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		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Tr%C3%A9sorus_de_notre_groupe&amp;diff=4423</id>
		<title>Trésorus de notre groupe</title>
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		<updated>2006-06-23T20:14:47Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Miguel : /* Documents */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&#039;&#039;&#039;Membres du groupe&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Chantal Cornut&lt;br /&gt;
* Céline Pittet &lt;br /&gt;
* Jean-Christophe Contini&lt;br /&gt;
* Miguel Maneira &lt;br /&gt;
[mailto:maneira4@etu.unige.ch,contini2@etu.unige.ch,cepittet@hotmail.com,ch.cornut-piller@bluewin.ch Ecrire au groupe]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 [[L&#039;homme battu: le mâle...traité|Notre projet]]  |  [[Violence conjugale: De la femme battue à l&#039;homme battu...|Notre article]]  |  [[Plan de recherche: Violence conjugale; un concept en mouvement|Notre plan de recherche]]  |  [[Espace de dialogue|Notre espace de dialogue]]  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Hello cher groupe...=&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Cet espace est mis à notre disposition pour nous permettre de déposer des documents que l&#039;on voudrait partager. Tout ce que l&#039;on ne peut envoyer par mail ou tout ce qui nous semble utile de &amp;quot; maintenir &amp;quot; en ces lieux. Une sorte d&#039;île aux trésors... [[Utilisateur:Miguel|Miguel]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Documents ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* [[Revue de littérature]]&lt;br /&gt;
*[http://www.ofj.admin.ch/bj/fr/home/themen/gesellschaft/opferhilfe/statistik_.html Statistiques depuis l&#039;an 2000]&lt;br /&gt;
*[http://www.ofj.admin.ch/bj/fr/home/themen/gesellschaft/opferhilfe.html Aide aux victimes d&#039;infractions,qu’est-ce que l’aide aux victimes ?]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* [[Quelques éléments sur la violence]]&lt;br /&gt;
* [[dernier texte du Conseil Fédéral (2005)]]&lt;br /&gt;
* [[résumés des articles de Thérapie Familiale]]&lt;br /&gt;
* [[Infos sur le concept de l&#039;homme battu]]&lt;br /&gt;
* [[résumés de divers articles de presse récents]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Miguel</name></author>
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		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Espace_de_dialogue&amp;diff=4422</id>
		<title>Espace de dialogue</title>
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		<updated>2006-06-23T20:13:25Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Miguel : /* Dernier message posté */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&#039;&#039;&#039;Membres du groupe&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Chantal Cornut&lt;br /&gt;
* Céline Pittet &lt;br /&gt;
* Jean-Christophe Contini&lt;br /&gt;
* Miguel Maneira &lt;br /&gt;
[mailto:maneira4@etu.unige.ch,contini2@etu.unige.ch,cepittet@hotmail.com,ch.cornut-piller@bluewin.ch Ecrire au groupe]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 [[L&#039;homme battu: le mâle...traité|Notre projet]]  |  [[Violence conjugale: De la femme battue à l&#039;homme battu...|Notre article]]  |  [[Plan de recherche: Violence conjugale; un concept en mouvement|Notre plan de recherche]]  |  [[Trésorus de notre groupe|Notre île aux trésors]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Hello cher groupe...===&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Cet espace est mis à notre disposition pour nous permettre de &amp;quot;poster&amp;quot; nos idées, nos réclamations, nos listes de courses etc. En bref, tout ce qui est susceptible de faire avancer notre projet.&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On peut, par exemple, y lancer des questions/suggestions parallèles (à notre page de projet principale) et chacun d&#039;entre nous s&#039;empressera de venir enrichir ces dernières tout au long du projet. En finalité, cet espace doit être vu soit comme un gros bloc-note ou encore un forum.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Citation de la semaine ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &#039;&#039;&#039;&amp;quot;Nous sommes de simples ignorants dont l&#039;ignorance comporte des lacunes&amp;quot;&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
 &#039;&#039;Maurice Roche &#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Nos mots doux==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Veuillez svp indiquer votre nom (3 petites vagues) ainsi que la date (5 petites vagues)à la fin de vos messages, merci. N&#039;oubliez pas d&#039;utiliser le &amp;quot;signet&amp;quot; &#039;&#039;écrire au groupe&#039;&#039; pour nous indiquer  qu&#039;une information importante vient d&#039;être postée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour finir, je propose (comme on l&#039;a fait jusqu&#039;à maintenant) que nous postions notre message en haut de la liste (de sorte à ce qu&#039;il soit vu le premier) dans la rubrique &amp;quot;&#039;&#039;Dernier message posté&#039;&#039;&amp;quot;. [[Utilisateur:Miguel|Miguel]] 21 avr 2006 à 00:40 (MEST)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Dernier message posté===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Message de clôture (Miguel) ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Voili voilà les amis, je me dois de vous annoncer (au cas ou vous ne l&#039;auriez point remarqué) que notre travail en commun est terminé. Je vous remercie toutes... allez et même J.C. ;.) pour cette chaleureuse collaboration. Cela n&#039;a pas toujours été facile, etc, je vais bientôt mourir, j&#039;ai été heureux de vous connaître et tout ce qui s&#039;en suit. En bref, c&#039;était sympa... malgré tout.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bisous bisous mes lapinous [[Utilisateur:Miguel|Miguel]] 23 jun 2006 à 22:13 (MEST)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Messages===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
====La LAVI (Chantal)==== &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
miguel peux-tu mettre dans l&#039;île aux trésors ce qui suit le premier texte &amp;quot;l&#039;intégral&amp;quot;, et dans l&#039;article le deuxième raccourci... merci beaucoup.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La loi sur l’aide aux victimes d’infraction&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette loi fédérale du 4 octobre 1991, entrée en vigueur le 1ier janvier 1993, a pour but de fournir une aide efficace aux victimes d’infractions ou d’une atteinte directe à son intégrité corporelle, sexuelle ou psychique et à renforcer leurs droits. L’aide fournie comprend des conseils, la protection de la victime, la défense de ses droits dans la procédure pénale et l’indemnisation et la réparation morale.  Parmi les atteintes retenues par la loi nous pouvons retenir pour notre sujet d’analyse les violences domestiques,  lésions corporelles, viol, contrainte sexuelle, séquestration. &lt;br /&gt;
Les centres de consultation « Lavi » sont présents dans chaque canton ils sont des lieux d’écoute et d’accompagnement dans les démarches utiles. La police est tenue d’informer les victimes de l’existence de ces centres et de leur transmettre les coordonnées de celle-ci (sur la base de son accord). L’aide immédiate et les prestations fournies directement par les centres sont gratuites. Lorsque la situation personnelle de la personne qui consulte le justifie, les centres de consultation prennent en charge d’autres frais (comme par exemple les frais médicaux, les frais d’avocat ou les frais de procédure). &lt;br /&gt;
S’il est difficile de faire parler les statistiques, ici nous nous basons sur l’année 2004, ils donne toute de même une idée intéressante sur la question qui nous occupe, à savoir la violence féminine et masculine : une nette prédominance des femmes dans la consultation (75%), avec des auteurs présumés de sexe masculin (83.5), et l’existence d’une relation familiale, victime – agresseur (52,9%).  &lt;br /&gt;
Le législateur prend en compte la situation des victimes, il estime qu’elles doivent être soutenues dans la procédure pénale, et également qu’elle a droit à une indemnisation ou à une réparation morale. Le montant étant déterminé en fonction des revenus de la victime. On peut constater également la reconnaissance par la société du statut de victime,  puisque les demandes « 196 pour l’indemnisation »  et  « 728 pour la réparation morale » ont été traitées positivement. &lt;br /&gt;
La formation du personnel des centres Lavi : la loi mentionne des aides financières à la formation. Une formation spécifique « Lavi » a été instaurée et des formations complémentaires complètent la spécialisation de ces professionnels. &lt;br /&gt;
Violence domestique : une protection particulière &lt;br /&gt;
Le 14 juin 2000, la Conseillère Ruth-Gaby Vermot-Mangold dépose une initiative parlementaire visant à assurer la protection des victimes de violences domestiques par l’expulsion immédiate du domicile des personnes violentes, lesquelles ne peuvent plus réintégrer leur logement pendant une période déterminée. Si celle-ci est encore en discussion, elle a déjà reçu l’aval du Conseil fédéral qui propose, en novembre 2005, un nouvel article 28b dans le code civil visant à protéger la victime de violence ou de harcèlement en lui donnant le droit de requérir le juge d’instruction d’interdire à l’auteur de l’atteinte de l’approcher, de fréquenter certains lieux ou de prendre contact avec elle. &lt;br /&gt;
Ce nouvel article 28b prévoit également l’institution par les cantons de centres d’informations et de consultation dans le but d’agir préventivement pour éviter la violence domestique et sa récidive. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Violence entre conjoint ou partenaire : poursuivie d’office depuis le 1 avril 2004&lt;br /&gt;
Le Conseil Fédéral  modifie le Code pénal en ce sens que les actes de violence domestique seront poursuivis d’office et non plus sur plainte. Le communiqué de presse est intéressant et nous donne un aperçu des changements sociaux intervenus : « il n’est plus question de tolérer la violence physique ou sexuelle exercée contre un conjoint ou un partenaire – dans un couple hétérosexuel ou homosexuel – sous prétexte qu’elle ne serait que de peu de gravité ou qu’elle relèverait de la sphère privée ».  Les actes seront poursuivis sans plainte pénale préalable de la victime. La contrainte sexuelle et le viol commis au sein du couple sont élevés au rang de délits poursuivis d’office.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Evolution des lois et violence conjugale.&lt;br /&gt;
Votée en 1991, la LAVI démontre que «  victime de violence » constitue maintenant  une déviance secondaire. Les plaignants sont identifiés, l’état institutionnalise leur prise en charge, les centres Lavi sont créés et les consultations augmentent au fil des années.   &lt;br /&gt;
Les statistiques issues des centres Lavi ont permis d’apporter des précisions chiffrées à cette forme de violence. Le taux de victimes de sexe féminins est important (75%),  le sexe masculin de l’auteur présumé révèle un pourcentage très élevé (83.5%) et pour 52.9% des consultants une relation familiale victime - agresseur existe. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Néanmoins la violence conjugale se fait discrète, le terme de violence domestique n’apparaît qu’avec le dépôt en 2002 de l’initiative parlementaire de Vermot-Mangold. En juin 2001 le Conseil Fédéral met en consultation le « projet élaboré par la Commission des affaires juridiques du Conseil national » et la notion de violence domestique fait partie des préoccupations reconnues officiellement. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous pouvons relever que les documents officiels font référence à la notion de victime n’est pas sexué,  le mot « femme » n’y est pas accolé. Les termes utilisés « violence physique ou sexuelle exercée contre un conjoint ou un partenaire (…) dans un couple hétérosexuel ou homosexuel », « ordonner à une personne violente de quitter le domicile conjugal », « prévenir la récidive des agresseurs ». Dans les documents que j’ai parcouru sur le site de l’office fédéral de la justice sous la mention « aide aux victimes », je n’ai trouvé qu’une seule fois la mention spécifique « femme » : «  la violence domestique est aujourd’hui quotidienne dans notre société. Les femmes en sont souvent les victimes ». Dans tous les autres documents la violence domestique paraît neutre. Si le mot victime est féminin, les textes l’utilisent comme un élément générique. On peut en partie le comprendre par le fait que  la Lavi ne reçoit pas que des victimes de violences conjugales, mais également des victimes d’accidents de la route, d’attentats, d’enlèvement, de prise d’otage ou de brigandage.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Essai de définition de la problématique (Chantal) ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La problématique :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous sommes partis d’un phénomène qui semble nouveau : « les hommes battus ». La presse en fait mention, un livre vient d’être publié en Suisse, nombreux sont les articles  qui s’y réfèrent, et des groupes de pressions se sont constitués autour de « la souffrance masculine ». Nous souhaitons comprendre quand cette problématique « hommes battus » est apparue, par quels groupes sociaux elle est relayée puis médiatisée ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour cela nous nous référerons au concept de violence et plus particulièrement à la catégorie « violence conjugale ». Nous chercherons à savoir comment est apparu le vocable « violence conjugale », par qui il a été conceptualisé, et comment il s’est développé. A partir de là nous tenterons de situer les notions  de « femmes battues», puis « hommes battus » pour déterminer quand et comment cette notion apparaît puis se développe. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous travaillerons à partir coupure de presse, revue	s, texte de lois, de statistique, thématique  de témoignages de professionnels et de  victimes. &lt;br /&gt;
L’analyse textuelle des sources se fera autour du processus de construction de la violence conjugale, à partir des thèmes d’analyse suivants : critères de définition de la violence conjugale, logique de l’évolution du concept violence conjugale – apparition du thème hommes battus – maltraités – , statistiques femmes battues, hommes battus –, création d’association relais de la problématique, lieux de prise en charge – politique sociale -. [[Utilisateur:Cornut piller|Cornut piller]] [[Utilisateur:Cornut piller|Cornut piller]] 21 mai 2006 à 15:46 (MEST)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
article on line, amnesty section suisse.&lt;br /&gt;
En route contre la violence domestique. Tournée de la section suisse d’Amnesty International. &lt;br /&gt;
Article tiré online : Section Suisse : Campagne : Halte à la violence contre les femmes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le projet : la violation des droits humains perpétrées jour après jour dans le monde entier et aussi dans notre pays seront thématisées pour briser le tabou qui entoure la violence dans le couple. La tournée d’Amnesty a pour but d’améliorer les interventions de l’Etat contre la violence domestique, surtout à l’échelle cantonale et communale et de sensibiliser le grand public, en particulier les jeunes  et les hommes, notamment dans les régions rurales. Les revendications d’Amnesty International en matière de violence domestique repose sur l’obligation de l’Etat d’agir contre cette forme de violation des droits humains. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pourquoi une campagne de droits humains contre la violence domestique ?&lt;br /&gt;
Pour comprendre que la violence domestique est une violation d’un droit humain, considérer que l’empêcher ne relève pas de la sphère privée des couples et des familles concernées, et ne pas l’assimiler à un « problème de femmes », mais à une mission publique, qui touche tout le monde. &lt;br /&gt;
Car aujourd’hui si la visibilité du débat public sur la violence domestique s’est améliorée, les menaces, coups, contraintes, viols et meurtres auxquels les femmes sont souvent exposées dans leurs quatre murs constituent un sujet rarement perçu comme relevant des droits humains. Pourtant il s’agit bien de droit à l’intégrité physique et psychique : droit à la liberté et à la sécurité, droit à la santé, droit à l’absence de torture ou d’autres traitements dégradants et même souvent le plus, droit à la vie. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Utilisateur:Cornut piller|Cornut piller]] 17 mai 2006 à 11:22 (MEST) [[Utilisateur:Cornut piller|Cornut piller]]&lt;br /&gt;
et encore un... &lt;br /&gt;
article de journal intéressant pour nous, &lt;br /&gt;
&amp;quot;contre l&#039;émancipation des femmes, les hommes ont inventé &amp;quot;la crise de la masculinité&amp;quot;, voici un résumé.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Exemple :&lt;br /&gt;
Courrier du 18 mai 2005&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Titre : contre l’émancipation des femmes, des hommes ont inventé « la crise de la masculinité ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1ier congrès international de la condition masculine a eu lieu à Genève le mars 2003. (en 2005 a eu lieu à Montréal).  Ces colloques font partie d’un mouvement plus large qui met en avant « la crise de la masculinité »  en réaction à l’émancipation « trop » radicale des femmes. Si ce courant est minoritaire au sein de la gent masculine, il participe d’une tendance qui remet en question l’avancée des droits des femmes. Ces propos sont tenus par Virginie Poyetton journaliste au courrier de Genève.&lt;br /&gt;
les débats sous-jacents : les masculinistes (nom que se sont donnés les défenseurs de la condition masculine) pensent que le féminisme les a forcés à changer et depuis ils se sentent dépossédés de leurs  identités et de leurs droits. Ils souffrent d’injustices : discrimination  positive au travail faveur des femmes, préjugés favorables aux mères en cas de divorce, fausses allégations de violence ou d’inceste, pensions alimentaires disproportionnées, hausse du décrochage scolaire chez les garçons, augmentation de la prescription d’antidépresseurs.&lt;br /&gt;
Anne-Marie Devreux, sociologue française chargée de recherche au CNRS répond : c’est un discours de dominants. Les arguments utilisés sont majoritairement reliés à l’émotionnel et à l’identitaire. Cette crise trouve ses racines dans les années 1970 et les avancées acquises par les femmes : participation au marché du travail et contraception. Les réactions positives de quelques hommes à ces changements furent arbitrairement extrapolés à l’ensemble de la société. Selon la sociologue Pascale Molinier  ce n’est que dans les années 1990 que le discours optimiste sur les nouveaux hommes et la constitution d’une société nouvelle égalitaire laissa la place à un discours alarmiste sur « le malaise des hommes ». Malaise qui s’expliquerait par la remise en question de certaines pratiques et cadres traditionnels.&lt;br /&gt;
Or, les inégalités touchent presque toujours des femmes : chômage, précarité, bas-salaire, sans oublier la violence.&lt;br /&gt;
En résumé : Pour Anne-Marie Devreux, un état de crise surgit à chaque fois qu’une domination est remise en question. Cette angoisse serait liée au sentiment de la perte des privilèges et du monopole des hommes. Cette crise de la masculinité est une version soft de ce qui est en train de se mener plus particulièrement en France et au Canada : une lutte ouverte des hommes contre les femmes  et contre les féministes. Ex. la mixité à l’école remise en question…&lt;br /&gt;
Souffrance féminine :&lt;br /&gt;
Rien n’est jamais gagné en matière de droit des femmes et un regard mondial démontre assez facilement que dans certaines parties du monde a lieu une régression de leur droit, ex. en Algérie, et en Afghanistan.&lt;br /&gt;
Souffrance au masculin : &lt;br /&gt;
Selon Pascale Molinier, les formes masculines de décompensation sont spectaculaires, rixes, sabotages, surendettement, violences domestiques, suicides. La souffrance des hommes fait recettes, « le stress des cadres » fait couler plus d’encre que celui des caissières.&lt;br /&gt;
[[Utilisateur:Cornut piller|Cornut piller]] 17 mai 2006 à 11:00 (MEST) [[Utilisateur:Cornut piller|Cornut piller]]&lt;br /&gt;
A propos de la revue de littérature, j&#039;ai essayé de mettre de l&#039;ordre dans ma confusion. Peux-être que cela vous est utile. &lt;br /&gt;
Mots –clés de la revue de littérature &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Questionnés par le concept hommes battus – référence à femmes battues pour situer le premier concept.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sophie Torrent : &lt;br /&gt;
Violence faite aux hommes. &lt;br /&gt;
Pour hommes difficiles d’accepter car contraire aux stéréotypes, impensable social.&lt;br /&gt;
La violence faite aux hommes les invalide dans leur identité, située dans leur appartenance à la catégorie homme. &lt;br /&gt;
Torrent recherche les stratégies élaborées par les hommes battus pour faire face  à ces situations. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Yvon Dallaire :&lt;br /&gt;
Violence faite aux hommes dans l’humanité. Mais regard attiré que par violence des hommes contre aux hommes, enfants et femmes (guerres, meurtres, viols, violence conjug…. Etc… &lt;br /&gt;
Mais silence sur la violence des femmes envers autres femmes, enfants ou hommes. &lt;br /&gt;
Le concept violence conjugale s’inscrit dans un paradigme teinté de sexisme et de discrimination. &lt;br /&gt;
Propose de passer de victime - agresseur à victime – victime co-créateur de l’escalade de violence. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bretonnière-Fraysse et al. (2001) :&lt;br /&gt;
Violence conjugale a toujours existé : femmes victimes, hommes agresseurs. Mais, violence demeure encore cachée, honteuse, secrète… &lt;br /&gt;
Adosse son propos sur le fait que violence faites aux femmes a traversé les époques. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Gillioz, De Puy et Ducret quant à eux (2000) :&lt;br /&gt;
Large enquête en suisse romande sur violences faites aux femmes. Pour elles violence faites aux femmes une évidence.&lt;br /&gt;
Rappellent le mythe des années 1960, la famille n’est pas violente, mais bienveillante. &lt;br /&gt;
Les théories féministes des années 1970, viennent questionner différemment la famille. Violence faite aux femmes doit être étudiée spécifiquement. &lt;br /&gt;
La sociologie de la famille étudie la violence familiale sous l’angle de la  société,  des  institutions,  la famille comme un système consensuel qui règle pouvoir et  domination .&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les travaux de Strauss, Gelles et Steinmetz ont été a l’origine des propos que les femmes sont aussi violentes que les hommes. La façon dont ils ont questionné les catégories de violence a abouti à un matériel large d’actes de violence non contextualisés. Le concept hommes battus est apparu comme une des conséquences de la répertorisation des actes violence non contextualisés.&lt;br /&gt;
Ce qui a été contesté fortement par les auteurs même de la recherche. &lt;br /&gt;
Et la notion d’hommes battus s’est dégonflée d’elle-même. &lt;br /&gt;
Perrone Nanini : violence n’est pas un phénomène individuel,  mais la manifestation d’un phénomène interactionnel. Dit autrement, un mode particulier de communication. &lt;br /&gt;
Chez eux, ni victime – agresseur, ni homme – femme, mais l’idée que chacun doit devenir et se penser responsable de ses propres comportements. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
	[[Utilisateur:Cornut piller|Cornut piller]] 17 mai 2006 à 10:16 (MEST) [[Utilisateur:Cornut piller|Cornut piller]]&lt;br /&gt;
cher groupe, voilà encore une série de concept.&lt;br /&gt;
[[Utilisateur:Cornut piller|Cornut piller]] [[Utilisateur:Cornut piller|Cornut piller]] 16 mai 2006 à 17:10 (MEST)&lt;br /&gt;
CONCEPT GENRE : c&#039;est une catégorie d&#039;analyse qui permet de décrire le masculin et le féminin comme constructions sociales. Employé au singulier, il désigne l&#039;organisation sociale des rapports entre hommes et femmes, rapport social lui-même considéré comme une institution.à&lt;br /&gt;
Tiré de : Dictionnaire de Sociologie, 1999 Le Robert. Seuil.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
DOMINATION : Fait, pour un groupe social, d&#039;exercer une influence déterminante sur une catégorie sociale, une classe, un genre, une nation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
POUVOIR ET DOMINATION: Le fait de la domination entendue comme au sens large comme le fait, pour une classe sociale, une institution, un Etat, d&#039;exercer son emprise sur un ensemble social, constitue un problème central pour la sociologie. &lt;br /&gt;
Marx et Weber ont ouvert la voie à deux approches divergentes de la domination:&lt;br /&gt;
Pour Marx, c&#039;est l&#039;étude du mode de production et de sa caractéristique essentielle, le mode de propriété, qui permet l&#039;analyse de la domination et de ses différentes formes. &lt;br /&gt;
Weber associe le fait de la domination et la question de la légitimation. Tout rapport de domination suppose, en effet, en dehors du rapport de pure violence, un système de justification visant à obtenir un minimum de &amp;quot;volonté d&#039;obéir&amp;quot; de la part des assujettis. &lt;br /&gt;
La contribution de Bourdieu au concept de domination, porte particulièrement sur les conditions de reproduction de la domination et sur la place de la culture dans cette reproduction.&lt;br /&gt;
Tiré de Dictionnaire de Sociologie, 1999, Le Robert, Seuil.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
FEMINISME : Courant d&#039;idées et de luttes concernant les droits des femmes, le féminisme devient dans certaines périodes historiques, un mouvement social et politique pour l&#039;émancipation des femmes. Il désigne aussi un corpus théorique.&lt;br /&gt;
Les études féministes : Le féminisme comme mouvement et comme théorie a inspiré le développement des recherches dans de nombreux champs scientifiques. En sociologie, tous les domaines sont revisités par la problématique des rapports sociaux de sexe et son paradigme de transversalité entre les champs sociaux : si les femmes constituent un groupe social sexué, elles ne constituent pas pour autant un groupe réel, isolable dans l&#039;espace social. En ce sens, elles différent des classes sociales ou des minorités. On est alors conduit à interroger la séparation entre espace privé et espace public, entre travail professionnel et travail domestique, entre démocratie formelle et exercice de la citoyenneté, etc...&lt;br /&gt;
Tiré du Dictionnaire de Sociologie, 1999, Le Robert, Seuil&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Mise en marche de l&#039;article (Miguel) ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hello tlm...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Alors voilà, comme convenu, la page &amp;quot;article&amp;quot; est disponible et active, j&#039;y ai inséré la revue de littérature... J.C. quand tu veux ;-) Sinon je suis dans l&#039;attente de la validation de la prof pour nos personnes-ressources... A mercredi (rdv comme d&#039;hab.) [[Utilisateur:Miguel|Miguel]] 10 mai 2006 à 18:14 (MEST)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Proposition de documents (Chantal) ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
bonjour l&#039;équipe, &lt;br /&gt;
miguel j&#039;ai voulu modifier le résumé... mais le résultat n&#039;est pas concluant, et je ne sais pas faire mieux. il faudrait rajouter une phrase : &amp;quot;les auteures décrivent leur démarche, la méthodologie utilisée et une partie des résultats quantitatifs et qualitatifs. [[Utilisateur:Cornut piller|Cornut piller]] 1 mai 2006 à 09:03 (MEST)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
d&#039;autres part, au niveau de notre méthodologie, on pourrait dire que nous allons étudier notre question entre autres à travers  les documents suivants : les 3 messages du conseil fédéral présidant concernant les 3 modifications de la LAVI; les revues de &amp;quot;thérapie de famille&amp;quot;, de l&#039;année 1989 à aujourd&#039;hui, en recherchant les articles qui traitent de notre sujet, afin de situer l&#039;évolution des discours. [[Utilisateur:Cornut piller|Cornut piller]] 1 mai 2006 à 09:03 (MEST)&lt;br /&gt;
Je propose encore une lecture dont je vous ferai le résumé : &amp;quot;Le genre comme catégorie d&#039;analyse&amp;quot;, sous la direction de Fougeryrollas-Schwebel D., Planté C., Riot-Sarcey M., Zaidman C. publié chez l&#039;Harmattan, 2003. [[Utilisateur:Cornut piller|Cornut piller]] 1 mai 2006 à 09:03 (MEST)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
***&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Nouvelle modification du plan de recherche ([[Utilisateur:Miguel|Miguel]]) ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hello cher groupe...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Vl&#039;à les news... Comme discuté, j&#039;ai modifié notre plan. En espérant que cela reflète bien notre vision commune, je vous demanderai d&#039;y jeter un coup d&#039;oeil. De plus, j&#039;ai regroupé nos résumés et du coup j&#039;ai trouvé intéressant d&#039;y ajouter quelques commentaires (je les ai tiré de vos résumés), de sorte à les rendre plus accessibles et utilisables. Idem,  à vous de voir si ça reprend bien l&#039;idée du texte.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sinon, comme convenu, je rajouté une page ou l&#039;on déposera tous les documents nécessaires à l&#039;avancement du travail.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour finir, je vous propose de mettre un titre ainsi que votre nom aux messages que nous postons. Ainsi, il sera plus simple de naviger à travers ces derniers. @+ [[Utilisateur:Miguel|Miguel]] 27 avr 2006 à 12:44 (MEST)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
***&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Statistiques LAVI en cours (Chantal) ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chers collègues,&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les statistiques LAVI sont en cours de recherches, certains cantons les publient sur internet, pour d&#039;autres, il faut aller à la pêche. l&#039;office fédéral de la statistique n&#039;a effectivement pas toutes les statistiques. De plus souvent celles-ci comprennent le nombre de consultations, donc constater une évolution est possible, mais il n&#039;y a pas toujours la distinction hommes femmes. je mettrais en ligne dès que j&#039;aurai les documents. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
pour la suite, je vous propose de définir la violence au niveau du sens commun : chacun de nous peut-il apporter sa définition ? ou éventuellement celles qu’il aurait récolté autour de la machine à café comme le disait Schurmans.  Qu&#039;en pensez-vous ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour aller plus loin j’aimerai vous soumettre une partie du texte issu de l’article de De Puy, Gillioz et Ducret, car il me semble que cela nous permettrait d’aller plus loin dans la construction de notre objet de recherche. [http://home.etu.unige.ch/~maneira4/R_sum__aeticle.doc Résumé de Chantal à lire]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je cite : « Construction de l’objet scientifique et cadre théorique. &lt;br /&gt;
Nous nous sommes gardées d’une approche épistémologique naïve qui assimilerait l’objet sociologique au problème social de la violence tel qu’il est porté à l’attention des chercheurs et chercheuses (voir à ce sujet Bourdieu, 1990). Ce dernier constitue un objet préconstruit qu’il s’agit de dépasser pour l’élaborer scientifiquement. En effet, l’objet visé par la sociologie n’est pas la violence, qui en tant que fait n’a pas de pertinence sociologique. Elle n’en acquiert qu’en référence à un contexte social qui lui donne sens. Ainsi on ne saurait traiter de la même manière la violence du dominant et du dominé, sous peine d’amalgamer des phénomènes sociologiquement différents. L’objet sociologique pertinent est donc la relation sociale sous-jacente à la violence, à savoir les rapports de domination entre femmes et hommes au sein des couples ». &#039;&#039;&#039;je partage ce point de vue&#039;&#039;&#039; [[Utilisateur:Miguel|Miguel]] &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour votre réflexion je cite également le paragraphe suivant qui fait référence à d’autres courants auxquels vous faisiez allusion, en particulier, toi Miguel. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Nous nous distançons de certains courants positivistes, présents dans la sociologie américaine, qui étudient toutes les formes de violence familiale, quel qu’en soit l’auteur-e ou la victime – violence des hommes envers leurs femmes, des femmes envers leurs enfants, des enfants envers leurs parents ou des parents envers leurs enfants, sans prendre en compte la problématique du genre. Le fait violent et son dénombrement sont ainsi privilégiés au détriment d’un modèle théorique donnant sens aux faits observés. Ce type d’approche a pu conduire à des biais d’interprétation. Considérant comme équivalents un acte violent ayant pour finalité le contrôle d’autrui et un acte d’autodéfense, certaines études en sont arrivées à établir des taux de violence féminine et masculine semblables.&#039;&#039;&#039; La je partage moins du coup. Mes sources (bon elles ne semblent pas trop ojectives) mais tout de même  indiquent au contraire que ce serait la recherche (plutôt sa méthodologie ainsi que sa philosiphie) que tu utilise comme référence, qui ne saurait pas très fiable. (méthodo: coups téléphoniques, public  pris en compte: uniquement que des femmes). Donc pour être clair, je trouve que c&#039;est bien de prendre en compte différents aspects de la violence conjugale. Toutefois, il ne faut pas se mélanger les pinceaux et savoir si l&#039;on parle de ressentis, de vécus de violence ou de définition et de qui? etc.&#039;&#039;&#039; [[Utilisateur:Miguel|Miguel]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De Puy J., Gillioz L., Ducret V. (2002). Intimités piégées. La violence conjugale en Suisse. Nouvelles Questions Féministes – Vol. 21, No 1/2002&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je vais préparer l&#039;un ou l&#039;autre définition de concepts et vous les soumettre. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
donnez-moi un retour. à bientôt [[Utilisateur:Cornut piller|Cornut piller]] 20 avr 2006 à 11:35 (MEST)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
***&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Approuvation proposition de structure de travail de Jean-Christophe. II (Céline)==== &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Salut!&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
J&#039; approuve aussi la proposition de structure de travail de Jean-Christophe ! J&#039;ai ajouté quelques sites web à la bibliographie. Le site d&#039;arte concerne la soirée thema dont je vous avais parlé, contenant des statistiques, les références du documentaire, le forum, etc. Jetez un coup d&#039;eil à la rubrique &amp;quot;histoire&amp;quot; du site de VIRES, il y est expliqué les &amp;quot; Eléments théoriques de base et changements de l&#039;identité de Vires.	Depuis sa fondation, Vires s&#039;est défini de 3 manières différentes: 	&lt;br /&gt;
	1. Organisme pour les hommes ayant recours à la violence dans leur couple et dans leur famille. 			&lt;br /&gt;
	2. Organisme pour les personnes ayant recours à la violence dans leur couple et dans leur famille. 	&lt;br /&gt;
	3. Organisme de traitement et de prévention de la violence exercée dans le couple et dans la famille. 	&lt;br /&gt;
		&lt;br /&gt;
Cela est pertinent par rapport à notre problématique de &amp;quot;concept en mouvement de la la violence conjugale&amp;quot;, non?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Utilisateur:Celine|Celine]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
***&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Approuvation proposition de structure de travail de Jean-Christophe. I ([[Utilisateur:Miguel|Miguel]]) ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hello J.C. et les filles...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
alors pour répondre au premier, je trouve que ces quelques mots résument bien notre pensée (en tout cas la mienne). Si je récapitule (vous remarquerez que j&#039;en ai souvent besoin), la proposition de Céline ainsi que la mienne pourraient plutôt devenir des hypothèses alors que celles de Chantal et J.C. des questions de départ. (cf à la page [[Plan de recherche: Violence conjugale; un concept en mouvement|Notre plan de recherche]]) Je vous propose de retourner une fois encore (si ce n&#039;est pas déjà fait) sur cette page et de limiter / préciser votre centre d&#039;intérêt. Ceci fait, nous pourrions (par exemple) valider la structure proposée par J.C. &#039;&#039;&#039;Essayez de le faire avant lundi soir, merci.&#039;&#039;&#039; [[Utilisateur:Miguel|Miguel]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
***&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Proposition de thématique, structure de travail (J.C.) ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hello ! Je vous transmets quelques éléments et quelques propositions suite à notre discussion de mercredi dernier, vous me direz ce que vous en pensez... (Jean-christophe)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Proposition de thématique&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En partant d’une définition permettant de discerner les entours de la violence dans son sens large, nous nous proposons de procéder à une analyse plus spécifique de ce qu’il en est de la violence conjugale. À partir de quelques traits de ces phénomènes, nous prendrons le bais, en corrélation avec la thématique de la femme battue, d’un nouveau phénomène émergeant, celui des hommes battus. Nous étudierons plus particulièrement les préjugés et les stéréotypes qui circulent à ce sujet dans le social. Ce travail exigera bien évidemment une étude socio-historique de ces phénomènes, en cherchant à déterminer les corrélations qui existeraient dans une approche de genre femmes-hommes. Enfin, nous essaierons de mettre en lumière les caractéristiques incontournables qui résurgeront de notre travail de recherche, caractéristiques juridiques, psychosociales, informations issues d’études cliniques, témoignages. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Structure du travail&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Définition de la violence : 	o mise en lumière de quelques définitions générales&lt;br /&gt;
				o définitions juridiques de la violence&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Contextualisation &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Approche socio-historique : quand ce phénomène est-il apparu ? Qui en parle ? Comment en parle-t-on dans le social ? Préjugés et stéréotypes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
et&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Caractéristiques psychosociales : comment cela se passe ? Types de violences, témoignages de victimes, études scientifiques, rapports d’études cliniques, etc.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ces deux approches portant sur :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
				o Problème social de la maltraitance et violence faite aux enfants&lt;br /&gt;
				o Problème social de la femme battue&lt;br /&gt;
				o Problématique de la violence conjugale&lt;br /&gt;
				o Émergence d’un nouveau problème social : les hommes battus&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Analyse et mise en corrélations de la violence faite aux femmes et la violence faite aux hommes (étude de genre)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Conclusions&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
***&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Regroupement des questions de départ ([[Utilisateur:Miguel|Miguel]]) ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C&#039;est encore machin...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Alors voilà, j&#039;ai regroupé nos questions de départ dans le plan de recherche. A vous d&#039;indiquer ce que vous pensez qu&#039;il soit utile de garder. L&#039;objectif étant de trouver une question de départ principale (et à la limite d&#039;en faire d&#039;écouler des secondaires). &#039;&#039;&#039;A faire avant lundi !!!&#039;&#039;&#039; Du coup, on décidera rapidement les références que l&#039;on garde et que l&#039;on valorise. (déposez aussi vos références &#039;&#039;utiles&#039;&#039;) il va falloir trier...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sinon, je viens de créer un lien vers cette page de discussion dans notre page de plan de recherche.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bien à vous. [[Utilisateur:Miguel|Miguel]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
***&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Changement du titre de notre travail ([[Utilisateur:Miguel|Miguel]]) ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hello tlm...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Alors news techniques...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
J&#039;ai changé (on pourra rechanger si besoin est) le titre de notre travail (vous savez pour quelles raisons). De ce fait, on va maintenant surtout travailler entre la page [[plan de recherche: Violence  conjugale; un concept en mouvement]] et cette page de discussion.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
News pour le plan...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Vous êtes dés maintenant, amies, amis invités à alimenter le plan de recherche. Pour cela je récapitule: on était resté (me semble-til) sur l&#039;idée de partir du concept de violence conjugale (et plus de l&#039;homme battu) et on avait la volonté d&#039;isoler certains aspects de ce dernier tels que; son évolution socio-historique concernant, entre autres, les acteurs, les documents, les structures, les enjeux possibles etc, et cela &#039;&#039;&#039; dans le contexte helvétique, romand, et genevois&#039;&#039;&#039;. En espérant que cela résume bien les idées de chacun, je vous salue. [[Utilisateur:Miguel|Miguel]] &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
***&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Ajout de queques références bibliographiques (Céline) ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Salut!&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme prévu j&#039;ai rajouté quelques références bibliographiques. Je pense que le rapport d&#039;activité du CIMPV(que je vais vous résumer) est spécialement pertinent justement comme trace directe d&#039;un discours de professionnels interdisciplinaires spécialisés sur la question des violences. Le fait que cette consultation est intégrée à la grande institution des HUG n&#039;est pas anodin non plus. Pour rappel, la Consultation Interdisciplinaire de Médecine  Prévention de la Violence prend en charge tout type de violence(interpersonnelle, institutionnelle,etc.) et tout type d&#039;acteurs (victimes/agresseurs/témoins). Néanmoins, concrètement les cas de violence conjugales constituent la majorité de leur travail. J&#039;ai profité d&#039;un entretien de stage avec les psychologues de la Consultation pour leur demander des références et des données quant à la problématique des hommes battus. Malheureusement, ils ne possèdent rien d&#039;autre que les statistiques inclues dans leur rapport. Ils ont souligné que c&#039;est une problématique très récente; et que d&#039;ailleurs ils reçoivent de nombreuses demandes d&#039;infos à ce sujet. Ils ont confirmé que certains de leurs patients  sont &amp;quot;uniquement&amp;quot;des hommes battus, mais que la violence réciproque est plus fréquente (et les femmes &amp;quot;uniquement&amp;quot; victimes sont la très grande majorité, est-il utile de le rappeler....). Côté référence, ils m&#039;ont cité le fameux mémoire...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour info, le bouquin de Souffron peut être consulté à la biblio de droit, voici la cote : CA/F 89.1g SOUF  (c&#039;est le rayon crimino).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A bientôt, Céline&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
2avril 2006&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
***&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Retour sur infos de la prof ([[Utilisateur:Miguel|Miguel]]) ==== &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hello tlm...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
je me permets de reprendre ce que M.Ruchat a indiqué sur notre projet. Cela devrait nous aider à choisir rapidement la direction à prendre. Pour plus, d&#039;infos, veuillez vous référer à ses propos dans la page discussion de notre projet. @+ [[Utilisateur:Miguel|Miguel]]  1 avr 2006 à 17:10 (MEST) (ce n&#039;est pas un poisson d&#039;avril ;.)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;quot;Il s&#039;agit d&#039;inscrire votre objet dans cette perspective, à savoir: qui parle ainsi, de l&#039;homme battu par exemple, depuis quand en parle-t-on, quels sont les discours (des médecins, des journalistes, des hommes battus, etc...), quelles solutions ont été promues, quels évenutels conflits d&#039;interprétation existent, quelle institutionalisation éventuelle? Vous ne pourrez peut-être pas tout aborder. Mais il faudra partir du factuel, de la réalité, dont vous aller chercher au plus près de la matière les éléments de preuves.&amp;quot;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
***&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Début des commodités ([[Utilisateur:Miguel|Miguel]]) ==== &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Salut ô cher groupe... comme vous le constatez... quelques changements... ça bouge quoi!!!&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je vous propose que l&#039;on se retrouve à la fin du cours de la semaine prochaine pour cibler un pleux plus notre thématique. &#039;&#039;&#039;Sinon veuillez m&#039;indiquez votre adresse e-mail valide pour que l&#039;on puisse communiquer rapidement si besoin est. Merci&#039;&#039;&#039; [[Utilisateur:Miguel|Miguel]] &lt;br /&gt;
***&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Centres d&#039;intérêts==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Centre d&#039;intérêt, question de départ de Chantal:&#039;&#039;&#039;&#039;&#039; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
mes chers, je ne suis pas des votres aujourd&#039;hui à cause d&#039;un probléme familial important... juste quelques mots sur ma réflexion. abonnée à thérapie de famille depuis 15 ans, je n&#039;y trouve aucune mention de la violence des femmes sur les hommes. ou plutôt, la maltraitance est considérée de façon systémique et pluridimensionnelle. L&#039;émile, journal féministe, parle de violence faite aux femmes, je vais reprendre les numéros en ma possession pour voir si à un moment donné il est question de la violence des femmes sur les hommes. mais ce qui me questionne, c&#039;est comment on arrive à isoler une catégorie, ici celle de la violence faite par les femmes aux hommes. Je me demande qui est intéressé de voir le problème sous cette catégorisation là. Cette catégorie amène quel regard spécifique, et qui amène de l&#039;eau au moulin de qui, pour en faire quoi ? &lt;br /&gt;
j&#039;ai été à la biblio et ai pris une série de livres &amp;quot;genre&amp;quot;. voici les références si ^Miguel veut les ajouter. L&#039;un et l&#039;autre sexe 2001, revue internationale Paris ESPRIT - David Jackson et Daniel Welzer-Lang 1998, Violence et masculinité chez &amp;quot;..., montpellier - Mino Vianello, Elena Caramazza 2001Un nouveau paradigme pour les sciences sociales : genre, espace, pouvoir L&#039;Harmattan - Marie-blanche Tahon 2003, Sociologie des rapports de sexe, aux presses universitaires de Rennes - ouvrage collectif 2003, le genre comme catégorie d&#039;analyse, sociologie, histoire, littérature. &lt;br /&gt;
Je vais les parcourir et faire une fiche de lecture de l&#039;un ou l&#039;autre. vous pouvez m&#039;appeler en début d&#039;aprés-midi si vous travaillez ensemble au 024 472 73 64. je suis vraiment désolée, de ne pas être avec vous aujourd&#039;hui. à bientôt chantal&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Centre d&#039;intérêt, question de départ de Céline:&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La question qui pour moi relierait de manière pertinente la problématique des femmes battues et celles des hommes battus dans une perspective socio-historique pourrait se formuler comme telle: La reconnaissance du phénomène des femmes battues a-t-elle favorisé l&#039; émergence récente des hommes maltraités dans le couple en tant que problème social? Ou au contraire a-t-elle rendu difficile la prise de parole des hommes souffrant de violence conjugale, la place de victime étant déjà &amp;quot;prise&amp;quot; par la femme de manière sous-entendue dans les mentalités?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Centre d&#039;intérêt, question de départ de Jean-Christophe:&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je m’intéresse particulièrement aux définitions qui sont faites de la violence en lien avec le thème que nous avons choisi. Je me pose la question de savoir quelles sont les spécificités de la violence faite aux hommes en en la comparant ou en l’incluant dans les développements déjà existants sur la violence en général. Je pense qu’un lien avec la violence conjugale et la violence faite aux femmes est ainsi incontournable. Ces propos rejoignent un questionnement sur la notion de genre et sur les discours qui circulent dans le social quant à la violence faite aux hommes et aux femmes. Ceci rejoint également les propositions faites par Miguel concernant les stéréotypes existants sur les hommes et les femmes, en prenant plus appui sur les définitions existantes de la violence. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Questions de départ:&#039;&#039;&#039; si le phénomène ou le concept des hommes battus semble émerger depuis quelques années comme un problème social nouveau (là est la question), peut-on dans le passé trouver des traces de la violence faite aux hommes de manière plus générale ? Une autre question s’y joint quant à l’influence des développements prenant en compte la violence faite aux femmes et si ceux-ci ont une influence sur les propos qui concernent la violence faite aux hommes. Dans quelle mesure existe-t-il une séparation des genres hommes-femmes quant à la problématique de la violence ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Centre d&#039;intérêt, question de départ de Miguel:&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme discuté hier, mon intérêt se porte plus sur les préjugés, stéréotypes véhiculés à l&#039;encontre des rôles masculins et féminins, dans la société (je me place donc au départ du processus socio-historique... enfin je crois)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Question de départ:&#039;&#039;&#039; Pour quelles raisons, est-il difficile de reconnaître l&#039;homme en qualité de victime dans le cadre d&#039;une violence conjugale?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==réactions prof==&lt;br /&gt;
Je trouve intéressant. Pourrait-on imaginer que dans les représentations l&#039;homme battu solit &amp;quot;féminisé&amp;quot; ce qui rend la prise de parole plus difficile. Croiser représentations sociales (hommes et femmes) avec la problématique de l&#039;objet construit pourrait être pertinent. Regarder du côté de la psychologie sociale les travaux dans la fac de fabio Lorenzi Cioldi. A suivre...[[Utilisateur:Ruchat|Ruchat]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
***&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je trouve que vous vous posez plein de bonnes questions. Il s&#039;agit maintenant de faire un choix d&#039;approches théoriques (psychologie sociale? sociologie?) à croiser dans un regard transdisciplinaire avec la socio-histoire et de conserver une question principale et quelques questions secondaires, et de réfléchir à la méthodologie.&lt;br /&gt;
A suivre...[[Utilisateur:Ruchat|Ruchat]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Miguel</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Espace_de_dialogue&amp;diff=4421</id>
		<title>Espace de dialogue</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Espace_de_dialogue&amp;diff=4421"/>
		<updated>2006-06-23T20:08:53Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Miguel : /* Messages */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&#039;&#039;&#039;Membres du groupe&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Chantal Cornut&lt;br /&gt;
* Céline Pittet &lt;br /&gt;
* Jean-Christophe Contini&lt;br /&gt;
* Miguel Maneira &lt;br /&gt;
[mailto:maneira4@etu.unige.ch,contini2@etu.unige.ch,cepittet@hotmail.com,ch.cornut-piller@bluewin.ch Ecrire au groupe]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 [[L&#039;homme battu: le mâle...traité|Notre projet]]  |  [[Violence conjugale: De la femme battue à l&#039;homme battu...|Notre article]]  |  [[Plan de recherche: Violence conjugale; un concept en mouvement|Notre plan de recherche]]  |  [[Trésorus de notre groupe|Notre île aux trésors]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Hello cher groupe...===&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Cet espace est mis à notre disposition pour nous permettre de &amp;quot;poster&amp;quot; nos idées, nos réclamations, nos listes de courses etc. En bref, tout ce qui est susceptible de faire avancer notre projet.&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On peut, par exemple, y lancer des questions/suggestions parallèles (à notre page de projet principale) et chacun d&#039;entre nous s&#039;empressera de venir enrichir ces dernières tout au long du projet. En finalité, cet espace doit être vu soit comme un gros bloc-note ou encore un forum.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Citation de la semaine ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &#039;&#039;&#039;&amp;quot;Nous sommes de simples ignorants dont l&#039;ignorance comporte des lacunes&amp;quot;&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
 &#039;&#039;Maurice Roche &#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Nos mots doux==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Veuillez svp indiquer votre nom (3 petites vagues) ainsi que la date (5 petites vagues)à la fin de vos messages, merci. N&#039;oubliez pas d&#039;utiliser le &amp;quot;signet&amp;quot; &#039;&#039;écrire au groupe&#039;&#039; pour nous indiquer  qu&#039;une information importante vient d&#039;être postée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour finir, je propose (comme on l&#039;a fait jusqu&#039;à maintenant) que nous postions notre message en haut de la liste (de sorte à ce qu&#039;il soit vu le premier) dans la rubrique &amp;quot;&#039;&#039;Dernier message posté&#039;&#039;&amp;quot;. [[Utilisateur:Miguel|Miguel]] 21 avr 2006 à 00:40 (MEST)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Dernier message posté===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Messages===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
====La LAVI (Chantal)==== &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
miguel peux-tu mettre dans l&#039;île aux trésors ce qui suit le premier texte &amp;quot;l&#039;intégral&amp;quot;, et dans l&#039;article le deuxième raccourci... merci beaucoup.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La loi sur l’aide aux victimes d’infraction&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette loi fédérale du 4 octobre 1991, entrée en vigueur le 1ier janvier 1993, a pour but de fournir une aide efficace aux victimes d’infractions ou d’une atteinte directe à son intégrité corporelle, sexuelle ou psychique et à renforcer leurs droits. L’aide fournie comprend des conseils, la protection de la victime, la défense de ses droits dans la procédure pénale et l’indemnisation et la réparation morale.  Parmi les atteintes retenues par la loi nous pouvons retenir pour notre sujet d’analyse les violences domestiques,  lésions corporelles, viol, contrainte sexuelle, séquestration. &lt;br /&gt;
Les centres de consultation « Lavi » sont présents dans chaque canton ils sont des lieux d’écoute et d’accompagnement dans les démarches utiles. La police est tenue d’informer les victimes de l’existence de ces centres et de leur transmettre les coordonnées de celle-ci (sur la base de son accord). L’aide immédiate et les prestations fournies directement par les centres sont gratuites. Lorsque la situation personnelle de la personne qui consulte le justifie, les centres de consultation prennent en charge d’autres frais (comme par exemple les frais médicaux, les frais d’avocat ou les frais de procédure). &lt;br /&gt;
S’il est difficile de faire parler les statistiques, ici nous nous basons sur l’année 2004, ils donne toute de même une idée intéressante sur la question qui nous occupe, à savoir la violence féminine et masculine : une nette prédominance des femmes dans la consultation (75%), avec des auteurs présumés de sexe masculin (83.5), et l’existence d’une relation familiale, victime – agresseur (52,9%).  &lt;br /&gt;
Le législateur prend en compte la situation des victimes, il estime qu’elles doivent être soutenues dans la procédure pénale, et également qu’elle a droit à une indemnisation ou à une réparation morale. Le montant étant déterminé en fonction des revenus de la victime. On peut constater également la reconnaissance par la société du statut de victime,  puisque les demandes « 196 pour l’indemnisation »  et  « 728 pour la réparation morale » ont été traitées positivement. &lt;br /&gt;
La formation du personnel des centres Lavi : la loi mentionne des aides financières à la formation. Une formation spécifique « Lavi » a été instaurée et des formations complémentaires complètent la spécialisation de ces professionnels. &lt;br /&gt;
Violence domestique : une protection particulière &lt;br /&gt;
Le 14 juin 2000, la Conseillère Ruth-Gaby Vermot-Mangold dépose une initiative parlementaire visant à assurer la protection des victimes de violences domestiques par l’expulsion immédiate du domicile des personnes violentes, lesquelles ne peuvent plus réintégrer leur logement pendant une période déterminée. Si celle-ci est encore en discussion, elle a déjà reçu l’aval du Conseil fédéral qui propose, en novembre 2005, un nouvel article 28b dans le code civil visant à protéger la victime de violence ou de harcèlement en lui donnant le droit de requérir le juge d’instruction d’interdire à l’auteur de l’atteinte de l’approcher, de fréquenter certains lieux ou de prendre contact avec elle. &lt;br /&gt;
Ce nouvel article 28b prévoit également l’institution par les cantons de centres d’informations et de consultation dans le but d’agir préventivement pour éviter la violence domestique et sa récidive. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Violence entre conjoint ou partenaire : poursuivie d’office depuis le 1 avril 2004&lt;br /&gt;
Le Conseil Fédéral  modifie le Code pénal en ce sens que les actes de violence domestique seront poursuivis d’office et non plus sur plainte. Le communiqué de presse est intéressant et nous donne un aperçu des changements sociaux intervenus : « il n’est plus question de tolérer la violence physique ou sexuelle exercée contre un conjoint ou un partenaire – dans un couple hétérosexuel ou homosexuel – sous prétexte qu’elle ne serait que de peu de gravité ou qu’elle relèverait de la sphère privée ».  Les actes seront poursuivis sans plainte pénale préalable de la victime. La contrainte sexuelle et le viol commis au sein du couple sont élevés au rang de délits poursuivis d’office.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Evolution des lois et violence conjugale.&lt;br /&gt;
Votée en 1991, la LAVI démontre que «  victime de violence » constitue maintenant  une déviance secondaire. Les plaignants sont identifiés, l’état institutionnalise leur prise en charge, les centres Lavi sont créés et les consultations augmentent au fil des années.   &lt;br /&gt;
Les statistiques issues des centres Lavi ont permis d’apporter des précisions chiffrées à cette forme de violence. Le taux de victimes de sexe féminins est important (75%),  le sexe masculin de l’auteur présumé révèle un pourcentage très élevé (83.5%) et pour 52.9% des consultants une relation familiale victime - agresseur existe. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Néanmoins la violence conjugale se fait discrète, le terme de violence domestique n’apparaît qu’avec le dépôt en 2002 de l’initiative parlementaire de Vermot-Mangold. En juin 2001 le Conseil Fédéral met en consultation le « projet élaboré par la Commission des affaires juridiques du Conseil national » et la notion de violence domestique fait partie des préoccupations reconnues officiellement. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous pouvons relever que les documents officiels font référence à la notion de victime n’est pas sexué,  le mot « femme » n’y est pas accolé. Les termes utilisés « violence physique ou sexuelle exercée contre un conjoint ou un partenaire (…) dans un couple hétérosexuel ou homosexuel », « ordonner à une personne violente de quitter le domicile conjugal », « prévenir la récidive des agresseurs ». Dans les documents que j’ai parcouru sur le site de l’office fédéral de la justice sous la mention « aide aux victimes », je n’ai trouvé qu’une seule fois la mention spécifique « femme » : «  la violence domestique est aujourd’hui quotidienne dans notre société. Les femmes en sont souvent les victimes ». Dans tous les autres documents la violence domestique paraît neutre. Si le mot victime est féminin, les textes l’utilisent comme un élément générique. On peut en partie le comprendre par le fait que  la Lavi ne reçoit pas que des victimes de violences conjugales, mais également des victimes d’accidents de la route, d’attentats, d’enlèvement, de prise d’otage ou de brigandage.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Essai de définition de la problématique (Chantal) ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La problématique :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous sommes partis d’un phénomène qui semble nouveau : « les hommes battus ». La presse en fait mention, un livre vient d’être publié en Suisse, nombreux sont les articles  qui s’y réfèrent, et des groupes de pressions se sont constitués autour de « la souffrance masculine ». Nous souhaitons comprendre quand cette problématique « hommes battus » est apparue, par quels groupes sociaux elle est relayée puis médiatisée ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour cela nous nous référerons au concept de violence et plus particulièrement à la catégorie « violence conjugale ». Nous chercherons à savoir comment est apparu le vocable « violence conjugale », par qui il a été conceptualisé, et comment il s’est développé. A partir de là nous tenterons de situer les notions  de « femmes battues», puis « hommes battus » pour déterminer quand et comment cette notion apparaît puis se développe. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous travaillerons à partir coupure de presse, revue	s, texte de lois, de statistique, thématique  de témoignages de professionnels et de  victimes. &lt;br /&gt;
L’analyse textuelle des sources se fera autour du processus de construction de la violence conjugale, à partir des thèmes d’analyse suivants : critères de définition de la violence conjugale, logique de l’évolution du concept violence conjugale – apparition du thème hommes battus – maltraités – , statistiques femmes battues, hommes battus –, création d’association relais de la problématique, lieux de prise en charge – politique sociale -. [[Utilisateur:Cornut piller|Cornut piller]] [[Utilisateur:Cornut piller|Cornut piller]] 21 mai 2006 à 15:46 (MEST)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
article on line, amnesty section suisse.&lt;br /&gt;
En route contre la violence domestique. Tournée de la section suisse d’Amnesty International. &lt;br /&gt;
Article tiré online : Section Suisse : Campagne : Halte à la violence contre les femmes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le projet : la violation des droits humains perpétrées jour après jour dans le monde entier et aussi dans notre pays seront thématisées pour briser le tabou qui entoure la violence dans le couple. La tournée d’Amnesty a pour but d’améliorer les interventions de l’Etat contre la violence domestique, surtout à l’échelle cantonale et communale et de sensibiliser le grand public, en particulier les jeunes  et les hommes, notamment dans les régions rurales. Les revendications d’Amnesty International en matière de violence domestique repose sur l’obligation de l’Etat d’agir contre cette forme de violation des droits humains. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pourquoi une campagne de droits humains contre la violence domestique ?&lt;br /&gt;
Pour comprendre que la violence domestique est une violation d’un droit humain, considérer que l’empêcher ne relève pas de la sphère privée des couples et des familles concernées, et ne pas l’assimiler à un « problème de femmes », mais à une mission publique, qui touche tout le monde. &lt;br /&gt;
Car aujourd’hui si la visibilité du débat public sur la violence domestique s’est améliorée, les menaces, coups, contraintes, viols et meurtres auxquels les femmes sont souvent exposées dans leurs quatre murs constituent un sujet rarement perçu comme relevant des droits humains. Pourtant il s’agit bien de droit à l’intégrité physique et psychique : droit à la liberté et à la sécurité, droit à la santé, droit à l’absence de torture ou d’autres traitements dégradants et même souvent le plus, droit à la vie. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Utilisateur:Cornut piller|Cornut piller]] 17 mai 2006 à 11:22 (MEST) [[Utilisateur:Cornut piller|Cornut piller]]&lt;br /&gt;
et encore un... &lt;br /&gt;
article de journal intéressant pour nous, &lt;br /&gt;
&amp;quot;contre l&#039;émancipation des femmes, les hommes ont inventé &amp;quot;la crise de la masculinité&amp;quot;, voici un résumé.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Exemple :&lt;br /&gt;
Courrier du 18 mai 2005&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Titre : contre l’émancipation des femmes, des hommes ont inventé « la crise de la masculinité ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1ier congrès international de la condition masculine a eu lieu à Genève le mars 2003. (en 2005 a eu lieu à Montréal).  Ces colloques font partie d’un mouvement plus large qui met en avant « la crise de la masculinité »  en réaction à l’émancipation « trop » radicale des femmes. Si ce courant est minoritaire au sein de la gent masculine, il participe d’une tendance qui remet en question l’avancée des droits des femmes. Ces propos sont tenus par Virginie Poyetton journaliste au courrier de Genève.&lt;br /&gt;
les débats sous-jacents : les masculinistes (nom que se sont donnés les défenseurs de la condition masculine) pensent que le féminisme les a forcés à changer et depuis ils se sentent dépossédés de leurs  identités et de leurs droits. Ils souffrent d’injustices : discrimination  positive au travail faveur des femmes, préjugés favorables aux mères en cas de divorce, fausses allégations de violence ou d’inceste, pensions alimentaires disproportionnées, hausse du décrochage scolaire chez les garçons, augmentation de la prescription d’antidépresseurs.&lt;br /&gt;
Anne-Marie Devreux, sociologue française chargée de recherche au CNRS répond : c’est un discours de dominants. Les arguments utilisés sont majoritairement reliés à l’émotionnel et à l’identitaire. Cette crise trouve ses racines dans les années 1970 et les avancées acquises par les femmes : participation au marché du travail et contraception. Les réactions positives de quelques hommes à ces changements furent arbitrairement extrapolés à l’ensemble de la société. Selon la sociologue Pascale Molinier  ce n’est que dans les années 1990 que le discours optimiste sur les nouveaux hommes et la constitution d’une société nouvelle égalitaire laissa la place à un discours alarmiste sur « le malaise des hommes ». Malaise qui s’expliquerait par la remise en question de certaines pratiques et cadres traditionnels.&lt;br /&gt;
Or, les inégalités touchent presque toujours des femmes : chômage, précarité, bas-salaire, sans oublier la violence.&lt;br /&gt;
En résumé : Pour Anne-Marie Devreux, un état de crise surgit à chaque fois qu’une domination est remise en question. Cette angoisse serait liée au sentiment de la perte des privilèges et du monopole des hommes. Cette crise de la masculinité est une version soft de ce qui est en train de se mener plus particulièrement en France et au Canada : une lutte ouverte des hommes contre les femmes  et contre les féministes. Ex. la mixité à l’école remise en question…&lt;br /&gt;
Souffrance féminine :&lt;br /&gt;
Rien n’est jamais gagné en matière de droit des femmes et un regard mondial démontre assez facilement que dans certaines parties du monde a lieu une régression de leur droit, ex. en Algérie, et en Afghanistan.&lt;br /&gt;
Souffrance au masculin : &lt;br /&gt;
Selon Pascale Molinier, les formes masculines de décompensation sont spectaculaires, rixes, sabotages, surendettement, violences domestiques, suicides. La souffrance des hommes fait recettes, « le stress des cadres » fait couler plus d’encre que celui des caissières.&lt;br /&gt;
[[Utilisateur:Cornut piller|Cornut piller]] 17 mai 2006 à 11:00 (MEST) [[Utilisateur:Cornut piller|Cornut piller]]&lt;br /&gt;
A propos de la revue de littérature, j&#039;ai essayé de mettre de l&#039;ordre dans ma confusion. Peux-être que cela vous est utile. &lt;br /&gt;
Mots –clés de la revue de littérature &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Questionnés par le concept hommes battus – référence à femmes battues pour situer le premier concept.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sophie Torrent : &lt;br /&gt;
Violence faite aux hommes. &lt;br /&gt;
Pour hommes difficiles d’accepter car contraire aux stéréotypes, impensable social.&lt;br /&gt;
La violence faite aux hommes les invalide dans leur identité, située dans leur appartenance à la catégorie homme. &lt;br /&gt;
Torrent recherche les stratégies élaborées par les hommes battus pour faire face  à ces situations. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Yvon Dallaire :&lt;br /&gt;
Violence faite aux hommes dans l’humanité. Mais regard attiré que par violence des hommes contre aux hommes, enfants et femmes (guerres, meurtres, viols, violence conjug…. Etc… &lt;br /&gt;
Mais silence sur la violence des femmes envers autres femmes, enfants ou hommes. &lt;br /&gt;
Le concept violence conjugale s’inscrit dans un paradigme teinté de sexisme et de discrimination. &lt;br /&gt;
Propose de passer de victime - agresseur à victime – victime co-créateur de l’escalade de violence. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bretonnière-Fraysse et al. (2001) :&lt;br /&gt;
Violence conjugale a toujours existé : femmes victimes, hommes agresseurs. Mais, violence demeure encore cachée, honteuse, secrète… &lt;br /&gt;
Adosse son propos sur le fait que violence faites aux femmes a traversé les époques. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Gillioz, De Puy et Ducret quant à eux (2000) :&lt;br /&gt;
Large enquête en suisse romande sur violences faites aux femmes. Pour elles violence faites aux femmes une évidence.&lt;br /&gt;
Rappellent le mythe des années 1960, la famille n’est pas violente, mais bienveillante. &lt;br /&gt;
Les théories féministes des années 1970, viennent questionner différemment la famille. Violence faite aux femmes doit être étudiée spécifiquement. &lt;br /&gt;
La sociologie de la famille étudie la violence familiale sous l’angle de la  société,  des  institutions,  la famille comme un système consensuel qui règle pouvoir et  domination .&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les travaux de Strauss, Gelles et Steinmetz ont été a l’origine des propos que les femmes sont aussi violentes que les hommes. La façon dont ils ont questionné les catégories de violence a abouti à un matériel large d’actes de violence non contextualisés. Le concept hommes battus est apparu comme une des conséquences de la répertorisation des actes violence non contextualisés.&lt;br /&gt;
Ce qui a été contesté fortement par les auteurs même de la recherche. &lt;br /&gt;
Et la notion d’hommes battus s’est dégonflée d’elle-même. &lt;br /&gt;
Perrone Nanini : violence n’est pas un phénomène individuel,  mais la manifestation d’un phénomène interactionnel. Dit autrement, un mode particulier de communication. &lt;br /&gt;
Chez eux, ni victime – agresseur, ni homme – femme, mais l’idée que chacun doit devenir et se penser responsable de ses propres comportements. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
	[[Utilisateur:Cornut piller|Cornut piller]] 17 mai 2006 à 10:16 (MEST) [[Utilisateur:Cornut piller|Cornut piller]]&lt;br /&gt;
cher groupe, voilà encore une série de concept.&lt;br /&gt;
[[Utilisateur:Cornut piller|Cornut piller]] [[Utilisateur:Cornut piller|Cornut piller]] 16 mai 2006 à 17:10 (MEST)&lt;br /&gt;
CONCEPT GENRE : c&#039;est une catégorie d&#039;analyse qui permet de décrire le masculin et le féminin comme constructions sociales. Employé au singulier, il désigne l&#039;organisation sociale des rapports entre hommes et femmes, rapport social lui-même considéré comme une institution.à&lt;br /&gt;
Tiré de : Dictionnaire de Sociologie, 1999 Le Robert. Seuil.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
DOMINATION : Fait, pour un groupe social, d&#039;exercer une influence déterminante sur une catégorie sociale, une classe, un genre, une nation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
POUVOIR ET DOMINATION: Le fait de la domination entendue comme au sens large comme le fait, pour une classe sociale, une institution, un Etat, d&#039;exercer son emprise sur un ensemble social, constitue un problème central pour la sociologie. &lt;br /&gt;
Marx et Weber ont ouvert la voie à deux approches divergentes de la domination:&lt;br /&gt;
Pour Marx, c&#039;est l&#039;étude du mode de production et de sa caractéristique essentielle, le mode de propriété, qui permet l&#039;analyse de la domination et de ses différentes formes. &lt;br /&gt;
Weber associe le fait de la domination et la question de la légitimation. Tout rapport de domination suppose, en effet, en dehors du rapport de pure violence, un système de justification visant à obtenir un minimum de &amp;quot;volonté d&#039;obéir&amp;quot; de la part des assujettis. &lt;br /&gt;
La contribution de Bourdieu au concept de domination, porte particulièrement sur les conditions de reproduction de la domination et sur la place de la culture dans cette reproduction.&lt;br /&gt;
Tiré de Dictionnaire de Sociologie, 1999, Le Robert, Seuil.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
FEMINISME : Courant d&#039;idées et de luttes concernant les droits des femmes, le féminisme devient dans certaines périodes historiques, un mouvement social et politique pour l&#039;émancipation des femmes. Il désigne aussi un corpus théorique.&lt;br /&gt;
Les études féministes : Le féminisme comme mouvement et comme théorie a inspiré le développement des recherches dans de nombreux champs scientifiques. En sociologie, tous les domaines sont revisités par la problématique des rapports sociaux de sexe et son paradigme de transversalité entre les champs sociaux : si les femmes constituent un groupe social sexué, elles ne constituent pas pour autant un groupe réel, isolable dans l&#039;espace social. En ce sens, elles différent des classes sociales ou des minorités. On est alors conduit à interroger la séparation entre espace privé et espace public, entre travail professionnel et travail domestique, entre démocratie formelle et exercice de la citoyenneté, etc...&lt;br /&gt;
Tiré du Dictionnaire de Sociologie, 1999, Le Robert, Seuil&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Mise en marche de l&#039;article (Miguel) ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hello tlm...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Alors voilà, comme convenu, la page &amp;quot;article&amp;quot; est disponible et active, j&#039;y ai inséré la revue de littérature... J.C. quand tu veux ;-) Sinon je suis dans l&#039;attente de la validation de la prof pour nos personnes-ressources... A mercredi (rdv comme d&#039;hab.) [[Utilisateur:Miguel|Miguel]] 10 mai 2006 à 18:14 (MEST)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Proposition de documents (Chantal) ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
bonjour l&#039;équipe, &lt;br /&gt;
miguel j&#039;ai voulu modifier le résumé... mais le résultat n&#039;est pas concluant, et je ne sais pas faire mieux. il faudrait rajouter une phrase : &amp;quot;les auteures décrivent leur démarche, la méthodologie utilisée et une partie des résultats quantitatifs et qualitatifs. [[Utilisateur:Cornut piller|Cornut piller]] 1 mai 2006 à 09:03 (MEST)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
d&#039;autres part, au niveau de notre méthodologie, on pourrait dire que nous allons étudier notre question entre autres à travers  les documents suivants : les 3 messages du conseil fédéral présidant concernant les 3 modifications de la LAVI; les revues de &amp;quot;thérapie de famille&amp;quot;, de l&#039;année 1989 à aujourd&#039;hui, en recherchant les articles qui traitent de notre sujet, afin de situer l&#039;évolution des discours. [[Utilisateur:Cornut piller|Cornut piller]] 1 mai 2006 à 09:03 (MEST)&lt;br /&gt;
Je propose encore une lecture dont je vous ferai le résumé : &amp;quot;Le genre comme catégorie d&#039;analyse&amp;quot;, sous la direction de Fougeryrollas-Schwebel D., Planté C., Riot-Sarcey M., Zaidman C. publié chez l&#039;Harmattan, 2003. [[Utilisateur:Cornut piller|Cornut piller]] 1 mai 2006 à 09:03 (MEST)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
***&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Nouvelle modification du plan de recherche ([[Utilisateur:Miguel|Miguel]]) ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hello cher groupe...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Vl&#039;à les news... Comme discuté, j&#039;ai modifié notre plan. En espérant que cela reflète bien notre vision commune, je vous demanderai d&#039;y jeter un coup d&#039;oeil. De plus, j&#039;ai regroupé nos résumés et du coup j&#039;ai trouvé intéressant d&#039;y ajouter quelques commentaires (je les ai tiré de vos résumés), de sorte à les rendre plus accessibles et utilisables. Idem,  à vous de voir si ça reprend bien l&#039;idée du texte.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sinon, comme convenu, je rajouté une page ou l&#039;on déposera tous les documents nécessaires à l&#039;avancement du travail.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour finir, je vous propose de mettre un titre ainsi que votre nom aux messages que nous postons. Ainsi, il sera plus simple de naviger à travers ces derniers. @+ [[Utilisateur:Miguel|Miguel]] 27 avr 2006 à 12:44 (MEST)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
***&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Statistiques LAVI en cours (Chantal) ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chers collègues,&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les statistiques LAVI sont en cours de recherches, certains cantons les publient sur internet, pour d&#039;autres, il faut aller à la pêche. l&#039;office fédéral de la statistique n&#039;a effectivement pas toutes les statistiques. De plus souvent celles-ci comprennent le nombre de consultations, donc constater une évolution est possible, mais il n&#039;y a pas toujours la distinction hommes femmes. je mettrais en ligne dès que j&#039;aurai les documents. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
pour la suite, je vous propose de définir la violence au niveau du sens commun : chacun de nous peut-il apporter sa définition ? ou éventuellement celles qu’il aurait récolté autour de la machine à café comme le disait Schurmans.  Qu&#039;en pensez-vous ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour aller plus loin j’aimerai vous soumettre une partie du texte issu de l’article de De Puy, Gillioz et Ducret, car il me semble que cela nous permettrait d’aller plus loin dans la construction de notre objet de recherche. [http://home.etu.unige.ch/~maneira4/R_sum__aeticle.doc Résumé de Chantal à lire]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je cite : « Construction de l’objet scientifique et cadre théorique. &lt;br /&gt;
Nous nous sommes gardées d’une approche épistémologique naïve qui assimilerait l’objet sociologique au problème social de la violence tel qu’il est porté à l’attention des chercheurs et chercheuses (voir à ce sujet Bourdieu, 1990). Ce dernier constitue un objet préconstruit qu’il s’agit de dépasser pour l’élaborer scientifiquement. En effet, l’objet visé par la sociologie n’est pas la violence, qui en tant que fait n’a pas de pertinence sociologique. Elle n’en acquiert qu’en référence à un contexte social qui lui donne sens. Ainsi on ne saurait traiter de la même manière la violence du dominant et du dominé, sous peine d’amalgamer des phénomènes sociologiquement différents. L’objet sociologique pertinent est donc la relation sociale sous-jacente à la violence, à savoir les rapports de domination entre femmes et hommes au sein des couples ». &#039;&#039;&#039;je partage ce point de vue&#039;&#039;&#039; [[Utilisateur:Miguel|Miguel]] &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour votre réflexion je cite également le paragraphe suivant qui fait référence à d’autres courants auxquels vous faisiez allusion, en particulier, toi Miguel. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Nous nous distançons de certains courants positivistes, présents dans la sociologie américaine, qui étudient toutes les formes de violence familiale, quel qu’en soit l’auteur-e ou la victime – violence des hommes envers leurs femmes, des femmes envers leurs enfants, des enfants envers leurs parents ou des parents envers leurs enfants, sans prendre en compte la problématique du genre. Le fait violent et son dénombrement sont ainsi privilégiés au détriment d’un modèle théorique donnant sens aux faits observés. Ce type d’approche a pu conduire à des biais d’interprétation. Considérant comme équivalents un acte violent ayant pour finalité le contrôle d’autrui et un acte d’autodéfense, certaines études en sont arrivées à établir des taux de violence féminine et masculine semblables.&#039;&#039;&#039; La je partage moins du coup. Mes sources (bon elles ne semblent pas trop ojectives) mais tout de même  indiquent au contraire que ce serait la recherche (plutôt sa méthodologie ainsi que sa philosiphie) que tu utilise comme référence, qui ne saurait pas très fiable. (méthodo: coups téléphoniques, public  pris en compte: uniquement que des femmes). Donc pour être clair, je trouve que c&#039;est bien de prendre en compte différents aspects de la violence conjugale. Toutefois, il ne faut pas se mélanger les pinceaux et savoir si l&#039;on parle de ressentis, de vécus de violence ou de définition et de qui? etc.&#039;&#039;&#039; [[Utilisateur:Miguel|Miguel]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De Puy J., Gillioz L., Ducret V. (2002). Intimités piégées. La violence conjugale en Suisse. Nouvelles Questions Féministes – Vol. 21, No 1/2002&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je vais préparer l&#039;un ou l&#039;autre définition de concepts et vous les soumettre. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
donnez-moi un retour. à bientôt [[Utilisateur:Cornut piller|Cornut piller]] 20 avr 2006 à 11:35 (MEST)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
***&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Approuvation proposition de structure de travail de Jean-Christophe. II (Céline)==== &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Salut!&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
J&#039; approuve aussi la proposition de structure de travail de Jean-Christophe ! J&#039;ai ajouté quelques sites web à la bibliographie. Le site d&#039;arte concerne la soirée thema dont je vous avais parlé, contenant des statistiques, les références du documentaire, le forum, etc. Jetez un coup d&#039;eil à la rubrique &amp;quot;histoire&amp;quot; du site de VIRES, il y est expliqué les &amp;quot; Eléments théoriques de base et changements de l&#039;identité de Vires.	Depuis sa fondation, Vires s&#039;est défini de 3 manières différentes: 	&lt;br /&gt;
	1. Organisme pour les hommes ayant recours à la violence dans leur couple et dans leur famille. 			&lt;br /&gt;
	2. Organisme pour les personnes ayant recours à la violence dans leur couple et dans leur famille. 	&lt;br /&gt;
	3. Organisme de traitement et de prévention de la violence exercée dans le couple et dans la famille. 	&lt;br /&gt;
		&lt;br /&gt;
Cela est pertinent par rapport à notre problématique de &amp;quot;concept en mouvement de la la violence conjugale&amp;quot;, non?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Utilisateur:Celine|Celine]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
***&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Approuvation proposition de structure de travail de Jean-Christophe. I ([[Utilisateur:Miguel|Miguel]]) ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hello J.C. et les filles...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
alors pour répondre au premier, je trouve que ces quelques mots résument bien notre pensée (en tout cas la mienne). Si je récapitule (vous remarquerez que j&#039;en ai souvent besoin), la proposition de Céline ainsi que la mienne pourraient plutôt devenir des hypothèses alors que celles de Chantal et J.C. des questions de départ. (cf à la page [[Plan de recherche: Violence conjugale; un concept en mouvement|Notre plan de recherche]]) Je vous propose de retourner une fois encore (si ce n&#039;est pas déjà fait) sur cette page et de limiter / préciser votre centre d&#039;intérêt. Ceci fait, nous pourrions (par exemple) valider la structure proposée par J.C. &#039;&#039;&#039;Essayez de le faire avant lundi soir, merci.&#039;&#039;&#039; [[Utilisateur:Miguel|Miguel]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
***&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Proposition de thématique, structure de travail (J.C.) ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hello ! Je vous transmets quelques éléments et quelques propositions suite à notre discussion de mercredi dernier, vous me direz ce que vous en pensez... (Jean-christophe)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Proposition de thématique&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En partant d’une définition permettant de discerner les entours de la violence dans son sens large, nous nous proposons de procéder à une analyse plus spécifique de ce qu’il en est de la violence conjugale. À partir de quelques traits de ces phénomènes, nous prendrons le bais, en corrélation avec la thématique de la femme battue, d’un nouveau phénomène émergeant, celui des hommes battus. Nous étudierons plus particulièrement les préjugés et les stéréotypes qui circulent à ce sujet dans le social. Ce travail exigera bien évidemment une étude socio-historique de ces phénomènes, en cherchant à déterminer les corrélations qui existeraient dans une approche de genre femmes-hommes. Enfin, nous essaierons de mettre en lumière les caractéristiques incontournables qui résurgeront de notre travail de recherche, caractéristiques juridiques, psychosociales, informations issues d’études cliniques, témoignages. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Structure du travail&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Définition de la violence : 	o mise en lumière de quelques définitions générales&lt;br /&gt;
				o définitions juridiques de la violence&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Contextualisation &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Approche socio-historique : quand ce phénomène est-il apparu ? Qui en parle ? Comment en parle-t-on dans le social ? Préjugés et stéréotypes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
et&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Caractéristiques psychosociales : comment cela se passe ? Types de violences, témoignages de victimes, études scientifiques, rapports d’études cliniques, etc.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ces deux approches portant sur :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
				o Problème social de la maltraitance et violence faite aux enfants&lt;br /&gt;
				o Problème social de la femme battue&lt;br /&gt;
				o Problématique de la violence conjugale&lt;br /&gt;
				o Émergence d’un nouveau problème social : les hommes battus&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Analyse et mise en corrélations de la violence faite aux femmes et la violence faite aux hommes (étude de genre)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Conclusions&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
***&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Regroupement des questions de départ ([[Utilisateur:Miguel|Miguel]]) ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C&#039;est encore machin...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Alors voilà, j&#039;ai regroupé nos questions de départ dans le plan de recherche. A vous d&#039;indiquer ce que vous pensez qu&#039;il soit utile de garder. L&#039;objectif étant de trouver une question de départ principale (et à la limite d&#039;en faire d&#039;écouler des secondaires). &#039;&#039;&#039;A faire avant lundi !!!&#039;&#039;&#039; Du coup, on décidera rapidement les références que l&#039;on garde et que l&#039;on valorise. (déposez aussi vos références &#039;&#039;utiles&#039;&#039;) il va falloir trier...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sinon, je viens de créer un lien vers cette page de discussion dans notre page de plan de recherche.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bien à vous. [[Utilisateur:Miguel|Miguel]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
***&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Changement du titre de notre travail ([[Utilisateur:Miguel|Miguel]]) ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hello tlm...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Alors news techniques...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
J&#039;ai changé (on pourra rechanger si besoin est) le titre de notre travail (vous savez pour quelles raisons). De ce fait, on va maintenant surtout travailler entre la page [[plan de recherche: Violence  conjugale; un concept en mouvement]] et cette page de discussion.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
News pour le plan...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Vous êtes dés maintenant, amies, amis invités à alimenter le plan de recherche. Pour cela je récapitule: on était resté (me semble-til) sur l&#039;idée de partir du concept de violence conjugale (et plus de l&#039;homme battu) et on avait la volonté d&#039;isoler certains aspects de ce dernier tels que; son évolution socio-historique concernant, entre autres, les acteurs, les documents, les structures, les enjeux possibles etc, et cela &#039;&#039;&#039; dans le contexte helvétique, romand, et genevois&#039;&#039;&#039;. En espérant que cela résume bien les idées de chacun, je vous salue. [[Utilisateur:Miguel|Miguel]] &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
***&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Ajout de queques références bibliographiques (Céline) ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Salut!&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme prévu j&#039;ai rajouté quelques références bibliographiques. Je pense que le rapport d&#039;activité du CIMPV(que je vais vous résumer) est spécialement pertinent justement comme trace directe d&#039;un discours de professionnels interdisciplinaires spécialisés sur la question des violences. Le fait que cette consultation est intégrée à la grande institution des HUG n&#039;est pas anodin non plus. Pour rappel, la Consultation Interdisciplinaire de Médecine  Prévention de la Violence prend en charge tout type de violence(interpersonnelle, institutionnelle,etc.) et tout type d&#039;acteurs (victimes/agresseurs/témoins). Néanmoins, concrètement les cas de violence conjugales constituent la majorité de leur travail. J&#039;ai profité d&#039;un entretien de stage avec les psychologues de la Consultation pour leur demander des références et des données quant à la problématique des hommes battus. Malheureusement, ils ne possèdent rien d&#039;autre que les statistiques inclues dans leur rapport. Ils ont souligné que c&#039;est une problématique très récente; et que d&#039;ailleurs ils reçoivent de nombreuses demandes d&#039;infos à ce sujet. Ils ont confirmé que certains de leurs patients  sont &amp;quot;uniquement&amp;quot;des hommes battus, mais que la violence réciproque est plus fréquente (et les femmes &amp;quot;uniquement&amp;quot; victimes sont la très grande majorité, est-il utile de le rappeler....). Côté référence, ils m&#039;ont cité le fameux mémoire...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour info, le bouquin de Souffron peut être consulté à la biblio de droit, voici la cote : CA/F 89.1g SOUF  (c&#039;est le rayon crimino).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A bientôt, Céline&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
2avril 2006&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
***&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Retour sur infos de la prof ([[Utilisateur:Miguel|Miguel]]) ==== &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hello tlm...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
je me permets de reprendre ce que M.Ruchat a indiqué sur notre projet. Cela devrait nous aider à choisir rapidement la direction à prendre. Pour plus, d&#039;infos, veuillez vous référer à ses propos dans la page discussion de notre projet. @+ [[Utilisateur:Miguel|Miguel]]  1 avr 2006 à 17:10 (MEST) (ce n&#039;est pas un poisson d&#039;avril ;.)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;quot;Il s&#039;agit d&#039;inscrire votre objet dans cette perspective, à savoir: qui parle ainsi, de l&#039;homme battu par exemple, depuis quand en parle-t-on, quels sont les discours (des médecins, des journalistes, des hommes battus, etc...), quelles solutions ont été promues, quels évenutels conflits d&#039;interprétation existent, quelle institutionalisation éventuelle? Vous ne pourrez peut-être pas tout aborder. Mais il faudra partir du factuel, de la réalité, dont vous aller chercher au plus près de la matière les éléments de preuves.&amp;quot;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
***&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Début des commodités ([[Utilisateur:Miguel|Miguel]]) ==== &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Salut ô cher groupe... comme vous le constatez... quelques changements... ça bouge quoi!!!&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je vous propose que l&#039;on se retrouve à la fin du cours de la semaine prochaine pour cibler un pleux plus notre thématique. &#039;&#039;&#039;Sinon veuillez m&#039;indiquez votre adresse e-mail valide pour que l&#039;on puisse communiquer rapidement si besoin est. Merci&#039;&#039;&#039; [[Utilisateur:Miguel|Miguel]] &lt;br /&gt;
***&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Centres d&#039;intérêts==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Centre d&#039;intérêt, question de départ de Chantal:&#039;&#039;&#039;&#039;&#039; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
mes chers, je ne suis pas des votres aujourd&#039;hui à cause d&#039;un probléme familial important... juste quelques mots sur ma réflexion. abonnée à thérapie de famille depuis 15 ans, je n&#039;y trouve aucune mention de la violence des femmes sur les hommes. ou plutôt, la maltraitance est considérée de façon systémique et pluridimensionnelle. L&#039;émile, journal féministe, parle de violence faite aux femmes, je vais reprendre les numéros en ma possession pour voir si à un moment donné il est question de la violence des femmes sur les hommes. mais ce qui me questionne, c&#039;est comment on arrive à isoler une catégorie, ici celle de la violence faite par les femmes aux hommes. Je me demande qui est intéressé de voir le problème sous cette catégorisation là. Cette catégorie amène quel regard spécifique, et qui amène de l&#039;eau au moulin de qui, pour en faire quoi ? &lt;br /&gt;
j&#039;ai été à la biblio et ai pris une série de livres &amp;quot;genre&amp;quot;. voici les références si ^Miguel veut les ajouter. L&#039;un et l&#039;autre sexe 2001, revue internationale Paris ESPRIT - David Jackson et Daniel Welzer-Lang 1998, Violence et masculinité chez &amp;quot;..., montpellier - Mino Vianello, Elena Caramazza 2001Un nouveau paradigme pour les sciences sociales : genre, espace, pouvoir L&#039;Harmattan - Marie-blanche Tahon 2003, Sociologie des rapports de sexe, aux presses universitaires de Rennes - ouvrage collectif 2003, le genre comme catégorie d&#039;analyse, sociologie, histoire, littérature. &lt;br /&gt;
Je vais les parcourir et faire une fiche de lecture de l&#039;un ou l&#039;autre. vous pouvez m&#039;appeler en début d&#039;aprés-midi si vous travaillez ensemble au 024 472 73 64. je suis vraiment désolée, de ne pas être avec vous aujourd&#039;hui. à bientôt chantal&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Centre d&#039;intérêt, question de départ de Céline:&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La question qui pour moi relierait de manière pertinente la problématique des femmes battues et celles des hommes battus dans une perspective socio-historique pourrait se formuler comme telle: La reconnaissance du phénomène des femmes battues a-t-elle favorisé l&#039; émergence récente des hommes maltraités dans le couple en tant que problème social? Ou au contraire a-t-elle rendu difficile la prise de parole des hommes souffrant de violence conjugale, la place de victime étant déjà &amp;quot;prise&amp;quot; par la femme de manière sous-entendue dans les mentalités?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Centre d&#039;intérêt, question de départ de Jean-Christophe:&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je m’intéresse particulièrement aux définitions qui sont faites de la violence en lien avec le thème que nous avons choisi. Je me pose la question de savoir quelles sont les spécificités de la violence faite aux hommes en en la comparant ou en l’incluant dans les développements déjà existants sur la violence en général. Je pense qu’un lien avec la violence conjugale et la violence faite aux femmes est ainsi incontournable. Ces propos rejoignent un questionnement sur la notion de genre et sur les discours qui circulent dans le social quant à la violence faite aux hommes et aux femmes. Ceci rejoint également les propositions faites par Miguel concernant les stéréotypes existants sur les hommes et les femmes, en prenant plus appui sur les définitions existantes de la violence. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Questions de départ:&#039;&#039;&#039; si le phénomène ou le concept des hommes battus semble émerger depuis quelques années comme un problème social nouveau (là est la question), peut-on dans le passé trouver des traces de la violence faite aux hommes de manière plus générale ? Une autre question s’y joint quant à l’influence des développements prenant en compte la violence faite aux femmes et si ceux-ci ont une influence sur les propos qui concernent la violence faite aux hommes. Dans quelle mesure existe-t-il une séparation des genres hommes-femmes quant à la problématique de la violence ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Centre d&#039;intérêt, question de départ de Miguel:&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme discuté hier, mon intérêt se porte plus sur les préjugés, stéréotypes véhiculés à l&#039;encontre des rôles masculins et féminins, dans la société (je me place donc au départ du processus socio-historique... enfin je crois)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Question de départ:&#039;&#039;&#039; Pour quelles raisons, est-il difficile de reconnaître l&#039;homme en qualité de victime dans le cadre d&#039;une violence conjugale?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==réactions prof==&lt;br /&gt;
Je trouve intéressant. Pourrait-on imaginer que dans les représentations l&#039;homme battu solit &amp;quot;féminisé&amp;quot; ce qui rend la prise de parole plus difficile. Croiser représentations sociales (hommes et femmes) avec la problématique de l&#039;objet construit pourrait être pertinent. Regarder du côté de la psychologie sociale les travaux dans la fac de fabio Lorenzi Cioldi. A suivre...[[Utilisateur:Ruchat|Ruchat]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
***&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je trouve que vous vous posez plein de bonnes questions. Il s&#039;agit maintenant de faire un choix d&#039;approches théoriques (psychologie sociale? sociologie?) à croiser dans un regard transdisciplinaire avec la socio-histoire et de conserver une question principale et quelques questions secondaires, et de réfléchir à la méthodologie.&lt;br /&gt;
A suivre...[[Utilisateur:Ruchat|Ruchat]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Miguel</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Espace_de_dialogue&amp;diff=4420</id>
		<title>Espace de dialogue</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Espace_de_dialogue&amp;diff=4420"/>
		<updated>2006-06-23T20:08:16Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Miguel : /* Dernier message posté */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&#039;&#039;&#039;Membres du groupe&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Chantal Cornut&lt;br /&gt;
* Céline Pittet &lt;br /&gt;
* Jean-Christophe Contini&lt;br /&gt;
* Miguel Maneira &lt;br /&gt;
[mailto:maneira4@etu.unige.ch,contini2@etu.unige.ch,cepittet@hotmail.com,ch.cornut-piller@bluewin.ch Ecrire au groupe]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 [[L&#039;homme battu: le mâle...traité|Notre projet]]  |  [[Violence conjugale: De la femme battue à l&#039;homme battu...|Notre article]]  |  [[Plan de recherche: Violence conjugale; un concept en mouvement|Notre plan de recherche]]  |  [[Trésorus de notre groupe|Notre île aux trésors]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Hello cher groupe...===&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Cet espace est mis à notre disposition pour nous permettre de &amp;quot;poster&amp;quot; nos idées, nos réclamations, nos listes de courses etc. En bref, tout ce qui est susceptible de faire avancer notre projet.&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On peut, par exemple, y lancer des questions/suggestions parallèles (à notre page de projet principale) et chacun d&#039;entre nous s&#039;empressera de venir enrichir ces dernières tout au long du projet. En finalité, cet espace doit être vu soit comme un gros bloc-note ou encore un forum.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Citation de la semaine ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &#039;&#039;&#039;&amp;quot;Nous sommes de simples ignorants dont l&#039;ignorance comporte des lacunes&amp;quot;&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
 &#039;&#039;Maurice Roche &#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Nos mots doux==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Veuillez svp indiquer votre nom (3 petites vagues) ainsi que la date (5 petites vagues)à la fin de vos messages, merci. N&#039;oubliez pas d&#039;utiliser le &amp;quot;signet&amp;quot; &#039;&#039;écrire au groupe&#039;&#039; pour nous indiquer  qu&#039;une information importante vient d&#039;être postée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour finir, je propose (comme on l&#039;a fait jusqu&#039;à maintenant) que nous postions notre message en haut de la liste (de sorte à ce qu&#039;il soit vu le premier) dans la rubrique &amp;quot;&#039;&#039;Dernier message posté&#039;&#039;&amp;quot;. [[Utilisateur:Miguel|Miguel]] 21 avr 2006 à 00:40 (MEST)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Dernier message posté===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Messages===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Essai de définition de la problématique (Chantal) ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La problématique :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous sommes partis d’un phénomène qui semble nouveau : « les hommes battus ». La presse en fait mention, un livre vient d’être publié en Suisse, nombreux sont les articles  qui s’y réfèrent, et des groupes de pressions se sont constitués autour de « la souffrance masculine ». Nous souhaitons comprendre quand cette problématique « hommes battus » est apparue, par quels groupes sociaux elle est relayée puis médiatisée ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour cela nous nous référerons au concept de violence et plus particulièrement à la catégorie « violence conjugale ». Nous chercherons à savoir comment est apparu le vocable « violence conjugale », par qui il a été conceptualisé, et comment il s’est développé. A partir de là nous tenterons de situer les notions  de « femmes battues», puis « hommes battus » pour déterminer quand et comment cette notion apparaît puis se développe. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous travaillerons à partir coupure de presse, revue	s, texte de lois, de statistique, thématique  de témoignages de professionnels et de  victimes. &lt;br /&gt;
L’analyse textuelle des sources se fera autour du processus de construction de la violence conjugale, à partir des thèmes d’analyse suivants : critères de définition de la violence conjugale, logique de l’évolution du concept violence conjugale – apparition du thème hommes battus – maltraités – , statistiques femmes battues, hommes battus –, création d’association relais de la problématique, lieux de prise en charge – politique sociale -. [[Utilisateur:Cornut piller|Cornut piller]] [[Utilisateur:Cornut piller|Cornut piller]] 21 mai 2006 à 15:46 (MEST)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
article on line, amnesty section suisse.&lt;br /&gt;
En route contre la violence domestique. Tournée de la section suisse d’Amnesty International. &lt;br /&gt;
Article tiré online : Section Suisse : Campagne : Halte à la violence contre les femmes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le projet : la violation des droits humains perpétrées jour après jour dans le monde entier et aussi dans notre pays seront thématisées pour briser le tabou qui entoure la violence dans le couple. La tournée d’Amnesty a pour but d’améliorer les interventions de l’Etat contre la violence domestique, surtout à l’échelle cantonale et communale et de sensibiliser le grand public, en particulier les jeunes  et les hommes, notamment dans les régions rurales. Les revendications d’Amnesty International en matière de violence domestique repose sur l’obligation de l’Etat d’agir contre cette forme de violation des droits humains. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pourquoi une campagne de droits humains contre la violence domestique ?&lt;br /&gt;
Pour comprendre que la violence domestique est une violation d’un droit humain, considérer que l’empêcher ne relève pas de la sphère privée des couples et des familles concernées, et ne pas l’assimiler à un « problème de femmes », mais à une mission publique, qui touche tout le monde. &lt;br /&gt;
Car aujourd’hui si la visibilité du débat public sur la violence domestique s’est améliorée, les menaces, coups, contraintes, viols et meurtres auxquels les femmes sont souvent exposées dans leurs quatre murs constituent un sujet rarement perçu comme relevant des droits humains. Pourtant il s’agit bien de droit à l’intégrité physique et psychique : droit à la liberté et à la sécurité, droit à la santé, droit à l’absence de torture ou d’autres traitements dégradants et même souvent le plus, droit à la vie. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Utilisateur:Cornut piller|Cornut piller]] 17 mai 2006 à 11:22 (MEST) [[Utilisateur:Cornut piller|Cornut piller]]&lt;br /&gt;
et encore un... &lt;br /&gt;
article de journal intéressant pour nous, &lt;br /&gt;
&amp;quot;contre l&#039;émancipation des femmes, les hommes ont inventé &amp;quot;la crise de la masculinité&amp;quot;, voici un résumé.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Exemple :&lt;br /&gt;
Courrier du 18 mai 2005&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Titre : contre l’émancipation des femmes, des hommes ont inventé « la crise de la masculinité ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1ier congrès international de la condition masculine a eu lieu à Genève le mars 2003. (en 2005 a eu lieu à Montréal).  Ces colloques font partie d’un mouvement plus large qui met en avant « la crise de la masculinité »  en réaction à l’émancipation « trop » radicale des femmes. Si ce courant est minoritaire au sein de la gent masculine, il participe d’une tendance qui remet en question l’avancée des droits des femmes. Ces propos sont tenus par Virginie Poyetton journaliste au courrier de Genève.&lt;br /&gt;
les débats sous-jacents : les masculinistes (nom que se sont donnés les défenseurs de la condition masculine) pensent que le féminisme les a forcés à changer et depuis ils se sentent dépossédés de leurs  identités et de leurs droits. Ils souffrent d’injustices : discrimination  positive au travail faveur des femmes, préjugés favorables aux mères en cas de divorce, fausses allégations de violence ou d’inceste, pensions alimentaires disproportionnées, hausse du décrochage scolaire chez les garçons, augmentation de la prescription d’antidépresseurs.&lt;br /&gt;
Anne-Marie Devreux, sociologue française chargée de recherche au CNRS répond : c’est un discours de dominants. Les arguments utilisés sont majoritairement reliés à l’émotionnel et à l’identitaire. Cette crise trouve ses racines dans les années 1970 et les avancées acquises par les femmes : participation au marché du travail et contraception. Les réactions positives de quelques hommes à ces changements furent arbitrairement extrapolés à l’ensemble de la société. Selon la sociologue Pascale Molinier  ce n’est que dans les années 1990 que le discours optimiste sur les nouveaux hommes et la constitution d’une société nouvelle égalitaire laissa la place à un discours alarmiste sur « le malaise des hommes ». Malaise qui s’expliquerait par la remise en question de certaines pratiques et cadres traditionnels.&lt;br /&gt;
Or, les inégalités touchent presque toujours des femmes : chômage, précarité, bas-salaire, sans oublier la violence.&lt;br /&gt;
En résumé : Pour Anne-Marie Devreux, un état de crise surgit à chaque fois qu’une domination est remise en question. Cette angoisse serait liée au sentiment de la perte des privilèges et du monopole des hommes. Cette crise de la masculinité est une version soft de ce qui est en train de se mener plus particulièrement en France et au Canada : une lutte ouverte des hommes contre les femmes  et contre les féministes. Ex. la mixité à l’école remise en question…&lt;br /&gt;
Souffrance féminine :&lt;br /&gt;
Rien n’est jamais gagné en matière de droit des femmes et un regard mondial démontre assez facilement que dans certaines parties du monde a lieu une régression de leur droit, ex. en Algérie, et en Afghanistan.&lt;br /&gt;
Souffrance au masculin : &lt;br /&gt;
Selon Pascale Molinier, les formes masculines de décompensation sont spectaculaires, rixes, sabotages, surendettement, violences domestiques, suicides. La souffrance des hommes fait recettes, « le stress des cadres » fait couler plus d’encre que celui des caissières.&lt;br /&gt;
[[Utilisateur:Cornut piller|Cornut piller]] 17 mai 2006 à 11:00 (MEST) [[Utilisateur:Cornut piller|Cornut piller]]&lt;br /&gt;
A propos de la revue de littérature, j&#039;ai essayé de mettre de l&#039;ordre dans ma confusion. Peux-être que cela vous est utile. &lt;br /&gt;
Mots –clés de la revue de littérature &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Questionnés par le concept hommes battus – référence à femmes battues pour situer le premier concept.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sophie Torrent : &lt;br /&gt;
Violence faite aux hommes. &lt;br /&gt;
Pour hommes difficiles d’accepter car contraire aux stéréotypes, impensable social.&lt;br /&gt;
La violence faite aux hommes les invalide dans leur identité, située dans leur appartenance à la catégorie homme. &lt;br /&gt;
Torrent recherche les stratégies élaborées par les hommes battus pour faire face  à ces situations. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Yvon Dallaire :&lt;br /&gt;
Violence faite aux hommes dans l’humanité. Mais regard attiré que par violence des hommes contre aux hommes, enfants et femmes (guerres, meurtres, viols, violence conjug…. Etc… &lt;br /&gt;
Mais silence sur la violence des femmes envers autres femmes, enfants ou hommes. &lt;br /&gt;
Le concept violence conjugale s’inscrit dans un paradigme teinté de sexisme et de discrimination. &lt;br /&gt;
Propose de passer de victime - agresseur à victime – victime co-créateur de l’escalade de violence. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bretonnière-Fraysse et al. (2001) :&lt;br /&gt;
Violence conjugale a toujours existé : femmes victimes, hommes agresseurs. Mais, violence demeure encore cachée, honteuse, secrète… &lt;br /&gt;
Adosse son propos sur le fait que violence faites aux femmes a traversé les époques. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Gillioz, De Puy et Ducret quant à eux (2000) :&lt;br /&gt;
Large enquête en suisse romande sur violences faites aux femmes. Pour elles violence faites aux femmes une évidence.&lt;br /&gt;
Rappellent le mythe des années 1960, la famille n’est pas violente, mais bienveillante. &lt;br /&gt;
Les théories féministes des années 1970, viennent questionner différemment la famille. Violence faite aux femmes doit être étudiée spécifiquement. &lt;br /&gt;
La sociologie de la famille étudie la violence familiale sous l’angle de la  société,  des  institutions,  la famille comme un système consensuel qui règle pouvoir et  domination .&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les travaux de Strauss, Gelles et Steinmetz ont été a l’origine des propos que les femmes sont aussi violentes que les hommes. La façon dont ils ont questionné les catégories de violence a abouti à un matériel large d’actes de violence non contextualisés. Le concept hommes battus est apparu comme une des conséquences de la répertorisation des actes violence non contextualisés.&lt;br /&gt;
Ce qui a été contesté fortement par les auteurs même de la recherche. &lt;br /&gt;
Et la notion d’hommes battus s’est dégonflée d’elle-même. &lt;br /&gt;
Perrone Nanini : violence n’est pas un phénomène individuel,  mais la manifestation d’un phénomène interactionnel. Dit autrement, un mode particulier de communication. &lt;br /&gt;
Chez eux, ni victime – agresseur, ni homme – femme, mais l’idée que chacun doit devenir et se penser responsable de ses propres comportements. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
	[[Utilisateur:Cornut piller|Cornut piller]] 17 mai 2006 à 10:16 (MEST) [[Utilisateur:Cornut piller|Cornut piller]]&lt;br /&gt;
cher groupe, voilà encore une série de concept.&lt;br /&gt;
[[Utilisateur:Cornut piller|Cornut piller]] [[Utilisateur:Cornut piller|Cornut piller]] 16 mai 2006 à 17:10 (MEST)&lt;br /&gt;
CONCEPT GENRE : c&#039;est une catégorie d&#039;analyse qui permet de décrire le masculin et le féminin comme constructions sociales. Employé au singulier, il désigne l&#039;organisation sociale des rapports entre hommes et femmes, rapport social lui-même considéré comme une institution.à&lt;br /&gt;
Tiré de : Dictionnaire de Sociologie, 1999 Le Robert. Seuil.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
DOMINATION : Fait, pour un groupe social, d&#039;exercer une influence déterminante sur une catégorie sociale, une classe, un genre, une nation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
POUVOIR ET DOMINATION: Le fait de la domination entendue comme au sens large comme le fait, pour une classe sociale, une institution, un Etat, d&#039;exercer son emprise sur un ensemble social, constitue un problème central pour la sociologie. &lt;br /&gt;
Marx et Weber ont ouvert la voie à deux approches divergentes de la domination:&lt;br /&gt;
Pour Marx, c&#039;est l&#039;étude du mode de production et de sa caractéristique essentielle, le mode de propriété, qui permet l&#039;analyse de la domination et de ses différentes formes. &lt;br /&gt;
Weber associe le fait de la domination et la question de la légitimation. Tout rapport de domination suppose, en effet, en dehors du rapport de pure violence, un système de justification visant à obtenir un minimum de &amp;quot;volonté d&#039;obéir&amp;quot; de la part des assujettis. &lt;br /&gt;
La contribution de Bourdieu au concept de domination, porte particulièrement sur les conditions de reproduction de la domination et sur la place de la culture dans cette reproduction.&lt;br /&gt;
Tiré de Dictionnaire de Sociologie, 1999, Le Robert, Seuil.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
FEMINISME : Courant d&#039;idées et de luttes concernant les droits des femmes, le féminisme devient dans certaines périodes historiques, un mouvement social et politique pour l&#039;émancipation des femmes. Il désigne aussi un corpus théorique.&lt;br /&gt;
Les études féministes : Le féminisme comme mouvement et comme théorie a inspiré le développement des recherches dans de nombreux champs scientifiques. En sociologie, tous les domaines sont revisités par la problématique des rapports sociaux de sexe et son paradigme de transversalité entre les champs sociaux : si les femmes constituent un groupe social sexué, elles ne constituent pas pour autant un groupe réel, isolable dans l&#039;espace social. En ce sens, elles différent des classes sociales ou des minorités. On est alors conduit à interroger la séparation entre espace privé et espace public, entre travail professionnel et travail domestique, entre démocratie formelle et exercice de la citoyenneté, etc...&lt;br /&gt;
Tiré du Dictionnaire de Sociologie, 1999, Le Robert, Seuil&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Mise en marche de l&#039;article (Miguel) ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hello tlm...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Alors voilà, comme convenu, la page &amp;quot;article&amp;quot; est disponible et active, j&#039;y ai inséré la revue de littérature... J.C. quand tu veux ;-) Sinon je suis dans l&#039;attente de la validation de la prof pour nos personnes-ressources... A mercredi (rdv comme d&#039;hab.) [[Utilisateur:Miguel|Miguel]] 10 mai 2006 à 18:14 (MEST)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Proposition de documents (Chantal) ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
bonjour l&#039;équipe, &lt;br /&gt;
miguel j&#039;ai voulu modifier le résumé... mais le résultat n&#039;est pas concluant, et je ne sais pas faire mieux. il faudrait rajouter une phrase : &amp;quot;les auteures décrivent leur démarche, la méthodologie utilisée et une partie des résultats quantitatifs et qualitatifs. [[Utilisateur:Cornut piller|Cornut piller]] 1 mai 2006 à 09:03 (MEST)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
d&#039;autres part, au niveau de notre méthodologie, on pourrait dire que nous allons étudier notre question entre autres à travers  les documents suivants : les 3 messages du conseil fédéral présidant concernant les 3 modifications de la LAVI; les revues de &amp;quot;thérapie de famille&amp;quot;, de l&#039;année 1989 à aujourd&#039;hui, en recherchant les articles qui traitent de notre sujet, afin de situer l&#039;évolution des discours. [[Utilisateur:Cornut piller|Cornut piller]] 1 mai 2006 à 09:03 (MEST)&lt;br /&gt;
Je propose encore une lecture dont je vous ferai le résumé : &amp;quot;Le genre comme catégorie d&#039;analyse&amp;quot;, sous la direction de Fougeryrollas-Schwebel D., Planté C., Riot-Sarcey M., Zaidman C. publié chez l&#039;Harmattan, 2003. [[Utilisateur:Cornut piller|Cornut piller]] 1 mai 2006 à 09:03 (MEST)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
***&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Nouvelle modification du plan de recherche ([[Utilisateur:Miguel|Miguel]]) ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hello cher groupe...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Vl&#039;à les news... Comme discuté, j&#039;ai modifié notre plan. En espérant que cela reflète bien notre vision commune, je vous demanderai d&#039;y jeter un coup d&#039;oeil. De plus, j&#039;ai regroupé nos résumés et du coup j&#039;ai trouvé intéressant d&#039;y ajouter quelques commentaires (je les ai tiré de vos résumés), de sorte à les rendre plus accessibles et utilisables. Idem,  à vous de voir si ça reprend bien l&#039;idée du texte.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sinon, comme convenu, je rajouté une page ou l&#039;on déposera tous les documents nécessaires à l&#039;avancement du travail.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour finir, je vous propose de mettre un titre ainsi que votre nom aux messages que nous postons. Ainsi, il sera plus simple de naviger à travers ces derniers. @+ [[Utilisateur:Miguel|Miguel]] 27 avr 2006 à 12:44 (MEST)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
***&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Statistiques LAVI en cours (Chantal) ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chers collègues,&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les statistiques LAVI sont en cours de recherches, certains cantons les publient sur internet, pour d&#039;autres, il faut aller à la pêche. l&#039;office fédéral de la statistique n&#039;a effectivement pas toutes les statistiques. De plus souvent celles-ci comprennent le nombre de consultations, donc constater une évolution est possible, mais il n&#039;y a pas toujours la distinction hommes femmes. je mettrais en ligne dès que j&#039;aurai les documents. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
pour la suite, je vous propose de définir la violence au niveau du sens commun : chacun de nous peut-il apporter sa définition ? ou éventuellement celles qu’il aurait récolté autour de la machine à café comme le disait Schurmans.  Qu&#039;en pensez-vous ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour aller plus loin j’aimerai vous soumettre une partie du texte issu de l’article de De Puy, Gillioz et Ducret, car il me semble que cela nous permettrait d’aller plus loin dans la construction de notre objet de recherche. [http://home.etu.unige.ch/~maneira4/R_sum__aeticle.doc Résumé de Chantal à lire]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je cite : « Construction de l’objet scientifique et cadre théorique. &lt;br /&gt;
Nous nous sommes gardées d’une approche épistémologique naïve qui assimilerait l’objet sociologique au problème social de la violence tel qu’il est porté à l’attention des chercheurs et chercheuses (voir à ce sujet Bourdieu, 1990). Ce dernier constitue un objet préconstruit qu’il s’agit de dépasser pour l’élaborer scientifiquement. En effet, l’objet visé par la sociologie n’est pas la violence, qui en tant que fait n’a pas de pertinence sociologique. Elle n’en acquiert qu’en référence à un contexte social qui lui donne sens. Ainsi on ne saurait traiter de la même manière la violence du dominant et du dominé, sous peine d’amalgamer des phénomènes sociologiquement différents. L’objet sociologique pertinent est donc la relation sociale sous-jacente à la violence, à savoir les rapports de domination entre femmes et hommes au sein des couples ». &#039;&#039;&#039;je partage ce point de vue&#039;&#039;&#039; [[Utilisateur:Miguel|Miguel]] &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour votre réflexion je cite également le paragraphe suivant qui fait référence à d’autres courants auxquels vous faisiez allusion, en particulier, toi Miguel. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Nous nous distançons de certains courants positivistes, présents dans la sociologie américaine, qui étudient toutes les formes de violence familiale, quel qu’en soit l’auteur-e ou la victime – violence des hommes envers leurs femmes, des femmes envers leurs enfants, des enfants envers leurs parents ou des parents envers leurs enfants, sans prendre en compte la problématique du genre. Le fait violent et son dénombrement sont ainsi privilégiés au détriment d’un modèle théorique donnant sens aux faits observés. Ce type d’approche a pu conduire à des biais d’interprétation. Considérant comme équivalents un acte violent ayant pour finalité le contrôle d’autrui et un acte d’autodéfense, certaines études en sont arrivées à établir des taux de violence féminine et masculine semblables.&#039;&#039;&#039; La je partage moins du coup. Mes sources (bon elles ne semblent pas trop ojectives) mais tout de même  indiquent au contraire que ce serait la recherche (plutôt sa méthodologie ainsi que sa philosiphie) que tu utilise comme référence, qui ne saurait pas très fiable. (méthodo: coups téléphoniques, public  pris en compte: uniquement que des femmes). Donc pour être clair, je trouve que c&#039;est bien de prendre en compte différents aspects de la violence conjugale. Toutefois, il ne faut pas se mélanger les pinceaux et savoir si l&#039;on parle de ressentis, de vécus de violence ou de définition et de qui? etc.&#039;&#039;&#039; [[Utilisateur:Miguel|Miguel]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De Puy J., Gillioz L., Ducret V. (2002). Intimités piégées. La violence conjugale en Suisse. Nouvelles Questions Féministes – Vol. 21, No 1/2002&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je vais préparer l&#039;un ou l&#039;autre définition de concepts et vous les soumettre. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
donnez-moi un retour. à bientôt [[Utilisateur:Cornut piller|Cornut piller]] 20 avr 2006 à 11:35 (MEST)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
***&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Approuvation proposition de structure de travail de Jean-Christophe. II (Céline)==== &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Salut!&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
J&#039; approuve aussi la proposition de structure de travail de Jean-Christophe ! J&#039;ai ajouté quelques sites web à la bibliographie. Le site d&#039;arte concerne la soirée thema dont je vous avais parlé, contenant des statistiques, les références du documentaire, le forum, etc. Jetez un coup d&#039;eil à la rubrique &amp;quot;histoire&amp;quot; du site de VIRES, il y est expliqué les &amp;quot; Eléments théoriques de base et changements de l&#039;identité de Vires.	Depuis sa fondation, Vires s&#039;est défini de 3 manières différentes: 	&lt;br /&gt;
	1. Organisme pour les hommes ayant recours à la violence dans leur couple et dans leur famille. 			&lt;br /&gt;
	2. Organisme pour les personnes ayant recours à la violence dans leur couple et dans leur famille. 	&lt;br /&gt;
	3. Organisme de traitement et de prévention de la violence exercée dans le couple et dans la famille. 	&lt;br /&gt;
		&lt;br /&gt;
Cela est pertinent par rapport à notre problématique de &amp;quot;concept en mouvement de la la violence conjugale&amp;quot;, non?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Utilisateur:Celine|Celine]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
***&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Approuvation proposition de structure de travail de Jean-Christophe. I ([[Utilisateur:Miguel|Miguel]]) ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hello J.C. et les filles...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
alors pour répondre au premier, je trouve que ces quelques mots résument bien notre pensée (en tout cas la mienne). Si je récapitule (vous remarquerez que j&#039;en ai souvent besoin), la proposition de Céline ainsi que la mienne pourraient plutôt devenir des hypothèses alors que celles de Chantal et J.C. des questions de départ. (cf à la page [[Plan de recherche: Violence conjugale; un concept en mouvement|Notre plan de recherche]]) Je vous propose de retourner une fois encore (si ce n&#039;est pas déjà fait) sur cette page et de limiter / préciser votre centre d&#039;intérêt. Ceci fait, nous pourrions (par exemple) valider la structure proposée par J.C. &#039;&#039;&#039;Essayez de le faire avant lundi soir, merci.&#039;&#039;&#039; [[Utilisateur:Miguel|Miguel]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
***&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Proposition de thématique, structure de travail (J.C.) ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hello ! Je vous transmets quelques éléments et quelques propositions suite à notre discussion de mercredi dernier, vous me direz ce que vous en pensez... (Jean-christophe)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Proposition de thématique&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En partant d’une définition permettant de discerner les entours de la violence dans son sens large, nous nous proposons de procéder à une analyse plus spécifique de ce qu’il en est de la violence conjugale. À partir de quelques traits de ces phénomènes, nous prendrons le bais, en corrélation avec la thématique de la femme battue, d’un nouveau phénomène émergeant, celui des hommes battus. Nous étudierons plus particulièrement les préjugés et les stéréotypes qui circulent à ce sujet dans le social. Ce travail exigera bien évidemment une étude socio-historique de ces phénomènes, en cherchant à déterminer les corrélations qui existeraient dans une approche de genre femmes-hommes. Enfin, nous essaierons de mettre en lumière les caractéristiques incontournables qui résurgeront de notre travail de recherche, caractéristiques juridiques, psychosociales, informations issues d’études cliniques, témoignages. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Structure du travail&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Définition de la violence : 	o mise en lumière de quelques définitions générales&lt;br /&gt;
				o définitions juridiques de la violence&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Contextualisation &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Approche socio-historique : quand ce phénomène est-il apparu ? Qui en parle ? Comment en parle-t-on dans le social ? Préjugés et stéréotypes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
et&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Caractéristiques psychosociales : comment cela se passe ? Types de violences, témoignages de victimes, études scientifiques, rapports d’études cliniques, etc.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ces deux approches portant sur :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
				o Problème social de la maltraitance et violence faite aux enfants&lt;br /&gt;
				o Problème social de la femme battue&lt;br /&gt;
				o Problématique de la violence conjugale&lt;br /&gt;
				o Émergence d’un nouveau problème social : les hommes battus&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Analyse et mise en corrélations de la violence faite aux femmes et la violence faite aux hommes (étude de genre)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Conclusions&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
***&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Regroupement des questions de départ ([[Utilisateur:Miguel|Miguel]]) ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C&#039;est encore machin...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Alors voilà, j&#039;ai regroupé nos questions de départ dans le plan de recherche. A vous d&#039;indiquer ce que vous pensez qu&#039;il soit utile de garder. L&#039;objectif étant de trouver une question de départ principale (et à la limite d&#039;en faire d&#039;écouler des secondaires). &#039;&#039;&#039;A faire avant lundi !!!&#039;&#039;&#039; Du coup, on décidera rapidement les références que l&#039;on garde et que l&#039;on valorise. (déposez aussi vos références &#039;&#039;utiles&#039;&#039;) il va falloir trier...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sinon, je viens de créer un lien vers cette page de discussion dans notre page de plan de recherche.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bien à vous. [[Utilisateur:Miguel|Miguel]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
***&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Changement du titre de notre travail ([[Utilisateur:Miguel|Miguel]]) ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hello tlm...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Alors news techniques...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
J&#039;ai changé (on pourra rechanger si besoin est) le titre de notre travail (vous savez pour quelles raisons). De ce fait, on va maintenant surtout travailler entre la page [[plan de recherche: Violence  conjugale; un concept en mouvement]] et cette page de discussion.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
News pour le plan...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Vous êtes dés maintenant, amies, amis invités à alimenter le plan de recherche. Pour cela je récapitule: on était resté (me semble-til) sur l&#039;idée de partir du concept de violence conjugale (et plus de l&#039;homme battu) et on avait la volonté d&#039;isoler certains aspects de ce dernier tels que; son évolution socio-historique concernant, entre autres, les acteurs, les documents, les structures, les enjeux possibles etc, et cela &#039;&#039;&#039; dans le contexte helvétique, romand, et genevois&#039;&#039;&#039;. En espérant que cela résume bien les idées de chacun, je vous salue. [[Utilisateur:Miguel|Miguel]] &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
***&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Ajout de queques références bibliographiques (Céline) ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Salut!&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme prévu j&#039;ai rajouté quelques références bibliographiques. Je pense que le rapport d&#039;activité du CIMPV(que je vais vous résumer) est spécialement pertinent justement comme trace directe d&#039;un discours de professionnels interdisciplinaires spécialisés sur la question des violences. Le fait que cette consultation est intégrée à la grande institution des HUG n&#039;est pas anodin non plus. Pour rappel, la Consultation Interdisciplinaire de Médecine  Prévention de la Violence prend en charge tout type de violence(interpersonnelle, institutionnelle,etc.) et tout type d&#039;acteurs (victimes/agresseurs/témoins). Néanmoins, concrètement les cas de violence conjugales constituent la majorité de leur travail. J&#039;ai profité d&#039;un entretien de stage avec les psychologues de la Consultation pour leur demander des références et des données quant à la problématique des hommes battus. Malheureusement, ils ne possèdent rien d&#039;autre que les statistiques inclues dans leur rapport. Ils ont souligné que c&#039;est une problématique très récente; et que d&#039;ailleurs ils reçoivent de nombreuses demandes d&#039;infos à ce sujet. Ils ont confirmé que certains de leurs patients  sont &amp;quot;uniquement&amp;quot;des hommes battus, mais que la violence réciproque est plus fréquente (et les femmes &amp;quot;uniquement&amp;quot; victimes sont la très grande majorité, est-il utile de le rappeler....). Côté référence, ils m&#039;ont cité le fameux mémoire...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour info, le bouquin de Souffron peut être consulté à la biblio de droit, voici la cote : CA/F 89.1g SOUF  (c&#039;est le rayon crimino).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A bientôt, Céline&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
2avril 2006&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
***&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Retour sur infos de la prof ([[Utilisateur:Miguel|Miguel]]) ==== &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hello tlm...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
je me permets de reprendre ce que M.Ruchat a indiqué sur notre projet. Cela devrait nous aider à choisir rapidement la direction à prendre. Pour plus, d&#039;infos, veuillez vous référer à ses propos dans la page discussion de notre projet. @+ [[Utilisateur:Miguel|Miguel]]  1 avr 2006 à 17:10 (MEST) (ce n&#039;est pas un poisson d&#039;avril ;.)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;quot;Il s&#039;agit d&#039;inscrire votre objet dans cette perspective, à savoir: qui parle ainsi, de l&#039;homme battu par exemple, depuis quand en parle-t-on, quels sont les discours (des médecins, des journalistes, des hommes battus, etc...), quelles solutions ont été promues, quels évenutels conflits d&#039;interprétation existent, quelle institutionalisation éventuelle? Vous ne pourrez peut-être pas tout aborder. Mais il faudra partir du factuel, de la réalité, dont vous aller chercher au plus près de la matière les éléments de preuves.&amp;quot;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
***&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Début des commodités ([[Utilisateur:Miguel|Miguel]]) ==== &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Salut ô cher groupe... comme vous le constatez... quelques changements... ça bouge quoi!!!&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je vous propose que l&#039;on se retrouve à la fin du cours de la semaine prochaine pour cibler un pleux plus notre thématique. &#039;&#039;&#039;Sinon veuillez m&#039;indiquez votre adresse e-mail valide pour que l&#039;on puisse communiquer rapidement si besoin est. Merci&#039;&#039;&#039; [[Utilisateur:Miguel|Miguel]] &lt;br /&gt;
***&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Centres d&#039;intérêts==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Centre d&#039;intérêt, question de départ de Chantal:&#039;&#039;&#039;&#039;&#039; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
mes chers, je ne suis pas des votres aujourd&#039;hui à cause d&#039;un probléme familial important... juste quelques mots sur ma réflexion. abonnée à thérapie de famille depuis 15 ans, je n&#039;y trouve aucune mention de la violence des femmes sur les hommes. ou plutôt, la maltraitance est considérée de façon systémique et pluridimensionnelle. L&#039;émile, journal féministe, parle de violence faite aux femmes, je vais reprendre les numéros en ma possession pour voir si à un moment donné il est question de la violence des femmes sur les hommes. mais ce qui me questionne, c&#039;est comment on arrive à isoler une catégorie, ici celle de la violence faite par les femmes aux hommes. Je me demande qui est intéressé de voir le problème sous cette catégorisation là. Cette catégorie amène quel regard spécifique, et qui amène de l&#039;eau au moulin de qui, pour en faire quoi ? &lt;br /&gt;
j&#039;ai été à la biblio et ai pris une série de livres &amp;quot;genre&amp;quot;. voici les références si ^Miguel veut les ajouter. L&#039;un et l&#039;autre sexe 2001, revue internationale Paris ESPRIT - David Jackson et Daniel Welzer-Lang 1998, Violence et masculinité chez &amp;quot;..., montpellier - Mino Vianello, Elena Caramazza 2001Un nouveau paradigme pour les sciences sociales : genre, espace, pouvoir L&#039;Harmattan - Marie-blanche Tahon 2003, Sociologie des rapports de sexe, aux presses universitaires de Rennes - ouvrage collectif 2003, le genre comme catégorie d&#039;analyse, sociologie, histoire, littérature. &lt;br /&gt;
Je vais les parcourir et faire une fiche de lecture de l&#039;un ou l&#039;autre. vous pouvez m&#039;appeler en début d&#039;aprés-midi si vous travaillez ensemble au 024 472 73 64. je suis vraiment désolée, de ne pas être avec vous aujourd&#039;hui. à bientôt chantal&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Centre d&#039;intérêt, question de départ de Céline:&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La question qui pour moi relierait de manière pertinente la problématique des femmes battues et celles des hommes battus dans une perspective socio-historique pourrait se formuler comme telle: La reconnaissance du phénomène des femmes battues a-t-elle favorisé l&#039; émergence récente des hommes maltraités dans le couple en tant que problème social? Ou au contraire a-t-elle rendu difficile la prise de parole des hommes souffrant de violence conjugale, la place de victime étant déjà &amp;quot;prise&amp;quot; par la femme de manière sous-entendue dans les mentalités?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Centre d&#039;intérêt, question de départ de Jean-Christophe:&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je m’intéresse particulièrement aux définitions qui sont faites de la violence en lien avec le thème que nous avons choisi. Je me pose la question de savoir quelles sont les spécificités de la violence faite aux hommes en en la comparant ou en l’incluant dans les développements déjà existants sur la violence en général. Je pense qu’un lien avec la violence conjugale et la violence faite aux femmes est ainsi incontournable. Ces propos rejoignent un questionnement sur la notion de genre et sur les discours qui circulent dans le social quant à la violence faite aux hommes et aux femmes. Ceci rejoint également les propositions faites par Miguel concernant les stéréotypes existants sur les hommes et les femmes, en prenant plus appui sur les définitions existantes de la violence. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Questions de départ:&#039;&#039;&#039; si le phénomène ou le concept des hommes battus semble émerger depuis quelques années comme un problème social nouveau (là est la question), peut-on dans le passé trouver des traces de la violence faite aux hommes de manière plus générale ? Une autre question s’y joint quant à l’influence des développements prenant en compte la violence faite aux femmes et si ceux-ci ont une influence sur les propos qui concernent la violence faite aux hommes. Dans quelle mesure existe-t-il une séparation des genres hommes-femmes quant à la problématique de la violence ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Centre d&#039;intérêt, question de départ de Miguel:&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme discuté hier, mon intérêt se porte plus sur les préjugés, stéréotypes véhiculés à l&#039;encontre des rôles masculins et féminins, dans la société (je me place donc au départ du processus socio-historique... enfin je crois)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Question de départ:&#039;&#039;&#039; Pour quelles raisons, est-il difficile de reconnaître l&#039;homme en qualité de victime dans le cadre d&#039;une violence conjugale?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==réactions prof==&lt;br /&gt;
Je trouve intéressant. Pourrait-on imaginer que dans les représentations l&#039;homme battu solit &amp;quot;féminisé&amp;quot; ce qui rend la prise de parole plus difficile. Croiser représentations sociales (hommes et femmes) avec la problématique de l&#039;objet construit pourrait être pertinent. Regarder du côté de la psychologie sociale les travaux dans la fac de fabio Lorenzi Cioldi. A suivre...[[Utilisateur:Ruchat|Ruchat]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
***&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je trouve que vous vous posez plein de bonnes questions. Il s&#039;agit maintenant de faire un choix d&#039;approches théoriques (psychologie sociale? sociologie?) à croiser dans un regard transdisciplinaire avec la socio-histoire et de conserver une question principale et quelques questions secondaires, et de réfléchir à la méthodologie.&lt;br /&gt;
A suivre...[[Utilisateur:Ruchat|Ruchat]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Miguel</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Espace_de_dialogue&amp;diff=4419</id>
		<title>Espace de dialogue</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Espace_de_dialogue&amp;diff=4419"/>
		<updated>2006-06-23T20:07:27Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Miguel : /* Citation de la semaine */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&#039;&#039;&#039;Membres du groupe&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Chantal Cornut&lt;br /&gt;
* Céline Pittet &lt;br /&gt;
* Jean-Christophe Contini&lt;br /&gt;
* Miguel Maneira &lt;br /&gt;
[mailto:maneira4@etu.unige.ch,contini2@etu.unige.ch,cepittet@hotmail.com,ch.cornut-piller@bluewin.ch Ecrire au groupe]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 [[L&#039;homme battu: le mâle...traité|Notre projet]]  |  [[Violence conjugale: De la femme battue à l&#039;homme battu...|Notre article]]  |  [[Plan de recherche: Violence conjugale; un concept en mouvement|Notre plan de recherche]]  |  [[Trésorus de notre groupe|Notre île aux trésors]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Hello cher groupe...===&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Cet espace est mis à notre disposition pour nous permettre de &amp;quot;poster&amp;quot; nos idées, nos réclamations, nos listes de courses etc. En bref, tout ce qui est susceptible de faire avancer notre projet.&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On peut, par exemple, y lancer des questions/suggestions parallèles (à notre page de projet principale) et chacun d&#039;entre nous s&#039;empressera de venir enrichir ces dernières tout au long du projet. En finalité, cet espace doit être vu soit comme un gros bloc-note ou encore un forum.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Citation de la semaine ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &#039;&#039;&#039;&amp;quot;Nous sommes de simples ignorants dont l&#039;ignorance comporte des lacunes&amp;quot;&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
 &#039;&#039;Maurice Roche &#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Nos mots doux==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Veuillez svp indiquer votre nom (3 petites vagues) ainsi que la date (5 petites vagues)à la fin de vos messages, merci. N&#039;oubliez pas d&#039;utiliser le &amp;quot;signet&amp;quot; &#039;&#039;écrire au groupe&#039;&#039; pour nous indiquer  qu&#039;une information importante vient d&#039;être postée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour finir, je propose (comme on l&#039;a fait jusqu&#039;à maintenant) que nous postions notre message en haut de la liste (de sorte à ce qu&#039;il soit vu le premier) dans la rubrique &amp;quot;&#039;&#039;Dernier message posté&#039;&#039;&amp;quot;. [[Utilisateur:Miguel|Miguel]] 21 avr 2006 à 00:40 (MEST)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Dernier message posté===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
====La LAVI (Chantal)==== &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
miguel peux-tu mettre dans l&#039;île aux trésors ce qui suit le premier texte &amp;quot;l&#039;intégral&amp;quot;, et dans l&#039;article le deuxième raccourci... merci beaucoup.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La loi sur l’aide aux victimes d’infraction&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette loi fédérale du 4 octobre 1991, entrée en vigueur le 1ier janvier 1993, a pour but de fournir une aide efficace aux victimes d’infractions ou d’une atteinte directe à son intégrité corporelle, sexuelle ou psychique et à renforcer leurs droits. L’aide fournie comprend des conseils, la protection de la victime, la défense de ses droits dans la procédure pénale et l’indemnisation et la réparation morale.  Parmi les atteintes retenues par la loi nous pouvons retenir pour notre sujet d’analyse les violences domestiques,  lésions corporelles, viol, contrainte sexuelle, séquestration. &lt;br /&gt;
Les centres de consultation « Lavi » sont présents dans chaque canton ils sont des lieux d’écoute et d’accompagnement dans les démarches utiles. La police est tenue d’informer les victimes de l’existence de ces centres et de leur transmettre les coordonnées de celle-ci (sur la base de son accord). L’aide immédiate et les prestations fournies directement par les centres sont gratuites. Lorsque la situation personnelle de la personne qui consulte le justifie, les centres de consultation prennent en charge d’autres frais (comme par exemple les frais médicaux, les frais d’avocat ou les frais de procédure). &lt;br /&gt;
S’il est difficile de faire parler les statistiques, ici nous nous basons sur l’année 2004, ils donne toute de même une idée intéressante sur la question qui nous occupe, à savoir la violence féminine et masculine : une nette prédominance des femmes dans la consultation (75%), avec des auteurs présumés de sexe masculin (83.5), et l’existence d’une relation familiale, victime – agresseur (52,9%).  &lt;br /&gt;
Le législateur prend en compte la situation des victimes, il estime qu’elles doivent être soutenues dans la procédure pénale, et également qu’elle a droit à une indemnisation ou à une réparation morale. Le montant étant déterminé en fonction des revenus de la victime. On peut constater également la reconnaissance par la société du statut de victime,  puisque les demandes « 196 pour l’indemnisation »  et  « 728 pour la réparation morale » ont été traitées positivement. &lt;br /&gt;
La formation du personnel des centres Lavi : la loi mentionne des aides financières à la formation. Une formation spécifique « Lavi » a été instaurée et des formations complémentaires complètent la spécialisation de ces professionnels. &lt;br /&gt;
Violence domestique : une protection particulière &lt;br /&gt;
Le 14 juin 2000, la Conseillère Ruth-Gaby Vermot-Mangold dépose une initiative parlementaire visant à assurer la protection des victimes de violences domestiques par l’expulsion immédiate du domicile des personnes violentes, lesquelles ne peuvent plus réintégrer leur logement pendant une période déterminée. Si celle-ci est encore en discussion, elle a déjà reçu l’aval du Conseil fédéral qui propose, en novembre 2005, un nouvel article 28b dans le code civil visant à protéger la victime de violence ou de harcèlement en lui donnant le droit de requérir le juge d’instruction d’interdire à l’auteur de l’atteinte de l’approcher, de fréquenter certains lieux ou de prendre contact avec elle. &lt;br /&gt;
Ce nouvel article 28b prévoit également l’institution par les cantons de centres d’informations et de consultation dans le but d’agir préventivement pour éviter la violence domestique et sa récidive. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Violence entre conjoint ou partenaire : poursuivie d’office depuis le 1 avril 2004&lt;br /&gt;
Le Conseil Fédéral  modifie le Code pénal en ce sens que les actes de violence domestique seront poursuivis d’office et non plus sur plainte. Le communiqué de presse est intéressant et nous donne un aperçu des changements sociaux intervenus : « il n’est plus question de tolérer la violence physique ou sexuelle exercée contre un conjoint ou un partenaire – dans un couple hétérosexuel ou homosexuel – sous prétexte qu’elle ne serait que de peu de gravité ou qu’elle relèverait de la sphère privée ».  Les actes seront poursuivis sans plainte pénale préalable de la victime. La contrainte sexuelle et le viol commis au sein du couple sont élevés au rang de délits poursuivis d’office.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Evolution des lois et violence conjugale.&lt;br /&gt;
Votée en 1991, la LAVI démontre que «  victime de violence » constitue maintenant  une déviance secondaire. Les plaignants sont identifiés, l’état institutionnalise leur prise en charge, les centres Lavi sont créés et les consultations augmentent au fil des années.   &lt;br /&gt;
Les statistiques issues des centres Lavi ont permis d’apporter des précisions chiffrées à cette forme de violence. Le taux de victimes de sexe féminins est important (75%),  le sexe masculin de l’auteur présumé révèle un pourcentage très élevé (83.5%) et pour 52.9% des consultants une relation familiale victime - agresseur existe. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Néanmoins la violence conjugale se fait discrète, le terme de violence domestique n’apparaît qu’avec le dépôt en 2002 de l’initiative parlementaire de Vermot-Mangold. En juin 2001 le Conseil Fédéral met en consultation le « projet élaboré par la Commission des affaires juridiques du Conseil national » et la notion de violence domestique fait partie des préoccupations reconnues officiellement. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous pouvons relever que les documents officiels font référence à la notion de victime n’est pas sexué,  le mot « femme » n’y est pas accolé. Les termes utilisés « violence physique ou sexuelle exercée contre un conjoint ou un partenaire (…) dans un couple hétérosexuel ou homosexuel », « ordonner à une personne violente de quitter le domicile conjugal », « prévenir la récidive des agresseurs ». Dans les documents que j’ai parcouru sur le site de l’office fédéral de la justice sous la mention « aide aux victimes », je n’ai trouvé qu’une seule fois la mention spécifique « femme » : «  la violence domestique est aujourd’hui quotidienne dans notre société. Les femmes en sont souvent les victimes ». Dans tous les autres documents la violence domestique paraît neutre. Si le mot victime est féminin, les textes l’utilisent comme un élément générique. On peut en partie le comprendre par le fait que  la Lavi ne reçoit pas que des victimes de violences conjugales, mais également des victimes d’accidents de la route, d’attentats, d’enlèvement, de prise d’otage ou de brigandage. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Messages===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Essai de définition de la problématique (Chantal) ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La problématique :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous sommes partis d’un phénomène qui semble nouveau : « les hommes battus ». La presse en fait mention, un livre vient d’être publié en Suisse, nombreux sont les articles  qui s’y réfèrent, et des groupes de pressions se sont constitués autour de « la souffrance masculine ». Nous souhaitons comprendre quand cette problématique « hommes battus » est apparue, par quels groupes sociaux elle est relayée puis médiatisée ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour cela nous nous référerons au concept de violence et plus particulièrement à la catégorie « violence conjugale ». Nous chercherons à savoir comment est apparu le vocable « violence conjugale », par qui il a été conceptualisé, et comment il s’est développé. A partir de là nous tenterons de situer les notions  de « femmes battues», puis « hommes battus » pour déterminer quand et comment cette notion apparaît puis se développe. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous travaillerons à partir coupure de presse, revue	s, texte de lois, de statistique, thématique  de témoignages de professionnels et de  victimes. &lt;br /&gt;
L’analyse textuelle des sources se fera autour du processus de construction de la violence conjugale, à partir des thèmes d’analyse suivants : critères de définition de la violence conjugale, logique de l’évolution du concept violence conjugale – apparition du thème hommes battus – maltraités – , statistiques femmes battues, hommes battus –, création d’association relais de la problématique, lieux de prise en charge – politique sociale -. [[Utilisateur:Cornut piller|Cornut piller]] [[Utilisateur:Cornut piller|Cornut piller]] 21 mai 2006 à 15:46 (MEST)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
article on line, amnesty section suisse.&lt;br /&gt;
En route contre la violence domestique. Tournée de la section suisse d’Amnesty International. &lt;br /&gt;
Article tiré online : Section Suisse : Campagne : Halte à la violence contre les femmes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le projet : la violation des droits humains perpétrées jour après jour dans le monde entier et aussi dans notre pays seront thématisées pour briser le tabou qui entoure la violence dans le couple. La tournée d’Amnesty a pour but d’améliorer les interventions de l’Etat contre la violence domestique, surtout à l’échelle cantonale et communale et de sensibiliser le grand public, en particulier les jeunes  et les hommes, notamment dans les régions rurales. Les revendications d’Amnesty International en matière de violence domestique repose sur l’obligation de l’Etat d’agir contre cette forme de violation des droits humains. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pourquoi une campagne de droits humains contre la violence domestique ?&lt;br /&gt;
Pour comprendre que la violence domestique est une violation d’un droit humain, considérer que l’empêcher ne relève pas de la sphère privée des couples et des familles concernées, et ne pas l’assimiler à un « problème de femmes », mais à une mission publique, qui touche tout le monde. &lt;br /&gt;
Car aujourd’hui si la visibilité du débat public sur la violence domestique s’est améliorée, les menaces, coups, contraintes, viols et meurtres auxquels les femmes sont souvent exposées dans leurs quatre murs constituent un sujet rarement perçu comme relevant des droits humains. Pourtant il s’agit bien de droit à l’intégrité physique et psychique : droit à la liberté et à la sécurité, droit à la santé, droit à l’absence de torture ou d’autres traitements dégradants et même souvent le plus, droit à la vie. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Utilisateur:Cornut piller|Cornut piller]] 17 mai 2006 à 11:22 (MEST) [[Utilisateur:Cornut piller|Cornut piller]]&lt;br /&gt;
et encore un... &lt;br /&gt;
article de journal intéressant pour nous, &lt;br /&gt;
&amp;quot;contre l&#039;émancipation des femmes, les hommes ont inventé &amp;quot;la crise de la masculinité&amp;quot;, voici un résumé.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Exemple :&lt;br /&gt;
Courrier du 18 mai 2005&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Titre : contre l’émancipation des femmes, des hommes ont inventé « la crise de la masculinité ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1ier congrès international de la condition masculine a eu lieu à Genève le mars 2003. (en 2005 a eu lieu à Montréal).  Ces colloques font partie d’un mouvement plus large qui met en avant « la crise de la masculinité »  en réaction à l’émancipation « trop » radicale des femmes. Si ce courant est minoritaire au sein de la gent masculine, il participe d’une tendance qui remet en question l’avancée des droits des femmes. Ces propos sont tenus par Virginie Poyetton journaliste au courrier de Genève.&lt;br /&gt;
les débats sous-jacents : les masculinistes (nom que se sont donnés les défenseurs de la condition masculine) pensent que le féminisme les a forcés à changer et depuis ils se sentent dépossédés de leurs  identités et de leurs droits. Ils souffrent d’injustices : discrimination  positive au travail faveur des femmes, préjugés favorables aux mères en cas de divorce, fausses allégations de violence ou d’inceste, pensions alimentaires disproportionnées, hausse du décrochage scolaire chez les garçons, augmentation de la prescription d’antidépresseurs.&lt;br /&gt;
Anne-Marie Devreux, sociologue française chargée de recherche au CNRS répond : c’est un discours de dominants. Les arguments utilisés sont majoritairement reliés à l’émotionnel et à l’identitaire. Cette crise trouve ses racines dans les années 1970 et les avancées acquises par les femmes : participation au marché du travail et contraception. Les réactions positives de quelques hommes à ces changements furent arbitrairement extrapolés à l’ensemble de la société. Selon la sociologue Pascale Molinier  ce n’est que dans les années 1990 que le discours optimiste sur les nouveaux hommes et la constitution d’une société nouvelle égalitaire laissa la place à un discours alarmiste sur « le malaise des hommes ». Malaise qui s’expliquerait par la remise en question de certaines pratiques et cadres traditionnels.&lt;br /&gt;
Or, les inégalités touchent presque toujours des femmes : chômage, précarité, bas-salaire, sans oublier la violence.&lt;br /&gt;
En résumé : Pour Anne-Marie Devreux, un état de crise surgit à chaque fois qu’une domination est remise en question. Cette angoisse serait liée au sentiment de la perte des privilèges et du monopole des hommes. Cette crise de la masculinité est une version soft de ce qui est en train de se mener plus particulièrement en France et au Canada : une lutte ouverte des hommes contre les femmes  et contre les féministes. Ex. la mixité à l’école remise en question…&lt;br /&gt;
Souffrance féminine :&lt;br /&gt;
Rien n’est jamais gagné en matière de droit des femmes et un regard mondial démontre assez facilement que dans certaines parties du monde a lieu une régression de leur droit, ex. en Algérie, et en Afghanistan.&lt;br /&gt;
Souffrance au masculin : &lt;br /&gt;
Selon Pascale Molinier, les formes masculines de décompensation sont spectaculaires, rixes, sabotages, surendettement, violences domestiques, suicides. La souffrance des hommes fait recettes, « le stress des cadres » fait couler plus d’encre que celui des caissières.&lt;br /&gt;
[[Utilisateur:Cornut piller|Cornut piller]] 17 mai 2006 à 11:00 (MEST) [[Utilisateur:Cornut piller|Cornut piller]]&lt;br /&gt;
A propos de la revue de littérature, j&#039;ai essayé de mettre de l&#039;ordre dans ma confusion. Peux-être que cela vous est utile. &lt;br /&gt;
Mots –clés de la revue de littérature &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Questionnés par le concept hommes battus – référence à femmes battues pour situer le premier concept.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sophie Torrent : &lt;br /&gt;
Violence faite aux hommes. &lt;br /&gt;
Pour hommes difficiles d’accepter car contraire aux stéréotypes, impensable social.&lt;br /&gt;
La violence faite aux hommes les invalide dans leur identité, située dans leur appartenance à la catégorie homme. &lt;br /&gt;
Torrent recherche les stratégies élaborées par les hommes battus pour faire face  à ces situations. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Yvon Dallaire :&lt;br /&gt;
Violence faite aux hommes dans l’humanité. Mais regard attiré que par violence des hommes contre aux hommes, enfants et femmes (guerres, meurtres, viols, violence conjug…. Etc… &lt;br /&gt;
Mais silence sur la violence des femmes envers autres femmes, enfants ou hommes. &lt;br /&gt;
Le concept violence conjugale s’inscrit dans un paradigme teinté de sexisme et de discrimination. &lt;br /&gt;
Propose de passer de victime - agresseur à victime – victime co-créateur de l’escalade de violence. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bretonnière-Fraysse et al. (2001) :&lt;br /&gt;
Violence conjugale a toujours existé : femmes victimes, hommes agresseurs. Mais, violence demeure encore cachée, honteuse, secrète… &lt;br /&gt;
Adosse son propos sur le fait que violence faites aux femmes a traversé les époques. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Gillioz, De Puy et Ducret quant à eux (2000) :&lt;br /&gt;
Large enquête en suisse romande sur violences faites aux femmes. Pour elles violence faites aux femmes une évidence.&lt;br /&gt;
Rappellent le mythe des années 1960, la famille n’est pas violente, mais bienveillante. &lt;br /&gt;
Les théories féministes des années 1970, viennent questionner différemment la famille. Violence faite aux femmes doit être étudiée spécifiquement. &lt;br /&gt;
La sociologie de la famille étudie la violence familiale sous l’angle de la  société,  des  institutions,  la famille comme un système consensuel qui règle pouvoir et  domination .&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les travaux de Strauss, Gelles et Steinmetz ont été a l’origine des propos que les femmes sont aussi violentes que les hommes. La façon dont ils ont questionné les catégories de violence a abouti à un matériel large d’actes de violence non contextualisés. Le concept hommes battus est apparu comme une des conséquences de la répertorisation des actes violence non contextualisés.&lt;br /&gt;
Ce qui a été contesté fortement par les auteurs même de la recherche. &lt;br /&gt;
Et la notion d’hommes battus s’est dégonflée d’elle-même. &lt;br /&gt;
Perrone Nanini : violence n’est pas un phénomène individuel,  mais la manifestation d’un phénomène interactionnel. Dit autrement, un mode particulier de communication. &lt;br /&gt;
Chez eux, ni victime – agresseur, ni homme – femme, mais l’idée que chacun doit devenir et se penser responsable de ses propres comportements. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
	[[Utilisateur:Cornut piller|Cornut piller]] 17 mai 2006 à 10:16 (MEST) [[Utilisateur:Cornut piller|Cornut piller]]&lt;br /&gt;
cher groupe, voilà encore une série de concept.&lt;br /&gt;
[[Utilisateur:Cornut piller|Cornut piller]] [[Utilisateur:Cornut piller|Cornut piller]] 16 mai 2006 à 17:10 (MEST)&lt;br /&gt;
CONCEPT GENRE : c&#039;est une catégorie d&#039;analyse qui permet de décrire le masculin et le féminin comme constructions sociales. Employé au singulier, il désigne l&#039;organisation sociale des rapports entre hommes et femmes, rapport social lui-même considéré comme une institution.à&lt;br /&gt;
Tiré de : Dictionnaire de Sociologie, 1999 Le Robert. Seuil.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
DOMINATION : Fait, pour un groupe social, d&#039;exercer une influence déterminante sur une catégorie sociale, une classe, un genre, une nation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
POUVOIR ET DOMINATION: Le fait de la domination entendue comme au sens large comme le fait, pour une classe sociale, une institution, un Etat, d&#039;exercer son emprise sur un ensemble social, constitue un problème central pour la sociologie. &lt;br /&gt;
Marx et Weber ont ouvert la voie à deux approches divergentes de la domination:&lt;br /&gt;
Pour Marx, c&#039;est l&#039;étude du mode de production et de sa caractéristique essentielle, le mode de propriété, qui permet l&#039;analyse de la domination et de ses différentes formes. &lt;br /&gt;
Weber associe le fait de la domination et la question de la légitimation. Tout rapport de domination suppose, en effet, en dehors du rapport de pure violence, un système de justification visant à obtenir un minimum de &amp;quot;volonté d&#039;obéir&amp;quot; de la part des assujettis. &lt;br /&gt;
La contribution de Bourdieu au concept de domination, porte particulièrement sur les conditions de reproduction de la domination et sur la place de la culture dans cette reproduction.&lt;br /&gt;
Tiré de Dictionnaire de Sociologie, 1999, Le Robert, Seuil.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
FEMINISME : Courant d&#039;idées et de luttes concernant les droits des femmes, le féminisme devient dans certaines périodes historiques, un mouvement social et politique pour l&#039;émancipation des femmes. Il désigne aussi un corpus théorique.&lt;br /&gt;
Les études féministes : Le féminisme comme mouvement et comme théorie a inspiré le développement des recherches dans de nombreux champs scientifiques. En sociologie, tous les domaines sont revisités par la problématique des rapports sociaux de sexe et son paradigme de transversalité entre les champs sociaux : si les femmes constituent un groupe social sexué, elles ne constituent pas pour autant un groupe réel, isolable dans l&#039;espace social. En ce sens, elles différent des classes sociales ou des minorités. On est alors conduit à interroger la séparation entre espace privé et espace public, entre travail professionnel et travail domestique, entre démocratie formelle et exercice de la citoyenneté, etc...&lt;br /&gt;
Tiré du Dictionnaire de Sociologie, 1999, Le Robert, Seuil&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Mise en marche de l&#039;article (Miguel) ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hello tlm...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Alors voilà, comme convenu, la page &amp;quot;article&amp;quot; est disponible et active, j&#039;y ai inséré la revue de littérature... J.C. quand tu veux ;-) Sinon je suis dans l&#039;attente de la validation de la prof pour nos personnes-ressources... A mercredi (rdv comme d&#039;hab.) [[Utilisateur:Miguel|Miguel]] 10 mai 2006 à 18:14 (MEST)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Proposition de documents (Chantal) ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
bonjour l&#039;équipe, &lt;br /&gt;
miguel j&#039;ai voulu modifier le résumé... mais le résultat n&#039;est pas concluant, et je ne sais pas faire mieux. il faudrait rajouter une phrase : &amp;quot;les auteures décrivent leur démarche, la méthodologie utilisée et une partie des résultats quantitatifs et qualitatifs. [[Utilisateur:Cornut piller|Cornut piller]] 1 mai 2006 à 09:03 (MEST)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
d&#039;autres part, au niveau de notre méthodologie, on pourrait dire que nous allons étudier notre question entre autres à travers  les documents suivants : les 3 messages du conseil fédéral présidant concernant les 3 modifications de la LAVI; les revues de &amp;quot;thérapie de famille&amp;quot;, de l&#039;année 1989 à aujourd&#039;hui, en recherchant les articles qui traitent de notre sujet, afin de situer l&#039;évolution des discours. [[Utilisateur:Cornut piller|Cornut piller]] 1 mai 2006 à 09:03 (MEST)&lt;br /&gt;
Je propose encore une lecture dont je vous ferai le résumé : &amp;quot;Le genre comme catégorie d&#039;analyse&amp;quot;, sous la direction de Fougeryrollas-Schwebel D., Planté C., Riot-Sarcey M., Zaidman C. publié chez l&#039;Harmattan, 2003. [[Utilisateur:Cornut piller|Cornut piller]] 1 mai 2006 à 09:03 (MEST)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
***&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Nouvelle modification du plan de recherche ([[Utilisateur:Miguel|Miguel]]) ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hello cher groupe...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Vl&#039;à les news... Comme discuté, j&#039;ai modifié notre plan. En espérant que cela reflète bien notre vision commune, je vous demanderai d&#039;y jeter un coup d&#039;oeil. De plus, j&#039;ai regroupé nos résumés et du coup j&#039;ai trouvé intéressant d&#039;y ajouter quelques commentaires (je les ai tiré de vos résumés), de sorte à les rendre plus accessibles et utilisables. Idem,  à vous de voir si ça reprend bien l&#039;idée du texte.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sinon, comme convenu, je rajouté une page ou l&#039;on déposera tous les documents nécessaires à l&#039;avancement du travail.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour finir, je vous propose de mettre un titre ainsi que votre nom aux messages que nous postons. Ainsi, il sera plus simple de naviger à travers ces derniers. @+ [[Utilisateur:Miguel|Miguel]] 27 avr 2006 à 12:44 (MEST)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
***&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Statistiques LAVI en cours (Chantal) ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chers collègues,&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les statistiques LAVI sont en cours de recherches, certains cantons les publient sur internet, pour d&#039;autres, il faut aller à la pêche. l&#039;office fédéral de la statistique n&#039;a effectivement pas toutes les statistiques. De plus souvent celles-ci comprennent le nombre de consultations, donc constater une évolution est possible, mais il n&#039;y a pas toujours la distinction hommes femmes. je mettrais en ligne dès que j&#039;aurai les documents. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
pour la suite, je vous propose de définir la violence au niveau du sens commun : chacun de nous peut-il apporter sa définition ? ou éventuellement celles qu’il aurait récolté autour de la machine à café comme le disait Schurmans.  Qu&#039;en pensez-vous ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour aller plus loin j’aimerai vous soumettre une partie du texte issu de l’article de De Puy, Gillioz et Ducret, car il me semble que cela nous permettrait d’aller plus loin dans la construction de notre objet de recherche. [http://home.etu.unige.ch/~maneira4/R_sum__aeticle.doc Résumé de Chantal à lire]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je cite : « Construction de l’objet scientifique et cadre théorique. &lt;br /&gt;
Nous nous sommes gardées d’une approche épistémologique naïve qui assimilerait l’objet sociologique au problème social de la violence tel qu’il est porté à l’attention des chercheurs et chercheuses (voir à ce sujet Bourdieu, 1990). Ce dernier constitue un objet préconstruit qu’il s’agit de dépasser pour l’élaborer scientifiquement. En effet, l’objet visé par la sociologie n’est pas la violence, qui en tant que fait n’a pas de pertinence sociologique. Elle n’en acquiert qu’en référence à un contexte social qui lui donne sens. Ainsi on ne saurait traiter de la même manière la violence du dominant et du dominé, sous peine d’amalgamer des phénomènes sociologiquement différents. L’objet sociologique pertinent est donc la relation sociale sous-jacente à la violence, à savoir les rapports de domination entre femmes et hommes au sein des couples ». &#039;&#039;&#039;je partage ce point de vue&#039;&#039;&#039; [[Utilisateur:Miguel|Miguel]] &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour votre réflexion je cite également le paragraphe suivant qui fait référence à d’autres courants auxquels vous faisiez allusion, en particulier, toi Miguel. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Nous nous distançons de certains courants positivistes, présents dans la sociologie américaine, qui étudient toutes les formes de violence familiale, quel qu’en soit l’auteur-e ou la victime – violence des hommes envers leurs femmes, des femmes envers leurs enfants, des enfants envers leurs parents ou des parents envers leurs enfants, sans prendre en compte la problématique du genre. Le fait violent et son dénombrement sont ainsi privilégiés au détriment d’un modèle théorique donnant sens aux faits observés. Ce type d’approche a pu conduire à des biais d’interprétation. Considérant comme équivalents un acte violent ayant pour finalité le contrôle d’autrui et un acte d’autodéfense, certaines études en sont arrivées à établir des taux de violence féminine et masculine semblables.&#039;&#039;&#039; La je partage moins du coup. Mes sources (bon elles ne semblent pas trop ojectives) mais tout de même  indiquent au contraire que ce serait la recherche (plutôt sa méthodologie ainsi que sa philosiphie) que tu utilise comme référence, qui ne saurait pas très fiable. (méthodo: coups téléphoniques, public  pris en compte: uniquement que des femmes). Donc pour être clair, je trouve que c&#039;est bien de prendre en compte différents aspects de la violence conjugale. Toutefois, il ne faut pas se mélanger les pinceaux et savoir si l&#039;on parle de ressentis, de vécus de violence ou de définition et de qui? etc.&#039;&#039;&#039; [[Utilisateur:Miguel|Miguel]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De Puy J., Gillioz L., Ducret V. (2002). Intimités piégées. La violence conjugale en Suisse. Nouvelles Questions Féministes – Vol. 21, No 1/2002&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je vais préparer l&#039;un ou l&#039;autre définition de concepts et vous les soumettre. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
donnez-moi un retour. à bientôt [[Utilisateur:Cornut piller|Cornut piller]] 20 avr 2006 à 11:35 (MEST)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
***&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Approuvation proposition de structure de travail de Jean-Christophe. II (Céline)==== &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Salut!&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
J&#039; approuve aussi la proposition de structure de travail de Jean-Christophe ! J&#039;ai ajouté quelques sites web à la bibliographie. Le site d&#039;arte concerne la soirée thema dont je vous avais parlé, contenant des statistiques, les références du documentaire, le forum, etc. Jetez un coup d&#039;eil à la rubrique &amp;quot;histoire&amp;quot; du site de VIRES, il y est expliqué les &amp;quot; Eléments théoriques de base et changements de l&#039;identité de Vires.	Depuis sa fondation, Vires s&#039;est défini de 3 manières différentes: 	&lt;br /&gt;
	1. Organisme pour les hommes ayant recours à la violence dans leur couple et dans leur famille. 			&lt;br /&gt;
	2. Organisme pour les personnes ayant recours à la violence dans leur couple et dans leur famille. 	&lt;br /&gt;
	3. Organisme de traitement et de prévention de la violence exercée dans le couple et dans la famille. 	&lt;br /&gt;
		&lt;br /&gt;
Cela est pertinent par rapport à notre problématique de &amp;quot;concept en mouvement de la la violence conjugale&amp;quot;, non?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Utilisateur:Celine|Celine]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
***&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Approuvation proposition de structure de travail de Jean-Christophe. I ([[Utilisateur:Miguel|Miguel]]) ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hello J.C. et les filles...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
alors pour répondre au premier, je trouve que ces quelques mots résument bien notre pensée (en tout cas la mienne). Si je récapitule (vous remarquerez que j&#039;en ai souvent besoin), la proposition de Céline ainsi que la mienne pourraient plutôt devenir des hypothèses alors que celles de Chantal et J.C. des questions de départ. (cf à la page [[Plan de recherche: Violence conjugale; un concept en mouvement|Notre plan de recherche]]) Je vous propose de retourner une fois encore (si ce n&#039;est pas déjà fait) sur cette page et de limiter / préciser votre centre d&#039;intérêt. Ceci fait, nous pourrions (par exemple) valider la structure proposée par J.C. &#039;&#039;&#039;Essayez de le faire avant lundi soir, merci.&#039;&#039;&#039; [[Utilisateur:Miguel|Miguel]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
***&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Proposition de thématique, structure de travail (J.C.) ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hello ! Je vous transmets quelques éléments et quelques propositions suite à notre discussion de mercredi dernier, vous me direz ce que vous en pensez... (Jean-christophe)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Proposition de thématique&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En partant d’une définition permettant de discerner les entours de la violence dans son sens large, nous nous proposons de procéder à une analyse plus spécifique de ce qu’il en est de la violence conjugale. À partir de quelques traits de ces phénomènes, nous prendrons le bais, en corrélation avec la thématique de la femme battue, d’un nouveau phénomène émergeant, celui des hommes battus. Nous étudierons plus particulièrement les préjugés et les stéréotypes qui circulent à ce sujet dans le social. Ce travail exigera bien évidemment une étude socio-historique de ces phénomènes, en cherchant à déterminer les corrélations qui existeraient dans une approche de genre femmes-hommes. Enfin, nous essaierons de mettre en lumière les caractéristiques incontournables qui résurgeront de notre travail de recherche, caractéristiques juridiques, psychosociales, informations issues d’études cliniques, témoignages. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Structure du travail&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Définition de la violence : 	o mise en lumière de quelques définitions générales&lt;br /&gt;
				o définitions juridiques de la violence&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Contextualisation &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Approche socio-historique : quand ce phénomène est-il apparu ? Qui en parle ? Comment en parle-t-on dans le social ? Préjugés et stéréotypes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
et&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Caractéristiques psychosociales : comment cela se passe ? Types de violences, témoignages de victimes, études scientifiques, rapports d’études cliniques, etc.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ces deux approches portant sur :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
				o Problème social de la maltraitance et violence faite aux enfants&lt;br /&gt;
				o Problème social de la femme battue&lt;br /&gt;
				o Problématique de la violence conjugale&lt;br /&gt;
				o Émergence d’un nouveau problème social : les hommes battus&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Analyse et mise en corrélations de la violence faite aux femmes et la violence faite aux hommes (étude de genre)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Conclusions&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
***&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Regroupement des questions de départ ([[Utilisateur:Miguel|Miguel]]) ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C&#039;est encore machin...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Alors voilà, j&#039;ai regroupé nos questions de départ dans le plan de recherche. A vous d&#039;indiquer ce que vous pensez qu&#039;il soit utile de garder. L&#039;objectif étant de trouver une question de départ principale (et à la limite d&#039;en faire d&#039;écouler des secondaires). &#039;&#039;&#039;A faire avant lundi !!!&#039;&#039;&#039; Du coup, on décidera rapidement les références que l&#039;on garde et que l&#039;on valorise. (déposez aussi vos références &#039;&#039;utiles&#039;&#039;) il va falloir trier...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sinon, je viens de créer un lien vers cette page de discussion dans notre page de plan de recherche.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bien à vous. [[Utilisateur:Miguel|Miguel]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
***&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Changement du titre de notre travail ([[Utilisateur:Miguel|Miguel]]) ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hello tlm...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Alors news techniques...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
J&#039;ai changé (on pourra rechanger si besoin est) le titre de notre travail (vous savez pour quelles raisons). De ce fait, on va maintenant surtout travailler entre la page [[plan de recherche: Violence  conjugale; un concept en mouvement]] et cette page de discussion.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
News pour le plan...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Vous êtes dés maintenant, amies, amis invités à alimenter le plan de recherche. Pour cela je récapitule: on était resté (me semble-til) sur l&#039;idée de partir du concept de violence conjugale (et plus de l&#039;homme battu) et on avait la volonté d&#039;isoler certains aspects de ce dernier tels que; son évolution socio-historique concernant, entre autres, les acteurs, les documents, les structures, les enjeux possibles etc, et cela &#039;&#039;&#039; dans le contexte helvétique, romand, et genevois&#039;&#039;&#039;. En espérant que cela résume bien les idées de chacun, je vous salue. [[Utilisateur:Miguel|Miguel]] &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
***&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Ajout de queques références bibliographiques (Céline) ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Salut!&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme prévu j&#039;ai rajouté quelques références bibliographiques. Je pense que le rapport d&#039;activité du CIMPV(que je vais vous résumer) est spécialement pertinent justement comme trace directe d&#039;un discours de professionnels interdisciplinaires spécialisés sur la question des violences. Le fait que cette consultation est intégrée à la grande institution des HUG n&#039;est pas anodin non plus. Pour rappel, la Consultation Interdisciplinaire de Médecine  Prévention de la Violence prend en charge tout type de violence(interpersonnelle, institutionnelle,etc.) et tout type d&#039;acteurs (victimes/agresseurs/témoins). Néanmoins, concrètement les cas de violence conjugales constituent la majorité de leur travail. J&#039;ai profité d&#039;un entretien de stage avec les psychologues de la Consultation pour leur demander des références et des données quant à la problématique des hommes battus. Malheureusement, ils ne possèdent rien d&#039;autre que les statistiques inclues dans leur rapport. Ils ont souligné que c&#039;est une problématique très récente; et que d&#039;ailleurs ils reçoivent de nombreuses demandes d&#039;infos à ce sujet. Ils ont confirmé que certains de leurs patients  sont &amp;quot;uniquement&amp;quot;des hommes battus, mais que la violence réciproque est plus fréquente (et les femmes &amp;quot;uniquement&amp;quot; victimes sont la très grande majorité, est-il utile de le rappeler....). Côté référence, ils m&#039;ont cité le fameux mémoire...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour info, le bouquin de Souffron peut être consulté à la biblio de droit, voici la cote : CA/F 89.1g SOUF  (c&#039;est le rayon crimino).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A bientôt, Céline&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
2avril 2006&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
***&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Retour sur infos de la prof ([[Utilisateur:Miguel|Miguel]]) ==== &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hello tlm...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
je me permets de reprendre ce que M.Ruchat a indiqué sur notre projet. Cela devrait nous aider à choisir rapidement la direction à prendre. Pour plus, d&#039;infos, veuillez vous référer à ses propos dans la page discussion de notre projet. @+ [[Utilisateur:Miguel|Miguel]]  1 avr 2006 à 17:10 (MEST) (ce n&#039;est pas un poisson d&#039;avril ;.)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;quot;Il s&#039;agit d&#039;inscrire votre objet dans cette perspective, à savoir: qui parle ainsi, de l&#039;homme battu par exemple, depuis quand en parle-t-on, quels sont les discours (des médecins, des journalistes, des hommes battus, etc...), quelles solutions ont été promues, quels évenutels conflits d&#039;interprétation existent, quelle institutionalisation éventuelle? Vous ne pourrez peut-être pas tout aborder. Mais il faudra partir du factuel, de la réalité, dont vous aller chercher au plus près de la matière les éléments de preuves.&amp;quot;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
***&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Début des commodités ([[Utilisateur:Miguel|Miguel]]) ==== &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Salut ô cher groupe... comme vous le constatez... quelques changements... ça bouge quoi!!!&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je vous propose que l&#039;on se retrouve à la fin du cours de la semaine prochaine pour cibler un pleux plus notre thématique. &#039;&#039;&#039;Sinon veuillez m&#039;indiquez votre adresse e-mail valide pour que l&#039;on puisse communiquer rapidement si besoin est. Merci&#039;&#039;&#039; [[Utilisateur:Miguel|Miguel]] &lt;br /&gt;
***&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Centres d&#039;intérêts==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Centre d&#039;intérêt, question de départ de Chantal:&#039;&#039;&#039;&#039;&#039; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
mes chers, je ne suis pas des votres aujourd&#039;hui à cause d&#039;un probléme familial important... juste quelques mots sur ma réflexion. abonnée à thérapie de famille depuis 15 ans, je n&#039;y trouve aucune mention de la violence des femmes sur les hommes. ou plutôt, la maltraitance est considérée de façon systémique et pluridimensionnelle. L&#039;émile, journal féministe, parle de violence faite aux femmes, je vais reprendre les numéros en ma possession pour voir si à un moment donné il est question de la violence des femmes sur les hommes. mais ce qui me questionne, c&#039;est comment on arrive à isoler une catégorie, ici celle de la violence faite par les femmes aux hommes. Je me demande qui est intéressé de voir le problème sous cette catégorisation là. Cette catégorie amène quel regard spécifique, et qui amène de l&#039;eau au moulin de qui, pour en faire quoi ? &lt;br /&gt;
j&#039;ai été à la biblio et ai pris une série de livres &amp;quot;genre&amp;quot;. voici les références si ^Miguel veut les ajouter. L&#039;un et l&#039;autre sexe 2001, revue internationale Paris ESPRIT - David Jackson et Daniel Welzer-Lang 1998, Violence et masculinité chez &amp;quot;..., montpellier - Mino Vianello, Elena Caramazza 2001Un nouveau paradigme pour les sciences sociales : genre, espace, pouvoir L&#039;Harmattan - Marie-blanche Tahon 2003, Sociologie des rapports de sexe, aux presses universitaires de Rennes - ouvrage collectif 2003, le genre comme catégorie d&#039;analyse, sociologie, histoire, littérature. &lt;br /&gt;
Je vais les parcourir et faire une fiche de lecture de l&#039;un ou l&#039;autre. vous pouvez m&#039;appeler en début d&#039;aprés-midi si vous travaillez ensemble au 024 472 73 64. je suis vraiment désolée, de ne pas être avec vous aujourd&#039;hui. à bientôt chantal&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Centre d&#039;intérêt, question de départ de Céline:&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La question qui pour moi relierait de manière pertinente la problématique des femmes battues et celles des hommes battus dans une perspective socio-historique pourrait se formuler comme telle: La reconnaissance du phénomène des femmes battues a-t-elle favorisé l&#039; émergence récente des hommes maltraités dans le couple en tant que problème social? Ou au contraire a-t-elle rendu difficile la prise de parole des hommes souffrant de violence conjugale, la place de victime étant déjà &amp;quot;prise&amp;quot; par la femme de manière sous-entendue dans les mentalités?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Centre d&#039;intérêt, question de départ de Jean-Christophe:&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je m’intéresse particulièrement aux définitions qui sont faites de la violence en lien avec le thème que nous avons choisi. Je me pose la question de savoir quelles sont les spécificités de la violence faite aux hommes en en la comparant ou en l’incluant dans les développements déjà existants sur la violence en général. Je pense qu’un lien avec la violence conjugale et la violence faite aux femmes est ainsi incontournable. Ces propos rejoignent un questionnement sur la notion de genre et sur les discours qui circulent dans le social quant à la violence faite aux hommes et aux femmes. Ceci rejoint également les propositions faites par Miguel concernant les stéréotypes existants sur les hommes et les femmes, en prenant plus appui sur les définitions existantes de la violence. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Questions de départ:&#039;&#039;&#039; si le phénomène ou le concept des hommes battus semble émerger depuis quelques années comme un problème social nouveau (là est la question), peut-on dans le passé trouver des traces de la violence faite aux hommes de manière plus générale ? Une autre question s’y joint quant à l’influence des développements prenant en compte la violence faite aux femmes et si ceux-ci ont une influence sur les propos qui concernent la violence faite aux hommes. Dans quelle mesure existe-t-il une séparation des genres hommes-femmes quant à la problématique de la violence ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Centre d&#039;intérêt, question de départ de Miguel:&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme discuté hier, mon intérêt se porte plus sur les préjugés, stéréotypes véhiculés à l&#039;encontre des rôles masculins et féminins, dans la société (je me place donc au départ du processus socio-historique... enfin je crois)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Question de départ:&#039;&#039;&#039; Pour quelles raisons, est-il difficile de reconnaître l&#039;homme en qualité de victime dans le cadre d&#039;une violence conjugale?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==réactions prof==&lt;br /&gt;
Je trouve intéressant. Pourrait-on imaginer que dans les représentations l&#039;homme battu solit &amp;quot;féminisé&amp;quot; ce qui rend la prise de parole plus difficile. Croiser représentations sociales (hommes et femmes) avec la problématique de l&#039;objet construit pourrait être pertinent. Regarder du côté de la psychologie sociale les travaux dans la fac de fabio Lorenzi Cioldi. A suivre...[[Utilisateur:Ruchat|Ruchat]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
***&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je trouve que vous vous posez plein de bonnes questions. Il s&#039;agit maintenant de faire un choix d&#039;approches théoriques (psychologie sociale? sociologie?) à croiser dans un regard transdisciplinaire avec la socio-histoire et de conserver une question principale et quelques questions secondaires, et de réfléchir à la méthodologie.&lt;br /&gt;
A suivre...[[Utilisateur:Ruchat|Ruchat]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Miguel</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=R%C3%A9sum%C3%A9s&amp;diff=4417</id>
		<title>Résumés</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=R%C3%A9sum%C3%A9s&amp;diff=4417"/>
		<updated>2006-06-23T15:30:22Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Miguel : /* Thème Maltraitance conjugale */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;== Consignes ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* doit servir à la recherche (points les plus pertinents)&lt;br /&gt;
* identifier le contexte de la recherche (objet, période, temps, etc.) des auteurs&lt;br /&gt;
* doit servir aux autres (résumé)&lt;br /&gt;
* quantité: équivalent à 2 pages min.&lt;br /&gt;
* faire jouer l&#039;esprit de synthèse&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Thème Maltraitance conjugale ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Résumé du livre Torrent S. (2001). &#039;&#039;L’homme battu, un tabou au cœur du tabou&#039;&#039;. Québec: Option Santé. [http://home.etu.unige.ch/~maneira4/fiche%20de%20lecture%20homme%20battu.pdf ] (Auteur:[[Utilisateur:Miguel|Miguel]]) &#039;&#039;Affiliation au groupe&#039;&#039;:[[L&#039;homme battu: le mâle...traité]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* [[Résumé du livre]] : Dallaire Y. (2002). &amp;quot;La violence faite aux hommes. Une réalité tabou et complexe&amp;quot;. Québéc, Options santé. (Jean-Christophe). Groupe : [[L&#039;homme battu: le mâle...traité]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*[[Résumé de l&#039;article]] : Rey, H. et al. (2006). Les violences conjugales: pour une clinique du réel. &#039;&#039; Journal International de Victimologie&#039;&#039;. Année 4, No 1.  (Céline). Groupe : [[L&#039;homme battu: le mâle...traité]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*[[Résumé]] du livre : Bretonnière-Fraysse et al. (2001). &#039;&#039; De la violence conjugale à la violence parentale&#039;&#039;. Eres  (Céline). Groupe : [[L&#039;homme battu: le mâle...traité]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* De Puy J., Gillioz L. &amp;amp; Ducret V. &#039;&#039;Intimités piégées. La violence conjugale en Suisse&#039;&#039; in Nouvelles Questions Féministes (Vol. 21, 1/2000). Ce texte est le résumé d’un livre publié par les auteures, « Domination et violence envers la femme dans le couple » (Payot 1997)&lt;br /&gt;
[http://home.etu.unige.ch/~maneira4/R_sum__aeticle.doc Résumé de l&#039;article par Chantal Cornut Piller]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Thème: [[Délinquance juvénile á Genéve entre 1900 et aujourd&#039;hui: quelles sanctions pour les mineurs?]] ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*[[Résumé du livre : Ruchat,M. (1998). Les chroniques du mal : le journal de l&#039;éducation correctionnelle 1850-1918.]] Genève : Passé présent. (virginie). Groupe : [[Evolution des  réponses pénales et éducatives à la délinquance juvénile]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* [[Résumé du livre : Pingeon, D. ( 1991). Adolescences délinquantes, sens et contresens, impasses et issues.]] Fribourg: DelVal (Cousset). (Christine). Groupe: [[Evolution des  réponses pénales et éducatives à la délinquance juvénile]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* [[Résumé du &amp;quot;livre&amp;quot;: Pingeon, D. (1982). La délinquance juvénile stigmatisée.]] Genève: université de Genève, faculté pscho et sciences de l&#039;éducation. (Véronique). Groupe: [[Evolution des  réponses pénales et éducatives à la délinquance juvénile]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* [[Résumé du livre: Petitclerc, J.M. (2001). Les nouvelles délinquances de jeunes: violences urbaines et réponses éducatives.]] (Henrik). Groupe: [[Evolution des  réponses pénales et éducatives à la délinquance juvénile]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* [[Le debut de la nouvelle LF à travers deux documents:]] Stettler, M. (1980) &#039;&#039;L&#039;évolution de la condition pénale des jeunes délinquants examinée au travers du droit suisse et de quelques législations étrangères : les seuils de minorité pénale absolue ou relative confrontés aux données de la criminologie juvénile et aux impératifs de la prévention&#039;&#039; et Stettler, M. (1986)&#039;&#039;	 Avant-projet de la loi fédérale concernant la condition pénale des mineurs et rapport explicatif&#039;&#039; (Henrik). Groupe: [[Evolution des  réponses pénales et éducatives à la délinquance juvénile]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Thème [[Maltraitance en prison]] ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* [[CHAMP-DOLLON]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* MARIE: Résumé de : [[&amp;quot;Mineurs: la fin de la prison?&amp;quot; dans Les cahiers d&#039;action juridique n°66, avril 1989 ]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* ANDRé LIENHARD : Résumé : du livre: [[Torrente, J, &amp;quot;La Maltraitance, regards pluridisciplinaires&amp;quot;]], ainsi que de l&#039;émission [[temps présent du jeudi 17 février 2005, &amp;quot;En taule&amp;quot;]]. Résumé du travail de recherche effectué dans le cadre de la formation INTEREC de L&#039;INSTITUTION D&#039;ETUDES SOCIALES de Genève, Chloé MEIER, Sébastien AEBY,[[&amp;quot;Evolution des conditions de détention, dans les prisons préventives genevoises]]&amp;quot;, mars 1995. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* JULIE: Résumé de Ruchat, Martine (1998): [[&amp;quot;Des mineurs en Prison, agir plutot que punir.&amp;quot;]] , ainsi que le [[résumé des informations sur Champ-Dollon récoltés sur leur site internet http://www.geneve.ch/penitent/champ-dollon]], [[Site de la TSR : plusieurs articles, dont La détention des mineurs, un casse tête suisse swissinfo, Anne Rubin(02.12.2003)]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* BENOIT : Résumé de [[Zambeaux, Edouard: &amp;quot;En prison avec des ados, enquete au coeur de l-ecole du vice&amp;quot;]]  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* AURELIE : Résumé de quelques parties de Martine Ruchat: [[&amp;quot;L&#039;oiseau et le cachot, naissance de l&#039;éducation correctionnelle en suisse romande 1800-1913&amp;quot;]] &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* SIRA : [[LA MALTRAITANCE]] Résumé de passages de Tomasevski, Katrarina: &amp;quot;Des Enfants en prison&amp;quot;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* INTERVIEW: [[Résumé de l&#039;interview du directeur de la prison préventive La Croisée]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Thème: [[L&#039;évolution récente de la définition de la maltraitance des personnes âgées]]==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* [[Bertin, Evelyne (1999) Gérontologie, psychanalyse et déshumanisation : silence vieillesse... Paris : L&#039;Harmattan]] (Mélanie SAVOY)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* [[Gavillet&amp;amp;Grandrieux, Laurence&amp;amp;Véronique (2006) Ne touche pas à tes vieux, regards sur la maltraitance familiale des personnes âgées. Genève: IES Editions]] (Valérie SCHAUDER)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* [[De Saussure, Christian (1999) Vieillards martyrs tirelires : maltraitances des personnes âgées. Chêne-Bourg : Médecine et hygiène]] (Germain VON DER MUEHL)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* [[Masson, Maltraitances et violences, Sous la direction de Bernard Marc, article de Franck Dibouës, Paris (2004)]] (Stefania RODRIGUEZ)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* [[Hugonot, Robert (1990) Violences contre les vieux. Toulouse: Eres.]] (Sarah GROSSNIKLAUS)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* [[Yves Geneste (2004). Silence on frappe, De la maltraitance à la bientraitance des personnes âgées: Imagine]] (Tatiana CAVAGLIANI)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Thème: [[ Les enfants maltraités comme enjeu entre parents, institutions et médecins ]]==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* [[Renevey Fry, Chantal (dir.) (2001) Pâtamodlé, l&#039;éducation des plus petits, 1815 à 1980, Service de la recherche en éducation et Musée d&#039;éthnographie, Genève]] (Marianne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Schulteis F., Frauenfelder A., Delay C. (avril 2005), [[La maltraitance envers les enfants: entre consensus moral, fausses évidences et enjeux sociaux ignorés, Analyse sociologique des transformations du rapport social à l&#039;enfance dans le cnaton de Genève depuis 1990]], Rapport final, Université de Genève, Faculté des sciences économiques et sociales, Département de sociologie. (Katia)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Hacking I., (2001), [[la fabrication d&#039;un genre:le cas de l&#039;enfance maltraitée, in Entre science et réalité, la construction de quoi?]] (Ana)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Thème: [[Les troubles de l&#039;alimentation: une forme d&#039;auto-maltraitance]]==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* [[Résumé du livre Guillemot A. &amp;amp; et Laxenaire M. (1997). Anorexie mentale et boulime le poids de la culture (2e éd.). Paris: Masson.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* [[Résumé du livre Darmon M.(2003).Devenir anorexique, une approche sociologique. Paris. La découverte.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*[[Résumé du livre Gordon R.A.(1990).Anorexia and bulimia, anatomy of a social epidemic. Oxford and Cambridge. Basil Blackwell]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*[[Résumé du livre Hepworth J. (1999). The Social Construction of Anorxia Nervosa. Londres: Sage.]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Miguel</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Violence_conjugale:_De_la_femme_battue_%C3%A0_l%27homme_battu...&amp;diff=4299</id>
		<title>Violence conjugale: De la femme battue à l&#039;homme battu...</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Violence_conjugale:_De_la_femme_battue_%C3%A0_l%27homme_battu...&amp;diff=4299"/>
		<updated>2006-06-20T15:55:50Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Miguel : /* Des recherches complémentaires nécessaires. Choix et méthodes */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&#039;&#039;&#039;Membres du groupe&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Chantal Cornut&lt;br /&gt;
* Céline Pittet &lt;br /&gt;
* Jean-Christophe Contini&lt;br /&gt;
* Miguel Maneira &lt;br /&gt;
[mailto:maneira4@etu.unige.ch,contini2@etu.unige.ch,cepittet@hotmail.com,ch.cornut-piller@bluewin.ch Ecrire au groupe]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 [[L&#039;homme battu: le mâle...traité|Notre projet]]  |  [[Plan de recherche: Violence conjugale; un concept en mouvement|Notre plan de recherche]]  |  [[Espace de dialogue|Notre espace de dialogue]]  |  [[Trésorus de notre groupe|Notre île aux trésors]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Violence conjugale: De la femme battue à l&#039;homme battu...=&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== &amp;quot;L’homme battu&amp;quot;: un phénomène nouveau ? Introduction ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le questionnement qui est à l’origine de ce travail prend source dans la rencontre d’un concept qui semble nouveau de prime abord : &amp;quot;l’homme battu&amp;quot;. Ce concept apparaît dans l’ouvrage récemment publié de Sophie Torrent (2001). Ce livre met en lumière l’existence d’hommes victimes de [[violence|violences ]] exercées par des femmes à leur encontre, il interroge également les questions identitaires vécues par ces &amp;quot;nouvelles victimes&amp;quot;, à travers la conduite de multiples entretiens. Ces propos peuvent intriguer, parfois rendre perplexe et curieux celui ou celle qui les entendent. Le présent article proposera des recherches bibliographiques qui devraient permettre de découvrir des discours proches des propos de Torrent. Le premier constat est que ce &amp;quot;phénomène&amp;quot; des hommes battus est, dans une moindre mesure, relayé dans d’autres ouvrages qui l’inscrivent dans le cadre plus large de la [[violence conjugale|violence conjugale]] . Les recherches livresques tenteront ainsi de répondre à la question principale qui guide la recherche : comment le phénomène de &amp;quot;l’homme battu&amp;quot; s’inscrit-il dans le paradigme de la violence conjugale ? Les questions secondaires qui en découlent sont multiples : quand est-ce que ce concept est apparu ? Par qui a-t-il été développé ? Quels sont les discours qui relaient ce concept ou qui s’y opposent ? Les éléments qui composent la revue de littérature qui apparaîtra plus loin permettront d’entrevoir certains points qui semblent être récurrents. On s’aperçoit ainsi que le concept d’&amp;quot;hommes battus&amp;quot; se trouve à chaque fois en tension avec celui de &amp;quot; femmes battues &amp;quot; dans le cadre de la violence conjugale qu’il reste à définir. Nous sommes ici confrontés à deux discours contraires entre des groupes de pressions constitués autour de la &amp;quot;souffrance masculine&amp;quot; et les propos issus de certains discours [[féminisme|féministes]] . cette opposition – qui est caractérisée grossièrement entre les deux discours – se dédouble d’une autre opposition dans la désignation des acteurs de la violence conjugale en termes de victime et d’agresseur. Les  acteurs sont ainsi stigmatisés, avec des stéréotypes qui désignent de manière massive l’homme comme agresseur et la femme comme victime.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La  violence conjugale : où en sommes-nous aujourd’hui ? Des discours en tension. Problématique ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La violence conjugale semble être de prime abord un phénomène bien connu de nos jours. Les médias rendent régulièrement compte de ses conséquences, bon nombre d’associations ont été créées pour répondre à l’appel des victimes, une loi sur la protection des victimes a été instaurée, beaucoup de thérapeutes œuvrent également dans ce domaine. Il est question, la plupart du temps, des violences subies par des femmes et exercées par des hommes, il est dans une moindre mesure, question de la violence exercée par des femmes contre des hommes. Ce dernier phénomène reste minoritaire cependant, et fait l’objet de nombreuses critiques. Bien souvent, les discours opposent des mouvements &amp;quot;féministes&amp;quot; à des groupes &amp;quot;masculinistes&amp;quot;, les uns dénonçant sans cesse l’ineffable violence des hommes envers les femmes, les autres dénonçant cette vision de l’homme éternellement &amp;quot; agresseur &amp;quot;, allant jusqu’à affirmer que des hommes sont aussi des &amp;quot; victimes &amp;quot; et que la violence peut aussi être l’apanage des femmes. Ici apparaît le concept &amp;quot; d’hommes battus &amp;quot; qui a émergé dès les années septante. Afin de prendre de la distance vis-à-vis de ces deux positions antagonistes, il s’agit tout d’abord d’étudier ce que disent certains auteurs sur la violence conjugale, à la fois sur la violence subie par les femmes et par les hommes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Ce qu’en disent les livres et leurs auteur(e)s. Revue de littérature==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette revue de littérature suit la chronologie du questionnement et du cheminement, qui, en commençant part la découverte du concept de &amp;quot;l’homme battu&amp;quot;, conduit à approfondir les recherches au concept de la femme battue et à appréhender dès lors le problème social que constitue la violence conjugale, qui englobe les deux autres concepts. La recherche bibliographique a privilégié les ouvrages qui traitent spécifiquement de l’existence du concept de &amp;quot;l’homme battu&amp;quot;, dans une actualité la plus récente possible. Peu de littérature existe à ce sujet, cependant, les ouvrages les plus récents (Torrent et Dallaire) font tous les deux référence à l’inscription du concept de l’homme battu dans celui de la violence conjugale. Les investigations ont  été élargies à ce domaine, toujours à la recherche du moindre élément concernant la violence faite aux hommes. &lt;br /&gt;
Sophie Torrent, dans son ouvrage sur l’homme battu (2001) met directement en question le fait qu’il existe au sein de la vie de couple une violence faite aux hommes, une violence souvent difficile à accepter, celle-ci allant à l’encontre de [[stéréotype|stéréotypes]] tels que celui qui considère que la femme est l’élément faible du couple et que l’homme en est le dominant. Dans la première partie de son livre, l’auteure tente tout d’abord d’expliquer ce phénomène atypique de l’homme battu, cet &amp;quot;impensable social&amp;quot; dit-elle. Elle analyse les différents types de violences (physique, sexuelle, psychologique, verbale et économique) pour ensuite orienter son analyse vers la notion de &amp;quot;rôles sociaux&amp;quot;. Elle montre comment l’homme violenté est agressé jusque dans les &amp;quot;facettes&amp;quot; qui font son [[identité sociale|identité]] . Pour elle &amp;quot;être battu invalide l’homme dans son appartenance à la catégorie sociale homme&amp;quot;. Dans la deuxième partie de son ouvrage, Torrent réfléchit sur les différentes stratégies élaborées par l’homme pour gérer des situations difficiles. Elle s’appuie notamment dans son travail de recherche sur des interviews réalisées avec des &amp;quot;hommes battus&amp;quot;. &lt;br /&gt;
C’est dans une considération assez proche qu’Yvon Dallaire (2002), thérapeute au Québec, aborde le phénomène de la violence faite aux hommes (La violence faite aux hommes. Une réalité taboue et complexe). Il nous rappelle le constat de l’existence ineffable de la violence dans l’humanité, violence souvent fortement médiatisée, mais selon lui, de manière incomplète. En effet, dit-il, notre attention ne serait attirée que vers une forme de violence, soit celle faite par les hommes contre les autres hommes (guerres, voies de fait, suicides), contre les femmes (violence conjugale, viol, meurtre, tueurs en série) et contre les enfants (violence infanticide, meurtre suivi de suicide). Pour Dallaire, une forme de violence a été occultée : la violence des femmes faite envers les femmes, les hommes et les enfants. Le propos de son texte est de démontrer d’une part que des femmes peuvent être tout autant violentes que des hommes, et que d’autre part, l’analyse de la violence conjugale s’inscrit dans un paradigme teinté de sexisme et de discrimination. Pour cet auteur, la violence conjugale ne se décline pas simplement sur le mode victime-agresseur, mais plutôt sur celui de victime-victime, de deux individus qui sont les co-créateurs d’une escalade débouchant sur l’explosion physique. Afin d’alimenter son propos, Yvon Dallaire met en lumière les stéréotypes et les préjugés qui circulent dans le discours commun : l’homme est un être violent, un abuseur d’enfants, un irresponsable, les hommes sont tous des obsédés sexuels, il sont tous infidèles, menteurs et manipulateurs. Dès lors, toute violence féminine est considérée comme relevant de la légitime défense, l’homme est ainsi rendu coupable de toute la violence conjugale. Précisons ici que l’auteur dénonce le discours d’influence féministe qui se déploie dans le contexte québécois. Son objectif est de connaître les réelles dimensions de la violence conjugale, plutôt que de rechercher un coupable à punir, toujours le même : l’homme. &lt;br /&gt;
L’ouvrage de Bretonnière-Fraysse et al. (2001), incontournable pour le sujet, propose quant à lui un autre regard qui positionne clairement les femmes en tant que victimes et les hommes comme agresseurs, sans nuances : &amp;quot;on le sait, la violence conjugale a toujours existé ; on le sait aussi : les victimes en sont les femmes et les auteurs, les hommes. Mais elle demeure encore cachée, honteuse, secrète&amp;quot;. Cet ouvrage prend un regard anthropologique et historique pour nous montrer la condition de victime de la femme à travers les époques passées et jusqu’à nos jours. &lt;br /&gt;
Gillioz, De Puy et Ducret quant à elles (2000), font état des connaissances qui ont fait de la violence familiale et de la violence contre les femmes, un champ d’étude relativement nouveau dans les sciences sociales. Elles nous rappellent que jusque dans les années soixante, la société et avec elle les scientifiques vivent sur le mythe de la famille non violente. Cette dernière étant considérée comme rare et comme étant le fait d’individus déséquilibrés. Dans les années septante, sous l’influence de militantes féministes anglo-saxonnes qui ouvrent des refuges pour femmes battues et portent la question de la violence conjugale sur la place publique, ce phénomène jusque-là occulté est posé comme problème socio-politique. C’est dès lors que les sciences sociales vont s’y intéresser, à travers deux grands courants de recherche. Le premier est constitué par des études portant sur la violence subie par les femmes au sein de la famille et postule, en se fondant sur les prémisses théoriques féministes, que cette violence est spécifique. Ilc il est nécessaire de l’étudier indépendamment des autres types de violence familiale qui relèvent d’autres logiques. Le deuxième courant de recherche, issu de la sociologie de la famille, a pour objet la violence familiale et considère la société et ses institutions comme des systèmes consensuels qui embrassent dans la même problématique l’ensemble de la violence qui se déroule dans le cadre familial. L&#039;ouvrage de Gillioz et all. mentionne également les travaux de Strauss, Gelles et Steinmetz (1977), à partir desquels a été tiré l&#039;affirmation que les femmes sont aussi violentes que les hommes. C’est à ce moment qu’apparaît le concept du &amp;quot;mari battu&amp;quot;, des résultats tirés des statistiques de cette recherche, ont permis à l&#039;un des chercheurs de conclure que ce qui était le plus sous-estimé n’est pas la femme battue, mais le mari battu. La validité scientifique reste toutefois fortement contestée, nous en trouvons les arguments dans l’ouvrage de Gillioz, De Puy et Ducret. &lt;br /&gt;
Cette revue de littérature se conclut par l’approche systémique de Perrone et Nannini (1995) qui proposent leur livre comme un manuel à l’usage des professionnels appelés à intervenir auprès des familles. Leurs présupposés considèrent que la violence n’est pas un phénomène individuel, mais la manifestation d’un phénomène interactionnel. La violence est ainsi un mode particulier de communication entre partenaires qui sont tous impliqués et par là même responsables au sens interactionnel du terme. Comme Yvon Dallaire, les auteurs ne considèrent pas les acteurs de la violence conjugale en termes de &amp;quot;victime-agresseur&amp;quot;, ni en termes &amp;quot;hommes-femmes&amp;quot;. Les objectifs et les enjeux que ces deux auteurs proposent s’appuient sur l’idée que chacun doit devenir et se penser responsable de ses propres comportements. C’est également selon cette optique que certains &amp;quot;cliniciens&amp;quot; abordent en partie la question dans leur article (Rey, H et al. 2006).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Des recherches complémentaires nécessaires. Choix et méthodes==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En fonction des éléments de la problématique développée jusqu’ici, l’objectif de la recherche a consisté à y voir plus clair en tentant de répondre à la question posée, « comment le phénomène de l’homme battu s’inscrit dans le paradigme de la violence conjugale » ainsi qu’aux questions complémentaires citées dans l’introduction ?  Afin de prendre une nécessaire distance vis-à-vis du regard que propose la revue de littérature, il est nécessaire d’orienter les recherches sur d’autres sources d’informations diverses. Il est dès lors intéressant d’examiner si des statistiques existent sur les &amp;quot;hommes battus&amp;quot; et sur les &amp;quot;femmes battues&amp;quot; et dès lors de voir si celles-ci peuvent éclaircir les questions posées. Pour cela nous avons choisi de travailler à partir des statistiques des centres Lavi disponibles à l’office fédéral de la statistique. &lt;br /&gt;
Dès lors que le phénomène des &amp;quot;hommes battus&amp;quot; s’inscrit dans le cadre de la violence conjugale notre choix s’est porté également sur la recherche d’éléments de compréhension dans une série de revues spécialisées : « Thérapie Familiale », revue internationale en Approche Systémique, dont nous avons retenu les numéros mentionnant explicitement des articles sur la violence conjugale ou domestique (1995, Vol. 16 no 3 – 1999, Vol. 20 no 4 – 2000, Vol. 21, no 4 – 2001, Vol. 22 no 4).    &lt;br /&gt;
De plus, pour avoir une vision plus globale, une revue d’articles de presse étudiant quelques articles récents peut être pertinente. Nous avons sélectionnées des articles toujours sur le thème de la violence faite aux femmes et / ou aux hommes. Amnistie: Le magazine pour les droits humains, No 44, février 2006   interviews thématiques du Dr Vannotti, médecin adjoint à la Policinique de Lausanne et de  Madame Yakin Ertuk, rapporteuse spéciale de l&#039;ONU sur la violence contre les femmes ; Amnistie, Journal d&#039;action pour les droits humains, janvier 2006 ; Repère Social, No 73, février 2006, article : quand le sexe faible est violent ; Le Courrier du 18 mai 2005, article relatant le 1ier congrès de la condition masculine. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Enfin, nous avons opté pour une recherche mettant en œuvre la conduite de plusieurs entretiens compréhensifs semi-directifs auprès de professionnels de la prise en charge de la violence conjugale ainsi qu’auprès de &amp;quot; victimes &amp;quot; masculines qui accepteraient de nous apporter leur témoignage. A cet effet, nous avons trouvé pertinent de construire deux types de [[entretiens violence conjugale|grilles d&#039;entretiens]] , l&#039;une pour les professionnels, l&#039;autre pour les hommes &amp;quot;victimes&amp;quot;. Chaque entretien s&#039;est déroulé, pendant une heure trente, dans un lieu décidé par la personne interviewée. Nous avons mené, dans notre phase d&#039;investigation de terrain, quatre entretiens, dont deux avec des &amp;quot;victimes&amp;quot; masculines de [[maltraitance|maltraitance]] conjugale. Nous avons rencontré Denis Chatelain, co-fondateur de l&#039;association Vires. Cet organisme de traitement et de prévention de la violence exercée dans le couple et la famille, vient en aide aux personnes qui ont recours à la violence. Nous avons aussi rencontré la fondatrice d&#039;une fondation prenant en charge des femmes violentes, qui a souhaité garder l&#039;anonymat. Toutefois, il est possible de dire que l’objectif premier de cette association est la prévention de la maltraitance et la violence auprès des enfants, personnes âgées et conjoints. Nous avons réussi, à travers une association luttant pour la condition masculine, prendre contact avec deux hommes se déclarant comme &amp;quot;battus&amp;quot;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous étudierons également des sources  issues de la Loi Fédérale sur l’aide aux victimes et de Amnesty internationale tout comme des revues spécialisées dans le domaine de la thérapie familiale et plus particulièrement les articles concernant la violence domestique. &lt;br /&gt;
Ces éléments correspondent à ce que l’on pourrait appeler une &amp;quot;recherche sur le terrain&amp;quot;. &lt;br /&gt;
Nos sources seront ainsi multiples : entretiens ; revue de presse ; statistiques ; revues spécialisées. L’analyse des contenus du matériel récolté, prendra pour point d’appui la désignation des acteurs de la violence conjugale, en termes de stéréotypes (stigmatisation) et dans une approche de [[genre|genre]] étudiant les rapports sociaux hommes-femmes par rapport à cette thématique, ainsi que les rapports victimes-agresseurs qui s’y rattachent. L’analyse devrait ainsi permettre de réunir des points de vue différents et ainsi de confirmer ou d’infirmer, voire de &amp;quot;tempérer&amp;quot; ce qui ressort dans la revue de littérature en fonction des auteurs choisis.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Résultats des recherches==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Dans divers articles de presse===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout d&#039;abord, Amnesty affiche une grande visibilité de la problématique de la violence conjugale, grâce à son magazine pour les droits humains (février 2006), son journal d&#039;action (janvier 2006) et son site internet, qui tous trois évoquent récemment la violence domestique. En effet, Amnesty a commencé en mars 2006 sa campagne suisse « En route contre la violence domestique », dont l&#039;action principale consiste en un tour de plusieurs cantons du mobile home &amp;quot;sweet home&amp;quot; afin de briser le tabou qui entoure la violence dans le couple, d’améliorer les interventions de l’Etat contre la violence domestique, et de sensibiliser le grand public, en particulier les jeunes et les hommes, notamment dans les régions rurales. Les revendications d’Amnesty International en matière de violence domestique repose sur l’obligation de l’Etat d’agir contre cette forme de violation des droits humains. Car aujourd’hui si la visibilité du débat public sur la violence domestique s’est améliorée, les menaces, coups, contraintes, viols et meurtres auxquels les femmes sont souvent exposées dans leurs quatre murs constituent un sujet rarement perçu comme relevant des droits humains. De la sensibilisation est encore nécessaire pour considérer que l’empêcher ne relève pas de la sphère privée des couples et des familles concernées, et ne pas l’assimiler à un « problème de femmes », mais à une mission publique, qui touche tout le monde. Pourtant il s’agit bien de droit à l’intégrité physique et psychique : droit à la liberté et à la sécurité, droit à la santé, droit à l’absence de torture ou d’autres traitements dégradants et même souvent le plus, droit à la vie. La position d&#039;Amnesty International quant à la violence domestique consiste à considérer sa cause dans les rapports inégalitaires de sexe. L&#039;accent est mis sur les représentations sociales qui ne cessent de faire le lien entre violence et masculinité. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le numéro du journal Repère Social de février 2006 s&#039;intitule « Quand le sexe faible est violent » et à travers le prétexte de l&#039;ouverture récente à Lausanne d&#039;un accueil pour femmes violentes, aborde ce sujet trop rarement médiatisé de la violence des femmes. L&#039;auteur, Geneviève Praplan, présente les associations Vires et Face à Face à Genève, et Violence et famille à Lausanne. Cette dernière institution travaille depuis sept ans avec des hommes violents, mais accueille depuis novembre 2005 également des femmes violentes. Le Coordinateur et plusieurs intervenants ont été formés au Québec, auprès d&#039;OPTION, institution pionnière fondée par le psychothérapeute Jacques Broué en 1985. A Violence et Famille, c&#039;est ainsi sous forme de thérapie de groupe que se déroule l&#039;accompagnement, après quelques entretiens individuels. Le processus de réflexion engagé avec les auteur(e)s est le même pour les hommes que pour les femmes. Néanmoins, il est spécifié qu&#039;il faut être spécialement vigilant avec les femmes, en vérifiant qu&#039;elles ne sont pas &amp;quot;davantage des victimes que des agresseurs&amp;quot;. De plus, rapidement le lien entre passé et présent doit se faire. &amp;quot;Hommes et femmes ne sont pas forcément égaux devant leur violence&amp;quot;: dans l&#039;inconscient collectif masculin, il est nécessaire d&#039;affirmer sa virilité, la violence masculine est ainsi plus facilement excusée. Au contraire, les rôles sociaux attribués aux femmes font qu&#039;on la juge plus sévèrement si elle fait usage de violence, mais leur permet de reconnaître moins difficilement que les hommes leurs actes violents. L&#039;auteur met en avant que les chiffres manquent quant à l&#039;ampleur de la violence féminine, surtout exercée envers ses enfants. Par ailleurs les préjugés quant aux données socio-économiques des auteurs de violence perdurent. Cela est en partie dû au fait que les familles en situation précaire sont plus aisément repérées par les services sociaux, vu l&#039;étendue de leurs besoins. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le Courrier du 18 mai 2005 relate et questionne le 1ier congrès international de la condition masculine a eu lieu à Genève le mars 2003. (en 2005 a eu lieu à Montréal).  L’auteure de l’article Virginie Poyetton nous dit que ces colloques font partie d’un mouvement plus large qui met en avant « la crise de la masculinité »  en réaction à l’émancipation « trop » radicale des femmes. Si ce courant est minoritaire au sein de la gent masculine, il participe d’une tendance qui remet en question l’avancée des droits des femmes. &lt;br /&gt;
Les masculinistes (nom que se sont donnés les défenseurs de la condition masculine) pensent que le féminisme les a forcés à changer et depuis ils se sentent dépossédés de leurs  identités et de leurs droits. Ils souffrent d’injustices : discrimination  positive au travail faveur des femmes, préjugés favorables aux mères en cas de divorce, fausses allégations de violence ou d’inceste, pensions alimentaires disproportionnées, hausse du décrochage scolaire chez les garçons, augmentation de la prescription d’antidépresseurs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;La violence conjugale :d’où vient ce concept, comment a-t-il été défini, comment s’institutionnalise-t-il ? Historique, définitions, statistiques et cadre légal&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Aborder le problème social de la violence conjugale incite à faire un retour vers les années 1970. C’est à cette époque que l’on peut situer les premières recherches sur ce thème mettant en question le mythe de la famille non violente. Les militantes féministes amènent la question de violence conjugale sur la place publique et le posent comme un problème socio-politique. La question de la violence est abordée comme conséquence des rapports de domination, c&#039;est-à-dire des effets de l’exercice d’une influence déterminante d’un groupe, les hommes, sur un autre, les femmes. Tout rapport de domination suppose, en effet, en dehors du rapport de pure violence, un système de justification visant à obtenir un minimum de &amp;quot;volonté d&#039;obéir&amp;quot; de la part des assujettis, note le Petit Robert. &lt;br /&gt;
Les sciences humaines vont s’y intéresser. De nombreuses études sont entreprises dans les années 1970 et 1980 dans le but de décrire la violence domestique, de pouvoir la chiffrer, de chercher à l’expliquer, d’étudier ses conséquences sur les victimes, et d’examiner les réponses sociétales à ce problème. &lt;br /&gt;
Les résultats de l&#039;une de celle-ci, Straus et al.(1977) permettent de dire que femmes et hommes admettent recourir à des tactiques de violence dans des situations de conflits. Ce résultat est basé sur le &amp;quot;Conflict Tactics Scales&amp;quot; (CTS), échelles centrées sur les tactiques de gestion des conflits, qui intègrent une série de comportements allant des plus rationnels aux plus violents. Cette étude permettra à l’une des auteur-e-s, Steinmetz, de tirer la conclusion de l’existence du « syndrome de l’homme battu ». Ce qui sera contesté pour insuffisances méthodologiques. Depuis la plupart de chercheurs et chercheuses renoncèrent à utiliser ce concept. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===L’institutionnalisation du concept de violence domestique: Les centres LAVI et les politiques de prise en charge (contexte suisse et suisse romand)===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une loi fédérale est votée (4 octobre 1991), sur l’aide aux victimes. Elle démontre que être « victime de violence» constitue maintenant une déviance secondaire. Les plaignants sont identifiés, l’état institutionnalise leur prise en charge, les centres Lavi sont créés et les consultations augmentent au fil des années. Et si la notion même de « victime » est large, accidenté de la route, attentats, viol, contrainte sexuelle, séquestration, elle comprend spécifiquement les violences domestiques. &lt;br /&gt;
Dès lors, elle permet également aux femmes victimes de violence conjugale d&#039;être reconnues, visibilées et aidés. &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Des centres Lavi, issus de cette loi, sont créés sur le territoire suisse. Ils ont  pour but de fournir une aide efficace (conseils, la protection de la victime, la défense de ses droits dans la procédure pénale et l’indemnisation et la réparation morale) aux victimes d’infractions ou d’une atteinte directe à son intégrité corporelle, sexuelle ou psychique et à renforcer leurs droits. &lt;br /&gt;
La police est tenue d’informer les victimes  en transmettant les coordonnées de celle-ci au centre Lavi. On peut constater que ces centres apportent une aide immédiate et des prestations fournies gratuitement ( frais médicaux, d’avocat ou de procédure peuvent également être pris en charge. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous constatons également l’étatisation de la prise en charge de la formation du personnel des centres Lavi, et la spécialisation des professionnels qui y sont impliqués. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On peut constater que la prise en compte de la situation des femmes dans le cadre de la violence domestique évolue petit à petit. Il est intéressant de suivre le dépôt d’une initiative parlementaire le  14 juin 2000, par la Conseillère Ruth-Gaby Vermot-Mangold. Ce n’est qu’en novembre 2005, que le  Conseil fédéral propose un nouvel article 28b dans le code civil visant à protéger la victime de violence ou de harcèlement en lui donnant le droit de requérir le juge d’instruction d’interdire à l’auteur de l’atteinte de l’approcher, de fréquenter certains lieux ou de prendre contact avec elle. Le nouvel article amène une notion nouvelle, celle de la prévention de la violence domestique, nouvelle tâche des centres Lavi,  pour éviter la violence et sa récidive.  &lt;br /&gt;
Le Code pénal sera modifié en ce sens en juin 2006. Désormais les actes de violence domestique seront poursuivis d’office et non plus sur plainte de la victime.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Statistiques des centres Lavi.===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous espérions obtenir des informations statistiques sur la violence conjugale, or, celles que nous avons pu obtenir par l’intermédiaire de l’office fédéral de la statistique ne peuvent être utilisées que très partiellement. En effet, jusqu’en 2004, les centres Lavi recensaient le nombre de consultations et non pas les personnes. Une consultation peut se rapporter à une infraction commise à plusieurs reprises et une même personne peut être comptabilisée plusieurs fois en l’absence d’indicateur de personnes. Il faut également préciser qu’il n’est pas possible de repérer exactement s’il s’agit de violence conjugale. Les chiffres qui peuvent être intéressants pour nous résultent d’un croisement des items : relation familiale auteur – victime, sexe de la victime, sexe de l’auteur présumé.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Si nous prenons l’année 2004 comme référence, les chiffres nous donnent une idée intéressante sur la question qui nous occupe, à savoir la violence féminine et masculine :&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
[[image:lavi.jpg|statistiques fédérales]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Toutefois, il semble important de se questionner sur la mise en forme de certains items. En effet, comment comprendre « avec auteurs présumés de sexe masculin » ? Quelle utilité cet intitulé peut apporter aux concitoyens ? Quelle différence effective avec les auteurs réels de ces actes ? Comment interpréter l’absence des items « avec victimes de sexe masculin » et « avec auteurs présumés de sexe féminin » ? Dans ce cas faut-il comprendre que les femmes victimes consultent plus, alors que les hommes restent cachés?  Quelle réalité se cache derrière ces chiffres?  &lt;br /&gt;
De plus, Jean-Philippe BRANDT, du service de presse &amp;amp; relations publiques de la Police de Genève, informe qu’ « il n’est pas fait de différences quant au sexe de la victime en ce qui concerne les violences conjugales. » Comment dans ces conditions, donner une validité fédérale à des statistiques qui ne peuvent pas prendre en compte des réalités cantonales ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Revue &amp;quot;Thérapie Familiale&amp;quot;===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous avons jugé opportun d&#039;analyser des numéros de Thérapie Familiale, une revue trimestrielle d&#039;orientation systémique. Cette source représente en effet le point de vue théorique et le constat des pratiques des thérapeutes de famille. Il est pertinent de se demander à quel point le discours de ces professionnels de la famille influence la société et est en retour influencé par elle. Les catégories victime-agresseur y sont-elles aussi clairement définies que dans le sens commun et certains discours? Fait-on une différenciation au niveau de l&#039;étiologie de la violence et de ses conséquences selon le genre? Le contact avec les patients remet-il en question certaines pratiques thérapeutiques et fait-il avancer les models conceptuels? Pour répondre à ces interrogations, nous avions à disposition tous les numéros parus depuis de nombreuses années afin d&#039;observer à quelle fréquence et sous quelle forme la thématique des violences conjugales était abordée. Nous avons porté notre choix sur la période allant de 1995 à 2001, pendant laquelle quatre numéros contiennent des articles dédiés à notre sujet. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les deux premiers numéros analysés, datant de 1995 et de 2000 sont riches d&#039;informations car rédigés par les mêmes auteurs, qui font part de l&#039;évolution de leur réflexion durant les cinq ans écoulés. Le numéro de 2000 a été écrit par des thérapeutes colombiens, ce qui nous montre la préoccupation internationale des thérapeutes de famille autour de la violence conjugale et leur désir d&#039;échanger à ce sujet. Quant au dernier numéro pris en compte, celui de 2001, il présente la synthèse des théories les plus utilisées à propos de la violence domestique. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les auteurs des deux premiers numéros analysés sont membres de l&#039;association française Vivre sans Violence, issue d&#039;observations de professionnels travaillant avec des femmes victimes de violence conjugale. Autour de 1985 il y eut de nombreuses interrogations sur les pratiques, mettant en avant les limites de la prise en charge d&#039;alors: les femmes retournaient le plus souvent au domicile conjugal, où les violences reprenaient. De plus, peu de femmes se sentaient prêtes à faire un travail de réflexion sur les événements de violence vécus. Les professionnels ont trouvé certaines réponses en s&#039; inspirant du modèle québécquois de prise en charge des hommes violents de Robert Philippe. La conscience de la nécessité de s&#039;intéresser également aux agresseurs a ainsi émergé et les premières structures de soutien aux auteurs de violence ont apparu.  Les auteurs préconisent par ailleurs un changement: le départ de l&#039;auteur des violences du foyer plutôt que celui de la victime. Cela peut constituer en effet une violence supplémentaire à la femme, et signifie à l&#039;agresseur qu&#039;il est laissé seul&amp;quot; dans un état de dangerosité contre lequel nul, même pas la loi, ne peut le protéger&amp;quot;. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les auteurs réfutent l&#039;idée traditionnelle considérant un couple violent comme dysfonctionnel. Ils font référence à Watzlawick et à sa théorie de la communication, envisageant ainsi la violence comme un acte de communication tout comme les comportements réactifs telle la passivité. Ainsi, la victime également communique quelque chose à son agresseur. La violence est un mode d&#039;échange qui a été appris, et n&#039;est donc pas inné.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Leur intervention vise la modification des patterns d&#039;interaction ainsi qu&#039; un « travail sur les représentations différentes que l&#039; homme et la femme se donnent et nous donnent, de leur vécu de la violence ».  Soulignons qu&#039;en 1995, il n&#039;y a pas d&#039;injonction thérapeutique pour les auteurs de violence dans le couple, les consultations sont donc uniquement volontaires pour les agresseurs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1999, les mêmes auteurs, dans un numéro consacré au thème « Des violences » expliquent  l&#039; évolution de leur réflexion quant à la notion de responsabilité. Ils reviennent sur leur idée de co-responsabilité, de relation complémentaire. Actuellement(en 1999) ils différencient les actes violents en deux catégories: les comportements interactifs vs délits/crimes. En conclusion, les deux acteurs ne sont pas à égalité dans l&#039;interaction: il y a une hiérarchie dans les responsabilités. La victime n&#039;est pas responsable des coups qu&#039;elle reçoit, mais les deux sont responsables du maintien de l&#039;interaction dans laquelle les comportements de violence deviennent redondants et structurants. Les auteurs se démarquent du québécquois R. Philippe en précisant que les violences conjugales ne peuvent se produire que dans un contexte de consensus socio-culturel. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous constatons donc grâce à l&#039;analyse de ces deux articles, que les professionnels thérapeutes de famille de par leur pratique, sont menés à une réflexion sur les catégories de victime-agresseur, liées à la notion de responsabilité. De la prise en charge des femmes victimes, et face à ses limites, les thérapeutes commencent à prendre en charge des auteurs de violence.  Concepts et pratiques dialoguent sans cesse, puisque reconnaître la nécessité de prendre en charge les deux membres du couple est uniquement compatible avec des théories ancrant l&#039;étiologie de la violence dans les processus interactifs et communicatifs. Le monde de la thérapie familiale a donc une longueur d&#039;avance sur la dichotomie victime-agresseur prégnante dans le sens commun, dans certaines campagnes de sensibilisation pour le grand public, et dans la loi. Par exemple les auteurs prônent en 1995 déjà l&#039;éloignement de l&#039;auteur de violence du domicile, alors qu&#039;en Suisse ce n&#039;est qu&#039;actuellement, en juin 2006, que cette mesure passe dans la loi. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;expérience des thérapeutes colombiens, relayée dans un numéro datant de 2000, nous montre une initiative étrangère originale. A Bogota  il existe des &amp;quot;commissariats de famille&amp;quot; depuis 1996 qui consistent en un &amp;quot;espace de conversation et de concertation dans le but de protéger, d&#039;assister et de guider les familles à propos de leurs droits fondamentaux et de les informer quand aux façons de résoudre les conflits internes.&amp;quot; Plus concrètement, une assistance légale, sociale, médicale et psychologique est dispensée dans ces lieux. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les auteurs sont en accord avec Perrone et Nannini, postulant que la violence n&#039;est pas une maladie, mais un choix et un moyen de contrôle. La responsabilité est à nouveau un thème abordé puisqu&#039;ils postulent que tout individu est garant de sa propre sécurité, en précisant que  chacun peut devenir violent dans un contexte déterminé. Encore une fois, c&#039;est donc l&#039;accent sur le contexte, culturel ou interactif, qui provoque la violence, plutôt que des caractéristiques individuelles.  &lt;br /&gt;
Dans son article Déconstruction des idées reçues sur la violence : une alternative à la violence. Kuenzi-Monard présente un Panorama des théories les plus utilisées : L’auteure les répartit selon 7 niveaux :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1.les théories qui localisent la violence à l’intérieur de la personne : la violence est basée sur un problème de santé mentale ; la théorie de l’impulsivité, le manque de contrôle de soi. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
2.les théories qui localisent la violence dans le développement : les théories développementales de la violence et de l’apprentissage (expliquent l’abus comme une répétition de comportements pathogènes au sein des familles) ; la théorie du blocage d’origine psycho-sexuel (la personne est bloquée à un stade de son développement). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
3.les théories qui localisent la violence au sein des relations humaines : la théorie du contenant (capacité X de tolérer des frustrations, insatisfactions ou colère. Au-delà, c’est l’éclat) ; conséquence : l’homme a peu de possibilités de contrôler cette tension, donc peu de responsabilité quant aux éléments extérieurs qui viennent le saturer. le modèle de la frustration-agression : si je suis frustré, j’agresse. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
4.les théories qui localisent l’abus dans des blocages de la communication : la personne violente souffre d’un pauvre développement des qualités sociales et relationnelles. Modèle explicatif intéressant mais qui ne donne pas d’alternative pour apprendre d’autres stratégies. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
5.Les théories qui considèrent la violence comme l’effet d’un état chimique différent, comme la conséquence de l’utilisation d’alcool ou de drogues : la théorie de la désinhibition. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
6.les théories circulaires sur la violence : celles-ci localisent la violence et la comprennent comme générée au sein d’interactions. La violence occupe une fonction homéostatique, le maintien de l’équilibre de la famille. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
7.les théories féministes : l’explication féministe ou socio-culturelle qui voit la violence comme prenant sa source dans les structures sociales. La violence et le comportement abusif sont compris, favorisés, voire encouragés par le fonctionnement social. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
8.la théorie fonctionnelle de Léonore Walker : la violence est une explication dynamique, fonctionnelle et non pas causale. La violence fonctionne sur trois phases distinctes, tension, épisodes violents, lune de miel. Walker démontre que la violence est un cercle addictif, les prisonniers de la violence sont dans un cercle infernal. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’approche de Kuenzi-Monard : la théorie des limites. Elle est basée sur les travaux de Bateson qui prônait qu’une explication « négative » ou « en mouvement » d’un évènement est préférable à une explication « positive » ou « statique ». Ce type d’explication génère du mouvement, incite à s’orienter vers les conséquences des faits et ainsi vise à une prise de responsabilité. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’auteure conclut qu’il est essentiel de faire une distinction entre l’explication causale et une limitation. L’explication causale clive la dynamique déjà polarisée entre victime et bourreau, elle maintient la violence plutôt qu’elle ne l’élimine. Elle constate que souvent il existe une rupture entre l’intention et l’action du psychothérapeute. Elle pense que le clinicien influence et est influencé par les questions qu’il pose. Les questions linéaires tendent à produire des raisonnements linéaires, il faudrait ainsi favoriser les questions circulaires, ouvrant de nouvelles possibilités.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le nombre de ces théories, par ailleurs très variées, est on le voit  abondant. Il est aisément compréhensible que l&#039;adhésion à l&#039;une ou l&#039;autre de ces théories, liées à des étiologies différentes de la violence, implique des interventions également différentes. &lt;br /&gt;
Dans notre travail, nous avons principalement abordé les théories féministes ou socio-culturelles et les théories circulaires, dont fait partie l&#039;approche systémique. La théorie fonctionnelle est également très présente dans les réflexions des thérapeutes, et la théorie des limitations est en expension. Ces théories ont en commun de ne pas prendre l&#039;individu comme centre de la problématique de la violence conjugale, mais plusieurs individus et leur relation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour conclure cette analyse des numéros de Thérapie Familiale, une différence flagrante apparaît entre les discours des professionnels publiés dans cette revue de systémique et les discours du sens commun, circulant au quotidien. En effet, les thérapeutes toujours en recherche d&#039;affinement de leurs concepts, par confrontation à la pratique, sont passés par tout une évolution théorique, prenant en compte les deux membres du couple, et débattant passionnément les questions de responsabilité et les notions de victime-agresseur. A l&#039;opposé, les causes de la violence conjugale les plus fréquemment évoquées et ancrées dans les représentations de la population se situent plutôt à un niveau individuel. Une partie est liée au genre, naturalisant les différences de sexe (la violence est inhérente à l&#039;homme, la douceur et la fragilité à la femme...); un autre type d&#039;explications courantes ramène le problème à des causes  individuelles  (alcoolisme, problèmes personnels...), voire psychologisantes  (trouble psychique, traumatismes dans l&#039;enfance, sado-masochisme...). Les catégories victime et agresseur sont clairement séparées dans le sens commun, tout comme l&#039;attribution du terme victime à la femme, et agresseur à l&#039;homme. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Propos issus de quelques entretiens===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;L’homme battu existe &#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour confronter les stéréotypes affiliés aux genres, nous avons cherché à interviewer des hommes battus. Paul et Luc (prénoms d’empreint) ont un point commun : leur passé d’homme maltraité. Ils ont été, tous les deux, physiquement battus par leur conjointe. Toutefois, il semblerait que la problématique de l’homme violenté intègre, dans sa forme globale, une autre forme de violence, une violence psychologique. Il ressort des entretiens que la forme physique ne semble pas être la forme de violence qui marque le plus. Pour essayer de comprendre au mieux le vécu violenté de ces hommes et plus généralement de toute personne impliquée dans des relations violentes, nous avons questionné la littérature ainsi que des professionnels de terrain. &lt;br /&gt;
Pour la travailleuse sociale, Sophie Torrent (2001), « la nature de la violence [à l’égard de la gente masculine] et ses modes d’expression traduisent, dirait-on, une violence spécifiquement féminine, subtile, qui atteint l’intégrité psychique de l’homme.» (p.33). L’homme victime de violence psychologique semble atteint surtout dans sa masculinité, plus précisément dans la représentation de la masculinité qui lui a permis de construire son identité. &lt;br /&gt;
« Le harcèlement que j’ai vécu par cette femme tyran m’a amené à perdre, pendant quelques temps, mon identité masculine… C’était quoi être un homme ? Je ne savais plus faire l’amour comme il faut en quittant ma femme. J’ai du réapprendre à accepter de prendre du plaisir. » Luc &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;La violence ; une histoire d’homme ? &#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Alors que nous venons de découvrir avec stupéfaction certaines réalités d’hommes maltraités par leur conjointe, comment traiter ces vérités face à notre idéal féminin construit ? Comment même penser à la violence des femmes, alors que celle que l’on exerce à leur égard est de loin la plus établie, la plus reconnue et de ce fait la plus portée par les médias ? De nos jours, la société reconnaît et prend en charge la femme violentée, qu&#039;en est-il de la femme violente ? Il est commun d’entendre qu’une femme violente est une femme malade psychologiquement ou encore que cette dernière n’agresserait que pour se défendre. Pour la psychothérapeute Diane Chayer, ( citée par Ruel &amp;amp; Guéricolas, 1998), il semblerait qu’il n’y ait tout simplement pas de permission sociale à la violence des femmes. « La société dit qu’il est presque normal pour un homme d’être violent. Mais une femme violente, c’est une extraterrestre. » &lt;br /&gt;
Pour Yvon Dallaire, « la femme violente peut ressentir de la fierté pour avoir battu plus fort qu’elle. Et la société ne la dénigre pas, elle cherche plutôt à la comprendre et à l’excuser, compatissant souvent à son sort. » (p26) A contrario, pour la responsable d’une structure acceuillant des femmes violentes, « celles et ceux qui passent de la parole aux actes souffrent, ils ont besoin d&#039;aide et y ont droit. Toutefois, la femme violente souffre de discrimination ; on ne veut pas lui reconnaître sa violence. » Il semblerait alors que, paradoxalement, la femme violente souffre des mêmes maux sociaux que l’homme maltraité. Une nouvelle fois, il semblerait que les stéréotypes, affiliés aux genres, décident de ce qui peut être acceptable ou pas. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Le statut de victime/agresseur &#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La responsable d’un établissement prenant en charge des femmes violentes nous apprend qu’il est difficile de tenir le fil rouge concernant les rôles de victime-agresseur. « On est là pour travailler sur la violence des femmes, en tant qu’auteures de violence et non en tant que victimes. Très souvent, ça dérape en justification des actes qui déplace la position d’agresseuse à celui de victime. » Il semble que souvent, l’agresseur se voit comme victime. Responsabiliser les acteurs(trices) de violence, c’est les aider à prendre conscience de leur violence. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Responsabilité dans la violence &#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La question est partagée. Alors que pour beaucoup, la responsabilité de la violence doit être assumée par son auteur(e), pour d’autres, elle doit être partagée. En effet, pour Denis Châtelain, co-fondateur d’une association prenant en charge des auteur(e)s de violence, « il faut prendre en compte le potentiel de violence de la victime dans la compréhension de la dynamique ». Pour la responsable d’une association accueillant des femmes violentes, « il est impossible de faire un tel travail si l’on part du principe d’une co-responsabilité dans la réalisation de la violence. En effet, on ne peut pas se permettre de déraper sur l’aspect empathique et comprendre voir d’excuser l’acte de violence au nom d’un statut de victime reconnu. Pour nous, l’acte violent n’est pas excusable, il est inadmissible quelque soit sa source ou sa justification. Ce qui nous paraît important c’est de faire en sorte de ne plus jamais en avoir à arriver là. » &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;La prise en charge de la violence &#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comment aborder la problématique de la violence conjugale et plus particulièrement celle des hommes maltraités et des femmes violentes ? Alors qu’Yvon Dallaire se demande si l’on « ne pourrait pas exploiter l’expertise des centres d’accueil pour femmes au profit des hommes battus et l’expertise des groupes d’entraide pour homme violents au profit des femmes violentes ? » (p29), la responsable d’une structure accueillant des femmes actrices de violence répond que « pour aider les femmes actrices de violence, il faut appliquer un traitement différencié. Les raisons étant parce qu’on n’éduque pas de la même façon une petite fille et un petit garçon, le rapport au féminin n’est pas le même. La violence masculine est légitimée. Par contre, on ne reconnaît pas ce droit à la femme. Cela étant dû aux stéréotypes de mère protectrice d’une part. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Point de situation===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Mouvement féministe...et&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A ce stade de notre article, nous pouvons établir difféents constats. Tout d’abord, la découverte de la violence conjugale et de ses effets a pour origine le questionnement du mouvement féministe. Celui-ci repris par des chercheur-e-s, a confirmé et précisé le phénomène de la violence conjugale. &lt;br /&gt;
La notion d’homme battu, qui nous avions posée comme une construction récente, date des premières recherches sur ce domaine, le syndrome de l’homme battu, développé par une chercheuse du l’équipe de Straus et al. a été un concept rapidement abandonné. Les défauts dans l’opérationnalisation du concept de violence, dans la méthode et dans l’interprétation des données de l’enquête effectuée à l’aide du Conflict Tactics Scales ont été largement reconnus. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;...évolution sociale et réponses masculines.&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous pouvons poursuivre nos constats à partir des travaux d’une chercheuse, rencontrée au détour d’un article de presse, Pascale Molinier, d’une tension qui s’avive entre hommes et femmes dans les années 1980. Certains hommes pro féministes tiennent un discours optimiste concernant la constitution d&#039;une société nouvelle et égalitaire et reconnaissent la domination masculine comme clé d&#039;un changement possible. D&#039;autres hommes tiennent un discours alarmiste et insistent sur le malaise identitaire engendré par cette modification des rapports sociaux source de perte de repères. &lt;br /&gt;
A partir de là, un autre phénomène apparaît, nous découvrons que des groupes d’hommes se forment autour d’auteurs, (Guy Cornaux au Canada, Jacques Salomé en France, ou plus récemment Y. Dallaire qui avec John Goetelen a organisé le premier Congrès international de la condition masculine à Genève en 2003) avec comme but de réfléchir à l’identité masculine fragilisée.  C&#039;est dans cette mouvance que l’on trouve aujourd&#039;hui les protagonistes d&#039;un détournement de la violence masculine au profit d&#039;une violence exercée contre les hommes par les femmes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;La violence domestique, une réponse étatique et institutionnelle&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Autre constat que nous pouvons déjà faire, la violence conjugale est un phénomène officialisé et les réponses institutionnelles se développent de plus en plus. Il est intéressant de faire le point sur l&#039;ampleur et les lacunes de l&#039;offre associative et institutionnelle, et prenons pour ce faire l&#039;exemple genevois. La brochure « la violence est inacceptable; violence conjugale que faire? » est la référence et est publiée par le Service pour la promotion de l&#039;égalité entre homme et femme, le Centre de consultation LAVI et Solidarité Femmes. De par les caractéristiques même de ces éditeurs, ajouté au fait que la brochure est rédigée par des auteures, c&#039;est à nouveau sous l&#039;angle des femmes victimes que la problématique est abordée. Dans la rubrique « Répertoire d&#039;adresses utiles », nous constatons qu&#039;il existe à Genève des services d&#039;hébergement; des services médicaux; des consultations juridiques; des services de consultations conjugales, familiales et de médiation auxquels peuvent s&#039;adresser des victimes de violence conjugale. Les foyers d&#039;hébergement cités sont des foyers pour les  femmes et leurs enfants exclusivement, dans le cas de difficultés qui ne sont pas restreintes à la violence conjugale, néanmoins dans la pratique ce type de violences représente la majorité des cas. Ce principe de foyer pour femmes en difficultés n&#039;est pas récent, le foyer Arabelle par exemple date de 1964. Solidarités Femmes est la seule association spécifique pour les femmes victimes de violence conjugale. Elle offre écoute; orientiation; information sociale et juridique, hébergement; entretiens individuels et activités de groupe. Excepté l&#039;hébergement, ces prestations sont gratuites. Il existe d&#039;autres services divers pour femmes, tels que Viol-Secours, SOS Femmes, F-Information ou Camarada. Certains organismes sont spécialisés dans les problématiques de violences, sans distinction de sexe, il s&#039;agit des Centres LAVI et au niveau médical du Centre  Interdiscplinaire de Médecine et de Prévention de la Violence des HUG. Dans la brochure de 2001, une seule adresse concerne les auteurs masculins de violence conjugale, il s&#039;agit de l&#039;association VIRES. Il est intéressant et très révélateur de constater que depuis sa fondation en 1994, cette association s&#039;est définie de trois manières distinctes:  d&#039;organisme pour les hommes ayant recours à la violence dans leur couple et dans leur famille, dans un deuxième temps le terme « hommes » a été remplacé par « personnes ». Actuellement c&#039;est l&#039;expression « Organisme de traitement et de prévention de la violence exercée dans le couple et dans la famille. » qui a été retenue. Si les professionnels de VIRES précisent que ce changement d&#039;appellation est consécutif  à une évolution dans la manière de penser et traiter la problématique de la violence conjugale et plus précisément ses sources et ses enjeux, les date de ces évolutions ne sont malheureusement pas précisées. Dans la dernière édition de la brochure sus-mentionnée, parue en 2004, apparaît une nouvelle association, dédiée à la prise en charge des femmes aux comportements violents. Cet organisme créé en 2001 ne se limite pas aux violences exercées dans la sphère familiale. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En conclusion de cet aperçu des diverses offres de soutien sous toutes ses formes adressé aux personnes impliquées dans la dynamique des violences conjugales, une lacune importante transparaît: il n&#039;existe pas à Genève de lieu spécifique aux victimes masculines de violence conjugale, que ce soit un foyer ou un lieu d&#039;information et de soutien. En règle générale, lorsqu&#039;un problème social lié à la violence émerge, ce sont les victimes qui bénéficient en premier lieu de l&#039;institutionnalisation. Par la suite, une réflexion se fait autour des auteurs, considérant qu&#039;eux aussi ont besoin de soutien afin de casser la dynamique de violence. Dans le cas de la violence exercée envers les hommes, les victimes sont ignorées par l&#039;absence de lieu spécifique; alors même que les femmes auteures de violence possèdent une telle infrastructure. Nous pouvons émettre l&#039;hypothèse que cela a un lien avec le stéréotype de femme-victime, la femme perpétrice de violence ayant souvent été elle-même victime, comme nous l&#039;avons vu plus haut. Amnesty relaie cette problématique pour que la violence domestique sorte du domaine privé et soit reconnue comme un problème public. Dans des revues spécialisées différents auteur-es font état de l’évolution des connaissances et des conceptualisations du problème. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’état fédéral se préoccupe de cette question et modifie le code pénal pour améliorer la protection des victimes de violence domestique. Les centres Lavi travaillent à la transformation de leur statistiques en vue également d’améliorer la visibilité de cette forme de violence. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Conclusion==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En fonction de tous les éléments qui précèdent, la conclusion de cet article montre que le concept  de violence conjugale apparu dans les années 1970 a trouvé sa place jusque dans la législation. Néanmoins les discours qui circulent sur ce type de violence sont une construction qui circonscrit la violence dans des stéréotypes caricaturaux stigmatisant à la fois les femmes en tant que victimes et les hommes comme agresseurs. De cette restriction découle la difficulté d’envisager l’existence d’hommes victimes de violence conjugale, et d’égale manière celle de femmes violentes. Cela a comme conséquence pour les personnes concernées une non-reconnaissance sociale, se manifestant par de forts préjugés à leur encontre, et de grandes lacunes institutionnelles. Les professionnels de la violence conjugale (médecins, thérapeutes) ont dépassé cette opposition et ils désignent les acteurs de la violence conjugale à un niveau de co-responsabilité qui ne distingue pas le sexe des protagonistes pour rendre compte de ce phénomène. Il y a ainsi un écart entre les discours dominants et les discours des professionnels, écart perceptible dans l’étude de la littérature et dans l’examen des sources que constituent les revues &amp;quot; thérapie familiale &amp;quot;. Enfin, il faut admettre la thèse selon laquelle la violence conjugale reste un phénomène qui bien que connu de tous, reste difficile à appréhender dans notre société. Criminalisée ici, combattue là, normalisée un peu plus loin. Elle fait partie d’un rapport à l’Autre institué par des règles sociétales contextualisées par un rapport différent d’être au monde « femme » ou « homme ». &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En effet, il existe des définitions similaires mais superficielles qui varient dans leur développement en fonction des positionnements et des valeurs de ceux qui les proposent. Les statistiques qui rendent compte de la violence conjugale proposent d’autre part des modalités qui ne permettent pas de distinguer précisément les victimes des agresseurs de manière précise et approfondie. Elles ne permettent pas d’affirmer avec précision que les hommes sont aussi victimes de violences, les modalités de genre n’étant pas assez développées dans la prise en compte statistique. Les hommes victimes existent, mais leur visibilité est très faible du fait que c’est un phénomène qui est en train d’émerger comme problème social. Ainsi, la violence conjugale reste un phénomène complexe et confus dans ses définitions. Enfin, on s’aperçoit que la violence conjugale reste un concept en mouvement sur le plan des institutions, qui proposent des possibilités de prise en charge nombreuses, mais néanmoins insuffisantes si l’on considère la prise en compte de la violence faite aux hommes. &lt;br /&gt;
Ces détracteurs pourront s&#039;appuyer probablement dans les années à venir sur les modifications des images féminines, les stéréotypes de la femme douce et soumise ont tendance à s&#039;estomper. Et l&#039;on peut se demander si les jeunes femmes ne se permettront pas plus que par le passé d&#039;exprimer leurs sentiments de colère et violence, là où s&#039;exprimaient auparavant peut-être impuissance, tristesse et dépression.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Difficultés===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le sujet que nous avons abordé tout au long de ce travail est délicat. Nous avons relevé le peu de neutralité émanant des sources existantes sur ce thème, chaque écrit représentant une certaine prise de position, quant à la causalité de la violence conjugale par exemple, ou les convictions cachées derrière l&#039;attribution de statuts victime-agresseur ou victime-victime. &lt;br /&gt;
Cette subjectivité rentre en interrelation avec notre sensibilité propre, individuelle, qui n&#039;est donc pas la même entre les personnes de notre groupe. Le fait que celui-ci soit constitué de deux femmes et deux hommes est très enrichissant, et même primordial quand on s&#039;attèle à ce type de problématique. Néanmoins, cela implique un investissement conséquent en termes de discussion, explicitation des attentes et valeurs de chacun, en redéfinition continuelle de la problématique. &lt;br /&gt;
Dans notre tentative d&#039;objectiver notre problématique, nous ne sommes que très peu aidés par les statistiques. Elles aussi disent ce qu&#039;elles ont envie de dire, et sont sans cesse remises en cause par des détracteurs. La conséquence en est qu&#039;aucune statistique ne sert vraiment de référence consensuelle dans la compréhension de la violence conjugale. Dans les statistiques policières, souvent la violence conjugale n&#039;est pas comptabilisée de manière séparée des autres délits de violence; dans d&#039;autres types de statistiques c&#039;est le genre qui n&#039;est pas retenu comme variable pertinente. En effet, derrière les chiffres, on découvre des définitions très variables de la violence: certains ne prennent en compte que la violence physique; d&#039;autres considèrent que de nombreux petits signes de nature verbale ou psychologique sont un pas dans l&#039;escalade de la violence, et les jugent donc de même poids que des coups. Entre ces deux extrêmes, toutes les variations sont présentes... &lt;br /&gt;
Il est intéressant de relever à quel point certains chiffres sont médiatisés, afin d&#039;avoir un impact sur la population, alors que ces mêmes chiffres sont discutables au niveau statistique. Pour conclure, nous nous sommes rendus compte que malgré une certaine médiatisation, qui n&#039;est pas si récente, de la violence conjugale, nous ne savons pas tellement de choses à ce sujet, ou plutôt il existe peu de consensus, voire la co-existence d&#039;approches inconciliables. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Références bibliographiques ==&lt;br /&gt;
Les lectures citées dans le travail final&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Amnistie: Le magazine pour les droits humains, &#039;&#039;Dossier Combattre la violence domestique&#039;&#039;  No 44, février 2006.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Amnistie, Journal d&#039;action pour les droits humains, janvier 2006.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Dallaire Y. (2002). La violence faite aux hommes. Une réalité tabou et complexe. Québéc: Options santé. [[Résumé du livre]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Gillioz L., De Puy J., Ducret V. (1997). Domination et violence envers la femme dans le couple. Lausanne : éditions Payot. [http://home.etu.unige.ch/~maneira4/R_sum__aeticle.doc Résumé de l&#039;article]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Ruel S. &amp;amp; Guéricolas P. (1998). La violence des femmes : derrière le masque. In Gazette des femmes Vol. 20. (no 4). (Novembre-Décembre 1998).[Version électronique]. Accès le 20 novembre 2005 : &lt;br /&gt;
http://www.gazettedesfemmes.com/recherche/?F=recherche&amp;amp;idt=10075&amp;amp;affart=2866&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Torrent S. (2001). L’homme battu, un tabou au cœur du tabou. Québec: Option Santé. [http://home.etu.unige.ch/~maneira4/fiche%20de%20lecture%20homme%20battu.pdf Résumé du livre ]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Praplan G., &#039;&#039;Quand le sexe faible est violent&#039;&#039; in Repère Social, No 73, février 2006.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Bibliographie ==&lt;br /&gt;
Les lectures utilisées mais pas citées dans le travail final&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Bretonnière-Fraysse et al. (2001). &#039;&#039; De la violence conjugale à la violence parentale&#039;&#039;. Eres [[Résumé|Résumé du livre]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Jackson D., Welzer-Lang D. (1998). Violence et masculinité. Toulouse : imprimerie 34.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Office fédéral de la statistique : Aide aux victimes. Chiffres clés. http://www.bfs.admin.ch/bfs/portal/fr/index/themen/rechtspflege.html&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Rey, H. et al. (2006). Les violences conjugales: pour une clinique du réel. &#039;&#039; Journal International de Victimologie&#039;&#039;. Année 4, No 1. [[Résumé de l&#039;article]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Miguel</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Violence_conjugale:_De_la_femme_battue_%C3%A0_l%27homme_battu...&amp;diff=4298</id>
		<title>Violence conjugale: De la femme battue à l&#039;homme battu...</title>
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		<updated>2006-06-20T15:53:27Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Miguel : /* Des recherches complémentaires nécessaires. Choix et méthodes */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&#039;&#039;&#039;Membres du groupe&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Chantal Cornut&lt;br /&gt;
* Céline Pittet &lt;br /&gt;
* Jean-Christophe Contini&lt;br /&gt;
* Miguel Maneira &lt;br /&gt;
[mailto:maneira4@etu.unige.ch,contini2@etu.unige.ch,cepittet@hotmail.com,ch.cornut-piller@bluewin.ch Ecrire au groupe]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 [[L&#039;homme battu: le mâle...traité|Notre projet]]  |  [[Plan de recherche: Violence conjugale; un concept en mouvement|Notre plan de recherche]]  |  [[Espace de dialogue|Notre espace de dialogue]]  |  [[Trésorus de notre groupe|Notre île aux trésors]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Violence conjugale: De la femme battue à l&#039;homme battu...=&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== &amp;quot;L’homme battu&amp;quot;: un phénomène nouveau ? Introduction ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le questionnement qui est à l’origine de ce travail prend source dans la rencontre d’un concept qui semble nouveau de prime abord : &amp;quot;l’homme battu&amp;quot;. Ce concept apparaît dans l’ouvrage récemment publié de Sophie Torrent (2001). Ce livre met en lumière l’existence d’hommes victimes de [[violence|violences ]] exercées par des femmes à leur encontre, il interroge également les questions identitaires vécues par ces &amp;quot;nouvelles victimes&amp;quot;, à travers la conduite de multiples entretiens. Ces propos peuvent intriguer, parfois rendre perplexe et curieux celui ou celle qui les entendent. Le présent article proposera des recherches bibliographiques qui devraient permettre de découvrir des discours proches des propos de Torrent. Le premier constat est que ce &amp;quot;phénomène&amp;quot; des hommes battus est, dans une moindre mesure, relayé dans d’autres ouvrages qui l’inscrivent dans le cadre plus large de la [[violence conjugale|violence conjugale]] . Les recherches livresques tenteront ainsi de répondre à la question principale qui guide la recherche : comment le phénomène de &amp;quot;l’homme battu&amp;quot; s’inscrit-il dans le paradigme de la violence conjugale ? Les questions secondaires qui en découlent sont multiples : quand est-ce que ce concept est apparu ? Par qui a-t-il été développé ? Quels sont les discours qui relaient ce concept ou qui s’y opposent ? Les éléments qui composent la revue de littérature qui apparaîtra plus loin permettront d’entrevoir certains points qui semblent être récurrents. On s’aperçoit ainsi que le concept d’&amp;quot;hommes battus&amp;quot; se trouve à chaque fois en tension avec celui de &amp;quot; femmes battues &amp;quot; dans le cadre de la violence conjugale qu’il reste à définir. Nous sommes ici confrontés à deux discours contraires entre des groupes de pressions constitués autour de la &amp;quot;souffrance masculine&amp;quot; et les propos issus de certains discours [[féminisme|féministes]] . cette opposition – qui est caractérisée grossièrement entre les deux discours – se dédouble d’une autre opposition dans la désignation des acteurs de la violence conjugale en termes de victime et d’agresseur. Les  acteurs sont ainsi stigmatisés, avec des stéréotypes qui désignent de manière massive l’homme comme agresseur et la femme comme victime.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La  violence conjugale : où en sommes-nous aujourd’hui ? Des discours en tension. Problématique ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La violence conjugale semble être de prime abord un phénomène bien connu de nos jours. Les médias rendent régulièrement compte de ses conséquences, bon nombre d’associations ont été créées pour répondre à l’appel des victimes, une loi sur la protection des victimes a été instaurée, beaucoup de thérapeutes œuvrent également dans ce domaine. Il est question, la plupart du temps, des violences subies par des femmes et exercées par des hommes, il est dans une moindre mesure, question de la violence exercée par des femmes contre des hommes. Ce dernier phénomène reste minoritaire cependant, et fait l’objet de nombreuses critiques. Bien souvent, les discours opposent des mouvements &amp;quot;féministes&amp;quot; à des groupes &amp;quot;masculinistes&amp;quot;, les uns dénonçant sans cesse l’ineffable violence des hommes envers les femmes, les autres dénonçant cette vision de l’homme éternellement &amp;quot; agresseur &amp;quot;, allant jusqu’à affirmer que des hommes sont aussi des &amp;quot; victimes &amp;quot; et que la violence peut aussi être l’apanage des femmes. Ici apparaît le concept &amp;quot; d’hommes battus &amp;quot; qui a émergé dès les années septante. Afin de prendre de la distance vis-à-vis de ces deux positions antagonistes, il s’agit tout d’abord d’étudier ce que disent certains auteurs sur la violence conjugale, à la fois sur la violence subie par les femmes et par les hommes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Ce qu’en disent les livres et leurs auteur(e)s. Revue de littérature==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette revue de littérature suit la chronologie du questionnement et du cheminement, qui, en commençant part la découverte du concept de &amp;quot;l’homme battu&amp;quot;, conduit à approfondir les recherches au concept de la femme battue et à appréhender dès lors le problème social que constitue la violence conjugale, qui englobe les deux autres concepts. La recherche bibliographique a privilégié les ouvrages qui traitent spécifiquement de l’existence du concept de &amp;quot;l’homme battu&amp;quot;, dans une actualité la plus récente possible. Peu de littérature existe à ce sujet, cependant, les ouvrages les plus récents (Torrent et Dallaire) font tous les deux référence à l’inscription du concept de l’homme battu dans celui de la violence conjugale. Les investigations ont  été élargies à ce domaine, toujours à la recherche du moindre élément concernant la violence faite aux hommes. &lt;br /&gt;
Sophie Torrent, dans son ouvrage sur l’homme battu (2001) met directement en question le fait qu’il existe au sein de la vie de couple une violence faite aux hommes, une violence souvent difficile à accepter, celle-ci allant à l’encontre de [[stéréotype|stéréotypes]] tels que celui qui considère que la femme est l’élément faible du couple et que l’homme en est le dominant. Dans la première partie de son livre, l’auteure tente tout d’abord d’expliquer ce phénomène atypique de l’homme battu, cet &amp;quot;impensable social&amp;quot; dit-elle. Elle analyse les différents types de violences (physique, sexuelle, psychologique, verbale et économique) pour ensuite orienter son analyse vers la notion de &amp;quot;rôles sociaux&amp;quot;. Elle montre comment l’homme violenté est agressé jusque dans les &amp;quot;facettes&amp;quot; qui font son [[identité sociale|identité]] . Pour elle &amp;quot;être battu invalide l’homme dans son appartenance à la catégorie sociale homme&amp;quot;. Dans la deuxième partie de son ouvrage, Torrent réfléchit sur les différentes stratégies élaborées par l’homme pour gérer des situations difficiles. Elle s’appuie notamment dans son travail de recherche sur des interviews réalisées avec des &amp;quot;hommes battus&amp;quot;. &lt;br /&gt;
C’est dans une considération assez proche qu’Yvon Dallaire (2002), thérapeute au Québec, aborde le phénomène de la violence faite aux hommes (La violence faite aux hommes. Une réalité taboue et complexe). Il nous rappelle le constat de l’existence ineffable de la violence dans l’humanité, violence souvent fortement médiatisée, mais selon lui, de manière incomplète. En effet, dit-il, notre attention ne serait attirée que vers une forme de violence, soit celle faite par les hommes contre les autres hommes (guerres, voies de fait, suicides), contre les femmes (violence conjugale, viol, meurtre, tueurs en série) et contre les enfants (violence infanticide, meurtre suivi de suicide). Pour Dallaire, une forme de violence a été occultée : la violence des femmes faite envers les femmes, les hommes et les enfants. Le propos de son texte est de démontrer d’une part que des femmes peuvent être tout autant violentes que des hommes, et que d’autre part, l’analyse de la violence conjugale s’inscrit dans un paradigme teinté de sexisme et de discrimination. Pour cet auteur, la violence conjugale ne se décline pas simplement sur le mode victime-agresseur, mais plutôt sur celui de victime-victime, de deux individus qui sont les co-créateurs d’une escalade débouchant sur l’explosion physique. Afin d’alimenter son propos, Yvon Dallaire met en lumière les stéréotypes et les préjugés qui circulent dans le discours commun : l’homme est un être violent, un abuseur d’enfants, un irresponsable, les hommes sont tous des obsédés sexuels, il sont tous infidèles, menteurs et manipulateurs. Dès lors, toute violence féminine est considérée comme relevant de la légitime défense, l’homme est ainsi rendu coupable de toute la violence conjugale. Précisons ici que l’auteur dénonce le discours d’influence féministe qui se déploie dans le contexte québécois. Son objectif est de connaître les réelles dimensions de la violence conjugale, plutôt que de rechercher un coupable à punir, toujours le même : l’homme. &lt;br /&gt;
L’ouvrage de Bretonnière-Fraysse et al. (2001), incontournable pour le sujet, propose quant à lui un autre regard qui positionne clairement les femmes en tant que victimes et les hommes comme agresseurs, sans nuances : &amp;quot;on le sait, la violence conjugale a toujours existé ; on le sait aussi : les victimes en sont les femmes et les auteurs, les hommes. Mais elle demeure encore cachée, honteuse, secrète&amp;quot;. Cet ouvrage prend un regard anthropologique et historique pour nous montrer la condition de victime de la femme à travers les époques passées et jusqu’à nos jours. &lt;br /&gt;
Gillioz, De Puy et Ducret quant à elles (2000), font état des connaissances qui ont fait de la violence familiale et de la violence contre les femmes, un champ d’étude relativement nouveau dans les sciences sociales. Elles nous rappellent que jusque dans les années soixante, la société et avec elle les scientifiques vivent sur le mythe de la famille non violente. Cette dernière étant considérée comme rare et comme étant le fait d’individus déséquilibrés. Dans les années septante, sous l’influence de militantes féministes anglo-saxonnes qui ouvrent des refuges pour femmes battues et portent la question de la violence conjugale sur la place publique, ce phénomène jusque-là occulté est posé comme problème socio-politique. C’est dès lors que les sciences sociales vont s’y intéresser, à travers deux grands courants de recherche. Le premier est constitué par des études portant sur la violence subie par les femmes au sein de la famille et postule, en se fondant sur les prémisses théoriques féministes, que cette violence est spécifique. Ilc il est nécessaire de l’étudier indépendamment des autres types de violence familiale qui relèvent d’autres logiques. Le deuxième courant de recherche, issu de la sociologie de la famille, a pour objet la violence familiale et considère la société et ses institutions comme des systèmes consensuels qui embrassent dans la même problématique l’ensemble de la violence qui se déroule dans le cadre familial. L&#039;ouvrage de Gillioz et all. mentionne également les travaux de Strauss, Gelles et Steinmetz (1977), à partir desquels a été tiré l&#039;affirmation que les femmes sont aussi violentes que les hommes. C’est à ce moment qu’apparaît le concept du &amp;quot;mari battu&amp;quot;, des résultats tirés des statistiques de cette recherche, ont permis à l&#039;un des chercheurs de conclure que ce qui était le plus sous-estimé n’est pas la femme battue, mais le mari battu. La validité scientifique reste toutefois fortement contestée, nous en trouvons les arguments dans l’ouvrage de Gillioz, De Puy et Ducret. &lt;br /&gt;
Cette revue de littérature se conclut par l’approche systémique de Perrone et Nannini (1995) qui proposent leur livre comme un manuel à l’usage des professionnels appelés à intervenir auprès des familles. Leurs présupposés considèrent que la violence n’est pas un phénomène individuel, mais la manifestation d’un phénomène interactionnel. La violence est ainsi un mode particulier de communication entre partenaires qui sont tous impliqués et par là même responsables au sens interactionnel du terme. Comme Yvon Dallaire, les auteurs ne considèrent pas les acteurs de la violence conjugale en termes de &amp;quot;victime-agresseur&amp;quot;, ni en termes &amp;quot;hommes-femmes&amp;quot;. Les objectifs et les enjeux que ces deux auteurs proposent s’appuient sur l’idée que chacun doit devenir et se penser responsable de ses propres comportements. C’est également selon cette optique que certains &amp;quot;cliniciens&amp;quot; abordent en partie la question dans leur article (Rey, H et al. 2006).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Des recherches complémentaires nécessaires. Choix et méthodes==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En fonction des éléments de la problématique développée jusqu’ici, l’objectif de la recherche a consisté à y voir plus clair en tentant de répondre à la question posée, « comment le phénomène de l’homme battu s’inscrit dans le paradigme de la violence conjugale » ainsi qu’aux questions complémentaires citées dans l’introduction ?  Afin de prendre une nécessaire distance vis-à-vis du regard que propose la revue de littérature, il est nécessaire d’orienter les recherches sur d’autres sources d’informations diverses. Il est dès lors intéressant d’examiner si des statistiques existent sur les &amp;quot;hommes battus&amp;quot; et sur les &amp;quot;femmes battues&amp;quot; et dès lors de voir si celles-ci peuvent éclaircir les questions posées. Pour cela nous avons choisi de travailler à partir des statistiques des centres Lavi disponibles à l’office fédéral de la statistique. &lt;br /&gt;
Dès lors que le phénomène des &amp;quot;hommes battus&amp;quot; s’inscrit dans le cadre de la violence conjugale notre choix s’est porté également sur la recherche d’éléments de compréhension dans une série de revues spécialisées : « Thérapie Familiale », revue internationale en Approche Systémique, dont nous avons retenu les numéros mentionnant explicitement des articles sur la violence conjugale ou domestique (1995, Vol. 16 no 3 – 1999, Vol. 20 no 4 – 2000, Vol. 21, no 4 – 2001, Vol. 22 no 4).    &lt;br /&gt;
De plus, pour avoir une vision plus globale, une revue d’articles de presse étudiant quelques articles récents peut être pertinente. Nous avons sélectionnées des articles toujours sur le thème de la violence faite aux femmes et / ou aux hommes. Amnistie: Le magazine pour les droits humains, No 44, février 2006   interviews thématiques du Dr Vannotti, médecin adjoint à la Policinique de Lausanne et de  Madame Yakin Ertuk, rapporteuse spéciale de l&#039;ONU sur la violence contre les femmes ; Amnistie, Journal d&#039;action pour les droits humains, janvier 2006 ; Repère Social, No 73, février 2006, article : quand le sexe faible est violent ; Le Courrier du 18 mai 2005, article relatant le 1ier congrès de la condition masculine. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Enfin, nous avons opté pour une recherche mettant en œuvre la conduite de plusieurs entretiens compréhensifs semi-directifs auprès de professionnels de la prise en charge de la violence conjugale ainsi qu’auprès de &amp;quot; victimes &amp;quot; masculines qui accepteraient de nous apporter leur témoignage. A cet effet, nous avons trouvé pertinent de construire deux types de [[entretiens violence conjugale|grilles d&#039;entretiens]] , l&#039;une pour les professionnels, l&#039;autre pour les hommes &amp;quot;victimes&amp;quot;. Malgré la promesse d&#039;anonymat, nous n&#039;avons pas pu enregistrer les entretiens. De ce fait, nous basons nos propos sur les notes retenues. Chaque entretien s&#039;est déroulé, pendant une heure trente, dans un lieu décidé par la personne interviewée. Nous avons mené, dans notre phase d&#039;investigation de terrain, quatre entretiens, dont deux avec des &amp;quot;victimes&amp;quot; masculines de maltraitance conjugale. Nous avons rencontré Denis Chatelain, co-fondateur de l&#039;association Vires. Cet organisme de traitement et de prévention de la violence exercée dans le couple et la famille, vient en aide aux personnes qui ont recours à la violence. Nous avons aussi rencontré la fondatrice d&#039;une fondation prenant en charge des femmes violentes, qui a souhaité garder l&#039;anonymat. Toutefois, il est possible de dire que l’objectif premier de cette association est la prévention de la maltraitance et la violence auprès des enfants, personnes âgées et conjoints. Nous avons réussi, à travers une association luttant pour la condition masculine, prendre contact avec deux hommes se déclarant comme &amp;quot;battus&amp;quot;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous étudierons également des sources  issues de la Loi Fédérale sur l’aide aux victimes et de Amnesty internationale tout comme des revues spécialisées dans le domaine de la thérapie familiale et plus particulièrement les articles concernant la violence domestique. &lt;br /&gt;
Ces éléments correspondent à ce que l’on pourrait appeler une &amp;quot;recherche sur le terrain&amp;quot;. &lt;br /&gt;
Nos sources seront ainsi multiples : entretiens ; revue de presse ; statistiques ; revues spécialisées. L’analyse des contenus du matériel récolté, prendra pour point d’appui la désignation des acteurs de la violence conjugale, en termes de stéréotypes (stigmatisation) et dans une approche de [[genre|genre]] étudiant les rapports sociaux hommes-femmes par rapport à cette thématique, ainsi que les rapports victimes-agresseurs qui s’y rattachent. L’analyse devrait ainsi permettre de réunir des points de vue différents et ainsi de confirmer ou d’infirmer, voire de &amp;quot;tempérer&amp;quot; ce qui ressort dans la revue de littérature en fonction des auteurs choisis.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Résultats des recherches==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Dans divers articles de presse===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout d&#039;abord, Amnesty affiche une grande visibilité de la problématique de la violence conjugale, grâce à son magazine pour les droits humains (février 2006), son journal d&#039;action (janvier 2006) et son site internet, qui tous trois évoquent récemment la violence domestique. En effet, Amnesty a commencé en mars 2006 sa campagne suisse « En route contre la violence domestique », dont l&#039;action principale consiste en un tour de plusieurs cantons du mobile home &amp;quot;sweet home&amp;quot; afin de briser le tabou qui entoure la violence dans le couple, d’améliorer les interventions de l’Etat contre la violence domestique, et de sensibiliser le grand public, en particulier les jeunes et les hommes, notamment dans les régions rurales. Les revendications d’Amnesty International en matière de violence domestique repose sur l’obligation de l’Etat d’agir contre cette forme de violation des droits humains. Car aujourd’hui si la visibilité du débat public sur la violence domestique s’est améliorée, les menaces, coups, contraintes, viols et meurtres auxquels les femmes sont souvent exposées dans leurs quatre murs constituent un sujet rarement perçu comme relevant des droits humains. De la sensibilisation est encore nécessaire pour considérer que l’empêcher ne relève pas de la sphère privée des couples et des familles concernées, et ne pas l’assimiler à un « problème de femmes », mais à une mission publique, qui touche tout le monde. Pourtant il s’agit bien de droit à l’intégrité physique et psychique : droit à la liberté et à la sécurité, droit à la santé, droit à l’absence de torture ou d’autres traitements dégradants et même souvent le plus, droit à la vie. La position d&#039;Amnesty International quant à la violence domestique consiste à considérer sa cause dans les rapports inégalitaires de sexe. L&#039;accent est mis sur les représentations sociales qui ne cessent de faire le lien entre violence et masculinité. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le numéro du journal Repère Social de février 2006 s&#039;intitule « Quand le sexe faible est violent » et à travers le prétexte de l&#039;ouverture récente à Lausanne d&#039;un accueil pour femmes violentes, aborde ce sujet trop rarement médiatisé de la violence des femmes. L&#039;auteur, Geneviève Praplan, présente les associations Vires et Face à Face à Genève, et Violence et famille à Lausanne. Cette dernière institution travaille depuis sept ans avec des hommes violents, mais accueille depuis novembre 2005 également des femmes violentes. Le Coordinateur et plusieurs intervenants ont été formés au Québec, auprès d&#039;OPTION, institution pionnière fondée par le psychothérapeute Jacques Broué en 1985. A Violence et Famille, c&#039;est ainsi sous forme de thérapie de groupe que se déroule l&#039;accompagnement, après quelques entretiens individuels. Le processus de réflexion engagé avec les auteur(e)s est le même pour les hommes que pour les femmes. Néanmoins, il est spécifié qu&#039;il faut être spécialement vigilant avec les femmes, en vérifiant qu&#039;elles ne sont pas &amp;quot;davantage des victimes que des agresseurs&amp;quot;. De plus, rapidement le lien entre passé et présent doit se faire. &amp;quot;Hommes et femmes ne sont pas forcément égaux devant leur violence&amp;quot;: dans l&#039;inconscient collectif masculin, il est nécessaire d&#039;affirmer sa virilité, la violence masculine est ainsi plus facilement excusée. Au contraire, les rôles sociaux attribués aux femmes font qu&#039;on la juge plus sévèrement si elle fait usage de violence, mais leur permet de reconnaître moins difficilement que les hommes leurs actes violents. L&#039;auteur met en avant que les chiffres manquent quant à l&#039;ampleur de la violence féminine, surtout exercée envers ses enfants. Par ailleurs les préjugés quant aux données socio-économiques des auteurs de violence perdurent. Cela est en partie dû au fait que les familles en situation précaire sont plus aisément repérées par les services sociaux, vu l&#039;étendue de leurs besoins. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le Courrier du 18 mai 2005 relate et questionne le 1ier congrès international de la condition masculine a eu lieu à Genève le mars 2003. (en 2005 a eu lieu à Montréal).  L’auteure de l’article Virginie Poyetton nous dit que ces colloques font partie d’un mouvement plus large qui met en avant « la crise de la masculinité »  en réaction à l’émancipation « trop » radicale des femmes. Si ce courant est minoritaire au sein de la gent masculine, il participe d’une tendance qui remet en question l’avancée des droits des femmes. &lt;br /&gt;
Les masculinistes (nom que se sont donnés les défenseurs de la condition masculine) pensent que le féminisme les a forcés à changer et depuis ils se sentent dépossédés de leurs  identités et de leurs droits. Ils souffrent d’injustices : discrimination  positive au travail faveur des femmes, préjugés favorables aux mères en cas de divorce, fausses allégations de violence ou d’inceste, pensions alimentaires disproportionnées, hausse du décrochage scolaire chez les garçons, augmentation de la prescription d’antidépresseurs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;La violence conjugale :d’où vient ce concept, comment a-t-il été défini, comment s’institutionnalise-t-il ? Historique, définitions, statistiques et cadre légal&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Aborder le problème social de la violence conjugale incite à faire un retour vers les années 1970. C’est à cette époque que l’on peut situer les premières recherches sur ce thème mettant en question le mythe de la famille non violente. Les militantes féministes amènent la question de violence conjugale sur la place publique et le posent comme un problème socio-politique. La question de la violence est abordée comme conséquence des rapports de domination, c&#039;est-à-dire des effets de l’exercice d’une influence déterminante d’un groupe, les hommes, sur un autre, les femmes. Tout rapport de domination suppose, en effet, en dehors du rapport de pure violence, un système de justification visant à obtenir un minimum de &amp;quot;volonté d&#039;obéir&amp;quot; de la part des assujettis, note le Petit Robert. &lt;br /&gt;
Les sciences humaines vont s’y intéresser. De nombreuses études sont entreprises dans les années 1970 et 1980 dans le but de décrire la violence domestique, de pouvoir la chiffrer, de chercher à l’expliquer, d’étudier ses conséquences sur les victimes, et d’examiner les réponses sociétales à ce problème. &lt;br /&gt;
Les résultats de l&#039;une de celle-ci, Straus et al.(1977) permettent de dire que femmes et hommes admettent recourir à des tactiques de violence dans des situations de conflits. Ce résultat est basé sur le &amp;quot;Conflict Tactics Scales&amp;quot; (CTS), échelles centrées sur les tactiques de gestion des conflits, qui intègrent une série de comportements allant des plus rationnels aux plus violents. Cette étude permettra à l’une des auteur-e-s, Steinmetz, de tirer la conclusion de l’existence du « syndrome de l’homme battu ». Ce qui sera contesté pour insuffisances méthodologiques. Depuis la plupart de chercheurs et chercheuses renoncèrent à utiliser ce concept. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===L’institutionnalisation du concept de violence domestique: Les centres LAVI et les politiques de prise en charge (contexte suisse et suisse romand)===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une loi fédérale est votée (4 octobre 1991), sur l’aide aux victimes. Elle démontre que être « victime de violence» constitue maintenant une déviance secondaire. Les plaignants sont identifiés, l’état institutionnalise leur prise en charge, les centres Lavi sont créés et les consultations augmentent au fil des années. Et si la notion même de « victime » est large, accidenté de la route, attentats, viol, contrainte sexuelle, séquestration, elle comprend spécifiquement les violences domestiques. &lt;br /&gt;
Dès lors, elle permet également aux femmes victimes de violence conjugale d&#039;être reconnues, visibilées et aidés. &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Des centres Lavi, issus de cette loi, sont créés sur le territoire suisse. Ils ont  pour but de fournir une aide efficace (conseils, la protection de la victime, la défense de ses droits dans la procédure pénale et l’indemnisation et la réparation morale) aux victimes d’infractions ou d’une atteinte directe à son intégrité corporelle, sexuelle ou psychique et à renforcer leurs droits. &lt;br /&gt;
