nous nous sommes rendues compte en menant l&#039;interview qu&#039;il n&#039;était pas dans des revendications, dans une lutte en faveur des droits de l&#039;enfant au sens strict. Mais il a, de part son métier et ses actions concrètes, participé à l&#039;évolution d&#039;une individualisation de l&#039;enfant; son but étant de faire grandir, évoluer des jeunes  pour qu&#039;ils reprennent le droit chemin, tout en respectant leurs besoins. Ainsi, il se trouve un certain décalage entre nos chapitres précédents concernant les droits de l&#039;enfant au sens strict et celui-ci qui traite d&#039;aspects éducatifs à travers une expérience de vie. Néanmoins, nous avons pu faire différents liens entre cette expérience et les droits en tant que tels. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;entretien avec M. et Mme Audéoud nous a permis de mettre en avant divers aspects reliés aux changements quant au travail d&#039;éducateur durant la période des [[Article_2013/14|années 60-80]]. Monsieur et Madame Audéoud on travaillé durant 10 ans (1963-1973) en tant que couple-directeur dans une maison d&#039;éducation pour jeunes délinquants. La colonie de Serix accueillait 40 jeunes enfants et adolescents (uniquement des garçons) placés soit par une instance civile, soit par le service de protection de la jeunesse, ou encore par le tribunal des mineurs. Durant ces 10 années, ils ont initié et participé à de nombreux changements concrets au sein de leur institution. Ces changements reflètent grandement l&#039;évolution du regard porté sur l&#039;enfant à l&#039;époque. Avec la mise en place de cultes le dimanche où les gens des villages alentours se réunissaient au sein même de l&#039;institution  ou encore la création d&#039;un jardin d&#039;enfants pour les enfants du personnel, la création d&#039;un parc de jeux par de jeunes scouts, il y a cette volonté d&#039;ouvrir l&#039;institution pour que d&#039;une part les jeunes puissent avoir des contacts avec l&#039;extérieur, mais également pour que les gens de l&#039;extérieur puissent avoir un regard différent sur ce lieu et ses résidents. Les Audéoud vont encore plus loin en créant un foyer d&#039;habitation dépendant de Serix, en intégrant des jeunes dans les écoles des alentours, en leur organisant des vacances ou la possibilité de rentrer dans leur famille le week-end. Cette ouverture vers l&#039;extérieur était vraiment quelque chose de nouveau car durant des années Serix était un lieu très fermé ou rien de filtrait.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un élément marquant constaté par le couple Audéoud à travers leurs années à Serix est l&#039;évolution du statut d&#039;éducateur. &lt;br /&gt;
(suite à venir...)&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Cet entretien a mis également en lumière l&#039;évolution de la reconnaissance de l&#039;enfant et de ses droits. En effet, les droits de l&#039;enfant sont des droits de la personne avant tout. L&#039;entretien a par exemple souligné l&#039;importance de l&#039;écoute de l&#039;enfant et son droit à la parole. Ainsi, M. Audéoud nous a expliqué qu&#039;au Tribunal des mineurs le président se doit d&#039;écouter le mineur accusé et ses responsables légaux. D&#039;ailleurs, le but du juge pour enfant selon notre témoin est de choisir la sanction appropriée au mineur particulier, éduquer ou punir : travaux d&#039;intérêts généraux, amande ou encore le placement dans un établissement d&#039;éducation. Il se mêle alors des aspects juridiques à des aspects éducatifs et l&#039;on tente de déterminer ce qui est le mieux pour le jeune et non réellement selon le délit commis.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Il s&#039;agit là d&#039;un changement conséquent, car dans les années 60, M. Audéoud nous a fait part que dans son poste de directeur à Serix, les besoins des jeunes étaient définis par les adultes, qui décidaient pour les jeunes par rapport à ce qu&#039;ils pensaient être bien pour eux, mais sans leur demander leur avis. On n&#039;était pas encore dans une réelle prise en compte de la parole de l&#039;enfant à l&#039;époque. Une évolution sur le plan de l&#039;individualisation de l&#039;enfant et de la prise en compte de ses besoins est visible. En effet, aujourd&#039;hui on entend plus l&#039;enfant, on tente de connaître ce qu&#039;il désire et on regarde si on peut y accommoder. Avant, l&#039;enfant se devait de s&#039;accommoder lui à ce qu&#039;on lui imposait. De même, à Serix les colloques concernant les enfants se déroulaient sans l&#039;intéressé et ses parents, mais seulement avec les éducateurs et autres professionnels entourant le jeune. Petit à petit, les éducateurs ont changé de manière de faire, en imposant moins de choses supposées pour le bien des enfants et adolescents. Dans cet ordre d&#039;idée, on retrouve les points fondamentaux de la Constitution de 1989, du droit à la participation ainsi que la prise en compte de l&#039;intérêt supérieur de l&#039;enfant. Donc, entre les années 60 et 80, le domaine de l&#039;éducation a évolué dans la place attribuée au mineur dans les choix et sujets le concernant, l&#039;écoute qu&#039;on lui accorde et le droit de parole de celui-ci. De plus, les changements sont aussi visibles dans la prise en compte plus aboutie des besoins de l&#039;enfant, notamment par son expression de ses désirs et ressentis. Mme Audéoud souligne également le recours progressif à l&#039;individualisation de la démarche envers le jeune dans le milieu éducatif de Serix. Ainsi les jeunes ne sont plus approchés collectivement et on tient davantage compte de leur individualité dans les démarches entreprises à son égard. &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Par rapport à la question des valeurs portées par ces deux personnes, on retrouve celles de donner une structure à l&#039;enfant de manière attentionnée, de donner de l&#039;affection à ces jeunes  qui souvent en manquait, ainsi que de la reconnaissance. Valoriser l&#039;enfant, le protéger, lui manifester de l&#039;intérêt, mais aussi l&#039;aider à développer ses capacités d&#039;un point de vue cognitif, social et affectif, voilà ce en quoi croyait ce couple. Leurs convictions et ils l&#039;évoquent eux-mêmes répondent toutes aux différents besoins que l&#039;enfant a pour se développer harmonieusement. En cela, on retrouve les fondements de base des droits internationaux des enfants, car on y parle de protection de l&#039;enfant ainsi que permettre à l&#039;enfant de se développer harmonieusement.  &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Conclusions ===&lt;br /&gt;
Les droits de l’enfant, comme nous l’avons présenté, ont évolués au cours de décennies du XXème siècle. L’histoire de cette période nous témoigne de leur importance, de leur rôle prépondérant dans la vie d’un être humain. Ce qui ne veut pas dire que l’on n’a rien de plus à accomplir, bien au contraire. La préoccupation importante quant à aux conditions des enfants dans le monde est encore d&#039;actualité au XXIème sciècle. L&#039;enfant est une personne à part entière ce qui ne fait aucune doute et la [[Article_2013/14|complexité du concept des droits de la personne]] abordée dans notre article renvoie justement à la liberté, à l&#039;intégrité, à la sûreté. Mais surtout qu’importe d&#039;où l’on vient et ce qu’on fait, nous avons le droit à la vie. &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Les [[Droits_des_femmes|femmes]], les [[Droits_des_prisonniers|prisonniers]], les [[Droits_des_patients_psychiatriques|patients]], les [[Droits_des_personnes_en_situation_de_handicap|personnes en situation de handicap]], chaque individu a ce droit pour lequel certains se battent encore aujourd&#039;hui.&amp;lt;br /&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’enfance lie les individus qu’importe leur appartenance. Ce période de la vie qui nous est commun prend une dimension à part tout simplement parce que dans chaque enfant émerge l’avenir, notre avenir. Les adultes ont pour but de les comprendre, de les respecter en tant que personnes et de protéger leurs droits. &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Avec le temps, l&#039;enfant a peu à peu exister comme personne à part entière. Il n&#039;est plus seulement un &amp;quot;homme en devenir&amp;quot;, mais bien un enfant avec ses particularités et besoins spécifiques. De plus, l&#039;intérêt qui lui a été porté à amener à la prise en compte de sa parole, de ses désirs, intérêts, ainsi que de ses besoins, comme lui les définit. On a ainsi vu à travers notre entretien que d&#039;une définition des besoins de l&#039;enfant par l&#039;adulte durant les années 60 dans les milieux éducatifs en Suisse, on est passé vers une prise en compte plus réelle des besoins de l&#039;enfant en s&#039;adressent directement à celui-ci et en l&#039;écoutant davantage. La protection de l&#039;enfant est une notion importante dans la construction de ses droits.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme nous l&#039;avons dit auparavant, son droit à la vie est apparu dans ces textes internationaux. De prime abord, le droit à la vie de tout être humain nous paraît naturel, mais on voit que cela ne va pas de soi, de même que sa protection. La reconnaissance du droit et besoin de protection de l&#039;enfant est essentielle, car il s&#039;agit d&#039;un être vulnérable et dépendant, soumis au bon vouloir des parents. Cette relation dominant-dominé, où l&#039;un possède un certain pouvoir sur l&#039;autre se retrouve dans bien d&#039;autres populations. Ainsi, d&#039;autres droits développés à partir du milieu du 20ème siècle, comme le droits des [[Droits_des_femmes|femmes]], des [[Droits_des_patients_psychiatriques|patients psychiatriques]], des [[Droits des patients (à l&#039;hôpital)|patients hospitaliers]], des [[Droits_des_personnes_en_situation_de_handicap|personnes en situation de handicap]] ou encore des [[Droits_des_prisonniers|prisonniers]] vont dans ce sens. Ce sont toutes des populations sous la domination d&#039;autrui pour lesquelles des luttes se sont développées afin de faire valoir leurs droits, en particulier de parole, écoute, etc. La préoccupation de l&#039;enfant va sans doute de paire avec la conscience de la société de cet enfant comme devenir de la société. En effet, en désirant une société de bons citoyens, épanouis et travailleurs, il faut avant tout s&#039;occuper des conditions et favoriser au mieux le développement harmonieux des enfants. On peut ainsi rapprocher cette volonté d&#039;améliorer la société par le soucis de l&#039;enfant avec l&#039;apparition de l&#039;obligation scolaire pour tous. L&#039;instauration des droits pour l&#039;enfant va cependant plus loin, car elle touche à bien d&#039;autres domaines que l&#039;instruction.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour finir, on peut voir que ces droits reconnus internationalement doivent tout de même continué à être l&#039;objet d&#039;un travail constant, car entre la théorie et la pratique, on peut voir de grandes différences, même dans nos pays développés. Ainsi, il importe de faire connaître leurs droits aux enfants, de les faire respecter, notamment à travers des instances  et sanctions juridiques à cet égard.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Bibliographie / Webographie ===&lt;br /&gt;
* Droux J.,2011. &#039;&#039;L&#039;internationalisation de la protection de l&#039;enfance : acteurs, concurrences et projets transnationaux (1900-1925)&#039;&#039;. In. Critique internationale, 2011/3 n° 52, p. 17-33&lt;br /&gt;
* Martinetti, F. 2002. &#039;&#039;Les Droits de l&#039;enfant&#039;&#039;. Librio&lt;br /&gt;
* http://cofrade.fr/&lt;br /&gt;
* http://www.humanium.org/fr/&lt;br /&gt;
* http://www.netzwerk-kinderrechte.ch/&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Notes et références ===&lt;br /&gt;
&amp;lt;references/&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Auteurs du chapitre ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Claire Bourgeois Dubois-Ferriere&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
* Katarzyna Milena Fratczak&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
* Victoria Salomon&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Victoria</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Droits_des_enfants&amp;diff=12973</id>
		<title>Droits des enfants</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Droits_des_enfants&amp;diff=12973"/>
		<updated>2014-01-13T16:37:52Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Victoria : /* Les droits de l&amp;#039;enfant à travers le prisme de l&amp;#039;éducation */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;=== Introduction ===&lt;br /&gt;
Les droits de l&#039;enfant visant la protection des mineurs évoluent au cours des décennies. Les prémices du XXe siècle les plus connues sont bien évidemment la Déclaration de Genève (1924), la Déclaration de droits de l&#039;enfant (1959) et enfin le texte de la Convention des Nations Unies relative aux droits de l&#039;enfant du 20 novembre 1989. Ce dernier “ratifié d’une manière quasi universelle (193 États sur 195) en fait un texte hors norme de part sa portée dans l’espace et de par l’enthousiasme spontané qu’ [il] a suscité.”&amp;lt;ref&amp;gt;Zermatten, J., Stoecklin D. 2009. Le droit des enfants de participer. Norme juridique et réalité pratique: contribution à un nouveau contrat social. Suisse: Institut International des Droits de l&#039;Enfant., p.7 &amp;lt;/ref&amp;gt; Ce parcours historique est une partie importante de l’histoire qu’on écrit aujourd’hui.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
On peut remarquer que le premier pas vers l&#039;individualisation de l&#039;enfant datant de 1924, pointe le bout de son nez quelques années après la fin de la première guerre mondiale. Le 2ème est marqué par la Déclaration de droits de l&#039;enfant de 1959, donc à l’image de la précédente, elle date des années après la seconde guerre mais est également un point de départ menant vers la Convention de 1989.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Le long chemin vers  une telle reconnaissance était en grande partie marqué par la création, un peu partout en Europe, des communautés d&#039;enfants. Leur rôle  n&#039;est pas négligeable. La  définition de ces communautés d&#039;enfants est donné à Trogen en juillet 1948  et semble préciser un peu plus les besoins de l&#039;enfant en tant que personne. Ce sont: « les organisations éducatives ou rééducatives à caractère permanent, fondées sur la participation active des enfants ou adolescents à la vie de la communauté, dans le cadre des méthodes d’éducation et d’instruction modernes – et dans lesquelles la vie de famille se combine de diverses façons aux modalités de la vie de collectivité&amp;quot;.&amp;lt;ref&amp;gt;Cours de M.Ruchat: L’éducation spéciale du XVIIIe au XXe siècles: L’éducation, les normes et l’individu, Université de Genève, 2013&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Dans l’esprit de la reconnaissance d’un enfant à part entière mais avec le respect de sa liberté, [[Libres enfants de Summerhill (Neill)|Alexander Sutherland Neill]] crée son école de Summerhill en 1921, une école qui encore de nos jours suscite beaucoup de discussions et polémiques. Dans le cadre de cet atelier d’intelligence collective nous avons procédé à une comparaison des idées de Neill décrites dans son livre [[Libres enfants de Summerhill (Neill)|&amp;quot;Libres enfants de Summerhill&amp;quot;]] (1960) avec la Convention relative aux droits de l’enfant de 1989 avec un constat tout à fait surprenant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Historique des droits de l&#039;enfant ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== « L’humanité doit donner à l’enfant ce qu’elle a de meilleur » Déclaration de Genève sur les Droits de l’Enfant, 1924 ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est important de signaler qu&#039;avant même l&#039;intérêt qui s&#039;est peu à peu développé quant aux droits de l&#039;enfant, il a d&#039;abord fallu que le société prenne conscience du statut particulier de l&#039;enfant, avec ses spécificités, et bien plus encore d&#039;être humain digne de droits propres : “L’adulte a longtemps cru que c’était lui-même qui devait animer l’enfant par ses soins et son assistance. Il pensait que son rôle était de façonner l’enfant, de construire sa vie psychique pour que l’enfant devienne peu à peu comme lui. L’enfant était un objet d’assistance, un adulte en devenir (certains disent même &amp;quot;en miniature&amp;quot;) et non une personne humaine à part entière. Petit, faible, pauvre, dépendant, il n’était qu’un citoyen potentiel qui ne sera homme ou femme que demain. Il ne devenait une personne humaine, sujet de droits, qu’à partir du moment où il atteignait l’âge adulte. C’est à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle, notamment après la Première Guerre mondiale, que le concept de droits de l’enfant apparaît.” &amp;lt;ref&amp;gt;Dhellemmes V. ,2010. La dignité et les droits de l&#039;enfant : vingt ans d&#039;avancées sur le plan international. In. Transversalités, 2010/3 N° 115, p. 99-110.&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quand on fait une recherche sur des droits de l’enfant à travers les documents écrits en l&#039;espace de plus de cent ans, du début du XXème siècle jusqu’à aujourd’hui, on retrouve les noms de deux précurseurs qui ont marqué le cours de l’histoire. Il s’agit de Britannique Eglantyne Jebb (1876-1928) et du polonais Henryk Goldzmit (1878–1942) connu sous le nom de Janusz Korczak.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Ce dernier, pédiatre et éducateur qui a tant &amp;quot;aimé et défendu&amp;quot; les enfants, ne voulant pas les laisser seuls, s&#039;est laissé emmener avec eux à Treblinka où il est mort dans une chambre à gaz.&amp;lt;ref&amp;gt;Korczak J. Le droit de l’enfant au respect. L’héritage de Janusz Korczak. Conférences sur les enjeux actuels pour l’enfance. In. http://www.coe.int/t/commissioner/Activities/themes/Children/PublicationKorczak_fr.pdf&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Korczak, l&#039;inspirateur des droits de l&#039;enfant est bien, d&#039;abord, un insurgé, comme toute son œuvre en témoigne. C&#039;est un homme qui ne supporte pas la violence faite à l&#039;enfance : la violence physique, bien sûr, la violence psychologique également, mais aussi la violence des institutions qui prétendent œuvrer pour &amp;quot;son bien&amp;quot;.&amp;lt;ref&amp;gt;Meirieu P. 2002. Le pédagogue et les droits de l’enfant : histoire d’un malentendu ?. Editions du Tricorne et Association suisse des Amis du Dr Korczak. p.4&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
“Janusz Korczak, premier défenseur des droits de l’enfant et le plus radical, a été déçu en découvrant la Déclaration des droits de l’enfant adoptée par la Société des Nations en 1924, pas assez claire à son goût et plus implorante que contraignante. Il voulait des droits et non la charité, immédiatement et non dans un avenir lointain.” &amp;lt;ref&amp;gt;Korczak J. Le droit de l’enfant au respect. L’héritage de Janusz Korczak. Conférences sur les enjeux actuels pour l’enfance. In. http://www.coe.int/t/commissioner/Activities/themes/Children/PublicationKorczak_fr.pdf p.7). &amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le travail d&#039;Eglantyne Jebb qui a élaboré et rédigé la [http://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/images/f/fb/Declaration-geneve.pdf Déclaration de Genève] a été important. Elle l’a présenté le 26 septembre 1923 et le 28 février 1924 le Ve Congrès général de la Société de Nations qui l&#039;a alors ratifié.&lt;br /&gt;
C&#039;est le premier texte énonçant des droits fondamentaux des enfants ainsi que la responsabilité des adultes à leur égard. Il est constitué de cinq articles. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Déjà  dans le préambule on peut lire que « L’humanité doit donner à l’enfant ce qu’elle a de meilleur.» On peut y voir également que c’est la protection physique qui est mise en avant en soutenant l&#039;idée de venir en aide en cas de détresse ainsi que celle de combattre la faim et l&#039;exploitation.(articles 2, 3, 4). En parallèle la notion de développement spirituel n’est pas omis (article 1) de même que le fait que “l’enfant doit être élevé dans le sentiment que ses meilleures qualités devront être mises au service de ses frères”(article 5). Ce texte d&#039;après première guerre mondiale est aussi une contribution à un monde paix qui s&#039;étaye sur les enfants qui forme l&#039;avenir, un avenir que les promoteurs des droits de l&#039;enfant voudraient dans la paix.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Déclaration des Droits de l’Enfant, 1959 ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après la seconde guerre mondiale, l&#039;ONU est créée. Elle va s&#039;intéresser aux droits de l&#039;enfant et révéler l&#039;insuffisance de la Déclaration de Genève. En effet, suite à l&#039;adoption de la Déclaration universelle des droits de l&#039;homme (1948) et à l&#039;évolution du droit durant cette période, on pense nécessaire d&#039;approfondir cette question des droits de l&#039;enfant.&lt;br /&gt;
