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		<title>Droits des femmes</title>
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		<updated>2014-01-14T20:05:04Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Julie : /* Mouvements féministes : Buts et démarches */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Introduction  == &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Actuellement le droit à l&#039;avortement pour les femmes est encore sujet à contestations et même à une offensive de remise en question: pouvons nous encore le qualifier comme  un droit de la femme s&#039;interrogent certains ? Tout au long de cette analyse nous nous centrerons sur le droit à l&#039;avortement pour les femmes depuis 1970. En effet, les mouvements féministes sont présents depuis longtemps dans l&#039;histoire des droits des personnes. Dans la période de l&#039;après guerre, les femmes se sont mobilisées plus fortement pour acquérir des droits identiques à ceux des hommes. C&#039;est par la lutte pour le droit à un travail rémunéré que les mouvements prennent de l&#039;ampleur  : &amp;quot;L&#039;essort du féminisme dans cette période serait intimement lié à celui du travail salarié&amp;quot; &amp;lt;ref&amp;gt;Riot-Sarcey, M., 2008, &#039;&#039;Histoire du féminisme&#039;&#039;, Paris, La Découvertes, Repères. p. 73 &amp;lt;/ref&amp;gt;. La question de la procréation est aussi au cœur de leur mouvement, puisqu&#039;il est question de &amp;quot;repeupler&amp;quot; des pays détruits : &amp;quot;Après l&#039;hécatombe de la guerre, jusqu&#039;alors la plus meurtrière, il est nécessaire, plus que jamais de &amp;quot;remplir les berceaux vides&amp;quot;&amp;quot; &amp;lt;ref&amp;gt;Riot-Sarcey, M., 2008, &#039;&#039;Histoire du féminisme&#039;&#039;, Paris, La Découvertes, Repères. p. 73 &amp;lt;/ref&amp;gt;. Il ne faut pas non plus oublier leur luttes pour l&#039;accès à la politique : plus précisément le droit de vote pour les femmes, qui prend de l&#039;ampleur bien avant la guerre. C&#039;est dans ce contexte d&#039;après guerre, que les femmes réapparaissent pour tenter de faire valoir des droits égalitaires et propres à leur vie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cet article est fondé à la fois sur une recherche documentaire et sur la récolte de témoignages de deux personnes pionnières dans l&#039;avancée du droit des femmes à l&#039;avortement. L&#039;article présentera également les différents mouvements féministes conduits dans les années 1970 sur le droit à l&#039;avortement.Ceci nous montrera que la Suisse n’a pas été la première à lutter pour le droit à l’avortement, mais que le phénomène est mondial. Les États-Unis ont sans aucun doute été les précurseurs, mais la lutte s&#039;est largement diffusée et reproduite dans différents pays du monde amenant à des dates différentes sur l&#039;accès à l’avortement.  L&#039;article se construira à partir de la lutte des femmes en Suisse et des différentes lois qui en sont ressorties et cherchera à comprendre le rôle qu’ont joué les deux témoins interrogées dans cette récente histoire(1970 à aujourd&#039;hui). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour ce faire, nous avons constitué une bibliographie, à partir d’ouvrages sur les mouvements féministes en général, sur la chronologie des contestations. Nous avons lu des articles scientifiques qui présentent la situation en Suisse, épluché  les informations sur les deux témoins qui ont été interrogées et consulté les archives contestataires à Carouge. &lt;br /&gt;
Nous avons également pu rencontrer deux femmes militantes à Genève sur ce thème. Nous avons donc effectué deux entretiens audio avec Madame [[Amélia Christinat]] et Madame [[Rina Nissim]] pour obtenir leurs témoignages sur l’histoire des mouvements féministes des années 1960 à 1980, principalement sur la question de l’avortement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L&#039;Histoire du droit des femmes == &lt;br /&gt;
Actuellement des auteures telles que Marcella Iacub et Judith Butler font de la problématique féministe une occasion de débattre dela question du genre, des identités sexuelles et des limites entre les sexes (intersexe, queer, etc), celle-ci peut nous aider à repenser la lutte féministe. Or, celle des années 70 (en amont en Suisse de l&#039;accession des femmes à la citoyenneté) est celle d&#039;une longue marche marquée par des féministes de l&#039;après guerre comme Simone de Beauvoir avec sa formule historique &amp;quot;On ne naît pas femme on le devient&amp;quot;, soulignant le déterminisme social de la féminité et la &amp;quot;fabrication&amp;quot; culturelle. &lt;br /&gt;
Pour tenter de comprendre ce qui s&#039;est passé durant cette époque nous allons revenir sur les faits marquants. Pour la compréhension de ce qui va suivre nous vous conseillons de lire [[Frise Chronologique du droit à l&#039;avortement|la frise chronologique]] des événements marquants pour le droit à l&#039;avortement en Suisse. &lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
=== Mouvements féministes : Buts et démarches ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce n&#039;est que dans la deuxième moitié du XIXème siècle que le féminisme se démarque en tant que mouvement collectif de luttes de femmes. &amp;quot;Ces luttes reposent sur la reconnaissance des femmes comme spécifiquement et systématiquement opprimées, l&#039;affirmation que les relations entre hommes et femmes ne sont pas inscrites dans la nature mais que la possibilité politique de leur transformation existe.&amp;quot; &amp;lt;ref&amp;gt;Hirata H, et al,2000, &#039;&#039;Dictionnaire critique du féminisme&#039;&#039;, Paris : Presse Universitaires de France, p. 225&amp;lt;/ref&amp;gt; En effet, les femmes ont dû faire face à de nombreuses inégalités et cela dans de nombreux domaines: le travail, la santé, la politique... Nous constatons encore aujourd&#039;hui que de nombreuses inégalités persistent concernant le droit des femmes mais elles sont moindres ou de nature différentes que dans les années 1960-80. Pour pouvoir entrer dans un processus de revendication politique du féminisme, il faut qu&#039;il y ait une &amp;quot;relation avec une conceptualisation de droits humains universels;elle s&#039;ancre dans les théories des droits de la personne dontles premières formulations juridiques sont issues des révolutions américaines puis françaises.&amp;quot; &amp;lt;ref&amp;gt;Hirata H, et al,2000, &#039;&#039;Dictionnaire critique du féminisme&#039;&#039;, Paris : Presse Universitaires de France, p. 225&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
Il convient de faire une distinction entre les mouvements féministes et les mouvements populaires des femmes. En effet, les mouvements populaires des femmes ne mettent pas directement en avant l&#039;exigence de droits spécifiques pour les femmes. C&#039;est l&#039;emploi du mot féministe qui va changer les représentations que l&#039;on se fait à cette époque. Pour certains les féministes sont &amp;quot;trop bourgeoises au XIXème siècle et au début du XXème siècle trop radicales et ennemies des hommes après les années 1970&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;Hirata H, et al,2000, &#039;&#039;Dictionnaire critique du féminisme&#039;&#039;, Paris : Presse Universitaires de France., p. 126&amp;lt;/ref&amp;gt;. Quant à l&#039;expression &amp;quot;mouvement des femmes&amp;quot;, elle est plus souvent utilisée comme raccourci pour mouvement de libération des femmes. Voilà pourquoi elle a pu être associée au féminisme le plus radical et explique la confusion entre les deux termes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lorsque nous parlons de &amp;quot;mouvements féministes&amp;quot; nous désignons sous une même dénomination &amp;quot;les diverses formes de mouvements de femmes, le féminisme libéral ou &amp;quot;bourgeois, le féminisme radical, les femmes marxistes ou socialistes, les femmes lesbiennes, les femmes noires et toutes les dimensions catégorielles des mouvements actuels&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;Hirata H, et al,2000, &#039;&#039;Dictionnaire critique du féminisme&#039;&#039;, Paris : Presse Universitaires de France, p. 127&amp;lt;/ref&amp;gt;. Dès lors, l&#039;expression&amp;quot; mouvement des femmes &amp;quot; représente les mobilisations de femmes en Amérique Latine ou les mouvements pour la paix en Irlande ou au moyen-Orient&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;Hirata H, et al,2000, &#039;&#039;Dictionnaire critique du féminisme&#039;&#039;, Paris : Presse Universitaires de France., p.126&amp;lt;/ref&amp;gt; Dans la littérature, deux types de mouvements féministes se démarquent. Une première vague a émergé dans la seconde moitié du XIXème siècle. Elle est souvent représentée autour des revendications du droit de vote.  Au début du XXème siècle, ou les mouvements sont qualifiés de &amp;quot;néo féminisme&amp;quot;, les exigences ne se fondent pas sur une seule exigence d&#039;égalité mais sur une reconnaissance &amp;quot;de l&#039;impossibilité sociale de fonder cette égalité dans un système patriarcal&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;Hirata H, et al,2000, &#039;&#039;Dictionnaire critique du féminisme&#039;&#039;, Paris : Presse Universitaires de France, p. 126&amp;lt;/ref&amp;gt;. Le féminisme des années 1970, se fait connaître par des mouvements anti-autoritaires, par des groupes de parole, il met en avant les formes les plus spontanées de manifestation et refuse toute organisation hiérarchique. &amp;quot; L&#039;appartenance au mouvement représente la mise en acte d&#039;une nouvelle idéologie, la recherche de sens et de valeurs communs.&amp;quot; &amp;lt;ref&amp;gt;Hirata H, et al,2000, &#039;&#039;Dictionnaire critique du féminisme&#039;&#039;, Paris : Presse Universitaires de France, p.128&amp;lt;/ref&amp;gt;. C&#039;est entre la fin des années 1960 et le début des années 1970 que le féminisme connait une ampleur internationale. &amp;quot;L&#039;onde de choc part des Etats-Unis et gagne très rapidement la Grande-Bretagne et l&#039;Allemagne dans les années 60&amp;quot;. Il faut ajouter qu&#039;en &amp;quot;dépit de son caractère extra parlementaire, le mouvement de libération des femmes a la capacité de susciter de larges mobilisations auprès des femmes syndiquées, des femmes de partis de gauche et de droite ou des associations luttant pour les droits des femmes comme le planning familial. Ce sont d&#039;abord les campagnes pour la liberté d&#039;avorter qui constituent les événements les plus importants et les plus marquants &amp;lt;ref&amp;gt;Hirata H, et al,2000, &#039;&#039;Dictionnaire critique du féminisme&#039;&#039;, Paris : Presse Universitaires de France, p. 128&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En ce qui concerne la Suisse, c’est dans la continuité du mouvement de la jeunesse estudiantine de 1968 que naît le nouveau mouvement féministe. C’est à Zurich que se sont réunies des femmes de gauche, que l’on appellera « Frauenbefreiungsbewegung » ou plus communément le FBB. Elles critiquent le fait que les femmes sont oppressées et qu’il s’agit d’une « contradiction sociale fondamentale ». Le [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]], pour la Suisse romande et le MFT au Tessin vont très rapidement suivre la création du FBB, avec comme objectif commun de « récuser l’organisation hiérarchique des associations et de la politique traditionnelle » &amp;lt;ref&amp;gt;Commission fédérale, &#039;&#039;Femmes Pouvoir Histoire&#039;&#039;, 1.3, p. 1, consulté le 27 Novembre sur http://webcache.googleusercontent.com/search?q=cache:UpvKGVSBak0J:www.ekf.admin.ch/dokumentation/00444/00517/index.html%3Flang%3Dfr%26download%3DNHzLpZeg7t,lnp6I0NTU042l2Z6ln1ae2IZn4Z2qZpnO2Yuq2Z6gpJCDdH58hGym162epYbg2c_JjKbNoKSn6A--+&amp;amp;cd=2&amp;amp;hl=fr&amp;amp;ct=clnk&amp;amp;gl=ch&amp;amp;client=firefox-a&amp;lt;/ref&amp;gt; inspirés des mouvements français et américains préalablement abordés. Cependant, des divergences existent entre tous ces mouvements sur différentes questions telles que l’avortement ou encore la possibilité pour le sexe féminin de faire l’armée. Une chronologie a été rédigée dans l’article suivant : &amp;quot;Le nouveau mouvement féministe et les organisations féminines depuis 1968&amp;quot; de la Commission fédérale pour les questions féminines de [http://www.ekf.admin.ch/dokumentation/00444/00517/index.html?lang=fr la Confédération Suisse].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La période  entre 1940-50 : une période restrictive ===&lt;br /&gt;
Pour comprendre la lutte pour l&#039;avortement comme droit de la personne il nous faut revenir sur le contexte de l&#039;après guerre. Tout comme il a été expliqué dans [[Droits des enfants|le chapitre précédent]], la Déclaration Universelle des Droits de l&#039;Homme (1948) a influencé les mouvements des femmes. Nous allons, tout d&#039;abord, revenir sur ce qui s&#039;est passé avant cette date. En effet, nous savons que la législation suisse sur l’avortement est l’une des plus restrictives d’Europe. Les premières dispositions du Code pénal suisse à ce sujet ont été définies en 1942 et prévoient, à cette époque, l’emprisonnement de la femme qui avorte, ainsi que de la personne qui l’aide à pratiquer cet acte. En revanche, une exception existe : si la grossesse comporte un danger pour la mère et que l’interruption de grossesse est pratiquée par un médecin, l&#039;avis étant approuvé par un second médecin, l’avortement n’est alors pas punissable. On comprend alors que la conséquence a été un nombre considérable d’avortements illégaux. Cependant, la mise en place de dispositifs de préventions et d’une diffusion d’informations a contribué à faire diminuer le nombre d’avortements autant illégaux, que légaux. Par ailleurs, l’Organisation Mondiale de la Santé ([http://www.who.int/fr/ OMS]) a étendu la notion de « santé » en y insérant les dimensions de bien-être psychique et social : « la santé ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité ; elle est un état de complet bien-être physique, mental et social. »&amp;lt;ref&amp;gt;Rey, A.-M., 2013, &#039;&#039;Tendance à la libéralisation&#039;&#039;, USPDA. Consulté le 7 Novembre sur http://www.svss-uspda.ch/fr/suisse/liberal.htm&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ceci légalise aussi la pratique d’interruption de grossesse et écarte la menace d’emprisonnement. &amp;lt;ref&amp;gt;Rey, A.-M., 2013, &#039;&#039;L&#039;ancienne législation de 1942&#039;&#039;, USPDA. Consulté le 7 Novembre sur http://www.svss-uspda.ch/fr/suisse/loi_1942.htm&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
Cependant, cette législation attise la colère et entrainela montée d’une révolte. Au début du XXème siècle, nous voyons s’élever des mouvements, tels que les organisations ouvrières, pour lutter en faveur de la décriminalisation de l’avortement.&lt;br /&gt;
De plus, dans cette période, il existe une différence entre les cantons au niveau de la législation sur l&#039;avortement. Ceci met donc les professionnels dans l&#039;embarra puisqu&#039;ils n&#039;ont pas une pratique généralisée au niveau de l&#039;état, et soulève également une inégalité entre les femmes des différents cantons de la Suisse. Des mesures fédérales strictes ont donc été prises pour tenter de généraliser les pratiques et s&#039;accorder sur la pratique de l&#039;avortement : « l’institutionnalisation juridique d’une interruption de grossesse pouvant être légalement pratiquée par un médecin sous haute surveillance de l’Etat : consultation obligatoire d’un second médecin, qui doit être un spécialiste et en plus agréé par les autorités cantonales compétentes, et qui doit donner par écrit un « avis conforme ». Il faut également le consentement écrit de la femme enceinte. ». Ainsi, à cette époque nous constatons que les femmes n&#039;ont pas la maîtrise de leur corps et par conséquent, la maternité ne peut se contrôler. Ce contexte illustre la réalité des femmes:  soit elles ont la chance de pouvoir trouver deux médecins qui l&#039;estiment en danger, soit elles décident de pratiquer un avortement illégal ce qui comporte de grands risques pour leur santé (hémorragie et infection qui peuvent entraîner la mort de la femme).&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La période 1960-70 : les premiers changements ===&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Fichier:Graphiquefemme.jpeg|vignette|gauche|Graphique représentant les condamnations des femmes]]&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Le graphique ci-contre nous montre la condamnation des femmes en ce qui concerne l&#039;avortement.&amp;lt;ref&amp;gt;Rey, A.-M., 2013, &#039;&#039;Interruption de grossesse en Suisse : les faits et les données&#039;&#039;, USPDA. Consulté le 18 Novembre sur http://www.svss-uspda.ch/pdf/faits-et-donnees.pdf &amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt; En effet, nous voyons que le pic le plus élevé se situe dans l&#039;année 1950, avec 550 condamnées. Puis lors de la commercialisation de la pilule, l&#039;emprisonnement des femmes diminue fortement l&#039;année suivante, passant d&#039;environ 400 condamnations à 260. De manière générale, ce graphique montre que les condamnations sur la période 1960-1980 n&#039;ont cessé de baisser. &lt;br /&gt;
Les années 60 sont donc marquées par l&#039;arrivée de la pilule contraceptive en Suisse. En effet, en 1961, la commercialisation de celle-ci fait reculer le nombre d&#039;avortements pratiqués en Suisse puisque les femmes ont un contrôle sur leur reproductibilité. Malgré tout, la pilule contraceptive circule à l&#039;époque discrètement, puisqu&#039; aucune loi ne précise son autorisation. En 1965, la création du premier planning familial en Suisse au HUG permettra de conseiller les familles. L&#039;établissement ouvrira donc un pôle dédié à l&#039;information familiale et aux régulations des naissances.&amp;lt;ref&amp;gt;Fert-Bek, D., (s.d.), &#039;&#039;Historique&#039;&#039;, Le service du planning familial de Genève a 40 ans,Genève, HUG. Consulté le 18 Novembre 2013 sur http://planning-familial.hug-ge.ch/nous/historique.html&amp;lt;/ref&amp;gt; Dans cet établissement les professionnels conseillent les parents sur la manière d&#039;avoir un contrôle sur l&#039;élargissement de leur famille. Ainsi, grâce à cette structure, la pilule contraceptive a pu circuler dans le territoire helvétique. La pilule était considérée pour certain comme un enjeux économique : elle permettait de contrôler les naissances et donc de préserver la richesse, et pour d&#039;autres comme un moyen de débrider la sexualité des femmes&amp;lt;ref&amp;gt;L&#039;illustré, (s.d.) &#039;&#039;La pilule qui a changé le monde&#039;&#039;, Archives, Consulté le 18 Novembre 2013 sur http://www.illustre.ch/la_pilule_qui_a_change_le_monde_45372_.html&amp;lt;/ref&amp;gt;.   &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Mlf.jpeg|vignette|gauche|Affiche du Front des Bonnes Femmes]][[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|Le Mouvement de Libération des Femmes (MLF)]] a démarré aux Etats-Unis, et a encouragé les militants des autres pays à lutter pour améliorer les conditions féminines. Le [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]] créé en 1969 à Zurich,que l&#039;on retrouvait également dans d&#039;autres cantons  (Genève et Tessin par exemple) se base &amp;quot;sur les mouvements de libération du Tiers monde pour encourager les femmes à se libérer des contraintes inhérentes à la famille nucléaire (Rôle des sexes).&amp;quot; &amp;lt;ref&amp;gt;Jorris, E., 2009, &#039;&#039;Mouvement de libération des femmes (MLF)&#039;&#039;. Consulté le 19 Novembre 2013 sur http://www.hls-dhs-dss.ch/textes/f/F16504.php&amp;lt;/ref&amp;gt;. Sur le canton de Genève plus précisément, des groupes de certains partis de gauche militaient en ces faveurs (ils étaient très hiérarchisés et ne plaisaient pas à toutes les femmes militantes). C&#039;est donc principalement grâce à Madame Brodmann (qui a milité aux Etats-Unis) et Madame Gramoni qu&#039;il y a eu dans un premier temps le front des Bonne-Femmes (où militait aussi Rina Nissim). Leur premier slogan a été &amp;quot;Femmes décolonisons-nous !&amp;quot; avec des affiches placardées sur les façades des grandes banques : les femmes insistaient donc pour la ré-appropriation de leur corps (avortement, pilule contraceptive, ...).&amp;lt;ref&amp;gt;Roussopoulos Carole, Debout ! Une histoire du mouvement des femmes 1970-80, 1999. Consulté le 19 Novembre 2013 sur http://ballonsonde.org/wikiSonde/videos/Femmes_Debout.htm&amp;lt;/ref&amp;gt; &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Les femmes pensent donc vivre singulièrement des situations d&#039;exclusions et d&#039;injustices, cependant, en discutant ensemble, elles se rendent compte qu&#039;elles vivent toutes ce genre de situation. Cette prise de conscience favorise donc la mobilisation des femmes pour combattre les injustices dont elles sont victimes. Les communautés ou ce que l&#039;on pourrait appeler regroupements permettent donc aux femmes de prendre conscience mais aussi de prendre du pouvoir dans la société. L&#039;effet de groupe a permis un rassemblement dans les rues des milliers de femmes pour manifester ensemble contre des inégalités entre sexe ([[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]]).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans le même temps, il ne faut pas oublier que les avortements illégaux continuent à être pratiqués à cette période. En effet, le nombre d&#039;avortements, légaux et illégaux, est estimé à 50 000 en 1966. Les avortements légaux s&#039;élevaient à environ 17 000 en 1966 (16 000 en 1978 et 1980, 14 000 en 1985, 13 000 en 1990, 12 000 en 1995, 13 000 en 1996 et 1998). Les avortements clandestins diminuèrent grâce : &lt;br /&gt;
* à la raréfaction avec l&#039;élargissement des indications médicales dans les cantons libéraux (Zurich, Bâle-Ville, Berne, Vaud, Neuchâtel, Genève) dès les années 1950&lt;br /&gt;
* la libéralisation progressive dans d&#039;autres cantons(Tessin dès les années 1970; Argovie, Bâle-Campagne, Glaris, Schaffhouse, Soleure, Jura au cours des années 1990)&lt;br /&gt;
* la généralisation des centres de planning familial, des cours d&#039;éducation sexuelle, la diffusion de moyens de contraception sûrs dès les années 1960 &lt;br /&gt;
* le remboursement de l&#039;intervention par les caisses maladie).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On remarque que malgré les mesures juridiques fédérales restrictives, les cantons adoptent des pratiques très différentes les uns des autres. Ainsi, les dimensions d’ordre psychologique et social sont incluses dans les indications médicales des cantons libéraux, alors que la pratique est seulement tolérée dans les cantons conservateurs catholiques. Face à cette inégalité juridique, les cantons libéraux accueillent des femmes vivant dans ces cantons restrictifs pour se faire avorter. On assiste à une forme de tourisme « gynécologique ». Cela amène les cantons à réfléchir sur ces pratiques. Notamment le canton de Neuchâtel, où plusieurs affaires d&#039;avortements sont jugées. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La période 1970-1980 : La période clé ===&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
A la suite de ces scandales, le député radical Maurice Favre dépose en mars 1971 une [http://www.amtsdruckschriften.bar.admin.ch/viewOrigDoc.do?id=10100953 motion] en faveur d&#039;une initiative cantonale demandant la suppression des articles 118 à 121 du CP.  &lt;br /&gt;
Cette démarche est suivie du lancement, en juin de la même année, par un comité de cinq personnes, de l&#039;initiative populaire fédérale pour la décriminalisation de l&#039;avortement, largement soutenue notamment par le mouvement des femmes. En 1972, les milieux chrétiens conservateurs font circuler une pétition &amp;quot;Oui à la vie, non à l&#039;avortement&amp;quot;. A partir de ce moment-là, nous voyons apparaître les organisations et les mouvements féministes qui manifestent en faveur de l’interruption de grossesses libres et gratuites, ainsi que pour revendiquer [http://www.svss-uspda.ch/index.html la décriminalisation de l’avortement].  Deux propositions sont donc faites : accorder un délai pour l&#039;avortement (par exemple : les avortements pourront être légaux pendant les 10 premières semaines de grossesse)ou élargir les motifs pour l&#039;avortement (par exemple : souffrances psychiques, douleurs physiques, ...)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C&#039;est une lutte qui s&#039;engage contre des mentalités traditionnelles où l&#039;homme est dominant dans la société. La prise de conscience des femmes et de leurs conditions se fait petit-à-petit, en prenant plus d&#039;ampleur au milieu des années 70. C&#039;est la réunion de plusieurs milliers de femmes qui implique que l&#039;on puisse qualifier le [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]] de mouvement. Ce sont des femmes de tout âge qui se battent pour l&#039;amélioration de leur conditions de vie. Ces mouvements veulent principalement lutter pour le droit du libre choix des femmes ou de manière générale à ce que l&#039;on nomme l&#039;autonomie des femmes. A cette époque, il y a &amp;quot;deux types de femmes&amp;quot; :  celles qui font des études mais qui restent à la maison pour materner, ou bien celles qui font des études et qui travaillent. Ces dernières se trouvent confrontées à la réalité sociale : avec le même titre professionnel, les femmes obtiennent des salaires bien inférieurs à ceux des hommes. Suite à cette prise de conscience face au [http://www.scienceshumaines.com/peut-on-en-finir-avec-le-plafond-de-verre_fr_22408.html Plafond de Verre],les femmes se réunissent pour échanger leurs histoires. Elles se mobilisent donc afin de pouvoir avoir le contrôle sur leur vie, et sur leur corps. L&#039;une des grandes luttes se concentrer autour du contrôle de leurs corps : ce qu&#039;elles nomment la mobilisation pour la ré-appropriation du corps. Il s&#039;agit de donner aux femmes la possibilité de choisir leur maternité, leur contraception, et leur médicamentation. En 1978, sur le canton de Genève, l&#039;ouverture du Dispensaire des femmes (par [[Rina Nissim]]) leur permet d&#039;être accueillies dans un lieu où on leur donne des conseils, des listes de gynécologues tolérants face aux choix d&#039;avorter ainsi que différentes méthodes pour soigner les maladies génitales, ... De plus, les femmes peuvent, si elles le veulent, accéder au groupe action Self-Help du [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]] ; qui est un lieu où l&#039;on échange sur son vécu, et où l&#039;on pratique des examens concrets pour découvrir son corps. L&#039;instruction, comme l&#039;évoque [[Amélia Christinat|Mme Christinat]] permet aux femmes de comprendre les injustices auxquelles elles sont confrontées et de se mobiliser pour que toutes les sociétés reconnaissent les femmes comme des personnes avec un cerveau. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans le même temps, une nouvelle réglementation sur l’avortement est considérée par le Conseil fédéral, et trois variantes sont discutées : la première, appelée &amp;quot;solutions des indications&amp;quot; autorise l’avortement dans les situations où la grossesse menace la vie ou la santé de la femme, en cas de viol, ou encore si l’enfant présente un trouble ou une déficience physique et/ou mentale. Une autre variante est celle des « indications sociales » qui prend en compte la situation sociale précaire de la femme. Finalement, la troisième, « solution des délais », permet l’avortement pendant les douze premières semaines de grossesse. Il va sans dire que les partis politiques, les organisations et les cantons conservateurs catholiques sont en faveur de la solution la plus restrictive, alors que leurs rivaux refusent les trois types de variantes et revendiquent l’avortement libre et gratuit. Le Conseil fédéral  rejette l’initiative pour la décriminalisation de l’avortement, mais opte finalement pour la solution des indications élargies, attisant ainsi le mécontentement des deux camps. &lt;br /&gt;
Face au rejet de l’initiative populaire pour la décriminalisation de l’avortement, [http://www.svss-uspda.ch/index.html l’Union Suisse pour la Décriminalisation de l’Avortement] (USPDA) (dont fait partie [[Amélia Christinat]])propose un compromis et lance une initiative qui cette fois rejoint l’idée de la solution des délais. « L’initiative réclame la décriminalisation de l’avortement s’il est pratiqué par un  médecin avec le consentement de la femme pendant les douze semaines qui suivent les dernières règles ». Cependant, celle-ci essuie à nouveau un échec : elle est rejetée par la majorité des cantons. &lt;br /&gt;
Les années suivantes toutes les propositions d&#039;initiatives,pour ou contre l&#039;avortement, sont sans cesse rejetées. Mais les luttes féminines pour le droit à l&#039;avortement s&#039;amplifient durant cette période afin de faire changer les droits de la personne et principalement les droits de la femme. Ce n’est qu’en 1990, que l’idée d’une révision de la loi relative à l’avortement est remise sur le devant de la scène. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous constatons que cette période est riche pour la mobilisation des droits des femmes ; de multiples groupes se forment à l&#039;intérieur du [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]], de nouveaux établissements pour les femmes se créent, [http://www.letempsarchives.ch/Default/Scripting/ArticleWin.asp?From=Archive&amp;amp;Source=Page&amp;amp;Skin=LeTempsFr&amp;amp;BaseHref=JDG/1997/09/03&amp;amp;PageLabelPrint=6&amp;amp;EntityId=Ar00600&amp;amp;ViewMode=HTML les partis politiques] se questionnent à nouveau, même [http://www.letempsarchives.ch/Default/Scripting/ArticleWin.asp?From=Search&amp;amp;Key=JDG/1997/09/05/11/Ar01104.xml&amp;amp;CollName=JDG_1990_1999&amp;amp;DOCID=47725&amp;amp;PageLabelPrint=11&amp;amp;Skin=LeTempsFr&amp;amp;enter=true&amp;amp;AW=1389277112258&amp;amp;sPublication=JDG&amp;amp;sScopeID=All&amp;amp;sSorting=IssueDateID%2cdesc&amp;amp;sQuery=%22avortement%20%22%20suisse&amp;amp;rEntityType=&amp;amp;sSearchInAll=false&amp;amp;RefineQueryView=%2552%2565%2563%2568%2565%2572%2563%2568%2565%2572%2520%2570%2561%2572%256d%2569%2520%256c%2565%2573%2520%2572%25u00e9%2573%2575%256c%2574%2561%2574%2573&amp;amp;StartFrom=5&amp;amp;ViewMode=HTML Le Conseil d&#039;Etat Vaudois], etc. Des femmes se mobilisent également pour d&#039;autres causes qui ne les touchent pas particulièrement puisque nous verrons, dans [[Accueil|le dernier chapitre]] de cet article, que plusieurs d&#039;entres-elles se sont mobilisées pour le droit à l&#039;autodétermination [[Droits des patients (à l&#039;hôpital)|des patient des hôpitaux]]. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De manière générale, c&#039;est surtout l&#039;envie de faire changer la mentalité de la société pour que les femmes aient les mêmes droits que les hommes, qui se fait ressentir. Nous avions déjà retrouvé ce point en 1791 en France où est apparue la [http://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9claration_des_droits_de_la_femme_et_de_la_citoyenne Déclaration des Droits de la Femme et de la Citoyenne] se basant sur la [http://www.textes.justice.gouv.fr/textes-fondamentaux-10086/droits-de-lhomme-et-libertes-fondamentales-10087/declaration-des-droits-de-lhomme-et-du-citoyen-de-1789-10116.html version originale] et dont le but était de montrer l&#039;égalité juridique entre homme et femme.   &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Depuis 1990 ===&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Les différentes mobilisations des femmes soixanthuitardes ont permis la diminution d&#039;une multitude d&#039;inégalités pour lesquelles elles se mobilisaient.&lt;br /&gt;
Revenons tout d&#039;abord, en 1994, où l&#039;on constate un net recul du nombre d’avortements légaux. Ceci peut s’expliquer par une diffusion de l’information (éducation sexuelle) et la libre disposition de moyens contraceptifs. Ce phénomène vient appuyer l’idée que la libéralisation ne conduit pas à une augmentation des avortements, bien au contraire. Plusieurs services se sont donc installés suite aux manifestations des femmes dans les rues. A partir de là, les choses commencent à changer et vont en faveur de la décriminalisation de l’avortement. En effet, le Conseil National adopte en 1995 &amp;quot;la solution des délais&amp;quot;. En 1996, la Commission des Affaires Juridiques du Conseil National ratifie un projet de loi qui prévoie la décriminalisation de l’avortement pendant les 14 premières semaines après les dernières règles. On voit même les femmes du parti démocratique-chrétien (PDC) aller en faveur du droit de la femme à l’autodétermination et pour &amp;quot;la solution des délais&amp;quot;. De nombreuses organisations telles que la Fédération suisse des Eglises protestantes, les groupes des femmes radicales de Suisse, accueillent cette solution des délais comme un compromis tolérable. Toutefois, le Conseil Fédéral rejette une fois de plus la &amp;quot;solution du délai&amp;quot; en 1998. Nous constatons donc que les manifestations pendant plus de 15ans, ne suffisent pas pour que la Suisse autorise l&#039;avortement. En France par exemple, la lutte des femmes a été moins longue en ce qui concerne le droit à l&#039;avortement puisqu&#039;il est autorisé depuis  [http://fr.wikipedia.org/wiki/Loi_Veil_du_17_janvier_1975_sur_l&#039;interruption_volontaire_de_grossesse 1975] et suite [http://fr.wikipedia.org/wiki/Manifeste_des_343 aux manifestes des 343] de 1971. &lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Par ailleurs, la pilule abortive Mifegyne (RU 486) est admise et commercialisée en Suisse dès 1999. La [http://webcache.googleusercontent.com/search?q=cache:aZM-IrETCowJ:bijsluiters.fagg-afmps.be/DownloadLeafletServlet%3Fid%3D109287+&amp;amp;cd=9&amp;amp;hl=fr&amp;amp;ct=clnk&amp;amp;gl=ch&amp;amp;client=firefox-a notice] d&#039;utilisation explique son utilité : &amp;quot;Mifegyne est un médicament qui bloque l&#039;action de la progestérone, une hormone nécessaire au maintien de la grossesse. Mifegyne peut donc provoquer une interruption de grossesse.&amp;quot; Cependant cette méthode médicamenteuse est soumise aux mêmes dispositions pénales que l’avortement et est prescrite uniquement par le corps médical.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Finalement, le Parlement adopte la solution du délai en mars 2001 qui est rentré en vigueur en 2002. « Ainsi l’avortement n’est pas punissable pendant les 12 premières semaines de la grossesse à condition que la femme fasse valoir une situation de détresse. Les cantons doivent décider quels cabinets et établissement peuvent pratiquer l’intervention. » &amp;lt;ref&amp;gt;Rey, A.-M., 2013, Régime du délais, USPDA. Consulté le 7 Décembre sur http://www.svss-uspda.ch/fr/suisse/loi.htm&amp;lt;/ref&amp;gt; De plus, Rey (2013), illustre les modifications entre l&#039;ancienne et la nouvelle loi de 2002, relatif à l&#039;avortement. &amp;lt;ref&amp;gt;Rey, A.-M., 2013, Comparaison ancienne et nouvelle législation, USPDA. Consulté le 7 Décembre sur http://www.svss-uspda.ch/fr/suisse/comparaison.htm &amp;lt;/ref&amp;gt; Depuis ce jour, la femme est la seule personne qui ait le droit de choisir ou non l&#039;avortement. En aucun cas, une personne tierce (et même si celle-ci a une blouse blanche) ne pourra refuser l&#039;avortement d&#039;une femme dans les douze premières semaines de grossesse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous pouvons donc conclure que « les discussions provoquées en 1971 par l’initiative en faveur de la décriminalisation de l’avortement ont été à l’origine d’un changement des mentalités et d’une prise de conscience ».&amp;lt;ref&amp;gt;Rey, A.-M., 2013, Chronologie des événements dès 1970, USPDA. Consulté le 7 Décembre sur http://www.svss-uspda.ch/fr/suisse/chronologie.htm &amp;lt;/ref&amp;gt; En effet, nous assistons à une diminution du nombre de condamnations et à une libéralisation de la pratique de l’avortement. Par ailleurs, on se rend compte qu’à travers la mise en place de centres de plannings familiaux et des dispositifs d’informations, comme l’éducation sexuelle, on parvient à lutter contre l’avortement.  La prévention prévaut donc à la pénalisation. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cependant on constate que la réglementation à ce sujet peut encore être modifiée, car ce droit à l’avortement est sans cesse remis en question. En effet, en 2010, le mouvement anti-avortement « Mamma », qui s&#039;intitulait auparavant &amp;quot;Pour la mère en l’enfant&amp;quot;  lance une initiative populaire : « Financer l’avortement est une affaire privée ». Il s’agit d’une initiative qui demande que l’IVG ne soit plus pris en compte par les prestations de l’assurance maladie de base, et ce en invoquant l’idée qu’il s’agit d’une décision d’ordre privé, et que de ce fait le financement public n’a pas de sens. Cependant, on remarque que le droit à donner la vie est également de l’ordre du privé, et pourtant celui-ci n’est pas contesté. [[Entretien Rina Nissim|Rina Nissim]], nous met en garde contre la tournure que prennent les événements d&#039;aujourd&#039;hui (concernant le financement de l&#039;avortement). En effet, selon elle, nous serions en pleine régression concernant le libre choix de la femme. A contrario des générations d&#039;après 70, il faut que les générations d&#039;aujourd&#039;hui se mobilisent pour faire en sorte de garder un droit durement acquis par les femmes soixanthuitardes. La votation de Février 2014 qui se prépare pourrait modifier les droits que nous avons jusqu&#039;à présent. Si les générations de maintenant et les suivantes veulent elles aussi avoir la possibilité de choisir leur grossesse, elles se doivent de s&#039;impliquer pour faire en sorte de ne pas perdre les droits acquis.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le droit à l&#039;avortement est également contesté dans [http://www.planning-familial.org/actualites/lavortement-en-europe-ou-sont-les-bonnes-nouvelles-0012490 les autres pays Européens]. L&#039;Irlande et l&#039;Espagne seraient les deux pays Européens les plus réactionnaires au droit à l&#039;avortement. En effet, le premier ministre devrait sous peu, mettre en place une nouvelle loi sur ce sujet. L&#039;avortement ne  sera alors possible que dans l&#039;une des trois conditions (viol, malformation du fœtus ou danger de la mère) et les personnes mineures devront avoir une autorisation des parents. &amp;lt;ref&amp;gt;Magnan, P., (2014) &#039;&#039;Avortement : le retour en arrière de l&#039;Espagne, premier signe en Europe ?&#039;&#039;. consulté le 6 Janvier 2014 sur http://geopolis.francetvinfo.fr/avortement-le-retour-en-arriere-de-lespagne-un-premier-signe-en-europe-28245 &amp;lt;/ref&amp;gt; Dans le cas de l&#039;Espagne, ce projet de loi fait un retour en arrière dans l&#039;histoire de droits des femmes puisqu&#039;il s&#039;agit de la loi d&#039;il y a 30 ans&amp;lt;ref&amp;gt;&amp;quot;L&#039;Espagne veut revenir à la loi d&#039;il y a trente ans&amp;quot;.Tribune de Genève, Avortement, 21-22 décembre 2013, p. 7.&amp;lt;/ref&amp;gt;. La crise économique, comme nous l&#039;avait précisé [[Rina Nissim]], influencerait les multiples régressions concernant les droits des femmes ; dont celui de leur intégrité physique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les témoins qui ont participé aux changements ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous avons décidé d&#039;interroger des personnes qui se sont mobilisées en Suisse pour le droit à l&#039;avortement. Elles pourront donc partager des éléments personnels sur le contexte de l&#039;époque, et les problèmes qu&#039;elles ont pu rencontrer pour la mise en place de ce droit. &lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Nous avons dans un premier temps contacté Mme [[Amélia Christinat|Christinat Amélia]], avec qui l&#039;une de nous avait déjà travaillé il y a quelques années. Cette personne a donc accepté de participer à notre recherche en répondant à nos questions lors d&#039;un entretien.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un second temps nous avons contacté Mme [[Salika Wenger|Wenger Salika]], marraine de l&#039;association &amp;quot;Ni pute, Ni soumise&amp;quot; qui est actuellement impliquée dans la politique sur Genève puisqu&#039;elle fait partie du Conseil Administratif de la ville de Genève. Deux d&#039;entre nous l&#039;ont connue lors de sa venue à [http://www.infrarouge.ch/ir/1858-seins-nouvelle-arme-feministes l&#039;émission télévisée Infrarouge (RTS)] dédiée aux mouvements des Femens (novembre 2011). Après discussion téléphonique, nous avons eu des éléments pertinents qui pourraient nous intéresser pour notre recherche, cependant [[Salika Wenger|Mme Wenger]] était très occupée et n&#039;a pas pu nous accorder un entretien avant Janvier 2014. C&#039;est pourquoi après réflexion, nous avons décidé de contacter une troisième personne qui pourrait éventuellement être plus disponible : Mme [[Rina Nissim|Nissim Rina]]. Par l&#039;intermédiaire de Mme Ruchat nous avons obtenu ses coordonnées téléphoniques et avons pu avoir un rendez vous rapidement.&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Afin de leur éviter un  quelconque déplacement,nous avons rencontré ces personnes à leur domicile. De plus, pour des raisons pratiques et également afin de ne pas abuser de leur hospitalité, nous avons décidé de mener ces entretiens par groupes de trois.&lt;br /&gt;
Nous proposerons aux différents acteurs de partager leurs souvenirs concernant les années 1970 à Genève afin que nous comprenions la situation actuelle du droit à l&#039;avortement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Retour sur les entretiens==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== [[Entretien Rina Nissim|Entretien]] de [[Rina Nissim]] ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Notre premier entretien s&#039;est déroulé le mercredi 27 Novembre. Trois étudiantes se sont rendues au cabinet de [[Rina Nissim]]. L&#039;entretien qui en découle nous a projeté dans un univers très différent du notre : où la femme n&#039;avait que très peu de droits. C&#039;est de par son discours, que la militante [[Rina Nissim]],a partagé avec nous des informations sur l&#039;ambiance, la mobilisation et la persévérance des actrices de cette époque. C&#039;est par la prise de conscience de plusieurs injustices que les femmes se regroupent pour se mobiliser contre une société qui octroie peu de considération aux femmes. Le [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]], lutte donc de manière générale pour plusieurs droits (droit à l&#039;égalité salariale, droit à la contraception, droit à l&#039;avortement, ...).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== [[Entretien Amélia Christinat|Entretien]] d&#039;[[Amélia Christinat]] ===&lt;br /&gt;
Le second entretien s&#039;est déroulé le 5 décembre chez [[Amélia Christinat|Christinat Amélia]]. A notre arrivée, nous lui avons dit que nous avions déjà des questions précises à lui poser et que ces questions seraient les mêmes pour tous les groupes. En effet, sachant que c&#039;est une femme très bavarde nous avons préféré poser le cadre dès le départ. &lt;br /&gt;
Nous avons pu constater en rentrant dans son salon qu&#039;elle avait préparé différents articles concernant le droit à l&#039;avortement - des articles qu&#039;elle nous a présenté tout au long de l&#039;interview -.&lt;br /&gt;
C&#039;est avec beaucoup d&#039;émotion qu&#039;elle a répondu à nos questions et qu&#039;elle a raconté son combat pour les différents droit de la femme - droit de vote, droit à l&#039;avortement etc.-.A travers ses propos nous avons vraiment ressenti,l&#039;importance que ces combats ont eu pour elle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Points communs entre les entretiens=== &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plusieurs points communs ressortent de ces deux entretiens.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout d&#039;abord, nous constatons que le droit à la réappropriation du corps ou plutôt à l&#039;autonomie des femmes, comme cité par [[Rina Nissim]], représente l&#039;un des combats des années 1960-80. Si les femmes, par leur combats, manifestations ont réussi à faire valoir leur droit à l&#039;avortement, elles ont aussi lutté pour la mise en place d&#039;autres valeurs telles que le droit à la contraception, le droit de vote, le droit d&#039;accès aux études. Toutes ces luttes sont évoquées par les deux femmes interrogées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Afin de parvenir à ces changements, il a fallu se réunir entre femmes. A partir du moment où nous souhaitons un changement important, il est nécessaire d&#039;obtenir une mobilisation importante. [[Rina Nissim]] part d&#039;un petit groupe, le [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]] qui finalement va prendre une grande ampleur et [[Amélia Christinat|Amélia Christianat]] s&#039;impose dans la politique. Pour ces deux protagonistes,il paraît évident que pour espérer un changement, il faille se réunir en groupe. La notion de communauté prend donc toute son importance. La notion de communauté est définie comme étant un état de ce qui est commun à plusieurs personnes, similitudes, groupe constituant une société, mise en commun des biens entre époux. Au sens étymologique originel : cum munus. La communauté est donc un groupe de personnes (cum) qui partagent quelque chose (&amp;quot;munus&amp;quot;)- un bien, une ressource, ou bien au contraire une obligation, une dette.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Même si le concept de communauté n&#039;est pas cité explicitement dans nos entretiens, il apparaît tout au long, puisque chacune d&#039;entre elles a rejoint un groupe dans lequel elles trouvaient des intérêts communs. Chaque membre décide alors en quoi, comment et quand il contribuera à ce groupe. Dans ce cas, [[Rina Nissim]] et [[Amélia Christinat]] en tant que féministe se sont engagées et ont lutté pour le droit des femmes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Enfin, il est intéressant de constater que nos deux intervenantes tirent un bilan mitigé de ces luttes pour les droits des femmes. [[Amélia Christinat]] dit :&amp;quot; Alors en fait tout changement, toute progression que l’on peut interpréter comme sociale n’est jamais définitivement acquise. Donc en fait, il faut veiller continuellement, défendre continuellement où que vous soyez et avec qui que vous soyez.&amp;quot; Quant à [[Rina Nissim]], elle dit :&amp;quot;Malheureusement dans la société c’est comme ça, il faut tout le temps se battre. Ça c’est un point sur lequel on est en recul.&amp;quot;, On est en plein recul. Donc y a un ou deux pays qui ont avancé, pour l’instant y en a douze qui ont régressé. Donc cela ne va pas du tout cette affaire, on a une très mauvaise posture.&amp;quot; Ainsi, la question des droits pour la personne n&#039;est jamais complètement acquise. Il faut sans arrêt se battre pour continuer à faire valoir ses droits en tant que personne.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il convient à présent de reprendre l&#039;ensemble des questions posées et d&#039;en ressortir les éléments importants :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- &#039;&#039;&#039;Depuis quand et avec qui vous vous êtes engagée dans la lutte pour les droits de la femme et quel était à ce moment votre statut (ou fonction)? Dans quel contexte s&#039;est inséré cette démarche ?&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les deux personnes interrogées ont un parcours différent et leur action ne s&#039;est pas faite au même niveau. [[Rina Nissim]], après son interruption de grossesse à 19 ans, trouve un tract dans un local d&#039;anarchiste. C&#039;est un tract du [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]] qui invite des femmes à rejoindre leur groupe. [[Rina Nissim]] est intéressée et entre alors au [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]]. Elle est alors la plus jeune de la bande. Il n&#039;y avait pas de statut en tant que tel mais chacune apportait ses connaissances et son envie de se battre pour obtenir plus de droit pour la femme. Quant à [[Amélia Christinat]], elle agit plutôt à un niveau politique et va faire un long parcours en passant par le législatif, le cantonal puis le niveau national afin d&#039;apporter des changements reconnus dans toute la Suisse. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- &#039;&#039;&#039;Y a-t-il eu un événement originel? Pourriez vous nous raconter un ou des événements marquant que vous avez mené ou qui vous ont frappé dans cette période en faveur de ces droits ?&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;un des droits qui a frappé [[Rina Nissim]] dans cette période est l&#039;accès à l&#039;avortement libre et gratuit ainsi que l&#039;accès à la contraception. Elle explique que c&#039;est l’accessibilité à l&#039;avortement qui était problématique.Le planning familial a été une grande innovation mais n&#039;était pas encore présent dans les mentalités de tous, et ce, notamment chez les gynécologues qui n&#039;acceptaient pas tous de donner la pilule. Le [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]] faisait des listes des médecins qui étaient d&#039;accord de prescrire cette pilule et dirigeaient les femmes au bon endroit. Cependant, elle ne nous décrit pas un événement très précis, une action qu&#039;elle a effectuée qui a pu entraîner ces changements. C&#039;est néanmoins des manifestations importantes et à plusieurs reprises qui ont permis ces évolutions. [[Amélia Christinat]] considère aussi que le droit à l&#039;avortement est un événement phare de cette époque et ajoute que le droit de vote pour la femme est aussi l&#039;un des événements marquants. Elle donne comme exemple les luttes ouvrières françaises qui allaient en Belgique pour se faire avorter parce que c&#039;était défendu en France et qu&#039;elles n&#039;avaient pas d&#039;argent. C&#039;est un événement particulièrement marquant et touchant selon elle. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- &#039;&#039;&#039;Quels ont été les changements les plus importants auxquels vous ayez assisté ?&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Rina Nissim]] évoque plusieurs changements auxquels elle a pu assister. Elle parle de la libération des femmes. C&#039;est se considérer comme un individu à part entière, qui peut décider de soi-même, d&#039;être un vrai sujet dans leur vie, dans leur sexualité, dans leur contraception, dans leur choix professionnel. D&#039;après elle, il y a donc eu plusieurs droits : celui de l&#039;avortement avec pour commencer le remboursement par les caisses maladies en 81, le droit au divorce, le divorce. [[Amélia Christinat]] ajoute à l&#039;ensemble de ces changements le droit de vote, en disant qu&#039;à partir du moment où nous avons le bulletin, c&#039;est quelque chose de très important puisque les femmes sont considérées comme une personne. Nous pouvons rattacher cela à l&#039;ensemble de cette étude qui étudie le droit des personnes. Dans le cas des différentes luttes pour le droit des femmes, nous cherchons à mettre en avant qu&#039;elles sont avant tout des personnes qui doivent avoir la liberté de choisir, de donner leur avis. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-&#039;&#039;&#039; Y a-t-il eu des valeurs que vous avez eu le sentiment d’avoir porter en avant et si oui lesquels  ?&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Différentes valeurs sont mises en avant par les deux femmes interrogées. C&#039;est le féminisme, l&#039;humanisme, le socialisme, l&#039;anarchisme. De manière générale l&#039;autonomie des femmes marqué par la réappropriation de son corps. Dans leur discours, les deux femmes montrent bien qu&#039;auparavant nous étions considérés comme femme de.., fille de... que les femmes ont toujours du être meilleure que les hommes. Elles devaient tout faire. De ce fait, les femmes n&#039;étaient pas des sujets en tant que telle. Ce n&#039;est qu&#039;après de nombreuses luttes que nous avons mis en avant le fait que les femmes soient avant tout des personnes à part entière. Elles ont maintenant le même statut, les mêmes droits que les hommes. Bien que comme le relève [[Rina Nissim]] et [[Amélia Christinat]] cela n&#039;est pas quelque chose d&#039;acquis, et cette évolution à tendance à reculer. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039; Mais qu’en est-il aujourd’hui de cette lutte et des acquis et des risques de retour en arrière ?&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le maître mot de ces deux femmes concernant cette lutte est que rien n&#039;est acquis. Il faut toujours se battre parce que les choses ont tendance à régresser. Aujourd&#039;hui le droit de vote, le droit d&#039;accès aux études est l&#039;un des points acquis. Cependant, la question de l&#039;avortement est remis en cause, et fait l&#039;objet de tensions actuelles puisqu&#039;il est question de supprimer le remboursement des avortements. C&#039;est donc l&#039;une des causes pour lesquelles il faut continuer à se battre et faire valoir ses droits si l&#039;on ne veut pas revenir en arrière.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Conclusion ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans ce chapitre, nous nous sommes centrées sur les droits des femmes concernant l&#039;avortement. En effet, nous avons vu que ce droit a été difficilement acquis après une forte mobilisation des femmes de la fin des années soixante jusqu&#039;à la fin des années nonante. Les deux actrices que nous avons eu la chance de pouvoir interroger, nous ont communiqué leur passion et leur investissement dans cette lutte qui reste quotidienne. En effet, toutes deux nous ont précisé que le contexte économique engendrait une régression des droits qu&#039;elles avaient acquis auparavant. La lutte, doit continuer avec les nouvelles générations, si elles ne veulent pas perdre leurs droits. &lt;br /&gt;
Nous avons vu que les femmes se sont impliquées pour revendiquer l&#039;égalité avec les hommes. C&#039;est une lutte pour le droit à l&#039;autodétermination mais aussi à l&#039;intégrité physique qui a été le plus revendiquée à travers le droit à l&#039;avortement. La liberté de pouvoir choisir sa maternité était donc l&#039;un des éléments pointés par nos actrices. Dans le chapitre suivant, concernant [[Droits des prisonniers|le droit des prisonniers]] nous verrons que les associations se sont également mobilisées pour donner ces droits aux prisonniers. De plus, nous voyons dans le cursus de notre formation que [[Droits des personnes en situation de handicap|les personnes en situation de handicap]] subissent également des inégalités fréquentes. En effet, nous sommes sensibilisées par le fait que toute personne à le droit de choisir ce qui la concerne ; c&#039;est ce que l&#039;on nomme l&#039;autodétermination. Plus largement l&#039;autodétermination faisait également partie des revendications concernant [[Droits des patients (à l&#039;hôpital)|les patients à l&#039;hôpital]] (puisque nous verrons qu&#039;ils ont lutté pour ne plus être des cobayes) et [[Droits des patients psychiatriques|les patients psychiatriques]] (puisque nous verrons que leurs luttes portaient sur des alternatives aux médicaments et de laisser le choix aux patients psychiatriques).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Références bibliographiques ==&lt;br /&gt;
&amp;lt;references/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;&amp;lt;big&amp;gt;Vidéo :&amp;lt;/big&amp;gt;&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Roussopoulos Carole, &#039;&#039;Debout ! Une histoire du mouvement des femmes 1970-80&#039;&#039;, 1999. Consulté le 19 Novembre 2013 sur http://ballonsonde.org/wikiSonde/videos/Femmes_Debout.htm&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;&amp;lt;big&amp;gt;Documents scannés :&amp;lt;/big&amp;gt;&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Archives contestataires de Genève, Mouvements de Liberté des Femmes : 1970-90[[Fichier:MLF femme.pdf|vignette|Document des archives contestataires]]&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
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Archives contestataires de Genève, Mouvements de Liberté des Femmes : 1970-90[[Fichier:MLF archives.pdf|vignette|Documents des archives contestataires]]&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
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Archives contestataires de Genève, Mouvements de Liberté des Femmes : 1970-90 [[Fichier:MLF avorter.pdf|vignette|Document des archives contestataires]]&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Archives contestataires de Genève, Mouvements de Liberté des Femmes : 1970-90 [[Fichier:MLF personne.pdf|vignette|Document des archives contestataires ]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Auteurs du chapitre ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Julie Petot&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Harmony Godin&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Julie</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Conclusion_sur_les_droits_des_personnes&amp;diff=12853</id>
		<title>Conclusion sur les droits des personnes</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Conclusion_sur_les_droits_des_personnes&amp;diff=12853"/>
		<updated>2014-01-11T14:32:32Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Julie : /* Et les sciences de l&amp;#039;éducation dans tout ça? */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;== Que sont les droits de la personne entre 1960-1980? ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous pouvons constater que ces droits se sont construits socialement et historiquement à partir de revendications égalitaires de minorités, souffrantes généralement :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* les enfants&lt;br /&gt;
* les femmes (paradoxalement)&lt;br /&gt;
* les prisonniers.&lt;br /&gt;
* les patients psychiatriques&lt;br /&gt;
* les personnes en situation de handicap&lt;br /&gt;
* Les patients dans les hôpitaux (victimes d&#039;abus d&#039;expérimentation).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des acteurs se sont donc mobilisés pour que ces personnes puissent acquérir les mêmes droits qui sont proclamés dans la Déclaration Universelle des Droits de l&#039;Homme. En effet, nous avons relevé à travers nos différents chapitres que les personnes militantes se mobilisaient pour le droit à l&#039;intégrité physique (femmes, prisonniers, patients) mais aussi pour le droit à l&#039;autodétermination (personne en situation de handicap) ou également pour  le droit à la parole, à l&#039;éducation, ... (enfants). Globalement c&#039;est une atteinte à l&#039;égalité que souhaite chacune de ces minorités. L&#039;émancipation de ces populations et la reconnaissance de leurs droits, en tant que personnes, en tant qu&#039;êtres humains, se sont souvent faites suite à une remise en question des institutions ou plus globalement de la société.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un certain nombre de constats peuvent être relevés:&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Pour avoir des droits il faut se battre pour les avoir; c&#039;est une lutte permanente ce n&#039;est jamais acquis.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Le temps de la construction des droits est un temps long pour les promoteurs, mais un temps court dans l&#039;histoire de la démocratie et de l&#039;humanité (1789).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Sur la question des droits, le risque est toujours présent de régression.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La prise de conscience de l&#039;égalité des individus quelques soient leur situation comme personne (droit à la parole, droit à l&#039;intégrité physique, droit de vote, dignité, consentement, participation, etc.).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Changement de &amp;quot;posture&amp;quot; par rapport à la revendication de droits pour des populations &amp;quot;marginalisées&amp;quot; (patients psychiatriques, handicapés, prisonniers).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Articulation entre droits de l&#039;homme et du citoyens et les droits envers une population spécifique (handicap. prisonniers, patients psychiatrique, etc.): les droits de la personne? les droits de l&#039;être humain?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Faire valoir ses droits (les connaître, les faire respecter, participer à leur application).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Le contexte: climat économique, contingence sociale et politique, &amp;quot;esprit du temps&amp;quot; de l&#039;après-guerre. Quid d&#039;aujourd&#039;hui === &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A travers nos différents chapitres sur les droits des personnes, nous avons constaté que toutes les mobilisations ont émergé à la suite de la seconde guerre mondiale. En effet, la Déclaration Universelle des Droits de l&#039;Homme, a permis de lutter contre les injustices qui se faisaient à l&#039;encontre des populations marginalisées (enfants, femmes, prisonniers, personne en situation de handicap, patients psychiatrique et patient à l&#039;hôpital). Plus particulièrement, nous avons vu que le jugement de Nuremberg, où des médecins nazis sont condamnés pour causer la mort et l&#039;humiliation d&#039;une minorité de la population, la population juive, a été déterminant dans la promotion des droits humains. Cette population était séquestrée pour faire des expériences en médecine sur eux.  L&#039;émergence des revendications de l&#039;après guerre en matière d&#039;égalités des femmes, de protection de l&#039;enfant, de droit des patients en psychiatrie, ainsi que de droits des prisonniers prennent pour cible la société de type capitaliste, inégalitaire – et dans laquelle les écarts socio-économiques tendent à se creuser – et ses institutions dites alors  &amp;quot;totalitaires&amp;quot;. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le contexte de l&#039;époque était favorable à des revendications, manifestations et soulèvements de populations pour les droits des opprimés. D&#039;ailleurs, la bonne croissance économique y a beaucoup contribué. Lorsque tout va bien pour eux, les gens ne sont-ils pas prêts à aider les plus démunis ? Certains acteurs précisent que lorsque la société est en période de crise, les droits des personnes acquis durant cette période (1960-1980) tendent à régresser. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous avons pu constaté que la lutte pour le droit des personnes (enfants, femmes, prisonniers, patients ...) a duré pour la plupart plus de trente ans. Parfois les acteurs se sont investis du début jusqu&#039;à l&#039;acquisition de ce droit ; dédiant une grande partie de leur vie à ce projet. C&#039;est pourquoi, marquée de luttes, la construction des droits de l&#039;homme est un temps long pour ces promoteurs, mais si nous le  plaçons sur un axe temporel plus large, ces luttes ne constituent qu&#039;une courte période dans l&#039;histoire de l&#039;humanité. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C&#039;est en fait la lutte d&#039;associations de minorités qui va être à l&#039;origine de la reconnaissance de ces droits. Sans cette lutte point de progression pour l&#039;humanité. Nous remarquons, plus que jamais, aujourd&#039;hui, que cette lutte est permanente et n&#039;est jamais acquise. Plusieurs acteurs, que nous avons eu la chance d&#039;écouter, nous ont rappelé l&#039;importance de se mobiliser pour que ces droits restent actuels. Pour eux, la lutte ne doit cesser puisque sans une mobilisation de notre part, les droits qu&#039;ils ont acquis durement, vont rapidement régresser.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les populations dites « marginalisées », dont les femmes, sont à tout égard celles qui allaient contribuer à la fondation de la première association des droits de patients en Suisse. Ce fut donc justement ces femmes qui s’uniront pour être écoutées. Ce sont elles qui se sont questionnées et qui ont de près vécu une situation d’injustice. Une situation où les droits de patients ne s’exerçait pas. Pour la parenté d’un proche, voir que le médecin décidait à sa place sur la santé de leur proche n’était pas anodin mais injuste.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous voyons toutefois que l&#039;homme lutte pour la reconnaissance d&#039;être traité de manière égalitaire à tout un chacun qui passe par des ordonnances ou des chartes mais qui peuvent être contournées si la propre personne ne connait pas les conséquences graves de la transgression de ses droits. C&#039;est seulement lorsqu’une affaire se fait publique que les autorités réagissent pour calmer le scandale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais, aujourd&#039;hui, en pleine crise économique, les mentalités se transforment. Passant d&#039;un &amp;quot;je vais bien, il faut que j&#039;aide l&#039;autre&amp;quot; à un &amp;quot;je vais mal, c&#039;est la faute de l&#039;autre&amp;quot;. Néanmoins, d&#039;autres militants partent au combat et modifie le cap. On considère de plus en plus que le lésé est le citoyen lambda, celui qui a été objet des considérations offertes aux minorités. Par conséquence, certains considèrent qu&#039;ils ont assez obtenu. Nous avons pu l&#039;observer lors des débats autour du mariage gay en France. La forte opposition observée démontre bien d&#039;un &amp;quot;battement d&#039;aile&amp;quot; du combat pour les droits des minorités. Finalement, tous les courants de l&#039;époque que nous avons étudiés, ceux qui se battaient pour l&#039;égalité des droits pour tous, sont bousculés aujourd&#039;hui. Concernant le mariage gay, les arguments de l&#039;opposition illustre ce propos : les personnes homosexuelles ont déjà le PACS. Le mariage c&#039;est sacré. Le premier point parle du fait que le peuple a déjà &amp;quot;offert&amp;quot; des droits à cette population minoritaire et que c&#039;est suffisant. Le deuxième point avance le fait que les homosexuels ne peuvent pas disposer des mêmes droits : le mariage est réservé aux hétérosexuels. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme il a été remarqué avec les droits des patients à l&#039;hôpital ou le droit des prisonniers, une régression est toujours possible, généralement marquée par une stigmatisation de ces minorités ou une volonté d&#039;en contrôler la dynamique. Le droit des femmes pour l&#039;avortement est lui actuellement en train de faire débat, puisqu&#039;une votation aura lieu d&#039;ici quelque mois sur le non-remboursement par les caisses maladies de celui-ci. Nous revenons donc vers un statut des opprimés dans une société qui a guère de révolutionnaires des droits de la personne mais plutôt des opprimés, des persécutés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le cas récent de l&#039;Espagne illustre parfaitement la possibilité de régression. Dans la majorité des pays de l&#039;Union Européenne, l&#039;avortement est autorisé. L&#039;Espagne vient tout juste de sortir de cette majorité en modifiant la loi sur l&#039;avortement. Désormais, l&#039;avortement est interdit sauf dans quelques cas : &lt;br /&gt;
* en cas de danger physique encourus par la femme. Ce point devra avoir été vérifié par deux médecins différents et étrangers à l&#039;établissement où prendra place l&#039;avortement.&lt;br /&gt;
* en cas de viol mais à condition que la femme ait porté plainte.&lt;br /&gt;
* en cas de malformation fœtale.&lt;br /&gt;
Enfin, pour qu&#039;une mineure puisse avorter, l&#039;accord des parents sera nécessaire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est certain que, malheureusement, toutes les revendications finissent par s’essouffler. Les gens ne peuvent se battre pour une cause indéfiniment. Au bout d&#039;un certain temps, on se convainc que ce que l&#039;on a obtenu est suffisant et on arrête de se battre. Ou on arrête parce qu&#039;on est fatigué. Et la relève n&#039;est pas toujours là. Par contre, du moment qu&#039;un mouvement militant s&#039;essouffle, il y a des chances pour que le parti opposé se relève et effectue le combat inverse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce sont justement ces minorités de personnes qui en s&#039;associant, ont fait valoir leurs droits et les ont revendiqués. Ils font, d&#039;ailleurs, réfléchir, les faire connaître à une partie de la société qui guette de loin la réalité de l&#039;application de leurs droits.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En ce qui concerne les personnes en situation de handicap, si l&#039;on en croit le discours des acteurs des années 1960-1980, le combat est loin d&#039;être achevé. A l&#039;heure où l&#039;école s&#039;ouvre à l&#039;intégration, où l&#039;on parle d&#039;inclusion de tous les élèves, des institutions ségrégatives continuent de se développer, et la réalité du terrain est encore très éloignée des lois ([http://www.ge.ch/legislation/rsg/f/s/rsg_c1_12.html loi sur l&#039;intégration LIJBEP, 2008]). Le temps où l&#039;on cachait les enfants porteurs d&#039;un handicap semble révolu, et pourtant, quand on travaille dans ce milieu, les regards réprobateurs ne sont pas rares, et rappellent le chemin qu&#039;il reste à parcourir. A l&#039;Université, nombre de cours nous forment à considérer les personnes en tant que personnes, comme si cela n&#039;était pas une évidence,... &lt;br /&gt;
En bref, la question aujourd&#039;hui pourrait se résumer ainsi, en termes politiquement incorrects: la société, en temps de crise, peut-elle s&#039;offrir le luxe de se préoccuper des plus démunis?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Et les sciences de l&#039;éducation dans tout ça? ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les rencontres que nous avons faites avec ces militants d&#039;une autre époque nous ont permis d&#039;alimenter nos réflexion sur le domaine des droits de la personne entre 1960 et 1980. Nous avons surtout relevé la fougue et la passion de ces militants en faveur d&#039;autrui. C&#039;est une belle leçon d&#039;humanité que nous avons eu, puisque par leur mobilisation ils ont pu faire changer les conditions des personnes marginalisées. Nous qui avons choisi une filière sociale et qui souhaitons plus tard intervenir auprès de personnes fragilisées, cette expérience nous a appris qu&#039;il faut s&#039;engager &amp;quot;à fond&amp;quot; pour la cause que nous défendons si nous voulons qu&#039;il y ait du changement. &lt;br /&gt;
Nous avons également pu comprendre que le droit à l&#039;autodétermination des personnes en situation de handicap - que nous voyons dans le cadre de notre formation - est un droit qui a été avant cela revendiqué par d&#039;autres personnes ; les enfants, les femmes, les prisonniers, les patients psychiatriques et les patients à l&#039;hôpital. Tout ceci nous a donc expliqué que l&#039;acquisition des droits de la personne prend du temps puisque pour la plus part, il a fallu se mobiliser pendant vingt ans pour voir des changements dans la société. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des auteurs, comme Illich, préconisaient une société sans école, où l&#039;on apprendrait, directement d&#039;autrui, inséré dans un réseau, au gré de nos besoins éducatifs. La personne irait trouver les connaissances dont elle a besoin dans un réseau de connaissances et d&#039;individus, pédagogues, comme elle, en puissance. Nous constatons, également, que dans une même revendication d&#039;égalité et de remise en question des institutions, des auteurs comme Foucault dénoncent l&#039;autoritarisme d&#039;institutions comme la médecine qui en fait exerce un vrai pouvoir policier sur les personnes. Toute institution se construit socialement. Il en est de même pour la médecine qui s&#039;éloigne volontairement du patient, en adoptant une posture d&#039;expertise. Ce dernier ne construit pas le savoir médical avec le médecin, il ne connait souvent pas les méthodes de recherches concernant cet art. Or il pourrait, en aller autrement, notamment en permettant aux hommes d&#039;apprendre davantage sur la médecine et ses méthodes de construction du savoir. Le patient est avant tout une personne, comme l&#039;est d&#039;ailleurs le médecin. C&#039;est pourquoi cette dyade doit s&#039;évertuer à construire ensemble un savoir médical compréhensible par tout-un-chacun.  Telle est la condition, telle que visionnée par Illich, pour que l&#039;homme se connaisse davantage lui-même, c&#039;est-à-dire se réapproprie ce regard sur lui-même.&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Julie</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Droits_des_femmes&amp;diff=12852</id>
		<title>Droits des femmes</title>
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		<updated>2014-01-11T14:26:07Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Julie : /* Conclusion */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Introduction  == &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Actuellement le droit à l&#039;avortement pour les femmes subit encore des contestations et même une offensive de remise en question: pouvons nous encore le qualifier comme  un droit de la femme s&#039;interrogent certains ? Tout au long de cette page nous nous centrerons sur le droit à l&#039;avortement pour les femmes depuis 1970. En effet, les mouvements féministes sont présents depuis longtemps dans l&#039;histoire des droits des personnes. Dans la période de l&#039;après guerre, les femmes se sont mobilisées plus fortement pour acquérir des droits identiques à ceux des hommes. C&#039;est par la lutte pour le droit à un travail rémunéré que les mouvements prennent de l&#039;ampleur  : &amp;quot;L&#039;essort du féminisme dans cette période serait intimement lié à celui du travail salarié&amp;quot; &amp;lt;ref&amp;gt;Riot-Sarcey, M., 2008, &#039;&#039;Histoire du féminisme&#039;&#039;, Paris, La Découvertes, Repères. p. 73 &amp;lt;/ref&amp;gt;. La question de la procréation est aussi au cœur de leur mouvement, puisqu&#039;il est question de &amp;quot;repeupler&amp;quot; des pays détruits : &amp;quot;Après l&#039;hécatombe de la guerre, jusqu&#039;alors la plus meurtrière, il est nécessaire, plus que jamais de &amp;quot;remplir les berceaux vides&amp;quot;&amp;quot; &amp;lt;ref&amp;gt;Riot-Sarcey, M., 2008, &#039;&#039;Histoire du féminisme&#039;&#039;, Paris, La Découvertes, Repères. p. 73 &amp;lt;/ref&amp;gt;. Il ne faut pas non plus oublier leurs luttes pour l&#039;accès à la politique : plus précisément le droit de vote pour les femmes, qui prend de l&#039;ampleur bien avant la guerre. C&#039;est dans ce contexte d&#039;après guerre, que les femmes resurgissent au front pour valoriser des droits égalitaires et propres à leur vie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cet article est fondé à la fois sur une recherche documentaire et sur la récolte de témoignages de deux personnes pionnières dans l&#039;avancée du droit des femmes à l&#039;avortement. L&#039;article présentera également les différents mouvements féministes réalisés dans les années 1970 sur le droit à l&#039;avortement.Ceci nous montreras que la Suisse, n’a pas été la première à lutter pour le droit à l’avortement, mais que le phénomène est mondial. Les États-Unis ont été sans aucun doute les précurseurs, mais la lutte s&#039;est diffusée et reproduite dans différents pays du monde amenant à des dates différentes à autoriser l’avortement.  L&#039;article se centrera sur la lutte des femmes en Suisse et les différentes lois qui en sont ressorties et cherchera à comprendre la part qu’ont joué les deux témoins interrogées dans cette histoire récente (1970 à aujourd&#039;hui). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour ce faire, nous avons constitué une bibliographie, à partir d’ouvrages sur les mouvements féministes en général, sur la chronologie des contestations. Nous avons lu des articles scientifiques qui présentent la situation en Suisse, épluché  des informations sur les deux témoins qui ont été interrogés et consulté les archives contestataires à Carouge. &lt;br /&gt;
Nous avons également pu rencontré deux femmes militantes à Genève sur ce thème. On a donc effectué deux entretiens audio avec Madame [[Amélia Christinat]] et Madame [[Rina Nissim]] pour obtenir leur témoignage sur l’histoire des mouvements féministes des années 1960 à 1980, principalement sur la question de l’avortement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L&#039;Histoire du droit des femmes == &lt;br /&gt;
Actuellement des auteures telles que Marcella Iacub et Judith Butler font de la problématique féministe une occasion de débattre la question du genre, des identités sexuelles et limites entre les sexes (intersexe, queer, etc), laquelle peut nous aider à repenser la lutte féministe. Or, celle des années 70 (en amont en Suisse de l&#039;accession des femmes à la citoyenneté) est celle d&#039;une longue marche marquée par des féministes de l&#039;après guerre comme Simone de Beauvoir avec sa formule historique &amp;quot;On ne naît pas femme on le devient&amp;quot;, soulignant le déterminisme social de la féminité et la &amp;quot;fabrication&amp;quot; culturelle. &lt;br /&gt;
Pour tenter de comprendre ce qui s&#039;est passé durant cette époque nous allons revenir sur les faits marquants. Pour la compréhension de ce qui va suivre nous vous conseillons de lire [[Frise Chronologique du droit à l&#039;avortement|la frise chronologique]] des événements marquants pour le droit à l&#039;avortement en Suisse. &lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
=== Mouvements féministes : Buts et démarches ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce n&#039;est que dans la deuxième moitié du XIXème siècle que le féminisme se démarque en tant que mouvement collectif de luttes de femmes. &amp;quot;Ces luttes reposent sur la reconnaissance des femmes comme spécifiquement et systématiquement opprimées, l&#039;affirmation que les relations entre hommes et femmes ne sont pas inscrites dans la nature mais que la possibilité politique de leur transformation existe.&amp;quot;[3] En effet, les femmes ont dû faire face à de nombreuses inégalités et cela dans de nombreux domaines: le travail, la santé, la politique... Nous constatons encore aujourd&#039;hui que de nombreuses inégalités persistent sur le droit des femmes mais elles sont moindres ou de nature différentes que dans les années 1960-80. Pour pouvoir entrer dans un processus de revendication politique du féminisme, il faut qu&#039;il y ait une &amp;quot;relation avec une conceptualisation de droits humains universels;elle s&#039;ancre dans les théories des droits de la personne dontles premières formulations juridiques sont issues des révolutions américaines puis françaises.&amp;quot; &amp;lt;ref&amp;gt;Hirata H, et al,2000, &#039;&#039;Dictionnaire critique du féminisme&#039;&#039;, Paris : Presse Universitaires de France, p. 225&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
Il convient de faire une distinction entre les mouvements féministes et les mouvements populaires des femmes. En effet, les mouvements populaires des femmes ne mettent pas directement en avant l&#039;exigence de droits spécifiques pour les femmes. C&#039;est l&#039;emploi du mot féministe qui va changer les représentations que l&#039;on se fait à cette époque. Pour certains les féministes sont &amp;quot;trop bourgeoises au XIXème siècle et au début du XXème siècle trop radicales et ennemies des hommes après les années 1970&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;Hirata H, et al,2000, &#039;&#039;Dictionnaire critique du féminisme&#039;&#039;, Paris : Presse Universitaires de France., p. 126&amp;lt;/ref&amp;gt;. Quant à l&#039;expression &amp;quot;mouvement des femmes&amp;quot;, elle est plus souvent utilisée comme raccourci pour mouvement de libération des femmes. Voilà pourquoi elle a pu être associée au féminisme le plus radical et explique la confusion entre les deux termes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lorsque nous parlons de &amp;quot;mouvements féministes&amp;quot; nous désignons sous une même dénomination &amp;quot;les diverses formes des mouvements de femmes, le féminisme libéral ou &amp;quot;bourgeois, le féminisme radical, les femmes marxistes ou socialistes, les femmes lesbiennes, les femmes noires et toutes les dimensions catégorielles des mouvements actuels&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;Hirata H, et al,2000, &#039;&#039;Dictionnaire critique du féminisme&#039;&#039;, Paris : Presse Universitaires de France, p. 127&amp;lt;/ref&amp;gt;. Dès lors, l&#039;expression&amp;quot; mouvement des femmes &amp;quot; représente les mobilisations de femmes en Amérique Latine ou les mouvements pour la paix en Irlande ou au moyen-Orient&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;Hirata H, et al,2000, &#039;&#039;Dictionnaire critique du féminisme&#039;&#039;, Paris : Presse Universitaires de France., p.126&amp;lt;/ref&amp;gt; Dans la littérature, deux types de mouvements féministes se démarquent. Une première vague a émergé dans la seconde moitié du XIXème siècle. Elle est souvent présentée autour des revendications du droit de vote.  Au début du XXème siècle, ou les mouvements sont qualifiés de &amp;quot;néo féminisme&amp;quot;, les exigences ne se fondent pas sur une seule exigence d&#039;égalité mais sur une reconnaissance &amp;quot;de l&#039;impossibilité sociale de fonder cette égalité dans un système patriarcal&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;Hirata H, et al,2000, &#039;&#039;Dictionnaire critique du féminisme&#039;&#039;, Paris : Presse Universitaires de France, p. 126&amp;lt;/ref&amp;gt;. Le féminisme des années 1970, se fait connaitre par des mouvements anti-autoritaires, par des groupes de parole, il met en avant les formes les plus spontanées de manifestation et refuse toute organisation hiérarchique. &amp;quot; L&#039;appartenance au mouvement représente la mise en acte d&#039;une nouvelle idéologie, la recherche de sens et de valeurs communs.&amp;quot; &amp;lt;ref&amp;gt;Hirata H, et al,2000, &#039;&#039;Dictionnaire critique du féminisme&#039;&#039;, Paris : Presse Universitaires de France, p.128&amp;lt;/ref&amp;gt;. C&#039;est entre la fin des années 1960 et le début des années 1970 que le féminisme connait une ampleur internationale. &amp;quot;L&#039;onde de choc part des Etats-Unis et gagne très rapidement la Grande-Bretagne et l&#039;Allemagne dans les années 60&amp;quot;. Il faut ajouter qu&#039;en &amp;quot;dépit de son caractère extra parlementaire, le mouvement de libération des femmes a la capacité de susciter de larges mobilisations auprès des femmes syndiquées, des femmes de partis de gauche et de droite ou des associations luttant pour les droits des femmes comme le planning familial. Ce sont d&#039;abord les campagnes pour la liberté d&#039;avorter qui constituent les événements les plus importants et les plus marquants &amp;lt;ref&amp;gt;Hirata H, et al,2000, &#039;&#039;Dictionnaire critique du féminisme&#039;&#039;, Paris : Presse Universitaires de France, p. 128&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En ce qui concerne la Suisse, c’est dans la continuité du mouvement de la jeunesse estudiantine de 1968 que naît le nouveau mouvement féministe. C’est à Zurich que se sont réunies des femmes de gauche, que l’on appellera « Frauenbefreiungsbewegung » ou plus communément le FBB. Elles critiquent le fait que les femmes sont oppressées et qu’il s’agit d’une « contradiction sociale fondamentale ». Le [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]], pour la Suisse romande et le MFT au Tessin vont très rapidement suivre la création du FBB, avec comme objectif commun de « récuser l’organisation hiérarchique des associations et de la politique traditionnelle » &amp;lt;ref&amp;gt;Commission fédérale, &#039;&#039;Femmes Pouvoir Histoire&#039;&#039;, 1.3, p. 1, consulté le 27 Novembre sur http://webcache.googleusercontent.com/search?q=cache:UpvKGVSBak0J:www.ekf.admin.ch/dokumentation/00444/00517/index.html%3Flang%3Dfr%26download%3DNHzLpZeg7t,lnp6I0NTU042l2Z6ln1ae2IZn4Z2qZpnO2Yuq2Z6gpJCDdH58hGym162epYbg2c_JjKbNoKSn6A--+&amp;amp;cd=2&amp;amp;hl=fr&amp;amp;ct=clnk&amp;amp;gl=ch&amp;amp;client=firefox-a&amp;lt;/ref&amp;gt; inspirés des mouvements français et américains préalablement abordés. Cependant, des divergences existent entre tous ces mouvements sur différentes questions telles que l’avortement ou encore la possibilité pour le sexe féminin de faire l’armée. Une chronologie a été rédigée dans l’article suivant : &amp;quot;Le nouveau mouvement féministe et les organisations féminines depuis 1968&amp;quot; de la Commission fédérale pour les questions féminines de [http://www.ekf.admin.ch/dokumentation/00444/00517/index.html?lang=fr la Confédération Suisse].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La période  entre 1940-50 : une période restrictive ===&lt;br /&gt;
Pour comprendre la lutte pour l&#039;avortement comme droit de la personne il nous faut revenir sur le contexte de l&#039;après guerre. Tout comme il a été expliqué dans [[Droits des enfants|le chapitre précédent]], la Déclaration Universelle des Droits de l&#039;Homme (1948) a influencé les mouvements des femmes. Nous allons tout d&#039;abord revenir sur ce qui s&#039;est passé avant cette date, en effet nous savons que la législation suisse sur l’avortement est l’une des plus restrictives d’Europe. Les premières dispositions du Code pénal suisse à ce sujet ont été définies en 1942 et prévoient, à cette époque, l’emprisonnement de la femme qui avorte, ainsi que de la personne qui l’aide à pratiquer cet acte. En revanche, une exception existe : si la grossesse comporte un danger pour la mère et que l’interruption de grossesse est pratiquée par un médecin, l&#039;avis étant approuvé par un second médecin, l’avortement n’est alors pas punissable. On comprend alors que la conséquence a été un nombre considérable d’avortements illégaux. Cependant, la mise en place de dispositifs de préventions et d’une diffusion d’informations contribua à faire diminuer le nombre d’avortements autant illégaux, que légaux. Par ailleurs, l’Organisation Mondiale de la Santé ([http://www.who.int/fr/ OMS]) a étendu la notion de « santé » en y insérant les dimensions de bien-être psychique et social : « la santé ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité ; elle est un état de complet bien-être physique, mental et social. »&amp;lt;ref&amp;gt;Rey, A.-M., 2013, &#039;&#039;Tendance à la libéralisation&#039;&#039;, USPDA. Consulté le 7 Novembre sur http://www.svss-uspda.ch/fr/suisse/liberal.htm&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ceci légalise aussi la pratique d’interruption de grossesse et écarte la menace d’emprisonnement. &amp;lt;ref&amp;gt;Rey, A.-M., 2013, &#039;&#039;L&#039;ancienne législation de 1942&#039;&#039;, USPDA. Consulté le 7 Novembre sur http://www.svss-uspda.ch/fr/suisse/loi_1942.htm&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
Cependant, cette législation attise la colère et la montée d’une révolte. Au début du XXème siècle, on voit s’élever des mouvements, tels que les organisations ouvrières, pour lutter en faveur de la décriminalisation de l’avortement.&lt;br /&gt;
De plus, dans cette période, il existe une différence entre les cantons au niveau de la législation sur l&#039;avortement. Ceci met donc les professionnels dans l&#039;embarras puisqu&#039;ils n&#039;ont pas une pratique généralisée au niveau de l&#039;état, et cela soulève également une inégalité entre les femmes des différents cantons de la Suisse. Des mesures fédérales strictes ont donc été prises pour tenter de généraliser les pratiques et s&#039;accorder sur la pratique de l&#039;avortement : « l’institutionnalisation juridique d’une interruption de grossesse pouvant être légalement pratiquée par un médecin sous haute surveillance de l’Etat : consultation obligatoire d’un second médecin, qui doit être un spécialiste et en plus agréé par les autorités cantonales compétentes, et qui doit donner par écrit un « avis conforme ». Il faut également le consentement écrit de la femme enceinte. ». Ainsi à cette époque nous constatons que les femmes n&#039;ont pas la maîtrise de leur corps et que de ce fait la maternité ne peut se contrôler. Ce contexte illustre la réalité des femmes, soit elles ont la chance de pouvoir trouver deux médecins qui l&#039;estime en danger, soit elles décident de pratiquer un avortement illégal ce qui comporte de grands risques pour leur santé (hémorragie et infection qui peuvent entraîner la mort de la femme).&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La période 1960-70 : les premiers changements ===&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Fichier:Graphiquefemme.jpeg|vignette|gauche|Graphique représentant les condamnations des femmes]]&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Le graphique ci-contre nous montre la condamnation des femmes en ce qui concerne l&#039;avortement.&amp;lt;ref&amp;gt;Rey, A.-M., 2013, &#039;&#039;Interruption de grossesse en Suisse : les faits et les données&#039;&#039;, USPDA. Consulté le 18 Novembre sur http://www.svss-uspda.ch/pdf/faits-et-donnees.pdf &amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt; En effet, nous voyons que le pic le plus élevé se situe dans l&#039;année 1950, avec 550 condamnées. Puis lors de la commercialisation de la pilule, l&#039;emprisonnement des femmes diminue fortement l&#039;année suivante, passant d&#039;environ 400 condamnations à environ 260. De manière générale, ce graphique montre que les condamnations sur la période 1960-1980 n&#039;ont cessé de baisser. &lt;br /&gt;
Les années 60 sont donc marquées par l&#039;arrivée de la pilule contraceptive en Suisse. En effet, en 1961, la commercialisation de celle-ci fait reculer le nombre d&#039;avortement pratiqué en Suisse puisque les femmes ont un contrôle sur leur reproductibilité. Malgré tout, la pilule contraceptive circule à l&#039;époque discrètement, puisque aucune loi ne précise son autorisation. En 1965, la création du premier planning familial en Suisse au HUG permettra de conseiller les familles. L&#039;établissement ouvrira donc un pôle dédié à l&#039;information familiale et aux régulations des naissances.&amp;lt;ref&amp;gt;Fert-Bek, D., (s.d.), &#039;&#039;Historique&#039;&#039;, Le service du planning familial de Genève a 40 ans,Genève, HUG. Consulté le 18 Novembre 2013 sur http://planning-familial.hug-ge.ch/nous/historique.html&amp;lt;/ref&amp;gt; Dans cet établissement les professionnels conseillent les parents sur la manière d&#039;avoir un contrôle sur l&#039;élargissement de leur famille. Ainsi, grâce à cette structure, la pilule contraceptive a pu circuler dans le territoire helvétique. La pilule était considéré pour certain comme un enjeux économique : elle permettait de contrôler les naissances et donc de préserver la richesse, et pour d&#039;autres comme un moyen de débrider la sexualité des femmes&amp;lt;ref&amp;gt;L&#039;illustré, (s.d.) &#039;&#039;La pilule qui a changé le monde&#039;&#039;, Archives, Consulté le 18 Novembre 2013 sur http://www.illustre.ch/la_pilule_qui_a_change_le_monde_45372_.html&amp;lt;/ref&amp;gt;.   &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Mlf.jpeg|vignette|gauche|Affiche du Front des Bonnes Femmes]][[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|Le Mouvement de Libération des Femmes (MLF)]] a démarré aux Etats-Unis, et a encouragé les militants des autres pays à lutter pour améliorer les conditions féminines. Le [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]] créé en 1969 à Zurich,que l&#039;on retrouvait également dans d&#039;autres cantons  (Genève et Tessin par exemple) se base &amp;quot;sur les mouvements de libération du Tiers monde pour encourager les femmes à se libérer des contraintes inhérentes à la famille nucléaire (Rôle des sexes).&amp;quot; &amp;lt;ref&amp;gt;Jorris, E., 2009, &#039;&#039;Mouvement de libération des femmes (MLF)&#039;&#039;. Consulté le 19 Novembre 2013 sur http://www.hls-dhs-dss.ch/textes/f/F16504.php&amp;lt;/ref&amp;gt;. Sur le canton de Genève plus précisément, des groupes de certains partis de gauche militaient en ces faveurs (ils étaient très hiérarchisés et ne plaisaient pas à toutes les femmes militantes). C&#039;est donc principalement grâce à Madame Brodmann (qui a milité aux Etats-Unis) et Madame Gramoni qu&#039;il y a eu dans un premier temps le front des Bonne-Femmes (où militait aussi Rina Nissim). Leur premier slogan a été &amp;quot;Femmes décolonisons-nous !&amp;quot; avec des affiches placardées sur les façades des grandes banques : les femmes insistaient donc pour la ré-appropriation de leur corps (avortement, pilule contraceptive, ...).&amp;lt;ref&amp;gt;Roussopoulos Carole, Debout ! Une histoire du mouvement des femmes 1970-80, 1999. Consulté le 19 Novembre 2013 sur http://ballonsonde.org/wikiSonde/videos/Femmes_Debout.htm&amp;lt;/ref&amp;gt; &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Les femmes pensent donc vivre singulièrement des situations d&#039;exclusion et d&#039;injustices, or le fait de discuter ensemble elles se rendent compte qu&#039;elles vivent toutes ce genre de situation. Cette prise de conscience favorise donc la mobilisation des femmes pour combattre ces injustices dont elles sont victimes. Les communautés ou ce que l&#039;on pourrait appeler regroupements permettent donc aux femmes de prendre consciences mais aussi de prendre du pouvoir dans la société. L&#039;effet de groupe a permis de de faire rassembler dans les rues des milliers de femmes pour manifester ensemble contre des inégalités entre sexe ([[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]]).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans le même temps, il ne faut pas oublier que les avortements illégaux continuent à être pratiqués à cette période. En effet, le nombre d&#039;avortements, légaux et illégaux, est estimé à 50 000 en 1966. Les avortements légaux s&#039;élevaient à environ 17 000 en 1966 (16 000 en 1978 et 1980, 14 000 en 1985, 13 000 en 1990, 12 000 en 1995, 13 000 en 1996 et 1998). Les avortements clandestins diminuèrent grâce : &lt;br /&gt;
* à la raréfaction avec l&#039;élargissement des indications médicales dans les cantons libéraux (Zurich, Bâle-Ville, Berne, Vaud, Neuchâtel, Genève) dès les années 1950&lt;br /&gt;
* la libéralisation progressive dans d&#039;autres cantons(Tessin dès les années 1970; Argovie, Bâle-Campagne, Glaris, Schaffhouse, Soleure, Jura au cours des années 1990)&lt;br /&gt;
* la généralisation des centres de planning familial, des cours d&#039;éducation sexuelle, la diffusion de moyens de contraception sûrs dès les années 1960 &lt;br /&gt;
* le remboursement de l&#039;intervention par les caisses maladie).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On remarque que malgré les mesures juridiques fédérales restrictives, les cantons adoptent des pratiques très différentes les uns des autres. Ainsi, les dimensions d’ordre psychologique et social sont incluses dans les indications médicales des cantons libéraux, alors que la pratique est seulement tolérée dans les cantons conservateurs catholiques. Face à cette inégalité juridique, les cantons libéraux accueillent des femmes vivant dans ces cantons restrictifs pour se faire avorter. On assiste à une forme de tourisme « gynécologique ». Cela amène les cantons à réfléchir sur ces pratiques. Notamment le canton de Neuchâtel, où plusieurs affaires d&#039;avortements sont jugées. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La période 1970-1980 : La période clé ===&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
A la suite de ces scandales, le député radical Maurice Favre dépose en mars 1971 une [http://www.amtsdruckschriften.bar.admin.ch/viewOrigDoc.do?id=10100953 motion] en faveur d&#039;une initiative cantonale demandant la suppression des articles 118 à 121 du CP.  &lt;br /&gt;
Cette démarche est suivie du lancement, en juin de la même année, par un comité de cinq personnes, de l&#039;initiative populaire fédérale pour la décriminalisation de l&#039;avortement, largement soutenue notamment par le mouvement des femmes. En 1972, les milieux chrétiens conservateurs font circuler une pétition &amp;quot;Oui à la vie, non à l&#039;avortement&amp;quot;. A partir de ce moment-là, nous voyons apparaître les organisations et les mouvements féministes qui organisent des manifestations en faveur de l’interruption de grossesses libres et gratuites, ainsi que pour revendiquer [http://www.svss-uspda.ch/index.html la décriminalisation de l’avortement].  Il y a dons deux propositions faites : accorder un délais pour l&#039;avortement (par exemple : les avortements pourront être légal pendant les 10 premières semaines de grossesse)ou élargir les motifs pour l&#039;avortement (par exemple : souffrances psychiques, douleurs physique, ...)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C&#039;est une lutte qui se fait contre des mentalités traditionnelles où l&#039;homme est dominant dans la société. La prise de conscience des femmes et de leurs conditions se fait petit-à-petit, en prenant plus d&#039;ampleur au milieu des années 70. C&#039;est la réunion de plusieurs milliers de femmes qui fait que l&#039;on puisse qualifier le [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]] de mouvement. Ce sont des femmes de tout âge qui se battent pour l&#039;amélioration de leurs conditions de vie. Ces mouvements veulent principalement lutter pour le droit du libre choix des femmes ou de manière générale à ce que l&#039;on nomme l&#039;autonomie des femmes. A cette époque, il y a &amp;quot;deux types de femmes&amp;quot; :  celles qui font des études mais qui restent à la maison pour materner, ou bien celle qui font des études et qui travaillent. Ces dernières se trouvent confrontées à la réalité sociale : avec le même titre professionnel, les femmes obtiennent des salaires bien inférieurs à ceux des hommes. C&#039;est suite à cette prise de conscience face au [http://www.scienceshumaines.com/peut-on-en-finir-avec-le-plafond-de-verre_fr_22408.html Plafond de Verre], que les femmes se réunissent pour échanger leurs histoires. Elles se mobilisent donc afin de pouvoir avoir le contrôle sur leur vie, et sur leur corps. L&#039;une des grandes luttes se fait autour du contrôle de leur corps : ce qu&#039;elles nomment la mobilisation pour la ré-appropriation du corps. Il s&#039;agit de donner aux femmes la possibilité de choisir leur maternité, leur contraception, et leur médicamentation. En 1978, sur le canton de Genève, l&#039;ouverture du Dispensaire des femmes (par [[Rina Nissim]]) leur permet d&#039;être accueillies dans un lieu où on leur donne des conseils, des listes de gynécologues tolérants face aux choix d&#039;avorter ainsi que différentes méthodes pour soigner les maladies génitales, ... De plus, les femmes peuvent si elles le veulent accéder au groupe action Self-Help du [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]] ; qui est un lieu où l&#039;on échange sur son vécu, et où l&#039;on pratique des examens concrets pour découvrir son corps. L&#039;instruction, comme l&#039;évoque [[Amélia Christinat|Mme Christinat]] permet aux femmes de comprendre les injustices auxquelles elles sont confrontées et de se mobiliser pour que toute les sociétés reconnaissent les femmes comme des personnes avec un cerveau. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans le même temps, une nouvelle réglementation sur l’avortement est considérée par le Conseil fédéral, et trois variantes sont discutées : la première, appelée &amp;quot;solutions des indications&amp;quot; autorise l’avortement dans les situations où la grossesse menace la vie ou la santé de la femme, en cas de viol, ou encore si l’enfant présente un trouble ou une déficience physique et/ou mentale. Une autre variante est celle des « indications sociales » qui prend en compte la situation sociale précaire de la femme. Finalement, la troisième, « solution des délais », permet l’avortement pendant les douze premières semaines de grossesse. Il en va sans dire que les partis politiques, les organisations et les cantons conservateurs catholiques sont en faveur de la solution la plus restrictive, alors que leurs rivales refusent les trois types de variantes et revendiquent l’avortement libre et gratuit. Le Conseil fédéral  rejette l’initiative pour la décriminalisation de l’avortement, mais opte finalement pour la solution des indications élargies, attisant ainsi le mécontentement des deux camps. &lt;br /&gt;
Face au rejet de l’initiative populaire pour la décriminalisation de l’avortement, [http://www.svss-uspda.ch/index.html l’Union Suisse pour la Décriminalisation de l’Avortement] (USPDA) (dont fait partie [[Amélia Christinat]])propose un compromis et lance une initiative qui cette fois rejoint l’idée de la solution des délais. « L’initiative réclament la décriminalisation de l’avortement s’il est pratiqué par un  médecin avec le consentement de la femme pendant les douze semaines qui suivent les dernières règles ». Cependant, celle-ci essuie à nouveau un échec : elle est rejetée par la majorité des cantons. &lt;br /&gt;
Les années suivantes toutes les propositions d&#039;initiatives,pour ou contre l&#039;avortement, sont sans cesse rejetées. Mais les luttes féminines pour le droit à l&#039;avortement s&#039;amplifient dans cette période pour pouvoir faire changer les droits de la personne et principalement les droits de la femme. Ce n’est qu’en 1990, que l’idée d’une révision de la loi relative à l’avortement est remise sur le devant de la scène. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous constatons que cette période est une période riche pour la mobilisation des droits des femmes ; de multitudes groupes se forment à l&#039;intérieur du [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]], des nouveaux établissements pour les femmes se créent, [http://www.letempsarchives.ch/Default/Scripting/ArticleWin.asp?From=Archive&amp;amp;Source=Page&amp;amp;Skin=LeTempsFr&amp;amp;BaseHref=JDG/1997/09/03&amp;amp;PageLabelPrint=6&amp;amp;EntityId=Ar00600&amp;amp;ViewMode=HTML les partis politiques] se questionnent à nouveau, même [http://www.letempsarchives.ch/Default/Scripting/ArticleWin.asp?From=Search&amp;amp;Key=JDG/1997/09/05/11/Ar01104.xml&amp;amp;CollName=JDG_1990_1999&amp;amp;DOCID=47725&amp;amp;PageLabelPrint=11&amp;amp;Skin=LeTempsFr&amp;amp;enter=true&amp;amp;AW=1389277112258&amp;amp;sPublication=JDG&amp;amp;sScopeID=All&amp;amp;sSorting=IssueDateID%2cdesc&amp;amp;sQuery=%22avortement%20%22%20suisse&amp;amp;rEntityType=&amp;amp;sSearchInAll=false&amp;amp;RefineQueryView=%2552%2565%2563%2568%2565%2572%2563%2568%2565%2572%2520%2570%2561%2572%256d%2569%2520%256c%2565%2573%2520%2572%25u00e9%2573%2575%256c%2574%2561%2574%2573&amp;amp;StartFrom=5&amp;amp;ViewMode=HTML Le Conseil d&#039;Etat Vaudois], etc. Des femmes se mobilisent également pour d&#039;autres causes qui ne les touchent pas particulièrement puisque nous verrons, dans [[Accueil|le dernier chapitre]] de cet article, que plusieurs d&#039;entres-elles se sont mobilisées pour le droit à l&#039;autodétermination [[Droits des patients (à l&#039;hôpital)|des patient des hôpitaux]]. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Globalement ce qui se fait ressentir c&#039;est  surtout l&#039;envie de faire changer la mentalité de la société pour que les femmes aient les même droits que les hommes. Nous avions déjà retrouver ce point en 1791 en France où est apparue la [http://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9claration_des_droits_de_la_femme_et_de_la_citoyenne Déclaration des Droits de la Femme et de la Citoyenne] se basant sur la [http://www.textes.justice.gouv.fr/textes-fondamentaux-10086/droits-de-lhomme-et-libertes-fondamentales-10087/declaration-des-droits-de-lhomme-et-du-citoyen-de-1789-10116.html version originale] et dont le but était de montrer l&#039;égalité juridique entre homme et femme.   &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Depuis 1990 ===&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Les différentes mobilisations des femmes soixanthuitardes ont permis la diminution d&#039;une multitude d&#039;inégalités pour lesquelles elles se mobilisaient.&lt;br /&gt;
Revenons tout d&#039;abord, en 1994, où l&#039;on constate un net recul du nombre d’avortements légaux. Ceci peut s’expliquer par une diffusion de l’information (éducation sexuelle) et la libre disposition de moyens contraceptifs. Ce phénomène vient appuyer l’idée que la libéralisation ne conduit pas à une augmentation des avortements, bien au contraire. Plusieurs services se sont donc installés suite au manifestations des femmes dans les rues. A partir de là, les choses commencent à changer et vont en faveur de la décriminalisation de l’avortement. En effet, le Conseil National adopte en 1995 &amp;quot;la solution des délais&amp;quot;. En 1996, la Commission des Affaires Juridiques du Conseil National ratifie un projet de loi qui prévoie la décriminalisation de l’avortement pendant les 14 premières semaines après les dernières règles. On voit mêmes les femmes du parti démocratique-chrétien (PDC) aller en faveur du droit de la femme à l’autodétermination et pour &amp;quot;la solution des délais&amp;quot;. De nombreuses organisations telles que la Fédération suisse des Eglises protestantes, les groupes des femmes radicales de Suisse, accueillent cette solution des délais comme un compromis tolérable. Toutefois, le Conseil Fédéral rejette une fois de plus la &amp;quot;solution du délai&amp;quot; en 1998. Nous constatons donc que les manifestations pendant plus de 15ans, ne suffisent pas pour que la Suisse autorise l&#039;avortement. En France par exemple, la lutte des femmes a été moins longue en ce qui concerne le droit à l&#039;avortement puisqu&#039;il est autorisé depuis  [http://fr.wikipedia.org/wiki/Loi_Veil_du_17_janvier_1975_sur_l&#039;interruption_volontaire_de_grossesse 1975] et suite [http://fr.wikipedia.org/wiki/Manifeste_des_343 aux manifestes des 343] de 1971. &lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Par ailleurs, la pilule abortive Mifegyne (RU 486) est admise et commercialisée en Suisse dès 1999. La [http://webcache.googleusercontent.com/search?q=cache:aZM-IrETCowJ:bijsluiters.fagg-afmps.be/DownloadLeafletServlet%3Fid%3D109287+&amp;amp;cd=9&amp;amp;hl=fr&amp;amp;ct=clnk&amp;amp;gl=ch&amp;amp;client=firefox-a notice] d&#039;utilisation explique son utilité : &amp;quot;Mifegyne est un médicament qui bloque l&#039;action de la progestérone, une hormone nécessaire au maintien de la grossesse. Mifegyne peut donc provoquer une interruption de grossesse.&amp;quot; Cependant cette méthode médicamenteuse est soumise aux mêmes dispositions pénales que l’avortement et est prescrite uniquement par le corps médical.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Finalement, le Parlement adopte la solution du délai en mars 2001 et est rentré en vigueur en 2002. « Ainsi l’avortement n’est pas punissable pendant les 12 premières semaines de la grossesse à condition que la femme fasse valoir une situation de détresse. Les cantons doivent décider quels cabinets et établissement peuvent pratiquer l’intervention. » &amp;lt;ref&amp;gt;Rey, A.-M., 2013, Régime du délais, USPDA. Consulté le 7 Décembre sur http://www.svss-uspda.ch/fr/suisse/loi.htm&amp;lt;/ref&amp;gt; De plus, Rey (2013), illustre les modifications entre l&#039;ancienne et la nouvelle loi de 2002, relatif à l&#039;avortement. &amp;lt;ref&amp;gt;Rey, A.-M., 2013, Comparaison ancienne et nouvelle législation, USPDA. Consulté le 7 Décembre sur http://www.svss-uspda.ch/fr/suisse/comparaison.htm &amp;lt;/ref&amp;gt; Depuis ce jour, la femme est la seule personne qui ait le droit de choisir ou non l&#039;avortement. En aucun cas, une personne tierce (et même si celle-ci a une blouse blanche) ne pourra refuser l&#039;avortement d&#039;une femme dans les douze premières semaines de grossesse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous pouvons donc conclure que « les discussions provoquées en 1971 par l’initiative en faveur de la décriminalisation de l’avortement ont été à l’origine d’un changement des mentalités et d’une prise de conscience ».&amp;lt;ref&amp;gt;Rey, A.-M., 2013, Chronologie des événements dès 1970, USPDA. Consulté le 7 Décembre sur http://www.svss-uspda.ch/fr/suisse/chronologie.htm &amp;lt;/ref&amp;gt; En effet, on assiste à une diminution du nombre de condamnations et à une libéralisation de la pratique de l’avortement. Par ailleurs, on se rend compte qu’à travers la mise en place de centres de plannings familiaux et des dispositifs d’informations, comme l’éducation sexuelle, on parvient à lutter contre l’avortement.  La prévention prévaut donc à la pénalisation. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cependant on constate que la réglementation à ce sujet peut encore être modifiée, car ce droit à l’avortement est sans cesse remis en question. En effet, en 2010, le mouvement anti-avortement « Mamma », qui s&#039;intitulait auparavant &amp;quot;Pour la mère en l’enfant&amp;quot;  lance une initiative populaire : « Financer l’avortement est une affaire privée ». Il s’agit d’une initiative qui demande que l’IVG ne soit plus pris en compte par les prestations de l’assurance maladie de base, et ce en invoquant l’idée qu’il s’agit d’une décision d’ordre privé, et que de ce fait le financement public n’a pas de sens. Cependant, on remarque que le droit à donner la vie est également de l’ordre du privé, et pourtant celui-ci n’est pas contesté. [[Entretien Rina Nissim|Rina Nissim]], nous met en garde sur la tournure que prend les événements d&#039;aujourd&#039;hui (concernant le financement de l&#039;avortement). En effet, selon elle, nous serions en pleine régression concernant le libre choix de la femme. A contrario des générations d&#039;après 70, il faut que les générations d&#039;aujourd&#039;hui se mobilisent pour faire en sorte de garder un droit durement acquis par les femmes soixanthuitardes. La votation de Février 2014 qui se prépare pourrait modifier les droits que nous avons jusqu&#039;à présent. Si les générations de maintenant et les suivantes veulent elles aussi avoir la possibilité de choisir leur grossesse, elles se doivent de s&#039;impliquer pour faire en sorte de ne pas perdre les droits acquis.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le droit à l&#039;avortement est également contesté dans [http://www.planning-familial.org/actualites/lavortement-en-europe-ou-sont-les-bonnes-nouvelles-0012490 les autres pays Européens]. L&#039;Irlande et l&#039;Espagne seraient les deux pays Européens les plus réactionnaires au droit à l&#039;avortement. En effet, le premier ministre devrait sous peu, mettre en place une nouvelle loi concernant ce sujet. L&#039;avortement sera alors possible que dans l&#039;une des trois conditions (viol, malformation du fœtus ou danger de la mère) et les personnes mineures devront avoir une autorisation des parents. &amp;lt;ref&amp;gt;Magnan, P., (2014) &#039;&#039;Avortement : le retour en arrière de l&#039;Espagne, premier signe en Europe ?&#039;&#039;. consulté le 6 Janvier 2014 sur http://geopolis.francetvinfo.fr/avortement-le-retour-en-arriere-de-lespagne-un-premier-signe-en-europe-28245 &amp;lt;/ref&amp;gt; Dans le cas de l&#039;Espagne, ce projet de loi fait un retour en arrière dans l&#039;histoire de droits des femmes puisqu&#039;il s&#039;agit de la loi d&#039;il y a 30 ans&amp;lt;ref&amp;gt;&amp;quot;L&#039;Espagne veut revenir à la loi d&#039;il y a trente ans&amp;quot;.Tribune de Genève, Avortement, 21-22 décembre 2013, p. 7.&amp;lt;/ref&amp;gt;. La crise économique, comme nous l&#039;avait précisé [[Rina Nissim]], influencerait les multiples régressions concernant les droits des femmes ; dont celui de leur intégrité physique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les témoins qui ont participé aux changements ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous avons décidé d&#039;interroger des personnes qui se sont mobilisées en Suisse pour le droit à l&#039;avortement. Elles pourront donc faire ressortir des éléments personnels sur le contexte de l&#039;époque, et les problèmes qu&#039;elles ont pu rencontré pour la mise en place de ce droit. &lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Nous avons dans un premier temps contacté Mme [[Amélia Christinat|Christinat Amélia]], avec qui l&#039;une de nous avait déjà travaillé il y a quelques années. Cette personne a donc accepté de participer à notre recherche en répondant à nos questions lors d&#039;un entretien.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un second temps nous avons contacté Mme [[Salika Wenger|Wenger Salika]], marraine de l&#039;association &amp;quot;Ni pute, Ni soumise&amp;quot; qui est actuellement impliquée dans la politique sur Genève puisqu&#039;elle fait partie du Conseil Administratif de la ville de Genève. Deux d&#039;entre nous l&#039;ont connue lors de sa venue à [http://www.infrarouge.ch/ir/1858-seins-nouvelle-arme-feministes l&#039;émission télévisée Infrarouge (RTS)] dédié aux mouvements des Femens (novembre 2011). Après discussion téléphonique, nous avons eu des éléments pertinents qui pourraient nous intéresser pour notre recherche, cependant [[Salika Wenger|Mme Wenger]] est très occupée et ne pourra pas nous accorder un entretien avant Janvier 2014. C&#039;est pourquoi après réflexion, nous avons décidé de contacter une troisième personne qui pourrait éventuellement être plus disponible : Mme [[Rina Nissim|Nissim Rina]]. Par l&#039;intermédiaire de Mme Ruchat nous avons obtenu ses coordonnées téléphoniques et avons pu avoir un rendez vous rapidement.&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Afin de leur éviter quelconque déplacement,nous avons rencontré ses personnes à leur domicile. De plus, pour des raisons pratiques et également afin de ne pas abuser de leur hospitalité, nous avons décidé de mener ces entretiens par groupes de trois.&lt;br /&gt;
Nous proposerons aux différents acteurs de partager leurs souvenirs concernant les années 1970 à Genève afin que nous comprenions la situation actuelle du droit à l&#039;avortement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Retour sur les entretiens==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== [[Entretien Rina Nissim|Entretien]] de [[Rina Nissim]] ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Notre premier entretien s&#039;est déroulée le mercredi 27 Novembre. A trois étudiantes nous nous sommes rendues au cabinet de [[Rina Nissim]]. L&#039;entretien qui en découle nous a projeter dans un univers très différent du notre : où la femme n&#039;avaient que très peu de droits. C&#039;est de part son discours, que la militante [[Rina Nissim]], nous a partagé des informations sur l&#039;ambiance, la mobilisation et la persévérances des actrices de cette époque. C&#039;est par la réalisation de plusieurs injustices que les femmes se regroupent pour se mobiliser contre une société qui octroie peu de considération envers les femmes. Le [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]], lutte donc de manière générale pour plusieurs droits (droit à l&#039;égalité salariale, droit à la contraception, droit à l&#039;avortement, ...). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== [[Entretien Amélia Christinat|Entretien]] d&#039;[[Amélia Christinat]] ===&lt;br /&gt;
Le second entretien s&#039;est déroulé le 5 décembre chez [[Amélia Christinat|Christinat Amélia]]. A notre arrivée, nous lui avons dit que nous avions déjà des questions précises à lui poser et que ces questions seraient les mêmes pour tous les groupes. En effet, sachant que c&#039;est une femme très bavarde nous avons préférer poser le cadre dès le départ. &lt;br /&gt;
Nous avons pu constater en rentrant dans son salon qu&#039;elle avait préparé différents articles concernant le droit à l&#039;avortement - des articles qu&#039;elle nous a présenté tout au long de l&#039;interview -.&lt;br /&gt;
C&#039;est avec beaucoup d&#039;émotion qu&#039;elle a répondu à nos questions et qu&#039;elle a raconté son combat pour les différents droit de la femme - droit de vote, droit à l&#039;avortement etc.-. Nous avons vraiment ressenti, à travers ses propos, l&#039;importance que ces combats ont eu pour elle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Points communs entre les entretiens=== &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plusieurs points communs ressortent de ces deux entretiens.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout d&#039;abord, nous constatons que le droit à la réappropriation du corps ou plutôt à l&#039;autonomie des femmes, comme cité par [[Rina Nissim]], représente l&#039;un des combats des années 1960-80. Si les femmes, par leur combats, manifestations ont réussi à faire valoir leur droit à l&#039;avortement, elles ont aussi lutté pour la mise en place d&#039;autres valeurs tels que le droit à la contraception, le droit de vote, le droit d&#039;accès aux études. Toutes ces luttes sont évoqués par les deux femmes interrogées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Afin de parvenir à ces changements, il a fallu se réunir entre femmes. A partir du moment où nous souhaitons un changement important, il est nécessaire d&#039;obtenir une mobilisation importante. [[Rina Nissim]] part d&#039;un petit groupe, le [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]] qui finalement va prendre une grande ampleur et [[Amélia Christinat|Amélia Christianat]] s&#039;impose dans la politique. Il parait donc évident pour ces deux protagonistes, que pour espérer un changement, il faut se réunir en groupe. La notion de communauté prend donc toute son importance. La notion de communauté est définie comme étant un état de ce qui est commun à plusieurs personnes, similitudes, groupe constituant une société, mise en commun des biens entre époux. Au sens étymologique originel : cum munus. La communauté est donc un groupe de personnes (cum) qui partagent quelque chose (&amp;quot;munus&amp;quot;)- un bien, une ressource, ou bien au contraire une obligation, une dette.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Même si le concept de communauté n&#039;est pas dit explicitement dans nos entretiens, il apparaît tout au long, puisque chacune d&#039;entre elles a rejoint un groupe dans lequel elles éprouvaient des intérêts communs. Chaque membre décide alors en quoi, comment et quand il contribuera à ce groupe. Dans ce cas, [[Rina Nissim]] et [[Amélia Christinat]] en tant que féministes se sont engagées et ont lutté pour le droit des femmes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Enfin, il est intéressant de constater que nos deux intervenantes tirent un bilan mitigé quant à ces luttes pour les droits des femmes. [[Amélia Christinat]] dit :&amp;quot; Alors en fait tout changement, toute progression que l’on peut interpréter comme sociale n’est jamais définitivement acquise. Donc en fait, il faut veiller continuellement, défendre continuellement où que vous soyez et avec qui que vous soyez.&amp;quot; Quant à [[Rina Nissim]], elle dit :&amp;quot;Malheureusement dans la société c’est comme ça, il faut tout le temps se battre. Ça c’est un point sur lequel on est en recul.&amp;quot;, On est en plein recul. Donc y a un ou deux pays qui ont avancé pour l’instant y en a douze qui ont régressé. Donc cela ne va pas du tout cette affaire, on a une très mauvaise posture.&amp;quot; Ainsi, la question des droits pour la personne n&#039;est jamais complètement acquis. Il faut sans arrêt se battre pour continuer à faire valoir ses droits en tant que personne.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il convient à présent de reprendre l&#039;ensemble des questions posées et d&#039;en ressortir les éléments importants :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- &#039;&#039;&#039;Depuis quand et avec qui vous vous êtes engagés dans la lutte pour les droits de la femme et quel était à ce moment votre statut (ou fonction)? Dans quel contexte s&#039;est inséré cette démarche ?&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les deux personnes interrogés ont un parcours différents et leur action ne s&#039;est pas faite au même niveau. [[Rina Nissim]], après son interruption de grossesse à 19 ans, trouve un tract dans un local d&#039;anarchiste. C&#039;est un tract du [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]] qui invite des femmes à les joindre dans leur groupe. [[Rina Nissim]] est intéressée et entre alors au [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]]. Elle est alors la plus jeune de la bande. Il n&#039;y avait pas de statut en tant que tel mais chacune apportait ses connaissances et son envie de se battre pour obtenir plus de droit pour la femme. Quant à [[Amélia Christinat]], elle agit plutôt a un niveau politique et va faire un long parcours en passant par le législatif, le cantonal puis le niveau national afin d&#039;apporter des changements reconnus dans toute la Suisse. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- &#039;&#039;&#039;Y a-t-il eu un événement originel? Pourriez vous nous raconter un ou des événements marquant que vous avez mené ou qui vous ont frappé dans cette période en faveur de ces droits ?&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;un des droits qui a frappé [[Rina Nissim]] dans cette période est l&#039;accès à l&#039;avortement libre et gratuit ainsi que l&#039;accès à la contraception. Elle explique que c&#039;est l’accessibilité à l&#039;avortement qui était problématique.Le planning familial a été une grande innovation mais n&#039;était pas encore présent dans les mentalités de tous, et ce, notamment chez les gynécologues qui n&#039;acceptaient pas tous de donner la pilule. Le [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]] faisait des listes des médecins qui étaient d&#039;accord de prescrire cette pilule et dirigeait les femmes au bon endroit. Cependant, elle ne nous décrit pas un événement très précis, une action qu&#039;elle a effectué qui a pu entraîner ces changements. C&#039;est néanmoins des manifestations importantes et à plusieurs reprises qui ont permis ces évolutions. [[Amélia Christinat]] considère aussi que le droit à l&#039;avortement est un événement phare de cette époque et ajoute que le droit de vote pour la femme est aussi l&#039;un des événements marquants. Elle donne comme exemple les luttes ouvrières françaises qui allaient en Belgique pour se faire avorter parce que c&#039;était défendu en France et qu&#039;elles n&#039;avaient pas d&#039;argent. C&#039;est un événement particulièrement marquant et touchant selon elle. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- &#039;&#039;&#039;Quels ont été les changements les plus importants auxquels vous ayez assisté ?&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Rina Nissim]] évoque plusieurs changements auxquels elle a pu assister. Elle parle de la libération des femmes. C&#039;est se considére comme un individu à part entière qui peut décidé de soi-même, d&#039;être un vrai sujet dans leur vie, dans leur sexualité, dans leur contraception, dans leur choix professionnel. D&#039;après elle, il y a donc eu plusieurs droit : celui de l&#039;avortement avec pour commencer le remboursement par les caisses maladies en 81, le droit au divorce, le divorce. [[Amélia Christinat]] ajoute à l&#039;ensemble de ces changements le droit de vote, en disant qu&#039;à partir du moment où nous avons le bulletin, c&#039;est quelque chose de très important puisque les femmes sont considérées comme une personne. Nous pouvons rattacher cela à l&#039;ensemble de cette étude qui étudie le droit des personnes. Dans le cas des différentes luttes pour le droit des femmes, nous cherchons à mettre en avant qu&#039;elles sont avant tout des personnes qui doivent avoir la liberté de choisir, de donner leur avis. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-&#039;&#039;&#039; Y a-t-il eu des valeurs que vous avez eu le sentiment d’avoir porter en avant et si oui lesquels  ?&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Différentes valeurs sont mises en avant par les deux femmes interrogées. C&#039;est le féminisme, l&#039;humanisme, le socialisme, l&#039;anarchisme. De manière générale l&#039;autonomie des femmes marqué par la réappropriation de son corps. Dans leur discours, les deux femmes montrent bien qu&#039;auparavant nous étions considérés comme femme de.., fille de... que les femmes ont toujours du être meilleure que les hommes. Elles devaient tout faire. De ce fait, les femmes n&#039;étaient pas des sujets en tant que telle. Ce n&#039;est qu&#039;après de nombreuses luttes que nous avons mis en avant le fait que les femmes soient avant tout des personnes à part entière. Elles ont maintenant le même statut, les mêmes droits que les hommes. Bien que comme le relève [[Rina Nissim]] et [[Amélia Christinat]] cela n&#039;est pas quelque chose d&#039;acquis, et cette évolution à tendance à reculer. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039; Mais qu’en est-il aujourd’hui de cette lutte et des acquis et des risques de retour en arrière ?&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le maître mot de ces deux femmes concernant cette lutte est que rien n&#039;est acquis. Il faut toujours se battre parce que les choses ont tendance à régresser. Aujourd&#039;hui le droit de vote, le droit d&#039;accès aux études est l&#039;un des points acquis. Cependant, la question de l&#039;avortement est remis en cause, et fait l&#039;objet de tension actuelles puisqu&#039;il est question de supprimer le remboursement des avortements. C&#039;est donc l&#039;une des causes pour lesquels il faut continuer à se battre et faire valoir ses droits si l&#039;on ne veut pas revenir en arrière.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Conclusion ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans ce chapitre, nous nous sommes centrées sur les droits des femmes concernant l&#039;avortement. En effet, nous avons vu que ce droit a été durement acquis après une forte mobilisation des femmes de la fin des années soixante jusqu&#039;à la fin des années nonante. Les deux actrices que nous avons eu la chance de pouvoir interrogé nous ont communiqué leur passion et leur investissement dans cette lutte qui reste quotidienne. En effet, toutes deux nous ont précisé que le contexte économique engendrait une régression des droits qu&#039;elles avaient acquis auparavant. La lutte, doit alors se faire actuellement par les nouvelles générations si elles ne veulent pas perdre leurs droits. &lt;br /&gt;
Nous avons vu que les femmes se sont impliquées pour revendiquer l&#039;égalité auprès des hommes. C&#039;est une lutte pour le droit à l&#039;autodétermination mais aussi à l&#039;intégrité physique qui a été le plus revendiqué à travers le droit à l&#039;avortement. La liberté de pouvoir choisir sa maternité était donc l&#039;un des éléments pointés par nos actrices. Dans le chapitre suivant, concernant [[Droits des prisonniers|le droit des prisonniers]] nous verrons que les associations se sont également mobilisées pour donner ces droits aux prisonniers. De plus, nous voyons dans le cursus de notre formation que [[Droits des personnes en situation de handicap|les personnes en situation de handicap]] subissent également des inégalités fréquentes. En effet, nous sommes sensibilisées sur le fait que toutes personnes à le droit de choisir ce qui le concerne ; c&#039;est ce que l&#039;on nomme l&#039;autodétermination. Plus largement l&#039;autodétermination faisait également partis des revendications concernant [[Droits des patients (à l&#039;hôpital)|les patients à l&#039;hôpital]] (puisque nous verrons qu&#039;ils ont lutté pour ne plus être des cobayes) et [[Droits des patients psychiatriques|les patients psychiatriques]] (puisque nous verrons que leurs luttes portaient sur des alternatives aux médicaments et de laisser le choix aux patients psychiatriques).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Références bibliographiques ==&lt;br /&gt;
&amp;lt;references/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;&amp;lt;big&amp;gt;Vidéo :&amp;lt;/big&amp;gt;&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Roussopoulos Carole, &#039;&#039;Debout ! Une histoire du mouvement des femmes 1970-80&#039;&#039;, 1999. Consulté le 19 Novembre 2013 sur http://ballonsonde.org/wikiSonde/videos/Femmes_Debout.htm&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;&amp;lt;big&amp;gt;Documents scannés :&amp;lt;/big&amp;gt;&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Archives contestataires de Genève, Mouvements de Liberté des Femmes : 1970-90[[Fichier:MLF femme.pdf|vignette|Document des archives contestataires]]&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
== Auteurs du chapitre ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Julie Petot&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Julie</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Droits_des_femmes&amp;diff=12851</id>
		<title>Droits des femmes</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Droits_des_femmes&amp;diff=12851"/>
		<updated>2014-01-11T14:23:14Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Julie : /* Conclusion */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Introduction  == &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Actuellement le droit à l&#039;avortement pour les femmes subit encore des contestations et même une offensive de remise en question: pouvons nous encore le qualifier comme  un droit de la femme s&#039;interrogent certains ? Tout au long de cette page nous nous centrerons sur le droit à l&#039;avortement pour les femmes depuis 1970. En effet, les mouvements féministes sont présents depuis longtemps dans l&#039;histoire des droits des personnes. Dans la période de l&#039;après guerre, les femmes se sont mobilisées plus fortement pour acquérir des droits identiques à ceux des hommes. C&#039;est par la lutte pour le droit à un travail rémunéré que les mouvements prennent de l&#039;ampleur  : &amp;quot;L&#039;essort du féminisme dans cette période serait intimement lié à celui du travail salarié&amp;quot; &amp;lt;ref&amp;gt;Riot-Sarcey, M., 2008, &#039;&#039;Histoire du féminisme&#039;&#039;, Paris, La Découvertes, Repères. p. 73 &amp;lt;/ref&amp;gt;. La question de la procréation est aussi au cœur de leur mouvement, puisqu&#039;il est question de &amp;quot;repeupler&amp;quot; des pays détruits : &amp;quot;Après l&#039;hécatombe de la guerre, jusqu&#039;alors la plus meurtrière, il est nécessaire, plus que jamais de &amp;quot;remplir les berceaux vides&amp;quot;&amp;quot; &amp;lt;ref&amp;gt;Riot-Sarcey, M., 2008, &#039;&#039;Histoire du féminisme&#039;&#039;, Paris, La Découvertes, Repères. p. 73 &amp;lt;/ref&amp;gt;. Il ne faut pas non plus oublier leurs luttes pour l&#039;accès à la politique : plus précisément le droit de vote pour les femmes, qui prend de l&#039;ampleur bien avant la guerre. C&#039;est dans ce contexte d&#039;après guerre, que les femmes resurgissent au front pour valoriser des droits égalitaires et propres à leur vie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cet article est fondé à la fois sur une recherche documentaire et sur la récolte de témoignages de deux personnes pionnières dans l&#039;avancée du droit des femmes à l&#039;avortement. L&#039;article présentera également les différents mouvements féministes réalisés dans les années 1970 sur le droit à l&#039;avortement.Ceci nous montreras que la Suisse, n’a pas été la première à lutter pour le droit à l’avortement, mais que le phénomène est mondial. Les États-Unis ont été sans aucun doute les précurseurs, mais la lutte s&#039;est diffusée et reproduite dans différents pays du monde amenant à des dates différentes à autoriser l’avortement.  L&#039;article se centrera sur la lutte des femmes en Suisse et les différentes lois qui en sont ressorties et cherchera à comprendre la part qu’ont joué les deux témoins interrogées dans cette histoire récente (1970 à aujourd&#039;hui). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour ce faire, nous avons constitué une bibliographie, à partir d’ouvrages sur les mouvements féministes en général, sur la chronologie des contestations. Nous avons lu des articles scientifiques qui présentent la situation en Suisse, épluché  des informations sur les deux témoins qui ont été interrogés et consulté les archives contestataires à Carouge. &lt;br /&gt;
Nous avons également pu rencontré deux femmes militantes à Genève sur ce thème. On a donc effectué deux entretiens audio avec Madame [[Amélia Christinat]] et Madame [[Rina Nissim]] pour obtenir leur témoignage sur l’histoire des mouvements féministes des années 1960 à 1980, principalement sur la question de l’avortement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L&#039;Histoire du droit des femmes == &lt;br /&gt;
Actuellement des auteures telles que Marcella Iacub et Judith Butler font de la problématique féministe une occasion de débattre la question du genre, des identités sexuelles et limites entre les sexes (intersexe, queer, etc), laquelle peut nous aider à repenser la lutte féministe. Or, celle des années 70 (en amont en Suisse de l&#039;accession des femmes à la citoyenneté) est celle d&#039;une longue marche marquée par des féministes de l&#039;après guerre comme Simone de Beauvoir avec sa formule historique &amp;quot;On ne naît pas femme on le devient&amp;quot;, soulignant le déterminisme social de la féminité et la &amp;quot;fabrication&amp;quot; culturelle. &lt;br /&gt;
Pour tenter de comprendre ce qui s&#039;est passé durant cette époque nous allons revenir sur les faits marquants. Pour la compréhension de ce qui va suivre nous vous conseillons de lire [[Frise Chronologique du droit à l&#039;avortement|la frise chronologique]] des événements marquants pour le droit à l&#039;avortement en Suisse. &lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
=== Mouvements féministes : Buts et démarches ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce n&#039;est que dans la deuxième moitié du XIXème siècle que le féminisme se démarque en tant que mouvement collectif de luttes de femmes. &amp;quot;Ces luttes reposent sur la reconnaissance des femmes comme spécifiquement et systématiquement opprimées, l&#039;affirmation que les relations entre hommes et femmes ne sont pas inscrites dans la nature mais que la possibilité politique de leur transformation existe.&amp;quot;[3] En effet, les femmes ont dû faire face à de nombreuses inégalités et cela dans de nombreux domaines: le travail, la santé, la politique... Nous constatons encore aujourd&#039;hui que de nombreuses inégalités persistent sur le droit des femmes mais elles sont moindres ou de nature différentes que dans les années 1960-80. Pour pouvoir entrer dans un processus de revendication politique du féminisme, il faut qu&#039;il y ait une &amp;quot;relation avec une conceptualisation de droits humains universels;elle s&#039;ancre dans les théories des droits de la personne dontles premières formulations juridiques sont issues des révolutions américaines puis françaises.&amp;quot; &amp;lt;ref&amp;gt;Hirata H, et al,2000, &#039;&#039;Dictionnaire critique du féminisme&#039;&#039;, Paris : Presse Universitaires de France, p. 225&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
Il convient de faire une distinction entre les mouvements féministes et les mouvements populaires des femmes. En effet, les mouvements populaires des femmes ne mettent pas directement en avant l&#039;exigence de droits spécifiques pour les femmes. C&#039;est l&#039;emploi du mot féministe qui va changer les représentations que l&#039;on se fait à cette époque. Pour certains les féministes sont &amp;quot;trop bourgeoises au XIXème siècle et au début du XXème siècle trop radicales et ennemies des hommes après les années 1970&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;Hirata H, et al,2000, &#039;&#039;Dictionnaire critique du féminisme&#039;&#039;, Paris : Presse Universitaires de France., p. 126&amp;lt;/ref&amp;gt;. Quant à l&#039;expression &amp;quot;mouvement des femmes&amp;quot;, elle est plus souvent utilisée comme raccourci pour mouvement de libération des femmes. Voilà pourquoi elle a pu être associée au féminisme le plus radical et explique la confusion entre les deux termes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lorsque nous parlons de &amp;quot;mouvements féministes&amp;quot; nous désignons sous une même dénomination &amp;quot;les diverses formes des mouvements de femmes, le féminisme libéral ou &amp;quot;bourgeois, le féminisme radical, les femmes marxistes ou socialistes, les femmes lesbiennes, les femmes noires et toutes les dimensions catégorielles des mouvements actuels&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;Hirata H, et al,2000, &#039;&#039;Dictionnaire critique du féminisme&#039;&#039;, Paris : Presse Universitaires de France, p. 127&amp;lt;/ref&amp;gt;. Dès lors, l&#039;expression&amp;quot; mouvement des femmes &amp;quot; représente les mobilisations de femmes en Amérique Latine ou les mouvements pour la paix en Irlande ou au moyen-Orient&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;Hirata H, et al,2000, &#039;&#039;Dictionnaire critique du féminisme&#039;&#039;, Paris : Presse Universitaires de France., p.126&amp;lt;/ref&amp;gt; Dans la littérature, deux types de mouvements féministes se démarquent. Une première vague a émergé dans la seconde moitié du XIXème siècle. Elle est souvent présentée autour des revendications du droit de vote.  Au début du XXème siècle, ou les mouvements sont qualifiés de &amp;quot;néo féminisme&amp;quot;, les exigences ne se fondent pas sur une seule exigence d&#039;égalité mais sur une reconnaissance &amp;quot;de l&#039;impossibilité sociale de fonder cette égalité dans un système patriarcal&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;Hirata H, et al,2000, &#039;&#039;Dictionnaire critique du féminisme&#039;&#039;, Paris : Presse Universitaires de France, p. 126&amp;lt;/ref&amp;gt;. Le féminisme des années 1970, se fait connaitre par des mouvements anti-autoritaires, par des groupes de parole, il met en avant les formes les plus spontanées de manifestation et refuse toute organisation hiérarchique. &amp;quot; L&#039;appartenance au mouvement représente la mise en acte d&#039;une nouvelle idéologie, la recherche de sens et de valeurs communs.&amp;quot; &amp;lt;ref&amp;gt;Hirata H, et al,2000, &#039;&#039;Dictionnaire critique du féminisme&#039;&#039;, Paris : Presse Universitaires de France, p.128&amp;lt;/ref&amp;gt;. C&#039;est entre la fin des années 1960 et le début des années 1970 que le féminisme connait une ampleur internationale. &amp;quot;L&#039;onde de choc part des Etats-Unis et gagne très rapidement la Grande-Bretagne et l&#039;Allemagne dans les années 60&amp;quot;. Il faut ajouter qu&#039;en &amp;quot;dépit de son caractère extra parlementaire, le mouvement de libération des femmes a la capacité de susciter de larges mobilisations auprès des femmes syndiquées, des femmes de partis de gauche et de droite ou des associations luttant pour les droits des femmes comme le planning familial. Ce sont d&#039;abord les campagnes pour la liberté d&#039;avorter qui constituent les événements les plus importants et les plus marquants &amp;lt;ref&amp;gt;Hirata H, et al,2000, &#039;&#039;Dictionnaire critique du féminisme&#039;&#039;, Paris : Presse Universitaires de France, p. 128&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En ce qui concerne la Suisse, c’est dans la continuité du mouvement de la jeunesse estudiantine de 1968 que naît le nouveau mouvement féministe. C’est à Zurich que se sont réunies des femmes de gauche, que l’on appellera « Frauenbefreiungsbewegung » ou plus communément le FBB. Elles critiquent le fait que les femmes sont oppressées et qu’il s’agit d’une « contradiction sociale fondamentale ». Le [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]], pour la Suisse romande et le MFT au Tessin vont très rapidement suivre la création du FBB, avec comme objectif commun de « récuser l’organisation hiérarchique des associations et de la politique traditionnelle » &amp;lt;ref&amp;gt;Commission fédérale, &#039;&#039;Femmes Pouvoir Histoire&#039;&#039;, 1.3, p. 1, consulté le 27 Novembre sur http://webcache.googleusercontent.com/search?q=cache:UpvKGVSBak0J:www.ekf.admin.ch/dokumentation/00444/00517/index.html%3Flang%3Dfr%26download%3DNHzLpZeg7t,lnp6I0NTU042l2Z6ln1ae2IZn4Z2qZpnO2Yuq2Z6gpJCDdH58hGym162epYbg2c_JjKbNoKSn6A--+&amp;amp;cd=2&amp;amp;hl=fr&amp;amp;ct=clnk&amp;amp;gl=ch&amp;amp;client=firefox-a&amp;lt;/ref&amp;gt; inspirés des mouvements français et américains préalablement abordés. Cependant, des divergences existent entre tous ces mouvements sur différentes questions telles que l’avortement ou encore la possibilité pour le sexe féminin de faire l’armée. Une chronologie a été rédigée dans l’article suivant : &amp;quot;Le nouveau mouvement féministe et les organisations féminines depuis 1968&amp;quot; de la Commission fédérale pour les questions féminines de [http://www.ekf.admin.ch/dokumentation/00444/00517/index.html?lang=fr la Confédération Suisse].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
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&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La période  entre 1940-50 : une période restrictive ===&lt;br /&gt;
Pour comprendre la lutte pour l&#039;avortement comme droit de la personne il nous faut revenir sur le contexte de l&#039;après guerre. Tout comme il a été expliqué dans [[Droits des enfants|le chapitre précédent]], la Déclaration Universelle des Droits de l&#039;Homme (1948) a influencé les mouvements des femmes. Nous allons tout d&#039;abord revenir sur ce qui s&#039;est passé avant cette date, en effet nous savons que la législation suisse sur l’avortement est l’une des plus restrictives d’Europe. Les premières dispositions du Code pénal suisse à ce sujet ont été définies en 1942 et prévoient, à cette époque, l’emprisonnement de la femme qui avorte, ainsi que de la personne qui l’aide à pratiquer cet acte. En revanche, une exception existe : si la grossesse comporte un danger pour la mère et que l’interruption de grossesse est pratiquée par un médecin, l&#039;avis étant approuvé par un second médecin, l’avortement n’est alors pas punissable. On comprend alors que la conséquence a été un nombre considérable d’avortements illégaux. Cependant, la mise en place de dispositifs de préventions et d’une diffusion d’informations contribua à faire diminuer le nombre d’avortements autant illégaux, que légaux. Par ailleurs, l’Organisation Mondiale de la Santé ([http://www.who.int/fr/ OMS]) a étendu la notion de « santé » en y insérant les dimensions de bien-être psychique et social : « la santé ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité ; elle est un état de complet bien-être physique, mental et social. »&amp;lt;ref&amp;gt;Rey, A.-M., 2013, &#039;&#039;Tendance à la libéralisation&#039;&#039;, USPDA. Consulté le 7 Novembre sur http://www.svss-uspda.ch/fr/suisse/liberal.htm&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ceci légalise aussi la pratique d’interruption de grossesse et écarte la menace d’emprisonnement. &amp;lt;ref&amp;gt;Rey, A.-M., 2013, &#039;&#039;L&#039;ancienne législation de 1942&#039;&#039;, USPDA. Consulté le 7 Novembre sur http://www.svss-uspda.ch/fr/suisse/loi_1942.htm&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
Cependant, cette législation attise la colère et la montée d’une révolte. Au début du XXème siècle, on voit s’élever des mouvements, tels que les organisations ouvrières, pour lutter en faveur de la décriminalisation de l’avortement.&lt;br /&gt;
De plus, dans cette période, il existe une différence entre les cantons au niveau de la législation sur l&#039;avortement. Ceci met donc les professionnels dans l&#039;embarras puisqu&#039;ils n&#039;ont pas une pratique généralisée au niveau de l&#039;état, et cela soulève également une inégalité entre les femmes des différents cantons de la Suisse. Des mesures fédérales strictes ont donc été prises pour tenter de généraliser les pratiques et s&#039;accorder sur la pratique de l&#039;avortement : « l’institutionnalisation juridique d’une interruption de grossesse pouvant être légalement pratiquée par un médecin sous haute surveillance de l’Etat : consultation obligatoire d’un second médecin, qui doit être un spécialiste et en plus agréé par les autorités cantonales compétentes, et qui doit donner par écrit un « avis conforme ». Il faut également le consentement écrit de la femme enceinte. ». Ainsi à cette époque nous constatons que les femmes n&#039;ont pas la maîtrise de leur corps et que de ce fait la maternité ne peut se contrôler. Ce contexte illustre la réalité des femmes, soit elles ont la chance de pouvoir trouver deux médecins qui l&#039;estime en danger, soit elles décident de pratiquer un avortement illégal ce qui comporte de grands risques pour leur santé (hémorragie et infection qui peuvent entraîner la mort de la femme).&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La période 1960-70 : les premiers changements ===&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Fichier:Graphiquefemme.jpeg|vignette|gauche|Graphique représentant les condamnations des femmes]]&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Le graphique ci-contre nous montre la condamnation des femmes en ce qui concerne l&#039;avortement.&amp;lt;ref&amp;gt;Rey, A.-M., 2013, &#039;&#039;Interruption de grossesse en Suisse : les faits et les données&#039;&#039;, USPDA. Consulté le 18 Novembre sur http://www.svss-uspda.ch/pdf/faits-et-donnees.pdf &amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt; En effet, nous voyons que le pic le plus élevé se situe dans l&#039;année 1950, avec 550 condamnées. Puis lors de la commercialisation de la pilule, l&#039;emprisonnement des femmes diminue fortement l&#039;année suivante, passant d&#039;environ 400 condamnations à environ 260. De manière générale, ce graphique montre que les condamnations sur la période 1960-1980 n&#039;ont cessé de baisser. &lt;br /&gt;
Les années 60 sont donc marquées par l&#039;arrivée de la pilule contraceptive en Suisse. En effet, en 1961, la commercialisation de celle-ci fait reculer le nombre d&#039;avortement pratiqué en Suisse puisque les femmes ont un contrôle sur leur reproductibilité. Malgré tout, la pilule contraceptive circule à l&#039;époque discrètement, puisque aucune loi ne précise son autorisation. En 1965, la création du premier planning familial en Suisse au HUG permettra de conseiller les familles. L&#039;établissement ouvrira donc un pôle dédié à l&#039;information familiale et aux régulations des naissances.&amp;lt;ref&amp;gt;Fert-Bek, D., (s.d.), &#039;&#039;Historique&#039;&#039;, Le service du planning familial de Genève a 40 ans,Genève, HUG. Consulté le 18 Novembre 2013 sur http://planning-familial.hug-ge.ch/nous/historique.html&amp;lt;/ref&amp;gt; Dans cet établissement les professionnels conseillent les parents sur la manière d&#039;avoir un contrôle sur l&#039;élargissement de leur famille. Ainsi, grâce à cette structure, la pilule contraceptive a pu circuler dans le territoire helvétique. La pilule était considéré pour certain comme un enjeux économique : elle permettait de contrôler les naissances et donc de préserver la richesse, et pour d&#039;autres comme un moyen de débrider la sexualité des femmes&amp;lt;ref&amp;gt;L&#039;illustré, (s.d.) &#039;&#039;La pilule qui a changé le monde&#039;&#039;, Archives, Consulté le 18 Novembre 2013 sur http://www.illustre.ch/la_pilule_qui_a_change_le_monde_45372_.html&amp;lt;/ref&amp;gt;.   &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Mlf.jpeg|vignette|gauche|Affiche du Front des Bonnes Femmes]][[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|Le Mouvement de Libération des Femmes (MLF)]] a démarré aux Etats-Unis, et a encouragé les militants des autres pays à lutter pour améliorer les conditions féminines. Le [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]] créé en 1969 à Zurich,que l&#039;on retrouvait également dans d&#039;autres cantons  (Genève et Tessin par exemple) se base &amp;quot;sur les mouvements de libération du Tiers monde pour encourager les femmes à se libérer des contraintes inhérentes à la famille nucléaire (Rôle des sexes).&amp;quot; &amp;lt;ref&amp;gt;Jorris, E., 2009, &#039;&#039;Mouvement de libération des femmes (MLF)&#039;&#039;. Consulté le 19 Novembre 2013 sur http://www.hls-dhs-dss.ch/textes/f/F16504.php&amp;lt;/ref&amp;gt;. Sur le canton de Genève plus précisément, des groupes de certains partis de gauche militaient en ces faveurs (ils étaient très hiérarchisés et ne plaisaient pas à toutes les femmes militantes). C&#039;est donc principalement grâce à Madame Brodmann (qui a milité aux Etats-Unis) et Madame Gramoni qu&#039;il y a eu dans un premier temps le front des Bonne-Femmes (où militait aussi Rina Nissim). Leur premier slogan a été &amp;quot;Femmes décolonisons-nous !&amp;quot; avec des affiches placardées sur les façades des grandes banques : les femmes insistaient donc pour la ré-appropriation de leur corps (avortement, pilule contraceptive, ...).&amp;lt;ref&amp;gt;Roussopoulos Carole, Debout ! Une histoire du mouvement des femmes 1970-80, 1999. Consulté le 19 Novembre 2013 sur http://ballonsonde.org/wikiSonde/videos/Femmes_Debout.htm&amp;lt;/ref&amp;gt; &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Les femmes pensent donc vivre singulièrement des situations d&#039;exclusion et d&#039;injustices, or le fait de discuter ensemble elles se rendent compte qu&#039;elles vivent toutes ce genre de situation. Cette prise de conscience favorise donc la mobilisation des femmes pour combattre ces injustices dont elles sont victimes. Les communautés ou ce que l&#039;on pourrait appeler regroupements permettent donc aux femmes de prendre consciences mais aussi de prendre du pouvoir dans la société. L&#039;effet de groupe a permis de de faire rassembler dans les rues des milliers de femmes pour manifester ensemble contre des inégalités entre sexe ([[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]]).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans le même temps, il ne faut pas oublier que les avortements illégaux continuent à être pratiqués à cette période. En effet, le nombre d&#039;avortements, légaux et illégaux, est estimé à 50 000 en 1966. Les avortements légaux s&#039;élevaient à environ 17 000 en 1966 (16 000 en 1978 et 1980, 14 000 en 1985, 13 000 en 1990, 12 000 en 1995, 13 000 en 1996 et 1998). Les avortements clandestins diminuèrent grâce : &lt;br /&gt;
* à la raréfaction avec l&#039;élargissement des indications médicales dans les cantons libéraux (Zurich, Bâle-Ville, Berne, Vaud, Neuchâtel, Genève) dès les années 1950&lt;br /&gt;
* la libéralisation progressive dans d&#039;autres cantons(Tessin dès les années 1970; Argovie, Bâle-Campagne, Glaris, Schaffhouse, Soleure, Jura au cours des années 1990)&lt;br /&gt;
* la généralisation des centres de planning familial, des cours d&#039;éducation sexuelle, la diffusion de moyens de contraception sûrs dès les années 1960 &lt;br /&gt;
* le remboursement de l&#039;intervention par les caisses maladie).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On remarque que malgré les mesures juridiques fédérales restrictives, les cantons adoptent des pratiques très différentes les uns des autres. Ainsi, les dimensions d’ordre psychologique et social sont incluses dans les indications médicales des cantons libéraux, alors que la pratique est seulement tolérée dans les cantons conservateurs catholiques. Face à cette inégalité juridique, les cantons libéraux accueillent des femmes vivant dans ces cantons restrictifs pour se faire avorter. On assiste à une forme de tourisme « gynécologique ». Cela amène les cantons à réfléchir sur ces pratiques. Notamment le canton de Neuchâtel, où plusieurs affaires d&#039;avortements sont jugées. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La période 1970-1980 : La période clé ===&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
A la suite de ces scandales, le député radical Maurice Favre dépose en mars 1971 une [http://www.amtsdruckschriften.bar.admin.ch/viewOrigDoc.do?id=10100953 motion] en faveur d&#039;une initiative cantonale demandant la suppression des articles 118 à 121 du CP.  &lt;br /&gt;
Cette démarche est suivie du lancement, en juin de la même année, par un comité de cinq personnes, de l&#039;initiative populaire fédérale pour la décriminalisation de l&#039;avortement, largement soutenue notamment par le mouvement des femmes. En 1972, les milieux chrétiens conservateurs font circuler une pétition &amp;quot;Oui à la vie, non à l&#039;avortement&amp;quot;. A partir de ce moment-là, nous voyons apparaître les organisations et les mouvements féministes qui organisent des manifestations en faveur de l’interruption de grossesses libres et gratuites, ainsi que pour revendiquer [http://www.svss-uspda.ch/index.html la décriminalisation de l’avortement].  Il y a dons deux propositions faites : accorder un délais pour l&#039;avortement (par exemple : les avortements pourront être légal pendant les 10 premières semaines de grossesse)ou élargir les motifs pour l&#039;avortement (par exemple : souffrances psychiques, douleurs physique, ...)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C&#039;est une lutte qui se fait contre des mentalités traditionnelles où l&#039;homme est dominant dans la société. La prise de conscience des femmes et de leurs conditions se fait petit-à-petit, en prenant plus d&#039;ampleur au milieu des années 70. C&#039;est la réunion de plusieurs milliers de femmes qui fait que l&#039;on puisse qualifier le [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]] de mouvement. Ce sont des femmes de tout âge qui se battent pour l&#039;amélioration de leurs conditions de vie. Ces mouvements veulent principalement lutter pour le droit du libre choix des femmes ou de manière générale à ce que l&#039;on nomme l&#039;autonomie des femmes. A cette époque, il y a &amp;quot;deux types de femmes&amp;quot; :  celles qui font des études mais qui restent à la maison pour materner, ou bien celle qui font des études et qui travaillent. Ces dernières se trouvent confrontées à la réalité sociale : avec le même titre professionnel, les femmes obtiennent des salaires bien inférieurs à ceux des hommes. C&#039;est suite à cette prise de conscience face au [http://www.scienceshumaines.com/peut-on-en-finir-avec-le-plafond-de-verre_fr_22408.html Plafond de Verre], que les femmes se réunissent pour échanger leurs histoires. Elles se mobilisent donc afin de pouvoir avoir le contrôle sur leur vie, et sur leur corps. L&#039;une des grandes luttes se fait autour du contrôle de leur corps : ce qu&#039;elles nomment la mobilisation pour la ré-appropriation du corps. Il s&#039;agit de donner aux femmes la possibilité de choisir leur maternité, leur contraception, et leur médicamentation. En 1978, sur le canton de Genève, l&#039;ouverture du Dispensaire des femmes (par [[Rina Nissim]]) leur permet d&#039;être accueillies dans un lieu où on leur donne des conseils, des listes de gynécologues tolérants face aux choix d&#039;avorter ainsi que différentes méthodes pour soigner les maladies génitales, ... De plus, les femmes peuvent si elles le veulent accéder au groupe action Self-Help du [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]] ; qui est un lieu où l&#039;on échange sur son vécu, et où l&#039;on pratique des examens concrets pour découvrir son corps. L&#039;instruction, comme l&#039;évoque [[Amélia Christinat|Mme Christinat]] permet aux femmes de comprendre les injustices auxquelles elles sont confrontées et de se mobiliser pour que toute les sociétés reconnaissent les femmes comme des personnes avec un cerveau. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans le même temps, une nouvelle réglementation sur l’avortement est considérée par le Conseil fédéral, et trois variantes sont discutées : la première, appelée &amp;quot;solutions des indications&amp;quot; autorise l’avortement dans les situations où la grossesse menace la vie ou la santé de la femme, en cas de viol, ou encore si l’enfant présente un trouble ou une déficience physique et/ou mentale. Une autre variante est celle des « indications sociales » qui prend en compte la situation sociale précaire de la femme. Finalement, la troisième, « solution des délais », permet l’avortement pendant les douze premières semaines de grossesse. Il en va sans dire que les partis politiques, les organisations et les cantons conservateurs catholiques sont en faveur de la solution la plus restrictive, alors que leurs rivales refusent les trois types de variantes et revendiquent l’avortement libre et gratuit. Le Conseil fédéral  rejette l’initiative pour la décriminalisation de l’avortement, mais opte finalement pour la solution des indications élargies, attisant ainsi le mécontentement des deux camps. &lt;br /&gt;
Face au rejet de l’initiative populaire pour la décriminalisation de l’avortement, [http://www.svss-uspda.ch/index.html l’Union Suisse pour la Décriminalisation de l’Avortement] (USPDA) (dont fait partie [[Amélia Christinat]])propose un compromis et lance une initiative qui cette fois rejoint l’idée de la solution des délais. « L’initiative réclament la décriminalisation de l’avortement s’il est pratiqué par un  médecin avec le consentement de la femme pendant les douze semaines qui suivent les dernières règles ». Cependant, celle-ci essuie à nouveau un échec : elle est rejetée par la majorité des cantons. &lt;br /&gt;
Les années suivantes toutes les propositions d&#039;initiatives,pour ou contre l&#039;avortement, sont sans cesse rejetées. Mais les luttes féminines pour le droit à l&#039;avortement s&#039;amplifient dans cette période pour pouvoir faire changer les droits de la personne et principalement les droits de la femme. Ce n’est qu’en 1990, que l’idée d’une révision de la loi relative à l’avortement est remise sur le devant de la scène. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous constatons que cette période est une période riche pour la mobilisation des droits des femmes ; de multitudes groupes se forment à l&#039;intérieur du [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]], des nouveaux établissements pour les femmes se créent, [http://www.letempsarchives.ch/Default/Scripting/ArticleWin.asp?From=Archive&amp;amp;Source=Page&amp;amp;Skin=LeTempsFr&amp;amp;BaseHref=JDG/1997/09/03&amp;amp;PageLabelPrint=6&amp;amp;EntityId=Ar00600&amp;amp;ViewMode=HTML les partis politiques] se questionnent à nouveau, même [http://www.letempsarchives.ch/Default/Scripting/ArticleWin.asp?From=Search&amp;amp;Key=JDG/1997/09/05/11/Ar01104.xml&amp;amp;CollName=JDG_1990_1999&amp;amp;DOCID=47725&amp;amp;PageLabelPrint=11&amp;amp;Skin=LeTempsFr&amp;amp;enter=true&amp;amp;AW=1389277112258&amp;amp;sPublication=JDG&amp;amp;sScopeID=All&amp;amp;sSorting=IssueDateID%2cdesc&amp;amp;sQuery=%22avortement%20%22%20suisse&amp;amp;rEntityType=&amp;amp;sSearchInAll=false&amp;amp;RefineQueryView=%2552%2565%2563%2568%2565%2572%2563%2568%2565%2572%2520%2570%2561%2572%256d%2569%2520%256c%2565%2573%2520%2572%25u00e9%2573%2575%256c%2574%2561%2574%2573&amp;amp;StartFrom=5&amp;amp;ViewMode=HTML Le Conseil d&#039;Etat Vaudois], etc. Des femmes se mobilisent également pour d&#039;autres causes qui ne les touchent pas particulièrement puisque nous verrons, dans [[Accueil|le dernier chapitre]] de cet article, que plusieurs d&#039;entres-elles se sont mobilisées pour le droit à l&#039;autodétermination [[Droits des patients (à l&#039;hôpital)|des patient des hôpitaux]]. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Globalement ce qui se fait ressentir c&#039;est  surtout l&#039;envie de faire changer la mentalité de la société pour que les femmes aient les même droits que les hommes. Nous avions déjà retrouver ce point en 1791 en France où est apparue la [http://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9claration_des_droits_de_la_femme_et_de_la_citoyenne Déclaration des Droits de la Femme et de la Citoyenne] se basant sur la [http://www.textes.justice.gouv.fr/textes-fondamentaux-10086/droits-de-lhomme-et-libertes-fondamentales-10087/declaration-des-droits-de-lhomme-et-du-citoyen-de-1789-10116.html version originale] et dont le but était de montrer l&#039;égalité juridique entre homme et femme.   &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Depuis 1990 ===&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Les différentes mobilisations des femmes soixanthuitardes ont permis la diminution d&#039;une multitude d&#039;inégalités pour lesquelles elles se mobilisaient.&lt;br /&gt;
Revenons tout d&#039;abord, en 1994, où l&#039;on constate un net recul du nombre d’avortements légaux. Ceci peut s’expliquer par une diffusion de l’information (éducation sexuelle) et la libre disposition de moyens contraceptifs. Ce phénomène vient appuyer l’idée que la libéralisation ne conduit pas à une augmentation des avortements, bien au contraire. Plusieurs services se sont donc installés suite au manifestations des femmes dans les rues. A partir de là, les choses commencent à changer et vont en faveur de la décriminalisation de l’avortement. En effet, le Conseil National adopte en 1995 &amp;quot;la solution des délais&amp;quot;. En 1996, la Commission des Affaires Juridiques du Conseil National ratifie un projet de loi qui prévoie la décriminalisation de l’avortement pendant les 14 premières semaines après les dernières règles. On voit mêmes les femmes du parti démocratique-chrétien (PDC) aller en faveur du droit de la femme à l’autodétermination et pour &amp;quot;la solution des délais&amp;quot;. De nombreuses organisations telles que la Fédération suisse des Eglises protestantes, les groupes des femmes radicales de Suisse, accueillent cette solution des délais comme un compromis tolérable. Toutefois, le Conseil Fédéral rejette une fois de plus la &amp;quot;solution du délai&amp;quot; en 1998. Nous constatons donc que les manifestations pendant plus de 15ans, ne suffisent pas pour que la Suisse autorise l&#039;avortement. En France par exemple, la lutte des femmes a été moins longue en ce qui concerne le droit à l&#039;avortement puisqu&#039;il est autorisé depuis  [http://fr.wikipedia.org/wiki/Loi_Veil_du_17_janvier_1975_sur_l&#039;interruption_volontaire_de_grossesse 1975] et suite [http://fr.wikipedia.org/wiki/Manifeste_des_343 aux manifestes des 343] de 1971. &lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Par ailleurs, la pilule abortive Mifegyne (RU 486) est admise et commercialisée en Suisse dès 1999. La [http://webcache.googleusercontent.com/search?q=cache:aZM-IrETCowJ:bijsluiters.fagg-afmps.be/DownloadLeafletServlet%3Fid%3D109287+&amp;amp;cd=9&amp;amp;hl=fr&amp;amp;ct=clnk&amp;amp;gl=ch&amp;amp;client=firefox-a notice] d&#039;utilisation explique son utilité : &amp;quot;Mifegyne est un médicament qui bloque l&#039;action de la progestérone, une hormone nécessaire au maintien de la grossesse. Mifegyne peut donc provoquer une interruption de grossesse.&amp;quot; Cependant cette méthode médicamenteuse est soumise aux mêmes dispositions pénales que l’avortement et est prescrite uniquement par le corps médical.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Finalement, le Parlement adopte la solution du délai en mars 2001 et est rentré en vigueur en 2002. « Ainsi l’avortement n’est pas punissable pendant les 12 premières semaines de la grossesse à condition que la femme fasse valoir une situation de détresse. Les cantons doivent décider quels cabinets et établissement peuvent pratiquer l’intervention. » &amp;lt;ref&amp;gt;Rey, A.-M., 2013, Régime du délais, USPDA. Consulté le 7 Décembre sur http://www.svss-uspda.ch/fr/suisse/loi.htm&amp;lt;/ref&amp;gt; De plus, Rey (2013), illustre les modifications entre l&#039;ancienne et la nouvelle loi de 2002, relatif à l&#039;avortement. &amp;lt;ref&amp;gt;Rey, A.-M., 2013, Comparaison ancienne et nouvelle législation, USPDA. Consulté le 7 Décembre sur http://www.svss-uspda.ch/fr/suisse/comparaison.htm &amp;lt;/ref&amp;gt; Depuis ce jour, la femme est la seule personne qui ait le droit de choisir ou non l&#039;avortement. En aucun cas, une personne tierce (et même si celle-ci a une blouse blanche) ne pourra refuser l&#039;avortement d&#039;une femme dans les douze premières semaines de grossesse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous pouvons donc conclure que « les discussions provoquées en 1971 par l’initiative en faveur de la décriminalisation de l’avortement ont été à l’origine d’un changement des mentalités et d’une prise de conscience ».&amp;lt;ref&amp;gt;Rey, A.-M., 2013, Chronologie des événements dès 1970, USPDA. Consulté le 7 Décembre sur http://www.svss-uspda.ch/fr/suisse/chronologie.htm &amp;lt;/ref&amp;gt; En effet, on assiste à une diminution du nombre de condamnations et à une libéralisation de la pratique de l’avortement. Par ailleurs, on se rend compte qu’à travers la mise en place de centres de plannings familiaux et des dispositifs d’informations, comme l’éducation sexuelle, on parvient à lutter contre l’avortement.  La prévention prévaut donc à la pénalisation. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cependant on constate que la réglementation à ce sujet peut encore être modifiée, car ce droit à l’avortement est sans cesse remis en question. En effet, en 2010, le mouvement anti-avortement « Mamma », qui s&#039;intitulait auparavant &amp;quot;Pour la mère en l’enfant&amp;quot;  lance une initiative populaire : « Financer l’avortement est une affaire privée ». Il s’agit d’une initiative qui demande que l’IVG ne soit plus pris en compte par les prestations de l’assurance maladie de base, et ce en invoquant l’idée qu’il s’agit d’une décision d’ordre privé, et que de ce fait le financement public n’a pas de sens. Cependant, on remarque que le droit à donner la vie est également de l’ordre du privé, et pourtant celui-ci n’est pas contesté. [[Entretien Rina Nissim|Rina Nissim]], nous met en garde sur la tournure que prend les événements d&#039;aujourd&#039;hui (concernant le financement de l&#039;avortement). En effet, selon elle, nous serions en pleine régression concernant le libre choix de la femme. A contrario des générations d&#039;après 70, il faut que les générations d&#039;aujourd&#039;hui se mobilisent pour faire en sorte de garder un droit durement acquis par les femmes soixanthuitardes. La votation de Février 2014 qui se prépare pourrait modifier les droits que nous avons jusqu&#039;à présent. Si les générations de maintenant et les suivantes veulent elles aussi avoir la possibilité de choisir leur grossesse, elles se doivent de s&#039;impliquer pour faire en sorte de ne pas perdre les droits acquis.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le droit à l&#039;avortement est également contesté dans [http://www.planning-familial.org/actualites/lavortement-en-europe-ou-sont-les-bonnes-nouvelles-0012490 les autres pays Européens]. L&#039;Irlande et l&#039;Espagne seraient les deux pays Européens les plus réactionnaires au droit à l&#039;avortement. En effet, le premier ministre devrait sous peu, mettre en place une nouvelle loi concernant ce sujet. L&#039;avortement sera alors possible que dans l&#039;une des trois conditions (viol, malformation du fœtus ou danger de la mère) et les personnes mineures devront avoir une autorisation des parents. &amp;lt;ref&amp;gt;Magnan, P., (2014) &#039;&#039;Avortement : le retour en arrière de l&#039;Espagne, premier signe en Europe ?&#039;&#039;. consulté le 6 Janvier 2014 sur http://geopolis.francetvinfo.fr/avortement-le-retour-en-arriere-de-lespagne-un-premier-signe-en-europe-28245 &amp;lt;/ref&amp;gt; Dans le cas de l&#039;Espagne, ce projet de loi fait un retour en arrière dans l&#039;histoire de droits des femmes puisqu&#039;il s&#039;agit de la loi d&#039;il y a 30 ans&amp;lt;ref&amp;gt;&amp;quot;L&#039;Espagne veut revenir à la loi d&#039;il y a trente ans&amp;quot;.Tribune de Genève, Avortement, 21-22 décembre 2013, p. 7.&amp;lt;/ref&amp;gt;. La crise économique, comme nous l&#039;avait précisé [[Rina Nissim]], influencerait les multiples régressions concernant les droits des femmes ; dont celui de leur intégrité physique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les témoins qui ont participé aux changements ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous avons décidé d&#039;interroger des personnes qui se sont mobilisées en Suisse pour le droit à l&#039;avortement. Elles pourront donc faire ressortir des éléments personnels sur le contexte de l&#039;époque, et les problèmes qu&#039;elles ont pu rencontré pour la mise en place de ce droit. &lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Nous avons dans un premier temps contacté Mme [[Amélia Christinat|Christinat Amélia]], avec qui l&#039;une de nous avait déjà travaillé il y a quelques années. Cette personne a donc accepté de participer à notre recherche en répondant à nos questions lors d&#039;un entretien.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un second temps nous avons contacté Mme [[Salika Wenger|Wenger Salika]], marraine de l&#039;association &amp;quot;Ni pute, Ni soumise&amp;quot; qui est actuellement impliquée dans la politique sur Genève puisqu&#039;elle fait partie du Conseil Administratif de la ville de Genève. Deux d&#039;entre nous l&#039;ont connue lors de sa venue à [http://www.infrarouge.ch/ir/1858-seins-nouvelle-arme-feministes l&#039;émission télévisée Infrarouge (RTS)] dédié aux mouvements des Femens (novembre 2011). Après discussion téléphonique, nous avons eu des éléments pertinents qui pourraient nous intéresser pour notre recherche, cependant [[Salika Wenger|Mme Wenger]] est très occupée et ne pourra pas nous accorder un entretien avant Janvier 2014. C&#039;est pourquoi après réflexion, nous avons décidé de contacter une troisième personne qui pourrait éventuellement être plus disponible : Mme [[Rina Nissim|Nissim Rina]]. Par l&#039;intermédiaire de Mme Ruchat nous avons obtenu ses coordonnées téléphoniques et avons pu avoir un rendez vous rapidement.&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Afin de leur éviter quelconque déplacement,nous avons rencontré ses personnes à leur domicile. De plus, pour des raisons pratiques et également afin de ne pas abuser de leur hospitalité, nous avons décidé de mener ces entretiens par groupes de trois.&lt;br /&gt;
Nous proposerons aux différents acteurs de partager leurs souvenirs concernant les années 1970 à Genève afin que nous comprenions la situation actuelle du droit à l&#039;avortement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Retour sur les entretiens==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== [[Entretien Rina Nissim|Entretien]] de [[Rina Nissim]] ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Notre premier entretien s&#039;est déroulée le mercredi 27 Novembre. A trois étudiantes nous nous sommes rendues au cabinet de [[Rina Nissim]]. L&#039;entretien qui en découle nous a projeter dans un univers très différent du notre : où la femme n&#039;avaient que très peu de droits. C&#039;est de part son discours, que la militante [[Rina Nissim]], nous a partagé des informations sur l&#039;ambiance, la mobilisation et la persévérances des actrices de cette époque. C&#039;est par la réalisation de plusieurs injustices que les femmes se regroupent pour se mobiliser contre une société qui octroie peu de considération envers les femmes. Le [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]], lutte donc de manière générale pour plusieurs droits (droit à l&#039;égalité salariale, droit à la contraception, droit à l&#039;avortement, ...). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== [[Entretien Amélia Christinat|Entretien]] d&#039;[[Amélia Christinat]] ===&lt;br /&gt;
Le second entretien s&#039;est déroulé le 5 décembre chez [[Amélia Christinat|Christinat Amélia]]. A notre arrivée, nous lui avons dit que nous avions déjà des questions précises à lui poser et que ces questions seraient les mêmes pour tous les groupes. En effet, sachant que c&#039;est une femme très bavarde nous avons préférer poser le cadre dès le départ. &lt;br /&gt;
Nous avons pu constater en rentrant dans son salon qu&#039;elle avait préparé différents articles concernant le droit à l&#039;avortement - des articles qu&#039;elle nous a présenté tout au long de l&#039;interview -.&lt;br /&gt;
C&#039;est avec beaucoup d&#039;émotion qu&#039;elle a répondu à nos questions et qu&#039;elle a raconté son combat pour les différents droit de la femme - droit de vote, droit à l&#039;avortement etc.-. Nous avons vraiment ressenti, à travers ses propos, l&#039;importance que ces combats ont eu pour elle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Points communs entre les entretiens=== &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plusieurs points communs ressortent de ces deux entretiens.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout d&#039;abord, nous constatons que le droit à la réappropriation du corps ou plutôt à l&#039;autonomie des femmes, comme cité par [[Rina Nissim]], représente l&#039;un des combats des années 1960-80. Si les femmes, par leur combats, manifestations ont réussi à faire valoir leur droit à l&#039;avortement, elles ont aussi lutté pour la mise en place d&#039;autres valeurs tels que le droit à la contraception, le droit de vote, le droit d&#039;accès aux études. Toutes ces luttes sont évoqués par les deux femmes interrogées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Afin de parvenir à ces changements, il a fallu se réunir entre femmes. A partir du moment où nous souhaitons un changement important, il est nécessaire d&#039;obtenir une mobilisation importante. [[Rina Nissim]] part d&#039;un petit groupe, le [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]] qui finalement va prendre une grande ampleur et [[Amélia Christinat|Amélia Christianat]] s&#039;impose dans la politique. Il parait donc évident pour ces deux protagonistes, que pour espérer un changement, il faut se réunir en groupe. La notion de communauté prend donc toute son importance. La notion de communauté est définie comme étant un état de ce qui est commun à plusieurs personnes, similitudes, groupe constituant une société, mise en commun des biens entre époux. Au sens étymologique originel : cum munus. La communauté est donc un groupe de personnes (cum) qui partagent quelque chose (&amp;quot;munus&amp;quot;)- un bien, une ressource, ou bien au contraire une obligation, une dette.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Même si le concept de communauté n&#039;est pas dit explicitement dans nos entretiens, il apparaît tout au long, puisque chacune d&#039;entre elles a rejoint un groupe dans lequel elles éprouvaient des intérêts communs. Chaque membre décide alors en quoi, comment et quand il contribuera à ce groupe. Dans ce cas, [[Rina Nissim]] et [[Amélia Christinat]] en tant que féministes se sont engagées et ont lutté pour le droit des femmes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Enfin, il est intéressant de constater que nos deux intervenantes tirent un bilan mitigé quant à ces luttes pour les droits des femmes. [[Amélia Christinat]] dit :&amp;quot; Alors en fait tout changement, toute progression que l’on peut interpréter comme sociale n’est jamais définitivement acquise. Donc en fait, il faut veiller continuellement, défendre continuellement où que vous soyez et avec qui que vous soyez.&amp;quot; Quant à [[Rina Nissim]], elle dit :&amp;quot;Malheureusement dans la société c’est comme ça, il faut tout le temps se battre. Ça c’est un point sur lequel on est en recul.&amp;quot;, On est en plein recul. Donc y a un ou deux pays qui ont avancé pour l’instant y en a douze qui ont régressé. Donc cela ne va pas du tout cette affaire, on a une très mauvaise posture.&amp;quot; Ainsi, la question des droits pour la personne n&#039;est jamais complètement acquis. Il faut sans arrêt se battre pour continuer à faire valoir ses droits en tant que personne.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il convient à présent de reprendre l&#039;ensemble des questions posées et d&#039;en ressortir les éléments importants :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- &#039;&#039;&#039;Depuis quand et avec qui vous vous êtes engagés dans la lutte pour les droits de la femme et quel était à ce moment votre statut (ou fonction)? Dans quel contexte s&#039;est inséré cette démarche ?&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les deux personnes interrogés ont un parcours différents et leur action ne s&#039;est pas faite au même niveau. [[Rina Nissim]], après son interruption de grossesse à 19 ans, trouve un tract dans un local d&#039;anarchiste. C&#039;est un tract du [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]] qui invite des femmes à les joindre dans leur groupe. [[Rina Nissim]] est intéressée et entre alors au [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]]. Elle est alors la plus jeune de la bande. Il n&#039;y avait pas de statut en tant que tel mais chacune apportait ses connaissances et son envie de se battre pour obtenir plus de droit pour la femme. Quant à [[Amélia Christinat]], elle agit plutôt a un niveau politique et va faire un long parcours en passant par le législatif, le cantonal puis le niveau national afin d&#039;apporter des changements reconnus dans toute la Suisse. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- &#039;&#039;&#039;Y a-t-il eu un événement originel? Pourriez vous nous raconter un ou des événements marquant que vous avez mené ou qui vous ont frappé dans cette période en faveur de ces droits ?&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;un des droits qui a frappé [[Rina Nissim]] dans cette période est l&#039;accès à l&#039;avortement libre et gratuit ainsi que l&#039;accès à la contraception. Elle explique que c&#039;est l’accessibilité à l&#039;avortement qui était problématique.Le planning familial a été une grande innovation mais n&#039;était pas encore présent dans les mentalités de tous, et ce, notamment chez les gynécologues qui n&#039;acceptaient pas tous de donner la pilule. Le [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]] faisait des listes des médecins qui étaient d&#039;accord de prescrire cette pilule et dirigeait les femmes au bon endroit. Cependant, elle ne nous décrit pas un événement très précis, une action qu&#039;elle a effectué qui a pu entraîner ces changements. C&#039;est néanmoins des manifestations importantes et à plusieurs reprises qui ont permis ces évolutions. [[Amélia Christinat]] considère aussi que le droit à l&#039;avortement est un événement phare de cette époque et ajoute que le droit de vote pour la femme est aussi l&#039;un des événements marquants. Elle donne comme exemple les luttes ouvrières françaises qui allaient en Belgique pour se faire avorter parce que c&#039;était défendu en France et qu&#039;elles n&#039;avaient pas d&#039;argent. C&#039;est un événement particulièrement marquant et touchant selon elle. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- &#039;&#039;&#039;Quels ont été les changements les plus importants auxquels vous ayez assisté ?&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Rina Nissim]] évoque plusieurs changements auxquels elle a pu assister. Elle parle de la libération des femmes. C&#039;est se considére comme un individu à part entière qui peut décidé de soi-même, d&#039;être un vrai sujet dans leur vie, dans leur sexualité, dans leur contraception, dans leur choix professionnel. D&#039;après elle, il y a donc eu plusieurs droit : celui de l&#039;avortement avec pour commencer le remboursement par les caisses maladies en 81, le droit au divorce, le divorce. [[Amélia Christinat]] ajoute à l&#039;ensemble de ces changements le droit de vote, en disant qu&#039;à partir du moment où nous avons le bulletin, c&#039;est quelque chose de très important puisque les femmes sont considérées comme une personne. Nous pouvons rattacher cela à l&#039;ensemble de cette étude qui étudie le droit des personnes. Dans le cas des différentes luttes pour le droit des femmes, nous cherchons à mettre en avant qu&#039;elles sont avant tout des personnes qui doivent avoir la liberté de choisir, de donner leur avis. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-&#039;&#039;&#039; Y a-t-il eu des valeurs que vous avez eu le sentiment d’avoir porter en avant et si oui lesquels  ?&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Différentes valeurs sont mises en avant par les deux femmes interrogées. C&#039;est le féminisme, l&#039;humanisme, le socialisme, l&#039;anarchisme. De manière générale l&#039;autonomie des femmes marqué par la réappropriation de son corps. Dans leur discours, les deux femmes montrent bien qu&#039;auparavant nous étions considérés comme femme de.., fille de... que les femmes ont toujours du être meilleure que les hommes. Elles devaient tout faire. De ce fait, les femmes n&#039;étaient pas des sujets en tant que telle. Ce n&#039;est qu&#039;après de nombreuses luttes que nous avons mis en avant le fait que les femmes soient avant tout des personnes à part entière. Elles ont maintenant le même statut, les mêmes droits que les hommes. Bien que comme le relève [[Rina Nissim]] et [[Amélia Christinat]] cela n&#039;est pas quelque chose d&#039;acquis, et cette évolution à tendance à reculer. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039; Mais qu’en est-il aujourd’hui de cette lutte et des acquis et des risques de retour en arrière ?&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le maître mot de ces deux femmes concernant cette lutte est que rien n&#039;est acquis. Il faut toujours se battre parce que les choses ont tendance à régresser. Aujourd&#039;hui le droit de vote, le droit d&#039;accès aux études est l&#039;un des points acquis. Cependant, la question de l&#039;avortement est remis en cause, et fait l&#039;objet de tension actuelles puisqu&#039;il est question de supprimer le remboursement des avortements. C&#039;est donc l&#039;une des causes pour lesquels il faut continuer à se battre et faire valoir ses droits si l&#039;on ne veut pas revenir en arrière.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Conclusion ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans ce chapitre, nous nous sommes centrées sur les droits des femmes concernant l&#039;avortement. En effet, nous avons vu que ce droit a été durement acquis après une forte mobilisation des femmes de la fin des années soixante jusqu&#039;à la fin des années nonante. Les deux actrices que nous avons eu la chance de pouvoir interrogé nous ont communiqué leur passion et leur investissement dans cette lutte qui reste quotidienne. En effet, toutes deux nous ont précisé que le contexte économique engendrait une régression des droits qu&#039;elles avaient acquis auparavant. La lutte, doit alors se faire actuellement par les nouvelles générations si elles ne veulent pas perdre leurs droits. &lt;br /&gt;
Nous avons vu que les femmes se sont impliquées pour revendiquer l&#039;égalité auprès des hommes. C&#039;est une lutte pour le droit à l&#039;autodétermination mais aussi à l&#039;intégrité physique qui a été le plus revendiqué à travers le droit à l&#039;avortement. La liberté de pouvoir choisir sa maternité était donc l&#039;un des éléments pointés par nos actrices. Dans le chapitre suivant, concernant [[Droits des prisonniers|le droit des prisonniers]] nous verrons que les associations se sont également mobilisées pour donner ces droits aux prisonniers. De plus, nous voyons dans le cursus de notre formation que [[Droits des personnes en situation de handicap|les personnes en situation de handicap]] subissent également des inégalités fréquentes. En effet, nous sommes sensibilisées sur le fait que toutes personnes à le droit de choisir ce qui le concerne ; c&#039;est ce que l&#039;on nomme l&#039;autodétermination. Plus largement l&#039;autodétermination faisait également partis des revendications concernant [[Droits des patients (à l&#039;hôpital)|les patients à l&#039;hôpital]] (puisque nous verrons qu&#039;ils ont lutté pour ne plus être des cobayes).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Références bibliographiques ==&lt;br /&gt;
&amp;lt;references/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;&amp;lt;big&amp;gt;Vidéo :&amp;lt;/big&amp;gt;&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Roussopoulos Carole, &#039;&#039;Debout ! Une histoire du mouvement des femmes 1970-80&#039;&#039;, 1999. Consulté le 19 Novembre 2013 sur http://ballonsonde.org/wikiSonde/videos/Femmes_Debout.htm&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;&amp;lt;big&amp;gt;Documents scannés :&amp;lt;/big&amp;gt;&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Archives contestataires de Genève, Mouvements de Liberté des Femmes : 1970-90[[Fichier:MLF femme.pdf|vignette|Document des archives contestataires]]&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Archives contestataires de Genève, Mouvements de Liberté des Femmes : 1970-90[[Fichier:MLF archives.pdf|vignette|Documents des archives contestataires]]&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Archives contestataires de Genève, Mouvements de Liberté des Femmes : 1970-90 [[Fichier:MLF assez.pdf|vignette|document des archives contestataires]]&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Archives contestataires de Genève, Mouvements de Liberté des Femmes : 1970-90 [[Fichier:MLF avorter.pdf|vignette|Document des archives contestataires]]&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Archives contestataires de Genève, Mouvements de Liberté des Femmes : 1970-90 [[Fichier:MLF personne.pdf|vignette|Document des archives contestataires ]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Auteurs du chapitre ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Julie Petot&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Julie</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Droits_des_femmes&amp;diff=12850</id>
		<title>Droits des femmes</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Droits_des_femmes&amp;diff=12850"/>
		<updated>2014-01-11T14:20:38Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Julie : /* Conclusion */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Introduction  == &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Actuellement le droit à l&#039;avortement pour les femmes subit encore des contestations et même une offensive de remise en question: pouvons nous encore le qualifier comme  un droit de la femme s&#039;interrogent certains ? Tout au long de cette page nous nous centrerons sur le droit à l&#039;avortement pour les femmes depuis 1970. En effet, les mouvements féministes sont présents depuis longtemps dans l&#039;histoire des droits des personnes. Dans la période de l&#039;après guerre, les femmes se sont mobilisées plus fortement pour acquérir des droits identiques à ceux des hommes. C&#039;est par la lutte pour le droit à un travail rémunéré que les mouvements prennent de l&#039;ampleur  : &amp;quot;L&#039;essort du féminisme dans cette période serait intimement lié à celui du travail salarié&amp;quot; &amp;lt;ref&amp;gt;Riot-Sarcey, M., 2008, &#039;&#039;Histoire du féminisme&#039;&#039;, Paris, La Découvertes, Repères. p. 73 &amp;lt;/ref&amp;gt;. La question de la procréation est aussi au cœur de leur mouvement, puisqu&#039;il est question de &amp;quot;repeupler&amp;quot; des pays détruits : &amp;quot;Après l&#039;hécatombe de la guerre, jusqu&#039;alors la plus meurtrière, il est nécessaire, plus que jamais de &amp;quot;remplir les berceaux vides&amp;quot;&amp;quot; &amp;lt;ref&amp;gt;Riot-Sarcey, M., 2008, &#039;&#039;Histoire du féminisme&#039;&#039;, Paris, La Découvertes, Repères. p. 73 &amp;lt;/ref&amp;gt;. Il ne faut pas non plus oublier leurs luttes pour l&#039;accès à la politique : plus précisément le droit de vote pour les femmes, qui prend de l&#039;ampleur bien avant la guerre. C&#039;est dans ce contexte d&#039;après guerre, que les femmes resurgissent au front pour valoriser des droits égalitaires et propres à leur vie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cet article est fondé à la fois sur une recherche documentaire et sur la récolte de témoignages de deux personnes pionnières dans l&#039;avancée du droit des femmes à l&#039;avortement. L&#039;article présentera également les différents mouvements féministes réalisés dans les années 1970 sur le droit à l&#039;avortement.Ceci nous montreras que la Suisse, n’a pas été la première à lutter pour le droit à l’avortement, mais que le phénomène est mondial. Les États-Unis ont été sans aucun doute les précurseurs, mais la lutte s&#039;est diffusée et reproduite dans différents pays du monde amenant à des dates différentes à autoriser l’avortement.  L&#039;article se centrera sur la lutte des femmes en Suisse et les différentes lois qui en sont ressorties et cherchera à comprendre la part qu’ont joué les deux témoins interrogées dans cette histoire récente (1970 à aujourd&#039;hui). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour ce faire, nous avons constitué une bibliographie, à partir d’ouvrages sur les mouvements féministes en général, sur la chronologie des contestations. Nous avons lu des articles scientifiques qui présentent la situation en Suisse, épluché  des informations sur les deux témoins qui ont été interrogés et consulté les archives contestataires à Carouge. &lt;br /&gt;
Nous avons également pu rencontré deux femmes militantes à Genève sur ce thème. On a donc effectué deux entretiens audio avec Madame [[Amélia Christinat]] et Madame [[Rina Nissim]] pour obtenir leur témoignage sur l’histoire des mouvements féministes des années 1960 à 1980, principalement sur la question de l’avortement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L&#039;Histoire du droit des femmes == &lt;br /&gt;
Actuellement des auteures telles que Marcella Iacub et Judith Butler font de la problématique féministe une occasion de débattre la question du genre, des identités sexuelles et limites entre les sexes (intersexe, queer, etc), laquelle peut nous aider à repenser la lutte féministe. Or, celle des années 70 (en amont en Suisse de l&#039;accession des femmes à la citoyenneté) est celle d&#039;une longue marche marquée par des féministes de l&#039;après guerre comme Simone de Beauvoir avec sa formule historique &amp;quot;On ne naît pas femme on le devient&amp;quot;, soulignant le déterminisme social de la féminité et la &amp;quot;fabrication&amp;quot; culturelle. &lt;br /&gt;
Pour tenter de comprendre ce qui s&#039;est passé durant cette époque nous allons revenir sur les faits marquants. Pour la compréhension de ce qui va suivre nous vous conseillons de lire [[Frise Chronologique du droit à l&#039;avortement|la frise chronologique]] des événements marquants pour le droit à l&#039;avortement en Suisse. &lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
=== Mouvements féministes : Buts et démarches ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce n&#039;est que dans la deuxième moitié du XIXème siècle que le féminisme se démarque en tant que mouvement collectif de luttes de femmes. &amp;quot;Ces luttes reposent sur la reconnaissance des femmes comme spécifiquement et systématiquement opprimées, l&#039;affirmation que les relations entre hommes et femmes ne sont pas inscrites dans la nature mais que la possibilité politique de leur transformation existe.&amp;quot;[3] En effet, les femmes ont dû faire face à de nombreuses inégalités et cela dans de nombreux domaines: le travail, la santé, la politique... Nous constatons encore aujourd&#039;hui que de nombreuses inégalités persistent sur le droit des femmes mais elles sont moindres ou de nature différentes que dans les années 1960-80. Pour pouvoir entrer dans un processus de revendication politique du féminisme, il faut qu&#039;il y ait une &amp;quot;relation avec une conceptualisation de droits humains universels;elle s&#039;ancre dans les théories des droits de la personne dontles premières formulations juridiques sont issues des révolutions américaines puis françaises.&amp;quot; &amp;lt;ref&amp;gt;Hirata H, et al,2000, &#039;&#039;Dictionnaire critique du féminisme&#039;&#039;, Paris : Presse Universitaires de France, p. 225&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