La police est tenue d’informer les victimes  en transmettant les coordonnées de celle-ci au centre Lavi. On peut constater que ces centres apportent une aide immédiate et des prestations fournies gratuitement ( frais médicaux, d’avocat ou de procédure peuvent également être pris en charge. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous constatons également l’étatisation de la prise en charge de la formation du personnel des centres Lavi, et la spécialisation des professionnels qui y sont impliqués. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On peut constater que la prise en compte de la situation des femmes dans le cadre de la violence domestique évolue petit à petit. Il est intéressant de suivre le dépôt d’une initiative parlementaire le  14 juin 2000, par la Conseillère Ruth-Gaby Vermot-Mangold. Ce n’est qu’en novembre 2005, que le  Conseil fédéral propose un nouvel article 28b dans le code civil visant à protéger la victime de violence ou de harcèlement en lui donnant le droit de requérir le juge d’instruction d’interdire à l’auteur de l’atteinte de l’approcher, de fréquenter certains lieux ou de prendre contact avec elle. Le nouvel article amène une notion nouvelle, celle de la prévention de la violence domestique, nouvelle tâche des centres Lavi,  pour éviter la violence et sa récidive.  &lt;br /&gt;
Le Code pénal sera modifié en ce sens en juin 2006. Désormais les actes de violence domestique seront poursuivis d’office et non plus sur plainte de la victime.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Statistiques des centres Lavi.===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous espérions obtenir des informations statistiques sur la violence conjugale, or, celles que nous avons pu obtenir par l’intermédiaire de l’office fédéral de la statistique ne peuvent être utilisées que très partiellement. En effet, jusqu’en 2004, les centres Lavi recensaient le nombre de consultations et non pas les personnes. Une consultation peut se rapporter à une infraction commise à plusieurs reprises et une même personne peut être comptabilisée plusieurs fois en l’absence d’indicateur de personnes. Il faut également préciser qu’il n’est pas possible de repérer exactement s’il s’agit de violence conjugale. Les chiffres qui peuvent être intéressants pour nous résultent d’un croisement des items : relation familiale auteur – victime, sexe de la victime, sexe de l’auteur présumé.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Si nous prenons l’année 2004 comme référence, les chiffres nous donnent une idée intéressante sur la question qui nous occupe, à savoir la violence féminine et masculine :&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
[[image:lavi.jpg|statistiques fédérales]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Toutefois, il semble important de se questionner sur la mise en forme de certains items. En effet, comment comprendre « avec auteurs présumés de sexe masculin » ? Quelle utilité cet intitulé peut apporter aux concitoyens ? Quelle différence effective avec les auteurs réels de ces actes ? Comment interpréter l’absence des items « avec victimes de sexe masculin » et « avec auteurs présumés de sexe féminin » ? Dans ce cas faut-il comprendre que les femmes victimes consultent plus, alors que les hommes restent cachés?  Quelle réalité se cache derrière ces chiffres?  &lt;br /&gt;
De plus, Jean-Philippe BRANDT, du service de presse &amp;amp; relations publiques de la Police de Genève, informe qu’ « il n’est pas fait de différences quant au sexe de la victime en ce qui concerne les violences conjugales. » Comment dans ces conditions, donner une validité fédérale à des statistiques qui ne peuvent pas prendre en compte des réalités cantonales ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Revue &amp;quot;Thérapie Familiale&amp;quot;===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous avons jugé opportun d&#039;analyser des numéros de Thérapie Familiale, une revue trimestrielle d&#039;orientation systémique. Cette source représente en effet le point de vue théorique et le constat des pratiques des thérapeutes de famille. Il est pertinent de se demander à quel point le discours de ces professionnels de la famille influence la société et est en retour influencé par elle. Les catégories victime-agresseur y sont-elles aussi clairement définies que dans le sens commun et certains discours? Fait-on une différenciation au niveau de l&#039;étiologie de la violence et de ses conséquences selon le genre? Le contact avec les patients remet-il en question certaines pratiques thérapeutiques et fait-il avancer les models conceptuels? Pour répondre à ces interrogations, nous avions à disposition tous les numéros parus depuis de nombreuses années afin d&#039;observer à quelle fréquence et sous quelle forme la thématique des violences conjugales était abordée. Nous avons porté notre choix sur la période allant de 1995 à 2001, pendant laquelle quatre numéros contiennent des articles dédiés à notre sujet. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les deux premiers numéros analysés, datant de 1995 et de 2000 sont riches d&#039;informations car rédigés par les mêmes auteurs, qui font part de l&#039;évolution de leur réflexion durant les cinq ans écoulés. Le numéro de 2000 a été écrit par des thérapeutes colombiens, ce qui nous montre la préoccupation internationale des thérapeutes de famille autour de la violence conjugale et leur désir d&#039;échanger à ce sujet. Quant au dernier numéro pris en compte, celui de 2001, il présente la synthèse des théories les plus utilisées à propos de la violence domestique. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les auteurs des deux premiers numéros analysés sont membres de l&#039;association française Vivre sans Violence, issue d&#039;observations de professionnels travaillant avec des femmes victimes de violence conjugale. Autour de 1985 il y eut de nombreuses interrogations sur les pratiques, mettant en avant les limites de la prise en charge d&#039;alors: les femmes retournaient le plus souvent au domicile conjugal, où les violences reprenaient. De plus, peu de femmes se sentaient prêtes à faire un travail de réflexion sur les événements de violence vécus. Les professionnels ont trouvé certaines réponses en s&#039; inspirant du modèle québécquois de prise en charge des hommes violents de Robert Philippe. La conscience de la nécessité de s&#039;intéresser également aux agresseurs a ainsi émergé et les premières structures de soutien aux auteurs de violence ont apparu.  Les auteurs préconisent par ailleurs un changement: le départ de l&#039;auteur des violences du foyer plutôt que celui de la victime. Cela peut constituer en effet une violence supplémentaire à la femme, et signifie à l&#039;agresseur qu&#039;il est laissé seul&amp;quot; dans un état de dangerosité contre lequel nul, même pas la loi, ne peut le protéger&amp;quot;. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les auteurs réfutent l&#039;idée traditionnelle considérant un couple violent comme dysfonctionnel. Ils font référence à Watzlawick et à sa théorie de la communication, envisageant ainsi la violence comme un acte de communication tout comme les comportements réactifs telle la passivité. Ainsi, la victime également communique quelque chose à son agresseur. La violence est un mode d&#039;échange qui a été appris, et n&#039;est donc pas inné.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Leur intervention vise la modification des patterns d&#039;interaction ainsi qu&#039; un « travail sur les représentations différentes que l&#039; homme et la femme se donnent et nous donnent, de leur vécu de la violence ».  Soulignons qu&#039;en 1995, il n&#039;y a pas d&#039;injonction thérapeutique pour les auteurs de violence dans le couple, les consultations sont donc uniquement volontaires pour les agresseurs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1999, les mêmes auteurs, dans un numéro consacré au thème « Des violences » expliquent  l&#039; évolution de leur réflexion quant à la notion de responsabilité. Ils reviennent sur leur idée de co-responsabilité, de relation complémentaire. Actuellement(en 1999) ils différencient les actes violents en deux catégories: les comportements interactifs vs délits/crimes. En conclusion, les deux acteurs ne sont pas à égalité dans l&#039;interaction: il y a une hiérarchie dans les responsabilités. La victime n&#039;est pas responsable des coups qu&#039;elle reçoit, mais les deux sont responsables du maintien de l&#039;interaction dans laquelle les comportements de violence deviennent redondants et structurants. Les auteurs se démarquent du québécquois R. Philippe en précisant que les violences conjugales ne peuvent se produire que dans un contexte de consensus socio-culturel. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous constatons donc grâce à l&#039;analyse de ces deux articles, que les professionnels thérapeutes de famille de par leur pratique, sont menés à une réflexion sur les catégories de victime-agresseur, liées à la notion de responsabilité. De la prise en charge des femmes victimes, et face à ses limites, les thérapeutes commencent à prendre en charge des auteurs de violence.  Concepts et pratiques dialoguent sans cesse, puisque reconnaître la nécessité de prendre en charge les deux membres du couple est uniquement compatible avec des théories ancrant l&#039;étiologie de la violence dans les processus interactifs et communicatifs. Le monde de la thérapie familiale a donc une longueur d&#039;avance sur la dichotomie victime-agresseur prégnante dans le sens commun, dans certaines campagnes de sensibilisation pour le grand public, et dans la loi. Par exemple les auteurs prônent en 1995 déjà l&#039;éloignement de l&#039;auteur de violence du domicile, alors qu&#039;en Suisse ce n&#039;est qu&#039;actuellement, en juin 2006, que cette mesure passe dans la loi. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;expérience des thérapeutes colombiens, relayée dans un numéro datant de 2000, nous montre une initiative étrangère originale. A Bogota  il existe des &amp;quot;commissariats de famille&amp;quot; depuis 1996 qui consistent en un &amp;quot;espace de conversation et de concertation dans le but de protéger, d&#039;assister et de guider les familles à propos de leurs droits fondamentaux et de les informer quand aux façons de résoudre les conflits internes.&amp;quot; Plus concrètement, une assistance légale, sociale, médicale et psychologique est dispensée dans ces lieux. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les auteurs sont en accord avec Perrone et Nannini, postulant que la violence n&#039;est pas une maladie, mais un choix et un moyen de contrôle. La responsabilité est à nouveau un thème abordé puisqu&#039;ils postulent que tout individu est garant de sa propre sécurité, en précisant que  chacun peut devenir violent dans un contexte déterminé. Encore une fois, c&#039;est donc l&#039;accent sur le contexte, culturel ou interactif, qui provoque la violence, plutôt que des caractéristiques individuelles.  &lt;br /&gt;
Dans son article Déconstruction des idées reçues sur la violence : une alternative à la violence. Kuenzi-Monard présente un Panorama des théories les plus utilisées : L’auteure les répartit selon 7 niveaux :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1.les théories qui localisent la violence à l’intérieur de la personne : la violence est basée sur un problème de santé mentale ; la théorie de l’impulsivité, le manque de contrôle de soi. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
2.les théories qui localisent la violence dans le développement : les théories développementales de la violence et de l’apprentissage (expliquent l’abus comme une répétition de comportements pathogènes au sein des familles) ; la théorie du blocage d’origine psycho-sexuel (la personne est bloquée à un stade de son développement). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
3.les théories qui localisent la violence au sein des relations humaines : la théorie du contenant (capacité X de tolérer des frustrations, insatisfactions ou colère. Au-delà, c’est l’éclat) ; conséquence : l’homme a peu de possibilités de contrôler cette tension, donc peu de responsabilité quant aux éléments extérieurs qui viennent le saturer. le modèle de la frustration-agression : si je suis frustré, j’agresse. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
4.les théories qui localisent l’abus dans des blocages de la communication : la personne violente souffre d’un pauvre développement des qualités sociales et relationnelles. Modèle explicatif intéressant mais qui ne donne pas d’alternative pour apprendre d’autres stratégies. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
5.Les théories qui considèrent la violence comme l’effet d’un état chimique différent, comme la conséquence de l’utilisation d’alcool ou de drogues : la théorie de la désinhibition. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
6.les théories circulaires sur la violence : celles-ci localisent la violence et la comprennent comme générée au sein d’interactions. La violence occupe une fonction homéostatique, le maintien de l’équilibre de la famille. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
7.les théories féministes : l’explication féministe ou socio-culturelle qui voit la violence comme prenant sa source dans les structures sociales. La violence et le comportement abusif sont compris, favorisés, voire encouragés par le fonctionnement social. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
8.la théorie fonctionnelle de Léonore Walker : la violence est une explication dynamique, fonctionnelle et non pas causale. La violence fonctionne sur trois phases distinctes, tension, épisodes violents, lune de miel. Walker démontre que la violence est un cercle addictif, les prisonniers de la violence sont dans un cercle infernal. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’approche de Kuenzi-Monard : la théorie des limites. Elle est basée sur les travaux de Bateson qui prônait qu’une explication « négative » ou « en mouvement » d’un évènement est préférable à une explication « positive » ou « statique ». Ce type d’explication génère du mouvement, incite à s’orienter vers les conséquences des faits et ainsi vise à une prise de responsabilité. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’auteure conclut qu’il est essentiel de faire une distinction entre l’explication causale et une limitation. L’explication causale clive la dynamique déjà polarisée entre victime et bourreau, elle maintient la violence plutôt qu’elle ne l’élimine. Elle constate que souvent il existe une rupture entre l’intention et l’action du psychothérapeute. Elle pense que le clinicien influence et est influencé par les questions qu’il pose. Les questions linéaires tendent à produire des raisonnements linéaires, il faudrait ainsi favoriser les questions circulaires, ouvrant de nouvelles possibilités.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le nombre de ces théories, par ailleurs très variées, est on le voit  abondant. Il est aisément compréhensible que l&#039;adhésion à l&#039;une ou l&#039;autre de ces théories, liées à des étiologies différentes de la violence, implique des interventions également différentes. &lt;br /&gt;
Dans notre travail, nous avons principalement abordé les théories féministes ou socio-culturelles et les théories circulaires, dont fait partie l&#039;approche systémique. La théorie fonctionnelle est également très présente dans les réflexions des thérapeutes, et la théorie des limitations est en expension. Ces théories ont en commun de ne pas prendre l&#039;individu comme centre de la problématique de la violence conjugale, mais plusieurs individus et leur relation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour conclure cette analyse des numéros de Thérapie Familiale, une différence flagrante apparaît entre les discours des professionnels publiés dans cette revue de systémique et les discours du sens commun, circulant au quotidien. En effet, les thérapeutes toujours en recherche d&#039;affinement de leurs concepts, par confrontation à la pratique, sont passés par tout une évolution théorique, prenant en compte les deux membres du couple, et débattant passionnément les questions de responsabilité et les notions de victime-agresseur. A l&#039;opposé, les causes de la violence conjugale les plus fréquemment évoquées et ancrées dans les représentations de la population se situent plutôt à un niveau individuel. Une partie est liée au genre, naturalisant les différences de sexe (la violence est inhérente à l&#039;homme, la douceur et la fragilité à la femme...); un autre type d&#039;explications courantes ramène le problème à des causes  individuelles  (alcoolisme, problèmes personnels...), voire psychologisantes  (trouble psychique, traumatismes dans l&#039;enfance, sado-masochisme...). Les catégories victime et agresseur sont clairement séparées dans le sens commun, tout comme l&#039;attribution du terme victime à la femme, et agresseur à l&#039;homme. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Propos issus de quelques entretiens===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;L’homme battu existe &#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour confronter les stéréotypes affiliés aux genres, nous avons cherché à interviewer des hommes battus. Paul et Luc (prénoms d’empreint) ont un point commun : leur passé d’homme maltraité. Ils ont été, tous les deux, physiquement battus par leur conjointe. Toutefois, il semblerait que la problématique de l’homme violenté intègre, dans sa forme globale, une autre forme de violence, une violence psychologique. Il ressort des entretiens que la forme physique ne semble pas être la forme de violence qui marque le plus. Pour essayer de comprendre au mieux le vécu violenté de ces hommes et plus généralement de toute personne impliquée dans des relations violentes, nous avons questionné la littérature ainsi que des professionnels de terrain. &lt;br /&gt;
Pour la travailleuse sociale, Sophie Torrent (2001), « la nature de la violence [à l’égard de la gente masculine] et ses modes d’expression traduisent, dirait-on, une violence spécifiquement féminine, subtile, qui atteint l’intégrité psychique de l’homme.» (p.33). L’homme victime de violence psychologique semble atteint surtout dans sa masculinité, plus précisément dans la représentation de la masculinité qui lui a permis de construire son identité. &lt;br /&gt;
« Le harcèlement que j’ai vécu par cette femme tyran m’a amené à perdre, pendant quelques temps, mon identité masculine… C’était quoi être un homme ? Je ne savais plus faire l’amour comme il faut en quittant ma femme. J’ai du réapprendre à accepter de prendre du plaisir. » Luc &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;La violence ; une histoire d’homme ? &#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Alors que nous venons de découvrir avec stupéfaction certaines réalités d’hommes maltraités par leur conjointe, comment traiter ces vérités face à notre idéal féminin construit ? Comment même penser à la violence des femmes, alors que celle que l’on exerce à leur égard est de loin la plus établie, la plus reconnue et de ce fait la plus portée par les médias ? De nos jours, la société reconnaît et prend en charge la femme violentée, qu&#039;en est-il de la femme violente ? Il est commun d’entendre qu’une femme violente est une femme malade psychologiquement ou encore que cette dernière n’agresserait que pour se défendre. Pour la psychothérapeute Diane Chayer, ( citée par Ruel &amp;amp; Guéricolas, 1998), il semblerait qu’il n’y ait tout simplement pas de permission sociale à la violence des femmes. « La société dit qu’il est presque normal pour un homme d’être violent. Mais une femme violente, c’est une extraterrestre. » &lt;br /&gt;
Pour Yvon Dallaire, « la femme violente peut ressentir de la fierté pour avoir battu plus fort qu’elle. Et la société ne la dénigre pas, elle cherche plutôt à la comprendre et à l’excuser, compatissant souvent à son sort. » (p26) A contrario, pour la responsable d’une structure acceuillant des femmes violentes, « celles et ceux qui passent de la parole aux actes souffrent, ils ont besoin d&#039;aide et y ont droit. Toutefois, la femme violente souffre de discrimination ; on ne veut pas lui reconnaître sa violence. » Il semblerait alors que, paradoxalement, la femme violente souffre des mêmes maux sociaux que l’homme maltraité. Une nouvelle fois, il semblerait que les stéréotypes, affiliés aux genres, décident de ce qui peut être acceptable ou pas. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Le statut de victime/agresseur &#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La responsable d’un établissement prenant en charge des femmes violentes nous apprend qu’il est difficile de tenir le fil rouge concernant les rôles de victime-agresseur. « On est là pour travailler sur la violence des femmes, en tant qu’auteures de violence et non en tant que victimes. Très souvent, ça dérape en justification des actes qui déplace la position d’agresseuse à celui de victime. » Il semble que souvent, l’agresseur se voit comme victime. Responsabiliser les acteurs(trices) de violence, c’est les aider à prendre conscience de leur violence. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Responsabilité dans la violence &#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La question est partagée. Alors que pour beaucoup, la responsabilité de la violence doit être assumée par son auteur(e), pour d’autres, elle doit être partagée. En effet, pour Denis Châtelain, co-fondateur d’une association prenant en charge des auteur(e)s de violence, « il faut prendre en compte le potentiel de violence de la victime dans la compréhension de la dynamique ». Pour la responsable d’une association accueillant des femmes violentes, « il est impossible de faire un tel travail si l’on part du principe d’une co-responsabilité dans la réalisation de la violence. En effet, on ne peut pas se permettre de déraper sur l’aspect empathique et comprendre voir d’excuser l’acte de violence au nom d’un statut de victime reconnu. Pour nous, l’acte violent n’est pas excusable, il est inadmissible quelque soit sa source ou sa justification. Ce qui nous paraît important c’est de faire en sorte de ne plus jamais en avoir à arriver là. » &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;La prise en charge de la violence &#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comment aborder la problématique de la violence conjugale et plus particulièrement celle des hommes maltraités et des femmes violentes ? Alors qu’Yvon Dallaire se demande si l’on « ne pourrait pas exploiter l’expertise des centres d’accueil pour femmes au profit des hommes battus et l’expertise des groupes d’entraide pour homme violents au profit des femmes violentes ? » (p29), la responsable d’une structure accueillant des femmes actrices de violence répond que « pour aider les femmes actrices de violence, il faut appliquer un traitement différencié. Les raisons étant parce qu’on n’éduque pas de la même façon une petite fille et un petit garçon, le rapport au féminin n’est pas le même. La violence masculine est légitimée. Par contre, on ne reconnaît pas ce droit à la femme. Cela étant dû aux stéréotypes de mère protectrice d’une part. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Point de situation===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Mouvement féministe...et&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A ce stade de notre article, nous pouvons établir difféents constats. Tout d’abord, la découverte de la violence conjugale et de ses effets a pour origine le questionnement du mouvement féministe. Celui-ci repris par des chercheur-e-s, a confirmé et précisé le phénomène de la violence conjugale. &lt;br /&gt;
La notion d’homme battu, qui nous avions posée comme une construction récente, date des premières recherches sur ce domaine, le syndrome de l’homme battu, développé par une chercheuse du l’équipe de Straus et al. a été un concept rapidement abandonné. Les défauts dans l’opérationnalisation du concept de violence, dans la méthode et dans l’interprétation des données de l’enquête effectuée à l’aide du Conflict Tactics Scales ont été largement reconnus. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;...évolution sociale et réponses masculines.&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous pouvons poursuivre nos constats à partir des travaux d’une chercheuse, rencontrée au détour d’un article de presse, Pascale Molinier, d’une tension qui s’avive entre hommes et femmes dans les années 1980. Certains hommes pro féministes tiennent un discours optimiste concernant la constitution d&#039;une société nouvelle et égalitaire et reconnaissent la domination masculine comme clé d&#039;un changement possible. D&#039;autres hommes tiennent un discours alarmiste et insistent sur le malaise identitaire engendré par cette modification des rapports sociaux source de perte de repères. &lt;br /&gt;
A partir de là, un autre phénomène apparaît, nous découvrons que des groupes d’hommes se forment autour d’auteurs, (Guy Cornaux au Canada, Jacques Salomé en France, ou plus récemment Y. Dallaire qui avec John Goetelen a organisé le premier Congrès international de la condition masculine à Genève en 2003) avec comme but de réfléchir à l’identité masculine fragilisée.  C&#039;est dans cette mouvance que l’on trouve aujourd&#039;hui les protagonistes d&#039;un détournement de la violence masculine au profit d&#039;une violence exercée contre les hommes par les femmes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;La violence domestique, une réponse étatique et institutionnelle&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Autre constat que nous pouvons déjà faire, la violence conjugale est un phénomène officialisé et les réponses institutionnelles se développent de plus en plus. Il est intéressant de faire le point sur l&#039;ampleur et les lacunes de l&#039;offre associative et institutionnelle, et prenons pour ce faire l&#039;exemple genevois. La brochure « la violence est inacceptable; violence conjugale que faire? » est la référence et est publiée par le Service pour la promotion de l&#039;égalité entre homme et femme, le Centre de consultation LAVI et Solidarité Femmes. De par les caractéristiques même de ces éditeurs, ajouté au fait que la brochure est rédigée par des auteures, c&#039;est à nouveau sous l&#039;angle des femmes victimes que la problématique est abordée. Dans la rubrique « Répertoire d&#039;adresses utiles », nous constatons qu&#039;il existe à Genève des services d&#039;hébergement; des services médicaux; des consultations juridiques; des services de consultations conjugales, familiales et de médiation auxquels peuvent s&#039;adresser des victimes de violence conjugale. Les foyers d&#039;hébergement cités sont des foyers pour les  femmes et leurs enfants exclusivement, dans le cas de difficultés qui ne sont pas restreintes à la violence conjugale, néanmoins dans la pratique ce type de violences représente la majorité des cas. Ce principe de foyer pour femmes en difficultés n&#039;est pas récent, le foyer Arabelle par exemple date de 1964. Solidarités Femmes est la seule association spécifique pour les femmes victimes de violence conjugale. Elle offre écoute; orientiation; information sociale et juridique, hébergement; entretiens individuels et activités de groupe. Excepté l&#039;hébergement, ces prestations sont gratuites. Il existe d&#039;autres services divers pour femmes, tels que Viol-Secours, SOS Femmes, F-Information ou Camarada. Certains organismes sont spécialisés dans les problématiques de violences, sans distinction de sexe, il s&#039;agit des Centres LAVI et au niveau médical du Centre  Interdiscplinaire de Médecine et de Prévention de la Violence des HUG. Dans la brochure de 2001, une seule adresse concerne les auteurs masculins de violence conjugale, il s&#039;agit de l&#039;association VIRES. Il est intéressant et très révélateur de constater que depuis sa fondation en 1994, cette association s&#039;est définie de trois manières distinctes:  d&#039;organisme pour les hommes ayant recours à la violence dans leur couple et dans leur famille, dans un deuxième temps le terme « hommes » a été remplacé par « personnes ». Actuellement c&#039;est l&#039;expression « Organisme de traitement et de prévention de la violence exercée dans le couple et dans la famille. » qui a été retenue. Si les professionnels de VIRES précisent que ce changement d&#039;appellation est consécutif  à une évolution dans la manière de penser et traiter la problématique de la violence conjugale et plus précisément ses sources et ses enjeux, les date de ces évolutions ne sont malheureusement pas précisées. Dans la dernière édition de la brochure sus-mentionnée, parue en 2004, apparaît une nouvelle association, dédiée à la prise en charge des femmes aux comportements violents. Cet organisme créé en 2001 ne se limite pas aux violences exercées dans la sphère familiale. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En conclusion de cet aperçu des diverses offres de soutien sous toutes ses formes adressé aux personnes impliquées dans la dynamique des violences conjugales, une lacune importante transparaît: il n&#039;existe pas à Genève de lieu spécifique aux victimes masculines de violence conjugale, que ce soit un foyer ou un lieu d&#039;information et de soutien. En règle générale, lorsqu&#039;un problème social lié à la violence émerge, ce sont les victimes qui bénéficient en premier lieu de l&#039;institutionnalisation. Par la suite, une réflexion se fait autour des auteurs, considérant qu&#039;eux aussi ont besoin de soutien afin de casser la dynamique de violence. Dans le cas de la violence exercée envers les hommes, les victimes sont ignorées par l&#039;absence de lieu spécifique; alors même que les femmes auteures de violence possèdent une telle infrastructure. Nous pouvons émettre l&#039;hypothèse que cela a un lien avec le stéréotype de femme-victime, la femme perpétrice de violence ayant souvent été elle-même victime, comme nous l&#039;avons vu plus haut. Amnesty relaie cette problématique pour que la violence domestique sorte du domaine privé et soit reconnue comme un problème public. Dans des revues spécialisées différents auteur-es font état de l’évolution des connaissances et des conceptualisations du problème. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’état fédéral se préoccupe de cette question et modifie le code pénal pour améliorer la protection des victimes de violence domestique. Les centres Lavi travaillent à la transformation de leur statistiques en vue également d’améliorer la visibilité de cette forme de violence. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Conclusion==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En fonction de tous les éléments qui précèdent, la conclusion de cet article montre que le concept  de violence conjugale apparu dans les années 1970 a trouvé sa place jusque dans la législation. Néanmoins les discours qui circulent sur ce type de violence sont une construction qui circonscrit la violence dans des stéréotypes caricaturaux stigmatisant à la fois les femmes en tant que victimes et les hommes comme agresseurs. De cette restriction découle la difficulté d’envisager l’existence d’hommes victimes de violence conjugale, et d’égale manière celle de femmes violentes. Cela a comme conséquence pour les personnes concernées une non-reconnaissance sociale, se manifestant par de forts préjugés à leur encontre, et de grandes lacunes institutionnelles. Les professionnels de la violence conjugale (médecins, thérapeutes) ont dépassé cette opposition et ils désignent les acteurs de la violence conjugale à un niveau de co-responsabilité qui ne distingue pas le sexe des protagonistes pour rendre compte de ce phénomène. Il y a ainsi un écart entre les discours dominants et les discours des professionnels, écart perceptible dans l’étude de la littérature et dans l’examen des sources que constituent les revues &amp;quot; thérapie familiale &amp;quot;. Enfin, il faut admettre la thèse selon laquelle la violence conjugale reste un phénomène qui bien que connu de tous, reste difficile à appréhender dans notre société. Criminalisée ici, combattue là, normalisée un peu plus loin. Elle fait partie d’un rapport à l’Autre institué par des règles sociétales contextualisées par un rapport différent d’être au monde « femme » ou « homme ». &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En effet, il existe des définitions similaires mais superficielles qui varient dans leur développement en fonction des positionnements et des valeurs de ceux qui les proposent. Les statistiques qui rendent compte de la violence conjugale proposent d’autre part des modalités qui ne permettent pas de distinguer précisément les victimes des agresseurs de manière précise et approfondie. Elles ne permettent pas d’affirmer avec précision que les hommes sont aussi victimes de violences, les modalités de genre n’étant pas assez développées dans la prise en compte statistique. Les hommes victimes existent, mais leur visibilité est très faible du fait que c’est un phénomène qui est en train d’émerger comme problème social. Ainsi, la violence conjugale reste un phénomène complexe et confus dans ses définitions. Enfin, on s’aperçoit que la violence conjugale reste un concept en mouvement sur le plan des institutions, qui proposent des possibilités de prise en charge nombreuses, mais néanmoins insuffisantes si l’on considère la prise en compte de la violence faite aux hommes. &lt;br /&gt;
Ces détracteurs pourront s&#039;appuyer probablement dans les années à venir sur les modifications des images féminines, les stéréotypes de la femme douce et soumise ont tendance à s&#039;estomper. Et l&#039;on peut se demander si les jeunes femmes ne se permettront pas plus que par le passé d&#039;exprimer leurs sentiments de colère et violence, là où s&#039;exprimaient auparavant peut-être impuissance, tristesse et dépression.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Difficultés===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le sujet que nous avons abordé tout au long de ce travail est délicat. Nous avons relevé le peu de neutralité émanant des sources existantes sur ce thème, chaque écrit représentant une certaine prise de position, quant à la causalité de la violence conjugale par exemple, ou les convictions cachées derrière l&#039;attribution de statuts victime-agresseur ou victime-victime. &lt;br /&gt;
Cette subjectivité rentre en interrelation avec notre sensibilité propre, individuelle, qui n&#039;est donc pas la même entre les personnes de notre groupe. Le fait que celui-ci soit constitué de deux femmes et deux hommes est très enrichissant, et même primordial quand on s&#039;attèle à ce type de problématique. Néanmoins, cela implique un investissement conséquent en termes de discussion, explicitation des attentes et valeurs de chacun, en redéfinition continuelle de la problématique. &lt;br /&gt;
Dans notre tentative d&#039;objectiver notre problématique, nous ne sommes que très peu aidés par les statistiques. Elles aussi disent ce qu&#039;elles ont envie de dire, et sont sans cesse remises en cause par des détracteurs. La conséquence en est qu&#039;aucune statistique ne sert vraiment de référence consensuelle dans la compréhension de la violence conjugale. Dans les statistiques policières, souvent la violence conjugale n&#039;est pas comptabilisée de manière séparée des autres délits de violence; dans d&#039;autres types de statistiques c&#039;est le genre qui n&#039;est pas retenu comme variable pertinente. En effet, derrière les chiffres, on découvre des définitions très variables de la violence: certains ne prennent en compte que la violence physique; d&#039;autres considèrent que de nombreux petits signes de nature verbale ou psychologique sont un pas dans l&#039;escalade de la violence, et les jugent donc de même poids que des coups. Entre ces deux extrêmes, toutes les variations sont présentes... &lt;br /&gt;
Il est intéressant de relever à quel point certains chiffres sont médiatisés, afin d&#039;avoir un impact sur la population, alors que ces mêmes chiffres sont discutables au niveau statistique. Pour conclure, nous nous sommes rendus compte que malgré une certaine médiatisation, qui n&#039;est pas si récente, de la violence conjugale, nous ne savons pas tellement de choses à ce sujet, ou plutôt il existe peu de consensus, voire la co-existence d&#039;approches inconciliables. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Références bibliographiques ==&lt;br /&gt;
Les lectures citées dans le travail final&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Amnistie: Le magazine pour les droits humains, &#039;&#039;Dossier Combattre la violence domestique&#039;&#039;  No 44, février 2006.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Amnistie, Journal d&#039;action pour les droits humains, janvier 2006.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Dallaire Y. (2002). La violence faite aux hommes. Une réalité tabou et complexe. Québéc: Options santé. [[Résumé du livre]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Gillioz L., De Puy J., Ducret V. (1997). Domination et violence envers la femme dans le couple. Lausanne : éditions Payot. [http://home.etu.unige.ch/~maneira4/R_sum__aeticle.doc Résumé de l&#039;article]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Ruel S. &amp;amp; Guéricolas P. (1998). La violence des femmes : derrière le masque. In Gazette des femmes Vol. 20. (no 4). (Novembre-Décembre 1998).[Version électronique]. Accès le 20 novembre 2005 : &lt;br /&gt;
http://www.gazettedesfemmes.com/recherche/?F=recherche&amp;amp;idt=10075&amp;amp;affart=2866&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Torrent S. (2001). L’homme battu, un tabou au cœur du tabou. Québec: Option Santé. [http://home.etu.unige.ch/~maneira4/fiche%20de%20lecture%20homme%20battu.pdf Résumé du livre ]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Praplan G., &#039;&#039;Quand le sexe faible est violent&#039;&#039; in Repère Social, No 73, février 2006.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Bibliographie ==&lt;br /&gt;
Les lectures utilisées mais pas citées dans le travail final&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Bretonnière-Fraysse et al. (2001). &#039;&#039; De la violence conjugale à la violence parentale&#039;&#039;. Eres [[Résumé|Résumé du livre]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Jackson D., Welzer-Lang D. (1998). Violence et masculinité. Toulouse : imprimerie 34.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Office fédéral de la statistique : Aide aux victimes. Chiffres clés. http://www.bfs.admin.ch/bfs/portal/fr/index/themen/rechtspflege.html&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Rey, H. et al. (2006). Les violences conjugales: pour une clinique du réel. &#039;&#039; Journal International de Victimologie&#039;&#039;. Année 4, No 1. [[Résumé de l&#039;article]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Miguel</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Violence_conjugale:_De_la_femme_battue_%C3%A0_l%27homme_battu...&amp;diff=4297</id>
		<title>Violence conjugale: De la femme battue à l&#039;homme battu...</title>
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		<updated>2006-06-20T15:51:21Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Miguel : /* Des recherches complémentaires nécessaires. Choix et méthodes */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&#039;&#039;&#039;Membres du groupe&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Chantal Cornut&lt;br /&gt;
* Céline Pittet &lt;br /&gt;
* Jean-Christophe Contini&lt;br /&gt;
* Miguel Maneira &lt;br /&gt;
[mailto:maneira4@etu.unige.ch,contini2@etu.unige.ch,cepittet@hotmail.com,ch.cornut-piller@bluewin.ch Ecrire au groupe]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 [[L&#039;homme battu: le mâle...traité|Notre projet]]  |  [[Plan de recherche: Violence conjugale; un concept en mouvement|Notre plan de recherche]]  |  [[Espace de dialogue|Notre espace de dialogue]]  |  [[Trésorus de notre groupe|Notre île aux trésors]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Violence conjugale: De la femme battue à l&#039;homme battu...=&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== &amp;quot;L’homme battu&amp;quot;: un phénomène nouveau ? Introduction ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le questionnement qui est à l’origine de ce travail prend source dans la rencontre d’un concept qui semble nouveau de prime abord : &amp;quot;l’homme battu&amp;quot;. Ce concept apparaît dans l’ouvrage récemment publié de Sophie Torrent (2001). Ce livre met en lumière l’existence d’hommes victimes de [[violence|violences ]] exercées par des femmes à leur encontre, il interroge également les questions identitaires vécues par ces &amp;quot;nouvelles victimes&amp;quot;, à travers la conduite de multiples entretiens. Ces propos peuvent intriguer, parfois rendre perplexe et curieux celui ou celle qui les entendent. Le présent article proposera des recherches bibliographiques qui devraient permettre de découvrir des discours proches des propos de Torrent. Le premier constat est que ce &amp;quot;phénomène&amp;quot; des hommes battus est, dans une moindre mesure, relayé dans d’autres ouvrages qui l’inscrivent dans le cadre plus large de la [[violence conjugale|violence conjugale]] . Les recherches livresques tenteront ainsi de répondre à la question principale qui guide la recherche : comment le phénomène de &amp;quot;l’homme battu&amp;quot; s’inscrit-il dans le paradigme de la violence conjugale ? Les questions secondaires qui en découlent sont multiples : quand est-ce que ce concept est apparu ? Par qui a-t-il été développé ? Quels sont les discours qui relaient ce concept ou qui s’y opposent ? Les éléments qui composent la revue de littérature qui apparaîtra plus loin permettront d’entrevoir certains points qui semblent être récurrents. On s’aperçoit ainsi que le concept d’&amp;quot;hommes battus&amp;quot; se trouve à chaque fois en tension avec celui de &amp;quot; femmes battues &amp;quot; dans le cadre de la violence conjugale qu’il reste à définir. Nous sommes ici confrontés à deux discours contraires entre des groupes de pressions constitués autour de la &amp;quot;souffrance masculine&amp;quot; et les propos issus de certains discours [[féminisme|féministes]] . cette opposition – qui est caractérisée grossièrement entre les deux discours – se dédouble d’une autre opposition dans la désignation des acteurs de la violence conjugale en termes de victime et d’agresseur. Les  acteurs sont ainsi stigmatisés, avec des stéréotypes qui désignent de manière massive l’homme comme agresseur et la femme comme victime.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La  violence conjugale : où en sommes-nous aujourd’hui ? Des discours en tension. Problématique ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La violence conjugale semble être de prime abord un phénomène bien connu de nos jours. Les médias rendent régulièrement compte de ses conséquences, bon nombre d’associations ont été créées pour répondre à l’appel des victimes, une loi sur la protection des victimes a été instaurée, beaucoup de thérapeutes œuvrent également dans ce domaine. Il est question, la plupart du temps, des violences subies par des femmes et exercées par des hommes, il est dans une moindre mesure, question de la violence exercée par des femmes contre des hommes. Ce dernier phénomène reste minoritaire cependant, et fait l’objet de nombreuses critiques. Bien souvent, les discours opposent des mouvements &amp;quot;féministes&amp;quot; à des groupes &amp;quot;masculinistes&amp;quot;, les uns dénonçant sans cesse l’ineffable violence des hommes envers les femmes, les autres dénonçant cette vision de l’homme éternellement &amp;quot; agresseur &amp;quot;, allant jusqu’à affirmer que des hommes sont aussi des &amp;quot; victimes &amp;quot; et que la violence peut aussi être l’apanage des femmes. Ici apparaît le concept &amp;quot; d’hommes battus &amp;quot; qui a émergé dès les années septante. Afin de prendre de la distance vis-à-vis de ces deux positions antagonistes, il s’agit tout d’abord d’étudier ce que disent certains auteurs sur la violence conjugale, à la fois sur la violence subie par les femmes et par les hommes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Ce qu’en disent les livres et leurs auteur(e)s. Revue de littérature==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette revue de littérature suit la chronologie du questionnement et du cheminement, qui, en commençant part la découverte du concept de &amp;quot;l’homme battu&amp;quot;, conduit à approfondir les recherches au concept de la femme battue et à appréhender dès lors le problème social que constitue la violence conjugale, qui englobe les deux autres concepts. La recherche bibliographique a privilégié les ouvrages qui traitent spécifiquement de l’existence du concept de &amp;quot;l’homme battu&amp;quot;, dans une actualité la plus récente possible. Peu de littérature existe à ce sujet, cependant, les ouvrages les plus récents (Torrent et Dallaire) font tous les deux référence à l’inscription du concept de l’homme battu dans celui de la violence conjugale. Les investigations ont  été élargies à ce domaine, toujours à la recherche du moindre élément concernant la violence faite aux hommes. &lt;br /&gt;
Sophie Torrent, dans son ouvrage sur l’homme battu (2001) met directement en question le fait qu’il existe au sein de la vie de couple une violence faite aux hommes, une violence souvent difficile à accepter, celle-ci allant à l’encontre de [[stéréotype|stéréotypes]] tels que celui qui considère que la femme est l’élément faible du couple et que l’homme en est le dominant. Dans la première partie de son livre, l’auteure tente tout d’abord d’expliquer ce phénomène atypique de l’homme battu, cet &amp;quot;impensable social&amp;quot; dit-elle. Elle analyse les différents types de violences (physique, sexuelle, psychologique, verbale et économique) pour ensuite orienter son analyse vers la notion de &amp;quot;rôles sociaux&amp;quot;. Elle montre comment l’homme violenté est agressé jusque dans les &amp;quot;facettes&amp;quot; qui font son [[identité sociale|identité]] . Pour elle &amp;quot;être battu invalide l’homme dans son appartenance à la catégorie sociale homme&amp;quot;. Dans la deuxième partie de son ouvrage, Torrent réfléchit sur les différentes stratégies élaborées par l’homme pour gérer des situations difficiles. Elle s’appuie notamment dans son travail de recherche sur des interviews réalisées avec des &amp;quot;hommes battus&amp;quot;. &lt;br /&gt;
C’est dans une considération assez proche qu’Yvon Dallaire (2002), thérapeute au Québec, aborde le phénomène de la violence faite aux hommes (La violence faite aux hommes. Une réalité taboue et complexe). Il nous rappelle le constat de l’existence ineffable de la violence dans l’humanité, violence souvent fortement médiatisée, mais selon lui, de manière incomplète. En effet, dit-il, notre attention ne serait attirée que vers une forme de violence, soit celle faite par les hommes contre les autres hommes (guerres, voies de fait, suicides), contre les femmes (violence conjugale, viol, meurtre, tueurs en série) et contre les enfants (violence infanticide, meurtre suivi de suicide). Pour Dallaire, une forme de violence a été occultée : la violence des femmes faite envers les femmes, les hommes et les enfants. Le propos de son texte est de démontrer d’une part que des femmes peuvent être tout autant violentes que des hommes, et que d’autre part, l’analyse de la violence conjugale s’inscrit dans un paradigme teinté de sexisme et de discrimination. Pour cet auteur, la violence conjugale ne se décline pas simplement sur le mode victime-agresseur, mais plutôt sur celui de victime-victime, de deux individus qui sont les co-créateurs d’une escalade débouchant sur l’explosion physique. Afin d’alimenter son propos, Yvon Dallaire met en lumière les stéréotypes et les préjugés qui circulent dans le discours commun : l’homme est un être violent, un abuseur d’enfants, un irresponsable, les hommes sont tous des obsédés sexuels, il sont tous infidèles, menteurs et manipulateurs. Dès lors, toute violence féminine est considérée comme relevant de la légitime défense, l’homme est ainsi rendu coupable de toute la violence conjugale. Précisons ici que l’auteur dénonce le discours d’influence féministe qui se déploie dans le contexte québécois. Son objectif est de connaître les réelles dimensions de la violence conjugale, plutôt que de rechercher un coupable à punir, toujours le même : l’homme. &lt;br /&gt;
L’ouvrage de Bretonnière-Fraysse et al. (2001), incontournable pour le sujet, propose quant à lui un autre regard qui positionne clairement les femmes en tant que victimes et les hommes comme agresseurs, sans nuances : &amp;quot;on le sait, la violence conjugale a toujours existé ; on le sait aussi : les victimes en sont les femmes et les auteurs, les hommes. Mais elle demeure encore cachée, honteuse, secrète&amp;quot;. Cet ouvrage prend un regard anthropologique et historique pour nous montrer la condition de victime de la femme à travers les époques passées et jusqu’à nos jours. &lt;br /&gt;
Gillioz, De Puy et Ducret quant à elles (2000), font état des connaissances qui ont fait de la violence familiale et de la violence contre les femmes, un champ d’étude relativement nouveau dans les sciences sociales. Elles nous rappellent que jusque dans les années soixante, la société et avec elle les scientifiques vivent sur le mythe de la famille non violente. Cette dernière étant considérée comme rare et comme étant le fait d’individus déséquilibrés. Dans les années septante, sous l’influence de militantes féministes anglo-saxonnes qui ouvrent des refuges pour femmes battues et portent la question de la violence conjugale sur la place publique, ce phénomène jusque-là occulté est posé comme problème socio-politique. C’est dès lors que les sciences sociales vont s’y intéresser, à travers deux grands courants de recherche. Le premier est constitué par des études portant sur la violence subie par les femmes au sein de la famille et postule, en se fondant sur les prémisses théoriques féministes, que cette violence est spécifique. Ilc il est nécessaire de l’étudier indépendamment des autres types de violence familiale qui relèvent d’autres logiques. Le deuxième courant de recherche, issu de la sociologie de la famille, a pour objet la violence familiale et considère la société et ses institutions comme des systèmes consensuels qui embrassent dans la même problématique l’ensemble de la violence qui se déroule dans le cadre familial. L&#039;ouvrage de Gillioz et all. mentionne également les travaux de Strauss, Gelles et Steinmetz (1977), à partir desquels a été tiré l&#039;affirmation que les femmes sont aussi violentes que les hommes. C’est à ce moment qu’apparaît le concept du &amp;quot;mari battu&amp;quot;, des résultats tirés des statistiques de cette recherche, ont permis à l&#039;un des chercheurs de conclure que ce qui était le plus sous-estimé n’est pas la femme battue, mais le mari battu. La validité scientifique reste toutefois fortement contestée, nous en trouvons les arguments dans l’ouvrage de Gillioz, De Puy et Ducret. &lt;br /&gt;
Cette revue de littérature se conclut par l’approche systémique de Perrone et Nannini (1995) qui proposent leur livre comme un manuel à l’usage des professionnels appelés à intervenir auprès des familles. Leurs présupposés considèrent que la violence n’est pas un phénomène individuel, mais la manifestation d’un phénomène interactionnel. La violence est ainsi un mode particulier de communication entre partenaires qui sont tous impliqués et par là même responsables au sens interactionnel du terme. Comme Yvon Dallaire, les auteurs ne considèrent pas les acteurs de la violence conjugale en termes de &amp;quot;victime-agresseur&amp;quot;, ni en termes &amp;quot;hommes-femmes&amp;quot;. Les objectifs et les enjeux que ces deux auteurs proposent s’appuient sur l’idée que chacun doit devenir et se penser responsable de ses propres comportements. C’est également selon cette optique que certains &amp;quot;cliniciens&amp;quot; abordent en partie la question dans leur article (Rey, H et al. 2006).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Des recherches complémentaires nécessaires. Choix et méthodes==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En fonction des éléments de la problématique développée jusqu’ici, l’objectif de la recherche a consisté à y voir plus clair en tentant de répondre à la question posée, « comment le phénomène de l’homme battu s’inscrit dans le paradigme de la violence conjugale » ainsi qu’aux questions complémentaires citées dans l’introduction ?  Afin de prendre une nécessaire distance vis-à-vis du regard que propose la revue de littérature, il est nécessaire d’orienter les recherches sur d’autres sources d’informations diverses. Il est dès lors intéressant d’examiner si des statistiques existent sur les &amp;quot;hommes battus&amp;quot; et sur les &amp;quot;femmes battues&amp;quot; et dès lors de voir si celles-ci peuvent éclaircir les questions posées. Pour cela nous avons choisi de travailler à partir des statistiques des centres Lavi disponibles à l’office fédéral de la statistique. &lt;br /&gt;
Dès lors que le phénomène des &amp;quot;hommes battus&amp;quot; s’inscrit dans le cadre de la violence conjugale notre choix s’est porté également sur la recherche d’éléments de compréhension dans une série de revues spécialisées : « Thérapie Familiale », revue internationale en Approche Systémique, dont nous avons retenu les numéros mentionnant explicitement des articles sur la violence conjugale ou domestique (1995, Vol. 16 no 3 – 1999, Vol. 20 no 4 – 2000, Vol. 21, no 4 – 2001, Vol. 22 no 4).    &lt;br /&gt;
De plus, pour avoir une vision plus globale, une revue d’articles de presse étudiant quelques articles récents peut être pertinente. Nous avons sélectionnées des articles toujours sur le thème de la violence faite aux femmes et / ou aux hommes. Amnistie: Le magazine pour les droits humains, No 44, février 2006   interviews thématiques du Dr Vannotti, médecin adjoint à la Policinique de Lausanne et de  Madame Yakin Ertuk, rapporteuse spéciale de l&#039;ONU sur la violence contre les femmes ; Amnistie, Journal d&#039;action pour les droits humains, janvier 2006 ; Repère Social, No 73, février 2006, article : quand le sexe faible est violent ; Le Courrier du 18 mai 2005, article relatant le 1ier congrès de la condition masculine. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Enfin, nous avons opté pour une recherche mettant en œuvre la conduite de plusieurs entretiens compréhensifs semi-directifs auprès de professionnels de la prise en charge de la violence conjugale ainsi qu’auprès de &amp;quot; victimes &amp;quot; masculines qui accepteraient de nous apporter leur témoignage. A cet effet, nous avons trouvé pertinent de construire deux types de [[entretiens|grilles d&#039;entretiens]] , l&#039;une pour les professionnels, l&#039;autre pour les hommes &amp;quot;victimes&amp;quot;. Malgré la promesse d&#039;anonymat, nous n&#039;avons pas pu enregistrer les entretiens. De ce fait, nous basons nos propos sur les notes retenues. Chaque entretien s&#039;est déroulé, pendant une heure trente, dans un lieu décidé par la personne interviewée. Nous avons mené, dans notre phase d&#039;investigation de terrain, quatre entretiens, dont deux avec des &amp;quot;victimes&amp;quot; masculines de maltraitance conjugale. Nous avons rencontré Denis Chatelain, co-fondateur de l&#039;association Vires. Cet organisme de traitement et de prévention de la violence exercée dans le couple et la famille, vient en aide aux personnes qui ont recours à la violence. Nous avons aussi rencontré la fondatrice d&#039;une fondation prenant en charge des femmes violentes, qui a souhaité garder l&#039;anonymat. Toutefois, il est possible de dire que l’objectif premier de cette association est la prévention de la maltraitance et la violence auprès des enfants, personnes âgées et conjoints. Nous avons réussi, à travers une association luttant pour la condition masculine, prendre contact avec deux hommes se déclarant comme &amp;quot;battus&amp;quot;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous étudierons également des sources  issues de la Loi Fédérale sur l’aide aux victimes et de Amnesty internationale tout comme des revues spécialisées dans le domaine de la thérapie familiale et plus particulièrement les articles concernant la violence domestique. &lt;br /&gt;
Ces éléments correspondent à ce que l’on pourrait appeler une &amp;quot;recherche sur le terrain&amp;quot;. &lt;br /&gt;
Nos sources seront ainsi multiples : entretiens ; revue de presse ; statistiques ; revues spécialisées. L’analyse des contenus du matériel récolté, prendra pour point d’appui la désignation des acteurs de la violence conjugale, en termes de stéréotypes (stigmatisation) et dans une approche de [[genre|genre]] étudiant les rapports sociaux hommes-femmes par rapport à cette thématique, ainsi que les rapports victimes-agresseurs qui s’y rattachent. L’analyse devrait ainsi permettre de réunir des points de vue différents et ainsi de confirmer ou d’infirmer, voire de &amp;quot;tempérer&amp;quot; ce qui ressort dans la revue de littérature en fonction des auteurs choisis.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Résultats des recherches==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Dans divers articles de presse===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout d&#039;abord, Amnesty affiche une grande visibilité de la problématique de la violence conjugale, grâce à son magazine pour les droits humains (février 2006), son journal d&#039;action (janvier 2006) et son site internet, qui tous trois évoquent récemment la violence domestique. En effet, Amnesty a commencé en mars 2006 sa campagne suisse « En route contre la violence domestique », dont l&#039;action principale consiste en un tour de plusieurs cantons du mobile home &amp;quot;sweet home&amp;quot; afin de briser le tabou qui entoure la violence dans le couple, d’améliorer les interventions de l’Etat contre la violence domestique, et de sensibiliser le grand public, en particulier les jeunes et les hommes, notamment dans les régions rurales. Les revendications d’Amnesty International en matière de violence domestique repose sur l’obligation de l’Etat d’agir contre cette forme de violation des droits humains. Car aujourd’hui si la visibilité du débat public sur la violence domestique s’est améliorée, les menaces, coups, contraintes, viols et meurtres auxquels les femmes sont souvent exposées dans leurs quatre murs constituent un sujet rarement perçu comme relevant des droits humains. De la sensibilisation est encore nécessaire pour considérer que l’empêcher ne relève pas de la sphère privée des couples et des familles concernées, et ne pas l’assimiler à un « problème de femmes », mais à une mission publique, qui touche tout le monde. Pourtant il s’agit bien de droit à l’intégrité physique et psychique : droit à la liberté et à la sécurité, droit à la santé, droit à l’absence de torture ou d’autres traitements dégradants et même souvent le plus, droit à la vie. La position d&#039;Amnesty International quant à la violence domestique consiste à considérer sa cause dans les rapports inégalitaires de sexe. L&#039;accent est mis sur les représentations sociales qui ne cessent de faire le lien entre violence et masculinité. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le numéro du journal Repère Social de février 2006 s&#039;intitule « Quand le sexe faible est violent » et à travers le prétexte de l&#039;ouverture récente à Lausanne d&#039;un accueil pour femmes violentes, aborde ce sujet trop rarement médiatisé de la violence des femmes. L&#039;auteur, Geneviève Praplan, présente les associations Vires et Face à Face à Genève, et Violence et famille à Lausanne. Cette dernière institution travaille depuis sept ans avec des hommes violents, mais accueille depuis novembre 2005 également des femmes violentes. Le Coordinateur et plusieurs intervenants ont été formés au Québec, auprès d&#039;OPTION, institution pionnière fondée par le psychothérapeute Jacques Broué en 1985. A Violence et Famille, c&#039;est ainsi sous forme de thérapie de groupe que se déroule l&#039;accompagnement, après quelques entretiens individuels. Le processus de réflexion engagé avec les auteur(e)s est le même pour les hommes que pour les femmes. Néanmoins, il est spécifié qu&#039;il faut être spécialement vigilant avec les femmes, en vérifiant qu&#039;elles ne sont pas &amp;quot;davantage des victimes que des agresseurs&amp;quot;. De plus, rapidement le lien entre passé et présent doit se faire. &amp;quot;Hommes et femmes ne sont pas forcément égaux devant leur violence&amp;quot;: dans l&#039;inconscient collectif masculin, il est nécessaire d&#039;affirmer sa virilité, la violence masculine est ainsi plus facilement excusée. Au contraire, les rôles sociaux attribués aux femmes font qu&#039;on la juge plus sévèrement si elle fait usage de violence, mais leur permet de reconnaître moins difficilement que les hommes leurs actes violents. L&#039;auteur met en avant que les chiffres manquent quant à l&#039;ampleur de la violence féminine, surtout exercée envers ses enfants. Par ailleurs les préjugés quant aux données socio-économiques des auteurs de violence perdurent. Cela est en partie dû au fait que les familles en situation précaire sont plus aisément repérées par les services sociaux, vu l&#039;étendue de leurs besoins. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le Courrier du 18 mai 2005 relate et questionne le 1ier congrès international de la condition masculine a eu lieu à Genève le mars 2003. (en 2005 a eu lieu à Montréal).  L’auteure de l’article Virginie Poyetton nous dit que ces colloques font partie d’un mouvement plus large qui met en avant « la crise de la masculinité »  en réaction à l’émancipation « trop » radicale des femmes. Si ce courant est minoritaire au sein de la gent masculine, il participe d’une tendance qui remet en question l’avancée des droits des femmes. &lt;br /&gt;
Les masculinistes (nom que se sont donnés les défenseurs de la condition masculine) pensent que le féminisme les a forcés à changer et depuis ils se sentent dépossédés de leurs  identités et de leurs droits. Ils souffrent d’injustices : discrimination  positive au travail faveur des femmes, préjugés favorables aux mères en cas de divorce, fausses allégations de violence ou d’inceste, pensions alimentaires disproportionnées, hausse du décrochage scolaire chez les garçons, augmentation de la prescription d’antidépresseurs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;La violence conjugale :d’où vient ce concept, comment a-t-il été défini, comment s’institutionnalise-t-il ? Historique, définitions, statistiques et cadre légal&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Aborder le problème social de la violence conjugale incite à faire un retour vers les années 1970. C’est à cette époque que l’on peut situer les premières recherches sur ce thème mettant en question le mythe de la famille non violente. Les militantes féministes amènent la question de violence conjugale sur la place publique et le posent comme un problème socio-politique. La question de la violence est abordée comme conséquence des rapports de domination, c&#039;est-à-dire des effets de l’exercice d’une influence déterminante d’un groupe, les hommes, sur un autre, les femmes. Tout rapport de domination suppose, en effet, en dehors du rapport de pure violence, un système de justification visant à obtenir un minimum de &amp;quot;volonté d&#039;obéir&amp;quot; de la part des assujettis, note le Petit Robert. &lt;br /&gt;
Les sciences humaines vont s’y intéresser. De nombreuses études sont entreprises dans les années 1970 et 1980 dans le but de décrire la violence domestique, de pouvoir la chiffrer, de chercher à l’expliquer, d’étudier ses conséquences sur les victimes, et d’examiner les réponses sociétales à ce problème. &lt;br /&gt;
Les résultats de l&#039;une de celle-ci, Straus et al.(1977) permettent de dire que femmes et hommes admettent recourir à des tactiques de violence dans des situations de conflits. Ce résultat est basé sur le &amp;quot;Conflict Tactics Scales&amp;quot; (CTS), échelles centrées sur les tactiques de gestion des conflits, qui intègrent une série de comportements allant des plus rationnels aux plus violents. Cette étude permettra à l’une des auteur-e-s, Steinmetz, de tirer la conclusion de l’existence du « syndrome de l’homme battu ». Ce qui sera contesté pour insuffisances méthodologiques. Depuis la plupart de chercheurs et chercheuses renoncèrent à utiliser ce concept. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===L’institutionnalisation du concept de violence domestique: Les centres LAVI et les politiques de prise en charge (contexte suisse et suisse romand)===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une loi fédérale est votée (4 octobre 1991), sur l’aide aux victimes. Elle démontre que être « victime de violence» constitue maintenant une déviance secondaire. Les plaignants sont identifiés, l’état institutionnalise leur prise en charge, les centres Lavi sont créés et les consultations augmentent au fil des années. Et si la notion même de « victime » est large, accidenté de la route, attentats, viol, contrainte sexuelle, séquestration, elle comprend spécifiquement les violences domestiques. &lt;br /&gt;
Dès lors, elle permet également aux femmes victimes de violence conjugale d&#039;être reconnues, visibilées et aidés. &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Des centres Lavi, issus de cette loi, sont créés sur le territoire suisse. Ils ont  pour but de fournir une aide efficace (conseils, la protection de la victime, la défense de ses droits dans la procédure pénale et l’indemnisation et la réparation morale) aux victimes d’infractions ou d’une atteinte directe à son intégrité corporelle, sexuelle ou psychique et à renforcer leurs droits. &lt;br /&gt;
La police est tenue d’informer les victimes  en transmettant les coordonnées de celle-ci au centre Lavi. On peut constater que ces centres apportent une aide immédiate et des prestations fournies gratuitement ( frais médicaux, d’avocat ou de procédure peuvent également être pris en charge. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous constatons également l’étatisation de la prise en charge de la formation du personnel des centres Lavi, et la spécialisation des professionnels qui y sont impliqués. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On peut constater que la prise en compte de la situation des femmes dans le cadre de la violence domestique évolue petit à petit. Il est intéressant de suivre le dépôt d’une initiative parlementaire le  14 juin 2000, par la Conseillère Ruth-Gaby Vermot-Mangold. Ce n’est qu’en novembre 2005, que le  Conseil fédéral propose un nouvel article 28b dans le code civil visant à protéger la victime de violence ou de harcèlement en lui donnant le droit de requérir le juge d’instruction d’interdire à l’auteur de l’atteinte de l’approcher, de fréquenter certains lieux ou de prendre contact avec elle. Le nouvel article amène une notion nouvelle, celle de la prévention de la violence domestique, nouvelle tâche des centres Lavi,  pour éviter la violence et sa récidive.  &lt;br /&gt;
Le Code pénal sera modifié en ce sens en juin 2006. Désormais les actes de violence domestique seront poursuivis d’office et non plus sur plainte de la victime.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Statistiques des centres Lavi.===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous espérions obtenir des informations statistiques sur la violence conjugale, or, celles que nous avons pu obtenir par l’intermédiaire de l’office fédéral de la statistique ne peuvent être utilisées que très partiellement. En effet, jusqu’en 2004, les centres Lavi recensaient le nombre de consultations et non pas les personnes. Une consultation peut se rapporter à une infraction commise à plusieurs reprises et une même personne peut être comptabilisée plusieurs fois en l’absence d’indicateur de personnes. Il faut également préciser qu’il n’est pas possible de repérer exactement s’il s’agit de violence conjugale. Les chiffres qui peuvent être intéressants pour nous résultent d’un croisement des items : relation familiale auteur – victime, sexe de la victime, sexe de l’auteur présumé.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Si nous prenons l’année 2004 comme référence, les chiffres nous donnent une idée intéressante sur la question qui nous occupe, à savoir la violence féminine et masculine :&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
[[image:lavi.jpg|statistiques fédérales]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Toutefois, il semble important de se questionner sur la mise en forme de certains items. En effet, comment comprendre « avec auteurs présumés de sexe masculin » ? Quelle utilité cet intitulé peut apporter aux concitoyens ? Quelle différence effective avec les auteurs réels de ces actes ? Comment interpréter l’absence des items « avec victimes de sexe masculin » et « avec auteurs présumés de sexe féminin » ? Dans ce cas faut-il comprendre que les femmes victimes consultent plus, alors que les hommes restent cachés?  Quelle réalité se cache derrière ces chiffres?  &lt;br /&gt;
De plus, Jean-Philippe BRANDT, du service de presse &amp;amp; relations publiques de la Police de Genève, informe qu’ « il n’est pas fait de différences quant au sexe de la victime en ce qui concerne les violences conjugales. » Comment dans ces conditions, donner une validité fédérale à des statistiques qui ne peuvent pas prendre en compte des réalités cantonales ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Revue &amp;quot;Thérapie Familiale&amp;quot;===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous avons jugé opportun d&#039;analyser des numéros de Thérapie Familiale, une revue trimestrielle d&#039;orientation systémique. Cette source représente en effet le point de vue théorique et le constat des pratiques des thérapeutes de famille. Il est pertinent de se demander à quel point le discours de ces professionnels de la famille influence la société et est en retour influencé par elle. Les catégories victime-agresseur y sont-elles aussi clairement définies que dans le sens commun et certains discours? Fait-on une différenciation au niveau de l&#039;étiologie de la violence et de ses conséquences selon le genre? Le contact avec les patients remet-il en question certaines pratiques thérapeutiques et fait-il avancer les models conceptuels? Pour répondre à ces interrogations, nous avions à disposition tous les numéros parus depuis de nombreuses années afin d&#039;observer à quelle fréquence et sous quelle forme la thématique des violences conjugales était abordée. Nous avons porté notre choix sur la période allant de 1995 à 2001, pendant laquelle quatre numéros contiennent des articles dédiés à notre sujet. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les deux premiers numéros analysés, datant de 1995 et de 2000 sont riches d&#039;informations car rédigés par les mêmes auteurs, qui font part de l&#039;évolution de leur réflexion durant les cinq ans écoulés. Le numéro de 2000 a été écrit par des thérapeutes colombiens, ce qui nous montre la préoccupation internationale des thérapeutes de famille autour de la violence conjugale et leur désir d&#039;échanger à ce sujet. Quant au dernier numéro pris en compte, celui de 2001, il présente la synthèse des théories les plus utilisées à propos de la violence domestique. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les auteurs des deux premiers numéros analysés sont membres de l&#039;association française Vivre sans Violence, issue d&#039;observations de professionnels travaillant avec des femmes victimes de violence conjugale. Autour de 1985 il y eut de nombreuses interrogations sur les pratiques, mettant en avant les limites de la prise en charge d&#039;alors: les femmes retournaient le plus souvent au domicile conjugal, où les violences reprenaient. De plus, peu de femmes se sentaient prêtes à faire un travail de réflexion sur les événements de violence vécus. Les professionnels ont trouvé certaines réponses en s&#039; inspirant du modèle québécquois de prise en charge des hommes violents de Robert Philippe. La conscience de la nécessité de s&#039;intéresser également aux agresseurs a ainsi émergé et les premières structures de soutien aux auteurs de violence ont apparu.  Les auteurs préconisent par ailleurs un changement: le départ de l&#039;auteur des violences du foyer plutôt que celui de la victime. Cela peut constituer en effet une violence supplémentaire à la femme, et signifie à l&#039;agresseur qu&#039;il est laissé seul&amp;quot; dans un état de dangerosité contre lequel nul, même pas la loi, ne peut le protéger&amp;quot;. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les auteurs réfutent l&#039;idée traditionnelle considérant un couple violent comme dysfonctionnel. Ils font référence à Watzlawick et à sa théorie de la communication, envisageant ainsi la violence comme un acte de communication tout comme les comportements réactifs telle la passivité. Ainsi, la victime également communique quelque chose à son agresseur. La violence est un mode d&#039;échange qui a été appris, et n&#039;est donc pas inné.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Leur intervention vise la modification des patterns d&#039;interaction ainsi qu&#039; un « travail sur les représentations différentes que l&#039; homme et la femme se donnent et nous donnent, de leur vécu de la violence ».  Soulignons qu&#039;en 1995, il n&#039;y a pas d&#039;injonction thérapeutique pour les auteurs de violence dans le couple, les consultations sont donc uniquement volontaires pour les agresseurs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1999, les mêmes auteurs, dans un numéro consacré au thème « Des violences » expliquent  l&#039; évolution de leur réflexion quant à la notion de responsabilité. Ils reviennent sur leur idée de co-responsabilité, de relation complémentaire. Actuellement(en 1999) ils différencient les actes violents en deux catégories: les comportements interactifs vs délits/crimes. En conclusion, les deux acteurs ne sont pas à égalité dans l&#039;interaction: il y a une hiérarchie dans les responsabilités. La victime n&#039;est pas responsable des coups qu&#039;elle reçoit, mais les deux sont responsables du maintien de l&#039;interaction dans laquelle les comportements de violence deviennent redondants et structurants. Les auteurs se démarquent du québécquois R. Philippe en précisant que les violences conjugales ne peuvent se produire que dans un contexte de consensus socio-culturel. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous constatons donc grâce à l&#039;analyse de ces deux articles, que les professionnels thérapeutes de famille de par leur pratique, sont menés à une réflexion sur les catégories de victime-agresseur, liées à la notion de responsabilité. De la prise en charge des femmes victimes, et face à ses limites, les thérapeutes commencent à prendre en charge des auteurs de violence.  Concepts et pratiques dialoguent sans cesse, puisque reconnaître la nécessité de prendre en charge les deux membres du couple est uniquement compatible avec des théories ancrant l&#039;étiologie de la violence dans les processus interactifs et communicatifs. Le monde de la thérapie familiale a donc une longueur d&#039;avance sur la dichotomie victime-agresseur prégnante dans le sens commun, dans certaines campagnes de sensibilisation pour le grand public, et dans la loi. Par exemple les auteurs prônent en 1995 déjà l&#039;éloignement de l&#039;auteur de violence du domicile, alors qu&#039;en Suisse ce n&#039;est qu&#039;actuellement, en juin 2006, que cette mesure passe dans la loi. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;expérience des thérapeutes colombiens, relayée dans un numéro datant de 2000, nous montre une initiative étrangère originale. A Bogota  il existe des &amp;quot;commissariats de famille&amp;quot; depuis 1996 qui consistent en un &amp;quot;espace de conversation et de concertation dans le but de protéger, d&#039;assister et de guider les familles à propos de leurs droits fondamentaux et de les informer quand aux façons de résoudre les conflits internes.&amp;quot; Plus concrètement, une assistance légale, sociale, médicale et psychologique est dispensée dans ces lieux. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les auteurs sont en accord avec Perrone et Nannini, postulant que la violence n&#039;est pas une maladie, mais un choix et un moyen de contrôle. La responsabilité est à nouveau un thème abordé puisqu&#039;ils postulent que tout individu est garant de sa propre sécurité, en précisant que  chacun peut devenir violent dans un contexte déterminé. Encore une fois, c&#039;est donc l&#039;accent sur le contexte, culturel ou interactif, qui provoque la violence, plutôt que des caractéristiques individuelles.  &lt;br /&gt;
Dans son article Déconstruction des idées reçues sur la violence : une alternative à la violence. Kuenzi-Monard présente un Panorama des théories les plus utilisées : L’auteure les répartit selon 7 niveaux :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1.les théories qui localisent la violence à l’intérieur de la personne : la violence est basée sur un problème de santé mentale ; la théorie de l’impulsivité, le manque de contrôle de soi. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
2.les théories qui localisent la violence dans le développement : les théories développementales de la violence et de l’apprentissage (expliquent l’abus comme une répétition de comportements pathogènes au sein des familles) ; la théorie du blocage d’origine psycho-sexuel (la personne est bloquée à un stade de son développement). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
3.les théories qui localisent la violence au sein des relations humaines : la théorie du contenant (capacité X de tolérer des frustrations, insatisfactions ou colère. Au-delà, c’est l’éclat) ; conséquence : l’homme a peu de possibilités de contrôler cette tension, donc peu de responsabilité quant aux éléments extérieurs qui viennent le saturer. le modèle de la frustration-agression : si je suis frustré, j’agresse. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
4.les théories qui localisent l’abus dans des blocages de la communication : la personne violente souffre d’un pauvre développement des qualités sociales et relationnelles. Modèle explicatif intéressant mais qui ne donne pas d’alternative pour apprendre d’autres stratégies. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
5.Les théories qui considèrent la violence comme l’effet d’un état chimique différent, comme la conséquence de l’utilisation d’alcool ou de drogues : la théorie de la désinhibition. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
6.les théories circulaires sur la violence : celles-ci localisent la violence et la comprennent comme générée au sein d’interactions. La violence occupe une fonction homéostatique, le maintien de l’équilibre de la famille. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
7.les théories féministes : l’explication féministe ou socio-culturelle qui voit la violence comme prenant sa source dans les structures sociales. La violence et le comportement abusif sont compris, favorisés, voire encouragés par le fonctionnement social. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
8.la théorie fonctionnelle de Léonore Walker : la violence est une explication dynamique, fonctionnelle et non pas causale. La violence fonctionne sur trois phases distinctes, tension, épisodes violents, lune de miel. Walker démontre que la violence est un cercle addictif, les prisonniers de la violence sont dans un cercle infernal. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’approche de Kuenzi-Monard : la théorie des limites. Elle est basée sur les travaux de Bateson qui prônait qu’une explication « négative » ou « en mouvement » d’un évènement est préférable à une explication « positive » ou « statique ». Ce type d’explication génère du mouvement, incite à s’orienter vers les conséquences des faits et ainsi vise à une prise de responsabilité. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’auteure conclut qu’il est essentiel de faire une distinction entre l’explication causale et une limitation. L’explication causale clive la dynamique déjà polarisée entre victime et bourreau, elle maintient la violence plutôt qu’elle ne l’élimine. Elle constate que souvent il existe une rupture entre l’intention et l’action du psychothérapeute. Elle pense que le clinicien influence et est influencé par les questions qu’il pose. Les questions linéaires tendent à produire des raisonnements linéaires, il faudrait ainsi favoriser les questions circulaires, ouvrant de nouvelles possibilités.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le nombre de ces théories, par ailleurs très variées, est on le voit  abondant. Il est aisément compréhensible que l&#039;adhésion à l&#039;une ou l&#039;autre de ces théories, liées à des étiologies différentes de la violence, implique des interventions également différentes. &lt;br /&gt;
Dans notre travail, nous avons principalement abordé les théories féministes ou socio-culturelles et les théories circulaires, dont fait partie l&#039;approche systémique. La théorie fonctionnelle est également très présente dans les réflexions des thérapeutes, et la théorie des limitations est en expension. Ces théories ont en commun de ne pas prendre l&#039;individu comme centre de la problématique de la violence conjugale, mais plusieurs individus et leur relation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour conclure cette analyse des numéros de Thérapie Familiale, une différence flagrante apparaît entre les discours des professionnels publiés dans cette revue de systémique et les discours du sens commun, circulant au quotidien. En effet, les thérapeutes toujours en recherche d&#039;affinement de leurs concepts, par confrontation à la pratique, sont passés par tout une évolution théorique, prenant en compte les deux membres du couple, et débattant passionnément les questions de responsabilité et les notions de victime-agresseur. A l&#039;opposé, les causes de la violence conjugale les plus fréquemment évoquées et ancrées dans les représentations de la population se situent plutôt à un niveau individuel. Une partie est liée au genre, naturalisant les différences de sexe (la violence est inhérente à l&#039;homme, la douceur et la fragilité à la femme...); un autre type d&#039;explications courantes ramène le problème à des causes  individuelles  (alcoolisme, problèmes personnels...), voire psychologisantes  (trouble psychique, traumatismes dans l&#039;enfance, sado-masochisme...). Les catégories victime et agresseur sont clairement séparées dans le sens commun, tout comme l&#039;attribution du terme victime à la femme, et agresseur à l&#039;homme. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Propos issus de quelques entretiens===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;L’homme battu existe &#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour confronter les stéréotypes affiliés aux genres, nous avons cherché à interviewer des hommes battus. Paul et Luc (prénoms d’empreint) ont un point commun : leur passé d’homme maltraité. Ils ont été, tous les deux, physiquement battus par leur conjointe. Toutefois, il semblerait que la problématique de l’homme violenté intègre, dans sa forme globale, une autre forme de violence, une violence psychologique. Il ressort des entretiens que la forme physique ne semble pas être la forme de violence qui marque le plus. Pour essayer de comprendre au mieux le vécu violenté de ces hommes et plus généralement de toute personne impliquée dans des relations violentes, nous avons questionné la littérature ainsi que des professionnels de terrain. &lt;br /&gt;
Pour la travailleuse sociale, Sophie Torrent (2001), « la nature de la violence [à l’égard de la gente masculine] et ses modes d’expression traduisent, dirait-on, une violence spécifiquement féminine, subtile, qui atteint l’intégrité psychique de l’homme.» (p.33). L’homme victime de violence psychologique semble atteint surtout dans sa masculinité, plus précisément dans la représentation de la masculinité qui lui a permis de construire son identité. &lt;br /&gt;
« Le harcèlement que j’ai vécu par cette femme tyran m’a amené à perdre, pendant quelques temps, mon identité masculine… C’était quoi être un homme ? Je ne savais plus faire l’amour comme il faut en quittant ma femme. J’ai du réapprendre à accepter de prendre du plaisir. » Luc &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;La violence ; une histoire d’homme ? &#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Alors que nous venons de découvrir avec stupéfaction certaines réalités d’hommes maltraités par leur conjointe, comment traiter ces vérités face à notre idéal féminin construit ? Comment même penser à la violence des femmes, alors que celle que l’on exerce à leur égard est de loin la plus établie, la plus reconnue et de ce fait la plus portée par les médias ? De nos jours, la société reconnaît et prend en charge la femme violentée, qu&#039;en est-il de la femme violente ? Il est commun d’entendre qu’une femme violente est une femme malade psychologiquement ou encore que cette dernière n’agresserait que pour se défendre. Pour la psychothérapeute Diane Chayer, ( citée par Ruel &amp;amp; Guéricolas, 1998), il semblerait qu’il n’y ait tout simplement pas de permission sociale à la violence des femmes. « La société dit qu’il est presque normal pour un homme d’être violent. Mais une femme violente, c’est une extraterrestre. » &lt;br /&gt;
Pour Yvon Dallaire, « la femme violente peut ressentir de la fierté pour avoir battu plus fort qu’elle. Et la société ne la dénigre pas, elle cherche plutôt à la comprendre et à l’excuser, compatissant souvent à son sort. » (p26) A contrario, pour la responsable d’une structure acceuillant des femmes violentes, « celles et ceux qui passent de la parole aux actes souffrent, ils ont besoin d&#039;aide et y ont droit. Toutefois, la femme violente souffre de discrimination ; on ne veut pas lui reconnaître sa violence. » Il semblerait alors que, paradoxalement, la femme violente souffre des mêmes maux sociaux que l’homme maltraité. Une nouvelle fois, il semblerait que les stéréotypes, affiliés aux genres, décident de ce qui peut être acceptable ou pas. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Le statut de victime/agresseur &#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La responsable d’un établissement prenant en charge des femmes violentes nous apprend qu’il est difficile de tenir le fil rouge concernant les rôles de victime-agresseur. « On est là pour travailler sur la violence des femmes, en tant qu’auteures de violence et non en tant que victimes. Très souvent, ça dérape en justification des actes qui déplace la position d’agresseuse à celui de victime. » Il semble que souvent, l’agresseur se voit comme victime. Responsabiliser les acteurs(trices) de violence, c’est les aider à prendre conscience de leur violence. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Responsabilité dans la violence &#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La question est partagée. Alors que pour beaucoup, la responsabilité de la violence doit être assumée par son auteur(e), pour d’autres, elle doit être partagée. En effet, pour Denis Châtelain, co-fondateur d’une association prenant en charge des auteur(e)s de violence, « il faut prendre en compte le potentiel de violence de la victime dans la compréhension de la dynamique ». Pour la responsable d’une association accueillant des femmes violentes, « il est impossible de faire un tel travail si l’on part du principe d’une co-responsabilité dans la réalisation de la violence. En effet, on ne peut pas se permettre de déraper sur l’aspect empathique et comprendre voir d’excuser l’acte de violence au nom d’un statut de victime reconnu. Pour nous, l’acte violent n’est pas excusable, il est inadmissible quelque soit sa source ou sa justification. Ce qui nous paraît important c’est de faire en sorte de ne plus jamais en avoir à arriver là. » &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;La prise en charge de la violence &#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comment aborder la problématique de la violence conjugale et plus particulièrement celle des hommes maltraités et des femmes violentes ? Alors qu’Yvon Dallaire se demande si l’on « ne pourrait pas exploiter l’expertise des centres d’accueil pour femmes au profit des hommes battus et l’expertise des groupes d’entraide pour homme violents au profit des femmes violentes ? » (p29), la responsable d’une structure accueillant des femmes actrices de violence répond que « pour aider les femmes actrices de violence, il faut appliquer un traitement différencié. Les raisons étant parce qu’on n’éduque pas de la même façon une petite fille et un petit garçon, le rapport au féminin n’est pas le même. La violence masculine est légitimée. Par contre, on ne reconnaît pas ce droit à la femme. Cela étant dû aux stéréotypes de mère protectrice d’une part. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Point de situation===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Mouvement féministe...et&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A ce stade de notre article, nous pouvons établir difféents constats. Tout d’abord, la découverte de la violence conjugale et de ses effets a pour origine le questionnement du mouvement féministe. Celui-ci repris par des chercheur-e-s, a confirmé et précisé le phénomène de la violence conjugale. &lt;br /&gt;
La notion d’homme battu, qui nous avions posée comme une construction récente, date des premières recherches sur ce domaine, le syndrome de l’homme battu, développé par une chercheuse du l’équipe de Straus et al. a été un concept rapidement abandonné. Les défauts dans l’opérationnalisation du concept de violence, dans la méthode et dans l’interprétation des données de l’enquête effectuée à l’aide du Conflict Tactics Scales ont été largement reconnus. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;...évolution sociale et réponses masculines.&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous pouvons poursuivre nos constats à partir des travaux d’une chercheuse, rencontrée au détour d’un article de presse, Pascale Molinier, d’une tension qui s’avive entre hommes et femmes dans les années 1980. Certains hommes pro féministes tiennent un discours optimiste concernant la constitution d&#039;une société nouvelle et égalitaire et reconnaissent la domination masculine comme clé d&#039;un changement possible. D&#039;autres hommes tiennent un discours alarmiste et insistent sur le malaise identitaire engendré par cette modification des rapports sociaux source de perte de repères. &lt;br /&gt;
A partir de là, un autre phénomène apparaît, nous découvrons que des groupes d’hommes se forment autour d’auteurs, (Guy Cornaux au Canada, Jacques Salomé en France, ou plus récemment Y. Dallaire qui avec John Goetelen a organisé le premier Congrès international de la condition masculine à Genève en 2003) avec comme but de réfléchir à l’identité masculine fragilisée.  C&#039;est dans cette mouvance que l’on trouve aujourd&#039;hui les protagonistes d&#039;un détournement de la violence masculine au profit d&#039;une violence exercée contre les hommes par les femmes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;La violence domestique, une réponse étatique et institutionnelle&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Autre constat que nous pouvons déjà faire, la violence conjugale est un phénomène officialisé et les réponses institutionnelles se développent de plus en plus. Il est intéressant de faire le point sur l&#039;ampleur et les lacunes de l&#039;offre associative et institutionnelle, et prenons pour ce faire l&#039;exemple genevois. La brochure « la violence est inacceptable; violence conjugale que faire? » est la référence et est publiée par le Service pour la promotion de l&#039;égalité entre homme et femme, le Centre de consultation LAVI et Solidarité Femmes. De par les caractéristiques même de ces éditeurs, ajouté au fait que la brochure est rédigée par des auteures, c&#039;est à nouveau sous l&#039;angle des femmes victimes que la problématique est abordée. Dans la rubrique « Répertoire d&#039;adresses utiles », nous constatons qu&#039;il existe à Genève des services d&#039;hébergement; des services médicaux; des consultations juridiques; des services de consultations conjugales, familiales et de médiation auxquels peuvent s&#039;adresser des victimes de violence conjugale. Les foyers d&#039;hébergement cités sont des foyers pour les  femmes et leurs enfants exclusivement, dans le cas de difficultés qui ne sont pas restreintes à la violence conjugale, néanmoins dans la pratique ce type de violences représente la majorité des cas. Ce principe de foyer pour femmes en difficultés n&#039;est pas récent, le foyer Arabelle par exemple date de 1964. Solidarités Femmes est la seule association spécifique pour les femmes victimes de violence conjugale. Elle offre écoute; orientiation; information sociale et juridique, hébergement; entretiens individuels et activités de groupe. Excepté l&#039;hébergement, ces prestations sont gratuites. Il existe d&#039;autres services divers pour femmes, tels que Viol-Secours, SOS Femmes, F-Information ou Camarada. Certains organismes sont spécialisés dans les problématiques de violences, sans distinction de sexe, il s&#039;agit des Centres LAVI et au niveau médical du Centre  Interdiscplinaire de Médecine et de Prévention de la Violence des HUG. Dans la brochure de 2001, une seule adresse concerne les auteurs masculins de violence conjugale, il s&#039;agit de l&#039;association VIRES. Il est intéressant et très révélateur de constater que depuis sa fondation en 1994, cette association s&#039;est définie de trois manières distinctes:  d&#039;organisme pour les hommes ayant recours à la violence dans leur couple et dans leur famille, dans un deuxième temps le terme « hommes » a été remplacé par « personnes ». Actuellement c&#039;est l&#039;expression « Organisme de traitement et de prévention de la violence exercée dans le couple et dans la famille. » qui a été retenue. Si les professionnels de VIRES précisent que ce changement d&#039;appellation est consécutif  à une évolution dans la manière de penser et traiter la problématique de la violence conjugale et plus précisément ses sources et ses enjeux, les date de ces évolutions ne sont malheureusement pas précisées. Dans la dernière édition de la brochure sus-mentionnée, parue en 2004, apparaît une nouvelle association, dédiée à la prise en charge des femmes aux comportements violents. Cet organisme créé en 2001 ne se limite pas aux violences exercées dans la sphère familiale. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En conclusion de cet aperçu des diverses offres de soutien sous toutes ses formes adressé aux personnes impliquées dans la dynamique des violences conjugales, une lacune importante transparaît: il n&#039;existe pas à Genève de lieu spécifique aux victimes masculines de violence conjugale, que ce soit un foyer ou un lieu d&#039;information et de soutien. En règle générale, lorsqu&#039;un problème social lié à la violence émerge, ce sont les victimes qui bénéficient en premier lieu de l&#039;institutionnalisation. Par la suite, une réflexion se fait autour des auteurs, considérant qu&#039;eux aussi ont besoin de soutien afin de casser la dynamique de violence. Dans le cas de la violence exercée envers les hommes, les victimes sont ignorées par l&#039;absence de lieu spécifique; alors même que les femmes auteures de violence possèdent une telle infrastructure. Nous pouvons émettre l&#039;hypothèse que cela a un lien avec le stéréotype de femme-victime, la femme perpétrice de violence ayant souvent été elle-même victime, comme nous l&#039;avons vu plus haut. Amnesty relaie cette problématique pour que la violence domestique sorte du domaine privé et soit reconnue comme un problème public. Dans des revues spécialisées différents auteur-es font état de l’évolution des connaissances et des conceptualisations du problème. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’état fédéral se préoccupe de cette question et modifie le code pénal pour améliorer la protection des victimes de violence domestique. Les centres Lavi travaillent à la transformation de leur statistiques en vue également d’améliorer la visibilité de cette forme de violence. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Conclusion==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En fonction de tous les éléments qui précèdent, la conclusion de cet article montre que le concept  de violence conjugale apparu dans les années 1970 a trouvé sa place jusque dans la législation. Néanmoins les discours qui circulent sur ce type de violence sont une construction qui circonscrit la violence dans des stéréotypes caricaturaux stigmatisant à la fois les femmes en tant que victimes et les hommes comme agresseurs. De cette restriction découle la difficulté d’envisager l’existence d’hommes victimes de violence conjugale, et d’égale manière celle de femmes violentes. Cela a comme conséquence pour les personnes concernées une non-reconnaissance sociale, se manifestant par de forts préjugés à leur encontre, et de grandes lacunes institutionnelles. Les professionnels de la violence conjugale (médecins, thérapeutes) ont dépassé cette opposition et ils désignent les acteurs de la violence conjugale à un niveau de co-responsabilité qui ne distingue pas le sexe des protagonistes pour rendre compte de ce phénomène. Il y a ainsi un écart entre les discours dominants et les discours des professionnels, écart perceptible dans l’étude de la littérature et dans l’examen des sources que constituent les revues &amp;quot; thérapie familiale &amp;quot;. Enfin, il faut admettre la thèse selon laquelle la violence conjugale reste un phénomène qui bien que connu de tous, reste difficile à appréhender dans notre société. Criminalisée ici, combattue là, normalisée un peu plus loin. Elle fait partie d’un rapport à l’Autre institué par des règles sociétales contextualisées par un rapport différent d’être au monde « femme » ou « homme ». &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En effet, il existe des définitions similaires mais superficielles qui varient dans leur développement en fonction des positionnements et des valeurs de ceux qui les proposent. Les statistiques qui rendent compte de la violence conjugale proposent d’autre part des modalités qui ne permettent pas de distinguer précisément les victimes des agresseurs de manière précise et approfondie. Elles ne permettent pas d’affirmer avec précision que les hommes sont aussi victimes de violences, les modalités de genre n’étant pas assez développées dans la prise en compte statistique. Les hommes victimes existent, mais leur visibilité est très faible du fait que c’est un phénomène qui est en train d’émerger comme problème social. Ainsi, la violence conjugale reste un phénomène complexe et confus dans ses définitions. Enfin, on s’aperçoit que la violence conjugale reste un concept en mouvement sur le plan des institutions, qui proposent des possibilités de prise en charge nombreuses, mais néanmoins insuffisantes si l’on considère la prise en compte de la violence faite aux hommes. &lt;br /&gt;
Ces détracteurs pourront s&#039;appuyer probablement dans les années à venir sur les modifications des images féminines, les stéréotypes de la femme douce et soumise ont tendance à s&#039;estomper. Et l&#039;on peut se demander si les jeunes femmes ne se permettront pas plus que par le passé d&#039;exprimer leurs sentiments de colère et violence, là où s&#039;exprimaient auparavant peut-être impuissance, tristesse et dépression.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Difficultés===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le sujet que nous avons abordé tout au long de ce travail est délicat. Nous avons relevé le peu de neutralité émanant des sources existantes sur ce thème, chaque écrit représentant une certaine prise de position, quant à la causalité de la violence conjugale par exemple, ou les convictions cachées derrière l&#039;attribution de statuts victime-agresseur ou victime-victime. &lt;br /&gt;
Cette subjectivité rentre en interrelation avec notre sensibilité propre, individuelle, qui n&#039;est donc pas la même entre les personnes de notre groupe. Le fait que celui-ci soit constitué de deux femmes et deux hommes est très enrichissant, et même primordial quand on s&#039;attèle à ce type de problématique. Néanmoins, cela implique un investissement conséquent en termes de discussion, explicitation des attentes et valeurs de chacun, en redéfinition continuelle de la problématique. &lt;br /&gt;
Dans notre tentative d&#039;objectiver notre problématique, nous ne sommes que très peu aidés par les statistiques. Elles aussi disent ce qu&#039;elles ont envie de dire, et sont sans cesse remises en cause par des détracteurs. La conséquence en est qu&#039;aucune statistique ne sert vraiment de référence consensuelle dans la compréhension de la violence conjugale. Dans les statistiques policières, souvent la violence conjugale n&#039;est pas comptabilisée de manière séparée des autres délits de violence; dans d&#039;autres types de statistiques c&#039;est le genre qui n&#039;est pas retenu comme variable pertinente. En effet, derrière les chiffres, on découvre des définitions très variables de la violence: certains ne prennent en compte que la violence physique; d&#039;autres considèrent que de nombreux petits signes de nature verbale ou psychologique sont un pas dans l&#039;escalade de la violence, et les jugent donc de même poids que des coups. Entre ces deux extrêmes, toutes les variations sont présentes... &lt;br /&gt;
Il est intéressant de relever à quel point certains chiffres sont médiatisés, afin d&#039;avoir un impact sur la population, alors que ces mêmes chiffres sont discutables au niveau statistique. Pour conclure, nous nous sommes rendus compte que malgré une certaine médiatisation, qui n&#039;est pas si récente, de la violence conjugale, nous ne savons pas tellement de choses à ce sujet, ou plutôt il existe peu de consensus, voire la co-existence d&#039;approches inconciliables. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Références bibliographiques ==&lt;br /&gt;
Les lectures citées dans le travail final&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Amnistie: Le magazine pour les droits humains, &#039;&#039;Dossier Combattre la violence domestique&#039;&#039;  No 44, février 2006.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Amnistie, Journal d&#039;action pour les droits humains, janvier 2006.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Dallaire Y. (2002). La violence faite aux hommes. Une réalité tabou et complexe. Québéc: Options santé. [[Résumé du livre]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Gillioz L., De Puy J., Ducret V. (1997). Domination et violence envers la femme dans le couple. Lausanne : éditions Payot. [http://home.etu.unige.ch/~maneira4/R_sum__aeticle.doc Résumé de l&#039;article]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Ruel S. &amp;amp; Guéricolas P. (1998). La violence des femmes : derrière le masque. In Gazette des femmes Vol. 20. (no 4). (Novembre-Décembre 1998).[Version électronique]. Accès le 20 novembre 2005 : &lt;br /&gt;
http://www.gazettedesfemmes.com/recherche/?F=recherche&amp;amp;idt=10075&amp;amp;affart=2866&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Torrent S. (2001). L’homme battu, un tabou au cœur du tabou. Québec: Option Santé. [http://home.etu.unige.ch/~maneira4/fiche%20de%20lecture%20homme%20battu.pdf Résumé du livre ]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Praplan G., &#039;&#039;Quand le sexe faible est violent&#039;&#039; in Repère Social, No 73, février 2006.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Bibliographie ==&lt;br /&gt;
Les lectures utilisées mais pas citées dans le travail final&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Bretonnière-Fraysse et al. (2001). &#039;&#039; De la violence conjugale à la violence parentale&#039;&#039;. Eres [[Résumé|Résumé du livre]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Jackson D., Welzer-Lang D. (1998). Violence et masculinité. Toulouse : imprimerie 34.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Office fédéral de la statistique : Aide aux victimes. Chiffres clés. http://www.bfs.admin.ch/bfs/portal/fr/index/themen/rechtspflege.html&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Rey, H. et al. (2006). Les violences conjugales: pour une clinique du réel. &#039;&#039; Journal International de Victimologie&#039;&#039;. Année 4, No 1. [[Résumé de l&#039;article]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Miguel</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Violence_conjugale:_De_la_femme_battue_%C3%A0_l%27homme_battu...&amp;diff=4296</id>
		<title>Violence conjugale: De la femme battue à l&#039;homme battu...</title>
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		<updated>2006-06-20T15:46:56Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Miguel : /* Des recherches complémentaires nécessaires. Choix et méthodes */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&#039;&#039;&#039;Membres du groupe&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Chantal Cornut&lt;br /&gt;
* Céline Pittet &lt;br /&gt;
* Jean-Christophe Contini&lt;br /&gt;
* Miguel Maneira &lt;br /&gt;
[mailto:maneira4@etu.unige.ch,contini2@etu.unige.ch,cepittet@hotmail.com,ch.cornut-piller@bluewin.ch Ecrire au groupe]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 [[L&#039;homme battu: le mâle...traité|Notre projet]]  |  [[Plan de recherche: Violence conjugale; un concept en mouvement|Notre plan de recherche]]  |  [[Espace de dialogue|Notre espace de dialogue]]  |  [[Trésorus de notre groupe|Notre île aux trésors]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Violence conjugale: De la femme battue à l&#039;homme battu...=&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== &amp;quot;L’homme battu&amp;quot;: un phénomène nouveau ? Introduction ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le questionnement qui est à l’origine de ce travail prend source dans la rencontre d’un concept qui semble nouveau de prime abord : &amp;quot;l’homme battu&amp;quot;. Ce concept apparaît dans l’ouvrage récemment publié de Sophie Torrent (2001). Ce livre met en lumière l’existence d’hommes victimes de [[violence|violences ]] exercées par des femmes à leur encontre, il interroge également les questions identitaires vécues par ces &amp;quot;nouvelles victimes&amp;quot;, à travers la conduite de multiples entretiens. Ces propos peuvent intriguer, parfois rendre perplexe et curieux celui ou celle qui les entendent. Le présent article proposera des recherches bibliographiques qui devraient permettre de découvrir des discours proches des propos de Torrent. Le premier constat est que ce &amp;quot;phénomène&amp;quot; des hommes battus est, dans une moindre mesure, relayé dans d’autres ouvrages qui l’inscrivent dans le cadre plus large de la [[violence conjugale|violence conjugale]] . Les recherches livresques tenteront ainsi de répondre à la question principale qui guide la recherche : comment le phénomène de &amp;quot;l’homme battu&amp;quot; s’inscrit-il dans le paradigme de la violence conjugale ? Les questions secondaires qui en découlent sont multiples : quand est-ce que ce concept est apparu ? Par qui a-t-il été développé ? Quels sont les discours qui relaient ce concept ou qui s’y opposent ? Les éléments qui composent la revue de littérature qui apparaîtra plus loin permettront d’entrevoir certains points qui semblent être récurrents. On s’aperçoit ainsi que le concept d’&amp;quot;hommes battus&amp;quot; se trouve à chaque fois en tension avec celui de &amp;quot; femmes battues &amp;quot; dans le cadre de la violence conjugale qu’il reste à définir. Nous sommes ici confrontés à deux discours contraires entre des groupes de pressions constitués autour de la &amp;quot;souffrance masculine&amp;quot; et les propos issus de certains discours [[féminisme|féministes]] . cette opposition – qui est caractérisée grossièrement entre les deux discours – se dédouble d’une autre opposition dans la désignation des acteurs de la violence conjugale en termes de victime et d’agresseur. Les  acteurs sont ainsi stigmatisés, avec des stéréotypes qui désignent de manière massive l’homme comme agresseur et la femme comme victime.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La  violence conjugale : où en sommes-nous aujourd’hui ? Des discours en tension. Problématique ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La violence conjugale semble être de prime abord un phénomène bien connu de nos jours. Les médias rendent régulièrement compte de ses conséquences, bon nombre d’associations ont été créées pour répondre à l’appel des victimes, une loi sur la protection des victimes a été instaurée, beaucoup de thérapeutes œuvrent également dans ce domaine. Il est question, la plupart du temps, des violences subies par des femmes et exercées par des hommes, il est dans une moindre mesure, question de la violence exercée par des femmes contre des hommes. Ce dernier phénomène reste minoritaire cependant, et fait l’objet de nombreuses critiques. Bien souvent, les discours opposent des mouvements &amp;quot;féministes&amp;quot; à des groupes &amp;quot;masculinistes&amp;quot;, les uns dénonçant sans cesse l’ineffable violence des hommes envers les femmes, les autres dénonçant cette vision de l’homme éternellement &amp;quot; agresseur &amp;quot;, allant jusqu’à affirmer que des hommes sont aussi des &amp;quot; victimes &amp;quot; et que la violence peut aussi être l’apanage des femmes. Ici apparaît le concept &amp;quot; d’hommes battus &amp;quot; qui a émergé dès les années septante. Afin de prendre de la distance vis-à-vis de ces deux positions antagonistes, il s’agit tout d’abord d’étudier ce que disent certains auteurs sur la violence conjugale, à la fois sur la violence subie par les femmes et par les hommes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Ce qu’en disent les livres et leurs auteur(e)s. Revue de littérature==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette revue de littérature suit la chronologie du questionnement et du cheminement, qui, en commençant part la découverte du concept de &amp;quot;l’homme battu&amp;quot;, conduit à approfondir les recherches au concept de la femme battue et à appréhender dès lors le problème social que constitue la violence conjugale, qui englobe les deux autres concepts. La recherche bibliographique a privilégié les ouvrages qui traitent spécifiquement de l’existence du concept de &amp;quot;l’homme battu&amp;quot;, dans une actualité la plus récente possible. Peu de littérature existe à ce sujet, cependant, les ouvrages les plus récents (Torrent et Dallaire) font tous les deux référence à l’inscription du concept de l’homme battu dans celui de la violence conjugale. Les investigations ont  été élargies à ce domaine, toujours à la recherche du moindre élément concernant la violence faite aux hommes. &lt;br /&gt;
Sophie Torrent, dans son ouvrage sur l’homme battu (2001) met directement en question le fait qu’il existe au sein de la vie de couple une violence faite aux hommes, une violence souvent difficile à accepter, celle-ci allant à l’encontre de [[stéréotype|stéréotypes]] tels que celui qui considère que la femme est l’élément faible du couple et que l’homme en est le dominant. Dans la première partie de son livre, l’auteure tente tout d’abord d’expliquer ce phénomène atypique de l’homme battu, cet &amp;quot;impensable social&amp;quot; dit-elle. Elle analyse les différents types de violences (physique, sexuelle, psychologique, verbale et économique) pour ensuite orienter son analyse vers la notion de &amp;quot;rôles sociaux&amp;quot;. Elle montre comment l’homme violenté est agressé jusque dans les &amp;quot;facettes&amp;quot; qui font son [[identité sociale|identité]] . Pour elle &amp;quot;être battu invalide l’homme dans son appartenance à la catégorie sociale homme&amp;quot;. Dans la deuxième partie de son ouvrage, Torrent réfléchit sur les différentes stratégies élaborées par l’homme pour gérer des situations difficiles. Elle s’appuie notamment dans son travail de recherche sur des interviews réalisées avec des &amp;quot;hommes battus&amp;quot;. &lt;br /&gt;
C’est dans une considération assez proche qu’Yvon Dallaire (2002), thérapeute au Québec, aborde le phénomène de la violence faite aux hommes (La violence faite aux hommes. Une réalité taboue et complexe). Il nous rappelle le constat de l’existence ineffable de la violence dans l’humanité, violence souvent fortement médiatisée, mais selon lui, de manière incomplète. En effet, dit-il, notre attention ne serait attirée que vers une forme de violence, soit celle faite par les hommes contre les autres hommes (guerres, voies de fait, suicides), contre les femmes (violence conjugale, viol, meurtre, tueurs en série) et contre les enfants (violence infanticide, meurtre suivi de suicide). Pour Dallaire, une forme de violence a été occultée : la violence des femmes faite envers les femmes, les hommes et les enfants. Le propos de son texte est de démontrer d’une part que des femmes peuvent être tout autant violentes que des hommes, et que d’autre part, l’analyse de la violence conjugale s’inscrit dans un paradigme teinté de sexisme et de discrimination. Pour cet auteur, la violence conjugale ne se décline pas simplement sur le mode victime-agresseur, mais plutôt sur celui de victime-victime, de deux individus qui sont les co-créateurs d’une escalade débouchant sur l’explosion physique. Afin d’alimenter son propos, Yvon Dallaire met en lumière les stéréotypes et les préjugés qui circulent dans le discours commun : l’homme est un être violent, un abuseur d’enfants, un irresponsable, les hommes sont tous des obsédés sexuels, il sont tous infidèles, menteurs et manipulateurs. Dès lors, toute violence féminine est considérée comme relevant de la légitime défense, l’homme est ainsi rendu coupable de toute la violence conjugale. Précisons ici que l’auteur dénonce le discours d’influence féministe qui se déploie dans le contexte québécois. Son objectif est de connaître les réelles dimensions de la violence conjugale, plutôt que de rechercher un coupable à punir, toujours le même : l’homme. &lt;br /&gt;
L’ouvrage de Bretonnière-Fraysse et al. (2001), incontournable pour le sujet, propose quant à lui un autre regard qui positionne clairement les femmes en tant que victimes et les hommes comme agresseurs, sans nuances : &amp;quot;on le sait, la violence conjugale a toujours existé ; on le sait aussi : les victimes en sont les femmes et les auteurs, les hommes. Mais elle demeure encore cachée, honteuse, secrète&amp;quot;. Cet ouvrage prend un regard anthropologique et historique pour nous montrer la condition de victime de la femme à travers les époques passées et jusqu’à nos jours. &lt;br /&gt;
Gillioz, De Puy et Ducret quant à elles (2000), font état des connaissances qui ont fait de la violence familiale et de la violence contre les femmes, un champ d’étude relativement nouveau dans les sciences sociales. Elles nous rappellent que jusque dans les années soixante, la société et avec elle les scientifiques vivent sur le mythe de la famille non violente. Cette dernière étant considérée comme rare et comme étant le fait d’individus déséquilibrés. Dans les années septante, sous l’influence de militantes féministes anglo-saxonnes qui ouvrent des refuges pour femmes battues et portent la question de la violence conjugale sur la place publique, ce phénomène jusque-là occulté est posé comme problème socio-politique. C’est dès lors que les sciences sociales vont s’y intéresser, à travers deux grands courants de recherche. Le premier est constitué par des études portant sur la violence subie par les femmes au sein de la famille et postule, en se fondant sur les prémisses théoriques féministes, que cette violence est spécifique. Ilc il est nécessaire de l’étudier indépendamment des autres types de violence familiale qui relèvent d’autres logiques. Le deuxième courant de recherche, issu de la sociologie de la famille, a pour objet la violence familiale et considère la société et ses institutions comme des systèmes consensuels qui embrassent dans la même problématique l’ensemble de la violence qui se déroule dans le cadre familial. L&#039;ouvrage de Gillioz et all. mentionne également les travaux de Strauss, Gelles et Steinmetz (1977), à partir desquels a été tiré l&#039;affirmation que les femmes sont aussi violentes que les hommes. C’est à ce moment qu’apparaît le concept du &amp;quot;mari battu&amp;quot;, des résultats tirés des statistiques de cette recherche, ont permis à l&#039;un des chercheurs de conclure que ce qui était le plus sous-estimé n’est pas la femme battue, mais le mari battu. La validité scientifique reste toutefois fortement contestée, nous en trouvons les arguments dans l’ouvrage de Gillioz, De Puy et Ducret. &lt;br /&gt;
Cette revue de littérature se conclut par l’approche systémique de Perrone et Nannini (1995) qui proposent leur livre comme un manuel à l’usage des professionnels appelés à intervenir auprès des familles. Leurs présupposés considèrent que la violence n’est pas un phénomène individuel, mais la manifestation d’un phénomène interactionnel. La violence est ainsi un mode particulier de communication entre partenaires qui sont tous impliqués et par là même responsables au sens interactionnel du terme. Comme Yvon Dallaire, les auteurs ne considèrent pas les acteurs de la violence conjugale en termes de &amp;quot;victime-agresseur&amp;quot;, ni en termes &amp;quot;hommes-femmes&amp;quot;. Les objectifs et les enjeux que ces deux auteurs proposent s’appuient sur l’idée que chacun doit devenir et se penser responsable de ses propres comportements. C’est également selon cette optique que certains &amp;quot;cliniciens&amp;quot; abordent en partie la question dans leur article (Rey, H et al. 2006).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Des recherches complémentaires nécessaires. Choix et méthodes==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En fonction des éléments de la problématique développée jusqu’ici, l’objectif de la recherche a consisté à y voir plus clair en tentant de répondre à la question posée, « comment le phénomène de l’homme battu s’inscrit dans le paradigme de la violence conjugale » ainsi qu’aux questions complémentaires citées dans l’introduction ?  Afin de prendre une nécessaire distance vis-à-vis du regard que propose la revue de littérature, il est nécessaire d’orienter les recherches sur d’autres sources d’informations diverses. Il est dès lors intéressant d’examiner si des statistiques existent sur les &amp;quot;hommes battus&amp;quot; et sur les &amp;quot;femmes battues&amp;quot; et dès lors de voir si celles-ci peuvent éclaircir les questions posées. Pour cela nous avons choisi de travailler à partir des statistiques des centres Lavi disponibles à l’office fédéral de la statistique. &lt;br /&gt;
Dès lors que le phénomène des &amp;quot;hommes battus&amp;quot; s’inscrit dans le cadre de la violence conjugale notre choix s’est porté également sur la recherche d’éléments de compréhension dans une série de revues spécialisées : « Thérapie Familiale », revue internationale en Approche Systémique, dont nous avons retenu les numéros mentionnant explicitement des articles sur la violence conjugale ou domestique (1995, Vol. 16 no 3 – 1999, Vol. 20 no 4 – 2000, Vol. 21, no 4 – 2001, Vol. 22 no 4).    &lt;br /&gt;
De plus, pour avoir une vision plus globale, une revue d’articles de presse étudiant quelques articles récents peut être pertinente. Nous avons sélectionnées des articles toujours sur le thème de la violence faite aux femmes et / ou aux hommes. Amnistie: Le magazine pour les droits humains, No 44, février 2006   interviews thématiques du Dr Vannotti, médecin adjoint à la Policinique de Lausanne et de  Madame Yakin Ertuk, rapporteuse spéciale de l&#039;ONU sur la violence contre les femmes ; Amnistie, Journal d&#039;action pour les droits humains, janvier 2006 ; Repère Social, No 73, février 2006, article : quand le sexe faible est violent ; Le Courrier du 18 mai 2005, article relatant le 1ier congrès de la condition masculine. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Enfin, nous avons opté pour une recherche mettant en œuvre la conduite de plusieurs entretiens compréhensifs semi-directifs auprès de professionnels de la prise en charge de la violence conjugale ainsi qu’auprès de &amp;quot; victimes &amp;quot; masculines qui accepteraient de nous apporter leur témoignage. A cet effet, nous avons trouvé pertinent de construire deux types de grilles d&#039;entretiens, l&#039;une pour les professionnels, l&#039;autre pour les hommes &amp;quot;victimes&amp;quot;. Malgré la promesse d&#039;anonymat, nous n&#039;avons pas pu enregistrer les entretiens. De ce fait, nous basons nos propos sur les notes retenues. Chaque entretien s&#039;est déroulé, pendant une heure trente, dans un lieu décidé par la personne interviewée. Nous avons mené, dans notre phase d&#039;investigation de terrain, quatre entretiens, dont deux avec des &amp;quot;victimes&amp;quot; masculines de maltraitance conjugale. Nous avons rencontré Denis Chatelain, co-fondateur de l&#039;association Vires. Cet organisme de traitement et de prévention de la violence exercée dans le couple et la famille, vient en aide aux personnes qui ont recours à la violence. Nous avons aussi rencontré la fondatrice d&#039;une fondation prenant en charge des femmes violentes, qui a souhaité garder l&#039;anonymat. Toutefois, il est possible de dire que l’objectif premier de cette association est la prévention de la maltraitance et la violence auprès des enfants, personnes âgées et conjoints. Nous avons réussi, à travers une association luttant pour la condition masculine, prendre contact avec deux hommes se déclarant comme &amp;quot;battus&amp;quot;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous étudierons également des sources  issues de la Loi Fédérale sur l’aide aux victimes et de Amnesty internationale tout comme des revues spécialisées dans le domaine de la thérapie familiale et plus particulièrement les articles concernant la violence domestique. &lt;br /&gt;
Ces éléments correspondent à ce que l’on pourrait appeler une &amp;quot;recherche sur le terrain&amp;quot;. &lt;br /&gt;
Nos sources seront ainsi multiples : entretiens ; revue de presse ; statistiques ; revues spécialisées. L’analyse des contenus du matériel récolté, prendra pour point d’appui la désignation des acteurs de la violence conjugale, en termes de stéréotypes (stigmatisation) et dans une approche de [[genre|genre]] étudiant les rapports sociaux hommes-femmes par rapport à cette thématique, ainsi que les rapports victimes-agresseurs qui s’y rattachent. L’analyse devrait ainsi permettre de réunir des points de vue différents et ainsi de confirmer ou d’infirmer, voire de &amp;quot;tempérer&amp;quot; ce qui ressort dans la revue de littérature en fonction des auteurs choisis.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Résultats des recherches==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Dans divers articles de presse===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout d&#039;abord, Amnesty affiche une grande visibilité de la problématique de la violence conjugale, grâce à son magazine pour les droits humains (février 2006), son journal d&#039;action (janvier 2006) et son site internet, qui tous trois évoquent récemment la violence domestique. En effet, Amnesty a commencé en mars 2006 sa campagne suisse « En route contre la violence domestique », dont l&#039;action principale consiste en un tour de plusieurs cantons du mobile home &amp;quot;sweet home&amp;quot; afin de briser le tabou qui entoure la violence dans le couple, d’améliorer les interventions de l’Etat contre la violence domestique, et de sensibiliser le grand public, en particulier les jeunes et les hommes, notamment dans les régions rurales. Les revendications d’Amnesty International en matière de violence domestique repose sur l’obligation de l’Etat d’agir contre cette forme de violation des droits humains. Car aujourd’hui si la visibilité du débat public sur la violence domestique s’est améliorée, les menaces, coups, contraintes, viols et meurtres auxquels les femmes sont souvent exposées dans leurs quatre murs constituent un sujet rarement perçu comme relevant des droits humains. De la sensibilisation est encore nécessaire pour considérer que l’empêcher ne relève pas de la sphère privée des couples et des familles concernées, et ne pas l’assimiler à un « problème de femmes », mais à une mission publique, qui touche tout le monde. Pourtant il s’agit bien de droit à l’intégrité physique et psychique : droit à la liberté et à la sécurité, droit à la santé, droit à l’absence de torture ou d’autres traitements dégradants et même souvent le plus, droit à la vie. La position d&#039;Amnesty International quant à la violence domestique consiste à considérer sa cause dans les rapports inégalitaires de sexe. L&#039;accent est mis sur les représentations sociales qui ne cessent de faire le lien entre violence et masculinité. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le numéro du journal Repère Social de février 2006 s&#039;intitule « Quand le sexe faible est violent » et à travers le prétexte de l&#039;ouverture récente à Lausanne d&#039;un accueil pour femmes violentes, aborde ce sujet trop rarement médiatisé de la violence des femmes. L&#039;auteur, Geneviève Praplan, présente les associations Vires et Face à Face à Genève, et Violence et famille à Lausanne. Cette dernière institution travaille depuis sept ans avec des hommes violents, mais accueille depuis novembre 2005 également des femmes violentes. Le Coordinateur et plusieurs intervenants ont été formés au Québec, auprès d&#039;OPTION, institution pionnière fondée par le psychothérapeute Jacques Broué en 1985. A Violence et Famille, c&#039;est ainsi sous forme de thérapie de groupe que se déroule l&#039;accompagnement, après quelques entretiens individuels. Le processus de réflexion engagé avec les auteur(e)s est le même pour les hommes que pour les femmes. Néanmoins, il est spécifié qu&#039;il faut être spécialement vigilant avec les femmes, en vérifiant qu&#039;elles ne sont pas &amp;quot;davantage des victimes que des agresseurs&amp;quot;. De plus, rapidement le lien entre passé et présent doit se faire. &amp;quot;Hommes et femmes ne sont pas forcément égaux devant leur violence&amp;quot;: dans l&#039;inconscient collectif masculin, il est nécessaire d&#039;affirmer sa virilité, la violence masculine est ainsi plus facilement excusée. Au contraire, les rôles sociaux attribués aux femmes font qu&#039;on la juge plus sévèrement si elle fait usage de violence, mais leur permet de reconnaître moins difficilement que les hommes leurs actes violents. L&#039;auteur met en avant que les chiffres manquent quant à l&#039;ampleur de la violence féminine, surtout exercée envers ses enfants. Par ailleurs les préjugés quant aux données socio-économiques des auteurs de violence perdurent. Cela est en partie dû au fait que les familles en situation précaire sont plus aisément repérées par les services sociaux, vu l&#039;étendue de leurs besoins. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le Courrier du 18 mai 2005 relate et questionne le 1ier congrès international de la condition masculine a eu lieu à Genève le mars 2003. (en 2005 a eu lieu à Montréal).  L’auteure de l’article Virginie Poyetton nous dit que ces colloques font partie d’un mouvement plus large qui met en avant « la crise de la masculinité »  en réaction à l’émancipation « trop » radicale des femmes. Si ce courant est minoritaire au sein de la gent masculine, il participe d’une tendance qui remet en question l’avancée des droits des femmes. &lt;br /&gt;
Les masculinistes (nom que se sont donnés les défenseurs de la condition masculine) pensent que le féminisme les a forcés à changer et depuis ils se sentent dépossédés de leurs  identités et de leurs droits. Ils souffrent d’injustices : discrimination  positive au travail faveur des femmes, préjugés favorables aux mères en cas de divorce, fausses allégations de violence ou d’inceste, pensions alimentaires disproportionnées, hausse du décrochage scolaire chez les garçons, augmentation de la prescription d’antidépresseurs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;La violence conjugale :d’où vient ce concept, comment a-t-il été défini, comment s’institutionnalise-t-il ? Historique, définitions, statistiques et cadre légal&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Aborder le problème social de la violence conjugale incite à faire un retour vers les années 1970. C’est à cette époque que l’on peut situer les premières recherches sur ce thème mettant en question le mythe de la famille non violente. Les militantes féministes amènent la question de violence conjugale sur la place publique et le posent comme un problème socio-politique. La question de la violence est abordée comme conséquence des rapports de domination, c&#039;est-à-dire des effets de l’exercice d’une influence déterminante d’un groupe, les hommes, sur un autre, les femmes. Tout rapport de domination suppose, en effet, en dehors du rapport de pure violence, un système de justification visant à obtenir un minimum de &amp;quot;volonté d&#039;obéir&amp;quot; de la part des assujettis, note le Petit Robert. &lt;br /&gt;
Les sciences humaines vont s’y intéresser. De nombreuses études sont entreprises dans les années 1970 et 1980 dans le but de décrire la violence domestique, de pouvoir la chiffrer, de chercher à l’expliquer, d’étudier ses conséquences sur les victimes, et d’examiner les réponses sociétales à ce problème. &lt;br /&gt;
Les résultats de l&#039;une de celle-ci, Straus et al.(1977) permettent de dire que femmes et hommes admettent recourir à des tactiques de violence dans des situations de conflits. Ce résultat est basé sur le &amp;quot;Conflict Tactics Scales&amp;quot; (CTS), échelles centrées sur les tactiques de gestion des conflits, qui intègrent une série de comportements allant des plus rationnels aux plus violents. Cette étude permettra à l’une des auteur-e-s, Steinmetz, de tirer la conclusion de l’existence du « syndrome de l’homme battu ». Ce qui sera contesté pour insuffisances méthodologiques. Depuis la plupart de chercheurs et chercheuses renoncèrent à utiliser ce concept. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===L’institutionnalisation du concept de violence domestique: Les centres LAVI et les politiques de prise en charge (contexte suisse et suisse romand)===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une loi fédérale est votée (4 octobre 1991), sur l’aide aux victimes. Elle démontre que être « victime de violence» constitue maintenant une déviance secondaire. Les plaignants sont identifiés, l’état institutionnalise leur prise en charge, les centres Lavi sont créés et les consultations augmentent au fil des années. Et si la notion même de « victime » est large, accidenté de la route, attentats, viol, contrainte sexuelle, séquestration, elle comprend spécifiquement les violences domestiques. &lt;br /&gt;
Dès lors, elle permet également aux femmes victimes de violence conjugale d&#039;être reconnues, visibilées et aidés. &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Des centres Lavi, issus de cette loi, sont créés sur le territoire suisse. Ils ont  pour but de fournir une aide efficace (conseils, la protection de la victime, la défense de ses droits dans la procédure pénale et l’indemnisation et la réparation morale) aux victimes d’infractions ou d’une atteinte directe à son intégrité corporelle, sexuelle ou psychique et à renforcer leurs droits. &lt;br /&gt;
La police est tenue d’informer les victimes  en transmettant les coordonnées de celle-ci au centre Lavi. On peut constater que ces centres apportent une aide immédiate et des prestations fournies gratuitement ( frais médicaux, d’avocat ou de procédure peuvent également être pris en charge. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous constatons également l’étatisation de la prise en charge de la formation du personnel des centres Lavi, et la spécialisation des professionnels qui y sont impliqués. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On peut constater que la prise en compte de la situation des femmes dans le cadre de la violence domestique évolue petit à petit. Il est intéressant de suivre le dépôt d’une initiative parlementaire le  14 juin 2000, par la Conseillère Ruth-Gaby Vermot-Mangold. Ce n’est qu’en novembre 2005, que le  Conseil fédéral propose un nouvel article 28b dans le code civil visant à protéger la victime de violence ou de harcèlement en lui donnant le droit de requérir le juge d’instruction d’interdire à l’auteur de l’atteinte de l’approcher, de fréquenter certains lieux ou de prendre contact avec elle. Le nouvel article amène une notion nouvelle, celle de la prévention de la violence domestique, nouvelle tâche des centres Lavi,  pour éviter la violence et sa récidive.  &lt;br /&gt;
Le Code pénal sera modifié en ce sens en juin 2006. Désormais les actes de violence domestique seront poursuivis d’office et non plus sur plainte de la victime.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Statistiques des centres Lavi.===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous espérions obtenir des informations statistiques sur la violence conjugale, or, celles que nous avons pu obtenir par l’intermédiaire de l’office fédéral de la statistique ne peuvent être utilisées que très partiellement. En effet, jusqu’en 2004, les centres Lavi recensaient le nombre de consultations et non pas les personnes. Une consultation peut se rapporter à une infraction commise à plusieurs reprises et une même personne peut être comptabilisée plusieurs fois en l’absence d’indicateur de personnes. Il faut également préciser qu’il n’est pas possible de repérer exactement s’il s’agit de violence conjugale. Les chiffres qui peuvent être intéressants pour nous résultent d’un croisement des items : relation familiale auteur – victime, sexe de la victime, sexe de l’auteur présumé.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Si nous prenons l’année 2004 comme référence, les chiffres nous donnent une idée intéressante sur la question qui nous occupe, à savoir la violence féminine et masculine :&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
[[image:lavi.jpg|statistiques fédérales]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Toutefois, il semble important de se questionner sur la mise en forme de certains items. En effet, comment comprendre « avec auteurs présumés de sexe masculin » ? Quelle utilité cet intitulé peut apporter aux concitoyens ? Quelle différence effective avec les auteurs réels de ces actes ? Comment interpréter l’absence des items « avec victimes de sexe masculin » et « avec auteurs présumés de sexe féminin » ? Dans ce cas faut-il comprendre que les femmes victimes consultent plus, alors que les hommes restent cachés?  Quelle réalité se cache derrière ces chiffres?  &lt;br /&gt;
De plus, Jean-Philippe BRANDT, du service de presse &amp;amp; relations publiques de la Police de Genève, informe qu’ « il n’est pas fait de différences quant au sexe de la victime en ce qui concerne les violences conjugales. » Comment dans ces conditions, donner une validité fédérale à des statistiques qui ne peuvent pas prendre en compte des réalités cantonales ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Revue &amp;quot;Thérapie Familiale&amp;quot;===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous avons jugé opportun d&#039;analyser des numéros de Thérapie Familiale, une revue trimestrielle d&#039;orientation systémique. Cette source représente en effet le point de vue théorique et le constat des pratiques des thérapeutes de famille. Il est pertinent de se demander à quel point le discours de ces professionnels de la famille influence la société et est en retour influencé par elle. Les catégories victime-agresseur y sont-elles aussi clairement définies que dans le sens commun et certains discours? Fait-on une différenciation au niveau de l&#039;étiologie de la violence et de ses conséquences selon le genre? Le contact avec les patients remet-il en question certaines pratiques thérapeutiques et fait-il avancer les models conceptuels? Pour répondre à ces interrogations, nous avions à disposition tous les numéros parus depuis de nombreuses années afin d&#039;observer à quelle fréquence et sous quelle forme la thématique des violences conjugales était abordée. Nous avons porté notre choix sur la période allant de 1995 à 2001, pendant laquelle quatre numéros contiennent des articles dédiés à notre sujet. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les deux premiers numéros analysés, datant de 1995 et de 2000 sont riches d&#039;informations car rédigés par les mêmes auteurs, qui font part de l&#039;évolution de leur réflexion durant les cinq ans écoulés. Le numéro de 2000 a été écrit par des thérapeutes colombiens, ce qui nous montre la préoccupation internationale des thérapeutes de famille autour de la violence conjugale et leur désir d&#039;échanger à ce sujet. Quant au dernier numéro pris en compte, celui de 2001, il présente la synthèse des théories les plus utilisées à propos de la violence domestique. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les auteurs des deux premiers numéros analysés sont membres de l&#039;association française Vivre sans Violence, issue d&#039;observations de professionnels travaillant avec des femmes victimes de violence conjugale. Autour de 1985 il y eut de nombreuses interrogations sur les pratiques, mettant en avant les limites de la prise en charge d&#039;alors: les femmes retournaient le plus souvent au domicile conjugal, où les violences reprenaient. De plus, peu de femmes se sentaient prêtes à faire un travail de réflexion sur les événements de violence vécus. Les professionnels ont trouvé certaines réponses en s&#039; inspirant du modèle québécquois de prise en charge des hommes violents de Robert Philippe. La conscience de la nécessité de s&#039;intéresser également aux agresseurs a ainsi émergé et les premières structures de soutien aux auteurs de violence ont apparu.  Les auteurs préconisent par ailleurs un changement: le départ de l&#039;auteur des violences du foyer plutôt que celui de la victime. Cela peut constituer en effet une violence supplémentaire à la femme, et signifie à l&#039;agresseur qu&#039;il est laissé seul&amp;quot; dans un état de dangerosité contre lequel nul, même pas la loi, ne peut le protéger&amp;quot;. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les auteurs réfutent l&#039;idée traditionnelle considérant un couple violent comme dysfonctionnel. Ils font référence à Watzlawick et à sa théorie de la communication, envisageant ainsi la violence comme un acte de communication tout comme les comportements réactifs telle la passivité. Ainsi, la victime également communique quelque chose à son agresseur. La violence est un mode d&#039;échange qui a été appris, et n&#039;est donc pas inné.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Leur intervention vise la modification des patterns d&#039;interaction ainsi qu&#039; un « travail sur les représentations différentes que l&#039; homme et la femme se donnent et nous donnent, de leur vécu de la violence ».  Soulignons qu&#039;en 1995, il n&#039;y a pas d&#039;injonction thérapeutique pour les auteurs de violence dans le couple, les consultations sont donc uniquement volontaires pour les agresseurs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1999, les mêmes auteurs, dans un numéro consacré au thème « Des violences » expliquent  l&#039; évolution de leur réflexion quant à la notion de responsabilité. Ils reviennent sur leur idée de co-responsabilité, de relation complémentaire. Actuellement(en 1999) ils différencient les actes violents en deux catégories: les comportements interactifs vs délits/crimes. En conclusion, les deux acteurs ne sont pas à égalité dans l&#039;interaction: il y a une hiérarchie dans les responsabilités. La victime n&#039;est pas responsable des coups qu&#039;elle reçoit, mais les deux sont responsables du maintien de l&#039;interaction dans laquelle les comportements de violence deviennent redondants et structurants. Les auteurs se démarquent du québécquois R. Philippe en précisant que les violences conjugales ne peuvent se produire que dans un contexte de consensus socio-culturel. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous constatons donc grâce à l&#039;analyse de ces deux articles, que les professionnels thérapeutes de famille de par leur pratique, sont menés à une réflexion sur les catégories de victime-agresseur, liées à la notion de responsabilité. De la prise en charge des femmes victimes, et face à ses limites, les thérapeutes commencent à prendre en charge des auteurs de violence.  Concepts et pratiques dialoguent sans cesse, puisque reconnaître la nécessité de prendre en charge les deux membres du couple est uniquement compatible avec des théories ancrant l&#039;étiologie de la violence dans les processus interactifs et communicatifs. Le monde de la thérapie familiale a donc une longueur d&#039;avance sur la dichotomie victime-agresseur prégnante dans le sens commun, dans certaines campagnes de sensibilisation pour le grand public, et dans la loi. Par exemple les auteurs prônent en 1995 déjà l&#039;éloignement de l&#039;auteur de violence du domicile, alors qu&#039;en Suisse ce n&#039;est qu&#039;actuellement, en juin 2006, que cette mesure passe dans la loi. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;expérience des thérapeutes colombiens, relayée dans un numéro datant de 2000, nous montre une initiative étrangère originale. A Bogota  il existe des &amp;quot;commissariats de famille&amp;quot; depuis 1996 qui consistent en un &amp;quot;espace de conversation et de concertation dans le but de protéger, d&#039;assister et de guider les familles à propos de leurs droits fondamentaux et de les informer quand aux façons de résoudre les conflits internes.&amp;quot; Plus concrètement, une assistance légale, sociale, médicale et psychologique est dispensée dans ces lieux. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les auteurs sont en accord avec Perrone et Nannini, postulant que la violence n&#039;est pas une maladie, mais un choix et un moyen de contrôle. La responsabilité est à nouveau un thème abordé puisqu&#039;ils postulent que tout individu est garant de sa propre sécurité, en précisant que  chacun peut devenir violent dans un contexte déterminé. Encore une fois, c&#039;est donc l&#039;accent sur le contexte, culturel ou interactif, qui provoque la violence, plutôt que des caractéristiques individuelles.  &lt;br /&gt;
Dans son article Déconstruction des idées reçues sur la violence : une alternative à la violence. Kuenzi-Monard présente un Panorama des théories les plus utilisées : L’auteure les répartit selon 7 niveaux :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1.les théories qui localisent la violence à l’intérieur de la personne : la violence est basée sur un problème de santé mentale ; la théorie de l’impulsivité, le manque de contrôle de soi. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
2.les théories qui localisent la violence dans le développement : les théories développementales de la violence et de l’apprentissage (expliquent l’abus comme une répétition de comportements pathogènes au sein des familles) ; la théorie du blocage d’origine psycho-sexuel (la personne est bloquée à un stade de son développement). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
3.les théories qui localisent la violence au sein des relations humaines : la théorie du contenant (capacité X de tolérer des frustrations, insatisfactions ou colère. Au-delà, c’est l’éclat) ; conséquence : l’homme a peu de possibilités de contrôler cette tension, donc peu de responsabilité quant aux éléments extérieurs qui viennent le saturer. le modèle de la frustration-agression : si je suis frustré, j’agresse. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
4.les théories qui localisent l’abus dans des blocages de la communication : la personne violente souffre d’un pauvre développement des qualités sociales et relationnelles. Modèle explicatif intéressant mais qui ne donne pas d’alternative pour apprendre d’autres stratégies. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
5.Les théories qui considèrent la violence comme l’effet d’un état chimique différent, comme la conséquence de l’utilisation d’alcool ou de drogues : la théorie de la désinhibition. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
6.les théories circulaires sur la violence : celles-ci localisent la violence et la comprennent comme générée au sein d’interactions. La violence occupe une fonction homéostatique, le maintien de l’équilibre de la famille. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
7.les théories féministes : l’explication féministe ou socio-culturelle qui voit la violence comme prenant sa source dans les structures sociales. La violence et le comportement abusif sont compris, favorisés, voire encouragés par le fonctionnement social. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
8.la théorie fonctionnelle de Léonore Walker : la violence est une explication dynamique, fonctionnelle et non pas causale. La violence fonctionne sur trois phases distinctes, tension, épisodes violents, lune de miel. Walker démontre que la violence est un cercle addictif, les prisonniers de la violence sont dans un cercle infernal. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’approche de Kuenzi-Monard : la théorie des limites. Elle est basée sur les travaux de Bateson qui prônait qu’une explication « négative » ou « en mouvement » d’un évènement est préférable à une explication « positive » ou « statique ». Ce type d’explication génère du mouvement, incite à s’orienter vers les conséquences des faits et ainsi vise à une prise de responsabilité. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’auteure conclut qu’il est essentiel de faire une distinction entre l’explication causale et une limitation. L’explication causale clive la dynamique déjà polarisée entre victime et bourreau, elle maintient la violence plutôt qu’elle ne l’élimine. Elle constate que souvent il existe une rupture entre l’intention et l’action du psychothérapeute. Elle pense que le clinicien influence et est influencé par les questions qu’il pose. Les questions linéaires tendent à produire des raisonnements linéaires, il faudrait ainsi favoriser les questions circulaires, ouvrant de nouvelles possibilités.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le nombre de ces théories, par ailleurs très variées, est on le voit  abondant. Il est aisément compréhensible que l&#039;adhésion à l&#039;une ou l&#039;autre de ces théories, liées à des étiologies différentes de la violence, implique des interventions également différentes. &lt;br /&gt;
Dans notre travail, nous avons principalement abordé les théories féministes ou socio-culturelles et les théories circulaires, dont fait partie l&#039;approche systémique. La théorie fonctionnelle est également très présente dans les réflexions des thérapeutes, et la théorie des limitations est en expension. Ces théories ont en commun de ne pas prendre l&#039;individu comme centre de la problématique de la violence conjugale, mais plusieurs individus et leur relation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour conclure cette analyse des numéros de Thérapie Familiale, une différence flagrante apparaît entre les discours des professionnels publiés dans cette revue de systémique et les discours du sens commun, circulant au quotidien. En effet, les thérapeutes toujours en recherche d&#039;affinement de leurs concepts, par confrontation à la pratique, sont passés par tout une évolution théorique, prenant en compte les deux membres du couple, et débattant passionnément les questions de responsabilité et les notions de victime-agresseur. A l&#039;opposé, les causes de la violence conjugale les plus fréquemment évoquées et ancrées dans les représentations de la population se situent plutôt à un niveau individuel. Une partie est liée au genre, naturalisant les différences de sexe (la violence est inhérente à l&#039;homme, la douceur et la fragilité à la femme...); un autre type d&#039;explications courantes ramène le problème à des causes  individuelles  (alcoolisme, problèmes personnels...), voire psychologisantes  (trouble psychique, traumatismes dans l&#039;enfance, sado-masochisme...). Les catégories victime et agresseur sont clairement séparées dans le sens commun, tout comme l&#039;attribution du terme victime à la femme, et agresseur à l&#039;homme. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Propos issus de quelques entretiens===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;L’homme battu existe &#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour confronter les stéréotypes affiliés aux genres, nous avons cherché à interviewer des hommes battus. Paul et Luc (prénoms d’empreint) ont un point commun : leur passé d’homme maltraité. Ils ont été, tous les deux, physiquement battus par leur conjointe. Toutefois, il semblerait que la problématique de l’homme violenté intègre, dans sa forme globale, une autre forme de violence, une violence psychologique. Il ressort des entretiens que la forme physique ne semble pas être la forme de violence qui marque le plus. Pour essayer de comprendre au mieux le vécu violenté de ces hommes et plus généralement de toute personne impliquée dans des relations violentes, nous avons questionné la littérature ainsi que des professionnels de terrain. &lt;br /&gt;
Pour la travailleuse sociale, Sophie Torrent (2001), « la nature de la violence [à l’égard de la gente masculine] et ses modes d’expression traduisent, dirait-on, une violence spécifiquement féminine, subtile, qui atteint l’intégrité psychique de l’homme.» (p.33). L’homme victime de violence psychologique semble atteint surtout dans sa masculinité, plus précisément dans la représentation de la masculinité qui lui a permis de construire son identité. &lt;br /&gt;
« Le harcèlement que j’ai vécu par cette femme tyran m’a amené à perdre, pendant quelques temps, mon identité masculine… C’était quoi être un homme ? Je ne savais plus faire l’amour comme il faut en quittant ma femme. J’ai du réapprendre à accepter de prendre du plaisir. » Luc &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;La violence ; une histoire d’homme ? &#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Alors que nous venons de découvrir avec stupéfaction certaines réalités d’hommes maltraités par leur conjointe, comment traiter ces vérités face à notre idéal féminin construit ? Comment même penser à la violence des femmes, alors que celle que l’on exerce à leur égard est de loin la plus établie, la plus reconnue et de ce fait la plus portée par les médias ? De nos jours, la société reconnaît et prend en charge la femme violentée, qu&#039;en est-il de la femme violente ? Il est commun d’entendre qu’une femme violente est une femme malade psychologiquement ou encore que cette dernière n’agresserait que pour se défendre. Pour la psychothérapeute Diane Chayer, ( citée par Ruel &amp;amp; Guéricolas, 1998), il semblerait qu’il n’y ait tout simplement pas de permission sociale à la violence des femmes. « La société dit qu’il est presque normal pour un homme d’être violent. Mais une femme violente, c’est une extraterrestre. » &lt;br /&gt;
Pour Yvon Dallaire, « la femme violente peut ressentir de la fierté pour avoir battu plus fort qu’elle. Et la société ne la dénigre pas, elle cherche plutôt à la comprendre et à l’excuser, compatissant souvent à son sort. » (p26) A contrario, pour la responsable d’une structure acceuillant des femmes violentes, « celles et ceux qui passent de la parole aux actes souffrent, ils ont besoin d&#039;aide et y ont droit. Toutefois, la femme violente souffre de discrimination ; on ne veut pas lui reconnaître sa violence. » Il semblerait alors que, paradoxalement, la femme violente souffre des mêmes maux sociaux que l’homme maltraité. Une nouvelle fois, il semblerait que les stéréotypes, affiliés aux genres, décident de ce qui peut être acceptable ou pas. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Le statut de victime/agresseur &#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La responsable d’un établissement prenant en charge des femmes violentes nous apprend qu’il est difficile de tenir le fil rouge concernant les rôles de victime-agresseur. « On est là pour travailler sur la violence des femmes, en tant qu’auteures de violence et non en tant que victimes. Très souvent, ça dérape en justification des actes qui déplace la position d’agresseuse à celui de victime. » Il semble que souvent, l’agresseur se voit comme victime. Responsabiliser les acteurs(trices) de violence, c’est les aider à prendre conscience de leur violence. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Responsabilité dans la violence &#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La question est partagée. Alors que pour beaucoup, la responsabilité de la violence doit être assumée par son auteur(e), pour d’autres, elle doit être partagée. En effet, pour Denis Châtelain, co-fondateur d’une association prenant en charge des auteur(e)s de violence, « il faut prendre en compte le potentiel de violence de la victime dans la compréhension de la dynamique ». Pour la responsable d’une association accueillant des femmes violentes, « il est impossible de faire un tel travail si l’on part du principe d’une co-responsabilité dans la réalisation de la violence. En effet, on ne peut pas se permettre de déraper sur l’aspect empathique et comprendre voir d’excuser l’acte de violence au nom d’un statut de victime reconnu. Pour nous, l’acte violent n’est pas excusable, il est inadmissible quelque soit sa source ou sa justification. Ce qui nous paraît important c’est de faire en sorte de ne plus jamais en avoir à arriver là. » &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;La prise en charge de la violence &#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comment aborder la problématique de la violence conjugale et plus particulièrement celle des hommes maltraités et des femmes violentes ? Alors qu’Yvon Dallaire se demande si l’on « ne pourrait pas exploiter l’expertise des centres d’accueil pour femmes au profit des hommes battus et l’expertise des groupes d’entraide pour homme violents au profit des femmes violentes ? » (p29), la responsable d’une structure accueillant des femmes actrices de violence répond que « pour aider les femmes actrices de violence, il faut appliquer un traitement différencié. Les raisons étant parce qu’on n’éduque pas de la même façon une petite fille et un petit garçon, le rapport au féminin n’est pas le même. La violence masculine est légitimée. Par contre, on ne reconnaît pas ce droit à la femme. Cela étant dû aux stéréotypes de mère protectrice d’une part. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Point de situation===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Mouvement féministe...et&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A ce stade de notre article, nous pouvons établir difféents constats. Tout d’abord, la découverte de la violence conjugale et de ses effets a pour origine le questionnement du mouvement féministe. Celui-ci repris par des chercheur-e-s, a confirmé et précisé le phénomène de la violence conjugale. &lt;br /&gt;
La notion d’homme battu, qui nous avions posée comme une construction récente, date des premières recherches sur ce domaine, le syndrome de l’homme battu, développé par une chercheuse du l’équipe de Straus et al. a été un concept rapidement abandonné. Les défauts dans l’opérationnalisation du concept de violence, dans la méthode et dans l’interprétation des données de l’enquête effectuée à l’aide du Conflict Tactics Scales ont été largement reconnus. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;...évolution sociale et réponses masculines.&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous pouvons poursuivre nos constats à partir des travaux d’une chercheuse, rencontrée au détour d’un article de presse, Pascale Molinier, d’une tension qui s’avive entre hommes et femmes dans les années 1980. Certains hommes pro féministes tiennent un discours optimiste concernant la constitution d&#039;une société nouvelle et égalitaire et reconnaissent la domination masculine comme clé d&#039;un changement possible. D&#039;autres hommes tiennent un discours alarmiste et insistent sur le malaise identitaire engendré par cette modification des rapports sociaux source de perte de repères. &lt;br /&gt;
A partir de là, un autre phénomène apparaît, nous découvrons que des groupes d’hommes se forment autour d’auteurs, (Guy Cornaux au Canada, Jacques Salomé en France, ou plus récemment Y. Dallaire qui avec John Goetelen a organisé le premier Congrès international de la condition masculine à Genève en 2003) avec comme but de réfléchir à l’identité masculine fragilisée.  C&#039;est dans cette mouvance que l’on trouve aujourd&#039;hui les protagonistes d&#039;un détournement de la violence masculine au profit d&#039;une violence exercée contre les hommes par les femmes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;La violence domestique, une réponse étatique et institutionnelle&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Autre constat que nous pouvons déjà faire, la violence conjugale est un phénomène officialisé et les réponses institutionnelles se développent de plus en plus. Il est intéressant de faire le point sur l&#039;ampleur et les lacunes de l&#039;offre associative et institutionnelle, et prenons pour ce faire l&#039;exemple genevois. La brochure « la violence est inacceptable; violence conjugale que faire? » est la référence et est publiée par le Service pour la promotion de l&#039;égalité entre homme et femme, le Centre de consultation LAVI et Solidarité Femmes. De par les caractéristiques même de ces éditeurs, ajouté au fait que la brochure est rédigée par des auteures, c&#039;est à nouveau sous l&#039;angle des femmes victimes que la problématique est abordée. Dans la rubrique « Répertoire d&#039;adresses utiles », nous constatons qu&#039;il existe à Genève des services d&#039;hébergement; des services médicaux; des consultations juridiques; des services de consultations conjugales, familiales et de médiation auxquels peuvent s&#039;adresser des victimes de violence conjugale. Les foyers d&#039;hébergement cités sont des foyers pour les  femmes et leurs enfants exclusivement, dans le cas de difficultés qui ne sont pas restreintes à la violence conjugale, néanmoins dans la pratique ce type de violences représente la majorité des cas. Ce principe de foyer pour femmes en difficultés n&#039;est pas récent, le foyer Arabelle par exemple date de 1964. Solidarités Femmes est la seule association spécifique pour les femmes victimes de violence conjugale. Elle offre écoute; orientiation; information sociale et juridique, hébergement; entretiens individuels et activités de groupe. Excepté l&#039;hébergement, ces prestations sont gratuites. Il existe d&#039;autres services divers pour femmes, tels que Viol-Secours, SOS Femmes, F-Information ou Camarada. Certains organismes sont spécialisés dans les problématiques de violences, sans distinction de sexe, il s&#039;agit des Centres LAVI et au niveau médical du Centre  Interdiscplinaire de Médecine et de Prévention de la Violence des HUG. Dans la brochure de 2001, une seule adresse concerne les auteurs masculins de violence conjugale, il s&#039;agit de l&#039;association VIRES. Il est intéressant et très révélateur de constater que depuis sa fondation en 1994, cette association s&#039;est définie de trois manières distinctes:  d&#039;organisme pour les hommes ayant recours à la violence dans leur couple et dans leur famille, dans un deuxième temps le terme « hommes » a été remplacé par « personnes ». Actuellement c&#039;est l&#039;expression « Organisme de traitement et de prévention de la violence exercée dans le couple et dans la famille. » qui a été retenue. Si les professionnels de VIRES précisent que ce changement d&#039;appellation est consécutif  à une évolution dans la manière de penser et traiter la problématique de la violence conjugale et plus précisément ses sources et ses enjeux, les date de ces évolutions ne sont malheureusement pas précisées. Dans la dernière édition de la brochure sus-mentionnée, parue en 2004, apparaît une nouvelle association, dédiée à la prise en charge des femmes aux comportements violents. Cet organisme créé en 2001 ne se limite pas aux violences exercées dans la sphère familiale. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En conclusion de cet aperçu des diverses offres de soutien sous toutes ses formes adressé aux personnes impliquées dans la dynamique des violences conjugales, une lacune importante transparaît: il n&#039;existe pas à Genève de lieu spécifique aux victimes masculines de violence conjugale, que ce soit un foyer ou un lieu d&#039;information et de soutien. En règle générale, lorsqu&#039;un problème social lié à la violence émerge, ce sont les victimes qui bénéficient en premier lieu de l&#039;institutionnalisation. Par la suite, une réflexion se fait autour des auteurs, considérant qu&#039;eux aussi ont besoin de soutien afin de casser la dynamique de violence. Dans le cas de la violence exercée envers les hommes, les victimes sont ignorées par l&#039;absence de lieu spécifique; alors même que les femmes auteures de violence possèdent une telle infrastructure. Nous pouvons émettre l&#039;hypothèse que cela a un lien avec le stéréotype de femme-victime, la femme perpétrice de violence ayant souvent été elle-même victime, comme nous l&#039;avons vu plus haut. Amnesty relaie cette problématique pour que la violence domestique sorte du domaine privé et soit reconnue comme un problème public. Dans des revues spécialisées différents auteur-es font état de l’évolution des connaissances et des conceptualisations du problème. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’état fédéral se préoccupe de cette question et modifie le code pénal pour améliorer la protection des victimes de violence domestique. Les centres Lavi travaillent à la transformation de leur statistiques en vue également d’améliorer la visibilité de cette forme de violence. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Conclusion==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En fonction de tous les éléments qui précèdent, la conclusion de cet article montre que le concept  de violence conjugale apparu dans les années 1970 a trouvé sa place jusque dans la législation. Néanmoins les discours qui circulent sur ce type de violence sont une construction qui circonscrit la violence dans des stéréotypes caricaturaux stigmatisant à la fois les femmes en tant que victimes et les hommes comme agresseurs. De cette restriction découle la difficulté d’envisager l’existence d’hommes victimes de violence conjugale, et d’égale manière celle de femmes violentes. Cela a comme conséquence pour les personnes concernées une non-reconnaissance sociale, se manifestant par de forts préjugés à leur encontre, et de grandes lacunes institutionnelles. Les professionnels de la violence conjugale (médecins, thérapeutes) ont dépassé cette opposition et ils désignent les acteurs de la violence conjugale à un niveau de co-responsabilité qui ne distingue pas le sexe des protagonistes pour rendre compte de ce phénomène. Il y a ainsi un écart entre les discours dominants et les discours des professionnels, écart perceptible dans l’étude de la littérature et dans l’examen des sources que constituent les revues &amp;quot; thérapie familiale &amp;quot;. Enfin, il faut admettre la thèse selon laquelle la violence conjugale reste un phénomène qui bien que connu de tous, reste difficile à appréhender dans notre société. Criminalisée ici, combattue là, normalisée un peu plus loin. Elle fait partie d’un rapport à l’Autre institué par des règles sociétales contextualisées par un rapport différent d’être au monde « femme » ou « homme ». &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En effet, il existe des définitions similaires mais superficielles qui varient dans leur développement en fonction des positionnements et des valeurs de ceux qui les proposent. Les statistiques qui rendent compte de la violence conjugale proposent d’autre part des modalités qui ne permettent pas de distinguer précisément les victimes des agresseurs de manière précise et approfondie. Elles ne permettent pas d’affirmer avec précision que les hommes sont aussi victimes de violences, les modalités de genre n’étant pas assez développées dans la prise en compte statistique. Les hommes victimes existent, mais leur visibilité est très faible du fait que c’est un phénomène qui est en train d’émerger comme problème social. Ainsi, la violence conjugale reste un phénomène complexe et confus dans ses définitions. Enfin, on s’aperçoit que la violence conjugale reste un concept en mouvement sur le plan des institutions, qui proposent des possibilités de prise en charge nombreuses, mais néanmoins insuffisantes si l’on considère la prise en compte de la violence faite aux hommes. &lt;br /&gt;
Ces détracteurs pourront s&#039;appuyer probablement dans les années à venir sur les modifications des images féminines, les stéréotypes de la femme douce et soumise ont tendance à s&#039;estomper. Et l&#039;on peut se demander si les jeunes femmes ne se permettront pas plus que par le passé d&#039;exprimer leurs sentiments de colère et violence, là où s&#039;exprimaient auparavant peut-être impuissance, tristesse et dépression.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Difficultés===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le sujet que nous avons abordé tout au long de ce travail est délicat. Nous avons relevé le peu de neutralité émanant des sources existantes sur ce thème, chaque écrit représentant une certaine prise de position, quant à la causalité de la violence conjugale par exemple, ou les convictions cachées derrière l&#039;attribution de statuts victime-agresseur ou victime-victime. &lt;br /&gt;
Cette subjectivité rentre en interrelation avec notre sensibilité propre, individuelle, qui n&#039;est donc pas la même entre les personnes de notre groupe. Le fait que celui-ci soit constitué de deux femmes et deux hommes est très enrichissant, et même primordial quand on s&#039;attèle à ce type de problématique. Néanmoins, cela implique un investissement conséquent en termes de discussion, explicitation des attentes et valeurs de chacun, en redéfinition continuelle de la problématique. &lt;br /&gt;
Dans notre tentative d&#039;objectiver notre problématique, nous ne sommes que très peu aidés par les statistiques. Elles aussi disent ce qu&#039;elles ont envie de dire, et sont sans cesse remises en cause par des détracteurs. La conséquence en est qu&#039;aucune statistique ne sert vraiment de référence consensuelle dans la compréhension de la violence conjugale. Dans les statistiques policières, souvent la violence conjugale n&#039;est pas comptabilisée de manière séparée des autres délits de violence; dans d&#039;autres types de statistiques c&#039;est le genre qui n&#039;est pas retenu comme variable pertinente. En effet, derrière les chiffres, on découvre des définitions très variables de la violence: certains ne prennent en compte que la violence physique; d&#039;autres considèrent que de nombreux petits signes de nature verbale ou psychologique sont un pas dans l&#039;escalade de la violence, et les jugent donc de même poids que des coups. Entre ces deux extrêmes, toutes les variations sont présentes... &lt;br /&gt;
Il est intéressant de relever à quel point certains chiffres sont médiatisés, afin d&#039;avoir un impact sur la population, alors que ces mêmes chiffres sont discutables au niveau statistique. Pour conclure, nous nous sommes rendus compte que malgré une certaine médiatisation, qui n&#039;est pas si récente, de la violence conjugale, nous ne savons pas tellement de choses à ce sujet, ou plutôt il existe peu de consensus, voire la co-existence d&#039;approches inconciliables. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Références bibliographiques ==&lt;br /&gt;
Les lectures citées dans le travail final&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Amnistie: Le magazine pour les droits humains, &#039;&#039;Dossier Combattre la violence domestique&#039;&#039;  No 44, février 2006.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Amnistie, Journal d&#039;action pour les droits humains, janvier 2006.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Dallaire Y. (2002). La violence faite aux hommes. Une réalité tabou et complexe. Québéc: Options santé. [[Résumé du livre]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Gillioz L., De Puy J., Ducret V. (1997). Domination et violence envers la femme dans le couple. Lausanne : éditions Payot. [http://home.etu.unige.ch/~maneira4/R_sum__aeticle.doc Résumé de l&#039;article]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Ruel S. &amp;amp; Guéricolas P. (1998). La violence des femmes : derrière le masque. In Gazette des femmes Vol. 20. (no 4). (Novembre-Décembre 1998).[Version électronique]. Accès le 20 novembre 2005 : &lt;br /&gt;
http://www.gazettedesfemmes.com/recherche/?F=recherche&amp;amp;idt=10075&amp;amp;affart=2866&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Torrent S. (2001). L’homme battu, un tabou au cœur du tabou. Québec: Option Santé. [http://home.etu.unige.ch/~maneira4/fiche%20de%20lecture%20homme%20battu.pdf Résumé du livre ]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Praplan G., &#039;&#039;Quand le sexe faible est violent&#039;&#039; in Repère Social, No 73, février 2006.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Bibliographie ==&lt;br /&gt;
Les lectures utilisées mais pas citées dans le travail final&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Bretonnière-Fraysse et al. (2001). &#039;&#039; De la violence conjugale à la violence parentale&#039;&#039;. Eres [[Résumé|Résumé du livre]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Jackson D., Welzer-Lang D. (1998). Violence et masculinité. Toulouse : imprimerie 34.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Office fédéral de la statistique : Aide aux victimes. Chiffres clés. http://www.bfs.admin.ch/bfs/portal/fr/index/themen/rechtspflege.html&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Rey, H. et al. (2006). Les violences conjugales: pour une clinique du réel. &#039;&#039; Journal International de Victimologie&#039;&#039;. Année 4, No 1. [[Résumé de l&#039;article]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Miguel</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Violence_conjugale:_De_la_femme_battue_%C3%A0_l%27homme_battu...&amp;diff=4295</id>
		<title>Violence conjugale: De la femme battue à l&#039;homme battu...</title>
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		<updated>2006-06-20T15:44:00Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Miguel : /* Ce qu’en disent les livres et leurs auteur(e)s. Revue de littérature */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&#039;&#039;&#039;Membres du groupe&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Chantal Cornut&lt;br /&gt;
* Céline Pittet &lt;br /&gt;
* Jean-Christophe Contini&lt;br /&gt;
* Miguel Maneira &lt;br /&gt;
[mailto:maneira4@etu.unige.ch,contini2@etu.unige.ch,cepittet@hotmail.com,ch.cornut-piller@bluewin.ch Ecrire au groupe]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 [[L&#039;homme battu: le mâle...traité|Notre projet]]  |  [[Plan de recherche: Violence conjugale; un concept en mouvement|Notre plan de recherche]]  |  [[Espace de dialogue|Notre espace de dialogue]]  |  [[Trésorus de notre groupe|Notre île aux trésors]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Violence conjugale: De la femme battue à l&#039;homme battu...=&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== &amp;quot;L’homme battu&amp;quot;: un phénomène nouveau ? Introduction ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le questionnement qui est à l’origine de ce travail prend source dans la rencontre d’un concept qui semble nouveau de prime abord : &amp;quot;l’homme battu&amp;quot;. Ce concept apparaît dans l’ouvrage récemment publié de Sophie Torrent (2001). Ce livre met en lumière l’existence d’hommes victimes de [[violence|violences ]] exercées par des femmes à leur encontre, il interroge également les questions identitaires vécues par ces &amp;quot;nouvelles victimes&amp;quot;, à travers la conduite de multiples entretiens. Ces propos peuvent intriguer, parfois rendre perplexe et curieux celui ou celle qui les entendent. Le présent article proposera des recherches bibliographiques qui devraient permettre de découvrir des discours proches des propos de Torrent. Le premier constat est que ce &amp;quot;phénomène&amp;quot; des hommes battus est, dans une moindre mesure, relayé dans d’autres ouvrages qui l’inscrivent dans le cadre plus large de la [[violence conjugale|violence conjugale]] . Les recherches livresques tenteront ainsi de répondre à la question principale qui guide la recherche : comment le phénomène de &amp;quot;l’homme battu&amp;quot; s’inscrit-il dans le paradigme de la violence conjugale ? Les questions secondaires qui en découlent sont multiples : quand est-ce que ce concept est apparu ? Par qui a-t-il été développé ? Quels sont les discours qui relaient ce concept ou qui s’y opposent ? Les éléments qui composent la revue de littérature qui apparaîtra plus loin permettront d’entrevoir certains points qui semblent être récurrents. On s’aperçoit ainsi que le concept d’&amp;quot;hommes battus&amp;quot; se trouve à chaque fois en tension avec celui de &amp;quot; femmes battues &amp;quot; dans le cadre de la violence conjugale qu’il reste à définir. Nous sommes ici confrontés à deux discours contraires entre des groupes de pressions constitués autour de la &amp;quot;souffrance masculine&amp;quot; et les propos issus de certains discours [[féminisme|féministes]] . cette opposition – qui est caractérisée grossièrement entre les deux discours – se dédouble d’une autre opposition dans la désignation des acteurs de la violence conjugale en termes de victime et d’agresseur. Les  acteurs sont ainsi stigmatisés, avec des stéréotypes qui désignent de manière massive l’homme comme agresseur et la femme comme victime.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La  violence conjugale : où en sommes-nous aujourd’hui ? Des discours en tension. Problématique ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La violence conjugale semble être de prime abord un phénomène bien connu de nos jours. Les médias rendent régulièrement compte de ses conséquences, bon nombre d’associations ont été créées pour répondre à l’appel des victimes, une loi sur la protection des victimes a été instaurée, beaucoup de thérapeutes œuvrent également dans ce domaine. Il est question, la plupart du temps, des violences subies par des femmes et exercées par des hommes, il est dans une moindre mesure, question de la violence exercée par des femmes contre des hommes. Ce dernier phénomène reste minoritaire cependant, et fait l’objet de nombreuses critiques. Bien souvent, les discours opposent des mouvements &amp;quot;féministes&amp;quot; à des groupes &amp;quot;masculinistes&amp;quot;, les uns dénonçant sans cesse l’ineffable violence des hommes envers les femmes, les autres dénonçant cette vision de l’homme éternellement &amp;quot; agresseur &amp;quot;, allant jusqu’à affirmer que des hommes sont aussi des &amp;quot; victimes &amp;quot; et que la violence peut aussi être l’apanage des femmes. Ici apparaît le concept &amp;quot; d’hommes battus &amp;quot; qui a émergé dès les années septante. Afin de prendre de la distance vis-à-vis de ces deux positions antagonistes, il s’agit tout d’abord d’étudier ce que disent certains auteurs sur la violence conjugale, à la fois sur la violence subie par les femmes et par les hommes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Ce qu’en disent les livres et leurs auteur(e)s. Revue de littérature==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette revue de littérature suit la chronologie du questionnement et du cheminement, qui, en commençant part la découverte du concept de &amp;quot;l’homme battu&amp;quot;, conduit à approfondir les recherches au concept de la femme battue et à appréhender dès lors le problème social que constitue la violence conjugale, qui englobe les deux autres concepts. La recherche bibliographique a privilégié les ouvrages qui traitent spécifiquement de l’existence du concept de &amp;quot;l’homme battu&amp;quot;, dans une actualité la plus récente possible. Peu de littérature existe à ce sujet, cependant, les ouvrages les plus récents (Torrent et Dallaire) font tous les deux référence à l’inscription du concept de l’homme battu dans celui de la violence conjugale. Les investigations ont  été élargies à ce domaine, toujours à la recherche du moindre élément concernant la violence faite aux hommes. &lt;br /&gt;
Sophie Torrent, dans son ouvrage sur l’homme battu (2001) met directement en question le fait qu’il existe au sein de la vie de couple une violence faite aux hommes, une violence souvent difficile à accepter, celle-ci allant à l’encontre de [[stéréotype|stéréotypes]] tels que celui qui considère que la femme est l’élément faible du couple et que l’homme en est le dominant. Dans la première partie de son livre, l’auteure tente tout d’abord d’expliquer ce phénomène atypique de l’homme battu, cet &amp;quot;impensable social&amp;quot; dit-elle. Elle analyse les différents types de violences (physique, sexuelle, psychologique, verbale et économique) pour ensuite orienter son analyse vers la notion de &amp;quot;rôles sociaux&amp;quot;. Elle montre comment l’homme violenté est agressé jusque dans les &amp;quot;facettes&amp;quot; qui font son [[identité sociale|identité]] . Pour elle &amp;quot;être battu invalide l’homme dans son appartenance à la catégorie sociale homme&amp;quot;. Dans la deuxième partie de son ouvrage, Torrent réfléchit sur les différentes stratégies élaborées par l’homme pour gérer des situations difficiles. Elle s’appuie notamment dans son travail de recherche sur des interviews réalisées avec des &amp;quot;hommes battus&amp;quot;. &lt;br /&gt;
C’est dans une considération assez proche qu’Yvon Dallaire (2002), thérapeute au Québec, aborde le phénomène de la violence faite aux hommes (La violence faite aux hommes. Une réalité taboue et complexe). Il nous rappelle le constat de l’existence ineffable de la violence dans l’humanité, violence souvent fortement médiatisée, mais selon lui, de manière incomplète. En effet, dit-il, notre attention ne serait attirée que vers une forme de violence, soit celle faite par les hommes contre les autres hommes (guerres, voies de fait, suicides), contre les femmes (violence conjugale, viol, meurtre, tueurs en série) et contre les enfants (violence infanticide, meurtre suivi de suicide). Pour Dallaire, une forme de violence a été occultée : la violence des femmes faite envers les femmes, les hommes et les enfants. Le propos de son texte est de démontrer d’une part que des femmes peuvent être tout autant violentes que des hommes, et que d’autre part, l’analyse de la violence conjugale s’inscrit dans un paradigme teinté de sexisme et de discrimination. Pour cet auteur, la violence conjugale ne se décline pas simplement sur le mode victime-agresseur, mais plutôt sur celui de victime-victime, de deux individus qui sont les co-créateurs d’une escalade débouchant sur l’explosion physique. Afin d’alimenter son propos, Yvon Dallaire met en lumière les stéréotypes et les préjugés qui circulent dans le discours commun : l’homme est un être violent, un abuseur d’enfants, un irresponsable, les hommes sont tous des obsédés sexuels, il sont tous infidèles, menteurs et manipulateurs. Dès lors, toute violence féminine est considérée comme relevant de la légitime défense, l’homme est ainsi rendu coupable de toute la violence conjugale. Précisons ici que l’auteur dénonce le discours d’influence féministe qui se déploie dans le contexte québécois. Son objectif est de connaître les réelles dimensions de la violence conjugale, plutôt que de rechercher un coupable à punir, toujours le même : l’homme. &lt;br /&gt;
L’ouvrage de Bretonnière-Fraysse et al. (2001), incontournable pour le sujet, propose quant à lui un autre regard qui positionne clairement les femmes en tant que victimes et les hommes comme agresseurs, sans nuances : &amp;quot;on le sait, la violence conjugale a toujours existé ; on le sait aussi : les victimes en sont les femmes et les auteurs, les hommes. Mais elle demeure encore cachée, honteuse, secrète&amp;quot;. Cet ouvrage prend un regard anthropologique et historique pour nous montrer la condition de victime de la femme à travers les époques passées et jusqu’à nos jours. &lt;br /&gt;
Gillioz, De Puy et Ducret quant à elles (2000), font état des connaissances qui ont fait de la violence familiale et de la violence contre les femmes, un champ d’étude relativement nouveau dans les sciences sociales. Elles nous rappellent que jusque dans les années soixante, la société et avec elle les scientifiques vivent sur le mythe de la famille non violente. Cette dernière étant considérée comme rare et comme étant le fait d’individus déséquilibrés. Dans les années septante, sous l’influence de militantes féministes anglo-saxonnes qui ouvrent des refuges pour femmes battues et portent la question de la violence conjugale sur la place publique, ce phénomène jusque-là occulté est posé comme problème socio-politique. C’est dès lors que les sciences sociales vont s’y intéresser, à travers deux grands courants de recherche. Le premier est constitué par des études portant sur la violence subie par les femmes au sein de la famille et postule, en se fondant sur les prémisses théoriques féministes, que cette violence est spécifique. Ilc il est nécessaire de l’étudier indépendamment des autres types de violence familiale qui relèvent d’autres logiques. Le deuxième courant de recherche, issu de la sociologie de la famille, a pour objet la violence familiale et considère la société et ses institutions comme des systèmes consensuels qui embrassent dans la même problématique l’ensemble de la violence qui se déroule dans le cadre familial. L&#039;ouvrage de Gillioz et all. mentionne également les travaux de Strauss, Gelles et Steinmetz (1977), à partir desquels a été tiré l&#039;affirmation que les femmes sont aussi violentes que les hommes. C’est à ce moment qu’apparaît le concept du &amp;quot;mari battu&amp;quot;, des résultats tirés des statistiques de cette recherche, ont permis à l&#039;un des chercheurs de conclure que ce qui était le plus sous-estimé n’est pas la femme battue, mais le mari battu. La validité scientifique reste toutefois fortement contestée, nous en trouvons les arguments dans l’ouvrage de Gillioz, De Puy et Ducret. &lt;br /&gt;
Cette revue de littérature se conclut par l’approche systémique de Perrone et Nannini (1995) qui proposent leur livre comme un manuel à l’usage des professionnels appelés à intervenir auprès des familles. Leurs présupposés considèrent que la violence n’est pas un phénomène individuel, mais la manifestation d’un phénomène interactionnel. La violence est ainsi un mode particulier de communication entre partenaires qui sont tous impliqués et par là même responsables au sens interactionnel du terme. Comme Yvon Dallaire, les auteurs ne considèrent pas les acteurs de la violence conjugale en termes de &amp;quot;victime-agresseur&amp;quot;, ni en termes &amp;quot;hommes-femmes&amp;quot;. Les objectifs et les enjeux que ces deux auteurs proposent s’appuient sur l’idée que chacun doit devenir et se penser responsable de ses propres comportements. C’est également selon cette optique que certains &amp;quot;cliniciens&amp;quot; abordent en partie la question dans leur article (Rey, H et al. 2006).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Des recherches complémentaires nécessaires. Choix et méthodes==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En fonction des éléments de la problématique développée jusqu’ici, l’objectif de la recherche a consisté à y voir plus clair en tentant de répondre à la question posée, « comment le phénomène de l’homme battu s’inscrit dans le paradigme de la violence conjugale » ainsi qu’aux questions complémentaires citées dans l’introduction ?  Afin de prendre une nécessaire distance vis-à-vis du regard que propose la revue de littérature, il est nécessaire d’orienter les recherches sur d’autres sources d’informations diverses. Il est dès lors intéressant d’examiner si des statistiques existent sur les &amp;quot;hommes battus&amp;quot; et sur les &amp;quot;femmes battues&amp;quot; et dès lors de voir si celles-ci peuvent éclaircir les questions posées. Pour cela nous avons choisi de travailler à partir des statistiques des centres Lavi disponibles à l’office fédéral de la statistique. &lt;br /&gt;
Dès lors que le phénomène des &amp;quot;hommes battus&amp;quot; s’inscrit dans le cadre de la violence conjugale notre choix s’est porté également sur la recherche d’éléments de compréhension dans une série de revues spécialisées : « Thérapie Familiale », revue internationale en Approche Systémique, dont nous avons retenu les numéros mentionnant explicitement des articles sur la violence conjugale ou domestique (1995, Vol. 16 no 3 – 1999, Vol. 20 no 4 – 2000, Vol. 21, no 4 – 2001, Vol. 22 no 4).    &lt;br /&gt;
De plus, pour avoir une vision plus globale, une revue d’articles de presse étudiant quelques articles récents peut être pertinente. Nous avons sélectionnées des articles toujours sur le thème de la violence faite aux femmes et / ou aux hommes. Amnistie: Le magazine pour les droits humains, No 44, février 2006   interviews thématiques du Dr Vannotti, médecin adjoint à la Policinique de Lausanne et de  Madame Yakin Ertuk, rapporteuse spéciale de l&#039;ONU sur la violence contre les femmes ; Amnistie, Journal d&#039;action pour les droits humains, janvier 2006 ; Repère Social, No 73, février 2006, article : quand le sexe faible est violent ; Le Courrier du 18 mai 2005, article relatant le 1ier congrès de la condition masculine. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Enfin, nous avons opté pour une recherche mettant en œuvre la conduite de plusieurs entretiens compréhensifs semi-directifs auprès de professionnels de la prise en charge de la violence conjugale ainsi qu’auprès de &amp;quot; victimes &amp;quot; masculines qui accepteraient de nous apporter leur témoignage. A cet effet, nous avons trouvé pertinent de construire deux types de grilles d&#039;entretiens, l&#039;une pour les professionnels, l&#039;autre pour les hommes &amp;quot;victimes&amp;quot;. Malgré la promesse d&#039;anonymat, nous n&#039;avons pas pu enregistrer les entretiens. De ce fait, nous basons nos propos sur les notes retenues. Chaque entretien s&#039;est déroulé, pendant une heure trente, dans un lieu décidé par la personne interviewée. Nous avons mené, dans notre phase d&#039;investigation de terrain, quatre entretiens, dont deux avec des &amp;quot;victimes&amp;quot; masculines de maltraitance conjugale. Nous avons rencontré Denis Chatelain, co-fondateur de l&#039;association Vires. Cet organisme de traitement et de prévention de la violence exercée dans le couple et la famille, vient en aide aux personnes qui ont recours à la violence. Nous avons aussi rencontré la fondatrice d&#039;une fondation prenant en charge des femmes violentes, qui a souhaité garder l&#039;anonymat. Toutefois, il est possible de dire que l’objectif premier de cette association est la prévention de la maltraitance et la violence auprès des enfants, personnes âgées et conjoints. Nous avons réussi, à travers une association luttant pour la condition masculine, prendre contact avec deux hommes se déclarant comme &amp;quot;battus&amp;quot;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous étudierons également des sources  issues de la Loi Fédérale sur l’aide aux victimes et de Amnesty internationale tout comme des revues spécialisées dans le domaine de la thérapie familiale et plus particulièrement les articles concernant la violence domestique. &lt;br /&gt;
Ces éléments correspondent à ce que l’on pourrait appeler une &amp;quot;recherche sur le terrain&amp;quot;. &lt;br /&gt;
Nos sources seront ainsi multiples : entretiens ; revue de presse ; statistiques ; revues spécialisées. L’analyse des contenus du matériel récolté, prendra pour point d’appui la désignation des acteurs de la violence conjugale, en termes de stéréotypes (stigmatisation) et dans une approche de &amp;quot; genre &amp;quot; étudiant les rapports sociaux hommes-femmes par rapport à cette thématique, ainsi que les rapports victimes-agresseurs qui s’y rattachent. L’analyse devrait ainsi permettre de réunir des points de vue différents et ainsi de confirmer ou d’infirmer, voire de &amp;quot;tempérer&amp;quot; ce qui ressort dans la revue de littérature en fonction des auteurs choisis.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Résultats des recherches==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Dans divers articles de presse===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout d&#039;abord, Amnesty affiche une grande visibilité de la problématique de la violence conjugale, grâce à son magazine pour les droits humains (février 2006), son journal d&#039;action (janvier 2006) et son site internet, qui tous trois évoquent récemment la violence domestique. En effet, Amnesty a commencé en mars 2006 sa campagne suisse « En route contre la violence domestique », dont l&#039;action principale consiste en un tour de plusieurs cantons du mobile home &amp;quot;sweet home&amp;quot; afin de briser le tabou qui entoure la violence dans le couple, d’améliorer les interventions de l’Etat contre la violence domestique, et de sensibiliser le grand public, en particulier les jeunes et les hommes, notamment dans les régions rurales. Les revendications d’Amnesty International en matière de violence domestique repose sur l’obligation de l’Etat d’agir contre cette forme de violation des droits humains. Car aujourd’hui si la visibilité du débat public sur la violence domestique s’est améliorée, les menaces, coups, contraintes, viols et meurtres auxquels les femmes sont souvent exposées dans leurs quatre murs constituent un sujet rarement perçu comme relevant des droits humains. De la sensibilisation est encore nécessaire pour considérer que l’empêcher ne relève pas de la sphère privée des couples et des familles concernées, et ne pas l’assimiler à un « problème de femmes », mais à une mission publique, qui touche tout le monde. Pourtant il s’agit bien de droit à l’intégrité physique et psychique : droit à la liberté et à la sécurité, droit à la santé, droit à l’absence de torture ou d’autres traitements dégradants et même souvent le plus, droit à la vie. La position d&#039;Amnesty International quant à la violence domestique consiste à considérer sa cause dans les rapports inégalitaires de sexe. L&#039;accent est mis sur les représentations sociales qui ne cessent de faire le lien entre violence et masculinité. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le numéro du journal Repère Social de février 2006 s&#039;intitule « Quand le sexe faible est violent » et à travers le prétexte de l&#039;ouverture récente à Lausanne d&#039;un accueil pour femmes violentes, aborde ce sujet trop rarement médiatisé de la violence des femmes. L&#039;auteur, Geneviève Praplan, présente les associations Vires et Face à Face à Genève, et Violence et famille à Lausanne. Cette dernière institution travaille depuis sept ans avec des hommes violents, mais accueille depuis novembre 2005 également des femmes violentes. Le Coordinateur et plusieurs intervenants ont été formés au Québec, auprès d&#039;OPTION, institution pionnière fondée par le psychothérapeute Jacques Broué en 1985. A Violence et Famille, c&#039;est ainsi sous forme de thérapie de groupe que se déroule l&#039;accompagnement, après quelques entretiens individuels. Le processus de réflexion engagé avec les auteur(e)s est le même pour les hommes que pour les femmes. Néanmoins, il est spécifié qu&#039;il faut être spécialement vigilant avec les femmes, en vérifiant qu&#039;elles ne sont pas &amp;quot;davantage des victimes que des agresseurs&amp;quot;. De plus, rapidement le lien entre passé et présent doit se faire. &amp;quot;Hommes et femmes ne sont pas forcément égaux devant leur violence&amp;quot;: dans l&#039;inconscient collectif masculin, il est nécessaire d&#039;affirmer sa virilité, la violence masculine est ainsi plus facilement excusée. Au contraire, les rôles sociaux attribués aux femmes font qu&#039;on la juge plus sévèrement si elle fait usage de violence, mais leur permet de reconnaître moins difficilement que les hommes leurs actes violents. L&#039;auteur met en avant que les chiffres manquent quant à l&#039;ampleur de la violence féminine, surtout exercée envers ses enfants. Par ailleurs les préjugés quant aux données socio-économiques des auteurs de violence perdurent. Cela est en partie dû au fait que les familles en situation précaire sont plus aisément repérées par les services sociaux, vu l&#039;étendue de leurs besoins. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le Courrier du 18 mai 2005 relate et questionne le 1ier congrès international de la condition masculine a eu lieu à Genève le mars 2003. (en 2005 a eu lieu à Montréal).  L’auteure de l’article Virginie Poyetton nous dit que ces colloques font partie d’un mouvement plus large qui met en avant « la crise de la masculinité »  en réaction à l’émancipation « trop » radicale des femmes. Si ce courant est minoritaire au sein de la gent masculine, il participe d’une tendance qui remet en question l’avancée des droits des femmes. &lt;br /&gt;
Les masculinistes (nom que se sont donnés les défenseurs de la condition masculine) pensent que le féminisme les a forcés à changer et depuis ils se sentent dépossédés de leurs  identités et de leurs droits. Ils souffrent d’injustices : discrimination  positive au travail faveur des femmes, préjugés favorables aux mères en cas de divorce, fausses allégations de violence ou d’inceste, pensions alimentaires disproportionnées, hausse du décrochage scolaire chez les garçons, augmentation de la prescription d’antidépresseurs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;La violence conjugale :d’où vient ce concept, comment a-t-il été défini, comment s’institutionnalise-t-il ? Historique, définitions, statistiques et cadre légal&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Aborder le problème social de la violence conjugale incite à faire un retour vers les années 1970. C’est à cette époque que l’on peut situer les premières recherches sur ce thème mettant en question le mythe de la famille non violente. Les militantes féministes amènent la question de violence conjugale sur la place publique et le posent comme un problème socio-politique. La question de la violence est abordée comme conséquence des rapports de domination, c&#039;est-à-dire des effets de l’exercice d’une influence déterminante d’un groupe, les hommes, sur un autre, les femmes. Tout rapport de domination suppose, en effet, en dehors du rapport de pure violence, un système de justification visant à obtenir un minimum de &amp;quot;volonté d&#039;obéir&amp;quot; de la part des assujettis, note le Petit Robert. &lt;br /&gt;
Les sciences humaines vont s’y intéresser. De nombreuses études sont entreprises dans les années 1970 et 1980 dans le but de décrire la violence domestique, de pouvoir la chiffrer, de chercher à l’expliquer, d’étudier ses conséquences sur les victimes, et d’examiner les réponses sociétales à ce problème. &lt;br /&gt;
Les résultats de l&#039;une de celle-ci, Straus et al.(1977) permettent de dire que femmes et hommes admettent recourir à des tactiques de violence dans des situations de conflits. Ce résultat est basé sur le &amp;quot;Conflict Tactics Scales&amp;quot; (CTS), échelles centrées sur les tactiques de gestion des conflits, qui intègrent une série de comportements allant des plus rationnels aux plus violents. Cette étude permettra à l’une des auteur-e-s, Steinmetz, de tirer la conclusion de l’existence du « syndrome de l’homme battu ». Ce qui sera contesté pour insuffisances méthodologiques. Depuis la plupart de chercheurs et chercheuses renoncèrent à utiliser ce concept. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===L’institutionnalisation du concept de violence domestique: Les centres LAVI et les politiques de prise en charge (contexte suisse et suisse romand)===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une loi fédérale est votée (4 octobre 1991), sur l’aide aux victimes. Elle démontre que être « victime de violence» constitue maintenant une déviance secondaire. Les plaignants sont identifiés, l’état institutionnalise leur prise en charge, les centres Lavi sont créés et les consultations augmentent au fil des années. Et si la notion même de « victime » est large, accidenté de la route, attentats, viol, contrainte sexuelle, séquestration, elle comprend spécifiquement les violences domestiques. &lt;br /&gt;
Dès lors, elle permet également aux femmes victimes de violence conjugale d&#039;être reconnues, visibilées et aidés. &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Des centres Lavi, issus de cette loi, sont créés sur le territoire suisse. Ils ont  pour but de fournir une aide efficace (conseils, la protection de la victime, la défense de ses droits dans la procédure pénale et l’indemnisation et la réparation morale) aux victimes d’infractions ou d’une atteinte directe à son intégrité corporelle, sexuelle ou psychique et à renforcer leurs droits. &lt;br /&gt;
La police est tenue d’informer les victimes  en transmettant les coordonnées de celle-ci au centre Lavi. On peut constater que ces centres apportent une aide immédiate et des prestations fournies gratuitement ( frais médicaux, d’avocat ou de procédure peuvent également être pris en charge. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous constatons également l’étatisation de la prise en charge de la formation du personnel des centres Lavi, et la spécialisation des professionnels qui y sont impliqués. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On peut constater que la prise en compte de la situation des femmes dans le cadre de la violence domestique évolue petit à petit. Il est intéressant de suivre le dépôt d’une initiative parlementaire le  14 juin 2000, par la Conseillère Ruth-Gaby Vermot-Mangold. Ce n’est qu’en novembre 2005, que le  Conseil fédéral propose un nouvel article 28b dans le code civil visant à protéger la victime de violence ou de harcèlement en lui donnant le droit de requérir le juge d’instruction d’interdire à l’auteur de l’atteinte de l’approcher, de fréquenter certains lieux ou de prendre contact avec elle. Le nouvel article amène une notion nouvelle, celle de la prévention de la violence domestique, nouvelle tâche des centres Lavi,  pour éviter la violence et sa récidive.  &lt;br /&gt;
Le Code pénal sera modifié en ce sens en juin 2006. Désormais les actes de violence domestique seront poursuivis d’office et non plus sur plainte de la victime.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Statistiques des centres Lavi.===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous espérions obtenir des informations statistiques sur la violence conjugale, or, celles que nous avons pu obtenir par l’intermédiaire de l’office fédéral de la statistique ne peuvent être utilisées que très partiellement. En effet, jusqu’en 2004, les centres Lavi recensaient le nombre de consultations et non pas les personnes. Une consultation peut se rapporter à une infraction commise à plusieurs reprises et une même personne peut être comptabilisée plusieurs fois en l’absence d’indicateur de personnes. Il faut également préciser qu’il n’est pas possible de repérer exactement s’il s’agit de violence conjugale. Les chiffres qui peuvent être intéressants pour nous résultent d’un croisement des items : relation familiale auteur – victime, sexe de la victime, sexe de l’auteur présumé.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Si nous prenons l’année 2004 comme référence, les chiffres nous donnent une idée intéressante sur la question qui nous occupe, à savoir la violence féminine et masculine :&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
[[image:lavi.jpg|statistiques fédérales]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Toutefois, il semble important de se questionner sur la mise en forme de certains items. En effet, comment comprendre « avec auteurs présumés de sexe masculin » ? Quelle utilité cet intitulé peut apporter aux concitoyens ? Quelle différence effective avec les auteurs réels de ces actes ? Comment interpréter l’absence des items « avec victimes de sexe masculin » et « avec auteurs présumés de sexe féminin » ? Dans ce cas faut-il comprendre que les femmes victimes consultent plus, alors que les hommes restent cachés?  Quelle réalité se cache derrière ces chiffres?  &lt;br /&gt;
De plus, Jean-Philippe BRANDT, du service de presse &amp;amp; relations publiques de la Police de Genève, informe qu’ « il n’est pas fait de différences quant au sexe de la victime en ce qui concerne les violences conjugales. » Comment dans ces conditions, donner une validité fédérale à des statistiques qui ne peuvent pas prendre en compte des réalités cantonales ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Revue &amp;quot;Thérapie Familiale&amp;quot;===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous avons jugé opportun d&#039;analyser des numéros de Thérapie Familiale, une revue trimestrielle d&#039;orientation systémique. Cette source représente en effet le point de vue théorique et le constat des pratiques des thérapeutes de famille. Il est pertinent de se demander à quel point le discours de ces professionnels de la famille influence la société et est en retour influencé par elle. Les catégories victime-agresseur y sont-elles aussi clairement définies que dans le sens commun et certains discours? Fait-on une différenciation au niveau de l&#039;étiologie de la violence et de ses conséquences selon le genre? Le contact avec les patients remet-il en question certaines pratiques thérapeutiques et fait-il avancer les models conceptuels? Pour répondre à ces interrogations, nous avions à disposition tous les numéros parus depuis de nombreuses années afin d&#039;observer à quelle fréquence et sous quelle forme la thématique des violences conjugales était abordée. Nous avons porté notre choix sur la période allant de 1995 à 2001, pendant laquelle quatre numéros contiennent des articles dédiés à notre sujet. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les deux premiers numéros analysés, datant de 1995 et de 2000 sont riches d&#039;informations car rédigés par les mêmes auteurs, qui font part de l&#039;évolution de leur réflexion durant les cinq ans écoulés. Le numéro de 2000 a été écrit par des thérapeutes colombiens, ce qui nous montre la préoccupation internationale des thérapeutes de famille autour de la violence conjugale et leur désir d&#039;échanger à ce sujet. Quant au dernier numéro pris en compte, celui de 2001, il présente la synthèse des théories les plus utilisées à propos de la violence domestique. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les auteurs des deux premiers numéros analysés sont membres de l&#039;association française Vivre sans Violence, issue d&#039;observations de professionnels travaillant avec des femmes victimes de violence conjugale. Autour de 1985 il y eut de nombreuses interrogations sur les pratiques, mettant en avant les limites de la prise en charge d&#039;alors: les femmes retournaient le plus souvent au domicile conjugal, où les violences reprenaient. De plus, peu de femmes se sentaient prêtes à faire un travail de réflexion sur les événements de violence vécus. Les professionnels ont trouvé certaines réponses en s&#039; inspirant du modèle québécquois de prise en charge des hommes violents de Robert Philippe. La conscience de la nécessité de s&#039;intéresser également aux agresseurs a ainsi émergé et les premières structures de soutien aux auteurs de violence ont apparu.  Les auteurs préconisent par ailleurs un changement: le départ de l&#039;auteur des violences du foyer plutôt que celui de la victime. Cela peut constituer en effet une violence supplémentaire à la femme, et signifie à l&#039;agresseur qu&#039;il est laissé seul&amp;quot; dans un état de dangerosité contre lequel nul, même pas la loi, ne peut le protéger&amp;quot;. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les auteurs réfutent l&#039;idée traditionnelle considérant un couple violent comme dysfonctionnel. Ils font référence à Watzlawick et à sa théorie de la communication, envisageant ainsi la violence comme un acte de communication tout comme les comportements réactifs telle la passivité. Ainsi, la victime également communique quelque chose à son agresseur. La violence est un mode d&#039;échange qui a été appris, et n&#039;est donc pas inné.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Leur intervention vise la modification des patterns d&#039;interaction ainsi qu&#039; un « travail sur les représentations différentes que l&#039; homme et la femme se donnent et nous donnent, de leur vécu de la violence ».  Soulignons qu&#039;en 1995, il n&#039;y a pas d&#039;injonction thérapeutique pour les auteurs de violence dans le couple, les consultations sont donc uniquement volontaires pour les agresseurs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1999, les mêmes auteurs, dans un numéro consacré au thème « Des violences » expliquent  l&#039; évolution de leur réflexion quant à la notion de responsabilité. Ils reviennent sur leur idée de co-responsabilité, de relation complémentaire. Actuellement(en 1999) ils différencient les actes violents en deux catégories: les comportements interactifs vs délits/crimes. En conclusion, les deux acteurs ne sont pas à égalité dans l&#039;interaction: il y a une hiérarchie dans les responsabilités. La victime n&#039;est pas responsable des coups qu&#039;elle reçoit, mais les deux sont responsables du maintien de l&#039;interaction dans laquelle les comportements de violence deviennent redondants et structurants. Les auteurs se démarquent du québécquois R. Philippe en précisant que les violences conjugales ne peuvent se produire que dans un contexte de consensus socio-culturel. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous constatons donc grâce à l&#039;analyse de ces deux articles, que les professionnels thérapeutes de famille de par leur pratique, sont menés à une réflexion sur les catégories de victime-agresseur, liées à la notion de responsabilité. De la prise en charge des femmes victimes, et face à ses limites, les thérapeutes commencent à prendre en charge des auteurs de violence.  Concepts et pratiques dialoguent sans cesse, puisque reconnaître la nécessité de prendre en charge les deux membres du couple est uniquement compatible avec des théories ancrant l&#039;étiologie de la violence dans les processus interactifs et communicatifs. Le monde de la thérapie familiale a donc une longueur d&#039;avance sur la dichotomie victime-agresseur prégnante dans le sens commun, dans certaines campagnes de sensibilisation pour le grand public, et dans la loi. Par exemple les auteurs prônent en 1995 déjà l&#039;éloignement de l&#039;auteur de violence du domicile, alors qu&#039;en Suisse ce n&#039;est qu&#039;actuellement, en juin 2006, que cette mesure passe dans la loi. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;expérience des thérapeutes colombiens, relayée dans un numéro datant de 2000, nous montre une initiative étrangère originale. A Bogota  il existe des &amp;quot;commissariats de famille&amp;quot; depuis 1996 qui consistent en un &amp;quot;espace de conversation et de concertation dans le but de protéger, d&#039;assister et de guider les familles à propos de leurs droits fondamentaux et de les informer quand aux façons de résoudre les conflits internes.&amp;quot; Plus concrètement, une assistance légale, sociale, médicale et psychologique est dispensée dans ces lieux. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les auteurs sont en accord avec Perrone et Nannini, postulant que la violence n&#039;est pas une maladie, mais un choix et un moyen de contrôle. La responsabilité est à nouveau un thème abordé puisqu&#039;ils postulent que tout individu est garant de sa propre sécurité, en précisant que  chacun peut devenir violent dans un contexte déterminé. Encore une fois, c&#039;est donc l&#039;accent sur le contexte, culturel ou interactif, qui provoque la violence, plutôt que des caractéristiques individuelles.  &lt;br /&gt;
Dans son article Déconstruction des idées reçues sur la violence : une alternative à la violence. Kuenzi-Monard présente un Panorama des théories les plus utilisées : L’auteure les répartit selon 7 niveaux :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1.les théories qui localisent la violence à l’intérieur de la personne : la violence est basée sur un problème de santé mentale ; la théorie de l’impulsivité, le manque de contrôle de soi. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
2.les théories qui localisent la violence dans le développement : les théories développementales de la violence et de l’apprentissage (expliquent l’abus comme une répétition de comportements pathogènes au sein des familles) ; la théorie du blocage d’origine psycho-sexuel (la personne est bloquée à un stade de son développement). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
3.les théories qui localisent la violence au sein des relations humaines : la théorie du contenant (capacité X de tolérer des frustrations, insatisfactions ou colère. Au-delà, c’est l’éclat) ; conséquence : l’homme a peu de possibilités de contrôler cette tension, donc peu de responsabilité quant aux éléments extérieurs qui viennent le saturer. le modèle de la frustration-agression : si je suis frustré, j’agresse. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
4.les théories qui localisent l’abus dans des blocages de la communication : la personne violente souffre d’un pauvre développement des qualités sociales et relationnelles. Modèle explicatif intéressant mais qui ne donne pas d’alternative pour apprendre d’autres stratégies. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
5.Les théories qui considèrent la violence comme l’effet d’un état chimique différent, comme la conséquence de l’utilisation d’alcool ou de drogues : la théorie de la désinhibition. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
6.les théories circulaires sur la violence : celles-ci localisent la violence et la comprennent comme générée au sein d’interactions. La violence occupe une fonction homéostatique, le maintien de l’équilibre de la famille. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
7.les théories féministes : l’explication féministe ou socio-culturelle qui voit la violence comme prenant sa source dans les structures sociales. La violence et le comportement abusif sont compris, favorisés, voire encouragés par le fonctionnement social. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
8.la théorie fonctionnelle de Léonore Walker : la violence est une explication dynamique, fonctionnelle et non pas causale. La violence fonctionne sur trois phases distinctes, tension, épisodes violents, lune de miel. Walker démontre que la violence est un cercle addictif, les prisonniers de la violence sont dans un cercle infernal. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’approche de Kuenzi-Monard : la théorie des limites. Elle est basée sur les travaux de Bateson qui prônait qu’une explication « négative » ou « en mouvement » d’un évènement est préférable à une explication « positive » ou « statique ». Ce type d’explication génère du mouvement, incite à s’orienter vers les conséquences des faits et ainsi vise à une prise de responsabilité. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’auteure conclut qu’il est essentiel de faire une distinction entre l’explication causale et une limitation. L’explication causale clive la dynamique déjà polarisée entre victime et bourreau, elle maintient la violence plutôt qu’elle ne l’élimine. Elle constate que souvent il existe une rupture entre l’intention et l’action du psychothérapeute. Elle pense que le clinicien influence et est influencé par les questions qu’il pose. Les questions linéaires tendent à produire des raisonnements linéaires, il faudrait ainsi favoriser les questions circulaires, ouvrant de nouvelles possibilités.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le nombre de ces théories, par ailleurs très variées, est on le voit  abondant. Il est aisément compréhensible que l&#039;adhésion à l&#039;une ou l&#039;autre de ces théories, liées à des étiologies différentes de la violence, implique des interventions également différentes. &lt;br /&gt;
Dans notre travail, nous avons principalement abordé les théories féministes ou socio-culturelles et les théories circulaires, dont fait partie l&#039;approche systémique. La théorie fonctionnelle est également très présente dans les réflexions des thérapeutes, et la théorie des limitations est en expension. Ces théories ont en commun de ne pas prendre l&#039;individu comme centre de la problématique de la violence conjugale, mais plusieurs individus et leur relation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour conclure cette analyse des numéros de Thérapie Familiale, une différence flagrante apparaît entre les discours des professionnels publiés dans cette revue de systémique et les discours du sens commun, circulant au quotidien. En effet, les thérapeutes toujours en recherche d&#039;affinement de leurs concepts, par confrontation à la pratique, sont passés par tout une évolution théorique, prenant en compte les deux membres du couple, et débattant passionnément les questions de responsabilité et les notions de victime-agresseur. A l&#039;opposé, les causes de la violence conjugale les plus fréquemment évoquées et ancrées dans les représentations de la population se situent plutôt à un niveau individuel. Une partie est liée au genre, naturalisant les différences de sexe (la violence est inhérente à l&#039;homme, la douceur et la fragilité à la femme...); un autre type d&#039;explications courantes ramène le problème à des causes  individuelles  (alcoolisme, problèmes personnels...), voire psychologisantes  (trouble psychique, traumatismes dans l&#039;enfance, sado-masochisme...). Les catégories victime et agresseur sont clairement séparées dans le sens commun, tout comme l&#039;attribution du terme victime à la femme, et agresseur à l&#039;homme. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Propos issus de quelques entretiens===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;L’homme battu existe &#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour confronter les stéréotypes affiliés aux genres, nous avons cherché à interviewer des hommes battus. Paul et Luc (prénoms d’empreint) ont un point commun : leur passé d’homme maltraité. Ils ont été, tous les deux, physiquement battus par leur conjointe. Toutefois, il semblerait que la problématique de l’homme violenté intègre, dans sa forme globale, une autre forme de violence, une violence psychologique. Il ressort des entretiens que la forme physique ne semble pas être la forme de violence qui marque le plus. Pour essayer de comprendre au mieux le vécu violenté de ces hommes et plus généralement de toute personne impliquée dans des relations violentes, nous avons questionné la littérature ainsi que des professionnels de terrain. &lt;br /&gt;
Pour la travailleuse sociale, Sophie Torrent (2001), « la nature de la violence [à l’égard de la gente masculine] et ses modes d’expression traduisent, dirait-on, une violence spécifiquement féminine, subtile, qui atteint l’intégrité psychique de l’homme.» (p.33). L’homme victime de violence psychologique semble atteint surtout dans sa masculinité, plus précisément dans la représentation de la masculinité qui lui a permis de construire son identité. &lt;br /&gt;
« Le harcèlement que j’ai vécu par cette femme tyran m’a amené à perdre, pendant quelques temps, mon identité masculine… C’était quoi être un homme ? Je ne savais plus faire l’amour comme il faut en quittant ma femme. J’ai du réapprendre à accepter de prendre du plaisir. » Luc &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;La violence ; une histoire d’homme ? &#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Alors que nous venons de découvrir avec stupéfaction certaines réalités d’hommes maltraités par leur conjointe, comment traiter ces vérités face à notre idéal féminin construit ? Comment même penser à la violence des femmes, alors que celle que l’on exerce à leur égard est de loin la plus établie, la plus reconnue et de ce fait la plus portée par les médias ? De nos jours, la société reconnaît et prend en charge la femme violentée, qu&#039;en est-il de la femme violente ? Il est commun d’entendre qu’une femme violente est une femme malade psychologiquement ou encore que cette dernière n’agresserait que pour se défendre. Pour la psychothérapeute Diane Chayer, ( citée par Ruel &amp;amp; Guéricolas, 1998), il semblerait qu’il n’y ait tout simplement pas de permission sociale à la violence des femmes. « La société dit qu’il est presque normal pour un homme d’être violent. Mais une femme violente, c’est une extraterrestre. » &lt;br /&gt;
Pour Yvon Dallaire, « la femme violente peut ressentir de la fierté pour avoir battu plus fort qu’elle. Et la société ne la dénigre pas, elle cherche plutôt à la comprendre et à l’excuser, compatissant souvent à son sort. » (p26) A contrario, pour la responsable d’une structure acceuillant des femmes violentes, « celles et ceux qui passent de la parole aux actes souffrent, ils ont besoin d&#039;aide et y ont droit. Toutefois, la femme violente souffre de discrimination ; on ne veut pas lui reconnaître sa violence. » Il semblerait alors que, paradoxalement, la femme violente souffre des mêmes maux sociaux que l’homme maltraité. Une nouvelle fois, il semblerait que les stéréotypes, affiliés aux genres, décident de ce qui peut être acceptable ou pas. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Le statut de victime/agresseur &#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La responsable d’un établissement prenant en charge des femmes violentes nous apprend qu’il est difficile de tenir le fil rouge concernant les rôles de victime-agresseur. « On est là pour travailler sur la violence des femmes, en tant qu’auteures de violence et non en tant que victimes. Très souvent, ça dérape en justification des actes qui déplace la position d’agresseuse à celui de victime. » Il semble que souvent, l’agresseur se voit comme victime. Responsabiliser les acteurs(trices) de violence, c’est les aider à prendre conscience de leur violence. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Responsabilité dans la violence &#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La question est partagée. Alors que pour beaucoup, la responsabilité de la violence doit être assumée par son auteur(e), pour d’autres, elle doit être partagée. En effet, pour Denis Châtelain, co-fondateur d’une association prenant en charge des auteur(e)s de violence, « il faut prendre en compte le potentiel de violence de la victime dans la compréhension de la dynamique ». Pour la responsable d’une association accueillant des femmes violentes, « il est impossible de faire un tel travail si l’on part du principe d’une co-responsabilité dans la réalisation de la violence. En effet, on ne peut pas se permettre de déraper sur l’aspect empathique et comprendre voir d’excuser l’acte de violence au nom d’un statut de victime reconnu. Pour nous, l’acte violent n’est pas excusable, il est inadmissible quelque soit sa source ou sa justification. Ce qui nous paraît important c’est de faire en sorte de ne plus jamais en avoir à arriver là. » &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;La prise en charge de la violence &#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comment aborder la problématique de la violence conjugale et plus particulièrement celle des hommes maltraités et des femmes violentes ? Alors qu’Yvon Dallaire se demande si l’on « ne pourrait pas exploiter l’expertise des centres d’accueil pour femmes au profit des hommes battus et l’expertise des groupes d’entraide pour homme violents au profit des femmes violentes ? » (p29), la responsable d’une structure accueillant des femmes actrices de violence répond que « pour aider les femmes actrices de violence, il faut appliquer un traitement différencié. Les raisons étant parce qu’on n’éduque pas de la même façon une petite fille et un petit garçon, le rapport au féminin n’est pas le même. La violence masculine est légitimée. Par contre, on ne reconnaît pas ce droit à la femme. Cela étant dû aux stéréotypes de mère protectrice d’une part. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Point de situation===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Mouvement féministe...et&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A ce stade de notre article, nous pouvons établir difféents constats. Tout d’abord, la découverte de la violence conjugale et de ses effets a pour origine le questionnement du mouvement féministe. Celui-ci repris par des chercheur-e-s, a confirmé et précisé le phénomène de la violence conjugale. &lt;br /&gt;
La notion d’homme battu, qui nous avions posée comme une construction récente, date des premières recherches sur ce domaine, le syndrome de l’homme battu, développé par une chercheuse du l’équipe de Straus et al. a été un concept rapidement abandonné. Les défauts dans l’opérationnalisation du concept de violence, dans la méthode et dans l’interprétation des données de l’enquête effectuée à l’aide du Conflict Tactics Scales ont été largement reconnus. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;...évolution sociale et réponses masculines.&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous pouvons poursuivre nos constats à partir des travaux d’une chercheuse, rencontrée au détour d’un article de presse, Pascale Molinier, d’une tension qui s’avive entre hommes et femmes dans les années 1980. Certains hommes pro féministes tiennent un discours optimiste concernant la constitution d&#039;une société nouvelle et égalitaire et reconnaissent la domination masculine comme clé d&#039;un changement possible. D&#039;autres hommes tiennent un discours alarmiste et insistent sur le malaise identitaire engendré par cette modification des rapports sociaux source de perte de repères. &lt;br /&gt;
A partir de là, un autre phénomène apparaît, nous découvrons que des groupes d’hommes se forment autour d’auteurs, (Guy Cornaux au Canada, Jacques Salomé en France, ou plus récemment Y. Dallaire qui avec John Goetelen a organisé le premier Congrès international de la condition masculine à Genève en 2003) avec comme but de réfléchir à l’identité masculine fragilisée.  C&#039;est dans cette mouvance que l’on trouve aujourd&#039;hui les protagonistes d&#039;un détournement de la violence masculine au profit d&#039;une violence exercée contre les hommes par les femmes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;La violence domestique, une réponse étatique et institutionnelle&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Autre constat que nous pouvons déjà faire, la violence conjugale est un phénomène officialisé et les réponses institutionnelles se développent de plus en plus. Il est intéressant de faire le point sur l&#039;ampleur et les lacunes de l&#039;offre associative et institutionnelle, et prenons pour ce faire l&#039;exemple genevois. La brochure « la violence est inacceptable; violence conjugale que faire? » est la référence et est publiée par le Service pour la promotion de l&#039;égalité entre homme et femme, le Centre de consultation LAVI et Solidarité Femmes. De par les caractéristiques même de ces éditeurs, ajouté au fait que la brochure est rédigée par des auteures, c&#039;est à nouveau sous l&#039;angle des femmes victimes que la problématique est abordée. Dans la rubrique « Répertoire d&#039;adresses utiles », nous constatons qu&#039;il existe à Genève des services d&#039;hébergement; des services médicaux; des consultations juridiques; des services de consultations conjugales, familiales et de médiation auxquels peuvent s&#039;adresser des victimes de violence conjugale. Les foyers d&#039;hébergement cités sont des foyers pour les  femmes et leurs enfants exclusivement, dans le cas de difficultés qui ne sont pas restreintes à la violence conjugale, néanmoins dans la pratique ce type de violences représente la majorité des cas. Ce principe de foyer pour femmes en difficultés n&#039;est pas récent, le foyer Arabelle par exemple date de 1964. Solidarités Femmes est la seule association spécifique pour les femmes victimes de violence conjugale. Elle offre écoute; orientiation; information sociale et juridique, hébergement; entretiens individuels et activités de groupe. Excepté l&#039;hébergement, ces prestations sont gratuites. Il existe d&#039;autres services divers pour femmes, tels que Viol-Secours, SOS Femmes, F-Information ou Camarada. Certains organismes sont spécialisés dans les problématiques de violences, sans distinction de sexe, il s&#039;agit des Centres LAVI et au niveau médical du Centre  Interdiscplinaire de Médecine et de Prévention de la Violence des HUG. Dans la brochure de 2001, une seule adresse concerne les auteurs masculins de violence conjugale, il s&#039;agit de l&#039;association VIRES. Il est intéressant et très révélateur de constater que depuis sa fondation en 1994, cette association s&#039;est définie de trois manières distinctes:  d&#039;organisme pour les hommes ayant recours à la violence dans leur couple et dans leur famille, dans un deuxième temps le terme « hommes » a été remplacé par « personnes ». Actuellement c&#039;est l&#039;expression « Organisme de traitement et de prévention de la violence exercée dans le couple et dans la famille. » qui a été retenue. Si les professionnels de VIRES précisent que ce changement d&#039;appellation est consécutif  à une évolution dans la manière de penser et traiter la problématique de la violence conjugale et plus précisément ses sources et ses enjeux, les date de ces évolutions ne sont malheureusement pas précisées. Dans la dernière édition de la brochure sus-mentionnée, parue en 2004, apparaît une nouvelle association, dédiée à la prise en charge des femmes aux comportements violents. Cet organisme créé en 2001 ne se limite pas aux violences exercées dans la sphère familiale. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En conclusion de cet aperçu des diverses offres de soutien sous toutes ses formes adressé aux personnes impliquées dans la dynamique des violences conjugales, une lacune importante transparaît: il n&#039;existe pas à Genève de lieu spécifique aux victimes masculines de violence conjugale, que ce soit un foyer ou un lieu d&#039;information et de soutien. En règle générale, lorsqu&#039;un problème social lié à la violence émerge, ce sont les victimes qui bénéficient en premier lieu de l&#039;institutionnalisation. Par la suite, une réflexion se fait autour des auteurs, considérant qu&#039;eux aussi ont besoin de soutien afin de casser la dynamique de violence. Dans le cas de la violence exercée envers les hommes, les victimes sont ignorées par l&#039;absence de lieu spécifique; alors même que les femmes auteures de violence possèdent une telle infrastructure. Nous pouvons émettre l&#039;hypothèse que cela a un lien avec le stéréotype de femme-victime, la femme perpétrice de violence ayant souvent été elle-même victime, comme nous l&#039;avons vu plus haut. Amnesty relaie cette problématique pour que la violence domestique sorte du domaine privé et soit reconnue comme un problème public. Dans des revues spécialisées différents auteur-es font état de l’évolution des connaissances et des conceptualisations du problème. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’état fédéral se préoccupe de cette question et modifie le code pénal pour améliorer la protection des victimes de violence domestique. Les centres Lavi travaillent à la transformation de leur statistiques en vue également d’améliorer la visibilité de cette forme de violence. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Conclusion==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En fonction de tous les éléments qui précèdent, la conclusion de cet article montre que le concept  de violence conjugale apparu dans les années 1970 a trouvé sa place jusque dans la législation. Néanmoins les discours qui circulent sur ce type de violence sont une construction qui circonscrit la violence dans des stéréotypes caricaturaux stigmatisant à la fois les femmes en tant que victimes et les hommes comme agresseurs. De cette restriction découle la difficulté d’envisager l’existence d’hommes victimes de violence conjugale, et d’égale manière celle de femmes violentes. Cela a comme conséquence pour les personnes concernées une non-reconnaissance sociale, se manifestant par de forts préjugés à leur encontre, et de grandes lacunes institutionnelles. Les professionnels de la violence conjugale (médecins, thérapeutes) ont dépassé cette opposition et ils désignent les acteurs de la violence conjugale à un niveau de co-responsabilité qui ne distingue pas le sexe des protagonistes pour rendre compte de ce phénomène. Il y a ainsi un écart entre les discours dominants et les discours des professionnels, écart perceptible dans l’étude de la littérature et dans l’examen des sources que constituent les revues &amp;quot; thérapie familiale &amp;quot;. Enfin, il faut admettre la thèse selon laquelle la violence conjugale reste un phénomène qui bien que connu de tous, reste difficile à appréhender dans notre société. Criminalisée ici, combattue là, normalisée un peu plus loin. Elle fait partie d’un rapport à l’Autre institué par des règles sociétales contextualisées par un rapport différent d’être au monde « femme » ou « homme ». &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En effet, il existe des définitions similaires mais superficielles qui varient dans leur développement en fonction des positionnements et des valeurs de ceux qui les proposent. Les statistiques qui rendent compte de la violence conjugale proposent d’autre part des modalités qui ne permettent pas de distinguer précisément les victimes des agresseurs de manière précise et approfondie. Elles ne permettent pas d’affirmer avec précision que les hommes sont aussi victimes de violences, les modalités de genre n’étant pas assez développées dans la prise en compte statistique. Les hommes victimes existent, mais leur visibilité est très faible du fait que c’est un phénomène qui est en train d’émerger comme problème social. Ainsi, la violence conjugale reste un phénomène complexe et confus dans ses définitions. Enfin, on s’aperçoit que la violence conjugale reste un concept en mouvement sur le plan des institutions, qui proposent des possibilités de prise en charge nombreuses, mais néanmoins insuffisantes si l’on considère la prise en compte de la violence faite aux hommes. &lt;br /&gt;
Ces détracteurs pourront s&#039;appuyer probablement dans les années à venir sur les modifications des images féminines, les stéréotypes de la femme douce et soumise ont tendance à s&#039;estomper. Et l&#039;on peut se demander si les jeunes femmes ne se permettront pas plus que par le passé d&#039;exprimer leurs sentiments de colère et violence, là où s&#039;exprimaient auparavant peut-être impuissance, tristesse et dépression.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Difficultés===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le sujet que nous avons abordé tout au long de ce travail est délicat. Nous avons relevé le peu de neutralité émanant des sources existantes sur ce thème, chaque écrit représentant une certaine prise de position, quant à la causalité de la violence conjugale par exemple, ou les convictions cachées derrière l&#039;attribution de statuts victime-agresseur ou victime-victime. &lt;br /&gt;
Cette subjectivité rentre en interrelation avec notre sensibilité propre, individuelle, qui n&#039;est donc pas la même entre les personnes de notre groupe. Le fait que celui-ci soit constitué de deux femmes et deux hommes est très enrichissant, et même primordial quand on s&#039;attèle à ce type de problématique. Néanmoins, cela implique un investissement conséquent en termes de discussion, explicitation des attentes et valeurs de chacun, en redéfinition continuelle de la problématique. &lt;br /&gt;
Dans notre tentative d&#039;objectiver notre problématique, nous ne sommes que très peu aidés par les statistiques. Elles aussi disent ce qu&#039;elles ont envie de dire, et sont sans cesse remises en cause par des détracteurs. La conséquence en est qu&#039;aucune statistique ne sert vraiment de référence consensuelle dans la compréhension de la violence conjugale. Dans les statistiques policières, souvent la violence conjugale n&#039;est pas comptabilisée de manière séparée des autres délits de violence; dans d&#039;autres types de statistiques c&#039;est le genre qui n&#039;est pas retenu comme variable pertinente. En effet, derrière les chiffres, on découvre des définitions très variables de la violence: certains ne prennent en compte que la violence physique; d&#039;autres considèrent que de nombreux petits signes de nature verbale ou psychologique sont un pas dans l&#039;escalade de la violence, et les jugent donc de même poids que des coups. Entre ces deux extrêmes, toutes les variations sont présentes... &lt;br /&gt;
Il est intéressant de relever à quel point certains chiffres sont médiatisés, afin d&#039;avoir un impact sur la population, alors que ces mêmes chiffres sont discutables au niveau statistique. Pour conclure, nous nous sommes rendus compte que malgré une certaine médiatisation, qui n&#039;est pas si récente, de la violence conjugale, nous ne savons pas tellement de choses à ce sujet, ou plutôt il existe peu de consensus, voire la co-existence d&#039;approches inconciliables. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Références bibliographiques ==&lt;br /&gt;
Les lectures citées dans le travail final&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Amnistie: Le magazine pour les droits humains, &#039;&#039;Dossier Combattre la violence domestique&#039;&#039;  No 44, février 2006.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Amnistie, Journal d&#039;action pour les droits humains, janvier 2006.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Dallaire Y. (2002). La violence faite aux hommes. Une réalité tabou et complexe. Québéc: Options santé. [[Résumé du livre]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Gillioz L., De Puy J., Ducret V. (1997). Domination et violence envers la femme dans le couple. Lausanne : éditions Payot. [http://home.etu.unige.ch/~maneira4/R_sum__aeticle.doc Résumé de l&#039;article]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Ruel S. &amp;amp; Guéricolas P. (1998). La violence des femmes : derrière le masque. In Gazette des femmes Vol. 20. (no 4). (Novembre-Décembre 1998).[Version électronique]. Accès le 20 novembre 2005 : &lt;br /&gt;
http://www.gazettedesfemmes.com/recherche/?F=recherche&amp;amp;idt=10075&amp;amp;affart=2866&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Torrent S. (2001). L’homme battu, un tabou au cœur du tabou. Québec: Option Santé. [http://home.etu.unige.ch/~maneira4/fiche%20de%20lecture%20homme%20battu.pdf Résumé du livre ]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Praplan G., &#039;&#039;Quand le sexe faible est violent&#039;&#039; in Repère Social, No 73, février 2006.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Bibliographie ==&lt;br /&gt;
Les lectures utilisées mais pas citées dans le travail final&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Bretonnière-Fraysse et al. (2001). &#039;&#039; De la violence conjugale à la violence parentale&#039;&#039;. Eres [[Résumé|Résumé du livre]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Jackson D., Welzer-Lang D. (1998). Violence et masculinité. Toulouse : imprimerie 34.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Office fédéral de la statistique : Aide aux victimes. Chiffres clés. http://www.bfs.admin.ch/bfs/portal/fr/index/themen/rechtspflege.html&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Rey, H. et al. (2006). Les violences conjugales: pour une clinique du réel. &#039;&#039; Journal International de Victimologie&#039;&#039;. Année 4, No 1. [[Résumé de l&#039;article]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Miguel</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Violence_conjugale:_De_la_femme_battue_%C3%A0_l%27homme_battu...&amp;diff=4294</id>
		<title>Violence conjugale: De la femme battue à l&#039;homme battu...</title>
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		<updated>2006-06-20T15:42:37Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Miguel : /* Ce qu’en disent les livres et leurs auteur(e)s. Revue de littérature */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&#039;&#039;&#039;Membres du groupe&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Chantal Cornut&lt;br /&gt;
* Céline Pittet &lt;br /&gt;
* Jean-Christophe Contini&lt;br /&gt;
* Miguel Maneira &lt;br /&gt;
[mailto:maneira4@etu.unige.ch,contini2@etu.unige.ch,cepittet@hotmail.com,ch.cornut-piller@bluewin.ch Ecrire au groupe]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 [[L&#039;homme battu: le mâle...traité|Notre projet]]  |  [[Plan de recherche: Violence conjugale; un concept en mouvement|Notre plan de recherche]]  |  [[Espace de dialogue|Notre espace de dialogue]]  |  [[Trésorus de notre groupe|Notre île aux trésors]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Violence conjugale: De la femme battue à l&#039;homme battu...=&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== &amp;quot;L’homme battu&amp;quot;: un phénomène nouveau ? Introduction ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le questionnement qui est à l’origine de ce travail prend source dans la rencontre d’un concept qui semble nouveau de prime abord : &amp;quot;l’homme battu&amp;quot;. Ce concept apparaît dans l’ouvrage récemment publié de Sophie Torrent (2001). Ce livre met en lumière l’existence d’hommes victimes de [[violence|violences ]] exercées par des femmes à leur encontre, il interroge également les questions identitaires vécues par ces &amp;quot;nouvelles victimes&amp;quot;, à travers la conduite de multiples entretiens. Ces propos peuvent intriguer, parfois rendre perplexe et curieux celui ou celle qui les entendent. Le présent article proposera des recherches bibliographiques qui devraient permettre de découvrir des discours proches des propos de Torrent. Le premier constat est que ce &amp;quot;phénomène&amp;quot; des hommes battus est, dans une moindre mesure, relayé dans d’autres ouvrages qui l’inscrivent dans le cadre plus large de la [[violence conjugale|violence conjugale]] . Les recherches livresques tenteront ainsi de répondre à la question principale qui guide la recherche : comment le phénomène de &amp;quot;l’homme battu&amp;quot; s’inscrit-il dans le paradigme de la violence conjugale ? Les questions secondaires qui en découlent sont multiples : quand est-ce que ce concept est apparu ? Par qui a-t-il été développé ? Quels sont les discours qui relaient ce concept ou qui s’y opposent ? Les éléments qui composent la revue de littérature qui apparaîtra plus loin permettront d’entrevoir certains points qui semblent être récurrents. On s’aperçoit ainsi que le concept d’&amp;quot;hommes battus&amp;quot; se trouve à chaque fois en tension avec celui de &amp;quot; femmes battues &amp;quot; dans le cadre de la violence conjugale qu’il reste à définir. Nous sommes ici confrontés à deux discours contraires entre des groupes de pressions constitués autour de la &amp;quot;souffrance masculine&amp;quot; et les propos issus de certains discours [[féminisme|féministes]] . cette opposition – qui est caractérisée grossièrement entre les deux discours – se dédouble d’une autre opposition dans la désignation des acteurs de la violence conjugale en termes de victime et d’agresseur. Les  acteurs sont ainsi stigmatisés, avec des stéréotypes qui désignent de manière massive l’homme comme agresseur et la femme comme victime.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La  violence conjugale : où en sommes-nous aujourd’hui ? Des discours en tension. Problématique ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La violence conjugale semble être de prime abord un phénomène bien connu de nos jours. Les médias rendent régulièrement compte de ses conséquences, bon nombre d’associations ont été créées pour répondre à l’appel des victimes, une loi sur la protection des victimes a été instaurée, beaucoup de thérapeutes œuvrent également dans ce domaine. Il est question, la plupart du temps, des violences subies par des femmes et exercées par des hommes, il est dans une moindre mesure, question de la violence exercée par des femmes contre des hommes. Ce dernier phénomène reste minoritaire cependant, et fait l’objet de nombreuses critiques. Bien souvent, les discours opposent des mouvements &amp;quot;féministes&amp;quot; à des groupes &amp;quot;masculinistes&amp;quot;, les uns dénonçant sans cesse l’ineffable violence des hommes envers les femmes, les autres dénonçant cette vision de l’homme éternellement &amp;quot; agresseur &amp;quot;, allant jusqu’à affirmer que des hommes sont aussi des &amp;quot; victimes &amp;quot; et que la violence peut aussi être l’apanage des femmes. Ici apparaît le concept &amp;quot; d’hommes battus &amp;quot; qui a émergé dès les années septante. Afin de prendre de la distance vis-à-vis de ces deux positions antagonistes, il s’agit tout d’abord d’étudier ce que disent certains auteurs sur la violence conjugale, à la fois sur la violence subie par les femmes et par les hommes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Ce qu’en disent les livres et leurs auteur(e)s. Revue de littérature==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette revue de littérature suit la chronologie du questionnement et du cheminement, qui, en commençant part la découverte du concept de &amp;quot;l’homme battu&amp;quot;, conduit à approfondir les recherches au concept de la femme battue et à appréhender dès lors le problème social que constitue la violence conjugale, qui englobe les deux autres concepts. La recherche bibliographique a privilégié les ouvrages qui traitent spécifiquement de l’existence du concept de &amp;quot;l’homme battu&amp;quot;, dans une actualité la plus récente possible. Peu de littérature existe à ce sujet, cependant, les ouvrages les plus récents (Torrent et Dallaire) font tous les deux référence à l’inscription du concept de l’homme battu dans celui de la violence conjugale. Les investigations ont  été élargies à ce domaine, toujours à la recherche du moindre élément concernant la violence faite aux hommes. &lt;br /&gt;
Sophie Torrent, dans son ouvrage sur l’homme battu (2001) met directement en question le fait qu’il existe au sein de la vie de couple une violence faite aux hommes, une violence souvent difficile à accepter, celle-ci allant à l’encontre de [[stéréotype|stéréotypes]] tels que celui qui considère que la femme est l’élément faible du couple et que l’homme en est le dominant. Dans la première partie de son livre, l’auteure tente tout d’abord d’expliquer ce phénomène atypique de l’homme battu, cet &amp;quot;impensable social&amp;quot; dit-elle. Elle analyse les différents types de violences (physique, sexuelle, psychologique, verbale et économique) pour ensuite orienter son analyse vers la notion de &amp;quot;rôles sociaux&amp;quot;. Elle montre comment l’homme violenté est agressé jusque dans les &amp;quot;facettes&amp;quot; qui font son [[identité|identité]] . Pour elle &amp;quot;être battu invalide l’homme dans son appartenance à la catégorie sociale homme&amp;quot;. Dans la deuxième partie de son ouvrage, Torrent réfléchit sur les différentes stratégies élaborées par l’homme pour gérer des situations difficiles. Elle s’appuie notamment dans son travail de recherche sur des interviews réalisées avec des &amp;quot;hommes battus&amp;quot;. &lt;br /&gt;
C’est dans une considération assez proche qu’Yvon Dallaire (2002), thérapeute au Québec, aborde le phénomène de la violence faite aux hommes (La violence faite aux hommes. Une réalité taboue et complexe). Il nous rappelle le constat de l’existence ineffable de la violence dans l’humanité, violence souvent fortement médiatisée, mais selon lui, de manière incomplète. En effet, dit-il, notre attention ne serait attirée que vers une forme de violence, soit celle faite par les hommes contre les autres hommes (guerres, voies de fait, suicides), contre les femmes (violence conjugale, viol, meurtre, tueurs en série) et contre les enfants (violence infanticide, meurtre suivi de suicide). Pour Dallaire, une forme de violence a été occultée : la violence des femmes faite envers les femmes, les hommes et les enfants. Le propos de son texte est de démontrer d’une part que des femmes peuvent être tout autant violentes que des hommes, et que d’autre part, l’analyse de la violence conjugale s’inscrit dans un paradigme teinté de sexisme et de discrimination. Pour cet auteur, la violence conjugale ne se décline pas simplement sur le mode victime-agresseur, mais plutôt sur celui de victime-victime, de deux individus qui sont les co-créateurs d’une escalade débouchant sur l’explosion physique. Afin d’alimenter son propos, Yvon Dallaire met en lumière les stéréotypes et les préjugés qui circulent dans le discours commun : l’homme est un être violent, un abuseur d’enfants, un irresponsable, les hommes sont tous des obsédés sexuels, il sont tous infidèles, menteurs et manipulateurs. Dès lors, toute violence féminine est considérée comme relevant de la légitime défense, l’homme est ainsi rendu coupable de toute la violence conjugale. Précisons ici que l’auteur dénonce le discours d’influence féministe qui se déploie dans le contexte québécois. Son objectif est de connaître les réelles dimensions de la violence conjugale, plutôt que de rechercher un coupable à punir, toujours le même : l’homme. &lt;br /&gt;
L’ouvrage de Bretonnière-Fraysse et al. (2001), incontournable pour le sujet, propose quant à lui un autre regard qui positionne clairement les femmes en tant que victimes et les hommes comme agresseurs, sans nuances : &amp;quot;on le sait, la violence conjugale a toujours existé ; on le sait aussi : les victimes en sont les femmes et les auteurs, les hommes. Mais elle demeure encore cachée, honteuse, secrète&amp;quot;. Cet ouvrage prend un regard anthropologique et historique pour nous montrer la condition de victime de la femme à travers les époques passées et jusqu’à nos jours. &lt;br /&gt;
Gillioz, De Puy et Ducret quant à elles (2000), font état des connaissances qui ont fait de la violence familiale et de la violence contre les femmes, un champ d’étude relativement nouveau dans les sciences sociales. Elles nous rappellent que jusque dans les années soixante, la société et avec elle les scientifiques vivent sur le mythe de la famille non violente. Cette dernière étant considérée comme rare et comme étant le fait d’individus déséquilibrés. Dans les années septante, sous l’influence de militantes féministes anglo-saxonnes qui ouvrent des refuges pour femmes battues et portent la question de la violence conjugale sur la place publique, ce phénomène jusque-là occulté est posé comme problème socio-politique. C’est dès lors que les sciences sociales vont s’y intéresser, à travers deux grands courants de recherche. Le premier est constitué par des études portant sur la violence subie par les femmes au sein de la famille et postule, en se fondant sur les prémisses théoriques féministes, que cette violence est spécifique. Ilc il est nécessaire de l’étudier indépendamment des autres types de violence familiale qui relèvent d’autres logiques. Le deuxième courant de recherche, issu de la sociologie de la famille, a pour objet la violence familiale et considère la société et ses institutions comme des systèmes consensuels qui embrassent dans la même problématique l’ensemble de la violence qui se déroule dans le cadre familial. L&#039;ouvrage de Gillioz et all. mentionne également les travaux de Strauss, Gelles et Steinmetz (1977), à partir desquels a été tiré l&#039;affirmation que les femmes sont aussi violentes que les hommes. C’est à ce moment qu’apparaît le concept du &amp;quot;mari battu&amp;quot;, des résultats tirés des statistiques de cette recherche, ont permis à l&#039;un des chercheurs de conclure que ce qui était le plus sous-estimé n’est pas la femme battue, mais le mari battu. La validité scientifique reste toutefois fortement contestée, nous en trouvons les arguments dans l’ouvrage de Gillioz, De Puy et Ducret. &lt;br /&gt;
Cette revue de littérature se conclut par l’approche systémique de Perrone et Nannini (1995) qui proposent leur livre comme un manuel à l’usage des professionnels appelés à intervenir auprès des familles. Leurs présupposés considèrent que la violence n’est pas un phénomène individuel, mais la manifestation d’un phénomène interactionnel. La violence est ainsi un mode particulier de communication entre partenaires qui sont tous impliqués et par là même responsables au sens interactionnel du terme. Comme Yvon Dallaire, les auteurs ne considèrent pas les acteurs de la violence conjugale en termes de &amp;quot;victime-agresseur&amp;quot;, ni en termes &amp;quot;hommes-femmes&amp;quot;. Les objectifs et les enjeux que ces deux auteurs proposent s’appuient sur l’idée que chacun doit devenir et se penser responsable de ses propres comportements. C’est également selon cette optique que certains &amp;quot;cliniciens&amp;quot; abordent en partie la question dans leur article (Rey, H et al. 2006).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Des recherches complémentaires nécessaires. Choix et méthodes==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En fonction des éléments de la problématique développée jusqu’ici, l’objectif de la recherche a consisté à y voir plus clair en tentant de répondre à la question posée, « comment le phénomène de l’homme battu s’inscrit dans le paradigme de la violence conjugale » ainsi qu’aux questions complémentaires citées dans l’introduction ?  Afin de prendre une nécessaire distance vis-à-vis du regard que propose la revue de littérature, il est nécessaire d’orienter les recherches sur d’autres sources d’informations diverses. Il est dès lors intéressant d’examiner si des statistiques existent sur les &amp;quot;hommes battus&amp;quot; et sur les &amp;quot;femmes battues&amp;quot; et dès lors de voir si celles-ci peuvent éclaircir les questions posées. Pour cela nous avons choisi de travailler à partir des statistiques des centres Lavi disponibles à l’office fédéral de la statistique. &lt;br /&gt;
Dès lors que le phénomène des &amp;quot;hommes battus&amp;quot; s’inscrit dans le cadre de la violence conjugale notre choix s’est porté également sur la recherche d’éléments de compréhension dans une série de revues spécialisées : « Thérapie Familiale », revue internationale en Approche Systémique, dont nous avons retenu les numéros mentionnant explicitement des articles sur la violence conjugale ou domestique (1995, Vol. 16 no 3 – 1999, Vol. 20 no 4 – 2000, Vol. 21, no 4 – 2001, Vol. 22 no 4).    &lt;br /&gt;
De plus, pour avoir une vision plus globale, une revue d’articles de presse étudiant quelques articles récents peut être pertinente. Nous avons sélectionnées des articles toujours sur le thème de la violence faite aux femmes et / ou aux hommes. Amnistie: Le magazine pour les droits humains, No 44, février 2006   interviews thématiques du Dr Vannotti, médecin adjoint à la Policinique de Lausanne et de  Madame Yakin Ertuk, rapporteuse spéciale de l&#039;ONU sur la violence contre les femmes ; Amnistie, Journal d&#039;action pour les droits humains, janvier 2006 ; Repère Social, No 73, février 2006, article : quand le sexe faible est violent ; Le Courrier du 18 mai 2005, article relatant le 1ier congrès de la condition masculine. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Enfin, nous avons opté pour une recherche mettant en œuvre la conduite de plusieurs entretiens compréhensifs semi-directifs auprès de professionnels de la prise en charge de la violence conjugale ainsi qu’auprès de &amp;quot; victimes &amp;quot; masculines qui accepteraient de nous apporter leur témoignage. A cet effet, nous avons trouvé pertinent de construire deux types de grilles d&#039;entretiens, l&#039;une pour les professionnels, l&#039;autre pour les hommes &amp;quot;victimes&amp;quot;. Malgré la promesse d&#039;anonymat, nous n&#039;avons pas pu enregistrer les entretiens. De ce fait, nous basons nos propos sur les notes retenues. Chaque entretien s&#039;est déroulé, pendant une heure trente, dans un lieu décidé par la personne interviewée. Nous avons mené, dans notre phase d&#039;investigation de terrain, quatre entretiens, dont deux avec des &amp;quot;victimes&amp;quot; masculines de maltraitance conjugale. Nous avons rencontré Denis Chatelain, co-fondateur de l&#039;association Vires. Cet organisme de traitement et de prévention de la violence exercée dans le couple et la famille, vient en aide aux personnes qui ont recours à la violence. Nous avons aussi rencontré la fondatrice d&#039;une fondation prenant en charge des femmes violentes, qui a souhaité garder l&#039;anonymat. Toutefois, il est possible de dire que l’objectif premier de cette association est la prévention de la maltraitance et la violence auprès des enfants, personnes âgées et conjoints. Nous avons réussi, à travers une association luttant pour la condition masculine, prendre contact avec deux hommes se déclarant comme &amp;quot;battus&amp;quot;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous étudierons également des sources  issues de la Loi Fédérale sur l’aide aux victimes et de Amnesty internationale tout comme des revues spécialisées dans le domaine de la thérapie familiale et plus particulièrement les articles concernant la violence domestique. &lt;br /&gt;
Ces éléments correspondent à ce que l’on pourrait appeler une &amp;quot;recherche sur le terrain&amp;quot;. &lt;br /&gt;
Nos sources seront ainsi multiples : entretiens ; revue de presse ; statistiques ; revues spécialisées. L’analyse des contenus du matériel récolté, prendra pour point d’appui la désignation des acteurs de la violence conjugale, en termes de stéréotypes (stigmatisation) et dans une approche de &amp;quot; genre &amp;quot; étudiant les rapports sociaux hommes-femmes par rapport à cette thématique, ainsi que les rapports victimes-agresseurs qui s’y rattachent. L’analyse devrait ainsi permettre de réunir des points de vue différents et ainsi de confirmer ou d’infirmer, voire de &amp;quot;tempérer&amp;quot; ce qui ressort dans la revue de littérature en fonction des auteurs choisis.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Résultats des recherches==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Dans divers articles de presse===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout d&#039;abord, Amnesty affiche une grande visibilité de la problématique de la violence conjugale, grâce à son magazine pour les droits humains (février 2006), son journal d&#039;action (janvier 2006) et son site internet, qui tous trois évoquent récemment la violence domestique. En effet, Amnesty a commencé en mars 2006 sa campagne suisse « En route contre la violence domestique », dont l&#039;action principale consiste en un tour de plusieurs cantons du mobile home &amp;quot;sweet home&amp;quot; afin de briser le tabou qui entoure la violence dans le couple, d’améliorer les interventions de l’Etat contre la violence domestique, et de sensibiliser le grand public, en particulier les jeunes et les hommes, notamment dans les régions rurales. Les revendications d’Amnesty International en matière de violence domestique repose sur l’obligation de l’Etat d’agir contre cette forme de violation des droits humains. Car aujourd’hui si la visibilité du débat public sur la violence domestique s’est améliorée, les menaces, coups, contraintes, viols et meurtres auxquels les femmes sont souvent exposées dans leurs quatre murs constituent un sujet rarement perçu comme relevant des droits humains. De la sensibilisation est encore nécessaire pour considérer que l’empêcher ne relève pas de la sphère privée des couples et des familles concernées, et ne pas l’assimiler à un « problème de femmes », mais à une mission publique, qui touche tout le monde. Pourtant il s’agit bien de droit à l’intégrité physique et psychique : droit à la liberté et à la sécurité, droit à la santé, droit à l’absence de torture ou d’autres traitements dégradants et même souvent le plus, droit à la vie. La position d&#039;Amnesty International quant à la violence domestique consiste à considérer sa cause dans les rapports inégalitaires de sexe. L&#039;accent est mis sur les représentations sociales qui ne cessent de faire le lien entre violence et masculinité. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le numéro du journal Repère Social de février 2006 s&#039;intitule « Quand le sexe faible est violent » et à travers le prétexte de l&#039;ouverture récente à Lausanne d&#039;un accueil pour femmes violentes, aborde ce sujet trop rarement médiatisé de la violence des femmes. L&#039;auteur, Geneviève Praplan, présente les associations Vires et Face à Face à Genève, et Violence et famille à Lausanne. Cette dernière institution travaille depuis sept ans avec des hommes violents, mais accueille depuis novembre 2005 également des femmes violentes. Le Coordinateur et plusieurs intervenants ont été formés au Québec, auprès d&#039;OPTION, institution pionnière fondée par le psychothérapeute Jacques Broué en 1985. A Violence et Famille, c&#039;est ainsi sous forme de thérapie de groupe que se déroule l&#039;accompagnement, après quelques entretiens individuels. Le processus de réflexion engagé avec les auteur(e)s est le même pour les hommes que pour les femmes. Néanmoins, il est spécifié qu&#039;il faut être spécialement vigilant avec les femmes, en vérifiant qu&#039;elles ne sont pas &amp;quot;davantage des victimes que des agresseurs&amp;quot;. De plus, rapidement le lien entre passé et présent doit se faire. &amp;quot;Hommes et femmes ne sont pas forcément égaux devant leur violence&amp;quot;: dans l&#039;inconscient collectif masculin, il est nécessaire d&#039;affirmer sa virilité, la violence masculine est ainsi plus facilement excusée. Au contraire, les rôles sociaux attribués aux femmes font qu&#039;on la juge plus sévèrement si elle fait usage de violence, mais leur permet de reconnaître moins difficilement que les hommes leurs actes violents. L&#039;auteur met en avant que les chiffres manquent quant à l&#039;ampleur de la violence féminine, surtout exercée envers ses enfants. Par ailleurs les préjugés quant aux données socio-économiques des auteurs de violence perdurent. Cela est en partie dû au fait que les familles en situation précaire sont plus aisément repérées par les services sociaux, vu l&#039;étendue de leurs besoins. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le Courrier du 18 mai 2005 relate et questionne le 1ier congrès international de la condition masculine a eu lieu à Genève le mars 2003. (en 2005 a eu lieu à Montréal).  L’auteure de l’article Virginie Poyetton nous dit que ces colloques font partie d’un mouvement plus large qui met en avant « la crise de la masculinité »  en réaction à l’émancipation « trop » radicale des femmes. Si ce courant est minoritaire au sein de la gent masculine, il participe d’une tendance qui remet en question l’avancée des droits des femmes. &lt;br /&gt;
Les masculinistes (nom que se sont donnés les défenseurs de la condition masculine) pensent que le féminisme les a forcés à changer et depuis ils se sentent dépossédés de leurs  identités et de leurs droits. Ils souffrent d’injustices : discrimination  positive au travail faveur des femmes, préjugés favorables aux mères en cas de divorce, fausses allégations de violence ou d’inceste, pensions alimentaires disproportionnées, hausse du décrochage scolaire chez les garçons, augmentation de la prescription d’antidépresseurs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;La violence conjugale :d’où vient ce concept, comment a-t-il été défini, comment s’institutionnalise-t-il ? Historique, définitions, statistiques et cadre légal&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Aborder le problème social de la violence conjugale incite à faire un retour vers les années 1970. C’est à cette époque que l’on peut situer les premières recherches sur ce thème mettant en question le mythe de la famille non violente. Les militantes féministes amènent la question de violence conjugale sur la place publique et le posent comme un problème socio-politique. La question de la violence est abordée comme conséquence des rapports de domination, c&#039;est-à-dire des effets de l’exercice d’une influence déterminante d’un groupe, les hommes, sur un autre, les femmes. Tout rapport de domination suppose, en effet, en dehors du rapport de pure violence, un système de justification visant à obtenir un minimum de &amp;quot;volonté d&#039;obéir&amp;quot; de la part des assujettis, note le Petit Robert. &lt;br /&gt;
Les sciences humaines vont s’y intéresser. De nombreuses études sont entreprises dans les années 1970 et 1980 dans le but de décrire la violence domestique, de pouvoir la chiffrer, de chercher à l’expliquer, d’étudier ses conséquences sur les victimes, et d’examiner les réponses sociétales à ce problème. &lt;br /&gt;
Les résultats de l&#039;une de celle-ci, Straus et al.(1977) permettent de dire que femmes et hommes admettent recourir à des tactiques de violence dans des situations de conflits. Ce résultat est basé sur le &amp;quot;Conflict Tactics Scales&amp;quot; (CTS), échelles centrées sur les tactiques de gestion des conflits, qui intègrent une série de comportements allant des plus rationnels aux plus violents. Cette étude permettra à l’une des auteur-e-s, Steinmetz, de tirer la conclusion de l’existence du « syndrome de l’homme battu ». Ce qui sera contesté pour insuffisances méthodologiques. Depuis la plupart de chercheurs et chercheuses renoncèrent à utiliser ce concept. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===L’institutionnalisation du concept de violence domestique: Les centres LAVI et les politiques de prise en charge (contexte suisse et suisse romand)===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une loi fédérale est votée (4 octobre 1991), sur l’aide aux victimes. Elle démontre que être « victime de violence» constitue maintenant une déviance secondaire. Les plaignants sont identifiés, l’état institutionnalise leur prise en charge, les centres Lavi sont créés et les consultations augmentent au fil des années. Et si la notion même de « victime » est large, accidenté de la route, attentats, viol, contrainte sexuelle, séquestration, elle comprend spécifiquement les violences domestiques. &lt;br /&gt;
Dès lors, elle permet également aux femmes victimes de violence conjugale d&#039;être reconnues, visibilées et aidés. &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Des centres Lavi, issus de cette loi, sont créés sur le territoire suisse. Ils ont  pour but de fournir une aide efficace (conseils, la protection de la victime, la défense de ses droits dans la procédure pénale et l’indemnisation et la réparation morale) aux victimes d’infractions ou d’une atteinte directe à son intégrité corporelle, sexuelle ou psychique et à renforcer leurs droits. &lt;br /&gt;
La police est tenue d’informer les victimes  en transmettant les coordonnées de celle-ci au centre Lavi. On peut constater que ces centres apportent une aide immédiate et des prestations fournies gratuitement ( frais médicaux, d’avocat ou de procédure peuvent également être pris en charge. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous constatons également l’étatisation de la prise en charge de la formation du personnel des centres Lavi, et la spécialisation des professionnels qui y sont impliqués. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On peut constater que la prise en compte de la situation des femmes dans le cadre de la violence domestique évolue petit à petit. Il est intéressant de suivre le dépôt d’une initiative parlementaire le  14 juin 2000, par la Conseillère Ruth-Gaby Vermot-Mangold. Ce n’est qu’en novembre 2005, que le  Conseil fédéral propose un nouvel article 28b dans le code civil visant à protéger la victime de violence ou de harcèlement en lui donnant le droit de requérir le juge d’instruction d’interdire à l’auteur de l’atteinte de l’approcher, de fréquenter certains lieux ou de prendre contact avec elle. Le nouvel article amène une notion nouvelle, celle de la prévention de la violence domestique, nouvelle tâche des centres Lavi,  pour éviter la violence et sa récidive.  &lt;br /&gt;
Le Code pénal sera modifié en ce sens en juin 2006. Désormais les actes de violence domestique seront poursuivis d’office et non plus sur plainte de la victime.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Statistiques des centres Lavi.===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous espérions obtenir des informations statistiques sur la violence conjugale, or, celles que nous avons pu obtenir par l’intermédiaire de l’office fédéral de la statistique ne peuvent être utilisées que très partiellement. En effet, jusqu’en 2004, les centres Lavi recensaient le nombre de consultations et non pas les personnes. Une consultation peut se rapporter à une infraction commise à plusieurs reprises et une même personne peut être comptabilisée plusieurs fois en l’absence d’indicateur de personnes. Il faut également préciser qu’il n’est pas possible de repérer exactement s’il s’agit de violence conjugale. Les chiffres qui peuvent être intéressants pour nous résultent d’un croisement des items : relation familiale auteur – victime, sexe de la victime, sexe de l’auteur présumé.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Si nous prenons l’année 2004 comme référence, les chiffres nous donnent une idée intéressante sur la question qui nous occupe, à savoir la violence féminine et masculine :&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
[[image:lavi.jpg|statistiques fédérales]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Toutefois, il semble important de se questionner sur la mise en forme de certains items. En effet, comment comprendre « avec auteurs présumés de sexe masculin » ? Quelle utilité cet intitulé peut apporter aux concitoyens ? Quelle différence effective avec les auteurs réels de ces actes ? Comment interpréter l’absence des items « avec victimes de sexe masculin » et « avec auteurs présumés de sexe féminin » ? Dans ce cas faut-il comprendre que les femmes victimes consultent plus, alors que les hommes restent cachés?  Quelle réalité se cache derrière ces chiffres?  &lt;br /&gt;
De plus, Jean-Philippe BRANDT, du service de presse &amp;amp; relations publiques de la Police de Genève, informe qu’ « il n’est pas fait de différences quant au sexe de la victime en ce qui concerne les violences conjugales. » Comment dans ces conditions, donner une validité fédérale à des statistiques qui ne peuvent pas prendre en compte des réalités cantonales ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Revue &amp;quot;Thérapie Familiale&amp;quot;===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous avons jugé opportun d&#039;analyser des numéros de Thérapie Familiale, une revue trimestrielle d&#039;orientation systémique. Cette source représente en effet le point de vue théorique et le constat des pratiques des thérapeutes de famille. Il est pertinent de se demander à quel point le discours de ces professionnels de la famille influence la société et est en retour influencé par elle. Les catégories victime-agresseur y sont-elles aussi clairement définies que dans le sens commun et certains discours? Fait-on une différenciation au niveau de l&#039;étiologie de la violence et de ses conséquences selon le genre? Le contact avec les patients remet-il en question certaines pratiques thérapeutiques et fait-il avancer les models conceptuels? Pour répondre à ces interrogations, nous avions à disposition tous les numéros parus depuis de nombreuses années afin d&#039;observer à quelle fréquence et sous quelle forme la thématique des violences conjugales était abordée. Nous avons porté notre choix sur la période allant de 1995 à 2001, pendant laquelle quatre numéros contiennent des articles dédiés à notre sujet. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les deux premiers numéros analysés, datant de 1995 et de 2000 sont riches d&#039;informations car rédigés par les mêmes auteurs, qui font part de l&#039;évolution de leur réflexion durant les cinq ans écoulés. Le numéro de 2000 a été écrit par des thérapeutes colombiens, ce qui nous montre la préoccupation internationale des thérapeutes de famille autour de la violence conjugale et leur désir d&#039;échanger à ce sujet. Quant au dernier numéro pris en compte, celui de 2001, il présente la synthèse des théories les plus utilisées à propos de la violence domestique. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les auteurs des deux premiers numéros analysés sont membres de l&#039;association française Vivre sans Violence, issue d&#039;observations de professionnels travaillant avec des femmes victimes de violence conjugale. Autour de 1985 il y eut de nombreuses interrogations sur les pratiques, mettant en avant les limites de la prise en charge d&#039;alors: les femmes retournaient le plus souvent au domicile conjugal, où les violences reprenaient. De plus, peu de femmes se sentaient prêtes à faire un travail de réflexion sur les événements de violence vécus. Les professionnels ont trouvé certaines réponses en s&#039; inspirant du modèle québécquois de prise en charge des hommes violents de Robert Philippe. La conscience de la nécessité de s&#039;intéresser également aux agresseurs a ainsi émergé et les premières structures de soutien aux auteurs de violence ont apparu.  Les auteurs préconisent par ailleurs un changement: le départ de l&#039;auteur des violences du foyer plutôt que celui de la victime. Cela peut constituer en effet une violence supplémentaire à la femme, et signifie à l&#039;agresseur qu&#039;il est laissé seul&amp;quot; dans un état de dangerosité contre lequel nul, même pas la loi, ne peut le protéger&amp;quot;. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les auteurs réfutent l&#039;idée traditionnelle considérant un couple violent comme dysfonctionnel. Ils font référence à Watzlawick et à sa théorie de la communication, envisageant ainsi la violence comme un acte de communication tout comme les comportements réactifs telle la passivité. Ainsi, la victime également communique quelque chose à son agresseur. La violence est un mode d&#039;échange qui a été appris, et n&#039;est donc pas inné.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Leur intervention vise la modification des patterns d&#039;interaction ainsi qu&#039; un « travail sur les représentations différentes que l&#039; homme et la femme se donnent et nous donnent, de leur vécu de la violence ».  Soulignons qu&#039;en 1995, il n&#039;y a pas d&#039;injonction thérapeutique pour les auteurs de violence dans le couple, les consultations sont donc uniquement volontaires pour les agresseurs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1999, les mêmes auteurs, dans un numéro consacré au thème « Des violences » expliquent  l&#039; évolution de leur réflexion quant à la notion de responsabilité. Ils reviennent sur leur idée de co-responsabilité, de relation complémentaire. Actuellement(en 1999) ils différencient les actes violents en deux catégories: les comportements interactifs vs délits/crimes. En conclusion, les deux acteurs ne sont pas à égalité dans l&#039;interaction: il y a une hiérarchie dans les responsabilités. La victime n&#039;est pas responsable des coups qu&#039;elle reçoit, mais les deux sont responsables du maintien de l&#039;interaction dans laquelle les comportements de violence deviennent redondants et structurants. Les auteurs se démarquent du québécquois R. Philippe en précisant que les violences conjugales ne peuvent se produire que dans un contexte de consensus socio-culturel. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous constatons donc grâce à l&#039;analyse de ces deux articles, que les professionnels thérapeutes de famille de par leur pratique, sont menés à une réflexion sur les catégories de victime-agresseur, liées à la notion de responsabilité. De la prise en charge des femmes victimes, et face à ses limites, les thérapeutes commencent à prendre en charge des auteurs de violence.  Concepts et pratiques dialoguent sans cesse, puisque reconnaître la nécessité de prendre en charge les deux membres du couple est uniquement compatible avec des théories ancrant l&#039;étiologie de la violence dans les processus interactifs et communicatifs. Le monde de la thérapie familiale a donc une longueur d&#039;avance sur la dichotomie victime-agresseur prégnante dans le sens commun, dans certaines campagnes de sensibilisation pour le grand public, et dans la loi. Par exemple les auteurs prônent en 1995 déjà l&#039;éloignement de l&#039;auteur de violence du domicile, alors qu&#039;en Suisse ce n&#039;est qu&#039;actuellement, en juin 2006, que cette mesure passe dans la loi. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;expérience des thérapeutes colombiens, relayée dans un numéro datant de 2000, nous montre une initiative étrangère originale. A Bogota  il existe des &amp;quot;commissariats de famille&amp;quot; depuis 1996 qui consistent en un &amp;quot;espace de conversation et de concertation dans le but de protéger, d&#039;assister et de guider les familles à propos de leurs droits fondamentaux et de les informer quand aux façons de résoudre les conflits internes.&amp;quot; Plus concrètement, une assistance légale, sociale, médicale et psychologique est dispensée dans ces lieux. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les auteurs sont en accord avec Perrone et Nannini, postulant que la violence n&#039;est pas une maladie, mais un choix et un moyen de contrôle. La responsabilité est à nouveau un thème abordé puisqu&#039;ils postulent que tout individu est garant de sa propre sécurité, en précisant que  chacun peut devenir violent dans un contexte déterminé. Encore une fois, c&#039;est donc l&#039;accent sur le contexte, culturel ou interactif, qui provoque la violence, plutôt que des caractéristiques individuelles.  &lt;br /&gt;
Dans son article Déconstruction des idées reçues sur la violence : une alternative à la violence. Kuenzi-Monard présente un Panorama des théories les plus utilisées : L’auteure les répartit selon 7 niveaux :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1.les théories qui localisent la violence à l’intérieur de la personne : la violence est basée sur un problème de santé mentale ; la théorie de l’impulsivité, le manque de contrôle de soi. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
2.les théories qui localisent la violence dans le développement : les théories développementales de la violence et de l’apprentissage (expliquent l’abus comme une répétition de comportements pathogènes au sein des familles) ; la théorie du blocage d’origine psycho-sexuel (la personne est bloquée à un stade de son développement). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
3.les théories qui localisent la violence au sein des relations humaines : la théorie du contenant (capacité X de tolérer des frustrations, insatisfactions ou colère. Au-delà, c’est l’éclat) ; conséquence : l’homme a peu de possibilités de contrôler cette tension, donc peu de responsabilité quant aux éléments extérieurs qui viennent le saturer. le modèle de la frustration-agression : si je suis frustré, j’agresse. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
4.les théories qui localisent l’abus dans des blocages de la communication : la personne violente souffre d’un pauvre développement des qualités sociales et relationnelles. Modèle explicatif intéressant mais qui ne donne pas d’alternative pour apprendre d’autres stratégies. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
5.Les théories qui considèrent la violence comme l’effet d’un état chimique différent, comme la conséquence de l’utilisation d’alcool ou de drogues : la théorie de la désinhibition. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
6.les théories circulaires sur la violence : celles-ci localisent la violence et la comprennent comme générée au sein d’interactions. La violence occupe une fonction homéostatique, le maintien de l’équilibre de la famille. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
7.les théories féministes : l’explication féministe ou socio-culturelle qui voit la violence comme prenant sa source dans les structures sociales. La violence et le comportement abusif sont compris, favorisés, voire encouragés par le fonctionnement social. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
8.la théorie fonctionnelle de Léonore Walker : la violence est une explication dynamique, fonctionnelle et non pas causale. La violence fonctionne sur trois phases distinctes, tension, épisodes violents, lune de miel. Walker démontre que la violence est un cercle addictif, les prisonniers de la violence sont dans un cercle infernal. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’approche de Kuenzi-Monard : la théorie des limites. Elle est basée sur les travaux de Bateson qui prônait qu’une explication « négative » ou « en mouvement » d’un évènement est préférable à une explication « positive » ou « statique ». Ce type d’explication génère du mouvement, incite à s’orienter vers les conséquences des faits et ainsi vise à une prise de responsabilité. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’auteure conclut qu’il est essentiel de faire une distinction entre l’explication causale et une limitation. L’explication causale clive la dynamique déjà polarisée entre victime et bourreau, elle maintient la violence plutôt qu’elle ne l’élimine. Elle constate que souvent il existe une rupture entre l’intention et l’action du psychothérapeute. Elle pense que le clinicien influence et est influencé par les questions qu’il pose. Les questions linéaires tendent à produire des raisonnements linéaires, il faudrait ainsi favoriser les questions circulaires, ouvrant de nouvelles possibilités.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le nombre de ces théories, par ailleurs très variées, est on le voit  abondant. Il est aisément compréhensible que l&#039;adhésion à l&#039;une ou l&#039;autre de ces théories, liées à des étiologies différentes de la violence, implique des interventions également différentes. &lt;br /&gt;
Dans notre travail, nous avons principalement abordé les théories féministes ou socio-culturelles et les théories circulaires, dont fait partie l&#039;approche systémique. La théorie fonctionnelle est également très présente dans les réflexions des thérapeutes, et la théorie des limitations est en expension. Ces théories ont en commun de ne pas prendre l&#039;individu comme centre de la problématique de la violence conjugale, mais plusieurs individus et leur relation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour conclure cette analyse des numéros de Thérapie Familiale, une différence flagrante apparaît entre les discours des professionnels publiés dans cette revue de systémique et les discours du sens commun, circulant au quotidien. En effet, les thérapeutes toujours en recherche d&#039;affinement de leurs concepts, par confrontation à la pratique, sont passés par tout une évolution théorique, prenant en compte les deux membres du couple, et débattant passionnément les questions de responsabilité et les notions de victime-agresseur. A l&#039;opposé, les causes de la violence conjugale les plus fréquemment évoquées et ancrées dans les représentations de la population se situent plutôt à un niveau individuel. Une partie est liée au genre, naturalisant les différences de sexe (la violence est inhérente à l&#039;homme, la douceur et la fragilité à la femme...); un autre type d&#039;explications courantes ramène le problème à des causes  individuelles  (alcoolisme, problèmes personnels...), voire psychologisantes  (trouble psychique, traumatismes dans l&#039;enfance, sado-masochisme...). Les catégories victime et agresseur sont clairement séparées dans le sens commun, tout comme l&#039;attribution du terme victime à la femme, et agresseur à l&#039;homme. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Propos issus de quelques entretiens===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;L’homme battu existe &#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour confronter les stéréotypes affiliés aux genres, nous avons cherché à interviewer des hommes battus. Paul et Luc (prénoms d’empreint) ont un point commun : leur passé d’homme maltraité. Ils ont été, tous les deux, physiquement battus par leur conjointe. Toutefois, il semblerait que la problématique de l’homme violenté intègre, dans sa forme globale, une autre forme de violence, une violence psychologique. Il ressort des entretiens que la forme physique ne semble pas être la forme de violence qui marque le plus. Pour essayer de comprendre au mieux le vécu violenté de ces hommes et plus généralement de toute personne impliquée dans des relations violentes, nous avons questionné la littérature ainsi que des professionnels de terrain. &lt;br /&gt;
Pour la travailleuse sociale, Sophie Torrent (2001), « la nature de la violence [à l’égard de la gente masculine] et ses modes d’expression traduisent, dirait-on, une violence spécifiquement féminine, subtile, qui atteint l’intégrité psychique de l’homme.» (p.33). L’homme victime de violence psychologique semble atteint surtout dans sa masculinité, plus précisément dans la représentation de la masculinité qui lui a permis de construire son identité. &lt;br /&gt;
« Le harcèlement que j’ai vécu par cette femme tyran m’a amené à perdre, pendant quelques temps, mon identité masculine… C’était quoi être un homme ? Je ne savais plus faire l’amour comme il faut en quittant ma femme. J’ai du réapprendre à accepter de prendre du plaisir. » Luc &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;La violence ; une histoire d’homme ? &#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Alors que nous venons de découvrir avec stupéfaction certaines réalités d’hommes maltraités par leur conjointe, comment traiter ces vérités face à notre idéal féminin construit ? Comment même penser à la violence des femmes, alors que celle que l’on exerce à leur égard est de loin la plus établie, la plus reconnue et de ce fait la plus portée par les médias ? De nos jours, la société reconnaît et prend en charge la femme violentée, qu&#039;en est-il de la femme violente ? Il est commun d’entendre qu’une femme violente est une femme malade psychologiquement ou encore que cette dernière n’agresserait que pour se défendre. Pour la psychothérapeute Diane Chayer, ( citée par Ruel &amp;amp; Guéricolas, 1998), il semblerait qu’il n’y ait tout simplement pas de permission sociale à la violence des femmes. « La société dit qu’il est presque normal pour un homme d’être violent. Mais une femme violente, c’est une extraterrestre. » &lt;br /&gt;
Pour Yvon Dallaire, « la femme violente peut ressentir de la fierté pour avoir battu plus fort qu’elle. Et la société ne la dénigre pas, elle cherche plutôt à la comprendre et à l’excuser, compatissant souvent à son sort. » (p26) A contrario, pour la responsable d’une structure acceuillant des femmes violentes, « celles et ceux qui passent de la parole aux actes souffrent, ils ont besoin d&#039;aide et y ont droit. Toutefois, la femme violente souffre de discrimination ; on ne veut pas lui reconnaître sa violence. » Il semblerait alors que, paradoxalement, la femme violente souffre des mêmes maux sociaux que l’homme maltraité. Une nouvelle fois, il semblerait que les stéréotypes, affiliés aux genres, décident de ce qui peut être acceptable ou pas. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Le statut de victime/agresseur &#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La responsable d’un établissement prenant en charge des femmes violentes nous apprend qu’il est difficile de tenir le fil rouge concernant les rôles de victime-agresseur. « On est là pour travailler sur la violence des femmes, en tant qu’auteures de violence et non en tant que victimes. Très souvent, ça dérape en justification des actes qui déplace la position d’agresseuse à celui de victime. » Il semble que souvent, l’agresseur se voit comme victime. Responsabiliser les acteurs(trices) de violence, c’est les aider à prendre conscience de leur violence. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Responsabilité dans la violence &#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La question est partagée. Alors que pour beaucoup, la responsabilité de la violence doit être assumée par son auteur(e), pour d’autres, elle doit être partagée. En effet, pour Denis Châtelain, co-fondateur d’une association prenant en charge des auteur(e)s de violence, « il faut prendre en compte le potentiel de violence de la victime dans la compréhension de la dynamique ». Pour la responsable d’une association accueillant des femmes violentes, « il est impossible de faire un tel travail si l’on part du principe d’une co-responsabilité dans la réalisation de la violence. En effet, on ne peut pas se permettre de déraper sur l’aspect empathique et comprendre voir d’excuser l’acte de violence au nom d’un statut de victime reconnu. Pour nous, l’acte violent n’est pas excusable, il est inadmissible quelque soit sa source ou sa justification. Ce qui nous paraît important c’est de faire en sorte de ne plus jamais en avoir à arriver là. » &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;La prise en charge de la violence &#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comment aborder la problématique de la violence conjugale et plus particulièrement celle des hommes maltraités et des femmes violentes ? Alors qu’Yvon Dallaire se demande si l’on « ne pourrait pas exploiter l’expertise des centres d’accueil pour femmes au profit des hommes battus et l’expertise des groupes d’entraide pour homme violents au profit des femmes violentes ? » (p29), la responsable d’une structure accueillant des femmes actrices de violence répond que « pour aider les femmes actrices de violence, il faut appliquer un traitement différencié. Les raisons étant parce qu’on n’éduque pas de la même façon une petite fille et un petit garçon, le rapport au féminin n’est pas le même. La violence masculine est légitimée. Par contre, on ne reconnaît pas ce droit à la femme. Cela étant dû aux stéréotypes de mère protectrice d’une part. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Point de situation===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Mouvement féministe...et&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A ce stade de notre article, nous pouvons établir difféents constats. Tout d’abord, la découverte de la violence conjugale et de ses effets a pour origine le questionnement du mouvement féministe. Celui-ci repris par des chercheur-e-s, a confirmé et précisé le phénomène de la violence conjugale. &lt;br /&gt;
La notion d’homme battu, qui nous avions posée comme une construction récente, date des premières recherches sur ce domaine, le syndrome de l’homme battu, développé par une chercheuse du l’équipe de Straus et al. a été un concept rapidement abandonné. Les défauts dans l’opérationnalisation du concept de violence, dans la méthode et dans l’interprétation des données de l’enquête effectuée à l’aide du Conflict Tactics Scales ont été largement reconnus. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;...évolution sociale et réponses masculines.&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous pouvons poursuivre nos constats à partir des travaux d’une chercheuse, rencontrée au détour d’un article de presse, Pascale Molinier, d’une tension qui s’avive entre hommes et femmes dans les années 1980. Certains hommes pro féministes tiennent un discours optimiste concernant la constitution d&#039;une société nouvelle et égalitaire et reconnaissent la domination masculine comme clé d&#039;un changement possible. D&#039;autres hommes tiennent un discours alarmiste et insistent sur le malaise identitaire engendré par cette modification des rapports sociaux source de perte de repères. &lt;br /&gt;
A partir de là, un autre phénomène apparaît, nous découvrons que des groupes d’hommes se forment autour d’auteurs, (Guy Cornaux au Canada, Jacques Salomé en France, ou plus récemment Y. Dallaire qui avec John Goetelen a organisé le premier Congrès international de la condition masculine à Genève en 2003) avec comme but de réfléchir à l’identité masculine fragilisée.  C&#039;est dans cette mouvance que l’on trouve aujourd&#039;hui les protagonistes d&#039;un détournement de la violence masculine au profit d&#039;une violence exercée contre les hommes par les femmes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;La violence domestique, une réponse étatique et institutionnelle&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Autre constat que nous pouvons déjà faire, la violence conjugale est un phénomène officialisé et les réponses institutionnelles se développent de plus en plus. Il est intéressant de faire le point sur l&#039;ampleur et les lacunes de l&#039;offre associative et institutionnelle, et prenons pour ce faire l&#039;exemple genevois. La brochure « la violence est inacceptable; violence conjugale que faire? » est la référence et est publiée par le Service pour la promotion de l&#039;égalité entre homme et femme, le Centre de consultation LAVI et Solidarité Femmes. De par les caractéristiques même de ces éditeurs, ajouté au fait que la brochure est rédigée par des auteures, c&#039;est à nouveau sous l&#039;angle des femmes victimes que la problématique est abordée. Dans la rubrique « Répertoire d&#039;adresses utiles », nous constatons qu&#039;il existe à Genève des services d&#039;hébergement; des services médicaux; des consultations juridiques; des services de consultations conjugales, familiales et de médiation auxquels peuvent s&#039;adresser des victimes de violence conjugale. Les foyers d&#039;hébergement cités sont des foyers pour les  femmes et leurs enfants exclusivement, dans le cas de difficultés qui ne sont pas restreintes à la violence conjugale, néanmoins dans la pratique ce type de violences représente la majorité des cas. Ce principe de foyer pour femmes en difficultés n&#039;est pas récent, le foyer Arabelle par exemple date de 1964. Solidarités Femmes est la seule association spécifique pour les femmes victimes de violence conjugale. Elle offre écoute; orientiation; information sociale et juridique, hébergement; entretiens individuels et activités de groupe. Excepté l&#039;hébergement, ces prestations sont gratuites. Il existe d&#039;autres services divers pour femmes, tels que Viol-Secours, SOS Femmes, F-Information ou Camarada. Certains organismes sont spécialisés dans les problématiques de violences, sans distinction de sexe, il s&#039;agit des Centres LAVI et au niveau médical du Centre  Interdiscplinaire de Médecine et de Prévention de la Violence des HUG. Dans la brochure de 2001, une seule adresse concerne les auteurs masculins de violence conjugale, il s&#039;agit de l&#039;association VIRES. Il est intéressant et très révélateur de constater que depuis sa fondation en 1994, cette association s&#039;est définie de trois manières distinctes:  d&#039;organisme pour les hommes ayant recours à la violence dans leur couple et dans leur famille, dans un deuxième temps le terme « hommes » a été remplacé par « personnes ». Actuellement c&#039;est l&#039;expression « Organisme de traitement et de prévention de la violence exercée dans le couple et dans la famille. » qui a été retenue. Si les professionnels de VIRES précisent que ce changement d&#039;appellation est consécutif  à une évolution dans la manière de penser et traiter la problématique de la violence conjugale et plus précisément ses sources et ses enjeux, les date de ces évolutions ne sont malheureusement pas précisées. Dans la dernière édition de la brochure sus-mentionnée, parue en 2004, apparaît une nouvelle association, dédiée à la prise en charge des femmes aux comportements violents. Cet organisme créé en 2001 ne se limite pas aux violences exercées dans la sphère familiale. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En conclusion de cet aperçu des diverses offres de soutien sous toutes ses formes adressé aux personnes impliquées dans la dynamique des violences conjugales, une lacune importante transparaît: il n&#039;existe pas à Genève de lieu spécifique aux victimes masculines de violence conjugale, que ce soit un foyer ou un lieu d&#039;information et de soutien. En règle générale, lorsqu&#039;un problème social lié à la violence émerge, ce sont les victimes qui bénéficient en premier lieu de l&#039;institutionnalisation. Par la suite, une réflexion se fait autour des auteurs, considérant qu&#039;eux aussi ont besoin de soutien afin de casser la dynamique de violence. Dans le cas de la violence exercée envers les hommes, les victimes sont ignorées par l&#039;absence de lieu spécifique; alors même que les femmes auteures de violence possèdent une telle infrastructure. Nous pouvons émettre l&#039;hypothèse que cela a un lien avec le stéréotype de femme-victime, la femme perpétrice de violence ayant souvent été elle-même victime, comme nous l&#039;avons vu plus haut. Amnesty relaie cette problématique pour que la violence domestique sorte du domaine privé et soit reconnue comme un problème public. Dans des revues spécialisées différents auteur-es font état de l’évolution des connaissances et des conceptualisations du problème. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’état fédéral se préoccupe de cette question et modifie le code pénal pour améliorer la protection des victimes de violence domestique. Les centres Lavi travaillent à la transformation de leur statistiques en vue également d’améliorer la visibilité de cette forme de violence. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Conclusion==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En fonction de tous les éléments qui précèdent, la conclusion de cet article montre que le concept  de violence conjugale apparu dans les années 1970 a trouvé sa place jusque dans la législation. Néanmoins les discours qui circulent sur ce type de violence sont une construction qui circonscrit la violence dans des stéréotypes caricaturaux stigmatisant à la fois les femmes en tant que victimes et les hommes comme agresseurs. De cette restriction découle la difficulté d’envisager l’existence d’hommes victimes de violence conjugale, et d’égale manière celle de femmes violentes. Cela a comme conséquence pour les personnes concernées une non-reconnaissance sociale, se manifestant par de forts préjugés à leur encontre, et de grandes lacunes institutionnelles. Les professionnels de la violence conjugale (médecins, thérapeutes) ont dépassé cette opposition et ils désignent les acteurs de la violence conjugale à un niveau de co-responsabilité qui ne distingue pas le sexe des protagonistes pour rendre compte de ce phénomène. Il y a ainsi un écart entre les discours dominants et les discours des professionnels, écart perceptible dans l’étude de la littérature et dans l’examen des sources que constituent les revues &amp;quot; thérapie familiale &amp;quot;. Enfin, il faut admettre la thèse selon laquelle la violence conjugale reste un phénomène qui bien que connu de tous, reste difficile à appréhender dans notre société. Criminalisée ici, combattue là, normalisée un peu plus loin. Elle fait partie d’un rapport à l’Autre institué par des règles sociétales contextualisées par un rapport différent d’être au monde « femme » ou « homme ». &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En effet, il existe des définitions similaires mais superficielles qui varient dans leur développement en fonction des positionnements et des valeurs de ceux qui les proposent. Les statistiques qui rendent compte de la violence conjugale proposent d’autre part des modalités qui ne permettent pas de distinguer précisément les victimes des agresseurs de manière précise et approfondie. Elles ne permettent pas d’affirmer avec précision que les hommes sont aussi victimes de violences, les modalités de genre n’étant pas assez développées dans la prise en compte statistique. Les hommes victimes existent, mais leur visibilité est très faible du fait que c’est un phénomène qui est en train d’émerger comme problème social. Ainsi, la violence conjugale reste un phénomène complexe et confus dans ses définitions. Enfin, on s’aperçoit que la violence conjugale reste un concept en mouvement sur le plan des institutions, qui proposent des possibilités de prise en charge nombreuses, mais néanmoins insuffisantes si l’on considère la prise en compte de la violence faite aux hommes. &lt;br /&gt;