Plusieurs pays membres de l&#039;ONU réclame une convention, c&#039;est à dire un instrument international contraignant qui engage les états qui l&#039;ont ratifié. Mais cette proposition est refusée. Le choix se porte alors sur une seconde Déclaration des droits de l&#039;enfant qui reprend l&#039;idée selon laquelle l&#039;humanité doit donner à l&#039;enfant ce qu&#039;elle a de meilleur. [http://cofradeenfrance.files.wordpress.com/2010/10/dc3a9claration-1959.pdf La déclaration des Droits de l&#039;Enfant] est adoptée par l&#039;assemblée générale des Nations Unies à l&#039;unanimité (70 pays membres), le 20 novembre 1959. Cette date est depuis lors officiellement la journée des droits de l&#039;enfant. La déclaration contient 10 principes fondateurs (elle double donc ceux de 1924!) avec des droits concrets comme par exemple le droit à un nom, à une nationalité ou à un enseignement gratuit au niveau élémentaire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Convention Internationale relative aux Droits de l’Enfant, 1989 ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le 20 novembre 1989, la [http://www.unicef.ch/sites/default/files/attachements/convention_relative_aux_droits_de_lenfant.pdf Convention Internationale relative aux Droits de l’Enfant] (CIDE) a été adoptée par l&#039;Assemblée générale des Nations Unies. Cette Convention a pour but de reconnaître et protéger les droits spécifiques de l&#039;enfant. Elle est composée de 54 articles (elle quintuple le nombre de 1959!) autour des orientations principales suivantes:&lt;br /&gt;
:la non - discrimination&lt;br /&gt;
:l&#039;intérêt supérieur de l&#039;enfant&lt;br /&gt;
:le droit à la vie, la survie et le développement&lt;br /&gt;
:les droits participatifs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les Etats ayant ratifiés cette Convention se doivent de respecter ces articles et de mettre en place les mesures législatives pour protéger les droits de l&#039;enfant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La CIDE est une déclinaison des droits de l&#039;homme exprimés dans la Déclaration universelle des droits de l&#039;homme (1948) et pose que l’enfant est sujet de droit. Elle accorde aux enfants des droits propres et expose leurs droits économiques, sociaux, civils, culturels et politiques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En effet, cette Convention est le texte concernant les droits de l&#039;homme qui a été le plus rapidement accepté au cours de l&#039;histoire, et a été ratifié par le plus d&#039;Etats. Seuls les Etats-Unis et la Somalie ne l&#039;ont pas encore ratifiée aujourd&#039;hui: Les Etats-Unis pratiquent encore la peine de mort pour les enfants dans certains Etats, or cela serait contraire au droit à la vie de l&#039;enfant promulgué dans la CIDE, tandis que la Somalie ne possède pas de gouvernement reconnu pour la ratifier à cause des troubles politiques dans le pays.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Droits de l&#039;enfant - droits de la personne ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;quot;L&#039;humanité doit donner à l&#039;enfant ce qu&#039;elle a de meilleur, affirmer  leurs devoirs, en dehors de toute considération de race, de nationalité et de croyance&amp;quot; - ce sont les prémices officielles de la reconnaissance de l&#039;enfant de 1924. C&#039;était un début, suivi, comme nous avons décrit plus haut, par la Déclaration des droits de l&#039;enfant de 1959 et par La Convention relative aux droits de l&#039;enfant de 1989. &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il faut ici souligner que “jusqu&#039;à l’adoption de la Convention en 1989, les enfants ne vivaient pas dans les limbes juridiques internationales. Il était au contraire admis qu’ils jouissent de garanties offertes par les instruments internationaux précédents, tels que les pactes internationaux relatifs aux droits de l’homme (que la Suisse a récemment ratifiés), à l&#039;exclusion bien entendu des droits liés directement à la condition de l’adulte (droit de se marier, de fonder une famille, assurance-vieillesse ou maternité). L’année internationale de l’enfant a conduit la communauté internationale à préciser le statut des enfants en confirmant leur particularité en tant qu&#039;êtres à la fois vulnérables (Préambules de la Convention, par exemple pp. 5, 6, 12) et appelés “à assumer les responsabilités de la vie dans une société libre”.&amp;lt;ref&amp;gt;Lücker-Babel M-F, Droits de l&#039;enfant: idéologies et réalités. In. Ratifier en Suisse. La Convention de l&#039;ONU relative aux droits de l&#039;enfant?. N° 26, Novembre 1992. p. 43&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;enfant est considéré peu à peu comme un être de droit au cours du XXe siècle, ce que l&#039;on peut voir notamment à travers les différents textes codifiant les droits de l&#039;enfant à cette époque.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout d&#039;abord, en 1924, le premier texte international au sujet des droits de l&#039;enfant (Déclaration de Genève) confère à celui-ci des droits primaires, comme lui permettre de se développer normalement sur le plan matériel et spirituel, de gagner sa vie sans être exploité, être nourri, soigné, recueilli et secouru, et également de l&#039;élever dans l&#039;esprit que ses qualités devront pourvoir à la société. On voit dans ce texte que les droits dotés à l&#039;enfant amorce une idée de soin et de protection de l&#039;enfant dans l&#039;évocation du secours qui doit lui être porté, et démontre aussi un intérêt pour son bon développement. Toutefois, ces articles restent assez pauvres quant aux droits accordés aux enfants et l&#039;on voit que le travail de l&#039;enfant reste de mise.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La Déclaration des Droits de l&#039;Enfant de 1959 va plus loin. Ce texte insiste d&#039;avantage sur la protection  qui doit être accordée à l&#039;enfant qui n&#039;est plus seulement suggérée sous le terme &amp;quot;secours&amp;quot;. Ici, son développement ne doit plus uniquement être normal, mais également sain sur le plan, cette fois-ci moral, spirituel, physique, intellectuel et social. On ajoute que l&#039;enfant doit pouvoir se développer dans la liberté et la dignité.&lt;br /&gt;
Il est important de voir que certains principes sont totalement nouveaux comme par exemple le droit de posséder une nationalité et un nom. On y parle aussi de sécurité non seulement sociale pour l&#039;enfant et sa mère, mais également de sécurité morale.&lt;br /&gt;
Dans ce texte, on voit apparaître l&#039;importance accordée à l&#039;affection envers l&#039;enfant, qui est pour lui un besoin. De plus, il est indiqué que la séparation du petit enfant et de sa mère doit être éviter autant que possible. Si l&#039;enfant n&#039;a pas de famille, il est déclaré que c&#039;est alors aux pouvoirs publics et à la société d&#039;en prendre soin, de même pour les enfants n&#039;ayant pas les moyens nécessaires d’existence.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
A noter également, l&#039;entrée de l&#039;éducation comme étant un droit pour l&#039;enfant: &amp;quot;une éducation gratuite et obligatoire au moins au niveau élémentaire&amp;quot; (principe 7). Les loisirs sont incorporés dans ce principe comme éléments importants. Il est indiqué que l&#039;enfant a en effet le droit de jouer. &lt;br /&gt;
En 1959 est présente l&#039;idée de l&#039;apport des qualités de l&#039;enfant pour les autres membres de la société. Cette idée est accompagnée de celle du devoir de le protéger contre la discrimination, et de l&#039;élever dans un esprit de compréhension, de paix et de tolérance. De plus, on peut remarquer une évolution en ce qui concerne le travail des enfants. En effet, le principe 9 pose clairement des limites à l&#039;employabilité de l&#039;enfant; outre la protection de son développement moral, physique ou mental, sa santé ou son éducation, on parle d&#039;âge minimum approprié pour l&#039;emploi. Toutefois, celui-ci n&#039;est pas spécifié. La notion d&#039;intérêt supérieur de l&#039;enfant fait son apparition dans cet écrit.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La Convention relative aux Droits de l&#039;Enfant de 1989 est le texte relevant des droits de l&#039;enfant le plus abouti. En effet, on peut déjà noter la différence en termes de nombres d&#039;articles de ces textes: 1924, La Déclaration de Genève compte 5 articles, on passe à 10 principes en 1959 et à 54 articles dans la Convention relative aux droits de l&#039;enfant en 1989. Cette convention reprend les droits exprimés dans les textes précédents, les complète et ajoute également bons nombres d&#039;autres considérations.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les droits de l&#039;enfant en Suisse ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le 24 février 1997, la Suisse a ratifié la Convention des Nations Unies relative aux droits de l’enfant. &lt;br /&gt;
Le conseil fédéral a constaté que dans l&#039;ensemble l&#039;ordre juridique suisse était en accord avec les principes de la convention. Néanmoins, il a émis des réserves dans plusieurs domaines où cet ordre juridique n&#039;est pas encore en totale adéquation avec les dispositions de la convention: le droit de l&#039;enfant à une nationalité, le regroupement familial, la séparation des jeunes et des adultes en cas de détention, les procédures pénales impliquant des mineurs. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Par ailleurs, il y a beaucoup de différences entre les différents cantons à propos de la mise en œuvre des droits. Tout ceci doit encore être amélioré.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La Convention est entrée en vigueur le 26 mars 1997 en Suisse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il faut ajouter que le pays a ratifié le protocole facultatif au sujet de l&#039;implication des enfants dans les conflits armés le 26 juillet 2002. Ce protocole, afin d&#039;augmenter la protection des enfants et adolescents, a élevé l&#039;âge minimum requis prévu dans la convention sur l’engagement volontaire et l’enrôlement obligatoire dans les forces armées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En Suisse, le deuxième protocole facultatif qui concerne la vente d&#039;enfants, la prostitution des enfants et la pornographie mettant en scène des enfants afin de mieux protéger les enfants de l&#039;exploitation sexuelle est entré en vigueur le 19 octobre &lt;br /&gt;
2006.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Une nouveauté visant une reconnaissance d&#039;un mineur est son droit de vote. C&#039;est un sujet encore d&#039;actualité qui preuve que le sujet de droits de l&#039;enfant commencé le siècle dernier continue. &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Il faut savoir que les Constitutions et les législations en Suisse divergent en fonction du canton. D’une manière générale le droit de vote au niveau fédéral et cantonal est accordé aux ressortissants suisses ayant 18 ans révolus. &lt;br /&gt;
Néanmoins certaines cantons suisses ont débuté une démarche visant à accorder le doit de vote au niveau cantonal dès l’âge de 16 ans. &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Les citoyens ont pu s’exprimer sur l&#039;abaissement de l&#039;âge du droit de vote à 16 ans dans plusieurs cantons suisses tels que par exemple le canton de Berne, de Neuchâtel ou de Glaris. Celui-ci, en 2010, a accepté d&#039;accorder le premier ce droit aux jeunes à partir de 16 ans. Comme on peut le lire dans l’article de [http://www.rts.ch/info/suisse/1142189-glaris-dit-oui-au-droit-de-vote-a-16-ans.html RTS] paru le 28.06.2010 “beaucoup de jeunes entrent dans la vie active à 16 ans. Ils pourront désormais aussi s&#039;exprimer sur des sujets qui les concernent directement, comme l&#039;école ou l&#039;apprentissage”.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Retour et analyse de l&#039;entretien ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===== Le Tribunal des mineurs =====&lt;br /&gt;
Notre temoin, M. [[Index|Jean-Pierre Audéoud]], nous a expliqué durant l&#039;[[Entretien avec M. Jean-Pierre Audéoud|interview]] du 4 décembre 2013 qu’il était engagé professionnellement, en tant qu’éducateur et en tant que juge pour les mineurs. Son riche expérience dans le domaine sociale lui a permis de mieux appréhender les tâches auprès de Tribunal des mineurs dans le Canton de Vaud. L’engagement tout à fait remarquable de cet homme est mis en avant durant l’entretien:&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
“en choisissant le droit j’avais déjà une arrière pensée, je ne pensais pas être juriste dans un bureau ou faire avocat, quelque chose comme ça. C’est… c’était… alors c’est déjà une orientation si vous voulez, c’est-à-dire que je me suis déjà engagé en commençant le droit mais pas d’une manière précise, pas un moment « tac » voilà. Alors bon je sais pas si c’est à prendre en considération. Mais ça c’est affiné si vous voulez… non puis alors l’engagement véritable c’est quand je suis parti à Montpellier, c’est le choix de cette école d’éducateurs où je voulais compléter ma formation de juriste pour pouvoir à l’occasion revenir dans la juridiction des mineurs.”&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Il faut souligner ici que le Tribunal des mineurs, une instance pour laquelle a travaillé Monsieur Jean-Pierre Audéoud, tient une place importante dans le champ des droits de l&#039;enfant. En outre le rôle du juge des mineurs est primordial, car c&#039;est lui qui va s&#039;occuper d&#039;instruire la cause, c&#039;est lui qui prend les décisions quand un délit  est commis par un enfant.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Une recherche que nous avons mené à ce sujet nous a permis de voir qu&#039;il existe plusieurs types de sanctions:&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
* Les &amp;quot;peines prévues par le droit des mineurs :&lt;br /&gt;
réprimande ; prestation personnelle (travail d’intérêt général ou séance de sensibilisation) ; amende ; privation de liberté&amp;quot;.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
* Les &amp;quot;mesures de protection prévues par le droit des mineurs :&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
surveillance (droit de regard et d&#039;information sur la prise en charge éducative ou thérapeutique du mineur par ses parents) ; assistance personnelle (désignation d’une personne pour seconder les parents et assister le mineur) ; traitement ambulatoire (en cas de troubles psychiques, du développement de la personnalité, de toxicodépendance ou d’autre addiction) ; placement (si l’éducation et le traitement de l’état du mineur ne peuvent être assurés autrement).&amp;quot; &amp;lt;ref&amp;gt;http://www.vd.ch/fileadmin/user_upload/themes/etat_droit/justice/fichiers_pdf/Penal_7_web.pdf&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La page web officielle de la République et du canton de Genève, indique  &amp;quot;le Tribunal des mineurs est l’autorité pénale compétente pour poursuivre et juger les infractions commises par les mineurs âgés de dix à dix-huit ans au moment de l&#039;acte.&lt;br /&gt;
Il est également l&#039;autorité d&#039;exécution des peines et mesures prononcées, ces dernières pouvant durer jusqu&#039;à l&#039;âge de 22 ans.&amp;quot; &amp;lt;ref&amp;gt;https://ge.ch/justice/tribunal-des-mineurs&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De manière plus générale, la protection de l&#039;enfant est une démarche sociétale qui concerne l&#039;ensemble des citoyens qu&#039;importe leurs origines.&lt;br /&gt;
En suivant le parcours de l&#039;enfant en tant que personne à part entière, on constate qu&#039;il évolue au cours du XXe siècle. À partir des informations publiées sur le site de Unicef on peut retracer les éléments marquants de ce changement en vue de la reconnaissance internationale et de l’importance de l’enfance.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les droits de l&#039;enfant à travers le prisme de l&#039;éducation ===&lt;br /&gt;
* [[Entretien avec M. Jean-Pierre Audéoud|Entretien]] avec M. [[Index|Jean-Pierre Audéoud]]&lt;br /&gt;
* [[Article 2013/14|Méthode d&#039;entretien]]&lt;br /&gt;
* [[Questions pour les entretiens|Questions d&#039;entretien]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme l&#039;indique le titre de cette section, nous allons aborder les droits des enfants à travers le prisme de l&#039;éducation, car notre témoin à avant tout travailler dans le cadre de l&#039;éducation, que ce soit dans sa formation d&#039;éducateur, ou son poste de directeur d&#039;une maison d&#039;éducation pour les jeunes délinquants à Serix avec sa femme Colette Audéoud ou encore celui de juge au Tribunal des mineurs du canton de Vaud.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est important de souligner qu&#039;avant de rencontrer notre témoin, nous n&#039;avions que peu d&#039;informations sur son parcours professionnel et de vie. Nous nous sommes rendues compte en menant l&#039;interview qu&#039;il n&#039;était pas dans des revendications, dans une lutte en faveur des droits de l&#039;enfant au sens strict. Mais il a, de part son métier et ses actions concrètes, participé à l&#039;évolution d&#039;une individualisation de l&#039;enfant; son but étant de faire grandir, évoluer des jeunes  pour qu&#039;ils reprennent le droit chemin, tout en respectant leurs besoins. Ainsi, il se trouve un certain décalage entre nos chapitres précédents concernant les droits de l&#039;enfant au sens strict et celui-ci qui traite d&#039;aspects éducatifs à travers une expérience de vie. Néanmoins, nous avons pu faire différents liens entre cette expérience et les droits en tant que tels. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;entretien avec M. et Mme Audéoud nous a permis de mettre en avant divers aspects reliés aux changements quant au travail d&#039;éducateur durant la période des [[Article_2013/14|années 60-80]]. Monsieur et Madame Audéoud on travaillé durant 10 ans (1963-1973) en tant que couple-directeur dans une maison d&#039;éducation pour jeunes délinquants. La colonie de Serix accueillait 40 jeunes enfants et adolescents (uniquement des garçons) placés soit par une instance civile, soit par le service de protection de la jeunesse, ou encore par le tribunal des mineurs. Durant ces 10 années, ils ont initié et participé à de nombreux changements concrets au sein de leur institution. Ces changements reflètent grandement l&#039;évolution du regard porté sur l&#039;enfant à l&#039;époque. Avec la mise en place de cultes le dimanche où les gens des villages alentours se réunissaient au sein même de l&#039;institution  ou encore la création d&#039;un jardin d&#039;enfants pour les enfants du personnel, la création d&#039;un parc de jeux par de jeunes scouts, il y a cette volonté d&#039;ouvrir l&#039;institution pour que d&#039;une part les jeunes puissent avoir des contacts avec l&#039;extérieur, mais également pour que les gens de l&#039;extérieur puissent avoir un regard différent sur ce lieu et ses résidents. Les Audéoud vont encore plus loin en créant un foyer d&#039;habitation dépendant de Serix, en intégrant des jeunes dans les écoles des alentours, en leur organisant des vacances ou la possibilité de rentrer dans leur famille le week-end. Cette ouverture vers l&#039;extérieur était vraiment quelque chose de nouveau car durant des années Serix était un lieu très fermé ou rien de filtrait.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un élément marquant constaté par le couple Audéoud à travers leurs années à Serix est l&#039;évolution du statut d&#039;éducateur. &lt;br /&gt;