Il convient de faire une distinction entre les mouvements féministes et les mouvements populaires des femmes. En effet, les mouvements populaires des femmes ne mettent pas directement en avant l&#039;exigence de droits spécifiques pour les femmes. C&#039;est l&#039;emploi du mot féministe qui va changer les représentations que l&#039;on se fait à cette époque. Pour certains les féministes sont &amp;quot;trop bourgeoises au XIXème siècle et au début du XXème siècle trop radicales et ennemies des hommes après les années 1970&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;Hirata H, et al,2000, &#039;&#039;Dictionnaire critique du féminisme&#039;&#039;, Paris : Presse Universitaires de France., p. 126&amp;lt;/ref&amp;gt;. Quant à l&#039;expression &amp;quot;mouvement des femmes&amp;quot;, elle est plus souvent utilisée comme raccourci pour mouvement de libération des femmes. Voilà pourquoi elle a pu être associée au féminisme le plus radical et explique la confusion entre les deux termes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lorsque nous parlons de &amp;quot;mouvements féministes&amp;quot; nous désignons sous une même dénomination &amp;quot;les diverses formes des mouvements de femmes, le féminisme libéral ou &amp;quot;bourgeois, le féminisme radical, les femmes marxistes ou socialistes, les femmes lesbiennes, les femmes noires et toutes les dimensions catégorielles des mouvements actuels&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;Hirata H, et al,2000, &#039;&#039;Dictionnaire critique du féminisme&#039;&#039;, Paris : Presse Universitaires de France, p. 127&amp;lt;/ref&amp;gt;. Dès lors, l&#039;expression&amp;quot; mouvement des femmes &amp;quot; représente les mobilisations de femmes en Amérique Latine ou les mouvements pour la paix en Irlande ou au moyen-Orient&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;Hirata H, et al,2000, &#039;&#039;Dictionnaire critique du féminisme&#039;&#039;, Paris : Presse Universitaires de France., p.126&amp;lt;/ref&amp;gt; Dans la littérature, deux types de mouvements féministes se démarquent. Une première vague a émergé dans la seconde moitié du XIXème siècle. Elle est souvent présentée autour des revendications du droit de vote.  Au début du XXème siècle, ou les mouvements sont qualifiés de &amp;quot;néo féminisme&amp;quot;, les exigences ne se fondent pas sur une seule exigence d&#039;égalité mais sur une reconnaissance &amp;quot;de l&#039;impossibilité sociale de fonder cette égalité dans un système patriarcal&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;Hirata H, et al,2000, &#039;&#039;Dictionnaire critique du féminisme&#039;&#039;, Paris : Presse Universitaires de France, p. 126&amp;lt;/ref&amp;gt;. Le féminisme des années 1970, se fait connaitre par des mouvements anti-autoritaires, par des groupes de parole, il met en avant les formes les plus spontanées de manifestation et refuse toute organisation hiérarchique. &amp;quot; L&#039;appartenance au mouvement représente la mise en acte d&#039;une nouvelle idéologie, la recherche de sens et de valeurs communs.&amp;quot; &amp;lt;ref&amp;gt;Hirata H, et al,2000, &#039;&#039;Dictionnaire critique du féminisme&#039;&#039;, Paris : Presse Universitaires de France, p.128&amp;lt;/ref&amp;gt;. C&#039;est entre la fin des années 1960 et le début des années 1970 que le féminisme connait une ampleur internationale. &amp;quot;L&#039;onde de choc part des Etats-Unis et gagne très rapidement la Grande-Bretagne et l&#039;Allemagne dans les années 60&amp;quot;. Il faut ajouter qu&#039;en &amp;quot;dépit de son caractère extra parlementaire, le mouvement de libération des femmes a la capacité de susciter de larges mobilisations auprès des femmes syndiquées, des femmes de partis de gauche et de droite ou des associations luttant pour les droits des femmes comme le planning familial. Ce sont d&#039;abord les campagnes pour la liberté d&#039;avorter qui constituent les événements les plus importants et les plus marquants &amp;lt;ref&amp;gt;Hirata H, et al,2000, &#039;&#039;Dictionnaire critique du féminisme&#039;&#039;, Paris : Presse Universitaires de France, p. 128&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En ce qui concerne la Suisse, c’est dans la continuité du mouvement de la jeunesse estudiantine de 1968 que naît le nouveau mouvement féministe. C’est à Zurich que se sont réunies des femmes de gauche, que l’on appellera « Frauenbefreiungsbewegung » ou plus communément le FBB. Elles critiquent le fait que les femmes sont oppressées et qu’il s’agit d’une « contradiction sociale fondamentale ». Le [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]], pour la Suisse romande et le MFT au Tessin vont très rapidement suivre la création du FBB, avec comme objectif commun de « récuser l’organisation hiérarchique des associations et de la politique traditionnelle » &amp;lt;ref&amp;gt;Commission fédérale, &#039;&#039;Femmes Pouvoir Histoire&#039;&#039;, 1.3, p. 1, consulté le 27 Novembre sur http://webcache.googleusercontent.com/search?q=cache:UpvKGVSBak0J:www.ekf.admin.ch/dokumentation/00444/00517/index.html%3Flang%3Dfr%26download%3DNHzLpZeg7t,lnp6I0NTU042l2Z6ln1ae2IZn4Z2qZpnO2Yuq2Z6gpJCDdH58hGym162epYbg2c_JjKbNoKSn6A--+&amp;amp;cd=2&amp;amp;hl=fr&amp;amp;ct=clnk&amp;amp;gl=ch&amp;amp;client=firefox-a&amp;lt;/ref&amp;gt; inspirés des mouvements français et américains préalablement abordés. Cependant, des divergences existent entre tous ces mouvements sur différentes questions telles que l’avortement ou encore la possibilité pour le sexe féminin de faire l’armée. Une chronologie a été rédigée dans l’article suivant : &amp;quot;Le nouveau mouvement féministe et les organisations féminines depuis 1968&amp;quot; de la Commission fédérale pour les questions féminines de [http://www.ekf.admin.ch/dokumentation/00444/00517/index.html?lang=fr la Confédération Suisse].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La période  entre 1940-50 : une période restrictive ===&lt;br /&gt;
Pour comprendre la lutte pour l&#039;avortement comme droit de la personne il nous faut revenir sur le contexte de l&#039;après guerre. Tout comme il a été expliqué dans [[Droits des enfants|le chapitre précédent]], la Déclaration Universelle des Droits de l&#039;Homme (1948) a influencé les mouvements des femmes. Nous allons tout d&#039;abord revenir sur ce qui s&#039;est passé avant cette date, en effet nous savons que la législation suisse sur l’avortement est l’une des plus restrictives d’Europe. Les premières dispositions du Code pénal suisse à ce sujet ont été définies en 1942 et prévoient, à cette époque, l’emprisonnement de la femme qui avorte, ainsi que de la personne qui l’aide à pratiquer cet acte. En revanche, une exception existe : si la grossesse comporte un danger pour la mère et que l’interruption de grossesse est pratiquée par un médecin, l&#039;avis étant approuvé par un second médecin, l’avortement n’est alors pas punissable. On comprend alors que la conséquence a été un nombre considérable d’avortements illégaux. Cependant, la mise en place de dispositifs de préventions et d’une diffusion d’informations contribua à faire diminuer le nombre d’avortements autant illégaux, que légaux. Par ailleurs, l’Organisation Mondiale de la Santé ([http://www.who.int/fr/ OMS]) a étendu la notion de « santé » en y insérant les dimensions de bien-être psychique et social : « la santé ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité ; elle est un état de complet bien-être physique, mental et social. »&amp;lt;ref&amp;gt;Rey, A.-M., 2013, &#039;&#039;Tendance à la libéralisation&#039;&#039;, USPDA. Consulté le 7 Novembre sur http://www.svss-uspda.ch/fr/suisse/liberal.htm&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ceci légalise aussi la pratique d’interruption de grossesse et écarte la menace d’emprisonnement. &amp;lt;ref&amp;gt;Rey, A.-M., 2013, &#039;&#039;L&#039;ancienne législation de 1942&#039;&#039;, USPDA. Consulté le 7 Novembre sur http://www.svss-uspda.ch/fr/suisse/loi_1942.htm&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
Cependant, cette législation attise la colère et la montée d’une révolte. Au début du XXème siècle, on voit s’élever des mouvements, tels que les organisations ouvrières, pour lutter en faveur de la décriminalisation de l’avortement.&lt;br /&gt;
De plus, dans cette période, il existe une différence entre les cantons au niveau de la législation sur l&#039;avortement. Ceci met donc les professionnels dans l&#039;embarras puisqu&#039;ils n&#039;ont pas une pratique généralisée au niveau de l&#039;état, et cela soulève également une inégalité entre les femmes des différents cantons de la Suisse. Des mesures fédérales strictes ont donc été prises pour tenter de généraliser les pratiques et s&#039;accorder sur la pratique de l&#039;avortement : « l’institutionnalisation juridique d’une interruption de grossesse pouvant être légalement pratiquée par un médecin sous haute surveillance de l’Etat : consultation obligatoire d’un second médecin, qui doit être un spécialiste et en plus agréé par les autorités cantonales compétentes, et qui doit donner par écrit un « avis conforme ». Il faut également le consentement écrit de la femme enceinte. ». Ainsi à cette époque nous constatons que les femmes n&#039;ont pas la maîtrise de leur corps et que de ce fait la maternité ne peut se contrôler. Ce contexte illustre la réalité des femmes, soit elles ont la chance de pouvoir trouver deux médecins qui l&#039;estime en danger, soit elles décident de pratiquer un avortement illégal ce qui comporte de grands risques pour leur santé (hémorragie et infection qui peuvent entraîner la mort de la femme).&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La période 1960-70 : les premiers changements ===&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Fichier:Graphiquefemme.jpeg|vignette|gauche|Graphique représentant les condamnations des femmes]]&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Le graphique ci-contre nous montre la condamnation des femmes en ce qui concerne l&#039;avortement.&amp;lt;ref&amp;gt;Rey, A.-M., 2013, &#039;&#039;Interruption de grossesse en Suisse : les faits et les données&#039;&#039;, USPDA. Consulté le 18 Novembre sur http://www.svss-uspda.ch/pdf/faits-et-donnees.pdf &amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt; En effet, nous voyons que le pic le plus élevé se situe dans l&#039;année 1950, avec 550 condamnées. Puis lors de la commercialisation de la pilule, l&#039;emprisonnement des femmes diminue fortement l&#039;année suivante, passant d&#039;environ 400 condamnations à environ 260. De manière générale, ce graphique montre que les condamnations sur la période 1960-1980 n&#039;ont cessé de baisser. &lt;br /&gt;
Les années 60 sont donc marquées par l&#039;arrivée de la pilule contraceptive en Suisse. En effet, en 1961, la commercialisation de celle-ci fait reculer le nombre d&#039;avortement pratiqué en Suisse puisque les femmes ont un contrôle sur leur reproductibilité. Malgré tout, la pilule contraceptive circule à l&#039;époque discrètement, puisque aucune loi ne précise son autorisation. En 1965, la création du premier planning familial en Suisse au HUG permettra de conseiller les familles. L&#039;établissement ouvrira donc un pôle dédié à l&#039;information familiale et aux régulations des naissances.&amp;lt;ref&amp;gt;Fert-Bek, D., (s.d.), &#039;&#039;Historique&#039;&#039;, Le service du planning familial de Genève a 40 ans,Genève, HUG. Consulté le 18 Novembre 2013 sur http://planning-familial.hug-ge.ch/nous/historique.html&amp;lt;/ref&amp;gt; Dans cet établissement les professionnels conseillent les parents sur la manière d&#039;avoir un contrôle sur l&#039;élargissement de leur famille. Ainsi, grâce à cette structure, la pilule contraceptive a pu circuler dans le territoire helvétique. La pilule était considéré pour certain comme un enjeux économique : elle permettait de contrôler les naissances et donc de préserver la richesse, et pour d&#039;autres comme un moyen de débrider la sexualité des femmes&amp;lt;ref&amp;gt;L&#039;illustré, (s.d.) &#039;&#039;La pilule qui a changé le monde&#039;&#039;, Archives, Consulté le 18 Novembre 2013 sur http://www.illustre.ch/la_pilule_qui_a_change_le_monde_45372_.html&amp;lt;/ref&amp;gt;.   &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Mlf.jpeg|vignette|gauche|Affiche du Front des Bonnes Femmes]][[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|Le Mouvement de Libération des Femmes (MLF)]] a démarré aux Etats-Unis, et a encouragé les militants des autres pays à lutter pour améliorer les conditions féminines. Le [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]] créé en 1969 à Zurich,que l&#039;on retrouvait également dans d&#039;autres cantons  (Genève et Tessin par exemple) se base &amp;quot;sur les mouvements de libération du Tiers monde pour encourager les femmes à se libérer des contraintes inhérentes à la famille nucléaire (Rôle des sexes).&amp;quot; &amp;lt;ref&amp;gt;Jorris, E., 2009, &#039;&#039;Mouvement de libération des femmes (MLF)&#039;&#039;. Consulté le 19 Novembre 2013 sur http://www.hls-dhs-dss.ch/textes/f/F16504.php&amp;lt;/ref&amp;gt;. Sur le canton de Genève plus précisément, des groupes de certains partis de gauche militaient en ces faveurs (ils étaient très hiérarchisés et ne plaisaient pas à toutes les femmes militantes). C&#039;est donc principalement grâce à Madame Brodmann (qui a milité aux Etats-Unis) et Madame Gramoni qu&#039;il y a eu dans un premier temps le front des Bonne-Femmes (où militait aussi Rina Nissim). Leur premier slogan a été &amp;quot;Femmes décolonisons-nous !&amp;quot; avec des affiches placardées sur les façades des grandes banques : les femmes insistaient donc pour la ré-appropriation de leur corps (avortement, pilule contraceptive, ...).&amp;lt;ref&amp;gt;Roussopoulos Carole, Debout ! Une histoire du mouvement des femmes 1970-80, 1999. Consulté le 19 Novembre 2013 sur http://ballonsonde.org/wikiSonde/videos/Femmes_Debout.htm&amp;lt;/ref&amp;gt; &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Les femmes pensent donc vivre singulièrement des situations d&#039;exclusion et d&#039;injustices, or le fait de discuter ensemble elles se rendent compte qu&#039;elles vivent toutes ce genre de situation. Cette prise de conscience favorise donc la mobilisation des femmes pour combattre ces injustices dont elles sont victimes. Les communautés ou ce que l&#039;on pourrait appeler regroupements permettent donc aux femmes de prendre consciences mais aussi de prendre du pouvoir dans la société. L&#039;effet de groupe a permis de de faire rassembler dans les rues des milliers de femmes pour manifester ensemble contre des inégalités entre sexe ([[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]]).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans le même temps, il ne faut pas oublier que les avortements illégaux continuent à être pratiqués à cette période. En effet, le nombre d&#039;avortements, légaux et illégaux, est estimé à 50 000 en 1966. Les avortements légaux s&#039;élevaient à environ 17 000 en 1966 (16 000 en 1978 et 1980, 14 000 en 1985, 13 000 en 1990, 12 000 en 1995, 13 000 en 1996 et 1998). Les avortements clandestins diminuèrent grâce : &lt;br /&gt;
* à la raréfaction avec l&#039;élargissement des indications médicales dans les cantons libéraux (Zurich, Bâle-Ville, Berne, Vaud, Neuchâtel, Genève) dès les années 1950&lt;br /&gt;
* la libéralisation progressive dans d&#039;autres cantons(Tessin dès les années 1970; Argovie, Bâle-Campagne, Glaris, Schaffhouse, Soleure, Jura au cours des années 1990)&lt;br /&gt;
* la généralisation des centres de planning familial, des cours d&#039;éducation sexuelle, la diffusion de moyens de contraception sûrs dès les années 1960 &lt;br /&gt;
* le remboursement de l&#039;intervention par les caisses maladie).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On remarque que malgré les mesures juridiques fédérales restrictives, les cantons adoptent des pratiques très différentes les uns des autres. Ainsi, les dimensions d’ordre psychologique et social sont incluses dans les indications médicales des cantons libéraux, alors que la pratique est seulement tolérée dans les cantons conservateurs catholiques. Face à cette inégalité juridique, les cantons libéraux accueillent des femmes vivant dans ces cantons restrictifs pour se faire avorter. On assiste à une forme de tourisme « gynécologique ». Cela amène les cantons à réfléchir sur ces pratiques. Notamment le canton de Neuchâtel, où plusieurs affaires d&#039;avortements sont jugées. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La période 1970-1980 : La période clé ===&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
A la suite de ces scandales, le député radical Maurice Favre dépose en mars 1971 une [http://www.amtsdruckschriften.bar.admin.ch/viewOrigDoc.do?id=10100953 motion] en faveur d&#039;une initiative cantonale demandant la suppression des articles 118 à 121 du CP.  &lt;br /&gt;
Cette démarche est suivie du lancement, en juin de la même année, par un comité de cinq personnes, de l&#039;initiative populaire fédérale pour la décriminalisation de l&#039;avortement, largement soutenue notamment par le mouvement des femmes. En 1972, les milieux chrétiens conservateurs font circuler une pétition &amp;quot;Oui à la vie, non à l&#039;avortement&amp;quot;. A partir de ce moment-là, nous voyons apparaître les organisations et les mouvements féministes qui organisent des manifestations en faveur de l’interruption de grossesses libres et gratuites, ainsi que pour revendiquer [http://www.svss-uspda.ch/index.html la décriminalisation de l’avortement].  Il y a dons deux propositions faites : accorder un délais pour l&#039;avortement (par exemple : les avortements pourront être légal pendant les 10 premières semaines de grossesse)ou élargir les motifs pour l&#039;avortement (par exemple : souffrances psychiques, douleurs physique, ...)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C&#039;est une lutte qui se fait contre des mentalités traditionnelles où l&#039;homme est dominant dans la société. La prise de conscience des femmes et de leurs conditions se fait petit-à-petit, en prenant plus d&#039;ampleur au milieu des années 70. C&#039;est la réunion de plusieurs milliers de femmes qui fait que l&#039;on puisse qualifier le [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]] de mouvement. Ce sont des femmes de tout âge qui se battent pour l&#039;amélioration de leurs conditions de vie. Ces mouvements veulent principalement lutter pour le droit du libre choix des femmes ou de manière générale à ce que l&#039;on nomme l&#039;autonomie des femmes. A cette époque, il y a &amp;quot;deux types de femmes&amp;quot; :  celles qui font des études mais qui restent à la maison pour materner, ou bien celle qui font des études et qui travaillent. Ces dernières se trouvent confrontées à la réalité sociale : avec le même titre professionnel, les femmes obtiennent des salaires bien inférieurs à ceux des hommes. C&#039;est suite à cette prise de conscience face au [http://www.scienceshumaines.com/peut-on-en-finir-avec-le-plafond-de-verre_fr_22408.html Plafond de Verre], que les femmes se réunissent pour échanger leurs histoires. Elles se mobilisent donc afin de pouvoir avoir le contrôle sur leur vie, et sur leur corps. L&#039;une des grandes luttes se fait autour du contrôle de leur corps : ce qu&#039;elles nomment la mobilisation pour la ré-appropriation du corps. Il s&#039;agit de donner aux femmes la possibilité de choisir leur maternité, leur contraception, et leur médicamentation. En 1978, sur le canton de Genève, l&#039;ouverture du Dispensaire des femmes (par [[Rina Nissim]]) leur permet d&#039;être accueillies dans un lieu où on leur donne des conseils, des listes de gynécologues tolérants face aux choix d&#039;avorter ainsi que différentes méthodes pour soigner les maladies génitales, ... De plus, les femmes peuvent si elles le veulent accéder au groupe action Self-Help du [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]] ; qui est un lieu où l&#039;on échange sur son vécu, et où l&#039;on pratique des examens concrets pour découvrir son corps. L&#039;instruction, comme l&#039;évoque [[Amélia Christinat|Mme Christinat]] permet aux femmes de comprendre les injustices auxquelles elles sont confrontées et de se mobiliser pour que toute les sociétés reconnaissent les femmes comme des personnes avec un cerveau. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans le même temps, une nouvelle réglementation sur l’avortement est considérée par le Conseil fédéral, et trois variantes sont discutées : la première, appelée &amp;quot;solutions des indications&amp;quot; autorise l’avortement dans les situations où la grossesse menace la vie ou la santé de la femme, en cas de viol, ou encore si l’enfant présente un trouble ou une déficience physique et/ou mentale. Une autre variante est celle des « indications sociales » qui prend en compte la situation sociale précaire de la femme. Finalement, la troisième, « solution des délais », permet l’avortement pendant les douze premières semaines de grossesse. Il en va sans dire que les partis politiques, les organisations et les cantons conservateurs catholiques sont en faveur de la solution la plus restrictive, alors que leurs rivales refusent les trois types de variantes et revendiquent l’avortement libre et gratuit. Le Conseil fédéral  rejette l’initiative pour la décriminalisation de l’avortement, mais opte finalement pour la solution des indications élargies, attisant ainsi le mécontentement des deux camps. &lt;br /&gt;
Face au rejet de l’initiative populaire pour la décriminalisation de l’avortement, [http://www.svss-uspda.ch/index.html l’Union Suisse pour la Décriminalisation de l’Avortement] (USPDA) (dont fait partie [[Amélia Christinat]])propose un compromis et lance une initiative qui cette fois rejoint l’idée de la solution des délais. « L’initiative réclament la décriminalisation de l’avortement s’il est pratiqué par un  médecin avec le consentement de la femme pendant les douze semaines qui suivent les dernières règles ». Cependant, celle-ci essuie à nouveau un échec : elle est rejetée par la majorité des cantons. &lt;br /&gt;
Les années suivantes toutes les propositions d&#039;initiatives,pour ou contre l&#039;avortement, sont sans cesse rejetées. Mais les luttes féminines pour le droit à l&#039;avortement s&#039;amplifient dans cette période pour pouvoir faire changer les droits de la personne et principalement les droits de la femme. Ce n’est qu’en 1990, que l’idée d’une révision de la loi relative à l’avortement est remise sur le devant de la scène. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous constatons que cette période est une période riche pour la mobilisation des droits des femmes ; de multitudes groupes se forment à l&#039;intérieur du [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]], des nouveaux établissements pour les femmes se créent, [http://www.letempsarchives.ch/Default/Scripting/ArticleWin.asp?From=Archive&amp;amp;Source=Page&amp;amp;Skin=LeTempsFr&amp;amp;BaseHref=JDG/1997/09/03&amp;amp;PageLabelPrint=6&amp;amp;EntityId=Ar00600&amp;amp;ViewMode=HTML les partis politiques] se questionnent à nouveau, même [http://www.letempsarchives.ch/Default/Scripting/ArticleWin.asp?From=Search&amp;amp;Key=JDG/1997/09/05/11/Ar01104.xml&amp;amp;CollName=JDG_1990_1999&amp;amp;DOCID=47725&amp;amp;PageLabelPrint=11&amp;amp;Skin=LeTempsFr&amp;amp;enter=true&amp;amp;AW=1389277112258&amp;amp;sPublication=JDG&amp;amp;sScopeID=All&amp;amp;sSorting=IssueDateID%2cdesc&amp;amp;sQuery=%22avortement%20%22%20suisse&amp;amp;rEntityType=&amp;amp;sSearchInAll=false&amp;amp;RefineQueryView=%2552%2565%2563%2568%2565%2572%2563%2568%2565%2572%2520%2570%2561%2572%256d%2569%2520%256c%2565%2573%2520%2572%25u00e9%2573%2575%256c%2574%2561%2574%2573&amp;amp;StartFrom=5&amp;amp;ViewMode=HTML Le Conseil d&#039;Etat Vaudois], etc. Des femmes se mobilisent également pour d&#039;autres causes qui ne les touchent pas particulièrement puisque nous verrons, dans [[Accueil|le dernier chapitre]] de cet article, que plusieurs d&#039;entres-elles se sont mobilisées pour le droit à l&#039;autodétermination [[Droits des patients (à l&#039;hôpital)|des patient des hôpitaux]]. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Globalement ce qui se fait ressentir c&#039;est  surtout l&#039;envie de faire changer la mentalité de la société pour que les femmes aient les même droits que les hommes. Nous avions déjà retrouver ce point en 1791 en France où est apparue la [http://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9claration_des_droits_de_la_femme_et_de_la_citoyenne Déclaration des Droits de la Femme et de la Citoyenne] se basant sur la [http://www.textes.justice.gouv.fr/textes-fondamentaux-10086/droits-de-lhomme-et-libertes-fondamentales-10087/declaration-des-droits-de-lhomme-et-du-citoyen-de-1789-10116.html version originale] et dont le but était de montrer l&#039;égalité juridique entre homme et femme.   &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Depuis 1990 ===&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Les différentes mobilisations des femmes soixanthuitardes ont permis la diminution d&#039;une multitude d&#039;inégalités pour lesquelles elles se mobilisaient.&lt;br /&gt;
Revenons tout d&#039;abord, en 1994, où l&#039;on constate un net recul du nombre d’avortements légaux. Ceci peut s’expliquer par une diffusion de l’information (éducation sexuelle) et la libre disposition de moyens contraceptifs. Ce phénomène vient appuyer l’idée que la libéralisation ne conduit pas à une augmentation des avortements, bien au contraire. Plusieurs services se sont donc installés suite au manifestations des femmes dans les rues. A partir de là, les choses commencent à changer et vont en faveur de la décriminalisation de l’avortement. En effet, le Conseil National adopte en 1995 &amp;quot;la solution des délais&amp;quot;. En 1996, la Commission des Affaires Juridiques du Conseil National ratifie un projet de loi qui prévoie la décriminalisation de l’avortement pendant les 14 premières semaines après les dernières règles. On voit mêmes les femmes du parti démocratique-chrétien (PDC) aller en faveur du droit de la femme à l’autodétermination et pour &amp;quot;la solution des délais&amp;quot;. De nombreuses organisations telles que la Fédération suisse des Eglises protestantes, les groupes des femmes radicales de Suisse, accueillent cette solution des délais comme un compromis tolérable. Toutefois, le Conseil Fédéral rejette une fois de plus la &amp;quot;solution du délai&amp;quot; en 1998. Nous constatons donc que les manifestations pendant plus de 15ans, ne suffisent pas pour que la Suisse autorise l&#039;avortement. En France par exemple, la lutte des femmes a été moins longue en ce qui concerne le droit à l&#039;avortement puisqu&#039;il est autorisé depuis  [http://fr.wikipedia.org/wiki/Loi_Veil_du_17_janvier_1975_sur_l&#039;interruption_volontaire_de_grossesse 1975] et suite [http://fr.wikipedia.org/wiki/Manifeste_des_343 aux manifestes des 343] de 1971. &lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Par ailleurs, la pilule abortive Mifegyne (RU 486) est admise et commercialisée en Suisse dès 1999. La [http://webcache.googleusercontent.com/search?q=cache:aZM-IrETCowJ:bijsluiters.fagg-afmps.be/DownloadLeafletServlet%3Fid%3D109287+&amp;amp;cd=9&amp;amp;hl=fr&amp;amp;ct=clnk&amp;amp;gl=ch&amp;amp;client=firefox-a notice] d&#039;utilisation explique son utilité : &amp;quot;Mifegyne est un médicament qui bloque l&#039;action de la progestérone, une hormone nécessaire au maintien de la grossesse. Mifegyne peut donc provoquer une interruption de grossesse.&amp;quot; Cependant cette méthode médicamenteuse est soumise aux mêmes dispositions pénales que l’avortement et est prescrite uniquement par le corps médical.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Finalement, le Parlement adopte la solution du délai en mars 2001 et est rentré en vigueur en 2002. « Ainsi l’avortement n’est pas punissable pendant les 12 premières semaines de la grossesse à condition que la femme fasse valoir une situation de détresse. Les cantons doivent décider quels cabinets et établissement peuvent pratiquer l’intervention. » &amp;lt;ref&amp;gt;Rey, A.-M., 2013, Régime du délais, USPDA. Consulté le 7 Décembre sur http://www.svss-uspda.ch/fr/suisse/loi.htm&amp;lt;/ref&amp;gt; De plus, Rey (2013), illustre les modifications entre l&#039;ancienne et la nouvelle loi de 2002, relatif à l&#039;avortement. &amp;lt;ref&amp;gt;Rey, A.-M., 2013, Comparaison ancienne et nouvelle législation, USPDA. Consulté le 7 Décembre sur http://www.svss-uspda.ch/fr/suisse/comparaison.htm &amp;lt;/ref&amp;gt; Depuis ce jour, la femme est la seule personne qui ait le droit de choisir ou non l&#039;avortement. En aucun cas, une personne tierce (et même si celle-ci a une blouse blanche) ne pourra refuser l&#039;avortement d&#039;une femme dans les douze premières semaines de grossesse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous pouvons donc conclure que « les discussions provoquées en 1971 par l’initiative en faveur de la décriminalisation de l’avortement ont été à l’origine d’un changement des mentalités et d’une prise de conscience ».&amp;lt;ref&amp;gt;Rey, A.-M., 2013, Chronologie des événements dès 1970, USPDA. Consulté le 7 Décembre sur http://www.svss-uspda.ch/fr/suisse/chronologie.htm &amp;lt;/ref&amp;gt; En effet, on assiste à une diminution du nombre de condamnations et à une libéralisation de la pratique de l’avortement. Par ailleurs, on se rend compte qu’à travers la mise en place de centres de plannings familiaux et des dispositifs d’informations, comme l’éducation sexuelle, on parvient à lutter contre l’avortement.  La prévention prévaut donc à la pénalisation. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cependant on constate que la réglementation à ce sujet peut encore être modifiée, car ce droit à l’avortement est sans cesse remis en question. En effet, en 2010, le mouvement anti-avortement « Mamma », qui s&#039;intitulait auparavant &amp;quot;Pour la mère en l’enfant&amp;quot;  lance une initiative populaire : « Financer l’avortement est une affaire privée ». Il s’agit d’une initiative qui demande que l’IVG ne soit plus pris en compte par les prestations de l’assurance maladie de base, et ce en invoquant l’idée qu’il s’agit d’une décision d’ordre privé, et que de ce fait le financement public n’a pas de sens. Cependant, on remarque que le droit à donner la vie est également de l’ordre du privé, et pourtant celui-ci n’est pas contesté. [[Entretien Rina Nissim|Rina Nissim]], nous met en garde sur la tournure que prend les événements d&#039;aujourd&#039;hui (concernant le financement de l&#039;avortement). En effet, selon elle, nous serions en pleine régression concernant le libre choix de la femme. A contrario des générations d&#039;après 70, il faut que les générations d&#039;aujourd&#039;hui se mobilisent pour faire en sorte de garder un droit durement acquis par les femmes soixanthuitardes. La votation de Février 2014 qui se prépare pourrait modifier les droits que nous avons jusqu&#039;à présent. Si les générations de maintenant et les suivantes veulent elles aussi avoir la possibilité de choisir leur grossesse, elles se doivent de s&#039;impliquer pour faire en sorte de ne pas perdre les droits acquis.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le droit à l&#039;avortement est également contesté dans [http://www.planning-familial.org/actualites/lavortement-en-europe-ou-sont-les-bonnes-nouvelles-0012490 les autres pays Européens]. L&#039;Irlande et l&#039;Espagne seraient les deux pays Européens les plus réactionnaires au droit à l&#039;avortement. En effet, le premier ministre devrait sous peu, mettre en place une nouvelle loi concernant ce sujet. L&#039;avortement sera alors possible que dans l&#039;une des trois conditions (viol, malformation du fœtus ou danger de la mère) et les personnes mineures devront avoir une autorisation des parents. &amp;lt;ref&amp;gt;Magnan, P., (2014) &#039;&#039;Avortement : le retour en arrière de l&#039;Espagne, premier signe en Europe ?&#039;&#039;. consulté le 6 Janvier 2014 sur http://geopolis.francetvinfo.fr/avortement-le-retour-en-arriere-de-lespagne-un-premier-signe-en-europe-28245 &amp;lt;/ref&amp;gt; Dans le cas de l&#039;Espagne, ce projet de loi fait un retour en arrière dans l&#039;histoire de droits des femmes puisqu&#039;il s&#039;agit de la loi d&#039;il y a 30 ans&amp;lt;ref&amp;gt;&amp;quot;L&#039;Espagne veut revenir à la loi d&#039;il y a trente ans&amp;quot;.Tribune de Genève, Avortement, 21-22 décembre 2013, p. 7.&amp;lt;/ref&amp;gt;. La crise économique, comme nous l&#039;avait précisé [[Rina Nissim]], influencerait les multiples régressions concernant les droits des femmes ; dont celui de leur intégrité physique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les témoins qui ont participé aux changements ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous avons décidé d&#039;interroger des personnes qui se sont mobilisées en Suisse pour le droit à l&#039;avortement. Elles pourront donc faire ressortir des éléments personnels sur le contexte de l&#039;époque, et les problèmes qu&#039;elles ont pu rencontré pour la mise en place de ce droit. &lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Nous avons dans un premier temps contacté Mme [[Amélia Christinat|Christinat Amélia]], avec qui l&#039;une de nous avait déjà travaillé il y a quelques années. Cette personne a donc accepté de participer à notre recherche en répondant à nos questions lors d&#039;un entretien.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un second temps nous avons contacté Mme [[Salika Wenger|Wenger Salika]], marraine de l&#039;association &amp;quot;Ni pute, Ni soumise&amp;quot; qui est actuellement impliquée dans la politique sur Genève puisqu&#039;elle fait partie du Conseil Administratif de la ville de Genève. Deux d&#039;entre nous l&#039;ont connue lors de sa venue à [http://www.infrarouge.ch/ir/1858-seins-nouvelle-arme-feministes l&#039;émission télévisée Infrarouge (RTS)] dédié aux mouvements des Femens (novembre 2011). Après discussion téléphonique, nous avons eu des éléments pertinents qui pourraient nous intéresser pour notre recherche, cependant [[Salika Wenger|Mme Wenger]] est très occupée et ne pourra pas nous accorder un entretien avant Janvier 2014. C&#039;est pourquoi après réflexion, nous avons décidé de contacter une troisième personne qui pourrait éventuellement être plus disponible : Mme [[Rina Nissim|Nissim Rina]]. Par l&#039;intermédiaire de Mme Ruchat nous avons obtenu ses coordonnées téléphoniques et avons pu avoir un rendez vous rapidement.&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Afin de leur éviter quelconque déplacement,nous avons rencontré ses personnes à leur domicile. De plus, pour des raisons pratiques et également afin de ne pas abuser de leur hospitalité, nous avons décidé de mener ces entretiens par groupes de trois.&lt;br /&gt;
Nous proposerons aux différents acteurs de partager leurs souvenirs concernant les années 1970 à Genève afin que nous comprenions la situation actuelle du droit à l&#039;avortement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Retour sur les entretiens==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== [[Entretien Rina Nissim|Entretien]] de [[Rina Nissim]] ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Notre premier entretien s&#039;est déroulée le mercredi 27 Novembre. A trois étudiantes nous nous sommes rendues au cabinet de [[Rina Nissim]]. L&#039;entretien qui en découle nous a projeter dans un univers très différent du notre : où la femme n&#039;avaient que très peu de droits. C&#039;est de part son discours, que la militante [[Rina Nissim]], nous a partagé des informations sur l&#039;ambiance, la mobilisation et la persévérances des actrices de cette époque. C&#039;est par la réalisation de plusieurs injustices que les femmes se regroupent pour se mobiliser contre une société qui octroie peu de considération envers les femmes. Le [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]], lutte donc de manière générale pour plusieurs droits (droit à l&#039;égalité salariale, droit à la contraception, droit à l&#039;avortement, ...). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== [[Entretien Amélia Christinat|Entretien]] d&#039;[[Amélia Christinat]] ===&lt;br /&gt;
Le second entretien s&#039;est déroulé le 5 décembre chez [[Amélia Christinat|Christinat Amélia]]. A notre arrivée, nous lui avons dit que nous avions déjà des questions précises à lui poser et que ces questions seraient les mêmes pour tous les groupes. En effet, sachant que c&#039;est une femme très bavarde nous avons préférer poser le cadre dès le départ. &lt;br /&gt;
Nous avons pu constater en rentrant dans son salon qu&#039;elle avait préparé différents articles concernant le droit à l&#039;avortement - des articles qu&#039;elle nous a présenté tout au long de l&#039;interview -.&lt;br /&gt;
C&#039;est avec beaucoup d&#039;émotion qu&#039;elle a répondu à nos questions et qu&#039;elle a raconté son combat pour les différents droit de la femme - droit de vote, droit à l&#039;avortement etc.-. Nous avons vraiment ressenti, à travers ses propos, l&#039;importance que ces combats ont eu pour elle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Points communs entre les entretiens=== &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plusieurs points communs ressortent de ces deux entretiens.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout d&#039;abord, nous constatons que le droit à la réappropriation du corps ou plutôt à l&#039;autonomie des femmes, comme cité par [[Rina Nissim]], représente l&#039;un des combats des années 1960-80. Si les femmes, par leur combats, manifestations ont réussi à faire valoir leur droit à l&#039;avortement, elles ont aussi lutté pour la mise en place d&#039;autres valeurs tels que le droit à la contraception, le droit de vote, le droit d&#039;accès aux études. Toutes ces luttes sont évoqués par les deux femmes interrogées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Afin de parvenir à ces changements, il a fallu se réunir entre femmes. A partir du moment où nous souhaitons un changement important, il est nécessaire d&#039;obtenir une mobilisation importante. [[Rina Nissim]] part d&#039;un petit groupe, le [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]] qui finalement va prendre une grande ampleur et [[Amélia Christinat|Amélia Christianat]] s&#039;impose dans la politique. Il parait donc évident pour ces deux protagonistes, que pour espérer un changement, il faut se réunir en groupe. La notion de communauté prend donc toute son importance. La notion de communauté est définie comme étant un état de ce qui est commun à plusieurs personnes, similitudes, groupe constituant une société, mise en commun des biens entre époux. Au sens étymologique originel : cum munus. La communauté est donc un groupe de personnes (cum) qui partagent quelque chose (&amp;quot;munus&amp;quot;)- un bien, une ressource, ou bien au contraire une obligation, une dette.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Même si le concept de communauté n&#039;est pas dit explicitement dans nos entretiens, il apparaît tout au long, puisque chacune d&#039;entre elles a rejoint un groupe dans lequel elles éprouvaient des intérêts communs. Chaque membre décide alors en quoi, comment et quand il contribuera à ce groupe. Dans ce cas, [[Rina Nissim]] et [[Amélia Christinat]] en tant que féministes se sont engagées et ont lutté pour le droit des femmes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Enfin, il est intéressant de constater que nos deux intervenantes tirent un bilan mitigé quant à ces luttes pour les droits des femmes. [[Amélia Christinat]] dit :&amp;quot; Alors en fait tout changement, toute progression que l’on peut interpréter comme sociale n’est jamais définitivement acquise. Donc en fait, il faut veiller continuellement, défendre continuellement où que vous soyez et avec qui que vous soyez.&amp;quot; Quant à [[Rina Nissim]], elle dit :&amp;quot;Malheureusement dans la société c’est comme ça, il faut tout le temps se battre. Ça c’est un point sur lequel on est en recul.&amp;quot;, On est en plein recul. Donc y a un ou deux pays qui ont avancé pour l’instant y en a douze qui ont régressé. Donc cela ne va pas du tout cette affaire, on a une très mauvaise posture.&amp;quot; Ainsi, la question des droits pour la personne n&#039;est jamais complètement acquis. Il faut sans arrêt se battre pour continuer à faire valoir ses droits en tant que personne.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il convient à présent de reprendre l&#039;ensemble des questions posées et d&#039;en ressortir les éléments importants :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- &#039;&#039;&#039;Depuis quand et avec qui vous vous êtes engagés dans la lutte pour les droits de la femme et quel était à ce moment votre statut (ou fonction)? Dans quel contexte s&#039;est inséré cette démarche ?&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les deux personnes interrogés ont un parcours différents et leur action ne s&#039;est pas faite au même niveau. [[Rina Nissim]], après son interruption de grossesse à 19 ans, trouve un tract dans un local d&#039;anarchiste. C&#039;est un tract du [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]] qui invite des femmes à les joindre dans leur groupe. [[Rina Nissim]] est intéressée et entre alors au [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]]. Elle est alors la plus jeune de la bande. Il n&#039;y avait pas de statut en tant que tel mais chacune apportait ses connaissances et son envie de se battre pour obtenir plus de droit pour la femme. Quant à [[Amélia Christinat]], elle agit plutôt a un niveau politique et va faire un long parcours en passant par le législatif, le cantonal puis le niveau national afin d&#039;apporter des changements reconnus dans toute la Suisse. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- &#039;&#039;&#039;Y a-t-il eu un événement originel? Pourriez vous nous raconter un ou des événements marquant que vous avez mené ou qui vous ont frappé dans cette période en faveur de ces droits ?&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;un des droits qui a frappé [[Rina Nissim]] dans cette période est l&#039;accès à l&#039;avortement libre et gratuit ainsi que l&#039;accès à la contraception. Elle explique que c&#039;est l’accessibilité à l&#039;avortement qui était problématique.Le planning familial a été une grande innovation mais n&#039;était pas encore présent dans les mentalités de tous, et ce, notamment chez les gynécologues qui n&#039;acceptaient pas tous de donner la pilule. Le [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]] faisait des listes des médecins qui étaient d&#039;accord de prescrire cette pilule et dirigeait les femmes au bon endroit. Cependant, elle ne nous décrit pas un événement très précis, une action qu&#039;elle a effectué qui a pu entraîner ces changements. C&#039;est néanmoins des manifestations importantes et à plusieurs reprises qui ont permis ces évolutions. [[Amélia Christinat]] considère aussi que le droit à l&#039;avortement est un événement phare de cette époque et ajoute que le droit de vote pour la femme est aussi l&#039;un des événements marquants. Elle donne comme exemple les luttes ouvrières françaises qui allaient en Belgique pour se faire avorter parce que c&#039;était défendu en France et qu&#039;elles n&#039;avaient pas d&#039;argent. C&#039;est un événement particulièrement marquant et touchant selon elle. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- &#039;&#039;&#039;Quels ont été les changements les plus importants auxquels vous ayez assisté ?&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Rina Nissim]] évoque plusieurs changements auxquels elle a pu assister. Elle parle de la libération des femmes. C&#039;est se considére comme un individu à part entière qui peut décidé de soi-même, d&#039;être un vrai sujet dans leur vie, dans leur sexualité, dans leur contraception, dans leur choix professionnel. D&#039;après elle, il y a donc eu plusieurs droit : celui de l&#039;avortement avec pour commencer le remboursement par les caisses maladies en 81, le droit au divorce, le divorce. [[Amélia Christinat]] ajoute à l&#039;ensemble de ces changements le droit de vote, en disant qu&#039;à partir du moment où nous avons le bulletin, c&#039;est quelque chose de très important puisque les femmes sont considérées comme une personne. Nous pouvons rattacher cela à l&#039;ensemble de cette étude qui étudie le droit des personnes. Dans le cas des différentes luttes pour le droit des femmes, nous cherchons à mettre en avant qu&#039;elles sont avant tout des personnes qui doivent avoir la liberté de choisir, de donner leur avis. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-&#039;&#039;&#039; Y a-t-il eu des valeurs que vous avez eu le sentiment d’avoir porter en avant et si oui lesquels  ?&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Différentes valeurs sont mises en avant par les deux femmes interrogées. C&#039;est le féminisme, l&#039;humanisme, le socialisme, l&#039;anarchisme. De manière générale l&#039;autonomie des femmes marqué par la réappropriation de son corps. Dans leur discours, les deux femmes montrent bien qu&#039;auparavant nous étions considérés comme femme de.., fille de... que les femmes ont toujours du être meilleure que les hommes. Elles devaient tout faire. De ce fait, les femmes n&#039;étaient pas des sujets en tant que telle. Ce n&#039;est qu&#039;après de nombreuses luttes que nous avons mis en avant le fait que les femmes soient avant tout des personnes à part entière. Elles ont maintenant le même statut, les mêmes droits que les hommes. Bien que comme le relève [[Rina Nissim]] et [[Amélia Christinat]] cela n&#039;est pas quelque chose d&#039;acquis, et cette évolution à tendance à reculer. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039; Mais qu’en est-il aujourd’hui de cette lutte et des acquis et des risques de retour en arrière ?&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le maître mot de ces deux femmes concernant cette lutte est que rien n&#039;est acquis. Il faut toujours se battre parce que les choses ont tendance à régresser. Aujourd&#039;hui le droit de vote, le droit d&#039;accès aux études est l&#039;un des points acquis. Cependant, la question de l&#039;avortement est remis en cause, et fait l&#039;objet de tension actuelles puisqu&#039;il est question de supprimer le remboursement des avortements. C&#039;est donc l&#039;une des causes pour lesquels il faut continuer à se battre et faire valoir ses droits si l&#039;on ne veut pas revenir en arrière.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Conclusion ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans ce chapitre, nous nous sommes centrées sur les droits des femmes concernant l&#039;avortement. En effet, nous avons vu que ce droit a été durement acquis après une forte mobilisation des femmes de la fin des années soixante jusqu&#039;à la fin des années nonante. Les deux actrices que nous avons eu la chance de pouvoir interrogé nous ont communiqué leur passion et leur investissement dans cette lutte qui reste quotidienne. En effet, toutes deux nous ont précisé que le contexte économique engendrait une régression des droits qu&#039;elles avaient acquis auparavant. La lutte, doit alors se faire actuellement par les nouvelles générations si elles ne veulent pas perdre leurs droits. &lt;br /&gt;
Nous avons vu que les femmes se sont impliquées pour revendiquer l&#039;égalité auprès des hommes. C&#039;est une lutte pour le droit à l&#039;autodétermination mais aussi à l&#039;intégrité physique qui a été le plus revendiqué à travers le droit à l&#039;avortement. La liberté de pouvoir choisir sa maternité était donc l&#039;un des éléments pointés par nos actrices. Dans le chapitre suivant, concernant [[Droits des prisonniers|le droit des prisonniers]] nous verrons que les associations se sont également mobilisées pour donner ces droits aux prisonniers. De plus, nous voyons dans le cursus de notre formation que [[Droits des personnes en situation de handicap|les personnes en situation de handicap]] subissent également des inégalités fréquentes. En effet, nous sommes sensibilisées sur le fait que toutes personnes à le droit de choisir ce qui le concerne ; c&#039;est ce que l&#039;on nomme l&#039;autodétermination. Dans un autre chapitre nous approfondirons donc le droit des personnes en situation de handicap.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Références bibliographiques ==&lt;br /&gt;
&amp;lt;references/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;&amp;lt;big&amp;gt;Vidéo :&amp;lt;/big&amp;gt;&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Roussopoulos Carole, &#039;&#039;Debout ! Une histoire du mouvement des femmes 1970-80&#039;&#039;, 1999. Consulté le 19 Novembre 2013 sur http://ballonsonde.org/wikiSonde/videos/Femmes_Debout.htm&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;&amp;lt;big&amp;gt;Documents scannés :&amp;lt;/big&amp;gt;&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Archives contestataires de Genève, Mouvements de Liberté des Femmes : 1970-90[[Fichier:MLF femme.pdf|vignette|Document des archives contestataires]]&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Archives contestataires de Genève, Mouvements de Liberté des Femmes : 1970-90[[Fichier:MLF archives.pdf|vignette|Documents des archives contestataires]]&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Archives contestataires de Genève, Mouvements de Liberté des Femmes : 1970-90 [[Fichier:MLF assez.pdf|vignette|document des archives contestataires]]&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Archives contestataires de Genève, Mouvements de Liberté des Femmes : 1970-90 [[Fichier:MLF avorter.pdf|vignette|Document des archives contestataires]]&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Archives contestataires de Genève, Mouvements de Liberté des Femmes : 1970-90 [[Fichier:MLF personne.pdf|vignette|Document des archives contestataires ]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Auteurs du chapitre ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Julie Petot&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Julie</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Droits_des_femmes&amp;diff=12849</id>
		<title>Droits des femmes</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Droits_des_femmes&amp;diff=12849"/>
		<updated>2014-01-11T13:56:18Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Julie : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Introduction  == &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Actuellement le droit à l&#039;avortement pour les femmes subit encore des contestations et même une offensive de remise en question: pouvons nous encore le qualifier comme  un droit de la femme s&#039;interrogent certains ? Tout au long de cette page nous nous centrerons sur le droit à l&#039;avortement pour les femmes depuis 1970. En effet, les mouvements féministes sont présents depuis longtemps dans l&#039;histoire des droits des personnes. Dans la période de l&#039;après guerre, les femmes se sont mobilisées plus fortement pour acquérir des droits identiques à ceux des hommes. C&#039;est par la lutte pour le droit à un travail rémunéré que les mouvements prennent de l&#039;ampleur  : &amp;quot;L&#039;essort du féminisme dans cette période serait intimement lié à celui du travail salarié&amp;quot; &amp;lt;ref&amp;gt;Riot-Sarcey, M., 2008, &#039;&#039;Histoire du féminisme&#039;&#039;, Paris, La Découvertes, Repères. p. 73 &amp;lt;/ref&amp;gt;. La question de la procréation est aussi au cœur de leur mouvement, puisqu&#039;il est question de &amp;quot;repeupler&amp;quot; des pays détruits : &amp;quot;Après l&#039;hécatombe de la guerre, jusqu&#039;alors la plus meurtrière, il est nécessaire, plus que jamais de &amp;quot;remplir les berceaux vides&amp;quot;&amp;quot; &amp;lt;ref&amp;gt;Riot-Sarcey, M., 2008, &#039;&#039;Histoire du féminisme&#039;&#039;, Paris, La Découvertes, Repères. p. 73 &amp;lt;/ref&amp;gt;. Il ne faut pas non plus oublier leurs luttes pour l&#039;accès à la politique : plus précisément le droit de vote pour les femmes, qui prend de l&#039;ampleur bien avant la guerre. C&#039;est dans ce contexte d&#039;après guerre, que les femmes resurgissent au front pour valoriser des droits égalitaires et propres à leur vie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cet article est fondé à la fois sur une recherche documentaire et sur la récolte de témoignages de deux personnes pionnières dans l&#039;avancée du droit des femmes à l&#039;avortement. L&#039;article présentera également les différents mouvements féministes réalisés dans les années 1970 sur le droit à l&#039;avortement.Ceci nous montreras que la Suisse, n’a pas été la première à lutter pour le droit à l’avortement, mais que le phénomène est mondial. Les États-Unis ont été sans aucun doute les précurseurs, mais la lutte s&#039;est diffusée et reproduite dans différents pays du monde amenant à des dates différentes à autoriser l’avortement.  L&#039;article se centrera sur la lutte des femmes en Suisse et les différentes lois qui en sont ressorties et cherchera à comprendre la part qu’ont joué les deux témoins interrogées dans cette histoire récente (1970 à aujourd&#039;hui). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour ce faire, nous avons constitué une bibliographie, à partir d’ouvrages sur les mouvements féministes en général, sur la chronologie des contestations. Nous avons lu des articles scientifiques qui présentent la situation en Suisse, épluché  des informations sur les deux témoins qui ont été interrogés et consulté les archives contestataires à Carouge. &lt;br /&gt;
Nous avons également pu rencontré deux femmes militantes à Genève sur ce thème. On a donc effectué deux entretiens audio avec Madame [[Amélia Christinat]] et Madame [[Rina Nissim]] pour obtenir leur témoignage sur l’histoire des mouvements féministes des années 1960 à 1980, principalement sur la question de l’avortement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L&#039;Histoire du droit des femmes == &lt;br /&gt;
Actuellement des auteures telles que Marcella Iacub et Judith Butler font de la problématique féministe une occasion de débattre la question du genre, des identités sexuelles et limites entre les sexes (intersexe, queer, etc), laquelle peut nous aider à repenser la lutte féministe. Or, celle des années 70 (en amont en Suisse de l&#039;accession des femmes à la citoyenneté) est celle d&#039;une longue marche marquée par des féministes de l&#039;après guerre comme Simone de Beauvoir avec sa formule historique &amp;quot;On ne naît pas femme on le devient&amp;quot;, soulignant le déterminisme social de la féminité et la &amp;quot;fabrication&amp;quot; culturelle. &lt;br /&gt;
Pour tenter de comprendre ce qui s&#039;est passé durant cette époque nous allons revenir sur les faits marquants. Pour la compréhension de ce qui va suivre nous vous conseillons de lire [[Frise Chronologique du droit à l&#039;avortement|la frise chronologique]] des événements marquants pour le droit à l&#039;avortement en Suisse. &lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
=== Mouvements féministes : Buts et démarches ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce n&#039;est que dans la deuxième moitié du XIXème siècle que le féminisme se démarque en tant que mouvement collectif de luttes de femmes. &amp;quot;Ces luttes reposent sur la reconnaissance des femmes comme spécifiquement et systématiquement opprimées, l&#039;affirmation que les relations entre hommes et femmes ne sont pas inscrites dans la nature mais que la possibilité politique de leur transformation existe.&amp;quot;[3] En effet, les femmes ont dû faire face à de nombreuses inégalités et cela dans de nombreux domaines: le travail, la santé, la politique... Nous constatons encore aujourd&#039;hui que de nombreuses inégalités persistent sur le droit des femmes mais elles sont moindres ou de nature différentes que dans les années 1960-80. Pour pouvoir entrer dans un processus de revendication politique du féminisme, il faut qu&#039;il y ait une &amp;quot;relation avec une conceptualisation de droits humains universels;elle s&#039;ancre dans les théories des droits de la personne dontles premières formulations juridiques sont issues des révolutions américaines puis françaises.&amp;quot; &amp;lt;ref&amp;gt;Hirata H, et al,2000, &#039;&#039;Dictionnaire critique du féminisme&#039;&#039;, Paris : Presse Universitaires de France, p. 225&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
Il convient de faire une distinction entre les mouvements féministes et les mouvements populaires des femmes. En effet, les mouvements populaires des femmes ne mettent pas directement en avant l&#039;exigence de droits spécifiques pour les femmes. C&#039;est l&#039;emploi du mot féministe qui va changer les représentations que l&#039;on se fait à cette époque. Pour certains les féministes sont &amp;quot;trop bourgeoises au XIXème siècle et au début du XXème siècle trop radicales et ennemies des hommes après les années 1970&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;Hirata H, et al,2000, &#039;&#039;Dictionnaire critique du féminisme&#039;&#039;, Paris : Presse Universitaires de France., p. 126&amp;lt;/ref&amp;gt;. Quant à l&#039;expression &amp;quot;mouvement des femmes&amp;quot;, elle est plus souvent utilisée comme raccourci pour mouvement de libération des femmes. Voilà pourquoi elle a pu être associée au féminisme le plus radical et explique la confusion entre les deux termes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lorsque nous parlons de &amp;quot;mouvements féministes&amp;quot; nous désignons sous une même dénomination &amp;quot;les diverses formes des mouvements de femmes, le féminisme libéral ou &amp;quot;bourgeois, le féminisme radical, les femmes marxistes ou socialistes, les femmes lesbiennes, les femmes noires et toutes les dimensions catégorielles des mouvements actuels&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;Hirata H, et al,2000, &#039;&#039;Dictionnaire critique du féminisme&#039;&#039;, Paris : Presse Universitaires de France, p. 127&amp;lt;/ref&amp;gt;. Dès lors, l&#039;expression&amp;quot; mouvement des femmes &amp;quot; représente les mobilisations de femmes en Amérique Latine ou les mouvements pour la paix en Irlande ou au moyen-Orient&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;Hirata H, et al,2000, &#039;&#039;Dictionnaire critique du féminisme&#039;&#039;, Paris : Presse Universitaires de France., p.126&amp;lt;/ref&amp;gt; Dans la littérature, deux types de mouvements féministes se démarquent. Une première vague a émergé dans la seconde moitié du XIXème siècle. Elle est souvent présentée autour des revendications du droit de vote.  Au début du XXème siècle, ou les mouvements sont qualifiés de &amp;quot;néo féminisme&amp;quot;, les exigences ne se fondent pas sur une seule exigence d&#039;égalité mais sur une reconnaissance &amp;quot;de l&#039;impossibilité sociale de fonder cette égalité dans un système patriarcal&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;Hirata H, et al,2000, &#039;&#039;Dictionnaire critique du féminisme&#039;&#039;, Paris : Presse Universitaires de France, p. 126&amp;lt;/ref&amp;gt;. Le féminisme des années 1970, se fait connaitre par des mouvements anti-autoritaires, par des groupes de parole, il met en avant les formes les plus spontanées de manifestation et refuse toute organisation hiérarchique. &amp;quot; L&#039;appartenance au mouvement représente la mise en acte d&#039;une nouvelle idéologie, la recherche de sens et de valeurs communs.&amp;quot; &amp;lt;ref&amp;gt;Hirata H, et al,2000, &#039;&#039;Dictionnaire critique du féminisme&#039;&#039;, Paris : Presse Universitaires de France, p.128&amp;lt;/ref&amp;gt;. C&#039;est entre la fin des années 1960 et le début des années 1970 que le féminisme connait une ampleur internationale. &amp;quot;L&#039;onde de choc part des Etats-Unis et gagne très rapidement la Grande-Bretagne et l&#039;Allemagne dans les années 60&amp;quot;. Il faut ajouter qu&#039;en &amp;quot;dépit de son caractère extra parlementaire, le mouvement de libération des femmes a la capacité de susciter de larges mobilisations auprès des femmes syndiquées, des femmes de partis de gauche et de droite ou des associations luttant pour les droits des femmes comme le planning familial. Ce sont d&#039;abord les campagnes pour la liberté d&#039;avorter qui constituent les événements les plus importants et les plus marquants &amp;lt;ref&amp;gt;Hirata H, et al,2000, &#039;&#039;Dictionnaire critique du féminisme&#039;&#039;, Paris : Presse Universitaires de France, p. 128&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En ce qui concerne la Suisse, c’est dans la continuité du mouvement de la jeunesse estudiantine de 1968 que naît le nouveau mouvement féministe. C’est à Zurich que se sont réunies des femmes de gauche, que l’on appellera « Frauenbefreiungsbewegung » ou plus communément le FBB. Elles critiquent le fait que les femmes sont oppressées et qu’il s’agit d’une « contradiction sociale fondamentale ». Le [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]], pour la Suisse romande et le MFT au Tessin vont très rapidement suivre la création du FBB, avec comme objectif commun de « récuser l’organisation hiérarchique des associations et de la politique traditionnelle » &amp;lt;ref&amp;gt;Commission fédérale, &#039;&#039;Femmes Pouvoir Histoire&#039;&#039;, 1.3, p. 1, consulté le 27 Novembre sur http://webcache.googleusercontent.com/search?q=cache:UpvKGVSBak0J:www.ekf.admin.ch/dokumentation/00444/00517/index.html%3Flang%3Dfr%26download%3DNHzLpZeg7t,lnp6I0NTU042l2Z6ln1ae2IZn4Z2qZpnO2Yuq2Z6gpJCDdH58hGym162epYbg2c_JjKbNoKSn6A--+&amp;amp;cd=2&amp;amp;hl=fr&amp;amp;ct=clnk&amp;amp;gl=ch&amp;amp;client=firefox-a&amp;lt;/ref&amp;gt; inspirés des mouvements français et américains préalablement abordés. Cependant, des divergences existent entre tous ces mouvements sur différentes questions telles que l’avortement ou encore la possibilité pour le sexe féminin de faire l’armée. Une chronologie a été rédigée dans l’article suivant : &amp;quot;Le nouveau mouvement féministe et les organisations féminines depuis 1968&amp;quot; de la Commission fédérale pour les questions féminines de [http://www.ekf.admin.ch/dokumentation/00444/00517/index.html?lang=fr la Confédération Suisse].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La période  entre 1940-50 : une période restrictive ===&lt;br /&gt;
Pour comprendre la lutte pour l&#039;avortement comme droit de la personne il nous faut revenir sur le contexte de l&#039;après guerre. Tout comme il a été expliqué dans [[Droits des enfants|le chapitre précédent]], la Déclaration Universelle des Droits de l&#039;Homme (1948) a influencé les mouvements des femmes. Nous allons tout d&#039;abord revenir sur ce qui s&#039;est passé avant cette date, en effet nous savons que la législation suisse sur l’avortement est l’une des plus restrictives d’Europe. Les premières dispositions du Code pénal suisse à ce sujet ont été définies en 1942 et prévoient, à cette époque, l’emprisonnement de la femme qui avorte, ainsi que de la personne qui l’aide à pratiquer cet acte. En revanche, une exception existe : si la grossesse comporte un danger pour la mère et que l’interruption de grossesse est pratiquée par un médecin, l&#039;avis étant approuvé par un second médecin, l’avortement n’est alors pas punissable. On comprend alors que la conséquence a été un nombre considérable d’avortements illégaux. Cependant, la mise en place de dispositifs de préventions et d’une diffusion d’informations contribua à faire diminuer le nombre d’avortements autant illégaux, que légaux. Par ailleurs, l’Organisation Mondiale de la Santé ([http://www.who.int/fr/ OMS]) a étendu la notion de « santé » en y insérant les dimensions de bien-être psychique et social : « la santé ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité ; elle est un état de complet bien-être physique, mental et social. »&amp;lt;ref&amp;gt;Rey, A.-M., 2013, &#039;&#039;Tendance à la libéralisation&#039;&#039;, USPDA. Consulté le 7 Novembre sur http://www.svss-uspda.ch/fr/suisse/liberal.htm&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ceci légalise aussi la pratique d’interruption de grossesse et écarte la menace d’emprisonnement. &amp;lt;ref&amp;gt;Rey, A.-M., 2013, &#039;&#039;L&#039;ancienne législation de 1942&#039;&#039;, USPDA. Consulté le 7 Novembre sur http://www.svss-uspda.ch/fr/suisse/loi_1942.htm&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
Cependant, cette législation attise la colère et la montée d’une révolte. Au début du XXème siècle, on voit s’élever des mouvements, tels que les organisations ouvrières, pour lutter en faveur de la décriminalisation de l’avortement.&lt;br /&gt;
De plus, dans cette période, il existe une différence entre les cantons au niveau de la législation sur l&#039;avortement. Ceci met donc les professionnels dans l&#039;embarras puisqu&#039;ils n&#039;ont pas une pratique généralisée au niveau de l&#039;état, et cela soulève également une inégalité entre les femmes des différents cantons de la Suisse. Des mesures fédérales strictes ont donc été prises pour tenter de généraliser les pratiques et s&#039;accorder sur la pratique de l&#039;avortement : « l’institutionnalisation juridique d’une interruption de grossesse pouvant être légalement pratiquée par un médecin sous haute surveillance de l’Etat : consultation obligatoire d’un second médecin, qui doit être un spécialiste et en plus agréé par les autorités cantonales compétentes, et qui doit donner par écrit un « avis conforme ». Il faut également le consentement écrit de la femme enceinte. ». Ainsi à cette époque nous constatons que les femmes n&#039;ont pas la maîtrise de leur corps et que de ce fait la maternité ne peut se contrôler. Ce contexte illustre la réalité des femmes, soit elles ont la chance de pouvoir trouver deux médecins qui l&#039;estime en danger, soit elles décident de pratiquer un avortement illégal ce qui comporte de grands risques pour leur santé (hémorragie et infection qui peuvent entraîner la mort de la femme).&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La période 1960-70 : les premiers changements ===&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Fichier:Graphiquefemme.jpeg|vignette|gauche|Graphique représentant les condamnations des femmes]]&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Le graphique ci-contre nous montre la condamnation des femmes en ce qui concerne l&#039;avortement.&amp;lt;ref&amp;gt;Rey, A.-M., 2013, &#039;&#039;Interruption de grossesse en Suisse : les faits et les données&#039;&#039;, USPDA. Consulté le 18 Novembre sur http://www.svss-uspda.ch/pdf/faits-et-donnees.pdf &amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt; En effet, nous voyons que le pic le plus élevé se situe dans l&#039;année 1950, avec 550 condamnées. Puis lors de la commercialisation de la pilule, l&#039;emprisonnement des femmes diminue fortement l&#039;année suivante, passant d&#039;environ 400 condamnations à environ 260. De manière générale, ce graphique montre que les condamnations sur la période 1960-1980 n&#039;ont cessé de baisser. &lt;br /&gt;
Les années 60 sont donc marquées par l&#039;arrivée de la pilule contraceptive en Suisse. En effet, en 1961, la commercialisation de celle-ci fait reculer le nombre d&#039;avortement pratiqué en Suisse puisque les femmes ont un contrôle sur leur reproductibilité. Malgré tout, la pilule contraceptive circule à l&#039;époque discrètement, puisque aucune loi ne précise son autorisation. En 1965, la création du premier planning familial en Suisse au HUG permettra de conseiller les familles. L&#039;établissement ouvrira donc un pôle dédié à l&#039;information familiale et aux régulations des naissances.&amp;lt;ref&amp;gt;Fert-Bek, D., (s.d.), &#039;&#039;Historique&#039;&#039;, Le service du planning familial de Genève a 40 ans,Genève, HUG. Consulté le 18 Novembre 2013 sur http://planning-familial.hug-ge.ch/nous/historique.html&amp;lt;/ref&amp;gt; Dans cet établissement les professionnels conseillent les parents sur la manière d&#039;avoir un contrôle sur l&#039;élargissement de leur famille. Ainsi, grâce à cette structure, la pilule contraceptive a pu circuler dans le territoire helvétique. La pilule était considéré pour certain comme un enjeux économique : elle permettait de contrôler les naissances et donc de préserver la richesse, et pour d&#039;autres comme un moyen de débrider la sexualité des femmes&amp;lt;ref&amp;gt;L&#039;illustré, (s.d.) &#039;&#039;La pilule qui a changé le monde&#039;&#039;, Archives, Consulté le 18 Novembre 2013 sur http://www.illustre.ch/la_pilule_qui_a_change_le_monde_45372_.html&amp;lt;/ref&amp;gt;.   &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Mlf.jpeg|vignette|gauche|Affiche du Front des Bonnes Femmes]][[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|Le Mouvement de Libération des Femmes (MLF)]] a démarré aux Etats-Unis, et a encouragé les militants des autres pays à lutter pour améliorer les conditions féminines. Le [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]] créé en 1969 à Zurich,que l&#039;on retrouvait également dans d&#039;autres cantons  (Genève et Tessin par exemple) se base &amp;quot;sur les mouvements de libération du Tiers monde pour encourager les femmes à se libérer des contraintes inhérentes à la famille nucléaire (Rôle des sexes).&amp;quot; &amp;lt;ref&amp;gt;Jorris, E., 2009, &#039;&#039;Mouvement de libération des femmes (MLF)&#039;&#039;. Consulté le 19 Novembre 2013 sur http://www.hls-dhs-dss.ch/textes/f/F16504.php&amp;lt;/ref&amp;gt;. Sur le canton de Genève plus précisément, des groupes de certains partis de gauche militaient en ces faveurs (ils étaient très hiérarchisés et ne plaisaient pas à toutes les femmes militantes). C&#039;est donc principalement grâce à Madame Brodmann (qui a milité aux Etats-Unis) et Madame Gramoni qu&#039;il y a eu dans un premier temps le front des Bonne-Femmes (où militait aussi Rina Nissim). Leur premier slogan a été &amp;quot;Femmes décolonisons-nous !&amp;quot; avec des affiches placardées sur les façades des grandes banques : les femmes insistaient donc pour la ré-appropriation de leur corps (avortement, pilule contraceptive, ...).&amp;lt;ref&amp;gt;Roussopoulos Carole, Debout ! Une histoire du mouvement des femmes 1970-80, 1999. Consulté le 19 Novembre 2013 sur http://ballonsonde.org/wikiSonde/videos/Femmes_Debout.htm&amp;lt;/ref&amp;gt; &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Les femmes pensent donc vivre singulièrement des situations d&#039;exclusion et d&#039;injustices, or le fait de discuter ensemble elles se rendent compte qu&#039;elles vivent toutes ce genre de situation. Cette prise de conscience favorise donc la mobilisation des femmes pour combattre ces injustices dont elles sont victimes. Les communautés ou ce que l&#039;on pourrait appeler regroupements permettent donc aux femmes de prendre consciences mais aussi de prendre du pouvoir dans la société. L&#039;effet de groupe a permis de de faire rassembler dans les rues des milliers de femmes pour manifester ensemble contre des inégalités entre sexe ([[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]]).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans le même temps, il ne faut pas oublier que les avortements illégaux continuent à être pratiqués à cette période. En effet, le nombre d&#039;avortements, légaux et illégaux, est estimé à 50 000 en 1966. Les avortements légaux s&#039;élevaient à environ 17 000 en 1966 (16 000 en 1978 et 1980, 14 000 en 1985, 13 000 en 1990, 12 000 en 1995, 13 000 en 1996 et 1998). Les avortements clandestins diminuèrent grâce : &lt;br /&gt;
* à la raréfaction avec l&#039;élargissement des indications médicales dans les cantons libéraux (Zurich, Bâle-Ville, Berne, Vaud, Neuchâtel, Genève) dès les années 1950&lt;br /&gt;
* la libéralisation progressive dans d&#039;autres cantons(Tessin dès les années 1970; Argovie, Bâle-Campagne, Glaris, Schaffhouse, Soleure, Jura au cours des années 1990)&lt;br /&gt;
* la généralisation des centres de planning familial, des cours d&#039;éducation sexuelle, la diffusion de moyens de contraception sûrs dès les années 1960 &lt;br /&gt;
* le remboursement de l&#039;intervention par les caisses maladie).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On remarque que malgré les mesures juridiques fédérales restrictives, les cantons adoptent des pratiques très différentes les uns des autres. Ainsi, les dimensions d’ordre psychologique et social sont incluses dans les indications médicales des cantons libéraux, alors que la pratique est seulement tolérée dans les cantons conservateurs catholiques. Face à cette inégalité juridique, les cantons libéraux accueillent des femmes vivant dans ces cantons restrictifs pour se faire avorter. On assiste à une forme de tourisme « gynécologique ». Cela amène les cantons à réfléchir sur ces pratiques. Notamment le canton de Neuchâtel, où plusieurs affaires d&#039;avortements sont jugées. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La période 1970-1980 : La période clé ===&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
A la suite de ces scandales, le député radical Maurice Favre dépose en mars 1971 une [http://www.amtsdruckschriften.bar.admin.ch/viewOrigDoc.do?id=10100953 motion] en faveur d&#039;une initiative cantonale demandant la suppression des articles 118 à 121 du CP.  &lt;br /&gt;
Cette démarche est suivie du lancement, en juin de la même année, par un comité de cinq personnes, de l&#039;initiative populaire fédérale pour la décriminalisation de l&#039;avortement, largement soutenue notamment par le mouvement des femmes. En 1972, les milieux chrétiens conservateurs font circuler une pétition &amp;quot;Oui à la vie, non à l&#039;avortement&amp;quot;. A partir de ce moment-là, nous voyons apparaître les organisations et les mouvements féministes qui organisent des manifestations en faveur de l’interruption de grossesses libres et gratuites, ainsi que pour revendiquer [http://www.svss-uspda.ch/index.html la décriminalisation de l’avortement].  Il y a dons deux propositions faites : accorder un délais pour l&#039;avortement (par exemple : les avortements pourront être légal pendant les 10 premières semaines de grossesse)ou élargir les motifs pour l&#039;avortement (par exemple : souffrances psychiques, douleurs physique, ...)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C&#039;est une lutte qui se fait contre des mentalités traditionnelles où l&#039;homme est dominant dans la société. La prise de conscience des femmes et de leurs conditions se fait petit-à-petit, en prenant plus d&#039;ampleur au milieu des années 70. C&#039;est la réunion de plusieurs milliers de femmes qui fait que l&#039;on puisse qualifier le [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]] de mouvement. Ce sont des femmes de tout âge qui se battent pour l&#039;amélioration de leurs conditions de vie. Ces mouvements veulent principalement lutter pour le droit du libre choix des femmes ou de manière générale à ce que l&#039;on nomme l&#039;autonomie des femmes. A cette époque, il y a &amp;quot;deux types de femmes&amp;quot; :  celles qui font des études mais qui restent à la maison pour materner, ou bien celle qui font des études et qui travaillent. Ces dernières se trouvent confrontées à la réalité sociale : avec le même titre professionnel, les femmes obtiennent des salaires bien inférieurs à ceux des hommes. C&#039;est suite à cette prise de conscience face au [http://www.scienceshumaines.com/peut-on-en-finir-avec-le-plafond-de-verre_fr_22408.html Plafond de Verre], que les femmes se réunissent pour échanger leurs histoires. Elles se mobilisent donc afin de pouvoir avoir le contrôle sur leur vie, et sur leur corps. L&#039;une des grandes luttes se fait autour du contrôle de leur corps : ce qu&#039;elles nomment la mobilisation pour la ré-appropriation du corps. Il s&#039;agit de donner aux femmes la possibilité de choisir leur maternité, leur contraception, et leur médicamentation. En 1978, sur le canton de Genève, l&#039;ouverture du Dispensaire des femmes (par [[Rina Nissim]]) leur permet d&#039;être accueillies dans un lieu où on leur donne des conseils, des listes de gynécologues tolérants face aux choix d&#039;avorter ainsi que différentes méthodes pour soigner les maladies génitales, ... De plus, les femmes peuvent si elles le veulent accéder au groupe action Self-Help du [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]] ; qui est un lieu où l&#039;on échange sur son vécu, et où l&#039;on pratique des examens concrets pour découvrir son corps. L&#039;instruction, comme l&#039;évoque [[Amélia Christinat|Mme Christinat]] permet aux femmes de comprendre les injustices auxquelles elles sont confrontées et de se mobiliser pour que toute les sociétés reconnaissent les femmes comme des personnes avec un cerveau. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans le même temps, une nouvelle réglementation sur l’avortement est considérée par le Conseil fédéral, et trois variantes sont discutées : la première, appelée &amp;quot;solutions des indications&amp;quot; autorise l’avortement dans les situations où la grossesse menace la vie ou la santé de la femme, en cas de viol, ou encore si l’enfant présente un trouble ou une déficience physique et/ou mentale. Une autre variante est celle des « indications sociales » qui prend en compte la situation sociale précaire de la femme. Finalement, la troisième, « solution des délais », permet l’avortement pendant les douze premières semaines de grossesse. Il en va sans dire que les partis politiques, les organisations et les cantons conservateurs catholiques sont en faveur de la solution la plus restrictive, alors que leurs rivales refusent les trois types de variantes et revendiquent l’avortement libre et gratuit. Le Conseil fédéral  rejette l’initiative pour la décriminalisation de l’avortement, mais opte finalement pour la solution des indications élargies, attisant ainsi le mécontentement des deux camps. &lt;br /&gt;
Face au rejet de l’initiative populaire pour la décriminalisation de l’avortement, [http://www.svss-uspda.ch/index.html l’Union Suisse pour la Décriminalisation de l’Avortement] (USPDA) (dont fait partie [[Amélia Christinat]])propose un compromis et lance une initiative qui cette fois rejoint l’idée de la solution des délais. « L’initiative réclament la décriminalisation de l’avortement s’il est pratiqué par un  médecin avec le consentement de la femme pendant les douze semaines qui suivent les dernières règles ». Cependant, celle-ci essuie à nouveau un échec : elle est rejetée par la majorité des cantons. &lt;br /&gt;
Les années suivantes toutes les propositions d&#039;initiatives,pour ou contre l&#039;avortement, sont sans cesse rejetées. Mais les luttes féminines pour le droit à l&#039;avortement s&#039;amplifient dans cette période pour pouvoir faire changer les droits de la personne et principalement les droits de la femme. Ce n’est qu’en 1990, que l’idée d’une révision de la loi relative à l’avortement est remise sur le devant de la scène. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous constatons que cette période est une période riche pour la mobilisation des droits des femmes ; de multitudes groupes se forment à l&#039;intérieur du [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]], des nouveaux établissements pour les femmes se créent, [http://www.letempsarchives.ch/Default/Scripting/ArticleWin.asp?From=Archive&amp;amp;Source=Page&amp;amp;Skin=LeTempsFr&amp;amp;BaseHref=JDG/1997/09/03&amp;amp;PageLabelPrint=6&amp;amp;EntityId=Ar00600&amp;amp;ViewMode=HTML les partis politiques] se questionnent à nouveau, même [http://www.letempsarchives.ch/Default/Scripting/ArticleWin.asp?From=Search&amp;amp;Key=JDG/1997/09/05/11/Ar01104.xml&amp;amp;CollName=JDG_1990_1999&amp;amp;DOCID=47725&amp;amp;PageLabelPrint=11&amp;amp;Skin=LeTempsFr&amp;amp;enter=true&amp;amp;AW=1389277112258&amp;amp;sPublication=JDG&amp;amp;sScopeID=All&amp;amp;sSorting=IssueDateID%2cdesc&amp;amp;sQuery=%22avortement%20%22%20suisse&amp;amp;rEntityType=&amp;amp;sSearchInAll=false&amp;amp;RefineQueryView=%2552%2565%2563%2568%2565%2572%2563%2568%2565%2572%2520%2570%2561%2572%256d%2569%2520%256c%2565%2573%2520%2572%25u00e9%2573%2575%256c%2574%2561%2574%2573&amp;amp;StartFrom=5&amp;amp;ViewMode=HTML Le Conseil d&#039;Etat Vaudois], etc. Des femmes se mobilisent également pour d&#039;autres causes qui ne les touchent pas particulièrement puisque nous verrons, dans [[Accueil|le dernier chapitre]] de cet article, que plusieurs d&#039;entres-elles se sont mobilisées pour le droit à l&#039;autodétermination [[Droits des patients (à l&#039;hôpital)|des patient des hôpitaux]]. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Globalement ce qui se fait ressentir c&#039;est  surtout l&#039;envie de faire changer la mentalité de la société pour que les femmes aient les même droits que les hommes. Nous avions déjà retrouver ce point en 1791 en France où est apparue la [http://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9claration_des_droits_de_la_femme_et_de_la_citoyenne Déclaration des Droits de la Femme et de la Citoyenne] se basant sur la [http://www.textes.justice.gouv.fr/textes-fondamentaux-10086/droits-de-lhomme-et-libertes-fondamentales-10087/declaration-des-droits-de-lhomme-et-du-citoyen-de-1789-10116.html version originale] et dont le but était de montrer l&#039;égalité juridique entre homme et femme.   &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Depuis 1990 ===&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Les différentes mobilisations des femmes soixanthuitardes ont permis la diminution d&#039;une multitude d&#039;inégalités pour lesquelles elles se mobilisaient.&lt;br /&gt;
Revenons tout d&#039;abord, en 1994, où l&#039;on constate un net recul du nombre d’avortements légaux. Ceci peut s’expliquer par une diffusion de l’information (éducation sexuelle) et la libre disposition de moyens contraceptifs. Ce phénomène vient appuyer l’idée que la libéralisation ne conduit pas à une augmentation des avortements, bien au contraire. Plusieurs services se sont donc installés suite au manifestations des femmes dans les rues. A partir de là, les choses commencent à changer et vont en faveur de la décriminalisation de l’avortement. En effet, le Conseil National adopte en 1995 &amp;quot;la solution des délais&amp;quot;. En 1996, la Commission des Affaires Juridiques du Conseil National ratifie un projet de loi qui prévoie la décriminalisation de l’avortement pendant les 14 premières semaines après les dernières règles. On voit mêmes les femmes du parti démocratique-chrétien (PDC) aller en faveur du droit de la femme à l’autodétermination et pour &amp;quot;la solution des délais&amp;quot;. De nombreuses organisations telles que la Fédération suisse des Eglises protestantes, les groupes des femmes radicales de Suisse, accueillent cette solution des délais comme un compromis tolérable. Toutefois, le Conseil Fédéral rejette une fois de plus la &amp;quot;solution du délai&amp;quot; en 1998. Nous constatons donc que les manifestations pendant plus de 15ans, ne suffisent pas pour que la Suisse autorise l&#039;avortement. En France par exemple, la lutte des femmes a été moins longue en ce qui concerne le droit à l&#039;avortement puisqu&#039;il est autorisé depuis  [http://fr.wikipedia.org/wiki/Loi_Veil_du_17_janvier_1975_sur_l&#039;interruption_volontaire_de_grossesse 1975] et suite [http://fr.wikipedia.org/wiki/Manifeste_des_343 aux manifestes des 343] de 1971. &lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Par ailleurs, la pilule abortive Mifegyne (RU 486) est admise et commercialisée en Suisse dès 1999. La [http://webcache.googleusercontent.com/search?q=cache:aZM-IrETCowJ:bijsluiters.fagg-afmps.be/DownloadLeafletServlet%3Fid%3D109287+&amp;amp;cd=9&amp;amp;hl=fr&amp;amp;ct=clnk&amp;amp;gl=ch&amp;amp;client=firefox-a notice] d&#039;utilisation explique son utilité : &amp;quot;Mifegyne est un médicament qui bloque l&#039;action de la progestérone, une hormone nécessaire au maintien de la grossesse. Mifegyne peut donc provoquer une interruption de grossesse.&amp;quot; Cependant cette méthode médicamenteuse est soumise aux mêmes dispositions pénales que l’avortement et est prescrite uniquement par le corps médical.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Finalement, le Parlement adopte la solution du délai en mars 2001 et est rentré en vigueur en 2002. « Ainsi l’avortement n’est pas punissable pendant les 12 premières semaines de la grossesse à condition que la femme fasse valoir une situation de détresse. Les cantons doivent décider quels cabinets et établissement peuvent pratiquer l’intervention. » &amp;lt;ref&amp;gt;Rey, A.-M., 2013, Régime du délais, USPDA. Consulté le 7 Décembre sur http://www.svss-uspda.ch/fr/suisse/loi.htm&amp;lt;/ref&amp;gt; De plus, Rey (2013), illustre les modifications entre l&#039;ancienne et la nouvelle loi de 2002, relatif à l&#039;avortement. &amp;lt;ref&amp;gt;Rey, A.-M., 2013, Comparaison ancienne et nouvelle législation, USPDA. Consulté le 7 Décembre sur http://www.svss-uspda.ch/fr/suisse/comparaison.htm &amp;lt;/ref&amp;gt; Depuis ce jour, la femme est la seule personne qui ait le droit de choisir ou non l&#039;avortement. En aucun cas, une personne tierce (et même si celle-ci a une blouse blanche) ne pourra refuser l&#039;avortement d&#039;une femme dans les douze premières semaines de grossesse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous pouvons donc conclure que « les discussions provoquées en 1971 par l’initiative en faveur de la décriminalisation de l’avortement ont été à l’origine d’un changement des mentalités et d’une prise de conscience ».&amp;lt;ref&amp;gt;Rey, A.-M., 2013, Chronologie des événements dès 1970, USPDA. Consulté le 7 Décembre sur http://www.svss-uspda.ch/fr/suisse/chronologie.htm &amp;lt;/ref&amp;gt; En effet, on assiste à une diminution du nombre de condamnations et à une libéralisation de la pratique de l’avortement. Par ailleurs, on se rend compte qu’à travers la mise en place de centres de plannings familiaux et des dispositifs d’informations, comme l’éducation sexuelle, on parvient à lutter contre l’avortement.  La prévention prévaut donc à la pénalisation. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cependant on constate que la réglementation à ce sujet peut encore être modifiée, car ce droit à l’avortement est sans cesse remis en question. En effet, en 2010, le mouvement anti-avortement « Mamma », qui s&#039;intitulait auparavant &amp;quot;Pour la mère en l’enfant&amp;quot;  lance une initiative populaire : « Financer l’avortement est une affaire privée ». Il s’agit d’une initiative qui demande que l’IVG ne soit plus pris en compte par les prestations de l’assurance maladie de base, et ce en invoquant l’idée qu’il s’agit d’une décision d’ordre privé, et que de ce fait le financement public n’a pas de sens. Cependant, on remarque que le droit à donner la vie est également de l’ordre du privé, et pourtant celui-ci n’est pas contesté. [[Entretien Rina Nissim|Rina Nissim]], nous met en garde sur la tournure que prend les événements d&#039;aujourd&#039;hui (concernant le financement de l&#039;avortement). En effet, selon elle, nous serions en pleine régression concernant le libre choix de la femme. A contrario des générations d&#039;après 70, il faut que les générations d&#039;aujourd&#039;hui se mobilisent pour faire en sorte de garder un droit durement acquis par les femmes soixanthuitardes. La votation de Février 2014 qui se prépare pourrait modifier les droits que nous avons jusqu&#039;à présent. Si les générations de maintenant et les suivantes veulent elles aussi avoir la possibilité de choisir leur grossesse, elles se doivent de s&#039;impliquer pour faire en sorte de ne pas perdre les droits acquis.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le droit à l&#039;avortement est également contesté dans [http://www.planning-familial.org/actualites/lavortement-en-europe-ou-sont-les-bonnes-nouvelles-0012490 les autres pays Européens]. L&#039;Irlande et l&#039;Espagne seraient les deux pays Européens les plus réactionnaires au droit à l&#039;avortement. En effet, le premier ministre devrait sous peu, mettre en place une nouvelle loi concernant ce sujet. L&#039;avortement sera alors possible que dans l&#039;une des trois conditions (viol, malformation du fœtus ou danger de la mère) et les personnes mineures devront avoir une autorisation des parents. &amp;lt;ref&amp;gt;Magnan, P., (2014) &#039;&#039;Avortement : le retour en arrière de l&#039;Espagne, premier signe en Europe ?&#039;&#039;. consulté le 6 Janvier 2014 sur http://geopolis.francetvinfo.fr/avortement-le-retour-en-arriere-de-lespagne-un-premier-signe-en-europe-28245 &amp;lt;/ref&amp;gt; Dans le cas de l&#039;Espagne, ce projet de loi fait un retour en arrière dans l&#039;histoire de droits des femmes puisqu&#039;il s&#039;agit de la loi d&#039;il y a 30 ans&amp;lt;ref&amp;gt;&amp;quot;L&#039;Espagne veut revenir à la loi d&#039;il y a trente ans&amp;quot;.Tribune de Genève, Avortement, 21-22 décembre 2013, p. 7.&amp;lt;/ref&amp;gt;. La crise économique, comme nous l&#039;avait précisé [[Rina Nissim]], influencerait les multiples régressions concernant les droits des femmes ; dont celui de leur intégrité physique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les témoins qui ont participé aux changements ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous avons décidé d&#039;interroger des personnes qui se sont mobilisées en Suisse pour le droit à l&#039;avortement. Elles pourront donc faire ressortir des éléments personnels sur le contexte de l&#039;époque, et les problèmes qu&#039;elles ont pu rencontré pour la mise en place de ce droit. &lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Nous avons dans un premier temps contacté Mme [[Amélia Christinat|Christinat Amélia]], avec qui l&#039;une de nous avait déjà travaillé il y a quelques années. Cette personne a donc accepté de participer à notre recherche en répondant à nos questions lors d&#039;un entretien.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un second temps nous avons contacté Mme [[Salika Wenger|Wenger Salika]], marraine de l&#039;association &amp;quot;Ni pute, Ni soumise&amp;quot; qui est actuellement impliquée dans la politique sur Genève puisqu&#039;elle fait partie du Conseil Administratif de la ville de Genève. Deux d&#039;entre nous l&#039;ont connue lors de sa venue à [http://www.infrarouge.ch/ir/1858-seins-nouvelle-arme-feministes l&#039;émission télévisée Infrarouge (RTS)] dédié aux mouvements des Femens (novembre 2011). Après discussion téléphonique, nous avons eu des éléments pertinents qui pourraient nous intéresser pour notre recherche, cependant [[Salika Wenger|Mme Wenger]] est très occupée et ne pourra pas nous accorder un entretien avant Janvier 2014. C&#039;est pourquoi après réflexion, nous avons décidé de contacter une troisième personne qui pourrait éventuellement être plus disponible : Mme [[Rina Nissim|Nissim Rina]]. Par l&#039;intermédiaire de Mme Ruchat nous avons obtenu ses coordonnées téléphoniques et avons pu avoir un rendez vous rapidement.&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Afin de leur éviter quelconque déplacement,nous avons rencontré ses personnes à leur domicile. De plus, pour des raisons pratiques et également afin de ne pas abuser de leur hospitalité, nous avons décidé de mener ces entretiens par groupes de trois.&lt;br /&gt;
Nous proposerons aux différents acteurs de partager leurs souvenirs concernant les années 1970 à Genève afin que nous comprenions la situation actuelle du droit à l&#039;avortement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Retour sur les entretiens==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== [[Entretien Rina Nissim|Entretien]] de [[Rina Nissim]] ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Notre premier entretien s&#039;est déroulée le mercredi 27 Novembre. A trois étudiantes nous nous sommes rendues au cabinet de [[Rina Nissim]]. L&#039;entretien qui en découle nous a projeter dans un univers très différent du notre : où la femme n&#039;avaient que très peu de droits. C&#039;est de part son discours, que la militante [[Rina Nissim]], nous a partagé des informations sur l&#039;ambiance, la mobilisation et la persévérances des actrices de cette époque. C&#039;est par la réalisation de plusieurs injustices que les femmes se regroupent pour se mobiliser contre une société qui octroie peu de considération envers les femmes. Le [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]], lutte donc de manière générale pour plusieurs droits (droit à l&#039;égalité salariale, droit à la contraception, droit à l&#039;avortement, ...). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== [[Entretien Amélia Christinat|Entretien]] d&#039;[[Amélia Christinat]] ===&lt;br /&gt;
Le second entretien s&#039;est déroulé le 5 décembre chez [[Amélia Christinat|Christinat Amélia]]. A notre arrivée, nous lui avons dit que nous avions déjà des questions précises à lui poser et que ces questions seraient les mêmes pour tous les groupes. En effet, sachant que c&#039;est une femme très bavarde nous avons préférer poser le cadre dès le départ. &lt;br /&gt;
Nous avons pu constater en rentrant dans son salon qu&#039;elle avait préparé différents articles concernant le droit à l&#039;avortement - des articles qu&#039;elle nous a présenté tout au long de l&#039;interview -.&lt;br /&gt;
C&#039;est avec beaucoup d&#039;émotion qu&#039;elle a répondu à nos questions et qu&#039;elle a raconté son combat pour les différents droit de la femme - droit de vote, droit à l&#039;avortement etc.-. Nous avons vraiment ressenti, à travers ses propos, l&#039;importance que ces combats ont eu pour elle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Points communs entre les entretiens=== &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plusieurs points communs ressortent de ces deux entretiens.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout d&#039;abord, nous constatons que le droit à la réappropriation du corps ou plutôt à l&#039;autonomie des femmes, comme cité par [[Rina Nissim]], représente l&#039;un des combats des années 1960-80. Si les femmes, par leur combats, manifestations ont réussi à faire valoir leur droit à l&#039;avortement, elles ont aussi lutté pour la mise en place d&#039;autres valeurs tels que le droit à la contraception, le droit de vote, le droit d&#039;accès aux études. Toutes ces luttes sont évoqués par les deux femmes interrogées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Afin de parvenir à ces changements, il a fallu se réunir entre femmes. A partir du moment où nous souhaitons un changement important, il est nécessaire d&#039;obtenir une mobilisation importante. [[Rina Nissim]] part d&#039;un petit groupe, le [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]] qui finalement va prendre une grande ampleur et [[Amélia Christinat|Amélia Christianat]] s&#039;impose dans la politique. Il parait donc évident pour ces deux protagonistes, que pour espérer un changement, il faut se réunir en groupe. La notion de communauté prend donc toute son importance. La notion de communauté est définie comme étant un état de ce qui est commun à plusieurs personnes, similitudes, groupe constituant une société, mise en commun des biens entre époux. Au sens étymologique originel : cum munus. La communauté est donc un groupe de personnes (cum) qui partagent quelque chose (&amp;quot;munus&amp;quot;)- un bien, une ressource, ou bien au contraire une obligation, une dette.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Même si le concept de communauté n&#039;est pas dit explicitement dans nos entretiens, il apparaît tout au long, puisque chacune d&#039;entre elles a rejoint un groupe dans lequel elles éprouvaient des intérêts communs. Chaque membre décide alors en quoi, comment et quand il contribuera à ce groupe. Dans ce cas, [[Rina Nissim]] et [[Amélia Christinat]] en tant que féministes se sont engagées et ont lutté pour le droit des femmes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Enfin, il est intéressant de constater que nos deux intervenantes tirent un bilan mitigé quant à ces luttes pour les droits des femmes. [[Amélia Christinat]] dit :&amp;quot; Alors en fait tout changement, toute progression que l’on peut interpréter comme sociale n’est jamais définitivement acquise. Donc en fait, il faut veiller continuellement, défendre continuellement où que vous soyez et avec qui que vous soyez.&amp;quot; Quant à [[Rina Nissim]], elle dit :&amp;quot;Malheureusement dans la société c’est comme ça, il faut tout le temps se battre. Ça c’est un point sur lequel on est en recul.&amp;quot;, On est en plein recul. Donc y a un ou deux pays qui ont avancé pour l’instant y en a douze qui ont régressé. Donc cela ne va pas du tout cette affaire, on a une très mauvaise posture.&amp;quot; Ainsi, la question des droits pour la personne n&#039;est jamais complètement acquis. Il faut sans arrêt se battre pour continuer à faire valoir ses droits en tant que personne.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il convient à présent de reprendre l&#039;ensemble des questions posées et d&#039;en ressortir les éléments importants :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- &#039;&#039;&#039;Depuis quand et avec qui vous vous êtes engagés dans la lutte pour les droits de la femme et quel était à ce moment votre statut (ou fonction)? Dans quel contexte s&#039;est inséré cette démarche ?&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les deux personnes interrogés ont un parcours différents et leur action ne s&#039;est pas faite au même niveau. [[Rina Nissim]], après son interruption de grossesse à 19 ans, trouve un tract dans un local d&#039;anarchiste. C&#039;est un tract du [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]] qui invite des femmes à les joindre dans leur groupe. [[Rina Nissim]] est intéressée et entre alors au [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]]. Elle est alors la plus jeune de la bande. Il n&#039;y avait pas de statut en tant que tel mais chacune apportait ses connaissances et son envie de se battre pour obtenir plus de droit pour la femme. Quant à [[Amélia Christinat]], elle agit plutôt a un niveau politique et va faire un long parcours en passant par le législatif, le cantonal puis le niveau national afin d&#039;apporter des changements reconnus dans toute la Suisse. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- &#039;&#039;&#039;Y a-t-il eu un événement originel? Pourriez vous nous raconter un ou des événements marquant que vous avez mené ou qui vous ont frappé dans cette période en faveur de ces droits ?&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;un des droits qui a frappé [[Rina Nissim]] dans cette période est l&#039;accès à l&#039;avortement libre et gratuit ainsi que l&#039;accès à la contraception. Elle explique que c&#039;est l’accessibilité à l&#039;avortement qui était problématique.Le planning familial a été une grande innovation mais n&#039;était pas encore présent dans les mentalités de tous, et ce, notamment chez les gynécologues qui n&#039;acceptaient pas tous de donner la pilule. Le [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]] faisait des listes des médecins qui étaient d&#039;accord de prescrire cette pilule et dirigeait les femmes au bon endroit. Cependant, elle ne nous décrit pas un événement très précis, une action qu&#039;elle a effectué qui a pu entraîner ces changements. C&#039;est néanmoins des manifestations importantes et à plusieurs reprises qui ont permis ces évolutions. [[Amélia Christinat]] considère aussi que le droit à l&#039;avortement est un événement phare de cette époque et ajoute que le droit de vote pour la femme est aussi l&#039;un des événements marquants. Elle donne comme exemple les luttes ouvrières françaises qui allaient en Belgique pour se faire avorter parce que c&#039;était défendu en France et qu&#039;elles n&#039;avaient pas d&#039;argent. C&#039;est un événement particulièrement marquant et touchant selon elle. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- &#039;&#039;&#039;Quels ont été les changements les plus importants auxquels vous ayez assisté ?&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Rina Nissim]] évoque plusieurs changements auxquels elle a pu assister. Elle parle de la libération des femmes. C&#039;est se considére comme un individu à part entière qui peut décidé de soi-même, d&#039;être un vrai sujet dans leur vie, dans leur sexualité, dans leur contraception, dans leur choix professionnel. D&#039;après elle, il y a donc eu plusieurs droit : celui de l&#039;avortement avec pour commencer le remboursement par les caisses maladies en 81, le droit au divorce, le divorce. [[Amélia Christinat]] ajoute à l&#039;ensemble de ces changements le droit de vote, en disant qu&#039;à partir du moment où nous avons le bulletin, c&#039;est quelque chose de très important puisque les femmes sont considérées comme une personne. Nous pouvons rattacher cela à l&#039;ensemble de cette étude qui étudie le droit des personnes. Dans le cas des différentes luttes pour le droit des femmes, nous cherchons à mettre en avant qu&#039;elles sont avant tout des personnes qui doivent avoir la liberté de choisir, de donner leur avis. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-&#039;&#039;&#039; Y a-t-il eu des valeurs que vous avez eu le sentiment d’avoir porter en avant et si oui lesquels  ?&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Différentes valeurs sont mises en avant par les deux femmes interrogées. C&#039;est le féminisme, l&#039;humanisme, le socialisme, l&#039;anarchisme. De manière générale l&#039;autonomie des femmes marqué par la réappropriation de son corps. Dans leur discours, les deux femmes montrent bien qu&#039;auparavant nous étions considérés comme femme de.., fille de... que les femmes ont toujours du être meilleure que les hommes. Elles devaient tout faire. De ce fait, les femmes n&#039;étaient pas des sujets en tant que telle. Ce n&#039;est qu&#039;après de nombreuses luttes que nous avons mis en avant le fait que les femmes soient avant tout des personnes à part entière. Elles ont maintenant le même statut, les mêmes droits que les hommes. Bien que comme le relève [[Rina Nissim]] et [[Amélia Christinat]] cela n&#039;est pas quelque chose d&#039;acquis, et cette évolution à tendance à reculer. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039; Mais qu’en est-il aujourd’hui de cette lutte et des acquis et des risques de retour en arrière ?&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le maître mot de ces deux femmes concernant cette lutte est que rien n&#039;est acquis. Il faut toujours se battre parce que les choses ont tendance à régresser. Aujourd&#039;hui le droit de vote, le droit d&#039;accès aux études est l&#039;un des points acquis. Cependant, la question de l&#039;avortement est remis en cause, et fait l&#039;objet de tension actuelles puisqu&#039;il est question de supprimer le remboursement des avortements. C&#039;est donc l&#039;une des causes pour lesquels il faut continuer à se battre et faire valoir ses droits si l&#039;on ne veut pas revenir en arrière.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Conclusion ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Références bibliographiques ==&lt;br /&gt;
&amp;lt;references/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;&amp;lt;big&amp;gt;Vidéo :&amp;lt;/big&amp;gt;&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Roussopoulos Carole, &#039;&#039;Debout ! Une histoire du mouvement des femmes 1970-80&#039;&#039;, 1999. Consulté le 19 Novembre 2013 sur http://ballonsonde.org/wikiSonde/videos/Femmes_Debout.htm&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;&amp;lt;big&amp;gt;Documents scannés :&amp;lt;/big&amp;gt;&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Archives contestataires de Genève, Mouvements de Liberté des Femmes : 1970-90[[Fichier:MLF femme.pdf|vignette|Document des archives contestataires]]&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Archives contestataires de Genève, Mouvements de Liberté des Femmes : 1970-90[[Fichier:MLF archives.pdf|vignette|Documents des archives contestataires]]&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Archives contestataires de Genève, Mouvements de Liberté des Femmes : 1970-90 [[Fichier:MLF assez.pdf|vignette|document des archives contestataires]]&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Archives contestataires de Genève, Mouvements de Liberté des Femmes : 1970-90 [[Fichier:MLF avorter.pdf|vignette|Document des archives contestataires]]&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Archives contestataires de Genève, Mouvements de Liberté des Femmes : 1970-90 [[Fichier:MLF personne.pdf|vignette|Document des archives contestataires ]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Auteurs du chapitre ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Julie Petot&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Julie</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Droits_des_femmes&amp;diff=12832</id>
		<title>Droits des femmes</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Droits_des_femmes&amp;diff=12832"/>
		<updated>2014-01-10T14:11:28Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Julie : /* Retour sur les entretiens */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Introduction  == &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Actuellement le droit à l&#039;avortement pour les femmes subit encore des contestations et même une offensive de remise en question: pouvons nous encore le qualifier comme  un droit de la femme s&#039;interrogent certains ? Tout au long de cette page nous nous centrerons sur le droit à l&#039;avortement pour les femmes depuis 1970. En effet, les mouvements féministes sont présents depuis longtemps dans l&#039;histoire des droits des personnes. Dans la période de l&#039;après guerre, les femmes se sont mobilisées plus fortement pour acquérir des droits identiques à ceux des hommes. C&#039;est par la lutte pour le droit à un travail rémunéré que les mouvements prennent de l&#039;ampleur  : &amp;quot;L&#039;essort du féminisme dans cette période serait intimement lié à celui du travail salarié&amp;quot; &amp;lt;ref&amp;gt;Riot-Sarcey, M., 2008, &#039;&#039;Histoire du féminisme&#039;&#039;, Paris, La Découvertes, Repères. p. 73 &amp;lt;/ref&amp;gt;. La question de la procréation est aussi au cœur de leur mouvement, puisqu&#039;il est question de &amp;quot;repeupler&amp;quot; des pays détruits : &amp;quot;Après l&#039;hécatombe de la guerre, jusqu&#039;alors la plus meurtrière, il est nécessaire, plus que jamais de &amp;quot;remplir les berceaux vides&amp;quot;&amp;quot; &amp;lt;ref&amp;gt;Riot-Sarcey, M., 2008, &#039;&#039;Histoire du féminisme&#039;&#039;, Paris, La Découvertes, Repères. p. 73 &amp;lt;/ref&amp;gt;. Il ne faut pas non plus oublier leurs luttes pour l&#039;accès à la politique : plus précisément le droit de vote pour les femmes, qui prend de l&#039;ampleur bien avant la guerre. C&#039;est dans ce contexte d&#039;après guerre, que les femmes resurgissent au front pour valoriser des droits égalitaires et propres à leur vie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cet article est fondé à la fois sur une recherche documentaire et sur la récolte de témoignages de deux personnes pionnières dans l&#039;avancée du droit des femmes à l&#039;avortement. L&#039;article présentera également les différents mouvements féministes réalisés dans les années 1970 sur le droit à l&#039;avortement.Ceci nous montreras que la Suisse, n’a pas été la première à lutter pour le droit à l’avortement, mais que le phénomène est mondial. Les États-Unis ont été sans aucun doute les précurseurs, mais la lutte s&#039;est diffusée et reproduite dans différents pays du monde amenant à des dates différentes à autoriser l’avortement.  L&#039;article se centrera sur la lutte des femmes en Suisse et les différentes lois qui en sont ressorties et cherchera à comprendre la part qu’ont joué les deux témoins interrogées dans cette histoire récente (1970 à aujourd&#039;hui). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour ce faire, nous avons constitué une bibliographie, à partir d’ouvrages sur les mouvements féministes en général, sur la chronologie des contestations. Nous avons lu des articles scientifiques qui présentent la situation en Suisse, épluché  des informations sur les deux témoins qui ont été interrogés et consulté les archives contestataires à Carouge. &lt;br /&gt;
Nous avons également pu rencontré deux femmes militantes à Genève sur ce thème. On a donc effectué deux entretiens audio avec Madame [[Amélia Christinat]] et Madame [[Rina Nissim]] pour obtenir leur témoignage sur l’histoire des mouvements féministes des années 1960 à 1980, principalement sur la question de l’avortement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L&#039;Histoire du droit des femmes == &lt;br /&gt;
Actuellement des auteures telles que Marcella Iacub et Judith Butler font de la problématique féministe une occasion de débattre la question du genre, des identités sexuelles et limites entre les sexes (intersexe, queer, etc), laquelle peut nous aider à repenser la lutte féministe. Or, celle des années 70 (en amont en Suisse de l&#039;accession des femmes à la citoyenneté) est celle d&#039;une longue marche marquée par des féministes de l&#039;après guerre comme Simone de Beauvoir avec sa formule historique &amp;quot;On ne naît pas femme on le devient&amp;quot;, soulignant le déterminisme social de la féminité et la &amp;quot;fabrication&amp;quot; culturelle. &lt;br /&gt;
Pour tenter de comprendre ce qui s&#039;est passé durant cette époque nous allons revenir sur les faits marquants. Pour la compréhension de ce qui va suivre nous vous conseillons de lire [[Frise Chronologique du droit à l&#039;avortement|la frise chronologique]] des événements marquants pour le droit à l&#039;avortement en Suisse. &lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
=== Mouvements féministes : Buts et démarches ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce n&#039;est que dans la deuxième moitié du XIXème siècle que le féminisme se démarque en tant que mouvement collectif de luttes de femmes. &amp;quot;Ces luttes reposent sur la reconnaissance des femmes comme spécifiquement et systématiquement opprimées, l&#039;affirmation que les relations entre hommes et femmes ne sont pas inscrites dans la nature mais que la possibilité politique de leur transformation existe.&amp;quot;[3] En effet, les femmes ont dû faire face à de nombreuses inégalités et cela dans de nombreux domaines: le travail, la santé, la politique... Nous constatons encore aujourd&#039;hui que de nombreuses inégalités persistent sur le droit des femmes mais elles sont moindres ou de nature différentes que dans les années 1960-80. Pour pouvoir entrer dans un processus de revendication politique du féminisme, il faut qu&#039;il y ait une &amp;quot;relation avec une conceptualisation de droits humains universels;elle s&#039;ancre dans les théories des droits de la personne dontles premières formulations juridiques sont issues des révolutions américaines puis françaises.&amp;quot; &amp;lt;ref&amp;gt;Hirata H, et al,2000, &#039;&#039;Dictionnaire critique du féminisme&#039;&#039;, Paris : Presse Universitaires de France, p. 225&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
Il convient de faire une distinction entre les mouvements féministes et les mouvements populaires des femmes. En effet, les mouvements populaires des femmes ne mettent pas directement en avant l&#039;exigence de droits spécifiques pour les femmes. C&#039;est l&#039;emploi du mot féministe qui va changer les représentations que l&#039;on se fait à cette époque. Pour certains les féministes sont &amp;quot;trop bourgeoises au XIXème siècle et au début du XXème siècle trop radicales et ennemies des hommes après les années 1970&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;Hirata H, et al,2000, &#039;&#039;Dictionnaire critique du féminisme&#039;&#039;, Paris : Presse Universitaires de France., p. 126&amp;lt;/ref&amp;gt;. Quant à l&#039;expression &amp;quot;mouvement des femmes&amp;quot;, elle est plus souvent utilisée comme raccourci pour mouvement de libération des femmes. Voilà pourquoi elle a pu être associée au féminisme le plus radical et explique la confusion entre les deux termes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lorsque nous parlons de &amp;quot;mouvements féministes&amp;quot; nous désignons sous une même dénomination &amp;quot;les diverses formes des mouvements de femmes, le féminisme libéral ou &amp;quot;bourgeois, le féminisme radical, les femmes marxistes ou socialistes, les femmes lesbiennes, les femmes noires et toutes les dimensions catégorielles des mouvements actuels&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;Hirata H, et al,2000, &#039;&#039;Dictionnaire critique du féminisme&#039;&#039;, Paris : Presse Universitaires de France, p. 127&amp;lt;/ref&amp;gt;. Dès lors, l&#039;expression&amp;quot; mouvement des femmes &amp;quot; représente les mobilisations de femmes en Amérique Latine ou les mouvements pour la paix en Irlande ou au moyen-Orient&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;Hirata H, et al,2000, &#039;&#039;Dictionnaire critique du féminisme&#039;&#039;, Paris : Presse Universitaires de France., p.126&amp;lt;/ref&amp;gt; Dans la littérature, deux types de mouvements féministes se démarquent. Une première vague a émergé dans la seconde moitié du XIXème siècle. Elle est souvent présentée autour des revendications du droit de vote.  Au début du XXème siècle, ou les mouvements sont qualifiés de &amp;quot;néo féminisme&amp;quot;, les exigences ne se fondent pas sur une seule exigence d&#039;égalité mais sur une reconnaissance &amp;quot;de l&#039;impossibilité sociale de fonder cette égalité dans un système patriarcal&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;Hirata H, et al,2000, &#039;&#039;Dictionnaire critique du féminisme&#039;&#039;, Paris : Presse Universitaires de France, p. 126&amp;lt;/ref&amp;gt;. Le féminisme des années 1970, se fait connaitre par des mouvements anti-autoritaires, par des groupes de parole, il met en avant les formes les plus spontanées de manifestation et refuse toute organisation hiérarchique. &amp;quot; L&#039;appartenance au mouvement représente la mise en acte d&#039;une nouvelle idéologie, la recherche de sens et de valeurs communs.&amp;quot; &amp;lt;ref&amp;gt;Hirata H, et al,2000, &#039;&#039;Dictionnaire critique du féminisme&#039;&#039;, Paris : Presse Universitaires de France, p.128&amp;lt;/ref&amp;gt;. C&#039;est entre la fin des années 1960 et le début des années 1970 que le féminisme connait une ampleur internationale. &amp;quot;L&#039;onde de choc part des Etats-Unis et gagne très rapidement la Grande-Bretagne et l&#039;Allemagne dans les années 60&amp;quot;. Il faut ajouter qu&#039;en &amp;quot;dépit de son caractère extra parlementaire, le mouvement de libération des femmes a la capacité de susciter de larges mobilisations auprès des femmes syndiquées, des femmes de partis de gauche et de droite ou des associations luttant pour les droits des femmes comme le planning familial. Ce sont d&#039;abord les campagnes pour la liberté d&#039;avorter qui constituent les événements les plus importants et les plus marquants &amp;lt;ref&amp;gt;Hirata H, et al,2000, &#039;&#039;Dictionnaire critique du féminisme&#039;&#039;, Paris : Presse Universitaires de France, p. 128&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En ce qui concerne la Suisse, c’est dans la continuité du mouvement de la jeunesse estudiantine de 1968 que naît le nouveau mouvement féministe. C’est à Zurich que se sont réunies des femmes de gauche, que l’on appellera « Frauenbefreiungsbewegung » ou plus communément le FBB. Elles critiquent le fait que les femmes sont oppressées et qu’il s’agit d’une « contradiction sociale fondamentale ». Le [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]], pour la Suisse romande et le MFT au Tessin vont très rapidement suivre la création du FBB, avec comme objectif commun de « récuser l’organisation hiérarchique des associations et de la politique traditionnelle » &amp;lt;ref&amp;gt;Commission fédérale, &#039;&#039;Femmes Pouvoir Histoire&#039;&#039;, 1.3, p. 1, consulté le 27 Novembre sur http://webcache.googleusercontent.com/search?q=cache:UpvKGVSBak0J:www.ekf.admin.ch/dokumentation/00444/00517/index.html%3Flang%3Dfr%26download%3DNHzLpZeg7t,lnp6I0NTU042l2Z6ln1ae2IZn4Z2qZpnO2Yuq2Z6gpJCDdH58hGym162epYbg2c_JjKbNoKSn6A--+&amp;amp;cd=2&amp;amp;hl=fr&amp;amp;ct=clnk&amp;amp;gl=ch&amp;amp;client=firefox-a&amp;lt;/ref&amp;gt; inspirés des mouvements français et américains préalablement abordés. Cependant, des divergences existent entre tous ces mouvements sur différentes questions telles que l’avortement ou encore la possibilité pour le sexe féminin de faire l’armée. Une chronologie a été rédigée dans l’article suivant : &amp;quot;Le nouveau mouvement féministe et les organisations féminines depuis 1968&amp;quot; de la Commission fédérale pour les questions féminines de [http://www.ekf.admin.ch/dokumentation/00444/00517/index.html?lang=fr la Confédération Suisse].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
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&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
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=== La période  entre 1940-50 : une période restrictive ===&lt;br /&gt;
Pour comprendre la lutte pour l&#039;avortement comme droit de la personne il nous faut revenir sur le contexte de l&#039;après guerre. Tout comme il a été expliqué dans [[Droits des enfants|le chapitre précédent]], la Déclaration Universelle des Droits de l&#039;Homme (1948) a influencé les mouvements des femmes. Nous allons tout d&#039;abord revenir sur ce qui s&#039;est passé avant cette date, en effet nous savons que la législation suisse sur l’avortement est l’une des plus restrictives d’Europe. Les premières dispositions du Code pénal suisse à ce sujet ont été définies en 1942 et prévoient, à cette époque, l’emprisonnement de la femme qui avorte, ainsi que de la personne qui l’aide à pratiquer cet acte. En revanche, une exception existe : si la grossesse comporte un danger pour la mère et que l’interruption de grossesse est pratiquée par un médecin, l&#039;avis étant approuvé par un second médecin, l’avortement n’est alors pas punissable. On comprend alors que la conséquence a été un nombre considérable d’avortements illégaux. Cependant, la mise en place de dispositifs de préventions et d’une diffusion d’informations contribua à faire diminuer le nombre d’avortements autant illégaux, que légaux. Par ailleurs, l’Organisation Mondiale de la Santé ([http://www.who.int/fr/ OMS]) a étendu la notion de « santé » en y insérant les dimensions de bien-être psychique et social : « la santé ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité ; elle est un état de complet bien-être physique, mental et social. »&amp;lt;ref&amp;gt;Rey, A.-M., 2013, &#039;&#039;Tendance à la libéralisation&#039;&#039;, USPDA. Consulté le 7 Novembre sur http://www.svss-uspda.ch/fr/suisse/liberal.htm&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ceci légalise aussi la pratique d’interruption de grossesse et écarte la menace d’emprisonnement. &amp;lt;ref&amp;gt;Rey, A.-M., 2013, &#039;&#039;L&#039;ancienne législation de 1942&#039;&#039;, USPDA. Consulté le 7 Novembre sur http://www.svss-uspda.ch/fr/suisse/loi_1942.htm&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
Cependant, cette législation attise la colère et la montée d’une révolte. Au début du XXème siècle, on voit s’élever des mouvements, tels que les organisations ouvrières, pour lutter en faveur de la décriminalisation de l’avortement.&lt;br /&gt;
De plus, dans cette période, il existe une différence entre les cantons au niveau de la législation sur l&#039;avortement. Ceci met donc les professionnels dans l&#039;embarras puisqu&#039;ils n&#039;ont pas une pratique généralisée au niveau de l&#039;état, et cela soulève également une inégalité entre les femmes des différents cantons de la Suisse. Des mesures fédérales strictes ont donc été prises pour tenter de généraliser les pratiques et s&#039;accorder sur la pratique de l&#039;avortement : « l’institutionnalisation juridique d’une interruption de grossesse pouvant être légalement pratiquée par un médecin sous haute surveillance de l’Etat : consultation obligatoire d’un second médecin, qui doit être un spécialiste et en plus agréé par les autorités cantonales compétentes, et qui doit donner par écrit un « avis conforme ». Il faut également le consentement écrit de la femme enceinte. ». Ainsi à cette époque nous constatons que les femmes n&#039;ont pas la maîtrise de leur corps et que de ce fait la maternité ne peut se contrôler. Ce contexte illustre la réalité des femmes, soit elles ont la chance de pouvoir trouver deux médecins qui l&#039;estime en danger, soit elles décident de pratiquer un avortement illégal ce qui comporte de grands risques pour leur santé (hémorragie et infection qui peuvent entraîner la mort de la femme).&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La période 1960-70 : les premiers changements ===&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Fichier:Graphiquefemme.jpeg|vignette|gauche|Graphique représentant les condamnations des femmes]]&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Le graphique ci-contre nous montre la condamnation des femmes en ce qui concerne l&#039;avortement.&amp;lt;ref&amp;gt;Rey, A.-M., 2013, &#039;&#039;Interruption de grossesse en Suisse : les faits et les données&#039;&#039;, USPDA. Consulté le 18 Novembre sur http://www.svss-uspda.ch/pdf/faits-et-donnees.pdf &amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt; En effet, nous voyons que le pic le plus élevé se situe dans l&#039;année 1950, avec 550 condamnées. Puis lors de la commercialisation de la pilule, l&#039;emprisonnement des femmes diminue fortement l&#039;année suivante, passant d&#039;environ 400 condamnations à environ 260. De manière générale, ce graphique montre que les condamnations sur la période 1960-1980 n&#039;ont cessé de baisser. &lt;br /&gt;
Les années 60 sont donc marquées par l&#039;arrivée de la pilule contraceptive en Suisse. En effet, en 1961, la commercialisation de celle-ci fait reculer le nombre d&#039;avortement pratiqué en Suisse puisque les femmes ont un contrôle sur leur reproductibilité. Malgré tout, la pilule contraceptive circule à l&#039;époque discrètement, puisque aucune loi ne précise son autorisation. En 1965, la création du premier planning familial en Suisse au HUG permettra de conseiller les familles. L&#039;établissement ouvrira donc un pôle dédié à l&#039;information familiale et aux régulations des naissances.&amp;lt;ref&amp;gt;Fert-Bek, D., (s.d.), &#039;&#039;Historique&#039;&#039;, Le service du planning familial de Genève a 40 ans,Genève, HUG. Consulté le 18 Novembre 2013 sur http://planning-familial.hug-ge.ch/nous/historique.html&amp;lt;/ref&amp;gt; Dans cet établissement les professionnels conseillent les parents sur la manière d&#039;avoir un contrôle sur l&#039;élargissement de leur famille. Ainsi, grâce à cette structure, la pilule contraceptive a pu circuler dans le territoire helvétique. La pilule était considéré pour certain comme un enjeux économique : elle permettait de contrôler les naissances et donc de préserver la richesse, et pour d&#039;autres comme un moyen de débrider la sexualité des femmes&amp;lt;ref&amp;gt;L&#039;illustré, (s.d.) &#039;&#039;La pilule qui a changé le monde&#039;&#039;, Archives, Consulté le 18 Novembre 2013 sur http://www.illustre.ch/la_pilule_qui_a_change_le_monde_45372_.html&amp;lt;/ref&amp;gt;.   &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Mlf.jpeg|vignette|gauche|Affiche du Front des Bonnes Femmes]][[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|Le Mouvement de Libération des Femmes (MLF)]] a démarré aux Etats-Unis, et a encouragé les militants des autres pays à lutter pour améliorer les conditions féminines. Le [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]] créé en 1969 à Zurich,que l&#039;on retrouvait également dans d&#039;autres cantons  (Genève et Tessin par exemple) se base &amp;quot;sur les mouvements de libération du Tiers monde pour encourager les femmes à se libérer des contraintes inhérentes à la famille nucléaire (Rôle des sexes).&amp;quot; &amp;lt;ref&amp;gt;Jorris, E., 2009, &#039;&#039;Mouvement de libération des femmes (MLF)&#039;&#039;. Consulté le 19 Novembre 2013 sur http://www.hls-dhs-dss.ch/textes/f/F16504.php&amp;lt;/ref&amp;gt;. Sur le canton de Genève plus précisément, des groupes de certains partis de gauche militaient en ces faveurs (ils étaient très hiérarchisés et ne plaisaient pas à toutes les femmes militantes). C&#039;est donc principalement grâce à Madame Brodmann (qui a milité aux Etats-Unis) et Madame Gramoni qu&#039;il y a eu dans un premier temps le front des Bonne-Femmes (où militait aussi Rina Nissim). Leur premier slogan a été &amp;quot;Femmes décolonisons-nous !&amp;quot; avec des affiches placardées sur les façades des grandes banques : les femmes insistaient donc pour la ré-appropriation de leur corps (avortement, pilule contraceptive, ...).&amp;lt;ref&amp;gt;Roussopoulos Carole, Debout ! Une histoire du mouvement des femmes 1970-80, 1999. Consulté le 19 Novembre 2013 sur http://ballonsonde.org/wikiSonde/videos/Femmes_Debout.htm&amp;lt;/ref&amp;gt; &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Les femmes pensent donc vivre singulièrement des situations d&#039;exclusion et d&#039;injustices, or le fait de discuter ensemble elles se rendent compte qu&#039;elles vivent toutes ce genre de situation. Cette prise de conscience favorise donc la mobilisation des femmes pour combattre ces injustices dont elles sont victimes. Les communautés ou ce que l&#039;on pourrait appeler regroupements permettent donc aux femmes de prendre consciences mais aussi de prendre du pouvoir dans la société. L&#039;effet de groupe a permis de de faire rassembler dans les rues des milliers de femmes pour manifester ensemble contre des inégalités entre sexe ([[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]]).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans le même temps, il ne faut pas oublier que les avortements illégaux continuent à être pratiqués à cette période. En effet, le nombre d&#039;avortements, légaux et illégaux, est estimé à 50 000 en 1966. Les avortements légaux s&#039;élevaient à environ 17 000 en 1966 (16 000 en 1978 et 1980, 14 000 en 1985, 13 000 en 1990, 12 000 en 1995, 13 000 en 1996 et 1998). Les avortements clandestins diminuèrent grâce : &lt;br /&gt;
* à la raréfaction avec l&#039;élargissement des indications médicales dans les cantons libéraux (Zurich, Bâle-Ville, Berne, Vaud, Neuchâtel, Genève) dès les années 1950&lt;br /&gt;
* la libéralisation progressive dans d&#039;autres cantons(Tessin dès les années 1970; Argovie, Bâle-Campagne, Glaris, Schaffhouse, Soleure, Jura au cours des années 1990)&lt;br /&gt;
* la généralisation des centres de planning familial, des cours d&#039;éducation sexuelle, la diffusion de moyens de contraception sûrs dès les années 1960 &lt;br /&gt;
* le remboursement de l&#039;intervention par les caisses maladie).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On remarque que malgré les mesures juridiques fédérales restrictives, les cantons adoptent des pratiques très différentes les uns des autres. Ainsi, les dimensions d’ordre psychologique et social sont incluses dans les indications médicales des cantons libéraux, alors que la pratique est seulement tolérée dans les cantons conservateurs catholiques. Face à cette inégalité juridique, les cantons libéraux accueillent des femmes vivant dans ces cantons restrictifs pour se faire avorter. On assiste à une forme de tourisme « gynécologique ». Cela amène les cantons à réfléchir sur ces pratiques. Notamment le canton de Neuchâtel, où plusieurs affaires d&#039;avortements sont jugées. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La période 1970-1980 : La période clé ===&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
A la suite de ces scandales, le député radical Maurice Favre dépose en mars 1971 une [http://www.amtsdruckschriften.bar.admin.ch/viewOrigDoc.do?id=10100953 motion] en faveur d&#039;une initiative cantonale demandant la suppression des articles 118 à 121 du CP.  &lt;br /&gt;
Cette démarche est suivie du lancement, en juin de la même année, par un comité de cinq personnes, de l&#039;initiative populaire fédérale pour la décriminalisation de l&#039;avortement, largement soutenue notamment par le mouvement des femmes. En 1972, les milieux chrétiens conservateurs font circuler une pétition &amp;quot;Oui à la vie, non à l&#039;avortement&amp;quot;. A partir de ce moment-là, nous voyons apparaître les organisations et les mouvements féministes qui organisent des manifestations en faveur de l’interruption de grossesses libres et gratuites, ainsi que pour revendiquer [http://www.svss-uspda.ch/index.html la décriminalisation de l’avortement].  Il y a dons deux propositions faites : accorder un délais pour l&#039;avortement (par exemple : les avortements pourront être légal pendant les 10 premières semaines de grossesse)ou élargir les motifs pour l&#039;avortement (par exemple : souffrances psychiques, douleurs physique, ...)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C&#039;est une lutte qui se fait contre des mentalités traditionnelles où l&#039;homme est dominant dans la société. La prise de conscience des femmes et de leurs conditions se fait petit-à-petit, en prenant plus d&#039;ampleur au milieu des années 70. C&#039;est la réunion de plusieurs milliers de femmes qui fait que l&#039;on puisse qualifier le [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]] de mouvement. Ce sont des femmes de tout âge qui se battent pour l&#039;amélioration de leurs conditions de vie. Ces mouvements veulent principalement lutter pour le droit du libre choix des femmes ou de manière générale à ce que l&#039;on nomme l&#039;autonomie des femmes. A cette époque, il y a &amp;quot;deux types de femmes&amp;quot; :  celles qui font des études mais qui restent à la maison pour materner, ou bien celle qui font des études et qui travaillent. Ces dernières se trouvent confrontées à la réalité sociale : avec le même titre professionnel, les femmes obtiennent des salaires bien inférieurs à ceux des hommes. C&#039;est suite à cette prise de conscience face au [http://www.scienceshumaines.com/peut-on-en-finir-avec-le-plafond-de-verre_fr_22408.html Plafond de Verre], que les femmes se réunissent pour échanger leurs histoires. Elles se mobilisent donc afin de pouvoir avoir le contrôle sur leur vie, et sur leur corps. L&#039;une des grandes luttes se fait autour du contrôle de leur corps : ce qu&#039;elles nomment la mobilisation pour la ré-appropriation du corps. Il s&#039;agit de donner aux femmes la possibilité de choisir leur maternité, leur contraception, et leur médicamentation. En 1978, sur le canton de Genève, l&#039;ouverture du Dispensaire des femmes (par [[Rina Nissim]]) leur permet d&#039;être accueillies dans un lieu où on leur donne des conseils, des listes de gynécologues tolérants face aux choix d&#039;avorter ainsi que différentes méthodes pour soigner les maladies génitales, ... De plus, les femmes peuvent si elles le veulent accéder au groupe action Self-Help du [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]] ; qui est un lieu où l&#039;on échange sur son vécu, et où l&#039;on pratique des examens concrets pour découvrir son corps. L&#039;instruction, comme l&#039;évoque [[Amélia Christinat|Mme Christinat]] permet aux femmes de comprendre les injustices auxquelles elles sont confrontées et de se mobiliser pour que toute les sociétés reconnaissent les femmes comme des personnes avec un cerveau. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans le même temps, une nouvelle réglementation sur l’avortement est considérée par le Conseil fédéral, et trois variantes sont discutées : la première, appelée &amp;quot;solutions des indications&amp;quot; autorise l’avortement dans les situations où la grossesse menace la vie ou la santé de la femme, en cas de viol, ou encore si l’enfant présente un trouble ou une déficience physique et/ou mentale. Une autre variante est celle des « indications sociales » qui prend en compte la situation sociale précaire de la femme. Finalement, la troisième, « solution des délais », permet l’avortement pendant les douze premières semaines de grossesse. Il en va sans dire que les partis politiques, les organisations et les cantons conservateurs catholiques sont en faveur de la solution la plus restrictive, alors que leurs rivales refusent les trois types de variantes et revendiquent l’avortement libre et gratuit. Le Conseil fédéral  rejette l’initiative pour la décriminalisation de l’avortement, mais opte finalement pour la solution des indications élargies, attisant ainsi le mécontentement des deux camps. &lt;br /&gt;
Face au rejet de l’initiative populaire pour la décriminalisation de l’avortement, [http://www.svss-uspda.ch/index.html l’Union Suisse pour la Décriminalisation de l’Avortement] (USPDA) (dont fait partie [[Amélia Christinat]])propose un compromis et lance une initiative qui cette fois rejoint l’idée de la solution des délais. « L’initiative réclament la décriminalisation de l’avortement s’il est pratiqué par un  médecin avec le consentement de la femme pendant les douze semaines qui suivent les dernières règles ». Cependant, celle-ci essuie à nouveau un échec : elle est rejetée par la majorité des cantons. &lt;br /&gt;
Les années suivantes toutes les propositions d&#039;initiatives,pour ou contre l&#039;avortement, sont sans cesse rejetées. Mais les luttes féminines pour le droit à l&#039;avortement s&#039;amplifient dans cette période pour pouvoir faire changer les droits de la personne et principalement les droits de la femme. Ce n’est qu’en 1990, que l’idée d’une révision de la loi relative à l’avortement est remise sur le devant de la scène. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous constatons que cette période est une période riche pour la mobilisation des droits des femmes ; de multitudes groupes se forment à l&#039;intérieur du [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]], des nouveaux établissements pour les femmes se créent, [http://www.letempsarchives.ch/Default/Scripting/ArticleWin.asp?From=Archive&amp;amp;Source=Page&amp;amp;Skin=LeTempsFr&amp;amp;BaseHref=JDG/1997/09/03&amp;amp;PageLabelPrint=6&amp;amp;EntityId=Ar00600&amp;amp;ViewMode=HTML les partis politiques] se questionnent à nouveau, même [http://www.letempsarchives.ch/Default/Scripting/ArticleWin.asp?From=Search&amp;amp;Key=JDG/1997/09/05/11/Ar01104.xml&amp;amp;CollName=JDG_1990_1999&amp;amp;DOCID=47725&amp;amp;PageLabelPrint=11&amp;amp;Skin=LeTempsFr&amp;amp;enter=true&amp;amp;AW=1389277112258&amp;amp;sPublication=JDG&amp;amp;sScopeID=All&amp;amp;sSorting=IssueDateID%2cdesc&amp;amp;sQuery=%22avortement%20%22%20suisse&amp;amp;rEntityType=&amp;amp;sSearchInAll=false&amp;amp;RefineQueryView=%2552%2565%2563%2568%2565%2572%2563%2568%2565%2572%2520%2570%2561%2572%256d%2569%2520%256c%2565%2573%2520%2572%25u00e9%2573%2575%256c%2574%2561%2574%2573&amp;amp;StartFrom=5&amp;amp;ViewMode=HTML Le Conseil d&#039;Etat Vaudois], etc. Des femmes se mobilisent également pour d&#039;autres causes qui ne les touchent pas particulièrement puisque nous verrons, dans [[Accueil|le dernier chapitre]] de cet article, que plusieurs d&#039;entres-elles se sont mobilisées pour le droit à l&#039;autodétermination [[Droits des patients (à l&#039;hôpital)|des patient des hôpitaux]]. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Globalement ce qui se fait ressentir c&#039;est  surtout l&#039;envie de faire changer la mentalité de la société pour que les femmes aient les même droits que les hommes. Nous avions déjà retrouver ce point en 1791 en France où est apparue la [http://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9claration_des_droits_de_la_femme_et_de_la_citoyenne Déclaration des Droits de la Femme et de la Citoyenne] se basant sur la [http://www.textes.justice.gouv.fr/textes-fondamentaux-10086/droits-de-lhomme-et-libertes-fondamentales-10087/declaration-des-droits-de-lhomme-et-du-citoyen-de-1789-10116.html version originale] et dont le but était de montrer l&#039;égalité juridique entre homme et femme.   &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Depuis 1990 ===&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Les différentes mobilisations des femmes soixanthuitardes ont permis la diminution d&#039;une multitude d&#039;inégalités pour lesquelles elles se mobilisaient.&lt;br /&gt;
Revenons tout d&#039;abord, en 1994, où l&#039;on constate un net recul du nombre d’avortements légaux. Ceci peut s’expliquer par une diffusion de l’information (éducation sexuelle) et la libre disposition de moyens contraceptifs. Ce phénomène vient appuyer l’idée que la libéralisation ne conduit pas à une augmentation des avortements, bien au contraire. Plusieurs services se sont donc installés suite au manifestations des femmes dans les rues. A partir de là, les choses commencent à changer et vont en faveur de la décriminalisation de l’avortement. En effet, le Conseil National adopte en 1995 &amp;quot;la solution des délais&amp;quot;. En 1996, la Commission des Affaires Juridiques du Conseil National ratifie un projet de loi qui prévoie la décriminalisation de l’avortement pendant les 14 premières semaines après les dernières règles. On voit mêmes les femmes du parti démocratique-chrétien (PDC) aller en faveur du droit de la femme à l’autodétermination et pour &amp;quot;la solution des délais&amp;quot;. De nombreuses organisations telles que la Fédération suisse des Eglises protestantes, les groupes des femmes radicales de Suisse, accueillent cette solution des délais comme un compromis tolérable. Toutefois, le Conseil Fédéral rejette une fois de plus la &amp;quot;solution du délai&amp;quot; en 1998. Nous constatons donc que les manifestations pendant plus de 15ans, ne suffisent pas pour que la Suisse autorise l&#039;avortement. En France par exemple, la lutte des femmes a été moins longue en ce qui concerne le droit à l&#039;avortement puisqu&#039;il est autorisé depuis  [http://fr.wikipedia.org/wiki/Loi_Veil_du_17_janvier_1975_sur_l&#039;interruption_volontaire_de_grossesse 1975] et suite [http://fr.wikipedia.org/wiki/Manifeste_des_343 aux manifestes des 343] de 1971. &lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Par ailleurs, la pilule abortive Mifegyne (RU 486) est admise et commercialisée en Suisse dès 1999. La [http://webcache.googleusercontent.com/search?q=cache:aZM-IrETCowJ:bijsluiters.fagg-afmps.be/DownloadLeafletServlet%3Fid%3D109287+&amp;amp;cd=9&amp;amp;hl=fr&amp;amp;ct=clnk&amp;amp;gl=ch&amp;amp;client=firefox-a notice] d&#039;utilisation explique son utilité : &amp;quot;Mifegyne est un médicament qui bloque l&#039;action de la progestérone, une hormone nécessaire au maintien de la grossesse. Mifegyne peut donc provoquer une interruption de grossesse.&amp;quot; Cependant cette méthode médicamenteuse est soumise aux mêmes dispositions pénales que l’avortement et est prescrite uniquement par le corps médical.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Finalement, le Parlement adopte la solution du délai en mars 2001 et est rentré en vigueur en 2002. « Ainsi l’avortement n’est pas punissable pendant les 12 premières semaines de la grossesse à condition que la femme fasse valoir une situation de détresse. Les cantons doivent décider quels cabinets et établissement peuvent pratiquer l’intervention. » &amp;lt;ref&amp;gt;Rey, A.-M., 2013, Régime du délais, USPDA. Consulté le 7 Décembre sur http://www.svss-uspda.ch/fr/suisse/loi.htm&amp;lt;/ref&amp;gt; De plus, Rey (2013), illustre les modifications entre l&#039;ancienne et la nouvelle loi de 2002, relatif à l&#039;avortement. &amp;lt;ref&amp;gt;Rey, A.-M., 2013, Comparaison ancienne et nouvelle législation, USPDA. Consulté le 7 Décembre sur http://www.svss-uspda.ch/fr/suisse/comparaison.htm &amp;lt;/ref&amp;gt; Depuis ce jour, la femme est la seule personne qui ait le droit de choisir ou non l&#039;avortement. En aucun cas, une personne tierce (et même si celle-ci a une blouse blanche) ne pourra refuser l&#039;avortement d&#039;une femme dans les douze premières semaines de grossesse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous pouvons donc conclure que « les discussions provoquées en 1971 par l’initiative en faveur de la décriminalisation de l’avortement ont été à l’origine d’un changement des mentalités et d’une prise de conscience ».&amp;lt;ref&amp;gt;Rey, A.-M., 2013, Chronologie des événements dès 1970, USPDA. Consulté le 7 Décembre sur http://www.svss-uspda.ch/fr/suisse/chronologie.htm &amp;lt;/ref&amp;gt; En effet, on assiste à une diminution du nombre de condamnations et à une libéralisation de la pratique de l’avortement. Par ailleurs, on se rend compte qu’à travers la mise en place de centres de plannings familiaux et des dispositifs d’informations, comme l’éducation sexuelle, on parvient à lutter contre l’avortement.  La prévention prévaut donc à la pénalisation. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cependant on constate que la réglementation à ce sujet peut encore être modifiée, car ce droit à l’avortement est sans cesse remis en question. En effet, en 2010, le mouvement anti-avortement « Mamma », qui s&#039;intitulait auparavant &amp;quot;Pour la mère en l’enfant&amp;quot;  lance une initiative populaire : « Financer l’avortement est une affaire privée ». Il s’agit d’une initiative qui demande que l’IVG ne soit plus pris en compte par les prestations de l’assurance maladie de base, et ce en invoquant l’idée qu’il s’agit d’une décision d’ordre privé, et que de ce fait le financement public n’a pas de sens. Cependant, on remarque que le droit à donner la vie est également de l’ordre du privé, et pourtant celui-ci n’est pas contesté. [[Entretien Rina Nissim|Rina Nissim]], nous met en garde sur la tournure que prend les événements d&#039;aujourd&#039;hui (concernant le financement de l&#039;avortement). En effet, selon elle, nous serions en pleine régression concernant le libre choix de la femme. A contrario des générations d&#039;après 70, il faut que les générations d&#039;aujourd&#039;hui se mobilisent pour faire en sorte de garder un droit durement acquis par les femmes soixanthuitardes. La votation de Février 2014 qui se prépare pourrait modifier les droits que nous avons jusqu&#039;à présent. Si les générations de maintenant et les suivantes veulent elles aussi avoir la possibilité de choisir leur grossesse, elles se doivent de s&#039;impliquer pour faire en sorte de ne pas perdre les droits acquis.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le droit à l&#039;avortement est également contesté dans [http://www.planning-familial.org/actualites/lavortement-en-europe-ou-sont-les-bonnes-nouvelles-0012490 les autres pays Européens]. L&#039;Irlande et l&#039;Espagne seraient les deux pays Européens les plus réactionnaires au droit à l&#039;avortement. En effet, le premier ministre devrait sous peu, mettre en place une nouvelle loi concernant ce sujet. L&#039;avortement sera alors possible que dans l&#039;une des trois conditions (viol, malformation du fœtus ou danger de la mère) et les personnes mineures devront avoir une autorisation des parents. &amp;lt;ref&amp;gt;Magnan, P., (2014) &#039;&#039;Avortement : le retour en arrière de l&#039;Espagne, premier signe en Europe ?&#039;&#039;. consulté le 6 Janvier 2014 sur http://geopolis.francetvinfo.fr/avortement-le-retour-en-arriere-de-lespagne-un-premier-signe-en-europe-28245 &amp;lt;/ref&amp;gt; Dans le cas de l&#039;Espagne, ce projet de loi fait un retour en arrière dans l&#039;histoire de droits des femmes puisqu&#039;il s&#039;agit de la loi d&#039;il y a 30 ans&amp;lt;ref&amp;gt;&amp;quot;L&#039;Espagne veut revenir à la loi d&#039;il y a trente ans&amp;quot;.Tribune de Genève, Avortement, 21-22 décembre 2013, p. 7.&amp;lt;/ref&amp;gt;. La crise économique, comme nous l&#039;avait précisé [[Rina Nissim]], influencerait les multiples régressions concernant les droits des femmes ; dont celui de leur intégrité physique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les témoins qui ont participé aux changements ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous avons décidé d&#039;interroger des personnes qui se sont mobilisées en Suisse pour le droit à l&#039;avortement. Elles pourront donc faire ressortir des éléments personnels sur le contexte de l&#039;époque, et les problèmes qu&#039;elles ont pu rencontré pour la mise en place de ce droit. &lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Nous avons dans un premier temps contacté Mme [[Amélia Christinat|Christinat Amélia]], avec qui l&#039;une de nous avait déjà travaillé il y a quelques années. Cette personne a donc accepté de participer à notre recherche en répondant à nos questions lors d&#039;un entretien.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un second temps nous avons contacté Mme [[Salika Wenger|Wenger Salika]], marraine de l&#039;association &amp;quot;Ni pute, Ni soumise&amp;quot; qui est actuellement impliquée dans la politique sur Genève puisqu&#039;elle fait partie du Conseil Administratif de la ville de Genève. Deux d&#039;entre nous l&#039;ont connue lors de sa venue à [http://www.infrarouge.ch/ir/1858-seins-nouvelle-arme-feministes l&#039;émission télévisée Infrarouge (RTS)] dédié aux mouvements des Femens (novembre 2011). Après discussion téléphonique, nous avons eu des éléments pertinents qui pourraient nous intéresser pour notre recherche, cependant [[Salika Wenger|Mme Wenger]] est très occupée et ne pourra pas nous accorder un entretien avant Janvier 2014. C&#039;est pourquoi après réflexion, nous avons décidé de contacter une troisième personne qui pourrait éventuellement être plus disponible : Mme [[Rina Nissim|Nissim Rina]]. Par l&#039;intermédiaire de Mme Ruchat nous avons obtenu ses coordonnées téléphoniques et avons pu avoir un rendez vous rapidement.&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Afin de leur éviter quelconque déplacement,nous avons rencontré ses personnes à leur domicile. De plus, pour des raisons pratiques et également afin de ne pas abuser de leur hospitalité, nous avons décidé de mener ces entretiens par groupes de trois.&lt;br /&gt;
Nous proposerons aux différents acteurs de partager leurs souvenirs concernant les années 1970 à Genève afin que nous comprenions la situation actuelle du droit à l&#039;avortement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Retour sur les entretiens==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== [[Entretien Rina Nissim|Entretien]] de [[Rina Nissim]] ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Notre premier entretien s&#039;est déroulée le mercredi 27 Novembre. A trois étudiantes nous nous sommes rendues au cabinet de [[Rina Nissim]]. L&#039;entretien qui en découle nous a projeter dans un univers très différent du notre : où la femme n&#039;avaient que très peu de droits. C&#039;est de part son discours, que la militante [[Rina Nissim]], nous a partagé des informations sur l&#039;ambiance, la mobilisation et la persévérances des actrices de cette époque. C&#039;est par la réalisation de plusieurs injustices que les femmes se regroupent pour se mobiliser contre une société qui octroie peu de considération envers les femmes. Le [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]], lutte donc de manière générale pour plusieurs droits (droit à l&#039;égalité salariale, droit à la contraception, droit à l&#039;avortement, ...). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== [[Entretien Amélia Christinat|Entretien]] d&#039;[[Amélia Christinat]] ===&lt;br /&gt;
Le second entretien s&#039;est déroulé le 5 décembre chez [[Amélia Christinat|Christinat Amélia]]. A notre arrivée, nous lui avons dit que nous avions déjà des questions précises à lui poser et que ces questions seraient les mêmes pour tous les groupes. En effet, sachant que c&#039;est une femme très bavarde nous avons préférer poser le cadre dès le départ. &lt;br /&gt;
Nous avons pu constater en rentrant dans son salon qu&#039;elle avait préparé différents articles concernant le droit à l&#039;avortement - des articles qu&#039;elle nous a présenté tout au long de l&#039;interview -.&lt;br /&gt;
C&#039;est avec beaucoup d&#039;émotion qu&#039;elle a répondu à nos questions et qu&#039;elle a raconté son combat pour les différents droit de la femme - droit de vote, droit à l&#039;avortement etc.-. Nous avons vraiment ressenti, à travers ses propos, l&#039;importance que ces combats ont eu pour elle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Points communs entre les entretiens=== &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plusieurs points communs ressortent de ces deux entretiens.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout d&#039;abord, nous constatons que le droit à la réappropriation du corps ou plutôt à l&#039;autonomie des femmes, comme cité par [[Rina Nissim]], représente l&#039;un des combats des années 1960-80. Si les femmes, par leur combats, manifestations ont réussi à faire valoir leur droit à l&#039;avortement, elles ont aussi lutté pour la mise en place d&#039;autres valeurs tels que le droit à la contraception, le droit de vote, le droit d&#039;accès aux études. Toutes ces luttes sont évoqués par les deux femmes interrogées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Afin de parvenir à ces changements, il a fallu se réunir entre femmes. A partir du moment où nous souhaitons un changement important, il est nécessaire d&#039;obtenir une mobilisation importante. [[Rina Nissim]] part d&#039;un petit groupe, le [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]] qui finalement va prendre une grande ampleur et [[Amélia Christinat|Amélia Christianat]] s&#039;impose dans la politique. Il parait donc évident pour ces deux protagonistes, que pour espérer un changement, il faut se réunir en groupe. La notion de communauté prend donc toute son importance. La notion de communauté est définie comme étant un état de ce qui est commun à plusieurs personnes, similitudes, groupe constituant une société, mise en commun des biens entre époux. Au sens étymologique originel : cum munus. La communauté est donc un groupe de personnes (cum) qui partagent quelque chose (&amp;quot;munus&amp;quot;)- un bien, une ressource, ou bien au contraire une obligation, une dette.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Même si le concept de communauté n&#039;est pas dit explicitement dans nos entretiens, il apparaît tout au long, puisque chacune d&#039;entre elles a rejoint un groupe dans lequel elles éprouvaient des intérêts communs. Chaque membre décide alors en quoi, comment et quand il contribuera à ce groupe. Dans ce cas, [[Rina Nissim]] et [[Amélia Christinat]] en tant que féministes se sont engagées et ont lutté pour le droit des femmes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Enfin, il est intéressant de constater que nos deux intervenantes tirent un bilan mitigé quant à ces luttes pour les droits des femmes. [[Amélia Christinat]] dit :&amp;quot; Alors en fait tout changement, toute progression que l’on peut interpréter comme sociale n’est jamais définitivement acquise. Donc en fait, il faut veiller continuellement, défendre continuellement où que vous soyez et avec qui que vous soyez.&amp;quot; Quant à [[Rina Nissim]], elle dit :&amp;quot;Malheureusement dans la société c’est comme ça, il faut tout le temps se battre. Ça c’est un point sur lequel on est en recul.&amp;quot;, On est en plein recul. Donc y a un ou deux pays qui ont avancé pour l’instant y en a douze qui ont régressé. Donc cela ne va pas du tout cette affaire, on a une très mauvaise posture.&amp;quot; Ainsi, la question des droits pour la personne n&#039;est jamais complètement acquis. Il faut sans arrêt se battre pour continuer à faire valoir ses droits en tant que personne.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il convient à présent de reprendre l&#039;ensemble des questions posées et d&#039;en ressortir les éléments importants :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- &#039;&#039;&#039;Depuis quand et avec qui vous vous êtes engagés dans la lutte pour les droits de la femme et quel était à ce moment votre statut (ou fonction)? Dans quel contexte s&#039;est inséré cette démarche ?&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les deux personnes interrogés ont un parcours différents et leur action ne s&#039;est pas faite au même niveau. [[Rina Nissim]], après son interruption de grossesse à 19 ans, trouve un tract dans un local d&#039;anarchiste. C&#039;est un tract du [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]] qui invite des femmes à les joindre dans leur groupe. [[Rina Nissim]] est intéressée et entre alors au [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]]. Elle est alors la plus jeune de la bande. Il n&#039;y avait pas de statut en tant que tel mais chacune apportait ses connaissances et son envie de se battre pour obtenir plus de droit pour la femme. Quant à [[Amélia Christinat]], elle agit plutôt a un niveau politique et va faire un long parcours en passant par le législatif, le cantonal puis le niveau national afin d&#039;apporter des changements reconnus dans toute la Suisse. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- &#039;&#039;&#039;Y a-t-il eu un événement originel? Pourriez vous nous raconter un ou des événements marquant que vous avez mené ou qui vous ont frappé dans cette période en faveur de ces droits ?&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;un des droits qui a frappé [[Rina Nissim]] dans cette période est l&#039;accès à l&#039;avortement libre et gratuit ainsi que l&#039;accès à la contraception. Elle explique que c&#039;est l’accessibilité à l&#039;avortement qui était problématique.Le planning familial a été une grande innovation mais n&#039;était pas encore présent dans les mentalités de tous, et ce, notamment chez les gynécologues qui n&#039;acceptaient pas tous de donner la pilule. Le [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]] faisait des listes des médecins qui étaient d&#039;accord de prescrire cette pilule et dirigeait les femmes au bon endroit. Cependant, elle ne nous décrit pas un événement très précis, une action qu&#039;elle a effectué qui a pu entraîner ces changements. C&#039;est néanmoins des manifestations importantes et à plusieurs reprises qui ont permis ces évolutions. [[Amélia Christinat]] considère aussi que le droit à l&#039;avortement est un événement phare de cette époque et ajoute que le droit de vote pour la femme est aussi l&#039;un des événements marquants. Elle donne comme exemple les luttes ouvrières françaises qui allaient en Belgique pour se faire avorter parce que c&#039;était défendu en France et qu&#039;elles n&#039;avaient pas d&#039;argent. C&#039;est un événement particulièrement marquant et touchant selon elle. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- &#039;&#039;&#039;Quels ont été les changements les plus importants auxquels vous ayez assisté ?&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Rina Nissim]] évoque plusieurs changements auxquels elle a pu assister. Elle parle de la libération des femmes. C&#039;est se considére comme un individu à part entière qui peut décidé de soi-même, d&#039;être un vrai sujet dans leur vie, dans leur sexualité, dans leur contraception, dans leur choix professionnel. D&#039;après elle, il y a donc eu plusieurs droit : celui de l&#039;avortement avec pour commencer le remboursement par les caisses maladies en 81, le droit au divorce, le divorce. [[Amélia Christinat]] ajoute à l&#039;ensemble de ces changements le droit de vote, en disant qu&#039;à partir du moment où nous avons le bulletin, c&#039;est quelque chose de très important puisque les femmes sont considérées comme une personne. Nous pouvons rattacher cela à l&#039;ensemble de cette étude qui étudie le droit des personnes. Dans le cas des différentes luttes pour le droit des femmes, nous cherchons à mettre en avant qu&#039;elles sont avant tout des personnes qui doivent avoir la liberté de choisir, de donner leur avis. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-&#039;&#039;&#039; Y a-t-il eu des valeurs que vous avez eu le sentiment d’avoir porter en avant et si oui lesquels  ?&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Différentes valeurs sont mises en avant par les deux femmes interrogées. C&#039;est le féminisme, l&#039;humanisme, le socialisme, l&#039;anarchisme. De manière générale l&#039;autonomie des femmes marqué par la réappropriation de son corps. Dans leur discours, les deux femmes montrent bien qu&#039;auparavant nous étions considérés comme femme de.., fille de... que les femmes ont toujours du être meilleure que les hommes. Elles devaient tout faire. De ce fait, les femmes n&#039;étaient pas des sujets en tant que telle. Ce n&#039;est qu&#039;après de nombreuses luttes que nous avons mis en avant le fait que les femmes soient avant tout des personnes à part entière. Elles ont maintenant le même statut, les mêmes droits que les hommes. Bien que comme le relève [[Rina Nissim]] et [[Amélia Christinat]] cela n&#039;est pas quelque chose d&#039;acquis, et cette évolution à tendance à reculer. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039; Mais qu’en est-il aujourd’hui de cette lutte et des acquis et des risques de retour en arrière ?&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le maître mot de ces deux femmes concernant cette lutte est que rien n&#039;est acquis. Il faut toujours se battre parce que les choses ont tendance à régresser. Aujourd&#039;hui le droit de vote, le droit d&#039;accès aux études est l&#039;un des points acquis. Cependant, la question de l&#039;avortement est remis en cause, et fait l&#039;objet de tension actuelles puisqu&#039;il est question de supprimer le remboursement des avortements. C&#039;est donc l&#039;une des causes pour lesquels il faut continuer à se battre et faire valoir ses droits si l&#039;on ne veut pas revenir en arrière.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Références bibliographiques ==&lt;br /&gt;
&amp;lt;references/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;&amp;lt;big&amp;gt;Vidéo :&amp;lt;/big&amp;gt;&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Roussopoulos Carole, &#039;&#039;Debout ! Une histoire du mouvement des femmes 1970-80&#039;&#039;, 1999. Consulté le 19 Novembre 2013 sur http://ballonsonde.org/wikiSonde/videos/Femmes_Debout.htm&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;&amp;lt;big&amp;gt;Documents scannés :&amp;lt;/big&amp;gt;&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Archives contestataires de Genève, Mouvements de Liberté des Femmes : 1970-90[[Fichier:MLF femme.pdf|vignette|Document des archives contestataires]]&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Archives contestataires de Genève, Mouvements de Liberté des Femmes : 1970-90[[Fichier:MLF archives.pdf|vignette|Documents des archives contestataires]]&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Archives contestataires de Genève, Mouvements de Liberté des Femmes : 1970-90 [[Fichier:MLF assez.pdf|vignette|document des archives contestataires]]&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Archives contestataires de Genève, Mouvements de Liberté des Femmes : 1970-90 [[Fichier:MLF avorter.pdf|vignette|Document des archives contestataires]]&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Archives contestataires de Genève, Mouvements de Liberté des Femmes : 1970-90 [[Fichier:MLF personne.pdf|vignette|Document des archives contestataires ]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Auteurs du chapitre ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Julie Petot&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Julie</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Discussion:Droits_des_femmes&amp;diff=12819</id>
		<title>Discussion:Droits des femmes</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Discussion:Droits_des_femmes&amp;diff=12819"/>
		<updated>2014-01-09T16:04:16Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Julie : /* Re: Re: -- Giannina Suter (discussion) 9 janvier 2014 à 16:46 (CET) */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;==  -- [[Utilisateur:Ruchat|Ruchat]] ([[Discussion utilisateur:Ruchat|discussion]]) 4 novembre 2013 à 09:49 (CET) ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bonjour,&lt;br /&gt;
J&#039;ai croisé une référence qui me paraîtrait utile pour vous, ce sont les livres de Madame Marcella Iakub, notamment L&#039;empire du ventre : pour une autre histoire de la maternité. Il est à la biblio de la Fapse cote &lt;br /&gt;
618 (091) IAC&lt;br /&gt;
Peut-être aussi &lt;br /&gt;
Les féminismes en questions : éléments pour une cartographie / Christelle Taraud&lt;br /&gt;
Extrait de la couverture : &amp;quot;Ce recueil vise à examiner, au travers d&#039;entretiens, les conflits et les contradictions qui traversent le féminisme - d&#039;où le pluruel du titre : il s&#039;agit non pas de penser ce qui fait son unité, mais plutôt de tracer les grandes lignes d&#039;une carthographie des tensions qui le constituent. Les questions qui ont interpellé et divisé récemment les féministes et l&#039;opinion se trouvent donc au coeur de ce livre : le foulard islamique, le harcèlement, la parité, la procréation médicalement assistée, la prostitution, les violences sexuelles et domestiques... [Le document] voudrait ainsi montrer, pour s&#039;en réjouir, que les débats parfois emportés qui opposent les différentes sensibilités de la mouvance féministe, ainsi que l&#039;éclatement relatif de celle-ci, iindiquent qu&#039;avec le féminisme nous sommes en ce lieu éminemment conflictuel de l&#039;espace social où sont mises en question les identités de genre et les sexualités.&amp;quot;&lt;br /&gt;
Vous trouver le livre à Uni bastion dans la bibliothèque de Genève cote:BGE Sg 634&lt;br /&gt;
Si j&#039;arrive à faire une copie du DVD, je peux vous le transmettre mercredi.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je pense que vous allez vous centre sur la question de l&#039;avortement bataille de ces années là. Dites m&#039;en plus on peut discuter sous l&#039;onglet discussion de votre page.&lt;br /&gt;
Bon travail et cordialement,&lt;br /&gt;
Martine Ruchat&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je viens de voir sur votre page vos intentions. cela me paraît beaucoup trop droits au niveau politique droits au niveau de l&#039;éducation/formation/travail droits au niveau de la santé (avortement, contraceptions, ...). Vous ne pourrez tout faire. Je pense que la question des droits politiques est importante puisque le vote des femmes est 1971; la question de l&#039;avortement est aussi un bon sujet (voir aussi Marcela Iacub qui dit des choses bien intéressantes sur ce sujet). Droit à l&#039;éducation: je ne vois pas bienc e que vous voulez dire. Il y aurait dans ce domaine la revendication d&#039;un salaire ménager qui était d&#039;actualité dans ces années là.&lt;br /&gt;
Affaire à suivre et à préciser. Il faut aussi voir dans quel champ votre témoin M. Cristina a oeuvré...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Aux membres du groupe  -- [[Utilisateur:Julie|Julie]] ([[Discussion utilisateur:Julie|discussion]]) 4 novembre 2013 à 12:33 (CET) ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hello ! &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je pensais avant de voir le message de Madame Ruchat, que l&#039;on pouvait se partager par groupe de deux les trois thèmes ; politique - formation - santé. &lt;br /&gt;
D&#039;après l&#039;apport de Madame Ruchat, il faudrait alors se centrer sur la question de l&#039;avortement et de la politique parce qu&#039;il y a déjà beaucoup à faire. Dans ce cas là est ce que l&#039;on ne ferait pas deux groupes de trois pour ces deux thèmes. &lt;br /&gt;
Je propose que vous réflechissiez à ce qui vous intéresse entre les deux et que l&#039;on sache pour mercredi ce que l&#039;on veut traiter afin de commencer à pouvoir lire des choses qui correspond à ce que l&#039;on veut traiter.&lt;br /&gt;
Personnellement j&#039;aimerais travailler sur l&#039;avortement (ou plus généralement la santé).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Re: Aux membres du groupe  -- [[Utilisateur:Harmony|Harmony]] ([[Discussion utilisateur:Harmony|discussion]]) 6 novembre 2013 à 10:09 (CET)===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ok, de mon côté je suis d accord pour que nous travaillons à trois sur les deux thèmes que proposent madame Ruchat. Personnellement la question de l&#039;avortement m&#039;intéresse aussi. Je vais aller à la bibliothèque pour me procurer le livre &#039; l empire du ventre&#039; et voir si je trouve d&#039;autres sources&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Re: Aux membres du groupe  -- [[Utilisateur:Julie|Julie]] ([[Discussion utilisateur:Julie|discussion]]) 6 novembre 2013 à 11:27 (CET)===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
J&#039;ai fait quelques recherches au niveau de ma mémoire (^^) : et nous étions allée en 2011 voir en direct l&#039;émission Vacarme (les invités étaient les féministes du Femen) et dans les autres invités il y avait Madame Salika Wenger qui était présenté comme une pionnière de la lutte féministe à Genève. Je lui ais donc envoyé un mail pour savoir si nous pouvions la rencontrer ! Je vous tiens au courant de sa nouvelle. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme vous avez peut être vu dans la page les livres parlent souvent des mouvements féministes aux USA et en Europe et peu de la suisse. peut être se serait bien de faire une partie sur ces influences internationales avant d&#039;introduire la suisse&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
====Re: Re: Aux membres du groupe  -- [[Utilisateur:Julie|Julie]] ([[Discussion utilisateur:Julie|discussion]]) 6 novembre 2013 à 15:07 (CET)====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Réponse rapide de sa part ! Elle est ok pour se rencontrer il faut juste l&#039;appeler...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Livre possible sur la question de la politique  -- [[Utilisateur:Harmony|Harmony]] ([[Discussion utilisateur:Harmony|discussion]]) 6 novembre 2013 à 10:49 (CET) ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour celles qui travailleront sur la question politique, j&#039; ai trouvé une référence qui pourrait peut être nous intéresser  :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quand les femmes s&#039;en mêlent : genre et pouvoir / sous la dir. de Christine Bard, Christian Baudelot, Janine Mossuz-Lavau &lt;br /&gt;
396 QUA &lt;br /&gt;
2e cote&lt;br /&gt;
FPEA 40384&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Re: Livre possible sur la question de la politique  -- [[Utilisateur:Nedjma|Nedjma]] ([[Discussion utilisateur:Nedjma|discussion]]) 6 novembre 2013 à 21:40 (CET)===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
: Replace this text with your reply&lt;br /&gt;
Je vais lui téléphoner demain alors et je vous tiens au courant&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
====Re: Re: Thèmes à prendre  -- [[Utilisateur:Nedjma|Nedjma]] ([[Discussion utilisateur:Nedjma|discussion]]) 6 novembre 2013 à 21:43 (CET)====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
:: Du coup on travaille sur le droit à l&#039;avortement et à la contraception? On prend les deux thèmes ensemble ou on se sépare les thèmes et chaque groupe en prend un???&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=====Re: Re: Re: Thèmes à prendre  -- [[Utilisateur:Julie|Julie]] ([[Discussion utilisateur:Julie|discussion]]) 6 novembre 2013 à 21:55 (CET)=====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En regardant dans la littérature, ... j&#039;ai un peu de mal à trouver des choses séparer en ce qui concerne l&#039;avortement et la contraception. Faudrait-il encore cherche plus loin pour être sur que l&#039;on trouvera de la documentation sur la contraception  ? &lt;br /&gt;
Après je me suis dit que faire simplement l&#039;avortement, serait pas assez suffisant pour un groupe de 6. C&#039;est pour ça autrement que j&#039;ai commencé un plan comme celui ci où la thématique : ce serait en quelque sorte &amp;quot; La place de la femme dans le foyer&amp;quot; ou quelque chose de ce genre : pour inclure dedans ; le droit à l&#039;avortement, (au divorce ?), (à l&#039;égalité parentale?) ... Mais a voir ce que vous préférez ! Je suis ouverte a tout, mais en pensant que l&#039;on doit fournir un travail de taille vu que l&#039;on est 6&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
======Re: Re: Re: Re: Thèmes à prendre  -- [[Utilisateur:Nedjma|Nedjma]] ([[Discussion utilisateur:Nedjma|discussion]]) 6 novembre 2013 à 22:04 (CET)======&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
:::: du coup ce que tu proposes c&#039;est de plus se concentrer sur le droit à l&#039;avortement c&#039;est bien ça? et on ferait l&#039;interview à deux femmes différentes pour voir l&#039;influence/ rôle qu&#039;elles ont pu avoir&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=======Re: Re: Re: Re: Re: Thèmes à prendre  -- [[Utilisateur:Véroniique|Véroniique]] ([[Discussion utilisateur:Véroniique|discussion]]) 6 novembre 2013 à 23:47 (CET)=======&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
::::: Salut les filles, si on fait sur l&#039;avortement comme je l&#039;ai bien compris j&#039;ai trouvé les anciens articles de loi (code pénal) de l&#039;époque (1942) , et les modifications pénales de 2001.&lt;br /&gt;
par contre j&#039;arrive pas à mettre le lien sur le ski, je suis pas du tout familiarisée à cette plateforme :S&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
========: Thèmes à prendre  -- [[Utilisateur:Nedjma|Nedjma]] ([[Discussion utilisateur:Nedjma|discussion]]) 7 novembre 2013 à 21:16 (CET)========&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Regardez vos boîtes mails je vous envoie le dernier mail que j&#039;ai échangé avec Mme Ruchat&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Re: : Vidéo  -- [[Utilisateur:Nedjma|Nedjma]] ([[Discussion utilisateur:Nedjma|discussion]]) 7 novembre 2013 à 22:21 (CET)=&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A voir si on peut trouver ce film sur l&#039;avortement et tous les débats qu&#039;il y a eu autour du droit à l&#039;avortement. Je regarde demain s&#039;il est à l&#039;uni sinon on ira voir ailleurs--&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 http://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Sp%C3%A9cial:Connexion&amp;amp;returnto=Accueil&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Re: Re: : Vidéo  -- [[Utilisateur:Véroniique|Véroniique]] ([[Discussion utilisateur:Véroniique|discussion]]) 8 novembre 2013 à 15:23 (CET)==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 voilà une vidéo, que j&#039;ai trouvé sur l&#039;avortement &lt;br /&gt;
http://www.youtube.com/watch?v=mnffN3XCpEA&amp;amp;feature=player_embedded#!&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Question ==&lt;br /&gt;
Nedjma t&#039;as pu contacter Mme Wenger?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Re: Question -- [[Utilisateur:Nedjma|Nedjma]] ([[Discussion utilisateur:Nedjma|discussion]]) 8 novembre 2013 à 15:39 (CET)===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Oui, elle ne répond pas. J&#039;ai laissé une message vocal. J&#039;essayerai plus tard ou lundi.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
====: Interview -- === Nedjma&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Salut les filles! J&#039;ai pu joindre Salika WENGER. Alors dans les années 60 elle militait en FRANCE pour le droit à l&#039;avortement. Ce n&#039;est pas avant les années 1980 qu&#039;elle rejoint Genève. De ce fait, si on veut l&#039;interroger on pourra alors, comme le proposait Julie, faire une comparaison entre la Suisse et la France par rapport à ce droit à une même époque. &lt;br /&gt;
Seul petit problème, j&#039;ai l&#039;impression qu&#039;elle est ultra overbooké! Elle m&#039;a demandé quand est-ce que nous souhaiterions l&#039;interviewer et quand je lui ai répondu dans deux semaines environ elle m&#039;a répondu &amp;quot; oula vous êtes bien mignonne mais moi je suis très occupé ces temps&amp;quot;=/... Du coup j&#039;ai dit que je regarderai avec vous, qu&#039;on avait une autre personne qu&#039;on allait interviewer (Amélia Christinat) et que peut être nous commencerions avec l&#039;autre femme (mais honnêtement je crains que ce soit la course contre la montre niveau temps)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Qu&#039;en pensez-vous les filles? on essaye de joindre Dreifuss Ruth pour voir si elle a plus de disponibilités et dans ce cas là on reste concentré sur la Suisse ou vous préférez qu&#039;on s&#039;arrange avec Salika WENGER car vous préférez qu&#039;on fasse une comparaison avec notre cher pays voisin =).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
J&#039;attends vos réponses!&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
====Re: Re: Question -- [[Utilisateur:Julie|Julie]] ([[Discussion utilisateur:Julie|discussion]]) 11 novembre 2013 à 23:17 (CET)====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Moi je sais pas trop ... Il faudrait que l&#039;on en discute mercredi ! Mais c&#039;est sur qu&#039;il faut se décider rapidement parce qu&#039;on va vite être à la date échéancier... &lt;br /&gt;
Oublier pas de continuer vos recherches littéraires pour mercredi ! que l&#039;on est du support pour se répartir le travaiml ! :)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=====Re: Re: Re: Question -- [[Utilisateur:Estefania|Estefania]] ([[Discussion utilisateur:Estefania|discussion]]) 13 novembre 2013 à 10:37 (CET)=====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Salut les filles :)&lt;br /&gt;
J&#039;ai trouvé un site super bien, je vous conseille d&#039;aller le consulter. Il est très clair. Il parle de manière général des droits de la femme et plus particulièrement de l&#039;avortement : http://8mars.info/droit-a-l-avortement&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Proposition Ruchat ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je vous signale que ce soir 13 novembre Judith Butler donne une conférence à 17heures Le genre est-il (in) traduisible?&amp;quot; à l&#039;UNIL-Anthropole (salle 2024).&lt;br /&gt;
Je vous suggère si vous voulez vous centrer sur les questions de contraception et d&#039;avortement de prendre comme témoin Rina Nissim qui a été fondatrice du centre de santé des femme à Genève et qui est une grande militante féministe (vous pouvez l&#039;appelez de ma part 0227831040 ou par mail : mamamelis &amp;lt;info@mamamelis.com&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==  -- [[Utilisateur:Véroniique|Véroniique]] ([[Discussion utilisateur:Véroniique|discussion]]) 13 novembre 2013 à 11:13 (CET) ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== législation suisse ==&lt;br /&gt;
http://www.svss-uspda.ch/fr/facts/mondial-liste.htm&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
http://www.svss-uspda.ch/fr/suisse/loi.htm =&amp;gt; nouvelle loi&lt;br /&gt;
http://www.svss-uspda.ch/fr/suisse/loi_1942.htm =&amp;gt; ancienne loi&lt;br /&gt;
http://www.svss-uspda.ch/fr/suisse/comparaison.htm =&amp;gt; comparaison entre les lois avant / après&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Réaction ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Vous faites un joli travail de recherche de données. C&#039;est bien. Mais prenez l&#039;habitude d&#039;aussitôt rédiger votre texte (article) dès que vous avez pris connaissance de ces information pour construire un propos sur lequel d&#039;autres (moi par exemple) puissent intervenir.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Re: Réaction -- [[Utilisateur:Nedjma|Nedjma]] ([[Discussion utilisateur:Nedjma|discussion]]) 13 novembre 2013 à 13:22 (CET)===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les filles  on peut emprunter des vidéos que les vendredis ou les lundis à L&#039;hets. J&#039;irai vendredi voir s&#039;ils ont la vidéo &amp;quot;un délai de 30ans&amp;quot;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je rappelle Rina Nissim et vous dis si cette fois elle répond.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==  -- [[Utilisateur:Tamara|Tamara]] ([[Discussion utilisateur:Tamara|discussion]]) 13 novembre 2013 à 13:28 (CET) ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
rdv demain à Carouge pr consulter les archives! 10h, estefania a appelé pour les avertir. nous aurons de plus la possibilité de photocopier sur place! a demain!&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Re: -- [[Utilisateur:Estefania|Estefania]] ([[Discussion utilisateur:Estefania|discussion]]) 14 novembre 2013 à 14:35 (CET)===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Salut les filles, donc comme prévu, on est allé feuilleter les archives à Carouge ce matin avec Tam. La femme qui nous a accueilli, Stefania, était très accueillante et nous invite à y retourner si besoin est :)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On a trouvé des documents très intéressants qui nous mettent bien dans l’ambiance de l’Epoque.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Elle nous a également proposé de lire un des chapitres de « Révolution sexuelle et mouvement de libération des femmes à Genève » de Julie De Dardel, qui est censé se trouver à la biblio de l’uni. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Elle nous a fait part de certains films/vidéos que l’on pourrait aussi visionner : « Debout » et « Ya qu’à pas baiser » de Carole Roussopoules, « Regarde, elle a les yeux grand ouverts » de Yann Le Masson, « Histoire d’A » et « Un délai de 30ans ».  Le dernier, comme vous le remarquerez, c’est celui qu’on avait essayé d’obtenir à La Haute Ecole de Travail Social. Je pourrai repasser lundi si jamais.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est ouvert de 12h15 à 13h15, si quelqu’un veut m’accompagner ?&lt;br /&gt;
Je me demandais quand est-ce qu’on pouvait se voir pour que vous ayez aussi les photocopies des documents et pour en discuter ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A tout bientôt !!&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
====Re: Re: -- [[Utilisateur:Estefania|Estefania]] ([[Discussion utilisateur:Estefania|discussion]]) 14 novembre 2013 à 14:38 (CET)====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nedjma j&#039;avais pas vu que tu comptais aller à l&#039;hets vendredi. Moi j&#039;ai ma décharge d&#039;âge, donc je ne peux pas t&#039;accompagner, désolée&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Ce qu&#039;il reste à faire !  -- [[Utilisateur:Julie|Julie]] ([[Discussion utilisateur:Julie|discussion]]) 20 novembre 2013 à 13:28 (CET) ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Voilà, &lt;br /&gt;
Alors comme on en a un peu discuté avec Véro et Harmony. &lt;br /&gt;
Il faudrait compléter à ce niveau : &lt;br /&gt;
* les parties 70-80 et depuis 90. En ajoutant des infos que l&#039;on a pris aux archives contestataires (ils sont mis dans la partie biblio). &lt;br /&gt;
* Compléter la question des droits de la personne : Faire une nouvelle partie ? Préciser dans les textes ce qui est vraiment réclamer par les femmes ! Droit à la ré-appropriation, droit au choix, droit ... (j&#039;ai aperçu dans les documents de la MLF. &lt;br /&gt;
* Compléter la nouvelle page sur le MLF ( détailler ce que c&#039;est ... les actrices importantes ... et ce que Rina Nissim a fait)Historique, et actualité du mouvement. (Illustrer avec la vidéo de Roussopoulos + archives contestaires).&lt;br /&gt;
* Compléter les pages des interviewées sur leur biographie. Et je pense que l&#039;on pourrait retranscrire l&#039;entretien dans la page de ces femmes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Re: Ce qu&#039;il reste à faire !  -- [[Utilisateur:Véroniique|Véroniique]] ([[Discussion utilisateur:Véroniique|discussion]]) 22 novembre 2013 à 11:38 (CET)===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
====Re: Re: Ce qu&#039;il reste à faire !  -- [[Utilisateur:Véroniique|Véroniique]] ([[Discussion utilisateur:Véroniique|discussion]]) 25 novembre 2013 à 20:59 (CET)====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
:: Nous avons rendez-vous avec Mme Nissim Rina mercredi 27 novembre à 10h15. Elle nous demande d&#039;avoir effectué les lectures qui sont mentionnées dans son mail.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== salut ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
j &#039; ai ajouté la partie sur la suisse dans  mvmts féministes buts et démarches, et j &#039;ai mis le titre d&#039;un article qui retrace la chronologie des mouvements féministes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
====Re: salut -- [[Utilisateur:Nedjma|Nedjma]] ([[Discussion utilisateur:Nedjma|discussion]]) 25 novembre 2013 à 22:04 (CET)====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les filles j&#039;ai une question: pour la partie sur les droits de la personne. Il s&#039;agit de définir quels étaient les droits de la femmes à cette période là?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=====Re: Re: salut -- [[Utilisateur:Julie|Julie]] ([[Discussion utilisateur:Julie|discussion]]) 25 novembre 2013 à 22:23 (CET)=====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
oui et pour quel droit elles se mobilisaient !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
======Re: Re: Re: salut -- [[Utilisateur:Nedjma|Nedjma]] ([[Discussion utilisateur:Nedjma|discussion]]) 25 novembre 2013 à 22:34 (CET)======&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Parfait! Merci&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=======Re: Re: Re: Re: salut -- [[Utilisateur:Véroniique|Véroniique]] ([[Discussion utilisateur:Véroniique|discussion]]) 26 novembre 2013 à 09:42 (CET)=======&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
::::: les filles je crois avoir trouvé la motion de Maurice Favre, dites moi ce que vous en pensez. =&amp;gt; http://www.amtsdruckschriften.bar.admin.ch/viewOrigDoc.do?id=10100953 &lt;br /&gt;
 Et je suis tombée aussi sur le manifeste de ce monsieur. =&amp;gt; http://www.svss-uspda.ch/fr/ethique/manifeste.htm&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==  -- [[Utilisateur:Ruchat|Ruchat]] ([[Discussion utilisateur:Ruchat|discussion]]) 26 novembre 2013 à 15:37 (CET) ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je vous rappelle qu&#039;il ne s&#039;agit pas de prendre les témoins comme des personne qui vont vous raconter l&#039;histoire: cette histoire vous l&#039;avez dans les livres... Il s&#039;agit de comprendre ce qu&#039;elles ont fait, elles, ce qui les a animées, les valeurs qu&#039;elles ont soutenu, les événements qui les ont frappée. Il faut avoir des réponse aux questions collectives et non des questions particulières à votre groupe!!!&lt;br /&gt;
N&#039;oubliez pas de lire ce qui est écrit sur la première page du wiki, mais aussi sur toutes celles des différentes thématiques afin de réfléchir à la problématique et d&#039;avancer dans une compréhension commune de cette histoire de l&#039;apparition des revendication des droits des usagers, patients, détenus, enfants: les acteurs/trices (dont vos témoins), les actions, les valeurs prônées, les changements de pratiques éventuelles, les espoirs....&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Corrections d&#039;ortho -- [[Utilisateur:Estefania|Estefania]] ([[Discussion utilisateur:Estefania|discussion]]) 3 décembre 2013 à 22:06 (CET) ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Salut les filles, j&#039;ai corrigé quelques fautes d&#039;orthographe et je vous ai mis en évidence les corrections pour lesquelles je n&#039;étais pas sûre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En ce qui concerne l&#039;entretien avec Amélia Christinat, il se déroulera demain à 14h comme convenu.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A bientôt :) !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Re: Corrections d&#039;ortho -- [[Utilisateur:Julie|Julie]] ([[Discussion utilisateur:Julie|discussion]]) 4 décembre 2013 à 10:29 (CET)===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Oui ! J&#039;ai mis les suggestions que tu avais faite dans le texte, pour celles qui restent je vous laisse faire !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==  -- [[Utilisateur:Ruchat|Ruchat]] ([[Discussion utilisateur:Ruchat|discussion]]) 4 décembre 2013 à 16:41 (CET) ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je trouve que vous avancez bien. L&#039;entretien je pense donne assez d&#039;élément pour comprendre cette période, mais surtout vous permets d&#039;aller plus loin par les références donnée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
J&#039;attends de lire ce que vous enfaites!&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sur la retranscription proprement dite il y a des bizarreries, des flèches? quelques erreurs orthographique: si vous pouvez relire tout cela. Est-ce que vous avez prévu de le lui transmettre? ce serait correct. Elle a bien pris du temps, mais elle avait l&#039;air d&#039;être un peu à cran...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je vous propose de mettre les références bibliographie dans la bibliographie est de faire le lien. Par exemple pour (Hirata et al, p127)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il faudrait aussi directement mettre des liens avec le document sur internet. Par exemple pour Commission fédérale, Femmes Pouvoir Histoire, 1.3, p. 1)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Par contre il me semble qu&#039;il est inutile de reporter la chronologie des lois et événements puisqu&#039;elle est déjà en lien!&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Retranscription entretien Amélia Christinat -- [[Utilisateur:Estefania|Estefania]] ([[Discussion utilisateur:Estefania|discussion]]) 9 décembre 2013 à 19:51 (CET) ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Salut les filles!!&lt;br /&gt;
Je viens d&#039;ajouter la retranscription de l&#039;entretien avec Amélia Christinat! Je n&#039;ai pas le temps maintenant de modifier la mise en page pour avoir la même que pour l&#039;entretien avec Rina Nissim! &lt;br /&gt;
J&#039;y ferai peut-être demain ;)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Re: Retranscription entretien Amélia Christinat -- [[Utilisateur:Julie|Julie]] ([[Discussion utilisateur:Julie|discussion]]) 9 décembre 2013 à 20:52 (CET)===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je te déplace ta retranscription dans la page prévue ! C&#039;est à dire sur &amp;quot;Entretien&amp;quot;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==  -- [[Utilisateur:Ruchat|Ruchat]] ([[Discussion utilisateur:Ruchat|discussion]]) 16 décembre 2013 à 08:43 (CET) ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Serait-il possible de reprendre les 5 questions posées et d&#039;en tirer des éléments? Soit: les événements, les valeurs, les changements et ce qui en reste....&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Re: -- [[Utilisateur:Giannina Suter|Giannina Suter]] ([[Discussion utilisateur:Giannina Suter|discussion]]) 31 décembre 2013 à 22:33 (CET)===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chers collègues, nous avons trouvé que les femmes étaient une minorité certes mais que c&#039;était justement, ces femmes qui ont milité pour les droits des patients. Nous vous invitons à consulter notre article. Très cordialement. Giannina et Pierre&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
====Re: Re: -- [[Utilisateur:Julie|Julie]] ([[Discussion utilisateur:Julie|discussion]]) 2 janvier 2014 à 11:25 (CET)====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Merci ! Je me suis permise de faire le lien avec notre article en modifiant quelques trucs ! Je vais voir pour tenter d&#039;intégrer dans notre article.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==  -- [[Utilisateur:Sébastien|Sébastien]] ([[Discussion utilisateur:Sébastien|discussion]]) 5 janvier 2014 à 14:55 (CET) ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hey, je veux pas vous donner du travail en plus mais j&#039;ai trouvé ce petit article assez intéressant. Je ne savais que la situation du droit à l&#039;avortement était aussi catastrophique en Europe.&lt;br /&gt;
Et avec ce qu&#039;il se passe maintenant en Espagne..&lt;br /&gt;
http://www.planning-familial.org/actualites/lavortement-en-europe-ou-sont-les-bonnes-nouvelles-0012490&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Re: -- [[Utilisateur:Julie|Julie]] ([[Discussion utilisateur:Julie|discussion]]) 6 janvier 2014 à 14:03 (CET)===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Merci ! J&#039;ai pu intégrer cela au texte.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
====Re: Re: -- [[Utilisateur:Giannina Suter|Giannina Suter]] ([[Discussion utilisateur:Giannina Suter|discussion]]) 9 janvier 2014 à 16:46 (CET)====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chers collègues, des contributions ont été faîtes sur votre article concernant les années 90 et le nouveau projet de loi sur l&#039;avortement en Espagne. Mes références ce sont les archives historiques du Temps et la Tribune de Genève. Giannina (droits des patients)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=====Re: Re: Re: -- [[Utilisateur:Julie|Julie]] ([[Discussion utilisateur:Julie|discussion]]) 9 janvier 2014 à 17:04 (CET)=====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Merci !&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Julie</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Droits_des_femmes&amp;diff=12802</id>
		<title>Droits des femmes</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Droits_des_femmes&amp;diff=12802"/>
		<updated>2014-01-09T14:41:02Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Julie : /* Mouvements féministes : Buts et démarches */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Introduction  == &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Actuellement le droit à l&#039;avortement pour les femmes subit encore des contestations et même une offensive de remise en question: pouvons nous encore le qualifier comme  un droit de la femme s&#039;interrogent certains ? Tout au long de cette page nous nous centrerons sur le droit à l&#039;avortement pour les femmes depuis 1970. En effet, les mouvements féministes sont présents depuis longtemps dans l&#039;histoire des droits des personnes. Dans la période de l&#039;après guerre, les femmes se sont mobilisées plus fortement pour acquérir des droits identiques à ceux des hommes. C&#039;est par la lutte pour le droit à un travail rémunéré que les mouvements prennent de l&#039;ampleur  : &amp;quot;L&#039;essort du féminisme dans cette période serait intimement lié à celui du travail salarié&amp;quot; &amp;lt;ref&amp;gt;Riot-Sarcey, M., 2008, &#039;&#039;Histoire du féminisme&#039;&#039;, Paris, La Découvertes, Repères. p. 73 &amp;lt;/ref&amp;gt;. La question de la procréation est aussi au cœur de leur mouvement, puisqu&#039;il est question de &amp;quot;repeupler&amp;quot; des pays détruits : &amp;quot;Après l&#039;hécatombe de la guerre, jusqu&#039;alors la plus meurtrière, il est nécessaire, plus que jamais de &amp;quot;remplir les berceaux vides&amp;quot;&amp;quot; &amp;lt;ref&amp;gt;Riot-Sarcey, M., 2008, &#039;&#039;Histoire du féminisme&#039;&#039;, Paris, La Découvertes, Repères. p. 73 &amp;lt;/ref&amp;gt;. Il ne faut pas non plus oublier leurs luttes pour l&#039;accès à la politique : plus précisément le droit de vote pour les femmes, qui prend de l&#039;ampleur bien avant la guerre. C&#039;est dans ce contexte d&#039;après guerre, que les femmes resurgissent au front pour valoriser des droits égalitaires et propres à leur vie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cet article est fondé à la fois sur une recherche documentaire et sur la récolte de témoignages de deux personnes pionnières dans l&#039;avancée du droit des femmes à l&#039;avortement. L&#039;article présentera également les différents mouvements féministes réalisés dans les années 1970 sur le droit à l&#039;avortement.Ceci nous montreras que la Suisse, n’a pas été la première à lutter pour le droit à l’avortement, mais que le phénomène est mondial. Les États-Unis ont été sans aucun doute les précurseurs, mais la lutte s&#039;est diffusée et reproduite dans différents pays du monde amenant à des dates différentes à autoriser l’avortement.  L&#039;article se centrera sur la lutte des femmes en Suisse et les différentes lois qui en sont ressorties et cherchera à comprendre la part qu’ont joué les deux témoins interrogées dans cette histoire récente (1970 à aujourd&#039;hui). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour ce faire, nous avons constitué une bibliographie, à partir d’ouvrages sur les mouvements féministes en général, sur la chronologie des contestations. Nous avons lu des articles scientifiques qui présentent la situation en Suisse, épluché  des informations sur les deux témoins qui ont été interrogés et consulté les archives contestataires à Carouge. &lt;br /&gt;
Nous avons également pu rencontré deux femmes militantes à Genève sur ce thème. On a donc effectué deux entretiens audio avec Madame [[Amélia Christinat]] et Madame [[Rina Nissim]] pour obtenir leur témoignage sur l’histoire des mouvements féministes des années 1960 à 1980, principalement sur la question de l’avortement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L&#039;Histoire du droit des femmes == &lt;br /&gt;
Actuellement des auteures telles que Marcella Iacub et Judith Butler font de la problématique féministe une occasion de débattre la question du genre, des identités sexuelles et limites entre les sexes (intersexe, queer, etc), laquelle peut nous aider à repenser la lutte féministe. Or, celle des années 70 (en amont en Suisse de l&#039;accession des femmes à la citoyenneté) est celle d&#039;une longue marche marquée par des féministes de l&#039;après guerre comme Simone de Beauvoir avec sa formule historique &amp;quot;On ne naît pas femme on le devient&amp;quot;, soulignant le déterminisme social de la féminité et la &amp;quot;fabrication&amp;quot; culturelle. &lt;br /&gt;
Pour tenter de comprendre ce qui s&#039;est passé durant cette époque nous allons revenir sur les faits marquants. Pour la compréhension de ce qui va suivre nous vous conseillons de lire [[Frise Chronologique du droit à l&#039;avortement|la frise chronologique]] des événements marquants pour le droit à l&#039;avortement en Suisse. &lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
=== Mouvements féministes : Buts et démarches ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce n&#039;est que dans la deuxième moitié du XIXème siècle que le féminisme se démarque en tant que mouvement collectif de luttes de femmes. &amp;quot;Ces luttes reposent sur la reconnaissance des femmes comme spécifiquement et systématiquement opprimées, l&#039;affirmation que les relations entre hommes et femmes ne sont pas inscrites dans la nature mais que la possibilité politique de leur transformation existe.&amp;quot;[3] En effet, les femmes ont dû faire face à de nombreuses inégalités et cela dans de nombreux domaines: le travail, la santé, la politique... Nous constatons encore aujourd&#039;hui que de nombreuses inégalités persistent sur le droit des femmes mais elles sont moindres ou de nature différentes que dans les années 1960-80. Pour pouvoir entrer dans un processus de revendication politique du féminisme, il faut qu&#039;il y ait une &amp;quot;relation avec une conceptualisation de droits humains universels;elle s&#039;ancre dans les théories des droits de la personne dontles premières formulations juridiques sont issues des révolutions américaines puis françaises.&amp;quot; &amp;lt;ref&amp;gt;Hirata H, et al,2000, &#039;&#039;Dictionnaire critique du féminisme&#039;&#039;, Paris : Presse Universitaires de France, p. 225&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