Ces détracteurs pourront s&#039;appuyer probablement dans les années à venir sur les modifications des images féminines, les stéréotypes de la femme douce et soumise ont tendance à s&#039;estomper. Et l&#039;on peut se demander si les jeunes femmes ne se permettront pas plus que par le passé d&#039;exprimer leurs sentiments de colère et violence, là où s&#039;exprimaient auparavant peut-être impuissance, tristesse et dépression.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Difficultés===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le sujet que nous avons abordé tout au long de ce travail est délicat. Nous avons relevé le peu de neutralité émanant des sources existantes sur ce thème, chaque écrit représentant une certaine prise de position, quant à la causalité de la violence conjugale par exemple, ou les convictions cachées derrière l&#039;attribution de statuts victime-agresseur ou victime-victime. &lt;br /&gt;
Cette subjectivité rentre en interrelation avec notre sensibilité propre, individuelle, qui n&#039;est donc pas la même entre les personnes de notre groupe. Le fait que celui-ci soit constitué de deux femmes et deux hommes est très enrichissant, et même primordial quand on s&#039;attèle à ce type de problématique. Néanmoins, cela implique un investissement conséquent en termes de discussion, explicitation des attentes et valeurs de chacun, en redéfinition continuelle de la problématique. &lt;br /&gt;
Dans notre tentative d&#039;objectiver notre problématique, nous ne sommes que très peu aidés par les statistiques. Elles aussi disent ce qu&#039;elles ont envie de dire, et sont sans cesse remises en cause par des détracteurs. La conséquence en est qu&#039;aucune statistique ne sert vraiment de référence consensuelle dans la compréhension de la violence conjugale. Dans les statistiques policières, souvent la violence conjugale n&#039;est pas comptabilisée de manière séparée des autres délits de violence; dans d&#039;autres types de statistiques c&#039;est le genre qui n&#039;est pas retenu comme variable pertinente. En effet, derrière les chiffres, on découvre des définitions très variables de la violence: certains ne prennent en compte que la violence physique; d&#039;autres considèrent que de nombreux petits signes de nature verbale ou psychologique sont un pas dans l&#039;escalade de la violence, et les jugent donc de même poids que des coups. Entre ces deux extrêmes, toutes les variations sont présentes... &lt;br /&gt;
Il est intéressant de relever à quel point certains chiffres sont médiatisés, afin d&#039;avoir un impact sur la population, alors que ces mêmes chiffres sont discutables au niveau statistique. Pour conclure, nous nous sommes rendus compte que malgré une certaine médiatisation, qui n&#039;est pas si récente, de la violence conjugale, nous ne savons pas tellement de choses à ce sujet, ou plutôt il existe peu de consensus, voire la co-existence d&#039;approches inconciliables. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Références bibliographiques ==&lt;br /&gt;
Les lectures citées dans le travail final&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Amnistie: Le magazine pour les droits humains, &#039;&#039;Dossier Combattre la violence domestique&#039;&#039;  No 44, février 2006.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Amnistie, Journal d&#039;action pour les droits humains, janvier 2006.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Dallaire Y. (2002). La violence faite aux hommes. Une réalité tabou et complexe. Québéc: Options santé. [[Résumé du livre]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Gillioz L., De Puy J., Ducret V. (1997). Domination et violence envers la femme dans le couple. Lausanne : éditions Payot. [http://home.etu.unige.ch/~maneira4/R_sum__aeticle.doc Résumé de l&#039;article]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Ruel S. &amp;amp; Guéricolas P. (1998). La violence des femmes : derrière le masque. In Gazette des femmes Vol. 20. (no 4). (Novembre-Décembre 1998).[Version électronique]. Accès le 20 novembre 2005 : &lt;br /&gt;
http://www.gazettedesfemmes.com/recherche/?F=recherche&amp;amp;idt=10075&amp;amp;affart=2866&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Torrent S. (2001). L’homme battu, un tabou au cœur du tabou. Québec: Option Santé. [http://home.etu.unige.ch/~maneira4/fiche%20de%20lecture%20homme%20battu.pdf Résumé du livre ]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Praplan G., &#039;&#039;Quand le sexe faible est violent&#039;&#039; in Repère Social, No 73, février 2006.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Bibliographie ==&lt;br /&gt;
Les lectures utilisées mais pas citées dans le travail final&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Bretonnière-Fraysse et al. (2001). &#039;&#039; De la violence conjugale à la violence parentale&#039;&#039;. Eres [[Résumé|Résumé du livre]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Jackson D., Welzer-Lang D. (1998). Violence et masculinité. Toulouse : imprimerie 34.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Office fédéral de la statistique : Aide aux victimes. Chiffres clés. http://www.bfs.admin.ch/bfs/portal/fr/index/themen/rechtspflege.html&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Rey, H. et al. (2006). Les violences conjugales: pour une clinique du réel. &#039;&#039; Journal International de Victimologie&#039;&#039;. Année 4, No 1. [[Résumé de l&#039;article]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Miguel</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Violence_conjugale:_De_la_femme_battue_%C3%A0_l%27homme_battu...&amp;diff=4293</id>
		<title>Violence conjugale: De la femme battue à l&#039;homme battu...</title>
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		<updated>2006-06-20T15:38:01Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Miguel : /* &amp;quot;L’homme battu&amp;quot;: un phénomène nouveau ? Introduction */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&#039;&#039;&#039;Membres du groupe&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Chantal Cornut&lt;br /&gt;
* Céline Pittet &lt;br /&gt;
* Jean-Christophe Contini&lt;br /&gt;
* Miguel Maneira &lt;br /&gt;
[mailto:maneira4@etu.unige.ch,contini2@etu.unige.ch,cepittet@hotmail.com,ch.cornut-piller@bluewin.ch Ecrire au groupe]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 [[L&#039;homme battu: le mâle...traité|Notre projet]]  |  [[Plan de recherche: Violence conjugale; un concept en mouvement|Notre plan de recherche]]  |  [[Espace de dialogue|Notre espace de dialogue]]  |  [[Trésorus de notre groupe|Notre île aux trésors]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Violence conjugale: De la femme battue à l&#039;homme battu...=&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== &amp;quot;L’homme battu&amp;quot;: un phénomène nouveau ? Introduction ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le questionnement qui est à l’origine de ce travail prend source dans la rencontre d’un concept qui semble nouveau de prime abord : &amp;quot;l’homme battu&amp;quot;. Ce concept apparaît dans l’ouvrage récemment publié de Sophie Torrent (2001). Ce livre met en lumière l’existence d’hommes victimes de [[violence|violences ]] exercées par des femmes à leur encontre, il interroge également les questions identitaires vécues par ces &amp;quot;nouvelles victimes&amp;quot;, à travers la conduite de multiples entretiens. Ces propos peuvent intriguer, parfois rendre perplexe et curieux celui ou celle qui les entendent. Le présent article proposera des recherches bibliographiques qui devraient permettre de découvrir des discours proches des propos de Torrent. Le premier constat est que ce &amp;quot;phénomène&amp;quot; des hommes battus est, dans une moindre mesure, relayé dans d’autres ouvrages qui l’inscrivent dans le cadre plus large de la [[violence conjugale|violence conjugale]] . Les recherches livresques tenteront ainsi de répondre à la question principale qui guide la recherche : comment le phénomène de &amp;quot;l’homme battu&amp;quot; s’inscrit-il dans le paradigme de la violence conjugale ? Les questions secondaires qui en découlent sont multiples : quand est-ce que ce concept est apparu ? Par qui a-t-il été développé ? Quels sont les discours qui relaient ce concept ou qui s’y opposent ? Les éléments qui composent la revue de littérature qui apparaîtra plus loin permettront d’entrevoir certains points qui semblent être récurrents. On s’aperçoit ainsi que le concept d’&amp;quot;hommes battus&amp;quot; se trouve à chaque fois en tension avec celui de &amp;quot; femmes battues &amp;quot; dans le cadre de la violence conjugale qu’il reste à définir. Nous sommes ici confrontés à deux discours contraires entre des groupes de pressions constitués autour de la &amp;quot;souffrance masculine&amp;quot; et les propos issus de certains discours [[féminisme|féministes]] . cette opposition – qui est caractérisée grossièrement entre les deux discours – se dédouble d’une autre opposition dans la désignation des acteurs de la violence conjugale en termes de victime et d’agresseur. Les  acteurs sont ainsi stigmatisés, avec des stéréotypes qui désignent de manière massive l’homme comme agresseur et la femme comme victime.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La  violence conjugale : où en sommes-nous aujourd’hui ? Des discours en tension. Problématique ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La violence conjugale semble être de prime abord un phénomène bien connu de nos jours. Les médias rendent régulièrement compte de ses conséquences, bon nombre d’associations ont été créées pour répondre à l’appel des victimes, une loi sur la protection des victimes a été instaurée, beaucoup de thérapeutes œuvrent également dans ce domaine. Il est question, la plupart du temps, des violences subies par des femmes et exercées par des hommes, il est dans une moindre mesure, question de la violence exercée par des femmes contre des hommes. Ce dernier phénomène reste minoritaire cependant, et fait l’objet de nombreuses critiques. Bien souvent, les discours opposent des mouvements &amp;quot;féministes&amp;quot; à des groupes &amp;quot;masculinistes&amp;quot;, les uns dénonçant sans cesse l’ineffable violence des hommes envers les femmes, les autres dénonçant cette vision de l’homme éternellement &amp;quot; agresseur &amp;quot;, allant jusqu’à affirmer que des hommes sont aussi des &amp;quot; victimes &amp;quot; et que la violence peut aussi être l’apanage des femmes. Ici apparaît le concept &amp;quot; d’hommes battus &amp;quot; qui a émergé dès les années septante. Afin de prendre de la distance vis-à-vis de ces deux positions antagonistes, il s’agit tout d’abord d’étudier ce que disent certains auteurs sur la violence conjugale, à la fois sur la violence subie par les femmes et par les hommes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Ce qu’en disent les livres et leurs auteur(e)s. Revue de littérature==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette revue de littérature suit la chronologie du questionnement et du cheminement, qui, en commençant part la découverte du concept de &amp;quot;l’homme battu&amp;quot;, conduit à approfondir les recherches au concept de la femme battue et à appréhender dès lors le problème social que constitue la violence conjugale, qui englobe les deux autres concepts. La recherche bibliographique a privilégié les ouvrages qui traitent spécifiquement de l’existence du concept de &amp;quot;l’homme battu&amp;quot;, dans une actualité la plus récente possible. Peu de littérature existe à ce sujet, cependant, les ouvrages les plus récents (Torrent et Dallaire) font tous les deux référence à l’inscription du concept de l’homme battu dans celui de la violence conjugale. Les investigations ont  été élargies à ce domaine, toujours à la recherche du moindre élément concernant la violence faite aux hommes. &lt;br /&gt;
Sophie Torrent, dans son ouvrage sur l’homme battu (2001) met directement en question le fait qu’il existe au sein de la vie de couple une violence faite aux hommes, une violence souvent difficile à accepter, celle-ci allant à l’encontre de stéréotypes tels que celui qui considère que la femme est l’élément faible du couple et que l’homme en est le dominant. Dans la première partie de son livre, l’auteure tente tout d’abord d’expliquer ce phénomène atypique de l’homme battu, cet &amp;quot;impensable social&amp;quot; dit-elle. Elle analyse les différents types de violences (physique, sexuelle, psychologique, verbale et économique) pour ensuite orienter son analyse vers la notion de &amp;quot;rôles sociaux&amp;quot;. Elle montre comment l’homme violenté est agressé jusque dans les &amp;quot;facettes&amp;quot; qui font son identité . Pour elle &amp;quot;être battu invalide l’homme dans son appartenance à la catégorie sociale homme&amp;quot;. Dans la deuxième partie de son ouvrage, Torrent réfléchit sur les différentes stratégies élaborées par l’homme pour gérer des situations difficiles. Elle s’appuie notamment dans son travail de recherche sur des interviews réalisées avec des &amp;quot;hommes battus&amp;quot;. &lt;br /&gt;
C’est dans une considération assez proche qu’Yvon Dallaire (2002), thérapeute au Québec, aborde le phénomène de la violence faite aux hommes (La violence faite aux hommes. Une réalité taboue et complexe). Il nous rappelle le constat de l’existence ineffable de la violence dans l’humanité, violence souvent fortement médiatisée, mais selon lui, de manière incomplète. En effet, dit-il, notre attention ne serait attirée que vers une forme de violence, soit celle faite par les hommes contre les autres hommes (guerres, voies de fait, suicides), contre les femmes (violence conjugale, viol, meurtre, tueurs en série) et contre les enfants (violence infanticide, meurtre suivi de suicide). Pour Dallaire, une forme de violence a été occultée : la violence des femmes faite envers les femmes, les hommes et les enfants. Le propos de son texte est de démontrer d’une part que des femmes peuvent être tout autant violentes que des hommes, et que d’autre part, l’analyse de la violence conjugale s’inscrit dans un paradigme teinté de sexisme et de discrimination. Pour cet auteur, la violence conjugale ne se décline pas simplement sur le mode victime-agresseur, mais plutôt sur celui de victime-victime, de deux individus qui sont les co-créateurs d’une escalade débouchant sur l’explosion physique. Afin d’alimenter son propos, Yvon Dallaire met en lumière les stéréotypes et les préjugés qui circulent dans le discours commun : l’homme est un être violent, un abuseur d’enfants, un irresponsable, les hommes sont tous des obsédés sexuels, il sont tous infidèles, menteurs et manipulateurs. Dès lors, toute violence féminine est considérée comme relevant de la légitime défense, l’homme est ainsi rendu coupable de toute la violence conjugale. Précisons ici que l’auteur dénonce le discours d’influence féministe qui se déploie dans le contexte québécois. Son objectif est de connaître les réelles dimensions de la violence conjugale, plutôt que de rechercher un coupable à punir, toujours le même : l’homme. &lt;br /&gt;
L’ouvrage de Bretonnière-Fraysse et al. (2001), incontournable pour le sujet, propose quant à lui un autre regard qui positionne clairement les femmes en tant que victimes et les hommes comme agresseurs, sans nuances : &amp;quot;on le sait, la violence conjugale a toujours existé ; on le sait aussi : les victimes en sont les femmes et les auteurs, les hommes. Mais elle demeure encore cachée, honteuse, secrète&amp;quot;. Cet ouvrage prend un regard anthropologique et historique pour nous montrer la condition de victime de la femme à travers les époques passées et jusqu’à nos jours. &lt;br /&gt;
Gillioz, De Puy et Ducret quant à elles (2000), font état des connaissances qui ont fait de la violence familiale et de la violence contre les femmes, un champ d’étude relativement nouveau dans les sciences sociales. Elles nous rappellent que jusque dans les années soixante, la société et avec elle les scientifiques vivent sur le mythe de la famille non violente. Cette dernière étant considérée comme rare et comme étant le fait d’individus déséquilibrés. Dans les années septante, sous l’influence de militantes féministes anglo-saxonnes qui ouvrent des refuges pour femmes battues et portent la question de la violence conjugale sur la place publique, ce phénomène jusque-là occulté est posé comme problème socio-politique. C’est dès lors que les sciences sociales vont s’y intéresser, à travers deux grands courants de recherche. Le premier est constitué par des études portant sur la violence subie par les femmes au sein de la famille et postule, en se fondant sur les prémisses théoriques féministes, que cette violence est spécifique. Ilc il est nécessaire de l’étudier indépendamment des autres types de violence familiale qui relèvent d’autres logiques. Le deuxième courant de recherche, issu de la sociologie de la famille, a pour objet la violence familiale et considère la société et ses institutions comme des systèmes consensuels qui embrassent dans la même problématique l’ensemble de la violence qui se déroule dans le cadre familial. L&#039;ouvrage de Gillioz et all. mentionne également les travaux de Strauss, Gelles et Steinmetz (1977), à partir desquels a été tiré l&#039;affirmation que les femmes sont aussi violentes que les hommes. C’est à ce moment qu’apparaît le concept du &amp;quot;mari battu&amp;quot;, des résultats tirés des statistiques de cette recherche, ont permis à l&#039;un des chercheurs de conclure que ce qui était le plus sous-estimé n’est pas la femme battue, mais le mari battu. La validité scientifique reste toutefois fortement contestée, nous en trouvons les arguments dans l’ouvrage de Gillioz, De Puy et Ducret. &lt;br /&gt;
Cette revue de littérature se conclut par l’approche systémique de Perrone et Nannini (1995) qui proposent leur livre comme un manuel à l’usage des professionnels appelés à intervenir auprès des familles. Leurs présupposés considèrent que la violence n’est pas un phénomène individuel, mais la manifestation d’un phénomène interactionnel. La violence est ainsi un mode particulier de communication entre partenaires qui sont tous impliqués et par là même responsables au sens interactionnel du terme. Comme Yvon Dallaire, les auteurs ne considèrent pas les acteurs de la violence conjugale en termes de &amp;quot;victime-agresseur&amp;quot;, ni en termes &amp;quot;hommes-femmes&amp;quot;. Les objectifs et les enjeux que ces deux auteurs proposent s’appuient sur l’idée que chacun doit devenir et se penser responsable de ses propres comportements. C’est également selon cette optique que certains &amp;quot;cliniciens&amp;quot; abordent en partie la question dans leur article (Rey, H et al. 2006). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Des recherches complémentaires nécessaires. Choix et méthodes==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En fonction des éléments de la problématique développée jusqu’ici, l’objectif de la recherche a consisté à y voir plus clair en tentant de répondre à la question posée, « comment le phénomène de l’homme battu s’inscrit dans le paradigme de la violence conjugale » ainsi qu’aux questions complémentaires citées dans l’introduction ?  Afin de prendre une nécessaire distance vis-à-vis du regard que propose la revue de littérature, il est nécessaire d’orienter les recherches sur d’autres sources d’informations diverses. Il est dès lors intéressant d’examiner si des statistiques existent sur les &amp;quot;hommes battus&amp;quot; et sur les &amp;quot;femmes battues&amp;quot; et dès lors de voir si celles-ci peuvent éclaircir les questions posées. Pour cela nous avons choisi de travailler à partir des statistiques des centres Lavi disponibles à l’office fédéral de la statistique. &lt;br /&gt;
Dès lors que le phénomène des &amp;quot;hommes battus&amp;quot; s’inscrit dans le cadre de la violence conjugale notre choix s’est porté également sur la recherche d’éléments de compréhension dans une série de revues spécialisées : « Thérapie Familiale », revue internationale en Approche Systémique, dont nous avons retenu les numéros mentionnant explicitement des articles sur la violence conjugale ou domestique (1995, Vol. 16 no 3 – 1999, Vol. 20 no 4 – 2000, Vol. 21, no 4 – 2001, Vol. 22 no 4).    &lt;br /&gt;
De plus, pour avoir une vision plus globale, une revue d’articles de presse étudiant quelques articles récents peut être pertinente. Nous avons sélectionnées des articles toujours sur le thème de la violence faite aux femmes et / ou aux hommes. Amnistie: Le magazine pour les droits humains, No 44, février 2006   interviews thématiques du Dr Vannotti, médecin adjoint à la Policinique de Lausanne et de  Madame Yakin Ertuk, rapporteuse spéciale de l&#039;ONU sur la violence contre les femmes ; Amnistie, Journal d&#039;action pour les droits humains, janvier 2006 ; Repère Social, No 73, février 2006, article : quand le sexe faible est violent ; Le Courrier du 18 mai 2005, article relatant le 1ier congrès de la condition masculine. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Enfin, nous avons opté pour une recherche mettant en œuvre la conduite de plusieurs entretiens compréhensifs semi-directifs auprès de professionnels de la prise en charge de la violence conjugale ainsi qu’auprès de &amp;quot; victimes &amp;quot; masculines qui accepteraient de nous apporter leur témoignage. A cet effet, nous avons trouvé pertinent de construire deux types de grilles d&#039;entretiens, l&#039;une pour les professionnels, l&#039;autre pour les hommes &amp;quot;victimes&amp;quot;. Malgré la promesse d&#039;anonymat, nous n&#039;avons pas pu enregistrer les entretiens. De ce fait, nous basons nos propos sur les notes retenues. Chaque entretien s&#039;est déroulé, pendant une heure trente, dans un lieu décidé par la personne interviewée. Nous avons mené, dans notre phase d&#039;investigation de terrain, quatre entretiens, dont deux avec des &amp;quot;victimes&amp;quot; masculines de maltraitance conjugale. Nous avons rencontré Denis Chatelain, co-fondateur de l&#039;association Vires. Cet organisme de traitement et de prévention de la violence exercée dans le couple et la famille, vient en aide aux personnes qui ont recours à la violence. Nous avons aussi rencontré la fondatrice d&#039;une fondation prenant en charge des femmes violentes, qui a souhaité garder l&#039;anonymat. Toutefois, il est possible de dire que l’objectif premier de cette association est la prévention de la maltraitance et la violence auprès des enfants, personnes âgées et conjoints. Nous avons réussi, à travers une association luttant pour la condition masculine, prendre contact avec deux hommes se déclarant comme &amp;quot;battus&amp;quot;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous étudierons également des sources  issues de la Loi Fédérale sur l’aide aux victimes et de Amnesty internationale tout comme des revues spécialisées dans le domaine de la thérapie familiale et plus particulièrement les articles concernant la violence domestique. &lt;br /&gt;
Ces éléments correspondent à ce que l’on pourrait appeler une &amp;quot;recherche sur le terrain&amp;quot;. &lt;br /&gt;
Nos sources seront ainsi multiples : entretiens ; revue de presse ; statistiques ; revues spécialisées. L’analyse des contenus du matériel récolté, prendra pour point d’appui la désignation des acteurs de la violence conjugale, en termes de stéréotypes (stigmatisation) et dans une approche de &amp;quot; genre &amp;quot; étudiant les rapports sociaux hommes-femmes par rapport à cette thématique, ainsi que les rapports victimes-agresseurs qui s’y rattachent. L’analyse devrait ainsi permettre de réunir des points de vue différents et ainsi de confirmer ou d’infirmer, voire de &amp;quot;tempérer&amp;quot; ce qui ressort dans la revue de littérature en fonction des auteurs choisis.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Résultats des recherches==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Dans divers articles de presse===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout d&#039;abord, Amnesty affiche une grande visibilité de la problématique de la violence conjugale, grâce à son magazine pour les droits humains (février 2006), son journal d&#039;action (janvier 2006) et son site internet, qui tous trois évoquent récemment la violence domestique. En effet, Amnesty a commencé en mars 2006 sa campagne suisse « En route contre la violence domestique », dont l&#039;action principale consiste en un tour de plusieurs cantons du mobile home &amp;quot;sweet home&amp;quot; afin de briser le tabou qui entoure la violence dans le couple, d’améliorer les interventions de l’Etat contre la violence domestique, et de sensibiliser le grand public, en particulier les jeunes et les hommes, notamment dans les régions rurales. Les revendications d’Amnesty International en matière de violence domestique repose sur l’obligation de l’Etat d’agir contre cette forme de violation des droits humains. Car aujourd’hui si la visibilité du débat public sur la violence domestique s’est améliorée, les menaces, coups, contraintes, viols et meurtres auxquels les femmes sont souvent exposées dans leurs quatre murs constituent un sujet rarement perçu comme relevant des droits humains. De la sensibilisation est encore nécessaire pour considérer que l’empêcher ne relève pas de la sphère privée des couples et des familles concernées, et ne pas l’assimiler à un « problème de femmes », mais à une mission publique, qui touche tout le monde. Pourtant il s’agit bien de droit à l’intégrité physique et psychique : droit à la liberté et à la sécurité, droit à la santé, droit à l’absence de torture ou d’autres traitements dégradants et même souvent le plus, droit à la vie. La position d&#039;Amnesty International quant à la violence domestique consiste à considérer sa cause dans les rapports inégalitaires de sexe. L&#039;accent est mis sur les représentations sociales qui ne cessent de faire le lien entre violence et masculinité. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le numéro du journal Repère Social de février 2006 s&#039;intitule « Quand le sexe faible est violent » et à travers le prétexte de l&#039;ouverture récente à Lausanne d&#039;un accueil pour femmes violentes, aborde ce sujet trop rarement médiatisé de la violence des femmes. L&#039;auteur, Geneviève Praplan, présente les associations Vires et Face à Face à Genève, et Violence et famille à Lausanne. Cette dernière institution travaille depuis sept ans avec des hommes violents, mais accueille depuis novembre 2005 également des femmes violentes. Le Coordinateur et plusieurs intervenants ont été formés au Québec, auprès d&#039;OPTION, institution pionnière fondée par le psychothérapeute Jacques Broué en 1985. A Violence et Famille, c&#039;est ainsi sous forme de thérapie de groupe que se déroule l&#039;accompagnement, après quelques entretiens individuels. Le processus de réflexion engagé avec les auteur(e)s est le même pour les hommes que pour les femmes. Néanmoins, il est spécifié qu&#039;il faut être spécialement vigilant avec les femmes, en vérifiant qu&#039;elles ne sont pas &amp;quot;davantage des victimes que des agresseurs&amp;quot;. De plus, rapidement le lien entre passé et présent doit se faire. &amp;quot;Hommes et femmes ne sont pas forcément égaux devant leur violence&amp;quot;: dans l&#039;inconscient collectif masculin, il est nécessaire d&#039;affirmer sa virilité, la violence masculine est ainsi plus facilement excusée. Au contraire, les rôles sociaux attribués aux femmes font qu&#039;on la juge plus sévèrement si elle fait usage de violence, mais leur permet de reconnaître moins difficilement que les hommes leurs actes violents. L&#039;auteur met en avant que les chiffres manquent quant à l&#039;ampleur de la violence féminine, surtout exercée envers ses enfants. Par ailleurs les préjugés quant aux données socio-économiques des auteurs de violence perdurent. Cela est en partie dû au fait que les familles en situation précaire sont plus aisément repérées par les services sociaux, vu l&#039;étendue de leurs besoins. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le Courrier du 18 mai 2005 relate et questionne le 1ier congrès international de la condition masculine a eu lieu à Genève le mars 2003. (en 2005 a eu lieu à Montréal).  L’auteure de l’article Virginie Poyetton nous dit que ces colloques font partie d’un mouvement plus large qui met en avant « la crise de la masculinité »  en réaction à l’émancipation « trop » radicale des femmes. Si ce courant est minoritaire au sein de la gent masculine, il participe d’une tendance qui remet en question l’avancée des droits des femmes. &lt;br /&gt;
Les masculinistes (nom que se sont donnés les défenseurs de la condition masculine) pensent que le féminisme les a forcés à changer et depuis ils se sentent dépossédés de leurs  identités et de leurs droits. Ils souffrent d’injustices : discrimination  positive au travail faveur des femmes, préjugés favorables aux mères en cas de divorce, fausses allégations de violence ou d’inceste, pensions alimentaires disproportionnées, hausse du décrochage scolaire chez les garçons, augmentation de la prescription d’antidépresseurs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;La violence conjugale :d’où vient ce concept, comment a-t-il été défini, comment s’institutionnalise-t-il ? Historique, définitions, statistiques et cadre légal&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Aborder le problème social de la violence conjugale incite à faire un retour vers les années 1970. C’est à cette époque que l’on peut situer les premières recherches sur ce thème mettant en question le mythe de la famille non violente. Les militantes féministes amènent la question de violence conjugale sur la place publique et le posent comme un problème socio-politique. La question de la violence est abordée comme conséquence des rapports de domination, c&#039;est-à-dire des effets de l’exercice d’une influence déterminante d’un groupe, les hommes, sur un autre, les femmes. Tout rapport de domination suppose, en effet, en dehors du rapport de pure violence, un système de justification visant à obtenir un minimum de &amp;quot;volonté d&#039;obéir&amp;quot; de la part des assujettis, note le Petit Robert. &lt;br /&gt;
Les sciences humaines vont s’y intéresser. De nombreuses études sont entreprises dans les années 1970 et 1980 dans le but de décrire la violence domestique, de pouvoir la chiffrer, de chercher à l’expliquer, d’étudier ses conséquences sur les victimes, et d’examiner les réponses sociétales à ce problème. &lt;br /&gt;
Les résultats de l&#039;une de celle-ci, Straus et al.(1977) permettent de dire que femmes et hommes admettent recourir à des tactiques de violence dans des situations de conflits. Ce résultat est basé sur le &amp;quot;Conflict Tactics Scales&amp;quot; (CTS), échelles centrées sur les tactiques de gestion des conflits, qui intègrent une série de comportements allant des plus rationnels aux plus violents. Cette étude permettra à l’une des auteur-e-s, Steinmetz, de tirer la conclusion de l’existence du « syndrome de l’homme battu ». Ce qui sera contesté pour insuffisances méthodologiques. Depuis la plupart de chercheurs et chercheuses renoncèrent à utiliser ce concept. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===L’institutionnalisation du concept de violence domestique: Les centres LAVI et les politiques de prise en charge (contexte suisse et suisse romand)===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une loi fédérale est votée (4 octobre 1991), sur l’aide aux victimes. Elle démontre que être « victime de violence» constitue maintenant une déviance secondaire. Les plaignants sont identifiés, l’état institutionnalise leur prise en charge, les centres Lavi sont créés et les consultations augmentent au fil des années. Et si la notion même de « victime » est large, accidenté de la route, attentats, viol, contrainte sexuelle, séquestration, elle comprend spécifiquement les violences domestiques. &lt;br /&gt;
Dès lors, elle permet également aux femmes victimes de violence conjugale d&#039;être reconnues, visibilées et aidés. &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Des centres Lavi, issus de cette loi, sont créés sur le territoire suisse. Ils ont  pour but de fournir une aide efficace (conseils, la protection de la victime, la défense de ses droits dans la procédure pénale et l’indemnisation et la réparation morale) aux victimes d’infractions ou d’une atteinte directe à son intégrité corporelle, sexuelle ou psychique et à renforcer leurs droits. &lt;br /&gt;
La police est tenue d’informer les victimes  en transmettant les coordonnées de celle-ci au centre Lavi. On peut constater que ces centres apportent une aide immédiate et des prestations fournies gratuitement ( frais médicaux, d’avocat ou de procédure peuvent également être pris en charge. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous constatons également l’étatisation de la prise en charge de la formation du personnel des centres Lavi, et la spécialisation des professionnels qui y sont impliqués. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On peut constater que la prise en compte de la situation des femmes dans le cadre de la violence domestique évolue petit à petit. Il est intéressant de suivre le dépôt d’une initiative parlementaire le  14 juin 2000, par la Conseillère Ruth-Gaby Vermot-Mangold. Ce n’est qu’en novembre 2005, que le  Conseil fédéral propose un nouvel article 28b dans le code civil visant à protéger la victime de violence ou de harcèlement en lui donnant le droit de requérir le juge d’instruction d’interdire à l’auteur de l’atteinte de l’approcher, de fréquenter certains lieux ou de prendre contact avec elle. Le nouvel article amène une notion nouvelle, celle de la prévention de la violence domestique, nouvelle tâche des centres Lavi,  pour éviter la violence et sa récidive.  &lt;br /&gt;
Le Code pénal sera modifié en ce sens en juin 2006. Désormais les actes de violence domestique seront poursuivis d’office et non plus sur plainte de la victime.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Statistiques des centres Lavi.===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous espérions obtenir des informations statistiques sur la violence conjugale, or, celles que nous avons pu obtenir par l’intermédiaire de l’office fédéral de la statistique ne peuvent être utilisées que très partiellement. En effet, jusqu’en 2004, les centres Lavi recensaient le nombre de consultations et non pas les personnes. Une consultation peut se rapporter à une infraction commise à plusieurs reprises et une même personne peut être comptabilisée plusieurs fois en l’absence d’indicateur de personnes. Il faut également préciser qu’il n’est pas possible de repérer exactement s’il s’agit de violence conjugale. Les chiffres qui peuvent être intéressants pour nous résultent d’un croisement des items : relation familiale auteur – victime, sexe de la victime, sexe de l’auteur présumé.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Si nous prenons l’année 2004 comme référence, les chiffres nous donnent une idée intéressante sur la question qui nous occupe, à savoir la violence féminine et masculine :&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
[[image:lavi.jpg|statistiques fédérales]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Toutefois, il semble important de se questionner sur la mise en forme de certains items. En effet, comment comprendre « avec auteurs présumés de sexe masculin » ? Quelle utilité cet intitulé peut apporter aux concitoyens ? Quelle différence effective avec les auteurs réels de ces actes ? Comment interpréter l’absence des items « avec victimes de sexe masculin » et « avec auteurs présumés de sexe féminin » ? Dans ce cas faut-il comprendre que les femmes victimes consultent plus, alors que les hommes restent cachés?  Quelle réalité se cache derrière ces chiffres?  &lt;br /&gt;
De plus, Jean-Philippe BRANDT, du service de presse &amp;amp; relations publiques de la Police de Genève, informe qu’ « il n’est pas fait de différences quant au sexe de la victime en ce qui concerne les violences conjugales. » Comment dans ces conditions, donner une validité fédérale à des statistiques qui ne peuvent pas prendre en compte des réalités cantonales ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Revue &amp;quot;Thérapie Familiale&amp;quot;===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous avons jugé opportun d&#039;analyser des numéros de Thérapie Familiale, une revue trimestrielle d&#039;orientation systémique. Cette source représente en effet le point de vue théorique et le constat des pratiques des thérapeutes de famille. Il est pertinent de se demander à quel point le discours de ces professionnels de la famille influence la société et est en retour influencé par elle. Les catégories victime-agresseur y sont-elles aussi clairement définies que dans le sens commun et certains discours? Fait-on une différenciation au niveau de l&#039;étiologie de la violence et de ses conséquences selon le genre? Le contact avec les patients remet-il en question certaines pratiques thérapeutiques et fait-il avancer les models conceptuels? Pour répondre à ces interrogations, nous avions à disposition tous les numéros parus depuis de nombreuses années afin d&#039;observer à quelle fréquence et sous quelle forme la thématique des violences conjugales était abordée. Nous avons porté notre choix sur la période allant de 1995 à 2001, pendant laquelle quatre numéros contiennent des articles dédiés à notre sujet. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les deux premiers numéros analysés, datant de 1995 et de 2000 sont riches d&#039;informations car rédigés par les mêmes auteurs, qui font part de l&#039;évolution de leur réflexion durant les cinq ans écoulés. Le numéro de 2000 a été écrit par des thérapeutes colombiens, ce qui nous montre la préoccupation internationale des thérapeutes de famille autour de la violence conjugale et leur désir d&#039;échanger à ce sujet. Quant au dernier numéro pris en compte, celui de 2001, il présente la synthèse des théories les plus utilisées à propos de la violence domestique. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les auteurs des deux premiers numéros analysés sont membres de l&#039;association française Vivre sans Violence, issue d&#039;observations de professionnels travaillant avec des femmes victimes de violence conjugale. Autour de 1985 il y eut de nombreuses interrogations sur les pratiques, mettant en avant les limites de la prise en charge d&#039;alors: les femmes retournaient le plus souvent au domicile conjugal, où les violences reprenaient. De plus, peu de femmes se sentaient prêtes à faire un travail de réflexion sur les événements de violence vécus. Les professionnels ont trouvé certaines réponses en s&#039; inspirant du modèle québécquois de prise en charge des hommes violents de Robert Philippe. La conscience de la nécessité de s&#039;intéresser également aux agresseurs a ainsi émergé et les premières structures de soutien aux auteurs de violence ont apparu.  Les auteurs préconisent par ailleurs un changement: le départ de l&#039;auteur des violences du foyer plutôt que celui de la victime. Cela peut constituer en effet une violence supplémentaire à la femme, et signifie à l&#039;agresseur qu&#039;il est laissé seul&amp;quot; dans un état de dangerosité contre lequel nul, même pas la loi, ne peut le protéger&amp;quot;. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les auteurs réfutent l&#039;idée traditionnelle considérant un couple violent comme dysfonctionnel. Ils font référence à Watzlawick et à sa théorie de la communication, envisageant ainsi la violence comme un acte de communication tout comme les comportements réactifs telle la passivité. Ainsi, la victime également communique quelque chose à son agresseur. La violence est un mode d&#039;échange qui a été appris, et n&#039;est donc pas inné.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Leur intervention vise la modification des patterns d&#039;interaction ainsi qu&#039; un « travail sur les représentations différentes que l&#039; homme et la femme se donnent et nous donnent, de leur vécu de la violence ».  Soulignons qu&#039;en 1995, il n&#039;y a pas d&#039;injonction thérapeutique pour les auteurs de violence dans le couple, les consultations sont donc uniquement volontaires pour les agresseurs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1999, les mêmes auteurs, dans un numéro consacré au thème « Des violences » expliquent  l&#039; évolution de leur réflexion quant à la notion de responsabilité. Ils reviennent sur leur idée de co-responsabilité, de relation complémentaire. Actuellement(en 1999) ils différencient les actes violents en deux catégories: les comportements interactifs vs délits/crimes. En conclusion, les deux acteurs ne sont pas à égalité dans l&#039;interaction: il y a une hiérarchie dans les responsabilités. La victime n&#039;est pas responsable des coups qu&#039;elle reçoit, mais les deux sont responsables du maintien de l&#039;interaction dans laquelle les comportements de violence deviennent redondants et structurants. Les auteurs se démarquent du québécquois R. Philippe en précisant que les violences conjugales ne peuvent se produire que dans un contexte de consensus socio-culturel. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous constatons donc grâce à l&#039;analyse de ces deux articles, que les professionnels thérapeutes de famille de par leur pratique, sont menés à une réflexion sur les catégories de victime-agresseur, liées à la notion de responsabilité. De la prise en charge des femmes victimes, et face à ses limites, les thérapeutes commencent à prendre en charge des auteurs de violence.  Concepts et pratiques dialoguent sans cesse, puisque reconnaître la nécessité de prendre en charge les deux membres du couple est uniquement compatible avec des théories ancrant l&#039;étiologie de la violence dans les processus interactifs et communicatifs. Le monde de la thérapie familiale a donc une longueur d&#039;avance sur la dichotomie victime-agresseur prégnante dans le sens commun, dans certaines campagnes de sensibilisation pour le grand public, et dans la loi. Par exemple les auteurs prônent en 1995 déjà l&#039;éloignement de l&#039;auteur de violence du domicile, alors qu&#039;en Suisse ce n&#039;est qu&#039;actuellement, en juin 2006, que cette mesure passe dans la loi. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;expérience des thérapeutes colombiens, relayée dans un numéro datant de 2000, nous montre une initiative étrangère originale. A Bogota  il existe des &amp;quot;commissariats de famille&amp;quot; depuis 1996 qui consistent en un &amp;quot;espace de conversation et de concertation dans le but de protéger, d&#039;assister et de guider les familles à propos de leurs droits fondamentaux et de les informer quand aux façons de résoudre les conflits internes.&amp;quot; Plus concrètement, une assistance légale, sociale, médicale et psychologique est dispensée dans ces lieux. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les auteurs sont en accord avec Perrone et Nannini, postulant que la violence n&#039;est pas une maladie, mais un choix et un moyen de contrôle. La responsabilité est à nouveau un thème abordé puisqu&#039;ils postulent que tout individu est garant de sa propre sécurité, en précisant que  chacun peut devenir violent dans un contexte déterminé. Encore une fois, c&#039;est donc l&#039;accent sur le contexte, culturel ou interactif, qui provoque la violence, plutôt que des caractéristiques individuelles.  &lt;br /&gt;
Dans son article Déconstruction des idées reçues sur la violence : une alternative à la violence. Kuenzi-Monard présente un Panorama des théories les plus utilisées : L’auteure les répartit selon 7 niveaux :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1.les théories qui localisent la violence à l’intérieur de la personne : la violence est basée sur un problème de santé mentale ; la théorie de l’impulsivité, le manque de contrôle de soi. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
2.les théories qui localisent la violence dans le développement : les théories développementales de la violence et de l’apprentissage (expliquent l’abus comme une répétition de comportements pathogènes au sein des familles) ; la théorie du blocage d’origine psycho-sexuel (la personne est bloquée à un stade de son développement). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
3.les théories qui localisent la violence au sein des relations humaines : la théorie du contenant (capacité X de tolérer des frustrations, insatisfactions ou colère. Au-delà, c’est l’éclat) ; conséquence : l’homme a peu de possibilités de contrôler cette tension, donc peu de responsabilité quant aux éléments extérieurs qui viennent le saturer. le modèle de la frustration-agression : si je suis frustré, j’agresse. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
4.les théories qui localisent l’abus dans des blocages de la communication : la personne violente souffre d’un pauvre développement des qualités sociales et relationnelles. Modèle explicatif intéressant mais qui ne donne pas d’alternative pour apprendre d’autres stratégies. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
5.Les théories qui considèrent la violence comme l’effet d’un état chimique différent, comme la conséquence de l’utilisation d’alcool ou de drogues : la théorie de la désinhibition. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
6.les théories circulaires sur la violence : celles-ci localisent la violence et la comprennent comme générée au sein d’interactions. La violence occupe une fonction homéostatique, le maintien de l’équilibre de la famille. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
7.les théories féministes : l’explication féministe ou socio-culturelle qui voit la violence comme prenant sa source dans les structures sociales. La violence et le comportement abusif sont compris, favorisés, voire encouragés par le fonctionnement social. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
8.la théorie fonctionnelle de Léonore Walker : la violence est une explication dynamique, fonctionnelle et non pas causale. La violence fonctionne sur trois phases distinctes, tension, épisodes violents, lune de miel. Walker démontre que la violence est un cercle addictif, les prisonniers de la violence sont dans un cercle infernal. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’approche de Kuenzi-Monard : la théorie des limites. Elle est basée sur les travaux de Bateson qui prônait qu’une explication « négative » ou « en mouvement » d’un évènement est préférable à une explication « positive » ou « statique ». Ce type d’explication génère du mouvement, incite à s’orienter vers les conséquences des faits et ainsi vise à une prise de responsabilité. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’auteure conclut qu’il est essentiel de faire une distinction entre l’explication causale et une limitation. L’explication causale clive la dynamique déjà polarisée entre victime et bourreau, elle maintient la violence plutôt qu’elle ne l’élimine. Elle constate que souvent il existe une rupture entre l’intention et l’action du psychothérapeute. Elle pense que le clinicien influence et est influencé par les questions qu’il pose. Les questions linéaires tendent à produire des raisonnements linéaires, il faudrait ainsi favoriser les questions circulaires, ouvrant de nouvelles possibilités.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le nombre de ces théories, par ailleurs très variées, est on le voit  abondant. Il est aisément compréhensible que l&#039;adhésion à l&#039;une ou l&#039;autre de ces théories, liées à des étiologies différentes de la violence, implique des interventions également différentes. &lt;br /&gt;
Dans notre travail, nous avons principalement abordé les théories féministes ou socio-culturelles et les théories circulaires, dont fait partie l&#039;approche systémique. La théorie fonctionnelle est également très présente dans les réflexions des thérapeutes, et la théorie des limitations est en expension. Ces théories ont en commun de ne pas prendre l&#039;individu comme centre de la problématique de la violence conjugale, mais plusieurs individus et leur relation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour conclure cette analyse des numéros de Thérapie Familiale, une différence flagrante apparaît entre les discours des professionnels publiés dans cette revue de systémique et les discours du sens commun, circulant au quotidien. En effet, les thérapeutes toujours en recherche d&#039;affinement de leurs concepts, par confrontation à la pratique, sont passés par tout une évolution théorique, prenant en compte les deux membres du couple, et débattant passionnément les questions de responsabilité et les notions de victime-agresseur. A l&#039;opposé, les causes de la violence conjugale les plus fréquemment évoquées et ancrées dans les représentations de la population se situent plutôt à un niveau individuel. Une partie est liée au genre, naturalisant les différences de sexe (la violence est inhérente à l&#039;homme, la douceur et la fragilité à la femme...); un autre type d&#039;explications courantes ramène le problème à des causes  individuelles  (alcoolisme, problèmes personnels...), voire psychologisantes  (trouble psychique, traumatismes dans l&#039;enfance, sado-masochisme...). Les catégories victime et agresseur sont clairement séparées dans le sens commun, tout comme l&#039;attribution du terme victime à la femme, et agresseur à l&#039;homme. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Propos issus de quelques entretiens===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;L’homme battu existe &#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour confronter les stéréotypes affiliés aux genres, nous avons cherché à interviewer des hommes battus. Paul et Luc (prénoms d’empreint) ont un point commun : leur passé d’homme maltraité. Ils ont été, tous les deux, physiquement battus par leur conjointe. Toutefois, il semblerait que la problématique de l’homme violenté intègre, dans sa forme globale, une autre forme de violence, une violence psychologique. Il ressort des entretiens que la forme physique ne semble pas être la forme de violence qui marque le plus. Pour essayer de comprendre au mieux le vécu violenté de ces hommes et plus généralement de toute personne impliquée dans des relations violentes, nous avons questionné la littérature ainsi que des professionnels de terrain. &lt;br /&gt;
Pour la travailleuse sociale, Sophie Torrent (2001), « la nature de la violence [à l’égard de la gente masculine] et ses modes d’expression traduisent, dirait-on, une violence spécifiquement féminine, subtile, qui atteint l’intégrité psychique de l’homme.» (p.33). L’homme victime de violence psychologique semble atteint surtout dans sa masculinité, plus précisément dans la représentation de la masculinité qui lui a permis de construire son identité. &lt;br /&gt;
« Le harcèlement que j’ai vécu par cette femme tyran m’a amené à perdre, pendant quelques temps, mon identité masculine… C’était quoi être un homme ? Je ne savais plus faire l’amour comme il faut en quittant ma femme. J’ai du réapprendre à accepter de prendre du plaisir. » Luc &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;La violence ; une histoire d’homme ? &#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Alors que nous venons de découvrir avec stupéfaction certaines réalités d’hommes maltraités par leur conjointe, comment traiter ces vérités face à notre idéal féminin construit ? Comment même penser à la violence des femmes, alors que celle que l’on exerce à leur égard est de loin la plus établie, la plus reconnue et de ce fait la plus portée par les médias ? De nos jours, la société reconnaît et prend en charge la femme violentée, qu&#039;en est-il de la femme violente ? Il est commun d’entendre qu’une femme violente est une femme malade psychologiquement ou encore que cette dernière n’agresserait que pour se défendre. Pour la psychothérapeute Diane Chayer, ( citée par Ruel &amp;amp; Guéricolas, 1998), il semblerait qu’il n’y ait tout simplement pas de permission sociale à la violence des femmes. « La société dit qu’il est presque normal pour un homme d’être violent. Mais une femme violente, c’est une extraterrestre. » &lt;br /&gt;
Pour Yvon Dallaire, « la femme violente peut ressentir de la fierté pour avoir battu plus fort qu’elle. Et la société ne la dénigre pas, elle cherche plutôt à la comprendre et à l’excuser, compatissant souvent à son sort. » (p26) A contrario, pour la responsable d’une structure acceuillant des femmes violentes, « celles et ceux qui passent de la parole aux actes souffrent, ils ont besoin d&#039;aide et y ont droit. Toutefois, la femme violente souffre de discrimination ; on ne veut pas lui reconnaître sa violence. » Il semblerait alors que, paradoxalement, la femme violente souffre des mêmes maux sociaux que l’homme maltraité. Une nouvelle fois, il semblerait que les stéréotypes, affiliés aux genres, décident de ce qui peut être acceptable ou pas. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Le statut de victime/agresseur &#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La responsable d’un établissement prenant en charge des femmes violentes nous apprend qu’il est difficile de tenir le fil rouge concernant les rôles de victime-agresseur. « On est là pour travailler sur la violence des femmes, en tant qu’auteures de violence et non en tant que victimes. Très souvent, ça dérape en justification des actes qui déplace la position d’agresseuse à celui de victime. » Il semble que souvent, l’agresseur se voit comme victime. Responsabiliser les acteurs(trices) de violence, c’est les aider à prendre conscience de leur violence. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Responsabilité dans la violence &#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La question est partagée. Alors que pour beaucoup, la responsabilité de la violence doit être assumée par son auteur(e), pour d’autres, elle doit être partagée. En effet, pour Denis Châtelain, co-fondateur d’une association prenant en charge des auteur(e)s de violence, « il faut prendre en compte le potentiel de violence de la victime dans la compréhension de la dynamique ». Pour la responsable d’une association accueillant des femmes violentes, « il est impossible de faire un tel travail si l’on part du principe d’une co-responsabilité dans la réalisation de la violence. En effet, on ne peut pas se permettre de déraper sur l’aspect empathique et comprendre voir d’excuser l’acte de violence au nom d’un statut de victime reconnu. Pour nous, l’acte violent n’est pas excusable, il est inadmissible quelque soit sa source ou sa justification. Ce qui nous paraît important c’est de faire en sorte de ne plus jamais en avoir à arriver là. » &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;La prise en charge de la violence &#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comment aborder la problématique de la violence conjugale et plus particulièrement celle des hommes maltraités et des femmes violentes ? Alors qu’Yvon Dallaire se demande si l’on « ne pourrait pas exploiter l’expertise des centres d’accueil pour femmes au profit des hommes battus et l’expertise des groupes d’entraide pour homme violents au profit des femmes violentes ? » (p29), la responsable d’une structure accueillant des femmes actrices de violence répond que « pour aider les femmes actrices de violence, il faut appliquer un traitement différencié. Les raisons étant parce qu’on n’éduque pas de la même façon une petite fille et un petit garçon, le rapport au féminin n’est pas le même. La violence masculine est légitimée. Par contre, on ne reconnaît pas ce droit à la femme. Cela étant dû aux stéréotypes de mère protectrice d’une part. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Point de situation===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Mouvement féministe...et&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A ce stade de notre article, nous pouvons établir difféents constats. Tout d’abord, la découverte de la violence conjugale et de ses effets a pour origine le questionnement du mouvement féministe. Celui-ci repris par des chercheur-e-s, a confirmé et précisé le phénomène de la violence conjugale. &lt;br /&gt;
La notion d’homme battu, qui nous avions posée comme une construction récente, date des premières recherches sur ce domaine, le syndrome de l’homme battu, développé par une chercheuse du l’équipe de Straus et al. a été un concept rapidement abandonné. Les défauts dans l’opérationnalisation du concept de violence, dans la méthode et dans l’interprétation des données de l’enquête effectuée à l’aide du Conflict Tactics Scales ont été largement reconnus. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;...évolution sociale et réponses masculines.&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous pouvons poursuivre nos constats à partir des travaux d’une chercheuse, rencontrée au détour d’un article de presse, Pascale Molinier, d’une tension qui s’avive entre hommes et femmes dans les années 1980. Certains hommes pro féministes tiennent un discours optimiste concernant la constitution d&#039;une société nouvelle et égalitaire et reconnaissent la domination masculine comme clé d&#039;un changement possible. D&#039;autres hommes tiennent un discours alarmiste et insistent sur le malaise identitaire engendré par cette modification des rapports sociaux source de perte de repères. &lt;br /&gt;
A partir de là, un autre phénomène apparaît, nous découvrons que des groupes d’hommes se forment autour d’auteurs, (Guy Cornaux au Canada, Jacques Salomé en France, ou plus récemment Y. Dallaire qui avec John Goetelen a organisé le premier Congrès international de la condition masculine à Genève en 2003) avec comme but de réfléchir à l’identité masculine fragilisée.  C&#039;est dans cette mouvance que l’on trouve aujourd&#039;hui les protagonistes d&#039;un détournement de la violence masculine au profit d&#039;une violence exercée contre les hommes par les femmes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;La violence domestique, une réponse étatique et institutionnelle&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Autre constat que nous pouvons déjà faire, la violence conjugale est un phénomène officialisé et les réponses institutionnelles se développent de plus en plus. Il est intéressant de faire le point sur l&#039;ampleur et les lacunes de l&#039;offre associative et institutionnelle, et prenons pour ce faire l&#039;exemple genevois. La brochure « la violence est inacceptable; violence conjugale que faire? » est la référence et est publiée par le Service pour la promotion de l&#039;égalité entre homme et femme, le Centre de consultation LAVI et Solidarité Femmes. De par les caractéristiques même de ces éditeurs, ajouté au fait que la brochure est rédigée par des auteures, c&#039;est à nouveau sous l&#039;angle des femmes victimes que la problématique est abordée. Dans la rubrique « Répertoire d&#039;adresses utiles », nous constatons qu&#039;il existe à Genève des services d&#039;hébergement; des services médicaux; des consultations juridiques; des services de consultations conjugales, familiales et de médiation auxquels peuvent s&#039;adresser des victimes de violence conjugale. Les foyers d&#039;hébergement cités sont des foyers pour les  femmes et leurs enfants exclusivement, dans le cas de difficultés qui ne sont pas restreintes à la violence conjugale, néanmoins dans la pratique ce type de violences représente la majorité des cas. Ce principe de foyer pour femmes en difficultés n&#039;est pas récent, le foyer Arabelle par exemple date de 1964. Solidarités Femmes est la seule association spécifique pour les femmes victimes de violence conjugale. Elle offre écoute; orientiation; information sociale et juridique, hébergement; entretiens individuels et activités de groupe. Excepté l&#039;hébergement, ces prestations sont gratuites. Il existe d&#039;autres services divers pour femmes, tels que Viol-Secours, SOS Femmes, F-Information ou Camarada. Certains organismes sont spécialisés dans les problématiques de violences, sans distinction de sexe, il s&#039;agit des Centres LAVI et au niveau médical du Centre  Interdiscplinaire de Médecine et de Prévention de la Violence des HUG. Dans la brochure de 2001, une seule adresse concerne les auteurs masculins de violence conjugale, il s&#039;agit de l&#039;association VIRES. Il est intéressant et très révélateur de constater que depuis sa fondation en 1994, cette association s&#039;est définie de trois manières distinctes:  d&#039;organisme pour les hommes ayant recours à la violence dans leur couple et dans leur famille, dans un deuxième temps le terme « hommes » a été remplacé par « personnes ». Actuellement c&#039;est l&#039;expression « Organisme de traitement et de prévention de la violence exercée dans le couple et dans la famille. » qui a été retenue. Si les professionnels de VIRES précisent que ce changement d&#039;appellation est consécutif  à une évolution dans la manière de penser et traiter la problématique de la violence conjugale et plus précisément ses sources et ses enjeux, les date de ces évolutions ne sont malheureusement pas précisées. Dans la dernière édition de la brochure sus-mentionnée, parue en 2004, apparaît une nouvelle association, dédiée à la prise en charge des femmes aux comportements violents. Cet organisme créé en 2001 ne se limite pas aux violences exercées dans la sphère familiale. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En conclusion de cet aperçu des diverses offres de soutien sous toutes ses formes adressé aux personnes impliquées dans la dynamique des violences conjugales, une lacune importante transparaît: il n&#039;existe pas à Genève de lieu spécifique aux victimes masculines de violence conjugale, que ce soit un foyer ou un lieu d&#039;information et de soutien. En règle générale, lorsqu&#039;un problème social lié à la violence émerge, ce sont les victimes qui bénéficient en premier lieu de l&#039;institutionnalisation. Par la suite, une réflexion se fait autour des auteurs, considérant qu&#039;eux aussi ont besoin de soutien afin de casser la dynamique de violence. Dans le cas de la violence exercée envers les hommes, les victimes sont ignorées par l&#039;absence de lieu spécifique; alors même que les femmes auteures de violence possèdent une telle infrastructure. Nous pouvons émettre l&#039;hypothèse que cela a un lien avec le stéréotype de femme-victime, la femme perpétrice de violence ayant souvent été elle-même victime, comme nous l&#039;avons vu plus haut. Amnesty relaie cette problématique pour que la violence domestique sorte du domaine privé et soit reconnue comme un problème public. Dans des revues spécialisées différents auteur-es font état de l’évolution des connaissances et des conceptualisations du problème. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’état fédéral se préoccupe de cette question et modifie le code pénal pour améliorer la protection des victimes de violence domestique. Les centres Lavi travaillent à la transformation de leur statistiques en vue également d’améliorer la visibilité de cette forme de violence. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Conclusion==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En fonction de tous les éléments qui précèdent, la conclusion de cet article montre que le concept  de violence conjugale apparu dans les années 1970 a trouvé sa place jusque dans la législation. Néanmoins les discours qui circulent sur ce type de violence sont une construction qui circonscrit la violence dans des stéréotypes caricaturaux stigmatisant à la fois les femmes en tant que victimes et les hommes comme agresseurs. De cette restriction découle la difficulté d’envisager l’existence d’hommes victimes de violence conjugale, et d’égale manière celle de femmes violentes. Cela a comme conséquence pour les personnes concernées une non-reconnaissance sociale, se manifestant par de forts préjugés à leur encontre, et de grandes lacunes institutionnelles. Les professionnels de la violence conjugale (médecins, thérapeutes) ont dépassé cette opposition et ils désignent les acteurs de la violence conjugale à un niveau de co-responsabilité qui ne distingue pas le sexe des protagonistes pour rendre compte de ce phénomène. Il y a ainsi un écart entre les discours dominants et les discours des professionnels, écart perceptible dans l’étude de la littérature et dans l’examen des sources que constituent les revues &amp;quot; thérapie familiale &amp;quot;. Enfin, il faut admettre la thèse selon laquelle la violence conjugale reste un phénomène qui bien que connu de tous, reste difficile à appréhender dans notre société. Criminalisée ici, combattue là, normalisée un peu plus loin. Elle fait partie d’un rapport à l’Autre institué par des règles sociétales contextualisées par un rapport différent d’être au monde « femme » ou « homme ». &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En effet, il existe des définitions similaires mais superficielles qui varient dans leur développement en fonction des positionnements et des valeurs de ceux qui les proposent. Les statistiques qui rendent compte de la violence conjugale proposent d’autre part des modalités qui ne permettent pas de distinguer précisément les victimes des agresseurs de manière précise et approfondie. Elles ne permettent pas d’affirmer avec précision que les hommes sont aussi victimes de violences, les modalités de genre n’étant pas assez développées dans la prise en compte statistique. Les hommes victimes existent, mais leur visibilité est très faible du fait que c’est un phénomène qui est en train d’émerger comme problème social. Ainsi, la violence conjugale reste un phénomène complexe et confus dans ses définitions. Enfin, on s’aperçoit que la violence conjugale reste un concept en mouvement sur le plan des institutions, qui proposent des possibilités de prise en charge nombreuses, mais néanmoins insuffisantes si l’on considère la prise en compte de la violence faite aux hommes. &lt;br /&gt;
Ces détracteurs pourront s&#039;appuyer probablement dans les années à venir sur les modifications des images féminines, les stéréotypes de la femme douce et soumise ont tendance à s&#039;estomper. Et l&#039;on peut se demander si les jeunes femmes ne se permettront pas plus que par le passé d&#039;exprimer leurs sentiments de colère et violence, là où s&#039;exprimaient auparavant peut-être impuissance, tristesse et dépression.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Difficultés===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le sujet que nous avons abordé tout au long de ce travail est délicat. Nous avons relevé le peu de neutralité émanant des sources existantes sur ce thème, chaque écrit représentant une certaine prise de position, quant à la causalité de la violence conjugale par exemple, ou les convictions cachées derrière l&#039;attribution de statuts victime-agresseur ou victime-victime. &lt;br /&gt;
Cette subjectivité rentre en interrelation avec notre sensibilité propre, individuelle, qui n&#039;est donc pas la même entre les personnes de notre groupe. Le fait que celui-ci soit constitué de deux femmes et deux hommes est très enrichissant, et même primordial quand on s&#039;attèle à ce type de problématique. Néanmoins, cela implique un investissement conséquent en termes de discussion, explicitation des attentes et valeurs de chacun, en redéfinition continuelle de la problématique. &lt;br /&gt;
Dans notre tentative d&#039;objectiver notre problématique, nous ne sommes que très peu aidés par les statistiques. Elles aussi disent ce qu&#039;elles ont envie de dire, et sont sans cesse remises en cause par des détracteurs. La conséquence en est qu&#039;aucune statistique ne sert vraiment de référence consensuelle dans la compréhension de la violence conjugale. Dans les statistiques policières, souvent la violence conjugale n&#039;est pas comptabilisée de manière séparée des autres délits de violence; dans d&#039;autres types de statistiques c&#039;est le genre qui n&#039;est pas retenu comme variable pertinente. En effet, derrière les chiffres, on découvre des définitions très variables de la violence: certains ne prennent en compte que la violence physique; d&#039;autres considèrent que de nombreux petits signes de nature verbale ou psychologique sont un pas dans l&#039;escalade de la violence, et les jugent donc de même poids que des coups. Entre ces deux extrêmes, toutes les variations sont présentes... &lt;br /&gt;
Il est intéressant de relever à quel point certains chiffres sont médiatisés, afin d&#039;avoir un impact sur la population, alors que ces mêmes chiffres sont discutables au niveau statistique. Pour conclure, nous nous sommes rendus compte que malgré une certaine médiatisation, qui n&#039;est pas si récente, de la violence conjugale, nous ne savons pas tellement de choses à ce sujet, ou plutôt il existe peu de consensus, voire la co-existence d&#039;approches inconciliables. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Références bibliographiques ==&lt;br /&gt;
Les lectures citées dans le travail final&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Amnistie: Le magazine pour les droits humains, &#039;&#039;Dossier Combattre la violence domestique&#039;&#039;  No 44, février 2006.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Amnistie, Journal d&#039;action pour les droits humains, janvier 2006.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Dallaire Y. (2002). La violence faite aux hommes. Une réalité tabou et complexe. Québéc: Options santé. [[Résumé du livre]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Gillioz L., De Puy J., Ducret V. (1997). Domination et violence envers la femme dans le couple. Lausanne : éditions Payot. [http://home.etu.unige.ch/~maneira4/R_sum__aeticle.doc Résumé de l&#039;article]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Ruel S. &amp;amp; Guéricolas P. (1998). La violence des femmes : derrière le masque. In Gazette des femmes Vol. 20. (no 4). (Novembre-Décembre 1998).[Version électronique]. Accès le 20 novembre 2005 : &lt;br /&gt;
http://www.gazettedesfemmes.com/recherche/?F=recherche&amp;amp;idt=10075&amp;amp;affart=2866&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Torrent S. (2001). L’homme battu, un tabou au cœur du tabou. Québec: Option Santé. [http://home.etu.unige.ch/~maneira4/fiche%20de%20lecture%20homme%20battu.pdf Résumé du livre ]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Praplan G., &#039;&#039;Quand le sexe faible est violent&#039;&#039; in Repère Social, No 73, février 2006.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Bibliographie ==&lt;br /&gt;
Les lectures utilisées mais pas citées dans le travail final&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Bretonnière-Fraysse et al. (2001). &#039;&#039; De la violence conjugale à la violence parentale&#039;&#039;. Eres [[Résumé|Résumé du livre]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Jackson D., Welzer-Lang D. (1998). Violence et masculinité. Toulouse : imprimerie 34.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Office fédéral de la statistique : Aide aux victimes. Chiffres clés. http://www.bfs.admin.ch/bfs/portal/fr/index/themen/rechtspflege.html&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Rey, H. et al. (2006). Les violences conjugales: pour une clinique du réel. &#039;&#039; Journal International de Victimologie&#039;&#039;. Année 4, No 1. [[Résumé de l&#039;article]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Miguel</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Violence_conjugale:_De_la_femme_battue_%C3%A0_l%27homme_battu...&amp;diff=4292</id>
		<title>Violence conjugale: De la femme battue à l&#039;homme battu...</title>
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		<updated>2006-06-20T15:34:59Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Miguel : /* Statistiques des centres Lavi. */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&#039;&#039;&#039;Membres du groupe&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Chantal Cornut&lt;br /&gt;
* Céline Pittet &lt;br /&gt;
* Jean-Christophe Contini&lt;br /&gt;
* Miguel Maneira &lt;br /&gt;
[mailto:maneira4@etu.unige.ch,contini2@etu.unige.ch,cepittet@hotmail.com,ch.cornut-piller@bluewin.ch Ecrire au groupe]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 [[L&#039;homme battu: le mâle...traité|Notre projet]]  |  [[Plan de recherche: Violence conjugale; un concept en mouvement|Notre plan de recherche]]  |  [[Espace de dialogue|Notre espace de dialogue]]  |  [[Trésorus de notre groupe|Notre île aux trésors]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Violence conjugale: De la femme battue à l&#039;homme battu...=&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== &amp;quot;L’homme battu&amp;quot;: un phénomène nouveau ? Introduction ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le questionnement qui est à l’origine de ce travail prend source dans la rencontre d’un concept qui semble nouveau de prime abord : &amp;quot;l’homme battu&amp;quot;. Ce concept apparaît dans l’ouvrage récemment publié de Sophie Torrent (2001). Ce livre met en lumière l’existence d’hommes victimes de violences exercées par des femmes à leur encontre, il interroge également les questions identitaires vécues par ces &amp;quot;nouvelles victimes&amp;quot;, à travers la conduite de multiples entretiens. Ces propos peuvent intriguer, parfois rendre perplexe et curieux celui ou celle qui les entendent. Le présent article proposera des recherches bibliographiques qui devraient permettre de découvrir des discours proches des propos de Torrent. Le premier constat est que ce &amp;quot;phénomène&amp;quot; des hommes battus est, dans une moindre mesure, relayé dans d’autres ouvrages qui l’inscrivent dans le cadre plus large de la violence conjugale. Les recherches livresques tenteront ainsi de répondre à la question principale qui guide la recherche : comment le phénomène de &amp;quot;l’homme battu&amp;quot; s’inscrit-il dans le paradigme de la violence conjugale ? Les questions secondaires qui en découlent sont multiples : quand est-ce que ce concept est apparu ? Par qui a-t-il été développé ? Quels sont les discours qui relaient ce concept ou qui s’y opposent ? Les éléments qui composent la revue de littérature qui apparaîtra plus loin permettront d’entrevoir certains points qui semblent être récurrents. On s’aperçoit ainsi que le concept d’&amp;quot;hommes battus&amp;quot; se trouve à chaque fois en tension avec celui de &amp;quot; femmes battues &amp;quot; dans le cadre de la violence conjugale qu’il reste à définir. Nous sommes ici confrontés à deux discours contraires entre des groupes de pressions constitués autour de la &amp;quot;souffrance masculine&amp;quot; et les propos issus de certains discours féministes. cette opposition – qui est caractérisée grossièrement entre les deux discours – se dédouble d’une autre opposition dans la désignation des acteurs de la violence conjugale en termes de victime et d’agresseur. Les  acteurs sont ainsi stigmatisés, avec des stéréotypes qui désignent de manière massive l’homme comme agresseur et la femme comme victime. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La  violence conjugale : où en sommes-nous aujourd’hui ? Des discours en tension. Problématique ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La violence conjugale semble être de prime abord un phénomène bien connu de nos jours. Les médias rendent régulièrement compte de ses conséquences, bon nombre d’associations ont été créées pour répondre à l’appel des victimes, une loi sur la protection des victimes a été instaurée, beaucoup de thérapeutes œuvrent également dans ce domaine. Il est question, la plupart du temps, des violences subies par des femmes et exercées par des hommes, il est dans une moindre mesure, question de la violence exercée par des femmes contre des hommes. Ce dernier phénomène reste minoritaire cependant, et fait l’objet de nombreuses critiques. Bien souvent, les discours opposent des mouvements &amp;quot;féministes&amp;quot; à des groupes &amp;quot;masculinistes&amp;quot;, les uns dénonçant sans cesse l’ineffable violence des hommes envers les femmes, les autres dénonçant cette vision de l’homme éternellement &amp;quot; agresseur &amp;quot;, allant jusqu’à affirmer que des hommes sont aussi des &amp;quot; victimes &amp;quot; et que la violence peut aussi être l’apanage des femmes. Ici apparaît le concept &amp;quot; d’hommes battus &amp;quot; qui a émergé dès les années septante. Afin de prendre de la distance vis-à-vis de ces deux positions antagonistes, il s’agit tout d’abord d’étudier ce que disent certains auteurs sur la violence conjugale, à la fois sur la violence subie par les femmes et par les hommes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Ce qu’en disent les livres et leurs auteur(e)s. Revue de littérature==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette revue de littérature suit la chronologie du questionnement et du cheminement, qui, en commençant part la découverte du concept de &amp;quot;l’homme battu&amp;quot;, conduit à approfondir les recherches au concept de la femme battue et à appréhender dès lors le problème social que constitue la violence conjugale, qui englobe les deux autres concepts. La recherche bibliographique a privilégié les ouvrages qui traitent spécifiquement de l’existence du concept de &amp;quot;l’homme battu&amp;quot;, dans une actualité la plus récente possible. Peu de littérature existe à ce sujet, cependant, les ouvrages les plus récents (Torrent et Dallaire) font tous les deux référence à l’inscription du concept de l’homme battu dans celui de la violence conjugale. Les investigations ont  été élargies à ce domaine, toujours à la recherche du moindre élément concernant la violence faite aux hommes. &lt;br /&gt;
Sophie Torrent, dans son ouvrage sur l’homme battu (2001) met directement en question le fait qu’il existe au sein de la vie de couple une violence faite aux hommes, une violence souvent difficile à accepter, celle-ci allant à l’encontre de stéréotypes tels que celui qui considère que la femme est l’élément faible du couple et que l’homme en est le dominant. Dans la première partie de son livre, l’auteure tente tout d’abord d’expliquer ce phénomène atypique de l’homme battu, cet &amp;quot;impensable social&amp;quot; dit-elle. Elle analyse les différents types de violences (physique, sexuelle, psychologique, verbale et économique) pour ensuite orienter son analyse vers la notion de &amp;quot;rôles sociaux&amp;quot;. Elle montre comment l’homme violenté est agressé jusque dans les &amp;quot;facettes&amp;quot; qui font son identité . Pour elle &amp;quot;être battu invalide l’homme dans son appartenance à la catégorie sociale homme&amp;quot;. Dans la deuxième partie de son ouvrage, Torrent réfléchit sur les différentes stratégies élaborées par l’homme pour gérer des situations difficiles. Elle s’appuie notamment dans son travail de recherche sur des interviews réalisées avec des &amp;quot;hommes battus&amp;quot;. &lt;br /&gt;
C’est dans une considération assez proche qu’Yvon Dallaire (2002), thérapeute au Québec, aborde le phénomène de la violence faite aux hommes (La violence faite aux hommes. Une réalité taboue et complexe). Il nous rappelle le constat de l’existence ineffable de la violence dans l’humanité, violence souvent fortement médiatisée, mais selon lui, de manière incomplète. En effet, dit-il, notre attention ne serait attirée que vers une forme de violence, soit celle faite par les hommes contre les autres hommes (guerres, voies de fait, suicides), contre les femmes (violence conjugale, viol, meurtre, tueurs en série) et contre les enfants (violence infanticide, meurtre suivi de suicide). Pour Dallaire, une forme de violence a été occultée : la violence des femmes faite envers les femmes, les hommes et les enfants. Le propos de son texte est de démontrer d’une part que des femmes peuvent être tout autant violentes que des hommes, et que d’autre part, l’analyse de la violence conjugale s’inscrit dans un paradigme teinté de sexisme et de discrimination. Pour cet auteur, la violence conjugale ne se décline pas simplement sur le mode victime-agresseur, mais plutôt sur celui de victime-victime, de deux individus qui sont les co-créateurs d’une escalade débouchant sur l’explosion physique. Afin d’alimenter son propos, Yvon Dallaire met en lumière les stéréotypes et les préjugés qui circulent dans le discours commun : l’homme est un être violent, un abuseur d’enfants, un irresponsable, les hommes sont tous des obsédés sexuels, il sont tous infidèles, menteurs et manipulateurs. Dès lors, toute violence féminine est considérée comme relevant de la légitime défense, l’homme est ainsi rendu coupable de toute la violence conjugale. Précisons ici que l’auteur dénonce le discours d’influence féministe qui se déploie dans le contexte québécois. Son objectif est de connaître les réelles dimensions de la violence conjugale, plutôt que de rechercher un coupable à punir, toujours le même : l’homme. &lt;br /&gt;
L’ouvrage de Bretonnière-Fraysse et al. (2001), incontournable pour le sujet, propose quant à lui un autre regard qui positionne clairement les femmes en tant que victimes et les hommes comme agresseurs, sans nuances : &amp;quot;on le sait, la violence conjugale a toujours existé ; on le sait aussi : les victimes en sont les femmes et les auteurs, les hommes. Mais elle demeure encore cachée, honteuse, secrète&amp;quot;. Cet ouvrage prend un regard anthropologique et historique pour nous montrer la condition de victime de la femme à travers les époques passées et jusqu’à nos jours. &lt;br /&gt;
Gillioz, De Puy et Ducret quant à elles (2000), font état des connaissances qui ont fait de la violence familiale et de la violence contre les femmes, un champ d’étude relativement nouveau dans les sciences sociales. Elles nous rappellent que jusque dans les années soixante, la société et avec elle les scientifiques vivent sur le mythe de la famille non violente. Cette dernière étant considérée comme rare et comme étant le fait d’individus déséquilibrés. Dans les années septante, sous l’influence de militantes féministes anglo-saxonnes qui ouvrent des refuges pour femmes battues et portent la question de la violence conjugale sur la place publique, ce phénomène jusque-là occulté est posé comme problème socio-politique. C’est dès lors que les sciences sociales vont s’y intéresser, à travers deux grands courants de recherche. Le premier est constitué par des études portant sur la violence subie par les femmes au sein de la famille et postule, en se fondant sur les prémisses théoriques féministes, que cette violence est spécifique. Ilc il est nécessaire de l’étudier indépendamment des autres types de violence familiale qui relèvent d’autres logiques. Le deuxième courant de recherche, issu de la sociologie de la famille, a pour objet la violence familiale et considère la société et ses institutions comme des systèmes consensuels qui embrassent dans la même problématique l’ensemble de la violence qui se déroule dans le cadre familial. L&#039;ouvrage de Gillioz et all. mentionne également les travaux de Strauss, Gelles et Steinmetz (1977), à partir desquels a été tiré l&#039;affirmation que les femmes sont aussi violentes que les hommes. C’est à ce moment qu’apparaît le concept du &amp;quot;mari battu&amp;quot;, des résultats tirés des statistiques de cette recherche, ont permis à l&#039;un des chercheurs de conclure que ce qui était le plus sous-estimé n’est pas la femme battue, mais le mari battu. La validité scientifique reste toutefois fortement contestée, nous en trouvons les arguments dans l’ouvrage de Gillioz, De Puy et Ducret. &lt;br /&gt;
Cette revue de littérature se conclut par l’approche systémique de Perrone et Nannini (1995) qui proposent leur livre comme un manuel à l’usage des professionnels appelés à intervenir auprès des familles. Leurs présupposés considèrent que la violence n’est pas un phénomène individuel, mais la manifestation d’un phénomène interactionnel. La violence est ainsi un mode particulier de communication entre partenaires qui sont tous impliqués et par là même responsables au sens interactionnel du terme. Comme Yvon Dallaire, les auteurs ne considèrent pas les acteurs de la violence conjugale en termes de &amp;quot;victime-agresseur&amp;quot;, ni en termes &amp;quot;hommes-femmes&amp;quot;. Les objectifs et les enjeux que ces deux auteurs proposent s’appuient sur l’idée que chacun doit devenir et se penser responsable de ses propres comportements. C’est également selon cette optique que certains &amp;quot;cliniciens&amp;quot; abordent en partie la question dans leur article (Rey, H et al. 2006). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Des recherches complémentaires nécessaires. Choix et méthodes==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En fonction des éléments de la problématique développée jusqu’ici, l’objectif de la recherche a consisté à y voir plus clair en tentant de répondre à la question posée, « comment le phénomène de l’homme battu s’inscrit dans le paradigme de la violence conjugale » ainsi qu’aux questions complémentaires citées dans l’introduction ?  Afin de prendre une nécessaire distance vis-à-vis du regard que propose la revue de littérature, il est nécessaire d’orienter les recherches sur d’autres sources d’informations diverses. Il est dès lors intéressant d’examiner si des statistiques existent sur les &amp;quot;hommes battus&amp;quot; et sur les &amp;quot;femmes battues&amp;quot; et dès lors de voir si celles-ci peuvent éclaircir les questions posées. Pour cela nous avons choisi de travailler à partir des statistiques des centres Lavi disponibles à l’office fédéral de la statistique. &lt;br /&gt;
Dès lors que le phénomène des &amp;quot;hommes battus&amp;quot; s’inscrit dans le cadre de la violence conjugale notre choix s’est porté également sur la recherche d’éléments de compréhension dans une série de revues spécialisées : « Thérapie Familiale », revue internationale en Approche Systémique, dont nous avons retenu les numéros mentionnant explicitement des articles sur la violence conjugale ou domestique (1995, Vol. 16 no 3 – 1999, Vol. 20 no 4 – 2000, Vol. 21, no 4 – 2001, Vol. 22 no 4).    &lt;br /&gt;
De plus, pour avoir une vision plus globale, une revue d’articles de presse étudiant quelques articles récents peut être pertinente. Nous avons sélectionnées des articles toujours sur le thème de la violence faite aux femmes et / ou aux hommes. Amnistie: Le magazine pour les droits humains, No 44, février 2006   interviews thématiques du Dr Vannotti, médecin adjoint à la Policinique de Lausanne et de  Madame Yakin Ertuk, rapporteuse spéciale de l&#039;ONU sur la violence contre les femmes ; Amnistie, Journal d&#039;action pour les droits humains, janvier 2006 ; Repère Social, No 73, février 2006, article : quand le sexe faible est violent ; Le Courrier du 18 mai 2005, article relatant le 1ier congrès de la condition masculine. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Enfin, nous avons opté pour une recherche mettant en œuvre la conduite de plusieurs entretiens compréhensifs semi-directifs auprès de professionnels de la prise en charge de la violence conjugale ainsi qu’auprès de &amp;quot; victimes &amp;quot; masculines qui accepteraient de nous apporter leur témoignage. A cet effet, nous avons trouvé pertinent de construire deux types de grilles d&#039;entretiens, l&#039;une pour les professionnels, l&#039;autre pour les hommes &amp;quot;victimes&amp;quot;. Malgré la promesse d&#039;anonymat, nous n&#039;avons pas pu enregistrer les entretiens. De ce fait, nous basons nos propos sur les notes retenues. Chaque entretien s&#039;est déroulé, pendant une heure trente, dans un lieu décidé par la personne interviewée. Nous avons mené, dans notre phase d&#039;investigation de terrain, quatre entretiens, dont deux avec des &amp;quot;victimes&amp;quot; masculines de maltraitance conjugale. Nous avons rencontré Denis Chatelain, co-fondateur de l&#039;association Vires. Cet organisme de traitement et de prévention de la violence exercée dans le couple et la famille, vient en aide aux personnes qui ont recours à la violence. Nous avons aussi rencontré la fondatrice d&#039;une fondation prenant en charge des femmes violentes, qui a souhaité garder l&#039;anonymat. Toutefois, il est possible de dire que l’objectif premier de cette association est la prévention de la maltraitance et la violence auprès des enfants, personnes âgées et conjoints. Nous avons réussi, à travers une association luttant pour la condition masculine, prendre contact avec deux hommes se déclarant comme &amp;quot;battus&amp;quot;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous étudierons également des sources  issues de la Loi Fédérale sur l’aide aux victimes et de Amnesty internationale tout comme des revues spécialisées dans le domaine de la thérapie familiale et plus particulièrement les articles concernant la violence domestique. &lt;br /&gt;
Ces éléments correspondent à ce que l’on pourrait appeler une &amp;quot;recherche sur le terrain&amp;quot;. &lt;br /&gt;
Nos sources seront ainsi multiples : entretiens ; revue de presse ; statistiques ; revues spécialisées. L’analyse des contenus du matériel récolté, prendra pour point d’appui la désignation des acteurs de la violence conjugale, en termes de stéréotypes (stigmatisation) et dans une approche de &amp;quot; genre &amp;quot; étudiant les rapports sociaux hommes-femmes par rapport à cette thématique, ainsi que les rapports victimes-agresseurs qui s’y rattachent. L’analyse devrait ainsi permettre de réunir des points de vue différents et ainsi de confirmer ou d’infirmer, voire de &amp;quot;tempérer&amp;quot; ce qui ressort dans la revue de littérature en fonction des auteurs choisis.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Résultats des recherches==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Dans divers articles de presse===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout d&#039;abord, Amnesty affiche une grande visibilité de la problématique de la violence conjugale, grâce à son magazine pour les droits humains (février 2006), son journal d&#039;action (janvier 2006) et son site internet, qui tous trois évoquent récemment la violence domestique. En effet, Amnesty a commencé en mars 2006 sa campagne suisse « En route contre la violence domestique », dont l&#039;action principale consiste en un tour de plusieurs cantons du mobile home &amp;quot;sweet home&amp;quot; afin de briser le tabou qui entoure la violence dans le couple, d’améliorer les interventions de l’Etat contre la violence domestique, et de sensibiliser le grand public, en particulier les jeunes et les hommes, notamment dans les régions rurales. Les revendications d’Amnesty International en matière de violence domestique repose sur l’obligation de l’Etat d’agir contre cette forme de violation des droits humains. Car aujourd’hui si la visibilité du débat public sur la violence domestique s’est améliorée, les menaces, coups, contraintes, viols et meurtres auxquels les femmes sont souvent exposées dans leurs quatre murs constituent un sujet rarement perçu comme relevant des droits humains. De la sensibilisation est encore nécessaire pour considérer que l’empêcher ne relève pas de la sphère privée des couples et des familles concernées, et ne pas l’assimiler à un « problème de femmes », mais à une mission publique, qui touche tout le monde. Pourtant il s’agit bien de droit à l’intégrité physique et psychique : droit à la liberté et à la sécurité, droit à la santé, droit à l’absence de torture ou d’autres traitements dégradants et même souvent le plus, droit à la vie. La position d&#039;Amnesty International quant à la violence domestique consiste à considérer sa cause dans les rapports inégalitaires de sexe. L&#039;accent est mis sur les représentations sociales qui ne cessent de faire le lien entre violence et masculinité. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le numéro du journal Repère Social de février 2006 s&#039;intitule « Quand le sexe faible est violent » et à travers le prétexte de l&#039;ouverture récente à Lausanne d&#039;un accueil pour femmes violentes, aborde ce sujet trop rarement médiatisé de la violence des femmes. L&#039;auteur, Geneviève Praplan, présente les associations Vires et Face à Face à Genève, et Violence et famille à Lausanne. Cette dernière institution travaille depuis sept ans avec des hommes violents, mais accueille depuis novembre 2005 également des femmes violentes. Le Coordinateur et plusieurs intervenants ont été formés au Québec, auprès d&#039;OPTION, institution pionnière fondée par le psychothérapeute Jacques Broué en 1985. A Violence et Famille, c&#039;est ainsi sous forme de thérapie de groupe que se déroule l&#039;accompagnement, après quelques entretiens individuels. Le processus de réflexion engagé avec les auteur(e)s est le même pour les hommes que pour les femmes. Néanmoins, il est spécifié qu&#039;il faut être spécialement vigilant avec les femmes, en vérifiant qu&#039;elles ne sont pas &amp;quot;davantage des victimes que des agresseurs&amp;quot;. De plus, rapidement le lien entre passé et présent doit se faire. &amp;quot;Hommes et femmes ne sont pas forcément égaux devant leur violence&amp;quot;: dans l&#039;inconscient collectif masculin, il est nécessaire d&#039;affirmer sa virilité, la violence masculine est ainsi plus facilement excusée. Au contraire, les rôles sociaux attribués aux femmes font qu&#039;on la juge plus sévèrement si elle fait usage de violence, mais leur permet de reconnaître moins difficilement que les hommes leurs actes violents. L&#039;auteur met en avant que les chiffres manquent quant à l&#039;ampleur de la violence féminine, surtout exercée envers ses enfants. Par ailleurs les préjugés quant aux données socio-économiques des auteurs de violence perdurent. Cela est en partie dû au fait que les familles en situation précaire sont plus aisément repérées par les services sociaux, vu l&#039;étendue de leurs besoins. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le Courrier du 18 mai 2005 relate et questionne le 1ier congrès international de la condition masculine a eu lieu à Genève le mars 2003. (en 2005 a eu lieu à Montréal).  L’auteure de l’article Virginie Poyetton nous dit que ces colloques font partie d’un mouvement plus large qui met en avant « la crise de la masculinité »  en réaction à l’émancipation « trop » radicale des femmes. Si ce courant est minoritaire au sein de la gent masculine, il participe d’une tendance qui remet en question l’avancée des droits des femmes. &lt;br /&gt;
Les masculinistes (nom que se sont donnés les défenseurs de la condition masculine) pensent que le féminisme les a forcés à changer et depuis ils se sentent dépossédés de leurs  identités et de leurs droits. Ils souffrent d’injustices : discrimination  positive au travail faveur des femmes, préjugés favorables aux mères en cas de divorce, fausses allégations de violence ou d’inceste, pensions alimentaires disproportionnées, hausse du décrochage scolaire chez les garçons, augmentation de la prescription d’antidépresseurs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;La violence conjugale :d’où vient ce concept, comment a-t-il été défini, comment s’institutionnalise-t-il ? Historique, définitions, statistiques et cadre légal&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Aborder le problème social de la violence conjugale incite à faire un retour vers les années 1970. C’est à cette époque que l’on peut situer les premières recherches sur ce thème mettant en question le mythe de la famille non violente. Les militantes féministes amènent la question de violence conjugale sur la place publique et le posent comme un problème socio-politique. La question de la violence est abordée comme conséquence des rapports de domination, c&#039;est-à-dire des effets de l’exercice d’une influence déterminante d’un groupe, les hommes, sur un autre, les femmes. Tout rapport de domination suppose, en effet, en dehors du rapport de pure violence, un système de justification visant à obtenir un minimum de &amp;quot;volonté d&#039;obéir&amp;quot; de la part des assujettis, note le Petit Robert. &lt;br /&gt;
Les sciences humaines vont s’y intéresser. De nombreuses études sont entreprises dans les années 1970 et 1980 dans le but de décrire la violence domestique, de pouvoir la chiffrer, de chercher à l’expliquer, d’étudier ses conséquences sur les victimes, et d’examiner les réponses sociétales à ce problème. &lt;br /&gt;
Les résultats de l&#039;une de celle-ci, Straus et al.(1977) permettent de dire que femmes et hommes admettent recourir à des tactiques de violence dans des situations de conflits. Ce résultat est basé sur le &amp;quot;Conflict Tactics Scales&amp;quot; (CTS), échelles centrées sur les tactiques de gestion des conflits, qui intègrent une série de comportements allant des plus rationnels aux plus violents. Cette étude permettra à l’une des auteur-e-s, Steinmetz, de tirer la conclusion de l’existence du « syndrome de l’homme battu ». Ce qui sera contesté pour insuffisances méthodologiques. Depuis la plupart de chercheurs et chercheuses renoncèrent à utiliser ce concept. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===L’institutionnalisation du concept de violence domestique: Les centres LAVI et les politiques de prise en charge (contexte suisse et suisse romand)===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une loi fédérale est votée (4 octobre 1991), sur l’aide aux victimes. Elle démontre que être « victime de violence» constitue maintenant une déviance secondaire. Les plaignants sont identifiés, l’état institutionnalise leur prise en charge, les centres Lavi sont créés et les consultations augmentent au fil des années. Et si la notion même de « victime » est large, accidenté de la route, attentats, viol, contrainte sexuelle, séquestration, elle comprend spécifiquement les violences domestiques. &lt;br /&gt;
Dès lors, elle permet également aux femmes victimes de violence conjugale d&#039;être reconnues, visibilées et aidés. &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Des centres Lavi, issus de cette loi, sont créés sur le territoire suisse. Ils ont  pour but de fournir une aide efficace (conseils, la protection de la victime, la défense de ses droits dans la procédure pénale et l’indemnisation et la réparation morale) aux victimes d’infractions ou d’une atteinte directe à son intégrité corporelle, sexuelle ou psychique et à renforcer leurs droits. &lt;br /&gt;
La police est tenue d’informer les victimes  en transmettant les coordonnées de celle-ci au centre Lavi. On peut constater que ces centres apportent une aide immédiate et des prestations fournies gratuitement ( frais médicaux, d’avocat ou de procédure peuvent également être pris en charge. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous constatons également l’étatisation de la prise en charge de la formation du personnel des centres Lavi, et la spécialisation des professionnels qui y sont impliqués. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On peut constater que la prise en compte de la situation des femmes dans le cadre de la violence domestique évolue petit à petit. Il est intéressant de suivre le dépôt d’une initiative parlementaire le  14 juin 2000, par la Conseillère Ruth-Gaby Vermot-Mangold. Ce n’est qu’en novembre 2005, que le  Conseil fédéral propose un nouvel article 28b dans le code civil visant à protéger la victime de violence ou de harcèlement en lui donnant le droit de requérir le juge d’instruction d’interdire à l’auteur de l’atteinte de l’approcher, de fréquenter certains lieux ou de prendre contact avec elle. Le nouvel article amène une notion nouvelle, celle de la prévention de la violence domestique, nouvelle tâche des centres Lavi,  pour éviter la violence et sa récidive.  &lt;br /&gt;
Le Code pénal sera modifié en ce sens en juin 2006. Désormais les actes de violence domestique seront poursuivis d’office et non plus sur plainte de la victime.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Statistiques des centres Lavi.===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous espérions obtenir des informations statistiques sur la violence conjugale, or, celles que nous avons pu obtenir par l’intermédiaire de l’office fédéral de la statistique ne peuvent être utilisées que très partiellement. En effet, jusqu’en 2004, les centres Lavi recensaient le nombre de consultations et non pas les personnes. Une consultation peut se rapporter à une infraction commise à plusieurs reprises et une même personne peut être comptabilisée plusieurs fois en l’absence d’indicateur de personnes. Il faut également préciser qu’il n’est pas possible de repérer exactement s’il s’agit de violence conjugale. Les chiffres qui peuvent être intéressants pour nous résultent d’un croisement des items : relation familiale auteur – victime, sexe de la victime, sexe de l’auteur présumé.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Si nous prenons l’année 2004 comme référence, les chiffres nous donnent une idée intéressante sur la question qui nous occupe, à savoir la violence féminine et masculine :&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
[[image:lavi.jpg|statistiques fédérales]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Toutefois, il semble important de se questionner sur la mise en forme de certains items. En effet, comment comprendre « avec auteurs présumés de sexe masculin » ? Quelle utilité cet intitulé peut apporter aux concitoyens ? Quelle différence effective avec les auteurs réels de ces actes ? Comment interpréter l’absence des items « avec victimes de sexe masculin » et « avec auteurs présumés de sexe féminin » ? Dans ce cas faut-il comprendre que les femmes victimes consultent plus, alors que les hommes restent cachés?  Quelle réalité se cache derrière ces chiffres?  &lt;br /&gt;
De plus, Jean-Philippe BRANDT, du service de presse &amp;amp; relations publiques de la Police de Genève, informe qu’ « il n’est pas fait de différences quant au sexe de la victime en ce qui concerne les violences conjugales. » Comment dans ces conditions, donner une validité fédérale à des statistiques qui ne peuvent pas prendre en compte des réalités cantonales ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Revue &amp;quot;Thérapie Familiale&amp;quot;===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous avons jugé opportun d&#039;analyser des numéros de Thérapie Familiale, une revue trimestrielle d&#039;orientation systémique. Cette source représente en effet le point de vue théorique et le constat des pratiques des thérapeutes de famille. Il est pertinent de se demander à quel point le discours de ces professionnels de la famille influence la société et est en retour influencé par elle. Les catégories victime-agresseur y sont-elles aussi clairement définies que dans le sens commun et certains discours? Fait-on une différenciation au niveau de l&#039;étiologie de la violence et de ses conséquences selon le genre? Le contact avec les patients remet-il en question certaines pratiques thérapeutiques et fait-il avancer les models conceptuels? Pour répondre à ces interrogations, nous avions à disposition tous les numéros parus depuis de nombreuses années afin d&#039;observer à quelle fréquence et sous quelle forme la thématique des violences conjugales était abordée. Nous avons porté notre choix sur la période allant de 1995 à 2001, pendant laquelle quatre numéros contiennent des articles dédiés à notre sujet. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les deux premiers numéros analysés, datant de 1995 et de 2000 sont riches d&#039;informations car rédigés par les mêmes auteurs, qui font part de l&#039;évolution de leur réflexion durant les cinq ans écoulés. Le numéro de 2000 a été écrit par des thérapeutes colombiens, ce qui nous montre la préoccupation internationale des thérapeutes de famille autour de la violence conjugale et leur désir d&#039;échanger à ce sujet. Quant au dernier numéro pris en compte, celui de 2001, il présente la synthèse des théories les plus utilisées à propos de la violence domestique. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les auteurs des deux premiers numéros analysés sont membres de l&#039;association française Vivre sans Violence, issue d&#039;observations de professionnels travaillant avec des femmes victimes de violence conjugale. Autour de 1985 il y eut de nombreuses interrogations sur les pratiques, mettant en avant les limites de la prise en charge d&#039;alors: les femmes retournaient le plus souvent au domicile conjugal, où les violences reprenaient. De plus, peu de femmes se sentaient prêtes à faire un travail de réflexion sur les événements de violence vécus. Les professionnels ont trouvé certaines réponses en s&#039; inspirant du modèle québécquois de prise en charge des hommes violents de Robert Philippe. La conscience de la nécessité de s&#039;intéresser également aux agresseurs a ainsi émergé et les premières structures de soutien aux auteurs de violence ont apparu.  Les auteurs préconisent par ailleurs un changement: le départ de l&#039;auteur des violences du foyer plutôt que celui de la victime. Cela peut constituer en effet une violence supplémentaire à la femme, et signifie à l&#039;agresseur qu&#039;il est laissé seul&amp;quot; dans un état de dangerosité contre lequel nul, même pas la loi, ne peut le protéger&amp;quot;. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les auteurs réfutent l&#039;idée traditionnelle considérant un couple violent comme dysfonctionnel. Ils font référence à Watzlawick et à sa théorie de la communication, envisageant ainsi la violence comme un acte de communication tout comme les comportements réactifs telle la passivité. Ainsi, la victime également communique quelque chose à son agresseur. La violence est un mode d&#039;échange qui a été appris, et n&#039;est donc pas inné.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Leur intervention vise la modification des patterns d&#039;interaction ainsi qu&#039; un « travail sur les représentations différentes que l&#039; homme et la femme se donnent et nous donnent, de leur vécu de la violence ».  Soulignons qu&#039;en 1995, il n&#039;y a pas d&#039;injonction thérapeutique pour les auteurs de violence dans le couple, les consultations sont donc uniquement volontaires pour les agresseurs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1999, les mêmes auteurs, dans un numéro consacré au thème « Des violences » expliquent  l&#039; évolution de leur réflexion quant à la notion de responsabilité. Ils reviennent sur leur idée de co-responsabilité, de relation complémentaire. Actuellement(en 1999) ils différencient les actes violents en deux catégories: les comportements interactifs vs délits/crimes. En conclusion, les deux acteurs ne sont pas à égalité dans l&#039;interaction: il y a une hiérarchie dans les responsabilités. La victime n&#039;est pas responsable des coups qu&#039;elle reçoit, mais les deux sont responsables du maintien de l&#039;interaction dans laquelle les comportements de violence deviennent redondants et structurants. Les auteurs se démarquent du québécquois R. Philippe en précisant que les violences conjugales ne peuvent se produire que dans un contexte de consensus socio-culturel. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous constatons donc grâce à l&#039;analyse de ces deux articles, que les professionnels thérapeutes de famille de par leur pratique, sont menés à une réflexion sur les catégories de victime-agresseur, liées à la notion de responsabilité. De la prise en charge des femmes victimes, et face à ses limites, les thérapeutes commencent à prendre en charge des auteurs de violence.  Concepts et pratiques dialoguent sans cesse, puisque reconnaître la nécessité de prendre en charge les deux membres du couple est uniquement compatible avec des théories ancrant l&#039;étiologie de la violence dans les processus interactifs et communicatifs. Le monde de la thérapie familiale a donc une longueur d&#039;avance sur la dichotomie victime-agresseur prégnante dans le sens commun, dans certaines campagnes de sensibilisation pour le grand public, et dans la loi. Par exemple les auteurs prônent en 1995 déjà l&#039;éloignement de l&#039;auteur de violence du domicile, alors qu&#039;en Suisse ce n&#039;est qu&#039;actuellement, en juin 2006, que cette mesure passe dans la loi. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;expérience des thérapeutes colombiens, relayée dans un numéro datant de 2000, nous montre une initiative étrangère originale. A Bogota  il existe des &amp;quot;commissariats de famille&amp;quot; depuis 1996 qui consistent en un &amp;quot;espace de conversation et de concertation dans le but de protéger, d&#039;assister et de guider les familles à propos de leurs droits fondamentaux et de les informer quand aux façons de résoudre les conflits internes.&amp;quot; Plus concrètement, une assistance légale, sociale, médicale et psychologique est dispensée dans ces lieux. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les auteurs sont en accord avec Perrone et Nannini, postulant que la violence n&#039;est pas une maladie, mais un choix et un moyen de contrôle. La responsabilité est à nouveau un thème abordé puisqu&#039;ils postulent que tout individu est garant de sa propre sécurité, en précisant que  chacun peut devenir violent dans un contexte déterminé. Encore une fois, c&#039;est donc l&#039;accent sur le contexte, culturel ou interactif, qui provoque la violence, plutôt que des caractéristiques individuelles.  &lt;br /&gt;
Dans son article Déconstruction des idées reçues sur la violence : une alternative à la violence. Kuenzi-Monard présente un Panorama des théories les plus utilisées : L’auteure les répartit selon 7 niveaux :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1.les théories qui localisent la violence à l’intérieur de la personne : la violence est basée sur un problème de santé mentale ; la théorie de l’impulsivité, le manque de contrôle de soi. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
2.les théories qui localisent la violence dans le développement : les théories développementales de la violence et de l’apprentissage (expliquent l’abus comme une répétition de comportements pathogènes au sein des familles) ; la théorie du blocage d’origine psycho-sexuel (la personne est bloquée à un stade de son développement). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
3.les théories qui localisent la violence au sein des relations humaines : la théorie du contenant (capacité X de tolérer des frustrations, insatisfactions ou colère. Au-delà, c’est l’éclat) ; conséquence : l’homme a peu de possibilités de contrôler cette tension, donc peu de responsabilité quant aux éléments extérieurs qui viennent le saturer. le modèle de la frustration-agression : si je suis frustré, j’agresse. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
4.les théories qui localisent l’abus dans des blocages de la communication : la personne violente souffre d’un pauvre développement des qualités sociales et relationnelles. Modèle explicatif intéressant mais qui ne donne pas d’alternative pour apprendre d’autres stratégies. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
5.Les théories qui considèrent la violence comme l’effet d’un état chimique différent, comme la conséquence de l’utilisation d’alcool ou de drogues : la théorie de la désinhibition. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
6.les théories circulaires sur la violence : celles-ci localisent la violence et la comprennent comme générée au sein d’interactions. La violence occupe une fonction homéostatique, le maintien de l’équilibre de la famille. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
7.les théories féministes : l’explication féministe ou socio-culturelle qui voit la violence comme prenant sa source dans les structures sociales. La violence et le comportement abusif sont compris, favorisés, voire encouragés par le fonctionnement social. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
8.la théorie fonctionnelle de Léonore Walker : la violence est une explication dynamique, fonctionnelle et non pas causale. La violence fonctionne sur trois phases distinctes, tension, épisodes violents, lune de miel. Walker démontre que la violence est un cercle addictif, les prisonniers de la violence sont dans un cercle infernal. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’approche de Kuenzi-Monard : la théorie des limites. Elle est basée sur les travaux de Bateson qui prônait qu’une explication « négative » ou « en mouvement » d’un évènement est préférable à une explication « positive » ou « statique ». Ce type d’explication génère du mouvement, incite à s’orienter vers les conséquences des faits et ainsi vise à une prise de responsabilité. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’auteure conclut qu’il est essentiel de faire une distinction entre l’explication causale et une limitation. L’explication causale clive la dynamique déjà polarisée entre victime et bourreau, elle maintient la violence plutôt qu’elle ne l’élimine. Elle constate que souvent il existe une rupture entre l’intention et l’action du psychothérapeute. Elle pense que le clinicien influence et est influencé par les questions qu’il pose. Les questions linéaires tendent à produire des raisonnements linéaires, il faudrait ainsi favoriser les questions circulaires, ouvrant de nouvelles possibilités.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le nombre de ces théories, par ailleurs très variées, est on le voit  abondant. Il est aisément compréhensible que l&#039;adhésion à l&#039;une ou l&#039;autre de ces théories, liées à des étiologies différentes de la violence, implique des interventions également différentes. &lt;br /&gt;
Dans notre travail, nous avons principalement abordé les théories féministes ou socio-culturelles et les théories circulaires, dont fait partie l&#039;approche systémique. La théorie fonctionnelle est également très présente dans les réflexions des thérapeutes, et la théorie des limitations est en expension. Ces théories ont en commun de ne pas prendre l&#039;individu comme centre de la problématique de la violence conjugale, mais plusieurs individus et leur relation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour conclure cette analyse des numéros de Thérapie Familiale, une différence flagrante apparaît entre les discours des professionnels publiés dans cette revue de systémique et les discours du sens commun, circulant au quotidien. En effet, les thérapeutes toujours en recherche d&#039;affinement de leurs concepts, par confrontation à la pratique, sont passés par tout une évolution théorique, prenant en compte les deux membres du couple, et débattant passionnément les questions de responsabilité et les notions de victime-agresseur. A l&#039;opposé, les causes de la violence conjugale les plus fréquemment évoquées et ancrées dans les représentations de la population se situent plutôt à un niveau individuel. Une partie est liée au genre, naturalisant les différences de sexe (la violence est inhérente à l&#039;homme, la douceur et la fragilité à la femme...); un autre type d&#039;explications courantes ramène le problème à des causes  individuelles  (alcoolisme, problèmes personnels...), voire psychologisantes  (trouble psychique, traumatismes dans l&#039;enfance, sado-masochisme...). Les catégories victime et agresseur sont clairement séparées dans le sens commun, tout comme l&#039;attribution du terme victime à la femme, et agresseur à l&#039;homme. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Propos issus de quelques entretiens===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;L’homme battu existe &#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour confronter les stéréotypes affiliés aux genres, nous avons cherché à interviewer des hommes battus. Paul et Luc (prénoms d’empreint) ont un point commun : leur passé d’homme maltraité. Ils ont été, tous les deux, physiquement battus par leur conjointe. Toutefois, il semblerait que la problématique de l’homme violenté intègre, dans sa forme globale, une autre forme de violence, une violence psychologique. Il ressort des entretiens que la forme physique ne semble pas être la forme de violence qui marque le plus. Pour essayer de comprendre au mieux le vécu violenté de ces hommes et plus généralement de toute personne impliquée dans des relations violentes, nous avons questionné la littérature ainsi que des professionnels de terrain. &lt;br /&gt;
Pour la travailleuse sociale, Sophie Torrent (2001), « la nature de la violence [à l’égard de la gente masculine] et ses modes d’expression traduisent, dirait-on, une violence spécifiquement féminine, subtile, qui atteint l’intégrité psychique de l’homme.» (p.33). L’homme victime de violence psychologique semble atteint surtout dans sa masculinité, plus précisément dans la représentation de la masculinité qui lui a permis de construire son identité. &lt;br /&gt;
« Le harcèlement que j’ai vécu par cette femme tyran m’a amené à perdre, pendant quelques temps, mon identité masculine… C’était quoi être un homme ? Je ne savais plus faire l’amour comme il faut en quittant ma femme. J’ai du réapprendre à accepter de prendre du plaisir. » Luc &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;La violence ; une histoire d’homme ? &#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Alors que nous venons de découvrir avec stupéfaction certaines réalités d’hommes maltraités par leur conjointe, comment traiter ces vérités face à notre idéal féminin construit ? Comment même penser à la violence des femmes, alors que celle que l’on exerce à leur égard est de loin la plus établie, la plus reconnue et de ce fait la plus portée par les médias ? De nos jours, la société reconnaît et prend en charge la femme violentée, qu&#039;en est-il de la femme violente ? Il est commun d’entendre qu’une femme violente est une femme malade psychologiquement ou encore que cette dernière n’agresserait que pour se défendre. Pour la psychothérapeute Diane Chayer, ( citée par Ruel &amp;amp; Guéricolas, 1998), il semblerait qu’il n’y ait tout simplement pas de permission sociale à la violence des femmes. « La société dit qu’il est presque normal pour un homme d’être violent. Mais une femme violente, c’est une extraterrestre. » &lt;br /&gt;
Pour Yvon Dallaire, « la femme violente peut ressentir de la fierté pour avoir battu plus fort qu’elle. Et la société ne la dénigre pas, elle cherche plutôt à la comprendre et à l’excuser, compatissant souvent à son sort. » (p26) A contrario, pour la responsable d’une structure acceuillant des femmes violentes, « celles et ceux qui passent de la parole aux actes souffrent, ils ont besoin d&#039;aide et y ont droit. Toutefois, la femme violente souffre de discrimination ; on ne veut pas lui reconnaître sa violence. » Il semblerait alors que, paradoxalement, la femme violente souffre des mêmes maux sociaux que l’homme maltraité. Une nouvelle fois, il semblerait que les stéréotypes, affiliés aux genres, décident de ce qui peut être acceptable ou pas. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Le statut de victime/agresseur &#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La responsable d’un établissement prenant en charge des femmes violentes nous apprend qu’il est difficile de tenir le fil rouge concernant les rôles de victime-agresseur. « On est là pour travailler sur la violence des femmes, en tant qu’auteures de violence et non en tant que victimes. Très souvent, ça dérape en justification des actes qui déplace la position d’agresseuse à celui de victime. » Il semble que souvent, l’agresseur se voit comme victime. Responsabiliser les acteurs(trices) de violence, c’est les aider à prendre conscience de leur violence. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Responsabilité dans la violence &#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La question est partagée. Alors que pour beaucoup, la responsabilité de la violence doit être assumée par son auteur(e), pour d’autres, elle doit être partagée. En effet, pour Denis Châtelain, co-fondateur d’une association prenant en charge des auteur(e)s de violence, « il faut prendre en compte le potentiel de violence de la victime dans la compréhension de la dynamique ». Pour la responsable d’une association accueillant des femmes violentes, « il est impossible de faire un tel travail si l’on part du principe d’une co-responsabilité dans la réalisation de la violence. En effet, on ne peut pas se permettre de déraper sur l’aspect empathique et comprendre voir d’excuser l’acte de violence au nom d’un statut de victime reconnu. Pour nous, l’acte violent n’est pas excusable, il est inadmissible quelque soit sa source ou sa justification. Ce qui nous paraît important c’est de faire en sorte de ne plus jamais en avoir à arriver là. » &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;La prise en charge de la violence &#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comment aborder la problématique de la violence conjugale et plus particulièrement celle des hommes maltraités et des femmes violentes ? Alors qu’Yvon Dallaire se demande si l’on « ne pourrait pas exploiter l’expertise des centres d’accueil pour femmes au profit des hommes battus et l’expertise des groupes d’entraide pour homme violents au profit des femmes violentes ? » (p29), la responsable d’une structure accueillant des femmes actrices de violence répond que « pour aider les femmes actrices de violence, il faut appliquer un traitement différencié. Les raisons étant parce qu’on n’éduque pas de la même façon une petite fille et un petit garçon, le rapport au féminin n’est pas le même. La violence masculine est légitimée. Par contre, on ne reconnaît pas ce droit à la femme. Cela étant dû aux stéréotypes de mère protectrice d’une part. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Point de situation===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Mouvement féministe...et&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A ce stade de notre article, nous pouvons établir difféents constats. Tout d’abord, la découverte de la violence conjugale et de ses effets a pour origine le questionnement du mouvement féministe. Celui-ci repris par des chercheur-e-s, a confirmé et précisé le phénomène de la violence conjugale. &lt;br /&gt;
La notion d’homme battu, qui nous avions posée comme une construction récente, date des premières recherches sur ce domaine, le syndrome de l’homme battu, développé par une chercheuse du l’équipe de Straus et al. a été un concept rapidement abandonné. Les défauts dans l’opérationnalisation du concept de violence, dans la méthode et dans l’interprétation des données de l’enquête effectuée à l’aide du Conflict Tactics Scales ont été largement reconnus. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;...évolution sociale et réponses masculines.&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous pouvons poursuivre nos constats à partir des travaux d’une chercheuse, rencontrée au détour d’un article de presse, Pascale Molinier, d’une tension qui s’avive entre hommes et femmes dans les années 1980. Certains hommes pro féministes tiennent un discours optimiste concernant la constitution d&#039;une société nouvelle et égalitaire et reconnaissent la domination masculine comme clé d&#039;un changement possible. D&#039;autres hommes tiennent un discours alarmiste et insistent sur le malaise identitaire engendré par cette modification des rapports sociaux source de perte de repères. &lt;br /&gt;
A partir de là, un autre phénomène apparaît, nous découvrons que des groupes d’hommes se forment autour d’auteurs, (Guy Cornaux au Canada, Jacques Salomé en France, ou plus récemment Y. Dallaire qui avec John Goetelen a organisé le premier Congrès international de la condition masculine à Genève en 2003) avec comme but de réfléchir à l’identité masculine fragilisée.  C&#039;est dans cette mouvance que l’on trouve aujourd&#039;hui les protagonistes d&#039;un détournement de la violence masculine au profit d&#039;une violence exercée contre les hommes par les femmes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;La violence domestique, une réponse étatique et institutionnelle&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Autre constat que nous pouvons déjà faire, la violence conjugale est un phénomène officialisé et les réponses institutionnelles se développent de plus en plus. Il est intéressant de faire le point sur l&#039;ampleur et les lacunes de l&#039;offre associative et institutionnelle, et prenons pour ce faire l&#039;exemple genevois. La brochure « la violence est inacceptable; violence conjugale que faire? » est la référence et est publiée par le Service pour la promotion de l&#039;égalité entre homme et femme, le Centre de consultation LAVI et Solidarité Femmes. De par les caractéristiques même de ces éditeurs, ajouté au fait que la brochure est rédigée par des auteures, c&#039;est à nouveau sous l&#039;angle des femmes victimes que la problématique est abordée. Dans la rubrique « Répertoire d&#039;adresses utiles », nous constatons qu&#039;il existe à Genève des services d&#039;hébergement; des services médicaux; des consultations juridiques; des services de consultations conjugales, familiales et de médiation auxquels peuvent s&#039;adresser des victimes de violence conjugale. Les foyers d&#039;hébergement cités sont des foyers pour les  femmes et leurs enfants exclusivement, dans le cas de difficultés qui ne sont pas restreintes à la violence conjugale, néanmoins dans la pratique ce type de violences représente la majorité des cas. Ce principe de foyer pour femmes en difficultés n&#039;est pas récent, le foyer Arabelle par exemple date de 1964. Solidarités Femmes est la seule association spécifique pour les femmes victimes de violence conjugale. Elle offre écoute; orientiation; information sociale et juridique, hébergement; entretiens individuels et activités de groupe. Excepté l&#039;hébergement, ces prestations sont gratuites. Il existe d&#039;autres services divers pour femmes, tels que Viol-Secours, SOS Femmes, F-Information ou Camarada. Certains organismes sont spécialisés dans les problématiques de violences, sans distinction de sexe, il s&#039;agit des Centres LAVI et au niveau médical du Centre  Interdiscplinaire de Médecine et de Prévention de la Violence des HUG. Dans la brochure de 2001, une seule adresse concerne les auteurs masculins de violence conjugale, il s&#039;agit de l&#039;association VIRES. Il est intéressant et très révélateur de constater que depuis sa fondation en 1994, cette association s&#039;est définie de trois manières distinctes:  d&#039;organisme pour les hommes ayant recours à la violence dans leur couple et dans leur famille, dans un deuxième temps le terme « hommes » a été remplacé par « personnes ». Actuellement c&#039;est l&#039;expression « Organisme de traitement et de prévention de la violence exercée dans le couple et dans la famille. » qui a été retenue. Si les professionnels de VIRES précisent que ce changement d&#039;appellation est consécutif  à une évolution dans la manière de penser et traiter la problématique de la violence conjugale et plus précisément ses sources et ses enjeux, les date de ces évolutions ne sont malheureusement pas précisées. Dans la dernière édition de la brochure sus-mentionnée, parue en 2004, apparaît une nouvelle association, dédiée à la prise en charge des femmes aux comportements violents. Cet organisme créé en 2001 ne se limite pas aux violences exercées dans la sphère familiale. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En conclusion de cet aperçu des diverses offres de soutien sous toutes ses formes adressé aux personnes impliquées dans la dynamique des violences conjugales, une lacune importante transparaît: il n&#039;existe pas à Genève de lieu spécifique aux victimes masculines de violence conjugale, que ce soit un foyer ou un lieu d&#039;information et de soutien. En règle générale, lorsqu&#039;un problème social lié à la violence émerge, ce sont les victimes qui bénéficient en premier lieu de l&#039;institutionnalisation. Par la suite, une réflexion se fait autour des auteurs, considérant qu&#039;eux aussi ont besoin de soutien afin de casser la dynamique de violence. Dans le cas de la violence exercée envers les hommes, les victimes sont ignorées par l&#039;absence de lieu spécifique; alors même que les femmes auteures de violence possèdent une telle infrastructure. Nous pouvons émettre l&#039;hypothèse que cela a un lien avec le stéréotype de femme-victime, la femme perpétrice de violence ayant souvent été elle-même victime, comme nous l&#039;avons vu plus haut. Amnesty relaie cette problématique pour que la violence domestique sorte du domaine privé et soit reconnue comme un problème public. Dans des revues spécialisées différents auteur-es font état de l’évolution des connaissances et des conceptualisations du problème. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’état fédéral se préoccupe de cette question et modifie le code pénal pour améliorer la protection des victimes de violence domestique. Les centres Lavi travaillent à la transformation de leur statistiques en vue également d’améliorer la visibilité de cette forme de violence. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Conclusion==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En fonction de tous les éléments qui précèdent, la conclusion de cet article montre que le concept  de violence conjugale apparu dans les années 1970 a trouvé sa place jusque dans la législation. Néanmoins les discours qui circulent sur ce type de violence sont une construction qui circonscrit la violence dans des stéréotypes caricaturaux stigmatisant à la fois les femmes en tant que victimes et les hommes comme agresseurs. De cette restriction découle la difficulté d’envisager l’existence d’hommes victimes de violence conjugale, et d’égale manière celle de femmes violentes. Cela a comme conséquence pour les personnes concernées une non-reconnaissance sociale, se manifestant par de forts préjugés à leur encontre, et de grandes lacunes institutionnelles. Les professionnels de la violence conjugale (médecins, thérapeutes) ont dépassé cette opposition et ils désignent les acteurs de la violence conjugale à un niveau de co-responsabilité qui ne distingue pas le sexe des protagonistes pour rendre compte de ce phénomène. Il y a ainsi un écart entre les discours dominants et les discours des professionnels, écart perceptible dans l’étude de la littérature et dans l’examen des sources que constituent les revues &amp;quot; thérapie familiale &amp;quot;. Enfin, il faut admettre la thèse selon laquelle la violence conjugale reste un phénomène qui bien que connu de tous, reste difficile à appréhender dans notre société. Criminalisée ici, combattue là, normalisée un peu plus loin. Elle fait partie d’un rapport à l’Autre institué par des règles sociétales contextualisées par un rapport différent d’être au monde « femme » ou « homme ». &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En effet, il existe des définitions similaires mais superficielles qui varient dans leur développement en fonction des positionnements et des valeurs de ceux qui les proposent. Les statistiques qui rendent compte de la violence conjugale proposent d’autre part des modalités qui ne permettent pas de distinguer précisément les victimes des agresseurs de manière précise et approfondie. Elles ne permettent pas d’affirmer avec précision que les hommes sont aussi victimes de violences, les modalités de genre n’étant pas assez développées dans la prise en compte statistique. Les hommes victimes existent, mais leur visibilité est très faible du fait que c’est un phénomène qui est en train d’émerger comme problème social. Ainsi, la violence conjugale reste un phénomène complexe et confus dans ses définitions. Enfin, on s’aperçoit que la violence conjugale reste un concept en mouvement sur le plan des institutions, qui proposent des possibilités de prise en charge nombreuses, mais néanmoins insuffisantes si l’on considère la prise en compte de la violence faite aux hommes. &lt;br /&gt;
Ces détracteurs pourront s&#039;appuyer probablement dans les années à venir sur les modifications des images féminines, les stéréotypes de la femme douce et soumise ont tendance à s&#039;estomper. Et l&#039;on peut se demander si les jeunes femmes ne se permettront pas plus que par le passé d&#039;exprimer leurs sentiments de colère et violence, là où s&#039;exprimaient auparavant peut-être impuissance, tristesse et dépression.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Difficultés===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le sujet que nous avons abordé tout au long de ce travail est délicat. Nous avons relevé le peu de neutralité émanant des sources existantes sur ce thème, chaque écrit représentant une certaine prise de position, quant à la causalité de la violence conjugale par exemple, ou les convictions cachées derrière l&#039;attribution de statuts victime-agresseur ou victime-victime. &lt;br /&gt;
Cette subjectivité rentre en interrelation avec notre sensibilité propre, individuelle, qui n&#039;est donc pas la même entre les personnes de notre groupe. Le fait que celui-ci soit constitué de deux femmes et deux hommes est très enrichissant, et même primordial quand on s&#039;attèle à ce type de problématique. Néanmoins, cela implique un investissement conséquent en termes de discussion, explicitation des attentes et valeurs de chacun, en redéfinition continuelle de la problématique. &lt;br /&gt;
Dans notre tentative d&#039;objectiver notre problématique, nous ne sommes que très peu aidés par les statistiques. Elles aussi disent ce qu&#039;elles ont envie de dire, et sont sans cesse remises en cause par des détracteurs. La conséquence en est qu&#039;aucune statistique ne sert vraiment de référence consensuelle dans la compréhension de la violence conjugale. Dans les statistiques policières, souvent la violence conjugale n&#039;est pas comptabilisée de manière séparée des autres délits de violence; dans d&#039;autres types de statistiques c&#039;est le genre qui n&#039;est pas retenu comme variable pertinente. En effet, derrière les chiffres, on découvre des définitions très variables de la violence: certains ne prennent en compte que la violence physique; d&#039;autres considèrent que de nombreux petits signes de nature verbale ou psychologique sont un pas dans l&#039;escalade de la violence, et les jugent donc de même poids que des coups. Entre ces deux extrêmes, toutes les variations sont présentes... &lt;br /&gt;
Il est intéressant de relever à quel point certains chiffres sont médiatisés, afin d&#039;avoir un impact sur la population, alors que ces mêmes chiffres sont discutables au niveau statistique. Pour conclure, nous nous sommes rendus compte que malgré une certaine médiatisation, qui n&#039;est pas si récente, de la violence conjugale, nous ne savons pas tellement de choses à ce sujet, ou plutôt il existe peu de consensus, voire la co-existence d&#039;approches inconciliables. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Références bibliographiques ==&lt;br /&gt;
Les lectures citées dans le travail final&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Amnistie: Le magazine pour les droits humains, &#039;&#039;Dossier Combattre la violence domestique&#039;&#039;  No 44, février 2006.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Amnistie, Journal d&#039;action pour les droits humains, janvier 2006.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Dallaire Y. (2002). La violence faite aux hommes. Une réalité tabou et complexe. Québéc: Options santé. [[Résumé du livre]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Gillioz L., De Puy J., Ducret V. (1997). Domination et violence envers la femme dans le couple. Lausanne : éditions Payot. [http://home.etu.unige.ch/~maneira4/R_sum__aeticle.doc Résumé de l&#039;article]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Ruel S. &amp;amp; Guéricolas P. (1998). La violence des femmes : derrière le masque. In Gazette des femmes Vol. 20. (no 4). (Novembre-Décembre 1998).[Version électronique]. Accès le 20 novembre 2005 : &lt;br /&gt;
http://www.gazettedesfemmes.com/recherche/?F=recherche&amp;amp;idt=10075&amp;amp;affart=2866&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Torrent S. (2001). L’homme battu, un tabou au cœur du tabou. Québec: Option Santé. [http://home.etu.unige.ch/~maneira4/fiche%20de%20lecture%20homme%20battu.pdf Résumé du livre ]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Praplan G., &#039;&#039;Quand le sexe faible est violent&#039;&#039; in Repère Social, No 73, février 2006.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Bibliographie ==&lt;br /&gt;
Les lectures utilisées mais pas citées dans le travail final&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Bretonnière-Fraysse et al. (2001). &#039;&#039; De la violence conjugale à la violence parentale&#039;&#039;. Eres [[Résumé|Résumé du livre]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Jackson D., Welzer-Lang D. (1998). Violence et masculinité. Toulouse : imprimerie 34.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Office fédéral de la statistique : Aide aux victimes. Chiffres clés. http://www.bfs.admin.ch/bfs/portal/fr/index/themen/rechtspflege.html&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Rey, H. et al. (2006). Les violences conjugales: pour une clinique du réel. &#039;&#039; Journal International de Victimologie&#039;&#039;. Année 4, No 1. [[Résumé de l&#039;article]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Miguel</name></author>
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		<summary type="html">&lt;p&gt;Miguel : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Miguel</name></author>
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		<summary type="html">&lt;p&gt;Miguel : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
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		<author><name>Miguel</name></author>
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		<summary type="html">&lt;p&gt;Miguel : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&#039;&#039;&#039;Membres du groupe&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Chantal Cornut&lt;br /&gt;
* Céline Pittet &lt;br /&gt;
* Jean-Christophe Contini&lt;br /&gt;
* Miguel Maneira &lt;br /&gt;
[mailto:maneira4@etu.unige.ch,contini2@etu.unige.ch,cepittet@hotmail.com,ch.cornut-piller@bluewin.ch Ecrire au groupe]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 [[L&#039;homme battu: le mâle...traité|Notre projet]]  |  [[Plan de recherche: Violence conjugale; un concept en mouvement|Notre plan de recherche]]  |  [[Espace de dialogue|Notre espace de dialogue]]  |  [[Trésorus de notre groupe|Notre île aux trésors]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Violence conjugale: De la femme battue à l&#039;homme battu...=&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== &amp;quot;L’homme battu&amp;quot;: un phénomène nouveau ? Introduction ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le questionnement qui est à l’origine de ce travail prend source dans la rencontre d’un concept qui semble nouveau de prime abord : &amp;quot;l’homme battu&amp;quot;. Ce concept apparaît dans l’ouvrage récemment publié de Sophie Torrent (2001). Ce livre met en lumière l’existence d’hommes victimes de violences exercées par des femmes à leur encontre, il interroge également les questions identitaires vécues par ces &amp;quot;nouvelles victimes&amp;quot;, à travers la conduite de multiples entretiens. Ces propos peuvent intriguer, parfois rendre perplexe et curieux celui ou celle qui les entendent. Le présent article proposera des recherches bibliographiques qui devraient permettre de découvrir des discours proches des propos de Torrent. Le premier constat est que ce &amp;quot;phénomène&amp;quot; des hommes battus est, dans une moindre mesure, relayé dans d’autres ouvrages qui l’inscrivent dans le cadre plus large de la violence conjugale. Les recherches livresques tenteront ainsi de répondre à la question principale qui guide la recherche : comment le phénomène de &amp;quot;l’homme battu&amp;quot; s’inscrit-il dans le paradigme de la violence conjugale ? Les questions secondaires qui en découlent sont multiples : quand est-ce que ce concept est apparu ? Par qui a-t-il été développé ? Quels sont les discours qui relaient ce concept ou qui s’y opposent ? Les éléments qui composent la revue de littérature qui apparaîtra plus loin permettront d’entrevoir certains points qui semblent être récurrents. On s’aperçoit ainsi que le concept d’&amp;quot;hommes battus&amp;quot; se trouve à chaque fois en tension avec celui de &amp;quot; femmes battues &amp;quot; dans le cadre de la violence conjugale qu’il reste à définir. Nous sommes ici confrontés à deux discours contraires entre des groupes de pressions constitués autour de la &amp;quot;souffrance masculine&amp;quot; et les propos issus de certains discours féministes. cette opposition – qui est caractérisée grossièrement entre les deux discours – se dédouble d’une autre opposition dans la désignation des acteurs de la violence conjugale en termes de victime et d’agresseur. Les  acteurs sont ainsi stigmatisés, avec des stéréotypes qui désignent de manière massive l’homme comme agresseur et la femme comme victime. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La  violence conjugale : où en sommes-nous aujourd’hui ? Des discours en tension. Problématique ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La violence conjugale semble être de prime abord un phénomène bien connu de nos jours. Les médias rendent régulièrement compte de ses conséquences, bon nombre d’associations ont été créées pour répondre à l’appel des victimes, une loi sur la protection des victimes a été instaurée, beaucoup de thérapeutes œuvrent également dans ce domaine. Il est question, la plupart du temps, des violences subies par des femmes et exercées par des hommes, il est dans une moindre mesure, question de la violence exercée par des femmes contre des hommes. Ce dernier phénomène reste minoritaire cependant, et fait l’objet de nombreuses critiques. Bien souvent, les discours opposent des mouvements &amp;quot;féministes&amp;quot; à des groupes &amp;quot;masculinistes&amp;quot;, les uns dénonçant sans cesse l’ineffable violence des hommes envers les femmes, les autres dénonçant cette vision de l’homme éternellement &amp;quot; agresseur &amp;quot;, allant jusqu’à affirmer que des hommes sont aussi des &amp;quot; victimes &amp;quot; et que la violence peut aussi être l’apanage des femmes. Ici apparaît le concept &amp;quot; d’hommes battus &amp;quot; qui a émergé dès les années septante. Afin de prendre de la distance vis-à-vis de ces deux positions antagonistes, il s’agit tout d’abord d’étudier ce que disent certains auteurs sur la violence conjugale, à la fois sur la violence subie par les femmes et par les hommes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Ce qu’en disent les livres et leurs auteur(e)s. Revue de littérature==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette revue de littérature suit la chronologie du questionnement et du cheminement, qui, en commençant part la découverte du concept de &amp;quot;l’homme battu&amp;quot;, conduit à approfondir les recherches au concept de la femme battue et à appréhender dès lors le problème social que constitue la violence conjugale, qui englobe les deux autres concepts. La recherche bibliographique a privilégié les ouvrages qui traitent spécifiquement de l’existence du concept de &amp;quot;l’homme battu&amp;quot;, dans une actualité la plus récente possible. Peu de littérature existe à ce sujet, cependant, les ouvrages les plus récents (Torrent et Dallaire) font tous les deux référence à l’inscription du concept de l’homme battu dans celui de la violence conjugale. Les investigations ont  été élargies à ce domaine, toujours à la recherche du moindre élément concernant la violence faite aux hommes. &lt;br /&gt;
Sophie Torrent, dans son ouvrage sur l’homme battu (2001) met directement en question le fait qu’il existe au sein de la vie de couple une violence faite aux hommes, une violence souvent difficile à accepter, celle-ci allant à l’encontre de stéréotypes tels que celui qui considère que la femme est l’élément faible du couple et que l’homme en est le dominant. Dans la première partie de son livre, l’auteure tente tout d’abord d’expliquer ce phénomène atypique de l’homme battu, cet &amp;quot;impensable social&amp;quot; dit-elle. Elle analyse les différents types de violences (physique, sexuelle, psychologique, verbale et économique) pour ensuite orienter son analyse vers la notion de &amp;quot;rôles sociaux&amp;quot;. Elle montre comment l’homme violenté est agressé jusque dans les &amp;quot;facettes&amp;quot; qui font son identité . Pour elle &amp;quot;être battu invalide l’homme dans son appartenance à la catégorie sociale homme&amp;quot;. Dans la deuxième partie de son ouvrage, Torrent réfléchit sur les différentes stratégies élaborées par l’homme pour gérer des situations difficiles. Elle s’appuie notamment dans son travail de recherche sur des interviews réalisées avec des &amp;quot;hommes battus&amp;quot;. &lt;br /&gt;
C’est dans une considération assez proche qu’Yvon Dallaire (2002), thérapeute au Québec, aborde le phénomène de la violence faite aux hommes (La violence faite aux hommes. Une réalité taboue et complexe). Il nous rappelle le constat de l’existence ineffable de la violence dans l’humanité, violence souvent fortement médiatisée, mais selon lui, de manière incomplète. En effet, dit-il, notre attention ne serait attirée que vers une forme de violence, soit celle faite par les hommes contre les autres hommes (guerres, voies de fait, suicides), contre les femmes (violence conjugale, viol, meurtre, tueurs en série) et contre les enfants (violence infanticide, meurtre suivi de suicide). Pour Dallaire, une forme de violence a été occultée : la violence des femmes faite envers les femmes, les hommes et les enfants. Le propos de son texte est de démontrer d’une part que des femmes peuvent être tout autant violentes que des hommes, et que d’autre part, l’analyse de la violence conjugale s’inscrit dans un paradigme teinté de sexisme et de discrimination. Pour cet auteur, la violence conjugale ne se décline pas simplement sur le mode victime-agresseur, mais plutôt sur celui de victime-victime, de deux individus qui sont les co-créateurs d’une escalade débouchant sur l’explosion physique. Afin d’alimenter son propos, Yvon Dallaire met en lumière les stéréotypes et les préjugés qui circulent dans le discours commun : l’homme est un être violent, un abuseur d’enfants, un irresponsable, les hommes sont tous des obsédés sexuels, il sont tous infidèles, menteurs et manipulateurs. Dès lors, toute violence féminine est considérée comme relevant de la légitime défense, l’homme est ainsi rendu coupable de toute la violence conjugale. Précisons ici que l’auteur dénonce le discours d’influence féministe qui se déploie dans le contexte québécois. Son objectif est de connaître les réelles dimensions de la violence conjugale, plutôt que de rechercher un coupable à punir, toujours le même : l’homme. &lt;br /&gt;
L’ouvrage de Bretonnière-Fraysse et al. (2001), incontournable pour le sujet, propose quant à lui un autre regard qui positionne clairement les femmes en tant que victimes et les hommes comme agresseurs, sans nuances : &amp;quot;on le sait, la violence conjugale a toujours existé ; on le sait aussi : les victimes en sont les femmes et les auteurs, les hommes. Mais elle demeure encore cachée, honteuse, secrète&amp;quot;. Cet ouvrage prend un regard anthropologique et historique pour nous montrer la condition de victime de la femme à travers les époques passées et jusqu’à nos jours. &lt;br /&gt;
Gillioz, De Puy et Ducret quant à elles (2000), font état des connaissances qui ont fait de la violence familiale et de la violence contre les femmes, un champ d’étude relativement nouveau dans les sciences sociales. Elles nous rappellent que jusque dans les années soixante, la société et avec elle les scientifiques vivent sur le mythe de la famille non violente. Cette dernière étant considérée comme rare et comme étant le fait d’individus déséquilibrés. Dans les années septante, sous l’influence de militantes féministes anglo-saxonnes qui ouvrent des refuges pour femmes battues et portent la question de la violence conjugale sur la place publique, ce phénomène jusque-là occulté est posé comme problème socio-politique. C’est dès lors que les sciences sociales vont s’y intéresser, à travers deux grands courants de recherche. Le premier est constitué par des études portant sur la violence subie par les femmes au sein de la famille et postule, en se fondant sur les prémisses théoriques féministes, que cette violence est spécifique. Ilc il est nécessaire de l’étudier indépendamment des autres types de violence familiale qui relèvent d’autres logiques. Le deuxième courant de recherche, issu de la sociologie de la famille, a pour objet la violence familiale et considère la société et ses institutions comme des systèmes consensuels qui embrassent dans la même problématique l’ensemble de la violence qui se déroule dans le cadre familial. L&#039;ouvrage de Gillioz et all. mentionne également les travaux de Strauss, Gelles et Steinmetz (1977), à partir desquels a été tiré l&#039;affirmation que les femmes sont aussi violentes que les hommes. C’est à ce moment qu’apparaît le concept du &amp;quot;mari battu&amp;quot;, des résultats tirés des statistiques de cette recherche, ont permis à l&#039;un des chercheurs de conclure que ce qui était le plus sous-estimé n’est pas la femme battue, mais le mari battu. La validité scientifique reste toutefois fortement contestée, nous en trouvons les arguments dans l’ouvrage de Gillioz, De Puy et Ducret. &lt;br /&gt;
Cette revue de littérature se conclut par l’approche systémique de Perrone et Nannini (1995) qui proposent leur livre comme un manuel à l’usage des professionnels appelés à intervenir auprès des familles. Leurs présupposés considèrent que la violence n’est pas un phénomène individuel, mais la manifestation d’un phénomène interactionnel. La violence est ainsi un mode particulier de communication entre partenaires qui sont tous impliqués et par là même responsables au sens interactionnel du terme. Comme Yvon Dallaire, les auteurs ne considèrent pas les acteurs de la violence conjugale en termes de &amp;quot;victime-agresseur&amp;quot;, ni en termes &amp;quot;hommes-femmes&amp;quot;. Les objectifs et les enjeux que ces deux auteurs proposent s’appuient sur l’idée que chacun doit devenir et se penser responsable de ses propres comportements. C’est également selon cette optique que certains &amp;quot;cliniciens&amp;quot; abordent en partie la question dans leur article (Rey, H et al. 2006). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Des recherches complémentaires nécessaires. Choix et méthodes==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En fonction des éléments de la problématique développée jusqu’ici, l’objectif de la recherche a consisté à y voir plus clair en tentant de répondre à la question posée, « comment le phénomène de l’homme battu s’inscrit dans le paradigme de la violence conjugale » ainsi qu’aux questions complémentaires citées dans l’introduction ?  Afin de prendre une nécessaire distance vis-à-vis du regard que propose la revue de littérature, il est nécessaire d’orienter les recherches sur d’autres sources d’informations diverses. Il est dès lors intéressant d’examiner si des statistiques existent sur les &amp;quot;hommes battus&amp;quot; et sur les &amp;quot;femmes battues&amp;quot; et dès lors de voir si celles-ci peuvent éclaircir les questions posées. Pour cela nous avons choisi de travailler à partir des statistiques des centres Lavi disponibles à l’office fédéral de la statistique. &lt;br /&gt;
Dès lors que le phénomène des &amp;quot;hommes battus&amp;quot; s’inscrit dans le cadre de la violence conjugale notre choix s’est porté également sur la recherche d’éléments de compréhension dans une série de revues spécialisées : « Thérapie Familiale », revue internationale en Approche Systémique, dont nous avons retenu les numéros mentionnant explicitement des articles sur la violence conjugale ou domestique (1995, Vol. 16 no 3 – 1999, Vol. 20 no 4 – 2000, Vol. 21, no 4 – 2001, Vol. 22 no 4).    &lt;br /&gt;
De plus, pour avoir une vision plus globale, une revue d’articles de presse étudiant quelques articles récents peut être pertinente. Nous avons sélectionnées des articles toujours sur le thème de la violence faite aux femmes et / ou aux hommes. Amnistie: Le magazine pour les droits humains, No 44, février 2006   interviews thématiques du Dr Vannotti, médecin adjoint à la Policinique de Lausanne et de  Madame Yakin Ertuk, rapporteuse spéciale de l&#039;ONU sur la violence contre les femmes ; Amnistie, Journal d&#039;action pour les droits humains, janvier 2006 ; Repère Social, No 73, février 2006, article : quand le sexe faible est violent ; Le Courrier du 18 mai 2005, article relatant le 1ier congrès de la condition masculine. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Enfin, nous avons opté pour une recherche mettant en œuvre la conduite de plusieurs entretiens compréhensifs semi-directifs auprès de professionnels de la prise en charge de la violence conjugale ainsi qu’auprès de &amp;quot; victimes &amp;quot; masculines qui accepteraient de nous apporter leur témoignage. A cet effet, nous avons trouvé pertinent de construire deux types de grilles d&#039;entretiens, l&#039;une pour les professionnels, l&#039;autre pour les hommes &amp;quot;victimes&amp;quot;. Malgré la promesse d&#039;anonymat, nous n&#039;avons pas pu enregistrer les entretiens. De ce fait, nous basons nos propos sur les notes retenues. Chaque entretien s&#039;est déroulé, pendant une heure trente, dans un lieu décidé par la personne interviewée. Nous avons mené, dans notre phase d&#039;investigation de terrain, quatre entretiens, dont deux avec des &amp;quot;victimes&amp;quot; masculines de maltraitance conjugale. Nous avons rencontré Denis Chatelain, co-fondateur de l&#039;association Vires. Cet organisme de traitement et de prévention de la violence exercée dans le couple et la famille, vient en aide aux personnes qui ont recours à la violence. Nous avons aussi rencontré la fondatrice d&#039;une fondation prenant en charge des femmes violentes, qui a souhaité garder l&#039;anonymat. Toutefois, il est possible de dire que l’objectif premier de cette association est la prévention de la maltraitance et la violence auprès des enfants, personnes âgées et conjoints. Nous avons réussi, à travers une association luttant pour la condition masculine, prendre contact avec deux hommes se déclarant comme &amp;quot;battus&amp;quot;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous étudierons également des sources  issues de la Loi Fédérale sur l’aide aux victimes et de Amnesty internationale tout comme des revues spécialisées dans le domaine de la thérapie familiale et plus particulièrement les articles concernant la violence domestique. &lt;br /&gt;
Ces éléments correspondent à ce que l’on pourrait appeler une &amp;quot;recherche sur le terrain&amp;quot;. &lt;br /&gt;
Nos sources seront ainsi multiples : entretiens ; revue de presse ; statistiques ; revues spécialisées. L’analyse des contenus du matériel récolté, prendra pour point d’appui la désignation des acteurs de la violence conjugale, en termes de stéréotypes (stigmatisation) et dans une approche de &amp;quot; genre &amp;quot; étudiant les rapports sociaux hommes-femmes par rapport à cette thématique, ainsi que les rapports victimes-agresseurs qui s’y rattachent. L’analyse devrait ainsi permettre de réunir des points de vue différents et ainsi de confirmer ou d’infirmer, voire de &amp;quot;tempérer&amp;quot; ce qui ressort dans la revue de littérature en fonction des auteurs choisis.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Résultats des recherches==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Dans divers articles de presse===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout d&#039;abord, Amnesty affiche une grande visibilité de la problématique de la violence conjugale, grâce à son magazine pour les droits humains (février 2006), son journal d&#039;action (janvier 2006) et son site internet, qui tous trois évoquent récemment la violence domestique. En effet, Amnesty a commencé en mars 2006 sa campagne suisse « En route contre la violence domestique », dont l&#039;action principale consiste en un tour de plusieurs cantons du mobile home &amp;quot;sweet home&amp;quot; afin de briser le tabou qui entoure la violence dans le couple, d’améliorer les interventions de l’Etat contre la violence domestique, et de sensibiliser le grand public, en particulier les jeunes et les hommes, notamment dans les régions rurales. Les revendications d’Amnesty International en matière de violence domestique repose sur l’obligation de l’Etat d’agir contre cette forme de violation des droits humains. Car aujourd’hui si la visibilité du débat public sur la violence domestique s’est améliorée, les menaces, coups, contraintes, viols et meurtres auxquels les femmes sont souvent exposées dans leurs quatre murs constituent un sujet rarement perçu comme relevant des droits humains. De la sensibilisation est encore nécessaire pour considérer que l’empêcher ne relève pas de la sphère privée des couples et des familles concernées, et ne pas l’assimiler à un « problème de femmes », mais à une mission publique, qui touche tout le monde. Pourtant il s’agit bien de droit à l’intégrité physique et psychique : droit à la liberté et à la sécurité, droit à la santé, droit à l’absence de torture ou d’autres traitements dégradants et même souvent le plus, droit à la vie. La position d&#039;Amnesty International quant à la violence domestique consiste à considérer sa cause dans les rapports inégalitaires de sexe. L&#039;accent est mis sur les représentations sociales qui ne cessent de faire le lien entre violence et masculinité. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le numéro du journal Repère Social de février 2006 s&#039;intitule « Quand le sexe faible est violent » et à travers le prétexte de l&#039;ouverture récente à Lausanne d&#039;un accueil pour femmes violentes, aborde ce sujet trop rarement médiatisé de la violence des femmes. L&#039;auteur, Geneviève Praplan, présente les associations Vires et Face à Face à Genève, et Violence et famille à Lausanne. Cette dernière institution travaille depuis sept ans avec des hommes violents, mais accueille depuis novembre 2005 également des femmes violentes. Le Coordinateur et plusieurs intervenants ont été formés au Québec, auprès d&#039;OPTION, institution pionnière fondée par le psychothérapeute Jacques Broué en 1985. A Violence et Famille, c&#039;est ainsi sous forme de thérapie de groupe que se déroule l&#039;accompagnement, après quelques entretiens individuels. Le processus de réflexion engagé avec les auteur(e)s est le même pour les hommes que pour les femmes. Néanmoins, il est spécifié qu&#039;il faut être spécialement vigilant avec les femmes, en vérifiant qu&#039;elles ne sont pas &amp;quot;davantage des victimes que des agresseurs&amp;quot;. De plus, rapidement le lien entre passé et présent doit se faire. &amp;quot;Hommes et femmes ne sont pas forcément égaux devant leur violence&amp;quot;: dans l&#039;inconscient collectif masculin, il est nécessaire d&#039;affirmer sa virilité, la violence masculine est ainsi plus facilement excusée. Au contraire, les rôles sociaux attribués aux femmes font qu&#039;on la juge plus sévèrement si elle fait usage de violence, mais leur permet de reconnaître moins difficilement que les hommes leurs actes violents. L&#039;auteur met en avant que les chiffres manquent quant à l&#039;ampleur de la violence féminine, surtout exercée envers ses enfants. Par ailleurs les préjugés quant aux données socio-économiques des auteurs de violence perdurent. Cela est en partie dû au fait que les familles en situation précaire sont plus aisément repérées par les services sociaux, vu l&#039;étendue de leurs besoins. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le Courrier du 18 mai 2005 relate et questionne le 1ier congrès international de la condition masculine a eu lieu à Genève le mars 2003. (en 2005 a eu lieu à Montréal).  L’auteure de l’article Virginie Poyetton nous dit que ces colloques font partie d’un mouvement plus large qui met en avant « la crise de la masculinité »  en réaction à l’émancipation « trop » radicale des femmes. Si ce courant est minoritaire au sein de la gent masculine, il participe d’une tendance qui remet en question l’avancée des droits des femmes. &lt;br /&gt;
Les masculinistes (nom que se sont donnés les défenseurs de la condition masculine) pensent que le féminisme les a forcés à changer et depuis ils se sentent dépossédés de leurs  identités et de leurs droits. Ils souffrent d’injustices : discrimination  positive au travail faveur des femmes, préjugés favorables aux mères en cas de divorce, fausses allégations de violence ou d’inceste, pensions alimentaires disproportionnées, hausse du décrochage scolaire chez les garçons, augmentation de la prescription d’antidépresseurs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;La violence conjugale :d’où vient ce concept, comment a-t-il été défini, comment s’institutionnalise-t-il ? Historique, définitions, statistiques et cadre légal&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Aborder le problème social de la violence conjugale incite à faire un retour vers les années 1970. C’est à cette époque que l’on peut situer les premières recherches sur ce thème mettant en question le mythe de la famille non violente. Les militantes féministes amènent la question de violence conjugale sur la place publique et le posent comme un problème socio-politique. La question de la violence est abordée comme conséquence des rapports de domination, c&#039;est-à-dire des effets de l’exercice d’une influence déterminante d’un groupe, les hommes, sur un autre, les femmes. Tout rapport de domination suppose, en effet, en dehors du rapport de pure violence, un système de justification visant à obtenir un minimum de &amp;quot;volonté d&#039;obéir&amp;quot; de la part des assujettis, note le Petit Robert. &lt;br /&gt;
Les sciences humaines vont s’y intéresser. De nombreuses études sont entreprises dans les années 1970 et 1980 dans le but de décrire la violence domestique, de pouvoir la chiffrer, de chercher à l’expliquer, d’étudier ses conséquences sur les victimes, et d’examiner les réponses sociétales à ce problème. &lt;br /&gt;
Les résultats de l&#039;une de celle-ci, Straus et al.(1977) permettent de dire que femmes et hommes admettent recourir à des tactiques de violence dans des situations de conflits. Ce résultat est basé sur le &amp;quot;Conflict Tactics Scales&amp;quot; (CTS), échelles centrées sur les tactiques de gestion des conflits, qui intègrent une série de comportements allant des plus rationnels aux plus violents. Cette étude permettra à l’une des auteur-e-s, Steinmetz, de tirer la conclusion de l’existence du « syndrome de l’homme battu ». Ce qui sera contesté pour insuffisances méthodologiques. Depuis la plupart de chercheurs et chercheuses renoncèrent à utiliser ce concept. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===L’institutionnalisation du concept de violence domestique: Les centres LAVI et les politiques de prise en charge (contexte suisse et suisse romand)===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une loi fédérale est votée (4 octobre 1991), sur l’aide aux victimes. Elle démontre que être « victime de violence» constitue maintenant une déviance secondaire. Les plaignants sont identifiés, l’état institutionnalise leur prise en charge, les centres Lavi sont créés et les consultations augmentent au fil des années. Et si la notion même de « victime » est large, accidenté de la route, attentats, viol, contrainte sexuelle, séquestration, elle comprend spécifiquement les violences domestiques. &lt;br /&gt;
Dès lors, elle permet également aux femmes victimes de violence conjugale d&#039;être reconnues, visibilées et aidés. &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Des centres Lavi, issus de cette loi, sont créés sur le territoire suisse. Ils ont  pour but de fournir une aide efficace (conseils, la protection de la victime, la défense de ses droits dans la procédure pénale et l’indemnisation et la réparation morale) aux victimes d’infractions ou d’une atteinte directe à son intégrité corporelle, sexuelle ou psychique et à renforcer leurs droits. &lt;br /&gt;
La police est tenue d’informer les victimes  en transmettant les coordonnées de celle-ci au centre Lavi. On peut constater que ces centres apportent une aide immédiate et des prestations fournies gratuitement ( frais médicaux, d’avocat ou de procédure peuvent également être pris en charge. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous constatons également l’étatisation de la prise en charge de la formation du personnel des centres Lavi, et la spécialisation des professionnels qui y sont impliqués. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On peut constater que la prise en compte de la situation des femmes dans le cadre de la violence domestique évolue petit à petit. Il est intéressant de suivre le dépôt d’une initiative parlementaire le  14 juin 2000, par la Conseillère Ruth-Gaby Vermot-Mangold. Ce n’est qu’en novembre 2005, que le  Conseil fédéral propose un nouvel article 28b dans le code civil visant à protéger la victime de violence ou de harcèlement en lui donnant le droit de requérir le juge d’instruction d’interdire à l’auteur de l’atteinte de l’approcher, de fréquenter certains lieux ou de prendre contact avec elle. Le nouvel article amène une notion nouvelle, celle de la prévention de la violence domestique, nouvelle tâche des centres Lavi,  pour éviter la violence et sa récidive.  &lt;br /&gt;
Le Code pénal sera modifié en ce sens en juin 2006. Désormais les actes de violence domestique seront poursuivis d’office et non plus sur plainte de la victime.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Statistiques des centres Lavi.===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous espérions obtenir des informations statistiques sur la violence conjugale, or, celles que nous avons pu obtenir par l’intermédiaire de l’office fédéral de la statistique ne peuvent être utilisées que très partiellement. En effet, jusqu’en 2004, les centres Lavi recensaient le nombre de consultations et non pas les personnes. Une consultation peut se rapporter à une infraction commise à plusieurs reprises et une même personne peut être comptabilisée plusieurs fois en l’absence d’indicateur de personnes. Il faut également préciser qu’il n’est pas possible de repérer exactement s’il s’agit de violence conjugale. Les chiffres qui peuvent être intéressants pour nous résultent d’un croisement des items : relation familiale auteur – victime, sexe de la victime, sexe de l’auteur présumé.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Si nous prenons l’année 2004 comme référence, les chiffres nous donnent une idée intéressante sur la question qui nous occupe, à savoir la violence féminine et masculine : &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Toutefois, il semble important de se questionner sur la mise en forme de certains items. En effet, comment comprendre « avec auteurs présumés de sexe masculin » ? Quelle utilité cet intitulé peut apporter aux concitoyens ? Quelle différence effective avec les auteurs réels de ces actes ? Comment interpréter l’absence des items « avec victimes de sexe masculin » et « avec auteurs présumés de sexe féminin » ? Dans ce cas faut-il comprendre que les femmes victimes consultent plus, alors que les hommes restent cachés?  Quelle réalité se cache derrière ces chiffres?  &lt;br /&gt;
De plus, Jean-Philippe BRANDT, du service de presse &amp;amp; relations publiques de la Police de Genève, informe qu’ « il n’est pas fait de différences quant au sexe de la victime en ce qui concerne les violences conjugales. » Comment dans ces conditions, donner une validité fédérale à des statistiques qui ne peuvent pas prendre en compte des réalités cantonales ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Revue &amp;quot;Thérapie Familiale&amp;quot;===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous avons jugé opportun d&#039;analyser des numéros de Thérapie Familiale, une revue trimestrielle d&#039;orientation systémique. Cette source représente en effet le point de vue théorique et le constat des pratiques des thérapeutes de famille. Il est pertinent de se demander à quel point le discours de ces professionnels de la famille influence la société et est en retour influencé par elle. Les catégories victime-agresseur y sont-elles aussi clairement définies que dans le sens commun et certains discours? Fait-on une différenciation au niveau de l&#039;étiologie de la violence et de ses conséquences selon le genre? Le contact avec les patients remet-il en question certaines pratiques thérapeutiques et fait-il avancer les models conceptuels? Pour répondre à ces interrogations, nous avions à disposition tous les numéros parus depuis de nombreuses années afin d&#039;observer à quelle fréquence et sous quelle forme la thématique des violences conjugales était abordée. Nous avons porté notre choix sur la période allant de 1995 à 2001, pendant laquelle quatre numéros contiennent des articles dédiés à notre sujet. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les deux premiers numéros analysés, datant de 1995 et de 2000 sont riches d&#039;informations car rédigés par les mêmes auteurs, qui font part de l&#039;évolution de leur réflexion durant les cinq ans écoulés. Le numéro de 2000 a été écrit par des thérapeutes colombiens, ce qui nous montre la préoccupation internationale des thérapeutes de famille autour de la violence conjugale et leur désir d&#039;échanger à ce sujet. Quant au dernier numéro pris en compte, celui de 2001, il présente la synthèse des théories les plus utilisées à propos de la violence domestique. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les auteurs des deux premiers numéros analysés sont membres de l&#039;association française Vivre sans Violence, issue d&#039;observations de professionnels travaillant avec des femmes victimes de violence conjugale. Autour de 1985 il y eut de nombreuses interrogations sur les pratiques, mettant en avant les limites de la prise en charge d&#039;alors: les femmes retournaient le plus souvent au domicile conjugal, où les violences reprenaient. De plus, peu de femmes se sentaient prêtes à faire un travail de réflexion sur les événements de violence vécus. Les professionnels ont trouvé certaines réponses en s&#039; inspirant du modèle québécquois de prise en charge des hommes violents de Robert Philippe. La conscience de la nécessité de s&#039;intéresser également aux agresseurs a ainsi émergé et les premières structures de soutien aux auteurs de violence ont apparu.  Les auteurs préconisent par ailleurs un changement: le départ de l&#039;auteur des violences du foyer plutôt que celui de la victime. Cela peut constituer en effet une violence supplémentaire à la femme, et signifie à l&#039;agresseur qu&#039;il est laissé seul&amp;quot; dans un état de dangerosité contre lequel nul, même pas la loi, ne peut le protéger&amp;quot;. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les auteurs réfutent l&#039;idée traditionnelle considérant un couple violent comme dysfonctionnel. Ils font référence à Watzlawick et à sa théorie de la communication, envisageant ainsi la violence comme un acte de communication tout comme les comportements réactifs telle la passivité. Ainsi, la victime également communique quelque chose à son agresseur. La violence est un mode d&#039;échange qui a été appris, et n&#039;est donc pas inné.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Leur intervention vise la modification des patterns d&#039;interaction ainsi qu&#039; un « travail sur les représentations différentes que l&#039; homme et la femme se donnent et nous donnent, de leur vécu de la violence ».  Soulignons qu&#039;en 1995, il n&#039;y a pas d&#039;injonction thérapeutique pour les auteurs de violence dans le couple, les consultations sont donc uniquement volontaires pour les agresseurs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1999, les mêmes auteurs, dans un numéro consacré au thème « Des violences » expliquent  l&#039; évolution de leur réflexion quant à la notion de responsabilité. Ils reviennent sur leur idée de co-responsabilité, de relation complémentaire. Actuellement(en 1999) ils différencient les actes violents en deux catégories: les comportements interactifs vs délits/crimes. En conclusion, les deux acteurs ne sont pas à égalité dans l&#039;interaction: il y a une hiérarchie dans les responsabilités. La victime n&#039;est pas responsable des coups qu&#039;elle reçoit, mais les deux sont responsables du maintien de l&#039;interaction dans laquelle les comportements de violence deviennent redondants et structurants. Les auteurs se démarquent du québécquois R. Philippe en précisant que les violences conjugales ne peuvent se produire que dans un contexte de consensus socio-culturel. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous constatons donc grâce à l&#039;analyse de ces deux articles, que les professionnels thérapeutes de famille de par leur pratique, sont menés à une réflexion sur les catégories de victime-agresseur, liées à la notion de responsabilité. De la prise en charge des femmes victimes, et face à ses limites, les thérapeutes commencent à prendre en charge des auteurs de violence.  Concepts et pratiques dialoguent sans cesse, puisque reconnaître la nécessité de prendre en charge les deux membres du couple est uniquement compatible avec des théories ancrant l&#039;étiologie de la violence dans les processus interactifs et communicatifs. Le monde de la thérapie familiale a donc une longueur d&#039;avance sur la dichotomie victime-agresseur prégnante dans le sens commun, dans certaines campagnes de sensibilisation pour le grand public, et dans la loi. Par exemple les auteurs prônent en 1995 déjà l&#039;éloignement de l&#039;auteur de violence du domicile, alors qu&#039;en Suisse ce n&#039;est qu&#039;actuellement, en juin 2006, que cette mesure passe dans la loi. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;expérience des thérapeutes colombiens, relayée dans un numéro datant de 2000, nous montre une initiative étrangère originale. A Bogota  il existe des &amp;quot;commissariats de famille&amp;quot; depuis 1996 qui consistent en un &amp;quot;espace de conversation et de concertation dans le but de protéger, d&#039;assister et de guider les familles à propos de leurs droits fondamentaux et de les informer quand aux façons de résoudre les conflits internes.&amp;quot; Plus concrètement, une assistance légale, sociale, médicale et psychologique est dispensée dans ces lieux. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les auteurs sont en accord avec Perrone et Nannini, postulant que la violence n&#039;est pas une maladie, mais un choix et un moyen de contrôle. La responsabilité est à nouveau un thème abordé puisqu&#039;ils postulent que tout individu est garant de sa propre sécurité, en précisant que  chacun peut devenir violent dans un contexte déterminé. Encore une fois, c&#039;est donc l&#039;accent sur le contexte, culturel ou interactif, qui provoque la violence, plutôt que des caractéristiques individuelles.  &lt;br /&gt;
Dans son article Déconstruction des idées reçues sur la violence : une alternative à la violence. Kuenzi-Monard présente un Panorama des théories les plus utilisées : L’auteure les répartit selon 7 niveaux :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1.les théories qui localisent la violence à l’intérieur de la personne : la violence est basée sur un problème de santé mentale ; la théorie de l’impulsivité, le manque de contrôle de soi. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
2.les théories qui localisent la violence dans le développement : les théories développementales de la violence et de l’apprentissage (expliquent l’abus comme une répétition de comportements pathogènes au sein des familles) ; la théorie du blocage d’origine psycho-sexuel (la personne est bloquée à un stade de son développement). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
3.les théories qui localisent la violence au sein des relations humaines : la théorie du contenant (capacité X de tolérer des frustrations, insatisfactions ou colère. Au-delà, c’est l’éclat) ; conséquence : l’homme a peu de possibilités de contrôler cette tension, donc peu de responsabilité quant aux éléments extérieurs qui viennent le saturer. le modèle de la frustration-agression : si je suis frustré, j’agresse. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
4.les théories qui localisent l’abus dans des blocages de la communication : la personne violente souffre d’un pauvre développement des qualités sociales et relationnelles. Modèle explicatif intéressant mais qui ne donne pas d’alternative pour apprendre d’autres stratégies. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
5.Les théories qui considèrent la violence comme l’effet d’un état chimique différent, comme la conséquence de l’utilisation d’alcool ou de drogues : la théorie de la désinhibition. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
6.les théories circulaires sur la violence : celles-ci localisent la violence et la comprennent comme générée au sein d’interactions. La violence occupe une fonction homéostatique, le maintien de l’équilibre de la famille. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
7.les théories féministes : l’explication féministe ou socio-culturelle qui voit la violence comme prenant sa source dans les structures sociales. La violence et le comportement abusif sont compris, favorisés, voire encouragés par le fonctionnement social. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
8.la théorie fonctionnelle de Léonore Walker : la violence est une explication dynamique, fonctionnelle et non pas causale. La violence fonctionne sur trois phases distinctes, tension, épisodes violents, lune de miel. Walker démontre que la violence est un cercle addictif, les prisonniers de la violence sont dans un cercle infernal. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’approche de Kuenzi-Monard : la théorie des limites. Elle est basée sur les travaux de Bateson qui prônait qu’une explication « négative » ou « en mouvement » d’un évènement est préférable à une explication « positive » ou « statique ». Ce type d’explication génère du mouvement, incite à s’orienter vers les conséquences des faits et ainsi vise à une prise de responsabilité. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’auteure conclut qu’il est essentiel de faire une distinction entre l’explication causale et une limitation. L’explication causale clive la dynamique déjà polarisée entre victime et bourreau, elle maintient la violence plutôt qu’elle ne l’élimine. Elle constate que souvent il existe une rupture entre l’intention et l’action du psychothérapeute. Elle pense que le clinicien influence et est influencé par les questions qu’il pose. Les questions linéaires tendent à produire des raisonnements linéaires, il faudrait ainsi favoriser les questions circulaires, ouvrant de nouvelles possibilités.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le nombre de ces théories, par ailleurs très variées, est on le voit  abondant. Il est aisément compréhensible que l&#039;adhésion à l&#039;une ou l&#039;autre de ces théories, liées à des étiologies différentes de la violence, implique des interventions également différentes. &lt;br /&gt;
Dans notre travail, nous avons principalement abordé les théories féministes ou socio-culturelles et les théories circulaires, dont fait partie l&#039;approche systémique. La théorie fonctionnelle est également très présente dans les réflexions des thérapeutes, et la théorie des limitations est en expension. Ces théories ont en commun de ne pas prendre l&#039;individu comme centre de la problématique de la violence conjugale, mais plusieurs individus et leur relation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour conclure cette analyse des numéros de Thérapie Familiale, une différence flagrante apparaît entre les discours des professionnels publiés dans cette revue de systémique et les discours du sens commun, circulant au quotidien. En effet, les thérapeutes toujours en recherche d&#039;affinement de leurs concepts, par confrontation à la pratique, sont passés par tout une évolution théorique, prenant en compte les deux membres du couple, et débattant passionnément les questions de responsabilité et les notions de victime-agresseur. A l&#039;opposé, les causes de la violence conjugale les plus fréquemment évoquées et ancrées dans les représentations de la population se situent plutôt à un niveau individuel. Une partie est liée au genre, naturalisant les différences de sexe (la violence est inhérente à l&#039;homme, la douceur et la fragilité à la femme...); un autre type d&#039;explications courantes ramène le problème à des causes  individuelles  (alcoolisme, problèmes personnels...), voire psychologisantes  (trouble psychique, traumatismes dans l&#039;enfance, sado-masochisme...). Les catégories victime et agresseur sont clairement séparées dans le sens commun, tout comme l&#039;attribution du terme victime à la femme, et agresseur à l&#039;homme. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Propos issus de quelques entretiens===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;L’homme battu existe &#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour confronter les stéréotypes affiliés aux genres, nous avons cherché à interviewer des hommes battus. Paul et Luc (prénoms d’empreint) ont un point commun : leur passé d’homme maltraité. Ils ont été, tous les deux, physiquement battus par leur conjointe. Toutefois, il semblerait que la problématique de l’homme violenté intègre, dans sa forme globale, une autre forme de violence, une violence psychologique. Il ressort des entretiens que la forme physique ne semble pas être la forme de violence qui marque le plus. Pour essayer de comprendre au mieux le vécu violenté de ces hommes et plus généralement de toute personne impliquée dans des relations violentes, nous avons questionné la littérature ainsi que des professionnels de terrain. &lt;br /&gt;
Pour la travailleuse sociale, Sophie Torrent (2001), « la nature de la violence [à l’égard de la gente masculine] et ses modes d’expression traduisent, dirait-on, une violence spécifiquement féminine, subtile, qui atteint l’intégrité psychique de l’homme.» (p.33). L’homme victime de violence psychologique semble atteint surtout dans sa masculinité, plus précisément dans la représentation de la masculinité qui lui a permis de construire son identité. &lt;br /&gt;
« Le harcèlement que j’ai vécu par cette femme tyran m’a amené à perdre, pendant quelques temps, mon identité masculine… C’était quoi être un homme ? Je ne savais plus faire l’amour comme il faut en quittant ma femme. J’ai du réapprendre à accepter de prendre du plaisir. » Luc &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;La violence ; une histoire d’homme ? &#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Alors que nous venons de découvrir avec stupéfaction certaines réalités d’hommes maltraités par leur conjointe, comment traiter ces vérités face à notre idéal féminin construit ? Comment même penser à la violence des femmes, alors que celle que l’on exerce à leur égard est de loin la plus établie, la plus reconnue et de ce fait la plus portée par les médias ? De nos jours, la société reconnaît et prend en charge la femme violentée, qu&#039;en est-il de la femme violente ? Il est commun d’entendre qu’une femme violente est une femme malade psychologiquement ou encore que cette dernière n’agresserait que pour se défendre. Pour la psychothérapeute Diane Chayer, ( citée par Ruel &amp;amp; Guéricolas, 1998), il semblerait qu’il n’y ait tout simplement pas de permission sociale à la violence des femmes. « La société dit qu’il est presque normal pour un homme d’être violent. Mais une femme violente, c’est une extraterrestre. » &lt;br /&gt;
Pour Yvon Dallaire, « la femme violente peut ressentir de la fierté pour avoir battu plus fort qu’elle. Et la société ne la dénigre pas, elle cherche plutôt à la comprendre et à l’excuser, compatissant souvent à son sort. » (p26) A contrario, pour la responsable d’une structure acceuillant des femmes violentes, « celles et ceux qui passent de la parole aux actes souffrent, ils ont besoin d&#039;aide et y ont droit. Toutefois, la femme violente souffre de discrimination ; on ne veut pas lui reconnaître sa violence. » Il semblerait alors que, paradoxalement, la femme violente souffre des mêmes maux sociaux que l’homme maltraité. Une nouvelle fois, il semblerait que les stéréotypes, affiliés aux genres, décident de ce qui peut être acceptable ou pas. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Le statut de victime/agresseur &#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La responsable d’un établissement prenant en charge des femmes violentes nous apprend qu’il est difficile de tenir le fil rouge concernant les rôles de victime-agresseur. « On est là pour travailler sur la violence des femmes, en tant qu’auteures de violence et non en tant que victimes. Très souvent, ça dérape en justification des actes qui déplace la position d’agresseuse à celui de victime. » Il semble que souvent, l’agresseur se voit comme victime. Responsabiliser les acteurs(trices) de violence, c’est les aider à prendre conscience de leur violence. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Responsabilité dans la violence &#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La question est partagée. Alors que pour beaucoup, la responsabilité de la violence doit être assumée par son auteur(e), pour d’autres, elle doit être partagée. En effet, pour Denis Châtelain, co-fondateur d’une association prenant en charge des auteur(e)s de violence, « il faut prendre en compte le potentiel de violence de la victime dans la compréhension de la dynamique ». Pour la responsable d’une association accueillant des femmes violentes, « il est impossible de faire un tel travail si l’on part du principe d’une co-responsabilité dans la réalisation de la violence. En effet, on ne peut pas se permettre de déraper sur l’aspect empathique et comprendre voir d’excuser l’acte de violence au nom d’un statut de victime reconnu. Pour nous, l’acte violent n’est pas excusable, il est inadmissible quelque soit sa source ou sa justification. Ce qui nous paraît important c’est de faire en sorte de ne plus jamais en avoir à arriver là. » &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;La prise en charge de la violence &#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comment aborder la problématique de la violence conjugale et plus particulièrement celle des hommes maltraités et des femmes violentes ? Alors qu’Yvon Dallaire se demande si l’on « ne pourrait pas exploiter l’expertise des centres d’accueil pour femmes au profit des hommes battus et l’expertise des groupes d’entraide pour homme violents au profit des femmes violentes ? » (p29), la responsable d’une structure accueillant des femmes actrices de violence répond que « pour aider les femmes actrices de violence, il faut appliquer un traitement différencié. Les raisons étant parce qu’on n’éduque pas de la même façon une petite fille et un petit garçon, le rapport au féminin n’est pas le même. La violence masculine est légitimée. Par contre, on ne reconnaît pas ce droit à la femme. Cela étant dû aux stéréotypes de mère protectrice d’une part. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Point de situation===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Mouvement féministe...et&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A ce stade de notre article, nous pouvons établir difféents constats. Tout d’abord, la découverte de la violence conjugale et de ses effets a pour origine le questionnement du mouvement féministe. Celui-ci repris par des chercheur-e-s, a confirmé et précisé le phénomène de la violence conjugale. &lt;br /&gt;
La notion d’homme battu, qui nous avions posée comme une construction récente, date des premières recherches sur ce domaine, le syndrome de l’homme battu, développé par une chercheuse du l’équipe de Straus et al. a été un concept rapidement abandonné. Les défauts dans l’opérationnalisation du concept de violence, dans la méthode et dans l’interprétation des données de l’enquête effectuée à l’aide du Conflict Tactics Scales ont été largement reconnus. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;...évolution sociale et réponses masculines.&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous pouvons poursuivre nos constats à partir des travaux d’une chercheuse, rencontrée au détour d’un article de presse, Pascale Molinier, d’une tension qui s’avive entre hommes et femmes dans les années 1980. Certains hommes pro féministes tiennent un discours optimiste concernant la constitution d&#039;une société nouvelle et égalitaire et reconnaissent la domination masculine comme clé d&#039;un changement possible. D&#039;autres hommes tiennent un discours alarmiste et insistent sur le malaise identitaire engendré par cette modification des rapports sociaux source de perte de repères. &lt;br /&gt;
A partir de là, un autre phénomène apparaît, nous découvrons que des groupes d’hommes se forment autour d’auteurs, (Guy Cornaux au Canada, Jacques Salomé en France, ou plus récemment Y. Dallaire qui avec John Goetelen a organisé le premier Congrès international de la condition masculine à Genève en 2003) avec comme but de réfléchir à l’identité masculine fragilisée.  C&#039;est dans cette mouvance que l’on trouve aujourd&#039;hui les protagonistes d&#039;un détournement de la violence masculine au profit d&#039;une violence exercée contre les hommes par les femmes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;La violence domestique, une réponse étatique et institutionnelle&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Autre constat que nous pouvons déjà faire, la violence conjugale est un phénomène officialisé et les réponses institutionnelles se développent de plus en plus. Il est intéressant de faire le point sur l&#039;ampleur et les lacunes de l&#039;offre associative et institutionnelle, et prenons pour ce faire l&#039;exemple genevois. La brochure « la violence est inacceptable; violence conjugale que faire? » est la référence et est publiée par le Service pour la promotion de l&#039;égalité entre homme et femme, le Centre de consultation LAVI et Solidarité Femmes. De par les caractéristiques même de ces éditeurs, ajouté au fait que la brochure est rédigée par des auteures, c&#039;est à nouveau sous l&#039;angle des femmes victimes que la problématique est abordée. Dans la rubrique « Répertoire d&#039;adresses utiles », nous constatons qu&#039;il existe à Genève des services d&#039;hébergement; des services médicaux; des consultations juridiques; des services de consultations conjugales, familiales et de médiation auxquels peuvent s&#039;adresser des victimes de violence conjugale. Les foyers d&#039;hébergement cités sont des foyers pour les  femmes et leurs enfants exclusivement, dans le cas de difficultés qui ne sont pas restreintes à la violence conjugale, néanmoins dans la pratique ce type de violences représente la majorité des cas. Ce principe de foyer pour femmes en difficultés n&#039;est pas récent, le foyer Arabelle par exemple date de 1964. Solidarités Femmes est la seule association spécifique pour les femmes victimes de violence conjugale. Elle offre écoute; orientiation; information sociale et juridique, hébergement; entretiens individuels et activités de groupe. Excepté l&#039;hébergement, ces prestations sont gratuites. Il existe d&#039;autres services divers pour femmes, tels que Viol-Secours, SOS Femmes, F-Information ou Camarada. Certains organismes sont spécialisés dans les problématiques de violences, sans distinction de sexe, il s&#039;agit des Centres LAVI et au niveau médical du Centre  Interdiscplinaire de Médecine et de Prévention de la Violence des HUG. Dans la brochure de 2001, une seule adresse concerne les auteurs masculins de violence conjugale, il s&#039;agit de l&#039;association VIRES. Il est intéressant et très révélateur de constater que depuis sa fondation en 1994, cette association s&#039;est définie de trois manières distinctes:  d&#039;organisme pour les hommes ayant recours à la violence dans leur couple et dans leur famille, dans un deuxième temps le terme « hommes » a été remplacé par « personnes ». Actuellement c&#039;est l&#039;expression « Organisme de traitement et de prévention de la violence exercée dans le couple et dans la famille. » qui a été retenue. Si les professionnels de VIRES précisent que ce changement d&#039;appellation est consécutif  à une évolution dans la manière de penser et traiter la problématique de la violence conjugale et plus précisément ses sources et ses enjeux, les date de ces évolutions ne sont malheureusement pas précisées. Dans la dernière édition de la brochure sus-mentionnée, parue en 2004, apparaît une nouvelle association, dédiée à la prise en charge des femmes aux comportements violents. Cet organisme créé en 2001 ne se limite pas aux violences exercées dans la sphère familiale. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En conclusion de cet aperçu des diverses offres de soutien sous toutes ses formes adressé aux personnes impliquées dans la dynamique des violences conjugales, une lacune importante transparaît: il n&#039;existe pas à Genève de lieu spécifique aux victimes masculines de violence conjugale, que ce soit un foyer ou un lieu d&#039;information et de soutien. En règle générale, lorsqu&#039;un problème social lié à la violence émerge, ce sont les victimes qui bénéficient en premier lieu de l&#039;institutionnalisation. Par la suite, une réflexion se fait autour des auteurs, considérant qu&#039;eux aussi ont besoin de soutien afin de casser la dynamique de violence. Dans le cas de la violence exercée envers les hommes, les victimes sont ignorées par l&#039;absence de lieu spécifique; alors même que les femmes auteures de violence possèdent une telle infrastructure. Nous pouvons émettre l&#039;hypothèse que cela a un lien avec le stéréotype de femme-victime, la femme perpétrice de violence ayant souvent été elle-même victime, comme nous l&#039;avons vu plus haut. Amnesty relaie cette problématique pour que la violence domestique sorte du domaine privé et soit reconnue comme un problème public. Dans des revues spécialisées différents auteur-es font état de l’évolution des connaissances et des conceptualisations du problème. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’état fédéral se préoccupe de cette question et modifie le code pénal pour améliorer la protection des victimes de violence domestique. Les centres Lavi travaillent à la transformation de leur statistiques en vue également d’améliorer la visibilité de cette forme de violence. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Conclusion==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En fonction de tous les éléments qui précèdent, la conclusion de cet article montre que le concept  de violence conjugale apparu dans les années 1970 a trouvé sa place jusque dans la législation. Néanmoins les discours qui circulent sur ce type de violence sont une construction qui circonscrit la violence dans des stéréotypes caricaturaux stigmatisant à la fois les femmes en tant que victimes et les hommes comme agresseurs. De cette restriction découle la difficulté d’envisager l’existence d’hommes victimes de violence conjugale, et d’égale manière celle de femmes violentes. Cela a comme conséquence pour les personnes concernées une non-reconnaissance sociale, se manifestant par de forts préjugés à leur encontre, et de grandes lacunes institutionnelles. Les professionnels de la violence conjugale (médecins, thérapeutes) ont dépassé cette opposition et ils désignent les acteurs de la violence conjugale à un niveau de co-responsabilité qui ne distingue pas le sexe des protagonistes pour rendre compte de ce phénomène. Il y a ainsi un écart entre les discours dominants et les discours des professionnels, écart perceptible dans l’étude de la littérature et dans l’examen des sources que constituent les revues &amp;quot; thérapie familiale &amp;quot;. Enfin, il faut admettre la thèse selon laquelle la violence conjugale reste un phénomène qui bien que connu de tous, reste difficile à appréhender dans notre société. Criminalisée ici, combattue là, normalisée un peu plus loin. Elle fait partie d’un rapport à l’Autre institué par des règles sociétales contextualisées par un rapport différent d’être au monde « femme » ou « homme ». &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En effet, il existe des définitions similaires mais superficielles qui varient dans leur développement en fonction des positionnements et des valeurs de ceux qui les proposent. Les statistiques qui rendent compte de la violence conjugale proposent d’autre part des modalités qui ne permettent pas de distinguer précisément les victimes des agresseurs de manière précise et approfondie. Elles ne permettent pas d’affirmer avec précision que les hommes sont aussi victimes de violences, les modalités de genre n’étant pas assez développées dans la prise en compte statistique. Les hommes victimes existent, mais leur visibilité est très faible du fait que c’est un phénomène qui est en train d’émerger comme problème social. Ainsi, la violence conjugale reste un phénomène complexe et confus dans ses définitions. Enfin, on s’aperçoit que la violence conjugale reste un concept en mouvement sur le plan des institutions, qui proposent des possibilités de prise en charge nombreuses, mais néanmoins insuffisantes si l’on considère la prise en compte de la violence faite aux hommes. &lt;br /&gt;
Ces détracteurs pourront s&#039;appuyer probablement dans les années à venir sur les modifications des images féminines, les stéréotypes de la femme douce et soumise ont tendance à s&#039;estomper. Et l&#039;on peut se demander si les jeunes femmes ne se permettront pas plus que par le passé d&#039;exprimer leurs sentiments de colère et violence, là où s&#039;exprimaient auparavant peut-être impuissance, tristesse et dépression.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Difficultés===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le sujet que nous avons abordé tout au long de ce travail est délicat. Nous avons relevé le peu de neutralité émanant des sources existantes sur ce thème, chaque écrit représentant une certaine prise de position, quant à la causalité de la violence conjugale par exemple, ou les convictions cachées derrière l&#039;attribution de statuts victime-agresseur ou victime-victime. &lt;br /&gt;
Cette subjectivité rentre en interrelation avec notre sensibilité propre, individuelle, qui n&#039;est donc pas la même entre les personnes de notre groupe. Le fait que celui-ci soit constitué de deux femmes et deux hommes est très enrichissant, et même primordial quand on s&#039;attèle à ce type de problématique. Néanmoins, cela implique un investissement conséquent en termes de discussion, explicitation des attentes et valeurs de chacun, en redéfinition continuelle de la problématique. &lt;br /&gt;
Dans notre tentative d&#039;objectiver notre problématique, nous ne sommes que très peu aidés par les statistiques. Elles aussi disent ce qu&#039;elles ont envie de dire, et sont sans cesse remises en cause par des détracteurs. La conséquence en est qu&#039;aucune statistique ne sert vraiment de référence consensuelle dans la compréhension de la violence conjugale. Dans les statistiques policières, souvent la violence conjugale n&#039;est pas comptabilisée de manière séparée des autres délits de violence; dans d&#039;autres types de statistiques c&#039;est le genre qui n&#039;est pas retenu comme variable pertinente. En effet, derrière les chiffres, on découvre des définitions très variables de la violence: certains ne prennent en compte que la violence physique; d&#039;autres considèrent que de nombreux petits signes de nature verbale ou psychologique sont un pas dans l&#039;escalade de la violence, et les jugent donc de même poids que des coups. Entre ces deux extrêmes, toutes les variations sont présentes... &lt;br /&gt;
Il est intéressant de relever à quel point certains chiffres sont médiatisés, afin d&#039;avoir un impact sur la population, alors que ces mêmes chiffres sont discutables au niveau statistique. Pour conclure, nous nous sommes rendus compte que malgré une certaine médiatisation, qui n&#039;est pas si récente, de la violence conjugale, nous ne savons pas tellement de choses à ce sujet, ou plutôt il existe peu de consensus, voire la co-existence d&#039;approches inconciliables. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Références bibliographiques ==&lt;br /&gt;
Les lectures citées dans le travail final&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Amnistie: Le magazine pour les droits humains, &#039;&#039;Dossier Combattre la violence domestique&#039;&#039;  No 44, février 2006.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Amnistie, Journal d&#039;action pour les droits humains, janvier 2006.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Dallaire Y. (2002). La violence faite aux hommes. Une réalité tabou et complexe. Québéc: Options santé. [[Résumé du livre]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Gillioz L., De Puy J., Ducret V. (1997). Domination et violence envers la femme dans le couple. Lausanne : éditions Payot. [http://home.etu.unige.ch/~maneira4/R_sum__aeticle.doc Résumé de l&#039;article]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Ruel S. &amp;amp; Guéricolas P. (1998). La violence des femmes : derrière le masque. In Gazette des femmes Vol. 20. (no 4). (Novembre-Décembre 1998).[Version électronique]. Accès le 20 novembre 2005 : &lt;br /&gt;
http://www.gazettedesfemmes.com/recherche/?F=recherche&amp;amp;idt=10075&amp;amp;affart=2866&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Torrent S. (2001). L’homme battu, un tabou au cœur du tabou. Québec: Option Santé. [http://home.etu.unige.ch/~maneira4/fiche%20de%20lecture%20homme%20battu.pdf Résumé du livre ]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Praplan G., &#039;&#039;Quand le sexe faible est violent&#039;&#039; in Repère Social, No 73, février 2006.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Bibliographie ==&lt;br /&gt;
Les lectures utilisées mais pas citées dans le travail final&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Bretonnière-Fraysse et al. (2001). &#039;&#039; De la violence conjugale à la violence parentale&#039;&#039;. Eres [[Résumé|Résumé du livre]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Jackson D., Welzer-Lang D. (1998). Violence et masculinité. Toulouse : imprimerie 34.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Office fédéral de la statistique : Aide aux victimes. Chiffres clés. http://www.bfs.admin.ch/bfs/portal/fr/index/themen/rechtspflege.html&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Rey, H. et al. (2006). Les violences conjugales: pour une clinique du réel. &#039;&#039; Journal International de Victimologie&#039;&#039;. Année 4, No 1. [[Résumé de l&#039;article]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Miguel</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Violence_conjugale:_De_la_femme_battue_%C3%A0_l%27homme_battu...&amp;diff=4283</id>
		<title>Violence conjugale: De la femme battue à l&#039;homme battu...</title>
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		<updated>2006-06-20T15:10:10Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Miguel : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&#039;&#039;&#039;Membres du groupe&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Chantal Cornut&lt;br /&gt;
* Céline Pittet &lt;br /&gt;
* Jean-Christophe Contini&lt;br /&gt;
* Miguel Maneira &lt;br /&gt;
[mailto:maneira4@etu.unige.ch,contini2@etu.unige.ch,cepittet@hotmail.com,ch.cornut-piller@bluewin.ch Ecrire au groupe]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 [[L&#039;homme battu: le mâle...traité|Notre projet]]  |  [[Plan de recherche: Violence conjugale; un concept en mouvement|Notre plan de recherche]]  |  [[Espace de dialogue|Notre espace de dialogue]]  |  [[Trésorus de notre groupe|Notre île aux trésors]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Violence conjugale: De la femme battue à l&#039;homme battu...=&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== &amp;quot;L’homme battu&amp;quot;: un phénomène nouveau ? Introduction ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le questionnement qui est à l’origine de ce travail prend source dans la rencontre d’un concept qui semble nouveau de prime abord : &amp;quot;l’homme battu&amp;quot;. Ce concept apparaît dans l’ouvrage récemment publié de Sophie Torrent (2001). Ce livre met en lumière l’existence d’hommes victimes de violences exercées par des femmes à leur encontre, il interroge également les questions identitaires vécues par ces &amp;quot;nouvelles victimes&amp;quot;, à travers la conduite de multiples entretiens. Ces propos peuvent intriguer, parfois rendre perplexe et curieux celui ou celle qui les entendent. Le présent article proposera des recherches bibliographiques qui devraient permettre de découvrir des discours proches des propos de Torrent. Le premier constat est que ce &amp;quot;phénomène&amp;quot; des hommes battus est, dans une moindre mesure, relayé dans d’autres ouvrages qui l’inscrivent dans le cadre plus large de la violence conjugale. Les recherches livresques tenteront ainsi de répondre à la question principale qui guide la recherche : comment le phénomène de &amp;quot;l’homme battu&amp;quot; s’inscrit-il dans le paradigme de la violence conjugale ? Les questions secondaires qui en découlent sont multiples : quand est-ce que ce concept est apparu ? Par qui a-t-il été développé ? Quels sont les discours qui relaient ce concept ou qui s’y opposent ? Les éléments qui composent la revue de littérature qui apparaîtra plus loin permettront d’entrevoir certains points qui semblent être récurrents. On s’aperçoit ainsi que le concept d’&amp;quot;hommes battus&amp;quot; se trouve à chaque fois en tension avec celui de &amp;quot; femmes battues &amp;quot; dans le cadre de la violence conjugale qu’il reste à définir. Nous sommes ici confrontés à deux discours contraires entre des groupes de pressions constitués autour de la &amp;quot;souffrance masculine&amp;quot; et les propos issus de certains discours féministes. cette opposition – qui est caractérisée grossièrement entre les deux discours – se dédouble d’une autre opposition dans la désignation des acteurs de la violence conjugale en termes de victime et d’agresseur. Les  acteurs sont ainsi stigmatisés, avec des stéréotypes qui désignent de manière massive l’homme comme agresseur et la femme comme victime. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La  violence conjugale : où en sommes-nous aujourd’hui ? Des discours en tension. Problématique ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La violence conjugale semble être de prime abord un phénomène bien connu de nos jours. Les médias rendent régulièrement compte de ses conséquences, bon nombre d’associations ont été créées pour répondre à l’appel des victimes, une loi sur la protection des victimes a été instaurée, beaucoup de thérapeutes œuvrent également dans ce domaine. Il est question, la plupart du temps, des violences subies par des femmes et exercées par des hommes, il est dans une moindre mesure, question de la violence exercée par des femmes contre des hommes. Ce dernier phénomène reste minoritaire cependant, et fait l’objet de nombreuses critiques. Bien souvent, les discours opposent des mouvements &amp;quot;féministes&amp;quot; à des groupes &amp;quot;masculinistes&amp;quot;, les uns dénonçant sans cesse l’ineffable violence des hommes envers les femmes, les autres dénonçant cette vision de l’homme éternellement &amp;quot; agresseur &amp;quot;, allant jusqu’à affirmer que des hommes sont aussi des &amp;quot; victimes &amp;quot; et que la violence peut aussi être l’apanage des femmes. Ici apparaît le concept &amp;quot; d’hommes battus &amp;quot; qui a émergé dès les années septante. Afin de prendre de la distance vis-à-vis de ces deux positions antagonistes, il s’agit tout d’abord d’étudier ce que disent certains auteurs sur la violence conjugale, à la fois sur la violence subie par les femmes et par les hommes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Ce qu’en disent les livres et leurs auteur(e)s. Revue de littérature==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette revue de littérature suit la chronologie du questionnement et du cheminement, qui, en commençant part la découverte du concept de &amp;quot;l’homme battu&amp;quot;, conduit à approfondir les recherches au concept de la femme battue et à appréhender dès lors le problème social que constitue la violence conjugale, qui englobe les deux autres concepts. La recherche bibliographique a privilégié les ouvrages qui traitent spécifiquement de l’existence du concept de &amp;quot;l’homme battu&amp;quot;, dans une actualité la plus récente possible. Peu de littérature existe à ce sujet, cependant, les ouvrages les plus récents (Torrent et Dallaire) font tous les deux référence à l’inscription du concept de l’homme battu dans celui de la violence conjugale. Les investigations ont  été élargies à ce domaine, toujours à la recherche du moindre élément concernant la violence faite aux hommes. &lt;br /&gt;
Sophie Torrent, dans son ouvrage sur l’homme battu (2001) met directement en question le fait qu’il existe au sein de la vie de couple une violence faite aux hommes, une violence souvent difficile à accepter, celle-ci allant à l’encontre de stéréotypes tels que celui qui considère que la femme est l’élément faible du couple et que l’homme en est le dominant. Dans la première partie de son livre, l’auteure tente tout d’abord d’expliquer ce phénomène atypique de l’homme battu, cet &amp;quot;impensable social&amp;quot; dit-elle. Elle analyse les différents types de violences (physique, sexuelle, psychologique, verbale et économique) pour ensuite orienter son analyse vers la notion de &amp;quot;rôles sociaux&amp;quot;. Elle montre comment l’homme violenté est agressé jusque dans les &amp;quot;facettes&amp;quot; qui font son identité . Pour elle &amp;quot;être battu invalide l’homme dans son appartenance à la catégorie sociale homme&amp;quot;. Dans la deuxième partie de son ouvrage, Torrent réfléchit sur les différentes stratégies élaborées par l’homme pour gérer des situations difficiles. Elle s’appuie notamment dans son travail de recherche sur des interviews réalisées avec des &amp;quot;hommes battus&amp;quot;. &lt;br /&gt;
C’est dans une considération assez proche qu’Yvon Dallaire (2002), thérapeute au Québec, aborde le phénomène de la violence faite aux hommes (La violence faite aux hommes. Une réalité taboue et complexe). Il nous rappelle le constat de l’existence ineffable de la violence dans l’humanité, violence souvent fortement médiatisée, mais selon lui, de manière incomplète. En effet, dit-il, notre attention ne serait attirée que vers une forme de violence, soit celle faite par les hommes contre les autres hommes (guerres, voies de fait, suicides), contre les femmes (violence conjugale, viol, meurtre, tueurs en série) et contre les enfants (violence infanticide, meurtre suivi de suicide). Pour Dallaire, une forme de violence a été occultée : la violence des femmes faite envers les femmes, les hommes et les enfants. Le propos de son texte est de démontrer d’une part que des femmes peuvent être tout autant violentes que des hommes, et que d’autre part, l’analyse de la violence conjugale s’inscrit dans un paradigme teinté de sexisme et de discrimination. Pour cet auteur, la violence conjugale ne se décline pas simplement sur le mode victime-agresseur, mais plutôt sur celui de victime-victime, de deux individus qui sont les co-créateurs d’une escalade débouchant sur l’explosion physique. Afin d’alimenter son propos, Yvon Dallaire met en lumière les stéréotypes et les préjugés qui circulent dans le discours commun : l’homme est un être violent, un abuseur d’enfants, un irresponsable, les hommes sont tous des obsédés sexuels, il sont tous infidèles, menteurs et manipulateurs. Dès lors, toute violence féminine est considérée comme relevant de la légitime défense, l’homme est ainsi rendu coupable de toute la violence conjugale. Précisons ici que l’auteur dénonce le discours d’influence féministe qui se déploie dans le contexte québécois. Son objectif est de connaître les réelles dimensions de la violence conjugale, plutôt que de rechercher un coupable à punir, toujours le même : l’homme. &lt;br /&gt;
L’ouvrage de Bretonnière-Fraysse et al. (2001), incontournable pour le sujet, propose quant à lui un autre regard qui positionne clairement les femmes en tant que victimes et les hommes comme agresseurs, sans nuances : &amp;quot;on le sait, la violence conjugale a toujours existé ; on le sait aussi : les victimes en sont les femmes et les auteurs, les hommes. Mais elle demeure encore cachée, honteuse, secrète&amp;quot;. Cet ouvrage prend un regard anthropologique et historique pour nous montrer la condition de victime de la femme à travers les époques passées et jusqu’à nos jours. &lt;br /&gt;
Gillioz, De Puy et Ducret quant à elles (2000), font état des connaissances qui ont fait de la violence familiale et de la violence contre les femmes, un champ d’étude relativement nouveau dans les sciences sociales. Elles nous rappellent que jusque dans les années soixante, la société et avec elle les scientifiques vivent sur le mythe de la famille non violente. Cette dernière étant considérée comme rare et comme étant le fait d’individus déséquilibrés. Dans les années septante, sous l’influence de militantes féministes anglo-saxonnes qui ouvrent des refuges pour femmes battues et portent la question de la violence conjugale sur la place publique, ce phénomène jusque-là occulté est posé comme problème socio-politique. C’est dès lors que les sciences sociales vont s’y intéresser, à travers deux grands courants de recherche. Le premier est constitué par des études portant sur la violence subie par les femmes au sein de la famille et postule, en se fondant sur les prémisses théoriques féministes, que cette violence est spécifique. Ilc il est nécessaire de l’étudier indépendamment des autres types de violence familiale qui relèvent d’autres logiques. Le deuxième courant de recherche, issu de la sociologie de la famille, a pour objet la violence familiale et considère la société et ses institutions comme des systèmes consensuels qui embrassent dans la même problématique l’ensemble de la violence qui se déroule dans le cadre familial. L&#039;ouvrage de Gillioz et all. mentionne également les travaux de Strauss, Gelles et Steinmetz (1977), à partir desquels a été tiré l&#039;affirmation que les femmes sont aussi violentes que les hommes. C’est à ce moment qu’apparaît le concept du &amp;quot;mari battu&amp;quot;, des résultats tirés des statistiques de cette recherche, ont permis à l&#039;un des chercheurs de conclure que ce qui était le plus sous-estimé n’est pas la femme battue, mais le mari battu. La validité scientifique reste toutefois fortement contestée, nous en trouvons les arguments dans l’ouvrage de Gillioz, De Puy et Ducret. &lt;br /&gt;
Cette revue de littérature se conclut par l’approche systémique de Perrone et Nannini (1995) qui proposent leur livre comme un manuel à l’usage des professionnels appelés à intervenir auprès des familles. Leurs présupposés considèrent que la violence n’est pas un phénomène individuel, mais la manifestation d’un phénomène interactionnel. La violence est ainsi un mode particulier de communication entre partenaires qui sont tous impliqués et par là même responsables au sens interactionnel du terme. Comme Yvon Dallaire, les auteurs ne considèrent pas les acteurs de la violence conjugale en termes de &amp;quot;victime-agresseur&amp;quot;, ni en termes &amp;quot;hommes-femmes&amp;quot;. Les objectifs et les enjeux que ces deux auteurs proposent s’appuient sur l’idée que chacun doit devenir et se penser responsable de ses propres comportements. C’est également selon cette optique que certains &amp;quot;cliniciens&amp;quot; abordent en partie la question dans leur article (Rey, H et al. 2006). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Des recherches complémentaires nécessaires. Choix et méthodes==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En fonction des éléments de la problématique développée jusqu’ici, l’objectif de la recherche a consisté à y voir plus clair en tentant de répondre à la question posée, « comment le phénomène de l’homme battu s’inscrit dans le paradigme de la violence conjugale » ainsi qu’aux questions complémentaires citées dans l’introduction ?  Afin de prendre une nécessaire distance vis-à-vis du regard que propose la revue de littérature, il est nécessaire d’orienter les recherches sur d’autres sources d’informations diverses. Il est dès lors intéressant d’examiner si des statistiques existent sur les &amp;quot;hommes battus&amp;quot; et sur les &amp;quot;femmes battues&amp;quot; et dès lors de voir si celles-ci peuvent éclaircir les questions posées. Pour cela nous avons choisi de travailler à partir des statistiques des centres Lavi disponibles à l’office fédéral de la statistique. &lt;br /&gt;
Dès lors que le phénomène des &amp;quot;hommes battus&amp;quot; s’inscrit dans le cadre de la violence conjugale notre choix s’est porté également sur la recherche d’éléments de compréhension dans une série de revues spécialisées : « Thérapie Familiale », revue internationale en Approche Systémique, dont nous avons retenu les numéros mentionnant explicitement des articles sur la violence conjugale ou domestique (1995, Vol. 16 no 3 – 1999, Vol. 20 no 4 – 2000, Vol. 21, no 4 – 2001, Vol. 22 no 4).    &lt;br /&gt;
De plus, pour avoir une vision plus globale, une revue d’articles de presse étudiant quelques articles récents peut être pertinente. Nous avons sélectionnées des articles toujours sur le thème de la violence faite aux femmes et / ou aux hommes. Amnistie: Le magazine pour les droits humains, No 44, février 2006   interviews thématiques du Dr Vannotti, médecin adjoint à la Policinique de Lausanne et de  Madame Yakin Ertuk, rapporteuse spéciale de l&#039;ONU sur la violence contre les femmes ; Amnistie, Journal d&#039;action pour les droits humains, janvier 2006 ; Repère Social, No 73, février 2006, article : quand le sexe faible est violent ; Le Courrier du 18 mai 2005, article relatant le 1ier congrès de la condition masculine. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Enfin, nous avons opté pour une recherche mettant en œuvre la conduite de plusieurs entretiens compréhensifs semi-directifs auprès de professionnels de la prise en charge de la violence conjugale ainsi qu’auprès de &amp;quot; victimes &amp;quot; masculines qui accepteraient de nous apporter leur témoignage. A cet effet, nous avons trouvé pertinent de construire deux types de grilles d&#039;entretiens, l&#039;une pour les professionnels, l&#039;autre pour les hommes &amp;quot;victimes&amp;quot;. Malgré la promesse d&#039;anonymat, nous n&#039;avons pas pu enregistrer les entretiens. De ce fait, nous basons nos propos sur les notes retenues. Chaque entretien s&#039;est déroulé, pendant une heure trente, dans un lieu décidé par la personne interviewée. Nous avons mené, dans notre phase d&#039;investigation de terrain, quatre entretiens, dont deux avec des &amp;quot;victimes&amp;quot; masculines de maltraitance conjugale. Nous avons rencontré Denis Chatelain, co-fondateur de l&#039;association Vires. Cet organisme de traitement et de prévention de la violence exercée dans le couple et la famille, vient en aide aux personnes qui ont recours à la violence. Nous avons aussi rencontré la fondatrice d&#039;une fondation prenant en charge des femmes violentes, qui a souhaité garder l&#039;anonymat. Toutefois, il est possible de dire que l’objectif premier de cette association est la prévention de la maltraitance et la violence auprès des enfants, personnes âgées et conjoints. Nous avons réussi, à travers une association luttant pour la condition masculine, prendre contact avec deux hommes se déclarant comme &amp;quot;battus&amp;quot;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous étudierons également des sources  issues de la Loi Fédérale sur l’aide aux victimes et de Amnesty internationale tout comme des revues spécialisées dans le domaine de la thérapie familiale et plus particulièrement les articles concernant la violence domestique. &lt;br /&gt;
Ces éléments correspondent à ce que l’on pourrait appeler une &amp;quot;recherche sur le terrain&amp;quot;. &lt;br /&gt;
Nos sources seront ainsi multiples : entretiens ; revue de presse ; statistiques ; revues spécialisées. L’analyse des contenus du matériel récolté, prendra pour point d’appui la désignation des acteurs de la violence conjugale, en termes de stéréotypes (stigmatisation) et dans une approche de &amp;quot; genre &amp;quot; étudiant les rapports sociaux hommes-femmes par rapport à cette thématique, ainsi que les rapports victimes-agresseurs qui s’y rattachent. L’analyse devrait ainsi permettre de réunir des points de vue différents et ainsi de confirmer ou d’infirmer, voire de &amp;quot;tempérer&amp;quot; ce qui ressort dans la revue de littérature en fonction des auteurs choisis.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Résultats des recherches==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Dans divers articles de presse===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout d&#039;abord, Amnesty affiche une grande visibilité de la problématique de la violence conjugale, grâce à son magazine pour les droits humains (février 2006), son journal d&#039;action (janvier 2006) et son site internet, qui tous trois évoquent récemment la violence domestique. En effet, Amnesty a commencé en mars 2006 sa campagne suisse « En route contre la violence domestique », dont l&#039;action principale consiste en un tour de plusieurs cantons du mobile home &amp;quot;sweet home&amp;quot; afin de briser le tabou qui entoure la violence dans le couple, d’améliorer les interventions de l’Etat contre la violence domestique, et de sensibiliser le grand public, en particulier les jeunes et les hommes, notamment dans les régions rurales. Les revendications d’Amnesty International en matière de violence domestique repose sur l’obligation de l’Etat d’agir contre cette forme de violation des droits humains. Car aujourd’hui si la visibilité du débat public sur la violence domestique s’est améliorée, les menaces, coups, contraintes, viols et meurtres auxquels les femmes sont souvent exposées dans leurs quatre murs constituent un sujet rarement perçu comme relevant des droits humains. De la sensibilisation est encore nécessaire pour considérer que l’empêcher ne relève pas de la sphère privée des couples et des familles concernées, et ne pas l’assimiler à un « problème de femmes », mais à une mission publique, qui touche tout le monde. Pourtant il s’agit bien de droit à l’intégrité physique et psychique : droit à la liberté et à la sécurité, droit à la santé, droit à l’absence de torture ou d’autres traitements dégradants et même souvent le plus, droit à la vie. La position d&#039;Amnesty International quant à la violence domestique consiste à considérer sa cause dans les rapports inégalitaires de sexe. L&#039;accent est mis sur les représentations sociales qui ne cessent de faire le lien entre violence et masculinité. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le numéro du journal Repère Social de février 2006 s&#039;intitule « Quand le sexe faible est violent » et à travers le prétexte de l&#039;ouverture récente à Lausanne d&#039;un accueil pour femmes violentes, aborde ce sujet trop rarement médiatisé de la violence des femmes. L&#039;auteur, Geneviève Praplan, présente les associations Vires et Face à Face à Genève, et Violence et famille à Lausanne. Cette dernière institution travaille depuis sept ans avec des hommes violents, mais accueille depuis novembre 2005 également des femmes violentes. Le Coordinateur et plusieurs intervenants ont été formés au Québec, auprès d&#039;OPTION, institution pionnière fondée par le psychothérapeute Jacques Broué en 1985. A Violence et Famille, c&#039;est ainsi sous forme de thérapie de groupe que se déroule l&#039;accompagnement, après quelques entretiens individuels. Le processus de réflexion engagé avec les auteur(e)s est le même pour les hommes que pour les femmes. Néanmoins, il est spécifié qu&#039;il faut être spécialement vigilant avec les femmes, en vérifiant qu&#039;elles ne sont pas &amp;quot;davantage des victimes que des agresseurs&amp;quot;. De plus, rapidement le lien entre passé et présent doit se faire. &amp;quot;Hommes et femmes ne sont pas forcément égaux devant leur violence&amp;quot;: dans l&#039;inconscient collectif masculin, il est nécessaire d&#039;affirmer sa virilité, la violence masculine est ainsi plus facilement excusée. Au contraire, les rôles sociaux attribués aux femmes font qu&#039;on la juge plus sévèrement si elle fait usage de violence, mais leur permet de reconnaître moins difficilement que les hommes leurs actes violents. L&#039;auteur met en avant que les chiffres manquent quant à l&#039;ampleur de la violence féminine, surtout exercée envers ses enfants. Par ailleurs les préjugés quant aux données socio-économiques des auteurs de violence perdurent. Cela est en partie dû au fait que les familles en situation précaire sont plus aisément repérées par les services sociaux, vu l&#039;étendue de leurs besoins. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le Courrier du 18 mai 2005 relate et questionne le 1ier congrès international de la condition masculine a eu lieu à Genève le mars 2003. (en 2005 a eu lieu à Montréal).  L’auteure de l’article Virginie Poyetton nous dit que ces colloques font partie d’un mouvement plus large qui met en avant « la crise de la masculinité »  en réaction à l’émancipation « trop » radicale des femmes. Si ce courant est minoritaire au sein de la gent masculine, il participe d’une tendance qui remet en question l’avancée des droits des femmes. &lt;br /&gt;
Les masculinistes (nom que se sont donnés les défenseurs de la condition masculine) pensent que le féminisme les a forcés à changer et depuis ils se sentent dépossédés de leurs  identités et de leurs droits. Ils souffrent d’injustices : discrimination  positive au travail faveur des femmes, préjugés favorables aux mères en cas de divorce, fausses allégations de violence ou d’inceste, pensions alimentaires disproportionnées, hausse du décrochage scolaire chez les garçons, augmentation de la prescription d’antidépresseurs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;La violence conjugale :d’où vient ce concept, comment a-t-il été défini, comment s’institutionnalise-t-il ? Historique, définitions, statistiques et cadre légal&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Aborder le problème social de la violence conjugale incite à faire un retour vers les années 1970. C’est à cette époque que l’on peut situer les premières recherches sur ce thème mettant en question le mythe de la famille non violente. Les militantes féministes amènent la question de violence conjugale sur la place publique et le posent comme un problème socio-politique. La question de la violence est abordée comme conséquence des rapports de domination, c&#039;est-à-dire des effets de l’exercice d’une influence déterminante d’un groupe, les hommes, sur un autre, les femmes. Tout rapport de domination suppose, en effet, en dehors du rapport de pure violence, un système de justification visant à obtenir un minimum de &amp;quot;volonté d&#039;obéir&amp;quot; de la part des assujettis, note le Petit Robert. &lt;br /&gt;
Les sciences humaines vont s’y intéresser. De nombreuses études sont entreprises dans les années 1970 et 1980 dans le but de décrire la violence domestique, de pouvoir la chiffrer, de chercher à l’expliquer, d’étudier ses conséquences sur les victimes, et d’examiner les réponses sociétales à ce problème. &lt;br /&gt;
Les résultats de l&#039;une de celle-ci, Straus et al.(1977) permettent de dire que femmes et hommes admettent recourir à des tactiques de violence dans des situations de conflits. Ce résultat est basé sur le &amp;quot;Conflict Tactics Scales&amp;quot; (CTS), échelles centrées sur les tactiques de gestion des conflits, qui intègrent une série de comportements allant des plus rationnels aux plus violents. Cette étude permettra à l’une des auteur-e-s, Steinmetz, de tirer la conclusion de l’existence du « syndrome de l’homme battu ». Ce qui sera contesté pour insuffisances méthodologiques. Depuis la plupart de chercheurs et chercheuses renoncèrent à utiliser ce concept. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===L’institutionnalisation du concept de violence domestique: Les centres LAVI et les politiques de prise en charge (contexte suisse et suisse romand)===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une loi fédérale est votée (4 octobre 1991), sur l’aide aux victimes. Elle démontre que être « victime de violence» constitue maintenant une déviance secondaire. Les plaignants sont identifiés, l’état institutionnalise leur prise en charge, les centres Lavi sont créés et les consultations augmentent au fil des années. Et si la notion même de « victime » est large, accidenté de la route, attentats, viol, contrainte sexuelle, séquestration, elle comprend spécifiquement les violences domestiques. &lt;br /&gt;
Dès lors, elle permet également aux femmes victimes de violence conjugale d&#039;être reconnues, visibilées et aidés. &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Des centres Lavi, issus de cette loi, sont créés sur le territoire suisse. Ils ont  pour but de fournir une aide efficace (conseils, la protection de la victime, la défense de ses droits dans la procédure pénale et l’indemnisation et la réparation morale) aux victimes d’infractions ou d’une atteinte directe à son intégrité corporelle, sexuelle ou psychique et à renforcer leurs droits. &lt;br /&gt;
La police est tenue d’informer les victimes  en transmettant les coordonnées de celle-ci au centre Lavi. On peut constater que ces centres apportent une aide immédiate et des prestations fournies gratuitement ( frais médicaux, d’avocat ou de procédure peuvent également être pris en charge. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous constatons également l’étatisation de la prise en charge de la formation du personnel des centres Lavi, et la spécialisation des professionnels qui y sont impliqués. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On peut constater que la prise en compte de la situation des femmes dans le cadre de la violence domestique évolue petit à petit. Il est intéressant de suivre le dépôt d’une initiative parlementaire le  14 juin 2000, par la Conseillère Ruth-Gaby Vermot-Mangold. Ce n’est qu’en novembre 2005, que le  Conseil fédéral propose un nouvel article 28b dans le code civil visant à protéger la victime de violence ou de harcèlement en lui donnant le droit de requérir le juge d’instruction d’interdire à l’auteur de l’atteinte de l’approcher, de fréquenter certains lieux ou de prendre contact avec elle. Le nouvel article amène une notion nouvelle, celle de la prévention de la violence domestique, nouvelle tâche des centres Lavi,  pour éviter la violence et sa récidive.  &lt;br /&gt;
Le Code pénal sera modifié en ce sens en juin 2006. Désormais les actes de violence domestique seront poursuivis d’office et non plus sur plainte de la victime.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Statistiques des centres Lavi.===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous espérions obtenir des informations statistiques sur la violence conjugale, or, celles que nous avons pu obtenir par l’intermédiaire de l’office fédéral de la statistique ne peuvent être utilisées que très partiellement. En effet, jusqu’en 2004, les centres Lavi recensaient le nombre de consultations et non pas les personnes. Une consultation peut se rapporter à une infraction commise à plusieurs reprises et une même personne peut être comptabilisée plusieurs fois en l’absence d’indicateur de personnes. Il faut également préciser qu’il n’est pas possible de repérer exactement s’il s’agit de violence conjugale. Les chiffres qui peuvent être intéressants pour nous résultent d’un croisement des items : relation familiale auteur – victime, sexe de la victime, sexe de l’auteur présumé.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Si nous prenons l’année 2004 comme référence, les chiffres nous donnent une idée intéressante sur la question qui nous occupe, à savoir la violence féminine et masculine : &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Toutefois, il semble important de se questionner sur la mise en forme de certains items. En effet, comment comprendre « avec auteurs présumés de sexe masculin » ? Quelle utilité cet intitulé peut apporter aux concitoyens ? Quelle différence effective avec les auteurs réels de ces actes ? Comment interpréter l’absence des items « avec victimes de sexe masculin » et « avec auteurs présumés de sexe féminin » ? Dans ce cas faut-il comprendre que les femmes victimes consultent plus, alors que les hommes restent cachés?  Quelle réalité se cache derrière ces chiffres?  &lt;br /&gt;
De plus, Jean-Philippe BRANDT, du service de presse &amp;amp; relations publiques de la Police de Genève, informe qu’ « il n’est pas fait de différences quant au sexe de la victime en ce qui concerne les violences conjugales. » Comment dans ces conditions, donner une validité fédérale à des statistiques qui ne peuvent pas prendre en compte des réalités cantonales ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Revue &amp;quot;Thérapie Familiale&amp;quot;===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous avons jugé opportun d&#039;analyser des numéros de Thérapie Familiale, une revue trimestrielle d&#039;orientation systémique. Cette source représente en effet le point de vue théorique et le constat des pratiques des thérapeutes de famille. Il est pertinent de se demander à quel point le discours de ces professionnels de la famille influence la société et est en retour influencé par elle. Les catégories victime-agresseur y sont-elles aussi clairement définies que dans le sens commun et certains discours? Fait-on une différenciation au niveau de l&#039;étiologie de la violence et de ses conséquences selon le genre? Le contact avec les patients remet-il en question certaines pratiques thérapeutiques et fait-il avancer les models conceptuels? Pour répondre à ces interrogations, nous avions à disposition tous les numéros parus depuis de nombreuses années afin d&#039;observer à quelle fréquence et sous quelle forme la thématique des violences conjugales était abordée. Nous avons porté notre choix sur la période allant de 1995 à 2001, pendant laquelle quatre numéros contiennent des articles dédiés à notre sujet. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les deux premiers numéros analysés, datant de 1995 et de 2000 sont riches d&#039;informations car rédigés par les mêmes auteurs, qui font part de l&#039;évolution de leur réflexion durant les cinq ans écoulés. Le numéro de 2000 a été écrit par des thérapeutes colombiens, ce qui nous montre la préoccupation internationale des thérapeutes de famille autour de la violence conjugale et leur désir d&#039;échanger à ce sujet. Quant au dernier numéro pris en compte, celui de 2001, il présente la synthèse des théories les plus utilisées à propos de la violence domestique. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les auteurs des deux premiers numéros analysés sont membres de l&#039;association française Vivre sans Violence, issue d&#039;observations de professionnels travaillant avec des femmes victimes de violence conjugale. Autour de 1985 il y eut de nombreuses interrogations sur les pratiques, mettant en avant les limites de la prise en charge d&#039;alors: les femmes retournaient le plus souvent au domicile conjugal, où les violences reprenaient. De plus, peu de femmes se sentaient prêtes à faire un travail de réflexion sur les événements de violence vécus. Les professionnels ont trouvé certaines réponses en s&#039; inspirant du modèle québécquois de prise en charge des hommes violents de Robert Philippe. La conscience de la nécessité de s&#039;intéresser également aux agresseurs a ainsi émergé et les premières structures de soutien aux auteurs de violence ont apparu.  Les auteurs préconisent par ailleurs un changement: le départ de l&#039;auteur des violences du foyer plutôt que celui de la victime. Cela peut constituer en effet une violence supplémentaire à la femme, et signifie à l&#039;agresseur qu&#039;il est laissé seul&amp;quot; dans un état de dangerosité contre lequel nul, même pas la loi, ne peut le protéger&amp;quot;. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les auteurs réfutent l&#039;idée traditionnelle considérant un couple violent comme dysfonctionnel. Ils font référence à Watzlawick et à sa théorie de la communication, envisageant ainsi la violence comme un acte de communication tout comme les comportements réactifs telle la passivité. Ainsi, la victime également communique quelque chose à son agresseur. La violence est un mode d&#039;échange qui a été appris, et n&#039;est donc pas inné.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Leur intervention vise la modification des patterns d&#039;interaction ainsi qu&#039; un « travail sur les représentations différentes que l&#039; homme et la femme se donnent et nous donnent, de leur vécu de la violence ».  Soulignons qu&#039;en 1995, il n&#039;y a pas d&#039;injonction thérapeutique pour les auteurs de violence dans le couple, les consultations sont donc uniquement volontaires pour les agresseurs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1999, les mêmes auteurs, dans un numéro consacré au thème « Des violences » expliquent  l&#039; évolution de leur réflexion quant à la notion de responsabilité. Ils reviennent sur leur idée de co-responsabilité, de relation complémentaire. Actuellement(en 1999) ils différencient les actes violents en deux catégories: les comportements interactifs vs délits/crimes. En conclusion, les deux acteurs ne sont pas à égalité dans l&#039;interaction: il y a une hiérarchie dans les responsabilités. La victime n&#039;est pas responsable des coups qu&#039;elle reçoit, mais les deux sont responsables du maintien de l&#039;interaction dans laquelle les comportements de violence deviennent redondants et structurants. Les auteurs se démarquent du québécquois R. Philippe en précisant que les violences conjugales ne peuvent se produire que dans un contexte de consensus socio-culturel. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous constatons donc grâce à l&#039;analyse de ces deux articles, que les professionnels thérapeutes de famille de par leur pratique, sont menés à une réflexion sur les catégories de victime-agresseur, liées à la notion de responsabilité. De la prise en charge des femmes victimes, et face à ses limites, les thérapeutes commencent à prendre en charge des auteurs de violence.  Concepts et pratiques dialoguent sans cesse, puisque reconnaître la nécessité de prendre en charge les deux membres du couple est uniquement compatible avec des théories ancrant l&#039;étiologie de la violence dans les processus interactifs et communicatifs. Le monde de la thérapie familiale a donc une longueur d&#039;avance sur la dichotomie victime-agresseur prégnante dans le sens commun, dans certaines campagnes de sensibilisation pour le grand public, et dans la loi. Par exemple les auteurs prônent en 1995 déjà l&#039;éloignement de l&#039;auteur de violence du domicile, alors qu&#039;en Suisse ce n&#039;est qu&#039;actuellement, en juin 2006, que cette mesure passe dans la loi. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;expérience des thérapeutes colombiens, relayée dans un numéro datant de 2000, nous montre une initiative étrangère originale. A Bogota  il existe des &amp;quot;commissariats de famille&amp;quot; depuis 1996 qui consistent en un &amp;quot;espace de conversation et de concertation dans le but de protéger, d&#039;assister et de guider les familles à propos de leurs droits fondamentaux et de les informer quand aux façons de résoudre les conflits internes.&amp;quot; Plus concrètement, une assistance légale, sociale, médicale et psychologique est dispensée dans ces lieux. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les auteurs sont en accord avec Perrone et Nannini, postulant que la violence n&#039;est pas une maladie, mais un choix et un moyen de contrôle. La responsabilité est à nouveau un thème abordé puisqu&#039;ils postulent que tout individu est garant de sa propre sécurité, en précisant que  chacun peut devenir violent dans un contexte déterminé. Encore une fois, c&#039;est donc l&#039;accent sur le contexte, culturel ou interactif, qui provoque la violence, plutôt que des caractéristiques individuelles.  &lt;br /&gt;
Dans son article Déconstruction des idées reçues sur la violence : une alternative à la violence. Kuenzi-Monard présente un Panorama des théories les plus utilisées : L’auteure les répartit selon 7 niveaux :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1.les théories qui localisent la violence à l’intérieur de la personne : la violence est basée sur un problème de santé mentale ; la théorie de l’impulsivité, le manque de contrôle de soi. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
2.les théories qui localisent la violence dans le développement : les théories développementales de la violence et de l’apprentissage (expliquent l’abus comme une répétition de comportements pathogènes au sein des familles) ; la théorie du blocage d’origine psycho-sexuel (la personne est bloquée à un stade de son développement). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
3.les théories qui localisent la violence au sein des relations humaines : la théorie du contenant (capacité X de tolérer des frustrations, insatisfactions ou colère. Au-delà, c’est l’éclat) ; conséquence : l’homme a peu de possibilités de contrôler cette tension, donc peu de responsabilité quant aux éléments extérieurs qui viennent le saturer. le modèle de la frustration-agression : si je suis frustré, j’agresse. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
4.les théories qui localisent l’abus dans des blocages de la communication : la personne violente souffre d’un pauvre développement des qualités sociales et relationnelles. Modèle explicatif intéressant mais qui ne donne pas d’alternative pour apprendre d’autres stratégies. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
5.Les théories qui considèrent la violence comme l’effet d’un état chimique différent, comme la conséquence de l’utilisation d’alcool ou de drogues : la théorie de la désinhibition. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
6.les théories circulaires sur la violence : celles-ci localisent la violence et la comprennent comme générée au sein d’interactions. La violence occupe une fonction homéostatique, le maintien de l’équilibre de la famille. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
7.les théories féministes : l’explication féministe ou socio-culturelle qui voit la violence comme prenant sa source dans les structures sociales. La violence et le comportement abusif sont compris, favorisés, voire encouragés par le fonctionnement social. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
8.la théorie fonctionnelle de Léonore Walker : la violence est une explication dynamique, fonctionnelle et non pas causale. La violence fonctionne sur trois phases distinctes, tension, épisodes violents, lune de miel. Walker démontre que la violence est un cercle addictif, les prisonniers de la violence sont dans un cercle infernal. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’approche de Kuenzi-Monard : la théorie des limites. Elle est basée sur les travaux de Bateson qui prônait qu’une explication « négative » ou « en mouvement » d’un évènement est préférable à une explication « positive » ou « statique ». Ce type d’explication génère du mouvement, incite à s’orienter vers les conséquences des faits et ainsi vise à une prise de responsabilité. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’auteure conclut qu’il est essentiel de faire une distinction entre l’explication causale et une limitation. L’explication causale clive la dynamique déjà polarisée entre victime et bourreau, elle maintient la violence plutôt qu’elle ne l’élimine. Elle constate que souvent il existe une rupture entre l’intention et l’action du psychothérapeute. Elle pense que le clinicien influence et est influencé par les questions qu’il pose. Les questions linéaires tendent à produire des raisonnements linéaires, il faudrait ainsi favoriser les questions circulaires, ouvrant de nouvelles possibilités.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le nombre de ces théories, par ailleurs très variées, est on le voit  abondant. Il est aisément compréhensible que l&#039;adhésion à l&#039;une ou l&#039;autre de ces théories, liées à des étiologies différentes de la violence, implique des interventions également différentes. &lt;br /&gt;
Dans notre travail, nous avons principalement abordé les théories féministes ou socio-culturelles et les théories circulaires, dont fait partie l&#039;approche systémique. La théorie fonctionnelle est également très présente dans les réflexions des thérapeutes, et la théorie des limitations est en expension. Ces théories ont en commun de ne pas prendre l&#039;individu comme centre de la problématique de la violence conjugale, mais plusieurs individus et leur relation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour conclure cette analyse des numéros de Thérapie Familiale, une différence flagrante apparaît entre les discours des professionnels publiés dans cette revue de systémique et les discours du sens commun, circulant au quotidien. En effet, les thérapeutes toujours en recherche d&#039;affinement de leurs concepts, par confrontation à la pratique, sont passés par tout une évolution théorique, prenant en compte les deux membres du couple, et débattant passionnément les questions de responsabilité et les notions de victime-agresseur. A l&#039;opposé, les causes de la violence conjugale les plus fréquemment évoquées et ancrées dans les représentations de la population se situent plutôt à un niveau individuel. Une partie est liée au genre, naturalisant les différences de sexe (la violence est inhérente à l&#039;homme, la douceur et la fragilité à la femme...); un autre type d&#039;explications courantes ramène le problème à des causes  individuelles  (alcoolisme, problèmes personnels...), voire psychologisantes  (trouble psychique, traumatismes dans l&#039;enfance, sado-masochisme...). Les catégories victime et agresseur sont clairement séparées dans le sens commun, tout comme l&#039;attribution du terme victime à la femme, et agresseur à l&#039;homme. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Propos issus de quelques entretiens===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’homme battu existe &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour confronter les stéréotypes affiliés aux genres, nous avons cherché à interviewer des hommes battus. Paul et Luc (prénoms d’empreint) ont un point commun : leur passé d’homme maltraité. Ils ont été, tous les deux, physiquement battus par leur conjointe. Toutefois, il semblerait que la problématique de l’homme violenté intègre, dans sa forme globale, une autre forme de violence, une violence psychologique. Il ressort des entretiens que la forme physique ne semble pas être la forme de violence qui marque le plus. Pour essayer de comprendre au mieux le vécu violenté de ces hommes et plus généralement de toute personne impliquée dans des relations violentes, nous avons questionné la littérature ainsi que des professionnels de terrain. &lt;br /&gt;
Pour la travailleuse sociale, Sophie Torrent (2001), « la nature de la violence [à l’égard de la gente masculine] et ses modes d’expression traduisent, dirait-on, une violence spécifiquement féminine, subtile, qui atteint l’intégrité psychique de l’homme.» (p.33). L’homme victime de violence psychologique semble atteint surtout dans sa masculinité, plus précisément dans la représentation de la masculinité qui lui a permis de construire son identité. &lt;br /&gt;
« Le harcèlement que j’ai vécu par cette femme tyran m’a amené à perdre, pendant quelques temps, mon identité masculine… C’était quoi être un homme ? Je ne savais plus faire l’amour comme il faut en quittant ma femme. J’ai du réapprendre à accepter de prendre du plaisir. » Luc &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La violence ; une histoire d’homme ? &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Alors que nous venons de découvrir avec stupéfaction certaines réalités d’hommes maltraités par leur conjointe, comment traiter ces vérités face à notre idéal féminin construit ? Comment même penser à la violence des femmes, alors que celle que l’on exerce à leur égard est de loin la plus établie, la plus reconnue et de ce fait la plus portée par les médias ? De nos jours, la société reconnaît et prend en charge la femme violentée, qu&#039;en est-il de la femme violente ? Il est commun d’entendre qu’une femme violente est une femme malade psychologiquement ou encore que cette dernière n’agresserait que pour se défendre. Pour la psychothérapeute Diane Chayer, ( citée par Ruel &amp;amp; Guéricolas, 1998), il semblerait qu’il n’y ait tout simplement pas de permission sociale à la violence des femmes. « La société dit qu’il est presque normal pour un homme d’être violent. Mais une femme violente, c’est une extraterrestre. » &lt;br /&gt;
Pour Yvon Dallaire, « la femme violente peut ressentir de la fierté pour avoir battu plus fort qu’elle. Et la société ne la dénigre pas, elle cherche plutôt à la comprendre et à l’excuser, compatissant souvent à son sort. » (p26) A contrario, pour la responsable d’une structure acceuillant des femmes violentes, « celles et ceux qui passent de la parole aux actes souffrent, ils ont besoin d&#039;aide et y ont droit. Toutefois, la femme violente souffre de discrimination ; on ne veut pas lui reconnaître sa violence. » Il semblerait alors que, paradoxalement, la femme violente souffre des mêmes maux sociaux que l’homme maltraité. Une nouvelle fois, il semblerait que les stéréotypes, affiliés aux genres, décident de ce qui peut être acceptable ou pas. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le statut de victime/agresseur &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La responsable d’un établissement prenant en charge des femmes violentes nous apprend qu’il est difficile de tenir le fil rouge concernant les rôles de victime-agresseur. « On est là pour travailler sur la violence des femmes, en tant qu’auteures de violence et non en tant que victimes. Très souvent, ça dérape en justification des actes qui déplace la position d’agresseuse à celui de victime. » Il semble que souvent, l’agresseur se voit comme victime. Responsabiliser les acteurs(trices) de violence, c’est les aider à prendre conscience de leur violence. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Responsabilité dans la violence &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La question est partagée. Alors que pour beaucoup, la responsabilité de la violence doit être assumée par son auteur(e), pour d’autres, elle doit être partagée. En effet, pour Denis Châtelain, co-fondateur d’une association prenant en charge des auteur(e)s de violence, « il faut prendre en compte le potentiel de violence de la victime dans la compréhension de la dynamique ». Pour la responsable d’une association accueillant des femmes violentes, « il est impossible de faire un tel travail si l’on part du principe d’une co-responsabilité dans la réalisation de la violence. En effet, on ne peut pas se permettre de déraper sur l’aspect empathique et comprendre voir d’excuser l’acte de violence au nom d’un statut de victime reconnu. Pour nous, l’acte violent n’est pas excusable, il est inadmissible quelque soit sa source ou sa justification. Ce qui nous paraît important c’est de faire en sorte de ne plus jamais en avoir à arriver là. » &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La prise en charge de la violence &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comment aborder la problématique de la violence conjugale et plus particulièrement celle des hommes maltraités et des femmes violentes ? Alors qu’Yvon Dallaire se demande si l’on « ne pourrait pas exploiter l’expertise des centres d’accueil pour femmes au profit des hommes battus et l’expertise des groupes d’entraide pour homme violents au profit des femmes violentes ? » (p29), la responsable d’une structure accueillant des femmes actrices de violence répond que « pour aider les femmes actrices de violence, il faut appliquer un traitement différencié. Les raisons étant parce qu’on n’éduque pas de la même façon une petite fille et un petit garçon, le rapport au féminin n’est pas le même. La violence masculine est légitimée. Par contre, on ne reconnaît pas ce droit à la femme. Cela étant dû aux stéréotypes de mère protectrice d’une part. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Point de situation &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mouvement féministe...et&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A ce stade de notre article, nous pouvons établir difféents constats. Tout d’abord, la découverte de la violence conjugale et de ses effets a pour origine le questionnement du mouvement féministe. Celui-ci repris par des chercheur-e-s, a confirmé et précisé le phénomène de la violence conjugale. &lt;br /&gt;
La notion d’homme battu, qui nous avions posée comme une construction récente, date des premières recherches sur ce domaine, le syndrome de l’homme battu, développé par une chercheuse du l’équipe de Straus et al. a été un concept rapidement abandonné. Les défauts dans l’opérationnalisation du concept de violence, dans la méthode et dans l’interprétation des données de l’enquête effectuée à l’aide du Conflict Tactics Scales ont été largement reconnus. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
...évolution sociale et réponses masculines.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous pouvons poursuivre nos constats à partir des travaux d’une chercheuse, rencontrée au détour d’un article de presse, Pascale Molinier, d’une tension qui s’avive entre hommes et femmes dans les années 1980. Certains hommes pro féministes tiennent un discours optimiste concernant la constitution d&#039;une société nouvelle et égalitaire et reconnaissent la domination masculine comme clé d&#039;un changement possible. D&#039;autres hommes tiennent un discours alarmiste et insistent sur le malaise identitaire engendré par cette modification des rapports sociaux source de perte de repères. &lt;br /&gt;
A partir de là, un autre phénomène apparaît, nous découvrons que des groupes d’hommes se forment autour d’auteurs, (Guy Cornaux au Canada, Jacques Salomé en France, ou plus récemment Y. Dallaire qui avec John Goetelen a organisé le premier Congrès international de la condition masculine à Genève en 2003) avec comme but de réfléchir à l’identité masculine fragilisée.  C&#039;est dans cette mouvance que l’on trouve aujourd&#039;hui les protagonistes d&#039;un détournement de la violence masculine au profit d&#039;une violence exercée contre les hommes par les femmes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La violence domestique, une réponse étatique et institutionnelle&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Autre constat que nous pouvons déjà faire, la violence conjugale est un phénomène officialisé et les réponses institutionnelles se développent de plus en plus. Il est intéressant de faire le point sur l&#039;ampleur et les lacunes de l&#039;offre associative et institutionnelle, et prenons pour ce faire l&#039;exemple genevois. La brochure « la violence est inacceptable; violence conjugale que faire? » est la référence et est publiée par le Service pour la promotion de l&#039;égalité entre homme et femme, le Centre de consultation LAVI et Solidarité Femmes. De par les caractéristiques même de ces éditeurs, ajouté au fait que la brochure est rédigée par des auteures, c&#039;est à nouveau sous l&#039;angle des femmes victimes que la problématique est abordée. Dans la rubrique « Répertoire d&#039;adresses utiles », nous constatons qu&#039;il existe à Genève des services d&#039;hébergement; des services médicaux; des consultations juridiques; des services de consultations conjugales, familiales et de médiation auxquels peuvent s&#039;adresser des victimes de violence conjugale. Les foyers d&#039;hébergement cités sont des foyers pour les  femmes et leurs enfants exclusivement, dans le cas de difficultés qui ne sont pas restreintes à la violence conjugale, néanmoins dans la pratique ce type de violences représente la majorité des cas. Ce principe de foyer pour femmes en difficultés n&#039;est pas récent, le foyer Arabelle par exemple date de 1964. Solidarités Femmes est la seule association spécifique pour les femmes victimes de violence conjugale. Elle offre écoute; orientiation; information sociale et juridique, hébergement; entretiens individuels et activités de groupe. Excepté l&#039;hébergement, ces prestations sont gratuites. Il existe d&#039;autres services divers pour femmes, tels que Viol-Secours, SOS Femmes, F-Information ou Camarada. Certains organismes sont spécialisés dans les problématiques de violences, sans distinction de sexe, il s&#039;agit des Centres LAVI et au niveau médical du Centre  Interdiscplinaire de Médecine et de Prévention de la Violence des HUG. Dans la brochure de 2001, une seule adresse concerne les auteurs masculins de violence conjugale, il s&#039;agit de l&#039;association VIRES. Il est intéressant et très révélateur de constater que depuis sa fondation en 1994, cette association s&#039;est définie de trois manières distinctes:  d&#039;organisme pour les hommes ayant recours à la violence dans leur couple et dans leur famille, dans un deuxième temps le terme « hommes » a été remplacé par « personnes ». Actuellement c&#039;est l&#039;expression « Organisme de traitement et de prévention de la violence exercée dans le couple et dans la famille. » qui a été retenue. Si les professionnels de VIRES précisent que ce changement d&#039;appellation est consécutif  à une évolution dans la manière de penser et traiter la problématique de la violence conjugale et plus précisément ses sources et ses enjeux, les date de ces évolutions ne sont malheureusement pas précisées. Dans la dernière édition de la brochure sus-mentionnée, parue en 2004, apparaît une nouvelle association, dédiée à la prise en charge des femmes aux comportements violents. Cet organisme créé en 2001 ne se limite pas aux violences exercées dans la sphère familiale. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En conclusion de cet aperçu des diverses offres de soutien sous toutes ses formes adressé aux personnes impliquées dans la dynamique des violences conjugales, une lacune importante transparaît: il n&#039;existe pas à Genève de lieu spécifique aux victimes masculines de violence conjugale, que ce soit un foyer ou un lieu d&#039;information et de soutien. En règle générale, lorsqu&#039;un problème social lié à la violence émerge, ce sont les victimes qui bénéficient en premier lieu de l&#039;institutionnalisation. Par la suite, une réflexion se fait autour des auteurs, considérant qu&#039;eux aussi ont besoin de soutien afin de casser la dynamique de violence. Dans le cas de la violence exercée envers les hommes, les victimes sont ignorées par l&#039;absence de lieu spécifique; alors même que les femmes auteures de violence possèdent une telle infrastructure. Nous pouvons émettre l&#039;hypothèse que cela a un lien avec le stéréotype de femme-victime, la femme perpétrice de violence ayant souvent été elle-même victime, comme nous l&#039;avons vu plus haut. Amnesty relaie cette problématique pour que la violence domestique sorte du domaine privé et soit reconnue comme un problème public. Dans des revues spécialisées différents auteur-es font état de l’évolution des connaissances et des conceptualisations du problème. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’état fédéral se préoccupe de cette question et modifie le code pénal pour améliorer la protection des victimes de violence domestique. Les centres Lavi travaillent à la transformation de leur statistiques en vue également d’améliorer la visibilité de cette forme de violence. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Conclusion==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En fonction de tous les éléments qui précèdent, la conclusion de cet article montre que le concept  de violence conjugale apparu dans les années 1970 a trouvé sa place jusque dans la législation. Néanmoins les discours qui circulent sur ce type de violence sont une construction qui circonscrit la violence dans des stéréotypes caricaturaux stigmatisant à la fois les femmes en tant que victimes et les hommes comme agresseurs. De cette restriction découle la difficulté d’envisager l’existence d’hommes victimes de violence conjugale, et d’égale manière celle de femmes violentes. Cela a comme conséquence pour les personnes concernées une non-reconnaissance sociale, se manifestant par de forts préjugés à leur encontre, et de grandes lacunes institutionnelles. Les professionnels de la violence conjugale (médecins, thérapeutes) ont dépassé cette opposition et ils désignent les acteurs de la violence conjugale à un niveau de co-responsabilité qui ne distingue pas le sexe des protagonistes pour rendre compte de ce phénomène. Il y a ainsi un écart entre les discours dominants et les discours des professionnels, écart perceptible dans l’étude de la littérature et dans l’examen des sources que constituent les revues &amp;quot; thérapie familiale &amp;quot;. Enfin, il faut admettre la thèse selon laquelle la violence conjugale reste un phénomène qui bien que connu de tous, reste difficile à appréhender dans notre société. Criminalisée ici, combattue là, normalisée un peu plus loin. Elle fait partie d’un rapport à l’Autre institué par des règles sociétales contextualisées par un rapport différent d’être au monde « femme » ou « homme ». &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 En effet, il existe des définitions similaires mais superficielles qui varient dans leur développement en fonction des positionnements et des valeurs de ceux qui les proposent. Les statistiques qui rendent compte de la violence conjugale proposent d’autre part des modalités qui ne permettent pas de distinguer précisément les victimes des agresseurs de manière précise et approfondie. Elles ne permettent pas d’affirmer avec précision que les hommes sont aussi victimes de violences, les modalités de genre n’étant pas assez développées dans la prise en compte statistique. Les hommes victimes existent, mais leur visibilité est très faible du fait que c’est un phénomène qui est en train d’émerger comme problème social. Ainsi, la violence conjugale reste un phénomène complexe et confus dans ses définitions. Enfin, on s’aperçoit que la violence conjugale reste un concept en mouvement sur le plan des institutions, qui proposent des possibilités de prise en charge nombreuses, mais néanmoins insuffisantes si l’on considère la prise en compte de la violence faite aux hommes. &lt;br /&gt;
Ces détracteurs pourront s&#039;appuyer probablement dans les années à venir sur les modifications des images féminines, les stéréotypes de la femme douce et soumise ont tendance à s&#039;estomper. Et l&#039;on peut se demander si les jeunes femmes ne se permettront pas plus que par le passé d&#039;exprimer leurs sentiments de colère et violence, là où s&#039;exprimaient auparavant peut-être impuissance, tristesse et dépression.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Difficultés===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le sujet que nous avons abordé tout au long de ce travail est délicat. Nous avons relevé le peu de neutralité émanant des sources existantes sur ce thème, chaque écrit représentant une certaine prise de position, quant à la causalité de la violence conjugale par exemple, ou les convictions cachées derrière l&#039;attribution de statuts victime-agresseur ou victime-victime. &lt;br /&gt;
Cette subjectivité rentre en interrelation avec notre sensibilité propre, individuelle, qui n&#039;est donc pas la même entre les personnes de notre groupe. Le fait que celui-ci soit constitué de deux femmes et deux hommes est très enrichissant, et même primordial quand on s&#039;attèle à ce type de problématique. Néanmoins, cela implique un investissement conséquent en termes de discussion, explicitation des attentes et valeurs de chacun, en redéfinition continuelle de la problématique. &lt;br /&gt;
Dans notre tentative d&#039;objectiver notre problématique, nous ne sommes que très peu aidés par les statistiques. Elles aussi disent ce qu&#039;elles ont envie de dire, et sont sans cesse remises en cause par des détracteurs. La conséquence en est qu&#039;aucune statistique ne sert vraiment de référence consensuelle dans la compréhension de la violence conjugale. Dans les statistiques policières, souvent la violence conjugale n&#039;est pas comptabilisée de manière séparée des autres délits de violence; dans d&#039;autres types de statistiques c&#039;est le genre qui n&#039;est pas retenu comme variable pertinente. En effet, derrière les chiffres, on découvre des définitions très variables de la violence: certains ne prennent en compte que la violence physique; d&#039;autres considèrent que de nombreux petits signes de nature verbale ou psychologique sont un pas dans l&#039;escalade de la violence, et les jugent donc de même poids que des coups. Entre ces deux extrêmes, toutes les variations sont présentes... &lt;br /&gt;
Il est intéressant de relever à quel point certains chiffres sont médiatisés, afin d&#039;avoir un impact sur la population, alors que ces mêmes chiffres sont discutables au niveau statistique. Pour conclure, nous nous sommes rendus compte que malgré une certaine médiatisation, qui n&#039;est pas si récente, de la violence conjugale, nous ne savons pas tellement de choses à ce sujet, ou plutôt il existe peu de consensus, voire la co-existence d&#039;approches inconciliables. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Références bibliographiques ==&lt;br /&gt;
Les lectures citées dans le travail final&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Amnistie: Le magazine pour les droits humains, &#039;&#039;Dossier Combattre la violence domestique&#039;&#039;  No 44, février 2006.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Amnistie, Journal d&#039;action pour les droits humains, janvier 2006.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Dallaire Y. (2002). La violence faite aux hommes. Une réalité tabou et complexe. Québéc: Options santé. [[Résumé du livre]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Gillioz L., De Puy J., Ducret V. (1997). Domination et violence envers la femme dans le couple. Lausanne : éditions Payot. [http://home.etu.unige.ch/~maneira4/R_sum__aeticle.doc Résumé de l&#039;article]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Ruel S. &amp;amp; Guéricolas P. (1998). La violence des femmes : derrière le masque. In Gazette des femmes Vol. 20. (no 4). (Novembre-Décembre 1998).[Version électronique]. Accès le 20 novembre 2005 : &lt;br /&gt;
http://www.gazettedesfemmes.com/recherche/?F=recherche&amp;amp;idt=10075&amp;amp;affart=2866&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Torrent S. (2001). L’homme battu, un tabou au cœur du tabou. Québec: Option Santé. [http://home.etu.unige.ch/~maneira4/fiche%20de%20lecture%20homme%20battu.pdf Résumé du livre ]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Praplan G., &#039;&#039;Quand le sexe faible est violent&#039;&#039; in Repère Social, No 73, février 2006.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Bibliographie ==&lt;br /&gt;
Les lectures utilisées mais pas citées dans le travail final&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Bretonnière-Fraysse et al. (2001). &#039;&#039; De la violence conjugale à la violence parentale&#039;&#039;. Eres [[Résumé|Résumé du livre]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Jackson D., Welzer-Lang D. (1998). Violence et masculinité. Toulouse : imprimerie 34.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Office fédéral de la statistique : Aide aux victimes. Chiffres clés. http://www.bfs.admin.ch/bfs/portal/fr/index/themen/rechtspflege.html&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Rey, H. et al. (2006). Les violences conjugales: pour une clinique du réel. &#039;&#039; Journal International de Victimologie&#039;&#039;. Année 4, No 1. [[Résumé de l&#039;article]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Miguel</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Violence_conjugale:_De_la_femme_battue_%C3%A0_l%27homme_battu...&amp;diff=4281</id>
		<title>Violence conjugale: De la femme battue à l&#039;homme battu...</title>
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		<updated>2006-06-20T15:00:20Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Miguel : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&#039;&#039;&#039;Membres du groupe&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Chantal Cornut&lt;br /&gt;
* Céline Pittet &lt;br /&gt;
* Jean-Christophe Contini&lt;br /&gt;
* Miguel Maneira &lt;br /&gt;
[mailto:maneira4@etu.unige.ch,contini2@etu.unige.ch,cepittet@hotmail.com,ch.cornut-piller@bluewin.ch Ecrire au groupe]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 [[L&#039;homme battu: le mâle...traité|Notre projet]]  |  [[Plan de recherche: Violence conjugale; un concept en mouvement|Notre plan de recherche]]  |  [[Espace de dialogue|Notre espace de dialogue]]  |  [[Trésorus de notre groupe|Notre île aux trésors]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Violence conjugale: De la femme battue à l&#039;homme battu...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== &amp;quot;L’homme battu&amp;quot;: un phénomène nouveau ? Introduction ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le questionnement qui est à l’origine de ce travail prend source dans la rencontre d’un concept qui semble nouveau de prime abord : &amp;quot;l’homme battu&amp;quot;. Ce concept apparaît dans l’ouvrage récemment publié de Sophie Torrent (2001). Ce livre met en lumière l’existence d’hommes victimes de violences exercées par des femmes à leur encontre, il interroge également les questions identitaires vécues par ces &amp;quot;nouvelles victimes&amp;quot;, à travers la conduite de multiples entretiens. Ces propos peuvent intriguer, parfois rendre perplexe et curieux celui ou celle qui les entendent. Le présent article proposera des recherches bibliographiques qui devraient permettre de découvrir des discours proches des propos de Torrent. Le premier constat est que ce &amp;quot;phénomène&amp;quot; des hommes battus est, dans une moindre mesure, relayé dans d’autres ouvrages qui l’inscrivent dans le cadre plus large de la violence conjugale. Les recherches livresques tenteront ainsi de répondre à la question principale qui guide la recherche : comment le phénomène de &amp;quot;l’homme battu&amp;quot; s’inscrit-il dans le paradigme de la violence conjugale ? Les questions secondaires qui en découlent sont multiples : quand est-ce que ce concept est apparu ? Par qui a-t-il été développé ? Quels sont les discours qui relaient ce concept ou qui s’y opposent ? Les éléments qui composent la revue de littérature qui apparaîtra plus loin permettront d’entrevoir certains points qui semblent être récurrents. On s’aperçoit ainsi que le concept d’&amp;quot;hommes battus&amp;quot; se trouve à chaque fois en tension avec celui de &amp;quot; femmes battues &amp;quot; dans le cadre de la violence conjugale qu’il reste à définir. Nous sommes ici confrontés à deux discours contraires entre des groupes de pressions constitués autour de la &amp;quot;souffrance masculine&amp;quot; et les propos issus de certains discours féministes. cette opposition – qui est caractérisée grossièrement entre les deux discours – se dédouble d’une autre opposition dans la désignation des acteurs de la violence conjugale en termes de victime et d’agresseur. Les  acteurs sont ainsi stigmatisés, avec des stéréotypes qui désignent de manière massive l’homme comme agresseur et la femme comme victime. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La  violence conjugale : où en sommes-nous aujourd’hui ? Des discours en tension. Problématique ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La violence conjugale semble être de prime abord un phénomène bien connu de nos jours. Les médias rendent régulièrement compte de ses conséquences, bon nombre d’associations ont été créées pour répondre à l’appel des victimes, une loi sur la protection des victimes a été instaurée, beaucoup de thérapeutes œuvrent également dans ce domaine. Il est question, la plupart du temps, des violences subies par des femmes et exercées par des hommes, il est dans une moindre mesure, question de la violence exercée par des femmes contre des hommes. Ce dernier phénomène reste minoritaire cependant, et fait l’objet de nombreuses critiques. Bien souvent, les discours opposent des mouvements &amp;quot;féministes&amp;quot; à des groupes &amp;quot;masculinistes&amp;quot;, les uns dénonçant sans cesse l’ineffable violence des hommes envers les femmes, les autres dénonçant cette vision de l’homme éternellement &amp;quot; agresseur &amp;quot;, allant jusqu’à affirmer que des hommes sont aussi des &amp;quot; victimes &amp;quot; et que la violence peut aussi être l’apanage des femmes. Ici apparaît le concept &amp;quot; d’hommes battus &amp;quot; qui a émergé dès les années septante. Afin de prendre de la distance vis-à-vis de ces deux positions antagonistes, il s’agit tout d’abord d’étudier ce que disent certains auteurs sur la violence conjugale, à la fois sur la violence subie par les femmes et par les hommes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Ce qu’en disent les livres et leurs auteur(e)s. Revue de littérature==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette revue de littérature suit la chronologie du questionnement et du cheminement, qui, en commençant part la découverte du concept de &amp;quot;l’homme battu&amp;quot;, conduit à approfondir les recherches au concept de la femme battue et à appréhender dès lors le problème social que constitue la violence conjugale, qui englobe les deux autres concepts. La recherche bibliographique a privilégié les ouvrages qui traitent spécifiquement de l’existence du concept de &amp;quot;l’homme battu&amp;quot;, dans une actualité la plus récente possible. Peu de littérature existe à ce sujet, cependant, les ouvrages les plus récents (Torrent et Dallaire) font tous les deux référence à l’inscription du concept de l’homme battu dans celui de la violence conjugale. Les investigations ont  été élargies à ce domaine, toujours à la recherche du moindre élément concernant la violence faite aux hommes. &lt;br /&gt;
Sophie Torrent, dans son ouvrage sur l’homme battu (2001) met directement en question le fait qu’il existe au sein de la vie de couple une violence faite aux hommes, une violence souvent difficile à accepter, celle-ci allant à l’encontre de stéréotypes tels que celui qui considère que la femme est l’élément faible du couple et que l’homme en est le dominant. Dans la première partie de son livre, l’auteure tente tout d’abord d’expliquer ce phénomène atypique de l’homme battu, cet &amp;quot;impensable social&amp;quot; dit-elle. Elle analyse les différents types de violences (physique, sexuelle, psychologique, verbale et économique) pour ensuite orienter son analyse vers la notion de &amp;quot;rôles sociaux&amp;quot;. Elle montre comment l’homme violenté est agressé jusque dans les &amp;quot;facettes&amp;quot; qui font son identité . Pour elle &amp;quot;être battu invalide l’homme dans son appartenance à la catégorie sociale homme&amp;quot;. Dans la deuxième partie de son ouvrage, Torrent réfléchit sur les différentes stratégies élaborées par l’homme pour gérer des situations difficiles. Elle s’appuie notamment dans son travail de recherche sur des interviews réalisées avec des &amp;quot;hommes battus&amp;quot;. &lt;br /&gt;
C’est dans une considération assez proche qu’Yvon Dallaire (2002), thérapeute au Québec, aborde le phénomène de la violence faite aux hommes (La violence faite aux hommes. Une réalité taboue et complexe). Il nous rappelle le constat de l’existence ineffable de la violence dans l’humanité, violence souvent fortement médiatisée, mais selon lui, de manière incomplète. En effet, dit-il, notre attention ne serait attirée que vers une forme de violence, soit celle faite par les hommes contre les autres hommes (guerres, voies de fait, suicides), contre les femmes (violence conjugale, viol, meurtre, tueurs en série) et contre les enfants (violence infanticide, meurtre suivi de suicide). Pour Dallaire, une forme de violence a été occultée : la violence des femmes faite envers les femmes, les hommes et les enfants. Le propos de son texte est de démontrer d’une part que des femmes peuvent être tout autant violentes que des hommes, et que d’autre part, l’analyse de la violence conjugale s’inscrit dans un paradigme teinté de sexisme et de discrimination. Pour cet auteur, la violence conjugale ne se décline pas simplement sur le mode victime-agresseur, mais plutôt sur celui de victime-victime, de deux individus qui sont les co-créateurs d’une escalade débouchant sur l’explosion physique. Afin d’alimenter son propos, Yvon Dallaire met en lumière les stéréotypes et les préjugés qui circulent dans le discours commun : l’homme est un être violent, un abuseur d’enfants, un irresponsable, les hommes sont tous des obsédés sexuels, il sont tous infidèles, menteurs et manipulateurs. Dès lors, toute violence féminine est considérée comme relevant de la légitime défense, l’homme est ainsi rendu coupable de toute la violence conjugale. Précisons ici que l’auteur dénonce le discours d’influence féministe qui se déploie dans le contexte québécois. Son objectif est de connaître les réelles dimensions de la violence conjugale, plutôt que de rechercher un coupable à punir, toujours le même : l’homme. &lt;br /&gt;
L’ouvrage de Bretonnière-Fraysse et al. (2001), incontournable pour le sujet, propose quant à lui un autre regard qui positionne clairement les femmes en tant que victimes et les hommes comme agresseurs, sans nuances : &amp;quot;on le sait, la violence conjugale a toujours existé ; on le sait aussi : les victimes en sont les femmes et les auteurs, les hommes. Mais elle demeure encore cachée, honteuse, secrète&amp;quot;. Cet ouvrage prend un regard anthropologique et historique pour nous montrer la condition de victime de la femme à travers les époques passées et jusqu’à nos jours. &lt;br /&gt;
Gillioz, De Puy et Ducret quant à elles (2000), font état des connaissances qui ont fait de la violence familiale et de la violence contre les femmes, un champ d’étude relativement nouveau dans les sciences sociales. Elles nous rappellent que jusque dans les années soixante, la société et avec elle les scientifiques vivent sur le mythe de la famille non violente. Cette dernière étant considérée comme rare et comme étant le fait d’individus déséquilibrés. Dans les années septante, sous l’influence de militantes féministes anglo-saxonnes qui ouvrent des refuges pour femmes battues et portent la question de la violence conjugale sur la place publique, ce phénomène jusque-là occulté est posé comme problème socio-politique. C’est dès lors que les sciences sociales vont s’y intéresser, à travers deux grands courants de recherche. Le premier est constitué par des études portant sur la violence subie par les femmes au sein de la famille et postule, en se fondant sur les prémisses théoriques féministes, que cette violence est spécifique. Ilc il est nécessaire de l’étudier indépendamment des autres types de violence familiale qui relèvent d’autres logiques. Le deuxième courant de recherche, issu de la sociologie de la famille, a pour objet la violence familiale et considère la société et ses institutions comme des systèmes consensuels qui embrassent dans la même problématique l’ensemble de la violence qui se déroule dans le cadre familial. L&#039;ouvrage de Gillioz et all. mentionne également les travaux de Strauss, Gelles et Steinmetz (1977), à partir desquels a été tiré l&#039;affirmation que les femmes sont aussi violentes que les hommes. C’est à ce moment qu’apparaît le concept du &amp;quot;mari battu&amp;quot;, des résultats tirés des statistiques de cette recherche, ont permis à l&#039;un des chercheurs de conclure que ce qui était le plus sous-estimé n’est pas la femme battue, mais le mari battu. La validité scientifique reste toutefois fortement contestée, nous en trouvons les arguments dans l’ouvrage de Gillioz, De Puy et Ducret. &lt;br /&gt;
Cette revue de littérature se conclut par l’approche systémique de Perrone et Nannini (1995) qui proposent leur livre comme un manuel à l’usage des professionnels appelés à intervenir auprès des familles. Leurs présupposés considèrent que la violence n’est pas un phénomène individuel, mais la manifestation d’un phénomène interactionnel. La violence est ainsi un mode particulier de communication entre partenaires qui sont tous impliqués et par là même responsables au sens interactionnel du terme. Comme Yvon Dallaire, les auteurs ne considèrent pas les acteurs de la violence conjugale en termes de &amp;quot;victime-agresseur&amp;quot;, ni en termes &amp;quot;hommes-femmes&amp;quot;. Les objectifs et les enjeux que ces deux auteurs proposent s’appuient sur l’idée que chacun doit devenir et se penser responsable de ses propres comportements. C’est également selon cette optique que certains &amp;quot;cliniciens&amp;quot; abordent en partie la question dans leur article (Rey, H et al. 2006). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Des recherches complémentaires nécessaires. Choix et méthodes==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En fonction des éléments de la problématique développée jusqu’ici, l’objectif de la recherche a consisté à y voir plus clair en tentant de répondre à la question posée, « comment le phénomène de l’homme battu s’inscrit dans le paradigme de la violence conjugale » ainsi qu’aux questions complémentaires citées dans l’introduction ?  Afin de prendre une nécessaire distance vis-à-vis du regard que propose la revue de littérature, il est nécessaire d’orienter les recherches sur d’autres sources d’informations diverses. Il est dès lors intéressant d’examiner si des statistiques existent sur les &amp;quot;hommes battus&amp;quot; et sur les &amp;quot;femmes battues&amp;quot; et dès lors de voir si celles-ci peuvent éclaircir les questions posées. Pour cela nous avons choisi de travailler à partir des statistiques des centres Lavi disponibles à l’office fédéral de la statistique. &lt;br /&gt;
Dès lors que le phénomène des &amp;quot;hommes battus&amp;quot; s’inscrit dans le cadre de la violence conjugale notre choix s’est porté également sur la recherche d’éléments de compréhension dans une série de revues spécialisées : « Thérapie Familiale », revue internationale en Approche Systémique, dont nous avons retenu les numéros mentionnant explicitement des articles sur la violence conjugale ou domestique (1995, Vol. 16 no 3 – 1999, Vol. 20 no 4 – 2000, Vol. 21, no 4 – 2001, Vol. 22 no 4).    &lt;br /&gt;
De plus, pour avoir une vision plus globale, une revue d’articles de presse étudiant quelques articles récents peut être pertinente. Nous avons sélectionnées des articles toujours sur le thème de la violence faite aux femmes et / ou aux hommes. Amnistie: Le magazine pour les droits humains, No 44, février 2006   interviews thématiques du Dr Vannotti, médecin adjoint à la Policinique de Lausanne et de  Madame Yakin Ertuk, rapporteuse spéciale de l&#039;ONU sur la violence contre les femmes ; Amnistie, Journal d&#039;action pour les droits humains, janvier 2006 ; Repère Social, No 73, février 2006, article : quand le sexe faible est violent ; Le Courrier du 18 mai 2005, article relatant le 1ier congrès de la condition masculine. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Enfin, nous avons opté pour une recherche mettant en œuvre la conduite de plusieurs entretiens compréhensifs semi-directifs auprès de professionnels de la prise en charge de la violence conjugale ainsi qu’auprès de &amp;quot; victimes &amp;quot; masculines qui accepteraient de nous apporter leur témoignage. A cet effet, nous avons trouvé pertinent de construire deux types de grilles d&#039;entretiens, l&#039;une pour les professionnels, l&#039;autre pour les hommes &amp;quot;victimes&amp;quot;. Malgré la promesse d&#039;anonymat, nous n&#039;avons pas pu enregistrer les entretiens. De ce fait, nous basons nos propos sur les notes retenues. Chaque entretien s&#039;est déroulé, pendant une heure trente, dans un lieu décidé par la personne interviewée. Nous avons mené, dans notre phase d&#039;investigation de terrain, quatre entretiens, dont deux avec des &amp;quot;victimes&amp;quot; masculines de maltraitance conjugale. Nous avons rencontré Denis Chatelain, co-fondateur de l&#039;association Vires. Cet organisme de traitement et de prévention de la violence exercée dans le couple et la famille, vient en aide aux personnes qui ont recours à la violence. Nous avons aussi rencontré la fondatrice d&#039;une fondation prenant en charge des femmes violentes, qui a souhaité garder l&#039;anonymat. Toutefois, il est possible de dire que l’objectif premier de cette association est la prévention de la maltraitance et la violence auprès des enfants, personnes âgées et conjoints. Nous avons réussi, à travers une association luttant pour la condition masculine, prendre contact avec deux hommes se déclarant comme &amp;quot;battus&amp;quot;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous étudierons également des sources  issues de la Loi Fédérale sur l’aide aux victimes et de Amnesty internationale tout comme des revues spécialisées dans le domaine de la thérapie familiale et plus particulièrement les articles concernant la violence domestique. &lt;br /&gt;
Ces éléments correspondent à ce que l’on pourrait appeler une &amp;quot;recherche sur le terrain&amp;quot;. &lt;br /&gt;
Nos sources seront ainsi multiples : entretiens ; revue de presse ; statistiques ; revues spécialisées. L’analyse des contenus du matériel récolté, prendra pour point d’appui la désignation des acteurs de la violence conjugale, en termes de stéréotypes (stigmatisation) et dans une approche de &amp;quot; genre &amp;quot; étudiant les rapports sociaux hommes-femmes par rapport à cette thématique, ainsi que les rapports victimes-agresseurs qui s’y rattachent. L’analyse devrait ainsi permettre de réunir des points de vue différents et ainsi de confirmer ou d’infirmer, voire de &amp;quot;tempérer&amp;quot; ce qui ressort dans la revue de littérature en fonction des auteurs choisis.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Résultats des recherches==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Dans divers articles de presse===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout d&#039;abord, Amnesty affiche une grande visibilité de la problématique de la violence conjugale, grâce à son magazine pour les droits humains (février 2006), son journal d&#039;action (janvier 2006) et son site internet, qui tous trois évoquent récemment la violence domestique. En effet, Amnesty a commencé en mars 2006 sa campagne suisse « En route contre la violence domestique », dont l&#039;action principale consiste en un tour de plusieurs cantons du mobile home &amp;quot;sweet home&amp;quot; afin de briser le tabou qui entoure la violence dans le couple, d’améliorer les interventions de l’Etat contre la violence domestique, et de sensibiliser le grand public, en particulier les jeunes et les hommes, notamment dans les régions rurales. Les revendications d’Amnesty International en matière de violence domestique repose sur l’obligation de l’Etat d’agir contre cette forme de violation des droits humains. Car aujourd’hui si la visibilité du débat public sur la violence domestique s’est améliorée, les menaces, coups, contraintes, viols et meurtres auxquels les femmes sont souvent exposées dans leurs quatre murs constituent un sujet rarement perçu comme relevant des droits humains. De la sensibilisation est encore nécessaire pour considérer que l’empêcher ne relève pas de la sphère privée des couples et des familles concernées, et ne pas l’assimiler à un « problème de femmes », mais à une mission publique, qui touche tout le monde. Pourtant il s’agit bien de droit à l’intégrité physique et psychique : droit à la liberté et à la sécurité, droit à la santé, droit à l’absence de torture ou d’autres traitements dégradants et même souvent le plus, droit à la vie. La position d&#039;Amnesty International quant à la violence domestique consiste à considérer sa cause dans les rapports inégalitaires de sexe. L&#039;accent est mis sur les représentations sociales qui ne cessent de faire le lien entre violence et masculinité. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le numéro du journal Repère Social de février 2006 s&#039;intitule « Quand le sexe faible est violent » et à travers le prétexte de l&#039;ouverture récente à Lausanne d&#039;un accueil pour femmes violentes, aborde ce sujet trop rarement médiatisé de la violence des femmes. L&#039;auteur, Geneviève Praplan, présente les associations Vires et Face à Face à Genève, et Violence et famille à Lausanne. Cette dernière institution travaille depuis sept ans avec des hommes violents, mais accueille depuis novembre 2005 également des femmes violentes. Le Coordinateur et plusieurs intervenants ont été formés au Québec, auprès d&#039;OPTION, institution pionnière fondée par le psychothérapeute Jacques Broué en 1985. A Violence et Famille, c&#039;est ainsi sous forme de thérapie de groupe que se déroule l&#039;accompagnement, après quelques entretiens individuels. Le processus de réflexion engagé avec les auteur(e)s est le même pour les hommes que pour les femmes. Néanmoins, il est spécifié qu&#039;il faut être spécialement vigilant avec les femmes, en vérifiant qu&#039;elles ne sont pas &amp;quot;davantage des victimes que des agresseurs&amp;quot;. De plus, rapidement le lien entre passé et présent doit se faire. &amp;quot;Hommes et femmes ne sont pas forcément égaux devant leur violence&amp;quot;: dans l&#039;inconscient collectif masculin, il est nécessaire d&#039;affirmer sa virilité, la violence masculine est ainsi plus facilement excusée. Au contraire, les rôles sociaux attribués aux femmes font qu&#039;on la juge plus sévèrement si elle fait usage de violence, mais leur permet de reconnaître moins difficilement que les hommes leurs actes violents. L&#039;auteur met en avant que les chiffres manquent quant à l&#039;ampleur de la violence féminine, surtout exercée envers ses enfants. Par ailleurs les préjugés quant aux données socio-économiques des auteurs de violence perdurent. Cela est en partie dû au fait que les familles en situation précaire sont plus aisément repérées par les services sociaux, vu l&#039;étendue de leurs besoins. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le Courrier du 18 mai 2005 relate et questionne le 1ier congrès international de la condition masculine a eu lieu à Genève le mars 2003. (en 2005 a eu lieu à Montréal).  L’auteure de l’article Virginie Poyetton nous dit que ces colloques font partie d’un mouvement plus large qui met en avant « la crise de la masculinité »  en réaction à l’émancipation « trop » radicale des femmes. Si ce courant est minoritaire au sein de la gent masculine, il participe d’une tendance qui remet en question l’avancée des droits des femmes. &lt;br /&gt;
Les masculinistes (nom que se sont donnés les défenseurs de la condition masculine) pensent que le féminisme les a forcés à changer et depuis ils se sentent dépossédés de leurs  identités et de leurs droits. Ils souffrent d’injustices : discrimination  positive au travail faveur des femmes, préjugés favorables aux mères en cas de divorce, fausses allégations de violence ou d’inceste, pensions alimentaires disproportionnées, hausse du décrochage scolaire chez les garçons, augmentation de la prescription d’antidépresseurs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;La violence conjugale :d’où vient ce concept, comment a-t-il été défini, comment s’institutionnalise-t-il ?&lt;br /&gt;
historique, définitions, statistiques et cadre légal&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Aborder le problème social de la violence conjugale incite à faire un retour vers les années 1970. C’est à cette époque que l’on peut situer les premières recherches sur ce thème mettant en question le mythe de la famille non violente. Les militantes féministes amènent la question de violence conjugale sur la place publique et le posent comme un problème socio-politique. La question de la violence est abordée comme conséquence des rapports de domination, c&#039;est-à-dire des effets de l’exercice d’une influence déterminante d’un groupe, les hommes, sur un autre, les femmes. Tout rapport de domination suppose, en effet, en dehors du rapport de pure violence, un système de justification visant à obtenir un minimum de &amp;quot;volonté d&#039;obéir&amp;quot; de la part des assujettis, note le Petit Robert. &lt;br /&gt;
Les sciences humaines vont s’y intéresser. De nombreuses études sont entreprises dans les années 1970 et 1980 dans le but de décrire la violence domestique, de pouvoir la chiffrer, de chercher à l’expliquer, d’étudier ses conséquences sur les victimes, et d’examiner les réponses sociétales à ce problème. &lt;br /&gt;
Les résultats de l&#039;une de celle-ci, Straus et al.(1977) permettent de dire que femmes et hommes admettent recourir à des tactiques de violence dans des situations de conflits. Ce résultat est basé sur le &amp;quot;Conflict Tactics Scales&amp;quot; (CTS), échelles centrées sur les tactiques de gestion des conflits, qui intègrent une série de comportements allant des plus rationnels aux plus violents. Cette étude permettra à l’une des auteur-e-s, Steinmetz, de tirer la conclusion de l’existence du « syndrome de l’homme battu ». Ce qui sera contesté pour insuffisances méthodologiques. Depuis la plupart de chercheurs et chercheuses renoncèrent à utiliser ce concept. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===L’institutionnalisation du concept de violence domestique: Les centres LAVI et les politiques de prise en charge (contexte suisse et suisse romand)===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une loi fédérale est votée (4 octobre 1991), sur l’aide aux victimes. Elle démontre que être « victime de violence» constitue maintenant une déviance secondaire. Les plaignants sont identifiés, l’état institutionnalise leur prise en charge, les centres Lavi sont créés et les consultations augmentent au fil des années. Et si la notion même de « victime » est large, accidenté de la route, attentats, viol, contrainte sexuelle, séquestration, elle comprend spécifiquement les violences domestiques. &lt;br /&gt;