(suite à venir...)&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Cet entretien a mis également en lumière l&#039;évolution de la reconnaissance de l&#039;enfant et de ses droits. En effet, les droits de l&#039;enfant sont des droits de la personne avant tout. L&#039;entretien a par exemple souligné l&#039;importance de l&#039;écoute de l&#039;enfant et son droit à la parole. Ainsi, M. Audéoud nous a expliqué qu&#039;au Tribunal des mineurs le président se doit d&#039;écouter le mineur accusé et ses responsables légaux. D&#039;ailleurs, le but du juge pour enfant selon notre témoin est de choisir la sanction appropriée au mineur particulier, éduquer ou punir : travaux d&#039;intérêts généraux, amande ou encore le placement dans un établissement d&#039;éducation. Il se mêle alors des aspects juridiques à des aspects éducatifs et l&#039;on tente de déterminer ce qui est le mieux pour le jeune et non réellement selon le délit commis.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Il s&#039;agit là d&#039;un changement conséquent, car dans les années 60, M. Audéoud nous a fait part que dans son poste de directeur à Serix, les besoins des jeunes étaient définis par les adultes, qui décidaient pour les jeunes par rapport à ce qu&#039;ils pensaient être bien pour eux, mais sans leur demander leur avis. On n&#039;était pas encore dans une réelle prise en compte de la parole de l&#039;enfant à l&#039;époque. Une évolution sur le plan de l&#039;individualisation de l&#039;enfant et de la prise en compte de ses besoins est visible. En effet, aujourd&#039;hui on entend plus l&#039;enfant, on tente de connaître ce qu&#039;il désire et on regarde si on peut y accommoder. Avant, l&#039;enfant se devait de s&#039;accommoder lui à ce qu&#039;on lui imposait. De même, à Serix les colloques concernant les enfants se déroulaient sans l&#039;intéressé et ses parents, mais seulement avec les éducateurs et autres professionnels entourant le jeune. Petit à petit, les éducateurs ont changé de manière de faire, en imposant moins de choses supposées pour le bien des enfants et adolescents. Dans cet ordre d&#039;idée, on retrouve les points fondamentaux de la Constitution de 1989, du droit à la participation ainsi que la prise en compte de l&#039;intérêt supérieur de l&#039;enfant. Donc, entre les années 60 et 80, le domaine de l&#039;éducation a évolué dans la place attribuée au mineur dans les choix et sujets le concernant, l&#039;écoute qu&#039;on lui accorde et le droit de parole de celui-ci. De plus, les changements sont aussi visibles dans la prise en compte plus aboutie des besoins de l&#039;enfant, notamment par son expression de ses désirs et ressentis. Mme Audéoud souligne également le recours progressif à l&#039;individualisation de la démarche envers le jeune dans le milieu éducatif de Serix. Ainsi les jeunes ne sont plus approchés collectivement et on tient plus compte de leur individualité dans les démarches entreprises à son égard. &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Par rapport à la question des valeurs portées par ces deux personnes, on retrouve celles de donner une structure à l&#039;enfant de manière attentionnée, de donner de l&#039;affection à ces jeunes  qui souvent en manquait, ainsi que de la reconnaissance. Valoriser l&#039;enfant, le protéger, lui manifester de l&#039;intérêt, mais aussi l&#039;aider à développer ses capacités d&#039;un point de vue cognitif, social et affectif, voilà ce en quoi croyait ce couple. Leurs convictions et ils l&#039;évoquent eux-mêmes répondent toutes aux différents besoins que l&#039;enfant a pour se développer harmonieusement. En cela, on retrouve les fondements de base des droits internationaux des enfants, car on y parle de protection de l&#039;enfant ainsi que permettre à l&#039;enfant de se développer harmonieusement.  &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Conclusions ===&lt;br /&gt;
Les droits de l’enfant, comme nous l’avons présenté, ont évolués au cours de décennies du XXème siècle. L’histoire de cette période nous témoigne de leur importance, de leur rôle prépondérant dans la vie d’un être humain. Ce qui ne veut pas dire que l’on n’a rien de plus à accomplir, bien au contraire. La préoccupation importante quant à aux conditions des enfants dans le monde est encore d&#039;actualité au XXIème sciècle. L&#039;enfant est une personne à part entière ce qui ne fait aucune doute et la [[Article_2013/14|complexité du concept des droits de la personne]] abordée dans notre article renvoie justement à la liberté, à l&#039;intégrité, à la sûreté. Mais surtout qu’importe d&#039;où l’on vient et ce qu’on fait, nous avons le droit à la vie. &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Les [[Droits_des_femmes|femmes]], les [[Droits_des_prisonniers|prisonniers]], les [[Droits_des_patients_psychiatriques|patients]], les [[Droits_des_personnes_en_situation_de_handicap|personnes en situation de handicap]], chaque individu a ce droit pour lequel certains se battent encore aujourd&#039;hui.&amp;lt;br /&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’enfance lie les individus qu’importe leur appartenance. Ce période de la vie qui nous est commun prend une dimension à part tout simplement parce que dans chaque enfant émerge l’avenir, notre avenir. Les adultes ont pour but de les comprendre, de les respecter en tant que personnes et de protéger leurs droits. &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Avec le temps, l&#039;enfant a peu à peu exister comme personne à part entière. Il n&#039;est plus seulement un &amp;quot;homme en devenir&amp;quot;, mais bien un enfant avec ses particularités et besoins spécifiques. De plus, l&#039;intérêt qui lui a été porté à amener à la prise en compte de sa parole, de ses désirs, intérêts, ainsi que de ses besoins, comme lui les définit. On a ainsi vu à travers notre entretien que d&#039;une définition des besoins de l&#039;enfant par l&#039;adulte durant les années 60 dans les milieux éducatifs en Suisse, on est passé vers une prise en compte plus réelle des besoins de l&#039;enfant en s&#039;adressent directement à celui-ci et en l&#039;écoutant davantage. La protection de l&#039;enfant est une notion importante dans la construction de ses droits.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme nous l&#039;avons dit auparavant, son droit à la vie est apparu dans ces textes internationaux. De prime abord, le droit à la vie de tout être humain nous paraît naturel, mais on voit que cela ne va pas de soi, de même que sa protection. La reconnaissance du droit et besoin de protection de l&#039;enfant est essentielle, car il s&#039;agit d&#039;un être vulnérable et dépendant, soumis au bon vouloir des parents. Cette relation dominant-dominé, où l&#039;un possède un certain pouvoir sur l&#039;autre se retrouve dans bien d&#039;autres populations. Ainsi, d&#039;autres droits développés à partir du milieu du 20ème siècle, comme le droits des [[Droits_des_femmes|femmes]], des [[Droits_des_patients_psychiatriques|patients psychiatriques]], des [[Droits des patients (à l&#039;hôpital)|patients hospitaliers]], des [[Droits_des_personnes_en_situation_de_handicap|personnes en situation de handicap]] ou encore des [[Droits_des_prisonniers|prisonniers]] vont dans ce sens. Ce sont toutes des populations sous la domination d&#039;autrui pour lesquelles des luttes se sont développées afin de faire valoir leurs droits, en particulier de parole, écoute, etc. La préoccupation de l&#039;enfant va sans doute de paire avec la conscience de la société de cet enfant comme devenir de la société. En effet, en désirant une société de bons citoyens, épanouis et travailleurs, il faut avant tout s&#039;occuper des conditions et favoriser au mieux le développement harmonieux des enfants. On peut ainsi rapprocher cette volonté d&#039;améliorer la société par le soucis de l&#039;enfant avec l&#039;apparition de l&#039;obligation scolaire pour tous. L&#039;instauration des droits pour l&#039;enfant va cependant plus loin, car elle touche à bien d&#039;autres domaines que l&#039;instruction.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour finir, on peut voir que ces droits reconnus internationalement doivent tout de même continué à être l&#039;objet d&#039;un travail constant, car entre la théorie et la pratique, on peut voir de grandes différences, même dans nos pays développés. Ainsi, il importe de faire connaître leurs droits aux enfants, de les faire respecter, notamment à travers des instances  et sanctions juridiques à cet égard.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Bibliographie / Webographie ===&lt;br /&gt;
* Droux J.,2011. &#039;&#039;L&#039;internationalisation de la protection de l&#039;enfance : acteurs, concurrences et projets transnationaux (1900-1925)&#039;&#039;. In. Critique internationale, 2011/3 n° 52, p. 17-33&lt;br /&gt;
* Martinetti, F. 2002. &#039;&#039;Les Droits de l&#039;enfant&#039;&#039;. Librio&lt;br /&gt;
* http://cofrade.fr/&lt;br /&gt;
* http://www.humanium.org/fr/&lt;br /&gt;
* http://www.netzwerk-kinderrechte.ch/&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Notes et références ===&lt;br /&gt;
&amp;lt;references/&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Auteurs du chapitre ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Claire Bourgeois Dubois-Ferriere&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
* Katarzyna Milena Fratczak&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
* Victoria Salomon&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Victoria</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Droits_des_enfants&amp;diff=12972</id>
		<title>Droits des enfants</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Droits_des_enfants&amp;diff=12972"/>
		<updated>2014-01-13T16:35:12Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Victoria : /* Les droits de l&amp;#039;enfant à travers le prisme de l&amp;#039;éducation */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;=== Introduction ===&lt;br /&gt;
Les droits de l&#039;enfant visant la protection des mineurs évoluent au cours des décennies. Les prémices du XXe siècle les plus connues sont bien évidemment la Déclaration de Genève (1924), la Déclaration de droits de l&#039;enfant (1959) et enfin le texte de la Convention des Nations Unies relative aux droits de l&#039;enfant du 20 novembre 1989. Ce dernier “ratifié d’une manière quasi universelle (193 États sur 195) en fait un texte hors norme de part sa portée dans l’espace et de par l’enthousiasme spontané qu’ [il] a suscité.”&amp;lt;ref&amp;gt;Zermatten, J., Stoecklin D. 2009. Le droit des enfants de participer. Norme juridique et réalité pratique: contribution à un nouveau contrat social. Suisse: Institut International des Droits de l&#039;Enfant., p.7 &amp;lt;/ref&amp;gt; Ce parcours historique est une partie importante de l’histoire qu’on écrit aujourd’hui.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
On peut remarquer que le premier pas vers l&#039;individualisation de l&#039;enfant datant de 1924, pointe le bout de son nez quelques années après la fin de la première guerre mondiale. Le 2ème est marqué par la Déclaration de droits de l&#039;enfant de 1959, donc à l’image de la précédente, elle date des années après la seconde guerre mais est également un point de départ menant vers la Convention de 1989.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Le long chemin vers  une telle reconnaissance était en grande partie marqué par la création, un peu partout en Europe, des communautés d&#039;enfants. Leur rôle  n&#039;est pas négligeable. La  définition de ces communautés d&#039;enfants est donné à Trogen en juillet 1948  et semble préciser un peu plus les besoins de l&#039;enfant en tant que personne. Ce sont: « les organisations éducatives ou rééducatives à caractère permanent, fondées sur la participation active des enfants ou adolescents à la vie de la communauté, dans le cadre des méthodes d’éducation et d’instruction modernes – et dans lesquelles la vie de famille se combine de diverses façons aux modalités de la vie de collectivité&amp;quot;.&amp;lt;ref&amp;gt;Cours de M.Ruchat: L’éducation spéciale du XVIIIe au XXe siècles: L’éducation, les normes et l’individu, Université de Genève, 2013&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Dans l’esprit de la reconnaissance d’un enfant à part entière mais avec le respect de sa liberté, [[Libres enfants de Summerhill (Neill)|Alexander Sutherland Neill]] crée son école de Summerhill en 1921, une école qui encore de nos jours suscite beaucoup de discussions et polémiques. Dans le cadre de cet atelier d’intelligence collective nous avons procédé à une comparaison des idées de Neill décrites dans son livre [[Libres enfants de Summerhill (Neill)|&amp;quot;Libres enfants de Summerhill&amp;quot;]] (1960) avec la Convention relative aux droits de l’enfant de 1989 avec un constat tout à fait surprenant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Historique des droits de l&#039;enfant ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== « L’humanité doit donner à l’enfant ce qu’elle a de meilleur » Déclaration de Genève sur les Droits de l’Enfant, 1924 ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est important de signaler qu&#039;avant même l&#039;intérêt qui s&#039;est peu à peu développé quant aux droits de l&#039;enfant, il a d&#039;abord fallu que le société prenne conscience du statut particulier de l&#039;enfant, avec ses spécificités, et bien plus encore d&#039;être humain digne de droits propres : “L’adulte a longtemps cru que c’était lui-même qui devait animer l’enfant par ses soins et son assistance. Il pensait que son rôle était de façonner l’enfant, de construire sa vie psychique pour que l’enfant devienne peu à peu comme lui. L’enfant était un objet d’assistance, un adulte en devenir (certains disent même &amp;quot;en miniature&amp;quot;) et non une personne humaine à part entière. Petit, faible, pauvre, dépendant, il n’était qu’un citoyen potentiel qui ne sera homme ou femme que demain. Il ne devenait une personne humaine, sujet de droits, qu’à partir du moment où il atteignait l’âge adulte. C’est à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle, notamment après la Première Guerre mondiale, que le concept de droits de l’enfant apparaît.” &amp;lt;ref&amp;gt;Dhellemmes V. ,2010. La dignité et les droits de l&#039;enfant : vingt ans d&#039;avancées sur le plan international. In. Transversalités, 2010/3 N° 115, p. 99-110.&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quand on fait une recherche sur des droits de l’enfant à travers les documents écrits en l&#039;espace de plus de cent ans, du début du XXème siècle jusqu’à aujourd’hui, on retrouve les noms de deux précurseurs qui ont marqué le cours de l’histoire. Il s’agit de Britannique Eglantyne Jebb (1876-1928) et du polonais Henryk Goldzmit (1878–1942) connu sous le nom de Janusz Korczak.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Ce dernier, pédiatre et éducateur qui a tant &amp;quot;aimé et défendu&amp;quot; les enfants, ne voulant pas les laisser seuls, s&#039;est laissé emmener avec eux à Treblinka où il est mort dans une chambre à gaz.&amp;lt;ref&amp;gt;Korczak J. Le droit de l’enfant au respect. L’héritage de Janusz Korczak. Conférences sur les enjeux actuels pour l’enfance. In. http://www.coe.int/t/commissioner/Activities/themes/Children/PublicationKorczak_fr.pdf&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Korczak, l&#039;inspirateur des droits de l&#039;enfant est bien, d&#039;abord, un insurgé, comme toute son œuvre en témoigne. C&#039;est un homme qui ne supporte pas la violence faite à l&#039;enfance : la violence physique, bien sûr, la violence psychologique également, mais aussi la violence des institutions qui prétendent œuvrer pour &amp;quot;son bien&amp;quot;.&amp;lt;ref&amp;gt;Meirieu P. 2002. Le pédagogue et les droits de l’enfant : histoire d’un malentendu ?. Editions du Tricorne et Association suisse des Amis du Dr Korczak. p.4&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
“Janusz Korczak, premier défenseur des droits de l’enfant et le plus radical, a été déçu en découvrant la Déclaration des droits de l’enfant adoptée par la Société des Nations en 1924, pas assez claire à son goût et plus implorante que contraignante. Il voulait des droits et non la charité, immédiatement et non dans un avenir lointain.” &amp;lt;ref&amp;gt;Korczak J. Le droit de l’enfant au respect. L’héritage de Janusz Korczak. Conférences sur les enjeux actuels pour l’enfance. In. http://www.coe.int/t/commissioner/Activities/themes/Children/PublicationKorczak_fr.pdf p.7). &amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le travail d&#039;Eglantyne Jebb qui a élaboré et rédigé la [http://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/images/f/fb/Declaration-geneve.pdf Déclaration de Genève] a été important. Elle l’a présenté le 26 septembre 1923 et le 28 février 1924 le Ve Congrès général de la Société de Nations qui l&#039;a alors ratifié.&lt;br /&gt;
C&#039;est le premier texte énonçant des droits fondamentaux des enfants ainsi que la responsabilité des adultes à leur égard. Il est constitué de cinq articles. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Déjà  dans le préambule on peut lire que « L’humanité doit donner à l’enfant ce qu’elle a de meilleur.» On peut y voir également que c’est la protection physique qui est mise en avant en soutenant l&#039;idée de venir en aide en cas de détresse ainsi que celle de combattre la faim et l&#039;exploitation.(articles 2, 3, 4). En parallèle la notion de développement spirituel n’est pas omis (article 1) de même que le fait que “l’enfant doit être élevé dans le sentiment que ses meilleures qualités devront être mises au service de ses frères”(article 5). Ce texte d&#039;après première guerre mondiale est aussi une contribution à un monde paix qui s&#039;étaye sur les enfants qui forme l&#039;avenir, un avenir que les promoteurs des droits de l&#039;enfant voudraient dans la paix.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Déclaration des Droits de l’Enfant, 1959 ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après la seconde guerre mondiale, l&#039;ONU est créée. Elle va s&#039;intéresser aux droits de l&#039;enfant et révéler l&#039;insuffisance de la Déclaration de Genève. En effet, suite à l&#039;adoption de la Déclaration universelle des droits de l&#039;homme (1948) et à l&#039;évolution du droit durant cette période, on pense nécessaire d&#039;approfondir cette question des droits de l&#039;enfant.&lt;br /&gt;
Plusieurs pays membres de l&#039;ONU réclame une convention, c&#039;est à dire un instrument international contraignant qui engage les états qui l&#039;ont ratifié. Mais cette proposition est refusée. Le choix se porte alors sur une seconde Déclaration des droits de l&#039;enfant qui reprend l&#039;idée selon laquelle l&#039;humanité doit donner à l&#039;enfant ce qu&#039;elle a de meilleur. [http://cofradeenfrance.files.wordpress.com/2010/10/dc3a9claration-1959.pdf La déclaration des Droits de l&#039;Enfant] est adoptée par l&#039;assemblée générale des Nations Unies à l&#039;unanimité (70 pays membres), le 20 novembre 1959. Cette date est depuis lors officiellement la journée des droits de l&#039;enfant. La déclaration contient 10 principes fondateurs (elle double donc ceux de 1924!) avec des droits concrets comme par exemple le droit à un nom, à une nationalité ou à un enseignement gratuit au niveau élémentaire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Convention Internationale relative aux Droits de l’Enfant, 1989 ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le 20 novembre 1989, la [http://www.unicef.ch/sites/default/files/attachements/convention_relative_aux_droits_de_lenfant.pdf Convention Internationale relative aux Droits de l’Enfant] (CIDE) a été adoptée par l&#039;Assemblée générale des Nations Unies. Cette Convention a pour but de reconnaître et protéger les droits spécifiques de l&#039;enfant. Elle est composée de 54 articles (elle quintuple le nombre de 1959!) autour des orientations principales suivantes:&lt;br /&gt;
:la non - discrimination&lt;br /&gt;
:l&#039;intérêt supérieur de l&#039;enfant&lt;br /&gt;
:le droit à la vie, la survie et le développement&lt;br /&gt;