Il convient de faire une distinction entre les mouvements féministes et les mouvements populaires des femmes. En effet, les mouvements populaires des femmes ne mettent pas directement en avant l&#039;exigence de droits spécifiques pour les femmes. C&#039;est l&#039;emploi du mot féministe qui va changer les représentations que l&#039;on se fait à cette époque. Pour certains les féministes sont &amp;quot;trop bourgeoises au XIXème siècle et au début du XXème siècle trop radicales et ennemies des hommes après les années 1970&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;Hirata H, et al,2000, &#039;&#039;Dictionnaire critique du féminisme&#039;&#039;, Paris : Presse Universitaires de France., p. 126&amp;lt;/ref&amp;gt;. Quant à l&#039;expression &amp;quot;mouvement des femmes&amp;quot;, elle est plus souvent utilisée comme raccourci pour mouvement de libération des femmes. Voilà pourquoi elle a pu être associée au féminisme le plus radical et explique la confusion entre les deux termes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lorsque nous parlons de &amp;quot;mouvements féministes&amp;quot; nous désignons sous une même dénomination &amp;quot;les diverses formes des mouvements de femmes, le féminisme libéral ou &amp;quot;bourgeois, le féminisme radical, les femmes marxistes ou socialistes, les femmes lesbiennes, les femmes noires et toutes les dimensions catégorielles des mouvements actuels&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;Hirata H, et al,2000, &#039;&#039;Dictionnaire critique du féminisme&#039;&#039;, Paris : Presse Universitaires de France, p. 127&amp;lt;/ref&amp;gt;. Dès lors, l&#039;expression&amp;quot; mouvement des femmes &amp;quot; représente les mobilisations de femmes en Amérique Latine ou les mouvements pour la paix en Irlande ou au moyen-Orient&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;Hirata H, et al,2000, &#039;&#039;Dictionnaire critique du féminisme&#039;&#039;, Paris : Presse Universitaires de France., p.126&amp;lt;/ref&amp;gt; Dans la littérature, deux types de mouvements féministes se démarquent. Une première vague a émergé dans la seconde moitié du XIXème siècle. Elle est souvent présentée autour des revendications du droit de vote.  Au début du XXème siècle, ou les mouvements sont qualifiés de &amp;quot;néo féminisme&amp;quot;, les exigences ne se fondent pas sur une seule exigence d&#039;égalité mais sur une reconnaissance &amp;quot;de l&#039;impossibilité sociale de fonder cette égalité dans un système patriarcal&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;Hirata H, et al,2000, &#039;&#039;Dictionnaire critique du féminisme&#039;&#039;, Paris : Presse Universitaires de France, p. 126&amp;lt;/ref&amp;gt;. Le féminisme des années 1970, se fait connaitre par des mouvements anti-autoritaires, par des groupes de parole, il met en avant les formes les plus spontanées de manifestation et refuse toute organisation hiérarchique. &amp;quot; L&#039;appartenance au mouvement représente la mise en acte d&#039;une nouvelle idéologie, la recherche de sens et de valeurs communs.&amp;quot; &amp;lt;ref&amp;gt;Hirata H, et al,2000, &#039;&#039;Dictionnaire critique du féminisme&#039;&#039;, Paris : Presse Universitaires de France, p.128&amp;lt;/ref&amp;gt;. C&#039;est entre la fin des années 1960 et le début des années 1970 que le féminisme connait une ampleur internationale. &amp;quot;L&#039;onde de choc part des Etats-Unis et gagne très rapidement la Grande-Bretagne et l&#039;Allemagne dans les années 60&amp;quot;. Il faut ajouter qu&#039;en &amp;quot;dépit de son caractère extra parlementaire, le mouvement de libération des femmes a la capacité de susciter de larges mobilisations auprès des femmes syndiquées, des femmes de partis de gauche et de droite ou des associations luttant pour les droits des femmes comme le planning familial. Ce sont d&#039;abord les campagnes pour la liberté d&#039;avorter qui constituent les événements les plus importants et les plus marquants &amp;lt;ref&amp;gt;Hirata H, et al,2000, &#039;&#039;Dictionnaire critique du féminisme&#039;&#039;, Paris : Presse Universitaires de France, p. 128&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En ce qui concerne la Suisse, c’est dans la continuité du mouvement de la jeunesse estudiantine de 1968 que naît le nouveau mouvement féministe. C’est à Zurich que se sont réunies des femmes de gauche, que l’on appellera « Frauenbefreiungsbewegung » ou plus communément le FBB. Elles critiquent le fait que les femmes sont oppressées et qu’il s’agit d’une « contradiction sociale fondamentale ». Le [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]], pour la Suisse romande et le MFT au Tessin vont très rapidement suivre la création du FBB, avec comme objectif commun de « récuser l’organisation hiérarchique des associations et de la politique traditionnelle » &amp;lt;ref&amp;gt;Commission fédérale, &#039;&#039;Femmes Pouvoir Histoire&#039;&#039;, 1.3, p. 1, consulté le 27 Novembre sur http://webcache.googleusercontent.com/search?q=cache:UpvKGVSBak0J:www.ekf.admin.ch/dokumentation/00444/00517/index.html%3Flang%3Dfr%26download%3DNHzLpZeg7t,lnp6I0NTU042l2Z6ln1ae2IZn4Z2qZpnO2Yuq2Z6gpJCDdH58hGym162epYbg2c_JjKbNoKSn6A--+&amp;amp;cd=2&amp;amp;hl=fr&amp;amp;ct=clnk&amp;amp;gl=ch&amp;amp;client=firefox-a&amp;lt;/ref&amp;gt; inspirés des mouvements français et américains préalablement abordés. Cependant, des divergences existent entre tous ces mouvements sur différentes questions telles que l’avortement ou encore la possibilité pour le sexe féminin de faire l’armée. Une chronologie a été rédigée dans l’article suivant : &amp;quot;Le nouveau mouvement féministe et les organisations féminines depuis 1968&amp;quot; de la Commission fédérale pour les questions féminines de [http://www.ekf.admin.ch/dokumentation/00444/00517/index.html?lang=fr la Confédération Suisse].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La période  entre 1940-50 : une période restrictive ===&lt;br /&gt;
Pour comprendre la lutte pour l&#039;avortement comme droit de la personne il nous faut revenir sur le contexte de l&#039;après guerre. Tout comme il a été expliqué dans [[Droits des enfants|le chapitre précédent]], la Déclaration Universelle des Droits de l&#039;Homme (1948) a influencé les mouvements des femmes. Nous allons tout d&#039;abord revenir sur ce qui s&#039;est passé avant cette date, en effet nous savons que la législation suisse sur l’avortement est l’une des plus restrictives d’Europe. Les premières dispositions du Code pénal suisse à ce sujet ont été définies en 1942 et prévoient, à cette époque, l’emprisonnement de la femme qui avorte, ainsi que de la personne qui l’aide à pratiquer cet acte. En revanche, une exception existe : si la grossesse comporte un danger pour la mère et que l’interruption de grossesse est pratiquée par un médecin, l&#039;avis étant approuvé par un second médecin, l’avortement n’est alors pas punissable. On comprend alors que la conséquence a été un nombre considérable d’avortements illégaux. Cependant, la mise en place de dispositifs de préventions et d’une diffusion d’informations contribua à faire diminuer le nombre d’avortements autant illégaux, que légaux. Par ailleurs, l’Organisation Mondiale de la Santé ([http://www.who.int/fr/ OMS]) a étendu la notion de « santé » en y insérant les dimensions de bien-être psychique et social : « la santé ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité ; elle est un état de complet bien-être physique, mental et social. »&amp;lt;ref&amp;gt;Rey, A.-M., 2013, &#039;&#039;Tendance à la libéralisation&#039;&#039;, USPDA. Consulté le 7 Novembre sur http://www.svss-uspda.ch/fr/suisse/liberal.htm&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ceci légalise aussi la pratique d’interruption de grossesse et écarte la menace d’emprisonnement. &amp;lt;ref&amp;gt;Rey, A.-M., 2013, &#039;&#039;L&#039;ancienne législation de 1942&#039;&#039;, USPDA. Consulté le 7 Novembre sur http://www.svss-uspda.ch/fr/suisse/loi_1942.htm&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
Cependant, cette législation attise la colère et la montée d’une révolte. Au début du XXème siècle, on voit s’élever des mouvements, tels que les organisations ouvrières, pour lutter en faveur de la décriminalisation de l’avortement.&lt;br /&gt;
De plus, dans cette période, il existe une différence entre les cantons au niveau de la législation sur l&#039;avortement. Ceci met donc les professionnels dans l&#039;embarras puisqu&#039;ils n&#039;ont pas une pratique généralisée au niveau de l&#039;état, et cela soulève également une inégalité entre les femmes des différents cantons de la Suisse. Des mesures fédérales strictes ont donc été prises pour tenter de généraliser les pratiques et s&#039;accorder sur la pratique de l&#039;avortement : « l’institutionnalisation juridique d’une interruption de grossesse pouvant être légalement pratiquée par un médecin sous haute surveillance de l’Etat : consultation obligatoire d’un second médecin, qui doit être un spécialiste et en plus agréé par les autorités cantonales compétentes, et qui doit donner par écrit un « avis conforme ». Il faut également le consentement écrit de la femme enceinte. ». Ainsi à cette époque nous constatons que les femmes n&#039;ont pas la maîtrise de leur corps et que de ce fait la maternité ne peut se contrôler. Ce contexte illustre la réalité des femmes, soit elles ont la chance de pouvoir trouver deux médecins qui l&#039;estime en danger, soit elles décident de pratiquer un avortement illégal ce qui comporte de grands risques pour leur santé (hémorragie et infection qui peuvent entraîner la mort de la femme).&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La période 1960-70 : les premiers changements ===&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Fichier:Graphiquefemme.jpeg|vignette|gauche|Graphique représentant les condamnations des femmes]]&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Le graphique ci-contre nous montre la condamnation des femmes en ce qui concerne l&#039;avortement.&amp;lt;ref&amp;gt;Rey, A.-M., 2013, &#039;&#039;Interruption de grossesse en Suisse : les faits et les données&#039;&#039;, USPDA. Consulté le 18 Novembre sur http://www.svss-uspda.ch/pdf/faits-et-donnees.pdf &amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt; En effet, nous voyons que le pic le plus élevé se situe dans l&#039;année 1950, avec 550 condamnées. Puis lors de la commercialisation de la pilule, l&#039;emprisonnement des femmes diminue fortement l&#039;année suivante, passant d&#039;environ 400 condamnations à environ 260. De manière générale, ce graphique montre que les condamnations sur la période 1960-1980 n&#039;ont cessé de baisser. &lt;br /&gt;
Les années 60 sont donc marquées par l&#039;arrivée de la pilule contraceptive en Suisse. En effet, en 1961, la commercialisation de celle-ci fait reculer le nombre d&#039;avortement pratiqué en Suisse puisque les femmes ont un contrôle sur leur reproductibilité. Malgré tout, la pilule contraceptive circule à l&#039;époque discrètement, puisque aucune loi ne précise son autorisation. En 1965, la création du premier planning familial en Suisse au HUG permettra de conseiller les familles. L&#039;établissement ouvrira donc un pôle dédié à l&#039;information familiale et aux régulations des naissances.&amp;lt;ref&amp;gt;Fert-Bek, D., (s.d.), &#039;&#039;Historique&#039;&#039;, Le service du planning familial de Genève a 40 ans,Genève, HUG. Consulté le 18 Novembre 2013 sur http://planning-familial.hug-ge.ch/nous/historique.html&amp;lt;/ref&amp;gt; Dans cet établissement les professionnels conseillent les parents sur la manière d&#039;avoir un contrôle sur l&#039;élargissement de leur famille. Ainsi, grâce à cette structure, la pilule contraceptive a pu circuler dans le territoire helvétique. La pilule était considéré pour certain comme un enjeux économique : elle permettait de contrôler les naissances et donc de préserver la richesse, et pour d&#039;autres comme un moyen de débrider la sexualité des femmes&amp;lt;ref&amp;gt;L&#039;illustré, (s.d.) &#039;&#039;La pilule qui a changé le monde&#039;&#039;, Archives, Consulté le 18 Novembre 2013 sur http://www.illustre.ch/la_pilule_qui_a_change_le_monde_45372_.html&amp;lt;/ref&amp;gt;.   &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Mlf.jpeg|vignette|gauche|Affiche du Front des Bonnes Femmes]][[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|Le Mouvement de Libération des Femmes (MLF)]] a démarré aux Etats-Unis, et a encouragé les militants des autres pays à lutter pour améliorer les conditions féminines. Le [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]] créé en 1969 à Zurich,que l&#039;on retrouvait également dans d&#039;autres cantons  (Genève et Tessin par exemple) se base &amp;quot;sur les mouvements de libération du Tiers monde pour encourager les femmes à se libérer des contraintes inhérentes à la famille nucléaire (Rôle des sexes).&amp;quot; &amp;lt;ref&amp;gt;Jorris, E., 2009, &#039;&#039;Mouvement de libération des femmes (MLF)&#039;&#039;. Consulté le 19 Novembre 2013 sur http://www.hls-dhs-dss.ch/textes/f/F16504.php&amp;lt;/ref&amp;gt;. Sur le canton de Genève plus précisément, des groupes de certains partis de gauche militaient en ces faveurs (ils étaient très hiérarchisés et ne plaisaient pas à toutes les femmes militantes). C&#039;est donc principalement grâce à Madame Brodmann (qui a milité aux Etats-Unis) et Madame Gramoni qu&#039;il y a eu dans un premier temps le front des Bonne-Femmes (où militait aussi Rina Nissim). Leur premier slogan a été &amp;quot;Femmes décolonisons-nous !&amp;quot; avec des affiches placardées sur les façades des grandes banques : les femmes insistaient donc pour la ré-appropriation de leur corps (avortement, pilule contraceptive, ...).&amp;lt;ref&amp;gt;Roussopoulos Carole, Debout ! Une histoire du mouvement des femmes 1970-80, 1999. Consulté le 19 Novembre 2013 sur http://ballonsonde.org/wikiSonde/videos/Femmes_Debout.htm&amp;lt;/ref&amp;gt; &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Les femmes pensent donc vivre singulièrement des situations d&#039;exclusion et d&#039;injustices, or le fait de discuter ensemble elles se rendent compte qu&#039;elles vivent toutes ce genre de situation. Cette prise de conscience favorise donc la mobilisation des femmes pour combattre ces injustices dont elles sont victimes. Les communautés ou ce que l&#039;on pourrait appeler regroupements permettent donc aux femmes de prendre consciences mais aussi de prendre du pouvoir dans la société. L&#039;effet de groupe a permis de de faire rassembler dans les rues des milliers de femmes pour manifester ensemble contre des inégalités entre sexe ([[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]]).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans le même temps, il ne faut pas oublier que les avortements illégaux continuent à être pratiqués à cette période. En effet, le nombre d&#039;avortements, légaux et illégaux, est estimé à 50 000 en 1966. Les avortements légaux s&#039;élevaient à environ 17 000 en 1966 (16 000 en 1978 et 1980, 14 000 en 1985, 13 000 en 1990, 12 000 en 1995, 13 000 en 1996 et 1998). Les avortements clandestins diminuèrent grâce : &lt;br /&gt;
* à la raréfaction avec l&#039;élargissement des indications médicales dans les cantons libéraux (Zurich, Bâle-Ville, Berne, Vaud, Neuchâtel, Genève) dès les années 1950&lt;br /&gt;
* la libéralisation progressive dans d&#039;autres cantons(Tessin dès les années 1970; Argovie, Bâle-Campagne, Glaris, Schaffhouse, Soleure, Jura au cours des années 1990)&lt;br /&gt;
* la généralisation des centres de planning familial, des cours d&#039;éducation sexuelle, la diffusion de moyens de contraception sûrs dès les années 1960 &lt;br /&gt;
* le remboursement de l&#039;intervention par les caisses maladie).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On remarque que malgré les mesures juridiques fédérales restrictives, les cantons adoptent des pratiques très différentes les uns des autres. Ainsi, les dimensions d’ordre psychologique et social sont incluses dans les indications médicales des cantons libéraux, alors que la pratique est seulement tolérée dans les cantons conservateurs catholiques. Face à cette inégalité juridique, les cantons libéraux accueillent des femmes vivant dans ces cantons restrictifs pour se faire avorter. On assiste à une forme de tourisme « gynécologique ». Cela amène les cantons à réfléchir sur ces pratiques. Notamment le canton de Neuchâtel, où plusieurs affaires d&#039;avortements sont jugées. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La période 1970-1980 : La période clé ===&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
A la suite de ces scandales, le député radical Maurice Favre dépose en mars 1971 une [http://www.amtsdruckschriften.bar.admin.ch/viewOrigDoc.do?id=10100953 motion] en faveur d&#039;une initiative cantonale demandant la suppression des articles 118 à 121 du CP.  &lt;br /&gt;
Cette démarche est suivie du lancement, en juin de la même année, par un comité de cinq personnes, de l&#039;initiative populaire fédérale pour la décriminalisation de l&#039;avortement, largement soutenue notamment par le mouvement des femmes. En 1972, les milieux chrétiens conservateurs font circuler une pétition &amp;quot;Oui à la vie, non à l&#039;avortement&amp;quot;. A partir de ce moment-là, nous voyons apparaître les organisations et les mouvements féministes qui organisent des manifestations en faveur de l’interruption de grossesses libres et gratuites, ainsi que pour revendiquer [http://www.svss-uspda.ch/index.html la décriminalisation de l’avortement].  Il y a dons deux propositions faites : accorder un délais pour l&#039;avortement (par exemple : les avortements pourront être légal pendant les 10 premières semaines de grossesse)ou élargir les motifs pour l&#039;avortement (par exemple : souffrances psychiques, douleurs physique, ...)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C&#039;est une lutte qui se fait contre des mentalités traditionnelles où l&#039;homme est dominant dans la société. La prise de conscience des femmes et de leurs conditions se fait petit-à-petit, en prenant plus d&#039;ampleur au milieu des années 70. C&#039;est la réunion de plusieurs milliers de femmes qui fait que l&#039;on puisse qualifier le [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]] de mouvement. Ce sont des femmes de tout âge qui se battent pour l&#039;amélioration de leurs conditions de vie. Ces mouvements veulent principalement lutter pour le droit du libre choix des femmes ou de manière générale à ce que l&#039;on nomme l&#039;autonomie des femmes. A cette époque, il y a &amp;quot;deux types de femmes&amp;quot; :  celles qui font des études mais qui restent à la maison pour materner, ou bien celle qui font des études et qui travaillent. Ces dernières se trouvent confrontées à la réalité sociale : avec le même titre professionnel, les femmes obtiennent des salaires bien inférieurs à ceux des hommes. C&#039;est suite à cette prise de conscience face au [http://www.scienceshumaines.com/peut-on-en-finir-avec-le-plafond-de-verre_fr_22408.html Plafond de Verre], que les femmes se réunissent pour échanger leurs histoires. Elles se mobilisent donc afin de pouvoir avoir le contrôle sur leur vie, et sur leur corps. L&#039;une des grandes luttes se fait autour du contrôle de leur corps : ce qu&#039;elles nomment la mobilisation pour la ré-appropriation du corps. Il s&#039;agit de donner aux femmes la possibilité de choisir leur maternité, leur contraception, et leur médicamentation. En 1978, sur le canton de Genève, l&#039;ouverture du Dispensaire des femmes (par [[Rina Nissim]]) leur permet d&#039;être accueillies dans un lieu où on leur donne des conseils, des listes de gynécologues tolérants face aux choix d&#039;avorter ainsi que différentes méthodes pour soigner les maladies génitales, ... De plus, les femmes peuvent si elles le veulent accéder au groupe action Self-Help du [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]] ; qui est un lieu où l&#039;on échange sur son vécu, et où l&#039;on pratique des examens concrets pour découvrir son corps. L&#039;instruction, comme l&#039;évoque [[Amélia Christinat|Mme Christinat]] permet aux femmes de comprendre les injustices auxquelles elles sont confrontées et de se mobiliser pour que toute les sociétés reconnaissent les femmes comme des personnes avec un cerveau. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans le même temps, une nouvelle réglementation sur l’avortement est considérée par le Conseil fédéral, et trois variantes sont discutées : la première, appelée &amp;quot;solutions des indications&amp;quot; autorise l’avortement dans les situations où la grossesse menace la vie ou la santé de la femme, en cas de viol, ou encore si l’enfant présente un trouble ou une déficience physique et/ou mentale. Une autre variante est celle des « indications sociales » qui prend en compte la situation sociale précaire de la femme. Finalement, la troisième, « solution des délais », permet l’avortement pendant les douze premières semaines de grossesse. Il en va sans dire que les partis politiques, les organisations et les cantons conservateurs catholiques sont en faveur de la solution la plus restrictive, alors que leurs rivales refusent les trois types de variantes et revendiquent l’avortement libre et gratuit. Le Conseil fédéral  rejette l’initiative pour la décriminalisation de l’avortement, mais opte finalement pour la solution des indications élargies, attisant ainsi le mécontentement des deux camps. &lt;br /&gt;
Face au rejet de l’initiative populaire pour la décriminalisation de l’avortement, [http://www.svss-uspda.ch/index.html l’Union Suisse pour la Décriminalisation de l’Avortement] (USPDA) (dont fait partie [[Amélia Christinat]])propose un compromis et lance une initiative qui cette fois rejoint l’idée de la solution des délais. « L’initiative réclament la décriminalisation de l’avortement s’il est pratiqué par un  médecin avec le consentement de la femme pendant les douze semaines qui suivent les dernières règles ». Cependant, celle-ci essuie à nouveau un échec : elle est rejetée par la majorité des cantons. &lt;br /&gt;
Les années suivantes toutes les propositions d&#039;initiatives,pour ou contre l&#039;avortement, sont sans cesse rejetées. Mais les luttes féminines pour le droit à l&#039;avortement s&#039;amplifient dans cette période pour pouvoir faire changer les droits de la personne et principalement les droits de la femme. Ce n’est qu’en 1990, que l’idée d’une révision de la loi relative à l’avortement est remise sur le devant de la scène. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous constatons que cette période est une période riche pour la mobilisation des droits des femmes ; de multitudes groupes se forment à l&#039;intérieur du [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]], des nouveaux établissements pour les femmes se créent, ... des femmes se mobilisent également pour d&#039;autres causes qui ne les touchent pas particulièrement puisque nous verrons, dans [[Accueil|le dernier chapitre]] de cet article, que plusieurs d&#039;entres-elles se sont mobilisé pour le droit à l&#039;autodétermination [[Droits des patients (à l&#039;hôpital)|des patient des hôpitaux]]. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Globalement ce qui se fait ressentir c&#039;est  surtout l&#039;envie de faire changer la mentalité de la société pour que les femmes aient les même droits que les hommes. Nous avions déjà retrouver ce point en 1791 en France où est apparue la [http://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9claration_des_droits_de_la_femme_et_de_la_citoyenne Déclaration des Droits de la Femme et de la Citoyenne] se basant sur la [http://www.textes.justice.gouv.fr/textes-fondamentaux-10086/droits-de-lhomme-et-libertes-fondamentales-10087/declaration-des-droits-de-lhomme-et-du-citoyen-de-1789-10116.html version originale] et dont le but était de montrer l&#039;égalité juridique entre homme et femme.   &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Depuis 1990 ===&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Les différentes mobilisations des femmes soixanthuitardes ont permis la diminution d&#039;une multitude d&#039;inégalités pour lesquelles elles se mobilisaient.&lt;br /&gt;
Revenons tout d&#039;abord, en 1994, où l&#039;on constate un net recul du nombre d’avortements légaux. Ceci peut s’expliquer par une diffusion de l’information (éducation sexuelle) et la libre disposition de moyens contraceptifs. Ce phénomène vient appuyer l’idée que la libéralisation ne conduit pas à une augmentation des avortements, bien au contraire. Plusieurs services se sont donc installés suite au manifestations des femmes dans les rues. A partir de là, les choses commencent à changer et vont en faveur de la décriminalisation de l’avortement. En effet, le Conseil National adopte en 1995 &amp;quot;la solution des délais&amp;quot;. En 1996, la Commission des Affaires Juridiques du Conseil National ratifie un projet de loi qui prévoie la décriminalisation de l’avortement pendant les 14 premières semaines après les dernières règles. On voit mêmes les femmes du parti démocratique-chrétien (PDC) aller en faveur du droit de la femme à l’autodétermination et pour &amp;quot;la solution des délais&amp;quot;. De nombreuses organisations telles que la Fédération suisse des Eglises protestantes, les groupes des femmes radicales de Suisse, accueillent cette solution des délais comme un compromis tolérable. Toutefois, le Conseil Fédéral rejette une fois de plus la &amp;quot;solution du délai&amp;quot; en 1998. Nous constatons donc que les manifestations pendant plus de 15ans, ne suffisent pas pour que la Suisse autorise l&#039;avortement. En France par exemple, la lutte des femmes a été moins longue en ce qui concerne le droit à l&#039;avortement puisqu&#039;il est autorisé depuis  [http://fr.wikipedia.org/wiki/Loi_Veil_du_17_janvier_1975_sur_l&#039;interruption_volontaire_de_grossesse 1975] et suite [http://fr.wikipedia.org/wiki/Manifeste_des_343 aux manifestes des 343] de 1971. &lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Par ailleurs, la pilule abortive Mifegyne (RU 486) est admise et commercialisée en Suisse dès 1999. La [http://webcache.googleusercontent.com/search?q=cache:aZM-IrETCowJ:bijsluiters.fagg-afmps.be/DownloadLeafletServlet%3Fid%3D109287+&amp;amp;cd=9&amp;amp;hl=fr&amp;amp;ct=clnk&amp;amp;gl=ch&amp;amp;client=firefox-a notice] d&#039;utilisation explique son utilité : &amp;quot;Mifegyne est un médicament qui bloque l&#039;action de la progestérone, une hormone nécessaire au maintien de la grossesse. Mifegyne peut donc provoquer une interruption de grossesse.&amp;quot; Cependant cette méthode médicamenteuse est soumise aux mêmes dispositions pénales que l’avortement et est prescrite uniquement par le corps médical.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Finalement, le Parlement adopte la solution du délai en mars 2001 et est rentré en vigueur en 2002. « Ainsi l’avortement n’est pas punissable pendant les 12 premières semaines de la grossesse à condition que la femme fasse valoir une situation de détresse. Les cantons doivent décider quels cabinets et établissement peuvent pratiquer l’intervention. » &amp;lt;ref&amp;gt;Rey, A.-M., 2013, Régime du délais, USPDA. Consulté le 7 Décembre sur http://www.svss-uspda.ch/fr/suisse/loi.htm&amp;lt;/ref&amp;gt; De plus, Rey (2013), illustre les modifications entre l&#039;ancienne et la nouvelle loi de 2002, relatif à l&#039;avortement. &amp;lt;ref&amp;gt;Rey, A.-M., 2013, Comparaison ancienne et nouvelle législation, USPDA. Consulté le 7 Décembre sur http://www.svss-uspda.ch/fr/suisse/comparaison.htm &amp;lt;/ref&amp;gt; Depuis ce jour, la femme est la seule personne qui ait le droit de choisir ou non l&#039;avortement. En aucun cas, une personne tierce (et même si celle-ci a une blouse blanche) ne pourra refuser l&#039;avortement d&#039;une femme dans les douze premières semaines de grossesse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous pouvons donc conclure que « les discussions provoquées en 1971 par l’initiative en faveur de la décriminalisation de l’avortement ont été à l’origine d’un changement des mentalités et d’une prise de conscience ».&amp;lt;ref&amp;gt;Rey, A.-M., 2013, Chronologie des événements dès 1970, USPDA. Consulté le 7 Décembre sur http://www.svss-uspda.ch/fr/suisse/chronologie.htm &amp;lt;/ref&amp;gt; En effet, on assiste à une diminution du nombre de condamnations et à une libéralisation de la pratique de l’avortement. Par ailleurs, on se rend compte qu’à travers la mise en place de centres de plannings familiaux et des dispositifs d’informations, comme l’éducation sexuelle, on parvient à lutter contre l’avortement.  La prévention prévaut donc à la pénalisation. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cependant on constate que la réglementation à ce sujet peut encore être modifiée, car ce droit à l’avortement est sans cesse remis en question. En effet, en 2010, le mouvement anti-avortement « Mamma », qui s&#039;intitulait auparavant &amp;quot;Pour la mère en l’enfant&amp;quot;  lance une initiative populaire : « Financer l’avortement est une affaire privée ». Il s’agit d’une initiative qui demande que l’IVG ne soit plus pris en compte par les prestations de l’assurance maladie de base, et ce en invoquant l’idée qu’il s’agit d’une décision d’ordre privé, et que de ce fait le financement public n’a pas de sens. Cependant, on remarque que le droit à donner la vie est également de l’ordre du privé, et pourtant celui-ci n’est pas contesté. [[Entretien Rina Nissim|Rina Nissim]], nous met en garde sur la tournure que prend les événements d&#039;aujourd&#039;hui (concernant le financement de l&#039;avortement). En effet, selon elle, nous serions en pleine régression concernant le libre choix de la femme. A contrario des générations d&#039;après 70, il faut que les générations d&#039;aujourd&#039;hui se mobilisent pour faire en sorte de garder un droit durement acquis par les femmes soixanthuitardes. La votation de Février 2014 qui se prépare pourrait modifier les droits que nous avons jusqu&#039;à présent. Si les générations de maintenant et les suivantes veulent elles aussi avoir la possibilité de choisir leur grossesse, elles se doivent de s&#039;impliquer pour faire en sorte de ne pas perdre les droits acquis.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le droit à l&#039;avortement est également contesté dans [http://www.planning-familial.org/actualites/lavortement-en-europe-ou-sont-les-bonnes-nouvelles-0012490 les autres pays Européens]. L&#039;Irlande et l&#039;Espagne seraient les deux pays Européens les plus réactionnaires au droit à l&#039;avortement. En effet, le premier ministre devrait sous peu, mettre en place une nouvelle loi concernant ce sujet. L&#039;avortement sera alors possible que dans l&#039;une des trois conditions (viol, malformation du fœtus ou danger de la mère) et les personnes mineures devront avoir une autorisation des parents. &amp;lt;ref&amp;gt;Magnan, P., (2014) &#039;&#039;Avortement : le retour en arrière de l&#039;Espagne, premier signe en Europe ?&#039;&#039;. consulté le 6 Janvier 2014 sur http://geopolis.francetvinfo.fr/avortement-le-retour-en-arriere-de-lespagne-un-premier-signe-en-europe-28245 &amp;lt;/ref&amp;gt; La crise économique, comme nous l&#039;avait précisé [[Rina Nissim]], influencerait les multiples régressions concernant les droits des femmes ; dont celui de leur intégrité physique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les témoins qui ont participé aux changements ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous avons décidé d&#039;interroger des personnes qui se sont mobilisées en Suisse pour le droit à l&#039;avortement. Elles pourront donc faire ressortir des éléments personnels sur le contexte de l&#039;époque, et les problèmes qu&#039;elles ont pu rencontré pour la mise en place de ce droit. &lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Nous avons dans un premier temps contacté Mme [[Amélia Christinat|Christinat Amélia]], avec qui l&#039;une de nous avait déjà travaillé il y a quelques années. Cette personne a donc accepté de participer à notre recherche en répondant à nos questions lors d&#039;un entretien.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un second temps nous avons contacté Mme [[Salika Wenger|Wenger Salika]], marraine de l&#039;association &amp;quot;Ni pute, Ni soumise&amp;quot; qui est actuellement impliquée dans la politique sur Genève puisqu&#039;elle fait partie du Conseil Administratif de la ville de Genève. Deux d&#039;entre nous l&#039;ont connue lors de sa venue à [http://www.infrarouge.ch/ir/1858-seins-nouvelle-arme-feministes l&#039;émission télévisée Infrarouge (RTS)] dédié aux mouvements des Femens (novembre 2011). Après discussion téléphonique, nous avons eu des éléments pertinents qui pourraient nous intéresser pour notre recherche, cependant [[Salika Wenger|Mme Wenger]] est très occupée et ne pourra pas nous accorder un entretien avant Janvier 2014. C&#039;est pourquoi après réflexion, nous avons décidé de contacter une troisième personne qui pourrait éventuellement être plus disponible : Mme [[Rina Nissim|Nissim Rina]]. Par l&#039;intermédiaire de Mme Ruchat nous avons obtenu ses coordonnées téléphoniques et avons pu avoir un rendez vous rapidement.&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Afin de leur éviter quelconque déplacement,nous avons rencontré ses personnes à leur domicile. De plus, pour des raisons pratiques et également afin de ne pas abuser de leur hospitalité, nous avons décidé de mener ces entretiens par groupes de trois.&lt;br /&gt;
Nous proposerons aux différents acteurs de partager leurs souvenirs concernant les années 1970 à Genève afin que nous comprenions la situation actuelle du droit à l&#039;avortement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Retour sur les entretiens==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== [[Entretien Rina Nissim|Entretien]] de [[Rina Nissim]] ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Notre premier entretien s&#039;est déroulée le mercredi 27 Novembre. A trois étudiantes nous nous sommes rendues au cabinet de Rina Nissim. L&#039;entretien qui en découle nous a projeter dans un univers très différent du notre : où la femme n&#039;avaient que très peu de droits. C&#039;est de part son discours, que la militante Rina Nissim, nous a partagé des informations sur l&#039;ambiance, la mobilisation et la persévérances des actrices de cette époque. C&#039;est par la réalisation de plusieurs injustices que les femmes se regroupent pour se mobiliser contre une société qui octroie peu de considération envers les femmes. Le [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]], lutte donc de manière générale pour plusieurs droits (droit à l&#039;égalité salariale, droit à la contraception, droit à l&#039;avortement, ...). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== [[Entretien Amélia Christinat|Entretien]] d&#039;[[Amélia Christinat]] ===&lt;br /&gt;
Le second entretien s&#039;est déroulé le 5 décembre chez Christinat Amélia. A notre arrivée, nous lui avons dit que nous avions déjà des questions précises à lui poser et que ces questions seraient les mêmes pour tous les groupes. En effet, sachant que c&#039;est une femme très bavarde nous avons préférer poser le cadre dès le départ. &lt;br /&gt;
Nous avons pu constater en rentrant dans son salon qu&#039;elle avait préparé différents articles concernant le droit à l&#039;avortement - des articles qu&#039;elle nous a présenté tout au long de l&#039;interview -.&lt;br /&gt;
C&#039;est avec beaucoup d&#039;émotion qu&#039;elle a répondu à nos questions et qu&#039;elle a raconté son combat pour les différents droit de la femme - droit de vote, droit à l&#039;avortement etc.-. Nous avons vraiment ressenti, à travers ses propos, l&#039;importance que ces combats ont eu pour elle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Points communs entre les entretiens=== &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plusieurs points communs ressortent de ces deux entretiens.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout d&#039;abord, nous constatons que le droit à la réappropriation du corps ou plutôt à l&#039;autonomie des femmes, comme cité par [[Rina Nissim]], représente l&#039;un des combats des années 1960-80. Si les femmes, par leur combats, manifestations ont réussi à faire valoir leur droit à l&#039;avortement, elles ont aussi lutté pour la mise en place d&#039;autres valeurs tels que le droit à la contraception, le droit de vote, le droit d&#039;accès aux études. Toutes ces luttes sont évoqués par les deux femmes interrogées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Afin de parvenir à ces changements, il a fallu se réunir entre femmes. A partir du moment où nous souhaitons un changement important, il est nécessaire d&#039;obtenir une mobilisation importante. Rina Nissim part d&#039;un petit groupe, le [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]] qui finalement va prendre une grande ampleur et [[Amélia Christinat|Amélia Christianat]] s&#039;impose dans la politique. Il parait donc évident pour ces deux protagonistes, que pour espérer un changement, il faut se réunir en groupe. La notion de communauté prend donc toute son importance. La notion de communauté est définie comme étant un état de ce qui est commun à plusieurs personnes, similitudes, groupe constituant une société, mise en commun des biens entre époux. Au sens étymologique originel : cum munus. La communauté est donc un groupe de personnes (cum) qui partagent quelque chose (&amp;quot;munus&amp;quot;)- un bien, une ressource, ou bien au contraire une obligation, une dette.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Même si le concept de communauté n&#039;est pas dit explicitement dans nos entretiens, il apparaît tout au long, puisque chacune d&#039;entre elle a rejoint un groupe dans lequel elles éprouvaient des intérêts communs. Chaque membre décide alors en quoi, comment et quand il contribuera à ce groupe. Dans ce cas, [[Rina Nissim]] et [[Amélia Christinat]] en tant que féministes se sont engagées et ont lutté pour le droit des femmes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Enfin, il est intéressant de constater que nos deux intervenantes tirent un bilan mitigé quant à ces luttes pour les droits des femmes. [[Amélia Christinat]] dit :&amp;quot; Alors en fait tout changement, toute progression que l’on peut interpréter comme sociale n’est jamais définitivement acquise. Donc en fait, il faut veiller continuellement, défendre continuellement où que vous soyez et avec qui que vous soyez.&amp;quot; Quant à [[Rina Nissim]], elle dit :&amp;quot;Malheureusement dans la société c’est comme ça, il faut tout le temps se battre. Ça c’est un point sur lequel on est en recul.&amp;quot;, On est en plein recul. Donc y a un ou deux pays qui ont avancé pour l’instant y en a douze qui ont régressé. Donc cela ne va pas du tout cette affaire, on a une très mauvaise posture.&amp;quot; Ainsi, la question des droits pour la personne n&#039;est jamais complètement acquis. Il faut sans arrêt se battre pour continuer à faire valoir ses droits en tant que personne.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il convient à présent de reprendre l&#039;ensemble des questions posées et d&#039;en ressortir les éléments importants :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- &#039;&#039;&#039;Depuis quand et avec qui vous vous êtes engagés dans la lutte pour les droits de la femme et quel était à ce moment votre statut (ou fonction)? Dans quel contexte s&#039;est inséré cette démarche ?&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les deux personnes interrogés ont un parcours différents et leur action ne s&#039;est pas faite au même niveau. [[Rina Nissim]], après son interruption de grossesse à 19 ans, trouve un tract dans un local d&#039;anarchiste. C&#039;est un tract du [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]] qui invite des femmes à les joindre dans leur groupe. [[Rina Nissim]] est intéressée et entre alors au [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]]. Elle est alors la plus jeune de la bande. Il n&#039;y avait pas de statut en tant que tel mais chacune apportait ses connaissances et son envie de se battre pour obtenir plus de droit pour la femme. Quant à [[Amélia Christinat]], elle agit plutôt a un niveau politique et va faire un long parcours en passant par le législatif, le cantonal puis le niveau national afin d&#039;apporter des changements reconnus dans toute la Suisse. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- &#039;&#039;&#039;Y a-t-il eu un événement originel? Pourriez vous nous raconter un ou des événements marquant que vous avez mené ou qui vous ont frappé dans cette période en faveur de ces droits ?&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;un des droits qui a frappé [[Rina Nissim]] dans cette période est l&#039;accès à l&#039;avortement libre et gratuit ainsi que l&#039;accès à la contraception. Elle explique que c&#039;est l’accessibilité à l&#039;avortement qui était problématique.Le planning familial a été une grande innovation mais n&#039;était pas encore présent dans les mentalités de tous, et ce, notamment chez les gynécologues qui n&#039;acceptaient pas tous de donner la pilule. Le [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]] faisait des listes des médecins qui étaient d&#039;accord de prescrire cette pilule et dirigeait les femmes au bon endroit. Cependant, elle ne nous décrit pas un événement très précis, une action qu&#039;elle a effectué qui a pu entraîner ces changements. C&#039;est néanmoins des manifestations importantes et à plusieurs reprises qui ont permis ces évolutions. [[Amélia Christinat]] considère aussi que le droit à l&#039;avortement est un événement phare de cette époque et ajoute que le droit de vote pour la femme est aussi l&#039;un des événements marquants. Elle donne comme exemple les luttes ouvrières françaises qui allaient en Belgique pour se faire avorter parce que c&#039;était défendu en France et qu&#039;elles n&#039;avaient pas d&#039;argent. C&#039;est un événement particulièrement marquant et touchant selon elle. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- &#039;&#039;&#039;Quels ont été les changements les plus importants auxquels vous ayez assisté ?&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Rina Nissim]] évoque plusieurs changements auxquels elle a pu assister. Elle parle de la libération des femmes. C&#039;est se considére comme un individu à part entière qui peut décidé de soi-même, d&#039;être un vrai sujet dans leur vie, dans leur sexualité, dans leur contraception, dans leur choix professionnel. D&#039;après elle, il y a donc eu plusieurs droit : celui de l&#039;avortement avec pour commencer le remboursement par les caisses maladies en 81, le droit au divorce, le divorce. [[Amélia Christinat]] ajoute à l&#039;ensemble de ces changements le droit de vote, en disant qu&#039;à partir du moment où nous avons le bulletin, c&#039;est quelque chose de très important puisque les femmes sont considérées comme une personne. Nous pouvons rattacher cela à l&#039;ensemble de cette étude qui étudie le droit des personnes. Dans le cas des différentes luttes pour le droit des femmes, nous cherchons à mettre en avant qu&#039;elles sont avant tout des personnes qui doivent avoir la liberté de choisir, de donner leur avis. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-&#039;&#039;&#039; Y a-t-il eu des valeurs que vous avez eu le sentiment d’avoir porter en avant et si oui lesquels  ?&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Différentes valeurs sont mises en avant par les deux femmes interrogées. C&#039;est le féminisme, l&#039;humanisme, le socialisme, l&#039;anarchisme. De manière générale l&#039;autonomie des femmes marqué par la réappropriation de son corps. Dans leur discours, les deux femmes montrent bien qu&#039;auparavant nous étions considérés comme femme de.., fille de... que les femmes ont toujours du être meilleure que les hommes. Elles devaient tout faire. De ce fait, les femmes n&#039;étaient pas des sujets en tant que telle. Ce n&#039;est qu&#039;après de nombreuses luttes que nous avons mis en avant le fait que les femmes soient avant tout des personnes à part entière. Elles ont maintenant le même statut, les mêmes droits que les hommes. Bien que comme le relève [[Rina Nissim]] et [[Amélia Christinat]] cela n&#039;est pas quelque chose d&#039;acquis, et cette évolution à tendance à reculer. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039; Mais qu’en est-il aujourd’hui de cette lutte et des acquis et des risques de retour en arrière ?&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le maître mot de ces deux femmes concernant cette lutte est que rien n&#039;est acquis. Il faut toujours se battre parce que les choses ont tendance à régresser. Aujourd&#039;hui le droit de vote, le droit d&#039;accès aux études est l&#039;un des points acquis. Cependant, la question de l&#039;avortement est remis en cause, et fait l&#039;objet de tension actuelles puisqu&#039;il est question de supprimer le remboursement des avortements. C&#039;est donc l&#039;une des causes pour lesquels il faut continuer à se battre et faire valoir ses droits si l&#039;on ne veut pas revenir en arrière.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Références bibliographiques ==&lt;br /&gt;
&amp;lt;references/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;&amp;lt;big&amp;gt;Vidéo :&amp;lt;/big&amp;gt;&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Roussopoulos Carole, &#039;&#039;Debout ! Une histoire du mouvement des femmes 1970-80&#039;&#039;, 1999. Consulté le 19 Novembre 2013 sur http://ballonsonde.org/wikiSonde/videos/Femmes_Debout.htm&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;&amp;lt;big&amp;gt;Documents scannés :&amp;lt;/big&amp;gt;&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Archives contestataires de Genève, Mouvements de Liberté des Femmes : 1970-90[[Fichier:MLF femme.pdf|vignette|Document des archives contestataires]]&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
== Auteurs du chapitre ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Julie Petot&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Julie</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Droits_des_femmes&amp;diff=12801</id>
		<title>Droits des femmes</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Droits_des_femmes&amp;diff=12801"/>
		<updated>2014-01-09T14:38:20Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Julie : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Introduction  == &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Actuellement le droit à l&#039;avortement pour les femmes subit encore des contestations et même une offensive de remise en question: pouvons nous encore le qualifier comme  un droit de la femme s&#039;interrogent certains ? Tout au long de cette page nous nous centrerons sur le droit à l&#039;avortement pour les femmes depuis 1970. En effet, les mouvements féministes sont présents depuis longtemps dans l&#039;histoire des droits des personnes. Dans la période de l&#039;après guerre, les femmes se sont mobilisées plus fortement pour acquérir des droits identiques à ceux des hommes. C&#039;est par la lutte pour le droit à un travail rémunéré que les mouvements prennent de l&#039;ampleur  : &amp;quot;L&#039;essort du féminisme dans cette période serait intimement lié à celui du travail salarié&amp;quot; &amp;lt;ref&amp;gt;Riot-Sarcey, M., 2008, &#039;&#039;Histoire du féminisme&#039;&#039;, Paris, La Découvertes, Repères. p. 73 &amp;lt;/ref&amp;gt;. La question de la procréation est aussi au cœur de leur mouvement, puisqu&#039;il est question de &amp;quot;repeupler&amp;quot; des pays détruits : &amp;quot;Après l&#039;hécatombe de la guerre, jusqu&#039;alors la plus meurtrière, il est nécessaire, plus que jamais de &amp;quot;remplir les berceaux vides&amp;quot;&amp;quot; &amp;lt;ref&amp;gt;Riot-Sarcey, M., 2008, &#039;&#039;Histoire du féminisme&#039;&#039;, Paris, La Découvertes, Repères. p. 73 &amp;lt;/ref&amp;gt;. Il ne faut pas non plus oublier leurs luttes pour l&#039;accès à la politique : plus précisément le droit de vote pour les femmes, qui prend de l&#039;ampleur bien avant la guerre. C&#039;est dans ce contexte d&#039;après guerre, que les femmes resurgissent au front pour valoriser des droits égalitaires et propres à leur vie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cet article est fondé à la fois sur une recherche documentaire et sur la récolte de témoignages de deux personnes pionnières dans l&#039;avancée du droit des femmes à l&#039;avortement. L&#039;article présentera également les différents mouvements féministes réalisés dans les années 1970 sur le droit à l&#039;avortement.Ceci nous montreras que la Suisse, n’a pas été la première à lutter pour le droit à l’avortement, mais que le phénomène est mondial. Les États-Unis ont été sans aucun doute les précurseurs, mais la lutte s&#039;est diffusée et reproduite dans différents pays du monde amenant à des dates différentes à autoriser l’avortement.  L&#039;article se centrera sur la lutte des femmes en Suisse et les différentes lois qui en sont ressorties et cherchera à comprendre la part qu’ont joué les deux témoins interrogées dans cette histoire récente (1970 à aujourd&#039;hui). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour ce faire, nous avons constitué une bibliographie, à partir d’ouvrages sur les mouvements féministes en général, sur la chronologie des contestations. Nous avons lu des articles scientifiques qui présentent la situation en Suisse, épluché  des informations sur les deux témoins qui ont été interrogés et consulté les archives contestataires à Carouge. &lt;br /&gt;
Nous avons également pu rencontré deux femmes militantes à Genève sur ce thème. On a donc effectué deux entretiens audio avec Madame [[Amélia Christinat]] et Madame [[Rina Nissim]] pour obtenir leur témoignage sur l’histoire des mouvements féministes des années 1960 à 1980, principalement sur la question de l’avortement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L&#039;Histoire du droit des femmes == &lt;br /&gt;
Actuellement des auteures telles que Marcella Iacub et Judith Butler font de la problématique féministe une occasion de débattre la question du genre, des identités sexuelles et limites entre les sexes (intersexe, queer, etc), laquelle peut nous aider à repenser la lutte féministe. Or, celle des années 70 (en amont en Suisse de l&#039;accession des femmes à la citoyenneté) est celle d&#039;une longue marche marquée par des féministes de l&#039;après guerre comme Simone de Beauvoir avec sa formule historique &amp;quot;On ne naît pas femme on le devient&amp;quot;, soulignant le déterminisme social de la féminité et la &amp;quot;fabrication&amp;quot; culturelle. &lt;br /&gt;
Pour tenter de comprendre ce qui s&#039;est passé durant cette époque nous allons revenir sur les faits marquants. Pour la compréhension de ce qui va suivre nous vous conseillons de lire [[Frise Chronologique du droit à l&#039;avortement|la frise chronologique]] des événements marquants pour le droit à l&#039;avortement en Suisse. &lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
=== Mouvements féministes : Buts et démarches ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce n&#039;est que dans la deuxième moitié du XIXème siècle que le féminisme se démarque en tant que mouvement collectif de luttes de femmes. &amp;quot;Ces luttes reposent sur la reconnaissance des femmes comme spécifiquement et systématiquement opprimées, l&#039;affirmation que les relations entre hommes et femmes ne sont pas inscrites dans la nature mais que la possibilité politique de leur transformation existe.&amp;quot;[3] En effet, les femmes ont dû faire face à de nombreuses inégalités et cela dans de nombreux domaines: le travail, la santé, la politique... Nous constatons encore aujourd&#039;hui que de nombreuses inégalités persistent sur le droit des femmes mais elles sont moindres ou de nature différentes que dans les années 1960-80. Pour pouvoir entrer dans un processus de revendication politique du féminisme, il faut qu&#039;il y ait une &amp;quot;relation avec une conceptualisation de droits humains universels;elle s&#039;ancre dans les théories des droits de la personne dontles premières formulations juridiques sont issues des révolutions américaines puis françaises.&amp;quot; &amp;lt;ref&amp;gt;Hirata H, et al,2000, &#039;&#039;Dictionnaire critique du féminisme&#039;&#039;, Paris : Presse Universitaires de France, p. 225&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
Il convient de faire une distinction entre les mouvements féministes et les mouvements populaires des femmes. En effet, les mouvements populaires des femmes ne mettent pas directement en avant l&#039;exigence de droits spécifiques pour les femmes. C&#039;est l&#039;emploi du mot féministe qui va changer les représentations que l&#039;on se fait à cette époque. Pour certains les féministes sont &amp;quot;trop bourgeoises au XIXème siècle et au début du XXème siècle trop radicales et ennemies des hommes après les années 1970&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;Hirata H, et al,2000, &#039;&#039;Dictionnaire critique du féminisme&#039;&#039;, Paris : Presse Universitaires de France., p. 126&amp;lt;/ref&amp;gt;. Quant à l&#039;expression &amp;quot;mouvement des femmes&amp;quot;, elle est plus souvent utilisée comme raccourci pour mouvement de libération des femmes. Voilà pourquoi elle a pu être associée au féminisme le plus radical et explique la confusion entre les deux termes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lorsque nous parlons de &amp;quot;mouvements féministes&amp;quot; nous désignons sous une même dénomination &amp;quot;les diverses formes des mouvements de femmes, le féminisme libéral ou &amp;quot;bourgeois, le féminisme radical, les femmes marxistes ou socialistes, les femmes lesbiennes, les femmes noires et toutes les dimensions catégorielles des mouvements actuels&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;Hirata H, et al,2000, &#039;&#039;Dictionnaire critique du féminisme&#039;&#039;, Paris : Presse Universitaires de France, p. 127&amp;lt;/ref&amp;gt;. Dès lors, l&#039;expression&amp;quot; mouvement des femmes &amp;quot; représente les mobilisations de femmes en Amérique Latine ou les mouvements pour la paix en Irlande ou au moyen-Orient&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;Hirata H, et al,2000, &#039;&#039;Dictionnaire critique du féminisme&#039;&#039;, Paris : Presse Universitaires de France., p.126&amp;lt;/ref&amp;gt; Dans la littérature, deux types de mouvements féministes se démarquent. Une première vague a émergé dans la seconde moitié du XIXème siècle. Elle est souvent présentée autour des revendications du droit de vote.  Au début du XXème siècle, ou les mouvements sont qualifiés de &amp;quot;néo féminisme&amp;quot;, les exigences ne se fondent pas sur une seule exigence d&#039;égalité mais sur une reconnaissance &amp;quot;de l&#039;impossibilité sociale de fonder cette égalité dans un système patriarcal&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;Hirata H, et al,2000, &#039;&#039;Dictionnaire critique du féminisme&#039;&#039;, Paris : Presse Universitaires de France, p. 126&amp;lt;/ref&amp;gt;. Le féminisme des années 1970, se fait connaitre par des mouvements anti-autoritaires, par des groupes de parole, il met en avant les formes les plus spontanées de manifestation et refuse toute organisation hiérarchique. &amp;quot; L&#039;appartenance au mouvement représente la mise en acte d&#039;une nouvelle idéologie, la recherche de sens et de valeurs communs.&amp;quot; &amp;lt;ref&amp;gt;Hirata H, et al,2000, &#039;&#039;Dictionnaire critique du féminisme&#039;&#039;, Paris : Presse Universitaires de France, p.128&amp;lt;/ref&amp;gt;. C&#039;est entre la fin des années 1960 et le début des années 1970 que le féminisme connait une ampleur internationale. &amp;quot;L&#039;onde de choc part des Etats-Unis et gagne très rapidement la Grande-Bretagne et l&#039;Allemagne dans les années 60&amp;quot;. Il faut ajouter qu&#039;en &amp;quot;dépit de son caractère extra parlementaire, le mouvement de libération des femmes a la capacité de susciter de larges mobilisations auprès des femmes syndiquées, des femmes de partis de gauche et de droite ou des associations luttant pour les droits des femmes comme le planning familial. Ce sont d&#039;abord les campagnes pour la liberté d&#039;avorter qui constituent les événements les plus importants et les plus marquants &amp;lt;ref&amp;gt;Hirata H, et al,2000, &#039;&#039;Dictionnaire critique du féminisme&#039;&#039;, Paris : Presse Universitaires de France, p. 128&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En ce qui concerne la Suisse, c’est dans la continuité du mouvement de la jeunesse estudiantine de 1968 que naît le nouveau mouvement féministe. C’est à Zurich que se sont réunies des femmes de gauche, que l’on appellera « Frauenbefreiungsbewegung » ou plus communément le FBB. Elles critiquent le fait que les femmes sont oppressées et qu’il s’agit d’une « contradiction sociale fondamentale ». Le [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]], pour la Suisse romande et le MFT au Tessin vont très rapidement suivre la création du FBB, avec comme objectif commun de « récuser l’organisation hiérarchique des associations et de la politique traditionnelle » &amp;lt;ref&amp;gt;Commission fédérale, &#039;&#039;Femmes Pouvoir Histoire&#039;&#039;, 1.3, p. 1, consulté le 27 Novembre sur http://webcache.googleusercontent.com/search?q=cache:UpvKGVSBak0J:www.ekf.admin.ch/dokumentation/00444/00517/index.html%3Flang%3Dfr%26download%3DNHzLpZeg7t,lnp6I0NTU042l2Z6ln1ae2IZn4Z2qZpnO2Yuq2Z6gpJCDdH58hGym162epYbg2c_JjKbNoKSn6A--+&amp;amp;cd=2&amp;amp;hl=fr&amp;amp;ct=clnk&amp;amp;gl=ch&amp;amp;client=firefox-a&amp;lt;/ref&amp;gt; inspirés des mouvements français et américains préalablement abordés. Cependant, des divergences existent entre tous ces mouvements sur différentes questions telles que l’avortement ou encore la possibilité pour le sexe féminin de faire l’armée. Une chronologie a été rédigée dans l’article suivant : &amp;quot;Le nouveau mouvement féministe et les organisations féminines depuis 1968&amp;quot; de la Commission fédérale pour les questions féminines de la Confédération Suisse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La période  entre 1940-50 : une période restrictive ===&lt;br /&gt;
Pour comprendre la lutte pour l&#039;avortement comme droit de la personne il nous faut revenir sur le contexte de l&#039;après guerre. Tout comme il a été expliqué dans [[Droits des enfants|le chapitre précédent]], la Déclaration Universelle des Droits de l&#039;Homme (1948) a influencé les mouvements des femmes. Nous allons tout d&#039;abord revenir sur ce qui s&#039;est passé avant cette date, en effet nous savons que la législation suisse sur l’avortement est l’une des plus restrictives d’Europe. Les premières dispositions du Code pénal suisse à ce sujet ont été définies en 1942 et prévoient, à cette époque, l’emprisonnement de la femme qui avorte, ainsi que de la personne qui l’aide à pratiquer cet acte. En revanche, une exception existe : si la grossesse comporte un danger pour la mère et que l’interruption de grossesse est pratiquée par un médecin, l&#039;avis étant approuvé par un second médecin, l’avortement n’est alors pas punissable. On comprend alors que la conséquence a été un nombre considérable d’avortements illégaux. Cependant, la mise en place de dispositifs de préventions et d’une diffusion d’informations contribua à faire diminuer le nombre d’avortements autant illégaux, que légaux. Par ailleurs, l’Organisation Mondiale de la Santé ([http://www.who.int/fr/ OMS]) a étendu la notion de « santé » en y insérant les dimensions de bien-être psychique et social : « la santé ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité ; elle est un état de complet bien-être physique, mental et social. »&amp;lt;ref&amp;gt;Rey, A.-M., 2013, &#039;&#039;Tendance à la libéralisation&#039;&#039;, USPDA. Consulté le 7 Novembre sur http://www.svss-uspda.ch/fr/suisse/liberal.htm&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ceci légalise aussi la pratique d’interruption de grossesse et écarte la menace d’emprisonnement. &amp;lt;ref&amp;gt;Rey, A.-M., 2013, &#039;&#039;L&#039;ancienne législation de 1942&#039;&#039;, USPDA. Consulté le 7 Novembre sur http://www.svss-uspda.ch/fr/suisse/loi_1942.htm&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
Cependant, cette législation attise la colère et la montée d’une révolte. Au début du XXème siècle, on voit s’élever des mouvements, tels que les organisations ouvrières, pour lutter en faveur de la décriminalisation de l’avortement.&lt;br /&gt;
De plus, dans cette période, il existe une différence entre les cantons au niveau de la législation sur l&#039;avortement. Ceci met donc les professionnels dans l&#039;embarras puisqu&#039;ils n&#039;ont pas une pratique généralisée au niveau de l&#039;état, et cela soulève également une inégalité entre les femmes des différents cantons de la Suisse. Des mesures fédérales strictes ont donc été prises pour tenter de généraliser les pratiques et s&#039;accorder sur la pratique de l&#039;avortement : « l’institutionnalisation juridique d’une interruption de grossesse pouvant être légalement pratiquée par un médecin sous haute surveillance de l’Etat : consultation obligatoire d’un second médecin, qui doit être un spécialiste et en plus agréé par les autorités cantonales compétentes, et qui doit donner par écrit un « avis conforme ». Il faut également le consentement écrit de la femme enceinte. ». Ainsi à cette époque nous constatons que les femmes n&#039;ont pas la maîtrise de leur corps et que de ce fait la maternité ne peut se contrôler. Ce contexte illustre la réalité des femmes, soit elles ont la chance de pouvoir trouver deux médecins qui l&#039;estime en danger, soit elles décident de pratiquer un avortement illégal ce qui comporte de grands risques pour leur santé (hémorragie et infection qui peuvent entraîner la mort de la femme).&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La période 1960-70 : les premiers changements ===&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Fichier:Graphiquefemme.jpeg|vignette|gauche|Graphique représentant les condamnations des femmes]]&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Le graphique ci-contre nous montre la condamnation des femmes en ce qui concerne l&#039;avortement.&amp;lt;ref&amp;gt;Rey, A.-M., 2013, &#039;&#039;Interruption de grossesse en Suisse : les faits et les données&#039;&#039;, USPDA. Consulté le 18 Novembre sur http://www.svss-uspda.ch/pdf/faits-et-donnees.pdf &amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt; En effet, nous voyons que le pic le plus élevé se situe dans l&#039;année 1950, avec 550 condamnées. Puis lors de la commercialisation de la pilule, l&#039;emprisonnement des femmes diminue fortement l&#039;année suivante, passant d&#039;environ 400 condamnations à environ 260. De manière générale, ce graphique montre que les condamnations sur la période 1960-1980 n&#039;ont cessé de baisser. &lt;br /&gt;
Les années 60 sont donc marquées par l&#039;arrivée de la pilule contraceptive en Suisse. En effet, en 1961, la commercialisation de celle-ci fait reculer le nombre d&#039;avortement pratiqué en Suisse puisque les femmes ont un contrôle sur leur reproductibilité. Malgré tout, la pilule contraceptive circule à l&#039;époque discrètement, puisque aucune loi ne précise son autorisation. En 1965, la création du premier planning familial en Suisse au HUG permettra de conseiller les familles. L&#039;établissement ouvrira donc un pôle dédié à l&#039;information familiale et aux régulations des naissances.&amp;lt;ref&amp;gt;Fert-Bek, D., (s.d.), &#039;&#039;Historique&#039;&#039;, Le service du planning familial de Genève a 40 ans,Genève, HUG. Consulté le 18 Novembre 2013 sur http://planning-familial.hug-ge.ch/nous/historique.html&amp;lt;/ref&amp;gt; Dans cet établissement les professionnels conseillent les parents sur la manière d&#039;avoir un contrôle sur l&#039;élargissement de leur famille. Ainsi, grâce à cette structure, la pilule contraceptive a pu circuler dans le territoire helvétique. La pilule était considéré pour certain comme un enjeux économique : elle permettait de contrôler les naissances et donc de préserver la richesse, et pour d&#039;autres comme un moyen de débrider la sexualité des femmes&amp;lt;ref&amp;gt;L&#039;illustré, (s.d.) &#039;&#039;La pilule qui a changé le monde&#039;&#039;, Archives, Consulté le 18 Novembre 2013 sur http://www.illustre.ch/la_pilule_qui_a_change_le_monde_45372_.html&amp;lt;/ref&amp;gt;.   &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Mlf.jpeg|vignette|gauche|Affiche du Front des Bonnes Femmes]][[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|Le Mouvement de Libération des Femmes (MLF)]] a démarré aux Etats-Unis, et a encouragé les militants des autres pays à lutter pour améliorer les conditions féminines. Le [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]] créé en 1969 à Zurich,que l&#039;on retrouvait également dans d&#039;autres cantons  (Genève et Tessin par exemple) se base &amp;quot;sur les mouvements de libération du Tiers monde pour encourager les femmes à se libérer des contraintes inhérentes à la famille nucléaire (Rôle des sexes).&amp;quot; &amp;lt;ref&amp;gt;Jorris, E., 2009, &#039;&#039;Mouvement de libération des femmes (MLF)&#039;&#039;. Consulté le 19 Novembre 2013 sur http://www.hls-dhs-dss.ch/textes/f/F16504.php&amp;lt;/ref&amp;gt;. Sur le canton de Genève plus précisément, des groupes de certains partis de gauche militaient en ces faveurs (ils étaient très hiérarchisés et ne plaisaient pas à toutes les femmes militantes). C&#039;est donc principalement grâce à Madame Brodmann (qui a milité aux Etats-Unis) et Madame Gramoni qu&#039;il y a eu dans un premier temps le front des Bonne-Femmes (où militait aussi Rina Nissim). Leur premier slogan a été &amp;quot;Femmes décolonisons-nous !&amp;quot; avec des affiches placardées sur les façades des grandes banques : les femmes insistaient donc pour la ré-appropriation de leur corps (avortement, pilule contraceptive, ...).&amp;lt;ref&amp;gt;Roussopoulos Carole, Debout ! Une histoire du mouvement des femmes 1970-80, 1999. Consulté le 19 Novembre 2013 sur http://ballonsonde.org/wikiSonde/videos/Femmes_Debout.htm&amp;lt;/ref&amp;gt; &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Les femmes pensent donc vivre singulièrement des situations d&#039;exclusion et d&#039;injustices, or le fait de discuter ensemble elles se rendent compte qu&#039;elles vivent toutes ce genre de situation. Cette prise de conscience favorise donc la mobilisation des femmes pour combattre ces injustices dont elles sont victimes. Les communautés ou ce que l&#039;on pourrait appeler regroupements permettent donc aux femmes de prendre consciences mais aussi de prendre du pouvoir dans la société. L&#039;effet de groupe a permis de de faire rassembler dans les rues des milliers de femmes pour manifester ensemble contre des inégalités entre sexe ([[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]]).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans le même temps, il ne faut pas oublier que les avortements illégaux continuent à être pratiqués à cette période. En effet, le nombre d&#039;avortements, légaux et illégaux, est estimé à 50 000 en 1966. Les avortements légaux s&#039;élevaient à environ 17 000 en 1966 (16 000 en 1978 et 1980, 14 000 en 1985, 13 000 en 1990, 12 000 en 1995, 13 000 en 1996 et 1998). Les avortements clandestins diminuèrent grâce : &lt;br /&gt;
* à la raréfaction avec l&#039;élargissement des indications médicales dans les cantons libéraux (Zurich, Bâle-Ville, Berne, Vaud, Neuchâtel, Genève) dès les années 1950&lt;br /&gt;
* la libéralisation progressive dans d&#039;autres cantons(Tessin dès les années 1970; Argovie, Bâle-Campagne, Glaris, Schaffhouse, Soleure, Jura au cours des années 1990)&lt;br /&gt;
* la généralisation des centres de planning familial, des cours d&#039;éducation sexuelle, la diffusion de moyens de contraception sûrs dès les années 1960 &lt;br /&gt;
* le remboursement de l&#039;intervention par les caisses maladie).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On remarque que malgré les mesures juridiques fédérales restrictives, les cantons adoptent des pratiques très différentes les uns des autres. Ainsi, les dimensions d’ordre psychologique et social sont incluses dans les indications médicales des cantons libéraux, alors que la pratique est seulement tolérée dans les cantons conservateurs catholiques. Face à cette inégalité juridique, les cantons libéraux accueillent des femmes vivant dans ces cantons restrictifs pour se faire avorter. On assiste à une forme de tourisme « gynécologique ». Cela amène les cantons à réfléchir sur ces pratiques. Notamment le canton de Neuchâtel, où plusieurs affaires d&#039;avortements sont jugées. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La période 1970-1980 : La période clé ===&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
A la suite de ces scandales, le député radical Maurice Favre dépose en mars 1971 une [http://www.amtsdruckschriften.bar.admin.ch/viewOrigDoc.do?id=10100953 motion] en faveur d&#039;une initiative cantonale demandant la suppression des articles 118 à 121 du CP.  &lt;br /&gt;
Cette démarche est suivie du lancement, en juin de la même année, par un comité de cinq personnes, de l&#039;initiative populaire fédérale pour la décriminalisation de l&#039;avortement, largement soutenue notamment par le mouvement des femmes. En 1972, les milieux chrétiens conservateurs font circuler une pétition &amp;quot;Oui à la vie, non à l&#039;avortement&amp;quot;. A partir de ce moment-là, nous voyons apparaître les organisations et les mouvements féministes qui organisent des manifestations en faveur de l’interruption de grossesses libres et gratuites, ainsi que pour revendiquer [http://www.svss-uspda.ch/index.html la décriminalisation de l’avortement].  Il y a dons deux propositions faites : accorder un délais pour l&#039;avortement (par exemple : les avortements pourront être légal pendant les 10 premières semaines de grossesse)ou élargir les motifs pour l&#039;avortement (par exemple : souffrances psychiques, douleurs physique, ...)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C&#039;est une lutte qui se fait contre des mentalités traditionnelles où l&#039;homme est dominant dans la société. La prise de conscience des femmes et de leurs conditions se fait petit-à-petit, en prenant plus d&#039;ampleur au milieu des années 70. C&#039;est la réunion de plusieurs milliers de femmes qui fait que l&#039;on puisse qualifier le [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]] de mouvement. Ce sont des femmes de tout âge qui se battent pour l&#039;amélioration de leurs conditions de vie. Ces mouvements veulent principalement lutter pour le droit du libre choix des femmes ou de manière générale à ce que l&#039;on nomme l&#039;autonomie des femmes. A cette époque, il y a &amp;quot;deux types de femmes&amp;quot; :  celles qui font des études mais qui restent à la maison pour materner, ou bien celle qui font des études et qui travaillent. Ces dernières se trouvent confrontées à la réalité sociale : avec le même titre professionnel, les femmes obtiennent des salaires bien inférieurs à ceux des hommes. C&#039;est suite à cette prise de conscience face au [http://www.scienceshumaines.com/peut-on-en-finir-avec-le-plafond-de-verre_fr_22408.html Plafond de Verre], que les femmes se réunissent pour échanger leurs histoires. Elles se mobilisent donc afin de pouvoir avoir le contrôle sur leur vie, et sur leur corps. L&#039;une des grandes luttes se fait autour du contrôle de leur corps : ce qu&#039;elles nomment la mobilisation pour la ré-appropriation du corps. Il s&#039;agit de donner aux femmes la possibilité de choisir leur maternité, leur contraception, et leur médicamentation. En 1978, sur le canton de Genève, l&#039;ouverture du Dispensaire des femmes (par [[Rina Nissim]]) leur permet d&#039;être accueillies dans un lieu où on leur donne des conseils, des listes de gynécologues tolérants face aux choix d&#039;avorter ainsi que différentes méthodes pour soigner les maladies génitales, ... De plus, les femmes peuvent si elles le veulent accéder au groupe action Self-Help du [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]] ; qui est un lieu où l&#039;on échange sur son vécu, et où l&#039;on pratique des examens concrets pour découvrir son corps. L&#039;instruction, comme l&#039;évoque [[Amélia Christinat|Mme Christinat]] permet aux femmes de comprendre les injustices auxquelles elles sont confrontées et de se mobiliser pour que toute les sociétés reconnaissent les femmes comme des personnes avec un cerveau. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans le même temps, une nouvelle réglementation sur l’avortement est considérée par le Conseil fédéral, et trois variantes sont discutées : la première, appelée &amp;quot;solutions des indications&amp;quot; autorise l’avortement dans les situations où la grossesse menace la vie ou la santé de la femme, en cas de viol, ou encore si l’enfant présente un trouble ou une déficience physique et/ou mentale. Une autre variante est celle des « indications sociales » qui prend en compte la situation sociale précaire de la femme. Finalement, la troisième, « solution des délais », permet l’avortement pendant les douze premières semaines de grossesse. Il en va sans dire que les partis politiques, les organisations et les cantons conservateurs catholiques sont en faveur de la solution la plus restrictive, alors que leurs rivales refusent les trois types de variantes et revendiquent l’avortement libre et gratuit. Le Conseil fédéral  rejette l’initiative pour la décriminalisation de l’avortement, mais opte finalement pour la solution des indications élargies, attisant ainsi le mécontentement des deux camps. &lt;br /&gt;
Face au rejet de l’initiative populaire pour la décriminalisation de l’avortement, [http://www.svss-uspda.ch/index.html l’Union Suisse pour la Décriminalisation de l’Avortement] (USPDA) (dont fait partie [[Amélia Christinat]])propose un compromis et lance une initiative qui cette fois rejoint l’idée de la solution des délais. « L’initiative réclament la décriminalisation de l’avortement s’il est pratiqué par un  médecin avec le consentement de la femme pendant les douze semaines qui suivent les dernières règles ». Cependant, celle-ci essuie à nouveau un échec : elle est rejetée par la majorité des cantons. &lt;br /&gt;
Les années suivantes toutes les propositions d&#039;initiatives,pour ou contre l&#039;avortement, sont sans cesse rejetées. Mais les luttes féminines pour le droit à l&#039;avortement s&#039;amplifient dans cette période pour pouvoir faire changer les droits de la personne et principalement les droits de la femme. Ce n’est qu’en 1990, que l’idée d’une révision de la loi relative à l’avortement est remise sur le devant de la scène. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous constatons que cette période est une période riche pour la mobilisation des droits des femmes ; de multitudes groupes se forment à l&#039;intérieur du [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]], des nouveaux établissements pour les femmes se créent, ... des femmes se mobilisent également pour d&#039;autres causes qui ne les touchent pas particulièrement puisque nous verrons, dans [[Accueil|le dernier chapitre]] de cet article, que plusieurs d&#039;entres-elles se sont mobilisé pour le droit à l&#039;autodétermination [[Droits des patients (à l&#039;hôpital)|des patient des hôpitaux]]. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Globalement ce qui se fait ressentir c&#039;est  surtout l&#039;envie de faire changer la mentalité de la société pour que les femmes aient les même droits que les hommes. Nous avions déjà retrouver ce point en 1791 en France où est apparue la [http://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9claration_des_droits_de_la_femme_et_de_la_citoyenne Déclaration des Droits de la Femme et de la Citoyenne] se basant sur la [http://www.textes.justice.gouv.fr/textes-fondamentaux-10086/droits-de-lhomme-et-libertes-fondamentales-10087/declaration-des-droits-de-lhomme-et-du-citoyen-de-1789-10116.html version originale] et dont le but était de montrer l&#039;égalité juridique entre homme et femme.   &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Depuis 1990 ===&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Les différentes mobilisations des femmes soixanthuitardes ont permis la diminution d&#039;une multitude d&#039;inégalités pour lesquelles elles se mobilisaient.&lt;br /&gt;
Revenons tout d&#039;abord, en 1994, où l&#039;on constate un net recul du nombre d’avortements légaux. Ceci peut s’expliquer par une diffusion de l’information (éducation sexuelle) et la libre disposition de moyens contraceptifs. Ce phénomène vient appuyer l’idée que la libéralisation ne conduit pas à une augmentation des avortements, bien au contraire. Plusieurs services se sont donc installés suite au manifestations des femmes dans les rues. A partir de là, les choses commencent à changer et vont en faveur de la décriminalisation de l’avortement. En effet, le Conseil National adopte en 1995 &amp;quot;la solution des délais&amp;quot;. En 1996, la Commission des Affaires Juridiques du Conseil National ratifie un projet de loi qui prévoie la décriminalisation de l’avortement pendant les 14 premières semaines après les dernières règles. On voit mêmes les femmes du parti démocratique-chrétien (PDC) aller en faveur du droit de la femme à l’autodétermination et pour &amp;quot;la solution des délais&amp;quot;. De nombreuses organisations telles que la Fédération suisse des Eglises protestantes, les groupes des femmes radicales de Suisse, accueillent cette solution des délais comme un compromis tolérable. Toutefois, le Conseil Fédéral rejette une fois de plus la &amp;quot;solution du délai&amp;quot; en 1998. Nous constatons donc que les manifestations pendant plus de 15ans, ne suffisent pas pour que la Suisse autorise l&#039;avortement. En France par exemple, la lutte des femmes a été moins longue en ce qui concerne le droit à l&#039;avortement puisqu&#039;il est autorisé depuis  [http://fr.wikipedia.org/wiki/Loi_Veil_du_17_janvier_1975_sur_l&#039;interruption_volontaire_de_grossesse 1975] et suite [http://fr.wikipedia.org/wiki/Manifeste_des_343 aux manifestes des 343] de 1971. &lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Par ailleurs, la pilule abortive Mifegyne (RU 486) est admise et commercialisée en Suisse dès 1999. La [http://webcache.googleusercontent.com/search?q=cache:aZM-IrETCowJ:bijsluiters.fagg-afmps.be/DownloadLeafletServlet%3Fid%3D109287+&amp;amp;cd=9&amp;amp;hl=fr&amp;amp;ct=clnk&amp;amp;gl=ch&amp;amp;client=firefox-a notice] d&#039;utilisation explique son utilité : &amp;quot;Mifegyne est un médicament qui bloque l&#039;action de la progestérone, une hormone nécessaire au maintien de la grossesse. Mifegyne peut donc provoquer une interruption de grossesse.&amp;quot; Cependant cette méthode médicamenteuse est soumise aux mêmes dispositions pénales que l’avortement et est prescrite uniquement par le corps médical.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Finalement, le Parlement adopte la solution du délai en mars 2001 et est rentré en vigueur en 2002. « Ainsi l’avortement n’est pas punissable pendant les 12 premières semaines de la grossesse à condition que la femme fasse valoir une situation de détresse. Les cantons doivent décider quels cabinets et établissement peuvent pratiquer l’intervention. » &amp;lt;ref&amp;gt;Rey, A.-M., 2013, Régime du délais, USPDA. Consulté le 7 Décembre sur http://www.svss-uspda.ch/fr/suisse/loi.htm&amp;lt;/ref&amp;gt; De plus, Rey (2013), illustre les modifications entre l&#039;ancienne et la nouvelle loi de 2002, relatif à l&#039;avortement. &amp;lt;ref&amp;gt;Rey, A.-M., 2013, Comparaison ancienne et nouvelle législation, USPDA. Consulté le 7 Décembre sur http://www.svss-uspda.ch/fr/suisse/comparaison.htm &amp;lt;/ref&amp;gt; Depuis ce jour, la femme est la seule personne qui ait le droit de choisir ou non l&#039;avortement. En aucun cas, une personne tierce (et même si celle-ci a une blouse blanche) ne pourra refuser l&#039;avortement d&#039;une femme dans les douze premières semaines de grossesse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous pouvons donc conclure que « les discussions provoquées en 1971 par l’initiative en faveur de la décriminalisation de l’avortement ont été à l’origine d’un changement des mentalités et d’une prise de conscience ».&amp;lt;ref&amp;gt;Rey, A.-M., 2013, Chronologie des événements dès 1970, USPDA. Consulté le 7 Décembre sur http://www.svss-uspda.ch/fr/suisse/chronologie.htm &amp;lt;/ref&amp;gt; En effet, on assiste à une diminution du nombre de condamnations et à une libéralisation de la pratique de l’avortement. Par ailleurs, on se rend compte qu’à travers la mise en place de centres de plannings familiaux et des dispositifs d’informations, comme l’éducation sexuelle, on parvient à lutter contre l’avortement.  La prévention prévaut donc à la pénalisation. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cependant on constate que la réglementation à ce sujet peut encore être modifiée, car ce droit à l’avortement est sans cesse remis en question. En effet, en 2010, le mouvement anti-avortement « Mamma », qui s&#039;intitulait auparavant &amp;quot;Pour la mère en l’enfant&amp;quot;  lance une initiative populaire : « Financer l’avortement est une affaire privée ». Il s’agit d’une initiative qui demande que l’IVG ne soit plus pris en compte par les prestations de l’assurance maladie de base, et ce en invoquant l’idée qu’il s’agit d’une décision d’ordre privé, et que de ce fait le financement public n’a pas de sens. Cependant, on remarque que le droit à donner la vie est également de l’ordre du privé, et pourtant celui-ci n’est pas contesté. [[Entretien Rina Nissim|Rina Nissim]], nous met en garde sur la tournure que prend les événements d&#039;aujourd&#039;hui (concernant le financement de l&#039;avortement). En effet, selon elle, nous serions en pleine régression concernant le libre choix de la femme. A contrario des générations d&#039;après 70, il faut que les générations d&#039;aujourd&#039;hui se mobilisent pour faire en sorte de garder un droit durement acquis par les femmes soixanthuitardes. La votation de Février 2014 qui se prépare pourrait modifier les droits que nous avons jusqu&#039;à présent. Si les générations de maintenant et les suivantes veulent elles aussi avoir la possibilité de choisir leur grossesse, elles se doivent de s&#039;impliquer pour faire en sorte de ne pas perdre les droits acquis.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le droit à l&#039;avortement est également contesté dans [http://www.planning-familial.org/actualites/lavortement-en-europe-ou-sont-les-bonnes-nouvelles-0012490 les autres pays Européens]. L&#039;Irlande et l&#039;Espagne seraient les deux pays Européens les plus réactionnaires au droit à l&#039;avortement. En effet, le premier ministre devrait sous peu, mettre en place une nouvelle loi concernant ce sujet. L&#039;avortement sera alors possible que dans l&#039;une des trois conditions (viol, malformation du fœtus ou danger de la mère) et les personnes mineures devront avoir une autorisation des parents. &amp;lt;ref&amp;gt;Magnan, P., (2014) &#039;&#039;Avortement : le retour en arrière de l&#039;Espagne, premier signe en Europe ?&#039;&#039;. consulté le 6 Janvier 2014 sur http://geopolis.francetvinfo.fr/avortement-le-retour-en-arriere-de-lespagne-un-premier-signe-en-europe-28245 &amp;lt;/ref&amp;gt; La crise économique, comme nous l&#039;avait précisé [[Rina Nissim]], influencerait les multiples régressions concernant les droits des femmes ; dont celui de leur intégrité physique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les témoins qui ont participé aux changements ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous avons décidé d&#039;interroger des personnes qui se sont mobilisées en Suisse pour le droit à l&#039;avortement. Elles pourront donc faire ressortir des éléments personnels sur le contexte de l&#039;époque, et les problèmes qu&#039;elles ont pu rencontré pour la mise en place de ce droit. &lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Nous avons dans un premier temps contacté Mme [[Amélia Christinat|Christinat Amélia]], avec qui l&#039;une de nous avait déjà travaillé il y a quelques années. Cette personne a donc accepté de participer à notre recherche en répondant à nos questions lors d&#039;un entretien.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un second temps nous avons contacté Mme [[Salika Wenger|Wenger Salika]], marraine de l&#039;association &amp;quot;Ni pute, Ni soumise&amp;quot; qui est actuellement impliquée dans la politique sur Genève puisqu&#039;elle fait partie du Conseil Administratif de la ville de Genève. Deux d&#039;entre nous l&#039;ont connue lors de sa venue à [http://www.infrarouge.ch/ir/1858-seins-nouvelle-arme-feministes l&#039;émission télévisée Infrarouge (RTS)] dédié aux mouvements des Femens (novembre 2011). Après discussion téléphonique, nous avons eu des éléments pertinents qui pourraient nous intéresser pour notre recherche, cependant [[Salika Wenger|Mme Wenger]] est très occupée et ne pourra pas nous accorder un entretien avant Janvier 2014. C&#039;est pourquoi après réflexion, nous avons décidé de contacter une troisième personne qui pourrait éventuellement être plus disponible : Mme [[Rina Nissim|Nissim Rina]]. Par l&#039;intermédiaire de Mme Ruchat nous avons obtenu ses coordonnées téléphoniques et avons pu avoir un rendez vous rapidement.&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Afin de leur éviter quelconque déplacement,nous avons rencontré ses personnes à leur domicile. De plus, pour des raisons pratiques et également afin de ne pas abuser de leur hospitalité, nous avons décidé de mener ces entretiens par groupes de trois.&lt;br /&gt;
Nous proposerons aux différents acteurs de partager leurs souvenirs concernant les années 1970 à Genève afin que nous comprenions la situation actuelle du droit à l&#039;avortement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Retour sur les entretiens==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== [[Entretien Rina Nissim|Entretien]] de [[Rina Nissim]] ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Notre premier entretien s&#039;est déroulée le mercredi 27 Novembre. A trois étudiantes nous nous sommes rendues au cabinet de Rina Nissim. L&#039;entretien qui en découle nous a projeter dans un univers très différent du notre : où la femme n&#039;avaient que très peu de droits. C&#039;est de part son discours, que la militante Rina Nissim, nous a partagé des informations sur l&#039;ambiance, la mobilisation et la persévérances des actrices de cette époque. C&#039;est par la réalisation de plusieurs injustices que les femmes se regroupent pour se mobiliser contre une société qui octroie peu de considération envers les femmes. Le [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]], lutte donc de manière générale pour plusieurs droits (droit à l&#039;égalité salariale, droit à la contraception, droit à l&#039;avortement, ...). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== [[Entretien Amélia Christinat|Entretien]] d&#039;[[Amélia Christinat]] ===&lt;br /&gt;
Le second entretien s&#039;est déroulé le 5 décembre chez Christinat Amélia. A notre arrivée, nous lui avons dit que nous avions déjà des questions précises à lui poser et que ces questions seraient les mêmes pour tous les groupes. En effet, sachant que c&#039;est une femme très bavarde nous avons préférer poser le cadre dès le départ. &lt;br /&gt;
Nous avons pu constater en rentrant dans son salon qu&#039;elle avait préparé différents articles concernant le droit à l&#039;avortement - des articles qu&#039;elle nous a présenté tout au long de l&#039;interview -.&lt;br /&gt;
C&#039;est avec beaucoup d&#039;émotion qu&#039;elle a répondu à nos questions et qu&#039;elle a raconté son combat pour les différents droit de la femme - droit de vote, droit à l&#039;avortement etc.-. Nous avons vraiment ressenti, à travers ses propos, l&#039;importance que ces combats ont eu pour elle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Points communs entre les entretiens=== &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plusieurs points communs ressortent de ces deux entretiens.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout d&#039;abord, nous constatons que le droit à la réappropriation du corps ou plutôt à l&#039;autonomie des femmes, comme cité par [[Rina Nissim]], représente l&#039;un des combats des années 1960-80. Si les femmes, par leur combats, manifestations ont réussi à faire valoir leur droit à l&#039;avortement, elles ont aussi lutté pour la mise en place d&#039;autres valeurs tels que le droit à la contraception, le droit de vote, le droit d&#039;accès aux études. Toutes ces luttes sont évoqués par les deux femmes interrogées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Afin de parvenir à ces changements, il a fallu se réunir entre femmes. A partir du moment où nous souhaitons un changement important, il est nécessaire d&#039;obtenir une mobilisation importante. Rina Nissim part d&#039;un petit groupe, le [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]] qui finalement va prendre une grande ampleur et [[Amélia Christinat|Amélia Christianat]] s&#039;impose dans la politique. Il parait donc évident pour ces deux protagonistes, que pour espérer un changement, il faut se réunir en groupe. La notion de communauté prend donc toute son importance. La notion de communauté est définie comme étant un état de ce qui est commun à plusieurs personnes, similitudes, groupe constituant une société, mise en commun des biens entre époux. Au sens étymologique originel : cum munus. La communauté est donc un groupe de personnes (cum) qui partagent quelque chose (&amp;quot;munus&amp;quot;)- un bien, une ressource, ou bien au contraire une obligation, une dette.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Même si le concept de communauté n&#039;est pas dit explicitement dans nos entretiens, il apparaît tout au long, puisque chacune d&#039;entre elle a rejoint un groupe dans lequel elles éprouvaient des intérêts communs. Chaque membre décide alors en quoi, comment et quand il contribuera à ce groupe. Dans ce cas, [[Rina Nissim]] et [[Amélia Christinat]] en tant que féministes se sont engagées et ont lutté pour le droit des femmes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Enfin, il est intéressant de constater que nos deux intervenantes tirent un bilan mitigé quant à ces luttes pour les droits des femmes. [[Amélia Christinat]] dit :&amp;quot; Alors en fait tout changement, toute progression que l’on peut interpréter comme sociale n’est jamais définitivement acquise. Donc en fait, il faut veiller continuellement, défendre continuellement où que vous soyez et avec qui que vous soyez.&amp;quot; Quant à [[Rina Nissim]], elle dit :&amp;quot;Malheureusement dans la société c’est comme ça, il faut tout le temps se battre. Ça c’est un point sur lequel on est en recul.&amp;quot;, On est en plein recul. Donc y a un ou deux pays qui ont avancé pour l’instant y en a douze qui ont régressé. Donc cela ne va pas du tout cette affaire, on a une très mauvaise posture.&amp;quot; Ainsi, la question des droits pour la personne n&#039;est jamais complètement acquis. Il faut sans arrêt se battre pour continuer à faire valoir ses droits en tant que personne.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il convient à présent de reprendre l&#039;ensemble des questions posées et d&#039;en ressortir les éléments importants :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- &#039;&#039;&#039;Depuis quand et avec qui vous vous êtes engagés dans la lutte pour les droits de la femme et quel était à ce moment votre statut (ou fonction)? Dans quel contexte s&#039;est inséré cette démarche ?&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les deux personnes interrogés ont un parcours différents et leur action ne s&#039;est pas faite au même niveau. [[Rina Nissim]], après son interruption de grossesse à 19 ans, trouve un tract dans un local d&#039;anarchiste. C&#039;est un tract du [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]] qui invite des femmes à les joindre dans leur groupe. [[Rina Nissim]] est intéressée et entre alors au [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]]. Elle est alors la plus jeune de la bande. Il n&#039;y avait pas de statut en tant que tel mais chacune apportait ses connaissances et son envie de se battre pour obtenir plus de droit pour la femme. Quant à [[Amélia Christinat]], elle agit plutôt a un niveau politique et va faire un long parcours en passant par le législatif, le cantonal puis le niveau national afin d&#039;apporter des changements reconnus dans toute la Suisse. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- &#039;&#039;&#039;Y a-t-il eu un événement originel? Pourriez vous nous raconter un ou des événements marquant que vous avez mené ou qui vous ont frappé dans cette période en faveur de ces droits ?&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;un des droits qui a frappé [[Rina Nissim]] dans cette période est l&#039;accès à l&#039;avortement libre et gratuit ainsi que l&#039;accès à la contraception. Elle explique que c&#039;est l’accessibilité à l&#039;avortement qui était problématique.Le planning familial a été une grande innovation mais n&#039;était pas encore présent dans les mentalités de tous, et ce, notamment chez les gynécologues qui n&#039;acceptaient pas tous de donner la pilule. Le [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]] faisait des listes des médecins qui étaient d&#039;accord de prescrire cette pilule et dirigeait les femmes au bon endroit. Cependant, elle ne nous décrit pas un événement très précis, une action qu&#039;elle a effectué qui a pu entraîner ces changements. C&#039;est néanmoins des manifestations importantes et à plusieurs reprises qui ont permis ces évolutions. [[Amélia Christinat]] considère aussi que le droit à l&#039;avortement est un événement phare de cette époque et ajoute que le droit de vote pour la femme est aussi l&#039;un des événements marquants. Elle donne comme exemple les luttes ouvrières françaises qui allaient en Belgique pour se faire avorter parce que c&#039;était défendu en France et qu&#039;elles n&#039;avaient pas d&#039;argent. C&#039;est un événement particulièrement marquant et touchant selon elle. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- &#039;&#039;&#039;Quels ont été les changements les plus importants auxquels vous ayez assisté ?&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Rina Nissim]] évoque plusieurs changements auxquels elle a pu assister. Elle parle de la libération des femmes. C&#039;est se considére comme un individu à part entière qui peut décidé de soi-même, d&#039;être un vrai sujet dans leur vie, dans leur sexualité, dans leur contraception, dans leur choix professionnel. D&#039;après elle, il y a donc eu plusieurs droit : celui de l&#039;avortement avec pour commencer le remboursement par les caisses maladies en 81, le droit au divorce, le divorce. [[Amélia Christinat]] ajoute à l&#039;ensemble de ces changements le droit de vote, en disant qu&#039;à partir du moment où nous avons le bulletin, c&#039;est quelque chose de très important puisque les femmes sont considérées comme une personne. Nous pouvons rattacher cela à l&#039;ensemble de cette étude qui étudie le droit des personnes. Dans le cas des différentes luttes pour le droit des femmes, nous cherchons à mettre en avant qu&#039;elles sont avant tout des personnes qui doivent avoir la liberté de choisir, de donner leur avis. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-&#039;&#039;&#039; Y a-t-il eu des valeurs que vous avez eu le sentiment d’avoir porter en avant et si oui lesquels  ?&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Différentes valeurs sont mises en avant par les deux femmes interrogées. C&#039;est le féminisme, l&#039;humanisme, le socialisme, l&#039;anarchisme. De manière générale l&#039;autonomie des femmes marqué par la réappropriation de son corps. Dans leur discours, les deux femmes montrent bien qu&#039;auparavant nous étions considérés comme femme de.., fille de... que les femmes ont toujours du être meilleure que les hommes. Elles devaient tout faire. De ce fait, les femmes n&#039;étaient pas des sujets en tant que telle. Ce n&#039;est qu&#039;après de nombreuses luttes que nous avons mis en avant le fait que les femmes soient avant tout des personnes à part entière. Elles ont maintenant le même statut, les mêmes droits que les hommes. Bien que comme le relève [[Rina Nissim]] et [[Amélia Christinat]] cela n&#039;est pas quelque chose d&#039;acquis, et cette évolution à tendance à reculer. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039; Mais qu’en est-il aujourd’hui de cette lutte et des acquis et des risques de retour en arrière ?&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le maître mot de ces deux femmes concernant cette lutte est que rien n&#039;est acquis. Il faut toujours se battre parce que les choses ont tendance à régresser. Aujourd&#039;hui le droit de vote, le droit d&#039;accès aux études est l&#039;un des points acquis. Cependant, la question de l&#039;avortement est remis en cause, et fait l&#039;objet de tension actuelles puisqu&#039;il est question de supprimer le remboursement des avortements. C&#039;est donc l&#039;une des causes pour lesquels il faut continuer à se battre et faire valoir ses droits si l&#039;on ne veut pas revenir en arrière.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Références bibliographiques ==&lt;br /&gt;
&amp;lt;references/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;&amp;lt;big&amp;gt;Vidéo :&amp;lt;/big&amp;gt;&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Roussopoulos Carole, &#039;&#039;Debout ! Une histoire du mouvement des femmes 1970-80&#039;&#039;, 1999. Consulté le 19 Novembre 2013 sur http://ballonsonde.org/wikiSonde/videos/Femmes_Debout.htm&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;&amp;lt;big&amp;gt;Documents scannés :&amp;lt;/big&amp;gt;&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
== Auteurs du chapitre ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Julie Petot&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Julie</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Documents&amp;diff=12800</id>
		<title>Documents</title>
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		<updated>2014-01-09T14:35:23Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Julie : /* Droit des Femmes */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;=== Droit des enfants ===&lt;br /&gt;
* [http://www.unicef.ch/sites/default/files/attachements/convention_relative_aux_droits_de_lenfant.pdf Convention relative aux droits de l&#039;enfant, 1989]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Droit des Femmes === &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
=== Droit des prisonniers ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Yvonne Bercher. (1995). Au-delà des murs: témoignage et recherche sur l’univers carcéral suisse romand. Éditions d&#039;en bas, Lausanne.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Les droits de l&#039;homme et les prisons. (2004). Manuel de formation aux droits de l&#039;homme à l&#039;intention du personnel pénitentiaire. Série sur la formation professionnelle n°11. NATIONS UNIES, New York et Genève.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Emine Eylem Aksoy Rétornaz. (2011). La sauvegarde des droits de l&#039;Homme dans l&#039;exécution de la peine privative de liberté, notamment en Suisse et en Turquie. Schulthess Médias, Juridiques SA : Genève.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Foucault, M. (1975). Surveiller et punir. Paris : Gallimard.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Favard, J. (1994). Les prisons. Flammarion : France.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* -, - (Hrsg.). (2006).  Luttes au pied de la lettre. Éditions d’en bas, Lausanne.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Droit des patients psychiatriques===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Cooper, D. (1970). &#039;&#039;Psychiatrie et anti-psychiatrie&#039;&#039;. Paris: Du Seuil.&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Droit des personnes en situation de handicap ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* [http://www.un.org/fr/documents/view_doc.asp?symbol=A/RES/3447%20%28XXX%29 Déclaration des droits des personnes handicapées], 1975&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*  Babette, handicapée méchante, Élisabeth Auerbacher, Editions Stock, Paris, 1982&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Droit des patients (à l&#039;hôpital) ===&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Besnier, J-M. (2011). « Les nouvelles technologies vont-elles réinventer l&#039;homme ? », Études, vol. 414, no 6,‎ p. 763-772.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* [[Basaglia]], F.(1970). [[L&#039;institution en négation - Basaglia| L&#039;institution en négation]]. Paris: Edition du Seuil.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* [[Basaglia]], F. :[[Qu&#039;est ce que la Psychiatrie ? (Basaglia)| Qu&#039;est ce que la psychiatrie ?]] &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Castel, F. (1976). &#039;&#039;L&#039;ordre psychiatrique : L&#039;âge d&#039;or de l&#039;aliénisme. Paris : Minuit.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Cooper, D. (1970). &#039;&#039;Psychiatrie et anti-psychiatrie&#039;&#039;. Paris: Du Seuil.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Duruz, N. (1994). &#039;&#039;Psychothérapie ou pychothérapies ?&#039;&#039;. Neuchâtel : Delachaux et Nestlé.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Foucault, M. (1963). &#039;&#039;Naissance de la Clinique&#039;&#039;. Paris : PUG.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Foucault, M. (1975). Surveiller et punir. Paris : Gallimard.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Illitch, Y. Une société sans école (1971) -&amp;gt; [[Une société sans école|Résumé]]&lt;br /&gt;
   &lt;br /&gt;
* Kessler, M. (2009).&amp;quot;Halbgötter in Schwarz und Weiss&amp;quot;, Rückblick auf einen Medizinskandal, der zum Justizskandal wurde. Zurich : Editions Xanthippe.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Ponchon, F. (1999). Les droits des patient à l&#039;hôpital. Que sais -je?. Paris : Editions Puf.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Recueil de droit fédéral suisse : http://www.admin.ch/bundesrecht/00566/index.html?lang=fr&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Site internet de l&#039;ONU, déclaration universelle des droits de l&#039;homme : http://www.un.org/fr/documents/udhr/&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Site de la Confédération Suisse =&amp;gt; convention européenne sur les droit de l&#039;homme et la bioéthique : http://www.ejpd.admin.ch/content/ejpd/fr/home/themen/gesellschaft/ref_gesetzgebung/ref_abgeschlossene_projekte0/ref_biomedizin.html&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Wikipédia : droit de l&#039;homme au niveau Européen : http://fr.wikipedia.org/wiki/Convention_europ%C3%A9enne_des_droits_de_l&#039;homme&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Wikipédia : transhumanisme =&amp;gt; http://fr.wikipedia.org/wiki/Transhumanisme&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Julie</name></author>
	</entry>
	<entry>
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		<title>Documents</title>
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		<updated>2014-01-09T14:34:34Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Julie : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;=== Droit des enfants ===&lt;br /&gt;
* [http://www.unicef.ch/sites/default/files/attachements/convention_relative_aux_droits_de_lenfant.pdf Convention relative aux droits de l&#039;enfant, 1989]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Droit des Femmes === &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Archives contestataires du MLF (1960-80) &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Droit des prisonniers ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Yvonne Bercher. (1995). Au-delà des murs: témoignage et recherche sur l’univers carcéral suisse romand. Éditions d&#039;en bas, Lausanne.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Les droits de l&#039;homme et les prisons. (2004). Manuel de formation aux droits de l&#039;homme à l&#039;intention du personnel pénitentiaire. Série sur la formation professionnelle n°11. NATIONS UNIES, New York et Genève.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Emine Eylem Aksoy Rétornaz. (2011). La sauvegarde des droits de l&#039;Homme dans l&#039;exécution de la peine privative de liberté, notamment en Suisse et en Turquie. Schulthess Médias, Juridiques SA : Genève.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Foucault, M. (1975). Surveiller et punir. Paris : Gallimard.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Favard, J. (1994). Les prisons. Flammarion : France.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* -, - (Hrsg.). (2006).  Luttes au pied de la lettre. Éditions d’en bas, Lausanne.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Droit des patients psychiatriques===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Cooper, D. (1970). &#039;&#039;Psychiatrie et anti-psychiatrie&#039;&#039;. Paris: Du Seuil.&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Droit des personnes en situation de handicap ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* [http://www.un.org/fr/documents/view_doc.asp?symbol=A/RES/3447%20%28XXX%29 Déclaration des droits des personnes handicapées], 1975&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*  Babette, handicapée méchante, Élisabeth Auerbacher, Editions Stock, Paris, 1982&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Droit des patients (à l&#039;hôpital) ===&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Besnier, J-M. (2011). « Les nouvelles technologies vont-elles réinventer l&#039;homme ? », Études, vol. 414, no 6,‎ p. 763-772.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* [[Basaglia]], F.(1970). [[L&#039;institution en négation - Basaglia| L&#039;institution en négation]]. Paris: Edition du Seuil.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* [[Basaglia]], F. :[[Qu&#039;est ce que la Psychiatrie ? (Basaglia)| Qu&#039;est ce que la psychiatrie ?]] &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Castel, F. (1976). &#039;&#039;L&#039;ordre psychiatrique : L&#039;âge d&#039;or de l&#039;aliénisme. Paris : Minuit.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Cooper, D. (1970). &#039;&#039;Psychiatrie et anti-psychiatrie&#039;&#039;. Paris: Du Seuil.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Duruz, N. (1994). &#039;&#039;Psychothérapie ou pychothérapies ?&#039;&#039;. Neuchâtel : Delachaux et Nestlé.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Foucault, M. (1963). &#039;&#039;Naissance de la Clinique&#039;&#039;. Paris : PUG.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Foucault, M. (1975). Surveiller et punir. Paris : Gallimard.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Illitch, Y. Une société sans école (1971) -&amp;gt; [[Une société sans école|Résumé]]&lt;br /&gt;
   &lt;br /&gt;
* Kessler, M. (2009).&amp;quot;Halbgötter in Schwarz und Weiss&amp;quot;, Rückblick auf einen Medizinskandal, der zum Justizskandal wurde. Zurich : Editions Xanthippe.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Ponchon, F. (1999). Les droits des patient à l&#039;hôpital. Que sais -je?. Paris : Editions Puf.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Recueil de droit fédéral suisse : http://www.admin.ch/bundesrecht/00566/index.html?lang=fr&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Site internet de l&#039;ONU, déclaration universelle des droits de l&#039;homme : http://www.un.org/fr/documents/udhr/&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Site de la Confédération Suisse =&amp;gt; convention européenne sur les droit de l&#039;homme et la bioéthique : http://www.ejpd.admin.ch/content/ejpd/fr/home/themen/gesellschaft/ref_gesetzgebung/ref_abgeschlossene_projekte0/ref_biomedizin.html&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Wikipédia : droit de l&#039;homme au niveau Européen : http://fr.wikipedia.org/wiki/Convention_europ%C3%A9enne_des_droits_de_l&#039;homme&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Wikipédia : transhumanisme =&amp;gt; http://fr.wikipedia.org/wiki/Transhumanisme&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Julie</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Conclusion_sur_les_droits_des_personnes&amp;diff=12798</id>
		<title>Conclusion sur les droits des personnes</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Conclusion_sur_les_droits_des_personnes&amp;diff=12798"/>
		<updated>2014-01-09T14:32:25Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Julie : /* Que sont les droits de la personne entre 1960-1980? */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;== Que sont les droits de la personne entre 1960-1980? ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous pouvons constater que ces droits se sont construits socialement et historiquement à partir de revendications égalitaires de minorités, souffrantes généralement :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* les enfants&lt;br /&gt;
* les femmes (paradoxalement)&lt;br /&gt;
* les prisonniers.&lt;br /&gt;
* les patients psychiatriques&lt;br /&gt;
* les personnes en situation de handicap&lt;br /&gt;
* Les patients dans les hôpitaux (victimes d&#039;abus d&#039;expérimentation).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des acteurs se sont donc mobilisés pour que ces personnes puissent acquérir les mêmes droits qui sont proclamés dans la Déclaration Universelle des Droits de l&#039;Homme. En effet, nous avons relevé à travers nos différents chapitres que les personnes militantes se mobilisaient pour le droit à l&#039;intégrité physique (femmes, prisonniers, patients) mais aussi pour le droit à l&#039;autodétermination (personne en situation de handicap) ou également pour  le droit à la parole, à l&#039;éducation, ... (enfants). Globalement c&#039;est une atteinte à l&#039;égalité que souhaite chacune de ces minorités. L&#039;émancipation de ces populations et la reconnaissance de leurs droits, en tant que personnes, en tant qu&#039;êtres humains, se sont souvent faites suite à une remise en question des institutions ou plus globalement de la société.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un certain nombre de constats peuvent être relevés:&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Pour avoir des droits il faut se battre pour les avoir; c&#039;est une lutte permanente ce n&#039;est jamais acquis.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Le temps de la construction des droits est un temps long pour les promoteurs, mais un temps court dans l&#039;histoire de la démocratie et de l&#039;humanité (1789).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Sur la question des droits, le risque est toujours présent de régression.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La prise de conscience de l&#039;égalité des individus quelques soient leur situation comme personne (droit à la parole, droit à l&#039;intégrité physique, droit de vote, dignité, consentement, participation, etc.).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Changement de &amp;quot;posture&amp;quot; par rapport à la revendication de droits pour des populations &amp;quot;marginalisées&amp;quot; (patients psychiatriques, handicapés, prisonniers).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Articulation entre droits de l&#039;homme et du citoyens et les droits envers une population spécifique (handicap. prisonniers, patients psychiatrique, etc.): les droits de la personne? les droits de l&#039;être humain?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Faire valoir ses droits (les connaître, les faire respecter, participer à leur application).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Le contexte: climat économique, contingence sociale et politique, &amp;quot;esprit du temps&amp;quot; de l&#039;après-guerre. Quid d&#039;aujourd&#039;hui === &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A travers nos différents chapitres sur les droits des personnes, nous avons constaté que toutes les mobilisations ont émergé à la suite de la seconde guerre mondiale. En effet, la Déclaration Universelle des Droits de l&#039;Homme, a permis de lutter contre les injustices qui se faisaient à l&#039;encontre des populations marginalisées (enfants, femmes, prisonniers, personne en situation de handicap, patients psychiatrique et patient à l&#039;hôpital). Plus particulièrement, nous avons vu que le jugement de Nuremberg, où des médecins nazis sont condamnés pour causer la mort et l&#039;humiliation d&#039;une minorité de la population, la population juive, a été déterminant dans la promotion des droits humains. Cette population était séquestrée pour faire des expériences en médecine sur eux.  L&#039;émergence des revendications de l&#039;après guerre en matière d&#039;égalités des femmes, de protection de l&#039;enfant, de droit des patients en psychiatrie, ainsi que de droits des prisonniers prennent pour cible la société de type capitaliste, inégalitaire – et dans laquelle les écarts socio-économiques tendent à se creuser – et ses institutions dites alors  &amp;quot;totalitaires&amp;quot;. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le contexte de l&#039;époque était favorable à des revendications, manifestations et soulèvements de populations pour les droits des opprimés. D&#039;ailleurs, la bonne croissance économique y a beaucoup contribué. Lorsque tout va bien pour eux, les gens ne sont-ils pas prêts à aider les plus démunis ? Certains acteurs précisent que lorsque la société est en période de crise, les droits des personnes acquis durant cette période (1960-1980) tendent à régresser. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous avons pu constaté que la lutte pour le droit des personnes (enfants, femmes, prisonniers, patients ...) a duré pour la plupart plus de trente ans. Parfois les acteurs se sont investit du début jusqu&#039;à l&#039;acquisition de ce droit ; dédiant une grande partie de leur vie à ce projet. C&#039;est pourquoi, marquée de luttes, la construction des droits de l&#039;homme est un temps long pour ces promoteurs, mais si nous le  plaçons sur un axe temporel plus large, ces luttes ne constituent qu&#039;une courte période dans l&#039;histoire de l&#039;humanité. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C&#039;est en fait la lutte d&#039;associations de minorités qui vont être à l&#039;origine de la reconnaissance de ces droits. Sans cette lutte point de progression pour l&#039;humanité. Nous remarquons, plus que jamais, aujourd&#039;hui, que cette lutte est permanente et n&#039;est jamais acquise. Plusieurs acteurs, dont nous avons eu la chance d&#039;écouter nous ont rappeler l&#039;importance de se mobiliser pour que ces droits restent actuel. Pour eux, la lutte ne doit cesser puisque sans une mobilisation de notre part, les droits qu&#039;ils ont acquis durement, vont rapidement régresser.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les populations dites « marginalisées » dont les femmes sont à tout égard celles qui allaient contribuer, à la fondation de la première association des droits de patients en Suisse. Ce fut donc justement ces femmes qui s’uniront pour être écouter. Ce sont elles qui se sont questionnées et qui ont de près vécu une situation d’injustice. Une situation dont les droits de patients ne s’exerçaient pas. Pour la parenté d’un proche voir que le médecin décidait à sa place sur la santé de leur proche n’était pas anodin mais injuste.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous voyons toutefois que l&#039;homme lutte pour la reconnaissance d&#039;être traité de manière égalitaire à tout un chacun qui passe par des ordonnances ou des chartes mais qui peuvent être contournées si la propre personne ne connait pas les conséquences graves de la transgression de ses droits. C&#039;est seulement lorsqu’une affaire se fait publique que les autorités réagissent pour calmer le scandale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais, aujourd&#039;hui, en pleine crise économique, les mentalités se transforment. Passant d&#039;un &amp;quot;je vais bien, il faut que j&#039;aide l&#039;autre&amp;quot; à un &amp;quot;je vais mal, c&#039;est la faute de l&#039;autre&amp;quot;. Néanmoins, d&#039;autres militants partent au combat et modifie le cap. On considère de plus en plus que le lésé est le citoyen lambda, celui qui a été objet des considérations offertes aux minorités. Par conséquence, certains considèrent qu&#039;ils ont assez obtenu. Nous avons pu l&#039;observer lors des débats autour du mariage gay en France. La forte opposition observée démontre bien d&#039;un &amp;quot;battement d&#039;aile&amp;quot; du combat pour les droits des minorités. Finalement, tous les courants de l&#039;époque que nous avons étudiés, ceux qui se battaient pour l&#039;égalité des droits pour tous, sont bousculés aujourd&#039;hui. Concernant le mariage gay, les arguments de l&#039;opposition illustre ce propos : les personnes homosexuelles ont déjà le PACS. Le mariage c&#039;est sacré. Le premier point parle du fait que le peuple a déjà &amp;quot;offert&amp;quot; des droits à cette population minoritaire et que c&#039;est suffisant. Le deuxième point avance le fait que les homosexuels ne peuvent pas disposer des mêmes droits : le mariage est réservé aux hétérosexuels. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme il a été remarqué avec les droits des patients à l&#039;hôpital ou le droit des prisonniers, une régression est toujours possible, généralement marquée par une stigmatisation de ces minorités ou une volonté d&#039;en contrôler la dynamique. Le droit des femmes pour l&#039;avortement est lui actuellement en train de faire débat, puisqu&#039;une votation aura lieu d&#039;ici quelque mois sur le non-remboursement par les caisses maladies de celui-ci. Nous revenons donc vers un statut des opprimés dans une société qui a guère de révolutionnaires des droits de la personne mais plutôt des opprimés, des persécutés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le cas récent de l&#039;Espagne illustre parfaitement la possibilité de régression. Dans la majorité des pays de l&#039;Union Européenne, l&#039;avortement est autorisé. L&#039;Espagne vient tout juste de sortir de cette majorité en modifiant la loi sur l&#039;avortement. Désormais, l&#039;avortement est interdit sauf dans quelques cas : &lt;br /&gt;
* en cas de danger physique encourus par la femme. Ce point devra avoir été vérifié par deux médecins différents et étrangers à l&#039;établissement où prendra place l&#039;avortement.&lt;br /&gt;
* en cas de viol mais à condition que la femme ait porté plainte.&lt;br /&gt;
* en cas de malformation fœtale.&lt;br /&gt;
Enfin, pour qu&#039;une mineure puisse avorter, l&#039;accord des parents sera nécessaire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est certain que, malheureusement, toutes les revendications finissent par s’essouffler. Les gens ne peuvent se battre pour une cause indéfiniment. Au bout d&#039;un certain temps, on se convainc que ce que l&#039;on a obtenu est suffisant et on arrête de se battre. Ou on arrête parce qu&#039;on est fatigué. Et la relève n&#039;est pas toujours là. Par contre, du moment qu&#039;un mouvement militant s&#039;essouffle, il y a des chances pour que le parti opposé se relève et effectue le combat inverse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce sont justement ces minorités de personnes qui en s&#039;associant, ont fait valoir leurs droits et les ont revendiqué. Ils font, d&#039;ailleurs, réfléchir, les faire connaître à une partie de la société qui guette de loin la réalité de l&#039;application de leurs droits.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Et les sciences de l&#039;éducation dans tout ça? ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les rencontres que nous avons faites avec ces militants d&#039;une autre époque nous ont permis d&#039;alimenter nos réflexion sur le domaine des droits de la personne entre 1960 et 1980. Nous avons surtout relevé la fougue et la passion de ces militants en faveur d&#039;autrui. C&#039;est une belle leçon d&#039;humanité que nous avons eu, puisque par leur mobilisation ils ont pu faire changer les conditions des personnes marginalisées. Nous qui avons choisi une filière sociale et qui souhaitons plus tard intervenir auprès de personnes fragilisées, cette expérience nous a appris qu&#039;il faut s&#039;engager &amp;quot;à fond&amp;quot; pour la cause que nous défendons si nous voulons qu&#039;il y ait du changement. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des auteurs, comme Illich, préconisaient une société sans école, où l&#039;on apprendrait, directement d&#039;autrui, inséré dans un réseau, au gré de nos besoins éducatifs. La personne irait trouver les connaissances dont elle a besoin dans un réseau de connaissances et d&#039;individus, pédagogues, comme elle, en puissance. Nous constatons, également, que dans une même revendication d&#039;égalité et de remise en question des institutions, des auteurs comme Foucault dénoncent l&#039;autoritarisme d&#039;institutions comme la médecine qui en fait exerce un vrai pouvoir policier sur les personnes. Toute institution se construit socialement. Il en est de même pour la médecine qui s&#039;éloigne volontairement du patient, en adoptant une posture d&#039;expertise. Ce dernier ne construit pas le savoir médical avec le médecin, il ne connait souvent pas les méthodes de recherches concernant cet art. Or il pourrait, en aller autrement, notamment en permettant aux hommes d&#039;apprendre davantage sur la médecine et ses méthodes de construction du savoir. Le patient est avant tout une personne, comme l&#039;est d&#039;ailleurs le médecin. C&#039;est pourquoi cette dyade doit s&#039;évertuer à construire ensemble un savoir médical compréhensible par tout-un-chacun.  Telle est la condition, telle que visionnée par Illich, pour que l&#039;homme se connaisse davantage lui-même, c&#039;est-à-dire se réapproprie ce regard sur lui-même.&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Julie</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Conclusion_sur_les_droits_des_personnes&amp;diff=12797</id>
		<title>Conclusion sur les droits des personnes</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Conclusion_sur_les_droits_des_personnes&amp;diff=12797"/>
		<updated>2014-01-09T14:24:29Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Julie : /* Que sont les droits de la personne entre 1960-1980? */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;== Que sont les droits de la personne entre 1960-1980? ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous pouvons constater que ces droits se sont construits socialement et historiquement à partir de revendications égalitaires de minorités, souffrantes généralement :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* les enfants&lt;br /&gt;
* les femmes (paradoxalement)&lt;br /&gt;
* les prisonniers.&lt;br /&gt;
* les patients psychiatriques&lt;br /&gt;
* les personnes en situation de handicap&lt;br /&gt;
* Les patients dans les hôpitaux (victimes d&#039;abus d&#039;expérimentation).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des acteurs se sont donc mobilisés pour que ces personnes puissent acquérir les mêmes droits qui sont proclamés dans la Déclaration Universelle des Droits de l&#039;Homme. En effet, nous avons relevé à travers nos différents chapitres que les personnes militantes souhaitaient le droit à l&#039;intégrité physique (femmes, prisonniers, patients) mais aussi le droit à &lt;br /&gt;
L&#039;émancipation de ces populations et la reconnaissance de leurs droits, en tant que personnes, en tant qu&#039;êtres humains, se sont souvent faites suite à une remise en question des institutions. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un certain nombre de constat peut être relevé:&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Pour avoir des droits il faut se battre pour les avoir; c&#039;est une lutte permanente ce n&#039;est jamais acquis.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Le temps de la construction des droits est un temps long pour les promoteurs, mais un temps court dans l&#039;histoire de la démocratie et de l&#039;humanité (1789).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Sur la question des droits, le risque est toujours présent de régression.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La prise de conscience de l&#039;égalité des individus quelques soient leur situation comme personne (droit à la parole, droit à l&#039;intégrité physique, droit de vote, dignité, consentement, participation, etc.).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Changement de &amp;quot;posture&amp;quot; par rapport à la revendication de droits pour des populations &amp;quot;marginalisées&amp;quot; (patients psychiatriques, handicapés, prisonniers).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Articulation entre droits de l&#039;homme et du citoyens et les droits envers une population spécifique (handicap. prisonniers, patients psychiatrique, etc.): les droits de la personne? les droits de l&#039;être humain?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Faire valoir ses droits (les connaître, les faire respecter, participer à leur application).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Le contexte: climat économique, contingence sociale et politique, &amp;quot;esprit du temps&amp;quot; de l&#039;après-guerre. Quid d&#039;aujourd&#039;hui === &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A travers nos différents chapitres sur les droits des personnes, nous avons constaté que toutes les mobilisations ont émergé à la suite de la seconde guerre mondiale. En effet, la Déclaration Universelle des Droits de l&#039;Homme, a permis de lutter contre les injustices qui se faisaient à l&#039;encontre des populations marginalisées (enfants, femmes, prisonniers, personne en situation de handicap, patients psychiatrique et patient à l&#039;hôpital). Plus particulièrement, nous avons vu que le jugement de Nuremberg, où des médecins nazis sont condamnés pour causer la mort et l&#039;humiliation d&#039;une minorité de la population, la population juive, a été déterminant dans la promotion des droits humains. Cette population était séquestrée pour faire des expériences en médecine sur eux.  L&#039;émergence des revendications de l&#039;après guerre en matière d&#039;égalités des femmes, de protection de l&#039;enfant, de droit des patients en psychiatrie, ainsi que de droits des prisonniers prennent pour cible la société de type capitaliste, inégalitaire – et dans laquelle les écarts socio-économiques tendent à se creuser – et ses institutions dites alors  &amp;quot;totalitaires&amp;quot;. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le contexte de l&#039;époque était favorable à des revendications, manifestations et soulèvements de populations pour les droits des opprimés. D&#039;ailleurs, la bonne croissance économique y a beaucoup contribué. Lorsque tout va bien pour eux, les gens ne sont-ils pas prêts à aider les plus démunis ? Certains acteurs précisent que lorsque la société est en période de crise, les droits des personnes acquis durant cette période (1960-1980) tendent à régresser. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous avons pu constaté que la lutte pour le droit des personnes (enfants, femmes, prisonniers, patients ...) a duré pour la plupart plus de trente ans. Parfois les acteurs se sont investit du début jusqu&#039;à l&#039;acquisition de ce droit ; dédiant une grande partie de leur vie à ce projet. C&#039;est pourquoi, marquée de luttes, la construction des droits de l&#039;homme est un temps long pour ces promoteurs, mais si nous le  plaçons sur un axe temporel plus large, ces luttes ne constituent qu&#039;une courte période dans l&#039;histoire de l&#039;humanité. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C&#039;est en fait la lutte d&#039;associations de minorités qui vont être à l&#039;origine de la reconnaissance de ces droits. Sans cette lutte point de progression pour l&#039;humanité. Nous remarquons, plus que jamais, aujourd&#039;hui, que cette lutte est permanente et n&#039;est jamais acquise. Plusieurs acteurs, dont nous avons eu la chance d&#039;écouter nous ont rappeler l&#039;importance de se mobiliser pour que ces droits restent actuel. Pour eux, la lutte ne doit cesser puisque sans une mobilisation de notre part, les droits qu&#039;ils ont acquis durement, vont rapidement régresser.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les populations dites « marginalisées » dont les femmes sont à tout égard celles qui allaient contribuer, à la fondation de la première association des droits de patients en Suisse. Ce fut donc justement ces femmes qui s’uniront pour être écouter. Ce sont elles qui se sont questionnées et qui ont de près vécu une situation d’injustice. Une situation dont les droits de patients ne s’exerçaient pas. Pour la parenté d’un proche voir que le médecin décidait à sa place sur la santé de leur proche n’était pas anodin mais injuste.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous voyons toutefois que l&#039;homme lutte pour la reconnaissance d&#039;être traité de manière égalitaire à tout un chacun qui passe par des ordonnances ou des chartes mais qui peuvent être contournées si la propre personne ne connait pas les conséquences graves de la transgression de ses droits. C&#039;est seulement lorsqu’une affaire se fait publique que les autorités réagissent pour calmer le scandale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais, aujourd&#039;hui, en pleine crise économique, les mentalités se transforment. Passant d&#039;un &amp;quot;je vais bien, il faut que j&#039;aide l&#039;autre&amp;quot; à un &amp;quot;je vais mal, c&#039;est la faute de l&#039;autre&amp;quot;. Néanmoins, d&#039;autres militants partent au combat et modifie le cap. On considère de plus en plus que le lésé est le citoyen lambda, celui qui a été objet des considérations offertes aux minorités. Par conséquence, certains considèrent qu&#039;ils ont assez obtenu. Nous avons pu l&#039;observer lors des débats autour du mariage gay en France. La forte opposition observée démontre bien d&#039;un &amp;quot;battement d&#039;aile&amp;quot; du combat pour les droits des minorités. Finalement, tous les courants de l&#039;époque que nous avons étudiés, ceux qui se battaient pour l&#039;égalité des droits pour tous, sont bousculés aujourd&#039;hui. Concernant le mariage gay, les arguments de l&#039;opposition illustre ce propos : les personnes homosexuelles ont déjà le PACS. Le mariage c&#039;est sacré. Le premier point parle du fait que le peuple a déjà &amp;quot;offert&amp;quot; des droits à cette population minoritaire et que c&#039;est suffisant. Le deuxième point avance le fait que les homosexuels ne peuvent pas disposer des mêmes droits : le mariage est réservé aux hétérosexuels. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme il a été remarqué avec les droits des patients à l&#039;hôpital ou le droit des prisonniers, une régression est toujours possible, généralement marquée par une stigmatisation de ces minorités ou une volonté d&#039;en contrôler la dynamique. Le droit des femmes pour l&#039;avortement est lui actuellement en train de faire débat, puisqu&#039;une votation aura lieu d&#039;ici quelque mois sur le non-remboursement par les caisses maladies de celui-ci. Nous revenons donc vers un statut des opprimés dans une société qui a guère de révolutionnaires des droits de la personne mais plutôt des opprimés, des persécutés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le cas récent de l&#039;Espagne illustre parfaitement la possibilité de régression. Dans la majorité des pays de l&#039;Union Européenne, l&#039;avortement est autorisé. L&#039;Espagne vient tout juste de sortir de cette majorité en modifiant la loi sur l&#039;avortement. Désormais, l&#039;avortement est interdit sauf dans quelques cas : &lt;br /&gt;
* en cas de danger physique encourus par la femme. Ce point devra avoir été vérifié par deux médecins différents et étrangers à l&#039;établissement où prendra place l&#039;avortement.&lt;br /&gt;
* en cas de viol mais à condition que la femme ait porté plainte.&lt;br /&gt;
* en cas de malformation fœtale.&lt;br /&gt;
Enfin, pour qu&#039;une mineure puisse avorter, l&#039;accord des parents sera nécessaire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est certain que, malheureusement, toutes les revendications finissent par s’essouffler. Les gens ne peuvent se battre pour une cause indéfiniment. Au bout d&#039;un certain temps, on se convainc que ce que l&#039;on a obtenu est suffisant et on arrête de se battre. Ou on arrête parce qu&#039;on est fatigué. Et la relève n&#039;est pas toujours là. Par contre, du moment qu&#039;un mouvement militant s&#039;essouffle, il y a des chances pour que le parti opposé se relève et effectue le combat inverse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce sont justement ces minorités de personnes qui en s&#039;associant, ont fait valoir leurs droits et les ont revendiqué. Ils font, d&#039;ailleurs, réfléchir, les faire connaître à une partie de la société qui guette de loin la réalité de l&#039;application de leurs droits.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Et les sciences de l&#039;éducation dans tout ça? ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les rencontres que nous avons faites avec ces militants d&#039;une autre époque nous ont permis d&#039;alimenter nos réflexion sur le domaine des droits de la personne entre 1960 et 1980. Nous avons surtout relevé la fougue et la passion de ces militants en faveur d&#039;autrui. C&#039;est une belle leçon d&#039;humanité que nous avons eu, puisque par leur mobilisation ils ont pu faire changer les conditions des personnes marginalisées. Nous qui avons choisi une filière sociale et qui souhaitons plus tard intervenir auprès de personnes fragilisées, cette expérience nous a appris qu&#039;il faut s&#039;engager &amp;quot;à fond&amp;quot; pour la cause que nous défendons si nous voulons qu&#039;il y ait du changement. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des auteurs, comme Illich, préconisaient une société sans école, où l&#039;on apprendrait, directement d&#039;autrui, inséré dans un réseau, au gré de nos besoins éducatifs. La personne irait trouver les connaissances dont elle a besoin dans un réseau de connaissances et d&#039;individus, pédagogues, comme elle, en puissance. Nous constatons, également, que dans une même revendication d&#039;égalité et de remise en question des institutions, des auteurs comme Foucault dénoncent l&#039;autoritarisme d&#039;institutions comme la médecine qui en fait exerce un vrai pouvoir policier sur les personnes. Toute institution se construit socialement. Il en est de même pour la médecine qui s&#039;éloigne volontairement du patient, en adoptant une posture d&#039;expertise. Ce dernier ne construit pas le savoir médical avec le médecin, il ne connait souvent pas les méthodes de recherches concernant cet art. Or il pourrait, en aller autrement, notamment en permettant aux hommes d&#039;apprendre davantage sur la médecine et ses méthodes de construction du savoir. Le patient est avant tout une personne, comme l&#039;est d&#039;ailleurs le médecin. C&#039;est pourquoi cette dyade doit s&#039;évertuer à construire ensemble un savoir médical compréhensible par tout-un-chacun.  Telle est la condition, telle que visionnée par Illich, pour que l&#039;homme se connaisse davantage lui-même, c&#039;est-à-dire se réapproprie ce regard sur lui-même.&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Julie</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Conclusion_sur_les_droits_des_personnes&amp;diff=12796</id>
		<title>Conclusion sur les droits des personnes</title>
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		<updated>2014-01-09T14:21:06Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Julie : /* Et les sciences de l&amp;#039;éducation dans tout ça? */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;== Que sont les droits de la personne entre 1960-1980? ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous pouvons constater que ces droits se sont construits socialement et historiquement à partir de revendications égalitaires de minorités, souffrantes généralement :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* les enfants&lt;br /&gt;
* les femmes (paradoxalement)&lt;br /&gt;
* les prisonniers.&lt;br /&gt;
* les patients psychiatriques&lt;br /&gt;
* les personnes en situation de handicap&lt;br /&gt;
* Les patients dans les hôpitaux (victimes d&#039;abus d&#039;expérimentation).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;émancipation de ces populations et la reconnaissance de leurs droits, en tant que personnes, en tant qu&#039;êtres humains, se sont souvent faites suite à une remise en question des institutions. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un certain nombre de constat peut être relevé:&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour avoir des droits il faut se battre pour les avoir; c&#039;est une lutte permanente ce n&#039;est jamais acquis.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le temps de la construction des droits est un temps long pour les promoteurs, mais un temps court dans l&#039;histoire de la démocratie et de l&#039;humanité (1789).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sur la question des droits, le risque est toujours présent de régression.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La prise de conscience de l&#039;égalité des individus quelques soient leur situation comme personne (droit à la parole, droit à l&#039;intégrité physique, droit de vote, dignité, consentement, participation, etc.).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Changement de &amp;quot;posture&amp;quot; par rapport à la revendication de droits pour des populations &amp;quot;marginalisées&amp;quot; (patients psychiatriques, handicapés, prisonniers).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Articulation entre droits de l&#039;homme et du citoyens et les droits envers une population spécifique (handicap. prisonniers, patients psychiatrique, etc.): les droits de la personne? les droits de l&#039;être humain?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Faire valoir ses droits (les connaître, les faire respecter, participer à leur application).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Le contexte: climat économique, contingence sociale et politique, &amp;quot;esprit du temps&amp;quot; de l&#039;après-guerre. Quid d&#039;aujourd&#039;hui === &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A travers nos différents chapitres sur les droits des personnes, nous avons constaté que toutes les mobilisations ont émergé à la suite de la seconde guerre mondiale. En effet, la Déclaration Universelle des Droits de l&#039;Homme, a permis de lutter contre les injustices qui se faisaient à l&#039;encontre des populations marginalisées (enfants, femmes, prisonniers, personne en situation de handicap, patients psychiatrique et patient à l&#039;hôpital). Plus particulièrement, nous avons vu que le jugement de Nuremberg, où des médecins nazis sont condamnés pour causer la mort et l&#039;humiliation d&#039;une minorité de la population, la population juive, a été déterminant dans la promotion des droits humains. Cette population était séquestrée pour faire des expériences en médecine sur eux.  L&#039;émergence des revendications de l&#039;après guerre en matière d&#039;égalités des femmes, de protection de l&#039;enfant, de droit des patients en psychiatrie, ainsi que de droits des prisonniers prennent pour cible la société de type capitaliste, inégalitaire – et dans laquelle les écarts socio-économiques tendent à se creuser – et ses institutions dites alors  &amp;quot;totalitaires&amp;quot;. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le contexte de l&#039;époque était favorable à des revendications, manifestations et soulèvements de populations pour les droits des opprimés. D&#039;ailleurs, la bonne croissance économique y a beaucoup contribué. Lorsque tout va bien pour eux, les gens ne sont-ils pas prêts à aider les plus démunis ? Certains acteurs précisent que lorsque la société est en période de crise, les droits des personnes acquis durant cette période (1960-1980) tendent à régresser. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous avons pu constaté que la lutte pour le droit des personnes (enfants, femmes, prisonniers, patients ...) a duré pour la plupart plus de trente ans. Parfois les acteurs se sont investit du début jusqu&#039;à l&#039;acquisition de ce droit ; dédiant une grande partie de leur vie à ce projet. C&#039;est pourquoi, marquée de luttes, la construction des droits de l&#039;homme est un temps long pour ces promoteurs, mais si nous le  plaçons sur un axe temporel plus large, ces luttes ne constituent qu&#039;une courte période dans l&#039;histoire de l&#039;humanité. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C&#039;est en fait la lutte d&#039;associations de minorités qui vont être à l&#039;origine de la reconnaissance de ces droits. Sans cette lutte point de progression pour l&#039;humanité. Nous remarquons, plus que jamais, aujourd&#039;hui, que cette lutte est permanente et n&#039;est jamais acquise. Plusieurs acteurs, dont nous avons eu la chance d&#039;écouter nous ont rappeler l&#039;importance de se mobiliser pour que ces droits restent actuel. Pour eux, la lutte ne doit cesser puisque sans une mobilisation de notre part, les droits qu&#039;ils ont acquis durement, vont rapidement régresser.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les populations dites « marginalisées » dont les femmes sont à tout égard celles qui allaient contribuer, à la fondation de la première association des droits de patients en Suisse. Ce fut donc justement ces femmes qui s’uniront pour être écouter. Ce sont elles qui se sont questionnées et qui ont de près vécu une situation d’injustice. Une situation dont les droits de patients ne s’exerçaient pas. Pour la parenté d’un proche voir que le médecin décidait à sa place sur la santé de leur proche n’était pas anodin mais injuste.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous voyons toutefois que l&#039;homme lutte pour la reconnaissance d&#039;être traité de manière égalitaire à tout un chacun qui passe par des ordonnances ou des chartes mais qui peuvent être contournées si la propre personne ne connait pas les conséquences graves de la transgression de ses droits. C&#039;est seulement lorsqu’une affaire se fait publique que les autorités réagissent pour calmer le scandale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais, aujourd&#039;hui, en pleine crise économique, les mentalités se transforment. Passant d&#039;un &amp;quot;je vais bien, il faut que j&#039;aide l&#039;autre&amp;quot; à un &amp;quot;je vais mal, c&#039;est la faute de l&#039;autre&amp;quot;. Néanmoins, d&#039;autres militants partent au combat et modifie le cap. On considère de plus en plus que le lésé est le citoyen lambda, celui qui a été objet des considérations offertes aux minorités. Par conséquence, certains considèrent qu&#039;ils ont assez obtenu. Nous avons pu l&#039;observer lors des débats autour du mariage gay en France. La forte opposition observée démontre bien d&#039;un &amp;quot;battement d&#039;aile&amp;quot; du combat pour les droits des minorités. Finalement, tous les courants de l&#039;époque que nous avons étudiés, ceux qui se battaient pour l&#039;égalité des droits pour tous, sont bousculés aujourd&#039;hui. Concernant le mariage gay, les arguments de l&#039;opposition illustre ce propos : les personnes homosexuelles ont déjà le PACS. Le mariage c&#039;est sacré. Le premier point parle du fait que le peuple a déjà &amp;quot;offert&amp;quot; des droits à cette population minoritaire et que c&#039;est suffisant. Le deuxième point avance le fait que les homosexuels ne peuvent pas disposer des mêmes droits : le mariage est réservé aux hétérosexuels. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme il a été remarqué avec les droits des patients à l&#039;hôpital ou le droit des prisonniers, une régression est toujours possible, généralement marquée par une stigmatisation de ces minorités ou une volonté d&#039;en contrôler la dynamique. Le droit des femmes pour l&#039;avortement est lui actuellement en train de faire débat, puisqu&#039;une votation aura lieu d&#039;ici quelque mois sur le non-remboursement par les caisses maladies de celui-ci. Nous revenons donc vers un statut des opprimés dans une société qui a guère de révolutionnaires des droits de la personne mais plutôt des opprimés, des persécutés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le cas récent de l&#039;Espagne illustre parfaitement la possibilité de régression. Dans la majorité des pays de l&#039;Union Européenne, l&#039;avortement est autorisé. L&#039;Espagne vient tout juste de sortir de cette majorité en modifiant la loi sur l&#039;avortement. Désormais, l&#039;avortement est interdit sauf dans quelques cas : &lt;br /&gt;
* en cas de danger physique encourus par la femme. Ce point devra avoir été vérifié par deux médecins différents et étrangers à l&#039;établissement où prendra place l&#039;avortement.&lt;br /&gt;
* en cas de viol mais à condition que la femme ait porté plainte.&lt;br /&gt;
* en cas de malformation fœtale.&lt;br /&gt;
Enfin, pour qu&#039;une mineure puisse avorter, l&#039;accord des parents sera nécessaire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est certain que, malheureusement, toutes les revendications finissent par s’essouffler. Les gens ne peuvent se battre pour une cause indéfiniment. Au bout d&#039;un certain temps, on se convainc que ce que l&#039;on a obtenu est suffisant et on arrête de se battre. Ou on arrête parce qu&#039;on est fatigué. Et la relève n&#039;est pas toujours là. Par contre, du moment qu&#039;un mouvement militant s&#039;essouffle, il y a des chances pour que le parti opposé se relève et effectue le combat inverse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce sont justement ces minorités de personnes qui en s&#039;associant, ont fait valoir leurs droits et les ont revendiqué. Ils font, d&#039;ailleurs, réfléchir, les faire connaître à une partie de la société qui guette de loin la réalité de l&#039;application de leurs droits.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Et les sciences de l&#039;éducation dans tout ça? ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les rencontres que nous avons faites avec ces militants d&#039;une autre époque nous ont permis d&#039;alimenter nos réflexion sur le domaine des droits de la personne entre 1960 et 1980. Nous avons surtout relevé la fougue et la passion de ces militants en faveur d&#039;autrui. C&#039;est une belle leçon d&#039;humanité que nous avons eu, puisque par leur mobilisation ils ont pu faire changer les conditions des personnes marginalisées. Nous qui avons choisi une filière sociale et qui souhaitons plus tard intervenir auprès de personnes fragilisées, cette expérience nous a appris qu&#039;il faut s&#039;engager &amp;quot;à fond&amp;quot; pour la cause que nous défendons si nous voulons qu&#039;il y ait du changement. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des auteurs, comme Illich, préconisaient une société sans école, où l&#039;on apprendrait, directement d&#039;autrui, inséré dans un réseau, au gré de nos besoins éducatifs. La personne irait trouver les connaissances dont elle a besoin dans un réseau de connaissances et d&#039;individus, pédagogues, comme elle, en puissance. Nous constatons, également, que dans une même revendication d&#039;égalité et de remise en question des institutions, des auteurs comme Foucault dénoncent l&#039;autoritarisme d&#039;institutions comme la médecine qui en fait exerce un vrai pouvoir policier sur les personnes. Toute institution se construit socialement. Il en est de même pour la médecine qui s&#039;éloigne volontairement du patient, en adoptant une posture d&#039;expertise. Ce dernier ne construit pas le savoir médical avec le médecin, il ne connait souvent pas les méthodes de recherches concernant cet art. Or il pourrait, en aller autrement, notamment en permettant aux hommes d&#039;apprendre davantage sur la médecine et ses méthodes de construction du savoir. Le patient est avant tout une personne, comme l&#039;est d&#039;ailleurs le médecin. C&#039;est pourquoi cette dyade doit s&#039;évertuer à construire ensemble un savoir médical compréhensible par tout-un-chacun.  Telle est la condition, telle que visionnée par Illich, pour que l&#039;homme se connaisse davantage lui-même, c&#039;est-à-dire se réapproprie ce regard sur lui-même.&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Julie</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Conclusion_sur_les_droits_des_personnes&amp;diff=12795</id>
		<title>Conclusion sur les droits des personnes</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Conclusion_sur_les_droits_des_personnes&amp;diff=12795"/>
		<updated>2014-01-09T14:20:53Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Julie : /* Et les sciences de l&amp;#039;éducation dans tout ça? */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;== Que sont les droits de la personne entre 1960-1980? ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous pouvons constater que ces droits se sont construits socialement et historiquement à partir de revendications égalitaires de minorités, souffrantes généralement :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* les enfants&lt;br /&gt;
* les femmes (paradoxalement)&lt;br /&gt;
* les prisonniers.&lt;br /&gt;
* les patients psychiatriques&lt;br /&gt;
* les personnes en situation de handicap&lt;br /&gt;
* Les patients dans les hôpitaux (victimes d&#039;abus d&#039;expérimentation).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;émancipation de ces populations et la reconnaissance de leurs droits, en tant que personnes, en tant qu&#039;êtres humains, se sont souvent faites suite à une remise en question des institutions. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un certain nombre de constat peut être relevé:&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour avoir des droits il faut se battre pour les avoir; c&#039;est une lutte permanente ce n&#039;est jamais acquis.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le temps de la construction des droits est un temps long pour les promoteurs, mais un temps court dans l&#039;histoire de la démocratie et de l&#039;humanité (1789).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sur la question des droits, le risque est toujours présent de régression.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La prise de conscience de l&#039;égalité des individus quelques soient leur situation comme personne (droit à la parole, droit à l&#039;intégrité physique, droit de vote, dignité, consentement, participation, etc.).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Changement de &amp;quot;posture&amp;quot; par rapport à la revendication de droits pour des populations &amp;quot;marginalisées&amp;quot; (patients psychiatriques, handicapés, prisonniers).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Articulation entre droits de l&#039;homme et du citoyens et les droits envers une population spécifique (handicap. prisonniers, patients psychiatrique, etc.): les droits de la personne? les droits de l&#039;être humain?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Faire valoir ses droits (les connaître, les faire respecter, participer à leur application).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Le contexte: climat économique, contingence sociale et politique, &amp;quot;esprit du temps&amp;quot; de l&#039;après-guerre. Quid d&#039;aujourd&#039;hui === &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A travers nos différents chapitres sur les droits des personnes, nous avons constaté que toutes les mobilisations ont émergé à la suite de la seconde guerre mondiale. En effet, la Déclaration Universelle des Droits de l&#039;Homme, a permis de lutter contre les injustices qui se faisaient à l&#039;encontre des populations marginalisées (enfants, femmes, prisonniers, personne en situation de handicap, patients psychiatrique et patient à l&#039;hôpital). Plus particulièrement, nous avons vu que le jugement de Nuremberg, où des médecins nazis sont condamnés pour causer la mort et l&#039;humiliation d&#039;une minorité de la population, la population juive, a été déterminant dans la promotion des droits humains. Cette population était séquestrée pour faire des expériences en médecine sur eux.  L&#039;émergence des revendications de l&#039;après guerre en matière d&#039;égalités des femmes, de protection de l&#039;enfant, de droit des patients en psychiatrie, ainsi que de droits des prisonniers prennent pour cible la société de type capitaliste, inégalitaire – et dans laquelle les écarts socio-économiques tendent à se creuser – et ses institutions dites alors  &amp;quot;totalitaires&amp;quot;. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le contexte de l&#039;époque était favorable à des revendications, manifestations et soulèvements de populations pour les droits des opprimés. D&#039;ailleurs, la bonne croissance économique y a beaucoup contribué. Lorsque tout va bien pour eux, les gens ne sont-ils pas prêts à aider les plus démunis ? Certains acteurs précisent que lorsque la société est en période de crise, les droits des personnes acquis durant cette période (1960-1980) tendent à régresser. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous avons pu constaté que la lutte pour le droit des personnes (enfants, femmes, prisonniers, patients ...) a duré pour la plupart plus de trente ans. Parfois les acteurs se sont investit du début jusqu&#039;à l&#039;acquisition de ce droit ; dédiant une grande partie de leur vie à ce projet. C&#039;est pourquoi, marquée de luttes, la construction des droits de l&#039;homme est un temps long pour ces promoteurs, mais si nous le  plaçons sur un axe temporel plus large, ces luttes ne constituent qu&#039;une courte période dans l&#039;histoire de l&#039;humanité. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C&#039;est en fait la lutte d&#039;associations de minorités qui vont être à l&#039;origine de la reconnaissance de ces droits. Sans cette lutte point de progression pour l&#039;humanité. Nous remarquons, plus que jamais, aujourd&#039;hui, que cette lutte est permanente et n&#039;est jamais acquise. Plusieurs acteurs, dont nous avons eu la chance d&#039;écouter nous ont rappeler l&#039;importance de se mobiliser pour que ces droits restent actuel. Pour eux, la lutte ne doit cesser puisque sans une mobilisation de notre part, les droits qu&#039;ils ont acquis durement, vont rapidement régresser.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les populations dites « marginalisées » dont les femmes sont à tout égard celles qui allaient contribuer, à la fondation de la première association des droits de patients en Suisse. Ce fut donc justement ces femmes qui s’uniront pour être écouter. Ce sont elles qui se sont questionnées et qui ont de près vécu une situation d’injustice. Une situation dont les droits de patients ne s’exerçaient pas. Pour la parenté d’un proche voir que le médecin décidait à sa place sur la santé de leur proche n’était pas anodin mais injuste.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous voyons toutefois que l&#039;homme lutte pour la reconnaissance d&#039;être traité de manière égalitaire à tout un chacun qui passe par des ordonnances ou des chartes mais qui peuvent être contournées si la propre personne ne connait pas les conséquences graves de la transgression de ses droits. C&#039;est seulement lorsqu’une affaire se fait publique que les autorités réagissent pour calmer le scandale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais, aujourd&#039;hui, en pleine crise économique, les mentalités se transforment. Passant d&#039;un &amp;quot;je vais bien, il faut que j&#039;aide l&#039;autre&amp;quot; à un &amp;quot;je vais mal, c&#039;est la faute de l&#039;autre&amp;quot;. Néanmoins, d&#039;autres militants partent au combat et modifie le cap. On considère de plus en plus que le lésé est le citoyen lambda, celui qui a été objet des considérations offertes aux minorités. Par conséquence, certains considèrent qu&#039;ils ont assez obtenu. Nous avons pu l&#039;observer lors des débats autour du mariage gay en France. La forte opposition observée démontre bien d&#039;un &amp;quot;battement d&#039;aile&amp;quot; du combat pour les droits des minorités. Finalement, tous les courants de l&#039;époque que nous avons étudiés, ceux qui se battaient pour l&#039;égalité des droits pour tous, sont bousculés aujourd&#039;hui. Concernant le mariage gay, les arguments de l&#039;opposition illustre ce propos : les personnes homosexuelles ont déjà le PACS. Le mariage c&#039;est sacré. Le premier point parle du fait que le peuple a déjà &amp;quot;offert&amp;quot; des droits à cette population minoritaire et que c&#039;est suffisant. Le deuxième point avance le fait que les homosexuels ne peuvent pas disposer des mêmes droits : le mariage est réservé aux hétérosexuels. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme il a été remarqué avec les droits des patients à l&#039;hôpital ou le droit des prisonniers, une régression est toujours possible, généralement marquée par une stigmatisation de ces minorités ou une volonté d&#039;en contrôler la dynamique. Le droit des femmes pour l&#039;avortement est lui actuellement en train de faire débat, puisqu&#039;une votation aura lieu d&#039;ici quelque mois sur le non-remboursement par les caisses maladies de celui-ci. Nous revenons donc vers un statut des opprimés dans une société qui a guère de révolutionnaires des droits de la personne mais plutôt des opprimés, des persécutés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le cas récent de l&#039;Espagne illustre parfaitement la possibilité de régression. Dans la majorité des pays de l&#039;Union Européenne, l&#039;avortement est autorisé. L&#039;Espagne vient tout juste de sortir de cette majorité en modifiant la loi sur l&#039;avortement. Désormais, l&#039;avortement est interdit sauf dans quelques cas : &lt;br /&gt;
* en cas de danger physique encourus par la femme. Ce point devra avoir été vérifié par deux médecins différents et étrangers à l&#039;établissement où prendra place l&#039;avortement.&lt;br /&gt;
* en cas de viol mais à condition que la femme ait porté plainte.&lt;br /&gt;
* en cas de malformation fœtale.&lt;br /&gt;
Enfin, pour qu&#039;une mineure puisse avorter, l&#039;accord des parents sera nécessaire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est certain que, malheureusement, toutes les revendications finissent par s’essouffler. Les gens ne peuvent se battre pour une cause indéfiniment. Au bout d&#039;un certain temps, on se convainc que ce que l&#039;on a obtenu est suffisant et on arrête de se battre. Ou on arrête parce qu&#039;on est fatigué. Et la relève n&#039;est pas toujours là. Par contre, du moment qu&#039;un mouvement militant s&#039;essouffle, il y a des chances pour que le parti opposé se relève et effectue le combat inverse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce sont justement ces minorités de personnes qui en s&#039;associant, ont fait valoir leurs droits et les ont revendiqué. Ils font, d&#039;ailleurs, réfléchir, les faire connaître à une partie de la société qui guette de loin la réalité de l&#039;application de leurs droits.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Et les sciences de l&#039;éducation dans tout ça? ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les rencontres que nous avons faites avec ces militants d&#039;une autre époque nous ont permis d&#039;alimenter nos réflexion sur le domaine des droits de la personne entre 1960 et 1980. Nous avons surtout relevé la fougue et la passion de ces militants en faveur d&#039;autrui. C&#039;est une belle leçon d&#039;humanité que nous avons eu, puisque par leur mobilisation ils ont pu faire changer les conditions des personnes marginalisées. Nous qui avons choisi une filière sociale et qui souhaitons plus tard intervenir auprès de personnes fragilisées, cette expérience nous a appris qu&#039;il faut s&#039;engager &amp;quot;à fond&amp;quot; pour la cause que nous défendons si nous voulons qu&#039;il y ait du changement. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 Des auteurs, comme Illich, préconisaient une société sans école, où l&#039;on apprendrait, directement d&#039;autrui, inséré dans un réseau, au gré de nos besoins éducatifs. La personne irait trouver les connaissances dont elle a besoin dans un réseau de connaissances et d&#039;individus, pédagogues, comme elle, en puissance. Nous constatons, également, que dans une même revendication d&#039;égalité et de remise en question des institutions, des auteurs comme Foucault dénoncent l&#039;autoritarisme d&#039;institutions comme la médecine qui en fait exerce un vrai pouvoir policier sur les personnes. Toute institution se construit socialement. Il en est de même pour la médecine qui s&#039;éloigne volontairement du patient, en adoptant une posture d&#039;expertise. Ce dernier ne construit pas le savoir médical avec le médecin, il ne connait souvent pas les méthodes de recherches concernant cet art. Or il pourrait, en aller autrement, notamment en permettant aux hommes d&#039;apprendre davantage sur la médecine et ses méthodes de construction du savoir. Le patient est avant tout une personne, comme l&#039;est d&#039;ailleurs le médecin. C&#039;est pourquoi cette dyade doit s&#039;évertuer à construire ensemble un savoir médical compréhensible par tout-un-chacun.  Telle est la condition, telle que visionnée par Illich, pour que l&#039;homme se connaisse davantage lui-même, c&#039;est-à-dire se réapproprie ce regard sur lui-même.&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Julie</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Conclusion_sur_les_droits_des_personnes&amp;diff=12794</id>
		<title>Conclusion sur les droits des personnes</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Conclusion_sur_les_droits_des_personnes&amp;diff=12794"/>
		<updated>2014-01-09T14:12:57Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Julie : /* Le contexte: climat économique, contingence sociale et politique, &amp;quot;esprit du temps&amp;quot; de l&amp;#039;après-guerre. Quid d&amp;#039;aujourd&amp;#039;hui */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;== Que sont les droits de la personne entre 1960-1980? ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous pouvons constater que ces droits se sont construits socialement et historiquement à partir de revendications égalitaires de minorités, souffrantes généralement :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* les enfants&lt;br /&gt;
* les femmes (paradoxalement)&lt;br /&gt;
* les prisonniers.&lt;br /&gt;
* les patients psychiatriques&lt;br /&gt;
* les personnes en situation de handicap&lt;br /&gt;
* Les patients dans les hôpitaux (victimes d&#039;abus d&#039;expérimentation).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;émancipation de ces populations et la reconnaissance de leurs droits, en tant que personnes, en tant qu&#039;êtres humains, se sont souvent faites suite à une remise en question des institutions. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un certain nombre de constat peut être relevé:&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour avoir des droits il faut se battre pour les avoir; c&#039;est une lutte permanente ce n&#039;est jamais acquis.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le temps de la construction des droits est un temps long pour les promoteurs, mais un temps court dans l&#039;histoire de la démocratie et de l&#039;humanité (1789).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sur la question des droits, le risque est toujours présent de régression.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La prise de conscience de l&#039;égalité des individus quelques soient leur situation comme personne (droit à la parole, droit à l&#039;intégrité physique, droit de vote, dignité, consentement, participation, etc.).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Changement de &amp;quot;posture&amp;quot; par rapport à la revendication de droits pour des populations &amp;quot;marginalisées&amp;quot; (patients psychiatriques, handicapés, prisonniers).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Articulation entre droits de l&#039;homme et du citoyens et les droits envers une population spécifique (handicap. prisonniers, patients psychiatrique, etc.): les droits de la personne? les droits de l&#039;être humain?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Faire valoir ses droits (les connaître, les faire respecter, participer à leur application).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Le contexte: climat économique, contingence sociale et politique, &amp;quot;esprit du temps&amp;quot; de l&#039;après-guerre. Quid d&#039;aujourd&#039;hui === &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A travers nos différents chapitres sur les droits des personnes, nous avons constaté que toutes les mobilisations ont émergé à la suite de la seconde guerre mondiale. En effet, la Déclaration Universelle des Droits de l&#039;Homme, a permis de lutter contre les injustices qui se faisaient à l&#039;encontre des populations marginalisées (enfants, femmes, prisonniers, personne en situation de handicap, patients psychiatrique et patient à l&#039;hôpital). Plus particulièrement, nous avons vu que le jugement de Nuremberg, où des médecins nazis sont condamnés pour causer la mort et l&#039;humiliation d&#039;une minorité de la population, la population juive, a été déterminant dans la promotion des droits humains. Cette population était séquestrée pour faire des expériences en médecine sur eux.  L&#039;émergence des revendications de l&#039;après guerre en matière d&#039;égalités des femmes, de protection de l&#039;enfant, de droit des patients en psychiatrie, ainsi que de droits des prisonniers prennent pour cible la société de type capitaliste, inégalitaire – et dans laquelle les écarts socio-économiques tendent à se creuser – et ses institutions dites alors  &amp;quot;totalitaires&amp;quot;. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le contexte de l&#039;époque était favorable à des revendications, manifestations et soulèvements de populations pour les droits des opprimés. D&#039;ailleurs, la bonne croissance économique y a beaucoup contribué. Lorsque tout va bien pour eux, les gens ne sont-ils pas prêts à aider les plus démunis ? Certains acteurs précisent que lorsque la société est en période de crise, les droits des personnes acquis durant cette période (1960-1980) tendent à régresser. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous avons pu constaté que la lutte pour le droit des personnes (enfants, femmes, prisonniers, patients ...) a duré pour la plupart plus de trente ans. Parfois les acteurs se sont investit du début jusqu&#039;à l&#039;acquisition de ce droit ; dédiant une grande partie de leur vie à ce projet. C&#039;est pourquoi, marquée de luttes, la construction des droits de l&#039;homme est un temps long pour ces promoteurs, mais si nous le  plaçons sur un axe temporel plus large, ces luttes ne constituent qu&#039;une courte période dans l&#039;histoire de l&#039;humanité. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C&#039;est en fait la lutte d&#039;associations de minorités qui vont être à l&#039;origine de la reconnaissance de ces droits. Sans cette lutte point de progression pour l&#039;humanité. Nous remarquons, plus que jamais, aujourd&#039;hui, que cette lutte est permanente et n&#039;est jamais acquise. Plusieurs acteurs, dont nous avons eu la chance d&#039;écouter nous ont rappeler l&#039;importance de se mobiliser pour que ces droits restent actuel. Pour eux, la lutte ne doit cesser puisque sans une mobilisation de notre part, les droits qu&#039;ils ont acquis durement, vont rapidement régresser.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les populations dites « marginalisées » dont les femmes sont à tout égard celles qui allaient contribuer, à la fondation de la première association des droits de patients en Suisse. Ce fut donc justement ces femmes qui s’uniront pour être écouter. Ce sont elles qui se sont questionnées et qui ont de près vécu une situation d’injustice. Une situation dont les droits de patients ne s’exerçaient pas. Pour la parenté d’un proche voir que le médecin décidait à sa place sur la santé de leur proche n’était pas anodin mais injuste.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous voyons toutefois que l&#039;homme lutte pour la reconnaissance d&#039;être traité de manière égalitaire à tout un chacun qui passe par des ordonnances ou des chartes mais qui peuvent être contournées si la propre personne ne connait pas les conséquences graves de la transgression de ses droits. C&#039;est seulement lorsqu’une affaire se fait publique que les autorités réagissent pour calmer le scandale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais, aujourd&#039;hui, en pleine crise économique, les mentalités se transforment. Passant d&#039;un &amp;quot;je vais bien, il faut que j&#039;aide l&#039;autre&amp;quot; à un &amp;quot;je vais mal, c&#039;est la faute de l&#039;autre&amp;quot;. Néanmoins, d&#039;autres militants partent au combat et modifie le cap. On considère de plus en plus que le lésé est le citoyen lambda, celui qui a été objet des considérations offertes aux minorités. Par conséquence, certains considèrent qu&#039;ils ont assez obtenu. Nous avons pu l&#039;observer lors des débats autour du mariage gay en France. La forte opposition observée démontre bien d&#039;un &amp;quot;battement d&#039;aile&amp;quot; du combat pour les droits des minorités. Finalement, tous les courants de l&#039;époque que nous avons étudiés, ceux qui se battaient pour l&#039;égalité des droits pour tous, sont bousculés aujourd&#039;hui. Concernant le mariage gay, les arguments de l&#039;opposition illustre ce propos : les personnes homosexuelles ont déjà le PACS. Le mariage c&#039;est sacré. Le premier point parle du fait que le peuple a déjà &amp;quot;offert&amp;quot; des droits à cette population minoritaire et que c&#039;est suffisant. Le deuxième point avance le fait que les homosexuels ne peuvent pas disposer des mêmes droits : le mariage est réservé aux hétérosexuels. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme il a été remarqué avec les droits des patients à l&#039;hôpital ou le droit des prisonniers, une régression est toujours possible, généralement marquée par une stigmatisation de ces minorités ou une volonté d&#039;en contrôler la dynamique. Le droit des femmes pour l&#039;avortement est lui actuellement en train de faire débat, puisqu&#039;une votation aura lieu d&#039;ici quelque mois sur le non-remboursement par les caisses maladies de celui-ci. Nous revenons donc vers un statut des opprimés dans une société qui a guère de révolutionnaires des droits de la personne mais plutôt des opprimés, des persécutés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le cas récent de l&#039;Espagne illustre parfaitement la possibilité de régression. Dans la majorité des pays de l&#039;Union Européenne, l&#039;avortement est autorisé. L&#039;Espagne vient tout juste de sortir de cette majorité en modifiant la loi sur l&#039;avortement. Désormais, l&#039;avortement est interdit sauf dans quelques cas : &lt;br /&gt;
* en cas de danger physique encourus par la femme. Ce point devra avoir été vérifié par deux médecins différents et étrangers à l&#039;établissement où prendra place l&#039;avortement.&lt;br /&gt;
* en cas de viol mais à condition que la femme ait porté plainte.&lt;br /&gt;
* en cas de malformation fœtale.&lt;br /&gt;
Enfin, pour qu&#039;une mineure puisse avorter, l&#039;accord des parents sera nécessaire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est certain que, malheureusement, toutes les revendications finissent par s’essouffler. Les gens ne peuvent se battre pour une cause indéfiniment. Au bout d&#039;un certain temps, on se convainc que ce que l&#039;on a obtenu est suffisant et on arrête de se battre. Ou on arrête parce qu&#039;on est fatigué. Et la relève n&#039;est pas toujours là. Par contre, du moment qu&#039;un mouvement militant s&#039;essouffle, il y a des chances pour que le parti opposé se relève et effectue le combat inverse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce sont justement ces minorités de personnes qui en s&#039;associant, ont fait valoir leurs droits et les ont revendiqué. Ils font, d&#039;ailleurs, réfléchir, les faire connaître à une partie de la société qui guette de loin la réalité de l&#039;application de leurs droits.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Et les sciences de l&#039;éducation dans tout ça? ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des auteurs, comme Illich, préconisaient une société sans école, où l&#039;on apprendrait, directement d&#039;autrui, inséré dans un réseau, au gré de nos besoins éducatifs. La personne irait trouver les connaissances dont elle a besoin dans un réseau de connaissances et d&#039;individus, pédagogues, comme elle, en puissance. Nous constatons, également, que dans une même revendication d&#039;égalité et de remise en question des institutions, des auteurs comme Foucault dénoncent l&#039;autoritarisme d&#039;institutions comme la médecine qui en fait exerce un vrai pouvoir policier sur les personnes. Toute institution se construit socialement. Il en est de même pour la médecine qui s&#039;éloigne volontairement du patient, en adoptant une posture d&#039;expertise. Ce dernier ne construit pas le savoir médical avec le médecin, il ne connait souvent pas les méthodes de recherches concernant cet art. Or il pourrait, en aller autrement, notamment en permettant aux hommes d&#039;apprendre davantage sur la médecine et ses méthodes de construction du savoir. Le patient est avant tout une personne, comme l&#039;est d&#039;ailleurs le médecin. C&#039;est pourquoi cette dyade doit s&#039;évertuer à construire ensemble un savoir médical compréhensible par tout-un-chacun.  Telle est la condition, telle que visionnée par Illich, pour que l&#039;homme se connaisse davantage lui-même, c&#039;est-à-dire se réapproprie ce regard sur lui-même.&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Julie</name></author>
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		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Droits_des_femmes&amp;diff=12782</id>
		<title>Droits des femmes</title>
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		<updated>2014-01-09T13:46:43Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Julie : /* La période  entre 1940-50 : une période restrictive */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Introduction  == &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Actuellement le droit à l&#039;avortement pour les femmes subit encore des contestations et même une offensive de remise en question: pouvons nous encore le qualifier comme  un droit de la femme s&#039;interrogent certains ? Tout au long de cette page nous nous centrerons sur le droit à l&#039;avortement pour les femmes depuis 1970. En effet, les mouvements féministes sont présents depuis longtemps dans l&#039;histoire des droits des personnes. Dans la période de l&#039;après guerre, les femmes se sont mobilisées plus fortement pour acquérir des droits identiques à ceux des hommes. C&#039;est par la lutte pour le droit à un travail rémunéré que les mouvements prennent de l&#039;ampleur  : &amp;quot;L&#039;essort du féminisme dans cette période serait intimement lié à celui du travail salarié&amp;quot; &amp;lt;ref&amp;gt;Riot-Sarcey, M., 2008, &#039;&#039;Histoire du féminisme&#039;&#039;, Paris, La Découvertes, Repères. p. 73 &amp;lt;/ref&amp;gt;. La question de la procréation est aussi au cœur de leur mouvement, puisqu&#039;il est question de &amp;quot;repeupler&amp;quot; des pays détruits : &amp;quot;Après l&#039;hécatombe de la guerre, jusqu&#039;alors la plus meurtrière, il est nécessaire, plus que jamais de &amp;quot;remplir les berceaux vides&amp;quot;&amp;quot; &amp;lt;ref&amp;gt;Riot-Sarcey, M., 2008, &#039;&#039;Histoire du féminisme&#039;&#039;, Paris, La Découvertes, Repères. p. 73 &amp;lt;/ref&amp;gt;. Il ne faut pas non plus oublier leurs luttes pour l&#039;accès à la politique : plus précisément le droit de vote pour les femmes, qui prend de l&#039;ampleur bien avant la guerre. C&#039;est dans ce contexte d&#039;après guerre, que les femmes resurgissent au front pour valoriser des droits égalitaires et propres à leur vie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cet article est fondé à la fois sur une recherche documentaire et sur la récolte de témoignages de deux personnes pionnières dans l&#039;avancée du droit des femmes à l&#039;avortement. L&#039;article présentera également les différents mouvements féministes réalisés dans les années 1970 sur le droit à l&#039;avortement.Ceci nous montreras que la Suisse, n’a pas été la première à lutter pour le droit à l’avortement, mais que le phénomène est mondial. Les États-Unis ont été sans aucun doute les précurseurs, mais la lutte s&#039;est diffusée et reproduite dans différents pays du monde amenant à des dates différentes à autoriser l’avortement.  L&#039;article se centrera sur la lutte des femmes en Suisse et les différentes lois qui en sont ressorties et cherchera à comprendre la part qu’ont joué les deux témoins interrogées dans cette histoire récente (1970 à aujourd&#039;hui). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour ce faire, nous avons constitué une bibliographie, à partir d’ouvrages sur les mouvements féministes en général, sur la chronologie des contestations. Nous avons lu des articles scientifiques qui présentent la situation en Suisse, épluché  des informations sur les deux témoins qui ont été interrogés et consulté les archives contestataires à Carouge. &lt;br /&gt;
Nous avons également pu rencontré deux femmes militantes à Genève sur ce thème. On a donc effectué deux entretiens audio avec Madame [[Amélia Christinat]] et Madame [[Rina Nissim]] pour obtenir leur témoignage sur l’histoire des mouvements féministes des années 1960 à 1980, principalement sur la question de l’avortement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L&#039;Histoire du droit des femmes == &lt;br /&gt;
Actuellement des auteures telles que Marcella Iacub et Judith Butler font de la problématique féministe une occasion de débattre la question du genre, des identités sexuelles et limites entre les sexes (intersexe, queer, etc), laquelle peut nous aider à repenser la lutte féministe. Or, celle des années 70 (en amont en Suisse de l&#039;accession des femmes à la citoyenneté) est celle d&#039;une longue marche marquée par des féministes de l&#039;après guerre comme Simone de Beauvoir avec sa formule historique &amp;quot;On ne naît pas femme on le devient&amp;quot;, soulignant le déterminisme social de la féminité et la &amp;quot;fabrication&amp;quot; culturelle. &lt;br /&gt;
Pour tenter de comprendre ce qui s&#039;est passé durant cette époque nous allons revenir sur les faits marquants. Pour la compréhension de ce qui va suivre nous vous conseillons de lire [[Frise Chronologique du droit à l&#039;avortement|la frise chronologique]] des événements marquants pour le droit à l&#039;avortement en Suisse. &lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
=== Mouvements féministes : Buts et démarches ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce n&#039;est que dans la deuxième moitié du XIXème siècle que le féminisme se démarque en tant que mouvement collectif de luttes de femmes. &amp;quot;Ces luttes reposent sur la reconnaissance des femmes comme spécifiquement et systématiquement opprimées, l&#039;affirmation que les relations entre hommes et femmes ne sont pas inscrites dans la nature mais que la possibilité politique de leur transformation existe.&amp;quot;[3] En effet, les femmes ont dû faire face à de nombreuses inégalités et cela dans de nombreux domaines: le travail, la santé, la politique... Nous constatons encore aujourd&#039;hui que de nombreuses inégalités persistent sur le droit des femmes mais elles sont moindres ou de nature différentes que dans les années 1960-80. Pour pouvoir entrer dans un processus de revendication politique du féminisme, il faut qu&#039;il y ait une &amp;quot;relation avec une conceptualisation de droits humains universels;elle s&#039;ancre dans les théories des droits de la personne dontles premières formulations juridiques sont issues des révolutions américaines puis françaises.&amp;quot; &amp;lt;ref&amp;gt;Hirata H, et al,2000, &#039;&#039;Dictionnaire critique du féminisme&#039;&#039;, Paris : Presse Universitaires de France, p. 225&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
Il convient de faire une distinction entre les mouvements féministes et les mouvements populaires des femmes. En effet, les mouvements populaires des femmes ne mettent pas directement en avant l&#039;exigence de droits spécifiques pour les femmes. C&#039;est l&#039;emploi du mot féministe qui va changer les représentations que l&#039;on se fait à cette époque. Pour certains les féministes sont &amp;quot;trop bourgeoises au XIXème siècle et au début du XXème siècle trop radicales et ennemies des hommes après les années 1970&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;Hirata H, et al,2000, &#039;&#039;Dictionnaire critique du féminisme&#039;&#039;, Paris : Presse Universitaires de France., p. 126&amp;lt;/ref&amp;gt;. Quant à l&#039;expression &amp;quot;mouvement des femmes&amp;quot;, elle est plus souvent utilisée comme raccourci pour mouvement de libération des femmes. Voilà pourquoi elle a pu être associée au féminisme le plus radical et explique la confusion entre les deux termes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lorsque nous parlons de &amp;quot;mouvements féministes&amp;quot; nous désignons sous une même dénomination &amp;quot;les diverses formes des mouvements de femmes, le féminisme libéral ou &amp;quot;bourgeois, le féminisme radical, les femmes marxistes ou socialistes, les femmes lesbiennes, les femmes noires et toutes les dimensions catégorielles des mouvements actuels&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;Hirata H, et al,2000, &#039;&#039;Dictionnaire critique du féminisme&#039;&#039;, Paris : Presse Universitaires de France, p. 127&amp;lt;/ref&amp;gt;. Dès lors, l&#039;expression&amp;quot; mouvement des femmes &amp;quot; représente les mobilisations de femmes en Amérique Latine ou les mouvements pour la paix en Irlande ou au moyen-Orient&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;Hirata H, et al,2000, &#039;&#039;Dictionnaire critique du féminisme&#039;&#039;, Paris : Presse Universitaires de France., p.126&amp;lt;/ref&amp;gt; Dans la littérature, deux types de mouvements féministes se démarquent. Une première vague a émergé dans la seconde moitié du XIXème siècle. Elle est souvent présentée autour des revendications du droit de vote.  Au début du XXème siècle, ou les mouvements sont qualifiés de &amp;quot;néo féminisme&amp;quot;, les exigences ne se fondent pas sur une seule exigence d&#039;égalité mais sur une reconnaissance &amp;quot;de l&#039;impossibilité sociale de fonder cette égalité dans un système patriarcal&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;Hirata H, et al,2000, &#039;&#039;Dictionnaire critique du féminisme&#039;&#039;, Paris : Presse Universitaires de France, p. 126&amp;lt;/ref&amp;gt;. Le féminisme des années 1970, se fait connaitre par des mouvements anti-autoritaires, par des groupes de parole, il met en avant les formes les plus spontanées de manifestation et refuse toute organisation hiérarchique. &amp;quot; L&#039;appartenance au mouvement représente la mise en acte d&#039;une nouvelle idéologie, la recherche de sens et de valeurs communs.&amp;quot; &amp;lt;ref&amp;gt;Hirata H, et al,2000, &#039;&#039;Dictionnaire critique du féminisme&#039;&#039;, Paris : Presse Universitaires de France, p.128&amp;lt;/ref&amp;gt;. C&#039;est entre la fin des années 1960 et le début des années 1970 que le féminisme connait une ampleur internationale. &amp;quot;L&#039;onde de choc part des Etats-Unis et gagne très rapidement la Grande-Bretagne et l&#039;Allemagne dans les années 60&amp;quot;. Il faut ajouter qu&#039;en &amp;quot;dépit de son caractère extra parlementaire, le mouvement de libération des femmes a la capacité de susciter de larges mobilisations auprès des femmes syndiquées, des femmes de partis de gauche et de droite ou des associations luttant pour les droits des femmes comme le planning familial. Ce sont d&#039;abord les campagnes pour la liberté d&#039;avorter qui constituent les événements les plus importants et les plus marquants &amp;lt;ref&amp;gt;Hirata H, et al,2000, &#039;&#039;Dictionnaire critique du féminisme&#039;&#039;, Paris : Presse Universitaires de France, p. 128&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En ce qui concerne la Suisse, c’est dans la continuité du mouvement de la jeunesse estudiantine de 1968 que naît le nouveau mouvement féministe. C’est à Zurich que se sont réunies des femmes de gauche, que l’on appellera « Frauenbefreiungsbewegung » ou plus communément le FBB. Elles critiquent le fait que les femmes sont oppressées et qu’il s’agit d’une « contradiction sociale fondamentale ». Le [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]], pour la Suisse romande et le MFT au Tessin vont très rapidement suivre la création du FBB, avec comme objectif commun de « récuser l’organisation hiérarchique des associations et de la politique traditionnelle » &amp;lt;ref&amp;gt;Commission fédérale, &#039;&#039;Femmes Pouvoir Histoire&#039;&#039;, 1.3, p. 1, consulté le 27 Novembre sur http://webcache.googleusercontent.com/search?q=cache:UpvKGVSBak0J:www.ekf.admin.ch/dokumentation/00444/00517/index.html%3Flang%3Dfr%26download%3DNHzLpZeg7t,lnp6I0NTU042l2Z6ln1ae2IZn4Z2qZpnO2Yuq2Z6gpJCDdH58hGym162epYbg2c_JjKbNoKSn6A--+&amp;amp;cd=2&amp;amp;hl=fr&amp;amp;ct=clnk&amp;amp;gl=ch&amp;amp;client=firefox-a&amp;lt;/ref&amp;gt; inspirés des mouvements français et américains préalablement abordés. Cependant, des divergences existent entre tous ces mouvements sur différentes questions telles que l’avortement ou encore la possibilité pour le sexe féminin de faire l’armée. Une chronologie a été rédigée dans l’article suivant : &amp;quot;Le nouveau mouvement féministe et les organisations féminines depuis 1968&amp;quot; de la Commission fédérale pour les questions féminines de la Confédération Suisse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La période  entre 1940-50 : une période restrictive ===&lt;br /&gt;
Pour comprendre la lutte pour l&#039;avortement comme droit de la personne il nous faut revenir sur le contexte de l&#039;après guerre. Tout comme il a été expliqué dans [[Droits des enfants|le chapitre précédent]], la Déclaration Universelle des Droits de l&#039;Homme (1948) a influencé les mouvements des femmes. Nous allons tout d&#039;abord revenir sur ce qui s&#039;est passé avant cette date, en effet nous savons que la législation suisse sur l’avortement est l’une des plus restrictives d’Europe. Les premières dispositions du Code pénal suisse à ce sujet ont été définies en 1942 et prévoient, à cette époque, l’emprisonnement de la femme qui avorte, ainsi que de la personne qui l’aide à pratiquer cet acte. En revanche, une exception existe : si la grossesse comporte un danger pour la mère et que l’interruption de grossesse est pratiquée par un médecin, l&#039;avis étant approuvé par un second médecin, l’avortement n’est alors pas punissable. On comprend alors que la conséquence a été un nombre considérable d’avortements illégaux. Cependant, la mise en place de dispositifs de préventions et d’une diffusion d’informations contribua à faire diminuer le nombre d’avortements autant illégaux, que légaux. Par ailleurs, l’Organisation Mondiale de la Santé ([http://www.who.int/fr/ OMS]) a étendu la notion de « santé » en y insérant les dimensions de bien-être psychique et social : « la santé ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité ; elle est un état de complet bien-être physique, mental et social. »&amp;lt;ref&amp;gt;Rey, A.-M., 2013, &#039;&#039;Tendance à la libéralisation&#039;&#039;, USPDA. Consulté le 7 Novembre sur http://www.svss-uspda.ch/fr/suisse/liberal.htm&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ceci légalise aussi la pratique d’interruption de grossesse et écarte la menace d’emprisonnement. &amp;lt;ref&amp;gt;Rey, A.-M., 2013, &#039;&#039;L&#039;ancienne législation de 1942&#039;&#039;, USPDA. Consulté le 7 Novembre sur http://www.svss-uspda.ch/fr/suisse/loi_1942.htm&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
Cependant, cette législation attise la colère et la montée d’une révolte. Au début du XXème siècle, on voit s’élever des mouvements, tels que les organisations ouvrières, pour lutter en faveur de la décriminalisation de l’avortement.&lt;br /&gt;
De plus, dans cette période, il existe une différence entre les cantons au niveau de la législation sur l&#039;avortement. Ceci met donc les professionnels dans l&#039;embarras puisqu&#039;ils n&#039;ont pas une pratique généralisée au niveau de l&#039;état, et cela soulève également une inégalité entre les femmes des différents cantons de la Suisse. Des mesures fédérales strictes ont donc été prises pour tenter de généraliser les pratiques et s&#039;accorder sur la pratique de l&#039;avortement : « l’institutionnalisation juridique d’une interruption de grossesse pouvant être légalement pratiquée par un médecin sous haute surveillance de l’Etat : consultation obligatoire d’un second médecin, qui doit être un spécialiste et en plus agréé par les autorités cantonales compétentes, et qui doit donner par écrit un « avis conforme ». Il faut également le consentement écrit de la femme enceinte. ». Ainsi à cette époque nous constatons que les femmes n&#039;ont pas la maîtrise de leur corps et que de ce fait la maternité ne peut se contrôler. Ce contexte illustre la réalité des femmes, soit elles ont la chance de pouvoir trouver deux médecins qui l&#039;estime en danger, soit elles décident de pratiquer un avortement illégal ce qui comporte de grands risques pour leur santé (hémorragie et infection qui peuvent entraîner la mort de la femme).&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La période 1960-70 : les premiers changements ===&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Fichier:Graphiquefemme.jpeg|vignette|gauche|Graphique représentant les condamnations des femmes]]&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Le graphique ci-contre nous montre la condamnation des femmes en ce qui concerne l&#039;avortement.&amp;lt;ref&amp;gt;Rey, A.-M., 2013, &#039;&#039;Interruption de grossesse en Suisse : les faits et les données&#039;&#039;, USPDA. Consulté le 18 Novembre sur http://www.svss-uspda.ch/pdf/faits-et-donnees.pdf &amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt; En effet, nous voyons que le pic le plus élevé se situe dans l&#039;année 1950, avec 550 condamnées. Puis lors de la commercialisation de la pilule, l&#039;emprisonnement des femmes diminue fortement l&#039;année suivante, passant d&#039;environ 400 condamnations à environ 260. De manière générale, ce graphique montre que les condamnations sur la période 1960-1980 n&#039;ont cessé de baisser. &lt;br /&gt;
Les années 60 sont donc marquées par l&#039;arrivée de la pilule contraceptive en Suisse. En effet, en 1961, la commercialisation de celle-ci fait reculer le nombre d&#039;avortement pratiqué en Suisse puisque les femmes ont un contrôle sur leur reproductibilité. Malgré tout, la pilule contraceptive circule à l&#039;époque discrètement, puisque aucune loi ne précise son autorisation. En 1965, la création du premier planning familial en Suisse au HUG permettra de conseiller les familles. L&#039;établissement ouvrira donc un pôle dédié à l&#039;information familiale et aux régulations des naissances.&amp;lt;ref&amp;gt;Fert-Bek, D., (s.d.), &#039;&#039;Historique&#039;&#039;, Le service du planning familial de Genève a 40 ans,Genève, HUG. Consulté le 18 Novembre 2013 sur http://planning-familial.hug-ge.ch/nous/historique.html&amp;lt;/ref&amp;gt; Dans cet établissement les professionnels conseillent les parents sur la manière d&#039;avoir un contrôle sur l&#039;élargissement de leur famille. Ainsi, grâce à cette structure, la pilule contraceptive a pu circuler dans le territoire helvétique. La pilule était considéré pour certain comme un enjeux économique : elle permettait de contrôler les naissances et donc de préserver la richesse, et pour d&#039;autres comme un moyen de débrider la sexualité des femmes&amp;lt;ref&amp;gt;L&#039;illustré, (s.d.) &#039;&#039;La pilule qui a changé le monde&#039;&#039;, Archives, Consulté le 18 Novembre 2013 sur http://www.illustre.ch/la_pilule_qui_a_change_le_monde_45372_.html&amp;lt;/ref&amp;gt;.   &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Mlf.jpeg|vignette|gauche|Affiche du Front des Bonnes Femmes]][[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|Le Mouvement de Libération des Femmes (MLF)]] a démarré aux Etats-Unis, et a encouragé les militants des autres pays à lutter pour améliorer les conditions féminines. Le [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]] créé en 1969 à Zurich,que l&#039;on retrouvait également dans d&#039;autres cantons  (Genève et Tessin par exemple) se base &amp;quot;sur les mouvements de libération du Tiers monde pour encourager les femmes à se libérer des contraintes inhérentes à la famille nucléaire (Rôle des sexes).&amp;quot; &amp;lt;ref&amp;gt;Jorris, E., 2009, &#039;&#039;Mouvement de libération des femmes (MLF)&#039;&#039;. Consulté le 19 Novembre 2013 sur http://www.hls-dhs-dss.ch/textes/f/F16504.php&amp;lt;/ref&amp;gt;. Sur le canton de Genève plus précisément, des groupes de certains partis de gauche militaient en ces faveurs (ils étaient très hiérarchisés et ne plaisaient pas à toutes les femmes militantes). C&#039;est donc principalement grâce à Madame Brodmann (qui a milité aux Etats-Unis) et Madame Gramoni qu&#039;il y a eu dans un premier temps le front des Bonne-Femmes (où militait aussi Rina Nissim). Leur premier slogan a été &amp;quot;Femmes décolonisons-nous !&amp;quot; avec des affiches placardées sur les façades des grandes banques : les femmes insistaient donc pour la ré-appropriation de leur corps (avortement, pilule contraceptive, ...).&amp;lt;ref&amp;gt;Roussopoulos Carole, Debout ! Une histoire du mouvement des femmes 1970-80, 1999. Consulté le 19 Novembre 2013 sur http://ballonsonde.org/wikiSonde/videos/Femmes_Debout.htm&amp;lt;/ref&amp;gt; &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Les femmes pensent donc vivre singulièrement des situations d&#039;exclusion et d&#039;injustices, or le fait de discuter ensemble elles se rendent compte qu&#039;elles vivent toutes ce genre de situation. Cette prise de conscience favorise donc la mobilisation des femmes pour combattre ces injustices dont elles sont victimes. Les communautés ou ce que l&#039;on pourrait appeler regroupements permettent donc aux femmes de prendre consciences mais aussi de prendre du pouvoir dans la société. L&#039;effet de groupe a permis de de faire rassembler dans les rues des milliers de femmes pour manifester ensemble contre des inégalités entre sexe ([[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]]).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans le même temps, il ne faut pas oublier que les avortements illégaux continuent à être pratiqués à cette période. En effet, le nombre d&#039;avortements, légaux et illégaux, est estimé à 50 000 en 1966. Les avortements légaux s&#039;élevaient à environ 17 000 en 1966 (16 000 en 1978 et 1980, 14 000 en 1985, 13 000 en 1990, 12 000 en 1995, 13 000 en 1996 et 1998). Les avortements clandestins diminuèrent grâce : &lt;br /&gt;