Dès lors, elle permet également aux femmes victimes de violence conjugale d&#039;être reconnues, visibilées et aidés. &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Des centres Lavi, issus de cette loi, sont créés sur le territoire suisse. Ils ont  pour but de fournir une aide efficace (conseils, la protection de la victime, la défense de ses droits dans la procédure pénale et l’indemnisation et la réparation morale) aux victimes d’infractions ou d’une atteinte directe à son intégrité corporelle, sexuelle ou psychique et à renforcer leurs droits. &lt;br /&gt;
La police est tenue d’informer les victimes  en transmettant les coordonnées de celle-ci au centre Lavi. On peut constater que ces centres apportent une aide immédiate et des prestations fournies gratuitement ( frais médicaux, d’avocat ou de procédure peuvent également être pris en charge. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous constatons également l’étatisation de la prise en charge de la formation du personnel des centres Lavi, et la spécialisation des professionnels qui y sont impliqués. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On peut constater que la prise en compte de la situation des femmes dans le cadre de la violence domestique évolue petit à petit. Il est intéressant de suivre le dépôt d’une initiative parlementaire le  14 juin 2000, par la Conseillère Ruth-Gaby Vermot-Mangold. Ce n’est qu’en novembre 2005, que le  Conseil fédéral propose un nouvel article 28b dans le code civil visant à protéger la victime de violence ou de harcèlement en lui donnant le droit de requérir le juge d’instruction d’interdire à l’auteur de l’atteinte de l’approcher, de fréquenter certains lieux ou de prendre contact avec elle. Le nouvel article amène une notion nouvelle, celle de la prévention de la violence domestique, nouvelle tâche des centres Lavi,  pour éviter la violence et sa récidive.  &lt;br /&gt;
Le Code pénal sera modifié en ce sens en juin 2006. Désormais les actes de violence domestique seront poursuivis d’office et non plus sur plainte de la victime.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Statistiques des centres Lavi.===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous espérions obtenir des informations statistiques sur la violence conjugale, or, celles que nous avons pu obtenir par l’intermédiaire de l’office fédéral de la statistique ne peuvent être utilisées que très partiellement. En effet, jusqu’en 2004, les centres Lavi recensaient le nombre de consultations et non pas les personnes. Une consultation peut se rapporter à une infraction commise à plusieurs reprises et une même personne peut être comptabilisée plusieurs fois en l’absence d’indicateur de personnes. Il faut également préciser qu’il n’est pas possible de repérer exactement s’il s’agit de violence conjugale. Les chiffres qui peuvent être intéressants pour nous résultent d’un croisement des items : relation familiale auteur – victime, sexe de la victime, sexe de l’auteur présumé.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Si nous prenons l’année 2004 comme référence, les chiffres nous donnent une idée intéressante sur la question qui nous occupe, à savoir la violence féminine et masculine : &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Toutefois, il semble important de se questionner sur la mise en forme de certains items. En effet, comment comprendre « avec auteurs présumés de sexe masculin » ? Quelle utilité cet intitulé peut apporter aux concitoyens ? Quelle différence effective avec les auteurs réels de ces actes ? Comment interpréter l’absence des items « avec victimes de sexe masculin » et « avec auteurs présumés de sexe féminin » ? Dans ce cas faut-il comprendre que les femmes victimes consultent plus, alors que les hommes restent cachés?  Quelle réalité se cache derrière ces chiffres?  &lt;br /&gt;
De plus, Jean-Philippe BRANDT, du service de presse &amp;amp; relations publiques de la Police de Genève, informe qu’ « il n’est pas fait de différences quant au sexe de la victime en ce qui concerne les violences conjugales. » Comment dans ces conditions, donner une validité fédérale à des statistiques qui ne peuvent pas prendre en compte des réalités cantonales ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Revue &amp;quot;Thérapie Familiale&amp;quot;===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous avons jugé opportun d&#039;analyser des numéros de Thérapie Familiale, une revue trimestrielle d&#039;orientation systémique. Cette source représente en effet le point de vue théorique et le constat des pratiques des thérapeutes de famille. Il est pertinent de se demander à quel point le discours de ces professionnels de la famille influence la société et est en retour influencé par elle. Les catégories victime-agresseur y sont-elles aussi clairement définies que dans le sens commun et certains discours? Fait-on une différenciation au niveau de l&#039;étiologie de la violence et de ses conséquences selon le genre? Le contact avec les patients remet-il en question certaines pratiques thérapeutiques et fait-il avancer les models conceptuels? Pour répondre à ces interrogations, nous avions à disposition tous les numéros parus depuis de nombreuses années afin d&#039;observer à quelle fréquence et sous quelle forme la thématique des violences conjugales était abordée. Nous avons porté notre choix sur la période allant de 1995 à 2001, pendant laquelle quatre numéros contiennent des articles dédiés à notre sujet. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les deux premiers numéros analysés, datant de 1995 et de 2000 sont riches d&#039;informations car rédigés par les mêmes auteurs, qui font part de l&#039;évolution de leur réflexion durant les cinq ans écoulés. Le numéro de 2000 a été écrit par des thérapeutes colombiens, ce qui nous montre la préoccupation internationale des thérapeutes de famille autour de la violence conjugale et leur désir d&#039;échanger à ce sujet. Quant au dernier numéro pris en compte, celui de 2001, il présente la synthèse des théories les plus utilisées à propos de la violence domestique. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les auteurs des deux premiers numéros analysés sont membres de l&#039;association française Vivre sans Violence, issue d&#039;observations de professionnels travaillant avec des femmes victimes de violence conjugale. Autour de 1985 il y eut de nombreuses interrogations sur les pratiques, mettant en avant les limites de la prise en charge d&#039;alors: les femmes retournaient le plus souvent au domicile conjugal, où les violences reprenaient. De plus, peu de femmes se sentaient prêtes à faire un travail de réflexion sur les événements de violence vécus. Les professionnels ont trouvé certaines réponses en s&#039; inspirant du modèle québécquois de prise en charge des hommes violents de Robert Philippe. La conscience de la nécessité de s&#039;intéresser également aux agresseurs a ainsi émergé et les premières structures de soutien aux auteurs de violence ont apparu.  Les auteurs préconisent par ailleurs un changement: le départ de l&#039;auteur des violences du foyer plutôt que celui de la victime. Cela peut constituer en effet une violence supplémentaire à la femme, et signifie à l&#039;agresseur qu&#039;il est laissé seul&amp;quot; dans un état de dangerosité contre lequel nul, même pas la loi, ne peut le protéger&amp;quot;. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les auteurs réfutent l&#039;idée traditionnelle considérant un couple violent comme dysfonctionnel. Ils font référence à Watzlawick et à sa théorie de la communication, envisageant ainsi la violence comme un acte de communication tout comme les comportements réactifs telle la passivité. Ainsi, la victime également communique quelque chose à son agresseur. La violence est un mode d&#039;échange qui a été appris, et n&#039;est donc pas inné.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Leur intervention vise la modification des patterns d&#039;interaction ainsi qu&#039; un « travail sur les représentations différentes que l&#039; homme et la femme se donnent et nous donnent, de leur vécu de la violence ».  Soulignons qu&#039;en 1995, il n&#039;y a pas d&#039;injonction thérapeutique pour les auteurs de violence dans le couple, les consultations sont donc uniquement volontaires pour les agresseurs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1999, les mêmes auteurs, dans un numéro consacré au thème « Des violences » expliquent  l&#039; évolution de leur réflexion quant à la notion de responsabilité. Ils reviennent sur leur idée de co-responsabilité, de relation complémentaire. Actuellement(en 1999) ils différencient les actes violents en deux catégories: les comportements interactifs vs délits/crimes. En conclusion, les deux acteurs ne sont pas à égalité dans l&#039;interaction: il y a une hiérarchie dans les responsabilités. La victime n&#039;est pas responsable des coups qu&#039;elle reçoit, mais les deux sont responsables du maintien de l&#039;interaction dans laquelle les comportements de violence deviennent redondants et structurants. Les auteurs se démarquent du québécquois R. Philippe en précisant que les violences conjugales ne peuvent se produire que dans un contexte de consensus socio-culturel. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous constatons donc grâce à l&#039;analyse de ces deux articles, que les professionnels thérapeutes de famille de par leur pratique, sont menés à une réflexion sur les catégories de victime-agresseur, liées à la notion de responsabilité. De la prise en charge des femmes victimes, et face à ses limites, les thérapeutes commencent à prendre en charge des auteurs de violence.  Concepts et pratiques dialoguent sans cesse, puisque reconnaître la nécessité de prendre en charge les deux membres du couple est uniquement compatible avec des théories ancrant l&#039;étiologie de la violence dans les processus interactifs et communicatifs. Le monde de la thérapie familiale a donc une longueur d&#039;avance sur la dichotomie victime-agresseur prégnante dans le sens commun, dans certaines campagnes de sensibilisation pour le grand public, et dans la loi. Par exemple les auteurs prônent en 1995 déjà l&#039;éloignement de l&#039;auteur de violence du domicile, alors qu&#039;en Suisse ce n&#039;est qu&#039;actuellement, en juin 2006, que cette mesure passe dans la loi. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;expérience des thérapeutes colombiens, relayée dans un numéro datant de 2000, nous montre une initiative étrangère originale. A Bogota  il existe des &amp;quot;commissariats de famille&amp;quot; depuis 1996 qui consistent en un &amp;quot;espace de conversation et de concertation dans le but de protéger, d&#039;assister et de guider les familles à propos de leurs droits fondamentaux et de les informer quand aux façons de résoudre les conflits internes.&amp;quot; Plus concrètement, une assistance légale, sociale, médicale et psychologique est dispensée dans ces lieux. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les auteurs sont en accord avec Perrone et Nannini, postulant que la violence n&#039;est pas une maladie, mais un choix et un moyen de contrôle. La responsabilité est à nouveau un thème abordé puisqu&#039;ils postulent que tout individu est garant de sa propre sécurité, en précisant que  chacun peut devenir violent dans un contexte déterminé. Encore une fois, c&#039;est donc l&#039;accent sur le contexte, culturel ou interactif, qui provoque la violence, plutôt que des caractéristiques individuelles.  &lt;br /&gt;
Dans son article Déconstruction des idées reçues sur la violence : une alternative à la violence. Kuenzi-Monard présente un Panorama des théories les plus utilisées : L’auteure les répartit selon 7 niveaux :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1.les théories qui localisent la violence à l’intérieur de la personne : la violence est basée sur un problème de santé mentale ; la théorie de l’impulsivité, le manque de contrôle de soi. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
2.les théories qui localisent la violence dans le développement : les théories développementales de la violence et de l’apprentissage (expliquent l’abus comme une répétition de comportements pathogènes au sein des familles) ; la théorie du blocage d’origine psycho-sexuel (la personne est bloquée à un stade de son développement). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
3.les théories qui localisent la violence au sein des relations humaines : la théorie du contenant (capacité X de tolérer des frustrations, insatisfactions ou colère. Au-delà, c’est l’éclat) ; conséquence : l’homme a peu de possibilités de contrôler cette tension, donc peu de responsabilité quant aux éléments extérieurs qui viennent le saturer. le modèle de la frustration-agression : si je suis frustré, j’agresse. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
4.les théories qui localisent l’abus dans des blocages de la communication : la personne violente souffre d’un pauvre développement des qualités sociales et relationnelles. Modèle explicatif intéressant mais qui ne donne pas d’alternative pour apprendre d’autres stratégies. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
5.Les théories qui considèrent la violence comme l’effet d’un état chimique différent, comme la conséquence de l’utilisation d’alcool ou de drogues : la théorie de la désinhibition. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
6.les théories circulaires sur la violence : celles-ci localisent la violence et la comprennent comme générée au sein d’interactions. La violence occupe une fonction homéostatique, le maintien de l’équilibre de la famille. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
7.les théories féministes : l’explication féministe ou socio-culturelle qui voit la violence comme prenant sa source dans les structures sociales. La violence et le comportement abusif sont compris, favorisés, voire encouragés par le fonctionnement social. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
8.la théorie fonctionnelle de Léonore Walker : la violence est une explication dynamique, fonctionnelle et non pas causale. La violence fonctionne sur trois phases distinctes, tension, épisodes violents, lune de miel. Walker démontre que la violence est un cercle addictif, les prisonniers de la violence sont dans un cercle infernal. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’approche de Kuenzi-Monard : la théorie des limites. Elle est basée sur les travaux de Bateson qui prônait qu’une explication « négative » ou « en mouvement » d’un évènement est préférable à une explication « positive » ou « statique ». Ce type d’explication génère du mouvement, incite à s’orienter vers les conséquences des faits et ainsi vise à une prise de responsabilité. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’auteure conclut qu’il est essentiel de faire une distinction entre l’explication causale et une limitation. L’explication causale clive la dynamique déjà polarisée entre victime et bourreau, elle maintient la violence plutôt qu’elle ne l’élimine. Elle constate que souvent il existe une rupture entre l’intention et l’action du psychothérapeute. Elle pense que le clinicien influence et est influencé par les questions qu’il pose. Les questions linéaires tendent à produire des raisonnements linéaires, il faudrait ainsi favoriser les questions circulaires, ouvrant de nouvelles possibilités.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le nombre de ces théories, par ailleurs très variées, est on le voit  abondant. Il est aisément compréhensible que l&#039;adhésion à l&#039;une ou l&#039;autre de ces théories, liées à des étiologies différentes de la violence, implique des interventions également différentes. &lt;br /&gt;
Dans notre travail, nous avons principalement abordé les théories féministes ou socio-culturelles et les théories circulaires, dont fait partie l&#039;approche systémique. La théorie fonctionnelle est également très présente dans les réflexions des thérapeutes, et la théorie des limitations est en expension. Ces théories ont en commun de ne pas prendre l&#039;individu comme centre de la problématique de la violence conjugale, mais plusieurs individus et leur relation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour conclure cette analyse des numéros de Thérapie Familiale, une différence flagrante apparaît entre les discours des professionnels publiés dans cette revue de systémique et les discours du sens commun, circulant au quotidien. En effet, les thérapeutes toujours en recherche d&#039;affinement de leurs concepts, par confrontation à la pratique, sont passés par tout une évolution théorique, prenant en compte les deux membres du couple, et débattant passionnément les questions de responsabilité et les notions de victime-agresseur. A l&#039;opposé, les causes de la violence conjugale les plus fréquemment évoquées et ancrées dans les représentations de la population se situent plutôt à un niveau individuel. Une partie est liée au genre, naturalisant les différences de sexe (la violence est inhérente à l&#039;homme, la douceur et la fragilité à la femme...); un autre type d&#039;explications courantes ramène le problème à des causes  individuelles  (alcoolisme, problèmes personnels...), voire psychologisantes  (trouble psychique, traumatismes dans l&#039;enfance, sado-masochisme...). Les catégories victime et agresseur sont clairement séparées dans le sens commun, tout comme l&#039;attribution du terme victime à la femme, et agresseur à l&#039;homme. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Propos issus de quelques entretiens===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’homme battu existe &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour confronter les stéréotypes affiliés aux genres, nous avons cherché à interviewer des hommes battus. Paul et Luc (prénoms d’empreint) ont un point commun : leur passé d’homme maltraité. Ils ont été, tous les deux, physiquement battus par leur conjointe. Toutefois, il semblerait que la problématique de l’homme violenté intègre, dans sa forme globale, une autre forme de violence, une violence psychologique. Il ressort des entretiens que la forme physique ne semble pas être la forme de violence qui marque le plus. Pour essayer de comprendre au mieux le vécu violenté de ces hommes et plus généralement de toute personne impliquée dans des relations violentes, nous avons questionné la littérature ainsi que des professionnels de terrain. &lt;br /&gt;
Pour la travailleuse sociale, Sophie Torrent (2001), « la nature de la violence [à l’égard de la gente masculine] et ses modes d’expression traduisent, dirait-on, une violence spécifiquement féminine, subtile, qui atteint l’intégrité psychique de l’homme.» (p.33). L’homme victime de violence psychologique semble atteint surtout dans sa masculinité, plus précisément dans la représentation de la masculinité qui lui a permis de construire son identité. &lt;br /&gt;
« Le harcèlement que j’ai vécu par cette femme tyran m’a amené à perdre, pendant quelques temps, mon identité masculine… C’était quoi être un homme ? Je ne savais plus faire l’amour comme il faut en quittant ma femme. J’ai du réapprendre à accepter de prendre du plaisir. » Luc &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La violence ; une histoire d’homme ? &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Alors que nous venons de découvrir avec stupéfaction certaines réalités d’hommes maltraités par leur conjointe, comment traiter ces vérités face à notre idéal féminin construit ? Comment même penser à la violence des femmes, alors que celle que l’on exerce à leur égard est de loin la plus établie, la plus reconnue et de ce fait la plus portée par les médias ? De nos jours, la société reconnaît et prend en charge la femme violentée, qu&#039;en est-il de la femme violente ? Il est commun d’entendre qu’une femme violente est une femme malade psychologiquement ou encore que cette dernière n’agresserait que pour se défendre. Pour la psychothérapeute Diane Chayer, ( citée par Ruel &amp;amp; Guéricolas, 1998), il semblerait qu’il n’y ait tout simplement pas de permission sociale à la violence des femmes. « La société dit qu’il est presque normal pour un homme d’être violent. Mais une femme violente, c’est une extraterrestre. » &lt;br /&gt;
Pour Yvon Dallaire, « la femme violente peut ressentir de la fierté pour avoir battu plus fort qu’elle. Et la société ne la dénigre pas, elle cherche plutôt à la comprendre et à l’excuser, compatissant souvent à son sort. » (p26) A contrario, pour la responsable d’une structure acceuillant des femmes violentes, « celles et ceux qui passent de la parole aux actes souffrent, ils ont besoin d&#039;aide et y ont droit. Toutefois, la femme violente souffre de discrimination ; on ne veut pas lui reconnaître sa violence. » Il semblerait alors que, paradoxalement, la femme violente souffre des mêmes maux sociaux que l’homme maltraité. Une nouvelle fois, il semblerait que les stéréotypes, affiliés aux genres, décident de ce qui peut être acceptable ou pas. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le statut de victime/agresseur &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La responsable d’un établissement prenant en charge des femmes violentes nous apprend qu’il est difficile de tenir le fil rouge concernant les rôles de victime-agresseur. « On est là pour travailler sur la violence des femmes, en tant qu’auteures de violence et non en tant que victimes. Très souvent, ça dérape en justification des actes qui déplace la position d’agresseuse à celui de victime. » Il semble que souvent, l’agresseur se voit comme victime. Responsabiliser les acteurs(trices) de violence, c’est les aider à prendre conscience de leur violence. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Responsabilité dans la violence &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La question est partagée. Alors que pour beaucoup, la responsabilité de la violence doit être assumée par son auteur(e), pour d’autres, elle doit être partagée. En effet, pour Denis Châtelain, co-fondateur d’une association prenant en charge des auteur(e)s de violence, « il faut prendre en compte le potentiel de violence de la victime dans la compréhension de la dynamique ». Pour la responsable d’une association accueillant des femmes violentes, « il est impossible de faire un tel travail si l’on part du principe d’une co-responsabilité dans la réalisation de la violence. En effet, on ne peut pas se permettre de déraper sur l’aspect empathique et comprendre voir d’excuser l’acte de violence au nom d’un statut de victime reconnu. Pour nous, l’acte violent n’est pas excusable, il est inadmissible quelque soit sa source ou sa justification. Ce qui nous paraît important c’est de faire en sorte de ne plus jamais en avoir à arriver là. » &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La prise en charge de la violence &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comment aborder la problématique de la violence conjugale et plus particulièrement celle des hommes maltraités et des femmes violentes ? Alors qu’Yvon Dallaire se demande si l’on « ne pourrait pas exploiter l’expertise des centres d’accueil pour femmes au profit des hommes battus et l’expertise des groupes d’entraide pour homme violents au profit des femmes violentes ? » (p29), la responsable d’une structure accueillant des femmes actrices de violence répond que « pour aider les femmes actrices de violence, il faut appliquer un traitement différencié. Les raisons étant parce qu’on n’éduque pas de la même façon une petite fille et un petit garçon, le rapport au féminin n’est pas le même. La violence masculine est légitimée. Par contre, on ne reconnaît pas ce droit à la femme. Cela étant dû aux stéréotypes de mère protectrice d’une part. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Point de situation &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mouvement féministe...et&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A ce stade de notre article, nous pouvons établir difféents constats. Tout d’abord, la découverte de la violence conjugale et de ses effets a pour origine le questionnement du mouvement féministe. Celui-ci repris par des chercheur-e-s, a confirmé et précisé le phénomène de la violence conjugale. &lt;br /&gt;
La notion d’homme battu, qui nous avions posée comme une construction récente, date des premières recherches sur ce domaine, le syndrome de l’homme battu, développé par une chercheuse du l’équipe de Straus et al. a été un concept rapidement abandonné. Les défauts dans l’opérationnalisation du concept de violence, dans la méthode et dans l’interprétation des données de l’enquête effectuée à l’aide du Conflict Tactics Scales ont été largement reconnus. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
...évolution sociale et réponses masculines.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous pouvons poursuivre nos constats à partir des travaux d’une chercheuse, rencontrée au détour d’un article de presse, Pascale Molinier, d’une tension qui s’avive entre hommes et femmes dans les années 1980. Certains hommes pro féministes tiennent un discours optimiste concernant la constitution d&#039;une société nouvelle et égalitaire et reconnaissent la domination masculine comme clé d&#039;un changement possible. D&#039;autres hommes tiennent un discours alarmiste et insistent sur le malaise identitaire engendré par cette modification des rapports sociaux source de perte de repères. &lt;br /&gt;
A partir de là, un autre phénomène apparaît, nous découvrons que des groupes d’hommes se forment autour d’auteurs, (Guy Cornaux au Canada, Jacques Salomé en France, ou plus récemment Y. Dallaire qui avec John Goetelen a organisé le premier Congrès international de la condition masculine à Genève en 2003) avec comme but de réfléchir à l’identité masculine fragilisée.  C&#039;est dans cette mouvance que l’on trouve aujourd&#039;hui les protagonistes d&#039;un détournement de la violence masculine au profit d&#039;une violence exercée contre les hommes par les femmes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La violence domestique, une réponse étatique et institutionnelle&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Autre constat que nous pouvons déjà faire, la violence conjugale est un phénomène officialisé et les réponses institutionnelles se développent de plus en plus. Il est intéressant de faire le point sur l&#039;ampleur et les lacunes de l&#039;offre associative et institutionnelle, et prenons pour ce faire l&#039;exemple genevois. La brochure « la violence est inacceptable; violence conjugale que faire? » est la référence et est publiée par le Service pour la promotion de l&#039;égalité entre homme et femme, le Centre de consultation LAVI et Solidarité Femmes. De par les caractéristiques même de ces éditeurs, ajouté au fait que la brochure est rédigée par des auteures, c&#039;est à nouveau sous l&#039;angle des femmes victimes que la problématique est abordée. Dans la rubrique « Répertoire d&#039;adresses utiles », nous constatons qu&#039;il existe à Genève des services d&#039;hébergement; des services médicaux; des consultations juridiques; des services de consultations conjugales, familiales et de médiation auxquels peuvent s&#039;adresser des victimes de violence conjugale. Les foyers d&#039;hébergement cités sont des foyers pour les  femmes et leurs enfants exclusivement, dans le cas de difficultés qui ne sont pas restreintes à la violence conjugale, néanmoins dans la pratique ce type de violences représente la majorité des cas. Ce principe de foyer pour femmes en difficultés n&#039;est pas récent, le foyer Arabelle par exemple date de 1964. Solidarités Femmes est la seule association spécifique pour les femmes victimes de violence conjugale. Elle offre écoute; orientiation; information sociale et juridique, hébergement; entretiens individuels et activités de groupe. Excepté l&#039;hébergement, ces prestations sont gratuites. Il existe d&#039;autres services divers pour femmes, tels que Viol-Secours, SOS Femmes, F-Information ou Camarada. Certains organismes sont spécialisés dans les problématiques de violences, sans distinction de sexe, il s&#039;agit des Centres LAVI et au niveau médical du Centre  Interdiscplinaire de Médecine et de Prévention de la Violence des HUG. Dans la brochure de 2001, une seule adresse concerne les auteurs masculins de violence conjugale, il s&#039;agit de l&#039;association VIRES. Il est intéressant et très révélateur de constater que depuis sa fondation en 1994, cette association s&#039;est définie de trois manières distinctes:  d&#039;organisme pour les hommes ayant recours à la violence dans leur couple et dans leur famille, dans un deuxième temps le terme « hommes » a été remplacé par « personnes ». Actuellement c&#039;est l&#039;expression « Organisme de traitement et de prévention de la violence exercée dans le couple et dans la famille. » qui a été retenue. Si les professionnels de VIRES précisent que ce changement d&#039;appellation est consécutif  à une évolution dans la manière de penser et traiter la problématique de la violence conjugale et plus précisément ses sources et ses enjeux, les date de ces évolutions ne sont malheureusement pas précisées. Dans la dernière édition de la brochure sus-mentionnée, parue en 2004, apparaît une nouvelle association, dédiée à la prise en charge des femmes aux comportements violents. Cet organisme créé en 2001 ne se limite pas aux violences exercées dans la sphère familiale. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En conclusion de cet aperçu des diverses offres de soutien sous toutes ses formes adressé aux personnes impliquées dans la dynamique des violences conjugales, une lacune importante transparaît: il n&#039;existe pas à Genève de lieu spécifique aux victimes masculines de violence conjugale, que ce soit un foyer ou un lieu d&#039;information et de soutien. En règle générale, lorsqu&#039;un problème social lié à la violence émerge, ce sont les victimes qui bénéficient en premier lieu de l&#039;institutionnalisation. Par la suite, une réflexion se fait autour des auteurs, considérant qu&#039;eux aussi ont besoin de soutien afin de casser la dynamique de violence. Dans le cas de la violence exercée envers les hommes, les victimes sont ignorées par l&#039;absence de lieu spécifique; alors même que les femmes auteures de violence possèdent une telle infrastructure. Nous pouvons émettre l&#039;hypothèse que cela a un lien avec le stéréotype de femme-victime, la femme perpétrice de violence ayant souvent été elle-même victime, comme nous l&#039;avons vu plus haut. Amnesty relaie cette problématique pour que la violence domestique sorte du domaine privé et soit reconnue comme un problème public. Dans des revues spécialisées différents auteur-es font état de l’évolution des connaissances et des conceptualisations du problème. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’état fédéral se préoccupe de cette question et modifie le code pénal pour améliorer la protection des victimes de violence domestique. Les centres Lavi travaillent à la transformation de leur statistiques en vue également d’améliorer la visibilité de cette forme de violence. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Conclusion==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En fonction de tous les éléments qui précèdent, la conclusion de cet article montre que le concept  de violence conjugale apparu dans les années 1970 a trouvé sa place jusque dans la législation. Néanmoins les discours qui circulent sur ce type de violence sont une construction qui circonscrit la violence dans des stéréotypes caricaturaux stigmatisant à la fois les femmes en tant que victimes et les hommes comme agresseurs. De cette restriction découle la difficulté d’envisager l’existence d’hommes victimes de violence conjugale, et d’égale manière celle de femmes violentes. Cela a comme conséquence pour les personnes concernées une non-reconnaissance sociale, se manifestant par de forts préjugés à leur encontre, et de grandes lacunes institutionnelles. Les professionnels de la violence conjugale (médecins, thérapeutes) ont dépassé cette opposition et ils désignent les acteurs de la violence conjugale à un niveau de co-responsabilité qui ne distingue pas le sexe des protagonistes pour rendre compte de ce phénomène. Il y a ainsi un écart entre les discours dominants et les discours des professionnels, écart perceptible dans l’étude de la littérature et dans l’examen des sources que constituent les revues &amp;quot; thérapie familiale &amp;quot;. Enfin, il faut admettre la thèse selon laquelle la violence conjugale reste un phénomène qui bien que connu de tous, reste difficile à appréhender dans notre société. Criminalisée ici, combattue là, normalisée un peu plus loin. Elle fait partie d’un rapport à l’Autre institué par des règles sociétales contextualisées par un rapport différent d’être au monde « femme » ou « homme ». &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 En effet, il existe des définitions similaires mais superficielles qui varient dans leur développement en fonction des positionnements et des valeurs de ceux qui les proposent. Les statistiques qui rendent compte de la violence conjugale proposent d’autre part des modalités qui ne permettent pas de distinguer précisément les victimes des agresseurs de manière précise et approfondie. Elles ne permettent pas d’affirmer avec précision que les hommes sont aussi victimes de violences, les modalités de genre n’étant pas assez développées dans la prise en compte statistique. Les hommes victimes existent, mais leur visibilité est très faible du fait que c’est un phénomène qui est en train d’émerger comme problème social. Ainsi, la violence conjugale reste un phénomène complexe et confus dans ses définitions. Enfin, on s’aperçoit que la violence conjugale reste un concept en mouvement sur le plan des institutions, qui proposent des possibilités de prise en charge nombreuses, mais néanmoins insuffisantes si l’on considère la prise en compte de la violence faite aux hommes. &lt;br /&gt;
Ces détracteurs pourront s&#039;appuyer probablement dans les années à venir sur les modifications des images féminines, les stéréotypes de la femme douce et soumise ont tendance à s&#039;estomper. Et l&#039;on peut se demander si les jeunes femmes ne se permettront pas plus que par le passé d&#039;exprimer leurs sentiments de colère et violence, là où s&#039;exprimaient auparavant peut-être impuissance, tristesse et dépression.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Difficultés===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le sujet que nous avons abordé tout au long de ce travail est délicat. Nous avons relevé le peu de neutralité émanant des sources existantes sur ce thème, chaque écrit représentant une certaine prise de position, quant à la causalité de la violence conjugale par exemple, ou les convictions cachées derrière l&#039;attribution de statuts victime-agresseur ou victime-victime. &lt;br /&gt;
Cette subjectivité rentre en interrelation avec notre sensibilité propre, individuelle, qui n&#039;est donc pas la même entre les personnes de notre groupe. Le fait que celui-ci soit constitué de deux femmes et deux hommes est très enrichissant, et même primordial quand on s&#039;attèle à ce type de problématique. Néanmoins, cela implique un investissement conséquent en termes de discussion, explicitation des attentes et valeurs de chacun, en redéfinition continuelle de la problématique. &lt;br /&gt;
Dans notre tentative d&#039;objectiver notre problématique, nous ne sommes que très peu aidés par les statistiques. Elles aussi disent ce qu&#039;elles ont envie de dire, et sont sans cesse remises en cause par des détracteurs. La conséquence en est qu&#039;aucune statistique ne sert vraiment de référence consensuelle dans la compréhension de la violence conjugale. Dans les statistiques policières, souvent la violence conjugale n&#039;est pas comptabilisée de manière séparée des autres délits de violence; dans d&#039;autres types de statistiques c&#039;est le genre qui n&#039;est pas retenu comme variable pertinente. En effet, derrière les chiffres, on découvre des définitions très variables de la violence: certains ne prennent en compte que la violence physique; d&#039;autres considèrent que de nombreux petits signes de nature verbale ou psychologique sont un pas dans l&#039;escalade de la violence, et les jugent donc de même poids que des coups. Entre ces deux extrêmes, toutes les variations sont présentes... &lt;br /&gt;
Il est intéressant de relever à quel point certains chiffres sont médiatisés, afin d&#039;avoir un impact sur la population, alors que ces mêmes chiffres sont discutables au niveau statistique. Pour conclure, nous nous sommes rendus compte que malgré une certaine médiatisation, qui n&#039;est pas si récente, de la violence conjugale, nous ne savons pas tellement de choses à ce sujet, ou plutôt il existe peu de consensus, voire la co-existence d&#039;approches inconciliables. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Références bibliographiques ==&lt;br /&gt;
Les lectures citées dans le travail final&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Amnistie: Le magazine pour les droits humains, &#039;&#039;Dossier Combattre la violence domestique&#039;&#039;  No 44, février 2006.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Amnistie, Journal d&#039;action pour les droits humains, janvier 2006.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Dallaire Y. (2002). La violence faite aux hommes. Une réalité tabou et complexe. Québéc: Options santé. [[Résumé du livre]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Gillioz L., De Puy J., Ducret V. (1997). Domination et violence envers la femme dans le couple. Lausanne : éditions Payot. [http://home.etu.unige.ch/~maneira4/R_sum__aeticle.doc Résumé de l&#039;article]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Ruel S. &amp;amp; Guéricolas P. (1998). La violence des femmes : derrière le masque. In Gazette des femmes Vol. 20. (no 4). (Novembre-Décembre 1998).[Version électronique]. Accès le 20 novembre 2005 : &lt;br /&gt;
http://www.gazettedesfemmes.com/recherche/?F=recherche&amp;amp;idt=10075&amp;amp;affart=2866&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Torrent S. (2001). L’homme battu, un tabou au cœur du tabou. Québec: Option Santé. [http://home.etu.unige.ch/~maneira4/fiche%20de%20lecture%20homme%20battu.pdf Résumé du livre ]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Praplan G., &#039;&#039;Quand le sexe faible est violent&#039;&#039; in Repère Social, No 73, février 2006.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Bibliographie ==&lt;br /&gt;
Les lectures utilisées mais pas citées dans le travail final&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Bretonnière-Fraysse et al. (2001). &#039;&#039; De la violence conjugale à la violence parentale&#039;&#039;. Eres [[Résumé|Résumé du livre]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Jackson D., Welzer-Lang D. (1998). Violence et masculinité. Toulouse : imprimerie 34.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Office fédéral de la statistique : Aide aux victimes. Chiffres clés. http://www.bfs.admin.ch/bfs/portal/fr/index/themen/rechtspflege.html&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Rey, H. et al. (2006). Les violences conjugales: pour une clinique du réel. &#039;&#039; Journal International de Victimologie&#039;&#039;. Année 4, No 1. [[Résumé de l&#039;article]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Miguel</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Violence_conjugale:_De_la_femme_battue_%C3%A0_l%27homme_battu...&amp;diff=4279</id>
		<title>Violence conjugale: De la femme battue à l&#039;homme battu...</title>
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		<updated>2006-06-20T14:50:57Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Miguel : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&#039;&#039;&#039;Membres du groupe&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Chantal Cornut&lt;br /&gt;
* Céline Pittet &lt;br /&gt;
* Jean-Christophe Contini&lt;br /&gt;
* Miguel Maneira &lt;br /&gt;
[mailto:maneira4@etu.unige.ch,contini2@etu.unige.ch,cepittet@hotmail.com,ch.cornut-piller@bluewin.ch Ecrire au groupe]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 [[L&#039;homme battu: le mâle...traité|Notre projet]]  |  [[Plan de recherche: Violence conjugale; un concept en mouvement|Notre plan de recherche]]  |  [[Espace de dialogue|Notre espace de dialogue]]  |  [[Trésorus de notre groupe|Notre île aux trésors]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Violence conjugale: De la femme battue à l&#039;homme battu...=&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=« L’homme battu » : un phénomène nouveau ?&lt;br /&gt;
Introduction=&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le questionnement qui est à l’origine de ce travail prend source dans la rencontre d’un concept qui semble nouveau de prime abord : &amp;quot;l’homme battu&amp;quot;. Ce concept apparaît dans l’ouvrage récemment publié de Sophie Torrent (2001). Ce livre met en lumière l’existence d’hommes victimes de violences exercées par des femmes à leur encontre, il interroge également les questions identitaires vécues par ces &amp;quot;nouvelles victimes&amp;quot;, à travers la conduite de multiples entretiens. Ces propos peuvent intriguer, parfois rendre perplexe et curieux celui ou celle qui les entendent. Le présent article proposera des recherches bibliographiques qui devraient permettre de découvrir des discours proches des propos de Torrent. Le premier constat est que ce &amp;quot;phénomène&amp;quot; des hommes battus est, dans une moindre mesure, relayé dans d’autres ouvrages qui l’inscrivent dans le cadre plus large de la violence conjugale. Les recherches livresques tenteront ainsi de répondre à la question principale qui guide la recherche : comment le phénomène de &amp;quot;l’homme battu&amp;quot; s’inscrit-il dans le paradigme de la violence conjugale ? Les questions secondaires qui en découlent sont multiples : quand est-ce que ce concept est apparu ? Par qui a-t-il été développé ? Quels sont les discours qui relaient ce concept ou qui s’y opposent ? Les éléments qui composent la revue de littérature qui apparaîtra plus loin permettront d’entrevoir certains points qui semblent être récurrents. On s’aperçoit ainsi que le concept d’&amp;quot;hommes battus&amp;quot; se trouve à chaque fois en tension avec celui de &amp;quot; femmes battues &amp;quot; dans le cadre de la violence conjugale qu’il reste à définir. Nous sommes ici confrontés à deux discours contraires entre des groupes de pressions constitués autour de la &amp;quot;souffrance masculine&amp;quot; et les propos issus de certains discours féministes. cette opposition – qui est caractérisée grossièrement entre les deux discours – se dédouble d’une autre opposition dans la désignation des acteurs de la violence conjugale en termes de victime et d’agresseur. Les  acteurs sont ainsi stigmatisés, avec des stéréotypes qui désignent de manière massive l’homme comme agresseur et la femme comme victime. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==La  violence conjugale : &lt;br /&gt;
où en sommes-nous aujourd’hui ? Des discours en tension.&lt;br /&gt;
Problématique==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La violence conjugale semble être de prime abord un phénomène bien connu de nos jours. Les médias rendent régulièrement compte de ses conséquences, bon nombre d’associations ont été créées pour répondre à l’appel des victimes, une loi sur la protection des victimes a été instaurée, beaucoup de thérapeutes œuvrent également dans ce domaine. Il est question, la plupart du temps, des violences subies par des femmes et exercées par des hommes, il est dans une moindre mesure, question de la violence exercée par des femmes contre des hommes. Ce dernier phénomène reste minoritaire cependant, et fait l’objet de nombreuses critiques. Bien souvent, les discours opposent des mouvements &amp;quot;féministes&amp;quot; à des groupes &amp;quot;masculinistes&amp;quot;, les uns dénonçant sans cesse l’ineffable violence des hommes envers les femmes, les autres dénonçant cette vision de l’homme éternellement &amp;quot; agresseur &amp;quot;, allant jusqu’à affirmer que des hommes sont aussi des &amp;quot; victimes &amp;quot; et que la violence peut aussi être l’apanage des femmes. Ici apparaît le concept &amp;quot; d’hommes battus &amp;quot; qui a émergé dès les années septante. Afin de prendre de la distance vis-à-vis de ces deux positions antagonistes, il s’agit tout d’abord d’étudier ce que disent certains auteurs sur la violence conjugale, à la fois sur la violence subie par les femmes et par les hommes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Ce qu’en disent les livres et leurs auteur(e)s&lt;br /&gt;
Revue de littérature==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette revue de littérature suit la chronologie du questionnement et du cheminement, qui, en commençant part la découverte du concept de &amp;quot;l’homme battu&amp;quot;, conduit à approfondir les recherches au concept de la femme battue et à appréhender dès lors le problème social que constitue la violence conjugale, qui englobe les deux autres concepts. La recherche bibliographique a privilégié les ouvrages qui traitent spécifiquement de l’existence du concept de &amp;quot;l’homme battu&amp;quot;, dans une actualité la plus récente possible. Peu de littérature existe à ce sujet, cependant, les ouvrages les plus récents (Torrent et Dallaire) font tous les deux référence à l’inscription du concept de l’homme battu dans celui de la violence conjugale. Les investigations ont  été élargies à ce domaine, toujours à la recherche du moindre élément concernant la violence faite aux hommes. &lt;br /&gt;
Sophie Torrent, dans son ouvrage sur l’homme battu (2001) met directement en question le fait qu’il existe au sein de la vie de couple une violence faite aux hommes, une violence souvent difficile à accepter, celle-ci allant à l’encontre de stéréotypes tels que celui qui considère que la femme est l’élément faible du couple et que l’homme en est le dominant. Dans la première partie de son livre, l’auteure tente tout d’abord d’expliquer ce phénomène atypique de l’homme battu, cet &amp;quot;impensable social&amp;quot; dit-elle. Elle analyse les différents types de violences (physique, sexuelle, psychologique, verbale et économique) pour ensuite orienter son analyse vers la notion de &amp;quot;rôles sociaux&amp;quot;. Elle montre comment l’homme violenté est agressé jusque dans les &amp;quot;facettes&amp;quot; qui font son identité . Pour elle &amp;quot;être battu invalide l’homme dans son appartenance à la catégorie sociale homme&amp;quot;. Dans la deuxième partie de son ouvrage, Torrent réfléchit sur les différentes stratégies élaborées par l’homme pour gérer des situations difficiles. Elle s’appuie notamment dans son travail de recherche sur des interviews réalisées avec des &amp;quot;hommes battus&amp;quot;. &lt;br /&gt;
C’est dans une considération assez proche qu’Yvon Dallaire (2002), thérapeute au Québec, aborde le phénomène de la violence faite aux hommes (La violence faite aux hommes. Une réalité taboue et complexe). Il nous rappelle le constat de l’existence ineffable de la violence dans l’humanité, violence souvent fortement médiatisée, mais selon lui, de manière incomplète. En effet, dit-il, notre attention ne serait attirée que vers une forme de violence, soit celle faite par les hommes contre les autres hommes (guerres, voies de fait, suicides), contre les femmes (violence conjugale, viol, meurtre, tueurs en série) et contre les enfants (violence infanticide, meurtre suivi de suicide). Pour Dallaire, une forme de violence a été occultée : la violence des femmes faite envers les femmes, les hommes et les enfants. Le propos de son texte est de démontrer d’une part que des femmes peuvent être tout autant violentes que des hommes, et que d’autre part, l’analyse de la violence conjugale s’inscrit dans un paradigme teinté de sexisme et de discrimination. Pour cet auteur, la violence conjugale ne se décline pas simplement sur le mode victime-agresseur, mais plutôt sur celui de victime-victime, de deux individus qui sont les co-créateurs d’une escalade débouchant sur l’explosion physique. Afin d’alimenter son propos, Yvon Dallaire met en lumière les stéréotypes et les préjugés qui circulent dans le discours commun : l’homme est un être violent, un abuseur d’enfants, un irresponsable, les hommes sont tous des obsédés sexuels, il sont tous infidèles, menteurs et manipulateurs. Dès lors, toute violence féminine est considérée comme relevant de la légitime défense, l’homme est ainsi rendu coupable de toute la violence conjugale. Précisons ici que l’auteur dénonce le discours d’influence féministe qui se déploie dans le contexte québécois. Son objectif est de connaître les réelles dimensions de la violence conjugale, plutôt que de rechercher un coupable à punir, toujours le même : l’homme. &lt;br /&gt;
L’ouvrage de Bretonnière-Fraysse et al. (2001), incontournable pour le sujet, propose quant à lui un autre regard qui positionne clairement les femmes en tant que victimes et les hommes comme agresseurs, sans nuances : &amp;quot;on le sait, la violence conjugale a toujours existé ; on le sait aussi : les victimes en sont les femmes et les auteurs, les hommes. Mais elle demeure encore cachée, honteuse, secrète&amp;quot;. Cet ouvrage prend un regard anthropologique et historique pour nous montrer la condition de victime de la femme à travers les époques passées et jusqu’à nos jours. &lt;br /&gt;
Gillioz, De Puy et Ducret quant à elles (2000), font état des connaissances qui ont fait de la violence familiale et de la violence contre les femmes, un champ d’étude relativement nouveau dans les sciences sociales. Elles nous rappellent que jusque dans les années soixante, la société et avec elle les scientifiques vivent sur le mythe de la famille non violente. Cette dernière étant considérée comme rare et comme étant le fait d’individus déséquilibrés. Dans les années septante, sous l’influence de militantes féministes anglo-saxonnes qui ouvrent des refuges pour femmes battues et portent la question de la violence conjugale sur la place publique, ce phénomène jusque-là occulté est posé comme problème socio-politique. C’est dès lors que les sciences sociales vont s’y intéresser, à travers deux grands courants de recherche. Le premier est constitué par des études portant sur la violence subie par les femmes au sein de la famille et postule, en se fondant sur les prémisses théoriques féministes, que cette violence est spécifique. Ilc il est nécessaire de l’étudier indépendamment des autres types de violence familiale qui relèvent d’autres logiques. Le deuxième courant de recherche, issu de la sociologie de la famille, a pour objet la violence familiale et considère la société et ses institutions comme des systèmes consensuels qui embrassent dans la même problématique l’ensemble de la violence qui se déroule dans le cadre familial. L&#039;ouvrage de Gillioz et all. mentionne également les travaux de Strauss, Gelles et Steinmetz (1977), à partir desquels a été tiré l&#039;affirmation que les femmes sont aussi violentes que les hommes. C’est à ce moment qu’apparaît le concept du &amp;quot;mari battu&amp;quot;, des résultats tirés des statistiques de cette recherche, ont permis à l&#039;un des chercheurs de conclure que ce qui était le plus sous-estimé n’est pas la femme battue, mais le mari battu. La validité scientifique reste toutefois fortement contestée, nous en trouvons les arguments dans l’ouvrage de Gillioz, De Puy et Ducret. &lt;br /&gt;
Cette revue de littérature se conclut par l’approche systémique de Perrone et Nannini (1995) qui proposent leur livre comme un manuel à l’usage des professionnels appelés à intervenir auprès des familles. Leurs présupposés considèrent que la violence n’est pas un phénomène individuel, mais la manifestation d’un phénomène interactionnel. La violence est ainsi un mode particulier de communication entre partenaires qui sont tous impliqués et par là même responsables au sens interactionnel du terme. Comme Yvon Dallaire, les auteurs ne considèrent pas les acteurs de la violence conjugale en termes de &amp;quot;victime-agresseur&amp;quot;, ni en termes &amp;quot;hommes-femmes&amp;quot;. Les objectifs et les enjeux que ces deux auteurs proposent s’appuient sur l’idée que chacun doit devenir et se penser responsable de ses propres comportements. C’est également selon cette optique que certains &amp;quot;cliniciens&amp;quot; abordent en partie la question dans leur article (Rey, H et al. 2006). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Des recherches complémentaires nécessaires&lt;br /&gt;
Choix et méthodes ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En fonction des éléments de la problématique développée jusqu’ici, l’objectif de la recherche a consisté à y voir plus clair en tentant de répondre à la question posée, « comment le phénomène de l’homme battu s’inscrit dans le paradigme de la violence conjugale » ainsi qu’aux questions complémentaires citées dans l’introduction ?  Afin de prendre une nécessaire distance vis-à-vis du regard que propose la revue de littérature, il est nécessaire d’orienter les recherches sur d’autres sources d’informations diverses. Il est dès lors intéressant d’examiner si des statistiques existent sur les &amp;quot;hommes battus&amp;quot; et sur les &amp;quot;femmes battues&amp;quot; et dès lors de voir si celles-ci peuvent éclaircir les questions posées. Pour cela nous avons choisi de travailler à partir des statistiques des centres Lavi disponibles à l’office fédéral de la statistique. &lt;br /&gt;
Dès lors que le phénomène des &amp;quot;hommes battus&amp;quot; s’inscrit dans le cadre de la violence conjugale notre choix s’est porté également sur la recherche d’éléments de compréhension dans une série de revues spécialisées : « Thérapie Familiale », revue internationale en Approche Systémique, dont nous avons retenu les numéros mentionnant explicitement des articles sur la violence conjugale ou domestique (1995, Vol. 16 no 3 – 1999, Vol. 20 no 4 – 2000, Vol. 21, no 4 – 2001, Vol. 22 no 4).    &lt;br /&gt;
De plus, pour avoir une vision plus globale, une revue d’articles de presse étudiant quelques articles récents peut être pertinente. Nous avons sélectionnées des articles toujours sur le thème de la violence faite aux femmes et / ou aux hommes. Amnistie: Le magazine pour les droits humains, No 44, février 2006   interviews thématiques du Dr Vannotti, médecin adjoint à la Policinique de Lausanne et de  Madame Yakin Ertuk, rapporteuse spéciale de l&#039;ONU sur la violence contre les femmes ; Amnistie, Journal d&#039;action pour les droits humains, janvier 2006 ; Repère Social, No 73, février 2006, article : quand le sexe faible est violent ; Le Courrier du 18 mai 2005, article relatant le 1ier congrès de la condition masculine. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Enfin, nous avons opté pour une recherche mettant en œuvre la conduite de plusieurs entretiens compréhensifs semi-directifs auprès de professionnels de la prise en charge de la violence conjugale ainsi qu’auprès de &amp;quot; victimes &amp;quot; masculines qui accepteraient de nous apporter leur témoignage. A cet effet, nous avons trouvé pertinent de construire deux types de grilles d&#039;entretiens, l&#039;une pour les professionnels, l&#039;autre pour les hommes &amp;quot;victimes&amp;quot;. Malgré la promesse d&#039;anonymat, nous n&#039;avons pas pu enregistrer les entretiens. De ce fait, nous basons nos propos sur les notes retenues. Chaque entretien s&#039;est déroulé, pendant une heure trente, dans un lieu décidé par la personne interviewée. Nous avons mené, dans notre phase d&#039;investigation de terrain, quatre entretiens, dont deux avec des &amp;quot;victimes&amp;quot; masculines de maltraitance conjugale. Nous avons rencontré Denis Chatelain, co-fondateur de l&#039;association Vires. Cet organisme de traitement et de prévention de la violence exercée dans le couple et la famille, vient en aide aux personnes qui ont recours à la violence. Nous avons aussi rencontré la fondatrice d&#039;une fondation prenant en charge des femmes violentes, qui a souhaité garder l&#039;anonymat. Toutefois, il est possible de dire que l’objectif premier de cette association est la prévention de la maltraitance et la violence auprès des enfants, personnes âgées et conjoints. Nous avons réussi, à travers une association luttant pour la condition masculine, prendre contact avec deux hommes se déclarant comme &amp;quot;battus&amp;quot;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous étudierons également des sources  issues de la Loi Fédérale sur l’aide aux victimes et de Amnesty internationale tout comme des revues spécialisées dans le domaine de la thérapie familiale et plus particulièrement les articles concernant la violence domestique. &lt;br /&gt;
Ces éléments correspondent à ce que l’on pourrait appeler une &amp;quot;recherche sur le terrain&amp;quot;. &lt;br /&gt;
Nos sources seront ainsi multiples : entretiens ; revue de presse ; statistiques ; revues spécialisées. L’analyse des contenus du matériel récolté, prendra pour point d’appui la désignation des acteurs de la violence conjugale, en termes de stéréotypes (stigmatisation) et dans une approche de &amp;quot; genre &amp;quot; étudiant les rapports sociaux hommes-femmes par rapport à cette thématique, ainsi que les rapports victimes-agresseurs qui s’y rattachent. L’analyse devrait ainsi permettre de réunir des points de vue différents et ainsi de confirmer ou d’infirmer, voire de &amp;quot;tempérer&amp;quot; ce qui ressort dans la revue de littérature en fonction des auteurs choisis.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Résultats des recherches==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans divers articles de presse&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout d&#039;abord, Amnesty affiche une grande visibilité de la problématique de la violence conjugale, grâce à son magazine pour les droits humains (février 2006), son journal d&#039;action (janvier 2006) et son site internet, qui tous trois évoquent récemment la violence domestique. En effet, Amnesty a commencé en mars 2006 sa campagne suisse « En route contre la violence domestique », dont l&#039;action principale consiste en un tour de plusieurs cantons du mobile home &amp;quot;sweet home&amp;quot; afin de briser le tabou qui entoure la violence dans le couple, d’améliorer les interventions de l’Etat contre la violence domestique, et de sensibiliser le grand public, en particulier les jeunes et les hommes, notamment dans les régions rurales. Les revendications d’Amnesty International en matière de violence domestique repose sur l’obligation de l’Etat d’agir contre cette forme de violation des droits humains. Car aujourd’hui si la visibilité du débat public sur la violence domestique s’est améliorée, les menaces, coups, contraintes, viols et meurtres auxquels les femmes sont souvent exposées dans leurs quatre murs constituent un sujet rarement perçu comme relevant des droits humains. De la sensibilisation est encore nécessaire pour considérer que l’empêcher ne relève pas de la sphère privée des couples et des familles concernées, et ne pas l’assimiler à un « problème de femmes », mais à une mission publique, qui touche tout le monde. Pourtant il s’agit bien de droit à l’intégrité physique et psychique : droit à la liberté et à la sécurité, droit à la santé, droit à l’absence de torture ou d’autres traitements dégradants et même souvent le plus, droit à la vie. La position d&#039;Amnesty International quant à la violence domestique consiste à considérer sa cause dans les rapports inégalitaires de sexe. L&#039;accent est mis sur les représentations sociales qui ne cessent de faire le lien entre violence et masculinité. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le numéro du journal Repère Social de février 2006 s&#039;intitule « Quand le sexe faible est violent » et à travers le prétexte de l&#039;ouverture récente à Lausanne d&#039;un accueil pour femmes violentes, aborde ce sujet trop rarement médiatisé de la violence des femmes. L&#039;auteur, Geneviève Praplan, présente les associations Vires et Face à Face à Genève, et Violence et famille à Lausanne. Cette dernière institution travaille depuis sept ans avec des hommes violents, mais accueille depuis novembre 2005 également des femmes violentes. Le Coordinateur et plusieurs intervenants ont été formés au Québec, auprès d&#039;OPTION, institution pionnière fondée par le psychothérapeute Jacques Broué en 1985. A Violence et Famille, c&#039;est ainsi sous forme de thérapie de groupe que se déroule l&#039;accompagnement, après quelques entretiens individuels. Le processus de réflexion engagé avec les auteur(e)s est le même pour les hommes que pour les femmes. Néanmoins, il est spécifié qu&#039;il faut être spécialement vigilant avec les femmes, en vérifiant qu&#039;elles ne sont pas &amp;quot;davantage des victimes que des agresseurs&amp;quot;. De plus, rapidement le lien entre passé et présent doit se faire. &amp;quot;Hommes et femmes ne sont pas forcément égaux devant leur violence&amp;quot;: dans l&#039;inconscient collectif masculin, il est nécessaire d&#039;affirmer sa virilité, la violence masculine est ainsi plus facilement excusée. Au contraire, les rôles sociaux attribués aux femmes font qu&#039;on la juge plus sévèrement si elle fait usage de violence, mais leur permet de reconnaître moins difficilement que les hommes leurs actes violents. L&#039;auteur met en avant que les chiffres manquent quant à l&#039;ampleur de la violence féminine, surtout exercée envers ses enfants. Par ailleurs les préjugés quant aux données socio-économiques des auteurs de violence perdurent. Cela est en partie dû au fait que les familles en situation précaire sont plus aisément repérées par les services sociaux, vu l&#039;étendue de leurs besoins. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le Courrier du 18 mai 2005 relate et questionne le 1ier congrès international de la condition masculine a eu lieu à Genève le mars 2003. (en 2005 a eu lieu à Montréal).  L’auteure de l’article Virginie Poyetton nous dit que ces colloques font partie d’un mouvement plus large qui met en avant « la crise de la masculinité »  en réaction à l’émancipation « trop » radicale des femmes. Si ce courant est minoritaire au sein de la gent masculine, il participe d’une tendance qui remet en question l’avancée des droits des femmes. &lt;br /&gt;
Les masculinistes (nom que se sont donnés les défenseurs de la condition masculine) pensent que le féminisme les a forcés à changer et depuis ils se sentent dépossédés de leurs  identités et de leurs droits. Ils souffrent d’injustices : discrimination  positive au travail faveur des femmes, préjugés favorables aux mères en cas de divorce, fausses allégations de violence ou d’inceste, pensions alimentaires disproportionnées, hausse du décrochage scolaire chez les garçons, augmentation de la prescription d’antidépresseurs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===La violence conjugale :d’où vient ce concept, comment a-t-il été défini, comment s’institutionnalise-t-il ?&lt;br /&gt;
historique, définitions, statistiques et cadre légal===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Aborder le problème social de la violence conjugale incite à faire un retour vers les années 1970. C’est à cette époque que l’on peut situer les premières recherches sur ce thème mettant en question le mythe de la famille non violente. Les militantes féministes amènent la question de violence conjugale sur la place publique et le posent comme un problème socio-politique. La question de la violence est abordée comme conséquence des rapports de domination, c&#039;est-à-dire des effets de l’exercice d’une influence déterminante d’un groupe, les hommes, sur un autre, les femmes. Tout rapport de domination suppose, en effet, en dehors du rapport de pure violence, un système de justification visant à obtenir un minimum de &amp;quot;volonté d&#039;obéir&amp;quot; de la part des assujettis, note le Petit Robert. &lt;br /&gt;
Les sciences humaines vont s’y intéresser. De nombreuses études sont entreprises dans les années 1970 et 1980 dans le but de décrire la violence domestique, de pouvoir la chiffrer, de chercher à l’expliquer, d’étudier ses conséquences sur les victimes, et d’examiner les réponses sociétales à ce problème. &lt;br /&gt;
Les résultats de l&#039;une de celle-ci, Straus et al.(1977) permettent de dire que femmes et hommes admettent recourir à des tactiques de violence dans des situations de conflits. Ce résultat est basé sur le &amp;quot;Conflict Tactics Scales&amp;quot; (CTS), échelles centrées sur les tactiques de gestion des conflits, qui intègrent une série de comportements allant des plus rationnels aux plus violents. Cette étude permettra à l’une des auteur-e-s, Steinmetz, de tirer la conclusion de l’existence du « syndrome de l’homme battu ». Ce qui sera contesté pour insuffisances méthodologiques. Depuis la plupart de chercheurs et chercheuses renoncèrent à utiliser ce concept. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’institutionnalisation du concept de violence domestique&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les centres LAVI et les politiques de prise en charge&lt;br /&gt;
 (contexte suisse et suisse romand)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une loi fédérale est votée (4 octobre 1991), sur l’aide aux victimes. Elle démontre que être « victime de violence» constitue maintenant une déviance secondaire. Les plaignants sont identifiés, l’état institutionnalise leur prise en charge, les centres Lavi sont créés et les consultations augmentent au fil des années. Et si la notion même de « victime » est large, accidenté de la route, attentats, viol, contrainte sexuelle, séquestration, elle comprend spécifiquement les violences domestiques. &lt;br /&gt;
Dès lors, elle permet également aux femmes victimes de violence conjugale d&#039;être reconnues, visibilées et aidés. &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Des centres Lavi, issus de cette loi, sont créés sur le territoire suisse. Ils ont  pour but de fournir une aide efficace (conseils, la protection de la victime, la défense de ses droits dans la procédure pénale et l’indemnisation et la réparation morale) aux victimes d’infractions ou d’une atteinte directe à son intégrité corporelle, sexuelle ou psychique et à renforcer leurs droits. &lt;br /&gt;
La police est tenue d’informer les victimes  en transmettant les coordonnées de celle-ci au centre Lavi. On peut constater que ces centres apportent une aide immédiate et des prestations fournies gratuitement ( frais médicaux, d’avocat ou de procédure peuvent également être pris en charge. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous constatons également l’étatisation de la prise en charge de la formation du personnel des centres Lavi, et la spécialisation des professionnels qui y sont impliqués. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On peut constater que la prise en compte de la situation des femmes dans le cadre de la violence domestique évolue petit à petit. Il est intéressant de suivre le dépôt d’une initiative parlementaire le  14 juin 2000, par la Conseillère Ruth-Gaby Vermot-Mangold. Ce n’est qu’en novembre 2005, que le  Conseil fédéral propose un nouvel article 28b dans le code civil visant à protéger la victime de violence ou de harcèlement en lui donnant le droit de requérir le juge d’instruction d’interdire à l’auteur de l’atteinte de l’approcher, de fréquenter certains lieux ou de prendre contact avec elle. Le nouvel article amène une notion nouvelle, celle de la prévention de la violence domestique, nouvelle tâche des centres Lavi,  pour éviter la violence et sa récidive.  &lt;br /&gt;
Le Code pénal sera modifié en ce sens en juin 2006. Désormais les actes de violence domestique seront poursuivis d’office et non plus sur plainte de la victime.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Statistiques des centres Lavi.===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous espérions obtenir des informations statistiques sur la violence conjugale, or, celles que nous avons pu obtenir par l’intermédiaire de l’office fédéral de la statistique ne peuvent être utilisées que très partiellement. En effet, jusqu’en 2004, les centres Lavi recensaient le nombre de consultations et non pas les personnes. Une consultation peut se rapporter à une infraction commise à plusieurs reprises et une même personne peut être comptabilisée plusieurs fois en l’absence d’indicateur de personnes. Il faut également préciser qu’il n’est pas possible de repérer exactement s’il s’agit de violence conjugale. Les chiffres qui peuvent être intéressants pour nous résultent d’un croisement des items : relation familiale auteur – victime, sexe de la victime, sexe de l’auteur présumé.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Si nous prenons l’année 2004 comme référence, les chiffres nous donnent une idée intéressante sur la question qui nous occupe, à savoir la violence féminine et masculine : &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Toutefois, il semble important de se questionner sur la mise en forme de certains items. En effet, comment comprendre « avec auteurs présumés de sexe masculin » ? Quelle utilité cet intitulé peut apporter aux concitoyens ? Quelle différence effective avec les auteurs réels de ces actes ? Comment interpréter l’absence des items « avec victimes de sexe masculin » et « avec auteurs présumés de sexe féminin » ? Dans ce cas faut-il comprendre que les femmes victimes consultent plus, alors que les hommes restent cachés?  Quelle réalité se cache derrière ces chiffres?  &lt;br /&gt;
De plus, Jean-Philippe BRANDT, du service de presse &amp;amp; relations publiques de la Police de Genève, informe qu’ « il n’est pas fait de différences quant au sexe de la victime en ce qui concerne les violences conjugales. » Comment dans ces conditions, donner une validité fédérale à des statistiques qui ne peuvent pas prendre en compte des réalités cantonales ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Revue &amp;quot;Thérapie Familiale&amp;quot;===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous avons jugé opportun d&#039;analyser des numéros de Thérapie Familiale, une revue trimestrielle d&#039;orientation systémique. Cette source représente en effet le point de vue théorique et le constat des pratiques des thérapeutes de famille. Il est pertinent de se demander à quel point le discours de ces professionnels de la famille influence la société et est en retour influencé par elle. Les catégories victime-agresseur y sont-elles aussi clairement définies que dans le sens commun et certains discours? Fait-on une différenciation au niveau de l&#039;étiologie de la violence et de ses conséquences selon le genre? Le contact avec les patients remet-il en question certaines pratiques thérapeutiques et fait-il avancer les models conceptuels? Pour répondre à ces interrogations, nous avions à disposition tous les numéros parus depuis de nombreuses années afin d&#039;observer à quelle fréquence et sous quelle forme la thématique des violences conjugales était abordée. Nous avons porté notre choix sur la période allant de 1995 à 2001, pendant laquelle quatre numéros contiennent des articles dédiés à notre sujet. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les deux premiers numéros analysés, datant de 1995 et de 2000 sont riches d&#039;informations car rédigés par les mêmes auteurs, qui font part de l&#039;évolution de leur réflexion durant les cinq ans écoulés. Le numéro de 2000 a été écrit par des thérapeutes colombiens, ce qui nous montre la préoccupation internationale des thérapeutes de famille autour de la violence conjugale et leur désir d&#039;échanger à ce sujet. Quant au dernier numéro pris en compte, celui de 2001, il présente la synthèse des théories les plus utilisées à propos de la violence domestique. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les auteurs des deux premiers numéros analysés sont membres de l&#039;association française Vivre sans Violence, issue d&#039;observations de professionnels travaillant avec des femmes victimes de violence conjugale. Autour de 1985 il y eut de nombreuses interrogations sur les pratiques, mettant en avant les limites de la prise en charge d&#039;alors: les femmes retournaient le plus souvent au domicile conjugal, où les violences reprenaient. De plus, peu de femmes se sentaient prêtes à faire un travail de réflexion sur les événements de violence vécus. Les professionnels ont trouvé certaines réponses en s&#039; inspirant du modèle québécquois de prise en charge des hommes violents de Robert Philippe. La conscience de la nécessité de s&#039;intéresser également aux agresseurs a ainsi émergé et les premières structures de soutien aux auteurs de violence ont apparu.  Les auteurs préconisent par ailleurs un changement: le départ de l&#039;auteur des violences du foyer plutôt que celui de la victime. Cela peut constituer en effet une violence supplémentaire à la femme, et signifie à l&#039;agresseur qu&#039;il est laissé seul&amp;quot; dans un état de dangerosité contre lequel nul, même pas la loi, ne peut le protéger&amp;quot;. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les auteurs réfutent l&#039;idée traditionnelle considérant un couple violent comme dysfonctionnel. Ils font référence à Watzlawick et à sa théorie de la communication, envisageant ainsi la violence comme un acte de communication tout comme les comportements réactifs telle la passivité. Ainsi, la victime également communique quelque chose à son agresseur. La violence est un mode d&#039;échange qui a été appris, et n&#039;est donc pas inné.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Leur intervention vise la modification des patterns d&#039;interaction ainsi qu&#039; un « travail sur les représentations différentes que l&#039; homme et la femme se donnent et nous donnent, de leur vécu de la violence ».  Soulignons qu&#039;en 1995, il n&#039;y a pas d&#039;injonction thérapeutique pour les auteurs de violence dans le couple, les consultations sont donc uniquement volontaires pour les agresseurs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1999, les mêmes auteurs, dans un numéro consacré au thème « Des violences » expliquent  l&#039; évolution de leur réflexion quant à la notion de responsabilité. Ils reviennent sur leur idée de co-responsabilité, de relation complémentaire. Actuellement(en 1999) ils différencient les actes violents en deux catégories: les comportements interactifs vs délits/crimes. En conclusion, les deux acteurs ne sont pas à égalité dans l&#039;interaction: il y a une hiérarchie dans les responsabilités. La victime n&#039;est pas responsable des coups qu&#039;elle reçoit, mais les deux sont responsables du maintien de l&#039;interaction dans laquelle les comportements de violence deviennent redondants et structurants. Les auteurs se démarquent du québécquois R. Philippe en précisant que les violences conjugales ne peuvent se produire que dans un contexte de consensus socio-culturel. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous constatons donc grâce à l&#039;analyse de ces deux articles, que les professionnels thérapeutes de famille de par leur pratique, sont menés à une réflexion sur les catégories de victime-agresseur, liées à la notion de responsabilité. De la prise en charge des femmes victimes, et face à ses limites, les thérapeutes commencent à prendre en charge des auteurs de violence.  Concepts et pratiques dialoguent sans cesse, puisque reconnaître la nécessité de prendre en charge les deux membres du couple est uniquement compatible avec des théories ancrant l&#039;étiologie de la violence dans les processus interactifs et communicatifs. Le monde de la thérapie familiale a donc une longueur d&#039;avance sur la dichotomie victime-agresseur prégnante dans le sens commun, dans certaines campagnes de sensibilisation pour le grand public, et dans la loi. Par exemple les auteurs prônent en 1995 déjà l&#039;éloignement de l&#039;auteur de violence du domicile, alors qu&#039;en Suisse ce n&#039;est qu&#039;actuellement, en juin 2006, que cette mesure passe dans la loi. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;expérience des thérapeutes colombiens, relayée dans un numéro datant de 2000, nous montre une initiative étrangère originale. A Bogota  il existe des &amp;quot;commissariats de famille&amp;quot; depuis 1996 qui consistent en un &amp;quot;espace de conversation et de concertation dans le but de protéger, d&#039;assister et de guider les familles à propos de leurs droits fondamentaux et de les informer quand aux façons de résoudre les conflits internes.&amp;quot; Plus concrètement, une assistance légale, sociale, médicale et psychologique est dispensée dans ces lieux. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les auteurs sont en accord avec Perrone et Nannini, postulant que la violence n&#039;est pas une maladie, mais un choix et un moyen de contrôle. La responsabilité est à nouveau un thème abordé puisqu&#039;ils postulent que tout individu est garant de sa propre sécurité, en précisant que  chacun peut devenir violent dans un contexte déterminé. Encore une fois, c&#039;est donc l&#039;accent sur le contexte, culturel ou interactif, qui provoque la violence, plutôt que des caractéristiques individuelles.  &lt;br /&gt;
Dans son article Déconstruction des idées reçues sur la violence : une alternative à la violence. Kuenzi-Monard présente un Panorama des théories les plus utilisées : L’auteure les répartit selon 7 niveaux :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1.les théories qui localisent la violence à l’intérieur de la personne : la violence est basée sur un problème de santé mentale ; la théorie de l’impulsivité, le manque de contrôle de soi. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
2.les théories qui localisent la violence dans le développement : les théories développementales de la violence et de l’apprentissage (expliquent l’abus comme une répétition de comportements pathogènes au sein des familles) ; la théorie du blocage d’origine psycho-sexuel (la personne est bloquée à un stade de son développement). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
3.les théories qui localisent la violence au sein des relations humaines : la théorie du contenant (capacité X de tolérer des frustrations, insatisfactions ou colère. Au-delà, c’est l’éclat) ; conséquence : l’homme a peu de possibilités de contrôler cette tension, donc peu de responsabilité quant aux éléments extérieurs qui viennent le saturer. le modèle de la frustration-agression : si je suis frustré, j’agresse. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
4.les théories qui localisent l’abus dans des blocages de la communication : la personne violente souffre d’un pauvre développement des qualités sociales et relationnelles. Modèle explicatif intéressant mais qui ne donne pas d’alternative pour apprendre d’autres stratégies. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
5.Les théories qui considèrent la violence comme l’effet d’un état chimique différent, comme la conséquence de l’utilisation d’alcool ou de drogues : la théorie de la désinhibition. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
6.les théories circulaires sur la violence : celles-ci localisent la violence et la comprennent comme générée au sein d’interactions. La violence occupe une fonction homéostatique, le maintien de l’équilibre de la famille. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
7.les théories féministes : l’explication féministe ou socio-culturelle qui voit la violence comme prenant sa source dans les structures sociales. La violence et le comportement abusif sont compris, favorisés, voire encouragés par le fonctionnement social. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
8.la théorie fonctionnelle de Léonore Walker : la violence est une explication dynamique, fonctionnelle et non pas causale. La violence fonctionne sur trois phases distinctes, tension, épisodes violents, lune de miel. Walker démontre que la violence est un cercle addictif, les prisonniers de la violence sont dans un cercle infernal. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’approche de Kuenzi-Monard : la théorie des limites. Elle est basée sur les travaux de Bateson qui prônait qu’une explication « négative » ou « en mouvement » d’un évènement est préférable à une explication « positive » ou « statique ». Ce type d’explication génère du mouvement, incite à s’orienter vers les conséquences des faits et ainsi vise à une prise de responsabilité. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’auteure conclut qu’il est essentiel de faire une distinction entre l’explication causale et une limitation. L’explication causale clive la dynamique déjà polarisée entre victime et bourreau, elle maintient la violence plutôt qu’elle ne l’élimine. Elle constate que souvent il existe une rupture entre l’intention et l’action du psychothérapeute. Elle pense que le clinicien influence et est influencé par les questions qu’il pose. Les questions linéaires tendent à produire des raisonnements linéaires, il faudrait ainsi favoriser les questions circulaires, ouvrant de nouvelles possibilités.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le nombre de ces théories, par ailleurs très variées, est on le voit  abondant. Il est aisément compréhensible que l&#039;adhésion à l&#039;une ou l&#039;autre de ces théories, liées à des étiologies différentes de la violence, implique des interventions également différentes. &lt;br /&gt;
Dans notre travail, nous avons principalement abordé les théories féministes ou socio-culturelles et les théories circulaires, dont fait partie l&#039;approche systémique. La théorie fonctionnelle est également très présente dans les réflexions des thérapeutes, et la théorie des limitations est en expension. Ces théories ont en commun de ne pas prendre l&#039;individu comme centre de la problématique de la violence conjugale, mais plusieurs individus et leur relation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour conclure cette analyse des numéros de Thérapie Familiale, une différence flagrante apparaît entre les discours des professionnels publiés dans cette revue de systémique et les discours du sens commun, circulant au quotidien. En effet, les thérapeutes toujours en recherche d&#039;affinement de leurs concepts, par confrontation à la pratique, sont passés par tout une évolution théorique, prenant en compte les deux membres du couple, et débattant passionnément les questions de responsabilité et les notions de victime-agresseur. A l&#039;opposé, les causes de la violence conjugale les plus fréquemment évoquées et ancrées dans les représentations de la population se situent plutôt à un niveau individuel. Une partie est liée au genre, naturalisant les différences de sexe (la violence est inhérente à l&#039;homme, la douceur et la fragilité à la femme...); un autre type d&#039;explications courantes ramène le problème à des causes  individuelles  (alcoolisme, problèmes personnels...), voire psychologisantes  (trouble psychique, traumatismes dans l&#039;enfance, sado-masochisme...). Les catégories victime et agresseur sont clairement séparées dans le sens commun, tout comme l&#039;attribution du terme victime à la femme, et agresseur à l&#039;homme. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Propos issus de quelques entretiens===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’homme battu existe &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour confronter les stéréotypes affiliés aux genres, nous avons cherché à interviewer des hommes battus. Paul et Luc (prénoms d’empreint) ont un point commun : leur passé d’homme maltraité. Ils ont été, tous les deux, physiquement battus par leur conjointe. Toutefois, il semblerait que la problématique de l’homme violenté intègre, dans sa forme globale, une autre forme de violence, une violence psychologique. Il ressort des entretiens que la forme physique ne semble pas être la forme de violence qui marque le plus. Pour essayer de comprendre au mieux le vécu violenté de ces hommes et plus généralement de toute personne impliquée dans des relations violentes, nous avons questionné la littérature ainsi que des professionnels de terrain. &lt;br /&gt;
Pour la travailleuse sociale, Sophie Torrent (2001), « la nature de la violence [à l’égard de la gente masculine] et ses modes d’expression traduisent, dirait-on, une violence spécifiquement féminine, subtile, qui atteint l’intégrité psychique de l’homme.» (p.33). L’homme victime de violence psychologique semble atteint surtout dans sa masculinité, plus précisément dans la représentation de la masculinité qui lui a permis de construire son identité. &lt;br /&gt;
« Le harcèlement que j’ai vécu par cette femme tyran m’a amené à perdre, pendant quelques temps, mon identité masculine… C’était quoi être un homme ? Je ne savais plus faire l’amour comme il faut en quittant ma femme. J’ai du réapprendre à accepter de prendre du plaisir. » Luc &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La violence ; une histoire d’homme ? &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Alors que nous venons de découvrir avec stupéfaction certaines réalités d’hommes maltraités par leur conjointe, comment traiter ces vérités face à notre idéal féminin construit ? Comment même penser à la violence des femmes, alors que celle que l’on exerce à leur égard est de loin la plus établie, la plus reconnue et de ce fait la plus portée par les médias ? De nos jours, la société reconnaît et prend en charge la femme violentée, qu&#039;en est-il de la femme violente ? Il est commun d’entendre qu’une femme violente est une femme malade psychologiquement ou encore que cette dernière n’agresserait que pour se défendre. Pour la psychothérapeute Diane Chayer, ( citée par Ruel &amp;amp; Guéricolas, 1998), il semblerait qu’il n’y ait tout simplement pas de permission sociale à la violence des femmes. « La société dit qu’il est presque normal pour un homme d’être violent. Mais une femme violente, c’est une extraterrestre. » &lt;br /&gt;
Pour Yvon Dallaire, « la femme violente peut ressentir de la fierté pour avoir battu plus fort qu’elle. Et la société ne la dénigre pas, elle cherche plutôt à la comprendre et à l’excuser, compatissant souvent à son sort. » (p26) A contrario, pour la responsable d’une structure acceuillant des femmes violentes, « celles et ceux qui passent de la parole aux actes souffrent, ils ont besoin d&#039;aide et y ont droit. Toutefois, la femme violente souffre de discrimination ; on ne veut pas lui reconnaître sa violence. » Il semblerait alors que, paradoxalement, la femme violente souffre des mêmes maux sociaux que l’homme maltraité. Une nouvelle fois, il semblerait que les stéréotypes, affiliés aux genres, décident de ce qui peut être acceptable ou pas. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le statut de victime/agresseur &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La responsable d’un établissement prenant en charge des femmes violentes nous apprend qu’il est difficile de tenir le fil rouge concernant les rôles de victime-agresseur. « On est là pour travailler sur la violence des femmes, en tant qu’auteures de violence et non en tant que victimes. Très souvent, ça dérape en justification des actes qui déplace la position d’agresseuse à celui de victime. » Il semble que souvent, l’agresseur se voit comme victime. Responsabiliser les acteurs(trices) de violence, c’est les aider à prendre conscience de leur violence. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Responsabilité dans la violence &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La question est partagée. Alors que pour beaucoup, la responsabilité de la violence doit être assumée par son auteur(e), pour d’autres, elle doit être partagée. En effet, pour Denis Châtelain, co-fondateur d’une association prenant en charge des auteur(e)s de violence, « il faut prendre en compte le potentiel de violence de la victime dans la compréhension de la dynamique ». Pour la responsable d’une association accueillant des femmes violentes, « il est impossible de faire un tel travail si l’on part du principe d’une co-responsabilité dans la réalisation de la violence. En effet, on ne peut pas se permettre de déraper sur l’aspect empathique et comprendre voir d’excuser l’acte de violence au nom d’un statut de victime reconnu. Pour nous, l’acte violent n’est pas excusable, il est inadmissible quelque soit sa source ou sa justification. Ce qui nous paraît important c’est de faire en sorte de ne plus jamais en avoir à arriver là. » &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La prise en charge de la violence &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comment aborder la problématique de la violence conjugale et plus particulièrement celle des hommes maltraités et des femmes violentes ? Alors qu’Yvon Dallaire se demande si l’on « ne pourrait pas exploiter l’expertise des centres d’accueil pour femmes au profit des hommes battus et l’expertise des groupes d’entraide pour homme violents au profit des femmes violentes ? » (p29), la responsable d’une structure accueillant des femmes actrices de violence répond que « pour aider les femmes actrices de violence, il faut appliquer un traitement différencié. Les raisons étant parce qu’on n’éduque pas de la même façon une petite fille et un petit garçon, le rapport au féminin n’est pas le même. La violence masculine est légitimée. Par contre, on ne reconnaît pas ce droit à la femme. Cela étant dû aux stéréotypes de mère protectrice d’une part. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Point de situation &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mouvement féministe …et&lt;br /&gt;
A ce stade de notre article, nous pouvons établir difféents constats. Tout d’abord, la découverte de la violence conjugale et de ses effets a pour origine le questionnement du mouvement féministe. Celui-ci repris par des chercheur-e-s, a confirmé et précisé le phénomène de la violence conjugale. &lt;br /&gt;
La notion d’homme battu, qui nous avions posée comme une construction récente, date des premières recherches sur ce domaine, le syndrome de l’homme battu, développé par une chercheuse du l’équipe de Straus et al. a été un concept rapidement abandonné. Les défauts dans l’opérationnalisation du concept de violence, dans la méthode et dans l’interprétation des données de l’enquête effectuée à l’aide du Conflict Tactics Scales ont été largement reconnus. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
…évolution sociale et réponses masculines&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous pouvons poursuivre nos constats à partir des travaux d’une chercheuse, rencontrée au détour d’un article de presse, Pascale Molinier, d’une tension qui s’avive entre hommes et femmes dans les années 1980. Certains hommes pro féministes tiennent un discours optimiste concernant la constitution d&#039;une société nouvelle et égalitaire et reconnaissent la domination masculine comme clé d&#039;un changement possible. D&#039;autres hommes tiennent un discours alarmiste et insistent sur le malaise identitaire engendré par cette modification des rapports sociaux source de perte de repères. &lt;br /&gt;
A partir de là, un autre phénomène apparaît, nous découvrons que des groupes d’hommes se forment autour d’auteurs, (Guy Cornaux au Canada, Jacques Salomé en France, ou plus récemment Y. Dallaire qui avec John Goetelen a organisé le premier Congrès international de la condition masculine à Genève en 2003) avec comme but de réfléchir à l’identité masculine fragilisée.  C&#039;est dans cette mouvance que l’on trouve aujourd&#039;hui les protagonistes d&#039;un détournement de la violence masculine au profit d&#039;une violence exercée contre les hommes par les femmes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La violence domestique, une réponse étatique et institutionnelle&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Autre constat que nous pouvons déjà faire, la violence conjugale est un phénomène officialisé et les réponses institutionnelles se développent de plus en plus. Il est intéressant de faire le point sur l&#039;ampleur et les lacunes de l&#039;offre associative et institutionnelle, et prenons pour ce faire l&#039;exemple genevois. La brochure « la violence est inacceptable; violence conjugale que faire? » est la référence et est publiée par le Service pour la promotion de l&#039;égalité entre homme et femme, le Centre de consultation LAVI et Solidarité Femmes. De par les caractéristiques même de ces éditeurs, ajouté au fait que la brochure est rédigée par des auteures, c&#039;est à nouveau sous l&#039;angle des femmes victimes que la problématique est abordée. Dans la rubrique « Répertoire d&#039;adresses utiles », nous constatons qu&#039;il existe à Genève des services d&#039;hébergement; des services médicaux; des consultations juridiques; des services de consultations conjugales, familiales et de médiation auxquels peuvent s&#039;adresser des victimes de violence conjugale. Les foyers d&#039;hébergement cités sont des foyers pour les  femmes et leurs enfants exclusivement, dans le cas de difficultés qui ne sont pas restreintes à la violence conjugale, néanmoins dans la pratique ce type de violences représente la majorité des cas. Ce principe de foyer pour femmes en difficultés n&#039;est pas récent, le foyer Arabelle par exemple date de 1964. Solidarités Femmes est la seule association spécifique pour les femmes victimes de violence conjugale. Elle offre écoute; orientiation; information sociale et juridique, hébergement; entretiens individuels et activités de groupe. Excepté l&#039;hébergement, ces prestations sont gratuites. Il existe d&#039;autres services divers pour femmes, tels que Viol-Secours, SOS Femmes, F-Information ou Camarada. Certains organismes sont spécialisés dans les problématiques de violences, sans distinction de sexe, il s&#039;agit des Centres LAVI et au niveau médical du Centre  Interdiscplinaire de Médecine et de Prévention de la Violence des HUG. Dans la brochure de 2001, une seule adresse concerne les auteurs masculins de violence conjugale, il s&#039;agit de l&#039;association VIRES. Il est intéressant et très révélateur de constater que depuis sa fondation en 1994, cette association s&#039;est définie de trois manières distinctes:  d&#039;organisme pour les hommes ayant recours à la violence dans leur couple et dans leur famille, dans un deuxième temps le terme « hommes » a été remplacé par « personnes ». Actuellement c&#039;est l&#039;expression « Organisme de traitement et de prévention de la violence exercée dans le couple et dans la famille. » qui a été retenue. Si les professionnels de VIRES précisent que ce changement d&#039;appellation est consécutif  à une évolution dans la manière de penser et traiter la problématique de la violence conjugale et plus précisément ses sources et ses enjeux, les date de ces évolutions ne sont malheureusement pas précisées. Dans la dernière édition de la brochure sus-mentionnée, parue en 2004, apparaît une nouvelle association, dédiée à la prise en charge des femmes aux comportements violents. Cet organisme créé en 2001 ne se limite pas aux violences exercées dans la sphère familiale. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En conclusion de cet aperçu des diverses offres de soutien sous toutes ses formes adressé aux personnes impliquées dans la dynamique des violences conjugales, une lacune importante transparaît: il n&#039;existe pas à Genève de lieu spécifique aux victimes masculines de violence conjugale, que ce soit un foyer ou un lieu d&#039;information et de soutien. En règle générale, lorsqu&#039;un problème social lié à la violence émerge, ce sont les victimes qui bénéficient en premier lieu de l&#039;institutionnalisation. Par la suite, une réflexion se fait autour des auteurs, considérant qu&#039;eux aussi ont besoin de soutien afin de casser la dynamique de violence. Dans le cas de la violence exercée envers les hommes, les victimes sont ignorées par l&#039;absence de lieu spécifique; alors même que les femmes auteures de violence possèdent une telle infrastructure. Nous pouvons émettre l&#039;hypothèse que cela a un lien avec le stéréotype de femme-victime, la femme perpétrice de violence ayant souvent été elle-même victime, comme nous l&#039;avons vu plus haut. Amnesty relaie cette problématique pour que la violence domestique sorte du domaine privé et soit reconnue comme un problème public. Dans des revues spécialisées différents auteur-es font état de l’évolution des connaissances et des conceptualisations du problème. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’état fédéral se préoccupe de cette question et modifie le code pénal pour améliorer la protection des victimes de violence domestique. Les centres Lavi travaillent à la transformation de leur statistiques en vue également d’améliorer la visibilité de cette forme de violence. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Conclusion==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En fonction de tous les éléments qui précèdent, la conclusion de cet article montre que le concept  de violence conjugale apparu dans les années 1970 a trouvé sa place jusque dans la législation. Néanmoins les discours qui circulent sur ce type de violence sont une construction qui circonscrit la violence dans des stéréotypes caricaturaux stigmatisant à la fois les femmes en tant que victimes et les hommes comme agresseurs. De cette restriction découle la difficulté d’envisager l’existence d’hommes victimes de violence conjugale, et d’égale manière celle de femmes violentes. Cela a comme conséquence pour les personnes concernées une non-reconnaissance sociale, se manifestant par de forts préjugés à leur encontre, et de grandes lacunes institutionnelles. Les professionnels de la violence conjugale (médecins, thérapeutes) ont dépassé cette opposition et ils désignent les acteurs de la violence conjugale à un niveau de co-responsabilité qui ne distingue pas le sexe des protagonistes pour rendre compte de ce phénomène. Il y a ainsi un écart entre les discours dominants et les discours des professionnels, écart perceptible dans l’étude de la littérature et dans l’examen des sources que constituent les revues &amp;quot; thérapie familiale &amp;quot;. Enfin, il faut admettre la thèse selon laquelle la violence conjugale reste un phénomène qui bien que connu de tous, reste difficile à appréhender dans notre société. Criminalisée ici, combattue là, normalisée un peu plus loin. Elle fait partie d’un rapport à l’Autre institué par des règles sociétales contextualisées par un rapport différent d’être au monde « femme » ou « homme ». &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 En effet, il existe des définitions similaires mais superficielles qui varient dans leur développement en fonction des positionnements et des valeurs de ceux qui les proposent. Les statistiques qui rendent compte de la violence conjugale proposent d’autre part des modalités qui ne permettent pas de distinguer précisément les victimes des agresseurs de manière précise et approfondie. Elles ne permettent pas d’affirmer avec précision que les hommes sont aussi victimes de violences, les modalités de genre n’étant pas assez développées dans la prise en compte statistique. Les hommes victimes existent, mais leur visibilité est très faible du fait que c’est un phénomène qui est en train d’émerger comme problème social. Ainsi, la violence conjugale reste un phénomène complexe et confus dans ses définitions. Enfin, on s’aperçoit que la violence conjugale reste un concept en mouvement sur le plan des institutions, qui proposent des possibilités de prise en charge nombreuses, mais néanmoins insuffisantes si l’on considère la prise en compte de la violence faite aux hommes. &lt;br /&gt;
Ces détracteurs pourront s&#039;appuyer probablement dans les années à venir sur les modifications des images féminines, les stéréotypes de la femme douce et soumise ont tendance à s&#039;estomper. Et l&#039;on peut se demander si les jeunes femmes ne se permettront pas plus que par le passé d&#039;exprimer leurs sentiments de colère et violence, là où s&#039;exprimaient auparavant peut-être impuissance, tristesse et dépression.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Difficultés===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le sujet que nous avons abordé tout au long de ce travail est délicat. Nous avons relevé le peu de neutralité émanant des sources existantes sur ce thème, chaque écrit représentant une certaine prise de position, quant à la causalité de la violence conjugale par exemple, ou les convictions cachées derrière l&#039;attribution de statuts victime-agresseur ou victime-victime. &lt;br /&gt;
Cette subjectivité rentre en interrelation avec notre sensibilité propre, individuelle, qui n&#039;est donc pas la même entre les personnes de notre groupe. Le fait que celui-ci soit constitué de deux femmes et deux hommes est très enrichissant, et même primordial quand on s&#039;attèle à ce type de problématique. Néanmoins, cela implique un investissement conséquent en termes de discussion, explicitation des attentes et valeurs de chacun, en redéfinition continuelle de la problématique. &lt;br /&gt;
Dans notre tentative d&#039;objectiver notre problématique, nous ne sommes que très peu aidés par les statistiques. Elles aussi disent ce qu&#039;elles ont envie de dire, et sont sans cesse remises en cause par des détracteurs. La conséquence en est qu&#039;aucune statistique ne sert vraiment de référence consensuelle dans la compréhension de la violence conjugale. Dans les statistiques policières, souvent la violence conjugale n&#039;est pas comptabilisée de manière séparée des autres délits de violence; dans d&#039;autres types de statistiques c&#039;est le genre qui n&#039;est pas retenu comme variable pertinente. En effet, derrière les chiffres, on découvre des définitions très variables de la violence: certains ne prennent en compte que la violence physique; d&#039;autres considèrent que de nombreux petits signes de nature verbale ou psychologique sont un pas dans l&#039;escalade de la violence, et les jugent donc de même poids que des coups. Entre ces deux extrêmes, toutes les variations sont présentes... &lt;br /&gt;
Il est intéressant de relever à quel point certains chiffres sont médiatisés, afin d&#039;avoir un impact sur la population, alors que ces mêmes chiffres sont discutables au niveau statistique. Pour conclure, nous nous sommes rendus compte que malgré une certaine médiatisation, qui n&#039;est pas si récente, de la violence conjugale, nous ne savons pas tellement de choses à ce sujet, ou plutôt il existe peu de consensus, voire la co-existence d&#039;approches inconciliables. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Références bibliographiques ==&lt;br /&gt;
Les lectures citées dans le travail final&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Amnistie: Le magazine pour les droits humains, &#039;&#039;Dossier Combattre la violence domestique&#039;&#039;  No 44, février 2006.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Amnistie, Journal d&#039;action pour les droits humains, janvier 2006.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Dallaire Y. (2002). La violence faite aux hommes. Une réalité tabou et complexe. Québéc: Options santé. [[Résumé du livre]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Gillioz L., De Puy J., Ducret V. (1997). Domination et violence envers la femme dans le couple. Lausanne : éditions Payot. [http://home.etu.unige.ch/~maneira4/R_sum__aeticle.doc Résumé de l&#039;article]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Ruel S. &amp;amp; Guéricolas P. (1998). La violence des femmes : derrière le masque. In Gazette des femmes Vol. 20. (no 4). (Novembre-Décembre 1998).[Version électronique]. Accès le 20 novembre 2005 : &lt;br /&gt;
http://www.gazettedesfemmes.com/recherche/?F=recherche&amp;amp;idt=10075&amp;amp;affart=2866&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Torrent S. (2001). L’homme battu, un tabou au cœur du tabou. Québec: Option Santé. [http://home.etu.unige.ch/~maneira4/fiche%20de%20lecture%20homme%20battu.pdf Résumé du livre ]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Praplan G., &#039;&#039;Quand le sexe faible est violent&#039;&#039; in Repère Social, No 73, février 2006.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Bibliographie ==&lt;br /&gt;
Les lectures utilisées mais pas citées dans le travail final&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Bretonnière-Fraysse et al. (2001). &#039;&#039; De la violence conjugale à la violence parentale&#039;&#039;. Eres [[Résumé|Résumé du livre]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Jackson D., Welzer-Lang D. (1998). Violence et masculinité. Toulouse : imprimerie 34.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Office fédéral de la statistique : Aide aux victimes. Chiffres clés. http://www.bfs.admin.ch/bfs/portal/fr/index/themen/rechtspflege.html&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Rey, H. et al. (2006). Les violences conjugales: pour une clinique du réel. &#039;&#039; Journal International de Victimologie&#039;&#039;. Année 4, No 1. [[Résumé de l&#039;article]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Miguel</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Violence_conjugale:_De_la_femme_battue_%C3%A0_l%27homme_battu...&amp;diff=4277</id>
		<title>Violence conjugale: De la femme battue à l&#039;homme battu...</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Violence_conjugale:_De_la_femme_battue_%C3%A0_l%27homme_battu...&amp;diff=4277"/>
		<updated>2006-06-20T14:46:55Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Miguel : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&#039;&#039;&#039;Membres du groupe&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Chantal Cornut&lt;br /&gt;
* Céline Pittet &lt;br /&gt;
* Jean-Christophe Contini&lt;br /&gt;
* Miguel Maneira &lt;br /&gt;
[mailto:maneira4@etu.unige.ch,contini2@etu.unige.ch,cepittet@hotmail.com,ch.cornut-piller@bluewin.ch Ecrire au groupe]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 [[L&#039;homme battu: le mâle...traité|Notre projet]]  |  [[Plan de recherche: Violence conjugale; un concept en mouvement|Notre plan de recherche]]  |  [[Espace de dialogue|Notre espace de dialogue]]  |  [[Trésorus de notre groupe|Notre île aux trésors]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 Violence conjugale: De la femme battue à l&#039;homme battu...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==« L’homme battu » : un phénomène nouveau ?&lt;br /&gt;
Introduction==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le questionnement qui est à l’origine de ce travail prend source dans la rencontre d’un concept qui semble nouveau de prime abord : &amp;quot;l’homme battu&amp;quot;. Ce concept apparaît dans l’ouvrage récemment publié de Sophie Torrent (2001). Ce livre met en lumière l’existence d’hommes victimes de violences exercées par des femmes à leur encontre, il interroge également les questions identitaires vécues par ces &amp;quot;nouvelles victimes&amp;quot;, à travers la conduite de multiples entretiens. Ces propos peuvent intriguer, parfois rendre perplexe et curieux celui ou celle qui les entendent. Le présent article proposera des recherches bibliographiques qui devraient permettre de découvrir des discours proches des propos de Torrent. Le premier constat est que ce &amp;quot;phénomène&amp;quot; des hommes battus est, dans une moindre mesure, relayé dans d’autres ouvrages qui l’inscrivent dans le cadre plus large de la violence conjugale. Les recherches livresques tenteront ainsi de répondre à la question principale qui guide la recherche : comment le phénomène de &amp;quot;l’homme battu&amp;quot; s’inscrit-il dans le paradigme de la violence conjugale ? Les questions secondaires qui en découlent sont multiples : quand est-ce que ce concept est apparu ? Par qui a-t-il été développé ? Quels sont les discours qui relaient ce concept ou qui s’y opposent ? Les éléments qui composent la revue de littérature qui apparaîtra plus loin permettront d’entrevoir certains points qui semblent être récurrents. On s’aperçoit ainsi que le concept d’&amp;quot;hommes battus&amp;quot; se trouve à chaque fois en tension avec celui de &amp;quot; femmes battues &amp;quot; dans le cadre de la violence conjugale qu’il reste à définir. Nous sommes ici confrontés à deux discours contraires entre des groupes de pressions constitués autour de la &amp;quot;souffrance masculine&amp;quot; et les propos issus de certains discours féministes. cette opposition – qui est caractérisée grossièrement entre les deux discours – se dédouble d’une autre opposition dans la désignation des acteurs de la violence conjugale en termes de victime et d’agresseur. Les  acteurs sont ainsi stigmatisés, avec des stéréotypes qui désignent de manière massive l’homme comme agresseur et la femme comme victime. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==La  violence conjugale : &lt;br /&gt;
où en sommes-nous aujourd’hui ? Des discours en tension.&lt;br /&gt;
Problématique==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La violence conjugale semble être de prime abord un phénomène bien connu de nos jours. Les médias rendent régulièrement compte de ses conséquences, bon nombre d’associations ont été créées pour répondre à l’appel des victimes, une loi sur la protection des victimes a été instaurée, beaucoup de thérapeutes œuvrent également dans ce domaine. Il est question, la plupart du temps, des violences subies par des femmes et exercées par des hommes, il est dans une moindre mesure, question de la violence exercée par des femmes contre des hommes. Ce dernier phénomène reste minoritaire cependant, et fait l’objet de nombreuses critiques. Bien souvent, les discours opposent des mouvements &amp;quot;féministes&amp;quot; à des groupes &amp;quot;masculinistes&amp;quot;, les uns dénonçant sans cesse l’ineffable violence des hommes envers les femmes, les autres dénonçant cette vision de l’homme éternellement &amp;quot; agresseur &amp;quot;, allant jusqu’à affirmer que des hommes sont aussi des &amp;quot; victimes &amp;quot; et que la violence peut aussi être l’apanage des femmes. Ici apparaît le concept &amp;quot; d’hommes battus &amp;quot; qui a émergé dès les années septante. Afin de prendre de la distance vis-à-vis de ces deux positions antagonistes, il s’agit tout d’abord d’étudier ce que disent certains auteurs sur la violence conjugale, à la fois sur la violence subie par les femmes et par les hommes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Ce qu’en disent les livres et leurs auteur(e)s&lt;br /&gt;
Revue de littérature==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette revue de littérature suit la chronologie du questionnement et du cheminement, qui, en commençant part la découverte du concept de &amp;quot;l’homme battu&amp;quot;, conduit à approfondir les recherches au concept de la femme battue et à appréhender dès lors le problème social que constitue la violence conjugale, qui englobe les deux autres concepts. La recherche bibliographique a privilégié les ouvrages qui traitent spécifiquement de l’existence du concept de &amp;quot;l’homme battu&amp;quot;, dans une actualité la plus récente possible. Peu de littérature existe à ce sujet, cependant, les ouvrages les plus récents (Torrent et Dallaire) font tous les deux référence à l’inscription du concept de l’homme battu dans celui de la violence conjugale. Les investigations ont  été élargies à ce domaine, toujours à la recherche du moindre élément concernant la violence faite aux hommes. &lt;br /&gt;
Sophie Torrent, dans son ouvrage sur l’homme battu (2001) met directement en question le fait qu’il existe au sein de la vie de couple une violence faite aux hommes, une violence souvent difficile à accepter, celle-ci allant à l’encontre de stéréotypes tels que celui qui considère que la femme est l’élément faible du couple et que l’homme en est le dominant. Dans la première partie de son livre, l’auteure tente tout d’abord d’expliquer ce phénomène atypique de l’homme battu, cet &amp;quot;impensable social&amp;quot; dit-elle. Elle analyse les différents types de violences (physique, sexuelle, psychologique, verbale et économique) pour ensuite orienter son analyse vers la notion de &amp;quot;rôles sociaux&amp;quot;. Elle montre comment l’homme violenté est agressé jusque dans les &amp;quot;facettes&amp;quot; qui font son identité . Pour elle &amp;quot;être battu invalide l’homme dans son appartenance à la catégorie sociale homme&amp;quot;. Dans la deuxième partie de son ouvrage, Torrent réfléchit sur les différentes stratégies élaborées par l’homme pour gérer des situations difficiles. Elle s’appuie notamment dans son travail de recherche sur des interviews réalisées avec des &amp;quot;hommes battus&amp;quot;. &lt;br /&gt;
C’est dans une considération assez proche qu’Yvon Dallaire (2002), thérapeute au Québec, aborde le phénomène de la violence faite aux hommes (La violence faite aux hommes. Une réalité taboue et complexe). Il nous rappelle le constat de l’existence ineffable de la violence dans l’humanité, violence souvent fortement médiatisée, mais selon lui, de manière incomplète. En effet, dit-il, notre attention ne serait attirée que vers une forme de violence, soit celle faite par les hommes contre les autres hommes (guerres, voies de fait, suicides), contre les femmes (violence conjugale, viol, meurtre, tueurs en série) et contre les enfants (violence infanticide, meurtre suivi de suicide). Pour Dallaire, une forme de violence a été occultée : la violence des femmes faite envers les femmes, les hommes et les enfants. Le propos de son texte est de démontrer d’une part que des femmes peuvent être tout autant violentes que des hommes, et que d’autre part, l’analyse de la violence conjugale s’inscrit dans un paradigme teinté de sexisme et de discrimination. Pour cet auteur, la violence conjugale ne se décline pas simplement sur le mode victime-agresseur, mais plutôt sur celui de victime-victime, de deux individus qui sont les co-créateurs d’une escalade débouchant sur l’explosion physique. Afin d’alimenter son propos, Yvon Dallaire met en lumière les stéréotypes et les préjugés qui circulent dans le discours commun : l’homme est un être violent, un abuseur d’enfants, un irresponsable, les hommes sont tous des obsédés sexuels, il sont tous infidèles, menteurs et manipulateurs. Dès lors, toute violence féminine est considérée comme relevant de la légitime défense, l’homme est ainsi rendu coupable de toute la violence conjugale. Précisons ici que l’auteur dénonce le discours d’influence féministe qui se déploie dans le contexte québécois. Son objectif est de connaître les réelles dimensions de la violence conjugale, plutôt que de rechercher un coupable à punir, toujours le même : l’homme. &lt;br /&gt;
L’ouvrage de Bretonnière-Fraysse et al. (2001), incontournable pour le sujet, propose quant à lui un autre regard qui positionne clairement les femmes en tant que victimes et les hommes comme agresseurs, sans nuances : &amp;quot;on le sait, la violence conjugale a toujours existé ; on le sait aussi : les victimes en sont les femmes et les auteurs, les hommes. Mais elle demeure encore cachée, honteuse, secrète&amp;quot;. Cet ouvrage prend un regard anthropologique et historique pour nous montrer la condition de victime de la femme à travers les époques passées et jusqu’à nos jours. &lt;br /&gt;
Gillioz, De Puy et Ducret quant à elles (2000), font état des connaissances qui ont fait de la violence familiale et de la violence contre les femmes, un champ d’étude relativement nouveau dans les sciences sociales. Elles nous rappellent que jusque dans les années soixante, la société et avec elle les scientifiques vivent sur le mythe de la famille non violente. Cette dernière étant considérée comme rare et comme étant le fait d’individus déséquilibrés. Dans les années septante, sous l’influence de militantes féministes anglo-saxonnes qui ouvrent des refuges pour femmes battues et portent la question de la violence conjugale sur la place publique, ce phénomène jusque-là occulté est posé comme problème socio-politique. C’est dès lors que les sciences sociales vont s’y intéresser, à travers deux grands courants de recherche. Le premier est constitué par des études portant sur la violence subie par les femmes au sein de la famille et postule, en se fondant sur les prémisses théoriques féministes, que cette violence est spécifique. Ilc il est nécessaire de l’étudier indépendamment des autres types de violence familiale qui relèvent d’autres logiques. Le deuxième courant de recherche, issu de la sociologie de la famille, a pour objet la violence familiale et considère la société et ses institutions comme des systèmes consensuels qui embrassent dans la même problématique l’ensemble de la violence qui se déroule dans le cadre familial. L&#039;ouvrage de Gillioz et all. mentionne également les travaux de Strauss, Gelles et Steinmetz (1977), à partir desquels a été tiré l&#039;affirmation que les femmes sont aussi violentes que les hommes. C’est à ce moment qu’apparaît le concept du &amp;quot;mari battu&amp;quot;, des résultats tirés des statistiques de cette recherche, ont permis à l&#039;un des chercheurs de conclure que ce qui était le plus sous-estimé n’est pas la femme battue, mais le mari battu. La validité scientifique reste toutefois fortement contestée, nous en trouvons les arguments dans l’ouvrage de Gillioz, De Puy et Ducret. &lt;br /&gt;
Cette revue de littérature se conclut par l’approche systémique de Perrone et Nannini (1995) qui proposent leur livre comme un manuel à l’usage des professionnels appelés à intervenir auprès des familles. Leurs présupposés considèrent que la violence n’est pas un phénomène individuel, mais la manifestation d’un phénomène interactionnel. La violence est ainsi un mode particulier de communication entre partenaires qui sont tous impliqués et par là même responsables au sens interactionnel du terme. Comme Yvon Dallaire, les auteurs ne considèrent pas les acteurs de la violence conjugale en termes de &amp;quot;victime-agresseur&amp;quot;, ni en termes &amp;quot;hommes-femmes&amp;quot;. Les objectifs et les enjeux que ces deux auteurs proposent s’appuient sur l’idée que chacun doit devenir et se penser responsable de ses propres comportements. C’est également selon cette optique que certains &amp;quot;cliniciens&amp;quot; abordent en partie la question dans leur article (Rey, H et al. 2006). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Des recherches complémentaires nécessaires&lt;br /&gt;
Choix et méthodes ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En fonction des éléments de la problématique développée jusqu’ici, l’objectif de la recherche a consisté à y voir plus clair en tentant de répondre à la question posée, « comment le phénomène de l’homme battu s’inscrit dans le paradigme de la violence conjugale » ainsi qu’aux questions complémentaires citées dans l’introduction ?  Afin de prendre une nécessaire distance vis-à-vis du regard que propose la revue de littérature, il est nécessaire d’orienter les recherches sur d’autres sources d’informations diverses. Il est dès lors intéressant d’examiner si des statistiques existent sur les &amp;quot;hommes battus&amp;quot; et sur les &amp;quot;femmes battues&amp;quot; et dès lors de voir si celles-ci peuvent éclaircir les questions posées. Pour cela nous avons choisi de travailler à partir des statistiques des centres Lavi disponibles à l’office fédéral de la statistique. &lt;br /&gt;
Dès lors que le phénomène des &amp;quot;hommes battus&amp;quot; s’inscrit dans le cadre de la violence conjugale notre choix s’est porté également sur la recherche d’éléments de compréhension dans une série de revues spécialisées : « Thérapie Familiale », revue internationale en Approche Systémique, dont nous avons retenu les numéros mentionnant explicitement des articles sur la violence conjugale ou domestique (1995, Vol. 16 no 3 – 1999, Vol. 20 no 4 – 2000, Vol. 21, no 4 – 2001, Vol. 22 no 4).    &lt;br /&gt;
De plus, pour avoir une vision plus globale, une revue d’articles de presse étudiant quelques articles récents peut être pertinente. Nous avons sélectionnées des articles toujours sur le thème de la violence faite aux femmes et / ou aux hommes. Amnistie: Le magazine pour les droits humains, No 44, février 2006   interviews thématiques du Dr Vannotti, médecin adjoint à la Policinique de Lausanne et de  Madame Yakin Ertuk, rapporteuse spéciale de l&#039;ONU sur la violence contre les femmes ; Amnistie, Journal d&#039;action pour les droits humains, janvier 2006 ; Repère Social, No 73, février 2006, article : quand le sexe faible est violent ; Le Courrier du 18 mai 2005, article relatant le 1ier congrès de la condition masculine. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Enfin, nous avons opté pour une recherche mettant en œuvre la conduite de plusieurs entretiens compréhensifs semi-directifs auprès de professionnels de la prise en charge de la violence conjugale ainsi qu’auprès de &amp;quot; victimes &amp;quot; masculines qui accepteraient de nous apporter leur témoignage. A cet effet, nous avons trouvé pertinent de construire deux types de grilles d&#039;entretiens, l&#039;une pour les professionnels, l&#039;autre pour les hommes &amp;quot;victimes&amp;quot;. Malgré la promesse d&#039;anonymat, nous n&#039;avons pas pu enregistrer les entretiens. De ce fait, nous basons nos propos sur les notes retenues. Chaque entretien s&#039;est déroulé, pendant une heure trente, dans un lieu décidé par la personne interviewée. Nous avons mené, dans notre phase d&#039;investigation de terrain, quatre entretiens, dont deux avec des &amp;quot;victimes&amp;quot; masculines de maltraitance conjugale. Nous avons rencontré Denis Chatelain, co-fondateur de l&#039;association Vires. Cet organisme de traitement et de prévention de la violence exercée dans le couple et la famille, vient en aide aux personnes qui ont recours à la violence. Nous avons aussi rencontré la fondatrice d&#039;une fondation prenant en charge des femmes violentes, qui a souhaité garder l&#039;anonymat. Toutefois, il est possible de dire que l’objectif premier de cette association est la prévention de la maltraitance et la violence auprès des enfants, personnes âgées et conjoints. Nous avons réussi, à travers une association luttant pour la condition masculine, prendre contact avec deux hommes se déclarant comme &amp;quot;battus&amp;quot;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous étudierons également des sources  issues de la Loi Fédérale sur l’aide aux victimes et de Amnesty internationale tout comme des revues spécialisées dans le domaine de la thérapie familiale et plus particulièrement les articles concernant la violence domestique. &lt;br /&gt;
Ces éléments correspondent à ce que l’on pourrait appeler une &amp;quot;recherche sur le terrain&amp;quot;. &lt;br /&gt;
Nos sources seront ainsi multiples : entretiens ; revue de presse ; statistiques ; revues spécialisées. L’analyse des contenus du matériel récolté, prendra pour point d’appui la désignation des acteurs de la violence conjugale, en termes de stéréotypes (stigmatisation) et dans une approche de &amp;quot; genre &amp;quot; étudiant les rapports sociaux hommes-femmes par rapport à cette thématique, ainsi que les rapports victimes-agresseurs qui s’y rattachent. L’analyse devrait ainsi permettre de réunir des points de vue différents et ainsi de confirmer ou d’infirmer, voire de &amp;quot;tempérer&amp;quot; ce qui ressort dans la revue de littérature en fonction des auteurs choisis.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Résultats des recherches==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans divers articles de presse&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout d&#039;abord, Amnesty affiche une grande visibilité de la problématique de la violence conjugale, grâce à son magazine pour les droits humains (février 2006), son journal d&#039;action (janvier 2006) et son site internet, qui tous trois évoquent récemment la violence domestique. En effet, Amnesty a commencé en mars 2006 sa campagne suisse « En route contre la violence domestique », dont l&#039;action principale consiste en un tour de plusieurs cantons du mobile home &amp;quot;sweet home&amp;quot; afin de briser le tabou qui entoure la violence dans le couple, d’améliorer les interventions de l’Etat contre la violence domestique, et de sensibiliser le grand public, en particulier les jeunes et les hommes, notamment dans les régions rurales. Les revendications d’Amnesty International en matière de violence domestique repose sur l’obligation de l’Etat d’agir contre cette forme de violation des droits humains. Car aujourd’hui si la visibilité du débat public sur la violence domestique s’est améliorée, les menaces, coups, contraintes, viols et meurtres auxquels les femmes sont souvent exposées dans leurs quatre murs constituent un sujet rarement perçu comme relevant des droits humains. De la sensibilisation est encore nécessaire pour considérer que l’empêcher ne relève pas de la sphère privée des couples et des familles concernées, et ne pas l’assimiler à un « problème de femmes », mais à une mission publique, qui touche tout le monde. Pourtant il s’agit bien de droit à l’intégrité physique et psychique : droit à la liberté et à la sécurité, droit à la santé, droit à l’absence de torture ou d’autres traitements dégradants et même souvent le plus, droit à la vie. La position d&#039;Amnesty International quant à la violence domestique consiste à considérer sa cause dans les rapports inégalitaires de sexe. L&#039;accent est mis sur les représentations sociales qui ne cessent de faire le lien entre violence et masculinité. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le numéro du journal Repère Social de février 2006 s&#039;intitule « Quand le sexe faible est violent » et à travers le prétexte de l&#039;ouverture récente à Lausanne d&#039;un accueil pour femmes violentes, aborde ce sujet trop rarement médiatisé de la violence des femmes. L&#039;auteur, Geneviève Praplan, présente les associations Vires et Face à Face à Genève, et Violence et famille à Lausanne. Cette dernière institution travaille depuis sept ans avec des hommes violents, mais accueille depuis novembre 2005 également des femmes violentes. Le Coordinateur et plusieurs intervenants ont été formés au Québec, auprès d&#039;OPTION, institution pionnière fondée par le psychothérapeute Jacques Broué en 1985. A Violence et Famille, c&#039;est ainsi sous forme de thérapie de groupe que se déroule l&#039;accompagnement, après quelques entretiens individuels. Le processus de réflexion engagé avec les auteur(e)s est le même pour les hommes que pour les femmes. Néanmoins, il est spécifié qu&#039;il faut être spécialement vigilant avec les femmes, en vérifiant qu&#039;elles ne sont pas &amp;quot;davantage des victimes que des agresseurs&amp;quot;. De plus, rapidement le lien entre passé et présent doit se faire. &amp;quot;Hommes et femmes ne sont pas forcément égaux devant leur violence&amp;quot;: dans l&#039;inconscient collectif masculin, il est nécessaire d&#039;affirmer sa virilité, la violence masculine est ainsi plus facilement excusée. Au contraire, les rôles sociaux attribués aux femmes font qu&#039;on la juge plus sévèrement si elle fait usage de violence, mais leur permet de reconnaître moins difficilement que les hommes leurs actes violents. L&#039;auteur met en avant que les chiffres manquent quant à l&#039;ampleur de la violence féminine, surtout exercée envers ses enfants. Par ailleurs les préjugés quant aux données socio-économiques des auteurs de violence perdurent. Cela est en partie dû au fait que les familles en situation précaire sont plus aisément repérées par les services sociaux, vu l&#039;étendue de leurs besoins. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le Courrier du 18 mai 2005 relate et questionne le 1ier congrès international de la condition masculine a eu lieu à Genève le mars 2003. (en 2005 a eu lieu à Montréal).  L’auteure de l’article Virginie Poyetton nous dit que ces colloques font partie d’un mouvement plus large qui met en avant « la crise de la masculinité »  en réaction à l’émancipation « trop » radicale des femmes. Si ce courant est minoritaire au sein de la gent masculine, il participe d’une tendance qui remet en question l’avancée des droits des femmes. &lt;br /&gt;
Les masculinistes (nom que se sont donnés les défenseurs de la condition masculine) pensent que le féminisme les a forcés à changer et depuis ils se sentent dépossédés de leurs  identités et de leurs droits. Ils souffrent d’injustices : discrimination  positive au travail faveur des femmes, préjugés favorables aux mères en cas de divorce, fausses allégations de violence ou d’inceste, pensions alimentaires disproportionnées, hausse du décrochage scolaire chez les garçons, augmentation de la prescription d’antidépresseurs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===La violence conjugale :d’où vient ce concept, comment a-t-il été défini, comment s’institutionnalise-t-il ?&lt;br /&gt;
historique, définitions, statistiques et cadre légal===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Aborder le problème social de la violence conjugale incite à faire un retour vers les années 1970. C’est à cette époque que l’on peut situer les premières recherches sur ce thème mettant en question le mythe de la famille non violente. Les militantes féministes amènent la question de violence conjugale sur la place publique et le posent comme un problème socio-politique. La question de la violence est abordée comme conséquence des rapports de domination, c&#039;est-à-dire des effets de l’exercice d’une influence déterminante d’un groupe, les hommes, sur un autre, les femmes. Tout rapport de domination suppose, en effet, en dehors du rapport de pure violence, un système de justification visant à obtenir un minimum de &amp;quot;volonté d&#039;obéir&amp;quot; de la part des assujettis, note le Petit Robert. &lt;br /&gt;
Les sciences humaines vont s’y intéresser. De nombreuses études sont entreprises dans les années 1970 et 1980 dans le but de décrire la violence domestique, de pouvoir la chiffrer, de chercher à l’expliquer, d’étudier ses conséquences sur les victimes, et d’examiner les réponses sociétales à ce problème. &lt;br /&gt;
Les résultats de l&#039;une de celle-ci, Straus et al.(1977) permettent de dire que femmes et hommes admettent recourir à des tactiques de violence dans des situations de conflits. Ce résultat est basé sur le &amp;quot;Conflict Tactics Scales&amp;quot; (CTS), échelles centrées sur les tactiques de gestion des conflits, qui intègrent une série de comportements allant des plus rationnels aux plus violents. Cette étude permettra à l’une des auteur-e-s, Steinmetz, de tirer la conclusion de l’existence du « syndrome de l’homme battu ». Ce qui sera contesté pour insuffisances méthodologiques. Depuis la plupart de chercheurs et chercheuses renoncèrent à utiliser ce concept. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’institutionnalisation du concept de violence domestique&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les centres LAVI et les politiques de prise en charge&lt;br /&gt;
 (contexte suisse et suisse romand)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une loi fédérale est votée (4 octobre 1991), sur l’aide aux victimes. Elle démontre que être « victime de violence» constitue maintenant une déviance secondaire. Les plaignants sont identifiés, l’état institutionnalise leur prise en charge, les centres Lavi sont créés et les consultations augmentent au fil des années. Et si la notion même de « victime » est large, accidenté de la route, attentats, viol, contrainte sexuelle, séquestration, elle comprend spécifiquement les violences domestiques. &lt;br /&gt;
Dès lors, elle permet également aux femmes victimes de violence conjugale d&#039;être reconnues, visibilées et aidés. &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Des centres Lavi, issus de cette loi, sont créés sur le territoire suisse. Ils ont  pour but de fournir une aide efficace (conseils, la protection de la victime, la défense de ses droits dans la procédure pénale et l’indemnisation et la réparation morale) aux victimes d’infractions ou d’une atteinte directe à son intégrité corporelle, sexuelle ou psychique et à renforcer leurs droits. &lt;br /&gt;
La police est tenue d’informer les victimes  en transmettant les coordonnées de celle-ci au centre Lavi. On peut constater que ces centres apportent une aide immédiate et des prestations fournies gratuitement ( frais médicaux, d’avocat ou de procédure peuvent également être pris en charge. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous constatons également l’étatisation de la prise en charge de la formation du personnel des centres Lavi, et la spécialisation des professionnels qui y sont impliqués. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On peut constater que la prise en compte de la situation des femmes dans le cadre de la violence domestique évolue petit à petit. Il est intéressant de suivre le dépôt d’une initiative parlementaire le  14 juin 2000, par la Conseillère Ruth-Gaby Vermot-Mangold. Ce n’est qu’en novembre 2005, que le  Conseil fédéral propose un nouvel article 28b dans le code civil visant à protéger la victime de violence ou de harcèlement en lui donnant le droit de requérir le juge d’instruction d’interdire à l’auteur de l’atteinte de l’approcher, de fréquenter certains lieux ou de prendre contact avec elle. Le nouvel article amène une notion nouvelle, celle de la prévention de la violence domestique, nouvelle tâche des centres Lavi,  pour éviter la violence et sa récidive.  &lt;br /&gt;
Le Code pénal sera modifié en ce sens en juin 2006. Désormais les actes de violence domestique seront poursuivis d’office et non plus sur plainte de la victime.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Statistiques des centres Lavi.===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous espérions obtenir des informations statistiques sur la violence conjugale, or, celles que nous avons pu obtenir par l’intermédiaire de l’office fédéral de la statistique ne peuvent être utilisées que très partiellement. En effet, jusqu’en 2004, les centres Lavi recensaient le nombre de consultations et non pas les personnes. Une consultation peut se rapporter à une infraction commise à plusieurs reprises et une même personne peut être comptabilisée plusieurs fois en l’absence d’indicateur de personnes. Il faut également préciser qu’il n’est pas possible de repérer exactement s’il s’agit de violence conjugale. Les chiffres qui peuvent être intéressants pour nous résultent d’un croisement des items : relation familiale auteur – victime, sexe de la victime, sexe de l’auteur présumé.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Si nous prenons l’année 2004 comme référence, les chiffres nous donnent une idée intéressante sur la question qui nous occupe, à savoir la violence féminine et masculine : &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Toutefois, il semble important de se questionner sur la mise en forme de certains items. En effet, comment comprendre « avec auteurs présumés de sexe masculin » ? Quelle utilité cet intitulé peut apporter aux concitoyens ? Quelle différence effective avec les auteurs réels de ces actes ? Comment interpréter l’absence des items « avec victimes de sexe masculin » et « avec auteurs présumés de sexe féminin » ? Dans ce cas faut-il comprendre que les femmes victimes consultent plus, alors que les hommes restent cachés?  Quelle réalité se cache derrière ces chiffres?  &lt;br /&gt;
De plus, Jean-Philippe BRANDT, du service de presse &amp;amp; relations publiques de la Police de Genève, informe qu’ « il n’est pas fait de différences quant au sexe de la victime en ce qui concerne les violences conjugales. » Comment dans ces conditions, donner une validité fédérale à des statistiques qui ne peuvent pas prendre en compte des réalités cantonales ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Revue &amp;quot;Thérapie Familiale&amp;quot;===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous avons jugé opportun d&#039;analyser des numéros de Thérapie Familiale, une revue trimestrielle d&#039;orientation systémique. Cette source représente en effet le point de vue théorique et le constat des pratiques des thérapeutes de famille. Il est pertinent de se demander à quel point le discours de ces professionnels de la famille influence la société et est en retour influencé par elle. Les catégories victime-agresseur y sont-elles aussi clairement définies que dans le sens commun et certains discours? Fait-on une différenciation au niveau de l&#039;étiologie de la violence et de ses conséquences selon le genre? Le contact avec les patients remet-il en question certaines pratiques thérapeutiques et fait-il avancer les models conceptuels? Pour répondre à ces interrogations, nous avions à disposition tous les numéros parus depuis de nombreuses années afin d&#039;observer à quelle fréquence et sous quelle forme la thématique des violences conjugales était abordée. Nous avons porté notre choix sur la période allant de 1995 à 2001, pendant laquelle quatre numéros contiennent des articles dédiés à notre sujet. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les deux premiers numéros analysés, datant de 1995 et de 2000 sont riches d&#039;informations car rédigés par les mêmes auteurs, qui font part de l&#039;évolution de leur réflexion durant les cinq ans écoulés. Le numéro de 2000 a été écrit par des thérapeutes colombiens, ce qui nous montre la préoccupation internationale des thérapeutes de famille autour de la violence conjugale et leur désir d&#039;échanger à ce sujet. Quant au dernier numéro pris en compte, celui de 2001, il présente la synthèse des théories les plus utilisées à propos de la violence domestique. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les auteurs des deux premiers numéros analysés sont membres de l&#039;association française Vivre sans Violence, issue d&#039;observations de professionnels travaillant avec des femmes victimes de violence conjugale. Autour de 1985 il y eut de nombreuses interrogations sur les pratiques, mettant en avant les limites de la prise en charge d&#039;alors: les femmes retournaient le plus souvent au domicile conjugal, où les violences reprenaient. De plus, peu de femmes se sentaient prêtes à faire un travail de réflexion sur les événements de violence vécus. Les professionnels ont trouvé certaines réponses en s&#039; inspirant du modèle québécquois de prise en charge des hommes violents de Robert Philippe. La conscience de la nécessité de s&#039;intéresser également aux agresseurs a ainsi émergé et les premières structures de soutien aux auteurs de violence ont apparu.  Les auteurs préconisent par ailleurs un changement: le départ de l&#039;auteur des violences du foyer plutôt que celui de la victime. Cela peut constituer en effet une violence supplémentaire à la femme, et signifie à l&#039;agresseur qu&#039;il est laissé seul&amp;quot; dans un état de dangerosité contre lequel nul, même pas la loi, ne peut le protéger&amp;quot;. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les auteurs réfutent l&#039;idée traditionnelle considérant un couple violent comme dysfonctionnel. Ils font référence à Watzlawick et à sa théorie de la communication, envisageant ainsi la violence comme un acte de communication tout comme les comportements réactifs telle la passivité. Ainsi, la victime également communique quelque chose à son agresseur. La violence est un mode d&#039;échange qui a été appris, et n&#039;est donc pas inné.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Leur intervention vise la modification des patterns d&#039;interaction ainsi qu&#039; un « travail sur les représentations différentes que l&#039; homme et la femme se donnent et nous donnent, de leur vécu de la violence ».  Soulignons qu&#039;en 1995, il n&#039;y a pas d&#039;injonction thérapeutique pour les auteurs de violence dans le couple, les consultations sont donc uniquement volontaires pour les agresseurs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1999, les mêmes auteurs, dans un numéro consacré au thème « Des violences » expliquent  l&#039; évolution de leur réflexion quant à la notion de responsabilité. Ils reviennent sur leur idée de co-responsabilité, de relation complémentaire. Actuellement(en 1999) ils différencient les actes violents en deux catégories: les comportements interactifs vs délits/crimes. En conclusion, les deux acteurs ne sont pas à égalité dans l&#039;interaction: il y a une hiérarchie dans les responsabilités. La victime n&#039;est pas responsable des coups qu&#039;elle reçoit, mais les deux sont responsables du maintien de l&#039;interaction dans laquelle les comportements de violence deviennent redondants et structurants. Les auteurs se démarquent du québécquois R. Philippe en précisant que les violences conjugales ne peuvent se produire que dans un contexte de consensus socio-culturel. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous constatons donc grâce à l&#039;analyse de ces deux articles, que les professionnels thérapeutes de famille de par leur pratique, sont menés à une réflexion sur les catégories de victime-agresseur, liées à la notion de responsabilité. De la prise en charge des femmes victimes, et face à ses limites, les thérapeutes commencent à prendre en charge des auteurs de violence.  Concepts et pratiques dialoguent sans cesse, puisque reconnaître la nécessité de prendre en charge les deux membres du couple est uniquement compatible avec des théories ancrant l&#039;étiologie de la violence dans les processus interactifs et communicatifs. Le monde de la thérapie familiale a donc une longueur d&#039;avance sur la dichotomie victime-agresseur prégnante dans le sens commun, dans certaines campagnes de sensibilisation pour le grand public, et dans la loi. Par exemple les auteurs prônent en 1995 déjà l&#039;éloignement de l&#039;auteur de violence du domicile, alors qu&#039;en Suisse ce n&#039;est qu&#039;actuellement, en juin 2006, que cette mesure passe dans la loi. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;expérience des thérapeutes colombiens, relayée dans un numéro datant de 2000, nous montre une initiative étrangère originale. A Bogota  il existe des &amp;quot;commissariats de famille&amp;quot; depuis 1996 qui consistent en un &amp;quot;espace de conversation et de concertation dans le but de protéger, d&#039;assister et de guider les familles à propos de leurs droits fondamentaux et de les informer quand aux façons de résoudre les conflits internes.&amp;quot; Plus concrètement, une assistance légale, sociale, médicale et psychologique est dispensée dans ces lieux. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les auteurs sont en accord avec Perrone et Nannini, postulant que la violence n&#039;est pas une maladie, mais un choix et un moyen de contrôle. La responsabilité est à nouveau un thème abordé puisqu&#039;ils postulent que tout individu est garant de sa propre sécurité, en précisant que  chacun peut devenir violent dans un contexte déterminé. Encore une fois, c&#039;est donc l&#039;accent sur le contexte, culturel ou interactif, qui provoque la violence, plutôt que des caractéristiques individuelles.  &lt;br /&gt;
Dans son article Déconstruction des idées reçues sur la violence : une alternative à la violence. Kuenzi-Monard présente un Panorama des théories les plus utilisées : L’auteure les répartit selon 7 niveaux :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1.les théories qui localisent la violence à l’intérieur de la personne : la violence est basée sur un problème de santé mentale ; la théorie de l’impulsivité, le manque de contrôle de soi. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
2.les théories qui localisent la violence dans le développement : les théories développementales de la violence et de l’apprentissage (expliquent l’abus comme une répétition de comportements pathogènes au sein des familles) ; la théorie du blocage d’origine psycho-sexuel (la personne est bloquée à un stade de son développement). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
3.les théories qui localisent la violence au sein des relations humaines : la théorie du contenant (capacité X de tolérer des frustrations, insatisfactions ou colère. Au-delà, c’est l’éclat) ; conséquence : l’homme a peu de possibilités de contrôler cette tension, donc peu de responsabilité quant aux éléments extérieurs qui viennent le saturer. le modèle de la frustration-agression : si je suis frustré, j’agresse. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
4.les théories qui localisent l’abus dans des blocages de la communication : la personne violente souffre d’un pauvre développement des qualités sociales et relationnelles. Modèle explicatif intéressant mais qui ne donne pas d’alternative pour apprendre d’autres stratégies. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
5.Les théories qui considèrent la violence comme l’effet d’un état chimique différent, comme la conséquence de l’utilisation d’alcool ou de drogues : la théorie de la désinhibition. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
6.les théories circulaires sur la violence : celles-ci localisent la violence et la comprennent comme générée au sein d’interactions. La violence occupe une fonction homéostatique, le maintien de l’équilibre de la famille. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
7.les théories féministes : l’explication féministe ou socio-culturelle qui voit la violence comme prenant sa source dans les structures sociales. La violence et le comportement abusif sont compris, favorisés, voire encouragés par le fonctionnement social. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
8.la théorie fonctionnelle de Léonore Walker : la violence est une explication dynamique, fonctionnelle et non pas causale. La violence fonctionne sur trois phases distinctes, tension, épisodes violents, lune de miel. Walker démontre que la violence est un cercle addictif, les prisonniers de la violence sont dans un cercle infernal. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’approche de Kuenzi-Monard : la théorie des limites. Elle est basée sur les travaux de Bateson qui prônait qu’une explication « négative » ou « en mouvement » d’un évènement est préférable à une explication « positive » ou « statique ». Ce type d’explication génère du mouvement, incite à s’orienter vers les conséquences des faits et ainsi vise à une prise de responsabilité. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’auteure conclut qu’il est essentiel de faire une distinction entre l’explication causale et une limitation. L’explication causale clive la dynamique déjà polarisée entre victime et bourreau, elle maintient la violence plutôt qu’elle ne l’élimine. Elle constate que souvent il existe une rupture entre l’intention et l’action du psychothérapeute. Elle pense que le clinicien influence et est influencé par les questions qu’il pose. Les questions linéaires tendent à produire des raisonnements linéaires, il faudrait ainsi favoriser les questions circulaires, ouvrant de nouvelles possibilités.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le nombre de ces théories, par ailleurs très variées, est on le voit  abondant. Il est aisément compréhensible que l&#039;adhésion à l&#039;une ou l&#039;autre de ces théories, liées à des étiologies différentes de la violence, implique des interventions également différentes. &lt;br /&gt;
Dans notre travail, nous avons principalement abordé les théories féministes ou socio-culturelles et les théories circulaires, dont fait partie l&#039;approche systémique. La théorie fonctionnelle est également très présente dans les réflexions des thérapeutes, et la théorie des limitations est en expension. Ces théories ont en commun de ne pas prendre l&#039;individu comme centre de la problématique de la violence conjugale, mais plusieurs individus et leur relation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour conclure cette analyse des numéros de Thérapie Familiale, une différence flagrante apparaît entre les discours des professionnels publiés dans cette revue de systémique et les discours du sens commun, circulant au quotidien. En effet, les thérapeutes toujours en recherche d&#039;affinement de leurs concepts, par confrontation à la pratique, sont passés par tout une évolution théorique, prenant en compte les deux membres du couple, et débattant passionnément les questions de responsabilité et les notions de victime-agresseur. A l&#039;opposé, les causes de la violence conjugale les plus fréquemment évoquées et ancrées dans les représentations de la population se situent plutôt à un niveau individuel. Une partie est liée au genre, naturalisant les différences de sexe (la violence est inhérente à l&#039;homme, la douceur et la fragilité à la femme...); un autre type d&#039;explications courantes ramène le problème à des causes  individuelles  (alcoolisme, problèmes personnels...), voire psychologisantes  (trouble psychique, traumatismes dans l&#039;enfance, sado-masochisme...). Les catégories victime et agresseur sont clairement séparées dans le sens commun, tout comme l&#039;attribution du terme victime à la femme, et agresseur à l&#039;homme. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Propos issus de quelques entretiens===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’homme battu existe &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour confronter les stéréotypes affiliés aux genres, nous avons cherché à interviewer des hommes battus. Paul et Luc (prénoms d’empreint) ont un point commun : leur passé d’homme maltraité. Ils ont été, tous les deux, physiquement battus par leur conjointe. Toutefois, il semblerait que la problématique de l’homme violenté intègre, dans sa forme globale, une autre forme de violence, une violence psychologique. Il ressort des entretiens que la forme physique ne semble pas être la forme de violence qui marque le plus. Pour essayer de comprendre au mieux le vécu violenté de ces hommes et plus généralement de toute personne impliquée dans des relations violentes, nous avons questionné la littérature ainsi que des professionnels de terrain. &lt;br /&gt;
Pour la travailleuse sociale, Sophie Torrent (2001), « la nature de la violence [à l’égard de la gente masculine] et ses modes d’expression traduisent, dirait-on, une violence spécifiquement féminine, subtile, qui atteint l’intégrité psychique de l’homme.» (p.33). L’homme victime de violence psychologique semble atteint surtout dans sa masculinité, plus précisément dans la représentation de la masculinité qui lui a permis de construire son identité. &lt;br /&gt;
« Le harcèlement que j’ai vécu par cette femme tyran m’a amené à perdre, pendant quelques temps, mon identité masculine… C’était quoi être un homme ? Je ne savais plus faire l’amour comme il faut en quittant ma femme. J’ai du réapprendre à accepter de prendre du plaisir. » Luc &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La violence ; une histoire d’homme ? &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Alors que nous venons de découvrir avec stupéfaction certaines réalités d’hommes maltraités par leur conjointe, comment traiter ces vérités face à notre idéal féminin construit ? Comment même penser à la violence des femmes, alors que celle que l’on exerce à leur égard est de loin la plus établie, la plus reconnue et de ce fait la plus portée par les médias ? De nos jours, la société reconnaît et prend en charge la femme violentée, qu&#039;en est-il de la femme violente ? Il est commun d’entendre qu’une femme violente est une femme malade psychologiquement ou encore que cette dernière n’agresserait que pour se défendre. Pour la psychothérapeute Diane Chayer, ( citée par Ruel &amp;amp; Guéricolas, 1998), il semblerait qu’il n’y ait tout simplement pas de permission sociale à la violence des femmes. « La société dit qu’il est presque normal pour un homme d’être violent. Mais une femme violente, c’est une extraterrestre. » &lt;br /&gt;
Pour Yvon Dallaire, « la femme violente peut ressentir de la fierté pour avoir battu plus fort qu’elle. Et la société ne la dénigre pas, elle cherche plutôt à la comprendre et à l’excuser, compatissant souvent à son sort. » (p26) A contrario, pour la responsable d’une structure acceuillant des femmes violentes, « celles et ceux qui passent de la parole aux actes souffrent, ils ont besoin d&#039;aide et y ont droit. Toutefois, la femme violente souffre de discrimination ; on ne veut pas lui reconnaître sa violence. » Il semblerait alors que, paradoxalement, la femme violente souffre des mêmes maux sociaux que l’homme maltraité. Une nouvelle fois, il semblerait que les stéréotypes, affiliés aux genres, décident de ce qui peut être acceptable ou pas. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le statut de victime/agresseur &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La responsable d’un établissement prenant en charge des femmes violentes nous apprend qu’il est difficile de tenir le fil rouge concernant les rôles de victime-agresseur. « On est là pour travailler sur la violence des femmes, en tant qu’auteures de violence et non en tant que victimes. Très souvent, ça dérape en justification des actes qui déplace la position d’agresseuse à celui de victime. » Il semble que souvent, l’agresseur se voit comme victime. Responsabiliser les acteurs(trices) de violence, c’est les aider à prendre conscience de leur violence. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Responsabilité dans la violence &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La question est partagée. Alors que pour beaucoup, la responsabilité de la violence doit être assumée par son auteur(e), pour d’autres, elle doit être partagée. En effet, pour Denis Châtelain, co-fondateur d’une association prenant en charge des auteur(e)s de violence, « il faut prendre en compte le potentiel de violence de la victime dans la compréhension de la dynamique ». Pour la responsable d’une association accueillant des femmes violentes, « il est impossible de faire un tel travail si l’on part du principe d’une co-responsabilité dans la réalisation de la violence. En effet, on ne peut pas se permettre de déraper sur l’aspect empathique et comprendre voir d’excuser l’acte de violence au nom d’un statut de victime reconnu. Pour nous, l’acte violent n’est pas excusable, il est inadmissible quelque soit sa source ou sa justification. Ce qui nous paraît important c’est de faire en sorte de ne plus jamais en avoir à arriver là. » &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La prise en charge de la violence &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comment aborder la problématique de la violence conjugale et plus particulièrement celle des hommes maltraités et des femmes violentes ? Alors qu’Yvon Dallaire se demande si l’on « ne pourrait pas exploiter l’expertise des centres d’accueil pour femmes au profit des hommes battus et l’expertise des groupes d’entraide pour homme violents au profit des femmes violentes ? » (p29), la responsable d’une structure accueillant des femmes actrices de violence répond que « pour aider les femmes actrices de violence, il faut appliquer un traitement différencié. Les raisons étant parce qu’on n’éduque pas de la même façon une petite fille et un petit garçon, le rapport au féminin n’est pas le même. La violence masculine est légitimée. Par contre, on ne reconnaît pas ce droit à la femme. Cela étant dû aux stéréotypes de mère protectrice d’une part. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Point de situation &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mouvement féministe …et&lt;br /&gt;
A ce stade de notre article, nous pouvons établir difféents constats. Tout d’abord, la découverte de la violence conjugale et de ses effets a pour origine le questionnement du mouvement féministe. Celui-ci repris par des chercheur-e-s, a confirmé et précisé le phénomène de la violence conjugale. &lt;br /&gt;
La notion d’homme battu, qui nous avions posée comme une construction récente, date des premières recherches sur ce domaine, le syndrome de l’homme battu, développé par une chercheuse du l’équipe de Straus et al. a été un concept rapidement abandonné. Les défauts dans l’opérationnalisation du concept de violence, dans la méthode et dans l’interprétation des données de l’enquête effectuée à l’aide du Conflict Tactics Scales ont été largement reconnus. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
…évolution sociale et réponses masculines&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous pouvons poursuivre nos constats à partir des travaux d’une chercheuse, rencontrée au détour d’un article de presse, Pascale Molinier, d’une tension qui s’avive entre hommes et femmes dans les années 1980. Certains hommes pro féministes tiennent un discours optimiste concernant la constitution d&#039;une société nouvelle et égalitaire et reconnaissent la domination masculine comme clé d&#039;un changement possible. D&#039;autres hommes tiennent un discours alarmiste et insistent sur le malaise identitaire engendré par cette modification des rapports sociaux source de perte de repères. &lt;br /&gt;
A partir de là, un autre phénomène apparaît, nous découvrons que des groupes d’hommes se forment autour d’auteurs, (Guy Cornaux au Canada, Jacques Salomé en France, ou plus récemment Y. Dallaire qui avec John Goetelen a organisé le premier Congrès international de la condition masculine à Genève en 2003) avec comme but de réfléchir à l’identité masculine fragilisée.  C&#039;est dans cette mouvance que l’on trouve aujourd&#039;hui les protagonistes d&#039;un détournement de la violence masculine au profit d&#039;une violence exercée contre les hommes par les femmes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La violence domestique, une réponse étatique et institutionnelle&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Autre constat que nous pouvons déjà faire, la violence conjugale est un phénomène officialisé et les réponses institutionnelles se développent de plus en plus. Il est intéressant de faire le point sur l&#039;ampleur et les lacunes de l&#039;offre associative et institutionnelle, et prenons pour ce faire l&#039;exemple genevois. La brochure « la violence est inacceptable; violence conjugale que faire? » est la référence et est publiée par le Service pour la promotion de l&#039;égalité entre homme et femme, le Centre de consultation LAVI et Solidarité Femmes. De par les caractéristiques même de ces éditeurs, ajouté au fait que la brochure est rédigée par des auteures, c&#039;est à nouveau sous l&#039;angle des femmes victimes que la problématique est abordée. Dans la rubrique « Répertoire d&#039;adresses utiles », nous constatons qu&#039;il existe à Genève des services d&#039;hébergement; des services médicaux; des consultations juridiques; des services de consultations conjugales, familiales et de médiation auxquels peuvent s&#039;adresser des victimes de violence conjugale. Les foyers d&#039;hébergement cités sont des foyers pour les  femmes et leurs enfants exclusivement, dans le cas de difficultés qui ne sont pas restreintes à la violence conjugale, néanmoins dans la pratique ce type de violences représente la majorité des cas. Ce principe de foyer pour femmes en difficultés n&#039;est pas récent, le foyer Arabelle par exemple date de 1964. Solidarités Femmes est la seule association spécifique pour les femmes victimes de violence conjugale. Elle offre écoute; orientiation; information sociale et juridique, hébergement; entretiens individuels et activités de groupe. Excepté l&#039;hébergement, ces prestations sont gratuites. Il existe d&#039;autres services divers pour femmes, tels que Viol-Secours, SOS Femmes, F-Information ou Camarada. Certains organismes sont spécialisés dans les problématiques de violences, sans distinction de sexe, il s&#039;agit des Centres LAVI et au niveau médical du Centre  Interdiscplinaire de Médecine et de Prévention de la Violence des HUG. Dans la brochure de 2001, une seule adresse concerne les auteurs masculins de violence conjugale, il s&#039;agit de l&#039;association VIRES. Il est intéressant et très révélateur de constater que depuis sa fondation en 1994, cette association s&#039;est définie de trois manières distinctes:  d&#039;organisme pour les hommes ayant recours à la violence dans leur couple et dans leur famille, dans un deuxième temps le terme « hommes » a été remplacé par « personnes ». Actuellement c&#039;est l&#039;expression « Organisme de traitement et de prévention de la violence exercée dans le couple et dans la famille. » qui a été retenue. Si les professionnels de VIRES précisent que ce changement d&#039;appellation est consécutif  à une évolution dans la manière de penser et traiter la problématique de la violence conjugale et plus précisément ses sources et ses enjeux, les date de ces évolutions ne sont malheureusement pas précisées. Dans la dernière édition de la brochure sus-mentionnée, parue en 2004, apparaît une nouvelle association, dédiée à la prise en charge des femmes aux comportements violents. Cet organisme créé en 2001 ne se limite pas aux violences exercées dans la sphère familiale. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En conclusion de cet aperçu des diverses offres de soutien sous toutes ses formes adressé aux personnes impliquées dans la dynamique des violences conjugales, une lacune importante transparaît: il n&#039;existe pas à Genève de lieu spécifique aux victimes masculines de violence conjugale, que ce soit un foyer ou un lieu d&#039;information et de soutien. En règle générale, lorsqu&#039;un problème social lié à la violence émerge, ce sont les victimes qui bénéficient en premier lieu de l&#039;institutionnalisation. Par la suite, une réflexion se fait autour des auteurs, considérant qu&#039;eux aussi ont besoin de soutien afin de casser la dynamique de violence. Dans le cas de la violence exercée envers les hommes, les victimes sont ignorées par l&#039;absence de lieu spécifique; alors même que les femmes auteures de violence possèdent une telle infrastructure. Nous pouvons émettre l&#039;hypothèse que cela a un lien avec le stéréotype de femme-victime, la femme perpétrice de violence ayant souvent été elle-même victime, comme nous l&#039;avons vu plus haut. Amnesty relaie cette problématique pour que la violence domestique sorte du domaine privé et soit reconnue comme un problème public. Dans des revues spécialisées différents auteur-es font état de l’évolution des connaissances et des conceptualisations du problème. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’état fédéral se préoccupe de cette question et modifie le code pénal pour améliorer la protection des victimes de violence domestique. Les centres Lavi travaillent à la transformation de leur statistiques en vue également d’améliorer la visibilité de cette forme de violence. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Conclusion==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En fonction de tous les éléments qui précèdent, la conclusion de cet article montre que le concept  de violence conjugale apparu dans les années 1970 a trouvé sa place jusque dans la législation. Néanmoins les discours qui circulent sur ce type de violence sont une construction qui circonscrit la violence dans des stéréotypes caricaturaux stigmatisant à la fois les femmes en tant que victimes et les hommes comme agresseurs. De cette restriction découle la difficulté d’envisager l’existence d’hommes victimes de violence conjugale, et d’égale manière celle de femmes violentes. Cela a comme conséquence pour les personnes concernées une non-reconnaissance sociale, se manifestant par de forts préjugés à leur encontre, et de grandes lacunes institutionnelles. Les professionnels de la violence conjugale (médecins, thérapeutes) ont dépassé cette opposition et ils désignent les acteurs de la violence conjugale à un niveau de co-responsabilité qui ne distingue pas le sexe des protagonistes pour rendre compte de ce phénomène. Il y a ainsi un écart entre les discours dominants et les discours des professionnels, écart perceptible dans l’étude de la littérature et dans l’examen des sources que constituent les revues &amp;quot; thérapie familiale &amp;quot;. Enfin, il faut admettre la thèse selon laquelle la violence conjugale reste un phénomène qui bien que connu de tous, reste difficile à appréhender dans notre société. Criminalisée ici, combattue là, normalisée un peu plus loin. Elle fait partie d’un rapport à l’Autre institué par des règles sociétales contextualisées par un rapport différent d’être au monde « femme » ou « homme ». &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 En effet, il existe des définitions similaires mais superficielles qui varient dans leur développement en fonction des positionnements et des valeurs de ceux qui les proposent. Les statistiques qui rendent compte de la violence conjugale proposent d’autre part des modalités qui ne permettent pas de distinguer précisément les victimes des agresseurs de manière précise et approfondie. Elles ne permettent pas d’affirmer avec précision que les hommes sont aussi victimes de violences, les modalités de genre n’étant pas assez développées dans la prise en compte statistique. Les hommes victimes existent, mais leur visibilité est très faible du fait que c’est un phénomène qui est en train d’émerger comme problème social. Ainsi, la violence conjugale reste un phénomène complexe et confus dans ses définitions. Enfin, on s’aperçoit que la violence conjugale reste un concept en mouvement sur le plan des institutions, qui proposent des possibilités de prise en charge nombreuses, mais néanmoins insuffisantes si l’on considère la prise en compte de la violence faite aux hommes. &lt;br /&gt;
Ces détracteurs pourront s&#039;appuyer probablement dans les années à venir sur les modifications des images féminines, les stéréotypes de la femme douce et soumise ont tendance à s&#039;estomper. Et l&#039;on peut se demander si les jeunes femmes ne se permettront pas plus que par le passé d&#039;exprimer leurs sentiments de colère et violence, là où s&#039;exprimaient auparavant peut-être impuissance, tristesse et dépression.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Difficultés===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le sujet que nous avons abordé tout au long de ce travail est délicat. Nous avons relevé le peu de neutralité émanant des sources existantes sur ce thème, chaque écrit représentant une certaine prise de position, quant à la causalité de la violence conjugale par exemple, ou les convictions cachées derrière l&#039;attribution de statuts victime-agresseur ou victime-victime. &lt;br /&gt;
Cette subjectivité rentre en interrelation avec notre sensibilité propre, individuelle, qui n&#039;est donc pas la même entre les personnes de notre groupe. Le fait que celui-ci soit constitué de deux femmes et deux hommes est très enrichissant, et même primordial quand on s&#039;attèle à ce type de problématique. Néanmoins, cela implique un investissement conséquent en termes de discussion, explicitation des attentes et valeurs de chacun, en redéfinition continuelle de la problématique. &lt;br /&gt;
Dans notre tentative d&#039;objectiver notre problématique, nous ne sommes que très peu aidés par les statistiques. Elles aussi disent ce qu&#039;elles ont envie de dire, et sont sans cesse remises en cause par des détracteurs. La conséquence en est qu&#039;aucune statistique ne sert vraiment de référence consensuelle dans la compréhension de la violence conjugale. Dans les statistiques policières, souvent la violence conjugale n&#039;est pas comptabilisée de manière séparée des autres délits de violence; dans d&#039;autres types de statistiques c&#039;est le genre qui n&#039;est pas retenu comme variable pertinente. En effet, derrière les chiffres, on découvre des définitions très variables de la violence: certains ne prennent en compte que la violence physique; d&#039;autres considèrent que de nombreux petits signes de nature verbale ou psychologique sont un pas dans l&#039;escalade de la violence, et les jugent donc de même poids que des coups. Entre ces deux extrêmes, toutes les variations sont présentes... &lt;br /&gt;
Il est intéressant de relever à quel point certains chiffres sont médiatisés, afin d&#039;avoir un impact sur la population, alors que ces mêmes chiffres sont discutables au niveau statistique. Pour conclure, nous nous sommes rendus compte que malgré une certaine médiatisation, qui n&#039;est pas si récente, de la violence conjugale, nous ne savons pas tellement de choses à ce sujet, ou plutôt il existe peu de consensus, voire la co-existence d&#039;approches inconciliables. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Références bibliographiques ==&lt;br /&gt;
Les lectures citées dans le travail final&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Amnistie: Le magazine pour les droits humains, &#039;&#039;Dossier Combattre la violence domestique&#039;&#039;  No 44, février 2006.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Amnistie, Journal d&#039;action pour les droits humains, janvier 2006.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Dallaire Y. (2002). La violence faite aux hommes. Une réalité tabou et complexe. Québéc: Options santé. [[Résumé du livre]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Gillioz L., De Puy J., Ducret V. (1997). Domination et violence envers la femme dans le couple. Lausanne : éditions Payot. [http://home.etu.unige.ch/~maneira4/R_sum__aeticle.doc Résumé de l&#039;article]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Ruel S. &amp;amp; Guéricolas P. (1998). La violence des femmes : derrière le masque. In Gazette des femmes Vol. 20. (no 4). (Novembre-Décembre 1998).[Version électronique]. Accès le 20 novembre 2005 : &lt;br /&gt;
http://www.gazettedesfemmes.com/recherche/?F=recherche&amp;amp;idt=10075&amp;amp;affart=2866&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Torrent S. (2001). L’homme battu, un tabou au cœur du tabou. Québec: Option Santé. [http://home.etu.unige.ch/~maneira4/fiche%20de%20lecture%20homme%20battu.pdf Résumé du livre ]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Praplan G., &#039;&#039;Quand le sexe faible est violent&#039;&#039; in Repère Social, No 73, février 2006.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Bibliographie ==&lt;br /&gt;
Les lectures utilisées mais pas citées dans le travail final&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Bretonnière-Fraysse et al. (2001). &#039;&#039; De la violence conjugale à la violence parentale&#039;&#039;. Eres [[Résumé|Résumé du livre]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Jackson D., Welzer-Lang D. (1998). Violence et masculinité. Toulouse : imprimerie 34.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Office fédéral de la statistique : Aide aux victimes. Chiffres clés. http://www.bfs.admin.ch/bfs/portal/fr/index/themen/rechtspflege.html&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Rey, H. et al. (2006). Les violences conjugales: pour une clinique du réel. &#039;&#039; Journal International de Victimologie&#039;&#039;. Année 4, No 1. [[Résumé de l&#039;article]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Miguel</name></author>
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		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Violence_conjugale:_De_la_femme_battue_%C3%A0_l%27homme_battu...&amp;diff=4274</id>
		<title>Violence conjugale: De la femme battue à l&#039;homme battu...</title>
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		<updated>2006-06-20T14:34:53Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Miguel : /* Références bibliographiques */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&#039;&#039;&#039;Membres du groupe&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Chantal Cornut&lt;br /&gt;
* Céline Pittet &lt;br /&gt;
* Jean-Christophe Contini&lt;br /&gt;
* Miguel Maneira &lt;br /&gt;
[mailto:maneira4@etu.unige.ch,contini2@etu.unige.ch,cepittet@hotmail.com,ch.cornut-piller@bluewin.ch Ecrire au groupe]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 [[L&#039;homme battu: le mâle...traité|Notre projet]]  |  [[Plan de recherche: Violence conjugale; un concept en mouvement|Notre plan de recherche]]  |  [[Espace de dialogue|Notre espace de dialogue]]  |  [[Trésorus de notre groupe|Notre île aux trésors]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Introduction ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Violence conjugale|La violence conjugale]] semble être de prime abord un phénomène bien connu de nos jours. Les médias rendent régulièrement compte de ses conséquences, bon nombre d’associations ont été créées pour répondre à l’appel des victimes, une loi sur la protection des victimes a été instaurée, beaucoup de thérapeutes œuvrent également dans ce domaine. Il est question, la plupart du temps, des violences subies par des femmes et exercées par des hommes, il est dans une moindre mesure, question de la [[Violence|violence]] exercée par des femmes contre des hommes. Ce dernier phénomène reste minoritaire cependant, et fait l’objet de nombreuses critiques. Bien souvent, les discours opposent des mouvements &amp;quot;  [[Féminisme|féministes]]&amp;quot; à des groupes &amp;quot; masculinistes &amp;quot;, les uns dénonçant sans cesse l’ineffable violence des hommes envers les femmes, les autres dénonçant cette vision de l’homme éternellement &amp;quot; agresseur &amp;quot;, allant jusqu’à affirmer que des hommes sont aussi des &amp;quot; victimes &amp;quot; et que la violence peut aussi être l’apanage des femmes. Ici apparaît le concept &amp;quot; d’hommes battus &amp;quot; que nous interrogerons et qui est apparu dès les années septante.  &lt;br /&gt;
Afin de prendre de la distance vis-à-vis de ces deux positions antagonistes, nous proposons d’étudier ce que disent certains auteurs sur la violence conjugale, à la fois sur la violence subie par les femmes et par les hommes. Nous proposons aussi une recherche axée sur des entretiens avec des hommes &amp;quot; victimes &amp;quot; et des professionnels de la violence conjugale. Nous étudierons également des sources statistiques issues de la Loi Fédérale sur l’aide aux victimes et de Amnesty internationale tout comme des revues spécialisées dans le domaine de la thérapie familiale et plus particulièrement les articles concernant la violence domestique. &lt;br /&gt;
La thèse générale de notre article est de démontrer par notre étude que les discours qui circulent sur la violence conjugale sont une construction qui circonscrit la violence dans des [[Stéréotype|stéréotypes]] caricaturaux stigmatisant à la fois les femmes en tant que victimes et les hommes comme agresseurs. De cette restriction découle la difficulté d’envisager l’existence d’hommes victimes de violence conjugale, et d’égale manière celle de femmes violentes. Cela a comme conséquence pour les personnes concernées une non-reconnaissance sociale, se manifestant par de forts préjugés à leur encontre, et de grandes lacunes institutionnelles. Nous montrerons aussi que les professionnels de la violence conjugale (médecins, thérapeutes) ont dépassé cette opposition et qu’ils désignent plus les acteurs de la violence conjugale à un niveau de co-responsabilité qui ne distingue pas le sexe des protagonistes pour rendre compte de ce phénomène. Il y a ainsi un écart entre les discours dominants et les discours des professionnels, écart perceptible dans l’étude de la littérature et dans l’examen des sources que constituent les revues &amp;quot; thérapie familiale &amp;quot;.&lt;br /&gt;
Enfin, nous proposons la thèse selon laquelle la violence conjugale reste un phénomène qui bien que connu de tous, reste difficile à appréhender dans notre société. En effet, nous montrerons qu’il existe des définitions similaires mais superficielles qui varient dans leur développement en fonction des positionnements et des valeurs de ceux qui les proposent. Les statistiques qui rendent compte de la violence conjugale proposent d’autre part des modalités qui ne permettent pas de distinguer précisément les victimes des agresseurs de manière précise et approfondie. Elles ne permettent pas d’affirmer avec précision que les hommes sont aussi victimes de violences, les modalités de [[Genre|genre]] n’étant pas assez développées dans la prise en compte statistique. Les hommes victimes existent, mais leur visibilité est très faible du fait que c’est un phénomène qui est en train d’émerger comme problème social.&lt;br /&gt;
Nous montrerons ainsi que la violence conjugale reste un phénomène complexe et confus dans ses définitions. Enfin, nous verrons que la violence conjugale reste un concept en mouvement sur le plan des institutions, qui proposent des possibilités de prise en charge nombreuses, mais néanmoins insuffisantes si l’on considère la prise en compte de la violence faite aux hommes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Revue de littérature ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous aborderons cette revue de littérature en suivant la chronologie même de notre questionnement et de notre cheminement, qui nous a conduit, en commençant part la découverte du concept de &amp;quot; l’homme battu &amp;quot;, à approfondir nos recherches au concept de la femme battue et à appréhender dès lors le problème social que constitue la violence conjugale, qui englobe les deux autres concepts. Nous avons ainsi privilégié dans nos recherches les ouvrages qui traiteraient spécifiquement de l’existence du concept même de &amp;quot; l’homme battu &amp;quot;, dans une actualité la plus récente possible. Nous nous sommes vite aperçus, que peu de littérature existait à ce sujet. Cependant, les ouvrages les plus récents (Torrent et Dallaire) font tous les deux référence à l’inscription du concept de l’homme battu dans celui de la violence conjugale. Nous avons dès lors élargi nos recherches dans ce domaine, toujours à la recherche du moindre élément concernant la violence faite aux hommes. D’autre part, nous avons voulu mettre en question les propositions faites par Dallaire et Torrent, en nous référant à d’autres auteurs qui portent un regard différent sur les acteurs, hommes ou femmes, de la violence conjugale. Notre attention s’est ainsi portée sur des notions concernant la désignation des acteurs en termes de victime et d’agresseur, et la désignation de ces mêmes termes de catégorie homme-femme. Enfin, nous avons cherché à contextualiser le phénomène de l’homme battu, en recherchant dans l’histoire de la violence conjugale, le moment où est apparu le concept de &amp;quot; l’homme battu &amp;quot;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sophie Torrent, dans son ouvrage sur l’homme battu (2001) met directement en question le fait qu’il existe au sein de la vie de couple une violence faite aux hommes, une violence souvent difficile à accepter, celle-ci allant à l’encontre de stéréotypes tels que celui qui considère que la femme est l’élément faible du couple et que l’homme en est le dominant. Dans la première partie de son livre, l’auteur tente tout d’abord d’expliquer ce phénomène atypique de l’homme battu, cet &amp;quot; impensable social &amp;quot; dit-elle. Elle analyse les différents types de violences (physique, sexuelle, psychologique, verbale et économique) pour ensuite orienter son analyse vers la notion de &amp;quot; rôles sociaux &amp;quot;. Elle montre comment l’homme violenté est agressé jusque dans les &amp;quot; facettes &amp;quot; qui font son [[Identité sociale|identité]] . Pour elle &amp;quot; être battu invalide l’homme dans son appartenance à la catégorie sociale homme &amp;quot;. Dans la deuxième partie de son ouvrage, Torrent réfléchit sur les différentes stratégies élaborées par l’homme pour gérer des situations difficiles. Elle s’appuie notamment dans son travail de recherche sur des interviews réalisées avec des &amp;quot; hommes battus &amp;quot;. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est dans une considération assez proche qu’Yvon Dallaire (2002), thérapeute au Québec, aborde le phénomène de la violence faite aux hommes (La violence faite aux hommes. Une réalité taboue et complexe). Il nous rappelle le constat de l’existence ineffable de la violence dans l’humanité, violence souvent fortement médiatisée, mais selon lui, de manière incomplète. En effet, dit-il, notre attention ne serait attirée que vers une forme de violence, soit celle faite par les hommes contre les autres hommes (guerres, voies de fait, suicides), contre les femmes (violence conjugale, viol, meurtre, tueurs en série) et contre les enfants (violence infanticide, meurtre suivi de suicide). Pour Dallaire, une forme de violence a été occultée : la violence des femmes faite envers les femmes, les hommes et les enfants. Le propos de son texte est de démontrer d’une part que des femmes peuvent être tout autant violentes que des hommes, et que d’autre part, l’analyse de la violence conjugale s’inscrit dans un paradigme teinté de sexisme et de discrimination. Pour cet auteur, la violence conjugale ne se décline pas simplement sur le mode victime-agresseur, mais plutôt sur celui de victime-victime, de deux individus qui sont les co-créateurs d’une escalade débouchant sur l’explosion physique. Afin d’alimenter son propos, Yvon Dallaire met en lumière les stéréotypes et les préjugés qui circulent dans le discours commun : l’homme est un être violent, un abuseur d’enfants, un irresponsable, les hommes sont tous des obsédés sexuels, il sont tous infidèles, menteurs et manipulateurs. Dès lors, toute violence féminine est considérée comme relevant de la légitime défense, l’homme est ainsi rendu coupable de toute la violence conjugale. Précisons ici que l’auteur dénonce le discours d’influence féministe qui se déploie dans le contexte québécois. Son objectif est de connaître les réelles dimensions de la violence conjugale, plutôt que de rechercher un coupable à punir, toujours le même : l’homme. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’ouvrage de Bretonnière-Fraysse et al. (2001), incontournable pour notre sujet, propose quant à lui un autre regard qui positionne clairement les femmes en tant que victimes et les hommes comme agresseurs, sans nuances : &amp;quot; on le sait, la violence conjugale a toujours existé ; on le sait aussi : les victimes en sont les femmes et les auteurs, les hommes. Mais elle demeure encore cachée, honteuse, secrète &amp;quot;. Cet ouvrage prend un biais anthropologique et historique pour nous montrer la condition de victime de la femme à travers les époques passées et jusqu’à nos jours. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Gillioz, De Puy et Ducret quant à elles (2000), font état des connaissances qui ont fait de la violence familiale et de la violence contre les femmes, un champ d’étude relativement nouveau dans les sciences sociales. Elles nous rappellent que jusque dans les années soixante, la société et avec elle les scientifiques vivent sur le mythe de la famille non violente. Cette dernière étant considérée comme rare et comme étant le fait d’individus déséquilibrés. Dans les années septante, sous l’influence de militantes féministes anglo-saxonnes qui ouvrent des refuges pour femmes battues et portent la question de la violence conjugale sur la place publique, ce phénomène jusque-là occulté est posé comme problème socio-politique. C’est dès lors que les sciences sociales vont s’y intéresser, à travers deux grands courants de recherche. Le premier est constitué par des études portant sur la violence subie par les femmes au sein de la famille et postule, en se fondant sur les prémisses théoriques féministes, que cette violence est spécifique. Ilc il est nécessaire de l’étudier indépendamment des autres types de violence familiale qui relèvent d’autres logiques. Le deuxième courant de recherche, issu de la sociologie de la famille, a pour objet la violence familiale et considère la société et ses institutions comme des systèmes consensuels qui embrassent dans la même problématique l’ensemble de la violence qui se déroule dans le cadre familial. &lt;br /&gt;
L&#039;ouvrage de Gillioz et all. mentionne également  les travaux de Strauss, Gelles et Steinmetz (1977), à partir desquels a été tiré l&#039;affirmation que les femmes sont aussi violentes que les hommes. C’est à ce moment qu’apparaît le concept du &amp;quot; mari battu &amp;quot;, des résultats tirés des statistiques de cette recherche, ont permis à l&#039;un des chercheurs de conclure que ce qui était le plus sous-estimé n’est pas la femme battue, mais le mari battu. La validité scientifique reste toutefois fortement contestée, nous en trouvons les arguments dans l’ouvrage de Gillioz, De Puy et Ducret. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Notre revue de littérature se conclut par l’approche systémique de Perrone et Nannini (1995) qui proposent leur livre comme un manuel à l’usage des professionnels appelés à intervenir auprès des familles. Leurs présupposés considèrent que la violence n’est pas un phénomène individuel, mais la manifestation d’un phénomène interactionnel. La violence est ainsi un mode particulier de communication entre partenaires qui sont tous impliqués et par là même responsables au sens interactionnel du terme. Comme Yvon Dallaire, les auteurs ne considèrent pas les acteurs de la violence conjugale en termes de &amp;quot; victime-agresseur &amp;quot;, ni en termes &amp;quot; hommes-femmes &amp;quot;. Les objectifs et les enjeux que ces deux auteurs proposent s’appuient sur l’idée que chacun doit devenir et se penser responsable de ses propres comportements. C’est également selon cette optique que certains &amp;quot; cliniciens &amp;quot; abordent en partie la question dans leur article (Rey, H et al. 2006). Contini 6 mai 2006 à 16:28 (MEST)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Problématique ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le questionnement qui est à l’origine de notre travail prend source dans la rencontre que nous avons faite d’un concept qui semble nouveau de prime abord : &amp;quot; l’homme battu &amp;quot;. Nous avons découvert ce concept dans l’ouvrage récemment publié de Sophie Torrent qui s’intitule &amp;quot; les hommes battus &amp;quot;. Ce livre met en lumière l’existence d’hommes victimes de violences exercées par des femmes à leur encontre, il interroge également les questions identitaires vécues par ces &amp;quot; nouvelles victimes &amp;quot; à travers la conduite de multiples entretiens. &lt;br /&gt;
Ces propos nous ont intrigués, parfois rendus perplexes et ont ainsi attisé notre curiosité. Nous avons dès lors entrepris des recherches bibliographiques qui nous permettraient de découvrir des discours proches des propos de Torrent. Nous avons ainsi constaté que ce &amp;quot; phénomène &amp;quot; des hommes battus était, dans une moindre mesure, relayé dans d’autres ouvrages qui l’inscrivaient dans le cadre plus large de la violence conjugale. Nos recherches livresques nous ont ainsi conduits à investiguer le corpus que nous avons constitué afin de tenter de répondre à la question principale qui guide notre recherche : comment le phénomène de &amp;quot; l’homme battu &amp;quot; s’inscrit-il dans le paradigme de la violence conjugale ? Les questions secondaires qui en découlent sont multiples : quand est-ce que ce concept est apparu ? Par qui a-t-il été développé ? Quels sont les discours qui relaient ce concept ou qui s’y opposent ? &lt;br /&gt;
Les éléments qui composent notre revue de littérature nous ont permis d’entrevoir certains points qui semblent être récurrents. Nous nous sommes ainsi aperçus que le concept d’ &amp;quot; hommes battus &amp;quot; se trouvait à chaque fois en tension avec celui de &amp;quot; femmes battues &amp;quot; dans le cadre de la violence conjugale que nous avons aussi essayé de définir. Nous nous sommes dès lors trouvés confrontés à deux discours contraires entre des groupes de pressions constitués autour de la &amp;quot; souffrance masculine &amp;quot; et les propos issus de certains discours féministes. Nous avons également constaté que cette opposition - que nous caractérisons grossièrement entre les deux discours – se dédouble d’une autre opposition dans la désignation des acteurs de la violence conjugale en  termes de victime et d’agresseur. Nous constatons que les acteurs sont ainsi stigmatisés, avec des stéréotypes qui désignent de manière massive l’homme comme étant un agresseur et la femme une victime.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Méthodologie ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En fonction des éléments de la problématique, l’objectif de notre recherche a consisté pour nous à y voir plus clair en tentant de répondre aux questions que nous nous posons. Afin de prendre une nécessaire distance vis-à-vis du regard que propose notre revue de littérature, nous avons choisi d’orienter nos recherches sur diverses sources d’informations. Nous avons trouvé intéressant d’examiner si des statistiques existaient sur les &amp;quot; hommes battus &amp;quot; et sur les &amp;quot; femmes battues &amp;quot; et dès lors de voir si celles-ci pouvaient éclaircir notre questionnement. Nous avons aussi choisi de chercher des éléments dans une série de revue spécialisées dans la thérapie familiale, dès lors que le phénomène des &amp;quot; hommes battus &amp;quot; s’inscrit dans le cadre de la violence conjugale. De plus, pour avoir une vision plus globale nous avons aussi décidé de faire une revue d’articles de presse étudiant quelques articles récents. Enfin, nous avons opté pour une recherche mettant en œuvre la conduite de plusieurs entretiens compréhensifs semi-directifs auprès de professionnels de la prise en charge de la violence conjugale ainsi qu’auprès de &amp;quot; victimes &amp;quot; masculines qui accepteraient de nous apporter leur témoignage. A cet effet, nous avons trouvé pertinent de construire deux types de [[entretiens violence conjugale|grilles d&#039;entretiens]], l&#039;une pour les professionnels, l&#039;autre pour les hommes &amp;quot;victimes&amp;quot;. Malgré la promesse d&#039;anonymat, nous n&#039;avons pas pu enregistrer les entretiens. De ce fait, nous basons nos propos sur les notes retenues. Chaque entretien s&#039;est déroulé, pendant une heure trente, dans un lieu décidé par la personne interviewée. Nous avons mené, dans notre phase d&#039;investigation de terrain, quatre entretiens, dont deux avec des &amp;quot;victimes&amp;quot; masculines de [[Maltraitance|maltraitance]] conjugale.  Nous avons rencontré Denis Chatelain, co-fondateur de l&#039;association Vires. Cet organisme de traitement et de prévention de la violence exercée dans le couple et la famille, vient en aide aux personnes qui ont recours à la violence. Nous avons aussi rencontré la fondatrice d&#039;une fondation prenant en charge des femmes violentes, qui a souhaité garder l&#039;anonymat. Toutefois, il est possible de dire que l’objectif premier de cette association est la prévention de la maltraitance et la violence auprès des enfants, personnes âgées et conjoints. Nous avons réussi, à travers une association luttant pour la condition masculine, prendre contact avec deux hommes se déclarant comme &amp;quot;battus&amp;quot;.&lt;br /&gt;
Suite à cette &amp;quot; recherche sur le terrain &amp;quot;, nous avons aussi élargi notre revue de littérature en laissant une place pour l’étude des discours qui proviennent des divers professionnels spécialisés dans la thématique de la violence conjugale. Nos sources seront ainsi multiples : entretiens ; revue de presse ; statistiques ; revues spécialisées. &lt;br /&gt;
Notre analyse consistera à analyser les contenus du matériel récolté, en prenant pour point d’appui la désignation des acteurs de la violence conjugale, en termes de stéréotypes (stigmatisation) et dans une approche de &amp;quot; genre &amp;quot; étudiant les rapports sociaux hommes-femmes par rapport à cette thématique, ainsi que les rapports victimes-agresseurs qui s’y rattachent. &lt;br /&gt;
L’analyse devrait ainsi nous permettre de réunir des points de vue différents et ainsi de confirmer ou d’infirmer, voir de &amp;quot; tempérer &amp;quot; ce que nous avons développé dans la revue de littérature en fonction des auteurs choisis.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Résultats et analyses ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Revue de presse ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous avons également utilisé comme source des articles de journaux et périodiques récents, constatant que la thématique de la violence conjugale apparaît régulièrement dans les médias. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout d&#039;abord, &#039;&#039;&#039;Amnesty&#039;&#039;&#039; affiche une grande visibilité grâce à son magazine pour les droits humains (février 2006), son journal d&#039;action (janvier 2006) et son site internet, qui tous trois évoquent récemment la violence domestique. En effet, Amnesty a commencé en mars 2006 sa campagne suisse « En route contre la violence domestique », dont l&#039;action principale consiste en un tour de plusieurs cantons du mobile home &amp;quot;sweet home&amp;quot; afin  de  briser le tabou qui entoure la violence dans le couple, d’améliorer les interventions de l’Etat contre la violence domestique,  et de sensibiliser le grand public, en particulier les jeunes et les hommes, notamment dans les régions rurales. Les revendications d’Amnesty International en matière de violence domestique repose sur l’obligation de l’Etat d’agir contre cette forme de violation des droits humains. Car aujourd’hui si la visibilité du débat public sur la violence domestique s’est améliorée, les menaces, coups, contraintes, viols et meurtres auxquels les femmes sont souvent exposées dans leurs quatre murs constituent un sujet rarement perçu comme relevant des droits humains. De la sensibilisation est encore nécessaire pour considérer que l’empêcher ne relève pas de la sphère privée des couples et des familles concernées, et ne pas l’assimiler à un « problème de femmes », mais à une mission publique, qui touche tout le monde.  Pourtant il s’agit bien de droit à l’intégrité physique et psychique : droit à la liberté et à la sécurité, droit à la santé, droit à l’absence de torture ou d’autres traitements dégradants et même souvent le plus, droit à la vie.&lt;br /&gt;
La position d&#039;Amnesty International quant à la violence domestique consiste à considérer sa cause dans les rapports inégalitaires de sexe. L&#039;accent est mis sur les représentations sociales qui ne cessent de faire le lien entre violence et masculinité. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le numéro du journal &#039;&#039;&#039;Repère Social&#039;&#039;&#039; de février 2006 s&#039;intitule « Quand le sexe faible est violent » et à travers le prétexte de l&#039;ouverture récente à Lausanne d&#039;un accueil pour femmes violentes, aborde ce sujet trop rarement médiatisé de la violence des femmes. &lt;br /&gt;
L&#039;auteur, Geneviève Praplan, présente les associations Vires et Face à Face à Genève, et Violence et famille à Lausanne. Cette dernière institution travaille depuis sept ans avec des hommes violents, mais accueille depuis novembre 2005 également des femmes violentes. Le Coordinateur et plusieurs intervenants ont été formés au Québec, auprès d&#039;OPTION, institution pionnière fondée par le psychothérapeute Jacques Broué en 1985. A Violence et Famille, c&#039;est ainsi sous forme de thérapie de groupe que se déroule l&#039;accompagnement, après quelques entretiens individuels. Le processus de réflexion engagé avec les auteurEs est le même pour les hommes que pour les femmes. Néanmoins, il est spécifié qu&#039;il faut être spécialement vigilant avec les femmes, en vérifiant qu&#039;elles ne sont pas &amp;quot;davantage des victimes que des agresseurs&amp;quot;. De plus, rapidement le lien entre passé et présent doit se faire. &lt;br /&gt;
&amp;quot;Hommes et femmes ne sont pas forcément égaux devant leur violence&amp;quot;: dans l&#039;inconscient collectif masculin, il est nécessaire d&#039;affirmer sa virilité, la violence masculine est ainsi plus facilement excusée. Au contraire, les rôles sociaux attribués aux femmes font qu&#039;on la juge plus sévèrement si elle fait usage de violence, mais leur permet de reconnaître moins difficilement que les hommes leurs actes violents. L&#039;auteur met en avant que les chiffres manquent quant à l&#039;ampleur de la violence féminine, surtout exercée envers ses enfants. Par ailleurs les préjugés quant aux données socio-économiques des auteurs de violence perdurent. Cela est en partie dû au fait que les familles en situation précaire sont plus aisément repérées par les services sociaux, vu l&#039;étendue de leurs besoins.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Statistiques ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Aborder le problème social de la violence conjugale nous incite à faire un retour vers les années 1970. C’est à cette époque que l’on peut situer les premières recherches sur ce thème  mettant en question le mythe de la famille non violente. Les militantes féministes amènent la question de violence conjugale sur la place publique et le posent comme un problème socio-politique. La question de la violence est abordée comme conséquence des rapports de domination, c&#039;est-à-dire des effets de l’exercice d’une influence déterminante d’un groupe, les hommes, sur un autre, les femmes. Tout rapport de domination suppose, en effet, en dehors du rapport de pure violence, un système de justification visant à obtenir un minimum de &amp;quot;volonté d&#039;obéir&amp;quot; de la part des assujettis, note le Petit Robert.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les sciences humaines vont s’y intéresser. De nombreuses études sont entreprises dans les années 1970 et 1980 dans le but de décrire la violence domestique, de pouvoir la chiffrer, de chercher à l’expliquer, d’étudier ses conséquences sur les victimes, et d’examiner les réponses sociétales à ce problème.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les résultats de l&#039;une de celle-ci, Straus et al.(1977) permettent de dire que femmes et hommes admettent recourir à des tactiques de violence dans des situations de conflits. Ce résultat est basé sur le &amp;quot;Conflict Tactics Scales&amp;quot; (CTS), échelles centrées sur les tactiques de gestion des conflits, qui intègrent une série de comportements allant des plus rationnels aux plus violents. Cette étude permettra à l’une des auteur-e-s, Steinmetz, de tirer la conclusion de l’existence du « syndrome de l’homme battu ». Ce qui sera contesté pour insuffisances méthodologiques. Depuis la plupart de chercheurs et chercheuses renoncèrent à utiliser ce concept.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Qu&#039;en est-il de la reconnaissance de la violence conjugale en Suisse ? &lt;br /&gt;
Une loi fédérale est votée (4 octobre 1991), sur l’aide aux victimes. Si cette notion de &amp;quot;victime&amp;quot; est large, accidenté de la route, attentats, viol, contrainte sexuelle, séquestration, elle comprend spécifiquement les violences domestiques. Dès lors,  elle  permet également aux femmes victimes de violence conjugale d&#039;être reconnues, visibilées et aidés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La création des centres Lavi, issu de cette loi, a pour but de fournir une aide efficace (conseils, la protection de la victime, la défense de ses droits dans la procédure pénale et l’indemnisation et la réparation morale) aux victimes d’infractions ou d’une atteinte directe à son intégrité corporelle, sexuelle ou psychique et à renforcer leurs droits. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les centres de consultation « Lavi » sont instaurés dans chaque canton. La police est tenue d’informer les victimes de l’existence de ces centres et de leur transmettre les coordonnées de celle-ci (sur la base de son accord). L’aide immédiate et les prestations fournies directement par les centres sont gratuites. Lorsque la situation personnelle de la personne qui consulte le justifie, les centres de consultation prennent en charge d’autres frais (comme par exemple les frais médicaux, les frais d’avocat ou les frais de procédure). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
S’il est difficile de faire parler les statistiques, ici nous nous basons sur l’année 2004, ils donne toute de même une idée intéressante sur la question qui nous occupe, à savoir la violence féminine et masculine : une nette prédominance des femmes dans la consultation (75%), avec des auteurs présumés de sexe masculin (83.5), et l’existence d’une relation familiale, victime – agresseur (52,9%).  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
(Le législateur prend en compte la situation des victimes, il estime qu’elles doivent être soutenues dans la procédure pénale, et également qu’elles ont droit à une indemnisation ou à une réparation morale (en fonction des revenus de la victime). )&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On peut constater également la reconnaissance par la société du statut de victime,  puisque les demandes, au nombre de 196 pour l’indemnisation et de 728 pour la réparation morale,  ont été traitées positivement. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La formation du personnel des centres Lavi : la loi mentionne des aides financières à la formation. Une formation spécifique « Lavi » a été instaurée et des formations complémentaires complètent la spécialisation de ces professionnels. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Violence domestique, une protection particulière : l’expulsion immédiate du domicile des personnes violentes, lesquelles ne peuvent plus réintégrer leur logement pendant une période déterminée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le 14 juin 2000, la Conseillère Ruth-Gaby Vermot-Mangold dépose une initiative parlementaire. Le Conseil fédéral  propose, en novembre 2005, un nouvel article 28b dans le code civil visant à protéger la victime de violence ou de harcèlement en lui donnant le droit de requérir le juge d’instruction d’interdire à l’auteur de l’atteinte de l’approcher, de fréquenter certains lieux ou de prendre contact avec elle. &lt;br /&gt;
Ce nouvel article 28b prévoit également l’institution par les cantons de centres d’informations et de consultation dans le but d’agir préventivement pour éviter la violence domestique et sa récidive. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Violence entre conjoint ou partenaire : poursuivie d’office depuis le 1 avril 2004&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le Conseil Fédéral  modifie le Code pénal en ce sens que les actes de violence domestique seront poursuivis d’office et non plus sur plainte de la victime. Le communiqué de presse est intéressant et nous donne un aperçu des changements sociaux intervenus : « il n’est plus question de tolérer la violence physique ou sexuelle exercée contre un conjoint ou un partenaire – dans un couple hétérosexuel ou homosexuel – sous prétexte qu’elle ne serait que de peu de gravité ou qu’elle relèverait de la sphère privée ». La contrainte sexuelle et le viol commis au sein du couple sont élevés au rang de délits poursuivis d’office.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Evolution des lois et violence conjugale.&lt;br /&gt;
Votée en 1991, la LAVI démontre que «  victime de violence » constitue maintenant  une déviance secondaire. Les plaignants sont identifiés, l’état institutionnalise leur prise en charge, les centres Lavi sont créés et les consultations augmentent au fil des années.   &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Néanmoins la notion de &amp;quot;violence conjugale&amp;quot; se fait discrète, le terme de violence domestique n’apparaît qu’avec le dépôt en 2002 de l’initiative parlementaire de Vermot-Mangold. En juin 2001 le Conseil Fédéral met en consultation le « projet élaboré par la Commission des affaires juridiques du Conseil national » et la notion de violence domestique fait partie des préoccupations reconnues officiellement. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous pouvons relever que les documents officiels font référence à une notion de victime qui n’est pas sexuée,  le mot « femme » n’y est pas accolé. Les termes utilisés « violence physique ou sexuelle exercée contre un conjoint ou un partenaire (…) dans un couple hétérosexuel ou homosexuel », « ordonner à une personne violente de quitter le domicile conjugal », « prévenir la récidive des agresseurs ». Dans les documents que j’ai parcouru sur le site de l’office fédéral de la justice sous la mention « aide aux victimes », je n’ai trouvé qu’une seule fois la mention spécifique « femme » : «  la violence domestique est aujourd’hui quotidienne dans notre société. Les femmes en sont souvent les victimes ». Dans tous les autres documents la violence domestique paraît neutre. Si le mot victime est féminin, les textes l’utilisent comme un élément générique. On peut en partie le comprendre par le fait que  la Lavi ne reçoit pas que des victimes de violences conjugales, mais également des victimes d’accidents de la route, d’attentats, d’enlèvement, de prise d’otage ou de brigandage.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Analyse des résultats&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour résumer, nous voici arrivés à un premier constat. Nous pouvons dire que la découverte de la violence conjugale et de ses effets a pour origine le questionnement du mouvement féministe, repris par des chercheur-e-s, qui ont confirmé et précisé le phénomène de la violence conjugale. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Autre découverte, la notion d’homme battu, que nous avions posé comme une construction récente, date des premières recherches sur ce domaine. Le syndrome de l’homme battu, développé  par une chercheuse du l’équipe de  Straus et al. a été un concept rapidement abandonné. Les défauts dans l’opérationnalisation du concept de violence, dans la méthode et dans l’interprétation des données de l’enquête effectuée à l’aide du Conflict Tactics Scales ont été largement reconnus. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comment se fait-il alors que des auteurs récents se saisissent du vocable « homme battu », partent à sa recherche, et le trouve ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour cela nous devons revenir à nouveau aux années 1970 et aux changements intervenus dans les places des hommes et des femmes. Ces dernières acquièrent un statut différent, elles deviennent citoyennes, accèdent au marché du travail et peuvent maîtriser leur fécondité. L’égalité homme – femme advient. A partir de là, le féminisme devient un mouvement social et politique pour l&#039;émancipation des femmes. Mais il va désigner aussi un corpus théorique qui va permettre aux sociologues de revisiter leurs différents champs d’études à travers la problématique des rapports sociaux de sexe.  Sous cet angle là, la violence conjugale prend un autre sens, elle est  rendue possible parce que les femmes ont moins de moyens, par conséquent moins de pouvoir, et parce que le genre féminin est dévalorisé par rapport au masculin. &lt;br /&gt;
Pierre Bourdieu a largement développé le fonctionnement des dominés et démontré comment ceux-ci ayant intégré le discours dominant « construisent ces relations de pouvoir du point de vue même de ceux qui y affirment leur domination… ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En Suisse, les statistiques 2004 issues des centres Lavi apportent des précisions chiffrées à cette forme de violence. Le taux de victimes de sexe féminins est important (75%),  le sexe masculin de l’auteur présumé révèle un pourcentage très élevé (83.5%) et pour 52.9% des consultants une relation familiale victime - agresseur existe. &lt;br /&gt;
Bien que la violence conjugale soit maintenant reconnue, des groupes sociaux la mettent en question. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les années 1980 une tension s’avive entre hommes et femmes.  Certains hommes pro féministes tiennent un discours optimiste concernant la constitution d&#039;une société nouvelle et égalitaire  et reconnaissent la domination masculine comme clé d&#039;un changement possible. &lt;br /&gt;
D&#039;autres hommes tiennent un discours alarmiste et insistent sur le malaise identitaire engendré par cette modification des rapports sociaux source de perte de repères. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A partir de là, des groupes d’hommes se forment autour, par exemple d’auteurs tels que Guy Cornaux au Canada, Jacques Salomé en France,  ou plus récemment Y. Dallaire qui avec John Goetelen a organisé le premier Congrès international de la condition masculine à Genève en 2003. Des mouvements pour la condition paternelle se créent afin de s’opposer à la garde des enfants accordée systématiquement à la mère en cas de divorce.  Le film récent « Le souffle du désert » de François Kohler, illustre ce phénomène de la recherche d’une identité masculine vécue comme problématique. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C&#039;est dans cette mouvance que nous trouvons aujourd&#039;hui les protagonistes d&#039;un détournement de la violence masculine au profit d&#039;une violence exercée contre les hommes par les femmes. ces détracteurs pourront s&#039;appuyer probablement dans les années à venir sur les modifications des images féminines, les stéréotypes de la femme douce et soumise ont tendance à s&#039;estomper. Et l&#039;on peut se demander si les jeunes femmes ne se permettront pas plus que par le passé d&#039;exprimer leurs sentiments de colère et violence, là où s&#039;exprimaient auparavant peut-être impuissance, tristesse et dépression. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Utilisateur:Cornut piller|Cornut piller]] 1 jun 2006 à 09:15 (MEST) ~~&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Entretiens ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est souvent question dans les chiffres, de comparer,  voire d’opposer, hommes et femmes face à la violence conjugale. En d’autres termes de démontrer que le premier est le bourreau et la deuxième la victime. Pour certains, la question des hommes battus ne recouvrirait pas la même problématique que celle des femmes battues. Pour certains auteurs, tel Yvon Dallaire, il semble que les stéréotypes de femme-victime et homme-agresseur affiliés aux rôles des acteurs, n’aident en rien à reconnaître la problématique. Alors que la femme est souvent vue comme une personne douce, fragile et protectrice. Les hommes, eux, sont reconnus comme des êtres forts, virils et courageux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;L’homme battu existe, nous l’avons rencontré&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour confronter les stéréotypes affiliés aux genres, nous avons cherché à interviewer des hommes battus. Paul et Luc (prénoms d’empreint) ont un point commun : leur passé d’homme maltraité. Ils ont été, tous les deux, physiquement battus par leur conjointe. Toutefois, il semblerait que la problématique de l’homme violenté intègre, dans sa forme globale, une autre forme de violence, une violence psychologique. Il ressort des entretiens que la forme physique ne semble pas être la forme de violence qui marque le plus. &lt;br /&gt;
Pour essayer de comprendre au mieux le vécu violenté de ces hommes et plus généralement de toute personne impliquée dans des relations violentes, nous avons questionné la littérature ainsi que des professionnels de terrain.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour la travailleuse sociale, Sophie Torrent (2001), « la nature de la violence [à l’égard de la gente masculine] et ses modes d’expression traduisent, dirait-on, une violence spécifiquement féminine, subtile, qui atteint l’intégrité psychique de l’homme.» (p.33). L’homme victime de violence psychologique semble atteint surtout dans sa masculinité, plus précisément dans la représentation de la masculinité qui lui a permis de construire son identité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Le harcèlement que j’ai vécu par cette femme tyran m’a amené à perdre, pendant quelques temps, mon identité masculine… C’était quoi être un homme ? Je ne savais plus faire l’amour comme il faut en quittant ma femme. J’ai du réapprendre à accepter de prendre du plaisir. » Luc&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;La violence ; une histoire d’homme ?&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Alors que nous venons de découvrir avec stupéfaction certaines réalités d’hommes maltraités par leur conjointe, comment traiter ces vérités face à notre idéal féminin construit ? Comment même penser à la violence des femmes, alors que celle que l’on exerce à leur égard est de loin la plus établie, la plus reconnue et de ce fait la plus portée par les médias ? De nos jours, la société reconnaît et prend en charge la femme violentée, qu&#039;en est-il de la femme violente ? &lt;br /&gt;
Il est commun d’entendre qu’une femme violente est une femme malade psychologiquement ou encore que cette dernière n’agresserait que pour se défendre. Pour la psychothérapeute Diane Chayer, ( citée par Ruel &amp;amp; Guéricolas, 1998), il semblerait qu’il n’y ait tout simplement pas de permission sociale à la violence des femmes. « La société dit qu’il est presque normal pour un homme d’être violent. Mais une femme violente, c’est une extraterrestre. » &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour Yvon Dallaire, « la femme violente peut ressentir de la fierté pour avoir battu plus fort qu’elle. Et la société ne la dénigre pas, elle cherche plutôt à la comprendre et à l’excuser, compatissant souvent à son sort. » (p26) A contrario, pour la responsable d’une structure acceuillant des femmes violentes, « celles et ceux qui passent de la parole aux actes souffrent, ils ont besoin d&#039;aide et y ont droit. Toutefois, la femme violente souffre de discrimination ; on ne veut pas lui reconnaître sa violence. » Il semblerait alors que, paradoxalement, la femme violente souffre des mêmes maux sociaux que l’homme maltraité. Une nouvelle fois, il semblerait que les stéréotypes, affiliés aux genres, décident de ce qui peut être acceptable ou pas.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Le statut de victime/agresseur&#039;&#039;&#039; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La responsable d’un établissement prenant en charge des femmes violentes nous apprend qu’il est difficile de tenir le fil rouge concernant les rôles de victime-agresseur. « On est là pour travailler sur la violence des femmes, en tant qu’auteures de violence et non en tant que victimes. Très souvent, ça dérape en justification des actes qui déplace la position d’agresseuse à celui de victime. » Il semble que souvent, l’agresseur se voit comme victime. Responsabiliser les acteurs(trices) de violence, c’est les aider à prendre conscience de leur violence. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Responsabilité dans la violence&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La question est partagée. Alors que pour beaucoup, la responsabilité de la violence doit être assumée par son auteur(e), pour d’autres, elle doit être partagée. En effet, pour Denis Châtelain, co-fondateur d’une association prenant en charge des auteur(e)s de violence, « il faut prendre en compte le potentiel de violence de la victime dans la compréhension de la dynamique ». Pour la responsable d’une association accueillant des femmes violentes, « il est impossible de faire un tel travail si l’on part du principe d’une co-responsabilité dans la réalisation de la violence. En effet, on ne peut pas se permettre de déraper sur l’aspect empathique et comprendre voir d’excuser l’acte de violence au nom d’un statut de victime reconnu. Pour nous, l’acte violent n’est pas excusable, il est inadmissible quelque soit sa source ou sa justification. Ce qui nous paraît important c’est de faire en sorte de ne plus jamais en avoir à arriver là. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;La prise en charge de la violence&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comment aborder la problématique de la violence conjugale et plus particulièrement celle des hommes maltraités et des femmes violentes ? Alors qu’Yvon Dallaire se demande si l’on « ne pourrait pas exploiter l’expertise des centres d’accueil pour femmes au profit des hommes battus et l’expertise des groupes d’entraide pour homme violents au profit des femmes violentes ? » (p29), la responsable d’une structure accueillant des femmes actrices de violence répond que « pour aider les femmes actrices de violence, il faut appliquer un traitement différencié. Les raisons étant parce qu’on n’éduque pas de la même façon une petite fille et un petit garçon, le rapport au féminin n’est pas le même. La violence masculine est légitimée. Par contre, on ne reconnaît pas ce droit à la femme. Cela étant dû aux stéréotypes de mère protectrice d’une part. » &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Revue &amp;quot;Thérapie familiale&amp;quot;===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous avons jugé opportun d&#039;analyser des numéros de Thérapie de Famille, une revue trimestrielle  d&#039;orientation systémique. Cette source représente en effet le point de vue théorique et le constat des pratiques des thérapeutes de famille. Il est pertinent de se demander à quel point le discours de ces professionnels de la famille influence la société et est en retour influencé par elle. Les catégories  victime-agresseur y sont-elles aussi clairement définies que dans le sens commun et certains discours? Fait-on une différenciation au niveau de l&#039;étiologie de la violence et de ses conséquences selon le genre? Le contact avec les patients remet-il en question certaines pratiques thérapeutiques et fait-il avancer les models conceptuels? Pour répondre à ces interrogations, nous avions à disposition tous les numéros parus depuis de nombreuses années afin d&#039;observer à quelle fréquence et sous quelle forme la thématique des violences conjugales était abordée. Nous avons porté notre choix sur la période allant de 1995 à 2001, pendant laquelle quatre numéros contiennent des articles dédiés à notre sujet.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les deux premiers numéros analysés, datant de 1995 et de 2000 sont riches d&#039;informations car rédigés par les mêmes auteurs, qui font part de l&#039;évolution de leur réflexion durant les cinq ans écoulés. Le numéro de 2000 a été écrit par des thérapeutes colombiens, ce qui nous montre la préoccupation internationale des thérapeutes de famille autour de la violence conjugale et leur désir d&#039;échanger à ce sujet. Quant au dernier numéro pris en compte, celui de 2001, il présente la synthèse des théories les plus utilisées à propos de la violence domestique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
(à suivre...)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Conclusion ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Difficultés===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le sujet que nous avons abordé tout au long de ce travail est délicat. Nous avons relevé le peu de neutralité émanant des sources existantes sur ce thème, chaque écrit représentant une certaine prise de position, quant à la causalité de la violence conjugale par exemple, ou les convictions cachées derrière l&#039;attribution de statuts victime-agresseur ou victime-victime.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette subjectivité rentre en interrelation avec notre sensibilité propre, individuelle, qui n&#039;est donc pas la même entre les personnes de notre groupe. Le fait que celui-ci soit constitué de deux femmes et deux hommes est très enrichissant, et même primordial quand l&#039;on s&#039;attèle à ce type de problématique. Néanmoins, cela implique un investissement conséquent en termes de discussion, explicitation des attentes et valeurs de chacun, en redéfinition continuelle de la problématique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans notre tentative d&#039;objectiver notre problématique, nous ne sommes que très peu aidés par les statistiques. Elles aussi disent ce qu&#039;elles ont envie de dire, et sont sans cesse remises en cause par des détracteurs. La conséquence en est qu&#039;aucune statistique ne sert vraiment de référence consensuelle dans la compréhension de la violence conjugale.Dans les statistiques policières, souvent la violence conjugale n&#039;est pas comptabilisée de manière séparée des autres délits de violence; dans d&#039;autres types de statistiques c&#039;est le genre qui n&#039;est pas retenu comme variable pertinente. En effet, derrière les chiffres, on découvre des définitions très variables de la violence: certains ne prennent en compte que la violence physique; d&#039;autres considèrent que de nombreux petits signes de nature verbale ou psychologique sont un pas dans l&#039;escalade de la violence, et les jugent donc de même poids que des coups. Entre ces deux extrêmes, toutes les variations sont présentes... &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est intéressant de relever à quel point certains chiffres sont médiatisés, afin d&#039;avoir un impact sur la population, alors que ces mêmes chiffres sont discutables au niveau statistique. &lt;br /&gt;
Pour conclure, nous nous sommes rendus compte que malgré une certaine médiatisation, qui n&#039;est pas si récente, de la violence conjugale, nous ne savons pas tellement de choses à ce sujet, ou plutôt il existe peu de consensus, voire la co-existence d&#039;approches inconciliables.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Références bibliographiques ==&lt;br /&gt;
Les lectures citées dans le travail final&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Amnistie: Le magazine pour les droits humains, &#039;&#039;Dossier Combattre la violence domestique&#039;&#039;  No 44, février 2006.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Amnistie, Journal d&#039;action pour les droits humains, janvier 2006.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Dallaire Y. (2002). La violence faite aux hommes. Une réalité tabou et complexe. Québéc: Options santé. [[Résumé du livre]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Gillioz L., De Puy J., Ducret V. (1997). Domination et violence envers la femme dans le couple. Lausanne : éditions Payot. [http://home.etu.unige.ch/~maneira4/R_sum__aeticle.doc Résumé de l&#039;article]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Ruel S. &amp;amp; Guéricolas P. (1998). La violence des femmes : derrière le masque. In Gazette des femmes Vol. 20. (no 4). (Novembre-Décembre 1998).[Version électronique]. Accès le 20 novembre 2005 : &lt;br /&gt;
http://www.gazettedesfemmes.com/recherche/?F=recherche&amp;amp;idt=10075&amp;amp;affart=2866&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Torrent S. (2001). L’homme battu, un tabou au cœur du tabou. Québec: Option Santé. [http://home.etu.unige.ch/~maneira4/fiche%20de%20lecture%20homme%20battu.pdf Résumé du livre ]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Praplan G., &#039;&#039;Quand le sexe faible est violent&#039;&#039; in Repère Social, No 73, février 2006.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Bibliographie ==&lt;br /&gt;
Les lectures utilisées mais pas citées dans le travail final&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Bretonnière-Fraysse et al. (2001). &#039;&#039; De la violence conjugale à la violence parentale&#039;&#039;. Eres [[Résumé|Résumé du livre]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Jackson D., Welzer-Lang D. (1998). Violence et masculinité. Toulouse : imprimerie 34.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Office fédéral de la statistique : Aide aux victimes. Chiffres clés. http://www.bfs.admin.ch/bfs/portal/fr/index/themen/rechtspflege.html&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Rey, H. et al. (2006). Les violences conjugales: pour une clinique du réel. &#039;&#039; Journal International de Victimologie&#039;&#039;. Année 4, No 1. [[Résumé de l&#039;article]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Miguel</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Violence_conjugale:_De_la_femme_battue_%C3%A0_l%27homme_battu...&amp;diff=4183</id>
		<title>Violence conjugale: De la femme battue à l&#039;homme battu...</title>
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		<updated>2006-06-15T15:04:19Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Miguel : /* Méthodologie */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&#039;&#039;&#039;Membres du groupe&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Chantal Cornut&lt;br /&gt;
* Céline Pittet &lt;br /&gt;
* Jean-Christophe Contini&lt;br /&gt;
* Miguel Maneira &lt;br /&gt;
[mailto:maneira4@etu.unige.ch,contini2@etu.unige.ch,cepittet@hotmail.com,ch.cornut-piller@bluewin.ch Ecrire au groupe]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 [[L&#039;homme battu: le mâle...traité|Notre projet]]  |  [[Plan de recherche: Violence conjugale; un concept en mouvement|Notre plan de recherche]]  |  [[Espace de dialogue|Notre espace de dialogue]]  |  [[Trésorus de notre groupe|Notre île aux trésors]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Introduction ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Violence conjugale|La violence conjugale]] semble être de prime abord un phénomène bien connu de nos jours. Les médias rendent régulièrement compte de ses conséquences, bon nombre d’associations ont été créées pour répondre à l’appel des victimes, une loi sur la protection des victimes a été instaurée, beaucoup de thérapeutes œuvrent également dans ce domaine. Il est question, la plupart du temps, des violences subies par des femmes et exercées par des hommes, il est dans une moindre mesure, question de la [[Violence|violence]] exercée par des femmes contre des hommes. Ce dernier phénomène reste minoritaire cependant, et fait l’objet de nombreuses critiques. Bien souvent, les discours opposent des mouvements &amp;quot;  [[Féminisme|féministes]]&amp;quot; à des groupes &amp;quot; masculinistes &amp;quot;, les uns dénonçant sans cesse l’ineffable violence des hommes envers les femmes, les autres dénonçant cette vision de l’homme éternellement &amp;quot; agresseur &amp;quot;, allant jusqu’à affirmer que des hommes sont aussi des &amp;quot; victimes &amp;quot; et que la violence peut aussi être l’apanage des femmes. Ici apparaît le concept &amp;quot; d’hommes battus &amp;quot; que nous interrogerons et qui est apparu dès les années septante.  &lt;br /&gt;
Afin de prendre de la distance vis-à-vis de ces deux positions antagonistes, nous proposons d’étudier ce que disent certains auteurs sur la violence conjugale, à la fois sur la violence subie par les femmes et par les hommes. Nous proposons aussi une recherche axée sur des entretiens avec des hommes &amp;quot; victimes &amp;quot; et des professionnels de la violence conjugale. Nous étudierons également des sources statistiques issues de la Loi Fédérale sur l’aide aux victimes et de Amnesty internationale tout comme des revues spécialisées dans le domaine de la thérapie familiale et plus particulièrement les articles concernant la violence domestique. &lt;br /&gt;
La thèse générale de notre article est de démontrer par notre étude que les discours qui circulent sur la violence conjugale sont une construction qui circonscrit la violence dans des [[Stéréotype|stéréotypes]] caricaturaux stigmatisant à la fois les femmes en tant que victimes et les hommes comme agresseurs. De cette restriction découle la difficulté d’envisager l’existence d’hommes victimes de violence conjugale, et d’égale manière celle de femmes violentes. Cela a comme conséquence pour les personnes concernées une non-reconnaissance sociale, se manifestant par de forts préjugés à leur encontre, et de grandes lacunes institutionnelles. Nous montrerons aussi que les professionnels de la violence conjugale (médecins, thérapeutes) ont dépassé cette opposition et qu’ils désignent plus les acteurs de la violence conjugale à un niveau de co-responsabilité qui ne distingue pas le sexe des protagonistes pour rendre compte de ce phénomène. Il y a ainsi un écart entre les discours dominants et les discours des professionnels, écart perceptible dans l’étude de la littérature et dans l’examen des sources que constituent les revues &amp;quot; thérapie familiale &amp;quot;.&lt;br /&gt;
Enfin, nous proposons la thèse selon laquelle la violence conjugale reste un phénomène qui bien que connu de tous, reste difficile à appréhender dans notre société. En effet, nous montrerons qu’il existe des définitions similaires mais superficielles qui varient dans leur développement en fonction des positionnements et des valeurs de ceux qui les proposent. Les statistiques qui rendent compte de la violence conjugale proposent d’autre part des modalités qui ne permettent pas de distinguer précisément les victimes des agresseurs de manière précise et approfondie. Elles ne permettent pas d’affirmer avec précision que les hommes sont aussi victimes de violences, les modalités de [[Genre|genre]] n’étant pas assez développées dans la prise en compte statistique. Les hommes victimes existent, mais leur visibilité est très faible du fait que c’est un phénomène qui est en train d’émerger comme problème social.&lt;br /&gt;
Nous montrerons ainsi que la violence conjugale reste un phénomène complexe et confus dans ses définitions. Enfin, nous verrons que la violence conjugale reste un concept en mouvement sur le plan des institutions, qui proposent des possibilités de prise en charge nombreuses, mais néanmoins insuffisantes si l’on considère la prise en compte de la violence faite aux hommes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Revue de littérature ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous aborderons cette revue de littérature en suivant la chronologie même de notre questionnement et de notre cheminement, qui nous a conduit, en commençant part la découverte du concept de &amp;quot; l’homme battu &amp;quot;, à approfondir nos recherches au concept de la femme battue et à appréhender dès lors le problème social que constitue la violence conjugale, qui englobe les deux autres concepts. Nous avons ainsi privilégié dans nos recherches les ouvrages qui traiteraient spécifiquement de l’existence du concept même de &amp;quot; l’homme battu &amp;quot;, dans une actualité la plus récente possible. Nous nous sommes vite aperçus, que peu de littérature existait à ce sujet. Cependant, les ouvrages les plus récents (Torrent et Dallaire) font tous les deux référence à l’inscription du concept de l’homme battu dans celui de la violence conjugale. Nous avons dès lors élargi nos recherches dans ce domaine, toujours à la recherche du moindre élément concernant la violence faite aux hommes. D’autre part, nous avons voulu mettre en question les propositions faites par Dallaire et Torrent, en nous référant à d’autres auteurs qui portent un regard différent sur les acteurs, hommes ou femmes, de la violence conjugale. Notre attention s’est ainsi portée sur des notions concernant la désignation des acteurs en termes de victime et d’agresseur, et la désignation de ces mêmes termes de catégorie homme-femme. Enfin, nous avons cherché à contextualiser le phénomène de l’homme battu, en recherchant dans l’histoire de la violence conjugale, le moment où est apparu le concept de &amp;quot; l’homme battu &amp;quot;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sophie Torrent, dans son ouvrage sur l’homme battu (2001) met directement en question le fait qu’il existe au sein de la vie de couple une violence faite aux hommes, une violence souvent difficile à accepter, celle-ci allant à l’encontre de stéréotypes tels que celui qui considère que la femme est l’élément faible du couple et que l’homme en est le dominant. Dans la première partie de son livre, l’auteur tente tout d’abord d’expliquer ce phénomène atypique de l’homme battu, cet &amp;quot; impensable social &amp;quot; dit-elle. Elle analyse les différents types de violences (physique, sexuelle, psychologique, verbale et économique) pour ensuite orienter son analyse vers la notion de &amp;quot; rôles sociaux &amp;quot;. Elle montre comment l’homme violenté est agressé jusque dans les &amp;quot; facettes &amp;quot; qui font son [[Identité sociale|identité]] . Pour elle &amp;quot; être battu invalide l’homme dans son appartenance à la catégorie sociale homme &amp;quot;. Dans la deuxième partie de son ouvrage, Torrent réfléchit sur les différentes stratégies élaborées par l’homme pour gérer des situations difficiles. Elle s’appuie notamment dans son travail de recherche sur des interviews réalisées avec des &amp;quot; hommes battus &amp;quot;. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est dans une considération assez proche qu’Yvon Dallaire (2002), thérapeute au Québec, aborde le phénomène de la violence faite aux hommes (La violence faite aux hommes. Une réalité taboue et complexe). Il nous rappelle le constat de l’existence ineffable de la violence dans l’humanité, violence souvent fortement médiatisée, mais selon lui, de manière incomplète. En effet, dit-il, notre attention ne serait attirée que vers une forme de violence, soit celle faite par les hommes contre les autres hommes (guerres, voies de fait, suicides), contre les femmes (violence conjugale, viol, meurtre, tueurs en série) et contre les enfants (violence infanticide, meurtre suivi de suicide). Pour Dallaire, une forme de violence a été occultée : la violence des femmes faite envers les femmes, les hommes et les enfants. Le propos de son texte est de démontrer d’une part que des femmes peuvent être tout autant violentes que des hommes, et que d’autre part, l’analyse de la violence conjugale s’inscrit dans un paradigme teinté de sexisme et de discrimination. Pour cet auteur, la violence conjugale ne se décline pas simplement sur le mode victime-agresseur, mais plutôt sur celui de victime-victime, de deux individus qui sont les co-créateurs d’une escalade débouchant sur l’explosion physique. Afin d’alimenter son propos, Yvon Dallaire met en lumière les stéréotypes et les préjugés qui circulent dans le discours commun : l’homme est un être violent, un abuseur d’enfants, un irresponsable, les hommes sont tous des obsédés sexuels, il sont tous infidèles, menteurs et manipulateurs. Dès lors, toute violence féminine est considérée comme relevant de la légitime défense, l’homme est ainsi rendu coupable de toute la violence conjugale. Précisons ici que l’auteur dénonce le discours d’influence féministe qui se déploie dans le contexte québécois. Son objectif est de connaître les réelles dimensions de la violence conjugale, plutôt que de rechercher un coupable à punir, toujours le même : l’homme. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’ouvrage de Bretonnière-Fraysse et al. (2001), incontournable pour notre sujet, propose quant à lui un autre regard qui positionne clairement les femmes en tant que victimes et les hommes comme agresseurs, sans nuances : &amp;quot; on le sait, la violence conjugale a toujours existé ; on le sait aussi : les victimes en sont les femmes et les auteurs, les hommes. Mais elle demeure encore cachée, honteuse, secrète &amp;quot;. Cet ouvrage prend un biais anthropologique et historique pour nous montrer la condition de victime de la femme à travers les époques passées et jusqu’à nos jours. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Gillioz, De Puy et Ducret quant à elles (2000), font état des connaissances qui ont fait de la violence familiale et de la violence contre les femmes, un champ d’étude relativement nouveau dans les sciences sociales. Elles nous rappellent que jusque dans les années soixante, la société et avec elle les scientifiques vivent sur le mythe de la famille non violente. Cette dernière étant considérée comme rare et comme étant le fait d’individus déséquilibrés. Dans les années septante, sous l’influence de militantes féministes anglo-saxonnes qui ouvrent des refuges pour femmes battues et portent la question de la violence conjugale sur la place publique, ce phénomène jusque-là occulté est posé comme problème socio-politique. C’est dès lors que les sciences sociales vont s’y intéresser, à travers deux grands courants de recherche. Le premier est constitué par des études portant sur la violence subie par les femmes au sein de la famille et postule, en se fondant sur les prémisses théoriques féministes, que cette violence est spécifique. Ilc il est nécessaire de l’étudier indépendamment des autres types de violence familiale qui relèvent d’autres logiques. Le deuxième courant de recherche, issu de la sociologie de la famille, a pour objet la violence familiale et considère la société et ses institutions comme des systèmes consensuels qui embrassent dans la même problématique l’ensemble de la violence qui se déroule dans le cadre familial. &lt;br /&gt;
L&#039;ouvrage de Gillioz et all. mentionne également  les travaux de Strauss, Gelles et Steinmetz (1977), à partir desquels a été tiré l&#039;affirmation que les femmes sont aussi violentes que les hommes. C’est à ce moment qu’apparaît le concept du &amp;quot; mari battu &amp;quot;, des résultats tirés des statistiques de cette recherche, ont permis à l&#039;un des chercheurs de conclure que ce qui était le plus sous-estimé n’est pas la femme battue, mais le mari battu. La validité scientifique reste toutefois fortement contestée, nous en trouvons les arguments dans l’ouvrage de Gillioz, De Puy et Ducret. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Notre revue de littérature se conclut par l’approche systémique de Perrone et Nannini (1995) qui proposent leur livre comme un manuel à l’usage des professionnels appelés à intervenir auprès des familles. Leurs présupposés considèrent que la violence n’est pas un phénomène individuel, mais la manifestation d’un phénomène interactionnel. La violence est ainsi un mode particulier de communication entre partenaires qui sont tous impliqués et par là même responsables au sens interactionnel du terme. Comme Yvon Dallaire, les auteurs ne considèrent pas les acteurs de la violence conjugale en termes de &amp;quot; victime-agresseur &amp;quot;, ni en termes &amp;quot; hommes-femmes &amp;quot;. Les objectifs et les enjeux que ces deux auteurs proposent s’appuient sur l’idée que chacun doit devenir et se penser responsable de ses propres comportements. C’est également selon cette optique que certains &amp;quot; cliniciens &amp;quot; abordent en partie la question dans leur article (Rey, H et al. 2006). Contini 6 mai 2006 à 16:28 (MEST)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Problématique ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le questionnement qui est à l’origine de notre travail prend source dans la rencontre que nous avons faite d’un concept qui semble nouveau de prime abord : &amp;quot; l’homme battu &amp;quot;. Nous avons découvert ce concept dans l’ouvrage récemment publié de Sophie Torrent qui s’intitule &amp;quot; les hommes battus &amp;quot;. Ce livre met en lumière l’existence d’hommes victimes de violences exercées par des femmes à leur encontre, il interroge également les questions identitaires vécues par ces &amp;quot; nouvelles victimes &amp;quot; à travers la conduite de multiples entretiens. &lt;br /&gt;
Ces propos nous ont intrigués, parfois rendus perplexes et ont ainsi attisé notre curiosité. Nous avons dès lors entrepris des recherches bibliographiques qui nous permettraient de découvrir des discours proches des propos de Torrent. Nous avons ainsi constaté que ce &amp;quot; phénomène &amp;quot; des hommes battus était, dans une moindre mesure, relayé dans d’autres ouvrages qui l’inscrivaient dans le cadre plus large de la violence conjugale. Nos recherches livresques nous ont ainsi conduits à investiguer le corpus que nous avons constitué afin de tenter de répondre à la question principale qui guide notre recherche : comment le phénomène de &amp;quot; l’homme battu &amp;quot; s’inscrit-il dans le paradigme de la violence conjugale ? Les questions secondaires qui en découlent sont multiples : quand est-ce que ce concept est apparu ? Par qui a-t-il été développé ? Quels sont les discours qui relaient ce concept ou qui s’y opposent ? &lt;br /&gt;
Les éléments qui composent notre revue de littérature nous ont permis d’entrevoir certains points qui semblent être récurrents. Nous nous sommes ainsi aperçus que le concept d’ &amp;quot; hommes battus &amp;quot; se trouvait à chaque fois en tension avec celui de &amp;quot; femmes battues &amp;quot; dans le cadre de la violence conjugale que nous avons aussi essayé de définir. Nous nous sommes dès lors trouvés confrontés à deux discours contraires entre des groupes de pressions constitués autour de la &amp;quot; souffrance masculine &amp;quot; et les propos issus de certains discours féministes. Nous avons également constaté que cette opposition - que nous caractérisons grossièrement entre les deux discours – se dédouble d’une autre opposition dans la désignation des acteurs de la violence conjugale en  termes de victime et d’agresseur. Nous constatons que les acteurs sont ainsi stigmatisés, avec des stéréotypes qui désignent de manière massive l’homme comme étant un agresseur et la femme une victime.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Méthodologie ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En fonction des éléments de la problématique, l’objectif de notre recherche a consisté pour nous à y voir plus clair en tentant de répondre aux questions que nous nous posons. Afin de prendre une nécessaire distance vis-à-vis du regard que propose notre revue de littérature, nous avons choisi d’orienter nos recherches sur diverses sources d’informations. Nous avons trouvé intéressant d’examiner si des statistiques existaient sur les &amp;quot; hommes battus &amp;quot; et sur les &amp;quot; femmes battues &amp;quot; et dès lors de voir si celles-ci pouvaient éclaircir notre questionnement. Nous avons aussi choisi de chercher des éléments dans une série de revue spécialisées dans la thérapie familiale, dès lors que le phénomène des &amp;quot; hommes battus &amp;quot; s’inscrit dans le cadre de la violence conjugale. De plus, pour avoir une vision plus globale nous avons aussi décidé de faire une revue d’articles de presse étudiant quelques articles récents. Enfin, nous avons opté pour une recherche mettant en œuvre la conduite de plusieurs entretiens compréhensifs semi-directifs auprès de professionnels de la prise en charge de la violence conjugale ainsi qu’auprès de &amp;quot; victimes &amp;quot; masculines qui accepteraient de nous apporter leur témoignage. A cet effet, nous avons trouvé pertinent de construire deux types de [[entretiens violence conjugale|grilles d&#039;entretiens]], l&#039;une pour les professionnels, l&#039;autre pour les hommes &amp;quot;victimes&amp;quot;. Malgré la promesse d&#039;anonymat, nous n&#039;avons pas pu enregistrer les entretiens. De ce fait, nous basons nos propos sur les notes retenues. Chaque entretien s&#039;est déroulé, pendant une heure trente, dans un lieu décidé par la personne interviewée. Nous avons mené, dans notre phase d&#039;investigation de terrain, quatre entretiens, dont deux avec des &amp;quot;victimes&amp;quot; masculines de [[Maltraitance|maltraitance]] conjugale.  Nous avons rencontré Denis Chatelain, co-fondateur de l&#039;association Vires. Cet organisme de traitement et de prévention de la violence exercée dans le couple et la famille, vient en aide aux personnes qui ont recours à la violence. Nous avons aussi rencontré la fondatrice d&#039;une fondation prenant en charge des femmes violentes, qui a souhaité garder l&#039;anonymat. Toutefois, il est possible de dire que l’objectif premier de cette association est la prévention de la maltraitance et la violence auprès des enfants, personnes âgées et conjoints. Nous avons réussi, à travers une association luttant pour la condition masculine, prendre contact avec deux hommes se déclarant comme &amp;quot;battus&amp;quot;.&lt;br /&gt;
Suite à cette &amp;quot; recherche sur le terrain &amp;quot;, nous avons aussi élargi notre revue de littérature en laissant une place pour l’étude des discours qui proviennent des divers professionnels spécialisés dans la thématique de la violence conjugale. Nos sources seront ainsi multiples : entretiens ; revue de presse ; statistiques ; revues spécialisées. &lt;br /&gt;
Notre analyse consistera à analyser les contenus du matériel récolté, en prenant pour point d’appui la désignation des acteurs de la violence conjugale, en termes de stéréotypes (stigmatisation) et dans une approche de &amp;quot; genre &amp;quot; étudiant les rapports sociaux hommes-femmes par rapport à cette thématique, ainsi que les rapports victimes-agresseurs qui s’y rattachent. &lt;br /&gt;
L’analyse devrait ainsi nous permettre de réunir des points de vue différents et ainsi de confirmer ou d’infirmer, voir de &amp;quot; tempérer &amp;quot; ce que nous avons développé dans la revue de littérature en fonction des auteurs choisis.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Résultats et analyses ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Revue de presse ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous avons également utilisé comme source des articles de journaux et périodiques récents, constatant que la thématique de la violence conjugale apparaît régulièrement dans les médias. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout d&#039;abord, &#039;&#039;&#039;Amnesty&#039;&#039;&#039; affiche une grande visibilité grâce à son magazine pour les droits humains (février 2006), son journal d&#039;action (janvier 2006) et son site internet, qui tous trois évoquent récemment la violence domestique. En effet, Amnesty a commencé en mars 2006 sa campagne suisse « En route contre la violence domestique », dont l&#039;action principale consiste en un tour de plusieurs cantons du mobile home &amp;quot;sweet home&amp;quot; afin  de  briser le tabou qui entoure la violence dans le couple, d’améliorer les interventions de l’Etat contre la violence domestique,  et de sensibiliser le grand public, en particulier les jeunes et les hommes, notamment dans les régions rurales. Les revendications d’Amnesty International en matière de violence domestique repose sur l’obligation de l’Etat d’agir contre cette forme de violation des droits humains. Car aujourd’hui si la visibilité du débat public sur la violence domestique s’est améliorée, les menaces, coups, contraintes, viols et meurtres auxquels les femmes sont souvent exposées dans leurs quatre murs constituent un sujet rarement perçu comme relevant des droits humains. De la sensibilisation est encore nécessaire pour considérer que l’empêcher ne relève pas de la sphère privée des couples et des familles concernées, et ne pas l’assimiler à un « problème de femmes », mais à une mission publique, qui touche tout le monde.  Pourtant il s’agit bien de droit à l’intégrité physique et psychique : droit à la liberté et à la sécurité, droit à la santé, droit à l’absence de torture ou d’autres traitements dégradants et même souvent le plus, droit à la vie.&lt;br /&gt;
La position d&#039;Amnesty International quant à la violence domestique consiste à considérer sa cause dans les rapports inégalitaires de sexe. L&#039;accent est mis sur les représentations sociales qui ne cessent de faire le lien entre violence et masculinité. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le numéro du journal &#039;&#039;&#039;Repère Social&#039;&#039;&#039; de février 2006 s&#039;intitule « Quand le sexe faible est violent » et à travers le prétexte de l&#039;ouverture récente à Lausanne d&#039;un accueil pour femmes violentes, aborde ce sujet trop rarement médiatisé de la violence des femmes. &lt;br /&gt;
L&#039;auteur, Geneviève Praplan, présente les associations Vires et Face à Face à Genève, et Violence et famille à Lausanne. Cette dernière institution travaille depuis sept ans avec des hommes violents, mais accueille depuis novembre 2005 également des femmes violentes. Le Coordinateur et plusieurs intervenants ont été formés au Québec, auprès d&#039;OPTION, institution pionnière fondée par le psychothérapeute Jacques Broué en 1985. A Violence et Famille, c&#039;est ainsi sous forme de thérapie de groupe que se déroule l&#039;accompagnement, après quelques entretiens individuels. Le processus de réflexion engagé avec les auteurEs est le même pour les hommes que pour les femmes. Néanmoins, il est spécifié qu&#039;il faut être spécialement vigilant avec les femmes, en vérifiant qu&#039;elles ne sont pas &amp;quot;davantage des victimes que des agresseurs&amp;quot;. De plus, rapidement le lien entre passé et présent doit se faire. &lt;br /&gt;
&amp;quot;Hommes et femmes ne sont pas forcément égaux devant leur violence&amp;quot;: dans l&#039;inconscient collectif masculin, il est nécessaire d&#039;affirmer sa virilité, la violence masculine est ainsi plus facilement excusée. Au contraire, les rôles sociaux attribués aux femmes font qu&#039;on la juge plus sévèrement si elle fait usage de violence, mais leur permet de reconnaître moins difficilement que les hommes leurs actes violents. L&#039;auteur met en avant que les chiffres manquent quant à l&#039;ampleur de la violence féminine, surtout exercée envers ses enfants. Par ailleurs les préjugés quant aux données socio-économiques des auteurs de violence perdurent. Cela est en partie dû au fait que les familles en situation précaire sont plus aisément repérées par les services sociaux, vu l&#039;étendue de leurs besoins.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Statistiques ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Aborder le problème social de la violence conjugale nous incite à faire un retour vers les années 1970. C’est à cette époque que l’on peut situer les premières recherches sur ce thème  mettant en question le mythe de la famille non violente. Les militantes féministes amènent la question de violence conjugale sur la place publique et le posent comme un problème socio-politique. La question de la violence est abordée comme conséquence des rapports de domination, c&#039;est-à-dire des effets de l’exercice d’une influence déterminante d’un groupe, les hommes, sur un autre, les femmes. Tout rapport de domination suppose, en effet, en dehors du rapport de pure violence, un système de justification visant à obtenir un minimum de &amp;quot;volonté d&#039;obéir&amp;quot; de la part des assujettis, note le Petit Robert.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les sciences humaines vont s’y intéresser. De nombreuses études sont entreprises dans les années 1970 et 1980 dans le but de décrire la violence domestique, de pouvoir la chiffrer, de chercher à l’expliquer, d’étudier ses conséquences sur les victimes, et d’examiner les réponses sociétales à ce problème.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les résultats de l&#039;une de celle-ci, Straus et al.(1977) permettent de dire que femmes et hommes admettent recourir à des tactiques de violence dans des situations de conflits. Ce résultat est basé sur le &amp;quot;Conflict Tactics Scales&amp;quot; (CTS), échelles centrées sur les tactiques de gestion des conflits, qui intègrent une série de comportements allant des plus rationnels aux plus violents. Cette étude permettra à l’une des auteur-e-s, Steinmetz, de tirer la conclusion de l’existence du « syndrome de l’homme battu ». Ce qui sera contesté pour insuffisances méthodologiques. Depuis la plupart de chercheurs et chercheuses renoncèrent à utiliser ce concept.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Qu&#039;en est-il de la reconnaissance de la violence conjugale en Suisse ? &lt;br /&gt;
Une loi fédérale est votée (4 octobre 1991), sur l’aide aux victimes. Si cette notion de &amp;quot;victime&amp;quot; est large, accidenté de la route, attentats, viol, contrainte sexuelle, séquestration, elle comprend spécifiquement les violences domestiques. Dès lors,  elle  permet également aux femmes victimes de violence conjugale d&#039;être reconnues, visibilées et aidés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La création des centres Lavi, issu de cette loi, a pour but de fournir une aide efficace (conseils, la protection de la victime, la défense de ses droits dans la procédure pénale et l’indemnisation et la réparation morale) aux victimes d’infractions ou d’une atteinte directe à son intégrité corporelle, sexuelle ou psychique et à renforcer leurs droits. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les centres de consultation « Lavi » sont instaurés dans chaque canton. La police est tenue d’informer les victimes de l’existence de ces centres et de leur transmettre les coordonnées de celle-ci (sur la base de son accord). L’aide immédiate et les prestations fournies directement par les centres sont gratuites. Lorsque la situation personnelle de la personne qui consulte le justifie, les centres de consultation prennent en charge d’autres frais (comme par exemple les frais médicaux, les frais d’avocat ou les frais de procédure). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
S’il est difficile de faire parler les statistiques, ici nous nous basons sur l’année 2004, ils donne toute de même une idée intéressante sur la question qui nous occupe, à savoir la violence féminine et masculine : une nette prédominance des femmes dans la consultation (75%), avec des auteurs présumés de sexe masculin (83.5), et l’existence d’une relation familiale, victime – agresseur (52,9%).  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
(Le législateur prend en compte la situation des victimes, il estime qu’elles doivent être soutenues dans la procédure pénale, et également qu’elles ont droit à une indemnisation ou à une réparation morale (en fonction des revenus de la victime). )&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On peut constater également la reconnaissance par la société du statut de victime,  puisque les demandes, au nombre de 196 pour l’indemnisation et de 728 pour la réparation morale,  ont été traitées positivement. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La formation du personnel des centres Lavi : la loi mentionne des aides financières à la formation. Une formation spécifique « Lavi » a été instaurée et des formations complémentaires complètent la spécialisation de ces professionnels. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Violence domestique, une protection particulière : l’expulsion immédiate du domicile des personnes violentes, lesquelles ne peuvent plus réintégrer leur logement pendant une période déterminée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le 14 juin 2000, la Conseillère Ruth-Gaby Vermot-Mangold dépose une initiative parlementaire. Le Conseil fédéral  propose, en novembre 2005, un nouvel article 28b dans le code civil visant à protéger la victime de violence ou de harcèlement en lui donnant le droit de requérir le juge d’instruction d’interdire à l’auteur de l’atteinte de l’approcher, de fréquenter certains lieux ou de prendre contact avec elle. &lt;br /&gt;
Ce nouvel article 28b prévoit également l’institution par les cantons de centres d’informations et de consultation dans le but d’agir préventivement pour éviter la violence domestique et sa récidive. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Violence entre conjoint ou partenaire : poursuivie d’office depuis le 1 avril 2004&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le Conseil Fédéral  modifie le Code pénal en ce sens que les actes de violence domestique seront poursuivis d’office et non plus sur plainte de la victime. Le communiqué de presse est intéressant et nous donne un aperçu des changements sociaux intervenus : « il n’est plus question de tolérer la violence physique ou sexuelle exercée contre un conjoint ou un partenaire – dans un couple hétérosexuel ou homosexuel – sous prétexte qu’elle ne serait que de peu de gravité ou qu’elle relèverait de la sphère privée ». La contrainte sexuelle et le viol commis au sein du couple sont élevés au rang de délits poursuivis d’office.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Evolution des lois et violence conjugale.&lt;br /&gt;
Votée en 1991, la LAVI démontre que «  victime de violence » constitue maintenant  une déviance secondaire. Les plaignants sont identifiés, l’état institutionnalise leur prise en charge, les centres Lavi sont créés et les consultations augmentent au fil des années.   &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Néanmoins la notion de &amp;quot;violence conjugale&amp;quot; se fait discrète, le terme de violence domestique n’apparaît qu’avec le dépôt en 2002 de l’initiative parlementaire de Vermot-Mangold. En juin 2001 le Conseil Fédéral met en consultation le « projet élaboré par la Commission des affaires juridiques du Conseil national » et la notion de violence domestique fait partie des préoccupations reconnues officiellement. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous pouvons relever que les documents officiels font référence à une notion de victime qui n’est pas sexuée,  le mot « femme » n’y est pas accolé. Les termes utilisés « violence physique ou sexuelle exercée contre un conjoint ou un partenaire (…) dans un couple hétérosexuel ou homosexuel », « ordonner à une personne violente de quitter le domicile conjugal », « prévenir la récidive des agresseurs ». Dans les documents que j’ai parcouru sur le site de l’office fédéral de la justice sous la mention « aide aux victimes », je n’ai trouvé qu’une seule fois la mention spécifique « femme » : «  la violence domestique est aujourd’hui quotidienne dans notre société. Les femmes en sont souvent les victimes ». Dans tous les autres documents la violence domestique paraît neutre. Si le mot victime est féminin, les textes l’utilisent comme un élément générique. On peut en partie le comprendre par le fait que  la Lavi ne reçoit pas que des victimes de violences conjugales, mais également des victimes d’accidents de la route, d’attentats, d’enlèvement, de prise d’otage ou de brigandage.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Analyse des résultats&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour résumer, nous voici arrivés à un premier constat. Nous pouvons dire que la découverte de la violence conjugale et de ses effets a pour origine le questionnement du mouvement féministe, repris par des chercheur-e-s, qui ont confirmé et précisé le phénomène de la violence conjugale. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Autre découverte, la notion d’homme battu, que nous avions posé comme une construction récente, date des premières recherches sur ce domaine. Le syndrome de l’homme battu, développé  par une chercheuse du l’équipe de  Straus et al. a été un concept rapidement abandonné. Les défauts dans l’opérationnalisation du concept de violence, dans la méthode et dans l’interprétation des données de l’enquête effectuée à l’aide du Conflict Tactics Scales ont été largement reconnus. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comment se fait-il alors que des auteurs récents se saisissent du vocable « homme battu », partent à sa recherche, et le trouve ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour cela nous devons revenir à nouveau aux années 1970 et aux changements intervenus dans les places des hommes et des femmes. Ces dernières acquièrent un statut différent, elles deviennent citoyennes, accèdent au marché du travail et peuvent maîtriser leur fécondité. L’égalité homme – femme advient. A partir de là, le féminisme devient un mouvement social et politique pour l&#039;émancipation des femmes. Mais il va désigner aussi un corpus théorique qui va permettre aux sociologues de revisiter leurs différents champs d’études à travers la problématique des rapports sociaux de sexe.  Sous cet angle là, la violence conjugale prend un autre sens, elle est  rendue possible parce que les femmes ont moins de moyens, par conséquent moins de pouvoir, et parce que le genre féminin est dévalorisé par rapport au masculin. &lt;br /&gt;
Pierre Bourdieu a largement développé le fonctionnement des dominés et démontré comment ceux-ci ayant intégré le discours dominant « construisent ces relations de pouvoir du point de vue même de ceux qui y affirment leur domination… ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En Suisse, les statistiques 2004 issues des centres Lavi apportent des précisions chiffrées à cette forme de violence. Le taux de victimes de sexe féminins est important (75%),  le sexe masculin de l’auteur présumé révèle un pourcentage très élevé (83.5%) et pour 52.9% des consultants une relation familiale victime - agresseur existe. &lt;br /&gt;
Bien que la violence conjugale soit maintenant reconnue, des groupes sociaux la mettent en question. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les années 1980 une tension s’avive entre hommes et femmes.  Certains hommes pro féministes tiennent un discours optimiste concernant la constitution d&#039;une société nouvelle et égalitaire  et reconnaissent la domination masculine comme clé d&#039;un changement possible. &lt;br /&gt;
D&#039;autres hommes tiennent un discours alarmiste et insistent sur le malaise identitaire engendré par cette modification des rapports sociaux source de perte de repères. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A partir de là, des groupes d’hommes se forment autour, par exemple d’auteurs tels que Guy Cornaux au Canada, Jacques Salomé en France,  ou plus récemment Y. Dallaire qui avec John Goetelen a organisé le premier Congrès international de la condition masculine à Genève en 2003. Des mouvements pour la condition paternelle se créent afin de s’opposer à la garde des enfants accordée systématiquement à la mère en cas de divorce.  Le film récent « Le souffle du désert » de François Kohler, illustre ce phénomène de la recherche d’une identité masculine vécue comme problématique. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C&#039;est dans cette mouvance que nous trouvons aujourd&#039;hui les protagonistes d&#039;un détournement de la violence masculine au profit d&#039;une violence exercée contre les hommes par les femmes. ces détracteurs pourront s&#039;appuyer probablement dans les années à venir sur les modifications des images féminines, les stéréotypes de la femme douce et soumise ont tendance à s&#039;estomper. Et l&#039;on peut se demander si les jeunes femmes ne se permettront pas plus que par le passé d&#039;exprimer leurs sentiments de colère et violence, là où s&#039;exprimaient auparavant peut-être impuissance, tristesse et dépression. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Utilisateur:Cornut piller|Cornut piller]] 1 jun 2006 à 09:15 (MEST) ~~&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Entretiens ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est souvent question dans les chiffres, de comparer,  voire d’opposer, hommes et femmes face à la violence conjugale. En d’autres termes de démontrer que le premier est le bourreau et la deuxième la victime. Pour certains, la question des hommes battus ne recouvrirait pas la même problématique que celle des femmes battues. Pour certains auteurs, tel Yvon Dallaire, il semble que les stéréotypes de femme-victime et homme-agresseur affiliés aux rôles des acteurs, n’aident en rien à reconnaître la problématique. Alors que la femme est souvent vue comme une personne douce, fragile et protectrice. Les hommes, eux, sont reconnus comme des êtres forts, virils et courageux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;L’homme battu existe, nous l’avons rencontré&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour confronter les stéréotypes affiliés aux genres, nous avons cherché à interviewer des hommes battus. Paul et Luc (prénoms d’empreint) ont un point commun : leur passé d’homme maltraité. Ils ont été, tous les deux, physiquement battus par leur conjointe. Toutefois, il semblerait que la problématique de l’homme violenté intègre, dans sa forme globale, une autre forme de violence, une violence psychologique. Il ressort des entretiens que la forme physique ne semble pas être la forme de violence qui marque le plus. &lt;br /&gt;
Pour essayer de comprendre au mieux le vécu violenté de ces hommes et plus généralement de toute personne impliquée dans des relations violentes, nous avons questionné la littérature ainsi que des professionnels de terrain.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour la travailleuse sociale, Sophie Torrent (2001), « la nature de la violence [à l’égard de la gente masculine] et ses modes d’expression traduisent, dirait-on, une violence spécifiquement féminine, subtile, qui atteint l’intégrité psychique de l’homme.» (p.33). L’homme victime de violence psychologique semble atteint surtout dans sa masculinité, plus précisément dans la représentation de la masculinité qui lui a permis de construire son identité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Le harcèlement que j’ai vécu par cette femme tyran m’a amené à perdre, pendant quelques temps, mon identité masculine… C’était quoi être un homme ? Je ne savais plus faire l’amour comme il faut en quittant ma femme. J’ai du réapprendre à accepter de prendre du plaisir. » Luc&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;La violence ; une histoire d’homme ?&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Alors que nous venons de découvrir avec stupéfaction certaines réalités d’hommes maltraités par leur conjointe, comment traiter ces vérités face à notre idéal féminin construit ? Comment même penser à la violence des femmes, alors que celle que l’on exerce à leur égard est de loin la plus établie, la plus reconnue et de ce fait la plus portée par les médias ? De nos jours, la société reconnaît et prend en charge la femme violentée, qu&#039;en est-il de la femme violente ? &lt;br /&gt;
Il est commun d’entendre qu’une femme violente est une femme malade psychologiquement ou encore que cette dernière n’agresserait que pour se défendre. Pour la psychothérapeute Diane Chayer, ( citée par Ruel &amp;amp; Guéricolas, 1998), il semblerait qu’il n’y ait tout simplement pas de permission sociale à la violence des femmes. « La société dit qu’il est presque normal pour un homme d’être violent. Mais une femme violente, c’est une extraterrestre. » &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour Yvon Dallaire, « la femme violente peut ressentir de la fierté pour avoir battu plus fort qu’elle. Et la société ne la dénigre pas, elle cherche plutôt à la comprendre et à l’excuser, compatissant souvent à son sort. » (p26) A contrario, pour la responsable d’une structure acceuillant des femmes violentes, « celles et ceux qui passent de la parole aux actes souffrent, ils ont besoin d&#039;aide et y ont droit. Toutefois, la femme violente souffre de discrimination ; on ne veut pas lui reconnaître sa violence. » Il semblerait alors que, paradoxalement, la femme violente souffre des mêmes maux sociaux que l’homme maltraité. Une nouvelle fois, il semblerait que les stéréotypes, affiliés aux genres, décident de ce qui peut être acceptable ou pas.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Le statut de victime/agresseur&#039;&#039;&#039; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La responsable d’un établissement prenant en charge des femmes violentes nous apprend qu’il est difficile de tenir le fil rouge concernant les rôles de victime-agresseur. « On est là pour travailler sur la violence des femmes, en tant qu’auteures de violence et non en tant que victimes. Très souvent, ça dérape en justification des actes qui déplace la position d’agresseuse à celui de victime. » Il semble que souvent, l’agresseur se voit comme victime. Responsabiliser les acteurs(trices) de violence, c’est les aider à prendre conscience de leur violence. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Responsabilité dans la violence&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La question est partagée. Alors que pour beaucoup, la responsabilité de la violence doit être assumée par son auteur(e), pour d’autres, elle doit être partagée. En effet, pour Denis Châtelain, co-fondateur d’une association prenant en charge des auteur(e)s de violence, « il faut prendre en compte le potentiel de violence de la victime dans la compréhension de la dynamique ». Pour la responsable d’une association accueillant des femmes violentes, « il est impossible de faire un tel travail si l’on part du principe d’une co-responsabilité dans la réalisation de la violence. En effet, on ne peut pas se permettre de déraper sur l’aspect empathique et comprendre voir d’excuser l’acte de violence au nom d’un statut de victime reconnu. Pour nous, l’acte violent n’est pas excusable, il est inadmissible quelque soit sa source ou sa justification. Ce qui nous paraît important c’est de faire en sorte de ne plus jamais en avoir à arriver là. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;La prise en charge de la violence&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comment aborder la problématique de la violence conjugale et plus particulièrement celle des hommes maltraités et des femmes violentes ? Alors qu’Yvon Dallaire se demande si l’on « ne pourrait pas exploiter l’expertise des centres d’accueil pour femmes au profit des hommes battus et l’expertise des groupes d’entraide pour homme violents au profit des femmes violentes ? » (p29), la responsable d’une structure accueillant des femmes actrices de violence répond que « pour aider les femmes actrices de violence, il faut appliquer un traitement différencié. Les raisons étant parce qu’on n’éduque pas de la même façon une petite fille et un petit garçon, le rapport au féminin n’est pas le même. La violence masculine est légitimée. Par contre, on ne reconnaît pas ce droit à la femme. Cela étant dû aux stéréotypes de mère protectrice d’une part. » &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Revue &amp;quot;Thérapie familiale&amp;quot;===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous avons jugé opportun d&#039;analyser des numéros de Thérapie de Famille, une revue trimestrielle  d&#039;orientation systémique. Cette source représente en effet le point de vue théorique et le constat des pratiques des thérapeutes de famille. Il est pertinent de se demander à quel point le discours de ces professionnels de la famille influence la société et est en retour influencé par elle. Les catégories  victime-agresseur y sont-elles aussi clairement définies que dans le sens commun et certains discours? Fait-on une différenciation au niveau de l&#039;étiologie de la violence et de ses conséquences selon le genre? Le contact avec les patients remet-il en question certaines pratiques thérapeutiques et fait-il avancer les models conceptuels? Pour répondre à ces interrogations, nous avions à disposition tous les numéros parus depuis de nombreuses années afin d&#039;observer à quelle fréquence et sous quelle forme la thématique des violences conjugales était abordée. Nous avons porté notre choix sur la période allant de 1995 à 2001, pendant laquelle quatre numéros contiennent des articles dédiés à notre sujet.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les deux premiers numéros analysés, datant de 1995 et de 2000 sont riches d&#039;informations car rédigés par les mêmes auteurs, qui font part de l&#039;évolution de leur réflexion durant les cinq ans écoulés. Le numéro de 2000 a été écrit par des thérapeutes colombiens, ce qui nous montre la préoccupation internationale des thérapeutes de famille autour de la violence conjugale et leur désir d&#039;échanger à ce sujet. Quant au dernier numéro pris en compte, celui de 2001, il présente la synthèse des théories les plus utilisées à propos de la violence domestique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
(à suivre...)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Conclusion ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Difficultés===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le sujet que nous avons abordé tout au long de ce travail est délicat. Nous avons relevé le peu de neutralité émanant des sources existantes sur ce thème, chaque écrit représentant une certaine prise de position, quant à la causalité de la violence conjugale par exemple, ou les convictions cachées derrière l&#039;attribution de statuts victime-agresseur ou victime-victime.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette subjectivité rentre en interrelation avec notre sensibilité propre, individuelle, qui n&#039;est donc pas la même entre les personnes de notre groupe. Le fait que celui-ci soit constitué de deux femmes et deux hommes est très enrichissant, et même primordial quand l&#039;on s&#039;attèle à ce type de problématique. Néanmoins, cela implique un investissement conséquent en termes de discussion, explicitation des attentes et valeurs de chacun, en redéfinition continuelle de la problématique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans notre tentative d&#039;objectiver notre problématique, nous ne sommes que très peu aidés par les statistiques. Elles aussi disent ce qu&#039;elles ont envie de dire, et sont sans cesse remises en cause par des détracteurs. La conséquence en est qu&#039;aucune statistique ne sert vraiment de référence consensuelle dans la compréhension de la violence conjugale.Dans les statistiques policières, souvent la violence conjugale n&#039;est pas comptabilisée de manière séparée des autres délits de violence; dans d&#039;autres types de statistiques c&#039;est le genre qui n&#039;est pas retenu comme variable pertinente. En effet, derrière les chiffres, on découvre des définitions très variables de la violence: certains ne prennent en compte que la violence physique; d&#039;autres considèrent que de nombreux petits signes de nature verbale ou psychologique sont un pas dans l&#039;escalade de la violence, et les jugent donc de même poids que des coups. Entre ces deux extrêmes, toutes les variations sont présentes... &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est intéressant de relever à quel point certains chiffres sont médiatisés, afin d&#039;avoir un impact sur la population, alors que ces mêmes chiffres sont discutables au niveau statistique. &lt;br /&gt;
Pour conclure, nous nous sommes rendus compte que malgré une certaine médiatisation, qui n&#039;est pas si récente, de la violence conjugale, nous ne savons pas tellement de choses à ce sujet, ou plutôt il existe peu de consensus, voire la co-existence d&#039;approches inconciliables.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Références bibliographiques ==&lt;br /&gt;
Les lectures citées dans le travail final&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Dallaire Y. (2002). La violence faite aux hommes. Une réalité tabou et complexe. Québéc: Options santé. [[Résumé du livre]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Gillioz L., De Puy J., Ducret V. (1997). Domination et violence envers la femme dans le couple. Lausanne : éditions Payot. [http://home.etu.unige.ch/~maneira4/R_sum__aeticle.doc Résumé de l&#039;article]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Ruel S. &amp;amp; Guéricolas P. (1998). La violence des femmes : derrière le masque. In Gazette des femmes Vol. 20. (no 4). (Novembre-Décembre 1998).[Version électronique]. Accès le 20 novembre 2005 : &lt;br /&gt;
http://www.gazettedesfemmes.com/recherche/?F=recherche&amp;amp;idt=10075&amp;amp;affart=2866&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Torrent S. (2001). L’homme battu, un tabou au cœur du tabou. Québec: Option Santé. [http://home.etu.unige.ch/~maneira4/fiche%20de%20lecture%20homme%20battu.pdf Résumé du livre ]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Amnistie: Le magazine pour les droits humains, &#039;&#039;Dossier Combattre la violence domestique&#039;&#039;  No 44, février 2006.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Amnistie, Journal d&#039;action pour les droits humains, janvier 2006.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Praplan G., &#039;&#039;Quand le sexe faible est violent&#039;&#039; in Repère Social, No 73, février 2006.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Bibliographie ==&lt;br /&gt;
Les lectures utilisées mais pas citées dans le travail final&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Bretonnière-Fraysse et al. (2001). &#039;&#039; De la violence conjugale à la violence parentale&#039;&#039;. Eres [[Résumé|Résumé du livre]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Jackson D., Welzer-Lang D. (1998). Violence et masculinité. Toulouse : imprimerie 34.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Office fédéral de la statistique : Aide aux victimes. Chiffres clés. http://www.bfs.admin.ch/bfs/portal/fr/index/themen/rechtspflege.html&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Rey, H. et al. (2006). Les violences conjugales: pour une clinique du réel. &#039;&#039; Journal International de Victimologie&#039;&#039;. Année 4, No 1. [[Résumé de l&#039;article]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Miguel</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Violence_conjugale:_De_la_femme_battue_%C3%A0_l%27homme_battu...&amp;diff=4182</id>
		<title>Violence conjugale: De la femme battue à l&#039;homme battu...</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Violence_conjugale:_De_la_femme_battue_%C3%A0_l%27homme_battu...&amp;diff=4182"/>
		<updated>2006-06-15T14:57:01Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Miguel : /* Méthodologie */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&#039;&#039;&#039;Membres du groupe&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Chantal Cornut&lt;br /&gt;
* Céline Pittet &lt;br /&gt;
* Jean-Christophe Contini&lt;br /&gt;
* Miguel Maneira &lt;br /&gt;
[mailto:maneira4@etu.unige.ch,contini2@etu.unige.ch,cepittet@hotmail.com,ch.cornut-piller@bluewin.ch Ecrire au groupe]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 [[L&#039;homme battu: le mâle...traité|Notre projet]]  |  [[Plan de recherche: Violence conjugale; un concept en mouvement|Notre plan de recherche]]  |  [[Espace de dialogue|Notre espace de dialogue]]  |  [[Trésorus de notre groupe|Notre île aux trésors]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Introduction ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Violence conjugale|La violence conjugale]] semble être de prime abord un phénomène bien connu de nos jours. Les médias rendent régulièrement compte de ses conséquences, bon nombre d’associations ont été créées pour répondre à l’appel des victimes, une loi sur la protection des victimes a été instaurée, beaucoup de thérapeutes œuvrent également dans ce domaine. Il est question, la plupart du temps, des violences subies par des femmes et exercées par des hommes, il est dans une moindre mesure, question de la [[Violence|violence]] exercée par des femmes contre des hommes. Ce dernier phénomène reste minoritaire cependant, et fait l’objet de nombreuses critiques. Bien souvent, les discours opposent des mouvements &amp;quot;  [[Féminisme|féministes]]&amp;quot; à des groupes &amp;quot; masculinistes &amp;quot;, les uns dénonçant sans cesse l’ineffable violence des hommes envers les femmes, les autres dénonçant cette vision de l’homme éternellement &amp;quot; agresseur &amp;quot;, allant jusqu’à affirmer que des hommes sont aussi des &amp;quot; victimes &amp;quot; et que la violence peut aussi être l’apanage des femmes. Ici apparaît le concept &amp;quot; d’hommes battus &amp;quot; que nous interrogerons et qui est apparu dès les années septante.  &lt;br /&gt;
Afin de prendre de la distance vis-à-vis de ces deux positions antagonistes, nous proposons d’étudier ce que disent certains auteurs sur la violence conjugale, à la fois sur la violence subie par les femmes et par les hommes. Nous proposons aussi une recherche axée sur des entretiens avec des hommes &amp;quot; victimes &amp;quot; et des professionnels de la violence conjugale. Nous étudierons également des sources statistiques issues de la Loi Fédérale sur l’aide aux victimes et de Amnesty internationale tout comme des revues spécialisées dans le domaine de la thérapie familiale et plus particulièrement les articles concernant la violence domestique. &lt;br /&gt;
La thèse générale de notre article est de démontrer par notre étude que les discours qui circulent sur la violence conjugale sont une construction qui circonscrit la violence dans des [[Stéréotype|stéréotypes]] caricaturaux stigmatisant à la fois les femmes en tant que victimes et les hommes comme agresseurs. De cette restriction découle la difficulté d’envisager l’existence d’hommes victimes de violence conjugale, et d’égale manière celle de femmes violentes. Cela a comme conséquence pour les personnes concernées une non-reconnaissance sociale, se manifestant par de forts préjugés à leur encontre, et de grandes lacunes institutionnelles. Nous montrerons aussi que les professionnels de la violence conjugale (médecins, thérapeutes) ont dépassé cette opposition et qu’ils désignent plus les acteurs de la violence conjugale à un niveau de co-responsabilité qui ne distingue pas le sexe des protagonistes pour rendre compte de ce phénomène. Il y a ainsi un écart entre les discours dominants et les discours des professionnels, écart perceptible dans l’étude de la littérature et dans l’examen des sources que constituent les revues &amp;quot; thérapie familiale &amp;quot;.&lt;br /&gt;
Enfin, nous proposons la thèse selon laquelle la violence conjugale reste un phénomène qui bien que connu de tous, reste difficile à appréhender dans notre société. En effet, nous montrerons qu’il existe des définitions similaires mais superficielles qui varient dans leur développement en fonction des positionnements et des valeurs de ceux qui les proposent. Les statistiques qui rendent compte de la violence conjugale proposent d’autre part des modalités qui ne permettent pas de distinguer précisément les victimes des agresseurs de manière précise et approfondie. Elles ne permettent pas d’affirmer avec précision que les hommes sont aussi victimes de violences, les modalités de [[Genre|genre]] n’étant pas assez développées dans la prise en compte statistique. Les hommes victimes existent, mais leur visibilité est très faible du fait que c’est un phénomène qui est en train d’émerger comme problème social.&lt;br /&gt;
Nous montrerons ainsi que la violence conjugale reste un phénomène complexe et confus dans ses définitions. Enfin, nous verrons que la violence conjugale reste un concept en mouvement sur le plan des institutions, qui proposent des possibilités de prise en charge nombreuses, mais néanmoins insuffisantes si l’on considère la prise en compte de la violence faite aux hommes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Revue de littérature ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous aborderons cette revue de littérature en suivant la chronologie même de notre questionnement et de notre cheminement, qui nous a conduit, en commençant part la découverte du concept de &amp;quot; l’homme battu &amp;quot;, à approfondir nos recherches au concept de la femme battue et à appréhender dès lors le problème social que constitue la violence conjugale, qui englobe les deux autres concepts. Nous avons ainsi privilégié dans nos recherches les ouvrages qui traiteraient spécifiquement de l’existence du concept même de &amp;quot; l’homme battu &amp;quot;, dans une actualité la plus récente possible. Nous nous sommes vite aperçus, que peu de littérature existait à ce sujet. Cependant, les ouvrages les plus récents (Torrent et Dallaire) font tous les deux référence à l’inscription du concept de l’homme battu dans celui de la violence conjugale. Nous avons dès lors élargi nos recherches dans ce domaine, toujours à la recherche du moindre élément concernant la violence faite aux hommes. D’autre part, nous avons voulu mettre en question les propositions faites par Dallaire et Torrent, en nous référant à d’autres auteurs qui portent un regard différent sur les acteurs, hommes ou femmes, de la violence conjugale. Notre attention s’est ainsi portée sur des notions concernant la désignation des acteurs en termes de victime et d’agresseur, et la désignation de ces mêmes termes de catégorie homme-femme. Enfin, nous avons cherché à contextualiser le phénomène de l’homme battu, en recherchant dans l’histoire de la violence conjugale, le moment où est apparu le concept de &amp;quot; l’homme battu &amp;quot;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sophie Torrent, dans son ouvrage sur l’homme battu (2001) met directement en question le fait qu’il existe au sein de la vie de couple une violence faite aux hommes, une violence souvent difficile à accepter, celle-ci allant à l’encontre de stéréotypes tels que celui qui considère que la femme est l’élément faible du couple et que l’homme en est le dominant. Dans la première partie de son livre, l’auteur tente tout d’abord d’expliquer ce phénomène atypique de l’homme battu, cet &amp;quot; impensable social &amp;quot; dit-elle. Elle analyse les différents types de violences (physique, sexuelle, psychologique, verbale et économique) pour ensuite orienter son analyse vers la notion de &amp;quot; rôles sociaux &amp;quot;. Elle montre comment l’homme violenté est agressé jusque dans les &amp;quot; facettes &amp;quot; qui font son [[Identité sociale|identité]] . Pour elle &amp;quot; être battu invalide l’homme dans son appartenance à la catégorie sociale homme &amp;quot;. Dans la deuxième partie de son ouvrage, Torrent réfléchit sur les différentes stratégies élaborées par l’homme pour gérer des situations difficiles. Elle s’appuie notamment dans son travail de recherche sur des interviews réalisées avec des &amp;quot; hommes battus &amp;quot;. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est dans une considération assez proche qu’Yvon Dallaire (2002), thérapeute au Québec, aborde le phénomène de la violence faite aux hommes (La violence faite aux hommes. Une réalité taboue et complexe). Il nous rappelle le constat de l’existence ineffable de la violence dans l’humanité, violence souvent fortement médiatisée, mais selon lui, de manière incomplète. En effet, dit-il, notre attention ne serait attirée que vers une forme de violence, soit celle faite par les hommes contre les autres hommes (guerres, voies de fait, suicides), contre les femmes (violence conjugale, viol, meurtre, tueurs en série) et contre les enfants (violence infanticide, meurtre suivi de suicide). Pour Dallaire, une forme de violence a été occultée : la violence des femmes faite envers les femmes, les hommes et les enfants. Le propos de son texte est de démontrer d’une part que des femmes peuvent être tout autant violentes que des hommes, et que d’autre part, l’analyse de la violence conjugale s’inscrit dans un paradigme teinté de sexisme et de discrimination. Pour cet auteur, la violence conjugale ne se décline pas simplement sur le mode victime-agresseur, mais plutôt sur celui de victime-victime, de deux individus qui sont les co-créateurs d’une escalade débouchant sur l’explosion physique. Afin d’alimenter son propos, Yvon Dallaire met en lumière les stéréotypes et les préjugés qui circulent dans le discours commun : l’homme est un être violent, un abuseur d’enfants, un irresponsable, les hommes sont tous des obsédés sexuels, il sont tous infidèles, menteurs et manipulateurs. Dès lors, toute violence féminine est considérée comme relevant de la légitime défense, l’homme est ainsi rendu coupable de toute la violence conjugale. Précisons ici que l’auteur dénonce le discours d’influence féministe qui se déploie dans le contexte québécois. Son objectif est de connaître les réelles dimensions de la violence conjugale, plutôt que de rechercher un coupable à punir, toujours le même : l’homme. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’ouvrage de Bretonnière-Fraysse et al. (2001), incontournable pour notre sujet, propose quant à lui un autre regard qui positionne clairement les femmes en tant que victimes et les hommes comme agresseurs, sans nuances : &amp;quot; on le sait, la violence conjugale a toujours existé ; on le sait aussi : les victimes en sont les femmes et les auteurs, les hommes. Mais elle demeure encore cachée, honteuse, secrète &amp;quot;. Cet ouvrage prend un biais anthropologique et historique pour nous montrer la condition de victime de la femme à travers les époques passées et jusqu’à nos jours. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Gillioz, De Puy et Ducret quant à elles (2000), font état des connaissances qui ont fait de la violence familiale et de la violence contre les femmes, un champ d’étude relativement nouveau dans les sciences sociales. Elles nous rappellent que jusque dans les années soixante, la société et avec elle les scientifiques vivent sur le mythe de la famille non violente. Cette dernière étant considérée comme rare et comme étant le fait d’individus déséquilibrés. Dans les années septante, sous l’influence de militantes féministes anglo-saxonnes qui ouvrent des refuges pour femmes battues et portent la question de la violence conjugale sur la place publique, ce phénomène jusque-là occulté est posé comme problème socio-politique. C’est dès lors que les sciences sociales vont s’y intéresser, à travers deux grands courants de recherche. Le premier est constitué par des études portant sur la violence subie par les femmes au sein de la famille et postule, en se fondant sur les prémisses théoriques féministes, que cette violence est spécifique. Ilc il est nécessaire de l’étudier indépendamment des autres types de violence familiale qui relèvent d’autres logiques. Le deuxième courant de recherche, issu de la sociologie de la famille, a pour objet la violence familiale et considère la société et ses institutions comme des systèmes consensuels qui embrassent dans la même problématique l’ensemble de la violence qui se déroule dans le cadre familial. &lt;br /&gt;
L&#039;ouvrage de Gillioz et all. mentionne également  les travaux de Strauss, Gelles et Steinmetz (1977), à partir desquels a été tiré l&#039;affirmation que les femmes sont aussi violentes que les hommes. C’est à ce moment qu’apparaît le concept du &amp;quot; mari battu &amp;quot;, des résultats tirés des statistiques de cette recherche, ont permis à l&#039;un des chercheurs de conclure que ce qui était le plus sous-estimé n’est pas la femme battue, mais le mari battu. La validité scientifique reste toutefois fortement contestée, nous en trouvons les arguments dans l’ouvrage de Gillioz, De Puy et Ducret. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Notre revue de littérature se conclut par l’approche systémique de Perrone et Nannini (1995) qui proposent leur livre comme un manuel à l’usage des professionnels appelés à intervenir auprès des familles. Leurs présupposés considèrent que la violence n’est pas un phénomène individuel, mais la manifestation d’un phénomène interactionnel. La violence est ainsi un mode particulier de communication entre partenaires qui sont tous impliqués et par là même responsables au sens interactionnel du terme. Comme Yvon Dallaire, les auteurs ne considèrent pas les acteurs de la violence conjugale en termes de &amp;quot; victime-agresseur &amp;quot;, ni en termes &amp;quot; hommes-femmes &amp;quot;. Les objectifs et les enjeux que ces deux auteurs proposent s’appuient sur l’idée que chacun doit devenir et se penser responsable de ses propres comportements. C’est également selon cette optique que certains &amp;quot; cliniciens &amp;quot; abordent en partie la question dans leur article (Rey, H et al. 2006). Contini 6 mai 2006 à 16:28 (MEST)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Problématique ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le questionnement qui est à l’origine de notre travail prend source dans la rencontre que nous avons faite d’un concept qui semble nouveau de prime abord : &amp;quot; l’homme battu &amp;quot;. Nous avons découvert ce concept dans l’ouvrage récemment publié de Sophie Torrent qui s’intitule &amp;quot; les hommes battus &amp;quot;. Ce livre met en lumière l’existence d’hommes victimes de violences exercées par des femmes à leur encontre, il interroge également les questions identitaires vécues par ces &amp;quot; nouvelles victimes &amp;quot; à travers la conduite de multiples entretiens. &lt;br /&gt;
Ces propos nous ont intrigués, parfois rendus perplexes et ont ainsi attisé notre curiosité. Nous avons dès lors entrepris des recherches bibliographiques qui nous permettraient de découvrir des discours proches des propos de Torrent. Nous avons ainsi constaté que ce &amp;quot; phénomène &amp;quot; des hommes battus était, dans une moindre mesure, relayé dans d’autres ouvrages qui l’inscrivaient dans le cadre plus large de la violence conjugale. Nos recherches livresques nous ont ainsi conduits à investiguer le corpus que nous avons constitué afin de tenter de répondre à la question principale qui guide notre recherche : comment le phénomène de &amp;quot; l’homme battu &amp;quot; s’inscrit-il dans le paradigme de la violence conjugale ? Les questions secondaires qui en découlent sont multiples : quand est-ce que ce concept est apparu ? Par qui a-t-il été développé ? Quels sont les discours qui relaient ce concept ou qui s’y opposent ? &lt;br /&gt;
Les éléments qui composent notre revue de littérature nous ont permis d’entrevoir certains points qui semblent être récurrents. Nous nous sommes ainsi aperçus que le concept d’ &amp;quot; hommes battus &amp;quot; se trouvait à chaque fois en tension avec celui de &amp;quot; femmes battues &amp;quot; dans le cadre de la violence conjugale que nous avons aussi essayé de définir. Nous nous sommes dès lors trouvés confrontés à deux discours contraires entre des groupes de pressions constitués autour de la &amp;quot; souffrance masculine &amp;quot; et les propos issus de certains discours féministes. Nous avons également constaté que cette opposition - que nous caractérisons grossièrement entre les deux discours – se dédouble d’une autre opposition dans la désignation des acteurs de la violence conjugale en  termes de victime et d’agresseur. Nous constatons que les acteurs sont ainsi stigmatisés, avec des stéréotypes qui désignent de manière massive l’homme comme étant un agresseur et la femme une victime.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Méthodologie ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En fonction des éléments de la problématique, l’objectif de notre recherche a consisté pour nous à y voir plus clair en tentant de répondre aux questions que nous nous posons. Afin de prendre une nécessaire distance vis-à-vis du regard que propose notre revue de littérature, nous avons choisi d’orienter nos recherches sur diverses sources d’informations. Nous avons trouvé intéressant d’examiner si des statistiques existaient sur les &amp;quot; hommes battus &amp;quot; et sur les &amp;quot; femmes battues &amp;quot; et dès lors de voir si celles-ci pouvaient éclaircir notre questionnement. Nous avons aussi choisi de chercher des éléments dans une série de revue spécialisées dans la thérapie familiale, dès lors que le phénomène des &amp;quot; hommes battus &amp;quot; s’inscrit dans le cadre de la violence conjugale. De plus, pour avoir une vision plus globale nous avons aussi décidé de faire une revue d’articles de presse étudiant quelques articles récents. Enfin, nous avons opté pour une recherche mettant en œuvre la conduite de plusieurs entretiens compréhensifs semi-directifs auprès de professionnels de la prise en charge de la violence conjugale ainsi qu’auprès de &amp;quot; victimes &amp;quot; masculines qui accepteraient de nous apporter leur témoignage. A cet effet, nous avons trouvé pertinent de construire deux types de [[entretiens violence conjugale|grilles d&#039;entretiens]], l&#039;une pour les professionnels, l&#039;autre pour les hommes &amp;quot;victimes&amp;quot;. Malgré la promesse d&#039;anonymat, nous n&#039;avons pas pu enregistrer les entretiens. De ce fait, nous basons nos propos sur les notes retenues. Chaque entretien s&#039;est déroulé, pendant une heure trente, dans un lieu décidé par la personne interviewée. Nous avons mené, dans notre phase d&#039;investigation de terrain, quatre entretiens, dont deux avec des &amp;quot;victimes&amp;quot; masculines de [[Maltraitance|maltraitance]] conjugale.  Nous avons rencontré Denis Chatelain, co-fondateur de l&#039;association Vires. Cet organisme de traitement et de prévention de la violence exercée dans le couple et la famille, vient en aide aux personnes qui ont recours à la violence.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Face à Face est une association à but non lucratif, crée en&lt;br /&gt;
2001 à Genève. Subventionnée par l’état, elle met à&lt;br /&gt;
disposition des femmes, et prochainement aussi des&lt;br /&gt;