:les droits participatifs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les Etats ayant ratifiés cette Convention se doivent de respecter ces articles et de mettre en place les mesures législatives pour protéger les droits de l&#039;enfant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La CIDE est une déclinaison des droits de l&#039;homme exprimés dans la Déclaration universelle des droits de l&#039;homme (1948) et pose que l’enfant est sujet de droit. Elle accorde aux enfants des droits propres et expose leurs droits économiques, sociaux, civils, culturels et politiques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En effet, cette Convention est le texte concernant les droits de l&#039;homme qui a été le plus rapidement accepté au cours de l&#039;histoire, et a été ratifié par le plus d&#039;Etats. Seuls les Etats-Unis et la Somalie ne l&#039;ont pas encore ratifiée aujourd&#039;hui: Les Etats-Unis pratiquent encore la peine de mort pour les enfants dans certains Etats, or cela serait contraire au droit à la vie de l&#039;enfant promulgué dans la CIDE, tandis que la Somalie ne possède pas de gouvernement reconnu pour la ratifier à cause des troubles politiques dans le pays.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Droits de l&#039;enfant - droits de la personne ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;quot;L&#039;humanité doit donner à l&#039;enfant ce qu&#039;elle a de meilleur, affirmer  leurs devoirs, en dehors de toute considération de race, de nationalité et de croyance&amp;quot; - ce sont les prémices officielles de la reconnaissance de l&#039;enfant de 1924. C&#039;était un début, suivi, comme nous avons décrit plus haut, par la Déclaration des droits de l&#039;enfant de 1959 et par La Convention relative aux droits de l&#039;enfant de 1989. &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il faut ici souligner que “jusqu&#039;à l’adoption de la Convention en 1989, les enfants ne vivaient pas dans les limbes juridiques internationales. Il était au contraire admis qu’ils jouissent de garanties offertes par les instruments internationaux précédents, tels que les pactes internationaux relatifs aux droits de l’homme (que la Suisse a récemment ratifiés), à l&#039;exclusion bien entendu des droits liés directement à la condition de l’adulte (droit de se marier, de fonder une famille, assurance-vieillesse ou maternité). L’année internationale de l’enfant a conduit la communauté internationale à préciser le statut des enfants en confirmant leur particularité en tant qu&#039;êtres à la fois vulnérables (Préambules de la Convention, par exemple pp. 5, 6, 12) et appelés “à assumer les responsabilités de la vie dans une société libre”.&amp;lt;ref&amp;gt;Lücker-Babel M-F, Droits de l&#039;enfant: idéologies et réalités. In. Ratifier en Suisse. La Convention de l&#039;ONU relative aux droits de l&#039;enfant?. N° 26, Novembre 1992. p. 43&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;enfant est considéré peu à peu comme un être de droit au cours du XXe siècle, ce que l&#039;on peut voir notamment à travers les différents textes codifiant les droits de l&#039;enfant à cette époque.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout d&#039;abord, en 1924, le premier texte international au sujet des droits de l&#039;enfant (Déclaration de Genève) confère à celui-ci des droits primaires, comme lui permettre de se développer normalement sur le plan matériel et spirituel, de gagner sa vie sans être exploité, être nourri, soigné, recueilli et secouru, et également de l&#039;élever dans l&#039;esprit que ses qualités devront pourvoir à la société. On voit dans ce texte que les droits dotés à l&#039;enfant amorce une idée de soin et de protection de l&#039;enfant dans l&#039;évocation du secours qui doit lui être porté, et démontre aussi un intérêt pour son bon développement. Toutefois, ces articles restent assez pauvres quant aux droits accordés aux enfants et l&#039;on voit que le travail de l&#039;enfant reste de mise.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La Déclaration des Droits de l&#039;Enfant de 1959 va plus loin. Ce texte insiste d&#039;avantage sur la protection  qui doit être accordée à l&#039;enfant qui n&#039;est plus seulement suggérée sous le terme &amp;quot;secours&amp;quot;. Ici, son développement ne doit plus uniquement être normal, mais également sain sur le plan, cette fois-ci moral, spirituel, physique, intellectuel et social. On ajoute que l&#039;enfant doit pouvoir se développer dans la liberté et la dignité.&lt;br /&gt;
Il est important de voir que certains principes sont totalement nouveaux comme par exemple le droit de posséder une nationalité et un nom. On y parle aussi de sécurité non seulement sociale pour l&#039;enfant et sa mère, mais également de sécurité morale.&lt;br /&gt;
Dans ce texte, on voit apparaître l&#039;importance accordée à l&#039;affection envers l&#039;enfant, qui est pour lui un besoin. De plus, il est indiqué que la séparation du petit enfant et de sa mère doit être éviter autant que possible. Si l&#039;enfant n&#039;a pas de famille, il est déclaré que c&#039;est alors aux pouvoirs publics et à la société d&#039;en prendre soin, de même pour les enfants n&#039;ayant pas les moyens nécessaires d’existence.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
A noter également, l&#039;entrée de l&#039;éducation comme étant un droit pour l&#039;enfant: &amp;quot;une éducation gratuite et obligatoire au moins au niveau élémentaire&amp;quot; (principe 7). Les loisirs sont incorporés dans ce principe comme éléments importants. Il est indiqué que l&#039;enfant a en effet le droit de jouer. &lt;br /&gt;
En 1959 est présente l&#039;idée de l&#039;apport des qualités de l&#039;enfant pour les autres membres de la société. Cette idée est accompagnée de celle du devoir de le protéger contre la discrimination, et de l&#039;élever dans un esprit de compréhension, de paix et de tolérance. De plus, on peut remarquer une évolution en ce qui concerne le travail des enfants. En effet, le principe 9 pose clairement des limites à l&#039;employabilité de l&#039;enfant; outre la protection de son développement moral, physique ou mental, sa santé ou son éducation, on parle d&#039;âge minimum approprié pour l&#039;emploi. Toutefois, celui-ci n&#039;est pas spécifié. La notion d&#039;intérêt supérieur de l&#039;enfant fait son apparition dans cet écrit.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La Convention relative aux Droits de l&#039;Enfant de 1989 est le texte relevant des droits de l&#039;enfant le plus abouti. En effet, on peut déjà noter la différence en termes de nombres d&#039;articles de ces textes: 1924, La Déclaration de Genève compte 5 articles, on passe à 10 principes en 1959 et à 54 articles dans la Convention relative aux droits de l&#039;enfant en 1989. Cette convention reprend les droits exprimés dans les textes précédents, les complète et ajoute également bons nombres d&#039;autres considérations.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les droits de l&#039;enfant en Suisse ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le 24 février 1997, la Suisse a ratifié la Convention des Nations Unies relative aux droits de l’enfant. &lt;br /&gt;
Le conseil fédéral a constaté que dans l&#039;ensemble l&#039;ordre juridique suisse était en accord avec les principes de la convention. Néanmoins, il a émis des réserves dans plusieurs domaines où cet ordre juridique n&#039;est pas encore en totale adéquation avec les dispositions de la convention: le droit de l&#039;enfant à une nationalité, le regroupement familial, la séparation des jeunes et des adultes en cas de détention, les procédures pénales impliquant des mineurs. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Par ailleurs, il y a beaucoup de différences entre les différents cantons à propos de la mise en œuvre des droits. Tout ceci doit encore être amélioré.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La Convention est entrée en vigueur le 26 mars 1997 en Suisse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il faut ajouter que le pays a ratifié le protocole facultatif au sujet de l&#039;implication des enfants dans les conflits armés le 26 juillet 2002. Ce protocole, afin d&#039;augmenter la protection des enfants et adolescents, a élevé l&#039;âge minimum requis prévu dans la convention sur l’engagement volontaire et l’enrôlement obligatoire dans les forces armées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En Suisse, le deuxième protocole facultatif qui concerne la vente d&#039;enfants, la prostitution des enfants et la pornographie mettant en scène des enfants afin de mieux protéger les enfants de l&#039;exploitation sexuelle est entré en vigueur le 19 octobre &lt;br /&gt;
2006.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Une nouveauté visant une reconnaissance d&#039;un mineur est son droit de vote. C&#039;est un sujet encore d&#039;actualité qui preuve que le sujet de droits de l&#039;enfant commencé le siècle dernier continue. &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Il faut savoir que les Constitutions et les législations en Suisse divergent en fonction du canton. D’une manière générale le droit de vote au niveau fédéral et cantonal est accordé aux ressortissants suisses ayant 18 ans révolus. &lt;br /&gt;
Néanmoins certaines cantons suisses ont débuté une démarche visant à accorder le doit de vote au niveau cantonal dès l’âge de 16 ans. &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Les citoyens ont pu s’exprimer sur l&#039;abaissement de l&#039;âge du droit de vote à 16 ans dans plusieurs cantons suisses tels que par exemple le canton de Berne, de Neuchâtel ou de Glaris. Celui-ci, en 2010, a accepté d&#039;accorder le premier ce droit aux jeunes à partir de 16 ans. Comme on peut le lire dans l’article de [http://www.rts.ch/info/suisse/1142189-glaris-dit-oui-au-droit-de-vote-a-16-ans.html RTS] paru le 28.06.2010 “beaucoup de jeunes entrent dans la vie active à 16 ans. Ils pourront désormais aussi s&#039;exprimer sur des sujets qui les concernent directement, comme l&#039;école ou l&#039;apprentissage”.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Retour et analyse de l&#039;entretien ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===== Le Tribunal des mineurs =====&lt;br /&gt;
Notre temoin, M. [[Index|Jean-Pierre Audéoud]], nous a expliqué durant l&#039;[[Entretien avec M. Jean-Pierre Audéoud|interview]] du 4 décembre 2013 qu’il était engagé professionnellement, en tant qu’éducateur et en tant que juge pour les mineurs. Son riche expérience dans le domaine sociale lui a permis de mieux appréhender les tâches auprès de Tribunal des mineurs dans le Canton de Vaud. L’engagement tout à fait remarquable de cet homme est mis en avant durant l’entretien:&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
“en choisissant le droit j’avais déjà une arrière pensée, je ne pensais pas être juriste dans un bureau ou faire avocat, quelque chose comme ça. C’est… c’était… alors c’est déjà une orientation si vous voulez, c’est-à-dire que je me suis déjà engagé en commençant le droit mais pas d’une manière précise, pas un moment « tac » voilà. Alors bon je sais pas si c’est à prendre en considération. Mais ça c’est affiné si vous voulez… non puis alors l’engagement véritable c’est quand je suis parti à Montpellier, c’est le choix de cette école d’éducateurs où je voulais compléter ma formation de juriste pour pouvoir à l’occasion revenir dans la juridiction des mineurs.”&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Il faut souligner ici que le Tribunal des mineurs, une instance pour laquelle a travaillé Monsieur Jean-Pierre Audéoud, tient une place importante dans le champ des droits de l&#039;enfant. En outre le rôle du juge des mineurs est primordial, car c&#039;est lui qui va s&#039;occuper d&#039;instruire la cause, c&#039;est lui qui prend les décisions quand un délit  est commis par un enfant.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Une recherche que nous avons mené à ce sujet nous a permis de voir qu&#039;il existe plusieurs types de sanctions:&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
* Les &amp;quot;peines prévues par le droit des mineurs :&lt;br /&gt;
réprimande ; prestation personnelle (travail d’intérêt général ou séance de sensibilisation) ; amende ; privation de liberté&amp;quot;.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
* Les &amp;quot;mesures de protection prévues par le droit des mineurs :&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
surveillance (droit de regard et d&#039;information sur la prise en charge éducative ou thérapeutique du mineur par ses parents) ; assistance personnelle (désignation d’une personne pour seconder les parents et assister le mineur) ; traitement ambulatoire (en cas de troubles psychiques, du développement de la personnalité, de toxicodépendance ou d’autre addiction) ; placement (si l’éducation et le traitement de l’état du mineur ne peuvent être assurés autrement).&amp;quot; &amp;lt;ref&amp;gt;http://www.vd.ch/fileadmin/user_upload/themes/etat_droit/justice/fichiers_pdf/Penal_7_web.pdf&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La page web officielle de la République et du canton de Genève, indique  &amp;quot;le Tribunal des mineurs est l’autorité pénale compétente pour poursuivre et juger les infractions commises par les mineurs âgés de dix à dix-huit ans au moment de l&#039;acte.&lt;br /&gt;
Il est également l&#039;autorité d&#039;exécution des peines et mesures prononcées, ces dernières pouvant durer jusqu&#039;à l&#039;âge de 22 ans.&amp;quot; &amp;lt;ref&amp;gt;https://ge.ch/justice/tribunal-des-mineurs&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De manière plus générale, la protection de l&#039;enfant est une démarche sociétale qui concerne l&#039;ensemble des citoyens qu&#039;importe leurs origines.&lt;br /&gt;
En suivant le parcours de l&#039;enfant en tant que personne à part entière, on constate qu&#039;il évolue au cours du XXe siècle. À partir des informations publiées sur le site de Unicef on peut retracer les éléments marquants de ce changement en vue de la reconnaissance internationale et de l’importance de l’enfance.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les droits de l&#039;enfant à travers le prisme de l&#039;éducation ===&lt;br /&gt;
* [[Entretien avec M. Jean-Pierre Audéoud|Entretien]] avec M. [[Index|Jean-Pierre Audéoud]]&lt;br /&gt;
* [[Article 2013/14|Méthode d&#039;entretien]]&lt;br /&gt;
* [[Questions pour les entretiens|Questions d&#039;entretien]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme l&#039;indique le titre de cette section, nous allons aborder les droits des enfants à travers le prisme de l&#039;éducation, car notre témoin à avant tout travailler dans le cadre de l&#039;éducation, que ce soit dans sa formation d&#039;éducateur, ou son poste de directeur d&#039;une maison d&#039;éducation pour les jeunes délinquants à Serix avec sa femme Colette Audéoud ou encore celui de juge au Tribunal des mineurs du canton de Vaud.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est important de souligner qu&#039;avant de rencontrer notre témoin, nous n&#039;avions que peu d&#039;informations sur son parcours professionnel et de vie. Nous nous sommes rendues compte en menant l&#039;interview qu&#039;il n&#039;était pas dans des revendications, dans une lutte en faveur des droits de l&#039;enfant au sens strict. Mais il a, de part son métier et ses actions concrètes, participé à l&#039;évolution d&#039;une individualisation de l&#039;enfant; son but étant de faire grandir, évoluer des jeunes  pour qu&#039;ils reprennent le droit chemin, tout en respectant leurs besoins. Ainsi, il se trouve un certain décalage entre nos chapitres précédents concernant les droits de l&#039;enfant au sens strict et celui-ci qui traite d&#039;aspects éducatifs à travers une expérience de vie. Néanmoins, nous avons pu faire différents liens entre cette expérience et les droits en tant que tels. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;entretien avec M. et Mme Audéoud nous a permis de mettre en avant divers aspects reliés aux changements quant au travail d&#039;éducateur durant la période des [[Article_2013/14|années 60-80]]. Monsieur et Madame Audéoud on travaillé durant 10 ans (1963-1973) en tant que couple-directeur dans une maison d&#039;éducation pour jeunes délinquants. La colonie de Serix accueillait 40 jeunes enfants et adolescents (uniquement des garçons) placés soit par une instance civile, soit par le service de protection de la jeunesse, ou encore par le tribunal des mineurs. Durant ces 10 années, ils ont initié et participé à de nombreux changements concrets au sein de leur institution. Ces changements reflètent grandement l&#039;évolution du regard porté sur l&#039;enfant à l&#039;époque. Avec la mise en place de cultes le dimanche où les gens des villages alentours se réunissaient au sein même de l&#039;institution  ou encore la création d&#039;un jardin d&#039;enfants pour les enfants du personnel, la création d&#039;un parc de jeux par de jeunes scouts, il y a cette volonté d&#039;ouvrir l&#039;institution pour que d&#039;une part les jeunes puissent avoir des contacts avec l&#039;extérieur, mais également pour que les gens de l&#039;extérieur puissent avoir un regard différent sur ce lieu et ses résidents. Les Audéoud vont encore plus loin en créant un foyer d&#039;habitation dépendant de Serix, en intégrant des jeunes dans les écoles des alentours, en leur organisant des vacances ou la possibilité de rentrer dans leur famille le week-end. Cette ouverture vers l&#039;extérieur était vraiment quelque chose de nouveau car durant des années Serix était un lieu très fermé ou rien de filtrait.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un élément marquant constaté par le couple Audéoud à travers leurs années à Serix est l&#039;évolution du statut d&#039;éducateur. &lt;br /&gt;
(suite à venir...)&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Cet entretien a mis également en lumière l&#039;évolution de la reconnaissance de l&#039;enfant et de ses droits. En effet, les droits de l&#039;enfant sont des droits de la personne avant tout. L&#039;entretien a par exemple souligné l&#039;importance de l&#039;écoute de l&#039;enfant et son droit à la parole. Ainsi, M. Audéoud nous a expliqué qu&#039;au Tribunal des mineurs le président se doit d&#039;écouter le mineur accusé et ses responsables légaux. D&#039;ailleurs, le but du juge pour enfant selon notre témoin est de choisir la sanction appropriée au mineur particulier, éduquer ou punir : travaux d&#039;intérêts généraux, amande ou encore le placement dans un établissement d&#039;éducation. Il se mêle alors des aspects juridiques à des aspects éducatifs et l&#039;on tente de déterminer ce qui est le mieux pour le jeune et non réellement selon le délit commis.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Il s&#039;agit là d&#039;un changement conséquent, car dans les années 60, M. Audéoud nous a fait part que dans son poste de directeur à Serix, les besoins des jeunes étaient définis par les adultes, qui décidaient pour les jeunes par rapport à ce qu&#039;ils pensaient être bien pour eux, mais sans leur demander leur avis. On n&#039;était pas encore dans une réelle prise en compte de la parole de l&#039;enfant à l&#039;époque. Une évolution sur le plan de l&#039;individualisation de l&#039;enfant et de la prise en compte de ses besoins est visible. En effet, aujourd&#039;hui on entend plus l&#039;enfant, on tente de connaître ce qu&#039;il désire et on regarde si on peut y accommoder. Avant, l&#039;enfant se devait de s&#039;accommoder lui à ce qu&#039;on lui imposait. De même, à Serix les colloques concernant les enfants se déroulaient sans l&#039;intéressé et ses parents, mais seulement avec les éducateurs et autres professionnels entourant le jeune. Petit à petit, les éducateurs ont changé de manière de faire, en imposant moins de choses supposées pour le bien des enfants et adolescents. Dans cet ordre d&#039;idée, on retrouve les points fondamentaux de la Constitution de 1989, du droit à la participation ainsi que la prise en compte de l&#039;intérêt supérieur de l&#039;enfant. Donc, entre les années 60 et 80, le domaine de l&#039;éducation a évolué dans la place attribuée au mineur dans les choix et sujets le concernant, l&#039;écoute qu&#039;on lui accorde et le droit de parole de celui-ci. De plus, les changements sont aussi visibles dans la prise en compte plus aboutie des besoins de l&#039;enfant, notamment par son expression de ses désirs et ressentis. Mme Audéoud souligne également le recours progressif à l&#039;individualisation de la démarche envers le jeune dans le milieu éducatif de Serix. Ainsi (à venir) &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Par rapport à la question des valeurs portées par ces deux personnes, on retrouve celles de donner une structure à l&#039;enfant de manière attentionnée, de donner de l&#039;affection à ces jeunes  qui souvent en manquait, ainsi que de la reconnaissance. Valoriser l&#039;enfant, le protéger, lui manifester de l&#039;intérêt, mais aussi l&#039;aider à développer ses capacités d&#039;un point de vue cognitif, social et affectif, voilà ce en quoi croyait ce couple. Leurs convictions et ils l&#039;évoquent eux-mêmes répondent toutes aux différents besoins que l&#039;enfant a pour se développer harmonieusement. En cela, on retrouve les fondements de base des droits internationaux des enfants, car on y parle de protection de l&#039;enfant ainsi que permettre à l&#039;enfant de se développer harmonieusement.  &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Conclusions ===&lt;br /&gt;