* à la raréfaction avec l&#039;élargissement des indications médicales dans les cantons libéraux (Zurich, Bâle-Ville, Berne, Vaud, Neuchâtel, Genève) dès les années 1950&lt;br /&gt;
* la libéralisation progressive dans d&#039;autres cantons(Tessin dès les années 1970; Argovie, Bâle-Campagne, Glaris, Schaffhouse, Soleure, Jura au cours des années 1990)&lt;br /&gt;
* la généralisation des centres de planning familial, des cours d&#039;éducation sexuelle, la diffusion de moyens de contraception sûrs dès les années 1960 &lt;br /&gt;
* le remboursement de l&#039;intervention par les caisses maladie).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On remarque que malgré les mesures juridiques fédérales restrictives, les cantons adoptent des pratiques très différentes les uns des autres. Ainsi, les dimensions d’ordre psychologique et social sont incluses dans les indications médicales des cantons libéraux, alors que la pratique est seulement tolérée dans les cantons conservateurs catholiques. Face à cette inégalité juridique, les cantons libéraux accueillent des femmes vivant dans ces cantons restrictifs pour se faire avorter. On assiste à une forme de tourisme « gynécologique ». Cela amène les cantons à réfléchir sur ces pratiques. Notamment le canton de Neuchâtel, où plusieurs affaires d&#039;avortements sont jugées. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La période 1970-1980 : La période clé ===&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
A la suite de ces scandales, le député radical Maurice Favre dépose en mars 1971 une [http://www.amtsdruckschriften.bar.admin.ch/viewOrigDoc.do?id=10100953 motion] en faveur d&#039;une initiative cantonale demandant la suppression des articles 118 à 121 du CP.  &lt;br /&gt;
Cette démarche est suivie du lancement, en juin de la même année, par un comité de cinq personnes, de l&#039;initiative populaire fédérale pour la décriminalisation de l&#039;avortement, largement soutenue notamment par le mouvement des femmes. En 1972, les milieux chrétiens conservateurs font circuler une pétition &amp;quot;Oui à la vie, non à l&#039;avortement&amp;quot;. A partir de ce moment-là, nous voyons apparaître les organisations et les mouvements féministes qui organisent des manifestations en faveur de l’interruption de grossesses libres et gratuites, ainsi que pour revendiquer [http://www.svss-uspda.ch/index.html la décriminalisation de l’avortement].  Il y a dons deux propositions faites : accorder un délais pour l&#039;avortement (par exemple : les avortements pourront être légal pendant les 10 premières semaines de grossesse)ou élargir les motifs pour l&#039;avortement (par exemple : souffrances psychiques, douleurs physique, ...)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C&#039;est une lutte qui se fait contre des mentalités traditionnelles où l&#039;homme est dominant dans la société. La prise de conscience des femmes et de leurs conditions se fait petit-à-petit, en prenant plus d&#039;ampleur au milieu des années 70. C&#039;est la réunion de plusieurs milliers de femmes qui fait que l&#039;on puisse qualifier le [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]] de mouvement. Ce sont des femmes de tout âge qui se battent pour l&#039;amélioration de leurs conditions de vie. Ces mouvements veulent principalement lutter pour le droit du libre choix des femmes ou de manière générale à ce que l&#039;on nomme l&#039;autonomie des femmes. A cette époque, il y a &amp;quot;deux types de femmes&amp;quot; :  celles qui font des études mais qui restent à la maison pour materner, ou bien celle qui font des études et qui travaillent. Ces dernières se trouvent confrontées à la réalité sociale : avec le même titre professionnel, les femmes obtiennent des salaires bien inférieurs à ceux des hommes. C&#039;est suite à cette prise de conscience face au [http://www.scienceshumaines.com/peut-on-en-finir-avec-le-plafond-de-verre_fr_22408.html Plafond de Verre], que les femmes se réunissent pour échanger leurs histoires. Elles se mobilisent donc afin de pouvoir avoir le contrôle sur leur vie, et sur leur corps. L&#039;une des grandes luttes se fait autour du contrôle de leur corps : ce qu&#039;elles nomment la mobilisation pour la ré-appropriation du corps. Il s&#039;agit de donner aux femmes la possibilité de choisir leur maternité, leur contraception, et leur médicamentation. En 1978, sur le canton de Genève, l&#039;ouverture du Dispensaire des femmes (par [[Rina Nissim]]) leur permet d&#039;être accueillies dans un lieu où on leur donne des conseils, des listes de gynécologues tolérants face aux choix d&#039;avorter ainsi que différentes méthodes pour soigner les maladies génitales, ... De plus, les femmes peuvent si elles le veulent accéder au groupe action Self-Help du [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]] ; qui est un lieu où l&#039;on échange sur son vécu, et où l&#039;on pratique des examens concrets pour découvrir son corps. L&#039;instruction, comme l&#039;évoque [[Amélia Christinat|Mme Christinat]] permet aux femmes de comprendre les injustices auxquelles elles sont confrontées et de se mobiliser pour que toute les sociétés reconnaissent les femmes comme des personnes avec un cerveau. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans le même temps, une nouvelle réglementation sur l’avortement est considérée par le Conseil fédéral, et trois variantes sont discutées : la première, appelée &amp;quot;solutions des indications&amp;quot; autorise l’avortement dans les situations où la grossesse menace la vie ou la santé de la femme, en cas de viol, ou encore si l’enfant présente un trouble ou une déficience physique et/ou mentale. Une autre variante est celle des « indications sociales » qui prend en compte la situation sociale précaire de la femme. Finalement, la troisième, « solution des délais », permet l’avortement pendant les douze premières semaines de grossesse. Il en va sans dire que les partis politiques, les organisations et les cantons conservateurs catholiques sont en faveur de la solution la plus restrictive, alors que leurs rivales refusent les trois types de variantes et revendiquent l’avortement libre et gratuit. Le Conseil fédéral  rejette l’initiative pour la décriminalisation de l’avortement, mais opte finalement pour la solution des indications élargies, attisant ainsi le mécontentement des deux camps. &lt;br /&gt;
Face au rejet de l’initiative populaire pour la décriminalisation de l’avortement, [http://www.svss-uspda.ch/index.html l’Union Suisse pour la Décriminalisation de l’Avortement] (USPDA) (dont fait partie [[Amélia Christinat]])propose un compromis et lance une initiative qui cette fois rejoint l’idée de la solution des délais. « L’initiative réclament la décriminalisation de l’avortement s’il est pratiqué par un  médecin avec le consentement de la femme pendant les douze semaines qui suivent les dernières règles ». Cependant, celle-ci essuie à nouveau un échec : elle est rejetée par la majorité des cantons. &lt;br /&gt;
Les années suivantes toutes les propositions d&#039;initiatives,pour ou contre l&#039;avortement, sont sans cesse rejetées. Mais les luttes féminines pour le droit à l&#039;avortement s&#039;amplifient dans cette période pour pouvoir faire changer les droits de la personne et principalement les droits de la femme. Ce n’est qu’en 1990, que l’idée d’une révision de la loi relative à l’avortement est remise sur le devant de la scène. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous constatons que cette période est une période riche pour la mobilisation des droits des femmes ; de multitudes groupes se forment à l&#039;intérieur du [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]], des nouveaux établissements pour les femmes se créent, ... des femmes se mobilisent également pour d&#039;autres causes qui ne les touchent pas particulièrement puisque nous verrons, dans [[Accueil|le dernier chapitre]] de cet article, que plusieurs d&#039;entres-elles se sont mobilisé pour le droit à l&#039;autodétermination [[Droits des patients (à l&#039;hôpital)|des patient des hôpitaux]]. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Globalement ce qui se fait ressentir c&#039;est  surtout l&#039;envie de faire changer la mentalité de la société pour que les femmes aient les même droits que les hommes. Nous avions déjà retrouver ce point en 1791 en France où est apparue la [http://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9claration_des_droits_de_la_femme_et_de_la_citoyenne Déclaration des Droits de la Femme et de la Citoyenne] se basant sur la [http://www.textes.justice.gouv.fr/textes-fondamentaux-10086/droits-de-lhomme-et-libertes-fondamentales-10087/declaration-des-droits-de-lhomme-et-du-citoyen-de-1789-10116.html version originale] et dont le but était de montrer l&#039;égalité juridique entre homme et femme.   &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Depuis 1990 ===&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Les différentes mobilisations des femmes soixanthuitardes ont permis la diminution d&#039;une multitude d&#039;inégalités pour lesquelles elles se mobilisaient.&lt;br /&gt;
Revenons tout d&#039;abord, en 1994, où l&#039;on constate un net recul du nombre d’avortements légaux. Ceci peut s’expliquer par une diffusion de l’information (éducation sexuelle) et la libre disposition de moyens contraceptifs. Ce phénomène vient appuyer l’idée que la libéralisation ne conduit pas à une augmentation des avortements, bien au contraire. Plusieurs services se sont donc installés suite au manifestations des femmes dans les rues. A partir de là, les choses commencent à changer et vont en faveur de la décriminalisation de l’avortement. En effet, le Conseil National adopte en 1995 &amp;quot;la solution des délais&amp;quot;. En 1996, la Commission des Affaires Juridiques du Conseil National ratifie un projet de loi qui prévoie la décriminalisation de l’avortement pendant les 14 premières semaines après les dernières règles. On voit mêmes les femmes du parti démocratique-chrétien (PDC) aller en faveur du droit de la femme à l’autodétermination et pour &amp;quot;la solution des délais&amp;quot;. De nombreuses organisations telles que la Fédération suisse des Eglises protestantes, les groupes des femmes radicales de Suisse, accueillent cette solution des délais comme un compromis tolérable. Toutefois, le Conseil Fédéral rejette une fois de plus la &amp;quot;solution du délai&amp;quot; en 1998. Nous constatons donc que les manifestations pendant plus de 15ans, ne suffisent pas pour que la Suisse autorise l&#039;avortement. En France par exemple, la lutte des femmes a été moins longue en ce qui concerne le droit à l&#039;avortement puisqu&#039;il est autorisé depuis  [http://fr.wikipedia.org/wiki/Loi_Veil_du_17_janvier_1975_sur_l&#039;interruption_volontaire_de_grossesse 1975] et suite [http://fr.wikipedia.org/wiki/Manifeste_des_343 aux manifestes des 343] de 1971. &lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Par ailleurs, la pilule abortive Mifegyne (RU 486) est admise et commercialisée en Suisse dès 1999. La [http://webcache.googleusercontent.com/search?q=cache:aZM-IrETCowJ:bijsluiters.fagg-afmps.be/DownloadLeafletServlet%3Fid%3D109287+&amp;amp;cd=9&amp;amp;hl=fr&amp;amp;ct=clnk&amp;amp;gl=ch&amp;amp;client=firefox-a notice] d&#039;utilisation explique son utilité : &amp;quot;Mifegyne est un médicament qui bloque l&#039;action de la progestérone, une hormone nécessaire au maintien de la grossesse. Mifegyne peut donc provoquer une interruption de grossesse.&amp;quot; Cependant cette méthode médicamenteuse est soumise aux mêmes dispositions pénales que l’avortement et est prescrite uniquement par le corps médical.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Finalement, le Parlement adopte la solution du délai en mars 2001 et est rentré en vigueur en 2002. « Ainsi l’avortement n’est pas punissable pendant les 12 premières semaines de la grossesse à condition que la femme fasse valoir une situation de détresse. Les cantons doivent décider quels cabinets et établissement peuvent pratiquer l’intervention. » &amp;lt;ref&amp;gt;Rey, A.-M., 2013, Régime du délais, USPDA. Consulté le 7 Décembre sur http://www.svss-uspda.ch/fr/suisse/loi.htm&amp;lt;/ref&amp;gt; De plus, Rey (2013), illustre les modifications entre l&#039;ancienne et la nouvelle loi de 2002, relatif à l&#039;avortement. &amp;lt;ref&amp;gt;Rey, A.-M., 2013, Comparaison ancienne et nouvelle législation, USPDA. Consulté le 7 Décembre sur http://www.svss-uspda.ch/fr/suisse/comparaison.htm &amp;lt;/ref&amp;gt; Depuis ce jour, la femme est la seule personne qui ait le droit de choisir ou non l&#039;avortement. En aucun cas, une personne tierce (et même si celle-ci a une blouse blanche) ne pourra refuser l&#039;avortement d&#039;une femme dans les douze premières semaines de grossesse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous pouvons donc conclure que « les discussions provoquées en 1971 par l’initiative en faveur de la décriminalisation de l’avortement ont été à l’origine d’un changement des mentalités et d’une prise de conscience ».&amp;lt;ref&amp;gt;Rey, A.-M., 2013, Chronologie des événements dès 1970, USPDA. Consulté le 7 Décembre sur http://www.svss-uspda.ch/fr/suisse/chronologie.htm &amp;lt;/ref&amp;gt; En effet, on assiste à une diminution du nombre de condamnations et à une libéralisation de la pratique de l’avortement. Par ailleurs, on se rend compte qu’à travers la mise en place de centres de plannings familiaux et des dispositifs d’informations, comme l’éducation sexuelle, on parvient à lutter contre l’avortement.  La prévention prévaut donc à la pénalisation. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cependant on constate que la réglementation à ce sujet peut encore être modifiée, car ce droit à l’avortement est sans cesse remis en question. En effet, en 2010, le mouvement anti-avortement « Mamma », qui s&#039;intitulait auparavant &amp;quot;Pour la mère en l’enfant&amp;quot;  lance une initiative populaire : « Financer l’avortement est une affaire privée ». Il s’agit d’une initiative qui demande que l’IVG ne soit plus pris en compte par les prestations de l’assurance maladie de base, et ce en invoquant l’idée qu’il s’agit d’une décision d’ordre privé, et que de ce fait le financement public n’a pas de sens. Cependant, on remarque que le droit à donner la vie est également de l’ordre du privé, et pourtant celui-ci n’est pas contesté. [[Entretien Rina Nissim|Rina Nissim]], nous met en garde sur la tournure que prend les événements d&#039;aujourd&#039;hui (concernant le financement de l&#039;avortement). En effet, selon elle, nous serions en pleine régression concernant le libre choix de la femme. A contrario des générations d&#039;après 70, il faut que les générations d&#039;aujourd&#039;hui se mobilisent pour faire en sorte de garder un droit durement acquis par les femmes soixanthuitardes. La votation de Février 2014 qui se prépare pourrait modifier les droits que nous avons jusqu&#039;à présent. Si les générations de maintenant et les suivantes veulent elles aussi avoir la possibilité de choisir leur grossesse, elles se doivent de s&#039;impliquer pour faire en sorte de ne pas perdre les droits acquis.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le droit à l&#039;avortement est également contesté dans [http://www.planning-familial.org/actualites/lavortement-en-europe-ou-sont-les-bonnes-nouvelles-0012490 les autres pays Européens]. L&#039;Irlande et l&#039;Espagne seraient les deux pays Européens les plus réactionnaires au droit à l&#039;avortement. En effet, le premier ministre devrait sous peu, mettre en place une nouvelle loi concernant ce sujet. L&#039;avortement sera alors possible que dans l&#039;une des trois conditions (viol, malformation du fœtus ou danger de la mère) et les personnes mineures devront avoir une autorisation des parents. &amp;lt;ref&amp;gt;Magnan, P., (2014) &#039;&#039;Avortement : le retour en arrière de l&#039;Espagne, premier signe en Europe ?&#039;&#039;. consulté le 6 Janvier 2014 sur http://geopolis.francetvinfo.fr/avortement-le-retour-en-arriere-de-lespagne-un-premier-signe-en-europe-28245 &amp;lt;/ref&amp;gt; La crise économique, comme nous l&#039;avait précisé [[Rina Nissim]], influencerait les multiples régressions concernant les droits des femmes ; dont celui de leur intégrité physique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les témoins qui ont participé aux changements ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous avons décidé d&#039;interroger des personnes qui se sont mobilisées en Suisse pour le droit à l&#039;avortement. Elles pourront donc faire ressortir des éléments personnels sur le contexte de l&#039;époque, et les problèmes qu&#039;elles ont pu rencontré pour la mise en place de ce droit. &lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Nous avons dans un premier temps contacté Mme [[Amélia Christinat|Christinat Amélia]], avec qui l&#039;une de nous avait déjà travaillé il y a quelques années. Cette personne a donc accepté de participer à notre recherche en répondant à nos questions lors d&#039;un entretien.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un second temps nous avons contacté Mme [[Salika Wenger|Wenger Salika]], marraine de l&#039;association &amp;quot;Ni pute, Ni soumise&amp;quot; qui est actuellement impliquée dans la politique sur Genève puisqu&#039;elle fait partie du Conseil Administratif de la ville de Genève. Deux d&#039;entre nous l&#039;ont connue lors de sa venue à [http://www.infrarouge.ch/ir/1858-seins-nouvelle-arme-feministes l&#039;émission télévisée Infrarouge (RTS)] dédié aux mouvements des Femens (novembre 2011). Après discussion téléphonique, nous avons eu des éléments pertinents qui pourraient nous intéresser pour notre recherche, cependant [[Salika Wenger|Mme Wenger]] est très occupée et ne pourra pas nous accorder un entretien avant Janvier 2014. C&#039;est pourquoi après réflexion, nous avons décidé de contacter une troisième personne qui pourrait éventuellement être plus disponible : Mme [[Rina Nissim|Nissim Rina]]. Par l&#039;intermédiaire de Mme Ruchat nous avons obtenu ses coordonnées téléphoniques et avons pu avoir un rendez vous rapidement.&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Afin de leur éviter quelconque déplacement,nous avons rencontré ses personnes à leur domicile. De plus, pour des raisons pratiques et également afin de ne pas abuser de leur hospitalité, nous avons décidé de mener ces entretiens par groupes de trois.&lt;br /&gt;
Nous proposerons aux différents acteurs de partager leurs souvenirs concernant les années 1970 à Genève afin que nous comprenions la situation actuelle du droit à l&#039;avortement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Retour sur les entretiens==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== [[Entretien Rina Nissim|Entretien]] de [[Rina Nissim]] ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Notre premier entretien s&#039;est déroulée le mercredi 27 Novembre. A trois étudiantes nous nous sommes rendues au cabinet de Rina Nissim. L&#039;entretien qui en découle nous a projeter dans un univers très différent du notre : où la femme n&#039;avaient que très peu de droits. C&#039;est de part son discours, que la militante Rina Nissim, nous a partagé des informations sur l&#039;ambiance, la mobilisation et la persévérances des actrices de cette époque. C&#039;est par la réalisation de plusieurs injustices que les femmes se regroupent pour se mobiliser contre une société qui octroie peu de considération envers les femmes. Le [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]], lutte donc de manière générale pour plusieurs droits (droit à l&#039;égalité salariale, droit à la contraception, droit à l&#039;avortement, ...). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== [[Entretien Amélia Christinat|Entretien]] d&#039;[[Amélia Christinat]] ===&lt;br /&gt;
Le second entretien s&#039;est déroulé le 5 décembre chez Christinat Amélia. A notre arrivée, nous lui avons dit que nous avions déjà des questions précises à lui poser et que ces questions seraient les mêmes pour tous les groupes. En effet, sachant que c&#039;est une femme très bavarde nous avons préférer poser le cadre dès le départ. &lt;br /&gt;
Nous avons pu constater en rentrant dans son salon qu&#039;elle avait préparé différents articles concernant le droit à l&#039;avortement - des articles qu&#039;elle nous a présenté tout au long de l&#039;interview -.&lt;br /&gt;
C&#039;est avec beaucoup d&#039;émotion qu&#039;elle a répondu à nos questions et qu&#039;elle a raconté son combat pour les différents droit de la femme - droit de vote, droit à l&#039;avortement etc.-. Nous avons vraiment ressenti, à travers ses propos, l&#039;importance que ces combats ont eu pour elle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Points communs entre les entretiens=== &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plusieurs points communs ressortent de ces deux entretiens.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout d&#039;abord, nous constatons que le droit à la réappropriation du corps ou plutôt à l&#039;autonomie des femmes, comme cité par [[Rina Nissim]], représente l&#039;un des combats des années 1960-80. Si les femmes, par leur combats, manifestations ont réussi à faire valoir leur droit à l&#039;avortement, elles ont aussi lutté pour la mise en place d&#039;autres valeurs tels que le droit à la contraception, le droit de vote, le droit d&#039;accès aux études. Toutes ces luttes sont évoqués par les deux femmes interrogées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Afin de parvenir à ces changements, il a fallu se réunir entre femmes. A partir du moment où nous souhaitons un changement important, il est nécessaire d&#039;obtenir une mobilisation importante. Rina Nissim part d&#039;un petit groupe, le [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]] qui finalement va prendre une grande ampleur et [[Amélia Christinat|Amélia Christianat]] s&#039;impose dans la politique. Il parait donc évident pour ces deux protagonistes, que pour espérer un changement, il faut se réunir en groupe. La notion de communauté prend donc toute son importance. La notion de communauté est définie comme étant un état de ce qui est commun à plusieurs personnes, similitudes, groupe constituant une société, mise en commun des biens entre époux. Au sens étymologique originel : cum munus. La communauté est donc un groupe de personnes (cum) qui partagent quelque chose (&amp;quot;munus&amp;quot;)- un bien, une ressource, ou bien au contraire une obligation, une dette.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Même si le concept de communauté n&#039;est pas dit explicitement dans nos entretiens, il apparaît tout au long, puisque chacune d&#039;entre elle a rejoint un groupe dans lequel elles éprouvaient des intérêts communs. Chaque membre décide alors en quoi, comment et quand il contribuera à ce groupe. Dans ce cas, [[Rina Nissim]] et [[Amélia Christinat]] en tant que féministes se sont engagées et ont lutté pour le droit des femmes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Enfin, il est intéressant de constater que nos deux intervenantes tirent un bilan mitigé quant à ces luttes pour les droits des femmes. [[Amélia Christinat]] dit :&amp;quot; Alors en fait tout changement, toute progression que l’on peut interpréter comme sociale n’est jamais définitivement acquise. Donc en fait, il faut veiller continuellement, défendre continuellement où que vous soyez et avec qui que vous soyez.&amp;quot; Quant à [[Rina Nissim]], elle dit :&amp;quot;Malheureusement dans la société c’est comme ça, il faut tout le temps se battre. Ça c’est un point sur lequel on est en recul.&amp;quot;, On est en plein recul. Donc y a un ou deux pays qui ont avancé pour l’instant y en a douze qui ont régressé. Donc cela ne va pas du tout cette affaire, on a une très mauvaise posture.&amp;quot; Ainsi, la question des droits pour la personne n&#039;est jamais complètement acquis. Il faut sans arrêt se battre pour continuer à faire valoir ses droits en tant que personne.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il convient à présent de reprendre l&#039;ensemble des questions posées et d&#039;en ressortir les éléments importants :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- &#039;&#039;&#039;Depuis quand et avec qui vous vous êtes engagés dans la lutte pour les droits de la femme et quel était à ce moment votre statut (ou fonction)? Dans quel contexte s&#039;est inséré cette démarche ?&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les deux personnes interrogés ont un parcours différents et leur action ne s&#039;est pas faite au même niveau. [[Rina Nissim]], après son interruption de grossesse à 19 ans, trouve un tract dans un local d&#039;anarchiste. C&#039;est un tract du [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]] qui invite des femmes à les joindre dans leur groupe. [[Rina Nissim]] est intéressée et entre alors au [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]]. Elle est alors la plus jeune de la bande. Il n&#039;y avait pas de statut en tant que tel mais chacune apportait ses connaissances et son envie de se battre pour obtenir plus de droit pour la femme. Quant à [[Amélia Christinat]], elle agit plutôt a un niveau politique et va faire un long parcours en passant par le législatif, le cantonal puis le niveau national afin d&#039;apporter des changements reconnus dans toute la Suisse. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- &#039;&#039;&#039;Y a-t-il eu un événement originel? Pourriez vous nous raconter un ou des événements marquant que vous avez mené ou qui vous ont frappé dans cette période en faveur de ces droits ?&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;un des droits qui a frappé [[Rina Nissim]] dans cette période est l&#039;accès à l&#039;avortement libre et gratuit ainsi que l&#039;accès à la contraception. Elle explique que c&#039;est l’accessibilité à l&#039;avortement qui était problématique.Le planning familial a été une grande innovation mais n&#039;était pas encore présent dans les mentalités de tous, et ce, notamment chez les gynécologues qui n&#039;acceptaient pas tous de donner la pilule. Le [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]] faisait des listes des médecins qui étaient d&#039;accord de prescrire cette pilule et dirigeait les femmes au bon endroit. Cependant, elle ne nous décrit pas un événement très précis, une action qu&#039;elle a effectué qui a pu entraîner ces changements. C&#039;est néanmoins des manifestations importantes et à plusieurs reprises qui ont permis ces évolutions. [[Amélia Christinat]] considère aussi que le droit à l&#039;avortement est un événement phare de cette époque et ajoute que le droit de vote pour la femme est aussi l&#039;un des événements marquants. Elle donne comme exemple les luttes ouvrières françaises qui allaient en Belgique pour se faire avorter parce que c&#039;était défendu en France et qu&#039;elles n&#039;avaient pas d&#039;argent. C&#039;est un événement particulièrement marquant et touchant selon elle. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- &#039;&#039;&#039;Quels ont été les changements les plus importants auxquels vous ayez assisté ?&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Rina Nissim]] évoque plusieurs changements auxquels elle a pu assister. Elle parle de la libération des femmes. C&#039;est se considére comme un individu à part entière qui peut décidé de soi-même, d&#039;être un vrai sujet dans leur vie, dans leur sexualité, dans leur contraception, dans leur choix professionnel. D&#039;après elle, il y a donc eu plusieurs droit : celui de l&#039;avortement avec pour commencer le remboursement par les caisses maladies en 81, le droit au divorce, le divorce. [[Amélia Christinat]] ajoute à l&#039;ensemble de ces changements le droit de vote, en disant qu&#039;à partir du moment où nous avons le bulletin, c&#039;est quelque chose de très important puisque les femmes sont considérées comme une personne. Nous pouvons rattacher cela à l&#039;ensemble de cette étude qui étudie le droit des personnes. Dans le cas des différentes luttes pour le droit des femmes, nous cherchons à mettre en avant qu&#039;elles sont avant tout des personnes qui doivent avoir la liberté de choisir, de donner leur avis. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-&#039;&#039;&#039; Y a-t-il eu des valeurs que vous avez eu le sentiment d’avoir porter en avant et si oui lesquels  ?&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Différentes valeurs sont mises en avant par les deux femmes interrogées. C&#039;est le féminisme, l&#039;humanisme, le socialisme, l&#039;anarchisme. De manière générale l&#039;autonomie des femmes marqué par la réappropriation de son corps. Dans leur discours, les deux femmes montrent bien qu&#039;auparavant nous étions considérés comme femme de.., fille de... que les femmes ont toujours du être meilleure que les hommes. Elles devaient tout faire. De ce fait, les femmes n&#039;étaient pas des sujets en tant que telle. Ce n&#039;est qu&#039;après de nombreuses luttes que nous avons mis en avant le fait que les femmes soient avant tout des personnes à part entière. Elles ont maintenant le même statut, les mêmes droits que les hommes. Bien que comme le relève [[Rina Nissim]] et [[Amélia Christinat]] cela n&#039;est pas quelque chose d&#039;acquis, et cette évolution à tendance à reculer. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039; Mais qu’en est-il aujourd’hui de cette lutte et des acquis et des risques de retour en arrière ?&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le maître mot de ces deux femmes concernant cette lutte est que rien n&#039;est acquis. Il faut toujours se battre parce que les choses ont tendance à régresser. Aujourd&#039;hui le droit de vote, le droit d&#039;accès aux études est l&#039;un des points acquis. Cependant, la question de l&#039;avortement est remis en cause, et fait l&#039;objet de tension actuelles puisqu&#039;il est question de supprimer le remboursement des avortements. C&#039;est donc l&#039;une des causes pour lesquels il faut continuer à se battre et faire valoir ses droits si l&#039;on ne veut pas revenir en arrière.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Références bibliographiques ==&lt;br /&gt;
&amp;lt;references/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;&amp;lt;big&amp;gt;Vidéo :&amp;lt;/big&amp;gt;&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Roussopoulos Carole, &#039;&#039;Debout ! Une histoire du mouvement des femmes 1970-80&#039;&#039;, 1999. Consulté le 19 Novembre 2013 sur http://ballonsonde.org/wikiSonde/videos/Femmes_Debout.htm&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;&amp;lt;big&amp;gt;Documents scannés :&amp;lt;/big&amp;gt;&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Archives contestataires de Genève, Mouvements de Liberté des Femmes : 1970-90[[Fichier:MLF femme.pdf|vignette|Document des archives contestataires]]&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
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Archives contestataires de Genève, Mouvements de Liberté des Femmes : 1970-90[[Fichier:MLF archives.pdf|vignette|Documents des archives contestataires]]&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
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Archives contestataires de Genève, Mouvements de Liberté des Femmes : 1970-90 [[Fichier:MLF personne.pdf|vignette|Document des archives contestataires ]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Julie</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Droits_des_femmes&amp;diff=12781</id>
		<title>Droits des femmes</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Droits_des_femmes&amp;diff=12781"/>
		<updated>2014-01-09T13:46:16Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Julie : /* La période  entre 1940-50 : une période restrictive */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Introduction  == &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Actuellement le droit à l&#039;avortement pour les femmes subit encore des contestations et même une offensive de remise en question: pouvons nous encore le qualifier comme  un droit de la femme s&#039;interrogent certains ? Tout au long de cette page nous nous centrerons sur le droit à l&#039;avortement pour les femmes depuis 1970. En effet, les mouvements féministes sont présents depuis longtemps dans l&#039;histoire des droits des personnes. Dans la période de l&#039;après guerre, les femmes se sont mobilisées plus fortement pour acquérir des droits identiques à ceux des hommes. C&#039;est par la lutte pour le droit à un travail rémunéré que les mouvements prennent de l&#039;ampleur  : &amp;quot;L&#039;essort du féminisme dans cette période serait intimement lié à celui du travail salarié&amp;quot; &amp;lt;ref&amp;gt;Riot-Sarcey, M., 2008, &#039;&#039;Histoire du féminisme&#039;&#039;, Paris, La Découvertes, Repères. p. 73 &amp;lt;/ref&amp;gt;. La question de la procréation est aussi au cœur de leur mouvement, puisqu&#039;il est question de &amp;quot;repeupler&amp;quot; des pays détruits : &amp;quot;Après l&#039;hécatombe de la guerre, jusqu&#039;alors la plus meurtrière, il est nécessaire, plus que jamais de &amp;quot;remplir les berceaux vides&amp;quot;&amp;quot; &amp;lt;ref&amp;gt;Riot-Sarcey, M., 2008, &#039;&#039;Histoire du féminisme&#039;&#039;, Paris, La Découvertes, Repères. p. 73 &amp;lt;/ref&amp;gt;. Il ne faut pas non plus oublier leurs luttes pour l&#039;accès à la politique : plus précisément le droit de vote pour les femmes, qui prend de l&#039;ampleur bien avant la guerre. C&#039;est dans ce contexte d&#039;après guerre, que les femmes resurgissent au front pour valoriser des droits égalitaires et propres à leur vie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cet article est fondé à la fois sur une recherche documentaire et sur la récolte de témoignages de deux personnes pionnières dans l&#039;avancée du droit des femmes à l&#039;avortement. L&#039;article présentera également les différents mouvements féministes réalisés dans les années 1970 sur le droit à l&#039;avortement.Ceci nous montreras que la Suisse, n’a pas été la première à lutter pour le droit à l’avortement, mais que le phénomène est mondial. Les États-Unis ont été sans aucun doute les précurseurs, mais la lutte s&#039;est diffusée et reproduite dans différents pays du monde amenant à des dates différentes à autoriser l’avortement.  L&#039;article se centrera sur la lutte des femmes en Suisse et les différentes lois qui en sont ressorties et cherchera à comprendre la part qu’ont joué les deux témoins interrogées dans cette histoire récente (1970 à aujourd&#039;hui). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour ce faire, nous avons constitué une bibliographie, à partir d’ouvrages sur les mouvements féministes en général, sur la chronologie des contestations. Nous avons lu des articles scientifiques qui présentent la situation en Suisse, épluché  des informations sur les deux témoins qui ont été interrogés et consulté les archives contestataires à Carouge. &lt;br /&gt;
Nous avons également pu rencontré deux femmes militantes à Genève sur ce thème. On a donc effectué deux entretiens audio avec Madame [[Amélia Christinat]] et Madame [[Rina Nissim]] pour obtenir leur témoignage sur l’histoire des mouvements féministes des années 1960 à 1980, principalement sur la question de l’avortement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L&#039;Histoire du droit des femmes == &lt;br /&gt;
Actuellement des auteures telles que Marcella Iacub et Judith Butler font de la problématique féministe une occasion de débattre la question du genre, des identités sexuelles et limites entre les sexes (intersexe, queer, etc), laquelle peut nous aider à repenser la lutte féministe. Or, celle des années 70 (en amont en Suisse de l&#039;accession des femmes à la citoyenneté) est celle d&#039;une longue marche marquée par des féministes de l&#039;après guerre comme Simone de Beauvoir avec sa formule historique &amp;quot;On ne naît pas femme on le devient&amp;quot;, soulignant le déterminisme social de la féminité et la &amp;quot;fabrication&amp;quot; culturelle. &lt;br /&gt;
Pour tenter de comprendre ce qui s&#039;est passé durant cette époque nous allons revenir sur les faits marquants. Pour la compréhension de ce qui va suivre nous vous conseillons de lire [[Frise Chronologique du droit à l&#039;avortement|la frise chronologique]] des événements marquants pour le droit à l&#039;avortement en Suisse. &lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
=== Mouvements féministes : Buts et démarches ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce n&#039;est que dans la deuxième moitié du XIXème siècle que le féminisme se démarque en tant que mouvement collectif de luttes de femmes. &amp;quot;Ces luttes reposent sur la reconnaissance des femmes comme spécifiquement et systématiquement opprimées, l&#039;affirmation que les relations entre hommes et femmes ne sont pas inscrites dans la nature mais que la possibilité politique de leur transformation existe.&amp;quot;[3] En effet, les femmes ont dû faire face à de nombreuses inégalités et cela dans de nombreux domaines: le travail, la santé, la politique... Nous constatons encore aujourd&#039;hui que de nombreuses inégalités persistent sur le droit des femmes mais elles sont moindres ou de nature différentes que dans les années 1960-80. Pour pouvoir entrer dans un processus de revendication politique du féminisme, il faut qu&#039;il y ait une &amp;quot;relation avec une conceptualisation de droits humains universels;elle s&#039;ancre dans les théories des droits de la personne dontles premières formulations juridiques sont issues des révolutions américaines puis françaises.&amp;quot; &amp;lt;ref&amp;gt;Hirata H, et al,2000, &#039;&#039;Dictionnaire critique du féminisme&#039;&#039;, Paris : Presse Universitaires de France, p. 225&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
Il convient de faire une distinction entre les mouvements féministes et les mouvements populaires des femmes. En effet, les mouvements populaires des femmes ne mettent pas directement en avant l&#039;exigence de droits spécifiques pour les femmes. C&#039;est l&#039;emploi du mot féministe qui va changer les représentations que l&#039;on se fait à cette époque. Pour certains les féministes sont &amp;quot;trop bourgeoises au XIXème siècle et au début du XXème siècle trop radicales et ennemies des hommes après les années 1970&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;Hirata H, et al,2000, &#039;&#039;Dictionnaire critique du féminisme&#039;&#039;, Paris : Presse Universitaires de France., p. 126&amp;lt;/ref&amp;gt;. Quant à l&#039;expression &amp;quot;mouvement des femmes&amp;quot;, elle est plus souvent utilisée comme raccourci pour mouvement de libération des femmes. Voilà pourquoi elle a pu être associée au féminisme le plus radical et explique la confusion entre les deux termes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lorsque nous parlons de &amp;quot;mouvements féministes&amp;quot; nous désignons sous une même dénomination &amp;quot;les diverses formes des mouvements de femmes, le féminisme libéral ou &amp;quot;bourgeois, le féminisme radical, les femmes marxistes ou socialistes, les femmes lesbiennes, les femmes noires et toutes les dimensions catégorielles des mouvements actuels&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;Hirata H, et al,2000, &#039;&#039;Dictionnaire critique du féminisme&#039;&#039;, Paris : Presse Universitaires de France, p. 127&amp;lt;/ref&amp;gt;. Dès lors, l&#039;expression&amp;quot; mouvement des femmes &amp;quot; représente les mobilisations de femmes en Amérique Latine ou les mouvements pour la paix en Irlande ou au moyen-Orient&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;Hirata H, et al,2000, &#039;&#039;Dictionnaire critique du féminisme&#039;&#039;, Paris : Presse Universitaires de France., p.126&amp;lt;/ref&amp;gt; Dans la littérature, deux types de mouvements féministes se démarquent. Une première vague a émergé dans la seconde moitié du XIXème siècle. Elle est souvent présentée autour des revendications du droit de vote.  Au début du XXème siècle, ou les mouvements sont qualifiés de &amp;quot;néo féminisme&amp;quot;, les exigences ne se fondent pas sur une seule exigence d&#039;égalité mais sur une reconnaissance &amp;quot;de l&#039;impossibilité sociale de fonder cette égalité dans un système patriarcal&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;Hirata H, et al,2000, &#039;&#039;Dictionnaire critique du féminisme&#039;&#039;, Paris : Presse Universitaires de France, p. 126&amp;lt;/ref&amp;gt;. Le féminisme des années 1970, se fait connaitre par des mouvements anti-autoritaires, par des groupes de parole, il met en avant les formes les plus spontanées de manifestation et refuse toute organisation hiérarchique. &amp;quot; L&#039;appartenance au mouvement représente la mise en acte d&#039;une nouvelle idéologie, la recherche de sens et de valeurs communs.&amp;quot; &amp;lt;ref&amp;gt;Hirata H, et al,2000, &#039;&#039;Dictionnaire critique du féminisme&#039;&#039;, Paris : Presse Universitaires de France, p.128&amp;lt;/ref&amp;gt;. C&#039;est entre la fin des années 1960 et le début des années 1970 que le féminisme connait une ampleur internationale. &amp;quot;L&#039;onde de choc part des Etats-Unis et gagne très rapidement la Grande-Bretagne et l&#039;Allemagne dans les années 60&amp;quot;. Il faut ajouter qu&#039;en &amp;quot;dépit de son caractère extra parlementaire, le mouvement de libération des femmes a la capacité de susciter de larges mobilisations auprès des femmes syndiquées, des femmes de partis de gauche et de droite ou des associations luttant pour les droits des femmes comme le planning familial. Ce sont d&#039;abord les campagnes pour la liberté d&#039;avorter qui constituent les événements les plus importants et les plus marquants &amp;lt;ref&amp;gt;Hirata H, et al,2000, &#039;&#039;Dictionnaire critique du féminisme&#039;&#039;, Paris : Presse Universitaires de France, p. 128&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En ce qui concerne la Suisse, c’est dans la continuité du mouvement de la jeunesse estudiantine de 1968 que naît le nouveau mouvement féministe. C’est à Zurich que se sont réunies des femmes de gauche, que l’on appellera « Frauenbefreiungsbewegung » ou plus communément le FBB. Elles critiquent le fait que les femmes sont oppressées et qu’il s’agit d’une « contradiction sociale fondamentale ». Le [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]], pour la Suisse romande et le MFT au Tessin vont très rapidement suivre la création du FBB, avec comme objectif commun de « récuser l’organisation hiérarchique des associations et de la politique traditionnelle » &amp;lt;ref&amp;gt;Commission fédérale, &#039;&#039;Femmes Pouvoir Histoire&#039;&#039;, 1.3, p. 1, consulté le 27 Novembre sur http://webcache.googleusercontent.com/search?q=cache:UpvKGVSBak0J:www.ekf.admin.ch/dokumentation/00444/00517/index.html%3Flang%3Dfr%26download%3DNHzLpZeg7t,lnp6I0NTU042l2Z6ln1ae2IZn4Z2qZpnO2Yuq2Z6gpJCDdH58hGym162epYbg2c_JjKbNoKSn6A--+&amp;amp;cd=2&amp;amp;hl=fr&amp;amp;ct=clnk&amp;amp;gl=ch&amp;amp;client=firefox-a&amp;lt;/ref&amp;gt; inspirés des mouvements français et américains préalablement abordés. Cependant, des divergences existent entre tous ces mouvements sur différentes questions telles que l’avortement ou encore la possibilité pour le sexe féminin de faire l’armée. Une chronologie a été rédigée dans l’article suivant : &amp;quot;Le nouveau mouvement féministe et les organisations féminines depuis 1968&amp;quot; de la Commission fédérale pour les questions féminines de la Confédération Suisse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La période  entre 1940-50 : une période restrictive ===&lt;br /&gt;
Pour comprendre la lutte pour l&#039;avortement comme droit de la personne il nous faut revenir sur le contexte de l&#039;après guerre. Tout comme il a été expliqué dans [[Droits des enfants|le chapitre précédent]], la Déclaration Universelle des Droits de l&#039;Homme (1948)a influencé les mouvements des femmes. Nous allons tout d&#039;abord revenir sur ce qui s&#039;est passé avant cette date, en effet nous savons que la législation suisse sur l’avortement est l’une des plus restrictives d’Europe. Les premières dispositions du Code pénal suisse à ce sujet ont été définies en 1942 et prévoient, à cette époque, l’emprisonnement de la femme qui avorte, ainsi que de la personne qui l’aide à pratiquer cet acte. En revanche, une exception existe : si la grossesse comporte un danger pour la mère et que l’interruption de grossesse est pratiquée par un médecin, l&#039;avis étant approuvé par un second médecin, l’avortement n’est alors pas punissable. On comprend alors que la conséquence a été un nombre considérable d’avortements illégaux. Cependant, la mise en place de dispositifs de préventions et d’une diffusion d’informations contribua à faire diminuer le nombre d’avortements autant illégaux, que légaux. Par ailleurs, l’Organisation Mondiale de la Santé ([http://www.who.int/fr/ OMS]) a étendu la notion de « santé » en y insérant les dimensions de bien-être psychique et social : « la santé ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité ; elle est un état de complet bien-être physique, mental et social. »&amp;lt;ref&amp;gt;Rey, A.-M., 2013, &#039;&#039;Tendance à la libéralisation&#039;&#039;, USPDA. Consulté le 7 Novembre sur http://www.svss-uspda.ch/fr/suisse/liberal.htm&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ceci légalise aussi la pratique d’interruption de grossesse et écarte la menace d’emprisonnement. &amp;lt;ref&amp;gt;Rey, A.-M., 2013, &#039;&#039;L&#039;ancienne législation de 1942&#039;&#039;, USPDA. Consulté le 7 Novembre sur http://www.svss-uspda.ch/fr/suisse/loi_1942.htm&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
Cependant, cette législation attise la colère et la montée d’une révolte. Au début du XXème siècle, on voit s’élever des mouvements, tels que les organisations ouvrières, pour lutter en faveur de la décriminalisation de l’avortement.&lt;br /&gt;
De plus, dans cette période, il existe une différence entre les cantons au niveau de la législation sur l&#039;avortement. Ceci met donc les professionnels dans l&#039;embarras puisqu&#039;ils n&#039;ont pas une pratique généralisée au niveau de l&#039;état, et cela soulève également une inégalité entre les femmes des différents cantons de la Suisse. Des mesures fédérales strictes ont donc été prises pour tenter de généraliser les pratiques et s&#039;accorder sur la pratique de l&#039;avortement : « l’institutionnalisation juridique d’une interruption de grossesse pouvant être légalement pratiquée par un médecin sous haute surveillance de l’Etat : consultation obligatoire d’un second médecin, qui doit être un spécialiste et en plus agréé par les autorités cantonales compétentes, et qui doit donner par écrit un « avis conforme ». Il faut également le consentement écrit de la femme enceinte. ». Ainsi à cette époque nous constatons que les femmes n&#039;ont pas la maîtrise de leur corps et que de ce fait la maternité ne peut se contrôler. Ce contexte illustre la réalité des femmes, soit elles ont la chance de pouvoir trouver deux médecins qui l&#039;estime en danger, soit elles décident de pratiquer un avortement illégal ce qui comporte de grands risques pour leur santé (hémorragie et infection qui peuvent entrainer la mort de la femme).&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La période 1960-70 : les premiers changements ===&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Fichier:Graphiquefemme.jpeg|vignette|gauche|Graphique représentant les condamnations des femmes]]&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Le graphique ci-contre nous montre la condamnation des femmes en ce qui concerne l&#039;avortement.&amp;lt;ref&amp;gt;Rey, A.-M., 2013, &#039;&#039;Interruption de grossesse en Suisse : les faits et les données&#039;&#039;, USPDA. Consulté le 18 Novembre sur http://www.svss-uspda.ch/pdf/faits-et-donnees.pdf &amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt; En effet, nous voyons que le pic le plus élevé se situe dans l&#039;année 1950, avec 550 condamnées. Puis lors de la commercialisation de la pilule, l&#039;emprisonnement des femmes diminue fortement l&#039;année suivante, passant d&#039;environ 400 condamnations à environ 260. De manière générale, ce graphique montre que les condamnations sur la période 1960-1980 n&#039;ont cessé de baisser. &lt;br /&gt;
Les années 60 sont donc marquées par l&#039;arrivée de la pilule contraceptive en Suisse. En effet, en 1961, la commercialisation de celle-ci fait reculer le nombre d&#039;avortement pratiqué en Suisse puisque les femmes ont un contrôle sur leur reproductibilité. Malgré tout, la pilule contraceptive circule à l&#039;époque discrètement, puisque aucune loi ne précise son autorisation. En 1965, la création du premier planning familial en Suisse au HUG permettra de conseiller les familles. L&#039;établissement ouvrira donc un pôle dédié à l&#039;information familiale et aux régulations des naissances.&amp;lt;ref&amp;gt;Fert-Bek, D., (s.d.), &#039;&#039;Historique&#039;&#039;, Le service du planning familial de Genève a 40 ans,Genève, HUG. Consulté le 18 Novembre 2013 sur http://planning-familial.hug-ge.ch/nous/historique.html&amp;lt;/ref&amp;gt; Dans cet établissement les professionnels conseillent les parents sur la manière d&#039;avoir un contrôle sur l&#039;élargissement de leur famille. Ainsi, grâce à cette structure, la pilule contraceptive a pu circuler dans le territoire helvétique. La pilule était considéré pour certain comme un enjeux économique : elle permettait de contrôler les naissances et donc de préserver la richesse, et pour d&#039;autres comme un moyen de débrider la sexualité des femmes&amp;lt;ref&amp;gt;L&#039;illustré, (s.d.) &#039;&#039;La pilule qui a changé le monde&#039;&#039;, Archives, Consulté le 18 Novembre 2013 sur http://www.illustre.ch/la_pilule_qui_a_change_le_monde_45372_.html&amp;lt;/ref&amp;gt;.   &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Mlf.jpeg|vignette|gauche|Affiche du Front des Bonnes Femmes]][[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|Le Mouvement de Libération des Femmes (MLF)]] a démarré aux Etats-Unis, et a encouragé les militants des autres pays à lutter pour améliorer les conditions féminines. Le [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]] créé en 1969 à Zurich,que l&#039;on retrouvait également dans d&#039;autres cantons  (Genève et Tessin par exemple) se base &amp;quot;sur les mouvements de libération du Tiers monde pour encourager les femmes à se libérer des contraintes inhérentes à la famille nucléaire (Rôle des sexes).&amp;quot; &amp;lt;ref&amp;gt;Jorris, E., 2009, &#039;&#039;Mouvement de libération des femmes (MLF)&#039;&#039;. Consulté le 19 Novembre 2013 sur http://www.hls-dhs-dss.ch/textes/f/F16504.php&amp;lt;/ref&amp;gt;. Sur le canton de Genève plus précisément, des groupes de certains partis de gauche militaient en ces faveurs (ils étaient très hiérarchisés et ne plaisaient pas à toutes les femmes militantes). C&#039;est donc principalement grâce à Madame Brodmann (qui a milité aux Etats-Unis) et Madame Gramoni qu&#039;il y a eu dans un premier temps le front des Bonne-Femmes (où militait aussi Rina Nissim). Leur premier slogan a été &amp;quot;Femmes décolonisons-nous !&amp;quot; avec des affiches placardées sur les façades des grandes banques : les femmes insistaient donc pour la ré-appropriation de leur corps (avortement, pilule contraceptive, ...).&amp;lt;ref&amp;gt;Roussopoulos Carole, Debout ! Une histoire du mouvement des femmes 1970-80, 1999. Consulté le 19 Novembre 2013 sur http://ballonsonde.org/wikiSonde/videos/Femmes_Debout.htm&amp;lt;/ref&amp;gt; &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Les femmes pensent donc vivre singulièrement des situations d&#039;exclusion et d&#039;injustices, or le fait de discuter ensemble elles se rendent compte qu&#039;elles vivent toutes ce genre de situation. Cette prise de conscience favorise donc la mobilisation des femmes pour combattre ces injustices dont elles sont victimes. Les communautés ou ce que l&#039;on pourrait appeler regroupements permettent donc aux femmes de prendre consciences mais aussi de prendre du pouvoir dans la société. L&#039;effet de groupe a permis de de faire rassembler dans les rues des milliers de femmes pour manifester ensemble contre des inégalités entre sexe ([[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]]).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans le même temps, il ne faut pas oublier que les avortements illégaux continuent à être pratiqués à cette période. En effet, le nombre d&#039;avortements, légaux et illégaux, est estimé à 50 000 en 1966. Les avortements légaux s&#039;élevaient à environ 17 000 en 1966 (16 000 en 1978 et 1980, 14 000 en 1985, 13 000 en 1990, 12 000 en 1995, 13 000 en 1996 et 1998). Les avortements clandestins diminuèrent grâce : &lt;br /&gt;
* à la raréfaction avec l&#039;élargissement des indications médicales dans les cantons libéraux (Zurich, Bâle-Ville, Berne, Vaud, Neuchâtel, Genève) dès les années 1950&lt;br /&gt;
* la libéralisation progressive dans d&#039;autres cantons(Tessin dès les années 1970; Argovie, Bâle-Campagne, Glaris, Schaffhouse, Soleure, Jura au cours des années 1990)&lt;br /&gt;
* la généralisation des centres de planning familial, des cours d&#039;éducation sexuelle, la diffusion de moyens de contraception sûrs dès les années 1960 &lt;br /&gt;
* le remboursement de l&#039;intervention par les caisses maladie).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On remarque que malgré les mesures juridiques fédérales restrictives, les cantons adoptent des pratiques très différentes les uns des autres. Ainsi, les dimensions d’ordre psychologique et social sont incluses dans les indications médicales des cantons libéraux, alors que la pratique est seulement tolérée dans les cantons conservateurs catholiques. Face à cette inégalité juridique, les cantons libéraux accueillent des femmes vivant dans ces cantons restrictifs pour se faire avorter. On assiste à une forme de tourisme « gynécologique ». Cela amène les cantons à réfléchir sur ces pratiques. Notamment le canton de Neuchâtel, où plusieurs affaires d&#039;avortements sont jugées. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La période 1970-1980 : La période clé ===&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
A la suite de ces scandales, le député radical Maurice Favre dépose en mars 1971 une [http://www.amtsdruckschriften.bar.admin.ch/viewOrigDoc.do?id=10100953 motion] en faveur d&#039;une initiative cantonale demandant la suppression des articles 118 à 121 du CP.  &lt;br /&gt;
Cette démarche est suivie du lancement, en juin de la même année, par un comité de cinq personnes, de l&#039;initiative populaire fédérale pour la décriminalisation de l&#039;avortement, largement soutenue notamment par le mouvement des femmes. En 1972, les milieux chrétiens conservateurs font circuler une pétition &amp;quot;Oui à la vie, non à l&#039;avortement&amp;quot;. A partir de ce moment-là, nous voyons apparaître les organisations et les mouvements féministes qui organisent des manifestations en faveur de l’interruption de grossesses libres et gratuites, ainsi que pour revendiquer [http://www.svss-uspda.ch/index.html la décriminalisation de l’avortement].  Il y a dons deux propositions faites : accorder un délais pour l&#039;avortement (par exemple : les avortements pourront être légal pendant les 10 premières semaines de grossesse)ou élargir les motifs pour l&#039;avortement (par exemple : souffrances psychiques, douleurs physique, ...)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C&#039;est une lutte qui se fait contre des mentalités traditionnelles où l&#039;homme est dominant dans la société. La prise de conscience des femmes et de leurs conditions se fait petit-à-petit, en prenant plus d&#039;ampleur au milieu des années 70. C&#039;est la réunion de plusieurs milliers de femmes qui fait que l&#039;on puisse qualifier le [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]] de mouvement. Ce sont des femmes de tout âge qui se battent pour l&#039;amélioration de leurs conditions de vie. Ces mouvements veulent principalement lutter pour le droit du libre choix des femmes ou de manière générale à ce que l&#039;on nomme l&#039;autonomie des femmes. A cette époque, il y a &amp;quot;deux types de femmes&amp;quot; :  celles qui font des études mais qui restent à la maison pour materner, ou bien celle qui font des études et qui travaillent. Ces dernières se trouvent confrontées à la réalité sociale : avec le même titre professionnel, les femmes obtiennent des salaires bien inférieurs à ceux des hommes. C&#039;est suite à cette prise de conscience face au [http://www.scienceshumaines.com/peut-on-en-finir-avec-le-plafond-de-verre_fr_22408.html Plafond de Verre], que les femmes se réunissent pour échanger leurs histoires. Elles se mobilisent donc afin de pouvoir avoir le contrôle sur leur vie, et sur leur corps. L&#039;une des grandes luttes se fait autour du contrôle de leur corps : ce qu&#039;elles nomment la mobilisation pour la ré-appropriation du corps. Il s&#039;agit de donner aux femmes la possibilité de choisir leur maternité, leur contraception, et leur médicamentation. En 1978, sur le canton de Genève, l&#039;ouverture du Dispensaire des femmes (par [[Rina Nissim]]) leur permet d&#039;être accueillies dans un lieu où on leur donne des conseils, des listes de gynécologues tolérants face aux choix d&#039;avorter ainsi que différentes méthodes pour soigner les maladies génitales, ... De plus, les femmes peuvent si elles le veulent accéder au groupe action Self-Help du [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]] ; qui est un lieu où l&#039;on échange sur son vécu, et où l&#039;on pratique des examens concrets pour découvrir son corps. L&#039;instruction, comme l&#039;évoque [[Amélia Christinat|Mme Christinat]] permet aux femmes de comprendre les injustices auxquelles elles sont confrontées et de se mobiliser pour que toute les sociétés reconnaissent les femmes comme des personnes avec un cerveau. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans le même temps, une nouvelle réglementation sur l’avortement est considérée par le Conseil fédéral, et trois variantes sont discutées : la première, appelée &amp;quot;solutions des indications&amp;quot; autorise l’avortement dans les situations où la grossesse menace la vie ou la santé de la femme, en cas de viol, ou encore si l’enfant présente un trouble ou une déficience physique et/ou mentale. Une autre variante est celle des « indications sociales » qui prend en compte la situation sociale précaire de la femme. Finalement, la troisième, « solution des délais », permet l’avortement pendant les douze premières semaines de grossesse. Il en va sans dire que les partis politiques, les organisations et les cantons conservateurs catholiques sont en faveur de la solution la plus restrictive, alors que leurs rivales refusent les trois types de variantes et revendiquent l’avortement libre et gratuit. Le Conseil fédéral  rejette l’initiative pour la décriminalisation de l’avortement, mais opte finalement pour la solution des indications élargies, attisant ainsi le mécontentement des deux camps. &lt;br /&gt;
Face au rejet de l’initiative populaire pour la décriminalisation de l’avortement, [http://www.svss-uspda.ch/index.html l’Union Suisse pour la Décriminalisation de l’Avortement] (USPDA) (dont fait partie [[Amélia Christinat]])propose un compromis et lance une initiative qui cette fois rejoint l’idée de la solution des délais. « L’initiative réclament la décriminalisation de l’avortement s’il est pratiqué par un  médecin avec le consentement de la femme pendant les douze semaines qui suivent les dernières règles ». Cependant, celle-ci essuie à nouveau un échec : elle est rejetée par la majorité des cantons. &lt;br /&gt;
Les années suivantes toutes les propositions d&#039;initiatives,pour ou contre l&#039;avortement, sont sans cesse rejetées. Mais les luttes féminines pour le droit à l&#039;avortement s&#039;amplifient dans cette période pour pouvoir faire changer les droits de la personne et principalement les droits de la femme. Ce n’est qu’en 1990, que l’idée d’une révision de la loi relative à l’avortement est remise sur le devant de la scène. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous constatons que cette période est une période riche pour la mobilisation des droits des femmes ; de multitudes groupes se forment à l&#039;intérieur du [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]], des nouveaux établissements pour les femmes se créent, ... des femmes se mobilisent également pour d&#039;autres causes qui ne les touchent pas particulièrement puisque nous verrons, dans [[Accueil|le dernier chapitre]] de cet article, que plusieurs d&#039;entres-elles se sont mobilisé pour le droit à l&#039;autodétermination [[Droits des patients (à l&#039;hôpital)|des patient des hôpitaux]]. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Globalement ce qui se fait ressentir c&#039;est  surtout l&#039;envie de faire changer la mentalité de la société pour que les femmes aient les même droits que les hommes. Nous avions déjà retrouver ce point en 1791 en France où est apparue la [http://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9claration_des_droits_de_la_femme_et_de_la_citoyenne Déclaration des Droits de la Femme et de la Citoyenne] se basant sur la [http://www.textes.justice.gouv.fr/textes-fondamentaux-10086/droits-de-lhomme-et-libertes-fondamentales-10087/declaration-des-droits-de-lhomme-et-du-citoyen-de-1789-10116.html version originale] et dont le but était de montrer l&#039;égalité juridique entre homme et femme.   &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Depuis 1990 ===&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Les différentes mobilisations des femmes soixanthuitardes ont permis la diminution d&#039;une multitude d&#039;inégalités pour lesquelles elles se mobilisaient.&lt;br /&gt;
Revenons tout d&#039;abord, en 1994, où l&#039;on constate un net recul du nombre d’avortements légaux. Ceci peut s’expliquer par une diffusion de l’information (éducation sexuelle) et la libre disposition de moyens contraceptifs. Ce phénomène vient appuyer l’idée que la libéralisation ne conduit pas à une augmentation des avortements, bien au contraire. Plusieurs services se sont donc installés suite au manifestations des femmes dans les rues. A partir de là, les choses commencent à changer et vont en faveur de la décriminalisation de l’avortement. En effet, le Conseil National adopte en 1995 &amp;quot;la solution des délais&amp;quot;. En 1996, la Commission des Affaires Juridiques du Conseil National ratifie un projet de loi qui prévoie la décriminalisation de l’avortement pendant les 14 premières semaines après les dernières règles. On voit mêmes les femmes du parti démocratique-chrétien (PDC) aller en faveur du droit de la femme à l’autodétermination et pour &amp;quot;la solution des délais&amp;quot;. De nombreuses organisations telles que la Fédération suisse des Eglises protestantes, les groupes des femmes radicales de Suisse, accueillent cette solution des délais comme un compromis tolérable. Toutefois, le Conseil Fédéral rejette une fois de plus la &amp;quot;solution du délai&amp;quot; en 1998. Nous constatons donc que les manifestations pendant plus de 15ans, ne suffisent pas pour que la Suisse autorise l&#039;avortement. En France par exemple, la lutte des femmes a été moins longue en ce qui concerne le droit à l&#039;avortement puisqu&#039;il est autorisé depuis  [http://fr.wikipedia.org/wiki/Loi_Veil_du_17_janvier_1975_sur_l&#039;interruption_volontaire_de_grossesse 1975] et suite [http://fr.wikipedia.org/wiki/Manifeste_des_343 aux manifestes des 343] de 1971. &lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Par ailleurs, la pilule abortive Mifegyne (RU 486) est admise et commercialisée en Suisse dès 1999. La [http://webcache.googleusercontent.com/search?q=cache:aZM-IrETCowJ:bijsluiters.fagg-afmps.be/DownloadLeafletServlet%3Fid%3D109287+&amp;amp;cd=9&amp;amp;hl=fr&amp;amp;ct=clnk&amp;amp;gl=ch&amp;amp;client=firefox-a notice] d&#039;utilisation explique son utilité : &amp;quot;Mifegyne est un médicament qui bloque l&#039;action de la progestérone, une hormone nécessaire au maintien de la grossesse. Mifegyne peut donc provoquer une interruption de grossesse.&amp;quot; Cependant cette méthode médicamenteuse est soumise aux mêmes dispositions pénales que l’avortement et est prescrite uniquement par le corps médical.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Finalement, le Parlement adopte la solution du délai en mars 2001 et est rentré en vigueur en 2002. « Ainsi l’avortement n’est pas punissable pendant les 12 premières semaines de la grossesse à condition que la femme fasse valoir une situation de détresse. Les cantons doivent décider quels cabinets et établissement peuvent pratiquer l’intervention. » &amp;lt;ref&amp;gt;Rey, A.-M., 2013, Régime du délais, USPDA. Consulté le 7 Décembre sur http://www.svss-uspda.ch/fr/suisse/loi.htm&amp;lt;/ref&amp;gt; De plus, Rey (2013), illustre les modifications entre l&#039;ancienne et la nouvelle loi de 2002, relatif à l&#039;avortement. &amp;lt;ref&amp;gt;Rey, A.-M., 2013, Comparaison ancienne et nouvelle législation, USPDA. Consulté le 7 Décembre sur http://www.svss-uspda.ch/fr/suisse/comparaison.htm &amp;lt;/ref&amp;gt; Depuis ce jour, la femme est la seule personne qui ait le droit de choisir ou non l&#039;avortement. En aucun cas, une personne tierce (et même si celle-ci a une blouse blanche) ne pourra refuser l&#039;avortement d&#039;une femme dans les douze premières semaines de grossesse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous pouvons donc conclure que « les discussions provoquées en 1971 par l’initiative en faveur de la décriminalisation de l’avortement ont été à l’origine d’un changement des mentalités et d’une prise de conscience ».&amp;lt;ref&amp;gt;Rey, A.-M., 2013, Chronologie des événements dès 1970, USPDA. Consulté le 7 Décembre sur http://www.svss-uspda.ch/fr/suisse/chronologie.htm &amp;lt;/ref&amp;gt; En effet, on assiste à une diminution du nombre de condamnations et à une libéralisation de la pratique de l’avortement. Par ailleurs, on se rend compte qu’à travers la mise en place de centres de plannings familiaux et des dispositifs d’informations, comme l’éducation sexuelle, on parvient à lutter contre l’avortement.  La prévention prévaut donc à la pénalisation. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cependant on constate que la réglementation à ce sujet peut encore être modifiée, car ce droit à l’avortement est sans cesse remis en question. En effet, en 2010, le mouvement anti-avortement « Mamma », qui s&#039;intitulait auparavant &amp;quot;Pour la mère en l’enfant&amp;quot;  lance une initiative populaire : « Financer l’avortement est une affaire privée ». Il s’agit d’une initiative qui demande que l’IVG ne soit plus pris en compte par les prestations de l’assurance maladie de base, et ce en invoquant l’idée qu’il s’agit d’une décision d’ordre privé, et que de ce fait le financement public n’a pas de sens. Cependant, on remarque que le droit à donner la vie est également de l’ordre du privé, et pourtant celui-ci n’est pas contesté. [[Entretien Rina Nissim|Rina Nissim]], nous met en garde sur la tournure que prend les événements d&#039;aujourd&#039;hui (concernant le financement de l&#039;avortement). En effet, selon elle, nous serions en pleine régression concernant le libre choix de la femme. A contrario des générations d&#039;après 70, il faut que les générations d&#039;aujourd&#039;hui se mobilisent pour faire en sorte de garder un droit durement acquis par les femmes soixanthuitardes. La votation de Février 2014 qui se prépare pourrait modifier les droits que nous avons jusqu&#039;à présent. Si les générations de maintenant et les suivantes veulent elles aussi avoir la possibilité de choisir leur grossesse, elles se doivent de s&#039;impliquer pour faire en sorte de ne pas perdre les droits acquis.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le droit à l&#039;avortement est également contesté dans [http://www.planning-familial.org/actualites/lavortement-en-europe-ou-sont-les-bonnes-nouvelles-0012490 les autres pays Européens]. L&#039;Irlande et l&#039;Espagne seraient les deux pays Européens les plus réactionnaires au droit à l&#039;avortement. En effet, le premier ministre devrait sous peu, mettre en place une nouvelle loi concernant ce sujet. L&#039;avortement sera alors possible que dans l&#039;une des trois conditions (viol, malformation du fœtus ou danger de la mère) et les personnes mineures devront avoir une autorisation des parents. &amp;lt;ref&amp;gt;Magnan, P., (2014) &#039;&#039;Avortement : le retour en arrière de l&#039;Espagne, premier signe en Europe ?&#039;&#039;. consulté le 6 Janvier 2014 sur http://geopolis.francetvinfo.fr/avortement-le-retour-en-arriere-de-lespagne-un-premier-signe-en-europe-28245 &amp;lt;/ref&amp;gt; La crise économique, comme nous l&#039;avait précisé [[Rina Nissim]], influencerait les multiples régressions concernant les droits des femmes ; dont celui de leur intégrité physique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les témoins qui ont participé aux changements ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous avons décidé d&#039;interroger des personnes qui se sont mobilisées en Suisse pour le droit à l&#039;avortement. Elles pourront donc faire ressortir des éléments personnels sur le contexte de l&#039;époque, et les problèmes qu&#039;elles ont pu rencontré pour la mise en place de ce droit. &lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Nous avons dans un premier temps contacté Mme [[Amélia Christinat|Christinat Amélia]], avec qui l&#039;une de nous avait déjà travaillé il y a quelques années. Cette personne a donc accepté de participer à notre recherche en répondant à nos questions lors d&#039;un entretien.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un second temps nous avons contacté Mme [[Salika Wenger|Wenger Salika]], marraine de l&#039;association &amp;quot;Ni pute, Ni soumise&amp;quot; qui est actuellement impliquée dans la politique sur Genève puisqu&#039;elle fait partie du Conseil Administratif de la ville de Genève. Deux d&#039;entre nous l&#039;ont connue lors de sa venue à [http://www.infrarouge.ch/ir/1858-seins-nouvelle-arme-feministes l&#039;émission télévisée Infrarouge (RTS)] dédié aux mouvements des Femens (novembre 2011). Après discussion téléphonique, nous avons eu des éléments pertinents qui pourraient nous intéresser pour notre recherche, cependant [[Salika Wenger|Mme Wenger]] est très occupée et ne pourra pas nous accorder un entretien avant Janvier 2014. C&#039;est pourquoi après réflexion, nous avons décidé de contacter une troisième personne qui pourrait éventuellement être plus disponible : Mme [[Rina Nissim|Nissim Rina]]. Par l&#039;intermédiaire de Mme Ruchat nous avons obtenu ses coordonnées téléphoniques et avons pu avoir un rendez vous rapidement.&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Afin de leur éviter quelconque déplacement,nous avons rencontré ses personnes à leur domicile. De plus, pour des raisons pratiques et également afin de ne pas abuser de leur hospitalité, nous avons décidé de mener ces entretiens par groupes de trois.&lt;br /&gt;
Nous proposerons aux différents acteurs de partager leurs souvenirs concernant les années 1970 à Genève afin que nous comprenions la situation actuelle du droit à l&#039;avortement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Retour sur les entretiens==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== [[Entretien Rina Nissim|Entretien]] de [[Rina Nissim]] ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Notre premier entretien s&#039;est déroulée le mercredi 27 Novembre. A trois étudiantes nous nous sommes rendues au cabinet de Rina Nissim. L&#039;entretien qui en découle nous a projeter dans un univers très différent du notre : où la femme n&#039;avaient que très peu de droits. C&#039;est de part son discours, que la militante Rina Nissim, nous a partagé des informations sur l&#039;ambiance, la mobilisation et la persévérances des actrices de cette époque. C&#039;est par la réalisation de plusieurs injustices que les femmes se regroupent pour se mobiliser contre une société qui octroie peu de considération envers les femmes. Le [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]], lutte donc de manière générale pour plusieurs droits (droit à l&#039;égalité salariale, droit à la contraception, droit à l&#039;avortement, ...). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== [[Entretien Amélia Christinat|Entretien]] d&#039;[[Amélia Christinat]] ===&lt;br /&gt;
Le second entretien s&#039;est déroulé le 5 décembre chez Christinat Amélia. A notre arrivée, nous lui avons dit que nous avions déjà des questions précises à lui poser et que ces questions seraient les mêmes pour tous les groupes. En effet, sachant que c&#039;est une femme très bavarde nous avons préférer poser le cadre dès le départ. &lt;br /&gt;
Nous avons pu constater en rentrant dans son salon qu&#039;elle avait préparé différents articles concernant le droit à l&#039;avortement - des articles qu&#039;elle nous a présenté tout au long de l&#039;interview -.&lt;br /&gt;
C&#039;est avec beaucoup d&#039;émotion qu&#039;elle a répondu à nos questions et qu&#039;elle a raconté son combat pour les différents droit de la femme - droit de vote, droit à l&#039;avortement etc.-. Nous avons vraiment ressenti, à travers ses propos, l&#039;importance que ces combats ont eu pour elle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Points communs entre les entretiens=== &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plusieurs points communs ressortent de ces deux entretiens.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout d&#039;abord, nous constatons que le droit à la réappropriation du corps ou plutôt à l&#039;autonomie des femmes, comme cité par [[Rina Nissim]], représente l&#039;un des combats des années 1960-80. Si les femmes, par leur combats, manifestations ont réussi à faire valoir leur droit à l&#039;avortement, elles ont aussi lutté pour la mise en place d&#039;autres valeurs tels que le droit à la contraception, le droit de vote, le droit d&#039;accès aux études. Toutes ces luttes sont évoqués par les deux femmes interrogées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Afin de parvenir à ces changements, il a fallu se réunir entre femmes. A partir du moment où nous souhaitons un changement important, il est nécessaire d&#039;obtenir une mobilisation importante. Rina Nissim part d&#039;un petit groupe, le [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]] qui finalement va prendre une grande ampleur et [[Amélia Christinat|Amélia Christianat]] s&#039;impose dans la politique. Il parait donc évident pour ces deux protagonistes, que pour espérer un changement, il faut se réunir en groupe. La notion de communauté prend donc toute son importance. La notion de communauté est définie comme étant un état de ce qui est commun à plusieurs personnes, similitudes, groupe constituant une société, mise en commun des biens entre époux. Au sens étymologique originel : cum munus. La communauté est donc un groupe de personnes (cum) qui partagent quelque chose (&amp;quot;munus&amp;quot;)- un bien, une ressource, ou bien au contraire une obligation, une dette.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Même si le concept de communauté n&#039;est pas dit explicitement dans nos entretiens, il apparaît tout au long, puisque chacune d&#039;entre elle a rejoint un groupe dans lequel elles éprouvaient des intérêts communs. Chaque membre décide alors en quoi, comment et quand il contribuera à ce groupe. Dans ce cas, [[Rina Nissim]] et [[Amélia Christinat]] en tant que féministes se sont engagées et ont lutté pour le droit des femmes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Enfin, il est intéressant de constater que nos deux intervenantes tirent un bilan mitigé quant à ces luttes pour les droits des femmes. [[Amélia Christinat]] dit :&amp;quot; Alors en fait tout changement, toute progression que l’on peut interpréter comme sociale n’est jamais définitivement acquise. Donc en fait, il faut veiller continuellement, défendre continuellement où que vous soyez et avec qui que vous soyez.&amp;quot; Quant à [[Rina Nissim]], elle dit :&amp;quot;Malheureusement dans la société c’est comme ça, il faut tout le temps se battre. Ça c’est un point sur lequel on est en recul.&amp;quot;, On est en plein recul. Donc y a un ou deux pays qui ont avancé pour l’instant y en a douze qui ont régressé. Donc cela ne va pas du tout cette affaire, on a une très mauvaise posture.&amp;quot; Ainsi, la question des droits pour la personne n&#039;est jamais complètement acquis. Il faut sans arrêt se battre pour continuer à faire valoir ses droits en tant que personne.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il convient à présent de reprendre l&#039;ensemble des questions posées et d&#039;en ressortir les éléments importants :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- &#039;&#039;&#039;Depuis quand et avec qui vous vous êtes engagés dans la lutte pour les droits de la femme et quel était à ce moment votre statut (ou fonction)? Dans quel contexte s&#039;est inséré cette démarche ?&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les deux personnes interrogés ont un parcours différents et leur action ne s&#039;est pas faite au même niveau. [[Rina Nissim]], après son interruption de grossesse à 19 ans, trouve un tract dans un local d&#039;anarchiste. C&#039;est un tract du [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]] qui invite des femmes à les joindre dans leur groupe. [[Rina Nissim]] est intéressée et entre alors au [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]]. Elle est alors la plus jeune de la bande. Il n&#039;y avait pas de statut en tant que tel mais chacune apportait ses connaissances et son envie de se battre pour obtenir plus de droit pour la femme. Quant à [[Amélia Christinat]], elle agit plutôt a un niveau politique et va faire un long parcours en passant par le législatif, le cantonal puis le niveau national afin d&#039;apporter des changements reconnus dans toute la Suisse. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- &#039;&#039;&#039;Y a-t-il eu un événement originel? Pourriez vous nous raconter un ou des événements marquant que vous avez mené ou qui vous ont frappé dans cette période en faveur de ces droits ?&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;un des droits qui a frappé [[Rina Nissim]] dans cette période est l&#039;accès à l&#039;avortement libre et gratuit ainsi que l&#039;accès à la contraception. Elle explique que c&#039;est l’accessibilité à l&#039;avortement qui était problématique.Le planning familial a été une grande innovation mais n&#039;était pas encore présent dans les mentalités de tous, et ce, notamment chez les gynécologues qui n&#039;acceptaient pas tous de donner la pilule. Le [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]] faisait des listes des médecins qui étaient d&#039;accord de prescrire cette pilule et dirigeait les femmes au bon endroit. Cependant, elle ne nous décrit pas un événement très précis, une action qu&#039;elle a effectué qui a pu entraîner ces changements. C&#039;est néanmoins des manifestations importantes et à plusieurs reprises qui ont permis ces évolutions. [[Amélia Christinat]] considère aussi que le droit à l&#039;avortement est un événement phare de cette époque et ajoute que le droit de vote pour la femme est aussi l&#039;un des événements marquants. Elle donne comme exemple les luttes ouvrières françaises qui allaient en Belgique pour se faire avorter parce que c&#039;était défendu en France et qu&#039;elles n&#039;avaient pas d&#039;argent. C&#039;est un événement particulièrement marquant et touchant selon elle. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- &#039;&#039;&#039;Quels ont été les changements les plus importants auxquels vous ayez assisté ?&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Rina Nissim]] évoque plusieurs changements auxquels elle a pu assister. Elle parle de la libération des femmes. C&#039;est se considére comme un individu à part entière qui peut décidé de soi-même, d&#039;être un vrai sujet dans leur vie, dans leur sexualité, dans leur contraception, dans leur choix professionnel. D&#039;après elle, il y a donc eu plusieurs droit : celui de l&#039;avortement avec pour commencer le remboursement par les caisses maladies en 81, le droit au divorce, le divorce. [[Amélia Christinat]] ajoute à l&#039;ensemble de ces changements le droit de vote, en disant qu&#039;à partir du moment où nous avons le bulletin, c&#039;est quelque chose de très important puisque les femmes sont considérées comme une personne. Nous pouvons rattacher cela à l&#039;ensemble de cette étude qui étudie le droit des personnes. Dans le cas des différentes luttes pour le droit des femmes, nous cherchons à mettre en avant qu&#039;elles sont avant tout des personnes qui doivent avoir la liberté de choisir, de donner leur avis. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-&#039;&#039;&#039; Y a-t-il eu des valeurs que vous avez eu le sentiment d’avoir porter en avant et si oui lesquels  ?&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Différentes valeurs sont mises en avant par les deux femmes interrogées. C&#039;est le féminisme, l&#039;humanisme, le socialisme, l&#039;anarchisme. De manière générale l&#039;autonomie des femmes marqué par la réappropriation de son corps. Dans leur discours, les deux femmes montrent bien qu&#039;auparavant nous étions considérés comme femme de.., fille de... que les femmes ont toujours du être meilleure que les hommes. Elles devaient tout faire. De ce fait, les femmes n&#039;étaient pas des sujets en tant que telle. Ce n&#039;est qu&#039;après de nombreuses luttes que nous avons mis en avant le fait que les femmes soient avant tout des personnes à part entière. Elles ont maintenant le même statut, les mêmes droits que les hommes. Bien que comme le relève [[Rina Nissim]] et [[Amélia Christinat]] cela n&#039;est pas quelque chose d&#039;acquis, et cette évolution à tendance à reculer. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039; Mais qu’en est-il aujourd’hui de cette lutte et des acquis et des risques de retour en arrière ?&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le maître mot de ces deux femmes concernant cette lutte est que rien n&#039;est acquis. Il faut toujours se battre parce que les choses ont tendance à régresser. Aujourd&#039;hui le droit de vote, le droit d&#039;accès aux études est l&#039;un des points acquis. Cependant, la question de l&#039;avortement est remis en cause, et fait l&#039;objet de tension actuelles puisqu&#039;il est question de supprimer le remboursement des avortements. C&#039;est donc l&#039;une des causes pour lesquels il faut continuer à se battre et faire valoir ses droits si l&#039;on ne veut pas revenir en arrière.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Références bibliographiques ==&lt;br /&gt;
&amp;lt;references/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;&amp;lt;big&amp;gt;Vidéo :&amp;lt;/big&amp;gt;&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Roussopoulos Carole, &#039;&#039;Debout ! Une histoire du mouvement des femmes 1970-80&#039;&#039;, 1999. Consulté le 19 Novembre 2013 sur http://ballonsonde.org/wikiSonde/videos/Femmes_Debout.htm&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;&amp;lt;big&amp;gt;Documents scannés :&amp;lt;/big&amp;gt;&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Archives contestataires de Genève, Mouvements de Liberté des Femmes : 1970-90[[Fichier:MLF femme.pdf|vignette|Document des archives contestataires]]&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
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Archives contestataires de Genève, Mouvements de Liberté des Femmes : 1970-90[[Fichier:MLF archives.pdf|vignette|Documents des archives contestataires]]&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
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Archives contestataires de Genève, Mouvements de Liberté des Femmes : 1970-90 [[Fichier:MLF assez.pdf|vignette|document des archives contestataires]]&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
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Archives contestataires de Genève, Mouvements de Liberté des Femmes : 1970-90 [[Fichier:MLF avorter.pdf|vignette|Document des archives contestataires]]&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
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Archives contestataires de Genève, Mouvements de Liberté des Femmes : 1970-90 [[Fichier:MLF personne.pdf|vignette|Document des archives contestataires ]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Julie</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Droits_des_femmes&amp;diff=12777</id>
		<title>Droits des femmes</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Droits_des_femmes&amp;diff=12777"/>
		<updated>2014-01-09T13:38:55Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Julie : /* Mouvements féministes : Buts et démarches */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Introduction  == &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Actuellement le droit à l&#039;avortement pour les femmes subit encore des contestations et même une offensive de remise en question: pouvons nous encore le qualifier comme  un droit de la femme s&#039;interrogent certains ? Tout au long de cette page nous nous centrerons sur le droit à l&#039;avortement pour les femmes depuis 1970. En effet, les mouvements féministes sont présents depuis longtemps dans l&#039;histoire des droits des personnes. Dans la période de l&#039;après guerre, les femmes se sont mobilisées plus fortement pour acquérir des droits identiques à ceux des hommes. C&#039;est par la lutte pour le droit à un travail rémunéré que les mouvements prennent de l&#039;ampleur  : &amp;quot;L&#039;essort du féminisme dans cette période serait intimement lié à celui du travail salarié&amp;quot; &amp;lt;ref&amp;gt;Riot-Sarcey, M., 2008, &#039;&#039;Histoire du féminisme&#039;&#039;, Paris, La Découvertes, Repères. p. 73 &amp;lt;/ref&amp;gt;. La question de la procréation est aussi au cœur de leur mouvement, puisqu&#039;il est question de &amp;quot;repeupler&amp;quot; des pays détruits : &amp;quot;Après l&#039;hécatombe de la guerre, jusqu&#039;alors la plus meurtrière, il est nécessaire, plus que jamais de &amp;quot;remplir les berceaux vides&amp;quot;&amp;quot; &amp;lt;ref&amp;gt;Riot-Sarcey, M., 2008, &#039;&#039;Histoire du féminisme&#039;&#039;, Paris, La Découvertes, Repères. p. 73 &amp;lt;/ref&amp;gt;. Il ne faut pas non plus oublier leurs luttes pour l&#039;accès à la politique : plus précisément le droit de vote pour les femmes, qui prend de l&#039;ampleur bien avant la guerre. C&#039;est dans ce contexte d&#039;après guerre, que les femmes resurgissent au front pour valoriser des droits égalitaires et propres à leur vie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cet article est fondé à la fois sur une recherche documentaire et sur la récolte de témoignages de deux personnes pionnières dans l&#039;avancée du droit des femmes à l&#039;avortement. L&#039;article présentera également les différents mouvements féministes réalisés dans les années 1970 sur le droit à l&#039;avortement.Ceci nous montreras que la Suisse, n’a pas été la première à lutter pour le droit à l’avortement, mais que le phénomène est mondial. Les États-Unis ont été sans aucun doute les précurseurs, mais la lutte s&#039;est diffusée et reproduite dans différents pays du monde amenant à des dates différentes à autoriser l’avortement.  L&#039;article se centrera sur la lutte des femmes en Suisse et les différentes lois qui en sont ressorties et cherchera à comprendre la part qu’ont joué les deux témoins interrogées dans cette histoire récente (1970 à aujourd&#039;hui). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour ce faire, nous avons constitué une bibliographie, à partir d’ouvrages sur les mouvements féministes en général, sur la chronologie des contestations. Nous avons lu des articles scientifiques qui présentent la situation en Suisse, épluché  des informations sur les deux témoins qui ont été interrogés et consulté les archives contestataires à Carouge. &lt;br /&gt;
Nous avons également pu rencontré deux femmes militantes à Genève sur ce thème. On a donc effectué deux entretiens audio avec Madame [[Amélia Christinat]] et Madame [[Rina Nissim]] pour obtenir leur témoignage sur l’histoire des mouvements féministes des années 1960 à 1980, principalement sur la question de l’avortement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L&#039;Histoire du droit des femmes == &lt;br /&gt;
Actuellement des auteures telles que Marcella Iacub et Judith Butler font de la problématique féministe une occasion de débattre la question du genre, des identités sexuelles et limites entre les sexes (intersexe, queer, etc), laquelle peut nous aider à repenser la lutte féministe. Or, celle des années 70 (en amont en Suisse de l&#039;accession des femmes à la citoyenneté) est celle d&#039;une longue marche marquée par des féministes de l&#039;après guerre comme Simone de Beauvoir avec sa formule historique &amp;quot;On ne naît pas femme on le devient&amp;quot;, soulignant le déterminisme social de la féminité et la &amp;quot;fabrication&amp;quot; culturelle. &lt;br /&gt;
Pour tenter de comprendre ce qui s&#039;est passé durant cette époque nous allons revenir sur les faits marquants. Pour la compréhension de ce qui va suivre nous vous conseillons de lire [[Frise Chronologique du droit à l&#039;avortement|la frise chronologique]] des événements marquants pour le droit à l&#039;avortement en Suisse. &lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
=== Mouvements féministes : Buts et démarches ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce n&#039;est que dans la deuxième moitié du XIXème siècle que le féminisme se démarque en tant que mouvement collectif de luttes de femmes. &amp;quot;Ces luttes reposent sur la reconnaissance des femmes comme spécifiquement et systématiquement opprimées, l&#039;affirmation que les relations entre hommes et femmes ne sont pas inscrites dans la nature mais que la possibilité politique de leur transformation existe.&amp;quot;[3] En effet, les femmes ont dû faire face à de nombreuses inégalités et cela dans de nombreux domaines: le travail, la santé, la politique... Nous constatons encore aujourd&#039;hui que de nombreuses inégalités persistent sur le droit des femmes mais elles sont moindres ou de nature différentes que dans les années 1960-80. Pour pouvoir entrer dans un processus de revendication politique du féminisme, il faut qu&#039;il y ait une &amp;quot;relation avec une conceptualisation de droits humains universels;elle s&#039;ancre dans les théories des droits de la personne dontles premières formulations juridiques sont issues des révolutions américaines puis françaises.&amp;quot; &amp;lt;ref&amp;gt;Hirata H, et al,2000, &#039;&#039;Dictionnaire critique du féminisme&#039;&#039;, Paris : Presse Universitaires de France, p. 225&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
Il convient de faire une distinction entre les mouvements féministes et les mouvements populaires des femmes. En effet, les mouvements populaires des femmes ne mettent pas directement en avant l&#039;exigence de droits spécifiques pour les femmes. C&#039;est l&#039;emploi du mot féministe qui va changer les représentations que l&#039;on se fait à cette époque. Pour certains les féministes sont &amp;quot;trop bourgeoises au XIXème siècle et au début du XXème siècle trop radicales et ennemies des hommes après les années 1970&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;Hirata H, et al,2000, &#039;&#039;Dictionnaire critique du féminisme&#039;&#039;, Paris : Presse Universitaires de France., p. 126&amp;lt;/ref&amp;gt;. Quant à l&#039;expression &amp;quot;mouvement des femmes&amp;quot;, elle est plus souvent utilisée comme raccourci pour mouvement de libération des femmes. Voilà pourquoi elle a pu être associée au féminisme le plus radical et explique la confusion entre les deux termes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lorsque nous parlons de &amp;quot;mouvements féministes&amp;quot; nous désignons sous une même dénomination &amp;quot;les diverses formes des mouvements de femmes, le féminisme libéral ou &amp;quot;bourgeois, le féminisme radical, les femmes marxistes ou socialistes, les femmes lesbiennes, les femmes noires et toutes les dimensions catégorielles des mouvements actuels&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;Hirata H, et al,2000, &#039;&#039;Dictionnaire critique du féminisme&#039;&#039;, Paris : Presse Universitaires de France, p. 127&amp;lt;/ref&amp;gt;. Dès lors, l&#039;expression&amp;quot; mouvement des femmes &amp;quot; représente les mobilisations de femmes en Amérique Latine ou les mouvements pour la paix en Irlande ou au moyen-Orient&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;Hirata H, et al,2000, &#039;&#039;Dictionnaire critique du féminisme&#039;&#039;, Paris : Presse Universitaires de France., p.126&amp;lt;/ref&amp;gt; Dans la littérature, deux types de mouvements féministes se démarquent. Une première vague a émergé dans la seconde moitié du XIXème siècle. Elle est souvent présentée autour des revendications du droit de vote.  Au début du XXème siècle, ou les mouvements sont qualifiés de &amp;quot;néo féminisme&amp;quot;, les exigences ne se fondent pas sur une seule exigence d&#039;égalité mais sur une reconnaissance &amp;quot;de l&#039;impossibilité sociale de fonder cette égalité dans un système patriarcal&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;Hirata H, et al,2000, &#039;&#039;Dictionnaire critique du féminisme&#039;&#039;, Paris : Presse Universitaires de France, p. 126&amp;lt;/ref&amp;gt;. Le féminisme des années 1970, se fait connaitre par des mouvements anti-autoritaires, par des groupes de parole, il met en avant les formes les plus spontanées de manifestation et refuse toute organisation hiérarchique. &amp;quot; L&#039;appartenance au mouvement représente la mise en acte d&#039;une nouvelle idéologie, la recherche de sens et de valeurs communs.&amp;quot; &amp;lt;ref&amp;gt;Hirata H, et al,2000, &#039;&#039;Dictionnaire critique du féminisme&#039;&#039;, Paris : Presse Universitaires de France, p.128&amp;lt;/ref&amp;gt;. C&#039;est entre la fin des années 1960 et le début des années 1970 que le féminisme connait une ampleur internationale. &amp;quot;L&#039;onde de choc part des Etats-Unis et gagne très rapidement la Grande-Bretagne et l&#039;Allemagne dans les années 60&amp;quot;. Il faut ajouter qu&#039;en &amp;quot;dépit de son caractère extra parlementaire, le mouvement de libération des femmes a la capacité de susciter de larges mobilisations auprès des femmes syndiquées, des femmes de partis de gauche et de droite ou des associations luttant pour les droits des femmes comme le planning familial. Ce sont d&#039;abord les campagnes pour la liberté d&#039;avorter qui constituent les événements les plus importants et les plus marquants &amp;lt;ref&amp;gt;Hirata H, et al,2000, &#039;&#039;Dictionnaire critique du féminisme&#039;&#039;, Paris : Presse Universitaires de France, p. 128&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En ce qui concerne la Suisse, c’est dans la continuité du mouvement de la jeunesse estudiantine de 1968 que naît le nouveau mouvement féministe. C’est à Zurich que se sont réunies des femmes de gauche, que l’on appellera « Frauenbefreiungsbewegung » ou plus communément le FBB. Elles critiquent le fait que les femmes sont oppressées et qu’il s’agit d’une « contradiction sociale fondamentale ». Le [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]], pour la Suisse romande et le MFT au Tessin vont très rapidement suivre la création du FBB, avec comme objectif commun de « récuser l’organisation hiérarchique des associations et de la politique traditionnelle » &amp;lt;ref&amp;gt;Commission fédérale, &#039;&#039;Femmes Pouvoir Histoire&#039;&#039;, 1.3, p. 1, consulté le 27 Novembre sur http://webcache.googleusercontent.com/search?q=cache:UpvKGVSBak0J:www.ekf.admin.ch/dokumentation/00444/00517/index.html%3Flang%3Dfr%26download%3DNHzLpZeg7t,lnp6I0NTU042l2Z6ln1ae2IZn4Z2qZpnO2Yuq2Z6gpJCDdH58hGym162epYbg2c_JjKbNoKSn6A--+&amp;amp;cd=2&amp;amp;hl=fr&amp;amp;ct=clnk&amp;amp;gl=ch&amp;amp;client=firefox-a&amp;lt;/ref&amp;gt; inspirés des mouvements français et américains préalablement abordés. Cependant, des divergences existent entre tous ces mouvements sur différentes questions telles que l’avortement ou encore la possibilité pour le sexe féminin de faire l’armée. Une chronologie a été rédigée dans l’article suivant : &amp;quot;Le nouveau mouvement féministe et les organisations féminines depuis 1968&amp;quot; de la Commission fédérale pour les questions féminines de la Confédération Suisse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La période  entre 1940-50 : une période restrictive ===&lt;br /&gt;
Pour comprendre la lutte pour l&#039;avortement comme droit de la personne il nous faut revenir sur le contexte de l&#039;après guerre. La législation suisse sur l’avortement est l’une des plus restrictives d’Europe.  Les premières dispositions du Code pénal suisse à ce sujet ont été définies en 1942 et prévoient, à cette époque, l’emprisonnement de la femme qui avorte, ainsi que de la personne qui l’aide à pratiquer cet acte. En revanche, une exception existe : si la grossesse comporte un danger pour la mère et que l’interruption de grossesse est pratiquée par un médecin, l&#039;avis étant approuvé par un second médecin, l’avortement n’est alors pas punissable. On comprend alors que la conséquence a été un nombre considérable d’avortements illégaux. Cependant, la mise en place de dispositifs de préventions et d’une diffusion d’informations contribua à faire diminuer le nombre d’avortements autant illégaux, que légaux. Par ailleurs, l’Organisation Mondiale de la Santé ([http://www.who.int/fr/ OMS]) a étendu la notion de « santé » en y insérant les dimensions de bien-être psychique et social : « la santé ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité ; elle est un état de complet bien-être physique, mental et social. »&amp;lt;ref&amp;gt;Rey, A.-M., 2013, &#039;&#039;Tendance à la libéralisation&#039;&#039;, USPDA. Consulté le 7 Novembre sur http://www.svss-uspda.ch/fr/suisse/liberal.htm&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ceci légalise aussi la pratique d’interruption de grossesse et écarte la menace d’emprisonnement. &amp;lt;ref&amp;gt;Rey, A.-M., 2013, &#039;&#039;L&#039;ancienne législation de 1942&#039;&#039;, USPDA. Consulté le 7 Novembre sur http://www.svss-uspda.ch/fr/suisse/loi_1942.htm&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
Cependant, cette législation attise la colère et la montée d’une révolte. Au début du XXème siècle, on voit s’élever des mouvements, tels que les organisations ouvrières, pour lutter en faveur de la décriminalisation de l’avortement.&lt;br /&gt;
De plus, dans cette période, il existe une différence entre les cantons au niveau de la législation sur l&#039;avortement. Ceci met donc les professionnels dans l&#039;embarras puisqu&#039;ils n&#039;ont pas une pratique généralisée au niveau de l&#039;état, et cela soulève également une inégalité entre les femmes des différents cantons de la Suisse. Des mesures fédérales strictes ont donc été prises pour tenter de généraliser les pratiques et s&#039;accorder sur la pratique de l&#039;avortement : « l’institutionnalisation juridique d’une interruption de grossesse pouvant être légalement pratiquée par un médecin sous haute surveillance de l’Etat : consultation obligatoire d’un second médecin, qui doit être un spécialiste et en plus agréé par les autorités cantonales compétentes, et qui doit donner par écrit un « avis conforme ». Il faut également le consentement écrit de la femme enceinte. ». Ainsi à cette époque nous constatons que les femmes n&#039;ont pas la maitrise de leur corps et que de ce fait la maternité ne peut se contrôler. Ce contexte illustre la réalité des femmes, soit elles ont la chance de pouvoir trouver deux médecins qui l&#039;estime en danger, soit elles décident de pratiquer un avortement illégal ce qui comporte de grands risques pour leur santé (hémorragie et infection qui peuvent entrainer la mort de la femme).&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La période 1960-70 : les premiers changements ===&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Fichier:Graphiquefemme.jpeg|vignette|gauche|Graphique représentant les condamnations des femmes]]&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Le graphique ci-contre nous montre la condamnation des femmes en ce qui concerne l&#039;avortement.&amp;lt;ref&amp;gt;Rey, A.-M., 2013, &#039;&#039;Interruption de grossesse en Suisse : les faits et les données&#039;&#039;, USPDA. Consulté le 18 Novembre sur http://www.svss-uspda.ch/pdf/faits-et-donnees.pdf &amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt; En effet, nous voyons que le pic le plus élevé se situe dans l&#039;année 1950, avec 550 condamnées. Puis lors de la commercialisation de la pilule, l&#039;emprisonnement des femmes diminue fortement l&#039;année suivante, passant d&#039;environ 400 condamnations à environ 260. De manière générale, ce graphique montre que les condamnations sur la période 1960-1980 n&#039;ont cessé de baisser. &lt;br /&gt;
Les années 60 sont donc marquées par l&#039;arrivée de la pilule contraceptive en Suisse. En effet, en 1961, la commercialisation de celle-ci fait reculer le nombre d&#039;avortement pratiqué en Suisse puisque les femmes ont un contrôle sur leur reproductibilité. Malgré tout, la pilule contraceptive circule à l&#039;époque discrètement, puisque aucune loi ne précise son autorisation. En 1965, la création du premier planning familial en Suisse au HUG permettra de conseiller les familles. L&#039;établissement ouvrira donc un pôle dédié à l&#039;information familiale et aux régulations des naissances.&amp;lt;ref&amp;gt;Fert-Bek, D., (s.d.), &#039;&#039;Historique&#039;&#039;, Le service du planning familial de Genève a 40 ans,Genève, HUG. Consulté le 18 Novembre 2013 sur http://planning-familial.hug-ge.ch/nous/historique.html&amp;lt;/ref&amp;gt; Dans cet établissement les professionnels conseillent les parents sur la manière d&#039;avoir un contrôle sur l&#039;élargissement de leur famille. Ainsi, grâce à cette structure, la pilule contraceptive a pu circuler dans le territoire helvétique. La pilule était considéré pour certain comme un enjeux économique : elle permettait de contrôler les naissances et donc de préserver la richesse, et pour d&#039;autres comme un moyen de débrider la sexualité des femmes&amp;lt;ref&amp;gt;L&#039;illustré, (s.d.) &#039;&#039;La pilule qui a changé le monde&#039;&#039;, Archives, Consulté le 18 Novembre 2013 sur http://www.illustre.ch/la_pilule_qui_a_change_le_monde_45372_.html&amp;lt;/ref&amp;gt;.   &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Mlf.jpeg|vignette|gauche|Affiche du Front des Bonnes Femmes]][[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|Le Mouvement de Libération des Femmes (MLF)]] a démarré aux Etats-Unis, et a encouragé les militants des autres pays à lutter pour améliorer les conditions féminines. Le [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]] créé en 1969 à Zurich,que l&#039;on retrouvait également dans d&#039;autres cantons  (Genève et Tessin par exemple) se base &amp;quot;sur les mouvements de libération du Tiers monde pour encourager les femmes à se libérer des contraintes inhérentes à la famille nucléaire (Rôle des sexes).&amp;quot; &amp;lt;ref&amp;gt;Jorris, E., 2009, &#039;&#039;Mouvement de libération des femmes (MLF)&#039;&#039;. Consulté le 19 Novembre 2013 sur http://www.hls-dhs-dss.ch/textes/f/F16504.php&amp;lt;/ref&amp;gt;. Sur le canton de Genève plus précisément, des groupes de certains partis de gauche militaient en ces faveurs (ils étaient très hiérarchisés et ne plaisaient pas à toutes les femmes militantes). C&#039;est donc principalement grâce à Madame Brodmann (qui a milité aux Etats-Unis) et Madame Gramoni qu&#039;il y a eu dans un premier temps le front des Bonne-Femmes (où militait aussi Rina Nissim). Leur premier slogan a été &amp;quot;Femmes décolonisons-nous !&amp;quot; avec des affiches placardées sur les façades des grandes banques : les femmes insistaient donc pour la ré-appropriation de leur corps (avortement, pilule contraceptive, ...).&amp;lt;ref&amp;gt;Roussopoulos Carole, Debout ! Une histoire du mouvement des femmes 1970-80, 1999. Consulté le 19 Novembre 2013 sur http://ballonsonde.org/wikiSonde/videos/Femmes_Debout.htm&amp;lt;/ref&amp;gt; &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Les femmes pensent donc vivre singulièrement des situations d&#039;exclusion et d&#039;injustices, or le fait de discuter ensemble elles se rendent compte qu&#039;elles vivent toutes ce genre de situation. Cette prise de conscience favorise donc la mobilisation des femmes pour combattre ces injustices dont elles sont victimes. Les communautés ou ce que l&#039;on pourrait appeler regroupements permettent donc aux femmes de prendre consciences mais aussi de prendre du pouvoir dans la société. L&#039;effet de groupe a permis de de faire rassembler dans les rues des milliers de femmes pour manifester ensemble contre des inégalités entre sexe ([[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]]).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans le même temps, il ne faut pas oublier que les avortements illégaux continuent à être pratiqués à cette période. En effet, le nombre d&#039;avortements, légaux et illégaux, est estimé à 50 000 en 1966. Les avortements légaux s&#039;élevaient à environ 17 000 en 1966 (16 000 en 1978 et 1980, 14 000 en 1985, 13 000 en 1990, 12 000 en 1995, 13 000 en 1996 et 1998). Les avortements clandestins diminuèrent grâce : &lt;br /&gt;
* à la raréfaction avec l&#039;élargissement des indications médicales dans les cantons libéraux (Zurich, Bâle-Ville, Berne, Vaud, Neuchâtel, Genève) dès les années 1950&lt;br /&gt;
* la libéralisation progressive dans d&#039;autres cantons(Tessin dès les années 1970; Argovie, Bâle-Campagne, Glaris, Schaffhouse, Soleure, Jura au cours des années 1990)&lt;br /&gt;
* la généralisation des centres de planning familial, des cours d&#039;éducation sexuelle, la diffusion de moyens de contraception sûrs dès les années 1960 &lt;br /&gt;
* le remboursement de l&#039;intervention par les caisses maladie).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On remarque que malgré les mesures juridiques fédérales restrictives, les cantons adoptent des pratiques très différentes les uns des autres. Ainsi, les dimensions d’ordre psychologique et social sont incluses dans les indications médicales des cantons libéraux, alors que la pratique est seulement tolérée dans les cantons conservateurs catholiques. Face à cette inégalité juridique, les cantons libéraux accueillent des femmes vivant dans ces cantons restrictifs pour se faire avorter. On assiste à une forme de tourisme « gynécologique ». Cela amène les cantons à réfléchir sur ces pratiques. Notamment le canton de Neuchâtel, où plusieurs affaires d&#039;avortements sont jugées. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La période 1970-1980 : La période clé ===&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
A la suite de ces scandales, le député radical Maurice Favre dépose en mars 1971 une [http://www.amtsdruckschriften.bar.admin.ch/viewOrigDoc.do?id=10100953 motion] en faveur d&#039;une initiative cantonale demandant la suppression des articles 118 à 121 du CP.  &lt;br /&gt;
Cette démarche est suivie du lancement, en juin de la même année, par un comité de cinq personnes, de l&#039;initiative populaire fédérale pour la décriminalisation de l&#039;avortement, largement soutenue notamment par le mouvement des femmes. En 1972, les milieux chrétiens conservateurs font circuler une pétition &amp;quot;Oui à la vie, non à l&#039;avortement&amp;quot;. A partir de ce moment-là, nous voyons apparaître les organisations et les mouvements féministes qui organisent des manifestations en faveur de l’interruption de grossesses libres et gratuites, ainsi que pour revendiquer [http://www.svss-uspda.ch/index.html la décriminalisation de l’avortement].  Il y a dons deux propositions faites : accorder un délais pour l&#039;avortement (par exemple : les avortements pourront être légal pendant les 10 premières semaines de grossesse)ou élargir les motifs pour l&#039;avortement (par exemple : souffrances psychiques, douleurs physique, ...)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C&#039;est une lutte qui se fait contre des mentalités traditionnelles où l&#039;homme est dominant dans la société. La prise de conscience des femmes et de leurs conditions se fait petit-à-petit, en prenant plus d&#039;ampleur au milieu des années 70. C&#039;est la réunion de plusieurs milliers de femmes qui fait que l&#039;on puisse qualifier le [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]] de mouvement. Ce sont des femmes de tout âge qui se battent pour l&#039;amélioration de leurs conditions de vie. Ces mouvements veulent principalement lutter pour le droit du libre choix des femmes ou de manière générale à ce que l&#039;on nomme l&#039;autonomie des femmes. A cette époque, il y a &amp;quot;deux types de femmes&amp;quot; :  celles qui font des études mais qui restent à la maison pour materner, ou bien celle qui font des études et qui travaillent. Ces dernières se trouvent confrontées à la réalité sociale : avec le même titre professionnel, les femmes obtiennent des salaires bien inférieurs à ceux des hommes. C&#039;est suite à cette prise de conscience face au [http://www.scienceshumaines.com/peut-on-en-finir-avec-le-plafond-de-verre_fr_22408.html Plafond de Verre], que les femmes se réunissent pour échanger leurs histoires. Elles se mobilisent donc afin de pouvoir avoir le contrôle sur leur vie, et sur leur corps. L&#039;une des grandes luttes se fait autour du contrôle de leur corps : ce qu&#039;elles nomment la mobilisation pour la ré-appropriation du corps. Il s&#039;agit de donner aux femmes la possibilité de choisir leur maternité, leur contraception, et leur médicamentation. En 1978, sur le canton de Genève, l&#039;ouverture du Dispensaire des femmes (par [[Rina Nissim]]) leur permet d&#039;être accueillies dans un lieu où on leur donne des conseils, des listes de gynécologues tolérants face aux choix d&#039;avorter ainsi que différentes méthodes pour soigner les maladies génitales, ... De plus, les femmes peuvent si elles le veulent accéder au groupe action Self-Help du [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]] ; qui est un lieu où l&#039;on échange sur son vécu, et où l&#039;on pratique des examens concrets pour découvrir son corps. L&#039;instruction, comme l&#039;évoque [[Amélia Christinat|Mme Christinat]] permet aux femmes de comprendre les injustices auxquelles elles sont confrontées et de se mobiliser pour que toute les sociétés reconnaissent les femmes comme des personnes avec un cerveau. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans le même temps, une nouvelle réglementation sur l’avortement est considérée par le Conseil fédéral, et trois variantes sont discutées : la première, appelée &amp;quot;solutions des indications&amp;quot; autorise l’avortement dans les situations où la grossesse menace la vie ou la santé de la femme, en cas de viol, ou encore si l’enfant présente un trouble ou une déficience physique et/ou mentale. Une autre variante est celle des « indications sociales » qui prend en compte la situation sociale précaire de la femme. Finalement, la troisième, « solution des délais », permet l’avortement pendant les douze premières semaines de grossesse. Il en va sans dire que les partis politiques, les organisations et les cantons conservateurs catholiques sont en faveur de la solution la plus restrictive, alors que leurs rivales refusent les trois types de variantes et revendiquent l’avortement libre et gratuit. Le Conseil fédéral  rejette l’initiative pour la décriminalisation de l’avortement, mais opte finalement pour la solution des indications élargies, attisant ainsi le mécontentement des deux camps. &lt;br /&gt;
Face au rejet de l’initiative populaire pour la décriminalisation de l’avortement, [http://www.svss-uspda.ch/index.html l’Union Suisse pour la Décriminalisation de l’Avortement] (USPDA) (dont fait partie [[Amélia Christinat]])propose un compromis et lance une initiative qui cette fois rejoint l’idée de la solution des délais. « L’initiative réclament la décriminalisation de l’avortement s’il est pratiqué par un  médecin avec le consentement de la femme pendant les douze semaines qui suivent les dernières règles ». Cependant, celle-ci essuie à nouveau un échec : elle est rejetée par la majorité des cantons. &lt;br /&gt;
Les années suivantes toutes les propositions d&#039;initiatives,pour ou contre l&#039;avortement, sont sans cesse rejetées. Mais les luttes féminines pour le droit à l&#039;avortement s&#039;amplifient dans cette période pour pouvoir faire changer les droits de la personne et principalement les droits de la femme. Ce n’est qu’en 1990, que l’idée d’une révision de la loi relative à l’avortement est remise sur le devant de la scène. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous constatons que cette période est une période riche pour la mobilisation des droits des femmes ; de multitudes groupes se forment à l&#039;intérieur du [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]], des nouveaux établissements pour les femmes se créent, ... des femmes se mobilisent également pour d&#039;autres causes qui ne les touchent pas particulièrement puisque nous verrons, dans [[Accueil|le dernier chapitre]] de cet article, que plusieurs d&#039;entres-elles se sont mobilisé pour le droit à l&#039;autodétermination [[Droits des patients (à l&#039;hôpital)|des patient des hôpitaux]]. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Globalement ce qui se fait ressentir c&#039;est  surtout l&#039;envie de faire changer la mentalité de la société pour que les femmes aient les même droits que les hommes. Nous avions déjà retrouver ce point en 1791 en France où est apparue la [http://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9claration_des_droits_de_la_femme_et_de_la_citoyenne Déclaration des Droits de la Femme et de la Citoyenne] se basant sur la [http://www.textes.justice.gouv.fr/textes-fondamentaux-10086/droits-de-lhomme-et-libertes-fondamentales-10087/declaration-des-droits-de-lhomme-et-du-citoyen-de-1789-10116.html version originale] et dont le but était de montrer l&#039;égalité juridique entre homme et femme.   &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Depuis 1990 ===&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Les différentes mobilisations des femmes soixanthuitardes ont permis la diminution d&#039;une multitude d&#039;inégalités pour lesquelles elles se mobilisaient.&lt;br /&gt;
Revenons tout d&#039;abord, en 1994, où l&#039;on constate un net recul du nombre d’avortements légaux. Ceci peut s’expliquer par une diffusion de l’information (éducation sexuelle) et la libre disposition de moyens contraceptifs. Ce phénomène vient appuyer l’idée que la libéralisation ne conduit pas à une augmentation des avortements, bien au contraire. Plusieurs services se sont donc installés suite au manifestations des femmes dans les rues. A partir de là, les choses commencent à changer et vont en faveur de la décriminalisation de l’avortement. En effet, le Conseil National adopte en 1995 &amp;quot;la solution des délais&amp;quot;. En 1996, la Commission des Affaires Juridiques du Conseil National ratifie un projet de loi qui prévoie la décriminalisation de l’avortement pendant les 14 premières semaines après les dernières règles. On voit mêmes les femmes du parti démocratique-chrétien (PDC) aller en faveur du droit de la femme à l’autodétermination et pour &amp;quot;la solution des délais&amp;quot;. De nombreuses organisations telles que la Fédération suisse des Eglises protestantes, les groupes des femmes radicales de Suisse, accueillent cette solution des délais comme un compromis tolérable. Toutefois, le Conseil Fédéral rejette une fois de plus la &amp;quot;solution du délai&amp;quot; en 1998. Nous constatons donc que les manifestations pendant plus de 15ans, ne suffisent pas pour que la Suisse autorise l&#039;avortement. En France par exemple, la lutte des femmes a été moins longue en ce qui concerne le droit à l&#039;avortement puisqu&#039;il est autorisé depuis  [http://fr.wikipedia.org/wiki/Loi_Veil_du_17_janvier_1975_sur_l&#039;interruption_volontaire_de_grossesse 1975] et suite [http://fr.wikipedia.org/wiki/Manifeste_des_343 aux manifestes des 343] de 1971. &lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Par ailleurs, la pilule abortive Mifegyne (RU 486) est admise et commercialisée en Suisse dès 1999. La [http://webcache.googleusercontent.com/search?q=cache:aZM-IrETCowJ:bijsluiters.fagg-afmps.be/DownloadLeafletServlet%3Fid%3D109287+&amp;amp;cd=9&amp;amp;hl=fr&amp;amp;ct=clnk&amp;amp;gl=ch&amp;amp;client=firefox-a notice] d&#039;utilisation explique son utilité : &amp;quot;Mifegyne est un médicament qui bloque l&#039;action de la progestérone, une hormone nécessaire au maintien de la grossesse. Mifegyne peut donc provoquer une interruption de grossesse.&amp;quot; Cependant cette méthode médicamenteuse est soumise aux mêmes dispositions pénales que l’avortement et est prescrite uniquement par le corps médical.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Finalement, le Parlement adopte la solution du délai en mars 2001 et est rentré en vigueur en 2002. « Ainsi l’avortement n’est pas punissable pendant les 12 premières semaines de la grossesse à condition que la femme fasse valoir une situation de détresse. Les cantons doivent décider quels cabinets et établissement peuvent pratiquer l’intervention. » &amp;lt;ref&amp;gt;Rey, A.-M., 2013, Régime du délais, USPDA. Consulté le 7 Décembre sur http://www.svss-uspda.ch/fr/suisse/loi.htm&amp;lt;/ref&amp;gt; De plus, Rey (2013), illustre les modifications entre l&#039;ancienne et la nouvelle loi de 2002, relatif à l&#039;avortement. &amp;lt;ref&amp;gt;Rey, A.-M., 2013, Comparaison ancienne et nouvelle législation, USPDA. Consulté le 7 Décembre sur http://www.svss-uspda.ch/fr/suisse/comparaison.htm &amp;lt;/ref&amp;gt; Depuis ce jour, la femme est la seule personne qui ait le droit de choisir ou non l&#039;avortement. En aucun cas, une personne tierce (et même si celle-ci a une blouse blanche) ne pourra refuser l&#039;avortement d&#039;une femme dans les douze premières semaines de grossesse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous pouvons donc conclure que « les discussions provoquées en 1971 par l’initiative en faveur de la décriminalisation de l’avortement ont été à l’origine d’un changement des mentalités et d’une prise de conscience ».&amp;lt;ref&amp;gt;Rey, A.-M., 2013, Chronologie des événements dès 1970, USPDA. Consulté le 7 Décembre sur http://www.svss-uspda.ch/fr/suisse/chronologie.htm &amp;lt;/ref&amp;gt; En effet, on assiste à une diminution du nombre de condamnations et à une libéralisation de la pratique de l’avortement. Par ailleurs, on se rend compte qu’à travers la mise en place de centres de plannings familiaux et des dispositifs d’informations, comme l’éducation sexuelle, on parvient à lutter contre l’avortement.  La prévention prévaut donc à la pénalisation. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cependant on constate que la réglementation à ce sujet peut encore être modifiée, car ce droit à l’avortement est sans cesse remis en question. En effet, en 2010, le mouvement anti-avortement « Mamma », qui s&#039;intitulait auparavant &amp;quot;Pour la mère en l’enfant&amp;quot;  lance une initiative populaire : « Financer l’avortement est une affaire privée ». Il s’agit d’une initiative qui demande que l’IVG ne soit plus pris en compte par les prestations de l’assurance maladie de base, et ce en invoquant l’idée qu’il s’agit d’une décision d’ordre privé, et que de ce fait le financement public n’a pas de sens. Cependant, on remarque que le droit à donner la vie est également de l’ordre du privé, et pourtant celui-ci n’est pas contesté. [[Entretien Rina Nissim|Rina Nissim]], nous met en garde sur la tournure que prend les événements d&#039;aujourd&#039;hui (concernant le financement de l&#039;avortement). En effet, selon elle, nous serions en pleine régression concernant le libre choix de la femme. A contrario des générations d&#039;après 70, il faut que les générations d&#039;aujourd&#039;hui se mobilisent pour faire en sorte de garder un droit durement acquis par les femmes soixanthuitardes. La votation de Février 2014 qui se prépare pourrait modifier les droits que nous avons jusqu&#039;à présent. Si les générations de maintenant et les suivantes veulent elles aussi avoir la possibilité de choisir leur grossesse, elles se doivent de s&#039;impliquer pour faire en sorte de ne pas perdre les droits acquis.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le droit à l&#039;avortement est également contesté dans [http://www.planning-familial.org/actualites/lavortement-en-europe-ou-sont-les-bonnes-nouvelles-0012490 les autres pays Européens]. L&#039;Irlande et l&#039;Espagne seraient les deux pays Européens les plus réactionnaires au droit à l&#039;avortement. En effet, le premier ministre devrait sous peu, mettre en place une nouvelle loi concernant ce sujet. L&#039;avortement sera alors possible que dans l&#039;une des trois conditions (viol, malformation du fœtus ou danger de la mère) et les personnes mineures devront avoir une autorisation des parents. &amp;lt;ref&amp;gt;Magnan, P., (2014) &#039;&#039;Avortement : le retour en arrière de l&#039;Espagne, premier signe en Europe ?&#039;&#039;. consulté le 6 Janvier 2014 sur http://geopolis.francetvinfo.fr/avortement-le-retour-en-arriere-de-lespagne-un-premier-signe-en-europe-28245 &amp;lt;/ref&amp;gt; La crise économique, comme nous l&#039;avait précisé [[Rina Nissim]], influencerait les multiples régressions concernant les droits des femmes ; dont celui de leur intégrité physique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les témoins qui ont participé aux changements ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous avons décidé d&#039;interroger des personnes qui se sont mobilisées en Suisse pour le droit à l&#039;avortement. Elles pourront donc faire ressortir des éléments personnels sur le contexte de l&#039;époque, et les problèmes qu&#039;elles ont pu rencontré pour la mise en place de ce droit. &lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Nous avons dans un premier temps contacté Mme [[Amélia Christinat|Christinat Amélia]], avec qui l&#039;une de nous avait déjà travaillé il y a quelques années. Cette personne a donc accepté de participer à notre recherche en répondant à nos questions lors d&#039;un entretien.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un second temps nous avons contacté Mme [[Salika Wenger|Wenger Salika]], marraine de l&#039;association &amp;quot;Ni pute, Ni soumise&amp;quot; qui est actuellement impliquée dans la politique sur Genève puisqu&#039;elle fait partie du Conseil Administratif de la ville de Genève. Deux d&#039;entre nous l&#039;ont connue lors de sa venue à [http://www.infrarouge.ch/ir/1858-seins-nouvelle-arme-feministes l&#039;émission télévisée Infrarouge (RTS)] dédié aux mouvements des Femens (novembre 2011). Après discussion téléphonique, nous avons eu des éléments pertinents qui pourraient nous intéresser pour notre recherche, cependant [[Salika Wenger|Mme Wenger]] est très occupée et ne pourra pas nous accorder un entretien avant Janvier 2014. C&#039;est pourquoi après réflexion, nous avons décidé de contacter une troisième personne qui pourrait éventuellement être plus disponible : Mme [[Rina Nissim|Nissim Rina]]. Par l&#039;intermédiaire de Mme Ruchat nous avons obtenu ses coordonnées téléphoniques et avons pu avoir un rendez vous rapidement.&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Afin de leur éviter quelconque déplacement,nous avons rencontré ses personnes à leur domicile. De plus, pour des raisons pratiques et également afin de ne pas abuser de leur hospitalité, nous avons décidé de mener ces entretiens par groupes de trois.&lt;br /&gt;
Nous proposerons aux différents acteurs de partager leurs souvenirs concernant les années 1970 à Genève afin que nous comprenions la situation actuelle du droit à l&#039;avortement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Retour sur les entretiens==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== [[Entretien Rina Nissim|Entretien]] de [[Rina Nissim]] ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Notre premier entretien s&#039;est déroulée le mercredi 27 Novembre. A trois étudiantes nous nous sommes rendues au cabinet de Rina Nissim. L&#039;entretien qui en découle nous a projeter dans un univers très différent du notre : où la femme n&#039;avaient que très peu de droits. C&#039;est de part son discours, que la militante Rina Nissim, nous a partagé des informations sur l&#039;ambiance, la mobilisation et la persévérances des actrices de cette époque. C&#039;est par la réalisation de plusieurs injustices que les femmes se regroupent pour se mobiliser contre une société qui octroie peu de considération envers les femmes. Le [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]], lutte donc de manière générale pour plusieurs droits (droit à l&#039;égalité salariale, droit à la contraception, droit à l&#039;avortement, ...). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== [[Entretien Amélia Christinat|Entretien]] d&#039;[[Amélia Christinat]] ===&lt;br /&gt;
Le second entretien s&#039;est déroulé le 5 décembre chez Christinat Amélia. A notre arrivée, nous lui avons dit que nous avions déjà des questions précises à lui poser et que ces questions seraient les mêmes pour tous les groupes. En effet, sachant que c&#039;est une femme très bavarde nous avons préférer poser le cadre dès le départ. &lt;br /&gt;
Nous avons pu constater en rentrant dans son salon qu&#039;elle avait préparé différents articles concernant le droit à l&#039;avortement - des articles qu&#039;elle nous a présenté tout au long de l&#039;interview -.&lt;br /&gt;
C&#039;est avec beaucoup d&#039;émotion qu&#039;elle a répondu à nos questions et qu&#039;elle a raconté son combat pour les différents droit de la femme - droit de vote, droit à l&#039;avortement etc.-. Nous avons vraiment ressenti, à travers ses propos, l&#039;importance que ces combats ont eu pour elle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Points communs entre les entretiens=== &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plusieurs points communs ressortent de ces deux entretiens.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout d&#039;abord, nous constatons que le droit à la réappropriation du corps ou plutôt à l&#039;autonomie des femmes, comme cité par [[Rina Nissim]], représente l&#039;un des combats des années 1960-80. Si les femmes, par leur combats, manifestations ont réussi à faire valoir leur droit à l&#039;avortement, elles ont aussi lutté pour la mise en place d&#039;autres valeurs tels que le droit à la contraception, le droit de vote, le droit d&#039;accès aux études. Toutes ces luttes sont évoqués par les deux femmes interrogées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Afin de parvenir à ces changements, il a fallu se réunir entre femmes. A partir du moment où nous souhaitons un changement important, il est nécessaire d&#039;obtenir une mobilisation importante. Rina Nissim part d&#039;un petit groupe, le [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]] qui finalement va prendre une grande ampleur et [[Amélia Christinat|Amélia Christianat]] s&#039;impose dans la politique. Il parait donc évident pour ces deux protagonistes, que pour espérer un changement, il faut se réunir en groupe. La notion de communauté prend donc toute son importance. La notion de communauté est définie comme étant un état de ce qui est commun à plusieurs personnes, similitudes, groupe constituant une société, mise en commun des biens entre époux. Au sens étymologique originel : cum munus. La communauté est donc un groupe de personnes (cum) qui partagent quelque chose (&amp;quot;munus&amp;quot;)- un bien, une ressource, ou bien au contraire une obligation, une dette.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Même si le concept de communauté n&#039;est pas dit explicitement dans nos entretiens, il apparaît tout au long, puisque chacune d&#039;entre elle a rejoint un groupe dans lequel elles éprouvaient des intérêts communs. Chaque membre décide alors en quoi, comment et quand il contribuera à ce groupe. Dans ce cas, [[Rina Nissim]] et [[Amélia Christinat]] en tant que féministes se sont engagées et ont lutté pour le droit des femmes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Enfin, il est intéressant de constater que nos deux intervenantes tirent un bilan mitigé quant à ces luttes pour les droits des femmes. [[Amélia Christinat]] dit :&amp;quot; Alors en fait tout changement, toute progression que l’on peut interpréter comme sociale n’est jamais définitivement acquise. Donc en fait, il faut veiller continuellement, défendre continuellement où que vous soyez et avec qui que vous soyez.&amp;quot; Quant à [[Rina Nissim]], elle dit :&amp;quot;Malheureusement dans la société c’est comme ça, il faut tout le temps se battre. Ça c’est un point sur lequel on est en recul.&amp;quot;, On est en plein recul. Donc y a un ou deux pays qui ont avancé pour l’instant y en a douze qui ont régressé. Donc cela ne va pas du tout cette affaire, on a une très mauvaise posture.&amp;quot; Ainsi, la question des droits pour la personne n&#039;est jamais complètement acquis. Il faut sans arrêt se battre pour continuer à faire valoir ses droits en tant que personne.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il convient à présent de reprendre l&#039;ensemble des questions posées et d&#039;en ressortir les éléments importants :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- &#039;&#039;&#039;Depuis quand et avec qui vous vous êtes engagés dans la lutte pour les droits de la femme et quel était à ce moment votre statut (ou fonction)? Dans quel contexte s&#039;est inséré cette démarche ?&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les deux personnes interrogés ont un parcours différents et leur action ne s&#039;est pas faite au même niveau. [[Rina Nissim]], après son interruption de grossesse à 19 ans, trouve un tract dans un local d&#039;anarchiste. C&#039;est un tract du [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]] qui invite des femmes à les joindre dans leur groupe. [[Rina Nissim]] est intéressée et entre alors au [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]]. Elle est alors la plus jeune de la bande. Il n&#039;y avait pas de statut en tant que tel mais chacune apportait ses connaissances et son envie de se battre pour obtenir plus de droit pour la femme. Quant à [[Amélia Christinat]], elle agit plutôt a un niveau politique et va faire un long parcours en passant par le législatif, le cantonal puis le niveau national afin d&#039;apporter des changements reconnus dans toute la Suisse. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- &#039;&#039;&#039;Y a-t-il eu un événement originel? Pourriez vous nous raconter un ou des événements marquant que vous avez mené ou qui vous ont frappé dans cette période en faveur de ces droits ?&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;un des droits qui a frappé [[Rina Nissim]] dans cette période est l&#039;accès à l&#039;avortement libre et gratuit ainsi que l&#039;accès à la contraception. Elle explique que c&#039;est l’accessibilité à l&#039;avortement qui était problématique.Le planning familial a été une grande innovation mais n&#039;était pas encore présent dans les mentalités de tous, et ce, notamment chez les gynécologues qui n&#039;acceptaient pas tous de donner la pilule. Le [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]] faisait des listes des médecins qui étaient d&#039;accord de prescrire cette pilule et dirigeait les femmes au bon endroit. Cependant, elle ne nous décrit pas un événement très précis, une action qu&#039;elle a effectué qui a pu entraîner ces changements. C&#039;est néanmoins des manifestations importantes et à plusieurs reprises qui ont permis ces évolutions. [[Amélia Christinat]] considère aussi que le droit à l&#039;avortement est un événement phare de cette époque et ajoute que le droit de vote pour la femme est aussi l&#039;un des événements marquants. Elle donne comme exemple les luttes ouvrières françaises qui allaient en Belgique pour se faire avorter parce que c&#039;était défendu en France et qu&#039;elles n&#039;avaient pas d&#039;argent. C&#039;est un événement particulièrement marquant et touchant selon elle. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- &#039;&#039;&#039;Quels ont été les changements les plus importants auxquels vous ayez assisté ?&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Rina Nissim]] évoque plusieurs changements auxquels elle a pu assister. Elle parle de la libération des femmes. C&#039;est se considére comme un individu à part entière qui peut décidé de soi-même, d&#039;être un vrai sujet dans leur vie, dans leur sexualité, dans leur contraception, dans leur choix professionnel. D&#039;après elle, il y a donc eu plusieurs droit : celui de l&#039;avortement avec pour commencer le remboursement par les caisses maladies en 81, le droit au divorce, le divorce. [[Amélia Christinat]] ajoute à l&#039;ensemble de ces changements le droit de vote, en disant qu&#039;à partir du moment où nous avons le bulletin, c&#039;est quelque chose de très important puisque les femmes sont considérées comme une personne. Nous pouvons rattacher cela à l&#039;ensemble de cette étude qui étudie le droit des personnes. Dans le cas des différentes luttes pour le droit des femmes, nous cherchons à mettre en avant qu&#039;elles sont avant tout des personnes qui doivent avoir la liberté de choisir, de donner leur avis. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-&#039;&#039;&#039; Y a-t-il eu des valeurs que vous avez eu le sentiment d’avoir porter en avant et si oui lesquels  ?&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Différentes valeurs sont mises en avant par les deux femmes interrogées. C&#039;est le féminisme, l&#039;humanisme, le socialisme, l&#039;anarchisme. De manière générale l&#039;autonomie des femmes marqué par la réappropriation de son corps. Dans leur discours, les deux femmes montrent bien qu&#039;auparavant nous étions considérés comme femme de.., fille de... que les femmes ont toujours du être meilleure que les hommes. Elles devaient tout faire. De ce fait, les femmes n&#039;étaient pas des sujets en tant que telle. Ce n&#039;est qu&#039;après de nombreuses luttes que nous avons mis en avant le fait que les femmes soient avant tout des personnes à part entière. Elles ont maintenant le même statut, les mêmes droits que les hommes. Bien que comme le relève [[Rina Nissim]] et [[Amélia Christinat]] cela n&#039;est pas quelque chose d&#039;acquis, et cette évolution à tendance à reculer. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039; Mais qu’en est-il aujourd’hui de cette lutte et des acquis et des risques de retour en arrière ?&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le maître mot de ces deux femmes concernant cette lutte est que rien n&#039;est acquis. Il faut toujours se battre parce que les choses ont tendance à régresser. Aujourd&#039;hui le droit de vote, le droit d&#039;accès aux études est l&#039;un des points acquis. Cependant, la question de l&#039;avortement est remis en cause, et fait l&#039;objet de tension actuelles puisqu&#039;il est question de supprimer le remboursement des avortements. C&#039;est donc l&#039;une des causes pour lesquels il faut continuer à se battre et faire valoir ses droits si l&#039;on ne veut pas revenir en arrière.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Références bibliographiques ==&lt;br /&gt;
&amp;lt;references/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;&amp;lt;big&amp;gt;Vidéo :&amp;lt;/big&amp;gt;&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Roussopoulos Carole, &#039;&#039;Debout ! Une histoire du mouvement des femmes 1970-80&#039;&#039;, 1999. Consulté le 19 Novembre 2013 sur http://ballonsonde.org/wikiSonde/videos/Femmes_Debout.htm&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;&amp;lt;big&amp;gt;Documents scannés :&amp;lt;/big&amp;gt;&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Archives contestataires de Genève, Mouvements de Liberté des Femmes : 1970-90[[Fichier:MLF femme.pdf|vignette|Document des archives contestataires]]&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
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Archives contestataires de Genève, Mouvements de Liberté des Femmes : 1970-90[[Fichier:MLF archives.pdf|vignette|Documents des archives contestataires]]&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
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Archives contestataires de Genève, Mouvements de Liberté des Femmes : 1970-90 [[Fichier:MLF assez.pdf|vignette|document des archives contestataires]]&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
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Archives contestataires de Genève, Mouvements de Liberté des Femmes : 1970-90 [[Fichier:MLF avorter.pdf|vignette|Document des archives contestataires]]&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
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Archives contestataires de Genève, Mouvements de Liberté des Femmes : 1970-90 [[Fichier:MLF personne.pdf|vignette|Document des archives contestataires ]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Julie</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Droits_des_personnes_en_situation_de_handicap&amp;diff=12504</id>
		<title>Droits des personnes en situation de handicap</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Droits_des_personnes_en_situation_de_handicap&amp;diff=12504"/>
		<updated>2014-01-06T13:22:20Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Julie : /* Entretien: l&amp;#039;histoire et l&amp;#039;actuel */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&lt;br /&gt;
== Comment parle t-on des droits des personnes en situation de handicap, dans les années 1960-1980 à Genève? ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme on peut le lire dans les articles des années précédentes, les décennies 1960 à 1980, à travers des mouvements de désinstitutionnalisation et d&#039;anti-psychiatrie, ont vu l&#039;émergence de droits fondamentaux: vote des femmes en Suisse en 1971, Convention des droits de l&#039;enfant en 1989,..... Après les précurseurs revendiquant une éducation plus libre, plus juste, tel que Neill dont les &amp;quot;[[Libres enfants de Summerhill (Neill)|libres enfants de Summerhill]]&amp;quot; ont inspiré plus d&#039;un pédagogue, se dessine une vague de revendications et de contestations des méthodes appliquées aux exclus du droit, ou aussi aux oppressés d&#039;un société trop cadrante, sans marge de manoeuvre suffisante. Des auteurs imaginent ainsi &amp;quot;[[Une société sans école]]&amp;quot; (Illich, 1971), d&#039;autres dénoncent &amp;quot;[[Asiles, études sur la condition sociale des malades mentaux|la condition sociale des malades mentaux]]&amp;quot; (Goffman, 1961), d&#039;autres se battent pour désinstitutionnaliser, ou mettent [[L&#039;institution en négation - Basaglia|&amp;quot;L&#039;institution en négation&amp;quot;]] (Basaglia, 1970). Un mouvement prend forme, dans lequel s&#039;inscrira progressivement les droits fondamentaux de la personne.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il s&#039;agit alors de combats pour les droits de ceux qui sont exclus, de ceux qui justement eux-mêmes ne sont pas en situation de se défendre ou de protester contre les injustices. Poussés ainsi par des valeurs humanistes, se lèvent alors les acteurs des droits de la personne en faveur des plus démunis. Le droit des personnes en situation de handicap représente ainsi le paroxysme des droits de la personne, et se trouve souvent être le parent pauvre et retardataire des combats. Alain Dupont, dont on verra plus avant le rôle pris dans ces années-là, confirme ce sentiment, en relevant que si les professionnels ne se portent pas garants de la défenses des droits de ses personnes, les personnes elles-mêmes n&#039;ont pas les capacités de le faire. Par ailleurs, il souligne que dans les années 1960-1970, on ne parlait même pas de &amp;quot;personnes&amp;quot;. On parlait &amp;quot;handicapés&amp;quot;, comme si, de par même le vocabulaire utilisé, on considérait ces personnes comme en dehors de la société, en dehors donc du droit et du respect de la dignité qui en découle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La loi sur l&#039;AI (Assurance invalidité) de 1959, avec toutes les incidences consécutives à son introduction, marque un grand tournant dans la reconnaissance des droits pour les personnes en situation de handicap. Des parents d&#039;enfants ou d&#039;adultes en situation en handicap réclament le droit à l&#039;intégration (avec un paradoxe de créations d&#039;institutions plutôt &amp;quot;ségrégatives&amp;quot;), se constituent en association (APMH en 1959 devenu INSIEME), se battent pour faire reconnaître les droits (à l&#039;éducation, à la santé, à la participation sociale) de leurs enfants. &amp;quot;Insieme suisse s&#039;engage à défendre au niveau politique les droits des personnes vivant avec un handicap mental et leur offrir les conditions d&#039;une vie digne&amp;quot;. Tels sont les mots que l&#039;on peut lire sur le site &amp;quot;Insieme Suisse&amp;quot; aujourd&#039;hui http://insieme.ch/?lang=fr. Il sera intéressant d&#039;aller plus loin dans les recherches sur cette association, afin de voir comment cette association s&#039;est inscrite en actrice de la défense des droits des personnes en situation de handicap à cette époque.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les droits des personnes en situation de handicap bénéficieront, quoique toujours avec un certain décalage, des mouvements de contestation des années 70 (désinstitutionalisation et antipsychiatrie notamment). La [http://www.un.org/fr/documents/view_doc.asp?symbol=A/RES/3447%20%28XXX%29 déclaration des droits des personnes handicapées] de l&#039;ONU, datant du 9 décembre 1975, précédée de la [http://www.un.org/fr/documents/view_doc.asp?symbol=A/RES/2856%20(XXVI) déclaration des droits du déficient mental] (1971) en sont des exemples importants. On peut de plus citer l&#039;[http://www.un.org/french/disabilities/default.asp?id=691 année internationale du handicap], qui a permis de rendre plus visible certains aspects des prises en charge, et de faire le point sur les avancées sociales, et légales. Elle avait pour but la promotion de la « pleine participation et de l&#039;égalité », avec une sensibilisation du public et une meilleure acceptation sociale des &amp;quot;handicapés&amp;quot;. A suivi un [http://www.un.org/french/esa/social/disabled/PDF/Programme_action_mondial.pdf programme d&#039;action de l&#039;ONU], pour assurer une continuité après cette année importante, et enclencher une nouvelle forme de prise en charge. On y trouvera encore souvent le terme &amp;quot;handicapé&amp;quot;, non précédé de &amp;quot;personne&amp;quot;. Néanmoins, le changement est clair et les processus en faveur de la valorisation sociale et d&#039;intégration des personnes est enclenché.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cet article est l&#039;occasion, de poursuivre le travail effectuée l&#039;année précédente [[Article_2012/13]] et de développer particulièrement la question des droits de la personne. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
J&#039;étudierai la question des classifications du handicap, qui sont à elles seules le reflet de l&#039;évolution sociale et culturelle de la société vis à vis du handicap. De la création de la CIM (classification internationale des maladies et des problèmes de santé) en 1946, révisée en 1990, à la parution de la CIH (classification internationale des handicaps initiée par WOOD et adoptée en 1992), en passant par les différentes DSM (the Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders) dont la première publication DSM-I remonte à 1952. Je regarderai plus précisément les changements apportés en 1968 pour la DSM-II et en 1980 pour la DSM-III, qui sont les années qui nous intéressent. Ces deux dernières publications sont le reflet aussi du mouvement anti-psychiatrique étudié les années précédentes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Bref historique et contexte international de la vision du handicap ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== L&#039;évolution des classifications du handicap ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme évoqué précédemment, il me semble important de relever certains points importants du contexte international en matière de droit des personnes en situation de handicap. &lt;br /&gt;
En effet, les différentes classifications ont évolué, et si elles ne sont pas directement liées au droit, elles effectuent néanmoins un changement dans les représentations du handicap, changement qui permettra alors une évolution dans la revendication de droits égalitaires pour ces personnes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si on s&#039;autorise à remonter un peu le temps, on aura une meilleure appréhension des changements de ces années charnières. Au Moyen-Age, on considérait deux catégories: les normaux et les anormaux. Il n&#039;existait ni outils ni aménagements. Le handicap était attribué à diverses superstitions et générait de nombreuses peurs, de la méfiance et de la honte.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après cette époque, on a vu l&#039;émergence d&#039;approches plus rationnelles. L’intérêt pour le handicap était principalement médical : les médecins tentaient alors de trouver les causes et cherchaient les possibles guérisons, ou soins.&lt;br /&gt;
Au courant du XXème siècle, la démarche commença à devenir plus pédagogique. On peut relever le cas du &amp;quot;petit Victor&amp;quot;, enfant retrouvé dans la forêt, sans langage et abandonné, pris en charge par [http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Itard Jean Itard], qui mit alors en place différentes situations ludiques et pédagogiques pour faire progresser l&#039;enfant. On trouve alors cette volonté de prendre en considération le développement de l&#039;enfant et la stimulation pour développer son potentiel, plus que la volonté de guérir ou de soigner.&amp;lt;ref&amp;gt;Aide avec le cours de Carolina Villiot, Déficiences intellectuelles lifespan&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous arrivons ainsi dans les années qui nous intéressent, avec l&#039;émergence dans les années 1960 de la notion d&#039;environnement dans la situation de handicap. Les difficultés de ces personnes ne sont ainsi plus uniquement dues à la personne elle-même, mais aussi au contexte dans lequel évoluent ces personnes. La [http://dcalin.fr/fichiers/cif.pdf CIH] (classification internationale du handicap) de Wood en 1980 appuie alors la question de l&#039;amélioration de la qualité de vie des personnes.Elle sera améliorée beaucoup plus tard, vers une terminologie tentant d&#039;éliminer au maximum la négativité du handicap.&lt;br /&gt;
Les droits de l&#039;homme s&#039;intéressent alors au handicap. L’intérêt est porté de plus en plus sur la participation sociale des personnes, et non sur leurs difficultés. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La notion de relativité du handicap est née. Et suivront ainsi les combats pour faire valoir cette relativité et la prise en compte du contexte dans la notion de handicap.&lt;br /&gt;
Ces changements sont fondamentaux, car ils sont le socle sur lequel s’appuieront les acteurs militants pour les droits de ces personnes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Ailleurs... ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans ces années-là, on peut noter l&#039;émergence de mouvements satiriques en faveur des droits de la personne en situation de handicap, comme le journal &amp;quot;handicapés méchants&amp;quot;, journal satirique rallié aux mouvements politiques de gauche de l&#039;époque en France (Front libertaire). Le mouvement vient d&#039;étudiants paralysés, et soutiendra par exemple la lutte pour l&#039;égalité de salaire dans certaines entreprises employant des personnes avec un handicap.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:handicapésméchants.jpg]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En Norvège, l&#039;évolution des institutions (ségrégatives puisque mettant les enfants en situation de handicap dans des institutions séparées du cursus ordinaire) vers des écoles inclusives est en expansion. L&#039;article résumant l&#039;oeuvre de Siri Woarmnaes &amp;quot;[[Vers l&#039;inclusion des enfants en situation de handicap]]&amp;quot; sera ici très intéressant pour aller plus loin dans les concepts émergents de [[normalisation]] et de désinstitutionnalisation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Et tout proche, dans le canton de Vaud voisin, il faut relever que l&#039;eugénisme, héritage des politiques nazies du milieu du siècle, persiste encore durablement dans ces années là. En effet, Geneviève Heller, Gilles Jeanmonod et Jacques Gasser nous éclaire sur ce sujet dans leur ouvrage &amp;quot;Rejetées, rebelles, mal adaptées : débats sur l&#039;eugénisme, pratiques de la stérilisation non volontaire en Suisse romande au XXe siècle&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;Rejetées, rebelles, mal adaptées : débats sur l&#039;eugénisme, pratiques de la stérilisation non volontaire en Suisse romande au XXe siècle / Geneviève Heller, Gilles Jeanmonod, Jacques Gasser ; collab. de Jean-François Dumoulin, Genève : Georg, 2002 &amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
On y relèvera le fait qu&#039;il existait une loi sur la stérilisation des femmes, à visée eugéniste, qui ne fut abrogée qu&#039;en 1985.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi, on remarque que les droits de la personne en situaiton de handicap s&#039;inscrivent dans un mouvement large de revendications de la reconnaissance des personnes en situation de handicap en tant que personnes. On veut reconnaître l&#039;humanité de ces personnes, et non plus ne voir chez elles que leur handicap. La revendication de droits va de pair avec cette nouvelle philosophie naissante, dont on voit l&#039;expansion dans tous les domaines étudiés ici ( [[Droits des patients (à l&#039;hôpital)|droit des patients]], [[Droits des patients psychiatriques|droit des usagers de la psychiatrie]], [[Droits des prisonniers|droit des prisonniers]], [[Droits des femmes|droit des femmes]], [[Droits des enfants|droit des enfants]]).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Et plus tard... ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les débats en faveur des droits des personnes en situation de handicap ont été plus vifs dans les années 1990-1995. On peut noter à ce moment là que les débats s&#039;accentuent au niveau de l&#039;égalité des droits pour tous, et particulièrement en ce qui concerne les personnes en situation de handicap. Une initiative populaire prend forme, mais elle n&#039;aboutira pas. L&#039;historique de cette période est repris de manière précise sur le site http://www.freierzugang.ch/fr/index.html, dont je conseille la lecture. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On notera aussi la [http://www.admin.ch/ch/f/gg/pc/documents/1897/f_Vorlage.pdf convention de l&#039;onu relative aux droits des personnes handicapées] de 2006, qui n&#039;a toujours pas été ratifiée par la confédération, bien que le processus soit aujourd&#039;hui bien avancé. Un article très intéressant en fait état et met en perspective quelques points centraux de cette convention, et leur incidence potentielle sur la vie des personnes concernées. Il reprend en outre le fait que la bataille pour ses droits à vu le jour &amp;quot;au crépuscule du XXème siècle&amp;quot; et qu&#039;elle se poursuit à &amp;quot;l&#039;aube du XXIème&amp;quot; de qui confirme de manière poétique ce qu&#039;on a vu précédemment, à savoir l&#039;arrivée tardive de l&#039;officialisation de ces droits.&lt;br /&gt;
[[Fichier:Guerdan Revue 2012.02.pdf|vignette|Article dans la revue suisse de pédagogie spécialisée, mettant en perspective la convention de l&#039;ONU]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette note me sert ainsi pour pointer le fait que le processus d&#039;égalité, surtout en faveur des plus exclus, est un processus long et semé de retour en arrière, de peurs de l&#039;inconnu, d&#039;inquiétudes face à la différence. Il est à ce jour, toujours en avancement, et ne cessera, on l&#039;espère, d&#039;évoluer.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== A Genève, dès les années 1960 ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Insieme Genève, un exemple d&#039;association de parents ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme je l&#039;avais évoqué dans l&#039;introduction, Insieme Genève, association de parents fondée en 1958, s&#039;est fortement imposée pour faire valoir et défendre les droits des personnes (enfants et adultes) en situation de handicap. Droit à l&#039;intégration, droit au travail, droit à une place dans la société.&lt;br /&gt;
Sur leur site http://www.insieme-ge.ch/documentation/historique.pdf, on trouve un historique très représentatif des différentes étapes de la construction de son combat. Voici la copie des premiers éléments, dont je n&#039;ai conservé que les plus marquants pour notre recherche et que j&#039;ai annoté en italique, afin de faire le lien et de mettre en exergue les concepts vus précédemment :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1958 Création à Genève de l&#039;association de parents d&#039;enfants inadaptés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1959 Premier séjour de &#039;&#039;&#039;vacances&#039;&#039;&#039; pour 25 enfants mentalement handicapés organisé par l&#039;apmh.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&amp;gt; droit à l&#039;accès aux vacances&#039;&#039; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1960 Création de la Fondation et du Village d&#039;Aigues-Vertes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1961 L&#039;association de parents d&#039;enfants &#039;&#039;&#039;inadaptés&#039;&#039;&#039; devient l&#039;association genevoise de parents d&#039;enfants &#039;&#039;&#039;mentalement déficients&#039;&#039;&#039;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;gt; &#039;&#039;on retrouve le lien avec les classifications du handicap, et le changement sensible de point de vue, avec un glissement entre inadaptés : c&#039;est la personne qui est inadaptée, et mentalement déficients : c&#039;est un constat, mais il n&#039;y plus ce décalage avec la normalité.&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1962 L&#039;atelier Bémont reçoit des personnes handicapées qui seront par la suite intégrées dans les &#039;&#039;&#039;ateliers protégés&#039;&#039;&#039; de la Société genevoise d&#039;intégration professionnelle (SGIPA).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1967 Ouverture par l&#039;apmh de Claire-Fontaine, home pour personnes handicapées de plus de 15 ans auquel vient s&#039;adjoindre en 1978 un petit foyer. En 2003, se sont rajoutés 5 appartements qui peuvent accueillir 24 personnes. Actuellement géré par la Fondation Ensemble.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1969 Création du jardin d’enfants spécialisé &amp;quot;la petite enfance&amp;quot;, actuel jardin d’enfant Ensemble, géré par la Fondation Ensemble.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;gt; &#039;&#039;on retrouve dans ces trois derniers évènements ce paradoxe entre la volonté d&#039;intégration, et la création de structures ségrégatives. A cette époque, intégrer c&#039;est avoir le droit de sortir son enfant de chez soi, et de l&#039;emmener passer sa journée à l&#039;extérieur, même si cet extérieur est exclu du monde ordinaire&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Création du Service éducatif itinérant (actuellement géré par l&#039;Astural).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Création par la SGIPA du centre d&#039;intégration socio-professionnelle (CISP).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1971 L&#039;association genevoise de parents d&#039;enfants mentalement déficients devient l&#039;association genevoise de parents d&#039;enfants handicapés mentaux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;gt; &#039;&#039;nouveau glissement sémiologique&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1972 Ouverture de l&#039;école de la Petite Arche, école spéciale pour enfants pluri-handicapés de 4 à 10 ans.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1980 Création de la fondation Cap Loisirs sous l&#039;impulsion du Service des Loisirs et de l&#039;apmh.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1981 Création de la Fondation &amp;quot;La Ferme&amp;quot; en faveur des personnes mentalement handicapées (à &lt;br /&gt;
l&#039;origine de l&#039;Essarde).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1983 Ouverture d&#039;un atelier de jardinage à la ferme (future Essarde).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1985 Ouverture par l&#039;apmh de l&#039;Essarde lieu de vie, de travail et d&#039;apprentissages.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;gt; &#039;&#039;Multiplication des lieux où peuvent se rendre les personnes avec handicap mental, pour y développer des activités, des compétences, et s&#039;approcher de la notion de valorisation des rôles sociaux que l&#039;on retrouve dans l&#039;association Trajets.&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Création du centre de formation continu (CEFCA) qui dépend de l&#039;association pour la formation&lt;br /&gt;
continue des adultes handicapés et de leurs proches.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&amp;gt; On retrouve le droit à la formation&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;Association genevoise de parents de handicapés mentaux devient l&#039;association genevoise de parents et d&#039;amis de personnes mentalement handicapées (APMH).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;gt; &#039;&#039;élargissement du public, plus uniquement des parents&#039;&#039; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1986 Création par l&#039;apmh de la Fondation Ensemble, chargée de gérer l&#039;ensemble de ses institutions.&lt;br /&gt;
Création de l&#039;association genevoise &#039;&#039;&#039;d&#039;insertion sociale&#039;&#039;&#039; (AGIS).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;gt; &#039;&#039;notion d&#039;insertion, que l&#039;on retrouve chez Alain Dupont à travers la fondation Trajets.&#039;&#039;1988 Ouverture de l&#039;Atelier, centre d&#039;enseignement pratique pour adolescents.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1991 L&#039;office de coordination et d&#039;information pour personnes handicapées (OCIPH) devient le centre d&#039;information et de coordination pour personnes handicapées (CICPH).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&amp;gt; développement des ressources, des informations, à destination des usagers&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
J&#039;arrête ici cet historique, qui continue bien évidemment jusqu&#039;à nos jours, et qui m&#039;a permis de mettre en lumière ce développement progressif vers des structures de plus en plus inclusives, mais dont on sent qu&#039;elles se heurtent à de nombreuses barrières. A l&#039;heure actuelle, le processus est encore loin d&#039;être achevé, et les associations de parents continuent à se battre pour faire reconnaitre les droits de leur enfant (intégration scolaire par exemple).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Parallèlement, l&#039;association Trajets ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Voici comment se raconte Trajets sur [http://www.trajets.org/site/index.php?option=com_content&amp;amp;view=category&amp;amp;layout=blog&amp;amp;id=15&amp;amp;Itemid=32 son site]. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;quot;&#039;&#039;&#039;L&#039;histoire de Trajets: un défi permanent&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
«L&#039;homme est capable de faire ce qu&#039;il est incapable d&#039;imaginer.»&lt;br /&gt;
René Char &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;origine de Trajets remonte à l&#039;animation d&#039;un club et l&#039;organisation de vacances avec des personnes déficientes intellectuelles et des personnes valides et une recherche de moyens pour permettre leur intégration à la vie de la cité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Parallèlement, en 1976, la réflexion d&#039;une équipe du centre psychosocial des Pâquis s&#039;élargit sur les difficultés rencontrées par des personnes souffrant de troubles psychiques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour une partie de sa clientèle, des personnes considérées comme malades chroniques, inactives, très isolées et marginalisées, le type de prestations proposées est inadéquat et incomplet. C&#039;est ainsi qu&#039;il est demandé au responsable de l&#039;expérience réalisée avec les personnes déficientes intellectuelles de mettre sur pied un lieu d&#039;accueil.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi «Le Quatre» est né, lieu d&#039;accueil et de rencontres non médicalisé, afin d&#039;offrir à cette population les services d&#039;une approche nouvelle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;originalité s&#039;appuyait sur un renouveau du regard posé sur ces personnes et sur la collaboration de bénévoles ainsi que des habitants du quartier. En juin 1979, de nombreuses activités d&#039;intégration sont mises en place avec la naissance de l&#039;Association Trajets, qui reprend l&#039;ensemble des prestations, en dehors du lieu d&#039;accueil qui rejoindra l&#039;Association en 1994.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Depuis lors, l&#039;Association Trajets s&#039;efforce de satisfaire les demandes d&#039;aide de personnes qui, en raison d&#039;un handicap ou de difficultés psychologiques ou psychiatriques, souvent conjuguées à une dégradation de leurs conditions de vie, se trouvent mises à l&#039;écart de la vie sociale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;Association a développé son action en lien avec le contexte socio-économique et l&#039;évolution des besoins en santé mentale, défendant des valeurs liées à l&#039;intégration sociale des personnes parmi les plus marginalisées.&amp;quot;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On retrouve au départ de l&#039;association cette envie d&#039;offrir &amp;quot;des vacances&amp;quot;, comme on l&#039;avait vu chez INSIEME. Un &amp;quot;détail&amp;quot;, le droit aux loisirs, aux vacances, fut ainsi le point de départ de nombreuses autres revendications.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Alain Dupont, acteur de son temps ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Biographie résumée de l&#039;[[Article 2012/13|article 2012-2013]]==== &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Alain Dupont naît à Genève en 1946 de deux parents français réfugiés en Suisse pour fuir la Haute-Savoie. Il est élevé dans des valeurs catholiques d’entraide et de charité, se concrétisant dans  son investissement du scoutisme et sa révolte précoce contre l’injustice.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Son enfance est marquée par la mise en danger de sa propre vie. Il est mordu par un chien à la joue, défigurant son visage et mettant en cause son diagnostic vital. &lt;br /&gt;
Il en sort fort de la conviction que l’on peut combattre la mort et vivre avec un handicap.&lt;br /&gt;
Il prend rapidement son indépendance vis-à-vis du scoutisme et du catholicisme, refusant toute forme d’exclusion (raciale, sociale, psychique,…), d’injustice ou  d’enfermement.&lt;br /&gt;
Parallèlement à ses études d’éducateur spécialisé à Lausanne, puis en sciences de l’éducation à la FAPSE de Genève, Alain Dupont connaît ses premières expériences professionnelles. Il travaille en tant que premier conseiller social dans un cycle d’orientation , fait des stages lors de sa formation dans des institutions spécialisées. Il constate la violence de ces institutions, l’injustice de certaines décisions et l’inégalité entre les enfants placés et le personnel encadrant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ces expériences l’on amené à choisir, après avoir hésité à partir faire de l’humanitaire, de rester à Genève, pour travailler et se battre pour une meilleure prise en charge des personnes en difficulté.&lt;br /&gt;
En 1970, il devient directeur de Caritas jeunesse et crée trois ans plus tard un secteur pour personnes handicapées. Il est le témoin de plusieurs situations de crise menant à un enfermement psychiatrique et continue de mener des actions en faveur d’une amélioration de l’encadrement de ces personnes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1972, sous l&#039;aile d&#039;Einsering, il monte un service de sociothérapie en déficience mentale. C’est l’apparition de son combat en faveur des droits des personnes en situation de handicap. Il devient militant pour la dignité des personnes, et combat vigoureusement l&#039;enfermement. Il vise à faire changer les comportements face au handicap. Alain Dupont croit en l&#039;éducabilité des personnes, et à leur capacité de faire des apprentissages. Avec Einsering, ils défendent le droit au logement pour les personnes avec une déficience. Mais ils veulent une réelle intégration, pas un lieu de soins et médicalisé. Cette initiative aboutit sur un projet d’appartements, qui se heurtera à une levée de boucliers.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1977, pour répondre à  des réflexions d’équipes sur les besoins et difficultés des personnes souffrant de troubles psychiques, Alain Dupont  inaugure «le Quatre », lieu d’accueil et de rencontres. Un lieu démédicalisé, désinstitutionnalisé, ayant pour but de proposer des activités de loisirs, de travail, d’occupation, d’animations et de repas.&lt;br /&gt;
Cela aboutit en 1979 sur la naissance de  l’association Trajets, toujours avec cette visée intégrative.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On sent derrière le discours et les actes d’Alain Dupont, l’envie de respecter les personnes et de défendre les droits fondamentaux qu’elles réclament : un travail, un appartement, des amis… Une prise en charge respectant la dignité et apportant du soutien pour l’intégration des personnes avec un handicap ou des souffrances psychologiques ou psychiatriques. &lt;br /&gt;
La  fondation Trajets sera créée en 2003, afin d’en pérenniser les activités.&lt;br /&gt;
Alain Dupont exprime sa vision positive du handicap, l’importance de la valorisation des personnes par leur rôle social,. Il est un acteur de l’évolution de cette vision sociale du handicap. Il croit en l’éducation du public qui passe selon lui, par la rencontre. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il notera cependant des limites au fonctionnement de trajets. Il parle alors du paradoxe de l’aide. L’aide devient un autre type enfermement : celle de la prise de contrôle sur la vie de la personne. C’est un forme d’assistanat, ce n’est pas une intégration « réelle ». Il veut passer de l’aide à l’accompagnement, et met en place les « projets de vie ». Il s’agit de mettre la personnes au cœur de son projet, c’est elle l’actrice de sa vie, et non les travailleurs sociaux gravitant autour d’elle.&lt;br /&gt;
En réponse à l’éloignement de la Fondation par rapport à ses valeurs,  Alain Dupont quitte trajets en 2002 et fonde l’Association T-Interactions.&lt;br /&gt;
Il élargit le champ des personnes concernées, cherche l’autofinancement et l’indépendance vis-à-vis des subventions publiques. Il a pour objectifs de donner des réels rôles sociaux, avec un salaire, une reconnaissance sociale, une autonomisation des personnes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Alain Dupont, défenseur des droits des personnes en situation de handicap ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De ce résumé, on peut noter quelques éléments essentiels dans notre recherche.&lt;br /&gt;
Porté par des valeurs au départ catholiques, concrétisées chez Alain Dupont très jeune dans le scoutisme, valeurs d&#039;entraide, de charité, de partage, de protection des plus faibles et de justice, pour ne citer que celles-là, ces valeurs se sont inscrites ensuite dans le mouvement humaniste plus général.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Se battre alors pour autrui, pour ceux qui ne peuvent pas le faire, c&#039;est être au plus haut dans la défense des droits de la personne, de toutes les personnes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si j&#039;appuyais précédemment sur l&#039;évolution des classifications du handicap, c&#039;est qu&#039;elles sont elles-même le reflet de l&#039;acceptation progressive et non évidente, comme on pourrait le supposer aujourd&#039;hui, que le &amp;quot;handicapé&amp;quot; est avant tout une personne. D&#039;où l&#039;évolution parallèle de la terminologie pour ces personnes. De &amp;quot;handicapé&amp;quot; à &amp;quot;personne en situation de handicap&amp;quot;, en passant entre temps par &amp;quot;personne souffrant d&#039;un handicap&amp;quot;, &amp;quot;personne vivant avec un handicap&amp;quot;, etc. qui montre la prise en compte de ces personnes en tant que tel, et non uniquement la prise en compte de leur handicap.&amp;lt;ref&amp;gt;Cours de Madame Wolf, Polyhandicap, librement cité.&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Alain Dupont, dans ses actions en faveur de l&#039;autonomisation des personnes, de leur valorisation en leur donnant un réel rôle social, s&#039;inscrit dans ce mouvement général.&lt;br /&gt;
C&#039;est défendre le droit de ses personnes à jouir d&#039;un certain contrôle sur leur vie, qu&#039;on pourrait appeler autodétermination, et qui fait toujours partie des objectifs principaux dans la prise en charge de ces personnes aujourd&#039;hui. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C&#039;est défendre le droit à faire partie de la société, à prendre part à ses activités, à être considéré et à participer.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Entretien: l&#039;histoire et l&#039;actuel ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On retrouvera l&#039;entretien complet retranscrit dans le chapitre réservé à cet effet. &lt;br /&gt;
Il me semble important de reprendre ici certains points centraux, et de voir comment Alain Dupont, à travers son discours, a pu répondre (souvent de manière indirecte) aux questions qui nous intéressent ici...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Déclaration des droits des handicapés, 1975.pdf|vignette]]&lt;br /&gt;
En ce qui concerne le mouvement général des droits de la personne, Alain Dupont confirme qu&#039;il s&#039;inscrivait bien dans un mouvement où toutes ces revendications émergeaient. Il notera néanmoins que dans le champ du handicap, cela a été plus tardif, et qu&#039;il lui semble que ça l&#039;est encore aujourd&#039;hui... Le début de la lutte s&#039;est fait pour lui en collaboration avec Einsering, qui avait monté un centre universitaire de soins et de diagnostic pour les personnes déficientes. Ils ont commencé ensemble la prise en charge individualisée des personnes. C&#039;était peu après ses études d&#039;éducateur, il était encore au début de sa carrière, et très jeune, mais déjà en révolte face à l&#039;enfermement et aux injustices...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour lui, un &amp;quot;guide&amp;quot; pour sa conduite, et la suite de la carrière, fut la charte des droits des personnes handicapées de 1975. Tout y est, la dignité, le respect, les droits civiques,... Mais il remet toujours en perspective les textes signés, les actes politiques, qui sont à son sens nécessaires, certes, mais insuffisants. La pratique doit prendre le relai, et s&#039;assurer de leur mise en œuvre au quotidien, et dans la durée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le temps des droits est un temps long, une lutte sur la durée, un combat presque sans fin...&lt;br /&gt;
Les racines ont été prises dans ces années là, mais la lutte dure encore aujourd&#039;hui.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quelques grandes étapes sont à relever: la déclaration des droits des personnes handicapées de l&#039;ONU en 1975, l&#039;année du handicap en 1981, année qui a vu donc s&#039;accélérer les articles sur ce domaine, et s&#039;intéresser un peu plus le grand public,...&lt;br /&gt;
Alain Dupont est fort de valeurs, de justice, d&#039;égalité, de respect des personnes, qui ont fait son engagement. Il exècre l&#039;enfermement, et prône la liberté. C&#039;est le départ de son combat.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour lui, il est du fait des professionnels de se porter garants du respect des droits des personnes en situation de handicap dont ils ont la charge.&lt;br /&gt;
Et aujourd&#039;hui, certains progrès ont été faits, c&#039;est sûr, mais aucune garantie n&#039;est donnée que partout la prise en charte ne respecte ne serait ce que la charte de 1975. Il donne de nombreux exemples d&#039;institutions actuelles, qui ne mettent en place qu&#039;un service minimum. Les personnels sont peu engagés, et plus le handicap est lourd, plus la ségrégation reste vive.&lt;br /&gt;
Aujourd&#039;hui est lié à hier. Il a bénéficié de ses luttes, mais elles sont loin d&#039;être achevées. Tout reste à faire, et ce sont les professionnels, nous, qui en portons la responsabilité. Donner des réels droits, des réels rôles sociaux, une réelle considération, tels sont les défis au quotidien à relever aujourd&#039;hui, pour demain.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une belle leçon d&#039;humilité et une discussion qui renforce l&#039;engagement actuel pour poursuivre le progrès dans ses valeurs humanistes d&#039;acceptation et de respect de tous...&lt;br /&gt;
[[Fichier:Photochine1.jpg|vignette|gauche]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Photochine.JPG]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Webographie ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[http://www.un.org/fr/rights/overview/themes/handicap.shtml Déclaration sur les droits des personnes handicapées]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
http://www.insieme-ge.ch/ &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
http://www.trajets.org/&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
http://www.t-interactions.ch/&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[http://www.integrationhandicap.ch%20 http://www.integrationhandicap.ch]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[http://www.ecolepourtous.education.fr/fileadmin/pdf/INSHEA_Jamet.pdf Evolution des classifications]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[http://dcalin.fr/fichiers/cif.pdf CIF modifiée 2001]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
http://www.freierzugang.ch/fr/index.html&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
http://www.egalite-handicap.ch/convention-realtive-aux-droits-des-personnes-handicapees.html&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Notes et références ==&lt;br /&gt;
&amp;lt;references/&amp;gt;&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Julie</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Discussion:Droits_des_personnes_en_situation_de_handicap&amp;diff=12503</id>
		<title>Discussion:Droits des personnes en situation de handicap</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Discussion:Droits_des_personnes_en_situation_de_handicap&amp;diff=12503"/>
		<updated>2014-01-06T13:20:11Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Julie : /* Photochine -- ~~~~ */ nouvelle section&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;==  -- [[Utilisateur:Ruchat|Ruchat]] ([[Discussion utilisateur:Ruchat|discussion]]) 10 novembre 2013 à 21:29 (CET) ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C&#039;est bien commencé. Attention à bien toujours suivre la chronologie!&lt;br /&gt;
Toujours très bien! Le résumé biographique est parfait. Maintenant il faut poursuivre afin d&#039;affiner le questionnement autour des droits de la personne. Qu&#039;est-ce qui se passe donc dasn ce contexte des années 60-80 pour que se développent ses droits tous azimuts?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==  -- [[Utilisateur:Ruchat|Ruchat]] ([[Discussion utilisateur:Ruchat|discussion]]) 26 novembre 2013 à 16:45 (CET) ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La question de la classification est évidemment une question fort intéressante, mais je ne vois pas comment vous la reliez à  la question des droits de la personne qui est le sujet &amp;quot;choisi&amp;quot; par notre communauté de travail? Il faut absolument développer cette articulation. Il me semble que vous êtes insuffisamment avancée dans votre problématique pour aller interviewer Monsieur Dupont!&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==  -- [[Utilisateur:Ruchat|Ruchat]] ([[Discussion utilisateur:Ruchat|discussion]]) 27 novembre 2013 à 12:06 (CET) ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Oui votre ajout est bien: il faudrait voir comment articuler droit de la personne est DSM. Si l&#039;on voit l&#039;influence de l&#039;anti-psychiatrie voit-on l&#039;influence des droits de la personnes handicapées sur cette classification lors des années qui  nous intéressent (année 70-80)? Attention à citer vos sources sur le Moyen-Age 8car tous les historiens ne disent pas ce que vous écrivez donc il faut citer vos sources!).&lt;br /&gt;
Il faut, en général, vous concentrer sur les année 1970-80 et sur la problématique choisie (droit de la personne/anti-psychiatrie/classification)s avant tout: creuser cette dimension et montrer ces liens. Pour M. Dupont, je vais lui envoyer un petit courriel..&lt;br /&gt;
Bon travail.&lt;br /&gt;
N&#039;oubliez pas de lire ce qui est écrit sur la première page du wiki, mais aussi sur toutes celles des différentes thématiques afin de réfléchir à la problématique et d&#039;avancer dans une compréhension commune de cette histoire de l&#039;apparition des revendication des droits des usagers, patients, détenus, enfants: les acteurs/trices (dont vos témoins), les actions, les valeurs prônées, les changements de pratiques éventuelles, les espoirs....&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Re: -- [[Utilisateur:LeaDesfosses2|LeaDesfosses2]] ([[Discussion utilisateur:LeaDesfosses2|discussion]]) 27 novembre 2013 à 19:15 (CET)===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bonsoir Madame Ruchat,&lt;br /&gt;
merci pour vos encouragements. J&#039;ai encore ajouté des choses aujourd&#039;hui, le travail avance... J&#039;ai beaucoup lu les anciennes publications des années précédentes et tenté de les utiliser.&lt;br /&gt;
Concernant mes sources, comme on l&#039;avait convenu, j&#039;avais mis en référence de bas de page mes sources (en l&#039;occurence un cours de l&#039;université). Cela vous convient-il?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==  -- [[Utilisateur:Ruchat|Ruchat]] ([[Discussion utilisateur:Ruchat|discussion]]) 4 décembre 2013 à 17:25 (CET) ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il me semble que vous n&#039;avez guère avancé dans votre texte. Il faudrait mieux articuler vos références et intégrer les liens dans le texte. Votre texte demanderait à être lu d&#039;une manière moins hachée. Donc il faut encore le retravailler et ajouter des éléments qui ne soient pas repris des années précédentes.&lt;br /&gt;
Qu&#039;en est-il avec le rendez-vous avec M. Dupont?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Re: -- [[Utilisateur:LeaDesfosses2|LeaDesfosses2]] ([[Discussion utilisateur:LeaDesfosses2|discussion]]) 7 décembre 2013 à 13:07 (CET)===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
: je vois monsieur Dupont lundi. Par ailleurs, je ne pourrai malheureusement pas être là à la séance de mercredi, j&#039;ai une séance d&#039;équipe dans le cmp dans lequel je travaille. Je m&#039;excuse vraiment pour ce contretemps. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je vous tiendrai au courant de l&#039;entretien.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Re: -- [[Utilisateur:LeaDesfosses2|LeaDesfosses2]] ([[Discussion utilisateur:LeaDesfosses2|discussion]]) 10 décembre 2013 à 17:57 (CET)===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bonjour Madame Ruchat,&lt;br /&gt;
comme je vous l&#039;avais dit précédemment, je ne serai pas là demain... J&#039;ai commencé la retranscription de l&#039;entretien d&#039;hier avec Monsieur Dupont, qui soit dit en passant, vous salue.&lt;br /&gt;
C&#039;était très intéressant, quoiqu&#039;un peu décousu...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
je m&#039;attelle parallèlement à en ressortir les éléments principaux dans mon article.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Veuillez me tenir au courant des avancements et des tâches pour la semaine prochain, où je serai cette fois présente, bien sûr...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Créer une page -- [[Utilisateur:Julie|Julie]] ([[Discussion utilisateur:Julie|discussion]]) 10 décembre 2013 à 17:46 (CET) ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
salut ! &lt;br /&gt;
Je ne sais pas si tu as vu, mais j&#039;ai répondu à ta question pour pouvoir créée une page. Tu me l&#039;as posée dans ma page dans discussion. J&#039;espère que cela t&#039;a aidé !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Re: Créer une page -- [[Utilisateur:LeaDesfosses2|LeaDesfosses2]] ([[Discussion utilisateur:LeaDesfosses2|discussion]]) 10 décembre 2013 à 17:53 (CET)===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
: Replace this text with your reply&lt;br /&gt;
 super merci!! c parfait&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
====Re: Re: Créer une page -- [[Utilisateur:Giannina Suter|Giannina Suter]] ([[Discussion utilisateur:Giannina Suter|discussion]]) 31 décembre 2013 à 22:43 (CET)====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chère Léa, nous avons trouvé des liens avec notre article et les droits de femmes, les droits des patients psychiatriques et les droits de personnes en situation de handicap. Nous avons parvenu à comprendre que le fait que ces patients ont pu être enfermés dans des hôpitaux malgré leurs volonté violait leurs droits tout d&#039;abord le droit du consentement puis le droit d&#039;être informé. Nous t&#039;invitons à regarder notre article. Cordialement à toi, Giannina et Pierre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Photochine -- [[Utilisateur:Julie|Julie]] ([[Discussion utilisateur:Julie|discussion]]) 6 janvier 2014 à 14:20 (CET) ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bonjour Léa, &lt;br /&gt;
Je me suis permise d&#039;ajouter dans ton texte la photo Photochine en plus petite, je t&#039;ai laissé les deux (la nouvelle et l&#039;ancienne)comme ça tu peux choisir laquelle garder.&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Julie</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Fichier:Photochine1.jpg&amp;diff=12502</id>
		<title>Fichier:Photochine1.jpg</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Fichier:Photochine1.jpg&amp;diff=12502"/>
		<updated>2014-01-06T13:17:44Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Julie : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Julie</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Droits_des_personnes_en_situation_de_handicap&amp;diff=12501</id>
		<title>Droits des personnes en situation de handicap</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Droits_des_personnes_en_situation_de_handicap&amp;diff=12501"/>
		<updated>2014-01-06T13:17:19Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Julie : /* Entretien: l&amp;#039;histoire et l&amp;#039;actuel */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&lt;br /&gt;
== Comment parle t-on des droits des personnes en situation de handicap, dans les années 1960-1980 à Genève? ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme on peut le lire dans les articles des années précédentes, les décennies 1960 à 1980, à travers des mouvements de désinstitutionnalisation et d&#039;anti-psychiatrie, ont vu l&#039;émergence de droits fondamentaux: vote des femmes en Suisse en 1971, Convention des droits de l&#039;enfant en 1989,..... Après les précurseurs revendiquant une éducation plus libre, plus juste, tel que Neill dont les &amp;quot;[[Libres enfants de Summerhill (Neill)|libres enfants de Summerhill]]&amp;quot; ont inspiré plus d&#039;un pédagogue, se dessine une vague de revendications et de contestations des méthodes appliquées aux exclus du droit, ou aussi aux oppressés d&#039;un société trop cadrante, sans marge de manoeuvre suffisante. Des auteurs imaginent ainsi &amp;quot;[[Une société sans école]]&amp;quot; (Illich, 1971), d&#039;autres dénoncent &amp;quot;[[Asiles, études sur la condition sociale des malades mentaux|la condition sociale des malades mentaux]]&amp;quot; (Goffman, 1961), d&#039;autres se battent pour désinstitutionnaliser, ou mettent [[L&#039;institution en négation - Basaglia|&amp;quot;L&#039;institution en négation&amp;quot;]] (Basaglia, 1970). Un mouvement prend forme, dans lequel s&#039;inscrira progressivement les droits fondamentaux de la personne.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il s&#039;agit alors de combats pour les droits de ceux qui sont exclus, de ceux qui justement eux-mêmes ne sont pas en situation de se défendre ou de protester contre les injustices. Poussés ainsi par des valeurs humanistes, se lèvent alors les acteurs des droits de la personne en faveur des plus démunis. Le droit des personnes en situation de handicap représente ainsi le paroxysme des droits de la personne, et se trouve souvent être le parent pauvre et retardataire des combats. Alain Dupont, dont on verra plus avant le rôle pris dans ces années-là, confirme ce sentiment, en relevant que si les professionnels ne se portent pas garants de la défenses des droits de ses personnes, les personnes elles-mêmes n&#039;ont pas les capacités de le faire. Par ailleurs, il souligne que dans les années 1960-1970, on ne parlait même pas de &amp;quot;personnes&amp;quot;. On parlait &amp;quot;handicapés&amp;quot;, comme si, de par même le vocabulaire utilisé, on considérait ces personnes comme en dehors de la société, en dehors donc du droit et du respect de la dignité qui en découle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La loi sur l&#039;AI (Assurance invalidité) de 1959, avec toutes les incidences consécutives à son introduction, marque un grand tournant dans la reconnaissance des droits pour les personnes en situation de handicap. Des parents d&#039;enfants ou d&#039;adultes en situation en handicap réclament le droit à l&#039;intégration (avec un paradoxe de créations d&#039;institutions plutôt &amp;quot;ségrégatives&amp;quot;), se constituent en association (APMH en 1959 devenu INSIEME), se battent pour faire reconnaître les droits (à l&#039;éducation, à la santé, à la participation sociale) de leurs enfants. &amp;quot;Insieme suisse s&#039;engage à défendre au niveau politique les droits des personnes vivant avec un handicap mental et leur offrir les conditions d&#039;une vie digne&amp;quot;. Tels sont les mots que l&#039;on peut lire sur le site &amp;quot;Insieme Suisse&amp;quot; aujourd&#039;hui http://insieme.ch/?lang=fr. Il sera intéressant d&#039;aller plus loin dans les recherches sur cette association, afin de voir comment cette association s&#039;est inscrite en actrice de la défense des droits des personnes en situation de handicap à cette époque.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les droits des personnes en situation de handicap bénéficieront, quoique toujours avec un certain décalage, des mouvements de contestation des années 70 (désinstitutionalisation et antipsychiatrie notamment). La [http://www.un.org/fr/documents/view_doc.asp?symbol=A/RES/3447%20%28XXX%29 déclaration des droits des personnes handicapées] de l&#039;ONU, datant du 9 décembre 1975, précédée de la [http://www.un.org/fr/documents/view_doc.asp?symbol=A/RES/2856%20(XXVI) déclaration des droits du déficient mental] (1971) en sont des exemples importants. On peut de plus citer l&#039;[http://www.un.org/french/disabilities/default.asp?id=691 année internationale du handicap], qui a permis de rendre plus visible certains aspects des prises en charge, et de faire le point sur les avancées sociales, et légales. Elle avait pour but la promotion de la « pleine participation et de l&#039;égalité », avec une sensibilisation du public et une meilleure acceptation sociale des &amp;quot;handicapés&amp;quot;. A suivi un [http://www.un.org/french/esa/social/disabled/PDF/Programme_action_mondial.pdf programme d&#039;action de l&#039;ONU], pour assurer une continuité après cette année importante, et enclencher une nouvelle forme de prise en charge. On y trouvera encore souvent le terme &amp;quot;handicapé&amp;quot;, non précédé de &amp;quot;personne&amp;quot;. Néanmoins, le changement est clair et les processus en faveur de la valorisation sociale et d&#039;intégration des personnes est enclenché.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cet article est l&#039;occasion, de poursuivre le travail effectuée l&#039;année précédente [[Article_2012/13]] et de développer particulièrement la question des droits de la personne. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
J&#039;étudierai la question des classifications du handicap, qui sont à elles seules le reflet de l&#039;évolution sociale et culturelle de la société vis à vis du handicap. De la création de la CIM (classification internationale des maladies et des problèmes de santé) en 1946, révisée en 1990, à la parution de la CIH (classification internationale des handicaps initiée par WOOD et adoptée en 1992), en passant par les différentes DSM (the Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders) dont la première publication DSM-I remonte à 1952. Je regarderai plus précisément les changements apportés en 1968 pour la DSM-II et en 1980 pour la DSM-III, qui sont les années qui nous intéressent. Ces deux dernières publications sont le reflet aussi du mouvement anti-psychiatrique étudié les années précédentes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Bref historique et contexte international de la vision du handicap ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== L&#039;évolution des classifications du handicap ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme évoqué précédemment, il me semble important de relever certains points importants du contexte international en matière de droit des personnes en situation de handicap. &lt;br /&gt;
En effet, les différentes classifications ont évolué, et si elles ne sont pas directement liées au droit, elles effectuent néanmoins un changement dans les représentations du handicap, changement qui permettra alors une évolution dans la revendication de droits égalitaires pour ces personnes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si on s&#039;autorise à remonter un peu le temps, on aura une meilleure appréhension des changements de ces années charnières. Au Moyen-Age, on considérait deux catégories: les normaux et les anormaux. Il n&#039;existait ni outils ni aménagements. Le handicap était attribué à diverses superstitions et générait de nombreuses peurs, de la méfiance et de la honte.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après cette époque, on a vu l&#039;émergence d&#039;approches plus rationnelles. L’intérêt pour le handicap était principalement médical : les médecins tentaient alors de trouver les causes et cherchaient les possibles guérisons, ou soins.&lt;br /&gt;