adolescentes, ayant des comportements violents ( violence&lt;br /&gt;
physique, psychique, verbale, contre soi ), un soutien&lt;br /&gt;
individualisé et des groupes de thérapies exclusivement&lt;br /&gt;
féminins. L’objectif premier de cette association est la&lt;br /&gt;
prévention de la maltraitance et la violence auprès des&lt;br /&gt;
enfants, personnes âgées et conjoints. Face à Face travaille à&lt;br /&gt;
la responsabilisation des actrices de violence et à la&lt;br /&gt;
reconstruction de l’estime de soi.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 Ces éléments correspondent à ce que l’on pourrait appeler la &amp;quot; recherche sur le terrain &amp;quot;. Nous avons aussi élargi notre revue de littérature en laissant une place pour l’étude des discours qui proviennent des divers professionnels spécialisés dans la thématique de la violence conjugale. Nos sources seront ainsi multiples : entretiens ; revue de presse ; statistiques ; revues spécialisées. &lt;br /&gt;
Notre analyse consistera à analyser les contenus du matériel récolté, en prenant pour point d’appui la désignation des acteurs de la violence conjugale, en termes de stéréotypes (stigmatisation) et dans une approche de &amp;quot; genre &amp;quot; étudiant les rapports sociaux hommes-femmes par rapport à cette thématique, ainsi que les rapports victimes-agresseurs qui s’y rattachent. &lt;br /&gt;
L’analyse devrait ainsi nous permettre de réunir des points de vue différents et ainsi de confirmer ou d’infirmer, voir de &amp;quot; tempérer &amp;quot; ce que nous avons développé dans la revue de littérature en fonction des auteurs choisis.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Résultats et analyses ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Revue de presse ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous avons également utilisé comme source des articles de journaux et périodiques récents, constatant que la thématique de la violence conjugale apparaît régulièrement dans les médias. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout d&#039;abord, &#039;&#039;&#039;Amnesty&#039;&#039;&#039; affiche une grande visibilité grâce à son magazine pour les droits humains (février 2006), son journal d&#039;action (janvier 2006) et son site internet, qui tous trois évoquent récemment la violence domestique. En effet, Amnesty a commencé en mars 2006 sa campagne suisse « En route contre la violence domestique », dont l&#039;action principale consiste en un tour de plusieurs cantons du mobile home &amp;quot;sweet home&amp;quot; afin  de  briser le tabou qui entoure la violence dans le couple, d’améliorer les interventions de l’Etat contre la violence domestique,  et de sensibiliser le grand public, en particulier les jeunes et les hommes, notamment dans les régions rurales. Les revendications d’Amnesty International en matière de violence domestique repose sur l’obligation de l’Etat d’agir contre cette forme de violation des droits humains. Car aujourd’hui si la visibilité du débat public sur la violence domestique s’est améliorée, les menaces, coups, contraintes, viols et meurtres auxquels les femmes sont souvent exposées dans leurs quatre murs constituent un sujet rarement perçu comme relevant des droits humains. De la sensibilisation est encore nécessaire pour considérer que l’empêcher ne relève pas de la sphère privée des couples et des familles concernées, et ne pas l’assimiler à un « problème de femmes », mais à une mission publique, qui touche tout le monde.  Pourtant il s’agit bien de droit à l’intégrité physique et psychique : droit à la liberté et à la sécurité, droit à la santé, droit à l’absence de torture ou d’autres traitements dégradants et même souvent le plus, droit à la vie.&lt;br /&gt;
La position d&#039;Amnesty International quant à la violence domestique consiste à considérer sa cause dans les rapports inégalitaires de sexe. L&#039;accent est mis sur les représentations sociales qui ne cessent de faire le lien entre violence et masculinité. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le numéro du journal &#039;&#039;&#039;Repère Social&#039;&#039;&#039; de février 2006 s&#039;intitule « Quand le sexe faible est violent » et à travers le prétexte de l&#039;ouverture récente à Lausanne d&#039;un accueil pour femmes violentes, aborde ce sujet trop rarement médiatisé de la violence des femmes. &lt;br /&gt;
L&#039;auteur, Geneviève Praplan, présente les associations Vires et Face à Face à Genève, et Violence et famille à Lausanne. Cette dernière institution travaille depuis sept ans avec des hommes violents, mais accueille depuis novembre 2005 également des femmes violentes. Le Coordinateur et plusieurs intervenants ont été formés au Québec, auprès d&#039;OPTION, institution pionnière fondée par le psychothérapeute Jacques Broué en 1985. A Violence et Famille, c&#039;est ainsi sous forme de thérapie de groupe que se déroule l&#039;accompagnement, après quelques entretiens individuels. Le processus de réflexion engagé avec les auteurEs est le même pour les hommes que pour les femmes. Néanmoins, il est spécifié qu&#039;il faut être spécialement vigilant avec les femmes, en vérifiant qu&#039;elles ne sont pas &amp;quot;davantage des victimes que des agresseurs&amp;quot;. De plus, rapidement le lien entre passé et présent doit se faire. &lt;br /&gt;
&amp;quot;Hommes et femmes ne sont pas forcément égaux devant leur violence&amp;quot;: dans l&#039;inconscient collectif masculin, il est nécessaire d&#039;affirmer sa virilité, la violence masculine est ainsi plus facilement excusée. Au contraire, les rôles sociaux attribués aux femmes font qu&#039;on la juge plus sévèrement si elle fait usage de violence, mais leur permet de reconnaître moins difficilement que les hommes leurs actes violents. L&#039;auteur met en avant que les chiffres manquent quant à l&#039;ampleur de la violence féminine, surtout exercée envers ses enfants. Par ailleurs les préjugés quant aux données socio-économiques des auteurs de violence perdurent. Cela est en partie dû au fait que les familles en situation précaire sont plus aisément repérées par les services sociaux, vu l&#039;étendue de leurs besoins.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Statistiques ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Aborder le problème social de la violence conjugale nous incite à faire un retour vers les années 1970. C’est à cette époque que l’on peut situer les premières recherches sur ce thème  mettant en question le mythe de la famille non violente. Les militantes féministes amènent la question de violence conjugale sur la place publique et le posent comme un problème socio-politique. La question de la violence est abordée comme conséquence des rapports de domination, c&#039;est-à-dire des effets de l’exercice d’une influence déterminante d’un groupe, les hommes, sur un autre, les femmes. Tout rapport de domination suppose, en effet, en dehors du rapport de pure violence, un système de justification visant à obtenir un minimum de &amp;quot;volonté d&#039;obéir&amp;quot; de la part des assujettis, note le Petit Robert.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les sciences humaines vont s’y intéresser. De nombreuses études sont entreprises dans les années 1970 et 1980 dans le but de décrire la violence domestique, de pouvoir la chiffrer, de chercher à l’expliquer, d’étudier ses conséquences sur les victimes, et d’examiner les réponses sociétales à ce problème.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les résultats de l&#039;une de celle-ci, Straus et al.(1977) permettent de dire que femmes et hommes admettent recourir à des tactiques de violence dans des situations de conflits. Ce résultat est basé sur le &amp;quot;Conflict Tactics Scales&amp;quot; (CTS), échelles centrées sur les tactiques de gestion des conflits, qui intègrent une série de comportements allant des plus rationnels aux plus violents. Cette étude permettra à l’une des auteur-e-s, Steinmetz, de tirer la conclusion de l’existence du « syndrome de l’homme battu ». Ce qui sera contesté pour insuffisances méthodologiques. Depuis la plupart de chercheurs et chercheuses renoncèrent à utiliser ce concept.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Qu&#039;en est-il de la reconnaissance de la violence conjugale en Suisse ? &lt;br /&gt;
Une loi fédérale est votée (4 octobre 1991), sur l’aide aux victimes. Si cette notion de &amp;quot;victime&amp;quot; est large, accidenté de la route, attentats, viol, contrainte sexuelle, séquestration, elle comprend spécifiquement les violences domestiques. Dès lors,  elle  permet également aux femmes victimes de violence conjugale d&#039;être reconnues, visibilées et aidés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La création des centres Lavi, issu de cette loi, a pour but de fournir une aide efficace (conseils, la protection de la victime, la défense de ses droits dans la procédure pénale et l’indemnisation et la réparation morale) aux victimes d’infractions ou d’une atteinte directe à son intégrité corporelle, sexuelle ou psychique et à renforcer leurs droits. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les centres de consultation « Lavi » sont instaurés dans chaque canton. La police est tenue d’informer les victimes de l’existence de ces centres et de leur transmettre les coordonnées de celle-ci (sur la base de son accord). L’aide immédiate et les prestations fournies directement par les centres sont gratuites. Lorsque la situation personnelle de la personne qui consulte le justifie, les centres de consultation prennent en charge d’autres frais (comme par exemple les frais médicaux, les frais d’avocat ou les frais de procédure). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
S’il est difficile de faire parler les statistiques, ici nous nous basons sur l’année 2004, ils donne toute de même une idée intéressante sur la question qui nous occupe, à savoir la violence féminine et masculine : une nette prédominance des femmes dans la consultation (75%), avec des auteurs présumés de sexe masculin (83.5), et l’existence d’une relation familiale, victime – agresseur (52,9%).  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
(Le législateur prend en compte la situation des victimes, il estime qu’elles doivent être soutenues dans la procédure pénale, et également qu’elles ont droit à une indemnisation ou à une réparation morale (en fonction des revenus de la victime). )&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On peut constater également la reconnaissance par la société du statut de victime,  puisque les demandes, au nombre de 196 pour l’indemnisation et de 728 pour la réparation morale,  ont été traitées positivement. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La formation du personnel des centres Lavi : la loi mentionne des aides financières à la formation. Une formation spécifique « Lavi » a été instaurée et des formations complémentaires complètent la spécialisation de ces professionnels. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Violence domestique, une protection particulière : l’expulsion immédiate du domicile des personnes violentes, lesquelles ne peuvent plus réintégrer leur logement pendant une période déterminée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le 14 juin 2000, la Conseillère Ruth-Gaby Vermot-Mangold dépose une initiative parlementaire. Le Conseil fédéral  propose, en novembre 2005, un nouvel article 28b dans le code civil visant à protéger la victime de violence ou de harcèlement en lui donnant le droit de requérir le juge d’instruction d’interdire à l’auteur de l’atteinte de l’approcher, de fréquenter certains lieux ou de prendre contact avec elle. &lt;br /&gt;
Ce nouvel article 28b prévoit également l’institution par les cantons de centres d’informations et de consultation dans le but d’agir préventivement pour éviter la violence domestique et sa récidive. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Violence entre conjoint ou partenaire : poursuivie d’office depuis le 1 avril 2004&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le Conseil Fédéral  modifie le Code pénal en ce sens que les actes de violence domestique seront poursuivis d’office et non plus sur plainte de la victime. Le communiqué de presse est intéressant et nous donne un aperçu des changements sociaux intervenus : « il n’est plus question de tolérer la violence physique ou sexuelle exercée contre un conjoint ou un partenaire – dans un couple hétérosexuel ou homosexuel – sous prétexte qu’elle ne serait que de peu de gravité ou qu’elle relèverait de la sphère privée ». La contrainte sexuelle et le viol commis au sein du couple sont élevés au rang de délits poursuivis d’office.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Evolution des lois et violence conjugale.&lt;br /&gt;
Votée en 1991, la LAVI démontre que «  victime de violence » constitue maintenant  une déviance secondaire. Les plaignants sont identifiés, l’état institutionnalise leur prise en charge, les centres Lavi sont créés et les consultations augmentent au fil des années.   &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Néanmoins la notion de &amp;quot;violence conjugale&amp;quot; se fait discrète, le terme de violence domestique n’apparaît qu’avec le dépôt en 2002 de l’initiative parlementaire de Vermot-Mangold. En juin 2001 le Conseil Fédéral met en consultation le « projet élaboré par la Commission des affaires juridiques du Conseil national » et la notion de violence domestique fait partie des préoccupations reconnues officiellement. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous pouvons relever que les documents officiels font référence à une notion de victime qui n’est pas sexuée,  le mot « femme » n’y est pas accolé. Les termes utilisés « violence physique ou sexuelle exercée contre un conjoint ou un partenaire (…) dans un couple hétérosexuel ou homosexuel », « ordonner à une personne violente de quitter le domicile conjugal », « prévenir la récidive des agresseurs ». Dans les documents que j’ai parcouru sur le site de l’office fédéral de la justice sous la mention « aide aux victimes », je n’ai trouvé qu’une seule fois la mention spécifique « femme » : «  la violence domestique est aujourd’hui quotidienne dans notre société. Les femmes en sont souvent les victimes ». Dans tous les autres documents la violence domestique paraît neutre. Si le mot victime est féminin, les textes l’utilisent comme un élément générique. On peut en partie le comprendre par le fait que  la Lavi ne reçoit pas que des victimes de violences conjugales, mais également des victimes d’accidents de la route, d’attentats, d’enlèvement, de prise d’otage ou de brigandage.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Analyse des résultats&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour résumer, nous voici arrivés à un premier constat. Nous pouvons dire que la découverte de la violence conjugale et de ses effets a pour origine le questionnement du mouvement féministe, repris par des chercheur-e-s, qui ont confirmé et précisé le phénomène de la violence conjugale. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Autre découverte, la notion d’homme battu, que nous avions posé comme une construction récente, date des premières recherches sur ce domaine. Le syndrome de l’homme battu, développé  par une chercheuse du l’équipe de  Straus et al. a été un concept rapidement abandonné. Les défauts dans l’opérationnalisation du concept de violence, dans la méthode et dans l’interprétation des données de l’enquête effectuée à l’aide du Conflict Tactics Scales ont été largement reconnus. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comment se fait-il alors que des auteurs récents se saisissent du vocable « homme battu », partent à sa recherche, et le trouve ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour cela nous devons revenir à nouveau aux années 1970 et aux changements intervenus dans les places des hommes et des femmes. Ces dernières acquièrent un statut différent, elles deviennent citoyennes, accèdent au marché du travail et peuvent maîtriser leur fécondité. L’égalité homme – femme advient. A partir de là, le féminisme devient un mouvement social et politique pour l&#039;émancipation des femmes. Mais il va désigner aussi un corpus théorique qui va permettre aux sociologues de revisiter leurs différents champs d’études à travers la problématique des rapports sociaux de sexe.  Sous cet angle là, la violence conjugale prend un autre sens, elle est  rendue possible parce que les femmes ont moins de moyens, par conséquent moins de pouvoir, et parce que le genre féminin est dévalorisé par rapport au masculin. &lt;br /&gt;
Pierre Bourdieu a largement développé le fonctionnement des dominés et démontré comment ceux-ci ayant intégré le discours dominant « construisent ces relations de pouvoir du point de vue même de ceux qui y affirment leur domination… ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En Suisse, les statistiques 2004 issues des centres Lavi apportent des précisions chiffrées à cette forme de violence. Le taux de victimes de sexe féminins est important (75%),  le sexe masculin de l’auteur présumé révèle un pourcentage très élevé (83.5%) et pour 52.9% des consultants une relation familiale victime - agresseur existe. &lt;br /&gt;
Bien que la violence conjugale soit maintenant reconnue, des groupes sociaux la mettent en question. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les années 1980 une tension s’avive entre hommes et femmes.  Certains hommes pro féministes tiennent un discours optimiste concernant la constitution d&#039;une société nouvelle et égalitaire  et reconnaissent la domination masculine comme clé d&#039;un changement possible. &lt;br /&gt;
D&#039;autres hommes tiennent un discours alarmiste et insistent sur le malaise identitaire engendré par cette modification des rapports sociaux source de perte de repères. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A partir de là, des groupes d’hommes se forment autour, par exemple d’auteurs tels que Guy Cornaux au Canada, Jacques Salomé en France,  ou plus récemment Y. Dallaire qui avec John Goetelen a organisé le premier Congrès international de la condition masculine à Genève en 2003. Des mouvements pour la condition paternelle se créent afin de s’opposer à la garde des enfants accordée systématiquement à la mère en cas de divorce.  Le film récent « Le souffle du désert » de François Kohler, illustre ce phénomène de la recherche d’une identité masculine vécue comme problématique. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C&#039;est dans cette mouvance que nous trouvons aujourd&#039;hui les protagonistes d&#039;un détournement de la violence masculine au profit d&#039;une violence exercée contre les hommes par les femmes. ces détracteurs pourront s&#039;appuyer probablement dans les années à venir sur les modifications des images féminines, les stéréotypes de la femme douce et soumise ont tendance à s&#039;estomper. Et l&#039;on peut se demander si les jeunes femmes ne se permettront pas plus que par le passé d&#039;exprimer leurs sentiments de colère et violence, là où s&#039;exprimaient auparavant peut-être impuissance, tristesse et dépression. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Utilisateur:Cornut piller|Cornut piller]] 1 jun 2006 à 09:15 (MEST) ~~&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Entretiens ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est souvent question dans les chiffres, de comparer,  voire d’opposer, hommes et femmes face à la violence conjugale. En d’autres termes de démontrer que le premier est le bourreau et la deuxième la victime. Pour certains, la question des hommes battus ne recouvrirait pas la même problématique que celle des femmes battues. Pour certains auteurs, tel Yvon Dallaire, il semble que les stéréotypes de femme-victime et homme-agresseur affiliés aux rôles des acteurs, n’aident en rien à reconnaître la problématique. Alors que la femme est souvent vue comme une personne douce, fragile et protectrice. Les hommes, eux, sont reconnus comme des êtres forts, virils et courageux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;L’homme battu existe, nous l’avons rencontré&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour confronter les stéréotypes affiliés aux genres, nous avons cherché à interviewer des hommes battus. Paul et Luc (prénoms d’empreint) ont un point commun : leur passé d’homme maltraité. Ils ont été, tous les deux, physiquement battus par leur conjointe. Toutefois, il semblerait que la problématique de l’homme violenté intègre, dans sa forme globale, une autre forme de violence, une violence psychologique. Il ressort des entretiens que la forme physique ne semble pas être la forme de violence qui marque le plus. &lt;br /&gt;
Pour essayer de comprendre au mieux le vécu violenté de ces hommes et plus généralement de toute personne impliquée dans des relations violentes, nous avons questionné la littérature ainsi que des professionnels de terrain.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour la travailleuse sociale, Sophie Torrent (2001), « la nature de la violence [à l’égard de la gente masculine] et ses modes d’expression traduisent, dirait-on, une violence spécifiquement féminine, subtile, qui atteint l’intégrité psychique de l’homme.» (p.33). L’homme victime de violence psychologique semble atteint surtout dans sa masculinité, plus précisément dans la représentation de la masculinité qui lui a permis de construire son identité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Le harcèlement que j’ai vécu par cette femme tyran m’a amené à perdre, pendant quelques temps, mon identité masculine… C’était quoi être un homme ? Je ne savais plus faire l’amour comme il faut en quittant ma femme. J’ai du réapprendre à accepter de prendre du plaisir. » Luc&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;La violence ; une histoire d’homme ?&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Alors que nous venons de découvrir avec stupéfaction certaines réalités d’hommes maltraités par leur conjointe, comment traiter ces vérités face à notre idéal féminin construit ? Comment même penser à la violence des femmes, alors que celle que l’on exerce à leur égard est de loin la plus établie, la plus reconnue et de ce fait la plus portée par les médias ? De nos jours, la société reconnaît et prend en charge la femme violentée, qu&#039;en est-il de la femme violente ? &lt;br /&gt;
Il est commun d’entendre qu’une femme violente est une femme malade psychologiquement ou encore que cette dernière n’agresserait que pour se défendre. Pour la psychothérapeute Diane Chayer, ( citée par Ruel &amp;amp; Guéricolas, 1998), il semblerait qu’il n’y ait tout simplement pas de permission sociale à la violence des femmes. « La société dit qu’il est presque normal pour un homme d’être violent. Mais une femme violente, c’est une extraterrestre. » &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour Yvon Dallaire, « la femme violente peut ressentir de la fierté pour avoir battu plus fort qu’elle. Et la société ne la dénigre pas, elle cherche plutôt à la comprendre et à l’excuser, compatissant souvent à son sort. » (p26) A contrario, pour la responsable d’une structure acceuillant des femmes violentes, « celles et ceux qui passent de la parole aux actes souffrent, ils ont besoin d&#039;aide et y ont droit. Toutefois, la femme violente souffre de discrimination ; on ne veut pas lui reconnaître sa violence. » Il semblerait alors que, paradoxalement, la femme violente souffre des mêmes maux sociaux que l’homme maltraité. Une nouvelle fois, il semblerait que les stéréotypes, affiliés aux genres, décident de ce qui peut être acceptable ou pas.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Le statut de victime/agresseur&#039;&#039;&#039; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La responsable d’un établissement prenant en charge des femmes violentes nous apprend qu’il est difficile de tenir le fil rouge concernant les rôles de victime-agresseur. « On est là pour travailler sur la violence des femmes, en tant qu’auteures de violence et non en tant que victimes. Très souvent, ça dérape en justification des actes qui déplace la position d’agresseuse à celui de victime. » Il semble que souvent, l’agresseur se voit comme victime. Responsabiliser les acteurs(trices) de violence, c’est les aider à prendre conscience de leur violence. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Responsabilité dans la violence&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La question est partagée. Alors que pour beaucoup, la responsabilité de la violence doit être assumée par son auteur(e), pour d’autres, elle doit être partagée. En effet, pour Denis Châtelain, co-fondateur d’une association prenant en charge des auteur(e)s de violence, « il faut prendre en compte le potentiel de violence de la victime dans la compréhension de la dynamique ». Pour la responsable d’une association accueillant des femmes violentes, « il est impossible de faire un tel travail si l’on part du principe d’une co-responsabilité dans la réalisation de la violence. En effet, on ne peut pas se permettre de déraper sur l’aspect empathique et comprendre voir d’excuser l’acte de violence au nom d’un statut de victime reconnu. Pour nous, l’acte violent n’est pas excusable, il est inadmissible quelque soit sa source ou sa justification. Ce qui nous paraît important c’est de faire en sorte de ne plus jamais en avoir à arriver là. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;La prise en charge de la violence&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comment aborder la problématique de la violence conjugale et plus particulièrement celle des hommes maltraités et des femmes violentes ? Alors qu’Yvon Dallaire se demande si l’on « ne pourrait pas exploiter l’expertise des centres d’accueil pour femmes au profit des hommes battus et l’expertise des groupes d’entraide pour homme violents au profit des femmes violentes ? » (p29), la responsable d’une structure accueillant des femmes actrices de violence répond que « pour aider les femmes actrices de violence, il faut appliquer un traitement différencié. Les raisons étant parce qu’on n’éduque pas de la même façon une petite fille et un petit garçon, le rapport au féminin n’est pas le même. La violence masculine est légitimée. Par contre, on ne reconnaît pas ce droit à la femme. Cela étant dû aux stéréotypes de mère protectrice d’une part. » &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Revue &amp;quot;Thérapie familiale&amp;quot;===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous avons jugé opportun d&#039;analyser des numéros de Thérapie de Famille, une revue trimestrielle  d&#039;orientation systémique. Cette source représente en effet le point de vue théorique et le constat des pratiques des thérapeutes de famille. Il est pertinent de se demander à quel point le discours de ces professionnels de la famille influence la société et est en retour influencé par elle. Les catégories  victime-agresseur y sont-elles aussi clairement définies que dans le sens commun et certains discours? Fait-on une différenciation au niveau de l&#039;étiologie de la violence et de ses conséquences selon le genre? Le contact avec les patients remet-il en question certaines pratiques thérapeutiques et fait-il avancer les models conceptuels? Pour répondre à ces interrogations, nous avions à disposition tous les numéros parus depuis de nombreuses années afin d&#039;observer à quelle fréquence et sous quelle forme la thématique des violences conjugales était abordée. Nous avons porté notre choix sur la période allant de 1995 à 2001, pendant laquelle quatre numéros contiennent des articles dédiés à notre sujet.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les deux premiers numéros analysés, datant de 1995 et de 2000 sont riches d&#039;informations car rédigés par les mêmes auteurs, qui font part de l&#039;évolution de leur réflexion durant les cinq ans écoulés. Le numéro de 2000 a été écrit par des thérapeutes colombiens, ce qui nous montre la préoccupation internationale des thérapeutes de famille autour de la violence conjugale et leur désir d&#039;échanger à ce sujet. Quant au dernier numéro pris en compte, celui de 2001, il présente la synthèse des théories les plus utilisées à propos de la violence domestique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
(à suivre...)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Conclusion ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Difficultés===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le sujet que nous avons abordé tout au long de ce travail est délicat. Nous avons relevé le peu de neutralité émanant des sources existantes sur ce thème, chaque écrit représentant une certaine prise de position, quant à la causalité de la violence conjugale par exemple, ou les convictions cachées derrière l&#039;attribution de statuts victime-agresseur ou victime-victime.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette subjectivité rentre en interrelation avec notre sensibilité propre, individuelle, qui n&#039;est donc pas la même entre les personnes de notre groupe. Le fait que celui-ci soit constitué de deux femmes et deux hommes est très enrichissant, et même primordial quand l&#039;on s&#039;attèle à ce type de problématique. Néanmoins, cela implique un investissement conséquent en termes de discussion, explicitation des attentes et valeurs de chacun, en redéfinition continuelle de la problématique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans notre tentative d&#039;objectiver notre problématique, nous ne sommes que très peu aidés par les statistiques. Elles aussi disent ce qu&#039;elles ont envie de dire, et sont sans cesse remises en cause par des détracteurs. La conséquence en est qu&#039;aucune statistique ne sert vraiment de référence consensuelle dans la compréhension de la violence conjugale.Dans les statistiques policières, souvent la violence conjugale n&#039;est pas comptabilisée de manière séparée des autres délits de violence; dans d&#039;autres types de statistiques c&#039;est le genre qui n&#039;est pas retenu comme variable pertinente. En effet, derrière les chiffres, on découvre des définitions très variables de la violence: certains ne prennent en compte que la violence physique; d&#039;autres considèrent que de nombreux petits signes de nature verbale ou psychologique sont un pas dans l&#039;escalade de la violence, et les jugent donc de même poids que des coups. Entre ces deux extrêmes, toutes les variations sont présentes... &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est intéressant de relever à quel point certains chiffres sont médiatisés, afin d&#039;avoir un impact sur la population, alors que ces mêmes chiffres sont discutables au niveau statistique. &lt;br /&gt;
Pour conclure, nous nous sommes rendus compte que malgré une certaine médiatisation, qui n&#039;est pas si récente, de la violence conjugale, nous ne savons pas tellement de choses à ce sujet, ou plutôt il existe peu de consensus, voire la co-existence d&#039;approches inconciliables.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Références bibliographiques ==&lt;br /&gt;
Les lectures citées dans le travail final&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Dallaire Y. (2002). La violence faite aux hommes. Une réalité tabou et complexe. Québéc: Options santé. [[Résumé du livre]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Gillioz L., De Puy J., Ducret V. (1997). Domination et violence envers la femme dans le couple. Lausanne : éditions Payot. [http://home.etu.unige.ch/~maneira4/R_sum__aeticle.doc Résumé de l&#039;article]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Ruel S. &amp;amp; Guéricolas P. (1998). La violence des femmes : derrière le masque. In Gazette des femmes Vol. 20. (no 4). (Novembre-Décembre 1998).[Version électronique]. Accès le 20 novembre 2005 : &lt;br /&gt;
http://www.gazettedesfemmes.com/recherche/?F=recherche&amp;amp;idt=10075&amp;amp;affart=2866&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Torrent S. (2001). L’homme battu, un tabou au cœur du tabou. Québec: Option Santé. [http://home.etu.unige.ch/~maneira4/fiche%20de%20lecture%20homme%20battu.pdf Résumé du livre ]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Amnistie: Le magazine pour les droits humains, &#039;&#039;Dossier Combattre la violence domestique&#039;&#039;  No 44, février 2006.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Amnistie, Journal d&#039;action pour les droits humains, janvier 2006.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Praplan G., &#039;&#039;Quand le sexe faible est violent&#039;&#039; in Repère Social, No 73, février 2006.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Bibliographie ==&lt;br /&gt;
Les lectures utilisées mais pas citées dans le travail final&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Bretonnière-Fraysse et al. (2001). &#039;&#039; De la violence conjugale à la violence parentale&#039;&#039;. Eres [[Résumé|Résumé du livre]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Jackson D., Welzer-Lang D. (1998). Violence et masculinité. Toulouse : imprimerie 34.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Office fédéral de la statistique : Aide aux victimes. Chiffres clés. http://www.bfs.admin.ch/bfs/portal/fr/index/themen/rechtspflege.html&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Rey, H. et al. (2006). Les violences conjugales: pour une clinique du réel. &#039;&#039; Journal International de Victimologie&#039;&#039;. Année 4, No 1. [[Résumé de l&#039;article]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Miguel</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Violence_conjugale:_De_la_femme_battue_%C3%A0_l%27homme_battu...&amp;diff=4181</id>
		<title>Violence conjugale: De la femme battue à l&#039;homme battu...</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Violence_conjugale:_De_la_femme_battue_%C3%A0_l%27homme_battu...&amp;diff=4181"/>
		<updated>2006-06-15T14:47:57Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Miguel : /* Méthodologie */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&#039;&#039;&#039;Membres du groupe&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Chantal Cornut&lt;br /&gt;
* Céline Pittet &lt;br /&gt;
* Jean-Christophe Contini&lt;br /&gt;
* Miguel Maneira &lt;br /&gt;
[mailto:maneira4@etu.unige.ch,contini2@etu.unige.ch,cepittet@hotmail.com,ch.cornut-piller@bluewin.ch Ecrire au groupe]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 [[L&#039;homme battu: le mâle...traité|Notre projet]]  |  [[Plan de recherche: Violence conjugale; un concept en mouvement|Notre plan de recherche]]  |  [[Espace de dialogue|Notre espace de dialogue]]  |  [[Trésorus de notre groupe|Notre île aux trésors]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Introduction ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Violence conjugale|La violence conjugale]] semble être de prime abord un phénomène bien connu de nos jours. Les médias rendent régulièrement compte de ses conséquences, bon nombre d’associations ont été créées pour répondre à l’appel des victimes, une loi sur la protection des victimes a été instaurée, beaucoup de thérapeutes œuvrent également dans ce domaine. Il est question, la plupart du temps, des violences subies par des femmes et exercées par des hommes, il est dans une moindre mesure, question de la [[Violence|violence]] exercée par des femmes contre des hommes. Ce dernier phénomène reste minoritaire cependant, et fait l’objet de nombreuses critiques. Bien souvent, les discours opposent des mouvements &amp;quot;  [[Féminisme|féministes]]&amp;quot; à des groupes &amp;quot; masculinistes &amp;quot;, les uns dénonçant sans cesse l’ineffable violence des hommes envers les femmes, les autres dénonçant cette vision de l’homme éternellement &amp;quot; agresseur &amp;quot;, allant jusqu’à affirmer que des hommes sont aussi des &amp;quot; victimes &amp;quot; et que la violence peut aussi être l’apanage des femmes. Ici apparaît le concept &amp;quot; d’hommes battus &amp;quot; que nous interrogerons et qui est apparu dès les années septante.  &lt;br /&gt;
Afin de prendre de la distance vis-à-vis de ces deux positions antagonistes, nous proposons d’étudier ce que disent certains auteurs sur la violence conjugale, à la fois sur la violence subie par les femmes et par les hommes. Nous proposons aussi une recherche axée sur des entretiens avec des hommes &amp;quot; victimes &amp;quot; et des professionnels de la violence conjugale. Nous étudierons également des sources statistiques issues de la Loi Fédérale sur l’aide aux victimes et de Amnesty internationale tout comme des revues spécialisées dans le domaine de la thérapie familiale et plus particulièrement les articles concernant la violence domestique. &lt;br /&gt;
La thèse générale de notre article est de démontrer par notre étude que les discours qui circulent sur la violence conjugale sont une construction qui circonscrit la violence dans des [[Stéréotype|stéréotypes]] caricaturaux stigmatisant à la fois les femmes en tant que victimes et les hommes comme agresseurs. De cette restriction découle la difficulté d’envisager l’existence d’hommes victimes de violence conjugale, et d’égale manière celle de femmes violentes. Cela a comme conséquence pour les personnes concernées une non-reconnaissance sociale, se manifestant par de forts préjugés à leur encontre, et de grandes lacunes institutionnelles. Nous montrerons aussi que les professionnels de la violence conjugale (médecins, thérapeutes) ont dépassé cette opposition et qu’ils désignent plus les acteurs de la violence conjugale à un niveau de co-responsabilité qui ne distingue pas le sexe des protagonistes pour rendre compte de ce phénomène. Il y a ainsi un écart entre les discours dominants et les discours des professionnels, écart perceptible dans l’étude de la littérature et dans l’examen des sources que constituent les revues &amp;quot; thérapie familiale &amp;quot;.&lt;br /&gt;
Enfin, nous proposons la thèse selon laquelle la violence conjugale reste un phénomène qui bien que connu de tous, reste difficile à appréhender dans notre société. En effet, nous montrerons qu’il existe des définitions similaires mais superficielles qui varient dans leur développement en fonction des positionnements et des valeurs de ceux qui les proposent. Les statistiques qui rendent compte de la violence conjugale proposent d’autre part des modalités qui ne permettent pas de distinguer précisément les victimes des agresseurs de manière précise et approfondie. Elles ne permettent pas d’affirmer avec précision que les hommes sont aussi victimes de violences, les modalités de [[Genre|genre]] n’étant pas assez développées dans la prise en compte statistique. Les hommes victimes existent, mais leur visibilité est très faible du fait que c’est un phénomène qui est en train d’émerger comme problème social.&lt;br /&gt;
Nous montrerons ainsi que la violence conjugale reste un phénomène complexe et confus dans ses définitions. Enfin, nous verrons que la violence conjugale reste un concept en mouvement sur le plan des institutions, qui proposent des possibilités de prise en charge nombreuses, mais néanmoins insuffisantes si l’on considère la prise en compte de la violence faite aux hommes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Revue de littérature ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous aborderons cette revue de littérature en suivant la chronologie même de notre questionnement et de notre cheminement, qui nous a conduit, en commençant part la découverte du concept de &amp;quot; l’homme battu &amp;quot;, à approfondir nos recherches au concept de la femme battue et à appréhender dès lors le problème social que constitue la violence conjugale, qui englobe les deux autres concepts. Nous avons ainsi privilégié dans nos recherches les ouvrages qui traiteraient spécifiquement de l’existence du concept même de &amp;quot; l’homme battu &amp;quot;, dans une actualité la plus récente possible. Nous nous sommes vite aperçus, que peu de littérature existait à ce sujet. Cependant, les ouvrages les plus récents (Torrent et Dallaire) font tous les deux référence à l’inscription du concept de l’homme battu dans celui de la violence conjugale. Nous avons dès lors élargi nos recherches dans ce domaine, toujours à la recherche du moindre élément concernant la violence faite aux hommes. D’autre part, nous avons voulu mettre en question les propositions faites par Dallaire et Torrent, en nous référant à d’autres auteurs qui portent un regard différent sur les acteurs, hommes ou femmes, de la violence conjugale. Notre attention s’est ainsi portée sur des notions concernant la désignation des acteurs en termes de victime et d’agresseur, et la désignation de ces mêmes termes de catégorie homme-femme. Enfin, nous avons cherché à contextualiser le phénomène de l’homme battu, en recherchant dans l’histoire de la violence conjugale, le moment où est apparu le concept de &amp;quot; l’homme battu &amp;quot;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sophie Torrent, dans son ouvrage sur l’homme battu (2001) met directement en question le fait qu’il existe au sein de la vie de couple une violence faite aux hommes, une violence souvent difficile à accepter, celle-ci allant à l’encontre de stéréotypes tels que celui qui considère que la femme est l’élément faible du couple et que l’homme en est le dominant. Dans la première partie de son livre, l’auteur tente tout d’abord d’expliquer ce phénomène atypique de l’homme battu, cet &amp;quot; impensable social &amp;quot; dit-elle. Elle analyse les différents types de violences (physique, sexuelle, psychologique, verbale et économique) pour ensuite orienter son analyse vers la notion de &amp;quot; rôles sociaux &amp;quot;. Elle montre comment l’homme violenté est agressé jusque dans les &amp;quot; facettes &amp;quot; qui font son [[Identité sociale|identité]] . Pour elle &amp;quot; être battu invalide l’homme dans son appartenance à la catégorie sociale homme &amp;quot;. Dans la deuxième partie de son ouvrage, Torrent réfléchit sur les différentes stratégies élaborées par l’homme pour gérer des situations difficiles. Elle s’appuie notamment dans son travail de recherche sur des interviews réalisées avec des &amp;quot; hommes battus &amp;quot;. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est dans une considération assez proche qu’Yvon Dallaire (2002), thérapeute au Québec, aborde le phénomène de la violence faite aux hommes (La violence faite aux hommes. Une réalité taboue et complexe). Il nous rappelle le constat de l’existence ineffable de la violence dans l’humanité, violence souvent fortement médiatisée, mais selon lui, de manière incomplète. En effet, dit-il, notre attention ne serait attirée que vers une forme de violence, soit celle faite par les hommes contre les autres hommes (guerres, voies de fait, suicides), contre les femmes (violence conjugale, viol, meurtre, tueurs en série) et contre les enfants (violence infanticide, meurtre suivi de suicide). Pour Dallaire, une forme de violence a été occultée : la violence des femmes faite envers les femmes, les hommes et les enfants. Le propos de son texte est de démontrer d’une part que des femmes peuvent être tout autant violentes que des hommes, et que d’autre part, l’analyse de la violence conjugale s’inscrit dans un paradigme teinté de sexisme et de discrimination. Pour cet auteur, la violence conjugale ne se décline pas simplement sur le mode victime-agresseur, mais plutôt sur celui de victime-victime, de deux individus qui sont les co-créateurs d’une escalade débouchant sur l’explosion physique. Afin d’alimenter son propos, Yvon Dallaire met en lumière les stéréotypes et les préjugés qui circulent dans le discours commun : l’homme est un être violent, un abuseur d’enfants, un irresponsable, les hommes sont tous des obsédés sexuels, il sont tous infidèles, menteurs et manipulateurs. Dès lors, toute violence féminine est considérée comme relevant de la légitime défense, l’homme est ainsi rendu coupable de toute la violence conjugale. Précisons ici que l’auteur dénonce le discours d’influence féministe qui se déploie dans le contexte québécois. Son objectif est de connaître les réelles dimensions de la violence conjugale, plutôt que de rechercher un coupable à punir, toujours le même : l’homme. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’ouvrage de Bretonnière-Fraysse et al. (2001), incontournable pour notre sujet, propose quant à lui un autre regard qui positionne clairement les femmes en tant que victimes et les hommes comme agresseurs, sans nuances : &amp;quot; on le sait, la violence conjugale a toujours existé ; on le sait aussi : les victimes en sont les femmes et les auteurs, les hommes. Mais elle demeure encore cachée, honteuse, secrète &amp;quot;. Cet ouvrage prend un biais anthropologique et historique pour nous montrer la condition de victime de la femme à travers les époques passées et jusqu’à nos jours. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Gillioz, De Puy et Ducret quant à elles (2000), font état des connaissances qui ont fait de la violence familiale et de la violence contre les femmes, un champ d’étude relativement nouveau dans les sciences sociales. Elles nous rappellent que jusque dans les années soixante, la société et avec elle les scientifiques vivent sur le mythe de la famille non violente. Cette dernière étant considérée comme rare et comme étant le fait d’individus déséquilibrés. Dans les années septante, sous l’influence de militantes féministes anglo-saxonnes qui ouvrent des refuges pour femmes battues et portent la question de la violence conjugale sur la place publique, ce phénomène jusque-là occulté est posé comme problème socio-politique. C’est dès lors que les sciences sociales vont s’y intéresser, à travers deux grands courants de recherche. Le premier est constitué par des études portant sur la violence subie par les femmes au sein de la famille et postule, en se fondant sur les prémisses théoriques féministes, que cette violence est spécifique. Ilc il est nécessaire de l’étudier indépendamment des autres types de violence familiale qui relèvent d’autres logiques. Le deuxième courant de recherche, issu de la sociologie de la famille, a pour objet la violence familiale et considère la société et ses institutions comme des systèmes consensuels qui embrassent dans la même problématique l’ensemble de la violence qui se déroule dans le cadre familial. &lt;br /&gt;
L&#039;ouvrage de Gillioz et all. mentionne également  les travaux de Strauss, Gelles et Steinmetz (1977), à partir desquels a été tiré l&#039;affirmation que les femmes sont aussi violentes que les hommes. C’est à ce moment qu’apparaît le concept du &amp;quot; mari battu &amp;quot;, des résultats tirés des statistiques de cette recherche, ont permis à l&#039;un des chercheurs de conclure que ce qui était le plus sous-estimé n’est pas la femme battue, mais le mari battu. La validité scientifique reste toutefois fortement contestée, nous en trouvons les arguments dans l’ouvrage de Gillioz, De Puy et Ducret. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Notre revue de littérature se conclut par l’approche systémique de Perrone et Nannini (1995) qui proposent leur livre comme un manuel à l’usage des professionnels appelés à intervenir auprès des familles. Leurs présupposés considèrent que la violence n’est pas un phénomène individuel, mais la manifestation d’un phénomène interactionnel. La violence est ainsi un mode particulier de communication entre partenaires qui sont tous impliqués et par là même responsables au sens interactionnel du terme. Comme Yvon Dallaire, les auteurs ne considèrent pas les acteurs de la violence conjugale en termes de &amp;quot; victime-agresseur &amp;quot;, ni en termes &amp;quot; hommes-femmes &amp;quot;. Les objectifs et les enjeux que ces deux auteurs proposent s’appuient sur l’idée que chacun doit devenir et se penser responsable de ses propres comportements. C’est également selon cette optique que certains &amp;quot; cliniciens &amp;quot; abordent en partie la question dans leur article (Rey, H et al. 2006). Contini 6 mai 2006 à 16:28 (MEST)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Problématique ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le questionnement qui est à l’origine de notre travail prend source dans la rencontre que nous avons faite d’un concept qui semble nouveau de prime abord : &amp;quot; l’homme battu &amp;quot;. Nous avons découvert ce concept dans l’ouvrage récemment publié de Sophie Torrent qui s’intitule &amp;quot; les hommes battus &amp;quot;. Ce livre met en lumière l’existence d’hommes victimes de violences exercées par des femmes à leur encontre, il interroge également les questions identitaires vécues par ces &amp;quot; nouvelles victimes &amp;quot; à travers la conduite de multiples entretiens. &lt;br /&gt;
Ces propos nous ont intrigués, parfois rendus perplexes et ont ainsi attisé notre curiosité. Nous avons dès lors entrepris des recherches bibliographiques qui nous permettraient de découvrir des discours proches des propos de Torrent. Nous avons ainsi constaté que ce &amp;quot; phénomène &amp;quot; des hommes battus était, dans une moindre mesure, relayé dans d’autres ouvrages qui l’inscrivaient dans le cadre plus large de la violence conjugale. Nos recherches livresques nous ont ainsi conduits à investiguer le corpus que nous avons constitué afin de tenter de répondre à la question principale qui guide notre recherche : comment le phénomène de &amp;quot; l’homme battu &amp;quot; s’inscrit-il dans le paradigme de la violence conjugale ? Les questions secondaires qui en découlent sont multiples : quand est-ce que ce concept est apparu ? Par qui a-t-il été développé ? Quels sont les discours qui relaient ce concept ou qui s’y opposent ? &lt;br /&gt;
Les éléments qui composent notre revue de littérature nous ont permis d’entrevoir certains points qui semblent être récurrents. Nous nous sommes ainsi aperçus que le concept d’ &amp;quot; hommes battus &amp;quot; se trouvait à chaque fois en tension avec celui de &amp;quot; femmes battues &amp;quot; dans le cadre de la violence conjugale que nous avons aussi essayé de définir. Nous nous sommes dès lors trouvés confrontés à deux discours contraires entre des groupes de pressions constitués autour de la &amp;quot; souffrance masculine &amp;quot; et les propos issus de certains discours féministes. Nous avons également constaté que cette opposition - que nous caractérisons grossièrement entre les deux discours – se dédouble d’une autre opposition dans la désignation des acteurs de la violence conjugale en  termes de victime et d’agresseur. Nous constatons que les acteurs sont ainsi stigmatisés, avec des stéréotypes qui désignent de manière massive l’homme comme étant un agresseur et la femme une victime.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Méthodologie ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
le nombre d&#039;entretiens, les titres (si pas les noms) de sprofessionnelle, le temps de l&#039;entretien si il y a eu retranscription ou non (comment), quel type de questions ont été posées, le type d&#039;analyse de contenu (thème, occurence des mots, etc.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En fonction des éléments de la problématique, l’objectif de notre recherche a consisté pour nous à y voir plus clair en tentant de répondre aux questions que nous nous posons. Afin de prendre une nécessaire distance vis-à-vis du regard que propose notre revue de littérature, nous avons choisi d’orienter nos recherches sur diverses sources d’informations. Nous avons trouvé intéressant d’examiner si des statistiques existaient sur les &amp;quot; hommes battus &amp;quot; et sur les &amp;quot; femmes battues &amp;quot; et dès lors de voir si celles-ci pouvaient éclaircir notre questionnement. Nous avons aussi choisi de chercher des éléments dans une série de revue spécialisées dans la thérapie familiale, dès lors que le phénomène des &amp;quot; hommes battus &amp;quot; s’inscrit dans le cadre de la violence conjugale. De plus, pour avoir une vision plus globale nous avons aussi décidé de faire une revue d’articles de presse étudiant quelques articles récents. Enfin, nous avons opté pour une recherche mettant en œuvre la conduite de plusieurs [[entretiens violence conjugale|entretiens]]compréhensifs semi-directifs auprès de professionnels de la prise en charge de la violence conjugale. Malgré la promesse d&#039;anonymat, nous n&#039;avons pas pu enregistrer les entretiens. De ce fait, nous basons nos propos sur nos notes. Chaque entretien s&#039;est déroulé, pendant une heure trente, dans un lieu décidé par la personne interviewée.Nous avons mené, dans notre phase d&#039;investigation de terrain, quatre entretiens, dont deux avec des &amp;quot;victimes&amp;quot; masculines de maltraitance conjugale  Nous avons rencontré Denis Chatelain, co-fondateur de l&#039;association Vires. Cet organisme de traitement et de prévention de la violence exercée dans le couple et la famille, vient en aide aux personnes qui ont recours à la violence.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Face à Face est une association à but non lucratif, crée en&lt;br /&gt;
2001 à Genève. Subventionnée par l’état, elle met à&lt;br /&gt;
disposition des femmes, et prochainement aussi des&lt;br /&gt;
adolescentes, ayant des comportements violents ( violence&lt;br /&gt;
physique, psychique, verbale, contre soi ), un soutien&lt;br /&gt;
individualisé et des groupes de thérapies exclusivement&lt;br /&gt;
féminins. L’objectif premier de cette association est la&lt;br /&gt;
prévention de la maltraitance et la violence auprès des&lt;br /&gt;
enfants, personnes âgées et conjoints. Face à Face travaille à&lt;br /&gt;
la responsabilisation des actrices de violence et à la&lt;br /&gt;
reconstruction de l’estime de soi.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
ainsi qu’auprès de &amp;quot; victimes &amp;quot; masculines qui accepteraient de nous apporter leur témoignage. Nous avons &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 Ces éléments correspondent à ce que l’on pourrait appeler la &amp;quot; recherche sur le terrain &amp;quot;. Nous avons aussi élargi notre revue de littérature en laissant une place pour l’étude des discours qui proviennent des divers professionnels spécialisés dans la thématique de la violence conjugale. Nos sources seront ainsi multiples : entretiens ; revue de presse ; statistiques ; revues spécialisées. &lt;br /&gt;
Notre analyse consistera à analyser les contenus du matériel récolté, en prenant pour point d’appui la désignation des acteurs de la violence conjugale, en termes de stéréotypes (stigmatisation) et dans une approche de &amp;quot; genre &amp;quot; étudiant les rapports sociaux hommes-femmes par rapport à cette thématique, ainsi que les rapports victimes-agresseurs qui s’y rattachent. &lt;br /&gt;
L’analyse devrait ainsi nous permettre de réunir des points de vue différents et ainsi de confirmer ou d’infirmer, voir de &amp;quot; tempérer &amp;quot; ce que nous avons développé dans la revue de littérature en fonction des auteurs choisis.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Résultats et analyses ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Revue de presse ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous avons également utilisé comme source des articles de journaux et périodiques récents, constatant que la thématique de la violence conjugale apparaît régulièrement dans les médias. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout d&#039;abord, &#039;&#039;&#039;Amnesty&#039;&#039;&#039; affiche une grande visibilité grâce à son magazine pour les droits humains (février 2006), son journal d&#039;action (janvier 2006) et son site internet, qui tous trois évoquent récemment la violence domestique. En effet, Amnesty a commencé en mars 2006 sa campagne suisse « En route contre la violence domestique », dont l&#039;action principale consiste en un tour de plusieurs cantons du mobile home &amp;quot;sweet home&amp;quot; afin  de  briser le tabou qui entoure la violence dans le couple, d’améliorer les interventions de l’Etat contre la violence domestique,  et de sensibiliser le grand public, en particulier les jeunes et les hommes, notamment dans les régions rurales. Les revendications d’Amnesty International en matière de violence domestique repose sur l’obligation de l’Etat d’agir contre cette forme de violation des droits humains. Car aujourd’hui si la visibilité du débat public sur la violence domestique s’est améliorée, les menaces, coups, contraintes, viols et meurtres auxquels les femmes sont souvent exposées dans leurs quatre murs constituent un sujet rarement perçu comme relevant des droits humains. De la sensibilisation est encore nécessaire pour considérer que l’empêcher ne relève pas de la sphère privée des couples et des familles concernées, et ne pas l’assimiler à un « problème de femmes », mais à une mission publique, qui touche tout le monde.  Pourtant il s’agit bien de droit à l’intégrité physique et psychique : droit à la liberté et à la sécurité, droit à la santé, droit à l’absence de torture ou d’autres traitements dégradants et même souvent le plus, droit à la vie.&lt;br /&gt;
La position d&#039;Amnesty International quant à la violence domestique consiste à considérer sa cause dans les rapports inégalitaires de sexe. L&#039;accent est mis sur les représentations sociales qui ne cessent de faire le lien entre violence et masculinité. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le numéro du journal &#039;&#039;&#039;Repère Social&#039;&#039;&#039; de février 2006 s&#039;intitule « Quand le sexe faible est violent » et à travers le prétexte de l&#039;ouverture récente à Lausanne d&#039;un accueil pour femmes violentes, aborde ce sujet trop rarement médiatisé de la violence des femmes. &lt;br /&gt;
L&#039;auteur, Geneviève Praplan, présente les associations Vires et Face à Face à Genève, et Violence et famille à Lausanne. Cette dernière institution travaille depuis sept ans avec des hommes violents, mais accueille depuis novembre 2005 également des femmes violentes. Le Coordinateur et plusieurs intervenants ont été formés au Québec, auprès d&#039;OPTION, institution pionnière fondée par le psychothérapeute Jacques Broué en 1985. A Violence et Famille, c&#039;est ainsi sous forme de thérapie de groupe que se déroule l&#039;accompagnement, après quelques entretiens individuels. Le processus de réflexion engagé avec les auteurEs est le même pour les hommes que pour les femmes. Néanmoins, il est spécifié qu&#039;il faut être spécialement vigilant avec les femmes, en vérifiant qu&#039;elles ne sont pas &amp;quot;davantage des victimes que des agresseurs&amp;quot;. De plus, rapidement le lien entre passé et présent doit se faire. &lt;br /&gt;
&amp;quot;Hommes et femmes ne sont pas forcément égaux devant leur violence&amp;quot;: dans l&#039;inconscient collectif masculin, il est nécessaire d&#039;affirmer sa virilité, la violence masculine est ainsi plus facilement excusée. Au contraire, les rôles sociaux attribués aux femmes font qu&#039;on la juge plus sévèrement si elle fait usage de violence, mais leur permet de reconnaître moins difficilement que les hommes leurs actes violents. L&#039;auteur met en avant que les chiffres manquent quant à l&#039;ampleur de la violence féminine, surtout exercée envers ses enfants. Par ailleurs les préjugés quant aux données socio-économiques des auteurs de violence perdurent. Cela est en partie dû au fait que les familles en situation précaire sont plus aisément repérées par les services sociaux, vu l&#039;étendue de leurs besoins.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Statistiques ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Aborder le problème social de la violence conjugale nous incite à faire un retour vers les années 1970. C’est à cette époque que l’on peut situer les premières recherches sur ce thème  mettant en question le mythe de la famille non violente. Les militantes féministes amènent la question de violence conjugale sur la place publique et le posent comme un problème socio-politique. La question de la violence est abordée comme conséquence des rapports de domination, c&#039;est-à-dire des effets de l’exercice d’une influence déterminante d’un groupe, les hommes, sur un autre, les femmes. Tout rapport de domination suppose, en effet, en dehors du rapport de pure violence, un système de justification visant à obtenir un minimum de &amp;quot;volonté d&#039;obéir&amp;quot; de la part des assujettis, note le Petit Robert.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les sciences humaines vont s’y intéresser. De nombreuses études sont entreprises dans les années 1970 et 1980 dans le but de décrire la violence domestique, de pouvoir la chiffrer, de chercher à l’expliquer, d’étudier ses conséquences sur les victimes, et d’examiner les réponses sociétales à ce problème.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les résultats de l&#039;une de celle-ci, Straus et al.(1977) permettent de dire que femmes et hommes admettent recourir à des tactiques de violence dans des situations de conflits. Ce résultat est basé sur le &amp;quot;Conflict Tactics Scales&amp;quot; (CTS), échelles centrées sur les tactiques de gestion des conflits, qui intègrent une série de comportements allant des plus rationnels aux plus violents. Cette étude permettra à l’une des auteur-e-s, Steinmetz, de tirer la conclusion de l’existence du « syndrome de l’homme battu ». Ce qui sera contesté pour insuffisances méthodologiques. Depuis la plupart de chercheurs et chercheuses renoncèrent à utiliser ce concept.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Qu&#039;en est-il de la reconnaissance de la violence conjugale en Suisse ? &lt;br /&gt;
Une loi fédérale est votée (4 octobre 1991), sur l’aide aux victimes. Si cette notion de &amp;quot;victime&amp;quot; est large, accidenté de la route, attentats, viol, contrainte sexuelle, séquestration, elle comprend spécifiquement les violences domestiques. Dès lors,  elle  permet également aux femmes victimes de violence conjugale d&#039;être reconnues, visibilées et aidés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La création des centres Lavi, issu de cette loi, a pour but de fournir une aide efficace (conseils, la protection de la victime, la défense de ses droits dans la procédure pénale et l’indemnisation et la réparation morale) aux victimes d’infractions ou d’une atteinte directe à son intégrité corporelle, sexuelle ou psychique et à renforcer leurs droits. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les centres de consultation « Lavi » sont instaurés dans chaque canton. La police est tenue d’informer les victimes de l’existence de ces centres et de leur transmettre les coordonnées de celle-ci (sur la base de son accord). L’aide immédiate et les prestations fournies directement par les centres sont gratuites. Lorsque la situation personnelle de la personne qui consulte le justifie, les centres de consultation prennent en charge d’autres frais (comme par exemple les frais médicaux, les frais d’avocat ou les frais de procédure). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
S’il est difficile de faire parler les statistiques, ici nous nous basons sur l’année 2004, ils donne toute de même une idée intéressante sur la question qui nous occupe, à savoir la violence féminine et masculine : une nette prédominance des femmes dans la consultation (75%), avec des auteurs présumés de sexe masculin (83.5), et l’existence d’une relation familiale, victime – agresseur (52,9%).  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
(Le législateur prend en compte la situation des victimes, il estime qu’elles doivent être soutenues dans la procédure pénale, et également qu’elles ont droit à une indemnisation ou à une réparation morale (en fonction des revenus de la victime). )&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On peut constater également la reconnaissance par la société du statut de victime,  puisque les demandes, au nombre de 196 pour l’indemnisation et de 728 pour la réparation morale,  ont été traitées positivement. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La formation du personnel des centres Lavi : la loi mentionne des aides financières à la formation. Une formation spécifique « Lavi » a été instaurée et des formations complémentaires complètent la spécialisation de ces professionnels. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Violence domestique, une protection particulière : l’expulsion immédiate du domicile des personnes violentes, lesquelles ne peuvent plus réintégrer leur logement pendant une période déterminée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le 14 juin 2000, la Conseillère Ruth-Gaby Vermot-Mangold dépose une initiative parlementaire. Le Conseil fédéral  propose, en novembre 2005, un nouvel article 28b dans le code civil visant à protéger la victime de violence ou de harcèlement en lui donnant le droit de requérir le juge d’instruction d’interdire à l’auteur de l’atteinte de l’approcher, de fréquenter certains lieux ou de prendre contact avec elle. &lt;br /&gt;
Ce nouvel article 28b prévoit également l’institution par les cantons de centres d’informations et de consultation dans le but d’agir préventivement pour éviter la violence domestique et sa récidive. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Violence entre conjoint ou partenaire : poursuivie d’office depuis le 1 avril 2004&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le Conseil Fédéral  modifie le Code pénal en ce sens que les actes de violence domestique seront poursuivis d’office et non plus sur plainte de la victime. Le communiqué de presse est intéressant et nous donne un aperçu des changements sociaux intervenus : « il n’est plus question de tolérer la violence physique ou sexuelle exercée contre un conjoint ou un partenaire – dans un couple hétérosexuel ou homosexuel – sous prétexte qu’elle ne serait que de peu de gravité ou qu’elle relèverait de la sphère privée ». La contrainte sexuelle et le viol commis au sein du couple sont élevés au rang de délits poursuivis d’office.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Evolution des lois et violence conjugale.&lt;br /&gt;
Votée en 1991, la LAVI démontre que «  victime de violence » constitue maintenant  une déviance secondaire. Les plaignants sont identifiés, l’état institutionnalise leur prise en charge, les centres Lavi sont créés et les consultations augmentent au fil des années.   &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Néanmoins la notion de &amp;quot;violence conjugale&amp;quot; se fait discrète, le terme de violence domestique n’apparaît qu’avec le dépôt en 2002 de l’initiative parlementaire de Vermot-Mangold. En juin 2001 le Conseil Fédéral met en consultation le « projet élaboré par la Commission des affaires juridiques du Conseil national » et la notion de violence domestique fait partie des préoccupations reconnues officiellement. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous pouvons relever que les documents officiels font référence à une notion de victime qui n’est pas sexuée,  le mot « femme » n’y est pas accolé. Les termes utilisés « violence physique ou sexuelle exercée contre un conjoint ou un partenaire (…) dans un couple hétérosexuel ou homosexuel », « ordonner à une personne violente de quitter le domicile conjugal », « prévenir la récidive des agresseurs ». Dans les documents que j’ai parcouru sur le site de l’office fédéral de la justice sous la mention « aide aux victimes », je n’ai trouvé qu’une seule fois la mention spécifique « femme » : «  la violence domestique est aujourd’hui quotidienne dans notre société. Les femmes en sont souvent les victimes ». Dans tous les autres documents la violence domestique paraît neutre. Si le mot victime est féminin, les textes l’utilisent comme un élément générique. On peut en partie le comprendre par le fait que  la Lavi ne reçoit pas que des victimes de violences conjugales, mais également des victimes d’accidents de la route, d’attentats, d’enlèvement, de prise d’otage ou de brigandage.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Analyse des résultats&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour résumer, nous voici arrivés à un premier constat. Nous pouvons dire que la découverte de la violence conjugale et de ses effets a pour origine le questionnement du mouvement féministe, repris par des chercheur-e-s, qui ont confirmé et précisé le phénomène de la violence conjugale. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Autre découverte, la notion d’homme battu, que nous avions posé comme une construction récente, date des premières recherches sur ce domaine. Le syndrome de l’homme battu, développé  par une chercheuse du l’équipe de  Straus et al. a été un concept rapidement abandonné. Les défauts dans l’opérationnalisation du concept de violence, dans la méthode et dans l’interprétation des données de l’enquête effectuée à l’aide du Conflict Tactics Scales ont été largement reconnus. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comment se fait-il alors que des auteurs récents se saisissent du vocable « homme battu », partent à sa recherche, et le trouve ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour cela nous devons revenir à nouveau aux années 1970 et aux changements intervenus dans les places des hommes et des femmes. Ces dernières acquièrent un statut différent, elles deviennent citoyennes, accèdent au marché du travail et peuvent maîtriser leur fécondité. L’égalité homme – femme advient. A partir de là, le féminisme devient un mouvement social et politique pour l&#039;émancipation des femmes. Mais il va désigner aussi un corpus théorique qui va permettre aux sociologues de revisiter leurs différents champs d’études à travers la problématique des rapports sociaux de sexe.  Sous cet angle là, la violence conjugale prend un autre sens, elle est  rendue possible parce que les femmes ont moins de moyens, par conséquent moins de pouvoir, et parce que le genre féminin est dévalorisé par rapport au masculin. &lt;br /&gt;
Pierre Bourdieu a largement développé le fonctionnement des dominés et démontré comment ceux-ci ayant intégré le discours dominant « construisent ces relations de pouvoir du point de vue même de ceux qui y affirment leur domination… ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En Suisse, les statistiques 2004 issues des centres Lavi apportent des précisions chiffrées à cette forme de violence. Le taux de victimes de sexe féminins est important (75%),  le sexe masculin de l’auteur présumé révèle un pourcentage très élevé (83.5%) et pour 52.9% des consultants une relation familiale victime - agresseur existe. &lt;br /&gt;
Bien que la violence conjugale soit maintenant reconnue, des groupes sociaux la mettent en question. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les années 1980 une tension s’avive entre hommes et femmes.  Certains hommes pro féministes tiennent un discours optimiste concernant la constitution d&#039;une société nouvelle et égalitaire  et reconnaissent la domination masculine comme clé d&#039;un changement possible. &lt;br /&gt;
D&#039;autres hommes tiennent un discours alarmiste et insistent sur le malaise identitaire engendré par cette modification des rapports sociaux source de perte de repères. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A partir de là, des groupes d’hommes se forment autour, par exemple d’auteurs tels que Guy Cornaux au Canada, Jacques Salomé en France,  ou plus récemment Y. Dallaire qui avec John Goetelen a organisé le premier Congrès international de la condition masculine à Genève en 2003. Des mouvements pour la condition paternelle se créent afin de s’opposer à la garde des enfants accordée systématiquement à la mère en cas de divorce.  Le film récent « Le souffle du désert » de François Kohler, illustre ce phénomène de la recherche d’une identité masculine vécue comme problématique. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C&#039;est dans cette mouvance que nous trouvons aujourd&#039;hui les protagonistes d&#039;un détournement de la violence masculine au profit d&#039;une violence exercée contre les hommes par les femmes. ces détracteurs pourront s&#039;appuyer probablement dans les années à venir sur les modifications des images féminines, les stéréotypes de la femme douce et soumise ont tendance à s&#039;estomper. Et l&#039;on peut se demander si les jeunes femmes ne se permettront pas plus que par le passé d&#039;exprimer leurs sentiments de colère et violence, là où s&#039;exprimaient auparavant peut-être impuissance, tristesse et dépression. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Utilisateur:Cornut piller|Cornut piller]] 1 jun 2006 à 09:15 (MEST) ~~&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Entretiens ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est souvent question dans les chiffres, de comparer,  voire d’opposer, hommes et femmes face à la violence conjugale. En d’autres termes de démontrer que le premier est le bourreau et la deuxième la victime. Pour certains, la question des hommes battus ne recouvrirait pas la même problématique que celle des femmes battues. Pour certains auteurs, tel Yvon Dallaire, il semble que les stéréotypes de femme-victime et homme-agresseur affiliés aux rôles des acteurs, n’aident en rien à reconnaître la problématique. Alors que la femme est souvent vue comme une personne douce, fragile et protectrice. Les hommes, eux, sont reconnus comme des êtres forts, virils et courageux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;L’homme battu existe, nous l’avons rencontré&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour confronter les stéréotypes affiliés aux genres, nous avons cherché à interviewer des hommes battus. Paul et Luc (prénoms d’empreint) ont un point commun : leur passé d’homme maltraité. Ils ont été, tous les deux, physiquement battus par leur conjointe. Toutefois, il semblerait que la problématique de l’homme violenté intègre, dans sa forme globale, une autre forme de violence, une violence psychologique. Il ressort des entretiens que la forme physique ne semble pas être la forme de violence qui marque le plus. &lt;br /&gt;
Pour essayer de comprendre au mieux le vécu violenté de ces hommes et plus généralement de toute personne impliquée dans des relations violentes, nous avons questionné la littérature ainsi que des professionnels de terrain.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour la travailleuse sociale, Sophie Torrent (2001), « la nature de la violence [à l’égard de la gente masculine] et ses modes d’expression traduisent, dirait-on, une violence spécifiquement féminine, subtile, qui atteint l’intégrité psychique de l’homme.» (p.33). L’homme victime de violence psychologique semble atteint surtout dans sa masculinité, plus précisément dans la représentation de la masculinité qui lui a permis de construire son identité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Le harcèlement que j’ai vécu par cette femme tyran m’a amené à perdre, pendant quelques temps, mon identité masculine… C’était quoi être un homme ? Je ne savais plus faire l’amour comme il faut en quittant ma femme. J’ai du réapprendre à accepter de prendre du plaisir. » Luc&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;La violence ; une histoire d’homme ?&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Alors que nous venons de découvrir avec stupéfaction certaines réalités d’hommes maltraités par leur conjointe, comment traiter ces vérités face à notre idéal féminin construit ? Comment même penser à la violence des femmes, alors que celle que l’on exerce à leur égard est de loin la plus établie, la plus reconnue et de ce fait la plus portée par les médias ? De nos jours, la société reconnaît et prend en charge la femme violentée, qu&#039;en est-il de la femme violente ? &lt;br /&gt;
Il est commun d’entendre qu’une femme violente est une femme malade psychologiquement ou encore que cette dernière n’agresserait que pour se défendre. Pour la psychothérapeute Diane Chayer, ( citée par Ruel &amp;amp; Guéricolas, 1998), il semblerait qu’il n’y ait tout simplement pas de permission sociale à la violence des femmes. « La société dit qu’il est presque normal pour un homme d’être violent. Mais une femme violente, c’est une extraterrestre. » &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour Yvon Dallaire, « la femme violente peut ressentir de la fierté pour avoir battu plus fort qu’elle. Et la société ne la dénigre pas, elle cherche plutôt à la comprendre et à l’excuser, compatissant souvent à son sort. » (p26) A contrario, pour la responsable d’une structure acceuillant des femmes violentes, « celles et ceux qui passent de la parole aux actes souffrent, ils ont besoin d&#039;aide et y ont droit. Toutefois, la femme violente souffre de discrimination ; on ne veut pas lui reconnaître sa violence. » Il semblerait alors que, paradoxalement, la femme violente souffre des mêmes maux sociaux que l’homme maltraité. Une nouvelle fois, il semblerait que les stéréotypes, affiliés aux genres, décident de ce qui peut être acceptable ou pas.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Le statut de victime/agresseur&#039;&#039;&#039; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La responsable d’un établissement prenant en charge des femmes violentes nous apprend qu’il est difficile de tenir le fil rouge concernant les rôles de victime-agresseur. « On est là pour travailler sur la violence des femmes, en tant qu’auteures de violence et non en tant que victimes. Très souvent, ça dérape en justification des actes qui déplace la position d’agresseuse à celui de victime. » Il semble que souvent, l’agresseur se voit comme victime. Responsabiliser les acteurs(trices) de violence, c’est les aider à prendre conscience de leur violence. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Responsabilité dans la violence&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La question est partagée. Alors que pour beaucoup, la responsabilité de la violence doit être assumée par son auteur(e), pour d’autres, elle doit être partagée. En effet, pour Denis Châtelain, co-fondateur d’une association prenant en charge des auteur(e)s de violence, « il faut prendre en compte le potentiel de violence de la victime dans la compréhension de la dynamique ». Pour la responsable d’une association accueillant des femmes violentes, « il est impossible de faire un tel travail si l’on part du principe d’une co-responsabilité dans la réalisation de la violence. En effet, on ne peut pas se permettre de déraper sur l’aspect empathique et comprendre voir d’excuser l’acte de violence au nom d’un statut de victime reconnu. Pour nous, l’acte violent n’est pas excusable, il est inadmissible quelque soit sa source ou sa justification. Ce qui nous paraît important c’est de faire en sorte de ne plus jamais en avoir à arriver là. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;La prise en charge de la violence&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comment aborder la problématique de la violence conjugale et plus particulièrement celle des hommes maltraités et des femmes violentes ? Alors qu’Yvon Dallaire se demande si l’on « ne pourrait pas exploiter l’expertise des centres d’accueil pour femmes au profit des hommes battus et l’expertise des groupes d’entraide pour homme violents au profit des femmes violentes ? » (p29), la responsable d’une structure accueillant des femmes actrices de violence répond que « pour aider les femmes actrices de violence, il faut appliquer un traitement différencié. Les raisons étant parce qu’on n’éduque pas de la même façon une petite fille et un petit garçon, le rapport au féminin n’est pas le même. La violence masculine est légitimée. Par contre, on ne reconnaît pas ce droit à la femme. Cela étant dû aux stéréotypes de mère protectrice d’une part. » &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Revue &amp;quot;Thérapie familiale&amp;quot;===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous avons jugé opportun d&#039;analyser des numéros de Thérapie de Famille, une revue trimestrielle  d&#039;orientation systémique. Cette source représente en effet le point de vue théorique et le constat des pratiques des thérapeutes de famille. Il est pertinent de se demander à quel point le discours de ces professionnels de la famille influence la société et est en retour influencé par elle. Les catégories  victime-agresseur y sont-elles aussi clairement définies que dans le sens commun et certains discours? Fait-on une différenciation au niveau de l&#039;étiologie de la violence et de ses conséquences selon le genre? Le contact avec les patients remet-il en question certaines pratiques thérapeutiques et fait-il avancer les models conceptuels? Pour répondre à ces interrogations, nous avions à disposition tous les numéros parus depuis de nombreuses années afin d&#039;observer à quelle fréquence et sous quelle forme la thématique des violences conjugales était abordée. Nous avons porté notre choix sur la période allant de 1995 à 2001, pendant laquelle quatre numéros contiennent des articles dédiés à notre sujet.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les deux premiers numéros analysés, datant de 1995 et de 2000 sont riches d&#039;informations car rédigés par les mêmes auteurs, qui font part de l&#039;évolution de leur réflexion durant les cinq ans écoulés. Le numéro de 2000 a été écrit par des thérapeutes colombiens, ce qui nous montre la préoccupation internationale des thérapeutes de famille autour de la violence conjugale et leur désir d&#039;échanger à ce sujet. Quant au dernier numéro pris en compte, celui de 2001, il présente la synthèse des théories les plus utilisées à propos de la violence domestique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
(à suivre...)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Conclusion ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Difficultés===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le sujet que nous avons abordé tout au long de ce travail est délicat. Nous avons relevé le peu de neutralité émanant des sources existantes sur ce thème, chaque écrit représentant une certaine prise de position, quant à la causalité de la violence conjugale par exemple, ou les convictions cachées derrière l&#039;attribution de statuts victime-agresseur ou victime-victime.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette subjectivité rentre en interrelation avec notre sensibilité propre, individuelle, qui n&#039;est donc pas la même entre les personnes de notre groupe. Le fait que celui-ci soit constitué de deux femmes et deux hommes est très enrichissant, et même primordial quand l&#039;on s&#039;attèle à ce type de problématique. Néanmoins, cela implique un investissement conséquent en termes de discussion, explicitation des attentes et valeurs de chacun, en redéfinition continuelle de la problématique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans notre tentative d&#039;objectiver notre problématique, nous ne sommes que très peu aidés par les statistiques. Elles aussi disent ce qu&#039;elles ont envie de dire, et sont sans cesse remises en cause par des détracteurs. La conséquence en est qu&#039;aucune statistique ne sert vraiment de référence consensuelle dans la compréhension de la violence conjugale.Dans les statistiques policières, souvent la violence conjugale n&#039;est pas comptabilisée de manière séparée des autres délits de violence; dans d&#039;autres types de statistiques c&#039;est le genre qui n&#039;est pas retenu comme variable pertinente. En effet, derrière les chiffres, on découvre des définitions très variables de la violence: certains ne prennent en compte que la violence physique; d&#039;autres considèrent que de nombreux petits signes de nature verbale ou psychologique sont un pas dans l&#039;escalade de la violence, et les jugent donc de même poids que des coups. Entre ces deux extrêmes, toutes les variations sont présentes... &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est intéressant de relever à quel point certains chiffres sont médiatisés, afin d&#039;avoir un impact sur la population, alors que ces mêmes chiffres sont discutables au niveau statistique. &lt;br /&gt;
Pour conclure, nous nous sommes rendus compte que malgré une certaine médiatisation, qui n&#039;est pas si récente, de la violence conjugale, nous ne savons pas tellement de choses à ce sujet, ou plutôt il existe peu de consensus, voire la co-existence d&#039;approches inconciliables.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Références bibliographiques ==&lt;br /&gt;
Les lectures citées dans le travail final&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Dallaire Y. (2002). La violence faite aux hommes. Une réalité tabou et complexe. Québéc: Options santé. [[Résumé du livre]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Gillioz L., De Puy J., Ducret V. (1997). Domination et violence envers la femme dans le couple. Lausanne : éditions Payot. [http://home.etu.unige.ch/~maneira4/R_sum__aeticle.doc Résumé de l&#039;article]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Ruel S. &amp;amp; Guéricolas P. (1998). La violence des femmes : derrière le masque. In Gazette des femmes Vol. 20. (no 4). (Novembre-Décembre 1998).[Version électronique]. Accès le 20 novembre 2005 : &lt;br /&gt;
http://www.gazettedesfemmes.com/recherche/?F=recherche&amp;amp;idt=10075&amp;amp;affart=2866&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Torrent S. (2001). L’homme battu, un tabou au cœur du tabou. Québec: Option Santé. [http://home.etu.unige.ch/~maneira4/fiche%20de%20lecture%20homme%20battu.pdf Résumé du livre ]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Amnistie: Le magazine pour les droits humains, &#039;&#039;Dossier Combattre la violence domestique&#039;&#039;  No 44, février 2006.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Amnistie, Journal d&#039;action pour les droits humains, janvier 2006.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Praplan G., &#039;&#039;Quand le sexe faible est violent&#039;&#039; in Repère Social, No 73, février 2006.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Bibliographie ==&lt;br /&gt;
Les lectures utilisées mais pas citées dans le travail final&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Bretonnière-Fraysse et al. (2001). &#039;&#039; De la violence conjugale à la violence parentale&#039;&#039;. Eres [[Résumé|Résumé du livre]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Jackson D., Welzer-Lang D. (1998). Violence et masculinité. Toulouse : imprimerie 34.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Office fédéral de la statistique : Aide aux victimes. Chiffres clés. http://www.bfs.admin.ch/bfs/portal/fr/index/themen/rechtspflege.html&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Rey, H. et al. (2006). Les violences conjugales: pour une clinique du réel. &#039;&#039; Journal International de Victimologie&#039;&#039;. Année 4, No 1. [[Résumé de l&#039;article]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Miguel</name></author>
	</entry>
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		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Violence_conjugale:_De_la_femme_battue_%C3%A0_l%27homme_battu...&amp;diff=4180</id>
		<title>Violence conjugale: De la femme battue à l&#039;homme battu...</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Violence_conjugale:_De_la_femme_battue_%C3%A0_l%27homme_battu...&amp;diff=4180"/>
		<updated>2006-06-15T14:36:10Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Miguel : /* Méthodologie */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&#039;&#039;&#039;Membres du groupe&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Chantal Cornut&lt;br /&gt;
* Céline Pittet &lt;br /&gt;
* Jean-Christophe Contini&lt;br /&gt;
* Miguel Maneira &lt;br /&gt;
[mailto:maneira4@etu.unige.ch,contini2@etu.unige.ch,cepittet@hotmail.com,ch.cornut-piller@bluewin.ch Ecrire au groupe]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 [[L&#039;homme battu: le mâle...traité|Notre projet]]  |  [[Plan de recherche: Violence conjugale; un concept en mouvement|Notre plan de recherche]]  |  [[Espace de dialogue|Notre espace de dialogue]]  |  [[Trésorus de notre groupe|Notre île aux trésors]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Introduction ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Violence conjugale|La violence conjugale]] semble être de prime abord un phénomène bien connu de nos jours. Les médias rendent régulièrement compte de ses conséquences, bon nombre d’associations ont été créées pour répondre à l’appel des victimes, une loi sur la protection des victimes a été instaurée, beaucoup de thérapeutes œuvrent également dans ce domaine. Il est question, la plupart du temps, des violences subies par des femmes et exercées par des hommes, il est dans une moindre mesure, question de la [[Violence|violence]] exercée par des femmes contre des hommes. Ce dernier phénomène reste minoritaire cependant, et fait l’objet de nombreuses critiques. Bien souvent, les discours opposent des mouvements &amp;quot;  [[Féminisme|féministes]]&amp;quot; à des groupes &amp;quot; masculinistes &amp;quot;, les uns dénonçant sans cesse l’ineffable violence des hommes envers les femmes, les autres dénonçant cette vision de l’homme éternellement &amp;quot; agresseur &amp;quot;, allant jusqu’à affirmer que des hommes sont aussi des &amp;quot; victimes &amp;quot; et que la violence peut aussi être l’apanage des femmes. Ici apparaît le concept &amp;quot; d’hommes battus &amp;quot; que nous interrogerons et qui est apparu dès les années septante.  &lt;br /&gt;
Afin de prendre de la distance vis-à-vis de ces deux positions antagonistes, nous proposons d’étudier ce que disent certains auteurs sur la violence conjugale, à la fois sur la violence subie par les femmes et par les hommes. Nous proposons aussi une recherche axée sur des entretiens avec des hommes &amp;quot; victimes &amp;quot; et des professionnels de la violence conjugale. Nous étudierons également des sources statistiques issues de la Loi Fédérale sur l’aide aux victimes et de Amnesty internationale tout comme des revues spécialisées dans le domaine de la thérapie familiale et plus particulièrement les articles concernant la violence domestique. &lt;br /&gt;
La thèse générale de notre article est de démontrer par notre étude que les discours qui circulent sur la violence conjugale sont une construction qui circonscrit la violence dans des [[Stéréotype|stéréotypes]] caricaturaux stigmatisant à la fois les femmes en tant que victimes et les hommes comme agresseurs. De cette restriction découle la difficulté d’envisager l’existence d’hommes victimes de violence conjugale, et d’égale manière celle de femmes violentes. Cela a comme conséquence pour les personnes concernées une non-reconnaissance sociale, se manifestant par de forts préjugés à leur encontre, et de grandes lacunes institutionnelles. Nous montrerons aussi que les professionnels de la violence conjugale (médecins, thérapeutes) ont dépassé cette opposition et qu’ils désignent plus les acteurs de la violence conjugale à un niveau de co-responsabilité qui ne distingue pas le sexe des protagonistes pour rendre compte de ce phénomène. Il y a ainsi un écart entre les discours dominants et les discours des professionnels, écart perceptible dans l’étude de la littérature et dans l’examen des sources que constituent les revues &amp;quot; thérapie familiale &amp;quot;.&lt;br /&gt;
Enfin, nous proposons la thèse selon laquelle la violence conjugale reste un phénomène qui bien que connu de tous, reste difficile à appréhender dans notre société. En effet, nous montrerons qu’il existe des définitions similaires mais superficielles qui varient dans leur développement en fonction des positionnements et des valeurs de ceux qui les proposent. Les statistiques qui rendent compte de la violence conjugale proposent d’autre part des modalités qui ne permettent pas de distinguer précisément les victimes des agresseurs de manière précise et approfondie. Elles ne permettent pas d’affirmer avec précision que les hommes sont aussi victimes de violences, les modalités de [[Genre|genre]] n’étant pas assez développées dans la prise en compte statistique. Les hommes victimes existent, mais leur visibilité est très faible du fait que c’est un phénomène qui est en train d’émerger comme problème social.&lt;br /&gt;
Nous montrerons ainsi que la violence conjugale reste un phénomène complexe et confus dans ses définitions. Enfin, nous verrons que la violence conjugale reste un concept en mouvement sur le plan des institutions, qui proposent des possibilités de prise en charge nombreuses, mais néanmoins insuffisantes si l’on considère la prise en compte de la violence faite aux hommes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Revue de littérature ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous aborderons cette revue de littérature en suivant la chronologie même de notre questionnement et de notre cheminement, qui nous a conduit, en commençant part la découverte du concept de &amp;quot; l’homme battu &amp;quot;, à approfondir nos recherches au concept de la femme battue et à appréhender dès lors le problème social que constitue la violence conjugale, qui englobe les deux autres concepts. Nous avons ainsi privilégié dans nos recherches les ouvrages qui traiteraient spécifiquement de l’existence du concept même de &amp;quot; l’homme battu &amp;quot;, dans une actualité la plus récente possible. Nous nous sommes vite aperçus, que peu de littérature existait à ce sujet. Cependant, les ouvrages les plus récents (Torrent et Dallaire) font tous les deux référence à l’inscription du concept de l’homme battu dans celui de la violence conjugale. Nous avons dès lors élargi nos recherches dans ce domaine, toujours à la recherche du moindre élément concernant la violence faite aux hommes. D’autre part, nous avons voulu mettre en question les propositions faites par Dallaire et Torrent, en nous référant à d’autres auteurs qui portent un regard différent sur les acteurs, hommes ou femmes, de la violence conjugale. Notre attention s’est ainsi portée sur des notions concernant la désignation des acteurs en termes de victime et d’agresseur, et la désignation de ces mêmes termes de catégorie homme-femme. Enfin, nous avons cherché à contextualiser le phénomène de l’homme battu, en recherchant dans l’histoire de la violence conjugale, le moment où est apparu le concept de &amp;quot; l’homme battu &amp;quot;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sophie Torrent, dans son ouvrage sur l’homme battu (2001) met directement en question le fait qu’il existe au sein de la vie de couple une violence faite aux hommes, une violence souvent difficile à accepter, celle-ci allant à l’encontre de stéréotypes tels que celui qui considère que la femme est l’élément faible du couple et que l’homme en est le dominant. Dans la première partie de son livre, l’auteur tente tout d’abord d’expliquer ce phénomène atypique de l’homme battu, cet &amp;quot; impensable social &amp;quot; dit-elle. Elle analyse les différents types de violences (physique, sexuelle, psychologique, verbale et économique) pour ensuite orienter son analyse vers la notion de &amp;quot; rôles sociaux &amp;quot;. Elle montre comment l’homme violenté est agressé jusque dans les &amp;quot; facettes &amp;quot; qui font son [[Identité sociale|identité]] . Pour elle &amp;quot; être battu invalide l’homme dans son appartenance à la catégorie sociale homme &amp;quot;. Dans la deuxième partie de son ouvrage, Torrent réfléchit sur les différentes stratégies élaborées par l’homme pour gérer des situations difficiles. Elle s’appuie notamment dans son travail de recherche sur des interviews réalisées avec des &amp;quot; hommes battus &amp;quot;. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est dans une considération assez proche qu’Yvon Dallaire (2002), thérapeute au Québec, aborde le phénomène de la violence faite aux hommes (La violence faite aux hommes. Une réalité taboue et complexe). Il nous rappelle le constat de l’existence ineffable de la violence dans l’humanité, violence souvent fortement médiatisée, mais selon lui, de manière incomplète. En effet, dit-il, notre attention ne serait attirée que vers une forme de violence, soit celle faite par les hommes contre les autres hommes (guerres, voies de fait, suicides), contre les femmes (violence conjugale, viol, meurtre, tueurs en série) et contre les enfants (violence infanticide, meurtre suivi de suicide). Pour Dallaire, une forme de violence a été occultée : la violence des femmes faite envers les femmes, les hommes et les enfants. Le propos de son texte est de démontrer d’une part que des femmes peuvent être tout autant violentes que des hommes, et que d’autre part, l’analyse de la violence conjugale s’inscrit dans un paradigme teinté de sexisme et de discrimination. Pour cet auteur, la violence conjugale ne se décline pas simplement sur le mode victime-agresseur, mais plutôt sur celui de victime-victime, de deux individus qui sont les co-créateurs d’une escalade débouchant sur l’explosion physique. Afin d’alimenter son propos, Yvon Dallaire met en lumière les stéréotypes et les préjugés qui circulent dans le discours commun : l’homme est un être violent, un abuseur d’enfants, un irresponsable, les hommes sont tous des obsédés sexuels, il sont tous infidèles, menteurs et manipulateurs. Dès lors, toute violence féminine est considérée comme relevant de la légitime défense, l’homme est ainsi rendu coupable de toute la violence conjugale. Précisons ici que l’auteur dénonce le discours d’influence féministe qui se déploie dans le contexte québécois. Son objectif est de connaître les réelles dimensions de la violence conjugale, plutôt que de rechercher un coupable à punir, toujours le même : l’homme. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’ouvrage de Bretonnière-Fraysse et al. (2001), incontournable pour notre sujet, propose quant à lui un autre regard qui positionne clairement les femmes en tant que victimes et les hommes comme agresseurs, sans nuances : &amp;quot; on le sait, la violence conjugale a toujours existé ; on le sait aussi : les victimes en sont les femmes et les auteurs, les hommes. Mais elle demeure encore cachée, honteuse, secrète &amp;quot;. Cet ouvrage prend un biais anthropologique et historique pour nous montrer la condition de victime de la femme à travers les époques passées et jusqu’à nos jours. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Gillioz, De Puy et Ducret quant à elles (2000), font état des connaissances qui ont fait de la violence familiale et de la violence contre les femmes, un champ d’étude relativement nouveau dans les sciences sociales. Elles nous rappellent que jusque dans les années soixante, la société et avec elle les scientifiques vivent sur le mythe de la famille non violente. Cette dernière étant considérée comme rare et comme étant le fait d’individus déséquilibrés. Dans les années septante, sous l’influence de militantes féministes anglo-saxonnes qui ouvrent des refuges pour femmes battues et portent la question de la violence conjugale sur la place publique, ce phénomène jusque-là occulté est posé comme problème socio-politique. C’est dès lors que les sciences sociales vont s’y intéresser, à travers deux grands courants de recherche. Le premier est constitué par des études portant sur la violence subie par les femmes au sein de la famille et postule, en se fondant sur les prémisses théoriques féministes, que cette violence est spécifique. Ilc il est nécessaire de l’étudier indépendamment des autres types de violence familiale qui relèvent d’autres logiques. Le deuxième courant de recherche, issu de la sociologie de la famille, a pour objet la violence familiale et considère la société et ses institutions comme des systèmes consensuels qui embrassent dans la même problématique l’ensemble de la violence qui se déroule dans le cadre familial. &lt;br /&gt;
L&#039;ouvrage de Gillioz et all. mentionne également  les travaux de Strauss, Gelles et Steinmetz (1977), à partir desquels a été tiré l&#039;affirmation que les femmes sont aussi violentes que les hommes. C’est à ce moment qu’apparaît le concept du &amp;quot; mari battu &amp;quot;, des résultats tirés des statistiques de cette recherche, ont permis à l&#039;un des chercheurs de conclure que ce qui était le plus sous-estimé n’est pas la femme battue, mais le mari battu. La validité scientifique reste toutefois fortement contestée, nous en trouvons les arguments dans l’ouvrage de Gillioz, De Puy et Ducret. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Notre revue de littérature se conclut par l’approche systémique de Perrone et Nannini (1995) qui proposent leur livre comme un manuel à l’usage des professionnels appelés à intervenir auprès des familles. Leurs présupposés considèrent que la violence n’est pas un phénomène individuel, mais la manifestation d’un phénomène interactionnel. La violence est ainsi un mode particulier de communication entre partenaires qui sont tous impliqués et par là même responsables au sens interactionnel du terme. Comme Yvon Dallaire, les auteurs ne considèrent pas les acteurs de la violence conjugale en termes de &amp;quot; victime-agresseur &amp;quot;, ni en termes &amp;quot; hommes-femmes &amp;quot;. Les objectifs et les enjeux que ces deux auteurs proposent s’appuient sur l’idée que chacun doit devenir et se penser responsable de ses propres comportements. C’est également selon cette optique que certains &amp;quot; cliniciens &amp;quot; abordent en partie la question dans leur article (Rey, H et al. 2006). Contini 6 mai 2006 à 16:28 (MEST)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Problématique ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le questionnement qui est à l’origine de notre travail prend source dans la rencontre que nous avons faite d’un concept qui semble nouveau de prime abord : &amp;quot; l’homme battu &amp;quot;. Nous avons découvert ce concept dans l’ouvrage récemment publié de Sophie Torrent qui s’intitule &amp;quot; les hommes battus &amp;quot;. Ce livre met en lumière l’existence d’hommes victimes de violences exercées par des femmes à leur encontre, il interroge également les questions identitaires vécues par ces &amp;quot; nouvelles victimes &amp;quot; à travers la conduite de multiples entretiens. &lt;br /&gt;
Ces propos nous ont intrigués, parfois rendus perplexes et ont ainsi attisé notre curiosité. Nous avons dès lors entrepris des recherches bibliographiques qui nous permettraient de découvrir des discours proches des propos de Torrent. Nous avons ainsi constaté que ce &amp;quot; phénomène &amp;quot; des hommes battus était, dans une moindre mesure, relayé dans d’autres ouvrages qui l’inscrivaient dans le cadre plus large de la violence conjugale. Nos recherches livresques nous ont ainsi conduits à investiguer le corpus que nous avons constitué afin de tenter de répondre à la question principale qui guide notre recherche : comment le phénomène de &amp;quot; l’homme battu &amp;quot; s’inscrit-il dans le paradigme de la violence conjugale ? Les questions secondaires qui en découlent sont multiples : quand est-ce que ce concept est apparu ? Par qui a-t-il été développé ? Quels sont les discours qui relaient ce concept ou qui s’y opposent ? &lt;br /&gt;
Les éléments qui composent notre revue de littérature nous ont permis d’entrevoir certains points qui semblent être récurrents. Nous nous sommes ainsi aperçus que le concept d’ &amp;quot; hommes battus &amp;quot; se trouvait à chaque fois en tension avec celui de &amp;quot; femmes battues &amp;quot; dans le cadre de la violence conjugale que nous avons aussi essayé de définir. Nous nous sommes dès lors trouvés confrontés à deux discours contraires entre des groupes de pressions constitués autour de la &amp;quot; souffrance masculine &amp;quot; et les propos issus de certains discours féministes. Nous avons également constaté que cette opposition - que nous caractérisons grossièrement entre les deux discours – se dédouble d’une autre opposition dans la désignation des acteurs de la violence conjugale en  termes de victime et d’agresseur. Nous constatons que les acteurs sont ainsi stigmatisés, avec des stéréotypes qui désignent de manière massive l’homme comme étant un agresseur et la femme une victime.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Méthodologie ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
le nombre d&#039;entretiens, les titres (si pas les noms) de sprofessionnelle, le temps de l&#039;entretien si il y a eu retranscription ou non (comment), quel type de questions ont été posées, le type d&#039;analyse de contenu (thème, occurence des mots, etc.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En fonction des éléments de la problématique, l’objectif de notre recherche a consisté pour nous à y voir plus clair en tentant de répondre aux questions que nous nous posons. Afin de prendre une nécessaire distance vis-à-vis du regard que propose notre revue de littérature, nous avons choisi d’orienter nos recherches sur diverses sources d’informations. Nous avons trouvé intéressant d’examiner si des statistiques existaient sur les &amp;quot; hommes battus &amp;quot; et sur les &amp;quot; femmes battues &amp;quot; et dès lors de voir si celles-ci pouvaient éclaircir notre questionnement. Nous avons aussi choisi de chercher des éléments dans une série de revue spécialisées dans la thérapie familiale, dès lors que le phénomène des &amp;quot; hommes battus &amp;quot; s’inscrit dans le cadre de la violence conjugale. De plus, pour avoir une vision plus globale nous avons aussi décidé de faire une revue d’articles de presse étudiant quelques articles récents. Enfin, nous avons opté pour une recherche mettant en œuvre la conduite de plusieurs [[entretiens violence conjugale|entretiens]]compréhensifs semi-directifs auprès de professionnels de la prise en charge de la violence conjugale. Nous avons rencontré Denis Chatelain, co-fondateur de l&#039;association Vires. Ce dernier a participé à la mise en pla est un organisme de traitement et de prévention de la&lt;br /&gt;
violence exercée dans le couple et la famille. Contrairement à&lt;br /&gt;
ce que l’on pense souvent, cette association vient en aide aux&lt;br /&gt;
personnes qui ont recours à la violence et pas uniquement aux&lt;br /&gt;
hommes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Face à Face est une association à but non lucratif, crée en&lt;br /&gt;
2001 à Genève. Subventionnée par l’état, elle met à&lt;br /&gt;
disposition des femmes, et prochainement aussi des&lt;br /&gt;
adolescentes, ayant des comportements violents ( violence&lt;br /&gt;
physique, psychique, verbale, contre soi ), un soutien&lt;br /&gt;
individualisé et des groupes de thérapies exclusivement&lt;br /&gt;
féminins. L’objectif premier de cette association est la&lt;br /&gt;
prévention de la maltraitance et la violence auprès des&lt;br /&gt;
enfants, personnes âgées et conjoints. Face à Face travaille à&lt;br /&gt;
la responsabilisation des actrices de violence et à la&lt;br /&gt;
reconstruction de l’estime de soi.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
ainsi qu’auprès de &amp;quot; victimes &amp;quot; masculines qui accepteraient de nous apporter leur témoignage. Nous avons &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 Ces éléments correspondent à ce que l’on pourrait appeler la &amp;quot; recherche sur le terrain &amp;quot;. Nous avons aussi élargi notre revue de littérature en laissant une place pour l’étude des discours qui proviennent des divers professionnels spécialisés dans la thématique de la violence conjugale. Nos sources seront ainsi multiples : entretiens ; revue de presse ; statistiques ; revues spécialisées. &lt;br /&gt;
Notre analyse consistera à analyser les contenus du matériel récolté, en prenant pour point d’appui la désignation des acteurs de la violence conjugale, en termes de stéréotypes (stigmatisation) et dans une approche de &amp;quot; genre &amp;quot; étudiant les rapports sociaux hommes-femmes par rapport à cette thématique, ainsi que les rapports victimes-agresseurs qui s’y rattachent. &lt;br /&gt;
L’analyse devrait ainsi nous permettre de réunir des points de vue différents et ainsi de confirmer ou d’infirmer, voir de &amp;quot; tempérer &amp;quot; ce que nous avons développé dans la revue de littérature en fonction des auteurs choisis.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Résultats et analyses ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Revue de presse ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous avons également utilisé comme source des articles de journaux et périodiques récents, constatant que la thématique de la violence conjugale apparaît régulièrement dans les médias. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout d&#039;abord, &#039;&#039;&#039;Amnesty&#039;&#039;&#039; affiche une grande visibilité grâce à son magazine pour les droits humains (février 2006), son journal d&#039;action (janvier 2006) et son site internet, qui tous trois évoquent récemment la violence domestique. En effet, Amnesty a commencé en mars 2006 sa campagne suisse « En route contre la violence domestique », dont l&#039;action principale consiste en un tour de plusieurs cantons du mobile home &amp;quot;sweet home&amp;quot; afin  de  briser le tabou qui entoure la violence dans le couple, d’améliorer les interventions de l’Etat contre la violence domestique,  et de sensibiliser le grand public, en particulier les jeunes et les hommes, notamment dans les régions rurales. Les revendications d’Amnesty International en matière de violence domestique repose sur l’obligation de l’Etat d’agir contre cette forme de violation des droits humains. Car aujourd’hui si la visibilité du débat public sur la violence domestique s’est améliorée, les menaces, coups, contraintes, viols et meurtres auxquels les femmes sont souvent exposées dans leurs quatre murs constituent un sujet rarement perçu comme relevant des droits humains. De la sensibilisation est encore nécessaire pour considérer que l’empêcher ne relève pas de la sphère privée des couples et des familles concernées, et ne pas l’assimiler à un « problème de femmes », mais à une mission publique, qui touche tout le monde.  Pourtant il s’agit bien de droit à l’intégrité physique et psychique : droit à la liberté et à la sécurité, droit à la santé, droit à l’absence de torture ou d’autres traitements dégradants et même souvent le plus, droit à la vie.&lt;br /&gt;
La position d&#039;Amnesty International quant à la violence domestique consiste à considérer sa cause dans les rapports inégalitaires de sexe. L&#039;accent est mis sur les représentations sociales qui ne cessent de faire le lien entre violence et masculinité. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le numéro du journal &#039;&#039;&#039;Repère Social&#039;&#039;&#039; de février 2006 s&#039;intitule « Quand le sexe faible est violent » et à travers le prétexte de l&#039;ouverture récente à Lausanne d&#039;un accueil pour femmes violentes, aborde ce sujet trop rarement médiatisé de la violence des femmes. &lt;br /&gt;
L&#039;auteur, Geneviève Praplan, présente les associations Vires et Face à Face à Genève, et Violence et famille à Lausanne. Cette dernière institution travaille depuis sept ans avec des hommes violents, mais accueille depuis novembre 2005 également des femmes violentes. Le Coordinateur et plusieurs intervenants ont été formés au Québec, auprès d&#039;OPTION, institution pionnière fondée par le psychothérapeute Jacques Broué en 1985. A Violence et Famille, c&#039;est ainsi sous forme de thérapie de groupe que se déroule l&#039;accompagnement, après quelques entretiens individuels. Le processus de réflexion engagé avec les auteurEs est le même pour les hommes que pour les femmes. Néanmoins, il est spécifié qu&#039;il faut être spécialement vigilant avec les femmes, en vérifiant qu&#039;elles ne sont pas &amp;quot;davantage des victimes que des agresseurs&amp;quot;. De plus, rapidement le lien entre passé et présent doit se faire. &lt;br /&gt;
&amp;quot;Hommes et femmes ne sont pas forcément égaux devant leur violence&amp;quot;: dans l&#039;inconscient collectif masculin, il est nécessaire d&#039;affirmer sa virilité, la violence masculine est ainsi plus facilement excusée. Au contraire, les rôles sociaux attribués aux femmes font qu&#039;on la juge plus sévèrement si elle fait usage de violence, mais leur permet de reconnaître moins difficilement que les hommes leurs actes violents. L&#039;auteur met en avant que les chiffres manquent quant à l&#039;ampleur de la violence féminine, surtout exercée envers ses enfants. Par ailleurs les préjugés quant aux données socio-économiques des auteurs de violence perdurent. Cela est en partie dû au fait que les familles en situation précaire sont plus aisément repérées par les services sociaux, vu l&#039;étendue de leurs besoins.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Statistiques ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Aborder le problème social de la violence conjugale nous incite à faire un retour vers les années 1970. C’est à cette époque que l’on peut situer les premières recherches sur ce thème  mettant en question le mythe de la famille non violente. Les militantes féministes amènent la question de violence conjugale sur la place publique et le posent comme un problème socio-politique. La question de la violence est abordée comme conséquence des rapports de domination, c&#039;est-à-dire des effets de l’exercice d’une influence déterminante d’un groupe, les hommes, sur un autre, les femmes. Tout rapport de domination suppose, en effet, en dehors du rapport de pure violence, un système de justification visant à obtenir un minimum de &amp;quot;volonté d&#039;obéir&amp;quot; de la part des assujettis, note le Petit Robert.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les sciences humaines vont s’y intéresser. De nombreuses études sont entreprises dans les années 1970 et 1980 dans le but de décrire la violence domestique, de pouvoir la chiffrer, de chercher à l’expliquer, d’étudier ses conséquences sur les victimes, et d’examiner les réponses sociétales à ce problème.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les résultats de l&#039;une de celle-ci, Straus et al.(1977) permettent de dire que femmes et hommes admettent recourir à des tactiques de violence dans des situations de conflits. Ce résultat est basé sur le &amp;quot;Conflict Tactics Scales&amp;quot; (CTS), échelles centrées sur les tactiques de gestion des conflits, qui intègrent une série de comportements allant des plus rationnels aux plus violents. Cette étude permettra à l’une des auteur-e-s, Steinmetz, de tirer la conclusion de l’existence du « syndrome de l’homme battu ». Ce qui sera contesté pour insuffisances méthodologiques. Depuis la plupart de chercheurs et chercheuses renoncèrent à utiliser ce concept.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Qu&#039;en est-il de la reconnaissance de la violence conjugale en Suisse ? &lt;br /&gt;
Une loi fédérale est votée (4 octobre 1991), sur l’aide aux victimes. Si cette notion de &amp;quot;victime&amp;quot; est large, accidenté de la route, attentats, viol, contrainte sexuelle, séquestration, elle comprend spécifiquement les violences domestiques. Dès lors,  elle  permet également aux femmes victimes de violence conjugale d&#039;être reconnues, visibilées et aidés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La création des centres Lavi, issu de cette loi, a pour but de fournir une aide efficace (conseils, la protection de la victime, la défense de ses droits dans la procédure pénale et l’indemnisation et la réparation morale) aux victimes d’infractions ou d’une atteinte directe à son intégrité corporelle, sexuelle ou psychique et à renforcer leurs droits. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les centres de consultation « Lavi » sont instaurés dans chaque canton. La police est tenue d’informer les victimes de l’existence de ces centres et de leur transmettre les coordonnées de celle-ci (sur la base de son accord). L’aide immédiate et les prestations fournies directement par les centres sont gratuites. Lorsque la situation personnelle de la personne qui consulte le justifie, les centres de consultation prennent en charge d’autres frais (comme par exemple les frais médicaux, les frais d’avocat ou les frais de procédure). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
S’il est difficile de faire parler les statistiques, ici nous nous basons sur l’année 2004, ils donne toute de même une idée intéressante sur la question qui nous occupe, à savoir la violence féminine et masculine : une nette prédominance des femmes dans la consultation (75%), avec des auteurs présumés de sexe masculin (83.5), et l’existence d’une relation familiale, victime – agresseur (52,9%).  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
(Le législateur prend en compte la situation des victimes, il estime qu’elles doivent être soutenues dans la procédure pénale, et également qu’elles ont droit à une indemnisation ou à une réparation morale (en fonction des revenus de la victime). )&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On peut constater également la reconnaissance par la société du statut de victime,  puisque les demandes, au nombre de 196 pour l’indemnisation et de 728 pour la réparation morale,  ont été traitées positivement. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La formation du personnel des centres Lavi : la loi mentionne des aides financières à la formation. Une formation spécifique « Lavi » a été instaurée et des formations complémentaires complètent la spécialisation de ces professionnels. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Violence domestique, une protection particulière : l’expulsion immédiate du domicile des personnes violentes, lesquelles ne peuvent plus réintégrer leur logement pendant une période déterminée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le 14 juin 2000, la Conseillère Ruth-Gaby Vermot-Mangold dépose une initiative parlementaire. Le Conseil fédéral  propose, en novembre 2005, un nouvel article 28b dans le code civil visant à protéger la victime de violence ou de harcèlement en lui donnant le droit de requérir le juge d’instruction d’interdire à l’auteur de l’atteinte de l’approcher, de fréquenter certains lieux ou de prendre contact avec elle. &lt;br /&gt;
Ce nouvel article 28b prévoit également l’institution par les cantons de centres d’informations et de consultation dans le but d’agir préventivement pour éviter la violence domestique et sa récidive. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Violence entre conjoint ou partenaire : poursuivie d’office depuis le 1 avril 2004&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le Conseil Fédéral  modifie le Code pénal en ce sens que les actes de violence domestique seront poursuivis d’office et non plus sur plainte de la victime. Le communiqué de presse est intéressant et nous donne un aperçu des changements sociaux intervenus : « il n’est plus question de tolérer la violence physique ou sexuelle exercée contre un conjoint ou un partenaire – dans un couple hétérosexuel ou homosexuel – sous prétexte qu’elle ne serait que de peu de gravité ou qu’elle relèverait de la sphère privée ». La contrainte sexuelle et le viol commis au sein du couple sont élevés au rang de délits poursuivis d’office.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Evolution des lois et violence conjugale.&lt;br /&gt;
Votée en 1991, la LAVI démontre que «  victime de violence » constitue maintenant  une déviance secondaire. Les plaignants sont identifiés, l’état institutionnalise leur prise en charge, les centres Lavi sont créés et les consultations augmentent au fil des années.   &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Néanmoins la notion de &amp;quot;violence conjugale&amp;quot; se fait discrète, le terme de violence domestique n’apparaît qu’avec le dépôt en 2002 de l’initiative parlementaire de Vermot-Mangold. En juin 2001 le Conseil Fédéral met en consultation le « projet élaboré par la Commission des affaires juridiques du Conseil national » et la notion de violence domestique fait partie des préoccupations reconnues officiellement. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous pouvons relever que les documents officiels font référence à une notion de victime qui n’est pas sexuée,  le mot « femme » n’y est pas accolé. Les termes utilisés « violence physique ou sexuelle exercée contre un conjoint ou un partenaire (…) dans un couple hétérosexuel ou homosexuel », « ordonner à une personne violente de quitter le domicile conjugal », « prévenir la récidive des agresseurs ». Dans les documents que j’ai parcouru sur le site de l’office fédéral de la justice sous la mention « aide aux victimes », je n’ai trouvé qu’une seule fois la mention spécifique « femme » : «  la violence domestique est aujourd’hui quotidienne dans notre société. Les femmes en sont souvent les victimes ». Dans tous les autres documents la violence domestique paraît neutre. Si le mot victime est féminin, les textes l’utilisent comme un élément générique. On peut en partie le comprendre par le fait que  la Lavi ne reçoit pas que des victimes de violences conjugales, mais également des victimes d’accidents de la route, d’attentats, d’enlèvement, de prise d’otage ou de brigandage.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Analyse des résultats&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour résumer, nous voici arrivés à un premier constat. Nous pouvons dire que la découverte de la violence conjugale et de ses effets a pour origine le questionnement du mouvement féministe, repris par des chercheur-e-s, qui ont confirmé et précisé le phénomène de la violence conjugale. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Autre découverte, la notion d’homme battu, que nous avions posé comme une construction récente, date des premières recherches sur ce domaine. Le syndrome de l’homme battu, développé  par une chercheuse du l’équipe de  Straus et al. a été un concept rapidement abandonné. Les défauts dans l’opérationnalisation du concept de violence, dans la méthode et dans l’interprétation des données de l’enquête effectuée à l’aide du Conflict Tactics Scales ont été largement reconnus. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comment se fait-il alors que des auteurs récents se saisissent du vocable « homme battu », partent à sa recherche, et le trouve ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour cela nous devons revenir à nouveau aux années 1970 et aux changements intervenus dans les places des hommes et des femmes. Ces dernières acquièrent un statut différent, elles deviennent citoyennes, accèdent au marché du travail et peuvent maîtriser leur fécondité. L’égalité homme – femme advient. A partir de là, le féminisme devient un mouvement social et politique pour l&#039;émancipation des femmes. Mais il va désigner aussi un corpus théorique qui va permettre aux sociologues de revisiter leurs différents champs d’études à travers la problématique des rapports sociaux de sexe.  Sous cet angle là, la violence conjugale prend un autre sens, elle est  rendue possible parce que les femmes ont moins de moyens, par conséquent moins de pouvoir, et parce que le genre féminin est dévalorisé par rapport au masculin. &lt;br /&gt;
Pierre Bourdieu a largement développé le fonctionnement des dominés et démontré comment ceux-ci ayant intégré le discours dominant « construisent ces relations de pouvoir du point de vue même de ceux qui y affirment leur domination… ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En Suisse, les statistiques 2004 issues des centres Lavi apportent des précisions chiffrées à cette forme de violence. Le taux de victimes de sexe féminins est important (75%),  le sexe masculin de l’auteur présumé révèle un pourcentage très élevé (83.5%) et pour 52.9% des consultants une relation familiale victime - agresseur existe. &lt;br /&gt;
Bien que la violence conjugale soit maintenant reconnue, des groupes sociaux la mettent en question. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les années 1980 une tension s’avive entre hommes et femmes.  Certains hommes pro féministes tiennent un discours optimiste concernant la constitution d&#039;une société nouvelle et égalitaire  et reconnaissent la domination masculine comme clé d&#039;un changement possible. &lt;br /&gt;
D&#039;autres hommes tiennent un discours alarmiste et insistent sur le malaise identitaire engendré par cette modification des rapports sociaux source de perte de repères. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A partir de là, des groupes d’hommes se forment autour, par exemple d’auteurs tels que Guy Cornaux au Canada, Jacques Salomé en France,  ou plus récemment Y. Dallaire qui avec John Goetelen a organisé le premier Congrès international de la condition masculine à Genève en 2003. Des mouvements pour la condition paternelle se créent afin de s’opposer à la garde des enfants accordée systématiquement à la mère en cas de divorce.  Le film récent « Le souffle du désert » de François Kohler, illustre ce phénomène de la recherche d’une identité masculine vécue comme problématique. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C&#039;est dans cette mouvance que nous trouvons aujourd&#039;hui les protagonistes d&#039;un détournement de la violence masculine au profit d&#039;une violence exercée contre les hommes par les femmes. ces détracteurs pourront s&#039;appuyer probablement dans les années à venir sur les modifications des images féminines, les stéréotypes de la femme douce et soumise ont tendance à s&#039;estomper. Et l&#039;on peut se demander si les jeunes femmes ne se permettront pas plus que par le passé d&#039;exprimer leurs sentiments de colère et violence, là où s&#039;exprimaient auparavant peut-être impuissance, tristesse et dépression. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Utilisateur:Cornut piller|Cornut piller]] 1 jun 2006 à 09:15 (MEST) ~~&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Entretiens ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est souvent question dans les chiffres, de comparer,  voire d’opposer, hommes et femmes face à la violence conjugale. En d’autres termes de démontrer que le premier est le bourreau et la deuxième la victime. Pour certains, la question des hommes battus ne recouvrirait pas la même problématique que celle des femmes battues. Pour certains auteurs, tel Yvon Dallaire, il semble que les stéréotypes de femme-victime et homme-agresseur affiliés aux rôles des acteurs, n’aident en rien à reconnaître la problématique. Alors que la femme est souvent vue comme une personne douce, fragile et protectrice. Les hommes, eux, sont reconnus comme des êtres forts, virils et courageux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;L’homme battu existe, nous l’avons rencontré&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour confronter les stéréotypes affiliés aux genres, nous avons cherché à interviewer des hommes battus. Paul et Luc (prénoms d’empreint) ont un point commun : leur passé d’homme maltraité. Ils ont été, tous les deux, physiquement battus par leur conjointe. Toutefois, il semblerait que la problématique de l’homme violenté intègre, dans sa forme globale, une autre forme de violence, une violence psychologique. Il ressort des entretiens que la forme physique ne semble pas être la forme de violence qui marque le plus. &lt;br /&gt;
Pour essayer de comprendre au mieux le vécu violenté de ces hommes et plus généralement de toute personne impliquée dans des relations violentes, nous avons questionné la littérature ainsi que des professionnels de terrain.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour la travailleuse sociale, Sophie Torrent (2001), « la nature de la violence [à l’égard de la gente masculine] et ses modes d’expression traduisent, dirait-on, une violence spécifiquement féminine, subtile, qui atteint l’intégrité psychique de l’homme.» (p.33). L’homme victime de violence psychologique semble atteint surtout dans sa masculinité, plus précisément dans la représentation de la masculinité qui lui a permis de construire son identité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Le harcèlement que j’ai vécu par cette femme tyran m’a amené à perdre, pendant quelques temps, mon identité masculine… C’était quoi être un homme ? Je ne savais plus faire l’amour comme il faut en quittant ma femme. J’ai du réapprendre à accepter de prendre du plaisir. » Luc&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;La violence ; une histoire d’homme ?&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Alors que nous venons de découvrir avec stupéfaction certaines réalités d’hommes maltraités par leur conjointe, comment traiter ces vérités face à notre idéal féminin construit ? Comment même penser à la violence des femmes, alors que celle que l’on exerce à leur égard est de loin la plus établie, la plus reconnue et de ce fait la plus portée par les médias ? De nos jours, la société reconnaît et prend en charge la femme violentée, qu&#039;en est-il de la femme violente ? &lt;br /&gt;
Il est commun d’entendre qu’une femme violente est une femme malade psychologiquement ou encore que cette dernière n’agresserait que pour se défendre. Pour la psychothérapeute Diane Chayer, ( citée par Ruel &amp;amp; Guéricolas, 1998), il semblerait qu’il n’y ait tout simplement pas de permission sociale à la violence des femmes. « La société dit qu’il est presque normal pour un homme d’être violent. Mais une femme violente, c’est une extraterrestre. » &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour Yvon Dallaire, « la femme violente peut ressentir de la fierté pour avoir battu plus fort qu’elle. Et la société ne la dénigre pas, elle cherche plutôt à la comprendre et à l’excuser, compatissant souvent à son sort. » (p26) A contrario, pour la responsable d’une structure acceuillant des femmes violentes, « celles et ceux qui passent de la parole aux actes souffrent, ils ont besoin d&#039;aide et y ont droit. Toutefois, la femme violente souffre de discrimination ; on ne veut pas lui reconnaître sa violence. » Il semblerait alors que, paradoxalement, la femme violente souffre des mêmes maux sociaux que l’homme maltraité. Une nouvelle fois, il semblerait que les stéréotypes, affiliés aux genres, décident de ce qui peut être acceptable ou pas.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Le statut de victime/agresseur&#039;&#039;&#039; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La responsable d’un établissement prenant en charge des femmes violentes nous apprend qu’il est difficile de tenir le fil rouge concernant les rôles de victime-agresseur. « On est là pour travailler sur la violence des femmes, en tant qu’auteures de violence et non en tant que victimes. Très souvent, ça dérape en justification des actes qui déplace la position d’agresseuse à celui de victime. » Il semble que souvent, l’agresseur se voit comme victime. Responsabiliser les acteurs(trices) de violence, c’est les aider à prendre conscience de leur violence. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Responsabilité dans la violence&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La question est partagée. Alors que pour beaucoup, la responsabilité de la violence doit être assumée par son auteur(e), pour d’autres, elle doit être partagée. En effet, pour Denis Châtelain, co-fondateur d’une association prenant en charge des auteur(e)s de violence, « il faut prendre en compte le potentiel de violence de la victime dans la compréhension de la dynamique ». Pour la responsable d’une association accueillant des femmes violentes, « il est impossible de faire un tel travail si l’on part du principe d’une co-responsabilité dans la réalisation de la violence. En effet, on ne peut pas se permettre de déraper sur l’aspect empathique et comprendre voir d’excuser l’acte de violence au nom d’un statut de victime reconnu. Pour nous, l’acte violent n’est pas excusable, il est inadmissible quelque soit sa source ou sa justification. Ce qui nous paraît important c’est de faire en sorte de ne plus jamais en avoir à arriver là. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;La prise en charge de la violence&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comment aborder la problématique de la violence conjugale et plus particulièrement celle des hommes maltraités et des femmes violentes ? Alors qu’Yvon Dallaire se demande si l’on « ne pourrait pas exploiter l’expertise des centres d’accueil pour femmes au profit des hommes battus et l’expertise des groupes d’entraide pour homme violents au profit des femmes violentes ? » (p29), la responsable d’une structure accueillant des femmes actrices de violence répond que « pour aider les femmes actrices de violence, il faut appliquer un traitement différencié. Les raisons étant parce qu’on n’éduque pas de la même façon une petite fille et un petit garçon, le rapport au féminin n’est pas le même. La violence masculine est légitimée. Par contre, on ne reconnaît pas ce droit à la femme. Cela étant dû aux stéréotypes de mère protectrice d’une part. » &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Revue &amp;quot;Thérapie familiale&amp;quot;===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous avons jugé opportun d&#039;analyser des numéros de Thérapie de Famille, une revue trimestrielle  d&#039;orientation systémique. Cette source représente en effet le point de vue théorique et le constat des pratiques des thérapeutes de famille. Il est pertinent de se demander à quel point le discours de ces professionnels de la famille influence la société et est en retour influencé par elle. Les catégories  victime-agresseur y sont-elles aussi clairement définies que dans le sens commun et certains discours? Fait-on une différenciation au niveau de l&#039;étiologie de la violence et de ses conséquences selon le genre? Le contact avec les patients remet-il en question certaines pratiques thérapeutiques et fait-il avancer les models conceptuels? Pour répondre à ces interrogations, nous avions à disposition tous les numéros parus depuis de nombreuses années afin d&#039;observer à quelle fréquence et sous quelle forme la thématique des violences conjugales était abordée. Nous avons porté notre choix sur la période allant de 1995 à 2001, pendant laquelle quatre numéros contiennent des articles dédiés à notre sujet.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les deux premiers numéros analysés, datant de 1995 et de 2000 sont riches d&#039;informations car rédigés par les mêmes auteurs, qui font part de l&#039;évolution de leur réflexion durant les cinq ans écoulés. Le numéro de 2000 a été écrit par des thérapeutes colombiens, ce qui nous montre la préoccupation internationale des thérapeutes de famille autour de la violence conjugale et leur désir d&#039;échanger à ce sujet. Quant au dernier numéro pris en compte, celui de 2001, il présente la synthèse des théories les plus utilisées à propos de la violence domestique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
(à suivre...)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Conclusion ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Difficultés===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le sujet que nous avons abordé tout au long de ce travail est délicat. Nous avons relevé le peu de neutralité émanant des sources existantes sur ce thème, chaque écrit représentant une certaine prise de position, quant à la causalité de la violence conjugale par exemple, ou les convictions cachées derrière l&#039;attribution de statuts victime-agresseur ou victime-victime.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette subjectivité rentre en interrelation avec notre sensibilité propre, individuelle, qui n&#039;est donc pas la même entre les personnes de notre groupe. Le fait que celui-ci soit constitué de deux femmes et deux hommes est très enrichissant, et même primordial quand l&#039;on s&#039;attèle à ce type de problématique. Néanmoins, cela implique un investissement conséquent en termes de discussion, explicitation des attentes et valeurs de chacun, en redéfinition continuelle de la problématique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans notre tentative d&#039;objectiver notre problématique, nous ne sommes que très peu aidés par les statistiques. Elles aussi disent ce qu&#039;elles ont envie de dire, et sont sans cesse remises en cause par des détracteurs. La conséquence en est qu&#039;aucune statistique ne sert vraiment de référence consensuelle dans la compréhension de la violence conjugale.Dans les statistiques policières, souvent la violence conjugale n&#039;est pas comptabilisée de manière séparée des autres délits de violence; dans d&#039;autres types de statistiques c&#039;est le genre qui n&#039;est pas retenu comme variable pertinente. En effet, derrière les chiffres, on découvre des définitions très variables de la violence: certains ne prennent en compte que la violence physique; d&#039;autres considèrent que de nombreux petits signes de nature verbale ou psychologique sont un pas dans l&#039;escalade de la violence, et les jugent donc de même poids que des coups. Entre ces deux extrêmes, toutes les variations sont présentes... &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est intéressant de relever à quel point certains chiffres sont médiatisés, afin d&#039;avoir un impact sur la population, alors que ces mêmes chiffres sont discutables au niveau statistique. &lt;br /&gt;
Pour conclure, nous nous sommes rendus compte que malgré une certaine médiatisation, qui n&#039;est pas si récente, de la violence conjugale, nous ne savons pas tellement de choses à ce sujet, ou plutôt il existe peu de consensus, voire la co-existence d&#039;approches inconciliables.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Références bibliographiques ==&lt;br /&gt;
Les lectures citées dans le travail final&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Dallaire Y. (2002). La violence faite aux hommes. Une réalité tabou et complexe. Québéc: Options santé. [[Résumé du livre]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Gillioz L., De Puy J., Ducret V. (1997). Domination et violence envers la femme dans le couple. Lausanne : éditions Payot. [http://home.etu.unige.ch/~maneira4/R_sum__aeticle.doc Résumé de l&#039;article]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Ruel S. &amp;amp; Guéricolas P. (1998). La violence des femmes : derrière le masque. In Gazette des femmes Vol. 20. (no 4). (Novembre-Décembre 1998).[Version électronique]. Accès le 20 novembre 2005 : &lt;br /&gt;
http://www.gazettedesfemmes.com/recherche/?F=recherche&amp;amp;idt=10075&amp;amp;affart=2866&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Torrent S. (2001). L’homme battu, un tabou au cœur du tabou. Québec: Option Santé. [http://home.etu.unige.ch/~maneira4/fiche%20de%20lecture%20homme%20battu.pdf Résumé du livre ]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Amnistie: Le magazine pour les droits humains, &#039;&#039;Dossier Combattre la violence domestique&#039;&#039;  No 44, février 2006.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Amnistie, Journal d&#039;action pour les droits humains, janvier 2006.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Praplan G., &#039;&#039;Quand le sexe faible est violent&#039;&#039; in Repère Social, No 73, février 2006.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Bibliographie ==&lt;br /&gt;
Les lectures utilisées mais pas citées dans le travail final&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Bretonnière-Fraysse et al. (2001). &#039;&#039; De la violence conjugale à la violence parentale&#039;&#039;. Eres [[Résumé|Résumé du livre]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Jackson D., Welzer-Lang D. (1998). Violence et masculinité. Toulouse : imprimerie 34.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Office fédéral de la statistique : Aide aux victimes. Chiffres clés. http://www.bfs.admin.ch/bfs/portal/fr/index/themen/rechtspflege.html&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Rey, H. et al. (2006). Les violences conjugales: pour une clinique du réel. &#039;&#039; Journal International de Victimologie&#039;&#039;. Année 4, No 1. [[Résumé de l&#039;article]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Miguel</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Violence_conjugale:_De_la_femme_battue_%C3%A0_l%27homme_battu...&amp;diff=4175</id>
		<title>Violence conjugale: De la femme battue à l&#039;homme battu...</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Violence_conjugale:_De_la_femme_battue_%C3%A0_l%27homme_battu...&amp;diff=4175"/>
		<updated>2006-06-15T14:19:53Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Miguel : /* Méthodologie */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&#039;&#039;&#039;Membres du groupe&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Chantal Cornut&lt;br /&gt;
* Céline Pittet &lt;br /&gt;
* Jean-Christophe Contini&lt;br /&gt;
* Miguel Maneira &lt;br /&gt;
[mailto:maneira4@etu.unige.ch,contini2@etu.unige.ch,cepittet@hotmail.com,ch.cornut-piller@bluewin.ch Ecrire au groupe]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 [[L&#039;homme battu: le mâle...traité|Notre projet]]  |  [[Plan de recherche: Violence conjugale; un concept en mouvement|Notre plan de recherche]]  |  [[Espace de dialogue|Notre espace de dialogue]]  |  [[Trésorus de notre groupe|Notre île aux trésors]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Introduction ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Violence conjugale|La violence conjugale]] semble être de prime abord un phénomène bien connu de nos jours. Les médias rendent régulièrement compte de ses conséquences, bon nombre d’associations ont été créées pour répondre à l’appel des victimes, une loi sur la protection des victimes a été instaurée, beaucoup de thérapeutes œuvrent également dans ce domaine. Il est question, la plupart du temps, des violences subies par des femmes et exercées par des hommes, il est dans une moindre mesure, question de la [[Violence|violence]] exercée par des femmes contre des hommes. Ce dernier phénomène reste minoritaire cependant, et fait l’objet de nombreuses critiques. Bien souvent, les discours opposent des mouvements &amp;quot;  [[Féminisme|féministes]]&amp;quot; à des groupes &amp;quot; masculinistes &amp;quot;, les uns dénonçant sans cesse l’ineffable violence des hommes envers les femmes, les autres dénonçant cette vision de l’homme éternellement &amp;quot; agresseur &amp;quot;, allant jusqu’à affirmer que des hommes sont aussi des &amp;quot; victimes &amp;quot; et que la violence peut aussi être l’apanage des femmes. Ici apparaît le concept &amp;quot; d’hommes battus &amp;quot; que nous interrogerons et qui est apparu dès les années septante.  &lt;br /&gt;
Afin de prendre de la distance vis-à-vis de ces deux positions antagonistes, nous proposons d’étudier ce que disent certains auteurs sur la violence conjugale, à la fois sur la violence subie par les femmes et par les hommes. Nous proposons aussi une recherche axée sur des entretiens avec des hommes &amp;quot; victimes &amp;quot; et des professionnels de la violence conjugale. Nous étudierons également des sources statistiques issues de la Loi Fédérale sur l’aide aux victimes et de Amnesty internationale tout comme des revues spécialisées dans le domaine de la thérapie familiale et plus particulièrement les articles concernant la violence domestique. &lt;br /&gt;
La thèse générale de notre article est de démontrer par notre étude que les discours qui circulent sur la violence conjugale sont une construction qui circonscrit la violence dans des [[Stéréotype|stéréotypes]] caricaturaux stigmatisant à la fois les femmes en tant que victimes et les hommes comme agresseurs. De cette restriction découle la difficulté d’envisager l’existence d’hommes victimes de violence conjugale, et d’égale manière celle de femmes violentes. Cela a comme conséquence pour les personnes concernées une non-reconnaissance sociale, se manifestant par de forts préjugés à leur encontre, et de grandes lacunes institutionnelles. Nous montrerons aussi que les professionnels de la violence conjugale (médecins, thérapeutes) ont dépassé cette opposition et qu’ils désignent plus les acteurs de la violence conjugale à un niveau de co-responsabilité qui ne distingue pas le sexe des protagonistes pour rendre compte de ce phénomène. Il y a ainsi un écart entre les discours dominants et les discours des professionnels, écart perceptible dans l’étude de la littérature et dans l’examen des sources que constituent les revues &amp;quot; thérapie familiale &amp;quot;.&lt;br /&gt;
Enfin, nous proposons la thèse selon laquelle la violence conjugale reste un phénomène qui bien que connu de tous, reste difficile à appréhender dans notre société. En effet, nous montrerons qu’il existe des définitions similaires mais superficielles qui varient dans leur développement en fonction des positionnements et des valeurs de ceux qui les proposent. Les statistiques qui rendent compte de la violence conjugale proposent d’autre part des modalités qui ne permettent pas de distinguer précisément les victimes des agresseurs de manière précise et approfondie. Elles ne permettent pas d’affirmer avec précision que les hommes sont aussi victimes de violences, les modalités de [[Genre|genre]] n’étant pas assez développées dans la prise en compte statistique. Les hommes victimes existent, mais leur visibilité est très faible du fait que c’est un phénomène qui est en train d’émerger comme problème social.&lt;br /&gt;
Nous montrerons ainsi que la violence conjugale reste un phénomène complexe et confus dans ses définitions. Enfin, nous verrons que la violence conjugale reste un concept en mouvement sur le plan des institutions, qui proposent des possibilités de prise en charge nombreuses, mais néanmoins insuffisantes si l’on considère la prise en compte de la violence faite aux hommes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Revue de littérature ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous aborderons cette revue de littérature en suivant la chronologie même de notre questionnement et de notre cheminement, qui nous a conduit, en commençant part la découverte du concept de &amp;quot; l’homme battu &amp;quot;, à approfondir nos recherches au concept de la femme battue et à appréhender dès lors le problème social que constitue la violence conjugale, qui englobe les deux autres concepts. Nous avons ainsi privilégié dans nos recherches les ouvrages qui traiteraient spécifiquement de l’existence du concept même de &amp;quot; l’homme battu &amp;quot;, dans une actualité la plus récente possible. Nous nous sommes vite aperçus, que peu de littérature existait à ce sujet. Cependant, les ouvrages les plus récents (Torrent et Dallaire) font tous les deux référence à l’inscription du concept de l’homme battu dans celui de la violence conjugale. Nous avons dès lors élargi nos recherches dans ce domaine, toujours à la recherche du moindre élément concernant la violence faite aux hommes. D’autre part, nous avons voulu mettre en question les propositions faites par Dallaire et Torrent, en nous référant à d’autres auteurs qui portent un regard différent sur les acteurs, hommes ou femmes, de la violence conjugale. Notre attention s’est ainsi portée sur des notions concernant la désignation des acteurs en termes de victime et d’agresseur, et la désignation de ces mêmes termes de catégorie homme-femme. Enfin, nous avons cherché à contextualiser le phénomène de l’homme battu, en recherchant dans l’histoire de la violence conjugale, le moment où est apparu le concept de &amp;quot; l’homme battu &amp;quot;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sophie Torrent, dans son ouvrage sur l’homme battu (2001) met directement en question le fait qu’il existe au sein de la vie de couple une violence faite aux hommes, une violence souvent difficile à accepter, celle-ci allant à l’encontre de stéréotypes tels que celui qui considère que la femme est l’élément faible du couple et que l’homme en est le dominant. Dans la première partie de son livre, l’auteur tente tout d’abord d’expliquer ce phénomène atypique de l’homme battu, cet &amp;quot; impensable social &amp;quot; dit-elle. Elle analyse les différents types de violences (physique, sexuelle, psychologique, verbale et économique) pour ensuite orienter son analyse vers la notion de &amp;quot; rôles sociaux &amp;quot;. Elle montre comment l’homme violenté est agressé jusque dans les &amp;quot; facettes &amp;quot; qui font son [[Identité sociale|identité]] . Pour elle &amp;quot; être battu invalide l’homme dans son appartenance à la catégorie sociale homme &amp;quot;. Dans la deuxième partie de son ouvrage, Torrent réfléchit sur les différentes stratégies élaborées par l’homme pour gérer des situations difficiles. Elle s’appuie notamment dans son travail de recherche sur des interviews réalisées avec des &amp;quot; hommes battus &amp;quot;. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est dans une considération assez proche qu’Yvon Dallaire (2002), thérapeute au Québec, aborde le phénomène de la violence faite aux hommes (La violence faite aux hommes. Une réalité taboue et complexe). Il nous rappelle le constat de l’existence ineffable de la violence dans l’humanité, violence souvent fortement médiatisée, mais selon lui, de manière incomplète. En effet, dit-il, notre attention ne serait attirée que vers une forme de violence, soit celle faite par les hommes contre les autres hommes (guerres, voies de fait, suicides), contre les femmes (violence conjugale, viol, meurtre, tueurs en série) et contre les enfants (violence infanticide, meurtre suivi de suicide). Pour Dallaire, une forme de violence a été occultée : la violence des femmes faite envers les femmes, les hommes et les enfants. Le propos de son texte est de démontrer d’une part que des femmes peuvent être tout autant violentes que des hommes, et que d’autre part, l’analyse de la violence conjugale s’inscrit dans un paradigme teinté de sexisme et de discrimination. Pour cet auteur, la violence conjugale ne se décline pas simplement sur le mode victime-agresseur, mais plutôt sur celui de victime-victime, de deux individus qui sont les co-créateurs d’une escalade débouchant sur l’explosion physique. Afin d’alimenter son propos, Yvon Dallaire met en lumière les stéréotypes et les préjugés qui circulent dans le discours commun : l’homme est un être violent, un abuseur d’enfants, un irresponsable, les hommes sont tous des obsédés sexuels, il sont tous infidèles, menteurs et manipulateurs. Dès lors, toute violence féminine est considérée comme relevant de la légitime défense, l’homme est ainsi rendu coupable de toute la violence conjugale. Précisons ici que l’auteur dénonce le discours d’influence féministe qui se déploie dans le contexte québécois. Son objectif est de connaître les réelles dimensions de la violence conjugale, plutôt que de rechercher un coupable à punir, toujours le même : l’homme. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’ouvrage de Bretonnière-Fraysse et al. (2001), incontournable pour notre sujet, propose quant à lui un autre regard qui positionne clairement les femmes en tant que victimes et les hommes comme agresseurs, sans nuances : &amp;quot; on le sait, la violence conjugale a toujours existé ; on le sait aussi : les victimes en sont les femmes et les auteurs, les hommes. Mais elle demeure encore cachée, honteuse, secrète &amp;quot;. Cet ouvrage prend un biais anthropologique et historique pour nous montrer la condition de victime de la femme à travers les époques passées et jusqu’à nos jours. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Gillioz, De Puy et Ducret quant à elles (2000), font état des connaissances qui ont fait de la violence familiale et de la violence contre les femmes, un champ d’étude relativement nouveau dans les sciences sociales. Elles nous rappellent que jusque dans les années soixante, la société et avec elle les scientifiques vivent sur le mythe de la famille non violente. Cette dernière étant considérée comme rare et comme étant le fait d’individus déséquilibrés. Dans les années septante, sous l’influence de militantes féministes anglo-saxonnes qui ouvrent des refuges pour femmes battues et portent la question de la violence conjugale sur la place publique, ce phénomène jusque-là occulté est posé comme problème socio-politique. C’est dès lors que les sciences sociales vont s’y intéresser, à travers deux grands courants de recherche. Le premier est constitué par des études portant sur la violence subie par les femmes au sein de la famille et postule, en se fondant sur les prémisses théoriques féministes, que cette violence est spécifique. Ilc il est nécessaire de l’étudier indépendamment des autres types de violence familiale qui relèvent d’autres logiques. Le deuxième courant de recherche, issu de la sociologie de la famille, a pour objet la violence familiale et considère la société et ses institutions comme des systèmes consensuels qui embrassent dans la même problématique l’ensemble de la violence qui se déroule dans le cadre familial. &lt;br /&gt;
L&#039;ouvrage de Gillioz et all. mentionne également  les travaux de Strauss, Gelles et Steinmetz (1977), à partir desquels a été tiré l&#039;affirmation que les femmes sont aussi violentes que les hommes. C’est à ce moment qu’apparaît le concept du &amp;quot; mari battu &amp;quot;, des résultats tirés des statistiques de cette recherche, ont permis à l&#039;un des chercheurs de conclure que ce qui était le plus sous-estimé n’est pas la femme battue, mais le mari battu. La validité scientifique reste toutefois fortement contestée, nous en trouvons les arguments dans l’ouvrage de Gillioz, De Puy et Ducret. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Notre revue de littérature se conclut par l’approche systémique de Perrone et Nannini (1995) qui proposent leur livre comme un manuel à l’usage des professionnels appelés à intervenir auprès des familles. Leurs présupposés considèrent que la violence n’est pas un phénomène individuel, mais la manifestation d’un phénomène interactionnel. La violence est ainsi un mode particulier de communication entre partenaires qui sont tous impliqués et par là même responsables au sens interactionnel du terme. Comme Yvon Dallaire, les auteurs ne considèrent pas les acteurs de la violence conjugale en termes de &amp;quot; victime-agresseur &amp;quot;, ni en termes &amp;quot; hommes-femmes &amp;quot;. Les objectifs et les enjeux que ces deux auteurs proposent s’appuient sur l’idée que chacun doit devenir et se penser responsable de ses propres comportements. C’est également selon cette optique que certains &amp;quot; cliniciens &amp;quot; abordent en partie la question dans leur article (Rey, H et al. 2006). Contini 6 mai 2006 à 16:28 (MEST)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Problématique ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le questionnement qui est à l’origine de notre travail prend source dans la rencontre que nous avons faite d’un concept qui semble nouveau de prime abord : &amp;quot; l’homme battu &amp;quot;. Nous avons découvert ce concept dans l’ouvrage récemment publié de Sophie Torrent qui s’intitule &amp;quot; les hommes battus &amp;quot;. Ce livre met en lumière l’existence d’hommes victimes de violences exercées par des femmes à leur encontre, il interroge également les questions identitaires vécues par ces &amp;quot; nouvelles victimes &amp;quot; à travers la conduite de multiples entretiens. &lt;br /&gt;
Ces propos nous ont intrigués, parfois rendus perplexes et ont ainsi attisé notre curiosité. Nous avons dès lors entrepris des recherches bibliographiques qui nous permettraient de découvrir des discours proches des propos de Torrent. Nous avons ainsi constaté que ce &amp;quot; phénomène &amp;quot; des hommes battus était, dans une moindre mesure, relayé dans d’autres ouvrages qui l’inscrivaient dans le cadre plus large de la violence conjugale. Nos recherches livresques nous ont ainsi conduits à investiguer le corpus que nous avons constitué afin de tenter de répondre à la question principale qui guide notre recherche : comment le phénomène de &amp;quot; l’homme battu &amp;quot; s’inscrit-il dans le paradigme de la violence conjugale ? Les questions secondaires qui en découlent sont multiples : quand est-ce que ce concept est apparu ? Par qui a-t-il été développé ? Quels sont les discours qui relaient ce concept ou qui s’y opposent ? &lt;br /&gt;
Les éléments qui composent notre revue de littérature nous ont permis d’entrevoir certains points qui semblent être récurrents. Nous nous sommes ainsi aperçus que le concept d’ &amp;quot; hommes battus &amp;quot; se trouvait à chaque fois en tension avec celui de &amp;quot; femmes battues &amp;quot; dans le cadre de la violence conjugale que nous avons aussi essayé de définir. Nous nous sommes dès lors trouvés confrontés à deux discours contraires entre des groupes de pressions constitués autour de la &amp;quot; souffrance masculine &amp;quot; et les propos issus de certains discours féministes. Nous avons également constaté que cette opposition - que nous caractérisons grossièrement entre les deux discours – se dédouble d’une autre opposition dans la désignation des acteurs de la violence conjugale en  termes de victime et d’agresseur. Nous constatons que les acteurs sont ainsi stigmatisés, avec des stéréotypes qui désignent de manière massive l’homme comme étant un agresseur et la femme une victime.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Méthodologie ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En fonction des éléments de la problématique, l’objectif de notre recherche a consisté pour nous à y voir plus clair en tentant de répondre aux questions que nous nous posons. Afin de prendre une nécessaire distance vis-à-vis du regard que propose notre revue de littérature, nous avons choisi d’orienter nos recherches sur diverses sources d’informations. Nous avons trouvé intéressant d’examiner si des statistiques existaient sur les &amp;quot; hommes battus &amp;quot; et sur les &amp;quot; femmes battues &amp;quot; et dès lors de voir si celles-ci pouvaient éclaircir notre questionnement. Nous avons aussi choisi de chercher des éléments dans une série de revue spécialisées dans la thérapie familiale, dès lors que le phénomène des &amp;quot; hommes battus &amp;quot; s’inscrit dans le cadre de la violence conjugale. De plus, pour avoir une vision plus globale nous avons aussi décidé de faire une revue d’articles de presse étudiant quelques articles récents. Enfin, nous avons opté pour une recherche mettant en œuvre la conduite de plusieurs [[entretiens violence conjugale|entretiens]] auprès de professionnels de la prise en charge de la violence conjugale, ainsi qu’auprès de &amp;quot; victimes &amp;quot; qui accepteraient de nous apporter leur témoignage. Ces éléments correspondent à ce que l’on pourrait appeler la &amp;quot; recherche sur le terrain &amp;quot;. Nous avons aussi élargi notre revue de littérature en laissant une place pour l’étude des discours qui proviennent des divers professionnels spécialisés dans la thématique de la violence conjugale. Nos sources seront ainsi multiples : entretiens ; revue de presse ; statistiques ; revues spécialisées. &lt;br /&gt;
Notre analyse consistera à analyser les contenus du matériel récolté, en prenant pour point d’appui la désignation des acteurs de la violence conjugale, en termes de stéréotypes (stigmatisation) et dans une approche de &amp;quot; genre &amp;quot; étudiant les rapports sociaux hommes-femmes par rapport à cette thématique, ainsi que les rapports victimes-agresseurs qui s’y rattachent. &lt;br /&gt;
L’analyse devrait ainsi nous permettre de réunir des points de vue différents et ainsi de confirmer ou d’infirmer, voir de &amp;quot; tempérer &amp;quot; ce que nous avons développé dans la revue de littérature en fonction des auteurs choisis.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Résultats et analyses ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Revue de presse ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous avons également utilisé comme source des articles de journaux et périodiques récents, constatant que la thématique de la violence conjugale apparaît régulièrement dans les médias. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout d&#039;abord, &#039;&#039;&#039;Amnesty&#039;&#039;&#039; affiche une grande visibilité grâce à son magazine pour les droits humains (février 2006), son journal d&#039;action (janvier 2006) et son site internet, qui tous trois évoquent récemment la violence domestique. En effet, Amnesty a commencé en mars 2006 sa campagne suisse « En route contre la violence domestique », dont l&#039;action principale consiste en un tour de plusieurs cantons du mobile home &amp;quot;sweet home&amp;quot; afin  de  briser le tabou qui entoure la violence dans le couple, d’améliorer les interventions de l’Etat contre la violence domestique,  et de sensibiliser le grand public, en particulier les jeunes et les hommes, notamment dans les régions rurales. Les revendications d’Amnesty International en matière de violence domestique repose sur l’obligation de l’Etat d’agir contre cette forme de violation des droits humains. Car aujourd’hui si la visibilité du débat public sur la violence domestique s’est améliorée, les menaces, coups, contraintes, viols et meurtres auxquels les femmes sont souvent exposées dans leurs quatre murs constituent un sujet rarement perçu comme relevant des droits humains. De la sensibilisation est encore nécessaire pour considérer que l’empêcher ne relève pas de la sphère privée des couples et des familles concernées, et ne pas l’assimiler à un « problème de femmes », mais à une mission publique, qui touche tout le monde.  Pourtant il s’agit bien de droit à l’intégrité physique et psychique : droit à la liberté et à la sécurité, droit à la santé, droit à l’absence de torture ou d’autres traitements dégradants et même souvent le plus, droit à la vie.&lt;br /&gt;
La position d&#039;Amnesty International quant à la violence domestique consiste à considérer sa cause dans les rapports inégalitaires de sexe. L&#039;accent est mis sur les représentations sociales qui ne cessent de faire le lien entre violence et masculinité. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le numéro du journal &#039;&#039;&#039;Repère Social&#039;&#039;&#039; de février 2006 s&#039;intitule « Quand le sexe faible est violent » et à travers le prétexte de l&#039;ouverture récente à Lausanne d&#039;un accueil pour femmes violentes, aborde ce sujet trop rarement médiatisé de la violence des femmes. &lt;br /&gt;
L&#039;auteur, Geneviève Praplan, présente les associations Vires et Face à Face à Genève, et Violence et famille à Lausanne. Cette dernière institution travaille depuis sept ans avec des hommes violents, mais accueille depuis novembre 2005 également des femmes violentes. Le Coordinateur et plusieurs intervenants ont été formés au Québec, auprès d&#039;OPTION, institution pionnière fondée par le psychothérapeute Jacques Broué en 1985. A Violence et Famille, c&#039;est ainsi sous forme de thérapie de groupe que se déroule l&#039;accompagnement, après quelques entretiens individuels. Le processus de réflexion engagé avec les auteurEs est le même pour les hommes que pour les femmes. Néanmoins, il est spécifié qu&#039;il faut être spécialement vigilant avec les femmes, en vérifiant qu&#039;elles ne sont pas &amp;quot;davantage des victimes que des agresseurs&amp;quot;. De plus, rapidement le lien entre passé et présent doit se faire. &lt;br /&gt;
&amp;quot;Hommes et femmes ne sont pas forcément égaux devant leur violence&amp;quot;: dans l&#039;inconscient collectif masculin, il est nécessaire d&#039;affirmer sa virilité, la violence masculine est ainsi plus facilement excusée. Au contraire, les rôles sociaux attribués aux femmes font qu&#039;on la juge plus sévèrement si elle fait usage de violence, mais leur permet de reconnaître moins difficilement que les hommes leurs actes violents. L&#039;auteur met en avant que les chiffres manquent quant à l&#039;ampleur de la violence féminine, surtout exercée envers ses enfants. Par ailleurs les préjugés quant aux données socio-économiques des auteurs de violence perdurent. Cela est en partie dû au fait que les familles en situation précaire sont plus aisément repérées par les services sociaux, vu l&#039;étendue de leurs besoins.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Statistiques ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Aborder le problème social de la violence conjugale nous incite à faire un retour vers les années 1970. C’est à cette époque que l’on peut situer les premières recherches sur ce thème  mettant en question le mythe de la famille non violente. Les militantes féministes amènent la question de violence conjugale sur la place publique et le posent comme un problème socio-politique. La question de la violence est abordée comme conséquence des rapports de domination, c&#039;est-à-dire des effets de l’exercice d’une influence déterminante d’un groupe, les hommes, sur un autre, les femmes. Tout rapport de domination suppose, en effet, en dehors du rapport de pure violence, un système de justification visant à obtenir un minimum de &amp;quot;volonté d&#039;obéir&amp;quot; de la part des assujettis, note le Petit Robert.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les sciences humaines vont s’y intéresser. De nombreuses études sont entreprises dans les années 1970 et 1980 dans le but de décrire la violence domestique, de pouvoir la chiffrer, de chercher à l’expliquer, d’étudier ses conséquences sur les victimes, et d’examiner les réponses sociétales à ce problème.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les résultats de l&#039;une de celle-ci, Straus et al.(1977) permettent de dire que femmes et hommes admettent recourir à des tactiques de violence dans des situations de conflits. Ce résultat est basé sur le &amp;quot;Conflict Tactics Scales&amp;quot; (CTS), échelles centrées sur les tactiques de gestion des conflits, qui intègrent une série de comportements allant des plus rationnels aux plus violents. Cette étude permettra à l’une des auteur-e-s, Steinmetz, de tirer la conclusion de l’existence du « syndrome de l’homme battu ». Ce qui sera contesté pour insuffisances méthodologiques. Depuis la plupart de chercheurs et chercheuses renoncèrent à utiliser ce concept.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Qu&#039;en est-il de la reconnaissance de la violence conjugale en Suisse ? &lt;br /&gt;
Une loi fédérale est votée (4 octobre 1991), sur l’aide aux victimes. Si cette notion de &amp;quot;victime&amp;quot; est large, accidenté de la route, attentats, viol, contrainte sexuelle, séquestration, elle comprend spécifiquement les violences domestiques. Dès lors,  elle  permet également aux femmes victimes de violence conjugale d&#039;être reconnues, visibilées et aidés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La création des centres Lavi, issu de cette loi, a pour but de fournir une aide efficace (conseils, la protection de la victime, la défense de ses droits dans la procédure pénale et l’indemnisation et la réparation morale) aux victimes d’infractions ou d’une atteinte directe à son intégrité corporelle, sexuelle ou psychique et à renforcer leurs droits. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les centres de consultation « Lavi » sont instaurés dans chaque canton. La police est tenue d’informer les victimes de l’existence de ces centres et de leur transmettre les coordonnées de celle-ci (sur la base de son accord). L’aide immédiate et les prestations fournies directement par les centres sont gratuites. Lorsque la situation personnelle de la personne qui consulte le justifie, les centres de consultation prennent en charge d’autres frais (comme par exemple les frais médicaux, les frais d’avocat ou les frais de procédure). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
S’il est difficile de faire parler les statistiques, ici nous nous basons sur l’année 2004, ils donne toute de même une idée intéressante sur la question qui nous occupe, à savoir la violence féminine et masculine : une nette prédominance des femmes dans la consultation (75%), avec des auteurs présumés de sexe masculin (83.5), et l’existence d’une relation familiale, victime – agresseur (52,9%).  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
(Le législateur prend en compte la situation des victimes, il estime qu’elles doivent être soutenues dans la procédure pénale, et également qu’elles ont droit à une indemnisation ou à une réparation morale (en fonction des revenus de la victime). )&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On peut constater également la reconnaissance par la société du statut de victime,  puisque les demandes, au nombre de 196 pour l’indemnisation et de 728 pour la réparation morale,  ont été traitées positivement. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La formation du personnel des centres Lavi : la loi mentionne des aides financières à la formation. Une formation spécifique « Lavi » a été instaurée et des formations complémentaires complètent la spécialisation de ces professionnels. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Violence domestique, une protection particulière : l’expulsion immédiate du domicile des personnes violentes, lesquelles ne peuvent plus réintégrer leur logement pendant une période déterminée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le 14 juin 2000, la Conseillère Ruth-Gaby Vermot-Mangold dépose une initiative parlementaire. Le Conseil fédéral  propose, en novembre 2005, un nouvel article 28b dans le code civil visant à protéger la victime de violence ou de harcèlement en lui donnant le droit de requérir le juge d’instruction d’interdire à l’auteur de l’atteinte de l’approcher, de fréquenter certains lieux ou de prendre contact avec elle. &lt;br /&gt;
Ce nouvel article 28b prévoit également l’institution par les cantons de centres d’informations et de consultation dans le but d’agir préventivement pour éviter la violence domestique et sa récidive. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Violence entre conjoint ou partenaire : poursuivie d’office depuis le 1 avril 2004&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le Conseil Fédéral  modifie le Code pénal en ce sens que les actes de violence domestique seront poursuivis d’office et non plus sur plainte de la victime. Le communiqué de presse est intéressant et nous donne un aperçu des changements sociaux intervenus : « il n’est plus question de tolérer la violence physique ou sexuelle exercée contre un conjoint ou un partenaire – dans un couple hétérosexuel ou homosexuel – sous prétexte qu’elle ne serait que de peu de gravité ou qu’elle relèverait de la sphère privée ». La contrainte sexuelle et le viol commis au sein du couple sont élevés au rang de délits poursuivis d’office.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Evolution des lois et violence conjugale.&lt;br /&gt;
Votée en 1991, la LAVI démontre que «  victime de violence » constitue maintenant  une déviance secondaire. Les plaignants sont identifiés, l’état institutionnalise leur prise en charge, les centres Lavi sont créés et les consultations augmentent au fil des années.   &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Néanmoins la notion de &amp;quot;violence conjugale&amp;quot; se fait discrète, le terme de violence domestique n’apparaît qu’avec le dépôt en 2002 de l’initiative parlementaire de Vermot-Mangold. En juin 2001 le Conseil Fédéral met en consultation le « projet élaboré par la Commission des affaires juridiques du Conseil national » et la notion de violence domestique fait partie des préoccupations reconnues officiellement. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous pouvons relever que les documents officiels font référence à une notion de victime qui n’est pas sexuée,  le mot « femme » n’y est pas accolé. Les termes utilisés « violence physique ou sexuelle exercée contre un conjoint ou un partenaire (…) dans un couple hétérosexuel ou homosexuel », « ordonner à une personne violente de quitter le domicile conjugal », « prévenir la récidive des agresseurs ». Dans les documents que j’ai parcouru sur le site de l’office fédéral de la justice sous la mention « aide aux victimes », je n’ai trouvé qu’une seule fois la mention spécifique « femme » : «  la violence domestique est aujourd’hui quotidienne dans notre société. Les femmes en sont souvent les victimes ». Dans tous les autres documents la violence domestique paraît neutre. Si le mot victime est féminin, les textes l’utilisent comme un élément générique. On peut en partie le comprendre par le fait que  la Lavi ne reçoit pas que des victimes de violences conjugales, mais également des victimes d’accidents de la route, d’attentats, d’enlèvement, de prise d’otage ou de brigandage.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Analyse des résultats&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour résumer, nous voici arrivés à un premier constat. Nous pouvons dire que la découverte de la violence conjugale et de ses effets a pour origine le questionnement du mouvement féministe, repris par des chercheur-e-s, qui ont confirmé et précisé le phénomène de la violence conjugale. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Autre découverte, la notion d’homme battu, que nous avions posé comme une construction récente, date des premières recherches sur ce domaine. Le syndrome de l’homme battu, développé  par une chercheuse du l’équipe de  Straus et al. a été un concept rapidement abandonné. Les défauts dans l’opérationnalisation du concept de violence, dans la méthode et dans l’interprétation des données de l’enquête effectuée à l’aide du Conflict Tactics Scales ont été largement reconnus. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comment se fait-il alors que des auteurs récents se saisissent du vocable « homme battu », partent à sa recherche, et le trouve ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour cela nous devons revenir à nouveau aux années 1970 et aux changements intervenus dans les places des hommes et des femmes. Ces dernières acquièrent un statut différent, elles deviennent citoyennes, accèdent au marché du travail et peuvent maîtriser leur fécondité. L’égalité homme – femme advient. A partir de là, le féminisme devient un mouvement social et politique pour l&#039;émancipation des femmes. Mais il va désigner aussi un corpus théorique qui va permettre aux sociologues de revisiter leurs différents champs d’études à travers la problématique des rapports sociaux de sexe.  Sous cet angle là, la violence conjugale prend un autre sens, elle est  rendue possible parce que les femmes ont moins de moyens, par conséquent moins de pouvoir, et parce que le genre féminin est dévalorisé par rapport au masculin. &lt;br /&gt;
Pierre Bourdieu a largement développé le fonctionnement des dominés et démontré comment ceux-ci ayant intégré le discours dominant « construisent ces relations de pouvoir du point de vue même de ceux qui y affirment leur domination… ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En Suisse, les statistiques 2004 issues des centres Lavi apportent des précisions chiffrées à cette forme de violence. Le taux de victimes de sexe féminins est important (75%),  le sexe masculin de l’auteur présumé révèle un pourcentage très élevé (83.5%) et pour 52.9% des consultants une relation familiale victime - agresseur existe. &lt;br /&gt;
Bien que la violence conjugale soit maintenant reconnue, des groupes sociaux la mettent en question. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les années 1980 une tension s’avive entre hommes et femmes.  Certains hommes pro féministes tiennent un discours optimiste concernant la constitution d&#039;une société nouvelle et égalitaire  et reconnaissent la domination masculine comme clé d&#039;un changement possible. &lt;br /&gt;
D&#039;autres hommes tiennent un discours alarmiste et insistent sur le malaise identitaire engendré par cette modification des rapports sociaux source de perte de repères. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A partir de là, des groupes d’hommes se forment autour, par exemple d’auteurs tels que Guy Cornaux au Canada, Jacques Salomé en France,  ou plus récemment Y. Dallaire qui avec John Goetelen a organisé le premier Congrès international de la condition masculine à Genève en 2003. Des mouvements pour la condition paternelle se créent afin de s’opposer à la garde des enfants accordée systématiquement à la mère en cas de divorce.  Le film récent « Le souffle du désert » de François Kohler, illustre ce phénomène de la recherche d’une identité masculine vécue comme problématique. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C&#039;est dans cette mouvance que nous trouvons aujourd&#039;hui les protagonistes d&#039;un détournement de la violence masculine au profit d&#039;une violence exercée contre les hommes par les femmes. ces détracteurs pourront s&#039;appuyer probablement dans les années à venir sur les modifications des images féminines, les stéréotypes de la femme douce et soumise ont tendance à s&#039;estomper. Et l&#039;on peut se demander si les jeunes femmes ne se permettront pas plus que par le passé d&#039;exprimer leurs sentiments de colère et violence, là où s&#039;exprimaient auparavant peut-être impuissance, tristesse et dépression. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Utilisateur:Cornut piller|Cornut piller]] 1 jun 2006 à 09:15 (MEST) ~~&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Entretiens ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est souvent question dans les chiffres, de comparer,  voire d’opposer, hommes et femmes face à la violence conjugale. En d’autres termes de démontrer que le premier est le bourreau et la deuxième la victime. Pour certains, la question des hommes battus ne recouvrirait pas la même problématique que celle des femmes battues. Pour certains auteurs, tel Yvon Dallaire, il semble que les stéréotypes de femme-victime et homme-agresseur affiliés aux rôles des acteurs, n’aident en rien à reconnaître la problématique. Alors que la femme est souvent vue comme une personne douce, fragile et protectrice. Les hommes, eux, sont reconnus comme des êtres forts, virils et courageux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;L’homme battu existe, nous l’avons rencontré&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour confronter les stéréotypes affiliés aux genres, nous avons cherché à interviewer des hommes battus. Paul et Luc (prénoms d’empreint) ont un point commun : leur passé d’homme maltraité. Ils ont été, tous les deux, physiquement battus par leur conjointe. Toutefois, il semblerait que la problématique de l’homme violenté intègre, dans sa forme globale, une autre forme de violence, une violence psychologique. Il ressort des entretiens que la forme physique ne semble pas être la forme de violence qui marque le plus. &lt;br /&gt;
Pour essayer de comprendre au mieux le vécu violenté de ces hommes et plus généralement de toute personne impliquée dans des relations violentes, nous avons questionné la littérature ainsi que des professionnels de terrain.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour la travailleuse sociale, Sophie Torrent (2001), « la nature de la violence [à l’égard de la gente masculine] et ses modes d’expression traduisent, dirait-on, une violence spécifiquement féminine, subtile, qui atteint l’intégrité psychique de l’homme.» (p.33). L’homme victime de violence psychologique semble atteint surtout dans sa masculinité, plus précisément dans la représentation de la masculinité qui lui a permis de construire son identité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Le harcèlement que j’ai vécu par cette femme tyran m’a amené à perdre, pendant quelques temps, mon identité masculine… C’était quoi être un homme ? Je ne savais plus faire l’amour comme il faut en quittant ma femme. J’ai du réapprendre à accepter de prendre du plaisir. » Luc&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;La violence ; une histoire d’homme ?&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Alors que nous venons de découvrir avec stupéfaction certaines réalités d’hommes maltraités par leur conjointe, comment traiter ces vérités face à notre idéal féminin construit ? Comment même penser à la violence des femmes, alors que celle que l’on exerce à leur égard est de loin la plus établie, la plus reconnue et de ce fait la plus portée par les médias ? De nos jours, la société reconnaît et prend en charge la femme violentée, qu&#039;en est-il de la femme violente ? &lt;br /&gt;
Il est commun d’entendre qu’une femme violente est une femme malade psychologiquement ou encore que cette dernière n’agresserait que pour se défendre. Pour la psychothérapeute Diane Chayer, ( citée par Ruel &amp;amp; Guéricolas, 1998), il semblerait qu’il n’y ait tout simplement pas de permission sociale à la violence des femmes. « La société dit qu’il est presque normal pour un homme d’être violent. Mais une femme violente, c’est une extraterrestre. » &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour Yvon Dallaire, « la femme violente peut ressentir de la fierté pour avoir battu plus fort qu’elle. Et la société ne la dénigre pas, elle cherche plutôt à la comprendre et à l’excuser, compatissant souvent à son sort. » (p26) A contrario, pour la responsable d’une structure acceuillant des femmes violentes, « celles et ceux qui passent de la parole aux actes souffrent, ils ont besoin d&#039;aide et y ont droit. Toutefois, la femme violente souffre de discrimination ; on ne veut pas lui reconnaître sa violence. » Il semblerait alors que, paradoxalement, la femme violente souffre des mêmes maux sociaux que l’homme maltraité. Une nouvelle fois, il semblerait que les stéréotypes, affiliés aux genres, décident de ce qui peut être acceptable ou pas.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Le statut de victime/agresseur&#039;&#039;&#039; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La responsable d’un établissement prenant en charge des femmes violentes nous apprend qu’il est difficile de tenir le fil rouge concernant les rôles de victime-agresseur. « On est là pour travailler sur la violence des femmes, en tant qu’auteures de violence et non en tant que victimes. Très souvent, ça dérape en justification des actes qui déplace la position d’agresseuse à celui de victime. » Il semble que souvent, l’agresseur se voit comme victime. Responsabiliser les acteurs(trices) de violence, c’est les aider à prendre conscience de leur violence. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Responsabilité dans la violence&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La question est partagée. Alors que pour beaucoup, la responsabilité de la violence doit être assumée par son auteur(e), pour d’autres, elle doit être partagée. En effet, pour Denis Châtelain, co-fondateur d’une association prenant en charge des auteur(e)s de violence, « il faut prendre en compte le potentiel de violence de la victime dans la compréhension de la dynamique ». Pour la responsable d’une association accueillant des femmes violentes, « il est impossible de faire un tel travail si l’on part du principe d’une co-responsabilité dans la réalisation de la violence. En effet, on ne peut pas se permettre de déraper sur l’aspect empathique et comprendre voir d’excuser l’acte de violence au nom d’un statut de victime reconnu. Pour nous, l’acte violent n’est pas excusable, il est inadmissible quelque soit sa source ou sa justification. Ce qui nous paraît important c’est de faire en sorte de ne plus jamais en avoir à arriver là. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;La prise en charge de la violence&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comment aborder la problématique de la violence conjugale et plus particulièrement celle des hommes maltraités et des femmes violentes ? Alors qu’Yvon Dallaire se demande si l’on « ne pourrait pas exploiter l’expertise des centres d’accueil pour femmes au profit des hommes battus et l’expertise des groupes d’entraide pour homme violents au profit des femmes violentes ? » (p29), la responsable d’une structure accueillant des femmes actrices de violence répond que « pour aider les femmes actrices de violence, il faut appliquer un traitement différencié. Les raisons étant parce qu’on n’éduque pas de la même façon une petite fille et un petit garçon, le rapport au féminin n’est pas le même. La violence masculine est légitimée. Par contre, on ne reconnaît pas ce droit à la femme. Cela étant dû aux stéréotypes de mère protectrice d’une part. » &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Revue &amp;quot;Thérapie familiale&amp;quot;===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous avons jugé opportun d&#039;analyser des numéros de Thérapie de Famille, une revue trimestrielle  d&#039;orientation systémique. Cette source représente en effet le point de vue théorique et le constat des pratiques des thérapeutes de famille. Il est pertinent de se demander à quel point le discours de ces professionnels de la famille influence la société et est en retour influencé par elle. Les catégories  victime-agresseur y sont-elles aussi clairement définies que dans le sens commun et certains discours? Fait-on une différenciation au niveau de l&#039;étiologie de la violence et de ses conséquences selon le genre? Le contact avec les patients remet-il en question certaines pratiques thérapeutiques et fait-il avancer les models conceptuels? Pour répondre à ces interrogations, nous avions à disposition tous les numéros parus depuis de nombreuses années afin d&#039;observer à quelle fréquence et sous quelle forme la thématique des violences conjugales était abordée. Nous avons porté notre choix sur la période allant de 1995 à 2001, pendant laquelle quatre numéros contiennent des articles dédiés à notre sujet.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les deux premiers numéros analysés, datant de 1995 et de 2000 sont riches d&#039;informations car rédigés par les mêmes auteurs, qui font part de l&#039;évolution de leur réflexion durant les cinq ans écoulés. Le numéro de 2000 a été écrit par des thérapeutes colombiens, ce qui nous montre la préoccupation internationale des thérapeutes de famille autour de la violence conjugale et leur désir d&#039;échanger à ce sujet. Quant au dernier numéro pris en compte, celui de 2001, il présente la synthèse des théories les plus utilisées à propos de la violence domestique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
(à suivre...)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Conclusion ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Difficultés===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le sujet que nous avons abordé tout au long de ce travail est délicat. Nous avons relevé le peu de neutralité émanant des sources existantes sur ce thème, chaque écrit représentant une certaine prise de position, quant à la causalité de la violence conjugale par exemple, ou les convictions cachées derrière l&#039;attribution de statuts victime-agresseur ou victime-victime.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette subjectivité rentre en interrelation avec notre sensibilité propre, individuelle, qui n&#039;est donc pas la même entre les personnes de notre groupe. Le fait que celui-ci soit constitué de deux femmes et deux hommes est très enrichissant, et même primordial quand l&#039;on s&#039;attèle à ce type de problématique. Néanmoins, cela implique un investissement conséquent en termes de discussion, explicitation des attentes et valeurs de chacun, en redéfinition continuelle de la problématique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans notre tentative d&#039;objectiver notre problématique, nous ne sommes que très peu aidés par les statistiques. Elles aussi disent ce qu&#039;elles ont envie de dire, et sont sans cesse remises en cause par des détracteurs. La conséquence en est qu&#039;aucune statistique ne sert vraiment de référence consensuelle dans la compréhension de la violence conjugale.Dans les statistiques policières, souvent la violence conjugale n&#039;est pas comptabilisée de manière séparée des autres délits de violence; dans d&#039;autres types de statistiques c&#039;est le genre qui n&#039;est pas retenu comme variable pertinente. En effet, derrière les chiffres, on découvre des définitions très variables de la violence: certains ne prennent en compte que la violence physique; d&#039;autres considèrent que de nombreux petits signes de nature verbale ou psychologique sont un pas dans l&#039;escalade de la violence, et les jugent donc de même poids que des coups. Entre ces deux extrêmes, toutes les variations sont présentes... &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est intéressant de relever à quel point certains chiffres sont médiatisés, afin d&#039;avoir un impact sur la population, alors que ces mêmes chiffres sont discutables au niveau statistique. &lt;br /&gt;
Pour conclure, nous nous sommes rendus compte que malgré une certaine médiatisation, qui n&#039;est pas si récente, de la violence conjugale, nous ne savons pas tellement de choses à ce sujet, ou plutôt il existe peu de consensus, voire la co-existence d&#039;approches inconciliables.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Références bibliographiques ==&lt;br /&gt;
Les lectures citées dans le travail final&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Dallaire Y. (2002). La violence faite aux hommes. Une réalité tabou et complexe. Québéc: Options santé. [[Résumé du livre]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Gillioz L., De Puy J., Ducret V. (1997). Domination et violence envers la femme dans le couple. Lausanne : éditions Payot. [http://home.etu.unige.ch/~maneira4/R_sum__aeticle.doc Résumé de l&#039;article]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Ruel S. &amp;amp; Guéricolas P. (1998). La violence des femmes : derrière le masque. In Gazette des femmes Vol. 20. (no 4). (Novembre-Décembre 1998).[Version électronique]. Accès le 20 novembre 2005 : &lt;br /&gt;
http://www.gazettedesfemmes.com/recherche/?F=recherche&amp;amp;idt=10075&amp;amp;affart=2866&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Torrent S. (2001). L’homme battu, un tabou au cœur du tabou. Québec: Option Santé. [http://home.etu.unige.ch/~maneira4/fiche%20de%20lecture%20homme%20battu.pdf Résumé du livre ]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Amnistie: Le magazine pour les droits humains, &#039;&#039;Dossier Combattre la violence domestique&#039;&#039;  No 44, février 2006.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Amnistie, Journal d&#039;action pour les droits humains, janvier 2006.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Praplan G., &#039;&#039;Quand le sexe faible est violent&#039;&#039; in Repère Social, No 73, février 2006.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Bibliographie ==&lt;br /&gt;
Les lectures utilisées mais pas citées dans le travail final&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Bretonnière-Fraysse et al. (2001). &#039;&#039; De la violence conjugale à la violence parentale&#039;&#039;. Eres [[Résumé|Résumé du livre]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Jackson D., Welzer-Lang D. (1998). Violence et masculinité. Toulouse : imprimerie 34.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Office fédéral de la statistique : Aide aux victimes. Chiffres clés. http://www.bfs.admin.ch/bfs/portal/fr/index/themen/rechtspflege.html&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Rey, H. et al. (2006). Les violences conjugales: pour une clinique du réel. &#039;&#039; Journal International de Victimologie&#039;&#039;. Année 4, No 1. [[Résumé de l&#039;article]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Miguel</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Entretiens_violence_conjugale&amp;diff=4174</id>
		<title>Entretiens violence conjugale</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Entretiens_violence_conjugale&amp;diff=4174"/>
		<updated>2006-06-15T14:19:13Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Miguel : /* Guide d’entretien structures de prise en charge */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Guide d’entretien structures de prise en charge ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Présentation&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Interviewé (poste, fonction, objectifs etc)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Association (objectifs, population touchée, statuts, structure, outils, etc) &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Entretien&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Les acteurs(trices) de violence&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Qu&#039;est-ce pour vous que la violence conjugale ?&lt;br /&gt;
*Quelle forme prend la violence masculine selon vous?&lt;br /&gt;
*Quelle forme a la violence féminine?&lt;br /&gt;
*Pensez-vous que la thématique de l’homme battu fasse partie intégrante de la violence conjugale ?&lt;br /&gt;
*La violence conjugale a-t-elle un sexe ? (Où est-elle genrée?) &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Avez-vous quelque chose à ajouter sur ce thème ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Les motifs de violence&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Quelles sont selon les causes de la violence masculine? &lt;br /&gt;
*Quelles sont les causes de la violence féminine?&lt;br /&gt;
*On dit souvent que la violence des femmes est défensive. Qu&#039;en pensez-vous? &lt;br /&gt;
*Ne serait-ce pas le cas pour les hommes aussi?&lt;br /&gt;
*Quelles sont les raisons premières de la violence? &lt;br /&gt;
*Les raisons de la violence peuvent-elles être les même chez un homme et chez une femme? &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Avez-vous quelque chose à ajouter sur ce thème ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;La gestion de la violence&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Pensez-vous qu&#039;il y a dans la violence conjugale un partage des responsabilités?&lt;br /&gt;
*Cela voudrait dire que chaque membre est à la fois victime et agresseur? Comment cela s&#039;exprime? &lt;br /&gt;
*Que pensez-vous du schéma victime-bourreau (victime qui devient a son tour agresseuse)?&lt;br /&gt;
*Compte tenu des différences ou des similitudes (violence masculine/féminine) faut-il envisager une prise en charge différenciée où spécifique? &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Avez-vous quelque chose à ajouter sur ce thème ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Reconnaissance du phénomène&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Pensez-vous que, dans le cadre de votre association, vous avez affaire à des femmes/hommes battus(e)s qui sont passées à l’acte ? (qui étaient victimes avant d’être agresseurs ?)&lt;br /&gt;
*Avez-vous déjà accueilli des hommes avec le statut de « battus » au sein de votre association ?  Si oui, quel pourcentage ? Si non, pourquoi ?&lt;br /&gt;
*Vers quelles structures de prise en charge les guidez-vous ? &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Avez-vous quelque chose à ajouter sur ce thème ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Guide d’entretien hommes battus ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Motifs de violence&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Qu&#039;est ce qui engendre (engendrait), selon vous, la violence dans votre couple? Qu&#039;est ce qui amène (amenait) votre conjointe à la violence?&lt;br /&gt;
*Les problèmes dont vous me parlez, ont-ils toujours existé ou est-ce que cela a débuté à une certaine époque ?&lt;br /&gt;
*Pouvez-vous me raconter une scène de violence significative, emblématique de ce que vous avez vécu ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Avez-vous quelque chose à ajouter sur ce thème ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Gestion de la violence&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Qu’est ce que vous ressentez (ressentiez) dans ces moments de violence ? Et après ?&lt;br /&gt;
*Vous arrive-t-il (arrivait) de penser que c’est (c’était) de votre faute ? (déclencheur violence compagne)&lt;br /&gt;
*Que ressentez-vous aujourd’hui (vis-à-vis de ces évènements) ? (honte, frustration, haine, peur, angoisse…)&lt;br /&gt;
*Avez (aviez)-vous un jour songé à quitter votre conjointe ?&lt;br /&gt;
*Si oui, qu’est ce qui vous retiens (a retenu) ?&lt;br /&gt;
*Comment gérez(riez)-vous votre situation en dehors du cadre familial ? Au niveau du voisinage, de la famille, des amis, du travail ? &lt;br /&gt;
*Est-ce d’autres personnes savent (savaient) que vous avez été victime de violence ?&lt;br /&gt;
*Comment faites(faisiez)-vous pour « séparer » vie privée et vie publique ? &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Avez-vous quelque chose à ajouter sur ce thème? &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Reconnaissance du phénomène&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Connaissez-vous d’autres hommes qui, comme vous, sont (ont été) victimes de violence de la part de leur conjointe ?&lt;br /&gt;
*Est-ce que vous pensez que c’est un phénomène nouveau ?&lt;br /&gt;
*Pensez-vous que c’est la même d’être homme battu ou femme battue ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Aide institutionnelle&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Auprès de quelle personne (quel service) avez-vous essayé de chercher de l’aide (effectué des démarches) ?&lt;br /&gt;
*Comment avez-vous été reçu ?&lt;br /&gt;
*Que vous a-t-on conseillé ?&lt;br /&gt;
*Quelle aide concrète avez-vous reçu ?&lt;br /&gt;
*Est-ce que cela a été utile ?&lt;br /&gt;
*Est-ce que vous vous êtes senti compris ?&lt;br /&gt;
*Dans l’idéal, que faudrait-il faire pour aider un homme avec ce type de problème ?&lt;br /&gt;
*Est-ce que votre (ex)conjointe a fait des démarches pour changer ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Avez-vous quelque chose à ajouter sur ce thème ?&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Miguel</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Entretiens_violence_conjugale&amp;diff=4173</id>
		<title>Entretiens violence conjugale</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Entretiens_violence_conjugale&amp;diff=4173"/>
		<updated>2006-06-15T14:18:21Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Miguel : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;=== Guide d’entretien structures de prise en charge ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Présentation&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Interviewé (poste, fonction, objectifs etc)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
As== Groupe: Violence conjugale: de la femme battue à l&#039;homme battu ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Guide d’entretien structures de prise en charge ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Présentation&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Interviewé (poste, fonction, objectifs etc)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Association (objectifs, population touchée, statuts, structure, outils, etc) &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Entretien&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Les acteurs(trices) de violence&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Qu&#039;est-ce pour vous que la violence conjugale ?&lt;br /&gt;
*Quelle forme prend la violence masculine selon vous?&lt;br /&gt;
*Quelle forme a la violence féminine?&lt;br /&gt;
*Pensez-vous que la thématique de l’homme battu fasse partie intégrante de la violence conjugale ?&lt;br /&gt;
*La violence conjugale a-t-elle un sexe ? (Où est-elle genrée?) &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Avez-vous quelque chose à ajouter sur ce thème ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Les motifs de violence&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Quelles sont selon les causes de la violence masculine? &lt;br /&gt;
*Quelles sont les causes de la violence féminine?&lt;br /&gt;
*On dit souvent que la violence des femmes est défensive. Qu&#039;en pensez-vous? &lt;br /&gt;
*Ne serait-ce pas le cas pour les hommes aussi?&lt;br /&gt;
*Quelles sont les raisons premières de la violence? &lt;br /&gt;
*Les raisons de la violence peuvent-elles être les même chez un homme et chez une femme? &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Avez-vous quelque chose à ajouter sur ce thème ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;La gestion de la violence&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Pensez-vous qu&#039;il y a dans la violence conjugale un partage des responsabilités?&lt;br /&gt;
*Cela voudrait dire que chaque membre est à la fois victime et agresseur? Comment cela s&#039;exprime? &lt;br /&gt;
*Que pensez-vous du schéma victime-bourreau (victime qui devient a son tour agresseuse)?&lt;br /&gt;
*Compte tenu des différences ou des similitudes (violence masculine/féminine) faut-il envisager une prise en charge différenciée où spécifique? &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Avez-vous quelque chose à ajouter sur ce thème ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Reconnaissance du phénomène&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Pensez-vous que, dans le cadre de votre association, vous avez affaire à des femmes/hommes battus(e)s qui sont passées à l’acte ? (qui étaient victimes avant d’être agresseurs ?)&lt;br /&gt;
*Avez-vous déjà accueilli des hommes avec le statut de « battus » au sein de votre association ?  Si oui, quel pourcentage ? Si non, pourquoi ?&lt;br /&gt;
*Vers quelles structures de prise en charge les guidez-vous ? &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Avez-vous quelque chose à ajouter sur ce thème ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Guide d’entretien hommes battus ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Motifs de violence&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Qu&#039;est ce qui engendre (engendrait), selon vous, la violence dans votre couple? Qu&#039;est ce qui amène (amenait) votre conjointe à la violence?&lt;br /&gt;
*Les problèmes dont vous me parlez, ont-ils toujours existé ou est-ce que cela a débuté à une certaine époque ?&lt;br /&gt;
*Pouvez-vous me raconter une scène de violence significative, emblématique de ce que vous avez vécu ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Avez-vous quelque chose à ajouter sur ce thème ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Gestion de la violence&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Qu’est ce que vous ressentez (ressentiez) dans ces moments de violence ? Et après ?&lt;br /&gt;
*Vous arrive-t-il (arrivait) de penser que c’est (c’était) de votre faute ? (déclencheur violence compagne)&lt;br /&gt;
*Que ressentez-vous aujourd’hui (vis-à-vis de ces évènements) ? (honte, frustration, haine, peur, angoisse…)&lt;br /&gt;
*Avez (aviez)-vous un jour songé à quitter votre conjointe ?&lt;br /&gt;
*Si oui, qu’est ce qui vous retiens (a retenu) ?&lt;br /&gt;
*Comment gérez(riez)-vous votre situation en dehors du cadre familial ? Au niveau du voisinage, de la famille, des amis, du travail ? &lt;br /&gt;
*Est-ce d’autres personnes savent (savaient) que vous avez été victime de violence ?&lt;br /&gt;
*Comment faites(faisiez)-vous pour « séparer » vie privée et vie publique ? &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Avez-vous quelque chose à ajouter sur ce thème? &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Reconnaissance du phénomène&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Connaissez-vous d’autres hommes qui, comme vous, sont (ont été) victimes de violence de la part de leur conjointe ?&lt;br /&gt;
*Est-ce que vous pensez que c’est un phénomène nouveau ?&lt;br /&gt;
*Pensez-vous que c’est la même d’être homme battu ou femme battue ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Aide institutionnelle&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Auprès de quelle personne (quel service) avez-vous essayé de chercher de l’aide (effectué des démarches) ?&lt;br /&gt;
*Comment avez-vous été reçu ?&lt;br /&gt;
*Que vous a-t-on conseillé ?&lt;br /&gt;
*Quelle aide concrète avez-vous reçu ?&lt;br /&gt;
*Est-ce que cela a été utile ?&lt;br /&gt;
*Est-ce que vous vous êtes senti compris ?&lt;br /&gt;
*Dans l’idéal, que faudrait-il faire pour aider un homme avec ce type de problème ?&lt;br /&gt;
*Est-ce que votre (ex)conjointe a fait des démarches pour changer ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Avez-vous quelque chose à ajouter sur ce thème ?&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Miguel</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Violence_conjugale:_De_la_femme_battue_%C3%A0_l%27homme_battu...&amp;diff=4088</id>
		<title>Violence conjugale: De la femme battue à l&#039;homme battu...</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Violence_conjugale:_De_la_femme_battue_%C3%A0_l%27homme_battu...&amp;diff=4088"/>
		<updated>2006-06-14T11:00:48Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Miguel : /* Conclusion */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&#039;&#039;&#039;Membres du groupe&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Chantal Cornut&lt;br /&gt;
* Céline Pittet &lt;br /&gt;
* Jean-Christophe Contini&lt;br /&gt;
* Miguel Maneira &lt;br /&gt;
[mailto:maneira4@etu.unige.ch,contini2@etu.unige.ch,cepittet@hotmail.com,ch.cornut-piller@bluewin.ch Ecrire au groupe]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 [[L&#039;homme battu: le mâle...traité|Notre projet]]  |  [[Plan de recherche: Violence conjugale; un concept en mouvement|Notre plan de recherche]]  |  [[Espace de dialogue|Notre espace de dialogue]]  |  [[Trésorus de notre groupe|Notre île aux trésors]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Introduction ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Violence conjugale|La violence conjugale]] semble être de prime abord un phénomène bien connu de nos jours. Les médias rendent régulièrement compte de ses conséquences, bon nombre d’associations ont été créées pour répondre à l’appel des victimes, une loi sur la protection des victimes a été instaurée, beaucoup de thérapeutes œuvrent également dans ce domaine. Il est question, la plupart du temps, des violences subies par des femmes et exercées par des hommes, il est dans une moindre mesure, question de la [[Violence|violence]] exercée par des femmes contre des hommes. Ce dernier phénomène reste minoritaire cependant, et fait l’objet de nombreuses critiques. Bien souvent, les discours opposent des mouvements &amp;quot;  [[Féminisme|féministes]]&amp;quot; à des groupes &amp;quot; masculinistes &amp;quot;, les uns dénonçant sans cesse l’ineffable violence des hommes envers les femmes, les autres dénonçant cette vision de l’homme éternellement &amp;quot; agresseur &amp;quot;, allant jusqu’à affirmer que des hommes sont aussi des &amp;quot; victimes &amp;quot; et que la violence peut aussi être l’apanage des femmes. Ici apparaît le concept &amp;quot; d’hommes battus &amp;quot; que nous interrogerons et qui est apparu dès les années septante.  &lt;br /&gt;
Afin de prendre de la distance vis-à-vis de ces deux positions antagonistes, nous proposons d’étudier ce que disent certains auteurs sur la violence conjugale, à la fois sur la violence subie par les femmes et par les hommes. Nous proposons aussi une recherche axée sur des entretiens avec des hommes &amp;quot; victimes &amp;quot; et des professionnels de la violence conjugale. Nous étudierons également des sources statistiques issues de la Loi Fédérale sur l’aide aux victimes et de Amnesty internationale tout comme des revues spécialisées dans le domaine de la thérapie familiale et plus particulièrement les articles concernant la violence domestique. &lt;br /&gt;
La thèse générale de notre article est de démontrer par notre étude que les discours qui circulent sur la violence conjugale sont une construction qui circonscrit la violence dans des [[Stéréotype|stéréotypes]] caricaturaux stigmatisant à la fois les femmes en tant que victimes et les hommes comme agresseurs. De cette restriction découle la difficulté d’envisager l’existence d’hommes victimes de violence conjugale, et d’égale manière celle de femmes violentes. Cela a comme conséquence pour les personnes concernées une non-reconnaissance sociale, se manifestant par de forts préjugés à leur encontre, et de grandes lacunes institutionnelles. Nous montrerons aussi que les professionnels de la violence conjugale (médecins, thérapeutes) ont dépassé cette opposition et qu’ils désignent plus les acteurs de la violence conjugale à un niveau de co-responsabilité qui ne distingue pas le sexe des protagonistes pour rendre compte de ce phénomène. Il y a ainsi un écart entre les discours dominants et les discours des professionnels, écart perceptible dans l’étude de la littérature et dans l’examen des sources que constituent les revues &amp;quot; thérapie familiale &amp;quot;.&lt;br /&gt;
Enfin, nous proposons la thèse selon laquelle la violence conjugale reste un phénomène qui bien que connu de tous, reste difficile à appréhender dans notre société. En effet, nous montrerons qu’il existe des définitions similaires mais superficielles qui varient dans leur développement en fonction des positionnements et des valeurs de ceux qui les proposent. Les statistiques qui rendent compte de la violence conjugale proposent d’autre part des modalités qui ne permettent pas de distinguer précisément les victimes des agresseurs de manière précise et approfondie. Elles ne permettent pas d’affirmer avec précision que les hommes sont aussi victimes de violences, les modalités de [[Genre|genre]] n’étant pas assez développées dans la prise en compte statistique. Les hommes victimes existent, mais leur visibilité est très faible du fait que c’est un phénomène qui est en train d’émerger comme problème social.&lt;br /&gt;
Nous montrerons ainsi que la violence conjugale reste un phénomène complexe et confus dans ses définitions. Enfin, nous verrons que la violence conjugale reste un concept en mouvement sur le plan des institutions, qui proposent des possibilités de prise en charge nombreuses, mais néanmoins insuffisantes si l’on considère la prise en compte de la violence faite aux hommes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Revue de littérature ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous aborderons cette revue de littérature en suivant la chronologie même de notre questionnement et de notre cheminement, qui nous a conduit, en commençant part la découverte du concept de &amp;quot; l’homme battu &amp;quot;, à approfondir nos recherches au concept de la femme battue et à appréhender dès lors le problème social que constitue la violence conjugale, qui englobe les deux autres concepts. Nous avons ainsi privilégié dans nos recherches les ouvrages qui traiteraient spécifiquement de l’existence du concept même de &amp;quot; l’homme battu &amp;quot;, dans une actualité la plus récente possible. Nous nous sommes vite aperçus, que peu de littérature existait à ce sujet. Cependant, les ouvrages les plus récents (Torrent et Dallaire) font tous les deux référence à l’inscription du concept de l’homme battu dans celui de la violence conjugale. Nous avons dès lors élargi nos recherches dans ce domaine, toujours à la recherche du moindre élément concernant la violence faite aux hommes. D’autre part, nous avons voulu mettre en question les propositions faites par Dallaire et Torrent, en nous référant à d’autres auteurs qui portent un regard différent sur les acteurs, hommes ou femmes, de la violence conjugale. Notre attention s’est ainsi portée sur des notions concernant la désignation des acteurs en termes de victime et d’agresseur, et la désignation de ces mêmes termes de catégorie homme-femme. Enfin, nous avons cherché à contextualiser le phénomène de l’homme battu, en recherchant dans l’histoire de la violence conjugale, le moment où est apparu le concept de &amp;quot; l’homme battu &amp;quot;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sophie Torrent, dans son ouvrage sur l’homme battu (2001) met directement en question le fait qu’il existe au sein de la vie de couple une violence faite aux hommes, une violence souvent difficile à accepter, celle-ci allant à l’encontre de stéréotypes tels que celui qui considère que la femme est l’élément faible du couple et que l’homme en est le dominant. Dans la première partie de son livre, l’auteur tente tout d’abord d’expliquer ce phénomène atypique de l’homme battu, cet &amp;quot; impensable social &amp;quot; dit-elle. Elle analyse les différents types de violences (physique, sexuelle, psychologique, verbale et économique) pour ensuite orienter son analyse vers la notion de &amp;quot; rôles sociaux &amp;quot;. Elle montre comment l’homme violenté est agressé jusque dans les &amp;quot; facettes &amp;quot; qui font son [[Identité sociale|identité]] . Pour elle &amp;quot; être battu invalide l’homme dans son appartenance à la catégorie sociale homme &amp;quot;. Dans la deuxième partie de son ouvrage, Torrent réfléchit sur les différentes stratégies élaborées par l’homme pour gérer des situations difficiles. Elle s’appuie notamment dans son travail de recherche sur des interviews réalisées avec des &amp;quot; hommes battus &amp;quot;. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est dans une considération assez proche qu’Yvon Dallaire (2002), thérapeute au Québec, aborde le phénomène de la violence faite aux hommes (La violence faite aux hommes. Une réalité taboue et complexe). Il nous rappelle le constat de l’existence ineffable de la violence dans l’humanité, violence souvent fortement médiatisée, mais selon lui, de manière incomplète. En effet, dit-il, notre attention ne serait attirée que vers une forme de violence, soit celle faite par les hommes contre les autres hommes (guerres, voies de fait, suicides), contre les femmes (violence conjugale, viol, meurtre, tueurs en série) et contre les enfants (violence infanticide, meurtre suivi de suicide). Pour Dallaire, une forme de violence a été occultée : la violence des femmes faite envers les femmes, les hommes et les enfants. Le propos de son texte est de démontrer d’une part que des femmes peuvent être tout autant violentes que des hommes, et que d’autre part, l’analyse de la violence conjugale s’inscrit dans un paradigme teinté de sexisme et de discrimination. Pour cet auteur, la violence conjugale ne se décline pas simplement sur le mode victime-agresseur, mais plutôt sur celui de victime-victime, de deux individus qui sont les co-créateurs d’une escalade débouchant sur l’explosion physique. Afin d’alimenter son propos, Yvon Dallaire met en lumière les stéréotypes et les préjugés qui circulent dans le discours commun : l’homme est un être violent, un abuseur d’enfants, un irresponsable, les hommes sont tous des obsédés sexuels, il sont tous infidèles, menteurs et manipulateurs. Dès lors, toute violence féminine est considérée comme relevant de la légitime défense, l’homme est ainsi rendu coupable de toute la violence conjugale. Précisons ici que l’auteur dénonce le discours d’influence féministe qui se déploie dans le contexte québécois. Son objectif est de connaître les réelles dimensions de la violence conjugale, plutôt que de rechercher un coupable à punir, toujours le même : l’homme. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’ouvrage de Bretonnière-Fraysse et al. (2001), incontournable pour notre sujet, propose quant à lui un autre regard qui positionne clairement les femmes en tant que victimes et les hommes comme agresseurs, sans nuances : &amp;quot; on le sait, la violence conjugale a toujours existé ; on le sait aussi : les victimes en sont les femmes et les auteurs, les hommes. Mais elle demeure encore cachée, honteuse, secrète &amp;quot;. Cet ouvrage prend un biais anthropologique et historique pour nous montrer la condition de victime de la femme à travers les époques passées et jusqu’à nos jours. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Gillioz, De Puy et Ducret quant à elles (2000), font état des connaissances qui ont fait de la violence familiale et de la violence contre les femmes, un champ d’étude relativement nouveau dans les sciences sociales. Elles nous rappellent que jusque dans les années soixante, la société et avec elle les scientifiques vivent sur le mythe de la famille non violente. Cette dernière étant considérée comme rare et comme étant le fait d’individus déséquilibrés. Dans les années septante, sous l’influence de militantes féministes anglo-saxonnes qui ouvrent des refuges pour femmes battues et portent la question de la violence conjugale sur la place publique, ce phénomène jusque-là occulté est posé comme problème socio-politique. C’est dès lors que les sciences sociales vont s’y intéresser, à travers deux grands courants de recherche. Le premier est constitué par des études portant sur la violence subie par les femmes au sein de la famille et postule, en se fondant sur les prémisses théoriques féministes, que cette violence est spécifique. Ilc il est nécessaire de l’étudier indépendamment des autres types de violence familiale qui relèvent d’autres logiques. Le deuxième courant de recherche, issu de la sociologie de la famille, a pour objet la violence familiale et considère la société et ses institutions comme des systèmes consensuels qui embrassent dans la même problématique l’ensemble de la violence qui se déroule dans le cadre familial. &lt;br /&gt;
L&#039;ouvrage de Gillioz et all. mentionne également  les travaux de Strauss, Gelles et Steinmetz (1977), à partir desquels a été tiré l&#039;affirmation que les femmes sont aussi violentes que les hommes. C’est à ce moment qu’apparaît le concept du &amp;quot; mari battu &amp;quot;, des résultats tirés des statistiques de cette recherche, ont permis à l&#039;un des chercheurs de conclure que ce qui était le plus sous-estimé n’est pas la femme battue, mais le mari battu. La validité scientifique reste toutefois fortement contestée, nous en trouvons les arguments dans l’ouvrage de Gillioz, De Puy et Ducret. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Notre revue de littérature se conclut par l’approche systémique de Perrone et Nannini (1995) qui proposent leur livre comme un manuel à l’usage des professionnels appelés à intervenir auprès des familles. Leurs présupposés considèrent que la violence n’est pas un phénomène individuel, mais la manifestation d’un phénomène interactionnel. La violence est ainsi un mode particulier de communication entre partenaires qui sont tous impliqués et par là même responsables au sens interactionnel du terme. Comme Yvon Dallaire, les auteurs ne considèrent pas les acteurs de la violence conjugale en termes de &amp;quot; victime-agresseur &amp;quot;, ni en termes &amp;quot; hommes-femmes &amp;quot;. Les objectifs et les enjeux que ces deux auteurs proposent s’appuient sur l’idée que chacun doit devenir et se penser responsable de ses propres comportements. C’est également selon cette optique que certains &amp;quot; cliniciens &amp;quot; abordent en partie la question dans leur article (Rey, H et al. 2006). Contini 6 mai 2006 à 16:28 (MEST)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Problématique ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le questionnement qui est à l’origine de notre travail prend source dans la rencontre que nous avons faite d’un concept qui semble nouveau de prime abord : &amp;quot; l’homme battu &amp;quot;. Nous avons découvert ce concept dans l’ouvrage récemment publié de Sophie Torrent qui s’intitule &amp;quot; les hommes battus &amp;quot;. Ce livre met en lumière l’existence d’hommes victimes de violences exercées par des femmes à leur encontre, il interroge également les questions identitaires vécues par ces &amp;quot; nouvelles victimes &amp;quot; à travers la conduite de multiples entretiens. &lt;br /&gt;
Ces propos nous ont intrigués, parfois rendus perplexes et ont ainsi attisé notre curiosité. Nous avons dès lors entrepris des recherches bibliographiques qui nous permettraient de découvrir des discours proches des propos de Torrent. Nous avons ainsi constaté que ce &amp;quot; phénomène &amp;quot; des hommes battus était, dans une moindre mesure, relayé dans d’autres ouvrages qui l’inscrivaient dans le cadre plus large de la violence conjugale. Nos recherches livresques nous ont ainsi conduits à investiguer le corpus que nous avons constitué afin de tenter de répondre à la question principale qui guide notre recherche : comment le phénomène de &amp;quot; l’homme battu &amp;quot; s’inscrit-il dans le paradigme de la violence conjugale ? Les questions secondaires qui en découlent sont multiples : quand est-ce que ce concept est apparu ? Par qui a-t-il été développé ? Quels sont les discours qui relaient ce concept ou qui s’y opposent ? &lt;br /&gt;
Les éléments qui composent notre revue de littérature nous ont permis d’entrevoir certains points qui semblent être récurrents. Nous nous sommes ainsi aperçus que le concept d’ &amp;quot; hommes battus &amp;quot; se trouvait à chaque fois en tension avec celui de &amp;quot; femmes battues &amp;quot; dans le cadre de la violence conjugale que nous avons aussi essayé de définir. Nous nous sommes dès lors trouvés confrontés à deux discours contraires entre des groupes de pressions constitués autour de la &amp;quot; souffrance masculine &amp;quot; et les propos issus de certains discours féministes. Nous avons également constaté que cette opposition - que nous caractérisons grossièrement entre les deux discours – se dédouble d’une autre opposition dans la désignation des acteurs de la violence conjugale en  termes de victime et d’agresseur. Nous constatons que les acteurs sont ainsi stigmatisés, avec des stéréotypes qui désignent de manière massive l’homme comme étant un agresseur et la femme une victime.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Méthodologie ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En fonction des éléments de la problématique, l’objectif de notre recherche a consisté pour nous à y voir plus clair en tentant de répondre aux questions que nous nous posons. Afin de prendre une nécessaire distance vis-à-vis du regard que propose notre revue de littérature, nous avons choisi d’orienter nos recherches sur diverses sources d’informations. Nous avons trouvé intéressant d’examiner si des statistiques existaient sur les &amp;quot; hommes battus &amp;quot; et sur les &amp;quot; femmes battues &amp;quot; et dès lors de voir si celles-ci pouvaient éclaircir notre questionnement. Nous avons aussi choisi de chercher des éléments dans une série de revue spécialisées dans la thérapie familiale, dès lors que le phénomène des &amp;quot; hommes battus &amp;quot; s’inscrit dans le cadre de la violence conjugale. De plus, pour avoir une vision plus globale nous avons aussi décidé de faire une revue d’articles de presse étudiant quelques articles récents. Enfin, nous avons opté pour une recherche mettant en œuvre la conduite de plusieurs entretiens auprès de professionnels de la prise en charge de la violence conjugale, ainsi qu’auprès de &amp;quot; victimes &amp;quot; qui accepteraient de nous apporter leur témoignage. Ces éléments correspondent à ce que l’on pourrait appeler la &amp;quot; recherche sur le terrain &amp;quot;. Nous avons aussi élargi notre revue de littérature en laissant une place pour l’étude des discours qui proviennent des divers professionnels spécialisés dans la thématique de la violence conjugale. Nos sources seront ainsi multiples : entretiens ; revue de presse ; statistiques ; revues spécialisées. &lt;br /&gt;
Notre analyse consistera à analyser les contenus du matériel récolté, en prenant pour point d’appui la désignation des acteurs de la violence conjugale, en termes de stéréotypes (stigmatisation) et dans une approche de &amp;quot; genre &amp;quot; étudiant les rapports sociaux hommes-femmes par rapport à cette thématique, ainsi que les rapports victimes-agresseurs qui s’y rattachent. &lt;br /&gt;
L’analyse devrait ainsi nous permettre de réunir des points de vue différents et ainsi de confirmer ou d’infirmer, voir de &amp;quot; tempérer &amp;quot; ce que nous avons développé dans la revue de littérature en fonction des auteurs choisis.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Résultats et analyses ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Revue de presse ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous avons également utilisé comme source des articles de journaux et périodiques récents, constatant que la thématique de la violence conjugale apparaît régulièrement dans les médias. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout d&#039;abord, &#039;&#039;&#039;Amnesty&#039;&#039;&#039; affiche une grande visibilité grâce à son magazine pour les droits humains (février 2006), son journal d&#039;action (janvier 2006) et son site internet, qui tous trois évoquent récemment la violence domestique. En effet, Amnesty a commencé en mars 2006 sa campagne suisse « En route contre la violence domestique », dont l&#039;action principale consiste en un tour de plusieurs cantons du mobile home &amp;quot;sweet home&amp;quot; afin  de  briser le tabou qui entoure la violence dans le couple, d’améliorer les interventions de l’Etat contre la violence domestique,  et de sensibiliser le grand public, en particulier les jeunes et les hommes, notamment dans les régions rurales. Les revendications d’Amnesty International en matière de violence domestique repose sur l’obligation de l’Etat d’agir contre cette forme de violation des droits humains. Car aujourd’hui si la visibilité du débat public sur la violence domestique s’est améliorée, les menaces, coups, contraintes, viols et meurtres auxquels les femmes sont souvent exposées dans leurs quatre murs constituent un sujet rarement perçu comme relevant des droits humains. De la sensibilisation est encore nécessaire pour considérer que l’empêcher ne relève pas de la sphère privée des couples et des familles concernées, et ne pas l’assimiler à un « problème de femmes », mais à une mission publique, qui touche tout le monde.  Pourtant il s’agit bien de droit à l’intégrité physique et psychique : droit à la liberté et à la sécurité, droit à la santé, droit à l’absence de torture ou d’autres traitements dégradants et même souvent le plus, droit à la vie.&lt;br /&gt;
La position d&#039;Amnesty International quant à la violence domestique consiste à considérer sa cause dans les rapports inégalitaires de sexe. L&#039;accent est mis sur les représentations sociales qui ne cessent de faire le lien entre violence et masculinité. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le numéro du journal &#039;&#039;&#039;Repère Social&#039;&#039;&#039; de février 2006 s&#039;intitule « Quand le sexe faible est violent » et à travers le prétexte de l&#039;ouverture récente à Lausanne d&#039;un accueil pour femmes violentes, aborde ce sujet trop rarement médiatisé de la violence des femmes. &lt;br /&gt;
L&#039;auteur, Geneviève Praplan, présente les associations Vires et Face à Face à Genève, et Violence et famille à Lausanne. Cette dernière institution travaille depuis sept ans avec des hommes violents, mais accueille depuis novembre 2005 également des femmes violentes. Le Coordinateur et plusieurs intervenants ont été formés au Québec, auprès d&#039;OPTION, institution pionnière fondée par le psychothérapeute Jacques Broué en 1985. A Violence et Famille, c&#039;est ainsi sous forme de thérapie de groupe que se déroule l&#039;accompagnement, après quelques entretiens individuels. Le processus de réflexion engagé avec les auteurEs est le même pour les hommes que pour les femmes. Néanmoins, il est spécifié qu&#039;il faut être spécialement vigilant avec les femmes, en vérifiant qu&#039;elles ne sont pas &amp;quot;davantage des victimes que des agresseurs&amp;quot;. De plus, rapidement le lien entre passé et présent doit se faire. &lt;br /&gt;
&amp;quot;Hommes et femmes ne sont pas forcément égaux devant leur violence&amp;quot;: dans l&#039;inconscient collectif masculin, il est nécessaire d&#039;affirmer sa virilité, la violence masculine est ainsi plus facilement excusée. Au contraire, les rôles sociaux attribués aux femmes font qu&#039;on la juge plus sévèrement si elle fait usage de violence, mais leur permet de reconnaître moins difficilement que les hommes leurs actes violents. L&#039;auteur met en avant que les chiffres manquent quant à l&#039;ampleur de la violence féminine, surtout exercée envers ses enfants. Par ailleurs les préjugés quant aux données socio-économiques des auteurs de violence perdurent. Cela est en partie dû au fait que les familles en situation précaire sont plus aisément repérées par les services sociaux, vu l&#039;étendue de leurs besoins.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Statistiques ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Aborder le problème social de la violence conjugale nous incite à faire un retour vers les années 1970. C’est à cette époque que l’on peut situer les premières recherches sur ce thème  mettant en question le mythe de la famille non violente. Les militantes féministes amènent la question de violence conjugale sur la place publique et le posent comme un problème socio-politique. La question de la violence est abordée comme conséquence des rapports de domination, c&#039;est-à-dire des effets de l’exercice d’une influence déterminante d’un groupe, les hommes, sur un autre, les femmes. Tout rapport de domination suppose, en effet, en dehors du rapport de pure violence, un système de justification visant à obtenir un minimum de &amp;quot;volonté d&#039;obéir&amp;quot; de la part des assujettis, note le Petit Robert.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les sciences humaines vont s’y intéresser. De nombreuses études sont entreprises dans les années 1970 et 1980 dans le but de décrire la violence domestique, de pouvoir la chiffrer, de chercher à l’expliquer, d’étudier ses conséquences sur les victimes, et d’examiner les réponses sociétales à ce problème.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les résultats de l&#039;une de celle-ci, Straus et al.(1977) permettent de dire que femmes et hommes admettent recourir à des tactiques de violence dans des situations de conflits. Ce résultat est basé sur le &amp;quot;Conflict Tactics Scales&amp;quot; (CTS), échelles centrées sur les tactiques de gestion des conflits, qui intègrent une série de comportements allant des plus rationnels aux plus violents. Cette étude permettra à l’une des auteur-e-s, Steinmetz, de tirer la conclusion de l’existence du « syndrome de l’homme battu ». Ce qui sera contesté pour insuffisances méthodologiques. Depuis la plupart de chercheurs et chercheuses renoncèrent à utiliser ce concept.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Qu&#039;en est-il de la reconnaissance de la violence conjugale en Suisse ? &lt;br /&gt;
Une loi fédérale est votée (4 octobre 1991), sur l’aide aux victimes. Si cette notion de &amp;quot;victime&amp;quot; est large, accidenté de la route, attentats, viol, contrainte sexuelle, séquestration, elle comprend spécifiquement les violences domestiques. Dès lors,  elle  permet également aux femmes victimes de violence conjugale d&#039;être reconnues, visibilées et aidés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La création des centres Lavi, issu de cette loi, a pour but de fournir une aide efficace (conseils, la protection de la victime, la défense de ses droits dans la procédure pénale et l’indemnisation et la réparation morale) aux victimes d’infractions ou d’une atteinte directe à son intégrité corporelle, sexuelle ou psychique et à renforcer leurs droits. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les centres de consultation « Lavi » sont instaurés dans chaque canton. La police est tenue d’informer les victimes de l’existence de ces centres et de leur transmettre les coordonnées de celle-ci (sur la base de son accord). L’aide immédiate et les prestations fournies directement par les centres sont gratuites. Lorsque la situation personnelle de la personne qui consulte le justifie, les centres de consultation prennent en charge d’autres frais (comme par exemple les frais médicaux, les frais d’avocat ou les frais de procédure). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
S’il est difficile de faire parler les statistiques, ici nous nous basons sur l’année 2004, ils donne toute de même une idée intéressante sur la question qui nous occupe, à savoir la violence féminine et masculine : une nette prédominance des femmes dans la consultation (75%), avec des auteurs présumés de sexe masculin (83.5), et l’existence d’une relation familiale, victime – agresseur (52,9%).  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
(Le législateur prend en compte la situation des victimes, il estime qu’elles doivent être soutenues dans la procédure pénale, et également qu’elles ont droit à une indemnisation ou à une réparation morale (en fonction des revenus de la victime). )&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On peut constater également la reconnaissance par la société du statut de victime,  puisque les demandes, au nombre de 196 pour l’indemnisation et de 728 pour la réparation morale,  ont été traitées positivement. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La formation du personnel des centres Lavi : la loi mentionne des aides financières à la formation. Une formation spécifique « Lavi » a été instaurée et des formations complémentaires complètent la spécialisation de ces professionnels. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Violence domestique, une protection particulière : l’expulsion immédiate du domicile des personnes violentes, lesquelles ne peuvent plus réintégrer leur logement pendant une période déterminée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le 14 juin 2000, la Conseillère Ruth-Gaby Vermot-Mangold dépose une initiative parlementaire. Le Conseil fédéral  propose, en novembre 2005, un nouvel article 28b dans le code civil visant à protéger la victime de violence ou de harcèlement en lui donnant le droit de requérir le juge d’instruction d’interdire à l’auteur de l’atteinte de l’approcher, de fréquenter certains lieux ou de prendre contact avec elle. &lt;br /&gt;
Ce nouvel article 28b prévoit également l’institution par les cantons de centres d’informations et de consultation dans le but d’agir préventivement pour éviter la violence domestique et sa récidive. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Violence entre conjoint ou partenaire : poursuivie d’office depuis le 1 avril 2004&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le Conseil Fédéral  modifie le Code pénal en ce sens que les actes de violence domestique seront poursuivis d’office et non plus sur plainte de la victime. Le communiqué de presse est intéressant et nous donne un aperçu des changements sociaux intervenus : « il n’est plus question de tolérer la violence physique ou sexuelle exercée contre un conjoint ou un partenaire – dans un couple hétérosexuel ou homosexuel – sous prétexte qu’elle ne serait que de peu de gravité ou qu’elle relèverait de la sphère privée ». La contrainte sexuelle et le viol commis au sein du couple sont élevés au rang de délits poursuivis d’office.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Evolution des lois et violence conjugale.&lt;br /&gt;
Votée en 1991, la LAVI démontre que «  victime de violence » constitue maintenant  une déviance secondaire. Les plaignants sont identifiés, l’état institutionnalise leur prise en charge, les centres Lavi sont créés et les consultations augmentent au fil des années.   &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Néanmoins la notion de &amp;quot;violence conjugale&amp;quot; se fait discrète, le terme de violence domestique n’apparaît qu’avec le dépôt en 2002 de l’initiative parlementaire de Vermot-Mangold. En juin 2001 le Conseil Fédéral met en consultation le « projet élaboré par la Commission des affaires juridiques du Conseil national » et la notion de violence domestique fait partie des préoccupations reconnues officiellement. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous pouvons relever que les documents officiels font référence à une notion de victime qui n’est pas sexuée,  le mot « femme » n’y est pas accolé. Les termes utilisés « violence physique ou sexuelle exercée contre un conjoint ou un partenaire (…) dans un couple hétérosexuel ou homosexuel », « ordonner à une personne violente de quitter le domicile conjugal », « prévenir la récidive des agresseurs ». Dans les documents que j’ai parcouru sur le site de l’office fédéral de la justice sous la mention « aide aux victimes », je n’ai trouvé qu’une seule fois la mention spécifique « femme » : «  la violence domestique est aujourd’hui quotidienne dans notre société. Les femmes en sont souvent les victimes ». Dans tous les autres documents la violence domestique paraît neutre. Si le mot victime est féminin, les textes l’utilisent comme un élément générique. On peut en partie le comprendre par le fait que  la Lavi ne reçoit pas que des victimes de violences conjugales, mais également des victimes d’accidents de la route, d’attentats, d’enlèvement, de prise d’otage ou de brigandage.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Analyse des résultats&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour résumer, nous voici arrivés à un premier constat. Nous pouvons dire que la découverte de la violence conjugale et de ses effets a pour origine le questionnement du mouvement féministe, repris par des chercheur-e-s, qui ont confirmé et précisé le phénomène de la violence conjugale. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Autre découverte, la notion d’homme battu, que nous avions posé comme une construction récente, date des premières recherches sur ce domaine. Le syndrome de l’homme battu, développé  par une chercheuse du l’équipe de  Straus et al. a été un concept rapidement abandonné. Les défauts dans l’opérationnalisation du concept de violence, dans la méthode et dans l’interprétation des données de l’enquête effectuée à l’aide du Conflict Tactics Scales ont été largement reconnus. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comment se fait-il alors que des auteurs récents se saisissent du vocable « homme battu », partent à sa recherche, et le trouve ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour cela nous devons revenir à nouveau aux années 1970 et aux changements intervenus dans les places des hommes et des femmes. Ces dernières acquièrent un statut différent, elles deviennent citoyennes, accèdent au marché du travail et peuvent maîtriser leur fécondité. L’égalité homme – femme advient. A partir de là, le féminisme devient un mouvement social et politique pour l&#039;émancipation des femmes. Mais il va désigner aussi un corpus théorique qui va permettre aux sociologues de revisiter leurs différents champs d’études à travers la problématique des rapports sociaux de sexe.  Sous cet angle là, la violence conjugale prend un autre sens, elle est  rendue possible parce que les femmes ont moins de moyens, par conséquent moins de pouvoir, et parce que le genre féminin est dévalorisé par rapport au masculin. &lt;br /&gt;
Pierre Bourdieu a largement développé le fonctionnement des dominés et démontré comment ceux-ci ayant intégré le discours dominant « construisent ces relations de pouvoir du point de vue même de ceux qui y affirment leur domination… ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En Suisse, les statistiques 2004 issues des centres Lavi apportent des précisions chiffrées à cette forme de violence. Le taux de victimes de sexe féminins est important (75%),  le sexe masculin de l’auteur présumé révèle un pourcentage très élevé (83.5%) et pour 52.9% des consultants une relation familiale victime - agresseur existe. &lt;br /&gt;
Bien que la violence conjugale soit maintenant reconnue, des groupes sociaux la mettent en question. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les années 1980 une tension s’avive entre hommes et femmes.  Certains hommes pro féministes tiennent un discours optimiste concernant la constitution d&#039;une société nouvelle et égalitaire  et reconnaissent la domination masculine comme clé d&#039;un changement possible. &lt;br /&gt;
D&#039;autres hommes tiennent un discours alarmiste et insistent sur le malaise identitaire engendré par cette modification des rapports sociaux source de perte de repères. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A partir de là, des groupes d’hommes se forment autour, par exemple d’auteurs tels que Guy Cornaux au Canada, Jacques Salomé en France,  ou plus récemment Y. Dallaire qui avec John Goetelen a organisé le premier Congrès international de la condition masculine à Genève en 2003. Des mouvements pour la condition paternelle se créent afin de s’opposer à la garde des enfants accordée systématiquement à la mère en cas de divorce.  Le film récent « Le souffle du désert » de François Kohler, illustre ce phénomène de la recherche d’une identité masculine vécue comme problématique. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C&#039;est dans cette mouvance que nous trouvons aujourd&#039;hui les protagonistes d&#039;un détournement de la violence masculine au profit d&#039;une violence exercée contre les hommes par les femmes. ces détracteurs pourront s&#039;appuyer probablement dans les années à venir sur les modifications des images féminines, les stéréotypes de la femme douce et soumise ont tendance à s&#039;estomper. Et l&#039;on peut se demander si les jeunes femmes ne se permettront pas plus que par le passé d&#039;exprimer leurs sentiments de colère et violence, là où s&#039;exprimaient auparavant peut-être impuissance, tristesse et dépression. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Utilisateur:Cornut piller|Cornut piller]] 1 jun 2006 à 09:15 (MEST) ~~&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Entretiens ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est souvent question dans les chiffres, de comparer,  voire d’opposer, hommes et femmes face à la violence conjugale. En d’autres termes de démontrer que le premier est le bourreau et la deuxième la victime. Pour certains, la question des hommes battus ne recouvrirait pas la même problématique que celle des femmes battues. Pour certains auteurs, tel Yvon Dallaire, il semble que les stéréotypes de femme-victime et homme-agresseur affiliés aux rôles des acteurs, n’aident en rien à reconnaître la problématique. Alors que la femme est souvent vue comme une personne douce, fragile et protectrice. Les hommes, eux, sont reconnus comme des êtres forts, virils et courageux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;L’homme battu existe, nous l’avons rencontré&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour confronter les stéréotypes affiliés aux genres, nous avons cherché à interviewer des hommes battus. Paul et Luc (prénoms d’empreint) ont un point commun : leur passé d’homme maltraité. Ils ont été, tous les deux, physiquement battus par leur conjointe. Toutefois, il semblerait que la problématique de l’homme violenté intègre, dans sa forme globale, une autre forme de violence, une violence psychologique. Il ressort des entretiens que la forme physique ne semble pas être la forme de violence qui marque le plus. &lt;br /&gt;
Pour essayer de comprendre au mieux le vécu violenté de ces hommes et plus généralement de toute personne impliquée dans des relations violentes, nous avons questionné la littérature ainsi que des professionnels de terrain.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour la travailleuse sociale, Sophie Torrent (2001), « la nature de la violence [à l’égard de la gente masculine] et ses modes d’expression traduisent, dirait-on, une violence spécifiquement féminine, subtile, qui atteint l’intégrité psychique de l’homme.» (p.33). L’homme victime de violence psychologique semble atteint surtout dans sa masculinité, plus précisément dans la représentation de la masculinité qui lui a permis de construire son identité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Le harcèlement que j’ai vécu par cette femme tyran m’a amené à perdre, pendant quelques temps, mon identité masculine… C’était quoi être un homme ? Je ne savais plus faire l’amour comme il faut en quittant ma femme. J’ai du réapprendre à accepter de prendre du plaisir. » Luc&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;La violence ; une histoire d’homme ?&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Alors que nous venons de découvrir avec stupéfaction certaines réalités d’hommes maltraités par leur conjointe, comment traiter ces vérités face à notre idéal féminin construit ? Comment même penser à la violence des femmes, alors que celle que l’on exerce à leur égard est de loin la plus établie, la plus reconnue et de ce fait la plus portée par les médias ? De nos jours, la société reconnaît et prend en charge la femme violentée, qu&#039;en est-il de la femme violente ? &lt;br /&gt;
Il est commun d’entendre qu’une femme violente est une femme malade psychologiquement ou encore que cette dernière n’agresserait que pour se défendre. Pour la psychothérapeute Diane Chayer, ( citée par Ruel &amp;amp; Guéricolas, 1998), il semblerait qu’il n’y ait tout simplement pas de permission sociale à la violence des femmes. « La société dit qu’il est presque normal pour un homme d’être violent. Mais une femme violente, c’est une extraterrestre. » &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour Yvon Dallaire, « la femme violente peut ressentir de la fierté pour avoir battu plus fort qu’elle. Et la société ne la dénigre pas, elle cherche plutôt à la comprendre et à l’excuser, compatissant souvent à son sort. » (p26) A contrario, pour la responsable d’une structure acceuillant des femmes violentes, « celles et ceux qui passent de la parole aux actes souffrent, ils ont besoin d&#039;aide et y ont droit. Toutefois, la femme violente souffre de discrimination ; on ne veut pas lui reconnaître sa violence. » Il semblerait alors que, paradoxalement, la femme violente souffre des mêmes maux sociaux que l’homme maltraité. Une nouvelle fois, il semblerait que les stéréotypes, affiliés aux genres, décident de ce qui peut être acceptable ou pas.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Le statut de victime/agresseur&#039;&#039;&#039; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La responsable d’un établissement prenant en charge des femmes violentes nous apprend qu’il est difficile de tenir le fil rouge concernant les rôles de victime-agresseur. « On est là pour travailler sur la violence des femmes, en tant qu’auteures de violence et non en tant que victimes. Très souvent, ça dérape en justification des actes qui déplace la position d’agresseuse à celui de victime. » Il semble que souvent, l’agresseur se voit comme victime. Responsabiliser les acteurs(trices) de violence, c’est les aider à prendre conscience de leur violence. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Responsabilité dans la violence&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La question est partagée. Alors que pour beaucoup, la responsabilité de la violence doit être assumée par son auteur(e), pour d’autres, elle doit être partagée. En effet, pour Denis Châtelain, co-fondateur d’une association prenant en charge des auteur(e)s de violence, « il faut prendre en compte le potentiel de violence de la victime dans la compréhension de la dynamique ». Pour la responsable d’une association accueillant des femmes violentes, « il est impossible de faire un tel travail si l’on part du principe d’une co-responsabilité dans la réalisation de la violence. En effet, on ne peut pas se permettre de déraper sur l’aspect empathique et comprendre voir d’excuser l’acte de violence au nom d’un statut de victime reconnu. Pour nous, l’acte violent n’est pas excusable, il est inadmissible quelque soit sa source ou sa justification. Ce qui nous paraît important c’est de faire en sorte de ne plus jamais en avoir à arriver là. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;La prise en charge de la violence&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comment aborder la problématique de la violence conjugale et plus particulièrement celle des hommes maltraités et des femmes violentes ? Alors qu’Yvon Dallaire se demande si l’on « ne pourrait pas exploiter l’expertise des centres d’accueil pour femmes au profit des hommes battus et l’expertise des groupes d’entraide pour homme violents au profit des femmes violentes ? » (p29), la responsable d’une structure accueillant des femmes actrices de violence répond que « pour aider les femmes actrices de violence, il faut appliquer un traitement différencié. Les raisons étant parce qu’on n’éduque pas de la même façon une petite fille et un petit garçon, le rapport au féminin n’est pas le même. La violence masculine est légitimée. Par contre, on ne reconnaît pas ce droit à la femme. Cela étant dû aux stéréotypes de mère protectrice d’une part. » &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Revue &amp;quot;Thérapie familiale&amp;quot;===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous avons jugé opportun d&#039;analyser des numéros de Thérapie de Famille, une revue trimestrielle  d&#039;orientation systémique. Cette source représente en effet le point de vue théorique et le constat des pratiques des thérapeutes de famille. Il est pertinent de se demander à quel point le discours de ces professionnels de la famille influence la société et est en retour influencé par elle. Les catégories  victime-agresseur y sont-elles aussi clairement définies que dans le sens commun et certains discours? Fait-on une différenciation au niveau de l&#039;étiologie de la violence et de ses conséquences selon le genre? Le contact avec les patients remet-il en question certaines pratiques thérapeutiques et fait-il avancer les models conceptuels? Pour répondre à ces interrogations, nous avions à disposition tous les numéros parus depuis de nombreuses années afin d&#039;observer à quelle fréquence et sous quelle forme la thématique des violences conjugales était abordée. Nous avons porté notre choix sur la période allant de 1995 à 2001, pendant laquelle quatre numéros contiennent des articles dédiés à notre sujet.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les deux premiers numéros analysés, datant de 1995 et de 2000 sont riches d&#039;informations car rédigés par les mêmes auteurs, qui font part de l&#039;évolution de leur réflexion durant les cinq ans écoulés. Le numéro de 2000 a été écrit par des thérapeutes colombiens, ce qui nous montre la préoccupation internationale des thérapeutes de famille autour de la violence conjugale et leur désir d&#039;échanger à ce sujet. Quant au dernier numéro pris en compte, celui de 2001, il présente la synthèse des théories les plus utilisées à propos de la violence domestique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
(à suivre...)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Conclusion ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Difficultés===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le sujet que nous avons abordé tout au long de ce travail est délicat. Nous avons relevé le peu de neutralité émanant des sources existantes sur ce thème, chaque écrit représentant une certaine prise de position, quant à la causalité de la violence conjugale par exemple, ou les convictions cachées derrière l&#039;attribution de statuts victime-agresseur ou victime-victime.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette subjectivité rentre en interrelation avec notre sensibilité propre, individuelle, qui n&#039;est donc pas la même entre les personnes de notre groupe. Le fait que celui-ci soit constitué de deux femmes et deux hommes est très enrichissant, et même primordial quand l&#039;on s&#039;attèle à ce type de problématique. Néanmoins, cela implique un investissement conséquent en termes de discussion, explicitation des attentes et valeurs de chacun, en redéfinition continuelle de la problématique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans notre tentative d&#039;objectiver notre problématique, nous ne sommes que très peu aidés par les statistiques. Elles aussi disent ce qu&#039;elles ont envie de dire, et sont sans cesse remises en cause par des détracteurs. La conséquence en est qu&#039;aucune statistique ne sert vraiment de référence consensuelle dans la compréhension de la violence conjugale.Dans les statistiques policières, souvent la violence conjugale n&#039;est pas comptabilisée de manière séparée des autres délits de violence; dans d&#039;autres types de statistiques c&#039;est le genre qui n&#039;est pas retenu comme variable pertinente. En effet, derrière les chiffres, on découvre des définitions très variables de la violence: certains ne prennent en compte que la violence physique; d&#039;autres considèrent que de nombreux petits signes de nature verbale ou psychologique sont un pas dans l&#039;escalade de la violence, et les jugent donc de même poids que des coups. Entre ces deux extrêmes, toutes les variations sont présentes... &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est intéressant de relever à quel point certains chiffres sont médiatisés, afin d&#039;avoir un impact sur la population, alors que ces mêmes chiffres sont discutables au niveau statistique. &lt;br /&gt;
Pour conclure, nous nous sommes rendus compte que malgré une certaine médiatisation, qui n&#039;est pas si récente, de la violence conjugale, nous ne savons pas tellement de choses à ce sujet, ou plutôt il existe peu de consensus, voire la co-existence d&#039;approches inconciliables.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Références bibliographiques ==&lt;br /&gt;
Les lectures citées dans le travail final&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Dallaire Y. (2002). La violence faite aux hommes. Une réalité tabou et complexe. Québéc: Options santé. [[Résumé du livre]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Gillioz L., De Puy J., Ducret V. (1997). Domination et violence envers la femme dans le couple. Lausanne : éditions Payot. [http://home.etu.unige.ch/~maneira4/R_sum__aeticle.doc Résumé de l&#039;article]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Ruel S. &amp;amp; Guéricolas P. (1998). La violence des femmes : derrière le masque. In Gazette des femmes Vol. 20. (no 4). (Novembre-Décembre 1998).[Version électronique]. Accès le 20 novembre 2005 : &lt;br /&gt;
http://www.gazettedesfemmes.com/recherche/?F=recherche&amp;amp;idt=10075&amp;amp;affart=2866&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Torrent S. (2001). L’homme battu, un tabou au cœur du tabou. Québec: Option Santé. [http://home.etu.unige.ch/~maneira4/fiche%20de%20lecture%20homme%20battu.pdf Résumé du livre ]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Amnistie: Le magazine pour les droits humains, &#039;&#039;Dossier Combattre la violence domestique&#039;&#039;  No 44, février 2006.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Amnistie, Journal d&#039;action pour les droits humains, janvier 2006.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Praplan G., &#039;&#039;Quand le sexe faible est violent&#039;&#039; in Repère Social, No 73, février 2006.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Bibliographie ==&lt;br /&gt;
Les lectures utilisées mais pas citées dans le travail final&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Bretonnière-Fraysse et al. (2001). &#039;&#039; De la violence conjugale à la violence parentale&#039;&#039;. Eres [[Résumé|Résumé du livre]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Jackson D., Welzer-Lang D. (1998). Violence et masculinité. Toulouse : imprimerie 34.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Office fédéral de la statistique : Aide aux victimes. Chiffres clés. http://www.bfs.admin.ch/bfs/portal/fr/index/themen/rechtspflege.html&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Rey, H. et al. (2006). Les violences conjugales: pour une clinique du réel. &#039;&#039; Journal International de Victimologie&#039;&#039;. Année 4, No 1. [[Résumé de l&#039;article]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Miguel</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Violence_conjugale:_De_la_femme_battue_%C3%A0_l%27homme_battu...&amp;diff=4087</id>
		<title>Violence conjugale: De la femme battue à l&#039;homme battu...</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Violence_conjugale:_De_la_femme_battue_%C3%A0_l%27homme_battu...&amp;diff=4087"/>
		<updated>2006-06-14T10:59:04Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Miguel : /* Analyse */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&#039;&#039;&#039;Membres du groupe&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Chantal Cornut&lt;br /&gt;
* Céline Pittet &lt;br /&gt;
* Jean-Christophe Contini&lt;br /&gt;
* Miguel Maneira &lt;br /&gt;
[mailto:maneira4@etu.unige.ch,contini2@etu.unige.ch,cepittet@hotmail.com,ch.cornut-piller@bluewin.ch Ecrire au groupe]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 [[L&#039;homme battu: le mâle...traité|Notre projet]]  |  [[Plan de recherche: Violence conjugale; un concept en mouvement|Notre plan de recherche]]  |  [[Espace de dialogue|Notre espace de dialogue]]  |  [[Trésorus de notre groupe|Notre île aux trésors]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Introduction ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Violence conjugale|La violence conjugale]] semble être de prime abord un phénomène bien connu de nos jours. Les médias rendent régulièrement compte de ses conséquences, bon nombre d’associations ont été créées pour répondre à l’appel des victimes, une loi sur la protection des victimes a été instaurée, beaucoup de thérapeutes œuvrent également dans ce domaine. Il est question, la plupart du temps, des violences subies par des femmes et exercées par des hommes, il est dans une moindre mesure, question de la [[Violence|violence]] exercée par des femmes contre des hommes. Ce dernier phénomène reste minoritaire cependant, et fait l’objet de nombreuses critiques. Bien souvent, les discours opposent des mouvements &amp;quot;  [[Féminisme|féministes]]&amp;quot; à des groupes &amp;quot; masculinistes &amp;quot;, les uns dénonçant sans cesse l’ineffable violence des hommes envers les femmes, les autres dénonçant cette vision de l’homme éternellement &amp;quot; agresseur &amp;quot;, allant jusqu’à affirmer que des hommes sont aussi des &amp;quot; victimes &amp;quot; et que la violence peut aussi être l’apanage des femmes. Ici apparaît le concept &amp;quot; d’hommes battus &amp;quot; que nous interrogerons et qui est apparu dès les années septante.  &lt;br /&gt;
Afin de prendre de la distance vis-à-vis de ces deux positions antagonistes, nous proposons d’étudier ce que disent certains auteurs sur la violence conjugale, à la fois sur la violence subie par les femmes et par les hommes. Nous proposons aussi une recherche axée sur des entretiens avec des hommes &amp;quot; victimes &amp;quot; et des professionnels de la violence conjugale. Nous étudierons également des sources statistiques issues de la Loi Fédérale sur l’aide aux victimes et de Amnesty internationale tout comme des revues spécialisées dans le domaine de la thérapie familiale et plus particulièrement les articles concernant la violence domestique. &lt;br /&gt;
La thèse générale de notre article est de démontrer par notre étude que les discours qui circulent sur la violence conjugale sont une construction qui circonscrit la violence dans des [[Stéréotype|stéréotypes]] caricaturaux stigmatisant à la fois les femmes en tant que victimes et les hommes comme agresseurs. De cette restriction découle la difficulté d’envisager l’existence d’hommes victimes de violence conjugale, et d’égale manière celle de femmes violentes. Cela a comme conséquence pour les personnes concernées une non-reconnaissance sociale, se manifestant par de forts préjugés à leur encontre, et de grandes lacunes institutionnelles. Nous montrerons aussi que les professionnels de la violence conjugale (médecins, thérapeutes) ont dépassé cette opposition et qu’ils désignent plus les acteurs de la violence conjugale à un niveau de co-responsabilité qui ne distingue pas le sexe des protagonistes pour rendre compte de ce phénomène. Il y a ainsi un écart entre les discours dominants et les discours des professionnels, écart perceptible dans l’étude de la littérature et dans l’examen des sources que constituent les revues &amp;quot; thérapie familiale &amp;quot;.&lt;br /&gt;
Enfin, nous proposons la thèse selon laquelle la violence conjugale reste un phénomène qui bien que connu de tous, reste difficile à appréhender dans notre société. En effet, nous montrerons qu’il existe des définitions similaires mais superficielles qui varient dans leur développement en fonction des positionnements et des valeurs de ceux qui les proposent. Les statistiques qui rendent compte de la violence conjugale proposent d’autre part des modalités qui ne permettent pas de distinguer précisément les victimes des agresseurs de manière précise et approfondie. Elles ne permettent pas d’affirmer avec précision que les hommes sont aussi victimes de violences, les modalités de [[Genre|genre]] n’étant pas assez développées dans la prise en compte statistique. Les hommes victimes existent, mais leur visibilité est très faible du fait que c’est un phénomène qui est en train d’émerger comme problème social.&lt;br /&gt;
Nous montrerons ainsi que la violence conjugale reste un phénomène complexe et confus dans ses définitions. Enfin, nous verrons que la violence conjugale reste un concept en mouvement sur le plan des institutions, qui proposent des possibilités de prise en charge nombreuses, mais néanmoins insuffisantes si l’on considère la prise en compte de la violence faite aux hommes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Revue de littérature ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous aborderons cette revue de littérature en suivant la chronologie même de notre questionnement et de notre cheminement, qui nous a conduit, en commençant part la découverte du concept de &amp;quot; l’homme battu &amp;quot;, à approfondir nos recherches au concept de la femme battue et à appréhender dès lors le problème social que constitue la violence conjugale, qui englobe les deux autres concepts. Nous avons ainsi privilégié dans nos recherches les ouvrages qui traiteraient spécifiquement de l’existence du concept même de &amp;quot; l’homme battu &amp;quot;, dans une actualité la plus récente possible. Nous nous sommes vite aperçus, que peu de littérature existait à ce sujet. Cependant, les ouvrages les plus récents (Torrent et Dallaire) font tous les deux référence à l’inscription du concept de l’homme battu dans celui de la violence conjugale. Nous avons dès lors élargi nos recherches dans ce domaine, toujours à la recherche du moindre élément concernant la violence faite aux hommes. D’autre part, nous avons voulu mettre en question les propositions faites par Dallaire et Torrent, en nous référant à d’autres auteurs qui portent un regard différent sur les acteurs, hommes ou femmes, de la violence conjugale. Notre attention s’est ainsi portée sur des notions concernant la désignation des acteurs en termes de victime et d’agresseur, et la désignation de ces mêmes termes de catégorie homme-femme. Enfin, nous avons cherché à contextualiser le phénomène de l’homme battu, en recherchant dans l’histoire de la violence conjugale, le moment où est apparu le concept de &amp;quot; l’homme battu &amp;quot;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sophie Torrent, dans son ouvrage sur l’homme battu (2001) met directement en question le fait qu’il existe au sein de la vie de couple une violence faite aux hommes, une violence souvent difficile à accepter, celle-ci allant à l’encontre de stéréotypes tels que celui qui considère que la femme est l’élément faible du couple et que l’homme en est le dominant. Dans la première partie de son livre, l’auteur tente tout d’abord d’expliquer ce phénomène atypique de l’homme battu, cet &amp;quot; impensable social &amp;quot; dit-elle. Elle analyse les différents types de violences (physique, sexuelle, psychologique, verbale et économique) pour ensuite orienter son analyse vers la notion de &amp;quot; rôles sociaux &amp;quot;. Elle montre comment l’homme violenté est agressé jusque dans les &amp;quot; facettes &amp;quot; qui font son [[Identité sociale|identité]] . Pour elle &amp;quot; être battu invalide l’homme dans son appartenance à la catégorie sociale homme &amp;quot;. Dans la deuxième partie de son ouvrage, Torrent réfléchit sur les différentes stratégies élaborées par l’homme pour gérer des situations difficiles. Elle s’appuie notamment dans son travail de recherche sur des interviews réalisées avec des &amp;quot; hommes battus &amp;quot;. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est dans une considération assez proche qu’Yvon Dallaire (2002), thérapeute au Québec, aborde le phénomène de la violence faite aux hommes (La violence faite aux hommes. Une réalité taboue et complexe). Il nous rappelle le constat de l’existence ineffable de la violence dans l’humanité, violence souvent fortement médiatisée, mais selon lui, de manière incomplète. En effet, dit-il, notre attention ne serait attirée que vers une forme de violence, soit celle faite par les hommes contre les autres hommes (guerres, voies de fait, suicides), contre les femmes (violence conjugale, viol, meurtre, tueurs en série) et contre les enfants (violence infanticide, meurtre suivi de suicide). Pour Dallaire, une forme de violence a été occultée : la violence des femmes faite envers les femmes, les hommes et les enfants. Le propos de son texte est de démontrer d’une part que des femmes peuvent être tout autant violentes que des hommes, et que d’autre part, l’analyse de la violence conjugale s’inscrit dans un paradigme teinté de sexisme et de discrimination. Pour cet auteur, la violence conjugale ne se décline pas simplement sur le mode victime-agresseur, mais plutôt sur celui de victime-victime, de deux individus qui sont les co-créateurs d’une escalade débouchant sur l’explosion physique. Afin d’alimenter son propos, Yvon Dallaire met en lumière les stéréotypes et les préjugés qui circulent dans le discours commun : l’homme est un être violent, un abuseur d’enfants, un irresponsable, les hommes sont tous des obsédés sexuels, il sont tous infidèles, menteurs et manipulateurs. Dès lors, toute violence féminine est considérée comme relevant de la légitime défense, l’homme est ainsi rendu coupable de toute la violence conjugale. Précisons ici que l’auteur dénonce le discours d’influence féministe qui se déploie dans le contexte québécois. Son objectif est de connaître les réelles dimensions de la violence conjugale, plutôt que de rechercher un coupable à punir, toujours le même : l’homme. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’ouvrage de Bretonnière-Fraysse et al. (2001), incontournable pour notre sujet, propose quant à lui un autre regard qui positionne clairement les femmes en tant que victimes et les hommes comme agresseurs, sans nuances : &amp;quot; on le sait, la violence conjugale a toujours existé ; on le sait aussi : les victimes en sont les femmes et les auteurs, les hommes. Mais elle demeure encore cachée, honteuse, secrète &amp;quot;. Cet ouvrage prend un biais anthropologique et historique pour nous montrer la condition de victime de la femme à travers les époques passées et jusqu’à nos jours. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Gillioz, De Puy et Ducret quant à elles (2000), font état des connaissances qui ont fait de la violence familiale et de la violence contre les femmes, un champ d’étude relativement nouveau dans les sciences sociales. Elles nous rappellent que jusque dans les années soixante, la société et avec elle les scientifiques vivent sur le mythe de la famille non violente. Cette dernière étant considérée comme rare et comme étant le fait d’individus déséquilibrés. Dans les années septante, sous l’influence de militantes féministes anglo-saxonnes qui ouvrent des refuges pour femmes battues et portent la question de la violence conjugale sur la place publique, ce phénomène jusque-là occulté est posé comme problème socio-politique. C’est dès lors que les sciences sociales vont s’y intéresser, à travers deux grands courants de recherche. Le premier est constitué par des études portant sur la violence subie par les femmes au sein de la famille et postule, en se fondant sur les prémisses théoriques féministes, que cette violence est spécifique. Ilc il est nécessaire de l’étudier indépendamment des autres types de violence familiale qui relèvent d’autres logiques. Le deuxième courant de recherche, issu de la sociologie de la famille, a pour objet la violence familiale et considère la société et ses institutions comme des systèmes consensuels qui embrassent dans la même problématique l’ensemble de la violence qui se déroule dans le cadre familial. &lt;br /&gt;
L&#039;ouvrage de Gillioz et all. mentionne également  les travaux de Strauss, Gelles et Steinmetz (1977), à partir desquels a été tiré l&#039;affirmation que les femmes sont aussi violentes que les hommes. C’est à ce moment qu’apparaît le concept du &amp;quot; mari battu &amp;quot;, des résultats tirés des statistiques de cette recherche, ont permis à l&#039;un des chercheurs de conclure que ce qui était le plus sous-estimé n’est pas la femme battue, mais le mari battu. La validité scientifique reste toutefois fortement contestée, nous en trouvons les arguments dans l’ouvrage de Gillioz, De Puy et Ducret. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Notre revue de littérature se conclut par l’approche systémique de Perrone et Nannini (1995) qui proposent leur livre comme un manuel à l’usage des professionnels appelés à intervenir auprès des familles. Leurs présupposés considèrent que la violence n’est pas un phénomène individuel, mais la manifestation d’un phénomène interactionnel. La violence est ainsi un mode particulier de communication entre partenaires qui sont tous impliqués et par là même responsables au sens interactionnel du terme. Comme Yvon Dallaire, les auteurs ne considèrent pas les acteurs de la violence conjugale en termes de &amp;quot; victime-agresseur &amp;quot;, ni en termes &amp;quot; hommes-femmes &amp;quot;. Les objectifs et les enjeux que ces deux auteurs proposent s’appuient sur l’idée que chacun doit devenir et se penser responsable de ses propres comportements. C’est également selon cette optique que certains &amp;quot; cliniciens &amp;quot; abordent en partie la question dans leur article (Rey, H et al. 2006). Contini 6 mai 2006 à 16:28 (MEST)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Problématique ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le questionnement qui est à l’origine de notre travail prend source dans la rencontre que nous avons faite d’un concept qui semble nouveau de prime abord : &amp;quot; l’homme battu &amp;quot;. Nous avons découvert ce concept dans l’ouvrage récemment publié de Sophie Torrent qui s’intitule &amp;quot; les hommes battus &amp;quot;. Ce livre met en lumière l’existence d’hommes victimes de violences exercées par des femmes à leur encontre, il interroge également les questions identitaires vécues par ces &amp;quot; nouvelles victimes &amp;quot; à travers la conduite de multiples entretiens. &lt;br /&gt;
Ces propos nous ont intrigués, parfois rendus perplexes et ont ainsi attisé notre curiosité. Nous avons dès lors entrepris des recherches bibliographiques qui nous permettraient de découvrir des discours proches des propos de Torrent. Nous avons ainsi constaté que ce &amp;quot; phénomène &amp;quot; des hommes battus était, dans une moindre mesure, relayé dans d’autres ouvrages qui l’inscrivaient dans le cadre plus large de la violence conjugale. Nos recherches livresques nous ont ainsi conduits à investiguer le corpus que nous avons constitué afin de tenter de répondre à la question principale qui guide notre recherche : comment le phénomène de &amp;quot; l’homme battu &amp;quot; s’inscrit-il dans le paradigme de la violence conjugale ? Les questions secondaires qui en découlent sont multiples : quand est-ce que ce concept est apparu ? Par qui a-t-il été développé ? Quels sont les discours qui relaient ce concept ou qui s’y opposent ? &lt;br /&gt;
Les éléments qui composent notre revue de littérature nous ont permis d’entrevoir certains points qui semblent être récurrents. Nous nous sommes ainsi aperçus que le concept d’ &amp;quot; hommes battus &amp;quot; se trouvait à chaque fois en tension avec celui de &amp;quot; femmes battues &amp;quot; dans le cadre de la violence conjugale que nous avons aussi essayé de définir. Nous nous sommes dès lors trouvés confrontés à deux discours contraires entre des groupes de pressions constitués autour de la &amp;quot; souffrance masculine &amp;quot; et les propos issus de certains discours féministes. Nous avons également constaté que cette opposition - que nous caractérisons grossièrement entre les deux discours – se dédouble d’une autre opposition dans la désignation des acteurs de la violence conjugale en  termes de victime et d’agresseur. Nous constatons que les acteurs sont ainsi stigmatisés, avec des stéréotypes qui désignent de manière massive l’homme comme étant un agresseur et la femme une victime.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Méthodologie ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En fonction des éléments de la problématique, l’objectif de notre recherche a consisté pour nous à y voir plus clair en tentant de répondre aux questions que nous nous posons. Afin de prendre une nécessaire distance vis-à-vis du regard que propose notre revue de littérature, nous avons choisi d’orienter nos recherches sur diverses sources d’informations. Nous avons trouvé intéressant d’examiner si des statistiques existaient sur les &amp;quot; hommes battus &amp;quot; et sur les &amp;quot; femmes battues &amp;quot; et dès lors de voir si celles-ci pouvaient éclaircir notre questionnement. Nous avons aussi choisi de chercher des éléments dans une série de revue spécialisées dans la thérapie familiale, dès lors que le phénomène des &amp;quot; hommes battus &amp;quot; s’inscrit dans le cadre de la violence conjugale. De plus, pour avoir une vision plus globale nous avons aussi décidé de faire une revue d’articles de presse étudiant quelques articles récents. Enfin, nous avons opté pour une recherche mettant en œuvre la conduite de plusieurs entretiens auprès de professionnels de la prise en charge de la violence conjugale, ainsi qu’auprès de &amp;quot; victimes &amp;quot; qui accepteraient de nous apporter leur témoignage. Ces éléments correspondent à ce que l’on pourrait appeler la &amp;quot; recherche sur le terrain &amp;quot;. Nous avons aussi élargi notre revue de littérature en laissant une place pour l’étude des discours qui proviennent des divers professionnels spécialisés dans la thématique de la violence conjugale. Nos sources seront ainsi multiples : entretiens ; revue de presse ; statistiques ; revues spécialisées. &lt;br /&gt;
Notre analyse consistera à analyser les contenus du matériel récolté, en prenant pour point d’appui la désignation des acteurs de la violence conjugale, en termes de stéréotypes (stigmatisation) et dans une approche de &amp;quot; genre &amp;quot; étudiant les rapports sociaux hommes-femmes par rapport à cette thématique, ainsi que les rapports victimes-agresseurs qui s’y rattachent. &lt;br /&gt;
L’analyse devrait ainsi nous permettre de réunir des points de vue différents et ainsi de confirmer ou d’infirmer, voir de &amp;quot; tempérer &amp;quot; ce que nous avons développé dans la revue de littérature en fonction des auteurs choisis.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Résultats et analyses ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Revue de presse ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous avons également utilisé comme source des articles de journaux et périodiques récents, constatant que la thématique de la violence conjugale apparaît régulièrement dans les médias. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout d&#039;abord, &#039;&#039;&#039;Amnesty&#039;&#039;&#039; affiche une grande visibilité grâce à son magazine pour les droits humains (février 2006), son journal d&#039;action (janvier 2006) et son site internet, qui tous trois évoquent récemment la violence domestique. En effet, Amnesty a commencé en mars 2006 sa campagne suisse « En route contre la violence domestique », dont l&#039;action principale consiste en un tour de plusieurs cantons du mobile home &amp;quot;sweet home&amp;quot; afin  de  briser le tabou qui entoure la violence dans le couple, d’améliorer les interventions de l’Etat contre la violence domestique,  et de sensibiliser le grand public, en particulier les jeunes et les hommes, notamment dans les régions rurales. Les revendications d’Amnesty International en matière de violence domestique repose sur l’obligation de l’Etat d’agir contre cette forme de violation des droits humains. Car aujourd’hui si la visibilité du débat public sur la violence domestique s’est améliorée, les menaces, coups, contraintes, viols et meurtres auxquels les femmes sont souvent exposées dans leurs quatre murs constituent un sujet rarement perçu comme relevant des droits humains. De la sensibilisation est encore nécessaire pour considérer que l’empêcher ne relève pas de la sphère privée des couples et des familles concernées, et ne pas l’assimiler à un « problème de femmes », mais à une mission publique, qui touche tout le monde.  Pourtant il s’agit bien de droit à l’intégrité physique et psychique : droit à la liberté et à la sécurité, droit à la santé, droit à l’absence de torture ou d’autres traitements dégradants et même souvent le plus, droit à la vie.&lt;br /&gt;
La position d&#039;Amnesty International quant à la violence domestique consiste à considérer sa cause dans les rapports inégalitaires de sexe. L&#039;accent est mis sur les représentations sociales qui ne cessent de faire le lien entre violence et masculinité. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le numéro du journal &#039;&#039;&#039;Repère Social&#039;&#039;&#039; de février 2006 s&#039;intitule « Quand le sexe faible est violent » et à travers le prétexte de l&#039;ouverture récente à Lausanne d&#039;un accueil pour femmes violentes, aborde ce sujet trop rarement médiatisé de la violence des femmes. &lt;br /&gt;
L&#039;auteur, Geneviève Praplan, présente les associations Vires et Face à Face à Genève, et Violence et famille à Lausanne. Cette dernière institution travaille depuis sept ans avec des hommes violents, mais accueille depuis novembre 2005 également des femmes violentes. Le Coordinateur et plusieurs intervenants ont été formés au Québec, auprès d&#039;OPTION, institution pionnière fondée par le psychothérapeute Jacques Broué en 1985. A Violence et Famille, c&#039;est ainsi sous forme de thérapie de groupe que se déroule l&#039;accompagnement, après quelques entretiens individuels. Le processus de réflexion engagé avec les auteurEs est le même pour les hommes que pour les femmes. Néanmoins, il est spécifié qu&#039;il faut être spécialement vigilant avec les femmes, en vérifiant qu&#039;elles ne sont pas &amp;quot;davantage des victimes que des agresseurs&amp;quot;. De plus, rapidement le lien entre passé et présent doit se faire. &lt;br /&gt;
&amp;quot;Hommes et femmes ne sont pas forcément égaux devant leur violence&amp;quot;: dans l&#039;inconscient collectif masculin, il est nécessaire d&#039;affirmer sa virilité, la violence masculine est ainsi plus facilement excusée. Au contraire, les rôles sociaux attribués aux femmes font qu&#039;on la juge plus sévèrement si elle fait usage de violence, mais leur permet de reconnaître moins difficilement que les hommes leurs actes violents. L&#039;auteur met en avant que les chiffres manquent quant à l&#039;ampleur de la violence féminine, surtout exercée envers ses enfants. Par ailleurs les préjugés quant aux données socio-économiques des auteurs de violence perdurent. Cela est en partie dû au fait que les familles en situation précaire sont plus aisément repérées par les services sociaux, vu l&#039;étendue de leurs besoins.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Statistiques ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Aborder le problème social de la violence conjugale nous incite à faire un retour vers les années 1970. C’est à cette époque que l’on peut situer les premières recherches sur ce thème  mettant en question le mythe de la famille non violente. Les militantes féministes amènent la question de violence conjugale sur la place publique et le posent comme un problème socio-politique. La question de la violence est abordée comme conséquence des rapports de domination, c&#039;est-à-dire des effets de l’exercice d’une influence déterminante d’un groupe, les hommes, sur un autre, les femmes. Tout rapport de domination suppose, en effet, en dehors du rapport de pure violence, un système de justification visant à obtenir un minimum de &amp;quot;volonté d&#039;obéir&amp;quot; de la part des assujettis, note le Petit Robert.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les sciences humaines vont s’y intéresser. De nombreuses études sont entreprises dans les années 1970 et 1980 dans le but de décrire la violence domestique, de pouvoir la chiffrer, de chercher à l’expliquer, d’étudier ses conséquences sur les victimes, et d’examiner les réponses sociétales à ce problème.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les résultats de l&#039;une de celle-ci, Straus et al.(1977) permettent de dire que femmes et hommes admettent recourir à des tactiques de violence dans des situations de conflits. Ce résultat est basé sur le &amp;quot;Conflict Tactics Scales&amp;quot; (CTS), échelles centrées sur les tactiques de gestion des conflits, qui intègrent une série de comportements allant des plus rationnels aux plus violents. Cette étude permettra à l’une des auteur-e-s, Steinmetz, de tirer la conclusion de l’existence du « syndrome de l’homme battu ». Ce qui sera contesté pour insuffisances méthodologiques. Depuis la plupart de chercheurs et chercheuses renoncèrent à utiliser ce concept.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Qu&#039;en est-il de la reconnaissance de la violence conjugale en Suisse ? &lt;br /&gt;
Une loi fédérale est votée (4 octobre 1991), sur l’aide aux victimes. Si cette notion de &amp;quot;victime&amp;quot; est large, accidenté de la route, attentats, viol, contrainte sexuelle, séquestration, elle comprend spécifiquement les violences domestiques. Dès lors,  elle  permet également aux femmes victimes de violence conjugale d&#039;être reconnues, visibilées et aidés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La création des centres Lavi, issu de cette loi, a pour but de fournir une aide efficace (conseils, la protection de la victime, la défense de ses droits dans la procédure pénale et l’indemnisation et la réparation morale) aux victimes d’infractions ou d’une atteinte directe à son intégrité corporelle, sexuelle ou psychique et à renforcer leurs droits. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les centres de consultation « Lavi » sont instaurés dans chaque canton. La police est tenue d’informer les victimes de l’existence de ces centres et de leur transmettre les coordonnées de celle-ci (sur la base de son accord). L’aide immédiate et les prestations fournies directement par les centres sont gratuites. Lorsque la situation personnelle de la personne qui consulte le justifie, les centres de consultation prennent en charge d’autres frais (comme par exemple les frais médicaux, les frais d’avocat ou les frais de procédure). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
S’il est difficile de faire parler les statistiques, ici nous nous basons sur l’année 2004, ils donne toute de même une idée intéressante sur la question qui nous occupe, à savoir la violence féminine et masculine : une nette prédominance des femmes dans la consultation (75%), avec des auteurs présumés de sexe masculin (83.5), et l’existence d’une relation familiale, victime – agresseur (52,9%).  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
(Le législateur prend en compte la situation des victimes, il estime qu’elles doivent être soutenues dans la procédure pénale, et également qu’elles ont droit à une indemnisation ou à une réparation morale (en fonction des revenus de la victime). )&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On peut constater également la reconnaissance par la société du statut de victime,  puisque les demandes, au nombre de 196 pour l’indemnisation et de 728 pour la réparation morale,  ont été traitées positivement. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La formation du personnel des centres Lavi : la loi mentionne des aides financières à la formation. Une formation spécifique « Lavi » a été instaurée et des formations complémentaires complètent la spécialisation de ces professionnels. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Violence domestique, une protection particulière : l’expulsion immédiate du domicile des personnes violentes, lesquelles ne peuvent plus réintégrer leur logement pendant une période déterminée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le 14 juin 2000, la Conseillère Ruth-Gaby Vermot-Mangold dépose une initiative parlementaire. Le Conseil fédéral  propose, en novembre 2005, un nouvel article 28b dans le code civil visant à protéger la victime de violence ou de harcèlement en lui donnant le droit de requérir le juge d’instruction d’interdire à l’auteur de l’atteinte de l’approcher, de fréquenter certains lieux ou de prendre contact avec elle. &lt;br /&gt;
Ce nouvel article 28b prévoit également l’institution par les cantons de centres d’informations et de consultation dans le but d’agir préventivement pour éviter la violence domestique et sa récidive. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Violence entre conjoint ou partenaire : poursuivie d’office depuis le 1 avril 2004&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le Conseil Fédéral  modifie le Code pénal en ce sens que les actes de violence domestique seront poursuivis d’office et non plus sur plainte de la victime. Le communiqué de presse est intéressant et nous donne un aperçu des changements sociaux intervenus : « il n’est plus question de tolérer la violence physique ou sexuelle exercée contre un conjoint ou un partenaire – dans un couple hétérosexuel ou homosexuel – sous prétexte qu’elle ne serait que de peu de gravité ou qu’elle relèverait de la sphère privée ». La contrainte sexuelle et le viol commis au sein du couple sont élevés au rang de délits poursuivis d’office.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Evolution des lois et violence conjugale.&lt;br /&gt;
Votée en 1991, la LAVI démontre que «  victime de violence » constitue maintenant  une déviance secondaire. Les plaignants sont identifiés, l’état institutionnalise leur prise en charge, les centres Lavi sont créés et les consultations augmentent au fil des années.   &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Néanmoins la notion de &amp;quot;violence conjugale&amp;quot; se fait discrète, le terme de violence domestique n’apparaît qu’avec le dépôt en 2002 de l’initiative parlementaire de Vermot-Mangold. En juin 2001 le Conseil Fédéral met en consultation le « projet élaboré par la Commission des affaires juridiques du Conseil national » et la notion de violence domestique fait partie des préoccupations reconnues officiellement. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous pouvons relever que les documents officiels font référence à une notion de victime qui n’est pas sexuée,  le mot « femme » n’y est pas accolé. Les termes utilisés « violence physique ou sexuelle exercée contre un conjoint ou un partenaire (…) dans un couple hétérosexuel ou homosexuel », « ordonner à une personne violente de quitter le domicile conjugal », « prévenir la récidive des agresseurs ». Dans les documents que j’ai parcouru sur le site de l’office fédéral de la justice sous la mention « aide aux victimes », je n’ai trouvé qu’une seule fois la mention spécifique « femme » : «  la violence domestique est aujourd’hui quotidienne dans notre société. Les femmes en sont souvent les victimes ». Dans tous les autres documents la violence domestique paraît neutre. Si le mot victime est féminin, les textes l’utilisent comme un élément générique. On peut en partie le comprendre par le fait que  la Lavi ne reçoit pas que des victimes de violences conjugales, mais également des victimes d’accidents de la route, d’attentats, d’enlèvement, de prise d’otage ou de brigandage.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Analyse des résultats&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour résumer, nous voici arrivés à un premier constat. Nous pouvons dire que la découverte de la violence conjugale et de ses effets a pour origine le questionnement du mouvement féministe, repris par des chercheur-e-s, qui ont confirmé et précisé le phénomène de la violence conjugale. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Autre découverte, la notion d’homme battu, que nous avions posé comme une construction récente, date des premières recherches sur ce domaine. Le syndrome de l’homme battu, développé  par une chercheuse du l’équipe de  Straus et al. a été un concept rapidement abandonné. Les défauts dans l’opérationnalisation du concept de violence, dans la méthode et dans l’interprétation des données de l’enquête effectuée à l’aide du Conflict Tactics Scales ont été largement reconnus. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comment se fait-il alors que des auteurs récents se saisissent du vocable « homme battu », partent à sa recherche, et le trouve ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour cela nous devons revenir à nouveau aux années 1970 et aux changements intervenus dans les places des hommes et des femmes. Ces dernières acquièrent un statut différent, elles deviennent citoyennes, accèdent au marché du travail et peuvent maîtriser leur fécondité. L’égalité homme – femme advient. A partir de là, le féminisme devient un mouvement social et politique pour l&#039;émancipation des femmes. Mais il va désigner aussi un corpus théorique qui va permettre aux sociologues de revisiter leurs différents champs d’études à travers la problématique des rapports sociaux de sexe.  Sous cet angle là, la violence conjugale prend un autre sens, elle est  rendue possible parce que les femmes ont moins de moyens, par conséquent moins de pouvoir, et parce que le genre féminin est dévalorisé par rapport au masculin. &lt;br /&gt;
Pierre Bourdieu a largement développé le fonctionnement des dominés et démontré comment ceux-ci ayant intégré le discours dominant « construisent ces relations de pouvoir du point de vue même de ceux qui y affirment leur domination… ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En Suisse, les statistiques 2004 issues des centres Lavi apportent des précisions chiffrées à cette forme de violence. Le taux de victimes de sexe féminins est important (75%),  le sexe masculin de l’auteur présumé révèle un pourcentage très élevé (83.5%) et pour 52.9% des consultants une relation familiale victime - agresseur existe. &lt;br /&gt;
Bien que la violence conjugale soit maintenant reconnue, des groupes sociaux la mettent en question. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les années 1980 une tension s’avive entre hommes et femmes.  Certains hommes pro féministes tiennent un discours optimiste concernant la constitution d&#039;une société nouvelle et égalitaire  et reconnaissent la domination masculine comme clé d&#039;un changement possible. &lt;br /&gt;
D&#039;autres hommes tiennent un discours alarmiste et insistent sur le malaise identitaire engendré par cette modification des rapports sociaux source de perte de repères. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A partir de là, des groupes d’hommes se forment autour, par exemple d’auteurs tels que Guy Cornaux au Canada, Jacques Salomé en France,  ou plus récemment Y. Dallaire qui avec John Goetelen a organisé le premier Congrès international de la condition masculine à Genève en 2003. Des mouvements pour la condition paternelle se créent afin de s’opposer à la garde des enfants accordée systématiquement à la mère en cas de divorce.  Le film récent « Le souffle du désert » de François Kohler, illustre ce phénomène de la recherche d’une identité masculine vécue comme problématique. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C&#039;est dans cette mouvance que nous trouvons aujourd&#039;hui les protagonistes d&#039;un détournement de la violence masculine au profit d&#039;une violence exercée contre les hommes par les femmes. ces détracteurs pourront s&#039;appuyer probablement dans les années à venir sur les modifications des images féminines, les stéréotypes de la femme douce et soumise ont tendance à s&#039;estomper. Et l&#039;on peut se demander si les jeunes femmes ne se permettront pas plus que par le passé d&#039;exprimer leurs sentiments de colère et violence, là où s&#039;exprimaient auparavant peut-être impuissance, tristesse et dépression. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Utilisateur:Cornut piller|Cornut piller]] 1 jun 2006 à 09:15 (MEST) ~~&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Entretiens ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est souvent question dans les chiffres, de comparer,  voire d’opposer, hommes et femmes face à la violence conjugale. En d’autres termes de démontrer que le premier est le bourreau et la deuxième la victime. Pour certains, la question des hommes battus ne recouvrirait pas la même problématique que celle des femmes battues. Pour certains auteurs, tel Yvon Dallaire, il semble que les stéréotypes de femme-victime et homme-agresseur affiliés aux rôles des acteurs, n’aident en rien à reconnaître la problématique. Alors que la femme est souvent vue comme une personne douce, fragile et protectrice. Les hommes, eux, sont reconnus comme des êtres forts, virils et courageux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;L’homme battu existe, nous l’avons rencontré&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour confronter les stéréotypes affiliés aux genres, nous avons cherché à interviewer des hommes battus. Paul et Luc (prénoms d’empreint) ont un point commun : leur passé d’homme maltraité. Ils ont été, tous les deux, physiquement battus par leur conjointe. Toutefois, il semblerait que la problématique de l’homme violenté intègre, dans sa forme globale, une autre forme de violence, une violence psychologique. Il ressort des entretiens que la forme physique ne semble pas être la forme de violence qui marque le plus. &lt;br /&gt;
Pour essayer de comprendre au mieux le vécu violenté de ces hommes et plus généralement de toute personne impliquée dans des relations violentes, nous avons questionné la littérature ainsi que des professionnels de terrain.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour la travailleuse sociale, Sophie Torrent (2001), « la nature de la violence [à l’égard de la gente masculine] et ses modes d’expression traduisent, dirait-on, une violence spécifiquement féminine, subtile, qui atteint l’intégrité psychique de l’homme.» (p.33). L’homme victime de violence psychologique semble atteint surtout dans sa masculinité, plus précisément dans la représentation de la masculinité qui lui a permis de construire son identité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Le harcèlement que j’ai vécu par cette femme tyran m’a amené à perdre, pendant quelques temps, mon identité masculine… C’était quoi être un homme ? Je ne savais plus faire l’amour comme il faut en quittant ma femme. J’ai du réapprendre à accepter de prendre du plaisir. » Luc&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;La violence ; une histoire d’homme ?&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Alors que nous venons de découvrir avec stupéfaction certaines réalités d’hommes maltraités par leur conjointe, comment traiter ces vérités face à notre idéal féminin construit ? Comment même penser à la violence des femmes, alors que celle que l’on exerce à leur égard est de loin la plus établie, la plus reconnue et de ce fait la plus portée par les médias ? De nos jours, la société reconnaît et prend en charge la femme violentée, qu&#039;en est-il de la femme violente ? &lt;br /&gt;