Les droits de l’enfant, comme nous l’avons présenté, ont évolués au cours de décennies du XXème siècle. L’histoire de cette période nous témoigne de leur importance, de leur rôle prépondérant dans la vie d’un être humain. Ce qui ne veut pas dire que l’on n’a rien de plus à accomplir, bien au contraire. La préoccupation importante quant à aux conditions des enfants dans le monde est encore d&#039;actualité au XXIème sciècle. L&#039;enfant est une personne à part entière ce qui ne fait aucune doute et la [[Article_2013/14|complexité du concept des droits de la personne]] abordée dans notre article renvoie justement à la liberté, à l&#039;intégrité, à la sûreté. Mais surtout qu’importe d&#039;où l’on vient et ce qu’on fait, nous avons le droit à la vie. &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Les [[Droits_des_femmes|femmes]], les [[Droits_des_prisonniers|prisonniers]], les [[Droits_des_patients_psychiatriques|patients]], les [[Droits_des_personnes_en_situation_de_handicap|personnes en situation de handicap]], chaque individu a ce droit pour lequel certains se battent encore aujourd&#039;hui.&amp;lt;br /&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’enfance lie les individus qu’importe leur appartenance. Ce période de la vie qui nous est commun prend une dimension à part tout simplement parce que dans chaque enfant émerge l’avenir, notre avenir. Les adultes ont pour but de les comprendre, de les respecter en tant que personnes et de protéger leurs droits. &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Avec le temps, l&#039;enfant a peu à peu exister comme personne à part entière. Il n&#039;est plus seulement un &amp;quot;homme en devenir&amp;quot;, mais bien un enfant avec ses particularités et besoins spécifiques. De plus, l&#039;intérêt qui lui a été porté à amener à la prise en compte de sa parole, de ses désirs, intérêts, ainsi que de ses besoins, comme lui les définit. On a ainsi vu à travers notre entretien que d&#039;une définition des besoins de l&#039;enfant par l&#039;adulte durant les années 60 dans les milieux éducatifs en Suisse, on est passé vers une prise en compte plus réelle des besoins de l&#039;enfant en s&#039;adressent directement à celui-ci et en l&#039;écoutant davantage. La protection de l&#039;enfant est une notion importante dans la construction de ses droits.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme nous l&#039;avons dit auparavant, son droit à la vie est apparu dans ces textes internationaux. De prime abord, le droit à la vie de tout être humain nous paraît naturel, mais on voit que cela ne va pas de soi, de même que sa protection. La reconnaissance du droit et besoin de protection de l&#039;enfant est essentielle, car il s&#039;agit d&#039;un être vulnérable et dépendant, soumis au bon vouloir des parents. Cette relation dominant-dominé, où l&#039;un possède un certain pouvoir sur l&#039;autre se retrouve dans bien d&#039;autres populations. Ainsi, d&#039;autres droits développés à partir du milieu du 20ème siècle, comme le droits des [[Droits_des_femmes|femmes]], des [[Droits_des_patients_psychiatriques|patients psychiatriques]], des [[Droits des patients (à l&#039;hôpital)|patients hospitaliers]], des [[Droits_des_personnes_en_situation_de_handicap|personnes en situation de handicap]] ou encore des [[Droits_des_prisonniers|prisonniers]] vont dans ce sens. Ce sont toutes des populations sous la domination d&#039;autrui pour lesquelles des luttes se sont développées afin de faire valoir leurs droits, en particulier de parole, écoute, etc. La préoccupation de l&#039;enfant va sans doute de paire avec la conscience de la société de cet enfant comme devenir de la société. En effet, en désirant une société de bons citoyens, épanouis et travailleurs, il faut avant tout s&#039;occuper des conditions et favoriser au mieux le développement harmonieux des enfants. On peut ainsi rapprocher cette volonté d&#039;améliorer la société par le soucis de l&#039;enfant avec l&#039;apparition de l&#039;obligation scolaire pour tous. L&#039;instauration des droits pour l&#039;enfant va cependant plus loin, car elle touche à bien d&#039;autres domaines que l&#039;instruction.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour finir, on peut voir que ces droits reconnus internationalement doivent tout de même continué à être l&#039;objet d&#039;un travail constant, car entre la théorie et la pratique, on peut voir de grandes différences, même dans nos pays développés. Ainsi, il importe de faire connaître leurs droits aux enfants, de les faire respecter, notamment à travers des instances  et sanctions juridiques à cet égard.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Bibliographie / Webographie ===&lt;br /&gt;
* Droux J.,2011. &#039;&#039;L&#039;internationalisation de la protection de l&#039;enfance : acteurs, concurrences et projets transnationaux (1900-1925)&#039;&#039;. In. Critique internationale, 2011/3 n° 52, p. 17-33&lt;br /&gt;
* Martinetti, F. 2002. &#039;&#039;Les Droits de l&#039;enfant&#039;&#039;. Librio&lt;br /&gt;
* http://cofrade.fr/&lt;br /&gt;
* http://www.humanium.org/fr/&lt;br /&gt;
* http://www.netzwerk-kinderrechte.ch/&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Notes et références ===&lt;br /&gt;
&amp;lt;references/&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Auteurs du chapitre ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Claire Bourgeois Dubois-Ferriere&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
* Katarzyna Milena Fratczak&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
* Victoria Salomon&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Victoria</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Droits_des_enfants&amp;diff=12969</id>
		<title>Droits des enfants</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Droits_des_enfants&amp;diff=12969"/>
		<updated>2014-01-13T16:26:58Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Victoria : /* Les droits de l&amp;#039;enfant à travers le prisme de l&amp;#039;éducation */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;=== Introduction ===&lt;br /&gt;
Les droits de l&#039;enfant visant la protection des mineurs évoluent au cours des décennies. Les prémices du XXe siècle les plus connues sont bien évidemment la Déclaration de Genève (1924), la Déclaration de droits de l&#039;enfant (1959) et enfin le texte de la Convention des Nations Unies relative aux droits de l&#039;enfant du 20 novembre 1989. Ce dernier “ratifié d’une manière quasi universelle (193 États sur 195) en fait un texte hors norme de part sa portée dans l’espace et de par l’enthousiasme spontané qu’ [il] a suscité.”&amp;lt;ref&amp;gt;Zermatten, J., Stoecklin D. 2009. Le droit des enfants de participer. Norme juridique et réalité pratique: contribution à un nouveau contrat social. Suisse: Institut International des Droits de l&#039;Enfant., p.7 &amp;lt;/ref&amp;gt; Ce parcours historique est une partie importante de l’histoire qu’on écrit aujourd’hui.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
On peut remarquer que le premier pas vers l&#039;individualisation de l&#039;enfant datant de 1924, pointe le bout de son nez quelques années après la fin de la première guerre mondiale. Le 2ème est marqué par la Déclaration de droits de l&#039;enfant de 1959, donc à l’image de la précédente, elle date des années après la seconde guerre mais est également un point de départ menant vers la Convention de 1989.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Le long chemin vers  une telle reconnaissance était en grande partie marqué par la création, un peu partout en Europe, des communautés d&#039;enfants. Leur rôle  n&#039;est pas négligeable. La  définition de ces communautés d&#039;enfants est donné à Trogen en juillet 1948  et semble préciser un peu plus les besoins de l&#039;enfant en tant que personne. Ce sont: « les organisations éducatives ou rééducatives à caractère permanent, fondées sur la participation active des enfants ou adolescents à la vie de la communauté, dans le cadre des méthodes d’éducation et d’instruction modernes – et dans lesquelles la vie de famille se combine de diverses façons aux modalités de la vie de collectivité&amp;quot;.&amp;lt;ref&amp;gt;Cours de M.Ruchat: L’éducation spéciale du XVIIIe au XXe siècles: L’éducation, les normes et l’individu, Université de Genève, 2013&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Dans l’esprit de la reconnaissance d’un enfant à part entière mais avec le respect de sa liberté, [[Libres enfants de Summerhill (Neill)|Alexander Sutherland Neill]] crée son école de Summerhill en 1921, une école qui encore de nos jours suscite beaucoup de discussions et polémiques. Dans le cadre de cet atelier d’intelligence collective nous avons procédé à une comparaison des idées de Neill décrites dans son livre [[Libres enfants de Summerhill (Neill)|&amp;quot;Libres enfants de Summerhill&amp;quot;]] (1960) avec la Convention relative aux droits de l’enfant de 1989 avec un constat tout à fait surprenant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Historique des droits de l&#039;enfant ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== « L’humanité doit donner à l’enfant ce qu’elle a de meilleur » Déclaration de Genève sur les Droits de l’Enfant, 1924 ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est important de signaler qu&#039;avant même l&#039;intérêt qui s&#039;est peu à peu développé quant aux droits de l&#039;enfant, il a d&#039;abord fallu que le société prenne conscience du statut particulier de l&#039;enfant, avec ses spécificités, et bien plus encore d&#039;être humain digne de droits propres : “L’adulte a longtemps cru que c’était lui-même qui devait animer l’enfant par ses soins et son assistance. Il pensait que son rôle était de façonner l’enfant, de construire sa vie psychique pour que l’enfant devienne peu à peu comme lui. L’enfant était un objet d’assistance, un adulte en devenir (certains disent même &amp;quot;en miniature&amp;quot;) et non une personne humaine à part entière. Petit, faible, pauvre, dépendant, il n’était qu’un citoyen potentiel qui ne sera homme ou femme que demain. Il ne devenait une personne humaine, sujet de droits, qu’à partir du moment où il atteignait l’âge adulte. C’est à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle, notamment après la Première Guerre mondiale, que le concept de droits de l’enfant apparaît.” &amp;lt;ref&amp;gt;Dhellemmes V. ,2010. La dignité et les droits de l&#039;enfant : vingt ans d&#039;avancées sur le plan international. In. Transversalités, 2010/3 N° 115, p. 99-110.&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quand on fait une recherche sur des droits de l’enfant à travers les documents écrits en l&#039;espace de plus de cent ans, du début du XXème siècle jusqu’à aujourd’hui, on retrouve les noms de deux précurseurs qui ont marqué le cours de l’histoire. Il s’agit de Britannique Eglantyne Jebb (1876-1928) et du polonais Henryk Goldzmit (1878–1942) connu sous le nom de Janusz Korczak.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Ce dernier, pédiatre et éducateur qui a tant &amp;quot;aimé et défendu&amp;quot; les enfants, ne voulant pas les laisser seuls, s&#039;est laissé emmener avec eux à Treblinka où il est mort dans une chambre à gaz.&amp;lt;ref&amp;gt;Korczak J. Le droit de l’enfant au respect. L’héritage de Janusz Korczak. Conférences sur les enjeux actuels pour l’enfance. In. http://www.coe.int/t/commissioner/Activities/themes/Children/PublicationKorczak_fr.pdf&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Korczak, l&#039;inspirateur des droits de l&#039;enfant est bien, d&#039;abord, un insurgé, comme toute son œuvre en témoigne. C&#039;est un homme qui ne supporte pas la violence faite à l&#039;enfance : la violence physique, bien sûr, la violence psychologique également, mais aussi la violence des institutions qui prétendent œuvrer pour &amp;quot;son bien&amp;quot;.&amp;lt;ref&amp;gt;Meirieu P. 2002. Le pédagogue et les droits de l’enfant : histoire d’un malentendu ?. Editions du Tricorne et Association suisse des Amis du Dr Korczak. p.4&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
“Janusz Korczak, premier défenseur des droits de l’enfant et le plus radical, a été déçu en découvrant la Déclaration des droits de l’enfant adoptée par la Société des Nations en 1924, pas assez claire à son goût et plus implorante que contraignante. Il voulait des droits et non la charité, immédiatement et non dans un avenir lointain.” &amp;lt;ref&amp;gt;Korczak J. Le droit de l’enfant au respect. L’héritage de Janusz Korczak. Conférences sur les enjeux actuels pour l’enfance. In. http://www.coe.int/t/commissioner/Activities/themes/Children/PublicationKorczak_fr.pdf p.7). &amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le travail d&#039;Eglantyne Jebb qui a élaboré et rédigé la [http://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/images/f/fb/Declaration-geneve.pdf Déclaration de Genève] a été important. Elle l’a présenté le 26 septembre 1923 et le 28 février 1924 le Ve Congrès général de la Société de Nations qui l&#039;a alors ratifié.&lt;br /&gt;
C&#039;est le premier texte énonçant des droits fondamentaux des enfants ainsi que la responsabilité des adultes à leur égard. Il est constitué de cinq articles. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Déjà  dans le préambule on peut lire que « L’humanité doit donner à l’enfant ce qu’elle a de meilleur.» On peut y voir également que c’est la protection physique qui est mise en avant en soutenant l&#039;idée de venir en aide en cas de détresse ainsi que celle de combattre la faim et l&#039;exploitation.(articles 2, 3, 4). En parallèle la notion de développement spirituel n’est pas omis (article 1) de même que le fait que “l’enfant doit être élevé dans le sentiment que ses meilleures qualités devront être mises au service de ses frères”(article 5). Ce texte d&#039;après première guerre mondiale est aussi une contribution à un monde paix qui s&#039;étaye sur les enfants qui forme l&#039;avenir, un avenir que les promoteurs des droits de l&#039;enfant voudraient dans la paix.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Déclaration des Droits de l’Enfant, 1959 ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après la seconde guerre mondiale, l&#039;ONU est créée. Elle va s&#039;intéresser aux droits de l&#039;enfant et révéler l&#039;insuffisance de la Déclaration de Genève. En effet, suite à l&#039;adoption de la Déclaration universelle des droits de l&#039;homme (1948) et à l&#039;évolution du droit durant cette période, on pense nécessaire d&#039;approfondir cette question des droits de l&#039;enfant.&lt;br /&gt;
Plusieurs pays membres de l&#039;ONU réclame une convention, c&#039;est à dire un instrument international contraignant qui engage les états qui l&#039;ont ratifié. Mais cette proposition est refusée. Le choix se porte alors sur une seconde Déclaration des droits de l&#039;enfant qui reprend l&#039;idée selon laquelle l&#039;humanité doit donner à l&#039;enfant ce qu&#039;elle a de meilleur. [http://cofradeenfrance.files.wordpress.com/2010/10/dc3a9claration-1959.pdf La déclaration des Droits de l&#039;Enfant] est adoptée par l&#039;assemblée générale des Nations Unies à l&#039;unanimité (70 pays membres), le 20 novembre 1959. Cette date est depuis lors officiellement la journée des droits de l&#039;enfant. La déclaration contient 10 principes fondateurs (elle double donc ceux de 1924!) avec des droits concrets comme par exemple le droit à un nom, à une nationalité ou à un enseignement gratuit au niveau élémentaire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Convention Internationale relative aux Droits de l’Enfant, 1989 ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le 20 novembre 1989, la [http://www.unicef.ch/sites/default/files/attachements/convention_relative_aux_droits_de_lenfant.pdf Convention Internationale relative aux Droits de l’Enfant] (CIDE) a été adoptée par l&#039;Assemblée générale des Nations Unies. Cette Convention a pour but de reconnaître et protéger les droits spécifiques de l&#039;enfant. Elle est composée de 54 articles (elle quintuple le nombre de 1959!) autour des orientations principales suivantes:&lt;br /&gt;
:la non - discrimination&lt;br /&gt;
:l&#039;intérêt supérieur de l&#039;enfant&lt;br /&gt;
:le droit à la vie, la survie et le développement&lt;br /&gt;
:les droits participatifs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les Etats ayant ratifiés cette Convention se doivent de respecter ces articles et de mettre en place les mesures législatives pour protéger les droits de l&#039;enfant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La CIDE est une déclinaison des droits de l&#039;homme exprimés dans la Déclaration universelle des droits de l&#039;homme (1948) et pose que l’enfant est sujet de droit. Elle accorde aux enfants des droits propres et expose leurs droits économiques, sociaux, civils, culturels et politiques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En effet, cette Convention est le texte concernant les droits de l&#039;homme qui a été le plus rapidement accepté au cours de l&#039;histoire, et a été ratifié par le plus d&#039;Etats. Seuls les Etats-Unis et la Somalie ne l&#039;ont pas encore ratifiée aujourd&#039;hui: Les Etats-Unis pratiquent encore la peine de mort pour les enfants dans certains Etats, or cela serait contraire au droit à la vie de l&#039;enfant promulgué dans la CIDE, tandis que la Somalie ne possède pas de gouvernement reconnu pour la ratifier à cause des troubles politiques dans le pays.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Droits de l&#039;enfant - droits de la personne ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;quot;L&#039;humanité doit donner à l&#039;enfant ce qu&#039;elle a de meilleur, affirmer  leurs devoirs, en dehors de toute considération de race, de nationalité et de croyance&amp;quot; - ce sont les prémices officielles de la reconnaissance de l&#039;enfant de 1924. C&#039;était un début, suivi, comme nous avons décrit plus haut, par la Déclaration des droits de l&#039;enfant de 1959 et par La Convention relative aux droits de l&#039;enfant de 1989. &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il faut ici souligner que “jusqu&#039;à l’adoption de la Convention en 1989, les enfants ne vivaient pas dans les limbes juridiques internationales. Il était au contraire admis qu’ils jouissent de garanties offertes par les instruments internationaux précédents, tels que les pactes internationaux relatifs aux droits de l’homme (que la Suisse a récemment ratifiés), à l&#039;exclusion bien entendu des droits liés directement à la condition de l’adulte (droit de se marier, de fonder une famille, assurance-vieillesse ou maternité). L’année internationale de l’enfant a conduit la communauté internationale à préciser le statut des enfants en confirmant leur particularité en tant qu&#039;êtres à la fois vulnérables (Préambules de la Convention, par exemple pp. 5, 6, 12) et appelés “à assumer les responsabilités de la vie dans une société libre”.&amp;lt;ref&amp;gt;Lücker-Babel M-F, Droits de l&#039;enfant: idéologies et réalités. In. Ratifier en Suisse. La Convention de l&#039;ONU relative aux droits de l&#039;enfant?. N° 26, Novembre 1992. p. 43&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;enfant est considéré peu à peu comme un être de droit au cours du XXe siècle, ce que l&#039;on peut voir notamment à travers les différents textes codifiant les droits de l&#039;enfant à cette époque.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout d&#039;abord, en 1924, le premier texte international au sujet des droits de l&#039;enfant (Déclaration de Genève) confère à celui-ci des droits primaires, comme lui permettre de se développer normalement sur le plan matériel et spirituel, de gagner sa vie sans être exploité, être nourri, soigné, recueilli et secouru, et également de l&#039;élever dans l&#039;esprit que ses qualités devront pourvoir à la société. On voit dans ce texte que les droits dotés à l&#039;enfant amorce une idée de soin et de protection de l&#039;enfant dans l&#039;évocation du secours qui doit lui être porté, et démontre aussi un intérêt pour son bon développement. Toutefois, ces articles restent assez pauvres quant aux droits accordés aux enfants et l&#039;on voit que le travail de l&#039;enfant reste de mise.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La Déclaration des Droits de l&#039;Enfant de 1959 va plus loin. Ce texte insiste d&#039;avantage sur la protection  qui doit être accordée à l&#039;enfant qui n&#039;est plus seulement suggérée sous le terme &amp;quot;secours&amp;quot;. Ici, son développement ne doit plus uniquement être normal, mais également sain sur le plan, cette fois-ci moral, spirituel, physique, intellectuel et social. On ajoute que l&#039;enfant doit pouvoir se développer dans la liberté et la dignité.&lt;br /&gt;