Au courant du XXème siècle, la démarche commença à devenir plus pédagogique. On peut relever le cas du &amp;quot;petit Victor&amp;quot;, enfant retrouvé dans la forêt, sans langage et abandonné, pris en charge par [http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Itard Jean Itard], qui mit alors en place différentes situations ludiques et pédagogiques pour faire progresser l&#039;enfant. On trouve alors cette volonté de prendre en considération le développement de l&#039;enfant et la stimulation pour développer son potentiel, plus que la volonté de guérir ou de soigner.&amp;lt;ref&amp;gt;Aide avec le cours de Carolina Villiot, Déficiences intellectuelles lifespan&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous arrivons ainsi dans les années qui nous intéressent, avec l&#039;émergence dans les années 1960 de la notion d&#039;environnement dans la situation de handicap. Les difficultés de ces personnes ne sont ainsi plus uniquement dues à la personne elle-même, mais aussi au contexte dans lequel évoluent ces personnes. La [http://dcalin.fr/fichiers/cif.pdf CIH] (classification internationale du handicap) de Wood en 1980 appuie alors la question de l&#039;amélioration de la qualité de vie des personnes.Elle sera améliorée beaucoup plus tard, vers une terminologie tentant d&#039;éliminer au maximum la négativité du handicap.&lt;br /&gt;
Les droits de l&#039;homme s&#039;intéressent alors au handicap. L’intérêt est porté de plus en plus sur la participation sociale des personnes, et non sur leurs difficultés. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La notion de relativité du handicap est née. Et suivront ainsi les combats pour faire valoir cette relativité et la prise en compte du contexte dans la notion de handicap.&lt;br /&gt;
Ces changements sont fondamentaux, car ils sont le socle sur lequel s’appuieront les acteurs militants pour les droits de ces personnes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Ailleurs... ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans ces années-là, on peut noter l&#039;émergence de mouvements satiriques en faveur des droits de la personne en situation de handicap, comme le journal &amp;quot;handicapés méchants&amp;quot;, journal satirique rallié aux mouvements politiques de gauche de l&#039;époque en France (Front libertaire). Le mouvement vient d&#039;étudiants paralysés, et soutiendra par exemple la lutte pour l&#039;égalité de salaire dans certaines entreprises employant des personnes avec un handicap.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:handicapésméchants.jpg]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En Norvège, l&#039;évolution des institutions (ségrégatives puisque mettant les enfants en situation de handicap dans des institutions séparées du cursus ordinaire) vers des écoles inclusives est en expansion. L&#039;article résumant l&#039;oeuvre de Siri Woarmnaes &amp;quot;[[Vers l&#039;inclusion des enfants en situation de handicap]]&amp;quot; sera ici très intéressant pour aller plus loin dans les concepts émergents de [[normalisation]] et de désinstitutionnalisation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Et tout proche, dans le canton de Vaud voisin, il faut relever que l&#039;eugénisme, héritage des politiques nazies du milieu du siècle, persiste encore durablement dans ces années là. En effet, Geneviève Heller, Gilles Jeanmonod et Jacques Gasser nous éclaire sur ce sujet dans leur ouvrage &amp;quot;Rejetées, rebelles, mal adaptées : débats sur l&#039;eugénisme, pratiques de la stérilisation non volontaire en Suisse romande au XXe siècle&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;Rejetées, rebelles, mal adaptées : débats sur l&#039;eugénisme, pratiques de la stérilisation non volontaire en Suisse romande au XXe siècle / Geneviève Heller, Gilles Jeanmonod, Jacques Gasser ; collab. de Jean-François Dumoulin, Genève : Georg, 2002 &amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
On y relèvera le fait qu&#039;il existait une loi sur la stérilisation des femmes, à visée eugéniste, qui ne fut abrogée qu&#039;en 1985.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi, on remarque que les droits de la personne en situaiton de handicap s&#039;inscrivent dans un mouvement large de revendications de la reconnaissance des personnes en situation de handicap en tant que personnes. On veut reconnaître l&#039;humanité de ces personnes, et non plus ne voir chez elles que leur handicap. La revendication de droits va de pair avec cette nouvelle philosophie naissante, dont on voit l&#039;expansion dans tous les domaines étudiés ici ( [[Droits des patients (à l&#039;hôpital)|droit des patients]], [[Droits des patients psychiatriques|droit des usagers de la psychiatrie]], [[Droits des prisonniers|droit des prisonniers]], [[Droits des femmes|droit des femmes]], [[Droits des enfants|droit des enfants]]).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Et plus tard... ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les débats en faveur des droits des personnes en situation de handicap ont été plus vifs dans les années 1990-1995. On peut noter à ce moment là que les débats s&#039;accentuent au niveau de l&#039;égalité des droits pour tous, et particulièrement en ce qui concerne les personnes en situation de handicap. Une initiative populaire prend forme, mais elle n&#039;aboutira pas. L&#039;historique de cette période est repris de manière précise sur le site http://www.freierzugang.ch/fr/index.html, dont je conseille la lecture. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On notera aussi la [http://www.admin.ch/ch/f/gg/pc/documents/1897/f_Vorlage.pdf convention de l&#039;onu relative aux droits des personnes handicapées] de 2006, qui n&#039;a toujours pas été ratifiée par la confédération, bien que le processus soit aujourd&#039;hui bien avancé. Un article très intéressant en fait état et met en perspective quelques points centraux de cette convention, et leur incidence potentielle sur la vie des personnes concernées. Il reprend en outre le fait que la bataille pour ses droits à vu le jour &amp;quot;au crépuscule du XXème siècle&amp;quot; et qu&#039;elle se poursuit à &amp;quot;l&#039;aube du XXIème&amp;quot; de qui confirme de manière poétique ce qu&#039;on a vu précédemment, à savoir l&#039;arrivée tardive de l&#039;officialisation de ces droits.&lt;br /&gt;
[[Fichier:Guerdan Revue 2012.02.pdf|vignette|Article dans la revue suisse de pédagogie spécialisée, mettant en perspective la convention de l&#039;ONU]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette note me sert ainsi pour pointer le fait que le processus d&#039;égalité, surtout en faveur des plus exclus, est un processus long et semé de retour en arrière, de peurs de l&#039;inconnu, d&#039;inquiétudes face à la différence. Il est à ce jour, toujours en avancement, et ne cessera, on l&#039;espère, d&#039;évoluer.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== A Genève, dès les années 1960 ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Insieme Genève, un exemple d&#039;association de parents ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme je l&#039;avais évoqué dans l&#039;introduction, Insieme Genève, association de parents fondée en 1958, s&#039;est fortement imposée pour faire valoir et défendre les droits des personnes (enfants et adultes) en situation de handicap. Droit à l&#039;intégration, droit au travail, droit à une place dans la société.&lt;br /&gt;
Sur leur site http://www.insieme-ge.ch/documentation/historique.pdf, on trouve un historique très représentatif des différentes étapes de la construction de son combat. Voici la copie des premiers éléments, dont je n&#039;ai conservé que les plus marquants pour notre recherche et que j&#039;ai annoté en italique, afin de faire le lien et de mettre en exergue les concepts vus précédemment :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1958 Création à Genève de l&#039;association de parents d&#039;enfants inadaptés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1959 Premier séjour de &#039;&#039;&#039;vacances&#039;&#039;&#039; pour 25 enfants mentalement handicapés organisé par l&#039;apmh.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&amp;gt; droit à l&#039;accès aux vacances&#039;&#039; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1960 Création de la Fondation et du Village d&#039;Aigues-Vertes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1961 L&#039;association de parents d&#039;enfants &#039;&#039;&#039;inadaptés&#039;&#039;&#039; devient l&#039;association genevoise de parents d&#039;enfants &#039;&#039;&#039;mentalement déficients&#039;&#039;&#039;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;gt; &#039;&#039;on retrouve le lien avec les classifications du handicap, et le changement sensible de point de vue, avec un glissement entre inadaptés : c&#039;est la personne qui est inadaptée, et mentalement déficients : c&#039;est un constat, mais il n&#039;y plus ce décalage avec la normalité.&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1962 L&#039;atelier Bémont reçoit des personnes handicapées qui seront par la suite intégrées dans les &#039;&#039;&#039;ateliers protégés&#039;&#039;&#039; de la Société genevoise d&#039;intégration professionnelle (SGIPA).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1967 Ouverture par l&#039;apmh de Claire-Fontaine, home pour personnes handicapées de plus de 15 ans auquel vient s&#039;adjoindre en 1978 un petit foyer. En 2003, se sont rajoutés 5 appartements qui peuvent accueillir 24 personnes. Actuellement géré par la Fondation Ensemble.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1969 Création du jardin d’enfants spécialisé &amp;quot;la petite enfance&amp;quot;, actuel jardin d’enfant Ensemble, géré par la Fondation Ensemble.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;gt; &#039;&#039;on retrouve dans ces trois derniers évènements ce paradoxe entre la volonté d&#039;intégration, et la création de structures ségrégatives. A cette époque, intégrer c&#039;est avoir le droit de sortir son enfant de chez soi, et de l&#039;emmener passer sa journée à l&#039;extérieur, même si cet extérieur est exclu du monde ordinaire&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Création du Service éducatif itinérant (actuellement géré par l&#039;Astural).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Création par la SGIPA du centre d&#039;intégration socio-professionnelle (CISP).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1971 L&#039;association genevoise de parents d&#039;enfants mentalement déficients devient l&#039;association genevoise de parents d&#039;enfants handicapés mentaux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;gt; &#039;&#039;nouveau glissement sémiologique&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1972 Ouverture de l&#039;école de la Petite Arche, école spéciale pour enfants pluri-handicapés de 4 à 10 ans.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1980 Création de la fondation Cap Loisirs sous l&#039;impulsion du Service des Loisirs et de l&#039;apmh.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1981 Création de la Fondation &amp;quot;La Ferme&amp;quot; en faveur des personnes mentalement handicapées (à &lt;br /&gt;
l&#039;origine de l&#039;Essarde).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1983 Ouverture d&#039;un atelier de jardinage à la ferme (future Essarde).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1985 Ouverture par l&#039;apmh de l&#039;Essarde lieu de vie, de travail et d&#039;apprentissages.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;gt; &#039;&#039;Multiplication des lieux où peuvent se rendre les personnes avec handicap mental, pour y développer des activités, des compétences, et s&#039;approcher de la notion de valorisation des rôles sociaux que l&#039;on retrouve dans l&#039;association Trajets.&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Création du centre de formation continu (CEFCA) qui dépend de l&#039;association pour la formation&lt;br /&gt;
continue des adultes handicapés et de leurs proches.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&amp;gt; On retrouve le droit à la formation&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;Association genevoise de parents de handicapés mentaux devient l&#039;association genevoise de parents et d&#039;amis de personnes mentalement handicapées (APMH).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;gt; &#039;&#039;élargissement du public, plus uniquement des parents&#039;&#039; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1986 Création par l&#039;apmh de la Fondation Ensemble, chargée de gérer l&#039;ensemble de ses institutions.&lt;br /&gt;
Création de l&#039;association genevoise &#039;&#039;&#039;d&#039;insertion sociale&#039;&#039;&#039; (AGIS).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;gt; &#039;&#039;notion d&#039;insertion, que l&#039;on retrouve chez Alain Dupont à travers la fondation Trajets.&#039;&#039;1988 Ouverture de l&#039;Atelier, centre d&#039;enseignement pratique pour adolescents.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1991 L&#039;office de coordination et d&#039;information pour personnes handicapées (OCIPH) devient le centre d&#039;information et de coordination pour personnes handicapées (CICPH).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&amp;gt; développement des ressources, des informations, à destination des usagers&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
J&#039;arrête ici cet historique, qui continue bien évidemment jusqu&#039;à nos jours, et qui m&#039;a permis de mettre en lumière ce développement progressif vers des structures de plus en plus inclusives, mais dont on sent qu&#039;elles se heurtent à de nombreuses barrières. A l&#039;heure actuelle, le processus est encore loin d&#039;être achevé, et les associations de parents continuent à se battre pour faire reconnaitre les droits de leur enfant (intégration scolaire par exemple).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Parallèlement, l&#039;association Trajets ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Voici comment se raconte Trajets sur [http://www.trajets.org/site/index.php?option=com_content&amp;amp;view=category&amp;amp;layout=blog&amp;amp;id=15&amp;amp;Itemid=32 son site]. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;quot;&#039;&#039;&#039;L&#039;histoire de Trajets: un défi permanent&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
«L&#039;homme est capable de faire ce qu&#039;il est incapable d&#039;imaginer.»&lt;br /&gt;
René Char &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;origine de Trajets remonte à l&#039;animation d&#039;un club et l&#039;organisation de vacances avec des personnes déficientes intellectuelles et des personnes valides et une recherche de moyens pour permettre leur intégration à la vie de la cité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Parallèlement, en 1976, la réflexion d&#039;une équipe du centre psychosocial des Pâquis s&#039;élargit sur les difficultés rencontrées par des personnes souffrant de troubles psychiques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour une partie de sa clientèle, des personnes considérées comme malades chroniques, inactives, très isolées et marginalisées, le type de prestations proposées est inadéquat et incomplet. C&#039;est ainsi qu&#039;il est demandé au responsable de l&#039;expérience réalisée avec les personnes déficientes intellectuelles de mettre sur pied un lieu d&#039;accueil.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi «Le Quatre» est né, lieu d&#039;accueil et de rencontres non médicalisé, afin d&#039;offrir à cette population les services d&#039;une approche nouvelle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;originalité s&#039;appuyait sur un renouveau du regard posé sur ces personnes et sur la collaboration de bénévoles ainsi que des habitants du quartier. En juin 1979, de nombreuses activités d&#039;intégration sont mises en place avec la naissance de l&#039;Association Trajets, qui reprend l&#039;ensemble des prestations, en dehors du lieu d&#039;accueil qui rejoindra l&#039;Association en 1994.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Depuis lors, l&#039;Association Trajets s&#039;efforce de satisfaire les demandes d&#039;aide de personnes qui, en raison d&#039;un handicap ou de difficultés psychologiques ou psychiatriques, souvent conjuguées à une dégradation de leurs conditions de vie, se trouvent mises à l&#039;écart de la vie sociale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;Association a développé son action en lien avec le contexte socio-économique et l&#039;évolution des besoins en santé mentale, défendant des valeurs liées à l&#039;intégration sociale des personnes parmi les plus marginalisées.&amp;quot;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On retrouve au départ de l&#039;association cette envie d&#039;offrir &amp;quot;des vacances&amp;quot;, comme on l&#039;avait vu chez INSIEME. Un &amp;quot;détail&amp;quot;, le droit aux loisirs, aux vacances, fut ainsi le point de départ de nombreuses autres revendications.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Alain Dupont, acteur de son temps ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Biographie résumée de l&#039;[[Article 2012/13|article 2012-2013]]==== &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Alain Dupont naît à Genève en 1946 de deux parents français réfugiés en Suisse pour fuir la Haute-Savoie. Il est élevé dans des valeurs catholiques d’entraide et de charité, se concrétisant dans  son investissement du scoutisme et sa révolte précoce contre l’injustice.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Son enfance est marquée par la mise en danger de sa propre vie. Il est mordu par un chien à la joue, défigurant son visage et mettant en cause son diagnostic vital. &lt;br /&gt;
Il en sort fort de la conviction que l’on peut combattre la mort et vivre avec un handicap.&lt;br /&gt;
Il prend rapidement son indépendance vis-à-vis du scoutisme et du catholicisme, refusant toute forme d’exclusion (raciale, sociale, psychique,…), d’injustice ou  d’enfermement.&lt;br /&gt;
Parallèlement à ses études d’éducateur spécialisé à Lausanne, puis en sciences de l’éducation à la FAPSE de Genève, Alain Dupont connaît ses premières expériences professionnelles. Il travaille en tant que premier conseiller social dans un cycle d’orientation , fait des stages lors de sa formation dans des institutions spécialisées. Il constate la violence de ces institutions, l’injustice de certaines décisions et l’inégalité entre les enfants placés et le personnel encadrant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ces expériences l’on amené à choisir, après avoir hésité à partir faire de l’humanitaire, de rester à Genève, pour travailler et se battre pour une meilleure prise en charge des personnes en difficulté.&lt;br /&gt;
En 1970, il devient directeur de Caritas jeunesse et crée trois ans plus tard un secteur pour personnes handicapées. Il est le témoin de plusieurs situations de crise menant à un enfermement psychiatrique et continue de mener des actions en faveur d’une amélioration de l’encadrement de ces personnes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1972, sous l&#039;aile d&#039;Einsering, il monte un service de sociothérapie en déficience mentale. C’est l’apparition de son combat en faveur des droits des personnes en situation de handicap. Il devient militant pour la dignité des personnes, et combat vigoureusement l&#039;enfermement. Il vise à faire changer les comportements face au handicap. Alain Dupont croit en l&#039;éducabilité des personnes, et à leur capacité de faire des apprentissages. Avec Einsering, ils défendent le droit au logement pour les personnes avec une déficience. Mais ils veulent une réelle intégration, pas un lieu de soins et médicalisé. Cette initiative aboutit sur un projet d’appartements, qui se heurtera à une levée de boucliers.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1977, pour répondre à  des réflexions d’équipes sur les besoins et difficultés des personnes souffrant de troubles psychiques, Alain Dupont  inaugure «le Quatre », lieu d’accueil et de rencontres. Un lieu démédicalisé, désinstitutionnalisé, ayant pour but de proposer des activités de loisirs, de travail, d’occupation, d’animations et de repas.&lt;br /&gt;
Cela aboutit en 1979 sur la naissance de  l’association Trajets, toujours avec cette visée intégrative.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On sent derrière le discours et les actes d’Alain Dupont, l’envie de respecter les personnes et de défendre les droits fondamentaux qu’elles réclament : un travail, un appartement, des amis… Une prise en charge respectant la dignité et apportant du soutien pour l’intégration des personnes avec un handicap ou des souffrances psychologiques ou psychiatriques. &lt;br /&gt;
La  fondation Trajets sera créée en 2003, afin d’en pérenniser les activités.&lt;br /&gt;
Alain Dupont exprime sa vision positive du handicap, l’importance de la valorisation des personnes par leur rôle social,. Il est un acteur de l’évolution de cette vision sociale du handicap. Il croit en l’éducation du public qui passe selon lui, par la rencontre. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il notera cependant des limites au fonctionnement de trajets. Il parle alors du paradoxe de l’aide. L’aide devient un autre type enfermement : celle de la prise de contrôle sur la vie de la personne. C’est un forme d’assistanat, ce n’est pas une intégration « réelle ». Il veut passer de l’aide à l’accompagnement, et met en place les « projets de vie ». Il s’agit de mettre la personnes au cœur de son projet, c’est elle l’actrice de sa vie, et non les travailleurs sociaux gravitant autour d’elle.&lt;br /&gt;
En réponse à l’éloignement de la Fondation par rapport à ses valeurs,  Alain Dupont quitte trajets en 2002 et fonde l’Association T-Interactions.&lt;br /&gt;
Il élargit le champ des personnes concernées, cherche l’autofinancement et l’indépendance vis-à-vis des subventions publiques. Il a pour objectifs de donner des réels rôles sociaux, avec un salaire, une reconnaissance sociale, une autonomisation des personnes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Alain Dupont, défenseur des droits des personnes en situation de handicap ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De ce résumé, on peut noter quelques éléments essentiels dans notre recherche.&lt;br /&gt;
Porté par des valeurs au départ catholiques, concrétisées chez Alain Dupont très jeune dans le scoutisme, valeurs d&#039;entraide, de charité, de partage, de protection des plus faibles et de justice, pour ne citer que celles-là, ces valeurs se sont inscrites ensuite dans le mouvement humaniste plus général.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Se battre alors pour autrui, pour ceux qui ne peuvent pas le faire, c&#039;est être au plus haut dans la défense des droits de la personne, de toutes les personnes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si j&#039;appuyais précédemment sur l&#039;évolution des classifications du handicap, c&#039;est qu&#039;elles sont elles-même le reflet de l&#039;acceptation progressive et non évidente, comme on pourrait le supposer aujourd&#039;hui, que le &amp;quot;handicapé&amp;quot; est avant tout une personne. D&#039;où l&#039;évolution parallèle de la terminologie pour ces personnes. De &amp;quot;handicapé&amp;quot; à &amp;quot;personne en situation de handicap&amp;quot;, en passant entre temps par &amp;quot;personne souffrant d&#039;un handicap&amp;quot;, &amp;quot;personne vivant avec un handicap&amp;quot;, etc. qui montre la prise en compte de ces personnes en tant que tel, et non uniquement la prise en compte de leur handicap.&amp;lt;ref&amp;gt;Cours de Madame Wolf, Polyhandicap, librement cité.&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Alain Dupont, dans ses actions en faveur de l&#039;autonomisation des personnes, de leur valorisation en leur donnant un réel rôle social, s&#039;inscrit dans ce mouvement général.&lt;br /&gt;
C&#039;est défendre le droit de ses personnes à jouir d&#039;un certain contrôle sur leur vie, qu&#039;on pourrait appeler autodétermination, et qui fait toujours partie des objectifs principaux dans la prise en charge de ces personnes aujourd&#039;hui. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C&#039;est défendre le droit à faire partie de la société, à prendre part à ses activités, à être considéré et à participer.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Entretien: l&#039;histoire et l&#039;actuel ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On retrouvera l&#039;entretien complet retranscrit dans le chapitre réservé à cet effet. &lt;br /&gt;
Il me semble important de reprendre ici certains points centraux, et de voir comment Alain Dupont, à travers son discours, a pu répondre (souvent de manière indirecte) aux questions qui nous intéressent ici...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Déclaration des droits des handicapés, 1975.pdf|vignette]]&lt;br /&gt;
En ce qui concerne le mouvement général des droits de la personne, Alain Dupont confirme qu&#039;il s&#039;inscrivait bien dans un mouvement où toutes ces revendications émergeaient. Il notera néanmoins que dans le champ du handicap, cela a été plus tardif, et qu&#039;il lui semble que ça l&#039;est encore aujourd&#039;hui... Le début de la lutte s&#039;est fait pour lui en collaboration avec Einsering, qui avait monté un centre universitaire de soins et de diagnostic pour les personnes déficientes. Ils ont commencé ensemble la prise en charge individualisée des personnes. C&#039;était peu après ses études d&#039;éducateur, il était encore au début de sa carrière, et très jeune, mais déjà en révolte face à l&#039;enfermement et aux injustices...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour lui, un &amp;quot;guide&amp;quot; pour sa conduite, et la suite de la carrière, fut la charte des droits des personnes handicapées de 1975. Tout y est, la dignité, le respect, les droits civiques,... Mais il remet toujours en perspective les textes signés, les actes politiques, qui sont à son sens nécessaires, certes, mais insuffisants. La pratique doit prendre le relai, et s&#039;assurer de leur mise en œuvre au quotidien, et dans la durée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le temps des droits est un temps long, une lutte sur la durée, un combat presque sans fin...&lt;br /&gt;
Les racines ont été prises dans ces années là, mais la lutte dure encore aujourd&#039;hui.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quelques grandes étapes sont à relever: la déclaration des droits des personnes handicapées de l&#039;ONU en 1975, l&#039;année du handicap en 1981, année qui a vu donc s&#039;accélérer les articles sur ce domaine, et s&#039;intéresser un peu plus le grand public,...&lt;br /&gt;
Alain Dupont est fort de valeurs, de justice, d&#039;égalité, de respect des personnes, qui ont fait son engagement. Il exècre l&#039;enfermement, et prône la liberté. C&#039;est le départ de son combat.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour lui, il est du fait des professionnels de se porter garants du respect des droits des personnes en situation de handicap dont ils ont la charge.&lt;br /&gt;
Et aujourd&#039;hui, certains progrès ont été faits, c&#039;est sûr, mais aucune garantie n&#039;est donnée que partout la prise en charte ne respecte ne serait ce que la charte de 1975. Il donne de nombreux exemples d&#039;institutions actuelles, qui ne mettent en place qu&#039;un service minimum. Les personnels sont peu engagés, et plus le handicap est lourd, plus la ségrégation reste vive.&lt;br /&gt;
Aujourd&#039;hui est lié à hier. Il a bénéficié de ses luttes, mais elles sont loin d&#039;être achevées. Tout reste à faire, et ce sont les professionnels, nous, qui en portons la responsabilité. Donner des réels droits, des réels rôles sociaux, une réelle considération, tels sont les défis au quotidien à relever aujourd&#039;hui, pour demain.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une belle leçon d&#039;humilité et une discussion qui renforce l&#039;engagement actuel pour poursuivre le progrès dans ses valeurs humanistes d&#039;acceptation et de respect de tous...&lt;br /&gt;
[[Fichier:Photochine1.jpg|vignette]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Photochine.JPG]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Webographie ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[http://www.un.org/fr/rights/overview/themes/handicap.shtml Déclaration sur les droits des personnes handicapées]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
http://www.insieme-ge.ch/ &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
http://www.trajets.org/&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
http://www.t-interactions.ch/&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[http://www.integrationhandicap.ch%20 http://www.integrationhandicap.ch]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[http://www.ecolepourtous.education.fr/fileadmin/pdf/INSHEA_Jamet.pdf Evolution des classifications]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[http://dcalin.fr/fichiers/cif.pdf CIF modifiée 2001]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
http://www.freierzugang.ch/fr/index.html&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
http://www.egalite-handicap.ch/convention-realtive-aux-droits-des-personnes-handicapees.html&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Notes et références ==&lt;br /&gt;
&amp;lt;references/&amp;gt;&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Julie</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Histoire_des_droits_de_la_personne:_entre_luttes_des_usagers_et_politiques_institutionnelles_1960-1980&amp;diff=12500</id>
		<title>Histoire des droits de la personne: entre luttes des usagers et politiques institutionnelles 1960-1980</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Histoire_des_droits_de_la_personne:_entre_luttes_des_usagers_et_politiques_institutionnelles_1960-1980&amp;diff=12500"/>
		<updated>2014-01-06T13:11:34Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Julie : /* Critique de la méthode */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&lt;br /&gt;
== Histoire des droits de la personne: entre luttes des usagers et politiques institutionnelles 1960-1980 ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Introduction ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les années 1960-1980 sont des années de grandes transformations culturelles et sociales avec 1968, une année charnière qui deviendra l&#039;emblème de la contestation portant les valeurs d&#039;une génération, celle du baby-boom. Aujourd&#039;hui l&#039;histoire de cette contestation demande à être comprise dans un temps plus vaste d&#039;un avant, pendant et après Mai 68. Certes, on peut faire remonter la question des droits de la personne à la [http://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9claration_des_droits_de_l%27homme_et_du_citoyen_de_1789 Déclaration des droits de l&#039;hommes et du citoyen] comme une matrice générative d&#039;autres conventions, déclarations et droits. Or, il semblerait que le mouvement de contestation des années 1960-1980 ait poussé plus loin l&#039;exigence démocratique en partant de revendication de populations, elles-mêmes, se sentant non respectées comme des personnes ; notamment les femmes, les détenus, les patients psychiatriques (&amp;quot;Loi Basaglia&amp;quot;), les handicapés (charte de l&#039;[http://fr.wikipedia.org/wiki/ONU ONU] datant de 1975) et les enfants.  De nouveaux droits liés à l&#039;éthique se sont développé dès les années 1970 autour du respect de la volonté des mourants, avec la pratique des directives anticipées, et plus largement des droits des patients à être traités dans la dignité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Certes, on pourrait rattacher cette histoire à une pré-histoire reliée à d&#039;autres courants comme par exemple pour les enfants celui de l&#039;éducation nouvelle et des expériences pédagogiques démocratiques comme celles des école nouvelle à la campagne,  communautés d&#039;enfants (république d&#039;enfants, Cité d&#039;enfant, village d&#039;enfants). Summerhill incontestablement sera LE modèle de la seconde moitié du 20e siècle, mais aussi l&#039;expérience de [http://fr.wikipedia.org/wiki/Fernand_Deligny Fernand Deligny] et de communautés thérapeutiques telles que Boulens en Suisse romande [[http://edutechwiki.unige.ch/dewiki/Résumé_film_de_Catherine_Scheuchzer]]. Des racines ainsi plus lointaines peuvent être vues dans la &amp;quot;protection de l&#039;enfance&amp;quot; qui voit déjà en 1924  une convention dite &amp;quot;Convention de Genève&amp;quot; prémisse lointaine de la Convention internationale des droits de l&#039;enfant en 1989. Il en va de même avec l&#039;histoire des femmes qui revendiquent le droit de votre depuis le 19e siècle (les suffragettes). Or, nous nous attacherons essentiellement à circonscrire une histoire se déroulant pendant une vingtaine d&#039;années autour de nouvelles revendications qui ont pu porter sur des micro-éléments (&amp;quot;petits trucs&amp;quot;, &amp;quot;micro-conflictualités&amp;quot;, petits événements de la vie quotidienne, cas particulier), mais qui sont à rattacher à un &amp;quot;esprit d&#039;un temps&amp;quot; contestataire de la hiérarchie, des pouvoirs constitués ( des patrons, des médecins, des &amp;quot;supposés savoirs&amp;quot; notamment) dans une perspective libertaire (liberté de sortir de l&#039;hôpital psychiatrique, liberté d&#039;user de son corps, liberté de sexualité en prison, liberté de parole, de choix, de décision...) et d&#039;exigence de sa réalisation (utopique?) par des actions et manifestations politiques face aux violences institutionnelles (portes fermées, nudité imposée, horaire imposé, cure de sommeil et électrochoc imposés, contention, viol, avortement clandestin, etc.). Peut-on alors y voir une expression de revendication des droits de la personne (autodétermination, autonomie, intégrité, dignité) qui sous-tendrait des droits portant sur un objet particulier (à l&#039;instruction, au salaire égal, à l&#039;avortement, à une &amp;quot;vie comme tout le monde&amp;quot;, à consulter son dossier individuel, aux parloirs sexuels, etc.) ? Ce sera une des questions auxquelles cherchera à répondre cet ouvrage. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un certain nombre de notions et de valeurs démocratiques et libertaires semblent parcourir une histoire longue (du 18 au 21e siècle) avec des incarnations plus ou moins denses selon les périodes. Celles envisagées dans les droits de la personnes pendant la période 1960-1980 s&#039;incarnent dans la liberté certes (valeur première de la Déclaration des droits de l&#039;homme et du citoyen), mais aussi la créativité, l&#039;innovation, la contestation valorisant l&#039;individu et son autonomie, mais aussi le collectif comme matrice créatrice, avec un souci de respect de la différence (une reconnaissance) mais aussi du groupe comme porteur de revendications, un ancrage dans la vie quotidienne et une volonté d&#039;universalisme. La culture contestataire est-elle monolithique ou multiple? Est-elle aussi traversée par des contradictions, des paradoxes: on prône une liberté individuelle dans un carcan idéologique, la lutte est collective pour des droits individuels?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La recherche a abouti à l&#039;écriture de six articles, introduits et conclus par des textes rédigés en communs, qui tous viseront à mieux saisir qui sont les acteurs/trices (intégrés dans un mouvement de revendication ou un courant idéologique contestataire), leurs actions dans l&#039;expérience quotidienne de leurs luttes pour les droits de l&#039;individu et/ou de la personne, les valeurs prônées, les objectifs atteints ou non pour faire valoir les droits des personnes placées dans des institutions dites alors &amp;quot;totalitaires&amp;quot;, tout en cherchant à mieux définir ce que signifient ces droits dans le quotidien institutionnel et personnel.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le travail de cette &amp;quot;communauté de recherche&amp;quot; vise aussi à repérer les ouvrages de références qui ont marqué les acteurs/trices de cette période, des intellectuels ([[Basaglia]], Foucault, [[Une_ société sans école|Illitch]], [http://fr.wikipedia.org/wiki/Erving_Goffman Goffman] entre autres penseurs, parfois utopistes voir visionnaires, ainsi que, suivant la méthode prônée par Michel Foucault dans son ouvrage &#039;&#039;Histoire de la clinique&#039;&#039; notamment, à questionner les faits, à interroger le système, autrement dit à &amp;quot;déconstruire&amp;quot; la réalité pour comprendre les enjeux de pouvoir qui ont traversé les luttes de promotion des droits de la personne dans des champs différents, mais relevant tous d&#039;un rapport entre un pouvoir qui désigne et un individu-objet dont on attend la soumission. Ces ouvrages montrent que les mouvements de contestation se font dans tous les pays ; par exemple, en ce qui concerne l&#039;anti-psychiatrie les critiques ont eu lieu en Italie avec [[Basaglia]] mais également aux Etats Unis avec Goffman. Ainsi que ce soit le pédagogue et l&#039;élève  &amp;quot;difficile&amp;quot;, déviant, handicapé, le médecin et le patient désigné, le juge qui désigne les degrés de culpabilité d&#039;un &amp;quot;coupable&amp;quot; ou l&#039;Etat qui décide de la responsabilité civique ou non des femmes (et des jeunes), partout se modèlent et se modulent des relations différentes à l&#039;intérieur d&#039;une structure hiérarchique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des acteurs/actrices seront interrogés afin de mieux saisir leur engagement, les valeurs qu&#039;ils ont prôné, la conscience qu&#039;ils ont eu de déstabiliser le pouvoir médical, l&#039;institution totalitaire, pour des alternatives dont on interrogera leur devenir subversif: communautés d&#039;enfants, communautés thérapeutiques en milieu psychiatrique, en milieu carcéral (notamment la Pâquerette à Genève) et plus généralement dans l&#039;éducation spécialisée. Mais c&#039;est fondamentalement la question de la revendication des droits de la personne qui sera l&#039;objet de ce questionnement. Il s&#039;agira dans un premier temps de mieux comprendre ce qui différencie les droits de la personne des droits de l&#039;homme érigé au 18e siècle, et de comprendre les enjeux des luttes pour voir émerger ses &amp;quot;nouveaux&amp;quot; droits et les formes qu&#039;ils ont prises: droit à la parole, droit de sortie, droit à l&#039;avortement, droit à consulter son dossier médical, etc...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au moyen de cinq questions ouvertes, il s&#039;agit de récolter leur témoignages afin mieux comprendre les ressorts de leur engagement (politique, idéologique, éthique), les événements qui ont marqué cette période 1960-1980, les mobiles des acteurs/trices. [[http://edutechwiki.unige.ch/dewiki/Questions_pour_les_entretiens]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Fondamentalement, c&#039;est à une réflexion sur la construction de la réalité que cet ouvrage invite, celle de la maladie, de la déviance, de la différence, mais aussi à celle des relations entretenues avec des personnes qui sont stigmatisées (handicapées, psychiatrisées, détenues, patients) et/ou placées dans une catégorie sociale dépendante (la femme non-citoyenne, dépendante de l&#039;homme, l&#039;enfant de ses parents).  L&#039;institution réifie l&#039;individu et lui fait perdre ses droits et c&#039;est donc bien une volonté de récupérer une place d&#039;acteur, de prendre la parole, de donner haut et fort son avis qui va mobiliser les acteurs des luttes, en particulier dans l&#039;après 68. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C&#039;est aussi &#039;&#039;in fine&#039;&#039; un questionnement sur l&#039;histoire et ses changements lesquels demandent à s&#039;interroger sur la place accordée, dans le temps, aux personnes en difficultés quelles qu&#039;elles soient et sur la nécessité dans le domaine des droits de la personne à rester vigilant afin de ne pas perdre ce qui a été acquis parfois de haute lutte et d&#039;étendre encore les valeurs sur lesquelles ils reposent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Revue de la littérature ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La &amp;quot;matrice générative&amp;quot; des droits de la personne est bien la Déclaration des droits de l&#039;homme et du citoyen:  une &amp;quot;matrice&amp;quot; juridique à partir de laquelle vont se développer d&#039;autres droits, règlementations et conventions. Pour couvrir les différents champs de la réalité sociale qui ont été touchés par la créativité des acteur/trice/s (qu&#039;ils aient été des militant/e/s ou des réformateur/trice/s) particulièrement active dans les années 1960-1980 et les changements opérés, il est nécessaire de se référer aux auteur/e/s qui, autant dans le champ du handicap, des patients de l&#039;hôpital, des usagers de la psychiatrie, des détenus, des enfants et des femmes, ont proposé des approches nouvelles, des concepts voire des pratiques novatrices.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Certes, il n&#039;y a pas un moment particulier où commencerait une lutte pour les droits de la personne. Cette question s&#039;inscrit dans une histoire longue de la constitution des droits, de la &amp;quot;fabrication&amp;quot; de l&#039;individu, de la conception de la personne comme être sensible, consciente d&#039;elle-même. Il en va de même pour des pratiques qui certes ont été promues pendant cette période comme par exemple les communautés de vie, mais il existe des traditions qui peuvent remonter bien avant les années 60. C&#039;est le cas avec la communauté d&#039;enfants de Summerhill en Angleterre créée par Alexander S. Neill. Dans son livre [[Libres enfants de Summerhill (Neill)]], on peut déceler la place centrale de la notion de liberté dans sa conception de l&#039;éducation et de l&#039;instruction des enfants. Selon cet auteur, on ne peut construire de collectif cohérent qu&#039;en respectant la liberté des individus. Les violences, les incivilités ne sont pour lui que le produit des incohérences de la société, qui frustre l&#039;individu et qui, à vouloir trop l&#039;uniformiser, en brise les richesses. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans la fin des années soixante, la critique des institutions psychiatriques surgissent. Une mise en évidence des conditions de vie des patients psychiatriques se fait notamment par [[Basaglia]] en Italie. Ce qu&#039;il rencontre dans cet univers le pousse à créer des lieux de vie plus accueillants où l&#039;on donnerait plus de liberté à la personne psychiatrique ; c&#039;est ce qu&#039;il appelle les communautés thérapeutiques. Ces bâtiments ouverts sur l&#039;extérieur et où la hiérarchie est horizontale favorise la mobilisation des personnes pour lutter pour la liberté des droits de la personne, et surtout la liberté des droits de la personne psychiatrique. [[Basaglia]] est donc probablement l&#039;un des auteurs de l&#039;époque qui a influencé les acteurs/actrices que nous avons interroger pour notre recherche. Fondamentalement la critique est politique, sociale, mais aussi épistémologique: on s&#039;attaque à la réalité qui est un &amp;quot;construit&amp;quot; social. Ce qui explique aussi l&#039;attention mise à la vie quotidienne (voire Goffman, mais aussi Lucien Lefebvre notamment). Le quotidien devenant matrice de la relation créative autant que de la subversion, dans une tradition qui s&#039;inspire d&#039;ailleurs des surréalistes des années 20 (voire notamment [http://fr.wikipedia.org/wiki/Georges_Perec Georges Perec]). L&#039;approche constructionniste de Kenneth Gergen, aujourd&#039;hui, poursuit cette tradition voyant dans la relation la matrice de cette construction de la réalité allant jusqu&#039;à affirmer que l&#039;individu n&#039;existe pas en dehors de la relation qui le &amp;quot;produit&amp;quot; [[http://www.taosinstitute.net]]. Une autre manière de montrer, comme l&#039;a fait Foucault, que l&#039;individu est aussi une construction sociale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les droits de la personne: un concept complexe  ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La thématique des droits de la personne oblige à réfléchir sur le concept et à le relier ou détacher d&#039;autres concepts: celui de l&#039;individu, celui du sujet (de droit) et celui de l&#039;humain.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La plupart des revendications peuvent être reliées aux &amp;quot;droits de la personne&amp;quot;. Or ceux-ci sont rarement explicités. Lorsqu&#039;ils le sont c&#039;est en référence à la &amp;quot;liberté individuelle&amp;quot;, au droit à la parole, au choix (de traitement notamment) et à la dignité. Souvent, ce sont des valeurs individualistes qui sont prônées même si elles le sont par un collectif (association, comité, mouvement contestataire manifestant collectivement dans la rue) et qui fondent un certain &amp;quot;esprit&amp;quot; du droit de la personne. C&#039;est par le regroupement de plusieurs personnes qui ont des valeurs communes (telles que le libre choix,l&#039;intégrité physique) que le changement peut s&#039;opérer. En effet, à travers notre recherche nous avons pu voir que, qu&#039;il s&#039;agisse des droits des prisonniers, des droits des patients à l&#039;hôpital, des droits des patients psychiatriques ou des droits des femmes, les changements constatés se sont fait par l&#039;intermédiaire de mouvements, d&#039;associations, de fondations...&lt;br /&gt;
On peut noter la particularité du champ des droits des personnes en situation en handicap, ou des droits des patients en psychiatrie, par le fait que ces personnes ne disposent elles-mêmes pas des facultés à défendre leurs propres droits. Il revient alors à leur entourage, aux professionnels, et enfin à la société toute entière, de se porter garante du respect de ces droits. La société en protégeant ces personnes, en les considérant comme faisant partie intégrante des individus qui la composent, effectue alors un grand pas dans les valeurs qu&#039;elle véhicule. L&#039;idéologie en effet, doit être collective, pour prendre du sens pour tous. Mais les actes permettant cette évolution, restent bien souvent le fait d&#039;individus, qui, plus que d&#039;autres, poussés par un idéal, portent des actions progressistes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le terme personne est à distinguer d&#039;individu (voire de &amp;quot;cas&amp;quot;) en ce qui laisse entendre une capacité de droit et une place comme partenaire dans la relation (éducative, thérapeutique notamment) et les échanges de communication. Ceci peut s&#039;incarner dans des pratiques sociales élémentaires comme de désigner la personne par son nom, la vouvoyer (en langue française en particulier!), jusqu&#039;à la fermeture des hôpitaux psychiatriques par exemple. Mais c&#039;est surtout sur le plan juridique, de ses droits civils et politiques, que les luttes ont été menées: de l&#039;admission volontaire au droit de sortie pour les patients psychiatrique par exemple. Du côté des prisons, les revendications touchent aussi l&#039;individu dans son corps et son esprit: droit à l&#039;intégrité physique et morale, le droit à des conditions de vie appropriées, ou encore le droit à la santé. Du côté des [[Droits des enfants|enfants]], le droit s&#039;est surtout construit à partir de la considération de l&#039;enfant en tant qu&#039;individu ayant des droits propres, notamment liés à la protection, à la parole et l&#039;écoute, mais également aux autres besoins fondamentaux qu&#039;il peut présenter. En fait, la reconnaissance des droits de l&#039;enfant lui ont conféré peu à peu un rôle plus actif dans sa propre existence, comme par exemple par une considération plus importante de ses opinions dans les choix qui le concerne. Du coté des [[Droits des femmes|femmes]], les contestations se font sur plusieurs plans, mais ce qui est surtout recherché c&#039;est l&#039;égalité avec les hommes. Cette égalité passe donc par la ré-appropriation de leur corps, la liberté de choisir une contraception et la liberté de penser différemment. Nous pouvons donc rapprocher ces faits au droit du consentement de la personne et de l&#039;intégrité physique. Ces droits et les droits d&#039;être informé touchent d&#039;ailleurs le quotidien médical et la lutte pour les droits des patients. Les droits des patients touchent la sphère politique et juridique où une bataille s&#039;est générée contre la liberté thérapeutique des médecins considérés comme subordonnés au droit d&#039;autodétermination du patient. Valoriser le rôle des patients en tant que partenaires critiques des médecins, du personnel médical ou encore de les responsabiliser pour éviter des difficultés lors de leur traitement permettraient d&#039;améliorer la qualité des soins dans le domaine de la santé du patient.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Paradoxalement ce sont des luttes (collectives, pour la communauté) qui ont ainsi contribué à construire la notion de personne comme corps, identité physique, morale, psychologique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En outre, concernant [http://edutechwiki.unige.ch/dewiki/Droits_des_patients_%28%C3%A0_l%27h%C3%B4pital%29 les droits des patients (à l&#039;hôpital)] et les droits [http://edutechwiki.unige.ch/dewiki/Droits_des_patients_psychiatriques des patients psychiatriques], il est à remarquer que ces droits peuvent rapidement se révéler ambigus. En effet, la légitimité du secret médical, de l&#039;asymétrie de l&#039;expertise médicale, peuvent davantage protéger le médecin que le patient. Nous avons relevé par exemple des cas où ce sont les patients qui ont dû subir des conséquences, tant au niveau de leur reconnaissance, en tant que victimes, qu&#039;au niveau économique, car elles n&#039;ont pas pu prouver que le médecin qui leur avait causé du tort était véridiquement coupable d&#039;expériences illicites sur eux. Nous pouvons nous demander dans quelle mesure ces droits permettent, intelligemment, à la médecine d&#039;opacifier la recherche médicale et par la même la problématique du patient-cobaye. Problématique qui est de nos jours, une contrainte pour faire avancer la science en toute légalité. Finalement, il faudrait se demander si l&#039;être humain dépend d&#039;expériences faites sur un groupe restreint de personnes. La réponse est oui, passablement des expériences se font avec très peu de personnes pour appliquer les résultats à grande échelle. Par exemple, cela s&#039;est observé avec la morphine concernant le traitement des douleurs. Un médecin, un jour ou l&#039;autre, s&#039;est de toute façon risqué, initialement, à injecter dans un corps appartenant à une personne, cette substance considérée comme stupéfiant auparavant. Une autre expérience de ce même type, à hôpital de Saint-Gall en Suisse, était l&#039;application d&#039;ampoules bleues de méthylène dans le ventre des patients non-informés. Ils essayaient de soigner, par ce biais, leurs occlusions gastriques qui a fini par les tuer.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Méthode ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La récolte d&#039;un récit personnel, afin d&#039;approcher l&#039;histoire d&#039;une période et de constituer une archive orale a une tradition en sciences humaine et sociale. L&#039;ouvrage &amp;quot;Le cheval d&#039;orgueil&amp;quot; de Pierre Jakez Hélias paru en 1975 est souvent présenté comme un détonateur de l&#039;usage des récits de vie pour décrire la réalité sociale et culturelle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Diverses disciplines ont intégré la narration comme un moyen d&#039;approcher la réalité vue à travers un individu ou un groupe que cela soit en sociologie, en histoire, en médecine, en science de l&#039;éducation, en ethnologie et même en littérature.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les travaux de [http://fr.wikipedia.org/wiki/Philippe_Lejeune_%28auteur%29 Philippe Lejeune] ont contribué à collecter des récits sous formes notamment autobiographiques qui sont déposés à [http://association.sitapa.org/accueil.php l&#039;Association pour l&#039;autobiographie] près de Lyon.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La démarche effectuée dans le cadre de cette recherche d&#039;intelligence collective relève de la collecte de récits. La personne interviewée est considérée comme un témoin de son temps. L&#039;histoire se construit dans l&#039;échange grâce aux questions posées [[Questions_pour_les_entretiens]] lesquelles doivent donner lieu à une narration libre relier aux souvenirs de la personne. Il s&#039;agit d&#039;être dans une écoute bienveillante d&#039;un récit narré afin de venir combler l&#039;intérêt des étudiant/e/s qui sont les récepteur/trice/s respectueux et curieux de cette histoire. Même si pour certains étudiants, relancer ces questions a permis à l&#039;interviewé de se recentrer sur le sujet. Lors de l&#039;interview et comme étape préalable à l&#039;introduction  de ces questions, l&#039;explication de cette recherche collective a fait comprendre à certains interviewés l&#039;importance de leurs témoignages.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La démarche de &amp;quot;biographies narratives&amp;quot;, telle qu&#039;elle devrait être développée dans cette démarche citoyenne relève de compétence relationnelle, humaine particulièrement formatrice aux métiers de l&#039;humain. Elle demande du tact, de l&#039;écoute, de la curiosité intelligente (capacité de s&#039;adapter dans le cadre de l&#039;entretien). Il s&#039;agit de laisser de l&#039;espace et de la liberté aux personnes interviewées. Par conséquent, seules des questions générales et ouvertes assureront la liberté de narrer. Nous accorderons un long temps de réponse afin de laisser à la personne la possibilité de se souvenir et de raconter l&#039;histoire et son histoire tout en restant attentive qu&#039;elle ne se perde pas dans des chemins par trop éloignés. Elle ne relève pas d&#039;une &amp;quot;conduite d&#039;entretien&amp;quot; particulière comme l&#039;a développée par exemple Boutin (2006), mais elle relève sans aucun doute d&#039;une approche qualitative.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans la plupart des cas, les étudiants n&#039;ont pas transmis au préalable les questions qui allaient être abordées dans l&#039;entretien à leur témoin. Pourtant, il est possible que cette démarche donne la possibilité aux personnes interviewées de prendre du temps pour récupérer leurs souvenirs en mémoire et ainsi construire un récit plus riche que lors d&#039;une réponse spontanée. Toutefois, cette démarche peut également faire perdre quelque peu aux intervieweurs/euses le contrôle de l&#039;entretien, avec un témoin qui se raconte, sans un réel cadre établi, puisqu&#039;il sait sur quels chemins on va l&#039;amener. Ainsi, le cadrage de l&#039;entretien est d&#039;autant moins aisé, car l’intervieweur perd un peu son contrôle sur celui-ci, qu&#039;il aurait pu exercer notamment par la succession des questions.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour d&#039;autres étudiants, la transmission des questions préalablement a permis aux interviewés d&#039;affiner leur mémoire en développant leurs réponses pour que leur récit soit accompagné par des souvenirs marquants. Ils ont d&#039;ailleurs fait appel aux gestes pour appuyer leurs témoignage en laissant entendre à leurs interlocuteurs que sa lutte ne cessait pas. &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Les réactions (y compris non verbales) encouragent un récit qui se construit dans la relation. Celui-ci devrait être par définition originale (même si certain/e témoins racontent pour la Xème fois leur &amp;quot;histoire&amp;quot;, leur &amp;quot;légende&amp;quot;, puisqu&#039;il est raconté à de nouvelles personnes. L&#039;attitude du/des collecteur/trice/s de récits favorise (ou non) l&#039;expression (et ce jusqu&#039;à la confidence) et permet, qui sait, au témoin d&#039;innover, de se déplacer dans sa narration, de raconter une histoire nouvelle, vraiment originale.&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Critique de la méthode ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A travers cette expérience, nous avons en tant &amp;quot;qu&#039;apprentis chercheurs&amp;quot; appris à mener un entretien semi-directif. Malgré le fait que nous avions beau imaginer le déroulement de notre entretien, nous avons rencontré quelques difficultés lors de la passation de ceux-ci. Tout d&#039;abord, il a fallu faire face au personnage que nous avions en face de nous. En effet, comme nous l&#039;avons expliqué, ces personnes ont, la plupart, tous été des militants en faveur des droits de la personne. Parfois, leur engagement a tellement été fort qu&#039;elles sont devenues des &amp;quot;icônes&amp;quot; dans le combat de ces droits. Nous avons donc du faire face à leur agacement et leur lassitude face à nos questions qui pouvaient certes être considérées comme trop larges. Ceci nous amène donc à penser que le choix de faire des questions ouvertes pour que chacun puisse raconter ce dont il a envie, n&#039;était peut-être pas judicieux pour toutes les personnes que nous avons interviewées. Par contre pour d&#039;autres &amp;quot;icônes&amp;quot; habitués à discuter même au parlement, ces questions étaient importantes à partir du moment où on allait les analyser par la suite au sein d&#039;une recherche et ils ont répondu le plus precisément possible. Lorsqu&#039;on a présenté ces questions au sein d&#039;une recherche pour un cours universitaire, elles ont été prises sérieusement sans nous faire remarquer de près le type de question ou les liens entre elles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De plus, il s&#039;est avéré que pour certains témoins, les questions étaient peu adéquates puisqu&#039;elle positionnait cette personne en tant que &amp;quot;militante&amp;quot; peut-être trop directement. De même, le mot &amp;quot;droit&amp;quot; se trouvait être un peu fort pour parler de certains engagements, qui ont probablement contribué ou du moins retracent les changements de ces droits, certes, mais ne se positionnaient pas à la base comme des engagements pour les droits d&#039;une population. Cependant le fait de faire des questions différentes et précises pour chacun des acteurs nous aurait fortement contraint pour l&#039;analyse transversale des entretiens. &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
De plus, lors de certains entretiens, les acteurs se sont laissés emporter par leurs émotions. Il n&#039;était donc pas évident de gérer les pleurs rencontrés. ... &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un cas de figure était, pour ceux qui ont eu l&#039;occasion de faire deux interviews, la position de collecteur/trice/s au niveau générationnel, à savoir faire face à une génération plus âgée, était enveloppée, pour les deux cas, d&#039;une écoute éveillée peut-être parce que leurs récits nous touchaient de près ou parce de la sagesse émanait de certains interviewés. Pour l&#039;un des interviewés, il a suscité en nous un rappel vers les droits de nos proches et pour l&#039;autre il nous a sensibilisé vers une menace toujours présente des droits de la personne dans le pays où nous séjournons, la Suisse. Même si l&#039;un des ces interviewés était une personnalité fédérale, le reflet de son authenticité, nous a fait croire à son récit et il nous a appris plus sur les droits de la personne qui sont par ailleurs également &amp;quot;nos droits&amp;quot;.  Le rapport entre les interlocuteurs a pu être franc et nous avons ressentis que l&#039;un des interviewés nous avait confié une mission, celle de divulguer des faits. C&#039;était pour certains collecteur/trice/s un moment très intense, de vérité, et jamais oublier. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Parfois, nous avons pu nous confronter à la difficulté de recentrer la discussion vers les sujets qui nous intéressent. Comme tout un chacun, les acteurs peuvent certes parler du passé, mais en tant que militants ils auront, si leur combat est toujours vivant, tendance à parler plus du présent, et de ce qu&#039;il reste à faire. Pour que nous soyons aussi amenés à prendre la relève. Il faut alors savoir &amp;quot;lire entre les paroles&amp;quot;, pour récolter des informations sur la période qui nous intéresse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il aurait peut-être été profitable de mettre à disposition de tous les acteurs les questions de l&#039;entretien à l&#039;avance. Cela aurait permis de recentrer le débat, de rappeler plus facilement les questions de recherche. Un cas de figure était pour ceux qui l&#039;on fait et qui ont reçu en tant que collecteur/trice/s spontanément et préalablement à l&#039;interview tête à tête, des réponses écrites aux questions, de la part des interviewés. Ces réponses ont permis de mieux connaître l&#039;interviewé, son parcours, ses valeurs, son engagement pour les droits de la personne. Le pré-analyse de ces réponses par écrit a permis entre autres de revenir encore une fois sur les questions et de solliciter l&#039;interviewé en confiance pour continuer à expliciter certains souvenirs marquants et enrichissants pour cette recherche. Pour les collecteur/trice/s se va-et-vient entre les réponses écrites à l&#039;avance et la poursuite du récit a engendré une appropriation du sujet bénéficiant ainsi la cohérence et la compréhension pour eux-mêmes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Autrement, une des questions qui permettrait de situer l&#039;interviewé sur le passé sans revenir immédiatement dans son discours sur le présent est [[Questions pour les entretiens|la question 2]]. Elle aurait pu être formulée ainsi : Y a-t-il un événement originel durant la période de votre engagement? Pourriez-vous revenir sur le passé et nous raconter un ou des événements marquants que vous avez menés ou qui vous ont frappés durant une certaine période en faveur de ces droits ? sinon [[Questions pour les entretiens|la question 5]] fait l&#039;effet contraire en revenant sur le pas d&#039;aujourd&#039;hui comme conséquence du passé : Qu&#039;en est-il aujourd&#039;hui de cette lutte et des acquis et des risques de retour en arrière? Sur quoi faudrait-il continuer de se battre de lutter? Continuez-vous aujourd&#039;hui à vous engager et sur quoi?  donc il n&#039;est pas étonnant d&#039;entendre les interviewés de parler sur leurs présent pourquoi n&#039;est pas demander : est-ce que l&#039;un des sujets de votre engagement pour les droits de la personne (patient, enfant, prisonnier...) continue à être d&#039;actualité aujourd&#039;hui ? Lequel ? Pourriez-vous explicitez s&#039;il vous plaît ? &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quant aux valeurs des témoins, ces dernières ont été évoquées suite à la question formulée qui a engendré aussi des souvenirs vers un événement marquant lié à leurs valeurs et pour la lutte des droits de la personne.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En outre, peut-être peut-on reprocher aussi le manque de temps pour chaque entretien. Au vu de la méthodologie d&#039;entretien semi-directif et biographique, des entretiens d&#039;1h30 ne permettent pas toujours les digressions chronophages. Des entretiens plus longs, dont on aurait pu ressortir la quintessence auraient pu être bénéfiques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Enfin, la relation biographique n&#039;a pas toujours permis que les questions soient posées comme souhaitées et prises dans l&#039;échange. L&#039;entretien a pu prendre la forme d&#039;une discussion à bâtons rompus en un dialogue qui finalement a échappé aux récolteurs/teuses de récits.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Certains ont du faire face à des difficulté techniques concernant l&#039;enregistrement de l&#039;interview. En effet, l&#039;appareil enregistreur est tombé en panne. Heureusement que nous avions un autre enregistreur qui a pris le relais immédiatement car la prise de note n&#039;aurait fait que retardé l&#039;interview.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quoi qu&#039;il en soit &#039;&#039;&#039;[[Retranscriptions des entretiens|neuf entretiens]]&#039;&#039;&#039; ont été effectués, lesquels ont permis  de construire une histoire qui s&#039;est étendue entre les années 1960 (engagement de Mme [[Amélia Christinat]])  et aujourd&#039;hui (engagement de Mme Margrit Kessler, conseillère nationale de Saint-Gall).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des thématiques (problématiques) plus fines ont pu être définies à partir des récits récoltés. Soit:&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
– le droit des [[Droits des enfants|enfants]] à travers le prisme de l&#039;éducation&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
– le droit des [[Droits des femmes|femmes]] pour la liberté de leur corps (l&#039;intégrité physique), et plus généralement pour le droit à leur autonomie &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- le  droit à l&#039;intégrité physique et morale des [[Droits des prisonniers|détenus]] en Suisse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- patient psychiatrique ??&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
– la prise en compte des personnes en situation de [[Droits des personnes en situation de handicap|handicap]] dans ce champ  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
– le droit à être informé pour que les [[Droits des patients (à l&#039;hôpital)|patients]] ne deviennent pas les cobayes des expériences scientifiques&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;analyse sera alors traversante permettant de mieux comprendre ce temps de l&#039;innovation, de la contestation, de la réforme des grandes institutions qui structures le social et la culturel occidentale depuis le 19e siècle: l&#039;hôpital, l&#039;hôpital psychiatrique, l&#039;école, le tribunal, la prison, le code civil, les institutions spécialisées: qui sont ces acteur/trice/s engagés, quelles ont été leurs idées et leurs valeurs, quelles ont été leurs actions et leurs victoires, leurs échecs aussi?&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Julie</name></author>
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		<title>Histoire des droits de la personne: entre luttes des usagers et politiques institutionnelles 1960-1980</title>
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		<updated>2014-01-06T13:06:50Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Julie : /* Les droits de la personne: un concept complexe */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&lt;br /&gt;
== Histoire des droits de la personne: entre luttes des usagers et politiques institutionnelles 1960-1980 ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Introduction ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les années 1960-1980 sont des années de grandes transformations culturelles et sociales avec 1968, une année charnière qui deviendra l&#039;emblème de la contestation portant les valeurs d&#039;une génération, celle du baby-boom. Aujourd&#039;hui l&#039;histoire de cette contestation demande à être comprise dans un temps plus vaste d&#039;un avant, pendant et après Mai 68. Certes, on peut faire remonter la question des droits de la personne à la [http://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9claration_des_droits_de_l%27homme_et_du_citoyen_de_1789 Déclaration des droits de l&#039;hommes et du citoyen] comme une matrice générative d&#039;autres conventions, déclarations et droits. Or, il semblerait que le mouvement de contestation des années 1960-1980 ait poussé plus loin l&#039;exigence démocratique en partant de revendication de populations, elles-mêmes, se sentant non respectées comme des personnes ; notamment les femmes, les détenus, les patients psychiatriques (&amp;quot;Loi Basaglia&amp;quot;), les handicapés (charte de l&#039;[http://fr.wikipedia.org/wiki/ONU ONU] datant de 1975) et les enfants.  De nouveaux droits liés à l&#039;éthique se sont développé dès les années 1970 autour du respect de la volonté des mourants, avec la pratique des directives anticipées, et plus largement des droits des patients à être traités dans la dignité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Certes, on pourrait rattacher cette histoire à une pré-histoire reliée à d&#039;autres courants comme par exemple pour les enfants celui de l&#039;éducation nouvelle et des expériences pédagogiques démocratiques comme celles des école nouvelle à la campagne,  communautés d&#039;enfants (république d&#039;enfants, Cité d&#039;enfant, village d&#039;enfants). Summerhill incontestablement sera LE modèle de la seconde moitié du 20e siècle, mais aussi l&#039;expérience de [http://fr.wikipedia.org/wiki/Fernand_Deligny Fernand Deligny] et de communautés thérapeutiques telles que Boulens en Suisse romande [[http://edutechwiki.unige.ch/dewiki/Résumé_film_de_Catherine_Scheuchzer]]. Des racines ainsi plus lointaines peuvent être vues dans la &amp;quot;protection de l&#039;enfance&amp;quot; qui voit déjà en 1924  une convention dite &amp;quot;Convention de Genève&amp;quot; prémisse lointaine de la Convention internationale des droits de l&#039;enfant en 1989. Il en va de même avec l&#039;histoire des femmes qui revendiquent le droit de votre depuis le 19e siècle (les suffragettes). Or, nous nous attacherons essentiellement à circonscrire une histoire se déroulant pendant une vingtaine d&#039;années autour de nouvelles revendications qui ont pu porter sur des micro-éléments (&amp;quot;petits trucs&amp;quot;, &amp;quot;micro-conflictualités&amp;quot;, petits événements de la vie quotidienne, cas particulier), mais qui sont à rattacher à un &amp;quot;esprit d&#039;un temps&amp;quot; contestataire de la hiérarchie, des pouvoirs constitués ( des patrons, des médecins, des &amp;quot;supposés savoirs&amp;quot; notamment) dans une perspective libertaire (liberté de sortir de l&#039;hôpital psychiatrique, liberté d&#039;user de son corps, liberté de sexualité en prison, liberté de parole, de choix, de décision...) et d&#039;exigence de sa réalisation (utopique?) par des actions et manifestations politiques face aux violences institutionnelles (portes fermées, nudité imposée, horaire imposé, cure de sommeil et électrochoc imposés, contention, viol, avortement clandestin, etc.). Peut-on alors y voir une expression de revendication des droits de la personne (autodétermination, autonomie, intégrité, dignité) qui sous-tendrait des droits portant sur un objet particulier (à l&#039;instruction, au salaire égal, à l&#039;avortement, à une &amp;quot;vie comme tout le monde&amp;quot;, à consulter son dossier individuel, aux parloirs sexuels, etc.) ? Ce sera une des questions auxquelles cherchera à répondre cet ouvrage. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un certain nombre de notions et de valeurs démocratiques et libertaires semblent parcourir une histoire longue (du 18 au 21e siècle) avec des incarnations plus ou moins denses selon les périodes. Celles envisagées dans les droits de la personnes pendant la période 1960-1980 s&#039;incarnent dans la liberté certes (valeur première de la Déclaration des droits de l&#039;homme et du citoyen), mais aussi la créativité, l&#039;innovation, la contestation valorisant l&#039;individu et son autonomie, mais aussi le collectif comme matrice créatrice, avec un souci de respect de la différence (une reconnaissance) mais aussi du groupe comme porteur de revendications, un ancrage dans la vie quotidienne et une volonté d&#039;universalisme. La culture contestataire est-elle monolithique ou multiple? Est-elle aussi traversée par des contradictions, des paradoxes: on prône une liberté individuelle dans un carcan idéologique, la lutte est collective pour des droits individuels?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La recherche a abouti à l&#039;écriture de six articles, introduits et conclus par des textes rédigés en communs, qui tous viseront à mieux saisir qui sont les acteurs/trices (intégrés dans un mouvement de revendication ou un courant idéologique contestataire), leurs actions dans l&#039;expérience quotidienne de leurs luttes pour les droits de l&#039;individu et/ou de la personne, les valeurs prônées, les objectifs atteints ou non pour faire valoir les droits des personnes placées dans des institutions dites alors &amp;quot;totalitaires&amp;quot;, tout en cherchant à mieux définir ce que signifient ces droits dans le quotidien institutionnel et personnel.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le travail de cette &amp;quot;communauté de recherche&amp;quot; vise aussi à repérer les ouvrages de références qui ont marqué les acteurs/trices de cette période, des intellectuels ([[Basaglia]], Foucault, [[Une_ société sans école|Illitch]], [http://fr.wikipedia.org/wiki/Erving_Goffman Goffman] entre autres penseurs, parfois utopistes voir visionnaires, ainsi que, suivant la méthode prônée par Michel Foucault dans son ouvrage &#039;&#039;Histoire de la clinique&#039;&#039; notamment, à questionner les faits, à interroger le système, autrement dit à &amp;quot;déconstruire&amp;quot; la réalité pour comprendre les enjeux de pouvoir qui ont traversé les luttes de promotion des droits de la personne dans des champs différents, mais relevant tous d&#039;un rapport entre un pouvoir qui désigne et un individu-objet dont on attend la soumission. Ces ouvrages montrent que les mouvements de contestation se font dans tous les pays ; par exemple, en ce qui concerne l&#039;anti-psychiatrie les critiques ont eu lieu en Italie avec [[Basaglia]] mais également aux Etats Unis avec Goffman. Ainsi que ce soit le pédagogue et l&#039;élève  &amp;quot;difficile&amp;quot;, déviant, handicapé, le médecin et le patient désigné, le juge qui désigne les degrés de culpabilité d&#039;un &amp;quot;coupable&amp;quot; ou l&#039;Etat qui décide de la responsabilité civique ou non des femmes (et des jeunes), partout se modèlent et se modulent des relations différentes à l&#039;intérieur d&#039;une structure hiérarchique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des acteurs/actrices seront interrogés afin de mieux saisir leur engagement, les valeurs qu&#039;ils ont prôné, la conscience qu&#039;ils ont eu de déstabiliser le pouvoir médical, l&#039;institution totalitaire, pour des alternatives dont on interrogera leur devenir subversif: communautés d&#039;enfants, communautés thérapeutiques en milieu psychiatrique, en milieu carcéral (notamment la Pâquerette à Genève) et plus généralement dans l&#039;éducation spécialisée. Mais c&#039;est fondamentalement la question de la revendication des droits de la personne qui sera l&#039;objet de ce questionnement. Il s&#039;agira dans un premier temps de mieux comprendre ce qui différencie les droits de la personne des droits de l&#039;homme érigé au 18e siècle, et de comprendre les enjeux des luttes pour voir émerger ses &amp;quot;nouveaux&amp;quot; droits et les formes qu&#039;ils ont prises: droit à la parole, droit de sortie, droit à l&#039;avortement, droit à consulter son dossier médical, etc...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au moyen de cinq questions ouvertes, il s&#039;agit de récolter leur témoignages afin mieux comprendre les ressorts de leur engagement (politique, idéologique, éthique), les événements qui ont marqué cette période 1960-1980, les mobiles des acteurs/trices. [[http://edutechwiki.unige.ch/dewiki/Questions_pour_les_entretiens]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Fondamentalement, c&#039;est à une réflexion sur la construction de la réalité que cet ouvrage invite, celle de la maladie, de la déviance, de la différence, mais aussi à celle des relations entretenues avec des personnes qui sont stigmatisées (handicapées, psychiatrisées, détenues, patients) et/ou placées dans une catégorie sociale dépendante (la femme non-citoyenne, dépendante de l&#039;homme, l&#039;enfant de ses parents).  L&#039;institution réifie l&#039;individu et lui fait perdre ses droits et c&#039;est donc bien une volonté de récupérer une place d&#039;acteur, de prendre la parole, de donner haut et fort son avis qui va mobiliser les acteurs des luttes, en particulier dans l&#039;après 68. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C&#039;est aussi &#039;&#039;in fine&#039;&#039; un questionnement sur l&#039;histoire et ses changements lesquels demandent à s&#039;interroger sur la place accordée, dans le temps, aux personnes en difficultés quelles qu&#039;elles soient et sur la nécessité dans le domaine des droits de la personne à rester vigilant afin de ne pas perdre ce qui a été acquis parfois de haute lutte et d&#039;étendre encore les valeurs sur lesquelles ils reposent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Revue de la littérature ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La &amp;quot;matrice générative&amp;quot; des droits de la personne est bien la Déclaration des droits de l&#039;homme et du citoyen:  une &amp;quot;matrice&amp;quot; juridique à partir de laquelle vont se développer d&#039;autres droits, règlementations et conventions. Pour couvrir les différents champs de la réalité sociale qui ont été touchés par la créativité des acteur/trice/s (qu&#039;ils aient été des militant/e/s ou des réformateur/trice/s) particulièrement active dans les années 1960-1980 et les changements opérés, il est nécessaire de se référer aux auteur/e/s qui, autant dans le champ du handicap, des patients de l&#039;hôpital, des usagers de la psychiatrie, des détenus, des enfants et des femmes, ont proposé des approches nouvelles, des concepts voire des pratiques novatrices.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Certes, il n&#039;y a pas un moment particulier où commencerait une lutte pour les droits de la personne. Cette question s&#039;inscrit dans une histoire longue de la constitution des droits, de la &amp;quot;fabrication&amp;quot; de l&#039;individu, de la conception de la personne comme être sensible, consciente d&#039;elle-même. Il en va de même pour des pratiques qui certes ont été promues pendant cette période comme par exemple les communautés de vie, mais il existe des traditions qui peuvent remonter bien avant les années 60. C&#039;est le cas avec la communauté d&#039;enfants de Summerhill en Angleterre créée par Alexander S. Neill. Dans son livre [[Libres enfants de Summerhill (Neill)]], on peut déceler la place centrale de la notion de liberté dans sa conception de l&#039;éducation et de l&#039;instruction des enfants. Selon cet auteur, on ne peut construire de collectif cohérent qu&#039;en respectant la liberté des individus. Les violences, les incivilités ne sont pour lui que le produit des incohérences de la société, qui frustre l&#039;individu et qui, à vouloir trop l&#039;uniformiser, en brise les richesses. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans la fin des années soixante, la critique des institutions psychiatriques surgissent. Une mise en évidence des conditions de vie des patients psychiatriques se fait notamment par [[Basaglia]] en Italie. Ce qu&#039;il rencontre dans cet univers le pousse à créer des lieux de vie plus accueillants où l&#039;on donnerait plus de liberté à la personne psychiatrique ; c&#039;est ce qu&#039;il appelle les communautés thérapeutiques. Ces bâtiments ouverts sur l&#039;extérieur et où la hiérarchie est horizontale favorise la mobilisation des personnes pour lutter pour la liberté des droits de la personne, et surtout la liberté des droits de la personne psychiatrique. [[Basaglia]] est donc probablement l&#039;un des auteurs de l&#039;époque qui a influencé les acteurs/actrices que nous avons interroger pour notre recherche. Fondamentalement la critique est politique, sociale, mais aussi épistémologique: on s&#039;attaque à la réalité qui est un &amp;quot;construit&amp;quot; social. Ce qui explique aussi l&#039;attention mise à la vie quotidienne (voire Goffman, mais aussi Lucien Lefebvre notamment). Le quotidien devenant matrice de la relation créative autant que de la subversion, dans une tradition qui s&#039;inspire d&#039;ailleurs des surréalistes des années 20 (voire notamment [http://fr.wikipedia.org/wiki/Georges_Perec Georges Perec]). L&#039;approche constructionniste de Kenneth Gergen, aujourd&#039;hui, poursuit cette tradition voyant dans la relation la matrice de cette construction de la réalité allant jusqu&#039;à affirmer que l&#039;individu n&#039;existe pas en dehors de la relation qui le &amp;quot;produit&amp;quot; [[http://www.taosinstitute.net]]. Une autre manière de montrer, comme l&#039;a fait Foucault, que l&#039;individu est aussi une construction sociale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les droits de la personne: un concept complexe  ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La thématique des droits de la personne oblige à réfléchir sur le concept et à le relier ou détacher d&#039;autres concepts: celui de l&#039;individu, celui du sujet (de droit) et celui de l&#039;humain.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La plupart des revendications peuvent être reliées aux &amp;quot;droits de la personne&amp;quot;. Or ceux-ci sont rarement explicités. Lorsqu&#039;ils le sont c&#039;est en référence à la &amp;quot;liberté individuelle&amp;quot;, au droit à la parole, au choix (de traitement notamment) et à la dignité. Souvent, ce sont des valeurs individualistes qui sont prônées même si elles le sont par un collectif (association, comité, mouvement contestataire manifestant collectivement dans la rue) et qui fondent un certain &amp;quot;esprit&amp;quot; du droit de la personne. C&#039;est par le regroupement de plusieurs personnes qui ont des valeurs communes (telles que le libre choix,l&#039;intégrité physique) que le changement peut s&#039;opérer. En effet, à travers notre recherche nous avons pu voir que, qu&#039;il s&#039;agisse des droits des prisonniers, des droits des patients à l&#039;hôpital, des droits des patients psychiatriques ou des droits des femmes, les changements constatés se sont fait par l&#039;intermédiaire de mouvements, d&#039;associations, de fondations...&lt;br /&gt;
On peut noter la particularité du champ des droits des personnes en situation en handicap, ou des droits des patients en psychiatrie, par le fait que ces personnes ne disposent elles-mêmes pas des facultés à défendre leurs propres droits. Il revient alors à leur entourage, aux professionnels, et enfin à la société toute entière, de se porter garante du respect de ces droits. La société en protégeant ces personnes, en les considérant comme faisant partie intégrante des individus qui la composent, effectue alors un grand pas dans les valeurs qu&#039;elle véhicule. L&#039;idéologie en effet, doit être collective, pour prendre du sens pour tous. Mais les actes permettant cette évolution, restent bien souvent le fait d&#039;individus, qui, plus que d&#039;autres, poussés par un idéal, portent des actions progressistes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le terme personne est à distinguer d&#039;individu (voire de &amp;quot;cas&amp;quot;) en ce qui laisse entendre une capacité de droit et une place comme partenaire dans la relation (éducative, thérapeutique notamment) et les échanges de communication. Ceci peut s&#039;incarner dans des pratiques sociales élémentaires comme de désigner la personne par son nom, la vouvoyer (en langue française en particulier!), jusqu&#039;à la fermeture des hôpitaux psychiatriques par exemple. Mais c&#039;est surtout sur le plan juridique, de ses droits civils et politiques, que les luttes ont été menées: de l&#039;admission volontaire au droit de sortie pour les patients psychiatrique par exemple. Du côté des prisons, les revendications touchent aussi l&#039;individu dans son corps et son esprit: droit à l&#039;intégrité physique et morale, le droit à des conditions de vie appropriées, ou encore le droit à la santé. Du côté des [[Droits des enfants|enfants]], le droit s&#039;est surtout construit à partir de la considération de l&#039;enfant en tant qu&#039;individu ayant des droits propres, notamment liés à la protection, à la parole et l&#039;écoute, mais également aux autres besoins fondamentaux qu&#039;il peut présenter. En fait, la reconnaissance des droits de l&#039;enfant lui ont conféré peu à peu un rôle plus actif dans sa propre existence, comme par exemple par une considération plus importante de ses opinions dans les choix qui le concerne. Du coté des [[Droits des femmes|femmes]], les contestations se font sur plusieurs plans, mais ce qui est surtout recherché c&#039;est l&#039;égalité avec les hommes. Cette égalité passe donc par la ré-appropriation de leur corps, la liberté de choisir une contraception et la liberté de penser différemment. Nous pouvons donc rapprocher ces faits au droit du consentement de la personne et de l&#039;intégrité physique. Ces droits et les droits d&#039;être informé touchent d&#039;ailleurs le quotidien médical et la lutte pour les droits des patients. Les droits des patients touchent la sphère politique et juridique où une bataille s&#039;est générée contre la liberté thérapeutique des médecins considérés comme subordonnés au droit d&#039;autodétermination du patient. Valoriser le rôle des patients en tant que partenaires critiques des médecins, du personnel médical ou encore de les responsabiliser pour éviter des difficultés lors de leur traitement permettraient d&#039;améliorer la qualité des soins dans le domaine de la santé du patient.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Paradoxalement ce sont des luttes (collectives, pour la communauté) qui ont ainsi contribué à construire la notion de personne comme corps, identité physique, morale, psychologique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En outre, concernant [http://edutechwiki.unige.ch/dewiki/Droits_des_patients_%28%C3%A0_l%27h%C3%B4pital%29 les droits des patients (à l&#039;hôpital)] et les droits [http://edutechwiki.unige.ch/dewiki/Droits_des_patients_psychiatriques des patients psychiatriques], il est à remarquer que ces droits peuvent rapidement se révéler ambigus. En effet, la légitimité du secret médical, de l&#039;asymétrie de l&#039;expertise médicale, peuvent davantage protéger le médecin que le patient. Nous avons relevé par exemple des cas où ce sont les patients qui ont dû subir des conséquences, tant au niveau de leur reconnaissance, en tant que victimes, qu&#039;au niveau économique, car elles n&#039;ont pas pu prouver que le médecin qui leur avait causé du tort était véridiquement coupable d&#039;expériences illicites sur eux. Nous pouvons nous demander dans quelle mesure ces droits permettent, intelligemment, à la médecine d&#039;opacifier la recherche médicale et par la même la problématique du patient-cobaye. Problématique qui est de nos jours, une contrainte pour faire avancer la science en toute légalité. Finalement, il faudrait se demander si l&#039;être humain dépend d&#039;expériences faites sur un groupe restreint de personnes. La réponse est oui, passablement des expériences se font avec très peu de personnes pour appliquer les résultats à grande échelle. Par exemple, cela s&#039;est observé avec la morphine concernant le traitement des douleurs. Un médecin, un jour ou l&#039;autre, s&#039;est de toute façon risqué, initialement, à injecter dans un corps appartenant à une personne, cette substance considérée comme stupéfiant auparavant. Une autre expérience de ce même type, à hôpital de Saint-Gall en Suisse, était l&#039;application d&#039;ampoules bleues de méthylène dans le ventre des patients non-informés. Ils essayaient de soigner, par ce biais, leurs occlusions gastriques qui a fini par les tuer.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Méthode ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La récolte d&#039;un récit personnel, afin d&#039;approcher l&#039;histoire d&#039;une période et de constituer une archive orale a une tradition en sciences humaine et sociale. L&#039;ouvrage &amp;quot;Le cheval d&#039;orgueil&amp;quot; de Pierre Jakez Hélias paru en 1975 est souvent présenté comme un détonateur de l&#039;usage des récits de vie pour décrire la réalité sociale et culturelle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Diverses disciplines ont intégré la narration comme un moyen d&#039;approcher la réalité vue à travers un individu ou un groupe que cela soit en sociologie, en histoire, en médecine, en science de l&#039;éducation, en ethnologie et même en littérature.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les travaux de [http://fr.wikipedia.org/wiki/Philippe_Lejeune_%28auteur%29 Philippe Lejeune] ont contribué à collecter des récits sous formes notamment autobiographiques qui sont déposés à [http://association.sitapa.org/accueil.php l&#039;Association pour l&#039;autobiographie] près de Lyon.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La démarche effectuée dans le cadre de cette recherche d&#039;intelligence collective relève de la collecte de récits. La personne interviewée est considérée comme un témoin de son temps. L&#039;histoire se construit dans l&#039;échange grâce aux questions posées [[Questions_pour_les_entretiens]] lesquelles doivent donner lieu à une narration libre relier aux souvenirs de la personne. Il s&#039;agit d&#039;être dans une écoute bienveillante d&#039;un récit narré afin de venir combler l&#039;intérêt des étudiant/e/s qui sont les récepteur/trice/s respectueux et curieux de cette histoire. Même si pour certains étudiants, relancer ces questions a permis à l&#039;interviewé de se recentrer sur le sujet. Lors de l&#039;interview et comme étape préalable à l&#039;introduction  de ces questions, l&#039;explication de cette recherche collective a fait comprendre à certains interviewés l&#039;importance de leurs témoignages.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La démarche de &amp;quot;biographies narratives&amp;quot;, telle qu&#039;elle devrait être développée dans cette démarche citoyenne relève de compétence relationnelle, humaine particulièrement formatrice aux métiers de l&#039;humain. Elle demande du tact, de l&#039;écoute, de la curiosité intelligente (capacité de s&#039;adapter dans le cadre de l&#039;entretien). Il s&#039;agit de laisser de l&#039;espace et de la liberté aux personnes interviewées. Par conséquent, seules des questions générales et ouvertes assureront la liberté de narrer. Nous accorderons un long temps de réponse afin de laisser à la personne la possibilité de se souvenir et de raconter l&#039;histoire et son histoire tout en restant attentive qu&#039;elle ne se perde pas dans des chemins par trop éloignés. Elle ne relève pas d&#039;une &amp;quot;conduite d&#039;entretien&amp;quot; particulière comme l&#039;a développée par exemple Boutin (2006), mais elle relève sans aucun doute d&#039;une approche qualitative.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans la plupart des cas, les étudiants n&#039;ont pas transmis au préalable les questions qui allaient être abordées dans l&#039;entretien à leur témoin. Pourtant, il est possible que cette démarche donne la possibilité aux personnes interviewées de prendre du temps pour récupérer leurs souvenirs en mémoire et ainsi construire un récit plus riche que lors d&#039;une réponse spontanée. Toutefois, cette démarche peut également faire perdre quelque peu aux intervieweurs/euses le contrôle de l&#039;entretien, avec un témoin qui se raconte, sans un réel cadre établi, puisqu&#039;il sait sur quels chemins on va l&#039;amener. Ainsi, le cadrage de l&#039;entretien est d&#039;autant moins aisé, car l’intervieweur perd un peu son contrôle sur celui-ci, qu&#039;il aurait pu exercer notamment par la succession des questions.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour d&#039;autres étudiants, la transmission des questions préalablement a permis aux interviewés d&#039;affiner leur mémoire en développant leurs réponses pour que leur récit soit accompagné par des souvenirs marquants. Ils ont d&#039;ailleurs fait appel aux gestes pour appuyer leurs témoignage en laissant entendre à leurs interlocuteurs que sa lutte ne cessait pas. &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Les réactions (y compris non verbales) encouragent un récit qui se construit dans la relation. Celui-ci devrait être par définition originale (même si certain/e témoins racontent pour la Xème fois leur &amp;quot;histoire&amp;quot;, leur &amp;quot;légende&amp;quot;, puisqu&#039;il est raconté à de nouvelles personnes. L&#039;attitude du/des collecteur/trice/s de récits favorise (ou non) l&#039;expression (et ce jusqu&#039;à la confidence) et permet, qui sait, au témoin d&#039;innover, de se déplacer dans sa narration, de raconter une histoire nouvelle, vraiment originale.&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Critique de la méthode ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A travers cette expérience, nous avons en tant &amp;quot;qu&#039;apprentis chercheurs&amp;quot; appris à mener un entretien semi-directif. Malgré le fait que nous avions beau imaginer le déroulement de notre entretien, nous avons rencontré quelques difficultés lors de la passation de ceux-ci. Tout d&#039;abord, il a fallu faire face au personnage que nous avions en face de nous. En effet, comme nous l&#039;avons expliqué, ces personnes ont, la plupart, tous été des militants en faveur des droits de la personne. Parfois, leur engagement a tellement été fort qu&#039;elles sont devenues des &amp;quot;icônes&amp;quot; dans le combat de ces droits. Nous avons donc du faire face à leur agacement et leur lassitude face à nos questions qui pouvaient certes être considérées comme trop larges. Ceci nous amène donc à penser que le choix de faire des questions ouvertes pour que chacun puisse raconter ce dont il a envie, n&#039;était peut-être pas judicieux pour toutes les personnes que nous avons interviewées. Par contre pour d&#039;autres &amp;quot;icônes&amp;quot; habitués à discuter même au parlement, ces questions étaient importantes à partir du moment où on allait les analyser par la suite au sein d&#039;une recherche et ils ont répondu le plus precisément possible. Lorsqu&#039;on a présenté ces questions au sein d&#039;une recherche pour un cours universitaire, elles ont été prises sérieusement sans nous faire remarquer de près le type de question ou les liens entre elles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De plus, il s&#039;est avéré que pour certains témoins, les questions étaient peu adéquates puisqu&#039;elle positionnait cette personne en tant que &amp;quot;militante&amp;quot; peut-être trop directement. De même, le mot &amp;quot;droit&amp;quot; se trouvait être un peu fort pour parler de certains engagements, qui ont probablement contribué ou du moins retracent les changements de ces droits, certes, mais ne se positionnaient pas à la base comme des engagements pour les droits d&#039;une population. Cependant le fait de faire des questions différentes et précises pour chacun des acteurs nous aurait fortement contraint pour l&#039;analyse transversale des entretiens. &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
De plus, lors de certains entretiens, les acteurs se sont laissés emporter par leurs émotions. Il n&#039;était donc pas évident de gérer les pleurs rencontrés. ... &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un cas de figure était, pour ceux qui ont eu l&#039;occasion de faire deux interviews, la position de collecteur/trice/s au niveau générationnel, à savoir faire face à une génération plus âgée, était enveloppée, pour les deux cas, d&#039;une écoute éveillée peut-être parce que leurs récits nous touchaient de près ou parce de la sagesse émanait de certains interviewés. Pour l&#039;un des interviewés, il a suscité en nous un rappel vers les droits de nos proches et pour l&#039;autre il nous a sensibilisé vers une menace toujours présente des droits de la personne dans le pays où nous séjournons, la Suisse. Même si l&#039;un des ces interviewé était une personnalité fédérale, le reflet de son authenticité, nous a fait croire à son récit et il nous a appris plus sur les droits de la personne qui sont par ailleurs également &amp;quot;nos droits&amp;quot;.  Le rapport entre les interlocuteurs a pu être franc et nous avons ressentis que l&#039;un des interviewés nous avait confié une mission, celle de divulguer des faits. C&#039;était pour certains collecteur/trice/s un moment très intense, de vérité, et jamais oublier. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Parfois, nous avons pu nous confronter à la difficulté de recentrer la discussion vers les sujets qui nous intéressent. Comme tout un chacun, les acteurs peuvent certes parler du passé, mais en tant que militants ils auront, si leur combat est toujours vivant, tendance à parler plus du présent, et de ce qu&#039;il reste à faire. Pour que nous soyons aussi amenés à prendre la relève. Il faut alors savoir &amp;quot;lire entre les paroles&amp;quot;, pour récolter des informations sur la période qui nous intéresse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il aurait peut-être été profitable de mettre à disposition de tous les acteurs les questions de l&#039;entretien à l&#039;avance. Cela aurait permis de recentrer le débat, de rappeler plus facilement les questions de recherche. Un cas de figure était pour ceux qui l&#039;on fait et qui ont reçu en tant que collecteur/trice/s spontanément et préalablement à l&#039;interview tête à tête, des réponses écrites aux questions, de la part des interviewés. Ces réponses ont permis de mieux connaître l&#039;interviewé, son parcours, ses valeurs, son engagement pour les droits de la personne. Le pré-analyse de ces réponses par écrit a permis entre autres de revenir encore une fois sur les questions et de solliciter l&#039;interviewé en confiance pour continuer à expliciter certains souvenirs marquants et enrichissants pour cette recherche. Pour les collecteur/trice/s se va-et-vient entre les réponses écrites à l&#039;avance et la poursuite du récit a engendré une appropriation du sujet bénéficiant ainsi la cohérence et la compréhension pour eux-mêmes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Autrement, une des questions qui permettrait de situer l&#039;interviewé sur le passé sans revenir immédiatement dans son discours sur le présent est la question 2. Elle aurait pu être formulée ainsi : Il y a-t-il un événement originel durant la période de votre engagement? Pourriez-vous revenir sur le passé et nous raconter un ou des événements marquants que vous avez menés ou qui vous ont frappés durant une certaine période en faveur de ces droits ? sinon la question 5 fait l&#039;effet contraire en revenant sur le pas d&#039;aujourd&#039;hui comme conséquence du passé : Qu&#039;en est-il aujourd&#039;hui de cette lutte et des acquis et des risques de retour en arrière? Sur quoi faudrait-il continuer de se battre de lutter? Est-ce que continuez-vous aujourd&#039;hui à vous engager et sur quoi?  donc il n&#039;est pas étonnant d&#039;entendre les interviewés de parler sur leurs présent pourquoi n&#039;est pas demander : est-ce que l&#039;un des sujets de votre engagement pour les droits de la personne (patient, enfant, prisonnier...) continue à être d&#039;actualité aujourd&#039;hui ? Lequel ? Pourriez-vous explicitez s&#039;il vous plaît ? &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quant aux valeurs des témoins, ces dernières ont étaient évoquées suite à la question formulée qui a engendré aussi des souvenirs vers un événement marquant lié à leurs valeurs et pour la lutte des droits de la personne.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En outre, peut-être peut-on reprocher aussi le manque de temps pour chaque entretien. Au vu de la méthodologie d&#039;entretien semi-directif et biographique, des entretiens d&#039;1h30 ne permettent pas toujours les digressions chronophages. Des entretiens plus longs, dont on aurait pu ressortir la quintessence auraient pu être bénéfiques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Enfin, la relation biographique n&#039;a pas toujours permis que les questions soient posées comme souhaitées et prises dans l&#039;échange. L&#039;entretien a pu prendre la forme d&#039;une discussion à bâtons rompus en un dialogue qui finalement a échappé aux récolteurs/teuses de récits.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour certains, une difficulté c&#039;était l&#039;enregistrement de l&#039;interview. En effet, l&#039;appareil enregistreur est tombé en panne. Heureusement que nous avions un autre enregistreur qui a pris le relais immédiatement car la prise de note n&#039;aurait fait que retardé l&#039;interview.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quoi qu&#039;il en soit &#039;&#039;&#039;[[Retranscriptions des entretiens|neuf entretiens]]&#039;&#039;&#039; ont été effectués, lesquels ont permis  de construire une histoire qui s&#039;est étendue entre les années 1960 (engagement de Mme [[Amélia Christinat]])  et aujourd&#039;hui (engagement de Mme Margrit Kessler, conseillère nationale de Saint-Gall).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des thématiques (problématiques) plus fines ont pu être définies à partir des récits récoltés. Soit:&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
– le droit des [[Droits des enfants|enfants]] à travers le prisme de l&#039;éducation&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
– le droit des [[Droits des femmes|femmes]] pour la liberté de leur corps (l&#039;intégrité physique), et plus généralement pour le droit à leur autonomie &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- le  droit à l&#039;intégrité physique et morale des [[Droits des prisonniers|détenus]] en Suisse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- patient psychiatrique ??&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
– la prise en compte des personnes en situation de [[Droits des personnes en situation de handicap|handicap]] dans ce champ  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
– le droit à être informé pour que les [[Droits des patients (à l&#039;hôpital)|patients]] ne deviennent pas les cobayes des expériences scientifiques&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;analyse sera alors traversante permettant de mieux comprendre ce temps de l&#039;innovation, de la contestation, de la réforme des grandes institutions qui structures le social et la culturel occidentale depuis le 19e siècle: l&#039;hôpital, l&#039;hôpital psychiatrique, l&#039;école, le tribunal, la prison, le code civil, les institutions spécialisées: qui sont ces acteur/trice/s engagés, quelles ont été leurs idées et leurs valeurs, quelles ont été leurs actions et leurs victoires, leurs échecs aussi?&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Julie</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Discussion:Droits_des_femmes&amp;diff=12498</id>
		<title>Discussion:Droits des femmes</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Discussion:Droits_des_femmes&amp;diff=12498"/>
		<updated>2014-01-06T13:03:44Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Julie : /* -- Sébastien (discussion) 5 janvier 2014 à 14:55 (CET) */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;==  -- [[Utilisateur:Ruchat|Ruchat]] ([[Discussion utilisateur:Ruchat|discussion]]) 4 novembre 2013 à 09:49 (CET) ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bonjour,&lt;br /&gt;
J&#039;ai croisé une référence qui me paraîtrait utile pour vous, ce sont les livres de Madame Marcella Iakub, notamment L&#039;empire du ventre : pour une autre histoire de la maternité. Il est à la biblio de la Fapse cote &lt;br /&gt;
618 (091) IAC&lt;br /&gt;
Peut-être aussi &lt;br /&gt;
Les féminismes en questions : éléments pour une cartographie / Christelle Taraud&lt;br /&gt;
Extrait de la couverture : &amp;quot;Ce recueil vise à examiner, au travers d&#039;entretiens, les conflits et les contradictions qui traversent le féminisme - d&#039;où le pluruel du titre : il s&#039;agit non pas de penser ce qui fait son unité, mais plutôt de tracer les grandes lignes d&#039;une carthographie des tensions qui le constituent. Les questions qui ont interpellé et divisé récemment les féministes et l&#039;opinion se trouvent donc au coeur de ce livre : le foulard islamique, le harcèlement, la parité, la procréation médicalement assistée, la prostitution, les violences sexuelles et domestiques... [Le document] voudrait ainsi montrer, pour s&#039;en réjouir, que les débats parfois emportés qui opposent les différentes sensibilités de la mouvance féministe, ainsi que l&#039;éclatement relatif de celle-ci, iindiquent qu&#039;avec le féminisme nous sommes en ce lieu éminemment conflictuel de l&#039;espace social où sont mises en question les identités de genre et les sexualités.&amp;quot;&lt;br /&gt;
Vous trouver le livre à Uni bastion dans la bibliothèque de Genève cote:BGE Sg 634&lt;br /&gt;
Si j&#039;arrive à faire une copie du DVD, je peux vous le transmettre mercredi.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je pense que vous allez vous centre sur la question de l&#039;avortement bataille de ces années là. Dites m&#039;en plus on peut discuter sous l&#039;onglet discussion de votre page.&lt;br /&gt;
Bon travail et cordialement,&lt;br /&gt;
Martine Ruchat&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je viens de voir sur votre page vos intentions. cela me paraît beaucoup trop droits au niveau politique droits au niveau de l&#039;éducation/formation/travail droits au niveau de la santé (avortement, contraceptions, ...). Vous ne pourrez tout faire. Je pense que la question des droits politiques est importante puisque le vote des femmes est 1971; la question de l&#039;avortement est aussi un bon sujet (voir aussi Marcela Iacub qui dit des choses bien intéressantes sur ce sujet). Droit à l&#039;éducation: je ne vois pas bienc e que vous voulez dire. Il y aurait dans ce domaine la revendication d&#039;un salaire ménager qui était d&#039;actualité dans ces années là.&lt;br /&gt;
Affaire à suivre et à préciser. Il faut aussi voir dans quel champ votre témoin M. Cristina a oeuvré...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Aux membres du groupe  -- [[Utilisateur:Julie|Julie]] ([[Discussion utilisateur:Julie|discussion]]) 4 novembre 2013 à 12:33 (CET) ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hello ! &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je pensais avant de voir le message de Madame Ruchat, que l&#039;on pouvait se partager par groupe de deux les trois thèmes ; politique - formation - santé. &lt;br /&gt;
D&#039;après l&#039;apport de Madame Ruchat, il faudrait alors se centrer sur la question de l&#039;avortement et de la politique parce qu&#039;il y a déjà beaucoup à faire. Dans ce cas là est ce que l&#039;on ne ferait pas deux groupes de trois pour ces deux thèmes. &lt;br /&gt;
Je propose que vous réflechissiez à ce qui vous intéresse entre les deux et que l&#039;on sache pour mercredi ce que l&#039;on veut traiter afin de commencer à pouvoir lire des choses qui correspond à ce que l&#039;on veut traiter.&lt;br /&gt;
Personnellement j&#039;aimerais travailler sur l&#039;avortement (ou plus généralement la santé).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Re: Aux membres du groupe  -- [[Utilisateur:Harmony|Harmony]] ([[Discussion utilisateur:Harmony|discussion]]) 6 novembre 2013 à 10:09 (CET)===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ok, de mon côté je suis d accord pour que nous travaillons à trois sur les deux thèmes que proposent madame Ruchat. Personnellement la question de l&#039;avortement m&#039;intéresse aussi. Je vais aller à la bibliothèque pour me procurer le livre &#039; l empire du ventre&#039; et voir si je trouve d&#039;autres sources&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Re: Aux membres du groupe  -- [[Utilisateur:Julie|Julie]] ([[Discussion utilisateur:Julie|discussion]]) 6 novembre 2013 à 11:27 (CET)===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
J&#039;ai fait quelques recherches au niveau de ma mémoire (^^) : et nous étions allée en 2011 voir en direct l&#039;émission Vacarme (les invités étaient les féministes du Femen) et dans les autres invités il y avait Madame Salika Wenger qui était présenté comme une pionnière de la lutte féministe à Genève. Je lui ais donc envoyé un mail pour savoir si nous pouvions la rencontrer ! Je vous tiens au courant de sa nouvelle. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme vous avez peut être vu dans la page les livres parlent souvent des mouvements féministes aux USA et en Europe et peu de la suisse. peut être se serait bien de faire une partie sur ces influences internationales avant d&#039;introduire la suisse&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
====Re: Re: Aux membres du groupe  -- [[Utilisateur:Julie|Julie]] ([[Discussion utilisateur:Julie|discussion]]) 6 novembre 2013 à 15:07 (CET)====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Réponse rapide de sa part ! Elle est ok pour se rencontrer il faut juste l&#039;appeler...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Livre possible sur la question de la politique  -- [[Utilisateur:Harmony|Harmony]] ([[Discussion utilisateur:Harmony|discussion]]) 6 novembre 2013 à 10:49 (CET) ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour celles qui travailleront sur la question politique, j&#039; ai trouvé une référence qui pourrait peut être nous intéresser  :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quand les femmes s&#039;en mêlent : genre et pouvoir / sous la dir. de Christine Bard, Christian Baudelot, Janine Mossuz-Lavau &lt;br /&gt;
396 QUA &lt;br /&gt;
2e cote&lt;br /&gt;
FPEA 40384&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Re: Livre possible sur la question de la politique  -- [[Utilisateur:Nedjma|Nedjma]] ([[Discussion utilisateur:Nedjma|discussion]]) 6 novembre 2013 à 21:40 (CET)===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
: Replace this text with your reply&lt;br /&gt;
Je vais lui téléphoner demain alors et je vous tiens au courant&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
====Re: Re: Thèmes à prendre  -- [[Utilisateur:Nedjma|Nedjma]] ([[Discussion utilisateur:Nedjma|discussion]]) 6 novembre 2013 à 21:43 (CET)====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
:: Du coup on travaille sur le droit à l&#039;avortement et à la contraception? On prend les deux thèmes ensemble ou on se sépare les thèmes et chaque groupe en prend un???&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=====Re: Re: Re: Thèmes à prendre  -- [[Utilisateur:Julie|Julie]] ([[Discussion utilisateur:Julie|discussion]]) 6 novembre 2013 à 21:55 (CET)=====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En regardant dans la littérature, ... j&#039;ai un peu de mal à trouver des choses séparer en ce qui concerne l&#039;avortement et la contraception. Faudrait-il encore cherche plus loin pour être sur que l&#039;on trouvera de la documentation sur la contraception  ? &lt;br /&gt;
Après je me suis dit que faire simplement l&#039;avortement, serait pas assez suffisant pour un groupe de 6. C&#039;est pour ça autrement que j&#039;ai commencé un plan comme celui ci où la thématique : ce serait en quelque sorte &amp;quot; La place de la femme dans le foyer&amp;quot; ou quelque chose de ce genre : pour inclure dedans ; le droit à l&#039;avortement, (au divorce ?), (à l&#039;égalité parentale?) ... Mais a voir ce que vous préférez ! Je suis ouverte a tout, mais en pensant que l&#039;on doit fournir un travail de taille vu que l&#039;on est 6&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
======Re: Re: Re: Re: Thèmes à prendre  -- [[Utilisateur:Nedjma|Nedjma]] ([[Discussion utilisateur:Nedjma|discussion]]) 6 novembre 2013 à 22:04 (CET)======&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
:::: du coup ce que tu proposes c&#039;est de plus se concentrer sur le droit à l&#039;avortement c&#039;est bien ça? et on ferait l&#039;interview à deux femmes différentes pour voir l&#039;influence/ rôle qu&#039;elles ont pu avoir&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=======Re: Re: Re: Re: Re: Thèmes à prendre  -- [[Utilisateur:Véroniique|Véroniique]] ([[Discussion utilisateur:Véroniique|discussion]]) 6 novembre 2013 à 23:47 (CET)=======&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
::::: Salut les filles, si on fait sur l&#039;avortement comme je l&#039;ai bien compris j&#039;ai trouvé les anciens articles de loi (code pénal) de l&#039;époque (1942) , et les modifications pénales de 2001.&lt;br /&gt;
par contre j&#039;arrive pas à mettre le lien sur le ski, je suis pas du tout familiarisée à cette plateforme :S&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
========: Thèmes à prendre  -- [[Utilisateur:Nedjma|Nedjma]] ([[Discussion utilisateur:Nedjma|discussion]]) 7 novembre 2013 à 21:16 (CET)========&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Regardez vos boîtes mails je vous envoie le dernier mail que j&#039;ai échangé avec Mme Ruchat&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Re: : Vidéo  -- [[Utilisateur:Nedjma|Nedjma]] ([[Discussion utilisateur:Nedjma|discussion]]) 7 novembre 2013 à 22:21 (CET)=&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A voir si on peut trouver ce film sur l&#039;avortement et tous les débats qu&#039;il y a eu autour du droit à l&#039;avortement. Je regarde demain s&#039;il est à l&#039;uni sinon on ira voir ailleurs--&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 http://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Sp%C3%A9cial:Connexion&amp;amp;returnto=Accueil&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Re: Re: : Vidéo  -- [[Utilisateur:Véroniique|Véroniique]] ([[Discussion utilisateur:Véroniique|discussion]]) 8 novembre 2013 à 15:23 (CET)==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 voilà une vidéo, que j&#039;ai trouvé sur l&#039;avortement &lt;br /&gt;
http://www.youtube.com/watch?v=mnffN3XCpEA&amp;amp;feature=player_embedded#!&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Question ==&lt;br /&gt;
Nedjma t&#039;as pu contacter Mme Wenger?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Re: Question -- [[Utilisateur:Nedjma|Nedjma]] ([[Discussion utilisateur:Nedjma|discussion]]) 8 novembre 2013 à 15:39 (CET)===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Oui, elle ne répond pas. J&#039;ai laissé une message vocal. J&#039;essayerai plus tard ou lundi.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
====: Interview -- === Nedjma&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Salut les filles! J&#039;ai pu joindre Salika WENGER. Alors dans les années 60 elle militait en FRANCE pour le droit à l&#039;avortement. Ce n&#039;est pas avant les années 1980 qu&#039;elle rejoint Genève. De ce fait, si on veut l&#039;interroger on pourra alors, comme le proposait Julie, faire une comparaison entre la Suisse et la France par rapport à ce droit à une même époque. &lt;br /&gt;
Seul petit problème, j&#039;ai l&#039;impression qu&#039;elle est ultra overbooké! Elle m&#039;a demandé quand est-ce que nous souhaiterions l&#039;interviewer et quand je lui ai répondu dans deux semaines environ elle m&#039;a répondu &amp;quot; oula vous êtes bien mignonne mais moi je suis très occupé ces temps&amp;quot;=/... Du coup j&#039;ai dit que je regarderai avec vous, qu&#039;on avait une autre personne qu&#039;on allait interviewer (Amélia Christinat) et que peut être nous commencerions avec l&#039;autre femme (mais honnêtement je crains que ce soit la course contre la montre niveau temps)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Qu&#039;en pensez-vous les filles? on essaye de joindre Dreifuss Ruth pour voir si elle a plus de disponibilités et dans ce cas là on reste concentré sur la Suisse ou vous préférez qu&#039;on s&#039;arrange avec Salika WENGER car vous préférez qu&#039;on fasse une comparaison avec notre cher pays voisin =).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
J&#039;attends vos réponses!&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
====Re: Re: Question -- [[Utilisateur:Julie|Julie]] ([[Discussion utilisateur:Julie|discussion]]) 11 novembre 2013 à 23:17 (CET)====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Moi je sais pas trop ... Il faudrait que l&#039;on en discute mercredi ! Mais c&#039;est sur qu&#039;il faut se décider rapidement parce qu&#039;on va vite être à la date échéancier... &lt;br /&gt;
Oublier pas de continuer vos recherches littéraires pour mercredi ! que l&#039;on est du support pour se répartir le travaiml ! :)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=====Re: Re: Re: Question -- [[Utilisateur:Estefania|Estefania]] ([[Discussion utilisateur:Estefania|discussion]]) 13 novembre 2013 à 10:37 (CET)=====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Salut les filles :)&lt;br /&gt;
J&#039;ai trouvé un site super bien, je vous conseille d&#039;aller le consulter. Il est très clair. Il parle de manière général des droits de la femme et plus particulièrement de l&#039;avortement : http://8mars.info/droit-a-l-avortement&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Proposition Ruchat ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je vous signale que ce soir 13 novembre Judith Butler donne une conférence à 17heures Le genre est-il (in) traduisible?&amp;quot; à l&#039;UNIL-Anthropole (salle 2024).&lt;br /&gt;
Je vous suggère si vous voulez vous centrer sur les questions de contraception et d&#039;avortement de prendre comme témoin Rina Nissim qui a été fondatrice du centre de santé des femme à Genève et qui est une grande militante féministe (vous pouvez l&#039;appelez de ma part 0227831040 ou par mail : mamamelis &amp;lt;info@mamamelis.com&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==  -- [[Utilisateur:Véroniique|Véroniique]] ([[Discussion utilisateur:Véroniique|discussion]]) 13 novembre 2013 à 11:13 (CET) ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== législation suisse ==&lt;br /&gt;
http://www.svss-uspda.ch/fr/facts/mondial-liste.htm&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
http://www.svss-uspda.ch/fr/suisse/loi.htm =&amp;gt; nouvelle loi&lt;br /&gt;
http://www.svss-uspda.ch/fr/suisse/loi_1942.htm =&amp;gt; ancienne loi&lt;br /&gt;
http://www.svss-uspda.ch/fr/suisse/comparaison.htm =&amp;gt; comparaison entre les lois avant / après&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Réaction ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Vous faites un joli travail de recherche de données. C&#039;est bien. Mais prenez l&#039;habitude d&#039;aussitôt rédiger votre texte (article) dès que vous avez pris connaissance de ces information pour construire un propos sur lequel d&#039;autres (moi par exemple) puissent intervenir.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Re: Réaction -- [[Utilisateur:Nedjma|Nedjma]] ([[Discussion utilisateur:Nedjma|discussion]]) 13 novembre 2013 à 13:22 (CET)===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les filles  on peut emprunter des vidéos que les vendredis ou les lundis à L&#039;hets. J&#039;irai vendredi voir s&#039;ils ont la vidéo &amp;quot;un délai de 30ans&amp;quot;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je rappelle Rina Nissim et vous dis si cette fois elle répond.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==  -- [[Utilisateur:Tamara|Tamara]] ([[Discussion utilisateur:Tamara|discussion]]) 13 novembre 2013 à 13:28 (CET) ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
rdv demain à Carouge pr consulter les archives! 10h, estefania a appelé pour les avertir. nous aurons de plus la possibilité de photocopier sur place! a demain!&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Re: -- [[Utilisateur:Estefania|Estefania]] ([[Discussion utilisateur:Estefania|discussion]]) 14 novembre 2013 à 14:35 (CET)===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Salut les filles, donc comme prévu, on est allé feuilleter les archives à Carouge ce matin avec Tam. La femme qui nous a accueilli, Stefania, était très accueillante et nous invite à y retourner si besoin est :)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On a trouvé des documents très intéressants qui nous mettent bien dans l’ambiance de l’Epoque.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Elle nous a également proposé de lire un des chapitres de « Révolution sexuelle et mouvement de libération des femmes à Genève » de Julie De Dardel, qui est censé se trouver à la biblio de l’uni. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Elle nous a fait part de certains films/vidéos que l’on pourrait aussi visionner : « Debout » et « Ya qu’à pas baiser » de Carole Roussopoules, « Regarde, elle a les yeux grand ouverts » de Yann Le Masson, « Histoire d’A » et « Un délai de 30ans ».  Le dernier, comme vous le remarquerez, c’est celui qu’on avait essayé d’obtenir à La Haute Ecole de Travail Social. Je pourrai repasser lundi si jamais.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est ouvert de 12h15 à 13h15, si quelqu’un veut m’accompagner ?&lt;br /&gt;
Je me demandais quand est-ce qu’on pouvait se voir pour que vous ayez aussi les photocopies des documents et pour en discuter ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A tout bientôt !!&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
====Re: Re: -- [[Utilisateur:Estefania|Estefania]] ([[Discussion utilisateur:Estefania|discussion]]) 14 novembre 2013 à 14:38 (CET)====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nedjma j&#039;avais pas vu que tu comptais aller à l&#039;hets vendredi. Moi j&#039;ai ma décharge d&#039;âge, donc je ne peux pas t&#039;accompagner, désolée&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Ce qu&#039;il reste à faire !  -- [[Utilisateur:Julie|Julie]] ([[Discussion utilisateur:Julie|discussion]]) 20 novembre 2013 à 13:28 (CET) ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Voilà, &lt;br /&gt;
Alors comme on en a un peu discuté avec Véro et Harmony. &lt;br /&gt;
Il faudrait compléter à ce niveau : &lt;br /&gt;
* les parties 70-80 et depuis 90. En ajoutant des infos que l&#039;on a pris aux archives contestataires (ils sont mis dans la partie biblio). &lt;br /&gt;
* Compléter la question des droits de la personne : Faire une nouvelle partie ? Préciser dans les textes ce qui est vraiment réclamer par les femmes ! Droit à la ré-appropriation, droit au choix, droit ... (j&#039;ai aperçu dans les documents de la MLF. &lt;br /&gt;
* Compléter la nouvelle page sur le MLF ( détailler ce que c&#039;est ... les actrices importantes ... et ce que Rina Nissim a fait)Historique, et actualité du mouvement. (Illustrer avec la vidéo de Roussopoulos + archives contestaires).&lt;br /&gt;
* Compléter les pages des interviewées sur leur biographie. Et je pense que l&#039;on pourrait retranscrire l&#039;entretien dans la page de ces femmes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Re: Ce qu&#039;il reste à faire !  -- [[Utilisateur:Véroniique|Véroniique]] ([[Discussion utilisateur:Véroniique|discussion]]) 22 novembre 2013 à 11:38 (CET)===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
====Re: Re: Ce qu&#039;il reste à faire !  -- [[Utilisateur:Véroniique|Véroniique]] ([[Discussion utilisateur:Véroniique|discussion]]) 25 novembre 2013 à 20:59 (CET)====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
:: Nous avons rendez-vous avec Mme Nissim Rina mercredi 27 novembre à 10h15. Elle nous demande d&#039;avoir effectué les lectures qui sont mentionnées dans son mail.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== salut ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
j &#039; ai ajouté la partie sur la suisse dans  mvmts féministes buts et démarches, et j &#039;ai mis le titre d&#039;un article qui retrace la chronologie des mouvements féministes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
====Re: salut -- [[Utilisateur:Nedjma|Nedjma]] ([[Discussion utilisateur:Nedjma|discussion]]) 25 novembre 2013 à 22:04 (CET)====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les filles j&#039;ai une question: pour la partie sur les droits de la personne. Il s&#039;agit de définir quels étaient les droits de la femmes à cette période là?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=====Re: Re: salut -- [[Utilisateur:Julie|Julie]] ([[Discussion utilisateur:Julie|discussion]]) 25 novembre 2013 à 22:23 (CET)=====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
oui et pour quel droit elles se mobilisaient !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
======Re: Re: Re: salut -- [[Utilisateur:Nedjma|Nedjma]] ([[Discussion utilisateur:Nedjma|discussion]]) 25 novembre 2013 à 22:34 (CET)======&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Parfait! Merci&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=======Re: Re: Re: Re: salut -- [[Utilisateur:Véroniique|Véroniique]] ([[Discussion utilisateur:Véroniique|discussion]]) 26 novembre 2013 à 09:42 (CET)=======&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
::::: les filles je crois avoir trouvé la motion de Maurice Favre, dites moi ce que vous en pensez. =&amp;gt; http://www.amtsdruckschriften.bar.admin.ch/viewOrigDoc.do?id=10100953 &lt;br /&gt;
 Et je suis tombée aussi sur le manifeste de ce monsieur. =&amp;gt; http://www.svss-uspda.ch/fr/ethique/manifeste.htm&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==  -- [[Utilisateur:Ruchat|Ruchat]] ([[Discussion utilisateur:Ruchat|discussion]]) 26 novembre 2013 à 15:37 (CET) ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je vous rappelle qu&#039;il ne s&#039;agit pas de prendre les témoins comme des personne qui vont vous raconter l&#039;histoire: cette histoire vous l&#039;avez dans les livres... Il s&#039;agit de comprendre ce qu&#039;elles ont fait, elles, ce qui les a animées, les valeurs qu&#039;elles ont soutenu, les événements qui les ont frappée. Il faut avoir des réponse aux questions collectives et non des questions particulières à votre groupe!!!&lt;br /&gt;
N&#039;oubliez pas de lire ce qui est écrit sur la première page du wiki, mais aussi sur toutes celles des différentes thématiques afin de réfléchir à la problématique et d&#039;avancer dans une compréhension commune de cette histoire de l&#039;apparition des revendication des droits des usagers, patients, détenus, enfants: les acteurs/trices (dont vos témoins), les actions, les valeurs prônées, les changements de pratiques éventuelles, les espoirs....&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Corrections d&#039;ortho -- [[Utilisateur:Estefania|Estefania]] ([[Discussion utilisateur:Estefania|discussion]]) 3 décembre 2013 à 22:06 (CET) ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Salut les filles, j&#039;ai corrigé quelques fautes d&#039;orthographe et je vous ai mis en évidence les corrections pour lesquelles je n&#039;étais pas sûre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En ce qui concerne l&#039;entretien avec Amélia Christinat, il se déroulera demain à 14h comme convenu.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A bientôt :) !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Re: Corrections d&#039;ortho -- [[Utilisateur:Julie|Julie]] ([[Discussion utilisateur:Julie|discussion]]) 4 décembre 2013 à 10:29 (CET)===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Oui ! J&#039;ai mis les suggestions que tu avais faite dans le texte, pour celles qui restent je vous laisse faire !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==  -- [[Utilisateur:Ruchat|Ruchat]] ([[Discussion utilisateur:Ruchat|discussion]]) 4 décembre 2013 à 16:41 (CET) ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je trouve que vous avancez bien. L&#039;entretien je pense donne assez d&#039;élément pour comprendre cette période, mais surtout vous permets d&#039;aller plus loin par les références donnée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
J&#039;attends de lire ce que vous enfaites!&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sur la retranscription proprement dite il y a des bizarreries, des flèches? quelques erreurs orthographique: si vous pouvez relire tout cela. Est-ce que vous avez prévu de le lui transmettre? ce serait correct. Elle a bien pris du temps, mais elle avait l&#039;air d&#039;être un peu à cran...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je vous propose de mettre les références bibliographie dans la bibliographie est de faire le lien. Par exemple pour (Hirata et al, p127)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il faudrait aussi directement mettre des liens avec le document sur internet. Par exemple pour Commission fédérale, Femmes Pouvoir Histoire, 1.3, p. 1)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Par contre il me semble qu&#039;il est inutile de reporter la chronologie des lois et événements puisqu&#039;elle est déjà en lien!&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Retranscription entretien Amélia Christinat -- [[Utilisateur:Estefania|Estefania]] ([[Discussion utilisateur:Estefania|discussion]]) 9 décembre 2013 à 19:51 (CET) ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Salut les filles!!&lt;br /&gt;
Je viens d&#039;ajouter la retranscription de l&#039;entretien avec Amélia Christinat! Je n&#039;ai pas le temps maintenant de modifier la mise en page pour avoir la même que pour l&#039;entretien avec Rina Nissim! &lt;br /&gt;
J&#039;y ferai peut-être demain ;)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Re: Retranscription entretien Amélia Christinat -- [[Utilisateur:Julie|Julie]] ([[Discussion utilisateur:Julie|discussion]]) 9 décembre 2013 à 20:52 (CET)===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je te déplace ta retranscription dans la page prévue ! C&#039;est à dire sur &amp;quot;Entretien&amp;quot;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==  -- [[Utilisateur:Ruchat|Ruchat]] ([[Discussion utilisateur:Ruchat|discussion]]) 16 décembre 2013 à 08:43 (CET) ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Serait-il possible de reprendre les 5 questions posées et d&#039;en tirer des éléments? Soit: les événements, les valeurs, les changements et ce qui en reste....&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Re: -- [[Utilisateur:Giannina Suter|Giannina Suter]] ([[Discussion utilisateur:Giannina Suter|discussion]]) 31 décembre 2013 à 22:33 (CET)===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chers collègues, nous avons trouvé que les femmes étaient une minorité certes mais que c&#039;était justement, ces femmes qui ont milité pour les droits des patients. Nous vous invitons à consulter notre article. Très cordialement. Giannina et Pierre&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
====Re: Re: -- [[Utilisateur:Julie|Julie]] ([[Discussion utilisateur:Julie|discussion]]) 2 janvier 2014 à 11:25 (CET)====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Merci ! Je me suis permise de faire le lien avec notre article en modifiant quelques trucs ! Je vais voir pour tenter d&#039;intégrer dans notre article.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==  -- [[Utilisateur:Sébastien|Sébastien]] ([[Discussion utilisateur:Sébastien|discussion]]) 5 janvier 2014 à 14:55 (CET) ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hey, je veux pas vous donner du travail en plus mais j&#039;ai trouvé ce petit article assez intéressant. Je ne savais que la situation du droit à l&#039;avortement était aussi catastrophique en Europe.&lt;br /&gt;
Et avec ce qu&#039;il se passe maintenant en Espagne..&lt;br /&gt;
http://www.planning-familial.org/actualites/lavortement-en-europe-ou-sont-les-bonnes-nouvelles-0012490&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Re: -- [[Utilisateur:Julie|Julie]] ([[Discussion utilisateur:Julie|discussion]]) 6 janvier 2014 à 14:03 (CET)===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Merci ! J&#039;ai pu intégrer cela au texte.&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Julie</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Droits_des_femmes&amp;diff=12497</id>
		<title>Droits des femmes</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Droits_des_femmes&amp;diff=12497"/>
		<updated>2014-01-06T13:02:34Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Julie : /* Points communs entre les entretiens */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Introduction  == &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Actuellement le droit à l&#039;avortement pour les femmes subit encore des contestations et même une offensive de remise en question: pouvons nous encore le qualifier comme  un droit de la femme s&#039;interrogent certains ? Tout au long de cette page nous nous centrerons sur le droit à l&#039;avortement pour les femmes depuis 1970. En effet, les mouvements féministes sont présents depuis longtemps dans l&#039;histoire des droits des personnes. Dans la période de l&#039;après guerre, les femmes se sont mobilisées plus fortement pour acquérir des droits identiques à ceux des hommes. C&#039;est par la lutte pour le droit à un travail rémunéré que les mouvements prennent de l&#039;ampleur  : &amp;quot;L&#039;essort du féminisme dans cette période serait intimement lié à celui du travail salarié&amp;quot; &amp;lt;ref&amp;gt;Riot-Sarcey, M., 2008, &#039;&#039;Histoire du féminisme&#039;&#039;, Paris, La Découvertes, Repères. p. 73 &amp;lt;/ref&amp;gt;. La question de la procréation est aussi au cœur de leur mouvement, puisqu&#039;il est question de &amp;quot;repeupler&amp;quot; des pays détruits : &amp;quot;Après l&#039;hécatombe de la guerre, jusqu&#039;alors la plus meurtrière, il est nécessaire, plus que jamais de &amp;quot;remplir les berceaux vides&amp;quot;&amp;quot; &amp;lt;ref&amp;gt;Riot-Sarcey, M., 2008, &#039;&#039;Histoire du féminisme&#039;&#039;, Paris, La Découvertes, Repères. p. 73 &amp;lt;/ref&amp;gt;. Il ne faut pas non plus oublier leurs luttes pour l&#039;accès à la politique : plus précisément le droit de vote pour les femmes, qui prend de l&#039;ampleur bien avant la guerre. C&#039;est dans ce contexte d&#039;après guerre, que les femmes resurgissent au front pour valoriser des droits égalitaires et propres à leur vie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cet article est fondé à la fois sur une recherche documentaire et sur la récolte de témoignages de deux personnes pionnières dans l&#039;avancée du droit des femmes à l&#039;avortement. L&#039;article présentera également les différents mouvements féministes réalisés dans les années 1970 sur le droit à l&#039;avortement.Ceci nous montreras que la Suisse, n’a pas été la première à lutter pour le droit à l’avortement, mais que le phénomène est mondial. Les États-Unis ont été sans aucun doute les précurseurs, mais la lutte s&#039;est diffusée et reproduite dans différents pays du monde amenant à des dates différentes à autoriser l’avortement.  L&#039;article se centrera sur la lutte des femmes en Suisse et les différentes lois qui en sont ressorties et cherchera à comprendre la part qu’ont joué les deux témoins interrogées dans cette histoire récente (1970 à aujourd&#039;hui). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour ce faire, nous avons constitué une bibliographie, à partir d’ouvrages sur les mouvements féministes en général, sur la chronologie des contestations. Nous avons lu des articles scientifiques qui présentent la situation en Suisse, épluché  des informations sur les deux témoins qui ont été interrogés et consulté les archives contestataires à Carouge. &lt;br /&gt;
Nous avons également pu rencontré deux femmes militantes à Genève sur ce thème. On a donc effectué deux entretiens audio avec Madame [[Amélia Christinat]] et Madame [[Rina Nissim]] pour obtenir leur témoignage sur l’histoire des mouvements féministes des années 1960 à 1980, principalement sur la question de l’avortement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L&#039;Histoire du droit des femmes == &lt;br /&gt;
Actuellement des auteures telles que Marcella Iacub et Judith Butler font de la problématique féministe une occasion de débattre la question du genre, des identités sexuelles et limites entre les sexes (intersexe, queer, etc), laquelle peut nous aider à repenser la lutte féministe. Or, celle des années 70 (en amont en Suisse de l&#039;accession des femmes à la citoyenneté) est celle d&#039;une longue marche marquée par des féministes de l&#039;après guerre comme Simone de Beauvoir avec sa formule historique &amp;quot;On ne naît pas femme on le devient&amp;quot;, soulignant le déterminisme social de la féminité et la &amp;quot;fabrication&amp;quot; culturelle. &lt;br /&gt;
Pour tenter de comprendre ce qui s&#039;est passé durant cette époque nous allons revenir sur les faits marquants. Pour la compréhension de ce qui va suivre nous vous conseillons de lire [[Frise Chronologique du droit à l&#039;avortement|la frise chronologique]] des événements marquants pour le droit à l&#039;avortement en Suisse. &lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
=== Mouvements féministes : Buts et démarches ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce n&#039;est que dans la deuxième moitié du XIXème siècle que le féminisme se démarque en tant que mouvement collectif de luttes de femmes. &amp;quot;Ces luttes reposent sur la reconnaissance des femmes comme spécifiquement et systématiquement opprimées, l&#039;affirmation que les relations entre hommes et femmes ne sont pas inscrites dans la nature mais que la possibilité politique de leur transformation existe.&amp;quot;[3] En effet, les femmes ont dû faire face à de nombreuses inégalités et cela dans de nombreux domaines: le travail, la santé, la politique... Nous constatons encore aujourd&#039;hui que de nombreuses inégalités persistent sur le droit des femmes mais elles sont moindres ou de nature différentes que dans les années 1960-80. Pour pouvoir entrer dans un processus de revendication politique du féminisme, il faut qu&#039;il y ait une &amp;quot;relation avec une conceptualisation de droits humains universels;elle s&#039;ancre dans les théories des droits de la personne dontles premières formulations juridiques sont issues des révolutions américaines puis françaises.&amp;quot; &amp;lt;ref&amp;gt;Hirata H, et al,2000, &amp;quot;Dictionnaire critique du féminisme&amp;quot;, Paris : Presse Universitaires de France, p. 225&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
Il convient de faire une distinction entre les mouvements féministes et les mouvements populaires des femmes. En effet, les mouvements populaires des femmes ne mettent pas directement en avant l&#039;exigence de droits spécifiques pour les femmes. C&#039;est l&#039;emploi du mot féministe qui va changer les représentations que l&#039;on se fait à cette époque. Pour certains les féministes sont &amp;quot;trop bourgeoises au XIXème siècle et au début du XXème siècle trop radicales et ennemies des hommes après les années 1970&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;Hirata H, et al,2000, &amp;quot;Dictionnaire critique du féminisme&amp;quot;, Paris : Presse Universitaires de France., p. 126&amp;lt;/ref&amp;gt;. Quant à l&#039;expression &amp;quot;mouvement des femmes&amp;quot;, elle est plus souvent utilisée comme raccourci pour mouvement de libération des femmes. Voila pourquoi elle a pu être associée au féminisme le plus radical et explique la confusion entre les deux termes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lorsque nous parlons de &amp;quot;mouvements féministes&amp;quot; nous désignons sous une même dénomination &amp;quot;les diverses formes des mouvements de femmes, le féminisme libéral ou &amp;quot;bourgeois, le féminisme radical, les femmes marxistes ou socialistes, les femmes lesbiennes, les femmes noires et toutes les dimensions catégorielles des mouvements actuels&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;Hirata H, et al,2000, &amp;quot;Dictionnaire critique du féminisme&amp;quot;, Paris : Presse Universitaires de France, p. 127&amp;lt;/ref&amp;gt;. Dès lors, l&#039;expression&amp;quot; mouvement des femmes &amp;quot; représente les mobilisations de femmes en Amérique Latine ou les mouvements pour la paix en Irlande ou au moyen-Orient&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;Hirata H, et al,2000, &amp;quot;Dictionnaire critique du féminisme&amp;quot;, Paris : Presse Universitaires de France., p.126&amp;lt;/ref&amp;gt; Dans la littérature, deux types de mouvements féministes se démarquent. Une première vague a émergé dans la seconde moitié du XIXème siècle. Elle est souvent présentée autour des revendications du droit de vote.  Au début du XXème siècle, ou les mouvements sont qualifiés de &amp;quot;néo féminisme&amp;quot;, les exigences ne se fondent pas sur une seule exigence d&#039;égalité mais sur une reconnaissance &amp;quot;de l&#039;impossibilité sociale de fonder cette égalité dans un système patriarcal&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;Hirata H, et al,2000, &amp;quot;Dictionnaire critique du féminisme&amp;quot;, Paris : Presse Universitaires de France, p. 126&amp;lt;/ref&amp;gt;. Le féminisme des années 1970, se fait connaitre par des mouvements anti-autoritaires, par des groupes de parole, il met en avant les formes les plus spontanées de manifestation et refuse toute organisation hiérarchique. &amp;quot; L&#039;appartenance au mouvement représente la mise en acte d&#039;une nouvelle idéologie, la recherche de sens et de valeurs communs.&amp;quot; &amp;lt;ref&amp;gt;Hirata H, et al,2000, &amp;quot;Dictionnaire critique du féminisme&amp;quot;, Paris : Presse Universitaires de France, p.128&amp;lt;/ref&amp;gt;. C&#039;est entre la fin des années 1960 et le début des années 1970 que le féminisme connait une ampleur internationale. &amp;quot;L&#039;onde de choc part des Etats-Unis et gagne très rapidement la Grande-Bretagne et l&#039;Allemagne dans les années 60&amp;quot;. Il faut ajouter qu&#039;en &amp;quot;dépit de son caractère extra parlementaire, le mouvement de libération des femmes a la capacité de susciter de larges mobilisations auprès des femmes syndiquées, des femmes de partis de gauche et de droite ou des associations luttant pour les droits des femmes comme le planning familial. Ce sont d&#039;abord les campagnes pour la liberté d&#039;avorter qui constituent les événements les plus importants et les plus marquants &amp;lt;ref&amp;gt;Hirata H, et al,2000, &amp;quot;Dictionnaire critique du féminisme&amp;quot;, Paris : Presse Universitaires de France, p. 128&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En ce qui concerne la Suisse, c’est dans la continuité du mouvement de la jeunesse estudiantine de 1968 que naît le nouveau mouvement féministe. C’est à Zurich que se sont réunies des femmes de gauche, que l’on appellera « Frauenbefreiungsbewegung » ou plus communément le FBB. Elles critiquent le fait que les femmes sont oppressées et qu’il s’agit d’une « contradiction sociale fondamentale ». Le [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]], pour la Suisse romande et le MFT au Tessin vont très rapidement suivre la création du FBB, avec comme objectif commun de « récuser l’organisation hiérarchique des associations et de la politique traditionnelle » &amp;lt;ref&amp;gt;Commission fédérale, &#039;&#039;Femmes Pouvoir Histoire&#039;&#039;, 1.3, p. 1, consulté le 27 Novembre sur http://webcache.googleusercontent.com/search?q=cache:UpvKGVSBak0J:www.ekf.admin.ch/dokumentation/00444/00517/index.html%3Flang%3Dfr%26download%3DNHzLpZeg7t,lnp6I0NTU042l2Z6ln1ae2IZn4Z2qZpnO2Yuq2Z6gpJCDdH58hGym162epYbg2c_JjKbNoKSn6A--+&amp;amp;cd=2&amp;amp;hl=fr&amp;amp;ct=clnk&amp;amp;gl=ch&amp;amp;client=firefox-a&amp;lt;/ref&amp;gt; inspirés des mouvements français et américains préalablement abordés. Cependant, des divergences existent entre tous ces mouvements sur différentes questions telles que l’avortement ou encore la possibilité pour le sexe féminin de faire l’armée. Une chronologie a été rédigée dans l’article suivant : &amp;quot;Le nouveau mouvement féministe et les organisations féminines depuis 1968&amp;quot; de la Commission fédérale pour les questions féminines de la Confédération Suisse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La période  entre 1940-50 : une période restrictive ===&lt;br /&gt;
Pour comprendre la lutte pour l&#039;avortement comme droit de la personne il nous faut revenir sur le contexte de l&#039;après guerre. La législation suisse sur l’avortement est l’une des plus restrictives d’Europe.  Les premières dispositions du Code pénal suisse à ce sujet ont été définies en 1942 et prévoient, à cette époque, l’emprisonnement de la femme qui avorte, ainsi que de la personne qui l’aide à pratiquer cet acte. En revanche, une exception existe : si la grossesse comporte un danger pour la mère et que l’interruption de grossesse est pratiquée par un médecin, l&#039;avis étant approuvé par un second médecin, l’avortement n’est alors pas punissable. On comprend alors que la conséquence a été un nombre considérable d’avortements illégaux. Cependant, la mise en place de dispositifs de préventions et d’une diffusion d’informations contribua à faire diminuer le nombre d’avortements autant illégaux, que légaux. Par ailleurs, l’Organisation Mondiale de la Santé ([http://www.who.int/fr/ OMS]) a étendu la notion de « santé » en y insérant les dimensions de bien-être psychique et social : « la santé ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité ; elle est un état de complet bien-être physique, mental et social. »&amp;lt;ref&amp;gt;Rey, A.-M., 2013, &#039;&#039;Tendance à la libéralisation&#039;&#039;, USPDA. Consulté le 7 Novembre sur http://www.svss-uspda.ch/fr/suisse/liberal.htm&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ceci légalise aussi la pratique d’interruption de grossesse et écarte la menace d’emprisonnement. &amp;lt;ref&amp;gt;Rey, A.-M., 2013, &#039;&#039;L&#039;ancienne législation de 1942&#039;&#039;, USPDA. Consulté le 7 Novembre sur http://www.svss-uspda.ch/fr/suisse/loi_1942.htm&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
Cependant, cette législation attise la colère et la montée d’une révolte. Au début du XXème siècle, on voit s’élever des mouvements, tels que les organisations ouvrières, pour lutter en faveur de la décriminalisation de l’avortement.&lt;br /&gt;
De plus, dans cette période, il existe une différence entre les cantons au niveau de la législation sur l&#039;avortement. Ceci met donc les professionnels dans l&#039;embarras puisqu&#039;ils n&#039;ont pas une pratique généralisée au niveau de l&#039;état, et cela soulève également une inégalité entre les femmes des différents cantons de la Suisse. Des mesures fédérales strictes ont donc été prises pour tenter de généraliser les pratiques et s&#039;accorder sur la pratique de l&#039;avortement : « l’institutionnalisation juridique d’une interruption de grossesse pouvant être légalement pratiquée par un médecin sous haute surveillance de l’Etat : consultation obligatoire d’un second médecin, qui doit être un spécialiste et en plus agréé par les autorités cantonales compétentes, et qui doit donner par écrit un « avis conforme ». Il faut également le consentement écrit de la femme enceinte. ». Ainsi à cette époque nous constatons que les femmes n&#039;ont pas la maitrise de leur corps et que de ce fait la maternité ne peut se contrôler. Ce contexte illustre la réalité des femmes, soit elles ont la chance de pouvoir trouver deux médecins qui l&#039;estime en danger, soit elles décident de pratiquer un avortement illégal ce qui comporte de grands risques pour leur santé (hémorragie et infection qui peuvent entrainer la mort de la femme).&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La période 1960-70 : les premiers changements ===&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Fichier:Graphiquefemme.jpeg|vignette|gauche|Graphique représentant les condamnations des femmes]]&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Le graphique ci-contre nous montre la condamnation des femmes en ce qui concerne l&#039;avortement.&amp;lt;ref&amp;gt;Rey, A.-M., 2013, &#039;&#039;Interruption de grossesse en Suisse : les faits et les données&#039;&#039;, USPDA. Consulté le 18 Novembre sur http://www.svss-uspda.ch/pdf/faits-et-donnees.pdf &amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt; En effet, nous voyons que le pic le plus élevé se situe dans l&#039;année 1950, avec 550 condamnées. Puis lors de la commercialisation de la pilule, l&#039;emprisonnement des femmes diminue fortement l&#039;année suivante, passant d&#039;environ 400 condamnations à environ 260. De manière générale, ce graphique montre que les condamnations sur la période 1960-1980 n&#039;ont cessé de baisser. &lt;br /&gt;
Les années 60 sont donc marquées par l&#039;arrivée de la pilule contraceptive en Suisse. En effet, en 1961, la commercialisation de celle-ci fait reculer le nombre d&#039;avortement pratiqué en Suisse puisque les femmes ont un contrôle sur leur reproductibilité. Malgré tout, la pilule contraceptive circule à l&#039;époque discrètement, puisque aucune loi ne précise son autorisation. En 1965, la création du premier planning familial en Suisse au HUG permettra de conseiller les familles. L&#039;établissement ouvrira donc un pôle dédié à l&#039;information familiale et aux régulations des naissances.&amp;lt;ref&amp;gt;Fert-Bek, D., (s.d.), &#039;&#039;Historique&#039;&#039;, Le service du planning familial de Genève a 40 ans,Genève, HUG. Consulté le 18 Novembre 2013 sur http://planning-familial.hug-ge.ch/nous/historique.html&amp;lt;/ref&amp;gt; Dans cet établissement les professionnels conseillent les parents sur la manière d&#039;avoir un contrôle sur l&#039;élargissement de leur famille. Ainsi, grâce à cette structure, la pilule contraceptive a pu circuler dans le territoire helvétique. La pilule était considéré pour certain comme un enjeux économique : elle permettait de contrôler les naissances et donc de préserver la richesse, et pour d&#039;autres comme un moyen de débrider la sexualité des femmes&amp;lt;ref&amp;gt;L&#039;illustré, (s.d.) &#039;&#039;La pilule qui a changé le monde&#039;&#039;, Archives, Consulté le 18 Novembre 2013 sur http://www.illustre.ch/la_pilule_qui_a_change_le_monde_45372_.html&amp;lt;/ref&amp;gt;.   &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Mlf.jpeg|vignette|gauche|Affiche du Front des Bonnes Femmes]][[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|Le Mouvement de Libération des Femmes (MLF)]] a démarré aux Etats-Unis, et a encouragé les militants des autres pays à lutter pour améliorer les conditions féminines. Le [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]] créé en 1969 à Zurich,que l&#039;on retrouvait également dans d&#039;autres cantons  (Genève et Tessin par exemple) se base &amp;quot;sur les mouvements de libération du Tiers monde pour encourager les femmes à se libérer des contraintes inhérentes à la famille nucléaire (Rôle des sexes).&amp;quot; &amp;lt;ref&amp;gt;Jorris, E., 2009, &#039;&#039;Mouvement de libération des femmes (MLF)&#039;&#039;. Consulté le 19 Novembre 2013 sur http://www.hls-dhs-dss.ch/textes/f/F16504.php&amp;lt;/ref&amp;gt;. Sur le canton de Genève plus précisément, des groupes de certains partis de gauche militaient en ces faveurs (ils étaient très hiérarchisés et ne plaisaient pas à toutes les femmes militantes). C&#039;est donc principalement grâce à Madame Brodmann (qui a milité aux Etats-Unis) et Madame Gramoni qu&#039;il y a eu dans un premier temps le front des Bonne-Femmes (où militait aussi Rina Nissim). Leur premier slogan a été &amp;quot;Femmes décolonisons-nous !&amp;quot; avec des affiches placardées sur les façades des grandes banques : les femmes insistaient donc pour la ré-appropriation de leur corps (avortement, pilule contraceptive, ...).&amp;lt;ref&amp;gt;Roussopoulos Carole, Debout ! Une histoire du mouvement des femmes 1970-80, 1999. Consulté le 19 Novembre 2013 sur http://ballonsonde.org/wikiSonde/videos/Femmes_Debout.htm&amp;lt;/ref&amp;gt; &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Les femmes pensent donc vivre singulièrement des situations d&#039;exclusion et d&#039;injustices, or le fait de discuter ensemble elles se rendent compte qu&#039;elles vivent toutes ce genre de situation. Cette prise de conscience favorise donc la mobilisation des femmes pour combattre ces injustices dont elles sont victimes. Les communautés ou ce que l&#039;on pourrait appeler regroupements permettent donc aux femmes de prendre consciences mais aussi de prendre du pouvoir dans la société. L&#039;effet de groupe a permis de de faire rassembler dans les rues des milliers de femmes pour manifester ensemble contre des inégalités entre sexe ([[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]]).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans le même temps, il ne faut pas oublier que les avortements illégaux continuent à être pratiqués à cette période. En effet, le nombre d&#039;avortements, légaux et illégaux, est estimé à 50 000 en 1966. Les avortements légaux s&#039;élevaient à environ 17 000 en 1966 (16 000 en 1978 et 1980, 14 000 en 1985, 13 000 en 1990, 12 000 en 1995, 13 000 en 1996 et 1998). Les avortements clandestins diminuèrent grâce : &lt;br /&gt;
* à la raréfaction avec l&#039;élargissement des indications médicales dans les cantons libéraux (Zurich, Bâle-Ville, Berne, Vaud, Neuchâtel, Genève) dès les années 1950&lt;br /&gt;
* la libéralisation progressive dans d&#039;autres cantons(Tessin dès les années 1970; Argovie, Bâle-Campagne, Glaris, Schaffhouse, Soleure, Jura au cours des années 1990)&lt;br /&gt;
* la généralisation des centres de planning familial, des cours d&#039;éducation sexuelle, la diffusion de moyens de contraception sûrs dès les années 1960 &lt;br /&gt;
* le remboursement de l&#039;intervention par les caisses maladie).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On remarque que malgré les mesures juridiques fédérales restrictives, les cantons adoptent des pratiques très différentes les uns des autres. Ainsi, les dimensions d’ordre psychologique et social sont incluses dans les indications médicales des cantons libéraux, alors que la pratique est seulement tolérée dans les cantons conservateurs catholiques. Face à cette inégalité juridique, les cantons libéraux accueillent des femmes vivant dans ces cantons restrictifs pour se faire avorter. On assiste à une forme de tourisme « gynécologique ». Cela amène les cantons à réfléchir sur ces pratiques. Notamment le canton de Neuchâtel, où plusieurs affaires d&#039;avortements sont jugées. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La période 1970-1980 : La période clé ===&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
A la suite de ces scandales, le député radical Maurice Favre dépose en mars 1971 une [http://www.amtsdruckschriften.bar.admin.ch/viewOrigDoc.do?id=10100953 motion] en faveur d&#039;une initiative cantonale demandant la suppression des articles 118 à 121 du CP.  &lt;br /&gt;
Cette démarche est suivie du lancement, en juin de la même année, par un comité de cinq personnes, de l&#039;initiative populaire fédérale pour la décriminalisation de l&#039;avortement, largement soutenue notamment par le mouvement des femmes. En 1972, les milieux chrétiens conservateurs font circuler une pétition &amp;quot;Oui à la vie, non à l&#039;avortement&amp;quot;. A partir de ce moment-là, nous voyons apparaître les organisations et les mouvements féministes qui organisent des manifestations en faveur de l’interruption de grossesses libres et gratuites, ainsi que pour revendiquer [http://www.svss-uspda.ch/index.html la décriminalisation de l’avortement].  Il y a dons deux propositions faites : accorder un délais pour l&#039;avortement (par exemple : les avortements pourront être légal pendant les 10 premières semaines de grossesse)ou élargir les motifs pour l&#039;avortement (par exemple : souffrances psychiques, douleurs physique, ...)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C&#039;est une lutte qui se fait contre des mentalités traditionnelles où l&#039;homme est dominant dans la société. La prise de conscience des femmes et de leurs conditions se fait petit-à-petit, en prenant plus d&#039;ampleur au milieu des années 70. C&#039;est la réunion de plusieurs milliers de femmes qui fait que l&#039;on puisse qualifier le [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]] de mouvement. Ce sont des femmes de tout âge qui se battent pour l&#039;amélioration de leurs conditions de vie. Ces mouvements veulent principalement lutter pour le droit du libre choix des femmes ou de manière générale à ce que l&#039;on nomme l&#039;autonomie des femmes. A cette époque, il y a &amp;quot;deux types de femmes&amp;quot; :  celles qui font des études mais qui restent à la maison pour materner, ou bien celle qui font des études et qui travaillent. Ces dernières se trouvent confrontées à la réalité sociale : avec le même titre professionnel, les femmes obtiennent des salaires bien inférieurs à ceux des hommes. C&#039;est suite à cette prise de conscience face au [http://www.scienceshumaines.com/peut-on-en-finir-avec-le-plafond-de-verre_fr_22408.html Plafond de Verre], que les femmes se réunissent pour échanger leurs histoires. Elles se mobilisent donc afin de pouvoir avoir le contrôle sur leur vie, et sur leur corps. L&#039;une des grandes luttes se fait autour du contrôle de leur corps : ce qu&#039;elles nomment la mobilisation pour la ré-appropriation du corps. Il s&#039;agit de donner aux femmes la possibilité de choisir leur maternité, leur contraception, et leur médicamentation. En 1978, sur le canton de Genève, l&#039;ouverture du Dispensaire des femmes (par [[Rina Nissim]]) leur permet d&#039;être accueillies dans un lieu où on leur donne des conseils, des listes de gynécologues tolérants face aux choix d&#039;avorter ainsi que différentes méthodes pour soigner les maladies génitales, ... De plus, les femmes peuvent si elles le veulent accéder au groupe action Self-Help du [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]] ; qui est un lieu où l&#039;on échange sur son vécu, et où l&#039;on pratique des examens concrets pour découvrir son corps. L&#039;instruction, comme l&#039;évoque [[Amélia Christinat|Mme Christinat]] permet aux femmes de comprendre les injustices auxquelles elles sont confrontées et de se mobiliser pour que toute les sociétés reconnaissent les femmes comme des personnes avec un cerveau. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans le même temps, une nouvelle réglementation sur l’avortement est considérée par le Conseil fédéral, et trois variantes sont discutées : la première, appelée &amp;quot;solutions des indications&amp;quot; autorise l’avortement dans les situations où la grossesse menace la vie ou la santé de la femme, en cas de viol, ou encore si l’enfant présente un trouble ou une déficience physique et/ou mentale. Une autre variante est celle des « indications sociales » qui prend en compte la situation sociale précaire de la femme. Finalement, la troisième, « solution des délais », permet l’avortement pendant les douze premières semaines de grossesse. Il en va sans dire que les partis politiques, les organisations et les cantons conservateurs catholiques sont en faveur de la solution la plus restrictive, alors que leurs rivales refusent les trois types de variantes et revendiquent l’avortement libre et gratuit. Le Conseil fédéral  rejette l’initiative pour la décriminalisation de l’avortement, mais opte finalement pour la solution des indications élargies, attisant ainsi le mécontentement des deux camps. &lt;br /&gt;
Face au rejet de l’initiative populaire pour la décriminalisation de l’avortement, [http://www.svss-uspda.ch/index.html l’Union Suisse pour la Décriminalisation de l’Avortement] (USPDA) (dont fait partie [[Amélia Christinat]])propose un compromis et lance une initiative qui cette fois rejoint l’idée de la solution des délais. « L’initiative réclament la décriminalisation de l’avortement s’il est pratiqué par un  médecin avec le consentement de la femme pendant les douze semaines qui suivent les dernières règles ». Cependant, celle-ci essuie à nouveau un échec : elle est rejetée par la majorité des cantons. &lt;br /&gt;
Les années suivantes toutes les propositions d&#039;initiatives,pour ou contre l&#039;avortement, sont sans cesse rejetées. Mais les luttes féminines pour le droit à l&#039;avortement s&#039;amplifient dans cette période pour pouvoir faire changer les droits de la personne et principalement les droits de la femme. Ce n’est qu’en 1990, que l’idée d’une révision de la loi relative à l’avortement est remise sur le devant de la scène. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous constatons que cette période est une période riche pour la mobilisation des droits des femmes ; de multitudes groupes se forment à l&#039;intérieur du [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]], des nouveaux établissements pour les femmes se créent, ... des femmes se mobilisent également pour d&#039;autres causes qui ne les touchent pas particulièrement puisque nous verrons, dans [[Accueil|le dernier chapitre]] de cet article, que plusieurs d&#039;entres-elles se sont mobilisé pour le droit à l&#039;autodétermination [[Droits des patients (à l&#039;hôpital)|des patient des hôpitaux]]. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Globalement ce qui se fait ressentir c&#039;est  surtout l&#039;envie de faire changer la mentalité de la société pour que les femmes aient les même droits que les hommes. Nous avions déjà retrouver ce point en 1791 en France où est apparue la [http://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9claration_des_droits_de_la_femme_et_de_la_citoyenne Déclaration des Droits de la Femme et de la Citoyenne] se basant sur la [http://www.textes.justice.gouv.fr/textes-fondamentaux-10086/droits-de-lhomme-et-libertes-fondamentales-10087/declaration-des-droits-de-lhomme-et-du-citoyen-de-1789-10116.html version originale] et dont le but était de montrer l&#039;égalité juridique entre homme et femme.   &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Depuis 1990 ===&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Les différentes mobilisations des femmes soixanthuitardes ont permis la diminution d&#039;une multitude d&#039;inégalités pour lesquelles elles se mobilisaient.&lt;br /&gt;
Revenons tout d&#039;abord, en 1994, où l&#039;on constate un net recul du nombre d’avortements légaux. Ceci peut s’expliquer par une diffusion de l’information (éducation sexuelle) et la libre disposition de moyens contraceptifs. Ce phénomène vient appuyer l’idée que la libéralisation ne conduit pas à une augmentation des avortements, bien au contraire. Plusieurs services se sont donc installés suite au manifestations des femmes dans les rues. A partir de là, les choses commencent à changer et vont en faveur de la décriminalisation de l’avortement. En effet, le Conseil National adopte en 1995 &amp;quot;la solution des délais&amp;quot;. En 1996, la Commission des Affaires Juridiques du Conseil National ratifie un projet de loi qui prévoie la décriminalisation de l’avortement pendant les 14 premières semaines après les dernières règles. On voit mêmes les femmes du parti démocratique-chrétien (PDC) aller en faveur du droit de la femme à l’autodétermination et pour &amp;quot;la solution des délais&amp;quot;. De nombreuses organisations telles que la Fédération suisse des Eglises protestantes, les groupes des femmes radicales de Suisse, accueillent cette solution des délais comme un compromis tolérable. Toutefois, le Conseil Fédéral rejette une fois de plus la &amp;quot;solution du délai&amp;quot; en 1998. Nous constatons donc que les manifestations pendant plus de 15ans, ne suffisent pas pour que la Suisse autorise l&#039;avortement. En France par exemple, la lutte des femmes a été moins longue en ce qui concerne le droit à l&#039;avortement puisqu&#039;il est autorisé depuis  [http://fr.wikipedia.org/wiki/Loi_Veil_du_17_janvier_1975_sur_l&#039;interruption_volontaire_de_grossesse 1975] et suite [http://fr.wikipedia.org/wiki/Manifeste_des_343 aux manifestes des 343] de 1971. &lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Par ailleurs, la pilule abortive Mifegyne (RU 486) est admise et commercialisée en Suisse dès 1999. La [http://webcache.googleusercontent.com/search?q=cache:aZM-IrETCowJ:bijsluiters.fagg-afmps.be/DownloadLeafletServlet%3Fid%3D109287+&amp;amp;cd=9&amp;amp;hl=fr&amp;amp;ct=clnk&amp;amp;gl=ch&amp;amp;client=firefox-a notice] d&#039;utilisation explique son utilité : &amp;quot;Mifegyne est un médicament qui bloque l&#039;action de la progestérone, une hormone nécessaire au maintien de la grossesse. Mifegyne peut donc provoquer une interruption de grossesse.&amp;quot; Cependant cette méthode médicamenteuse est soumise aux mêmes dispositions pénales que l’avortement et est prescrite uniquement par le corps médical.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Finalement, le Parlement adopte la solution du délai en mars 2001 et est rentré en vigueur en 2002. « Ainsi l’avortement n’est pas punissable pendant les 12 premières semaines de la grossesse à condition que la femme fasse valoir une situation de détresse. Les cantons doivent décider quels cabinets et établissement peuvent pratiquer l’intervention. » &amp;lt;ref&amp;gt;Rey, A.-M., 2013, Régime du délais, USPDA. Consulté le 7 Décembre sur http://www.svss-uspda.ch/fr/suisse/loi.htm&amp;lt;/ref&amp;gt; De plus, Rey (2013), illustre les modifications entre l&#039;ancienne et la nouvelle loi de 2002, relatif à l&#039;avortement. &amp;lt;ref&amp;gt;Rey, A.-M., 2013, Comparaison ancienne et nouvelle législation, USPDA. Consulté le 7 Décembre sur http://www.svss-uspda.ch/fr/suisse/comparaison.htm &amp;lt;/ref&amp;gt; Depuis ce jour, la femme est la seule personne qui ait le droit de choisir ou non l&#039;avortement. En aucun cas, une personne tierce (et même si celle-ci a une blouse blanche) ne pourra refuser l&#039;avortement d&#039;une femme dans les douze premières semaines de grossesse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous pouvons donc conclure que « les discussions provoquées en 1971 par l’initiative en faveur de la décriminalisation de l’avortement ont été à l’origine d’un changement des mentalités et d’une prise de conscience ».&amp;lt;ref&amp;gt;Rey, A.-M., 2013, Chronologie des événements dès 1970, USPDA. Consulté le 7 Décembre sur http://www.svss-uspda.ch/fr/suisse/chronologie.htm &amp;lt;/ref&amp;gt; En effet, on assiste à une diminution du nombre de condamnations et à une libéralisation de la pratique de l’avortement. Par ailleurs, on se rend compte qu’à travers la mise en place de centres de plannings familiaux et des dispositifs d’informations, comme l’éducation sexuelle, on parvient à lutter contre l’avortement.  La prévention prévaut donc à la pénalisation. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cependant on constate que la réglementation à ce sujet peut encore être modifiée, car ce droit à l’avortement est sans cesse remis en question. En effet, en 2010, le mouvement anti-avortement « Mamma », qui s&#039;intitulait auparavant &amp;quot;Pour la mère en l’enfant&amp;quot;  lance une initiative populaire : « Financer l’avortement est une affaire privée ». Il s’agit d’une initiative qui demande que l’IVG ne soit plus pris en compte par les prestations de l’assurance maladie de base, et ce en invoquant l’idée qu’il s’agit d’une décision d’ordre privé, et que de ce fait le financement public n’a pas de sens. Cependant, on remarque que le droit à donner la vie est également de l’ordre du privé, et pourtant celui-ci n’est pas contesté. [[Entretien Rina Nissim|Rina Nissim]], nous met en garde sur la tournure que prend les événements d&#039;aujourd&#039;hui (concernant le financement de l&#039;avortement). En effet, selon elle, nous serions en pleine régression concernant le libre choix de la femme. A contrario des générations d&#039;après 70, il faut que les générations d&#039;aujourd&#039;hui se mobilisent pour faire en sorte de garder un droit durement acquis par les femmes soixanthuitardes. La votation de Février 2014 qui se prépare pourrait modifier les droits que nous avons jusqu&#039;à présent. Si les générations de maintenant et les suivantes veulent elles aussi avoir la possibilité de choisir leur grossesse, elles se doivent de s&#039;impliquer pour faire en sorte de ne pas perdre les droits acquis.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le droit à l&#039;avortement est également contesté dans [http://www.planning-familial.org/actualites/lavortement-en-europe-ou-sont-les-bonnes-nouvelles-0012490 les autres pays Européens]. L&#039;Irlande et l&#039;Espagne seraient les deux pays Européens les plus réactionnaires au droit à l&#039;avortement. En effet, le premier ministre devrait sous peu, mettre en place une nouvelle loi concernant ce sujet. L&#039;avortement sera alors possible que dans l&#039;une des trois conditions (viol, malformation du fœtus ou danger de la mère) et les personnes mineures devront avoir une autorisation des parents. &amp;lt;ref&amp;gt;Magnan, P., (2014) &#039;&#039;Avortement : le retour en arrière de l&#039;Espagne, premier signe en Europe ?&#039;&#039;. consulté le 6 Janvier 2014 sur http://geopolis.francetvinfo.fr/avortement-le-retour-en-arriere-de-lespagne-un-premier-signe-en-europe-28245 &amp;lt;/ref&amp;gt; La crise économique, comme nous l&#039;avait précisé [[Rina Nissim]], influencerait les multiples régressions concernant les droits des femmes ; dont celui de leur intégrité physique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les témoins qui ont participé aux changements ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous avons décidé d&#039;interroger des personnes qui se sont mobilisées en Suisse pour le droit à l&#039;avortement. Elles pourront donc faire ressortir des éléments personnels sur le contexte de l&#039;époque, et les problèmes qu&#039;elles ont pu rencontré pour la mise en place de ce droit. &lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Nous avons dans un premier temps contacté Mme [[Amélia Christinat|Christinat Amélia]], avec qui l&#039;une de nous avait déjà travaillé il y a quelques années. Cette personne a donc accepté de participer à notre recherche en répondant à nos questions lors d&#039;un entretien.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un second temps nous avons contacté Mme [[Salika Wenger|Wenger Salika]], marraine de l&#039;association &amp;quot;Ni pute, Ni soumise&amp;quot; qui est actuellement impliquée dans la politique sur Genève puisqu&#039;elle fait partie du Conseil Administratif de la ville de Genève. Deux d&#039;entre nous l&#039;ont connue lors de sa venue à [http://www.infrarouge.ch/ir/1858-seins-nouvelle-arme-feministes l&#039;émission télévisée Infrarouge (RTS)] dédié aux mouvements des Femens (novembre 2011). Après discussion téléphonique, nous avons eu des éléments pertinents qui pourraient nous intéresser pour notre recherche, cependant [[Salika Wenger|Mme Wenger]] est très occupée et ne pourra pas nous accorder un entretien avant Janvier 2014. C&#039;est pourquoi après réflexion, nous avons décidé de contacter une troisième personne qui pourrait éventuellement être plus disponible : Mme [[Rina Nissim|Nissim Rina]]. Par l&#039;intermédiaire de Mme Ruchat nous avons obtenu ses coordonnées téléphoniques et avons pu avoir un rendez vous rapidement.&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Afin de leur éviter quelconque déplacement,nous avons rencontré ses personnes à leur domicile. De plus, pour des raisons pratiques et également afin de ne pas abuser de leur hospitalité, nous avons décidé de mener ces entretiens par groupes de trois.&lt;br /&gt;
Nous proposerons aux différents acteurs de partager leurs souvenirs concernant les années 1970 à Genève afin que nous comprenions la situation actuelle du droit à l&#039;avortement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Retour sur les entretiens==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== [[Entretien Rina Nissim|Entretien]] de [[Rina Nissim]] ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Notre premier entretien s&#039;est déroulée le mercredi 27 Novembre. A trois étudiantes nous nous sommes rendues au cabinet de Rina Nissim. L&#039;entretien qui en découle nous a projeter dans un univers très différent du notre : où la femme n&#039;avaient que très peu de droits. C&#039;est de part son discours, que la militante Rina Nissim, nous a partagé des informations sur l&#039;ambiance, la mobilisation et la persévérances des actrices de cette époque. C&#039;est par la réalisation de plusieurs injustices que les femmes se regroupent pour se mobiliser contre une société qui octroie peu de considération envers les femmes. Le [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]], lutte donc de manière générale pour plusieurs droits (droit à l&#039;égalité salariale, droit à la contraception, droit à l&#039;avortement, ...). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== [[Entretien Amélia Christinat|Entretien]] d&#039;[[Amélia Christinat]] ===&lt;br /&gt;
Le second entretien s&#039;est déroulé le 5 décembre chez Christinat Amélia. A notre arrivée, nous lui avons dit que nous avions déjà des questions précises à lui poser et que ces questions seraient les mêmes pour tous les groupes. En effet, sachant que c&#039;est une femme très bavarde nous avons préférer poser le cadre dès le départ. &lt;br /&gt;
Nous avons pu constater en rentrant dans son salon qu&#039;elle avait préparé différents articles concernant le droit à l&#039;avortement - des articles qu&#039;elle nous a présenté tout au long de l&#039;interview -.&lt;br /&gt;
C&#039;est avec beaucoup d&#039;émotion qu&#039;elle a répondu à nos questions et qu&#039;elle a raconté son combat pour les différents droit de la femme - droit de vote, droit à l&#039;avortement etc.-. Nous avons vraiment ressenti, à travers ses propos, l&#039;importance que ces combats ont eu pour elle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Points communs entre les entretiens=== &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plusieurs points communs ressortent de ces deux entretiens.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout d&#039;abord, nous constatons que le droit à la réappropriation du corps ou plutôt à l&#039;autonomie des femmes, comme cité par [[Rina Nissim]], représente l&#039;un des combats des années 1960-80. Si les femmes, par leur combats, manifestations ont réussi à faire valoir leur droit à l&#039;avortement, elles ont aussi lutté pour la mise en place d&#039;autres valeurs tels que le droit à la contraception, le droit de vote, le droit d&#039;accès aux études. Toutes ces luttes sont évoqués par les deux femmes interrogées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Afin de parvenir à ces changements, il a fallu se réunir entre femmes. A partir du moment où nous souhaitons un changement important, il est nécessaire d&#039;obtenir une mobilisation importante. Rina Nissim part d&#039;un petit groupe, le [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]] qui finalement va prendre une grande ampleur et [[Amélia Christinat|Amélia Christianat]] s&#039;impose dans la politique. Il parait donc évident pour ces deux protagonistes, que pour espérer un changement, il faut se réunir en groupe. La notion de communauté prend donc toute son importance. La notion de communauté est définie comme étant un état de ce qui est commun à plusieurs personnes, similitudes, groupe constituant une société, mise en commun des biens entre époux. Au sens étymologique originel : cum munus. La communauté est donc un groupe de personnes (cum) qui partagent quelque chose (&amp;quot;munus&amp;quot;)- un bien, une ressource, ou bien au contraire une obligation, une dette.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Même si le concept de communauté n&#039;est pas dit explicitement dans nos entretiens, il apparaît tout au long, puisque chacune d&#039;entre elle a rejoint un groupe dans lequel elles éprouvaient des intérêts communs. Chaque membre décide alors en quoi, comment et quand il contribuera à ce groupe. Dans ce cas, [[Rina Nissim]] et [[Amélia Christinat]] en tant que féministes se sont engagées et ont lutté pour le droit des femmes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Enfin, il est intéressant de constater que nos deux intervenantes tirent un bilan mitigé quant à ces luttes pour les droits des femmes. [[Amélia Christinat]] dit :&amp;quot; Alors en fait tout changement, toute progression que l’on peut interpréter comme sociale n’est jamais définitivement acquise. Donc en fait, il faut veiller continuellement, défendre continuellement où que vous soyez et avec qui que vous soyez.&amp;quot; Quant à [[Rina Nissim]], elle dit :&amp;quot;Malheureusement dans la société c’est comme ça, il faut tout le temps se battre. Ça c’est un point sur lequel on est en recul.&amp;quot;, On est en plein recul. Donc y a un ou deux pays qui ont avancé pour l’instant y en a douze qui ont régressé. Donc cela ne va pas du tout cette affaire, on a une très mauvaise posture.&amp;quot; Ainsi, la question des droits pour la personne n&#039;est jamais complètement acquis. Il faut sans arrêt se battre pour continuer à faire valoir ses droits en tant que personne.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il convient à présent de reprendre l&#039;ensemble des questions posées et d&#039;en ressortir les éléments importants :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- &#039;&#039;&#039;Depuis quand et avec qui vous vous êtes engagés dans la lutte pour les droits de la femme et quel était à ce moment votre statut (ou fonction)? Dans quel contexte s&#039;est inséré cette démarche ?&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les deux personnes interrogés ont un parcours différents et leur action ne s&#039;est pas faite au même niveau. [[Rina Nissim]], après son interruption de grossesse à 19 ans, trouve un tract dans un local d&#039;anarchiste. C&#039;est un tract du [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]] qui invite des femmes à les joindre dans leur groupe. [[Rina Nissim]] est intéressée et entre alors au [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]]. Elle est alors la plus jeune de la bande. Il n&#039;y avait pas de statut en tant que tel mais chacune apportait ses connaissances et son envie de se battre pour obtenir plus de droit pour la femme. Quant à [[Amélia Christinat]], elle agit plutôt a un niveau politique et va faire un long parcours en passant par le législatif, le cantonal puis le niveau national afin d&#039;apporter des changements reconnus dans toute la Suisse. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- &#039;&#039;&#039;Y a-t-il eu un événement originel? Pourriez vous nous raconter un ou des événements marquant que vous avez mené ou qui vous ont frappé dans cette période en faveur de ces droits ?&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;un des droits qui a frappé [[Rina Nissim]] dans cette période est l&#039;accès à l&#039;avortement libre et gratuit ainsi que l&#039;accès à la contraception. Elle explique que c&#039;est l’accessibilité à l&#039;avortement qui était problématique.Le planning familial a été une grande innovation mais n&#039;était pas encore présent dans les mentalités de tous, et ce, notamment chez les gynécologues qui n&#039;acceptaient pas tous de donner la pilule. Le [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]] faisait des listes des médecins qui étaient d&#039;accord de prescrire cette pilule et dirigeait les femmes au bon endroit. Cependant, elle ne nous décrit pas un événement très précis, une action qu&#039;elle a effectué qui a pu entraîner ces changements. C&#039;est néanmoins des manifestations importantes et à plusieurs reprises qui ont permis ces évolutions. [[Amélia Christinat]] considère aussi que le droit à l&#039;avortement est un événement phare de cette époque et ajoute que le droit de vote pour la femme est aussi l&#039;un des événements marquants. Elle donne comme exemple les luttes ouvrières françaises qui allaient en Belgique pour se faire avorter parce que c&#039;était défendu en France et qu&#039;elles n&#039;avaient pas d&#039;argent. C&#039;est un événement particulièrement marquant et touchant selon elle. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- &#039;&#039;&#039;Quels ont été les changements les plus importants auxquels vous ayez assisté ?&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Rina Nissim]] évoque plusieurs changements auxquels elle a pu assister. Elle parle de la libération des femmes. C&#039;est se considére comme un individu à part entière qui peut décidé de soi-même, d&#039;être un vrai sujet dans leur vie, dans leur sexualité, dans leur contraception, dans leur choix professionnel. D&#039;après elle, il y a donc eu plusieurs droit : celui de l&#039;avortement avec pour commencer le remboursement par les caisses maladies en 81, le droit au divorce, le divorce. [[Amélia Christinat]] ajoute à l&#039;ensemble de ces changements le droit de vote, en disant qu&#039;à partir du moment où nous avons le bulletin, c&#039;est quelque chose de très important puisque les femmes sont considérées comme une personne. Nous pouvons rattacher cela à l&#039;ensemble de cette étude qui étudie le droit des personnes. Dans le cas des différentes luttes pour le droit des femmes, nous cherchons à mettre en avant qu&#039;elles sont avant tout des personnes qui doivent avoir la liberté de choisir, de donner leur avis. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-&#039;&#039;&#039; Y a-t-il eu des valeurs que vous avez eu le sentiment d’avoir porter en avant et si oui lesquels  ?&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Différentes valeurs sont mises en avant par les deux femmes interrogées. C&#039;est le féminisme, l&#039;humanisme, le socialisme, l&#039;anarchisme. De manière générale l&#039;autonomie des femmes marqué par la réappropriation de son corps. Dans leur discours, les deux femmes montrent bien qu&#039;auparavant nous étions considérés comme femme de.., fille de... que les femmes ont toujours du être meilleure que les hommes. Elles devaient tout faire. De ce fait, les femmes n&#039;étaient pas des sujets en tant que telle. Ce n&#039;est qu&#039;après de nombreuses luttes que nous avons mis en avant le fait que les femmes soient avant tout des personnes à part entière. Elles ont maintenant le même statut, les mêmes droits que les hommes. Bien que comme le relève [[Rina Nissim]] et [[Amélia Christinat]] cela n&#039;est pas quelque chose d&#039;acquis, et cette évolution à tendance à reculer. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039; Mais qu’en est-il aujourd’hui de cette lutte et des acquis et des risques de retour en arrière ?&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le maître mot de ces deux femmes concernant cette lutte est que rien n&#039;est acquis. Il faut toujours se battre parce que les choses ont tendance à régresser. Aujourd&#039;hui le droit de vote, le droit d&#039;accès aux études est l&#039;un des points acquis. Cependant, la question de l&#039;avortement est remis en cause, et fait l&#039;objet de tension actuelles puisqu&#039;il est question de supprimer le remboursement des avortements. C&#039;est donc l&#039;une des causes pour lesquels il faut continuer à se battre et faire valoir ses droits si l&#039;on ne veut pas revenir en arrière.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Références bibliographiques ==&lt;br /&gt;
&amp;lt;references/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;&amp;lt;big&amp;gt;Vidéo :&amp;lt;/big&amp;gt;&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Roussopoulos Carole, &#039;&#039;Debout ! Une histoire du mouvement des femmes 1970-80&#039;&#039;, 1999. Consulté le 19 Novembre 2013 sur http://ballonsonde.org/wikiSonde/videos/Femmes_Debout.htm&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;&amp;lt;big&amp;gt;Documents scannés :&amp;lt;/big&amp;gt;&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Archives contestataires de Genève, Mouvements de Liberté des Femmes : 1970-90[[Fichier:MLF femme.pdf|vignette|Document des archives contestataires]]&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
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Archives contestataires de Genève, Mouvements de Liberté des Femmes : 1970-90[[Fichier:MLF archives.pdf|vignette|Documents des archives contestataires]]&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
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Archives contestataires de Genève, Mouvements de Liberté des Femmes : 1970-90 [[Fichier:MLF assez.pdf|vignette|document des archives contestataires]]&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
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Archives contestataires de Genève, Mouvements de Liberté des Femmes : 1970-90 [[Fichier:MLF avorter.pdf|vignette|Document des archives contestataires]]&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Archives contestataires de Genève, Mouvements de Liberté des Femmes : 1970-90 [[Fichier:MLF personne.pdf|vignette|Document des archives contestataires ]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Julie</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Droits_des_femmes&amp;diff=12496</id>
		<title>Droits des femmes</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Droits_des_femmes&amp;diff=12496"/>
		<updated>2014-01-06T13:01:52Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Julie : /* Références bibliographiques */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Introduction  == &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Actuellement le droit à l&#039;avortement pour les femmes subit encore des contestations et même une offensive de remise en question: pouvons nous encore le qualifier comme  un droit de la femme s&#039;interrogent certains ? Tout au long de cette page nous nous centrerons sur le droit à l&#039;avortement pour les femmes depuis 1970. En effet, les mouvements féministes sont présents depuis longtemps dans l&#039;histoire des droits des personnes. Dans la période de l&#039;après guerre, les femmes se sont mobilisées plus fortement pour acquérir des droits identiques à ceux des hommes. C&#039;est par la lutte pour le droit à un travail rémunéré que les mouvements prennent de l&#039;ampleur  : &amp;quot;L&#039;essort du féminisme dans cette période serait intimement lié à celui du travail salarié&amp;quot; &amp;lt;ref&amp;gt;Riot-Sarcey, M., 2008, &#039;&#039;Histoire du féminisme&#039;&#039;, Paris, La Découvertes, Repères. p. 73 &amp;lt;/ref&amp;gt;. La question de la procréation est aussi au cœur de leur mouvement, puisqu&#039;il est question de &amp;quot;repeupler&amp;quot; des pays détruits : &amp;quot;Après l&#039;hécatombe de la guerre, jusqu&#039;alors la plus meurtrière, il est nécessaire, plus que jamais de &amp;quot;remplir les berceaux vides&amp;quot;&amp;quot; &amp;lt;ref&amp;gt;Riot-Sarcey, M., 2008, &#039;&#039;Histoire du féminisme&#039;&#039;, Paris, La Découvertes, Repères. p. 73 &amp;lt;/ref&amp;gt;. Il ne faut pas non plus oublier leurs luttes pour l&#039;accès à la politique : plus précisément le droit de vote pour les femmes, qui prend de l&#039;ampleur bien avant la guerre. C&#039;est dans ce contexte d&#039;après guerre, que les femmes resurgissent au front pour valoriser des droits égalitaires et propres à leur vie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cet article est fondé à la fois sur une recherche documentaire et sur la récolte de témoignages de deux personnes pionnières dans l&#039;avancée du droit des femmes à l&#039;avortement. L&#039;article présentera également les différents mouvements féministes réalisés dans les années 1970 sur le droit à l&#039;avortement.Ceci nous montreras que la Suisse, n’a pas été la première à lutter pour le droit à l’avortement, mais que le phénomène est mondial. Les États-Unis ont été sans aucun doute les précurseurs, mais la lutte s&#039;est diffusée et reproduite dans différents pays du monde amenant à des dates différentes à autoriser l’avortement.  L&#039;article se centrera sur la lutte des femmes en Suisse et les différentes lois qui en sont ressorties et cherchera à comprendre la part qu’ont joué les deux témoins interrogées dans cette histoire récente (1970 à aujourd&#039;hui). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour ce faire, nous avons constitué une bibliographie, à partir d’ouvrages sur les mouvements féministes en général, sur la chronologie des contestations. Nous avons lu des articles scientifiques qui présentent la situation en Suisse, épluché  des informations sur les deux témoins qui ont été interrogés et consulté les archives contestataires à Carouge. &lt;br /&gt;
Nous avons également pu rencontré deux femmes militantes à Genève sur ce thème. On a donc effectué deux entretiens audio avec Madame [[Amélia Christinat]] et Madame [[Rina Nissim]] pour obtenir leur témoignage sur l’histoire des mouvements féministes des années 1960 à 1980, principalement sur la question de l’avortement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L&#039;Histoire du droit des femmes == &lt;br /&gt;
Actuellement des auteures telles que Marcella Iacub et Judith Butler font de la problématique féministe une occasion de débattre la question du genre, des identités sexuelles et limites entre les sexes (intersexe, queer, etc), laquelle peut nous aider à repenser la lutte féministe. Or, celle des années 70 (en amont en Suisse de l&#039;accession des femmes à la citoyenneté) est celle d&#039;une longue marche marquée par des féministes de l&#039;après guerre comme Simone de Beauvoir avec sa formule historique &amp;quot;On ne naît pas femme on le devient&amp;quot;, soulignant le déterminisme social de la féminité et la &amp;quot;fabrication&amp;quot; culturelle. &lt;br /&gt;
Pour tenter de comprendre ce qui s&#039;est passé durant cette époque nous allons revenir sur les faits marquants. Pour la compréhension de ce qui va suivre nous vous conseillons de lire [[Frise Chronologique du droit à l&#039;avortement|la frise chronologique]] des événements marquants pour le droit à l&#039;avortement en Suisse. &lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
=== Mouvements féministes : Buts et démarches ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce n&#039;est que dans la deuxième moitié du XIXème siècle que le féminisme se démarque en tant que mouvement collectif de luttes de femmes. &amp;quot;Ces luttes reposent sur la reconnaissance des femmes comme spécifiquement et systématiquement opprimées, l&#039;affirmation que les relations entre hommes et femmes ne sont pas inscrites dans la nature mais que la possibilité politique de leur transformation existe.&amp;quot;[3] En effet, les femmes ont dû faire face à de nombreuses inégalités et cela dans de nombreux domaines: le travail, la santé, la politique... Nous constatons encore aujourd&#039;hui que de nombreuses inégalités persistent sur le droit des femmes mais elles sont moindres ou de nature différentes que dans les années 1960-80. Pour pouvoir entrer dans un processus de revendication politique du féminisme, il faut qu&#039;il y ait une &amp;quot;relation avec une conceptualisation de droits humains universels;elle s&#039;ancre dans les théories des droits de la personne dontles premières formulations juridiques sont issues des révolutions américaines puis françaises.&amp;quot; &amp;lt;ref&amp;gt;Hirata H, et al,2000, &amp;quot;Dictionnaire critique du féminisme&amp;quot;, Paris : Presse Universitaires de France, p. 225&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