Il est commun d’entendre qu’une femme violente est une femme malade psychologiquement ou encore que cette dernière n’agresserait que pour se défendre. Pour la psychothérapeute Diane Chayer, ( citée par Ruel &amp;amp; Guéricolas, 1998), il semblerait qu’il n’y ait tout simplement pas de permission sociale à la violence des femmes. « La société dit qu’il est presque normal pour un homme d’être violent. Mais une femme violente, c’est une extraterrestre. » &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour Yvon Dallaire, « la femme violente peut ressentir de la fierté pour avoir battu plus fort qu’elle. Et la société ne la dénigre pas, elle cherche plutôt à la comprendre et à l’excuser, compatissant souvent à son sort. » (p26) A contrario, pour la responsable d’une structure acceuillant des femmes violentes, « celles et ceux qui passent de la parole aux actes souffrent, ils ont besoin d&#039;aide et y ont droit. Toutefois, la femme violente souffre de discrimination ; on ne veut pas lui reconnaître sa violence. » Il semblerait alors que, paradoxalement, la femme violente souffre des mêmes maux sociaux que l’homme maltraité. Une nouvelle fois, il semblerait que les stéréotypes, affiliés aux genres, décident de ce qui peut être acceptable ou pas.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Le statut de victime/agresseur&#039;&#039;&#039; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La responsable d’un établissement prenant en charge des femmes violentes nous apprend qu’il est difficile de tenir le fil rouge concernant les rôles de victime-agresseur. « On est là pour travailler sur la violence des femmes, en tant qu’auteures de violence et non en tant que victimes. Très souvent, ça dérape en justification des actes qui déplace la position d’agresseuse à celui de victime. » Il semble que souvent, l’agresseur se voit comme victime. Responsabiliser les acteurs(trices) de violence, c’est les aider à prendre conscience de leur violence. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Responsabilité dans la violence&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La question est partagée. Alors que pour beaucoup, la responsabilité de la violence doit être assumée par son auteur(e), pour d’autres, elle doit être partagée. En effet, pour Denis Châtelain, co-fondateur d’une association prenant en charge des auteur(e)s de violence, « il faut prendre en compte le potentiel de violence de la victime dans la compréhension de la dynamique ». Pour la responsable d’une association accueillant des femmes violentes, « il est impossible de faire un tel travail si l’on part du principe d’une co-responsabilité dans la réalisation de la violence. En effet, on ne peut pas se permettre de déraper sur l’aspect empathique et comprendre voir d’excuser l’acte de violence au nom d’un statut de victime reconnu. Pour nous, l’acte violent n’est pas excusable, il est inadmissible quelque soit sa source ou sa justification. Ce qui nous paraît important c’est de faire en sorte de ne plus jamais en avoir à arriver là. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;La prise en charge de la violence&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comment aborder la problématique de la violence conjugale et plus particulièrement celle des hommes maltraités et des femmes violentes ? Alors qu’Yvon Dallaire se demande si l’on « ne pourrait pas exploiter l’expertise des centres d’accueil pour femmes au profit des hommes battus et l’expertise des groupes d’entraide pour homme violents au profit des femmes violentes ? » (p29), la responsable d’une structure accueillant des femmes actrices de violence répond que « pour aider les femmes actrices de violence, il faut appliquer un traitement différencié. Les raisons étant parce qu’on n’éduque pas de la même façon une petite fille et un petit garçon, le rapport au féminin n’est pas le même. La violence masculine est légitimée. Par contre, on ne reconnaît pas ce droit à la femme. Cela étant dû aux stéréotypes de mère protectrice d’une part. » &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Revue &amp;quot;Thérapie familiale&amp;quot;===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous avons jugé opportun d&#039;analyser des numéros de Thérapie de Famille, une revue trimestrielle  d&#039;orientation systémique. Cette source représente en effet le point de vue théorique et le constat des pratiques des thérapeutes de famille. Il est pertinent de se demander à quel point le discours de ces professionnels de la famille influence la société et est en retour influencé par elle. Les catégories  victime-agresseur y sont-elles aussi clairement définies que dans le sens commun et certains discours? Fait-on une différenciation au niveau de l&#039;étiologie de la violence et de ses conséquences selon le genre? Le contact avec les patients remet-il en question certaines pratiques thérapeutiques et fait-il avancer les models conceptuels? Pour répondre à ces interrogations, nous avions à disposition tous les numéros parus depuis de nombreuses années afin d&#039;observer à quelle fréquence et sous quelle forme la thématique des violences conjugales était abordée. Nous avons porté notre choix sur la période allant de 1995 à 2001, pendant laquelle quatre numéros contiennent des articles dédiés à notre sujet.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les deux premiers numéros analysés, datant de 1995 et de 2000 sont riches d&#039;informations car rédigés par les mêmes auteurs, qui font part de l&#039;évolution de leur réflexion durant les cinq ans écoulés. Le numéro de 2000 a été écrit par des thérapeutes colombiens, ce qui nous montre la préoccupation internationale des thérapeutes de famille autour de la violence conjugale et leur désir d&#039;échanger à ce sujet. Quant au dernier numéro pris en compte, celui de 2001, il présente la synthèse des théories les plus utilisées à propos de la violence domestique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
(à suivre...)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Conclusion ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
# Retour sur la problématiques, les questions de recherche&lt;br /&gt;
# Rappel des principaux résultats de recherche&lt;br /&gt;
# Autocritiques et perspectives&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Références bibliographiques ==&lt;br /&gt;
Les lectures citées dans le travail final&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Dallaire Y. (2002). La violence faite aux hommes. Une réalité tabou et complexe. Québéc: Options santé. [[Résumé du livre]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Gillioz L., De Puy J., Ducret V. (1997). Domination et violence envers la femme dans le couple. Lausanne : éditions Payot. [http://home.etu.unige.ch/~maneira4/R_sum__aeticle.doc Résumé de l&#039;article]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Ruel S. &amp;amp; Guéricolas P. (1998). La violence des femmes : derrière le masque. In Gazette des femmes Vol. 20. (no 4). (Novembre-Décembre 1998).[Version électronique]. Accès le 20 novembre 2005 : &lt;br /&gt;
http://www.gazettedesfemmes.com/recherche/?F=recherche&amp;amp;idt=10075&amp;amp;affart=2866&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Torrent S. (2001). L’homme battu, un tabou au cœur du tabou. Québec: Option Santé. [http://home.etu.unige.ch/~maneira4/fiche%20de%20lecture%20homme%20battu.pdf Résumé du livre ]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Amnistie: Le magazine pour les droits humains, &#039;&#039;Dossier Combattre la violence domestique&#039;&#039;  No 44, février 2006.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Amnistie, Journal d&#039;action pour les droits humains, janvier 2006.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Praplan G., &#039;&#039;Quand le sexe faible est violent&#039;&#039; in Repère Social, No 73, février 2006.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Bibliographie ==&lt;br /&gt;
Les lectures utilisées mais pas citées dans le travail final&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Bretonnière-Fraysse et al. (2001). &#039;&#039; De la violence conjugale à la violence parentale&#039;&#039;. Eres [[Résumé|Résumé du livre]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Jackson D., Welzer-Lang D. (1998). Violence et masculinité. Toulouse : imprimerie 34.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Office fédéral de la statistique : Aide aux victimes. Chiffres clés. http://www.bfs.admin.ch/bfs/portal/fr/index/themen/rechtspflege.html&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Rey, H. et al. (2006). Les violences conjugales: pour une clinique du réel. &#039;&#039; Journal International de Victimologie&#039;&#039;. Année 4, No 1. [[Résumé de l&#039;article]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Miguel</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Violence_conjugale:_De_la_femme_battue_%C3%A0_l%27homme_battu...&amp;diff=4085</id>
		<title>Violence conjugale: De la femme battue à l&#039;homme battu...</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Violence_conjugale:_De_la_femme_battue_%C3%A0_l%27homme_battu...&amp;diff=4085"/>
		<updated>2006-06-14T10:58:20Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Miguel : /* Statistîques */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&#039;&#039;&#039;Membres du groupe&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Chantal Cornut&lt;br /&gt;
* Céline Pittet &lt;br /&gt;
* Jean-Christophe Contini&lt;br /&gt;
* Miguel Maneira &lt;br /&gt;
[mailto:maneira4@etu.unige.ch,contini2@etu.unige.ch,cepittet@hotmail.com,ch.cornut-piller@bluewin.ch Ecrire au groupe]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 [[L&#039;homme battu: le mâle...traité|Notre projet]]  |  [[Plan de recherche: Violence conjugale; un concept en mouvement|Notre plan de recherche]]  |  [[Espace de dialogue|Notre espace de dialogue]]  |  [[Trésorus de notre groupe|Notre île aux trésors]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Introduction ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Violence conjugale|La violence conjugale]] semble être de prime abord un phénomène bien connu de nos jours. Les médias rendent régulièrement compte de ses conséquences, bon nombre d’associations ont été créées pour répondre à l’appel des victimes, une loi sur la protection des victimes a été instaurée, beaucoup de thérapeutes œuvrent également dans ce domaine. Il est question, la plupart du temps, des violences subies par des femmes et exercées par des hommes, il est dans une moindre mesure, question de la [[Violence|violence]] exercée par des femmes contre des hommes. Ce dernier phénomène reste minoritaire cependant, et fait l’objet de nombreuses critiques. Bien souvent, les discours opposent des mouvements &amp;quot;  [[Féminisme|féministes]]&amp;quot; à des groupes &amp;quot; masculinistes &amp;quot;, les uns dénonçant sans cesse l’ineffable violence des hommes envers les femmes, les autres dénonçant cette vision de l’homme éternellement &amp;quot; agresseur &amp;quot;, allant jusqu’à affirmer que des hommes sont aussi des &amp;quot; victimes &amp;quot; et que la violence peut aussi être l’apanage des femmes. Ici apparaît le concept &amp;quot; d’hommes battus &amp;quot; que nous interrogerons et qui est apparu dès les années septante.  &lt;br /&gt;
Afin de prendre de la distance vis-à-vis de ces deux positions antagonistes, nous proposons d’étudier ce que disent certains auteurs sur la violence conjugale, à la fois sur la violence subie par les femmes et par les hommes. Nous proposons aussi une recherche axée sur des entretiens avec des hommes &amp;quot; victimes &amp;quot; et des professionnels de la violence conjugale. Nous étudierons également des sources statistiques issues de la Loi Fédérale sur l’aide aux victimes et de Amnesty internationale tout comme des revues spécialisées dans le domaine de la thérapie familiale et plus particulièrement les articles concernant la violence domestique. &lt;br /&gt;
La thèse générale de notre article est de démontrer par notre étude que les discours qui circulent sur la violence conjugale sont une construction qui circonscrit la violence dans des [[Stéréotype|stéréotypes]] caricaturaux stigmatisant à la fois les femmes en tant que victimes et les hommes comme agresseurs. De cette restriction découle la difficulté d’envisager l’existence d’hommes victimes de violence conjugale, et d’égale manière celle de femmes violentes. Cela a comme conséquence pour les personnes concernées une non-reconnaissance sociale, se manifestant par de forts préjugés à leur encontre, et de grandes lacunes institutionnelles. Nous montrerons aussi que les professionnels de la violence conjugale (médecins, thérapeutes) ont dépassé cette opposition et qu’ils désignent plus les acteurs de la violence conjugale à un niveau de co-responsabilité qui ne distingue pas le sexe des protagonistes pour rendre compte de ce phénomène. Il y a ainsi un écart entre les discours dominants et les discours des professionnels, écart perceptible dans l’étude de la littérature et dans l’examen des sources que constituent les revues &amp;quot; thérapie familiale &amp;quot;.&lt;br /&gt;
Enfin, nous proposons la thèse selon laquelle la violence conjugale reste un phénomène qui bien que connu de tous, reste difficile à appréhender dans notre société. En effet, nous montrerons qu’il existe des définitions similaires mais superficielles qui varient dans leur développement en fonction des positionnements et des valeurs de ceux qui les proposent. Les statistiques qui rendent compte de la violence conjugale proposent d’autre part des modalités qui ne permettent pas de distinguer précisément les victimes des agresseurs de manière précise et approfondie. Elles ne permettent pas d’affirmer avec précision que les hommes sont aussi victimes de violences, les modalités de [[Genre|genre]] n’étant pas assez développées dans la prise en compte statistique. Les hommes victimes existent, mais leur visibilité est très faible du fait que c’est un phénomène qui est en train d’émerger comme problème social.&lt;br /&gt;
Nous montrerons ainsi que la violence conjugale reste un phénomène complexe et confus dans ses définitions. Enfin, nous verrons que la violence conjugale reste un concept en mouvement sur le plan des institutions, qui proposent des possibilités de prise en charge nombreuses, mais néanmoins insuffisantes si l’on considère la prise en compte de la violence faite aux hommes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Revue de littérature ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous aborderons cette revue de littérature en suivant la chronologie même de notre questionnement et de notre cheminement, qui nous a conduit, en commençant part la découverte du concept de &amp;quot; l’homme battu &amp;quot;, à approfondir nos recherches au concept de la femme battue et à appréhender dès lors le problème social que constitue la violence conjugale, qui englobe les deux autres concepts. Nous avons ainsi privilégié dans nos recherches les ouvrages qui traiteraient spécifiquement de l’existence du concept même de &amp;quot; l’homme battu &amp;quot;, dans une actualité la plus récente possible. Nous nous sommes vite aperçus, que peu de littérature existait à ce sujet. Cependant, les ouvrages les plus récents (Torrent et Dallaire) font tous les deux référence à l’inscription du concept de l’homme battu dans celui de la violence conjugale. Nous avons dès lors élargi nos recherches dans ce domaine, toujours à la recherche du moindre élément concernant la violence faite aux hommes. D’autre part, nous avons voulu mettre en question les propositions faites par Dallaire et Torrent, en nous référant à d’autres auteurs qui portent un regard différent sur les acteurs, hommes ou femmes, de la violence conjugale. Notre attention s’est ainsi portée sur des notions concernant la désignation des acteurs en termes de victime et d’agresseur, et la désignation de ces mêmes termes de catégorie homme-femme. Enfin, nous avons cherché à contextualiser le phénomène de l’homme battu, en recherchant dans l’histoire de la violence conjugale, le moment où est apparu le concept de &amp;quot; l’homme battu &amp;quot;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sophie Torrent, dans son ouvrage sur l’homme battu (2001) met directement en question le fait qu’il existe au sein de la vie de couple une violence faite aux hommes, une violence souvent difficile à accepter, celle-ci allant à l’encontre de stéréotypes tels que celui qui considère que la femme est l’élément faible du couple et que l’homme en est le dominant. Dans la première partie de son livre, l’auteur tente tout d’abord d’expliquer ce phénomène atypique de l’homme battu, cet &amp;quot; impensable social &amp;quot; dit-elle. Elle analyse les différents types de violences (physique, sexuelle, psychologique, verbale et économique) pour ensuite orienter son analyse vers la notion de &amp;quot; rôles sociaux &amp;quot;. Elle montre comment l’homme violenté est agressé jusque dans les &amp;quot; facettes &amp;quot; qui font son [[Identité sociale|identité]] . Pour elle &amp;quot; être battu invalide l’homme dans son appartenance à la catégorie sociale homme &amp;quot;. Dans la deuxième partie de son ouvrage, Torrent réfléchit sur les différentes stratégies élaborées par l’homme pour gérer des situations difficiles. Elle s’appuie notamment dans son travail de recherche sur des interviews réalisées avec des &amp;quot; hommes battus &amp;quot;. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est dans une considération assez proche qu’Yvon Dallaire (2002), thérapeute au Québec, aborde le phénomène de la violence faite aux hommes (La violence faite aux hommes. Une réalité taboue et complexe). Il nous rappelle le constat de l’existence ineffable de la violence dans l’humanité, violence souvent fortement médiatisée, mais selon lui, de manière incomplète. En effet, dit-il, notre attention ne serait attirée que vers une forme de violence, soit celle faite par les hommes contre les autres hommes (guerres, voies de fait, suicides), contre les femmes (violence conjugale, viol, meurtre, tueurs en série) et contre les enfants (violence infanticide, meurtre suivi de suicide). Pour Dallaire, une forme de violence a été occultée : la violence des femmes faite envers les femmes, les hommes et les enfants. Le propos de son texte est de démontrer d’une part que des femmes peuvent être tout autant violentes que des hommes, et que d’autre part, l’analyse de la violence conjugale s’inscrit dans un paradigme teinté de sexisme et de discrimination. Pour cet auteur, la violence conjugale ne se décline pas simplement sur le mode victime-agresseur, mais plutôt sur celui de victime-victime, de deux individus qui sont les co-créateurs d’une escalade débouchant sur l’explosion physique. Afin d’alimenter son propos, Yvon Dallaire met en lumière les stéréotypes et les préjugés qui circulent dans le discours commun : l’homme est un être violent, un abuseur d’enfants, un irresponsable, les hommes sont tous des obsédés sexuels, il sont tous infidèles, menteurs et manipulateurs. Dès lors, toute violence féminine est considérée comme relevant de la légitime défense, l’homme est ainsi rendu coupable de toute la violence conjugale. Précisons ici que l’auteur dénonce le discours d’influence féministe qui se déploie dans le contexte québécois. Son objectif est de connaître les réelles dimensions de la violence conjugale, plutôt que de rechercher un coupable à punir, toujours le même : l’homme. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’ouvrage de Bretonnière-Fraysse et al. (2001), incontournable pour notre sujet, propose quant à lui un autre regard qui positionne clairement les femmes en tant que victimes et les hommes comme agresseurs, sans nuances : &amp;quot; on le sait, la violence conjugale a toujours existé ; on le sait aussi : les victimes en sont les femmes et les auteurs, les hommes. Mais elle demeure encore cachée, honteuse, secrète &amp;quot;. Cet ouvrage prend un biais anthropologique et historique pour nous montrer la condition de victime de la femme à travers les époques passées et jusqu’à nos jours. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Gillioz, De Puy et Ducret quant à elles (2000), font état des connaissances qui ont fait de la violence familiale et de la violence contre les femmes, un champ d’étude relativement nouveau dans les sciences sociales. Elles nous rappellent que jusque dans les années soixante, la société et avec elle les scientifiques vivent sur le mythe de la famille non violente. Cette dernière étant considérée comme rare et comme étant le fait d’individus déséquilibrés. Dans les années septante, sous l’influence de militantes féministes anglo-saxonnes qui ouvrent des refuges pour femmes battues et portent la question de la violence conjugale sur la place publique, ce phénomène jusque-là occulté est posé comme problème socio-politique. C’est dès lors que les sciences sociales vont s’y intéresser, à travers deux grands courants de recherche. Le premier est constitué par des études portant sur la violence subie par les femmes au sein de la famille et postule, en se fondant sur les prémisses théoriques féministes, que cette violence est spécifique. Ilc il est nécessaire de l’étudier indépendamment des autres types de violence familiale qui relèvent d’autres logiques. Le deuxième courant de recherche, issu de la sociologie de la famille, a pour objet la violence familiale et considère la société et ses institutions comme des systèmes consensuels qui embrassent dans la même problématique l’ensemble de la violence qui se déroule dans le cadre familial. &lt;br /&gt;
L&#039;ouvrage de Gillioz et all. mentionne également  les travaux de Strauss, Gelles et Steinmetz (1977), à partir desquels a été tiré l&#039;affirmation que les femmes sont aussi violentes que les hommes. C’est à ce moment qu’apparaît le concept du &amp;quot; mari battu &amp;quot;, des résultats tirés des statistiques de cette recherche, ont permis à l&#039;un des chercheurs de conclure que ce qui était le plus sous-estimé n’est pas la femme battue, mais le mari battu. La validité scientifique reste toutefois fortement contestée, nous en trouvons les arguments dans l’ouvrage de Gillioz, De Puy et Ducret. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Notre revue de littérature se conclut par l’approche systémique de Perrone et Nannini (1995) qui proposent leur livre comme un manuel à l’usage des professionnels appelés à intervenir auprès des familles. Leurs présupposés considèrent que la violence n’est pas un phénomène individuel, mais la manifestation d’un phénomène interactionnel. La violence est ainsi un mode particulier de communication entre partenaires qui sont tous impliqués et par là même responsables au sens interactionnel du terme. Comme Yvon Dallaire, les auteurs ne considèrent pas les acteurs de la violence conjugale en termes de &amp;quot; victime-agresseur &amp;quot;, ni en termes &amp;quot; hommes-femmes &amp;quot;. Les objectifs et les enjeux que ces deux auteurs proposent s’appuient sur l’idée que chacun doit devenir et se penser responsable de ses propres comportements. C’est également selon cette optique que certains &amp;quot; cliniciens &amp;quot; abordent en partie la question dans leur article (Rey, H et al. 2006). Contini 6 mai 2006 à 16:28 (MEST)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Problématique ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le questionnement qui est à l’origine de notre travail prend source dans la rencontre que nous avons faite d’un concept qui semble nouveau de prime abord : &amp;quot; l’homme battu &amp;quot;. Nous avons découvert ce concept dans l’ouvrage récemment publié de Sophie Torrent qui s’intitule &amp;quot; les hommes battus &amp;quot;. Ce livre met en lumière l’existence d’hommes victimes de violences exercées par des femmes à leur encontre, il interroge également les questions identitaires vécues par ces &amp;quot; nouvelles victimes &amp;quot; à travers la conduite de multiples entretiens. &lt;br /&gt;
Ces propos nous ont intrigués, parfois rendus perplexes et ont ainsi attisé notre curiosité. Nous avons dès lors entrepris des recherches bibliographiques qui nous permettraient de découvrir des discours proches des propos de Torrent. Nous avons ainsi constaté que ce &amp;quot; phénomène &amp;quot; des hommes battus était, dans une moindre mesure, relayé dans d’autres ouvrages qui l’inscrivaient dans le cadre plus large de la violence conjugale. Nos recherches livresques nous ont ainsi conduits à investiguer le corpus que nous avons constitué afin de tenter de répondre à la question principale qui guide notre recherche : comment le phénomène de &amp;quot; l’homme battu &amp;quot; s’inscrit-il dans le paradigme de la violence conjugale ? Les questions secondaires qui en découlent sont multiples : quand est-ce que ce concept est apparu ? Par qui a-t-il été développé ? Quels sont les discours qui relaient ce concept ou qui s’y opposent ? &lt;br /&gt;
Les éléments qui composent notre revue de littérature nous ont permis d’entrevoir certains points qui semblent être récurrents. Nous nous sommes ainsi aperçus que le concept d’ &amp;quot; hommes battus &amp;quot; se trouvait à chaque fois en tension avec celui de &amp;quot; femmes battues &amp;quot; dans le cadre de la violence conjugale que nous avons aussi essayé de définir. Nous nous sommes dès lors trouvés confrontés à deux discours contraires entre des groupes de pressions constitués autour de la &amp;quot; souffrance masculine &amp;quot; et les propos issus de certains discours féministes. Nous avons également constaté que cette opposition - que nous caractérisons grossièrement entre les deux discours – se dédouble d’une autre opposition dans la désignation des acteurs de la violence conjugale en  termes de victime et d’agresseur. Nous constatons que les acteurs sont ainsi stigmatisés, avec des stéréotypes qui désignent de manière massive l’homme comme étant un agresseur et la femme une victime.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Méthodologie ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En fonction des éléments de la problématique, l’objectif de notre recherche a consisté pour nous à y voir plus clair en tentant de répondre aux questions que nous nous posons. Afin de prendre une nécessaire distance vis-à-vis du regard que propose notre revue de littérature, nous avons choisi d’orienter nos recherches sur diverses sources d’informations. Nous avons trouvé intéressant d’examiner si des statistiques existaient sur les &amp;quot; hommes battus &amp;quot; et sur les &amp;quot; femmes battues &amp;quot; et dès lors de voir si celles-ci pouvaient éclaircir notre questionnement. Nous avons aussi choisi de chercher des éléments dans une série de revue spécialisées dans la thérapie familiale, dès lors que le phénomène des &amp;quot; hommes battus &amp;quot; s’inscrit dans le cadre de la violence conjugale. De plus, pour avoir une vision plus globale nous avons aussi décidé de faire une revue d’articles de presse étudiant quelques articles récents. Enfin, nous avons opté pour une recherche mettant en œuvre la conduite de plusieurs entretiens auprès de professionnels de la prise en charge de la violence conjugale, ainsi qu’auprès de &amp;quot; victimes &amp;quot; qui accepteraient de nous apporter leur témoignage. Ces éléments correspondent à ce que l’on pourrait appeler la &amp;quot; recherche sur le terrain &amp;quot;. Nous avons aussi élargi notre revue de littérature en laissant une place pour l’étude des discours qui proviennent des divers professionnels spécialisés dans la thématique de la violence conjugale. Nos sources seront ainsi multiples : entretiens ; revue de presse ; statistiques ; revues spécialisées. &lt;br /&gt;
Notre analyse consistera à analyser les contenus du matériel récolté, en prenant pour point d’appui la désignation des acteurs de la violence conjugale, en termes de stéréotypes (stigmatisation) et dans une approche de &amp;quot; genre &amp;quot; étudiant les rapports sociaux hommes-femmes par rapport à cette thématique, ainsi que les rapports victimes-agresseurs qui s’y rattachent. &lt;br /&gt;
L’analyse devrait ainsi nous permettre de réunir des points de vue différents et ainsi de confirmer ou d’infirmer, voir de &amp;quot; tempérer &amp;quot; ce que nous avons développé dans la revue de littérature en fonction des auteurs choisis.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Résultats et analyses ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Revue de presse ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous avons également utilisé comme source des articles de journaux et périodiques récents, constatant que la thématique de la violence conjugale apparaît régulièrement dans les médias. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout d&#039;abord, &#039;&#039;&#039;Amnesty&#039;&#039;&#039; affiche une grande visibilité grâce à son magazine pour les droits humains (février 2006), son journal d&#039;action (janvier 2006) et son site internet, qui tous trois évoquent récemment la violence domestique. En effet, Amnesty a commencé en mars 2006 sa campagne suisse « En route contre la violence domestique », dont l&#039;action principale consiste en un tour de plusieurs cantons du mobile home &amp;quot;sweet home&amp;quot; afin  de  briser le tabou qui entoure la violence dans le couple, d’améliorer les interventions de l’Etat contre la violence domestique,  et de sensibiliser le grand public, en particulier les jeunes et les hommes, notamment dans les régions rurales. Les revendications d’Amnesty International en matière de violence domestique repose sur l’obligation de l’Etat d’agir contre cette forme de violation des droits humains. Car aujourd’hui si la visibilité du débat public sur la violence domestique s’est améliorée, les menaces, coups, contraintes, viols et meurtres auxquels les femmes sont souvent exposées dans leurs quatre murs constituent un sujet rarement perçu comme relevant des droits humains. De la sensibilisation est encore nécessaire pour considérer que l’empêcher ne relève pas de la sphère privée des couples et des familles concernées, et ne pas l’assimiler à un « problème de femmes », mais à une mission publique, qui touche tout le monde.  Pourtant il s’agit bien de droit à l’intégrité physique et psychique : droit à la liberté et à la sécurité, droit à la santé, droit à l’absence de torture ou d’autres traitements dégradants et même souvent le plus, droit à la vie.&lt;br /&gt;
La position d&#039;Amnesty International quant à la violence domestique consiste à considérer sa cause dans les rapports inégalitaires de sexe. L&#039;accent est mis sur les représentations sociales qui ne cessent de faire le lien entre violence et masculinité. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le numéro du journal &#039;&#039;&#039;Repère Social&#039;&#039;&#039; de février 2006 s&#039;intitule « Quand le sexe faible est violent » et à travers le prétexte de l&#039;ouverture récente à Lausanne d&#039;un accueil pour femmes violentes, aborde ce sujet trop rarement médiatisé de la violence des femmes. &lt;br /&gt;
L&#039;auteur, Geneviève Praplan, présente les associations Vires et Face à Face à Genève, et Violence et famille à Lausanne. Cette dernière institution travaille depuis sept ans avec des hommes violents, mais accueille depuis novembre 2005 également des femmes violentes. Le Coordinateur et plusieurs intervenants ont été formés au Québec, auprès d&#039;OPTION, institution pionnière fondée par le psychothérapeute Jacques Broué en 1985. A Violence et Famille, c&#039;est ainsi sous forme de thérapie de groupe que se déroule l&#039;accompagnement, après quelques entretiens individuels. Le processus de réflexion engagé avec les auteurEs est le même pour les hommes que pour les femmes. Néanmoins, il est spécifié qu&#039;il faut être spécialement vigilant avec les femmes, en vérifiant qu&#039;elles ne sont pas &amp;quot;davantage des victimes que des agresseurs&amp;quot;. De plus, rapidement le lien entre passé et présent doit se faire. &lt;br /&gt;
&amp;quot;Hommes et femmes ne sont pas forcément égaux devant leur violence&amp;quot;: dans l&#039;inconscient collectif masculin, il est nécessaire d&#039;affirmer sa virilité, la violence masculine est ainsi plus facilement excusée. Au contraire, les rôles sociaux attribués aux femmes font qu&#039;on la juge plus sévèrement si elle fait usage de violence, mais leur permet de reconnaître moins difficilement que les hommes leurs actes violents. L&#039;auteur met en avant que les chiffres manquent quant à l&#039;ampleur de la violence féminine, surtout exercée envers ses enfants. Par ailleurs les préjugés quant aux données socio-économiques des auteurs de violence perdurent. Cela est en partie dû au fait que les familles en situation précaire sont plus aisément repérées par les services sociaux, vu l&#039;étendue de leurs besoins.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Statistiques ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Aborder le problème social de la violence conjugale nous incite à faire un retour vers les années 1970. C’est à cette époque que l’on peut situer les premières recherches sur ce thème  mettant en question le mythe de la famille non violente. Les militantes féministes amènent la question de violence conjugale sur la place publique et le posent comme un problème socio-politique. La question de la violence est abordée comme conséquence des rapports de domination, c&#039;est-à-dire des effets de l’exercice d’une influence déterminante d’un groupe, les hommes, sur un autre, les femmes. Tout rapport de domination suppose, en effet, en dehors du rapport de pure violence, un système de justification visant à obtenir un minimum de &amp;quot;volonté d&#039;obéir&amp;quot; de la part des assujettis, note le Petit Robert.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les sciences humaines vont s’y intéresser. De nombreuses études sont entreprises dans les années 1970 et 1980 dans le but de décrire la violence domestique, de pouvoir la chiffrer, de chercher à l’expliquer, d’étudier ses conséquences sur les victimes, et d’examiner les réponses sociétales à ce problème.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les résultats de l&#039;une de celle-ci, Straus et al.(1977) permettent de dire que femmes et hommes admettent recourir à des tactiques de violence dans des situations de conflits. Ce résultat est basé sur le &amp;quot;Conflict Tactics Scales&amp;quot; (CTS), échelles centrées sur les tactiques de gestion des conflits, qui intègrent une série de comportements allant des plus rationnels aux plus violents. Cette étude permettra à l’une des auteur-e-s, Steinmetz, de tirer la conclusion de l’existence du « syndrome de l’homme battu ». Ce qui sera contesté pour insuffisances méthodologiques. Depuis la plupart de chercheurs et chercheuses renoncèrent à utiliser ce concept.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Qu&#039;en est-il de la reconnaissance de la violence conjugale en Suisse ? &lt;br /&gt;
Une loi fédérale est votée (4 octobre 1991), sur l’aide aux victimes. Si cette notion de &amp;quot;victime&amp;quot; est large, accidenté de la route, attentats, viol, contrainte sexuelle, séquestration, elle comprend spécifiquement les violences domestiques. Dès lors,  elle  permet également aux femmes victimes de violence conjugale d&#039;être reconnues, visibilées et aidés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La création des centres Lavi, issu de cette loi, a pour but de fournir une aide efficace (conseils, la protection de la victime, la défense de ses droits dans la procédure pénale et l’indemnisation et la réparation morale) aux victimes d’infractions ou d’une atteinte directe à son intégrité corporelle, sexuelle ou psychique et à renforcer leurs droits. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les centres de consultation « Lavi » sont instaurés dans chaque canton. La police est tenue d’informer les victimes de l’existence de ces centres et de leur transmettre les coordonnées de celle-ci (sur la base de son accord). L’aide immédiate et les prestations fournies directement par les centres sont gratuites. Lorsque la situation personnelle de la personne qui consulte le justifie, les centres de consultation prennent en charge d’autres frais (comme par exemple les frais médicaux, les frais d’avocat ou les frais de procédure). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
S’il est difficile de faire parler les statistiques, ici nous nous basons sur l’année 2004, ils donne toute de même une idée intéressante sur la question qui nous occupe, à savoir la violence féminine et masculine : une nette prédominance des femmes dans la consultation (75%), avec des auteurs présumés de sexe masculin (83.5), et l’existence d’une relation familiale, victime – agresseur (52,9%).  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
(Le législateur prend en compte la situation des victimes, il estime qu’elles doivent être soutenues dans la procédure pénale, et également qu’elles ont droit à une indemnisation ou à une réparation morale (en fonction des revenus de la victime). )&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On peut constater également la reconnaissance par la société du statut de victime,  puisque les demandes, au nombre de 196 pour l’indemnisation et de 728 pour la réparation morale,  ont été traitées positivement. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La formation du personnel des centres Lavi : la loi mentionne des aides financières à la formation. Une formation spécifique « Lavi » a été instaurée et des formations complémentaires complètent la spécialisation de ces professionnels. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Violence domestique, une protection particulière : l’expulsion immédiate du domicile des personnes violentes, lesquelles ne peuvent plus réintégrer leur logement pendant une période déterminée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le 14 juin 2000, la Conseillère Ruth-Gaby Vermot-Mangold dépose une initiative parlementaire. Le Conseil fédéral  propose, en novembre 2005, un nouvel article 28b dans le code civil visant à protéger la victime de violence ou de harcèlement en lui donnant le droit de requérir le juge d’instruction d’interdire à l’auteur de l’atteinte de l’approcher, de fréquenter certains lieux ou de prendre contact avec elle. &lt;br /&gt;
Ce nouvel article 28b prévoit également l’institution par les cantons de centres d’informations et de consultation dans le but d’agir préventivement pour éviter la violence domestique et sa récidive. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Violence entre conjoint ou partenaire : poursuivie d’office depuis le 1 avril 2004&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le Conseil Fédéral  modifie le Code pénal en ce sens que les actes de violence domestique seront poursuivis d’office et non plus sur plainte de la victime. Le communiqué de presse est intéressant et nous donne un aperçu des changements sociaux intervenus : « il n’est plus question de tolérer la violence physique ou sexuelle exercée contre un conjoint ou un partenaire – dans un couple hétérosexuel ou homosexuel – sous prétexte qu’elle ne serait que de peu de gravité ou qu’elle relèverait de la sphère privée ». La contrainte sexuelle et le viol commis au sein du couple sont élevés au rang de délits poursuivis d’office.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Evolution des lois et violence conjugale.&lt;br /&gt;
Votée en 1991, la LAVI démontre que «  victime de violence » constitue maintenant  une déviance secondaire. Les plaignants sont identifiés, l’état institutionnalise leur prise en charge, les centres Lavi sont créés et les consultations augmentent au fil des années.   &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Néanmoins la notion de &amp;quot;violence conjugale&amp;quot; se fait discrète, le terme de violence domestique n’apparaît qu’avec le dépôt en 2002 de l’initiative parlementaire de Vermot-Mangold. En juin 2001 le Conseil Fédéral met en consultation le « projet élaboré par la Commission des affaires juridiques du Conseil national » et la notion de violence domestique fait partie des préoccupations reconnues officiellement. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous pouvons relever que les documents officiels font référence à une notion de victime qui n’est pas sexuée,  le mot « femme » n’y est pas accolé. Les termes utilisés « violence physique ou sexuelle exercée contre un conjoint ou un partenaire (…) dans un couple hétérosexuel ou homosexuel », « ordonner à une personne violente de quitter le domicile conjugal », « prévenir la récidive des agresseurs ». Dans les documents que j’ai parcouru sur le site de l’office fédéral de la justice sous la mention « aide aux victimes », je n’ai trouvé qu’une seule fois la mention spécifique « femme » : «  la violence domestique est aujourd’hui quotidienne dans notre société. Les femmes en sont souvent les victimes ». Dans tous les autres documents la violence domestique paraît neutre. Si le mot victime est féminin, les textes l’utilisent comme un élément générique. On peut en partie le comprendre par le fait que  la Lavi ne reçoit pas que des victimes de violences conjugales, mais également des victimes d’accidents de la route, d’attentats, d’enlèvement, de prise d’otage ou de brigandage.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Analyse des résultats&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour résumer, nous voici arrivés à un premier constat. Nous pouvons dire que la découverte de la violence conjugale et de ses effets a pour origine le questionnement du mouvement féministe, repris par des chercheur-e-s, qui ont confirmé et précisé le phénomène de la violence conjugale. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Autre découverte, la notion d’homme battu, que nous avions posé comme une construction récente, date des premières recherches sur ce domaine. Le syndrome de l’homme battu, développé  par une chercheuse du l’équipe de  Straus et al. a été un concept rapidement abandonné. Les défauts dans l’opérationnalisation du concept de violence, dans la méthode et dans l’interprétation des données de l’enquête effectuée à l’aide du Conflict Tactics Scales ont été largement reconnus. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comment se fait-il alors que des auteurs récents se saisissent du vocable « homme battu », partent à sa recherche, et le trouve ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour cela nous devons revenir à nouveau aux années 1970 et aux changements intervenus dans les places des hommes et des femmes. Ces dernières acquièrent un statut différent, elles deviennent citoyennes, accèdent au marché du travail et peuvent maîtriser leur fécondité. L’égalité homme – femme advient. A partir de là, le féminisme devient un mouvement social et politique pour l&#039;émancipation des femmes. Mais il va désigner aussi un corpus théorique qui va permettre aux sociologues de revisiter leurs différents champs d’études à travers la problématique des rapports sociaux de sexe.  Sous cet angle là, la violence conjugale prend un autre sens, elle est  rendue possible parce que les femmes ont moins de moyens, par conséquent moins de pouvoir, et parce que le genre féminin est dévalorisé par rapport au masculin. &lt;br /&gt;
Pierre Bourdieu a largement développé le fonctionnement des dominés et démontré comment ceux-ci ayant intégré le discours dominant « construisent ces relations de pouvoir du point de vue même de ceux qui y affirment leur domination… ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En Suisse, les statistiques 2004 issues des centres Lavi apportent des précisions chiffrées à cette forme de violence. Le taux de victimes de sexe féminins est important (75%),  le sexe masculin de l’auteur présumé révèle un pourcentage très élevé (83.5%) et pour 52.9% des consultants une relation familiale victime - agresseur existe. &lt;br /&gt;
Bien que la violence conjugale soit maintenant reconnue, des groupes sociaux la mettent en question. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les années 1980 une tension s’avive entre hommes et femmes.  Certains hommes pro féministes tiennent un discours optimiste concernant la constitution d&#039;une société nouvelle et égalitaire  et reconnaissent la domination masculine comme clé d&#039;un changement possible. &lt;br /&gt;
D&#039;autres hommes tiennent un discours alarmiste et insistent sur le malaise identitaire engendré par cette modification des rapports sociaux source de perte de repères. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A partir de là, des groupes d’hommes se forment autour, par exemple d’auteurs tels que Guy Cornaux au Canada, Jacques Salomé en France,  ou plus récemment Y. Dallaire qui avec John Goetelen a organisé le premier Congrès international de la condition masculine à Genève en 2003. Des mouvements pour la condition paternelle se créent afin de s’opposer à la garde des enfants accordée systématiquement à la mère en cas de divorce.  Le film récent « Le souffle du désert » de François Kohler, illustre ce phénomène de la recherche d’une identité masculine vécue comme problématique. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C&#039;est dans cette mouvance que nous trouvons aujourd&#039;hui les protagonistes d&#039;un détournement de la violence masculine au profit d&#039;une violence exercée contre les hommes par les femmes. ces détracteurs pourront s&#039;appuyer probablement dans les années à venir sur les modifications des images féminines, les stéréotypes de la femme douce et soumise ont tendance à s&#039;estomper. Et l&#039;on peut se demander si les jeunes femmes ne se permettront pas plus que par le passé d&#039;exprimer leurs sentiments de colère et violence, là où s&#039;exprimaient auparavant peut-être impuissance, tristesse et dépression. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Utilisateur:Cornut piller|Cornut piller]] 1 jun 2006 à 09:15 (MEST) ~~&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Entretiens ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est souvent question dans les chiffres, de comparer,  voire d’opposer, hommes et femmes face à la violence conjugale. En d’autres termes de démontrer que le premier est le bourreau et la deuxième la victime. Pour certains, la question des hommes battus ne recouvrirait pas la même problématique que celle des femmes battues. Pour certains auteurs, tel Yvon Dallaire, il semble que les stéréotypes de femme-victime et homme-agresseur affiliés aux rôles des acteurs, n’aident en rien à reconnaître la problématique. Alors que la femme est souvent vue comme une personne douce, fragile et protectrice. Les hommes, eux, sont reconnus comme des êtres forts, virils et courageux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;L’homme battu existe, nous l’avons rencontré&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour confronter les stéréotypes affiliés aux genres, nous avons cherché à interviewer des hommes battus. Paul et Luc (prénoms d’empreint) ont un point commun : leur passé d’homme maltraité. Ils ont été, tous les deux, physiquement battus par leur conjointe. Toutefois, il semblerait que la problématique de l’homme violenté intègre, dans sa forme globale, une autre forme de violence, une violence psychologique. Il ressort des entretiens que la forme physique ne semble pas être la forme de violence qui marque le plus. &lt;br /&gt;
Pour essayer de comprendre au mieux le vécu violenté de ces hommes et plus généralement de toute personne impliquée dans des relations violentes, nous avons questionné la littérature ainsi que des professionnels de terrain.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour la travailleuse sociale, Sophie Torrent (2001), « la nature de la violence [à l’égard de la gente masculine] et ses modes d’expression traduisent, dirait-on, une violence spécifiquement féminine, subtile, qui atteint l’intégrité psychique de l’homme.» (p.33). L’homme victime de violence psychologique semble atteint surtout dans sa masculinité, plus précisément dans la représentation de la masculinité qui lui a permis de construire son identité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Le harcèlement que j’ai vécu par cette femme tyran m’a amené à perdre, pendant quelques temps, mon identité masculine… C’était quoi être un homme ? Je ne savais plus faire l’amour comme il faut en quittant ma femme. J’ai du réapprendre à accepter de prendre du plaisir. » Luc&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;La violence ; une histoire d’homme ?&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Alors que nous venons de découvrir avec stupéfaction certaines réalités d’hommes maltraités par leur conjointe, comment traiter ces vérités face à notre idéal féminin construit ? Comment même penser à la violence des femmes, alors que celle que l’on exerce à leur égard est de loin la plus établie, la plus reconnue et de ce fait la plus portée par les médias ? De nos jours, la société reconnaît et prend en charge la femme violentée, qu&#039;en est-il de la femme violente ? &lt;br /&gt;
Il est commun d’entendre qu’une femme violente est une femme malade psychologiquement ou encore que cette dernière n’agresserait que pour se défendre. Pour la psychothérapeute Diane Chayer, ( citée par Ruel &amp;amp; Guéricolas, 1998), il semblerait qu’il n’y ait tout simplement pas de permission sociale à la violence des femmes. « La société dit qu’il est presque normal pour un homme d’être violent. Mais une femme violente, c’est une extraterrestre. » &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour Yvon Dallaire, « la femme violente peut ressentir de la fierté pour avoir battu plus fort qu’elle. Et la société ne la dénigre pas, elle cherche plutôt à la comprendre et à l’excuser, compatissant souvent à son sort. » (p26) A contrario, pour la responsable d’une structure acceuillant des femmes violentes, « celles et ceux qui passent de la parole aux actes souffrent, ils ont besoin d&#039;aide et y ont droit. Toutefois, la femme violente souffre de discrimination ; on ne veut pas lui reconnaître sa violence. » Il semblerait alors que, paradoxalement, la femme violente souffre des mêmes maux sociaux que l’homme maltraité. Une nouvelle fois, il semblerait que les stéréotypes, affiliés aux genres, décident de ce qui peut être acceptable ou pas.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Le statut de victime/agresseur&#039;&#039;&#039; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La responsable d’un établissement prenant en charge des femmes violentes nous apprend qu’il est difficile de tenir le fil rouge concernant les rôles de victime-agresseur. « On est là pour travailler sur la violence des femmes, en tant qu’auteures de violence et non en tant que victimes. Très souvent, ça dérape en justification des actes qui déplace la position d’agresseuse à celui de victime. » Il semble que souvent, l’agresseur se voit comme victime. Responsabiliser les acteurs(trices) de violence, c’est les aider à prendre conscience de leur violence. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Responsabilité dans la violence&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La question est partagée. Alors que pour beaucoup, la responsabilité de la violence doit être assumée par son auteur(e), pour d’autres, elle doit être partagée. En effet, pour Denis Châtelain, co-fondateur d’une association prenant en charge des auteur(e)s de violence, « il faut prendre en compte le potentiel de violence de la victime dans la compréhension de la dynamique ». Pour la responsable d’une association accueillant des femmes violentes, « il est impossible de faire un tel travail si l’on part du principe d’une co-responsabilité dans la réalisation de la violence. En effet, on ne peut pas se permettre de déraper sur l’aspect empathique et comprendre voir d’excuser l’acte de violence au nom d’un statut de victime reconnu. Pour nous, l’acte violent n’est pas excusable, il est inadmissible quelque soit sa source ou sa justification. Ce qui nous paraît important c’est de faire en sorte de ne plus jamais en avoir à arriver là. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;La prise en charge de la violence&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comment aborder la problématique de la violence conjugale et plus particulièrement celle des hommes maltraités et des femmes violentes ? Alors qu’Yvon Dallaire se demande si l’on « ne pourrait pas exploiter l’expertise des centres d’accueil pour femmes au profit des hommes battus et l’expertise des groupes d’entraide pour homme violents au profit des femmes violentes ? » (p29), la responsable d’une structure accueillant des femmes actrices de violence répond que « pour aider les femmes actrices de violence, il faut appliquer un traitement différencié. Les raisons étant parce qu’on n’éduque pas de la même façon une petite fille et un petit garçon, le rapport au féminin n’est pas le même. La violence masculine est légitimée. Par contre, on ne reconnaît pas ce droit à la femme. Cela étant dû aux stéréotypes de mère protectrice d’une part. » &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Revue &amp;quot;Thérapie familiale&amp;quot;===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous avons jugé opportun d&#039;analyser des numéros de Thérapie de Famille, une revue trimestrielle  d&#039;orientation systémique. Cette source représente en effet le point de vue théorique et le constat des pratiques des thérapeutes de famille. Il est pertinent de se demander à quel point le discours de ces professionnels de la famille influence la société et est en retour influencé par elle. Les catégories  victime-agresseur y sont-elles aussi clairement définies que dans le sens commun et certains discours? Fait-on une différenciation au niveau de l&#039;étiologie de la violence et de ses conséquences selon le genre? Le contact avec les patients remet-il en question certaines pratiques thérapeutiques et fait-il avancer les models conceptuels? Pour répondre à ces interrogations, nous avions à disposition tous les numéros parus depuis de nombreuses années afin d&#039;observer à quelle fréquence et sous quelle forme la thématique des violences conjugales était abordée. Nous avons porté notre choix sur la période allant de 1995 à 2001, pendant laquelle quatre numéros contiennent des articles dédiés à notre sujet.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les deux premiers numéros analysés, datant de 1995 et de 2000 sont riches d&#039;informations car rédigés par les mêmes auteurs, qui font part de l&#039;évolution de leur réflexion durant les cinq ans écoulés. Le numéro de 2000 a été écrit par des thérapeutes colombiens, ce qui nous montre la préoccupation internationale des thérapeutes de famille autour de la violence conjugale et leur désir d&#039;échanger à ce sujet. Quant au dernier numéro pris en compte, celui de 2001, il présente la synthèse des théories les plus utilisées à propos de la violence domestique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
(à suivre...)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Analyse ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Difficultés&#039;&#039;&#039; (à mettre à la fin de l&#039;article ou dans la conclusion)[[Utilisateur:Celine|Celine]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le sujet que nous avons abordé tout au long de ce travail est délicat. Nous avons relevé le peu de neutralité émanant des sources existantes sur ce thème, chaque écrit représentant une certaine prise de position, quant à la causalité de la violence conjugale par exemple, ou les convictions cachées derrière l&#039;attribution de statuts victime-agresseur ou victime-victime.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette subjectivité rentre en interrelation avec notre sensibilité propre, individuelle, qui n&#039;est donc pas la même entre les personnes de notre groupe. Le fait que celui-ci soit constitué de deux femmes et deux hommes est très enrichissant, et même primordial quand l&#039;on s&#039;attèle à ce type de problématique. Néanmoins, cela implique un investissement conséquent en termes de discussion, explicitation des attentes et valeurs de chacun, en redéfinition continuelle de la problématique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans notre tentative d&#039;objectiver notre problématique, nous ne sommes que très peu aidés par les statistiques. Elles aussi disent ce qu&#039;elles ont envie de dire, et sont sans cesse remises en cause par des détracteurs. La conséquence en est qu&#039;aucune statistique ne sert vraiment de référence consensuelle dans la compréhension de la violence conjugale.Dans les statistiques policières, souvent la violence conjugale n&#039;est pas comptabilisée de manière séparée des autres délits de violence; dans d&#039;autres types de statistiques c&#039;est le genre qui n&#039;est pas retenu comme variable pertinente. En effet, derrière les chiffres, on découvre des définitions très variables de la violence: certains ne prennent en compte que la violence physique; d&#039;autres considèrent que de nombreux petits signes de nature verbale ou psychologique sont un pas dans l&#039;escalade de la violence, et les jugent donc de même poids que des coups. Entre ces deux extrêmes, toutes les variations sont présentes... &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est intéressant de relever à quel point certains chiffres sont médiatisés, afin d&#039;avoir un impact sur la population, alors que ces mêmes chiffres sont discutables au niveau statistique. &lt;br /&gt;
Pour conclure, nous nous sommes rendus compte que malgré une certaine médiatisation, qui n&#039;est pas si récente, de la violence conjugale, nous ne savons pas tellement de choses à ce sujet, ou plutôt il existe peu de consensus, voire la co-existence d&#039;approches inconciliables.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Conclusion ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
# Retour sur la problématiques, les questions de recherche&lt;br /&gt;
# Rappel des principaux résultats de recherche&lt;br /&gt;
# Autocritiques et perspectives&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Références bibliographiques ==&lt;br /&gt;
Les lectures citées dans le travail final&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Dallaire Y. (2002). La violence faite aux hommes. Une réalité tabou et complexe. Québéc: Options santé. [[Résumé du livre]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Gillioz L., De Puy J., Ducret V. (1997). Domination et violence envers la femme dans le couple. Lausanne : éditions Payot. [http://home.etu.unige.ch/~maneira4/R_sum__aeticle.doc Résumé de l&#039;article]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Ruel S. &amp;amp; Guéricolas P. (1998). La violence des femmes : derrière le masque. In Gazette des femmes Vol. 20. (no 4). (Novembre-Décembre 1998).[Version électronique]. Accès le 20 novembre 2005 : &lt;br /&gt;
http://www.gazettedesfemmes.com/recherche/?F=recherche&amp;amp;idt=10075&amp;amp;affart=2866&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Torrent S. (2001). L’homme battu, un tabou au cœur du tabou. Québec: Option Santé. [http://home.etu.unige.ch/~maneira4/fiche%20de%20lecture%20homme%20battu.pdf Résumé du livre ]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Amnistie: Le magazine pour les droits humains, &#039;&#039;Dossier Combattre la violence domestique&#039;&#039;  No 44, février 2006.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Amnistie, Journal d&#039;action pour les droits humains, janvier 2006.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Praplan G., &#039;&#039;Quand le sexe faible est violent&#039;&#039; in Repère Social, No 73, février 2006.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Bibliographie ==&lt;br /&gt;
Les lectures utilisées mais pas citées dans le travail final&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Bretonnière-Fraysse et al. (2001). &#039;&#039; De la violence conjugale à la violence parentale&#039;&#039;. Eres [[Résumé|Résumé du livre]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Jackson D., Welzer-Lang D. (1998). Violence et masculinité. Toulouse : imprimerie 34.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Office fédéral de la statistique : Aide aux victimes. Chiffres clés. http://www.bfs.admin.ch/bfs/portal/fr/index/themen/rechtspflege.html&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Rey, H. et al. (2006). Les violences conjugales: pour une clinique du réel. &#039;&#039; Journal International de Victimologie&#039;&#039;. Année 4, No 1. [[Résumé de l&#039;article]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Miguel</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Violence_conjugale:_De_la_femme_battue_%C3%A0_l%27homme_battu...&amp;diff=4084</id>
		<title>Violence conjugale: De la femme battue à l&#039;homme battu...</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Violence_conjugale:_De_la_femme_battue_%C3%A0_l%27homme_battu...&amp;diff=4084"/>
		<updated>2006-06-14T10:57:31Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Miguel : /* Analyse */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&#039;&#039;&#039;Membres du groupe&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Chantal Cornut&lt;br /&gt;
* Céline Pittet &lt;br /&gt;
* Jean-Christophe Contini&lt;br /&gt;
* Miguel Maneira &lt;br /&gt;
[mailto:maneira4@etu.unige.ch,contini2@etu.unige.ch,cepittet@hotmail.com,ch.cornut-piller@bluewin.ch Ecrire au groupe]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 [[L&#039;homme battu: le mâle...traité|Notre projet]]  |  [[Plan de recherche: Violence conjugale; un concept en mouvement|Notre plan de recherche]]  |  [[Espace de dialogue|Notre espace de dialogue]]  |  [[Trésorus de notre groupe|Notre île aux trésors]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Introduction ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Violence conjugale|La violence conjugale]] semble être de prime abord un phénomène bien connu de nos jours. Les médias rendent régulièrement compte de ses conséquences, bon nombre d’associations ont été créées pour répondre à l’appel des victimes, une loi sur la protection des victimes a été instaurée, beaucoup de thérapeutes œuvrent également dans ce domaine. Il est question, la plupart du temps, des violences subies par des femmes et exercées par des hommes, il est dans une moindre mesure, question de la [[Violence|violence]] exercée par des femmes contre des hommes. Ce dernier phénomène reste minoritaire cependant, et fait l’objet de nombreuses critiques. Bien souvent, les discours opposent des mouvements &amp;quot;  [[Féminisme|féministes]]&amp;quot; à des groupes &amp;quot; masculinistes &amp;quot;, les uns dénonçant sans cesse l’ineffable violence des hommes envers les femmes, les autres dénonçant cette vision de l’homme éternellement &amp;quot; agresseur &amp;quot;, allant jusqu’à affirmer que des hommes sont aussi des &amp;quot; victimes &amp;quot; et que la violence peut aussi être l’apanage des femmes. Ici apparaît le concept &amp;quot; d’hommes battus &amp;quot; que nous interrogerons et qui est apparu dès les années septante.  &lt;br /&gt;
Afin de prendre de la distance vis-à-vis de ces deux positions antagonistes, nous proposons d’étudier ce que disent certains auteurs sur la violence conjugale, à la fois sur la violence subie par les femmes et par les hommes. Nous proposons aussi une recherche axée sur des entretiens avec des hommes &amp;quot; victimes &amp;quot; et des professionnels de la violence conjugale. Nous étudierons également des sources statistiques issues de la Loi Fédérale sur l’aide aux victimes et de Amnesty internationale tout comme des revues spécialisées dans le domaine de la thérapie familiale et plus particulièrement les articles concernant la violence domestique. &lt;br /&gt;
La thèse générale de notre article est de démontrer par notre étude que les discours qui circulent sur la violence conjugale sont une construction qui circonscrit la violence dans des [[Stéréotype|stéréotypes]] caricaturaux stigmatisant à la fois les femmes en tant que victimes et les hommes comme agresseurs. De cette restriction découle la difficulté d’envisager l’existence d’hommes victimes de violence conjugale, et d’égale manière celle de femmes violentes. Cela a comme conséquence pour les personnes concernées une non-reconnaissance sociale, se manifestant par de forts préjugés à leur encontre, et de grandes lacunes institutionnelles. Nous montrerons aussi que les professionnels de la violence conjugale (médecins, thérapeutes) ont dépassé cette opposition et qu’ils désignent plus les acteurs de la violence conjugale à un niveau de co-responsabilité qui ne distingue pas le sexe des protagonistes pour rendre compte de ce phénomène. Il y a ainsi un écart entre les discours dominants et les discours des professionnels, écart perceptible dans l’étude de la littérature et dans l’examen des sources que constituent les revues &amp;quot; thérapie familiale &amp;quot;.&lt;br /&gt;
Enfin, nous proposons la thèse selon laquelle la violence conjugale reste un phénomène qui bien que connu de tous, reste difficile à appréhender dans notre société. En effet, nous montrerons qu’il existe des définitions similaires mais superficielles qui varient dans leur développement en fonction des positionnements et des valeurs de ceux qui les proposent. Les statistiques qui rendent compte de la violence conjugale proposent d’autre part des modalités qui ne permettent pas de distinguer précisément les victimes des agresseurs de manière précise et approfondie. Elles ne permettent pas d’affirmer avec précision que les hommes sont aussi victimes de violences, les modalités de [[Genre|genre]] n’étant pas assez développées dans la prise en compte statistique. Les hommes victimes existent, mais leur visibilité est très faible du fait que c’est un phénomène qui est en train d’émerger comme problème social.&lt;br /&gt;
Nous montrerons ainsi que la violence conjugale reste un phénomène complexe et confus dans ses définitions. Enfin, nous verrons que la violence conjugale reste un concept en mouvement sur le plan des institutions, qui proposent des possibilités de prise en charge nombreuses, mais néanmoins insuffisantes si l’on considère la prise en compte de la violence faite aux hommes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Revue de littérature ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous aborderons cette revue de littérature en suivant la chronologie même de notre questionnement et de notre cheminement, qui nous a conduit, en commençant part la découverte du concept de &amp;quot; l’homme battu &amp;quot;, à approfondir nos recherches au concept de la femme battue et à appréhender dès lors le problème social que constitue la violence conjugale, qui englobe les deux autres concepts. Nous avons ainsi privilégié dans nos recherches les ouvrages qui traiteraient spécifiquement de l’existence du concept même de &amp;quot; l’homme battu &amp;quot;, dans une actualité la plus récente possible. Nous nous sommes vite aperçus, que peu de littérature existait à ce sujet. Cependant, les ouvrages les plus récents (Torrent et Dallaire) font tous les deux référence à l’inscription du concept de l’homme battu dans celui de la violence conjugale. Nous avons dès lors élargi nos recherches dans ce domaine, toujours à la recherche du moindre élément concernant la violence faite aux hommes. D’autre part, nous avons voulu mettre en question les propositions faites par Dallaire et Torrent, en nous référant à d’autres auteurs qui portent un regard différent sur les acteurs, hommes ou femmes, de la violence conjugale. Notre attention s’est ainsi portée sur des notions concernant la désignation des acteurs en termes de victime et d’agresseur, et la désignation de ces mêmes termes de catégorie homme-femme. Enfin, nous avons cherché à contextualiser le phénomène de l’homme battu, en recherchant dans l’histoire de la violence conjugale, le moment où est apparu le concept de &amp;quot; l’homme battu &amp;quot;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sophie Torrent, dans son ouvrage sur l’homme battu (2001) met directement en question le fait qu’il existe au sein de la vie de couple une violence faite aux hommes, une violence souvent difficile à accepter, celle-ci allant à l’encontre de stéréotypes tels que celui qui considère que la femme est l’élément faible du couple et que l’homme en est le dominant. Dans la première partie de son livre, l’auteur tente tout d’abord d’expliquer ce phénomène atypique de l’homme battu, cet &amp;quot; impensable social &amp;quot; dit-elle. Elle analyse les différents types de violences (physique, sexuelle, psychologique, verbale et économique) pour ensuite orienter son analyse vers la notion de &amp;quot; rôles sociaux &amp;quot;. Elle montre comment l’homme violenté est agressé jusque dans les &amp;quot; facettes &amp;quot; qui font son [[Identité sociale|identité]] . Pour elle &amp;quot; être battu invalide l’homme dans son appartenance à la catégorie sociale homme &amp;quot;. Dans la deuxième partie de son ouvrage, Torrent réfléchit sur les différentes stratégies élaborées par l’homme pour gérer des situations difficiles. Elle s’appuie notamment dans son travail de recherche sur des interviews réalisées avec des &amp;quot; hommes battus &amp;quot;. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est dans une considération assez proche qu’Yvon Dallaire (2002), thérapeute au Québec, aborde le phénomène de la violence faite aux hommes (La violence faite aux hommes. Une réalité taboue et complexe). Il nous rappelle le constat de l’existence ineffable de la violence dans l’humanité, violence souvent fortement médiatisée, mais selon lui, de manière incomplète. En effet, dit-il, notre attention ne serait attirée que vers une forme de violence, soit celle faite par les hommes contre les autres hommes (guerres, voies de fait, suicides), contre les femmes (violence conjugale, viol, meurtre, tueurs en série) et contre les enfants (violence infanticide, meurtre suivi de suicide). Pour Dallaire, une forme de violence a été occultée : la violence des femmes faite envers les femmes, les hommes et les enfants. Le propos de son texte est de démontrer d’une part que des femmes peuvent être tout autant violentes que des hommes, et que d’autre part, l’analyse de la violence conjugale s’inscrit dans un paradigme teinté de sexisme et de discrimination. Pour cet auteur, la violence conjugale ne se décline pas simplement sur le mode victime-agresseur, mais plutôt sur celui de victime-victime, de deux individus qui sont les co-créateurs d’une escalade débouchant sur l’explosion physique. Afin d’alimenter son propos, Yvon Dallaire met en lumière les stéréotypes et les préjugés qui circulent dans le discours commun : l’homme est un être violent, un abuseur d’enfants, un irresponsable, les hommes sont tous des obsédés sexuels, il sont tous infidèles, menteurs et manipulateurs. Dès lors, toute violence féminine est considérée comme relevant de la légitime défense, l’homme est ainsi rendu coupable de toute la violence conjugale. Précisons ici que l’auteur dénonce le discours d’influence féministe qui se déploie dans le contexte québécois. Son objectif est de connaître les réelles dimensions de la violence conjugale, plutôt que de rechercher un coupable à punir, toujours le même : l’homme. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’ouvrage de Bretonnière-Fraysse et al. (2001), incontournable pour notre sujet, propose quant à lui un autre regard qui positionne clairement les femmes en tant que victimes et les hommes comme agresseurs, sans nuances : &amp;quot; on le sait, la violence conjugale a toujours existé ; on le sait aussi : les victimes en sont les femmes et les auteurs, les hommes. Mais elle demeure encore cachée, honteuse, secrète &amp;quot;. Cet ouvrage prend un biais anthropologique et historique pour nous montrer la condition de victime de la femme à travers les époques passées et jusqu’à nos jours. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Gillioz, De Puy et Ducret quant à elles (2000), font état des connaissances qui ont fait de la violence familiale et de la violence contre les femmes, un champ d’étude relativement nouveau dans les sciences sociales. Elles nous rappellent que jusque dans les années soixante, la société et avec elle les scientifiques vivent sur le mythe de la famille non violente. Cette dernière étant considérée comme rare et comme étant le fait d’individus déséquilibrés. Dans les années septante, sous l’influence de militantes féministes anglo-saxonnes qui ouvrent des refuges pour femmes battues et portent la question de la violence conjugale sur la place publique, ce phénomène jusque-là occulté est posé comme problème socio-politique. C’est dès lors que les sciences sociales vont s’y intéresser, à travers deux grands courants de recherche. Le premier est constitué par des études portant sur la violence subie par les femmes au sein de la famille et postule, en se fondant sur les prémisses théoriques féministes, que cette violence est spécifique. Ilc il est nécessaire de l’étudier indépendamment des autres types de violence familiale qui relèvent d’autres logiques. Le deuxième courant de recherche, issu de la sociologie de la famille, a pour objet la violence familiale et considère la société et ses institutions comme des systèmes consensuels qui embrassent dans la même problématique l’ensemble de la violence qui se déroule dans le cadre familial. &lt;br /&gt;
L&#039;ouvrage de Gillioz et all. mentionne également  les travaux de Strauss, Gelles et Steinmetz (1977), à partir desquels a été tiré l&#039;affirmation que les femmes sont aussi violentes que les hommes. C’est à ce moment qu’apparaît le concept du &amp;quot; mari battu &amp;quot;, des résultats tirés des statistiques de cette recherche, ont permis à l&#039;un des chercheurs de conclure que ce qui était le plus sous-estimé n’est pas la femme battue, mais le mari battu. La validité scientifique reste toutefois fortement contestée, nous en trouvons les arguments dans l’ouvrage de Gillioz, De Puy et Ducret. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Notre revue de littérature se conclut par l’approche systémique de Perrone et Nannini (1995) qui proposent leur livre comme un manuel à l’usage des professionnels appelés à intervenir auprès des familles. Leurs présupposés considèrent que la violence n’est pas un phénomène individuel, mais la manifestation d’un phénomène interactionnel. La violence est ainsi un mode particulier de communication entre partenaires qui sont tous impliqués et par là même responsables au sens interactionnel du terme. Comme Yvon Dallaire, les auteurs ne considèrent pas les acteurs de la violence conjugale en termes de &amp;quot; victime-agresseur &amp;quot;, ni en termes &amp;quot; hommes-femmes &amp;quot;. Les objectifs et les enjeux que ces deux auteurs proposent s’appuient sur l’idée que chacun doit devenir et se penser responsable de ses propres comportements. C’est également selon cette optique que certains &amp;quot; cliniciens &amp;quot; abordent en partie la question dans leur article (Rey, H et al. 2006). Contini 6 mai 2006 à 16:28 (MEST)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Problématique ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le questionnement qui est à l’origine de notre travail prend source dans la rencontre que nous avons faite d’un concept qui semble nouveau de prime abord : &amp;quot; l’homme battu &amp;quot;. Nous avons découvert ce concept dans l’ouvrage récemment publié de Sophie Torrent qui s’intitule &amp;quot; les hommes battus &amp;quot;. Ce livre met en lumière l’existence d’hommes victimes de violences exercées par des femmes à leur encontre, il interroge également les questions identitaires vécues par ces &amp;quot; nouvelles victimes &amp;quot; à travers la conduite de multiples entretiens. &lt;br /&gt;
Ces propos nous ont intrigués, parfois rendus perplexes et ont ainsi attisé notre curiosité. Nous avons dès lors entrepris des recherches bibliographiques qui nous permettraient de découvrir des discours proches des propos de Torrent. Nous avons ainsi constaté que ce &amp;quot; phénomène &amp;quot; des hommes battus était, dans une moindre mesure, relayé dans d’autres ouvrages qui l’inscrivaient dans le cadre plus large de la violence conjugale. Nos recherches livresques nous ont ainsi conduits à investiguer le corpus que nous avons constitué afin de tenter de répondre à la question principale qui guide notre recherche : comment le phénomène de &amp;quot; l’homme battu &amp;quot; s’inscrit-il dans le paradigme de la violence conjugale ? Les questions secondaires qui en découlent sont multiples : quand est-ce que ce concept est apparu ? Par qui a-t-il été développé ? Quels sont les discours qui relaient ce concept ou qui s’y opposent ? &lt;br /&gt;
Les éléments qui composent notre revue de littérature nous ont permis d’entrevoir certains points qui semblent être récurrents. Nous nous sommes ainsi aperçus que le concept d’ &amp;quot; hommes battus &amp;quot; se trouvait à chaque fois en tension avec celui de &amp;quot; femmes battues &amp;quot; dans le cadre de la violence conjugale que nous avons aussi essayé de définir. Nous nous sommes dès lors trouvés confrontés à deux discours contraires entre des groupes de pressions constitués autour de la &amp;quot; souffrance masculine &amp;quot; et les propos issus de certains discours féministes. Nous avons également constaté que cette opposition - que nous caractérisons grossièrement entre les deux discours – se dédouble d’une autre opposition dans la désignation des acteurs de la violence conjugale en  termes de victime et d’agresseur. Nous constatons que les acteurs sont ainsi stigmatisés, avec des stéréotypes qui désignent de manière massive l’homme comme étant un agresseur et la femme une victime.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Méthodologie ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En fonction des éléments de la problématique, l’objectif de notre recherche a consisté pour nous à y voir plus clair en tentant de répondre aux questions que nous nous posons. Afin de prendre une nécessaire distance vis-à-vis du regard que propose notre revue de littérature, nous avons choisi d’orienter nos recherches sur diverses sources d’informations. Nous avons trouvé intéressant d’examiner si des statistiques existaient sur les &amp;quot; hommes battus &amp;quot; et sur les &amp;quot; femmes battues &amp;quot; et dès lors de voir si celles-ci pouvaient éclaircir notre questionnement. Nous avons aussi choisi de chercher des éléments dans une série de revue spécialisées dans la thérapie familiale, dès lors que le phénomène des &amp;quot; hommes battus &amp;quot; s’inscrit dans le cadre de la violence conjugale. De plus, pour avoir une vision plus globale nous avons aussi décidé de faire une revue d’articles de presse étudiant quelques articles récents. Enfin, nous avons opté pour une recherche mettant en œuvre la conduite de plusieurs entretiens auprès de professionnels de la prise en charge de la violence conjugale, ainsi qu’auprès de &amp;quot; victimes &amp;quot; qui accepteraient de nous apporter leur témoignage. Ces éléments correspondent à ce que l’on pourrait appeler la &amp;quot; recherche sur le terrain &amp;quot;. Nous avons aussi élargi notre revue de littérature en laissant une place pour l’étude des discours qui proviennent des divers professionnels spécialisés dans la thématique de la violence conjugale. Nos sources seront ainsi multiples : entretiens ; revue de presse ; statistiques ; revues spécialisées. &lt;br /&gt;
Notre analyse consistera à analyser les contenus du matériel récolté, en prenant pour point d’appui la désignation des acteurs de la violence conjugale, en termes de stéréotypes (stigmatisation) et dans une approche de &amp;quot; genre &amp;quot; étudiant les rapports sociaux hommes-femmes par rapport à cette thématique, ainsi que les rapports victimes-agresseurs qui s’y rattachent. &lt;br /&gt;
L’analyse devrait ainsi nous permettre de réunir des points de vue différents et ainsi de confirmer ou d’infirmer, voir de &amp;quot; tempérer &amp;quot; ce que nous avons développé dans la revue de littérature en fonction des auteurs choisis.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Résultats et analyses ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Revue de presse ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous avons également utilisé comme source des articles de journaux et périodiques récents, constatant que la thématique de la violence conjugale apparaît régulièrement dans les médias. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout d&#039;abord, &#039;&#039;&#039;Amnesty&#039;&#039;&#039; affiche une grande visibilité grâce à son magazine pour les droits humains (février 2006), son journal d&#039;action (janvier 2006) et son site internet, qui tous trois évoquent récemment la violence domestique. En effet, Amnesty a commencé en mars 2006 sa campagne suisse « En route contre la violence domestique », dont l&#039;action principale consiste en un tour de plusieurs cantons du mobile home &amp;quot;sweet home&amp;quot; afin  de  briser le tabou qui entoure la violence dans le couple, d’améliorer les interventions de l’Etat contre la violence domestique,  et de sensibiliser le grand public, en particulier les jeunes et les hommes, notamment dans les régions rurales. Les revendications d’Amnesty International en matière de violence domestique repose sur l’obligation de l’Etat d’agir contre cette forme de violation des droits humains. Car aujourd’hui si la visibilité du débat public sur la violence domestique s’est améliorée, les menaces, coups, contraintes, viols et meurtres auxquels les femmes sont souvent exposées dans leurs quatre murs constituent un sujet rarement perçu comme relevant des droits humains. De la sensibilisation est encore nécessaire pour considérer que l’empêcher ne relève pas de la sphère privée des couples et des familles concernées, et ne pas l’assimiler à un « problème de femmes », mais à une mission publique, qui touche tout le monde.  Pourtant il s’agit bien de droit à l’intégrité physique et psychique : droit à la liberté et à la sécurité, droit à la santé, droit à l’absence de torture ou d’autres traitements dégradants et même souvent le plus, droit à la vie.&lt;br /&gt;
La position d&#039;Amnesty International quant à la violence domestique consiste à considérer sa cause dans les rapports inégalitaires de sexe. L&#039;accent est mis sur les représentations sociales qui ne cessent de faire le lien entre violence et masculinité. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le numéro du journal &#039;&#039;&#039;Repère Social&#039;&#039;&#039; de février 2006 s&#039;intitule « Quand le sexe faible est violent » et à travers le prétexte de l&#039;ouverture récente à Lausanne d&#039;un accueil pour femmes violentes, aborde ce sujet trop rarement médiatisé de la violence des femmes. &lt;br /&gt;
L&#039;auteur, Geneviève Praplan, présente les associations Vires et Face à Face à Genève, et Violence et famille à Lausanne. Cette dernière institution travaille depuis sept ans avec des hommes violents, mais accueille depuis novembre 2005 également des femmes violentes. Le Coordinateur et plusieurs intervenants ont été formés au Québec, auprès d&#039;OPTION, institution pionnière fondée par le psychothérapeute Jacques Broué en 1985. A Violence et Famille, c&#039;est ainsi sous forme de thérapie de groupe que se déroule l&#039;accompagnement, après quelques entretiens individuels. Le processus de réflexion engagé avec les auteurEs est le même pour les hommes que pour les femmes. Néanmoins, il est spécifié qu&#039;il faut être spécialement vigilant avec les femmes, en vérifiant qu&#039;elles ne sont pas &amp;quot;davantage des victimes que des agresseurs&amp;quot;. De plus, rapidement le lien entre passé et présent doit se faire. &lt;br /&gt;
&amp;quot;Hommes et femmes ne sont pas forcément égaux devant leur violence&amp;quot;: dans l&#039;inconscient collectif masculin, il est nécessaire d&#039;affirmer sa virilité, la violence masculine est ainsi plus facilement excusée. Au contraire, les rôles sociaux attribués aux femmes font qu&#039;on la juge plus sévèrement si elle fait usage de violence, mais leur permet de reconnaître moins difficilement que les hommes leurs actes violents. L&#039;auteur met en avant que les chiffres manquent quant à l&#039;ampleur de la violence féminine, surtout exercée envers ses enfants. Par ailleurs les préjugés quant aux données socio-économiques des auteurs de violence perdurent. Cela est en partie dû au fait que les familles en situation précaire sont plus aisément repérées par les services sociaux, vu l&#039;étendue de leurs besoins.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Statistîques ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Aborder le problème social de la violence conjugale nous incite à faire un retour vers les années 1970. C’est à cette époque que l’on peut situer les premières recherches sur ce thème  mettant en question le mythe de la famille non violente. Les militantes féministes amènent la question de violence conjugale sur la place publique et le posent comme un problème socio-politique. La question de la violence est abordée comme conséquence des rapports de domination, c&#039;est-à-dire des effets de l’exercice d’une influence déterminante d’un groupe, les hommes, sur un autre, les femmes. Tout rapport de domination suppose, en effet, en dehors du rapport de pure violence, un système de justification visant à obtenir un minimum de &amp;quot;volonté d&#039;obéir&amp;quot; de la part des assujettis, note le Petit Robert.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les sciences humaines vont s’y intéresser. De nombreuses études sont entreprises dans les années 1970 et 1980 dans le but de décrire la violence domestique, de pouvoir la chiffrer, de chercher à l’expliquer, d’étudier ses conséquences sur les victimes, et d’examiner les réponses sociétales à ce problème.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les résultats de l&#039;une de celle-ci, Straus et al.(1977) permettent de dire que femmes et hommes admettent recourir à des tactiques de violence dans des situations de conflits. Ce résultat est basé sur le &amp;quot;Conflict Tactics Scales&amp;quot; (CTS), échelles centrées sur les tactiques de gestion des conflits, qui intègrent une série de comportements allant des plus rationnels aux plus violents. Cette étude permettra à l’une des auteur-e-s, Steinmetz, de tirer la conclusion de l’existence du « syndrome de l’homme battu ». Ce qui sera contesté pour insuffisances méthodologiques. Depuis la plupart de chercheurs et chercheuses renoncèrent à utiliser ce concept.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Qu&#039;en est-il de la reconnaissance de la violence conjugale en Suisse ? &lt;br /&gt;
Une loi fédérale est votée (4 octobre 1991), sur l’aide aux victimes. Si cette notion de &amp;quot;victime&amp;quot; est large, accidenté de la route, attentats, viol, contrainte sexuelle, séquestration, elle comprend spécifiquement les violences domestiques. Dès lors,  elle  permet également aux femmes victimes de violence conjugale d&#039;être reconnues, visibilées et aidés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La création des centres Lavi, issu de cette loi, a pour but de fournir une aide efficace (conseils, la protection de la victime, la défense de ses droits dans la procédure pénale et l’indemnisation et la réparation morale) aux victimes d’infractions ou d’une atteinte directe à son intégrité corporelle, sexuelle ou psychique et à renforcer leurs droits. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les centres de consultation « Lavi » sont instaurés dans chaque canton. La police est tenue d’informer les victimes de l’existence de ces centres et de leur transmettre les coordonnées de celle-ci (sur la base de son accord). L’aide immédiate et les prestations fournies directement par les centres sont gratuites. Lorsque la situation personnelle de la personne qui consulte le justifie, les centres de consultation prennent en charge d’autres frais (comme par exemple les frais médicaux, les frais d’avocat ou les frais de procédure). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
S’il est difficile de faire parler les statistiques, ici nous nous basons sur l’année 2004, ils donne toute de même une idée intéressante sur la question qui nous occupe, à savoir la violence féminine et masculine : une nette prédominance des femmes dans la consultation (75%), avec des auteurs présumés de sexe masculin (83.5), et l’existence d’une relation familiale, victime – agresseur (52,9%).  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
(Le législateur prend en compte la situation des victimes, il estime qu’elles doivent être soutenues dans la procédure pénale, et également qu’elles ont droit à une indemnisation ou à une réparation morale (en fonction des revenus de la victime). )&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On peut constater également la reconnaissance par la société du statut de victime,  puisque les demandes, au nombre de 196 pour l’indemnisation et de 728 pour la réparation morale,  ont été traitées positivement. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La formation du personnel des centres Lavi : la loi mentionne des aides financières à la formation. Une formation spécifique « Lavi » a été instaurée et des formations complémentaires complètent la spécialisation de ces professionnels. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Violence domestique, une protection particulière : l’expulsion immédiate du domicile des personnes violentes, lesquelles ne peuvent plus réintégrer leur logement pendant une période déterminée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le 14 juin 2000, la Conseillère Ruth-Gaby Vermot-Mangold dépose une initiative parlementaire. Le Conseil fédéral  propose, en novembre 2005, un nouvel article 28b dans le code civil visant à protéger la victime de violence ou de harcèlement en lui donnant le droit de requérir le juge d’instruction d’interdire à l’auteur de l’atteinte de l’approcher, de fréquenter certains lieux ou de prendre contact avec elle. &lt;br /&gt;
Ce nouvel article 28b prévoit également l’institution par les cantons de centres d’informations et de consultation dans le but d’agir préventivement pour éviter la violence domestique et sa récidive. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Violence entre conjoint ou partenaire : poursuivie d’office depuis le 1 avril 2004&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le Conseil Fédéral  modifie le Code pénal en ce sens que les actes de violence domestique seront poursuivis d’office et non plus sur plainte de la victime. Le communiqué de presse est intéressant et nous donne un aperçu des changements sociaux intervenus : « il n’est plus question de tolérer la violence physique ou sexuelle exercée contre un conjoint ou un partenaire – dans un couple hétérosexuel ou homosexuel – sous prétexte qu’elle ne serait que de peu de gravité ou qu’elle relèverait de la sphère privée ». La contrainte sexuelle et le viol commis au sein du couple sont élevés au rang de délits poursuivis d’office.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Evolution des lois et violence conjugale.&lt;br /&gt;
Votée en 1991, la LAVI démontre que «  victime de violence » constitue maintenant  une déviance secondaire. Les plaignants sont identifiés, l’état institutionnalise leur prise en charge, les centres Lavi sont créés et les consultations augmentent au fil des années.   &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Néanmoins la notion de &amp;quot;violence conjugale&amp;quot; se fait discrète, le terme de violence domestique n’apparaît qu’avec le dépôt en 2002 de l’initiative parlementaire de Vermot-Mangold. En juin 2001 le Conseil Fédéral met en consultation le « projet élaboré par la Commission des affaires juridiques du Conseil national » et la notion de violence domestique fait partie des préoccupations reconnues officiellement. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous pouvons relever que les documents officiels font référence à une notion de victime qui n’est pas sexuée,  le mot « femme » n’y est pas accolé. Les termes utilisés « violence physique ou sexuelle exercée contre un conjoint ou un partenaire (…) dans un couple hétérosexuel ou homosexuel », « ordonner à une personne violente de quitter le domicile conjugal », « prévenir la récidive des agresseurs ». Dans les documents que j’ai parcouru sur le site de l’office fédéral de la justice sous la mention « aide aux victimes », je n’ai trouvé qu’une seule fois la mention spécifique « femme » : «  la violence domestique est aujourd’hui quotidienne dans notre société. Les femmes en sont souvent les victimes ». Dans tous les autres documents la violence domestique paraît neutre. Si le mot victime est féminin, les textes l’utilisent comme un élément générique. On peut en partie le comprendre par le fait que  la Lavi ne reçoit pas que des victimes de violences conjugales, mais également des victimes d’accidents de la route, d’attentats, d’enlèvement, de prise d’otage ou de brigandage.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Entretiens ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est souvent question dans les chiffres, de comparer,  voire d’opposer, hommes et femmes face à la violence conjugale. En d’autres termes de démontrer que le premier est le bourreau et la deuxième la victime. Pour certains, la question des hommes battus ne recouvrirait pas la même problématique que celle des femmes battues. Pour certains auteurs, tel Yvon Dallaire, il semble que les stéréotypes de femme-victime et homme-agresseur affiliés aux rôles des acteurs, n’aident en rien à reconnaître la problématique. Alors que la femme est souvent vue comme une personne douce, fragile et protectrice. Les hommes, eux, sont reconnus comme des êtres forts, virils et courageux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;L’homme battu existe, nous l’avons rencontré&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour confronter les stéréotypes affiliés aux genres, nous avons cherché à interviewer des hommes battus. Paul et Luc (prénoms d’empreint) ont un point commun : leur passé d’homme maltraité. Ils ont été, tous les deux, physiquement battus par leur conjointe. Toutefois, il semblerait que la problématique de l’homme violenté intègre, dans sa forme globale, une autre forme de violence, une violence psychologique. Il ressort des entretiens que la forme physique ne semble pas être la forme de violence qui marque le plus. &lt;br /&gt;
Pour essayer de comprendre au mieux le vécu violenté de ces hommes et plus généralement de toute personne impliquée dans des relations violentes, nous avons questionné la littérature ainsi que des professionnels de terrain.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour la travailleuse sociale, Sophie Torrent (2001), « la nature de la violence [à l’égard de la gente masculine] et ses modes d’expression traduisent, dirait-on, une violence spécifiquement féminine, subtile, qui atteint l’intégrité psychique de l’homme.» (p.33). L’homme victime de violence psychologique semble atteint surtout dans sa masculinité, plus précisément dans la représentation de la masculinité qui lui a permis de construire son identité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Le harcèlement que j’ai vécu par cette femme tyran m’a amené à perdre, pendant quelques temps, mon identité masculine… C’était quoi être un homme ? Je ne savais plus faire l’amour comme il faut en quittant ma femme. J’ai du réapprendre à accepter de prendre du plaisir. » Luc&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;La violence ; une histoire d’homme ?&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Alors que nous venons de découvrir avec stupéfaction certaines réalités d’hommes maltraités par leur conjointe, comment traiter ces vérités face à notre idéal féminin construit ? Comment même penser à la violence des femmes, alors que celle que l’on exerce à leur égard est de loin la plus établie, la plus reconnue et de ce fait la plus portée par les médias ? De nos jours, la société reconnaît et prend en charge la femme violentée, qu&#039;en est-il de la femme violente ? &lt;br /&gt;
Il est commun d’entendre qu’une femme violente est une femme malade psychologiquement ou encore que cette dernière n’agresserait que pour se défendre. Pour la psychothérapeute Diane Chayer, ( citée par Ruel &amp;amp; Guéricolas, 1998), il semblerait qu’il n’y ait tout simplement pas de permission sociale à la violence des femmes. « La société dit qu’il est presque normal pour un homme d’être violent. Mais une femme violente, c’est une extraterrestre. » &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour Yvon Dallaire, « la femme violente peut ressentir de la fierté pour avoir battu plus fort qu’elle. Et la société ne la dénigre pas, elle cherche plutôt à la comprendre et à l’excuser, compatissant souvent à son sort. » (p26) A contrario, pour la responsable d’une structure acceuillant des femmes violentes, « celles et ceux qui passent de la parole aux actes souffrent, ils ont besoin d&#039;aide et y ont droit. Toutefois, la femme violente souffre de discrimination ; on ne veut pas lui reconnaître sa violence. » Il semblerait alors que, paradoxalement, la femme violente souffre des mêmes maux sociaux que l’homme maltraité. Une nouvelle fois, il semblerait que les stéréotypes, affiliés aux genres, décident de ce qui peut être acceptable ou pas.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Le statut de victime/agresseur&#039;&#039;&#039; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La responsable d’un établissement prenant en charge des femmes violentes nous apprend qu’il est difficile de tenir le fil rouge concernant les rôles de victime-agresseur. « On est là pour travailler sur la violence des femmes, en tant qu’auteures de violence et non en tant que victimes. Très souvent, ça dérape en justification des actes qui déplace la position d’agresseuse à celui de victime. » Il semble que souvent, l’agresseur se voit comme victime. Responsabiliser les acteurs(trices) de violence, c’est les aider à prendre conscience de leur violence. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Responsabilité dans la violence&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La question est partagée. Alors que pour beaucoup, la responsabilité de la violence doit être assumée par son auteur(e), pour d’autres, elle doit être partagée. En effet, pour Denis Châtelain, co-fondateur d’une association prenant en charge des auteur(e)s de violence, « il faut prendre en compte le potentiel de violence de la victime dans la compréhension de la dynamique ». Pour la responsable d’une association accueillant des femmes violentes, « il est impossible de faire un tel travail si l’on part du principe d’une co-responsabilité dans la réalisation de la violence. En effet, on ne peut pas se permettre de déraper sur l’aspect empathique et comprendre voir d’excuser l’acte de violence au nom d’un statut de victime reconnu. Pour nous, l’acte violent n’est pas excusable, il est inadmissible quelque soit sa source ou sa justification. Ce qui nous paraît important c’est de faire en sorte de ne plus jamais en avoir à arriver là. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;La prise en charge de la violence&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comment aborder la problématique de la violence conjugale et plus particulièrement celle des hommes maltraités et des femmes violentes ? Alors qu’Yvon Dallaire se demande si l’on « ne pourrait pas exploiter l’expertise des centres d’accueil pour femmes au profit des hommes battus et l’expertise des groupes d’entraide pour homme violents au profit des femmes violentes ? » (p29), la responsable d’une structure accueillant des femmes actrices de violence répond que « pour aider les femmes actrices de violence, il faut appliquer un traitement différencié. Les raisons étant parce qu’on n’éduque pas de la même façon une petite fille et un petit garçon, le rapport au féminin n’est pas le même. La violence masculine est légitimée. Par contre, on ne reconnaît pas ce droit à la femme. Cela étant dû aux stéréotypes de mère protectrice d’une part. » &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Revue &amp;quot;Thérapie familiale&amp;quot;===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous avons jugé opportun d&#039;analyser des numéros de Thérapie de Famille, une revue trimestrielle  d&#039;orientation systémique. Cette source représente en effet le point de vue théorique et le constat des pratiques des thérapeutes de famille. Il est pertinent de se demander à quel point le discours de ces professionnels de la famille influence la société et est en retour influencé par elle. Les catégories  victime-agresseur y sont-elles aussi clairement définies que dans le sens commun et certains discours? Fait-on une différenciation au niveau de l&#039;étiologie de la violence et de ses conséquences selon le genre? Le contact avec les patients remet-il en question certaines pratiques thérapeutiques et fait-il avancer les models conceptuels? Pour répondre à ces interrogations, nous avions à disposition tous les numéros parus depuis de nombreuses années afin d&#039;observer à quelle fréquence et sous quelle forme la thématique des violences conjugales était abordée. Nous avons porté notre choix sur la période allant de 1995 à 2001, pendant laquelle quatre numéros contiennent des articles dédiés à notre sujet.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les deux premiers numéros analysés, datant de 1995 et de 2000 sont riches d&#039;informations car rédigés par les mêmes auteurs, qui font part de l&#039;évolution de leur réflexion durant les cinq ans écoulés. Le numéro de 2000 a été écrit par des thérapeutes colombiens, ce qui nous montre la préoccupation internationale des thérapeutes de famille autour de la violence conjugale et leur désir d&#039;échanger à ce sujet. Quant au dernier numéro pris en compte, celui de 2001, il présente la synthèse des théories les plus utilisées à propos de la violence domestique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
(à suivre...)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Analyse ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Difficultés&#039;&#039;&#039; (à mettre à la fin de l&#039;article ou dans la conclusion)[[Utilisateur:Celine|Celine]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le sujet que nous avons abordé tout au long de ce travail est délicat. Nous avons relevé le peu de neutralité émanant des sources existantes sur ce thème, chaque écrit représentant une certaine prise de position, quant à la causalité de la violence conjugale par exemple, ou les convictions cachées derrière l&#039;attribution de statuts victime-agresseur ou victime-victime.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette subjectivité rentre en interrelation avec notre sensibilité propre, individuelle, qui n&#039;est donc pas la même entre les personnes de notre groupe. Le fait que celui-ci soit constitué de deux femmes et deux hommes est très enrichissant, et même primordial quand l&#039;on s&#039;attèle à ce type de problématique. Néanmoins, cela implique un investissement conséquent en termes de discussion, explicitation des attentes et valeurs de chacun, en redéfinition continuelle de la problématique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans notre tentative d&#039;objectiver notre problématique, nous ne sommes que très peu aidés par les statistiques. Elles aussi disent ce qu&#039;elles ont envie de dire, et sont sans cesse remises en cause par des détracteurs. La conséquence en est qu&#039;aucune statistique ne sert vraiment de référence consensuelle dans la compréhension de la violence conjugale.Dans les statistiques policières, souvent la violence conjugale n&#039;est pas comptabilisée de manière séparée des autres délits de violence; dans d&#039;autres types de statistiques c&#039;est le genre qui n&#039;est pas retenu comme variable pertinente. En effet, derrière les chiffres, on découvre des définitions très variables de la violence: certains ne prennent en compte que la violence physique; d&#039;autres considèrent que de nombreux petits signes de nature verbale ou psychologique sont un pas dans l&#039;escalade de la violence, et les jugent donc de même poids que des coups. Entre ces deux extrêmes, toutes les variations sont présentes... &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est intéressant de relever à quel point certains chiffres sont médiatisés, afin d&#039;avoir un impact sur la population, alors que ces mêmes chiffres sont discutables au niveau statistique. &lt;br /&gt;
Pour conclure, nous nous sommes rendus compte que malgré une certaine médiatisation, qui n&#039;est pas si récente, de la violence conjugale, nous ne savons pas tellement de choses à ce sujet, ou plutôt il existe peu de consensus, voire la co-existence d&#039;approches inconciliables.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Conclusion ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
# Retour sur la problématiques, les questions de recherche&lt;br /&gt;
# Rappel des principaux résultats de recherche&lt;br /&gt;
# Autocritiques et perspectives&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Références bibliographiques ==&lt;br /&gt;
Les lectures citées dans le travail final&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Dallaire Y. (2002). La violence faite aux hommes. Une réalité tabou et complexe. Québéc: Options santé. [[Résumé du livre]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Gillioz L., De Puy J., Ducret V. (1997). Domination et violence envers la femme dans le couple. Lausanne : éditions Payot. [http://home.etu.unige.ch/~maneira4/R_sum__aeticle.doc Résumé de l&#039;article]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Ruel S. &amp;amp; Guéricolas P. (1998). La violence des femmes : derrière le masque. In Gazette des femmes Vol. 20. (no 4). (Novembre-Décembre 1998).[Version électronique]. Accès le 20 novembre 2005 : &lt;br /&gt;
http://www.gazettedesfemmes.com/recherche/?F=recherche&amp;amp;idt=10075&amp;amp;affart=2866&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Torrent S. (2001). L’homme battu, un tabou au cœur du tabou. Québec: Option Santé. [http://home.etu.unige.ch/~maneira4/fiche%20de%20lecture%20homme%20battu.pdf Résumé du livre ]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Amnistie: Le magazine pour les droits humains, &#039;&#039;Dossier Combattre la violence domestique&#039;&#039;  No 44, février 2006.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Amnistie, Journal d&#039;action pour les droits humains, janvier 2006.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Praplan G., &#039;&#039;Quand le sexe faible est violent&#039;&#039; in Repère Social, No 73, février 2006.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Bibliographie ==&lt;br /&gt;
Les lectures utilisées mais pas citées dans le travail final&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Bretonnière-Fraysse et al. (2001). &#039;&#039; De la violence conjugale à la violence parentale&#039;&#039;. Eres [[Résumé|Résumé du livre]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Jackson D., Welzer-Lang D. (1998). Violence et masculinité. Toulouse : imprimerie 34.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Office fédéral de la statistique : Aide aux victimes. Chiffres clés. http://www.bfs.admin.ch/bfs/portal/fr/index/themen/rechtspflege.html&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Rey, H. et al. (2006). Les violences conjugales: pour une clinique du réel. &#039;&#039; Journal International de Victimologie&#039;&#039;. Année 4, No 1. [[Résumé de l&#039;article]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Miguel</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Violence_conjugale:_De_la_femme_battue_%C3%A0_l%27homme_battu...&amp;diff=4083</id>
		<title>Violence conjugale: De la femme battue à l&#039;homme battu...</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Violence_conjugale:_De_la_femme_battue_%C3%A0_l%27homme_battu...&amp;diff=4083"/>
		<updated>2006-06-14T10:55:43Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Miguel : /* Résultats */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&#039;&#039;&#039;Membres du groupe&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Chantal Cornut&lt;br /&gt;
* Céline Pittet &lt;br /&gt;
* Jean-Christophe Contini&lt;br /&gt;
* Miguel Maneira &lt;br /&gt;
[mailto:maneira4@etu.unige.ch,contini2@etu.unige.ch,cepittet@hotmail.com,ch.cornut-piller@bluewin.ch Ecrire au groupe]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 [[L&#039;homme battu: le mâle...traité|Notre projet]]  |  [[Plan de recherche: Violence conjugale; un concept en mouvement|Notre plan de recherche]]  |  [[Espace de dialogue|Notre espace de dialogue]]  |  [[Trésorus de notre groupe|Notre île aux trésors]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Introduction ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Violence conjugale|La violence conjugale]] semble être de prime abord un phénomène bien connu de nos jours. Les médias rendent régulièrement compte de ses conséquences, bon nombre d’associations ont été créées pour répondre à l’appel des victimes, une loi sur la protection des victimes a été instaurée, beaucoup de thérapeutes œuvrent également dans ce domaine. Il est question, la plupart du temps, des violences subies par des femmes et exercées par des hommes, il est dans une moindre mesure, question de la [[Violence|violence]] exercée par des femmes contre des hommes. Ce dernier phénomène reste minoritaire cependant, et fait l’objet de nombreuses critiques. Bien souvent, les discours opposent des mouvements &amp;quot;  [[Féminisme|féministes]]&amp;quot; à des groupes &amp;quot; masculinistes &amp;quot;, les uns dénonçant sans cesse l’ineffable violence des hommes envers les femmes, les autres dénonçant cette vision de l’homme éternellement &amp;quot; agresseur &amp;quot;, allant jusqu’à affirmer que des hommes sont aussi des &amp;quot; victimes &amp;quot; et que la violence peut aussi être l’apanage des femmes. Ici apparaît le concept &amp;quot; d’hommes battus &amp;quot; que nous interrogerons et qui est apparu dès les années septante.  &lt;br /&gt;
Afin de prendre de la distance vis-à-vis de ces deux positions antagonistes, nous proposons d’étudier ce que disent certains auteurs sur la violence conjugale, à la fois sur la violence subie par les femmes et par les hommes. Nous proposons aussi une recherche axée sur des entretiens avec des hommes &amp;quot; victimes &amp;quot; et des professionnels de la violence conjugale. Nous étudierons également des sources statistiques issues de la Loi Fédérale sur l’aide aux victimes et de Amnesty internationale tout comme des revues spécialisées dans le domaine de la thérapie familiale et plus particulièrement les articles concernant la violence domestique. &lt;br /&gt;
La thèse générale de notre article est de démontrer par notre étude que les discours qui circulent sur la violence conjugale sont une construction qui circonscrit la violence dans des [[Stéréotype|stéréotypes]] caricaturaux stigmatisant à la fois les femmes en tant que victimes et les hommes comme agresseurs. De cette restriction découle la difficulté d’envisager l’existence d’hommes victimes de violence conjugale, et d’égale manière celle de femmes violentes. Cela a comme conséquence pour les personnes concernées une non-reconnaissance sociale, se manifestant par de forts préjugés à leur encontre, et de grandes lacunes institutionnelles. Nous montrerons aussi que les professionnels de la violence conjugale (médecins, thérapeutes) ont dépassé cette opposition et qu’ils désignent plus les acteurs de la violence conjugale à un niveau de co-responsabilité qui ne distingue pas le sexe des protagonistes pour rendre compte de ce phénomène. Il y a ainsi un écart entre les discours dominants et les discours des professionnels, écart perceptible dans l’étude de la littérature et dans l’examen des sources que constituent les revues &amp;quot; thérapie familiale &amp;quot;.&lt;br /&gt;
Enfin, nous proposons la thèse selon laquelle la violence conjugale reste un phénomène qui bien que connu de tous, reste difficile à appréhender dans notre société. En effet, nous montrerons qu’il existe des définitions similaires mais superficielles qui varient dans leur développement en fonction des positionnements et des valeurs de ceux qui les proposent. Les statistiques qui rendent compte de la violence conjugale proposent d’autre part des modalités qui ne permettent pas de distinguer précisément les victimes des agresseurs de manière précise et approfondie. Elles ne permettent pas d’affirmer avec précision que les hommes sont aussi victimes de violences, les modalités de [[Genre|genre]] n’étant pas assez développées dans la prise en compte statistique. Les hommes victimes existent, mais leur visibilité est très faible du fait que c’est un phénomène qui est en train d’émerger comme problème social.&lt;br /&gt;
Nous montrerons ainsi que la violence conjugale reste un phénomène complexe et confus dans ses définitions. Enfin, nous verrons que la violence conjugale reste un concept en mouvement sur le plan des institutions, qui proposent des possibilités de prise en charge nombreuses, mais néanmoins insuffisantes si l’on considère la prise en compte de la violence faite aux hommes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Revue de littérature ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous aborderons cette revue de littérature en suivant la chronologie même de notre questionnement et de notre cheminement, qui nous a conduit, en commençant part la découverte du concept de &amp;quot; l’homme battu &amp;quot;, à approfondir nos recherches au concept de la femme battue et à appréhender dès lors le problème social que constitue la violence conjugale, qui englobe les deux autres concepts. Nous avons ainsi privilégié dans nos recherches les ouvrages qui traiteraient spécifiquement de l’existence du concept même de &amp;quot; l’homme battu &amp;quot;, dans une actualité la plus récente possible. Nous nous sommes vite aperçus, que peu de littérature existait à ce sujet. Cependant, les ouvrages les plus récents (Torrent et Dallaire) font tous les deux référence à l’inscription du concept de l’homme battu dans celui de la violence conjugale. Nous avons dès lors élargi nos recherches dans ce domaine, toujours à la recherche du moindre élément concernant la violence faite aux hommes. D’autre part, nous avons voulu mettre en question les propositions faites par Dallaire et Torrent, en nous référant à d’autres auteurs qui portent un regard différent sur les acteurs, hommes ou femmes, de la violence conjugale. Notre attention s’est ainsi portée sur des notions concernant la désignation des acteurs en termes de victime et d’agresseur, et la désignation de ces mêmes termes de catégorie homme-femme. Enfin, nous avons cherché à contextualiser le phénomène de l’homme battu, en recherchant dans l’histoire de la violence conjugale, le moment où est apparu le concept de &amp;quot; l’homme battu &amp;quot;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sophie Torrent, dans son ouvrage sur l’homme battu (2001) met directement en question le fait qu’il existe au sein de la vie de couple une violence faite aux hommes, une violence souvent difficile à accepter, celle-ci allant à l’encontre de stéréotypes tels que celui qui considère que la femme est l’élément faible du couple et que l’homme en est le dominant. Dans la première partie de son livre, l’auteur tente tout d’abord d’expliquer ce phénomène atypique de l’homme battu, cet &amp;quot; impensable social &amp;quot; dit-elle. Elle analyse les différents types de violences (physique, sexuelle, psychologique, verbale et économique) pour ensuite orienter son analyse vers la notion de &amp;quot; rôles sociaux &amp;quot;. Elle montre comment l’homme violenté est agressé jusque dans les &amp;quot; facettes &amp;quot; qui font son [[Identité sociale|identité]] . Pour elle &amp;quot; être battu invalide l’homme dans son appartenance à la catégorie sociale homme &amp;quot;. Dans la deuxième partie de son ouvrage, Torrent réfléchit sur les différentes stratégies élaborées par l’homme pour gérer des situations difficiles. Elle s’appuie notamment dans son travail de recherche sur des interviews réalisées avec des &amp;quot; hommes battus &amp;quot;. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est dans une considération assez proche qu’Yvon Dallaire (2002), thérapeute au Québec, aborde le phénomène de la violence faite aux hommes (La violence faite aux hommes. Une réalité taboue et complexe). Il nous rappelle le constat de l’existence ineffable de la violence dans l’humanité, violence souvent fortement médiatisée, mais selon lui, de manière incomplète. En effet, dit-il, notre attention ne serait attirée que vers une forme de violence, soit celle faite par les hommes contre les autres hommes (guerres, voies de fait, suicides), contre les femmes (violence conjugale, viol, meurtre, tueurs en série) et contre les enfants (violence infanticide, meurtre suivi de suicide). Pour Dallaire, une forme de violence a été occultée : la violence des femmes faite envers les femmes, les hommes et les enfants. Le propos de son texte est de démontrer d’une part que des femmes peuvent être tout autant violentes que des hommes, et que d’autre part, l’analyse de la violence conjugale s’inscrit dans un paradigme teinté de sexisme et de discrimination. Pour cet auteur, la violence conjugale ne se décline pas simplement sur le mode victime-agresseur, mais plutôt sur celui de victime-victime, de deux individus qui sont les co-créateurs d’une escalade débouchant sur l’explosion physique. Afin d’alimenter son propos, Yvon Dallaire met en lumière les stéréotypes et les préjugés qui circulent dans le discours commun : l’homme est un être violent, un abuseur d’enfants, un irresponsable, les hommes sont tous des obsédés sexuels, il sont tous infidèles, menteurs et manipulateurs. Dès lors, toute violence féminine est considérée comme relevant de la légitime défense, l’homme est ainsi rendu coupable de toute la violence conjugale. Précisons ici que l’auteur dénonce le discours d’influence féministe qui se déploie dans le contexte québécois. Son objectif est de connaître les réelles dimensions de la violence conjugale, plutôt que de rechercher un coupable à punir, toujours le même : l’homme. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’ouvrage de Bretonnière-Fraysse et al. (2001), incontournable pour notre sujet, propose quant à lui un autre regard qui positionne clairement les femmes en tant que victimes et les hommes comme agresseurs, sans nuances : &amp;quot; on le sait, la violence conjugale a toujours existé ; on le sait aussi : les victimes en sont les femmes et les auteurs, les hommes. Mais elle demeure encore cachée, honteuse, secrète &amp;quot;. Cet ouvrage prend un biais anthropologique et historique pour nous montrer la condition de victime de la femme à travers les époques passées et jusqu’à nos jours. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Gillioz, De Puy et Ducret quant à elles (2000), font état des connaissances qui ont fait de la violence familiale et de la violence contre les femmes, un champ d’étude relativement nouveau dans les sciences sociales. Elles nous rappellent que jusque dans les années soixante, la société et avec elle les scientifiques vivent sur le mythe de la famille non violente. Cette dernière étant considérée comme rare et comme étant le fait d’individus déséquilibrés. Dans les années septante, sous l’influence de militantes féministes anglo-saxonnes qui ouvrent des refuges pour femmes battues et portent la question de la violence conjugale sur la place publique, ce phénomène jusque-là occulté est posé comme problème socio-politique. C’est dès lors que les sciences sociales vont s’y intéresser, à travers deux grands courants de recherche. Le premier est constitué par des études portant sur la violence subie par les femmes au sein de la famille et postule, en se fondant sur les prémisses théoriques féministes, que cette violence est spécifique. Ilc il est nécessaire de l’étudier indépendamment des autres types de violence familiale qui relèvent d’autres logiques. Le deuxième courant de recherche, issu de la sociologie de la famille, a pour objet la violence familiale et considère la société et ses institutions comme des systèmes consensuels qui embrassent dans la même problématique l’ensemble de la violence qui se déroule dans le cadre familial. &lt;br /&gt;
L&#039;ouvrage de Gillioz et all. mentionne également  les travaux de Strauss, Gelles et Steinmetz (1977), à partir desquels a été tiré l&#039;affirmation que les femmes sont aussi violentes que les hommes. C’est à ce moment qu’apparaît le concept du &amp;quot; mari battu &amp;quot;, des résultats tirés des statistiques de cette recherche, ont permis à l&#039;un des chercheurs de conclure que ce qui était le plus sous-estimé n’est pas la femme battue, mais le mari battu. La validité scientifique reste toutefois fortement contestée, nous en trouvons les arguments dans l’ouvrage de Gillioz, De Puy et Ducret. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Notre revue de littérature se conclut par l’approche systémique de Perrone et Nannini (1995) qui proposent leur livre comme un manuel à l’usage des professionnels appelés à intervenir auprès des familles. Leurs présupposés considèrent que la violence n’est pas un phénomène individuel, mais la manifestation d’un phénomène interactionnel. La violence est ainsi un mode particulier de communication entre partenaires qui sont tous impliqués et par là même responsables au sens interactionnel du terme. Comme Yvon Dallaire, les auteurs ne considèrent pas les acteurs de la violence conjugale en termes de &amp;quot; victime-agresseur &amp;quot;, ni en termes &amp;quot; hommes-femmes &amp;quot;. Les objectifs et les enjeux que ces deux auteurs proposent s’appuient sur l’idée que chacun doit devenir et se penser responsable de ses propres comportements. C’est également selon cette optique que certains &amp;quot; cliniciens &amp;quot; abordent en partie la question dans leur article (Rey, H et al. 2006). Contini 6 mai 2006 à 16:28 (MEST)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Problématique ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le questionnement qui est à l’origine de notre travail prend source dans la rencontre que nous avons faite d’un concept qui semble nouveau de prime abord : &amp;quot; l’homme battu &amp;quot;. Nous avons découvert ce concept dans l’ouvrage récemment publié de Sophie Torrent qui s’intitule &amp;quot; les hommes battus &amp;quot;. Ce livre met en lumière l’existence d’hommes victimes de violences exercées par des femmes à leur encontre, il interroge également les questions identitaires vécues par ces &amp;quot; nouvelles victimes &amp;quot; à travers la conduite de multiples entretiens. &lt;br /&gt;
Ces propos nous ont intrigués, parfois rendus perplexes et ont ainsi attisé notre curiosité. Nous avons dès lors entrepris des recherches bibliographiques qui nous permettraient de découvrir des discours proches des propos de Torrent. Nous avons ainsi constaté que ce &amp;quot; phénomène &amp;quot; des hommes battus était, dans une moindre mesure, relayé dans d’autres ouvrages qui l’inscrivaient dans le cadre plus large de la violence conjugale. Nos recherches livresques nous ont ainsi conduits à investiguer le corpus que nous avons constitué afin de tenter de répondre à la question principale qui guide notre recherche : comment le phénomène de &amp;quot; l’homme battu &amp;quot; s’inscrit-il dans le paradigme de la violence conjugale ? Les questions secondaires qui en découlent sont multiples : quand est-ce que ce concept est apparu ? Par qui a-t-il été développé ? Quels sont les discours qui relaient ce concept ou qui s’y opposent ? &lt;br /&gt;
Les éléments qui composent notre revue de littérature nous ont permis d’entrevoir certains points qui semblent être récurrents. Nous nous sommes ainsi aperçus que le concept d’ &amp;quot; hommes battus &amp;quot; se trouvait à chaque fois en tension avec celui de &amp;quot; femmes battues &amp;quot; dans le cadre de la violence conjugale que nous avons aussi essayé de définir. Nous nous sommes dès lors trouvés confrontés à deux discours contraires entre des groupes de pressions constitués autour de la &amp;quot; souffrance masculine &amp;quot; et les propos issus de certains discours féministes. Nous avons également constaté que cette opposition - que nous caractérisons grossièrement entre les deux discours – se dédouble d’une autre opposition dans la désignation des acteurs de la violence conjugale en  termes de victime et d’agresseur. Nous constatons que les acteurs sont ainsi stigmatisés, avec des stéréotypes qui désignent de manière massive l’homme comme étant un agresseur et la femme une victime.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Méthodologie ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En fonction des éléments de la problématique, l’objectif de notre recherche a consisté pour nous à y voir plus clair en tentant de répondre aux questions que nous nous posons. Afin de prendre une nécessaire distance vis-à-vis du regard que propose notre revue de littérature, nous avons choisi d’orienter nos recherches sur diverses sources d’informations. Nous avons trouvé intéressant d’examiner si des statistiques existaient sur les &amp;quot; hommes battus &amp;quot; et sur les &amp;quot; femmes battues &amp;quot; et dès lors de voir si celles-ci pouvaient éclaircir notre questionnement. Nous avons aussi choisi de chercher des éléments dans une série de revue spécialisées dans la thérapie familiale, dès lors que le phénomène des &amp;quot; hommes battus &amp;quot; s’inscrit dans le cadre de la violence conjugale. De plus, pour avoir une vision plus globale nous avons aussi décidé de faire une revue d’articles de presse étudiant quelques articles récents. Enfin, nous avons opté pour une recherche mettant en œuvre la conduite de plusieurs entretiens auprès de professionnels de la prise en charge de la violence conjugale, ainsi qu’auprès de &amp;quot; victimes &amp;quot; qui accepteraient de nous apporter leur témoignage. Ces éléments correspondent à ce que l’on pourrait appeler la &amp;quot; recherche sur le terrain &amp;quot;. Nous avons aussi élargi notre revue de littérature en laissant une place pour l’étude des discours qui proviennent des divers professionnels spécialisés dans la thématique de la violence conjugale. Nos sources seront ainsi multiples : entretiens ; revue de presse ; statistiques ; revues spécialisées. &lt;br /&gt;
Notre analyse consistera à analyser les contenus du matériel récolté, en prenant pour point d’appui la désignation des acteurs de la violence conjugale, en termes de stéréotypes (stigmatisation) et dans une approche de &amp;quot; genre &amp;quot; étudiant les rapports sociaux hommes-femmes par rapport à cette thématique, ainsi que les rapports victimes-agresseurs qui s’y rattachent. &lt;br /&gt;
L’analyse devrait ainsi nous permettre de réunir des points de vue différents et ainsi de confirmer ou d’infirmer, voir de &amp;quot; tempérer &amp;quot; ce que nous avons développé dans la revue de littérature en fonction des auteurs choisis.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Résultats et analyses ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Revue de presse ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous avons également utilisé comme source des articles de journaux et périodiques récents, constatant que la thématique de la violence conjugale apparaît régulièrement dans les médias. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout d&#039;abord, &#039;&#039;&#039;Amnesty&#039;&#039;&#039; affiche une grande visibilité grâce à son magazine pour les droits humains (février 2006), son journal d&#039;action (janvier 2006) et son site internet, qui tous trois évoquent récemment la violence domestique. En effet, Amnesty a commencé en mars 2006 sa campagne suisse « En route contre la violence domestique », dont l&#039;action principale consiste en un tour de plusieurs cantons du mobile home &amp;quot;sweet home&amp;quot; afin  de  briser le tabou qui entoure la violence dans le couple, d’améliorer les interventions de l’Etat contre la violence domestique,  et de sensibiliser le grand public, en particulier les jeunes et les hommes, notamment dans les régions rurales. Les revendications d’Amnesty International en matière de violence domestique repose sur l’obligation de l’Etat d’agir contre cette forme de violation des droits humains. Car aujourd’hui si la visibilité du débat public sur la violence domestique s’est améliorée, les menaces, coups, contraintes, viols et meurtres auxquels les femmes sont souvent exposées dans leurs quatre murs constituent un sujet rarement perçu comme relevant des droits humains. De la sensibilisation est encore nécessaire pour considérer que l’empêcher ne relève pas de la sphère privée des couples et des familles concernées, et ne pas l’assimiler à un « problème de femmes », mais à une mission publique, qui touche tout le monde.  Pourtant il s’agit bien de droit à l’intégrité physique et psychique : droit à la liberté et à la sécurité, droit à la santé, droit à l’absence de torture ou d’autres traitements dégradants et même souvent le plus, droit à la vie.&lt;br /&gt;
La position d&#039;Amnesty International quant à la violence domestique consiste à considérer sa cause dans les rapports inégalitaires de sexe. L&#039;accent est mis sur les représentations sociales qui ne cessent de faire le lien entre violence et masculinité. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le numéro du journal &#039;&#039;&#039;Repère Social&#039;&#039;&#039; de février 2006 s&#039;intitule « Quand le sexe faible est violent » et à travers le prétexte de l&#039;ouverture récente à Lausanne d&#039;un accueil pour femmes violentes, aborde ce sujet trop rarement médiatisé de la violence des femmes. &lt;br /&gt;
L&#039;auteur, Geneviève Praplan, présente les associations Vires et Face à Face à Genève, et Violence et famille à Lausanne. Cette dernière institution travaille depuis sept ans avec des hommes violents, mais accueille depuis novembre 2005 également des femmes violentes. Le Coordinateur et plusieurs intervenants ont été formés au Québec, auprès d&#039;OPTION, institution pionnière fondée par le psychothérapeute Jacques Broué en 1985. A Violence et Famille, c&#039;est ainsi sous forme de thérapie de groupe que se déroule l&#039;accompagnement, après quelques entretiens individuels. Le processus de réflexion engagé avec les auteurEs est le même pour les hommes que pour les femmes. Néanmoins, il est spécifié qu&#039;il faut être spécialement vigilant avec les femmes, en vérifiant qu&#039;elles ne sont pas &amp;quot;davantage des victimes que des agresseurs&amp;quot;. De plus, rapidement le lien entre passé et présent doit se faire. &lt;br /&gt;
&amp;quot;Hommes et femmes ne sont pas forcément égaux devant leur violence&amp;quot;: dans l&#039;inconscient collectif masculin, il est nécessaire d&#039;affirmer sa virilité, la violence masculine est ainsi plus facilement excusée. Au contraire, les rôles sociaux attribués aux femmes font qu&#039;on la juge plus sévèrement si elle fait usage de violence, mais leur permet de reconnaître moins difficilement que les hommes leurs actes violents. L&#039;auteur met en avant que les chiffres manquent quant à l&#039;ampleur de la violence féminine, surtout exercée envers ses enfants. Par ailleurs les préjugés quant aux données socio-économiques des auteurs de violence perdurent. Cela est en partie dû au fait que les familles en situation précaire sont plus aisément repérées par les services sociaux, vu l&#039;étendue de leurs besoins.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Statistîques ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Aborder le problème social de la violence conjugale nous incite à faire un retour vers les années 1970. C’est à cette époque que l’on peut situer les premières recherches sur ce thème  mettant en question le mythe de la famille non violente. Les militantes féministes amènent la question de violence conjugale sur la place publique et le posent comme un problème socio-politique. La question de la violence est abordée comme conséquence des rapports de domination, c&#039;est-à-dire des effets de l’exercice d’une influence déterminante d’un groupe, les hommes, sur un autre, les femmes. Tout rapport de domination suppose, en effet, en dehors du rapport de pure violence, un système de justification visant à obtenir un minimum de &amp;quot;volonté d&#039;obéir&amp;quot; de la part des assujettis, note le Petit Robert.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les sciences humaines vont s’y intéresser. De nombreuses études sont entreprises dans les années 1970 et 1980 dans le but de décrire la violence domestique, de pouvoir la chiffrer, de chercher à l’expliquer, d’étudier ses conséquences sur les victimes, et d’examiner les réponses sociétales à ce problème.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les résultats de l&#039;une de celle-ci, Straus et al.(1977) permettent de dire que femmes et hommes admettent recourir à des tactiques de violence dans des situations de conflits. Ce résultat est basé sur le &amp;quot;Conflict Tactics Scales&amp;quot; (CTS), échelles centrées sur les tactiques de gestion des conflits, qui intègrent une série de comportements allant des plus rationnels aux plus violents. Cette étude permettra à l’une des auteur-e-s, Steinmetz, de tirer la conclusion de l’existence du « syndrome de l’homme battu ». Ce qui sera contesté pour insuffisances méthodologiques. Depuis la plupart de chercheurs et chercheuses renoncèrent à utiliser ce concept.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Qu&#039;en est-il de la reconnaissance de la violence conjugale en Suisse ? &lt;br /&gt;
Une loi fédérale est votée (4 octobre 1991), sur l’aide aux victimes. Si cette notion de &amp;quot;victime&amp;quot; est large, accidenté de la route, attentats, viol, contrainte sexuelle, séquestration, elle comprend spécifiquement les violences domestiques. Dès lors,  elle  permet également aux femmes victimes de violence conjugale d&#039;être reconnues, visibilées et aidés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La création des centres Lavi, issu de cette loi, a pour but de fournir une aide efficace (conseils, la protection de la victime, la défense de ses droits dans la procédure pénale et l’indemnisation et la réparation morale) aux victimes d’infractions ou d’une atteinte directe à son intégrité corporelle, sexuelle ou psychique et à renforcer leurs droits. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les centres de consultation « Lavi » sont instaurés dans chaque canton. La police est tenue d’informer les victimes de l’existence de ces centres et de leur transmettre les coordonnées de celle-ci (sur la base de son accord). L’aide immédiate et les prestations fournies directement par les centres sont gratuites. Lorsque la situation personnelle de la personne qui consulte le justifie, les centres de consultation prennent en charge d’autres frais (comme par exemple les frais médicaux, les frais d’avocat ou les frais de procédure). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
S’il est difficile de faire parler les statistiques, ici nous nous basons sur l’année 2004, ils donne toute de même une idée intéressante sur la question qui nous occupe, à savoir la violence féminine et masculine : une nette prédominance des femmes dans la consultation (75%), avec des auteurs présumés de sexe masculin (83.5), et l’existence d’une relation familiale, victime – agresseur (52,9%).  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
(Le législateur prend en compte la situation des victimes, il estime qu’elles doivent être soutenues dans la procédure pénale, et également qu’elles ont droit à une indemnisation ou à une réparation morale (en fonction des revenus de la victime). )&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On peut constater également la reconnaissance par la société du statut de victime,  puisque les demandes, au nombre de 196 pour l’indemnisation et de 728 pour la réparation morale,  ont été traitées positivement. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La formation du personnel des centres Lavi : la loi mentionne des aides financières à la formation. Une formation spécifique « Lavi » a été instaurée et des formations complémentaires complètent la spécialisation de ces professionnels. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Violence domestique, une protection particulière : l’expulsion immédiate du domicile des personnes violentes, lesquelles ne peuvent plus réintégrer leur logement pendant une période déterminée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le 14 juin 2000, la Conseillère Ruth-Gaby Vermot-Mangold dépose une initiative parlementaire. Le Conseil fédéral  propose, en novembre 2005, un nouvel article 28b dans le code civil visant à protéger la victime de violence ou de harcèlement en lui donnant le droit de requérir le juge d’instruction d’interdire à l’auteur de l’atteinte de l’approcher, de fréquenter certains lieux ou de prendre contact avec elle. &lt;br /&gt;
Ce nouvel article 28b prévoit également l’institution par les cantons de centres d’informations et de consultation dans le but d’agir préventivement pour éviter la violence domestique et sa récidive. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Violence entre conjoint ou partenaire : poursuivie d’office depuis le 1 avril 2004&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le Conseil Fédéral  modifie le Code pénal en ce sens que les actes de violence domestique seront poursuivis d’office et non plus sur plainte de la victime. Le communiqué de presse est intéressant et nous donne un aperçu des changements sociaux intervenus : « il n’est plus question de tolérer la violence physique ou sexuelle exercée contre un conjoint ou un partenaire – dans un couple hétérosexuel ou homosexuel – sous prétexte qu’elle ne serait que de peu de gravité ou qu’elle relèverait de la sphère privée ». La contrainte sexuelle et le viol commis au sein du couple sont élevés au rang de délits poursuivis d’office.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Evolution des lois et violence conjugale.&lt;br /&gt;
Votée en 1991, la LAVI démontre que «  victime de violence » constitue maintenant  une déviance secondaire. Les plaignants sont identifiés, l’état institutionnalise leur prise en charge, les centres Lavi sont créés et les consultations augmentent au fil des années.   &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Néanmoins la notion de &amp;quot;violence conjugale&amp;quot; se fait discrète, le terme de violence domestique n’apparaît qu’avec le dépôt en 2002 de l’initiative parlementaire de Vermot-Mangold. En juin 2001 le Conseil Fédéral met en consultation le « projet élaboré par la Commission des affaires juridiques du Conseil national » et la notion de violence domestique fait partie des préoccupations reconnues officiellement. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous pouvons relever que les documents officiels font référence à une notion de victime qui n’est pas sexuée,  le mot « femme » n’y est pas accolé. Les termes utilisés « violence physique ou sexuelle exercée contre un conjoint ou un partenaire (…) dans un couple hétérosexuel ou homosexuel », « ordonner à une personne violente de quitter le domicile conjugal », « prévenir la récidive des agresseurs ». Dans les documents que j’ai parcouru sur le site de l’office fédéral de la justice sous la mention « aide aux victimes », je n’ai trouvé qu’une seule fois la mention spécifique « femme » : «  la violence domestique est aujourd’hui quotidienne dans notre société. Les femmes en sont souvent les victimes ». Dans tous les autres documents la violence domestique paraît neutre. Si le mot victime est féminin, les textes l’utilisent comme un élément générique. On peut en partie le comprendre par le fait que  la Lavi ne reçoit pas que des victimes de violences conjugales, mais également des victimes d’accidents de la route, d’attentats, d’enlèvement, de prise d’otage ou de brigandage.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Entretiens ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est souvent question dans les chiffres, de comparer,  voire d’opposer, hommes et femmes face à la violence conjugale. En d’autres termes de démontrer que le premier est le bourreau et la deuxième la victime. Pour certains, la question des hommes battus ne recouvrirait pas la même problématique que celle des femmes battues. Pour certains auteurs, tel Yvon Dallaire, il semble que les stéréotypes de femme-victime et homme-agresseur affiliés aux rôles des acteurs, n’aident en rien à reconnaître la problématique. Alors que la femme est souvent vue comme une personne douce, fragile et protectrice. Les hommes, eux, sont reconnus comme des êtres forts, virils et courageux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;L’homme battu existe, nous l’avons rencontré&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour confronter les stéréotypes affiliés aux genres, nous avons cherché à interviewer des hommes battus. Paul et Luc (prénoms d’empreint) ont un point commun : leur passé d’homme maltraité. Ils ont été, tous les deux, physiquement battus par leur conjointe. Toutefois, il semblerait que la problématique de l’homme violenté intègre, dans sa forme globale, une autre forme de violence, une violence psychologique. Il ressort des entretiens que la forme physique ne semble pas être la forme de violence qui marque le plus. &lt;br /&gt;
Pour essayer de comprendre au mieux le vécu violenté de ces hommes et plus généralement de toute personne impliquée dans des relations violentes, nous avons questionné la littérature ainsi que des professionnels de terrain.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour la travailleuse sociale, Sophie Torrent (2001), « la nature de la violence [à l’égard de la gente masculine] et ses modes d’expression traduisent, dirait-on, une violence spécifiquement féminine, subtile, qui atteint l’intégrité psychique de l’homme.» (p.33). L’homme victime de violence psychologique semble atteint surtout dans sa masculinité, plus précisément dans la représentation de la masculinité qui lui a permis de construire son identité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Le harcèlement que j’ai vécu par cette femme tyran m’a amené à perdre, pendant quelques temps, mon identité masculine… C’était quoi être un homme ? Je ne savais plus faire l’amour comme il faut en quittant ma femme. J’ai du réapprendre à accepter de prendre du plaisir. » Luc&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;La violence ; une histoire d’homme ?&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Alors que nous venons de découvrir avec stupéfaction certaines réalités d’hommes maltraités par leur conjointe, comment traiter ces vérités face à notre idéal féminin construit ? Comment même penser à la violence des femmes, alors que celle que l’on exerce à leur égard est de loin la plus établie, la plus reconnue et de ce fait la plus portée par les médias ? De nos jours, la société reconnaît et prend en charge la femme violentée, qu&#039;en est-il de la femme violente ? &lt;br /&gt;
Il est commun d’entendre qu’une femme violente est une femme malade psychologiquement ou encore que cette dernière n’agresserait que pour se défendre. Pour la psychothérapeute Diane Chayer, ( citée par Ruel &amp;amp; Guéricolas, 1998), il semblerait qu’il n’y ait tout simplement pas de permission sociale à la violence des femmes. « La société dit qu’il est presque normal pour un homme d’être violent. Mais une femme violente, c’est une extraterrestre. » &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour Yvon Dallaire, « la femme violente peut ressentir de la fierté pour avoir battu plus fort qu’elle. Et la société ne la dénigre pas, elle cherche plutôt à la comprendre et à l’excuser, compatissant souvent à son sort. » (p26) A contrario, pour la responsable d’une structure acceuillant des femmes violentes, « celles et ceux qui passent de la parole aux actes souffrent, ils ont besoin d&#039;aide et y ont droit. Toutefois, la femme violente souffre de discrimination ; on ne veut pas lui reconnaître sa violence. » Il semblerait alors que, paradoxalement, la femme violente souffre des mêmes maux sociaux que l’homme maltraité. Une nouvelle fois, il semblerait que les stéréotypes, affiliés aux genres, décident de ce qui peut être acceptable ou pas.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Le statut de victime/agresseur&#039;&#039;&#039; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La responsable d’un établissement prenant en charge des femmes violentes nous apprend qu’il est difficile de tenir le fil rouge concernant les rôles de victime-agresseur. « On est là pour travailler sur la violence des femmes, en tant qu’auteures de violence et non en tant que victimes. Très souvent, ça dérape en justification des actes qui déplace la position d’agresseuse à celui de victime. » Il semble que souvent, l’agresseur se voit comme victime. Responsabiliser les acteurs(trices) de violence, c’est les aider à prendre conscience de leur violence. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Responsabilité dans la violence&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La question est partagée. Alors que pour beaucoup, la responsabilité de la violence doit être assumée par son auteur(e), pour d’autres, elle doit être partagée. En effet, pour Denis Châtelain, co-fondateur d’une association prenant en charge des auteur(e)s de violence, « il faut prendre en compte le potentiel de violence de la victime dans la compréhension de la dynamique ». Pour la responsable d’une association accueillant des femmes violentes, « il est impossible de faire un tel travail si l’on part du principe d’une co-responsabilité dans la réalisation de la violence. En effet, on ne peut pas se permettre de déraper sur l’aspect empathique et comprendre voir d’excuser l’acte de violence au nom d’un statut de victime reconnu. Pour nous, l’acte violent n’est pas excusable, il est inadmissible quelque soit sa source ou sa justification. Ce qui nous paraît important c’est de faire en sorte de ne plus jamais en avoir à arriver là. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;La prise en charge de la violence&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comment aborder la problématique de la violence conjugale et plus particulièrement celle des hommes maltraités et des femmes violentes ? Alors qu’Yvon Dallaire se demande si l’on « ne pourrait pas exploiter l’expertise des centres d’accueil pour femmes au profit des hommes battus et l’expertise des groupes d’entraide pour homme violents au profit des femmes violentes ? » (p29), la responsable d’une structure accueillant des femmes actrices de violence répond que « pour aider les femmes actrices de violence, il faut appliquer un traitement différencié. Les raisons étant parce qu’on n’éduque pas de la même façon une petite fille et un petit garçon, le rapport au féminin n’est pas le même. La violence masculine est légitimée. Par contre, on ne reconnaît pas ce droit à la femme. Cela étant dû aux stéréotypes de mère protectrice d’une part. » &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Revue &amp;quot;Thérapie familiale&amp;quot;===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous avons jugé opportun d&#039;analyser des numéros de Thérapie de Famille, une revue trimestrielle  d&#039;orientation systémique. Cette source représente en effet le point de vue théorique et le constat des pratiques des thérapeutes de famille. Il est pertinent de se demander à quel point le discours de ces professionnels de la famille influence la société et est en retour influencé par elle. Les catégories  victime-agresseur y sont-elles aussi clairement définies que dans le sens commun et certains discours? Fait-on une différenciation au niveau de l&#039;étiologie de la violence et de ses conséquences selon le genre? Le contact avec les patients remet-il en question certaines pratiques thérapeutiques et fait-il avancer les models conceptuels? Pour répondre à ces interrogations, nous avions à disposition tous les numéros parus depuis de nombreuses années afin d&#039;observer à quelle fréquence et sous quelle forme la thématique des violences conjugales était abordée. Nous avons porté notre choix sur la période allant de 1995 à 2001, pendant laquelle quatre numéros contiennent des articles dédiés à notre sujet.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les deux premiers numéros analysés, datant de 1995 et de 2000 sont riches d&#039;informations car rédigés par les mêmes auteurs, qui font part de l&#039;évolution de leur réflexion durant les cinq ans écoulés. Le numéro de 2000 a été écrit par des thérapeutes colombiens, ce qui nous montre la préoccupation internationale des thérapeutes de famille autour de la violence conjugale et leur désir d&#039;échanger à ce sujet. Quant au dernier numéro pris en compte, celui de 2001, il présente la synthèse des théories les plus utilisées à propos de la violence domestique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
(à suivre...)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Analyse ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Analyse des résultats&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour résumer, nous voici arrivés à un premier constat. Nous pouvons dire que la découverte de la violence conjugale et de ses effets a pour origine le questionnement du mouvement féministe, repris par des chercheur-e-s, qui ont confirmé et précisé le phénomène de la violence conjugale. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Autre découverte, la notion d’homme battu, que nous avions posé comme une construction récente, date des premières recherches sur ce domaine. Le syndrome de l’homme battu, développé  par une chercheuse du l’équipe de  Straus et al. a été un concept rapidement abandonné. Les défauts dans l’opérationnalisation du concept de violence, dans la méthode et dans l’interprétation des données de l’enquête effectuée à l’aide du Conflict Tactics Scales ont été largement reconnus. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comment se fait-il alors que des auteurs récents se saisissent du vocable « homme battu », partent à sa recherche, et le trouve ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour cela nous devons revenir à nouveau aux années 1970 et aux changements intervenus dans les places des hommes et des femmes. Ces dernières acquièrent un statut différent, elles deviennent citoyennes, accèdent au marché du travail et peuvent maîtriser leur fécondité. L’égalité homme – femme advient. A partir de là, le féminisme devient un mouvement social et politique pour l&#039;émancipation des femmes. Mais il va désigner aussi un corpus théorique qui va permettre aux sociologues de revisiter leurs différents champs d’études à travers la problématique des rapports sociaux de sexe.  Sous cet angle là, la violence conjugale prend un autre sens, elle est  rendue possible parce que les femmes ont moins de moyens, par conséquent moins de pouvoir, et parce que le genre féminin est dévalorisé par rapport au masculin. &lt;br /&gt;
Pierre Bourdieu a largement développé le fonctionnement des dominés et démontré comment ceux-ci ayant intégré le discours dominant « construisent ces relations de pouvoir du point de vue même de ceux qui y affirment leur domination… ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En Suisse, les statistiques 2004 issues des centres Lavi apportent des précisions chiffrées à cette forme de violence. Le taux de victimes de sexe féminins est important (75%),  le sexe masculin de l’auteur présumé révèle un pourcentage très élevé (83.5%) et pour 52.9% des consultants une relation familiale victime - agresseur existe. &lt;br /&gt;
Bien que la violence conjugale soit maintenant reconnue, des groupes sociaux la mettent en question. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les années 1980 une tension s’avive entre hommes et femmes.  Certains hommes pro féministes tiennent un discours optimiste concernant la constitution d&#039;une société nouvelle et égalitaire  et reconnaissent la domination masculine comme clé d&#039;un changement possible. &lt;br /&gt;
D&#039;autres hommes tiennent un discours alarmiste et insistent sur le malaise identitaire engendré par cette modification des rapports sociaux source de perte de repères. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A partir de là, des groupes d’hommes se forment autour, par exemple d’auteurs tels que Guy Cornaux au Canada, Jacques Salomé en France,  ou plus récemment Y. Dallaire qui avec John Goetelen a organisé le premier Congrès international de la condition masculine à Genève en 2003. Des mouvements pour la condition paternelle se créent afin de s’opposer à la garde des enfants accordée systématiquement à la mère en cas de divorce.  Le film récent « Le souffle du désert » de François Kohler, illustre ce phénomène de la recherche d’une identité masculine vécue comme problématique. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C&#039;est dans cette mouvance que nous trouvons aujourd&#039;hui les protagonistes d&#039;un détournement de la violence masculine au profit d&#039;une violence exercée contre les hommes par les femmes. ces détracteurs pourront s&#039;appuyer probablement dans les années à venir sur les modifications des images féminines, les stéréotypes de la femme douce et soumise ont tendance à s&#039;estomper. Et l&#039;on peut se demander si les jeunes femmes ne se permettront pas plus que par le passé d&#039;exprimer leurs sentiments de colère et violence, là où s&#039;exprimaient auparavant peut-être impuissance, tristesse et dépression. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Utilisateur:Cornut piller|Cornut piller]] 1 jun 2006 à 09:15 (MEST) ~~&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Difficultés&#039;&#039;&#039; (à mettre à la fin de l&#039;article ou dans la conclusion)[[Utilisateur:Celine|Celine]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le sujet que nous avons abordé tout au long de ce travail est délicat. Nous avons relevé le peu de neutralité émanant des sources existantes sur ce thème, chaque écrit représentant une certaine prise de position, quant à la causalité de la violence conjugale par exemple, ou les convictions cachées derrière l&#039;attribution de statuts victime-agresseur ou victime-victime.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette subjectivité rentre en interrelation avec notre sensibilité propre, individuelle, qui n&#039;est donc pas la même entre les personnes de notre groupe. Le fait que celui-ci soit constitué de deux femmes et deux hommes est très enrichissant, et même primordial quand l&#039;on s&#039;attèle à ce type de problématique. Néanmoins, cela implique un investissement conséquent en termes de discussion, explicitation des attentes et valeurs de chacun, en redéfinition continuelle de la problématique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans notre tentative d&#039;objectiver notre problématique, nous ne sommes que très peu aidés par les statistiques. Elles aussi disent ce qu&#039;elles ont envie de dire, et sont sans cesse remises en cause par des détracteurs. La conséquence en est qu&#039;aucune statistique ne sert vraiment de référence consensuelle dans la compréhension de la violence conjugale.Dans les statistiques policières, souvent la violence conjugale n&#039;est pas comptabilisée de manière séparée des autres délits de violence; dans d&#039;autres types de statistiques c&#039;est le genre qui n&#039;est pas retenu comme variable pertinente. En effet, derrière les chiffres, on découvre des définitions très variables de la violence: certains ne prennent en compte que la violence physique; d&#039;autres considèrent que de nombreux petits signes de nature verbale ou psychologique sont un pas dans l&#039;escalade de la violence, et les jugent donc de même poids que des coups. Entre ces deux extrêmes, toutes les variations sont présentes... &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est intéressant de relever à quel point certains chiffres sont médiatisés, afin d&#039;avoir un impact sur la population, alors que ces mêmes chiffres sont discutables au niveau statistique. &lt;br /&gt;
Pour conclure, nous nous sommes rendus compte que malgré une certaine médiatisation, qui n&#039;est pas si récente, de la violence conjugale, nous ne savons pas tellement de choses à ce sujet, ou plutôt il existe peu de consensus, voire la co-existence d&#039;approches inconciliables.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Conclusion ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
# Retour sur la problématiques, les questions de recherche&lt;br /&gt;
# Rappel des principaux résultats de recherche&lt;br /&gt;
# Autocritiques et perspectives&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Références bibliographiques ==&lt;br /&gt;
Les lectures citées dans le travail final&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Dallaire Y. (2002). La violence faite aux hommes. Une réalité tabou et complexe. Québéc: Options santé. [[Résumé du livre]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Gillioz L., De Puy J., Ducret V. (1997). Domination et violence envers la femme dans le couple. Lausanne : éditions Payot. [http://home.etu.unige.ch/~maneira4/R_sum__aeticle.doc Résumé de l&#039;article]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Ruel S. &amp;amp; Guéricolas P. (1998). La violence des femmes : derrière le masque. In Gazette des femmes Vol. 20. (no 4). (Novembre-Décembre 1998).[Version électronique]. Accès le 20 novembre 2005 : &lt;br /&gt;
http://www.gazettedesfemmes.com/recherche/?F=recherche&amp;amp;idt=10075&amp;amp;affart=2866&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Torrent S. (2001). L’homme battu, un tabou au cœur du tabou. Québec: Option Santé. [http://home.etu.unige.ch/~maneira4/fiche%20de%20lecture%20homme%20battu.pdf Résumé du livre ]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Amnistie: Le magazine pour les droits humains, &#039;&#039;Dossier Combattre la violence domestique&#039;&#039;  No 44, février 2006.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Amnistie, Journal d&#039;action pour les droits humains, janvier 2006.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Praplan G., &#039;&#039;Quand le sexe faible est violent&#039;&#039; in Repère Social, No 73, février 2006.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Bibliographie ==&lt;br /&gt;
Les lectures utilisées mais pas citées dans le travail final&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Bretonnière-Fraysse et al. (2001). &#039;&#039; De la violence conjugale à la violence parentale&#039;&#039;. Eres [[Résumé|Résumé du livre]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Jackson D., Welzer-Lang D. (1998). Violence et masculinité. Toulouse : imprimerie 34.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Office fédéral de la statistique : Aide aux victimes. Chiffres clés. http://www.bfs.admin.ch/bfs/portal/fr/index/themen/rechtspflege.html&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Rey, H. et al. (2006). Les violences conjugales: pour une clinique du réel. &#039;&#039; Journal International de Victimologie&#039;&#039;. Année 4, No 1. [[Résumé de l&#039;article]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Miguel</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Violence_conjugale:_De_la_femme_battue_%C3%A0_l%27homme_battu...&amp;diff=4082</id>
		<title>Violence conjugale: De la femme battue à l&#039;homme battu...</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Violence_conjugale:_De_la_femme_battue_%C3%A0_l%27homme_battu...&amp;diff=4082"/>
		<updated>2006-06-14T10:53:48Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Miguel : /* Résultats */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&#039;&#039;&#039;Membres du groupe&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Chantal Cornut&lt;br /&gt;
* Céline Pittet &lt;br /&gt;
* Jean-Christophe Contini&lt;br /&gt;
* Miguel Maneira &lt;br /&gt;
[mailto:maneira4@etu.unige.ch,contini2@etu.unige.ch,cepittet@hotmail.com,ch.cornut-piller@bluewin.ch Ecrire au groupe]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 [[L&#039;homme battu: le mâle...traité|Notre projet]]  |  [[Plan de recherche: Violence conjugale; un concept en mouvement|Notre plan de recherche]]  |  [[Espace de dialogue|Notre espace de dialogue]]  |  [[Trésorus de notre groupe|Notre île aux trésors]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Introduction ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Violence conjugale|La violence conjugale]] semble être de prime abord un phénomène bien connu de nos jours. Les médias rendent régulièrement compte de ses conséquences, bon nombre d’associations ont été créées pour répondre à l’appel des victimes, une loi sur la protection des victimes a été instaurée, beaucoup de thérapeutes œuvrent également dans ce domaine. Il est question, la plupart du temps, des violences subies par des femmes et exercées par des hommes, il est dans une moindre mesure, question de la [[Violence|violence]] exercée par des femmes contre des hommes. Ce dernier phénomène reste minoritaire cependant, et fait l’objet de nombreuses critiques. Bien souvent, les discours opposent des mouvements &amp;quot;  [[Féminisme|féministes]]&amp;quot; à des groupes &amp;quot; masculinistes &amp;quot;, les uns dénonçant sans cesse l’ineffable violence des hommes envers les femmes, les autres dénonçant cette vision de l’homme éternellement &amp;quot; agresseur &amp;quot;, allant jusqu’à affirmer que des hommes sont aussi des &amp;quot; victimes &amp;quot; et que la violence peut aussi être l’apanage des femmes. Ici apparaît le concept &amp;quot; d’hommes battus &amp;quot; que nous interrogerons et qui est apparu dès les années septante.  &lt;br /&gt;
Afin de prendre de la distance vis-à-vis de ces deux positions antagonistes, nous proposons d’étudier ce que disent certains auteurs sur la violence conjugale, à la fois sur la violence subie par les femmes et par les hommes. Nous proposons aussi une recherche axée sur des entretiens avec des hommes &amp;quot; victimes &amp;quot; et des professionnels de la violence conjugale. Nous étudierons également des sources statistiques issues de la Loi Fédérale sur l’aide aux victimes et de Amnesty internationale tout comme des revues spécialisées dans le domaine de la thérapie familiale et plus particulièrement les articles concernant la violence domestique. &lt;br /&gt;
La thèse générale de notre article est de démontrer par notre étude que les discours qui circulent sur la violence conjugale sont une construction qui circonscrit la violence dans des [[Stéréotype|stéréotypes]] caricaturaux stigmatisant à la fois les femmes en tant que victimes et les hommes comme agresseurs. De cette restriction découle la difficulté d’envisager l’existence d’hommes victimes de violence conjugale, et d’égale manière celle de femmes violentes. Cela a comme conséquence pour les personnes concernées une non-reconnaissance sociale, se manifestant par de forts préjugés à leur encontre, et de grandes lacunes institutionnelles. Nous montrerons aussi que les professionnels de la violence conjugale (médecins, thérapeutes) ont dépassé cette opposition et qu’ils désignent plus les acteurs de la violence conjugale à un niveau de co-responsabilité qui ne distingue pas le sexe des protagonistes pour rendre compte de ce phénomène. Il y a ainsi un écart entre les discours dominants et les discours des professionnels, écart perceptible dans l’étude de la littérature et dans l’examen des sources que constituent les revues &amp;quot; thérapie familiale &amp;quot;.&lt;br /&gt;
Enfin, nous proposons la thèse selon laquelle la violence conjugale reste un phénomène qui bien que connu de tous, reste difficile à appréhender dans notre société. En effet, nous montrerons qu’il existe des définitions similaires mais superficielles qui varient dans leur développement en fonction des positionnements et des valeurs de ceux qui les proposent. Les statistiques qui rendent compte de la violence conjugale proposent d’autre part des modalités qui ne permettent pas de distinguer précisément les victimes des agresseurs de manière précise et approfondie. Elles ne permettent pas d’affirmer avec précision que les hommes sont aussi victimes de violences, les modalités de [[Genre|genre]] n’étant pas assez développées dans la prise en compte statistique. Les hommes victimes existent, mais leur visibilité est très faible du fait que c’est un phénomène qui est en train d’émerger comme problème social.&lt;br /&gt;
Nous montrerons ainsi que la violence conjugale reste un phénomène complexe et confus dans ses définitions. Enfin, nous verrons que la violence conjugale reste un concept en mouvement sur le plan des institutions, qui proposent des possibilités de prise en charge nombreuses, mais néanmoins insuffisantes si l’on considère la prise en compte de la violence faite aux hommes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Revue de littérature ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous aborderons cette revue de littérature en suivant la chronologie même de notre questionnement et de notre cheminement, qui nous a conduit, en commençant part la découverte du concept de &amp;quot; l’homme battu &amp;quot;, à approfondir nos recherches au concept de la femme battue et à appréhender dès lors le problème social que constitue la violence conjugale, qui englobe les deux autres concepts. Nous avons ainsi privilégié dans nos recherches les ouvrages qui traiteraient spécifiquement de l’existence du concept même de &amp;quot; l’homme battu &amp;quot;, dans une actualité la plus récente possible. Nous nous sommes vite aperçus, que peu de littérature existait à ce sujet. Cependant, les ouvrages les plus récents (Torrent et Dallaire) font tous les deux référence à l’inscription du concept de l’homme battu dans celui de la violence conjugale. Nous avons dès lors élargi nos recherches dans ce domaine, toujours à la recherche du moindre élément concernant la violence faite aux hommes. D’autre part, nous avons voulu mettre en question les propositions faites par Dallaire et Torrent, en nous référant à d’autres auteurs qui portent un regard différent sur les acteurs, hommes ou femmes, de la violence conjugale. Notre attention s’est ainsi portée sur des notions concernant la désignation des acteurs en termes de victime et d’agresseur, et la désignation de ces mêmes termes de catégorie homme-femme. Enfin, nous avons cherché à contextualiser le phénomène de l’homme battu, en recherchant dans l’histoire de la violence conjugale, le moment où est apparu le concept de &amp;quot; l’homme battu &amp;quot;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sophie Torrent, dans son ouvrage sur l’homme battu (2001) met directement en question le fait qu’il existe au sein de la vie de couple une violence faite aux hommes, une violence souvent difficile à accepter, celle-ci allant à l’encontre de stéréotypes tels que celui qui considère que la femme est l’élément faible du couple et que l’homme en est le dominant. Dans la première partie de son livre, l’auteur tente tout d’abord d’expliquer ce phénomène atypique de l’homme battu, cet &amp;quot; impensable social &amp;quot; dit-elle. Elle analyse les différents types de violences (physique, sexuelle, psychologique, verbale et économique) pour ensuite orienter son analyse vers la notion de &amp;quot; rôles sociaux &amp;quot;. Elle montre comment l’homme violenté est agressé jusque dans les &amp;quot; facettes &amp;quot; qui font son [[Identité sociale|identité]] . Pour elle &amp;quot; être battu invalide l’homme dans son appartenance à la catégorie sociale homme &amp;quot;. Dans la deuxième partie de son ouvrage, Torrent réfléchit sur les différentes stratégies élaborées par l’homme pour gérer des situations difficiles. Elle s’appuie notamment dans son travail de recherche sur des interviews réalisées avec des &amp;quot; hommes battus &amp;quot;. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est dans une considération assez proche qu’Yvon Dallaire (2002), thérapeute au Québec, aborde le phénomène de la violence faite aux hommes (La violence faite aux hommes. Une réalité taboue et complexe). Il nous rappelle le constat de l’existence ineffable de la violence dans l’humanité, violence souvent fortement médiatisée, mais selon lui, de manière incomplète. En effet, dit-il, notre attention ne serait attirée que vers une forme de violence, soit celle faite par les hommes contre les autres hommes (guerres, voies de fait, suicides), contre les femmes (violence conjugale, viol, meurtre, tueurs en série) et contre les enfants (violence infanticide, meurtre suivi de suicide). Pour Dallaire, une forme de violence a été occultée : la violence des femmes faite envers les femmes, les hommes et les enfants. Le propos de son texte est de démontrer d’une part que des femmes peuvent être tout autant violentes que des hommes, et que d’autre part, l’analyse de la violence conjugale s’inscrit dans un paradigme teinté de sexisme et de discrimination. Pour cet auteur, la violence conjugale ne se décline pas simplement sur le mode victime-agresseur, mais plutôt sur celui de victime-victime, de deux individus qui sont les co-créateurs d’une escalade débouchant sur l’explosion physique. Afin d’alimenter son propos, Yvon Dallaire met en lumière les stéréotypes et les préjugés qui circulent dans le discours commun : l’homme est un être violent, un abuseur d’enfants, un irresponsable, les hommes sont tous des obsédés sexuels, il sont tous infidèles, menteurs et manipulateurs. Dès lors, toute violence féminine est considérée comme relevant de la légitime défense, l’homme est ainsi rendu coupable de toute la violence conjugale. Précisons ici que l’auteur dénonce le discours d’influence féministe qui se déploie dans le contexte québécois. Son objectif est de connaître les réelles dimensions de la violence conjugale, plutôt que de rechercher un coupable à punir, toujours le même : l’homme. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’ouvrage de Bretonnière-Fraysse et al. (2001), incontournable pour notre sujet, propose quant à lui un autre regard qui positionne clairement les femmes en tant que victimes et les hommes comme agresseurs, sans nuances : &amp;quot; on le sait, la violence conjugale a toujours existé ; on le sait aussi : les victimes en sont les femmes et les auteurs, les hommes. Mais elle demeure encore cachée, honteuse, secrète &amp;quot;. Cet ouvrage prend un biais anthropologique et historique pour nous montrer la condition de victime de la femme à travers les époques passées et jusqu’à nos jours. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Gillioz, De Puy et Ducret quant à elles (2000), font état des connaissances qui ont fait de la violence familiale et de la violence contre les femmes, un champ d’étude relativement nouveau dans les sciences sociales. Elles nous rappellent que jusque dans les années soixante, la société et avec elle les scientifiques vivent sur le mythe de la famille non violente. Cette dernière étant considérée comme rare et comme étant le fait d’individus déséquilibrés. Dans les années septante, sous l’influence de militantes féministes anglo-saxonnes qui ouvrent des refuges pour femmes battues et portent la question de la violence conjugale sur la place publique, ce phénomène jusque-là occulté est posé comme problème socio-politique. C’est dès lors que les sciences sociales vont s’y intéresser, à travers deux grands courants de recherche. Le premier est constitué par des études portant sur la violence subie par les femmes au sein de la famille et postule, en se fondant sur les prémisses théoriques féministes, que cette violence est spécifique. Ilc il est nécessaire de l’étudier indépendamment des autres types de violence familiale qui relèvent d’autres logiques. Le deuxième courant de recherche, issu de la sociologie de la famille, a pour objet la violence familiale et considère la société et ses institutions comme des systèmes consensuels qui embrassent dans la même problématique l’ensemble de la violence qui se déroule dans le cadre familial. &lt;br /&gt;
L&#039;ouvrage de Gillioz et all. mentionne également  les travaux de Strauss, Gelles et Steinmetz (1977), à partir desquels a été tiré l&#039;affirmation que les femmes sont aussi violentes que les hommes. C’est à ce moment qu’apparaît le concept du &amp;quot; mari battu &amp;quot;, des résultats tirés des statistiques de cette recherche, ont permis à l&#039;un des chercheurs de conclure que ce qui était le plus sous-estimé n’est pas la femme battue, mais le mari battu. La validité scientifique reste toutefois fortement contestée, nous en trouvons les arguments dans l’ouvrage de Gillioz, De Puy et Ducret. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Notre revue de littérature se conclut par l’approche systémique de Perrone et Nannini (1995) qui proposent leur livre comme un manuel à l’usage des professionnels appelés à intervenir auprès des familles. Leurs présupposés considèrent que la violence n’est pas un phénomène individuel, mais la manifestation d’un phénomène interactionnel. La violence est ainsi un mode particulier de communication entre partenaires qui sont tous impliqués et par là même responsables au sens interactionnel du terme. Comme Yvon Dallaire, les auteurs ne considèrent pas les acteurs de la violence conjugale en termes de &amp;quot; victime-agresseur &amp;quot;, ni en termes &amp;quot; hommes-femmes &amp;quot;. Les objectifs et les enjeux que ces deux auteurs proposent s’appuient sur l’idée que chacun doit devenir et se penser responsable de ses propres comportements. C’est également selon cette optique que certains &amp;quot; cliniciens &amp;quot; abordent en partie la question dans leur article (Rey, H et al. 2006). Contini 6 mai 2006 à 16:28 (MEST)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Problématique ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le questionnement qui est à l’origine de notre travail prend source dans la rencontre que nous avons faite d’un concept qui semble nouveau de prime abord : &amp;quot; l’homme battu &amp;quot;. Nous avons découvert ce concept dans l’ouvrage récemment publié de Sophie Torrent qui s’intitule &amp;quot; les hommes battus &amp;quot;. Ce livre met en lumière l’existence d’hommes victimes de violences exercées par des femmes à leur encontre, il interroge également les questions identitaires vécues par ces &amp;quot; nouvelles victimes &amp;quot; à travers la conduite de multiples entretiens. &lt;br /&gt;
Ces propos nous ont intrigués, parfois rendus perplexes et ont ainsi attisé notre curiosité. Nous avons dès lors entrepris des recherches bibliographiques qui nous permettraient de découvrir des discours proches des propos de Torrent. Nous avons ainsi constaté que ce &amp;quot; phénomène &amp;quot; des hommes battus était, dans une moindre mesure, relayé dans d’autres ouvrages qui l’inscrivaient dans le cadre plus large de la violence conjugale. Nos recherches livresques nous ont ainsi conduits à investiguer le corpus que nous avons constitué afin de tenter de répondre à la question principale qui guide notre recherche : comment le phénomène de &amp;quot; l’homme battu &amp;quot; s’inscrit-il dans le paradigme de la violence conjugale ? Les questions secondaires qui en découlent sont multiples : quand est-ce que ce concept est apparu ? Par qui a-t-il été développé ? Quels sont les discours qui relaient ce concept ou qui s’y opposent ? &lt;br /&gt;
Les éléments qui composent notre revue de littérature nous ont permis d’entrevoir certains points qui semblent être récurrents. Nous nous sommes ainsi aperçus que le concept d’ &amp;quot; hommes battus &amp;quot; se trouvait à chaque fois en tension avec celui de &amp;quot; femmes battues &amp;quot; dans le cadre de la violence conjugale que nous avons aussi essayé de définir. Nous nous sommes dès lors trouvés confrontés à deux discours contraires entre des groupes de pressions constitués autour de la &amp;quot; souffrance masculine &amp;quot; et les propos issus de certains discours féministes. Nous avons également constaté que cette opposition - que nous caractérisons grossièrement entre les deux discours – se dédouble d’une autre opposition dans la désignation des acteurs de la violence conjugale en  termes de victime et d’agresseur. Nous constatons que les acteurs sont ainsi stigmatisés, avec des stéréotypes qui désignent de manière massive l’homme comme étant un agresseur et la femme une victime.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Méthodologie ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En fonction des éléments de la problématique, l’objectif de notre recherche a consisté pour nous à y voir plus clair en tentant de répondre aux questions que nous nous posons. Afin de prendre une nécessaire distance vis-à-vis du regard que propose notre revue de littérature, nous avons choisi d’orienter nos recherches sur diverses sources d’informations. Nous avons trouvé intéressant d’examiner si des statistiques existaient sur les &amp;quot; hommes battus &amp;quot; et sur les &amp;quot; femmes battues &amp;quot; et dès lors de voir si celles-ci pouvaient éclaircir notre questionnement. Nous avons aussi choisi de chercher des éléments dans une série de revue spécialisées dans la thérapie familiale, dès lors que le phénomène des &amp;quot; hommes battus &amp;quot; s’inscrit dans le cadre de la violence conjugale. De plus, pour avoir une vision plus globale nous avons aussi décidé de faire une revue d’articles de presse étudiant quelques articles récents. Enfin, nous avons opté pour une recherche mettant en œuvre la conduite de plusieurs entretiens auprès de professionnels de la prise en charge de la violence conjugale, ainsi qu’auprès de &amp;quot; victimes &amp;quot; qui accepteraient de nous apporter leur témoignage. Ces éléments correspondent à ce que l’on pourrait appeler la &amp;quot; recherche sur le terrain &amp;quot;. Nous avons aussi élargi notre revue de littérature en laissant une place pour l’étude des discours qui proviennent des divers professionnels spécialisés dans la thématique de la violence conjugale. Nos sources seront ainsi multiples : entretiens ; revue de presse ; statistiques ; revues spécialisées. &lt;br /&gt;
Notre analyse consistera à analyser les contenus du matériel récolté, en prenant pour point d’appui la désignation des acteurs de la violence conjugale, en termes de stéréotypes (stigmatisation) et dans une approche de &amp;quot; genre &amp;quot; étudiant les rapports sociaux hommes-femmes par rapport à cette thématique, ainsi que les rapports victimes-agresseurs qui s’y rattachent. &lt;br /&gt;
L’analyse devrait ainsi nous permettre de réunir des points de vue différents et ainsi de confirmer ou d’infirmer, voir de &amp;quot; tempérer &amp;quot; ce que nous avons développé dans la revue de littérature en fonction des auteurs choisis.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Résultats ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Revue de presse ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous avons également utilisé comme source des articles de journaux et périodiques récents, constatant que la thématique de la violence conjugale apparaît régulièrement dans les médias. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout d&#039;abord, &#039;&#039;&#039;Amnesty&#039;&#039;&#039; affiche une grande visibilité grâce à son magazine pour les droits humains (février 2006), son journal d&#039;action (janvier 2006) et son site internet, qui tous trois évoquent récemment la violence domestique. En effet, Amnesty a commencé en mars 2006 sa campagne suisse « En route contre la violence domestique », dont l&#039;action principale consiste en un tour de plusieurs cantons du mobile home &amp;quot;sweet home&amp;quot; afin  de  briser le tabou qui entoure la violence dans le couple, d’améliorer les interventions de l’Etat contre la violence domestique,  et de sensibiliser le grand public, en particulier les jeunes et les hommes, notamment dans les régions rurales. Les revendications d’Amnesty International en matière de violence domestique repose sur l’obligation de l’Etat d’agir contre cette forme de violation des droits humains. Car aujourd’hui si la visibilité du débat public sur la violence domestique s’est améliorée, les menaces, coups, contraintes, viols et meurtres auxquels les femmes sont souvent exposées dans leurs quatre murs constituent un sujet rarement perçu comme relevant des droits humains. De la sensibilisation est encore nécessaire pour considérer que l’empêcher ne relève pas de la sphère privée des couples et des familles concernées, et ne pas l’assimiler à un « problème de femmes », mais à une mission publique, qui touche tout le monde.  Pourtant il s’agit bien de droit à l’intégrité physique et psychique : droit à la liberté et à la sécurité, droit à la santé, droit à l’absence de torture ou d’autres traitements dégradants et même souvent le plus, droit à la vie.&lt;br /&gt;
La position d&#039;Amnesty International quant à la violence domestique consiste à considérer sa cause dans les rapports inégalitaires de sexe. L&#039;accent est mis sur les représentations sociales qui ne cessent de faire le lien entre violence et masculinité. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le numéro du journal &#039;&#039;&#039;Repère Social&#039;&#039;&#039; de février 2006 s&#039;intitule « Quand le sexe faible est violent » et à travers le prétexte de l&#039;ouverture récente à Lausanne d&#039;un accueil pour femmes violentes, aborde ce sujet trop rarement médiatisé de la violence des femmes. &lt;br /&gt;
L&#039;auteur, Geneviève Praplan, présente les associations Vires et Face à Face à Genève, et Violence et famille à Lausanne. Cette dernière institution travaille depuis sept ans avec des hommes violents, mais accueille depuis novembre 2005 également des femmes violentes. Le Coordinateur et plusieurs intervenants ont été formés au Québec, auprès d&#039;OPTION, institution pionnière fondée par le psychothérapeute Jacques Broué en 1985. A Violence et Famille, c&#039;est ainsi sous forme de thérapie de groupe que se déroule l&#039;accompagnement, après quelques entretiens individuels. Le processus de réflexion engagé avec les auteurEs est le même pour les hommes que pour les femmes. Néanmoins, il est spécifié qu&#039;il faut être spécialement vigilant avec les femmes, en vérifiant qu&#039;elles ne sont pas &amp;quot;davantage des victimes que des agresseurs&amp;quot;. De plus, rapidement le lien entre passé et présent doit se faire. &lt;br /&gt;
&amp;quot;Hommes et femmes ne sont pas forcément égaux devant leur violence&amp;quot;: dans l&#039;inconscient collectif masculin, il est nécessaire d&#039;affirmer sa virilité, la violence masculine est ainsi plus facilement excusée. Au contraire, les rôles sociaux attribués aux femmes font qu&#039;on la juge plus sévèrement si elle fait usage de violence, mais leur permet de reconnaître moins difficilement que les hommes leurs actes violents. L&#039;auteur met en avant que les chiffres manquent quant à l&#039;ampleur de la violence féminine, surtout exercée envers ses enfants. Par ailleurs les préjugés quant aux données socio-économiques des auteurs de violence perdurent. Cela est en partie dû au fait que les familles en situation précaire sont plus aisément repérées par les services sociaux, vu l&#039;étendue de leurs besoins.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Statistîques ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Aborder le problème social de la violence conjugale nous incite à faire un retour vers les années 1970. C’est à cette époque que l’on peut situer les premières recherches sur ce thème  mettant en question le mythe de la famille non violente. Les militantes féministes amènent la question de violence conjugale sur la place publique et le posent comme un problème socio-politique. La question de la violence est abordée comme conséquence des rapports de domination, c&#039;est-à-dire des effets de l’exercice d’une influence déterminante d’un groupe, les hommes, sur un autre, les femmes. Tout rapport de domination suppose, en effet, en dehors du rapport de pure violence, un système de justification visant à obtenir un minimum de &amp;quot;volonté d&#039;obéir&amp;quot; de la part des assujettis, note le Petit Robert.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les sciences humaines vont s’y intéresser. De nombreuses études sont entreprises dans les années 1970 et 1980 dans le but de décrire la violence domestique, de pouvoir la chiffrer, de chercher à l’expliquer, d’étudier ses conséquences sur les victimes, et d’examiner les réponses sociétales à ce problème.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les résultats de l&#039;une de celle-ci, Straus et al.(1977) permettent de dire que femmes et hommes admettent recourir à des tactiques de violence dans des situations de conflits. Ce résultat est basé sur le &amp;quot;Conflict Tactics Scales&amp;quot; (CTS), échelles centrées sur les tactiques de gestion des conflits, qui intègrent une série de comportements allant des plus rationnels aux plus violents. Cette étude permettra à l’une des auteur-e-s, Steinmetz, de tirer la conclusion de l’existence du « syndrome de l’homme battu ». Ce qui sera contesté pour insuffisances méthodologiques. Depuis la plupart de chercheurs et chercheuses renoncèrent à utiliser ce concept.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Qu&#039;en est-il de la reconnaissance de la violence conjugale en Suisse ? &lt;br /&gt;
Une loi fédérale est votée (4 octobre 1991), sur l’aide aux victimes. Si cette notion de &amp;quot;victime&amp;quot; est large, accidenté de la route, attentats, viol, contrainte sexuelle, séquestration, elle comprend spécifiquement les violences domestiques. Dès lors,  elle  permet également aux femmes victimes de violence conjugale d&#039;être reconnues, visibilées et aidés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La création des centres Lavi, issu de cette loi, a pour but de fournir une aide efficace (conseils, la protection de la victime, la défense de ses droits dans la procédure pénale et l’indemnisation et la réparation morale) aux victimes d’infractions ou d’une atteinte directe à son intégrité corporelle, sexuelle ou psychique et à renforcer leurs droits. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les centres de consultation « Lavi » sont instaurés dans chaque canton. La police est tenue d’informer les victimes de l’existence de ces centres et de leur transmettre les coordonnées de celle-ci (sur la base de son accord). L’aide immédiate et les prestations fournies directement par les centres sont gratuites. Lorsque la situation personnelle de la personne qui consulte le justifie, les centres de consultation prennent en charge d’autres frais (comme par exemple les frais médicaux, les frais d’avocat ou les frais de procédure). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
S’il est difficile de faire parler les statistiques, ici nous nous basons sur l’année 2004, ils donne toute de même une idée intéressante sur la question qui nous occupe, à savoir la violence féminine et masculine : une nette prédominance des femmes dans la consultation (75%), avec des auteurs présumés de sexe masculin (83.5), et l’existence d’une relation familiale, victime – agresseur (52,9%).  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
(Le législateur prend en compte la situation des victimes, il estime qu’elles doivent être soutenues dans la procédure pénale, et également qu’elles ont droit à une indemnisation ou à une réparation morale (en fonction des revenus de la victime). )&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On peut constater également la reconnaissance par la société du statut de victime,  puisque les demandes, au nombre de 196 pour l’indemnisation et de 728 pour la réparation morale,  ont été traitées positivement. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La formation du personnel des centres Lavi : la loi mentionne des aides financières à la formation. Une formation spécifique « Lavi » a été instaurée et des formations complémentaires complètent la spécialisation de ces professionnels. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Violence domestique, une protection particulière : l’expulsion immédiate du domicile des personnes violentes, lesquelles ne peuvent plus réintégrer leur logement pendant une période déterminée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le 14 juin 2000, la Conseillère Ruth-Gaby Vermot-Mangold dépose une initiative parlementaire. Le Conseil fédéral  propose, en novembre 2005, un nouvel article 28b dans le code civil visant à protéger la victime de violence ou de harcèlement en lui donnant le droit de requérir le juge d’instruction d’interdire à l’auteur de l’atteinte de l’approcher, de fréquenter certains lieux ou de prendre contact avec elle. &lt;br /&gt;
Ce nouvel article 28b prévoit également l’institution par les cantons de centres d’informations et de consultation dans le but d’agir préventivement pour éviter la violence domestique et sa récidive. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Violence entre conjoint ou partenaire : poursuivie d’office depuis le 1 avril 2004&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le Conseil Fédéral  modifie le Code pénal en ce sens que les actes de violence domestique seront poursuivis d’office et non plus sur plainte de la victime. Le communiqué de presse est intéressant et nous donne un aperçu des changements sociaux intervenus : « il n’est plus question de tolérer la violence physique ou sexuelle exercée contre un conjoint ou un partenaire – dans un couple hétérosexuel ou homosexuel – sous prétexte qu’elle ne serait que de peu de gravité ou qu’elle relèverait de la sphère privée ». La contrainte sexuelle et le viol commis au sein du couple sont élevés au rang de délits poursuivis d’office.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Evolution des lois et violence conjugale.&lt;br /&gt;
Votée en 1991, la LAVI démontre que «  victime de violence » constitue maintenant  une déviance secondaire. Les plaignants sont identifiés, l’état institutionnalise leur prise en charge, les centres Lavi sont créés et les consultations augmentent au fil des années.   &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Néanmoins la notion de &amp;quot;violence conjugale&amp;quot; se fait discrète, le terme de violence domestique n’apparaît qu’avec le dépôt en 2002 de l’initiative parlementaire de Vermot-Mangold. En juin 2001 le Conseil Fédéral met en consultation le « projet élaboré par la Commission des affaires juridiques du Conseil national » et la notion de violence domestique fait partie des préoccupations reconnues officiellement. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous pouvons relever que les documents officiels font référence à une notion de victime qui n’est pas sexuée,  le mot « femme » n’y est pas accolé. Les termes utilisés « violence physique ou sexuelle exercée contre un conjoint ou un partenaire (…) dans un couple hétérosexuel ou homosexuel », « ordonner à une personne violente de quitter le domicile conjugal », « prévenir la récidive des agresseurs ». Dans les documents que j’ai parcouru sur le site de l’office fédéral de la justice sous la mention « aide aux victimes », je n’ai trouvé qu’une seule fois la mention spécifique « femme » : «  la violence domestique est aujourd’hui quotidienne dans notre société. Les femmes en sont souvent les victimes ». Dans tous les autres documents la violence domestique paraît neutre. Si le mot victime est féminin, les textes l’utilisent comme un élément générique. On peut en partie le comprendre par le fait que  la Lavi ne reçoit pas que des victimes de violences conjugales, mais également des victimes d’accidents de la route, d’attentats, d’enlèvement, de prise d’otage ou de brigandage.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Entretiens ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est souvent question dans les chiffres, de comparer,  voire d’opposer, hommes et femmes face à la violence conjugale. En d’autres termes de démontrer que le premier est le bourreau et la deuxième la victime. Pour certains, la question des hommes battus ne recouvrirait pas la même problématique que celle des femmes battues. Pour certains auteurs, tel Yvon Dallaire, il semble que les stéréotypes de femme-victime et homme-agresseur affiliés aux rôles des acteurs, n’aident en rien à reconnaître la problématique. Alors que la femme est souvent vue comme une personne douce, fragile et protectrice. Les hommes, eux, sont reconnus comme des êtres forts, virils et courageux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;L’homme battu existe, nous l’avons rencontré&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour confronter les stéréotypes affiliés aux genres, nous avons cherché à interviewer des hommes battus. Paul et Luc (prénoms d’empreint) ont un point commun : leur passé d’homme maltraité. Ils ont été, tous les deux, physiquement battus par leur conjointe. Toutefois, il semblerait que la problématique de l’homme violenté intègre, dans sa forme globale, une autre forme de violence, une violence psychologique. Il ressort des entretiens que la forme physique ne semble pas être la forme de violence qui marque le plus. &lt;br /&gt;
Pour essayer de comprendre au mieux le vécu violenté de ces hommes et plus généralement de toute personne impliquée dans des relations violentes, nous avons questionné la littérature ainsi que des professionnels de terrain.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour la travailleuse sociale, Sophie Torrent (2001), « la nature de la violence [à l’égard de la gente masculine] et ses modes d’expression traduisent, dirait-on, une violence spécifiquement féminine, subtile, qui atteint l’intégrité psychique de l’homme.» (p.33). L’homme victime de violence psychologique semble atteint surtout dans sa masculinité, plus précisément dans la représentation de la masculinité qui lui a permis de construire son identité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Le harcèlement que j’ai vécu par cette femme tyran m’a amené à perdre, pendant quelques temps, mon identité masculine… C’était quoi être un homme ? Je ne savais plus faire l’amour comme il faut en quittant ma femme. J’ai du réapprendre à accepter de prendre du plaisir. » Luc&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;La violence ; une histoire d’homme ?&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Alors que nous venons de découvrir avec stupéfaction certaines réalités d’hommes maltraités par leur conjointe, comment traiter ces vérités face à notre idéal féminin construit ? Comment même penser à la violence des femmes, alors que celle que l’on exerce à leur égard est de loin la plus établie, la plus reconnue et de ce fait la plus portée par les médias ? De nos jours, la société reconnaît et prend en charge la femme violentée, qu&#039;en est-il de la femme violente ? &lt;br /&gt;
Il est commun d’entendre qu’une femme violente est une femme malade psychologiquement ou encore que cette dernière n’agresserait que pour se défendre. Pour la psychothérapeute Diane Chayer, ( citée par Ruel &amp;amp; Guéricolas, 1998), il semblerait qu’il n’y ait tout simplement pas de permission sociale à la violence des femmes. « La société dit qu’il est presque normal pour un homme d’être violent. Mais une femme violente, c’est une extraterrestre. » &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour Yvon Dallaire, « la femme violente peut ressentir de la fierté pour avoir battu plus fort qu’elle. Et la société ne la dénigre pas, elle cherche plutôt à la comprendre et à l’excuser, compatissant souvent à son sort. » (p26) A contrario, pour la responsable d’une structure acceuillant des femmes violentes, « celles et ceux qui passent de la parole aux actes souffrent, ils ont besoin d&#039;aide et y ont droit. Toutefois, la femme violente souffre de discrimination ; on ne veut pas lui reconnaître sa violence. » Il semblerait alors que, paradoxalement, la femme violente souffre des mêmes maux sociaux que l’homme maltraité. Une nouvelle fois, il semblerait que les stéréotypes, affiliés aux genres, décident de ce qui peut être acceptable ou pas.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Le statut de victime/agresseur&#039;&#039;&#039; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La responsable d’un établissement prenant en charge des femmes violentes nous apprend qu’il est difficile de tenir le fil rouge concernant les rôles de victime-agresseur. « On est là pour travailler sur la violence des femmes, en tant qu’auteures de violence et non en tant que victimes. Très souvent, ça dérape en justification des actes qui déplace la position d’agresseuse à celui de victime. » Il semble que souvent, l’agresseur se voit comme victime. Responsabiliser les acteurs(trices) de violence, c’est les aider à prendre conscience de leur violence. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Responsabilité dans la violence&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La question est partagée. Alors que pour beaucoup, la responsabilité de la violence doit être assumée par son auteur(e), pour d’autres, elle doit être partagée. En effet, pour Denis Châtelain, co-fondateur d’une association prenant en charge des auteur(e)s de violence, « il faut prendre en compte le potentiel de violence de la victime dans la compréhension de la dynamique ». Pour la responsable d’une association accueillant des femmes violentes, « il est impossible de faire un tel travail si l’on part du principe d’une co-responsabilité dans la réalisation de la violence. En effet, on ne peut pas se permettre de déraper sur l’aspect empathique et comprendre voir d’excuser l’acte de violence au nom d’un statut de victime reconnu. Pour nous, l’acte violent n’est pas excusable, il est inadmissible quelque soit sa source ou sa justification. Ce qui nous paraît important c’est de faire en sorte de ne plus jamais en avoir à arriver là. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;La prise en charge de la violence&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comment aborder la problématique de la violence conjugale et plus particulièrement celle des hommes maltraités et des femmes violentes ? Alors qu’Yvon Dallaire se demande si l’on « ne pourrait pas exploiter l’expertise des centres d’accueil pour femmes au profit des hommes battus et l’expertise des groupes d’entraide pour homme violents au profit des femmes violentes ? » (p29), la responsable d’une structure accueillant des femmes actrices de violence répond que « pour aider les femmes actrices de violence, il faut appliquer un traitement différencié. Les raisons étant parce qu’on n’éduque pas de la même façon une petite fille et un petit garçon, le rapport au féminin n’est pas le même. La violence masculine est légitimée. Par contre, on ne reconnaît pas ce droit à la femme. Cela étant dû aux stéréotypes de mère protectrice d’une part. » &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Revue &amp;quot;Thérapie familiale&amp;quot;===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous avons jugé opportun d&#039;analyser des numéros de Thérapie de Famille, une revue trimestrielle  d&#039;orientation systémique. Cette source représente en effet le point de vue théorique et le constat des pratiques des thérapeutes de famille. Il est pertinent de se demander à quel point le discours de ces professionnels de la famille influence la société et est en retour influencé par elle. Les catégories  victime-agresseur y sont-elles aussi clairement définies que dans le sens commun et certains discours? Fait-on une différenciation au niveau de l&#039;étiologie de la violence et de ses conséquences selon le genre? Le contact avec les patients remet-il en question certaines pratiques thérapeutiques et fait-il avancer les models conceptuels? Pour répondre à ces interrogations, nous avions à disposition tous les numéros parus depuis de nombreuses années afin d&#039;observer à quelle fréquence et sous quelle forme la thématique des violences conjugales était abordée. Nous avons porté notre choix sur la période allant de 1995 à 2001, pendant laquelle quatre numéros contiennent des articles dédiés à notre sujet.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les deux premiers numéros analysés, datant de 1995 et de 2000 sont riches d&#039;informations car rédigés par les mêmes auteurs, qui font part de l&#039;évolution de leur réflexion durant les cinq ans écoulés. Le numéro de 2000 a été écrit par des thérapeutes colombiens, ce qui nous montre la préoccupation internationale des thérapeutes de famille autour de la violence conjugale et leur désir d&#039;échanger à ce sujet. Quant au dernier numéro pris en compte, celui de 2001, il présente la synthèse des théories les plus utilisées à propos de la violence domestique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
(à suivre...)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Analyse ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Analyse des résultats&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour résumer, nous voici arrivés à un premier constat. Nous pouvons dire que la découverte de la violence conjugale et de ses effets a pour origine le questionnement du mouvement féministe, repris par des chercheur-e-s, qui ont confirmé et précisé le phénomène de la violence conjugale. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Autre découverte, la notion d’homme battu, que nous avions posé comme une construction récente, date des premières recherches sur ce domaine. Le syndrome de l’homme battu, développé  par une chercheuse du l’équipe de  Straus et al. a été un concept rapidement abandonné. Les défauts dans l’opérationnalisation du concept de violence, dans la méthode et dans l’interprétation des données de l’enquête effectuée à l’aide du Conflict Tactics Scales ont été largement reconnus. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comment se fait-il alors que des auteurs récents se saisissent du vocable « homme battu », partent à sa recherche, et le trouve ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour cela nous devons revenir à nouveau aux années 1970 et aux changements intervenus dans les places des hommes et des femmes. Ces dernières acquièrent un statut différent, elles deviennent citoyennes, accèdent au marché du travail et peuvent maîtriser leur fécondité. L’égalité homme – femme advient. A partir de là, le féminisme devient un mouvement social et politique pour l&#039;émancipation des femmes. Mais il va désigner aussi un corpus théorique qui va permettre aux sociologues de revisiter leurs différents champs d’études à travers la problématique des rapports sociaux de sexe.  Sous cet angle là, la violence conjugale prend un autre sens, elle est  rendue possible parce que les femmes ont moins de moyens, par conséquent moins de pouvoir, et parce que le genre féminin est dévalorisé par rapport au masculin. &lt;br /&gt;
Pierre Bourdieu a largement développé le fonctionnement des dominés et démontré comment ceux-ci ayant intégré le discours dominant « construisent ces relations de pouvoir du point de vue même de ceux qui y affirment leur domination… ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En Suisse, les statistiques 2004 issues des centres Lavi apportent des précisions chiffrées à cette forme de violence. Le taux de victimes de sexe féminins est important (75%),  le sexe masculin de l’auteur présumé révèle un pourcentage très élevé (83.5%) et pour 52.9% des consultants une relation familiale victime - agresseur existe. &lt;br /&gt;
Bien que la violence conjugale soit maintenant reconnue, des groupes sociaux la mettent en question. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les années 1980 une tension s’avive entre hommes et femmes.  Certains hommes pro féministes tiennent un discours optimiste concernant la constitution d&#039;une société nouvelle et égalitaire  et reconnaissent la domination masculine comme clé d&#039;un changement possible. &lt;br /&gt;
D&#039;autres hommes tiennent un discours alarmiste et insistent sur le malaise identitaire engendré par cette modification des rapports sociaux source de perte de repères. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A partir de là, des groupes d’hommes se forment autour, par exemple d’auteurs tels que Guy Cornaux au Canada, Jacques Salomé en France,  ou plus récemment Y. Dallaire qui avec John Goetelen a organisé le premier Congrès international de la condition masculine à Genève en 2003. Des mouvements pour la condition paternelle se créent afin de s’opposer à la garde des enfants accordée systématiquement à la mère en cas de divorce.  Le film récent « Le souffle du désert » de François Kohler, illustre ce phénomène de la recherche d’une identité masculine vécue comme problématique. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C&#039;est dans cette mouvance que nous trouvons aujourd&#039;hui les protagonistes d&#039;un détournement de la violence masculine au profit d&#039;une violence exercée contre les hommes par les femmes. ces détracteurs pourront s&#039;appuyer probablement dans les années à venir sur les modifications des images féminines, les stéréotypes de la femme douce et soumise ont tendance à s&#039;estomper. Et l&#039;on peut se demander si les jeunes femmes ne se permettront pas plus que par le passé d&#039;exprimer leurs sentiments de colère et violence, là où s&#039;exprimaient auparavant peut-être impuissance, tristesse et dépression. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Utilisateur:Cornut piller|Cornut piller]] 1 jun 2006 à 09:15 (MEST) ~~&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Difficultés&#039;&#039;&#039; (à mettre à la fin de l&#039;article ou dans la conclusion)[[Utilisateur:Celine|Celine]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le sujet que nous avons abordé tout au long de ce travail est délicat. Nous avons relevé le peu de neutralité émanant des sources existantes sur ce thème, chaque écrit représentant une certaine prise de position, quant à la causalité de la violence conjugale par exemple, ou les convictions cachées derrière l&#039;attribution de statuts victime-agresseur ou victime-victime.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette subjectivité rentre en interrelation avec notre sensibilité propre, individuelle, qui n&#039;est donc pas la même entre les personnes de notre groupe. Le fait que celui-ci soit constitué de deux femmes et deux hommes est très enrichissant, et même primordial quand l&#039;on s&#039;attèle à ce type de problématique. Néanmoins, cela implique un investissement conséquent en termes de discussion, explicitation des attentes et valeurs de chacun, en redéfinition continuelle de la problématique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans notre tentative d&#039;objectiver notre problématique, nous ne sommes que très peu aidés par les statistiques. Elles aussi disent ce qu&#039;elles ont envie de dire, et sont sans cesse remises en cause par des détracteurs. La conséquence en est qu&#039;aucune statistique ne sert vraiment de référence consensuelle dans la compréhension de la violence conjugale.Dans les statistiques policières, souvent la violence conjugale n&#039;est pas comptabilisée de manière séparée des autres délits de violence; dans d&#039;autres types de statistiques c&#039;est le genre qui n&#039;est pas retenu comme variable pertinente. En effet, derrière les chiffres, on découvre des définitions très variables de la violence: certains ne prennent en compte que la violence physique; d&#039;autres considèrent que de nombreux petits signes de nature verbale ou psychologique sont un pas dans l&#039;escalade de la violence, et les jugent donc de même poids que des coups. Entre ces deux extrêmes, toutes les variations sont présentes... &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est intéressant de relever à quel point certains chiffres sont médiatisés, afin d&#039;avoir un impact sur la population, alors que ces mêmes chiffres sont discutables au niveau statistique. &lt;br /&gt;
Pour conclure, nous nous sommes rendus compte que malgré une certaine médiatisation, qui n&#039;est pas si récente, de la violence conjugale, nous ne savons pas tellement de choses à ce sujet, ou plutôt il existe peu de consensus, voire la co-existence d&#039;approches inconciliables.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Conclusion ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
# Retour sur la problématiques, les questions de recherche&lt;br /&gt;
# Rappel des principaux résultats de recherche&lt;br /&gt;
# Autocritiques et perspectives&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Références bibliographiques ==&lt;br /&gt;
Les lectures citées dans le travail final&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Dallaire Y. (2002). La violence faite aux hommes. Une réalité tabou et complexe. Québéc: Options santé. [[Résumé du livre]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Gillioz L., De Puy J., Ducret V. (1997). Domination et violence envers la femme dans le couple. Lausanne : éditions Payot. [http://home.etu.unige.ch/~maneira4/R_sum__aeticle.doc Résumé de l&#039;article]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Ruel S. &amp;amp; Guéricolas P. (1998). La violence des femmes : derrière le masque. In Gazette des femmes Vol. 20. (no 4). (Novembre-Décembre 1998).[Version électronique]. Accès le 20 novembre 2005 : &lt;br /&gt;
http://www.gazettedesfemmes.com/recherche/?F=recherche&amp;amp;idt=10075&amp;amp;affart=2866&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Torrent S. (2001). L’homme battu, un tabou au cœur du tabou. Québec: Option Santé. [http://home.etu.unige.ch/~maneira4/fiche%20de%20lecture%20homme%20battu.pdf Résumé du livre ]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Amnistie: Le magazine pour les droits humains, &#039;&#039;Dossier Combattre la violence domestique&#039;&#039;  No 44, février 2006.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Amnistie, Journal d&#039;action pour les droits humains, janvier 2006.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Praplan G., &#039;&#039;Quand le sexe faible est violent&#039;&#039; in Repère Social, No 73, février 2006.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Bibliographie ==&lt;br /&gt;
Les lectures utilisées mais pas citées dans le travail final&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Bretonnière-Fraysse et al. (2001). &#039;&#039; De la violence conjugale à la violence parentale&#039;&#039;. Eres [[Résumé|Résumé du livre]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Jackson D., Welzer-Lang D. (1998). Violence et masculinité. Toulouse : imprimerie 34.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Office fédéral de la statistique : Aide aux victimes. Chiffres clés. http://www.bfs.admin.ch/bfs/portal/fr/index/themen/rechtspflege.html&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Rey, H. et al. (2006). Les violences conjugales: pour une clinique du réel. &#039;&#039; Journal International de Victimologie&#039;&#039;. Année 4, No 1. [[Résumé de l&#039;article]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Miguel</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Violence_conjugale:_De_la_femme_battue_%C3%A0_l%27homme_battu...&amp;diff=4080</id>
		<title>Violence conjugale: De la femme battue à l&#039;homme battu...</title>
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		<updated>2006-06-14T10:48:34Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Miguel : /* Résultats */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&#039;&#039;&#039;Membres du groupe&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Chantal Cornut&lt;br /&gt;
* Céline Pittet &lt;br /&gt;
* Jean-Christophe Contini&lt;br /&gt;
* Miguel Maneira &lt;br /&gt;
[mailto:maneira4@etu.unige.ch,contini2@etu.unige.ch,cepittet@hotmail.com,ch.cornut-piller@bluewin.ch Ecrire au groupe]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 [[L&#039;homme battu: le mâle...traité|Notre projet]]  |  [[Plan de recherche: Violence conjugale; un concept en mouvement|Notre plan de recherche]]  |  [[Espace de dialogue|Notre espace de dialogue]]  |  [[Trésorus de notre groupe|Notre île aux trésors]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Introduction ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Violence conjugale|La violence conjugale]] semble être de prime abord un phénomène bien connu de nos jours. Les médias rendent régulièrement compte de ses conséquences, bon nombre d’associations ont été créées pour répondre à l’appel des victimes, une loi sur la protection des victimes a été instaurée, beaucoup de thérapeutes œuvrent également dans ce domaine. Il est question, la plupart du temps, des violences subies par des femmes et exercées par des hommes, il est dans une moindre mesure, question de la [[Violence|violence]] exercée par des femmes contre des hommes. Ce dernier phénomène reste minoritaire cependant, et fait l’objet de nombreuses critiques. Bien souvent, les discours opposent des mouvements &amp;quot;  [[Féminisme|féministes]]&amp;quot; à des groupes &amp;quot; masculinistes &amp;quot;, les uns dénonçant sans cesse l’ineffable violence des hommes envers les femmes, les autres dénonçant cette vision de l’homme éternellement &amp;quot; agresseur &amp;quot;, allant jusqu’à affirmer que des hommes sont aussi des &amp;quot; victimes &amp;quot; et que la violence peut aussi être l’apanage des femmes. Ici apparaît le concept &amp;quot; d’hommes battus &amp;quot; que nous interrogerons et qui est apparu dès les années septante.  &lt;br /&gt;
Afin de prendre de la distance vis-à-vis de ces deux positions antagonistes, nous proposons d’étudier ce que disent certains auteurs sur la violence conjugale, à la fois sur la violence subie par les femmes et par les hommes. Nous proposons aussi une recherche axée sur des entretiens avec des hommes &amp;quot; victimes &amp;quot; et des professionnels de la violence conjugale. Nous étudierons également des sources statistiques issues de la Loi Fédérale sur l’aide aux victimes et de Amnesty internationale tout comme des revues spécialisées dans le domaine de la thérapie familiale et plus particulièrement les articles concernant la violence domestique. &lt;br /&gt;
La thèse générale de notre article est de démontrer par notre étude que les discours qui circulent sur la violence conjugale sont une construction qui circonscrit la violence dans des [[Stéréotype|stéréotypes]] caricaturaux stigmatisant à la fois les femmes en tant que victimes et les hommes comme agresseurs. De cette restriction découle la difficulté d’envisager l’existence d’hommes victimes de violence conjugale, et d’égale manière celle de femmes violentes. Cela a comme conséquence pour les personnes concernées une non-reconnaissance sociale, se manifestant par de forts préjugés à leur encontre, et de grandes lacunes institutionnelles. Nous montrerons aussi que les professionnels de la violence conjugale (médecins, thérapeutes) ont dépassé cette opposition et qu’ils désignent plus les acteurs de la violence conjugale à un niveau de co-responsabilité qui ne distingue pas le sexe des protagonistes pour rendre compte de ce phénomène. Il y a ainsi un écart entre les discours dominants et les discours des professionnels, écart perceptible dans l’étude de la littérature et dans l’examen des sources que constituent les revues &amp;quot; thérapie familiale &amp;quot;.&lt;br /&gt;
Enfin, nous proposons la thèse selon laquelle la violence conjugale reste un phénomène qui bien que connu de tous, reste difficile à appréhender dans notre société. En effet, nous montrerons qu’il existe des définitions similaires mais superficielles qui varient dans leur développement en fonction des positionnements et des valeurs de ceux qui les proposent. Les statistiques qui rendent compte de la violence conjugale proposent d’autre part des modalités qui ne permettent pas de distinguer précisément les victimes des agresseurs de manière précise et approfondie. Elles ne permettent pas d’affirmer avec précision que les hommes sont aussi victimes de violences, les modalités de [[Genre|genre]] n’étant pas assez développées dans la prise en compte statistique. Les hommes victimes existent, mais leur visibilité est très faible du fait que c’est un phénomène qui est en train d’émerger comme problème social.&lt;br /&gt;
Nous montrerons ainsi que la violence conjugale reste un phénomène complexe et confus dans ses définitions. Enfin, nous verrons que la violence conjugale reste un concept en mouvement sur le plan des institutions, qui proposent des possibilités de prise en charge nombreuses, mais néanmoins insuffisantes si l’on considère la prise en compte de la violence faite aux hommes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Revue de littérature ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous aborderons cette revue de littérature en suivant la chronologie même de notre questionnement et de notre cheminement, qui nous a conduit, en commençant part la découverte du concept de &amp;quot; l’homme battu &amp;quot;, à approfondir nos recherches au concept de la femme battue et à appréhender dès lors le problème social que constitue la violence conjugale, qui englobe les deux autres concepts. Nous avons ainsi privilégié dans nos recherches les ouvrages qui traiteraient spécifiquement de l’existence du concept même de &amp;quot; l’homme battu &amp;quot;, dans une actualité la plus récente possible. Nous nous sommes vite aperçus, que peu de littérature existait à ce sujet. Cependant, les ouvrages les plus récents (Torrent et Dallaire) font tous les deux référence à l’inscription du concept de l’homme battu dans celui de la violence conjugale. Nous avons dès lors élargi nos recherches dans ce domaine, toujours à la recherche du moindre élément concernant la violence faite aux hommes. D’autre part, nous avons voulu mettre en question les propositions faites par Dallaire et Torrent, en nous référant à d’autres auteurs qui portent un regard différent sur les acteurs, hommes ou femmes, de la violence conjugale. Notre attention s’est ainsi portée sur des notions concernant la désignation des acteurs en termes de victime et d’agresseur, et la désignation de ces mêmes termes de catégorie homme-femme. Enfin, nous avons cherché à contextualiser le phénomène de l’homme battu, en recherchant dans l’histoire de la violence conjugale, le moment où est apparu le concept de &amp;quot; l’homme battu &amp;quot;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sophie Torrent, dans son ouvrage sur l’homme battu (2001) met directement en question le fait qu’il existe au sein de la vie de couple une violence faite aux hommes, une violence souvent difficile à accepter, celle-ci allant à l’encontre de stéréotypes tels que celui qui considère que la femme est l’élément faible du couple et que l’homme en est le dominant. Dans la première partie de son livre, l’auteur tente tout d’abord d’expliquer ce phénomène atypique de l’homme battu, cet &amp;quot; impensable social &amp;quot; dit-elle. Elle analyse les différents types de violences (physique, sexuelle, psychologique, verbale et économique) pour ensuite orienter son analyse vers la notion de &amp;quot; rôles sociaux &amp;quot;. Elle montre comment l’homme violenté est agressé jusque dans les &amp;quot; facettes &amp;quot; qui font son [[Identité sociale|identité]] . Pour elle &amp;quot; être battu invalide l’homme dans son appartenance à la catégorie sociale homme &amp;quot;. Dans la deuxième partie de son ouvrage, Torrent réfléchit sur les différentes stratégies élaborées par l’homme pour gérer des situations difficiles. Elle s’appuie notamment dans son travail de recherche sur des interviews réalisées avec des &amp;quot; hommes battus &amp;quot;. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est dans une considération assez proche qu’Yvon Dallaire (2002), thérapeute au Québec, aborde le phénomène de la violence faite aux hommes (La violence faite aux hommes. Une réalité taboue et complexe). Il nous rappelle le constat de l’existence ineffable de la violence dans l’humanité, violence souvent fortement médiatisée, mais selon lui, de manière incomplète. En effet, dit-il, notre attention ne serait attirée que vers une forme de violence, soit celle faite par les hommes contre les autres hommes (guerres, voies de fait, suicides), contre les femmes (violence conjugale, viol, meurtre, tueurs en série) et contre les enfants (violence infanticide, meurtre suivi de suicide). Pour Dallaire, une forme de violence a été occultée : la violence des femmes faite envers les femmes, les hommes et les enfants. Le propos de son texte est de démontrer d’une part que des femmes peuvent être tout autant violentes que des hommes, et que d’autre part, l’analyse de la violence conjugale s’inscrit dans un paradigme teinté de sexisme et de discrimination. Pour cet auteur, la violence conjugale ne se décline pas simplement sur le mode victime-agresseur, mais plutôt sur celui de victime-victime, de deux individus qui sont les co-créateurs d’une escalade débouchant sur l’explosion physique. Afin d’alimenter son propos, Yvon Dallaire met en lumière les stéréotypes et les préjugés qui circulent dans le discours commun : l’homme est un être violent, un abuseur d’enfants, un irresponsable, les hommes sont tous des obsédés sexuels, il sont tous infidèles, menteurs et manipulateurs. Dès lors, toute violence féminine est considérée comme relevant de la légitime défense, l’homme est ainsi rendu coupable de toute la violence conjugale. Précisons ici que l’auteur dénonce le discours d’influence féministe qui se déploie dans le contexte québécois. Son objectif est de connaître les réelles dimensions de la violence conjugale, plutôt que de rechercher un coupable à punir, toujours le même : l’homme. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’ouvrage de Bretonnière-Fraysse et al. (2001), incontournable pour notre sujet, propose quant à lui un autre regard qui positionne clairement les femmes en tant que victimes et les hommes comme agresseurs, sans nuances : &amp;quot; on le sait, la violence conjugale a toujours existé ; on le sait aussi : les victimes en sont les femmes et les auteurs, les hommes. Mais elle demeure encore cachée, honteuse, secrète &amp;quot;. Cet ouvrage prend un biais anthropologique et historique pour nous montrer la condition de victime de la femme à travers les époques passées et jusqu’à nos jours. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Gillioz, De Puy et Ducret quant à elles (2000), font état des connaissances qui ont fait de la violence familiale et de la violence contre les femmes, un champ d’étude relativement nouveau dans les sciences sociales. Elles nous rappellent que jusque dans les années soixante, la société et avec elle les scientifiques vivent sur le mythe de la famille non violente. Cette dernière étant considérée comme rare et comme étant le fait d’individus déséquilibrés. Dans les années septante, sous l’influence de militantes féministes anglo-saxonnes qui ouvrent des refuges pour femmes battues et portent la question de la violence conjugale sur la place publique, ce phénomène jusque-là occulté est posé comme problème socio-politique. C’est dès lors que les sciences sociales vont s’y intéresser, à travers deux grands courants de recherche. Le premier est constitué par des études portant sur la violence subie par les femmes au sein de la famille et postule, en se fondant sur les prémisses théoriques féministes, que cette violence est spécifique. Ilc il est nécessaire de l’étudier indépendamment des autres types de violence familiale qui relèvent d’autres logiques. Le deuxième courant de recherche, issu de la sociologie de la famille, a pour objet la violence familiale et considère la société et ses institutions comme des systèmes consensuels qui embrassent dans la même problématique l’ensemble de la violence qui se déroule dans le cadre familial. &lt;br /&gt;
L&#039;ouvrage de Gillioz et all. mentionne également  les travaux de Strauss, Gelles et Steinmetz (1977), à partir desquels a été tiré l&#039;affirmation que les femmes sont aussi violentes que les hommes. C’est à ce moment qu’apparaît le concept du &amp;quot; mari battu &amp;quot;, des résultats tirés des statistiques de cette recherche, ont permis à l&#039;un des chercheurs de conclure que ce qui était le plus sous-estimé n’est pas la femme battue, mais le mari battu. La validité scientifique reste toutefois fortement contestée, nous en trouvons les arguments dans l’ouvrage de Gillioz, De Puy et Ducret. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Notre revue de littérature se conclut par l’approche systémique de Perrone et Nannini (1995) qui proposent leur livre comme un manuel à l’usage des professionnels appelés à intervenir auprès des familles. Leurs présupposés considèrent que la violence n’est pas un phénomène individuel, mais la manifestation d’un phénomène interactionnel. La violence est ainsi un mode particulier de communication entre partenaires qui sont tous impliqués et par là même responsables au sens interactionnel du terme. Comme Yvon Dallaire, les auteurs ne considèrent pas les acteurs de la violence conjugale en termes de &amp;quot; victime-agresseur &amp;quot;, ni en termes &amp;quot; hommes-femmes &amp;quot;. Les objectifs et les enjeux que ces deux auteurs proposent s’appuient sur l’idée que chacun doit devenir et se penser responsable de ses propres comportements. C’est également selon cette optique que certains &amp;quot; cliniciens &amp;quot; abordent en partie la question dans leur article (Rey, H et al. 2006). Contini 6 mai 2006 à 16:28 (MEST)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Problématique ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le questionnement qui est à l’origine de notre travail prend source dans la rencontre que nous avons faite d’un concept qui semble nouveau de prime abord : &amp;quot; l’homme battu &amp;quot;. Nous avons découvert ce concept dans l’ouvrage récemment publié de Sophie Torrent qui s’intitule &amp;quot; les hommes battus &amp;quot;. Ce livre met en lumière l’existence d’hommes victimes de violences exercées par des femmes à leur encontre, il interroge également les questions identitaires vécues par ces &amp;quot; nouvelles victimes &amp;quot; à travers la conduite de multiples entretiens. &lt;br /&gt;
Ces propos nous ont intrigués, parfois rendus perplexes et ont ainsi attisé notre curiosité. Nous avons dès lors entrepris des recherches bibliographiques qui nous permettraient de découvrir des discours proches des propos de Torrent. Nous avons ainsi constaté que ce &amp;quot; phénomène &amp;quot; des hommes battus était, dans une moindre mesure, relayé dans d’autres ouvrages qui l’inscrivaient dans le cadre plus large de la violence conjugale. Nos recherches livresques nous ont ainsi conduits à investiguer le corpus que nous avons constitué afin de tenter de répondre à la question principale qui guide notre recherche : comment le phénomène de &amp;quot; l’homme battu &amp;quot; s’inscrit-il dans le paradigme de la violence conjugale ? Les questions secondaires qui en découlent sont multiples : quand est-ce que ce concept est apparu ? Par qui a-t-il été développé ? Quels sont les discours qui relaient ce concept ou qui s’y opposent ? &lt;br /&gt;
Les éléments qui composent notre revue de littérature nous ont permis d’entrevoir certains points qui semblent être récurrents. Nous nous sommes ainsi aperçus que le concept d’ &amp;quot; hommes battus &amp;quot; se trouvait à chaque fois en tension avec celui de &amp;quot; femmes battues &amp;quot; dans le cadre de la violence conjugale que nous avons aussi essayé de définir. Nous nous sommes dès lors trouvés confrontés à deux discours contraires entre des groupes de pressions constitués autour de la &amp;quot; souffrance masculine &amp;quot; et les propos issus de certains discours féministes. Nous avons également constaté que cette opposition - que nous caractérisons grossièrement entre les deux discours – se dédouble d’une autre opposition dans la désignation des acteurs de la violence conjugale en  termes de victime et d’agresseur. Nous constatons que les acteurs sont ainsi stigmatisés, avec des stéréotypes qui désignent de manière massive l’homme comme étant un agresseur et la femme une victime.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Méthodologie ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En fonction des éléments de la problématique, l’objectif de notre recherche a consisté pour nous à y voir plus clair en tentant de répondre aux questions que nous nous posons. Afin de prendre une nécessaire distance vis-à-vis du regard que propose notre revue de littérature, nous avons choisi d’orienter nos recherches sur diverses sources d’informations. Nous avons trouvé intéressant d’examiner si des statistiques existaient sur les &amp;quot; hommes battus &amp;quot; et sur les &amp;quot; femmes battues &amp;quot; et dès lors de voir si celles-ci pouvaient éclaircir notre questionnement. Nous avons aussi choisi de chercher des éléments dans une série de revue spécialisées dans la thérapie familiale, dès lors que le phénomène des &amp;quot; hommes battus &amp;quot; s’inscrit dans le cadre de la violence conjugale. De plus, pour avoir une vision plus globale nous avons aussi décidé de faire une revue d’articles de presse étudiant quelques articles récents. Enfin, nous avons opté pour une recherche mettant en œuvre la conduite de plusieurs entretiens auprès de professionnels de la prise en charge de la violence conjugale, ainsi qu’auprès de &amp;quot; victimes &amp;quot; qui accepteraient de nous apporter leur témoignage. Ces éléments correspondent à ce que l’on pourrait appeler la &amp;quot; recherche sur le terrain &amp;quot;. Nous avons aussi élargi notre revue de littérature en laissant une place pour l’étude des discours qui proviennent des divers professionnels spécialisés dans la thématique de la violence conjugale. Nos sources seront ainsi multiples : entretiens ; revue de presse ; statistiques ; revues spécialisées. &lt;br /&gt;
Notre analyse consistera à analyser les contenus du matériel récolté, en prenant pour point d’appui la désignation des acteurs de la violence conjugale, en termes de stéréotypes (stigmatisation) et dans une approche de &amp;quot; genre &amp;quot; étudiant les rapports sociaux hommes-femmes par rapport à cette thématique, ainsi que les rapports victimes-agresseurs qui s’y rattachent. &lt;br /&gt;
L’analyse devrait ainsi nous permettre de réunir des points de vue différents et ainsi de confirmer ou d’infirmer, voir de &amp;quot; tempérer &amp;quot; ce que nous avons développé dans la revue de littérature en fonction des auteurs choisis.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Résultats ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Revue de presse ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Statistîques ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Entretiens ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Revues &amp;quot;Théraphie familiale&amp;quot; ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Aborder le problème social de la violence conjugale nous incite à faire un retour vers les années 1970. C’est à cette époque que l’on peut situer les premières recherches sur ce thème  mettant en question le mythe de la famille non violente. Les militantes féministes amènent la question de violence conjugale sur la place publique et le posent comme un problème socio-politique. La question de la violence est abordée comme conséquence des rapports de domination, c&#039;est-à-dire des effets de l’exercice d’une influence déterminante d’un groupe, les hommes, sur un autre, les femmes. Tout rapport de domination suppose, en effet, en dehors du rapport de pure violence, un système de justification visant à obtenir un minimum de &amp;quot;volonté d&#039;obéir&amp;quot; de la part des assujettis, note le Petit Robert.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les sciences humaines vont s’y intéresser. De nombreuses études sont entreprises dans les années 1970 et 1980 dans le but de décrire la violence domestique, de pouvoir la chiffrer, de chercher à l’expliquer, d’étudier ses conséquences sur les victimes, et d’examiner les réponses sociétales à ce problème.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les résultats de l&#039;une de celle-ci, Straus et al.(1977) permettent de dire que femmes et hommes admettent recourir à des tactiques de violence dans des situations de conflits. Ce résultat est basé sur le &amp;quot;Conflict Tactics Scales&amp;quot; (CTS), échelles centrées sur les tactiques de gestion des conflits, qui intègrent une série de comportements allant des plus rationnels aux plus violents. Cette étude permettra à l’une des auteur-e-s, Steinmetz, de tirer la conclusion de l’existence du « syndrome de l’homme battu ». Ce qui sera contesté pour insuffisances méthodologiques. Depuis la plupart de chercheurs et chercheuses renoncèrent à utiliser ce concept.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Qu&#039;en est-il de la reconnaissance de la violence conjugale en Suisse ? &lt;br /&gt;
Une loi fédérale est votée (4 octobre 1991), sur l’aide aux victimes. Si cette notion de &amp;quot;victime&amp;quot; est large, accidenté de la route, attentats, viol, contrainte sexuelle, séquestration, elle comprend spécifiquement les violences domestiques. Dès lors,  elle  permet également aux femmes victimes de violence conjugale d&#039;être reconnues, visibilées et aidés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La création des centres Lavi, issu de cette loi, a pour but de fournir une aide efficace (conseils, la protection de la victime, la défense de ses droits dans la procédure pénale et l’indemnisation et la réparation morale) aux victimes d’infractions ou d’une atteinte directe à son intégrité corporelle, sexuelle ou psychique et à renforcer leurs droits. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les centres de consultation « Lavi » sont instaurés dans chaque canton. La police est tenue d’informer les victimes de l’existence de ces centres et de leur transmettre les coordonnées de celle-ci (sur la base de son accord). L’aide immédiate et les prestations fournies directement par les centres sont gratuites. Lorsque la situation personnelle de la personne qui consulte le justifie, les centres de consultation prennent en charge d’autres frais (comme par exemple les frais médicaux, les frais d’avocat ou les frais de procédure). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
S’il est difficile de faire parler les statistiques, ici nous nous basons sur l’année 2004, ils donne toute de même une idée intéressante sur la question qui nous occupe, à savoir la violence féminine et masculine : une nette prédominance des femmes dans la consultation (75%), avec des auteurs présumés de sexe masculin (83.5), et l’existence d’une relation familiale, victime – agresseur (52,9%).  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Résultats et analyse partielle des entretiens ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est souvent question dans les chiffres, de comparer,  voire d’opposer, hommes et femmes face à la violence conjugale. En d’autres termes de démontrer que le premier est le bourreau et la deuxième la victime. Pour certains, la question des hommes battus ne recouvrirait pas la même problématique que celle des femmes battues. Pour certains auteurs, tel Yvon Dallaire, il semble que les stéréotypes de femme-victime et homme-agresseur affiliés aux rôles des acteurs, n’aident en rien à reconnaître la problématique. Alors que la femme est souvent vue comme une personne douce, fragile et protectrice. Les hommes, eux, sont reconnus comme des êtres forts, virils et courageux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;L’homme battu existe, nous l’avons rencontré&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour confronter les stéréotypes affiliés aux genres, nous avons cherché à interviewer des hommes battus. Paul et Luc (prénoms d’empreint) ont un point commun : leur passé d’homme maltraité. Ils ont été, tous les deux, physiquement battus par leur conjointe. Toutefois, il semblerait que la problématique de l’homme violenté intègre, dans sa forme globale, une autre forme de violence, une violence psychologique. Il ressort des entretiens que la forme physique ne semble pas être la forme de violence qui marque le plus. &lt;br /&gt;
Pour essayer de comprendre au mieux le vécu violenté de ces hommes et plus généralement de toute personne impliquée dans des relations violentes, nous avons questionné la littérature ainsi que des professionnels de terrain.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour la travailleuse sociale, Sophie Torrent (2001), « la nature de la violence [à l’égard de la gente masculine] et ses modes d’expression traduisent, dirait-on, une violence spécifiquement féminine, subtile, qui atteint l’intégrité psychique de l’homme.» (p.33). L’homme victime de violence psychologique semble atteint surtout dans sa masculinité, plus précisément dans la représentation de la masculinité qui lui a permis de construire son identité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Le harcèlement que j’ai vécu par cette femme tyran m’a amené à perdre, pendant quelques temps, mon identité masculine… C’était quoi être un homme ? Je ne savais plus faire l’amour comme il faut en quittant ma femme. J’ai du réapprendre à accepter de prendre du plaisir. » Luc&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;La violence ; une histoire d’homme ?&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Alors que nous venons de découvrir avec stupéfaction certaines réalités d’hommes maltraités par leur conjointe, comment traiter ces vérités face à notre idéal féminin construit ? Comment même penser à la violence des femmes, alors que celle que l’on exerce à leur égard est de loin la plus établie, la plus reconnue et de ce fait la plus portée par les médias ? De nos jours, la société reconnaît et prend en charge la femme violentée, qu&#039;en est-il de la femme violente ? &lt;br /&gt;
Il est commun d’entendre qu’une femme violente est une femme malade psychologiquement ou encore que cette dernière n’agresserait que pour se défendre. Pour la psychothérapeute Diane Chayer, ( citée par Ruel &amp;amp; Guéricolas, 1998), il semblerait qu’il n’y ait tout simplement pas de permission sociale à la violence des femmes. « La société dit qu’il est presque normal pour un homme d’être violent. Mais une femme violente, c’est une extraterrestre. » &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour Yvon Dallaire, « la femme violente peut ressentir de la fierté pour avoir battu plus fort qu’elle. Et la société ne la dénigre pas, elle cherche plutôt à la comprendre et à l’excuser, compatissant souvent à son sort. » (p26) A contrario, pour la responsable d’une structure acceuillant des femmes violentes, « celles et ceux qui passent de la parole aux actes souffrent, ils ont besoin d&#039;aide et y ont droit. Toutefois, la femme violente souffre de discrimination ; on ne veut pas lui reconnaître sa violence. » Il semblerait alors que, paradoxalement, la femme violente souffre des mêmes maux sociaux que l’homme maltraité. Une nouvelle fois, il semblerait que les stéréotypes, affiliés aux genres, décident de ce qui peut être acceptable ou pas.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Le statut de victime/agresseur&#039;&#039;&#039; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La responsable d’un établissement prenant en charge des femmes violentes nous apprend qu’il est difficile de tenir le fil rouge concernant les rôles de victime-agresseur. « On est là pour travailler sur la violence des femmes, en tant qu’auteures de violence et non en tant que victimes. Très souvent, ça dérape en justification des actes qui déplace la position d’agresseuse à celui de victime. » Il semble que souvent, l’agresseur se voit comme victime. Responsabiliser les acteurs(trices) de violence, c’est les aider à prendre conscience de leur violence. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Responsabilité dans la violence&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La question est partagée. Alors que pour beaucoup, la responsabilité de la violence doit être assumée par son auteur(e), pour d’autres, elle doit être partagée. En effet, pour Denis Châtelain, co-fondateur d’une association prenant en charge des auteur(e)s de violence, « il faut prendre en compte le potentiel de violence de la victime dans la compréhension de la dynamique ». Pour la responsable d’une association accueillant des femmes violentes, « il est impossible de faire un tel travail si l’on part du principe d’une co-responsabilité dans la réalisation de la violence. En effet, on ne peut pas se permettre de déraper sur l’aspect empathique et comprendre voir d’excuser l’acte de violence au nom d’un statut de victime reconnu. Pour nous, l’acte violent n’est pas excusable, il est inadmissible quelque soit sa source ou sa justification. Ce qui nous paraît important c’est de faire en sorte de ne plus jamais en avoir à arriver là. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;La prise en charge de la violence&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comment aborder la problématique de la violence conjugale et plus particulièrement celle des hommes maltraités et des femmes violentes ? Alors qu’Yvon Dallaire se demande si l’on « ne pourrait pas exploiter l’expertise des centres d’accueil pour femmes au profit des hommes battus et l’expertise des groupes d’entraide pour homme violents au profit des femmes violentes ? » (p29), la responsable d’une structure accueillant des femmes actrices de violence répond que « pour aider les femmes actrices de violence, il faut appliquer un traitement différencié. Les raisons étant parce qu’on n’éduque pas de la même façon une petite fille et un petit garçon, le rapport au féminin n’est pas le même. La violence masculine est légitimée. Par contre, on ne reconnaît pas ce droit à la femme. Cela étant dû aux stéréotypes de mère protectrice d’une part. » &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
(Le législateur prend en compte la situation des victimes, il estime qu’elles doivent être soutenues dans la procédure pénale, et également qu’elles ont droit à une indemnisation ou à une réparation morale (en fonction des revenus de la victime). )&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On peut constater également la reconnaissance par la société du statut de victime,  puisque les demandes, au nombre de 196 pour l’indemnisation et de 728 pour la réparation morale,  ont été traitées positivement. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La formation du personnel des centres Lavi : la loi mentionne des aides financières à la formation. Une formation spécifique « Lavi » a été instaurée et des formations complémentaires complètent la spécialisation de ces professionnels. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Violence domestique, une protection particulière : l’expulsion immédiate du domicile des personnes violentes, lesquelles ne peuvent plus réintégrer leur logement pendant une période déterminée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le 14 juin 2000, la Conseillère Ruth-Gaby Vermot-Mangold dépose une initiative parlementaire. Le Conseil fédéral  propose, en novembre 2005, un nouvel article 28b dans le code civil visant à protéger la victime de violence ou de harcèlement en lui donnant le droit de requérir le juge d’instruction d’interdire à l’auteur de l’atteinte de l’approcher, de fréquenter certains lieux ou de prendre contact avec elle. &lt;br /&gt;
Ce nouvel article 28b prévoit également l’institution par les cantons de centres d’informations et de consultation dans le but d’agir préventivement pour éviter la violence domestique et sa récidive. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Violence entre conjoint ou partenaire : poursuivie d’office depuis le 1 avril 2004&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le Conseil Fédéral  modifie le Code pénal en ce sens que les actes de violence domestique seront poursuivis d’office et non plus sur plainte de la victime. Le communiqué de presse est intéressant et nous donne un aperçu des changements sociaux intervenus : « il n’est plus question de tolérer la violence physique ou sexuelle exercée contre un conjoint ou un partenaire – dans un couple hétérosexuel ou homosexuel – sous prétexte qu’elle ne serait que de peu de gravité ou qu’elle relèverait de la sphère privée ». La contrainte sexuelle et le viol commis au sein du couple sont élevés au rang de délits poursuivis d’office.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Evolution des lois et violence conjugale.&lt;br /&gt;
Votée en 1991, la LAVI démontre que «  victime de violence » constitue maintenant  une déviance secondaire. Les plaignants sont identifiés, l’état institutionnalise leur prise en charge, les centres Lavi sont créés et les consultations augmentent au fil des années.   &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Néanmoins la notion de &amp;quot;violence conjugale&amp;quot; se fait discrète, le terme de violence domestique n’apparaît qu’avec le dépôt en 2002 de l’initiative parlementaire de Vermot-Mangold. En juin 2001 le Conseil Fédéral met en consultation le « projet élaboré par la Commission des affaires juridiques du Conseil national » et la notion de violence domestique fait partie des préoccupations reconnues officiellement. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous pouvons relever que les documents officiels font référence à une notion de victime qui n’est pas sexuée,  le mot « femme » n’y est pas accolé. Les termes utilisés « violence physique ou sexuelle exercée contre un conjoint ou un partenaire (…) dans un couple hétérosexuel ou homosexuel », « ordonner à une personne violente de quitter le domicile conjugal », « prévenir la récidive des agresseurs ». Dans les documents que j’ai parcouru sur le site de l’office fédéral de la justice sous la mention « aide aux victimes », je n’ai trouvé qu’une seule fois la mention spécifique « femme » : «  la violence domestique est aujourd’hui quotidienne dans notre société. Les femmes en sont souvent les victimes ». Dans tous les autres documents la violence domestique paraît neutre. Si le mot victime est féminin, les textes l’utilisent comme un élément générique. On peut en partie le comprendre par le fait que  la Lavi ne reçoit pas que des victimes de violences conjugales, mais également des victimes d’accidents de la route, d’attentats, d’enlèvement, de prise d’otage ou de brigandage.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Résultats de la revue de presse===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous avons également utilisé comme source des articles de journaux et périodiques récents, constatant que la thématique de la violence conjugale apparaît régulièrement dans les médias. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout d&#039;abord, &#039;&#039;&#039;Amnesty&#039;&#039;&#039; affiche une grande visibilité grâce à son magazine pour les droits humains (février 2006), son journal d&#039;action (janvier 2006) et son site internet, qui tous trois évoquent récemment la violence domestique. En effet, Amnesty a commencé en mars 2006 sa campagne suisse « En route contre la violence domestique », dont l&#039;action principale consiste en un tour de plusieurs cantons du mobile home &amp;quot;sweet home&amp;quot; afin  de  briser le tabou qui entoure la violence dans le couple, d’améliorer les interventions de l’Etat contre la violence domestique,  et de sensibiliser le grand public, en particulier les jeunes et les hommes, notamment dans les régions rurales. Les revendications d’Amnesty International en matière de violence domestique repose sur l’obligation de l’Etat d’agir contre cette forme de violation des droits humains. Car aujourd’hui si la visibilité du débat public sur la violence domestique s’est améliorée, les menaces, coups, contraintes, viols et meurtres auxquels les femmes sont souvent exposées dans leurs quatre murs constituent un sujet rarement perçu comme relevant des droits humains. De la sensibilisation est encore nécessaire pour considérer que l’empêcher ne relève pas de la sphère privée des couples et des familles concernées, et ne pas l’assimiler à un « problème de femmes », mais à une mission publique, qui touche tout le monde.  Pourtant il s’agit bien de droit à l’intégrité physique et psychique : droit à la liberté et à la sécurité, droit à la santé, droit à l’absence de torture ou d’autres traitements dégradants et même souvent le plus, droit à la vie.&lt;br /&gt;
La position d&#039;Amnesty International quant à la violence domestique consiste à considérer sa cause dans les rapports inégalitaires de sexe. L&#039;accent est mis sur les représentations sociales qui ne cessent de faire le lien entre violence et masculinité. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le numéro du journal &#039;&#039;&#039;Repère Social&#039;&#039;&#039; de février 2006 s&#039;intitule « Quand le sexe faible est violent » et à travers le prétexte de l&#039;ouverture récente à Lausanne d&#039;un accueil pour femmes violentes, aborde ce sujet trop rarement médiatisé de la violence des femmes. &lt;br /&gt;
L&#039;auteur, Geneviève Praplan, présente les associations Vires et Face à Face à Genève, et Violence et famille à Lausanne. Cette dernière institution travaille depuis sept ans avec des hommes violents, mais accueille depuis novembre 2005 également des femmes violentes. Le Coordinateur et plusieurs intervenants ont été formés au Québec, auprès d&#039;OPTION, institution pionnière fondée par le psychothérapeute Jacques Broué en 1985. A Violence et Famille, c&#039;est ainsi sous forme de thérapie de groupe que se déroule l&#039;accompagnement, après quelques entretiens individuels. Le processus de réflexion engagé avec les auteurEs est le même pour les hommes que pour les femmes. Néanmoins, il est spécifié qu&#039;il faut être spécialement vigilant avec les femmes, en vérifiant qu&#039;elles ne sont pas &amp;quot;davantage des victimes que des agresseurs&amp;quot;. De plus, rapidement le lien entre passé et présent doit se faire. &lt;br /&gt;
&amp;quot;Hommes et femmes ne sont pas forcément égaux devant leur violence&amp;quot;: dans l&#039;inconscient collectif masculin, il est nécessaire d&#039;affirmer sa virilité, la violence masculine est ainsi plus facilement excusée. Au contraire, les rôles sociaux attribués aux femmes font qu&#039;on la juge plus sévèrement si elle fait usage de violence, mais leur permet de reconnaître moins difficilement que les hommes leurs actes violents. L&#039;auteur met en avant que les chiffres manquent quant à l&#039;ampleur de la violence féminine, surtout exercée envers ses enfants. Par ailleurs les préjugés quant aux données socio-économiques des auteurs de violence perdurent. Cela est en partie dû au fait que les familles en situation précaire sont plus aisément repérées par les services sociaux, vu l&#039;étendue de leurs besoins.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Résultats de la revue Thérapie de famille===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous avons jugé opportun d&#039;analyser des numéros de Thérapie de Famille, une revue trimestrielle  d&#039;orientation systémique. Cette source représente en effet le point de vue théorique et le constat des pratiques des thérapeutes de famille. Il est pertinent de se demander à quel point le discours de ces professionnels de la famille influence la société et est en retour influencé par elle. Les catégories  victime-agresseur y sont-elles aussi clairement définies que dans le sens commun et certains discours? Fait-on une différenciation au niveau de l&#039;étiologie de la violence et de ses conséquences selon le genre? Le contact avec les patients remet-il en question certaines pratiques thérapeutiques et fait-il avancer les models conceptuels? Pour répondre à ces interrogations, nous avions à disposition tous les numéros parus depuis de nombreuses années afin d&#039;observer à quelle fréquence et sous quelle forme la thématique des violences conjugales était abordée. Nous avons porté notre choix sur la période allant de 1995 à 2001, pendant laquelle quatre numéros contiennent des articles dédiés à notre sujet.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les deux premiers numéros analysés, datant de 1995 et de 2000 sont riches d&#039;informations car rédigés par les mêmes auteurs, qui font part de l&#039;évolution de leur réflexion durant les cinq ans écoulés. Le numéro de 2000 a été écrit par des thérapeutes colombiens, ce qui nous montre la préoccupation internationale des thérapeutes de famille autour de la violence conjugale et leur désir d&#039;échanger à ce sujet. Quant au dernier numéro pris en compte, celui de 2001, il présente la synthèse des théories les plus utilisées à propos de la violence domestique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
(à suivre...)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Analyse ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Analyse des résultats&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour résumer, nous voici arrivés à un premier constat. Nous pouvons dire que la découverte de la violence conjugale et de ses effets a pour origine le questionnement du mouvement féministe, repris par des chercheur-e-s, qui ont confirmé et précisé le phénomène de la violence conjugale. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Autre découverte, la notion d’homme battu, que nous avions posé comme une construction récente, date des premières recherches sur ce domaine. Le syndrome de l’homme battu, développé  par une chercheuse du l’équipe de  Straus et al. a été un concept rapidement abandonné. Les défauts dans l’opérationnalisation du concept de violence, dans la méthode et dans l’interprétation des données de l’enquête effectuée à l’aide du Conflict Tactics Scales ont été largement reconnus. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comment se fait-il alors que des auteurs récents se saisissent du vocable « homme battu », partent à sa recherche, et le trouve ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour cela nous devons revenir à nouveau aux années 1970 et aux changements intervenus dans les places des hommes et des femmes. Ces dernières acquièrent un statut différent, elles deviennent citoyennes, accèdent au marché du travail et peuvent maîtriser leur fécondité. L’égalité homme – femme advient. A partir de là, le féminisme devient un mouvement social et politique pour l&#039;émancipation des femmes. Mais il va désigner aussi un corpus théorique qui va permettre aux sociologues de revisiter leurs différents champs d’études à travers la problématique des rapports sociaux de sexe.  Sous cet angle là, la violence conjugale prend un autre sens, elle est  rendue possible parce que les femmes ont moins de moyens, par conséquent moins de pouvoir, et parce que le genre féminin est dévalorisé par rapport au masculin. &lt;br /&gt;
Pierre Bourdieu a largement développé le fonctionnement des dominés et démontré comment ceux-ci ayant intégré le discours dominant « construisent ces relations de pouvoir du point de vue même de ceux qui y affirment leur domination… ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En Suisse, les statistiques 2004 issues des centres Lavi apportent des précisions chiffrées à cette forme de violence. Le taux de victimes de sexe féminins est important (75%),  le sexe masculin de l’auteur présumé révèle un pourcentage très élevé (83.5%) et pour 52.9% des consultants une relation familiale victime - agresseur existe. &lt;br /&gt;
Bien que la violence conjugale soit maintenant reconnue, des groupes sociaux la mettent en question. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les années 1980 une tension s’avive entre hommes et femmes.  Certains hommes pro féministes tiennent un discours optimiste concernant la constitution d&#039;une société nouvelle et égalitaire  et reconnaissent la domination masculine comme clé d&#039;un changement possible. &lt;br /&gt;
D&#039;autres hommes tiennent un discours alarmiste et insistent sur le malaise identitaire engendré par cette modification des rapports sociaux source de perte de repères. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A partir de là, des groupes d’hommes se forment autour, par exemple d’auteurs tels que Guy Cornaux au Canada, Jacques Salomé en France,  ou plus récemment Y. Dallaire qui avec John Goetelen a organisé le premier Congrès international de la condition masculine à Genève en 2003. Des mouvements pour la condition paternelle se créent afin de s’opposer à la garde des enfants accordée systématiquement à la mère en cas de divorce.  Le film récent « Le souffle du désert » de François Kohler, illustre ce phénomène de la recherche d’une identité masculine vécue comme problématique. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C&#039;est dans cette mouvance que nous trouvons aujourd&#039;hui les protagonistes d&#039;un détournement de la violence masculine au profit d&#039;une violence exercée contre les hommes par les femmes. ces détracteurs pourront s&#039;appuyer probablement dans les années à venir sur les modifications des images féminines, les stéréotypes de la femme douce et soumise ont tendance à s&#039;estomper. Et l&#039;on peut se demander si les jeunes femmes ne se permettront pas plus que par le passé d&#039;exprimer leurs sentiments de colère et violence, là où s&#039;exprimaient auparavant peut-être impuissance, tristesse et dépression. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Utilisateur:Cornut piller|Cornut piller]] 1 jun 2006 à 09:15 (MEST) ~~&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Difficultés&#039;&#039;&#039; (à mettre à la fin de l&#039;article ou dans la conclusion)[[Utilisateur:Celine|Celine]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le sujet que nous avons abordé tout au long de ce travail est délicat. Nous avons relevé le peu de neutralité émanant des sources existantes sur ce thème, chaque écrit représentant une certaine prise de position, quant à la causalité de la violence conjugale par exemple, ou les convictions cachées derrière l&#039;attribution de statuts victime-agresseur ou victime-victime.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette subjectivité rentre en interrelation avec notre sensibilité propre, individuelle, qui n&#039;est donc pas la même entre les personnes de notre groupe. Le fait que celui-ci soit constitué de deux femmes et deux hommes est très enrichissant, et même primordial quand l&#039;on s&#039;attèle à ce type de problématique. Néanmoins, cela implique un investissement conséquent en termes de discussion, explicitation des attentes et valeurs de chacun, en redéfinition continuelle de la problématique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans notre tentative d&#039;objectiver notre problématique, nous ne sommes que très peu aidés par les statistiques. Elles aussi disent ce qu&#039;elles ont envie de dire, et sont sans cesse remises en cause par des détracteurs. La conséquence en est qu&#039;aucune statistique ne sert vraiment de référence consensuelle dans la compréhension de la violence conjugale.Dans les statistiques policières, souvent la violence conjugale n&#039;est pas comptabilisée de manière séparée des autres délits de violence; dans d&#039;autres types de statistiques c&#039;est le genre qui n&#039;est pas retenu comme variable pertinente. En effet, derrière les chiffres, on découvre des définitions très variables de la violence: certains ne prennent en compte que la violence physique; d&#039;autres considèrent que de nombreux petits signes de nature verbale ou psychologique sont un pas dans l&#039;escalade de la violence, et les jugent donc de même poids que des coups. Entre ces deux extrêmes, toutes les variations sont présentes... &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est intéressant de relever à quel point certains chiffres sont médiatisés, afin d&#039;avoir un impact sur la population, alors que ces mêmes chiffres sont discutables au niveau statistique. &lt;br /&gt;
Pour conclure, nous nous sommes rendus compte que malgré une certaine médiatisation, qui n&#039;est pas si récente, de la violence conjugale, nous ne savons pas tellement de choses à ce sujet, ou plutôt il existe peu de consensus, voire la co-existence d&#039;approches inconciliables.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Conclusion ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
# Retour sur la problématiques, les questions de recherche&lt;br /&gt;
# Rappel des principaux résultats de recherche&lt;br /&gt;
# Autocritiques et perspectives&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Références bibliographiques ==&lt;br /&gt;
Les lectures citées dans le travail final&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Dallaire Y. (2002). La violence faite aux hommes. Une réalité tabou et complexe. Québéc: Options santé. [[Résumé du livre]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Gillioz L., De Puy J., Ducret V. (1997). Domination et violence envers la femme dans le couple. Lausanne : éditions Payot. [http://home.etu.unige.ch/~maneira4/R_sum__aeticle.doc Résumé de l&#039;article]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Ruel S. &amp;amp; Guéricolas P. (1998). La violence des femmes : derrière le masque. In Gazette des femmes Vol. 20. (no 4). (Novembre-Décembre 1998).[Version électronique]. Accès le 20 novembre 2005 : &lt;br /&gt;
http://www.gazettedesfemmes.com/recherche/?F=recherche&amp;amp;idt=10075&amp;amp;affart=2866&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Torrent S. (2001). L’homme battu, un tabou au cœur du tabou. Québec: Option Santé. [http://home.etu.unige.ch/~maneira4/fiche%20de%20lecture%20homme%20battu.pdf Résumé du livre ]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Amnistie: Le magazine pour les droits humains, &#039;&#039;Dossier Combattre la violence domestique&#039;&#039;  No 44, février 2006.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Amnistie, Journal d&#039;action pour les droits humains, janvier 2006.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Praplan G., &#039;&#039;Quand le sexe faible est violent&#039;&#039; in Repère Social, No 73, février 2006.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Bibliographie ==&lt;br /&gt;
Les lectures utilisées mais pas citées dans le travail final&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Bretonnière-Fraysse et al. (2001). &#039;&#039; De la violence conjugale à la violence parentale&#039;&#039;. Eres [[Résumé|Résumé du livre]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Jackson D., Welzer-Lang D. (1998). Violence et masculinité. Toulouse : imprimerie 34.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Office fédéral de la statistique : Aide aux victimes. Chiffres clés. http://www.bfs.admin.ch/bfs/portal/fr/index/themen/rechtspflege.html&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Rey, H. et al. (2006). Les violences conjugales: pour une clinique du réel. &#039;&#039; Journal International de Victimologie&#039;&#039;. Année 4, No 1. [[Résumé de l&#039;article]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Miguel</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Violence_conjugale:_De_la_femme_battue_%C3%A0_l%27homme_battu...&amp;diff=4015</id>
		<title>Violence conjugale: De la femme battue à l&#039;homme battu...</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Violence_conjugale:_De_la_femme_battue_%C3%A0_l%27homme_battu...&amp;diff=4015"/>
		<updated>2006-06-12T08:21:33Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Miguel : /* Résultats */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&#039;&#039;&#039;Membres du groupe&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Chantal Cornut&lt;br /&gt;
* Céline Pittet &lt;br /&gt;
* Jean-Christophe Contini&lt;br /&gt;
* Miguel Maneira &lt;br /&gt;
[mailto:maneira4@etu.unige.ch,contini2@etu.unige.ch,cepittet@hotmail.com,ch.cornut-piller@bluewin.ch Ecrire au groupe]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 [[L&#039;homme battu: le mâle...traité|Notre projet]]  |  [[Plan de recherche: Violence conjugale; un concept en mouvement|Notre plan de recherche]]  |  [[Espace de dialogue|Notre espace de dialogue]]  |  [[Trésorus de notre groupe|Notre île aux trésors]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Introduction ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Violence conjugale|La violence conjugale]] semble être de prime abord un phénomène bien connu de nos jours. Les médias rendent régulièrement compte de ses conséquences, bon nombre d’associations ont été créées pour répondre à l’appel des victimes, une loi sur la protection des victimes a été instaurée, beaucoup de thérapeutes œuvrent également dans ce domaine. Il est question, la plupart du temps, des violences subies par des femmes et exercées par des hommes, il est dans une moindre mesure, question de la [[Violence|violence]] exercée par des femmes contre des hommes. Ce dernier phénomène reste minoritaire cependant, et fait l’objet de nombreuses critiques. Bien souvent, les discours opposent des mouvements &amp;quot;  [[Féminisme|féministes]]&amp;quot; à des groupes &amp;quot; masculinistes &amp;quot;, les uns dénonçant sans cesse l’ineffable violence des hommes envers les femmes, les autres dénonçant cette vision de l’homme éternellement &amp;quot; agresseur &amp;quot;, allant jusqu’à affirmer que des hommes sont aussi des &amp;quot; victimes &amp;quot; et que la violence peut aussi être l’apanage des femmes. Ici apparaît le concept &amp;quot; d’hommes battus &amp;quot; que nous interrogerons et qui est apparu dès les années septante.  &lt;br /&gt;
Afin de prendre de la distance vis-à-vis de ces deux positions antagonistes, nous proposons d’étudier ce que disent certains auteurs sur la violence conjugale, à la fois sur la violence subie par les femmes et par les hommes. Nous proposons aussi une recherche axée sur des entretiens avec des hommes &amp;quot; victimes &amp;quot; et des professionnels de la violence conjugale. Nous étudierons également des sources statistiques issues de la Loi Fédérale sur l’aide aux victimes et de Amnesty internationale tout comme des revues spécialisées dans le domaine de la thérapie familiale et plus particulièrement les articles concernant la violence domestique. &lt;br /&gt;
La thèse générale de notre article est de démontrer par notre étude que les discours qui circulent sur la violence conjugale sont une construction qui circonscrit la violence dans des [[Stéréotype|stéréotypes]] caricaturaux stigmatisant à la fois les femmes en tant que victimes et les hommes comme agresseurs. De cette restriction découle la difficulté d’envisager l’existence d’hommes victimes de violence conjugale, et d’égale manière celle de femmes violentes. Cela a comme conséquence pour les personnes concernées une non-reconnaissance sociale, se manifestant par de forts préjugés à leur encontre, et de grandes lacunes institutionnelles. Nous montrerons aussi que les professionnels de la violence conjugale (médecins, thérapeutes) ont dépassé cette opposition et qu’ils désignent plus les acteurs de la violence conjugale à un niveau de co-responsabilité qui ne distingue pas le sexe des protagonistes pour rendre compte de ce phénomène. Il y a ainsi un écart entre les discours dominants et les discours des professionnels, écart perceptible dans l’étude de la littérature et dans l’examen des sources que constituent les revues &amp;quot; thérapie familiale &amp;quot;.&lt;br /&gt;
Enfin, nous proposons la thèse selon laquelle la violence conjugale reste un phénomène qui bien que connu de tous, reste difficile à appréhender dans notre société. En effet, nous montrerons qu’il existe des définitions similaires mais superficielles qui varient dans leur développement en fonction des positionnements et des valeurs de ceux qui les proposent. Les statistiques qui rendent compte de la violence conjugale proposent d’autre part des modalités qui ne permettent pas de distinguer précisément les victimes des agresseurs de manière précise et approfondie. Elles ne permettent pas d’affirmer avec précision que les hommes sont aussi victimes de violences, les modalités de [[Genre|genre]] n’étant pas assez développées dans la prise en compte statistique. Les hommes victimes existent, mais leur visibilité est très faible du fait que c’est un phénomène qui est en train d’émerger comme problème social.&lt;br /&gt;
Nous montrerons ainsi que la violence conjugale reste un phénomène complexe et confus dans ses définitions. Enfin, nous verrons que la violence conjugale reste un concept en mouvement sur le plan des institutions, qui proposent des possibilités de prise en charge nombreuses, mais néanmoins insuffisantes si l’on considère la prise en compte de la violence faite aux hommes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Revue de littérature ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous aborderons cette revue de littérature en suivant la chronologie même de notre questionnement et de notre cheminement, qui nous a conduit, en commençant part la découverte du concept de &amp;quot; l’homme battu &amp;quot;, à approfondir nos recherches au concept de la femme battue et à appréhender dès lors le problème social que constitue la violence conjugale, qui englobe les deux autres concepts. Nous avons ainsi privilégié dans nos recherches les ouvrages qui traiteraient spécifiquement de l’existence du concept même de &amp;quot; l’homme battu &amp;quot;, dans une actualité la plus récente possible. Nous nous sommes vite aperçus, que peu de littérature existait à ce sujet. Cependant, les ouvrages les plus récents (Torrent et Dallaire) font tous les deux référence à l’inscription du concept de l’homme battu dans celui de la violence conjugale. Nous avons dès lors élargi nos recherches dans ce domaine, toujours à la recherche du moindre élément concernant la violence faite aux hommes. D’autre part, nous avons voulu mettre en question les propositions faites par Dallaire et Torrent, en nous référant à d’autres auteurs qui portent un regard différent sur les acteurs, hommes ou femmes, de la violence conjugale. Notre attention s’est ainsi portée sur des notions concernant la désignation des acteurs en termes de victime et d’agresseur, et la désignation de ces mêmes termes de catégorie homme-femme. Enfin, nous avons cherché à contextualiser le phénomène de l’homme battu, en recherchant dans l’histoire de la violence conjugale, le moment où est apparu le concept de &amp;quot; l’homme battu &amp;quot;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sophie Torrent, dans son ouvrage sur l’homme battu (2001) met directement en question le fait qu’il existe au sein de la vie de couple une violence faite aux hommes, une violence souvent difficile à accepter, celle-ci allant à l’encontre de stéréotypes tels que celui qui considère que la femme est l’élément faible du couple et que l’homme en est le dominant. Dans la première partie de son livre, l’auteur tente tout d’abord d’expliquer ce phénomène atypique de l’homme battu, cet &amp;quot; impensable social &amp;quot; dit-elle. Elle analyse les différents types de violences (physique, sexuelle, psychologique, verbale et économique) pour ensuite orienter son analyse vers la notion de &amp;quot; rôles sociaux &amp;quot;. Elle montre comment l’homme violenté est agressé jusque dans les &amp;quot; facettes &amp;quot; qui font son [[Identité sociale|identité]] . Pour elle &amp;quot; être battu invalide l’homme dans son appartenance à la catégorie sociale homme &amp;quot;. Dans la deuxième partie de son ouvrage, Torrent réfléchit sur les différentes stratégies élaborées par l’homme pour gérer des situations difficiles. Elle s’appuie notamment dans son travail de recherche sur des interviews réalisées avec des &amp;quot; hommes battus &amp;quot;. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est dans une considération assez proche qu’Yvon Dallaire (2002), thérapeute au Québec, aborde le phénomène de la violence faite aux hommes (La violence faite aux hommes. Une réalité taboue et complexe). Il nous rappelle le constat de l’existence ineffable de la violence dans l’humanité, violence souvent fortement médiatisée, mais selon lui, de manière incomplète. En effet, dit-il, notre attention ne serait attirée que vers une forme de violence, soit celle faite par les hommes contre les autres hommes (guerres, voies de fait, suicides), contre les femmes (violence conjugale, viol, meurtre, tueurs en série) et contre les enfants (violence infanticide, meurtre suivi de suicide). Pour Dallaire, une forme de violence a été occultée : la violence des femmes faite envers les femmes, les hommes et les enfants. Le propos de son texte est de démontrer d’une part que des femmes peuvent être tout autant violentes que des hommes, et que d’autre part, l’analyse de la violence conjugale s’inscrit dans un paradigme teinté de sexisme et de discrimination. Pour cet auteur, la violence conjugale ne se décline pas simplement sur le mode victime-agresseur, mais plutôt sur celui de victime-victime, de deux individus qui sont les co-créateurs d’une escalade débouchant sur l’explosion physique. Afin d’alimenter son propos, Yvon Dallaire met en lumière les stéréotypes et les préjugés qui circulent dans le discours commun : l’homme est un être violent, un abuseur d’enfants, un irresponsable, les hommes sont tous des obsédés sexuels, il sont tous infidèles, menteurs et manipulateurs. Dès lors, toute violence féminine est considérée comme relevant de la légitime défense, l’homme est ainsi rendu coupable de toute la violence conjugale. Précisons ici que l’auteur dénonce le discours d’influence féministe qui se déploie dans le contexte québécois. Son objectif est de connaître les réelles dimensions de la violence conjugale, plutôt que de rechercher un coupable à punir, toujours le même : l’homme. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’ouvrage de Bretonnière-Fraysse et al. (2001), incontournable pour notre sujet, propose quant à lui un autre regard qui positionne clairement les femmes en tant que victimes et les hommes comme agresseurs, sans nuances : &amp;quot; on le sait, la violence conjugale a toujours existé ; on le sait aussi : les victimes en sont les femmes et les auteurs, les hommes. Mais elle demeure encore cachée, honteuse, secrète &amp;quot;. Cet ouvrage prend un biais anthropologique et historique pour nous montrer la condition de victime de la femme à travers les époques passées et jusqu’à nos jours. Gillioz, De Puy et Ducret quant à elles (2000), font état des connaissances qui ont fait de la violence familiale et de la violence contre les femmes, un champ d’étude relativement nouveau dans les sciences sociales. Elles nous rappellent que jusque dans les années soixante, la société et avec elle les scientifiques vivent sur le mythe de la famille non violente. Cette dernière étant considérée comme rare et comme étant le fait d’individus déséquilibrés. Dans les années septante, sous l’influence de militantes féministes anglo-saxonnes qui ouvrent des refuges pour femmes battues et portent la question de la violence conjugale sur la place publique, ce phénomène jusque-là occulté est posé comme problème socio-politique. C’est dès lors que les sciences sociales vont s’y intéresser, à travers deux grands courants de recherche : des études portant sur la violence subie par les femmes au sein de la famille qui postulent, en se fondant sur les prémisses théoriques féministes, que cette violence est spécifique et qu’il est nécessaire de l’étudier indépendamment des autres types de violence familiale qui relèvent d’autres logiques. Le deuxième courant de recherche, issu de la sociologie de la famille, a pour objet la violence familiale et considère la société et ses institutions comme des systèmes consensuels qui embrassent dans la même problématique l’ensemble de la violence qui se déroule dans le cadre familial. Cet ouvrage mentionne également  les travaux de Strauss, Gelles et Steinmetz (1977), à partir desquels a été tiré l&#039;affirmation que les femmes sont aussi violentes que les hommes. C’est à ce moment qu’apparaît le concept du &amp;quot; mari battu &amp;quot;, des résultats tirés des statistiques de cette recherche, ont permis à l&#039;un des chercheurs de conclure que ce qui était le plus sous-estimé n’est pas la femme battue, mais le mari battu. La validité scientifique reste toutefois fortement contestée, nous en trouvons les arguments dans l’ouvrage de Gillioz, De Puy et Ducret. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Notre revue de littérature se conclut par l’approche systémique de Perrone et Nannini (1995) qui proposent leur livre comme un manuel à l’usage des professionnels appelés à intervenir auprès des familles. Leurs présupposés considèrent que la violence n’est pas un phénomène individuel, mais la manifestation d’un phénomène interactionnel. La violence est ainsi un mode particulier de communication entre partenaires qui sont tous impliqués et par là même responsables au sens interactionnel du terme. Comme Yvon Dallaire, les auteurs ne considèrent pas les acteurs de la violence conjugale en termes de &amp;quot; victime-agresseur &amp;quot;, ni en termes &amp;quot; hommes-femmes &amp;quot;. Les objectifs et les enjeux que ces deux auteurs proposent s’appuient sur l’idée que chacun doit devenir et se penser responsable de ses propres comportements. C’est également selon cette optique que certains &amp;quot; cliniciens &amp;quot; abordent en partie la question dans leur article (Rey, H et al. 2006). Contini 6 mai 2006 à 16:28 (MEST)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Problématique ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le questionnement qui est à l’origine de notre travail prend source dans la rencontre que nous avons faite d’un concept qui semble nouveau de prime abord : &amp;quot; l’homme battu &amp;quot;. Nous avons découvert ce concept dans l’ouvrage récemment publié de Sophie Torrent qui s’intitule &amp;quot; les hommes battus &amp;quot;. Ce livre met en lumière l’existence d’hommes victimes de violences exercées par des femmes à leur encontre, il interroge également les questions identitaires vécues par ces &amp;quot; nouvelles victimes &amp;quot; à travers la conduite de multiples entretiens. &lt;br /&gt;
Ces propos nous ont intrigués, parfois rendus perplexes et ont ainsi attisé notre curiosité. Nous avons dès lors entrepris des recherches bibliographiques qui nous permettraient de découvrir des discours proches des propos de Torrent. Nous avons ainsi constaté que ce &amp;quot; phénomène &amp;quot; des hommes battus était, dans une moindre mesure, relayé dans d’autres ouvrages qui l’inscrivaient dans le cadre plus large de la violence conjugale. Nos recherches livresques nous ont ainsi conduits à investiguer le corpus que nous avons constitué afin de tenter de répondre à la question principale qui guide notre recherche : comment le phénomène de &amp;quot; l’homme battu &amp;quot; s’inscrit-il dans le paradigme de la violence conjugale ? Les questions secondaires qui en découlent sont multiples : quand est-ce que ce concept est apparu ? Par qui a-t-il été développé ? Quels sont les discours qui relaient ce concept ou qui s’y opposent ? &lt;br /&gt;
Les éléments qui composent notre revue de littérature nous ont permis d’entrevoir certains points qui semblent être récurrents. Nous nous sommes ainsi aperçus que le concept d’ &amp;quot; hommes battus &amp;quot; se trouvait à chaque fois en tension avec celui de &amp;quot; femmes battues &amp;quot; dans le cadre de la violence conjugale que nous avons aussi essayé de définir. Nous nous sommes dès lors trouvés confrontés à deux discours contraires entre des groupes de pressions constitués autour de la &amp;quot; souffrance masculine &amp;quot; et les propos issus de certains discours féministes. Nous avons également constaté que cette opposition - que nous caractérisons grossièrement entre les deux discours – se dédouble d’une autre opposition dans la désignation des acteurs de la violence conjugale en  termes de victime et d’agresseur. Nous constatons que les acteurs sont ainsi stigmatisés, avec des stéréotypes qui désignent de manière massive l’homme comme étant un agresseur et la femme une victime.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Méthodologie ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En fonction des éléments de la problématique, l’objectif de notre recherche a consisté pour nous à y voir plus clair en tentant de répondre aux questions que nous nous posons. Afin de prendre une nécessaire distance vis-à-vis du regard que propose notre revue de littérature, nous avons choisi d’orienter nos recherches sur diverses sources d’informations différentes. Nous avons trouvé intéressant d’examiner si des statistiques existaient sur les &amp;quot; hommes battus &amp;quot; et sur les &amp;quot; femmes battues &amp;quot; et dès lors de voir si celles-ci pouvaient éclaircir notre questionnement. Nous avons aussi choisi de chercher des éléments dans une série de revue spécialisées dans la thérapie familiale, dès lors que le phénomène des &amp;quot; hommes battus &amp;quot; s’inscrit dans le cadre de la violence conjugale. De plus, pour avoir une vision plus globale nous avons aussi décidé de faire une revue d’articles de presse étudiant quelques articles récents. Enfin, nous avons opté pour une recherche mettant en œuvre la conduite de plusieurs entretiens auprès de professionnels de la prise en charge de la violence conjugale, ainsi qu’auprès de &amp;quot; victimes &amp;quot; qui accepteraient de nous apporter leur témoignage. Ces éléments correspondent à ce que l’on pourrait appeler la &amp;quot; recherche sur le terrain &amp;quot;. Nous avons aussi élargi notre revue de littérature en laissant une place pour l’étude des discours qui proviennent des divers professionnels spécialisés dans la thématique de la violence conjugale. Nos sources seront ainsi multiples : entretiens ; revue de presse ; statistiques ; revues spécialisées. &lt;br /&gt;
Notre analyse consistera à analyser les contenus du matériel récolté, en prenant pour point d’appui la désignation des acteurs de la violence conjugale, en termes de stéréotypes (stigmatisation) et dans une approche de &amp;quot; genre &amp;quot; étudiant les rapports sociaux hommes-femmes par rapport à cette thématique, ainsi que les rapports victimes-agresseurs qui s’y rattachent. &lt;br /&gt;
L’analyse devrait ainsi nous permettre de réunir des points de vue différents et ainsi de confirmer ou d’infirmer, voir de &amp;quot; tempérer &amp;quot; ce que nous avons développé dans la revue de littérature en fonction des auteurs choisis.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Résultats ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Aborder le problème social de la violence conjugale nous incite à faire un retour vers les années 1970. C’est à cette époque que l’on peut situer les premières recherches sur ce thème  mettant en question le mythe de la famille non violente. Les militantes féministes amènent la question de violence conjugale sur la place publique et le posent comme un problème socio-politique. La question de la violence est abordée comme conséquence des rapports de domination, c&#039;est-à-dire des effets de l’exercice d’une influence déterminante d’un groupe, les hommes, sur un autre, les femmes. Tout rapport de domination suppose, en effet, en dehors du rapport de pure violence, un système de justification visant à obtenir un minimum de &amp;quot;volonté d&#039;obéir&amp;quot; de la part des assujettis, note le Petit Robert.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les sciences humaines vont s’y intéresser à partir de là, et de nombreuses études sont entreprises dans les années 1970 et 1980 dans le but de décrire la violence domestique, de pouvoir la chiffrer, de chercher à l’expliquer, d’étudier ses conséquences sur les victimes, et d’examiner les réponses sociétales à ce problème.&lt;br /&gt;
Pourtant une des conclusions de la première étude de Straus et al.(1977) permet de dire que femmes et hommes admettent recourir à des tactiques de violence dans des situations de conflits. Et l’une des auteur-e-s, Steinmetz, ira jusqu’à tirer la conclusion de l’existence du « syndrome de l’homme battu ». Contesté dès sa sortie pour des insuffisances méthodologiques, la plupart de chercheurs et chercheuses renoncèrent à utiliser ce concept. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En Suisse une loi sur l’aide aux victimes permettra aux femmes victimes de violence conjugale d&#039;être reconnues, visibilées et aidés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette loi fédérale du 4 octobre 1991, entrée en vigueur le 1er janvier 1993, a pour but de fournir une aide efficace (conseils, la protection de la victime, la défense de ses droits dans la procédure pénale et l’indemnisation et la réparation morale) aux victimes d’infractions ou d’une atteinte directe à son intégrité corporelle, sexuelle ou psychique et à renforcer leurs droits. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Parmi les atteintes retenues par la loi nous pouvons retenir pour notre sujet d’analyse les violences domestiques,  lésions corporelles, viol, contrainte sexuelle, séquestration. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les centres de consultation « Lavi » sont instaurés dans chaque canton. La police est tenue d’informer les victimes de l’existence de ces centres et de leur transmettre les coordonnées de celle-ci (sur la base de son accord). L’aide immédiate et les prestations fournies directement par les centres sont gratuites. Lorsque la situation personnelle de la personne qui consulte le justifie, les centres de consultation prennent en charge d’autres frais (comme par exemple les frais médicaux, les frais d’avocat ou les frais de procédure). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
S’il est difficile de faire parler les statistiques, ici nous nous basons sur l’année 2004, ils donne toute de même une idée intéressante sur la question qui nous occupe, à savoir la violence féminine et masculine : une nette prédominance des femmes dans la consultation (75%), avec des auteurs présumés de sexe masculin (83.5), et l’existence d’une relation familiale, victime – agresseur (52,9%).  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Résultats et analyse partielle des entretiens ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est souvent question dans les chiffres, de comparer,  voire d’opposer, hommes et femmes face à la violence conjugale. En d’autres termes de démontrer que le premier est le bourreau et la deuxième la victime. Pour certains, la question des hommes battus ne recouvrirait pas la même problématique que celle des femmes battues. Pour certains auteurs, tel Yvon Dallaire, il semble que les stéréotypes de femme-victime et homme-agresseur affiliés aux rôles des acteurs, n’aident en rien à reconnaître la problématique. Alors que la femme est souvent vue comme une personne douce, fragile et protectrice. Les hommes, eux, sont reconnus comme des êtres forts, virils et courageux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;L’homme battu existe, nous l’avons rencontré&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour confronter les stéréotypes affiliés aux genres, nous avons cherché à interviewer des hommes battus. Paul et Luc (prénoms d’empreint) ont un point commun : leur passé d’homme maltraité. Ils ont été, tous les deux, physiquement battus par leur conjointe. Toutefois, il semblerait que la problématique de l’homme violenté intègre, dans sa forme globale, une autre forme de violence, une violence psychologique. Il ressort des entretiens que la forme physique ne semble pas être la forme de violence qui marque le plus. &lt;br /&gt;
Pour essayer de comprendre au mieux le vécu violenté de ces hommes et plus généralement de toute personne impliquée dans des relations violentes, nous avons questionné la littérature ainsi que des professionnels de terrain.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour la travailleuse sociale, Sophie Torrent (2001), « la nature de la violence [à l’égard de la gente masculine] et ses modes d’expression traduisent, dirait-on, une violence spécifiquement féminine, subtile, qui atteint l’intégrité psychique de l’homme.» (p.33). L’homme victime de violence psychologique semble atteint surtout dans sa masculinité, plus précisément dans la représentation de la masculinité qui lui a permis de construire son identité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Le harcèlement que j’ai vécu par cette femme tyran m’a amené à perdre, pendant quelques temps, mon identité masculine… C’était quoi être un homme ? Je ne savais plus faire l’amour comme il faut en quittant ma femme. J’ai du réapprendre à accepter de prendre du plaisir. » Luc&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;La violence ; une histoire d’homme ?&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Alors que nous venons de découvrir avec stupéfaction certaines réalités d’hommes maltraités par leur conjointe, comment traiter ces vérités face à notre idéal féminin construit ? Comment même penser à la violence des femmes, alors que celle que l’on exerce à leur égard est de loin la plus établie, la plus reconnue et de ce fait la plus portée par les médias ? De nos jours, la société reconnaît et prend en charge la femme violentée, qu&#039;en est-il de la femme violente ? &lt;br /&gt;
Il est commun d’entendre qu’une femme violente est une femme malade psychologiquement ou encore que cette dernière n’agresserait que pour se défendre. Pour la psychothérapeute Diane Chayer, ( citée par Ruel &amp;amp; Guéricolas, 1998), il semblerait qu’il n’y ait tout simplement pas de permission sociale à la violence des femmes. « La société dit qu’il est presque normal pour un homme d’être violent. Mais une femme violente, c’est une extraterrestre. » &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour Yvon Dallaire, « la femme violente peut ressentir de la fierté pour avoir battu plus fort qu’elle. Et la société ne la dénigre pas, elle cherche plutôt à la comprendre et à l’excuser, compatissant souvent à son sort. » (p26) A contrario, pour la responsable d’une structure acceuillant des femmes violentes, « celles et ceux qui passent de la parole aux actes souffrent, ils ont besoin d&#039;aide et y ont droit. Toutefois, la femme violente souffre de discrimination ; on ne veut pas lui reconnaître sa violence. » Il semblerait alors que, paradoxalement, la femme violente souffre des mêmes maux sociaux que l’homme maltraité. Une nouvelle fois, il semblerait que les stéréotypes, affiliés aux genres, décident de ce qui peut être acceptable ou pas.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Le statut de victime/agresseur&#039;&#039;&#039; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La responsable d’un établissement prenant en charge des femmes violentes nous apprend qu’il est difficile de tenir le fil rouge concernant les rôles de victime-agresseur. « On est là pour travailler sur la violence des femmes, en tant qu’auteures de violence et non en tant que victimes. Très souvent, ça dérape en justification des actes qui déplace la position d’agresseuse à celui de victime. » Il semble que souvent, l’agresseur se voit comme victime. Responsabiliser les acteurs(trices) de violence, c’est les aider à prendre conscience de leur violence. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Responsabilité dans la violence&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La question est partagée. Alors que pour beaucoup, la responsabilité de la violence doit être assumée par son auteur(e), pour d’autres, elle doit être partagée. En effet, pour Denis Châtelain, co-fondateur d’une association prenant en charge des auteur(e)s de violence, « il faut prendre en compte le potentiel de violence de la victime dans la compréhension de la dynamique ». Pour la responsable d’une association accueillant des femmes violentes, « il est impossible de faire un tel travail si l’on part du principe d’une co-responsabilité dans la réalisation de la violence. En effet, on ne peut pas se permettre de déraper sur l’aspect empathique et comprendre voir d’excuser l’acte de violence au nom d’un statut de victime reconnu. Pour nous, l’acte violent n’est pas excusable, il est inadmissible quelque soit sa source ou sa justification. Ce qui nous paraît important c’est de faire en sorte de ne plus jamais en avoir à arriver là. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;La prise en charge de la violence&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comment aborder la problématique de la violence conjugale et plus particulièrement celle des hommes maltraités et des femmes violentes ? Alors qu’Yvon Dallaire se demande si l’on « ne pourrait pas exploiter l’expertise des centres d’accueil pour femmes au profit des hommes battus et l’expertise des groupes d’entraide pour homme violents au profit des femmes violentes ? » (p29), la responsable d’une structure accueillant des femmes actrices de violence répond que « pour aider les femmes actrices de violence, il faut appliquer un traitement différencié. Les raisons étant parce qu’on n’éduque pas de la même façon une petite fille et un petit garçon, le rapport au féminin n’est pas le même. La violence masculine est légitimée. Par contre, on ne reconnaît pas ce droit à la femme. Cela étant dû aux stéréotypes de mère protectrice d’une part. » &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
(Le législateur prend en compte la situation des victimes, il estime qu’elles doivent être soutenues dans la procédure pénale, et également qu’elles ont droit à une indemnisation ou à une réparation morale (en fonction des revenus de la victime). )&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On peut constater également la reconnaissance par la société du statut de victime,  puisque les demandes, au nombre de 196 pour l’indemnisation et de 728 pour la réparation morale,  ont été traitées positivement. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La formation du personnel des centres Lavi : la loi mentionne des aides financières à la formation. Une formation spécifique « Lavi » a été instaurée et des formations complémentaires complètent la spécialisation de ces professionnels. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Violence domestique, une protection particulière : l’expulsion immédiate du domicile des personnes violentes, lesquelles ne peuvent plus réintégrer leur logement pendant une période déterminée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le 14 juin 2000, la Conseillère Ruth-Gaby Vermot-Mangold dépose une initiative parlementaire. Le Conseil fédéral  propose, en novembre 2005, un nouvel article 28b dans le code civil visant à protéger la victime de violence ou de harcèlement en lui donnant le droit de requérir le juge d’instruction d’interdire à l’auteur de l’atteinte de l’approcher, de fréquenter certains lieux ou de prendre contact avec elle. &lt;br /&gt;
Ce nouvel article 28b prévoit également l’institution par les cantons de centres d’informations et de consultation dans le but d’agir préventivement pour éviter la violence domestique et sa récidive. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Violence entre conjoint ou partenaire : poursuivie d’office depuis le 1 avril 2004&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le Conseil Fédéral  modifie le Code pénal en ce sens que les actes de violence domestique seront poursuivis d’office et non plus sur plainte de la victime. Le communiqué de presse est intéressant et nous donne un aperçu des changements sociaux intervenus : « il n’est plus question de tolérer la violence physique ou sexuelle exercée contre un conjoint ou un partenaire – dans un couple hétérosexuel ou homosexuel – sous prétexte qu’elle ne serait que de peu de gravité ou qu’elle relèverait de la sphère privée ». La contrainte sexuelle et le viol commis au sein du couple sont élevés au rang de délits poursuivis d’office.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Evolution des lois et violence conjugale.&lt;br /&gt;