Il est important de voir que certains principes sont totalement nouveaux comme par exemple le droit de posséder une nationalité et un nom. On y parle aussi de sécurité non seulement sociale pour l&#039;enfant et sa mère, mais également de sécurité morale.&lt;br /&gt;
Dans ce texte, on voit apparaître l&#039;importance accordée à l&#039;affection envers l&#039;enfant, qui est pour lui un besoin. De plus, il est indiqué que la séparation du petit enfant et de sa mère doit être éviter autant que possible. Si l&#039;enfant n&#039;a pas de famille, il est déclaré que c&#039;est alors aux pouvoirs publics et à la société d&#039;en prendre soin, de même pour les enfants n&#039;ayant pas les moyens nécessaires d’existence.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
A noter également, l&#039;entrée de l&#039;éducation comme étant un droit pour l&#039;enfant: &amp;quot;une éducation gratuite et obligatoire au moins au niveau élémentaire&amp;quot; (principe 7). Les loisirs sont incorporés dans ce principe comme éléments importants. Il est indiqué que l&#039;enfant a en effet le droit de jouer. &lt;br /&gt;
En 1959 est présente l&#039;idée de l&#039;apport des qualités de l&#039;enfant pour les autres membres de la société. Cette idée est accompagnée de celle du devoir de le protéger contre la discrimination, et de l&#039;élever dans un esprit de compréhension, de paix et de tolérance. De plus, on peut remarquer une évolution en ce qui concerne le travail des enfants. En effet, le principe 9 pose clairement des limites à l&#039;employabilité de l&#039;enfant; outre la protection de son développement moral, physique ou mental, sa santé ou son éducation, on parle d&#039;âge minimum approprié pour l&#039;emploi. Toutefois, celui-ci n&#039;est pas spécifié. La notion d&#039;intérêt supérieur de l&#039;enfant fait son apparition dans cet écrit.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La Convention relative aux Droits de l&#039;Enfant de 1989 est le texte relevant des droits de l&#039;enfant le plus abouti. En effet, on peut déjà noter la différence en termes de nombres d&#039;articles de ces textes: 1924, La Déclaration de Genève compte 5 articles, on passe à 10 principes en 1959 et à 54 articles dans la Convention relative aux droits de l&#039;enfant en 1989. Cette convention reprend les droits exprimés dans les textes précédents, les complète et ajoute également bons nombres d&#039;autres considérations.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les droits de l&#039;enfant en Suisse ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le 24 février 1997, la Suisse a ratifié la Convention des Nations Unies relative aux droits de l’enfant. &lt;br /&gt;
Le conseil fédéral a constaté que dans l&#039;ensemble l&#039;ordre juridique suisse était en accord avec les principes de la convention. Néanmoins, il a émis des réserves dans plusieurs domaines où cet ordre juridique n&#039;est pas encore en totale adéquation avec les dispositions de la convention: le droit de l&#039;enfant à une nationalité, le regroupement familial, la séparation des jeunes et des adultes en cas de détention, les procédures pénales impliquant des mineurs. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Par ailleurs, il y a beaucoup de différences entre les différents cantons à propos de la mise en œuvre des droits. Tout ceci doit encore être amélioré.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La Convention est entrée en vigueur le 26 mars 1997 en Suisse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il faut ajouter que le pays a ratifié le protocole facultatif au sujet de l&#039;implication des enfants dans les conflits armés le 26 juillet 2002. Ce protocole, afin d&#039;augmenter la protection des enfants et adolescents, a élevé l&#039;âge minimum requis prévu dans la convention sur l’engagement volontaire et l’enrôlement obligatoire dans les forces armées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En Suisse, le deuxième protocole facultatif qui concerne la vente d&#039;enfants, la prostitution des enfants et la pornographie mettant en scène des enfants afin de mieux protéger les enfants de l&#039;exploitation sexuelle est entré en vigueur le 19 octobre 2006.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Une nouveauté visant une reconnaissance d&#039;un mineur est son droit de vote. C&#039;est un sujet encore d&#039;actualité qui preuve que le sujet de droits de l&#039;enfant commencé le siècle dernier continue. &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Il faut savoir que les Constitutions et les législations en Suisse divergent en fonction du canton. D’une manière générale le droit de vote au niveau fédéral et cantonal est accordé aux ressortissants suisses ayant 18 ans révolus. &lt;br /&gt;
Néanmoins certaines cantons suisses ont débuté une démarche visant à accorder le doit de vote au niveau cantonal dès l’âge de 16 ans. &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Les citoyens ont pu s’exprimer sur l&#039;abaissement de l&#039;âge du droit de vote à 16 ans dans plusieurs cantons suisses tels que par exemple le canton de Berne, de Neuchâtel ou de Glaris. Celui-ci, en 2010, a accepté d&#039;accorder le premier ce droit aux jeunes à partir de 16 ans. Comme on peut le lire dans l’article de [http://www.rts.ch/info/suisse/1142189-glaris-dit-oui-au-droit-de-vote-a-16-ans.html RTS] paru le 28.06.2010 “beaucoup de jeunes entrent dans la vie active à 16 ans. Ils pourront désormais aussi s&#039;exprimer sur des sujets qui les concernent directement, comme l&#039;école ou l&#039;apprentissage”.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===== Le Tribunal des mineurs =====&lt;br /&gt;
Notre temoin, M. [[Index|Jean-Pierre Audéoud]], nous a expliqué durant l&#039;[[Entretien avec M. Jean-Pierre Audéoud|interview]] du 4 décembre 2013 qu’il était engagé professionnellement, en tant qu’éducateur et en tant que juge pour les mineurs. Son riche expérience dans le domaine sociale lui a permis de mieux appréhender les tâches auprès de Tribunal des mineurs dans le Canton de Vaud. L’engagement tout à fait remarquable de cet homme est mis en avant durant l’entretien:&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
“en choisissant le droit j’avais déjà une arrière pensée, je ne pensais pas être juriste dans un bureau ou faire avocat, quelque chose comme ça. C’est… c’était… alors c’est déjà une orientation si vous voulez, c’est-à-dire que je me suis déjà engagé en commençant le droit mais pas d’une manière précise, pas un moment « tac » voilà. Alors bon je sais pas si c’est à prendre en considération. Mais ça c’est affiné si vous voulez… non puis alors l’engagement véritable c’est quand je suis parti à Montpellier, c’est le choix de cette école d’éducateurs où je voulais compléter ma formation de juriste pour pouvoir à l’occasion revenir dans la juridiction des mineurs.”&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Il faut souligner ici que le Tribunal des mineurs, une instance pour laquelle a travaillé Monsieur Jean-Pierre Audéoud, tient une place importante dans le champ des droits de l&#039;enfant. En outre le rôle du juge des mineurs est primordial, car c&#039;est lui qui va s&#039;occuper d&#039;instruire la cause, c&#039;est lui qui prend les décisions quand un délit  est commis par un enfant.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Une recherche que nous avons mené à ce sujet nous a permis de voir qu&#039;il existe plusieurs types de sanctions:&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
* Les &amp;quot;peines prévues par le droit des mineurs :&lt;br /&gt;
réprimande ; prestation personnelle (travail d’intérêt général ou séance de sensibilisation) ; amende ; privation de liberté&amp;quot;.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
* Les &amp;quot;mesures de protection prévues par le droit des mineurs :&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
surveillance (droit de regard et d&#039;information sur la prise en charge éducative ou thérapeutique du mineur par ses parents) ; assistance personnelle (désignation d’une personne pour seconder les parents et assister le mineur) ; traitement ambulatoire (en cas de troubles psychiques, du développement de la personnalité, de toxicodépendance ou d’autre addiction) ; placement (si l’éducation et le traitement de l’état du mineur ne peuvent être assurés autrement).&amp;quot; &amp;lt;ref&amp;gt;http://www.vd.ch/fileadmin/user_upload/themes/etat_droit/justice/fichiers_pdf/Penal_7_web.pdf&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La page web officielle de la République et du canton de Genève, indique  &amp;quot;le Tribunal des mineurs est l’autorité pénale compétente pour poursuivre et juger les infractions commises par les mineurs âgés de dix à dix-huit ans au moment de l&#039;acte.&lt;br /&gt;
Il est également l&#039;autorité d&#039;exécution des peines et mesures prononcées, ces dernières pouvant durer jusqu&#039;à l&#039;âge de 22 ans.&amp;quot; &amp;lt;ref&amp;gt;https://ge.ch/justice/tribunal-des-mineurs&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De manière plus générale, la protection de l&#039;enfant est une démarche sociétale qui concerne l&#039;ensemble des citoyens qu&#039;importe leurs origines.&lt;br /&gt;
En suivant le parcours de l&#039;enfant en tant que personne à part entière, on constate qu&#039;il évolue au cours du XXe siècle. À partir des informations publiées sur le site de Unicef on peut retracer les éléments marquants de ce changement en vue de la reconnaissance internationale et de l’importance de l’enfance.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les droits de l&#039;enfant à travers le prisme de l&#039;éducation ===&lt;br /&gt;
* [[Entretien avec M. Jean-Pierre Audéoud|Entretien]] avec M. [[Index|Jean-Pierre Audéoud]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme l&#039;indique le titre de cette section, nous allons aborder les droits des enfants à travers le prisme de l&#039;éducation, car notre témoin à avant tout travailler dans le cadre de l&#039;éducation, que ce soit dans sa formation d&#039;éducateur, ou son poste de directeur d&#039;une maison d&#039;éducation pour les jeunes délinquants à Serix avec sa femme Colette Audéoud ou encore celui de juge au Tribunal des mineurs du canton de Vaud.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est important de souligner qu&#039;avant de rencontrer notre témoin, nous n&#039;avions que peu d&#039;informations sur son parcours professionnel et de vie. Nous nous sommes rendues compte en menant l&#039;interview qu&#039;il n&#039;était pas dans des revendications, dans une lutte en faveur des droits de l&#039;enfant au sens strict. Mais il a, de part son métier et ses actions concrètes, participé à l&#039;évolution d&#039;une individualisation de l&#039;enfant; son but étant de faire grandir, évoluer des jeunes  pour qu&#039;ils reprennent le droit chemin, tout en respectant leurs besoins. Ainsi, il se trouve un certain décalage entre nos chapitres précédents concernant les droits de l&#039;enfant au sens strict et celui-ci qui traite d&#039;aspects éducatifs à travers une expérience de vie. Néanmoins, nous avons pu faire différents liens entre cette expérience et les droits en tant que tels. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;entretien avec M. et Mme Audéoud nous a permis de mettre en avant divers aspects reliés aux changements quant au travail d&#039;éducateur durant la période des [[Article_2013/14|années 60-80]]. Monsieur et Madame Audéoud on travaillé durant 10 ans (1963-1973) en tant que couple-directeur dans une maison d&#039;éducation pour jeunes délinquants. La colonie de Serix accueillait 40 jeunes enfants et adolescents (uniquement des garçons) placés soit par une instance civile, soit par le service de protection de la jeunesse, ou encore par le tribunal des mineurs. Durant ces 10 années, ils ont initié et participé à de nombreux changements concrets au sein de leur institution. Ces changements reflètent grandement l&#039;évolution du regard porté sur l&#039;enfant à l&#039;époque. Avec la mise en place de cultes le dimanche où les gens des villages alentours se réunissaient au sein même de l&#039;institution  ou encore la création d&#039;un jardin d&#039;enfants pour les enfants du personnel, la création d&#039;un parc de jeux par de jeunes scouts, il y a cette volonté d&#039;ouvrir l&#039;institution pour que d&#039;une part les jeunes puissent avoir des contacts avec l&#039;extérieur, mais également pour que les gens de l&#039;extérieur puissent avoir un regard différent sur ce lieu et ses résidents. Les Audéoud vont encore plus loin en créant un foyer d&#039;habitation dépendant de Serix, en intégrant des jeunes dans les écoles des alentours, en leur organisant des vacances ou la possibilité de rentrer dans leur famille le week-end. Cette ouverture vers l&#039;extérieur était vraiment quelque chose de nouveau car durant des années Serix était un lieu très fermé ou rien de filtrait.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un élément marquant constaté par le couple Audéoud à travers leurs années à Serix est l&#039;évolution du statut d&#039;éducateur. &lt;br /&gt;
(suite à venir...)&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Cet entretien a mis également en lumière l&#039;évolution de la reconnaissance de l&#039;enfant et de ses droits. En effet, les droits de l&#039;enfant sont des droits de la personne avant tout. L&#039;entretien a par exemple souligné l&#039;importance de l&#039;écoute de l&#039;enfant et son droit à la parole. Ainsi, M. Audéoud nous a expliqué qu&#039;au Tribunal des mineurs le président se doit d&#039;écouter le mineur accusé et ses responsables légaux. D&#039;ailleurs, le but du juge pour enfant selon notre témoin est de choisir la sanction appropriée au mineur particulier, éduquer ou punir : travaux d&#039;intérêts généraux, amande ou encore le placement dans un établissement d&#039;éducation. Il se mêle alors des aspects juridiques à des aspects éducatifs et l&#039;on tente de déterminer ce qui est le mieux pour le jeune et non réellement selon le délit commis.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Il s&#039;agit là d&#039;un changement conséquent, car dans les années 60, M. Audéoud nous a fait part que dans son poste de directeur à Serix, les besoins des jeunes étaient définis par les adultes, qui décidaient pour les jeunes par rapport à ce qu&#039;ils pensaient être bien pour eux, mais sans leur demander leur avis. On n&#039;était pas encore dans une réelle prise en compte de la parole de l&#039;enfant à l&#039;époque. Une évolution sur le plan de l&#039;individualisation de l&#039;enfant et de la prise en compte de ses besoins est visible. En effet, aujourd&#039;hui on entend plus l&#039;enfant, on tente de connaître ce qu&#039;il désire et on regarde si on peut y accommoder. Avant, l&#039;enfant se devait de s&#039;accommoder lui à ce qu&#039;on lui imposait. De même, à Serix les colloques concernant les enfants se déroulaient sans l&#039;intéressé et ses parents, mais seulement avec les éducateurs et autres professionnels entourant le jeune. Petit à petit, les éducateurs ont changé de manière de faire, en imposant moins de choses supposées pour le bien des enfants et adolescents. Dans cet ordre d&#039;idée, on retrouve les points fondamentaux de la Constitution de 1989, du droit à la participation ainsi que la prise en compte de l&#039;intérêt supérieur de l&#039;enfant. Donc, entre les années 60 et 80, le domaine de l&#039;éducation a évolué dans la place attribuée au mineur dans les choix et sujets le concernant, l&#039;écoute qu&#039;on lui accorde et le droit de parole de celui-ci. De plus, les changements sont aussi visibles dans la prise en compte plus aboutie des besoins de l&#039;enfant, notamment par son expression de ses désirs et ressentis. Mme Audéoud souligne également le recours progressif à l&#039;individualisation de la démarche envers le jeune dans le milieu éducatif de Serix. Ainsi (à venir) &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Par rapport à la question des valeurs portées par ces deux personnes, on retrouve celles de donner une structure à l&#039;enfant de manière attentionnée, de donner de l&#039;affection à ces jeunes  qui souvent en manquait, ainsi que de la reconnaissance. Valoriser l&#039;enfant, le protéger, lui manifester de l&#039;intérêt, mais aussi l&#039;aider à développer ses capacités d&#039;un point de vue cognitif, social et affectif, voilà ce en quoi croyait ce couple. Leurs convictions et ils l&#039;évoquent eux-mêmes répondent toutes aux différents besoins que l&#039;enfant a pour se développer harmonieusement. En cela, on retrouve les fondements de base des droits internationaux des enfants, car on y parle de protection de l&#039;enfant ainsi que permettre à l&#039;enfant de se développer harmonieusement.  &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Conclusions ===&lt;br /&gt;
Les droits de l’enfant, comme nous l’avons présenté, ont évolués au cours de décennies du XXème siècle. L’histoire de cette période nous témoigne de leur importance, de leur rôle prépondérant dans la vie d’un être humain. Ce qui ne veut pas dire que l’on n’a rien de plus à accomplir, bien au contraire. La préoccupation importante quant à aux conditions des enfants dans le monde est encore d&#039;actualité au XXIème sciècle. L&#039;enfant est une personne à part entière ce qui ne fait aucune doute et la [[Article_2013/14|complexité du concept des droits de la personne]] abordée dans notre article renvoie justement à la liberté, à l&#039;intégrité, à la sûreté. Mais surtout qu’importe d&#039;où l’on vient et ce qu’on fait, nous avons le droit à la vie. &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Les [[Droits_des_femmes|femmes]], les [[Droits_des_prisonniers|prisonniers]], les [[Droits_des_patients_psychiatriques|patients]], les [[Droits_des_personnes_en_situation_de_handicap|personnes en situation de handicap]], chaque individu a ce droit pour lequel certains se battent encore aujourd&#039;hui.&amp;lt;br /&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’enfance lie les individus qu’importe leur appartenance. Ce période de la vie qui nous est commun prend une dimension à part tout simplement parce que dans chaque enfant émerge l’avenir, notre avenir. Les adultes ont pour but de les comprendre, de les respecter en tant que personnes et de protéger leurs droits. &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Avec le temps, l&#039;enfant a peu à peu exister comme personne à part entière. Il n&#039;est plus seulement un &amp;quot;homme en devenir&amp;quot;, mais bien un enfant avec ses particularités et besoins spécifiques. De plus, l&#039;intérêt qui lui a été porté à amener à la prise en compte de sa parole, de ses désirs, intérêts, ainsi que de ses besoins, comme lui les définit. On a ainsi vu à travers notre entretien que d&#039;une définition des besoins de l&#039;enfant par l&#039;adulte durant les années 60 dans les milieux éducatifs en Suisse, on est passé vers une prise en compte plus réelle des besoins de l&#039;enfant en s&#039;adressent directement à celui-ci et en l&#039;écoutant davantage. La protection de l&#039;enfant est une notion importante dans la construction de ses droits.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme nous l&#039;avons dit auparavant, son droit à la vie est apparu dans ces textes internationaux. De prime abord, le droit à la vie de tout être humain nous paraît naturel, mais on voit que cela ne va pas de soi, de même que sa protection. La reconnaissance du droit et besoin de protection de l&#039;enfant est essentielle, car il s&#039;agit d&#039;un être vulnérable et dépendant, soumis au bon vouloir des parents. Cette relation dominant-dominé, où l&#039;un possède un certain pouvoir sur l&#039;autre se retrouve dans bien d&#039;autres populations. Ainsi, d&#039;autres droits développés à partir du milieu du 20ème siècle, comme le droits des [[Droits_des_femmes|femmes]], des [[Droits_des_patients_psychiatriques|patients psychiatriques]], des [[Droits des patients (à l&#039;hôpital)|patients hospitaliers]], des [[Droits_des_personnes_en_situation_de_handicap|personnes en situation de handicap]] ou encore des [[Droits_des_prisonniers|prisonniers]] vont dans ce sens. Ce sont toutes des populations sous la domination d&#039;autrui pour lesquelles des luttes se sont développées afin de faire valoir leurs droits, en particulier de parole, écoute, etc. La préoccupation de l&#039;enfant va sans doute de paire avec la conscience de la société de cet enfant comme devenir de la société. En effet, en désirant une société de bons citoyens, épanouis et travailleurs, il faut avant tout s&#039;occuper des conditions et favoriser au mieux le développement harmonieux des enfants. On peut ainsi rapprocher cette volonté d&#039;améliorer la société par le soucis de l&#039;enfant avec l&#039;apparition de l&#039;obligation scolaire pour tous. L&#039;instauration des droits pour l&#039;enfant va cependant plus loin, car elle touche à bien d&#039;autres domaines que l&#039;instruction.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour finir, on peut voir que ces droits reconnus internationalement doivent tout de même continué à être l&#039;objet d&#039;un travail constant, car entre la théorie et la pratique, on peut voir de grandes différences, même dans nos pays développés. Ainsi, il importe de faire connaître leurs droits aux enfants, de les faire respecter, notamment à travers des instances  et sanctions juridiques à cet égard.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Bibliographie / Webographie ===&lt;br /&gt;