Il convient de faire une distinction entre les mouvements féministes et les mouvements populaires des femmes. En effet, les mouvements populaires des femmes ne mettent pas directement en avant l&#039;exigence de droits spécifiques pour les femmes. C&#039;est l&#039;emploi du mot féministe qui va changer les représentations que l&#039;on se fait à cette époque. Pour certains les féministes sont &amp;quot;trop bourgeoises au XIXème siècle et au début du XXème siècle trop radicales et ennemies des hommes après les années 1970&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;Hirata H, et al,2000, &amp;quot;Dictionnaire critique du féminisme&amp;quot;, Paris : Presse Universitaires de France., p. 126&amp;lt;/ref&amp;gt;. Quant à l&#039;expression &amp;quot;mouvement des femmes&amp;quot;, elle est plus souvent utilisée comme raccourci pour mouvement de libération des femmes. Voila pourquoi elle a pu être associée au féminisme le plus radical et explique la confusion entre les deux termes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lorsque nous parlons de &amp;quot;mouvements féministes&amp;quot; nous désignons sous une même dénomination &amp;quot;les diverses formes des mouvements de femmes, le féminisme libéral ou &amp;quot;bourgeois, le féminisme radical, les femmes marxistes ou socialistes, les femmes lesbiennes, les femmes noires et toutes les dimensions catégorielles des mouvements actuels&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;Hirata H, et al,2000, &amp;quot;Dictionnaire critique du féminisme&amp;quot;, Paris : Presse Universitaires de France, p. 127&amp;lt;/ref&amp;gt;. Dès lors, l&#039;expression&amp;quot; mouvement des femmes &amp;quot; représente les mobilisations de femmes en Amérique Latine ou les mouvements pour la paix en Irlande ou au moyen-Orient&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;Hirata H, et al,2000, &amp;quot;Dictionnaire critique du féminisme&amp;quot;, Paris : Presse Universitaires de France., p.126&amp;lt;/ref&amp;gt; Dans la littérature, deux types de mouvements féministes se démarquent. Une première vague a émergé dans la seconde moitié du XIXème siècle. Elle est souvent présentée autour des revendications du droit de vote.  Au début du XXème siècle, ou les mouvements sont qualifiés de &amp;quot;néo féminisme&amp;quot;, les exigences ne se fondent pas sur une seule exigence d&#039;égalité mais sur une reconnaissance &amp;quot;de l&#039;impossibilité sociale de fonder cette égalité dans un système patriarcal&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;Hirata H, et al,2000, &amp;quot;Dictionnaire critique du féminisme&amp;quot;, Paris : Presse Universitaires de France, p. 126&amp;lt;/ref&amp;gt;. Le féminisme des années 1970, se fait connaitre par des mouvements anti-autoritaires, par des groupes de parole, il met en avant les formes les plus spontanées de manifestation et refuse toute organisation hiérarchique. &amp;quot; L&#039;appartenance au mouvement représente la mise en acte d&#039;une nouvelle idéologie, la recherche de sens et de valeurs communs.&amp;quot; &amp;lt;ref&amp;gt;Hirata H, et al,2000, &amp;quot;Dictionnaire critique du féminisme&amp;quot;, Paris : Presse Universitaires de France, p.128&amp;lt;/ref&amp;gt;. C&#039;est entre la fin des années 1960 et le début des années 1970 que le féminisme connait une ampleur internationale. &amp;quot;L&#039;onde de choc part des Etats-Unis et gagne très rapidement la Grande-Bretagne et l&#039;Allemagne dans les années 60&amp;quot;. Il faut ajouter qu&#039;en &amp;quot;dépit de son caractère extra parlementaire, le mouvement de libération des femmes a la capacité de susciter de larges mobilisations auprès des femmes syndiquées, des femmes de partis de gauche et de droite ou des associations luttant pour les droits des femmes comme le planning familial. Ce sont d&#039;abord les campagnes pour la liberté d&#039;avorter qui constituent les événements les plus importants et les plus marquants &amp;lt;ref&amp;gt;Hirata H, et al,2000, &amp;quot;Dictionnaire critique du féminisme&amp;quot;, Paris : Presse Universitaires de France, p. 128&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En ce qui concerne la Suisse, c’est dans la continuité du mouvement de la jeunesse estudiantine de 1968 que naît le nouveau mouvement féministe. C’est à Zurich que se sont réunies des femmes de gauche, que l’on appellera « Frauenbefreiungsbewegung » ou plus communément le FBB. Elles critiquent le fait que les femmes sont oppressées et qu’il s’agit d’une « contradiction sociale fondamentale ». Le [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]], pour la Suisse romande et le MFT au Tessin vont très rapidement suivre la création du FBB, avec comme objectif commun de « récuser l’organisation hiérarchique des associations et de la politique traditionnelle » &amp;lt;ref&amp;gt;Commission fédérale, &#039;&#039;Femmes Pouvoir Histoire&#039;&#039;, 1.3, p. 1, consulté le 27 Novembre sur http://webcache.googleusercontent.com/search?q=cache:UpvKGVSBak0J:www.ekf.admin.ch/dokumentation/00444/00517/index.html%3Flang%3Dfr%26download%3DNHzLpZeg7t,lnp6I0NTU042l2Z6ln1ae2IZn4Z2qZpnO2Yuq2Z6gpJCDdH58hGym162epYbg2c_JjKbNoKSn6A--+&amp;amp;cd=2&amp;amp;hl=fr&amp;amp;ct=clnk&amp;amp;gl=ch&amp;amp;client=firefox-a&amp;lt;/ref&amp;gt; inspirés des mouvements français et américains préalablement abordés. Cependant, des divergences existent entre tous ces mouvements sur différentes questions telles que l’avortement ou encore la possibilité pour le sexe féminin de faire l’armée. Une chronologie a été rédigée dans l’article suivant : &amp;quot;Le nouveau mouvement féministe et les organisations féminines depuis 1968&amp;quot; de la Commission fédérale pour les questions féminines de la Confédération Suisse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La période  entre 1940-50 : une période restrictive ===&lt;br /&gt;
Pour comprendre la lutte pour l&#039;avortement comme droit de la personne il nous faut revenir sur le contexte de l&#039;après guerre. La législation suisse sur l’avortement est l’une des plus restrictives d’Europe.  Les premières dispositions du Code pénal suisse à ce sujet ont été définies en 1942 et prévoient, à cette époque, l’emprisonnement de la femme qui avorte, ainsi que de la personne qui l’aide à pratiquer cet acte. En revanche, une exception existe : si la grossesse comporte un danger pour la mère et que l’interruption de grossesse est pratiquée par un médecin, l&#039;avis étant approuvé par un second médecin, l’avortement n’est alors pas punissable. On comprend alors que la conséquence a été un nombre considérable d’avortements illégaux. Cependant, la mise en place de dispositifs de préventions et d’une diffusion d’informations contribua à faire diminuer le nombre d’avortements autant illégaux, que légaux. Par ailleurs, l’Organisation Mondiale de la Santé ([http://www.who.int/fr/ OMS]) a étendu la notion de « santé » en y insérant les dimensions de bien-être psychique et social : « la santé ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité ; elle est un état de complet bien-être physique, mental et social. »&amp;lt;ref&amp;gt;Rey, A.-M., 2013, &#039;&#039;Tendance à la libéralisation&#039;&#039;, USPDA. Consulté le 7 Novembre sur http://www.svss-uspda.ch/fr/suisse/liberal.htm&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ceci légalise aussi la pratique d’interruption de grossesse et écarte la menace d’emprisonnement. &amp;lt;ref&amp;gt;Rey, A.-M., 2013, &#039;&#039;L&#039;ancienne législation de 1942&#039;&#039;, USPDA. Consulté le 7 Novembre sur http://www.svss-uspda.ch/fr/suisse/loi_1942.htm&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
Cependant, cette législation attise la colère et la montée d’une révolte. Au début du XXème siècle, on voit s’élever des mouvements, tels que les organisations ouvrières, pour lutter en faveur de la décriminalisation de l’avortement.&lt;br /&gt;
De plus, dans cette période, il existe une différence entre les cantons au niveau de la législation sur l&#039;avortement. Ceci met donc les professionnels dans l&#039;embarras puisqu&#039;ils n&#039;ont pas une pratique généralisée au niveau de l&#039;état, et cela soulève également une inégalité entre les femmes des différents cantons de la Suisse. Des mesures fédérales strictes ont donc été prises pour tenter de généraliser les pratiques et s&#039;accorder sur la pratique de l&#039;avortement : « l’institutionnalisation juridique d’une interruption de grossesse pouvant être légalement pratiquée par un médecin sous haute surveillance de l’Etat : consultation obligatoire d’un second médecin, qui doit être un spécialiste et en plus agréé par les autorités cantonales compétentes, et qui doit donner par écrit un « avis conforme ». Il faut également le consentement écrit de la femme enceinte. ». Ainsi à cette époque nous constatons que les femmes n&#039;ont pas la maitrise de leur corps et que de ce fait la maternité ne peut se contrôler. Ce contexte illustre la réalité des femmes, soit elles ont la chance de pouvoir trouver deux médecins qui l&#039;estime en danger, soit elles décident de pratiquer un avortement illégal ce qui comporte de grands risques pour leur santé (hémorragie et infection qui peuvent entrainer la mort de la femme).&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La période 1960-70 : les premiers changements ===&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Fichier:Graphiquefemme.jpeg|vignette|gauche|Graphique représentant les condamnations des femmes]]&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Le graphique ci-contre nous montre la condamnation des femmes en ce qui concerne l&#039;avortement.&amp;lt;ref&amp;gt;Rey, A.-M., 2013, &#039;&#039;Interruption de grossesse en Suisse : les faits et les données&#039;&#039;, USPDA. Consulté le 18 Novembre sur http://www.svss-uspda.ch/pdf/faits-et-donnees.pdf &amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt; En effet, nous voyons que le pic le plus élevé se situe dans l&#039;année 1950, avec 550 condamnées. Puis lors de la commercialisation de la pilule, l&#039;emprisonnement des femmes diminue fortement l&#039;année suivante, passant d&#039;environ 400 condamnations à environ 260. De manière générale, ce graphique montre que les condamnations sur la période 1960-1980 n&#039;ont cessé de baisser. &lt;br /&gt;
Les années 60 sont donc marquées par l&#039;arrivée de la pilule contraceptive en Suisse. En effet, en 1961, la commercialisation de celle-ci fait reculer le nombre d&#039;avortement pratiqué en Suisse puisque les femmes ont un contrôle sur leur reproductibilité. Malgré tout, la pilule contraceptive circule à l&#039;époque discrètement, puisque aucune loi ne précise son autorisation. En 1965, la création du premier planning familial en Suisse au HUG permettra de conseiller les familles. L&#039;établissement ouvrira donc un pôle dédié à l&#039;information familiale et aux régulations des naissances.&amp;lt;ref&amp;gt;Fert-Bek, D., (s.d.), &#039;&#039;Historique&#039;&#039;, Le service du planning familial de Genève a 40 ans,Genève, HUG. Consulté le 18 Novembre 2013 sur http://planning-familial.hug-ge.ch/nous/historique.html&amp;lt;/ref&amp;gt; Dans cet établissement les professionnels conseillent les parents sur la manière d&#039;avoir un contrôle sur l&#039;élargissement de leur famille. Ainsi, grâce à cette structure, la pilule contraceptive a pu circuler dans le territoire helvétique. La pilule était considéré pour certain comme un enjeux économique : elle permettait de contrôler les naissances et donc de préserver la richesse, et pour d&#039;autres comme un moyen de débrider la sexualité des femmes&amp;lt;ref&amp;gt;L&#039;illustré, (s.d.) &#039;&#039;La pilule qui a changé le monde&#039;&#039;, Archives, Consulté le 18 Novembre 2013 sur http://www.illustre.ch/la_pilule_qui_a_change_le_monde_45372_.html&amp;lt;/ref&amp;gt;.   &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Mlf.jpeg|vignette|gauche|Affiche du Front des Bonnes Femmes]][[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|Le Mouvement de Libération des Femmes (MLF)]] a démarré aux Etats-Unis, et a encouragé les militants des autres pays à lutter pour améliorer les conditions féminines. Le [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]] créé en 1969 à Zurich,que l&#039;on retrouvait également dans d&#039;autres cantons  (Genève et Tessin par exemple) se base &amp;quot;sur les mouvements de libération du Tiers monde pour encourager les femmes à se libérer des contraintes inhérentes à la famille nucléaire (Rôle des sexes).&amp;quot; &amp;lt;ref&amp;gt;Jorris, E., 2009, &#039;&#039;Mouvement de libération des femmes (MLF)&#039;&#039;. Consulté le 19 Novembre 2013 sur http://www.hls-dhs-dss.ch/textes/f/F16504.php&amp;lt;/ref&amp;gt;. Sur le canton de Genève plus précisément, des groupes de certains partis de gauche militaient en ces faveurs (ils étaient très hiérarchisés et ne plaisaient pas à toutes les femmes militantes). C&#039;est donc principalement grâce à Madame Brodmann (qui a milité aux Etats-Unis) et Madame Gramoni qu&#039;il y a eu dans un premier temps le front des Bonne-Femmes (où militait aussi Rina Nissim). Leur premier slogan a été &amp;quot;Femmes décolonisons-nous !&amp;quot; avec des affiches placardées sur les façades des grandes banques : les femmes insistaient donc pour la ré-appropriation de leur corps (avortement, pilule contraceptive, ...).&amp;lt;ref&amp;gt;Roussopoulos Carole, Debout ! Une histoire du mouvement des femmes 1970-80, 1999. Consulté le 19 Novembre 2013 sur http://ballonsonde.org/wikiSonde/videos/Femmes_Debout.htm&amp;lt;/ref&amp;gt; &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Les femmes pensent donc vivre singulièrement des situations d&#039;exclusion et d&#039;injustices, or le fait de discuter ensemble elles se rendent compte qu&#039;elles vivent toutes ce genre de situation. Cette prise de conscience favorise donc la mobilisation des femmes pour combattre ces injustices dont elles sont victimes. Les communautés ou ce que l&#039;on pourrait appeler regroupements permettent donc aux femmes de prendre consciences mais aussi de prendre du pouvoir dans la société. L&#039;effet de groupe a permis de de faire rassembler dans les rues des milliers de femmes pour manifester ensemble contre des inégalités entre sexe ([[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]]).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans le même temps, il ne faut pas oublier que les avortements illégaux continuent à être pratiqués à cette période. En effet, le nombre d&#039;avortements, légaux et illégaux, est estimé à 50 000 en 1966. Les avortements légaux s&#039;élevaient à environ 17 000 en 1966 (16 000 en 1978 et 1980, 14 000 en 1985, 13 000 en 1990, 12 000 en 1995, 13 000 en 1996 et 1998). Les avortements clandestins diminuèrent grâce : &lt;br /&gt;
* à la raréfaction avec l&#039;élargissement des indications médicales dans les cantons libéraux (Zurich, Bâle-Ville, Berne, Vaud, Neuchâtel, Genève) dès les années 1950&lt;br /&gt;
* la libéralisation progressive dans d&#039;autres cantons(Tessin dès les années 1970; Argovie, Bâle-Campagne, Glaris, Schaffhouse, Soleure, Jura au cours des années 1990)&lt;br /&gt;
* la généralisation des centres de planning familial, des cours d&#039;éducation sexuelle, la diffusion de moyens de contraception sûrs dès les années 1960 &lt;br /&gt;
* le remboursement de l&#039;intervention par les caisses maladie).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On remarque que malgré les mesures juridiques fédérales restrictives, les cantons adoptent des pratiques très différentes les uns des autres. Ainsi, les dimensions d’ordre psychologique et social sont incluses dans les indications médicales des cantons libéraux, alors que la pratique est seulement tolérée dans les cantons conservateurs catholiques. Face à cette inégalité juridique, les cantons libéraux accueillent des femmes vivant dans ces cantons restrictifs pour se faire avorter. On assiste à une forme de tourisme « gynécologique ». Cela amène les cantons à réfléchir sur ces pratiques. Notamment le canton de Neuchâtel, où plusieurs affaires d&#039;avortements sont jugées. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La période 1970-1980 : La période clé ===&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
A la suite de ces scandales, le député radical Maurice Favre dépose en mars 1971 une [http://www.amtsdruckschriften.bar.admin.ch/viewOrigDoc.do?id=10100953 motion] en faveur d&#039;une initiative cantonale demandant la suppression des articles 118 à 121 du CP.  &lt;br /&gt;
Cette démarche est suivie du lancement, en juin de la même année, par un comité de cinq personnes, de l&#039;initiative populaire fédérale pour la décriminalisation de l&#039;avortement, largement soutenue notamment par le mouvement des femmes. En 1972, les milieux chrétiens conservateurs font circuler une pétition &amp;quot;Oui à la vie, non à l&#039;avortement&amp;quot;. A partir de ce moment-là, nous voyons apparaître les organisations et les mouvements féministes qui organisent des manifestations en faveur de l’interruption de grossesses libres et gratuites, ainsi que pour revendiquer [http://www.svss-uspda.ch/index.html la décriminalisation de l’avortement].  Il y a dons deux propositions faites : accorder un délais pour l&#039;avortement (par exemple : les avortements pourront être légal pendant les 10 premières semaines de grossesse)ou élargir les motifs pour l&#039;avortement (par exemple : souffrances psychiques, douleurs physique, ...)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C&#039;est une lutte qui se fait contre des mentalités traditionnelles où l&#039;homme est dominant dans la société. La prise de conscience des femmes et de leurs conditions se fait petit-à-petit, en prenant plus d&#039;ampleur au milieu des années 70. C&#039;est la réunion de plusieurs milliers de femmes qui fait que l&#039;on puisse qualifier le [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]] de mouvement. Ce sont des femmes de tout âge qui se battent pour l&#039;amélioration de leurs conditions de vie. Ces mouvements veulent principalement lutter pour le droit du libre choix des femmes ou de manière générale à ce que l&#039;on nomme l&#039;autonomie des femmes. A cette époque, il y a &amp;quot;deux types de femmes&amp;quot; :  celles qui font des études mais qui restent à la maison pour materner, ou bien celle qui font des études et qui travaillent. Ces dernières se trouvent confrontées à la réalité sociale : avec le même titre professionnel, les femmes obtiennent des salaires bien inférieurs à ceux des hommes. C&#039;est suite à cette prise de conscience face au [http://www.scienceshumaines.com/peut-on-en-finir-avec-le-plafond-de-verre_fr_22408.html Plafond de Verre], que les femmes se réunissent pour échanger leurs histoires. Elles se mobilisent donc afin de pouvoir avoir le contrôle sur leur vie, et sur leur corps. L&#039;une des grandes luttes se fait autour du contrôle de leur corps : ce qu&#039;elles nomment la mobilisation pour la ré-appropriation du corps. Il s&#039;agit de donner aux femmes la possibilité de choisir leur maternité, leur contraception, et leur médicamentation. En 1978, sur le canton de Genève, l&#039;ouverture du Dispensaire des femmes (par [[Rina Nissim]]) leur permet d&#039;être accueillies dans un lieu où on leur donne des conseils, des listes de gynécologues tolérants face aux choix d&#039;avorter ainsi que différentes méthodes pour soigner les maladies génitales, ... De plus, les femmes peuvent si elles le veulent accéder au groupe action Self-Help du [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]] ; qui est un lieu où l&#039;on échange sur son vécu, et où l&#039;on pratique des examens concrets pour découvrir son corps. L&#039;instruction, comme l&#039;évoque [[Amélia Christinat|Mme Christinat]] permet aux femmes de comprendre les injustices auxquelles elles sont confrontées et de se mobiliser pour que toute les sociétés reconnaissent les femmes comme des personnes avec un cerveau. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans le même temps, une nouvelle réglementation sur l’avortement est considérée par le Conseil fédéral, et trois variantes sont discutées : la première, appelée &amp;quot;solutions des indications&amp;quot; autorise l’avortement dans les situations où la grossesse menace la vie ou la santé de la femme, en cas de viol, ou encore si l’enfant présente un trouble ou une déficience physique et/ou mentale. Une autre variante est celle des « indications sociales » qui prend en compte la situation sociale précaire de la femme. Finalement, la troisième, « solution des délais », permet l’avortement pendant les douze premières semaines de grossesse. Il en va sans dire que les partis politiques, les organisations et les cantons conservateurs catholiques sont en faveur de la solution la plus restrictive, alors que leurs rivales refusent les trois types de variantes et revendiquent l’avortement libre et gratuit. Le Conseil fédéral  rejette l’initiative pour la décriminalisation de l’avortement, mais opte finalement pour la solution des indications élargies, attisant ainsi le mécontentement des deux camps. &lt;br /&gt;
Face au rejet de l’initiative populaire pour la décriminalisation de l’avortement, [http://www.svss-uspda.ch/index.html l’Union Suisse pour la Décriminalisation de l’Avortement] (USPDA) (dont fait partie [[Amélia Christinat]])propose un compromis et lance une initiative qui cette fois rejoint l’idée de la solution des délais. « L’initiative réclament la décriminalisation de l’avortement s’il est pratiqué par un  médecin avec le consentement de la femme pendant les douze semaines qui suivent les dernières règles ». Cependant, celle-ci essuie à nouveau un échec : elle est rejetée par la majorité des cantons. &lt;br /&gt;
Les années suivantes toutes les propositions d&#039;initiatives,pour ou contre l&#039;avortement, sont sans cesse rejetées. Mais les luttes féminines pour le droit à l&#039;avortement s&#039;amplifient dans cette période pour pouvoir faire changer les droits de la personne et principalement les droits de la femme. Ce n’est qu’en 1990, que l’idée d’une révision de la loi relative à l’avortement est remise sur le devant de la scène. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous constatons que cette période est une période riche pour la mobilisation des droits des femmes ; de multitudes groupes se forment à l&#039;intérieur du [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]], des nouveaux établissements pour les femmes se créent, ... des femmes se mobilisent également pour d&#039;autres causes qui ne les touchent pas particulièrement puisque nous verrons, dans [[Accueil|le dernier chapitre]] de cet article, que plusieurs d&#039;entres-elles se sont mobilisé pour le droit à l&#039;autodétermination [[Droits des patients (à l&#039;hôpital)|des patient des hôpitaux]]. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Globalement ce qui se fait ressentir c&#039;est  surtout l&#039;envie de faire changer la mentalité de la société pour que les femmes aient les même droits que les hommes. Nous avions déjà retrouver ce point en 1791 en France où est apparue la [http://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9claration_des_droits_de_la_femme_et_de_la_citoyenne Déclaration des Droits de la Femme et de la Citoyenne] se basant sur la [http://www.textes.justice.gouv.fr/textes-fondamentaux-10086/droits-de-lhomme-et-libertes-fondamentales-10087/declaration-des-droits-de-lhomme-et-du-citoyen-de-1789-10116.html version originale] et dont le but était de montrer l&#039;égalité juridique entre homme et femme.   &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Depuis 1990 ===&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Les différentes mobilisations des femmes soixanthuitardes ont permis la diminution d&#039;une multitude d&#039;inégalités pour lesquelles elles se mobilisaient.&lt;br /&gt;
Revenons tout d&#039;abord, en 1994, où l&#039;on constate un net recul du nombre d’avortements légaux. Ceci peut s’expliquer par une diffusion de l’information (éducation sexuelle) et la libre disposition de moyens contraceptifs. Ce phénomène vient appuyer l’idée que la libéralisation ne conduit pas à une augmentation des avortements, bien au contraire. Plusieurs services se sont donc installés suite au manifestations des femmes dans les rues. A partir de là, les choses commencent à changer et vont en faveur de la décriminalisation de l’avortement. En effet, le Conseil National adopte en 1995 &amp;quot;la solution des délais&amp;quot;. En 1996, la Commission des Affaires Juridiques du Conseil National ratifie un projet de loi qui prévoie la décriminalisation de l’avortement pendant les 14 premières semaines après les dernières règles. On voit mêmes les femmes du parti démocratique-chrétien (PDC) aller en faveur du droit de la femme à l’autodétermination et pour &amp;quot;la solution des délais&amp;quot;. De nombreuses organisations telles que la Fédération suisse des Eglises protestantes, les groupes des femmes radicales de Suisse, accueillent cette solution des délais comme un compromis tolérable. Toutefois, le Conseil Fédéral rejette une fois de plus la &amp;quot;solution du délai&amp;quot; en 1998. Nous constatons donc que les manifestations pendant plus de 15ans, ne suffisent pas pour que la Suisse autorise l&#039;avortement. En France par exemple, la lutte des femmes a été moins longue en ce qui concerne le droit à l&#039;avortement puisqu&#039;il est autorisé depuis  [http://fr.wikipedia.org/wiki/Loi_Veil_du_17_janvier_1975_sur_l&#039;interruption_volontaire_de_grossesse 1975] et suite [http://fr.wikipedia.org/wiki/Manifeste_des_343 aux manifestes des 343] de 1971. &lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Par ailleurs, la pilule abortive Mifegyne (RU 486) est admise et commercialisée en Suisse dès 1999. La [http://webcache.googleusercontent.com/search?q=cache:aZM-IrETCowJ:bijsluiters.fagg-afmps.be/DownloadLeafletServlet%3Fid%3D109287+&amp;amp;cd=9&amp;amp;hl=fr&amp;amp;ct=clnk&amp;amp;gl=ch&amp;amp;client=firefox-a notice] d&#039;utilisation explique son utilité : &amp;quot;Mifegyne est un médicament qui bloque l&#039;action de la progestérone, une hormone nécessaire au maintien de la grossesse. Mifegyne peut donc provoquer une interruption de grossesse.&amp;quot; Cependant cette méthode médicamenteuse est soumise aux mêmes dispositions pénales que l’avortement et est prescrite uniquement par le corps médical.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Finalement, le Parlement adopte la solution du délai en mars 2001 et est rentré en vigueur en 2002. « Ainsi l’avortement n’est pas punissable pendant les 12 premières semaines de la grossesse à condition que la femme fasse valoir une situation de détresse. Les cantons doivent décider quels cabinets et établissement peuvent pratiquer l’intervention. » &amp;lt;ref&amp;gt;Rey, A.-M., 2013, Régime du délais, USPDA. Consulté le 7 Décembre sur http://www.svss-uspda.ch/fr/suisse/loi.htm&amp;lt;/ref&amp;gt; De plus, Rey (2013), illustre les modifications entre l&#039;ancienne et la nouvelle loi de 2002, relatif à l&#039;avortement. &amp;lt;ref&amp;gt;Rey, A.-M., 2013, Comparaison ancienne et nouvelle législation, USPDA. Consulté le 7 Décembre sur http://www.svss-uspda.ch/fr/suisse/comparaison.htm &amp;lt;/ref&amp;gt; Depuis ce jour, la femme est la seule personne qui ait le droit de choisir ou non l&#039;avortement. En aucun cas, une personne tierce (et même si celle-ci a une blouse blanche) ne pourra refuser l&#039;avortement d&#039;une femme dans les douze premières semaines de grossesse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous pouvons donc conclure que « les discussions provoquées en 1971 par l’initiative en faveur de la décriminalisation de l’avortement ont été à l’origine d’un changement des mentalités et d’une prise de conscience ».&amp;lt;ref&amp;gt;Rey, A.-M., 2013, Chronologie des événements dès 1970, USPDA. Consulté le 7 Décembre sur http://www.svss-uspda.ch/fr/suisse/chronologie.htm &amp;lt;/ref&amp;gt; En effet, on assiste à une diminution du nombre de condamnations et à une libéralisation de la pratique de l’avortement. Par ailleurs, on se rend compte qu’à travers la mise en place de centres de plannings familiaux et des dispositifs d’informations, comme l’éducation sexuelle, on parvient à lutter contre l’avortement.  La prévention prévaut donc à la pénalisation. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cependant on constate que la réglementation à ce sujet peut encore être modifiée, car ce droit à l’avortement est sans cesse remis en question. En effet, en 2010, le mouvement anti-avortement « Mamma », qui s&#039;intitulait auparavant &amp;quot;Pour la mère en l’enfant&amp;quot;  lance une initiative populaire : « Financer l’avortement est une affaire privée ». Il s’agit d’une initiative qui demande que l’IVG ne soit plus pris en compte par les prestations de l’assurance maladie de base, et ce en invoquant l’idée qu’il s’agit d’une décision d’ordre privé, et que de ce fait le financement public n’a pas de sens. Cependant, on remarque que le droit à donner la vie est également de l’ordre du privé, et pourtant celui-ci n’est pas contesté. [[Entretien Rina Nissim|Rina Nissim]], nous met en garde sur la tournure que prend les événements d&#039;aujourd&#039;hui (concernant le financement de l&#039;avortement). En effet, selon elle, nous serions en pleine régression concernant le libre choix de la femme. A contrario des générations d&#039;après 70, il faut que les générations d&#039;aujourd&#039;hui se mobilisent pour faire en sorte de garder un droit durement acquis par les femmes soixanthuitardes. La votation de Février 2014 qui se prépare pourrait modifier les droits que nous avons jusqu&#039;à présent. Si les générations de maintenant et les suivantes veulent elles aussi avoir la possibilité de choisir leur grossesse, elles se doivent de s&#039;impliquer pour faire en sorte de ne pas perdre les droits acquis.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le droit à l&#039;avortement est également contesté dans [http://www.planning-familial.org/actualites/lavortement-en-europe-ou-sont-les-bonnes-nouvelles-0012490 les autres pays Européens]. L&#039;Irlande et l&#039;Espagne seraient les deux pays Européens les plus réactionnaires au droit à l&#039;avortement. En effet, le premier ministre devrait sous peu, mettre en place une nouvelle loi concernant ce sujet. L&#039;avortement sera alors possible que dans l&#039;une des trois conditions (viol, malformation du fœtus ou danger de la mère) et les personnes mineures devront avoir une autorisation des parents. &amp;lt;ref&amp;gt;Magnan, P., (2014) &#039;&#039;Avortement : le retour en arrière de l&#039;Espagne, premier signe en Europe ?&#039;&#039;. consulté le 6 Janvier 2014 sur http://geopolis.francetvinfo.fr/avortement-le-retour-en-arriere-de-lespagne-un-premier-signe-en-europe-28245 &amp;lt;/ref&amp;gt; La crise économique, comme nous l&#039;avait précisé [[Rina Nissim]], influencerait les multiples régressions concernant les droits des femmes ; dont celui de leur intégrité physique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les témoins qui ont participé aux changements ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous avons décidé d&#039;interroger des personnes qui se sont mobilisées en Suisse pour le droit à l&#039;avortement. Elles pourront donc faire ressortir des éléments personnels sur le contexte de l&#039;époque, et les problèmes qu&#039;elles ont pu rencontré pour la mise en place de ce droit. &lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Nous avons dans un premier temps contacté Mme [[Amélia Christinat|Christinat Amélia]], avec qui l&#039;une de nous avait déjà travaillé il y a quelques années. Cette personne a donc accepté de participer à notre recherche en répondant à nos questions lors d&#039;un entretien.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un second temps nous avons contacté Mme [[Salika Wenger|Wenger Salika]], marraine de l&#039;association &amp;quot;Ni pute, Ni soumise&amp;quot; qui est actuellement impliquée dans la politique sur Genève puisqu&#039;elle fait partie du Conseil Administratif de la ville de Genève. Deux d&#039;entre nous l&#039;ont connue lors de sa venue à [http://www.infrarouge.ch/ir/1858-seins-nouvelle-arme-feministes l&#039;émission télévisée Infrarouge (RTS)] dédié aux mouvements des Femens (novembre 2011). Après discussion téléphonique, nous avons eu des éléments pertinents qui pourraient nous intéresser pour notre recherche, cependant [[Salika Wenger|Mme Wenger]] est très occupée et ne pourra pas nous accorder un entretien avant Janvier 2014. C&#039;est pourquoi après réflexion, nous avons décidé de contacter une troisième personne qui pourrait éventuellement être plus disponible : Mme [[Rina Nissim|Nissim Rina]]. Par l&#039;intermédiaire de Mme Ruchat nous avons obtenu ses coordonnées téléphoniques et avons pu avoir un rendez vous rapidement.&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Afin de leur éviter quelconque déplacement,nous avons rencontré ses personnes à leur domicile. De plus, pour des raisons pratiques et également afin de ne pas abuser de leur hospitalité, nous avons décidé de mener ces entretiens par groupes de trois.&lt;br /&gt;
Nous proposerons aux différents acteurs de partager leurs souvenirs concernant les années 1970 à Genève afin que nous comprenions la situation actuelle du droit à l&#039;avortement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Retour sur les entretiens==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== [[Entretien Rina Nissim|Entretien]] de [[Rina Nissim]] ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Notre premier entretien s&#039;est déroulée le mercredi 27 Novembre. A trois étudiantes nous nous sommes rendues au cabinet de Rina Nissim. L&#039;entretien qui en découle nous a projeter dans un univers très différent du notre : où la femme n&#039;avaient que très peu de droits. C&#039;est de part son discours, que la militante Rina Nissim, nous a partagé des informations sur l&#039;ambiance, la mobilisation et la persévérances des actrices de cette époque. C&#039;est par la réalisation de plusieurs injustices que les femmes se regroupent pour se mobiliser contre une société qui octroie peu de considération envers les femmes. Le [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]], lutte donc de manière générale pour plusieurs droits (droit à l&#039;égalité salariale, droit à la contraception, droit à l&#039;avortement, ...). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== [[Entretien Amélia Christinat|Entretien]] d&#039;[[Amélia Christinat]] ===&lt;br /&gt;
Le second entretien s&#039;est déroulé le 5 décembre chez Christinat Amélia. A notre arrivée, nous lui avons dit que nous avions déjà des questions précises à lui poser et que ces questions seraient les mêmes pour tous les groupes. En effet, sachant que c&#039;est une femme très bavarde nous avons préférer poser le cadre dès le départ. &lt;br /&gt;
Nous avons pu constater en rentrant dans son salon qu&#039;elle avait préparé différents articles concernant le droit à l&#039;avortement - des articles qu&#039;elle nous a présenté tout au long de l&#039;interview -.&lt;br /&gt;
C&#039;est avec beaucoup d&#039;émotion qu&#039;elle a répondu à nos questions et qu&#039;elle a raconté son combat pour les différents droit de la femme - droit de vote, droit à l&#039;avortement etc.-. Nous avons vraiment ressenti, à travers ses propos, l&#039;importance que ces combats ont eu pour elle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Points communs entre les entretiens=== &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plusieurs points communs ressortent de ces deux entretiens.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout d&#039;abord, nous constatons que le droit à la réappropriation du corps ou plutôt à l&#039;autonomie des femmes, comme cité par [[Rina Nissim]], représente l&#039;un des combats des années 1960-80. Si les femmes, par leur combats, manifestations ont réussi à faire valoir leur droit à l&#039;avortement, elles ont aussi lutté pour la mise en place d&#039;autres valeurs tels que le droit à la contraception, le droit de vote, le droit d&#039;accès aux études. Toutes ces luttes sont évoqués par les deux femmes interrogées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Afin de parvenir à ces changements, il a fallu se réunir entre femmes. A partir du moment où nous souhaitons un changement important, il est nécessaire d&#039;obtenir une mobilisation importante. Rina Nissim part d&#039;un petit groupe, le [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]] qui finalement va prendre une grande ampleur et [[Amélia Christinat|Amélia Christianat]] s&#039;impose dans la politique. Il parait donc évident pour ces deux protagonistes, que pour espérer un changement, il faut se réunir en groupe. La notion de communauté prend donc toute son importance. La notion de communauté est définie comme étant un état de ce qui est commun à plusieurs personnes, similitudes, groupe constituant une société, mise en commun des biens entre époux. Au sens étymologique originel : cum munus. La communauté est donc un groupe de personnes (cum) qui partagent quelque chose (&amp;quot;munus&amp;quot;)- un bien, une ressource, ou bien au contraire une obligation, une dette.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Même si le concept de communauté n&#039;est pas dit explicitement dans nos entretiens, il apparaît tout au long, puisque chacune d&#039;entre elle a rejoint un groupe dans lequel elles éprouvaient des intérêts communs. Chaque membre décide alors en quoi, comment et quand il contribuera à ce groupe. Dans ce cas, [[Rina Nissim]] et [[Amélia Christinat]] en tant que féministes se sont engagées et ont lutté pour le droit des femmes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Enfin, il est intéressant de constater que nos deux intervenantes tirent un bilan mitigé quant à ces luttes pour les droits des femmes. [[Amélia Christinat]] dit :&amp;quot; Alors en fait tout changement, toute progression que l’on peut interpréter comme sociale n’est jamais définitivement acquise. Donc en fait, il faut veiller continuellement, défendre continuellement où que vous soyez et avec qui que vous soyez.&amp;quot; Quant à [[Rina Nissim]], elle dit :&amp;quot;Malheureusement dans la société c’est comme ça, il faut tout le temps se battre. Ça c’est un point sur lequel on est en recul.&amp;quot;, On est en plein recul. Donc y a un ou deux pays qui ont avancé pour l’instant y en a douze qui ont régressé. Donc cela ne va pas du tout cette affaire, on a une très mauvaise posture.&amp;quot; Ainsi, la question des droits pour la personne n&#039;est jamais complètement acquis. Il faut sans arrêt se battre pour continuer à faire valoir ses droits en tant que personne.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il convient à présent de reprendre l&#039;ensemble des questions posées et d&#039;en ressortir les éléments importants :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- &#039;&#039;&#039;Depuis quand et avec qui vous vous êtes engagés dans la lutte pour les droits de la femme et quel était à ce moment votre statut (ou fonction)? Dans quel contexte s&#039;est inséré cette démarche ?&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les deux personnes interrogés ont un parcours différents et leur action ne s&#039;est pas faite au même niveau. [[Rina Nissim]], après son interruption de grossesse à 19 ans, trouve un tract dans un local d&#039;anarchiste. C&#039;est un tract du [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]] qui invite des femmes à les joindre dans leur groupe. [[Rina Nissim]] est intéressée et entre alors au [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]]. Elle est alors la plus jeune de la bande. Il n&#039;y avait pas de statut en tant que tel mais chacune apportait ses connaissances et son envie de se battre pour obtenir plus de droit pour la femme. Quant à [[Amélia Christinat]], elle agit plutôt a un niveau politique et va faire un long parcours en passant par le législatif, le cantonal puis le niveau national afin d&#039;apporter des changements reconnus dans toute la Suisse. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- &#039;&#039;&#039;Y a-t-il eu un événement originel? Pourriez vous nous raconter un ou des événements marquant que vous avez mené ou qui vous ont frappé dans cette période en faveur de ces droits ?&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;un des droits qui a frappé [[Rina Nissim]] dans cette période est l&#039;accès à l&#039;avortement libre et gratuit ainsi que l&#039;accès à la contraception. Elle explique que c&#039;est l’accessibilité à l&#039;avortement qui était problématique.Le planning familial a été une grande innovation mais n&#039;était pas encore présent dans les mentalités de tous, et ce, notamment chez les gynécologues qui n&#039;acceptaient pas tous de donner la pilule. Le [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]] faisait des listes des médecins qui étaient d&#039;accord de prescrire cette pilule et dirigeait les femmes au bon endroit. Cependant, elle ne nous décrit pas un événement très précis, une action qu&#039;elle a effectué qui a pu entraîner ces changements. C&#039;est néanmoins des manifestations importantes et à plusieurs reprises qui ont permis ces évolutions. [[Amélia Christinat]] considère aussi que le droit à l&#039;avortement est un événement phare de cette époque et ajoute que le droit de vote pour la femme est aussi l&#039;un des événements marquants. Elle donne comme exemple les luttes ouvrières françaises qui allaient en Belgique pour se faire avorter parce que c&#039;était défendu en France et qu&#039;elles n&#039;avaient pas d&#039;argent. C&#039;est un événement particulièrement marquant et touchant selon elle. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- &#039;&#039;&#039;Quels ont été les changements les plus importants auxquels vous ayez assisté ?&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Rina Nissim]] évoque plusieurs changements auxquels elle a pu assister. Elle parle de la libération des femmes. C&#039;est se considére comme un individu à part entière qui peut décidé de soi-même, d&#039;être un vrai sujet dans leur vie, dans leur sexualité, dans leur contraception, dans leur choix professionnel. D&#039;après elle, il y a donc eu plusieurs droit : celui de l&#039;avortement avec pour commencer le remboursement par les caisses maladies en 81, le droit au divorce, le divorce. [[Amélia Christinat]] ajoute à l&#039;ensemble de ces changements le droit de vote, en disant qu&#039;à partir du moment où nous avons le bulletin, c&#039;est quelque chose de très important puisque les femmes sont considérées comme une personne. Nous pouvons rattacher cela à l&#039;ensemble de cette étude qui étudie le droit des personnes. Dans le cas des différentes luttes pour le droit des femmes, nous cherchons à mettre en avant qu&#039;elles sont avant tout des personnes qui doivent avoir la liberté de choisir, de donner leur avis. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-&#039;&#039;&#039; Y a-t-il eu des valeurs que vous avez eu le sentiment d’avoir porter en avant et si oui lesquels  ?&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Différentes valeurs sont mises en avant par les deux femmes interrogées. C&#039;est le féminisme, l&#039;humanisme, le socialisme, l&#039;anarchisme. De manière générale l&#039;autonomie des femmes marqué par la réappropriation de son corps. Dans leur discours, les deux femmes montrent bien qu&#039;auparavant nous étions considérés comme femme de.., fille de... que les femmes ont toujours du être meilleure que les hommes. Elles devaient tout faire. De ce fait, les femmes n&#039;étaient pas des sujets en tant que telle. Ce n&#039;est qu&#039;après de nombreuses luttes que nous avons mis en avant le fait que les femmes soient avant tout des personnes à part entière. Elles ont maintenant le même statut, les mêmes droits que les hommes. Bien que comme le relève [[Rina Nissim]] et [[Amélia Chritinat]] cela n&#039;est pas quelque chose d&#039;acquis, et cette évolution à tendance à reculer. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039; Mais qu’en est-il aujourd’hui de cette lutte et des acquis et des risques de retour en arrière ?&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le maître mot de ces deux femmes concernant cette lutte est que rien n&#039;est acquis. Il faut toujours se battre parce que les choses ont tendance à régresser. Aujourd&#039;hui le droit de vote, le droit d&#039;accès aux études est l&#039;un des points acquis. Cependant, la question de l&#039;avortement est remis en cause, et fait l&#039;objet de tension actuelles puisqu&#039;il est question de supprimer le remboursement des avortements. C&#039;est donc l&#039;une des causes pour lesquels il faut continuer à se battre et faire valoir ses droits si l&#039;on ne veut pas revenir en arrière.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Références bibliographiques ==&lt;br /&gt;
&amp;lt;references/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;&amp;lt;big&amp;gt;Vidéo :&amp;lt;/big&amp;gt;&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Roussopoulos Carole, &#039;&#039;Debout ! Une histoire du mouvement des femmes 1970-80&#039;&#039;, 1999. Consulté le 19 Novembre 2013 sur http://ballonsonde.org/wikiSonde/videos/Femmes_Debout.htm&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;&amp;lt;big&amp;gt;Documents scannés :&amp;lt;/big&amp;gt;&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Archives contestataires de Genève, Mouvements de Liberté des Femmes : 1970-90[[Fichier:MLF femme.pdf|vignette|Document des archives contestataires]]&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
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Archives contestataires de Genève, Mouvements de Liberté des Femmes : 1970-90[[Fichier:MLF archives.pdf|vignette|Documents des archives contestataires]]&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
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Archives contestataires de Genève, Mouvements de Liberté des Femmes : 1970-90 [[Fichier:MLF assez.pdf|vignette|document des archives contestataires]]&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
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Archives contestataires de Genève, Mouvements de Liberté des Femmes : 1970-90 [[Fichier:MLF avorter.pdf|vignette|Document des archives contestataires]]&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Archives contestataires de Genève, Mouvements de Liberté des Femmes : 1970-90 [[Fichier:MLF personne.pdf|vignette|Document des archives contestataires ]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Julie</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Droits_des_femmes&amp;diff=12495</id>
		<title>Droits des femmes</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Droits_des_femmes&amp;diff=12495"/>
		<updated>2014-01-06T13:00:36Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Julie : /* Depuis 1990 */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Introduction  == &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Actuellement le droit à l&#039;avortement pour les femmes subit encore des contestations et même une offensive de remise en question: pouvons nous encore le qualifier comme  un droit de la femme s&#039;interrogent certains ? Tout au long de cette page nous nous centrerons sur le droit à l&#039;avortement pour les femmes depuis 1970. En effet, les mouvements féministes sont présents depuis longtemps dans l&#039;histoire des droits des personnes. Dans la période de l&#039;après guerre, les femmes se sont mobilisées plus fortement pour acquérir des droits identiques à ceux des hommes. C&#039;est par la lutte pour le droit à un travail rémunéré que les mouvements prennent de l&#039;ampleur  : &amp;quot;L&#039;essort du féminisme dans cette période serait intimement lié à celui du travail salarié&amp;quot; &amp;lt;ref&amp;gt;Riot-Sarcey, M., 2008, &#039;&#039;Histoire du féminisme&#039;&#039;, Paris, La Découvertes, Repères. p. 73 &amp;lt;/ref&amp;gt;. La question de la procréation est aussi au cœur de leur mouvement, puisqu&#039;il est question de &amp;quot;repeupler&amp;quot; des pays détruits : &amp;quot;Après l&#039;hécatombe de la guerre, jusqu&#039;alors la plus meurtrière, il est nécessaire, plus que jamais de &amp;quot;remplir les berceaux vides&amp;quot;&amp;quot; &amp;lt;ref&amp;gt;Riot-Sarcey, M., 2008, &#039;&#039;Histoire du féminisme&#039;&#039;, Paris, La Découvertes, Repères. p. 73 &amp;lt;/ref&amp;gt;. Il ne faut pas non plus oublier leurs luttes pour l&#039;accès à la politique : plus précisément le droit de vote pour les femmes, qui prend de l&#039;ampleur bien avant la guerre. C&#039;est dans ce contexte d&#039;après guerre, que les femmes resurgissent au front pour valoriser des droits égalitaires et propres à leur vie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cet article est fondé à la fois sur une recherche documentaire et sur la récolte de témoignages de deux personnes pionnières dans l&#039;avancée du droit des femmes à l&#039;avortement. L&#039;article présentera également les différents mouvements féministes réalisés dans les années 1970 sur le droit à l&#039;avortement.Ceci nous montreras que la Suisse, n’a pas été la première à lutter pour le droit à l’avortement, mais que le phénomène est mondial. Les États-Unis ont été sans aucun doute les précurseurs, mais la lutte s&#039;est diffusée et reproduite dans différents pays du monde amenant à des dates différentes à autoriser l’avortement.  L&#039;article se centrera sur la lutte des femmes en Suisse et les différentes lois qui en sont ressorties et cherchera à comprendre la part qu’ont joué les deux témoins interrogées dans cette histoire récente (1970 à aujourd&#039;hui). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour ce faire, nous avons constitué une bibliographie, à partir d’ouvrages sur les mouvements féministes en général, sur la chronologie des contestations. Nous avons lu des articles scientifiques qui présentent la situation en Suisse, épluché  des informations sur les deux témoins qui ont été interrogés et consulté les archives contestataires à Carouge. &lt;br /&gt;
Nous avons également pu rencontré deux femmes militantes à Genève sur ce thème. On a donc effectué deux entretiens audio avec Madame [[Amélia Christinat]] et Madame [[Rina Nissim]] pour obtenir leur témoignage sur l’histoire des mouvements féministes des années 1960 à 1980, principalement sur la question de l’avortement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L&#039;Histoire du droit des femmes == &lt;br /&gt;
Actuellement des auteures telles que Marcella Iacub et Judith Butler font de la problématique féministe une occasion de débattre la question du genre, des identités sexuelles et limites entre les sexes (intersexe, queer, etc), laquelle peut nous aider à repenser la lutte féministe. Or, celle des années 70 (en amont en Suisse de l&#039;accession des femmes à la citoyenneté) est celle d&#039;une longue marche marquée par des féministes de l&#039;après guerre comme Simone de Beauvoir avec sa formule historique &amp;quot;On ne naît pas femme on le devient&amp;quot;, soulignant le déterminisme social de la féminité et la &amp;quot;fabrication&amp;quot; culturelle. &lt;br /&gt;
Pour tenter de comprendre ce qui s&#039;est passé durant cette époque nous allons revenir sur les faits marquants. Pour la compréhension de ce qui va suivre nous vous conseillons de lire [[Frise Chronologique du droit à l&#039;avortement|la frise chronologique]] des événements marquants pour le droit à l&#039;avortement en Suisse. &lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
=== Mouvements féministes : Buts et démarches ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce n&#039;est que dans la deuxième moitié du XIXème siècle que le féminisme se démarque en tant que mouvement collectif de luttes de femmes. &amp;quot;Ces luttes reposent sur la reconnaissance des femmes comme spécifiquement et systématiquement opprimées, l&#039;affirmation que les relations entre hommes et femmes ne sont pas inscrites dans la nature mais que la possibilité politique de leur transformation existe.&amp;quot;[3] En effet, les femmes ont dû faire face à de nombreuses inégalités et cela dans de nombreux domaines: le travail, la santé, la politique... Nous constatons encore aujourd&#039;hui que de nombreuses inégalités persistent sur le droit des femmes mais elles sont moindres ou de nature différentes que dans les années 1960-80. Pour pouvoir entrer dans un processus de revendication politique du féminisme, il faut qu&#039;il y ait une &amp;quot;relation avec une conceptualisation de droits humains universels;elle s&#039;ancre dans les théories des droits de la personne dontles premières formulations juridiques sont issues des révolutions américaines puis françaises.&amp;quot; &amp;lt;ref&amp;gt;Hirata H, et al,2000, &amp;quot;Dictionnaire critique du féminisme&amp;quot;, Paris : Presse Universitaires de France, p. 225&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
Il convient de faire une distinction entre les mouvements féministes et les mouvements populaires des femmes. En effet, les mouvements populaires des femmes ne mettent pas directement en avant l&#039;exigence de droits spécifiques pour les femmes. C&#039;est l&#039;emploi du mot féministe qui va changer les représentations que l&#039;on se fait à cette époque. Pour certains les féministes sont &amp;quot;trop bourgeoises au XIXème siècle et au début du XXème siècle trop radicales et ennemies des hommes après les années 1970&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;Hirata H, et al,2000, &amp;quot;Dictionnaire critique du féminisme&amp;quot;, Paris : Presse Universitaires de France., p. 126&amp;lt;/ref&amp;gt;. Quant à l&#039;expression &amp;quot;mouvement des femmes&amp;quot;, elle est plus souvent utilisée comme raccourci pour mouvement de libération des femmes. Voila pourquoi elle a pu être associée au féminisme le plus radical et explique la confusion entre les deux termes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lorsque nous parlons de &amp;quot;mouvements féministes&amp;quot; nous désignons sous une même dénomination &amp;quot;les diverses formes des mouvements de femmes, le féminisme libéral ou &amp;quot;bourgeois, le féminisme radical, les femmes marxistes ou socialistes, les femmes lesbiennes, les femmes noires et toutes les dimensions catégorielles des mouvements actuels&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;Hirata H, et al,2000, &amp;quot;Dictionnaire critique du féminisme&amp;quot;, Paris : Presse Universitaires de France, p. 127&amp;lt;/ref&amp;gt;. Dès lors, l&#039;expression&amp;quot; mouvement des femmes &amp;quot; représente les mobilisations de femmes en Amérique Latine ou les mouvements pour la paix en Irlande ou au moyen-Orient&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;Hirata H, et al,2000, &amp;quot;Dictionnaire critique du féminisme&amp;quot;, Paris : Presse Universitaires de France., p.126&amp;lt;/ref&amp;gt; Dans la littérature, deux types de mouvements féministes se démarquent. Une première vague a émergé dans la seconde moitié du XIXème siècle. Elle est souvent présentée autour des revendications du droit de vote.  Au début du XXème siècle, ou les mouvements sont qualifiés de &amp;quot;néo féminisme&amp;quot;, les exigences ne se fondent pas sur une seule exigence d&#039;égalité mais sur une reconnaissance &amp;quot;de l&#039;impossibilité sociale de fonder cette égalité dans un système patriarcal&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;Hirata H, et al,2000, &amp;quot;Dictionnaire critique du féminisme&amp;quot;, Paris : Presse Universitaires de France, p. 126&amp;lt;/ref&amp;gt;. Le féminisme des années 1970, se fait connaitre par des mouvements anti-autoritaires, par des groupes de parole, il met en avant les formes les plus spontanées de manifestation et refuse toute organisation hiérarchique. &amp;quot; L&#039;appartenance au mouvement représente la mise en acte d&#039;une nouvelle idéologie, la recherche de sens et de valeurs communs.&amp;quot; &amp;lt;ref&amp;gt;Hirata H, et al,2000, &amp;quot;Dictionnaire critique du féminisme&amp;quot;, Paris : Presse Universitaires de France, p.128&amp;lt;/ref&amp;gt;. C&#039;est entre la fin des années 1960 et le début des années 1970 que le féminisme connait une ampleur internationale. &amp;quot;L&#039;onde de choc part des Etats-Unis et gagne très rapidement la Grande-Bretagne et l&#039;Allemagne dans les années 60&amp;quot;. Il faut ajouter qu&#039;en &amp;quot;dépit de son caractère extra parlementaire, le mouvement de libération des femmes a la capacité de susciter de larges mobilisations auprès des femmes syndiquées, des femmes de partis de gauche et de droite ou des associations luttant pour les droits des femmes comme le planning familial. Ce sont d&#039;abord les campagnes pour la liberté d&#039;avorter qui constituent les événements les plus importants et les plus marquants &amp;lt;ref&amp;gt;Hirata H, et al,2000, &amp;quot;Dictionnaire critique du féminisme&amp;quot;, Paris : Presse Universitaires de France, p. 128&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En ce qui concerne la Suisse, c’est dans la continuité du mouvement de la jeunesse estudiantine de 1968 que naît le nouveau mouvement féministe. C’est à Zurich que se sont réunies des femmes de gauche, que l’on appellera « Frauenbefreiungsbewegung » ou plus communément le FBB. Elles critiquent le fait que les femmes sont oppressées et qu’il s’agit d’une « contradiction sociale fondamentale ». Le [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]], pour la Suisse romande et le MFT au Tessin vont très rapidement suivre la création du FBB, avec comme objectif commun de « récuser l’organisation hiérarchique des associations et de la politique traditionnelle » &amp;lt;ref&amp;gt;Commission fédérale, &#039;&#039;Femmes Pouvoir Histoire&#039;&#039;, 1.3, p. 1, consulté le 27 Novembre sur http://webcache.googleusercontent.com/search?q=cache:UpvKGVSBak0J:www.ekf.admin.ch/dokumentation/00444/00517/index.html%3Flang%3Dfr%26download%3DNHzLpZeg7t,lnp6I0NTU042l2Z6ln1ae2IZn4Z2qZpnO2Yuq2Z6gpJCDdH58hGym162epYbg2c_JjKbNoKSn6A--+&amp;amp;cd=2&amp;amp;hl=fr&amp;amp;ct=clnk&amp;amp;gl=ch&amp;amp;client=firefox-a&amp;lt;/ref&amp;gt; inspirés des mouvements français et américains préalablement abordés. Cependant, des divergences existent entre tous ces mouvements sur différentes questions telles que l’avortement ou encore la possibilité pour le sexe féminin de faire l’armée. Une chronologie a été rédigée dans l’article suivant : &amp;quot;Le nouveau mouvement féministe et les organisations féminines depuis 1968&amp;quot; de la Commission fédérale pour les questions féminines de la Confédération Suisse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La période  entre 1940-50 : une période restrictive ===&lt;br /&gt;
Pour comprendre la lutte pour l&#039;avortement comme droit de la personne il nous faut revenir sur le contexte de l&#039;après guerre. La législation suisse sur l’avortement est l’une des plus restrictives d’Europe.  Les premières dispositions du Code pénal suisse à ce sujet ont été définies en 1942 et prévoient, à cette époque, l’emprisonnement de la femme qui avorte, ainsi que de la personne qui l’aide à pratiquer cet acte. En revanche, une exception existe : si la grossesse comporte un danger pour la mère et que l’interruption de grossesse est pratiquée par un médecin, l&#039;avis étant approuvé par un second médecin, l’avortement n’est alors pas punissable. On comprend alors que la conséquence a été un nombre considérable d’avortements illégaux. Cependant, la mise en place de dispositifs de préventions et d’une diffusion d’informations contribua à faire diminuer le nombre d’avortements autant illégaux, que légaux. Par ailleurs, l’Organisation Mondiale de la Santé ([http://www.who.int/fr/ OMS]) a étendu la notion de « santé » en y insérant les dimensions de bien-être psychique et social : « la santé ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité ; elle est un état de complet bien-être physique, mental et social. »&amp;lt;ref&amp;gt;Rey, A.-M., 2013, &#039;&#039;Tendance à la libéralisation&#039;&#039;, USPDA. Consulté le 7 Novembre sur http://www.svss-uspda.ch/fr/suisse/liberal.htm&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ceci légalise aussi la pratique d’interruption de grossesse et écarte la menace d’emprisonnement. &amp;lt;ref&amp;gt;Rey, A.-M., 2013, &#039;&#039;L&#039;ancienne législation de 1942&#039;&#039;, USPDA. Consulté le 7 Novembre sur http://www.svss-uspda.ch/fr/suisse/loi_1942.htm&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
Cependant, cette législation attise la colère et la montée d’une révolte. Au début du XXème siècle, on voit s’élever des mouvements, tels que les organisations ouvrières, pour lutter en faveur de la décriminalisation de l’avortement.&lt;br /&gt;
De plus, dans cette période, il existe une différence entre les cantons au niveau de la législation sur l&#039;avortement. Ceci met donc les professionnels dans l&#039;embarras puisqu&#039;ils n&#039;ont pas une pratique généralisée au niveau de l&#039;état, et cela soulève également une inégalité entre les femmes des différents cantons de la Suisse. Des mesures fédérales strictes ont donc été prises pour tenter de généraliser les pratiques et s&#039;accorder sur la pratique de l&#039;avortement : « l’institutionnalisation juridique d’une interruption de grossesse pouvant être légalement pratiquée par un médecin sous haute surveillance de l’Etat : consultation obligatoire d’un second médecin, qui doit être un spécialiste et en plus agréé par les autorités cantonales compétentes, et qui doit donner par écrit un « avis conforme ». Il faut également le consentement écrit de la femme enceinte. ». Ainsi à cette époque nous constatons que les femmes n&#039;ont pas la maitrise de leur corps et que de ce fait la maternité ne peut se contrôler. Ce contexte illustre la réalité des femmes, soit elles ont la chance de pouvoir trouver deux médecins qui l&#039;estime en danger, soit elles décident de pratiquer un avortement illégal ce qui comporte de grands risques pour leur santé (hémorragie et infection qui peuvent entrainer la mort de la femme).&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La période 1960-70 : les premiers changements ===&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Fichier:Graphiquefemme.jpeg|vignette|gauche|Graphique représentant les condamnations des femmes]]&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Le graphique ci-contre nous montre la condamnation des femmes en ce qui concerne l&#039;avortement.&amp;lt;ref&amp;gt;Rey, A.-M., 2013, &#039;&#039;Interruption de grossesse en Suisse : les faits et les données&#039;&#039;, USPDA. Consulté le 18 Novembre sur http://www.svss-uspda.ch/pdf/faits-et-donnees.pdf &amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt; En effet, nous voyons que le pic le plus élevé se situe dans l&#039;année 1950, avec 550 condamnées. Puis lors de la commercialisation de la pilule, l&#039;emprisonnement des femmes diminue fortement l&#039;année suivante, passant d&#039;environ 400 condamnations à environ 260. De manière générale, ce graphique montre que les condamnations sur la période 1960-1980 n&#039;ont cessé de baisser. &lt;br /&gt;
Les années 60 sont donc marquées par l&#039;arrivée de la pilule contraceptive en Suisse. En effet, en 1961, la commercialisation de celle-ci fait reculer le nombre d&#039;avortement pratiqué en Suisse puisque les femmes ont un contrôle sur leur reproductibilité. Malgré tout, la pilule contraceptive circule à l&#039;époque discrètement, puisque aucune loi ne précise son autorisation. En 1965, la création du premier planning familial en Suisse au HUG permettra de conseiller les familles. L&#039;établissement ouvrira donc un pôle dédié à l&#039;information familiale et aux régulations des naissances.&amp;lt;ref&amp;gt;Fert-Bek, D., (s.d.), &#039;&#039;Historique&#039;&#039;, Le service du planning familial de Genève a 40 ans,Genève, HUG. Consulté le 18 Novembre 2013 sur http://planning-familial.hug-ge.ch/nous/historique.html&amp;lt;/ref&amp;gt; Dans cet établissement les professionnels conseillent les parents sur la manière d&#039;avoir un contrôle sur l&#039;élargissement de leur famille. Ainsi, grâce à cette structure, la pilule contraceptive a pu circuler dans le territoire helvétique. La pilule était considéré pour certain comme un enjeux économique : elle permettait de contrôler les naissances et donc de préserver la richesse, et pour d&#039;autres comme un moyen de débrider la sexualité des femmes&amp;lt;ref&amp;gt;L&#039;illustré, (s.d.) &#039;&#039;La pilule qui a changé le monde&#039;&#039;, Archives, Consulté le 18 Novembre 2013 sur http://www.illustre.ch/la_pilule_qui_a_change_le_monde_45372_.html&amp;lt;/ref&amp;gt;.   &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Mlf.jpeg|vignette|gauche|Affiche du Front des Bonnes Femmes]][[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|Le Mouvement de Libération des Femmes (MLF)]] a démarré aux Etats-Unis, et a encouragé les militants des autres pays à lutter pour améliorer les conditions féminines. Le [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]] créé en 1969 à Zurich,que l&#039;on retrouvait également dans d&#039;autres cantons  (Genève et Tessin par exemple) se base &amp;quot;sur les mouvements de libération du Tiers monde pour encourager les femmes à se libérer des contraintes inhérentes à la famille nucléaire (Rôle des sexes).&amp;quot; &amp;lt;ref&amp;gt;Jorris, E., 2009, &#039;&#039;Mouvement de libération des femmes (MLF)&#039;&#039;. Consulté le 19 Novembre 2013 sur http://www.hls-dhs-dss.ch/textes/f/F16504.php&amp;lt;/ref&amp;gt;. Sur le canton de Genève plus précisément, des groupes de certains partis de gauche militaient en ces faveurs (ils étaient très hiérarchisés et ne plaisaient pas à toutes les femmes militantes). C&#039;est donc principalement grâce à Madame Brodmann (qui a milité aux Etats-Unis) et Madame Gramoni qu&#039;il y a eu dans un premier temps le front des Bonne-Femmes (où militait aussi Rina Nissim). Leur premier slogan a été &amp;quot;Femmes décolonisons-nous !&amp;quot; avec des affiches placardées sur les façades des grandes banques : les femmes insistaient donc pour la ré-appropriation de leur corps (avortement, pilule contraceptive, ...).&amp;lt;ref&amp;gt;Roussopoulos Carole, Debout ! Une histoire du mouvement des femmes 1970-80, 1999. Consulté le 19 Novembre 2013 sur http://ballonsonde.org/wikiSonde/videos/Femmes_Debout.htm&amp;lt;/ref&amp;gt; &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Les femmes pensent donc vivre singulièrement des situations d&#039;exclusion et d&#039;injustices, or le fait de discuter ensemble elles se rendent compte qu&#039;elles vivent toutes ce genre de situation. Cette prise de conscience favorise donc la mobilisation des femmes pour combattre ces injustices dont elles sont victimes. Les communautés ou ce que l&#039;on pourrait appeler regroupements permettent donc aux femmes de prendre consciences mais aussi de prendre du pouvoir dans la société. L&#039;effet de groupe a permis de de faire rassembler dans les rues des milliers de femmes pour manifester ensemble contre des inégalités entre sexe ([[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]]).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans le même temps, il ne faut pas oublier que les avortements illégaux continuent à être pratiqués à cette période. En effet, le nombre d&#039;avortements, légaux et illégaux, est estimé à 50 000 en 1966. Les avortements légaux s&#039;élevaient à environ 17 000 en 1966 (16 000 en 1978 et 1980, 14 000 en 1985, 13 000 en 1990, 12 000 en 1995, 13 000 en 1996 et 1998). Les avortements clandestins diminuèrent grâce : &lt;br /&gt;
* à la raréfaction avec l&#039;élargissement des indications médicales dans les cantons libéraux (Zurich, Bâle-Ville, Berne, Vaud, Neuchâtel, Genève) dès les années 1950&lt;br /&gt;
* la libéralisation progressive dans d&#039;autres cantons(Tessin dès les années 1970; Argovie, Bâle-Campagne, Glaris, Schaffhouse, Soleure, Jura au cours des années 1990)&lt;br /&gt;
* la généralisation des centres de planning familial, des cours d&#039;éducation sexuelle, la diffusion de moyens de contraception sûrs dès les années 1960 &lt;br /&gt;
* le remboursement de l&#039;intervention par les caisses maladie).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On remarque que malgré les mesures juridiques fédérales restrictives, les cantons adoptent des pratiques très différentes les uns des autres. Ainsi, les dimensions d’ordre psychologique et social sont incluses dans les indications médicales des cantons libéraux, alors que la pratique est seulement tolérée dans les cantons conservateurs catholiques. Face à cette inégalité juridique, les cantons libéraux accueillent des femmes vivant dans ces cantons restrictifs pour se faire avorter. On assiste à une forme de tourisme « gynécologique ». Cela amène les cantons à réfléchir sur ces pratiques. Notamment le canton de Neuchâtel, où plusieurs affaires d&#039;avortements sont jugées. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La période 1970-1980 : La période clé ===&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
A la suite de ces scandales, le député radical Maurice Favre dépose en mars 1971 une [http://www.amtsdruckschriften.bar.admin.ch/viewOrigDoc.do?id=10100953 motion] en faveur d&#039;une initiative cantonale demandant la suppression des articles 118 à 121 du CP.  &lt;br /&gt;
Cette démarche est suivie du lancement, en juin de la même année, par un comité de cinq personnes, de l&#039;initiative populaire fédérale pour la décriminalisation de l&#039;avortement, largement soutenue notamment par le mouvement des femmes. En 1972, les milieux chrétiens conservateurs font circuler une pétition &amp;quot;Oui à la vie, non à l&#039;avortement&amp;quot;. A partir de ce moment-là, nous voyons apparaître les organisations et les mouvements féministes qui organisent des manifestations en faveur de l’interruption de grossesses libres et gratuites, ainsi que pour revendiquer [http://www.svss-uspda.ch/index.html la décriminalisation de l’avortement].  Il y a dons deux propositions faites : accorder un délais pour l&#039;avortement (par exemple : les avortements pourront être légal pendant les 10 premières semaines de grossesse)ou élargir les motifs pour l&#039;avortement (par exemple : souffrances psychiques, douleurs physique, ...)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C&#039;est une lutte qui se fait contre des mentalités traditionnelles où l&#039;homme est dominant dans la société. La prise de conscience des femmes et de leurs conditions se fait petit-à-petit, en prenant plus d&#039;ampleur au milieu des années 70. C&#039;est la réunion de plusieurs milliers de femmes qui fait que l&#039;on puisse qualifier le [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]] de mouvement. Ce sont des femmes de tout âge qui se battent pour l&#039;amélioration de leurs conditions de vie. Ces mouvements veulent principalement lutter pour le droit du libre choix des femmes ou de manière générale à ce que l&#039;on nomme l&#039;autonomie des femmes. A cette époque, il y a &amp;quot;deux types de femmes&amp;quot; :  celles qui font des études mais qui restent à la maison pour materner, ou bien celle qui font des études et qui travaillent. Ces dernières se trouvent confrontées à la réalité sociale : avec le même titre professionnel, les femmes obtiennent des salaires bien inférieurs à ceux des hommes. C&#039;est suite à cette prise de conscience face au [http://www.scienceshumaines.com/peut-on-en-finir-avec-le-plafond-de-verre_fr_22408.html Plafond de Verre], que les femmes se réunissent pour échanger leurs histoires. Elles se mobilisent donc afin de pouvoir avoir le contrôle sur leur vie, et sur leur corps. L&#039;une des grandes luttes se fait autour du contrôle de leur corps : ce qu&#039;elles nomment la mobilisation pour la ré-appropriation du corps. Il s&#039;agit de donner aux femmes la possibilité de choisir leur maternité, leur contraception, et leur médicamentation. En 1978, sur le canton de Genève, l&#039;ouverture du Dispensaire des femmes (par [[Rina Nissim]]) leur permet d&#039;être accueillies dans un lieu où on leur donne des conseils, des listes de gynécologues tolérants face aux choix d&#039;avorter ainsi que différentes méthodes pour soigner les maladies génitales, ... De plus, les femmes peuvent si elles le veulent accéder au groupe action Self-Help du [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]] ; qui est un lieu où l&#039;on échange sur son vécu, et où l&#039;on pratique des examens concrets pour découvrir son corps. L&#039;instruction, comme l&#039;évoque [[Amélia Christinat|Mme Christinat]] permet aux femmes de comprendre les injustices auxquelles elles sont confrontées et de se mobiliser pour que toute les sociétés reconnaissent les femmes comme des personnes avec un cerveau. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans le même temps, une nouvelle réglementation sur l’avortement est considérée par le Conseil fédéral, et trois variantes sont discutées : la première, appelée &amp;quot;solutions des indications&amp;quot; autorise l’avortement dans les situations où la grossesse menace la vie ou la santé de la femme, en cas de viol, ou encore si l’enfant présente un trouble ou une déficience physique et/ou mentale. Une autre variante est celle des « indications sociales » qui prend en compte la situation sociale précaire de la femme. Finalement, la troisième, « solution des délais », permet l’avortement pendant les douze premières semaines de grossesse. Il en va sans dire que les partis politiques, les organisations et les cantons conservateurs catholiques sont en faveur de la solution la plus restrictive, alors que leurs rivales refusent les trois types de variantes et revendiquent l’avortement libre et gratuit. Le Conseil fédéral  rejette l’initiative pour la décriminalisation de l’avortement, mais opte finalement pour la solution des indications élargies, attisant ainsi le mécontentement des deux camps. &lt;br /&gt;
Face au rejet de l’initiative populaire pour la décriminalisation de l’avortement, [http://www.svss-uspda.ch/index.html l’Union Suisse pour la Décriminalisation de l’Avortement] (USPDA) (dont fait partie [[Amélia Christinat]])propose un compromis et lance une initiative qui cette fois rejoint l’idée de la solution des délais. « L’initiative réclament la décriminalisation de l’avortement s’il est pratiqué par un  médecin avec le consentement de la femme pendant les douze semaines qui suivent les dernières règles ». Cependant, celle-ci essuie à nouveau un échec : elle est rejetée par la majorité des cantons. &lt;br /&gt;
Les années suivantes toutes les propositions d&#039;initiatives,pour ou contre l&#039;avortement, sont sans cesse rejetées. Mais les luttes féminines pour le droit à l&#039;avortement s&#039;amplifient dans cette période pour pouvoir faire changer les droits de la personne et principalement les droits de la femme. Ce n’est qu’en 1990, que l’idée d’une révision de la loi relative à l’avortement est remise sur le devant de la scène. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous constatons que cette période est une période riche pour la mobilisation des droits des femmes ; de multitudes groupes se forment à l&#039;intérieur du [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]], des nouveaux établissements pour les femmes se créent, ... des femmes se mobilisent également pour d&#039;autres causes qui ne les touchent pas particulièrement puisque nous verrons, dans [[Accueil|le dernier chapitre]] de cet article, que plusieurs d&#039;entres-elles se sont mobilisé pour le droit à l&#039;autodétermination [[Droits des patients (à l&#039;hôpital)|des patient des hôpitaux]]. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Globalement ce qui se fait ressentir c&#039;est  surtout l&#039;envie de faire changer la mentalité de la société pour que les femmes aient les même droits que les hommes. Nous avions déjà retrouver ce point en 1791 en France où est apparue la [http://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9claration_des_droits_de_la_femme_et_de_la_citoyenne Déclaration des Droits de la Femme et de la Citoyenne] se basant sur la [http://www.textes.justice.gouv.fr/textes-fondamentaux-10086/droits-de-lhomme-et-libertes-fondamentales-10087/declaration-des-droits-de-lhomme-et-du-citoyen-de-1789-10116.html version originale] et dont le but était de montrer l&#039;égalité juridique entre homme et femme.   &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Depuis 1990 ===&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Les différentes mobilisations des femmes soixanthuitardes ont permis la diminution d&#039;une multitude d&#039;inégalités pour lesquelles elles se mobilisaient.&lt;br /&gt;
Revenons tout d&#039;abord, en 1994, où l&#039;on constate un net recul du nombre d’avortements légaux. Ceci peut s’expliquer par une diffusion de l’information (éducation sexuelle) et la libre disposition de moyens contraceptifs. Ce phénomène vient appuyer l’idée que la libéralisation ne conduit pas à une augmentation des avortements, bien au contraire. Plusieurs services se sont donc installés suite au manifestations des femmes dans les rues. A partir de là, les choses commencent à changer et vont en faveur de la décriminalisation de l’avortement. En effet, le Conseil National adopte en 1995 &amp;quot;la solution des délais&amp;quot;. En 1996, la Commission des Affaires Juridiques du Conseil National ratifie un projet de loi qui prévoie la décriminalisation de l’avortement pendant les 14 premières semaines après les dernières règles. On voit mêmes les femmes du parti démocratique-chrétien (PDC) aller en faveur du droit de la femme à l’autodétermination et pour &amp;quot;la solution des délais&amp;quot;. De nombreuses organisations telles que la Fédération suisse des Eglises protestantes, les groupes des femmes radicales de Suisse, accueillent cette solution des délais comme un compromis tolérable. Toutefois, le Conseil Fédéral rejette une fois de plus la &amp;quot;solution du délai&amp;quot; en 1998. Nous constatons donc que les manifestations pendant plus de 15ans, ne suffisent pas pour que la Suisse autorise l&#039;avortement. En France par exemple, la lutte des femmes a été moins longue en ce qui concerne le droit à l&#039;avortement puisqu&#039;il est autorisé depuis  [http://fr.wikipedia.org/wiki/Loi_Veil_du_17_janvier_1975_sur_l&#039;interruption_volontaire_de_grossesse 1975] et suite [http://fr.wikipedia.org/wiki/Manifeste_des_343 aux manifestes des 343] de 1971. &lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Par ailleurs, la pilule abortive Mifegyne (RU 486) est admise et commercialisée en Suisse dès 1999. La [http://webcache.googleusercontent.com/search?q=cache:aZM-IrETCowJ:bijsluiters.fagg-afmps.be/DownloadLeafletServlet%3Fid%3D109287+&amp;amp;cd=9&amp;amp;hl=fr&amp;amp;ct=clnk&amp;amp;gl=ch&amp;amp;client=firefox-a notice] d&#039;utilisation explique son utilité : &amp;quot;Mifegyne est un médicament qui bloque l&#039;action de la progestérone, une hormone nécessaire au maintien de la grossesse. Mifegyne peut donc provoquer une interruption de grossesse.&amp;quot; Cependant cette méthode médicamenteuse est soumise aux mêmes dispositions pénales que l’avortement et est prescrite uniquement par le corps médical.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Finalement, le Parlement adopte la solution du délai en mars 2001 et est rentré en vigueur en 2002. « Ainsi l’avortement n’est pas punissable pendant les 12 premières semaines de la grossesse à condition que la femme fasse valoir une situation de détresse. Les cantons doivent décider quels cabinets et établissement peuvent pratiquer l’intervention. » &amp;lt;ref&amp;gt;Rey, A.-M., 2013, Régime du délais, USPDA. Consulté le 7 Décembre sur http://www.svss-uspda.ch/fr/suisse/loi.htm&amp;lt;/ref&amp;gt; De plus, Rey (2013), illustre les modifications entre l&#039;ancienne et la nouvelle loi de 2002, relatif à l&#039;avortement. &amp;lt;ref&amp;gt;Rey, A.-M., 2013, Comparaison ancienne et nouvelle législation, USPDA. Consulté le 7 Décembre sur http://www.svss-uspda.ch/fr/suisse/comparaison.htm &amp;lt;/ref&amp;gt; Depuis ce jour, la femme est la seule personne qui ait le droit de choisir ou non l&#039;avortement. En aucun cas, une personne tierce (et même si celle-ci a une blouse blanche) ne pourra refuser l&#039;avortement d&#039;une femme dans les douze premières semaines de grossesse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous pouvons donc conclure que « les discussions provoquées en 1971 par l’initiative en faveur de la décriminalisation de l’avortement ont été à l’origine d’un changement des mentalités et d’une prise de conscience ».&amp;lt;ref&amp;gt;Rey, A.-M., 2013, Chronologie des événements dès 1970, USPDA. Consulté le 7 Décembre sur http://www.svss-uspda.ch/fr/suisse/chronologie.htm &amp;lt;/ref&amp;gt; En effet, on assiste à une diminution du nombre de condamnations et à une libéralisation de la pratique de l’avortement. Par ailleurs, on se rend compte qu’à travers la mise en place de centres de plannings familiaux et des dispositifs d’informations, comme l’éducation sexuelle, on parvient à lutter contre l’avortement.  La prévention prévaut donc à la pénalisation. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cependant on constate que la réglementation à ce sujet peut encore être modifiée, car ce droit à l’avortement est sans cesse remis en question. En effet, en 2010, le mouvement anti-avortement « Mamma », qui s&#039;intitulait auparavant &amp;quot;Pour la mère en l’enfant&amp;quot;  lance une initiative populaire : « Financer l’avortement est une affaire privée ». Il s’agit d’une initiative qui demande que l’IVG ne soit plus pris en compte par les prestations de l’assurance maladie de base, et ce en invoquant l’idée qu’il s’agit d’une décision d’ordre privé, et que de ce fait le financement public n’a pas de sens. Cependant, on remarque que le droit à donner la vie est également de l’ordre du privé, et pourtant celui-ci n’est pas contesté. [[Entretien Rina Nissim|Rina Nissim]], nous met en garde sur la tournure que prend les événements d&#039;aujourd&#039;hui (concernant le financement de l&#039;avortement). En effet, selon elle, nous serions en pleine régression concernant le libre choix de la femme. A contrario des générations d&#039;après 70, il faut que les générations d&#039;aujourd&#039;hui se mobilisent pour faire en sorte de garder un droit durement acquis par les femmes soixanthuitardes. La votation de Février 2014 qui se prépare pourrait modifier les droits que nous avons jusqu&#039;à présent. Si les générations de maintenant et les suivantes veulent elles aussi avoir la possibilité de choisir leur grossesse, elles se doivent de s&#039;impliquer pour faire en sorte de ne pas perdre les droits acquis.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le droit à l&#039;avortement est également contesté dans [http://www.planning-familial.org/actualites/lavortement-en-europe-ou-sont-les-bonnes-nouvelles-0012490 les autres pays Européens]. L&#039;Irlande et l&#039;Espagne seraient les deux pays Européens les plus réactionnaires au droit à l&#039;avortement. En effet, le premier ministre devrait sous peu, mettre en place une nouvelle loi concernant ce sujet. L&#039;avortement sera alors possible que dans l&#039;une des trois conditions (viol, malformation du fœtus ou danger de la mère) et les personnes mineures devront avoir une autorisation des parents. &amp;lt;ref&amp;gt;Magnan, P., (2014) &#039;&#039;Avortement : le retour en arrière de l&#039;Espagne, premier signe en Europe ?&#039;&#039;. consulté le 6 Janvier 2014 sur http://geopolis.francetvinfo.fr/avortement-le-retour-en-arriere-de-lespagne-un-premier-signe-en-europe-28245 &amp;lt;/ref&amp;gt; La crise économique, comme nous l&#039;avait précisé [[Rina Nissim]], influencerait les multiples régressions concernant les droits des femmes ; dont celui de leur intégrité physique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les témoins qui ont participé aux changements ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous avons décidé d&#039;interroger des personnes qui se sont mobilisées en Suisse pour le droit à l&#039;avortement. Elles pourront donc faire ressortir des éléments personnels sur le contexte de l&#039;époque, et les problèmes qu&#039;elles ont pu rencontré pour la mise en place de ce droit. &lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Nous avons dans un premier temps contacté Mme [[Amélia Christinat|Christinat Amélia]], avec qui l&#039;une de nous avait déjà travaillé il y a quelques années. Cette personne a donc accepté de participer à notre recherche en répondant à nos questions lors d&#039;un entretien.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un second temps nous avons contacté Mme [[Salika Wenger|Wenger Salika]], marraine de l&#039;association &amp;quot;Ni pute, Ni soumise&amp;quot; qui est actuellement impliquée dans la politique sur Genève puisqu&#039;elle fait partie du Conseil Administratif de la ville de Genève. Deux d&#039;entre nous l&#039;ont connue lors de sa venue à [http://www.infrarouge.ch/ir/1858-seins-nouvelle-arme-feministes l&#039;émission télévisée Infrarouge (RTS)] dédié aux mouvements des Femens (novembre 2011). Après discussion téléphonique, nous avons eu des éléments pertinents qui pourraient nous intéresser pour notre recherche, cependant [[Salika Wenger|Mme Wenger]] est très occupée et ne pourra pas nous accorder un entretien avant Janvier 2014. C&#039;est pourquoi après réflexion, nous avons décidé de contacter une troisième personne qui pourrait éventuellement être plus disponible : Mme [[Rina Nissim|Nissim Rina]]. Par l&#039;intermédiaire de Mme Ruchat nous avons obtenu ses coordonnées téléphoniques et avons pu avoir un rendez vous rapidement.&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Afin de leur éviter quelconque déplacement,nous avons rencontré ses personnes à leur domicile. De plus, pour des raisons pratiques et également afin de ne pas abuser de leur hospitalité, nous avons décidé de mener ces entretiens par groupes de trois.&lt;br /&gt;
Nous proposerons aux différents acteurs de partager leurs souvenirs concernant les années 1970 à Genève afin que nous comprenions la situation actuelle du droit à l&#039;avortement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Retour sur les entretiens==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== [[Entretien Rina Nissim|Entretien]] de [[Rina Nissim]] ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Notre premier entretien s&#039;est déroulée le mercredi 27 Novembre. A trois étudiantes nous nous sommes rendues au cabinet de Rina Nissim. L&#039;entretien qui en découle nous a projeter dans un univers très différent du notre : où la femme n&#039;avaient que très peu de droits. C&#039;est de part son discours, que la militante Rina Nissim, nous a partagé des informations sur l&#039;ambiance, la mobilisation et la persévérances des actrices de cette époque. C&#039;est par la réalisation de plusieurs injustices que les femmes se regroupent pour se mobiliser contre une société qui octroie peu de considération envers les femmes. Le [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]], lutte donc de manière générale pour plusieurs droits (droit à l&#039;égalité salariale, droit à la contraception, droit à l&#039;avortement, ...). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== [[Entretien Amélia Christinat|Entretien]] d&#039;[[Amélia Christinat]] ===&lt;br /&gt;
Le second entretien s&#039;est déroulé le 5 décembre chez Christinat Amélia. A notre arrivée, nous lui avons dit que nous avions déjà des questions précises à lui poser et que ces questions seraient les mêmes pour tous les groupes. En effet, sachant que c&#039;est une femme très bavarde nous avons préférer poser le cadre dès le départ. &lt;br /&gt;
Nous avons pu constater en rentrant dans son salon qu&#039;elle avait préparé différents articles concernant le droit à l&#039;avortement - des articles qu&#039;elle nous a présenté tout au long de l&#039;interview -.&lt;br /&gt;
C&#039;est avec beaucoup d&#039;émotion qu&#039;elle a répondu à nos questions et qu&#039;elle a raconté son combat pour les différents droit de la femme - droit de vote, droit à l&#039;avortement etc.-. Nous avons vraiment ressenti, à travers ses propos, l&#039;importance que ces combats ont eu pour elle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Points communs entre les entretiens=== &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plusieurs points communs ressortent de ces deux entretiens.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout d&#039;abord, nous constatons que le droit à la réappropriation du corps ou plutôt à l&#039;autonomie des femmes, comme cité par [[Rina Nissim]], représente l&#039;un des combats des années 1960-80. Si les femmes, par leur combats, manifestations ont réussi à faire valoir leur droit à l&#039;avortement, elles ont aussi lutté pour la mise en place d&#039;autres valeurs tels que le droit à la contraception, le droit de vote, le droit d&#039;accès aux études. Toutes ces luttes sont évoqués par les deux femmes interrogées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Afin de parvenir à ces changements, il a fallu se réunir entre femmes. A partir du moment où nous souhaitons un changement important, il est nécessaire d&#039;obtenir une mobilisation importante. Rina Nissim part d&#039;un petit groupe, le [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]] qui finalement va prendre une grande ampleur et [[Amélia Christinat|Amélia Christianat]] s&#039;impose dans la politique. Il parait donc évident pour ces deux protagonistes, que pour espérer un changement, il faut se réunir en groupe. La notion de communauté prend donc toute son importance. La notion de communauté est définie comme étant un état de ce qui est commun à plusieurs personnes, similitudes, groupe constituant une société, mise en commun des biens entre époux. Au sens étymologique originel : cum munus. La communauté est donc un groupe de personnes (cum) qui partagent quelque chose (&amp;quot;munus&amp;quot;)- un bien, une ressource, ou bien au contraire une obligation, une dette.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Même si le concept de communauté n&#039;est pas dit explicitement dans nos entretiens, il apparaît tout au long, puisque chacune d&#039;entre elle a rejoint un groupe dans lequel elles éprouvaient des intérêts communs. Chaque membre décide alors en quoi, comment et quand il contribuera à ce groupe. Dans ce cas, [[Rina Nissim]] et [[Amélia Christinat]] en tant que féministes se sont engagées et ont lutté pour le droit des femmes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Enfin, il est intéressant de constater que nos deux intervenantes tirent un bilan mitigé quant à ces luttes pour les droits des femmes. [[Amélia Christinat]] dit :&amp;quot; Alors en fait tout changement, toute progression que l’on peut interpréter comme sociale n’est jamais définitivement acquise. Donc en fait, il faut veiller continuellement, défendre continuellement où que vous soyez et avec qui que vous soyez.&amp;quot; Quant à [[Rina Nissim]], elle dit :&amp;quot;Malheureusement dans la société c’est comme ça, il faut tout le temps se battre. Ça c’est un point sur lequel on est en recul.&amp;quot;, On est en plein recul. Donc y a un ou deux pays qui ont avancé pour l’instant y en a douze qui ont régressé. Donc cela ne va pas du tout cette affaire, on a une très mauvaise posture.&amp;quot; Ainsi, la question des droits pour la personne n&#039;est jamais complètement acquis. Il faut sans arrêt se battre pour continuer à faire valoir ses droits en tant que personne.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il convient à présent de reprendre l&#039;ensemble des questions posées et d&#039;en ressortir les éléments importants :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- &#039;&#039;&#039;Depuis quand et avec qui vous vous êtes engagés dans la lutte pour les droits de la femme et quel était à ce moment votre statut (ou fonction)? Dans quel contexte s&#039;est inséré cette démarche ?&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les deux personnes interrogés ont un parcours différents et leur action ne s&#039;est pas faite au même niveau. [[Rina Nissim]], après son interruption de grossesse à 19 ans, trouve un tract dans un local d&#039;anarchiste. C&#039;est un tract du [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]] qui invite des femmes à les joindre dans leur groupe. [[Rina Nissim]] est intéressée et entre alors au [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]]. Elle est alors la plus jeune de la bande. Il n&#039;y avait pas de statut en tant que tel mais chacune apportait ses connaissances et son envie de se battre pour obtenir plus de droit pour la femme. Quant à [[Amélia Christinat]], elle agit plutôt a un niveau politique et va faire un long parcours en passant par le législatif, le cantonal puis le niveau national afin d&#039;apporter des changements reconnus dans toute la Suisse. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- &#039;&#039;&#039;Y a-t-il eu un événement originel? Pourriez vous nous raconter un ou des événements marquant que vous avez mené ou qui vous ont frappé dans cette période en faveur de ces droits ?&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;un des droits qui a frappé [[Rina Nissim]] dans cette période est l&#039;accès à l&#039;avortement libre et gratuit ainsi que l&#039;accès à la contraception. Elle explique que c&#039;est l’accessibilité à l&#039;avortement qui était problématique.Le planning familial a été une grande innovation mais n&#039;était pas encore présent dans les mentalités de tous, et ce, notamment chez les gynécologues qui n&#039;acceptaient pas tous de donner la pilule. Le [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]] faisait des listes des médecins qui étaient d&#039;accord de prescrire cette pilule et dirigeait les femmes au bon endroit. Cependant, elle ne nous décrit pas un événement très précis, une action qu&#039;elle a effectué qui a pu entraîner ces changements. C&#039;est néanmoins des manifestations importantes et à plusieurs reprises qui ont permis ces évolutions. [[Amélia Christinat]] considère aussi que le droit à l&#039;avortement est un événement phare de cette époque et ajoute que le droit de vote pour la femme est aussi l&#039;un des événements marquants. Elle donne comme exemple les luttes ouvrières françaises qui allaient en Belgique pour se faire avorter parce que c&#039;était défendu en France et qu&#039;elles n&#039;avaient pas d&#039;argent. C&#039;est un événement particulièrement marquant et touchant selon elle. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- &#039;&#039;&#039;Quels ont été les changements les plus importants auxquels vous ayez assisté ?&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Rina Nissim]] évoque plusieurs changements auxquels elle a pu assister. Elle parle de la libération des femmes. C&#039;est se considére comme un individu à part entière qui peut décidé de soi-même, d&#039;être un vrai sujet dans leur vie, dans leur sexualité, dans leur contraception, dans leur choix professionnel. D&#039;après elle, il y a donc eu plusieurs droit : celui de l&#039;avortement avec pour commencer le remboursement par les caisses maladies en 81, le droit au divorce, le divorce. [[Amélia Christinat]] ajoute à l&#039;ensemble de ces changements le droit de vote, en disant qu&#039;à partir du moment où nous avons le bulletin, c&#039;est quelque chose de très important puisque les femmes sont considérées comme une personne. Nous pouvons rattacher cela à l&#039;ensemble de cette étude qui étudie le droit des personnes. Dans le cas des différentes luttes pour le droit des femmes, nous cherchons à mettre en avant qu&#039;elles sont avant tout des personnes qui doivent avoir la liberté de choisir, de donner leur avis. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-&#039;&#039;&#039; Y a-t-il eu des valeurs que vous avez eu le sentiment d’avoir porter en avant et si oui lesquels  ?&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Différentes valeurs sont mises en avant par les deux femmes interrogées. C&#039;est le féminisme, l&#039;humanisme, le socialisme, l&#039;anarchisme. De manière générale l&#039;autonomie des femmes marqué par la réappropriation de son corps. Dans leur discours, les deux femmes montrent bien qu&#039;auparavant nous étions considérés comme femme de.., fille de... que les femmes ont toujours du être meilleure que les hommes. Elles devaient tout faire. De ce fait, les femmes n&#039;étaient pas des sujets en tant que telle. Ce n&#039;est qu&#039;après de nombreuses luttes que nous avons mis en avant le fait que les femmes soient avant tout des personnes à part entière. Elles ont maintenant le même statut, les mêmes droits que les hommes. Bien que comme le relève [[Rina Nissim]] et [[Amélia Chritinat]] cela n&#039;est pas quelque chose d&#039;acquis, et cette évolution à tendance à reculer. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039; Mais qu’en est-il aujourd’hui de cette lutte et des acquis et des risques de retour en arrière ?&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le maître mot de ces deux femmes concernant cette lutte est que rien n&#039;est acquis. Il faut toujours se battre parce que les choses ont tendance à régresser. Aujourd&#039;hui le droit de vote, le droit d&#039;accès aux études est l&#039;un des points acquis. Cependant, la question de l&#039;avortement est remis en cause, et fait l&#039;objet de tension actuelles puisqu&#039;il est question de supprimer le remboursement des avortements. C&#039;est donc l&#039;une des causes pour lesquels il faut continuer à se battre et faire valoir ses droits si l&#039;on ne veut pas revenir en arrière.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Références bibliographiques ==&lt;br /&gt;
&amp;lt;references/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Boutin, G., 2006, &#039;&#039;L&#039;entretien de Recherche qualitatif&#039;&#039;, Presses de l&#039;Université du Québec.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Roussopoulos Carole, &#039;&#039;Debout ! Une histoire du mouvement des femmes 1970-80&#039;&#039;, 1999. Consulté le 19 Novembre 2013 sur http://ballonsonde.org/wikiSonde/videos/Femmes_Debout.htm&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
– Hirata H, et al,2000, &amp;quot;Dictionnaire critique du féminisme&amp;quot;, Paris : Presse Universitaires de France.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Archives contestataires de Genève, Mouvements de Liberté des Femmes : 1970-90[[Fichier:MLF femme.pdf|vignette|Document des archives contestataires]]&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
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Archives contestataires de Genève, Mouvements de Liberté des Femmes : 1970-90[[Fichier:MLF archives.pdf|vignette|Documents des archives contestataires]]&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Archives contestataires de Genève, Mouvements de Liberté des Femmes : 1970-90 [[Fichier:MLF assez.pdf|vignette|document des archives contestataires]]&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
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Archives contestataires de Genève, Mouvements de Liberté des Femmes : 1970-90 [[Fichier:MLF avorter.pdf|vignette|Document des archives contestataires]]&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Archives contestataires de Genève, Mouvements de Liberté des Femmes : 1970-90 [[Fichier:MLF personne.pdf|vignette|Document des archives contestataires ]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Julie</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Conclusion_sur_les_droits_des_personnes&amp;diff=12389</id>
		<title>Conclusion sur les droits des personnes</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Conclusion_sur_les_droits_des_personnes&amp;diff=12389"/>
		<updated>2014-01-02T10:51:25Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Julie : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&#039;&#039;&#039;C&#039;est quoi les droits de la personne entre 1960-1980.&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous pouvons constater que ces droits se sont construits socialement et historiquement à partir de revendications égalitaires de minorités, souffrantes généralement :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* paradoxalement les femmes&lt;br /&gt;
* les enfants&lt;br /&gt;
* les personnes en situation de handicap&lt;br /&gt;
* les patients psychiatriques et dans les hôpitaux&lt;br /&gt;
* Les patients victimes d&#039;expérimentation nazies&lt;br /&gt;
* les prisonniers.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il s&#039;agit de noter que leur émancipation ou leur reconnaissance, parfois apparente, en tant qu&#039;êtres humains, s&#039;est souvent faite suite à une remise en question des institutions maintenant leur statut. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Le contexte: climat économique, contingence sociale et politique (les gens puissants qui se sentent concernés directement), &amp;quot;esprit du temps&amp;quot; de l&#039;après-guerre. Quid d&#039;aujourd&#039;hui&#039;&#039;&#039;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les contextes de cette mise à l&#039;écart des minorités s&#039;inscrit pendant la guerre (ex. la Shoa), en ce qui concerne les droits des patients dans les hôpitaux et les droits des personnes en situation de handicap. Il a fallu en effet attendre les horreurs nazies pour que leur légitimité soit mondialement reconnue. Dans l&#039;après-guerre, nous voyons émerger, notamment la revendication, en matière d&#039;égalités, des femmes, un besoin de protection de l&#039;enfant, mais la problématique des prisonniers reste encore d&#039;actualité; ceux-ci étant toujours stigmatisés. Généralement, on s&#039;aperçoit que ces inégalités s&#039;inscrivent dans des sociétés de type capitaliste, ou les écarts socio-économiques tendent à se creuser.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Pour avoir des droits il faut se battre pour les avoir; c&#039;est une lutte permanente ce n&#039;est jamais acquis&#039;&#039;&#039;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C&#039;est en fait la lutte d&#039;associations de minorités qui vont être à l&#039;origine de la reconnaissance de ces droits. Sans cette lutte point de progression pour l&#039;humanité. Nous remarquons, plus que jamais, aujourd&#039;hui, que cette lutte est permanente et n&#039;est jamais acquise. Plusieurs acteurs, dont nous avons eu la chance d&#039;écouter nous ont rappeler l&#039;importance de se mobiliser pour que ces droits restent actuel. Pour eux, la lutte ne doit cesser puisque sans une mobilisation de notre part, les droits qu&#039;ils ont acquis durement, vont rapidement régresser.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Le temps de la construction des droits est un temps long pour les promoteurs, mais un temps court dans l&#039;histoire de la démocratie et de l&#039;humanité (1789)&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous avons pu constaté que la lutte pour le droit des personnes (enfants, femmes, prisonniers, patients ...) a duré pour la plupart plus de trente ans. Parfois les acteurs se sont investit du début jusqu&#039;à l&#039;acquisition de ce droit ; dédiant une grande partie de leur vie à ce projet. C&#039;est pourquoi, marquée de luttes, la construction des droits de l&#039;homme est un temps long pour ces promoteurs, mais si nous le  plaçons sur un axe temporel plus large, ces luttes ne constituent qu&#039;une courte période dans l&#039;histoire de l&#039;humanité. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Sur la question des droits, le risque est toujours présent de régression&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme il a été remarqué avec les droits des patients à l&#039;hôpital ou le droit des prisonniers, une régression est toujours possible, généralement marquée par une stigmatisation de ces minorités ou une volonté d&#039;en contrôler la dynamique. Le droit des femmes pour l&#039;avortement est lui actuellement en train de faire débat, puisqu&#039;une votation aura lieu d&#039;ici quelque mois sur le non-remboursement par les caisses maladies de celui-ci. Nous revenons donc vers un statut des opprimés dans une société qui a guère de révolutionnaires des droits de la personne mais plutôt des opprimés, des persécutés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;La prise de conscience de l&#039;égalité des individus quelques soient leur situation comme personne (droit à la parole, droit à l&#039;intégrité physique, droit de vote, dignité, consentement, participation, etc.)&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous voyons toutefois que l&#039;homme lutte pour la reconnaissance d&#039;être traité de manière égalitaire à tout un chacun qui passe par des ordonnances ou des chartes mais qui peuvent être contournées si la propre personne ne connait pas les conséquences graves de la transgression de ses droits. C&#039;est seulement lorsqu’une affaire se fait publique que les autorités réagissent pour calmer le scandale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Changement de &amp;quot;posture&amp;quot; par rapport à la revendication de droits pour des populations &amp;quot;marginalisées&amp;quot; (patients psychiatriques, handicapés, prisonniers)&#039;&#039;&#039;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les populations dites « marginalisées » dont les femmes sont à tout égard celles qui allaient contribuer, à la fondation de la première association des droits de patients en Suisse. Ce fut donc justement ces femmes qui s’uniront pour être écouter. Ce sont elles qui se sont questionnées et qui ont de près vécu une situation d’injustice. Une situation dont les droits de patients ne s’exerçaient pas. Pour la parenté d’un proche voir que le médecin décidait à sa place sur la santé de leur proche n’était pas anodin mais injuste.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Articulation entre droits de l&#039;homme et du citoyens et les droits envers une population spécifique (handicap. prisonniers, patients psychiatrique, etc.): les droits de la personne? les droits de l&#039;être humain?&#039;&#039;&#039; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour que les droits de patients basculent vers les droits de l’être humain peut prendre quelques réponses depuis le jugement émis à Nuremberg, où des médecins nazis sont condamnés pour causer la mort et l&#039;humiliation d&#039;une minorité de la population, la population juive. Cette population était séquestrée pour faire des expériences en médecine sur eux. Ces expériences et les atrocités révélées montrent les dérives de la science de la médecine de l&#039;époque, pour laisser naître une population puissante, les allemands qui laissait libre arbitre à la xénophobie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Faire valoir ses droits (les connaître, les faire respecter, participer à leur application)&#039;&#039;&#039;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce sont justement ces minorités de personnes qui en s&#039;associant, ont fait valoir leurs droits et les ont revendiqué. Ils font, d&#039;ailleurs, réfléchir, les faire connaître à une partie de la société qui guette de loin la réalité de l&#039;application de leurs droits.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Et les sciences de l&#039;éducation dans tout ça?&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des auteurs, comme Illich, préconisaient une société sans école, où l&#039;on apprendrait, directement d&#039;autrui, inséré dans un réseau, au gré de nos besoins éducatifs. La personne irait trouver les connaissances dont elle a besoin dans un réseau de connaissances et d&#039;individus, pédagogues, comme elle, en puissance. Nous constatons, également, que dans une même revendication d&#039;égalité et de remise en question des institutions, des auteurs comme Foucault dénoncent l&#039;autoritarisme d&#039;institutions comme la médecine qui en fait exerce un vrai pouvoir policier sur les personnes. Toute institution se construit socialement. Il en est de même pour la médecine qui s&#039;éloigne volontairement du patient, en adoptant une posture d&#039;expertise. Ce dernier ne construit pas le savoir médical avec le médecin, il ne connait souvent pas les méthodes de recherches concernant cet art. Or il pourrait, en aller autrement, notamment en permettant aux hommes d&#039;apprendre davantage sur la médecine et ses méthodes de construction du savoir. Le patient est avant tout une personne, comme l&#039;est d&#039;ailleurs le médecin. C&#039;est pourquoi cette dyade doit s&#039;évertuer à construire ensemble un savoir médical compréhensible par tout-un-chacun.  Telle est la condition, telle que visionnée par Illich, pour que l&#039;homme se connaisse davantage lui-même, c&#039;est-à-dire se réapproprie ce regard sur lui-même.&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Julie</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Droits_des_femmes&amp;diff=12388</id>
		<title>Droits des femmes</title>
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		<updated>2014-01-02T10:32:18Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Julie : /* La période 1970-1980 : La période clé */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Introduction  == &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Actuellement le droit à l&#039;avortement pour les femmes subit encore des contestations et même une offensive de remise en question: pouvons nous encore le qualifier comme  un droit de la femme s&#039;interrogent certains ? Tout au long de cette page nous nous centrerons sur le droit à l&#039;avortement pour les femmes depuis 1970. En effet, les mouvements féministes sont présents depuis longtemps dans l&#039;histoire des droits des personnes. Dans la période de l&#039;après guerre, les femmes se sont mobilisées plus fortement pour acquérir des droits identiques à ceux des hommes. C&#039;est par la lutte pour le droit à un travail rémunéré que les mouvements prennent de l&#039;ampleur  : &amp;quot;L&#039;essort du féminisme dans cette période serait intimement lié à celui du travail salarié&amp;quot; &amp;lt;ref&amp;gt;Riot-Sarcey, M., 2008, &#039;&#039;Histoire du féminisme&#039;&#039;, Paris, La Découvertes, Repères. p. 73 &amp;lt;/ref&amp;gt;. La question de la procréation est aussi au cœur de leur mouvement, puisqu&#039;il est question de &amp;quot;repeupler&amp;quot; des pays détruits : &amp;quot;Après l&#039;hécatombe de la guerre, jusqu&#039;alors la plus meurtrière, il est nécessaire, plus que jamais de &amp;quot;remplir les berceaux vides&amp;quot;&amp;quot; &amp;lt;ref&amp;gt;Riot-Sarcey, M., 2008, &#039;&#039;Histoire du féminisme&#039;&#039;, Paris, La Découvertes, Repères. p. 73 &amp;lt;/ref&amp;gt;. Il ne faut pas non plus oublier leurs luttes pour l&#039;accès à la politique : plus précisément le droit de vote pour les femmes, qui prend de l&#039;ampleur bien avant la guerre. C&#039;est dans ce contexte d&#039;après guerre, que les femmes resurgissent au front pour valoriser des droits égalitaires et propres à leur vie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cet article est fondé à la fois sur une recherche documentaire et sur la récolte de témoignages de deux personnes pionnières dans l&#039;avancée du droit des femmes à l&#039;avortement. L&#039;article présentera également les différents mouvements féministes réalisés dans les années 1970 sur le droit à l&#039;avortement.Ceci nous montreras que la Suisse, n’a pas été la première à lutter pour le droit à l’avortement, mais que le phénomène est mondial. Les États-Unis ont été sans aucun doute les précurseurs, mais la lutte s&#039;est diffusée et reproduite dans différents pays du monde amenant à des dates différentes à autoriser l’avortement.  L&#039;article se centrera sur la lutte des femmes en Suisse et les différentes lois qui en sont ressorties et cherchera à comprendre la part qu’ont joué les deux témoins interrogées dans cette histoire récente (1970 à aujourd&#039;hui). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour ce faire, nous avons constitué une bibliographie, à partir d’ouvrages sur les mouvements féministes en général, sur la chronologie des contestations. Nous avons lu des articles scientifiques qui présentent la situation en Suisse, épluché  des informations sur les deux témoins qui ont été interrogés et consulté les archives contestataires à Carouge. &lt;br /&gt;
Nous avons également pu rencontré deux femmes militantes à Genève sur ce thème. On a donc effectué deux entretiens audio avec Madame [[Amélia Christinat]] et Madame [[Rina Nissim]] pour obtenir leur témoignage sur l’histoire des mouvements féministes des années 1960 à 1980, principalement sur la question de l’avortement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L&#039;Histoire du droit des femmes == &lt;br /&gt;
Actuellement des auteures telles que Marcella Iacub et Judith Butler font de la problématique féministe une occasion de débattre la question du genre, des identités sexuelles et limites entre les sexes (intersexe, queer, etc), laquelle peut nous aider à repenser la lutte féministe. Or, celle des années 70 (en amont en Suisse de l&#039;accession des femmes à la citoyenneté) est celle d&#039;une longue marche marquée par des féministes de l&#039;après guerre comme Simone de Beauvoir avec sa formule historique &amp;quot;On ne naît pas femme on le devient&amp;quot;, soulignant le déterminisme social de la féminité et la &amp;quot;fabrication&amp;quot; culturelle. &lt;br /&gt;
Pour tenter de comprendre ce qui s&#039;est passé durant cette époque nous allons revenir sur les faits marquants. Pour la compréhension de ce qui va suivre nous vous conseillons de lire [[Frise Chronologique du droit à l&#039;avortement|la frise chronologique]] des événements marquants pour le droit à l&#039;avortement en Suisse. &lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
=== Mouvements féministes : Buts et démarches ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce n&#039;est que dans la deuxième moitié du XIXème siècle que le féminisme se démarque en tant que mouvement collectif de luttes de femmes. &amp;quot;Ces luttes reposent sur la reconnaissance des femmes comme spécifiquement et systématiquement opprimées, l&#039;affirmation que les relations entre hommes et femmes ne sont pas inscrites dans la nature mais que la possibilité politique de leur transformation existe.&amp;quot;[3] En effet, les femmes ont dû faire face à de nombreuses inégalités et cela dans de nombreux domaines: le travail, la santé, la politique... Nous constatons encore aujourd&#039;hui que de nombreuses inégalités persistent sur le droit des femmes mais elles sont moindres ou de nature différentes que dans les années 1960-80. Pour pouvoir entrer dans un processus de revendication politique du féminisme, il faut qu&#039;il y ait une &amp;quot;relation avec une conceptualisation de droits humains universels;elle s&#039;ancre dans les théories des droits de la personne dontles premières formulations juridiques sont issues des révolutions américaines puis françaises.&amp;quot; &amp;lt;ref&amp;gt;Hirata H, et al,2000, &amp;quot;Dictionnaire critique du féminisme&amp;quot;, Paris : Presse Universitaires de France, p. 225&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
Il convient de faire une distinction entre les mouvements féministes et les mouvements populaires des femmes. En effet, les mouvements populaires des femmes ne mettent pas directement en avant l&#039;exigence de droits spécifiques pour les femmes. C&#039;est l&#039;emploi du mot féministe qui va changer les représentations que l&#039;on se fait à cette époque. Pour certains les féministes sont &amp;quot;trop bourgeoises au XIXème siècle et au début du XXème siècle trop radicales et ennemies des hommes après les années 1970&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;Hirata H, et al,2000, &amp;quot;Dictionnaire critique du féminisme&amp;quot;, Paris : Presse Universitaires de France., p. 126&amp;lt;/ref&amp;gt;. Quant à l&#039;expression &amp;quot;mouvement des femmes&amp;quot;, elle est plus souvent utilisée comme raccourci pour mouvement de libération des femmes. Voila pourquoi elle a pu être associée au féminisme le plus radical et explique la confusion entre les deux termes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lorsque nous parlons de &amp;quot;mouvements féministes&amp;quot; nous désignons sous une même dénomination &amp;quot;les diverses formes des mouvements de femmes, le féminisme libéral ou &amp;quot;bourgeois, le féminisme radical, les femmes marxistes ou socialistes, les femmes lesbiennes, les femmes noires et toutes les dimensions catégorielles des mouvements actuels&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;Hirata H, et al,2000, &amp;quot;Dictionnaire critique du féminisme&amp;quot;, Paris : Presse Universitaires de France, p. 127&amp;lt;/ref&amp;gt;. Dès lors, l&#039;expression&amp;quot; mouvement des femmes &amp;quot; représente les mobilisations de femmes en Amérique Latine ou les mouvements pour la paix en Irlande ou au moyen-Orient&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;Hirata H, et al,2000, &amp;quot;Dictionnaire critique du féminisme&amp;quot;, Paris : Presse Universitaires de France., p.126&amp;lt;/ref&amp;gt; Dans la littérature, deux types de mouvements féministes se démarquent. Une première vague a émergé dans la seconde moitié du XIXème siècle. Elle est souvent présentée autour des revendications du droit de vote.  Au début du XXème siècle, ou les mouvements sont qualifiés de &amp;quot;néo féminisme&amp;quot;, les exigences ne se fondent pas sur une seule exigence d&#039;égalité mais sur une reconnaissance &amp;quot;de l&#039;impossibilité sociale de fonder cette égalité dans un système patriarcal&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;Hirata H, et al,2000, &amp;quot;Dictionnaire critique du féminisme&amp;quot;, Paris : Presse Universitaires de France, p. 126&amp;lt;/ref&amp;gt;. Le féminisme des années 1970, se fait connaitre par des mouvements anti-autoritaires, par des groupes de parole, il met en avant les formes les plus spontanées de manifestation et refuse toute organisation hiérarchique. &amp;quot; L&#039;appartenance au mouvement représente la mise en acte d&#039;une nouvelle idéologie, la recherche de sens et de valeurs communs.&amp;quot; &amp;lt;ref&amp;gt;Hirata H, et al,2000, &amp;quot;Dictionnaire critique du féminisme&amp;quot;, Paris : Presse Universitaires de France, p.128&amp;lt;/ref&amp;gt;. C&#039;est entre la fin des années 1960 et le début des années 1970 que le féminisme connait une ampleur internationale. &amp;quot;L&#039;onde de choc part des Etats-Unis et gagne très rapidement la Grande-Bretagne et l&#039;Allemagne dans les années 60&amp;quot;. Il faut ajouter qu&#039;en &amp;quot;dépit de son caractère extra parlementaire, le mouvement de libération des femmes a la capacité de susciter de larges mobilisations auprès des femmes syndiquées, des femmes de partis de gauche et de droite ou des associations luttant pour les droits des femmes comme le planning familial. Ce sont d&#039;abord les campagnes pour la liberté d&#039;avorter qui constituent les événements les plus importants et les plus marquants &amp;lt;ref&amp;gt;Hirata H, et al,2000, &amp;quot;Dictionnaire critique du féminisme&amp;quot;, Paris : Presse Universitaires de France, p. 128&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En ce qui concerne la Suisse, c’est dans la continuité du mouvement de la jeunesse estudiantine de 1968 que naît le nouveau mouvement féministe. C’est à Zurich que se sont réunies des femmes de gauche, que l’on appellera « Frauenbefreiungsbewegung » ou plus communément le FBB. Elles critiquent le fait que les femmes sont oppressées et qu’il s’agit d’une « contradiction sociale fondamentale ». Le [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]], pour la Suisse romande et le MFT au Tessin vont très rapidement suivre la création du FBB, avec comme objectif commun de « récuser l’organisation hiérarchique des associations et de la politique traditionnelle » &amp;lt;ref&amp;gt;Commission fédérale, &#039;&#039;Femmes Pouvoir Histoire&#039;&#039;, 1.3, p. 1, consulté le 27 Novembre sur http://webcache.googleusercontent.com/search?q=cache:UpvKGVSBak0J:www.ekf.admin.ch/dokumentation/00444/00517/index.html%3Flang%3Dfr%26download%3DNHzLpZeg7t,lnp6I0NTU042l2Z6ln1ae2IZn4Z2qZpnO2Yuq2Z6gpJCDdH58hGym162epYbg2c_JjKbNoKSn6A--+&amp;amp;cd=2&amp;amp;hl=fr&amp;amp;ct=clnk&amp;amp;gl=ch&amp;amp;client=firefox-a&amp;lt;/ref&amp;gt; inspirés des mouvements français et américains préalablement abordés. Cependant, des divergences existent entre tous ces mouvements sur différentes questions telles que l’avortement ou encore la possibilité pour le sexe féminin de faire l’armée. Une chronologie a été rédigée dans l’article suivant : &amp;quot;Le nouveau mouvement féministe et les organisations féminines depuis 1968&amp;quot; de la Commission fédérale pour les questions féminines de la Confédération Suisse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
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&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
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=== La période  entre 1940-50 : une période restrictive ===&lt;br /&gt;
Pour comprendre la lutte pour l&#039;avortement comme droit de la personne il nous faut revenir sur le contexte de l&#039;après guerre. La législation suisse sur l’avortement est l’une des plus restrictives d’Europe.  Les premières dispositions du Code pénal suisse à ce sujet ont été définies en 1942 et prévoient, à cette époque, l’emprisonnement de la femme qui avorte, ainsi que de la personne qui l’aide à pratiquer cet acte. En revanche, une exception existe : si la grossesse comporte un danger pour la mère et que l’interruption de grossesse est pratiquée par un médecin, l&#039;avis étant approuvé par un second médecin, l’avortement n’est alors pas punissable. On comprend alors que la conséquence a été un nombre considérable d’avortements illégaux. Cependant, la mise en place de dispositifs de préventions et d’une diffusion d’informations contribua à faire diminuer le nombre d’avortements autant illégaux, que légaux. Par ailleurs, l’Organisation Mondiale de la Santé ([http://www.who.int/fr/ OMS]) a étendu la notion de « santé » en y insérant les dimensions de bien-être psychique et social : « la santé ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité ; elle est un état de complet bien-être physique, mental et social. »&amp;lt;ref&amp;gt;Rey, A.-M., 2013, &#039;&#039;Tendance à la libéralisation&#039;&#039;, USPDA. Consulté le 7 Novembre sur http://www.svss-uspda.ch/fr/suisse/liberal.htm&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ceci légalise aussi la pratique d’interruption de grossesse et écarte la menace d’emprisonnement. &amp;lt;ref&amp;gt;Rey, A.-M., 2013, &#039;&#039;L&#039;ancienne législation de 1942&#039;&#039;, USPDA. Consulté le 7 Novembre sur http://www.svss-uspda.ch/fr/suisse/loi_1942.htm&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
Cependant, cette législation attise la colère et la montée d’une révolte. Au début du XXème siècle, on voit s’élever des mouvements, tels que les organisations ouvrières, pour lutter en faveur de la décriminalisation de l’avortement.&lt;br /&gt;
De plus, dans cette période, il existe une différence entre les cantons au niveau de la législation sur l&#039;avortement. Ceci met donc les professionnels dans l&#039;embarras puisqu&#039;ils n&#039;ont pas une pratique généralisée au niveau de l&#039;état, et cela soulève également une inégalité entre les femmes des différents cantons de la Suisse. Des mesures fédérales strictes ont donc été prises pour tenter de généraliser les pratiques et s&#039;accorder sur la pratique de l&#039;avortement : « l’institutionnalisation juridique d’une interruption de grossesse pouvant être légalement pratiquée par un médecin sous haute surveillance de l’Etat : consultation obligatoire d’un second médecin, qui doit être un spécialiste et en plus agréé par les autorités cantonales compétentes, et qui doit donner par écrit un « avis conforme ». Il faut également le consentement écrit de la femme enceinte. ». Ainsi à cette époque nous constatons que les femmes n&#039;ont pas la maitrise de leur corps et que de ce fait la maternité ne peut se contrôler. Ce contexte illustre la réalité des femmes, soit elles ont la chance de pouvoir trouver deux médecins qui l&#039;estime en danger, soit elles décident de pratiquer un avortement illégal ce qui comporte de grands risques pour leur santé (hémorragie et infection qui peuvent entrainer la mort de la femme).&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La période 1960-70 : les premiers changements ===&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Fichier:Graphiquefemme.jpeg|vignette|gauche|Graphique représentant les condamnations des femmes]]&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Le graphique ci-contre nous montre la condamnation des femmes en ce qui concerne l&#039;avortement.&amp;lt;ref&amp;gt;Rey, A.-M., 2013, &#039;&#039;Interruption de grossesse en Suisse : les faits et les données&#039;&#039;, USPDA. Consulté le 18 Novembre sur http://www.svss-uspda.ch/pdf/faits-et-donnees.pdf &amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt; En effet, nous voyons que le pic le plus élevé se situe dans l&#039;année 1950, avec 550 condamnées. Puis lors de la commercialisation de la pilule, l&#039;emprisonnement des femmes diminue fortement l&#039;année suivante, passant d&#039;environ 400 condamnations à environ 260. De manière générale, ce graphique montre que les condamnations sur la période 1960-1980 n&#039;ont cessé de baisser. &lt;br /&gt;
Les années 60 sont donc marquées par l&#039;arrivée de la pilule contraceptive en Suisse. En effet, en 1961, la commercialisation de celle-ci fait reculer le nombre d&#039;avortement pratiqué en Suisse puisque les femmes ont un contrôle sur leur reproductibilité. Malgré tout, la pilule contraceptive circule à l&#039;époque discrètement, puisque aucune loi ne précise son autorisation. En 1965, la création du premier planning familial en Suisse au HUG permettra de conseiller les familles. L&#039;établissement ouvrira donc un pôle dédié à l&#039;information familiale et aux régulations des naissances.&amp;lt;ref&amp;gt;Fert-Bek, D., (s.d.), &#039;&#039;Historique&#039;&#039;, Le service du planning familial de Genève a 40 ans,Genève, HUG. Consulté le 18 Novembre 2013 sur http://planning-familial.hug-ge.ch/nous/historique.html&amp;lt;/ref&amp;gt; Dans cet établissement les professionnels conseillent les parents sur la manière d&#039;avoir un contrôle sur l&#039;élargissement de leur famille. Ainsi, grâce à cette structure, la pilule contraceptive a pu circuler dans le territoire helvétique. La pilule était considéré pour certain comme un enjeux économique : elle permettait de contrôler les naissances et donc de préserver la richesse, et pour d&#039;autres comme un moyen de débrider la sexualité des femmes&amp;lt;ref&amp;gt;L&#039;illustré, (s.d.) &#039;&#039;La pilule qui a changé le monde&#039;&#039;, Archives, Consulté le 18 Novembre 2013 sur http://www.illustre.ch/la_pilule_qui_a_change_le_monde_45372_.html&amp;lt;/ref&amp;gt;.   &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Mlf.jpeg|vignette|gauche|Affiche du Front des Bonnes Femmes]][[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|Le Mouvement de Libération des Femmes (MLF)]] a démarré aux Etats-Unis, et a encouragé les militants des autres pays à lutter pour améliorer les conditions féminines. Le [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]] créé en 1969 à Zurich,que l&#039;on retrouvait également dans d&#039;autres cantons  (Genève et Tessin par exemple) se base &amp;quot;sur les mouvements de libération du Tiers monde pour encourager les femmes à se libérer des contraintes inhérentes à la famille nucléaire (Rôle des sexes).&amp;quot; &amp;lt;ref&amp;gt;Jorris, E., 2009, &#039;&#039;Mouvement de libération des femmes (MLF)&#039;&#039;. Consulté le 19 Novembre 2013 sur http://www.hls-dhs-dss.ch/textes/f/F16504.php&amp;lt;/ref&amp;gt;. Sur le canton de Genève plus précisément, des groupes de certains partis de gauche militaient en ces faveurs (ils étaient très hiérarchisés et ne plaisaient pas à toutes les femmes militantes). C&#039;est donc principalement grâce à Madame Brodmann (qui a milité aux Etats-Unis) et Madame Gramoni qu&#039;il y a eu dans un premier temps le front des Bonne-Femmes (où militait aussi Rina Nissim). Leur premier slogan a été &amp;quot;Femmes décolonisons-nous !&amp;quot; avec des affiches placardées sur les façades des grandes banques : les femmes insistaient donc pour la ré-appropriation de leur corps (avortement, pilule contraceptive, ...).&amp;lt;ref&amp;gt;Roussopoulos Carole, Debout ! Une histoire du mouvement des femmes 1970-80, 1999. Consulté le 19 Novembre 2013 sur http://ballonsonde.org/wikiSonde/videos/Femmes_Debout.htm&amp;lt;/ref&amp;gt; &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Les femmes pensent donc vivre singulièrement des situations d&#039;exclusion et d&#039;injustices, or le fait de discuter ensemble elles se rendent compte qu&#039;elles vivent toutes ce genre de situation. Cette prise de conscience favorise donc la mobilisation des femmes pour combattre ces injustices dont elles sont victimes. Les communautés ou ce que l&#039;on pourrait appeler regroupements permettent donc aux femmes de prendre consciences mais aussi de prendre du pouvoir dans la société. L&#039;effet de groupe a permis de de faire rassembler dans les rues des milliers de femmes pour manifester ensemble contre des inégalités entre sexe ([[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]]).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans le même temps, il ne faut pas oublier que les avortements illégaux continuent à être pratiqués à cette période. En effet, le nombre d&#039;avortements, légaux et illégaux, est estimé à 50 000 en 1966. Les avortements légaux s&#039;élevaient à environ 17 000 en 1966 (16 000 en 1978 et 1980, 14 000 en 1985, 13 000 en 1990, 12 000 en 1995, 13 000 en 1996 et 1998). Les avortements clandestins diminuèrent grâce : &lt;br /&gt;
* à la raréfaction avec l&#039;élargissement des indications médicales dans les cantons libéraux (Zurich, Bâle-Ville, Berne, Vaud, Neuchâtel, Genève) dès les années 1950&lt;br /&gt;
* la libéralisation progressive dans d&#039;autres cantons(Tessin dès les années 1970; Argovie, Bâle-Campagne, Glaris, Schaffhouse, Soleure, Jura au cours des années 1990)&lt;br /&gt;
* la généralisation des centres de planning familial, des cours d&#039;éducation sexuelle, la diffusion de moyens de contraception sûrs dès les années 1960 &lt;br /&gt;
* le remboursement de l&#039;intervention par les caisses maladie).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On remarque que malgré les mesures juridiques fédérales restrictives, les cantons adoptent des pratiques très différentes les uns des autres. Ainsi, les dimensions d’ordre psychologique et social sont incluses dans les indications médicales des cantons libéraux, alors que la pratique est seulement tolérée dans les cantons conservateurs catholiques. Face à cette inégalité juridique, les cantons libéraux accueillent des femmes vivant dans ces cantons restrictifs pour se faire avorter. On assiste à une forme de tourisme « gynécologique ». Cela amène les cantons à réfléchir sur ces pratiques. Notamment le canton de Neuchâtel, où plusieurs affaires d&#039;avortements sont jugées. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La période 1970-1980 : La période clé ===&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
A la suite de ces scandales, le député radical Maurice Favre dépose en mars 1971 une [http://www.amtsdruckschriften.bar.admin.ch/viewOrigDoc.do?id=10100953 motion] en faveur d&#039;une initiative cantonale demandant la suppression des articles 118 à 121 du CP.  &lt;br /&gt;
Cette démarche est suivie du lancement, en juin de la même année, par un comité de cinq personnes, de l&#039;initiative populaire fédérale pour la décriminalisation de l&#039;avortement, largement soutenue notamment par le mouvement des femmes. En 1972, les milieux chrétiens conservateurs font circuler une pétition &amp;quot;Oui à la vie, non à l&#039;avortement&amp;quot;. A partir de ce moment-là, nous voyons apparaître les organisations et les mouvements féministes qui organisent des manifestations en faveur de l’interruption de grossesses libres et gratuites, ainsi que pour revendiquer [http://www.svss-uspda.ch/index.html la décriminalisation de l’avortement].  Il y a dons deux propositions faites : accorder un délais pour l&#039;avortement (par exemple : les avortements pourront être légal pendant les 10 premières semaines de grossesse)ou élargir les motifs pour l&#039;avortement (par exemple : souffrances psychiques, douleurs physique, ...)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C&#039;est une lutte qui se fait contre des mentalités traditionnelles où l&#039;homme est dominant dans la société. La prise de conscience des femmes et de leurs conditions se fait petit-à-petit, en prenant plus d&#039;ampleur au milieu des années 70. C&#039;est la réunion de plusieurs milliers de femmes qui fait que l&#039;on puisse qualifier le [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]] de mouvement. Ce sont des femmes de tout âge qui se battent pour l&#039;amélioration de leurs conditions de vie. Ces mouvements veulent principalement lutter pour le droit du libre choix des femmes ou de manière générale à ce que l&#039;on nomme l&#039;autonomie des femmes. A cette époque, il y a &amp;quot;deux types de femmes&amp;quot; :  celles qui font des études mais qui restent à la maison pour materner, ou bien celle qui font des études et qui travaillent. Ces dernières se trouvent confrontées à la réalité sociale : avec le même titre professionnel, les femmes obtiennent des salaires bien inférieurs à ceux des hommes. C&#039;est suite à cette prise de conscience face au [http://www.scienceshumaines.com/peut-on-en-finir-avec-le-plafond-de-verre_fr_22408.html Plafond de Verre], que les femmes se réunissent pour échanger leurs histoires. Elles se mobilisent donc afin de pouvoir avoir le contrôle sur leur vie, et sur leur corps. L&#039;une des grandes luttes se fait autour du contrôle de leur corps : ce qu&#039;elles nomment la mobilisation pour la ré-appropriation du corps. Il s&#039;agit de donner aux femmes la possibilité de choisir leur maternité, leur contraception, et leur médicamentation. En 1978, sur le canton de Genève, l&#039;ouverture du Dispensaire des femmes (par [[Rina Nissim]]) leur permet d&#039;être accueillies dans un lieu où on leur donne des conseils, des listes de gynécologues tolérants face aux choix d&#039;avorter ainsi que différentes méthodes pour soigner les maladies génitales, ... De plus, les femmes peuvent si elles le veulent accéder au groupe action Self-Help du [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]] ; qui est un lieu où l&#039;on échange sur son vécu, et où l&#039;on pratique des examens concrets pour découvrir son corps. L&#039;instruction, comme l&#039;évoque [[Amélia Christinat|Mme Christinat]] permet aux femmes de comprendre les injustices auxquelles elles sont confrontées et de se mobiliser pour que toute les sociétés reconnaissent les femmes comme des personnes avec un cerveau. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans le même temps, une nouvelle réglementation sur l’avortement est considérée par le Conseil fédéral, et trois variantes sont discutées : la première, appelée &amp;quot;solutions des indications&amp;quot; autorise l’avortement dans les situations où la grossesse menace la vie ou la santé de la femme, en cas de viol, ou encore si l’enfant présente un trouble ou une déficience physique et/ou mentale. Une autre variante est celle des « indications sociales » qui prend en compte la situation sociale précaire de la femme. Finalement, la troisième, « solution des délais », permet l’avortement pendant les douze premières semaines de grossesse. Il en va sans dire que les partis politiques, les organisations et les cantons conservateurs catholiques sont en faveur de la solution la plus restrictive, alors que leurs rivales refusent les trois types de variantes et revendiquent l’avortement libre et gratuit. Le Conseil fédéral  rejette l’initiative pour la décriminalisation de l’avortement, mais opte finalement pour la solution des indications élargies, attisant ainsi le mécontentement des deux camps. &lt;br /&gt;
Face au rejet de l’initiative populaire pour la décriminalisation de l’avortement, [http://www.svss-uspda.ch/index.html l’Union Suisse pour la Décriminalisation de l’Avortement] (USPDA) (dont fait partie [[Amélia Christinat]])propose un compromis et lance une initiative qui cette fois rejoint l’idée de la solution des délais. « L’initiative réclament la décriminalisation de l’avortement s’il est pratiqué par un  médecin avec le consentement de la femme pendant les douze semaines qui suivent les dernières règles ». Cependant, celle-ci essuie à nouveau un échec : elle est rejetée par la majorité des cantons. &lt;br /&gt;
Les années suivantes toutes les propositions d&#039;initiatives,pour ou contre l&#039;avortement, sont sans cesse rejetées. Mais les luttes féminines pour le droit à l&#039;avortement s&#039;amplifient dans cette période pour pouvoir faire changer les droits de la personne et principalement les droits de la femme. Ce n’est qu’en 1990, que l’idée d’une révision de la loi relative à l’avortement est remise sur le devant de la scène. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous constatons que cette période est une période riche pour la mobilisation des droits des femmes ; de multitudes groupes se forment à l&#039;intérieur du [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]], des nouveaux établissements pour les femmes se créent, ... des femmes se mobilisent également pour d&#039;autres causes qui ne les touchent pas particulièrement puisque nous verrons, dans [[Accueil|le dernier chapitre]] de cet article, que plusieurs d&#039;entres-elles se sont mobilisé pour le droit à l&#039;autodétermination [[Droits des patients (à l&#039;hôpital)|des patient des hôpitaux]]. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Globalement ce qui se fait ressentir c&#039;est  surtout l&#039;envie de faire changer la mentalité de la société pour que les femmes aient les même droits que les hommes. Nous avions déjà retrouver ce point en 1791 en France où est apparue la [http://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9claration_des_droits_de_la_femme_et_de_la_citoyenne Déclaration des Droits de la Femme et de la Citoyenne] se basant sur la [http://www.textes.justice.gouv.fr/textes-fondamentaux-10086/droits-de-lhomme-et-libertes-fondamentales-10087/declaration-des-droits-de-lhomme-et-du-citoyen-de-1789-10116.html version originale] et dont le but était de montrer l&#039;égalité juridique entre homme et femme.   &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Depuis 1990 ===&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Les différentes mobilisations des femmes soixanthuitardes ont permis la diminution d&#039;une multitude d&#039;inégalités pour lesquelles elles se mobilisaient.&lt;br /&gt;
Revenons tout d&#039;abord, en 1994, où l&#039;on constate un net recul du nombre d’avortements légaux. Ceci peut s’expliquer par une diffusion de l’information (éducation sexuelle) et la libre disposition de moyens contraceptifs. Ce phénomène vient appuyer l’idée que la libéralisation ne conduit pas à une augmentation des avortements, bien au contraire. Plusieurs services se sont donc installés suite au manifestations des femmes dans les rues. A partir de là, les choses commencent à changer et vont en faveur de la décriminalisation de l’avortement. En effet, le Conseil National adopte en 1995 &amp;quot;la solution des délais&amp;quot;. En 1996, la Commission des Affaires Juridiques du Conseil National ratifie un projet de loi qui prévoie la décriminalisation de l’avortement pendant les 14 premières semaines après les dernières règles. On voit mêmes les femmes du parti démocratique-chrétien (PDC) aller en faveur du droit de la femme à l’autodétermination et pour &amp;quot;la solution des délais&amp;quot;. De nombreuses organisations telles que la Fédération suisse des Eglises protestantes, les groupes des femmes radicales de Suisse, accueillent cette solution des délais comme un compromis tolérable. Toutefois, le Conseil Fédéral rejette une fois de plus la &amp;quot;solution du délai&amp;quot; en 1998. Nous constatons donc que les manifestations pendant plus de 15ans, ne suffisent pas pour que la Suisse autorise l&#039;avortement. En France par exemple, la lutte des femmes a été moins longue en ce qui concerne le droit à l&#039;avortement puisqu&#039;il est autorisé depuis  [http://fr.wikipedia.org/wiki/Loi_Veil_du_17_janvier_1975_sur_l&#039;interruption_volontaire_de_grossesse 1975] et suite [http://fr.wikipedia.org/wiki/Manifeste_des_343 aux manifestes des 343] de 1971. &lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Par ailleurs, la pilule abortive Mifegyne (RU 486) est admise et commercialisée en Suisse dès 1999. La [http://webcache.googleusercontent.com/search?q=cache:aZM-IrETCowJ:bijsluiters.fagg-afmps.be/DownloadLeafletServlet%3Fid%3D109287+&amp;amp;cd=9&amp;amp;hl=fr&amp;amp;ct=clnk&amp;amp;gl=ch&amp;amp;client=firefox-a notice] d&#039;utilisation explique son utilité : &amp;quot;Mifegyne est un médicament qui bloque l&#039;action de la progestérone, une hormone nécessaire au maintien de la grossesse. Mifegyne peut donc provoquer une interruption de grossesse.&amp;quot; Cependant cette méthode médicamenteuse est soumise aux mêmes dispositions pénales que l’avortement et est prescrite uniquement par le corps médical.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Finalement, le Parlement adopte la solution du délai en mars 2001 et est rentré en vigueur en 2002. « Ainsi l’avortement n’est pas punissable pendant les 12 premières semaines de la grossesse à condition que la femme fasse valoir une situation de détresse. Les cantons doivent décider quels cabinets et établissement peuvent pratiquer l’intervention. » &amp;lt;ref&amp;gt;Rey, A.-M., 2013, Régime du délais, USPDA. Consulté le 7 Décembre sur http://www.svss-uspda.ch/fr/suisse/loi.htm&amp;lt;/ref&amp;gt; De plus, Rey (2013), illustre les modifications entre l&#039;ancienne et la nouvelle loi de 2002, relatif à l&#039;avortement. &amp;lt;ref&amp;gt;Rey, A.-M., 2013, Comparaison ancienne et nouvelle législation, USPDA. Consulté le 7 Décembre sur http://www.svss-uspda.ch/fr/suisse/comparaison.htm &amp;lt;/ref&amp;gt; Depuis ce jour, la femme est la seule personne qui ait le droit de choisir ou non l&#039;avortement. En aucun cas, une personne tierce (et même si celle-ci a une blouse blanche) ne pourra refuser l&#039;avortement d&#039;une femme dans les douze premières semaines de grossesse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous pouvons donc conclure que « les discussions provoquées en 1971 par l’initiative en faveur de la décriminalisation de l’avortement ont été à l’origine d’un changement des mentalités et d’une prise de conscience ».&amp;lt;ref&amp;gt;Rey, A.-M., 2013, Chronologie des événements dès 1970, USPDA. Consulté le 7 Décembre sur http://www.svss-uspda.ch/fr/suisse/chronologie.htm &amp;lt;/ref&amp;gt; En effet, on assiste à une diminution du nombre de condamnations et à une libéralisation de la pratique de l’avortement. Par ailleurs, on se rend compte qu’à travers la mise en place de centres de plannings familiaux et des dispositifs d’informations, comme l’éducation sexuelle, on parvient à lutter contre l’avortement.  La prévention prévaut donc à la pénalisation. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cependant on constate que la réglementation à ce sujet peut encore être modifiée, car ce droit à l’avortement est sans cesse remis en question. En effet, en 2010, le mouvement anti-avortement « Mamma », qui s&#039;intitulait auparavant &amp;quot;Pour la mère en l’enfant&amp;quot;  lance une initiative populaire : « Financer l’avortement est une affaire privée ». Il s’agit d’une initiative qui demande que l’IVG ne soit plus pris en compte par les prestations de l’assurance maladie de base, et ce en invoquant l’idée qu’il s’agit d’une décision d’ordre privé, et que de ce fait le financement public n’a pas de sens. Cependant, on remarque que le droit à donner la vie est également de l’ordre du privé, et pourtant celui-ci n’est pas contesté. [[Entretien Rina Nissim|Rina Nissim]], nous met en garde sur la tournure que prend les événements d&#039;aujourd&#039;hui (concernant le financement de l&#039;avortement). En effet, selon elle, nous serions en pleine régression concernant le libre choix de la femme. A contrario des générations d&#039;après 70, il faut que les générations d&#039;aujourd&#039;hui se mobilisent pour faire en sorte de garder un droit durement acquis par les femmes soixanthuitardes. La votation de Février 2014 qui se prépare pourrait modifier les droits que nous avons jusqu&#039;à présent. Si les générations de maintenant et les suivantes veulent elles aussi avoir la possibilité de choisir leur grossesse, elles se doivent de s&#039;impliquer pour faire en sorte de ne pas perdre les droits acquis.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les témoins qui ont participé aux changements ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous avons décidé d&#039;interroger des personnes qui se sont mobilisées en Suisse pour le droit à l&#039;avortement. Elles pourront donc faire ressortir des éléments personnels sur le contexte de l&#039;époque, et les problèmes qu&#039;elles ont pu rencontré pour la mise en place de ce droit. &lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Nous avons dans un premier temps contacté Mme [[Amélia Christinat|Christinat Amélia]], avec qui l&#039;une de nous avait déjà travaillé il y a quelques années. Cette personne a donc accepté de participer à notre recherche en répondant à nos questions lors d&#039;un entretien.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un second temps nous avons contacté Mme [[Salika Wenger|Wenger Salika]], marraine de l&#039;association &amp;quot;Ni pute, Ni soumise&amp;quot; qui est actuellement impliquée dans la politique sur Genève puisqu&#039;elle fait partie du Conseil Administratif de la ville de Genève. Deux d&#039;entre nous l&#039;ont connue lors de sa venue à [http://www.infrarouge.ch/ir/1858-seins-nouvelle-arme-feministes l&#039;émission télévisée Infrarouge (RTS)] dédié aux mouvements des Femens (novembre 2011). Après discussion téléphonique, nous avons eu des éléments pertinents qui pourraient nous intéresser pour notre recherche, cependant [[Salika Wenger|Mme Wenger]] est très occupée et ne pourra pas nous accorder un entretien avant Janvier 2014. C&#039;est pourquoi après réflexion, nous avons décidé de contacter une troisième personne qui pourrait éventuellement être plus disponible : Mme [[Rina Nissim|Nissim Rina]]. Par l&#039;intermédiaire de Mme Ruchat nous avons obtenu ses coordonnées téléphoniques et avons pu avoir un rendez vous rapidement.&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Afin de leur éviter quelconque déplacement,nous avons rencontré ses personnes à leur domicile. De plus, pour des raisons pratiques et également afin de ne pas abuser de leur hospitalité, nous avons décidé de mener ces entretiens par groupes de trois.&lt;br /&gt;
Nous proposerons aux différents acteurs de partager leurs souvenirs concernant les années 1970 à Genève afin que nous comprenions la situation actuelle du droit à l&#039;avortement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Retour sur les entretiens==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== [[Entretien Rina Nissim|Entretien]] de [[Rina Nissim]] ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Notre premier entretien s&#039;est déroulée le mercredi 27 Novembre. A trois étudiantes nous nous sommes rendues au cabinet de Rina Nissim. L&#039;entretien qui en découle nous a projeter dans un univers très différent du notre : où la femme n&#039;avaient que très peu de droits. C&#039;est de part son discours, que la militante Rina Nissim, nous a partagé des informations sur l&#039;ambiance, la mobilisation et la persévérances des actrices de cette époque. C&#039;est par la réalisation de plusieurs injustices que les femmes se regroupent pour se mobiliser contre une société qui octroie peu de considération envers les femmes. Le [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]], lutte donc de manière générale pour plusieurs droits (droit à l&#039;égalité salariale, droit à la contraception, droit à l&#039;avortement, ...). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== [[Entretien Amélia Christinat|Entretien]] d&#039;[[Amélia Christinat]] ===&lt;br /&gt;
Le second entretien s&#039;est déroulé le 5 décembre chez Christinat Amélia. A notre arrivée, nous lui avons dit que nous avions déjà des questions précises à lui poser et que ces questions seraient les mêmes pour tous les groupes. En effet, sachant que c&#039;est une femme très bavarde nous avons préférer poser le cadre dès le départ. &lt;br /&gt;
Nous avons pu constater en rentrant dans son salon qu&#039;elle avait préparé différents articles concernant le droit à l&#039;avortement - des articles qu&#039;elle nous a présenté tout au long de l&#039;interview -.&lt;br /&gt;
C&#039;est avec beaucoup d&#039;émotion qu&#039;elle a répondu à nos questions et qu&#039;elle a raconté son combat pour les différents droit de la femme - droit de vote, droit à l&#039;avortement etc.-. Nous avons vraiment ressenti, à travers ses propos, l&#039;importance que ces combats ont eu pour elle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Points communs entre les entretiens=== &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plusieurs points communs ressortent de ces deux entretiens.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout d&#039;abord, nous constatons que le droit à la réappropriation du corps ou plutôt à l&#039;autonomie des femmes, comme cité par [[Rina Nissim]], représente l&#039;un des combats des années 1960-80. Si les femmes, par leur combats, manifestations ont réussi à faire valoir leur droit à l&#039;avortement, elles ont aussi lutté pour la mise en place d&#039;autres valeurs tels que le droit à la contraception, le droit de vote, le droit d&#039;accès aux études. Toutes ces luttes sont évoqués par les deux femmes interrogées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Afin de parvenir à ces changements, il a fallu se réunir entre femmes. A partir du moment où nous souhaitons un changement important, il est nécessaire d&#039;obtenir une mobilisation importante. Rina Nissim part d&#039;un petit groupe, le [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]] qui finalement va prendre une grande ampleur et [[Amélia Christinat|Amélia Christianat]] s&#039;impose dans la politique. Il parait donc évident pour ces deux protagonistes, que pour espérer un changement, il faut se réunir en groupe. La notion de communauté prend donc toute son importance. La notion de communauté est définie comme étant un état de ce qui est commun à plusieurs personnes, similitudes, groupe constituant une société, mise en commun des biens entre époux. Au sens étymologique originel : cum munus. La communauté est donc un groupe de personnes (cum) qui partagent quelque chose (&amp;quot;munus&amp;quot;)- un bien, une ressource, ou bien au contraire une obligation, une dette.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Même si le concept de communauté n&#039;est pas dit explicitement dans nos entretiens, il apparaît tout au long, puisque chacune d&#039;entre elle a rejoint un groupe dans lequel elles éprouvaient des intérêts communs. Chaque membre décide alors en quoi, comment et quand il contribuera à ce groupe. Dans ce cas, [[Rina Nissim]] et [[Amélia Christinat]] en tant que féministes se sont engagées et ont lutté pour le droit des femmes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Enfin, il est intéressant de constater que nos deux intervenantes tirent un bilan mitigé quant à ces luttes pour les droits des femmes. [[Amélia Christinat]] dit :&amp;quot; Alors en fait tout changement, toute progression que l’on peut interpréter comme sociale n’est jamais définitivement acquise. Donc en fait, il faut veiller continuellement, défendre continuellement où que vous soyez et avec qui que vous soyez.&amp;quot; Quant à [[Rina Nissim]], elle dit :&amp;quot;Malheureusement dans la société c’est comme ça, il faut tout le temps se battre. Ça c’est un point sur lequel on est en recul.&amp;quot;, On est en plein recul. Donc y a un ou deux pays qui ont avancé pour l’instant y en a douze qui ont régressé. Donc cela ne va pas du tout cette affaire, on a une très mauvaise posture.&amp;quot; Ainsi, la question des droits pour la personne n&#039;est jamais complètement acquis. Il faut sans arrêt se battre pour continuer à faire valoir ses droits en tant que personne.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il convient à présent de reprendre l&#039;ensemble des questions posées et d&#039;en ressortir les éléments importants :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- &#039;&#039;&#039;Depuis quand et avec qui vous vous êtes engagés dans la lutte pour les droits de la femme et quel était à ce moment votre statut (ou fonction)? Dans quel contexte s&#039;est inséré cette démarche ?&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les deux personnes interrogés ont un parcours différents et leur action ne s&#039;est pas faite au même niveau. [[Rina Nissim]], après son interruption de grossesse à 19 ans, trouve un tract dans un local d&#039;anarchiste. C&#039;est un tract du [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]] qui invite des femmes à les joindre dans leur groupe. [[Rina Nissim]] est intéressée et entre alors au [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]]. Elle est alors la plus jeune de la bande. Il n&#039;y avait pas de statut en tant que tel mais chacune apportait ses connaissances et son envie de se battre pour obtenir plus de droit pour la femme. Quant à [[Amélia Christinat]], elle agit plutôt a un niveau politique et va faire un long parcours en passant par le législatif, le cantonal puis le niveau national afin d&#039;apporter des changements reconnus dans toute la Suisse. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- &#039;&#039;&#039;Y a-t-il eu un événement originel? Pourriez vous nous raconter un ou des événements marquant que vous avez mené ou qui vous ont frappé dans cette période en faveur de ces droits ?&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;un des droits qui a frappé [[Rina Nissim]] dans cette période est l&#039;accès à l&#039;avortement libre et gratuit ainsi que l&#039;accès à la contraception. Elle explique que c&#039;est l’accessibilité à l&#039;avortement qui était problématique.Le planning familial a été une grande innovation mais n&#039;était pas encore présent dans les mentalités de tous, et ce, notamment chez les gynécologues qui n&#039;acceptaient pas tous de donner la pilule. Le [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]] faisait des listes des médecins qui étaient d&#039;accord de prescrire cette pilule et dirigeait les femmes au bon endroit. Cependant, elle ne nous décrit pas un événement très précis, une action qu&#039;elle a effectué qui a pu entraîner ces changements. C&#039;est néanmoins des manifestations importantes et à plusieurs reprises qui ont permis ces évolutions. [[Amélia Christinat]] considère aussi que le droit à l&#039;avortement est un événement phare de cette époque et ajoute que le droit de vote pour la femme est aussi l&#039;un des événements marquants. Elle donne comme exemple les luttes ouvrières françaises qui allaient en Belgique pour se faire avorter parce que c&#039;était défendu en France et qu&#039;elles n&#039;avaient pas d&#039;argent. C&#039;est un événement particulièrement marquant et touchant selon elle. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- &#039;&#039;&#039;Quels ont été les changements les plus importants auxquels vous ayez assisté ?&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Rina Nissim]] évoque plusieurs changements auxquels elle a pu assister. Elle parle de la libération des femmes. C&#039;est se considére comme un individu à part entière qui peut décidé de soi-même, d&#039;être un vrai sujet dans leur vie, dans leur sexualité, dans leur contraception, dans leur choix professionnel. D&#039;après elle, il y a donc eu plusieurs droit : celui de l&#039;avortement avec pour commencer le remboursement par les caisses maladies en 81, le droit au divorce, le divorce. [[Amélia Christinat]] ajoute à l&#039;ensemble de ces changements le droit de vote, en disant qu&#039;à partir du moment où nous avons le bulletin, c&#039;est quelque chose de très important puisque les femmes sont considérées comme une personne. Nous pouvons rattacher cela à l&#039;ensemble de cette étude qui étudie le droit des personnes. Dans le cas des différentes luttes pour le droit des femmes, nous cherchons à mettre en avant qu&#039;elles sont avant tout des personnes qui doivent avoir la liberté de choisir, de donner leur avis. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-&#039;&#039;&#039; Y a-t-il eu des valeurs que vous avez eu le sentiment d’avoir porter en avant et si oui lesquels  ?&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Différentes valeurs sont mises en avant par les deux femmes interrogées. C&#039;est le féminisme, l&#039;humanisme, le socialisme, l&#039;anarchisme. De manière générale l&#039;autonomie des femmes marqué par la réappropriation de son corps. Dans leur discours, les deux femmes montrent bien qu&#039;auparavant nous étions considérés comme femme de.., fille de... que les femmes ont toujours du être meilleure que les hommes. Elles devaient tout faire. De ce fait, les femmes n&#039;étaient pas des sujets en tant que telle. Ce n&#039;est qu&#039;après de nombreuses luttes que nous avons mis en avant le fait que les femmes soient avant tout des personnes à part entière. Elles ont maintenant le même statut, les mêmes droits que les hommes. Bien que comme le relève [[Rina Nissim]] et [[Amélia Chritinat]] cela n&#039;est pas quelque chose d&#039;acquis, et cette évolution à tendance à reculer. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039; Mais qu’en est-il aujourd’hui de cette lutte et des acquis et des risques de retour en arrière ?&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le maître mot de ces deux femmes concernant cette lutte est que rien n&#039;est acquis. Il faut toujours se battre parce que les choses ont tendance à régresser. Aujourd&#039;hui le droit de vote, le droit d&#039;accès aux études est l&#039;un des points acquis. Cependant, la question de l&#039;avortement est remis en cause, et fait l&#039;objet de tension actuelles puisqu&#039;il est question de supprimer le remboursement des avortements. C&#039;est donc l&#039;une des causes pour lesquels il faut continuer à se battre et faire valoir ses droits si l&#039;on ne veut pas revenir en arrière.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Références bibliographiques ==&lt;br /&gt;
&amp;lt;references/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Boutin, G., 2006, &#039;&#039;L&#039;entretien de Recherche qualitatif&#039;&#039;, Presses de l&#039;Université du Québec.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Roussopoulos Carole, &#039;&#039;Debout ! Une histoire du mouvement des femmes 1970-80&#039;&#039;, 1999. Consulté le 19 Novembre 2013 sur http://ballonsonde.org/wikiSonde/videos/Femmes_Debout.htm&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
– Hirata H, et al,2000, &amp;quot;Dictionnaire critique du féminisme&amp;quot;, Paris : Presse Universitaires de France.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Archives contestataires de Genève, Mouvements de Liberté des Femmes : 1970-90[[Fichier:MLF femme.pdf|vignette|Document des archives contestataires]]&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Archives contestataires de Genève, Mouvements de Liberté des Femmes : 1970-90[[Fichier:MLF archives.pdf|vignette|Documents des archives contestataires]]&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Archives contestataires de Genève, Mouvements de Liberté des Femmes : 1970-90 [[Fichier:MLF assez.pdf|vignette|document des archives contestataires]]&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Archives contestataires de Genève, Mouvements de Liberté des Femmes : 1970-90 [[Fichier:MLF avorter.pdf|vignette|Document des archives contestataires]]&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Archives contestataires de Genève, Mouvements de Liberté des Femmes : 1970-90 [[Fichier:MLF personne.pdf|vignette|Document des archives contestataires ]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Julie</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Discussion:Droits_des_femmes&amp;diff=12387</id>
		<title>Discussion:Droits des femmes</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Discussion:Droits_des_femmes&amp;diff=12387"/>
		<updated>2014-01-02T10:25:37Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Julie : /* Re: -- Giannina Suter (discussion) 31 décembre 2013 à 22:33 (CET) */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;==  -- [[Utilisateur:Ruchat|Ruchat]] ([[Discussion utilisateur:Ruchat|discussion]]) 4 novembre 2013 à 09:49 (CET) ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bonjour,&lt;br /&gt;
J&#039;ai croisé une référence qui me paraîtrait utile pour vous, ce sont les livres de Madame Marcella Iakub, notamment L&#039;empire du ventre : pour une autre histoire de la maternité. Il est à la biblio de la Fapse cote &lt;br /&gt;
618 (091) IAC&lt;br /&gt;
Peut-être aussi &lt;br /&gt;
Les féminismes en questions : éléments pour une cartographie / Christelle Taraud&lt;br /&gt;
Extrait de la couverture : &amp;quot;Ce recueil vise à examiner, au travers d&#039;entretiens, les conflits et les contradictions qui traversent le féminisme - d&#039;où le pluruel du titre : il s&#039;agit non pas de penser ce qui fait son unité, mais plutôt de tracer les grandes lignes d&#039;une carthographie des tensions qui le constituent. Les questions qui ont interpellé et divisé récemment les féministes et l&#039;opinion se trouvent donc au coeur de ce livre : le foulard islamique, le harcèlement, la parité, la procréation médicalement assistée, la prostitution, les violences sexuelles et domestiques... [Le document] voudrait ainsi montrer, pour s&#039;en réjouir, que les débats parfois emportés qui opposent les différentes sensibilités de la mouvance féministe, ainsi que l&#039;éclatement relatif de celle-ci, iindiquent qu&#039;avec le féminisme nous sommes en ce lieu éminemment conflictuel de l&#039;espace social où sont mises en question les identités de genre et les sexualités.&amp;quot;&lt;br /&gt;
Vous trouver le livre à Uni bastion dans la bibliothèque de Genève cote:BGE Sg 634&lt;br /&gt;
Si j&#039;arrive à faire une copie du DVD, je peux vous le transmettre mercredi.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je pense que vous allez vous centre sur la question de l&#039;avortement bataille de ces années là. Dites m&#039;en plus on peut discuter sous l&#039;onglet discussion de votre page.&lt;br /&gt;
Bon travail et cordialement,&lt;br /&gt;
Martine Ruchat&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je viens de voir sur votre page vos intentions. cela me paraît beaucoup trop droits au niveau politique droits au niveau de l&#039;éducation/formation/travail droits au niveau de la santé (avortement, contraceptions, ...). Vous ne pourrez tout faire. Je pense que la question des droits politiques est importante puisque le vote des femmes est 1971; la question de l&#039;avortement est aussi un bon sujet (voir aussi Marcela Iacub qui dit des choses bien intéressantes sur ce sujet). Droit à l&#039;éducation: je ne vois pas bienc e que vous voulez dire. Il y aurait dans ce domaine la revendication d&#039;un salaire ménager qui était d&#039;actualité dans ces années là.&lt;br /&gt;
Affaire à suivre et à préciser. Il faut aussi voir dans quel champ votre témoin M. Cristina a oeuvré...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Aux membres du groupe  -- [[Utilisateur:Julie|Julie]] ([[Discussion utilisateur:Julie|discussion]]) 4 novembre 2013 à 12:33 (CET) ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hello ! &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je pensais avant de voir le message de Madame Ruchat, que l&#039;on pouvait se partager par groupe de deux les trois thèmes ; politique - formation - santé. &lt;br /&gt;
D&#039;après l&#039;apport de Madame Ruchat, il faudrait alors se centrer sur la question de l&#039;avortement et de la politique parce qu&#039;il y a déjà beaucoup à faire. Dans ce cas là est ce que l&#039;on ne ferait pas deux groupes de trois pour ces deux thèmes. &lt;br /&gt;
Je propose que vous réflechissiez à ce qui vous intéresse entre les deux et que l&#039;on sache pour mercredi ce que l&#039;on veut traiter afin de commencer à pouvoir lire des choses qui correspond à ce que l&#039;on veut traiter.&lt;br /&gt;
Personnellement j&#039;aimerais travailler sur l&#039;avortement (ou plus généralement la santé).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Re: Aux membres du groupe  -- [[Utilisateur:Harmony|Harmony]] ([[Discussion utilisateur:Harmony|discussion]]) 6 novembre 2013 à 10:09 (CET)===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ok, de mon côté je suis d accord pour que nous travaillons à trois sur les deux thèmes que proposent madame Ruchat. Personnellement la question de l&#039;avortement m&#039;intéresse aussi. Je vais aller à la bibliothèque pour me procurer le livre &#039; l empire du ventre&#039; et voir si je trouve d&#039;autres sources&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Re: Aux membres du groupe  -- [[Utilisateur:Julie|Julie]] ([[Discussion utilisateur:Julie|discussion]]) 6 novembre 2013 à 11:27 (CET)===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
J&#039;ai fait quelques recherches au niveau de ma mémoire (^^) : et nous étions allée en 2011 voir en direct l&#039;émission Vacarme (les invités étaient les féministes du Femen) et dans les autres invités il y avait Madame Salika Wenger qui était présenté comme une pionnière de la lutte féministe à Genève. Je lui ais donc envoyé un mail pour savoir si nous pouvions la rencontrer ! Je vous tiens au courant de sa nouvelle. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme vous avez peut être vu dans la page les livres parlent souvent des mouvements féministes aux USA et en Europe et peu de la suisse. peut être se serait bien de faire une partie sur ces influences internationales avant d&#039;introduire la suisse&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
====Re: Re: Aux membres du groupe  -- [[Utilisateur:Julie|Julie]] ([[Discussion utilisateur:Julie|discussion]]) 6 novembre 2013 à 15:07 (CET)====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Réponse rapide de sa part ! Elle est ok pour se rencontrer il faut juste l&#039;appeler...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Livre possible sur la question de la politique  -- [[Utilisateur:Harmony|Harmony]] ([[Discussion utilisateur:Harmony|discussion]]) 6 novembre 2013 à 10:49 (CET) ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour celles qui travailleront sur la question politique, j&#039; ai trouvé une référence qui pourrait peut être nous intéresser  :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quand les femmes s&#039;en mêlent : genre et pouvoir / sous la dir. de Christine Bard, Christian Baudelot, Janine Mossuz-Lavau &lt;br /&gt;
396 QUA &lt;br /&gt;
2e cote&lt;br /&gt;
FPEA 40384&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Re: Livre possible sur la question de la politique  -- [[Utilisateur:Nedjma|Nedjma]] ([[Discussion utilisateur:Nedjma|discussion]]) 6 novembre 2013 à 21:40 (CET)===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
: Replace this text with your reply&lt;br /&gt;
Je vais lui téléphoner demain alors et je vous tiens au courant&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
====Re: Re: Thèmes à prendre  -- [[Utilisateur:Nedjma|Nedjma]] ([[Discussion utilisateur:Nedjma|discussion]]) 6 novembre 2013 à 21:43 (CET)====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
:: Du coup on travaille sur le droit à l&#039;avortement et à la contraception? On prend les deux thèmes ensemble ou on se sépare les thèmes et chaque groupe en prend un???&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=====Re: Re: Re: Thèmes à prendre  -- [[Utilisateur:Julie|Julie]] ([[Discussion utilisateur:Julie|discussion]]) 6 novembre 2013 à 21:55 (CET)=====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En regardant dans la littérature, ... j&#039;ai un peu de mal à trouver des choses séparer en ce qui concerne l&#039;avortement et la contraception. Faudrait-il encore cherche plus loin pour être sur que l&#039;on trouvera de la documentation sur la contraception  ? &lt;br /&gt;
Après je me suis dit que faire simplement l&#039;avortement, serait pas assez suffisant pour un groupe de 6. C&#039;est pour ça autrement que j&#039;ai commencé un plan comme celui ci où la thématique : ce serait en quelque sorte &amp;quot; La place de la femme dans le foyer&amp;quot; ou quelque chose de ce genre : pour inclure dedans ; le droit à l&#039;avortement, (au divorce ?), (à l&#039;égalité parentale?) ... Mais a voir ce que vous préférez ! Je suis ouverte a tout, mais en pensant que l&#039;on doit fournir un travail de taille vu que l&#039;on est 6&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
======Re: Re: Re: Re: Thèmes à prendre  -- [[Utilisateur:Nedjma|Nedjma]] ([[Discussion utilisateur:Nedjma|discussion]]) 6 novembre 2013 à 22:04 (CET)======&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
:::: du coup ce que tu proposes c&#039;est de plus se concentrer sur le droit à l&#039;avortement c&#039;est bien ça? et on ferait l&#039;interview à deux femmes différentes pour voir l&#039;influence/ rôle qu&#039;elles ont pu avoir&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=======Re: Re: Re: Re: Re: Thèmes à prendre  -- [[Utilisateur:Véroniique|Véroniique]] ([[Discussion utilisateur:Véroniique|discussion]]) 6 novembre 2013 à 23:47 (CET)=======&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
::::: Salut les filles, si on fait sur l&#039;avortement comme je l&#039;ai bien compris j&#039;ai trouvé les anciens articles de loi (code pénal) de l&#039;époque (1942) , et les modifications pénales de 2001.&lt;br /&gt;
par contre j&#039;arrive pas à mettre le lien sur le ski, je suis pas du tout familiarisée à cette plateforme :S&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
========: Thèmes à prendre  -- [[Utilisateur:Nedjma|Nedjma]] ([[Discussion utilisateur:Nedjma|discussion]]) 7 novembre 2013 à 21:16 (CET)========&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Regardez vos boîtes mails je vous envoie le dernier mail que j&#039;ai échangé avec Mme Ruchat&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Re: : Vidéo  -- [[Utilisateur:Nedjma|Nedjma]] ([[Discussion utilisateur:Nedjma|discussion]]) 7 novembre 2013 à 22:21 (CET)=&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A voir si on peut trouver ce film sur l&#039;avortement et tous les débats qu&#039;il y a eu autour du droit à l&#039;avortement. Je regarde demain s&#039;il est à l&#039;uni sinon on ira voir ailleurs--&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 http://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Sp%C3%A9cial:Connexion&amp;amp;returnto=Accueil&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Re: Re: : Vidéo  -- [[Utilisateur:Véroniique|Véroniique]] ([[Discussion utilisateur:Véroniique|discussion]]) 8 novembre 2013 à 15:23 (CET)==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 voilà une vidéo, que j&#039;ai trouvé sur l&#039;avortement &lt;br /&gt;
http://www.youtube.com/watch?v=mnffN3XCpEA&amp;amp;feature=player_embedded#!&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Question ==&lt;br /&gt;
Nedjma t&#039;as pu contacter Mme Wenger?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Re: Question -- [[Utilisateur:Nedjma|Nedjma]] ([[Discussion utilisateur:Nedjma|discussion]]) 8 novembre 2013 à 15:39 (CET)===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Oui, elle ne répond pas. J&#039;ai laissé une message vocal. J&#039;essayerai plus tard ou lundi.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
====: Interview -- === Nedjma&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Salut les filles! J&#039;ai pu joindre Salika WENGER. Alors dans les années 60 elle militait en FRANCE pour le droit à l&#039;avortement. Ce n&#039;est pas avant les années 1980 qu&#039;elle rejoint Genève. De ce fait, si on veut l&#039;interroger on pourra alors, comme le proposait Julie, faire une comparaison entre la Suisse et la France par rapport à ce droit à une même époque. &lt;br /&gt;
Seul petit problème, j&#039;ai l&#039;impression qu&#039;elle est ultra overbooké! Elle m&#039;a demandé quand est-ce que nous souhaiterions l&#039;interviewer et quand je lui ai répondu dans deux semaines environ elle m&#039;a répondu &amp;quot; oula vous êtes bien mignonne mais moi je suis très occupé ces temps&amp;quot;=/... Du coup j&#039;ai dit que je regarderai avec vous, qu&#039;on avait une autre personne qu&#039;on allait interviewer (Amélia Christinat) et que peut être nous commencerions avec l&#039;autre femme (mais honnêtement je crains que ce soit la course contre la montre niveau temps)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Qu&#039;en pensez-vous les filles? on essaye de joindre Dreifuss Ruth pour voir si elle a plus de disponibilités et dans ce cas là on reste concentré sur la Suisse ou vous préférez qu&#039;on s&#039;arrange avec Salika WENGER car vous préférez qu&#039;on fasse une comparaison avec notre cher pays voisin =).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
J&#039;attends vos réponses!&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
====Re: Re: Question -- [[Utilisateur:Julie|Julie]] ([[Discussion utilisateur:Julie|discussion]]) 11 novembre 2013 à 23:17 (CET)====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Moi je sais pas trop ... Il faudrait que l&#039;on en discute mercredi ! Mais c&#039;est sur qu&#039;il faut se décider rapidement parce qu&#039;on va vite être à la date échéancier... &lt;br /&gt;
Oublier pas de continuer vos recherches littéraires pour mercredi ! que l&#039;on est du support pour se répartir le travaiml ! :)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=====Re: Re: Re: Question -- [[Utilisateur:Estefania|Estefania]] ([[Discussion utilisateur:Estefania|discussion]]) 13 novembre 2013 à 10:37 (CET)=====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Salut les filles :)&lt;br /&gt;
J&#039;ai trouvé un site super bien, je vous conseille d&#039;aller le consulter. Il est très clair. Il parle de manière général des droits de la femme et plus particulièrement de l&#039;avortement : http://8mars.info/droit-a-l-avortement&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Proposition Ruchat ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je vous signale que ce soir 13 novembre Judith Butler donne une conférence à 17heures Le genre est-il (in) traduisible?&amp;quot; à l&#039;UNIL-Anthropole (salle 2024).&lt;br /&gt;
Je vous suggère si vous voulez vous centrer sur les questions de contraception et d&#039;avortement de prendre comme témoin Rina Nissim qui a été fondatrice du centre de santé des femme à Genève et qui est une grande militante féministe (vous pouvez l&#039;appelez de ma part 0227831040 ou par mail : mamamelis &amp;lt;info@mamamelis.com&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==  -- [[Utilisateur:Véroniique|Véroniique]] ([[Discussion utilisateur:Véroniique|discussion]]) 13 novembre 2013 à 11:13 (CET) ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== législation suisse ==&lt;br /&gt;
http://www.svss-uspda.ch/fr/facts/mondial-liste.htm&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
http://www.svss-uspda.ch/fr/suisse/loi.htm =&amp;gt; nouvelle loi&lt;br /&gt;
http://www.svss-uspda.ch/fr/suisse/loi_1942.htm =&amp;gt; ancienne loi&lt;br /&gt;
http://www.svss-uspda.ch/fr/suisse/comparaison.htm =&amp;gt; comparaison entre les lois avant / après&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Réaction ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Vous faites un joli travail de recherche de données. C&#039;est bien. Mais prenez l&#039;habitude d&#039;aussitôt rédiger votre texte (article) dès que vous avez pris connaissance de ces information pour construire un propos sur lequel d&#039;autres (moi par exemple) puissent intervenir.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Re: Réaction -- [[Utilisateur:Nedjma|Nedjma]] ([[Discussion utilisateur:Nedjma|discussion]]) 13 novembre 2013 à 13:22 (CET)===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les filles  on peut emprunter des vidéos que les vendredis ou les lundis à L&#039;hets. J&#039;irai vendredi voir s&#039;ils ont la vidéo &amp;quot;un délai de 30ans&amp;quot;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je rappelle Rina Nissim et vous dis si cette fois elle répond.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==  -- [[Utilisateur:Tamara|Tamara]] ([[Discussion utilisateur:Tamara|discussion]]) 13 novembre 2013 à 13:28 (CET) ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
rdv demain à Carouge pr consulter les archives! 10h, estefania a appelé pour les avertir. nous aurons de plus la possibilité de photocopier sur place! a demain!&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Re: -- [[Utilisateur:Estefania|Estefania]] ([[Discussion utilisateur:Estefania|discussion]]) 14 novembre 2013 à 14:35 (CET)===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Salut les filles, donc comme prévu, on est allé feuilleter les archives à Carouge ce matin avec Tam. La femme qui nous a accueilli, Stefania, était très accueillante et nous invite à y retourner si besoin est :)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On a trouvé des documents très intéressants qui nous mettent bien dans l’ambiance de l’Epoque.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Elle nous a également proposé de lire un des chapitres de « Révolution sexuelle et mouvement de libération des femmes à Genève » de Julie De Dardel, qui est censé se trouver à la biblio de l’uni. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Elle nous a fait part de certains films/vidéos que l’on pourrait aussi visionner : « Debout » et « Ya qu’à pas baiser » de Carole Roussopoules, « Regarde, elle a les yeux grand ouverts » de Yann Le Masson, « Histoire d’A » et « Un délai de 30ans ».  Le dernier, comme vous le remarquerez, c’est celui qu’on avait essayé d’obtenir à La Haute Ecole de Travail Social. Je pourrai repasser lundi si jamais.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est ouvert de 12h15 à 13h15, si quelqu’un veut m’accompagner ?&lt;br /&gt;
Je me demandais quand est-ce qu’on pouvait se voir pour que vous ayez aussi les photocopies des documents et pour en discuter ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A tout bientôt !!&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
====Re: Re: -- [[Utilisateur:Estefania|Estefania]] ([[Discussion utilisateur:Estefania|discussion]]) 14 novembre 2013 à 14:38 (CET)====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nedjma j&#039;avais pas vu que tu comptais aller à l&#039;hets vendredi. Moi j&#039;ai ma décharge d&#039;âge, donc je ne peux pas t&#039;accompagner, désolée&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Ce qu&#039;il reste à faire !  -- [[Utilisateur:Julie|Julie]] ([[Discussion utilisateur:Julie|discussion]]) 20 novembre 2013 à 13:28 (CET) ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Voilà, &lt;br /&gt;
Alors comme on en a un peu discuté avec Véro et Harmony. &lt;br /&gt;
Il faudrait compléter à ce niveau : &lt;br /&gt;
* les parties 70-80 et depuis 90. En ajoutant des infos que l&#039;on a pris aux archives contestataires (ils sont mis dans la partie biblio). &lt;br /&gt;
* Compléter la question des droits de la personne : Faire une nouvelle partie ? Préciser dans les textes ce qui est vraiment réclamer par les femmes ! Droit à la ré-appropriation, droit au choix, droit ... (j&#039;ai aperçu dans les documents de la MLF. &lt;br /&gt;
* Compléter la nouvelle page sur le MLF ( détailler ce que c&#039;est ... les actrices importantes ... et ce que Rina Nissim a fait)Historique, et actualité du mouvement. (Illustrer avec la vidéo de Roussopoulos + archives contestaires).&lt;br /&gt;
* Compléter les pages des interviewées sur leur biographie. Et je pense que l&#039;on pourrait retranscrire l&#039;entretien dans la page de ces femmes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Re: Ce qu&#039;il reste à faire !  -- [[Utilisateur:Véroniique|Véroniique]] ([[Discussion utilisateur:Véroniique|discussion]]) 22 novembre 2013 à 11:38 (CET)===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
====Re: Re: Ce qu&#039;il reste à faire !  -- [[Utilisateur:Véroniique|Véroniique]] ([[Discussion utilisateur:Véroniique|discussion]]) 25 novembre 2013 à 20:59 (CET)====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
:: Nous avons rendez-vous avec Mme Nissim Rina mercredi 27 novembre à 10h15. Elle nous demande d&#039;avoir effectué les lectures qui sont mentionnées dans son mail.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== salut ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
j &#039; ai ajouté la partie sur la suisse dans  mvmts féministes buts et démarches, et j &#039;ai mis le titre d&#039;un article qui retrace la chronologie des mouvements féministes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
====Re: salut -- [[Utilisateur:Nedjma|Nedjma]] ([[Discussion utilisateur:Nedjma|discussion]]) 25 novembre 2013 à 22:04 (CET)====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les filles j&#039;ai une question: pour la partie sur les droits de la personne. Il s&#039;agit de définir quels étaient les droits de la femmes à cette période là?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=====Re: Re: salut -- [[Utilisateur:Julie|Julie]] ([[Discussion utilisateur:Julie|discussion]]) 25 novembre 2013 à 22:23 (CET)=====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
oui et pour quel droit elles se mobilisaient !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
======Re: Re: Re: salut -- [[Utilisateur:Nedjma|Nedjma]] ([[Discussion utilisateur:Nedjma|discussion]]) 25 novembre 2013 à 22:34 (CET)======&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Parfait! Merci&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=======Re: Re: Re: Re: salut -- [[Utilisateur:Véroniique|Véroniique]] ([[Discussion utilisateur:Véroniique|discussion]]) 26 novembre 2013 à 09:42 (CET)=======&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
::::: les filles je crois avoir trouvé la motion de Maurice Favre, dites moi ce que vous en pensez. =&amp;gt; http://www.amtsdruckschriften.bar.admin.ch/viewOrigDoc.do?id=10100953 &lt;br /&gt;
 Et je suis tombée aussi sur le manifeste de ce monsieur. =&amp;gt; http://www.svss-uspda.ch/fr/ethique/manifeste.htm&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==  -- [[Utilisateur:Ruchat|Ruchat]] ([[Discussion utilisateur:Ruchat|discussion]]) 26 novembre 2013 à 15:37 (CET) ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je vous rappelle qu&#039;il ne s&#039;agit pas de prendre les témoins comme des personne qui vont vous raconter l&#039;histoire: cette histoire vous l&#039;avez dans les livres... Il s&#039;agit de comprendre ce qu&#039;elles ont fait, elles, ce qui les a animées, les valeurs qu&#039;elles ont soutenu, les événements qui les ont frappée. Il faut avoir des réponse aux questions collectives et non des questions particulières à votre groupe!!!&lt;br /&gt;
N&#039;oubliez pas de lire ce qui est écrit sur la première page du wiki, mais aussi sur toutes celles des différentes thématiques afin de réfléchir à la problématique et d&#039;avancer dans une compréhension commune de cette histoire de l&#039;apparition des revendication des droits des usagers, patients, détenus, enfants: les acteurs/trices (dont vos témoins), les actions, les valeurs prônées, les changements de pratiques éventuelles, les espoirs....&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Corrections d&#039;ortho -- [[Utilisateur:Estefania|Estefania]] ([[Discussion utilisateur:Estefania|discussion]]) 3 décembre 2013 à 22:06 (CET) ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Salut les filles, j&#039;ai corrigé quelques fautes d&#039;orthographe et je vous ai mis en évidence les corrections pour lesquelles je n&#039;étais pas sûre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En ce qui concerne l&#039;entretien avec Amélia Christinat, il se déroulera demain à 14h comme convenu.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A bientôt :) !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Re: Corrections d&#039;ortho -- [[Utilisateur:Julie|Julie]] ([[Discussion utilisateur:Julie|discussion]]) 4 décembre 2013 à 10:29 (CET)===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Oui ! J&#039;ai mis les suggestions que tu avais faite dans le texte, pour celles qui restent je vous laisse faire !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==  -- [[Utilisateur:Ruchat|Ruchat]] ([[Discussion utilisateur:Ruchat|discussion]]) 4 décembre 2013 à 16:41 (CET) ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je trouve que vous avancez bien. L&#039;entretien je pense donne assez d&#039;élément pour comprendre cette période, mais surtout vous permets d&#039;aller plus loin par les références donnée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
J&#039;attends de lire ce que vous enfaites!&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sur la retranscription proprement dite il y a des bizarreries, des flèches? quelques erreurs orthographique: si vous pouvez relire tout cela. Est-ce que vous avez prévu de le lui transmettre? ce serait correct. Elle a bien pris du temps, mais elle avait l&#039;air d&#039;être un peu à cran...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je vous propose de mettre les références bibliographie dans la bibliographie est de faire le lien. Par exemple pour (Hirata et al, p127)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il faudrait aussi directement mettre des liens avec le document sur internet. Par exemple pour Commission fédérale, Femmes Pouvoir Histoire, 1.3, p. 1)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Par contre il me semble qu&#039;il est inutile de reporter la chronologie des lois et événements puisqu&#039;elle est déjà en lien!&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Retranscription entretien Amélia Christinat -- [[Utilisateur:Estefania|Estefania]] ([[Discussion utilisateur:Estefania|discussion]]) 9 décembre 2013 à 19:51 (CET) ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Salut les filles!!&lt;br /&gt;
Je viens d&#039;ajouter la retranscription de l&#039;entretien avec Amélia Christinat! Je n&#039;ai pas le temps maintenant de modifier la mise en page pour avoir la même que pour l&#039;entretien avec Rina Nissim! &lt;br /&gt;
J&#039;y ferai peut-être demain ;)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Re: Retranscription entretien Amélia Christinat -- [[Utilisateur:Julie|Julie]] ([[Discussion utilisateur:Julie|discussion]]) 9 décembre 2013 à 20:52 (CET)===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je te déplace ta retranscription dans la page prévue ! C&#039;est à dire sur &amp;quot;Entretien&amp;quot;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==  -- [[Utilisateur:Ruchat|Ruchat]] ([[Discussion utilisateur:Ruchat|discussion]]) 16 décembre 2013 à 08:43 (CET) ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Serait-il possible de reprendre les 5 questions posées et d&#039;en tirer des éléments? Soit: les événements, les valeurs, les changements et ce qui en reste....&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Re: -- [[Utilisateur:Giannina Suter|Giannina Suter]] ([[Discussion utilisateur:Giannina Suter|discussion]]) 31 décembre 2013 à 22:33 (CET)===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chers collègues, nous avons trouvé que les femmes étaient une minorité certes mais que c&#039;était justement, ces femmes qui ont milité pour les droits des patients. Nous vous invitons à consulter notre article. Très cordialement. Giannina et Pierre&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
====Re: Re: -- [[Utilisateur:Julie|Julie]] ([[Discussion utilisateur:Julie|discussion]]) 2 janvier 2014 à 11:25 (CET)====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Merci ! Je me suis permise de faire le lien avec notre article en modifiant quelques trucs ! Je vais voir pour tenter d&#039;intégrer dans notre article.&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Julie</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Droits_des_patients_(%C3%A0_l%27h%C3%B4pital)&amp;diff=12386</id>
		<title>Droits des patients (à l&#039;hôpital)</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Droits_des_patients_(%C3%A0_l%27h%C3%B4pital)&amp;diff=12386"/>
		<updated>2014-01-02T10:23:21Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Julie : /* Mise en relation avec les droits de la personne */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;==&#039;&#039;&#039;Introduction&#039;&#039;&#039;==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans le cadre de cet article nous aborderons les droits des patients (en particulier à l&#039;hôpital) tels qu&#039;ils ont pris un essor, dans le contexte des droits démocratiques conduits par les &lt;br /&gt;
droits de l&#039;homme. La genèse de  droits des patients se compose, entre autres, de la remise en question du monde hospitalier et du statut de patient afin de le considérer plus humainement dans la prise de décision concernant sa propre santé, dans sa dignité humaine et le respect à sa personne, d&#039;améliorer le rapport entre patient et médecin, d&#039;assurer des soins dignes à l&#039;hôpital, etc. Nous verrons que l&#039;ouverture des hôpitaux permettra avec le temps de remuer la question de la santé publique ou de favoriser les premières consultations ambulatoires et plus tard l&#039;ouverture des soins à domicile. Ces indices sont à la source de notre réflexion avant de parvenir à la problématique de cet article. Pour ce faire, nous attacherons pour cet article un regard sur la terre natale du Général Dufour en pasant tout d&#039;abord en revue l&#039;historique de la naissance des hôpitaux en Suisse, les textes fondamentaux ainsi que particuliers à la source de droits de patients en milieu hospitalier pour ensuite développer la problématique ressortie. Pour ce faire, nous arriverons aux années &#039;80 pour percevoir l&#039;ère du militantisme découlant des droits de patients pour arriver à l&#039;actuelle &amp;quot;charte de droits de patients&amp;quot; constituée par le droit à la confidentialité, à la liberté, à l&#039;accès aux soins, etc. Notre article recevra les apports de l&#039;entretien avec la conseillère nationale de Saint-Gall et Présidente de la Fondation de l&#039;Organisation suisse des patients ([http://www.spo.ch/index.php?lang=fr OSP]), Mme [http://www.parlament.ch/d/suche/seiten/biografie.aspx?biografie_id=4081 Margrit Kessler]. Nous analyserons les interviews effectués dans le cadre de cette recherche et ferons appel à l&#039;intelligence collective apporté à l&#039;intérieur de ce wiki avant achever notre article par une conclusion.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==&#039;&#039;&#039;Problématique - question historique initiale&#039;&#039;&#039;==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous nous attacherons à questionner les droits des patients à travers la problématique du patient-cobaye : &#039;&#039;&#039;dans quelle mesure sous le couvert des droits des patients, la médecine mène-t-elle ses propres desseins scientifiques et considère le patient, comme un cobaye en fin de compte ?&#039;&#039;&#039; Cette problématique renvoie donc à la protection des personnes qui se prêtent ou pas à des recherches médicales, donc concerne &#039;&#039;le consentement du patient et les lois bioéthiques&#039;&#039;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
REVENIR SUR LES PROTOCOLES D&#039;ETHIQUE SUISSExxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxx&lt;br /&gt;