Votée en 1991, la LAVI démontre que «  victime de violence » constitue maintenant  une déviance secondaire. Les plaignants sont identifiés, l’état institutionnalise leur prise en charge, les centres Lavi sont créés et les consultations augmentent au fil des années.   &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Néanmoins la notion de &amp;quot;violence conjugale&amp;quot; se fait discrète, le terme de violence domestique n’apparaît qu’avec le dépôt en 2002 de l’initiative parlementaire de Vermot-Mangold. En juin 2001 le Conseil Fédéral met en consultation le « projet élaboré par la Commission des affaires juridiques du Conseil national » et la notion de violence domestique fait partie des préoccupations reconnues officiellement. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous pouvons relever que les documents officiels font référence à une notion de victime qui n’est pas sexuée,  le mot « femme » n’y est pas accolé. Les termes utilisés « violence physique ou sexuelle exercée contre un conjoint ou un partenaire (…) dans un couple hétérosexuel ou homosexuel », « ordonner à une personne violente de quitter le domicile conjugal », « prévenir la récidive des agresseurs ». Dans les documents que j’ai parcouru sur le site de l’office fédéral de la justice sous la mention « aide aux victimes », je n’ai trouvé qu’une seule fois la mention spécifique « femme » : «  la violence domestique est aujourd’hui quotidienne dans notre société. Les femmes en sont souvent les victimes ». Dans tous les autres documents la violence domestique paraît neutre. Si le mot victime est féminin, les textes l’utilisent comme un élément générique. On peut en partie le comprendre par le fait que  la Lavi ne reçoit pas que des victimes de violences conjugales, mais également des victimes d’accidents de la route, d’attentats, d’enlèvement, de prise d’otage ou de brigandage.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===RESULTATS DE LA REVUE DE PRESSE===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous avons également utilisé comme source des articles de journaux et périodiques récents, constatant que la thématique de la violence conjugale apparaît régulièrement dans les médias. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout d&#039;abord, &#039;&#039;&#039;Amnesty&#039;&#039;&#039; affiche une grande visibilité grâce à son magazine pour les droits humains(février 2006), son journal d&#039;action (janvier 2006) et son site internet, qui tous trois évoquent récemment la violence domestique. En effet, Amnesty a commencé en mars 2006 sa campagne suisse « En route contre la violence domestique », dont l&#039;action principale consiste en un tour de plusieurs cantons du mobile home &amp;quot;sweet home&amp;quot; afin  de  briser le tabou qui entoure la violence dans le couple, d’améliorer les interventions de l’Etat contre la violence domestique,  et de sensibiliser le grand public, en particulier les jeunes et les hommes, notamment dans les régions rurales. Les revendications d’Amnesty International en matière de violence domestique repose sur l’obligation de l’Etat d’agir contre cette forme de violation des droits humains. Car aujourd’hui si la visibilité du débat public sur la violence domestique s’est améliorée, les menaces, coups, contraintes, viols et meurtres auxquels les femmes sont souvent exposées dans leurs quatre murs constituent un sujet rarement perçu comme relevant des droits humains. De la sensibilisation est encore nécessaire pour considérer que l’empêcher ne relève pas de la sphère privée des couples et des familles concernées, et ne pas l’assimiler à un « problème de femmes », mais à une mission publique, qui touche tout le monde.  Pourtant il s’agit bien de droit à l’intégrité physique et psychique : droit à la liberté et à la sécurité, droit à la santé, droit à l’absence de torture ou d’autres traitements dégradants et même souvent le plus, droit à la vie.&lt;br /&gt;
La position d&#039;Amnesty International quant à la violence domestique consiste à considérer sa cause dans les rapports inégalitaires de sexe. L&#039;accent est mis sur les représentations sociales qui ne cessent de faire le lien entre violence et masculinité. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le numéro du journal &#039;&#039;&#039;Repère Social&#039;&#039;&#039; de février 2006 s&#039;intitule « Quand le sexe faible est violent » et à travers le prétexte de l&#039;ouverture récente à Lausanne d&#039;un accueil pour femmes violentes, aborde ce sujet trop rarement médiatisé de la violence des femmes. &lt;br /&gt;
L&#039;auteur, Geneviève Praplan, présente les associations Vires et Face à Face à Genève, et Violence et famille à Lausanne. Cette dernière institution travaille depuis sept ans avec des hommes violents, mais accueille depuis novembre 2005 également des femmes violentes. Le Coordinateur et plusieurs intervenants ont été formés au Québec, auprès d&#039;OPTION, institution pionnière fondée par le psychothérapeute Jacques Broué en 1985. A Violence et Famille, c&#039;est ainsi sous forme de thérapie de groupe que se déroule l&#039;accompagnement, après quelques entretiens individuels. Le processus de réflexion engagé avec les auteurEs est le même pour les hommes que pour les femmes. Néanmoins, il est spécifié qu&#039;il faut être spécialement vigilant avec les femmes, en vérifiant qu&#039;elles ne sont pas &amp;quot;davantage des victimes que des agresseurs&amp;quot;. De plus, rapidement le lien entre passé et présent doit se faire. &lt;br /&gt;
&amp;quot;Hommes et femmes ne sont pas forcément égaux devant leur violence&amp;quot;: dans l&#039;inconscient collectif masculin, il est nécessaire d&#039;affirmer sa virilité, la violence masculine est ainsi plus facilement excusée. Au contraire, les rôles sociaux attribués aux femmes font qu&#039;on la juge plus sévèrement si elle fait usage de violence, mais leur permet de reconnaître moins difficilement que les hommes leurs actes violents. L&#039;auteur met en avant que les chiffres manquent quant à l&#039;ampleur de la violence féminine, surtout exercée envers ses enfants. Par ailleurs les préjugés quant aux données socio-économiques des auteurs de violence perdurent. Cela est en partie dû au fait que les familles en situation précaire sont plus aisément repérées par les services sociaux, vu l&#039;étendue de leurs besoins.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Analyse ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Analyse des résultats&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour résumer, nous voici arrivés à un premier constat. Nous pouvons dire que la découverte de la violence conjugale et de ses effets a pour origine le questionnement du mouvement féministe, repris par des chercheur-e-s, qui ont confirmé et précisé le phénomène de la violence conjugale. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Autre découverte, la notion d’homme battu, que nous avions posé comme une construction récente, date des premières recherches sur ce domaine. Le syndrome de l’homme battu, développé  par une chercheuse du l’équipe de  Straus et al. a été un concept rapidement abandonné. Les défauts dans l’opérationnalisation du concept de violence, dans la méthode et dans l’interprétation des données de l’enquête effectuée à l’aide du Conflict Tactics Scales ont été largement reconnus. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comment se fait-il alors que des auteurs récents se saisissent du vocable « homme battu », partent à sa recherche, et le trouve ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour cela nous devons revenir à nouveau aux années 1970 et aux changements intervenus dans les places des hommes et des femmes. Ces dernières acquièrent un statut différent, elles deviennent citoyennes, accèdent au marché du travail et peuvent maîtriser leur fécondité. L’égalité homme – femme advient. A partir de là, le féminisme devient un mouvement social et politique pour l&#039;émancipation des femmes. Mais il va désigner aussi un corpus théorique qui va permettre aux sociologues de revisiter leurs différents champs d’études à travers la problématique des rapports sociaux de sexe.  Sous cet angle là, la violence conjugale prend un autre sens, elle est  rendue possible parce que les femmes ont moins de moyens, par conséquent moins de pouvoir, et parce que le genre féminin est dévalorisé par rapport au masculin. &lt;br /&gt;
Pierre Bourdieu a largement développé le fonctionnement des dominés et démontré comment ceux-ci ayant intégré le discours dominant « construisent ces relations de pouvoir du point de vue même de ceux qui y affirment leur domination… ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En Suisse, les statistiques 2004 issues des centres Lavi apportent des précisions chiffrées à cette forme de violence. Le taux de victimes de sexe féminins est important (75%),  le sexe masculin de l’auteur présumé révèle un pourcentage très élevé (83.5%) et pour 52.9% des consultants une relation familiale victime - agresseur existe. &lt;br /&gt;
Bien que la violence conjugale soit maintenant reconnue, des groupes sociaux la mettent en question. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les années 1980 une tension s’avive entre hommes et femmes.  Certains hommes pro féministes tiennent un discours optimiste concernant la constitution d&#039;une société nouvelle et égalitaire  et reconnaissent la domination masculine comme clé d&#039;un changement possible. &lt;br /&gt;
D&#039;autres hommes tiennent un discours alarmiste et insistent sur le malaise identitaire engendré par cette modification des rapports sociaux source de perte de repères. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A partir de là, des groupes d’hommes se forment autour, par exemple d’auteurs tels que Guy Cornaux au Canada, Jacques Salomé en France,  ou plus récemment Y. Dallaire qui avec John Goetelen a organisé le premier Congrès international de la condition masculine à Genève en 2003. Des mouvements pour la condition paternelle se créent afin de s’opposer à la garde des enfants accordée systématiquement à la mère en cas de divorce.  Le film récent « Le souffle du désert » de François Kohler, illustre ce phénomène de la recherche d’une identité masculine vécue comme problématique. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C&#039;est dans cette mouvance que nous trouvons aujourd&#039;hui les protagonistes d&#039;un détournement de la violence masculine au profit d&#039;une violence exercée contre les hommes par les femmes. ces détracteurs pourront s&#039;appuyer probablement dans les années à venir sur les modifications des images féminines, les stéréotypes de la femme douce et soumise ont tendance à s&#039;estomper. Et l&#039;on peut se demander si les jeunes femmes ne se permettront pas plus que par le passé d&#039;exprimer leurs sentiments de colère et violence, là où s&#039;exprimaient auparavant peut-être impuissance, tristesse et dépression. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Utilisateur:Cornut piller|Cornut piller]] 1 jun 2006 à 09:15 (MEST) ~~&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Difficultés&#039;&#039;&#039; (à mettre à la fin de l&#039;article ou dans la conclusion)[[Utilisateur:Celine|Celine]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le sujet que nous avons abordé tout au long de ce travail est délicat. Nous avons relevé le peu de neutralité émanant des sources existantes sur ce thème, chaque écrit représentant une certaine prise de position, quant à la causalité de la violence conjugale par exemple, ou les convictions cachées derrière l&#039;attribution de statuts victime-agresseur ou victime-victime.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette subjectivité rentre en interrelation avec notre sensibilité propre, individuelle, qui n&#039;est donc pas la même entre les personnes de notre groupe. Le fait que celui-ci soit constitué de deux femmes et deux hommes est très enrichissant, et même primordial quand l&#039;on s&#039;attèle à ce type de problématique. Néanmoins, cela implique un investissement conséquent en termes de discussion, explicitation des attentes et valeurs de chacun, en redéfinition continuelle de la problématique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans notre tentative d&#039;objectiver notre problématique, nous ne sommes que très peu aidés par les statistiques. Elles aussi disent ce qu&#039;elles ont envie de dire, et sont sans cesse remises en cause par des détracteurs. La conséquence en est qu&#039;aucune statistique ne sert vraiment de référence consensuelle dans la compréhension de la violence conjugale.Dans les statistiques policières, souvent la violence conjugale n&#039;est pas comptabilisée de manière séparée des autres délits de violence; dans d&#039;autres types de statistiques c&#039;est le genre qui n&#039;est pas retenu comme variable pertinente. En effet, derrière les chiffres, on découvre des définitions très variables de la violence: certains ne prennent en compte que la violence physique; d&#039;autres considèrent que de nombreux petits signes de nature verbale ou psychologique sont un pas dans l&#039;escalade de la violence, et les jugent donc de même poids que des coups. Entre ces deux extrêmes, toutes les variations sont présentes... &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est intéressant de relever à quel point certains chiffres sont médiatisés, afin d&#039;avoir un impact sur la population, alors que ces mêmes chiffres sont discutables au niveau statistique. &lt;br /&gt;
Pour conclure, nous nous sommes rendus compte que malgré une certaine médiatisation, qui n&#039;est pas si récente, de la violence conjugale, nous ne savons pas tellement de choses à ce sujet, ou plutôt il existe peu de consensus, voire la co-existence d&#039;approches inconciliables.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Conclusion ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
# Retour sur la problématiques, les questions de recherche&lt;br /&gt;
# Rappel des principaux résultats de recherche&lt;br /&gt;
# Autocritiques et perspectives&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Références bibliographiques ==&lt;br /&gt;
Les lectures citées dans le travail final&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Dallaire Y. (2002). La violence faite aux hommes. Une réalité tabou et complexe. Québéc: Options santé. [[Résumé du livre]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Gillioz L., De Puy J., Ducret V. (1997). Domination et violence envers la femme dans le couple. Lausanne : éditions Payot. [http://home.etu.unige.ch/~maneira4/R_sum__aeticle.doc Résumé de l&#039;article]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Ruel S. &amp;amp; Guéricolas P. (1998). La violence des femmes : derrière le masque. In Gazette des femmes Vol. 20. (no 4). (Novembre-Décembre 1998).[Version électronique]. Accès le 20 novembre 2005 : &lt;br /&gt;
http://www.gazettedesfemmes.com/recherche/?F=recherche&amp;amp;idt=10075&amp;amp;affart=2866&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Torrent S. (2001). L’homme battu, un tabou au cœur du tabou. Québec: Option Santé. [http://home.etu.unige.ch/~maneira4/fiche%20de%20lecture%20homme%20battu.pdf Résumé du livre ]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Amnistie: Le magazine pour les droits humains, &#039;&#039;Dossier Combattre la violence domestique&#039;&#039;  No 44, février 2006.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Amnistie, Journal d&#039;action pour les droits humains, janvier 2006.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Praplan G., &#039;&#039;Quand le sexe faible est violent&#039;&#039; in Repère Social, No 73, février 2006.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Bibliographie ==&lt;br /&gt;
Les lectures utilisées mais pas citées dans le travail final&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Bretonnière-Fraysse et al. (2001). &#039;&#039; De la violence conjugale à la violence parentale&#039;&#039;. Eres [[Résumé|Résumé du livre]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Jackson D., Welzer-Lang D. (1998). Violence et masculinité. Toulouse : imprimerie 34.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Office fédéral de la statistique : Aide aux victimes. Chiffres clés. http://www.bfs.admin.ch/bfs/portal/fr/index/themen/rechtspflege.html&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Rey, H. et al. (2006). Les violences conjugales: pour une clinique du réel. &#039;&#039; Journal International de Victimologie&#039;&#039;. Année 4, No 1. [[Résumé de l&#039;article]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Miguel</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Violence_conjugale:_De_la_femme_battue_%C3%A0_l%27homme_battu...&amp;diff=3992</id>
		<title>Violence conjugale: De la femme battue à l&#039;homme battu...</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Violence_conjugale:_De_la_femme_battue_%C3%A0_l%27homme_battu...&amp;diff=3992"/>
		<updated>2006-06-11T11:36:12Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Miguel : /* Revue de littérature */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&#039;&#039;&#039;Membres du groupe&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Chantal Cornut&lt;br /&gt;
* Céline Pittet &lt;br /&gt;
* Jean-Christophe Contini&lt;br /&gt;
* Miguel Maneira &lt;br /&gt;
[mailto:maneira4@etu.unige.ch,contini2@etu.unige.ch,cepittet@hotmail.com,ch.cornut-piller@bluewin.ch Ecrire au groupe]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 [[L&#039;homme battu: le mâle...traité|Notre projet]]  |  [[Plan de recherche: Violence conjugale; un concept en mouvement|Notre plan de recherche]]  |  [[Espace de dialogue|Notre espace de dialogue]]  |  [[Trésorus de notre groupe|Notre île aux trésors]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Introduction ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Violence conjugale|La violence conjugale]] semble être de prime abord un phénomène bien connu de nos jours. Les médias rendent régulièrement compte de ses conséquences, bon nombre d’associations ont été créées pour répondre à l’appel des victimes, une loi sur la protection des victimes a été instaurée, beaucoup de thérapeutes œuvrent également dans ce domaine. Il est question, la plupart du temps, des violences subies par des femmes et exercées par des hommes, il est dans une moindre mesure, question de la [[Violence|violence]] exercée par des femmes contre des hommes. Ce dernier phénomène reste minoritaire cependant, et fait l’objet de nombreuses critiques. Bien souvent, les discours opposent des mouvements &amp;quot;  [[Féminisme|féministes]]&amp;quot; à des groupes &amp;quot; masculinistes &amp;quot;, les uns dénonçant sans cesse l’ineffable violence des hommes envers les femmes, les autres dénonçant cette vision de l’homme éternellement &amp;quot; agresseur &amp;quot;, allant jusqu’à affirmer que des hommes sont aussi des &amp;quot; victimes &amp;quot; et que la violence peut aussi être l’apanage des femmes. Ici apparaît le concept &amp;quot; d’hommes battus &amp;quot; que nous interrogerons et qui est apparu dès les années septante.  &lt;br /&gt;
Afin de prendre de la distance vis-à-vis de ces deux positions antagonistes, nous proposons d’étudier ce que disent certains auteurs sur la violence conjugale, à la fois sur la violence subie par les femmes et par les hommes. Nous proposons aussi une recherche axée sur des entretiens avec des hommes &amp;quot; victimes &amp;quot; et des professionnels de la violence conjugale. Nous étudierons également des sources statistiques issues de la Loi Fédérale sur l’aide aux victimes et de Amnesty internationale tout comme des revues spécialisées dans le domaine de la thérapie familiale et plus particulièrement les articles concernant la violence domestique. &lt;br /&gt;
La thèse générale de notre article est de démontrer par notre étude que les discours qui circulent sur la violence conjugale sont une construction qui circonscrit la violence dans des [[Stéréotype|stéréotypes]] caricaturaux stigmatisant à la fois les femmes en tant que victimes et les hommes comme agresseurs. De cette restriction découle la difficulté d’envisager l’existence d’hommes victimes de violence conjugale, et d’égale manière celle de femmes violentes. Cela a comme conséquence pour les personnes concernées un non-reconnaissance sociale, se manifestant par de forts préjugés à leur encontre, et de grandes lacunes institutionnelles. Nous montrerons aussi que les professionnels de la violence conjugale (médecins, thérapeutes) ont dépassé cette opposition et qu’ils désignent plus les acteurs de la violence conjugale à un niveau de co-responsabilité qui ne distingue pas le sexe des protagonistes pour rendre compte de ce phénomène. Il y a ainsi un écart entre les discours dominants et les discours des professionnels, écart perceptible dans l’étude de la littérature et dans l’examen des sources que constituent les revues &amp;quot; thérapie familiale &amp;quot;.&lt;br /&gt;
Enfin, nous proposons la thèse selon laquelle la violence conjugale reste un phénomène qui bien que connu de tous, reste difficile à appréhender dans notre société. En effet, nous montrerons qu’il existe des définitions similaires mais superficielles qui varient dans leur développement en fonction des positionnements et des valeurs de ceux qui les proposent. Les statistiques qui rendent compte de la violence conjugale proposent d’autre part des modalités qui ne permettent pas de distinguer précisément les victimes des agresseurs de manière précise et approfondie. Elles ne permettent pas d’affirmer avec précision que les hommes sont aussi victimes de violences, les modalités de [[Genre|genre]] n’étant pas assez développées dans la prise en compte statistique. Les hommes victimes existent, mais leur visibilité est très faible du fait que c’est un phénomène qui est en train d’émerger comme problème social.&lt;br /&gt;
Nous montrerons ainsi que la violence conjugale reste un phénomène complexe et confus dans ses définitions. Enfin, nous verrons que la violence conjugale reste un concept en mouvement sur le plan des institutions, qui proposent des possibilités de prise en charge nombreuses, mais néanmoins insuffisantes si l’on considère la prise en compte de la violence faite aux hommes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Revue de littérature ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous aborderons cette revue de littérature en suivant la chronologie même de notre questionnement et de notre cheminement, qui nous a conduit, en commençant part la découverte du concept de &amp;quot; l’homme battu &amp;quot;, à approfondir nos recherches au concept de la femme battue et à appréhender dès lors le problème social que constitue la violence conjugale, qui englobe les deux autres concepts. Nous avons ainsi privilégié dans nos recherches les ouvrages qui traiteraient spécifiquement de l’existence du concept même de &amp;quot; l’homme battu &amp;quot;, dans une actualité la plus récente possible. Nous nous sommes vite aperçus, que peu de littérature existait à ce sujet. Cependant, les ouvrages les plus récents (Torrent et Dallaire) font tous les deux référence à l’inscription du concept de l’homme battu dans celui de la violence conjugale. Nous avons dès lors élargi nos recherches dans ce domaine, toujours à la recherche du moindre élément concernant la violence faite aux hommes. D’autre part, nous avons voulu mettre en question les propositions faites par Dallaire et Torrent, en nous référant à d’autres auteurs qui portent un regard différent sur les acteurs, hommes ou femmes, de la violence conjugale. Notre attention s’est ainsi portée sur des notions concernant la désignation des acteurs en termes de victime et d’agresseur, et la désignation de ces mêmes termes de catégorie homme-femme. Enfin, nous avons cherché à contextualiser le phénomène de l’homme battu, en recherchant dans l’histoire de la violence conjugale, le moment où est apparu le concept de &amp;quot; l’homme battu &amp;quot;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sophie Torrent, dans son ouvrage sur l’homme battu (2001) met directement en question le fait qu’il existe au sein de la vie de couple une violence faite aux hommes, une violence souvent difficile à accepter, celle-ci allant à l’encontre de stéréotypes tels que celui qui considère que la femme est l’élément faible du couple et que l’homme en est le dominant. Dans la première partie de son livre, l’auteur tente tout d’abord d’expliquer ce phénomène atypique de l’homme battu, cet &amp;quot; impensable social &amp;quot; dit-elle. Elle analyse les différents types de violences (physique, sexuelle, psychologique, verbale et économique) pour ensuite orienter son analyse vers la notion de &amp;quot; rôles sociaux &amp;quot;. Elle montre comment l’homme violenté est agressé jusque dans les &amp;quot; facettes &amp;quot; qui font son [[Identité sociale|identité]] . Pour elle &amp;quot; être battu invalide l’homme dans son appartenance à la catégorie sociale homme &amp;quot;. Dans la deuxième partie de son ouvrage, Torrent réfléchit sur les différentes stratégies élaborées par l’homme pour gérer des situations difficiles. Elle s’appuie notamment dans son travail de recherche sur des interviews réalisées avec des &amp;quot; hommes battus &amp;quot;. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est dans une considération assez proche qu’Yvon Dallaire (2002), thérapeute au Québec, aborde le phénomène de la violence faite aux hommes (La violence faite aux hommes. Une réalité taboue et complexe). Il nous rappelle le constat de l’existence ineffable de la violence dans l’humanité, violence souvent fortement médiatisée, mais selon lui, de manière incomplète. En effet, dit-il, notre attention ne serait attirée que vers une forme de violence, soit celle faite par les hommes contre les autres hommes (guerres, voies de fait, suicides), contre les femmes (violence conjugale, viol, meurtre, tueurs en série) et contre les enfants (violence infanticide, meurtre suivi de suicide). Pour Dallaire, une forme de violence a été occultée : la violence des femmes faite envers les femmes, les hommes et les enfants. Le propos de son texte est de démontrer d’une part que des femmes peuvent être tout autant violentes que des hommes, et que d’autre part, l’analyse de la violence conjugale s’inscrit dans un paradigme teinté de sexisme et de discrimination. Pour cet auteur, la violence conjugale ne se décline pas simplement sur le mode victime-agresseur, mais plutôt sur celui de victime-victime, de deux individus qui sont les co-créateurs d’une escalade débouchant sur l’explosion physique. Afin d’alimenter son propos, Yvon Dallaire met en lumière les stéréotypes et les préjugés qui circulent dans le discours commun : l’homme est un être violent, un abuseur d’enfants, un irresponsable, les hommes sont tous des obsédés sexuels, il sont tous infidèles, menteurs et manipulateurs. Dès lors, toute violence féminine est considérée comme relevant de la légitime défense, l’homme est ainsi rendu coupable de toute la violence conjugale. Précisons ici que l’auteur dénonce le discours d’influence féministe qui se déploie dans le contexte québécois. Son objectif est de connaître les réelles dimensions de la violence conjugale, plutôt que de rechercher un coupable à punir, toujours le même : l’homme. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’ouvrage de Bretonnière-Fraysse et al. (2001), incontournable pour notre sujet, propose quant à lui un autre regard qui positionne clairement les femmes en tant que victimes et les hommes comme agresseurs, sans nuances : &amp;quot; on le sait, la violence conjugale a toujours existé ; on le sait aussi : les victimes en sont les femmes et les auteurs, les hommes. Mais elle demeure encore cachée, honteuse, secrète &amp;quot;. Cet ouvrage prend un biais anthropologique et historique pour nous montrer la condition de victime de la femme à travers les époques passées et jusqu’à nos jours. Gillioz, De Puy et Ducret quant à elles (2000), font état des connaissances qui ont fait de la violence familiale et de la violence contre les femmes, un champ d’étude relativement nouveau dans les sciences sociales. Elles nous rappellent que jusque dans les années soixante, la société et avec elle les scientifiques vivent sur le mythe de la famille non violente. Cette dernière étant considérée comme rare et comme étant le fait d’individus déséquilibrés. Dans les années septante, sous l’influence de militantes féministes anglo-saxonnes qui ouvrent des refuges pour femmes battues et portent la question de la violence conjugale sur la place publique, ce phénomène jusque-là occulté est posé comme problème socio-politique. C’est dès lors que les sciences sociales vont s’y intéresser, à travers deux grands courants de recherche : des études portant sur la violence subie par les femmes au sein de la famille qui postulent, en se fondant sur les prémisses théoriques féministes, que cette violence est spécifique et qu’il est nécessaire de l’étudier indépendamment des autres types de violence familiale qui relèvent d’autres logiques. Le deuxième courant de recherche, issu de la sociologie de la famille, a pour objet la violence familiale et considère la société et ses institutions comme des systèmes consensuels qui embrassent dans la même problématique l’ensemble de la violence qui se déroule dans le cadre familial. Cet ouvrage mentionne également  les travaux de Strauss, Gelles et Steinmetz (1977), à partir desquels a été tiré l&#039;affirmation que les femmes sont aussi violentes que les hommes. C’est à ce moment qu’apparaît le concept du &amp;quot; mari battu &amp;quot;, des résultats tirés des statistiques de cette recherche, ont permis à l&#039;un des chercheurs de conclure que ce qui était le plus sous-estimé n’est pas la femme battue, mais le mari battu. La validité scientifique reste toutefois fortement contestée, nous en trouvons les arguments dans l’ouvrage de Gillioz, De Puy et Ducret. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Notre revue de littérature se conclut par l’approche systémique de Perrone et Nannini (1995) qui proposent leur livre comme un manuel à l’usage des professionnels appelés à intervenir auprès des familles. Leurs présupposés considèrent que la violence n’est pas un phénomène individuel, mais la manifestation d’un phénomène interactionnel. La violence est ainsi un mode particulier de communication entre partenaires qui sont tous impliqués et par là même responsables au sens interactionnel du terme. Comme Yvon Dallaire, les auteurs ne considèrent pas les acteurs de la violence conjugale en termes de &amp;quot; victime-agresseur &amp;quot;, ni en termes &amp;quot; hommes-femmes &amp;quot;. Les objectifs et les enjeux que ces deux auteurs proposent s’appuient sur l’idée que chacun doit devenir et se penser responsable de ses propres comportements. C’est également selon cette optique que certains &amp;quot; cliniciens &amp;quot; abordent en partie la question dans leur article (Rey, H et al. 2006). Contini 6 mai 2006 à 16:28 (MEST)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Problématique ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le questionnement qui est à l’origine de notre travail prend source dans la rencontre que nous avons faite d’un concept qui semble nouveau de prime abord : &amp;quot; l’homme battu &amp;quot;. Nous avons découvert ce concept dans l’ouvrage récemment publié de Sophie Torrent qui s’intitule &amp;quot; les hommes battus &amp;quot;. Ce livre met en lumière l’existence d’hommes victimes de violences exercées par des femmes à leur encontre, il interroge également les questions identitaires vécues par ces &amp;quot; nouvelles victimes &amp;quot; à travers la conduite de multiples entretiens. &lt;br /&gt;
Ces propos nous ont intrigués, parfois rendus perplexes et ont ainsi attisé notre curiosité. Nous avons dès lors entrepris des recherches bibliographiques qui nous permettraient de découvrir des discours proches des propos de Torrent. Nous avons ainsi constaté que ce &amp;quot; phénomène &amp;quot; des hommes battus était, dans une moindre mesure, relayé dans d’autres ouvrages qui l’inscrivaient dans le cadre plus large de la violence conjugale. Nos recherches livresques nous ont ainsi conduits à investiguer le corpus que nous avons constitué afin de tenter de répondre à la question principale qui guide notre recherche : comment le phénomène de &amp;quot; l’homme battu &amp;quot; s’inscrit-il dans le paradigme de la violence conjugale ? Les questions secondaires qui en découlent sont multiples : quand est-ce que ce concept est apparu ? Par qui a-t-il été développé ? Quels sont les discours qui relaient ce concept ou qui s’y opposent ? &lt;br /&gt;
Les éléments qui composent notre revue de littérature nous ont permis d’entrevoir certains points qui semblent être récurrents. Nous nous sommes ainsi aperçus que le concept d’ &amp;quot; hommes battus &amp;quot; se trouvait à chaque fois en tension avec celui de &amp;quot; femmes battues &amp;quot; dans le cadre de la violence conjugale que nous avons aussi essayé de définir. Nous nous sommes dès lors trouvés confrontés à deux discours contraires entre des groupes de pressions constitués autour de la &amp;quot; souffrance masculine &amp;quot; et les propos issus de certains discours féministes. Nous avons également constaté que cette opposition - que nous caractérisons grossièrement entre les deux discours – se dédouble d’une autre opposition dans la désignation des acteurs de la violence conjugale en  termes de victime et d’agresseur. Nous constatons que les acteurs sont ainsi stigmatisés, avec des stéréotypes qui désignent de manière massive l’homme comme étant un agresseur et la femme une victime.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Méthodologie ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En fonction des éléments de la problématique, l’objectif de notre recherche a consisté pour nous à y voir plus clair en tentant de répondre aux questions que nous nous posons. Afin de prendre une nécessaire distance vis-à-vis du regard que propose notre revue de littérature, nous avons choisi d’orienter nos recherches sur diverses sources d’informations différentes. Nous avons trouvé intéressant d’examiner si des statistiques existaient sur les &amp;quot; hommes battus &amp;quot; et sur les &amp;quot; femmes battues &amp;quot; et dès lors de voir si celles-ci pouvaient éclaircir notre questionnement. Nous avons aussi choisi de chercher des éléments dans une série de revue spécialisées dans la thérapie familiale, dès lors que le phénomène des &amp;quot; hommes battus &amp;quot; s’inscrit dans le cadre de la violence conjugale. De plus, pour avoir une vision plus globale nous avons aussi décidé de faire une revue d’articles de presse étudiant quelques articles récents. Enfin, nous avons opté pour une recherche mettant en œuvre la conduite de plusieurs entretiens auprès de professionnels de la prise en charge de la violence conjugale, ainsi qu’auprès de &amp;quot; victimes &amp;quot; qui accepteraient de nous apporter leur témoignage. Ces éléments correspondent à ce que l’on pourrait appeler la &amp;quot; recherche sur le terrain &amp;quot;. Nous avons aussi élargi notre revue de littérature en laissant une place pour l’étude des discours qui proviennent des divers professionnels spécialisés dans la thématique de la violence conjugale. Nos sources seront ainsi multiples : entretiens ; revue de presse ; statistiques ; revues spécialisées. &lt;br /&gt;
Notre analyse consistera à analyser les contenus du matériel récolté, en prenant pour point d’appui la désignation des acteurs de la violence conjugale, en termes de stéréotypes (stigmatisation) et dans une approche de &amp;quot; genre &amp;quot; étudiant les rapports sociaux hommes-femmes par rapport à cette thématique, ainsi que les rapports victimes-agresseurs qui s’y rattachent. &lt;br /&gt;
L’analyse devrait ainsi nous permettre de réunir des points de vue différents et ainsi de confirmer ou d’infirmer, voir de &amp;quot; tempérer &amp;quot; ce que nous avons développé dans la revue de littérature en fonction des auteurs choisis.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Résultats ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Aborder le problème social de la violence conjugale nous incite à faire un retour vers les années 1970. C’est à cette époque que l’on peut situer les premières recherches sur ce thème  mettant en question le mythe de la famille non violente. Les militantes féministes amènent la question de violence conjugale sur la place publique et le posent comme un problème socio-politique. La question de la violence est abordée comme conséquence des rapports de domination, c&#039;est-à-dire des effets de l’exercice d’une influence déterminante d’un groupe, les hommes, sur un autre, les femmes. Tout rapport de domination suppose, en effet, en dehors du rapport de pure violence, un système de justification visant à obtenir un minimum de &amp;quot;volonté d&#039;obéir&amp;quot; de la part des assujettis, note le Petit Robert.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les sciences humaines vont s’y intéresser à partir de là, et de nombreuses études sont entreprises dans les années 1970 et 1980 dans le but de décrire la violence domestique, de pouvoir la chiffrer, de chercher à l’expliquer, d’étudier ses conséquences sur les victimes, et d’examiner les réponses sociétales à ce problème.&lt;br /&gt;
Pourtant une des conclusions de la première étude de Straus et al.(1977) permet de dire que femmes et hommes admettent recourir à des tactiques de violence dans des situations de conflits. Et l’une des auteur-e-s, Steinmetz, ira jusqu’à tirer la conclusion de l’existence du « syndrome de l’homme battu ». Contesté dès sa sortie pour des insuffisances méthodologiques, la plupart de chercheurs et chercheuses renoncèrent à utiliser ce concept. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En Suisse une loi sur l’aide aux victimes permettra aux femmes victimes de violence conjugale d&#039;être reconnues, visibilées et aidés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette loi fédérale du 4 octobre 1991, entrée en vigueur le 1er janvier 1993, a pour but de fournir une aide efficace (conseils, la protection de la victime, la défense de ses droits dans la procédure pénale et l’indemnisation et la réparation morale) aux victimes d’infractions ou d’une atteinte directe à son intégrité corporelle, sexuelle ou psychique et à renforcer leurs droits. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Parmi les atteintes retenues par la loi nous pouvons retenir pour notre sujet d’analyse les violences domestiques,  lésions corporelles, viol, contrainte sexuelle, séquestration. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les centres de consultation « Lavi » sont instaurés dans chaque canton. La police est tenue d’informer les victimes de l’existence de ces centres et de leur transmettre les coordonnées de celle-ci (sur la base de son accord). L’aide immédiate et les prestations fournies directement par les centres sont gratuites. Lorsque la situation personnelle de la personne qui consulte le justifie, les centres de consultation prennent en charge d’autres frais (comme par exemple les frais médicaux, les frais d’avocat ou les frais de procédure). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
S’il est difficile de faire parler les statistiques, ici nous nous basons sur l’année 2004, ils donne toute de même une idée intéressante sur la question qui nous occupe, à savoir la violence féminine et masculine : une nette prédominance des femmes dans la consultation (75%), avec des auteurs présumés de sexe masculin (83.5), et l’existence d’une relation familiale, victime – agresseur (52,9%).  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Résultats et analyse partielle des entretiens ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est souvent question dans les chiffres, de comparer,  voire d’opposer, hommes et femmes face à la violence conjugale. En d’autres termes de démontrer que le premier est le bourreau et la deuxième la victime. Pour certains, la question des hommes battus ne recouvrirait pas la même problématique que celle des femmes battues. Pour certains auteurs, tel Yvon Dallaire, il semble que les stéréotypes de femme-victime et homme-agresseur affiliés aux rôles des acteurs, n’aident en rien à reconnaître la problématique. Alors que la femme est souvent vue comme une personne douce, fragile et protectrice. Les hommes, eux, sont reconnus comme des êtres forts, virils et courageux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;L’homme battu existe, nous l’avons rencontré&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour confronter les stéréotypes affiliés aux genres, nous avons cherché à interviewer des hommes battus. Paul et Luc (prénoms d’empreint) ont un point commun : leur passé d’homme maltraité. Ils ont été, tous les deux, physiquement battus par leur conjointe. Toutefois, il semblerait que la problématique de l’homme violenté intègre, dans sa forme globale, une autre forme de violence, une violence psychologique. Il ressort des entretiens que la forme physique ne semble pas être la forme de violence qui marque le plus. &lt;br /&gt;
Pour essayer de comprendre au mieux le vécu violenté de ces hommes et plus généralement de toute personne impliquée dans des relations violentes, nous avons questionné la littérature ainsi que des professionnels de terrain.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour la travailleuse sociale, Sophie Torrent (2001), « la nature de la violence [à l’égard de la gente masculine] et ses modes d’expression traduisent, dirait-on, une violence spécifiquement féminine, subtile, qui atteint l’intégrité psychique de l’homme.» (p.33). L’homme victime de violence psychologique semble atteint surtout dans sa masculinité, plus précisément dans la représentation de la masculinité qui lui a permis de construire son identité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Le harcèlement que j’ai vécu par cette femme tyran m’a amené à perdre, pendant quelques temps, mon identité masculine… C’était quoi être un homme ? Je ne savais plus faire l’amour comme il faut en quittant ma femme. J’ai du réapprendre à accepter de prendre du plaisir. » Luc&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;La violence ; une histoire d’homme ?&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Alors que nous venons de découvrir avec stupéfaction certaines réalités d’hommes maltraités par leur conjointe, comment traiter ces vérités face à notre idéal féminin construit ? Comment même penser à la violence des femmes, alors que celle que l’on exerce à leur égard est de loin la plus établie, la plus reconnue et de ce fait la plus portée par les médias ? De nos jours, la société reconnaît et prend en charge la femme violentée, qu&#039;en est-il de la femme violente ? &lt;br /&gt;
Il est commun d’entendre qu’une femme violente est une femme malade psychologiquement ou encore que cette dernière n’agresserait que pour se défendre. Pour la psychothérapeute Diane Chayer, ( citée par Ruel &amp;amp; Guéricolas, 1998), il semblerait qu’il n’y ait tout simplement pas de permission sociale à la violence des femmes. « La société dit qu’il est presque normal pour un homme d’être violent. Mais une femme violente, c’est une extraterrestre. » &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour Yvon Dallaire, « la femme violente peut ressentir de la fierté pour avoir battu plus fort qu’elle. Et la société ne la dénigre pas, elle cherche plutôt à la comprendre et à l’excuser, compatissant souvent à son sort. » (p26) A contrario, pour la responsable d’une structure acceuillant des femmes violentes, « celles et ceux qui passent de la parole aux actes souffrent, ils ont besoin d&#039;aide et y ont droit. Toutefois, la femme violente souffre de discrimination ; on ne veut pas lui reconnaître sa violence. » Il semblerait alors que, paradoxalement, la femme violente souffre des mêmes maux sociaux que l’homme maltraité. Une nouvelle fois, il semblerait que les stéréotypes, affiliés aux genres, décident de ce qui peut être acceptable ou pas.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Le statut de victime/agresseur&#039;&#039;&#039; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La responsable d’un établissement prenant en charge des femmes violentes nous apprend qu’il est difficile de tenir le fil rouge concernant les rôles de victime-agresseur. « On est là pour travailler sur la violence des femmes, en tant qu’auteures de violence et non en tant que victimes. Très souvent, ça dérape en justification des actes qui déplace la position d’agresseuse à celui de victime. » Il semble que souvent, l’agresseur se voit comme victime. Responsabiliser les acteurs(trices) de violence, c’est les aider à prendre conscience de leur violence. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Responsabilité dans la violence&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La question est partagée. Alors que pour beaucoup, la responsabilité de la violence doit être assumée par son auteur(e), pour d’autres, elle doit être partagée. En effet, pour Denis Châtelain, co-fondateur d’une association prenant en charge des auteur(e)s de violence, « il faut prendre en compte le potentiel de violence de la victime dans la compréhension de la dynamique ». Pour la responsable d’une association accueillant des femmes violentes, « il est impossible de faire un tel travail si l’on part du principe d’une co-responsabilité dans la réalisation de la violence. En effet, on ne peut pas se permettre de déraper sur l’aspect empathique et comprendre voir d’excuser l’acte de violence au nom d’un statut de victime reconnu. Pour nous, l’acte violent n’est pas excusable, il est inadmissible quelque soit sa source ou sa justification. Ce qui nous paraît important c’est de faire en sorte de ne plus jamais en avoir à arriver là. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;La prise en charge de la violence&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comment aborder la problématique de la violence conjugale et plus particulièrement celle des hommes maltraités et des femmes violentes ? Alors qu’Yvon Dallaire se demande si l’on « ne pourrait pas exploiter l’expertise des centres d’accueil pour femmes au profit des hommes battus et l’expertise des groupes d’entraide pour homme violents au profit des femmes violentes ? » (p29), la responsable d’une structure accueillant des femmes actrices de violence répond que « pour aider les femmes actrices de violence, il faut appliquer un traitement différencié. Les raisons étant parce qu’on n’éduque pas de la même façon une petite fille et un petit garçon, le rapport au féminin n’est pas le même. La violence masculine est légitimée. Par contre, on ne reconnaît pas ce droit à la femme. Cela étant dû aux stéréotypes de mère protectrice d’une part. » &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
(Le législateur prend en compte la situation des victimes, il estime qu’elles doivent être soutenues dans la procédure pénale, et également qu’elles ont droit à une indemnisation ou à une réparation morale (en fonction des revenus de la victime). )&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On peut constater également la reconnaissance par la société du statut de victime,  puisque les demandes, au nombre de 196 pour l’indemnisation et de 728 pour la réparation morale,  ont été traitées positivement. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La formation du personnel des centres Lavi : la loi mentionne des aides financières à la formation. Une formation spécifique « Lavi » a été instaurée et des formations complémentaires complètent la spécialisation de ces professionnels. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Violence domestique, une protection particulière : l’expulsion immédiate du domicile des personnes violentes, lesquelles ne peuvent plus réintégrer leur logement pendant une période déterminée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le 14 juin 2000, la Conseillère Ruth-Gaby Vermot-Mangold dépose une initiative parlementaire. Le Conseil fédéral  propose, en novembre 2005, un nouvel article 28b dans le code civil visant à protéger la victime de violence ou de harcèlement en lui donnant le droit de requérir le juge d’instruction d’interdire à l’auteur de l’atteinte de l’approcher, de fréquenter certains lieux ou de prendre contact avec elle. &lt;br /&gt;
Ce nouvel article 28b prévoit également l’institution par les cantons de centres d’informations et de consultation dans le but d’agir préventivement pour éviter la violence domestique et sa récidive. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Violence entre conjoint ou partenaire : poursuivie d’office depuis le 1 avril 2004&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le Conseil Fédéral  modifie le Code pénal en ce sens que les actes de violence domestique seront poursuivis d’office et non plus sur plainte de la victime. Le communiqué de presse est intéressant et nous donne un aperçu des changements sociaux intervenus : « il n’est plus question de tolérer la violence physique ou sexuelle exercée contre un conjoint ou un partenaire – dans un couple hétérosexuel ou homosexuel – sous prétexte qu’elle ne serait que de peu de gravité ou qu’elle relèverait de la sphère privée ». La contrainte sexuelle et le viol commis au sein du couple sont élevés au rang de délits poursuivis d’office.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Evolution des lois et violence conjugale.&lt;br /&gt;
Votée en 1991, la LAVI démontre que «  victime de violence » constitue maintenant  une déviance secondaire. Les plaignants sont identifiés, l’état institutionnalise leur prise en charge, les centres Lavi sont créés et les consultations augmentent au fil des années.   &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Néanmoins la notion de &amp;quot;violence conjugale&amp;quot; se fait discrète, le terme de violence domestique n’apparaît qu’avec le dépôt en 2002 de l’initiative parlementaire de Vermot-Mangold. En juin 2001 le Conseil Fédéral met en consultation le « projet élaboré par la Commission des affaires juridiques du Conseil national » et la notion de violence domestique fait partie des préoccupations reconnues officiellement. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous pouvons relever que les documents officiels font référence à une notion de victime qui n’est pas sexuée,  le mot « femme » n’y est pas accolé. Les termes utilisés « violence physique ou sexuelle exercée contre un conjoint ou un partenaire (…) dans un couple hétérosexuel ou homosexuel », « ordonner à une personne violente de quitter le domicile conjugal », « prévenir la récidive des agresseurs ». Dans les documents que j’ai parcouru sur le site de l’office fédéral de la justice sous la mention « aide aux victimes », je n’ai trouvé qu’une seule fois la mention spécifique « femme » : «  la violence domestique est aujourd’hui quotidienne dans notre société. Les femmes en sont souvent les victimes ». Dans tous les autres documents la violence domestique paraît neutre. Si le mot victime est féminin, les textes l’utilisent comme un élément générique. On peut en partie le comprendre par le fait que  la Lavi ne reçoit pas que des victimes de violences conjugales, mais également des victimes d’accidents de la route, d’attentats, d’enlèvement, de prise d’otage ou de brigandage.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Analyse ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Analyse des résultats&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour résumer, nous voici arrivés à un premier constat. Nous pouvons dire que la découverte de la violence conjugale et de ses effets a pour origine le questionnement du mouvement féministe, repris par des chercheur-e-s, qui ont confirmé et précisé le phénomène de la violence conjugale. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Autre découverte, la notion d’homme battu, que nous avions posé comme une construction récente, date des premières recherches sur ce domaine. Le syndrome de l’homme battu, développé  par une chercheuse du l’équipe de  Straus et al. a été un concept rapidement abandonné. Les défauts dans l’opérationnalisation du concept de violence, dans la méthode et dans l’interprétation des données de l’enquête effectuée à l’aide du Conflict Tactics Scales ont été largement reconnus. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comment se fait-il alors que des auteurs récents se saisissent du vocable « homme battu », partent à sa recherche, et le trouve ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour cela nous devons revenir à nouveau aux années 1970 et aux changements intervenus dans les places des hommes et des femmes. Ces dernières acquièrent un statut différent, elles deviennent citoyennes, accèdent au marché du travail et peuvent maîtriser leur fécondité. L’égalité homme – femme advient. A partir de là, le féminisme devient un mouvement social et politique pour l&#039;émancipation des femmes. Mais il va désigner aussi un corpus théorique qui va permettre aux sociologues de revisiter leurs différents champs d’études à travers la problématique des rapports sociaux de sexe.  Sous cet angle là, la violence conjugale prend un autre sens, elle est  rendue possible parce que les femmes ont moins de moyens, par conséquent moins de pouvoir, et parce que le genre féminin est dévalorisé par rapport au masculin. &lt;br /&gt;
Pierre Bourdieu a largement développé le fonctionnement des dominés et démontré comment ceux-ci ayant intégré le discours dominant « construisent ces relations de pouvoir du point de vue même de ceux qui y affirment leur domination… ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En Suisse, les statistiques 2004 issues des centres Lavi apportent des précisions chiffrées à cette forme de violence. Le taux de victimes de sexe féminins est important (75%),  le sexe masculin de l’auteur présumé révèle un pourcentage très élevé (83.5%) et pour 52.9% des consultants une relation familiale victime - agresseur existe. &lt;br /&gt;
Bien que la violence conjugale soit maintenant reconnue, des groupes sociaux la mettent en question. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les années 1980 une tension s’avive entre hommes et femmes.  Certains hommes pro féministes tiennent un discours optimiste concernant la constitution d&#039;une société nouvelle et égalitaire  et reconnaissent la domination masculine comme clé d&#039;un changement possible. &lt;br /&gt;
D&#039;autres hommes tiennent un discours alarmiste et insistent sur le malaise identitaire engendré par cette modification des rapports sociaux source de perte de repères. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A partir de là, des groupes d’hommes se forment autour, par exemple d’auteurs tels que Guy Cornaux au Canada, Jacques Salomé en France,  ou plus récemment Y. Dallaire qui avec John Goetelen a organisé le premier Congrès international de la condition masculine à Genève en 2003. Des mouvements pour la condition paternelle se créent afin de s’opposer à la garde des enfants accordée systématiquement à la mère en cas de divorce.  Le film récent « Le souffle du désert » de François Kohler, illustre ce phénomène de la recherche d’une identité masculine vécue comme problématique. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C&#039;est dans cette mouvance que nous trouvons aujourd&#039;hui les protagonistes d&#039;un détournement de la violence masculine au profit d&#039;une violence exercée contre les hommes par les femmes. ces détracteurs pourront s&#039;appuyer probablement dans les années à venir sur les modifications des images féminines, les stéréotypes de la femme douce et soumise ont tendance à s&#039;estomper. Et l&#039;on peut se demander si les jeunes femmes ne se permettront pas plus que par le passé d&#039;exprimer leurs sentiments de colère et violence, là où s&#039;exprimaient auparavant peut-être impuissance, tristesse et dépression. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Utilisateur:Cornut piller|Cornut piller]] 1 jun 2006 à 09:15 (MEST) ~~&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Difficultés&#039;&#039;&#039; (à mettre à la fin de l&#039;article ou dans la conclusion)[[Utilisateur:Celine|Celine]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le sujet que nous avons abordé tout au long de ce travail est délicat. Nous avons relevé le peu de neutralité émanant des sources existantes sur ce thème, chaque écrit représentant une certaine prise de position, quant à la causalité de la violence conjugale par exemple, ou les convictions cachées derrière l&#039;attribution de statuts victime-agresseur ou victime-victime.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette subjectivité rentre en interrelation avec notre sensibilité propre, individuelle, qui n&#039;est donc pas la même entre les personnes de notre groupe. Le fait que celui-ci soit constitué de deux femmes et deux hommes est très enrichissant, et même primordial quand l&#039;on s&#039;attèle à ce type de problématique. Néanmoins, cela implique un investissement conséquent en termes de discussion, explicitation des attentes et valeurs de chacun, en redéfinition continuelle de la problématique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans notre tentative d&#039;objectiver notre problématique, nous ne sommes que très peu aidés par les statistiques. Elles aussi disent ce qu&#039;elles ont envie de dire, et sont sans cesse remises en cause par des détracteurs. La conséquence en est qu&#039;aucune statistique ne sert vraiment de référence consensuelle dans la compréhension de la violence conjugale.Dans les statistiques policières, souvent la violence conjugale n&#039;est pas comptabilisée de manière séparée des autres délits de violence; dans d&#039;autres types de statistiques c&#039;est le genre qui n&#039;est pas retenu comme variable pertinente. En effet, derrière les chiffres, on découvre des définitions très variables de la violence: certains ne prennent en compte que la violence physique; d&#039;autres considèrent que de nombreux petits signes de nature verbale ou psychologique sont un pas dans l&#039;escalade de la violence, et les jugent donc de même poids que des coups. Entre ces deux extrêmes, toutes les variations sont présentes... &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est intéressant de relever à quel point certains chiffres sont médiatisés, afin d&#039;avoir un impact sur la population, alors que ces mêmes chiffres sont discutables au niveau statistique. &lt;br /&gt;
Pour conclure, nous nous sommes rendus compte que malgré une certaine médiatisation, qui n&#039;est pas si récente, de la violence conjugale, nous ne savons pas tellement de choses à ce sujet, ou plutôt il existe peu de consensus, voire la co-existence d&#039;approches inconciliables.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Conclusion ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
# Retour sur la problématiques, les questions de recherche&lt;br /&gt;
# Rappel des principaux résultats de recherche&lt;br /&gt;
# Autocritiques et perspectives&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Références bibliographiques ==&lt;br /&gt;
Les lectures citées dans le travail final&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Dallaire Y. (2002). La violence faite aux hommes. Une réalité tabou et complexe. Québéc: Options santé. [[Résumé du livre]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Gillioz L., De Puy J., Ducret V. (1997). Domination et violence envers la femme dans le couple. Lausanne : éditions Payot. [http://home.etu.unige.ch/~maneira4/R_sum__aeticle.doc Résumé de l&#039;article]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Ruel S. &amp;amp; Guéricolas P. (1998). La violence des femmes : derrière le masque. In Gazette des femmes Vol. 20. (no 4). (Novembre-Décembre 1998).[Version électronique]. Accès le 20 novembre 2005 : &lt;br /&gt;
http://www.gazettedesfemmes.com/recherche/?F=recherche&amp;amp;idt=10075&amp;amp;affart=2866&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Torrent S. (2001). L’homme battu, un tabou au cœur du tabou. Québec: Option Santé. [http://home.etu.unige.ch/~maneira4/fiche%20de%20lecture%20homme%20battu.pdf Résumé du livre ]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Bibliographie ==&lt;br /&gt;
Les lectures utilisées mais pas citées dans le travail final&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Bretonnière-Fraysse et al. (2001). &#039;&#039; De la violence conjugale à la violence parentale&#039;&#039;. Eres [[Résumé|Résumé du livre]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Jackson D., Welzer-Lang D. (1998). Violence et masculinité. Toulouse : imprimerie 34.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Office fédéral de la statistique : Aide aux victimes. Chiffres clés. http://www.bfs.admin.ch/bfs/portal/fr/index/themen/rechtspflege.html&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Rey, H. et al. (2006). Les violences conjugales: pour une clinique du réel. &#039;&#039; Journal International de Victimologie&#039;&#039;. Année 4, No 1. [[Résumé de l&#039;article]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Miguel</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Violence_conjugale:_De_la_femme_battue_%C3%A0_l%27homme_battu...&amp;diff=3991</id>
		<title>Violence conjugale: De la femme battue à l&#039;homme battu...</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Violence_conjugale:_De_la_femme_battue_%C3%A0_l%27homme_battu...&amp;diff=3991"/>
		<updated>2006-06-11T11:30:28Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Miguel : /* Introduction */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&#039;&#039;&#039;Membres du groupe&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Chantal Cornut&lt;br /&gt;
* Céline Pittet &lt;br /&gt;
* Jean-Christophe Contini&lt;br /&gt;
* Miguel Maneira &lt;br /&gt;
[mailto:maneira4@etu.unige.ch,contini2@etu.unige.ch,cepittet@hotmail.com,ch.cornut-piller@bluewin.ch Ecrire au groupe]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 [[L&#039;homme battu: le mâle...traité|Notre projet]]  |  [[Plan de recherche: Violence conjugale; un concept en mouvement|Notre plan de recherche]]  |  [[Espace de dialogue|Notre espace de dialogue]]  |  [[Trésorus de notre groupe|Notre île aux trésors]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Introduction ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Violence conjugale|La violence conjugale]] semble être de prime abord un phénomène bien connu de nos jours. Les médias rendent régulièrement compte de ses conséquences, bon nombre d’associations ont été créées pour répondre à l’appel des victimes, une loi sur la protection des victimes a été instaurée, beaucoup de thérapeutes œuvrent également dans ce domaine. Il est question, la plupart du temps, des violences subies par des femmes et exercées par des hommes, il est dans une moindre mesure, question de la [[Violence|violence]] exercée par des femmes contre des hommes. Ce dernier phénomène reste minoritaire cependant, et fait l’objet de nombreuses critiques. Bien souvent, les discours opposent des mouvements &amp;quot;  [[Féminisme|féministes]]&amp;quot; à des groupes &amp;quot; masculinistes &amp;quot;, les uns dénonçant sans cesse l’ineffable violence des hommes envers les femmes, les autres dénonçant cette vision de l’homme éternellement &amp;quot; agresseur &amp;quot;, allant jusqu’à affirmer que des hommes sont aussi des &amp;quot; victimes &amp;quot; et que la violence peut aussi être l’apanage des femmes. Ici apparaît le concept &amp;quot; d’hommes battus &amp;quot; que nous interrogerons et qui est apparu dès les années septante.  &lt;br /&gt;
Afin de prendre de la distance vis-à-vis de ces deux positions antagonistes, nous proposons d’étudier ce que disent certains auteurs sur la violence conjugale, à la fois sur la violence subie par les femmes et par les hommes. Nous proposons aussi une recherche axée sur des entretiens avec des hommes &amp;quot; victimes &amp;quot; et des professionnels de la violence conjugale. Nous étudierons également des sources statistiques issues de la Loi Fédérale sur l’aide aux victimes et de Amnesty internationale tout comme des revues spécialisées dans le domaine de la thérapie familiale et plus particulièrement les articles concernant la violence domestique. &lt;br /&gt;
La thèse générale de notre article est de démontrer par notre étude que les discours qui circulent sur la violence conjugale sont une construction qui circonscrit la violence dans des [[Stéréotype|stéréotypes]] caricaturaux stigmatisant à la fois les femmes en tant que victimes et les hommes comme agresseurs. De cette restriction découle la difficulté d’envisager l’existence d’hommes victimes de violence conjugale, et d’égale manière celle de femmes violentes. Cela a comme conséquence pour les personnes concernées un non-reconnaissance sociale, se manifestant par de forts préjugés à leur encontre, et de grandes lacunes institutionnelles. Nous montrerons aussi que les professionnels de la violence conjugale (médecins, thérapeutes) ont dépassé cette opposition et qu’ils désignent plus les acteurs de la violence conjugale à un niveau de co-responsabilité qui ne distingue pas le sexe des protagonistes pour rendre compte de ce phénomène. Il y a ainsi un écart entre les discours dominants et les discours des professionnels, écart perceptible dans l’étude de la littérature et dans l’examen des sources que constituent les revues &amp;quot; thérapie familiale &amp;quot;.&lt;br /&gt;
Enfin, nous proposons la thèse selon laquelle la violence conjugale reste un phénomène qui bien que connu de tous, reste difficile à appréhender dans notre société. En effet, nous montrerons qu’il existe des définitions similaires mais superficielles qui varient dans leur développement en fonction des positionnements et des valeurs de ceux qui les proposent. Les statistiques qui rendent compte de la violence conjugale proposent d’autre part des modalités qui ne permettent pas de distinguer précisément les victimes des agresseurs de manière précise et approfondie. Elles ne permettent pas d’affirmer avec précision que les hommes sont aussi victimes de violences, les modalités de [[Genre|genre]] n’étant pas assez développées dans la prise en compte statistique. Les hommes victimes existent, mais leur visibilité est très faible du fait que c’est un phénomène qui est en train d’émerger comme problème social.&lt;br /&gt;
Nous montrerons ainsi que la violence conjugale reste un phénomène complexe et confus dans ses définitions. Enfin, nous verrons que la violence conjugale reste un concept en mouvement sur le plan des institutions, qui proposent des possibilités de prise en charge nombreuses, mais néanmoins insuffisantes si l’on considère la prise en compte de la violence faite aux hommes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Revue de littérature ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous aborderons cette revue de littérature en suivant la chronologie même de notre questionnement et de notre cheminement, qui nous a conduit, en commençant part la découverte du concept de &amp;quot; l’homme battu &amp;quot;, à approfondir nos recherches au concept de la femme battue et à appréhender dès lors le problème social que constitue la violence conjugale, qui englobe les deux autres concepts. Nous avons ainsi privilégié dans nos recherches les ouvrages qui traiteraient spécifiquement de l’existence du concept même de &amp;quot; l’homme battu &amp;quot;, dans une actualité la plus récente possible. Nous nous sommes vite aperçus, que peu de littérature existait à ce sujet. Cependant, les ouvrages les plus récents (Torrent et Dallaire) font tous les deux référence à l’inscription du concept de l’homme battu dans celui de la violence conjugale. Nous avons dès lors élargi nos recherches dans ce domaine, toujours à la recherche du moindre élément concernant la violence faite aux hommes. D’autre part, nous avons voulu mettre en question les propositions faites par Dallaire et Torrent, en nous référant à d’autres auteurs qui portent un regard différent sur les acteurs, hommes ou femmes, de la violence conjugale. Notre attention s’est ainsi portée sur des notions concernant la désignation des acteurs en termes de victime et d’agresseur, et la désignation de ces mêmes termes de catégorie homme-femme. Enfin, nous avons cherché à contextualiser le phénomène de l’homme battu, en recherchant dans l’histoire de la violence conjugale, le moment où est apparu le concept de &amp;quot; l’homme battu &amp;quot;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sophie Torrent, dans son ouvrage sur l’homme battu (2001) met directement en question le fait qu’il existe au sein de la vie de couple une violence faite aux hommes, une violence souvent difficile à accepter, celle-ci allant à l’encontre de stéréotypes tels que celui qui considère que la femme est l’élément faible du couple et que l’homme en est le dominant. Dans la première partie de son livre, l’auteur tente tout d’abord d’expliquer ce phénomène atypique de l’homme battu, cet &amp;quot; impensable social &amp;quot; dit-elle. Elle analyse les différents types de violences (physique, sexuelle, psychologique, verbale et économique) pour ensuite orienter son analyse vers la notion de &amp;quot; rôles sociaux &amp;quot;. Elle montre comment l’homme violenté est agressé jusque dans les &amp;quot; facettes &amp;quot; qui font son identité. Pour elle &amp;quot; être battu invalide l’homme dans son appartenance à la catégorie sociale homme &amp;quot;. Dans la deuxième partie de son ouvrage, Torrent réfléchit sur les différentes stratégies élaborées par l’homme pour gérer des situations difficiles. Elle s’appuie notamment dans son travail de recherche sur des interviews réalisées avec des &amp;quot; hommes battus &amp;quot;. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est dans une considération assez proche qu’Yvon Dallaire (2002), thérapeute au Québec, aborde le phénomène de la violence faite aux hommes (La violence faite aux hommes. Une réalité taboue et complexe). Il nous rappelle le constat de l’existence ineffable de la violence dans l’humanité, violence souvent fortement médiatisée, mais selon lui, de manière incomplète. En effet, dit-il, notre attention ne serait attirée que vers une forme de violence, soit celle faite par les hommes contre les autres hommes (guerres, voies de fait, suicides), contre les femmes (violence conjugale, viol, meurtre, tueurs en série) et contre les enfants (violence infanticide, meurtre suivi de suicide). Pour Dallaire, une forme de violence a été occultée : la violence des femmes faite envers les femmes, les hommes et les enfants. Le propos de son texte est de démontrer d’une part que des femmes peuvent être tout autant violentes que des hommes, et que d’autre part, l’analyse de la violence conjugale s’inscrit dans un paradigme teinté de sexisme et de discrimination. Pour cet auteur, la violence conjugale ne se décline pas simplement sur le mode victime-agresseur, mais plutôt sur celui de victime-victime, de deux individus qui sont les co-créateurs d’une escalade débouchant sur l’explosion physique. Afin d’alimenter son propos, Yvon Dallaire met en lumière les stéréotypes et les préjugés qui circulent dans le discours commun : l’homme est un être violent, un abuseur d’enfants, un irresponsable, les hommes sont tous des obsédés sexuels, il sont tous infidèles, menteurs et manipulateurs. Dès lors, toute violence féminine est considérée comme relevant de la légitime défense, l’homme est ainsi rendu coupable de toute la violence conjugale. Précisons ici que l’auteur dénonce le discours d’influence féministe qui se déploie dans le contexte québécois. Son objectif est de connaître les réelles dimensions de la violence conjugale, plutôt que de rechercher un coupable à punir, toujours le même : l’homme. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’ouvrage de Bretonnière-Fraysse et al. (2001), incontournable pour notre sujet, propose quant à lui un autre regard qui positionne clairement les femmes en tant que victimes et les hommes comme agresseurs, sans nuances : &amp;quot; on le sait, la violence conjugale a toujours existé ; on le sait aussi : les victimes en sont les femmes et les auteurs, les hommes. Mais elle demeure encore cachée, honteuse, secrète &amp;quot;. Cet ouvrage prend un biais anthropologique et historique pour nous montrer la condition de victime de la femme à travers les époques passées et jusqu’à nos jours. Gillioz, De Puy et Ducret quant à elles (2000), font état des connaissances qui ont fait de la violence familiale et de la violence contre les femmes, un champ d’étude relativement nouveau dans les sciences sociales. Elles nous rappellent que jusque dans les années soixante, la société et avec elle les scientifiques vivent sur le mythe de la famille non violente. Cette dernière étant considérée comme rare et comme étant le fait d’individus déséquilibrés. Dans les années septante, sous l’influence de militantes féministes anglo-saxonnes qui ouvrent des refuges pour femmes battues et portent la question de la violence conjugale sur la place publique, ce phénomène jusque-là occulté est posé comme problème socio-politique. C’est dès lors que les sciences sociales vont s’y intéresser, à travers deux grands courants de recherche : des études portant sur la violence subie par les femmes au sein de la famille qui postulent, en se fondant sur les prémisses théoriques féministes, que cette violence est spécifique et qu’il est nécessaire de l’étudier indépendamment des autres types de violence familiale qui relèvent d’autres logiques. Le deuxième courant de recherche, issu de la sociologie de la famille, a pour objet la violence familiale et considère la société et ses institutions comme des systèmes consensuels qui embrassent dans la même problématique l’ensemble de la violence qui se déroule dans le cadre familial. Cet ouvrage mentionne également  les travaux de Strauss, Gelles et Steinmetz (1977), à partir desquels a été tiré l&#039;affirmation que les femmes sont aussi violentes que les hommes. C’est à ce moment qu’apparaît le concept du &amp;quot; mari battu &amp;quot;, des résultats tirés des statistiques de cette recherche, ont permis à l&#039;un des chercheurs de conclure que ce qui était le plus sous-estimé n’est pas la femme battue, mais le mari battu. La validité scientifique reste toutefois fortement contestée, nous en trouvons les arguments dans l’ouvrage de Gillioz, De Puy et Ducret. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Notre revue de littérature se conclut par l’approche systémique de Perrone et Nannini (1995) qui proposent leur livre comme un manuel à l’usage des professionnels appelés à intervenir auprès des familles. Leurs présupposés considèrent que la violence n’est pas un phénomène individuel, mais la manifestation d’un phénomène interactionnel. La violence est ainsi un mode particulier de communication entre partenaires qui sont tous impliqués et par là même responsables au sens interactionnel du terme. Comme Yvon Dallaire, les auteurs ne considèrent pas les acteurs de la violence conjugale en termes de &amp;quot; victime-agresseur &amp;quot;, ni en termes &amp;quot; hommes-femmes &amp;quot;. Les objectifs et les enjeux que ces deux auteurs proposent s’appuient sur l’idée que chacun doit devenir et se penser responsable de ses propres comportements. C’est également selon cette optique que certains &amp;quot; cliniciens &amp;quot; abordent en partie la question dans leur article (Rey, H et al. 2006). Contini 6 mai 2006 à 16:28 (MEST)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Problématique ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le questionnement qui est à l’origine de notre travail prend source dans la rencontre que nous avons faite d’un concept qui semble nouveau de prime abord : &amp;quot; l’homme battu &amp;quot;. Nous avons découvert ce concept dans l’ouvrage récemment publié de Sophie Torrent qui s’intitule &amp;quot; les hommes battus &amp;quot;. Ce livre met en lumière l’existence d’hommes victimes de violences exercées par des femmes à leur encontre, il interroge également les questions identitaires vécues par ces &amp;quot; nouvelles victimes &amp;quot; à travers la conduite de multiples entretiens. &lt;br /&gt;
Ces propos nous ont intrigués, parfois rendus perplexes et ont ainsi attisé notre curiosité. Nous avons dès lors entrepris des recherches bibliographiques qui nous permettraient de découvrir des discours proches des propos de Torrent. Nous avons ainsi constaté que ce &amp;quot; phénomène &amp;quot; des hommes battus était, dans une moindre mesure, relayé dans d’autres ouvrages qui l’inscrivaient dans le cadre plus large de la violence conjugale. Nos recherches livresques nous ont ainsi conduits à investiguer le corpus que nous avons constitué afin de tenter de répondre à la question principale qui guide notre recherche : comment le phénomène de &amp;quot; l’homme battu &amp;quot; s’inscrit-il dans le paradigme de la violence conjugale ? Les questions secondaires qui en découlent sont multiples : quand est-ce que ce concept est apparu ? Par qui a-t-il été développé ? Quels sont les discours qui relaient ce concept ou qui s’y opposent ? &lt;br /&gt;
Les éléments qui composent notre revue de littérature nous ont permis d’entrevoir certains points qui semblent être récurrents. Nous nous sommes ainsi aperçus que le concept d’ &amp;quot; hommes battus &amp;quot; se trouvait à chaque fois en tension avec celui de &amp;quot; femmes battues &amp;quot; dans le cadre de la violence conjugale que nous avons aussi essayé de définir. Nous nous sommes dès lors trouvés confrontés à deux discours contraires entre des groupes de pressions constitués autour de la &amp;quot; souffrance masculine &amp;quot; et les propos issus de certains discours féministes. Nous avons également constaté que cette opposition - que nous caractérisons grossièrement entre les deux discours – se dédouble d’une autre opposition dans la désignation des acteurs de la violence conjugale en  termes de victime et d’agresseur. Nous constatons que les acteurs sont ainsi stigmatisés, avec des stéréotypes qui désignent de manière massive l’homme comme étant un agresseur et la femme une victime.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Méthodologie ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En fonction des éléments de la problématique, l’objectif de notre recherche a consisté pour nous à y voir plus clair en tentant de répondre aux questions que nous nous posons. Afin de prendre une nécessaire distance vis-à-vis du regard que propose notre revue de littérature, nous avons choisi d’orienter nos recherches sur diverses sources d’informations différentes. Nous avons trouvé intéressant d’examiner si des statistiques existaient sur les &amp;quot; hommes battus &amp;quot; et sur les &amp;quot; femmes battues &amp;quot; et dès lors de voir si celles-ci pouvaient éclaircir notre questionnement. Nous avons aussi choisi de chercher des éléments dans une série de revue spécialisées dans la thérapie familiale, dès lors que le phénomène des &amp;quot; hommes battus &amp;quot; s’inscrit dans le cadre de la violence conjugale. De plus, pour avoir une vision plus globale nous avons aussi décidé de faire une revue d’articles de presse étudiant quelques articles récents. Enfin, nous avons opté pour une recherche mettant en œuvre la conduite de plusieurs entretiens auprès de professionnels de la prise en charge de la violence conjugale, ainsi qu’auprès de &amp;quot; victimes &amp;quot; qui accepteraient de nous apporter leur témoignage. Ces éléments correspondent à ce que l’on pourrait appeler la &amp;quot; recherche sur le terrain &amp;quot;. Nous avons aussi élargi notre revue de littérature en laissant une place pour l’étude des discours qui proviennent des divers professionnels spécialisés dans la thématique de la violence conjugale. Nos sources seront ainsi multiples : entretiens ; revue de presse ; statistiques ; revues spécialisées. &lt;br /&gt;
Notre analyse consistera à analyser les contenus du matériel récolté, en prenant pour point d’appui la désignation des acteurs de la violence conjugale, en termes de stéréotypes (stigmatisation) et dans une approche de &amp;quot; genre &amp;quot; étudiant les rapports sociaux hommes-femmes par rapport à cette thématique, ainsi que les rapports victimes-agresseurs qui s’y rattachent. &lt;br /&gt;
L’analyse devrait ainsi nous permettre de réunir des points de vue différents et ainsi de confirmer ou d’infirmer, voir de &amp;quot; tempérer &amp;quot; ce que nous avons développé dans la revue de littérature en fonction des auteurs choisis.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Résultats ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Aborder le problème social de la violence conjugale nous incite à faire un retour vers les années 1970. C’est à cette époque que l’on peut situer les premières recherches sur ce thème  mettant en question le mythe de la famille non violente. Les militantes féministes amènent la question de violence conjugale sur la place publique et le posent comme un problème socio-politique. La question de la violence est abordée comme conséquence des rapports de domination, c&#039;est-à-dire des effets de l’exercice d’une influence déterminante d’un groupe, les hommes, sur un autre, les femmes. Tout rapport de domination suppose, en effet, en dehors du rapport de pure violence, un système de justification visant à obtenir un minimum de &amp;quot;volonté d&#039;obéir&amp;quot; de la part des assujettis, note le Petit Robert.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les sciences humaines vont s’y intéresser à partir de là, et de nombreuses études sont entreprises dans les années 1970 et 1980 dans le but de décrire la violence domestique, de pouvoir la chiffrer, de chercher à l’expliquer, d’étudier ses conséquences sur les victimes, et d’examiner les réponses sociétales à ce problème.&lt;br /&gt;
Pourtant une des conclusions de la première étude de Straus et al.(1977) permet de dire que femmes et hommes admettent recourir à des tactiques de violence dans des situations de conflits. Et l’une des auteur-e-s, Steinmetz, ira jusqu’à tirer la conclusion de l’existence du « syndrome de l’homme battu ». Contesté dès sa sortie pour des insuffisances méthodologiques, la plupart de chercheurs et chercheuses renoncèrent à utiliser ce concept. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En Suisse une loi sur l’aide aux victimes permettra aux femmes victimes de violence conjugale d&#039;être reconnues, visibilées et aidés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette loi fédérale du 4 octobre 1991, entrée en vigueur le 1er janvier 1993, a pour but de fournir une aide efficace (conseils, la protection de la victime, la défense de ses droits dans la procédure pénale et l’indemnisation et la réparation morale) aux victimes d’infractions ou d’une atteinte directe à son intégrité corporelle, sexuelle ou psychique et à renforcer leurs droits. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Parmi les atteintes retenues par la loi nous pouvons retenir pour notre sujet d’analyse les violences domestiques,  lésions corporelles, viol, contrainte sexuelle, séquestration. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les centres de consultation « Lavi » sont instaurés dans chaque canton. La police est tenue d’informer les victimes de l’existence de ces centres et de leur transmettre les coordonnées de celle-ci (sur la base de son accord). L’aide immédiate et les prestations fournies directement par les centres sont gratuites. Lorsque la situation personnelle de la personne qui consulte le justifie, les centres de consultation prennent en charge d’autres frais (comme par exemple les frais médicaux, les frais d’avocat ou les frais de procédure). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
S’il est difficile de faire parler les statistiques, ici nous nous basons sur l’année 2004, ils donne toute de même une idée intéressante sur la question qui nous occupe, à savoir la violence féminine et masculine : une nette prédominance des femmes dans la consultation (75%), avec des auteurs présumés de sexe masculin (83.5), et l’existence d’une relation familiale, victime – agresseur (52,9%).  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Résultats et analyse partielle des entretiens ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est souvent question dans les chiffres, de comparer,  voire d’opposer, hommes et femmes face à la violence conjugale. En d’autres termes de démontrer que le premier est le bourreau et la deuxième la victime. Pour certains, la question des hommes battus ne recouvrirait pas la même problématique que celle des femmes battues. Pour certains auteurs, tel Yvon Dallaire, il semble que les stéréotypes de femme-victime et homme-agresseur affiliés aux rôles des acteurs, n’aident en rien à reconnaître la problématique. Alors que la femme est souvent vue comme une personne douce, fragile et protectrice. Les hommes, eux, sont reconnus comme des êtres forts, virils et courageux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;L’homme battu existe, nous l’avons rencontré&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour confronter les stéréotypes affiliés aux genres, nous avons cherché à interviewer des hommes battus. Paul et Luc (prénoms d’empreint) ont un point commun : leur passé d’homme maltraité. Ils ont été, tous les deux, physiquement battus par leur conjointe. Toutefois, il semblerait que la problématique de l’homme violenté intègre, dans sa forme globale, une autre forme de violence, une violence psychologique. Il ressort des entretiens que la forme physique ne semble pas être la forme de violence qui marque le plus. &lt;br /&gt;
Pour essayer de comprendre au mieux le vécu violenté de ces hommes et plus généralement de toute personne impliquée dans des relations violentes, nous avons questionné la littérature ainsi que des professionnels de terrain.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour la travailleuse sociale, Sophie Torrent (2001), « la nature de la violence [à l’égard de la gente masculine] et ses modes d’expression traduisent, dirait-on, une violence spécifiquement féminine, subtile, qui atteint l’intégrité psychique de l’homme.» (p.33). L’homme victime de violence psychologique semble atteint surtout dans sa masculinité, plus précisément dans la représentation de la masculinité qui lui a permis de construire son identité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Le harcèlement que j’ai vécu par cette femme tyran m’a amené à perdre, pendant quelques temps, mon identité masculine… C’était quoi être un homme ? Je ne savais plus faire l’amour comme il faut en quittant ma femme. J’ai du réapprendre à accepter de prendre du plaisir. » Luc&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;La violence ; une histoire d’homme ?&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Alors que nous venons de découvrir avec stupéfaction certaines réalités d’hommes maltraités par leur conjointe, comment traiter ces vérités face à notre idéal féminin construit ? Comment même penser à la violence des femmes, alors que celle que l’on exerce à leur égard est de loin la plus établie, la plus reconnue et de ce fait la plus portée par les médias ? De nos jours, la société reconnaît et prend en charge la femme violentée, qu&#039;en est-il de la femme violente ? &lt;br /&gt;
Il est commun d’entendre qu’une femme violente est une femme malade psychologiquement ou encore que cette dernière n’agresserait que pour se défendre. Pour la psychothérapeute Diane Chayer, ( citée par Ruel &amp;amp; Guéricolas, 1998), il semblerait qu’il n’y ait tout simplement pas de permission sociale à la violence des femmes. « La société dit qu’il est presque normal pour un homme d’être violent. Mais une femme violente, c’est une extraterrestre. » &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour Yvon Dallaire, « la femme violente peut ressentir de la fierté pour avoir battu plus fort qu’elle. Et la société ne la dénigre pas, elle cherche plutôt à la comprendre et à l’excuser, compatissant souvent à son sort. » (p26) A contrario, pour la responsable d’une structure acceuillant des femmes violentes, « celles et ceux qui passent de la parole aux actes souffrent, ils ont besoin d&#039;aide et y ont droit. Toutefois, la femme violente souffre de discrimination ; on ne veut pas lui reconnaître sa violence. » Il semblerait alors que, paradoxalement, la femme violente souffre des mêmes maux sociaux que l’homme maltraité. Une nouvelle fois, il semblerait que les stéréotypes, affiliés aux genres, décident de ce qui peut être acceptable ou pas.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Le statut de victime/agresseur&#039;&#039;&#039; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La responsable d’un établissement prenant en charge des femmes violentes nous apprend qu’il est difficile de tenir le fil rouge concernant les rôles de victime-agresseur. « On est là pour travailler sur la violence des femmes, en tant qu’auteures de violence et non en tant que victimes. Très souvent, ça dérape en justification des actes qui déplace la position d’agresseuse à celui de victime. » Il semble que souvent, l’agresseur se voit comme victime. Responsabiliser les acteurs(trices) de violence, c’est les aider à prendre conscience de leur violence. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Responsabilité dans la violence&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La question est partagée. Alors que pour beaucoup, la responsabilité de la violence doit être assumée par son auteur(e), pour d’autres, elle doit être partagée. En effet, pour Denis Châtelain, co-fondateur d’une association prenant en charge des auteur(e)s de violence, « il faut prendre en compte le potentiel de violence de la victime dans la compréhension de la dynamique ». Pour la responsable d’une association accueillant des femmes violentes, « il est impossible de faire un tel travail si l’on part du principe d’une co-responsabilité dans la réalisation de la violence. En effet, on ne peut pas se permettre de déraper sur l’aspect empathique et comprendre voir d’excuser l’acte de violence au nom d’un statut de victime reconnu. Pour nous, l’acte violent n’est pas excusable, il est inadmissible quelque soit sa source ou sa justification. Ce qui nous paraît important c’est de faire en sorte de ne plus jamais en avoir à arriver là. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;La prise en charge de la violence&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comment aborder la problématique de la violence conjugale et plus particulièrement celle des hommes maltraités et des femmes violentes ? Alors qu’Yvon Dallaire se demande si l’on « ne pourrait pas exploiter l’expertise des centres d’accueil pour femmes au profit des hommes battus et l’expertise des groupes d’entraide pour homme violents au profit des femmes violentes ? » (p29), la responsable d’une structure accueillant des femmes actrices de violence répond que « pour aider les femmes actrices de violence, il faut appliquer un traitement différencié. Les raisons étant parce qu’on n’éduque pas de la même façon une petite fille et un petit garçon, le rapport au féminin n’est pas le même. La violence masculine est légitimée. Par contre, on ne reconnaît pas ce droit à la femme. Cela étant dû aux stéréotypes de mère protectrice d’une part. » &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
(Le législateur prend en compte la situation des victimes, il estime qu’elles doivent être soutenues dans la procédure pénale, et également qu’elles ont droit à une indemnisation ou à une réparation morale (en fonction des revenus de la victime). )&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On peut constater également la reconnaissance par la société du statut de victime,  puisque les demandes, au nombre de 196 pour l’indemnisation et de 728 pour la réparation morale,  ont été traitées positivement. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La formation du personnel des centres Lavi : la loi mentionne des aides financières à la formation. Une formation spécifique « Lavi » a été instaurée et des formations complémentaires complètent la spécialisation de ces professionnels. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Violence domestique, une protection particulière : l’expulsion immédiate du domicile des personnes violentes, lesquelles ne peuvent plus réintégrer leur logement pendant une période déterminée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le 14 juin 2000, la Conseillère Ruth-Gaby Vermot-Mangold dépose une initiative parlementaire. Le Conseil fédéral  propose, en novembre 2005, un nouvel article 28b dans le code civil visant à protéger la victime de violence ou de harcèlement en lui donnant le droit de requérir le juge d’instruction d’interdire à l’auteur de l’atteinte de l’approcher, de fréquenter certains lieux ou de prendre contact avec elle. &lt;br /&gt;
Ce nouvel article 28b prévoit également l’institution par les cantons de centres d’informations et de consultation dans le but d’agir préventivement pour éviter la violence domestique et sa récidive. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Violence entre conjoint ou partenaire : poursuivie d’office depuis le 1 avril 2004&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le Conseil Fédéral  modifie le Code pénal en ce sens que les actes de violence domestique seront poursuivis d’office et non plus sur plainte de la victime. Le communiqué de presse est intéressant et nous donne un aperçu des changements sociaux intervenus : « il n’est plus question de tolérer la violence physique ou sexuelle exercée contre un conjoint ou un partenaire – dans un couple hétérosexuel ou homosexuel – sous prétexte qu’elle ne serait que de peu de gravité ou qu’elle relèverait de la sphère privée ». La contrainte sexuelle et le viol commis au sein du couple sont élevés au rang de délits poursuivis d’office.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Evolution des lois et violence conjugale.&lt;br /&gt;
Votée en 1991, la LAVI démontre que «  victime de violence » constitue maintenant  une déviance secondaire. Les plaignants sont identifiés, l’état institutionnalise leur prise en charge, les centres Lavi sont créés et les consultations augmentent au fil des années.   &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Néanmoins la notion de &amp;quot;violence conjugale&amp;quot; se fait discrète, le terme de violence domestique n’apparaît qu’avec le dépôt en 2002 de l’initiative parlementaire de Vermot-Mangold. En juin 2001 le Conseil Fédéral met en consultation le « projet élaboré par la Commission des affaires juridiques du Conseil national » et la notion de violence domestique fait partie des préoccupations reconnues officiellement. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous pouvons relever que les documents officiels font référence à une notion de victime qui n’est pas sexuée,  le mot « femme » n’y est pas accolé. Les termes utilisés « violence physique ou sexuelle exercée contre un conjoint ou un partenaire (…) dans un couple hétérosexuel ou homosexuel », « ordonner à une personne violente de quitter le domicile conjugal », « prévenir la récidive des agresseurs ». Dans les documents que j’ai parcouru sur le site de l’office fédéral de la justice sous la mention « aide aux victimes », je n’ai trouvé qu’une seule fois la mention spécifique « femme » : «  la violence domestique est aujourd’hui quotidienne dans notre société. Les femmes en sont souvent les victimes ». Dans tous les autres documents la violence domestique paraît neutre. Si le mot victime est féminin, les textes l’utilisent comme un élément générique. On peut en partie le comprendre par le fait que  la Lavi ne reçoit pas que des victimes de violences conjugales, mais également des victimes d’accidents de la route, d’attentats, d’enlèvement, de prise d’otage ou de brigandage.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Analyse ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Analyse des résultats&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour résumer, nous voici arrivés à un premier constat. Nous pouvons dire que la découverte de la violence conjugale et de ses effets a pour origine le questionnement du mouvement féministe, repris par des chercheur-e-s, qui ont confirmé et précisé le phénomène de la violence conjugale. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Autre découverte, la notion d’homme battu, que nous avions posé comme une construction récente, date des premières recherches sur ce domaine. Le syndrome de l’homme battu, développé  par une chercheuse du l’équipe de  Straus et al. a été un concept rapidement abandonné. Les défauts dans l’opérationnalisation du concept de violence, dans la méthode et dans l’interprétation des données de l’enquête effectuée à l’aide du Conflict Tactics Scales ont été largement reconnus. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comment se fait-il alors que des auteurs récents se saisissent du vocable « homme battu », partent à sa recherche, et le trouve ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour cela nous devons revenir à nouveau aux années 1970 et aux changements intervenus dans les places des hommes et des femmes. Ces dernières acquièrent un statut différent, elles deviennent citoyennes, accèdent au marché du travail et peuvent maîtriser leur fécondité. L’égalité homme – femme advient. A partir de là, le féminisme devient un mouvement social et politique pour l&#039;émancipation des femmes. Mais il va désigner aussi un corpus théorique qui va permettre aux sociologues de revisiter leurs différents champs d’études à travers la problématique des rapports sociaux de sexe.  Sous cet angle là, la violence conjugale prend un autre sens, elle est  rendue possible parce que les femmes ont moins de moyens, par conséquent moins de pouvoir, et parce que le genre féminin est dévalorisé par rapport au masculin. &lt;br /&gt;
Pierre Bourdieu a largement développé le fonctionnement des dominés et démontré comment ceux-ci ayant intégré le discours dominant « construisent ces relations de pouvoir du point de vue même de ceux qui y affirment leur domination… ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En Suisse, les statistiques 2004 issues des centres Lavi apportent des précisions chiffrées à cette forme de violence. Le taux de victimes de sexe féminins est important (75%),  le sexe masculin de l’auteur présumé révèle un pourcentage très élevé (83.5%) et pour 52.9% des consultants une relation familiale victime - agresseur existe. &lt;br /&gt;
Bien que la violence conjugale soit maintenant reconnue, des groupes sociaux la mettent en question. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les années 1980 une tension s’avive entre hommes et femmes.  Certains hommes pro féministes tiennent un discours optimiste concernant la constitution d&#039;une société nouvelle et égalitaire  et reconnaissent la domination masculine comme clé d&#039;un changement possible. &lt;br /&gt;
D&#039;autres hommes tiennent un discours alarmiste et insistent sur le malaise identitaire engendré par cette modification des rapports sociaux source de perte de repères. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A partir de là, des groupes d’hommes se forment autour, par exemple d’auteurs tels que Guy Cornaux au Canada, Jacques Salomé en France,  ou plus récemment Y. Dallaire qui avec John Goetelen a organisé le premier Congrès international de la condition masculine à Genève en 2003. Des mouvements pour la condition paternelle se créent afin de s’opposer à la garde des enfants accordée systématiquement à la mère en cas de divorce.  Le film récent « Le souffle du désert » de François Kohler, illustre ce phénomène de la recherche d’une identité masculine vécue comme problématique. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C&#039;est dans cette mouvance que nous trouvons aujourd&#039;hui les protagonistes d&#039;un détournement de la violence masculine au profit d&#039;une violence exercée contre les hommes par les femmes. ces détracteurs pourront s&#039;appuyer probablement dans les années à venir sur les modifications des images féminines, les stéréotypes de la femme douce et soumise ont tendance à s&#039;estomper. Et l&#039;on peut se demander si les jeunes femmes ne se permettront pas plus que par le passé d&#039;exprimer leurs sentiments de colère et violence, là où s&#039;exprimaient auparavant peut-être impuissance, tristesse et dépression. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Utilisateur:Cornut piller|Cornut piller]] 1 jun 2006 à 09:15 (MEST) ~~&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Difficultés&#039;&#039;&#039; (à mettre à la fin de l&#039;article ou dans la conclusion)[[Utilisateur:Celine|Celine]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le sujet que nous avons abordé tout au long de ce travail est délicat. Nous avons relevé le peu de neutralité émanant des sources existantes sur ce thème, chaque écrit représentant une certaine prise de position, quant à la causalité de la violence conjugale par exemple, ou les convictions cachées derrière l&#039;attribution de statuts victime-agresseur ou victime-victime.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette subjectivité rentre en interrelation avec notre sensibilité propre, individuelle, qui n&#039;est donc pas la même entre les personnes de notre groupe. Le fait que celui-ci soit constitué de deux femmes et deux hommes est très enrichissant, et même primordial quand l&#039;on s&#039;attèle à ce type de problématique. Néanmoins, cela implique un investissement conséquent en termes de discussion, explicitation des attentes et valeurs de chacun, en redéfinition continuelle de la problématique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans notre tentative d&#039;objectiver notre problématique, nous ne sommes que très peu aidés par les statistiques. Elles aussi disent ce qu&#039;elles ont envie de dire, et sont sans cesse remises en cause par des détracteurs. La conséquence en est qu&#039;aucune statistique ne sert vraiment de référence consensuelle dans la compréhension de la violence conjugale.Dans les statistiques policières, souvent la violence conjugale n&#039;est pas comptabilisée de manière séparée des autres délits de violence; dans d&#039;autres types de statistiques c&#039;est le genre qui n&#039;est pas retenu comme variable pertinente. En effet, derrière les chiffres, on découvre des définitions très variables de la violence: certains ne prennent en compte que la violence physique; d&#039;autres considèrent que de nombreux petits signes de nature verbale ou psychologique sont un pas dans l&#039;escalade de la violence, et les jugent donc de même poids que des coups. Entre ces deux extrêmes, toutes les variations sont présentes... &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est intéressant de relever à quel point certains chiffres sont médiatisés, afin d&#039;avoir un impact sur la population, alors que ces mêmes chiffres sont discutables au niveau statistique. &lt;br /&gt;
Pour conclure, nous nous sommes rendus compte que malgré une certaine médiatisation, qui n&#039;est pas si récente, de la violence conjugale, nous ne savons pas tellement de choses à ce sujet, ou plutôt il existe peu de consensus, voire la co-existence d&#039;approches inconciliables.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Conclusion ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
# Retour sur la problématiques, les questions de recherche&lt;br /&gt;
# Rappel des principaux résultats de recherche&lt;br /&gt;
# Autocritiques et perspectives&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Références bibliographiques ==&lt;br /&gt;
Les lectures citées dans le travail final&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Dallaire Y. (2002). La violence faite aux hommes. Une réalité tabou et complexe. Québéc: Options santé. [[Résumé du livre]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Gillioz L., De Puy J., Ducret V. (1997). Domination et violence envers la femme dans le couple. Lausanne : éditions Payot. [http://home.etu.unige.ch/~maneira4/R_sum__aeticle.doc Résumé de l&#039;article]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Ruel S. &amp;amp; Guéricolas P. (1998). La violence des femmes : derrière le masque. In Gazette des femmes Vol. 20. (no 4). (Novembre-Décembre 1998).[Version électronique]. Accès le 20 novembre 2005 : &lt;br /&gt;
http://www.gazettedesfemmes.com/recherche/?F=recherche&amp;amp;idt=10075&amp;amp;affart=2866&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Torrent S. (2001). L’homme battu, un tabou au cœur du tabou. Québec: Option Santé. [http://home.etu.unige.ch/~maneira4/fiche%20de%20lecture%20homme%20battu.pdf Résumé du livre ]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Bibliographie ==&lt;br /&gt;
Les lectures utilisées mais pas citées dans le travail final&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Bretonnière-Fraysse et al. (2001). &#039;&#039; De la violence conjugale à la violence parentale&#039;&#039;. Eres [[Résumé|Résumé du livre]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Jackson D., Welzer-Lang D. (1998). Violence et masculinité. Toulouse : imprimerie 34.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Office fédéral de la statistique : Aide aux victimes. Chiffres clés. http://www.bfs.admin.ch/bfs/portal/fr/index/themen/rechtspflege.html&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Rey, H. et al. (2006). Les violences conjugales: pour une clinique du réel. &#039;&#039; Journal International de Victimologie&#039;&#039;. Année 4, No 1. [[Résumé de l&#039;article]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Miguel</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Violence_conjugale:_De_la_femme_battue_%C3%A0_l%27homme_battu...&amp;diff=3990</id>
		<title>Violence conjugale: De la femme battue à l&#039;homme battu...</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Violence_conjugale:_De_la_femme_battue_%C3%A0_l%27homme_battu...&amp;diff=3990"/>
		<updated>2006-06-11T11:27:58Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Miguel : /* Introduction */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&#039;&#039;&#039;Membres du groupe&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Chantal Cornut&lt;br /&gt;
* Céline Pittet &lt;br /&gt;
* Jean-Christophe Contini&lt;br /&gt;
* Miguel Maneira &lt;br /&gt;
[mailto:maneira4@etu.unige.ch,contini2@etu.unige.ch,cepittet@hotmail.com,ch.cornut-piller@bluewin.ch Ecrire au groupe]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 [[L&#039;homme battu: le mâle...traité|Notre projet]]  |  [[Plan de recherche: Violence conjugale; un concept en mouvement|Notre plan de recherche]]  |  [[Espace de dialogue|Notre espace de dialogue]]  |  [[Trésorus de notre groupe|Notre île aux trésors]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Introduction ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Violence conjugale|La violence conjugale]] semble être de prime abord un phénomène bien connu de nos jours. Les médias rendent régulièrement compte de ses conséquences, bon nombre d’associations ont été créées pour répondre à l’appel des victimes, une loi sur la protection des victimes a été instaurée, beaucoup de thérapeutes œuvrent également dans ce domaine. Il est question, la plupart du temps, des violences subies par des femmes et exercées par des hommes, il est dans une moindre mesure, question de la [[Violence|violence]] exercée par des femmes contre des hommes. Ce dernier phénomène reste minoritaire cependant, et fait l’objet de nombreuses critiques. Bien souvent, les discours opposent des mouvements &amp;quot;  [[Féminisme|féministes]]&amp;quot; à des groupes &amp;quot; masculinistes &amp;quot;, les uns dénonçant sans cesse l’ineffable violence des hommes envers les femmes, les autres dénonçant cette vision de l’homme éternellement &amp;quot; agresseur &amp;quot;, allant jusqu’à affirmer que des hommes sont aussi des &amp;quot; victimes &amp;quot; et que la violence peut aussi être l’apanage des femmes. Ici apparaît le concept &amp;quot; d’hommes battus &amp;quot; que nous interrogerons et qui est apparu dès les années septante.  &lt;br /&gt;
Afin de prendre de la distance vis-à-vis de ces deux positions antagonistes, nous proposons d’étudier ce que disent certains auteurs sur la violence conjugale, à la fois sur la violence subie par les femmes et par les hommes. Nous proposons aussi une recherche axée sur des entretiens avec des hommes &amp;quot; victimes &amp;quot; et des professionnels de la violence conjugale. Nous étudierons également des sources statistiques issues de la Loi Fédérale sur l’aide aux victimes et de Amnesty internationale tout comme des revues spécialisées dans le domaine de la thérapie familiale et plus particulièrement les articles concernant la violence domestique. &lt;br /&gt;
La thèse générale de notre article est de démontrer par notre étude que les discours qui circulent sur la violence conjugale sont une construction qui circonscrit la violence dans des [[Stéréotype|stéréotypes]] caricaturaux stigmatisant à la fois les femmes en tant que victimes et les hommes comme agresseurs. De cette restriction découle la difficulté d’envisager l’existence d’hommes victimes de violence conjugale, et d’égale manière celle de femmes violentes. Cela a comme conséquence pour les personnes concernées un non-reconnaissance sociale, se manifestant par de forts préjugés à leur encontre, et de grandes lacunes institutionnelles. Nous montrerons aussi que les professionnels de la violence conjugale (médecins, thérapeutes) ont dépassé cette opposition et qu’ils désignent plus les acteurs de la violence conjugale à un niveau de co-responsabilité qui ne distingue pas le sexe des protagonistes pour rendre compte de ce phénomène. Il y a ainsi un écart entre les discours dominants et les discours des professionnels, écart perceptible dans l’étude de la littérature et dans l’examen des sources que constituent les revues &amp;quot; thérapie familiale &amp;quot;.&lt;br /&gt;
Enfin, nous proposons la thèse selon laquelle la violence conjugale reste un phénomène qui bien que connu de tous, reste difficile à appréhender dans notre société. En effet, nous montrerons qu’il existe des définitions similaires mais superficielles qui varient dans leur développement en fonction des positionnements et des valeurs de ceux qui les proposent. Les statistiques qui rendent compte de la violence conjugale proposent d’autre part des modalités qui ne permettent pas de distinguer précisément les victimes des agresseurs de manière précise et approfondie. Elles ne permettent pas d’affirmer avec précision que les hommes sont aussi victimes de violences, les modalités de genre n’étant pas assez développées dans la prise en compte statistique. Les hommes victimes existent, mais leur visibilité est très faible du fait que c’est un phénomène qui est en train d’émerger comme problème social.&lt;br /&gt;
Nous montrerons ainsi que la violence conjugale reste un phénomène complexe et confus dans ses définitions. Enfin, nous verrons que la violence conjugale reste un concept en mouvement sur le plan des institutions, qui proposent des possibilités de prise en charge nombreuses, mais néanmoins insuffisantes si l’on considère la prise en compte de la violence faite aux hommes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Revue de littérature ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous aborderons cette revue de littérature en suivant la chronologie même de notre questionnement et de notre cheminement, qui nous a conduit, en commençant part la découverte du concept de &amp;quot; l’homme battu &amp;quot;, à approfondir nos recherches au concept de la femme battue et à appréhender dès lors le problème social que constitue la violence conjugale, qui englobe les deux autres concepts. Nous avons ainsi privilégié dans nos recherches les ouvrages qui traiteraient spécifiquement de l’existence du concept même de &amp;quot; l’homme battu &amp;quot;, dans une actualité la plus récente possible. Nous nous sommes vite aperçus, que peu de littérature existait à ce sujet. Cependant, les ouvrages les plus récents (Torrent et Dallaire) font tous les deux référence à l’inscription du concept de l’homme battu dans celui de la violence conjugale. Nous avons dès lors élargi nos recherches dans ce domaine, toujours à la recherche du moindre élément concernant la violence faite aux hommes. D’autre part, nous avons voulu mettre en question les propositions faites par Dallaire et Torrent, en nous référant à d’autres auteurs qui portent un regard différent sur les acteurs, hommes ou femmes, de la violence conjugale. Notre attention s’est ainsi portée sur des notions concernant la désignation des acteurs en termes de victime et d’agresseur, et la désignation de ces mêmes termes de catégorie homme-femme. Enfin, nous avons cherché à contextualiser le phénomène de l’homme battu, en recherchant dans l’histoire de la violence conjugale, le moment où est apparu le concept de &amp;quot; l’homme battu &amp;quot;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sophie Torrent, dans son ouvrage sur l’homme battu (2001) met directement en question le fait qu’il existe au sein de la vie de couple une violence faite aux hommes, une violence souvent difficile à accepter, celle-ci allant à l’encontre de stéréotypes tels que celui qui considère que la femme est l’élément faible du couple et que l’homme en est le dominant. Dans la première partie de son livre, l’auteur tente tout d’abord d’expliquer ce phénomène atypique de l’homme battu, cet &amp;quot; impensable social &amp;quot; dit-elle. Elle analyse les différents types de violences (physique, sexuelle, psychologique, verbale et économique) pour ensuite orienter son analyse vers la notion de &amp;quot; rôles sociaux &amp;quot;. Elle montre comment l’homme violenté est agressé jusque dans les &amp;quot; facettes &amp;quot; qui font son identité. Pour elle &amp;quot; être battu invalide l’homme dans son appartenance à la catégorie sociale homme &amp;quot;. Dans la deuxième partie de son ouvrage, Torrent réfléchit sur les différentes stratégies élaborées par l’homme pour gérer des situations difficiles. Elle s’appuie notamment dans son travail de recherche sur des interviews réalisées avec des &amp;quot; hommes battus &amp;quot;. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est dans une considération assez proche qu’Yvon Dallaire (2002), thérapeute au Québec, aborde le phénomène de la violence faite aux hommes (La violence faite aux hommes. Une réalité taboue et complexe). Il nous rappelle le constat de l’existence ineffable de la violence dans l’humanité, violence souvent fortement médiatisée, mais selon lui, de manière incomplète. En effet, dit-il, notre attention ne serait attirée que vers une forme de violence, soit celle faite par les hommes contre les autres hommes (guerres, voies de fait, suicides), contre les femmes (violence conjugale, viol, meurtre, tueurs en série) et contre les enfants (violence infanticide, meurtre suivi de suicide). Pour Dallaire, une forme de violence a été occultée : la violence des femmes faite envers les femmes, les hommes et les enfants. Le propos de son texte est de démontrer d’une part que des femmes peuvent être tout autant violentes que des hommes, et que d’autre part, l’analyse de la violence conjugale s’inscrit dans un paradigme teinté de sexisme et de discrimination. Pour cet auteur, la violence conjugale ne se décline pas simplement sur le mode victime-agresseur, mais plutôt sur celui de victime-victime, de deux individus qui sont les co-créateurs d’une escalade débouchant sur l’explosion physique. Afin d’alimenter son propos, Yvon Dallaire met en lumière les stéréotypes et les préjugés qui circulent dans le discours commun : l’homme est un être violent, un abuseur d’enfants, un irresponsable, les hommes sont tous des obsédés sexuels, il sont tous infidèles, menteurs et manipulateurs. Dès lors, toute violence féminine est considérée comme relevant de la légitime défense, l’homme est ainsi rendu coupable de toute la violence conjugale. Précisons ici que l’auteur dénonce le discours d’influence féministe qui se déploie dans le contexte québécois. Son objectif est de connaître les réelles dimensions de la violence conjugale, plutôt que de rechercher un coupable à punir, toujours le même : l’homme. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’ouvrage de Bretonnière-Fraysse et al. (2001), incontournable pour notre sujet, propose quant à lui un autre regard qui positionne clairement les femmes en tant que victimes et les hommes comme agresseurs, sans nuances : &amp;quot; on le sait, la violence conjugale a toujours existé ; on le sait aussi : les victimes en sont les femmes et les auteurs, les hommes. Mais elle demeure encore cachée, honteuse, secrète &amp;quot;. Cet ouvrage prend un biais anthropologique et historique pour nous montrer la condition de victime de la femme à travers les époques passées et jusqu’à nos jours. Gillioz, De Puy et Ducret quant à elles (2000), font état des connaissances qui ont fait de la violence familiale et de la violence contre les femmes, un champ d’étude relativement nouveau dans les sciences sociales. Elles nous rappellent que jusque dans les années soixante, la société et avec elle les scientifiques vivent sur le mythe de la famille non violente. Cette dernière étant considérée comme rare et comme étant le fait d’individus déséquilibrés. Dans les années septante, sous l’influence de militantes féministes anglo-saxonnes qui ouvrent des refuges pour femmes battues et portent la question de la violence conjugale sur la place publique, ce phénomène jusque-là occulté est posé comme problème socio-politique. C’est dès lors que les sciences sociales vont s’y intéresser, à travers deux grands courants de recherche : des études portant sur la violence subie par les femmes au sein de la famille qui postulent, en se fondant sur les prémisses théoriques féministes, que cette violence est spécifique et qu’il est nécessaire de l’étudier indépendamment des autres types de violence familiale qui relèvent d’autres logiques. Le deuxième courant de recherche, issu de la sociologie de la famille, a pour objet la violence familiale et considère la société et ses institutions comme des systèmes consensuels qui embrassent dans la même problématique l’ensemble de la violence qui se déroule dans le cadre familial. Cet ouvrage mentionne également  les travaux de Strauss, Gelles et Steinmetz (1977), à partir desquels a été tiré l&#039;affirmation que les femmes sont aussi violentes que les hommes. C’est à ce moment qu’apparaît le concept du &amp;quot; mari battu &amp;quot;, des résultats tirés des statistiques de cette recherche, ont permis à l&#039;un des chercheurs de conclure que ce qui était le plus sous-estimé n’est pas la femme battue, mais le mari battu. La validité scientifique reste toutefois fortement contestée, nous en trouvons les arguments dans l’ouvrage de Gillioz, De Puy et Ducret. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Notre revue de littérature se conclut par l’approche systémique de Perrone et Nannini (1995) qui proposent leur livre comme un manuel à l’usage des professionnels appelés à intervenir auprès des familles. Leurs présupposés considèrent que la violence n’est pas un phénomène individuel, mais la manifestation d’un phénomène interactionnel. La violence est ainsi un mode particulier de communication entre partenaires qui sont tous impliqués et par là même responsables au sens interactionnel du terme. Comme Yvon Dallaire, les auteurs ne considèrent pas les acteurs de la violence conjugale en termes de &amp;quot; victime-agresseur &amp;quot;, ni en termes &amp;quot; hommes-femmes &amp;quot;. Les objectifs et les enjeux que ces deux auteurs proposent s’appuient sur l’idée que chacun doit devenir et se penser responsable de ses propres comportements. C’est également selon cette optique que certains &amp;quot; cliniciens &amp;quot; abordent en partie la question dans leur article (Rey, H et al. 2006). Contini 6 mai 2006 à 16:28 (MEST)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Problématique ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le questionnement qui est à l’origine de notre travail prend source dans la rencontre que nous avons faite d’un concept qui semble nouveau de prime abord : &amp;quot; l’homme battu &amp;quot;. Nous avons découvert ce concept dans l’ouvrage récemment publié de Sophie Torrent qui s’intitule &amp;quot; les hommes battus &amp;quot;. Ce livre met en lumière l’existence d’hommes victimes de violences exercées par des femmes à leur encontre, il interroge également les questions identitaires vécues par ces &amp;quot; nouvelles victimes &amp;quot; à travers la conduite de multiples entretiens. &lt;br /&gt;
Ces propos nous ont intrigués, parfois rendus perplexes et ont ainsi attisé notre curiosité. Nous avons dès lors entrepris des recherches bibliographiques qui nous permettraient de découvrir des discours proches des propos de Torrent. Nous avons ainsi constaté que ce &amp;quot; phénomène &amp;quot; des hommes battus était, dans une moindre mesure, relayé dans d’autres ouvrages qui l’inscrivaient dans le cadre plus large de la violence conjugale. Nos recherches livresques nous ont ainsi conduits à investiguer le corpus que nous avons constitué afin de tenter de répondre à la question principale qui guide notre recherche : comment le phénomène de &amp;quot; l’homme battu &amp;quot; s’inscrit-il dans le paradigme de la violence conjugale ? Les questions secondaires qui en découlent sont multiples : quand est-ce que ce concept est apparu ? Par qui a-t-il été développé ? Quels sont les discours qui relaient ce concept ou qui s’y opposent ? &lt;br /&gt;
Les éléments qui composent notre revue de littérature nous ont permis d’entrevoir certains points qui semblent être récurrents. Nous nous sommes ainsi aperçus que le concept d’ &amp;quot; hommes battus &amp;quot; se trouvait à chaque fois en tension avec celui de &amp;quot; femmes battues &amp;quot; dans le cadre de la violence conjugale que nous avons aussi essayé de définir. Nous nous sommes dès lors trouvés confrontés à deux discours contraires entre des groupes de pressions constitués autour de la &amp;quot; souffrance masculine &amp;quot; et les propos issus de certains discours féministes. Nous avons également constaté que cette opposition - que nous caractérisons grossièrement entre les deux discours – se dédouble d’une autre opposition dans la désignation des acteurs de la violence conjugale en  termes de victime et d’agresseur. Nous constatons que les acteurs sont ainsi stigmatisés, avec des stéréotypes qui désignent de manière massive l’homme comme étant un agresseur et la femme une victime.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Méthodologie ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En fonction des éléments de la problématique, l’objectif de notre recherche a consisté pour nous à y voir plus clair en tentant de répondre aux questions que nous nous posons. Afin de prendre une nécessaire distance vis-à-vis du regard que propose notre revue de littérature, nous avons choisi d’orienter nos recherches sur diverses sources d’informations différentes. Nous avons trouvé intéressant d’examiner si des statistiques existaient sur les &amp;quot; hommes battus &amp;quot; et sur les &amp;quot; femmes battues &amp;quot; et dès lors de voir si celles-ci pouvaient éclaircir notre questionnement. Nous avons aussi choisi de chercher des éléments dans une série de revue spécialisées dans la thérapie familiale, dès lors que le phénomène des &amp;quot; hommes battus &amp;quot; s’inscrit dans le cadre de la violence conjugale. De plus, pour avoir une vision plus globale nous avons aussi décidé de faire une revue d’articles de presse étudiant quelques articles récents. Enfin, nous avons opté pour une recherche mettant en œuvre la conduite de plusieurs entretiens auprès de professionnels de la prise en charge de la violence conjugale, ainsi qu’auprès de &amp;quot; victimes &amp;quot; qui accepteraient de nous apporter leur témoignage. Ces éléments correspondent à ce que l’on pourrait appeler la &amp;quot; recherche sur le terrain &amp;quot;. Nous avons aussi élargi notre revue de littérature en laissant une place pour l’étude des discours qui proviennent des divers professionnels spécialisés dans la thématique de la violence conjugale. Nos sources seront ainsi multiples : entretiens ; revue de presse ; statistiques ; revues spécialisées. &lt;br /&gt;
Notre analyse consistera à analyser les contenus du matériel récolté, en prenant pour point d’appui la désignation des acteurs de la violence conjugale, en termes de stéréotypes (stigmatisation) et dans une approche de &amp;quot; genre &amp;quot; étudiant les rapports sociaux hommes-femmes par rapport à cette thématique, ainsi que les rapports victimes-agresseurs qui s’y rattachent. &lt;br /&gt;
L’analyse devrait ainsi nous permettre de réunir des points de vue différents et ainsi de confirmer ou d’infirmer, voir de &amp;quot; tempérer &amp;quot; ce que nous avons développé dans la revue de littérature en fonction des auteurs choisis.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Résultats ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Aborder le problème social de la violence conjugale nous incite à faire un retour vers les années 1970. C’est à cette époque que l’on peut situer les premières recherches sur ce thème  mettant en question le mythe de la famille non violente. Les militantes féministes amènent la question de violence conjugale sur la place publique et le posent comme un problème socio-politique. La question de la violence est abordée comme conséquence des rapports de domination, c&#039;est-à-dire des effets de l’exercice d’une influence déterminante d’un groupe, les hommes, sur un autre, les femmes. Tout rapport de domination suppose, en effet, en dehors du rapport de pure violence, un système de justification visant à obtenir un minimum de &amp;quot;volonté d&#039;obéir&amp;quot; de la part des assujettis, note le Petit Robert.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les sciences humaines vont s’y intéresser à partir de là, et de nombreuses études sont entreprises dans les années 1970 et 1980 dans le but de décrire la violence domestique, de pouvoir la chiffrer, de chercher à l’expliquer, d’étudier ses conséquences sur les victimes, et d’examiner les réponses sociétales à ce problème.&lt;br /&gt;
Pourtant une des conclusions de la première étude de Straus et al.(1977) permet de dire que femmes et hommes admettent recourir à des tactiques de violence dans des situations de conflits. Et l’une des auteur-e-s, Steinmetz, ira jusqu’à tirer la conclusion de l’existence du « syndrome de l’homme battu ». Contesté dès sa sortie pour des insuffisances méthodologiques, la plupart de chercheurs et chercheuses renoncèrent à utiliser ce concept. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En Suisse une loi sur l’aide aux victimes permettra aux femmes victimes de violence conjugale d&#039;être reconnues, visibilées et aidés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette loi fédérale du 4 octobre 1991, entrée en vigueur le 1er janvier 1993, a pour but de fournir une aide efficace (conseils, la protection de la victime, la défense de ses droits dans la procédure pénale et l’indemnisation et la réparation morale) aux victimes d’infractions ou d’une atteinte directe à son intégrité corporelle, sexuelle ou psychique et à renforcer leurs droits. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Parmi les atteintes retenues par la loi nous pouvons retenir pour notre sujet d’analyse les violences domestiques,  lésions corporelles, viol, contrainte sexuelle, séquestration. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les centres de consultation « Lavi » sont instaurés dans chaque canton. La police est tenue d’informer les victimes de l’existence de ces centres et de leur transmettre les coordonnées de celle-ci (sur la base de son accord). L’aide immédiate et les prestations fournies directement par les centres sont gratuites. Lorsque la situation personnelle de la personne qui consulte le justifie, les centres de consultation prennent en charge d’autres frais (comme par exemple les frais médicaux, les frais d’avocat ou les frais de procédure). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
S’il est difficile de faire parler les statistiques, ici nous nous basons sur l’année 2004, ils donne toute de même une idée intéressante sur la question qui nous occupe, à savoir la violence féminine et masculine : une nette prédominance des femmes dans la consultation (75%), avec des auteurs présumés de sexe masculin (83.5), et l’existence d’une relation familiale, victime – agresseur (52,9%).  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Résultats et analyse partielle des entretiens ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est souvent question dans les chiffres, de comparer,  voire d’opposer, hommes et femmes face à la violence conjugale. En d’autres termes de démontrer que le premier est le bourreau et la deuxième la victime. Pour certains, la question des hommes battus ne recouvrirait pas la même problématique que celle des femmes battues. Pour certains auteurs, tel Yvon Dallaire, il semble que les stéréotypes de femme-victime et homme-agresseur affiliés aux rôles des acteurs, n’aident en rien à reconnaître la problématique. Alors que la femme est souvent vue comme une personne douce, fragile et protectrice. Les hommes, eux, sont reconnus comme des êtres forts, virils et courageux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;L’homme battu existe, nous l’avons rencontré&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour confronter les stéréotypes affiliés aux genres, nous avons cherché à interviewer des hommes battus. Paul et Luc (prénoms d’empreint) ont un point commun : leur passé d’homme maltraité. Ils ont été, tous les deux, physiquement battus par leur conjointe. Toutefois, il semblerait que la problématique de l’homme violenté intègre, dans sa forme globale, une autre forme de violence, une violence psychologique. Il ressort des entretiens que la forme physique ne semble pas être la forme de violence qui marque le plus. &lt;br /&gt;
Pour essayer de comprendre au mieux le vécu violenté de ces hommes et plus généralement de toute personne impliquée dans des relations violentes, nous avons questionné la littérature ainsi que des professionnels de terrain.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour la travailleuse sociale, Sophie Torrent (2001), « la nature de la violence [à l’égard de la gente masculine] et ses modes d’expression traduisent, dirait-on, une violence spécifiquement féminine, subtile, qui atteint l’intégrité psychique de l’homme.» (p.33). L’homme victime de violence psychologique semble atteint surtout dans sa masculinité, plus précisément dans la représentation de la masculinité qui lui a permis de construire son identité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Le harcèlement que j’ai vécu par cette femme tyran m’a amené à perdre, pendant quelques temps, mon identité masculine… C’était quoi être un homme ? Je ne savais plus faire l’amour comme il faut en quittant ma femme. J’ai du réapprendre à accepter de prendre du plaisir. » Luc&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;La violence ; une histoire d’homme ?&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Alors que nous venons de découvrir avec stupéfaction certaines réalités d’hommes maltraités par leur conjointe, comment traiter ces vérités face à notre idéal féminin construit ? Comment même penser à la violence des femmes, alors que celle que l’on exerce à leur égard est de loin la plus établie, la plus reconnue et de ce fait la plus portée par les médias ? De nos jours, la société reconnaît et prend en charge la femme violentée, qu&#039;en est-il de la femme violente ? &lt;br /&gt;
Il est commun d’entendre qu’une femme violente est une femme malade psychologiquement ou encore que cette dernière n’agresserait que pour se défendre. Pour la psychothérapeute Diane Chayer, ( citée par Ruel &amp;amp; Guéricolas, 1998), il semblerait qu’il n’y ait tout simplement pas de permission sociale à la violence des femmes. « La société dit qu’il est presque normal pour un homme d’être violent. Mais une femme violente, c’est une extraterrestre. » &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour Yvon Dallaire, « la femme violente peut ressentir de la fierté pour avoir battu plus fort qu’elle. Et la société ne la dénigre pas, elle cherche plutôt à la comprendre et à l’excuser, compatissant souvent à son sort. » (p26) A contrario, pour la responsable d’une structure acceuillant des femmes violentes, « celles et ceux qui passent de la parole aux actes souffrent, ils ont besoin d&#039;aide et y ont droit. Toutefois, la femme violente souffre de discrimination ; on ne veut pas lui reconnaître sa violence. » Il semblerait alors que, paradoxalement, la femme violente souffre des mêmes maux sociaux que l’homme maltraité. Une nouvelle fois, il semblerait que les stéréotypes, affiliés aux genres, décident de ce qui peut être acceptable ou pas.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Le statut de victime/agresseur&#039;&#039;&#039; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La responsable d’un établissement prenant en charge des femmes violentes nous apprend qu’il est difficile de tenir le fil rouge concernant les rôles de victime-agresseur. « On est là pour travailler sur la violence des femmes, en tant qu’auteures de violence et non en tant que victimes. Très souvent, ça dérape en justification des actes qui déplace la position d’agresseuse à celui de victime. » Il semble que souvent, l’agresseur se voit comme victime. Responsabiliser les acteurs(trices) de violence, c’est les aider à prendre conscience de leur violence. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Responsabilité dans la violence&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La question est partagée. Alors que pour beaucoup, la responsabilité de la violence doit être assumée par son auteur(e), pour d’autres, elle doit être partagée. En effet, pour Denis Châtelain, co-fondateur d’une association prenant en charge des auteur(e)s de violence, « il faut prendre en compte le potentiel de violence de la victime dans la compréhension de la dynamique ». Pour la responsable d’une association accueillant des femmes violentes, « il est impossible de faire un tel travail si l’on part du principe d’une co-responsabilité dans la réalisation de la violence. En effet, on ne peut pas se permettre de déraper sur l’aspect empathique et comprendre voir d’excuser l’acte de violence au nom d’un statut de victime reconnu. Pour nous, l’acte violent n’est pas excusable, il est inadmissible quelque soit sa source ou sa justification. Ce qui nous paraît important c’est de faire en sorte de ne plus jamais en avoir à arriver là. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;La prise en charge de la violence&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comment aborder la problématique de la violence conjugale et plus particulièrement celle des hommes maltraités et des femmes violentes ? Alors qu’Yvon Dallaire se demande si l’on « ne pourrait pas exploiter l’expertise des centres d’accueil pour femmes au profit des hommes battus et l’expertise des groupes d’entraide pour homme violents au profit des femmes violentes ? » (p29), la responsable d’une structure accueillant des femmes actrices de violence répond que « pour aider les femmes actrices de violence, il faut appliquer un traitement différencié. Les raisons étant parce qu’on n’éduque pas de la même façon une petite fille et un petit garçon, le rapport au féminin n’est pas le même. La violence masculine est légitimée. Par contre, on ne reconnaît pas ce droit à la femme. Cela étant dû aux stéréotypes de mère protectrice d’une part. » &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
(Le législateur prend en compte la situation des victimes, il estime qu’elles doivent être soutenues dans la procédure pénale, et également qu’elles ont droit à une indemnisation ou à une réparation morale (en fonction des revenus de la victime). )&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On peut constater également la reconnaissance par la société du statut de victime,  puisque les demandes, au nombre de 196 pour l’indemnisation et de 728 pour la réparation morale,  ont été traitées positivement. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La formation du personnel des centres Lavi : la loi mentionne des aides financières à la formation. Une formation spécifique « Lavi » a été instaurée et des formations complémentaires complètent la spécialisation de ces professionnels. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Violence domestique, une protection particulière : l’expulsion immédiate du domicile des personnes violentes, lesquelles ne peuvent plus réintégrer leur logement pendant une période déterminée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le 14 juin 2000, la Conseillère Ruth-Gaby Vermot-Mangold dépose une initiative parlementaire. Le Conseil fédéral  propose, en novembre 2005, un nouvel article 28b dans le code civil visant à protéger la victime de violence ou de harcèlement en lui donnant le droit de requérir le juge d’instruction d’interdire à l’auteur de l’atteinte de l’approcher, de fréquenter certains lieux ou de prendre contact avec elle. &lt;br /&gt;
Ce nouvel article 28b prévoit également l’institution par les cantons de centres d’informations et de consultation dans le but d’agir préventivement pour éviter la violence domestique et sa récidive. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Violence entre conjoint ou partenaire : poursuivie d’office depuis le 1 avril 2004&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le Conseil Fédéral  modifie le Code pénal en ce sens que les actes de violence domestique seront poursuivis d’office et non plus sur plainte de la victime. Le communiqué de presse est intéressant et nous donne un aperçu des changements sociaux intervenus : « il n’est plus question de tolérer la violence physique ou sexuelle exercée contre un conjoint ou un partenaire – dans un couple hétérosexuel ou homosexuel – sous prétexte qu’elle ne serait que de peu de gravité ou qu’elle relèverait de la sphère privée ». La contrainte sexuelle et le viol commis au sein du couple sont élevés au rang de délits poursuivis d’office.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Evolution des lois et violence conjugale.&lt;br /&gt;
Votée en 1991, la LAVI démontre que «  victime de violence » constitue maintenant  une déviance secondaire. Les plaignants sont identifiés, l’état institutionnalise leur prise en charge, les centres Lavi sont créés et les consultations augmentent au fil des années.   &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Néanmoins la notion de &amp;quot;violence conjugale&amp;quot; se fait discrète, le terme de violence domestique n’apparaît qu’avec le dépôt en 2002 de l’initiative parlementaire de Vermot-Mangold. En juin 2001 le Conseil Fédéral met en consultation le « projet élaboré par la Commission des affaires juridiques du Conseil national » et la notion de violence domestique fait partie des préoccupations reconnues officiellement. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous pouvons relever que les documents officiels font référence à une notion de victime qui n’est pas sexuée,  le mot « femme » n’y est pas accolé. Les termes utilisés « violence physique ou sexuelle exercée contre un conjoint ou un partenaire (…) dans un couple hétérosexuel ou homosexuel », « ordonner à une personne violente de quitter le domicile conjugal », « prévenir la récidive des agresseurs ». Dans les documents que j’ai parcouru sur le site de l’office fédéral de la justice sous la mention « aide aux victimes », je n’ai trouvé qu’une seule fois la mention spécifique « femme » : «  la violence domestique est aujourd’hui quotidienne dans notre société. Les femmes en sont souvent les victimes ». Dans tous les autres documents la violence domestique paraît neutre. Si le mot victime est féminin, les textes l’utilisent comme un élément générique. On peut en partie le comprendre par le fait que  la Lavi ne reçoit pas que des victimes de violences conjugales, mais également des victimes d’accidents de la route, d’attentats, d’enlèvement, de prise d’otage ou de brigandage.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Analyse ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Analyse des résultats&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour résumer, nous voici arrivés à un premier constat. Nous pouvons dire que la découverte de la violence conjugale et de ses effets a pour origine le questionnement du mouvement féministe, repris par des chercheur-e-s, qui ont confirmé et précisé le phénomène de la violence conjugale. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Autre découverte, la notion d’homme battu, que nous avions posé comme une construction récente, date des premières recherches sur ce domaine. Le syndrome de l’homme battu, développé  par une chercheuse du l’équipe de  Straus et al. a été un concept rapidement abandonné. Les défauts dans l’opérationnalisation du concept de violence, dans la méthode et dans l’interprétation des données de l’enquête effectuée à l’aide du Conflict Tactics Scales ont été largement reconnus. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comment se fait-il alors que des auteurs récents se saisissent du vocable « homme battu », partent à sa recherche, et le trouve ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour cela nous devons revenir à nouveau aux années 1970 et aux changements intervenus dans les places des hommes et des femmes. Ces dernières acquièrent un statut différent, elles deviennent citoyennes, accèdent au marché du travail et peuvent maîtriser leur fécondité. L’égalité homme – femme advient. A partir de là, le féminisme devient un mouvement social et politique pour l&#039;émancipation des femmes. Mais il va désigner aussi un corpus théorique qui va permettre aux sociologues de revisiter leurs différents champs d’études à travers la problématique des rapports sociaux de sexe.  Sous cet angle là, la violence conjugale prend un autre sens, elle est  rendue possible parce que les femmes ont moins de moyens, par conséquent moins de pouvoir, et parce que le genre féminin est dévalorisé par rapport au masculin. &lt;br /&gt;
Pierre Bourdieu a largement développé le fonctionnement des dominés et démontré comment ceux-ci ayant intégré le discours dominant « construisent ces relations de pouvoir du point de vue même de ceux qui y affirment leur domination… ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En Suisse, les statistiques 2004 issues des centres Lavi apportent des précisions chiffrées à cette forme de violence. Le taux de victimes de sexe féminins est important (75%),  le sexe masculin de l’auteur présumé révèle un pourcentage très élevé (83.5%) et pour 52.9% des consultants une relation familiale victime - agresseur existe. &lt;br /&gt;
Bien que la violence conjugale soit maintenant reconnue, des groupes sociaux la mettent en question. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les années 1980 une tension s’avive entre hommes et femmes.  Certains hommes pro féministes tiennent un discours optimiste concernant la constitution d&#039;une société nouvelle et égalitaire  et reconnaissent la domination masculine comme clé d&#039;un changement possible. &lt;br /&gt;
D&#039;autres hommes tiennent un discours alarmiste et insistent sur le malaise identitaire engendré par cette modification des rapports sociaux source de perte de repères. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A partir de là, des groupes d’hommes se forment autour, par exemple d’auteurs tels que Guy Cornaux au Canada, Jacques Salomé en France,  ou plus récemment Y. Dallaire qui avec John Goetelen a organisé le premier Congrès international de la condition masculine à Genève en 2003. Des mouvements pour la condition paternelle se créent afin de s’opposer à la garde des enfants accordée systématiquement à la mère en cas de divorce.  Le film récent « Le souffle du désert » de François Kohler, illustre ce phénomène de la recherche d’une identité masculine vécue comme problématique. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C&#039;est dans cette mouvance que nous trouvons aujourd&#039;hui les protagonistes d&#039;un détournement de la violence masculine au profit d&#039;une violence exercée contre les hommes par les femmes. ces détracteurs pourront s&#039;appuyer probablement dans les années à venir sur les modifications des images féminines, les stéréotypes de la femme douce et soumise ont tendance à s&#039;estomper. Et l&#039;on peut se demander si les jeunes femmes ne se permettront pas plus que par le passé d&#039;exprimer leurs sentiments de colère et violence, là où s&#039;exprimaient auparavant peut-être impuissance, tristesse et dépression. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Utilisateur:Cornut piller|Cornut piller]] 1 jun 2006 à 09:15 (MEST) ~~&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Difficultés&#039;&#039;&#039; (à mettre à la fin de l&#039;article ou dans la conclusion)[[Utilisateur:Celine|Celine]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le sujet que nous avons abordé tout au long de ce travail est délicat. Nous avons relevé le peu de neutralité émanant des sources existantes sur ce thème, chaque écrit représentant une certaine prise de position, quant à la causalité de la violence conjugale par exemple, ou les convictions cachées derrière l&#039;attribution de statuts victime-agresseur ou victime-victime.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette subjectivité rentre en interrelation avec notre sensibilité propre, individuelle, qui n&#039;est donc pas la même entre les personnes de notre groupe. Le fait que celui-ci soit constitué de deux femmes et deux hommes est très enrichissant, et même primordial quand l&#039;on s&#039;attèle à ce type de problématique. Néanmoins, cela implique un investissement conséquent en termes de discussion, explicitation des attentes et valeurs de chacun, en redéfinition continuelle de la problématique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans notre tentative d&#039;objectiver notre problématique, nous ne sommes que très peu aidés par les statistiques. Elles aussi disent ce qu&#039;elles ont envie de dire, et sont sans cesse remises en cause par des détracteurs. La conséquence en est qu&#039;aucune statistique ne sert vraiment de référence consensuelle dans la compréhension de la violence conjugale.Dans les statistiques policières, souvent la violence conjugale n&#039;est pas comptabilisée de manière séparée des autres délits de violence; dans d&#039;autres types de statistiques c&#039;est le genre qui n&#039;est pas retenu comme variable pertinente. En effet, derrière les chiffres, on découvre des définitions très variables de la violence: certains ne prennent en compte que la violence physique; d&#039;autres considèrent que de nombreux petits signes de nature verbale ou psychologique sont un pas dans l&#039;escalade de la violence, et les jugent donc de même poids que des coups. Entre ces deux extrêmes, toutes les variations sont présentes... &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est intéressant de relever à quel point certains chiffres sont médiatisés, afin d&#039;avoir un impact sur la population, alors que ces mêmes chiffres sont discutables au niveau statistique. &lt;br /&gt;
Pour conclure, nous nous sommes rendus compte que malgré une certaine médiatisation, qui n&#039;est pas si récente, de la violence conjugale, nous ne savons pas tellement de choses à ce sujet, ou plutôt il existe peu de consensus, voire la co-existence d&#039;approches inconciliables.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Conclusion ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
# Retour sur la problématiques, les questions de recherche&lt;br /&gt;
# Rappel des principaux résultats de recherche&lt;br /&gt;
# Autocritiques et perspectives&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Références bibliographiques ==&lt;br /&gt;
Les lectures citées dans le travail final&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Dallaire Y. (2002). La violence faite aux hommes. Une réalité tabou et complexe. Québéc: Options santé. [[Résumé du livre]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Gillioz L., De Puy J., Ducret V. (1997). Domination et violence envers la femme dans le couple. Lausanne : éditions Payot. [http://home.etu.unige.ch/~maneira4/R_sum__aeticle.doc Résumé de l&#039;article]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Ruel S. &amp;amp; Guéricolas P. (1998). La violence des femmes : derrière le masque. In Gazette des femmes Vol. 20. (no 4). (Novembre-Décembre 1998).[Version électronique]. Accès le 20 novembre 2005 : &lt;br /&gt;
http://www.gazettedesfemmes.com/recherche/?F=recherche&amp;amp;idt=10075&amp;amp;affart=2866&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Torrent S. (2001). L’homme battu, un tabou au cœur du tabou. Québec: Option Santé. [http://home.etu.unige.ch/~maneira4/fiche%20de%20lecture%20homme%20battu.pdf Résumé du livre ]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Bibliographie ==&lt;br /&gt;
Les lectures utilisées mais pas citées dans le travail final&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Bretonnière-Fraysse et al. (2001). &#039;&#039; De la violence conjugale à la violence parentale&#039;&#039;. Eres [[Résumé|Résumé du livre]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Jackson D., Welzer-Lang D. (1998). Violence et masculinité. Toulouse : imprimerie 34.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Office fédéral de la statistique : Aide aux victimes. Chiffres clés. http://www.bfs.admin.ch/bfs/portal/fr/index/themen/rechtspflege.html&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Rey, H. et al. (2006). Les violences conjugales: pour une clinique du réel. &#039;&#039; Journal International de Victimologie&#039;&#039;. Année 4, No 1. [[Résumé de l&#039;article]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Miguel</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Violence_conjugale:_De_la_femme_battue_%C3%A0_l%27homme_battu...&amp;diff=3989</id>
		<title>Violence conjugale: De la femme battue à l&#039;homme battu...</title>
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		<updated>2006-06-11T11:22:04Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Miguel : /* Introduction */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&#039;&#039;&#039;Membres du groupe&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Chantal Cornut&lt;br /&gt;
* Céline Pittet &lt;br /&gt;
* Jean-Christophe Contini&lt;br /&gt;
* Miguel Maneira &lt;br /&gt;
[mailto:maneira4@etu.unige.ch,contini2@etu.unige.ch,cepittet@hotmail.com,ch.cornut-piller@bluewin.ch Ecrire au groupe]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 [[L&#039;homme battu: le mâle...traité|Notre projet]]  |  [[Plan de recherche: Violence conjugale; un concept en mouvement|Notre plan de recherche]]  |  [[Espace de dialogue|Notre espace de dialogue]]  |  [[Trésorus de notre groupe|Notre île aux trésors]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Introduction ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Violence conjugale|La violence conjugale]] semble être de prime abord un phénomène bien connu de nos jours. Les médias rendent régulièrement compte de ses conséquences, bon nombre d’associations ont été créées pour répondre à l’appel des victimes, une loi sur la protection des victimes a été instaurée, beaucoup de thérapeutes œuvrent également dans ce domaine. Il est question, la plupart du temps, des violences subies par des femmes et exercées par des hommes, il est dans une moindre mesure, question de la violence exercée par des femmes contre des hommes. Ce dernier phénomène reste minoritaire cependant, et fait l’objet de nombreuses critiques. Bien souvent, les discours opposent des mouvements &amp;quot;  [[Féminisme|féministes]]&amp;quot; à des groupes &amp;quot; masculinistes &amp;quot;, les uns dénonçant sans cesse l’ineffable violence des hommes envers les femmes, les autres dénonçant cette vision de l’homme éternellement &amp;quot; agresseur &amp;quot;, allant jusqu’à affirmer que des hommes sont aussi des &amp;quot; victimes &amp;quot; et que la violence peut aussi être l’apanage des femmes. Ici apparaît le concept &amp;quot; d’hommes battus &amp;quot; que nous interrogerons et qui est apparu dès les années septante.  &lt;br /&gt;
Afin de prendre de la distance vis-à-vis de ces deux positions antagonistes, nous proposons d’étudier ce que disent certains auteurs sur la violence conjugale, à la fois sur la violence subie par les femmes et par les hommes. Nous proposons aussi une recherche axée sur des entretiens avec des hommes &amp;quot; victimes &amp;quot; et des professionnels de la violence conjugale. Nous étudierons également des sources statistiques issues de la Loi Fédérale sur l’aide aux victimes et de Amnesty internationale tout comme des revues spécialisées dans le domaine de la thérapie familiale et plus particulièrement les articles concernant la violence domestique. &lt;br /&gt;
La thèse générale de notre article est de démontrer par notre étude que les discours qui circulent sur la violence conjugale sont une construction qui circonscrit la violence dans des stéréotypes caricaturaux stigmatisant à la fois les femmes en tant que victimes et les hommes comme agresseurs. De cette restriction découle la difficulté d’envisager l’existence d’hommes victimes de violence conjugale, et d’égale manière celle de femmes violentes. Cela a comme conséquence pour les personnes concernées un non-reconnaissance sociale, se manifestant par de forts préjugés à leur encontre, et de grandes lacunes institutionnelles. Nous montrerons aussi que les professionnels de la violence conjugale (médecins, thérapeutes) ont dépassé cette opposition et qu’ils désignent plus les acteurs de la violence conjugale à un niveau de co-responsabilité qui ne distingue pas le sexe des protagonistes pour rendre compte de ce phénomène. Il y a ainsi un écart entre les discours dominants et les discours des professionnels, écart perceptible dans l’étude de la littérature et dans l’examen des sources que constituent les revues &amp;quot; thérapie familiale &amp;quot;.&lt;br /&gt;
Enfin, nous proposons la thèse selon laquelle la violence conjugale reste un phénomène qui bien que connu de tous, reste difficile à appréhender dans notre société. En effet, nous montrerons qu’il existe des définitions similaires mais superficielles qui varient dans leur développement en fonction des positionnements et des valeurs de ceux qui les proposent. Les statistiques qui rendent compte de la violence conjugale proposent d’autre part des modalités qui ne permettent pas de distinguer précisément les victimes des agresseurs de manière précise et approfondie. Elles ne permettent pas d’affirmer avec précision que les hommes sont aussi victimes de violences, les modalités de genre n’étant pas assez développées dans la prise en compte statistique. Les hommes victimes existent, mais leur visibilité est très faible du fait que c’est un phénomène qui est en train d’émerger comme problème social.&lt;br /&gt;
Nous montrerons ainsi que la violence conjugale reste un phénomène complexe et confus dans ses définitions. Enfin, nous verrons que la violence conjugale reste un concept en mouvement sur le plan des institutions, qui proposent des possibilités de prise en charge nombreuses, mais néanmoins insuffisantes si l’on considère la prise en compte de la violence faite aux hommes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Revue de littérature ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous aborderons cette revue de littérature en suivant la chronologie même de notre questionnement et de notre cheminement, qui nous a conduit, en commençant part la découverte du concept de &amp;quot; l’homme battu &amp;quot;, à approfondir nos recherches au concept de la femme battue et à appréhender dès lors le problème social que constitue la violence conjugale, qui englobe les deux autres concepts. Nous avons ainsi privilégié dans nos recherches les ouvrages qui traiteraient spécifiquement de l’existence du concept même de &amp;quot; l’homme battu &amp;quot;, dans une actualité la plus récente possible. Nous nous sommes vite aperçus, que peu de littérature existait à ce sujet. Cependant, les ouvrages les plus récents (Torrent et Dallaire) font tous les deux référence à l’inscription du concept de l’homme battu dans celui de la violence conjugale. Nous avons dès lors élargi nos recherches dans ce domaine, toujours à la recherche du moindre élément concernant la violence faite aux hommes. D’autre part, nous avons voulu mettre en question les propositions faites par Dallaire et Torrent, en nous référant à d’autres auteurs qui portent un regard différent sur les acteurs, hommes ou femmes, de la violence conjugale. Notre attention s’est ainsi portée sur des notions concernant la désignation des acteurs en termes de victime et d’agresseur, et la désignation de ces mêmes termes de catégorie homme-femme. Enfin, nous avons cherché à contextualiser le phénomène de l’homme battu, en recherchant dans l’histoire de la violence conjugale, le moment où est apparu le concept de &amp;quot; l’homme battu &amp;quot;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sophie Torrent, dans son ouvrage sur l’homme battu (2001) met directement en question le fait qu’il existe au sein de la vie de couple une violence faite aux hommes, une violence souvent difficile à accepter, celle-ci allant à l’encontre de stéréotypes tels que celui qui considère que la femme est l’élément faible du couple et que l’homme en est le dominant. Dans la première partie de son livre, l’auteur tente tout d’abord d’expliquer ce phénomène atypique de l’homme battu, cet &amp;quot; impensable social &amp;quot; dit-elle. Elle analyse les différents types de violences (physique, sexuelle, psychologique, verbale et économique) pour ensuite orienter son analyse vers la notion de &amp;quot; rôles sociaux &amp;quot;. Elle montre comment l’homme violenté est agressé jusque dans les &amp;quot; facettes &amp;quot; qui font son identité. Pour elle &amp;quot; être battu invalide l’homme dans son appartenance à la catégorie sociale homme &amp;quot;. Dans la deuxième partie de son ouvrage, Torrent réfléchit sur les différentes stratégies élaborées par l’homme pour gérer des situations difficiles. Elle s’appuie notamment dans son travail de recherche sur des interviews réalisées avec des &amp;quot; hommes battus &amp;quot;. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est dans une considération assez proche qu’Yvon Dallaire (2002), thérapeute au Québec, aborde le phénomène de la violence faite aux hommes (La violence faite aux hommes. Une réalité taboue et complexe). Il nous rappelle le constat de l’existence ineffable de la violence dans l’humanité, violence souvent fortement médiatisée, mais selon lui, de manière incomplète. En effet, dit-il, notre attention ne serait attirée que vers une forme de violence, soit celle faite par les hommes contre les autres hommes (guerres, voies de fait, suicides), contre les femmes (violence conjugale, viol, meurtre, tueurs en série) et contre les enfants (violence infanticide, meurtre suivi de suicide). Pour Dallaire, une forme de violence a été occultée : la violence des femmes faite envers les femmes, les hommes et les enfants. Le propos de son texte est de démontrer d’une part que des femmes peuvent être tout autant violentes que des hommes, et que d’autre part, l’analyse de la violence conjugale s’inscrit dans un paradigme teinté de sexisme et de discrimination. Pour cet auteur, la violence conjugale ne se décline pas simplement sur le mode victime-agresseur, mais plutôt sur celui de victime-victime, de deux individus qui sont les co-créateurs d’une escalade débouchant sur l’explosion physique. Afin d’alimenter son propos, Yvon Dallaire met en lumière les stéréotypes et les préjugés qui circulent dans le discours commun : l’homme est un être violent, un abuseur d’enfants, un irresponsable, les hommes sont tous des obsédés sexuels, il sont tous infidèles, menteurs et manipulateurs. Dès lors, toute violence féminine est considérée comme relevant de la légitime défense, l’homme est ainsi rendu coupable de toute la violence conjugale. Précisons ici que l’auteur dénonce le discours d’influence féministe qui se déploie dans le contexte québécois. Son objectif est de connaître les réelles dimensions de la violence conjugale, plutôt que de rechercher un coupable à punir, toujours le même : l’homme. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’ouvrage de Bretonnière-Fraysse et al. (2001), incontournable pour notre sujet, propose quant à lui un autre regard qui positionne clairement les femmes en tant que victimes et les hommes comme agresseurs, sans nuances : &amp;quot; on le sait, la violence conjugale a toujours existé ; on le sait aussi : les victimes en sont les femmes et les auteurs, les hommes. Mais elle demeure encore cachée, honteuse, secrète &amp;quot;. Cet ouvrage prend un biais anthropologique et historique pour nous montrer la condition de victime de la femme à travers les époques passées et jusqu’à nos jours. Gillioz, De Puy et Ducret quant à elles (2000), font état des connaissances qui ont fait de la violence familiale et de la violence contre les femmes, un champ d’étude relativement nouveau dans les sciences sociales. Elles nous rappellent que jusque dans les années soixante, la société et avec elle les scientifiques vivent sur le mythe de la famille non violente. Cette dernière étant considérée comme rare et comme étant le fait d’individus déséquilibrés. Dans les années septante, sous l’influence de militantes féministes anglo-saxonnes qui ouvrent des refuges pour femmes battues et portent la question de la violence conjugale sur la place publique, ce phénomène jusque-là occulté est posé comme problème socio-politique. C’est dès lors que les sciences sociales vont s’y intéresser, à travers deux grands courants de recherche : des études portant sur la violence subie par les femmes au sein de la famille qui postulent, en se fondant sur les prémisses théoriques féministes, que cette violence est spécifique et qu’il est nécessaire de l’étudier indépendamment des autres types de violence familiale qui relèvent d’autres logiques. Le deuxième courant de recherche, issu de la sociologie de la famille, a pour objet la violence familiale et considère la société et ses institutions comme des systèmes consensuels qui embrassent dans la même problématique l’ensemble de la violence qui se déroule dans le cadre familial. Cet ouvrage mentionne également  les travaux de Strauss, Gelles et Steinmetz (1977), à partir desquels a été tiré l&#039;affirmation que les femmes sont aussi violentes que les hommes. C’est à ce moment qu’apparaît le concept du &amp;quot; mari battu &amp;quot;, des résultats tirés des statistiques de cette recherche, ont permis à l&#039;un des chercheurs de conclure que ce qui était le plus sous-estimé n’est pas la femme battue, mais le mari battu. La validité scientifique reste toutefois fortement contestée, nous en trouvons les arguments dans l’ouvrage de Gillioz, De Puy et Ducret. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Notre revue de littérature se conclut par l’approche systémique de Perrone et Nannini (1995) qui proposent leur livre comme un manuel à l’usage des professionnels appelés à intervenir auprès des familles. Leurs présupposés considèrent que la violence n’est pas un phénomène individuel, mais la manifestation d’un phénomène interactionnel. La violence est ainsi un mode particulier de communication entre partenaires qui sont tous impliqués et par là même responsables au sens interactionnel du terme. Comme Yvon Dallaire, les auteurs ne considèrent pas les acteurs de la violence conjugale en termes de &amp;quot; victime-agresseur &amp;quot;, ni en termes &amp;quot; hommes-femmes &amp;quot;. Les objectifs et les enjeux que ces deux auteurs proposent s’appuient sur l’idée que chacun doit devenir et se penser responsable de ses propres comportements. C’est également selon cette optique que certains &amp;quot; cliniciens &amp;quot; abordent en partie la question dans leur article (Rey, H et al. 2006). Contini 6 mai 2006 à 16:28 (MEST)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Problématique ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le questionnement qui est à l’origine de notre travail prend source dans la rencontre que nous avons faite d’un concept qui semble nouveau de prime abord : &amp;quot; l’homme battu &amp;quot;. Nous avons découvert ce concept dans l’ouvrage récemment publié de Sophie Torrent qui s’intitule &amp;quot; les hommes battus &amp;quot;. Ce livre met en lumière l’existence d’hommes victimes de violences exercées par des femmes à leur encontre, il interroge également les questions identitaires vécues par ces &amp;quot; nouvelles victimes &amp;quot; à travers la conduite de multiples entretiens. &lt;br /&gt;
Ces propos nous ont intrigués, parfois rendus perplexes et ont ainsi attisé notre curiosité. Nous avons dès lors entrepris des recherches bibliographiques qui nous permettraient de découvrir des discours proches des propos de Torrent. Nous avons ainsi constaté que ce &amp;quot; phénomène &amp;quot; des hommes battus était, dans une moindre mesure, relayé dans d’autres ouvrages qui l’inscrivaient dans le cadre plus large de la violence conjugale. Nos recherches livresques nous ont ainsi conduits à investiguer le corpus que nous avons constitué afin de tenter de répondre à la question principale qui guide notre recherche : comment le phénomène de &amp;quot; l’homme battu &amp;quot; s’inscrit-il dans le paradigme de la violence conjugale ? Les questions secondaires qui en découlent sont multiples : quand est-ce que ce concept est apparu ? Par qui a-t-il été développé ? Quels sont les discours qui relaient ce concept ou qui s’y opposent ? &lt;br /&gt;
Les éléments qui composent notre revue de littérature nous ont permis d’entrevoir certains points qui semblent être récurrents. Nous nous sommes ainsi aperçus que le concept d’ &amp;quot; hommes battus &amp;quot; se trouvait à chaque fois en tension avec celui de &amp;quot; femmes battues &amp;quot; dans le cadre de la violence conjugale que nous avons aussi essayé de définir. Nous nous sommes dès lors trouvés confrontés à deux discours contraires entre des groupes de pressions constitués autour de la &amp;quot; souffrance masculine &amp;quot; et les propos issus de certains discours féministes. Nous avons également constaté que cette opposition - que nous caractérisons grossièrement entre les deux discours – se dédouble d’une autre opposition dans la désignation des acteurs de la violence conjugale en  termes de victime et d’agresseur. Nous constatons que les acteurs sont ainsi stigmatisés, avec des stéréotypes qui désignent de manière massive l’homme comme étant un agresseur et la femme une victime.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Méthodologie ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En fonction des éléments de la problématique, l’objectif de notre recherche a consisté pour nous à y voir plus clair en tentant de répondre aux questions que nous nous posons. Afin de prendre une nécessaire distance vis-à-vis du regard que propose notre revue de littérature, nous avons choisi d’orienter nos recherches sur diverses sources d’informations différentes. Nous avons trouvé intéressant d’examiner si des statistiques existaient sur les &amp;quot; hommes battus &amp;quot; et sur les &amp;quot; femmes battues &amp;quot; et dès lors de voir si celles-ci pouvaient éclaircir notre questionnement. Nous avons aussi choisi de chercher des éléments dans une série de revue spécialisées dans la thérapie familiale, dès lors que le phénomène des &amp;quot; hommes battus &amp;quot; s’inscrit dans le cadre de la violence conjugale. De plus, pour avoir une vision plus globale nous avons aussi décidé de faire une revue d’articles de presse étudiant quelques articles récents. Enfin, nous avons opté pour une recherche mettant en œuvre la conduite de plusieurs entretiens auprès de professionnels de la prise en charge de la violence conjugale, ainsi qu’auprès de &amp;quot; victimes &amp;quot; qui accepteraient de nous apporter leur témoignage. Ces éléments correspondent à ce que l’on pourrait appeler la &amp;quot; recherche sur le terrain &amp;quot;. Nous avons aussi élargi notre revue de littérature en laissant une place pour l’étude des discours qui proviennent des divers professionnels spécialisés dans la thématique de la violence conjugale. Nos sources seront ainsi multiples : entretiens ; revue de presse ; statistiques ; revues spécialisées. &lt;br /&gt;
Notre analyse consistera à analyser les contenus du matériel récolté, en prenant pour point d’appui la désignation des acteurs de la violence conjugale, en termes de stéréotypes (stigmatisation) et dans une approche de &amp;quot; genre &amp;quot; étudiant les rapports sociaux hommes-femmes par rapport à cette thématique, ainsi que les rapports victimes-agresseurs qui s’y rattachent. &lt;br /&gt;
L’analyse devrait ainsi nous permettre de réunir des points de vue différents et ainsi de confirmer ou d’infirmer, voir de &amp;quot; tempérer &amp;quot; ce que nous avons développé dans la revue de littérature en fonction des auteurs choisis.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Résultats ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Aborder le problème social de la violence conjugale nous incite à faire un retour vers les années 1970. C’est à cette époque que l’on peut situer les premières recherches sur ce thème  mettant en question le mythe de la famille non violente. Les militantes féministes amènent la question de violence conjugale sur la place publique et le posent comme un problème socio-politique. La question de la violence est abordée comme conséquence des rapports de domination, c&#039;est-à-dire des effets de l’exercice d’une influence déterminante d’un groupe, les hommes, sur un autre, les femmes. Tout rapport de domination suppose, en effet, en dehors du rapport de pure violence, un système de justification visant à obtenir un minimum de &amp;quot;volonté d&#039;obéir&amp;quot; de la part des assujettis, note le Petit Robert.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les sciences humaines vont s’y intéresser à partir de là, et de nombreuses études sont entreprises dans les années 1970 et 1980 dans le but de décrire la violence domestique, de pouvoir la chiffrer, de chercher à l’expliquer, d’étudier ses conséquences sur les victimes, et d’examiner les réponses sociétales à ce problème.&lt;br /&gt;
Pourtant une des conclusions de la première étude de Straus et al.(1977) permet de dire que femmes et hommes admettent recourir à des tactiques de violence dans des situations de conflits. Et l’une des auteur-e-s, Steinmetz, ira jusqu’à tirer la conclusion de l’existence du « syndrome de l’homme battu ». Contesté dès sa sortie pour des insuffisances méthodologiques, la plupart de chercheurs et chercheuses renoncèrent à utiliser ce concept. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En Suisse une loi sur l’aide aux victimes permettra aux femmes victimes de violence conjugale d&#039;être reconnues, visibilées et aidés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette loi fédérale du 4 octobre 1991, entrée en vigueur le 1er janvier 1993, a pour but de fournir une aide efficace (conseils, la protection de la victime, la défense de ses droits dans la procédure pénale et l’indemnisation et la réparation morale) aux victimes d’infractions ou d’une atteinte directe à son intégrité corporelle, sexuelle ou psychique et à renforcer leurs droits. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Parmi les atteintes retenues par la loi nous pouvons retenir pour notre sujet d’analyse les violences domestiques,  lésions corporelles, viol, contrainte sexuelle, séquestration. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les centres de consultation « Lavi » sont instaurés dans chaque canton. La police est tenue d’informer les victimes de l’existence de ces centres et de leur transmettre les coordonnées de celle-ci (sur la base de son accord). L’aide immédiate et les prestations fournies directement par les centres sont gratuites. Lorsque la situation personnelle de la personne qui consulte le justifie, les centres de consultation prennent en charge d’autres frais (comme par exemple les frais médicaux, les frais d’avocat ou les frais de procédure). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
S’il est difficile de faire parler les statistiques, ici nous nous basons sur l’année 2004, ils donne toute de même une idée intéressante sur la question qui nous occupe, à savoir la violence féminine et masculine : une nette prédominance des femmes dans la consultation (75%), avec des auteurs présumés de sexe masculin (83.5), et l’existence d’une relation familiale, victime – agresseur (52,9%).  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Résultats et analyse partielle des entretiens ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est souvent question dans les chiffres, de comparer,  voire d’opposer, hommes et femmes face à la violence conjugale. En d’autres termes de démontrer que le premier est le bourreau et la deuxième la victime. Pour certains, la question des hommes battus ne recouvrirait pas la même problématique que celle des femmes battues. Pour certains auteurs, tel Yvon Dallaire, il semble que les stéréotypes de femme-victime et homme-agresseur affiliés aux rôles des acteurs, n’aident en rien à reconnaître la problématique. Alors que la femme est souvent vue comme une personne douce, fragile et protectrice. Les hommes, eux, sont reconnus comme des êtres forts, virils et courageux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;L’homme battu existe, nous l’avons rencontré&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour confronter les stéréotypes affiliés aux genres, nous avons cherché à interviewer des hommes battus. Paul et Luc (prénoms d’empreint) ont un point commun : leur passé d’homme maltraité. Ils ont été, tous les deux, physiquement battus par leur conjointe. Toutefois, il semblerait que la problématique de l’homme violenté intègre, dans sa forme globale, une autre forme de violence, une violence psychologique. Il ressort des entretiens que la forme physique ne semble pas être la forme de violence qui marque le plus. &lt;br /&gt;
Pour essayer de comprendre au mieux le vécu violenté de ces hommes et plus généralement de toute personne impliquée dans des relations violentes, nous avons questionné la littérature ainsi que des professionnels de terrain.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour la travailleuse sociale, Sophie Torrent (2001), « la nature de la violence [à l’égard de la gente masculine] et ses modes d’expression traduisent, dirait-on, une violence spécifiquement féminine, subtile, qui atteint l’intégrité psychique de l’homme.» (p.33). L’homme victime de violence psychologique semble atteint surtout dans sa masculinité, plus précisément dans la représentation de la masculinité qui lui a permis de construire son identité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Le harcèlement que j’ai vécu par cette femme tyran m’a amené à perdre, pendant quelques temps, mon identité masculine… C’était quoi être un homme ? Je ne savais plus faire l’amour comme il faut en quittant ma femme. J’ai du réapprendre à accepter de prendre du plaisir. » Luc&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;La violence ; une histoire d’homme ?&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Alors que nous venons de découvrir avec stupéfaction certaines réalités d’hommes maltraités par leur conjointe, comment traiter ces vérités face à notre idéal féminin construit ? Comment même penser à la violence des femmes, alors que celle que l’on exerce à leur égard est de loin la plus établie, la plus reconnue et de ce fait la plus portée par les médias ? De nos jours, la société reconnaît et prend en charge la femme violentée, qu&#039;en est-il de la femme violente ? &lt;br /&gt;
Il est commun d’entendre qu’une femme violente est une femme malade psychologiquement ou encore que cette dernière n’agresserait que pour se défendre. Pour la psychothérapeute Diane Chayer, ( citée par Ruel &amp;amp; Guéricolas, 1998), il semblerait qu’il n’y ait tout simplement pas de permission sociale à la violence des femmes. « La société dit qu’il est presque normal pour un homme d’être violent. Mais une femme violente, c’est une extraterrestre. » &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour Yvon Dallaire, « la femme violente peut ressentir de la fierté pour avoir battu plus fort qu’elle. Et la société ne la dénigre pas, elle cherche plutôt à la comprendre et à l’excuser, compatissant souvent à son sort. » (p26) A contrario, pour la responsable d’une structure acceuillant des femmes violentes, « celles et ceux qui passent de la parole aux actes souffrent, ils ont besoin d&#039;aide et y ont droit. Toutefois, la femme violente souffre de discrimination ; on ne veut pas lui reconnaître sa violence. » Il semblerait alors que, paradoxalement, la femme violente souffre des mêmes maux sociaux que l’homme maltraité. Une nouvelle fois, il semblerait que les stéréotypes, affiliés aux genres, décident de ce qui peut être acceptable ou pas.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Le statut de victime/agresseur&#039;&#039;&#039; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La responsable d’un établissement prenant en charge des femmes violentes nous apprend qu’il est difficile de tenir le fil rouge concernant les rôles de victime-agresseur. « On est là pour travailler sur la violence des femmes, en tant qu’auteures de violence et non en tant que victimes. Très souvent, ça dérape en justification des actes qui déplace la position d’agresseuse à celui de victime. » Il semble que souvent, l’agresseur se voit comme victime. Responsabiliser les acteurs(trices) de violence, c’est les aider à prendre conscience de leur violence. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Responsabilité dans la violence&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La question est partagée. Alors que pour beaucoup, la responsabilité de la violence doit être assumée par son auteur(e), pour d’autres, elle doit être partagée. En effet, pour Denis Châtelain, co-fondateur d’une association prenant en charge des auteur(e)s de violence, « il faut prendre en compte le potentiel de violence de la victime dans la compréhension de la dynamique ». Pour la responsable d’une association accueillant des femmes violentes, « il est impossible de faire un tel travail si l’on part du principe d’une co-responsabilité dans la réalisation de la violence. En effet, on ne peut pas se permettre de déraper sur l’aspect empathique et comprendre voir d’excuser l’acte de violence au nom d’un statut de victime reconnu. Pour nous, l’acte violent n’est pas excusable, il est inadmissible quelque soit sa source ou sa justification. Ce qui nous paraît important c’est de faire en sorte de ne plus jamais en avoir à arriver là. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;La prise en charge de la violence&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comment aborder la problématique de la violence conjugale et plus particulièrement celle des hommes maltraités et des femmes violentes ? Alors qu’Yvon Dallaire se demande si l’on « ne pourrait pas exploiter l’expertise des centres d’accueil pour femmes au profit des hommes battus et l’expertise des groupes d’entraide pour homme violents au profit des femmes violentes ? » (p29), la responsable d’une structure accueillant des femmes actrices de violence répond que « pour aider les femmes actrices de violence, il faut appliquer un traitement différencié. Les raisons étant parce qu’on n’éduque pas de la même façon une petite fille et un petit garçon, le rapport au féminin n’est pas le même. La violence masculine est légitimée. Par contre, on ne reconnaît pas ce droit à la femme. Cela étant dû aux stéréotypes de mère protectrice d’une part. » &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
(Le législateur prend en compte la situation des victimes, il estime qu’elles doivent être soutenues dans la procédure pénale, et également qu’elles ont droit à une indemnisation ou à une réparation morale (en fonction des revenus de la victime). )&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On peut constater également la reconnaissance par la société du statut de victime,  puisque les demandes, au nombre de 196 pour l’indemnisation et de 728 pour la réparation morale,  ont été traitées positivement. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La formation du personnel des centres Lavi : la loi mentionne des aides financières à la formation. Une formation spécifique « Lavi » a été instaurée et des formations complémentaires complètent la spécialisation de ces professionnels. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Violence domestique, une protection particulière : l’expulsion immédiate du domicile des personnes violentes, lesquelles ne peuvent plus réintégrer leur logement pendant une période déterminée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le 14 juin 2000, la Conseillère Ruth-Gaby Vermot-Mangold dépose une initiative parlementaire. Le Conseil fédéral  propose, en novembre 2005, un nouvel article 28b dans le code civil visant à protéger la victime de violence ou de harcèlement en lui donnant le droit de requérir le juge d’instruction d’interdire à l’auteur de l’atteinte de l’approcher, de fréquenter certains lieux ou de prendre contact avec elle. &lt;br /&gt;
Ce nouvel article 28b prévoit également l’institution par les cantons de centres d’informations et de consultation dans le but d’agir préventivement pour éviter la violence domestique et sa récidive. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Violence entre conjoint ou partenaire : poursuivie d’office depuis le 1 avril 2004&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le Conseil Fédéral  modifie le Code pénal en ce sens que les actes de violence domestique seront poursuivis d’office et non plus sur plainte de la victime. Le communiqué de presse est intéressant et nous donne un aperçu des changements sociaux intervenus : « il n’est plus question de tolérer la violence physique ou sexuelle exercée contre un conjoint ou un partenaire – dans un couple hétérosexuel ou homosexuel – sous prétexte qu’elle ne serait que de peu de gravité ou qu’elle relèverait de la sphère privée ». La contrainte sexuelle et le viol commis au sein du couple sont élevés au rang de délits poursuivis d’office.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Evolution des lois et violence conjugale.&lt;br /&gt;
Votée en 1991, la LAVI démontre que «  victime de violence » constitue maintenant  une déviance secondaire. Les plaignants sont identifiés, l’état institutionnalise leur prise en charge, les centres Lavi sont créés et les consultations augmentent au fil des années.   &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Néanmoins la notion de &amp;quot;violence conjugale&amp;quot; se fait discrète, le terme de violence domestique n’apparaît qu’avec le dépôt en 2002 de l’initiative parlementaire de Vermot-Mangold. En juin 2001 le Conseil Fédéral met en consultation le « projet élaboré par la Commission des affaires juridiques du Conseil national » et la notion de violence domestique fait partie des préoccupations reconnues officiellement. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous pouvons relever que les documents officiels font référence à une notion de victime qui n’est pas sexuée,  le mot « femme » n’y est pas accolé. Les termes utilisés « violence physique ou sexuelle exercée contre un conjoint ou un partenaire (…) dans un couple hétérosexuel ou homosexuel », « ordonner à une personne violente de quitter le domicile conjugal », « prévenir la récidive des agresseurs ». Dans les documents que j’ai parcouru sur le site de l’office fédéral de la justice sous la mention « aide aux victimes », je n’ai trouvé qu’une seule fois la mention spécifique « femme » : «  la violence domestique est aujourd’hui quotidienne dans notre société. Les femmes en sont souvent les victimes ». Dans tous les autres documents la violence domestique paraît neutre. Si le mot victime est féminin, les textes l’utilisent comme un élément générique. On peut en partie le comprendre par le fait que  la Lavi ne reçoit pas que des victimes de violences conjugales, mais également des victimes d’accidents de la route, d’attentats, d’enlèvement, de prise d’otage ou de brigandage.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Analyse ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Analyse des résultats&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour résumer, nous voici arrivés à un premier constat. Nous pouvons dire que la découverte de la violence conjugale et de ses effets a pour origine le questionnement du mouvement féministe, repris par des chercheur-e-s, qui ont confirmé et précisé le phénomène de la violence conjugale. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Autre découverte, la notion d’homme battu, que nous avions posé comme une construction récente, date des premières recherches sur ce domaine. Le syndrome de l’homme battu, développé  par une chercheuse du l’équipe de  Straus et al. a été un concept rapidement abandonné. Les défauts dans l’opérationnalisation du concept de violence, dans la méthode et dans l’interprétation des données de l’enquête effectuée à l’aide du Conflict Tactics Scales ont été largement reconnus. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comment se fait-il alors que des auteurs récents se saisissent du vocable « homme battu », partent à sa recherche, et le trouve ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour cela nous devons revenir à nouveau aux années 1970 et aux changements intervenus dans les places des hommes et des femmes. Ces dernières acquièrent un statut différent, elles deviennent citoyennes, accèdent au marché du travail et peuvent maîtriser leur fécondité. L’égalité homme – femme advient. A partir de là, le féminisme devient un mouvement social et politique pour l&#039;émancipation des femmes. Mais il va désigner aussi un corpus théorique qui va permettre aux sociologues de revisiter leurs différents champs d’études à travers la problématique des rapports sociaux de sexe.  Sous cet angle là, la violence conjugale prend un autre sens, elle est  rendue possible parce que les femmes ont moins de moyens, par conséquent moins de pouvoir, et parce que le genre féminin est dévalorisé par rapport au masculin. &lt;br /&gt;
Pierre Bourdieu a largement développé le fonctionnement des dominés et démontré comment ceux-ci ayant intégré le discours dominant « construisent ces relations de pouvoir du point de vue même de ceux qui y affirment leur domination… ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En Suisse, les statistiques 2004 issues des centres Lavi apportent des précisions chiffrées à cette forme de violence. Le taux de victimes de sexe féminins est important (75%),  le sexe masculin de l’auteur présumé révèle un pourcentage très élevé (83.5%) et pour 52.9% des consultants une relation familiale victime - agresseur existe. &lt;br /&gt;
Bien que la violence conjugale soit maintenant reconnue, des groupes sociaux la mettent en question. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les années 1980 une tension s’avive entre hommes et femmes.  Certains hommes pro féministes tiennent un discours optimiste concernant la constitution d&#039;une société nouvelle et égalitaire  et reconnaissent la domination masculine comme clé d&#039;un changement possible. &lt;br /&gt;
D&#039;autres hommes tiennent un discours alarmiste et insistent sur le malaise identitaire engendré par cette modification des rapports sociaux source de perte de repères. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A partir de là, des groupes d’hommes se forment autour, par exemple d’auteurs tels que Guy Cornaux au Canada, Jacques Salomé en France,  ou plus récemment Y. Dallaire qui avec John Goetelen a organisé le premier Congrès international de la condition masculine à Genève en 2003. Des mouvements pour la condition paternelle se créent afin de s’opposer à la garde des enfants accordée systématiquement à la mère en cas de divorce.  Le film récent « Le souffle du désert » de François Kohler, illustre ce phénomène de la recherche d’une identité masculine vécue comme problématique. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C&#039;est dans cette mouvance que nous trouvons aujourd&#039;hui les protagonistes d&#039;un détournement de la violence masculine au profit d&#039;une violence exercée contre les hommes par les femmes. ces détracteurs pourront s&#039;appuyer probablement dans les années à venir sur les modifications des images féminines, les stéréotypes de la femme douce et soumise ont tendance à s&#039;estomper. Et l&#039;on peut se demander si les jeunes femmes ne se permettront pas plus que par le passé d&#039;exprimer leurs sentiments de colère et violence, là où s&#039;exprimaient auparavant peut-être impuissance, tristesse et dépression. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Utilisateur:Cornut piller|Cornut piller]] 1 jun 2006 à 09:15 (MEST) ~~&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Difficultés&#039;&#039;&#039; (à mettre à la fin de l&#039;article ou dans la conclusion)[[Utilisateur:Celine|Celine]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le sujet que nous avons abordé tout au long de ce travail est délicat. Nous avons relevé le peu de neutralité émanant des sources existantes sur ce thème, chaque écrit représentant une certaine prise de position, quant à la causalité de la violence conjugale par exemple, ou les convictions cachées derrière l&#039;attribution de statuts victime-agresseur ou victime-victime.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette subjectivité rentre en interrelation avec notre sensibilité propre, individuelle, qui n&#039;est donc pas la même entre les personnes de notre groupe. Le fait que celui-ci soit constitué de deux femmes et deux hommes est très enrichissant, et même primordial quand l&#039;on s&#039;attèle à ce type de problématique. Néanmoins, cela implique un investissement conséquent en termes de discussion, explicitation des attentes et valeurs de chacun, en redéfinition continuelle de la problématique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans notre tentative d&#039;objectiver notre problématique, nous ne sommes que très peu aidés par les statistiques. Elles aussi disent ce qu&#039;elles ont envie de dire, et sont sans cesse remises en cause par des détracteurs. La conséquence en est qu&#039;aucune statistique ne sert vraiment de référence consensuelle dans la compréhension de la violence conjugale.Dans les statistiques policières, souvent la violence conjugale n&#039;est pas comptabilisée de manière séparée des autres délits de violence; dans d&#039;autres types de statistiques c&#039;est le genre qui n&#039;est pas retenu comme variable pertinente. En effet, derrière les chiffres, on découvre des définitions très variables de la violence: certains ne prennent en compte que la violence physique; d&#039;autres considèrent que de nombreux petits signes de nature verbale ou psychologique sont un pas dans l&#039;escalade de la violence, et les jugent donc de même poids que des coups. Entre ces deux extrêmes, toutes les variations sont présentes... &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est intéressant de relever à quel point certains chiffres sont médiatisés, afin d&#039;avoir un impact sur la population, alors que ces mêmes chiffres sont discutables au niveau statistique. &lt;br /&gt;
Pour conclure, nous nous sommes rendus compte que malgré une certaine médiatisation, qui n&#039;est pas si récente, de la violence conjugale, nous ne savons pas tellement de choses à ce sujet, ou plutôt il existe peu de consensus, voire la co-existence d&#039;approches inconciliables.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Conclusion ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
# Retour sur la problématiques, les questions de recherche&lt;br /&gt;
# Rappel des principaux résultats de recherche&lt;br /&gt;
# Autocritiques et perspectives&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Références bibliographiques ==&lt;br /&gt;
Les lectures citées dans le travail final&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Dallaire Y. (2002). La violence faite aux hommes. Une réalité tabou et complexe. Québéc: Options santé. [[Résumé du livre]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Gillioz L., De Puy J., Ducret V. (1997). Domination et violence envers la femme dans le couple. Lausanne : éditions Payot. [http://home.etu.unige.ch/~maneira4/R_sum__aeticle.doc Résumé de l&#039;article]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Ruel S. &amp;amp; Guéricolas P. (1998). La violence des femmes : derrière le masque. In Gazette des femmes Vol. 20. (no 4). (Novembre-Décembre 1998).[Version électronique]. Accès le 20 novembre 2005 : &lt;br /&gt;
http://www.gazettedesfemmes.com/recherche/?F=recherche&amp;amp;idt=10075&amp;amp;affart=2866&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Torrent S. (2001). L’homme battu, un tabou au cœur du tabou. Québec: Option Santé. [http://home.etu.unige.ch/~maneira4/fiche%20de%20lecture%20homme%20battu.pdf Résumé du livre ]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Bibliographie ==&lt;br /&gt;
Les lectures utilisées mais pas citées dans le travail final&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Bretonnière-Fraysse et al. (2001). &#039;&#039; De la violence conjugale à la violence parentale&#039;&#039;. Eres [[Résumé|Résumé du livre]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Jackson D., Welzer-Lang D. (1998). Violence et masculinité. Toulouse : imprimerie 34.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Office fédéral de la statistique : Aide aux victimes. Chiffres clés. http://www.bfs.admin.ch/bfs/portal/fr/index/themen/rechtspflege.html&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Rey, H. et al. (2006). Les violences conjugales: pour une clinique du réel. &#039;&#039; Journal International de Victimologie&#039;&#039;. Année 4, No 1. [[Résumé de l&#039;article]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Miguel</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Violence_conjugale:_De_la_femme_battue_%C3%A0_l%27homme_battu...&amp;diff=3988</id>
		<title>Violence conjugale: De la femme battue à l&#039;homme battu...</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Violence_conjugale:_De_la_femme_battue_%C3%A0_l%27homme_battu...&amp;diff=3988"/>
		<updated>2006-06-11T11:21:31Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Miguel : /* Introduction */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&#039;&#039;&#039;Membres du groupe&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Chantal Cornut&lt;br /&gt;
* Céline Pittet &lt;br /&gt;
* Jean-Christophe Contini&lt;br /&gt;
* Miguel Maneira &lt;br /&gt;
[mailto:maneira4@etu.unige.ch,contini2@etu.unige.ch,cepittet@hotmail.com,ch.cornut-piller@bluewin.ch Ecrire au groupe]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 [[L&#039;homme battu: le mâle...traité|Notre projet]]  |  [[Plan de recherche: Violence conjugale; un concept en mouvement|Notre plan de recherche]]  |  [[Espace de dialogue|Notre espace de dialogue]]  |  [[Trésorus de notre groupe|Notre île aux trésors]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Introduction ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Violence conjugale|La violence conjugale]]semble être de prime abord un phénomène bien connu de nos jours. Les médias rendent régulièrement compte de ses conséquences, bon nombre d’associations ont été créées pour répondre à l’appel des victimes, une loi sur la protection des victimes a été instaurée, beaucoup de thérapeutes œuvrent également dans ce domaine. Il est question, la plupart du temps, des violences subies par des femmes et exercées par des hommes, il est dans une moindre mesure, question de la violence exercée par des femmes contre des hommes. Ce dernier phénomène reste minoritaire cependant, et fait l’objet de nombreuses critiques. Bien souvent, les discours opposent des mouvements &amp;quot;  [[Féminisme|féministes]]&amp;quot; à des groupes &amp;quot; masculinistes &amp;quot;, les uns dénonçant sans cesse l’ineffable violence des hommes envers les femmes, les autres dénonçant cette vision de l’homme éternellement &amp;quot; agresseur &amp;quot;, allant jusqu’à affirmer que des hommes sont aussi des &amp;quot; victimes &amp;quot; et que la violence peut aussi être l’apanage des femmes. Ici apparaît le concept &amp;quot; d’hommes battus &amp;quot; que nous interrogerons et qui est apparu dès les années septante.  &lt;br /&gt;
Afin de prendre de la distance vis-à-vis de ces deux positions antagonistes, nous proposons d’étudier ce que disent certains auteurs sur la violence conjugale, à la fois sur la violence subie par les femmes et par les hommes. Nous proposons aussi une recherche axée sur des entretiens avec des hommes &amp;quot; victimes &amp;quot; et des professionnels de la violence conjugale. Nous étudierons également des sources statistiques issues de la Loi Fédérale sur l’aide aux victimes et de Amnesty internationale tout comme des revues spécialisées dans le domaine de la thérapie familiale et plus particulièrement les articles concernant la violence domestique. &lt;br /&gt;
La thèse générale de notre article est de démontrer par notre étude que les discours qui circulent sur la violence conjugale sont une construction qui circonscrit la violence dans des stéréotypes caricaturaux stigmatisant à la fois les femmes en tant que victimes et les hommes comme agresseurs. De cette restriction découle la difficulté d’envisager l’existence d’hommes victimes de violence conjugale, et d’égale manière celle de femmes violentes. Cela a comme conséquence pour les personnes concernées un non-reconnaissance sociale, se manifestant par de forts préjugés à leur encontre, et de grandes lacunes institutionnelles. Nous montrerons aussi que les professionnels de la violence conjugale (médecins, thérapeutes) ont dépassé cette opposition et qu’ils désignent plus les acteurs de la violence conjugale à un niveau de co-responsabilité qui ne distingue pas le sexe des protagonistes pour rendre compte de ce phénomène. Il y a ainsi un écart entre les discours dominants et les discours des professionnels, écart perceptible dans l’étude de la littérature et dans l’examen des sources que constituent les revues &amp;quot; thérapie familiale &amp;quot;.&lt;br /&gt;
Enfin, nous proposons la thèse selon laquelle la violence conjugale reste un phénomène qui bien que connu de tous, reste difficile à appréhender dans notre société. En effet, nous montrerons qu’il existe des définitions similaires mais superficielles qui varient dans leur développement en fonction des positionnements et des valeurs de ceux qui les proposent. Les statistiques qui rendent compte de la violence conjugale proposent d’autre part des modalités qui ne permettent pas de distinguer précisément les victimes des agresseurs de manière précise et approfondie. Elles ne permettent pas d’affirmer avec précision que les hommes sont aussi victimes de violences, les modalités de genre n’étant pas assez développées dans la prise en compte statistique. Les hommes victimes existent, mais leur visibilité est très faible du fait que c’est un phénomène qui est en train d’émerger comme problème social.&lt;br /&gt;
Nous montrerons ainsi que la violence conjugale reste un phénomène complexe et confus dans ses définitions. Enfin, nous verrons que la violence conjugale reste un concept en mouvement sur le plan des institutions, qui proposent des possibilités de prise en charge nombreuses, mais néanmoins insuffisantes si l’on considère la prise en compte de la violence faite aux hommes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Revue de littérature ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous aborderons cette revue de littérature en suivant la chronologie même de notre questionnement et de notre cheminement, qui nous a conduit, en commençant part la découverte du concept de &amp;quot; l’homme battu &amp;quot;, à approfondir nos recherches au concept de la femme battue et à appréhender dès lors le problème social que constitue la violence conjugale, qui englobe les deux autres concepts. Nous avons ainsi privilégié dans nos recherches les ouvrages qui traiteraient spécifiquement de l’existence du concept même de &amp;quot; l’homme battu &amp;quot;, dans une actualité la plus récente possible. Nous nous sommes vite aperçus, que peu de littérature existait à ce sujet. Cependant, les ouvrages les plus récents (Torrent et Dallaire) font tous les deux référence à l’inscription du concept de l’homme battu dans celui de la violence conjugale. Nous avons dès lors élargi nos recherches dans ce domaine, toujours à la recherche du moindre élément concernant la violence faite aux hommes. D’autre part, nous avons voulu mettre en question les propositions faites par Dallaire et Torrent, en nous référant à d’autres auteurs qui portent un regard différent sur les acteurs, hommes ou femmes, de la violence conjugale. Notre attention s’est ainsi portée sur des notions concernant la désignation des acteurs en termes de victime et d’agresseur, et la désignation de ces mêmes termes de catégorie homme-femme. Enfin, nous avons cherché à contextualiser le phénomène de l’homme battu, en recherchant dans l’histoire de la violence conjugale, le moment où est apparu le concept de &amp;quot; l’homme battu &amp;quot;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sophie Torrent, dans son ouvrage sur l’homme battu (2001) met directement en question le fait qu’il existe au sein de la vie de couple une violence faite aux hommes, une violence souvent difficile à accepter, celle-ci allant à l’encontre de stéréotypes tels que celui qui considère que la femme est l’élément faible du couple et que l’homme en est le dominant. Dans la première partie de son livre, l’auteur tente tout d’abord d’expliquer ce phénomène atypique de l’homme battu, cet &amp;quot; impensable social &amp;quot; dit-elle. Elle analyse les différents types de violences (physique, sexuelle, psychologique, verbale et économique) pour ensuite orienter son analyse vers la notion de &amp;quot; rôles sociaux &amp;quot;. Elle montre comment l’homme violenté est agressé jusque dans les &amp;quot; facettes &amp;quot; qui font son identité. Pour elle &amp;quot; être battu invalide l’homme dans son appartenance à la catégorie sociale homme &amp;quot;. Dans la deuxième partie de son ouvrage, Torrent réfléchit sur les différentes stratégies élaborées par l’homme pour gérer des situations difficiles. Elle s’appuie notamment dans son travail de recherche sur des interviews réalisées avec des &amp;quot; hommes battus &amp;quot;. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est dans une considération assez proche qu’Yvon Dallaire (2002), thérapeute au Québec, aborde le phénomène de la violence faite aux hommes (La violence faite aux hommes. Une réalité taboue et complexe). Il nous rappelle le constat de l’existence ineffable de la violence dans l’humanité, violence souvent fortement médiatisée, mais selon lui, de manière incomplète. En effet, dit-il, notre attention ne serait attirée que vers une forme de violence, soit celle faite par les hommes contre les autres hommes (guerres, voies de fait, suicides), contre les femmes (violence conjugale, viol, meurtre, tueurs en série) et contre les enfants (violence infanticide, meurtre suivi de suicide). Pour Dallaire, une forme de violence a été occultée : la violence des femmes faite envers les femmes, les hommes et les enfants. Le propos de son texte est de démontrer d’une part que des femmes peuvent être tout autant violentes que des hommes, et que d’autre part, l’analyse de la violence conjugale s’inscrit dans un paradigme teinté de sexisme et de discrimination. Pour cet auteur, la violence conjugale ne se décline pas simplement sur le mode victime-agresseur, mais plutôt sur celui de victime-victime, de deux individus qui sont les co-créateurs d’une escalade débouchant sur l’explosion physique. Afin d’alimenter son propos, Yvon Dallaire met en lumière les stéréotypes et les préjugés qui circulent dans le discours commun : l’homme est un être violent, un abuseur d’enfants, un irresponsable, les hommes sont tous des obsédés sexuels, il sont tous infidèles, menteurs et manipulateurs. Dès lors, toute violence féminine est considérée comme relevant de la légitime défense, l’homme est ainsi rendu coupable de toute la violence conjugale. Précisons ici que l’auteur dénonce le discours d’influence féministe qui se déploie dans le contexte québécois. Son objectif est de connaître les réelles dimensions de la violence conjugale, plutôt que de rechercher un coupable à punir, toujours le même : l’homme. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’ouvrage de Bretonnière-Fraysse et al. (2001), incontournable pour notre sujet, propose quant à lui un autre regard qui positionne clairement les femmes en tant que victimes et les hommes comme agresseurs, sans nuances : &amp;quot; on le sait, la violence conjugale a toujours existé ; on le sait aussi : les victimes en sont les femmes et les auteurs, les hommes. Mais elle demeure encore cachée, honteuse, secrète &amp;quot;. Cet ouvrage prend un biais anthropologique et historique pour nous montrer la condition de victime de la femme à travers les époques passées et jusqu’à nos jours. Gillioz, De Puy et Ducret quant à elles (2000), font état des connaissances qui ont fait de la violence familiale et de la violence contre les femmes, un champ d’étude relativement nouveau dans les sciences sociales. Elles nous rappellent que jusque dans les années soixante, la société et avec elle les scientifiques vivent sur le mythe de la famille non violente. Cette dernière étant considérée comme rare et comme étant le fait d’individus déséquilibrés. Dans les années septante, sous l’influence de militantes féministes anglo-saxonnes qui ouvrent des refuges pour femmes battues et portent la question de la violence conjugale sur la place publique, ce phénomène jusque-là occulté est posé comme problème socio-politique. C’est dès lors que les sciences sociales vont s’y intéresser, à travers deux grands courants de recherche : des études portant sur la violence subie par les femmes au sein de la famille qui postulent, en se fondant sur les prémisses théoriques féministes, que cette violence est spécifique et qu’il est nécessaire de l’étudier indépendamment des autres types de violence familiale qui relèvent d’autres logiques. Le deuxième courant de recherche, issu de la sociologie de la famille, a pour objet la violence familiale et considère la société et ses institutions comme des systèmes consensuels qui embrassent dans la même problématique l’ensemble de la violence qui se déroule dans le cadre familial. Cet ouvrage mentionne également  les travaux de Strauss, Gelles et Steinmetz (1977), à partir desquels a été tiré l&#039;affirmation que les femmes sont aussi violentes que les hommes. C’est à ce moment qu’apparaît le concept du &amp;quot; mari battu &amp;quot;, des résultats tirés des statistiques de cette recherche, ont permis à l&#039;un des chercheurs de conclure que ce qui était le plus sous-estimé n’est pas la femme battue, mais le mari battu. La validité scientifique reste toutefois fortement contestée, nous en trouvons les arguments dans l’ouvrage de Gillioz, De Puy et Ducret. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Notre revue de littérature se conclut par l’approche systémique de Perrone et Nannini (1995) qui proposent leur livre comme un manuel à l’usage des professionnels appelés à intervenir auprès des familles. Leurs présupposés considèrent que la violence n’est pas un phénomène individuel, mais la manifestation d’un phénomène interactionnel. La violence est ainsi un mode particulier de communication entre partenaires qui sont tous impliqués et par là même responsables au sens interactionnel du terme. Comme Yvon Dallaire, les auteurs ne considèrent pas les acteurs de la violence conjugale en termes de &amp;quot; victime-agresseur &amp;quot;, ni en termes &amp;quot; hommes-femmes &amp;quot;. Les objectifs et les enjeux que ces deux auteurs proposent s’appuient sur l’idée que chacun doit devenir et se penser responsable de ses propres comportements. C’est également selon cette optique que certains &amp;quot; cliniciens &amp;quot; abordent en partie la question dans leur article (Rey, H et al. 2006). Contini 6 mai 2006 à 16:28 (MEST)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Problématique ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le questionnement qui est à l’origine de notre travail prend source dans la rencontre que nous avons faite d’un concept qui semble nouveau de prime abord : &amp;quot; l’homme battu &amp;quot;. Nous avons découvert ce concept dans l’ouvrage récemment publié de Sophie Torrent qui s’intitule &amp;quot; les hommes battus &amp;quot;. Ce livre met en lumière l’existence d’hommes victimes de violences exercées par des femmes à leur encontre, il interroge également les questions identitaires vécues par ces &amp;quot; nouvelles victimes &amp;quot; à travers la conduite de multiples entretiens. &lt;br /&gt;
Ces propos nous ont intrigués, parfois rendus perplexes et ont ainsi attisé notre curiosité. Nous avons dès lors entrepris des recherches bibliographiques qui nous permettraient de découvrir des discours proches des propos de Torrent. Nous avons ainsi constaté que ce &amp;quot; phénomène &amp;quot; des hommes battus était, dans une moindre mesure, relayé dans d’autres ouvrages qui l’inscrivaient dans le cadre plus large de la violence conjugale. Nos recherches livresques nous ont ainsi conduits à investiguer le corpus que nous avons constitué afin de tenter de répondre à la question principale qui guide notre recherche : comment le phénomène de &amp;quot; l’homme battu &amp;quot; s’inscrit-il dans le paradigme de la violence conjugale ? Les questions secondaires qui en découlent sont multiples : quand est-ce que ce concept est apparu ? Par qui a-t-il été développé ? Quels sont les discours qui relaient ce concept ou qui s’y opposent ? &lt;br /&gt;
Les éléments qui composent notre revue de littérature nous ont permis d’entrevoir certains points qui semblent être récurrents. Nous nous sommes ainsi aperçus que le concept d’ &amp;quot; hommes battus &amp;quot; se trouvait à chaque fois en tension avec celui de &amp;quot; femmes battues &amp;quot; dans le cadre de la violence conjugale que nous avons aussi essayé de définir. Nous nous sommes dès lors trouvés confrontés à deux discours contraires entre des groupes de pressions constitués autour de la &amp;quot; souffrance masculine &amp;quot; et les propos issus de certains discours féministes. Nous avons également constaté que cette opposition - que nous caractérisons grossièrement entre les deux discours – se dédouble d’une autre opposition dans la désignation des acteurs de la violence conjugale en  termes de victime et d’agresseur. Nous constatons que les acteurs sont ainsi stigmatisés, avec des stéréotypes qui désignent de manière massive l’homme comme étant un agresseur et la femme une victime.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Méthodologie ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En fonction des éléments de la problématique, l’objectif de notre recherche a consisté pour nous à y voir plus clair en tentant de répondre aux questions que nous nous posons. Afin de prendre une nécessaire distance vis-à-vis du regard que propose notre revue de littérature, nous avons choisi d’orienter nos recherches sur diverses sources d’informations différentes. Nous avons trouvé intéressant d’examiner si des statistiques existaient sur les &amp;quot; hommes battus &amp;quot; et sur les &amp;quot; femmes battues &amp;quot; et dès lors de voir si celles-ci pouvaient éclaircir notre questionnement. Nous avons aussi choisi de chercher des éléments dans une série de revue spécialisées dans la thérapie familiale, dès lors que le phénomène des &amp;quot; hommes battus &amp;quot; s’inscrit dans le cadre de la violence conjugale. De plus, pour avoir une vision plus globale nous avons aussi décidé de faire une revue d’articles de presse étudiant quelques articles récents. Enfin, nous avons opté pour une recherche mettant en œuvre la conduite de plusieurs entretiens auprès de professionnels de la prise en charge de la violence conjugale, ainsi qu’auprès de &amp;quot; victimes &amp;quot; qui accepteraient de nous apporter leur témoignage. Ces éléments correspondent à ce que l’on pourrait appeler la &amp;quot; recherche sur le terrain &amp;quot;. Nous avons aussi élargi notre revue de littérature en laissant une place pour l’étude des discours qui proviennent des divers professionnels spécialisés dans la thématique de la violence conjugale. Nos sources seront ainsi multiples : entretiens ; revue de presse ; statistiques ; revues spécialisées. &lt;br /&gt;
Notre analyse consistera à analyser les contenus du matériel récolté, en prenant pour point d’appui la désignation des acteurs de la violence conjugale, en termes de stéréotypes (stigmatisation) et dans une approche de &amp;quot; genre &amp;quot; étudiant les rapports sociaux hommes-femmes par rapport à cette thématique, ainsi que les rapports victimes-agresseurs qui s’y rattachent. &lt;br /&gt;
L’analyse devrait ainsi nous permettre de réunir des points de vue différents et ainsi de confirmer ou d’infirmer, voir de &amp;quot; tempérer &amp;quot; ce que nous avons développé dans la revue de littérature en fonction des auteurs choisis.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Résultats ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Aborder le problème social de la violence conjugale nous incite à faire un retour vers les années 1970. C’est à cette époque que l’on peut situer les premières recherches sur ce thème  mettant en question le mythe de la famille non violente. Les militantes féministes amènent la question de violence conjugale sur la place publique et le posent comme un problème socio-politique. La question de la violence est abordée comme conséquence des rapports de domination, c&#039;est-à-dire des effets de l’exercice d’une influence déterminante d’un groupe, les hommes, sur un autre, les femmes. Tout rapport de domination suppose, en effet, en dehors du rapport de pure violence, un système de justification visant à obtenir un minimum de &amp;quot;volonté d&#039;obéir&amp;quot; de la part des assujettis, note le Petit Robert.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les sciences humaines vont s’y intéresser à partir de là, et de nombreuses études sont entreprises dans les années 1970 et 1980 dans le but de décrire la violence domestique, de pouvoir la chiffrer, de chercher à l’expliquer, d’étudier ses conséquences sur les victimes, et d’examiner les réponses sociétales à ce problème.&lt;br /&gt;
Pourtant une des conclusions de la première étude de Straus et al.(1977) permet de dire que femmes et hommes admettent recourir à des tactiques de violence dans des situations de conflits. Et l’une des auteur-e-s, Steinmetz, ira jusqu’à tirer la conclusion de l’existence du « syndrome de l’homme battu ». Contesté dès sa sortie pour des insuffisances méthodologiques, la plupart de chercheurs et chercheuses renoncèrent à utiliser ce concept. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En Suisse une loi sur l’aide aux victimes permettra aux femmes victimes de violence conjugale d&#039;être reconnues, visibilées et aidés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette loi fédérale du 4 octobre 1991, entrée en vigueur le 1er janvier 1993, a pour but de fournir une aide efficace (conseils, la protection de la victime, la défense de ses droits dans la procédure pénale et l’indemnisation et la réparation morale) aux victimes d’infractions ou d’une atteinte directe à son intégrité corporelle, sexuelle ou psychique et à renforcer leurs droits. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Parmi les atteintes retenues par la loi nous pouvons retenir pour notre sujet d’analyse les violences domestiques,  lésions corporelles, viol, contrainte sexuelle, séquestration. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les centres de consultation « Lavi » sont instaurés dans chaque canton. La police est tenue d’informer les victimes de l’existence de ces centres et de leur transmettre les coordonnées de celle-ci (sur la base de son accord). L’aide immédiate et les prestations fournies directement par les centres sont gratuites. Lorsque la situation personnelle de la personne qui consulte le justifie, les centres de consultation prennent en charge d’autres frais (comme par exemple les frais médicaux, les frais d’avocat ou les frais de procédure). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
S’il est difficile de faire parler les statistiques, ici nous nous basons sur l’année 2004, ils donne toute de même une idée intéressante sur la question qui nous occupe, à savoir la violence féminine et masculine : une nette prédominance des femmes dans la consultation (75%), avec des auteurs présumés de sexe masculin (83.5), et l’existence d’une relation familiale, victime – agresseur (52,9%).  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Résultats et analyse partielle des entretiens ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est souvent question dans les chiffres, de comparer,  voire d’opposer, hommes et femmes face à la violence conjugale. En d’autres termes de démontrer que le premier est le bourreau et la deuxième la victime. Pour certains, la question des hommes battus ne recouvrirait pas la même problématique que celle des femmes battues. Pour certains auteurs, tel Yvon Dallaire, il semble que les stéréotypes de femme-victime et homme-agresseur affiliés aux rôles des acteurs, n’aident en rien à reconnaître la problématique. Alors que la femme est souvent vue comme une personne douce, fragile et protectrice. Les hommes, eux, sont reconnus comme des êtres forts, virils et courageux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;L’homme battu existe, nous l’avons rencontré&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour confronter les stéréotypes affiliés aux genres, nous avons cherché à interviewer des hommes battus. Paul et Luc (prénoms d’empreint) ont un point commun : leur passé d’homme maltraité. Ils ont été, tous les deux, physiquement battus par leur conjointe. Toutefois, il semblerait que la problématique de l’homme violenté intègre, dans sa forme globale, une autre forme de violence, une violence psychologique. Il ressort des entretiens que la forme physique ne semble pas être la forme de violence qui marque le plus. &lt;br /&gt;
Pour essayer de comprendre au mieux le vécu violenté de ces hommes et plus généralement de toute personne impliquée dans des relations violentes, nous avons questionné la littérature ainsi que des professionnels de terrain.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour la travailleuse sociale, Sophie Torrent (2001), « la nature de la violence [à l’égard de la gente masculine] et ses modes d’expression traduisent, dirait-on, une violence spécifiquement féminine, subtile, qui atteint l’intégrité psychique de l’homme.» (p.33). L’homme victime de violence psychologique semble atteint surtout dans sa masculinité, plus précisément dans la représentation de la masculinité qui lui a permis de construire son identité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Le harcèlement que j’ai vécu par cette femme tyran m’a amené à perdre, pendant quelques temps, mon identité masculine… C’était quoi être un homme ? Je ne savais plus faire l’amour comme il faut en quittant ma femme. J’ai du réapprendre à accepter de prendre du plaisir. » Luc&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;La violence ; une histoire d’homme ?&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Alors que nous venons de découvrir avec stupéfaction certaines réalités d’hommes maltraités par leur conjointe, comment traiter ces vérités face à notre idéal féminin construit ? Comment même penser à la violence des femmes, alors que celle que l’on exerce à leur égard est de loin la plus établie, la plus reconnue et de ce fait la plus portée par les médias ? De nos jours, la société reconnaît et prend en charge la femme violentée, qu&#039;en est-il de la femme violente ? &lt;br /&gt;
Il est commun d’entendre qu’une femme violente est une femme malade psychologiquement ou encore que cette dernière n’agresserait que pour se défendre. Pour la psychothérapeute Diane Chayer, ( citée par Ruel &amp;amp; Guéricolas, 1998), il semblerait qu’il n’y ait tout simplement pas de permission sociale à la violence des femmes. « La société dit qu’il est presque normal pour un homme d’être violent. Mais une femme violente, c’est une extraterrestre. » &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour Yvon Dallaire, « la femme violente peut ressentir de la fierté pour avoir battu plus fort qu’elle. Et la société ne la dénigre pas, elle cherche plutôt à la comprendre et à l’excuser, compatissant souvent à son sort. » (p26) A contrario, pour la responsable d’une structure acceuillant des femmes violentes, « celles et ceux qui passent de la parole aux actes souffrent, ils ont besoin d&#039;aide et y ont droit. Toutefois, la femme violente souffre de discrimination ; on ne veut pas lui reconnaître sa violence. » Il semblerait alors que, paradoxalement, la femme violente souffre des mêmes maux sociaux que l’homme maltraité. Une nouvelle fois, il semblerait que les stéréotypes, affiliés aux genres, décident de ce qui peut être acceptable ou pas.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Le statut de victime/agresseur&#039;&#039;&#039; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La responsable d’un établissement prenant en charge des femmes violentes nous apprend qu’il est difficile de tenir le fil rouge concernant les rôles de victime-agresseur. « On est là pour travailler sur la violence des femmes, en tant qu’auteures de violence et non en tant que victimes. Très souvent, ça dérape en justification des actes qui déplace la position d’agresseuse à celui de victime. » Il semble que souvent, l’agresseur se voit comme victime. Responsabiliser les acteurs(trices) de violence, c’est les aider à prendre conscience de leur violence. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Responsabilité dans la violence&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La question est partagée. Alors que pour beaucoup, la responsabilité de la violence doit être assumée par son auteur(e), pour d’autres, elle doit être partagée. En effet, pour Denis Châtelain, co-fondateur d’une association prenant en charge des auteur(e)s de violence, « il faut prendre en compte le potentiel de violence de la victime dans la compréhension de la dynamique ». Pour la responsable d’une association accueillant des femmes violentes, « il est impossible de faire un tel travail si l’on part du principe d’une co-responsabilité dans la réalisation de la violence. En effet, on ne peut pas se permettre de déraper sur l’aspect empathique et comprendre voir d’excuser l’acte de violence au nom d’un statut de victime reconnu. Pour nous, l’acte violent n’est pas excusable, il est inadmissible quelque soit sa source ou sa justification. Ce qui nous paraît important c’est de faire en sorte de ne plus jamais en avoir à arriver là. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;La prise en charge de la violence&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comment aborder la problématique de la violence conjugale et plus particulièrement celle des hommes maltraités et des femmes violentes ? Alors qu’Yvon Dallaire se demande si l’on « ne pourrait pas exploiter l’expertise des centres d’accueil pour femmes au profit des hommes battus et l’expertise des groupes d’entraide pour homme violents au profit des femmes violentes ? » (p29), la responsable d’une structure accueillant des femmes actrices de violence répond que « pour aider les femmes actrices de violence, il faut appliquer un traitement différencié. Les raisons étant parce qu’on n’éduque pas de la même façon une petite fille et un petit garçon, le rapport au féminin n’est pas le même. La violence masculine est légitimée. Par contre, on ne reconnaît pas ce droit à la femme. Cela étant dû aux stéréotypes de mère protectrice d’une part. » &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
(Le législateur prend en compte la situation des victimes, il estime qu’elles doivent être soutenues dans la procédure pénale, et également qu’elles ont droit à une indemnisation ou à une réparation morale (en fonction des revenus de la victime). )&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On peut constater également la reconnaissance par la société du statut de victime,  puisque les demandes, au nombre de 196 pour l’indemnisation et de 728 pour la réparation morale,  ont été traitées positivement. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La formation du personnel des centres Lavi : la loi mentionne des aides financières à la formation. Une formation spécifique « Lavi » a été instaurée et des formations complémentaires complètent la spécialisation de ces professionnels. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Violence domestique, une protection particulière : l’expulsion immédiate du domicile des personnes violentes, lesquelles ne peuvent plus réintégrer leur logement pendant une période déterminée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le 14 juin 2000, la Conseillère Ruth-Gaby Vermot-Mangold dépose une initiative parlementaire. Le Conseil fédéral  propose, en novembre 2005, un nouvel article 28b dans le code civil visant à protéger la victime de violence ou de harcèlement en lui donnant le droit de requérir le juge d’instruction d’interdire à l’auteur de l’atteinte de l’approcher, de fréquenter certains lieux ou de prendre contact avec elle. &lt;br /&gt;
Ce nouvel article 28b prévoit également l’institution par les cantons de centres d’informations et de consultation dans le but d’agir préventivement pour éviter la violence domestique et sa récidive. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Violence entre conjoint ou partenaire : poursuivie d’office depuis le 1 avril 2004&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le Conseil Fédéral  modifie le Code pénal en ce sens que les actes de violence domestique seront poursuivis d’office et non plus sur plainte de la victime. Le communiqué de presse est intéressant et nous donne un aperçu des changements sociaux intervenus : « il n’est plus question de tolérer la violence physique ou sexuelle exercée contre un conjoint ou un partenaire – dans un couple hétérosexuel ou homosexuel – sous prétexte qu’elle ne serait que de peu de gravité ou qu’elle relèverait de la sphère privée ». La contrainte sexuelle et le viol commis au sein du couple sont élevés au rang de délits poursuivis d’office.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Evolution des lois et violence conjugale.&lt;br /&gt;
Votée en 1991, la LAVI démontre que «  victime de violence » constitue maintenant  une déviance secondaire. Les plaignants sont identifiés, l’état institutionnalise leur prise en charge, les centres Lavi sont créés et les consultations augmentent au fil des années.   &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Néanmoins la notion de &amp;quot;violence conjugale&amp;quot; se fait discrète, le terme de violence domestique n’apparaît qu’avec le dépôt en 2002 de l’initiative parlementaire de Vermot-Mangold. En juin 2001 le Conseil Fédéral met en consultation le « projet élaboré par la Commission des affaires juridiques du Conseil national » et la notion de violence domestique fait partie des préoccupations reconnues officiellement. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous pouvons relever que les documents officiels font référence à une notion de victime qui n’est pas sexuée,  le mot « femme » n’y est pas accolé. Les termes utilisés « violence physique ou sexuelle exercée contre un conjoint ou un partenaire (…) dans un couple hétérosexuel ou homosexuel », « ordonner à une personne violente de quitter le domicile conjugal », « prévenir la récidive des agresseurs ». Dans les documents que j’ai parcouru sur le site de l’office fédéral de la justice sous la mention « aide aux victimes », je n’ai trouvé qu’une seule fois la mention spécifique « femme » : «  la violence domestique est aujourd’hui quotidienne dans notre société. Les femmes en sont souvent les victimes ». Dans tous les autres documents la violence domestique paraît neutre. Si le mot victime est féminin, les textes l’utilisent comme un élément générique. On peut en partie le comprendre par le fait que  la Lavi ne reçoit pas que des victimes de violences conjugales, mais également des victimes d’accidents de la route, d’attentats, d’enlèvement, de prise d’otage ou de brigandage.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Analyse ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Analyse des résultats&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour résumer, nous voici arrivés à un premier constat. Nous pouvons dire que la découverte de la violence conjugale et de ses effets a pour origine le questionnement du mouvement féministe, repris par des chercheur-e-s, qui ont confirmé et précisé le phénomène de la violence conjugale. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Autre découverte, la notion d’homme battu, que nous avions posé comme une construction récente, date des premières recherches sur ce domaine. Le syndrome de l’homme battu, développé  par une chercheuse du l’équipe de  Straus et al. a été un concept rapidement abandonné. Les défauts dans l’opérationnalisation du concept de violence, dans la méthode et dans l’interprétation des données de l’enquête effectuée à l’aide du Conflict Tactics Scales ont été largement reconnus. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comment se fait-il alors que des auteurs récents se saisissent du vocable « homme battu », partent à sa recherche, et le trouve ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour cela nous devons revenir à nouveau aux années 1970 et aux changements intervenus dans les places des hommes et des femmes. Ces dernières acquièrent un statut différent, elles deviennent citoyennes, accèdent au marché du travail et peuvent maîtriser leur fécondité. L’égalité homme – femme advient. A partir de là, le féminisme devient un mouvement social et politique pour l&#039;émancipation des femmes. Mais il va désigner aussi un corpus théorique qui va permettre aux sociologues de revisiter leurs différents champs d’études à travers la problématique des rapports sociaux de sexe.  Sous cet angle là, la violence conjugale prend un autre sens, elle est  rendue possible parce que les femmes ont moins de moyens, par conséquent moins de pouvoir, et parce que le genre féminin est dévalorisé par rapport au masculin. &lt;br /&gt;
Pierre Bourdieu a largement développé le fonctionnement des dominés et démontré comment ceux-ci ayant intégré le discours dominant « construisent ces relations de pouvoir du point de vue même de ceux qui y affirment leur domination… ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En Suisse, les statistiques 2004 issues des centres Lavi apportent des précisions chiffrées à cette forme de violence. Le taux de victimes de sexe féminins est important (75%),  le sexe masculin de l’auteur présumé révèle un pourcentage très élevé (83.5%) et pour 52.9% des consultants une relation familiale victime - agresseur existe. &lt;br /&gt;
Bien que la violence conjugale soit maintenant reconnue, des groupes sociaux la mettent en question. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les années 1980 une tension s’avive entre hommes et femmes.  Certains hommes pro féministes tiennent un discours optimiste concernant la constitution d&#039;une société nouvelle et égalitaire  et reconnaissent la domination masculine comme clé d&#039;un changement possible. &lt;br /&gt;
D&#039;autres hommes tiennent un discours alarmiste et insistent sur le malaise identitaire engendré par cette modification des rapports sociaux source de perte de repères. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A partir de là, des groupes d’hommes se forment autour, par exemple d’auteurs tels que Guy Cornaux au Canada, Jacques Salomé en France,  ou plus récemment Y. Dallaire qui avec John Goetelen a organisé le premier Congrès international de la condition masculine à Genève en 2003. Des mouvements pour la condition paternelle se créent afin de s’opposer à la garde des enfants accordée systématiquement à la mère en cas de divorce.  Le film récent « Le souffle du désert » de François Kohler, illustre ce phénomène de la recherche d’une identité masculine vécue comme problématique. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C&#039;est dans cette mouvance que nous trouvons aujourd&#039;hui les protagonistes d&#039;un détournement de la violence masculine au profit d&#039;une violence exercée contre les hommes par les femmes. ces détracteurs pourront s&#039;appuyer probablement dans les années à venir sur les modifications des images féminines, les stéréotypes de la femme douce et soumise ont tendance à s&#039;estomper. Et l&#039;on peut se demander si les jeunes femmes ne se permettront pas plus que par le passé d&#039;exprimer leurs sentiments de colère et violence, là où s&#039;exprimaient auparavant peut-être impuissance, tristesse et dépression. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Utilisateur:Cornut piller|Cornut piller]] 1 jun 2006 à 09:15 (MEST) ~~&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Difficultés&#039;&#039;&#039; (à mettre à la fin de l&#039;article ou dans la conclusion)[[Utilisateur:Celine|Celine]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le sujet que nous avons abordé tout au long de ce travail est délicat. Nous avons relevé le peu de neutralité émanant des sources existantes sur ce thème, chaque écrit représentant une certaine prise de position, quant à la causalité de la violence conjugale par exemple, ou les convictions cachées derrière l&#039;attribution de statuts victime-agresseur ou victime-victime.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette subjectivité rentre en interrelation avec notre sensibilité propre, individuelle, qui n&#039;est donc pas la même entre les personnes de notre groupe. Le fait que celui-ci soit constitué de deux femmes et deux hommes est très enrichissant, et même primordial quand l&#039;on s&#039;attèle à ce type de problématique. Néanmoins, cela implique un investissement conséquent en termes de discussion, explicitation des attentes et valeurs de chacun, en redéfinition continuelle de la problématique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans notre tentative d&#039;objectiver notre problématique, nous ne sommes que très peu aidés par les statistiques. Elles aussi disent ce qu&#039;elles ont envie de dire, et sont sans cesse remises en cause par des détracteurs. La conséquence en est qu&#039;aucune statistique ne sert vraiment de référence consensuelle dans la compréhension de la violence conjugale.Dans les statistiques policières, souvent la violence conjugale n&#039;est pas comptabilisée de manière séparée des autres délits de violence; dans d&#039;autres types de statistiques c&#039;est le genre qui n&#039;est pas retenu comme variable pertinente. En effet, derrière les chiffres, on découvre des définitions très variables de la violence: certains ne prennent en compte que la violence physique; d&#039;autres considèrent que de nombreux petits signes de nature verbale ou psychologique sont un pas dans l&#039;escalade de la violence, et les jugent donc de même poids que des coups. Entre ces deux extrêmes, toutes les variations sont présentes... &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est intéressant de relever à quel point certains chiffres sont médiatisés, afin d&#039;avoir un impact sur la population, alors que ces mêmes chiffres sont discutables au niveau statistique. &lt;br /&gt;
Pour conclure, nous nous sommes rendus compte que malgré une certaine médiatisation, qui n&#039;est pas si récente, de la violence conjugale, nous ne savons pas tellement de choses à ce sujet, ou plutôt il existe peu de consensus, voire la co-existence d&#039;approches inconciliables.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Conclusion ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
# Retour sur la problématiques, les questions de recherche&lt;br /&gt;
# Rappel des principaux résultats de recherche&lt;br /&gt;
# Autocritiques et perspectives&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Références bibliographiques ==&lt;br /&gt;
Les lectures citées dans le travail final&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Dallaire Y. (2002). La violence faite aux hommes. Une réalité tabou et complexe. Québéc: Options santé. [[Résumé du livre]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Gillioz L., De Puy J., Ducret V. (1997). Domination et violence envers la femme dans le couple. Lausanne : éditions Payot. [http://home.etu.unige.ch/~maneira4/R_sum__aeticle.doc Résumé de l&#039;article]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Ruel S. &amp;amp; Guéricolas P. (1998). La violence des femmes : derrière le masque. In Gazette des femmes Vol. 20. (no 4). (Novembre-Décembre 1998).[Version électronique]. Accès le 20 novembre 2005 : &lt;br /&gt;
http://www.gazettedesfemmes.com/recherche/?F=recherche&amp;amp;idt=10075&amp;amp;affart=2866&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Torrent S. (2001). L’homme battu, un tabou au cœur du tabou. Québec: Option Santé. [http://home.etu.unige.ch/~maneira4/fiche%20de%20lecture%20homme%20battu.pdf Résumé du livre ]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Bibliographie ==&lt;br /&gt;
Les lectures utilisées mais pas citées dans le travail final&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Bretonnière-Fraysse et al. (2001). &#039;&#039; De la violence conjugale à la violence parentale&#039;&#039;. Eres [[Résumé|Résumé du livre]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Jackson D., Welzer-Lang D. (1998). Violence et masculinité. Toulouse : imprimerie 34.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Office fédéral de la statistique : Aide aux victimes. Chiffres clés. http://www.bfs.admin.ch/bfs/portal/fr/index/themen/rechtspflege.html&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Rey, H. et al. (2006). Les violences conjugales: pour une clinique du réel. &#039;&#039; Journal International de Victimologie&#039;&#039;. Année 4, No 1. [[Résumé de l&#039;article]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Miguel</name></author>
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		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Violence_conjugale:_De_la_femme_battue_%C3%A0_l%27homme_battu...&amp;diff=3987</id>
		<title>Violence conjugale: De la femme battue à l&#039;homme battu...</title>
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		<updated>2006-06-11T11:20:23Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Miguel : /* Introduction */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&#039;&#039;&#039;Membres du groupe&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Chantal Cornut&lt;br /&gt;
* Céline Pittet &lt;br /&gt;
* Jean-Christophe Contini&lt;br /&gt;
* Miguel Maneira &lt;br /&gt;
[mailto:maneira4@etu.unige.ch,contini2@etu.unige.ch,cepittet@hotmail.com,ch.cornut-piller@bluewin.ch Ecrire au groupe]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 [[L&#039;homme battu: le mâle...traité|Notre projet]]  |  [[Plan de recherche: Violence conjugale; un concept en mouvement|Notre plan de recherche]]  |  [[Espace de dialogue|Notre espace de dialogue]]  |  [[Trésorus de notre groupe|Notre île aux trésors]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Introduction ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La violence conjugale semble être de prime abord un phénomène bien connu de nos jours. Les médias rendent régulièrement compte de ses conséquences, bon nombre d’associations ont été créées pour répondre à l’appel des victimes, une loi sur la protection des victimes a été instaurée, beaucoup de thérapeutes œuvrent également dans ce domaine. Il est question, la plupart du temps, des violences subies par des femmes et exercées par des hommes, il est dans une moindre mesure, question de la violence exercée par des femmes contre des hommes. Ce dernier phénomène reste minoritaire cependant, et fait l’objet de nombreuses critiques. Bien souvent, les discours opposent des mouvements &amp;quot;  [[Féminisme|féministes]]&amp;quot; à des groupes &amp;quot; masculinistes &amp;quot;, les uns dénonçant sans cesse l’ineffable violence des hommes envers les femmes, les autres dénonçant cette vision de l’homme éternellement &amp;quot; agresseur &amp;quot;, allant jusqu’à affirmer que des hommes sont aussi des &amp;quot; victimes &amp;quot; et que la violence peut aussi être l’apanage des femmes. Ici apparaît le concept &amp;quot; d’hommes battus &amp;quot; que nous interrogerons et qui est apparu dès les années septante.  &lt;br /&gt;
Afin de prendre de la distance vis-à-vis de ces deux positions antagonistes, nous proposons d’étudier ce que disent certains auteurs sur la violence conjugale, à la fois sur la violence subie par les femmes et par les hommes. Nous proposons aussi une recherche axée sur des entretiens avec des hommes &amp;quot; victimes &amp;quot; et des professionnels de la violence conjugale. Nous étudierons également des sources statistiques issues de la Loi Fédérale sur l’aide aux victimes et de Amnesty internationale tout comme des revues spécialisées dans le domaine de la thérapie familiale et plus particulièrement les articles concernant la violence domestique. &lt;br /&gt;
La thèse générale de notre article est de démontrer par notre étude que les discours qui circulent sur la violence conjugale sont une construction qui circonscrit la violence dans des stéréotypes caricaturaux stigmatisant à la fois les femmes en tant que victimes et les hommes comme agresseurs. De cette restriction découle la difficulté d’envisager l’existence d’hommes victimes de violence conjugale, et d’égale manière celle de femmes violentes. Cela a comme conséquence pour les personnes concernées un non-reconnaissance sociale, se manifestant par de forts préjugés à leur encontre, et de grandes lacunes institutionnelles. Nous montrerons aussi que les professionnels de la violence conjugale (médecins, thérapeutes) ont dépassé cette opposition et qu’ils désignent plus les acteurs de la violence conjugale à un niveau de co-responsabilité qui ne distingue pas le sexe des protagonistes pour rendre compte de ce phénomène. Il y a ainsi un écart entre les discours dominants et les discours des professionnels, écart perceptible dans l’étude de la littérature et dans l’examen des sources que constituent les revues &amp;quot; thérapie familiale &amp;quot;.&lt;br /&gt;
Enfin, nous proposons la thèse selon laquelle la violence conjugale reste un phénomène qui bien que connu de tous, reste difficile à appréhender dans notre société. En effet, nous montrerons qu’il existe des définitions similaires mais superficielles qui varient dans leur développement en fonction des positionnements et des valeurs de ceux qui les proposent. Les statistiques qui rendent compte de la violence conjugale proposent d’autre part des modalités qui ne permettent pas de distinguer précisément les victimes des agresseurs de manière précise et approfondie. Elles ne permettent pas d’affirmer avec précision que les hommes sont aussi victimes de violences, les modalités de genre n’étant pas assez développées dans la prise en compte statistique. Les hommes victimes existent, mais leur visibilité est très faible du fait que c’est un phénomène qui est en train d’émerger comme problème social.&lt;br /&gt;
Nous montrerons ainsi que la violence conjugale reste un phénomène complexe et confus dans ses définitions. Enfin, nous verrons que la violence conjugale reste un concept en mouvement sur le plan des institutions, qui proposent des possibilités de prise en charge nombreuses, mais néanmoins insuffisantes si l’on considère la prise en compte de la violence faite aux hommes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Revue de littérature ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous aborderons cette revue de littérature en suivant la chronologie même de notre questionnement et de notre cheminement, qui nous a conduit, en commençant part la découverte du concept de &amp;quot; l’homme battu &amp;quot;, à approfondir nos recherches au concept de la femme battue et à appréhender dès lors le problème social que constitue la violence conjugale, qui englobe les deux autres concepts. Nous avons ainsi privilégié dans nos recherches les ouvrages qui traiteraient spécifiquement de l’existence du concept même de &amp;quot; l’homme battu &amp;quot;, dans une actualité la plus récente possible. Nous nous sommes vite aperçus, que peu de littérature existait à ce sujet. Cependant, les ouvrages les plus récents (Torrent et Dallaire) font tous les deux référence à l’inscription du concept de l’homme battu dans celui de la violence conjugale. Nous avons dès lors élargi nos recherches dans ce domaine, toujours à la recherche du moindre élément concernant la violence faite aux hommes. D’autre part, nous avons voulu mettre en question les propositions faites par Dallaire et Torrent, en nous référant à d’autres auteurs qui portent un regard différent sur les acteurs, hommes ou femmes, de la violence conjugale. Notre attention s’est ainsi portée sur des notions concernant la désignation des acteurs en termes de victime et d’agresseur, et la désignation de ces mêmes termes de catégorie homme-femme. Enfin, nous avons cherché à contextualiser le phénomène de l’homme battu, en recherchant dans l’histoire de la violence conjugale, le moment où est apparu le concept de &amp;quot; l’homme battu &amp;quot;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sophie Torrent, dans son ouvrage sur l’homme battu (2001) met directement en question le fait qu’il existe au sein de la vie de couple une violence faite aux hommes, une violence souvent difficile à accepter, celle-ci allant à l’encontre de stéréotypes tels que celui qui considère que la femme est l’élément faible du couple et que l’homme en est le dominant. Dans la première partie de son livre, l’auteur tente tout d’abord d’expliquer ce phénomène atypique de l’homme battu, cet &amp;quot; impensable social &amp;quot; dit-elle. Elle analyse les différents types de violences (physique, sexuelle, psychologique, verbale et économique) pour ensuite orienter son analyse vers la notion de &amp;quot; rôles sociaux &amp;quot;. Elle montre comment l’homme violenté est agressé jusque dans les &amp;quot; facettes &amp;quot; qui font son identité. Pour elle &amp;quot; être battu invalide l’homme dans son appartenance à la catégorie sociale homme &amp;quot;. Dans la deuxième partie de son ouvrage, Torrent réfléchit sur les différentes stratégies élaborées par l’homme pour gérer des situations difficiles. Elle s’appuie notamment dans son travail de recherche sur des interviews réalisées avec des &amp;quot; hommes battus &amp;quot;. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est dans une considération assez proche qu’Yvon Dallaire (2002), thérapeute au Québec, aborde le phénomène de la violence faite aux hommes (La violence faite aux hommes. Une réalité taboue et complexe). Il nous rappelle le constat de l’existence ineffable de la violence dans l’humanité, violence souvent fortement médiatisée, mais selon lui, de manière incomplète. En effet, dit-il, notre attention ne serait attirée que vers une forme de violence, soit celle faite par les hommes contre les autres hommes (guerres, voies de fait, suicides), contre les femmes (violence conjugale, viol, meurtre, tueurs en série) et contre les enfants (violence infanticide, meurtre suivi de suicide). Pour Dallaire, une forme de violence a été occultée : la violence des femmes faite envers les femmes, les hommes et les enfants. Le propos de son texte est de démontrer d’une part que des femmes peuvent être tout autant violentes que des hommes, et que d’autre part, l’analyse de la violence conjugale s’inscrit dans un paradigme teinté de sexisme et de discrimination. Pour cet auteur, la violence conjugale ne se décline pas simplement sur le mode victime-agresseur, mais plutôt sur celui de victime-victime, de deux individus qui sont les co-créateurs d’une escalade débouchant sur l’explosion physique. Afin d’alimenter son propos, Yvon Dallaire met en lumière les stéréotypes et les préjugés qui circulent dans le discours commun : l’homme est un être violent, un abuseur d’enfants, un irresponsable, les hommes sont tous des obsédés sexuels, il sont tous infidèles, menteurs et manipulateurs. Dès lors, toute violence féminine est considérée comme relevant de la légitime défense, l’homme est ainsi rendu coupable de toute la violence conjugale. Précisons ici que l’auteur dénonce le discours d’influence féministe qui se déploie dans le contexte québécois. Son objectif est de connaître les réelles dimensions de la violence conjugale, plutôt que de rechercher un coupable à punir, toujours le même : l’homme. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’ouvrage de Bretonnière-Fraysse et al. (2001), incontournable pour notre sujet, propose quant à lui un autre regard qui positionne clairement les femmes en tant que victimes et les hommes comme agresseurs, sans nuances : &amp;quot; on le sait, la violence conjugale a toujours existé ; on le sait aussi : les victimes en sont les femmes et les auteurs, les hommes. Mais elle demeure encore cachée, honteuse, secrète &amp;quot;. Cet ouvrage prend un biais anthropologique et historique pour nous montrer la condition de victime de la femme à travers les époques passées et jusqu’à nos jours. Gillioz, De Puy et Ducret quant à elles (2000), font état des connaissances qui ont fait de la violence familiale et de la violence contre les femmes, un champ d’étude relativement nouveau dans les sciences sociales. Elles nous rappellent que jusque dans les années soixante, la société et avec elle les scientifiques vivent sur le mythe de la famille non violente. Cette dernière étant considérée comme rare et comme étant le fait d’individus déséquilibrés. Dans les années septante, sous l’influence de militantes féministes anglo-saxonnes qui ouvrent des refuges pour femmes battues et portent la question de la violence conjugale sur la place publique, ce phénomène jusque-là occulté est posé comme problème socio-politique. C’est dès lors que les sciences sociales vont s’y intéresser, à travers deux grands courants de recherche : des études portant sur la violence subie par les femmes au sein de la famille qui postulent, en se fondant sur les prémisses théoriques féministes, que cette violence est spécifique et qu’il est nécessaire de l’étudier indépendamment des autres types de violence familiale qui relèvent d’autres logiques. Le deuxième courant de recherche, issu de la sociologie de la famille, a pour objet la violence familiale et considère la société et ses institutions comme des systèmes consensuels qui embrassent dans la même problématique l’ensemble de la violence qui se déroule dans le cadre familial. Cet ouvrage mentionne également  les travaux de Strauss, Gelles et Steinmetz (1977), à partir desquels a été tiré l&#039;affirmation que les femmes sont aussi violentes que les hommes. C’est à ce moment qu’apparaît le concept du &amp;quot; mari battu &amp;quot;, des résultats tirés des statistiques de cette recherche, ont permis à l&#039;un des chercheurs de conclure que ce qui était le plus sous-estimé n’est pas la femme battue, mais le mari battu. La validité scientifique reste toutefois fortement contestée, nous en trouvons les arguments dans l’ouvrage de Gillioz, De Puy et Ducret. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Notre revue de littérature se conclut par l’approche systémique de Perrone et Nannini (1995) qui proposent leur livre comme un manuel à l’usage des professionnels appelés à intervenir auprès des familles. Leurs présupposés considèrent que la violence n’est pas un phénomène individuel, mais la manifestation d’un phénomène interactionnel. La violence est ainsi un mode particulier de communication entre partenaires qui sont tous impliqués et par là même responsables au sens interactionnel du terme. Comme Yvon Dallaire, les auteurs ne considèrent pas les acteurs de la violence conjugale en termes de &amp;quot; victime-agresseur &amp;quot;, ni en termes &amp;quot; hommes-femmes &amp;quot;. Les objectifs et les enjeux que ces deux auteurs proposent s’appuient sur l’idée que chacun doit devenir et se penser responsable de ses propres comportements. C’est également selon cette optique que certains &amp;quot; cliniciens &amp;quot; abordent en partie la question dans leur article (Rey, H et al. 2006). Contini 6 mai 2006 à 16:28 (MEST)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Problématique ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le questionnement qui est à l’origine de notre travail prend source dans la rencontre que nous avons faite d’un concept qui semble nouveau de prime abord : &amp;quot; l’homme battu &amp;quot;. Nous avons découvert ce concept dans l’ouvrage récemment publié de Sophie Torrent qui s’intitule &amp;quot; les hommes battus &amp;quot;. Ce livre met en lumière l’existence d’hommes victimes de violences exercées par des femmes à leur encontre, il interroge également les questions identitaires vécues par ces &amp;quot; nouvelles victimes &amp;quot; à travers la conduite de multiples entretiens. &lt;br /&gt;
Ces propos nous ont intrigués, parfois rendus perplexes et ont ainsi attisé notre curiosité. Nous avons dès lors entrepris des recherches bibliographiques qui nous permettraient de découvrir des discours proches des propos de Torrent. Nous avons ainsi constaté que ce &amp;quot; phénomène &amp;quot; des hommes battus était, dans une moindre mesure, relayé dans d’autres ouvrages qui l’inscrivaient dans le cadre plus large de la violence conjugale. Nos recherches livresques nous ont ainsi conduits à investiguer le corpus que nous avons constitué afin de tenter de répondre à la question principale qui guide notre recherche : comment le phénomène de &amp;quot; l’homme battu &amp;quot; s’inscrit-il dans le paradigme de la violence conjugale ? Les questions secondaires qui en découlent sont multiples : quand est-ce que ce concept est apparu ? Par qui a-t-il été développé ? Quels sont les discours qui relaient ce concept ou qui s’y opposent ? &lt;br /&gt;
Les éléments qui composent notre revue de littérature nous ont permis d’entrevoir certains points qui semblent être récurrents. Nous nous sommes ainsi aperçus que le concept d’ &amp;quot; hommes battus &amp;quot; se trouvait à chaque fois en tension avec celui de &amp;quot; femmes battues &amp;quot; dans le cadre de la violence conjugale que nous avons aussi essayé de définir. Nous nous sommes dès lors trouvés confrontés à deux discours contraires entre des groupes de pressions constitués autour de la &amp;quot; souffrance masculine &amp;quot; et les propos issus de certains discours féministes. Nous avons également constaté que cette opposition - que nous caractérisons grossièrement entre les deux discours – se dédouble d’une autre opposition dans la désignation des acteurs de la violence conjugale en  termes de victime et d’agresseur. Nous constatons que les acteurs sont ainsi stigmatisés, avec des stéréotypes qui désignent de manière massive l’homme comme étant un agresseur et la femme une victime.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Méthodologie ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En fonction des éléments de la problématique, l’objectif de notre recherche a consisté pour nous à y voir plus clair en tentant de répondre aux questions que nous nous posons. Afin de prendre une nécessaire distance vis-à-vis du regard que propose notre revue de littérature, nous avons choisi d’orienter nos recherches sur diverses sources d’informations différentes. Nous avons trouvé intéressant d’examiner si des statistiques existaient sur les &amp;quot; hommes battus &amp;quot; et sur les &amp;quot; femmes battues &amp;quot; et dès lors de voir si celles-ci pouvaient éclaircir notre questionnement. Nous avons aussi choisi de chercher des éléments dans une série de revue spécialisées dans la thérapie familiale, dès lors que le phénomène des &amp;quot; hommes battus &amp;quot; s’inscrit dans le cadre de la violence conjugale. De plus, pour avoir une vision plus globale nous avons aussi décidé de faire une revue d’articles de presse étudiant quelques articles récents. Enfin, nous avons opté pour une recherche mettant en œuvre la conduite de plusieurs entretiens auprès de professionnels de la prise en charge de la violence conjugale, ainsi qu’auprès de &amp;quot; victimes &amp;quot; qui accepteraient de nous apporter leur témoignage. Ces éléments correspondent à ce que l’on pourrait appeler la &amp;quot; recherche sur le terrain &amp;quot;. Nous avons aussi élargi notre revue de littérature en laissant une place pour l’étude des discours qui proviennent des divers professionnels spécialisés dans la thématique de la violence conjugale. Nos sources seront ainsi multiples : entretiens ; revue de presse ; statistiques ; revues spécialisées. &lt;br /&gt;
Notre analyse consistera à analyser les contenus du matériel récolté, en prenant pour point d’appui la désignation des acteurs de la violence conjugale, en termes de stéréotypes (stigmatisation) et dans une approche de &amp;quot; genre &amp;quot; étudiant les rapports sociaux hommes-femmes par rapport à cette thématique, ainsi que les rapports victimes-agresseurs qui s’y rattachent. &lt;br /&gt;
L’analyse devrait ainsi nous permettre de réunir des points de vue différents et ainsi de confirmer ou d’infirmer, voir de &amp;quot; tempérer &amp;quot; ce que nous avons développé dans la revue de littérature en fonction des auteurs choisis.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Résultats ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Aborder le problème social de la violence conjugale nous incite à faire un retour vers les années 1970. C’est à cette époque que l’on peut situer les premières recherches sur ce thème  mettant en question le mythe de la famille non violente. Les militantes féministes amènent la question de violence conjugale sur la place publique et le posent comme un problème socio-politique. La question de la violence est abordée comme conséquence des rapports de domination, c&#039;est-à-dire des effets de l’exercice d’une influence déterminante d’un groupe, les hommes, sur un autre, les femmes. Tout rapport de domination suppose, en effet, en dehors du rapport de pure violence, un système de justification visant à obtenir un minimum de &amp;quot;volonté d&#039;obéir&amp;quot; de la part des assujettis, note le Petit Robert.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les sciences humaines vont s’y intéresser à partir de là, et de nombreuses études sont entreprises dans les années 1970 et 1980 dans le but de décrire la violence domestique, de pouvoir la chiffrer, de chercher à l’expliquer, d’étudier ses conséquences sur les victimes, et d’examiner les réponses sociétales à ce problème.&lt;br /&gt;
Pourtant une des conclusions de la première étude de Straus et al.(1977) permet de dire que femmes et hommes admettent recourir à des tactiques de violence dans des situations de conflits. Et l’une des auteur-e-s, Steinmetz, ira jusqu’à tirer la conclusion de l’existence du « syndrome de l’homme battu ». Contesté dès sa sortie pour des insuffisances méthodologiques, la plupart de chercheurs et chercheuses renoncèrent à utiliser ce concept. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En Suisse une loi sur l’aide aux victimes permettra aux femmes victimes de violence conjugale d&#039;être reconnues, visibilées et aidés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette loi fédérale du 4 octobre 1991, entrée en vigueur le 1er janvier 1993, a pour but de fournir une aide efficace (conseils, la protection de la victime, la défense de ses droits dans la procédure pénale et l’indemnisation et la réparation morale) aux victimes d’infractions ou d’une atteinte directe à son intégrité corporelle, sexuelle ou psychique et à renforcer leurs droits. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Parmi les atteintes retenues par la loi nous pouvons retenir pour notre sujet d’analyse les violences domestiques,  lésions corporelles, viol, contrainte sexuelle, séquestration. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les centres de consultation « Lavi » sont instaurés dans chaque canton. La police est tenue d’informer les victimes de l’existence de ces centres et de leur transmettre les coordonnées de celle-ci (sur la base de son accord). L’aide immédiate et les prestations fournies directement par les centres sont gratuites. Lorsque la situation personnelle de la personne qui consulte le justifie, les centres de consultation prennent en charge d’autres frais (comme par exemple les frais médicaux, les frais d’avocat ou les frais de procédure). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
S’il est difficile de faire parler les statistiques, ici nous nous basons sur l’année 2004, ils donne toute de même une idée intéressante sur la question qui nous occupe, à savoir la violence féminine et masculine : une nette prédominance des femmes dans la consultation (75%), avec des auteurs présumés de sexe masculin (83.5), et l’existence d’une relation familiale, victime – agresseur (52,9%).  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Résultats et analyse partielle des entretiens ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est souvent question dans les chiffres, de comparer,  voire d’opposer, hommes et femmes face à la violence conjugale. En d’autres termes de démontrer que le premier est le bourreau et la deuxième la victime. Pour certains, la question des hommes battus ne recouvrirait pas la même problématique que celle des femmes battues. Pour certains auteurs, tel Yvon Dallaire, il semble que les stéréotypes de femme-victime et homme-agresseur affiliés aux rôles des acteurs, n’aident en rien à reconnaître la problématique. Alors que la femme est souvent vue comme une personne douce, fragile et protectrice. Les hommes, eux, sont reconnus comme des êtres forts, virils et courageux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;L’homme battu existe, nous l’avons rencontré&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour confronter les stéréotypes affiliés aux genres, nous avons cherché à interviewer des hommes battus. Paul et Luc (prénoms d’empreint) ont un point commun : leur passé d’homme maltraité. Ils ont été, tous les deux, physiquement battus par leur conjointe. Toutefois, il semblerait que la problématique de l’homme violenté intègre, dans sa forme globale, une autre forme de violence, une violence psychologique. Il ressort des entretiens que la forme physique ne semble pas être la forme de violence qui marque le plus. &lt;br /&gt;
Pour essayer de comprendre au mieux le vécu violenté de ces hommes et plus généralement de toute personne impliquée dans des relations violentes, nous avons questionné la littérature ainsi que des professionnels de terrain.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour la travailleuse sociale, Sophie Torrent (2001), « la nature de la violence [à l’égard de la gente masculine] et ses modes d’expression traduisent, dirait-on, une violence spécifiquement féminine, subtile, qui atteint l’intégrité psychique de l’homme.» (p.33). L’homme victime de violence psychologique semble atteint surtout dans sa masculinité, plus précisément dans la représentation de la masculinité qui lui a permis de construire son identité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Le harcèlement que j’ai vécu par cette femme tyran m’a amené à perdre, pendant quelques temps, mon identité masculine… C’était quoi être un homme ? Je ne savais plus faire l’amour comme il faut en quittant ma femme. J’ai du réapprendre à accepter de prendre du plaisir. » Luc&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;La violence ; une histoire d’homme ?&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Alors que nous venons de découvrir avec stupéfaction certaines réalités d’hommes maltraités par leur conjointe, comment traiter ces vérités face à notre idéal féminin construit ? Comment même penser à la violence des femmes, alors que celle que l’on exerce à leur égard est de loin la plus établie, la plus reconnue et de ce fait la plus portée par les médias ? De nos jours, la société reconnaît et prend en charge la femme violentée, qu&#039;en est-il de la femme violente ? &lt;br /&gt;
Il est commun d’entendre qu’une femme violente est une femme malade psychologiquement ou encore que cette dernière n’agresserait que pour se défendre. Pour la psychothérapeute Diane Chayer, ( citée par Ruel &amp;amp; Guéricolas, 1998), il semblerait qu’il n’y ait tout simplement pas de permission sociale à la violence des femmes. « La société dit qu’il est presque normal pour un homme d’être violent. Mais une femme violente, c’est une extraterrestre. » &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour Yvon Dallaire, « la femme violente peut ressentir de la fierté pour avoir battu plus fort qu’elle. Et la société ne la dénigre pas, elle cherche plutôt à la comprendre et à l’excuser, compatissant souvent à son sort. » (p26) A contrario, pour la responsable d’une structure acceuillant des femmes violentes, « celles et ceux qui passent de la parole aux actes souffrent, ils ont besoin d&#039;aide et y ont droit. Toutefois, la femme violente souffre de discrimination ; on ne veut pas lui reconnaître sa violence. » Il semblerait alors que, paradoxalement, la femme violente souffre des mêmes maux sociaux que l’homme maltraité. Une nouvelle fois, il semblerait que les stéréotypes, affiliés aux genres, décident de ce qui peut être acceptable ou pas.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Le statut de victime/agresseur&#039;&#039;&#039; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La responsable d’un établissement prenant en charge des femmes violentes nous apprend qu’il est difficile de tenir le fil rouge concernant les rôles de victime-agresseur. « On est là pour travailler sur la violence des femmes, en tant qu’auteures de violence et non en tant que victimes. Très souvent, ça dérape en justification des actes qui déplace la position d’agresseuse à celui de victime. » Il semble que souvent, l’agresseur se voit comme victime. Responsabiliser les acteurs(trices) de violence, c’est les aider à prendre conscience de leur violence. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Responsabilité dans la violence&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La question est partagée. Alors que pour beaucoup, la responsabilité de la violence doit être assumée par son auteur(e), pour d’autres, elle doit être partagée. En effet, pour Denis Châtelain, co-fondateur d’une association prenant en charge des auteur(e)s de violence, « il faut prendre en compte le potentiel de violence de la victime dans la compréhension de la dynamique ». Pour la responsable d’une association accueillant des femmes violentes, « il est impossible de faire un tel travail si l’on part du principe d’une co-responsabilité dans la réalisation de la violence. En effet, on ne peut pas se permettre de déraper sur l’aspect empathique et comprendre voir d’excuser l’acte de violence au nom d’un statut de victime reconnu. Pour nous, l’acte violent n’est pas excusable, il est inadmissible quelque soit sa source ou sa justification. Ce qui nous paraît important c’est de faire en sorte de ne plus jamais en avoir à arriver là. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;La prise en charge de la violence&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comment aborder la problématique de la violence conjugale et plus particulièrement celle des hommes maltraités et des femmes violentes ? Alors qu’Yvon Dallaire se demande si l’on « ne pourrait pas exploiter l’expertise des centres d’accueil pour femmes au profit des hommes battus et l’expertise des groupes d’entraide pour homme violents au profit des femmes violentes ? » (p29), la responsable d’une structure accueillant des femmes actrices de violence répond que « pour aider les femmes actrices de violence, il faut appliquer un traitement différencié. Les raisons étant parce qu’on n’éduque pas de la même façon une petite fille et un petit garçon, le rapport au féminin n’est pas le même. La violence masculine est légitimée. Par contre, on ne reconnaît pas ce droit à la femme. Cela étant dû aux stéréotypes de mère protectrice d’une part. » &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
(Le législateur prend en compte la situation des victimes, il estime qu’elles doivent être soutenues dans la procédure pénale, et également qu’elles ont droit à une indemnisation ou à une réparation morale (en fonction des revenus de la victime). )&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On peut constater également la reconnaissance par la société du statut de victime,  puisque les demandes, au nombre de 196 pour l’indemnisation et de 728 pour la réparation morale,  ont été traitées positivement. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La formation du personnel des centres Lavi : la loi mentionne des aides financières à la formation. Une formation spécifique « Lavi » a été instaurée et des formations complémentaires complètent la spécialisation de ces professionnels. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Violence domestique, une protection particulière : l’expulsion immédiate du domicile des personnes violentes, lesquelles ne peuvent plus réintégrer leur logement pendant une période déterminée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le 14 juin 2000, la Conseillère Ruth-Gaby Vermot-Mangold dépose une initiative parlementaire. Le Conseil fédéral  propose, en novembre 2005, un nouvel article 28b dans le code civil visant à protéger la victime de violence ou de harcèlement en lui donnant le droit de requérir le juge d’instruction d’interdire à l’auteur de l’atteinte de l’approcher, de fréquenter certains lieux ou de prendre contact avec elle. &lt;br /&gt;
Ce nouvel article 28b prévoit également l’institution par les cantons de centres d’informations et de consultation dans le but d’agir préventivement pour éviter la violence domestique et sa récidive. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Violence entre conjoint ou partenaire : poursuivie d’office depuis le 1 avril 2004&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le Conseil Fédéral  modifie le Code pénal en ce sens que les actes de violence domestique seront poursuivis d’office et non plus sur plainte de la victime. Le communiqué de presse est intéressant et nous donne un aperçu des changements sociaux intervenus : « il n’est plus question de tolérer la violence physique ou sexuelle exercée contre un conjoint ou un partenaire – dans un couple hétérosexuel ou homosexuel – sous prétexte qu’elle ne serait que de peu de gravité ou qu’elle relèverait de la sphère privée ». La contrainte sexuelle et le viol commis au sein du couple sont élevés au rang de délits poursuivis d’office.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Evolution des lois et violence conjugale.&lt;br /&gt;
Votée en 1991, la LAVI démontre que «  victime de violence » constitue maintenant  une déviance secondaire. Les plaignants sont identifiés, l’état institutionnalise leur prise en charge, les centres Lavi sont créés et les consultations augmentent au fil des années.   &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Néanmoins la notion de &amp;quot;violence conjugale&amp;quot; se fait discrète, le terme de violence domestique n’apparaît qu’avec le dépôt en 2002 de l’initiative parlementaire de Vermot-Mangold. En juin 2001 le Conseil Fédéral met en consultation le « projet élaboré par la Commission des affaires juridiques du Conseil national » et la notion de violence domestique fait partie des préoccupations reconnues officiellement. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous pouvons relever que les documents officiels font référence à une notion de victime qui n’est pas sexuée,  le mot « femme » n’y est pas accolé. Les termes utilisés « violence physique ou sexuelle exercée contre un conjoint ou un partenaire (…) dans un couple hétérosexuel ou homosexuel », « ordonner à une personne violente de quitter le domicile conjugal », « prévenir la récidive des agresseurs ». Dans les documents que j’ai parcouru sur le site de l’office fédéral de la justice sous la mention « aide aux victimes », je n’ai trouvé qu’une seule fois la mention spécifique « femme » : «  la violence domestique est aujourd’hui quotidienne dans notre société. Les femmes en sont souvent les victimes ». Dans tous les autres documents la violence domestique paraît neutre. Si le mot victime est féminin, les textes l’utilisent comme un élément générique. On peut en partie le comprendre par le fait que  la Lavi ne reçoit pas que des victimes de violences conjugales, mais également des victimes d’accidents de la route, d’attentats, d’enlèvement, de prise d’otage ou de brigandage.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Analyse ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Analyse des résultats&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour résumer, nous voici arrivés à un premier constat. Nous pouvons dire que la découverte de la violence conjugale et de ses effets a pour origine le questionnement du mouvement féministe, repris par des chercheur-e-s, qui ont confirmé et précisé le phénomène de la violence conjugale. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Autre découverte, la notion d’homme battu, que nous avions posé comme une construction récente, date des premières recherches sur ce domaine. Le syndrome de l’homme battu, développé  par une chercheuse du l’équipe de  Straus et al. a été un concept rapidement abandonné. Les défauts dans l’opérationnalisation du concept de violence, dans la méthode et dans l’interprétation des données de l’enquête effectuée à l’aide du Conflict Tactics Scales ont été largement reconnus. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comment se fait-il alors que des auteurs récents se saisissent du vocable « homme battu », partent à sa recherche, et le trouve ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour cela nous devons revenir à nouveau aux années 1970 et aux changements intervenus dans les places des hommes et des femmes. Ces dernières acquièrent un statut différent, elles deviennent citoyennes, accèdent au marché du travail et peuvent maîtriser leur fécondité. L’égalité homme – femme advient. A partir de là, le féminisme devient un mouvement social et politique pour l&#039;émancipation des femmes. Mais il va désigner aussi un corpus théorique qui va permettre aux sociologues de revisiter leurs différents champs d’études à travers la problématique des rapports sociaux de sexe.  Sous cet angle là, la violence conjugale prend un autre sens, elle est  rendue possible parce que les femmes ont moins de moyens, par conséquent moins de pouvoir, et parce que le genre féminin est dévalorisé par rapport au masculin. &lt;br /&gt;
Pierre Bourdieu a largement développé le fonctionnement des dominés et démontré comment ceux-ci ayant intégré le discours dominant « construisent ces relations de pouvoir du point de vue même de ceux qui y affirment leur domination… ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En Suisse, les statistiques 2004 issues des centres Lavi apportent des précisions chiffrées à cette forme de violence. Le taux de victimes de sexe féminins est important (75%),  le sexe masculin de l’auteur présumé révèle un pourcentage très élevé (83.5%) et pour 52.9% des consultants une relation familiale victime - agresseur existe. &lt;br /&gt;
Bien que la violence conjugale soit maintenant reconnue, des groupes sociaux la mettent en question. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les années 1980 une tension s’avive entre hommes et femmes.  Certains hommes pro féministes tiennent un discours optimiste concernant la constitution d&#039;une société nouvelle et égalitaire  et reconnaissent la domination masculine comme clé d&#039;un changement possible. &lt;br /&gt;
D&#039;autres hommes tiennent un discours alarmiste et insistent sur le malaise identitaire engendré par cette modification des rapports sociaux source de perte de repères. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A partir de là, des groupes d’hommes se forment autour, par exemple d’auteurs tels que Guy Cornaux au Canada, Jacques Salomé en France,  ou plus récemment Y. Dallaire qui avec John Goetelen a organisé le premier Congrès international de la condition masculine à Genève en 2003. Des mouvements pour la condition paternelle se créent afin de s’opposer à la garde des enfants accordée systématiquement à la mère en cas de divorce.  Le film récent « Le souffle du désert » de François Kohler, illustre ce phénomène de la recherche d’une identité masculine vécue comme problématique. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C&#039;est dans cette mouvance que nous trouvons aujourd&#039;hui les protagonistes d&#039;un détournement de la violence masculine au profit d&#039;une violence exercée contre les hommes par les femmes. ces détracteurs pourront s&#039;appuyer probablement dans les années à venir sur les modifications des images féminines, les stéréotypes de la femme douce et soumise ont tendance à s&#039;estomper. Et l&#039;on peut se demander si les jeunes femmes ne se permettront pas plus que par le passé d&#039;exprimer leurs sentiments de colère et violence, là où s&#039;exprimaient auparavant peut-être impuissance, tristesse et dépression. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Utilisateur:Cornut piller|Cornut piller]] 1 jun 2006 à 09:15 (MEST) ~~&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Difficultés&#039;&#039;&#039; (à mettre à la fin de l&#039;article ou dans la conclusion)[[Utilisateur:Celine|Celine]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le sujet que nous avons abordé tout au long de ce travail est délicat. Nous avons relevé le peu de neutralité émanant des sources existantes sur ce thème, chaque écrit représentant une certaine prise de position, quant à la causalité de la violence conjugale par exemple, ou les convictions cachées derrière l&#039;attribution de statuts victime-agresseur ou victime-victime.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette subjectivité rentre en interrelation avec notre sensibilité propre, individuelle, qui n&#039;est donc pas la même entre les personnes de notre groupe. Le fait que celui-ci soit constitué de deux femmes et deux hommes est très enrichissant, et même primordial quand l&#039;on s&#039;attèle à ce type de problématique. Néanmoins, cela implique un investissement conséquent en termes de discussion, explicitation des attentes et valeurs de chacun, en redéfinition continuelle de la problématique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans notre tentative d&#039;objectiver notre problématique, nous ne sommes que très peu aidés par les statistiques. Elles aussi disent ce qu&#039;elles ont envie de dire, et sont sans cesse remises en cause par des détracteurs. La conséquence en est qu&#039;aucune statistique ne sert vraiment de référence consensuelle dans la compréhension de la violence conjugale.Dans les statistiques policières, souvent la violence conjugale n&#039;est pas comptabilisée de manière séparée des autres délits de violence; dans d&#039;autres types de statistiques c&#039;est le genre qui n&#039;est pas retenu comme variable pertinente. En effet, derrière les chiffres, on découvre des définitions très variables de la violence: certains ne prennent en compte que la violence physique; d&#039;autres considèrent que de nombreux petits signes de nature verbale ou psychologique sont un pas dans l&#039;escalade de la violence, et les jugent donc de même poids que des coups. Entre ces deux extrêmes, toutes les variations sont présentes... &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est intéressant de relever à quel point certains chiffres sont médiatisés, afin d&#039;avoir un impact sur la population, alors que ces mêmes chiffres sont discutables au niveau statistique. &lt;br /&gt;
Pour conclure, nous nous sommes rendus compte que malgré une certaine médiatisation, qui n&#039;est pas si récente, de la violence conjugale, nous ne savons pas tellement de choses à ce sujet, ou plutôt il existe peu de consensus, voire la co-existence d&#039;approches inconciliables.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Conclusion ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
# Retour sur la problématiques, les questions de recherche&lt;br /&gt;
# Rappel des principaux résultats de recherche&lt;br /&gt;
# Autocritiques et perspectives&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Références bibliographiques ==&lt;br /&gt;
Les lectures citées dans le travail final&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Dallaire Y. (2002). La violence faite aux hommes. Une réalité tabou et complexe. Québéc: Options santé. [[Résumé du livre]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Gillioz L., De Puy J., Ducret V. (1997). Domination et violence envers la femme dans le couple. Lausanne : éditions Payot. [http://home.etu.unige.ch/~maneira4/R_sum__aeticle.doc Résumé de l&#039;article]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Ruel S. &amp;amp; Guéricolas P. (1998). La violence des femmes : derrière le masque. In Gazette des femmes Vol. 20. (no 4). (Novembre-Décembre 1998).[Version électronique]. Accès le 20 novembre 2005 : &lt;br /&gt;
http://www.gazettedesfemmes.com/recherche/?F=recherche&amp;amp;idt=10075&amp;amp;affart=2866&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Torrent S. (2001). L’homme battu, un tabou au cœur du tabou. Québec: Option Santé. [http://home.etu.unige.ch/~maneira4/fiche%20de%20lecture%20homme%20battu.pdf Résumé du livre ]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Bibliographie ==&lt;br /&gt;
Les lectures utilisées mais pas citées dans le travail final&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Bretonnière-Fraysse et al. (2001). &#039;&#039; De la violence conjugale à la violence parentale&#039;&#039;. Eres [[Résumé|Résumé du livre]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Jackson D., Welzer-Lang D. (1998). Violence et masculinité. Toulouse : imprimerie 34.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Office fédéral de la statistique : Aide aux victimes. Chiffres clés. http://www.bfs.admin.ch/bfs/portal/fr/index/themen/rechtspflege.html&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Rey, H. et al. (2006). Les violences conjugales: pour une clinique du réel. &#039;&#039; Journal International de Victimologie&#039;&#039;. Année 4, No 1. [[Résumé de l&#039;article]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Miguel</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Violence_conjugale:_De_la_femme_battue_%C3%A0_l%27homme_battu...&amp;diff=3986</id>
		<title>Violence conjugale: De la femme battue à l&#039;homme battu...</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Violence_conjugale:_De_la_femme_battue_%C3%A0_l%27homme_battu...&amp;diff=3986"/>
		<updated>2006-06-11T11:16:23Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Miguel : /* Références bibliographiques */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&#039;&#039;&#039;Membres du groupe&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Chantal Cornut&lt;br /&gt;
* Céline Pittet &lt;br /&gt;
* Jean-Christophe Contini&lt;br /&gt;
* Miguel Maneira &lt;br /&gt;
[mailto:maneira4@etu.unige.ch,contini2@etu.unige.ch,cepittet@hotmail.com,ch.cornut-piller@bluewin.ch Ecrire au groupe]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 [[L&#039;homme battu: le mâle...traité|Notre projet]]  |  [[Plan de recherche: Violence conjugale; un concept en mouvement|Notre plan de recherche]]  |  [[Espace de dialogue|Notre espace de dialogue]]  |  [[Trésorus de notre groupe|Notre île aux trésors]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Introduction ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La violence conjugale semble être de prime abord un phénomène bien connu de nos jours. Les médias rendent régulièrement compte de ses conséquences, bon nombre d’associations ont été créées pour répondre à l’appel des victimes, une loi sur la protection des victimes a été instaurée, beaucoup de thérapeutes œuvrent également dans ce domaine. Il est question, la plupart du temps, des violences subies par des femmes et exercées par des hommes, il est dans une moindre mesure, question de la violence exercée par des femmes contre des hommes. Ce dernier phénomène reste minoritaire cependant, et fait l’objet de nombreuses critiques. Bien souvent, les discours opposent des mouvements &amp;quot; féministes &amp;quot; à des groupes &amp;quot; masculinistes &amp;quot;, les uns dénonçant sans cesse l’ineffable violence des hommes envers les femmes, les autres dénonçant cette vision de l’homme éternellement &amp;quot; agresseur &amp;quot;, allant jusqu’à affirmer que des hommes sont aussi des &amp;quot; victimes &amp;quot; et que la violence peut aussi être l’apanage des femmes. Ici apparaît le concept &amp;quot; d’hommes battus &amp;quot; que nous interrogerons et qui est apparu dès les années septante.  &lt;br /&gt;
Afin de prendre de la distance vis-à-vis de ces deux positions antagonistes, nous proposons d’étudier ce que disent certains auteurs sur la violence conjugale, à la fois sur la violence subie par les femmes et par les hommes. Nous proposons aussi une recherche axée sur des entretiens avec des hommes &amp;quot; victimes &amp;quot; et des professionnels de la violence conjugale. Nous étudierons également des sources statistiques issues de la Loi Fédérale sur l’aide aux victimes et de Amnesty internationale tout comme des revues spécialisées dans le domaine de la thérapie familiale et plus particulièrement les articles concernant la violence domestique. &lt;br /&gt;
La thèse générale de notre article est de démontrer par notre étude que les discours qui circulent sur la violence conjugale sont une construction qui circonscrit la violence dans des stéréotypes caricaturaux stigmatisant à la fois les femmes en tant que victimes et les hommes comme agresseurs. De cette restriction découle la difficulté d’envisager l’existence d’hommes victimes de violence conjugale, et d’égale manière celle de femmes violentes. Cela a comme conséquence pour les personnes concernées un non-reconnaissance sociale, se manifestant par de forts préjugés à leur encontre, et de grandes lacunes institutionnelles. Nous montrerons aussi que les professionnels de la violence conjugale (médecins, thérapeutes) ont dépassé cette opposition et qu’ils désignent plus les acteurs de la violence conjugale à un niveau de co-responsabilité qui ne distingue pas le sexe des protagonistes pour rendre compte de ce phénomène. Il y a ainsi un écart entre les discours dominants et les discours des professionnels, écart perceptible dans l’étude de la littérature et dans l’examen des sources que constituent les revues &amp;quot; thérapie familiale &amp;quot;.&lt;br /&gt;
Enfin, nous proposons la thèse selon laquelle la violence conjugale reste un phénomène qui bien que connu de tous, reste difficile à appréhender dans notre société. En effet, nous montrerons qu’il existe des définitions similaires mais superficielles qui varient dans leur développement en fonction des positionnements et des valeurs de ceux qui les proposent. Les statistiques qui rendent compte de la violence conjugale proposent d’autre part des modalités qui ne permettent pas de distinguer précisément les victimes des agresseurs de manière précise et approfondie. Elles ne permettent pas d’affirmer avec précision que les hommes sont aussi victimes de violences, les modalités de genre n’étant pas assez développées dans la prise en compte statistique. Les hommes victimes existent, mais leur visibilité est très faible du fait que c’est un phénomène qui est en train d’émerger comme problème social.&lt;br /&gt;
Nous montrerons ainsi que la violence conjugale reste un phénomène complexe et confus dans ses définitions. Enfin, nous verrons que la violence conjugale reste un concept en mouvement sur le plan des institutions, qui proposent des possibilités de prise en charge nombreuses, mais néanmoins insuffisantes si l’on considère la prise en compte de la violence faite aux hommes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Revue de littérature ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous aborderons cette revue de littérature en suivant la chronologie même de notre questionnement et de notre cheminement, qui nous a conduit, en commençant part la découverte du concept de &amp;quot; l’homme battu &amp;quot;, à approfondir nos recherches au concept de la femme battue et à appréhender dès lors le problème social que constitue la violence conjugale, qui englobe les deux autres concepts. Nous avons ainsi privilégié dans nos recherches les ouvrages qui traiteraient spécifiquement de l’existence du concept même de &amp;quot; l’homme battu &amp;quot;, dans une actualité la plus récente possible. Nous nous sommes vite aperçus, que peu de littérature existait à ce sujet. Cependant, les ouvrages les plus récents (Torrent et Dallaire) font tous les deux référence à l’inscription du concept de l’homme battu dans celui de la violence conjugale. Nous avons dès lors élargi nos recherches dans ce domaine, toujours à la recherche du moindre élément concernant la violence faite aux hommes. D’autre part, nous avons voulu mettre en question les propositions faites par Dallaire et Torrent, en nous référant à d’autres auteurs qui portent un regard différent sur les acteurs, hommes ou femmes, de la violence conjugale. Notre attention s’est ainsi portée sur des notions concernant la désignation des acteurs en termes de victime et d’agresseur, et la désignation de ces mêmes termes de catégorie homme-femme. Enfin, nous avons cherché à contextualiser le phénomène de l’homme battu, en recherchant dans l’histoire de la violence conjugale, le moment où est apparu le concept de &amp;quot; l’homme battu &amp;quot;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sophie Torrent, dans son ouvrage sur l’homme battu (2001) met directement en question le fait qu’il existe au sein de la vie de couple une violence faite aux hommes, une violence souvent difficile à accepter, celle-ci allant à l’encontre de stéréotypes tels que celui qui considère que la femme est l’élément faible du couple et que l’homme en est le dominant. Dans la première partie de son livre, l’auteur tente tout d’abord d’expliquer ce phénomène atypique de l’homme battu, cet &amp;quot; impensable social &amp;quot; dit-elle. Elle analyse les différents types de violences (physique, sexuelle, psychologique, verbale et économique) pour ensuite orienter son analyse vers la notion de &amp;quot; rôles sociaux &amp;quot;. Elle montre comment l’homme violenté est agressé jusque dans les &amp;quot; facettes &amp;quot; qui font son identité. Pour elle &amp;quot; être battu invalide l’homme dans son appartenance à la catégorie sociale homme &amp;quot;. Dans la deuxième partie de son ouvrage, Torrent réfléchit sur les différentes stratégies élaborées par l’homme pour gérer des situations difficiles. Elle s’appuie notamment dans son travail de recherche sur des interviews réalisées avec des &amp;quot; hommes battus &amp;quot;. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est dans une considération assez proche qu’Yvon Dallaire (2002), thérapeute au Québec, aborde le phénomène de la violence faite aux hommes (La violence faite aux hommes. Une réalité taboue et complexe). Il nous rappelle le constat de l’existence ineffable de la violence dans l’humanité, violence souvent fortement médiatisée, mais selon lui, de manière incomplète. En effet, dit-il, notre attention ne serait attirée que vers une forme de violence, soit celle faite par les hommes contre les autres hommes (guerres, voies de fait, suicides), contre les femmes (violence conjugale, viol, meurtre, tueurs en série) et contre les enfants (violence infanticide, meurtre suivi de suicide). Pour Dallaire, une forme de violence a été occultée : la violence des femmes faite envers les femmes, les hommes et les enfants. Le propos de son texte est de démontrer d’une part que des femmes peuvent être tout autant violentes que des hommes, et que d’autre part, l’analyse de la violence conjugale s’inscrit dans un paradigme teinté de sexisme et de discrimination. Pour cet auteur, la violence conjugale ne se décline pas simplement sur le mode victime-agresseur, mais plutôt sur celui de victime-victime, de deux individus qui sont les co-créateurs d’une escalade débouchant sur l’explosion physique. Afin d’alimenter son propos, Yvon Dallaire met en lumière les stéréotypes et les préjugés qui circulent dans le discours commun : l’homme est un être violent, un abuseur d’enfants, un irresponsable, les hommes sont tous des obsédés sexuels, il sont tous infidèles, menteurs et manipulateurs. Dès lors, toute violence féminine est considérée comme relevant de la légitime défense, l’homme est ainsi rendu coupable de toute la violence conjugale. Précisons ici que l’auteur dénonce le discours d’influence féministe qui se déploie dans le contexte québécois. Son objectif est de connaître les réelles dimensions de la violence conjugale, plutôt que de rechercher un coupable à punir, toujours le même : l’homme. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’ouvrage de Bretonnière-Fraysse et al. (2001), incontournable pour notre sujet, propose quant à lui un autre regard qui positionne clairement les femmes en tant que victimes et les hommes comme agresseurs, sans nuances : &amp;quot; on le sait, la violence conjugale a toujours existé ; on le sait aussi : les victimes en sont les femmes et les auteurs, les hommes. Mais elle demeure encore cachée, honteuse, secrète &amp;quot;. Cet ouvrage prend un biais anthropologique et historique pour nous montrer la condition de victime de la femme à travers les époques passées et jusqu’à nos jours. Gillioz, De Puy et Ducret quant à elles (2000), font état des connaissances qui ont fait de la violence familiale et de la violence contre les femmes, un champ d’étude relativement nouveau dans les sciences sociales. Elles nous rappellent que jusque dans les années soixante, la société et avec elle les scientifiques vivent sur le mythe de la famille non violente. Cette dernière étant considérée comme rare et comme étant le fait d’individus déséquilibrés. Dans les années septante, sous l’influence de militantes féministes anglo-saxonnes qui ouvrent des refuges pour femmes battues et portent la question de la violence conjugale sur la place publique, ce phénomène jusque-là occulté est posé comme problème socio-politique. C’est dès lors que les sciences sociales vont s’y intéresser, à travers deux grands courants de recherche : des études portant sur la violence subie par les femmes au sein de la famille qui postulent, en se fondant sur les prémisses théoriques féministes, que cette violence est spécifique et qu’il est nécessaire de l’étudier indépendamment des autres types de violence familiale qui relèvent d’autres logiques. Le deuxième courant de recherche, issu de la sociologie de la famille, a pour objet la violence familiale et considère la société et ses institutions comme des systèmes consensuels qui embrassent dans la même problématique l’ensemble de la violence qui se déroule dans le cadre familial. Cet ouvrage mentionne également  les travaux de Strauss, Gelles et Steinmetz (1977), à partir desquels a été tiré l&#039;affirmation que les femmes sont aussi violentes que les hommes. C’est à ce moment qu’apparaît le concept du &amp;quot; mari battu &amp;quot;, des résultats tirés des statistiques de cette recherche, ont permis à l&#039;un des chercheurs de conclure que ce qui était le plus sous-estimé n’est pas la femme battue, mais le mari battu. La validité scientifique reste toutefois fortement contestée, nous en trouvons les arguments dans l’ouvrage de Gillioz, De Puy et Ducret. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Notre revue de littérature se conclut par l’approche systémique de Perrone et Nannini (1995) qui proposent leur livre comme un manuel à l’usage des professionnels appelés à intervenir auprès des familles. Leurs présupposés considèrent que la violence n’est pas un phénomène individuel, mais la manifestation d’un phénomène interactionnel. La violence est ainsi un mode particulier de communication entre partenaires qui sont tous impliqués et par là même responsables au sens interactionnel du terme. Comme Yvon Dallaire, les auteurs ne considèrent pas les acteurs de la violence conjugale en termes de &amp;quot; victime-agresseur &amp;quot;, ni en termes &amp;quot; hommes-femmes &amp;quot;. Les objectifs et les enjeux que ces deux auteurs proposent s’appuient sur l’idée que chacun doit devenir et se penser responsable de ses propres comportements. C’est également selon cette optique que certains &amp;quot; cliniciens &amp;quot; abordent en partie la question dans leur article (Rey, H et al. 2006). Contini 6 mai 2006 à 16:28 (MEST)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Problématique ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le questionnement qui est à l’origine de notre travail prend source dans la rencontre que nous avons faite d’un concept qui semble nouveau de prime abord : &amp;quot; l’homme battu &amp;quot;. Nous avons découvert ce concept dans l’ouvrage récemment publié de Sophie Torrent qui s’intitule &amp;quot; les hommes battus &amp;quot;. Ce livre met en lumière l’existence d’hommes victimes de violences exercées par des femmes à leur encontre, il interroge également les questions identitaires vécues par ces &amp;quot; nouvelles victimes &amp;quot; à travers la conduite de multiples entretiens. &lt;br /&gt;