* Droux J.,2011. &#039;&#039;L&#039;internationalisation de la protection de l&#039;enfance : acteurs, concurrences et projets transnationaux (1900-1925)&#039;&#039;. In. Critique internationale, 2011/3 n° 52, p. 17-33&lt;br /&gt;
* Martinetti, F. 2002. &#039;&#039;Les Droits de l&#039;enfant&#039;&#039;. Librio&lt;br /&gt;
* http://cofrade.fr/&lt;br /&gt;
* http://www.humanium.org/fr/&lt;br /&gt;
* http://www.netzwerk-kinderrechte.ch/&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Notes et références ===&lt;br /&gt;
&amp;lt;references/&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Auteurs du chapitre ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Claire Bourgeois Dubois-Ferriere&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
* Katarzyna Milena Fratczak&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
* Victoria Salomon&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Victoria</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Droits_des_enfants&amp;diff=12968</id>
		<title>Droits des enfants</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Droits_des_enfants&amp;diff=12968"/>
		<updated>2014-01-13T16:18:46Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Victoria : /* Le Tribunal des mineurs */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;=== Introduction ===&lt;br /&gt;
Les droits de l&#039;enfant visant la protection des mineurs évoluent au cours des décennies. Les prémices du XXe siècle les plus connues sont bien évidemment la Déclaration de Genève (1924), la Déclaration de droits de l&#039;enfant (1959) et enfin le texte de la Convention des Nations Unies relative aux droits de l&#039;enfant du 20 novembre 1989. Ce dernier “ratifié d’une manière quasi universelle (193 États sur 195) en fait un texte hors norme de part sa portée dans l’espace et de par l’enthousiasme spontané qu’ [il] a suscité.”&amp;lt;ref&amp;gt;Zermatten, J., Stoecklin D. 2009. Le droit des enfants de participer. Norme juridique et réalité pratique: contribution à un nouveau contrat social. Suisse: Institut International des Droits de l&#039;Enfant., p.7 &amp;lt;/ref&amp;gt; Ce parcours historique est une partie importante de l’histoire qu’on écrit aujourd’hui.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
On peut remarquer que le premier pas vers l&#039;individualisation de l&#039;enfant datant de 1924, pointe le bout de son nez quelques années après la fin de la première guerre mondiale. Le 2ème est marqué par la Déclaration de droits de l&#039;enfant de 1959, donc à l’image de la précédente, elle date des années après la seconde guerre mais est également un point de départ menant vers la Convention de 1989.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Le long chemin vers  une telle reconnaissance était en grande partie marqué par la création, un peu partout en Europe, des communautés d&#039;enfants. Leur rôle  n&#039;est pas négligeable. La  définition de ces communautés d&#039;enfants est donné à Trogen en juillet 1948  et semble préciser un peu plus les besoins de l&#039;enfant en tant que personne. Ce sont: « les organisations éducatives ou rééducatives à caractère permanent, fondées sur la participation active des enfants ou adolescents à la vie de la communauté, dans le cadre des méthodes d’éducation et d’instruction modernes – et dans lesquelles la vie de famille se combine de diverses façons aux modalités de la vie de collectivité&amp;quot;.&amp;lt;ref&amp;gt;Cours de M.Ruchat: L’éducation spéciale du XVIIIe au XXe siècles: L’éducation, les normes et l’individu, Université de Genève, 2013&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Dans l’esprit de la reconnaissance d’un enfant à part entière mais avec le respect de sa liberté, [[Libres enfants de Summerhill (Neill)|Alexander Sutherland Neill]] crée son école de Summerhill en 1921, une école qui encore de nos jours suscite beaucoup de discussions et polémiques. Dans le cadre de cet atelier d’intelligence collective nous avons procédé à une comparaison des idées de Neill décrites dans son livre [[Libres enfants de Summerhill (Neill)|&amp;quot;Libres enfants de Summerhill&amp;quot;]] (1960) avec la Convention relative aux droits de l’enfant de 1989 avec un constat tout à fait surprenant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Historique des droits de l&#039;enfant ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== « L’humanité doit donner à l’enfant ce qu’elle a de meilleur » Déclaration de Genève sur les Droits de l’Enfant, 1924 ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est important de signaler qu&#039;avant même l&#039;intérêt qui s&#039;est peu à peu développé quant aux droits de l&#039;enfant, il a d&#039;abord fallu que le société prenne conscience du statut particulier de l&#039;enfant, avec ses spécificités, et bien plus encore d&#039;être humain digne de droits propres : “L’adulte a longtemps cru que c’était lui-même qui devait animer l’enfant par ses soins et son assistance. Il pensait que son rôle était de façonner l’enfant, de construire sa vie psychique pour que l’enfant devienne peu à peu comme lui. L’enfant était un objet d’assistance, un adulte en devenir (certains disent même &amp;quot;en miniature&amp;quot;) et non une personne humaine à part entière. Petit, faible, pauvre, dépendant, il n’était qu’un citoyen potentiel qui ne sera homme ou femme que demain. Il ne devenait une personne humaine, sujet de droits, qu’à partir du moment où il atteignait l’âge adulte. C’est à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle, notamment après la Première Guerre mondiale, que le concept de droits de l’enfant apparaît.” &amp;lt;ref&amp;gt;Dhellemmes V. ,2010. La dignité et les droits de l&#039;enfant : vingt ans d&#039;avancées sur le plan international. In. Transversalités, 2010/3 N° 115, p. 99-110.&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quand on fait une recherche sur des droits de l’enfant à travers les documents écrits en l&#039;espace de plus de cent ans, du début du XXème siècle jusqu’à aujourd’hui, on retrouve les noms de deux précurseurs qui ont marqué le cours de l’histoire. Il s’agit de Britannique Eglantyne Jebb (1876-1928) et du polonais Henryk Goldzmit (1878–1942) connu sous le nom de Janusz Korczak.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Ce dernier, pédiatre et éducateur qui a tant &amp;quot;aimé et défendu&amp;quot; les enfants, ne voulant pas les laisser seuls, s&#039;est laissé emmener avec eux à Treblinka où il est mort dans une chambre à gaz.&amp;lt;ref&amp;gt;Korczak J. Le droit de l’enfant au respect. L’héritage de Janusz Korczak. Conférences sur les enjeux actuels pour l’enfance. In. http://www.coe.int/t/commissioner/Activities/themes/Children/PublicationKorczak_fr.pdf&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Korczak, l&#039;inspirateur des droits de l&#039;enfant est bien, d&#039;abord, un insurgé, comme toute son œuvre en témoigne. C&#039;est un homme qui ne supporte pas la violence faite à l&#039;enfance : la violence physique, bien sûr, la violence psychologique également, mais aussi la violence des institutions qui prétendent œuvrer pour &amp;quot;son bien&amp;quot;.&amp;lt;ref&amp;gt;Meirieu P. 2002. Le pédagogue et les droits de l’enfant : histoire d’un malentendu ?. Editions du Tricorne et Association suisse des Amis du Dr Korczak. p.4&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
“Janusz Korczak, premier défenseur des droits de l’enfant et le plus radical, a été déçu en découvrant la Déclaration des droits de l’enfant adoptée par la Société des Nations en 1924, pas assez claire à son goût et plus implorante que contraignante. Il voulait des droits et non la charité, immédiatement et non dans un avenir lointain.” &amp;lt;ref&amp;gt;Korczak J. Le droit de l’enfant au respect. L’héritage de Janusz Korczak. Conférences sur les enjeux actuels pour l’enfance. In. http://www.coe.int/t/commissioner/Activities/themes/Children/PublicationKorczak_fr.pdf p.7). &amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le travail d&#039;Eglantyne Jebb qui a élaboré et rédigé la [http://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/images/f/fb/Declaration-geneve.pdf Déclaration de Genève] a été important. Elle l’a présenté le 26 septembre 1923 et le 28 février 1924 le Ve Congrès général de la Société de Nations qui l&#039;a alors ratifié.&lt;br /&gt;
C&#039;est le premier texte énonçant des droits fondamentaux des enfants ainsi que la responsabilité des adultes à leur égard. Il est constitué de cinq articles. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Déjà  dans le préambule on peut lire que « L’humanité doit donner à l’enfant ce qu’elle a de meilleur.» On peut y voir également que c’est la protection physique qui est mise en avant en soutenant l&#039;idée de venir en aide en cas de détresse ainsi que celle de combattre la faim et l&#039;exploitation.(articles 2, 3, 4). En parallèle la notion de développement spirituel n’est pas omis (article 1) de même que le fait que “l’enfant doit être élevé dans le sentiment que ses meilleures qualités devront être mises au service de ses frères”(article 5). Ce texte d&#039;après première guerre mondiale est aussi une contribution à un monde paix qui s&#039;étaye sur les enfants qui forme l&#039;avenir, un avenir que les promoteurs des droits de l&#039;enfant voudraient dans la paix.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Déclaration des Droits de l’Enfant, 1959 ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après la seconde guerre mondiale, l&#039;ONU est créée. Elle va s&#039;intéresser aux droits de l&#039;enfant et révéler l&#039;insuffisance de la Déclaration de Genève. En effet, suite à l&#039;adoption de la Déclaration universelle des droits de l&#039;homme (1948) et à l&#039;évolution du droit durant cette période, on pense nécessaire d&#039;approfondir cette question des droits de l&#039;enfant.&lt;br /&gt;
Plusieurs pays membres de l&#039;ONU réclame une convention, c&#039;est à dire un instrument international contraignant qui engage les états qui l&#039;ont ratifié. Mais cette proposition est refusée. Le choix se porte alors sur une seconde Déclaration des droits de l&#039;enfant qui reprend l&#039;idée selon laquelle l&#039;humanité doit donner à l&#039;enfant ce qu&#039;elle a de meilleur. [http://cofradeenfrance.files.wordpress.com/2010/10/dc3a9claration-1959.pdf La déclaration des Droits de l&#039;Enfant] est adoptée par l&#039;assemblée générale des Nations Unies à l&#039;unanimité (70 pays membres), le 20 novembre 1959. Cette date est depuis lors officiellement la journée des droits de l&#039;enfant. La déclaration contient 10 principes fondateurs (elle double donc ceux de 1924!) avec des droits concrets comme par exemple le droit à un nom, à une nationalité ou à un enseignement gratuit au niveau élémentaire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Convention Internationale relative aux Droits de l’Enfant, 1989 ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le 20 novembre 1989, la [http://www.unicef.ch/sites/default/files/attachements/convention_relative_aux_droits_de_lenfant.pdf Convention Internationale relative aux Droits de l’Enfant] (CIDE) a été adoptée par l&#039;Assemblée générale des Nations Unies. Cette Convention a pour but de reconnaître et protéger les droits spécifiques de l&#039;enfant. Elle est composée de 54 articles (elle quintuple le nombre de 1959!) autour des orientations principales suivantes:&lt;br /&gt;
:la non - discrimination&lt;br /&gt;
:l&#039;intérêt supérieur de l&#039;enfant&lt;br /&gt;
:le droit à la vie, la survie et le développement&lt;br /&gt;
:les droits participatifs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les Etats ayant ratifiés cette Convention se doivent de respecter ces articles et de mettre en place les mesures législatives pour protéger les droits de l&#039;enfant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La CIDE est une déclinaison des droits de l&#039;homme exprimés dans la Déclaration universelle des droits de l&#039;homme (1948) et pose que l’enfant est sujet de droit. Elle accorde aux enfants des droits propres et expose leurs droits économiques, sociaux, civils, culturels et politiques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En effet, cette Convention est le texte concernant les droits de l&#039;homme qui a été le plus rapidement accepté au cours de l&#039;histoire, et a été ratifié par le plus d&#039;Etats. Seuls les Etats-Unis et la Somalie ne l&#039;ont pas encore ratifiée aujourd&#039;hui: Les Etats-Unis pratiquent encore la peine de mort pour les enfants dans certains Etats, or cela serait contraire au droit à la vie de l&#039;enfant promulgué dans la CIDE, tandis que la Somalie ne possède pas de gouvernement reconnu pour la ratifier à cause des troubles politiques dans le pays.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Droits de l&#039;enfant - droits de la personne ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;quot;L&#039;humanité doit donner à l&#039;enfant ce qu&#039;elle a de meilleur, affirmer  leurs devoirs, en dehors de toute considération de race, de nationalité et de croyance&amp;quot; - ce sont les prémices officielles de la reconnaissance de l&#039;enfant de 1924. C&#039;était un début, suivi, comme nous avons décrit plus haut, par la Déclaration des droits de l&#039;enfant de 1959 et par La Convention relative aux droits de l&#039;enfant de 1989. &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il faut ici souligner que “jusqu&#039;à l’adoption de la Convention en 1989, les enfants ne vivaient pas dans les limbes juridiques internationales. Il était au contraire admis qu’ils jouissent de garanties offertes par les instruments internationaux précédents, tels que les pactes internationaux relatifs aux droits de l’homme (que la Suisse a récemment ratifiés), à l&#039;exclusion bien entendu des droits liés directement à la condition de l’adulte (droit de se marier, de fonder une famille, assurance-vieillesse ou maternité). L’année internationale de l’enfant a conduit la communauté internationale à préciser le statut des enfants en confirmant leur particularité en tant qu&#039;êtres à la fois vulnérables (Préambules de la Convention, par exemple pp. 5, 6, 12) et appelés “à assumer les responsabilités de la vie dans une société libre”.&amp;lt;ref&amp;gt;Lücker-Babel M-F, Droits de l&#039;enfant: idéologies et réalités. In. Ratifier en Suisse. La Convention de l&#039;ONU relative aux droits de l&#039;enfant?. N° 26, Novembre 1992. p. 43&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;enfant est considéré peu à peu comme un être de droit au cours du XXe siècle, ce que l&#039;on peut voir notamment à travers les différents textes codifiant les droits de l&#039;enfant à cette époque.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout d&#039;abord, en 1924, le premier texte international au sujet des droits de l&#039;enfant (Déclaration de Genève) confère à celui-ci des droits primaires, comme lui permettre de se développer normalement sur le plan matériel et spirituel, de gagner sa vie sans être exploité, être nourri, soigné, recueilli et secouru, et également de l&#039;élever dans l&#039;esprit que ses qualités devront pourvoir à la société. On voit dans ce texte que les droits dotés à l&#039;enfant amorce une idée de soin et de protection de l&#039;enfant dans l&#039;évocation du secours qui doit lui être porté, et démontre aussi un intérêt pour son bon développement. Toutefois, ces articles restent assez pauvres quant aux droits accordés aux enfants et l&#039;on voit que le travail de l&#039;enfant reste de mise.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La Déclaration des Droits de l&#039;Enfant de 1959 va plus loin. Ce texte insiste d&#039;avantage sur la protection  qui doit être accordée à l&#039;enfant qui n&#039;est plus seulement suggérée sous le terme &amp;quot;secours&amp;quot;. Ici, son développement ne doit plus uniquement être normal, mais également sain sur le plan, cette fois-ci moral, spirituel, physique, intellectuel et social. On ajoute que l&#039;enfant doit pouvoir se développer dans la liberté et la dignité.&lt;br /&gt;
Il est important de voir que certains principes sont totalement nouveaux comme par exemple le droit de posséder une nationalité et un nom. On y parle aussi de sécurité non seulement sociale pour l&#039;enfant et sa mère, mais également de sécurité morale.&lt;br /&gt;
Dans ce texte, on voit apparaître l&#039;importance accordée à l&#039;affection envers l&#039;enfant, qui est pour lui un besoin. De plus, il est indiqué que la séparation du petit enfant et de sa mère doit être éviter autant que possible. Si l&#039;enfant n&#039;a pas de famille, il est déclaré que c&#039;est alors aux pouvoirs publics et à la société d&#039;en prendre soin, de même pour les enfants n&#039;ayant pas les moyens nécessaires d’existence.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
A noter également, l&#039;entrée de l&#039;éducation comme étant un droit pour l&#039;enfant: &amp;quot;une éducation gratuite et obligatoire au moins au niveau élémentaire&amp;quot; (principe 7). Les loisirs sont incorporés dans ce principe comme éléments importants. Il est indiqué que l&#039;enfant a en effet le droit de jouer. &lt;br /&gt;
En 1959 est présente l&#039;idée de l&#039;apport des qualités de l&#039;enfant pour les autres membres de la société. Cette idée est accompagnée de celle du devoir de le protéger contre la discrimination, et de l&#039;élever dans un esprit de compréhension, de paix et de tolérance. De plus, on peut remarquer une évolution en ce qui concerne le travail des enfants. En effet, le principe 9 pose clairement des limites à l&#039;employabilité de l&#039;enfant; outre la protection de son développement moral, physique ou mental, sa santé ou son éducation, on parle d&#039;âge minimum approprié pour l&#039;emploi. Toutefois, celui-ci n&#039;est pas spécifié. La notion d&#039;intérêt supérieur de l&#039;enfant fait son apparition dans cet écrit.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La Convention relative aux Droits de l&#039;Enfant de 1989 est le texte relevant des droits de l&#039;enfant le plus abouti. En effet, on peut déjà noter la différence en termes de nombres d&#039;articles de ces textes: 1924, La Déclaration de Genève compte 5 articles, on passe à 10 principes en 1959 et à 54 articles dans la Convention relative aux droits de l&#039;enfant en 1989. Cette convention reprend les droits exprimés dans les textes précédents, les complète et ajoute également bons nombres d&#039;autres considérations.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les droits de l&#039;enfant en Suisse ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le 24 février 1997, la Suisse a ratifié la Convention des Nations Unies relative aux droits de l’enfant. &lt;br /&gt;