D&#039;ailleurs, les recherches médicales qui ont éclaté l&#039;opinion publique touchant l&#039;expérimentation humaine et jugé à partir du [http://fr.wikipedia.org/wiki/Code_de_Nuremberg le code de Nurenberg (1947)] stipulait dix règles abordant [http://fr.wikipedia.org/wiki/Exp%C3%A9rimentation_m%C3%A9dicale_nazie l&#039;expérimentation humaine]. Ces règles furent appliquées pour juger les médecins nazis sous l&#039;influence de précurseurs du racisme biologique, comme Joseph Arthur de Gobineau et Houston Stewart Chamberlain, durant l&#039;époque d&#039;Hitler. Les expériences nazis revendiquaient la pureté de la race sur les races metisées. Ces expériences effectuées dans les Camp de concentration tels que  Dachau, Auschwitz, Natzwiller, Buchenwald étaient inutiles et barbares, complétement en dehors des codes de déontologie&amp;lt;ref&amp;gt;En Suisse, 1997,Qui gère le comportement des médecins, le devoir d&#039;informer et de tenir un dossier médical [http://www.fmh.ch/files/pdf9/Standesordnung_2013_04_01_frz.sc.pdf (voir art. 10 &amp;quot;devoir d&#039;informer &amp;quot;&amp;amp; art. 47 &amp;quot;sactions&amp;quot;)]&amp;lt;/ref&amp;gt;, sans un apport fondamental pour la science. Ces expériences étaient de l&#039;ordre des inoculations de germes mortels (exemple : typhus), sur l&#039;alimentation, sur les gaz de combats, sur les brûlures au phosphore, etc. Ces expériences ont même touché les transsexuels et les handicapés allemands. Voir témoignage d&#039;Irene Hizme ([http://www.ushmm.org/wlc/fr/media_oi.php?ModuleId=25&amp;amp;MediaId=2633 voir vidéo])&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Photo-auschwitz.jpg|vignette|1600 px|Photo camp d&#039;Auschwitz où on effectuait les expériences nazis]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==&#039;&#039;&#039;Cadre théorique&#039;&#039;&#039;==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Histoire des hôpitaux en Suisse===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Autrefois, les autorités écclésiastiques s&#039;occupaient des hôpitaux [http://www.hls-dhs-dss.ch/textes/f/F16316.php] en Suisse soignant tout type de malades puis les autorités communales ont repris ces responsabilités. Depuis par contre au [http://fr.wikipedia.org/wiki/XIXe_si%C3%A8cle XIX siècle] [http://fr.wikipedia.org/wiki/Asile les asiles] et les hôpitaux verront un changement, celui de devenir des établissements du canton. Le dernier siècle, fera du monde hospitalier le scénario de profonds changements au sein du personnel s&#039;occupant des malades moins de religieuses, plus d&#039;infirmiers étrangers par manque du personnel, plus [http://www.berufsberatung.ch/dyn/1109.aspx?id=542 d&#039;auxiliaires].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dès 1850, l&#039;essor de [http://fr.wikipedia.org/wiki/Anatomo-pathologie l&#039;anotomie pathologique] permettra aux médecins de par l&#039;observation de s&#039;emparer de l&#039;évolution de maladies qui engendra &amp;quot;les  critères médicaux&amp;quot; &amp;lt;ref&amp;gt;Critères qui plus tard seront développés pour [http://fr.wikipedia.org/wiki/Examen_m%C3%A9dical l&#039;examen médical]&amp;lt;/ref&amp;gt; utilisaient pour l&#039;admission des patients dans les hôpitaux. Autrement dit, ne seulement la médecine hospitalière progresse mais encore plus la chirurgie, du reste l&#039;utilisation [http://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9sinfectant des désinfectants], [http://fr.wikipedia.org/wiki/Asepsie l&#039;asepsie] voire [http://fr.wikipedia.org/wiki/Narcotique la narcose] pour procéder aux opérations chirurgicales s&#039;intensifie. Les découvertes scientifiques du XIX siècle feront aussi avancer la médecine dans le milieu hospitalier et l&#039;administration de nouveaux médicaments se fessait que dans les hôpitaux. La médecine moderne a commencé à pointer du nez avec l&#039;utilisation des [http://fr.wikipedia.org/wiki/Rayon_X rayons X], [http://fr.wikipedia.org/wiki/Laboratoire_de_biologie_m%C3%A9dicale les analyses de laboratoire], et l&#039;utilisation du thermomètre [http://www.hls-dhs-dss.ch/textes/f/F16579.php]. Dès 1930 les hôpitaux répondaient déjà aux exigences de la médecine moderne avec leurs équipement mais pour des questions de santé publique chaque canton se procurera un hôpital cantonal puis universitaire où la recherche et l&#039;enseignement sont prodigués. Au [http://fr.wikipedia.org/wiki/XXe_si%C3%A8cle XX siècle], les hôpitaux suisses comptaient avec les appareils spécialisés plus onéreux existant. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-Au début du XIII siècle, Aymon de Savoie fonda le premier hôpital appelé Notre-Dame ou [http://fr.wikipedia.org/wiki/Centre_hospitalier_universitaire_vaudois Grand hôpital] en Suisse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-En [http://www.lacuisine-dubonheur.ch/bourg-historique.html 1236], à Villeneuve devenant le premier hôpital en Suisse à l&#039;époque où une ville médiévale accueillait des malades, des pauvres et des pèlerins.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-En [http://www.hug-ge.ch/dates-cl%C3%A9s 1535], l&#039;Hôpital Général à Genève voit le jour.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-En &#039;&#039;&#039;1806&#039;&#039;&#039;, l&#039;Hôpital de Notre-Dame devient l&#039;Hôpital cantonal soignant les patients avec maladies graves, les patients psychiatriques et les détenus à Lausanne.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-En &#039;&#039;&#039;1810&#039;&#039;&#039;, une loi sanitaire vaudoise décrète trois types d&#039;Hospice. L&#039;Hospice cantonal (soignant les patients atteints d&#039;une maladie grave), l&#039;Hospice des aliénés (soigne les patients atteints d&#039;une maladie psychiatrique) et l’Établissement des incurables (hébergeant les patients atteints d&#039;une maladie incurable).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-En &#039;&#039;&#039;1856&#039;&#039;&#039;, l&#039;Hôpital cantonal ouvre ses portes à Genève.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-En &#039;&#039;&#039;1874&#039;&#039;&#039;, le Grand Conseil prévoit la construction d&#039;un nouveau hôpital cantonal qui deviendra hôpital universitaire en &#039;&#039;&#039;1890&#039;&#039;&#039; et la même année la Faculté de médecine de l&#039;Université de Lausanne est inaugurée. Ceci sera le début de la conception d&#039;une Cité hospitalière dès &#039;&#039;&#039;1950&#039;&#039;&#039;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-En &#039;&#039;&#039;1875&#039;&#039;&#039;, Mise en place de la Maternité à Genève.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-En &#039;&#039;&#039;1891&#039;&#039;&#039; [http://www.chuv.ch/iuhmsp/ihm_home/ihm_bibliotheque/ihm_fonds_historiques.htm Le Professeur Henri Stilling] obtiendra la première chaire d&#039;anatomie pathologique de la Faculté de Médecine à Lausanne.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-En &#039;&#039;&#039;1900&#039;&#039;&#039;, deux asiles &amp;quot;hors cité&amp;quot; sont nés : &#039;&#039;&#039;Loëx&#039;&#039;&#039; (destiné aux malades incurables et sans contagion) et &#039;&#039;&#039;Bel-Air&#039;&#039;&#039; (hébergeant les aliénés) à Genève.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-En [http://www.hls-dhs-dss.ch/textes/f/F16579.php 1930], né l&#039;association des hôpitaux publiques et privés, des cliniques, des sanatoriums et des différents établissement de soins nommé Veska pour prendre positions lors de consultations fédéraux ou pour négocier avec les assurances, les associations professionnelles, etc &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-En &#039;&#039;&#039;1961&#039;&#039;&#039;, Ouverture de l&#039;Hôpital des enfants à Genève&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
====[https://www.redcross.ch/fr/mouvement-international-de-la-croix-rouge-et-du-croissant-rouge/les-principes-fondamentaux-de-la L&#039;Humanité], valeur fondamentale de La Croix rouge suisse====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La Croix Rouge suisse (CRS) est fondé &#039;&#039;&#039;le 17 juillet 1866&#039;&#039;&#039; à l&#039;initiative du courageux et exemplaire général Guillaume Henri Dufour [http://www.rts.ch/video/operations-speciales/5282804-guillaume-henri-dufour-j-etais-officier-de-napoleon.html (voir vidéo)] et du conseiller fédéral [http://fr.wikipedia.org/wiki/Jakob_Dubs Jakob Dubs]. L&#039;histoire raconte que les événements de la guerre civile suisse de 1847 appelé [http://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_du_Sonderbund#Occupation_de_Lucerne_et_reddition_des_cantons_primitifs Sonderbundskrieg] montrant un général Dufour soucieux de protéger les vies humaines tant des soldats comme du peuple ne feront que souligner les valeurs de ce Général lors des moments de tension. Sonderbundskrieg est la révolte de cantons catholiques alliés pour contrer la politique anticatholique des radicaux qui rendaient dissous les couvents catholiques. Ces [http://fr.wikipedia.org/wiki/Valeur valeurs] seront repris dans &#039;&#039;&#039;les principes de la Croix rouge suisse&#039;&#039;&#039; en commençant par : « L’association a pour but essentiel de concourir par tous les moyens en son pouvoir au service de santé de l’armée suisse et à la protection des familles privées de (leur) soutien par l’appel sous les drapeaux en cas de guerre» [https://www.redcross.ch/fr/organisation/fondation-et-evolution-de-la-crs]. Soigner 85000 soldats de l&#039;armée française du général Bourbaki en pleine guerre franco-allemande fut la première prouesse de la CRS mais contribuera même à la fondation de l&#039;Ecole de soins infirmiers et de l&#039;Hôpital du Lincours. Durant les deux guerres mondiales le CRS affirmera son rôle même au niveau international. Qui de plus sera l&#039;expansion de l&#039;hôpital en devenant  &#039;&#039;&#039;l&#039;hôpital ambulatoire&#039;&#039;&#039; en cas de guerre. Sur le plan national, la CRS a joué un rôle fondamental pour la mise en place aussi du système suisse de la santé publique et les affaires sociales. Elle a favorisé d&#039;ailleurs entre autres, la professionnalisation des soins infirmiers. C&#039;est ainsi que &#039;&#039;&#039;la valeur humanitaire&#039;&#039;&#039; promu par le honoré Général Dufour a traversé les frontières en prenant un autre élan, celui de droit international humanitaire (DIH) qui protège les civils, les soldats, les blessés en cas de guerre [https://www.redcross.ch/fr/aspects-juridiques/droit-international-humanitaire/le-droit-international-humanitaire-dih].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
====Histoire des infirmières et des médecins en Suisse====&lt;br /&gt;
L&#039;origine des infirmières revient au XIX siècle, [http://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_de_la_profession_infirmi%C3%A8re les religieuses] prédominent dans la profession de soins de malades et laissent peu de place aux vocations laïques. En 1859, le premier école laïque de gardes-malades de [http://fr.wikipedia.org/wiki/Institut_et_Haute_%C3%89cole_de_Sant%C3%A9_La_Source La Source] est fondé préparant les femmes à l&#039;ouverture d&#039;une profession libérale tâche difficile lorsque même les médecins optaient pour faire appel aux religieuses dans les hôpitaux cantonaux &amp;lt;ref&amp;gt;Qui deviendront [http://www.hug-ge.ch/ les hôpitaux universitaires] &amp;lt;/ref&amp;gt;. C&#039;est la Croix Rouge qui contribuera à l&#039;ouverture des écoles d&#039;infirmières de Berne et de Zurich en 1899 et 1901 respectivement. Même si pour être près du malade dans les hôpitaux, la Croix Rouge suisse, organe de tutelle de soins infirmiers en Suisse promulguer l&#039;uniformisation des qualifications vu l&#039;avancement de la médecine et de la chirurgie (désormais plusieurs personnel soignant étaient présents : religieuses, samaritains, bénévoles,diplômés Croix Rouge et le personnel laïque)[http://www.hls-dhs-dss.ch/textes/f/F16316.php]. En 1901 à Genève, la doctoresse [http://www.feminisme.ch/feministes/lespionnieres/margueritechampendal/index.html Marguerite Champendal] fondera l&#039;antenne sociale [http://www.unige.ch/presse/static/savants-pdf/savants_champendal.pdf la Goutte de Lait] vu les nombreux enfants mal nourris. Quelques années plus tard, en 1905 ce fut la fondation de l&#039;Ecole d&#039;infirmière [http://www.geneve.ch/FAO/2005/20051128.asp?affichage=imode Le Bon Secours], puis de la Pouponnière. Au XX siècle, le secteur hospitalier subit une pénurie du personnel après la Deuxième Guerre Mondiale conséquence d&#039;un manque des perspectives pour offrir une place de travail plus digne aux laïques infirmières. En 1978, le secteur pédiatrique, maternité et psychiatrique des infirmières deviendra l&#039;Association suisse des infirmières et infirmiers (ASI). Les infirmiers(ères) sont interpelés ainsi à suivre une formation pour répondre aux exigences d&#039;un système de santé complexe, des nouvelles responsabilités et à certaines qualifications pour être près du patient.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour le commencement du métier de médecin, un fait particulier était qu&#039;avant le XIX siècle, les médecins étaient des [http://www.hls-dhs-dss.ch/textes/f/F27816.php barbiers-chirurgiens] hommes et les femmes ne parviendront à la profession que vers la fin du XIX siècle. Cette profession dite [http://fr.wikipedia.org/wiki/Profession_lib%C3%A9rale libérale] bénéficiera d&#039;autonomie et d&#039;une considération singulière. L&#039;Etat bénéficiera cette évolution par l&#039;instauration de la formation de médecin au XIX siècle [http://www.hls-dhs-dss.ch/textes/f/F16394.php]. Les médecins avait le prestige de jouir d&#039;une belle position sociale mais leurs compétences professionnelles n&#039;étaient guère reconnues. Entre les hommes de sciences renommés figurent : [http://fr.wikipedia.org/wiki/Paracelse Paracelse], [http://fr.wikipedia.org/wiki/F%C3%A9lix_Platter  Felix Platter] , [http://fr.wikipedia.org/wiki/Johann_Jakob_Scheuchzer Johann Jakob], etc. En outre, les sciences naturelles demeurant dans la médecine ne se détacheront qu&#039;au milieu du XIX siècle lorsque la formation professionnelle pour les médecin s&#039;établie. Quelques faits historiques tels qu&#039;en 1686, les leçons publiques et en 1741 [http://fr.wikipedia.org/wiki/Th%C3%A9%C3%A2tre_anatomique le théâtre anatomique] désigneront l&#039;intérêt des médecins pour l&#039;anatomie. Plus tard, en 1782, l&#039;institut médico-chirugical sera fondé à Zurich afin d&#039;enrichir le bagage scientifique des médecins. La professionnalisation du métier de médecin sera plus vif lorsque les facultés de médecins sont établies en Suisse romande par exemple car il y a d&#039;ailleurs un intérêt de la part de médecins pour forger la pratique. Dès 1850, les médecins se retournent vers la recherche médicale en abandonnant pour certains leurs positions politiques. Finalement, l&#039;Unification des médecins au niveau fédéral arrivera en 1901 avec la Fédération des médecins suisses ([http://www.fmh.ch/fr/index.html FMH]) promulguant le droit pour les médecins d&#039;exercer leurs métier dans toute la confédération helvétique.[http://fr.wikipedia.org/wiki/Serment_d%27Hippocrate Le serment d’Hippocrate] mondialement connu pour les médecins n&#039;a pas de valeur juridique, il permet aux médecins de faire le passage d&#039;étudiant à l&#039;exercice de la profession. Ce [http://www.forumsante.ch/fr/nos-articles/10 serment], ne fait pas partie du code de déontologie de la Fédération des médecins suisses (FMH). Pour terminer, dans les années &#039;90. les médecins suisse ont été malgré tout fortement critiqués pour bénéficier des honoraires très élevés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Contexte international des années 40 à 60 : apogée et visibilité de la problématique du patient-cobaye pendant la période nazie&amp;lt;ref&amp;gt;Terme employé pour le sujet soumis à des expériences médicales. Le terme cobaye est aussi utilisé pour les expériences sur [http://fr.wikipedia.org/wiki/Exp%C3%A9rimentation_animale les animaux]&amp;lt;/ref&amp;gt;===&lt;br /&gt;
====Terrible apogée des droits de l&#039;homme suite aux horreurs nazies==== &lt;br /&gt;
L&#039;ampleur de la légitimité des lois, ci-dessous, est arrivée à sa terrible &amp;lt;ref&amp;gt;Ponchon, F. (1999). Les droits des patient à l&#039;hôpital. Que sais -je?. Paris : Editions Puf.&amp;lt;/ref&amp;gt;apogée suite à [http://fr.wikipedia.org/wiki/Seconde_Guerre_mondiale la secondaire guerre mondiale] et à toutes les conséquences horribles de la Shoa, auxquelles de nombreux médecins nazis ont pris part. Ces terribles horreurs médicales, nous montrent que le pouvoir médical est souvent la main droite de pouvoirs politiques, des dirigeants d&#039;une Nation. De ce fait, si ceux-ci exercent un pouvoir dictatorial ou coercitif, non démocratique, sur la population, on voit bien à quels crimes contre l&#039;humanité peuvent conduire [http://fr.wikipedia.org/wiki/Recherche_m%C3%A9dicale des expérimentations médicales], notamment de nature eugénistes, imbues de volonté de pouvoir et de domination.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous pouvons aussi nous demander dans quelle mesure, encore actuellement, des médecins peuvent contourner ou jouer discrètement avec ces droits démocratiques, afin de mener des recherches scientifiques repoussant de plus en plus les limites acceptables de l&#039;éthique. Les recherches scientifiques illicites même si les limites de la médecine moderne ne le permettraient pas, qui est-ce que protège les droits des patients : l&#039;éthique, la voie pénal, les propres patients, l&#039;Etat ? L&#039;éthique a remporté une multitude de victoires, sur la maladie, reconnues et acceptées par bon nombre de citoyens. L&#039;éthique ne devrait pas apporter les indications aux médecins nécessaire pour agir sur un champ pratique garder par les frontières des droits des patients ? &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le 10 décembre 1948, la Déclaration universelle des droits de l&#039;homme de l&#039;ONU [http://leboucher.com/vous/beccaria/ droits de l&#039;homme de l&#039;ONU],  notamment stipule le droit de toute personne à avoir un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé (article 25). Au sortir de la deuxième guerre mondiale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;1950&#039;&#039;&#039; : convention de sauvegarde des droits de l&#039;homme et des libertés fondamentales.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;1978&#039;&#039;&#039; : Conférence internationale sur soins de la santé primaire OMS &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;1979&#039;&#039;&#039; : charte du malade usage de l&#039;hôpital, adoptée par le comité hospitalier de la communauté économique et européenne à Luxembourg...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;1994&#039;&#039;&#039; : Déclaration sur la promotion des droits des patients en Europe: cadre commun d&#039;actions pour améliorer les relations entre soignants et patients. On y trouve essentiels du droit des patients (information et consentement, respect du secret et de la vie privée, droit aux soins et au traitement…).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Les années 60 à 80 une période opaque, succédant à la visibilité des horreurs médicales nazies===&lt;br /&gt;
Les horreurs médicales nazies ont montré jusqu&#039;où la science sans conscience pouvait mener l&#039;homme. Une analyse générale historique, surtout dans le contexte suisse, permet, au niveau de diverses lois suisses et de l&#039;absence d&#039;associations militant pour les droits des patients en Suisse, d&#039;avancer que la science médicale, avec un certain tabou, fait état d&#039;un certain voile sur ses avancées scientifiques pouvant ou ayant mené à des dérives. Des mouvements critiques, en Europe, remettent en question la légitimité des institutions hospitalières. Elles dénotent l&#039;aspect construit, historique et parfois contingent (surtout au niveau psychiatrique) de la connaissance médicale. En Suisse, on ne trouve pas visiblement des associations de patients faisant état d&#039;horreurs médicales, de cas de patients-cobayes, sauf peut-être, en ce qui concerne l&#039;ADUPSY qui relate des horreurs au niveau psychiatrique. Comme le dénote Foucault, d&#039;ailleurs, la psychiatrique n&#039;est encore que catégorielle. En fonction, de ses catégories, elle se permet d&#039;enfermer des patients dans des asiles. L&#039;opacité des erreurs et horreurs médicales est donc plus faible, en ce qui concerne la psychiatrie qui dévoile par ce biais d&#039;autres faiblesses de la médecine. Mais c&#039;est une exception, car la médecine est d&#039;autant plus opaque que la loi reconnait légitimement, de façon asymétrique, son expertise. Elle lui permet également de garder le secret.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
====La remise en question des institutions hospitalières à l&#039;étranger et à Genève====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Entre les années 60 à 80, un mouvement critique, en voie de légitimation, remets en question la légitimité des institutions, notamment celles hospitalières.  [http://fr.wikipedia.org/wiki/Michel_Foucault Michel Foucault]retrace notamment cette histoire, dans son ouvrage [[Naissance de la Clinique : Foucault M.| Naissance de la Clinique]], donc il nous fait prendre conscience des mythes médicaux qui se sont construits socialement au fil du temps. La clinique prend une évolution importante vers le XVIII ème siècle. Il y a lieu à une spatialisation des malades dans les hôpitaux qui deviennent un centre de [http://fr.wikipedia.org/wiki/Savoir savoir]. Le regard médical est [http://fr.wikipedia.org/wiki/Connaissance connaissance] et il nécessite pour cela un malade et un hôpital, comme lieu de savoir. Déjà à cette époque, nous retrouvons cette recherche de connaissance et de pouvoir de la médecine qui est encore actuellement, mais aussi dans les années 60 à 80, est en pleine vigueur. Le patient n&#039;est pas que considéré comme personne, mais c&#039;est également un objet de savoir. Pendant les soins, les médecins font donc tout de même de la recherche médicale. Dans cette optique, même si les conséquences pour la santé du patient peuvent être positives, ce dernier reste, tout de même, en fin de compte, l&#039;objet de recherches. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En Italie, dans la même mouvance, l&#039;histoire est témoin des auteurs engagés comme [http://fr.wikipedia.org/wiki/Franco_Basaglia Franco Basaglia] qui mène sur le plan politique une lutte pour le respect absolu des droits du patient ainsi que pour la fermeture des asiles. De telles lutes aboutissent à la création de nombreux lieux alternatifs. Dans son ouvrage, [[L&#039;institution en négation - Basaglia| l&#039;institution en négation]], Basaglia accorde aux malades un statut social nouveau. Il leur accorde une nouvelle vie, afin de lutter contre la déshumanisation des malades, notamment en remettant en question la nosologie psychiatrique et l&#039;étiquetage abusif de la psychiatrie, enfermant les hommes dans des classifications réductrices et négatives, pour donner souvent un peu d&#039;espoir.  La recherche médicale en psychiatrie comporte en fin de compte de nombreuses incohérences au niveau nosologique, que des historiennes comme Martine Ruchat ont relevées  XXXXXXXX. Il peut être présumé que c&#039;est dans ce domaine, vu les avancées insuffisantes de ce champ médical et l&#039;extrême complexité du psychisme humain, que le patient risque, même à l&#039;insu des psychiatres, d&#039;être traité comme un cobaye. &lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Il peut être question de revenir par exemple sur les nombreuses erreurs médicales, relevées par l&#039;ADUPSY XXXXXXXXXX. Il s&#039;avère, en fin de compte difficile, de déterminer dans cette voie médicale, quelle est la frontière entre soins, recherche clinique et recherche pharmacologique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
====Les droits des patients dans les années 60 à 80 en Suisse ne lèvent pas cette opacité====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les lois qui suivront sont des lois fédérales respectant les principes des droits de l&#039;homme. Certaines sont même antérieures au XX ème siècle, mais sont toujours valables actuellement (ex. code civil ou pénal), ainsi que dans les années 60 à 80. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=====Un des premiers droits est l&#039;Accès équitable aux soins=====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon ce principe tout patient a le droit de bénéficier de soins de qualité, compte tenu des ressources à disposition. Il est question de ce droit dans l&#039;article 3 de la Convention européenne sur les droits de l’homme et la biomédecine; ainsi que dans l&#039;article 41, al. 1, lettre b de la Constitution suisse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=====Droit à la confidentialité=====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout patient-e-s a le droit au respect de sa vie privée. Ainsi les informations qui le concernent doivent être confidentielles, donc protégées par le secret professionnel. Il en est question dans plusieurs articles de loi: l&#039;article 8 de la Convention européenne sur les droits de l’homme,  l&#039;article 13 de la Constitution suisse, les articles 320 et 321 du Code pénal suisse et l&#039;article 35 de la Loi fédérale sur la protection des données. Sans le consentement du patient, le professionnel de la santé ne pourra pas divulguer les informations touchant le patient même après son mandat sauf si la loi l&#039;autorise (code pénal art. 191). Si un autre professionnel de la santé souhaite avoir des informations sur un patient auprès d’un confrère, ce dernier ne pourra pas les transmettre sans le consentement du patient. La confiance entre patient et professionnel de la santé est une priorité pour protéger celui-ci.&lt;br /&gt;
Tout membre de la parenté du patient souhaitant être informé par le médecin, de la maladie chronique, des causes du décès ou tout autre information liée à la santé du patient signifie pour ce faire, soit une autorisation du patient soit pour le médecin traitant de demander de se faire « délier du secret professionnel par l’autorité compétente du canton ».&lt;br /&gt;
En cas de manque de discernement dont le médecin ne peut pas transmettre au patient les informations concernant son état de santé ou de décisions à entreprendre de sa part pour améliorer son état de santé, le médecin pourra à ce moment-là transmettre ce type d&#039;informations au tuteur sinon d’avertir l’autorité concernée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=====Droit à l’information=====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les patient-e-s ont le droit de recevoir une information objective, claire et complète relativement à leur état de santé, mais aussi en ce qui concerne les soins et les traitements qui leur sont proposés, sur les risques qu&#039;ils encourent, les effets secondaires éventuels et les risques financiers éventuels. Il en est question dans les articles 5 et 10 de la Convention européenne sur les droits de l’homme et la biomédecine; ainsi que dans diverses dispositions spécifiques dans les différentes Lois cantonales sur la santé.&lt;br /&gt;
Il s’agit pour le patient (e) de consentir un traitement médical une fois qu’il a pris connaissance de toutes les informations concernant le traitement. Il peut aussi le moment venu, poser toutes les questions nécessaires pour bien comprendre ces informations. Renoncer aux informations n’est pas pareil à renoncer aux soins médicaux dans ce cas le médecin est limité à donner les informations nécessaires au patient mais quant aux soins de dispositifs particuliers s’appliquent. En Suisse et selon les établissements, les prestations et les coûts concernant les patients sont présentés par écrits aux personnes avec discernement ou pas. Le droit d’information permet aussi aux patients de solliciter « un deuxième avis médical » à savoir consulter un autre médecin pour obtenir plus d’informations et décider de la mise en place d’un traitement médical.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=====Droit à l’autodétermination et consentement libre et éclairé=====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après avoir reçu des informations, les patient-e-s, en capacité de discernement, sont en mesure de refuser des soins et des traitements. Il est question de ce droit dans l&#039;article 5 de la Convention européenne sur les droits de l’homme et la biomédecine ; ainsi que dans l&#039;article 10 de la Constitution suisse; l&#039;article 16 à 19c du Code civil ; de même différentes Lois cantonales sur la santé.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Par contre, en cas d’incapacité de discernement, les patient-e-s peuvent transmettre leurs souhaits avec l&#039;aide d’un-e représentant-e thérapeutique. Il en est question dans les articles 370 à 373 du Code civil suisse. En l&#039;absence de cela, le consentement peut-être donné par le curateur qui a pour tâche de représenter le patient dans le champs médical ou par les proches. L’article 378 du Code civil suisse en fait mention.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=====Mesures de contrainte et traitements « quasi-contraints »=====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Parallèlement, à ces droits, dans les années 60 à 80, d&#039;autres clauses juridiques, du droit civil et pénal, traitent à propos de contraintes du patient, laissant ainsi la place à des dérives médicales. Cela est d&#039;autant plus frappant que le droit, justement, envisage tout de même des mesures de contrainte et des traitements « quasi-contraints », alors que dans la législation, la frontière entre recherche clinique et soins n&#039;est pas clairement explicitée. Comme l&#039;a noté Foucault, le regard médical est connaissance. De ce fait, un médecin mène implicitement une recherche, ne serait-ce au niveau clinique, quand il soigne un patient. Nous pouvons ainsi nous demander, dans quelle mesure des dérives sont possibles, dans cet espace de vision du médecin, ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En effet, en contre partie des droits explicités dans la partie précédente, il y a des mesures de contraintes qui peuvent être subies par le patient; notamment lors d&#039;un placement impératif à des fins d’assistance ou de traitement sous contrainte. Or ces mesures, visant la survie de l&#039;individu, peuvent constituer une atteinte à la liberté personnelle qui est un droit fondamental garanti par la Constitution suisse et d&#039;autres instruments de droit international. Cependant la contrainte n&#039;est légitime que s&#039;il est impérativement nécessaire, proportionnelle au but visé et lorsqu’une base légale le prévoit. Elle est couplée à des voies de recours de la part de la personne qui est objet de cette mesure.&lt;br /&gt;
Les principales mesures de contrainte sont les suivantes :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le placement à des fins d’assistance n’est possible qu’en présence d’un trouble psychique, d’une déficience mentale, ou d’un grave état d’abandon. Il implique également que l&#039;aide ne peut être fournée qu&#039;au patient d&#039;une manière moins invasive (principe de proportionnalité).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un tel placement ne peut être prononcé que par une autorité de protection de l’adulte ou par des médecins désignés par les cantons. Malheureusement, dans le cadre d&#039;un tel placement, il est possible d’imposer un traitement contre la volonté de la personne concernée, toutefois uniquement si les conditions suivantes sont remplies : &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- lorsqu&#039;il y a un risque vital ou que l&#039;intégration corporelle d&#039;autrui est en danger;&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
- lorsqu’un défaut de traitement met gravement en péril l&#039;intégrité corporelle du patient;&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
- lorsque la personne concernée n&#039;a pas suffisamment de discernement pour saisir la nécessité du traitement et qu&#039;il n&#039;existe pas de traitement moins invasif. On parle notamment de ces dispositions dans les articles 426 à 439 du Code civil suisse.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En cas d’infraction pénale des soins peuvent être également imposé à une personne en ambulatoire ou en internement, quand de telles mesures sont prononcées par la justice pénale. Cela peut d&#039;ailleurs aboutir à un placement résidentiel. Par exemple, cela peut avoir lieu lors de situations de diminution ou privation de liberté relative à des crimes dans une situation d’addiction, également s&#039;il y a crime. Il est question de ces disposition dans les articles 60 et 63 du Code pénal suisse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des traitements &amp;quot;quasi&amp;quot; contraints peuvent être prononcés, en sursis d’une mesure pénale, civile (par ex. mise sous tutelle), administrative (ex. retrait de permis). Dans ce cas, il peut être demandé à l&#039;autorité concernée de fournir un certificat attestant de l’assiduité aux soins, de la part du patient.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=====Que retenir de ces informations sur les traitements contraints ?=====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;ADUPSY, dans les années 70, à Genève, a relevé des cas où des individus on été enfermés, contre leur gré, dans des établissements psychiatriques. Sa devise est la suivante :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;L&#039;ADUPSY est contre toute forme de contrainte en psychiatrie. De principe, elle est en faveur de la suppression complète des internements, ce qui devrait aussi conduire à une modification radicale de la pratique de la psychiatrie.&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des cas d&#039;abus de traitements médicamenteux, de prises de cocktail médicamenteux XXXXXXX explosifs ont été relevés par cette association, causant de graves problèmes de santé chez des patients et même la mort. Vu le secret médical en vigueur, le fait que le patient doive prouver objectivement ses accusations, la dysmétrie d&#039;expertise entre ce dernier et le médecin, la protection politique des institutions hospitalières, entre autres psychiatriques, qui à priori peut être tout-à-fait pertinente, la complexité des théories médicales, peut-on vraiment être sûr, en toute garantie, qu&#039;aucune recherche, même implicite, a été menée sur des patients souffrant de troubles dits &amp;quot;psychiatriques&amp;quot;, devenant ainsi, dans un certain sens une sorte de cobaye.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Malheureusement, à part l&#039;ADUPSY, nous ne dénotons pas, visiblement, des groupes militants pour les droits des patients relatifs à d&#039;autres spécialités médicales et aux expériences sur les êtres humains.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Les années 80 à 90 : l&#039;émergence des nouvelles technologies médicales===&lt;br /&gt;
[[Fichier:Génome.jpeg|vignette|droite|Photo du génome à la cellule vivante]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
====Bioéthique en Suisse, notamment à Genève====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les années 80, l&#039;âge d&#039;or des nouvelles technologies médicales (génétique, technologie médicale, robotique, etc.) prennent un essor considérable. En 1980,l&#039;éthique biomédicale en Suisse, notamment à l&#039;Université de Genève, dans la recherche clinique, était enrôlée dans &amp;quot;la pratique médicale&amp;quot; et &amp;quot;les droits de patients&amp;quot;. Des problématiques ont émergé peu à peu à cette époque telle que : &amp;quot;le système de la santé, l&#039;accès aux soins, l&#039;assistance au suicide, les nouvelles technologie dans les sciences du vivant (clonage, cellules souches embryonnaires, organismes génétiquement modifié,etc) ainsi que la naissance de neurosciences. Ceci représente la complexité de l&#039;éthique biomédicale touchant la Suisse.&amp;lt;br /&amp;gt; A la même époque, un des scandales, celui étasunien, déterminera dans le monde la fondation des premiers centres académiques de bioéthique. Cette étude sur les êtres humains pour traiter la syphilis à Tuskegee mettra en lumière que les patients étaient mal informés. Ces patients noirs, pauvres et illettrés suivront durant 40 ans (1932 - 1972)  des expériences sur eux. Une bonne partie succombera aux effets de la maladie. &amp;lt;ref&amp;gt;Campus 100, &amp;quot;Bioéthique : la fin des généralistes&amp;quot; Biologie/Bioéthique, Université de Genève&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C&#039;est en 1989 ère de la professionnalisation qui naît &amp;quot;La Société suisse d&#039;éthique biomédicale&amp;quot; ([http://www.bioethica-forum.ch/content/f_SGBESSEB.php SSEB]) mais dans le pays helvétique, mise à part le mouvement européen suivant la vague américaine de &amp;quot;la professionnalisation de la bioéthique&amp;quot;, la bioéthique est la source du débat au centre de la démocratie caractérisant ce pays des montagnes, mettant ainsi en lumière &amp;quot;la génie génétique&amp;quot;, &amp;quot;le clonage&amp;quot; ou &amp;quot;les cellules souches&amp;quot;. C&#039;est pourquoi cette société a accompagné la recherche médicale en Suisse pour veiller aux questions liées à l&#039;éthique. Pour ce qui est les droits de patients un sujet débat le concernant est l&#039;expérience scientifique sur les malades. Qui plus est un sujet qui ne cesse pas d&#039;attirer les critiques&amp;lt;ref&amp;gt;lire [http://www.spo.ch/index.php?option=com_content&amp;amp;task=view&amp;amp;id=114&amp;amp;lang=fr &amp;quot;Demi-dieux en noir et en blanc&amp;quot;] de Margrit Kessler &amp;lt;/ref&amp;gt; au niveau politique. Ces expériences ont, selon l&#039;éthique protégeant le patient, besoin du &amp;quot;consentement de la personne&amp;quot;. La communication du diagnostique et les résultats de l&#039;expérience devraient être de connaissance du patient, si il a donné son consentement, mais c&#039;est un sujet délicat et subordonné à des lois fédérales.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Pour les expériences scientifiques, le traitement proposé peut avoir comme source &amp;quot;les cellules souches embryonnaires&amp;quot; qui seront appliquées sur les patients malades avec l&#039;espoir de trouver la guérison. Toute expérience devrait se faire d&#039;abord sur les animaux puis sur l&#039;homme, mais ce processus a soulevé aussi les protestes de certains ligues de protection pour les animaux telle que La Ligue suisse contre la vivisection ([http://www.lscv.ch/ LSCV]) fondée en 1883 et conforme à l&#039;article 60 du code civil. Cette dernière propose l&#039;abolition totale de ces expériences sur les animaux pour faire appel à toute méthode substitutive et alternative à l&#039;expérimentation animale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En outre, étonnamment la technologie a fait par exemple qu&#039;en 1990, on découvre &amp;quot;le génome humain&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;Qui est l&#039;ensemble du code génétique humain&amp;lt;/ref&amp;gt; et d&#039;autres organes vivants. Parallèlement la technologie a découvert qu&#039;il serait possible de séquencer des brins d&#039;ADN pour reconnaître ainsi l&#039;unité de base du code génétique. La technologie moderne a fait aussi que les informations génétiques soient stockées mais son dépouillement a tardé à se faire. En réalité même si le génome humain a permis à la biologie d&#039;avancer, elle n&#039;a rien révélé de fondamental, &#039;&#039;&#039;si ce n&#039;est d&#039;alimenter l&#039;espoir à faire des expériences sur l&#039;être humain&#039;&#039;&#039; : &amp;quot; [...] on n&#039;a plus besoin d&#039;animaux pour comprendre la biologie.&amp;quot; &amp;lt;ref&amp;gt;Campus 100, &amp;quot;Le génome humain, un outil trop formidable&amp;quot;&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une autre question émerge donc. Il est extrêmement difficile de relever des données historiques, des associations qui ont combattu les excès de la recherche médicale en terme de génétique, de robotique humaine, [http://fr.wikipedia.org/wiki/Transhumanisme de transhumanisme] par exemple, sur l&#039;être humain, notamment en Suisse. Premièrement le développement de telles technologies demande des fonds économiques conséquents, une collaboration accrue entre experts dans différents domaines et une protection institutionnelle ou organisationnelle. &#039;&#039;&#039;Comment dès lors, des patients tout venant, des associations externes, comportant même des médecins, ont-elles les ressources nécessaires pour s&#039;opposer contre de telles recherches, vu l&#039;opacité de ses champs et le secret médical institutionnalisé, bénéfique pour le patient ?&#039;&#039;&#039; Toutefois, au niveau médiatique, on peut tout de même relever de nombreuses manifestations, autant aux Etats-Unis, qu&#039;en Europe, contre la procréation médicalement assistée, dont en fin de compte il est difficile d&#039;évaluer les effets à long terme. Encore une fois, les besoins en procréation assistée, existent dans la société. Mais ces technologies médicales demandent tout un savoir, un savoir-faire de la part du médecin. Vu le secret médical, il n&#039;y a pas donc à disposition de revendications d&#039;associations de patients, à même de faire reculer les autorités, ceci même en Suisse. Or vu le secret médical, nécessaire pour le patient, il est difficile d&#039;étudier historiquement ces pratiques : il s&#039;avère ardu pour des non-médecins ou non-scientifiques de questionner ces pratiques. C&#039;est pourquoi, la période des années 80 à 90 qui a vu l&#039;éclosion de la technologie médicale, est une période qui s&#039;est opacifiée encore une fois suite aux expériences de la syphalis aux EEUU car il fallait réglémenter les expériences sur l&#039;être humain à l&#039;échelle mondiale. Les révélations du procès de [http://fr.wikipedia.org/wiki/Proc%C3%A8s_de_Nuremberg#Le_g.C3.A9nocide_juif Nuremberg] montrant les horreurs de l&#039;aire nazie, les crimes contre l&#039;humanité dont les expériences faites sur les prisonniers juifs, montre à quel point le patient peut devenir une victime.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
====Première émergence d&#039;une association militante pour tous les patients, l&#039;OSP ([http://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/images/c/cc/Brochure_30_ans_OSP.pdf Fondation de l&#039;Organisation suisse des patients]) :====&lt;br /&gt;
-En 1981, à la même époque des professionnalisation, Charlotte Häni s&#039;engage pour [http://www.rts.ch/la-1ere/programmes/on-en-parle/5186321-faq-droit-de-la-sante-histoire-du-droit-des-patients-19-09-2013.html les droits des patients] suite à la mauvaise expérience vécu dans une clinique privée à Zurich où elle dénonce le non-respect de l&#039;obligation d&#039;informer le patient, le manque de soins et le constat de l&#039;arrogance de médecins. Au fils des années, l&#039;OSP a renouvelé sa mission pour parvenir à protéger les patients tant au niveau juridique, politique et social. En 1988, grâce à son intervention, l&#039;OSP arrive,  suite à la révision de la loi [http://www.admin.ch/opc/fr/classified-compilation/19940073/index.html Lamal], à obtenir un droit de codécision pour les patients. De plus, en 1993, l&#039;OSP assiste les femmes porteuses des [https://www.swissmedic.ch/medizinprodukte/00679/01459/index.html?lang=fr prothèses mammaires] en silicone, résultat du scandale mondiale initié aux Etats-Unis, en tout 1,000 femmes ont été prises en main par le groupe d&#039;entraide. En outre, en 1993, l&#039;OSP apporte son conseil à la demande de [http://www.bag.admin.ch/index.html?lang=fr l&#039;OFSP] et de [http://www.bsv.admin.ch/?lang=fr l&#039;OFAS] pour certaines publications officielles. Dans le monde pharmaceutique, en 2004, l&#039;OSP défend des patients victimes du Vioxx ([http://www.rts.ch/emissions/abe/1372247-vioxx-co-peut-on-encore-faire-confiance-aux-fabricants-et-aux-autorites-de-surveillance.html voir vidéo)] du laboratoire Merck Sharp &amp;amp; Dhome Chibret qui produisait des infartus. L&#039;OSP a fourni à l&#039;opinion publique et aux autorités une remise en question au sujet des primes très hautes des assurances maladies, des prestations de soins et milite pour une médecine orientée vers le patient et pour que son opinion soit prise en compte concernant sa santé.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
====Convention sur les droits de l&#039;homme et biomédecine, dans les années 90====&lt;br /&gt;
DONNER DES SOURCES POUR LA 1ERE PARTIExxxxxxxxxxxxxxxxxX&lt;br /&gt;
Les progrès médicaux, technologies et informatiques ont pris une grand ampleur ces dernières décennies. Au niveau européen, divers pays, dont la Suisse, ont dû, de ce fait, se concerter afin de poser des gardes fous, au niveau juridique, à l&#039;avancée dans le domaines des sciences biomédicales; et par la même une protection accrue des patients est devenue davantage nécessaire aux yeux des peuples européens. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Suite à tous ces combats légitimes, ceci au niveau international, les pays européens ont décidé de contracter une convention sur les droits de l&#039;homme et la biomédecine, à laquelle [http://www.bag.admin.ch/themen/medizin/11474/index.html?lang=fr la Suisse]  prend part. Il devient nécessaire d&#039;internationaliser le droit, ainsi que des organes de contrôles, tout en prenant en compte le local, pour protéger l&#039;homme contre ce types d&#039;abus médicaux. En effet, il peut s&#039;avérer très simple, au niveau Européen, de se rendre dans un pays afin de contourner les interdictions dans un autre pays. D&#039;où la nécessité de la Convention européenne du 4 avril 1997 sur les Droits de l&#039;Homme et la biomédecine &amp;lt;ref&amp;gt;voir aussi, la ratification de la Suisse, le 24 juillet 2008 [http://www.bag.admin.ch/themen/medizin/11474/11476/index.html?lang=fr]&amp;lt;/ref&amp;gt;. Cette loi concrétise les droits fondamentaux à prendre en compte dans la médecine humaine. Relativement à cela elle concerne notamment :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
ø l’interdiction du clonage&amp;lt;ref&amp;gt;voir aussi, la ratification de la Suisse, le 24 juillet 2008 [http://www.bag.admin.ch/themen/medizin/11474/11477/index.html?lang=fr]&amp;lt;/ref&amp;gt;   ø la transplantation&amp;lt;ref&amp;gt;voir aussi, la ratification de la Suisse, le 10 novembre 2009 [http://www.bag.admin.ch/themen/medizin/11474/11479/index.html?lang=fr]&amp;lt;/ref&amp;gt;    ø la recherche biomédicale&amp;lt;ref&amp;gt;voir aussi, la Suisse n&#039;a pas ratifier le nouveau protocole, elle se basse seulement sur l&#039;art. 118b de la Constitution fédérale [http://www.bag.admin.ch/themen/medizin/11474/11480/index.html?lang=fr]&amp;lt;/ref&amp;gt; et   ø les tests génétiques&amp;lt;ref&amp;gt;voir aussi, la Suisse n&#039;a pas ratifié ce protocole, elle se base à la loi fédérale sur l&#039;analyse génétique humain (LAGH) [http://www.bag.admin.ch/themen/medizin/11474/11481/index.html?lang=fr]&amp;lt;/ref&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En outre, le Conseil de l’Europe a formulé trois recommandations sur :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
ø la recherche utilisant du matériel biologique d&#039;origine humaine&amp;lt;ref&amp;gt;voir ces recommandations en détails [http://www.bag.admin.ch/themen/medizin/11474/11482/index.html?lang=fr]&amp;lt;/ref&amp;gt;   ø la protection des droits de l&#039;homme et de la dignité des malades incurables et des mourants   et   ø la protection des droits de l&#039;homme et de la dignité des personnes atteintes de troubles mentaux. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Malheureusement, contrairement aux points précédents, ces recommandations n’ont pas de caractère contraignant au niveau juridique. En Suisse,fin des années 90, un projet de loi adopté par le parlement et voté en 2004, a permis désormais de créer des lignes de cellules souches à partir [http://www.bag.admin.ch/themen/medizin/03301/03311/03349/03353/index.html?lang=fr  d&#039;embryons humains surnuméraires] issus des programmes d&#039;insémination artificielles &amp;lt;ref&amp;gt;Campus N° 100 Les cellules souches embryonnaires à la source de l&#039;humain. Biologie cellules souches. Université de Genève&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ces cellules permettraient de songer à soigner des maladies  connues telles que le diabètes, l&#039;Alzheimer, le Parkinson, la tétraplégie, etc et donne des espoirs à tant des malades. La Confédération suisse définit les informations concernant ce type de recherche sur l&#039;être humain comme [http://www.bag.admin.ch/themen/medizin/00701/00702/14516/index.html?lang=fr lacunaires] même si une loi et les ordonnances sur l&#039;article constitutionnel [http://www.bag.admin.ch/themen/medizin/00701/00702/07558/index.html?lang=fr 118b], accepté par le peuple en 2010 rentre en vigueur le 1 janvier 2014 !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Entre outre, les propres chercheurs ont réussi, sans faire l&#039;une des journaux, à remplacer les cellules souches à partir de cellules de la peau ([http://rms.medhyg.ch/numero-272-page-2262.htm les fibroblastes]) pour faire ses expériences scientifiques à partir des IPS ([http://fr.wikipedia.org/wiki/Cellule_souche_pluripotente_induite Induced Pluripotent Stem Cells]). Enfin, cette découverte pourrait permettrait pour des questions d&#039;éthique de renoncer à extraire des cellules souches à partir des embryons&amp;lt;ref&amp;gt;ampus N° 100 Les cellules souches embryonnaires à la source de l&#039;humain. Biologie cellules souches. Université de Genève&amp;lt;/ref&amp;gt;. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quant aux médecins, à travers le FMH, le code de déontologie prévoit dans ses annexes des restrictions concernant l&#039;expérimentation sur les être humains suivent les directives de [http://www.fmh.ch/files/pdf6/Annexe_1_2012_frz.pdf l&#039;Académie suisse des sciences médicales]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==&#039;&#039;&#039;Retour sur les entretiens&#039;&#039;&#039;==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour porter la casquette de chercheur et explorer le thème des droits de la personne, nous avons choisi de procéder à des entretiens semi-directifs sur &#039;&#039;&#039;deux témoins&#039;&#039;&#039; de l’institutionnalisation de &#039;&#039;droits de la personne notamment des patients&#039;&#039; et qui ont œuvré dans une période de l&#039;histoire pouvant nous raconter aujourd&#039;hui ses expériences. Comme pour tous les chercheurs de cette collectivité, nous avons posé les mêmes [http://edutechwiki.unige.ch/dewiki/Questions_pour_les_entretiens questions], en tout ce sont cinq les questions de ce canevas(d&#039;autres questions pourraient venir en cours d&#039;entretien, mais elles ne doivent pas évincer les questions centrales pour qu&#039;ils puissent être analysées ainsi pour tous les publics!). Dans notre cas, nous avons fait parvenir ce canevas de questions à l&#039;avance pour garder un cadre, pour préparer nos témoins à revenir sur le passé, un passé si riche et vaste et pouvoir ainsi se prononcer avec des souvenirs plus précis en recherchant dans sa propre mémoire. Nous pouvions ainsi nous permettre de relancer nos questions et de demander de précisions. L&#039;un de nos interviewés Mme Margrit Kessler ([http://edutechwiki.unige.ch/dewiki/Index voir Index])a répondu spontanément à nos questions par écrit. Ses réponses nous ont permis d&#039;anticiper et de préparer des questions de relance. L&#039;interview se faisait en allemand, à Zurich&amp;lt;ref&amp;gt;au siège de [http://www.spo.ch/index.php?option=com_artforms&amp;amp;formid=6&amp;amp;Itemid=130 l&#039;OSP], adresse : Häringstrasse, 20 - 8001 Zurich&amp;lt;/ref&amp;gt;, et méritait de préparer ces questions de relance à l&#039;avance car l&#039;entretien allait devenir de toute façon extrêmement long si on traduisait au fur et à mesure chacune des réponses vers le français. De plus, une femme si engagée depuis une trentaine d&#039;années pour les droits de patients et qui milite dans la politique, pour l&#039;éthique, dans les associations, dans les commissions législatives, n&#039;allait sûrement nous concéder énormément de son temps donc cette étape préalable, nous a permis de voir que ne seulement Mme Kessler nous a offert plus de son temps que nous l&#039;avions pensé sinon que ses réponses au préalable ont permis que sont témoignage soit déjà enraciné dans nos esprits. Notre écoute était attentive car son message était riche et intéressant. Du reste, nous avons constaté que cette entretien a dépassé nos expectatives car Mme Kessler répondait toujours avec clarté, précision, authenticité et énergie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En ce qui concerne, M. François Loew , avoir les questions à l&#039;avance ([http://edutechwiki.unige.ch/dewiki/Index voir Index])lui ont permis de corroborer son témoignage en revenant sur les premiers souvenirs qui l&#039;ont venu librement lorsqu&#039;il a lu les questions. Il a pu déployer son témoignage encore plus que prévu car il revenait sur ses traces écrites souvent pour rajouter un autre fait. Son témoignage qui a eu lieu dans les locaux de l&#039;Université de Genève a eu curieusement comme étape préalable un retour spontanée sur l&#039;histoire de patients durant l&#039;étape de la 2ème guerre  mondiale puis petit à petit nous sommes revenus sur les années de 80 et c&#039;est là où nous avons pu commencer l&#039;interview, le va-et-vient des questions ont fait que nous, collecteur-trice revenons sur nos souvenirs de statut de patient ou celui de nos proches.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Mise en relation de deux entretiens===&lt;br /&gt;
Afin d&#039;analyser les entretiens de [http://edutechwiki.unige.ch/dewiki/1.-_Interview_%C3%A0_Madame_Magrit_Kessler Mme Magrit Kessler] et de  [http://edutechwiki.unige.ch/dewiki/2.-_Interview_%C3%A0_Monsieur_Dr_Fran%C3%A7ois_Loew M. François Loew]nous allons procéder à mettre en lumière des thématiques communes et divergentes découlant de cinq questions posées lors de l’interview. Nous avons constaté que les contextes de travail pour les interviewés diffèrent, l’un travail de près avec le contexte gériatrique et la commission d’éthique d’EMS dans le canton de Genève donc le Dr. Loew. Qui est de plus concerné en tant que médecin. Il fait part de sa position en tant que professionnelle de la médecine mais aussi reviennent sur son rôle de formateur en éthique qu’il fait auprès des médecins. Tandis que Mme Kessler ancienne infirmière était confrontée à des expériences illicites sur les patients à Saint-Gall durant sa carrière professionnelle et qui l’a poussé à s’engager institutionnellement pour les droits des patients au niveau fédérale. Elle milite ardument auprès des autorités pour les sensibiliser aux violations des droits des patients. Les thématiques qui suivront montrent ainsi les contrastes de deux témoignages de témoins historiques. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Qui dit éthique dit aussi une commission de surveillance&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
Quant à la première commission d&#039;éthique nationale en Suisse, Mme Kessler nous dévoile qu&#039;elle existe depuis très tard seulement en 2002 au même temps que la loi sur les médicaments et la loi sur les essais de médicaments, tandis que dans les cantons les commissions existaient auparavant. La commission d&#039;éthique cantonale veille ainsi à ce que les protocoles de recherche sur l&#039;être humain soient respectés. Tout expérience a besoin de l’avant de la Commission d’éthique cantonales avant de débuter une expérience quelconque. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Les droits des patients sous l’emblème du « consentement » et de « l’&#039;information » aux patients&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
L&#039;information aux patients est selon Mme Kessler l&#039;une des changements le plus important dans l&#039;histoire du patient car avant le patient n&#039;était pas informé de soins à recevoir que lorsque des grands blessures avaient lieu. Cependant, elle souligne que certains patients étaient opérés sans leur consentement par le passé. Ce qui n’est plus le cas à présent. Informer le patient fait part des protocoles d&#039;éthique et le médecin est conscient qu&#039;il est pénalisé s&#039;il ne respecte pas cette instruction. Le fardeau de la preuve revient au médecin c’est-à-dire de prouver qu&#039;il n&#039;a pas fait le contraire à savoir la non-information au patient. Paradoxalement, si le traitement se passe mal alors le fardeau de la preuve revient au patient. Ce qui est extrêmement difficile car devant les tribunaux il faut des preuves, des faits prouvés. C’est pour cette raison que l&#039;OSP se bat pour que le patient en cas des expériences médicales sur lui soit informé par deux voies, la voie écrite et la voie orale et seulement une fois qu’il a pris conscience du type d’expérience qu’on fait sur lui, le traitement, le diagnostic alors à ce moment-là il peut accepter ou pas. C’était d’ailleurs, le manque d’information au patient qui poussera la fondatrice de l’OSP à fonder une association fédérale pour militer pour les droits des patients en Suisse. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Consultants de droits du patients les directives anticipées&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
divergences de deux &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Divergences sur l&#039;expérimentation médicale sur les patients&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
Mme Kessler était marqué par un événement dramatique dans sa vie de militante, le fait de devenir témoin des expériences illicites sur des patients de l’hôpital de Saint-Gall en Susse et de voir la mort d’une patiente. Cette transgression de la loi, lui a valu dix ans de procédure à l’encontre du médecin-chef  Jochen Lange de l’hôpital de Saint-Gall pour avoir appliqué une substance toxique. La patiente morte suite aux essais médicaux sur elle, était affectée d’un Iléus (occlusion intestinale) et a avait reçu lors de son opération, 120 ampoules du bleu de méthylène dans le ventre. La perspective du médecin était qu’elle n’ait plus ces occlusions intestinales. Il a fallu que la presse apprenne les faits pour que ça devienne un scandale et que la procédure s’ouvre à l’encontre du médecin-chef. Dans ce cas, la patiente morte suite aux séquelles de l’essai n’était pas du tout informé, il lui a été dit simplement qu’un liquide bleu allait être appliqué sur elle.  C’est pourquoi après 10 ans de procédure, l’OSP milite pour que les patients soient informés. A la fin du procès Mme Kessler a été condamnée par les chefs d’accusation pour dénoncer ce médecin-chef. Mme Kessler donne l’impression d’avoir tiré une leçon ou plutôt un constat. Elle dit : « vous savez il a plus d’argent et qui c’était plus fort c’était le professeur, moi j’étais une soignante et j’ai eu l’insolence de mettre en doute ses expérimentations ». Cependant, Mme Kessler fait un constant par la suite que si elle ne serait pas intervenue les expériences ne se seront pas arrêtées. D’ailleurs, elle constate des incongruences d’une part au parlement où une motion était déposée et la réponse était que ce type de cas ne rentrerai pas dans la loi sur la recherche des êtres humain. Alors, elle se demande « à qui appartient de voir de près ce cas ? » Or, c’est plutôt l’académie suisse qui a établi une directive adressée aux sujets succombant aux expérimentations illicites et qui est en consultation actuellement et qui serait  publier l’année prochaine. Mme Kessler ressort une conclusion paradoxale comme est-ce que la GPK, en tant que commission d’éthique malgré qu’elle l’avait condamné lui a octroyé aujourd’hui sa confiance d’autant plus quand elle est devenue membre de cette commission d’éthique fédérale. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Des valeurs mises en première ligne&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La conseillère nationale a avoué que la valeur qu’elle a tissé  « c’est la confiance de la population ».Confiance qui ressort dans le travail fourni aux patients par l’OSP dont elle est Présidente. Par ailleurs, la conseillère nationale met en pratique par le biais de sa fonction en tant que Présidente de l’OSP des valeurs qu’elle appellera « des piliers » telles que le conseil au patient, l’information (conférences, cours…) et  la représentation des patients devant la ELGK (Commission fédérale des prestations générales et des principes), la commission fédérale pour les médicaments, la commission d’éthique où une organisation militante comme l’OSP peut siéger. Ces piliers ont des limites ceux de constater que les questions de santé est une affaire vaste et d’ailleurs cantonal c’est pourquoi l’OSP par exemple n’arrive pas à répondre à tous les cas problème des patients. La valeur d’entraide aux patients est passée même à soulager les frais des tribunaux produits par les procès. Un dernier constat pour la conseillère nationale est de voir que la confiance vient des autorités, des médecins et des patients. &lt;br /&gt;
Une dérive des expériences médicales les donations d&#039;organes. &lt;br /&gt;
Mme Kessler, nous témoigne que les dérives des expériences sur l’être humain sont passées maintenant vers les mesures chirurgicales préparatoires appliquées sur les patients mourants avant les dons d’organes. Elle dénonce que les donateurs d’organes ne savent pas à quoi ils s’engagent lorsqu’ils acceptent de céder ses organes. Ils cochent une croix, certes sur un carnet mais il n’est pas explicité le type de traitement chirurgical à appliquer pour maintenir les organes en vie. Le patient est débranché et la mort cérébral arrive cependant il peut être rebranché avec des perfusions pour maintenir les organes en vie. Qui peut déterminer alors qu’on n’applique pas une souffrance à cet être humain. Mme Kessler avertie qu’on pense plus aux donateurs (le patient) sinon plus aux receveurs d’organes. C’est en constatant que même les proches du donateur ne peuvent pas empêcher l’acharnement qui peut avoir les médecins sur le corps du patient, qu’elle a décidé de continuer à s’investir pour la révision de la loi sur les transplantations. Mme Kessler constate encore une fois que si cette affaire de la donation d’organes s’est faite public, demain, nous n’aurons pas de donateurs d’organes vu les conditions dans les lesquels les mesures chirurgicales préparatoires ont lieu. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Critères médicaux pour la donations des organes [13] &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Quant aux directives anticipées la version de la Fédération des médecins suisses et la version de l&#039;OSP&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Apprentissage des droits de patients aux médecins et aux infirmières&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Mise en relation avec les droits de la personne===&lt;br /&gt;
Nous pouvons dès à présent mettre en lien ce qui précède en lien avec d&#039;autres articles concernant les droits de la personne. Premièrement nous remarquons avant tout les droits de la personne émergent véridiquement du combat de minorités. Par exemple, notre première interviewée, Madame Margrit Kessler, en tant que militante pour les droits des patients, a dû se battre contre des médecins, hiérarchiquement au-dessus d&#039;elle médicalement. Elle exerçait, dans le domaine de la santé, la fonction d&#039;aide-soignante, avant d&#039;atteindre des sommets comme conseillère nationale. En plus de cela, il faut noter qu&#039;en tant que femme, elle était déjà très sensibilisée aux inégalités sociales. Ceci n&#039;est pas sans lien avec l&#039;article sur [[Droits des femmes|les droits des femmes]] : qui s&#039;est davantage centré sur la lutte qu&#039;elles ont eu pour le droit à l&#039;avortement et plus largement pour le droit à leur intégrité physique.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quant aux &#039;&#039;droits de patients psychiatriques&#039;&#039;, un mouvement pareil à ADUPSY [http://edutechwiki.unige.ch/dewiki/Droits_des_patients_psychiatriques (voir droits des patients psychiatriques)] est né à Genève pour protéger des patients dans les années 70, contre les dérives psychiatriques. C&#039;est au niveau des patients psychiatriques que les dérives médicales ont été davantage visibles, dans la période opaque des années 60 à 80. Autant suite à la deuxième guerre mondiale, les horreurs médicales nazies ont éclaté au grand, autant dans les années 60 à 80, c&#039;est au niveau psychiatrique, que les dérives institutionnelles psychiatriques se sont révélées les plus saillantes. Ces dérives institutionnelles sont d&#039;ailleurs critiquées par des auteurs comme Foucault. Il nous montre que le fou est une figure inquiétante dans la société. Il esquisse les grandes étapes du rapport de la raison à la folie, de la fin du Moyen Age jusqu&#039;à la naissance de l&#039;asile au XIXème siècle. Le fou à cette époque remplace le lépreux du Moyen Age. Il devient un personnage social majeur inquiétant. Après la Renaissance, laissant une certaine liberté de parole au fou, ce dernier sera réduit au silence à l&#039;âge classique. Il est ainsi interné aux côtés des inactifs, des délinquants, des criminels, des marginaux dans des centres d&#039;isolement et de travail. Les droits des prisonniers ont donc un lien étroit avec la problématique des droits des patients à l&#039;hôpital : le criminel est mis de côté et contrôlé dans un lieu fermé. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;internement n&#039;a donc pas uniquement des motifs d&#039;ordre médicaux, mais aussi sociaux et économiques. Mais ce contrôle social, vers la fin du XVIIIème siècle, s&#039;avère tout de même coûteux, autant pour la société que pour ces individus marginalisés. Les asiles vont désormais accueillir que des malades mentaux. C&#039;est donc l&#039;émergence de la notion de &amp;quot;maladie mentale&amp;quot;. Le fou n&#039;est plus un délinquant et va se trouvé enfermé seul. A ce sujet, Foucault reproche à la critique d&#039;être qu&#039;un monologue de la raison sur la folie. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En ce qui nous concerne, actuellement, au XXIème siècle, nous avons constaté que l&#039;article parlant des droits de patients psychiatriques fait part de ce qui suit : &amp;quot; le troisième objectif concernant les droits liés au traitement et à la participation à la recherche médicale implique l’abolition de tout traitement médical sans le consensus du patient. Il faut présenter au patient les implications du traitement, les alternatives et s’il veut il peut consulter un autre médecin de son choix&amp;quot;.  Nous pouvons affirmer suite à l&#039;entretien à Zürich, avec la conseillère nationale Margrit Kessler, que les patients ne sont pas protégés, en fait, contre les expériences médicales, au niveau juridique. Récemment en Suisse, il y a eu, devant les instances juridiques, une procédure pénale pour l&#039;utilisation d&#039;une substance toxique sur des patients, donc des expérimentations médicales illicites menées sur eux.  Le médecin qui était accusé est sortie indemne car le fardeau de la preuve appartient au patient et non pas au médecin, difficile situation, car la patiente est morte, et c&#039;est l&#039;infirmière qui a mis en procès ce médecin. Cette infirmière était la conseillère nationale Margrit Kessler.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout comme les femmes, les marginalisés, les patients psychiatriques, la problématique liée aux droits des patients dans les hôpitaux peut être reliée à celle des droits des personnes en situation d&#039;handicap ou aux droits des enfants : enfermement et surmédicalisation d&#039;enfant en situation d&#039;handicap, ergonomie des villes non adaptées aux personnes en situation d&#039;handicap, besoin élémentaires, comme a sexualité, non satisfait pour des personnes en situation d&#039;handicap.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==&#039;&#039;&#039;Conclusion&#039;&#039;&#039;==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;usage de wiki c&#039;est avéré fort heuristique :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* parce qu&#039;il nous a permis de nous insérer dans une démarche d&#039;intelligence collective appréhendant le droit des personnes&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
* parce qu&#039;il nous a permis de communiquer nos pensées, et même d&#039;échanger, autant avec les autres groupes d&#039;étudiants, qu&#039;avec un grand nombre d&#039;internautes&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
* parce qu&#039;il nous a permis d&#039;archiver un grand nombre de documents. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Suite à la loi fédérale de mars 2010, il est constaté que [http://archives.tdg.ch/actu/suisse/cobayes-pretent-corps-science-2010-02-12 les expériences sur l&#039;être humain] en Suisse font la une des journaux......XXXXXXXX&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Est-ce que les entretiens ont permis de répondre aux questions &lt;br /&gt;
Les droits de la personne un concept complexe&lt;br /&gt;
proposition de Pierre...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le patient n&#039;est pas protéger juridiquement il y a une opacité, c&#039;est ambigu! A quoi sert les protocoles et la loi sur les expériences faites sur l&#039;être humain en Suisse. Comment freiner les dérives de droits de l&#039;action du médecin ? Foucault disait que les malades se soigner dans les maisons et en amenant les patients à l&#039;hôpital, on a accentué que le regard médical est de la connaissance médicale. Aujourd&#039;hui le fardeau de la preuve de toute faute grave du médecin revient au patient.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==&#039;&#039;&#039;Notes et références&#039;&#039;&#039;== &lt;br /&gt;
&amp;lt;references/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==&#039;&#039;&#039;Voir aussi&#039;&#039;&#039;==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[http://edutechwiki.unige.ch/dewiki/Droits_des_enfants Droits des femmes]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[http://edutechwiki.unige.ch/dewiki/Droits_des_patients_psychiatriques Droits des patients psychiatriques]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[http://edutechwiki.unige.ch/dewiki/Droits_des_personnes_en_situation_de_handicap Droits des personnes en situation de handicap]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==&#039;&#039;&#039;Bibliographie / Webographie&#039;&#039;&#039;==&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Julie</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Histoire_des_droits_de_la_personne:_entre_luttes_des_usagers_et_politiques_institutionnelles_1960-1980&amp;diff=12064</id>
		<title>Histoire des droits de la personne: entre luttes des usagers et politiques institutionnelles 1960-1980</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Histoire_des_droits_de_la_personne:_entre_luttes_des_usagers_et_politiques_institutionnelles_1960-1980&amp;diff=12064"/>
		<updated>2013-12-24T11:39:54Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Julie : /* Critique de la méthode */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&lt;br /&gt;
== Histoire des droits de la personne: entre luttes des usagers et politiques institutionnelles 1960-1980 ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Introduction ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les années 1960-1980 sont des années de grandes transformations culturelles et sociales avec 1968, une année charnière qui deviendra l&#039;emblème de la contestation portant les valeurs d&#039;une génération, celle du baby-boom. Aujourd&#039;hui l&#039;histoire de cette contestation demande à être comprise dans un temps plus vaste d&#039;un avant, pendant et après Mai 68. Certes, on peut faire remonter la question des droits de la personne à la [http://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9claration_des_droits_de_l%27homme_et_du_citoyen_de_1789 Déclaration des droits de l&#039;hommes et du citoyen] comme une matrice générative d&#039;autres conventions, déclarations et droits. Or, il semblerait que le mouvement de contestation des années 1960-1980 ait poussé plus loin l&#039;exigence démocratique en partant de revendication de populations, elles-mêmes, se sentant non respectées comme des personnes ; notamment les femmes, les détenus et les patients psychiatriques (la Loi 180 de 1978 en Italie concernant les usagers de la psychiatrie). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
D&#039;autres courants historiques (trends) ont aussi été traversé par cette exigence: l&#039;éducation des enfants, dont les premiers textes de &amp;quot;protection&amp;quot; date de 1924 (Convention dite de Genève en 1924, à la Convention internationale des droits de l&#039;enfant en 1989), et qui relève d&#039;une histoire ancienne reliée notamment aux expériences pédagogiques dès les années 1940. Il en va ainsi de celles qui relève de l&#039;éducation nouvelle incarnées dans des communautés d&#039;enfants (école nouvelle à la campagne, république d&#039;enfants, Cité d&#039;enfant, village d&#039;enfants). Summerhill incontestablement sera LE modèle de la seconde moitié du 20e siècle, mais aussi l&#039;expérience de [http://fr.wikipedia.org/wiki/Fernand_Deligny Fernand Deligny] et de communauté thérapeutique comme celle de Boulens en Suisse romande [[http://edutechwiki.unige.ch/dewiki/Résumé_film_de_Catherine_Scheuchzer]], et les femmes qui revendiquent le droit de votre depuis le 19e siècle (les suffragettes) . D&#039;autres champs ont bénéficié d&#039;un mouvement général: c&#039;est le cas du champ du handicap mental avec la charte de l&#039;[http://fr.wikipedia.org/wiki/ONU ONU] datant de 1975. De nouveaux droits liés à l&#039;éthique se sont développé dès les années 1970 autour du respect de la volonté des mourants, avec la pratique des directives anticipées, et plus largement des droits des patients à être traités dans la dignité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La question des droits de la personne s&#039;incarne ainsi autant dans des valeurs philosophiques comme celle de la liberté, l&#039;autodétermination, l&#039;autonomie qu&#039;incarnée dans le corps même de la personne qui doit être respecté dans son intégrité. Souvent les revendications portent sur des micro-éléments ou micro-événements de la vie quotidienne dans les institutions, mais la contestation a aussi pu se développer en réaction à des événements rendant compte de la violence (cure de sommeil et électrochoc imposé, évasion, viol, avortement clandestin, etc.).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les articles qui suivent cherchent à mieux saisir les acteurs/trices (intégrés dans un mouvement de revendication ou un courant idéologique contestataire), leurs actions, dans l&#039;expérience quotidienne de leurs luttes pour les droits de l&#039;individu et/ou de la personne, les valeurs prônées, les objectifs atteints ou non pour faire valoir les droits des personnes placées dans des institutions dites alors &amp;quot;totalitaires&amp;quot;, tout en cherchant à mieux définir ce que signifient ces droits dans le quotidien institutionnel et personnel.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le travail de la communauté de recherche vise aussi à repérer les ouvrages de références qui ont marqué les acteurs/trices de cette période, des intellectuels ([[Basaglia]], Foucault, [[Une_ société sans école|Illitch]], [http://fr.wikipedia.org/wiki/Erving_Goffman Goffman] entre autres penseurs, parfois utopistes voir visionnaires, ainsi que, suivant la méthode prônée par Michel Foucault dans son ouvrage Histoire de la clinique notamment, à questionner les faits, à interroger le système, autrement dit à &amp;quot;déconstruire&amp;quot; la réalité pour comprendre les enjeux de pouvoir qui ont traversé les luttes de promotion des droits de la personne dans des champs différents, mais relevant tous d&#039;un rapport entre un pouvoir qui désigne et un individu-objet dont on attend la soumission. Ces ouvrages nous ont permis de voir que les mouvements de contestation se font dans tous les pays ; par exemple, en ce qui concerne l&#039;anti-psychiatrie nous avons vu que des critiques se sont faites en Italie avec [[Basaglia]] mais également aux Etats Unis avec Goffman. Ainsi que ce soit le pédagogue et l&#039;élève  &amp;quot;difficile&amp;quot;, déviant, handicapé, le médecin et le patient désigné, le juge qui désigne les degrés de culpabilité d&#039;un &amp;quot;coupable&amp;quot; ou l&#039;Etat qui décide de la responsabilité civique ou non des femmes (et des jeunes), partout se modèle et se module des relations différentes à l&#039;intérieur d&#039;une structure hiérarchique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C&#039;est dans cette relation que se construit la réalité de la maladie, de la déviance, de la différence, ce que les travaux de Goffman ont montré avec finesse. Ces travaux ont en particulier déconstruit cette réalité de l&#039;institution totalitaire qui fait de la personne un objet, et en particulier un objet déviant prônant un droit de devenir sujet. L&#039;institution réifie l&#039;individu et lui fait perdre ses droits et c&#039;est donc bien une volonté de récupérer une place d&#039;acteur, de prendre la parole, de donner haut et fort son avis qui va mobiliser les acteurs des luttes en particulier dans l&#039;après 68. L&#039;approche constructionniste de Kenneth Gergen, aujourd&#039;hui, poursuit cette tradition voyant dans la relation la matrice de cette construction de la réalité allant jusqu&#039;à affirmer que l&#039;individu n&#039;existe pas en dehors de la relation qui le &amp;quot;produit&amp;quot; [[http://www.taosinstitute.net]]. Une autre manière de montrer, comme l&#039;a fait Foucault, que l&#039;individu est aussi une construction sociale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Fondamentalement la critique est politique, sociale, mais aussi épistémologique: on s&#039;attaque à la réalité qui est un &amp;quot;construit&amp;quot; social. Ce qui explique aussi l&#039;attention mise à la vie quotidienne (voire Goffman, mais aussi Lucien Lefebvre notamment). Le quotidien devenant matrice de la relation créative autant que de la subversion, dans une tradition qui s&#039;inspire d&#039;ailleurs des surréalistes des années 20 (voire notamment [http://fr.wikipedia.org/wiki/Georges_Perec Georges Perec]).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des acteurs/actrices seront interrogés afin de mieux saisir leur engagement, les valeurs qu&#039;ils ont prôné, la conscience qu&#039;ils ont eu de déstabiliser le pouvoir médical, l&#039;institution totalitaire, pour des alternatives dont on interrogera leur devenir subversif: communautés d&#039;enfants, communautés thérapeutiques en milieu psychiatrique, en milieu carcéral (notamment la Pâquerette à Genève) et plus généralement dans l&#039;éducation spécialisée. Mais c&#039;est fondamentalement la question de la revendication des droits de la personne qui sera l&#039;objet de ce questionnement. Il s&#039;agira dans un premier temps de mieux comprendre ce qui différencie les droits de la personne des droits de l&#039;homme érigé au 18e siècle, et de comprendre les enjeux des luttes pour voir émerger ses &amp;quot;nouveaux&amp;quot; droits et les formes qu&#039;ils ont prises: droit à la parole, droit de sortie, droit à l&#039;avortement, droit à consulter son dossier médical, etc...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au moyen de cinq questions ouvertes, il s&#039;agit de récolter leur témoignages afin mieux comprendre les ressorts de leur engagement (politique, idéologique, éthique), les événements qui ont marqué cette période 1960-1980, les mobiles des acteurs/trices. [[http://edutechwiki.unige.ch/dewiki/Questions_pour_les_entretiens]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Revue de la littérature ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La &amp;quot;matrice générative&amp;quot; des droits de la personne est bien la Déclaration des droits de l&#039;homme et du citoyen:  une &amp;quot;matrice&amp;quot; juridique à partir de laquelle vont se développer d&#039;autres droits, règlementations et conventions. Pour couvrir les différents champs de la réalité sociale qui ont été touchés par la créativité des acteur/trice/s (qu&#039;ils aient été des militant/e/s ou des réformateur/trice/s) particulièrement active dans les années 1960-1980 et les changements opérés, il est nécessaire de se référer aux auteur/e/s qui, autant dans le champ du handicap, des patients de l&#039;hôpital, des usagers de la psychiatrie, des détenus, des enfants et des femmes, ont proposé des approches nouvelles, des concepts voire des pratiques novatrices.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Certes, il n&#039;y a pas un moment particulier où commencerait une lutte pour les droits de la personne. Cette question s&#039;inscrit dans une histoire longue de la constitution des droits, de la &amp;quot;fabrication&amp;quot; de l&#039;individu, de la conception de la personne comme être sensible, conscient d&#039;elle-même. Il en va de même pour des pratiques qui certes ont été promues pendant cette période comme par exemple les communautés de vie, mais il existe des traditions qui peuvent remonter bien avant les années 60. C&#039;est le cas avec la communauté d&#039;enfants de Summerhill en Angleterre créée par Alexander S. Neill et qui relève d&#039;une tradition de l&#039;éducation nouvelle enracinée depuis la fin du 19ème siècle dans les &amp;quot;écoles nouvelles à la campagne&amp;quot;. Dans son livre [[Libres enfants de Summerhill (Neill)]], on peut déceler la place centrale de la notion de liberté dans sa conception de l&#039;éducation et de l&#039;instruction des enfants. Selon cet auteur, on ne peut construire de collectif cohérent qu&#039;en respectant la liberté des individus. Les violences, les incivilités ne sont pour lui que le produit des incohérences de la société, qui frustre l&#039;individu et qui, à vouloir trop l&#039;uniformiser, en brise les richesses. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans la fin des années soixante, la critique des institutions psychiatriques surgissent. Une mise en évidence des conditions de vie des patients psychiatriques se fait notamment par [[Basaglia]] en Italie. Ce qu&#039;il rencontre dans cet univers le pousse à créer des lieux de vie plus accueillants où l&#039;on donnerait plus de liberté à la personne psychiatrique ; c&#039;est ce qu&#039;il appelle les communautés thérapeutiques. Ces bâtiments ouverts sur l&#039;extérieur et où la hiérarchie est horizontale favorise la mobilisation des personnes pour lutter pour la liberté des droits de la personne, et surtout la liberté des droits de la personne psychiatrique. [[Basaglia]] est donc probablement l&#039;un des auteurs de l&#039;époque qui a influencé les acteurs/actrices que nous avons interroger pour notre recherche. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A CONTINUER ... &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un certain nombre de notions et de valeurs semblent parcourir l&#039;histoire longue (18-21e siècle) avec des incarnation plus ou moins dense selon les période. Celle envisagée, caractérisée par une forte créativité notamment dans la contestation, mais pas seulement – dans la pensée sociale, dans l&#039;innovation institutionnelle aussi – porte sur un souci démocratique, mais aussi libertaire, une valorisation de l&#039;individu et de son autonomie, mais aussi du collectif comme matrice créatrice, un souci de respect de la différence (une reconnaissance) mais aussi du groupe comme porteur de revendications, un ancrage dans la vie quotidienne et une volonté d&#039;universalisme, etc. La culture contestataire est-elle monolithique ou multiple? Est-elle aussi traversée par des contradictions, des paradoxes: on prône une liberté individuelle dans un carcan idéologique, la lutte est collective pour des droits individuels?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les droits de la personne: un concept complexe  ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La thématique des droits de la personne oblige à réfléchir sur le concept et à le relier ou détacher d&#039;autres concepts: celui de l&#039;individu, celui du sujet (de droit) et celui de l&#039;humain.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La plupart des revendications peuvent être reliées aux &amp;quot;droits de la personnes&amp;quot;. Or ceux-ci sont rarement explicités. Lorsqu&#039;ils le sont c&#039;est en références à la &amp;quot;liberté individuelle&amp;quot;, au droit à la parole, au choix (de traitement notamment) et à la dignité. Souvent, ce sont des valeurs individualistes qui sont prônées même si elle le sont par un collectif (association, comité, mouvement contestataire manifestant collectivement dans la rue) et qui fondent un certain &amp;quot;esprit&amp;quot; du droit de la personne. C&#039;est par le regroupement de plusieurs personnes qui ont des valeurs communes (telles que le libre choix,l&#039;intégrité physique) que le changement peut s&#039;opérer. En effet, à travers notre recherche nous avons pu voir que qu&#039;il s&#039;agit des droits des prisonniers, des droits des patients à l&#039;hôpital, des droits des patients psychiatriques ou des droits des femmes les changements constatés se sont fait par l&#039;intermédiaire de mouvement, d&#039;association, fondation...&lt;br /&gt;
On peut noter la particularité du champ des droits des personnes en situation en handicap, ou des droits des patients en psychiatrie, par le fait que ces personnes ne disposent elles-mêmes pas des facultés à défendre leurs propres droits. Il en revient alors à leur entourage, aux professionnels, et enfin à la société toute entière, de se porter garante du respect de ces droits. La société en protégeant ces personnes, en les considérant comme faisant partie intégrante des individus qui la composent, effectue alors un grand pas dans les valeurs qu&#039;elle véhicule. L&#039;idéologie en effet, doit être collective, pour prendre du sens pour tous. Mais les actes permettant cette évolution, restent bien souvent le fait d&#039;individus, qui plus que d&#039;autres, poussés par un idéal, portent des actions progressistes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le terme personne est à distinguer d&#039;individu (voire de &amp;quot;cas&amp;quot;) en ce qui laisse entendre une capacité de droit et une place comme partenaire dans la relation (éducative, thérapeutique notamment) et les échanges de communication. Ceci peut s&#039;incarner dans des pratiques sociales élémentaires comme de désigner la personne par son nom, la vouvoyer (en langue française en particulier!), jusqu&#039;à la fermeture des hôpitaux psychiatriques par exemple. Mais c&#039;est surtout sur le plan juridique, des ses droits civils et politiques, que les luttes ont été menées: de l&#039;admission volontaire au droit de sortie pour les patients psychiatrique par exemple. Du côté des prisons, les revendications touchent aussi l&#039;individu dans son corps et son esprit: droit à l&#039;intégrité physique et morale, le droit à des conditions de vie appropriées, ou encore le droit à la santé. Du côté des enfants, le droit s&#039;est surtout construit à partir de la considération de l&#039;enfant en tant qu&#039;individu ayant des droits propres, notamment liés à la protection, à la parole et l&#039;écoute, mais également aux autres besoins fondamentaux qu&#039;il peut présenter. En fait, la reconnaissance des droits de l&#039;enfant lui ont conféré peu à peu un rôle plus actif dans sa propre existence, comme par exemple par une considération plus importante de ses opinions dans les choix qui le concerne. Du coté des femmes, les contestations se font sur plusieurs plans, mais ce qui est surtout recherché c&#039;est l&#039;égalité avec les hommes. Cette égalité passe donc par la ré-appropriation de leur corps, la liberté de choisir une contraception et la liberté de penser différemment. Nous pouvons donc rapprocher ces faits au droit du consentement de la personne et de l&#039;intégrité physique. Ces droits et les droits d&#039;être informé touche d&#039;ailleurs le quotidien médical et la lutte pour les droits des patients. Les droits des patients touchent la sphère politique et juridique où une bataille s&#039;est générée contre la liberté thérapeutique des médecins considérée comme subordonnée au droit d&#039;autodétermination du patient. Valoriser le rôle des patients en tant que partenaires critiques de médecins, du personnel médical ou encore de les responsabiliser pour éviter des difficultés lors de son traitement permettraient d&#039;améliorer la qualité des soins dans le domaine de la santé du patient.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Paradoxalement ce sont des luttes (collectives, pour la communauté) qui ont ainsi contribué à construire la notion de personne comme corps, identité physique, morale, psychologique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Méthode ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La récolte d&#039;un récit personnel, afin d&#039;approcher l&#039;histoire d&#039;une période et de constituer une archive orale a une tradition en sciences humaine et sociale. L&#039;ouvrage &amp;quot;Le cheval d&#039;orgueil&amp;quot; de Pierre Jakez Hélias paru en 1975 est souvent présenté comme un détonateur de l&#039;usage des récits de vie pour décrire la réalité sociale et culturelle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Diverses disciplines ont intégré la narration comme un moyen d&#039;approcher la réalité vue à travers un individu ou un groupe que cela soit en sociologie, en histoire, en médecine, en science de l&#039;éducation, en ethnologie et même en littérature.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les travaux de [http://fr.wikipedia.org/wiki/Philippe_Lejeune_%28auteur%29 Philippe Lejeune] ont contribué à collecter des récits sous formes notamment autobiographiques qui sont déposés à [http://association.sitapa.org/accueil.php l&#039;Association pour l&#039;autobiographie] près de Lyon.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La démarche effectuée dans le cadre de cette recherche d&#039;intelligence collective relève de la collecte de récits. La personne interviewée est considérée comme un témoin de son temps. L&#039;histoire se construit dans l&#039;échange grâce aux questions posées [[Questions_pour_les_entretiens]] lesquelles doivent donner lieu à une narration libre relier aux souvenirs de la personne. Il s&#039;agit d&#039;être dans une écoute bienveillante d&#039;un récit narré afin de venir combler l&#039;intérêt des étudiant/e/s qui sont les récepteur/trice/s respectueux et curieux de cette histoire. Même si pour certains étudiants, relancer ces questions a permis à l&#039;interviewé de se recentrer sur le sujet. Lors de l&#039;interview et comme étape préalable à l&#039;introduction  de ces questions, l&#039;explication de cette recherche collective a fait comprendre à certains interviewés l&#039;importance de leurs témoignages.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La démarche de &amp;quot;biographies narratives&amp;quot;, telle qu&#039;elle devrait être développée dans cette démarche citoyenne relève de compétence relationnelle, humaine particulièrement formatrice aux métiers de l&#039;humain. Elle demande du tact, de l&#039;écoute, de la curiosité intelligente (capacité de s&#039;adapter dans le cadre de l&#039;entretien). Il s&#039;agit de laisser de l&#039;espace et de la liberté aux personnes interviewées. Par conséquent, seules des questions générales et ouvertes assureront la liberté de narrer. Nous accorderons un long temps de réponse afin de laisser à la personne la possibilité de se souvenir et de raconter l&#039;histoire et son histoire tout en restant attentive qu&#039;elle ne se perde pas dans des chemins par trop éloignés. Elle ne relève pas d&#039;une &amp;quot;conduite d&#039;entretien&amp;quot; particulière comme l&#039;a développée par exemple Boutin (2006), mais elle relève sans aucun doute d&#039;une approche qualitative.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans la plupart des cas, les étudiants n&#039;ont pas transmis aux préalable les questions qui allaient être abordées dans l&#039;entretien à leur témoin. Pourtant, il est possible que cette démarche donne la possibilité aux personnes interviewées de prendre du temps pour récupérer leurs souvenirs en mémoire et ainsi construire un récit plus riche que lors d&#039;une réponse spontanée. Toutefois, cette démarche peut également faire perdre quelque peu aux intervieweurs/euses le contrôle de l&#039;entretien, avec un témoin qui se raconte, sans un réel cadre établi, puisqu&#039;il sait sur quels chemins on va l&#039;amener. Ainsi, le cadrage de l&#039;entretien est d&#039;autant moins aisé, car l’intervieweur perd un peu son contrôle sur celui-ci, qu&#039;il aurait pu exercer notamment par la succession des questions.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour d&#039;autres étudiants, la transmission des questions préalablement a permis aux interviewés d&#039;affiner sa mémoire en développant ses réponses pour que son récit soit accompagné par des souvenirs marquants. Ils sont d&#039;ailleurs fait appel aux gestes pour appuyer leurs témoignage en laissant entendre à ses interlocuteurs que sa lutte ne cessait pas. &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Les réactions (y compris non verbales) encouragent un récit qui se construit dans la relation. Celui-ci devrait être par définition original (même si certain/e témoins racontent pour la Xème fois leur &amp;quot;histoire&amp;quot;, leur &amp;quot;légende&amp;quot;, puisqu&#039;il est raconté à de nouvelles personnes. L&#039;attitude du/des collecteur/trice/s de récits favorisent (ou non) l&#039;expression (et ce jusqu&#039;à la confidence) et permette qui sait au témoin d&#039;innover, de se déplacer dans sa narration, de raconter une histoire nouvelle, vraiment originale.&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Critique de la méthode ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A travers cette expérience, nous avons en tant &amp;quot;qu&#039;apprentis chercheurs&amp;quot; appris à mener un entretien semi-directif. Malgré le fait que nous avions beau imaginé le déroulement de notre entretien, nous avons rencontré quelques difficultés lors de la passation de ceux-ci. Tout d&#039;abord, il a fallut faire face au personnage que nous avions en face de nous. En effet, comme nous l&#039;avons expliqué ces personnes ont, la plupart, tous été des militants en faveur des droits de la personne. Parfois, leur engagement a tellement été fort qu&#039;elles sont devenues des &amp;quot;icônes&amp;quot; dans le combat de ces droits. Nous avons donc du faire face à leur agacement et leur lassitude face à nos questions qui pouvaient certes être considérées comme trop larges. Ceci nous amène donc à penser que le choix de faire des questions ouvertes pour que chacun puisse raconter ce dont il a envie, n&#039;était peut-être pas judicieux pour toutes les personnes que nous avons interviewées. Par contre pour d&#039;autres &amp;quot;icônes&amp;quot; habitués à discuter même au parlement, ces questions étaient importantes à partir du moment où on allait les analyser par la suite au sein d&#039;une recherche et ils sont répondu le plus près possible. Lorsqu&#039;on a présenté ces questions au sein d&#039;une recherche pour un cours universitaire, elles ont été prises sérieusement sont regarder de près le type de questions ou les liens entre elles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De plus, il s&#039;est avéré que pour certains témoins, les questions étaient peu adéquates puisqu&#039;elle positionnait cette personne en tant que &amp;quot;militante&amp;quot; peut-être trop directement. De même, le mot &amp;quot;droit&amp;quot; se trouvait être un peu fort pour parler de certains engagements, qui ont probablement contribué ou du moins retracent les changements de ces droits, certes, mais ne se positionnaient pas à la base comme des engagements pour les droits d&#039;une population. Cependant le fait de faire des questions différentes et précises pour chacun des acteurs nous aurait fortement contraint pour l&#039;analyse transversale des entretiens. &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
De plus, lors de certains entretiens, les acteurs se sont laissées emporter par leurs émotions. Il n&#039;était donc pas évident de gérer les pleurs rencontrés. ... &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En cas de figure était pour ceux qui ont eu l&#039;occasion de faire deux interviews, la position de collecteur/trice/s au niveau générationnel, à savoir faire face à une génération plus âgée, était enveloppée, pour les deux cas, d&#039;une écoute éveillée peut-être parce que leurs récits nous touchaient de près ou parce de la sagesse émanait de certains interviewés. Pour l&#039;un des interviewés, il a suscité en nous un rappel vers les droits de nos proches et pour l&#039;autre il nous a sensibilisé vers une menace toujours présente des droits de la personne dans le pays où nous séjournons, la Suisse. Même si l&#039;un des ces interviewé était une personnalité fédérale, le reflet de son authenticité, nous a fait croire à son récit et il nous a appris plus sur les droits de la personne qui sont par ailleurs également &amp;quot;nos droits&amp;quot;.  Le rapport entre les interlocuteurs a pu être franc et nous avons ressentis que l&#039;un des interviewés nous avait confié une mission, celle de divulguer des faits. C&#039;était pour certains collecteur/trice/s un moment très intense, de vérité, et jamais oublier. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Parfois, nous avons pu nous confronter à la difficulté de recentrer la discussion vers les sujets qui nous intéressent. Comme tout un chacun, les acteurs peuvent certes parler du passé, mais en tant que militants ils auront, si leur combat est toujours vivant, tendance à parler plus du présent, et de ce qu&#039;il reste à faire. Pour que nous soyons aussi amenés à prendre la relève. Il faut alors savoir &amp;quot;lire entre les paroles&amp;quot;, pour récolter des informations sur la période qui nous intéresse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il aurait peut-être été profitable de mettre à disposition de tous les acteurs les questions de l&#039;entretien à l&#039;avance. Cela aurait permis de recentrer le débat, de rappeler plus facilement les questions de recherche. Un cas de figure était pour ceux qui l&#039;on fait et qui ont reçu en tant que collecteur/trice/s spontanément et préalablement à l&#039;interview tête à tête, des réponses écrites aux questions, de la part des interviewés. Ces réponses ont permis de mieux connaître l&#039;interviewé, son parcours, ses valeurs, son engagement pour les droits de la personne. Le pré-analyse de ces réponses par écrit a permis entre autres de revenir encore une fois sur les questions et de solliciter l&#039;interviewé en confiance pour continuer à expliciter certains souvenirs marquants et enrichissants pour cette recherche. Pour les collecteur/trice/s se vas-et-vient entre les réponses écrites à l&#039;avance et la poursuite du récit a engendré une appropriation du sujet bénéficiant ainsi la cohérence et la compréhension pour eux-même.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Autrement, une des questions qui permettrait de situer l&#039;interviewé sur le passé sans revenir immédiatement dans son discours sur le présent est la question 2. Elle aurait pu être formulée ainsi : Il y a-t-il un événement original durant la période de votre engagement? Pourriez-vous revenir sur le passé et nous raconter un ou des événements marquant que vous avez menés ou qui vous ont frappés durant une certaine période en faveur de ces droits ? sinon la question 5 fait l&#039;effet contraire en revenant sur le pas d&#039;aujourd&#039;hui comme conséquence du passé : Qu&#039;en est-il aujourd&#039;hui de cette lutte et des acquis et des risques de retour en arrière? Sur quoi faudrait-il continuer de se battre de lutter? Est-ce que vous continuez aujourd&#039;hui de vous engager et sur quoi? donc il n&#039;est pas étonnant d&#039;entendre les interviewés de parler sur leurs présent pourquoi n&#039;est pas demandé : est-ce que l&#039;un des sujets de votre engagement pour les droits de la personne (patient, enfant, prisonnier...)continue à être d&#039;actualité aujourd&#039;hui ? lequel? pourriez-vous explicitez s&#039;il vous plaît? . &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quant aux valeurs des témoins, ces derniers ont étaient évoquées suite à la question formulée qui a engendré aussi des souvenirs vers un événement marquant lié à leurs valeurs et pour la lutte des droits de la personne.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En outre, peut-être peut-on reprocher aussi le manque de temps pour chaque entretien. Au vu de la méthodologie d&#039;entretien semi-directif et biographique, des entretiens d&#039;1h30 ne permettent pas toujours les digressions chronophages. Des entretiens plus longs, dont on aurait pu ressortir la quintessence auraient pu être bénéfiques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Enfin, la relation biographique n&#039;a pas toujours permis que les questions soient posées comme souhaitées et prises dans l&#039;échange. L&#039;entretien a pu prendre la forme d&#039;une discussion à bâtons rompues en un dialogue qui finalement a échappé aux récolteurs/teuses de récits.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour certains, une difficulté c&#039;était l&#039;enregistrement de l&#039;interview. En effet, l&#039;appareil enregistreur est tombé en panné. Heureusement que nous avions en autre enregistreur qui a pris le relais immédiatement car la prise de note n&#039;aurait fait que retardé l&#039;interview.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quoi qu&#039;il en soit &#039;&#039;&#039;[[Retranscriptions des entretiens|neuf entretiens]]&#039;&#039;&#039; ont été effectués, lesquels ont permis  de construire une histoire qui s&#039;est étendue entre les années 1960 (engagement de Mme [[Amélia Christinat]])  et aujourd&#039;hui (engagement de Mme Margrit Kessler, conseillère nationale de Saint-Gall).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des thématiques (problématiques) plus fines ont pu être définies à partir des récits récoltés. Soit:&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
– le droit des [[Droits des enfants|enfants]] à travers le prisme de l&#039;éducation&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
– le droit des [[Droits des femmes|femmes]] pour la liberté de leur corps (l&#039;intégrité physique), et plus généralement pour le droit à leur autonomie &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- le  droit à l&#039;intégrité physique et morale des [[Droits des prisonniers|détenus]] en Suisse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- patient psychiatrique ??&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
– la prise en compte des personnes en situation de [[Droits des personnes en situation de handicap|handicap]] dans ce champ  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
– le droit à être informé pour que les [[Droits des patients (à l&#039;hôpital)|patients]] ne deviennent pas les cobayes des expériences scientifiques&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;analyse sera alors traversante permettant de mieux comprendre ce temps de l&#039;innovation, de la contestation, de la réforme des grandes institutions qui structures le social et la culturel occidentale depuis le 19e siècle: l&#039;hôpital, l&#039;hôpital psychiatrique, l&#039;école, le tribunal, la prison, le code civil, les institutions spécialisées: qui sont ces acteur/trice/s engagés, quelles ont été leurs idées et leurs valeurs, quelles ont été leurs actions et leurs victoires, leurs échecs aussi?&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Julie</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Index_de_personnes&amp;diff=12063</id>
		<title>Index de personnes</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Index_de_personnes&amp;diff=12063"/>
		<updated>2013-12-24T11:31:40Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Julie : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Audéoud, Jean-Pierre:juriste et éducateurs, Jean-Pierre Audéoud a fait des études de droit à Genève, http://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Index&amp;amp;action=editpuis une formation d&#039;éducateur à l&#039;institut psychopédagogique et médico-social de Montpellier (1958-1960). Entre 1963 et 1973, il dirigea avec sa femme, Colette Audéoud, la colonie de Serix, une maison d&#039;éducation pour enfants et adolescents délinquants. Puis, il occupa la fonction de président au Tribunal des mineurs du canton de Vaud de 1973 à 1995. A sa retraite, il resta encore deux années ad hoc à la cause au Tribunal, et pris la présidence du comité de fondation de l&#039;association de l&#039;Espérance à Etoy, une institution spécialisée pour personnes handicapées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[http://en.wikipedia.org/wiki/Mary_Barnes Barnes, Mary] (1923-2001) Infirmière, écrivant et artiste. Infirmière de profession, pendant une période de sa vie elle tombe malade de schizophrénie et fait partie de la thérapie communautaire suivie à Kingsley Hall sous la direction de R. D. Laing. Pendant l&#039;internement, Mary développe des attitudes pour l&#039;art, en se consacrant comme artiste et écrivant pour le reste de sa vie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Basaglia]], Franco psychiatre italien (1924-1980). Psychiatre et militant marxiste, Franco Basaglia s&#039;est engagé en de multiples domaines et a suscité des controverses variées. Né à Venise, il se tourne vers la psychiatrie en 1958, après des études de médecine puis une spécialisation en neurologie, qu&#039;il a achevée en 1952. C&#039;est en 1961 que débute l&#039;expérience de Gorizia, l&#039;hôpital psychiatrique proche de Trieste auquel il a attaché son nom. Après avoir décidé de faire sortir de l&#039;hôpital de Gorizia, marqué par une longue tradition asilaire, ceux qui y étaient internés, Basaglia s&#039;efforce de rendre compte, à l&#039;adresse de l&#039;Italie et des autres pays, de la signification politique de l&#039;événement et publie alors L&#039;Institution en négation. L&#039;expérience de cet hôpital des confins orientaux de la péninsule devient par là même un pôle d&#039;attraction international. Ce mélange d&#039;audace et de pragmatisme marquera les entreprises, toujours à la fois un peu folles et solidement préparées, qui, après Gorizia, se dérouleront à Trieste, à Parme puis à Rome. [[Utilisateur:Sandra Lançon|(Sandra)]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bercher, Yvonne : [http://www.yvonnebercher.org/ Yvonne Bercher] est née à Lausanne le 4 juin 1959. Elle est diplômée d&#039;un doctorat en Droit. Le sujet de son doctorat portait sur la procédure pénale. Elle a eu l&#039;occasion de faire plusieurs voyages en Afrique du Nord (Maroc, Tunisie). Ces voyages l&#039;ont beaucoup questionnée et lui ont permis de faire la découverte d&#039;autres cultures. En 2013, elle enseigne, depuis trois ans, à l’Institut de Management et de Sciences commerciales à Lausanne. Son parcours a été jalonné d&#039;articles et de livres, dont notamment l&#039;ouvrage, Au-delà des murs: témoignage et recherche sur l’univers carcéral suisse romand, qu&#039;elle a écrit en 1995.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bergier-Moreillon, Jacques (psychiatre du Service médico pédagogique vaudois)(1911-2002). Né à Morges, part pour vivre à Lausanne à l&#039;age de 9ans. De nature timide, il s&#039;engage dans le scoutisme, le sport et dans le théâtre afin de se mouvoir dans la société. Ainsi, il s&#039;est servi du psychodrame comme moyen privilégié pour comprendre et soigner les enfants perturbés. Directeur adjoint de l&#039;office médicopédagogique vaudois auprès de Dr. Lucien Bovet en 1945, il lui succède en 1952 après avoir survécu à la tuberculose (et suite au décès accidentel de Dr Bovet). Collabore également au Bercail, annexe psychothérapeutique de l&#039;Hôpital de l&#039;Enfance. En 1956, directeur de service ed l&#039;enfance (Protection de la Jeunesse auourd&#039;hui). Mai 1968 lui révèle son épanouissement pour les doctrines socio éducatives respectant la dynamique des groupes, la non-directivité, les approches centrée sur le corps... il abandonne alors la directiojn du Service de l&#039;Enfance pour enseigner à l&#039;Université, à l&#039;école des sciences soiales et politiques, la discipline de psychopédagogie médico-sociale. Il poursuit son activité du Bercail jusqu&#039;en 1983, année de sa retraite et travaille alors à la fondation Delafontaine pendant une dizaine d&#039;années pratiquant avec ferveur la musicothérapie auprès d&#039;adolescents handicapés. Il meurt suite à une brève maladie à l&#039;âge de 91 ans. [[Utilisateur:Sandra Lançon|(Sandra)]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bierens de Hahn, Bachtold. Psychiatre, ancien collaborateur CICR, Paris et Genève. [[Utilisateur:Sandra Lançon|(Sandra)]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Blanchet, André : Neuropsychiatre, Boston&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bloch, Daniel : [http://www.letemps.ch/Page/Uuid/7c22d648-b16b-11dd-b87c-1c3fffea55dc%7C1#.UqWAtPF4pUQ Daniel Bloch] est un ancien détenu. Il a participé à l&#039;écriture du livre &amp;quot;La bande à Fasel&amp;quot;. Courte biliographie disponible ici :[[Fichier:2.pdf]] et issue du site internet de Madame Yvonne Bercher.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bochuz : [http://www.vd.ch/themes/securite/penitentiaire/etablissements-penitentiaires/etablissements-de-la-plaine-de-lorbe/ Bochuz] est un centre pénitentier du canton de Vaud&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Burgmeister, Jean Jacques : Psychiatre, Médecin Chef Bel Air&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chatelanat, Gisela (professeure à la Faculté de Psychologie et des sciences de l’éducation)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chavanne, André (chef du DIP)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Amélia Christinat|Christinat, Amélia]] : personne qui s&#039;est mobilisée dans [[Droits des femmes|les droits des femmes]]. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[http://fr.wikipedia.org/wiki/David_Cooper Cooper, David], (1931-1986) a été l&#039;inventeur du mot “antipsychiatrie”. Il naquit au Cap, en Afrique du Sud, en 1931, dans une &amp;quot;famille ordinaire&amp;quot;. Il s&#039;orienta vers la médecine et obtient son diplôme en 1955. Il vint poursuivre ses études à Londres, pour obtenir en 1960 le diplôme de Psychological Medicine. En 1962, il ouvre le &amp;quot;pavillon 21&amp;quot;, une unité expérimentale pour schizophrènes, dans un hôpital psychiatrique londonien où il va mettre en pratique ses théories antipsychiatriques. Durant ces années, il s&#039;engagea dans les expériences hospitalières puis communautaires afin de créer des réseaux d&#039;alternative à la psychiatrie. Il avait une position critique du pouvoir et du rôle de l&#039;institution. Pour lui, l&#039;institution empêchait l&#039;émergence. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Darbellay&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Degoumois, Valy&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Deligny, Fernand (1913-1996), né en 1913 à Bergues. Après des études de psychologie et de philosophie, qu’il n&#039;a pas fini parce qu’il les à abandonné, il devient instituteur puis éducateur et responsable d&#039;établissements à l&#039;hôpital psychiatrique d&#039;Armentières (1938-1943), ou il travaille auprès des adolescentes qui pressent différents troubles. Il se fait remarque par sa tentation de transformer l’hôpital en proposant des activités et des sorties. Il supprime les sanctions, laisse aux jeunes une grande liberté, encourage les échanges avec l&#039;extérieur. De 1947 à 1950, il fonde à Paris un réseau appelé &#039;&#039;La Grande Cordée&#039;&#039;. En 1953 il décide d’aller  vivre à la campagne pour s&#039;occuper d&#039;enfants souffrant de troubles psychologiques plus graves.Il s&#039;installe à partir de 1967  dans les Cévennes, oú il organise l&#039;accueil d&#039;enfants autistes. Il meurt le 18 septembre 1996.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Diatkine&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Alain Dupont: un entrepreneur social|Dupont Alain]], fondateur des associations Trajets et T-interactions. Consultant dans le domaine de l&#039;insertion professionnelle des personnes avec un handicap mental, a donné de nombreux cours dans les différentes écoles de travail social. Se pose fermement en faveur de l&#039;autodétermination des personnes, et contre toute forme de ségrégation ou d&#039;enfermement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dr Ajuriaguerra (1911-1933), est un neuropsychiatre et psychanalyste français d&#039;origine basque espagnole. Il est l&#039;un représentants d&#039;une psychiatrie éclectique, érudite et humaniste. Il est l&#039;un de ceux qui ont inauguré en France le système de psychiatrie de secteur, c&#039;est-à-dire une répartition de structures de soins de santé mentale. Il a remplacé le professeur Ferdinand Morel à l&#039;hôpital psychiatrique de Bel-Air à Genève entre 1959 et 1975. Ceci a permis à la psychiatrie genevoise de se développer et de devenir une référence. A Bel-Air, il côtoyait des neurologues et il s&#039;est surtout intéressé au développement de l&#039;enfant, essentiellement sur les désordres psychomoteurs et les troubles de l&#039;écriture. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Droz, Jean-Claude administrateur&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Eisenring, Jean-Jacques : Neuropsychiatre, thérapeute de famille (1937-1987) Médecin-Directeur de l’Hôpital psychiatrique de Marsens depuis janvier 1981. Il fait ses études médicales à Genève en les orientant sur les affections nerveuses de l’enfant. Il entre en 1968 dans les Institutions Universitaires de Psychiatrie de Genève où il suit sa formation psychiatrique sous la tutelle du Pr J. AJURIAGUERRA. Il met en place à Genève le Centre universitaire de diagnostic et de soins de la déficience mentale. Il prend la direction de l’Hôpital psychiatrique de Marsens et y crée une division de psychiatrie gériatrique et une division d’investigation et de traitement pour adolescents et jeunes adultes. Promu au grade de colonel, il devient chef du Service psychologique de l’armée. Source : « Thérapie familiale », n.1, 1987 [[Utilisateur:Aline Armeli|(Aline)]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Engler, Klaus : Éducateur de rue à Genève [[Utilisateur:Aline Armeli|(Aline)]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Fasel, Jacques : le fondateur de l’Association de Défense des Prisonniers de Suisse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Foucault, Michel : [http://portail-michel-foucault.org/ Michel Foucault] est un philosophe français né le 15 octobre 1926 à Poitiers- France et décédé le 25 juin 1984 (à 57 ans) à Paris-France. Il était professeur du Collège de France notamment dans &amp;quot;Histoire des systèmes de pensées&amp;quot;. Ses centres d&#039;intérêts étaient : l’histoire, la philosophie, la psychologie, la psychiatrie, la sexualité, les droits de prisonniers (l’incarcération), la politique, la littérature, la clinique, la problématisation dans les pratiques humaines, etc&lt;br /&gt;
[http://www.youtube.com/watch?v=132QZ_C3ovs] Foucault était influencé par la philosophie, le temps de guerre, Freud, Kant, Platon, Hegel, Marx…. Le vocabulaire plus utilisé dans ses livres était Biopouvoir et micropouvoir. L&#039;un des ouvrages résumé dans ce eduwiki sera la « Naissance de la clinique » [http://edutechwiki.unige.ch/dewiki/Naissance_de_la_Clinique_:_Foucault_M.] et qui selon Foucault sera né des « chutes » de son ouvrage « Histoire de la folie ». Les ouvrages plus renommés seront : « Maladie mentale et personnalité », « Folie et Déraison », « Les Mots et les Choses », « L’Archéologie du savoir », « L’Ordre du discours », « Surveiller et punir », « Histoire de la sexualité », etc &lt;br /&gt;
[[http://edutechwiki.unige.ch/dewiki/Fichier:Surveiller_et_punir.pdf]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Glardon, Michel : [http://dbserv1-bcu.unil.ch/persovd/detail.php?Num=2110 Michel Glardon] est né à Morges en 1943 et est mort le 22 juillet 2003. Michel Glardon décide d’étudier les sciences sociales à l&#039;Université de Lausanne puis poursuit ses études à Paris ainsi qu’à Toronto. En 1967, il part au Burundi où il va travailler pendant trois ans pour l&#039;Association internationale de développement rural. En 1970, de retour à Lausanne, il va être nommé tuteur général du canton de Vaud. Trois ans plus tard, il décide de démissionner de son poste, son employeur refusant qu’il soit nommé assistant social, tout cela à cause de son appartenance à la Ligue marxiste révolutionnaire. En 1976, il choisit de créer les Éditions d&#039;En Bas et crée également le Groupe action prisons (GAP). C’est en 1989 qu’il rejoint le parti Alternative socialiste verte. En 2001, Michel Glardon quitte la direction de la maison d’édition.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Garonne, Gaston : Psychiatre à Genève et successeur de Ajuriaguerra&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Grasset, François (psychiatre). Il a mis en place les ateliers protégés d&#039;occupation&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hainal, Prof.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Jervis, Giovanni collaborateur de Basaglia à l&#039;hôpital de Gorizia&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Jones, Maxwell psychiatre et père de la communauté thérapeutique&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Laing, Ronald: est né  en Écosse en 1927 Il commence ses études de médecine pendant la Seconde Guerre mondiale à l&#039;université de Glasgow. Pendant ses études, il s&#039;intéresse particulièrement à la psychiatrie. Laing est considérée  le pape de l’antipsychiatrie sur non donne pour Cooper, toujours  à fait de nombreuses recherche pour explorer et comprendre la maladie mentale. Laing fait partie du mouvement antipsychiatrique en Grande Bretagne avec David Cooper et Aaron Esterson qui condamnent la pratique psychiatrie institutionnel. Il écrit entre autres avec Esterson A. le livre : L&#039;Équilibre mental, la folie et la famille&lt;br /&gt;
En 1965, il fonde avec David Cooper et Aaron Esterson la Philadelphia&lt;br /&gt;
Association qui a pour but de créer des lieux d’accueils pour des patients considérés comme schizophrènes effectué dans cet établissement est relaté par Mary Barnes dans son ouvrage Un voyage à travers la folie.&lt;br /&gt;
Il meurt à Saint-Tropez en 1989.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lalive, Jacqueline&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Loizeau, Pierre-André: Directeur des Conservatoire et Jardin botaniques de la Ville de Genève; chargé de cours (biologie) à l&#039;Université de Lausanne.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Maud Mannoni (1923-1998) est née en Belgique et déplacée pendent son enfance d&#039;un pays à l&#039;autre, Maud Mannoni s&#039;installe en France, où elle fait des études de psychologie, psychiatrie, criminologie mais elle devient psychanalyste. Elle se spécialise dans les maladies mentales des enfants comme les psychoses et les déficits infantiles.&lt;br /&gt;
Elle s&#039;oriente vers la prise en charge des enfants ou adolescents avec des grandes difficultés. En 1969 elle fonde l’Ecole de Bonneuil-sur-Marne, une structure expérimentale pour l’accueil des enfants et adolescents autistes, psychotiques ou arrière.&lt;br /&gt;
L&#039;œuvre de Maud Mannoni est centrée sur l&#039;étude des psychoses infantiles, ainsi que sur les organisations déficitaires. Elle a recherché le sens que prenait la maladie dans les fantasmes du sujet et de sa famille. Il s&#039;agit pour elle de comprendre comment est perçue la déficience d&#039;un enfant: par son père; par sa mère; par sa fratrie ; par tout milieu familial.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Meuwly, Myriam : [http://dbserv1-bcu.unil.ch/persovd/auteurvd.php?Code=M&amp;amp;Num=4969 Myriam Meuwly] est une écrivaine suisse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Neill, Alexander Sutherland (1883-1973): Alexander S. Neill, psychanalyste et pédagogue écossais a fondé en 1921 l&#039;école de Summerhill, une école à la campagne basée sur la liberté des enfants.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Rina Nissim|Nissim, Rina]] : personne qui s&#039;est mobilisée dans la lutte contre l&#039;avortement ([[Droits des femmes|droits des femmes]]).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pahud, Claude : Directeur école sociale à Lausanne. Né le 29 mai 1959, Claude Pahud, licencié en sociologie et anthropologie de l&#039;Université de Lausanne travaille à la sortie de ses études comme libraire à la librairie Basta!, puis collabore au titre de rédacteur à l&#039;hebdomadaire Domaine Public. En 1995, Claude Pahud publie un guide alternatif sur Lausanne Lausanne, autrement puis crée dans la foulée les Éditions Antipodes, spécialisées principalement en sciences humaines (sociologie, sciences politiques, anthropologie, etc.) mais publiant également des textes littéraires. Composé en majorité de textes académiques, mais pas exclusivement, le catalogue réunit plusieurs disciplines et vise à éclairer des pans de la vie sociale, dissimulés sous les voiles de la pensée commune ou des intérêts particuliers. En 2006, Claude Pahud reçoit le Prix Thorens pour avoir créé et fait rayonner les Editions Antipodes. SOURCES: Julien Burri 24 Heures 2007/03/27, p. 36 [[Utilisateur:Aline Armeli|(Aline)]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pâquerette (La) : La Pâquerette est un centre de sociothérapie qui accueille des détenus en exécution de peine ou de mesures ayant fait l objet de lourdes sanctions pénales en raison de la gravité de leurs actes. Ils souffrent de troubles importants de la personnalité, mais ne sont pas atteints à des maladies mentales nécessitant un traitement psychiatrique. Pour plus d&#039;informations : [[Fichier:LaPaquerette.pdf|La Pâquerette]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pasche, Bernard (psychologue). Fait partie de l&#039;Association Vaudoise des Psychologues. Membre de la commission &amp;quot;Psychologues des institutions parapubliques&amp;quot;. [[Utilisateur:Sandra Lançon|(Sandra)]] &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pelletier, Jacques. Jacques Pelletier détient une maîtrise en administration publique et a fait des études doctorales en gestion (évaluation) et en psychologie sociale. Leader reconnu et spécialiste de la politique sociale dans le domaine de la déficience, au Canada et en Europe francophone, il a joué un rôle déterminant, au cours des trente dernières années, dans la transformation des services en établissement offerts par les systèmes communautaires, partout au Canada et en Europe. Au fil des ans, il a acquis une expertise liée à l&#039;élaboration de solutions personnalisées pour les personnes souffrant d&#039;exclusion sociale. Il a fait son travail le plus connu à Genève auprès d&#039;adultes ayant des déficiences psychiques. Ses principaux intérêts cliniques sont l&#039;élaboration d&#039;approches holistiques à la prestation de services, l&#039;incidence des environnements sur le comportement humain et l&#039;observation clinique. Il a développé une expertise conceptuelle et pratique reconnue mondialement dans les domaines de la réadaptation, de l&#039;économie sociale et de l&#039;observation du comportement humain. Il intervient comme consultant auprès de dirigeants de compagnies, d&#039;agences, d&#039;établissements et d&#039;associations dans ces secteurs.&lt;br /&gt;
Jacques Pelletier est associé à l&#039;École supérieure de management de l&#039;éthique et de la qualité dans les services humains, en France. À Genève, il est l&#039;associé de T-Interactions, un organisme privé sans but lucratif s&#039;occupant de psychiatrie sociale et d&#039;entreprises sociales ainsi que de AD-Consultant. De plus, il enseigne à l&#039;Institut de recherche évaluative et d&#039;intégration sociale et est coéditeur des Éditions des Deux Continents. En Amérique du Nord, il est associé à l&#039;organisme Shriver Nursing and Family Lives (situé à Boston) et à l&#039;Institut Valor, au Canada. En outre, il est l&#039;un des membres fondateurs d&#039;Integra International, un organisme international établi à Genève qui soutient l&#039;innovation dans le domaine des services humains. [[Utilisateur:Sandra Lançon|(Sandra)]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Regamay, Françoise (artiste)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Riesen, Alain  Militant, témoin et acteur de l’antipsychiatrie, raconte: &lt;br /&gt;
A Genève le débat est lancé en 1977 par l’internement forcé d’une commerçante du Quartier de St-Gervais, la commerçante a refusé et résisté à être délogée, et l’était a fait usage de la force. L’utilisation d’électro-choque sur une militant anti-nucléaire, que est mort par la suite ainsi que l’hospitalisation forcée d’un étudiant en droit, ont propulsé la question des droit des usagers de la psychiatrie sur les devants de la scène publique et politique Genevoise. C’est ainsi qu’apparut le mouvement antipsychiatrique à Genève et qui va influencer la vision du handicap et les droits des hommes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Robert, Christian-Nils : [http://www.unige.ch/droit/collaborateurs2/?christian-nils_robert Christian-Nils Robert] est un avocat genevois. Il est actuellement professeur à l&#039;Université de Genève.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Rotelli, Franco : Psychiatre, Trieste, Naple&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Testuz, Muriel : Muriel Testuz est née le 3 août 1957. Elle a commencé à militer pour les droits des prisonniers alors qu′elle n′avait que 19 ans et qu′elle fréquentait le Gymnase. Elle a notamment milité avec l&#039;association GAP (Groupe Action Prison). Son parcours se poursuit avec des études dans une école d′études sociales et pédagogiques qui lui a permis de devenir travailleur social. Elle a travaillé pendant 9 ans dans un foyer pour adolescents en difficultés. A l′âge de 34 ans, elle décide de recommencer des études et suit des cours à la Faculté de Psychologie et Sciences de l′Éducation à Genève dans la section Culture et Société. Depuis 15 ans, elle gère un bistrot nommé «Le petit bar», tout en s′impliquant dans l′association [http://www.infoprisons.ch/ Infoprisons] qui permet de faire circuler les informations sur les prisons grâce à leurs bulletins électroniques publiés sur leur site internet. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Thorel, Marie-Louise (éducatrice spécialisée) &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tissot, René ( directeur médical de la clinique bel air / successeur d&#039;Ajuriaguerra / beaucoup de controverses à son sujet)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tosquelles François&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Uldry, Raymond &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Urban Alain&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Vaney, Louis (chargé de cours à la FAPSE). Enseignant en éducation spéciale. Psychopédagogue, consultant international. Directeur du Centre de Formation Continue pour Adultes (Genève), ancien responsable du secteur Education Spéciale Faculté de Psychologie et des Sciences de l’Education. Université de Genève : &amp;quot; Désinstitutionnalisation et intégration : quelle place pour les établissements spécialisés ?&amp;quot;. [[Utilisateur:Sandra Lançon|(Sandra)]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Wolfensberger, Wolf (VRS: valorisation des rôles sociaux). est né à Manheim en Allemagne en 1934 et a émigré aux États-Unis en 1950. Il a étudié la psychologie à la faculté de Siena à Memphis (Tennessee) et a obtenu une maîtrise de psychologie clinique à l&#039;Université St. Louis. Par la suite, il a complété un doctorat en psychologie à Peabody College for Teachers (qui fait maintenant partie de l&#039;Université Vanderbilt) où il s&#039;est spécialisé dans la déficience intellectuelle et l&#039;orthopédagogie. Il a effectué des recherches sur la déficience intellectuelle pour Nebraska Psychiatric Institute, à l&#039;University of Nebraska Medical School, Omaha entre 1964 et 1971. Entre 1971 et 1973, il était chercheur à l&#039;Association canadienne pour l&#039;intégration communautaire à Toronto, Canada. Il est présentement directeur du Training Institute for Human Service Planning, Leadership and Change Agentry à l&#039;Université Syracuse à Syracuse (New York). La majorité de son travail traite des idéologies, structures et l&#039;élaboration des systèmes de service à la personne, surtout en ce qui concerne les personnes présentant une déficience intellectuelle et leurs familles. Il est auteur ou co-auteur de plus de 40 livres et monographies, et a composé plus de 250 chapitres et articles. Ses œuvres, Changing Patterns in Residential Services for the Mentally Retarded, The Principle of Normalization, PASS et PASSING sont sans doute les plus reconnus. Son travail a été traduit en onze langues. Dr. Wolfensberger a créé le Parrainage Civique et la Valorisation de Rôles Sociaux et a été le principal promoteur de la normalisation en Amérique du Nord. En 1999, des représentants de sept grandes organisations dans le domaine de la déficience intellectuelle ont sélectionné Dr. Wolf Wolfensberger parmi les 35 individus ayant eu le plus grand impact sur la déficience intellectuelle au monde dans le XXe siècle. Au Québec, son œuvre et sa philosophie ont inspiré plusieurs citoyens à créer des organismes. Aujourd&#039;hui, le Regroupement québécois du parrainage civique (RQPC), qui existe depuis 1980, représente une vingtaine d&#039;organismes œuvrant en parrainage civique partout au Québec. [[Utilisateur:Sandra Lançon|(Sandra)]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ziegler, Bernard : [http://www.praetor.ch/who-s-who/bernard-ziegler/ Bernard Ziegler] est un avocat genevois.&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Julie</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Histoire_des_droits_de_la_personne:_entre_luttes_des_usagers_et_politiques_institutionnelles_1960-1980&amp;diff=12058</id>
		<title>Histoire des droits de la personne: entre luttes des usagers et politiques institutionnelles 1960-1980</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Histoire_des_droits_de_la_personne:_entre_luttes_des_usagers_et_politiques_institutionnelles_1960-1980&amp;diff=12058"/>
		<updated>2013-12-23T15:27:28Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Julie : /* Critique de la méthode */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&lt;br /&gt;
== Histoire des droits de la personne: entre luttes des usagers et politiques institutionnelles 1960-1980 ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Introduction ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les années 1960-1980 sont des années de grandes transformations culturelles et sociales avec 1968, une année charnière qui deviendra l&#039;emblème de la contestation portant les valeurs d&#039;une génération, celle du baby-boom. Aujourd&#039;hui l&#039;histoire de cette contestation demande à être comprise dans un temps plus vaste d&#039;un avant, pendant et après Mai 68. Certes, on peut faire remonter la question des droits de la personne à la [http://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9claration_des_droits_de_l%27homme_et_du_citoyen_de_1789 Déclaration des droits de l&#039;hommes et du citoyen] comme une matrice générative d&#039;autres conventions, déclarations et droits. Or, il semblerait que le mouvement de contestation des années 1960-1980 ait poussé plus loin l&#039;exigence démocratique en partant de revendication de populations, elles-mêmes, se sentant non respectées comme des personnes ; notamment les femmes, les détenus et les patients psychiatriques (la Loi 180 de 1978 en Italie concernant les usagers de la psychiatrie). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
D&#039;autres courants historiques (trends) ont aussi été traversé par cette exigence: l&#039;éducation des enfants, dont les premiers textes de &amp;quot;protection&amp;quot; date de 1924 (Convention dite de Genève en 1924, à la Convention internationale des droits de l&#039;enfant en 1989), et qui relève d&#039;une histoire ancienne reliée notamment aux expériences pédagogiques dès les années 1940. Il en va ainsi de celles qui relève de l&#039;éducation nouvelle incarnées dans des communautés d&#039;enfants (école nouvelle à la campagne, république d&#039;enfants, Cité d&#039;enfant, village d&#039;enfants). Summerhill incontestablement sera LE modèle de la seconde moitié du 20e siècle, mais aussi l&#039;expérience de [http://fr.wikipedia.org/wiki/Fernand_Deligny Fernand Deligny] et de communauté thérapeutique comme celle de Boulens en Suisse romande [[http://edutechwiki.unige.ch/dewiki/Résumé_film_de_Catherine_Scheuchzer]], et les femmes qui revendiquent le droit de votre depuis le 19e siècle (les suffragettes) . D&#039;autres champs ont bénéficié d&#039;un mouvement général: c&#039;est le cas du champ du handicap mental avec la charte de l&#039;[http://fr.wikipedia.org/wiki/ONU ONU] datant de 1975. De nouveaux droits liés à l&#039;éthique se sont développé dès les années 1970 autour du respect de la volonté des mourants, avec la pratique des directives anticipées, et plus largement des droits des patients à être traités dans la dignité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La question des droits de la personne s&#039;incarne ainsi autant dans des valeurs philosophiques comme celle de la liberté, l&#039;autodétermination, l&#039;autonomie qu&#039;incarnée dans le corps même de la personne qui doit être respecté dans son intégrité. Souvent les revendications portent sur des micro-éléments ou micro-événements de la vie quotidienne dans les institutions, mais la contestation a aussi pu se développer en réaction à des événements rendant compte de la violence (cure de sommeil et électrochoc imposé, évasion, viol, avortement clandestin, etc.).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les articles qui suivent cherchent à mieux saisir les acteurs/trices (intégrés dans un mouvement de revendication ou un courant idéologique contestataire), leurs actions, dans l&#039;expérience quotidienne de leurs luttes pour les droits de l&#039;individu et/ou de la personne, les valeurs prônées, les objectifs atteints ou non pour faire valoir les droits des personnes placées dans des institutions dites alors &amp;quot;totalitaires&amp;quot;, tout en cherchant à mieux définir ce que signifient ces droits dans le quotidien institutionnel et personnel.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le travail de la communauté de recherche vise aussi à repérer les ouvrages de références qui ont marqué les acteurs/trices de cette période, des intellectuels ([[Basaglia]], Foucault, [[Une_ société sans école|Illitch]], [http://fr.wikipedia.org/wiki/Erving_Goffman Goffman] entre autres penseurs, parfois utopistes voir visionnaires, ainsi que, suivant la méthode prônée par Michel Foucault dans son ouvrage Histoire de la clinique notamment, à questionner les faits, à interroger le système, autrement dit à &amp;quot;déconstruire&amp;quot; la réalité pour comprendre les enjeux de pouvoir qui ont traversé les luttes de promotion des droits de la personne dans des champs différents, mais relevant tous d&#039;un rapport entre un pouvoir qui désigne et un individu-objet dont on attend la soumission. Ces ouvrages nous ont permis de voir que les mouvements de contestation se font dans tous les pays ; par exemple, en ce qui concerne l&#039;anti-psychiatrie nous avons vu que des critiques se sont faites en Italie avec [[Basaglia]] mais également aux Etats Unis avec Goffman. Ainsi que ce soit le pédagogue et l&#039;élève  &amp;quot;difficile&amp;quot;, déviant, handicapé, le médecin et le patient désigné, le juge qui désigne les degrés de culpabilité d&#039;un &amp;quot;coupable&amp;quot; ou l&#039;Etat qui décide de la responsabilité civique ou non des femmes (et des jeunes), partout se modèle et se module des relations différentes à l&#039;intérieur d&#039;une structure hiérarchique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C&#039;est dans cette relation que se construit la réalité de la maladie, de la déviance, de la différence, ce que les travaux de Goffman ont montré avec finesse. Ces travaux ont en particulier déconstruit cette réalité de l&#039;institution totalitaire qui fait de la personne un objet, et en particulier un objet déviant prônant un droit de devenir sujet. L&#039;institution réifie l&#039;individu et lui fait perdre ses droits et c&#039;est donc bien une volonté de récupérer une place d&#039;acteur, de prendre la parole, de donner haut et fort son avis qui va mobiliser les acteurs des luttes en particulier dans l&#039;après 68. L&#039;approche constructionniste de Kenneth Gergen, aujourd&#039;hui, poursuit cette tradition voyant dans la relation la matrice de cette construction de la réalité allant jusqu&#039;à affirmer que l&#039;individu n&#039;existe pas en dehors de la relation qui le &amp;quot;produit&amp;quot; [[http://www.taosinstitute.net]]. Une autre manière de montrer, comme l&#039;a fait Foucault, que l&#039;individu est aussi une construction sociale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Fondamentalement la critique est politique, sociale, mais aussi épistémologique: on s&#039;attaque à la réalité qui est un &amp;quot;construit&amp;quot; social. Ce qui explique aussi l&#039;attention mise à la vie quotidienne (voire Goffman, mais aussi Lucien Lefebvre notamment). Le quotidien devenant matrice de la relation créative autant que de la subversion, dans une tradition qui s&#039;inspire d&#039;ailleurs des surréalistes des années 20 (voire notamment [http://fr.wikipedia.org/wiki/Georges_Perec Georges Perec]).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des acteurs/actrices seront interrogés afin de mieux saisir leur engagement, les valeurs qu&#039;ils ont prôné, la conscience qu&#039;ils ont eu de déstabiliser le pouvoir médical, l&#039;institution totalitaire, pour des alternatives dont on interrogera leur devenir subversif: communautés d&#039;enfants, communautés thérapeutiques en milieu psychiatrique, en milieu carcéral (notamment la Pâquerette à Genève) et plus généralement dans l&#039;éducation spécialisée. Mais c&#039;est fondamentalement la question de la revendication des droits de la personne qui sera l&#039;objet de ce questionnement. Il s&#039;agira dans un premier temps de mieux comprendre ce qui différencie les droits de la personne des droits de l&#039;homme érigé au 18e siècle, et de comprendre les enjeux des luttes pour voir émerger ses &amp;quot;nouveaux&amp;quot; droits et les formes qu&#039;ils ont prises: droit à la parole, droit de sortie, droit à l&#039;avortement, droit à consulter son dossier médical, etc...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au moyen de cinq questions ouvertes, il s&#039;agit de récolter leur témoignages afin mieux comprendre les ressorts de leur engagement (politique, idéologique, éthique), les événements qui ont marqué cette période 1960-1980, les mobiles des acteurs/trices. [[http://edutechwiki.unige.ch/dewiki/Questions_pour_les_entretiens]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Revue de la littérature ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La &amp;quot;matrice générative&amp;quot; des droits de la personne est bien la Déclaration des droits de l&#039;homme et du citoyen:  une &amp;quot;matrice&amp;quot; juridique à partir de laquelle vont se développer d&#039;autres droits, règlementations et conventions. Pour couvrir les différents champs de la réalité sociale qui ont été touchés par la créativité des acteur/trice/s (qu&#039;ils aient été des militant/e/s ou des réformateur/trice/s) particulièrement active dans les années 1960-1980 et les changements opérés, il est nécessaire de se référer aux auteur/e/s qui, autant dans le champ du handicap, des patients de l&#039;hôpital, des usagers de la psychiatrie, des détenus, des enfants et des femmes, ont proposé des approches nouvelles, des concepts voire des pratiques novatrices.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Certes, il n&#039;y a pas un moment particulier où commencerait une lutte pour les droits de la personne. Cette question s&#039;inscrit dans une histoire longue de la constitution des droits, de la &amp;quot;fabrication&amp;quot; de l&#039;individu, de la conception de la personne comme être sensible, conscient d&#039;elle-même. Il en va de même pour des pratiques qui certes ont été promues pendant cette période comme par exemple les communautés de vie, mais il existe des traditions qui peuvent remonter bien avant les années 60. C&#039;est le cas avec la communauté d&#039;enfants de Summerhill en Angleterre créée par Alexander S. Neill et qui relève d&#039;une tradition de l&#039;éducation nouvelle enracinée depuis la fin du 19ème siècle dans les &amp;quot;écoles nouvelles à la campagne&amp;quot;. Dans son livre [[Libres enfants de Summerhill (Neill)]], on peut déceler la place centrale de la notion de liberté dans sa conception de l&#039;éducation et de l&#039;instruction des enfants. Selon cet auteur, on ne peut construire de collectif cohérent qu&#039;en respectant la liberté des individus. Les violences, les incivilités ne sont pour lui que le produit des incohérences de la société, qui frustre l&#039;individu et qui, à vouloir trop l&#039;uniformiser, en brise les richesses. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans la fin des années soixante, la critique des institutions psychiatriques surgissent. Une mise en évidence des conditions de vie des patients psychiatriques se fait notamment par [[Basaglia]] en Italie. Ce qu&#039;il rencontre dans cet univers le pousse à créer des lieux de vie plus accueillants où l&#039;on donnerait plus de liberté à la personne psychiatrique ; c&#039;est ce qu&#039;il appelle les communautés thérapeutiques. Ces bâtiments ouverts sur l&#039;extérieur et où la hiérarchie est horizontale favorise la mobilisation des personnes pour lutter pour la liberté des droits de la personne, et surtout la liberté des droits de la personne psychiatrique. [[Basaglia]] est donc probablement l&#039;un des auteurs de l&#039;époque qui a influencé les acteurs/actrices que nous avons interroger pour notre recherche. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A CONTINUER ... &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un certain nombre de notions et de valeurs semblent parcourir l&#039;histoire longue (18-21e siècle) avec des incarnation plus ou moins dense selon les période. Celle envisagée, caractérisée par une forte créativité notamment dans la contestation, mais pas seulement – dans la pensée sociale, dans l&#039;innovation institutionnelle aussi – porte sur un souci démocratique, mais aussi libertaire, une valorisation de l&#039;individu et de son autonomie, mais aussi du collectif comme matrice créatrice, un souci de respect de la différence (une reconnaissance) mais aussi du groupe comme porteur de revendications, un ancrage dans la vie quotidienne et une volonté d&#039;universalisme, etc. La culture contestataire est-elle monolithique ou multiple? Est-elle aussi traversée par des contradictions, des paradoxes: on prône une liberté individuelle dans un carcan idéologique, la lutte est collective pour des droits individuels?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les droits de la personne: un concept complexe  ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La thématique des droits de la personne oblige à réfléchir sur le concept et à le relier ou détacher d&#039;autres concepts: celui de l&#039;individu, celui du sujet (de droit) et celui de l&#039;humain.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La plupart des revendications peuvent être reliées aux &amp;quot;droits de la personnes&amp;quot;. Or ceux-ci sont rarement explicités. Lorsqu&#039;ils le sont c&#039;est en références à la &amp;quot;liberté individuelle&amp;quot;, au droit à la parole, au choix (de traitement notamment) et à la dignité. Souvent, ce sont des valeurs individualistes qui sont prônées même si elle le sont par un collectif (association, comité, mouvement contestataire manifestant collectivement dans la rue) et qui fondent un certain &amp;quot;esprit&amp;quot; du droit de la personne. C&#039;est par le regroupement de plusieurs personnes qui ont des valeurs communes (telles que le libre choix,l&#039;intégrité physique) que le changement peut s&#039;opérer. En effet, à travers notre recherche nous avons pu voir que qu&#039;il s&#039;agit des droits des prisonniers, des droits des patients à l&#039;hôpital, des droits des patients psychiatriques ou des droits des femmes les changements constatés se sont fait par l&#039;intermédiaire de mouvement, d&#039;association, fondation...&lt;br /&gt;
On peut noter la particularité du champ des droits des personnes en situation en handicap, ou des droits des patients en psychiatrie, par le fait que ces personnes ne disposent elles-mêmes pas des facultés à défendre leurs propres droits. Il en revient alors à leur entourage, aux professionnels, et enfin à la société toute entière, de se porter garante du respect de ces droits. La société en protégeant ces personnes, en les considérant comme faisant partie intégrante des individus qui la composent, effectue alors un grand pas dans les valeurs qu&#039;elle véhicule. L&#039;idéologie en effet, doit être collective, pour prendre du sens pour tous. Mais les actes permettant cette évolution, restent bien souvent le fait d&#039;individus, qui plus que d&#039;autres, poussés par un idéal, portent des actions progressistes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le terme personne est à distinguer d&#039;individu (voire de &amp;quot;cas&amp;quot;) en ce qui laisse entendre une capacité de droit et une place comme partenaire dans la relation (éducative, thérapeutique notamment) et les échanges de communication. Ceci peut s&#039;incarner dans des pratiques sociales élémentaires comme de désigner la personne par son nom, la vouvoyer (en langue française en particulier!), jusqu&#039;à la fermeture des hôpitaux psychiatriques par exemple. Mais c&#039;est surtout sur le plan juridique, des ses droits civils et politiques, que les luttes ont été menées: de l&#039;admission volontaire au droit de sortie pour les patients psychiatrique par exemple. Du côté des prisons, les revendications touchent aussi l&#039;individu dans son corps et son esprit: droit à l&#039;intégrité physique et morale, le droit à des conditions de vie appropriées, ou encore le droit à la santé. Du côté des enfants, le droit s&#039;est surtout construit à partir de la considération de l&#039;enfant en tant qu&#039;individu ayant des droits propres, notamment liés à la protection, à la parole et l&#039;écoute, mais également aux autres besoins fondamentaux qu&#039;il peut présenter. En fait, la reconnaissance des droits de l&#039;enfant lui ont conféré peu à peu un rôle plus actif dans sa propre existence, comme par exemple par une considération plus importante de ses opinions dans les choix qui le concerne. Du coté des femmes, les contestations se font sur plusieurs plans, mais ce qui est surtout recherché c&#039;est l&#039;égalité avec les hommes. Cette égalité passe donc par la ré-appropriation de leur corps, la liberté de choisir une contraception et la liberté de penser différemment. Nous pouvons donc rapprocher ces faits au droit du consentement de la personne et de l&#039;intégrité physique. Ces droits et les droits d&#039;être informé touche d&#039;ailleurs le quotidien médical et la lutte pour les droits des patients. Les droits des patients touchent la sphère politique et juridique où une bataille s&#039;est générée contre la liberté thérapeutique des médecins considérée comme subordonnée au droit d&#039;autodétermination du patient. Valoriser le rôle des patients en tant que partenaires critiques de médecins, du personnel médical ou encore de les responsabiliser pour éviter des difficultés lors de son traitement permettraient d&#039;améliorer la qualité des soins dans le domaine de la santé du patient.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Paradoxalement ce sont des luttes (collectives, pour la communauté) qui ont ainsi contribué à construire la notion de personne comme corps, identité physique, morale, psychologique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Méthode ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La récolte d&#039;un récit personnel, afin d&#039;approcher l&#039;histoire d&#039;une période et de constituer une archive orale a une tradition en sciences humaine et sociale. L&#039;ouvrage &amp;quot;Le cheval d&#039;orgueil&amp;quot; de Pierre Jakez Hélias paru en 1975 est souvent présenté comme un détonateur de l&#039;usage des récits de vie pour décrire la réalité sociale et culturelle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Diverses disciplines ont intégré la narration comme un moyen d&#039;approcher la réalité vue à travers un individu ou un groupe que cela soit en sociologie, en histoire, en médecine, en science de l&#039;éducation, en ethnologie et même en littérature.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les travaux de [http://fr.wikipedia.org/wiki/Philippe_Lejeune_%28auteur%29 Philippe Lejeune] ont contribué à collecter des récits sous formes notamment autobiographiques qui sont déposés à [http://association.sitapa.org/accueil.php l&#039;Association pour l&#039;autobiographie] près de Lyon.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La démarche effectuée dans le cadre de cette recherche d&#039;intelligence collective relève de la collecte de récits. La personne interviewée est considérée comme un témoin de son temps. L&#039;histoire se construit dans l&#039;échange grâce aux questions posées [[Questions_pour_les_entretiens]] lesquelles doivent donner lieu à une narration libre relier aux souvenirs de la personne. Il s&#039;agit d&#039;être dans une écoute bienveillante d&#039;un récit narré afin de venir combler l&#039;intérêt des étudiant/e/s qui sont les récepteur/trice/s respectueux et curieux de cette histoire. Même si pour certains étudiants, relancer ces questions a permis à l&#039;interviewé de se recentrer sur le sujet. Lors de l&#039;interview et comme étape préalable à l&#039;introduction  de ces questions, l&#039;explication de cette recherche collective a fait comprendre à certains interviewés l&#039;importance de leurs témoignages.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La démarche de &amp;quot;biographies narratives&amp;quot;, telle qu&#039;elle devrait être développée dans cette démarche citoyenne relève de compétence relationnelle, humaine particulièrement formatrice aux métiers de l&#039;humain. Elle demande du tact, de l&#039;écoute, de la curiosité intelligente (capacité de s&#039;adapter dans le cadre de l&#039;entretien). Il s&#039;agit de laisser de l&#039;espace et de la liberté aux personnes interviewées. Par conséquent, seules des questions générales et ouvertes assureront la liberté de narrer. Nous accorderons un long temps de réponse afin de laisser à la personne la possibilité de se souvenir et de raconter l&#039;histoire et son histoire tout en restant attentive qu&#039;elle ne se perde pas dans des chemins par trop éloignés. Elle ne relève pas d&#039;une &amp;quot;conduite d&#039;entretien&amp;quot; particulière comme l&#039;a développée par exemple Boutin (2006), mais elle relève sans aucun doute d&#039;une approche qualitative.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans la plupart des cas, les étudiants n&#039;ont pas transmis aux préalable les questions qui allaient être abordées dans l&#039;entretien à leur témoin. Pourtant, il est possible que cette démarche donne la possibilité aux personnes interviewées de prendre du temps pour récupérer leurs souvenirs en mémoire et ainsi construire un récit plus riche que lors d&#039;une réponse spontanée. Toutefois, cette démarche peut également faire perdre quelque peu aux intervieweurs/euses le contrôle de l&#039;entretien, avec un témoin qui se raconte, sans un réel cadre établi, puisqu&#039;il sait sur quels chemins on va l&#039;amener. Ainsi, le cadrage de l&#039;entretien est d&#039;autant moins aisé, car l’intervieweur perd un peu son contrôle sur celui-ci, qu&#039;il aurait pu exercer notamment par la succession des questions.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour d&#039;autres étudiants, la transmission des questions préalablement a permis aux interviewés d&#039;affiner sa mémoire en développant ses réponses pour que son récit soit accompagné par des souvenirs marquants. Ils sont d&#039;ailleurs fait appel aux gestes pour appuyer leurs témoignage en laissant entendre à ses interlocuteurs que sa lutte ne cessait pas. &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Les réactions (y compris non verbales) encouragent un récit qui se construit dans la relation. Celui-ci devrait être par définition original (même si certain/e témoins racontent pour la Xème fois leur &amp;quot;histoire&amp;quot;, leur &amp;quot;légende&amp;quot;, puisqu&#039;il est raconté à de nouvelles personnes. L&#039;attitude du/des collecteur/trice/s de récits favorisent (ou non) l&#039;expression (et ce jusqu&#039;à la confidence) et permette qui sait au témoin d&#039;innover, de se déplacer dans sa narration, de raconter une histoire nouvelle, vraiment originale.&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Critique de la méthode ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A travers cette expérience, nous avons en tant &amp;quot;qu&#039;apprentis chercheurs&amp;quot; appris à mener un entretien semi-directif. Malgré le fait que nous avions beau imaginé le déroulement de notre entretien, nous avons rencontré quelques difficultés lors de la passation de ceux-ci. Tout d&#039;abord, il a fallut faire face au personnage que nous avions en face de nous. En effet, comme nous l&#039;avons expliqué ces personnes ont, la plupart, tous été des militants en faveur des droits de la personne. Parfois, leur engagement a tellement été fort qu&#039;elles sont devenues des &amp;quot;icônes&amp;quot; dans le combat de ces droits. Nous avons donc du faire face à leur agacement et leur lassitude face à nos questions qui pouvaient certes être considérées comme trop larges. Ceci nous amène donc à penser que le choix de faire des questions ouvertes pour que chacun puisse raconter ce dont il a envie, n&#039;était peut-être pas judicieux pour toutes les personnes que nous avons interviewées. Par contre pour d&#039;autres &amp;quot;icônes&amp;quot; habitués à discuter même au parlement, ces questions étaient importantes à partir du moment où on allait les analyser par la suite au sein d&#039;une recherche et ils sont répondu le plus près possible. Lorsqu&#039;on a présenté ces questions au sein d&#039;une recherche pour un cours universitaire, elles ont été prises sérieusement sont regarder de près le type de questions ou les liens entre elles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De plus, il s&#039;est avéré que pour certains témoins, les questions étaient peu adéquates puisqu&#039;elle positionnait cette personne en tant que &amp;quot;militante&amp;quot; peut-être trop directement. De même, le mot &amp;quot;droit&amp;quot; se trouvait être un peu fort pour parler de certains engagements, qui ont probablement contribué ou du moins retracent les changements de ces droits, certes, mais ne se positionnaient pas à la base comme des engagements pour les droits d&#039;une population. Cependant le fait de faire des questions différentes et précises pour chacun des acteurs nous aurait fortement contraint pour l&#039;analyse transversale des entretiens. &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
De plus, lors de certains entretiens, les acteurs se sont laissées emporter par leurs émotions. Il n&#039;était donc pas évident de gérer les pleurs rencontrés. ... &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En cas de figure était pour ceux qui ont eu l&#039;occasion de faire deux interviews, la position de collecteur/trice/s au niveau générationnel, à savoir faire face à une génération plus âgée, était enveloppée, pour les deux cas, d&#039;une écoute éveillée peut-être parce que leurs récits nous touchaient de près ou parce de la sagesse émanait de certains interviewés. Pour l&#039;un des interviewés, il a suscité en nous un rappel vers les droits de nos proches et pour l&#039;autre il nous a sensibilisé vers une menace toujours présente des droits de la personne dans le pays où nous séjournons, la Suisse. Même si l&#039;un des ces interviewé était une personnalité fédérale, le reflet de son authenticité, nous a fait croire à son récit et il nous a appris plus sur les droits de la personne qui sont par ailleurs également &amp;quot;nos droits&amp;quot;.  Le rapport entre les interlocuteurs a pu être franc et nous avons ressentis que l&#039;un des interviewés nous avait confié une mission, celle de divulguer des faits. C&#039;était pour certains collecteur/trice/s un moment très intense, de vérité, et jamais oublier. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Parfois, nous avons pu nous confronter à la difficulté de recentrer la discussion vers les sujets qui nous intéressent. Comme tout un chacun, les acteurs peuvent certes parler du passé, mais en tant que militants ils auront, si leur combat est toujours vivant, tendance à parler plus du présent, et de ce qu&#039;il reste à faire. Pour que nous soyons aussi amenés à prendre la relève. Il faut alors savoir &amp;quot;lire entre les paroles&amp;quot;, pour récolter des informations sur la période qui nous intéresse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il aurait peut-être été profitable de mettre à disposition de tous les acteurs les questions de l&#039;entretien à l&#039;avance. Cela aurait permis de recentrer le débat, de rappeler plus facilement les questions de recherche. Un cas de figure était pour ceux qui l&#039;on fait et qui ont reçu en tant que collecteur/trice/s spontanément et préalablement à l&#039;interview tête à tête, des réponses écrites aux questions, de la part des interviewés. Ces réponses ont permis de mieux connaître l&#039;interviewé, son parcours, ses valeurs, son engagement pour les droits de la personne. Le pré-analyse de ces réponses par écrit a permis entre autres de revenir encore une fois sur les questions et de solliciter l&#039;interviewé en confiance pour continuer à expliciter certains souvenirs marquants et enrichissants pour cette recherche. Pour les collecteur/trice/s se vas-et-vient entre les réponses écrites à l&#039;avance et la poursuite du récit a engendré une appropriation du sujet bénéficiant ainsi la cohérence et la compréhension pour eux-même.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Autrement, une des questions qui permettrait de situer l&#039;interviewé sur le passé sans revenir immédiatement dans son discours sur le présent est la question 2. Elle aurait pu être formulée ainsi : Il y a-t-il un événement original durant la période de votre engagement? Pourriez-vous revenir sur le passé et nous raconter un ou des événements marquant que vous avez menés ou qui vous ont frappés durant une certaine période en faveur de ces droits ? sinon la question 5 fait l&#039;effet contraire en revenant sur le pas d&#039;aujourd&#039;hui comme conséquence du passé : Qu&#039;en est-il aujourd&#039;hui de cette lutte et des acquis et des risques de retour en arrière? Sur quoi faudrait-il continuer de se battre de lutter? Est-ce que vous continuez aujourd&#039;hui de vous engager et sur quoi? donc il n&#039;est pas étonnant d&#039;entendre les interviewés de parler sur leurs présent pourquoi n&#039;est pas demandé : est-ce que l&#039;un des sujets de votre engagement pour les droits de la personne (patient, enfant, prisonnier...)continue à être d&#039;actualité aujourd&#039;hui ? lequel? pourriez-vous explicitez s&#039;il vous plaît? . &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quant aux valeurs des témoins, ces derniers ont étaient évoquées suite à la question formulée qui a engendré aussi des souvenirs vers un événement marquant lié à leurs valeurs et pour la lutte des droits de la personne.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En outre, peut-être peut-on reprocher aussi le manque de temps pour chaque entretien. Au vu de la méthodologie d&#039;entretien semi-directif et biographique, des entretiens d&#039;1h30 ne permettent pas toujours les digressions chronophages. Des entretiens plus longs, dont on aurait pu ressortir la quintessence auraient pu être bénéfiques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Enfin, la relation biographique n&#039;a pas toujours permis que les questions soient posées comme souhaitées et prises dans l&#039;échange. L&#039;entretien a pu prendre la forme d&#039;une discussion à bâtons rompues en un dialogue qui finalement a échappé aux récolteurs/teuses de récits.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour certains, une difficulté c&#039;était l&#039;enregistrement de l&#039;interview. En effet, l&#039;appareil enregistreur est tombé en panné. Heureusement que nous avions en autre enregistreur qui a pris le relais immédiatement car la prise de note n&#039;aurait fait que retardé l&#039;interview.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quoi qu&#039;il en soit &#039;&#039;&#039;[[Retranscriptions des entretiens|neuf entretiens]]&#039;&#039;&#039; ont été effectués, lesquels ont permis  de construire une histoire qui s&#039;est étendue entre les années 1960 (engagement de Mme [[Amélia Christinat]])  et aujourd&#039;hui (engagement de Mme Margrit Kessler, conseillère nationale de Saint-Gall).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des thématiques (problématiques) plus fines ont pu être définies à partir des récits récoltés. Soit:&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
– le  droit à l&#039;intégrité physique et morale des détenus en Suisse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
– la prise en compte des personnes en situation de handicap dans ce champ &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
– le droit à la liberté de son corps, à l&#039;intégrité physique, à l&#039;autonomie de la femme. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
– le droit des enfants à travers le prisme de l&#039;éducation&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
– le droit à être informé pour que les patients ne deviennent pas les cobayes des expériences scientifiques&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
–&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;analyse sera alors traversante permettant de mieux comprendre ce temps de l&#039;innovation, de la contestation, de la réforme des grandes institutions qui structures le social et la culturel occidentale depuis le 19e siècle: l&#039;hôpital, l&#039;hôpital psychiatrique, l&#039;école, le tribunal, la prison, le code civil, les institutions spécialisées: qui sont ces acteur/trice/s engagés, quelles ont été leurs idées et leurs valeurs, quelles ont été leurs actions et leurs victoires, leurs échecs aussi?&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Julie</name></author>
	</entry>
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		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Histoire_des_droits_de_la_personne:_entre_luttes_des_usagers_et_politiques_institutionnelles_1960-1980&amp;diff=12057</id>
		<title>Histoire des droits de la personne: entre luttes des usagers et politiques institutionnelles 1960-1980</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Histoire_des_droits_de_la_personne:_entre_luttes_des_usagers_et_politiques_institutionnelles_1960-1980&amp;diff=12057"/>
		<updated>2013-12-23T15:25:04Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Julie : /* Revue de la littérature */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&lt;br /&gt;
== Histoire des droits de la personne: entre luttes des usagers et politiques institutionnelles 1960-1980 ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Introduction ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les années 1960-1980 sont des années de grandes transformations culturelles et sociales avec 1968, une année charnière qui deviendra l&#039;emblème de la contestation portant les valeurs d&#039;une génération, celle du baby-boom. Aujourd&#039;hui l&#039;histoire de cette contestation demande à être comprise dans un temps plus vaste d&#039;un avant, pendant et après Mai 68. Certes, on peut faire remonter la question des droits de la personne à la [http://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9claration_des_droits_de_l%27homme_et_du_citoyen_de_1789 Déclaration des droits de l&#039;hommes et du citoyen] comme une matrice générative d&#039;autres conventions, déclarations et droits. Or, il semblerait que le mouvement de contestation des années 1960-1980 ait poussé plus loin l&#039;exigence démocratique en partant de revendication de populations, elles-mêmes, se sentant non respectées comme des personnes ; notamment les femmes, les détenus et les patients psychiatriques (la Loi 180 de 1978 en Italie concernant les usagers de la psychiatrie). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
D&#039;autres courants historiques (trends) ont aussi été traversé par cette exigence: l&#039;éducation des enfants, dont les premiers textes de &amp;quot;protection&amp;quot; date de 1924 (Convention dite de Genève en 1924, à la Convention internationale des droits de l&#039;enfant en 1989), et qui relève d&#039;une histoire ancienne reliée notamment aux expériences pédagogiques dès les années 1940. Il en va ainsi de celles qui relève de l&#039;éducation nouvelle incarnées dans des communautés d&#039;enfants (école nouvelle à la campagne, république d&#039;enfants, Cité d&#039;enfant, village d&#039;enfants). Summerhill incontestablement sera LE modèle de la seconde moitié du 20e siècle, mais aussi l&#039;expérience de [http://fr.wikipedia.org/wiki/Fernand_Deligny Fernand Deligny] et de communauté thérapeutique comme celle de Boulens en Suisse romande [[http://edutechwiki.unige.ch/dewiki/Résumé_film_de_Catherine_Scheuchzer]], et les femmes qui revendiquent le droit de votre depuis le 19e siècle (les suffragettes) . D&#039;autres champs ont bénéficié d&#039;un mouvement général: c&#039;est le cas du champ du handicap mental avec la charte de l&#039;[http://fr.wikipedia.org/wiki/ONU ONU] datant de 1975. De nouveaux droits liés à l&#039;éthique se sont développé dès les années 1970 autour du respect de la volonté des mourants, avec la pratique des directives anticipées, et plus largement des droits des patients à être traités dans la dignité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La question des droits de la personne s&#039;incarne ainsi autant dans des valeurs philosophiques comme celle de la liberté, l&#039;autodétermination, l&#039;autonomie qu&#039;incarnée dans le corps même de la personne qui doit être respecté dans son intégrité. Souvent les revendications portent sur des micro-éléments ou micro-événements de la vie quotidienne dans les institutions, mais la contestation a aussi pu se développer en réaction à des événements rendant compte de la violence (cure de sommeil et électrochoc imposé, évasion, viol, avortement clandestin, etc.).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les articles qui suivent cherchent à mieux saisir les acteurs/trices (intégrés dans un mouvement de revendication ou un courant idéologique contestataire), leurs actions, dans l&#039;expérience quotidienne de leurs luttes pour les droits de l&#039;individu et/ou de la personne, les valeurs prônées, les objectifs atteints ou non pour faire valoir les droits des personnes placées dans des institutions dites alors &amp;quot;totalitaires&amp;quot;, tout en cherchant à mieux définir ce que signifient ces droits dans le quotidien institutionnel et personnel.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le travail de la communauté de recherche vise aussi à repérer les ouvrages de références qui ont marqué les acteurs/trices de cette période, des intellectuels ([[Basaglia]], Foucault, [[Une_ société sans école|Illitch]], [http://fr.wikipedia.org/wiki/Erving_Goffman Goffman] entre autres penseurs, parfois utopistes voir visionnaires, ainsi que, suivant la méthode prônée par Michel Foucault dans son ouvrage Histoire de la clinique notamment, à questionner les faits, à interroger le système, autrement dit à &amp;quot;déconstruire&amp;quot; la réalité pour comprendre les enjeux de pouvoir qui ont traversé les luttes de promotion des droits de la personne dans des champs différents, mais relevant tous d&#039;un rapport entre un pouvoir qui désigne et un individu-objet dont on attend la soumission. Ces ouvrages nous ont permis de voir que les mouvements de contestation se font dans tous les pays ; par exemple, en ce qui concerne l&#039;anti-psychiatrie nous avons vu que des critiques se sont faites en Italie avec [[Basaglia]] mais également aux Etats Unis avec Goffman. Ainsi que ce soit le pédagogue et l&#039;élève  &amp;quot;difficile&amp;quot;, déviant, handicapé, le médecin et le patient désigné, le juge qui désigne les degrés de culpabilité d&#039;un &amp;quot;coupable&amp;quot; ou l&#039;Etat qui décide de la responsabilité civique ou non des femmes (et des jeunes), partout se modèle et se module des relations différentes à l&#039;intérieur d&#039;une structure hiérarchique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C&#039;est dans cette relation que se construit la réalité de la maladie, de la déviance, de la différence, ce que les travaux de Goffman ont montré avec finesse. Ces travaux ont en particulier déconstruit cette réalité de l&#039;institution totalitaire qui fait de la personne un objet, et en particulier un objet déviant prônant un droit de devenir sujet. L&#039;institution réifie l&#039;individu et lui fait perdre ses droits et c&#039;est donc bien une volonté de récupérer une place d&#039;acteur, de prendre la parole, de donner haut et fort son avis qui va mobiliser les acteurs des luttes en particulier dans l&#039;après 68. L&#039;approche constructionniste de Kenneth Gergen, aujourd&#039;hui, poursuit cette tradition voyant dans la relation la matrice de cette construction de la réalité allant jusqu&#039;à affirmer que l&#039;individu n&#039;existe pas en dehors de la relation qui le &amp;quot;produit&amp;quot; [[http://www.taosinstitute.net]]. Une autre manière de montrer, comme l&#039;a fait Foucault, que l&#039;individu est aussi une construction sociale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Fondamentalement la critique est politique, sociale, mais aussi épistémologique: on s&#039;attaque à la réalité qui est un &amp;quot;construit&amp;quot; social. Ce qui explique aussi l&#039;attention mise à la vie quotidienne (voire Goffman, mais aussi Lucien Lefebvre notamment). Le quotidien devenant matrice de la relation créative autant que de la subversion, dans une tradition qui s&#039;inspire d&#039;ailleurs des surréalistes des années 20 (voire notamment [http://fr.wikipedia.org/wiki/Georges_Perec Georges Perec]).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des acteurs/actrices seront interrogés afin de mieux saisir leur engagement, les valeurs qu&#039;ils ont prôné, la conscience qu&#039;ils ont eu de déstabiliser le pouvoir médical, l&#039;institution totalitaire, pour des alternatives dont on interrogera leur devenir subversif: communautés d&#039;enfants, communautés thérapeutiques en milieu psychiatrique, en milieu carcéral (notamment la Pâquerette à Genève) et plus généralement dans l&#039;éducation spécialisée. Mais c&#039;est fondamentalement la question de la revendication des droits de la personne qui sera l&#039;objet de ce questionnement. Il s&#039;agira dans un premier temps de mieux comprendre ce qui différencie les droits de la personne des droits de l&#039;homme érigé au 18e siècle, et de comprendre les enjeux des luttes pour voir émerger ses &amp;quot;nouveaux&amp;quot; droits et les formes qu&#039;ils ont prises: droit à la parole, droit de sortie, droit à l&#039;avortement, droit à consulter son dossier médical, etc...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au moyen de cinq questions ouvertes, il s&#039;agit de récolter leur témoignages afin mieux comprendre les ressorts de leur engagement (politique, idéologique, éthique), les événements qui ont marqué cette période 1960-1980, les mobiles des acteurs/trices. [[http://edutechwiki.unige.ch/dewiki/Questions_pour_les_entretiens]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Revue de la littérature ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La &amp;quot;matrice générative&amp;quot; des droits de la personne est bien la Déclaration des droits de l&#039;homme et du citoyen:  une &amp;quot;matrice&amp;quot; juridique à partir de laquelle vont se développer d&#039;autres droits, règlementations et conventions. Pour couvrir les différents champs de la réalité sociale qui ont été touchés par la créativité des acteur/trice/s (qu&#039;ils aient été des militant/e/s ou des réformateur/trice/s) particulièrement active dans les années 1960-1980 et les changements opérés, il est nécessaire de se référer aux auteur/e/s qui, autant dans le champ du handicap, des patients de l&#039;hôpital, des usagers de la psychiatrie, des détenus, des enfants et des femmes, ont proposé des approches nouvelles, des concepts voire des pratiques novatrices.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Certes, il n&#039;y a pas un moment particulier où commencerait une lutte pour les droits de la personne. Cette question s&#039;inscrit dans une histoire longue de la constitution des droits, de la &amp;quot;fabrication&amp;quot; de l&#039;individu, de la conception de la personne comme être sensible, conscient d&#039;elle-même. Il en va de même pour des pratiques qui certes ont été promues pendant cette période comme par exemple les communautés de vie, mais il existe des traditions qui peuvent remonter bien avant les années 60. C&#039;est le cas avec la communauté d&#039;enfants de Summerhill en Angleterre créée par Alexander S. Neill et qui relève d&#039;une tradition de l&#039;éducation nouvelle enracinée depuis la fin du 19ème siècle dans les &amp;quot;écoles nouvelles à la campagne&amp;quot;. Dans son livre [[Libres enfants de Summerhill (Neill)]], on peut déceler la place centrale de la notion de liberté dans sa conception de l&#039;éducation et de l&#039;instruction des enfants. Selon cet auteur, on ne peut construire de collectif cohérent qu&#039;en respectant la liberté des individus. Les violences, les incivilités ne sont pour lui que le produit des incohérences de la société, qui frustre l&#039;individu et qui, à vouloir trop l&#039;uniformiser, en brise les richesses. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans la fin des années soixante, la critique des institutions psychiatriques surgissent. Une mise en évidence des conditions de vie des patients psychiatriques se fait notamment par [[Basaglia]] en Italie. Ce qu&#039;il rencontre dans cet univers le pousse à créer des lieux de vie plus accueillants où l&#039;on donnerait plus de liberté à la personne psychiatrique ; c&#039;est ce qu&#039;il appelle les communautés thérapeutiques. Ces bâtiments ouverts sur l&#039;extérieur et où la hiérarchie est horizontale favorise la mobilisation des personnes pour lutter pour la liberté des droits de la personne, et surtout la liberté des droits de la personne psychiatrique. [[Basaglia]] est donc probablement l&#039;un des auteurs de l&#039;époque qui a influencé les acteurs/actrices que nous avons interroger pour notre recherche. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A CONTINUER ... &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un certain nombre de notions et de valeurs semblent parcourir l&#039;histoire longue (18-21e siècle) avec des incarnation plus ou moins dense selon les période. Celle envisagée, caractérisée par une forte créativité notamment dans la contestation, mais pas seulement – dans la pensée sociale, dans l&#039;innovation institutionnelle aussi – porte sur un souci démocratique, mais aussi libertaire, une valorisation de l&#039;individu et de son autonomie, mais aussi du collectif comme matrice créatrice, un souci de respect de la différence (une reconnaissance) mais aussi du groupe comme porteur de revendications, un ancrage dans la vie quotidienne et une volonté d&#039;universalisme, etc. La culture contestataire est-elle monolithique ou multiple? Est-elle aussi traversée par des contradictions, des paradoxes: on prône une liberté individuelle dans un carcan idéologique, la lutte est collective pour des droits individuels?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les droits de la personne: un concept complexe  ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La thématique des droits de la personne oblige à réfléchir sur le concept et à le relier ou détacher d&#039;autres concepts: celui de l&#039;individu, celui du sujet (de droit) et celui de l&#039;humain.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La plupart des revendications peuvent être reliées aux &amp;quot;droits de la personnes&amp;quot;. Or ceux-ci sont rarement explicités. Lorsqu&#039;ils le sont c&#039;est en références à la &amp;quot;liberté individuelle&amp;quot;, au droit à la parole, au choix (de traitement notamment) et à la dignité. Souvent, ce sont des valeurs individualistes qui sont prônées même si elle le sont par un collectif (association, comité, mouvement contestataire manifestant collectivement dans la rue) et qui fondent un certain &amp;quot;esprit&amp;quot; du droit de la personne. C&#039;est par le regroupement de plusieurs personnes qui ont des valeurs communes (telles que le libre choix,l&#039;intégrité physique) que le changement peut s&#039;opérer. En effet, à travers notre recherche nous avons pu voir que qu&#039;il s&#039;agit des droits des prisonniers, des droits des patients à l&#039;hôpital, des droits des patients psychiatriques ou des droits des femmes les changements constatés se sont fait par l&#039;intermédiaire de mouvement, d&#039;association, fondation...&lt;br /&gt;
On peut noter la particularité du champ des droits des personnes en situation en handicap, ou des droits des patients en psychiatrie, par le fait que ces personnes ne disposent elles-mêmes pas des facultés à défendre leurs propres droits. Il en revient alors à leur entourage, aux professionnels, et enfin à la société toute entière, de se porter garante du respect de ces droits. La société en protégeant ces personnes, en les considérant comme faisant partie intégrante des individus qui la composent, effectue alors un grand pas dans les valeurs qu&#039;elle véhicule. L&#039;idéologie en effet, doit être collective, pour prendre du sens pour tous. Mais les actes permettant cette évolution, restent bien souvent le fait d&#039;individus, qui plus que d&#039;autres, poussés par un idéal, portent des actions progressistes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le terme personne est à distinguer d&#039;individu (voire de &amp;quot;cas&amp;quot;) en ce qui laisse entendre une capacité de droit et une place comme partenaire dans la relation (éducative, thérapeutique notamment) et les échanges de communication. Ceci peut s&#039;incarner dans des pratiques sociales élémentaires comme de désigner la personne par son nom, la vouvoyer (en langue française en particulier!), jusqu&#039;à la fermeture des hôpitaux psychiatriques par exemple. Mais c&#039;est surtout sur le plan juridique, des ses droits civils et politiques, que les luttes ont été menées: de l&#039;admission volontaire au droit de sortie pour les patients psychiatrique par exemple. Du côté des prisons, les revendications touchent aussi l&#039;individu dans son corps et son esprit: droit à l&#039;intégrité physique et morale, le droit à des conditions de vie appropriées, ou encore le droit à la santé. Du côté des enfants, le droit s&#039;est surtout construit à partir de la considération de l&#039;enfant en tant qu&#039;individu ayant des droits propres, notamment liés à la protection, à la parole et l&#039;écoute, mais également aux autres besoins fondamentaux qu&#039;il peut présenter. En fait, la reconnaissance des droits de l&#039;enfant lui ont conféré peu à peu un rôle plus actif dans sa propre existence, comme par exemple par une considération plus importante de ses opinions dans les choix qui le concerne. Du coté des femmes, les contestations se font sur plusieurs plans, mais ce qui est surtout recherché c&#039;est l&#039;égalité avec les hommes. Cette égalité passe donc par la ré-appropriation de leur corps, la liberté de choisir une contraception et la liberté de penser différemment. Nous pouvons donc rapprocher ces faits au droit du consentement de la personne et de l&#039;intégrité physique. Ces droits et les droits d&#039;être informé touche d&#039;ailleurs le quotidien médical et la lutte pour les droits des patients. Les droits des patients touchent la sphère politique et juridique où une bataille s&#039;est générée contre la liberté thérapeutique des médecins considérée comme subordonnée au droit d&#039;autodétermination du patient. Valoriser le rôle des patients en tant que partenaires critiques de médecins, du personnel médical ou encore de les responsabiliser pour éviter des difficultés lors de son traitement permettraient d&#039;améliorer la qualité des soins dans le domaine de la santé du patient.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Paradoxalement ce sont des luttes (collectives, pour la communauté) qui ont ainsi contribué à construire la notion de personne comme corps, identité physique, morale, psychologique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Méthode ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La récolte d&#039;un récit personnel, afin d&#039;approcher l&#039;histoire d&#039;une période et de constituer une archive orale a une tradition en sciences humaine et sociale. L&#039;ouvrage &amp;quot;Le cheval d&#039;orgueil&amp;quot; de Pierre Jakez Hélias paru en 1975 est souvent présenté comme un détonateur de l&#039;usage des récits de vie pour décrire la réalité sociale et culturelle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Diverses disciplines ont intégré la narration comme un moyen d&#039;approcher la réalité vue à travers un individu ou un groupe que cela soit en sociologie, en histoire, en médecine, en science de l&#039;éducation, en ethnologie et même en littérature.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les travaux de [http://fr.wikipedia.org/wiki/Philippe_Lejeune_%28auteur%29 Philippe Lejeune] ont contribué à collecter des récits sous formes notamment autobiographiques qui sont déposés à [http://association.sitapa.org/accueil.php l&#039;Association pour l&#039;autobiographie] près de Lyon.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La démarche effectuée dans le cadre de cette recherche d&#039;intelligence collective relève de la collecte de récits. La personne interviewée est considérée comme un témoin de son temps. L&#039;histoire se construit dans l&#039;échange grâce aux questions posées [[Questions_pour_les_entretiens]] lesquelles doivent donner lieu à une narration libre relier aux souvenirs de la personne. Il s&#039;agit d&#039;être dans une écoute bienveillante d&#039;un récit narré afin de venir combler l&#039;intérêt des étudiant/e/s qui sont les récepteur/trice/s respectueux et curieux de cette histoire. Même si pour certains étudiants, relancer ces questions a permis à l&#039;interviewé de se recentrer sur le sujet. Lors de l&#039;interview et comme étape préalable à l&#039;introduction  de ces questions, l&#039;explication de cette recherche collective a fait comprendre à certains interviewés l&#039;importance de leurs témoignages.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La démarche de &amp;quot;biographies narratives&amp;quot;, telle qu&#039;elle devrait être développée dans cette démarche citoyenne relève de compétence relationnelle, humaine particulièrement formatrice aux métiers de l&#039;humain. Elle demande du tact, de l&#039;écoute, de la curiosité intelligente (capacité de s&#039;adapter dans le cadre de l&#039;entretien). Il s&#039;agit de laisser de l&#039;espace et de la liberté aux personnes interviewées. Par conséquent, seules des questions générales et ouvertes assureront la liberté de narrer. Nous accorderons un long temps de réponse afin de laisser à la personne la possibilité de se souvenir et de raconter l&#039;histoire et son histoire tout en restant attentive qu&#039;elle ne se perde pas dans des chemins par trop éloignés. Elle ne relève pas d&#039;une &amp;quot;conduite d&#039;entretien&amp;quot; particulière comme l&#039;a développée par exemple Boutin (2006), mais elle relève sans aucun doute d&#039;une approche qualitative.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans la plupart des cas, les étudiants n&#039;ont pas transmis aux préalable les questions qui allaient être abordées dans l&#039;entretien à leur témoin. Pourtant, il est possible que cette démarche donne la possibilité aux personnes interviewées de prendre du temps pour récupérer leurs souvenirs en mémoire et ainsi construire un récit plus riche que lors d&#039;une réponse spontanée. Toutefois, cette démarche peut également faire perdre quelque peu aux intervieweurs/euses le contrôle de l&#039;entretien, avec un témoin qui se raconte, sans un réel cadre établi, puisqu&#039;il sait sur quels chemins on va l&#039;amener. Ainsi, le cadrage de l&#039;entretien est d&#039;autant moins aisé, car l’intervieweur perd un peu son contrôle sur celui-ci, qu&#039;il aurait pu exercer notamment par la succession des questions.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour d&#039;autres étudiants, la transmission des questions préalablement a permis aux interviewés d&#039;affiner sa mémoire en développant ses réponses pour que son récit soit accompagné par des souvenirs marquants. Ils sont d&#039;ailleurs fait appel aux gestes pour appuyer leurs témoignage en laissant entendre à ses interlocuteurs que sa lutte ne cessait pas. &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Les réactions (y compris non verbales) encouragent un récit qui se construit dans la relation. Celui-ci devrait être par définition original (même si certain/e témoins racontent pour la Xème fois leur &amp;quot;histoire&amp;quot;, leur &amp;quot;légende&amp;quot;, puisqu&#039;il est raconté à de nouvelles personnes. L&#039;attitude du/des collecteur/trice/s de récits favorisent (ou non) l&#039;expression (et ce jusqu&#039;à la confidence) et permette qui sait au témoin d&#039;innover, de se déplacer dans sa narration, de raconter une histoire nouvelle, vraiment originale.&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Critique de la méthode ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A travers cette expérience, nous avons en tant &amp;quot;qu&#039;apprentis chercheurs&amp;quot; appris à mener un entretien semi-directif. Malgré le fait que nous avions beau imaginé le déroulement de notre entretien, nous avons rencontré quelques difficultés lors de la passation de ceux-ci. Tout d&#039;abord, il a fallut faire face au personnage que nous avions en face de nous. En effet, comme nous l&#039;avons expliqué ces personnes ont, la plupart, tous été des militants en faveur des droits de la personne. Parfois, leur engagement a tellement été fort qu&#039;elles sont devenues des &amp;quot;icônes&amp;quot; dans le combat de ces droits. Nous avons donc du faire face à leur agacement et leur lassitude face à nos questions qui pouvaient certes être considérées comme trop larges. Ceci nous amène donc à penser que le choix de faire des questions ouvertes pour que chacun puisse raconter ce dont il a envie, n&#039;était peut-être pas judicieux pour toutes les personnes que nous avons interviewées. Par contre pour d&#039;autres &amp;quot;icônes&amp;quot; habitués à discuter même au parlement, ces questions étaient importantes à partir du moment où on allait les analyser par la suite au sein d&#039;une recherche et ils sont répondu le plus près possible. Lorsqu&#039;on a présenté ces questions au sein d&#039;une recherche pour un cours universitaire, elles ont été prises sérieusement sont regarder de près le type de questions ou les liens entre elles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De plus, il s&#039;est avéré que pour certains témoins, les questions étaient peu adéquates puisqu&#039;elle positionnait cette personne en tant que &amp;quot;militante&amp;quot; peut-être trop directement. De même, le mot &amp;quot;droit&amp;quot; se trouvait être un peu fort pour parler de certains engagements, qui ont probablement contribué ou du moins retracent les changements de ces droits, certes, mais ne se positionnaient pas à la base comme des engagements pour les droits d&#039;une population. Cependant le fait de faire des questions différentes et précises pour chacun des acteurs nous aurait fortement contraint pour l&#039;analyse transversale des entretiens. &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
De plus, lors de certains entretiens, les acteurs se sont laissées emporter par leurs émotions. Il n&#039;était donc pas évident de gérer les pleurs rencontrés. ... &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En cas de figure était pour ceux qui ont eu l&#039;occasion de faire deux interviews, la position de collecteur/trice/s au niveau générationnel, à savoir faire face à une génération plus âgée, était enveloppée, pour les deux cas, d&#039;une écoute éveillée peut-être parce que leurs récits nous touchaient de près ou parce de la sagesse émanait de certains interviewés. Pour l&#039;un des interviewés, il a suscité en nous un rappel vers les droits de nos proches et pour l&#039;autre il nous a sensibilisé vers une menace toujours présente des droits de la personne dans le pays où nous séjournons, la Suisse. Même si l&#039;un des ces interviewé était une personnalité fédérale, le reflet de son authenticité, nous a fait croire à son récit et il nous a appris plus sur les droits de la personne qui sont par ailleurs également &amp;quot;nos droits&amp;quot;.  Le rapport entre les interlocuteurs a pu être franc et nous avons ressentis que l&#039;un des interviewés nous avait confié une mission, celle de divulguer des faits. C&#039;était pour certains collecteur/trice/s un moment très intense, de vérité, et jamais oublier. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Parfois, nous avons pu nous confronter à la difficulté de recentrer la discussion vers les sujets qui nous intéressent. Comme tout un chacun, les acteurs peuvent certes parler du passé, mais en tant que militants ils auront, si leur combat est toujours vivant, tendance à parler plus du présent, et de ce qu&#039;il reste à faire. Pour que nous soyons aussi amenés à prendre la relève. Il faut alors savoir &amp;quot;lire entre les paroles&amp;quot;, pour récolter des informations sur la période qui nous intéresse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il aurait peut-être été profitable de mettre à disposition de tous les acteurs les questions de l&#039;entretien à l&#039;avance. Cela aurait permis de recentrer le débat, de rappeler plus facilement les questions de recherche. Un cas de figure était pour ceux qui l&#039;on fait et qui ont reçu en tant que collecteur/trice/s spontanément et préalablement à l&#039;interview tête à tête, des réponses écrites aux questions, de la part des interviewés. Ces réponses ont permis de mieux connaître l&#039;interviewé, son parcours, ses valeurs, son engagement pour les droits de la personne. Le pré-analyse de ces réponses par écrit a permis entre autres de revenir encore une fois sur les questions et de solliciter l&#039;interviewé en confiance pour continuer à expliciter certains souvenirs marquants et enrichissants pour cette recherche. Pour les collecteur/trice/s se vas-et-vient entre les réponses écrites à l&#039;avance et la poursuite du récit a engendré une appropriation du sujet bénéficiant ainsi la cohérence et la compréhension pour eux-même.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Autrement, une des questions qui permettrait de situer l&#039;interviewé sur le passé sans revenir immédiatement dans son discours sur le présent est la question 2. Elle aurait pu être formulée ainsi : Il y a-t-il un événement original durant la période de votre engagement? Pourriez-vous revenir sur le passé et nous raconter un ou des événements marquant que vous avez menés ou qui vous ont frappés durant une certaine période en faveur de ces droits ? sinon la question 5 fait l&#039;effet contraire en revenant sur le pas d&#039;aujourd&#039;hui comme conséquence du passé : Qu&#039;en est-il aujourd&#039;hui de cette lutte et des acquis et des risques de retour en arrière? Sur quoi faudrait-il continuer de se battre de lutter? Est-ce que vous continuez aujourd&#039;hui de vous engager et sur quoi? donc il n&#039;est pas étonnant d&#039;entendre les interviewés de parler sur leurs présent pourquoi n&#039;est pas demandé : est-ce que l&#039;un des sujets de votre engagement pour les droits de la personne (patient, enfant, prisonnier...)continue à être d&#039;actualité aujourd&#039;hui ? lequel? pourriez-vous explicitez s&#039;il vous plaît? . &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quant aux valeurs des témoins, ces derniers ont étaient évoquées suite à la question formulée qui a engendré aussi des souvenirs vers un événement marquant lié à leurs valeurs et pour la lutte des droits de la personne.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En outre, peut-être peut-on reprocher aussi le manque de temps pour chaque entretien. Au vu de la méthodologie d&#039;entretien semi-directif et biographique, des entretiens d&#039;1h30 ne permettent pas toujours les digressions chronophages. Des entretiens plus longs, dont on aurait pu ressortir la quintessence auraient pu être bénéfiques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Enfin, la relation biographique n&#039;a pas toujours permis que les questions soient posées comme souhaitées et prises dans l&#039;échange. L&#039;entretien a pu prendre la forme d&#039;une discussion à bâtons rompues en un dialogue qui finalement a échappé aux récolteurs/teuses de récits.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour certains, une difficulté c&#039;était l&#039;enregistrement de l&#039;interview. En effet, l&#039;appareil enregistreur est tombé en panné. Heureusement que nous avions en autre enregistreur qui a pris le relais immédiatement car la prise de note n&#039;aurait fait que retardé l&#039;interview.  &lt;br /&gt;
                                                                                                                 Quoi qu&#039;il en soit &#039;&#039;&#039;neuf entretiens&#039;&#039;&#039; ont été effectués, lesquels ont permis  de construire une histoire qui s&#039;est étendue entre les années 1960 (engagement de Mme Amalia Cristinat)  et aujourd&#039;hui (engagement de Mme Margrit Kessler, conseillère nationale de Saint-Gall).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des thématiques (problématiques) plus fines ont pu être définies à partir des récits récoltés. Soit:&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
– le  droit à l&#039;intégrité physique et morale des détenus en Suisse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
– la prise en compte des personnes en situation de handicap dans ce champ &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
– le droit à la liberté de son corps, à l&#039;intégrité physique, à l&#039;autonomie de la femme. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
– le droit des enfants à travers le prisme de l&#039;éducation&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
– le droit à être informé pour que les patients ne deviennent pas les cobayes des expériences scientifiques&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
–&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;analyse sera alors traversante permettant de mieux comprendre ce temps de l&#039;innovation, de la contestation, de la réforme des grandes institutions qui structures le social et la culturel occidentale depuis le 19e siècle: l&#039;hôpital, l&#039;hôpital psychiatrique, l&#039;école, le tribunal, la prison, le code civil, les institutions spécialisées: qui sont ces acteur/trice/s engagés, quelles ont été leurs idées et leurs valeurs, quelles ont été leurs actions et leurs victoires, leurs échecs aussi?&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Julie</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=L%27institut_en_n%C3%A9gation_-_Basaglia&amp;diff=12056</id>
		<title>L&#039;institut en négation - Basaglia</title>
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		<updated>2013-12-23T15:14:01Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Julie : /* Qui était Franco Basaglia ? */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Pour en savoir plus sur l&#039;auteur :&#039;&#039;&#039;&#039;&#039; [[Basaglia]] [http://www.youtube.com/watch?v=cz-ScN9wv5w  (voir vidéo)]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Qui était [[Basaglia|Franco Basaglia]] ? ==&lt;br /&gt;
Franco Basaglia est  né le 11 mars 1924 en Italie et est mort en 1980.&lt;br /&gt;