Ces propos nous ont intrigués, parfois rendus perplexes et ont ainsi attisé notre curiosité. Nous avons dès lors entrepris des recherches bibliographiques qui nous permettraient de découvrir des discours proches des propos de Torrent. Nous avons ainsi constaté que ce &amp;quot; phénomène &amp;quot; des hommes battus était, dans une moindre mesure, relayé dans d’autres ouvrages qui l’inscrivaient dans le cadre plus large de la violence conjugale. Nos recherches livresques nous ont ainsi conduits à investiguer le corpus que nous avons constitué afin de tenter de répondre à la question principale qui guide notre recherche : comment le phénomène de &amp;quot; l’homme battu &amp;quot; s’inscrit-il dans le paradigme de la violence conjugale ? Les questions secondaires qui en découlent sont multiples : quand est-ce que ce concept est apparu ? Par qui a-t-il été développé ? Quels sont les discours qui relaient ce concept ou qui s’y opposent ? &lt;br /&gt;
Les éléments qui composent notre revue de littérature nous ont permis d’entrevoir certains points qui semblent être récurrents. Nous nous sommes ainsi aperçus que le concept d’ &amp;quot; hommes battus &amp;quot; se trouvait à chaque fois en tension avec celui de &amp;quot; femmes battues &amp;quot; dans le cadre de la violence conjugale que nous avons aussi essayé de définir. Nous nous sommes dès lors trouvés confrontés à deux discours contraires entre des groupes de pressions constitués autour de la &amp;quot; souffrance masculine &amp;quot; et les propos issus de certains discours féministes. Nous avons également constaté que cette opposition - que nous caractérisons grossièrement entre les deux discours – se dédouble d’une autre opposition dans la désignation des acteurs de la violence conjugale en  termes de victime et d’agresseur. Nous constatons que les acteurs sont ainsi stigmatisés, avec des stéréotypes qui désignent de manière massive l’homme comme étant un agresseur et la femme une victime.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Méthodologie ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En fonction des éléments de la problématique, l’objectif de notre recherche a consisté pour nous à y voir plus clair en tentant de répondre aux questions que nous nous posons. Afin de prendre une nécessaire distance vis-à-vis du regard que propose notre revue de littérature, nous avons choisi d’orienter nos recherches sur diverses sources d’informations différentes. Nous avons trouvé intéressant d’examiner si des statistiques existaient sur les &amp;quot; hommes battus &amp;quot; et sur les &amp;quot; femmes battues &amp;quot; et dès lors de voir si celles-ci pouvaient éclaircir notre questionnement. Nous avons aussi choisi de chercher des éléments dans une série de revue spécialisées dans la thérapie familiale, dès lors que le phénomène des &amp;quot; hommes battus &amp;quot; s’inscrit dans le cadre de la violence conjugale. De plus, pour avoir une vision plus globale nous avons aussi décidé de faire une revue d’articles de presse étudiant quelques articles récents. Enfin, nous avons opté pour une recherche mettant en œuvre la conduite de plusieurs entretiens auprès de professionnels de la prise en charge de la violence conjugale, ainsi qu’auprès de &amp;quot; victimes &amp;quot; qui accepteraient de nous apporter leur témoignage. Ces éléments correspondent à ce que l’on pourrait appeler la &amp;quot; recherche sur le terrain &amp;quot;. Nous avons aussi élargi notre revue de littérature en laissant une place pour l’étude des discours qui proviennent des divers professionnels spécialisés dans la thématique de la violence conjugale. Nos sources seront ainsi multiples : entretiens ; revue de presse ; statistiques ; revues spécialisées. &lt;br /&gt;
Notre analyse consistera à analyser les contenus du matériel récolté, en prenant pour point d’appui la désignation des acteurs de la violence conjugale, en termes de stéréotypes (stigmatisation) et dans une approche de &amp;quot; genre &amp;quot; étudiant les rapports sociaux hommes-femmes par rapport à cette thématique, ainsi que les rapports victimes-agresseurs qui s’y rattachent. &lt;br /&gt;
L’analyse devrait ainsi nous permettre de réunir des points de vue différents et ainsi de confirmer ou d’infirmer, voir de &amp;quot; tempérer &amp;quot; ce que nous avons développé dans la revue de littérature en fonction des auteurs choisis.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Résultats ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Aborder le problème social de la violence conjugale nous incite à faire un retour vers les années 1970. C’est à cette époque que l’on peut situer les premières recherches sur ce thème  mettant en question le mythe de la famille non violente. Les militantes féministes amènent la question de violence conjugale sur la place publique et le posent comme un problème socio-politique. La question de la violence est abordée comme conséquence des rapports de domination, c&#039;est-à-dire des effets de l’exercice d’une influence déterminante d’un groupe, les hommes, sur un autre, les femmes. Tout rapport de domination suppose, en effet, en dehors du rapport de pure violence, un système de justification visant à obtenir un minimum de &amp;quot;volonté d&#039;obéir&amp;quot; de la part des assujettis, note le Petit Robert.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les sciences humaines vont s’y intéresser à partir de là, et de nombreuses études sont entreprises dans les années 1970 et 1980 dans le but de décrire la violence domestique, de pouvoir la chiffrer, de chercher à l’expliquer, d’étudier ses conséquences sur les victimes, et d’examiner les réponses sociétales à ce problème.&lt;br /&gt;
Pourtant une des conclusions de la première étude de Straus et al.(1977) permet de dire que femmes et hommes admettent recourir à des tactiques de violence dans des situations de conflits. Et l’une des auteur-e-s, Steinmetz, ira jusqu’à tirer la conclusion de l’existence du « syndrome de l’homme battu ». Contesté dès sa sortie pour des insuffisances méthodologiques, la plupart de chercheurs et chercheuses renoncèrent à utiliser ce concept. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En Suisse une loi sur l’aide aux victimes permettra aux femmes victimes de violence conjugale d&#039;être reconnues, visibilées et aidés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette loi fédérale du 4 octobre 1991, entrée en vigueur le 1er janvier 1993, a pour but de fournir une aide efficace (conseils, la protection de la victime, la défense de ses droits dans la procédure pénale et l’indemnisation et la réparation morale) aux victimes d’infractions ou d’une atteinte directe à son intégrité corporelle, sexuelle ou psychique et à renforcer leurs droits. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Parmi les atteintes retenues par la loi nous pouvons retenir pour notre sujet d’analyse les violences domestiques,  lésions corporelles, viol, contrainte sexuelle, séquestration. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les centres de consultation « Lavi » sont instaurés dans chaque canton. La police est tenue d’informer les victimes de l’existence de ces centres et de leur transmettre les coordonnées de celle-ci (sur la base de son accord). L’aide immédiate et les prestations fournies directement par les centres sont gratuites. Lorsque la situation personnelle de la personne qui consulte le justifie, les centres de consultation prennent en charge d’autres frais (comme par exemple les frais médicaux, les frais d’avocat ou les frais de procédure). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
S’il est difficile de faire parler les statistiques, ici nous nous basons sur l’année 2004, ils donne toute de même une idée intéressante sur la question qui nous occupe, à savoir la violence féminine et masculine : une nette prédominance des femmes dans la consultation (75%), avec des auteurs présumés de sexe masculin (83.5), et l’existence d’une relation familiale, victime – agresseur (52,9%).  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Résultats et analyse partielle des entretiens ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est souvent question dans les chiffres, de comparer,  voire d’opposer, hommes et femmes face à la violence conjugale. En d’autres termes de démontrer que le premier est le bourreau et la deuxième la victime. Pour certains, la question des hommes battus ne recouvrirait pas la même problématique que celle des femmes battues. Pour certains auteurs, tel Yvon Dallaire, il semble que les stéréotypes de femme-victime et homme-agresseur affiliés aux rôles des acteurs, n’aident en rien à reconnaître la problématique. Alors que la femme est souvent vue comme une personne douce, fragile et protectrice. Les hommes, eux, sont reconnus comme des êtres forts, virils et courageux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;L’homme battu existe, nous l’avons rencontré&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour confronter les stéréotypes affiliés aux genres, nous avons cherché à interviewer des hommes battus. Paul et Luc (prénoms d’empreint) ont un point commun : leur passé d’homme maltraité. Ils ont été, tous les deux, physiquement battus par leur conjointe. Toutefois, il semblerait que la problématique de l’homme violenté intègre, dans sa forme globale, une autre forme de violence, une violence psychologique. Il ressort des entretiens que la forme physique ne semble pas être la forme de violence qui marque le plus. &lt;br /&gt;
Pour essayer de comprendre au mieux le vécu violenté de ces hommes et plus généralement de toute personne impliquée dans des relations violentes, nous avons questionné la littérature ainsi que des professionnels de terrain.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour la travailleuse sociale, Sophie Torrent (2001), « la nature de la violence [à l’égard de la gente masculine] et ses modes d’expression traduisent, dirait-on, une violence spécifiquement féminine, subtile, qui atteint l’intégrité psychique de l’homme.» (p.33). L’homme victime de violence psychologique semble atteint surtout dans sa masculinité, plus précisément dans la représentation de la masculinité qui lui a permis de construire son identité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Le harcèlement que j’ai vécu par cette femme tyran m’a amené à perdre, pendant quelques temps, mon identité masculine… C’était quoi être un homme ? Je ne savais plus faire l’amour comme il faut en quittant ma femme. J’ai du réapprendre à accepter de prendre du plaisir. » Luc&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;La violence ; une histoire d’homme ?&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Alors que nous venons de découvrir avec stupéfaction certaines réalités d’hommes maltraités par leur conjointe, comment traiter ces vérités face à notre idéal féminin construit ? Comment même penser à la violence des femmes, alors que celle que l’on exerce à leur égard est de loin la plus établie, la plus reconnue et de ce fait la plus portée par les médias ? De nos jours, la société reconnaît et prend en charge la femme violentée, qu&#039;en est-il de la femme violente ? &lt;br /&gt;
Il est commun d’entendre qu’une femme violente est une femme malade psychologiquement ou encore que cette dernière n’agresserait que pour se défendre. Pour la psychothérapeute Diane Chayer, ( citée par Ruel &amp;amp; Guéricolas, 1998), il semblerait qu’il n’y ait tout simplement pas de permission sociale à la violence des femmes. « La société dit qu’il est presque normal pour un homme d’être violent. Mais une femme violente, c’est une extraterrestre. » &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour Yvon Dallaire, « la femme violente peut ressentir de la fierté pour avoir battu plus fort qu’elle. Et la société ne la dénigre pas, elle cherche plutôt à la comprendre et à l’excuser, compatissant souvent à son sort. » (p26) A contrario, pour la responsable d’une structure acceuillant des femmes violentes, « celles et ceux qui passent de la parole aux actes souffrent, ils ont besoin d&#039;aide et y ont droit. Toutefois, la femme violente souffre de discrimination ; on ne veut pas lui reconnaître sa violence. » Il semblerait alors que, paradoxalement, la femme violente souffre des mêmes maux sociaux que l’homme maltraité. Une nouvelle fois, il semblerait que les stéréotypes, affiliés aux genres, décident de ce qui peut être acceptable ou pas.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Le statut de victime/agresseur&#039;&#039;&#039; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La responsable d’un établissement prenant en charge des femmes violentes nous apprend qu’il est difficile de tenir le fil rouge concernant les rôles de victime-agresseur. « On est là pour travailler sur la violence des femmes, en tant qu’auteures de violence et non en tant que victimes. Très souvent, ça dérape en justification des actes qui déplace la position d’agresseuse à celui de victime. » Il semble que souvent, l’agresseur se voit comme victime. Responsabiliser les acteurs(trices) de violence, c’est les aider à prendre conscience de leur violence. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Responsabilité dans la violence&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La question est partagée. Alors que pour beaucoup, la responsabilité de la violence doit être assumée par son auteur(e), pour d’autres, elle doit être partagée. En effet, pour Denis Châtelain, co-fondateur d’une association prenant en charge des auteur(e)s de violence, « il faut prendre en compte le potentiel de violence de la victime dans la compréhension de la dynamique ». Pour la responsable d’une association accueillant des femmes violentes, « il est impossible de faire un tel travail si l’on part du principe d’une co-responsabilité dans la réalisation de la violence. En effet, on ne peut pas se permettre de déraper sur l’aspect empathique et comprendre voir d’excuser l’acte de violence au nom d’un statut de victime reconnu. Pour nous, l’acte violent n’est pas excusable, il est inadmissible quelque soit sa source ou sa justification. Ce qui nous paraît important c’est de faire en sorte de ne plus jamais en avoir à arriver là. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;La prise en charge de la violence&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comment aborder la problématique de la violence conjugale et plus particulièrement celle des hommes maltraités et des femmes violentes ? Alors qu’Yvon Dallaire se demande si l’on « ne pourrait pas exploiter l’expertise des centres d’accueil pour femmes au profit des hommes battus et l’expertise des groupes d’entraide pour homme violents au profit des femmes violentes ? » (p29), la responsable d’une structure accueillant des femmes actrices de violence répond que « pour aider les femmes actrices de violence, il faut appliquer un traitement différencié. Les raisons étant parce qu’on n’éduque pas de la même façon une petite fille et un petit garçon, le rapport au féminin n’est pas le même. La violence masculine est légitimée. Par contre, on ne reconnaît pas ce droit à la femme. Cela étant dû aux stéréotypes de mère protectrice d’une part. » &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
(Le législateur prend en compte la situation des victimes, il estime qu’elles doivent être soutenues dans la procédure pénale, et également qu’elles ont droit à une indemnisation ou à une réparation morale (en fonction des revenus de la victime). )&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On peut constater également la reconnaissance par la société du statut de victime,  puisque les demandes, au nombre de 196 pour l’indemnisation et de 728 pour la réparation morale,  ont été traitées positivement. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La formation du personnel des centres Lavi : la loi mentionne des aides financières à la formation. Une formation spécifique « Lavi » a été instaurée et des formations complémentaires complètent la spécialisation de ces professionnels. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Violence domestique, une protection particulière : l’expulsion immédiate du domicile des personnes violentes, lesquelles ne peuvent plus réintégrer leur logement pendant une période déterminée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le 14 juin 2000, la Conseillère Ruth-Gaby Vermot-Mangold dépose une initiative parlementaire. Le Conseil fédéral  propose, en novembre 2005, un nouvel article 28b dans le code civil visant à protéger la victime de violence ou de harcèlement en lui donnant le droit de requérir le juge d’instruction d’interdire à l’auteur de l’atteinte de l’approcher, de fréquenter certains lieux ou de prendre contact avec elle. &lt;br /&gt;
Ce nouvel article 28b prévoit également l’institution par les cantons de centres d’informations et de consultation dans le but d’agir préventivement pour éviter la violence domestique et sa récidive. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Violence entre conjoint ou partenaire : poursuivie d’office depuis le 1 avril 2004&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le Conseil Fédéral  modifie le Code pénal en ce sens que les actes de violence domestique seront poursuivis d’office et non plus sur plainte de la victime. Le communiqué de presse est intéressant et nous donne un aperçu des changements sociaux intervenus : « il n’est plus question de tolérer la violence physique ou sexuelle exercée contre un conjoint ou un partenaire – dans un couple hétérosexuel ou homosexuel – sous prétexte qu’elle ne serait que de peu de gravité ou qu’elle relèverait de la sphère privée ». La contrainte sexuelle et le viol commis au sein du couple sont élevés au rang de délits poursuivis d’office.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Evolution des lois et violence conjugale.&lt;br /&gt;
Votée en 1991, la LAVI démontre que «  victime de violence » constitue maintenant  une déviance secondaire. Les plaignants sont identifiés, l’état institutionnalise leur prise en charge, les centres Lavi sont créés et les consultations augmentent au fil des années.   &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Néanmoins la notion de &amp;quot;violence conjugale&amp;quot; se fait discrète, le terme de violence domestique n’apparaît qu’avec le dépôt en 2002 de l’initiative parlementaire de Vermot-Mangold. En juin 2001 le Conseil Fédéral met en consultation le « projet élaboré par la Commission des affaires juridiques du Conseil national » et la notion de violence domestique fait partie des préoccupations reconnues officiellement. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous pouvons relever que les documents officiels font référence à une notion de victime qui n’est pas sexuée,  le mot « femme » n’y est pas accolé. Les termes utilisés « violence physique ou sexuelle exercée contre un conjoint ou un partenaire (…) dans un couple hétérosexuel ou homosexuel », « ordonner à une personne violente de quitter le domicile conjugal », « prévenir la récidive des agresseurs ». Dans les documents que j’ai parcouru sur le site de l’office fédéral de la justice sous la mention « aide aux victimes », je n’ai trouvé qu’une seule fois la mention spécifique « femme » : «  la violence domestique est aujourd’hui quotidienne dans notre société. Les femmes en sont souvent les victimes ». Dans tous les autres documents la violence domestique paraît neutre. Si le mot victime est féminin, les textes l’utilisent comme un élément générique. On peut en partie le comprendre par le fait que  la Lavi ne reçoit pas que des victimes de violences conjugales, mais également des victimes d’accidents de la route, d’attentats, d’enlèvement, de prise d’otage ou de brigandage.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Analyse ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Analyse des résultats&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour résumer, nous voici arrivés à un premier constat. Nous pouvons dire que la découverte de la violence conjugale et de ses effets a pour origine le questionnement du mouvement féministe, repris par des chercheur-e-s, qui ont confirmé et précisé le phénomène de la violence conjugale. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Autre découverte, la notion d’homme battu, que nous avions posé comme une construction récente, date des premières recherches sur ce domaine. Le syndrome de l’homme battu, développé  par une chercheuse du l’équipe de  Straus et al. a été un concept rapidement abandonné. Les défauts dans l’opérationnalisation du concept de violence, dans la méthode et dans l’interprétation des données de l’enquête effectuée à l’aide du Conflict Tactics Scales ont été largement reconnus. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comment se fait-il alors que des auteurs récents se saisissent du vocable « homme battu », partent à sa recherche, et le trouve ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour cela nous devons revenir à nouveau aux années 1970 et aux changements intervenus dans les places des hommes et des femmes. Ces dernières acquièrent un statut différent, elles deviennent citoyennes, accèdent au marché du travail et peuvent maîtriser leur fécondité. L’égalité homme – femme advient. A partir de là, le féminisme devient un mouvement social et politique pour l&#039;émancipation des femmes. Mais il va désigner aussi un corpus théorique qui va permettre aux sociologues de revisiter leurs différents champs d’études à travers la problématique des rapports sociaux de sexe.  Sous cet angle là, la violence conjugale prend un autre sens, elle est  rendue possible parce que les femmes ont moins de moyens, par conséquent moins de pouvoir, et parce que le genre féminin est dévalorisé par rapport au masculin. &lt;br /&gt;
Pierre Bourdieu a largement développé le fonctionnement des dominés et démontré comment ceux-ci ayant intégré le discours dominant « construisent ces relations de pouvoir du point de vue même de ceux qui y affirment leur domination… ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En Suisse, les statistiques 2004 issues des centres Lavi apportent des précisions chiffrées à cette forme de violence. Le taux de victimes de sexe féminins est important (75%),  le sexe masculin de l’auteur présumé révèle un pourcentage très élevé (83.5%) et pour 52.9% des consultants une relation familiale victime - agresseur existe. &lt;br /&gt;
Bien que la violence conjugale soit maintenant reconnue, des groupes sociaux la mettent en question. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les années 1980 une tension s’avive entre hommes et femmes.  Certains hommes pro féministes tiennent un discours optimiste concernant la constitution d&#039;une société nouvelle et égalitaire  et reconnaissent la domination masculine comme clé d&#039;un changement possible. &lt;br /&gt;
D&#039;autres hommes tiennent un discours alarmiste et insistent sur le malaise identitaire engendré par cette modification des rapports sociaux source de perte de repères. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A partir de là, des groupes d’hommes se forment autour, par exemple d’auteurs tels que Guy Cornaux au Canada, Jacques Salomé en France,  ou plus récemment Y. Dallaire qui avec John Goetelen a organisé le premier Congrès international de la condition masculine à Genève en 2003. Des mouvements pour la condition paternelle se créent afin de s’opposer à la garde des enfants accordée systématiquement à la mère en cas de divorce.  Le film récent « Le souffle du désert » de François Kohler, illustre ce phénomène de la recherche d’une identité masculine vécue comme problématique. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C&#039;est dans cette mouvance que nous trouvons aujourd&#039;hui les protagonistes d&#039;un détournement de la violence masculine au profit d&#039;une violence exercée contre les hommes par les femmes. ces détracteurs pourront s&#039;appuyer probablement dans les années à venir sur les modifications des images féminines, les stéréotypes de la femme douce et soumise ont tendance à s&#039;estomper. Et l&#039;on peut se demander si les jeunes femmes ne se permettront pas plus que par le passé d&#039;exprimer leurs sentiments de colère et violence, là où s&#039;exprimaient auparavant peut-être impuissance, tristesse et dépression. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Utilisateur:Cornut piller|Cornut piller]] 1 jun 2006 à 09:15 (MEST) ~~&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Difficultés&#039;&#039;&#039; (à mettre à la fin de l&#039;article ou dans la conclusion)[[Utilisateur:Celine|Celine]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le sujet que nous avons abordé tout au long de ce travail est délicat. Nous avons relevé le peu de neutralité émanant des sources existantes sur ce thème, chaque écrit représentant une certaine prise de position, quant à la causalité de la violence conjugale par exemple, ou les convictions cachées derrière l&#039;attribution de statuts victime-agresseur ou victime-victime.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette subjectivité rentre en interrelation avec notre sensibilité propre, individuelle, qui n&#039;est donc pas la même entre les personnes de notre groupe. Le fait que celui-ci soit constitué de deux femmes et deux hommes est très enrichissant, et même primordial quand l&#039;on s&#039;attèle à ce type de problématique. Néanmoins, cela implique un investissement conséquent en termes de discussion, explicitation des attentes et valeurs de chacun, en redéfinition continuelle de la problématique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans notre tentative d&#039;objectiver notre problématique, nous ne sommes que très peu aidés par les statistiques. Elles aussi disent ce qu&#039;elles ont envie de dire, et sont sans cesse remises en cause par des détracteurs. La conséquence en est qu&#039;aucune statistique ne sert vraiment de référence consensuelle dans la compréhension de la violence conjugale.Dans les statistiques policières, souvent la violence conjugale n&#039;est pas comptabilisée de manière séparée des autres délits de violence; dans d&#039;autres types de statistiques c&#039;est le genre qui n&#039;est pas retenu comme variable pertinente. En effet, derrière les chiffres, on découvre des définitions très variables de la violence: certains ne prennent en compte que la violence physique; d&#039;autres considèrent que de nombreux petits signes de nature verbale ou psychologique sont un pas dans l&#039;escalade de la violence, et les jugent donc de même poids que des coups. Entre ces deux extrêmes, toutes les variations sont présentes... &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est intéressant de relever à quel point certains chiffres sont médiatisés, afin d&#039;avoir un impact sur la population, alors que ces mêmes chiffres sont discutables au niveau statistique. &lt;br /&gt;
Pour conclure, nous nous sommes rendus compte que malgré une certaine médiatisation, qui n&#039;est pas si récente, de la violence conjugale, nous ne savons pas tellement de choses à ce sujet, ou plutôt il existe peu de consensus, voire la co-existence d&#039;approches inconciliables.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Conclusion ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
# Retour sur la problématiques, les questions de recherche&lt;br /&gt;
# Rappel des principaux résultats de recherche&lt;br /&gt;
# Autocritiques et perspectives&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Références bibliographiques ==&lt;br /&gt;
Les lectures citées dans le travail final&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Dallaire Y. (2002). La violence faite aux hommes. Une réalité tabou et complexe. Québéc: Options santé. [[Résumé du livre]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Gillioz L., De Puy J., Ducret V. (1997). Domination et violence envers la femme dans le couple. Lausanne : éditions Payot. [http://home.etu.unige.ch/~maneira4/R_sum__aeticle.doc Résumé de l&#039;article]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Ruel S. &amp;amp; Guéricolas P. (1998). La violence des femmes : derrière le masque. In Gazette des femmes Vol. 20. (no 4). (Novembre-Décembre 1998).[Version électronique]. Accès le 20 novembre 2005 : &lt;br /&gt;
http://www.gazettedesfemmes.com/recherche/?F=recherche&amp;amp;idt=10075&amp;amp;affart=2866&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Torrent S. (2001). L’homme battu, un tabou au cœur du tabou. Québec: Option Santé. [http://home.etu.unige.ch/~maneira4/fiche%20de%20lecture%20homme%20battu.pdf Résumé du livre ]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Bibliographie ==&lt;br /&gt;
Les lectures utilisées mais pas citées dans le travail final&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Bretonnière-Fraysse et al. (2001). &#039;&#039; De la violence conjugale à la violence parentale&#039;&#039;. Eres [[Résumé|Résumé du livre]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Jackson D., Welzer-Lang D. (1998). Violence et masculinité. Toulouse : imprimerie 34.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Office fédéral de la statistique : Aide aux victimes. Chiffres clés. http://www.bfs.admin.ch/bfs/portal/fr/index/themen/rechtspflege.html&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Rey, H. et al. (2006). Les violences conjugales: pour une clinique du réel. &#039;&#039; Journal International de Victimologie&#039;&#039;. Année 4, No 1. [[Résumé de l&#039;article]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Miguel</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Violence_conjugale:_De_la_femme_battue_%C3%A0_l%27homme_battu...&amp;diff=3985</id>
		<title>Violence conjugale: De la femme battue à l&#039;homme battu...</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Violence_conjugale:_De_la_femme_battue_%C3%A0_l%27homme_battu...&amp;diff=3985"/>
		<updated>2006-06-11T11:15:21Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Miguel : /* Bibliographie */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&#039;&#039;&#039;Membres du groupe&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Chantal Cornut&lt;br /&gt;
* Céline Pittet &lt;br /&gt;
* Jean-Christophe Contini&lt;br /&gt;
* Miguel Maneira &lt;br /&gt;
[mailto:maneira4@etu.unige.ch,contini2@etu.unige.ch,cepittet@hotmail.com,ch.cornut-piller@bluewin.ch Ecrire au groupe]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 [[L&#039;homme battu: le mâle...traité|Notre projet]]  |  [[Plan de recherche: Violence conjugale; un concept en mouvement|Notre plan de recherche]]  |  [[Espace de dialogue|Notre espace de dialogue]]  |  [[Trésorus de notre groupe|Notre île aux trésors]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Introduction ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La violence conjugale semble être de prime abord un phénomène bien connu de nos jours. Les médias rendent régulièrement compte de ses conséquences, bon nombre d’associations ont été créées pour répondre à l’appel des victimes, une loi sur la protection des victimes a été instaurée, beaucoup de thérapeutes œuvrent également dans ce domaine. Il est question, la plupart du temps, des violences subies par des femmes et exercées par des hommes, il est dans une moindre mesure, question de la violence exercée par des femmes contre des hommes. Ce dernier phénomène reste minoritaire cependant, et fait l’objet de nombreuses critiques. Bien souvent, les discours opposent des mouvements &amp;quot; féministes &amp;quot; à des groupes &amp;quot; masculinistes &amp;quot;, les uns dénonçant sans cesse l’ineffable violence des hommes envers les femmes, les autres dénonçant cette vision de l’homme éternellement &amp;quot; agresseur &amp;quot;, allant jusqu’à affirmer que des hommes sont aussi des &amp;quot; victimes &amp;quot; et que la violence peut aussi être l’apanage des femmes. Ici apparaît le concept &amp;quot; d’hommes battus &amp;quot; que nous interrogerons et qui est apparu dès les années septante.  &lt;br /&gt;
Afin de prendre de la distance vis-à-vis de ces deux positions antagonistes, nous proposons d’étudier ce que disent certains auteurs sur la violence conjugale, à la fois sur la violence subie par les femmes et par les hommes. Nous proposons aussi une recherche axée sur des entretiens avec des hommes &amp;quot; victimes &amp;quot; et des professionnels de la violence conjugale. Nous étudierons également des sources statistiques issues de la Loi Fédérale sur l’aide aux victimes et de Amnesty internationale tout comme des revues spécialisées dans le domaine de la thérapie familiale et plus particulièrement les articles concernant la violence domestique. &lt;br /&gt;
La thèse générale de notre article est de démontrer par notre étude que les discours qui circulent sur la violence conjugale sont une construction qui circonscrit la violence dans des stéréotypes caricaturaux stigmatisant à la fois les femmes en tant que victimes et les hommes comme agresseurs. De cette restriction découle la difficulté d’envisager l’existence d’hommes victimes de violence conjugale, et d’égale manière celle de femmes violentes. Cela a comme conséquence pour les personnes concernées un non-reconnaissance sociale, se manifestant par de forts préjugés à leur encontre, et de grandes lacunes institutionnelles. Nous montrerons aussi que les professionnels de la violence conjugale (médecins, thérapeutes) ont dépassé cette opposition et qu’ils désignent plus les acteurs de la violence conjugale à un niveau de co-responsabilité qui ne distingue pas le sexe des protagonistes pour rendre compte de ce phénomène. Il y a ainsi un écart entre les discours dominants et les discours des professionnels, écart perceptible dans l’étude de la littérature et dans l’examen des sources que constituent les revues &amp;quot; thérapie familiale &amp;quot;.&lt;br /&gt;
Enfin, nous proposons la thèse selon laquelle la violence conjugale reste un phénomène qui bien que connu de tous, reste difficile à appréhender dans notre société. En effet, nous montrerons qu’il existe des définitions similaires mais superficielles qui varient dans leur développement en fonction des positionnements et des valeurs de ceux qui les proposent. Les statistiques qui rendent compte de la violence conjugale proposent d’autre part des modalités qui ne permettent pas de distinguer précisément les victimes des agresseurs de manière précise et approfondie. Elles ne permettent pas d’affirmer avec précision que les hommes sont aussi victimes de violences, les modalités de genre n’étant pas assez développées dans la prise en compte statistique. Les hommes victimes existent, mais leur visibilité est très faible du fait que c’est un phénomène qui est en train d’émerger comme problème social.&lt;br /&gt;
Nous montrerons ainsi que la violence conjugale reste un phénomène complexe et confus dans ses définitions. Enfin, nous verrons que la violence conjugale reste un concept en mouvement sur le plan des institutions, qui proposent des possibilités de prise en charge nombreuses, mais néanmoins insuffisantes si l’on considère la prise en compte de la violence faite aux hommes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Revue de littérature ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous aborderons cette revue de littérature en suivant la chronologie même de notre questionnement et de notre cheminement, qui nous a conduit, en commençant part la découverte du concept de &amp;quot; l’homme battu &amp;quot;, à approfondir nos recherches au concept de la femme battue et à appréhender dès lors le problème social que constitue la violence conjugale, qui englobe les deux autres concepts. Nous avons ainsi privilégié dans nos recherches les ouvrages qui traiteraient spécifiquement de l’existence du concept même de &amp;quot; l’homme battu &amp;quot;, dans une actualité la plus récente possible. Nous nous sommes vite aperçus, que peu de littérature existait à ce sujet. Cependant, les ouvrages les plus récents (Torrent et Dallaire) font tous les deux référence à l’inscription du concept de l’homme battu dans celui de la violence conjugale. Nous avons dès lors élargi nos recherches dans ce domaine, toujours à la recherche du moindre élément concernant la violence faite aux hommes. D’autre part, nous avons voulu mettre en question les propositions faites par Dallaire et Torrent, en nous référant à d’autres auteurs qui portent un regard différent sur les acteurs, hommes ou femmes, de la violence conjugale. Notre attention s’est ainsi portée sur des notions concernant la désignation des acteurs en termes de victime et d’agresseur, et la désignation de ces mêmes termes de catégorie homme-femme. Enfin, nous avons cherché à contextualiser le phénomène de l’homme battu, en recherchant dans l’histoire de la violence conjugale, le moment où est apparu le concept de &amp;quot; l’homme battu &amp;quot;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sophie Torrent, dans son ouvrage sur l’homme battu (2001) met directement en question le fait qu’il existe au sein de la vie de couple une violence faite aux hommes, une violence souvent difficile à accepter, celle-ci allant à l’encontre de stéréotypes tels que celui qui considère que la femme est l’élément faible du couple et que l’homme en est le dominant. Dans la première partie de son livre, l’auteur tente tout d’abord d’expliquer ce phénomène atypique de l’homme battu, cet &amp;quot; impensable social &amp;quot; dit-elle. Elle analyse les différents types de violences (physique, sexuelle, psychologique, verbale et économique) pour ensuite orienter son analyse vers la notion de &amp;quot; rôles sociaux &amp;quot;. Elle montre comment l’homme violenté est agressé jusque dans les &amp;quot; facettes &amp;quot; qui font son identité. Pour elle &amp;quot; être battu invalide l’homme dans son appartenance à la catégorie sociale homme &amp;quot;. Dans la deuxième partie de son ouvrage, Torrent réfléchit sur les différentes stratégies élaborées par l’homme pour gérer des situations difficiles. Elle s’appuie notamment dans son travail de recherche sur des interviews réalisées avec des &amp;quot; hommes battus &amp;quot;. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est dans une considération assez proche qu’Yvon Dallaire (2002), thérapeute au Québec, aborde le phénomène de la violence faite aux hommes (La violence faite aux hommes. Une réalité taboue et complexe). Il nous rappelle le constat de l’existence ineffable de la violence dans l’humanité, violence souvent fortement médiatisée, mais selon lui, de manière incomplète. En effet, dit-il, notre attention ne serait attirée que vers une forme de violence, soit celle faite par les hommes contre les autres hommes (guerres, voies de fait, suicides), contre les femmes (violence conjugale, viol, meurtre, tueurs en série) et contre les enfants (violence infanticide, meurtre suivi de suicide). Pour Dallaire, une forme de violence a été occultée : la violence des femmes faite envers les femmes, les hommes et les enfants. Le propos de son texte est de démontrer d’une part que des femmes peuvent être tout autant violentes que des hommes, et que d’autre part, l’analyse de la violence conjugale s’inscrit dans un paradigme teinté de sexisme et de discrimination. Pour cet auteur, la violence conjugale ne se décline pas simplement sur le mode victime-agresseur, mais plutôt sur celui de victime-victime, de deux individus qui sont les co-créateurs d’une escalade débouchant sur l’explosion physique. Afin d’alimenter son propos, Yvon Dallaire met en lumière les stéréotypes et les préjugés qui circulent dans le discours commun : l’homme est un être violent, un abuseur d’enfants, un irresponsable, les hommes sont tous des obsédés sexuels, il sont tous infidèles, menteurs et manipulateurs. Dès lors, toute violence féminine est considérée comme relevant de la légitime défense, l’homme est ainsi rendu coupable de toute la violence conjugale. Précisons ici que l’auteur dénonce le discours d’influence féministe qui se déploie dans le contexte québécois. Son objectif est de connaître les réelles dimensions de la violence conjugale, plutôt que de rechercher un coupable à punir, toujours le même : l’homme. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’ouvrage de Bretonnière-Fraysse et al. (2001), incontournable pour notre sujet, propose quant à lui un autre regard qui positionne clairement les femmes en tant que victimes et les hommes comme agresseurs, sans nuances : &amp;quot; on le sait, la violence conjugale a toujours existé ; on le sait aussi : les victimes en sont les femmes et les auteurs, les hommes. Mais elle demeure encore cachée, honteuse, secrète &amp;quot;. Cet ouvrage prend un biais anthropologique et historique pour nous montrer la condition de victime de la femme à travers les époques passées et jusqu’à nos jours. Gillioz, De Puy et Ducret quant à elles (2000), font état des connaissances qui ont fait de la violence familiale et de la violence contre les femmes, un champ d’étude relativement nouveau dans les sciences sociales. Elles nous rappellent que jusque dans les années soixante, la société et avec elle les scientifiques vivent sur le mythe de la famille non violente. Cette dernière étant considérée comme rare et comme étant le fait d’individus déséquilibrés. Dans les années septante, sous l’influence de militantes féministes anglo-saxonnes qui ouvrent des refuges pour femmes battues et portent la question de la violence conjugale sur la place publique, ce phénomène jusque-là occulté est posé comme problème socio-politique. C’est dès lors que les sciences sociales vont s’y intéresser, à travers deux grands courants de recherche : des études portant sur la violence subie par les femmes au sein de la famille qui postulent, en se fondant sur les prémisses théoriques féministes, que cette violence est spécifique et qu’il est nécessaire de l’étudier indépendamment des autres types de violence familiale qui relèvent d’autres logiques. Le deuxième courant de recherche, issu de la sociologie de la famille, a pour objet la violence familiale et considère la société et ses institutions comme des systèmes consensuels qui embrassent dans la même problématique l’ensemble de la violence qui se déroule dans le cadre familial. Cet ouvrage mentionne également  les travaux de Strauss, Gelles et Steinmetz (1977), à partir desquels a été tiré l&#039;affirmation que les femmes sont aussi violentes que les hommes. C’est à ce moment qu’apparaît le concept du &amp;quot; mari battu &amp;quot;, des résultats tirés des statistiques de cette recherche, ont permis à l&#039;un des chercheurs de conclure que ce qui était le plus sous-estimé n’est pas la femme battue, mais le mari battu. La validité scientifique reste toutefois fortement contestée, nous en trouvons les arguments dans l’ouvrage de Gillioz, De Puy et Ducret. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Notre revue de littérature se conclut par l’approche systémique de Perrone et Nannini (1995) qui proposent leur livre comme un manuel à l’usage des professionnels appelés à intervenir auprès des familles. Leurs présupposés considèrent que la violence n’est pas un phénomène individuel, mais la manifestation d’un phénomène interactionnel. La violence est ainsi un mode particulier de communication entre partenaires qui sont tous impliqués et par là même responsables au sens interactionnel du terme. Comme Yvon Dallaire, les auteurs ne considèrent pas les acteurs de la violence conjugale en termes de &amp;quot; victime-agresseur &amp;quot;, ni en termes &amp;quot; hommes-femmes &amp;quot;. Les objectifs et les enjeux que ces deux auteurs proposent s’appuient sur l’idée que chacun doit devenir et se penser responsable de ses propres comportements. C’est également selon cette optique que certains &amp;quot; cliniciens &amp;quot; abordent en partie la question dans leur article (Rey, H et al. 2006). Contini 6 mai 2006 à 16:28 (MEST)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Problématique ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le questionnement qui est à l’origine de notre travail prend source dans la rencontre que nous avons faite d’un concept qui semble nouveau de prime abord : &amp;quot; l’homme battu &amp;quot;. Nous avons découvert ce concept dans l’ouvrage récemment publié de Sophie Torrent qui s’intitule &amp;quot; les hommes battus &amp;quot;. Ce livre met en lumière l’existence d’hommes victimes de violences exercées par des femmes à leur encontre, il interroge également les questions identitaires vécues par ces &amp;quot; nouvelles victimes &amp;quot; à travers la conduite de multiples entretiens. &lt;br /&gt;
Ces propos nous ont intrigués, parfois rendus perplexes et ont ainsi attisé notre curiosité. Nous avons dès lors entrepris des recherches bibliographiques qui nous permettraient de découvrir des discours proches des propos de Torrent. Nous avons ainsi constaté que ce &amp;quot; phénomène &amp;quot; des hommes battus était, dans une moindre mesure, relayé dans d’autres ouvrages qui l’inscrivaient dans le cadre plus large de la violence conjugale. Nos recherches livresques nous ont ainsi conduits à investiguer le corpus que nous avons constitué afin de tenter de répondre à la question principale qui guide notre recherche : comment le phénomène de &amp;quot; l’homme battu &amp;quot; s’inscrit-il dans le paradigme de la violence conjugale ? Les questions secondaires qui en découlent sont multiples : quand est-ce que ce concept est apparu ? Par qui a-t-il été développé ? Quels sont les discours qui relaient ce concept ou qui s’y opposent ? &lt;br /&gt;
Les éléments qui composent notre revue de littérature nous ont permis d’entrevoir certains points qui semblent être récurrents. Nous nous sommes ainsi aperçus que le concept d’ &amp;quot; hommes battus &amp;quot; se trouvait à chaque fois en tension avec celui de &amp;quot; femmes battues &amp;quot; dans le cadre de la violence conjugale que nous avons aussi essayé de définir. Nous nous sommes dès lors trouvés confrontés à deux discours contraires entre des groupes de pressions constitués autour de la &amp;quot; souffrance masculine &amp;quot; et les propos issus de certains discours féministes. Nous avons également constaté que cette opposition - que nous caractérisons grossièrement entre les deux discours – se dédouble d’une autre opposition dans la désignation des acteurs de la violence conjugale en  termes de victime et d’agresseur. Nous constatons que les acteurs sont ainsi stigmatisés, avec des stéréotypes qui désignent de manière massive l’homme comme étant un agresseur et la femme une victime.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Méthodologie ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En fonction des éléments de la problématique, l’objectif de notre recherche a consisté pour nous à y voir plus clair en tentant de répondre aux questions que nous nous posons. Afin de prendre une nécessaire distance vis-à-vis du regard que propose notre revue de littérature, nous avons choisi d’orienter nos recherches sur diverses sources d’informations différentes. Nous avons trouvé intéressant d’examiner si des statistiques existaient sur les &amp;quot; hommes battus &amp;quot; et sur les &amp;quot; femmes battues &amp;quot; et dès lors de voir si celles-ci pouvaient éclaircir notre questionnement. Nous avons aussi choisi de chercher des éléments dans une série de revue spécialisées dans la thérapie familiale, dès lors que le phénomène des &amp;quot; hommes battus &amp;quot; s’inscrit dans le cadre de la violence conjugale. De plus, pour avoir une vision plus globale nous avons aussi décidé de faire une revue d’articles de presse étudiant quelques articles récents. Enfin, nous avons opté pour une recherche mettant en œuvre la conduite de plusieurs entretiens auprès de professionnels de la prise en charge de la violence conjugale, ainsi qu’auprès de &amp;quot; victimes &amp;quot; qui accepteraient de nous apporter leur témoignage. Ces éléments correspondent à ce que l’on pourrait appeler la &amp;quot; recherche sur le terrain &amp;quot;. Nous avons aussi élargi notre revue de littérature en laissant une place pour l’étude des discours qui proviennent des divers professionnels spécialisés dans la thématique de la violence conjugale. Nos sources seront ainsi multiples : entretiens ; revue de presse ; statistiques ; revues spécialisées. &lt;br /&gt;
Notre analyse consistera à analyser les contenus du matériel récolté, en prenant pour point d’appui la désignation des acteurs de la violence conjugale, en termes de stéréotypes (stigmatisation) et dans une approche de &amp;quot; genre &amp;quot; étudiant les rapports sociaux hommes-femmes par rapport à cette thématique, ainsi que les rapports victimes-agresseurs qui s’y rattachent. &lt;br /&gt;
L’analyse devrait ainsi nous permettre de réunir des points de vue différents et ainsi de confirmer ou d’infirmer, voir de &amp;quot; tempérer &amp;quot; ce que nous avons développé dans la revue de littérature en fonction des auteurs choisis.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Résultats ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Aborder le problème social de la violence conjugale nous incite à faire un retour vers les années 1970. C’est à cette époque que l’on peut situer les premières recherches sur ce thème  mettant en question le mythe de la famille non violente. Les militantes féministes amènent la question de violence conjugale sur la place publique et le posent comme un problème socio-politique. La question de la violence est abordée comme conséquence des rapports de domination, c&#039;est-à-dire des effets de l’exercice d’une influence déterminante d’un groupe, les hommes, sur un autre, les femmes. Tout rapport de domination suppose, en effet, en dehors du rapport de pure violence, un système de justification visant à obtenir un minimum de &amp;quot;volonté d&#039;obéir&amp;quot; de la part des assujettis, note le Petit Robert.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les sciences humaines vont s’y intéresser à partir de là, et de nombreuses études sont entreprises dans les années 1970 et 1980 dans le but de décrire la violence domestique, de pouvoir la chiffrer, de chercher à l’expliquer, d’étudier ses conséquences sur les victimes, et d’examiner les réponses sociétales à ce problème.&lt;br /&gt;
Pourtant une des conclusions de la première étude de Straus et al.(1977) permet de dire que femmes et hommes admettent recourir à des tactiques de violence dans des situations de conflits. Et l’une des auteur-e-s, Steinmetz, ira jusqu’à tirer la conclusion de l’existence du « syndrome de l’homme battu ». Contesté dès sa sortie pour des insuffisances méthodologiques, la plupart de chercheurs et chercheuses renoncèrent à utiliser ce concept. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En Suisse une loi sur l’aide aux victimes permettra aux femmes victimes de violence conjugale d&#039;être reconnues, visibilées et aidés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette loi fédérale du 4 octobre 1991, entrée en vigueur le 1er janvier 1993, a pour but de fournir une aide efficace (conseils, la protection de la victime, la défense de ses droits dans la procédure pénale et l’indemnisation et la réparation morale) aux victimes d’infractions ou d’une atteinte directe à son intégrité corporelle, sexuelle ou psychique et à renforcer leurs droits. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Parmi les atteintes retenues par la loi nous pouvons retenir pour notre sujet d’analyse les violences domestiques,  lésions corporelles, viol, contrainte sexuelle, séquestration. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les centres de consultation « Lavi » sont instaurés dans chaque canton. La police est tenue d’informer les victimes de l’existence de ces centres et de leur transmettre les coordonnées de celle-ci (sur la base de son accord). L’aide immédiate et les prestations fournies directement par les centres sont gratuites. Lorsque la situation personnelle de la personne qui consulte le justifie, les centres de consultation prennent en charge d’autres frais (comme par exemple les frais médicaux, les frais d’avocat ou les frais de procédure). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
S’il est difficile de faire parler les statistiques, ici nous nous basons sur l’année 2004, ils donne toute de même une idée intéressante sur la question qui nous occupe, à savoir la violence féminine et masculine : une nette prédominance des femmes dans la consultation (75%), avec des auteurs présumés de sexe masculin (83.5), et l’existence d’une relation familiale, victime – agresseur (52,9%).  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Résultats et analyse partielle des entretiens ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est souvent question dans les chiffres, de comparer,  voire d’opposer, hommes et femmes face à la violence conjugale. En d’autres termes de démontrer que le premier est le bourreau et la deuxième la victime. Pour certains, la question des hommes battus ne recouvrirait pas la même problématique que celle des femmes battues. Pour certains auteurs, tel Yvon Dallaire, il semble que les stéréotypes de femme-victime et homme-agresseur affiliés aux rôles des acteurs, n’aident en rien à reconnaître la problématique. Alors que la femme est souvent vue comme une personne douce, fragile et protectrice. Les hommes, eux, sont reconnus comme des êtres forts, virils et courageux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;L’homme battu existe, nous l’avons rencontré&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour confronter les stéréotypes affiliés aux genres, nous avons cherché à interviewer des hommes battus. Paul et Luc (prénoms d’empreint) ont un point commun : leur passé d’homme maltraité. Ils ont été, tous les deux, physiquement battus par leur conjointe. Toutefois, il semblerait que la problématique de l’homme violenté intègre, dans sa forme globale, une autre forme de violence, une violence psychologique. Il ressort des entretiens que la forme physique ne semble pas être la forme de violence qui marque le plus. &lt;br /&gt;
Pour essayer de comprendre au mieux le vécu violenté de ces hommes et plus généralement de toute personne impliquée dans des relations violentes, nous avons questionné la littérature ainsi que des professionnels de terrain.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour la travailleuse sociale, Sophie Torrent (2001), « la nature de la violence [à l’égard de la gente masculine] et ses modes d’expression traduisent, dirait-on, une violence spécifiquement féminine, subtile, qui atteint l’intégrité psychique de l’homme.» (p.33). L’homme victime de violence psychologique semble atteint surtout dans sa masculinité, plus précisément dans la représentation de la masculinité qui lui a permis de construire son identité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Le harcèlement que j’ai vécu par cette femme tyran m’a amené à perdre, pendant quelques temps, mon identité masculine… C’était quoi être un homme ? Je ne savais plus faire l’amour comme il faut en quittant ma femme. J’ai du réapprendre à accepter de prendre du plaisir. » Luc&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;La violence ; une histoire d’homme ?&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Alors que nous venons de découvrir avec stupéfaction certaines réalités d’hommes maltraités par leur conjointe, comment traiter ces vérités face à notre idéal féminin construit ? Comment même penser à la violence des femmes, alors que celle que l’on exerce à leur égard est de loin la plus établie, la plus reconnue et de ce fait la plus portée par les médias ? De nos jours, la société reconnaît et prend en charge la femme violentée, qu&#039;en est-il de la femme violente ? &lt;br /&gt;
Il est commun d’entendre qu’une femme violente est une femme malade psychologiquement ou encore que cette dernière n’agresserait que pour se défendre. Pour la psychothérapeute Diane Chayer, ( citée par Ruel &amp;amp; Guéricolas, 1998), il semblerait qu’il n’y ait tout simplement pas de permission sociale à la violence des femmes. « La société dit qu’il est presque normal pour un homme d’être violent. Mais une femme violente, c’est une extraterrestre. » &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour Yvon Dallaire, « la femme violente peut ressentir de la fierté pour avoir battu plus fort qu’elle. Et la société ne la dénigre pas, elle cherche plutôt à la comprendre et à l’excuser, compatissant souvent à son sort. » (p26) A contrario, pour la responsable d’une structure acceuillant des femmes violentes, « celles et ceux qui passent de la parole aux actes souffrent, ils ont besoin d&#039;aide et y ont droit. Toutefois, la femme violente souffre de discrimination ; on ne veut pas lui reconnaître sa violence. » Il semblerait alors que, paradoxalement, la femme violente souffre des mêmes maux sociaux que l’homme maltraité. Une nouvelle fois, il semblerait que les stéréotypes, affiliés aux genres, décident de ce qui peut être acceptable ou pas.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Le statut de victime/agresseur&#039;&#039;&#039; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La responsable d’un établissement prenant en charge des femmes violentes nous apprend qu’il est difficile de tenir le fil rouge concernant les rôles de victime-agresseur. « On est là pour travailler sur la violence des femmes, en tant qu’auteures de violence et non en tant que victimes. Très souvent, ça dérape en justification des actes qui déplace la position d’agresseuse à celui de victime. » Il semble que souvent, l’agresseur se voit comme victime. Responsabiliser les acteurs(trices) de violence, c’est les aider à prendre conscience de leur violence. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Responsabilité dans la violence&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La question est partagée. Alors que pour beaucoup, la responsabilité de la violence doit être assumée par son auteur(e), pour d’autres, elle doit être partagée. En effet, pour Denis Châtelain, co-fondateur d’une association prenant en charge des auteur(e)s de violence, « il faut prendre en compte le potentiel de violence de la victime dans la compréhension de la dynamique ». Pour la responsable d’une association accueillant des femmes violentes, « il est impossible de faire un tel travail si l’on part du principe d’une co-responsabilité dans la réalisation de la violence. En effet, on ne peut pas se permettre de déraper sur l’aspect empathique et comprendre voir d’excuser l’acte de violence au nom d’un statut de victime reconnu. Pour nous, l’acte violent n’est pas excusable, il est inadmissible quelque soit sa source ou sa justification. Ce qui nous paraît important c’est de faire en sorte de ne plus jamais en avoir à arriver là. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;La prise en charge de la violence&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comment aborder la problématique de la violence conjugale et plus particulièrement celle des hommes maltraités et des femmes violentes ? Alors qu’Yvon Dallaire se demande si l’on « ne pourrait pas exploiter l’expertise des centres d’accueil pour femmes au profit des hommes battus et l’expertise des groupes d’entraide pour homme violents au profit des femmes violentes ? » (p29), la responsable d’une structure accueillant des femmes actrices de violence répond que « pour aider les femmes actrices de violence, il faut appliquer un traitement différencié. Les raisons étant parce qu’on n’éduque pas de la même façon une petite fille et un petit garçon, le rapport au féminin n’est pas le même. La violence masculine est légitimée. Par contre, on ne reconnaît pas ce droit à la femme. Cela étant dû aux stéréotypes de mère protectrice d’une part. » &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
(Le législateur prend en compte la situation des victimes, il estime qu’elles doivent être soutenues dans la procédure pénale, et également qu’elles ont droit à une indemnisation ou à une réparation morale (en fonction des revenus de la victime). )&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On peut constater également la reconnaissance par la société du statut de victime,  puisque les demandes, au nombre de 196 pour l’indemnisation et de 728 pour la réparation morale,  ont été traitées positivement. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La formation du personnel des centres Lavi : la loi mentionne des aides financières à la formation. Une formation spécifique « Lavi » a été instaurée et des formations complémentaires complètent la spécialisation de ces professionnels. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Violence domestique, une protection particulière : l’expulsion immédiate du domicile des personnes violentes, lesquelles ne peuvent plus réintégrer leur logement pendant une période déterminée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le 14 juin 2000, la Conseillère Ruth-Gaby Vermot-Mangold dépose une initiative parlementaire. Le Conseil fédéral  propose, en novembre 2005, un nouvel article 28b dans le code civil visant à protéger la victime de violence ou de harcèlement en lui donnant le droit de requérir le juge d’instruction d’interdire à l’auteur de l’atteinte de l’approcher, de fréquenter certains lieux ou de prendre contact avec elle. &lt;br /&gt;
Ce nouvel article 28b prévoit également l’institution par les cantons de centres d’informations et de consultation dans le but d’agir préventivement pour éviter la violence domestique et sa récidive. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Violence entre conjoint ou partenaire : poursuivie d’office depuis le 1 avril 2004&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le Conseil Fédéral  modifie le Code pénal en ce sens que les actes de violence domestique seront poursuivis d’office et non plus sur plainte de la victime. Le communiqué de presse est intéressant et nous donne un aperçu des changements sociaux intervenus : « il n’est plus question de tolérer la violence physique ou sexuelle exercée contre un conjoint ou un partenaire – dans un couple hétérosexuel ou homosexuel – sous prétexte qu’elle ne serait que de peu de gravité ou qu’elle relèverait de la sphère privée ». La contrainte sexuelle et le viol commis au sein du couple sont élevés au rang de délits poursuivis d’office.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Evolution des lois et violence conjugale.&lt;br /&gt;
Votée en 1991, la LAVI démontre que «  victime de violence » constitue maintenant  une déviance secondaire. Les plaignants sont identifiés, l’état institutionnalise leur prise en charge, les centres Lavi sont créés et les consultations augmentent au fil des années.   &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Néanmoins la notion de &amp;quot;violence conjugale&amp;quot; se fait discrète, le terme de violence domestique n’apparaît qu’avec le dépôt en 2002 de l’initiative parlementaire de Vermot-Mangold. En juin 2001 le Conseil Fédéral met en consultation le « projet élaboré par la Commission des affaires juridiques du Conseil national » et la notion de violence domestique fait partie des préoccupations reconnues officiellement. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous pouvons relever que les documents officiels font référence à une notion de victime qui n’est pas sexuée,  le mot « femme » n’y est pas accolé. Les termes utilisés « violence physique ou sexuelle exercée contre un conjoint ou un partenaire (…) dans un couple hétérosexuel ou homosexuel », « ordonner à une personne violente de quitter le domicile conjugal », « prévenir la récidive des agresseurs ». Dans les documents que j’ai parcouru sur le site de l’office fédéral de la justice sous la mention « aide aux victimes », je n’ai trouvé qu’une seule fois la mention spécifique « femme » : «  la violence domestique est aujourd’hui quotidienne dans notre société. Les femmes en sont souvent les victimes ». Dans tous les autres documents la violence domestique paraît neutre. Si le mot victime est féminin, les textes l’utilisent comme un élément générique. On peut en partie le comprendre par le fait que  la Lavi ne reçoit pas que des victimes de violences conjugales, mais également des victimes d’accidents de la route, d’attentats, d’enlèvement, de prise d’otage ou de brigandage.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Analyse ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Analyse des résultats&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour résumer, nous voici arrivés à un premier constat. Nous pouvons dire que la découverte de la violence conjugale et de ses effets a pour origine le questionnement du mouvement féministe, repris par des chercheur-e-s, qui ont confirmé et précisé le phénomène de la violence conjugale. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Autre découverte, la notion d’homme battu, que nous avions posé comme une construction récente, date des premières recherches sur ce domaine. Le syndrome de l’homme battu, développé  par une chercheuse du l’équipe de  Straus et al. a été un concept rapidement abandonné. Les défauts dans l’opérationnalisation du concept de violence, dans la méthode et dans l’interprétation des données de l’enquête effectuée à l’aide du Conflict Tactics Scales ont été largement reconnus. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comment se fait-il alors que des auteurs récents se saisissent du vocable « homme battu », partent à sa recherche, et le trouve ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour cela nous devons revenir à nouveau aux années 1970 et aux changements intervenus dans les places des hommes et des femmes. Ces dernières acquièrent un statut différent, elles deviennent citoyennes, accèdent au marché du travail et peuvent maîtriser leur fécondité. L’égalité homme – femme advient. A partir de là, le féminisme devient un mouvement social et politique pour l&#039;émancipation des femmes. Mais il va désigner aussi un corpus théorique qui va permettre aux sociologues de revisiter leurs différents champs d’études à travers la problématique des rapports sociaux de sexe.  Sous cet angle là, la violence conjugale prend un autre sens, elle est  rendue possible parce que les femmes ont moins de moyens, par conséquent moins de pouvoir, et parce que le genre féminin est dévalorisé par rapport au masculin. &lt;br /&gt;
Pierre Bourdieu a largement développé le fonctionnement des dominés et démontré comment ceux-ci ayant intégré le discours dominant « construisent ces relations de pouvoir du point de vue même de ceux qui y affirment leur domination… ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En Suisse, les statistiques 2004 issues des centres Lavi apportent des précisions chiffrées à cette forme de violence. Le taux de victimes de sexe féminins est important (75%),  le sexe masculin de l’auteur présumé révèle un pourcentage très élevé (83.5%) et pour 52.9% des consultants une relation familiale victime - agresseur existe. &lt;br /&gt;
Bien que la violence conjugale soit maintenant reconnue, des groupes sociaux la mettent en question. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les années 1980 une tension s’avive entre hommes et femmes.  Certains hommes pro féministes tiennent un discours optimiste concernant la constitution d&#039;une société nouvelle et égalitaire  et reconnaissent la domination masculine comme clé d&#039;un changement possible. &lt;br /&gt;
D&#039;autres hommes tiennent un discours alarmiste et insistent sur le malaise identitaire engendré par cette modification des rapports sociaux source de perte de repères. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A partir de là, des groupes d’hommes se forment autour, par exemple d’auteurs tels que Guy Cornaux au Canada, Jacques Salomé en France,  ou plus récemment Y. Dallaire qui avec John Goetelen a organisé le premier Congrès international de la condition masculine à Genève en 2003. Des mouvements pour la condition paternelle se créent afin de s’opposer à la garde des enfants accordée systématiquement à la mère en cas de divorce.  Le film récent « Le souffle du désert » de François Kohler, illustre ce phénomène de la recherche d’une identité masculine vécue comme problématique. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C&#039;est dans cette mouvance que nous trouvons aujourd&#039;hui les protagonistes d&#039;un détournement de la violence masculine au profit d&#039;une violence exercée contre les hommes par les femmes. ces détracteurs pourront s&#039;appuyer probablement dans les années à venir sur les modifications des images féminines, les stéréotypes de la femme douce et soumise ont tendance à s&#039;estomper. Et l&#039;on peut se demander si les jeunes femmes ne se permettront pas plus que par le passé d&#039;exprimer leurs sentiments de colère et violence, là où s&#039;exprimaient auparavant peut-être impuissance, tristesse et dépression. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Utilisateur:Cornut piller|Cornut piller]] 1 jun 2006 à 09:15 (MEST) ~~&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Difficultés&#039;&#039;&#039; (à mettre à la fin de l&#039;article ou dans la conclusion)[[Utilisateur:Celine|Celine]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le sujet que nous avons abordé tout au long de ce travail est délicat. Nous avons relevé le peu de neutralité émanant des sources existantes sur ce thème, chaque écrit représentant une certaine prise de position, quant à la causalité de la violence conjugale par exemple, ou les convictions cachées derrière l&#039;attribution de statuts victime-agresseur ou victime-victime.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette subjectivité rentre en interrelation avec notre sensibilité propre, individuelle, qui n&#039;est donc pas la même entre les personnes de notre groupe. Le fait que celui-ci soit constitué de deux femmes et deux hommes est très enrichissant, et même primordial quand l&#039;on s&#039;attèle à ce type de problématique. Néanmoins, cela implique un investissement conséquent en termes de discussion, explicitation des attentes et valeurs de chacun, en redéfinition continuelle de la problématique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans notre tentative d&#039;objectiver notre problématique, nous ne sommes que très peu aidés par les statistiques. Elles aussi disent ce qu&#039;elles ont envie de dire, et sont sans cesse remises en cause par des détracteurs. La conséquence en est qu&#039;aucune statistique ne sert vraiment de référence consensuelle dans la compréhension de la violence conjugale.Dans les statistiques policières, souvent la violence conjugale n&#039;est pas comptabilisée de manière séparée des autres délits de violence; dans d&#039;autres types de statistiques c&#039;est le genre qui n&#039;est pas retenu comme variable pertinente. En effet, derrière les chiffres, on découvre des définitions très variables de la violence: certains ne prennent en compte que la violence physique; d&#039;autres considèrent que de nombreux petits signes de nature verbale ou psychologique sont un pas dans l&#039;escalade de la violence, et les jugent donc de même poids que des coups. Entre ces deux extrêmes, toutes les variations sont présentes... &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est intéressant de relever à quel point certains chiffres sont médiatisés, afin d&#039;avoir un impact sur la population, alors que ces mêmes chiffres sont discutables au niveau statistique. &lt;br /&gt;
Pour conclure, nous nous sommes rendus compte que malgré une certaine médiatisation, qui n&#039;est pas si récente, de la violence conjugale, nous ne savons pas tellement de choses à ce sujet, ou plutôt il existe peu de consensus, voire la co-existence d&#039;approches inconciliables.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Conclusion ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
# Retour sur la problématiques, les questions de recherche&lt;br /&gt;
# Rappel des principaux résultats de recherche&lt;br /&gt;
# Autocritiques et perspectives&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Références bibliographiques ==&lt;br /&gt;
Les lectures citées dans le travail final&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Dallaire Y. (2002). La violence faite aux hommes. Une réalité tabou et complexe. Québéc: Options santé. [[Résumé du livre]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Gillioz L., De Puy J., Ducret V. (1997). Domination et violence envers la femme dans le couple. Lausanne : éditions Payot. [http://home.etu.unige.ch/~maneira4/R_sum__aeticle.doc Résumé de l&#039;article]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Ruel S. &amp;amp; Guéricolas P. (1998). La violence des femmes : derrière le masque. In Gazette des femmes Vol. 20. (no 4). (Novembre-Décembre 1998).[Version électronique]. Accès le 20 novembre 2005 : &lt;br /&gt;
http://www.gazettedesfemmes.com/recherche/?F=recherche&amp;amp;idt=10075&amp;amp;affart=2866&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Torrent S. (2001). L’homme battu, un tabou au cœur du tabou. Québec: Option Santé.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Bibliographie ==&lt;br /&gt;
Les lectures utilisées mais pas citées dans le travail final&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Bretonnière-Fraysse et al. (2001). &#039;&#039; De la violence conjugale à la violence parentale&#039;&#039;. Eres [[Résumé|Résumé du livre]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Jackson D., Welzer-Lang D. (1998). Violence et masculinité. Toulouse : imprimerie 34.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Office fédéral de la statistique : Aide aux victimes. Chiffres clés. http://www.bfs.admin.ch/bfs/portal/fr/index/themen/rechtspflege.html&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Rey, H. et al. (2006). Les violences conjugales: pour une clinique du réel. &#039;&#039; Journal International de Victimologie&#039;&#039;. Année 4, No 1. [[Résumé de l&#039;article]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Miguel</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Violence_conjugale:_De_la_femme_battue_%C3%A0_l%27homme_battu...&amp;diff=3984</id>
		<title>Violence conjugale: De la femme battue à l&#039;homme battu...</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Violence_conjugale:_De_la_femme_battue_%C3%A0_l%27homme_battu...&amp;diff=3984"/>
		<updated>2006-06-11T11:14:25Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Miguel : /* Références bibliographiques */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&#039;&#039;&#039;Membres du groupe&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Chantal Cornut&lt;br /&gt;
* Céline Pittet &lt;br /&gt;
* Jean-Christophe Contini&lt;br /&gt;
* Miguel Maneira &lt;br /&gt;
[mailto:maneira4@etu.unige.ch,contini2@etu.unige.ch,cepittet@hotmail.com,ch.cornut-piller@bluewin.ch Ecrire au groupe]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 [[L&#039;homme battu: le mâle...traité|Notre projet]]  |  [[Plan de recherche: Violence conjugale; un concept en mouvement|Notre plan de recherche]]  |  [[Espace de dialogue|Notre espace de dialogue]]  |  [[Trésorus de notre groupe|Notre île aux trésors]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Introduction ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La violence conjugale semble être de prime abord un phénomène bien connu de nos jours. Les médias rendent régulièrement compte de ses conséquences, bon nombre d’associations ont été créées pour répondre à l’appel des victimes, une loi sur la protection des victimes a été instaurée, beaucoup de thérapeutes œuvrent également dans ce domaine. Il est question, la plupart du temps, des violences subies par des femmes et exercées par des hommes, il est dans une moindre mesure, question de la violence exercée par des femmes contre des hommes. Ce dernier phénomène reste minoritaire cependant, et fait l’objet de nombreuses critiques. Bien souvent, les discours opposent des mouvements &amp;quot; féministes &amp;quot; à des groupes &amp;quot; masculinistes &amp;quot;, les uns dénonçant sans cesse l’ineffable violence des hommes envers les femmes, les autres dénonçant cette vision de l’homme éternellement &amp;quot; agresseur &amp;quot;, allant jusqu’à affirmer que des hommes sont aussi des &amp;quot; victimes &amp;quot; et que la violence peut aussi être l’apanage des femmes. Ici apparaît le concept &amp;quot; d’hommes battus &amp;quot; que nous interrogerons et qui est apparu dès les années septante.  &lt;br /&gt;
Afin de prendre de la distance vis-à-vis de ces deux positions antagonistes, nous proposons d’étudier ce que disent certains auteurs sur la violence conjugale, à la fois sur la violence subie par les femmes et par les hommes. Nous proposons aussi une recherche axée sur des entretiens avec des hommes &amp;quot; victimes &amp;quot; et des professionnels de la violence conjugale. Nous étudierons également des sources statistiques issues de la Loi Fédérale sur l’aide aux victimes et de Amnesty internationale tout comme des revues spécialisées dans le domaine de la thérapie familiale et plus particulièrement les articles concernant la violence domestique. &lt;br /&gt;
La thèse générale de notre article est de démontrer par notre étude que les discours qui circulent sur la violence conjugale sont une construction qui circonscrit la violence dans des stéréotypes caricaturaux stigmatisant à la fois les femmes en tant que victimes et les hommes comme agresseurs. De cette restriction découle la difficulté d’envisager l’existence d’hommes victimes de violence conjugale, et d’égale manière celle de femmes violentes. Cela a comme conséquence pour les personnes concernées un non-reconnaissance sociale, se manifestant par de forts préjugés à leur encontre, et de grandes lacunes institutionnelles. Nous montrerons aussi que les professionnels de la violence conjugale (médecins, thérapeutes) ont dépassé cette opposition et qu’ils désignent plus les acteurs de la violence conjugale à un niveau de co-responsabilité qui ne distingue pas le sexe des protagonistes pour rendre compte de ce phénomène. Il y a ainsi un écart entre les discours dominants et les discours des professionnels, écart perceptible dans l’étude de la littérature et dans l’examen des sources que constituent les revues &amp;quot; thérapie familiale &amp;quot;.&lt;br /&gt;
Enfin, nous proposons la thèse selon laquelle la violence conjugale reste un phénomène qui bien que connu de tous, reste difficile à appréhender dans notre société. En effet, nous montrerons qu’il existe des définitions similaires mais superficielles qui varient dans leur développement en fonction des positionnements et des valeurs de ceux qui les proposent. Les statistiques qui rendent compte de la violence conjugale proposent d’autre part des modalités qui ne permettent pas de distinguer précisément les victimes des agresseurs de manière précise et approfondie. Elles ne permettent pas d’affirmer avec précision que les hommes sont aussi victimes de violences, les modalités de genre n’étant pas assez développées dans la prise en compte statistique. Les hommes victimes existent, mais leur visibilité est très faible du fait que c’est un phénomène qui est en train d’émerger comme problème social.&lt;br /&gt;
Nous montrerons ainsi que la violence conjugale reste un phénomène complexe et confus dans ses définitions. Enfin, nous verrons que la violence conjugale reste un concept en mouvement sur le plan des institutions, qui proposent des possibilités de prise en charge nombreuses, mais néanmoins insuffisantes si l’on considère la prise en compte de la violence faite aux hommes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Revue de littérature ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous aborderons cette revue de littérature en suivant la chronologie même de notre questionnement et de notre cheminement, qui nous a conduit, en commençant part la découverte du concept de &amp;quot; l’homme battu &amp;quot;, à approfondir nos recherches au concept de la femme battue et à appréhender dès lors le problème social que constitue la violence conjugale, qui englobe les deux autres concepts. Nous avons ainsi privilégié dans nos recherches les ouvrages qui traiteraient spécifiquement de l’existence du concept même de &amp;quot; l’homme battu &amp;quot;, dans une actualité la plus récente possible. Nous nous sommes vite aperçus, que peu de littérature existait à ce sujet. Cependant, les ouvrages les plus récents (Torrent et Dallaire) font tous les deux référence à l’inscription du concept de l’homme battu dans celui de la violence conjugale. Nous avons dès lors élargi nos recherches dans ce domaine, toujours à la recherche du moindre élément concernant la violence faite aux hommes. D’autre part, nous avons voulu mettre en question les propositions faites par Dallaire et Torrent, en nous référant à d’autres auteurs qui portent un regard différent sur les acteurs, hommes ou femmes, de la violence conjugale. Notre attention s’est ainsi portée sur des notions concernant la désignation des acteurs en termes de victime et d’agresseur, et la désignation de ces mêmes termes de catégorie homme-femme. Enfin, nous avons cherché à contextualiser le phénomène de l’homme battu, en recherchant dans l’histoire de la violence conjugale, le moment où est apparu le concept de &amp;quot; l’homme battu &amp;quot;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sophie Torrent, dans son ouvrage sur l’homme battu (2001) met directement en question le fait qu’il existe au sein de la vie de couple une violence faite aux hommes, une violence souvent difficile à accepter, celle-ci allant à l’encontre de stéréotypes tels que celui qui considère que la femme est l’élément faible du couple et que l’homme en est le dominant. Dans la première partie de son livre, l’auteur tente tout d’abord d’expliquer ce phénomène atypique de l’homme battu, cet &amp;quot; impensable social &amp;quot; dit-elle. Elle analyse les différents types de violences (physique, sexuelle, psychologique, verbale et économique) pour ensuite orienter son analyse vers la notion de &amp;quot; rôles sociaux &amp;quot;. Elle montre comment l’homme violenté est agressé jusque dans les &amp;quot; facettes &amp;quot; qui font son identité. Pour elle &amp;quot; être battu invalide l’homme dans son appartenance à la catégorie sociale homme &amp;quot;. Dans la deuxième partie de son ouvrage, Torrent réfléchit sur les différentes stratégies élaborées par l’homme pour gérer des situations difficiles. Elle s’appuie notamment dans son travail de recherche sur des interviews réalisées avec des &amp;quot; hommes battus &amp;quot;. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est dans une considération assez proche qu’Yvon Dallaire (2002), thérapeute au Québec, aborde le phénomène de la violence faite aux hommes (La violence faite aux hommes. Une réalité taboue et complexe). Il nous rappelle le constat de l’existence ineffable de la violence dans l’humanité, violence souvent fortement médiatisée, mais selon lui, de manière incomplète. En effet, dit-il, notre attention ne serait attirée que vers une forme de violence, soit celle faite par les hommes contre les autres hommes (guerres, voies de fait, suicides), contre les femmes (violence conjugale, viol, meurtre, tueurs en série) et contre les enfants (violence infanticide, meurtre suivi de suicide). Pour Dallaire, une forme de violence a été occultée : la violence des femmes faite envers les femmes, les hommes et les enfants. Le propos de son texte est de démontrer d’une part que des femmes peuvent être tout autant violentes que des hommes, et que d’autre part, l’analyse de la violence conjugale s’inscrit dans un paradigme teinté de sexisme et de discrimination. Pour cet auteur, la violence conjugale ne se décline pas simplement sur le mode victime-agresseur, mais plutôt sur celui de victime-victime, de deux individus qui sont les co-créateurs d’une escalade débouchant sur l’explosion physique. Afin d’alimenter son propos, Yvon Dallaire met en lumière les stéréotypes et les préjugés qui circulent dans le discours commun : l’homme est un être violent, un abuseur d’enfants, un irresponsable, les hommes sont tous des obsédés sexuels, il sont tous infidèles, menteurs et manipulateurs. Dès lors, toute violence féminine est considérée comme relevant de la légitime défense, l’homme est ainsi rendu coupable de toute la violence conjugale. Précisons ici que l’auteur dénonce le discours d’influence féministe qui se déploie dans le contexte québécois. Son objectif est de connaître les réelles dimensions de la violence conjugale, plutôt que de rechercher un coupable à punir, toujours le même : l’homme. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’ouvrage de Bretonnière-Fraysse et al. (2001), incontournable pour notre sujet, propose quant à lui un autre regard qui positionne clairement les femmes en tant que victimes et les hommes comme agresseurs, sans nuances : &amp;quot; on le sait, la violence conjugale a toujours existé ; on le sait aussi : les victimes en sont les femmes et les auteurs, les hommes. Mais elle demeure encore cachée, honteuse, secrète &amp;quot;. Cet ouvrage prend un biais anthropologique et historique pour nous montrer la condition de victime de la femme à travers les époques passées et jusqu’à nos jours. Gillioz, De Puy et Ducret quant à elles (2000), font état des connaissances qui ont fait de la violence familiale et de la violence contre les femmes, un champ d’étude relativement nouveau dans les sciences sociales. Elles nous rappellent que jusque dans les années soixante, la société et avec elle les scientifiques vivent sur le mythe de la famille non violente. Cette dernière étant considérée comme rare et comme étant le fait d’individus déséquilibrés. Dans les années septante, sous l’influence de militantes féministes anglo-saxonnes qui ouvrent des refuges pour femmes battues et portent la question de la violence conjugale sur la place publique, ce phénomène jusque-là occulté est posé comme problème socio-politique. C’est dès lors que les sciences sociales vont s’y intéresser, à travers deux grands courants de recherche : des études portant sur la violence subie par les femmes au sein de la famille qui postulent, en se fondant sur les prémisses théoriques féministes, que cette violence est spécifique et qu’il est nécessaire de l’étudier indépendamment des autres types de violence familiale qui relèvent d’autres logiques. Le deuxième courant de recherche, issu de la sociologie de la famille, a pour objet la violence familiale et considère la société et ses institutions comme des systèmes consensuels qui embrassent dans la même problématique l’ensemble de la violence qui se déroule dans le cadre familial. Cet ouvrage mentionne également  les travaux de Strauss, Gelles et Steinmetz (1977), à partir desquels a été tiré l&#039;affirmation que les femmes sont aussi violentes que les hommes. C’est à ce moment qu’apparaît le concept du &amp;quot; mari battu &amp;quot;, des résultats tirés des statistiques de cette recherche, ont permis à l&#039;un des chercheurs de conclure que ce qui était le plus sous-estimé n’est pas la femme battue, mais le mari battu. La validité scientifique reste toutefois fortement contestée, nous en trouvons les arguments dans l’ouvrage de Gillioz, De Puy et Ducret. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Notre revue de littérature se conclut par l’approche systémique de Perrone et Nannini (1995) qui proposent leur livre comme un manuel à l’usage des professionnels appelés à intervenir auprès des familles. Leurs présupposés considèrent que la violence n’est pas un phénomène individuel, mais la manifestation d’un phénomène interactionnel. La violence est ainsi un mode particulier de communication entre partenaires qui sont tous impliqués et par là même responsables au sens interactionnel du terme. Comme Yvon Dallaire, les auteurs ne considèrent pas les acteurs de la violence conjugale en termes de &amp;quot; victime-agresseur &amp;quot;, ni en termes &amp;quot; hommes-femmes &amp;quot;. Les objectifs et les enjeux que ces deux auteurs proposent s’appuient sur l’idée que chacun doit devenir et se penser responsable de ses propres comportements. C’est également selon cette optique que certains &amp;quot; cliniciens &amp;quot; abordent en partie la question dans leur article (Rey, H et al. 2006). Contini 6 mai 2006 à 16:28 (MEST)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Problématique ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le questionnement qui est à l’origine de notre travail prend source dans la rencontre que nous avons faite d’un concept qui semble nouveau de prime abord : &amp;quot; l’homme battu &amp;quot;. Nous avons découvert ce concept dans l’ouvrage récemment publié de Sophie Torrent qui s’intitule &amp;quot; les hommes battus &amp;quot;. Ce livre met en lumière l’existence d’hommes victimes de violences exercées par des femmes à leur encontre, il interroge également les questions identitaires vécues par ces &amp;quot; nouvelles victimes &amp;quot; à travers la conduite de multiples entretiens. &lt;br /&gt;
Ces propos nous ont intrigués, parfois rendus perplexes et ont ainsi attisé notre curiosité. Nous avons dès lors entrepris des recherches bibliographiques qui nous permettraient de découvrir des discours proches des propos de Torrent. Nous avons ainsi constaté que ce &amp;quot; phénomène &amp;quot; des hommes battus était, dans une moindre mesure, relayé dans d’autres ouvrages qui l’inscrivaient dans le cadre plus large de la violence conjugale. Nos recherches livresques nous ont ainsi conduits à investiguer le corpus que nous avons constitué afin de tenter de répondre à la question principale qui guide notre recherche : comment le phénomène de &amp;quot; l’homme battu &amp;quot; s’inscrit-il dans le paradigme de la violence conjugale ? Les questions secondaires qui en découlent sont multiples : quand est-ce que ce concept est apparu ? Par qui a-t-il été développé ? Quels sont les discours qui relaient ce concept ou qui s’y opposent ? &lt;br /&gt;
Les éléments qui composent notre revue de littérature nous ont permis d’entrevoir certains points qui semblent être récurrents. Nous nous sommes ainsi aperçus que le concept d’ &amp;quot; hommes battus &amp;quot; se trouvait à chaque fois en tension avec celui de &amp;quot; femmes battues &amp;quot; dans le cadre de la violence conjugale que nous avons aussi essayé de définir. Nous nous sommes dès lors trouvés confrontés à deux discours contraires entre des groupes de pressions constitués autour de la &amp;quot; souffrance masculine &amp;quot; et les propos issus de certains discours féministes. Nous avons également constaté que cette opposition - que nous caractérisons grossièrement entre les deux discours – se dédouble d’une autre opposition dans la désignation des acteurs de la violence conjugale en  termes de victime et d’agresseur. Nous constatons que les acteurs sont ainsi stigmatisés, avec des stéréotypes qui désignent de manière massive l’homme comme étant un agresseur et la femme une victime.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Méthodologie ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En fonction des éléments de la problématique, l’objectif de notre recherche a consisté pour nous à y voir plus clair en tentant de répondre aux questions que nous nous posons. Afin de prendre une nécessaire distance vis-à-vis du regard que propose notre revue de littérature, nous avons choisi d’orienter nos recherches sur diverses sources d’informations différentes. Nous avons trouvé intéressant d’examiner si des statistiques existaient sur les &amp;quot; hommes battus &amp;quot; et sur les &amp;quot; femmes battues &amp;quot; et dès lors de voir si celles-ci pouvaient éclaircir notre questionnement. Nous avons aussi choisi de chercher des éléments dans une série de revue spécialisées dans la thérapie familiale, dès lors que le phénomène des &amp;quot; hommes battus &amp;quot; s’inscrit dans le cadre de la violence conjugale. De plus, pour avoir une vision plus globale nous avons aussi décidé de faire une revue d’articles de presse étudiant quelques articles récents. Enfin, nous avons opté pour une recherche mettant en œuvre la conduite de plusieurs entretiens auprès de professionnels de la prise en charge de la violence conjugale, ainsi qu’auprès de &amp;quot; victimes &amp;quot; qui accepteraient de nous apporter leur témoignage. Ces éléments correspondent à ce que l’on pourrait appeler la &amp;quot; recherche sur le terrain &amp;quot;. Nous avons aussi élargi notre revue de littérature en laissant une place pour l’étude des discours qui proviennent des divers professionnels spécialisés dans la thématique de la violence conjugale. Nos sources seront ainsi multiples : entretiens ; revue de presse ; statistiques ; revues spécialisées. &lt;br /&gt;
Notre analyse consistera à analyser les contenus du matériel récolté, en prenant pour point d’appui la désignation des acteurs de la violence conjugale, en termes de stéréotypes (stigmatisation) et dans une approche de &amp;quot; genre &amp;quot; étudiant les rapports sociaux hommes-femmes par rapport à cette thématique, ainsi que les rapports victimes-agresseurs qui s’y rattachent. &lt;br /&gt;
L’analyse devrait ainsi nous permettre de réunir des points de vue différents et ainsi de confirmer ou d’infirmer, voir de &amp;quot; tempérer &amp;quot; ce que nous avons développé dans la revue de littérature en fonction des auteurs choisis.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Résultats ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Aborder le problème social de la violence conjugale nous incite à faire un retour vers les années 1970. C’est à cette époque que l’on peut situer les premières recherches sur ce thème  mettant en question le mythe de la famille non violente. Les militantes féministes amènent la question de violence conjugale sur la place publique et le posent comme un problème socio-politique. La question de la violence est abordée comme conséquence des rapports de domination, c&#039;est-à-dire des effets de l’exercice d’une influence déterminante d’un groupe, les hommes, sur un autre, les femmes. Tout rapport de domination suppose, en effet, en dehors du rapport de pure violence, un système de justification visant à obtenir un minimum de &amp;quot;volonté d&#039;obéir&amp;quot; de la part des assujettis, note le Petit Robert.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les sciences humaines vont s’y intéresser à partir de là, et de nombreuses études sont entreprises dans les années 1970 et 1980 dans le but de décrire la violence domestique, de pouvoir la chiffrer, de chercher à l’expliquer, d’étudier ses conséquences sur les victimes, et d’examiner les réponses sociétales à ce problème.&lt;br /&gt;
Pourtant une des conclusions de la première étude de Straus et al.(1977) permet de dire que femmes et hommes admettent recourir à des tactiques de violence dans des situations de conflits. Et l’une des auteur-e-s, Steinmetz, ira jusqu’à tirer la conclusion de l’existence du « syndrome de l’homme battu ». Contesté dès sa sortie pour des insuffisances méthodologiques, la plupart de chercheurs et chercheuses renoncèrent à utiliser ce concept. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En Suisse une loi sur l’aide aux victimes permettra aux femmes victimes de violence conjugale d&#039;être reconnues, visibilées et aidés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette loi fédérale du 4 octobre 1991, entrée en vigueur le 1er janvier 1993, a pour but de fournir une aide efficace (conseils, la protection de la victime, la défense de ses droits dans la procédure pénale et l’indemnisation et la réparation morale) aux victimes d’infractions ou d’une atteinte directe à son intégrité corporelle, sexuelle ou psychique et à renforcer leurs droits. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Parmi les atteintes retenues par la loi nous pouvons retenir pour notre sujet d’analyse les violences domestiques,  lésions corporelles, viol, contrainte sexuelle, séquestration. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les centres de consultation « Lavi » sont instaurés dans chaque canton. La police est tenue d’informer les victimes de l’existence de ces centres et de leur transmettre les coordonnées de celle-ci (sur la base de son accord). L’aide immédiate et les prestations fournies directement par les centres sont gratuites. Lorsque la situation personnelle de la personne qui consulte le justifie, les centres de consultation prennent en charge d’autres frais (comme par exemple les frais médicaux, les frais d’avocat ou les frais de procédure). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
S’il est difficile de faire parler les statistiques, ici nous nous basons sur l’année 2004, ils donne toute de même une idée intéressante sur la question qui nous occupe, à savoir la violence féminine et masculine : une nette prédominance des femmes dans la consultation (75%), avec des auteurs présumés de sexe masculin (83.5), et l’existence d’une relation familiale, victime – agresseur (52,9%).  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Résultats et analyse partielle des entretiens ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est souvent question dans les chiffres, de comparer,  voire d’opposer, hommes et femmes face à la violence conjugale. En d’autres termes de démontrer que le premier est le bourreau et la deuxième la victime. Pour certains, la question des hommes battus ne recouvrirait pas la même problématique que celle des femmes battues. Pour certains auteurs, tel Yvon Dallaire, il semble que les stéréotypes de femme-victime et homme-agresseur affiliés aux rôles des acteurs, n’aident en rien à reconnaître la problématique. Alors que la femme est souvent vue comme une personne douce, fragile et protectrice. Les hommes, eux, sont reconnus comme des êtres forts, virils et courageux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;L’homme battu existe, nous l’avons rencontré&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour confronter les stéréotypes affiliés aux genres, nous avons cherché à interviewer des hommes battus. Paul et Luc (prénoms d’empreint) ont un point commun : leur passé d’homme maltraité. Ils ont été, tous les deux, physiquement battus par leur conjointe. Toutefois, il semblerait que la problématique de l’homme violenté intègre, dans sa forme globale, une autre forme de violence, une violence psychologique. Il ressort des entretiens que la forme physique ne semble pas être la forme de violence qui marque le plus. &lt;br /&gt;
Pour essayer de comprendre au mieux le vécu violenté de ces hommes et plus généralement de toute personne impliquée dans des relations violentes, nous avons questionné la littérature ainsi que des professionnels de terrain.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour la travailleuse sociale, Sophie Torrent (2001), « la nature de la violence [à l’égard de la gente masculine] et ses modes d’expression traduisent, dirait-on, une violence spécifiquement féminine, subtile, qui atteint l’intégrité psychique de l’homme.» (p.33). L’homme victime de violence psychologique semble atteint surtout dans sa masculinité, plus précisément dans la représentation de la masculinité qui lui a permis de construire son identité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Le harcèlement que j’ai vécu par cette femme tyran m’a amené à perdre, pendant quelques temps, mon identité masculine… C’était quoi être un homme ? Je ne savais plus faire l’amour comme il faut en quittant ma femme. J’ai du réapprendre à accepter de prendre du plaisir. » Luc&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;La violence ; une histoire d’homme ?&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Alors que nous venons de découvrir avec stupéfaction certaines réalités d’hommes maltraités par leur conjointe, comment traiter ces vérités face à notre idéal féminin construit ? Comment même penser à la violence des femmes, alors que celle que l’on exerce à leur égard est de loin la plus établie, la plus reconnue et de ce fait la plus portée par les médias ? De nos jours, la société reconnaît et prend en charge la femme violentée, qu&#039;en est-il de la femme violente ? &lt;br /&gt;
Il est commun d’entendre qu’une femme violente est une femme malade psychologiquement ou encore que cette dernière n’agresserait que pour se défendre. Pour la psychothérapeute Diane Chayer, ( citée par Ruel &amp;amp; Guéricolas, 1998), il semblerait qu’il n’y ait tout simplement pas de permission sociale à la violence des femmes. « La société dit qu’il est presque normal pour un homme d’être violent. Mais une femme violente, c’est une extraterrestre. » &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour Yvon Dallaire, « la femme violente peut ressentir de la fierté pour avoir battu plus fort qu’elle. Et la société ne la dénigre pas, elle cherche plutôt à la comprendre et à l’excuser, compatissant souvent à son sort. » (p26) A contrario, pour la responsable d’une structure acceuillant des femmes violentes, « celles et ceux qui passent de la parole aux actes souffrent, ils ont besoin d&#039;aide et y ont droit. Toutefois, la femme violente souffre de discrimination ; on ne veut pas lui reconnaître sa violence. » Il semblerait alors que, paradoxalement, la femme violente souffre des mêmes maux sociaux que l’homme maltraité. Une nouvelle fois, il semblerait que les stéréotypes, affiliés aux genres, décident de ce qui peut être acceptable ou pas.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Le statut de victime/agresseur&#039;&#039;&#039; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La responsable d’un établissement prenant en charge des femmes violentes nous apprend qu’il est difficile de tenir le fil rouge concernant les rôles de victime-agresseur. « On est là pour travailler sur la violence des femmes, en tant qu’auteures de violence et non en tant que victimes. Très souvent, ça dérape en justification des actes qui déplace la position d’agresseuse à celui de victime. » Il semble que souvent, l’agresseur se voit comme victime. Responsabiliser les acteurs(trices) de violence, c’est les aider à prendre conscience de leur violence. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Responsabilité dans la violence&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La question est partagée. Alors que pour beaucoup, la responsabilité de la violence doit être assumée par son auteur(e), pour d’autres, elle doit être partagée. En effet, pour Denis Châtelain, co-fondateur d’une association prenant en charge des auteur(e)s de violence, « il faut prendre en compte le potentiel de violence de la victime dans la compréhension de la dynamique ». Pour la responsable d’une association accueillant des femmes violentes, « il est impossible de faire un tel travail si l’on part du principe d’une co-responsabilité dans la réalisation de la violence. En effet, on ne peut pas se permettre de déraper sur l’aspect empathique et comprendre voir d’excuser l’acte de violence au nom d’un statut de victime reconnu. Pour nous, l’acte violent n’est pas excusable, il est inadmissible quelque soit sa source ou sa justification. Ce qui nous paraît important c’est de faire en sorte de ne plus jamais en avoir à arriver là. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;La prise en charge de la violence&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comment aborder la problématique de la violence conjugale et plus particulièrement celle des hommes maltraités et des femmes violentes ? Alors qu’Yvon Dallaire se demande si l’on « ne pourrait pas exploiter l’expertise des centres d’accueil pour femmes au profit des hommes battus et l’expertise des groupes d’entraide pour homme violents au profit des femmes violentes ? » (p29), la responsable d’une structure accueillant des femmes actrices de violence répond que « pour aider les femmes actrices de violence, il faut appliquer un traitement différencié. Les raisons étant parce qu’on n’éduque pas de la même façon une petite fille et un petit garçon, le rapport au féminin n’est pas le même. La violence masculine est légitimée. Par contre, on ne reconnaît pas ce droit à la femme. Cela étant dû aux stéréotypes de mère protectrice d’une part. » &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
(Le législateur prend en compte la situation des victimes, il estime qu’elles doivent être soutenues dans la procédure pénale, et également qu’elles ont droit à une indemnisation ou à une réparation morale (en fonction des revenus de la victime). )&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On peut constater également la reconnaissance par la société du statut de victime,  puisque les demandes, au nombre de 196 pour l’indemnisation et de 728 pour la réparation morale,  ont été traitées positivement. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La formation du personnel des centres Lavi : la loi mentionne des aides financières à la formation. Une formation spécifique « Lavi » a été instaurée et des formations complémentaires complètent la spécialisation de ces professionnels. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Violence domestique, une protection particulière : l’expulsion immédiate du domicile des personnes violentes, lesquelles ne peuvent plus réintégrer leur logement pendant une période déterminée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le 14 juin 2000, la Conseillère Ruth-Gaby Vermot-Mangold dépose une initiative parlementaire. Le Conseil fédéral  propose, en novembre 2005, un nouvel article 28b dans le code civil visant à protéger la victime de violence ou de harcèlement en lui donnant le droit de requérir le juge d’instruction d’interdire à l’auteur de l’atteinte de l’approcher, de fréquenter certains lieux ou de prendre contact avec elle. &lt;br /&gt;
Ce nouvel article 28b prévoit également l’institution par les cantons de centres d’informations et de consultation dans le but d’agir préventivement pour éviter la violence domestique et sa récidive. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Violence entre conjoint ou partenaire : poursuivie d’office depuis le 1 avril 2004&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le Conseil Fédéral  modifie le Code pénal en ce sens que les actes de violence domestique seront poursuivis d’office et non plus sur plainte de la victime. Le communiqué de presse est intéressant et nous donne un aperçu des changements sociaux intervenus : « il n’est plus question de tolérer la violence physique ou sexuelle exercée contre un conjoint ou un partenaire – dans un couple hétérosexuel ou homosexuel – sous prétexte qu’elle ne serait que de peu de gravité ou qu’elle relèverait de la sphère privée ». La contrainte sexuelle et le viol commis au sein du couple sont élevés au rang de délits poursuivis d’office.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Evolution des lois et violence conjugale.&lt;br /&gt;
Votée en 1991, la LAVI démontre que «  victime de violence » constitue maintenant  une déviance secondaire. Les plaignants sont identifiés, l’état institutionnalise leur prise en charge, les centres Lavi sont créés et les consultations augmentent au fil des années.   &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Néanmoins la notion de &amp;quot;violence conjugale&amp;quot; se fait discrète, le terme de violence domestique n’apparaît qu’avec le dépôt en 2002 de l’initiative parlementaire de Vermot-Mangold. En juin 2001 le Conseil Fédéral met en consultation le « projet élaboré par la Commission des affaires juridiques du Conseil national » et la notion de violence domestique fait partie des préoccupations reconnues officiellement. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous pouvons relever que les documents officiels font référence à une notion de victime qui n’est pas sexuée,  le mot « femme » n’y est pas accolé. Les termes utilisés « violence physique ou sexuelle exercée contre un conjoint ou un partenaire (…) dans un couple hétérosexuel ou homosexuel », « ordonner à une personne violente de quitter le domicile conjugal », « prévenir la récidive des agresseurs ». Dans les documents que j’ai parcouru sur le site de l’office fédéral de la justice sous la mention « aide aux victimes », je n’ai trouvé qu’une seule fois la mention spécifique « femme » : «  la violence domestique est aujourd’hui quotidienne dans notre société. Les femmes en sont souvent les victimes ». Dans tous les autres documents la violence domestique paraît neutre. Si le mot victime est féminin, les textes l’utilisent comme un élément générique. On peut en partie le comprendre par le fait que  la Lavi ne reçoit pas que des victimes de violences conjugales, mais également des victimes d’accidents de la route, d’attentats, d’enlèvement, de prise d’otage ou de brigandage.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Analyse ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Analyse des résultats&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour résumer, nous voici arrivés à un premier constat. Nous pouvons dire que la découverte de la violence conjugale et de ses effets a pour origine le questionnement du mouvement féministe, repris par des chercheur-e-s, qui ont confirmé et précisé le phénomène de la violence conjugale. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Autre découverte, la notion d’homme battu, que nous avions posé comme une construction récente, date des premières recherches sur ce domaine. Le syndrome de l’homme battu, développé  par une chercheuse du l’équipe de  Straus et al. a été un concept rapidement abandonné. Les défauts dans l’opérationnalisation du concept de violence, dans la méthode et dans l’interprétation des données de l’enquête effectuée à l’aide du Conflict Tactics Scales ont été largement reconnus. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comment se fait-il alors que des auteurs récents se saisissent du vocable « homme battu », partent à sa recherche, et le trouve ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour cela nous devons revenir à nouveau aux années 1970 et aux changements intervenus dans les places des hommes et des femmes. Ces dernières acquièrent un statut différent, elles deviennent citoyennes, accèdent au marché du travail et peuvent maîtriser leur fécondité. L’égalité homme – femme advient. A partir de là, le féminisme devient un mouvement social et politique pour l&#039;émancipation des femmes. Mais il va désigner aussi un corpus théorique qui va permettre aux sociologues de revisiter leurs différents champs d’études à travers la problématique des rapports sociaux de sexe.  Sous cet angle là, la violence conjugale prend un autre sens, elle est  rendue possible parce que les femmes ont moins de moyens, par conséquent moins de pouvoir, et parce que le genre féminin est dévalorisé par rapport au masculin. &lt;br /&gt;
Pierre Bourdieu a largement développé le fonctionnement des dominés et démontré comment ceux-ci ayant intégré le discours dominant « construisent ces relations de pouvoir du point de vue même de ceux qui y affirment leur domination… ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En Suisse, les statistiques 2004 issues des centres Lavi apportent des précisions chiffrées à cette forme de violence. Le taux de victimes de sexe féminins est important (75%),  le sexe masculin de l’auteur présumé révèle un pourcentage très élevé (83.5%) et pour 52.9% des consultants une relation familiale victime - agresseur existe. &lt;br /&gt;
Bien que la violence conjugale soit maintenant reconnue, des groupes sociaux la mettent en question. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les années 1980 une tension s’avive entre hommes et femmes.  Certains hommes pro féministes tiennent un discours optimiste concernant la constitution d&#039;une société nouvelle et égalitaire  et reconnaissent la domination masculine comme clé d&#039;un changement possible. &lt;br /&gt;
D&#039;autres hommes tiennent un discours alarmiste et insistent sur le malaise identitaire engendré par cette modification des rapports sociaux source de perte de repères. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A partir de là, des groupes d’hommes se forment autour, par exemple d’auteurs tels que Guy Cornaux au Canada, Jacques Salomé en France,  ou plus récemment Y. Dallaire qui avec John Goetelen a organisé le premier Congrès international de la condition masculine à Genève en 2003. Des mouvements pour la condition paternelle se créent afin de s’opposer à la garde des enfants accordée systématiquement à la mère en cas de divorce.  Le film récent « Le souffle du désert » de François Kohler, illustre ce phénomène de la recherche d’une identité masculine vécue comme problématique. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C&#039;est dans cette mouvance que nous trouvons aujourd&#039;hui les protagonistes d&#039;un détournement de la violence masculine au profit d&#039;une violence exercée contre les hommes par les femmes. ces détracteurs pourront s&#039;appuyer probablement dans les années à venir sur les modifications des images féminines, les stéréotypes de la femme douce et soumise ont tendance à s&#039;estomper. Et l&#039;on peut se demander si les jeunes femmes ne se permettront pas plus que par le passé d&#039;exprimer leurs sentiments de colère et violence, là où s&#039;exprimaient auparavant peut-être impuissance, tristesse et dépression. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Utilisateur:Cornut piller|Cornut piller]] 1 jun 2006 à 09:15 (MEST) ~~&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Difficultés&#039;&#039;&#039; (à mettre à la fin de l&#039;article ou dans la conclusion)[[Utilisateur:Celine|Celine]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le sujet que nous avons abordé tout au long de ce travail est délicat. Nous avons relevé le peu de neutralité émanant des sources existantes sur ce thème, chaque écrit représentant une certaine prise de position, quant à la causalité de la violence conjugale par exemple, ou les convictions cachées derrière l&#039;attribution de statuts victime-agresseur ou victime-victime.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette subjectivité rentre en interrelation avec notre sensibilité propre, individuelle, qui n&#039;est donc pas la même entre les personnes de notre groupe. Le fait que celui-ci soit constitué de deux femmes et deux hommes est très enrichissant, et même primordial quand l&#039;on s&#039;attèle à ce type de problématique. Néanmoins, cela implique un investissement conséquent en termes de discussion, explicitation des attentes et valeurs de chacun, en redéfinition continuelle de la problématique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans notre tentative d&#039;objectiver notre problématique, nous ne sommes que très peu aidés par les statistiques. Elles aussi disent ce qu&#039;elles ont envie de dire, et sont sans cesse remises en cause par des détracteurs. La conséquence en est qu&#039;aucune statistique ne sert vraiment de référence consensuelle dans la compréhension de la violence conjugale.Dans les statistiques policières, souvent la violence conjugale n&#039;est pas comptabilisée de manière séparée des autres délits de violence; dans d&#039;autres types de statistiques c&#039;est le genre qui n&#039;est pas retenu comme variable pertinente. En effet, derrière les chiffres, on découvre des définitions très variables de la violence: certains ne prennent en compte que la violence physique; d&#039;autres considèrent que de nombreux petits signes de nature verbale ou psychologique sont un pas dans l&#039;escalade de la violence, et les jugent donc de même poids que des coups. Entre ces deux extrêmes, toutes les variations sont présentes... &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est intéressant de relever à quel point certains chiffres sont médiatisés, afin d&#039;avoir un impact sur la population, alors que ces mêmes chiffres sont discutables au niveau statistique. &lt;br /&gt;
Pour conclure, nous nous sommes rendus compte que malgré une certaine médiatisation, qui n&#039;est pas si récente, de la violence conjugale, nous ne savons pas tellement de choses à ce sujet, ou plutôt il existe peu de consensus, voire la co-existence d&#039;approches inconciliables.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Conclusion ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
# Retour sur la problématiques, les questions de recherche&lt;br /&gt;
# Rappel des principaux résultats de recherche&lt;br /&gt;
# Autocritiques et perspectives&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Références bibliographiques ==&lt;br /&gt;
Les lectures citées dans le travail final&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Dallaire Y. (2002). La violence faite aux hommes. Une réalité tabou et complexe. Québéc: Options santé. [[Résumé du livre]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Gillioz L., De Puy J., Ducret V. (1997). Domination et violence envers la femme dans le couple. Lausanne : éditions Payot. [http://home.etu.unige.ch/~maneira4/R_sum__aeticle.doc Résumé de l&#039;article]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Ruel S. &amp;amp; Guéricolas P. (1998). La violence des femmes : derrière le masque. In Gazette des femmes Vol. 20. (no 4). (Novembre-Décembre 1998).[Version électronique]. Accès le 20 novembre 2005 : &lt;br /&gt;
http://www.gazettedesfemmes.com/recherche/?F=recherche&amp;amp;idt=10075&amp;amp;affart=2866&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Torrent S. (2001). L’homme battu, un tabou au cœur du tabou. Québec: Option Santé.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Bibliographie ==&lt;br /&gt;
Les lectures utilisées mais pas citées dans le travail final&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Bretonnière-Fraysse et al. (2001). &#039;&#039; De la violence conjugale à la violence parentale&#039;&#039;. Eres [[Résumé|Résumé du livre]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Jackson D., Welzer-Lang D. (1998). Violence et masculinité. Toulouse : imprimerie 34.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Office fédéral de la statistique : Aide aux victimes. Chiffres clés. http://www.bfs.admin.ch/bfs/portal/fr/index/themen/rechtspflege.html&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Miguel</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Violence_conjugale:_De_la_femme_battue_%C3%A0_l%27homme_battu...&amp;diff=3983</id>
		<title>Violence conjugale: De la femme battue à l&#039;homme battu...</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Violence_conjugale:_De_la_femme_battue_%C3%A0_l%27homme_battu...&amp;diff=3983"/>
		<updated>2006-06-11T11:13:49Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Miguel : /* Bibliographie */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&#039;&#039;&#039;Membres du groupe&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Chantal Cornut&lt;br /&gt;
* Céline Pittet &lt;br /&gt;
* Jean-Christophe Contini&lt;br /&gt;
* Miguel Maneira &lt;br /&gt;
[mailto:maneira4@etu.unige.ch,contini2@etu.unige.ch,cepittet@hotmail.com,ch.cornut-piller@bluewin.ch Ecrire au groupe]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 [[L&#039;homme battu: le mâle...traité|Notre projet]]  |  [[Plan de recherche: Violence conjugale; un concept en mouvement|Notre plan de recherche]]  |  [[Espace de dialogue|Notre espace de dialogue]]  |  [[Trésorus de notre groupe|Notre île aux trésors]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Introduction ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La violence conjugale semble être de prime abord un phénomène bien connu de nos jours. Les médias rendent régulièrement compte de ses conséquences, bon nombre d’associations ont été créées pour répondre à l’appel des victimes, une loi sur la protection des victimes a été instaurée, beaucoup de thérapeutes œuvrent également dans ce domaine. Il est question, la plupart du temps, des violences subies par des femmes et exercées par des hommes, il est dans une moindre mesure, question de la violence exercée par des femmes contre des hommes. Ce dernier phénomène reste minoritaire cependant, et fait l’objet de nombreuses critiques. Bien souvent, les discours opposent des mouvements &amp;quot; féministes &amp;quot; à des groupes &amp;quot; masculinistes &amp;quot;, les uns dénonçant sans cesse l’ineffable violence des hommes envers les femmes, les autres dénonçant cette vision de l’homme éternellement &amp;quot; agresseur &amp;quot;, allant jusqu’à affirmer que des hommes sont aussi des &amp;quot; victimes &amp;quot; et que la violence peut aussi être l’apanage des femmes. Ici apparaît le concept &amp;quot; d’hommes battus &amp;quot; que nous interrogerons et qui est apparu dès les années septante.  &lt;br /&gt;
Afin de prendre de la distance vis-à-vis de ces deux positions antagonistes, nous proposons d’étudier ce que disent certains auteurs sur la violence conjugale, à la fois sur la violence subie par les femmes et par les hommes. Nous proposons aussi une recherche axée sur des entretiens avec des hommes &amp;quot; victimes &amp;quot; et des professionnels de la violence conjugale. Nous étudierons également des sources statistiques issues de la Loi Fédérale sur l’aide aux victimes et de Amnesty internationale tout comme des revues spécialisées dans le domaine de la thérapie familiale et plus particulièrement les articles concernant la violence domestique. &lt;br /&gt;
La thèse générale de notre article est de démontrer par notre étude que les discours qui circulent sur la violence conjugale sont une construction qui circonscrit la violence dans des stéréotypes caricaturaux stigmatisant à la fois les femmes en tant que victimes et les hommes comme agresseurs. De cette restriction découle la difficulté d’envisager l’existence d’hommes victimes de violence conjugale, et d’égale manière celle de femmes violentes. Cela a comme conséquence pour les personnes concernées un non-reconnaissance sociale, se manifestant par de forts préjugés à leur encontre, et de grandes lacunes institutionnelles. Nous montrerons aussi que les professionnels de la violence conjugale (médecins, thérapeutes) ont dépassé cette opposition et qu’ils désignent plus les acteurs de la violence conjugale à un niveau de co-responsabilité qui ne distingue pas le sexe des protagonistes pour rendre compte de ce phénomène. Il y a ainsi un écart entre les discours dominants et les discours des professionnels, écart perceptible dans l’étude de la littérature et dans l’examen des sources que constituent les revues &amp;quot; thérapie familiale &amp;quot;.&lt;br /&gt;
Enfin, nous proposons la thèse selon laquelle la violence conjugale reste un phénomène qui bien que connu de tous, reste difficile à appréhender dans notre société. En effet, nous montrerons qu’il existe des définitions similaires mais superficielles qui varient dans leur développement en fonction des positionnements et des valeurs de ceux qui les proposent. Les statistiques qui rendent compte de la violence conjugale proposent d’autre part des modalités qui ne permettent pas de distinguer précisément les victimes des agresseurs de manière précise et approfondie. Elles ne permettent pas d’affirmer avec précision que les hommes sont aussi victimes de violences, les modalités de genre n’étant pas assez développées dans la prise en compte statistique. Les hommes victimes existent, mais leur visibilité est très faible du fait que c’est un phénomène qui est en train d’émerger comme problème social.&lt;br /&gt;
Nous montrerons ainsi que la violence conjugale reste un phénomène complexe et confus dans ses définitions. Enfin, nous verrons que la violence conjugale reste un concept en mouvement sur le plan des institutions, qui proposent des possibilités de prise en charge nombreuses, mais néanmoins insuffisantes si l’on considère la prise en compte de la violence faite aux hommes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Revue de littérature ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous aborderons cette revue de littérature en suivant la chronologie même de notre questionnement et de notre cheminement, qui nous a conduit, en commençant part la découverte du concept de &amp;quot; l’homme battu &amp;quot;, à approfondir nos recherches au concept de la femme battue et à appréhender dès lors le problème social que constitue la violence conjugale, qui englobe les deux autres concepts. Nous avons ainsi privilégié dans nos recherches les ouvrages qui traiteraient spécifiquement de l’existence du concept même de &amp;quot; l’homme battu &amp;quot;, dans une actualité la plus récente possible. Nous nous sommes vite aperçus, que peu de littérature existait à ce sujet. Cependant, les ouvrages les plus récents (Torrent et Dallaire) font tous les deux référence à l’inscription du concept de l’homme battu dans celui de la violence conjugale. Nous avons dès lors élargi nos recherches dans ce domaine, toujours à la recherche du moindre élément concernant la violence faite aux hommes. D’autre part, nous avons voulu mettre en question les propositions faites par Dallaire et Torrent, en nous référant à d’autres auteurs qui portent un regard différent sur les acteurs, hommes ou femmes, de la violence conjugale. Notre attention s’est ainsi portée sur des notions concernant la désignation des acteurs en termes de victime et d’agresseur, et la désignation de ces mêmes termes de catégorie homme-femme. Enfin, nous avons cherché à contextualiser le phénomène de l’homme battu, en recherchant dans l’histoire de la violence conjugale, le moment où est apparu le concept de &amp;quot; l’homme battu &amp;quot;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sophie Torrent, dans son ouvrage sur l’homme battu (2001) met directement en question le fait qu’il existe au sein de la vie de couple une violence faite aux hommes, une violence souvent difficile à accepter, celle-ci allant à l’encontre de stéréotypes tels que celui qui considère que la femme est l’élément faible du couple et que l’homme en est le dominant. Dans la première partie de son livre, l’auteur tente tout d’abord d’expliquer ce phénomène atypique de l’homme battu, cet &amp;quot; impensable social &amp;quot; dit-elle. Elle analyse les différents types de violences (physique, sexuelle, psychologique, verbale et économique) pour ensuite orienter son analyse vers la notion de &amp;quot; rôles sociaux &amp;quot;. Elle montre comment l’homme violenté est agressé jusque dans les &amp;quot; facettes &amp;quot; qui font son identité. Pour elle &amp;quot; être battu invalide l’homme dans son appartenance à la catégorie sociale homme &amp;quot;. Dans la deuxième partie de son ouvrage, Torrent réfléchit sur les différentes stratégies élaborées par l’homme pour gérer des situations difficiles. Elle s’appuie notamment dans son travail de recherche sur des interviews réalisées avec des &amp;quot; hommes battus &amp;quot;. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est dans une considération assez proche qu’Yvon Dallaire (2002), thérapeute au Québec, aborde le phénomène de la violence faite aux hommes (La violence faite aux hommes. Une réalité taboue et complexe). Il nous rappelle le constat de l’existence ineffable de la violence dans l’humanité, violence souvent fortement médiatisée, mais selon lui, de manière incomplète. En effet, dit-il, notre attention ne serait attirée que vers une forme de violence, soit celle faite par les hommes contre les autres hommes (guerres, voies de fait, suicides), contre les femmes (violence conjugale, viol, meurtre, tueurs en série) et contre les enfants (violence infanticide, meurtre suivi de suicide). Pour Dallaire, une forme de violence a été occultée : la violence des femmes faite envers les femmes, les hommes et les enfants. Le propos de son texte est de démontrer d’une part que des femmes peuvent être tout autant violentes que des hommes, et que d’autre part, l’analyse de la violence conjugale s’inscrit dans un paradigme teinté de sexisme et de discrimination. Pour cet auteur, la violence conjugale ne se décline pas simplement sur le mode victime-agresseur, mais plutôt sur celui de victime-victime, de deux individus qui sont les co-créateurs d’une escalade débouchant sur l’explosion physique. Afin d’alimenter son propos, Yvon Dallaire met en lumière les stéréotypes et les préjugés qui circulent dans le discours commun : l’homme est un être violent, un abuseur d’enfants, un irresponsable, les hommes sont tous des obsédés sexuels, il sont tous infidèles, menteurs et manipulateurs. Dès lors, toute violence féminine est considérée comme relevant de la légitime défense, l’homme est ainsi rendu coupable de toute la violence conjugale. Précisons ici que l’auteur dénonce le discours d’influence féministe qui se déploie dans le contexte québécois. Son objectif est de connaître les réelles dimensions de la violence conjugale, plutôt que de rechercher un coupable à punir, toujours le même : l’homme. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’ouvrage de Bretonnière-Fraysse et al. (2001), incontournable pour notre sujet, propose quant à lui un autre regard qui positionne clairement les femmes en tant que victimes et les hommes comme agresseurs, sans nuances : &amp;quot; on le sait, la violence conjugale a toujours existé ; on le sait aussi : les victimes en sont les femmes et les auteurs, les hommes. Mais elle demeure encore cachée, honteuse, secrète &amp;quot;. Cet ouvrage prend un biais anthropologique et historique pour nous montrer la condition de victime de la femme à travers les époques passées et jusqu’à nos jours. Gillioz, De Puy et Ducret quant à elles (2000), font état des connaissances qui ont fait de la violence familiale et de la violence contre les femmes, un champ d’étude relativement nouveau dans les sciences sociales. Elles nous rappellent que jusque dans les années soixante, la société et avec elle les scientifiques vivent sur le mythe de la famille non violente. Cette dernière étant considérée comme rare et comme étant le fait d’individus déséquilibrés. Dans les années septante, sous l’influence de militantes féministes anglo-saxonnes qui ouvrent des refuges pour femmes battues et portent la question de la violence conjugale sur la place publique, ce phénomène jusque-là occulté est posé comme problème socio-politique. C’est dès lors que les sciences sociales vont s’y intéresser, à travers deux grands courants de recherche : des études portant sur la violence subie par les femmes au sein de la famille qui postulent, en se fondant sur les prémisses théoriques féministes, que cette violence est spécifique et qu’il est nécessaire de l’étudier indépendamment des autres types de violence familiale qui relèvent d’autres logiques. Le deuxième courant de recherche, issu de la sociologie de la famille, a pour objet la violence familiale et considère la société et ses institutions comme des systèmes consensuels qui embrassent dans la même problématique l’ensemble de la violence qui se déroule dans le cadre familial. Cet ouvrage mentionne également  les travaux de Strauss, Gelles et Steinmetz (1977), à partir desquels a été tiré l&#039;affirmation que les femmes sont aussi violentes que les hommes. C’est à ce moment qu’apparaît le concept du &amp;quot; mari battu &amp;quot;, des résultats tirés des statistiques de cette recherche, ont permis à l&#039;un des chercheurs de conclure que ce qui était le plus sous-estimé n’est pas la femme battue, mais le mari battu. La validité scientifique reste toutefois fortement contestée, nous en trouvons les arguments dans l’ouvrage de Gillioz, De Puy et Ducret. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Notre revue de littérature se conclut par l’approche systémique de Perrone et Nannini (1995) qui proposent leur livre comme un manuel à l’usage des professionnels appelés à intervenir auprès des familles. Leurs présupposés considèrent que la violence n’est pas un phénomène individuel, mais la manifestation d’un phénomène interactionnel. La violence est ainsi un mode particulier de communication entre partenaires qui sont tous impliqués et par là même responsables au sens interactionnel du terme. Comme Yvon Dallaire, les auteurs ne considèrent pas les acteurs de la violence conjugale en termes de &amp;quot; victime-agresseur &amp;quot;, ni en termes &amp;quot; hommes-femmes &amp;quot;. Les objectifs et les enjeux que ces deux auteurs proposent s’appuient sur l’idée que chacun doit devenir et se penser responsable de ses propres comportements. C’est également selon cette optique que certains &amp;quot; cliniciens &amp;quot; abordent en partie la question dans leur article (Rey, H et al. 2006). Contini 6 mai 2006 à 16:28 (MEST)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Problématique ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le questionnement qui est à l’origine de notre travail prend source dans la rencontre que nous avons faite d’un concept qui semble nouveau de prime abord : &amp;quot; l’homme battu &amp;quot;. Nous avons découvert ce concept dans l’ouvrage récemment publié de Sophie Torrent qui s’intitule &amp;quot; les hommes battus &amp;quot;. Ce livre met en lumière l’existence d’hommes victimes de violences exercées par des femmes à leur encontre, il interroge également les questions identitaires vécues par ces &amp;quot; nouvelles victimes &amp;quot; à travers la conduite de multiples entretiens. &lt;br /&gt;
Ces propos nous ont intrigués, parfois rendus perplexes et ont ainsi attisé notre curiosité. Nous avons dès lors entrepris des recherches bibliographiques qui nous permettraient de découvrir des discours proches des propos de Torrent. Nous avons ainsi constaté que ce &amp;quot; phénomène &amp;quot; des hommes battus était, dans une moindre mesure, relayé dans d’autres ouvrages qui l’inscrivaient dans le cadre plus large de la violence conjugale. Nos recherches livresques nous ont ainsi conduits à investiguer le corpus que nous avons constitué afin de tenter de répondre à la question principale qui guide notre recherche : comment le phénomène de &amp;quot; l’homme battu &amp;quot; s’inscrit-il dans le paradigme de la violence conjugale ? Les questions secondaires qui en découlent sont multiples : quand est-ce que ce concept est apparu ? Par qui a-t-il été développé ? Quels sont les discours qui relaient ce concept ou qui s’y opposent ? &lt;br /&gt;
Les éléments qui composent notre revue de littérature nous ont permis d’entrevoir certains points qui semblent être récurrents. Nous nous sommes ainsi aperçus que le concept d’ &amp;quot; hommes battus &amp;quot; se trouvait à chaque fois en tension avec celui de &amp;quot; femmes battues &amp;quot; dans le cadre de la violence conjugale que nous avons aussi essayé de définir. Nous nous sommes dès lors trouvés confrontés à deux discours contraires entre des groupes de pressions constitués autour de la &amp;quot; souffrance masculine &amp;quot; et les propos issus de certains discours féministes. Nous avons également constaté que cette opposition - que nous caractérisons grossièrement entre les deux discours – se dédouble d’une autre opposition dans la désignation des acteurs de la violence conjugale en  termes de victime et d’agresseur. Nous constatons que les acteurs sont ainsi stigmatisés, avec des stéréotypes qui désignent de manière massive l’homme comme étant un agresseur et la femme une victime.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Méthodologie ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En fonction des éléments de la problématique, l’objectif de notre recherche a consisté pour nous à y voir plus clair en tentant de répondre aux questions que nous nous posons. Afin de prendre une nécessaire distance vis-à-vis du regard que propose notre revue de littérature, nous avons choisi d’orienter nos recherches sur diverses sources d’informations différentes. Nous avons trouvé intéressant d’examiner si des statistiques existaient sur les &amp;quot; hommes battus &amp;quot; et sur les &amp;quot; femmes battues &amp;quot; et dès lors de voir si celles-ci pouvaient éclaircir notre questionnement. Nous avons aussi choisi de chercher des éléments dans une série de revue spécialisées dans la thérapie familiale, dès lors que le phénomène des &amp;quot; hommes battus &amp;quot; s’inscrit dans le cadre de la violence conjugale. De plus, pour avoir une vision plus globale nous avons aussi décidé de faire une revue d’articles de presse étudiant quelques articles récents. Enfin, nous avons opté pour une recherche mettant en œuvre la conduite de plusieurs entretiens auprès de professionnels de la prise en charge de la violence conjugale, ainsi qu’auprès de &amp;quot; victimes &amp;quot; qui accepteraient de nous apporter leur témoignage. Ces éléments correspondent à ce que l’on pourrait appeler la &amp;quot; recherche sur le terrain &amp;quot;. Nous avons aussi élargi notre revue de littérature en laissant une place pour l’étude des discours qui proviennent des divers professionnels spécialisés dans la thématique de la violence conjugale. Nos sources seront ainsi multiples : entretiens ; revue de presse ; statistiques ; revues spécialisées. &lt;br /&gt;
Notre analyse consistera à analyser les contenus du matériel récolté, en prenant pour point d’appui la désignation des acteurs de la violence conjugale, en termes de stéréotypes (stigmatisation) et dans une approche de &amp;quot; genre &amp;quot; étudiant les rapports sociaux hommes-femmes par rapport à cette thématique, ainsi que les rapports victimes-agresseurs qui s’y rattachent. &lt;br /&gt;
L’analyse devrait ainsi nous permettre de réunir des points de vue différents et ainsi de confirmer ou d’infirmer, voir de &amp;quot; tempérer &amp;quot; ce que nous avons développé dans la revue de littérature en fonction des auteurs choisis.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Résultats ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Aborder le problème social de la violence conjugale nous incite à faire un retour vers les années 1970. C’est à cette époque que l’on peut situer les premières recherches sur ce thème  mettant en question le mythe de la famille non violente. Les militantes féministes amènent la question de violence conjugale sur la place publique et le posent comme un problème socio-politique. La question de la violence est abordée comme conséquence des rapports de domination, c&#039;est-à-dire des effets de l’exercice d’une influence déterminante d’un groupe, les hommes, sur un autre, les femmes. Tout rapport de domination suppose, en effet, en dehors du rapport de pure violence, un système de justification visant à obtenir un minimum de &amp;quot;volonté d&#039;obéir&amp;quot; de la part des assujettis, note le Petit Robert.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les sciences humaines vont s’y intéresser à partir de là, et de nombreuses études sont entreprises dans les années 1970 et 1980 dans le but de décrire la violence domestique, de pouvoir la chiffrer, de chercher à l’expliquer, d’étudier ses conséquences sur les victimes, et d’examiner les réponses sociétales à ce problème.&lt;br /&gt;
Pourtant une des conclusions de la première étude de Straus et al.(1977) permet de dire que femmes et hommes admettent recourir à des tactiques de violence dans des situations de conflits. Et l’une des auteur-e-s, Steinmetz, ira jusqu’à tirer la conclusion de l’existence du « syndrome de l’homme battu ». Contesté dès sa sortie pour des insuffisances méthodologiques, la plupart de chercheurs et chercheuses renoncèrent à utiliser ce concept. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En Suisse une loi sur l’aide aux victimes permettra aux femmes victimes de violence conjugale d&#039;être reconnues, visibilées et aidés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette loi fédérale du 4 octobre 1991, entrée en vigueur le 1er janvier 1993, a pour but de fournir une aide efficace (conseils, la protection de la victime, la défense de ses droits dans la procédure pénale et l’indemnisation et la réparation morale) aux victimes d’infractions ou d’une atteinte directe à son intégrité corporelle, sexuelle ou psychique et à renforcer leurs droits. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Parmi les atteintes retenues par la loi nous pouvons retenir pour notre sujet d’analyse les violences domestiques,  lésions corporelles, viol, contrainte sexuelle, séquestration. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les centres de consultation « Lavi » sont instaurés dans chaque canton. La police est tenue d’informer les victimes de l’existence de ces centres et de leur transmettre les coordonnées de celle-ci (sur la base de son accord). L’aide immédiate et les prestations fournies directement par les centres sont gratuites. Lorsque la situation personnelle de la personne qui consulte le justifie, les centres de consultation prennent en charge d’autres frais (comme par exemple les frais médicaux, les frais d’avocat ou les frais de procédure). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
S’il est difficile de faire parler les statistiques, ici nous nous basons sur l’année 2004, ils donne toute de même une idée intéressante sur la question qui nous occupe, à savoir la violence féminine et masculine : une nette prédominance des femmes dans la consultation (75%), avec des auteurs présumés de sexe masculin (83.5), et l’existence d’une relation familiale, victime – agresseur (52,9%).  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Résultats et analyse partielle des entretiens ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est souvent question dans les chiffres, de comparer,  voire d’opposer, hommes et femmes face à la violence conjugale. En d’autres termes de démontrer que le premier est le bourreau et la deuxième la victime. Pour certains, la question des hommes battus ne recouvrirait pas la même problématique que celle des femmes battues. Pour certains auteurs, tel Yvon Dallaire, il semble que les stéréotypes de femme-victime et homme-agresseur affiliés aux rôles des acteurs, n’aident en rien à reconnaître la problématique. Alors que la femme est souvent vue comme une personne douce, fragile et protectrice. Les hommes, eux, sont reconnus comme des êtres forts, virils et courageux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;L’homme battu existe, nous l’avons rencontré&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour confronter les stéréotypes affiliés aux genres, nous avons cherché à interviewer des hommes battus. Paul et Luc (prénoms d’empreint) ont un point commun : leur passé d’homme maltraité. Ils ont été, tous les deux, physiquement battus par leur conjointe. Toutefois, il semblerait que la problématique de l’homme violenté intègre, dans sa forme globale, une autre forme de violence, une violence psychologique. Il ressort des entretiens que la forme physique ne semble pas être la forme de violence qui marque le plus. &lt;br /&gt;
Pour essayer de comprendre au mieux le vécu violenté de ces hommes et plus généralement de toute personne impliquée dans des relations violentes, nous avons questionné la littérature ainsi que des professionnels de terrain.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour la travailleuse sociale, Sophie Torrent (2001), « la nature de la violence [à l’égard de la gente masculine] et ses modes d’expression traduisent, dirait-on, une violence spécifiquement féminine, subtile, qui atteint l’intégrité psychique de l’homme.» (p.33). L’homme victime de violence psychologique semble atteint surtout dans sa masculinité, plus précisément dans la représentation de la masculinité qui lui a permis de construire son identité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Le harcèlement que j’ai vécu par cette femme tyran m’a amené à perdre, pendant quelques temps, mon identité masculine… C’était quoi être un homme ? Je ne savais plus faire l’amour comme il faut en quittant ma femme. J’ai du réapprendre à accepter de prendre du plaisir. » Luc&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;La violence ; une histoire d’homme ?&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Alors que nous venons de découvrir avec stupéfaction certaines réalités d’hommes maltraités par leur conjointe, comment traiter ces vérités face à notre idéal féminin construit ? Comment même penser à la violence des femmes, alors que celle que l’on exerce à leur égard est de loin la plus établie, la plus reconnue et de ce fait la plus portée par les médias ? De nos jours, la société reconnaît et prend en charge la femme violentée, qu&#039;en est-il de la femme violente ? &lt;br /&gt;
Il est commun d’entendre qu’une femme violente est une femme malade psychologiquement ou encore que cette dernière n’agresserait que pour se défendre. Pour la psychothérapeute Diane Chayer, ( citée par Ruel &amp;amp; Guéricolas, 1998), il semblerait qu’il n’y ait tout simplement pas de permission sociale à la violence des femmes. « La société dit qu’il est presque normal pour un homme d’être violent. Mais une femme violente, c’est une extraterrestre. » &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour Yvon Dallaire, « la femme violente peut ressentir de la fierté pour avoir battu plus fort qu’elle. Et la société ne la dénigre pas, elle cherche plutôt à la comprendre et à l’excuser, compatissant souvent à son sort. » (p26) A contrario, pour la responsable d’une structure acceuillant des femmes violentes, « celles et ceux qui passent de la parole aux actes souffrent, ils ont besoin d&#039;aide et y ont droit. Toutefois, la femme violente souffre de discrimination ; on ne veut pas lui reconnaître sa violence. » Il semblerait alors que, paradoxalement, la femme violente souffre des mêmes maux sociaux que l’homme maltraité. Une nouvelle fois, il semblerait que les stéréotypes, affiliés aux genres, décident de ce qui peut être acceptable ou pas.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Le statut de victime/agresseur&#039;&#039;&#039; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La responsable d’un établissement prenant en charge des femmes violentes nous apprend qu’il est difficile de tenir le fil rouge concernant les rôles de victime-agresseur. « On est là pour travailler sur la violence des femmes, en tant qu’auteures de violence et non en tant que victimes. Très souvent, ça dérape en justification des actes qui déplace la position d’agresseuse à celui de victime. » Il semble que souvent, l’agresseur se voit comme victime. Responsabiliser les acteurs(trices) de violence, c’est les aider à prendre conscience de leur violence. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Responsabilité dans la violence&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La question est partagée. Alors que pour beaucoup, la responsabilité de la violence doit être assumée par son auteur(e), pour d’autres, elle doit être partagée. En effet, pour Denis Châtelain, co-fondateur d’une association prenant en charge des auteur(e)s de violence, « il faut prendre en compte le potentiel de violence de la victime dans la compréhension de la dynamique ». Pour la responsable d’une association accueillant des femmes violentes, « il est impossible de faire un tel travail si l’on part du principe d’une co-responsabilité dans la réalisation de la violence. En effet, on ne peut pas se permettre de déraper sur l’aspect empathique et comprendre voir d’excuser l’acte de violence au nom d’un statut de victime reconnu. Pour nous, l’acte violent n’est pas excusable, il est inadmissible quelque soit sa source ou sa justification. Ce qui nous paraît important c’est de faire en sorte de ne plus jamais en avoir à arriver là. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;La prise en charge de la violence&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comment aborder la problématique de la violence conjugale et plus particulièrement celle des hommes maltraités et des femmes violentes ? Alors qu’Yvon Dallaire se demande si l’on « ne pourrait pas exploiter l’expertise des centres d’accueil pour femmes au profit des hommes battus et l’expertise des groupes d’entraide pour homme violents au profit des femmes violentes ? » (p29), la responsable d’une structure accueillant des femmes actrices de violence répond que « pour aider les femmes actrices de violence, il faut appliquer un traitement différencié. Les raisons étant parce qu’on n’éduque pas de la même façon une petite fille et un petit garçon, le rapport au féminin n’est pas le même. La violence masculine est légitimée. Par contre, on ne reconnaît pas ce droit à la femme. Cela étant dû aux stéréotypes de mère protectrice d’une part. » &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
(Le législateur prend en compte la situation des victimes, il estime qu’elles doivent être soutenues dans la procédure pénale, et également qu’elles ont droit à une indemnisation ou à une réparation morale (en fonction des revenus de la victime). )&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On peut constater également la reconnaissance par la société du statut de victime,  puisque les demandes, au nombre de 196 pour l’indemnisation et de 728 pour la réparation morale,  ont été traitées positivement. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La formation du personnel des centres Lavi : la loi mentionne des aides financières à la formation. Une formation spécifique « Lavi » a été instaurée et des formations complémentaires complètent la spécialisation de ces professionnels. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Violence domestique, une protection particulière : l’expulsion immédiate du domicile des personnes violentes, lesquelles ne peuvent plus réintégrer leur logement pendant une période déterminée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le 14 juin 2000, la Conseillère Ruth-Gaby Vermot-Mangold dépose une initiative parlementaire. Le Conseil fédéral  propose, en novembre 2005, un nouvel article 28b dans le code civil visant à protéger la victime de violence ou de harcèlement en lui donnant le droit de requérir le juge d’instruction d’interdire à l’auteur de l’atteinte de l’approcher, de fréquenter certains lieux ou de prendre contact avec elle. &lt;br /&gt;
Ce nouvel article 28b prévoit également l’institution par les cantons de centres d’informations et de consultation dans le but d’agir préventivement pour éviter la violence domestique et sa récidive. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Violence entre conjoint ou partenaire : poursuivie d’office depuis le 1 avril 2004&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le Conseil Fédéral  modifie le Code pénal en ce sens que les actes de violence domestique seront poursuivis d’office et non plus sur plainte de la victime. Le communiqué de presse est intéressant et nous donne un aperçu des changements sociaux intervenus : « il n’est plus question de tolérer la violence physique ou sexuelle exercée contre un conjoint ou un partenaire – dans un couple hétérosexuel ou homosexuel – sous prétexte qu’elle ne serait que de peu de gravité ou qu’elle relèverait de la sphère privée ». La contrainte sexuelle et le viol commis au sein du couple sont élevés au rang de délits poursuivis d’office.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Evolution des lois et violence conjugale.&lt;br /&gt;
Votée en 1991, la LAVI démontre que «  victime de violence » constitue maintenant  une déviance secondaire. Les plaignants sont identifiés, l’état institutionnalise leur prise en charge, les centres Lavi sont créés et les consultations augmentent au fil des années.   &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Néanmoins la notion de &amp;quot;violence conjugale&amp;quot; se fait discrète, le terme de violence domestique n’apparaît qu’avec le dépôt en 2002 de l’initiative parlementaire de Vermot-Mangold. En juin 2001 le Conseil Fédéral met en consultation le « projet élaboré par la Commission des affaires juridiques du Conseil national » et la notion de violence domestique fait partie des préoccupations reconnues officiellement. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous pouvons relever que les documents officiels font référence à une notion de victime qui n’est pas sexuée,  le mot « femme » n’y est pas accolé. Les termes utilisés « violence physique ou sexuelle exercée contre un conjoint ou un partenaire (…) dans un couple hétérosexuel ou homosexuel », « ordonner à une personne violente de quitter le domicile conjugal », « prévenir la récidive des agresseurs ». Dans les documents que j’ai parcouru sur le site de l’office fédéral de la justice sous la mention « aide aux victimes », je n’ai trouvé qu’une seule fois la mention spécifique « femme » : «  la violence domestique est aujourd’hui quotidienne dans notre société. Les femmes en sont souvent les victimes ». Dans tous les autres documents la violence domestique paraît neutre. Si le mot victime est féminin, les textes l’utilisent comme un élément générique. On peut en partie le comprendre par le fait que  la Lavi ne reçoit pas que des victimes de violences conjugales, mais également des victimes d’accidents de la route, d’attentats, d’enlèvement, de prise d’otage ou de brigandage.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Analyse ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Analyse des résultats&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour résumer, nous voici arrivés à un premier constat. Nous pouvons dire que la découverte de la violence conjugale et de ses effets a pour origine le questionnement du mouvement féministe, repris par des chercheur-e-s, qui ont confirmé et précisé le phénomène de la violence conjugale. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Autre découverte, la notion d’homme battu, que nous avions posé comme une construction récente, date des premières recherches sur ce domaine. Le syndrome de l’homme battu, développé  par une chercheuse du l’équipe de  Straus et al. a été un concept rapidement abandonné. Les défauts dans l’opérationnalisation du concept de violence, dans la méthode et dans l’interprétation des données de l’enquête effectuée à l’aide du Conflict Tactics Scales ont été largement reconnus. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comment se fait-il alors que des auteurs récents se saisissent du vocable « homme battu », partent à sa recherche, et le trouve ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour cela nous devons revenir à nouveau aux années 1970 et aux changements intervenus dans les places des hommes et des femmes. Ces dernières acquièrent un statut différent, elles deviennent citoyennes, accèdent au marché du travail et peuvent maîtriser leur fécondité. L’égalité homme – femme advient. A partir de là, le féminisme devient un mouvement social et politique pour l&#039;émancipation des femmes. Mais il va désigner aussi un corpus théorique qui va permettre aux sociologues de revisiter leurs différents champs d’études à travers la problématique des rapports sociaux de sexe.  Sous cet angle là, la violence conjugale prend un autre sens, elle est  rendue possible parce que les femmes ont moins de moyens, par conséquent moins de pouvoir, et parce que le genre féminin est dévalorisé par rapport au masculin. &lt;br /&gt;
Pierre Bourdieu a largement développé le fonctionnement des dominés et démontré comment ceux-ci ayant intégré le discours dominant « construisent ces relations de pouvoir du point de vue même de ceux qui y affirment leur domination… ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En Suisse, les statistiques 2004 issues des centres Lavi apportent des précisions chiffrées à cette forme de violence. Le taux de victimes de sexe féminins est important (75%),  le sexe masculin de l’auteur présumé révèle un pourcentage très élevé (83.5%) et pour 52.9% des consultants une relation familiale victime - agresseur existe. &lt;br /&gt;
Bien que la violence conjugale soit maintenant reconnue, des groupes sociaux la mettent en question. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les années 1980 une tension s’avive entre hommes et femmes.  Certains hommes pro féministes tiennent un discours optimiste concernant la constitution d&#039;une société nouvelle et égalitaire  et reconnaissent la domination masculine comme clé d&#039;un changement possible. &lt;br /&gt;
D&#039;autres hommes tiennent un discours alarmiste et insistent sur le malaise identitaire engendré par cette modification des rapports sociaux source de perte de repères. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A partir de là, des groupes d’hommes se forment autour, par exemple d’auteurs tels que Guy Cornaux au Canada, Jacques Salomé en France,  ou plus récemment Y. Dallaire qui avec John Goetelen a organisé le premier Congrès international de la condition masculine à Genève en 2003. Des mouvements pour la condition paternelle se créent afin de s’opposer à la garde des enfants accordée systématiquement à la mère en cas de divorce.  Le film récent « Le souffle du désert » de François Kohler, illustre ce phénomène de la recherche d’une identité masculine vécue comme problématique. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C&#039;est dans cette mouvance que nous trouvons aujourd&#039;hui les protagonistes d&#039;un détournement de la violence masculine au profit d&#039;une violence exercée contre les hommes par les femmes. ces détracteurs pourront s&#039;appuyer probablement dans les années à venir sur les modifications des images féminines, les stéréotypes de la femme douce et soumise ont tendance à s&#039;estomper. Et l&#039;on peut se demander si les jeunes femmes ne se permettront pas plus que par le passé d&#039;exprimer leurs sentiments de colère et violence, là où s&#039;exprimaient auparavant peut-être impuissance, tristesse et dépression. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Utilisateur:Cornut piller|Cornut piller]] 1 jun 2006 à 09:15 (MEST) ~~&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Difficultés&#039;&#039;&#039; (à mettre à la fin de l&#039;article ou dans la conclusion)[[Utilisateur:Celine|Celine]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le sujet que nous avons abordé tout au long de ce travail est délicat. Nous avons relevé le peu de neutralité émanant des sources existantes sur ce thème, chaque écrit représentant une certaine prise de position, quant à la causalité de la violence conjugale par exemple, ou les convictions cachées derrière l&#039;attribution de statuts victime-agresseur ou victime-victime.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette subjectivité rentre en interrelation avec notre sensibilité propre, individuelle, qui n&#039;est donc pas la même entre les personnes de notre groupe. Le fait que celui-ci soit constitué de deux femmes et deux hommes est très enrichissant, et même primordial quand l&#039;on s&#039;attèle à ce type de problématique. Néanmoins, cela implique un investissement conséquent en termes de discussion, explicitation des attentes et valeurs de chacun, en redéfinition continuelle de la problématique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans notre tentative d&#039;objectiver notre problématique, nous ne sommes que très peu aidés par les statistiques. Elles aussi disent ce qu&#039;elles ont envie de dire, et sont sans cesse remises en cause par des détracteurs. La conséquence en est qu&#039;aucune statistique ne sert vraiment de référence consensuelle dans la compréhension de la violence conjugale.Dans les statistiques policières, souvent la violence conjugale n&#039;est pas comptabilisée de manière séparée des autres délits de violence; dans d&#039;autres types de statistiques c&#039;est le genre qui n&#039;est pas retenu comme variable pertinente. En effet, derrière les chiffres, on découvre des définitions très variables de la violence: certains ne prennent en compte que la violence physique; d&#039;autres considèrent que de nombreux petits signes de nature verbale ou psychologique sont un pas dans l&#039;escalade de la violence, et les jugent donc de même poids que des coups. Entre ces deux extrêmes, toutes les variations sont présentes... &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est intéressant de relever à quel point certains chiffres sont médiatisés, afin d&#039;avoir un impact sur la population, alors que ces mêmes chiffres sont discutables au niveau statistique. &lt;br /&gt;
Pour conclure, nous nous sommes rendus compte que malgré une certaine médiatisation, qui n&#039;est pas si récente, de la violence conjugale, nous ne savons pas tellement de choses à ce sujet, ou plutôt il existe peu de consensus, voire la co-existence d&#039;approches inconciliables.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Conclusion ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
# Retour sur la problématiques, les questions de recherche&lt;br /&gt;
# Rappel des principaux résultats de recherche&lt;br /&gt;
# Autocritiques et perspectives&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Références bibliographiques ==&lt;br /&gt;
Les lectures citées dans le travail final&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Dallaire Y. (2002). La violence faite aux hommes. Une réalité tabou et complexe. Québéc: Options santé.[[Résumé du livre]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Gillioz L., De Puy J., Ducret V. (1997). Domination et violence envers la femme dans le couple. Lausanne : éditions Payot.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Ruel S. &amp;amp; Guéricolas P. (1998). La violence des femmes : derrière le masque. In Gazette des femmes Vol. 20. (no 4). (Novembre-Décembre 1998).[Version électronique]. Accès le 20 novembre 2005 : &lt;br /&gt;
http://www.gazettedesfemmes.com/recherche/?F=recherche&amp;amp;idt=10075&amp;amp;affart=2866&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Torrent S. (2001). L’homme battu, un tabou au cœur du tabou. Québec: Option Santé.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Bibliographie ==&lt;br /&gt;
Les lectures utilisées mais pas citées dans le travail final&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Bretonnière-Fraysse et al. (2001). &#039;&#039; De la violence conjugale à la violence parentale&#039;&#039;. Eres [[Résumé|Résumé du livre]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Jackson D., Welzer-Lang D. (1998). Violence et masculinité. Toulouse : imprimerie 34.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Office fédéral de la statistique : Aide aux victimes. Chiffres clés. http://www.bfs.admin.ch/bfs/portal/fr/index/themen/rechtspflege.html&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Miguel</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Violence_conjugale:_De_la_femme_battue_%C3%A0_l%27homme_battu...&amp;diff=3982</id>
		<title>Violence conjugale: De la femme battue à l&#039;homme battu...</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Violence_conjugale:_De_la_femme_battue_%C3%A0_l%27homme_battu...&amp;diff=3982"/>
		<updated>2006-06-11T11:12:56Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Miguel : /* Références bibliographiques */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&#039;&#039;&#039;Membres du groupe&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Chantal Cornut&lt;br /&gt;
* Céline Pittet &lt;br /&gt;
* Jean-Christophe Contini&lt;br /&gt;
* Miguel Maneira &lt;br /&gt;
[mailto:maneira4@etu.unige.ch,contini2@etu.unige.ch,cepittet@hotmail.com,ch.cornut-piller@bluewin.ch Ecrire au groupe]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 [[L&#039;homme battu: le mâle...traité|Notre projet]]  |  [[Plan de recherche: Violence conjugale; un concept en mouvement|Notre plan de recherche]]  |  [[Espace de dialogue|Notre espace de dialogue]]  |  [[Trésorus de notre groupe|Notre île aux trésors]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Introduction ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La violence conjugale semble être de prime abord un phénomène bien connu de nos jours. Les médias rendent régulièrement compte de ses conséquences, bon nombre d’associations ont été créées pour répondre à l’appel des victimes, une loi sur la protection des victimes a été instaurée, beaucoup de thérapeutes œuvrent également dans ce domaine. Il est question, la plupart du temps, des violences subies par des femmes et exercées par des hommes, il est dans une moindre mesure, question de la violence exercée par des femmes contre des hommes. Ce dernier phénomène reste minoritaire cependant, et fait l’objet de nombreuses critiques. Bien souvent, les discours opposent des mouvements &amp;quot; féministes &amp;quot; à des groupes &amp;quot; masculinistes &amp;quot;, les uns dénonçant sans cesse l’ineffable violence des hommes envers les femmes, les autres dénonçant cette vision de l’homme éternellement &amp;quot; agresseur &amp;quot;, allant jusqu’à affirmer que des hommes sont aussi des &amp;quot; victimes &amp;quot; et que la violence peut aussi être l’apanage des femmes. Ici apparaît le concept &amp;quot; d’hommes battus &amp;quot; que nous interrogerons et qui est apparu dès les années septante.  &lt;br /&gt;
Afin de prendre de la distance vis-à-vis de ces deux positions antagonistes, nous proposons d’étudier ce que disent certains auteurs sur la violence conjugale, à la fois sur la violence subie par les femmes et par les hommes. Nous proposons aussi une recherche axée sur des entretiens avec des hommes &amp;quot; victimes &amp;quot; et des professionnels de la violence conjugale. Nous étudierons également des sources statistiques issues de la Loi Fédérale sur l’aide aux victimes et de Amnesty internationale tout comme des revues spécialisées dans le domaine de la thérapie familiale et plus particulièrement les articles concernant la violence domestique. &lt;br /&gt;
La thèse générale de notre article est de démontrer par notre étude que les discours qui circulent sur la violence conjugale sont une construction qui circonscrit la violence dans des stéréotypes caricaturaux stigmatisant à la fois les femmes en tant que victimes et les hommes comme agresseurs. De cette restriction découle la difficulté d’envisager l’existence d’hommes victimes de violence conjugale, et d’égale manière celle de femmes violentes. Cela a comme conséquence pour les personnes concernées un non-reconnaissance sociale, se manifestant par de forts préjugés à leur encontre, et de grandes lacunes institutionnelles. Nous montrerons aussi que les professionnels de la violence conjugale (médecins, thérapeutes) ont dépassé cette opposition et qu’ils désignent plus les acteurs de la violence conjugale à un niveau de co-responsabilité qui ne distingue pas le sexe des protagonistes pour rendre compte de ce phénomène. Il y a ainsi un écart entre les discours dominants et les discours des professionnels, écart perceptible dans l’étude de la littérature et dans l’examen des sources que constituent les revues &amp;quot; thérapie familiale &amp;quot;.&lt;br /&gt;
Enfin, nous proposons la thèse selon laquelle la violence conjugale reste un phénomène qui bien que connu de tous, reste difficile à appréhender dans notre société. En effet, nous montrerons qu’il existe des définitions similaires mais superficielles qui varient dans leur développement en fonction des positionnements et des valeurs de ceux qui les proposent. Les statistiques qui rendent compte de la violence conjugale proposent d’autre part des modalités qui ne permettent pas de distinguer précisément les victimes des agresseurs de manière précise et approfondie. Elles ne permettent pas d’affirmer avec précision que les hommes sont aussi victimes de violences, les modalités de genre n’étant pas assez développées dans la prise en compte statistique. Les hommes victimes existent, mais leur visibilité est très faible du fait que c’est un phénomène qui est en train d’émerger comme problème social.&lt;br /&gt;
Nous montrerons ainsi que la violence conjugale reste un phénomène complexe et confus dans ses définitions. Enfin, nous verrons que la violence conjugale reste un concept en mouvement sur le plan des institutions, qui proposent des possibilités de prise en charge nombreuses, mais néanmoins insuffisantes si l’on considère la prise en compte de la violence faite aux hommes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Revue de littérature ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous aborderons cette revue de littérature en suivant la chronologie même de notre questionnement et de notre cheminement, qui nous a conduit, en commençant part la découverte du concept de &amp;quot; l’homme battu &amp;quot;, à approfondir nos recherches au concept de la femme battue et à appréhender dès lors le problème social que constitue la violence conjugale, qui englobe les deux autres concepts. Nous avons ainsi privilégié dans nos recherches les ouvrages qui traiteraient spécifiquement de l’existence du concept même de &amp;quot; l’homme battu &amp;quot;, dans une actualité la plus récente possible. Nous nous sommes vite aperçus, que peu de littérature existait à ce sujet. Cependant, les ouvrages les plus récents (Torrent et Dallaire) font tous les deux référence à l’inscription du concept de l’homme battu dans celui de la violence conjugale. Nous avons dès lors élargi nos recherches dans ce domaine, toujours à la recherche du moindre élément concernant la violence faite aux hommes. D’autre part, nous avons voulu mettre en question les propositions faites par Dallaire et Torrent, en nous référant à d’autres auteurs qui portent un regard différent sur les acteurs, hommes ou femmes, de la violence conjugale. Notre attention s’est ainsi portée sur des notions concernant la désignation des acteurs en termes de victime et d’agresseur, et la désignation de ces mêmes termes de catégorie homme-femme. Enfin, nous avons cherché à contextualiser le phénomène de l’homme battu, en recherchant dans l’histoire de la violence conjugale, le moment où est apparu le concept de &amp;quot; l’homme battu &amp;quot;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sophie Torrent, dans son ouvrage sur l’homme battu (2001) met directement en question le fait qu’il existe au sein de la vie de couple une violence faite aux hommes, une violence souvent difficile à accepter, celle-ci allant à l’encontre de stéréotypes tels que celui qui considère que la femme est l’élément faible du couple et que l’homme en est le dominant. Dans la première partie de son livre, l’auteur tente tout d’abord d’expliquer ce phénomène atypique de l’homme battu, cet &amp;quot; impensable social &amp;quot; dit-elle. Elle analyse les différents types de violences (physique, sexuelle, psychologique, verbale et économique) pour ensuite orienter son analyse vers la notion de &amp;quot; rôles sociaux &amp;quot;. Elle montre comment l’homme violenté est agressé jusque dans les &amp;quot; facettes &amp;quot; qui font son identité. Pour elle &amp;quot; être battu invalide l’homme dans son appartenance à la catégorie sociale homme &amp;quot;. Dans la deuxième partie de son ouvrage, Torrent réfléchit sur les différentes stratégies élaborées par l’homme pour gérer des situations difficiles. Elle s’appuie notamment dans son travail de recherche sur des interviews réalisées avec des &amp;quot; hommes battus &amp;quot;. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est dans une considération assez proche qu’Yvon Dallaire (2002), thérapeute au Québec, aborde le phénomène de la violence faite aux hommes (La violence faite aux hommes. Une réalité taboue et complexe). Il nous rappelle le constat de l’existence ineffable de la violence dans l’humanité, violence souvent fortement médiatisée, mais selon lui, de manière incomplète. En effet, dit-il, notre attention ne serait attirée que vers une forme de violence, soit celle faite par les hommes contre les autres hommes (guerres, voies de fait, suicides), contre les femmes (violence conjugale, viol, meurtre, tueurs en série) et contre les enfants (violence infanticide, meurtre suivi de suicide). Pour Dallaire, une forme de violence a été occultée : la violence des femmes faite envers les femmes, les hommes et les enfants. Le propos de son texte est de démontrer d’une part que des femmes peuvent être tout autant violentes que des hommes, et que d’autre part, l’analyse de la violence conjugale s’inscrit dans un paradigme teinté de sexisme et de discrimination. Pour cet auteur, la violence conjugale ne se décline pas simplement sur le mode victime-agresseur, mais plutôt sur celui de victime-victime, de deux individus qui sont les co-créateurs d’une escalade débouchant sur l’explosion physique. Afin d’alimenter son propos, Yvon Dallaire met en lumière les stéréotypes et les préjugés qui circulent dans le discours commun : l’homme est un être violent, un abuseur d’enfants, un irresponsable, les hommes sont tous des obsédés sexuels, il sont tous infidèles, menteurs et manipulateurs. Dès lors, toute violence féminine est considérée comme relevant de la légitime défense, l’homme est ainsi rendu coupable de toute la violence conjugale. Précisons ici que l’auteur dénonce le discours d’influence féministe qui se déploie dans le contexte québécois. Son objectif est de connaître les réelles dimensions de la violence conjugale, plutôt que de rechercher un coupable à punir, toujours le même : l’homme. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’ouvrage de Bretonnière-Fraysse et al. (2001), incontournable pour notre sujet, propose quant à lui un autre regard qui positionne clairement les femmes en tant que victimes et les hommes comme agresseurs, sans nuances : &amp;quot; on le sait, la violence conjugale a toujours existé ; on le sait aussi : les victimes en sont les femmes et les auteurs, les hommes. Mais elle demeure encore cachée, honteuse, secrète &amp;quot;. Cet ouvrage prend un biais anthropologique et historique pour nous montrer la condition de victime de la femme à travers les époques passées et jusqu’à nos jours. Gillioz, De Puy et Ducret quant à elles (2000), font état des connaissances qui ont fait de la violence familiale et de la violence contre les femmes, un champ d’étude relativement nouveau dans les sciences sociales. Elles nous rappellent que jusque dans les années soixante, la société et avec elle les scientifiques vivent sur le mythe de la famille non violente. Cette dernière étant considérée comme rare et comme étant le fait d’individus déséquilibrés. Dans les années septante, sous l’influence de militantes féministes anglo-saxonnes qui ouvrent des refuges pour femmes battues et portent la question de la violence conjugale sur la place publique, ce phénomène jusque-là occulté est posé comme problème socio-politique. C’est dès lors que les sciences sociales vont s’y intéresser, à travers deux grands courants de recherche : des études portant sur la violence subie par les femmes au sein de la famille qui postulent, en se fondant sur les prémisses théoriques féministes, que cette violence est spécifique et qu’il est nécessaire de l’étudier indépendamment des autres types de violence familiale qui relèvent d’autres logiques. Le deuxième courant de recherche, issu de la sociologie de la famille, a pour objet la violence familiale et considère la société et ses institutions comme des systèmes consensuels qui embrassent dans la même problématique l’ensemble de la violence qui se déroule dans le cadre familial. Cet ouvrage mentionne également  les travaux de Strauss, Gelles et Steinmetz (1977), à partir desquels a été tiré l&#039;affirmation que les femmes sont aussi violentes que les hommes. C’est à ce moment qu’apparaît le concept du &amp;quot; mari battu &amp;quot;, des résultats tirés des statistiques de cette recherche, ont permis à l&#039;un des chercheurs de conclure que ce qui était le plus sous-estimé n’est pas la femme battue, mais le mari battu. La validité scientifique reste toutefois fortement contestée, nous en trouvons les arguments dans l’ouvrage de Gillioz, De Puy et Ducret. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Notre revue de littérature se conclut par l’approche systémique de Perrone et Nannini (1995) qui proposent leur livre comme un manuel à l’usage des professionnels appelés à intervenir auprès des familles. Leurs présupposés considèrent que la violence n’est pas un phénomène individuel, mais la manifestation d’un phénomène interactionnel. La violence est ainsi un mode particulier de communication entre partenaires qui sont tous impliqués et par là même responsables au sens interactionnel du terme. Comme Yvon Dallaire, les auteurs ne considèrent pas les acteurs de la violence conjugale en termes de &amp;quot; victime-agresseur &amp;quot;, ni en termes &amp;quot; hommes-femmes &amp;quot;. Les objectifs et les enjeux que ces deux auteurs proposent s’appuient sur l’idée que chacun doit devenir et se penser responsable de ses propres comportements. C’est également selon cette optique que certains &amp;quot; cliniciens &amp;quot; abordent en partie la question dans leur article (Rey, H et al. 2006). Contini 6 mai 2006 à 16:28 (MEST)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Problématique ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le questionnement qui est à l’origine de notre travail prend source dans la rencontre que nous avons faite d’un concept qui semble nouveau de prime abord : &amp;quot; l’homme battu &amp;quot;. Nous avons découvert ce concept dans l’ouvrage récemment publié de Sophie Torrent qui s’intitule &amp;quot; les hommes battus &amp;quot;. Ce livre met en lumière l’existence d’hommes victimes de violences exercées par des femmes à leur encontre, il interroge également les questions identitaires vécues par ces &amp;quot; nouvelles victimes &amp;quot; à travers la conduite de multiples entretiens. &lt;br /&gt;
Ces propos nous ont intrigués, parfois rendus perplexes et ont ainsi attisé notre curiosité. Nous avons dès lors entrepris des recherches bibliographiques qui nous permettraient de découvrir des discours proches des propos de Torrent. Nous avons ainsi constaté que ce &amp;quot; phénomène &amp;quot; des hommes battus était, dans une moindre mesure, relayé dans d’autres ouvrages qui l’inscrivaient dans le cadre plus large de la violence conjugale. Nos recherches livresques nous ont ainsi conduits à investiguer le corpus que nous avons constitué afin de tenter de répondre à la question principale qui guide notre recherche : comment le phénomène de &amp;quot; l’homme battu &amp;quot; s’inscrit-il dans le paradigme de la violence conjugale ? Les questions secondaires qui en découlent sont multiples : quand est-ce que ce concept est apparu ? Par qui a-t-il été développé ? Quels sont les discours qui relaient ce concept ou qui s’y opposent ? &lt;br /&gt;
Les éléments qui composent notre revue de littérature nous ont permis d’entrevoir certains points qui semblent être récurrents. Nous nous sommes ainsi aperçus que le concept d’ &amp;quot; hommes battus &amp;quot; se trouvait à chaque fois en tension avec celui de &amp;quot; femmes battues &amp;quot; dans le cadre de la violence conjugale que nous avons aussi essayé de définir. Nous nous sommes dès lors trouvés confrontés à deux discours contraires entre des groupes de pressions constitués autour de la &amp;quot; souffrance masculine &amp;quot; et les propos issus de certains discours féministes. Nous avons également constaté que cette opposition - que nous caractérisons grossièrement entre les deux discours – se dédouble d’une autre opposition dans la désignation des acteurs de la violence conjugale en  termes de victime et d’agresseur. Nous constatons que les acteurs sont ainsi stigmatisés, avec des stéréotypes qui désignent de manière massive l’homme comme étant un agresseur et la femme une victime.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Méthodologie ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En fonction des éléments de la problématique, l’objectif de notre recherche a consisté pour nous à y voir plus clair en tentant de répondre aux questions que nous nous posons. Afin de prendre une nécessaire distance vis-à-vis du regard que propose notre revue de littérature, nous avons choisi d’orienter nos recherches sur diverses sources d’informations différentes. Nous avons trouvé intéressant d’examiner si des statistiques existaient sur les &amp;quot; hommes battus &amp;quot; et sur les &amp;quot; femmes battues &amp;quot; et dès lors de voir si celles-ci pouvaient éclaircir notre questionnement. Nous avons aussi choisi de chercher des éléments dans une série de revue spécialisées dans la thérapie familiale, dès lors que le phénomène des &amp;quot; hommes battus &amp;quot; s’inscrit dans le cadre de la violence conjugale. De plus, pour avoir une vision plus globale nous avons aussi décidé de faire une revue d’articles de presse étudiant quelques articles récents. Enfin, nous avons opté pour une recherche mettant en œuvre la conduite de plusieurs entretiens auprès de professionnels de la prise en charge de la violence conjugale, ainsi qu’auprès de &amp;quot; victimes &amp;quot; qui accepteraient de nous apporter leur témoignage. Ces éléments correspondent à ce que l’on pourrait appeler la &amp;quot; recherche sur le terrain &amp;quot;. Nous avons aussi élargi notre revue de littérature en laissant une place pour l’étude des discours qui proviennent des divers professionnels spécialisés dans la thématique de la violence conjugale. Nos sources seront ainsi multiples : entretiens ; revue de presse ; statistiques ; revues spécialisées. &lt;br /&gt;
Notre analyse consistera à analyser les contenus du matériel récolté, en prenant pour point d’appui la désignation des acteurs de la violence conjugale, en termes de stéréotypes (stigmatisation) et dans une approche de &amp;quot; genre &amp;quot; étudiant les rapports sociaux hommes-femmes par rapport à cette thématique, ainsi que les rapports victimes-agresseurs qui s’y rattachent. &lt;br /&gt;
L’analyse devrait ainsi nous permettre de réunir des points de vue différents et ainsi de confirmer ou d’infirmer, voir de &amp;quot; tempérer &amp;quot; ce que nous avons développé dans la revue de littérature en fonction des auteurs choisis.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Résultats ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Aborder le problème social de la violence conjugale nous incite à faire un retour vers les années 1970. C’est à cette époque que l’on peut situer les premières recherches sur ce thème  mettant en question le mythe de la famille non violente. Les militantes féministes amènent la question de violence conjugale sur la place publique et le posent comme un problème socio-politique. La question de la violence est abordée comme conséquence des rapports de domination, c&#039;est-à-dire des effets de l’exercice d’une influence déterminante d’un groupe, les hommes, sur un autre, les femmes. Tout rapport de domination suppose, en effet, en dehors du rapport de pure violence, un système de justification visant à obtenir un minimum de &amp;quot;volonté d&#039;obéir&amp;quot; de la part des assujettis, note le Petit Robert.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les sciences humaines vont s’y intéresser à partir de là, et de nombreuses études sont entreprises dans les années 1970 et 1980 dans le but de décrire la violence domestique, de pouvoir la chiffrer, de chercher à l’expliquer, d’étudier ses conséquences sur les victimes, et d’examiner les réponses sociétales à ce problème.&lt;br /&gt;
Pourtant une des conclusions de la première étude de Straus et al.(1977) permet de dire que femmes et hommes admettent recourir à des tactiques de violence dans des situations de conflits. Et l’une des auteur-e-s, Steinmetz, ira jusqu’à tirer la conclusion de l’existence du « syndrome de l’homme battu ». Contesté dès sa sortie pour des insuffisances méthodologiques, la plupart de chercheurs et chercheuses renoncèrent à utiliser ce concept. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En Suisse une loi sur l’aide aux victimes permettra aux femmes victimes de violence conjugale d&#039;être reconnues, visibilées et aidés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette loi fédérale du 4 octobre 1991, entrée en vigueur le 1er janvier 1993, a pour but de fournir une aide efficace (conseils, la protection de la victime, la défense de ses droits dans la procédure pénale et l’indemnisation et la réparation morale) aux victimes d’infractions ou d’une atteinte directe à son intégrité corporelle, sexuelle ou psychique et à renforcer leurs droits. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Parmi les atteintes retenues par la loi nous pouvons retenir pour notre sujet d’analyse les violences domestiques,  lésions corporelles, viol, contrainte sexuelle, séquestration. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les centres de consultation « Lavi » sont instaurés dans chaque canton. La police est tenue d’informer les victimes de l’existence de ces centres et de leur transmettre les coordonnées de celle-ci (sur la base de son accord). L’aide immédiate et les prestations fournies directement par les centres sont gratuites. Lorsque la situation personnelle de la personne qui consulte le justifie, les centres de consultation prennent en charge d’autres frais (comme par exemple les frais médicaux, les frais d’avocat ou les frais de procédure). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
S’il est difficile de faire parler les statistiques, ici nous nous basons sur l’année 2004, ils donne toute de même une idée intéressante sur la question qui nous occupe, à savoir la violence féminine et masculine : une nette prédominance des femmes dans la consultation (75%), avec des auteurs présumés de sexe masculin (83.5), et l’existence d’une relation familiale, victime – agresseur (52,9%).  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Résultats et analyse partielle des entretiens ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est souvent question dans les chiffres, de comparer,  voire d’opposer, hommes et femmes face à la violence conjugale. En d’autres termes de démontrer que le premier est le bourreau et la deuxième la victime. Pour certains, la question des hommes battus ne recouvrirait pas la même problématique que celle des femmes battues. Pour certains auteurs, tel Yvon Dallaire, il semble que les stéréotypes de femme-victime et homme-agresseur affiliés aux rôles des acteurs, n’aident en rien à reconnaître la problématique. Alors que la femme est souvent vue comme une personne douce, fragile et protectrice. Les hommes, eux, sont reconnus comme des êtres forts, virils et courageux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;L’homme battu existe, nous l’avons rencontré&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour confronter les stéréotypes affiliés aux genres, nous avons cherché à interviewer des hommes battus. Paul et Luc (prénoms d’empreint) ont un point commun : leur passé d’homme maltraité. Ils ont été, tous les deux, physiquement battus par leur conjointe. Toutefois, il semblerait que la problématique de l’homme violenté intègre, dans sa forme globale, une autre forme de violence, une violence psychologique. Il ressort des entretiens que la forme physique ne semble pas être la forme de violence qui marque le plus. &lt;br /&gt;
Pour essayer de comprendre au mieux le vécu violenté de ces hommes et plus généralement de toute personne impliquée dans des relations violentes, nous avons questionné la littérature ainsi que des professionnels de terrain.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour la travailleuse sociale, Sophie Torrent (2001), « la nature de la violence [à l’égard de la gente masculine] et ses modes d’expression traduisent, dirait-on, une violence spécifiquement féminine, subtile, qui atteint l’intégrité psychique de l’homme.» (p.33). L’homme victime de violence psychologique semble atteint surtout dans sa masculinité, plus précisément dans la représentation de la masculinité qui lui a permis de construire son identité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Le harcèlement que j’ai vécu par cette femme tyran m’a amené à perdre, pendant quelques temps, mon identité masculine… C’était quoi être un homme ? Je ne savais plus faire l’amour comme il faut en quittant ma femme. J’ai du réapprendre à accepter de prendre du plaisir. » Luc&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;La violence ; une histoire d’homme ?&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Alors que nous venons de découvrir avec stupéfaction certaines réalités d’hommes maltraités par leur conjointe, comment traiter ces vérités face à notre idéal féminin construit ? Comment même penser à la violence des femmes, alors que celle que l’on exerce à leur égard est de loin la plus établie, la plus reconnue et de ce fait la plus portée par les médias ? De nos jours, la société reconnaît et prend en charge la femme violentée, qu&#039;en est-il de la femme violente ? &lt;br /&gt;
Il est commun d’entendre qu’une femme violente est une femme malade psychologiquement ou encore que cette dernière n’agresserait que pour se défendre. Pour la psychothérapeute Diane Chayer, ( citée par Ruel &amp;amp; Guéricolas, 1998), il semblerait qu’il n’y ait tout simplement pas de permission sociale à la violence des femmes. « La société dit qu’il est presque normal pour un homme d’être violent. Mais une femme violente, c’est une extraterrestre. » &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour Yvon Dallaire, « la femme violente peut ressentir de la fierté pour avoir battu plus fort qu’elle. Et la société ne la dénigre pas, elle cherche plutôt à la comprendre et à l’excuser, compatissant souvent à son sort. » (p26) A contrario, pour la responsable d’une structure acceuillant des femmes violentes, « celles et ceux qui passent de la parole aux actes souffrent, ils ont besoin d&#039;aide et y ont droit. Toutefois, la femme violente souffre de discrimination ; on ne veut pas lui reconnaître sa violence. » Il semblerait alors que, paradoxalement, la femme violente souffre des mêmes maux sociaux que l’homme maltraité. Une nouvelle fois, il semblerait que les stéréotypes, affiliés aux genres, décident de ce qui peut être acceptable ou pas.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Le statut de victime/agresseur&#039;&#039;&#039; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La responsable d’un établissement prenant en charge des femmes violentes nous apprend qu’il est difficile de tenir le fil rouge concernant les rôles de victime-agresseur. « On est là pour travailler sur la violence des femmes, en tant qu’auteures de violence et non en tant que victimes. Très souvent, ça dérape en justification des actes qui déplace la position d’agresseuse à celui de victime. » Il semble que souvent, l’agresseur se voit comme victime. Responsabiliser les acteurs(trices) de violence, c’est les aider à prendre conscience de leur violence. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Responsabilité dans la violence&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La question est partagée. Alors que pour beaucoup, la responsabilité de la violence doit être assumée par son auteur(e), pour d’autres, elle doit être partagée. En effet, pour Denis Châtelain, co-fondateur d’une association prenant en charge des auteur(e)s de violence, « il faut prendre en compte le potentiel de violence de la victime dans la compréhension de la dynamique ». Pour la responsable d’une association accueillant des femmes violentes, « il est impossible de faire un tel travail si l’on part du principe d’une co-responsabilité dans la réalisation de la violence. En effet, on ne peut pas se permettre de déraper sur l’aspect empathique et comprendre voir d’excuser l’acte de violence au nom d’un statut de victime reconnu. Pour nous, l’acte violent n’est pas excusable, il est inadmissible quelque soit sa source ou sa justification. Ce qui nous paraît important c’est de faire en sorte de ne plus jamais en avoir à arriver là. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;La prise en charge de la violence&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comment aborder la problématique de la violence conjugale et plus particulièrement celle des hommes maltraités et des femmes violentes ? Alors qu’Yvon Dallaire se demande si l’on « ne pourrait pas exploiter l’expertise des centres d’accueil pour femmes au profit des hommes battus et l’expertise des groupes d’entraide pour homme violents au profit des femmes violentes ? » (p29), la responsable d’une structure accueillant des femmes actrices de violence répond que « pour aider les femmes actrices de violence, il faut appliquer un traitement différencié. Les raisons étant parce qu’on n’éduque pas de la même façon une petite fille et un petit garçon, le rapport au féminin n’est pas le même. La violence masculine est légitimée. Par contre, on ne reconnaît pas ce droit à la femme. Cela étant dû aux stéréotypes de mère protectrice d’une part. » &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
(Le législateur prend en compte la situation des victimes, il estime qu’elles doivent être soutenues dans la procédure pénale, et également qu’elles ont droit à une indemnisation ou à une réparation morale (en fonction des revenus de la victime). )&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On peut constater également la reconnaissance par la société du statut de victime,  puisque les demandes, au nombre de 196 pour l’indemnisation et de 728 pour la réparation morale,  ont été traitées positivement. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La formation du personnel des centres Lavi : la loi mentionne des aides financières à la formation. Une formation spécifique « Lavi » a été instaurée et des formations complémentaires complètent la spécialisation de ces professionnels. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Violence domestique, une protection particulière : l’expulsion immédiate du domicile des personnes violentes, lesquelles ne peuvent plus réintégrer leur logement pendant une période déterminée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le 14 juin 2000, la Conseillère Ruth-Gaby Vermot-Mangold dépose une initiative parlementaire. Le Conseil fédéral  propose, en novembre 2005, un nouvel article 28b dans le code civil visant à protéger la victime de violence ou de harcèlement en lui donnant le droit de requérir le juge d’instruction d’interdire à l’auteur de l’atteinte de l’approcher, de fréquenter certains lieux ou de prendre contact avec elle. &lt;br /&gt;
Ce nouvel article 28b prévoit également l’institution par les cantons de centres d’informations et de consultation dans le but d’agir préventivement pour éviter la violence domestique et sa récidive. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Violence entre conjoint ou partenaire : poursuivie d’office depuis le 1 avril 2004&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le Conseil Fédéral  modifie le Code pénal en ce sens que les actes de violence domestique seront poursuivis d’office et non plus sur plainte de la victime. Le communiqué de presse est intéressant et nous donne un aperçu des changements sociaux intervenus : « il n’est plus question de tolérer la violence physique ou sexuelle exercée contre un conjoint ou un partenaire – dans un couple hétérosexuel ou homosexuel – sous prétexte qu’elle ne serait que de peu de gravité ou qu’elle relèverait de la sphère privée ». La contrainte sexuelle et le viol commis au sein du couple sont élevés au rang de délits poursuivis d’office.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Evolution des lois et violence conjugale.&lt;br /&gt;
Votée en 1991, la LAVI démontre que «  victime de violence » constitue maintenant  une déviance secondaire. Les plaignants sont identifiés, l’état institutionnalise leur prise en charge, les centres Lavi sont créés et les consultations augmentent au fil des années.   &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Néanmoins la notion de &amp;quot;violence conjugale&amp;quot; se fait discrète, le terme de violence domestique n’apparaît qu’avec le dépôt en 2002 de l’initiative parlementaire de Vermot-Mangold. En juin 2001 le Conseil Fédéral met en consultation le « projet élaboré par la Commission des affaires juridiques du Conseil national » et la notion de violence domestique fait partie des préoccupations reconnues officiellement. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous pouvons relever que les documents officiels font référence à une notion de victime qui n’est pas sexuée,  le mot « femme » n’y est pas accolé. Les termes utilisés « violence physique ou sexuelle exercée contre un conjoint ou un partenaire (…) dans un couple hétérosexuel ou homosexuel », « ordonner à une personne violente de quitter le domicile conjugal », « prévenir la récidive des agresseurs ». Dans les documents que j’ai parcouru sur le site de l’office fédéral de la justice sous la mention « aide aux victimes », je n’ai trouvé qu’une seule fois la mention spécifique « femme » : «  la violence domestique est aujourd’hui quotidienne dans notre société. Les femmes en sont souvent les victimes ». Dans tous les autres documents la violence domestique paraît neutre. Si le mot victime est féminin, les textes l’utilisent comme un élément générique. On peut en partie le comprendre par le fait que  la Lavi ne reçoit pas que des victimes de violences conjugales, mais également des victimes d’accidents de la route, d’attentats, d’enlèvement, de prise d’otage ou de brigandage.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Analyse ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Analyse des résultats&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour résumer, nous voici arrivés à un premier constat. Nous pouvons dire que la découverte de la violence conjugale et de ses effets a pour origine le questionnement du mouvement féministe, repris par des chercheur-e-s, qui ont confirmé et précisé le phénomène de la violence conjugale. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Autre découverte, la notion d’homme battu, que nous avions posé comme une construction récente, date des premières recherches sur ce domaine. Le syndrome de l’homme battu, développé  par une chercheuse du l’équipe de  Straus et al. a été un concept rapidement abandonné. Les défauts dans l’opérationnalisation du concept de violence, dans la méthode et dans l’interprétation des données de l’enquête effectuée à l’aide du Conflict Tactics Scales ont été largement reconnus. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comment se fait-il alors que des auteurs récents se saisissent du vocable « homme battu », partent à sa recherche, et le trouve ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour cela nous devons revenir à nouveau aux années 1970 et aux changements intervenus dans les places des hommes et des femmes. Ces dernières acquièrent un statut différent, elles deviennent citoyennes, accèdent au marché du travail et peuvent maîtriser leur fécondité. L’égalité homme – femme advient. A partir de là, le féminisme devient un mouvement social et politique pour l&#039;émancipation des femmes. Mais il va désigner aussi un corpus théorique qui va permettre aux sociologues de revisiter leurs différents champs d’études à travers la problématique des rapports sociaux de sexe.  Sous cet angle là, la violence conjugale prend un autre sens, elle est  rendue possible parce que les femmes ont moins de moyens, par conséquent moins de pouvoir, et parce que le genre féminin est dévalorisé par rapport au masculin. &lt;br /&gt;
Pierre Bourdieu a largement développé le fonctionnement des dominés et démontré comment ceux-ci ayant intégré le discours dominant « construisent ces relations de pouvoir du point de vue même de ceux qui y affirment leur domination… ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En Suisse, les statistiques 2004 issues des centres Lavi apportent des précisions chiffrées à cette forme de violence. Le taux de victimes de sexe féminins est important (75%),  le sexe masculin de l’auteur présumé révèle un pourcentage très élevé (83.5%) et pour 52.9% des consultants une relation familiale victime - agresseur existe. &lt;br /&gt;
Bien que la violence conjugale soit maintenant reconnue, des groupes sociaux la mettent en question. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les années 1980 une tension s’avive entre hommes et femmes.  Certains hommes pro féministes tiennent un discours optimiste concernant la constitution d&#039;une société nouvelle et égalitaire  et reconnaissent la domination masculine comme clé d&#039;un changement possible. &lt;br /&gt;
D&#039;autres hommes tiennent un discours alarmiste et insistent sur le malaise identitaire engendré par cette modification des rapports sociaux source de perte de repères. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A partir de là, des groupes d’hommes se forment autour, par exemple d’auteurs tels que Guy Cornaux au Canada, Jacques Salomé en France,  ou plus récemment Y. Dallaire qui avec John Goetelen a organisé le premier Congrès international de la condition masculine à Genève en 2003. Des mouvements pour la condition paternelle se créent afin de s’opposer à la garde des enfants accordée systématiquement à la mère en cas de divorce.  Le film récent « Le souffle du désert » de François Kohler, illustre ce phénomène de la recherche d’une identité masculine vécue comme problématique. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C&#039;est dans cette mouvance que nous trouvons aujourd&#039;hui les protagonistes d&#039;un détournement de la violence masculine au profit d&#039;une violence exercée contre les hommes par les femmes. ces détracteurs pourront s&#039;appuyer probablement dans les années à venir sur les modifications des images féminines, les stéréotypes de la femme douce et soumise ont tendance à s&#039;estomper. Et l&#039;on peut se demander si les jeunes femmes ne se permettront pas plus que par le passé d&#039;exprimer leurs sentiments de colère et violence, là où s&#039;exprimaient auparavant peut-être impuissance, tristesse et dépression. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Utilisateur:Cornut piller|Cornut piller]] 1 jun 2006 à 09:15 (MEST) ~~&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Difficultés&#039;&#039;&#039; (à mettre à la fin de l&#039;article ou dans la conclusion)[[Utilisateur:Celine|Celine]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le sujet que nous avons abordé tout au long de ce travail est délicat. Nous avons relevé le peu de neutralité émanant des sources existantes sur ce thème, chaque écrit représentant une certaine prise de position, quant à la causalité de la violence conjugale par exemple, ou les convictions cachées derrière l&#039;attribution de statuts victime-agresseur ou victime-victime.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette subjectivité rentre en interrelation avec notre sensibilité propre, individuelle, qui n&#039;est donc pas la même entre les personnes de notre groupe. Le fait que celui-ci soit constitué de deux femmes et deux hommes est très enrichissant, et même primordial quand l&#039;on s&#039;attèle à ce type de problématique. Néanmoins, cela implique un investissement conséquent en termes de discussion, explicitation des attentes et valeurs de chacun, en redéfinition continuelle de la problématique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans notre tentative d&#039;objectiver notre problématique, nous ne sommes que très peu aidés par les statistiques. Elles aussi disent ce qu&#039;elles ont envie de dire, et sont sans cesse remises en cause par des détracteurs. La conséquence en est qu&#039;aucune statistique ne sert vraiment de référence consensuelle dans la compréhension de la violence conjugale.Dans les statistiques policières, souvent la violence conjugale n&#039;est pas comptabilisée de manière séparée des autres délits de violence; dans d&#039;autres types de statistiques c&#039;est le genre qui n&#039;est pas retenu comme variable pertinente. En effet, derrière les chiffres, on découvre des définitions très variables de la violence: certains ne prennent en compte que la violence physique; d&#039;autres considèrent que de nombreux petits signes de nature verbale ou psychologique sont un pas dans l&#039;escalade de la violence, et les jugent donc de même poids que des coups. Entre ces deux extrêmes, toutes les variations sont présentes... &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est intéressant de relever à quel point certains chiffres sont médiatisés, afin d&#039;avoir un impact sur la population, alors que ces mêmes chiffres sont discutables au niveau statistique. &lt;br /&gt;
Pour conclure, nous nous sommes rendus compte que malgré une certaine médiatisation, qui n&#039;est pas si récente, de la violence conjugale, nous ne savons pas tellement de choses à ce sujet, ou plutôt il existe peu de consensus, voire la co-existence d&#039;approches inconciliables.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Conclusion ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
# Retour sur la problématiques, les questions de recherche&lt;br /&gt;
# Rappel des principaux résultats de recherche&lt;br /&gt;
# Autocritiques et perspectives&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Références bibliographiques ==&lt;br /&gt;
Les lectures citées dans le travail final&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Dallaire Y. (2002). La violence faite aux hommes. Une réalité tabou et complexe. Québéc: Options santé.[[Résumé du livre]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Gillioz L., De Puy J., Ducret V. (1997). Domination et violence envers la femme dans le couple. Lausanne : éditions Payot.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Ruel S. &amp;amp; Guéricolas P. (1998). La violence des femmes : derrière le masque. In Gazette des femmes Vol. 20. (no 4). (Novembre-Décembre 1998).[Version électronique]. Accès le 20 novembre 2005 : &lt;br /&gt;
http://www.gazettedesfemmes.com/recherche/?F=recherche&amp;amp;idt=10075&amp;amp;affart=2866&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Torrent S. (2001). L’homme battu, un tabou au cœur du tabou. Québec: Option Santé.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Bibliographie ==&lt;br /&gt;
Les lectures utilisées mais pas citées dans le travail final&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Bretonnière-Fraysse et al. (2001). &#039;&#039; De la violence conjugale à la violence parentale&#039;&#039;. Eres [[Résumé|Résumé du livre]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Dallaire Y. (2002). La violence faite aux hommes. Une réalité tabou et complexe. Québéc: Options santé.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Gillioz L., De Puy J., Ducret V. (1997). Domination et violence envers la femme dans le couple. Lausanne : éditions Payot.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Jackson D., Welzer-Lang D. (1998). Violence et masculinité. Toulouse : imprimerie 34.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Torrent S. (2001). L’homme battu, un tabou au cœur du tabou. Québec: Option Santé.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Office fédéral de la statistique : Aide aux victimes. Chiffres clés. http://www.bfs.admin.ch/bfs/portal/fr/index/themen/rechtspflege.html&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Miguel</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Violence_conjugale:_De_la_femme_battue_%C3%A0_l%27homme_battu...&amp;diff=3981</id>
		<title>Violence conjugale: De la femme battue à l&#039;homme battu...</title>
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		<updated>2006-06-11T11:11:56Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Miguel : /* Bibliographie */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&#039;&#039;&#039;Membres du groupe&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Chantal Cornut&lt;br /&gt;
* Céline Pittet &lt;br /&gt;
* Jean-Christophe Contini&lt;br /&gt;
* Miguel Maneira &lt;br /&gt;
[mailto:maneira4@etu.unige.ch,contini2@etu.unige.ch,cepittet@hotmail.com,ch.cornut-piller@bluewin.ch Ecrire au groupe]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 [[L&#039;homme battu: le mâle...traité|Notre projet]]  |  [[Plan de recherche: Violence conjugale; un concept en mouvement|Notre plan de recherche]]  |  [[Espace de dialogue|Notre espace de dialogue]]  |  [[Trésorus de notre groupe|Notre île aux trésors]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Introduction ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La violence conjugale semble être de prime abord un phénomène bien connu de nos jours. Les médias rendent régulièrement compte de ses conséquences, bon nombre d’associations ont été créées pour répondre à l’appel des victimes, une loi sur la protection des victimes a été instaurée, beaucoup de thérapeutes œuvrent également dans ce domaine. Il est question, la plupart du temps, des violences subies par des femmes et exercées par des hommes, il est dans une moindre mesure, question de la violence exercée par des femmes contre des hommes. Ce dernier phénomène reste minoritaire cependant, et fait l’objet de nombreuses critiques. Bien souvent, les discours opposent des mouvements &amp;quot; féministes &amp;quot; à des groupes &amp;quot; masculinistes &amp;quot;, les uns dénonçant sans cesse l’ineffable violence des hommes envers les femmes, les autres dénonçant cette vision de l’homme éternellement &amp;quot; agresseur &amp;quot;, allant jusqu’à affirmer que des hommes sont aussi des &amp;quot; victimes &amp;quot; et que la violence peut aussi être l’apanage des femmes. Ici apparaît le concept &amp;quot; d’hommes battus &amp;quot; que nous interrogerons et qui est apparu dès les années septante.  &lt;br /&gt;
Afin de prendre de la distance vis-à-vis de ces deux positions antagonistes, nous proposons d’étudier ce que disent certains auteurs sur la violence conjugale, à la fois sur la violence subie par les femmes et par les hommes. Nous proposons aussi une recherche axée sur des entretiens avec des hommes &amp;quot; victimes &amp;quot; et des professionnels de la violence conjugale. Nous étudierons également des sources statistiques issues de la Loi Fédérale sur l’aide aux victimes et de Amnesty internationale tout comme des revues spécialisées dans le domaine de la thérapie familiale et plus particulièrement les articles concernant la violence domestique. &lt;br /&gt;
La thèse générale de notre article est de démontrer par notre étude que les discours qui circulent sur la violence conjugale sont une construction qui circonscrit la violence dans des stéréotypes caricaturaux stigmatisant à la fois les femmes en tant que victimes et les hommes comme agresseurs. De cette restriction découle la difficulté d’envisager l’existence d’hommes victimes de violence conjugale, et d’égale manière celle de femmes violentes. Cela a comme conséquence pour les personnes concernées un non-reconnaissance sociale, se manifestant par de forts préjugés à leur encontre, et de grandes lacunes institutionnelles. Nous montrerons aussi que les professionnels de la violence conjugale (médecins, thérapeutes) ont dépassé cette opposition et qu’ils désignent plus les acteurs de la violence conjugale à un niveau de co-responsabilité qui ne distingue pas le sexe des protagonistes pour rendre compte de ce phénomène. Il y a ainsi un écart entre les discours dominants et les discours des professionnels, écart perceptible dans l’étude de la littérature et dans l’examen des sources que constituent les revues &amp;quot; thérapie familiale &amp;quot;.&lt;br /&gt;
Enfin, nous proposons la thèse selon laquelle la violence conjugale reste un phénomène qui bien que connu de tous, reste difficile à appréhender dans notre société. En effet, nous montrerons qu’il existe des définitions similaires mais superficielles qui varient dans leur développement en fonction des positionnements et des valeurs de ceux qui les proposent. Les statistiques qui rendent compte de la violence conjugale proposent d’autre part des modalités qui ne permettent pas de distinguer précisément les victimes des agresseurs de manière précise et approfondie. Elles ne permettent pas d’affirmer avec précision que les hommes sont aussi victimes de violences, les modalités de genre n’étant pas assez développées dans la prise en compte statistique. Les hommes victimes existent, mais leur visibilité est très faible du fait que c’est un phénomène qui est en train d’émerger comme problème social.&lt;br /&gt;
Nous montrerons ainsi que la violence conjugale reste un phénomène complexe et confus dans ses définitions. Enfin, nous verrons que la violence conjugale reste un concept en mouvement sur le plan des institutions, qui proposent des possibilités de prise en charge nombreuses, mais néanmoins insuffisantes si l’on considère la prise en compte de la violence faite aux hommes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Revue de littérature ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous aborderons cette revue de littérature en suivant la chronologie même de notre questionnement et de notre cheminement, qui nous a conduit, en commençant part la découverte du concept de &amp;quot; l’homme battu &amp;quot;, à approfondir nos recherches au concept de la femme battue et à appréhender dès lors le problème social que constitue la violence conjugale, qui englobe les deux autres concepts. Nous avons ainsi privilégié dans nos recherches les ouvrages qui traiteraient spécifiquement de l’existence du concept même de &amp;quot; l’homme battu &amp;quot;, dans une actualité la plus récente possible. Nous nous sommes vite aperçus, que peu de littérature existait à ce sujet. Cependant, les ouvrages les plus récents (Torrent et Dallaire) font tous les deux référence à l’inscription du concept de l’homme battu dans celui de la violence conjugale. Nous avons dès lors élargi nos recherches dans ce domaine, toujours à la recherche du moindre élément concernant la violence faite aux hommes. D’autre part, nous avons voulu mettre en question les propositions faites par Dallaire et Torrent, en nous référant à d’autres auteurs qui portent un regard différent sur les acteurs, hommes ou femmes, de la violence conjugale. Notre attention s’est ainsi portée sur des notions concernant la désignation des acteurs en termes de victime et d’agresseur, et la désignation de ces mêmes termes de catégorie homme-femme. Enfin, nous avons cherché à contextualiser le phénomène de l’homme battu, en recherchant dans l’histoire de la violence conjugale, le moment où est apparu le concept de &amp;quot; l’homme battu &amp;quot;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sophie Torrent, dans son ouvrage sur l’homme battu (2001) met directement en question le fait qu’il existe au sein de la vie de couple une violence faite aux hommes, une violence souvent difficile à accepter, celle-ci allant à l’encontre de stéréotypes tels que celui qui considère que la femme est l’élément faible du couple et que l’homme en est le dominant. Dans la première partie de son livre, l’auteur tente tout d’abord d’expliquer ce phénomène atypique de l’homme battu, cet &amp;quot; impensable social &amp;quot; dit-elle. Elle analyse les différents types de violences (physique, sexuelle, psychologique, verbale et économique) pour ensuite orienter son analyse vers la notion de &amp;quot; rôles sociaux &amp;quot;. Elle montre comment l’homme violenté est agressé jusque dans les &amp;quot; facettes &amp;quot; qui font son identité. Pour elle &amp;quot; être battu invalide l’homme dans son appartenance à la catégorie sociale homme &amp;quot;. Dans la deuxième partie de son ouvrage, Torrent réfléchit sur les différentes stratégies élaborées par l’homme pour gérer des situations difficiles. Elle s’appuie notamment dans son travail de recherche sur des interviews réalisées avec des &amp;quot; hommes battus &amp;quot;. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est dans une considération assez proche qu’Yvon Dallaire (2002), thérapeute au Québec, aborde le phénomène de la violence faite aux hommes (La violence faite aux hommes. Une réalité taboue et complexe). Il nous rappelle le constat de l’existence ineffable de la violence dans l’humanité, violence souvent fortement médiatisée, mais selon lui, de manière incomplète. En effet, dit-il, notre attention ne serait attirée que vers une forme de violence, soit celle faite par les hommes contre les autres hommes (guerres, voies de fait, suicides), contre les femmes (violence conjugale, viol, meurtre, tueurs en série) et contre les enfants (violence infanticide, meurtre suivi de suicide). Pour Dallaire, une forme de violence a été occultée : la violence des femmes faite envers les femmes, les hommes et les enfants. Le propos de son texte est de démontrer d’une part que des femmes peuvent être tout autant violentes que des hommes, et que d’autre part, l’analyse de la violence conjugale s’inscrit dans un paradigme teinté de sexisme et de discrimination. Pour cet auteur, la violence conjugale ne se décline pas simplement sur le mode victime-agresseur, mais plutôt sur celui de victime-victime, de deux individus qui sont les co-créateurs d’une escalade débouchant sur l’explosion physique. Afin d’alimenter son propos, Yvon Dallaire met en lumière les stéréotypes et les préjugés qui circulent dans le discours commun : l’homme est un être violent, un abuseur d’enfants, un irresponsable, les hommes sont tous des obsédés sexuels, il sont tous infidèles, menteurs et manipulateurs. Dès lors, toute violence féminine est considérée comme relevant de la légitime défense, l’homme est ainsi rendu coupable de toute la violence conjugale. Précisons ici que l’auteur dénonce le discours d’influence féministe qui se déploie dans le contexte québécois. Son objectif est de connaître les réelles dimensions de la violence conjugale, plutôt que de rechercher un coupable à punir, toujours le même : l’homme. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’ouvrage de Bretonnière-Fraysse et al. (2001), incontournable pour notre sujet, propose quant à lui un autre regard qui positionne clairement les femmes en tant que victimes et les hommes comme agresseurs, sans nuances : &amp;quot; on le sait, la violence conjugale a toujours existé ; on le sait aussi : les victimes en sont les femmes et les auteurs, les hommes. Mais elle demeure encore cachée, honteuse, secrète &amp;quot;. Cet ouvrage prend un biais anthropologique et historique pour nous montrer la condition de victime de la femme à travers les époques passées et jusqu’à nos jours. Gillioz, De Puy et Ducret quant à elles (2000), font état des connaissances qui ont fait de la violence familiale et de la violence contre les femmes, un champ d’étude relativement nouveau dans les sciences sociales. Elles nous rappellent que jusque dans les années soixante, la société et avec elle les scientifiques vivent sur le mythe de la famille non violente. Cette dernière étant considérée comme rare et comme étant le fait d’individus déséquilibrés. Dans les années septante, sous l’influence de militantes féministes anglo-saxonnes qui ouvrent des refuges pour femmes battues et portent la question de la violence conjugale sur la place publique, ce phénomène jusque-là occulté est posé comme problème socio-politique. C’est dès lors que les sciences sociales vont s’y intéresser, à travers deux grands courants de recherche : des études portant sur la violence subie par les femmes au sein de la famille qui postulent, en se fondant sur les prémisses théoriques féministes, que cette violence est spécifique et qu’il est nécessaire de l’étudier indépendamment des autres types de violence familiale qui relèvent d’autres logiques. Le deuxième courant de recherche, issu de la sociologie de la famille, a pour objet la violence familiale et considère la société et ses institutions comme des systèmes consensuels qui embrassent dans la même problématique l’ensemble de la violence qui se déroule dans le cadre familial. Cet ouvrage mentionne également  les travaux de Strauss, Gelles et Steinmetz (1977), à partir desquels a été tiré l&#039;affirmation que les femmes sont aussi violentes que les hommes. C’est à ce moment qu’apparaît le concept du &amp;quot; mari battu &amp;quot;, des résultats tirés des statistiques de cette recherche, ont permis à l&#039;un des chercheurs de conclure que ce qui était le plus sous-estimé n’est pas la femme battue, mais le mari battu. La validité scientifique reste toutefois fortement contestée, nous en trouvons les arguments dans l’ouvrage de Gillioz, De Puy et Ducret. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Notre revue de littérature se conclut par l’approche systémique de Perrone et Nannini (1995) qui proposent leur livre comme un manuel à l’usage des professionnels appelés à intervenir auprès des familles. Leurs présupposés considèrent que la violence n’est pas un phénomène individuel, mais la manifestation d’un phénomène interactionnel. La violence est ainsi un mode particulier de communication entre partenaires qui sont tous impliqués et par là même responsables au sens interactionnel du terme. Comme Yvon Dallaire, les auteurs ne considèrent pas les acteurs de la violence conjugale en termes de &amp;quot; victime-agresseur &amp;quot;, ni en termes &amp;quot; hommes-femmes &amp;quot;. Les objectifs et les enjeux que ces deux auteurs proposent s’appuient sur l’idée que chacun doit devenir et se penser responsable de ses propres comportements. C’est également selon cette optique que certains &amp;quot; cliniciens &amp;quot; abordent en partie la question dans leur article (Rey, H et al. 2006). Contini 6 mai 2006 à 16:28 (MEST)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Problématique ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le questionnement qui est à l’origine de notre travail prend source dans la rencontre que nous avons faite d’un concept qui semble nouveau de prime abord : &amp;quot; l’homme battu &amp;quot;. Nous avons découvert ce concept dans l’ouvrage récemment publié de Sophie Torrent qui s’intitule &amp;quot; les hommes battus &amp;quot;. Ce livre met en lumière l’existence d’hommes victimes de violences exercées par des femmes à leur encontre, il interroge également les questions identitaires vécues par ces &amp;quot; nouvelles victimes &amp;quot; à travers la conduite de multiples entretiens. &lt;br /&gt;
Ces propos nous ont intrigués, parfois rendus perplexes et ont ainsi attisé notre curiosité. Nous avons dès lors entrepris des recherches bibliographiques qui nous permettraient de découvrir des discours proches des propos de Torrent. Nous avons ainsi constaté que ce &amp;quot; phénomène &amp;quot; des hommes battus était, dans une moindre mesure, relayé dans d’autres ouvrages qui l’inscrivaient dans le cadre plus large de la violence conjugale. Nos recherches livresques nous ont ainsi conduits à investiguer le corpus que nous avons constitué afin de tenter de répondre à la question principale qui guide notre recherche : comment le phénomène de &amp;quot; l’homme battu &amp;quot; s’inscrit-il dans le paradigme de la violence conjugale ? Les questions secondaires qui en découlent sont multiples : quand est-ce que ce concept est apparu ? Par qui a-t-il été développé ? Quels sont les discours qui relaient ce concept ou qui s’y opposent ? &lt;br /&gt;
Les éléments qui composent notre revue de littérature nous ont permis d’entrevoir certains points qui semblent être récurrents. Nous nous sommes ainsi aperçus que le concept d’ &amp;quot; hommes battus &amp;quot; se trouvait à chaque fois en tension avec celui de &amp;quot; femmes battues &amp;quot; dans le cadre de la violence conjugale que nous avons aussi essayé de définir. Nous nous sommes dès lors trouvés confrontés à deux discours contraires entre des groupes de pressions constitués autour de la &amp;quot; souffrance masculine &amp;quot; et les propos issus de certains discours féministes. Nous avons également constaté que cette opposition - que nous caractérisons grossièrement entre les deux discours – se dédouble d’une autre opposition dans la désignation des acteurs de la violence conjugale en  termes de victime et d’agresseur. Nous constatons que les acteurs sont ainsi stigmatisés, avec des stéréotypes qui désignent de manière massive l’homme comme étant un agresseur et la femme une victime.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Méthodologie ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En fonction des éléments de la problématique, l’objectif de notre recherche a consisté pour nous à y voir plus clair en tentant de répondre aux questions que nous nous posons. Afin de prendre une nécessaire distance vis-à-vis du regard que propose notre revue de littérature, nous avons choisi d’orienter nos recherches sur diverses sources d’informations différentes. Nous avons trouvé intéressant d’examiner si des statistiques existaient sur les &amp;quot; hommes battus &amp;quot; et sur les &amp;quot; femmes battues &amp;quot; et dès lors de voir si celles-ci pouvaient éclaircir notre questionnement. Nous avons aussi choisi de chercher des éléments dans une série de revue spécialisées dans la thérapie familiale, dès lors que le phénomène des &amp;quot; hommes battus &amp;quot; s’inscrit dans le cadre de la violence conjugale. De plus, pour avoir une vision plus globale nous avons aussi décidé de faire une revue d’articles de presse étudiant quelques articles récents. Enfin, nous avons opté pour une recherche mettant en œuvre la conduite de plusieurs entretiens auprès de professionnels de la prise en charge de la violence conjugale, ainsi qu’auprès de &amp;quot; victimes &amp;quot; qui accepteraient de nous apporter leur témoignage. Ces éléments correspondent à ce que l’on pourrait appeler la &amp;quot; recherche sur le terrain &amp;quot;. Nous avons aussi élargi notre revue de littérature en laissant une place pour l’étude des discours qui proviennent des divers professionnels spécialisés dans la thématique de la violence conjugale. Nos sources seront ainsi multiples : entretiens ; revue de presse ; statistiques ; revues spécialisées. &lt;br /&gt;
Notre analyse consistera à analyser les contenus du matériel récolté, en prenant pour point d’appui la désignation des acteurs de la violence conjugale, en termes de stéréotypes (stigmatisation) et dans une approche de &amp;quot; genre &amp;quot; étudiant les rapports sociaux hommes-femmes par rapport à cette thématique, ainsi que les rapports victimes-agresseurs qui s’y rattachent. &lt;br /&gt;
L’analyse devrait ainsi nous permettre de réunir des points de vue différents et ainsi de confirmer ou d’infirmer, voir de &amp;quot; tempérer &amp;quot; ce que nous avons développé dans la revue de littérature en fonction des auteurs choisis.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Résultats ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Aborder le problème social de la violence conjugale nous incite à faire un retour vers les années 1970. C’est à cette époque que l’on peut situer les premières recherches sur ce thème  mettant en question le mythe de la famille non violente. Les militantes féministes amènent la question de violence conjugale sur la place publique et le posent comme un problème socio-politique. La question de la violence est abordée comme conséquence des rapports de domination, c&#039;est-à-dire des effets de l’exercice d’une influence déterminante d’un groupe, les hommes, sur un autre, les femmes. Tout rapport de domination suppose, en effet, en dehors du rapport de pure violence, un système de justification visant à obtenir un minimum de &amp;quot;volonté d&#039;obéir&amp;quot; de la part des assujettis, note le Petit Robert.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les sciences humaines vont s’y intéresser à partir de là, et de nombreuses études sont entreprises dans les années 1970 et 1980 dans le but de décrire la violence domestique, de pouvoir la chiffrer, de chercher à l’expliquer, d’étudier ses conséquences sur les victimes, et d’examiner les réponses sociétales à ce problème.&lt;br /&gt;
Pourtant une des conclusions de la première étude de Straus et al.(1977) permet de dire que femmes et hommes admettent recourir à des tactiques de violence dans des situations de conflits. Et l’une des auteur-e-s, Steinmetz, ira jusqu’à tirer la conclusion de l’existence du « syndrome de l’homme battu ». Contesté dès sa sortie pour des insuffisances méthodologiques, la plupart de chercheurs et chercheuses renoncèrent à utiliser ce concept. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En Suisse une loi sur l’aide aux victimes permettra aux femmes victimes de violence conjugale d&#039;être reconnues, visibilées et aidés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette loi fédérale du 4 octobre 1991, entrée en vigueur le 1er janvier 1993, a pour but de fournir une aide efficace (conseils, la protection de la victime, la défense de ses droits dans la procédure pénale et l’indemnisation et la réparation morale) aux victimes d’infractions ou d’une atteinte directe à son intégrité corporelle, sexuelle ou psychique et à renforcer leurs droits. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Parmi les atteintes retenues par la loi nous pouvons retenir pour notre sujet d’analyse les violences domestiques,  lésions corporelles, viol, contrainte sexuelle, séquestration. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les centres de consultation « Lavi » sont instaurés dans chaque canton. La police est tenue d’informer les victimes de l’existence de ces centres et de leur transmettre les coordonnées de celle-ci (sur la base de son accord). L’aide immédiate et les prestations fournies directement par les centres sont gratuites. Lorsque la situation personnelle de la personne qui consulte le justifie, les centres de consultation prennent en charge d’autres frais (comme par exemple les frais médicaux, les frais d’avocat ou les frais de procédure). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
S’il est difficile de faire parler les statistiques, ici nous nous basons sur l’année 2004, ils donne toute de même une idée intéressante sur la question qui nous occupe, à savoir la violence féminine et masculine : une nette prédominance des femmes dans la consultation (75%), avec des auteurs présumés de sexe masculin (83.5), et l’existence d’une relation familiale, victime – agresseur (52,9%).  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Résultats et analyse partielle des entretiens ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est souvent question dans les chiffres, de comparer,  voire d’opposer, hommes et femmes face à la violence conjugale. En d’autres termes de démontrer que le premier est le bourreau et la deuxième la victime. Pour certains, la question des hommes battus ne recouvrirait pas la même problématique que celle des femmes battues. Pour certains auteurs, tel Yvon Dallaire, il semble que les stéréotypes de femme-victime et homme-agresseur affiliés aux rôles des acteurs, n’aident en rien à reconnaître la problématique. Alors que la femme est souvent vue comme une personne douce, fragile et protectrice. Les hommes, eux, sont reconnus comme des êtres forts, virils et courageux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;L’homme battu existe, nous l’avons rencontré&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour confronter les stéréotypes affiliés aux genres, nous avons cherché à interviewer des hommes battus. Paul et Luc (prénoms d’empreint) ont un point commun : leur passé d’homme maltraité. Ils ont été, tous les deux, physiquement battus par leur conjointe. Toutefois, il semblerait que la problématique de l’homme violenté intègre, dans sa forme globale, une autre forme de violence, une violence psychologique. Il ressort des entretiens que la forme physique ne semble pas être la forme de violence qui marque le plus. &lt;br /&gt;
Pour essayer de comprendre au mieux le vécu violenté de ces hommes et plus généralement de toute personne impliquée dans des relations violentes, nous avons questionné la littérature ainsi que des professionnels de terrain.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour la travailleuse sociale, Sophie Torrent (2001), « la nature de la violence [à l’égard de la gente masculine] et ses modes d’expression traduisent, dirait-on, une violence spécifiquement féminine, subtile, qui atteint l’intégrité psychique de l’homme.» (p.33). L’homme victime de violence psychologique semble atteint surtout dans sa masculinité, plus précisément dans la représentation de la masculinité qui lui a permis de construire son identité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Le harcèlement que j’ai vécu par cette femme tyran m’a amené à perdre, pendant quelques temps, mon identité masculine… C’était quoi être un homme ? Je ne savais plus faire l’amour comme il faut en quittant ma femme. J’ai du réapprendre à accepter de prendre du plaisir. » Luc&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;La violence ; une histoire d’homme ?&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Alors que nous venons de découvrir avec stupéfaction certaines réalités d’hommes maltraités par leur conjointe, comment traiter ces vérités face à notre idéal féminin construit ? Comment même penser à la violence des femmes, alors que celle que l’on exerce à leur égard est de loin la plus établie, la plus reconnue et de ce fait la plus portée par les médias ? De nos jours, la société reconnaît et prend en charge la femme violentée, qu&#039;en est-il de la femme violente ? &lt;br /&gt;
Il est commun d’entendre qu’une femme violente est une femme malade psychologiquement ou encore que cette dernière n’agresserait que pour se défendre. Pour la psychothérapeute Diane Chayer, ( citée par Ruel &amp;amp; Guéricolas, 1998), il semblerait qu’il n’y ait tout simplement pas de permission sociale à la violence des femmes. « La société dit qu’il est presque normal pour un homme d’être violent. Mais une femme violente, c’est une extraterrestre. » &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour Yvon Dallaire, « la femme violente peut ressentir de la fierté pour avoir battu plus fort qu’elle. Et la société ne la dénigre pas, elle cherche plutôt à la comprendre et à l’excuser, compatissant souvent à son sort. » (p26) A contrario, pour la responsable d’une structure acceuillant des femmes violentes, « celles et ceux qui passent de la parole aux actes souffrent, ils ont besoin d&#039;aide et y ont droit. Toutefois, la femme violente souffre de discrimination ; on ne veut pas lui reconnaître sa violence. » Il semblerait alors que, paradoxalement, la femme violente souffre des mêmes maux sociaux que l’homme maltraité. Une nouvelle fois, il semblerait que les stéréotypes, affiliés aux genres, décident de ce qui peut être acceptable ou pas.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Le statut de victime/agresseur&#039;&#039;&#039; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La responsable d’un établissement prenant en charge des femmes violentes nous apprend qu’il est difficile de tenir le fil rouge concernant les rôles de victime-agresseur. « On est là pour travailler sur la violence des femmes, en tant qu’auteures de violence et non en tant que victimes. Très souvent, ça dérape en justification des actes qui déplace la position d’agresseuse à celui de victime. » Il semble que souvent, l’agresseur se voit comme victime. Responsabiliser les acteurs(trices) de violence, c’est les aider à prendre conscience de leur violence. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Responsabilité dans la violence&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La question est partagée. Alors que pour beaucoup, la responsabilité de la violence doit être assumée par son auteur(e), pour d’autres, elle doit être partagée. En effet, pour Denis Châtelain, co-fondateur d’une association prenant en charge des auteur(e)s de violence, « il faut prendre en compte le potentiel de violence de la victime dans la compréhension de la dynamique ». Pour la responsable d’une association accueillant des femmes violentes, « il est impossible de faire un tel travail si l’on part du principe d’une co-responsabilité dans la réalisation de la violence. En effet, on ne peut pas se permettre de déraper sur l’aspect empathique et comprendre voir d’excuser l’acte de violence au nom d’un statut de victime reconnu. Pour nous, l’acte violent n’est pas excusable, il est inadmissible quelque soit sa source ou sa justification. Ce qui nous paraît important c’est de faire en sorte de ne plus jamais en avoir à arriver là. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;La prise en charge de la violence&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comment aborder la problématique de la violence conjugale et plus particulièrement celle des hommes maltraités et des femmes violentes ? Alors qu’Yvon Dallaire se demande si l’on « ne pourrait pas exploiter l’expertise des centres d’accueil pour femmes au profit des hommes battus et l’expertise des groupes d’entraide pour homme violents au profit des femmes violentes ? » (p29), la responsable d’une structure accueillant des femmes actrices de violence répond que « pour aider les femmes actrices de violence, il faut appliquer un traitement différencié. Les raisons étant parce qu’on n’éduque pas de la même façon une petite fille et un petit garçon, le rapport au féminin n’est pas le même. La violence masculine est légitimée. Par contre, on ne reconnaît pas ce droit à la femme. Cela étant dû aux stéréotypes de mère protectrice d’une part. » &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
(Le législateur prend en compte la situation des victimes, il estime qu’elles doivent être soutenues dans la procédure pénale, et également qu’elles ont droit à une indemnisation ou à une réparation morale (en fonction des revenus de la victime). )&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On peut constater également la reconnaissance par la société du statut de victime,  puisque les demandes, au nombre de 196 pour l’indemnisation et de 728 pour la réparation morale,  ont été traitées positivement. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La formation du personnel des centres Lavi : la loi mentionne des aides financières à la formation. Une formation spécifique « Lavi » a été instaurée et des formations complémentaires complètent la spécialisation de ces professionnels. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Violence domestique, une protection particulière : l’expulsion immédiate du domicile des personnes violentes, lesquelles ne peuvent plus réintégrer leur logement pendant une période déterminée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le 14 juin 2000, la Conseillère Ruth-Gaby Vermot-Mangold dépose une initiative parlementaire. Le Conseil fédéral  propose, en novembre 2005, un nouvel article 28b dans le code civil visant à protéger la victime de violence ou de harcèlement en lui donnant le droit de requérir le juge d’instruction d’interdire à l’auteur de l’atteinte de l’approcher, de fréquenter certains lieux ou de prendre contact avec elle. &lt;br /&gt;
Ce nouvel article 28b prévoit également l’institution par les cantons de centres d’informations et de consultation dans le but d’agir préventivement pour éviter la violence domestique et sa récidive. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Violence entre conjoint ou partenaire : poursuivie d’office depuis le 1 avril 2004&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le Conseil Fédéral  modifie le Code pénal en ce sens que les actes de violence domestique seront poursuivis d’office et non plus sur plainte de la victime. Le communiqué de presse est intéressant et nous donne un aperçu des changements sociaux intervenus : « il n’est plus question de tolérer la violence physique ou sexuelle exercée contre un conjoint ou un partenaire – dans un couple hétérosexuel ou homosexuel – sous prétexte qu’elle ne serait que de peu de gravité ou qu’elle relèverait de la sphère privée ». La contrainte sexuelle et le viol commis au sein du couple sont élevés au rang de délits poursuivis d’office.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Evolution des lois et violence conjugale.&lt;br /&gt;
Votée en 1991, la LAVI démontre que «  victime de violence » constitue maintenant  une déviance secondaire. Les plaignants sont identifiés, l’état institutionnalise leur prise en charge, les centres Lavi sont créés et les consultations augmentent au fil des années.   &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Néanmoins la notion de &amp;quot;violence conjugale&amp;quot; se fait discrète, le terme de violence domestique n’apparaît qu’avec le dépôt en 2002 de l’initiative parlementaire de Vermot-Mangold. En juin 2001 le Conseil Fédéral met en consultation le « projet élaboré par la Commission des affaires juridiques du Conseil national » et la notion de violence domestique fait partie des préoccupations reconnues officiellement. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous pouvons relever que les documents officiels font référence à une notion de victime qui n’est pas sexuée,  le mot « femme » n’y est pas accolé. Les termes utilisés « violence physique ou sexuelle exercée contre un conjoint ou un partenaire (…) dans un couple hétérosexuel ou homosexuel », « ordonner à une personne violente de quitter le domicile conjugal », « prévenir la récidive des agresseurs ». Dans les documents que j’ai parcouru sur le site de l’office fédéral de la justice sous la mention « aide aux victimes », je n’ai trouvé qu’une seule fois la mention spécifique « femme » : «  la violence domestique est aujourd’hui quotidienne dans notre société. Les femmes en sont souvent les victimes ». Dans tous les autres documents la violence domestique paraît neutre. Si le mot victime est féminin, les textes l’utilisent comme un élément générique. On peut en partie le comprendre par le fait que  la Lavi ne reçoit pas que des victimes de violences conjugales, mais également des victimes d’accidents de la route, d’attentats, d’enlèvement, de prise d’otage ou de brigandage.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Analyse ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Analyse des résultats&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour résumer, nous voici arrivés à un premier constat. Nous pouvons dire que la découverte de la violence conjugale et de ses effets a pour origine le questionnement du mouvement féministe, repris par des chercheur-e-s, qui ont confirmé et précisé le phénomène de la violence conjugale. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Autre découverte, la notion d’homme battu, que nous avions posé comme une construction récente, date des premières recherches sur ce domaine. Le syndrome de l’homme battu, développé  par une chercheuse du l’équipe de  Straus et al. a été un concept rapidement abandonné. Les défauts dans l’opérationnalisation du concept de violence, dans la méthode et dans l’interprétation des données de l’enquête effectuée à l’aide du Conflict Tactics Scales ont été largement reconnus. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comment se fait-il alors que des auteurs récents se saisissent du vocable « homme battu », partent à sa recherche, et le trouve ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour cela nous devons revenir à nouveau aux années 1970 et aux changements intervenus dans les places des hommes et des femmes. Ces dernières acquièrent un statut différent, elles deviennent citoyennes, accèdent au marché du travail et peuvent maîtriser leur fécondité. L’égalité homme – femme advient. A partir de là, le féminisme devient un mouvement social et politique pour l&#039;émancipation des femmes. Mais il va désigner aussi un corpus théorique qui va permettre aux sociologues de revisiter leurs différents champs d’études à travers la problématique des rapports sociaux de sexe.  Sous cet angle là, la violence conjugale prend un autre sens, elle est  rendue possible parce que les femmes ont moins de moyens, par conséquent moins de pouvoir, et parce que le genre féminin est dévalorisé par rapport au masculin. &lt;br /&gt;
Pierre Bourdieu a largement développé le fonctionnement des dominés et démontré comment ceux-ci ayant intégré le discours dominant « construisent ces relations de pouvoir du point de vue même de ceux qui y affirment leur domination… ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En Suisse, les statistiques 2004 issues des centres Lavi apportent des précisions chiffrées à cette forme de violence. Le taux de victimes de sexe féminins est important (75%),  le sexe masculin de l’auteur présumé révèle un pourcentage très élevé (83.5%) et pour 52.9% des consultants une relation familiale victime - agresseur existe. &lt;br /&gt;
Bien que la violence conjugale soit maintenant reconnue, des groupes sociaux la mettent en question. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les années 1980 une tension s’avive entre hommes et femmes.  Certains hommes pro féministes tiennent un discours optimiste concernant la constitution d&#039;une société nouvelle et égalitaire  et reconnaissent la domination masculine comme clé d&#039;un changement possible. &lt;br /&gt;
D&#039;autres hommes tiennent un discours alarmiste et insistent sur le malaise identitaire engendré par cette modification des rapports sociaux source de perte de repères. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A partir de là, des groupes d’hommes se forment autour, par exemple d’auteurs tels que Guy Cornaux au Canada, Jacques Salomé en France,  ou plus récemment Y. Dallaire qui avec John Goetelen a organisé le premier Congrès international de la condition masculine à Genève en 2003. Des mouvements pour la condition paternelle se créent afin de s’opposer à la garde des enfants accordée systématiquement à la mère en cas de divorce.  Le film récent « Le souffle du désert » de François Kohler, illustre ce phénomène de la recherche d’une identité masculine vécue comme problématique. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C&#039;est dans cette mouvance que nous trouvons aujourd&#039;hui les protagonistes d&#039;un détournement de la violence masculine au profit d&#039;une violence exercée contre les hommes par les femmes. ces détracteurs pourront s&#039;appuyer probablement dans les années à venir sur les modifications des images féminines, les stéréotypes de la femme douce et soumise ont tendance à s&#039;estomper. Et l&#039;on peut se demander si les jeunes femmes ne se permettront pas plus que par le passé d&#039;exprimer leurs sentiments de colère et violence, là où s&#039;exprimaient auparavant peut-être impuissance, tristesse et dépression. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Utilisateur:Cornut piller|Cornut piller]] 1 jun 2006 à 09:15 (MEST) ~~&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Difficultés&#039;&#039;&#039; (à mettre à la fin de l&#039;article ou dans la conclusion)[[Utilisateur:Celine|Celine]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le sujet que nous avons abordé tout au long de ce travail est délicat. Nous avons relevé le peu de neutralité émanant des sources existantes sur ce thème, chaque écrit représentant une certaine prise de position, quant à la causalité de la violence conjugale par exemple, ou les convictions cachées derrière l&#039;attribution de statuts victime-agresseur ou victime-victime.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette subjectivité rentre en interrelation avec notre sensibilité propre, individuelle, qui n&#039;est donc pas la même entre les personnes de notre groupe. Le fait que celui-ci soit constitué de deux femmes et deux hommes est très enrichissant, et même primordial quand l&#039;on s&#039;attèle à ce type de problématique. Néanmoins, cela implique un investissement conséquent en termes de discussion, explicitation des attentes et valeurs de chacun, en redéfinition continuelle de la problématique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans notre tentative d&#039;objectiver notre problématique, nous ne sommes que très peu aidés par les statistiques. Elles aussi disent ce qu&#039;elles ont envie de dire, et sont sans cesse remises en cause par des détracteurs. La conséquence en est qu&#039;aucune statistique ne sert vraiment de référence consensuelle dans la compréhension de la violence conjugale.Dans les statistiques policières, souvent la violence conjugale n&#039;est pas comptabilisée de manière séparée des autres délits de violence; dans d&#039;autres types de statistiques c&#039;est le genre qui n&#039;est pas retenu comme variable pertinente. En effet, derrière les chiffres, on découvre des définitions très variables de la violence: certains ne prennent en compte que la violence physique; d&#039;autres considèrent que de nombreux petits signes de nature verbale ou psychologique sont un pas dans l&#039;escalade de la violence, et les jugent donc de même poids que des coups. Entre ces deux extrêmes, toutes les variations sont présentes... &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est intéressant de relever à quel point certains chiffres sont médiatisés, afin d&#039;avoir un impact sur la population, alors que ces mêmes chiffres sont discutables au niveau statistique. &lt;br /&gt;
Pour conclure, nous nous sommes rendus compte que malgré une certaine médiatisation, qui n&#039;est pas si récente, de la violence conjugale, nous ne savons pas tellement de choses à ce sujet, ou plutôt il existe peu de consensus, voire la co-existence d&#039;approches inconciliables.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Conclusion ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
# Retour sur la problématiques, les questions de recherche&lt;br /&gt;
# Rappel des principaux résultats de recherche&lt;br /&gt;
# Autocritiques et perspectives&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Références bibliographiques ==&lt;br /&gt;
Les lectures citées dans le travail final&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Dallaire Y. (2002). La violence faite aux hommes. Une réalité tabou et complexe. Québéc: Options santé.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Gillioz L., De Puy J., Ducret V. (1997). Domination et violence envers la femme dans le couple. Lausanne : éditions Payot.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Ruel S. &amp;amp; Guéricolas P. (1998). La violence des femmes : derrière le masque. In Gazette des femmes Vol. 20. (no 4). (Novembre-Décembre 1998).[Version électronique]. Accès le 20 novembre 2005 : &lt;br /&gt;
http://www.gazettedesfemmes.com/recherche/?F=recherche&amp;amp;idt=10075&amp;amp;affart=2866&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Torrent S. (2001). L’homme battu, un tabou au cœur du tabou. Québec: Option Santé.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Bibliographie ==&lt;br /&gt;
Les lectures utilisées mais pas citées dans le travail final&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Bretonnière-Fraysse et al. (2001). &#039;&#039; De la violence conjugale à la violence parentale&#039;&#039;. Eres [[Résumé|Résumé du livre]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Dallaire Y. (2002). La violence faite aux hommes. Une réalité tabou et complexe. Québéc: Options santé.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Gillioz L., De Puy J., Ducret V. (1997). Domination et violence envers la femme dans le couple. Lausanne : éditions Payot.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Jackson D., Welzer-Lang D. (1998). Violence et masculinité. Toulouse : imprimerie 34.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Torrent S. (2001). L’homme battu, un tabou au cœur du tabou. Québec: Option Santé.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Office fédéral de la statistique : Aide aux victimes. Chiffres clés. http://www.bfs.admin.ch/bfs/portal/fr/index/themen/rechtspflege.html&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Miguel</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Violence_conjugale:_De_la_femme_battue_%C3%A0_l%27homme_battu...&amp;diff=3980</id>
		<title>Violence conjugale: De la femme battue à l&#039;homme battu...</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Violence_conjugale:_De_la_femme_battue_%C3%A0_l%27homme_battu...&amp;diff=3980"/>
		<updated>2006-06-11T11:08:03Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Miguel : /* Références bibliographiques */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&#039;&#039;&#039;Membres du groupe&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Chantal Cornut&lt;br /&gt;
* Céline Pittet &lt;br /&gt;
* Jean-Christophe Contini&lt;br /&gt;
* Miguel Maneira &lt;br /&gt;
[mailto:maneira4@etu.unige.ch,contini2@etu.unige.ch,cepittet@hotmail.com,ch.cornut-piller@bluewin.ch Ecrire au groupe]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 [[L&#039;homme battu: le mâle...traité|Notre projet]]  |  [[Plan de recherche: Violence conjugale; un concept en mouvement|Notre plan de recherche]]  |  [[Espace de dialogue|Notre espace de dialogue]]  |  [[Trésorus de notre groupe|Notre île aux trésors]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Introduction ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La violence conjugale semble être de prime abord un phénomène bien connu de nos jours. Les médias rendent régulièrement compte de ses conséquences, bon nombre d’associations ont été créées pour répondre à l’appel des victimes, une loi sur la protection des victimes a été instaurée, beaucoup de thérapeutes œuvrent également dans ce domaine. Il est question, la plupart du temps, des violences subies par des femmes et exercées par des hommes, il est dans une moindre mesure, question de la violence exercée par des femmes contre des hommes. Ce dernier phénomène reste minoritaire cependant, et fait l’objet de nombreuses critiques. Bien souvent, les discours opposent des mouvements &amp;quot; féministes &amp;quot; à des groupes &amp;quot; masculinistes &amp;quot;, les uns dénonçant sans cesse l’ineffable violence des hommes envers les femmes, les autres dénonçant cette vision de l’homme éternellement &amp;quot; agresseur &amp;quot;, allant jusqu’à affirmer que des hommes sont aussi des &amp;quot; victimes &amp;quot; et que la violence peut aussi être l’apanage des femmes. Ici apparaît le concept &amp;quot; d’hommes battus &amp;quot; que nous interrogerons et qui est apparu dès les années septante.  &lt;br /&gt;
Afin de prendre de la distance vis-à-vis de ces deux positions antagonistes, nous proposons d’étudier ce que disent certains auteurs sur la violence conjugale, à la fois sur la violence subie par les femmes et par les hommes. Nous proposons aussi une recherche axée sur des entretiens avec des hommes &amp;quot; victimes &amp;quot; et des professionnels de la violence conjugale. Nous étudierons également des sources statistiques issues de la Loi Fédérale sur l’aide aux victimes et de Amnesty internationale tout comme des revues spécialisées dans le domaine de la thérapie familiale et plus particulièrement les articles concernant la violence domestique. &lt;br /&gt;
La thèse générale de notre article est de démontrer par notre étude que les discours qui circulent sur la violence conjugale sont une construction qui circonscrit la violence dans des stéréotypes caricaturaux stigmatisant à la fois les femmes en tant que victimes et les hommes comme agresseurs. De cette restriction découle la difficulté d’envisager l’existence d’hommes victimes de violence conjugale, et d’égale manière celle de femmes violentes. Cela a comme conséquence pour les personnes concernées un non-reconnaissance sociale, se manifestant par de forts préjugés à leur encontre, et de grandes lacunes institutionnelles. Nous montrerons aussi que les professionnels de la violence conjugale (médecins, thérapeutes) ont dépassé cette opposition et qu’ils désignent plus les acteurs de la violence conjugale à un niveau de co-responsabilité qui ne distingue pas le sexe des protagonistes pour rendre compte de ce phénomène. Il y a ainsi un écart entre les discours dominants et les discours des professionnels, écart perceptible dans l’étude de la littérature et dans l’examen des sources que constituent les revues &amp;quot; thérapie familiale &amp;quot;.&lt;br /&gt;
Enfin, nous proposons la thèse selon laquelle la violence conjugale reste un phénomène qui bien que connu de tous, reste difficile à appréhender dans notre société. En effet, nous montrerons qu’il existe des définitions similaires mais superficielles qui varient dans leur développement en fonction des positionnements et des valeurs de ceux qui les proposent. Les statistiques qui rendent compte de la violence conjugale proposent d’autre part des modalités qui ne permettent pas de distinguer précisément les victimes des agresseurs de manière précise et approfondie. Elles ne permettent pas d’affirmer avec précision que les hommes sont aussi victimes de violences, les modalités de genre n’étant pas assez développées dans la prise en compte statistique. Les hommes victimes existent, mais leur visibilité est très faible du fait que c’est un phénomène qui est en train d’émerger comme problème social.&lt;br /&gt;
Nous montrerons ainsi que la violence conjugale reste un phénomène complexe et confus dans ses définitions. Enfin, nous verrons que la violence conjugale reste un concept en mouvement sur le plan des institutions, qui proposent des possibilités de prise en charge nombreuses, mais néanmoins insuffisantes si l’on considère la prise en compte de la violence faite aux hommes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Revue de littérature ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous aborderons cette revue de littérature en suivant la chronologie même de notre questionnement et de notre cheminement, qui nous a conduit, en commençant part la découverte du concept de &amp;quot; l’homme battu &amp;quot;, à approfondir nos recherches au concept de la femme battue et à appréhender dès lors le problème social que constitue la violence conjugale, qui englobe les deux autres concepts. Nous avons ainsi privilégié dans nos recherches les ouvrages qui traiteraient spécifiquement de l’existence du concept même de &amp;quot; l’homme battu &amp;quot;, dans une actualité la plus récente possible. Nous nous sommes vite aperçus, que peu de littérature existait à ce sujet. Cependant, les ouvrages les plus récents (Torrent et Dallaire) font tous les deux référence à l’inscription du concept de l’homme battu dans celui de la violence conjugale. Nous avons dès lors élargi nos recherches dans ce domaine, toujours à la recherche du moindre élément concernant la violence faite aux hommes. D’autre part, nous avons voulu mettre en question les propositions faites par Dallaire et Torrent, en nous référant à d’autres auteurs qui portent un regard différent sur les acteurs, hommes ou femmes, de la violence conjugale. Notre attention s’est ainsi portée sur des notions concernant la désignation des acteurs en termes de victime et d’agresseur, et la désignation de ces mêmes termes de catégorie homme-femme. Enfin, nous avons cherché à contextualiser le phénomène de l’homme battu, en recherchant dans l’histoire de la violence conjugale, le moment où est apparu le concept de &amp;quot; l’homme battu &amp;quot;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sophie Torrent, dans son ouvrage sur l’homme battu (2001) met directement en question le fait qu’il existe au sein de la vie de couple une violence faite aux hommes, une violence souvent difficile à accepter, celle-ci allant à l’encontre de stéréotypes tels que celui qui considère que la femme est l’élément faible du couple et que l’homme en est le dominant. Dans la première partie de son livre, l’auteur tente tout d’abord d’expliquer ce phénomène atypique de l’homme battu, cet &amp;quot; impensable social &amp;quot; dit-elle. Elle analyse les différents types de violences (physique, sexuelle, psychologique, verbale et économique) pour ensuite orienter son analyse vers la notion de &amp;quot; rôles sociaux &amp;quot;. Elle montre comment l’homme violenté est agressé jusque dans les &amp;quot; facettes &amp;quot; qui font son identité. Pour elle &amp;quot; être battu invalide l’homme dans son appartenance à la catégorie sociale homme &amp;quot;. Dans la deuxième partie de son ouvrage, Torrent réfléchit sur les différentes stratégies élaborées par l’homme pour gérer des situations difficiles. Elle s’appuie notamment dans son travail de recherche sur des interviews réalisées avec des &amp;quot; hommes battus &amp;quot;. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est dans une considération assez proche qu’Yvon Dallaire (2002), thérapeute au Québec, aborde le phénomène de la violence faite aux hommes (La violence faite aux hommes. Une réalité taboue et complexe). Il nous rappelle le constat de l’existence ineffable de la violence dans l’humanité, violence souvent fortement médiatisée, mais selon lui, de manière incomplète. En effet, dit-il, notre attention ne serait attirée que vers une forme de violence, soit celle faite par les hommes contre les autres hommes (guerres, voies de fait, suicides), contre les femmes (violence conjugale, viol, meurtre, tueurs en série) et contre les enfants (violence infanticide, meurtre suivi de suicide). Pour Dallaire, une forme de violence a été occultée : la violence des femmes faite envers les femmes, les hommes et les enfants. Le propos de son texte est de démontrer d’une part que des femmes peuvent être tout autant violentes que des hommes, et que d’autre part, l’analyse de la violence conjugale s’inscrit dans un paradigme teinté de sexisme et de discrimination. Pour cet auteur, la violence conjugale ne se décline pas simplement sur le mode victime-agresseur, mais plutôt sur celui de victime-victime, de deux individus qui sont les co-créateurs d’une escalade débouchant sur l’explosion physique. Afin d’alimenter son propos, Yvon Dallaire met en lumière les stéréotypes et les préjugés qui circulent dans le discours commun : l’homme est un être violent, un abuseur d’enfants, un irresponsable, les hommes sont tous des obsédés sexuels, il sont tous infidèles, menteurs et manipulateurs. Dès lors, toute violence féminine est considérée comme relevant de la légitime défense, l’homme est ainsi rendu coupable de toute la violence conjugale. Précisons ici que l’auteur dénonce le discours d’influence féministe qui se déploie dans le contexte québécois. Son objectif est de connaître les réelles dimensions de la violence conjugale, plutôt que de rechercher un coupable à punir, toujours le même : l’homme. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’ouvrage de Bretonnière-Fraysse et al. (2001), incontournable pour notre sujet, propose quant à lui un autre regard qui positionne clairement les femmes en tant que victimes et les hommes comme agresseurs, sans nuances : &amp;quot; on le sait, la violence conjugale a toujours existé ; on le sait aussi : les victimes en sont les femmes et les auteurs, les hommes. Mais elle demeure encore cachée, honteuse, secrète &amp;quot;. Cet ouvrage prend un biais anthropologique et historique pour nous montrer la condition de victime de la femme à travers les époques passées et jusqu’à nos jours. Gillioz, De Puy et Ducret quant à elles (2000), font état des connaissances qui ont fait de la violence familiale et de la violence contre les femmes, un champ d’étude relativement nouveau dans les sciences sociales. Elles nous rappellent que jusque dans les années soixante, la société et avec elle les scientifiques vivent sur le mythe de la famille non violente. Cette dernière étant considérée comme rare et comme étant le fait d’individus déséquilibrés. Dans les années septante, sous l’influence de militantes féministes anglo-saxonnes qui ouvrent des refuges pour femmes battues et portent la question de la violence conjugale sur la place publique, ce phénomène jusque-là occulté est posé comme problème socio-politique. C’est dès lors que les sciences sociales vont s’y intéresser, à travers deux grands courants de recherche : des études portant sur la violence subie par les femmes au sein de la famille qui postulent, en se fondant sur les prémisses théoriques féministes, que cette violence est spécifique et qu’il est nécessaire de l’étudier indépendamment des autres types de violence familiale qui relèvent d’autres logiques. Le deuxième courant de recherche, issu de la sociologie de la famille, a pour objet la violence familiale et considère la société et ses institutions comme des systèmes consensuels qui embrassent dans la même problématique l’ensemble de la violence qui se déroule dans le cadre familial. Cet ouvrage mentionne également  les travaux de Strauss, Gelles et Steinmetz (1977), à partir desquels a été tiré l&#039;affirmation que les femmes sont aussi violentes que les hommes. C’est à ce moment qu’apparaît le concept du &amp;quot; mari battu &amp;quot;, des résultats tirés des statistiques de cette recherche, ont permis à l&#039;un des chercheurs de conclure que ce qui était le plus sous-estimé n’est pas la femme battue, mais le mari battu. La validité scientifique reste toutefois fortement contestée, nous en trouvons les arguments dans l’ouvrage de Gillioz, De Puy et Ducret. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Notre revue de littérature se conclut par l’approche systémique de Perrone et Nannini (1995) qui proposent leur livre comme un manuel à l’usage des professionnels appelés à intervenir auprès des familles. Leurs présupposés considèrent que la violence n’est pas un phénomène individuel, mais la manifestation d’un phénomène interactionnel. La violence est ainsi un mode particulier de communication entre partenaires qui sont tous impliqués et par là même responsables au sens interactionnel du terme. Comme Yvon Dallaire, les auteurs ne considèrent pas les acteurs de la violence conjugale en termes de &amp;quot; victime-agresseur &amp;quot;, ni en termes &amp;quot; hommes-femmes &amp;quot;. Les objectifs et les enjeux que ces deux auteurs proposent s’appuient sur l’idée que chacun doit devenir et se penser responsable de ses propres comportements. C’est également selon cette optique que certains &amp;quot; cliniciens &amp;quot; abordent en partie la question dans leur article (Rey, H et al. 2006). Contini 6 mai 2006 à 16:28 (MEST)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Problématique ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le questionnement qui est à l’origine de notre travail prend source dans la rencontre que nous avons faite d’un concept qui semble nouveau de prime abord : &amp;quot; l’homme battu &amp;quot;. Nous avons découvert ce concept dans l’ouvrage récemment publié de Sophie Torrent qui s’intitule &amp;quot; les hommes battus &amp;quot;. Ce livre met en lumière l’existence d’hommes victimes de violences exercées par des femmes à leur encontre, il interroge également les questions identitaires vécues par ces &amp;quot; nouvelles victimes &amp;quot; à travers la conduite de multiples entretiens. &lt;br /&gt;
Ces propos nous ont intrigués, parfois rendus perplexes et ont ainsi attisé notre curiosité. Nous avons dès lors entrepris des recherches bibliographiques qui nous permettraient de découvrir des discours proches des propos de Torrent. Nous avons ainsi constaté que ce &amp;quot; phénomène &amp;quot; des hommes battus était, dans une moindre mesure, relayé dans d’autres ouvrages qui l’inscrivaient dans le cadre plus large de la violence conjugale. Nos recherches livresques nous ont ainsi conduits à investiguer le corpus que nous avons constitué afin de tenter de répondre à la question principale qui guide notre recherche : comment le phénomène de &amp;quot; l’homme battu &amp;quot; s’inscrit-il dans le paradigme de la violence conjugale ? Les questions secondaires qui en découlent sont multiples : quand est-ce que ce concept est apparu ? Par qui a-t-il été développé ? Quels sont les discours qui relaient ce concept ou qui s’y opposent ? &lt;br /&gt;
Les éléments qui composent notre revue de littérature nous ont permis d’entrevoir certains points qui semblent être récurrents. Nous nous sommes ainsi aperçus que le concept d’ &amp;quot; hommes battus &amp;quot; se trouvait à chaque fois en tension avec celui de &amp;quot; femmes battues &amp;quot; dans le cadre de la violence conjugale que nous avons aussi essayé de définir. Nous nous sommes dès lors trouvés confrontés à deux discours contraires entre des groupes de pressions constitués autour de la &amp;quot; souffrance masculine &amp;quot; et les propos issus de certains discours féministes. Nous avons également constaté que cette opposition - que nous caractérisons grossièrement entre les deux discours – se dédouble d’une autre opposition dans la désignation des acteurs de la violence conjugale en  termes de victime et d’agresseur. Nous constatons que les acteurs sont ainsi stigmatisés, avec des stéréotypes qui désignent de manière massive l’homme comme étant un agresseur et la femme une victime.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Méthodologie ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En fonction des éléments de la problématique, l’objectif de notre recherche a consisté pour nous à y voir plus clair en tentant de répondre aux questions que nous nous posons. Afin de prendre une nécessaire distance vis-à-vis du regard que propose notre revue de littérature, nous avons choisi d’orienter nos recherches sur diverses sources d’informations différentes. Nous avons trouvé intéressant d’examiner si des statistiques existaient sur les &amp;quot; hommes battus &amp;quot; et sur les &amp;quot; femmes battues &amp;quot; et dès lors de voir si celles-ci pouvaient éclaircir notre questionnement. Nous avons aussi choisi de chercher des éléments dans une série de revue spécialisées dans la thérapie familiale, dès lors que le phénomène des &amp;quot; hommes battus &amp;quot; s’inscrit dans le cadre de la violence conjugale. De plus, pour avoir une vision plus globale nous avons aussi décidé de faire une revue d’articles de presse étudiant quelques articles récents. Enfin, nous avons opté pour une recherche mettant en œuvre la conduite de plusieurs entretiens auprès de professionnels de la prise en charge de la violence conjugale, ainsi qu’auprès de &amp;quot; victimes &amp;quot; qui accepteraient de nous apporter leur témoignage. Ces éléments correspondent à ce que l’on pourrait appeler la &amp;quot; recherche sur le terrain &amp;quot;. Nous avons aussi élargi notre revue de littérature en laissant une place pour l’étude des discours qui proviennent des divers professionnels spécialisés dans la thématique de la violence conjugale. Nos sources seront ainsi multiples : entretiens ; revue de presse ; statistiques ; revues spécialisées. &lt;br /&gt;
Notre analyse consistera à analyser les contenus du matériel récolté, en prenant pour point d’appui la désignation des acteurs de la violence conjugale, en termes de stéréotypes (stigmatisation) et dans une approche de &amp;quot; genre &amp;quot; étudiant les rapports sociaux hommes-femmes par rapport à cette thématique, ainsi que les rapports victimes-agresseurs qui s’y rattachent. &lt;br /&gt;
L’analyse devrait ainsi nous permettre de réunir des points de vue différents et ainsi de confirmer ou d’infirmer, voir de &amp;quot; tempérer &amp;quot; ce que nous avons développé dans la revue de littérature en fonction des auteurs choisis.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Résultats ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Aborder le problème social de la violence conjugale nous incite à faire un retour vers les années 1970. C’est à cette époque que l’on peut situer les premières recherches sur ce thème  mettant en question le mythe de la famille non violente. Les militantes féministes amènent la question de violence conjugale sur la place publique et le posent comme un problème socio-politique. La question de la violence est abordée comme conséquence des rapports de domination, c&#039;est-à-dire des effets de l’exercice d’une influence déterminante d’un groupe, les hommes, sur un autre, les femmes. Tout rapport de domination suppose, en effet, en dehors du rapport de pure violence, un système de justification visant à obtenir un minimum de &amp;quot;volonté d&#039;obéir&amp;quot; de la part des assujettis, note le Petit Robert.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les sciences humaines vont s’y intéresser à partir de là, et de nombreuses études sont entreprises dans les années 1970 et 1980 dans le but de décrire la violence domestique, de pouvoir la chiffrer, de chercher à l’expliquer, d’étudier ses conséquences sur les victimes, et d’examiner les réponses sociétales à ce problème.&lt;br /&gt;
Pourtant une des conclusions de la première étude de Straus et al.(1977) permet de dire que femmes et hommes admettent recourir à des tactiques de violence dans des situations de conflits. Et l’une des auteur-e-s, Steinmetz, ira jusqu’à tirer la conclusion de l’existence du « syndrome de l’homme battu ». Contesté dès sa sortie pour des insuffisances méthodologiques, la plupart de chercheurs et chercheuses renoncèrent à utiliser ce concept. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En Suisse une loi sur l’aide aux victimes permettra aux femmes victimes de violence conjugale d&#039;être reconnues, visibilées et aidés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette loi fédérale du 4 octobre 1991, entrée en vigueur le 1er janvier 1993, a pour but de fournir une aide efficace (conseils, la protection de la victime, la défense de ses droits dans la procédure pénale et l’indemnisation et la réparation morale) aux victimes d’infractions ou d’une atteinte directe à son intégrité corporelle, sexuelle ou psychique et à renforcer leurs droits. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Parmi les atteintes retenues par la loi nous pouvons retenir pour notre sujet d’analyse les violences domestiques,  lésions corporelles, viol, contrainte sexuelle, séquestration. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les centres de consultation « Lavi » sont instaurés dans chaque canton. La police est tenue d’informer les victimes de l’existence de ces centres et de leur transmettre les coordonnées de celle-ci (sur la base de son accord). L’aide immédiate et les prestations fournies directement par les centres sont gratuites. Lorsque la situation personnelle de la personne qui consulte le justifie, les centres de consultation prennent en charge d’autres frais (comme par exemple les frais médicaux, les frais d’avocat ou les frais de procédure). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
S’il est difficile de faire parler les statistiques, ici nous nous basons sur l’année 2004, ils donne toute de même une idée intéressante sur la question qui nous occupe, à savoir la violence féminine et masculine : une nette prédominance des femmes dans la consultation (75%), avec des auteurs présumés de sexe masculin (83.5), et l’existence d’une relation familiale, victime – agresseur (52,9%).  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Résultats et analyse partielle des entretiens ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est souvent question dans les chiffres, de comparer,  voire d’opposer, hommes et femmes face à la violence conjugale. En d’autres termes de démontrer que le premier est le bourreau et la deuxième la victime. Pour certains, la question des hommes battus ne recouvrirait pas la même problématique que celle des femmes battues. Pour certains auteurs, tel Yvon Dallaire, il semble que les stéréotypes de femme-victime et homme-agresseur affiliés aux rôles des acteurs, n’aident en rien à reconnaître la problématique. Alors que la femme est souvent vue comme une personne douce, fragile et protectrice. Les hommes, eux, sont reconnus comme des êtres forts, virils et courageux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;L’homme battu existe, nous l’avons rencontré&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour confronter les stéréotypes affiliés aux genres, nous avons cherché à interviewer des hommes battus. Paul et Luc (prénoms d’empreint) ont un point commun : leur passé d’homme maltraité. Ils ont été, tous les deux, physiquement battus par leur conjointe. Toutefois, il semblerait que la problématique de l’homme violenté intègre, dans sa forme globale, une autre forme de violence, une violence psychologique. Il ressort des entretiens que la forme physique ne semble pas être la forme de violence qui marque le plus. &lt;br /&gt;
Pour essayer de comprendre au mieux le vécu violenté de ces hommes et plus généralement de toute personne impliquée dans des relations violentes, nous avons questionné la littérature ainsi que des professionnels de terrain.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour la travailleuse sociale, Sophie Torrent (2001), « la nature de la violence [à l’égard de la gente masculine] et ses modes d’expression traduisent, dirait-on, une violence spécifiquement féminine, subtile, qui atteint l’intégrité psychique de l’homme.» (p.33). L’homme victime de violence psychologique semble atteint surtout dans sa masculinité, plus précisément dans la représentation de la masculinité qui lui a permis de construire son identité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Le harcèlement que j’ai vécu par cette femme tyran m’a amené à perdre, pendant quelques temps, mon identité masculine… C’était quoi être un homme ? Je ne savais plus faire l’amour comme il faut en quittant ma femme. J’ai du réapprendre à accepter de prendre du plaisir. » Luc&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;La violence ; une histoire d’homme ?&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Alors que nous venons de découvrir avec stupéfaction certaines réalités d’hommes maltraités par leur conjointe, comment traiter ces vérités face à notre idéal féminin construit ? Comment même penser à la violence des femmes, alors que celle que l’on exerce à leur égard est de loin la plus établie, la plus reconnue et de ce fait la plus portée par les médias ? De nos jours, la société reconnaît et prend en charge la femme violentée, qu&#039;en est-il de la femme violente ? &lt;br /&gt;
Il est commun d’entendre qu’une femme violente est une femme malade psychologiquement ou encore que cette dernière n’agresserait que pour se défendre. Pour la psychothérapeute Diane Chayer, ( citée par Ruel &amp;amp; Guéricolas, 1998), il semblerait qu’il n’y ait tout simplement pas de permission sociale à la violence des femmes. « La société dit qu’il est presque normal pour un homme d’être violent. Mais une femme violente, c’est une extraterrestre. » &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour Yvon Dallaire, « la femme violente peut ressentir de la fierté pour avoir battu plus fort qu’elle. Et la société ne la dénigre pas, elle cherche plutôt à la comprendre et à l’excuser, compatissant souvent à son sort. » (p26) A contrario, pour la responsable d’une structure acceuillant des femmes violentes, « celles et ceux qui passent de la parole aux actes souffrent, ils ont besoin d&#039;aide et y ont droit. Toutefois, la femme violente souffre de discrimination ; on ne veut pas lui reconnaître sa violence. » Il semblerait alors que, paradoxalement, la femme violente souffre des mêmes maux sociaux que l’homme maltraité. Une nouvelle fois, il semblerait que les stéréotypes, affiliés aux genres, décident de ce qui peut être acceptable ou pas.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Le statut de victime/agresseur&#039;&#039;&#039; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La responsable d’un établissement prenant en charge des femmes violentes nous apprend qu’il est difficile de tenir le fil rouge concernant les rôles de victime-agresseur. « On est là pour travailler sur la violence des femmes, en tant qu’auteures de violence et non en tant que victimes. Très souvent, ça dérape en justification des actes qui déplace la position d’agresseuse à celui de victime. » Il semble que souvent, l’agresseur se voit comme victime. Responsabiliser les acteurs(trices) de violence, c’est les aider à prendre conscience de leur violence. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Responsabilité dans la violence&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La question est partagée. Alors que pour beaucoup, la responsabilité de la violence doit être assumée par son auteur(e), pour d’autres, elle doit être partagée. En effet, pour Denis Châtelain, co-fondateur d’une association prenant en charge des auteur(e)s de violence, « il faut prendre en compte le potentiel de violence de la victime dans la compréhension de la dynamique ». Pour la responsable d’une association accueillant des femmes violentes, « il est impossible de faire un tel travail si l’on part du principe d’une co-responsabilité dans la réalisation de la violence. En effet, on ne peut pas se permettre de déraper sur l’aspect empathique et comprendre voir d’excuser l’acte de violence au nom d’un statut de victime reconnu. Pour nous, l’acte violent n’est pas excusable, il est inadmissible quelque soit sa source ou sa justification. Ce qui nous paraît important c’est de faire en sorte de ne plus jamais en avoir à arriver là. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;La prise en charge de la violence&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comment aborder la problématique de la violence conjugale et plus particulièrement celle des hommes maltraités et des femmes violentes ? Alors qu’Yvon Dallaire se demande si l’on « ne pourrait pas exploiter l’expertise des centres d’accueil pour femmes au profit des hommes battus et l’expertise des groupes d’entraide pour homme violents au profit des femmes violentes ? » (p29), la responsable d’une structure accueillant des femmes actrices de violence répond que « pour aider les femmes actrices de violence, il faut appliquer un traitement différencié. Les raisons étant parce qu’on n’éduque pas de la même façon une petite fille et un petit garçon, le rapport au féminin n’est pas le même. La violence masculine est légitimée. Par contre, on ne reconnaît pas ce droit à la femme. Cela étant dû aux stéréotypes de mère protectrice d’une part. » &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
(Le législateur prend en compte la situation des victimes, il estime qu’elles doivent être soutenues dans la procédure pénale, et également qu’elles ont droit à une indemnisation ou à une réparation morale (en fonction des revenus de la victime). )&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On peut constater également la reconnaissance par la société du statut de victime,  puisque les demandes, au nombre de 196 pour l’indemnisation et de 728 pour la réparation morale,  ont été traitées positivement. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La formation du personnel des centres Lavi : la loi mentionne des aides financières à la formation. Une formation spécifique « Lavi » a été instaurée et des formations complémentaires complètent la spécialisation de ces professionnels. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Violence domestique, une protection particulière : l’expulsion immédiate du domicile des personnes violentes, lesquelles ne peuvent plus réintégrer leur logement pendant une période déterminée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le 14 juin 2000, la Conseillère Ruth-Gaby Vermot-Mangold dépose une initiative parlementaire. Le Conseil fédéral  propose, en novembre 2005, un nouvel article 28b dans le code civil visant à protéger la victime de violence ou de harcèlement en lui donnant le droit de requérir le juge d’instruction d’interdire à l’auteur de l’atteinte de l’approcher, de fréquenter certains lieux ou de prendre contact avec elle. &lt;br /&gt;
Ce nouvel article 28b prévoit également l’institution par les cantons de centres d’informations et de consultation dans le but d’agir préventivement pour éviter la violence domestique et sa récidive. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Violence entre conjoint ou partenaire : poursuivie d’office depuis le 1 avril 2004&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le Conseil Fédéral  modifie le Code pénal en ce sens que les actes de violence domestique seront poursuivis d’office et non plus sur plainte de la victime. Le communiqué de presse est intéressant et nous donne un aperçu des changements sociaux intervenus : « il n’est plus question de tolérer la violence physique ou sexuelle exercée contre un conjoint ou un partenaire – dans un couple hétérosexuel ou homosexuel – sous prétexte qu’elle ne serait que de peu de gravité ou qu’elle relèverait de la sphère privée ». La contrainte sexuelle et le viol commis au sein du couple sont élevés au rang de délits poursuivis d’office.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Evolution des lois et violence conjugale.&lt;br /&gt;
Votée en 1991, la LAVI démontre que «  victime de violence » constitue maintenant  une déviance secondaire. Les plaignants sont identifiés, l’état institutionnalise leur prise en charge, les centres Lavi sont créés et les consultations augmentent au fil des années.   &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Néanmoins la notion de &amp;quot;violence conjugale&amp;quot; se fait discrète, le terme de violence domestique n’apparaît qu’avec le dépôt en 2002 de l’initiative parlementaire de Vermot-Mangold. En juin 2001 le Conseil Fédéral met en consultation le « projet élaboré par la Commission des affaires juridiques du Conseil national » et la notion de violence domestique fait partie des préoccupations reconnues officiellement. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous pouvons relever que les documents officiels font référence à une notion de victime qui n’est pas sexuée,  le mot « femme » n’y est pas accolé. Les termes utilisés « violence physique ou sexuelle exercée contre un conjoint ou un partenaire (…) dans un couple hétérosexuel ou homosexuel », « ordonner à une personne violente de quitter le domicile conjugal », « prévenir la récidive des agresseurs ». Dans les documents que j’ai parcouru sur le site de l’office fédéral de la justice sous la mention « aide aux victimes », je n’ai trouvé qu’une seule fois la mention spécifique « femme » : «  la violence domestique est aujourd’hui quotidienne dans notre société. Les femmes en sont souvent les victimes ». Dans tous les autres documents la violence domestique paraît neutre. Si le mot victime est féminin, les textes l’utilisent comme un élément générique. On peut en partie le comprendre par le fait que  la Lavi ne reçoit pas que des victimes de violences conjugales, mais également des victimes d’accidents de la route, d’attentats, d’enlèvement, de prise d’otage ou de brigandage.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Analyse ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Analyse des résultats&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour résumer, nous voici arrivés à un premier constat. Nous pouvons dire que la découverte de la violence conjugale et de ses effets a pour origine le questionnement du mouvement féministe, repris par des chercheur-e-s, qui ont confirmé et précisé le phénomène de la violence conjugale. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Autre découverte, la notion d’homme battu, que nous avions posé comme une construction récente, date des premières recherches sur ce domaine. Le syndrome de l’homme battu, développé  par une chercheuse du l’équipe de  Straus et al. a été un concept rapidement abandonné. Les défauts dans l’opérationnalisation du concept de violence, dans la méthode et dans l’interprétation des données de l’enquête effectuée à l’aide du Conflict Tactics Scales ont été largement reconnus. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comment se fait-il alors que des auteurs récents se saisissent du vocable « homme battu », partent à sa recherche, et le trouve ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour cela nous devons revenir à nouveau aux années 1970 et aux changements intervenus dans les places des hommes et des femmes. Ces dernières acquièrent un statut différent, elles deviennent citoyennes, accèdent au marché du travail et peuvent maîtriser leur fécondité. L’égalité homme – femme advient. A partir de là, le féminisme devient un mouvement social et politique pour l&#039;émancipation des femmes. Mais il va désigner aussi un corpus théorique qui va permettre aux sociologues de revisiter leurs différents champs d’études à travers la problématique des rapports sociaux de sexe.  Sous cet angle là, la violence conjugale prend un autre sens, elle est  rendue possible parce que les femmes ont moins de moyens, par conséquent moins de pouvoir, et parce que le genre féminin est dévalorisé par rapport au masculin. &lt;br /&gt;
Pierre Bourdieu a largement développé le fonctionnement des dominés et démontré comment ceux-ci ayant intégré le discours dominant « construisent ces relations de pouvoir du point de vue même de ceux qui y affirment leur domination… ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En Suisse, les statistiques 2004 issues des centres Lavi apportent des précisions chiffrées à cette forme de violence. Le taux de victimes de sexe féminins est important (75%),  le sexe masculin de l’auteur présumé révèle un pourcentage très élevé (83.5%) et pour 52.9% des consultants une relation familiale victime - agresseur existe. &lt;br /&gt;
Bien que la violence conjugale soit maintenant reconnue, des groupes sociaux la mettent en question. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les années 1980 une tension s’avive entre hommes et femmes.  Certains hommes pro féministes tiennent un discours optimiste concernant la constitution d&#039;une société nouvelle et égalitaire  et reconnaissent la domination masculine comme clé d&#039;un changement possible. &lt;br /&gt;
D&#039;autres hommes tiennent un discours alarmiste et insistent sur le malaise identitaire engendré par cette modification des rapports sociaux source de perte de repères. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A partir de là, des groupes d’hommes se forment autour, par exemple d’auteurs tels que Guy Cornaux au Canada, Jacques Salomé en France,  ou plus récemment Y. Dallaire qui avec John Goetelen a organisé le premier Congrès international de la condition masculine à Genève en 2003. Des mouvements pour la condition paternelle se créent afin de s’opposer à la garde des enfants accordée systématiquement à la mère en cas de divorce.  Le film récent « Le souffle du désert » de François Kohler, illustre ce phénomène de la recherche d’une identité masculine vécue comme problématique. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C&#039;est dans cette mouvance que nous trouvons aujourd&#039;hui les protagonistes d&#039;un détournement de la violence masculine au profit d&#039;une violence exercée contre les hommes par les femmes. ces détracteurs pourront s&#039;appuyer probablement dans les années à venir sur les modifications des images féminines, les stéréotypes de la femme douce et soumise ont tendance à s&#039;estomper. Et l&#039;on peut se demander si les jeunes femmes ne se permettront pas plus que par le passé d&#039;exprimer leurs sentiments de colère et violence, là où s&#039;exprimaient auparavant peut-être impuissance, tristesse et dépression. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Utilisateur:Cornut piller|Cornut piller]] 1 jun 2006 à 09:15 (MEST) ~~&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Difficultés&#039;&#039;&#039; (à mettre à la fin de l&#039;article ou dans la conclusion)[[Utilisateur:Celine|Celine]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le sujet que nous avons abordé tout au long de ce travail est délicat. Nous avons relevé le peu de neutralité émanant des sources existantes sur ce thème, chaque écrit représentant une certaine prise de position, quant à la causalité de la violence conjugale par exemple, ou les convictions cachées derrière l&#039;attribution de statuts victime-agresseur ou victime-victime.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette subjectivité rentre en interrelation avec notre sensibilité propre, individuelle, qui n&#039;est donc pas la même entre les personnes de notre groupe. Le fait que celui-ci soit constitué de deux femmes et deux hommes est très enrichissant, et même primordial quand l&#039;on s&#039;attèle à ce type de problématique. Néanmoins, cela implique un investissement conséquent en termes de discussion, explicitation des attentes et valeurs de chacun, en redéfinition continuelle de la problématique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans notre tentative d&#039;objectiver notre problématique, nous ne sommes que très peu aidés par les statistiques. Elles aussi disent ce qu&#039;elles ont envie de dire, et sont sans cesse remises en cause par des détracteurs. La conséquence en est qu&#039;aucune statistique ne sert vraiment de référence consensuelle dans la compréhension de la violence conjugale.Dans les statistiques policières, souvent la violence conjugale n&#039;est pas comptabilisée de manière séparée des autres délits de violence; dans d&#039;autres types de statistiques c&#039;est le genre qui n&#039;est pas retenu comme variable pertinente. En effet, derrière les chiffres, on découvre des définitions très variables de la violence: certains ne prennent en compte que la violence physique; d&#039;autres considèrent que de nombreux petits signes de nature verbale ou psychologique sont un pas dans l&#039;escalade de la violence, et les jugent donc de même poids que des coups. Entre ces deux extrêmes, toutes les variations sont présentes... &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est intéressant de relever à quel point certains chiffres sont médiatisés, afin d&#039;avoir un impact sur la population, alors que ces mêmes chiffres sont discutables au niveau statistique. &lt;br /&gt;
Pour conclure, nous nous sommes rendus compte que malgré une certaine médiatisation, qui n&#039;est pas si récente, de la violence conjugale, nous ne savons pas tellement de choses à ce sujet, ou plutôt il existe peu de consensus, voire la co-existence d&#039;approches inconciliables.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Conclusion ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
# Retour sur la problématiques, les questions de recherche&lt;br /&gt;
# Rappel des principaux résultats de recherche&lt;br /&gt;
# Autocritiques et perspectives&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Références bibliographiques ==&lt;br /&gt;
Les lectures citées dans le travail final&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Dallaire Y. (2002). La violence faite aux hommes. Une réalité tabou et complexe. Québéc: Options santé.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Gillioz L., De Puy J., Ducret V. (1997). Domination et violence envers la femme dans le couple. Lausanne : éditions Payot.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Ruel S. &amp;amp; Guéricolas P. (1998). La violence des femmes : derrière le masque. In Gazette des femmes Vol. 20. (no 4). (Novembre-Décembre 1998).[Version électronique]. Accès le 20 novembre 2005 : &lt;br /&gt;
http://www.gazettedesfemmes.com/recherche/?F=recherche&amp;amp;idt=10075&amp;amp;affart=2866&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Torrent S. (2001). L’homme battu, un tabou au cœur du tabou. Québec: Option Santé.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Bibliographie ==&lt;br /&gt;
les lectures utilisées mais pas citées dans le travail final&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Dallaire Y. (2002). La violence faite aux hommes. Une réalité tabou et complexe. Québéc: Options santé.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Gillioz L., De Puy J., Ducret V. (1997). Domination et violence envers la femme dans le couple. Lausanne : éditions Payot.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Jackson D., Welzer-Lang D. (1998). Violence et masculinité. Toulouse : imprimerie 34.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Torrent S. (2001). L’homme battu, un tabou au cœur du tabou. Québec: Option Santé.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Office fédéral de la statistique : Aide aux victimes. Chiffres clés. http://www.bfs.admin.ch/bfs/portal/fr/index/themen/rechtspflege.html&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Miguel</name></author>
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