Le conseil fédéral a constaté que dans l&#039;ensemble l&#039;ordre juridique suisse était en accord avec les principes de la convention. Néanmoins, il a émis des réserves dans plusieurs domaines où cet ordre juridique n&#039;est pas encore en totale adéquation avec les dispositions de la convention: le droit de l&#039;enfant à une nationalité, le regroupement familial, la séparation des jeunes et des adultes en cas de détention, les procédures pénales impliquant des mineurs. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Par ailleurs, il y a beaucoup de différences entre les différents cantons à propos de la mise en œuvre des droits. Tout ceci doit encore être amélioré.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La Convention est entrée en vigueur le 26 mars 1997 en Suisse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il faut ajouter que le pays a ratifié le protocole facultatif au sujet de l&#039;implication des enfants dans les conflits armés le 26 juillet 2002. Ce protocole, afin d&#039;augmenter la protection des enfants et adolescents, a élevé l&#039;âge minimum requis prévu dans la convention sur l’engagement volontaire et l’enrôlement obligatoire dans les forces armées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En Suisse, le deuxième protocole facultatif qui concerne la vente d&#039;enfants, la prostitution des enfants et la pornographie mettant en scène des enfants afin de mieux protéger les enfants de l&#039;exploitation sexuelle est entré en vigueur le 19 octobre 2006.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Une nouveauté visant une reconnaissance d&#039;un mineur est son droit de vote. C&#039;est un sujet encore d&#039;actualité qui preuve que le sujet de droits de l&#039;enfant commencé le siècle dernier continue. &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Il faut savoir que les Constitutions et les législations en Suisse divergent en fonction du canton. D’une manière générale le droit de vote au niveau fédéral et cantonal est accordé aux ressortissants suisses ayant 18 ans révolus. &lt;br /&gt;
Néanmoins certaines cantons suisses ont débuté une démarche visant à accorder le doit de vote au niveau cantonal dès l’âge de 16 ans. &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Les citoyens ont pu s’exprimer sur l&#039;abaissement de l&#039;âge du droit de vote à 16 ans dans plusieurs cantons suisses tels que par exemple le canton de Berne, de Neuchâtel ou de Glaris. Celui-ci, en 2010, a accepté d&#039;accorder le premier ce droit aux jeunes à partir de 16 ans. Comme on peut le lire dans l’article de [http://www.rts.ch/info/suisse/1142189-glaris-dit-oui-au-droit-de-vote-a-16-ans.html RTS] paru le 28.06.2010 “beaucoup de jeunes entrent dans la vie active à 16 ans. Ils pourront désormais aussi s&#039;exprimer sur des sujets qui les concernent directement, comme l&#039;école ou l&#039;apprentissage”.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===== Le Tribunal des mineurs =====&lt;br /&gt;
Notre temoin, M. [[Index|Jean-Pierre Audéoud]], nous a expliqué durant l&#039;[[Entretien avec M. Jean-Pierre Audéoud|interview]] du 4 décembre 2013 qu’il était engagé professionnellement, en tant qu’éducateur et en tant que juge pour les mineurs. Son riche expérience dans le domaine sociale lui a permis de mieux appréhender les tâches auprès de Tribunal des mineurs dans le Canton de Vaud. L’engagement tout à fait remarquable de cet homme est mis en avant durant l’entretien:&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
“en choisissant le droit j’avais déjà une arrière pensée, je ne pensais pas être juriste dans un bureau ou faire avocat, quelque chose comme ça. C’est… c’était… alors c’est déjà une orientation si vous voulez, c’est-à-dire que je me suis déjà engagé en commençant le droit mais pas d’une manière précise, pas un moment « tac » voilà. Alors bon je sais pas si c’est à prendre en considération. Mais ça c’est affiné si vous voulez… non puis alors l’engagement véritable c’est quand je suis parti à Montpellier, c’est le choix de cette école d’éducateurs où je voulais compléter ma formation de juriste pour pouvoir à l’occasion revenir dans la juridiction des mineurs.”&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Il faut souligner ici que le Tribunal des mineurs, une instance pour laquelle a travaillé Monsieur Jean-Pierre Audéoud, tient une place importante dans le champ des droits de l&#039;enfant. En outre le rôle du juge des mineurs est primordial, car c&#039;est lui qui va s&#039;occuper d&#039;instruire la cause, c&#039;est lui qui prend les décisions quand un délit  est commis par un enfant.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Une recherche que nous avons mené à ce sujet nous a permis de voir qu&#039;il existe plusieurs types de sanctions:&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
* Les &amp;quot;peines prévues par le droit des mineurs :&lt;br /&gt;
réprimande ; prestation personnelle (travail d’intérêt général ou séance de sensibilisation) ; amende ; privation de liberté&amp;quot;.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
* Les &amp;quot;mesures de protection prévues par le droit des mineurs :&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
surveillance (droit de regard et d&#039;information sur la prise en charge éducative ou thérapeutique du mineur par ses parents) ; assistance personnelle (désignation d’une personne pour seconder les parents et assister le mineur) ; traitement ambulatoire (en cas de troubles psychiques, du développement de la personnalité, de toxicodépendance ou d’autre addiction) ; placement (si l’éducation et le traitement de l’état du mineur ne peuvent être assurés autrement).&amp;quot; &amp;lt;ref&amp;gt;http://www.vd.ch/fileadmin/user_upload/themes/etat_droit/justice/fichiers_pdf/Penal_7_web.pdf&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La page web officielle de la République et du canton de Genève, indique  &amp;quot;le Tribunal des mineurs est l’autorité pénale compétente pour poursuivre et juger les infractions commises par les mineurs âgés de dix à dix-huit ans au moment de l&#039;acte.&lt;br /&gt;
Il est également l&#039;autorité d&#039;exécution des peines et mesures prononcées, ces dernières pouvant durer jusqu&#039;à l&#039;âge de 22 ans.&amp;quot; &amp;lt;ref&amp;gt;https://ge.ch/justice/tribunal-des-mineurs&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De manière plus générale, la protection de l&#039;enfant est une démarche sociétale qui concerne l&#039;ensemble des citoyens qu&#039;importe leurs origines.&lt;br /&gt;
En suivant le parcours de l&#039;enfant en tant que personne à part entière, on constate qu&#039;il évolue au cours du XXe siècle. À partir des informations publiées sur le site de Unicef on peut retracer les éléments marquants de ce changement en vue de la reconnaissance internationale et de l’importance de l’enfance.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les droits de l&#039;enfant à travers le prisme de l&#039;éducation ===&lt;br /&gt;
* [[Entretien avec M. Jean-Pierre Audéoud|Entretien]] avec M. [[Index|Jean-Pierre Audéoud]]&lt;br /&gt;
Comme l&#039;indique le titre de cette section, nous allons aborder les droits des enfants à travers le prisme de l&#039;éducation, car notre témoin à avant tout travailler dans le cadre de l&#039;éducation, que ce soit dans sa formation d&#039;éducateur, ou son poste de directeur d&#039;une maison d&#039;éducation pour les jeunes délinquants à Serix avec sa femme Colette Audéoud ou encore celui de juge au Tribunal des mineurs du canton de Vaud.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est important de souligner qu&#039;avant de rencontrer notre témoin, nous n&#039;avions que peu d&#039;informations sur son parcours professionnel et de vie. Nous nous sommes rendues compte en menant l&#039;interview qu&#039;il n&#039;était pas dans des revendications, dans une lutte en faveur des droits de l&#039;enfant au sens strict. Mais il a, de part son métier et ses actions concrètes, participé à l&#039;évolution d&#039;une individualisation de l&#039;enfant; son but étant de faire grandir, évoluer des jeunes  pour qu&#039;ils reprennent le droit chemin, tout en respectant leurs besoins. Ainsi, il se trouve un certain décalage entre nos chapitres précédents concernant les droits de l&#039;enfant au sens strict et celui-ci qui traite d&#039;aspects éducatifs à travers une expérience de vie. Néanmoins, nous avons pu faire différents liens entre cette expérience et les droits en tant que tels. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;entretien avec M. et Mme Audéoud nous a permis de mettre en avant divers aspects reliés aux changements quant au travail d&#039;éducateur durant la période des [[Article_2013/14|années 60-80]]. Monsieur et Madame Audéoud on travaillé durant 10 ans (1963-1973) en tant que couple-directeur dans une maison d&#039;éducation pour jeunes délinquants. La colonie de Serix accueillait 40 jeunes enfants et adolescents (uniquement des garçons) placés soit par une instance civile, soit par le service de protection de la jeunesse, ou encore par le tribunal des mineurs. Durant ces 10 années, ils ont initié et participé à de nombreux changements concrets au sein de leur institution. Ces changements reflètent grandement l&#039;évolution du regard porté sur l&#039;enfant à l&#039;époque. Avec la mise en place de cultes le dimanche où les gens des villages alentours se réunissaient au sein même de l&#039;institution  ou encore la création d&#039;un jardin d&#039;enfants pour les enfants du personnel, la création d&#039;un parc de jeux par de jeunes scouts, il y a cette volonté d&#039;ouvrir l&#039;institution pour que d&#039;une part les jeunes puissent avoir des contacts avec l&#039;extérieur, mais également pour que les gens de l&#039;extérieur puissent avoir un regard différent sur ce lieu et ses résidents. Les Audéoud vont encore plus loin en créant un foyer d&#039;habitation dépendant de Serix, en intégrant des jeunes dans les écoles des alentours, en leur organisant des vacances ou la possibilité de rentrer dans leur famille le week-end. Cette ouverture vers l&#039;extérieur était vraiment quelque chose de nouveau car durant des années Serix était un lieu très fermé ou rien de filtrait.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un élément marquant constaté par le couple Audéoud à travers leurs années à Serix est l&#039;évolution du statut d&#039;éducateur. &lt;br /&gt;
(suite à venir...)&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Cet entretien a mis également en lumière l&#039;évolution de la reconnaissance de l&#039;enfant et de ses droits. En effet, les droits de l&#039;enfant sont des droits de la personne avant tout. L&#039;entretien a par exemple souligné l&#039;importance de l&#039;écoute de l&#039;enfant et son droit à la parole. Ainsi, M. Audéoud nous a expliqué qu&#039;au Tribunal des mineurs le président se doit d&#039;écouter le mineur accusé et ses responsables légaux. D&#039;ailleurs, le but du juge pour enfant selon notre témoin est de choisir la sanction appropriée au mineur particulier, éduquer ou punir : travaux d&#039;intérêts généraux, amande ou encore le placement dans un établissement d&#039;éducation. Il se mêle alors des aspects juridiques à des aspects éducatifs et l&#039;on tente de déterminer ce qui est le mieux pour le jeune et non réellement selon le délit commis.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Il s&#039;agit là d&#039;un changement conséquent, car dans les années 60, M. Audéoud nous a fait part que dans son poste de directeur à Serix, les besoins des jeunes étaient définis par les adultes, qui décidaient pour les jeunes par rapport à ce qu&#039;ils pensaient être bien pour eux, mais sans leur demander leur avis. On n&#039;était pas encore dans une réelle prise en compte de la parole de l&#039;enfant à l&#039;époque. Une évolution sur le plan de l&#039;individualisation de l&#039;enfant et de la prise en compte de ses besoins est visible. En effet, aujourd&#039;hui on entend plus l&#039;enfant, on tente de connaître ce qu&#039;il désire et on regarde si on peut y accommoder. Avant, l&#039;enfant se devait de s&#039;accommoder lui à ce qu&#039;on lui imposait. De même, à Serix les colloques concernant les enfants se déroulaient sans l&#039;intéressé et ses parents, mais seulement avec les éducateurs et autres professionnels entourant le jeune. Petit à petit, les éducateurs ont changé de manière de faire, en imposant moins de choses supposées pour le bien des enfants et adolescents. Dans cet ordre d&#039;idée, on retrouve les points fondamentaux de la Constitution de 1989, du droit à la participation ainsi que la prise en compte de l&#039;intérêt supérieur de l&#039;enfant. Donc, entre les années 60 et 80, le domaine de l&#039;éducation a évolué dans la place attribuée au mineur dans les choix et sujets le concernant, l&#039;écoute qu&#039;on lui accorde et le droit de parole de celui-ci. De plus, les changements sont aussi visibles dans la prise en compte plus aboutie des besoins de l&#039;enfant, notamment par son expression de ses désirs et ressentis. Mme Audéoud souligne également le recours progressif à l&#039;individualisation de la démarche envers le jeune dans le milieu éducatif de Serix. Ainsi (à venir) &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Par rapport à la question des valeurs portées par ces deux personnes, on retrouve celles de donner une structure à l&#039;enfant de manière attentionnée, de donner de l&#039;affection à ces jeunes  qui souvent en manquait, ainsi que de la reconnaissance. Valoriser l&#039;enfant, le protéger, lui manifester de l&#039;intérêt, mais aussi l&#039;aider à développer ses capacités d&#039;un point de vue cognitif, social et affectif, voilà ce en quoi croyait ce couple. Leurs convictions et ils l&#039;évoquent eux-mêmes répondent toutes aux différents besoins que l&#039;enfant a pour se développer harmonieusement. En cela, on retrouve les fondements de base des droits internationaux des enfants, car on y parle de protection de l&#039;enfant ainsi que permettre à l&#039;enfant de se développer harmonieusement.  &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Conclusions ===&lt;br /&gt;
Les droits de l’enfant, comme nous l’avons présenté, ont évolués au cours de décennies du XXème siècle. L’histoire de cette période nous témoigne de leur importance, de leur rôle prépondérant dans la vie d’un être humain. Ce qui ne veut pas dire que l’on n’a rien de plus à accomplir, bien au contraire. La préoccupation importante quant à aux conditions des enfants dans le monde est encore d&#039;actualité au XXIème sciècle. L&#039;enfant est une personne à part entière ce qui ne fait aucune doute et la [[Article_2013/14|complexité du concept des droits de la personne]] abordée dans notre article renvoie justement à la liberté, à l&#039;intégrité, à la sûreté. Mais surtout qu’importe d&#039;où l’on vient et ce qu’on fait, nous avons le droit à la vie. &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Les [[Droits_des_femmes|femmes]], les [[Droits_des_prisonniers|prisonniers]], les [[Droits_des_patients_psychiatriques|patients]], les [[Droits_des_personnes_en_situation_de_handicap|personnes en situation de handicap]], chaque individu a ce droit pour lequel certains se battent encore aujourd&#039;hui.&amp;lt;br /&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’enfance lie les individus qu’importe leur appartenance. Ce période de la vie qui nous est commun prend une dimension à part tout simplement parce que dans chaque enfant émerge l’avenir, notre avenir. Les adultes ont pour but de les comprendre, de les respecter en tant que personnes et de protéger leurs droits. &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Avec le temps, l&#039;enfant a peu à peu exister comme personne à part entière. Il n&#039;est plus seulement un &amp;quot;homme en devenir&amp;quot;, mais bien un enfant avec ses particularités et besoins spécifiques. De plus, l&#039;intérêt qui lui a été porté à amener à la prise en compte de sa parole, de ses désirs, intérêts, ainsi que de ses besoins, comme lui les définit. On a ainsi vu à travers notre entretien que d&#039;une définition des besoins de l&#039;enfant par l&#039;adulte durant les années 60 dans les milieux éducatifs en Suisse, on est passé vers une prise en compte plus réelle des besoins de l&#039;enfant en s&#039;adressent directement à celui-ci et en l&#039;écoutant davantage. La protection de l&#039;enfant est une notion importante dans la construction de ses droits.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme nous l&#039;avons dit auparavant, son droit à la vie est apparu dans ces textes internationaux. De prime abord, le droit à la vie de tout être humain nous paraît naturel, mais on voit que cela ne va pas de soi, de même que sa protection. La reconnaissance du droit et besoin de protection de l&#039;enfant est essentielle, car il s&#039;agit d&#039;un être vulnérable et dépendant, soumis au bon vouloir des parents. Cette relation dominant-dominé, où l&#039;un possède un certain pouvoir sur l&#039;autre se retrouve dans bien d&#039;autres populations. Ainsi, d&#039;autres droits développés à partir du milieu du 20ème siècle, comme le droits des [[Droits_des_femmes|femmes]], des [[Droits_des_patients_psychiatriques|patients psychiatriques]], des [[Droits des patients (à l&#039;hôpital)|patients hospitaliers]], des [[Droits_des_personnes_en_situation_de_handicap|personnes en situation de handicap]] ou encore des [[Droits_des_prisonniers|prisonniers]] vont dans ce sens. Ce sont toutes des populations sous la domination d&#039;autrui pour lesquelles des luttes se sont développées afin de faire valoir leurs droits, en particulier de parole, écoute, etc. La préoccupation de l&#039;enfant va sans doute de paire avec la conscience de la société de cet enfant comme devenir de la société. En effet, en désirant une société de bons citoyens, épanouis et travailleurs, il faut avant tout s&#039;occuper des conditions et favoriser au mieux le développement harmonieux des enfants. On peut ainsi rapprocher cette volonté d&#039;améliorer la société par le soucis de l&#039;enfant avec l&#039;apparition de l&#039;obligation scolaire pour tous. L&#039;instauration des droits pour l&#039;enfant va cependant plus loin, car elle touche à bien d&#039;autres domaines que l&#039;instruction.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour finir, on peut voir que ces droits reconnus internationalement doivent tout de même continué à être l&#039;objet d&#039;un travail constant, car entre la théorie et la pratique, on peut voir de grandes différences, même dans nos pays développés. Ainsi, il importe de faire connaître leurs droits aux enfants, de les faire respecter, notamment à travers des instances  et sanctions juridiques à cet égard.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Bibliographie / Webographie ===&lt;br /&gt;
* Droux J.,2011. &#039;&#039;L&#039;internationalisation de la protection de l&#039;enfance : acteurs, concurrences et projets transnationaux (1900-1925)&#039;&#039;. In. Critique internationale, 2011/3 n° 52, p. 17-33&lt;br /&gt;
* Martinetti, F. 2002. &#039;&#039;Les Droits de l&#039;enfant&#039;&#039;. Librio&lt;br /&gt;
* http://cofrade.fr/&lt;br /&gt;
* http://www.humanium.org/fr/&lt;br /&gt;
* http://www.netzwerk-kinderrechte.ch/&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Notes et références ===&lt;br /&gt;
&amp;lt;references/&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Auteurs du chapitre ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Claire Bourgeois Dubois-Ferriere&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
* Katarzyna Milena Fratczak&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
* Victoria Salomon&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Victoria</name></author>
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