Il était psychiatre et a beaucoup œuvré dans les années 60, à Trieste notamment, pour les droits des individus psychiatrisé. Par ailleurs, il est l’un des plus grands critiques de l’institution asilaire qu’il va dénoncer dans certains de ses ouvrages tel que « L’institut en négation ». &lt;br /&gt;
Il faut savoir que son combat est  à l’origine de la loi 180 visant la suppression des hôpitaux psychiatriques, en Italie, devenue définitive en 1999 et donne naissance au mouvement antipsychiatrie. Ce mouvement consiste en une théorie qui s’oppose à la psychiatrie classique. La maladie mentale est donc interprétée dans une perspective sociologique, voire spirituelle et non comme quelque chose qui défini l’individu.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== En quoi consiste [[la loi 180]] ? ==&lt;br /&gt;
Dans ces divers articles de loi, nous pouvons percevoir la véritable volonté de Basaglia de redonner « une nouvelle vie aux malades «  en leur accordant un statut social nouveau. Ceci représente une sorte de lutte contre la déshumanisation des « malades » et réfute l’étiquette psychiatrique qui enfermerait les individus dans quelque chose de trop réducteur et de péjoratif.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== De quoi parle le livre ? ==&lt;br /&gt;
Dans cet ouvrage, on peut découvrir de nombreuses interviews des résidants qui raconte comment était l’institut de Gorizia avant la venue de Basaglia et de son équipe ainsi que des changements qui ont été opéré. On peut également y trouver des interviews de médecins, d’infirmiers ainsi que des extraits des réunions/assemblées qui se déroulaient à Gorizia entre les médecins et les patients. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le livre se découpe ainsi : &lt;br /&gt;
	&lt;br /&gt;
# Une présentation de Franco Basaglia lui-même qui introduit le thème de l’asile&lt;br /&gt;
# Une introduction documentaire réalisée par Nino Vascon qui a contribué à l’écriture du livre&lt;br /&gt;
# Une présentation de l’assemblée générale du 17 mai 1967. &lt;br /&gt;
# Les institutions de la violence qui représente une critique face aux anciennes institutions. &lt;br /&gt;
# L’idéologie de la communauté thérapeutique&lt;br /&gt;
# Réunions d’équipe&lt;br /&gt;
# Mythe et réalité de l’autogouvernement par Antonio Slavich (l’un des médecins de Gorizia)&lt;br /&gt;
# La négation de l’hôpital psy traditionnel&lt;br /&gt;
# Renversement institutionnel et but commun&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Ce qu’il faut retenir ==&lt;br /&gt;
L’asile psychiatrique de Gorizia n’est donc plus un espace fermé mais ouvert. Les patients peuvent librement en sortir et les proches peuvent venir les visiter à leur guise. De plus, de nombreuses réunions sont organisées dans la journée pour accorder plus de place aux patients. Ces dernières représentent donc un moteur pur faire évoluer la situation des « malades ». Durant ces assemblées, c’est l’occasion pour tous les membres de la communauté (patients, médecins, infirmiers) de s’affronter et de discuter. Cette communauté donne au « malade » un statut social nouveau, alors que la société, en règle générale, tente de la lui enlever. En effet, dans cet ouvrage, Basaglia décrit que  « Le malade mental a été pendant longtemps, et continue d’être, celui que l’on peut opprimer brutalement, un citoyen frustré de ses droits, privé de sa liberté personnelle, de ses biens et de ses rapports humains » (Basaglia, p.211).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La négation de Basaglia vis-à-vis de l’institution asilaire concerne donc le manque de libertés qui étaient données aux patients et la prise en considération de ce dernier comme un être pensant à part entière et non comme un simple malade.&lt;br /&gt;
Cet ouvrage nous permet de repenser la place de la folie et constitue une belle entrée pour réfléchir sur la thématique des droits de la personne.&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Julie</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Basaglia&amp;diff=12055</id>
		<title>Basaglia</title>
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		<updated>2013-12-23T15:13:28Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Julie : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;[[Fichier:Basaglia.jpg|cadre|gauche|Franco Basaglia]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Date :&#039;&#039;&#039;&#039;&#039; 1924-1980 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Profession :&#039;&#039;&#039;&#039;&#039; c’est un psychiatre italien qui critique les institutions asilaire. Il entreprend des études en médecine, puis plus tard il va prendre la direction de l&#039;hôpital de Gorizia (1961). En prenant la direction de l&#039;hôpital il réalise l&#039;importance de réagir subitement aux conditions des patients. Il entreprend alors une réelle transformation de l&#039;institution afin de changer les conditions des patients. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Apports pour le monde psychiatrique :&#039;&#039;&#039;&#039;&#039; Avec l&#039;aide d&#039;un groupe de &amp;quot;jeunes&amp;quot; psychiatre, il va  crée les communautés thérapeutiques qui défendent les droits des personnes psychiatrisées. Il fonde avec d&#039;autres collaborateurs le mouvement &amp;quot;Psychiatrie Démocratique&amp;quot; (confrontations de diverses expériences de psychiatries alternatives qui surgissent partout en Italie).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Date importante&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;  1978 ; le parlement Italien adopte la [[La loi 180|Loi 180]] (qui impose la fermeture des institutions asilaires).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Ouvrages :&#039;&#039;&#039;&#039;&#039; [[Qu&#039;est ce que la Psychiatrie ? (Basaglia)]] et [[L&#039;institut en négation - Basaglia]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Julie</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Histoire_des_droits_de_la_personne:_entre_luttes_des_usagers_et_politiques_institutionnelles_1960-1980&amp;diff=12054</id>
		<title>Histoire des droits de la personne: entre luttes des usagers et politiques institutionnelles 1960-1980</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Histoire_des_droits_de_la_personne:_entre_luttes_des_usagers_et_politiques_institutionnelles_1960-1980&amp;diff=12054"/>
		<updated>2013-12-23T15:11:04Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Julie : /* Introduction */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&lt;br /&gt;
== Histoire des droits de la personne: entre luttes des usagers et politiques institutionnelles 1960-1980 ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Introduction ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les années 1960-1980 sont des années de grandes transformations culturelles et sociales avec 1968, une année charnière qui deviendra l&#039;emblème de la contestation portant les valeurs d&#039;une génération, celle du baby-boom. Aujourd&#039;hui l&#039;histoire de cette contestation demande à être comprise dans un temps plus vaste d&#039;un avant, pendant et après Mai 68. Certes, on peut faire remonter la question des droits de la personne à la [http://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9claration_des_droits_de_l%27homme_et_du_citoyen_de_1789 Déclaration des droits de l&#039;hommes et du citoyen] comme une matrice générative d&#039;autres conventions, déclarations et droits. Or, il semblerait que le mouvement de contestation des années 1960-1980 ait poussé plus loin l&#039;exigence démocratique en partant de revendication de populations, elles-mêmes, se sentant non respectées comme des personnes ; notamment les femmes, les détenus et les patients psychiatriques (la Loi 180 de 1978 en Italie concernant les usagers de la psychiatrie). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
D&#039;autres courants historiques (trends) ont aussi été traversé par cette exigence: l&#039;éducation des enfants, dont les premiers textes de &amp;quot;protection&amp;quot; date de 1924 (Convention dite de Genève en 1924, à la Convention internationale des droits de l&#039;enfant en 1989), et qui relève d&#039;une histoire ancienne reliée notamment aux expériences pédagogiques dès les années 1940. Il en va ainsi de celles qui relève de l&#039;éducation nouvelle incarnées dans des communautés d&#039;enfants (école nouvelle à la campagne, république d&#039;enfants, Cité d&#039;enfant, village d&#039;enfants). Summerhill incontestablement sera LE modèle de la seconde moitié du 20e siècle, mais aussi l&#039;expérience de [http://fr.wikipedia.org/wiki/Fernand_Deligny Fernand Deligny] et de communauté thérapeutique comme celle de Boulens en Suisse romande [[http://edutechwiki.unige.ch/dewiki/Résumé_film_de_Catherine_Scheuchzer]], et les femmes qui revendiquent le droit de votre depuis le 19e siècle (les suffragettes) . D&#039;autres champs ont bénéficié d&#039;un mouvement général: c&#039;est le cas du champ du handicap mental avec la charte de l&#039;[http://fr.wikipedia.org/wiki/ONU ONU] datant de 1975. De nouveaux droits liés à l&#039;éthique se sont développé dès les années 1970 autour du respect de la volonté des mourants, avec la pratique des directives anticipées, et plus largement des droits des patients à être traités dans la dignité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La question des droits de la personne s&#039;incarne ainsi autant dans des valeurs philosophiques comme celle de la liberté, l&#039;autodétermination, l&#039;autonomie qu&#039;incarnée dans le corps même de la personne qui doit être respecté dans son intégrité. Souvent les revendications portent sur des micro-éléments ou micro-événements de la vie quotidienne dans les institutions, mais la contestation a aussi pu se développer en réaction à des événements rendant compte de la violence (cure de sommeil et électrochoc imposé, évasion, viol, avortement clandestin, etc.).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les articles qui suivent cherchent à mieux saisir les acteurs/trices (intégrés dans un mouvement de revendication ou un courant idéologique contestataire), leurs actions, dans l&#039;expérience quotidienne de leurs luttes pour les droits de l&#039;individu et/ou de la personne, les valeurs prônées, les objectifs atteints ou non pour faire valoir les droits des personnes placées dans des institutions dites alors &amp;quot;totalitaires&amp;quot;, tout en cherchant à mieux définir ce que signifient ces droits dans le quotidien institutionnel et personnel.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le travail de la communauté de recherche vise aussi à repérer les ouvrages de références qui ont marqué les acteurs/trices de cette période, des intellectuels ([[Basaglia]], Foucault, [[Une_ société sans école|Illitch]], [http://fr.wikipedia.org/wiki/Erving_Goffman Goffman] entre autres penseurs, parfois utopistes voir visionnaires, ainsi que, suivant la méthode prônée par Michel Foucault dans son ouvrage Histoire de la clinique notamment, à questionner les faits, à interroger le système, autrement dit à &amp;quot;déconstruire&amp;quot; la réalité pour comprendre les enjeux de pouvoir qui ont traversé les luttes de promotion des droits de la personne dans des champs différents, mais relevant tous d&#039;un rapport entre un pouvoir qui désigne et un individu-objet dont on attend la soumission. Ces ouvrages nous ont permis de voir que les mouvements de contestation se font dans tous les pays ; par exemple, en ce qui concerne l&#039;anti-psychiatrie nous avons vu que des critiques se sont faites en Italie avec [[Basaglia]] mais également aux Etats Unis avec Goffman. Ainsi que ce soit le pédagogue et l&#039;élève  &amp;quot;difficile&amp;quot;, déviant, handicapé, le médecin et le patient désigné, le juge qui désigne les degrés de culpabilité d&#039;un &amp;quot;coupable&amp;quot; ou l&#039;Etat qui décide de la responsabilité civique ou non des femmes (et des jeunes), partout se modèle et se module des relations différentes à l&#039;intérieur d&#039;une structure hiérarchique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C&#039;est dans cette relation que se construit la réalité de la maladie, de la déviance, de la différence, ce que les travaux de Goffman ont montré avec finesse. Ces travaux ont en particulier déconstruit cette réalité de l&#039;institution totalitaire qui fait de la personne un objet, et en particulier un objet déviant prônant un droit de devenir sujet. L&#039;institution réifie l&#039;individu et lui fait perdre ses droits et c&#039;est donc bien une volonté de récupérer une place d&#039;acteur, de prendre la parole, de donner haut et fort son avis qui va mobiliser les acteurs des luttes en particulier dans l&#039;après 68. L&#039;approche constructionniste de Kenneth Gergen, aujourd&#039;hui, poursuit cette tradition voyant dans la relation la matrice de cette construction de la réalité allant jusqu&#039;à affirmer que l&#039;individu n&#039;existe pas en dehors de la relation qui le &amp;quot;produit&amp;quot; [[http://www.taosinstitute.net]]. Une autre manière de montrer, comme l&#039;a fait Foucault, que l&#039;individu est aussi une construction sociale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Fondamentalement la critique est politique, sociale, mais aussi épistémologique: on s&#039;attaque à la réalité qui est un &amp;quot;construit&amp;quot; social. Ce qui explique aussi l&#039;attention mise à la vie quotidienne (voire Goffman, mais aussi Lucien Lefebvre notamment). Le quotidien devenant matrice de la relation créative autant que de la subversion, dans une tradition qui s&#039;inspire d&#039;ailleurs des surréalistes des années 20 (voire notamment [http://fr.wikipedia.org/wiki/Georges_Perec Georges Perec]).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des acteurs/actrices seront interrogés afin de mieux saisir leur engagement, les valeurs qu&#039;ils ont prôné, la conscience qu&#039;ils ont eu de déstabiliser le pouvoir médical, l&#039;institution totalitaire, pour des alternatives dont on interrogera leur devenir subversif: communautés d&#039;enfants, communautés thérapeutiques en milieu psychiatrique, en milieu carcéral (notamment la Pâquerette à Genève) et plus généralement dans l&#039;éducation spécialisée. Mais c&#039;est fondamentalement la question de la revendication des droits de la personne qui sera l&#039;objet de ce questionnement. Il s&#039;agira dans un premier temps de mieux comprendre ce qui différencie les droits de la personne des droits de l&#039;homme érigé au 18e siècle, et de comprendre les enjeux des luttes pour voir émerger ses &amp;quot;nouveaux&amp;quot; droits et les formes qu&#039;ils ont prises: droit à la parole, droit de sortie, droit à l&#039;avortement, droit à consulter son dossier médical, etc...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au moyen de cinq questions ouvertes, il s&#039;agit de récolter leur témoignages afin mieux comprendre les ressorts de leur engagement (politique, idéologique, éthique), les événements qui ont marqué cette période 1960-1980, les mobiles des acteurs/trices. [[http://edutechwiki.unige.ch/dewiki/Questions_pour_les_entretiens]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Revue de la littérature ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La &amp;quot;matrice générative&amp;quot; des droits de la personne est bien la Déclaration des droits de l&#039;homme et du citoyen:  une &amp;quot;matrice&amp;quot; juridique à partir de laquelle vont se développer d&#039;autres droits, règlementations et conventions. Pour couvrir les différents champs de la réalité sociale qui ont été touchés par la créativité des acteur/trice/s (qu&#039;ils aient été des militant/e/s ou des réformateur/trice/s) particulièrement active dans les années 1960-1980 et les changements opérés, il est nécessaire de se référer aux auteur/e/s qui, autant dans le champ du handicap, des patients de l&#039;hôpital, des usagers de la psychiatrie, des détenus, des enfants et des femmes, ont proposé des approches nouvelles, des concepts voire des pratiques novatrices.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Certes, il n&#039;y a pas un moment particulier où commencerait une lutte pour les droits de la personne. Cette question s&#039;inscrit dans une histoire longue de la constitution des droits, de la &amp;quot;fabrication&amp;quot; de l&#039;individu, de la conception de la personne comme être sensible, conscient d&#039;elle-même. Il en va de même pour des pratiques qui certes ont été promues pendant cette période comme par exemple les communautés de vie, mais il existe des traditions qui peuvent remonter bien avant les années 60. C&#039;est le cas avec la communauté d&#039;enfants de Summerhill en Angleterre créée par Alexander S. Neill et qui relève d&#039;une tradition de l&#039;éducation nouvelle enracinée depuis la fin du 19ème siècle dans les &amp;quot;écoles nouvelles à la campagne&amp;quot;. Dans son livre [[Libres enfants de Summerhill (Neill)]], on peut déceler la place centrale de la notion de liberté dans sa conception de l&#039;éducation et de l&#039;instruction des enfants. Selon cet auteur, on ne peut construire de collectif cohérent qu&#039;en respectant la liberté des individus. Les violences, les incivilités ne sont pour lui que le produit des incohérences de la société, qui frustre l&#039;individu et qui, à vouloir trop l&#039;uniformiser, en brise les richesses. &lt;br /&gt;
CONTINUER...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un certain nombre de notions et de valeurs semblent parcourir l&#039;histoire longue (18-21e siècle) avec des incarnation plus ou moins dense selon les période. Celle envisagée, caractérisée par une forte créativité notamment dans la contestation, mais pas seulement – dans la pensée sociale, dans l&#039;innovation institutionnelle aussi – porte sur un souci démocratique, mais aussi libertaire, une valorisation de l&#039;individu et de son autonomie, mais aussi du collectif comme matrice créatrice, un souci de respect de la différence (une reconnaissance) mais aussi du groupe comme porteur de revendications, un ancrage dans la vie quotidienne et une volonté d&#039;universalisme, etc. La culture contestataire est-elle monolithique ou multiple? Est-elle aussi traversée par des contradictions, des paradoxes: on prône une liberté individuelle dans un carcan idéologique, la lutte est collective pour des droits individuels?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les droits de la personne: un concept complexe  ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La thématique des droits de la personne oblige à réfléchir sur le concept et à le relier ou détacher d&#039;autres concepts: celui de l&#039;individu, celui du sujet (de droit) et celui de l&#039;humain.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La plupart des revendications peuvent être reliées aux &amp;quot;droits de la personnes&amp;quot;. Or ceux-ci sont rarement explicités. Lorsqu&#039;ils le sont c&#039;est en références à la &amp;quot;liberté individuelle&amp;quot;, au droit à la parole, au choix (de traitement notamment) et à la dignité. Souvent, ce sont des valeurs individualistes qui sont prônées même si elle le sont par un collectif (association, comité, mouvement contestataire manifestant collectivement dans la rue) et qui fondent un certain &amp;quot;esprit&amp;quot; du droit de la personne. C&#039;est par le regroupement de plusieurs personnes qui ont des valeurs communes (telles que le libre choix,l&#039;intégrité physique) que le changement peut s&#039;opérer. En effet, à travers notre recherche nous avons pu voir que qu&#039;il s&#039;agit des droits des prisonniers, des droits des patients à l&#039;hôpital, des droits des patients psychiatriques ou des droits des femmes les changements constatés se sont fait par l&#039;intermédiaire de mouvement, d&#039;association, fondation...&lt;br /&gt;
On peut noter la particularité du champ des droits des personnes en situation en handicap, ou des droits des patients en psychiatrie, par le fait que ces personnes ne disposent elles-mêmes pas des facultés à défendre leurs propres droits. Il en revient alors à leur entourage, aux professionnels, et enfin à la société toute entière, de se porter garante du respect de ces droits. La société en protégeant ces personnes, en les considérant comme faisant partie intégrante des individus qui la composent, effectue alors un grand pas dans les valeurs qu&#039;elle véhicule. L&#039;idéologie en effet, doit être collective, pour prendre du sens pour tous. Mais les actes permettant cette évolution, restent bien souvent le fait d&#039;individus, qui plus que d&#039;autres, poussés par un idéal, portent des actions progressistes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le terme personne est à distinguer d&#039;individu (voire de &amp;quot;cas&amp;quot;) en ce qui laisse entendre une capacité de droit et une place comme partenaire dans la relation (éducative, thérapeutique notamment) et les échanges de communication. Ceci peut s&#039;incarner dans des pratiques sociales élémentaires comme de désigner la personne par son nom, la vouvoyer (en langue française en particulier!), jusqu&#039;à la fermeture des hôpitaux psychiatriques par exemple. Mais c&#039;est surtout sur le plan juridique, des ses droits civils et politiques, que les luttes ont été menées: de l&#039;admission volontaire au droit de sortie pour les patients psychiatrique par exemple. Du côté des prisons, les revendications touchent aussi l&#039;individu dans son corps et son esprit: droit à l&#039;intégrité physique et morale, le droit à des conditions de vie appropriées, ou encore le droit à la santé. Du côté des enfants, le droit s&#039;est surtout construit à partir de la considération de l&#039;enfant en tant qu&#039;individu ayant des droits propres, notamment liés à la protection, à la parole et l&#039;écoute, mais également aux autres besoins fondamentaux qu&#039;il peut présenter. En fait, la reconnaissance des droits de l&#039;enfant lui ont conféré peu à peu un rôle plus actif dans sa propre existence, comme par exemple par une considération plus importante de ses opinions dans les choix qui le concerne. Du coté des femmes, les contestations se font sur plusieurs plans, mais ce qui est surtout recherché c&#039;est l&#039;égalité avec les hommes. Cette égalité passe donc par la ré-appropriation de leur corps, la liberté de choisir une contraception et la liberté de penser différemment. Nous pouvons donc rapprocher ces faits au droit du consentement de la personne et de l&#039;intégrité physique. Ces droits et les droits d&#039;être informé touche d&#039;ailleurs le quotidien médical et la lutte pour les droits des patients. Les droits des patients touchent la sphère politique et juridique où une bataille s&#039;est générée contre la liberté thérapeutique des médecins considérée comme subordonnée au droit d&#039;autodétermination du patient. Valoriser le rôle des patients en tant que partenaires critiques de médecins, du personnel médical ou encore de les responsabiliser pour éviter des difficultés lors de son traitement permettraient d&#039;améliorer la qualité des soins dans le domaine de la santé du patient.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Paradoxalement ce sont des luttes (collectives, pour la communauté) qui ont ainsi contribué à construire la notion de personne comme corps, identité physique, morale, psychologique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Méthode ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La récolte d&#039;un récit personnel, afin d&#039;approcher l&#039;histoire d&#039;une période et de constituer une archive orale a une tradition en sciences humaine et sociale. L&#039;ouvrage &amp;quot;Le cheval d&#039;orgueil&amp;quot; de Pierre Jakez Hélias paru en 1975 est souvent présenté comme un détonateur de l&#039;usage des récits de vie pour décrire la réalité sociale et culturelle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Diverses disciplines ont intégré la narration comme un moyen d&#039;approcher la réalité vue à travers un individu ou un groupe que cela soit en sociologie, en histoire, en médecine, en science de l&#039;éducation, en ethnologie et même en littérature.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les travaux de [http://fr.wikipedia.org/wiki/Philippe_Lejeune_%28auteur%29 Philippe Lejeune] ont contribué à collecter des récits sous formes notamment autobiographiques qui sont déposés à [http://association.sitapa.org/accueil.php l&#039;Association pour l&#039;autobiographie] près de Lyon.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La démarche effectuée dans le cadre de cette recherche d&#039;intelligence collective relève de la collecte de récits. La personne interviewée est considérée comme un témoin de son temps. L&#039;histoire se construit dans l&#039;échange grâce aux questions posées [[Questions_pour_les_entretiens]] lesquelles doivent donner lieu à une narration libre relier aux souvenirs de la personne. Il s&#039;agit d&#039;être dans une écoute bienveillante d&#039;un récit narré afin de venir combler l&#039;intérêt des étudiant/e/s qui sont les récepteur/trice/s respectueux et curieux de cette histoire. Même si pour certains étudiants, relancer ces questions a permis à l&#039;interviewé de se recentrer sur le sujet. Lors de l&#039;interview et comme étape préalable à l&#039;introduction  de ces questions, l&#039;explication de cette recherche collective a fait comprendre à certains interviewés l&#039;importance de leurs témoignages.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La démarche de &amp;quot;biographies narratives&amp;quot;, telle qu&#039;elle devrait être développée dans cette démarche citoyenne relève de compétence relationnelle, humaine particulièrement formatrice aux métiers de l&#039;humain. Elle demande du tact, de l&#039;écoute, de la curiosité intelligente (capacité de s&#039;adapter dans le cadre de l&#039;entretien). Il s&#039;agit de laisser de l&#039;espace et de la liberté aux personnes interviewées. Par conséquent, seules des questions générales et ouvertes assureront la liberté de narrer. Nous accorderons un long temps de réponse afin de laisser à la personne la possibilité de se souvenir et de raconter l&#039;histoire et son histoire tout en restant attentive qu&#039;elle ne se perde pas dans des chemins par trop éloignés. Elle ne relève pas d&#039;une &amp;quot;conduite d&#039;entretien&amp;quot; particulière comme l&#039;a développée par exemple Boutin (2006), mais elle relève sans aucun doute d&#039;une approche qualitative.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans la plupart des cas, les étudiants n&#039;ont pas transmis aux préalable les questions qui allaient être abordées dans l&#039;entretien à leur témoin. Pourtant, il est possible que cette démarche donne la possibilité aux personnes interviewées de prendre du temps pour récupérer leurs souvenirs en mémoire et ainsi construire un récit plus riche que lors d&#039;une réponse spontanée. Toutefois, cette démarche peut également faire perdre quelque peu aux intervieweurs/euses le contrôle de l&#039;entretien, avec un témoin qui se raconte, sans un réel cadre établi, puisqu&#039;il sait sur quels chemins on va l&#039;amener. Ainsi, le cadrage de l&#039;entretien est d&#039;autant moins aisé, car l’intervieweur perd un peu son contrôle sur celui-ci, qu&#039;il aurait pu exercer notamment par la succession des questions.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour d&#039;autres étudiants, la transmission des questions préalablement a permis aux interviewés d&#039;affiner sa mémoire en développant ses réponses pour que son récit soit accompagné par des souvenirs marquants. Ils sont d&#039;ailleurs fait appel aux gestes pour appuyer leurs témoignage en laissant entendre à ses interlocuteurs que sa lutte ne cessait pas. &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Les réactions (y compris non verbales) encouragent un récit qui se construit dans la relation. Celui-ci devrait être par définition original (même si certain/e témoins racontent pour la Xème fois leur &amp;quot;histoire&amp;quot;, leur &amp;quot;légende&amp;quot;, puisqu&#039;il est raconté à de nouvelles personnes. L&#039;attitude du/des collecteur/trice/s de récits favorisent (ou non) l&#039;expression (et ce jusqu&#039;à la confidence) et permette qui sait au témoin d&#039;innover, de se déplacer dans sa narration, de raconter une histoire nouvelle, vraiment originale.&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Critique de la méthode ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A travers cette expérience, nous avons en tant &amp;quot;qu&#039;apprentis chercheurs&amp;quot; appris à mener un entretien semi-directif. Malgré le fait que nous avions beau imaginé le déroulement de notre entretien, nous avons rencontré quelques difficultés lors de la passation de ceux-ci. Tout d&#039;abord, il a fallut faire face au personnage que nous avions en face de nous. En effet, comme nous l&#039;avons expliqué ces personnes ont, la plupart, tous été des militants en faveur des droits de la personne. Parfois, leur engagement a tellement été fort qu&#039;elles sont devenues des &amp;quot;icônes&amp;quot; dans le combat de ces droits. Nous avons donc du faire face à leur agacement et leur lassitude face à nos questions qui pouvaient certes être considérées comme trop larges. Ceci nous amène donc à penser que le choix de faire des questions ouvertes pour que chacun puisse raconter ce dont il a envie, n&#039;était peut-être pas judicieux pour toutes les personnes que nous avons interviewées. Par contre pour d&#039;autres &amp;quot;icônes&amp;quot; habitués à discuter même au parlement, ces questions étaient importantes à partir du moment où on allait les analyser par la suite au sein d&#039;une recherche et ils sont répondu le plus près possible. Lorsqu&#039;on a présenté ces questions au sein d&#039;une recherche pour un cours universitaire, elles ont été prises sérieusement sont regarder de près le type de questions ou les liens entre elles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De plus, il s&#039;est avéré que pour certains témoins, les questions étaient peu adéquates puisqu&#039;elle positionnait cette personne en tant que &amp;quot;militante&amp;quot; peut-être trop directement. De même, le mot &amp;quot;droit&amp;quot; se trouvait être un peu fort pour parler de certains engagements, qui ont probablement contribué ou du moins retracent les changements de ces droits, certes, mais ne se positionnaient pas à la base comme des engagements pour les droits d&#039;une population. Cependant le fait de faire des questions différentes et précises pour chacun des acteurs nous aurait fortement contraint pour l&#039;analyse transversale des entretiens. &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
De plus, lors de certains entretiens, les acteurs se sont laissées emporter par leurs émotions. Il n&#039;était donc pas évident de gérer les pleurs rencontrés. ... &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En cas de figure était pour ceux qui ont eu l&#039;occasion de faire deux interviews, la position de collecteur/trice/s au niveau générationnel, à savoir faire face à une génération plus âgée, était enveloppée, pour les deux cas, d&#039;une écoute éveillée peut-être parce que leurs récits nous touchaient de près ou parce de la sagesse émanait de certains interviewés. Pour l&#039;un des interviewés, il a suscité en nous un rappel vers les droits de nos proches et pour l&#039;autre il nous a sensibilisé vers une menace toujours présente des droits de la personne dans le pays où nous séjournons, la Suisse. Même si l&#039;un des ces interviewé était une personnalité fédérale, le reflet de son authenticité, nous a fait croire à son récit et il nous a appris plus sur les droits de la personne qui sont par ailleurs également &amp;quot;nos droits&amp;quot;.  Le rapport entre les interlocuteurs a pu être franc et nous avons ressentis que l&#039;un des interviewés nous avait confié une mission, celle de divulguer des faits. C&#039;était pour certains collecteur/trice/s un moment très intense, de vérité, et jamais oublier. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Parfois, nous avons pu nous confronter à la difficulté de recentrer la discussion vers les sujets qui nous intéressent. Comme tout un chacun, les acteurs peuvent certes parler du passé, mais en tant que militants ils auront, si leur combat est toujours vivant, tendance à parler plus du présent, et de ce qu&#039;il reste à faire. Pour que nous soyons aussi amenés à prendre la relève. Il faut alors savoir &amp;quot;lire entre les paroles&amp;quot;, pour récolter des informations sur la période qui nous intéresse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il aurait peut-être été profitable de mettre à disposition de tous les acteurs les questions de l&#039;entretien à l&#039;avance. Cela aurait permis de recentrer le débat, de rappeler plus facilement les questions de recherche. Un cas de figure était pour ceux qui l&#039;on fait et qui ont reçu en tant que collecteur/trice/s spontanément et préalablement à l&#039;interview tête à tête, des réponses écrites aux questions, de la part des interviewés. Ces réponses ont permis de mieux connaître l&#039;interviewé, son parcours, ses valeurs, son engagement pour les droits de la personne. Le pré-analyse de ces réponses par écrit a permis entre autres de revenir encore une fois sur les questions et de solliciter l&#039;interviewé en confiance pour continuer à expliciter certains souvenirs marquants et enrichissants pour cette recherche. Pour les collecteur/trice/s se vas-et-vient entre les réponses écrites à l&#039;avance et la poursuite du récit a engendré une appropriation du sujet bénéficiant ainsi la cohérence et la compréhension pour eux-même.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Autrement, une des questions qui permettrait de situer l&#039;interviewé sur le passé sans revenir immédiatement dans son discours sur le présent est la question 2. Elle aurait pu être formulée ainsi : Il y a-t-il un événement original durant la période de votre engagement? Pourriez-vous revenir sur le passé et nous raconter un ou des événements marquant que vous avez menés ou qui vous ont frappés durant une certaine période en faveur de ces droits ? sinon la question 5 fait l&#039;effet contraire en revenant sur le pas d&#039;aujourd&#039;hui comme conséquence du passé : Qu&#039;en est-il aujourd&#039;hui de cette lutte et des acquis et des risques de retour en arrière? Sur quoi faudrait-il continuer de se battre de lutter? Est-ce que vous continuez aujourd&#039;hui de vous engager et sur quoi? donc il n&#039;est pas étonnant d&#039;entendre les interviewés de parler sur leurs présent pourquoi n&#039;est pas demandé : est-ce que l&#039;un des sujets de votre engagement pour les droits de la personne (patient, enfant, prisonnier...)continue à être d&#039;actualité aujourd&#039;hui ? lequel? pourriez-vous explicitez s&#039;il vous plaît? . &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quant aux valeurs des témoins, ces derniers ont étaient évoquées suite à la question formulée qui a engendré aussi des souvenirs vers un événement marquant lié à leurs valeurs et pour la lutte des droits de la personne.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En outre, peut-être peut-on reprocher aussi le manque de temps pour chaque entretien. Au vu de la méthodologie d&#039;entretien semi-directif et biographique, des entretiens d&#039;1h30 ne permettent pas toujours les digressions chronophages. Des entretiens plus longs, dont on aurait pu ressortir la quintessence auraient pu être bénéfiques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Enfin, la relation biographique n&#039;a pas toujours permis que les questions soient posées comme souhaitées et prises dans l&#039;échange. L&#039;entretien a pu prendre la forme d&#039;une discussion à bâtons rompues en un dialogue qui finalement a échappé aux récolteurs/teuses de récits.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour certains, une difficulté c&#039;était l&#039;enregistrement de l&#039;interview. En effet, l&#039;appareil enregistreur est tombé en panné. Heureusement que nous avions en autre enregistreur qui a pris le relais immédiatement car la prise de note n&#039;aurait fait que retardé l&#039;interview.  &lt;br /&gt;
                                                                                                                 Quoi qu&#039;il en soit &#039;&#039;&#039;neuf entretiens&#039;&#039;&#039; ont été effectués, lesquels ont permis  de construire une histoire qui s&#039;est étendue entre les années 1960 (engagement de Mme Amalia Cristinat)  et aujourd&#039;hui (engagement de Mme Margrit Kessler, conseillère nationale de Saint-Gall).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des thématiques (problématiques) plus fines ont pu être définies à partir des récits récoltés. Soit:&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
– le  droit à l&#039;intégrité physique et morale des détenus en Suisse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
– la prise en compte des personnes en situation de handicap dans ce champ &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
– le droit à la liberté de son corps, à l&#039;intégrité physique, à l&#039;autonomie de la femme. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
– le droit des enfants à travers le prisme de l&#039;éducation&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
– le droit à être informé pour que les patients ne deviennent pas les cobayes des expériences scientifiques&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
–&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;analyse sera alors traversante permettant de mieux comprendre ce temps de l&#039;innovation, de la contestation, de la réforme des grandes institutions qui structures le social et la culturel occidentale depuis le 19e siècle: l&#039;hôpital, l&#039;hôpital psychiatrique, l&#039;école, le tribunal, la prison, le code civil, les institutions spécialisées: qui sont ces acteur/trice/s engagés, quelles ont été leurs idées et leurs valeurs, quelles ont été leurs actions et leurs victoires, leurs échecs aussi?&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Julie</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Droits_des_femmes&amp;diff=12035</id>
		<title>Droits des femmes</title>
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		<updated>2013-12-20T07:56:08Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Julie : /* Points communs entre les entretiens */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Introduction  == &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Actuellement le droit à l&#039;avortement pour les femmes subit encore des contestations et même une offensive de remise en question: pouvons nous encore le qualifier comme  un droit de la femme s&#039;interrogent certains ? Tout au long de cette page nous nous centrerons sur le droit à l&#039;avortement pour les femmes depuis 1970. En effet, les mouvements féministes sont présents depuis longtemps dans l&#039;histoire des droits des personnes. Dans la période de l&#039;après guerre, les femmes se sont mobilisées plus fortement pour acquérir des droits identiques à ceux des hommes. C&#039;est par la lutte pour le droit à un travail rémunéré que les mouvements prennent de l&#039;ampleur  : &amp;quot;L&#039;essort du féminisme dans cette période serait intimement lié à celui du travail salarié&amp;quot; &amp;lt;ref&amp;gt;Riot-Sarcey, M., 2008, &#039;&#039;Histoire du féminisme&#039;&#039;, Paris, La Découvertes, Repères. p. 73 &amp;lt;/ref&amp;gt;. La question de la procréation est aussi au cœur de leur mouvement, puisqu&#039;il est question de &amp;quot;repeupler&amp;quot; des pays détruits : &amp;quot;Après l&#039;hécatombe de la guerre, jusqu&#039;alors la plus meurtrière, il est nécessaire, plus que jamais de &amp;quot;remplir les berceaux vides&amp;quot;&amp;quot; &amp;lt;ref&amp;gt;Riot-Sarcey, M., 2008, &#039;&#039;Histoire du féminisme&#039;&#039;, Paris, La Découvertes, Repères. p. 73 &amp;lt;/ref&amp;gt;. Il ne faut pas non plus oublier leurs luttes pour l&#039;accès à la politique : plus précisément le droit de vote pour les femmes, qui prend de l&#039;ampleur bien avant la guerre. C&#039;est dans ce contexte d&#039;après guerre, que les femmes resurgissent au front pour valoriser des droits égalitaires et propres à leur vie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cet article est fondé à la fois sur une recherche documentaire et sur la récolte de témoignages de deux personnes pionnières dans l&#039;avancée du droit des femmes à l&#039;avortement. L&#039;article présentera également les différents mouvements féministes réalisés dans les années 1970 sur le droit à l&#039;avortement.Ceci nous montreras que la Suisse, n’a pas été la première à lutter pour le droit à l’avortement, mais que le phénomène est mondial. Les États-Unis ont été sans aucun doute les précurseurs, mais la lutte s&#039;est diffusée et reproduite dans différents pays du monde amenant à des dates différentes à autoriser l’avortement.  L&#039;article se centrera sur la lutte des femmes en Suisse et les différentes lois qui en sont ressorties et cherchera à comprendre la part qu’ont joué les deux témoins interrogées dans cette histoire récente (1970 à aujourd&#039;hui). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour ce faire, nous avons constitué une bibliographie, à partir d’ouvrages sur les mouvements féministes en général, sur la chronologie des contestations. Nous avons lu des articles scientifiques qui présentent la situation en Suisse, épluché  des informations sur les deux témoins qui ont été interrogés et consulté les archives contestataires à Carouge. &lt;br /&gt;
Nous avons également pu rencontré deux femmes militantes à Genève sur ce thème. On a donc effectué deux entretiens audio avec Madame [[Amélia Christinat]] et Madame [[Rina Nissim]] pour obtenir leur témoignage sur l’histoire des mouvements féministes des années 1960 à 1980, principalement sur la question de l’avortement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L&#039;Histoire du droit des femmes == &lt;br /&gt;
Actuellement des auteures telles que Marcella Iacub et Judith Butler font de la problématique féministe une occasion de débattre la question du genre, des identités sexuelles et limites entre les sexes (intersexe, queer, etc), laquelle peut nous aider à repenser la lutte féministe. Or, celle des années 70 (en amont en Suisse de l&#039;accession des femmes à la citoyenneté) est celle d&#039;une longue marche marquée par des féministes de l&#039;après guerre comme Simone de Beauvoir avec sa formule historique &amp;quot;On ne naît pas femme on le devient&amp;quot;, soulignant le déterminisme social de la féminité et la &amp;quot;fabrication&amp;quot; culturelle. &lt;br /&gt;
Pour tenter de comprendre ce qui s&#039;est passé durant cette époque nous allons revenir sur les faits marquants. Pour la compréhension de ce qui va suivre nous vous conseillons de lire [[Frise Chronologique du droit à l&#039;avortement|la frise chronologique]] des événements marquants pour le droit à l&#039;avortement en Suisse. &lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
=== Mouvements féministes : Buts et démarches ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce n&#039;est que dans la deuxième moitié du XIXème siècle que le féminisme se démarque en tant que mouvement collectif de luttes de femmes. &amp;quot;Ces luttes reposent sur la reconnaissance des femmes comme spécifiquement et systématiquement opprimées, l&#039;affirmation que les relations entre hommes et femmes ne sont pas inscrites dans la nature mais que la possibilité politique de leur transformation existe.&amp;quot;[3] En effet, les femmes ont dû faire face à de nombreuses inégalités et cela dans de nombreux domaines: le travail, la santé, la politique... Nous constatons encore aujourd&#039;hui que de nombreuses inégalités persistent sur le droit des femmes mais elles sont moindres ou de nature différentes que dans les années 1960-80. Pour pouvoir entrer dans un processus de revendication politique du féminisme, il faut qu&#039;il y ait une &amp;quot;relation avec une conceptualisation de droits humains universels;elle s&#039;ancre dans les théories des droits de la personne dontles premières formulations juridiques sont issues des révolutions américaines puis françaises.&amp;quot; &amp;lt;ref&amp;gt;Hirata H, et al,2000, &amp;quot;Dictionnaire critique du féminisme&amp;quot;, Paris : Presse Universitaires de France, p. 225&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
Il convient de faire une distinction entre les mouvements féministes et les mouvements populaires des femmes. En effet, les mouvements populaires des femmes ne mettent pas directement en avant l&#039;exigence de droits spécifiques pour les femmes. C&#039;est l&#039;emploi du mot féministe qui va changer les représentations que l&#039;on se fait à cette époque. Pour certains les féministes sont &amp;quot;trop bourgeoises au XIXème siècle et au début du XXème siècle trop radicales et ennemies des hommes après les années 1970&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;Hirata H, et al,2000, &amp;quot;Dictionnaire critique du féminisme&amp;quot;, Paris : Presse Universitaires de France., p. 126&amp;lt;/ref&amp;gt;. Quant à l&#039;expression &amp;quot;mouvement des femmes&amp;quot;, elle est plus souvent utilisée comme raccourci pour mouvement de libération des femmes. Voila pourquoi elle a pu être associée au féminisme le plus radical et explique la confusion entre les deux termes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lorsque nous parlons de &amp;quot;mouvements féministes&amp;quot; nous désignons sous une même dénomination &amp;quot;les diverses formes des mouvements de femmes, le féminisme libéral ou &amp;quot;bourgeois, le féminisme radical, les femmes marxistes ou socialistes, les femmes lesbiennes, les femmes noires et toutes les dimensions catégorielles des mouvements actuels&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;Hirata H, et al,2000, &amp;quot;Dictionnaire critique du féminisme&amp;quot;, Paris : Presse Universitaires de France, p. 127&amp;lt;/ref&amp;gt;. Dès lors, l&#039;expression&amp;quot; mouvement des femmes &amp;quot; représente les mobilisations de femmes en Amérique Latine ou les mouvements pour la paix en Irlande ou au moyen-Orient&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;Hirata H, et al,2000, &amp;quot;Dictionnaire critique du féminisme&amp;quot;, Paris : Presse Universitaires de France., p.126&amp;lt;/ref&amp;gt; Dans la littérature, deux types de mouvements féministes se démarquent. Une première vague a émergé dans la seconde moitié du XIXème siècle. Elle est souvent présentée autour des revendications du droit de vote.  Au début du XXème siècle, ou les mouvements sont qualifiés de &amp;quot;néo féminisme&amp;quot;, les exigences ne se fondent pas sur une seule exigence d&#039;égalité mais sur une reconnaissance &amp;quot;de l&#039;impossibilité sociale de fonder cette égalité dans un système patriarcal&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;Hirata H, et al,2000, &amp;quot;Dictionnaire critique du féminisme&amp;quot;, Paris : Presse Universitaires de France, p. 126&amp;lt;/ref&amp;gt;. Le féminisme des années 1970, se fait connaitre par des mouvements anti-autoritaires, par des groupes de parole, il met en avant les formes les plus spontanées de manifestation et refuse toute organisation hiérarchique. &amp;quot; L&#039;appartenance au mouvement représente la mise en acte d&#039;une nouvelle idéologie, la recherche de sens et de valeurs communs.&amp;quot; &amp;lt;ref&amp;gt;Hirata H, et al,2000, &amp;quot;Dictionnaire critique du féminisme&amp;quot;, Paris : Presse Universitaires de France, p.128&amp;lt;/ref&amp;gt;. C&#039;est entre la fin des années 1960 et le début des années 1970 que le féminisme connait une ampleur internationale. &amp;quot;L&#039;onde de choc part des Etats-Unis et gagne très rapidement la Grande-Bretagne et l&#039;Allemagne dans les années 60&amp;quot;. Il faut ajouter qu&#039;en &amp;quot;dépit de son caractère extra parlementaire, le mouvement de libération des femmes a la capacité de susciter de larges mobilisations auprès des femmes syndiquées, des femmes de partis de gauche et de droite ou des associations luttant pour les droits des femmes comme le planning familial. Ce sont d&#039;abord les campagnes pour la liberté d&#039;avorter qui constituent les événements les plus importants et les plus marquants &amp;lt;ref&amp;gt;Hirata H, et al,2000, &amp;quot;Dictionnaire critique du féminisme&amp;quot;, Paris : Presse Universitaires de France, p. 128&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En ce qui concerne la Suisse, c’est dans la continuité du mouvement de la jeunesse estudiantine de 1968 que naît le nouveau mouvement féministe. C’est à Zurich que se sont réunies des femmes de gauche, que l’on appellera « Frauenbefreiungsbewegung » ou plus communément le FBB. Elles critiquent le fait que les femmes sont oppressées et qu’il s’agit d’une « contradiction sociale fondamentale ». Le [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]], pour la Suisse romande et le MFT au Tessin vont très rapidement suivre la création du FBB, avec comme objectif commun de « récuser l’organisation hiérarchique des associations et de la politique traditionnelle » &amp;lt;ref&amp;gt;Commission fédérale, &#039;&#039;Femmes Pouvoir Histoire&#039;&#039;, 1.3, p. 1, consulté le 27 Novembre sur http://webcache.googleusercontent.com/search?q=cache:UpvKGVSBak0J:www.ekf.admin.ch/dokumentation/00444/00517/index.html%3Flang%3Dfr%26download%3DNHzLpZeg7t,lnp6I0NTU042l2Z6ln1ae2IZn4Z2qZpnO2Yuq2Z6gpJCDdH58hGym162epYbg2c_JjKbNoKSn6A--+&amp;amp;cd=2&amp;amp;hl=fr&amp;amp;ct=clnk&amp;amp;gl=ch&amp;amp;client=firefox-a&amp;lt;/ref&amp;gt; inspirés des mouvements français et américains préalablement abordés. Cependant, des divergences existent entre tous ces mouvements sur différentes questions telles que l’avortement ou encore la possibilité pour le sexe féminin de faire l’armée. Une chronologie a été rédigée dans l’article suivant : &amp;quot;Le nouveau mouvement féministe et les organisations féminines depuis 1968&amp;quot; de la Commission fédérale pour les questions féminines de la Confédération Suisse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La période  entre 1940-50 : une période restrictive ===&lt;br /&gt;
Pour comprendre la lutte pour l&#039;avortement comme droit de la personne il nous faut revenir sur le contexte de l&#039;après guerre. La législation suisse sur l’avortement est l’une des plus restrictives d’Europe.  Les premières dispositions du Code pénal suisse à ce sujet ont été définies en 1942 et prévoient, à cette époque, l’emprisonnement de la femme qui avorte, ainsi que de la personne qui l’aide à pratiquer cet acte. En revanche, une exception existe : si la grossesse comporte un danger pour la mère et que l’interruption de grossesse est pratiquée par un médecin, l&#039;avis étant approuvé par un second médecin, l’avortement n’est alors pas punissable. On comprend alors que la conséquence a été un nombre considérable d’avortements illégaux. Cependant, la mise en place de dispositifs de préventions et d’une diffusion d’informations contribua à faire diminuer le nombre d’avortements autant illégaux, que légaux. Par ailleurs, l’Organisation Mondiale de la Santé ([http://www.who.int/fr/ OMS]) a étendu la notion de « santé » en y insérant les dimensions de bien-être psychique et social : « la santé ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité ; elle est un état de complet bien-être physique, mental et social. »&amp;lt;ref&amp;gt;Rey, A.-M., 2013, &#039;&#039;Tendance à la libéralisation&#039;&#039;, USPDA. Consulté le 7 Novembre sur http://www.svss-uspda.ch/fr/suisse/liberal.htm&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ceci légalise aussi la pratique d’interruption de grossesse et écarte la menace d’emprisonnement. &amp;lt;ref&amp;gt;Rey, A.-M., 2013, &#039;&#039;L&#039;ancienne législation de 1942&#039;&#039;, USPDA. Consulté le 7 Novembre sur http://www.svss-uspda.ch/fr/suisse/loi_1942.htm&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
Cependant, cette législation attise la colère et la montée d’une révolte. Au début du XXème siècle, on voit s’élever des mouvements, tels que les organisations ouvrières, pour lutter en faveur de la décriminalisation de l’avortement.&lt;br /&gt;
De plus, dans cette période, il existe une différence entre les cantons au niveau de la législation sur l&#039;avortement. Ceci met donc les professionnels dans l&#039;embarras puisqu&#039;ils n&#039;ont pas une pratique généralisée au niveau de l&#039;état, et cela soulève également une inégalité entre les femmes des différents cantons de la Suisse. Des mesures fédérales strictes ont donc été prises pour tenter de généraliser les pratiques et s&#039;accorder sur la pratique de l&#039;avortement : « l’institutionnalisation juridique d’une interruption de grossesse pouvant être légalement pratiquée par un médecin sous haute surveillance de l’Etat : consultation obligatoire d’un second médecin, qui doit être un spécialiste et en plus agréé par les autorités cantonales compétentes, et qui doit donner par écrit un « avis conforme ». Il faut également le consentement écrit de la femme enceinte. ». Ainsi à cette époque nous constatons que les femmes n&#039;ont pas la maitrise de leur corps et que de ce fait la maternité ne peut se contrôler. Ce contexte illustre la réalité des femmes, soit elles ont la chance de pouvoir trouver deux médecins qui l&#039;estime en danger, soit elles décident de pratiquer un avortement illégal ce qui comporte de grands risques pour leur santé (hémorragie et infection qui peuvent entrainer la mort de la femme).&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La période 1960-70 : les premiers changements ===&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Fichier:Graphiquefemme.jpeg|vignette|gauche|Graphique représentant les condamnations des femmes]]&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Le graphique ci-contre nous montre la condamnation des femmes en ce qui concerne l&#039;avortement.&amp;lt;ref&amp;gt;Rey, A.-M., 2013, &#039;&#039;Interruption de grossesse en Suisse : les faits et les données&#039;&#039;, USPDA. Consulté le 18 Novembre sur http://www.svss-uspda.ch/pdf/faits-et-donnees.pdf &amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt; En effet, nous voyons que le pic le plus élevé se situe dans l&#039;année 1950, avec 550 condamnées. Puis lors de la commercialisation de la pilule, l&#039;emprisonnement des femmes diminue fortement l&#039;année suivante, passant d&#039;environ 400 condamnations à environ 260. De manière générale, ce graphique montre que les condamnations sur la période 1960-1980 n&#039;ont cessé de baisser. &lt;br /&gt;
Les années 60 sont donc marquées par l&#039;arrivée de la pilule contraceptive en Suisse. En effet, en 1961, la commercialisation de celle-ci fait reculer le nombre d&#039;avortement pratiqué en Suisse puisque les femmes ont un contrôle sur leur reproductibilité. Malgré tout, la pilule contraceptive circule à l&#039;époque discrètement, puisque aucune loi ne précise son autorisation. En 1965, la création du premier planning familial en Suisse au HUG permettra de conseiller les familles. L&#039;établissement ouvrira donc un pôle dédié à l&#039;information familiale et aux régulations des naissances.&amp;lt;ref&amp;gt;Fert-Bek, D., (s.d.), &#039;&#039;Historique&#039;&#039;, Le service du planning familial de Genève a 40 ans,Genève, HUG. Consulté le 18 Novembre 2013 sur http://planning-familial.hug-ge.ch/nous/historique.html&amp;lt;/ref&amp;gt; Dans cet établissement les professionnels conseillent les parents sur la manière d&#039;avoir un contrôle sur l&#039;élargissement de leur famille. Ainsi, grâce à cette structure, la pilule contraceptive a pu circuler dans le territoire helvétique. La pilule était considéré pour certain comme un enjeux économique : elle permettait de contrôler les naissances et donc de préserver la richesse, et pour d&#039;autres comme un moyen de débrider la sexualité des femmes&amp;lt;ref&amp;gt;L&#039;illustré, (s.d.) &#039;&#039;La pilule qui a changé le monde&#039;&#039;, Archives, Consulté le 18 Novembre 2013 sur http://www.illustre.ch/la_pilule_qui_a_change_le_monde_45372_.html&amp;lt;/ref&amp;gt;.   &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Mlf.jpeg|vignette|gauche|Affiche du Front des Bonnes Femmes]][[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|Le Mouvement de Libération des Femmes (MLF)]] a démarré aux Etats-Unis, et a encouragé les militants des autres pays à lutter pour améliorer les conditions féminines. Le [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]] créé en 1969 à Zurich,que l&#039;on retrouvait également dans d&#039;autres cantons  (Genève et Tessin par exemple) se base &amp;quot;sur les mouvements de libération du Tiers monde pour encourager les femmes à se libérer des contraintes inhérentes à la famille nucléaire (Rôle des sexes).&amp;quot; &amp;lt;ref&amp;gt;Jorris, E., 2009, &#039;&#039;Mouvement de libération des femmes (MLF)&#039;&#039;. Consulté le 19 Novembre 2013 sur http://www.hls-dhs-dss.ch/textes/f/F16504.php&amp;lt;/ref&amp;gt;. Sur le canton de Genève plus précisément, des groupes de certains partis de gauche militaient en ces faveurs (ils étaient très hiérarchisés et ne plaisaient pas à toutes les femmes militantes). C&#039;est donc principalement grâce à Madame Brodmann (qui a milité aux Etats-Unis) et Madame Gramoni qu&#039;il y a eu dans un premier temps le front des Bonne-Femmes (où militait aussi Rina Nissim). Leur premier slogan a été &amp;quot;Femmes décolonisons-nous !&amp;quot; avec des affiches placardées sur les façades des grandes banques : les femmes insistaient donc pour la ré-appropriation de leur corps (avortement, pilule contraceptive, ...).&amp;lt;ref&amp;gt;Roussopoulos Carole, Debout ! Une histoire du mouvement des femmes 1970-80, 1999. Consulté le 19 Novembre 2013 sur http://ballonsonde.org/wikiSonde/videos/Femmes_Debout.htm&amp;lt;/ref&amp;gt; &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Les femmes pensent donc vivre singulièrement des situations d&#039;exclusion et d&#039;injustices, or le fait de discuter ensemble elles se rendent compte qu&#039;elles vivent toutes ce genre de situation. Cette prise de conscience favorise donc la mobilisation des femmes pour combattre ces injustices dont elles sont victimes. Les communautés ou ce que l&#039;on pourrait appeler regroupements permettent donc aux femmes de prendre consciences mais aussi de prendre du pouvoir dans la société. L&#039;effet de groupe a permis de de faire rassembler dans les rues des milliers de femmes pour manifester ensemble contre des inégalités entre sexe ([[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]]).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans le même temps, il ne faut pas oublier que les avortements illégaux continuent à être pratiqués à cette période. En effet, le nombre d&#039;avortements, légaux et illégaux, est estimé à 50 000 en 1966. Les avortements légaux s&#039;élevaient à environ 17 000 en 1966 (16 000 en 1978 et 1980, 14 000 en 1985, 13 000 en 1990, 12 000 en 1995, 13 000 en 1996 et 1998). Les avortements clandestins diminuèrent grâce : &lt;br /&gt;
* à la raréfaction avec l&#039;élargissement des indications médicales dans les cantons libéraux (Zurich, Bâle-Ville, Berne, Vaud, Neuchâtel, Genève) dès les années 1950&lt;br /&gt;
* la libéralisation progressive dans d&#039;autres cantons(Tessin dès les années 1970; Argovie, Bâle-Campagne, Glaris, Schaffhouse, Soleure, Jura au cours des années 1990)&lt;br /&gt;
* la généralisation des centres de planning familial, des cours d&#039;éducation sexuelle, la diffusion de moyens de contraception sûrs dès les années 1960 &lt;br /&gt;
* le remboursement de l&#039;intervention par les caisses maladie).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On remarque que malgré les mesures juridiques fédérales restrictives, les cantons adoptent des pratiques très différentes les uns des autres. Ainsi, les dimensions d’ordre psychologique et social sont incluses dans les indications médicales des cantons libéraux, alors que la pratique est seulement tolérée dans les cantons conservateurs catholiques. Face à cette inégalité juridique, les cantons libéraux accueillent des femmes vivant dans ces cantons restrictifs pour se faire avorter. On assiste à une forme de tourisme « gynécologique ». Cela amène les cantons à réfléchir sur ces pratiques. Notamment le canton de Neuchâtel, où plusieurs affaires d&#039;avortements sont jugées. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La période 1970-1980 : La période clé ===&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
A la suite de ces scandales, le député radical Maurice Favre dépose en mars 1971 une [http://www.amtsdruckschriften.bar.admin.ch/viewOrigDoc.do?id=10100953 motion] en faveur d&#039;une initiative cantonale demandant la suppression des articles 118 à 121 du CP.  &lt;br /&gt;
Cette démarche est suivie du lancement, en juin de la même année, par un comité de cinq personnes, de l&#039;initiative populaire fédérale pour la décriminalisation de l&#039;avortement, largement soutenue notamment par le mouvement des femmes. En 1972, les milieux chrétiens conservateurs font circuler une pétition &amp;quot;Oui à la vie, non à l&#039;avortement&amp;quot;. A partir de ce moment-là, nous voyons apparaître les organisations et les mouvements féministes qui organisent des manifestations en faveur de l’interruption de grossesses libres et gratuites, ainsi que pour revendiquer [http://www.svss-uspda.ch/index.html la décriminalisation de l’avortement].  Il y a dons deux propositions faites : accorder un délais pour l&#039;avortement (par exemple : les avortements pourront être légal pendant les 10 premières semaines de grossesse)ou élargir les motifs pour l&#039;avortement (par exemple : souffrances psychiques, douleurs physique, ...)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C&#039;est une lutte qui se fait contre des mentalités traditionnelles où l&#039;homme est dominant dans la société. La prise de conscience des femmes et de leurs conditions se fait petit-à-petit, en prenant plus d&#039;ampleur au milieu des années 70. C&#039;est la réunion de plusieurs milliers de femmes qui fait que l&#039;on puisse qualifier le [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]] de mouvement. Ce sont des femmes de tout âge qui se battent pour l&#039;amélioration de leurs conditions de vie. Ces mouvements veulent principalement lutter pour le droit du libre choix des femmes ou de manière générale à ce que l&#039;on nomme l&#039;autonomie des femmes. A cette époque, il y a &amp;quot;deux types de femmes&amp;quot; :  celles qui font des études mais qui restent à la maison pour materner, ou bien celle qui font des études et qui travaillent. Ces dernières se trouvent confrontées à la réalité sociale : avec le même titre professionnel, les femmes obtiennent des salaires bien inférieurs à ceux des hommes. C&#039;est suite à cette prise de conscience face au [http://www.scienceshumaines.com/peut-on-en-finir-avec-le-plafond-de-verre_fr_22408.html Plafond de Verre], que les femmes se réunissent pour échanger leurs histoires. Elles se mobilisent donc afin de pouvoir avoir le contrôle sur leur vie, et sur leur corps. L&#039;une des grandes luttes se fait autour du contrôle de leur corps : ce qu&#039;elles nomment la mobilisation pour la ré-appropriation du corps. Il s&#039;agit de donner aux femmes la possibilité de choisir leur maternité, leur contraception, et leur médicamentation. En 1978, sur le canton de Genève, l&#039;ouverture du Dispensaire des femmes (par [[Rina Nissim]]) leur permet d&#039;être accueillies dans un lieu où on leur donne des conseils, des listes de gynécologues tolérants face aux choix d&#039;avorter ainsi que différentes méthodes pour soigner les maladies génitales, ... De plus, les femmes peuvent si elles le veulent accéder au groupe action Self-Help du [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]] ; qui est un lieu où l&#039;on échange sur son vécu, et où l&#039;on pratique des examens concrets pour découvrir son corps. L&#039;instruction, comme l&#039;évoque [[Amélia Christinat|Mme Christinat]] permet aux femmes de comprendre les injustices auxquelles elles sont confrontées et de se mobiliser pour que toute les sociétés reconnaissent les femmes comme des personnes avec un cerveau. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans le même temps, une nouvelle réglementation sur l’avortement est considérée par le Conseil fédéral, et trois variantes sont discutées : la première, appelée &amp;quot;solutions des indications&amp;quot; autorise l’avortement dans les situations où la grossesse menace la vie ou la santé de la femme, en cas de viol, ou encore si l’enfant présente un trouble ou une déficience physique et/ou mentale. Une autre variante est celle des « indications sociales » qui prend en compte la situation sociale précaire de la femme. Finalement, la troisième, « solution des délais », permet l’avortement pendant les douze premières semaines de grossesse. Il en va sans dire que les partis politiques, les organisations et les cantons conservateurs catholiques sont en faveur de la solution la plus restrictive, alors que leurs rivales refusent les trois types de variantes et revendiquent l’avortement libre et gratuit. Le Conseil fédéral  rejette l’initiative pour la décriminalisation de l’avortement, mais opte finalement pour la solution des indications élargies, attisant ainsi le mécontentement des deux camps. &lt;br /&gt;
Face au rejet de l’initiative populaire pour la décriminalisation de l’avortement, [http://www.svss-uspda.ch/index.html l’Union Suisse pour la Décriminalisation de l’Avortement] (USPDA) (dont fait partie [[Amélia Christinat]])propose un compromis et lance une initiative qui cette fois rejoint l’idée de la solution des délais. « L’initiative réclament la décriminalisation de l’avortement s’il est pratiqué par un  médecin avec le consentement de la femme pendant les douze semaines qui suivent les dernières règles ». Cependant, celle-ci essuie à nouveau un échec : elle est rejetée par la majorité des cantons. &lt;br /&gt;
Les années suivantes toutes les propositions d&#039;initiatives,pour ou contre l&#039;avortement, sont sans cesse rejetées. Mais les luttes féminines pour le droit à l&#039;avortement s&#039;amplifient dans cette période pour pouvoir faire changer les droits de la personne et principalement les droits de la femme. Ce n’est qu’en 1990, que l’idée d’une révision de la loi relative à l’avortement est remise sur le devant de la scène. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous constatons que cette période est une période riche pour la mobilisation des droits des femmes ; de multitudes groupes se forment à l&#039;intérieur du MLF, des nouveaux établissements pour les femmes se créent, ...mais ce qui se fait ressentir c&#039;est  surtout l&#039;envie de faire changer la mentalité de la société pour que les femmes aient les même droits que les hommes. Nous avions déjà retrouver ce point en 1791 en France où est apparue la [http://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9claration_des_droits_de_la_femme_et_de_la_citoyenne Déclaration des Droits de la Femme et de la Citoyenne] se basant sur la [http://www.textes.justice.gouv.fr/textes-fondamentaux-10086/droits-de-lhomme-et-libertes-fondamentales-10087/declaration-des-droits-de-lhomme-et-du-citoyen-de-1789-10116.html version originale] et dont le but était de montrer l&#039;égalité juridique entre homme et femme.   &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Depuis 1990 ===&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Les différentes mobilisations des femmes soixanthuitardes ont permis la diminution d&#039;une multitude d&#039;inégalités pour lesquelles elles se mobilisaient.&lt;br /&gt;
Revenons tout d&#039;abord, en 1994, où l&#039;on constate un net recul du nombre d’avortements légaux. Ceci peut s’expliquer par une diffusion de l’information (éducation sexuelle) et la libre disposition de moyens contraceptifs. Ce phénomène vient appuyer l’idée que la libéralisation ne conduit pas à une augmentation des avortements, bien au contraire. Plusieurs services se sont donc installés suite au manifestations des femmes dans les rues. A partir de là, les choses commencent à changer et vont en faveur de la décriminalisation de l’avortement. En effet, le Conseil National adopte en 1995 &amp;quot;la solution des délais&amp;quot;. En 1996, la Commission des Affaires Juridiques du Conseil National ratifie un projet de loi qui prévoie la décriminalisation de l’avortement pendant les 14 premières semaines après les dernières règles. On voit mêmes les femmes du parti démocratique-chrétien (PDC) aller en faveur du droit de la femme à l’autodétermination et pour &amp;quot;la solution des délais&amp;quot;. De nombreuses organisations telles que la Fédération suisse des Eglises protestantes, les groupes des femmes radicales de Suisse, accueillent cette solution des délais comme un compromis tolérable. Toutefois, le Conseil Fédéral rejette une fois de plus la &amp;quot;solution du délai&amp;quot; en 1998. Nous constatons donc que les manifestations pendant plus de 15ans, ne suffisent pas pour que la Suisse autorise l&#039;avortement. En France par exemple, la lutte des femmes a été moins longue en ce qui concerne le droit à l&#039;avortement puisqu&#039;il est autorisé depuis  [http://fr.wikipedia.org/wiki/Loi_Veil_du_17_janvier_1975_sur_l&#039;interruption_volontaire_de_grossesse 1975] et suite [http://fr.wikipedia.org/wiki/Manifeste_des_343 aux manifestes des 343] de 1971. &lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Par ailleurs, la pilule abortive Mifegyne (RU 486) est admise et commercialisée en Suisse dès 1999. La [http://webcache.googleusercontent.com/search?q=cache:aZM-IrETCowJ:bijsluiters.fagg-afmps.be/DownloadLeafletServlet%3Fid%3D109287+&amp;amp;cd=9&amp;amp;hl=fr&amp;amp;ct=clnk&amp;amp;gl=ch&amp;amp;client=firefox-a notice] d&#039;utilisation explique son utilité : &amp;quot;Mifegyne est un médicament qui bloque l&#039;action de la progestérone, une hormone nécessaire au maintien de la grossesse. Mifegyne peut donc provoquer une interruption de grossesse.&amp;quot; Cependant cette méthode médicamenteuse est soumise aux mêmes dispositions pénales que l’avortement et est prescrite uniquement par le corps médical.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Finalement, le Parlement adopte la solution du délai en mars 2001 et est rentré en vigueur en 2002. « Ainsi l’avortement n’est pas punissable pendant les 12 premières semaines de la grossesse à condition que la femme fasse valoir une situation de détresse. Les cantons doivent décider quels cabinets et établissement peuvent pratiquer l’intervention. » &amp;lt;ref&amp;gt;Rey, A.-M., 2013, Régime du délais, USPDA. Consulté le 7 Décembre sur http://www.svss-uspda.ch/fr/suisse/loi.htm&amp;lt;/ref&amp;gt; De plus, Rey (2013), illustre les modifications entre l&#039;ancienne et la nouvelle loi de 2002, relatif à l&#039;avortement. &amp;lt;ref&amp;gt;Rey, A.-M., 2013, Comparaison ancienne et nouvelle législation, USPDA. Consulté le 7 Décembre sur http://www.svss-uspda.ch/fr/suisse/comparaison.htm &amp;lt;/ref&amp;gt; Depuis ce jour, la femme est la seule personne qui ait le droit de choisir ou non l&#039;avortement. En aucun cas, une personne tierce (et même si celle-ci a une blouse blanche) ne pourra refuser l&#039;avortement d&#039;une femme dans les douze premières semaines de grossesse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous pouvons donc conclure que « les discussions provoquées en 1971 par l’initiative en faveur de la décriminalisation de l’avortement ont été à l’origine d’un changement des mentalités et d’une prise de conscience ».&amp;lt;ref&amp;gt;Rey, A.-M., 2013, Chronologie des événements dès 1970, USPDA. Consulté le 7 Décembre sur http://www.svss-uspda.ch/fr/suisse/chronologie.htm &amp;lt;/ref&amp;gt; En effet, on assiste à une diminution du nombre de condamnations et à une libéralisation de la pratique de l’avortement. Par ailleurs, on se rend compte qu’à travers la mise en place de centres de plannings familiaux et des dispositifs d’informations, comme l’éducation sexuelle, on parvient à lutter contre l’avortement.  La prévention prévaut donc à la pénalisation. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cependant on constate que la réglementation à ce sujet peut encore être modifiée, car ce droit à l’avortement est sans cesse remis en question. En effet, en 2010, le mouvement anti-avortement « Mamma », qui s&#039;intitulait auparavant &amp;quot;Pour la mère en l’enfant&amp;quot;  lance une initiative populaire : « Financer l’avortement est une affaire privée ». Il s’agit d’une initiative qui demande que l’IVG ne soit plus pris en compte par les prestations de l’assurance maladie de base, et ce en invoquant l’idée qu’il s’agit d’une décision d’ordre privé, et que de ce fait le financement public n’a pas de sens. Cependant, on remarque que le droit à donner la vie est également de l’ordre du privé, et pourtant celui-ci n’est pas contesté. [[Entretien Rina Nissim|Rina Nissim]], nous met en garde sur la tournure que prend les événements d&#039;aujourd&#039;hui (concernant le financement de l&#039;avortement). En effet, selon elle, nous serions en pleine régression concernant le libre choix de la femme. A contrario des générations d&#039;après 70, il faut que les générations d&#039;aujourd&#039;hui se mobilisent pour faire en sorte de garder un droit durement acquis par les femmes soixanthuitardes. La votation de Février 2014 qui se prépare pourrait modifier les droits que nous avons jusqu&#039;à présent. Si les générations de maintenant et les suivantes veulent elles aussi avoir la possibilité de choisir leur grossesse, elles se doivent de s&#039;impliquer pour faire en sorte de ne pas perdre les droits acquis.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les témoins qui ont participé aux changements ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous avons décidé d&#039;interroger des personnes qui se sont mobilisées en Suisse pour le droit à l&#039;avortement. Elles pourront donc faire ressortir des éléments personnels sur le contexte de l&#039;époque, et les problèmes qu&#039;elles ont pu rencontré pour la mise en place de ce droit. &lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Nous avons dans un premier temps contacté Mme [[Amélia Christinat|Christinat Amélia]], avec qui l&#039;une de nous avait déjà travaillé il y a quelques années. Cette personne a donc accepté de participer à notre recherche en répondant à nos questions lors d&#039;un entretien.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un second temps nous avons contacté Mme [[Salika Wenger|Wenger Salika]], marraine de l&#039;association &amp;quot;Ni pute, Ni soumise&amp;quot; qui est actuellement impliquée dans la politique sur Genève puisqu&#039;elle fait partie du Conseil Administratif de la ville de Genève. Deux d&#039;entre nous l&#039;ont connue lors de sa venue à [http://www.infrarouge.ch/ir/1858-seins-nouvelle-arme-feministes l&#039;émission télévisée Infrarouge (RTS)] dédié aux mouvements des Femens (novembre 2011). Après discussion téléphonique, nous avons eu des éléments pertinents qui pourraient nous intéresser pour notre recherche, cependant [[Salika Wenger|Mme Wenger]] est très occupée et ne pourra pas nous accorder un entretien avant Janvier 2014. C&#039;est pourquoi après réflexion, nous avons décidé de contacter une troisième personne qui pourrait éventuellement être plus disponible : Mme [[Rina Nissim|Nissim Rina]]. Par l&#039;intermédiaire de Mme Ruchat nous avons obtenu ses coordonnées téléphoniques et avons pu avoir un rendez vous rapidement.&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Afin de leur éviter quelconque déplacement,nous avons rencontré ses personnes à leur domicile. De plus, pour des raisons pratiques et également afin de ne pas abuser de leur hospitalité, nous avons décidé de mener ces entretiens par groupes de trois.&lt;br /&gt;
Nous proposerons aux différents acteurs de partager leurs souvenirs concernant les années 1970 à Genève afin que nous comprenions la situation actuelle du droit à l&#039;avortement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Retour sur les entretiens==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== [[Entretien Rina Nissim|Entretien]] de [[Rina Nissim]] ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Notre premier entretien s&#039;est déroulée le mercredi 27 Novembre. A trois étudiantes nous nous sommes rendues au cabinet de Rina Nissim. L&#039;entretien qui en découle nous a projeter dans un univers très différent du notre : où la femme n&#039;avaient que très peu de droits. C&#039;est de part son discours, que la militante Rina Nissim, nous a partagé des informations sur l&#039;ambiance, la mobilisation et la persévérances des actrices de cette époque. C&#039;est par la réalisation de plusieurs injustices que les femmes se regroupent pour se mobiliser contre une société qui octroie peu de considération envers les femmes. Le [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]], lutte donc de manière générale pour plusieurs droits (droit à l&#039;égalité salariale, droit à la contraception, droit à l&#039;avortement, ...). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== [[Entretien Amélia Christinat|Entretien]] d&#039;[[Amélia Christinat]] ===&lt;br /&gt;
Le second entretien s&#039;est déroulé le 5 décembre chez Christinat Amélia. A notre arrivée, nous lui avons dit que nous avions déjà des questions précises à lui poser et que ces questions seraient les mêmes pour tous les groupes. En effet, sachant que c&#039;est une femme très bavarde nous avons préférer poser le cadre dès le départ. &lt;br /&gt;
Nous avons pu constater en rentrant dans son salon qu&#039;elle avait préparé différents articles concernant le droit à l&#039;avortement - des articles qu&#039;elle nous a présenté tout au long de l&#039;interview -.&lt;br /&gt;
C&#039;est avec beaucoup d&#039;émotion qu&#039;elle a répondu à nos questions et qu&#039;elle a raconté son combat pour les différents droit de la femme - droit de vote, droit à l&#039;avortement etc.-. Nous avons vraiment ressenti, à travers ses propos, l&#039;importance que ces combats ont eu pour elle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Points communs entre les entretiens=== &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plusieurs points communs ressortent de ces deux entretiens.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout d&#039;abord, nous constatons que le droit à la réappropriation du corps ou plutôt à l&#039;autonomie des femmes, comme cité par [[Rina Nissim]] représente l&#039;un des combats des années 1960-80. Si les femmes, par leur combats, manifestations ont réussit à faire valoir leur droit à l&#039;avortement, elles ont aussi lutter pour la mise en place d&#039;autres valeurs tels que le droit à la contraception, le droit de vote, le droit d&#039;accès aux études. Toutes ces luttes sont évoqués par les deux femmes interrogés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Afin de parvenir à ces changements, il a fallu se réunir entre femmes. A partir du moment où nous souhaitons un changement important, il est nécessaire d&#039;obtenir une mobilisation importante. Rina Nissim part d&#039;un petit groupe, le [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]] qui finalement va prendre une grande ampleur et [[Amélia Christinat|Amélia Christianat]] s&#039;impose dans la politique. Il parait donc évident pour ces deux protagonistes, que pour espérer un changement, il faut se réunir en groupe. La notion de communauté prend donc toute son importance. La notion de communauté est définie comme étant un état de ce qui est commun à plusieurs personnes, similitudes, groupe constituant une société, mise en commun des biens entre époux. Au sens étymologique originel : cum munus. La communauté est donc un groupe de personnes (cum) qui partagent quelque chose (&amp;quot;munus&amp;quot;)- un bien, une ressource, ou bien au contraire une obligation, une dette.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Même si le concept de communauté n&#039;est pas dit explicitement dans nos entretiens, il apparaît tout au long puisque chacune d&#039;entre elles a rejoint un groupe dans lequel elles éprouvaient des intérêts communs. Chaque membre décide alors en quoi, comment et quand il contribuera à ce groupe. Dans ce cas, [[Rina Nissim]] et [[Amélia Christinat]] en tant que féministes se sont engagées et ont lutté pour le droit des femmes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Enfin, il est intéressant de constater que nos deux intervenantes tirent un bilan mitigé quant à ces luttes pour les droits des femmes. [[Amélia Christinat]] dit :&amp;quot; Alors en fait tout changement, toute progression que l’on peut interpréter comme sociale n’est jamais définitivement acquise. Donc en fait, il faut veiller continuellement, défendre continuellement où que vous soyez et avec qui que vous soyez.&amp;quot; Quant à [[Rina Nissim]], elle dit :&amp;quot;Malheureusement dans la société c’est comme ça, il faut tout le temps se battre. Ça c’est un point sur lequel on est en recul.&amp;quot;, On est en plein recul. Donc y a un ou deux pays qui ont avancé pour l’instant y en a douze qui ont régressé. Donc cela ne va pas du tout cette affaire, on a une très mauvaise posture.&amp;quot; Ainsi, la question des droits pour la personne n&#039;est jamais complètement acquis. Il faut sans arrêt se battre pour continuer à faire valoir ses droits en tant que personne.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il convient à présent de reprendre l&#039;ensemble des questions posés et d&#039;en ressortir les éléments importants :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- &#039;&#039;&#039;Depuis quand et avec qui vous vous êtes engagés dans la lutte pour les droits de la femme et quel était à ce moment votre statut (ou fonction)? Dans quel contexte s&#039;est inséré cette démarche ?&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les deux personnes interrogés ont un parcours différents et leur action ne s&#039;est pas faite au même niveau. [[Rina Nissim]], après son interruption de grossesse à 19 ans, trouve un tract dans un local d&#039;anarchiste. C&#039;est un tract du [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]] qui invite des femmes à les joindre dans leur groupe. [[Rina Nissim]] est intéressée et entre alors au [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]]. Elle est alors la plus jeune de la bande. Il n&#039;y avait pas de statut en tant que tel mais chacune apportait ses connaissances et son envie de se battre pour obtenir plus de droit pour la femme. Quant à [[Amélia Christinat]], elle agit plutôt a un niveau politique et va faire un long parcours en passant par le législatif, le cantonal puis le niveau national afin d&#039;apporter des changements reconnus dans toute la Suisse. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- &#039;&#039;&#039;Y a-t-il eu un événement originel? Pourriez vous nous raconter un ou des événements marquant que vous avez mené ou qui vous ont frappé dans cette période en faveur de ces droits ?&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;un des droits qui a frappé [[Rina Nissim]] dans cette période est l&#039;accès à l&#039;avortement libre et gratuit ainsi que l&#039;accès à la contraception. Elle explique que c&#039;est l’accessibilité à l&#039;avortement qui était problématique.Le planning familial a été une grande innovation mais n&#039;était pas encore présent dans les mentalités de tous et ce notamment chez les gynécologue qui n&#039;acceptait pas tous de donner la pilule. Le [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]] faisait des listes des médecins d&#039;accord de prescrire cette pilule et dirigeait les femmes au bon endroit.Cependant, elle ne nous décrit pas un événement très précis, une action qu&#039;elle a effectué qui a pu entraîner ces changements. C&#039;est néanmoins des manifestations importantes et à plusieurs reprises qui ont permis ces évolutions. [[Amélia Christinat]] considère aussi que le droit à l&#039;avortement est un événement phare de cette époque et ajoute que le droit de vote pour la femme est aussi l&#039;un des événements marquants. Elle donne comme exemple les luttes ouvrières françaises qui allaient en Belgique pour se faire avorter parce que c&#039;était défendu en France et qu&#039;elles n&#039;avaient pas d&#039;argent. C&#039;est un événement particulièrement marquant et touchant selon elle. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- &#039;&#039;&#039;Quels ont été les changements les plus importants auxquelles vous ayez assisté ?&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Rina Nissim]] évoque plusieurs changements auxquels elle a pu assister. Elle parle de la libération des femmes. C&#039;est se considérer comme un individu à part entière qui peut décidé de soi-même, d&#039;être un vrai sujet dans leur vie, dans leur sexualité, dans leur contraception, dans leur choix professionnel. D&#039;après elle, il y a donc eu plusieurs droit : celui de l&#039;avortement avec pour commencer le remboursement par les caisses maladies en 81, le droit au divorce, le divorce. [[Amélia Christinat]] ajoute à l&#039;ensemble de ces changements le droit de vote, en disant qu&#039;à partir du moment où nous avons le bulletin, c&#039;est quelque chose de très important puisque les femmes sont considéré comme une personne. Nous pouvons rattacher cela à l&#039;ensemble de cette étude qui étudie le droit des personnes. Dans le cas des différentes luttes pour le droit des femmes, nous cherchons à mettre en avant qu&#039;elles sont avant tout des personnes qui doivent avoir la liberté de choisir, de donner leur avis. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-&#039;&#039;&#039; Y a-t-il eu des valeurs que vous avez eu le sentiment d’avoir porter en avant et si oui lesquels  ?&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Différentes valeurs sont mises en avant par les deux femmes interrogés. C&#039;est le féminisme, l&#039;humanisme, le socialisme, l&#039;anarchisme. De manière générale l&#039;autonomie des femmes marqué par la réappropriation de son corps. Dans leur discours, les deux femmes montrent bien qu&#039;auparavant nous étions considérés comme femme de.., fille de... que les femmes ont toujours du être meilleure que les hommes. Elles devaient tout faire. De ce fait, les femmes n&#039;étaient pas des sujets en tant que telle. Ce n&#039;est qu&#039;après de nombreuses luttes que nous avons mis en avant le fait que les femmes soient avant tout des personnes. Elles sont maintenant devenues comme les hommes. Bien que pour les deux femmes, ce n&#039;est pas un acquis et cette évolution à tendance à reculer. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039; Mais qu’en est-il aujourd’hui de cette lutte et des acquis et des risques de retour en arrière ?&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le maître mot de ces deux femmes concernant cette lutte est que rien n&#039;est acquis. Il faut toujours se battre parce que les choses ont tendance à régresser. Aujourd&#039;hui le droit de vote, le droit d&#039;accès aux études est l&#039;un des points acquis. Cependant, la question de l&#039;avortement est remis en cause et fait l&#039;objet de tension puisqu&#039;il est question de supprimer le remboursement des avortements. C&#039;est donc l&#039;une des causes pour lesquels il faut continue à se battre et faire valoir ses droits si l&#039;on ne veut pas revenir en arrière.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Références bibliographiques ==&lt;br /&gt;
&amp;lt;references/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Boutin, G., 2006, &#039;&#039;L&#039;entretien de Recherche qualitatif&#039;&#039;, Presses de l&#039;Université du Québec.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Roussopoulos Carole, &#039;&#039;Debout ! Une histoire du mouvement des femmes 1970-80&#039;&#039;, 1999. Consulté le 19 Novembre 2013 sur http://ballonsonde.org/wikiSonde/videos/Femmes_Debout.htm&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
– Hirata H, et al,2000, &amp;quot;Dictionnaire critique du féminisme&amp;quot;, Paris : Presse Universitaires de France.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Archives contestataires de Genève, Mouvements de Liberté des Femmes : 1970-90[[Fichier:MLF femme.pdf|vignette|Document des archives contestataires]]&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Archives contestataires de Genève, Mouvements de Liberté des Femmes : 1970-90[[Fichier:MLF archives.pdf|vignette|Documents des archives contestataires]]&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Archives contestataires de Genève, Mouvements de Liberté des Femmes : 1970-90 [[Fichier:MLF assez.pdf|vignette|document des archives contestataires]]&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Archives contestataires de Genève, Mouvements de Liberté des Femmes : 1970-90 [[Fichier:MLF avorter.pdf|vignette|Document des archives contestataires]]&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Archives contestataires de Genève, Mouvements de Liberté des Femmes : 1970-90 [[Fichier:MLF personne.pdf|vignette|Document des archives contestataires ]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Julie</name></author>
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	<entry>
		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Droits_des_femmes&amp;diff=12034</id>
		<title>Droits des femmes</title>
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		<updated>2013-12-20T07:53:09Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Julie : /* Depuis 1990 */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Introduction  == &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Actuellement le droit à l&#039;avortement pour les femmes subit encore des contestations et même une offensive de remise en question: pouvons nous encore le qualifier comme  un droit de la femme s&#039;interrogent certains ? Tout au long de cette page nous nous centrerons sur le droit à l&#039;avortement pour les femmes depuis 1970. En effet, les mouvements féministes sont présents depuis longtemps dans l&#039;histoire des droits des personnes. Dans la période de l&#039;après guerre, les femmes se sont mobilisées plus fortement pour acquérir des droits identiques à ceux des hommes. C&#039;est par la lutte pour le droit à un travail rémunéré que les mouvements prennent de l&#039;ampleur  : &amp;quot;L&#039;essort du féminisme dans cette période serait intimement lié à celui du travail salarié&amp;quot; &amp;lt;ref&amp;gt;Riot-Sarcey, M., 2008, &#039;&#039;Histoire du féminisme&#039;&#039;, Paris, La Découvertes, Repères. p. 73 &amp;lt;/ref&amp;gt;. La question de la procréation est aussi au cœur de leur mouvement, puisqu&#039;il est question de &amp;quot;repeupler&amp;quot; des pays détruits : &amp;quot;Après l&#039;hécatombe de la guerre, jusqu&#039;alors la plus meurtrière, il est nécessaire, plus que jamais de &amp;quot;remplir les berceaux vides&amp;quot;&amp;quot; &amp;lt;ref&amp;gt;Riot-Sarcey, M., 2008, &#039;&#039;Histoire du féminisme&#039;&#039;, Paris, La Découvertes, Repères. p. 73 &amp;lt;/ref&amp;gt;. Il ne faut pas non plus oublier leurs luttes pour l&#039;accès à la politique : plus précisément le droit de vote pour les femmes, qui prend de l&#039;ampleur bien avant la guerre. C&#039;est dans ce contexte d&#039;après guerre, que les femmes resurgissent au front pour valoriser des droits égalitaires et propres à leur vie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cet article est fondé à la fois sur une recherche documentaire et sur la récolte de témoignages de deux personnes pionnières dans l&#039;avancée du droit des femmes à l&#039;avortement. L&#039;article présentera également les différents mouvements féministes réalisés dans les années 1970 sur le droit à l&#039;avortement.Ceci nous montreras que la Suisse, n’a pas été la première à lutter pour le droit à l’avortement, mais que le phénomène est mondial. Les États-Unis ont été sans aucun doute les précurseurs, mais la lutte s&#039;est diffusée et reproduite dans différents pays du monde amenant à des dates différentes à autoriser l’avortement.  L&#039;article se centrera sur la lutte des femmes en Suisse et les différentes lois qui en sont ressorties et cherchera à comprendre la part qu’ont joué les deux témoins interrogées dans cette histoire récente (1970 à aujourd&#039;hui). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour ce faire, nous avons constitué une bibliographie, à partir d’ouvrages sur les mouvements féministes en général, sur la chronologie des contestations. Nous avons lu des articles scientifiques qui présentent la situation en Suisse, épluché  des informations sur les deux témoins qui ont été interrogés et consulté les archives contestataires à Carouge. &lt;br /&gt;
Nous avons également pu rencontré deux femmes militantes à Genève sur ce thème. On a donc effectué deux entretiens audio avec Madame [[Amélia Christinat]] et Madame [[Rina Nissim]] pour obtenir leur témoignage sur l’histoire des mouvements féministes des années 1960 à 1980, principalement sur la question de l’avortement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L&#039;Histoire du droit des femmes == &lt;br /&gt;
Actuellement des auteures telles que Marcella Iacub et Judith Butler font de la problématique féministe une occasion de débattre la question du genre, des identités sexuelles et limites entre les sexes (intersexe, queer, etc), laquelle peut nous aider à repenser la lutte féministe. Or, celle des années 70 (en amont en Suisse de l&#039;accession des femmes à la citoyenneté) est celle d&#039;une longue marche marquée par des féministes de l&#039;après guerre comme Simone de Beauvoir avec sa formule historique &amp;quot;On ne naît pas femme on le devient&amp;quot;, soulignant le déterminisme social de la féminité et la &amp;quot;fabrication&amp;quot; culturelle. &lt;br /&gt;
Pour tenter de comprendre ce qui s&#039;est passé durant cette époque nous allons revenir sur les faits marquants. Pour la compréhension de ce qui va suivre nous vous conseillons de lire [[Frise Chronologique du droit à l&#039;avortement|la frise chronologique]] des événements marquants pour le droit à l&#039;avortement en Suisse. &lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
=== Mouvements féministes : Buts et démarches ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce n&#039;est que dans la deuxième moitié du XIXème siècle que le féminisme se démarque en tant que mouvement collectif de luttes de femmes. &amp;quot;Ces luttes reposent sur la reconnaissance des femmes comme spécifiquement et systématiquement opprimées, l&#039;affirmation que les relations entre hommes et femmes ne sont pas inscrites dans la nature mais que la possibilité politique de leur transformation existe.&amp;quot;[3] En effet, les femmes ont dû faire face à de nombreuses inégalités et cela dans de nombreux domaines: le travail, la santé, la politique... Nous constatons encore aujourd&#039;hui que de nombreuses inégalités persistent sur le droit des femmes mais elles sont moindres ou de nature différentes que dans les années 1960-80. Pour pouvoir entrer dans un processus de revendication politique du féminisme, il faut qu&#039;il y ait une &amp;quot;relation avec une conceptualisation de droits humains universels;elle s&#039;ancre dans les théories des droits de la personne dontles premières formulations juridiques sont issues des révolutions américaines puis françaises.&amp;quot; &amp;lt;ref&amp;gt;Hirata H, et al,2000, &amp;quot;Dictionnaire critique du féminisme&amp;quot;, Paris : Presse Universitaires de France, p. 225&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
Il convient de faire une distinction entre les mouvements féministes et les mouvements populaires des femmes. En effet, les mouvements populaires des femmes ne mettent pas directement en avant l&#039;exigence de droits spécifiques pour les femmes. C&#039;est l&#039;emploi du mot féministe qui va changer les représentations que l&#039;on se fait à cette époque. Pour certains les féministes sont &amp;quot;trop bourgeoises au XIXème siècle et au début du XXème siècle trop radicales et ennemies des hommes après les années 1970&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;Hirata H, et al,2000, &amp;quot;Dictionnaire critique du féminisme&amp;quot;, Paris : Presse Universitaires de France., p. 126&amp;lt;/ref&amp;gt;. Quant à l&#039;expression &amp;quot;mouvement des femmes&amp;quot;, elle est plus souvent utilisée comme raccourci pour mouvement de libération des femmes. Voila pourquoi elle a pu être associée au féminisme le plus radical et explique la confusion entre les deux termes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lorsque nous parlons de &amp;quot;mouvements féministes&amp;quot; nous désignons sous une même dénomination &amp;quot;les diverses formes des mouvements de femmes, le féminisme libéral ou &amp;quot;bourgeois, le féminisme radical, les femmes marxistes ou socialistes, les femmes lesbiennes, les femmes noires et toutes les dimensions catégorielles des mouvements actuels&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;Hirata H, et al,2000, &amp;quot;Dictionnaire critique du féminisme&amp;quot;, Paris : Presse Universitaires de France, p. 127&amp;lt;/ref&amp;gt;. Dès lors, l&#039;expression&amp;quot; mouvement des femmes &amp;quot; représente les mobilisations de femmes en Amérique Latine ou les mouvements pour la paix en Irlande ou au moyen-Orient&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;Hirata H, et al,2000, &amp;quot;Dictionnaire critique du féminisme&amp;quot;, Paris : Presse Universitaires de France., p.126&amp;lt;/ref&amp;gt; Dans la littérature, deux types de mouvements féministes se démarquent. Une première vague a émergé dans la seconde moitié du XIXème siècle. Elle est souvent présentée autour des revendications du droit de vote.  Au début du XXème siècle, ou les mouvements sont qualifiés de &amp;quot;néo féminisme&amp;quot;, les exigences ne se fondent pas sur une seule exigence d&#039;égalité mais sur une reconnaissance &amp;quot;de l&#039;impossibilité sociale de fonder cette égalité dans un système patriarcal&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;Hirata H, et al,2000, &amp;quot;Dictionnaire critique du féminisme&amp;quot;, Paris : Presse Universitaires de France, p. 126&amp;lt;/ref&amp;gt;. Le féminisme des années 1970, se fait connaitre par des mouvements anti-autoritaires, par des groupes de parole, il met en avant les formes les plus spontanées de manifestation et refuse toute organisation hiérarchique. &amp;quot; L&#039;appartenance au mouvement représente la mise en acte d&#039;une nouvelle idéologie, la recherche de sens et de valeurs communs.&amp;quot; &amp;lt;ref&amp;gt;Hirata H, et al,2000, &amp;quot;Dictionnaire critique du féminisme&amp;quot;, Paris : Presse Universitaires de France, p.128&amp;lt;/ref&amp;gt;. C&#039;est entre la fin des années 1960 et le début des années 1970 que le féminisme connait une ampleur internationale. &amp;quot;L&#039;onde de choc part des Etats-Unis et gagne très rapidement la Grande-Bretagne et l&#039;Allemagne dans les années 60&amp;quot;. Il faut ajouter qu&#039;en &amp;quot;dépit de son caractère extra parlementaire, le mouvement de libération des femmes a la capacité de susciter de larges mobilisations auprès des femmes syndiquées, des femmes de partis de gauche et de droite ou des associations luttant pour les droits des femmes comme le planning familial. Ce sont d&#039;abord les campagnes pour la liberté d&#039;avorter qui constituent les événements les plus importants et les plus marquants &amp;lt;ref&amp;gt;Hirata H, et al,2000, &amp;quot;Dictionnaire critique du féminisme&amp;quot;, Paris : Presse Universitaires de France, p. 128&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En ce qui concerne la Suisse, c’est dans la continuité du mouvement de la jeunesse estudiantine de 1968 que naît le nouveau mouvement féministe. C’est à Zurich que se sont réunies des femmes de gauche, que l’on appellera « Frauenbefreiungsbewegung » ou plus communément le FBB. Elles critiquent le fait que les femmes sont oppressées et qu’il s’agit d’une « contradiction sociale fondamentale ». Le [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]], pour la Suisse romande et le MFT au Tessin vont très rapidement suivre la création du FBB, avec comme objectif commun de « récuser l’organisation hiérarchique des associations et de la politique traditionnelle » &amp;lt;ref&amp;gt;Commission fédérale, &#039;&#039;Femmes Pouvoir Histoire&#039;&#039;, 1.3, p. 1, consulté le 27 Novembre sur http://webcache.googleusercontent.com/search?q=cache:UpvKGVSBak0J:www.ekf.admin.ch/dokumentation/00444/00517/index.html%3Flang%3Dfr%26download%3DNHzLpZeg7t,lnp6I0NTU042l2Z6ln1ae2IZn4Z2qZpnO2Yuq2Z6gpJCDdH58hGym162epYbg2c_JjKbNoKSn6A--+&amp;amp;cd=2&amp;amp;hl=fr&amp;amp;ct=clnk&amp;amp;gl=ch&amp;amp;client=firefox-a&amp;lt;/ref&amp;gt; inspirés des mouvements français et américains préalablement abordés. Cependant, des divergences existent entre tous ces mouvements sur différentes questions telles que l’avortement ou encore la possibilité pour le sexe féminin de faire l’armée. Une chronologie a été rédigée dans l’article suivant : &amp;quot;Le nouveau mouvement féministe et les organisations féminines depuis 1968&amp;quot; de la Commission fédérale pour les questions féminines de la Confédération Suisse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La période  entre 1940-50 : une période restrictive ===&lt;br /&gt;
Pour comprendre la lutte pour l&#039;avortement comme droit de la personne il nous faut revenir sur le contexte de l&#039;après guerre. La législation suisse sur l’avortement est l’une des plus restrictives d’Europe.  Les premières dispositions du Code pénal suisse à ce sujet ont été définies en 1942 et prévoient, à cette époque, l’emprisonnement de la femme qui avorte, ainsi que de la personne qui l’aide à pratiquer cet acte. En revanche, une exception existe : si la grossesse comporte un danger pour la mère et que l’interruption de grossesse est pratiquée par un médecin, l&#039;avis étant approuvé par un second médecin, l’avortement n’est alors pas punissable. On comprend alors que la conséquence a été un nombre considérable d’avortements illégaux. Cependant, la mise en place de dispositifs de préventions et d’une diffusion d’informations contribua à faire diminuer le nombre d’avortements autant illégaux, que légaux. Par ailleurs, l’Organisation Mondiale de la Santé ([http://www.who.int/fr/ OMS]) a étendu la notion de « santé » en y insérant les dimensions de bien-être psychique et social : « la santé ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité ; elle est un état de complet bien-être physique, mental et social. »&amp;lt;ref&amp;gt;Rey, A.-M., 2013, &#039;&#039;Tendance à la libéralisation&#039;&#039;, USPDA. Consulté le 7 Novembre sur http://www.svss-uspda.ch/fr/suisse/liberal.htm&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ceci légalise aussi la pratique d’interruption de grossesse et écarte la menace d’emprisonnement. &amp;lt;ref&amp;gt;Rey, A.-M., 2013, &#039;&#039;L&#039;ancienne législation de 1942&#039;&#039;, USPDA. Consulté le 7 Novembre sur http://www.svss-uspda.ch/fr/suisse/loi_1942.htm&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
Cependant, cette législation attise la colère et la montée d’une révolte. Au début du XXème siècle, on voit s’élever des mouvements, tels que les organisations ouvrières, pour lutter en faveur de la décriminalisation de l’avortement.&lt;br /&gt;
De plus, dans cette période, il existe une différence entre les cantons au niveau de la législation sur l&#039;avortement. Ceci met donc les professionnels dans l&#039;embarras puisqu&#039;ils n&#039;ont pas une pratique généralisée au niveau de l&#039;état, et cela soulève également une inégalité entre les femmes des différents cantons de la Suisse. Des mesures fédérales strictes ont donc été prises pour tenter de généraliser les pratiques et s&#039;accorder sur la pratique de l&#039;avortement : « l’institutionnalisation juridique d’une interruption de grossesse pouvant être légalement pratiquée par un médecin sous haute surveillance de l’Etat : consultation obligatoire d’un second médecin, qui doit être un spécialiste et en plus agréé par les autorités cantonales compétentes, et qui doit donner par écrit un « avis conforme ». Il faut également le consentement écrit de la femme enceinte. ». Ainsi à cette époque nous constatons que les femmes n&#039;ont pas la maitrise de leur corps et que de ce fait la maternité ne peut se contrôler. Ce contexte illustre la réalité des femmes, soit elles ont la chance de pouvoir trouver deux médecins qui l&#039;estime en danger, soit elles décident de pratiquer un avortement illégal ce qui comporte de grands risques pour leur santé (hémorragie et infection qui peuvent entrainer la mort de la femme).&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La période 1960-70 : les premiers changements ===&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Fichier:Graphiquefemme.jpeg|vignette|gauche|Graphique représentant les condamnations des femmes]]&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Le graphique ci-contre nous montre la condamnation des femmes en ce qui concerne l&#039;avortement.&amp;lt;ref&amp;gt;Rey, A.-M., 2013, &#039;&#039;Interruption de grossesse en Suisse : les faits et les données&#039;&#039;, USPDA. Consulté le 18 Novembre sur http://www.svss-uspda.ch/pdf/faits-et-donnees.pdf &amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt; En effet, nous voyons que le pic le plus élevé se situe dans l&#039;année 1950, avec 550 condamnées. Puis lors de la commercialisation de la pilule, l&#039;emprisonnement des femmes diminue fortement l&#039;année suivante, passant d&#039;environ 400 condamnations à environ 260. De manière générale, ce graphique montre que les condamnations sur la période 1960-1980 n&#039;ont cessé de baisser. &lt;br /&gt;
Les années 60 sont donc marquées par l&#039;arrivée de la pilule contraceptive en Suisse. En effet, en 1961, la commercialisation de celle-ci fait reculer le nombre d&#039;avortement pratiqué en Suisse puisque les femmes ont un contrôle sur leur reproductibilité. Malgré tout, la pilule contraceptive circule à l&#039;époque discrètement, puisque aucune loi ne précise son autorisation. En 1965, la création du premier planning familial en Suisse au HUG permettra de conseiller les familles. L&#039;établissement ouvrira donc un pôle dédié à l&#039;information familiale et aux régulations des naissances.&amp;lt;ref&amp;gt;Fert-Bek, D., (s.d.), &#039;&#039;Historique&#039;&#039;, Le service du planning familial de Genève a 40 ans,Genève, HUG. Consulté le 18 Novembre 2013 sur http://planning-familial.hug-ge.ch/nous/historique.html&amp;lt;/ref&amp;gt; Dans cet établissement les professionnels conseillent les parents sur la manière d&#039;avoir un contrôle sur l&#039;élargissement de leur famille. Ainsi, grâce à cette structure, la pilule contraceptive a pu circuler dans le territoire helvétique. La pilule était considéré pour certain comme un enjeux économique : elle permettait de contrôler les naissances et donc de préserver la richesse, et pour d&#039;autres comme un moyen de débrider la sexualité des femmes&amp;lt;ref&amp;gt;L&#039;illustré, (s.d.) &#039;&#039;La pilule qui a changé le monde&#039;&#039;, Archives, Consulté le 18 Novembre 2013 sur http://www.illustre.ch/la_pilule_qui_a_change_le_monde_45372_.html&amp;lt;/ref&amp;gt;.   &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Mlf.jpeg|vignette|gauche|Affiche du Front des Bonnes Femmes]][[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|Le Mouvement de Libération des Femmes (MLF)]] a démarré aux Etats-Unis, et a encouragé les militants des autres pays à lutter pour améliorer les conditions féminines. Le [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]] créé en 1969 à Zurich,que l&#039;on retrouvait également dans d&#039;autres cantons  (Genève et Tessin par exemple) se base &amp;quot;sur les mouvements de libération du Tiers monde pour encourager les femmes à se libérer des contraintes inhérentes à la famille nucléaire (Rôle des sexes).&amp;quot; &amp;lt;ref&amp;gt;Jorris, E., 2009, &#039;&#039;Mouvement de libération des femmes (MLF)&#039;&#039;. Consulté le 19 Novembre 2013 sur http://www.hls-dhs-dss.ch/textes/f/F16504.php&amp;lt;/ref&amp;gt;. Sur le canton de Genève plus précisément, des groupes de certains partis de gauche militaient en ces faveurs (ils étaient très hiérarchisés et ne plaisaient pas à toutes les femmes militantes). C&#039;est donc principalement grâce à Madame Brodmann (qui a milité aux Etats-Unis) et Madame Gramoni qu&#039;il y a eu dans un premier temps le front des Bonne-Femmes (où militait aussi Rina Nissim). Leur premier slogan a été &amp;quot;Femmes décolonisons-nous !&amp;quot; avec des affiches placardées sur les façades des grandes banques : les femmes insistaient donc pour la ré-appropriation de leur corps (avortement, pilule contraceptive, ...).&amp;lt;ref&amp;gt;Roussopoulos Carole, Debout ! Une histoire du mouvement des femmes 1970-80, 1999. Consulté le 19 Novembre 2013 sur http://ballonsonde.org/wikiSonde/videos/Femmes_Debout.htm&amp;lt;/ref&amp;gt; &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Les femmes pensent donc vivre singulièrement des situations d&#039;exclusion et d&#039;injustices, or le fait de discuter ensemble elles se rendent compte qu&#039;elles vivent toutes ce genre de situation. Cette prise de conscience favorise donc la mobilisation des femmes pour combattre ces injustices dont elles sont victimes. Les communautés ou ce que l&#039;on pourrait appeler regroupements permettent donc aux femmes de prendre consciences mais aussi de prendre du pouvoir dans la société. L&#039;effet de groupe a permis de de faire rassembler dans les rues des milliers de femmes pour manifester ensemble contre des inégalités entre sexe ([[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]]).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans le même temps, il ne faut pas oublier que les avortements illégaux continuent à être pratiqués à cette période. En effet, le nombre d&#039;avortements, légaux et illégaux, est estimé à 50 000 en 1966. Les avortements légaux s&#039;élevaient à environ 17 000 en 1966 (16 000 en 1978 et 1980, 14 000 en 1985, 13 000 en 1990, 12 000 en 1995, 13 000 en 1996 et 1998). Les avortements clandestins diminuèrent grâce : &lt;br /&gt;
* à la raréfaction avec l&#039;élargissement des indications médicales dans les cantons libéraux (Zurich, Bâle-Ville, Berne, Vaud, Neuchâtel, Genève) dès les années 1950&lt;br /&gt;
* la libéralisation progressive dans d&#039;autres cantons(Tessin dès les années 1970; Argovie, Bâle-Campagne, Glaris, Schaffhouse, Soleure, Jura au cours des années 1990)&lt;br /&gt;
* la généralisation des centres de planning familial, des cours d&#039;éducation sexuelle, la diffusion de moyens de contraception sûrs dès les années 1960 &lt;br /&gt;
* le remboursement de l&#039;intervention par les caisses maladie).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On remarque que malgré les mesures juridiques fédérales restrictives, les cantons adoptent des pratiques très différentes les uns des autres. Ainsi, les dimensions d’ordre psychologique et social sont incluses dans les indications médicales des cantons libéraux, alors que la pratique est seulement tolérée dans les cantons conservateurs catholiques. Face à cette inégalité juridique, les cantons libéraux accueillent des femmes vivant dans ces cantons restrictifs pour se faire avorter. On assiste à une forme de tourisme « gynécologique ». Cela amène les cantons à réfléchir sur ces pratiques. Notamment le canton de Neuchâtel, où plusieurs affaires d&#039;avortements sont jugées. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La période 1970-1980 : La période clé ===&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
A la suite de ces scandales, le député radical Maurice Favre dépose en mars 1971 une [http://www.amtsdruckschriften.bar.admin.ch/viewOrigDoc.do?id=10100953 motion] en faveur d&#039;une initiative cantonale demandant la suppression des articles 118 à 121 du CP.  &lt;br /&gt;
Cette démarche est suivie du lancement, en juin de la même année, par un comité de cinq personnes, de l&#039;initiative populaire fédérale pour la décriminalisation de l&#039;avortement, largement soutenue notamment par le mouvement des femmes. En 1972, les milieux chrétiens conservateurs font circuler une pétition &amp;quot;Oui à la vie, non à l&#039;avortement&amp;quot;. A partir de ce moment-là, nous voyons apparaître les organisations et les mouvements féministes qui organisent des manifestations en faveur de l’interruption de grossesses libres et gratuites, ainsi que pour revendiquer [http://www.svss-uspda.ch/index.html la décriminalisation de l’avortement].  Il y a dons deux propositions faites : accorder un délais pour l&#039;avortement (par exemple : les avortements pourront être légal pendant les 10 premières semaines de grossesse)ou élargir les motifs pour l&#039;avortement (par exemple : souffrances psychiques, douleurs physique, ...)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C&#039;est une lutte qui se fait contre des mentalités traditionnelles où l&#039;homme est dominant dans la société. La prise de conscience des femmes et de leurs conditions se fait petit-à-petit, en prenant plus d&#039;ampleur au milieu des années 70. C&#039;est la réunion de plusieurs milliers de femmes qui fait que l&#039;on puisse qualifier le [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]] de mouvement. Ce sont des femmes de tout âge qui se battent pour l&#039;amélioration de leurs conditions de vie. Ces mouvements veulent principalement lutter pour le droit du libre choix des femmes ou de manière générale à ce que l&#039;on nomme l&#039;autonomie des femmes. A cette époque, il y a &amp;quot;deux types de femmes&amp;quot; :  celles qui font des études mais qui restent à la maison pour materner, ou bien celle qui font des études et qui travaillent. Ces dernières se trouvent confrontées à la réalité sociale : avec le même titre professionnel, les femmes obtiennent des salaires bien inférieurs à ceux des hommes. C&#039;est suite à cette prise de conscience face au [http://www.scienceshumaines.com/peut-on-en-finir-avec-le-plafond-de-verre_fr_22408.html Plafond de Verre], que les femmes se réunissent pour échanger leurs histoires. Elles se mobilisent donc afin de pouvoir avoir le contrôle sur leur vie, et sur leur corps. L&#039;une des grandes luttes se fait autour du contrôle de leur corps : ce qu&#039;elles nomment la mobilisation pour la ré-appropriation du corps. Il s&#039;agit de donner aux femmes la possibilité de choisir leur maternité, leur contraception, et leur médicamentation. En 1978, sur le canton de Genève, l&#039;ouverture du Dispensaire des femmes (par [[Rina Nissim]]) leur permet d&#039;être accueillies dans un lieu où on leur donne des conseils, des listes de gynécologues tolérants face aux choix d&#039;avorter ainsi que différentes méthodes pour soigner les maladies génitales, ... De plus, les femmes peuvent si elles le veulent accéder au groupe action Self-Help du [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]] ; qui est un lieu où l&#039;on échange sur son vécu, et où l&#039;on pratique des examens concrets pour découvrir son corps. L&#039;instruction, comme l&#039;évoque [[Amélia Christinat|Mme Christinat]] permet aux femmes de comprendre les injustices auxquelles elles sont confrontées et de se mobiliser pour que toute les sociétés reconnaissent les femmes comme des personnes avec un cerveau. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans le même temps, une nouvelle réglementation sur l’avortement est considérée par le Conseil fédéral, et trois variantes sont discutées : la première, appelée &amp;quot;solutions des indications&amp;quot; autorise l’avortement dans les situations où la grossesse menace la vie ou la santé de la femme, en cas de viol, ou encore si l’enfant présente un trouble ou une déficience physique et/ou mentale. Une autre variante est celle des « indications sociales » qui prend en compte la situation sociale précaire de la femme. Finalement, la troisième, « solution des délais », permet l’avortement pendant les douze premières semaines de grossesse. Il en va sans dire que les partis politiques, les organisations et les cantons conservateurs catholiques sont en faveur de la solution la plus restrictive, alors que leurs rivales refusent les trois types de variantes et revendiquent l’avortement libre et gratuit. Le Conseil fédéral  rejette l’initiative pour la décriminalisation de l’avortement, mais opte finalement pour la solution des indications élargies, attisant ainsi le mécontentement des deux camps. &lt;br /&gt;
Face au rejet de l’initiative populaire pour la décriminalisation de l’avortement, [http://www.svss-uspda.ch/index.html l’Union Suisse pour la Décriminalisation de l’Avortement] (USPDA) (dont fait partie [[Amélia Christinat]])propose un compromis et lance une initiative qui cette fois rejoint l’idée de la solution des délais. « L’initiative réclament la décriminalisation de l’avortement s’il est pratiqué par un  médecin avec le consentement de la femme pendant les douze semaines qui suivent les dernières règles ». Cependant, celle-ci essuie à nouveau un échec : elle est rejetée par la majorité des cantons. &lt;br /&gt;
Les années suivantes toutes les propositions d&#039;initiatives,pour ou contre l&#039;avortement, sont sans cesse rejetées. Mais les luttes féminines pour le droit à l&#039;avortement s&#039;amplifient dans cette période pour pouvoir faire changer les droits de la personne et principalement les droits de la femme. Ce n’est qu’en 1990, que l’idée d’une révision de la loi relative à l’avortement est remise sur le devant de la scène. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous constatons que cette période est une période riche pour la mobilisation des droits des femmes ; de multitudes groupes se forment à l&#039;intérieur du MLF, des nouveaux établissements pour les femmes se créent, ...mais ce qui se fait ressentir c&#039;est  surtout l&#039;envie de faire changer la mentalité de la société pour que les femmes aient les même droits que les hommes. Nous avions déjà retrouver ce point en 1791 en France où est apparue la [http://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9claration_des_droits_de_la_femme_et_de_la_citoyenne Déclaration des Droits de la Femme et de la Citoyenne] se basant sur la [http://www.textes.justice.gouv.fr/textes-fondamentaux-10086/droits-de-lhomme-et-libertes-fondamentales-10087/declaration-des-droits-de-lhomme-et-du-citoyen-de-1789-10116.html version originale] et dont le but était de montrer l&#039;égalité juridique entre homme et femme.   &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Depuis 1990 ===&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Les différentes mobilisations des femmes soixanthuitardes ont permis la diminution d&#039;une multitude d&#039;inégalités pour lesquelles elles se mobilisaient.&lt;br /&gt;
Revenons tout d&#039;abord, en 1994, où l&#039;on constate un net recul du nombre d’avortements légaux. Ceci peut s’expliquer par une diffusion de l’information (éducation sexuelle) et la libre disposition de moyens contraceptifs. Ce phénomène vient appuyer l’idée que la libéralisation ne conduit pas à une augmentation des avortements, bien au contraire. Plusieurs services se sont donc installés suite au manifestations des femmes dans les rues. A partir de là, les choses commencent à changer et vont en faveur de la décriminalisation de l’avortement. En effet, le Conseil National adopte en 1995 &amp;quot;la solution des délais&amp;quot;. En 1996, la Commission des Affaires Juridiques du Conseil National ratifie un projet de loi qui prévoie la décriminalisation de l’avortement pendant les 14 premières semaines après les dernières règles. On voit mêmes les femmes du parti démocratique-chrétien (PDC) aller en faveur du droit de la femme à l’autodétermination et pour &amp;quot;la solution des délais&amp;quot;. De nombreuses organisations telles que la Fédération suisse des Eglises protestantes, les groupes des femmes radicales de Suisse, accueillent cette solution des délais comme un compromis tolérable. Toutefois, le Conseil Fédéral rejette une fois de plus la &amp;quot;solution du délai&amp;quot; en 1998. Nous constatons donc que les manifestations pendant plus de 15ans, ne suffisent pas pour que la Suisse autorise l&#039;avortement. En France par exemple, la lutte des femmes a été moins longue en ce qui concerne le droit à l&#039;avortement puisqu&#039;il est autorisé depuis  [http://fr.wikipedia.org/wiki/Loi_Veil_du_17_janvier_1975_sur_l&#039;interruption_volontaire_de_grossesse 1975] et suite [http://fr.wikipedia.org/wiki/Manifeste_des_343 aux manifestes des 343] de 1971. &lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Par ailleurs, la pilule abortive Mifegyne (RU 486) est admise et commercialisée en Suisse dès 1999. La [http://webcache.googleusercontent.com/search?q=cache:aZM-IrETCowJ:bijsluiters.fagg-afmps.be/DownloadLeafletServlet%3Fid%3D109287+&amp;amp;cd=9&amp;amp;hl=fr&amp;amp;ct=clnk&amp;amp;gl=ch&amp;amp;client=firefox-a notice] d&#039;utilisation explique son utilité : &amp;quot;Mifegyne est un médicament qui bloque l&#039;action de la progestérone, une hormone nécessaire au maintien de la grossesse. Mifegyne peut donc provoquer une interruption de grossesse.&amp;quot; Cependant cette méthode médicamenteuse est soumise aux mêmes dispositions pénales que l’avortement et est prescrite uniquement par le corps médical.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Finalement, le Parlement adopte la solution du délai en mars 2001 et est rentré en vigueur en 2002. « Ainsi l’avortement n’est pas punissable pendant les 12 premières semaines de la grossesse à condition que la femme fasse valoir une situation de détresse. Les cantons doivent décider quels cabinets et établissement peuvent pratiquer l’intervention. » &amp;lt;ref&amp;gt;Rey, A.-M., 2013, Régime du délais, USPDA. Consulté le 7 Décembre sur http://www.svss-uspda.ch/fr/suisse/loi.htm&amp;lt;/ref&amp;gt; De plus, Rey (2013), illustre les modifications entre l&#039;ancienne et la nouvelle loi de 2002, relatif à l&#039;avortement. &amp;lt;ref&amp;gt;Rey, A.-M., 2013, Comparaison ancienne et nouvelle législation, USPDA. Consulté le 7 Décembre sur http://www.svss-uspda.ch/fr/suisse/comparaison.htm &amp;lt;/ref&amp;gt; Depuis ce jour, la femme est la seule personne qui ait le droit de choisir ou non l&#039;avortement. En aucun cas, une personne tierce (et même si celle-ci a une blouse blanche) ne pourra refuser l&#039;avortement d&#039;une femme dans les douze premières semaines de grossesse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous pouvons donc conclure que « les discussions provoquées en 1971 par l’initiative en faveur de la décriminalisation de l’avortement ont été à l’origine d’un changement des mentalités et d’une prise de conscience ».&amp;lt;ref&amp;gt;Rey, A.-M., 2013, Chronologie des événements dès 1970, USPDA. Consulté le 7 Décembre sur http://www.svss-uspda.ch/fr/suisse/chronologie.htm &amp;lt;/ref&amp;gt; En effet, on assiste à une diminution du nombre de condamnations et à une libéralisation de la pratique de l’avortement. Par ailleurs, on se rend compte qu’à travers la mise en place de centres de plannings familiaux et des dispositifs d’informations, comme l’éducation sexuelle, on parvient à lutter contre l’avortement.  La prévention prévaut donc à la pénalisation. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cependant on constate que la réglementation à ce sujet peut encore être modifiée, car ce droit à l’avortement est sans cesse remis en question. En effet, en 2010, le mouvement anti-avortement « Mamma », qui s&#039;intitulait auparavant &amp;quot;Pour la mère en l’enfant&amp;quot;  lance une initiative populaire : « Financer l’avortement est une affaire privée ». Il s’agit d’une initiative qui demande que l’IVG ne soit plus pris en compte par les prestations de l’assurance maladie de base, et ce en invoquant l’idée qu’il s’agit d’une décision d’ordre privé, et que de ce fait le financement public n’a pas de sens. Cependant, on remarque que le droit à donner la vie est également de l’ordre du privé, et pourtant celui-ci n’est pas contesté. [[Entretien Rina Nissim|Rina Nissim]], nous met en garde sur la tournure que prend les événements d&#039;aujourd&#039;hui (concernant le financement de l&#039;avortement). En effet, selon elle, nous serions en pleine régression concernant le libre choix de la femme. A contrario des générations d&#039;après 70, il faut que les générations d&#039;aujourd&#039;hui se mobilisent pour faire en sorte de garder un droit durement acquis par les femmes soixanthuitardes. La votation de Février 2014 qui se prépare pourrait modifier les droits que nous avons jusqu&#039;à présent. Si les générations de maintenant et les suivantes veulent elles aussi avoir la possibilité de choisir leur grossesse, elles se doivent de s&#039;impliquer pour faire en sorte de ne pas perdre les droits acquis.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les témoins qui ont participé aux changements ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous avons décidé d&#039;interroger des personnes qui se sont mobilisées en Suisse pour le droit à l&#039;avortement. Elles pourront donc faire ressortir des éléments personnels sur le contexte de l&#039;époque, et les problèmes qu&#039;elles ont pu rencontré pour la mise en place de ce droit. &lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Nous avons dans un premier temps contacté Mme [[Amélia Christinat|Christinat Amélia]], avec qui l&#039;une de nous avait déjà travaillé il y a quelques années. Cette personne a donc accepté de participer à notre recherche en répondant à nos questions lors d&#039;un entretien.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un second temps nous avons contacté Mme [[Salika Wenger|Wenger Salika]], marraine de l&#039;association &amp;quot;Ni pute, Ni soumise&amp;quot; qui est actuellement impliquée dans la politique sur Genève puisqu&#039;elle fait partie du Conseil Administratif de la ville de Genève. Deux d&#039;entre nous l&#039;ont connue lors de sa venue à [http://www.infrarouge.ch/ir/1858-seins-nouvelle-arme-feministes l&#039;émission télévisée Infrarouge (RTS)] dédié aux mouvements des Femens (novembre 2011). Après discussion téléphonique, nous avons eu des éléments pertinents qui pourraient nous intéresser pour notre recherche, cependant [[Salika Wenger|Mme Wenger]] est très occupée et ne pourra pas nous accorder un entretien avant Janvier 2014. C&#039;est pourquoi après réflexion, nous avons décidé de contacter une troisième personne qui pourrait éventuellement être plus disponible : Mme [[Rina Nissim|Nissim Rina]]. Par l&#039;intermédiaire de Mme Ruchat nous avons obtenu ses coordonnées téléphoniques et avons pu avoir un rendez vous rapidement.&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Afin de leur éviter quelconque déplacement,nous avons rencontré ses personnes à leur domicile. De plus, pour des raisons pratiques et également afin de ne pas abuser de leur hospitalité, nous avons décidé de mener ces entretiens par groupes de trois.&lt;br /&gt;
Nous proposerons aux différents acteurs de partager leurs souvenirs concernant les années 1970 à Genève afin que nous comprenions la situation actuelle du droit à l&#039;avortement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Retour sur les entretiens==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== [[Entretien Rina Nissim|Entretien]] de [[Rina Nissim]] ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Notre premier entretien s&#039;est déroulée le mercredi 27 Novembre. A trois étudiantes nous nous sommes rendues au cabinet de Rina Nissim. L&#039;entretien qui en découle nous a projeter dans un univers très différent du notre : où la femme n&#039;avaient que très peu de droits. C&#039;est de part son discours, que la militante Rina Nissim, nous a partagé des informations sur l&#039;ambiance, la mobilisation et la persévérances des actrices de cette époque. C&#039;est par la réalisation de plusieurs injustices que les femmes se regroupent pour se mobiliser contre une société qui octroie peu de considération envers les femmes. Le [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]], lutte donc de manière générale pour plusieurs droits (droit à l&#039;égalité salariale, droit à la contraception, droit à l&#039;avortement, ...). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== [[Entretien Amélia Christinat|Entretien]] d&#039;[[Amélia Christinat]] ===&lt;br /&gt;
Le second entretien s&#039;est déroulé le 5 décembre chez Christinat Amélia. A notre arrivée, nous lui avons dit que nous avions déjà des questions précises à lui poser et que ces questions seraient les mêmes pour tous les groupes. En effet, sachant que c&#039;est une femme très bavarde nous avons préférer poser le cadre dès le départ. &lt;br /&gt;
Nous avons pu constater en rentrant dans son salon qu&#039;elle avait préparé différents articles concernant le droit à l&#039;avortement - des articles qu&#039;elle nous a présenté tout au long de l&#039;interview -.&lt;br /&gt;
C&#039;est avec beaucoup d&#039;émotion qu&#039;elle a répondu à nos questions et qu&#039;elle a raconté son combat pour les différents droit de la femme - droit de vote, droit à l&#039;avortement etc.-. Nous avons vraiment ressenti, à travers ses propos, l&#039;importance que ces combats ont eu pour elle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Points communs entre les entretiens=== &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plusieurs points communs ressortent de ces deux entretiens.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout d&#039;abord, nous constatons que le droit à la réappropriation du corps ou plutôt à l&#039;autonomie des femmes, comme cité par [[Rina Nissim]] représente l&#039;un des combats des années 1960-80. Si les femmes, par leur combats, manifestations ont réussit à faire valoir leur droit à l&#039;avortement, elles ont aussi lutter pour la mise en place d&#039;autres valeurs tels que le droit à la contraception, le droit de vote, le droit d&#039;accès aux études. Toutes ces luttes sont évoqués par les deux femmes interrogés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Afin de parvenir à ces changements, il a fallu se réunir entre femmes. A partir du moment où nous souhaitons un changement important, il est nécessaire d&#039;obtenir une mobilisation importante. Rina Nissim part d&#039;un petit groupe, le [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]] qui finalement va prendre une grande ampleur et [[Amélia Christinat|Amélia Christianat]] s&#039;impose dans la politique. Il parait donc évident pour ces deux protagonistes, que pour espérer un changement, il faut se réunir en groupe. La notion de communauté prend donc toute son importance. La notion de communauté est définie comme étant un état de ce qui est commun à plusieurs personnes, similitudes, groupe constituant une société, mise en commun des biens entre époux. Au sens étymologique originel : cum munus. La communauté est donc un groupe de personnes (cum) qui partagent quelque chose (&amp;quot;munus&amp;quot;)- un bien, une ressource, ou bien au contraire une obligation, une dette.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Même si le concept de communauté n&#039;est pas dit explicitement dans nos entretiens, il apparaît tout au long puisque chacune d&#039;entre elles a rejoint un groupe dans lequel elles éprouvaient des intérêts communs. Chaque membre décide alors en quoi, comment et quand il contribuera à ce groupe. Dans ce cas, [[Rina Nissim]] et [[Amélia Christinat]] en tant que féministes se sont engagées et ont lutté pour le droit des femmes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Enfin, il est intéressant de constater que nos deux intervenantes tirent un bilan mitigé quant à ces luttes pour les droits des femmes. [[Amélia Christinat]] dit :&amp;quot; Alors en fait tout changement, toute progression que l’on peut interpréter comme sociale n’est jamais définitivement acquise. Donc en fait, il faut veiller continuellement, défendre continuellement où que vous soyez et avec qui que vous soyez.&amp;quot; Quant à [[Rina Nissim]], elle dit :&amp;quot;Malheureusement dans la société c’est comme ça, il faut tout le temps se battre. Ça c’est un point sur lequel on est en recul.&amp;quot;, On est en plein recul. Donc y a un ou deux pays qui ont avancé pour l’instant y en a douze qui ont régressé. Donc cela ne va pas du tout cette affaire, on a une très mauvaise posture.&amp;quot; Ainsi, la question des droits pour la personne n&#039;est jamais complètement acquis. Il faut sans arrêt se battre pour continuer à faire valoir ses droits en tant que personne.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il convient à présent de reprendre l&#039;ensemble des questions posés et d&#039;en ressortir les éléments importants :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- &#039;&#039;&#039;Depuis quand et avec qui vous vous êtes engagés dans la lutte pour les droits de la femme et quel était à ce moment votre statut (ou fonction)? Dans quel contexte s&#039;est inséré cette démarche ?&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les deux personnes interrogés ont un parcours différents et leur action ne s&#039;est pas faite au même niveau. Rina Nissim, après son interruption de grossesse à 19 ans, trouve un tract dans un local d&#039;anarchiste. C&#039;est un tract du MLF qui invite des femmes à les joindre dans leur groupe. Rina Nissim est intéressée et entre alors au MLF. Elle est alors la plus jeune de la bande. Il n&#039;y avait pas de statut en tant que tel mais chacune apportait ses connaissances et son envie de se battre pour obtenir plus de droit pour la femme. Quant à Amélia, elle agit plutôt a un niveau politique et va faire un long parcours en passant par le législatif, le cantonal puis le niveau national afin d&#039;apporter des changements reconnus dans toute la Suisse. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- &#039;&#039;&#039;Y a-t-il eu un événement originel? Pourriez vous nous raconter un ou des événements marquant que vous avez mené ou qui vous ont frappé dans cette période en faveur de ces droits ?&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;un des droits qui a frappé Rina Nissim dans cette période est l&#039;accès à l&#039;avortement libre et gratuit ainsi que l&#039;accès à la contraception. Elle explique que c&#039;est l’accessibilité à l&#039;avortement qui était problématique.Le planning familial a été une grande innovation mais n&#039;était pas encore présent dans les mentalités de tous et ce notamment chez les gynécologue qui n&#039;acceptait pas tous de donner la pilule. Le MLF faisait des listes des médecins d&#039;accord de prescrire cette pilule et dirigeait les femmes au bon endroit.Cependant, elle ne nous décrit pas un événement très précis, une action qu&#039;elle a effectué qui a pu entraîner ces changements. C&#039;est néanmoins des manifestations importantes et à plusieurs reprises qui ont permis ces évolutions. Amélia considère aussi que le droit à l&#039;avortement est un événement phare de cette époque et ajoute que le droit de vote pour la femme est aussi l&#039;un des événements marquants. Elle donne comme exemple les luttes ouvrières françaises qui allaient en Belgique pour se faire avorter parce que c&#039;était défendu en France et qu&#039;elles n&#039;avaient pas d&#039;argent. C&#039;est un événement particulièrement marquant et touchant selon elle. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- &#039;&#039;&#039;Quels ont été les changements les plus importants auxquelles vous ayez assisté ?&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Rina évoque plusieurs changements auxquels elle a pu assister. Elle parle de la libération des femmes. C&#039;est se considérer comme un individu à part entière qui peut décidé de soi-même, d&#039;être un vrai sujet dans leur vie, dans leur sexualité, dans leur contraception, dans leur choix professionnel. D&#039;après elle, il y a donc eu plusieurs droit : celui de l&#039;avortement avec pour commencer le remboursement par les caisses maladies en 81, le droit au divorce, le divorce. Amélia ajoute à l&#039;ensemble de ces changements le droit de vote, en disant qu&#039;à partir du moment où nous avons le bulletin, c&#039;est quelque chose de très important puisque les femmes sont considéré comme une personne. Nous pouvons rattacher cela à l&#039;ensemble de cette étude qui étudie le droit des personnes. Dans le cas des différentes luttes pour le droit des femmes, nous cherchons à mettre en avant qu&#039;elles sont avant tout des personnes qui doivent avoir la liberté de choisir, de donner leur avis. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-&#039;&#039;&#039; Y a-t-il eu des valeurs que vous avez eu le sentiment d’avoir porter en avant et si oui lesquels  ?&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Différentes valeurs sont mises en avant par les deux femmes interrogés. C&#039;est le féminisme, l&#039;humanisme, le socialisme, l&#039;anarchisme. De manière générale l&#039;autonomie des femmes marqué par la réappropriation de son corps. Dans leur discours, les deux femmes montrent bien qu&#039;auparavant nous étions considérés comme femme de.., fille de... que les femmes ont toujours du être meilleure que les hommes. Elles devaient tout faire. De ce fait, les femmes n&#039;étaient pas des sujets en tant que telle. Ce n&#039;est qu&#039;après de nombreuses luttes que nous avons mis en avant le fait que les femmes soient avant tout des personnes. Elles sont maintenant devenues comme les hommes. Bien que pour les deux femmes, ce n&#039;est pas un acquis et cette évolution à tendance à reculer. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039; Mais qu’en est-il aujourd’hui de cette lutte et des acquis et des risques de retour en arrière ?&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le maître mot de ces deux femmes concernant cette lutte est que rien n&#039;est acquis. Il faut toujours se battre parce que les choses ont tendance à régresser. Aujourd&#039;hui le droit de vote, le droit d&#039;accès aux études est l&#039;un des points acquis. Cependant, la question de l&#039;avortement est remis en cause et fait l&#039;objet de tension puisqu&#039;il est question de supprimer le remboursement des avortements. C&#039;est donc l&#039;une des causes pour lesquels il faut continue à se battre et faire valoir ses droits si l&#039;on ne veut pas revenir en arrière.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Références bibliographiques ==&lt;br /&gt;
&amp;lt;references/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Boutin, G., 2006, &#039;&#039;L&#039;entretien de Recherche qualitatif&#039;&#039;, Presses de l&#039;Université du Québec.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Roussopoulos Carole, &#039;&#039;Debout ! Une histoire du mouvement des femmes 1970-80&#039;&#039;, 1999. Consulté le 19 Novembre 2013 sur http://ballonsonde.org/wikiSonde/videos/Femmes_Debout.htm&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
– Hirata H, et al,2000, &amp;quot;Dictionnaire critique du féminisme&amp;quot;, Paris : Presse Universitaires de France.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Archives contestataires de Genève, Mouvements de Liberté des Femmes : 1970-90[[Fichier:MLF femme.pdf|vignette|Document des archives contestataires]]&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Archives contestataires de Genève, Mouvements de Liberté des Femmes : 1970-90[[Fichier:MLF archives.pdf|vignette|Documents des archives contestataires]]&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Archives contestataires de Genève, Mouvements de Liberté des Femmes : 1970-90 [[Fichier:MLF assez.pdf|vignette|document des archives contestataires]]&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Archives contestataires de Genève, Mouvements de Liberté des Femmes : 1970-90 [[Fichier:MLF avorter.pdf|vignette|Document des archives contestataires]]&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Archives contestataires de Genève, Mouvements de Liberté des Femmes : 1970-90 [[Fichier:MLF personne.pdf|vignette|Document des archives contestataires ]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Julie</name></author>
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	<entry>
		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Droits_des_femmes&amp;diff=12033</id>
		<title>Droits des femmes</title>
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		<updated>2013-12-20T07:52:48Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Julie : /* Depuis 1990 */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Introduction  == &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Actuellement le droit à l&#039;avortement pour les femmes subit encore des contestations et même une offensive de remise en question: pouvons nous encore le qualifier comme  un droit de la femme s&#039;interrogent certains ? Tout au long de cette page nous nous centrerons sur le droit à l&#039;avortement pour les femmes depuis 1970. En effet, les mouvements féministes sont présents depuis longtemps dans l&#039;histoire des droits des personnes. Dans la période de l&#039;après guerre, les femmes se sont mobilisées plus fortement pour acquérir des droits identiques à ceux des hommes. C&#039;est par la lutte pour le droit à un travail rémunéré que les mouvements prennent de l&#039;ampleur  : &amp;quot;L&#039;essort du féminisme dans cette période serait intimement lié à celui du travail salarié&amp;quot; &amp;lt;ref&amp;gt;Riot-Sarcey, M., 2008, &#039;&#039;Histoire du féminisme&#039;&#039;, Paris, La Découvertes, Repères. p. 73 &amp;lt;/ref&amp;gt;. La question de la procréation est aussi au cœur de leur mouvement, puisqu&#039;il est question de &amp;quot;repeupler&amp;quot; des pays détruits : &amp;quot;Après l&#039;hécatombe de la guerre, jusqu&#039;alors la plus meurtrière, il est nécessaire, plus que jamais de &amp;quot;remplir les berceaux vides&amp;quot;&amp;quot; &amp;lt;ref&amp;gt;Riot-Sarcey, M., 2008, &#039;&#039;Histoire du féminisme&#039;&#039;, Paris, La Découvertes, Repères. p. 73 &amp;lt;/ref&amp;gt;. Il ne faut pas non plus oublier leurs luttes pour l&#039;accès à la politique : plus précisément le droit de vote pour les femmes, qui prend de l&#039;ampleur bien avant la guerre. C&#039;est dans ce contexte d&#039;après guerre, que les femmes resurgissent au front pour valoriser des droits égalitaires et propres à leur vie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cet article est fondé à la fois sur une recherche documentaire et sur la récolte de témoignages de deux personnes pionnières dans l&#039;avancée du droit des femmes à l&#039;avortement. L&#039;article présentera également les différents mouvements féministes réalisés dans les années 1970 sur le droit à l&#039;avortement.Ceci nous montreras que la Suisse, n’a pas été la première à lutter pour le droit à l’avortement, mais que le phénomène est mondial. Les États-Unis ont été sans aucun doute les précurseurs, mais la lutte s&#039;est diffusée et reproduite dans différents pays du monde amenant à des dates différentes à autoriser l’avortement.  L&#039;article se centrera sur la lutte des femmes en Suisse et les différentes lois qui en sont ressorties et cherchera à comprendre la part qu’ont joué les deux témoins interrogées dans cette histoire récente (1970 à aujourd&#039;hui). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour ce faire, nous avons constitué une bibliographie, à partir d’ouvrages sur les mouvements féministes en général, sur la chronologie des contestations. Nous avons lu des articles scientifiques qui présentent la situation en Suisse, épluché  des informations sur les deux témoins qui ont été interrogés et consulté les archives contestataires à Carouge. &lt;br /&gt;
Nous avons également pu rencontré deux femmes militantes à Genève sur ce thème. On a donc effectué deux entretiens audio avec Madame [[Amélia Christinat]] et Madame [[Rina Nissim]] pour obtenir leur témoignage sur l’histoire des mouvements féministes des années 1960 à 1980, principalement sur la question de l’avortement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L&#039;Histoire du droit des femmes == &lt;br /&gt;
Actuellement des auteures telles que Marcella Iacub et Judith Butler font de la problématique féministe une occasion de débattre la question du genre, des identités sexuelles et limites entre les sexes (intersexe, queer, etc), laquelle peut nous aider à repenser la lutte féministe. Or, celle des années 70 (en amont en Suisse de l&#039;accession des femmes à la citoyenneté) est celle d&#039;une longue marche marquée par des féministes de l&#039;après guerre comme Simone de Beauvoir avec sa formule historique &amp;quot;On ne naît pas femme on le devient&amp;quot;, soulignant le déterminisme social de la féminité et la &amp;quot;fabrication&amp;quot; culturelle. &lt;br /&gt;
Pour tenter de comprendre ce qui s&#039;est passé durant cette époque nous allons revenir sur les faits marquants. Pour la compréhension de ce qui va suivre nous vous conseillons de lire [[Frise Chronologique du droit à l&#039;avortement|la frise chronologique]] des événements marquants pour le droit à l&#039;avortement en Suisse. &lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
=== Mouvements féministes : Buts et démarches ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce n&#039;est que dans la deuxième moitié du XIXème siècle que le féminisme se démarque en tant que mouvement collectif de luttes de femmes. &amp;quot;Ces luttes reposent sur la reconnaissance des femmes comme spécifiquement et systématiquement opprimées, l&#039;affirmation que les relations entre hommes et femmes ne sont pas inscrites dans la nature mais que la possibilité politique de leur transformation existe.&amp;quot;[3] En effet, les femmes ont dû faire face à de nombreuses inégalités et cela dans de nombreux domaines: le travail, la santé, la politique... Nous constatons encore aujourd&#039;hui que de nombreuses inégalités persistent sur le droit des femmes mais elles sont moindres ou de nature différentes que dans les années 1960-80. Pour pouvoir entrer dans un processus de revendication politique du féminisme, il faut qu&#039;il y ait une &amp;quot;relation avec une conceptualisation de droits humains universels;elle s&#039;ancre dans les théories des droits de la personne dontles premières formulations juridiques sont issues des révolutions américaines puis françaises.&amp;quot; &amp;lt;ref&amp;gt;Hirata H, et al,2000, &amp;quot;Dictionnaire critique du féminisme&amp;quot;, Paris : Presse Universitaires de France, p. 225&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
Il convient de faire une distinction entre les mouvements féministes et les mouvements populaires des femmes. En effet, les mouvements populaires des femmes ne mettent pas directement en avant l&#039;exigence de droits spécifiques pour les femmes. C&#039;est l&#039;emploi du mot féministe qui va changer les représentations que l&#039;on se fait à cette époque. Pour certains les féministes sont &amp;quot;trop bourgeoises au XIXème siècle et au début du XXème siècle trop radicales et ennemies des hommes après les années 1970&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;Hirata H, et al,2000, &amp;quot;Dictionnaire critique du féminisme&amp;quot;, Paris : Presse Universitaires de France., p. 126&amp;lt;/ref&amp;gt;. Quant à l&#039;expression &amp;quot;mouvement des femmes&amp;quot;, elle est plus souvent utilisée comme raccourci pour mouvement de libération des femmes. Voila pourquoi elle a pu être associée au féminisme le plus radical et explique la confusion entre les deux termes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lorsque nous parlons de &amp;quot;mouvements féministes&amp;quot; nous désignons sous une même dénomination &amp;quot;les diverses formes des mouvements de femmes, le féminisme libéral ou &amp;quot;bourgeois, le féminisme radical, les femmes marxistes ou socialistes, les femmes lesbiennes, les femmes noires et toutes les dimensions catégorielles des mouvements actuels&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;Hirata H, et al,2000, &amp;quot;Dictionnaire critique du féminisme&amp;quot;, Paris : Presse Universitaires de France, p. 127&amp;lt;/ref&amp;gt;. Dès lors, l&#039;expression&amp;quot; mouvement des femmes &amp;quot; représente les mobilisations de femmes en Amérique Latine ou les mouvements pour la paix en Irlande ou au moyen-Orient&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;Hirata H, et al,2000, &amp;quot;Dictionnaire critique du féminisme&amp;quot;, Paris : Presse Universitaires de France., p.126&amp;lt;/ref&amp;gt; Dans la littérature, deux types de mouvements féministes se démarquent. Une première vague a émergé dans la seconde moitié du XIXème siècle. Elle est souvent présentée autour des revendications du droit de vote.  Au début du XXème siècle, ou les mouvements sont qualifiés de &amp;quot;néo féminisme&amp;quot;, les exigences ne se fondent pas sur une seule exigence d&#039;égalité mais sur une reconnaissance &amp;quot;de l&#039;impossibilité sociale de fonder cette égalité dans un système patriarcal&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;Hirata H, et al,2000, &amp;quot;Dictionnaire critique du féminisme&amp;quot;, Paris : Presse Universitaires de France, p. 126&amp;lt;/ref&amp;gt;. Le féminisme des années 1970, se fait connaitre par des mouvements anti-autoritaires, par des groupes de parole, il met en avant les formes les plus spontanées de manifestation et refuse toute organisation hiérarchique. &amp;quot; L&#039;appartenance au mouvement représente la mise en acte d&#039;une nouvelle idéologie, la recherche de sens et de valeurs communs.&amp;quot; &amp;lt;ref&amp;gt;Hirata H, et al,2000, &amp;quot;Dictionnaire critique du féminisme&amp;quot;, Paris : Presse Universitaires de France, p.128&amp;lt;/ref&amp;gt;. C&#039;est entre la fin des années 1960 et le début des années 1970 que le féminisme connait une ampleur internationale. &amp;quot;L&#039;onde de choc part des Etats-Unis et gagne très rapidement la Grande-Bretagne et l&#039;Allemagne dans les années 60&amp;quot;. Il faut ajouter qu&#039;en &amp;quot;dépit de son caractère extra parlementaire, le mouvement de libération des femmes a la capacité de susciter de larges mobilisations auprès des femmes syndiquées, des femmes de partis de gauche et de droite ou des associations luttant pour les droits des femmes comme le planning familial. Ce sont d&#039;abord les campagnes pour la liberté d&#039;avorter qui constituent les événements les plus importants et les plus marquants &amp;lt;ref&amp;gt;Hirata H, et al,2000, &amp;quot;Dictionnaire critique du féminisme&amp;quot;, Paris : Presse Universitaires de France, p. 128&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En ce qui concerne la Suisse, c’est dans la continuité du mouvement de la jeunesse estudiantine de 1968 que naît le nouveau mouvement féministe. C’est à Zurich que se sont réunies des femmes de gauche, que l’on appellera « Frauenbefreiungsbewegung » ou plus communément le FBB. Elles critiquent le fait que les femmes sont oppressées et qu’il s’agit d’une « contradiction sociale fondamentale ». Le [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]], pour la Suisse romande et le MFT au Tessin vont très rapidement suivre la création du FBB, avec comme objectif commun de « récuser l’organisation hiérarchique des associations et de la politique traditionnelle » &amp;lt;ref&amp;gt;Commission fédérale, &#039;&#039;Femmes Pouvoir Histoire&#039;&#039;, 1.3, p. 1, consulté le 27 Novembre sur http://webcache.googleusercontent.com/search?q=cache:UpvKGVSBak0J:www.ekf.admin.ch/dokumentation/00444/00517/index.html%3Flang%3Dfr%26download%3DNHzLpZeg7t,lnp6I0NTU042l2Z6ln1ae2IZn4Z2qZpnO2Yuq2Z6gpJCDdH58hGym162epYbg2c_JjKbNoKSn6A--+&amp;amp;cd=2&amp;amp;hl=fr&amp;amp;ct=clnk&amp;amp;gl=ch&amp;amp;client=firefox-a&amp;lt;/ref&amp;gt; inspirés des mouvements français et américains préalablement abordés. Cependant, des divergences existent entre tous ces mouvements sur différentes questions telles que l’avortement ou encore la possibilité pour le sexe féminin de faire l’armée. Une chronologie a été rédigée dans l’article suivant : &amp;quot;Le nouveau mouvement féministe et les organisations féminines depuis 1968&amp;quot; de la Commission fédérale pour les questions féminines de la Confédération Suisse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La période  entre 1940-50 : une période restrictive ===&lt;br /&gt;
Pour comprendre la lutte pour l&#039;avortement comme droit de la personne il nous faut revenir sur le contexte de l&#039;après guerre. La législation suisse sur l’avortement est l’une des plus restrictives d’Europe.  Les premières dispositions du Code pénal suisse à ce sujet ont été définies en 1942 et prévoient, à cette époque, l’emprisonnement de la femme qui avorte, ainsi que de la personne qui l’aide à pratiquer cet acte. En revanche, une exception existe : si la grossesse comporte un danger pour la mère et que l’interruption de grossesse est pratiquée par un médecin, l&#039;avis étant approuvé par un second médecin, l’avortement n’est alors pas punissable. On comprend alors que la conséquence a été un nombre considérable d’avortements illégaux. Cependant, la mise en place de dispositifs de préventions et d’une diffusion d’informations contribua à faire diminuer le nombre d’avortements autant illégaux, que légaux. Par ailleurs, l’Organisation Mondiale de la Santé ([http://www.who.int/fr/ OMS]) a étendu la notion de « santé » en y insérant les dimensions de bien-être psychique et social : « la santé ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité ; elle est un état de complet bien-être physique, mental et social. »&amp;lt;ref&amp;gt;Rey, A.-M., 2013, &#039;&#039;Tendance à la libéralisation&#039;&#039;, USPDA. Consulté le 7 Novembre sur http://www.svss-uspda.ch/fr/suisse/liberal.htm&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ceci légalise aussi la pratique d’interruption de grossesse et écarte la menace d’emprisonnement. &amp;lt;ref&amp;gt;Rey, A.-M., 2013, &#039;&#039;L&#039;ancienne législation de 1942&#039;&#039;, USPDA. Consulté le 7 Novembre sur http://www.svss-uspda.ch/fr/suisse/loi_1942.htm&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
Cependant, cette législation attise la colère et la montée d’une révolte. Au début du XXème siècle, on voit s’élever des mouvements, tels que les organisations ouvrières, pour lutter en faveur de la décriminalisation de l’avortement.&lt;br /&gt;
De plus, dans cette période, il existe une différence entre les cantons au niveau de la législation sur l&#039;avortement. Ceci met donc les professionnels dans l&#039;embarras puisqu&#039;ils n&#039;ont pas une pratique généralisée au niveau de l&#039;état, et cela soulève également une inégalité entre les femmes des différents cantons de la Suisse. Des mesures fédérales strictes ont donc été prises pour tenter de généraliser les pratiques et s&#039;accorder sur la pratique de l&#039;avortement : « l’institutionnalisation juridique d’une interruption de grossesse pouvant être légalement pratiquée par un médecin sous haute surveillance de l’Etat : consultation obligatoire d’un second médecin, qui doit être un spécialiste et en plus agréé par les autorités cantonales compétentes, et qui doit donner par écrit un « avis conforme ». Il faut également le consentement écrit de la femme enceinte. ». Ainsi à cette époque nous constatons que les femmes n&#039;ont pas la maitrise de leur corps et que de ce fait la maternité ne peut se contrôler. Ce contexte illustre la réalité des femmes, soit elles ont la chance de pouvoir trouver deux médecins qui l&#039;estime en danger, soit elles décident de pratiquer un avortement illégal ce qui comporte de grands risques pour leur santé (hémorragie et infection qui peuvent entrainer la mort de la femme).&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La période 1960-70 : les premiers changements ===&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Fichier:Graphiquefemme.jpeg|vignette|gauche|Graphique représentant les condamnations des femmes]]&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Le graphique ci-contre nous montre la condamnation des femmes en ce qui concerne l&#039;avortement.&amp;lt;ref&amp;gt;Rey, A.-M., 2013, &#039;&#039;Interruption de grossesse en Suisse : les faits et les données&#039;&#039;, USPDA. Consulté le 18 Novembre sur http://www.svss-uspda.ch/pdf/faits-et-donnees.pdf &amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt; En effet, nous voyons que le pic le plus élevé se situe dans l&#039;année 1950, avec 550 condamnées. Puis lors de la commercialisation de la pilule, l&#039;emprisonnement des femmes diminue fortement l&#039;année suivante, passant d&#039;environ 400 condamnations à environ 260. De manière générale, ce graphique montre que les condamnations sur la période 1960-1980 n&#039;ont cessé de baisser. &lt;br /&gt;
Les années 60 sont donc marquées par l&#039;arrivée de la pilule contraceptive en Suisse. En effet, en 1961, la commercialisation de celle-ci fait reculer le nombre d&#039;avortement pratiqué en Suisse puisque les femmes ont un contrôle sur leur reproductibilité. Malgré tout, la pilule contraceptive circule à l&#039;époque discrètement, puisque aucune loi ne précise son autorisation. En 1965, la création du premier planning familial en Suisse au HUG permettra de conseiller les familles. L&#039;établissement ouvrira donc un pôle dédié à l&#039;information familiale et aux régulations des naissances.&amp;lt;ref&amp;gt;Fert-Bek, D., (s.d.), &#039;&#039;Historique&#039;&#039;, Le service du planning familial de Genève a 40 ans,Genève, HUG. Consulté le 18 Novembre 2013 sur http://planning-familial.hug-ge.ch/nous/historique.html&amp;lt;/ref&amp;gt; Dans cet établissement les professionnels conseillent les parents sur la manière d&#039;avoir un contrôle sur l&#039;élargissement de leur famille. Ainsi, grâce à cette structure, la pilule contraceptive a pu circuler dans le territoire helvétique. La pilule était considéré pour certain comme un enjeux économique : elle permettait de contrôler les naissances et donc de préserver la richesse, et pour d&#039;autres comme un moyen de débrider la sexualité des femmes&amp;lt;ref&amp;gt;L&#039;illustré, (s.d.) &#039;&#039;La pilule qui a changé le monde&#039;&#039;, Archives, Consulté le 18 Novembre 2013 sur http://www.illustre.ch/la_pilule_qui_a_change_le_monde_45372_.html&amp;lt;/ref&amp;gt;.   &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Mlf.jpeg|vignette|gauche|Affiche du Front des Bonnes Femmes]][[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|Le Mouvement de Libération des Femmes (MLF)]] a démarré aux Etats-Unis, et a encouragé les militants des autres pays à lutter pour améliorer les conditions féminines. Le [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]] créé en 1969 à Zurich,que l&#039;on retrouvait également dans d&#039;autres cantons  (Genève et Tessin par exemple) se base &amp;quot;sur les mouvements de libération du Tiers monde pour encourager les femmes à se libérer des contraintes inhérentes à la famille nucléaire (Rôle des sexes).&amp;quot; &amp;lt;ref&amp;gt;Jorris, E., 2009, &#039;&#039;Mouvement de libération des femmes (MLF)&#039;&#039;. Consulté le 19 Novembre 2013 sur http://www.hls-dhs-dss.ch/textes/f/F16504.php&amp;lt;/ref&amp;gt;. Sur le canton de Genève plus précisément, des groupes de certains partis de gauche militaient en ces faveurs (ils étaient très hiérarchisés et ne plaisaient pas à toutes les femmes militantes). C&#039;est donc principalement grâce à Madame Brodmann (qui a milité aux Etats-Unis) et Madame Gramoni qu&#039;il y a eu dans un premier temps le front des Bonne-Femmes (où militait aussi Rina Nissim). Leur premier slogan a été &amp;quot;Femmes décolonisons-nous !&amp;quot; avec des affiches placardées sur les façades des grandes banques : les femmes insistaient donc pour la ré-appropriation de leur corps (avortement, pilule contraceptive, ...).&amp;lt;ref&amp;gt;Roussopoulos Carole, Debout ! Une histoire du mouvement des femmes 1970-80, 1999. Consulté le 19 Novembre 2013 sur http://ballonsonde.org/wikiSonde/videos/Femmes_Debout.htm&amp;lt;/ref&amp;gt; &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Les femmes pensent donc vivre singulièrement des situations d&#039;exclusion et d&#039;injustices, or le fait de discuter ensemble elles se rendent compte qu&#039;elles vivent toutes ce genre de situation. Cette prise de conscience favorise donc la mobilisation des femmes pour combattre ces injustices dont elles sont victimes. Les communautés ou ce que l&#039;on pourrait appeler regroupements permettent donc aux femmes de prendre consciences mais aussi de prendre du pouvoir dans la société. L&#039;effet de groupe a permis de de faire rassembler dans les rues des milliers de femmes pour manifester ensemble contre des inégalités entre sexe ([[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]]).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans le même temps, il ne faut pas oublier que les avortements illégaux continuent à être pratiqués à cette période. En effet, le nombre d&#039;avortements, légaux et illégaux, est estimé à 50 000 en 1966. Les avortements légaux s&#039;élevaient à environ 17 000 en 1966 (16 000 en 1978 et 1980, 14 000 en 1985, 13 000 en 1990, 12 000 en 1995, 13 000 en 1996 et 1998). Les avortements clandestins diminuèrent grâce : &lt;br /&gt;
* à la raréfaction avec l&#039;élargissement des indications médicales dans les cantons libéraux (Zurich, Bâle-Ville, Berne, Vaud, Neuchâtel, Genève) dès les années 1950&lt;br /&gt;
* la libéralisation progressive dans d&#039;autres cantons(Tessin dès les années 1970; Argovie, Bâle-Campagne, Glaris, Schaffhouse, Soleure, Jura au cours des années 1990)&lt;br /&gt;
* la généralisation des centres de planning familial, des cours d&#039;éducation sexuelle, la diffusion de moyens de contraception sûrs dès les années 1960 &lt;br /&gt;
* le remboursement de l&#039;intervention par les caisses maladie).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On remarque que malgré les mesures juridiques fédérales restrictives, les cantons adoptent des pratiques très différentes les uns des autres. Ainsi, les dimensions d’ordre psychologique et social sont incluses dans les indications médicales des cantons libéraux, alors que la pratique est seulement tolérée dans les cantons conservateurs catholiques. Face à cette inégalité juridique, les cantons libéraux accueillent des femmes vivant dans ces cantons restrictifs pour se faire avorter. On assiste à une forme de tourisme « gynécologique ». Cela amène les cantons à réfléchir sur ces pratiques. Notamment le canton de Neuchâtel, où plusieurs affaires d&#039;avortements sont jugées. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La période 1970-1980 : La période clé ===&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
A la suite de ces scandales, le député radical Maurice Favre dépose en mars 1971 une [http://www.amtsdruckschriften.bar.admin.ch/viewOrigDoc.do?id=10100953 motion] en faveur d&#039;une initiative cantonale demandant la suppression des articles 118 à 121 du CP.  &lt;br /&gt;
Cette démarche est suivie du lancement, en juin de la même année, par un comité de cinq personnes, de l&#039;initiative populaire fédérale pour la décriminalisation de l&#039;avortement, largement soutenue notamment par le mouvement des femmes. En 1972, les milieux chrétiens conservateurs font circuler une pétition &amp;quot;Oui à la vie, non à l&#039;avortement&amp;quot;. A partir de ce moment-là, nous voyons apparaître les organisations et les mouvements féministes qui organisent des manifestations en faveur de l’interruption de grossesses libres et gratuites, ainsi que pour revendiquer [http://www.svss-uspda.ch/index.html la décriminalisation de l’avortement].  Il y a dons deux propositions faites : accorder un délais pour l&#039;avortement (par exemple : les avortements pourront être légal pendant les 10 premières semaines de grossesse)ou élargir les motifs pour l&#039;avortement (par exemple : souffrances psychiques, douleurs physique, ...)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C&#039;est une lutte qui se fait contre des mentalités traditionnelles où l&#039;homme est dominant dans la société. La prise de conscience des femmes et de leurs conditions se fait petit-à-petit, en prenant plus d&#039;ampleur au milieu des années 70. C&#039;est la réunion de plusieurs milliers de femmes qui fait que l&#039;on puisse qualifier le [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]] de mouvement. Ce sont des femmes de tout âge qui se battent pour l&#039;amélioration de leurs conditions de vie. Ces mouvements veulent principalement lutter pour le droit du libre choix des femmes ou de manière générale à ce que l&#039;on nomme l&#039;autonomie des femmes. A cette époque, il y a &amp;quot;deux types de femmes&amp;quot; :  celles qui font des études mais qui restent à la maison pour materner, ou bien celle qui font des études et qui travaillent. Ces dernières se trouvent confrontées à la réalité sociale : avec le même titre professionnel, les femmes obtiennent des salaires bien inférieurs à ceux des hommes. C&#039;est suite à cette prise de conscience face au [http://www.scienceshumaines.com/peut-on-en-finir-avec-le-plafond-de-verre_fr_22408.html Plafond de Verre], que les femmes se réunissent pour échanger leurs histoires. Elles se mobilisent donc afin de pouvoir avoir le contrôle sur leur vie, et sur leur corps. L&#039;une des grandes luttes se fait autour du contrôle de leur corps : ce qu&#039;elles nomment la mobilisation pour la ré-appropriation du corps. Il s&#039;agit de donner aux femmes la possibilité de choisir leur maternité, leur contraception, et leur médicamentation. En 1978, sur le canton de Genève, l&#039;ouverture du Dispensaire des femmes (par [[Rina Nissim]]) leur permet d&#039;être accueillies dans un lieu où on leur donne des conseils, des listes de gynécologues tolérants face aux choix d&#039;avorter ainsi que différentes méthodes pour soigner les maladies génitales, ... De plus, les femmes peuvent si elles le veulent accéder au groupe action Self-Help du [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]] ; qui est un lieu où l&#039;on échange sur son vécu, et où l&#039;on pratique des examens concrets pour découvrir son corps. L&#039;instruction, comme l&#039;évoque [[Amélia Christinat|Mme Christinat]] permet aux femmes de comprendre les injustices auxquelles elles sont confrontées et de se mobiliser pour que toute les sociétés reconnaissent les femmes comme des personnes avec un cerveau. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans le même temps, une nouvelle réglementation sur l’avortement est considérée par le Conseil fédéral, et trois variantes sont discutées : la première, appelée &amp;quot;solutions des indications&amp;quot; autorise l’avortement dans les situations où la grossesse menace la vie ou la santé de la femme, en cas de viol, ou encore si l’enfant présente un trouble ou une déficience physique et/ou mentale. Une autre variante est celle des « indications sociales » qui prend en compte la situation sociale précaire de la femme. Finalement, la troisième, « solution des délais », permet l’avortement pendant les douze premières semaines de grossesse. Il en va sans dire que les partis politiques, les organisations et les cantons conservateurs catholiques sont en faveur de la solution la plus restrictive, alors que leurs rivales refusent les trois types de variantes et revendiquent l’avortement libre et gratuit. Le Conseil fédéral  rejette l’initiative pour la décriminalisation de l’avortement, mais opte finalement pour la solution des indications élargies, attisant ainsi le mécontentement des deux camps. &lt;br /&gt;
Face au rejet de l’initiative populaire pour la décriminalisation de l’avortement, [http://www.svss-uspda.ch/index.html l’Union Suisse pour la Décriminalisation de l’Avortement] (USPDA) (dont fait partie [[Amélia Christinat]])propose un compromis et lance une initiative qui cette fois rejoint l’idée de la solution des délais. « L’initiative réclament la décriminalisation de l’avortement s’il est pratiqué par un  médecin avec le consentement de la femme pendant les douze semaines qui suivent les dernières règles ». Cependant, celle-ci essuie à nouveau un échec : elle est rejetée par la majorité des cantons. &lt;br /&gt;
Les années suivantes toutes les propositions d&#039;initiatives,pour ou contre l&#039;avortement, sont sans cesse rejetées. Mais les luttes féminines pour le droit à l&#039;avortement s&#039;amplifient dans cette période pour pouvoir faire changer les droits de la personne et principalement les droits de la femme. Ce n’est qu’en 1990, que l’idée d’une révision de la loi relative à l’avortement est remise sur le devant de la scène. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous constatons que cette période est une période riche pour la mobilisation des droits des femmes ; de multitudes groupes se forment à l&#039;intérieur du MLF, des nouveaux établissements pour les femmes se créent, ...mais ce qui se fait ressentir c&#039;est  surtout l&#039;envie de faire changer la mentalité de la société pour que les femmes aient les même droits que les hommes. Nous avions déjà retrouver ce point en 1791 en France où est apparue la [http://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9claration_des_droits_de_la_femme_et_de_la_citoyenne Déclaration des Droits de la Femme et de la Citoyenne] se basant sur la [http://www.textes.justice.gouv.fr/textes-fondamentaux-10086/droits-de-lhomme-et-libertes-fondamentales-10087/declaration-des-droits-de-lhomme-et-du-citoyen-de-1789-10116.html version originale] et dont le but était de montrer l&#039;égalité juridique entre homme et femme.   &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Depuis 1990 ===&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Les différentes mobilisations des femmes soixanthuitardes ont permis la diminution d&#039;une multitude d&#039;inégalités pour lesquelles elles se mobilisaient.&lt;br /&gt;
 Revenons tout d&#039;abord, en 1994, où l&#039;on constate un net recul du nombre d’avortements légaux. Ceci peut s’expliquer par une diffusion de l’information (éducation sexuelle) et la libre disposition de moyens contraceptifs. Ce phénomène vient appuyer l’idée que la libéralisation ne conduit pas à une augmentation des avortements, bien au contraire. Plusieurs services se sont donc installés suite au manifestations des femmes dans les rues. A partir de là, les choses commencent à changer et vont en faveur de la décriminalisation de l’avortement. En effet, le Conseil National adopte en 1995 &amp;quot;la solution des délais&amp;quot;. En 1996, la Commission des Affaires Juridiques du Conseil National ratifie un projet de loi qui prévoie la décriminalisation de l’avortement pendant les 14 premières semaines après les dernières règles. On voit mêmes les femmes du parti démocratique-chrétien (PDC) aller en faveur du droit de la femme à l’autodétermination et pour &amp;quot;la solution des délais&amp;quot;. De nombreuses organisations telles que la Fédération suisse des Eglises protestantes, les groupes des femmes radicales de Suisse, accueillent cette solution des délais comme un compromis tolérable. Toutefois, le Conseil Fédéral rejette une fois de plus la &amp;quot;solution du délai&amp;quot; en 1998. Nous constatons donc que les manifestations pendant plus de 15ans, ne suffisent pas pour que la Suisse autorise l&#039;avortement. En France par exemple, la lutte des femmes a été moins longue en ce qui concerne le droit à l&#039;avortement puisqu&#039;il est autorisé depuis  [http://fr.wikipedia.org/wiki/Loi_Veil_du_17_janvier_1975_sur_l&#039;interruption_volontaire_de_grossesse 1975] et suite [http://fr.wikipedia.org/wiki/Manifeste_des_343 aux manifestes des 343] de 1971. &lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Par ailleurs, la pilule abortive Mifegyne (RU 486) est admise et commercialisée en Suisse dès 1999. La [http://webcache.googleusercontent.com/search?q=cache:aZM-IrETCowJ:bijsluiters.fagg-afmps.be/DownloadLeafletServlet%3Fid%3D109287+&amp;amp;cd=9&amp;amp;hl=fr&amp;amp;ct=clnk&amp;amp;gl=ch&amp;amp;client=firefox-a notice] d&#039;utilisation explique son utilité : &amp;quot;Mifegyne est un médicament qui bloque l&#039;action de la progestérone, une hormone nécessaire au maintien de la grossesse. Mifegyne peut donc provoquer une interruption de grossesse.&amp;quot; Cependant cette méthode médicamenteuse est soumise aux mêmes dispositions pénales que l’avortement et est prescrite uniquement par le corps médical.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Finalement, le Parlement adopte la solution du délai en mars 2001 et est rentré en vigueur en 2002. « Ainsi l’avortement n’est pas punissable pendant les 12 premières semaines de la grossesse à condition que la femme fasse valoir une situation de détresse. Les cantons doivent décider quels cabinets et établissement peuvent pratiquer l’intervention. » &amp;lt;ref&amp;gt;Rey, A.-M., 2013, Régime du délais, USPDA. Consulté le 7 Décembre sur http://www.svss-uspda.ch/fr/suisse/loi.htm&amp;lt;/ref&amp;gt; De plus, Rey (2013), illustre les modifications entre l&#039;ancienne et la nouvelle loi de 2002, relatif à l&#039;avortement. &amp;lt;ref&amp;gt;Rey, A.-M., 2013, Comparaison ancienne et nouvelle législation, USPDA. Consulté le 7 Décembre sur http://www.svss-uspda.ch/fr/suisse/comparaison.htm &amp;lt;/ref&amp;gt; Depuis ce jour, la femme est la seule personne qui ait le droit de choisir ou non l&#039;avortement. En aucun cas, une personne tierce (et même si celle-ci a une blouse blanche) ne pourra refuser l&#039;avortement d&#039;une femme dans les douze premières semaines de grossesse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous pouvons donc conclure que « les discussions provoquées en 1971 par l’initiative en faveur de la décriminalisation de l’avortement ont été à l’origine d’un changement des mentalités et d’une prise de conscience ».&amp;lt;ref&amp;gt;Rey, A.-M., 2013, Chronologie des événements dès 1970, USPDA. Consulté le 7 Décembre sur http://www.svss-uspda.ch/fr/suisse/chronologie.htm &amp;lt;/ref&amp;gt; En effet, on assiste à une diminution du nombre de condamnations et à une libéralisation de la pratique de l’avortement. Par ailleurs, on se rend compte qu’à travers la mise en place de centres de plannings familiaux et des dispositifs d’informations, comme l’éducation sexuelle, on parvient à lutter contre l’avortement.  La prévention prévaut donc à la pénalisation. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cependant on constate que la réglementation à ce sujet peut encore être modifiée, car ce droit à l’avortement est sans cesse remis en question. En effet, en 2010, le mouvement anti-avortement « Mamma », qui s&#039;intitulait auparavant &amp;quot;Pour la mère en l’enfant&amp;quot;  lance une initiative populaire : « Financer l’avortement est une affaire privée ». Il s’agit d’une initiative qui demande que l’IVG ne soit plus pris en compte par les prestations de l’assurance maladie de base, et ce en invoquant l’idée qu’il s’agit d’une décision d’ordre privé, et que de ce fait le financement public n’a pas de sens. Cependant, on remarque que le droit à donner la vie est également de l’ordre du privé, et pourtant celui-ci n’est pas contesté. [[Entretien Rina Nissim|Rina Nissim]], nous met en garde sur la tournure que prend les événements d&#039;aujourd&#039;hui (concernant le financement de l&#039;avortement). En effet, selon elle, nous serions en pleine régression concernant le libre choix de la femme. A contrario des générations d&#039;après 70, il faut que les générations d&#039;aujourd&#039;hui se mobilisent pour faire en sorte de garder un droit durement acquis par les femmes soixanthuitardes. La votation de Février 2014 qui se prépare pourrait modifier les droits que nous avons jusqu&#039;à présent. Si les générations de maintenant et les suivantes veulent elles aussi avoir la possibilité de choisir leur grossesse, elles se doivent de s&#039;impliquer pour faire en sorte de ne pas perdre les droits acquis.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les témoins qui ont participé aux changements ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous avons décidé d&#039;interroger des personnes qui se sont mobilisées en Suisse pour le droit à l&#039;avortement. Elles pourront donc faire ressortir des éléments personnels sur le contexte de l&#039;époque, et les problèmes qu&#039;elles ont pu rencontré pour la mise en place de ce droit. &lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Nous avons dans un premier temps contacté Mme [[Amélia Christinat|Christinat Amélia]], avec qui l&#039;une de nous avait déjà travaillé il y a quelques années. Cette personne a donc accepté de participer à notre recherche en répondant à nos questions lors d&#039;un entretien.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un second temps nous avons contacté Mme [[Salika Wenger|Wenger Salika]], marraine de l&#039;association &amp;quot;Ni pute, Ni soumise&amp;quot; qui est actuellement impliquée dans la politique sur Genève puisqu&#039;elle fait partie du Conseil Administratif de la ville de Genève. Deux d&#039;entre nous l&#039;ont connue lors de sa venue à [http://www.infrarouge.ch/ir/1858-seins-nouvelle-arme-feministes l&#039;émission télévisée Infrarouge (RTS)] dédié aux mouvements des Femens (novembre 2011). Après discussion téléphonique, nous avons eu des éléments pertinents qui pourraient nous intéresser pour notre recherche, cependant [[Salika Wenger|Mme Wenger]] est très occupée et ne pourra pas nous accorder un entretien avant Janvier 2014. C&#039;est pourquoi après réflexion, nous avons décidé de contacter une troisième personne qui pourrait éventuellement être plus disponible : Mme [[Rina Nissim|Nissim Rina]]. Par l&#039;intermédiaire de Mme Ruchat nous avons obtenu ses coordonnées téléphoniques et avons pu avoir un rendez vous rapidement.&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Afin de leur éviter quelconque déplacement,nous avons rencontré ses personnes à leur domicile. De plus, pour des raisons pratiques et également afin de ne pas abuser de leur hospitalité, nous avons décidé de mener ces entretiens par groupes de trois.&lt;br /&gt;
Nous proposerons aux différents acteurs de partager leurs souvenirs concernant les années 1970 à Genève afin que nous comprenions la situation actuelle du droit à l&#039;avortement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Retour sur les entretiens==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== [[Entretien Rina Nissim|Entretien]] de [[Rina Nissim]] ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Notre premier entretien s&#039;est déroulée le mercredi 27 Novembre. A trois étudiantes nous nous sommes rendues au cabinet de Rina Nissim. L&#039;entretien qui en découle nous a projeter dans un univers très différent du notre : où la femme n&#039;avaient que très peu de droits. C&#039;est de part son discours, que la militante Rina Nissim, nous a partagé des informations sur l&#039;ambiance, la mobilisation et la persévérances des actrices de cette époque. C&#039;est par la réalisation de plusieurs injustices que les femmes se regroupent pour se mobiliser contre une société qui octroie peu de considération envers les femmes. Le [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]], lutte donc de manière générale pour plusieurs droits (droit à l&#039;égalité salariale, droit à la contraception, droit à l&#039;avortement, ...). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== [[Entretien Amélia Christinat|Entretien]] d&#039;[[Amélia Christinat]] ===&lt;br /&gt;
Le second entretien s&#039;est déroulé le 5 décembre chez Christinat Amélia. A notre arrivée, nous lui avons dit que nous avions déjà des questions précises à lui poser et que ces questions seraient les mêmes pour tous les groupes. En effet, sachant que c&#039;est une femme très bavarde nous avons préférer poser le cadre dès le départ. &lt;br /&gt;
Nous avons pu constater en rentrant dans son salon qu&#039;elle avait préparé différents articles concernant le droit à l&#039;avortement - des articles qu&#039;elle nous a présenté tout au long de l&#039;interview -.&lt;br /&gt;
C&#039;est avec beaucoup d&#039;émotion qu&#039;elle a répondu à nos questions et qu&#039;elle a raconté son combat pour les différents droit de la femme - droit de vote, droit à l&#039;avortement etc.-. Nous avons vraiment ressenti, à travers ses propos, l&#039;importance que ces combats ont eu pour elle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Points communs entre les entretiens=== &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plusieurs points communs ressortent de ces deux entretiens.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout d&#039;abord, nous constatons que le droit à la réappropriation du corps ou plutôt à l&#039;autonomie des femmes, comme cité par [[Rina Nissim]] représente l&#039;un des combats des années 1960-80. Si les femmes, par leur combats, manifestations ont réussit à faire valoir leur droit à l&#039;avortement, elles ont aussi lutter pour la mise en place d&#039;autres valeurs tels que le droit à la contraception, le droit de vote, le droit d&#039;accès aux études. Toutes ces luttes sont évoqués par les deux femmes interrogés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Afin de parvenir à ces changements, il a fallu se réunir entre femmes. A partir du moment où nous souhaitons un changement important, il est nécessaire d&#039;obtenir une mobilisation importante. Rina Nissim part d&#039;un petit groupe, le [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]] qui finalement va prendre une grande ampleur et [[Amélia Christinat|Amélia Christianat]] s&#039;impose dans la politique. Il parait donc évident pour ces deux protagonistes, que pour espérer un changement, il faut se réunir en groupe. La notion de communauté prend donc toute son importance. La notion de communauté est définie comme étant un état de ce qui est commun à plusieurs personnes, similitudes, groupe constituant une société, mise en commun des biens entre époux. Au sens étymologique originel : cum munus. La communauté est donc un groupe de personnes (cum) qui partagent quelque chose (&amp;quot;munus&amp;quot;)- un bien, une ressource, ou bien au contraire une obligation, une dette.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Même si le concept de communauté n&#039;est pas dit explicitement dans nos entretiens, il apparaît tout au long puisque chacune d&#039;entre elles a rejoint un groupe dans lequel elles éprouvaient des intérêts communs. Chaque membre décide alors en quoi, comment et quand il contribuera à ce groupe. Dans ce cas, [[Rina Nissim]] et [[Amélia Christinat]] en tant que féministes se sont engagées et ont lutté pour le droit des femmes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Enfin, il est intéressant de constater que nos deux intervenantes tirent un bilan mitigé quant à ces luttes pour les droits des femmes. [[Amélia Christinat]] dit :&amp;quot; Alors en fait tout changement, toute progression que l’on peut interpréter comme sociale n’est jamais définitivement acquise. Donc en fait, il faut veiller continuellement, défendre continuellement où que vous soyez et avec qui que vous soyez.&amp;quot; Quant à [[Rina Nissim]], elle dit :&amp;quot;Malheureusement dans la société c’est comme ça, il faut tout le temps se battre. Ça c’est un point sur lequel on est en recul.&amp;quot;, On est en plein recul. Donc y a un ou deux pays qui ont avancé pour l’instant y en a douze qui ont régressé. Donc cela ne va pas du tout cette affaire, on a une très mauvaise posture.&amp;quot; Ainsi, la question des droits pour la personne n&#039;est jamais complètement acquis. Il faut sans arrêt se battre pour continuer à faire valoir ses droits en tant que personne.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il convient à présent de reprendre l&#039;ensemble des questions posés et d&#039;en ressortir les éléments importants :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- &#039;&#039;&#039;Depuis quand et avec qui vous vous êtes engagés dans la lutte pour les droits de la femme et quel était à ce moment votre statut (ou fonction)? Dans quel contexte s&#039;est inséré cette démarche ?&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les deux personnes interrogés ont un parcours différents et leur action ne s&#039;est pas faite au même niveau. Rina Nissim, après son interruption de grossesse à 19 ans, trouve un tract dans un local d&#039;anarchiste. C&#039;est un tract du MLF qui invite des femmes à les joindre dans leur groupe. Rina Nissim est intéressée et entre alors au MLF. Elle est alors la plus jeune de la bande. Il n&#039;y avait pas de statut en tant que tel mais chacune apportait ses connaissances et son envie de se battre pour obtenir plus de droit pour la femme. Quant à Amélia, elle agit plutôt a un niveau politique et va faire un long parcours en passant par le législatif, le cantonal puis le niveau national afin d&#039;apporter des changements reconnus dans toute la Suisse. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- &#039;&#039;&#039;Y a-t-il eu un événement originel? Pourriez vous nous raconter un ou des événements marquant que vous avez mené ou qui vous ont frappé dans cette période en faveur de ces droits ?&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;un des droits qui a frappé Rina Nissim dans cette période est l&#039;accès à l&#039;avortement libre et gratuit ainsi que l&#039;accès à la contraception. Elle explique que c&#039;est l’accessibilité à l&#039;avortement qui était problématique.Le planning familial a été une grande innovation mais n&#039;était pas encore présent dans les mentalités de tous et ce notamment chez les gynécologue qui n&#039;acceptait pas tous de donner la pilule. Le MLF faisait des listes des médecins d&#039;accord de prescrire cette pilule et dirigeait les femmes au bon endroit.Cependant, elle ne nous décrit pas un événement très précis, une action qu&#039;elle a effectué qui a pu entraîner ces changements. C&#039;est néanmoins des manifestations importantes et à plusieurs reprises qui ont permis ces évolutions. Amélia considère aussi que le droit à l&#039;avortement est un événement phare de cette époque et ajoute que le droit de vote pour la femme est aussi l&#039;un des événements marquants. Elle donne comme exemple les luttes ouvrières françaises qui allaient en Belgique pour se faire avorter parce que c&#039;était défendu en France et qu&#039;elles n&#039;avaient pas d&#039;argent. C&#039;est un événement particulièrement marquant et touchant selon elle. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- &#039;&#039;&#039;Quels ont été les changements les plus importants auxquelles vous ayez assisté ?&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Rina évoque plusieurs changements auxquels elle a pu assister. Elle parle de la libération des femmes. C&#039;est se considérer comme un individu à part entière qui peut décidé de soi-même, d&#039;être un vrai sujet dans leur vie, dans leur sexualité, dans leur contraception, dans leur choix professionnel. D&#039;après elle, il y a donc eu plusieurs droit : celui de l&#039;avortement avec pour commencer le remboursement par les caisses maladies en 81, le droit au divorce, le divorce. Amélia ajoute à l&#039;ensemble de ces changements le droit de vote, en disant qu&#039;à partir du moment où nous avons le bulletin, c&#039;est quelque chose de très important puisque les femmes sont considéré comme une personne. Nous pouvons rattacher cela à l&#039;ensemble de cette étude qui étudie le droit des personnes. Dans le cas des différentes luttes pour le droit des femmes, nous cherchons à mettre en avant qu&#039;elles sont avant tout des personnes qui doivent avoir la liberté de choisir, de donner leur avis. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-&#039;&#039;&#039; Y a-t-il eu des valeurs que vous avez eu le sentiment d’avoir porter en avant et si oui lesquels  ?&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Différentes valeurs sont mises en avant par les deux femmes interrogés. C&#039;est le féminisme, l&#039;humanisme, le socialisme, l&#039;anarchisme. De manière générale l&#039;autonomie des femmes marqué par la réappropriation de son corps. Dans leur discours, les deux femmes montrent bien qu&#039;auparavant nous étions considérés comme femme de.., fille de... que les femmes ont toujours du être meilleure que les hommes. Elles devaient tout faire. De ce fait, les femmes n&#039;étaient pas des sujets en tant que telle. Ce n&#039;est qu&#039;après de nombreuses luttes que nous avons mis en avant le fait que les femmes soient avant tout des personnes. Elles sont maintenant devenues comme les hommes. Bien que pour les deux femmes, ce n&#039;est pas un acquis et cette évolution à tendance à reculer. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039; Mais qu’en est-il aujourd’hui de cette lutte et des acquis et des risques de retour en arrière ?&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le maître mot de ces deux femmes concernant cette lutte est que rien n&#039;est acquis. Il faut toujours se battre parce que les choses ont tendance à régresser. Aujourd&#039;hui le droit de vote, le droit d&#039;accès aux études est l&#039;un des points acquis. Cependant, la question de l&#039;avortement est remis en cause et fait l&#039;objet de tension puisqu&#039;il est question de supprimer le remboursement des avortements. C&#039;est donc l&#039;une des causes pour lesquels il faut continue à se battre et faire valoir ses droits si l&#039;on ne veut pas revenir en arrière.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Références bibliographiques ==&lt;br /&gt;
&amp;lt;references/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Boutin, G., 2006, &#039;&#039;L&#039;entretien de Recherche qualitatif&#039;&#039;, Presses de l&#039;Université du Québec.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Roussopoulos Carole, &#039;&#039;Debout ! Une histoire du mouvement des femmes 1970-80&#039;&#039;, 1999. Consulté le 19 Novembre 2013 sur http://ballonsonde.org/wikiSonde/videos/Femmes_Debout.htm&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
– Hirata H, et al,2000, &amp;quot;Dictionnaire critique du féminisme&amp;quot;, Paris : Presse Universitaires de France.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Archives contestataires de Genève, Mouvements de Liberté des Femmes : 1970-90[[Fichier:MLF femme.pdf|vignette|Document des archives contestataires]]&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Archives contestataires de Genève, Mouvements de Liberté des Femmes : 1970-90[[Fichier:MLF archives.pdf|vignette|Documents des archives contestataires]]&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Archives contestataires de Genève, Mouvements de Liberté des Femmes : 1970-90 [[Fichier:MLF assez.pdf|vignette|document des archives contestataires]]&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Archives contestataires de Genève, Mouvements de Liberté des Femmes : 1970-90 [[Fichier:MLF avorter.pdf|vignette|Document des archives contestataires]]&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Archives contestataires de Genève, Mouvements de Liberté des Femmes : 1970-90 [[Fichier:MLF personne.pdf|vignette|Document des archives contestataires ]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Julie</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Droits_des_femmes&amp;diff=12032</id>
		<title>Droits des femmes</title>
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		<updated>2013-12-20T07:43:20Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Julie : /* La période 1970-1980 : La période clé */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Introduction  == &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Actuellement le droit à l&#039;avortement pour les femmes subit encore des contestations et même une offensive de remise en question: pouvons nous encore le qualifier comme  un droit de la femme s&#039;interrogent certains ? Tout au long de cette page nous nous centrerons sur le droit à l&#039;avortement pour les femmes depuis 1970. En effet, les mouvements féministes sont présents depuis longtemps dans l&#039;histoire des droits des personnes. Dans la période de l&#039;après guerre, les femmes se sont mobilisées plus fortement pour acquérir des droits identiques à ceux des hommes. C&#039;est par la lutte pour le droit à un travail rémunéré que les mouvements prennent de l&#039;ampleur  : &amp;quot;L&#039;essort du féminisme dans cette période serait intimement lié à celui du travail salarié&amp;quot; &amp;lt;ref&amp;gt;Riot-Sarcey, M., 2008, &#039;&#039;Histoire du féminisme&#039;&#039;, Paris, La Découvertes, Repères. p. 73 &amp;lt;/ref&amp;gt;. La question de la procréation est aussi au cœur de leur mouvement, puisqu&#039;il est question de &amp;quot;repeupler&amp;quot; des pays détruits : &amp;quot;Après l&#039;hécatombe de la guerre, jusqu&#039;alors la plus meurtrière, il est nécessaire, plus que jamais de &amp;quot;remplir les berceaux vides&amp;quot;&amp;quot; &amp;lt;ref&amp;gt;Riot-Sarcey, M., 2008, &#039;&#039;Histoire du féminisme&#039;&#039;, Paris, La Découvertes, Repères. p. 73 &amp;lt;/ref&amp;gt;. Il ne faut pas non plus oublier leurs luttes pour l&#039;accès à la politique : plus précisément le droit de vote pour les femmes, qui prend de l&#039;ampleur bien avant la guerre. C&#039;est dans ce contexte d&#039;après guerre, que les femmes resurgissent au front pour valoriser des droits égalitaires et propres à leur vie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cet article est fondé à la fois sur une recherche documentaire et sur la récolte de témoignages de deux personnes pionnières dans l&#039;avancée du droit des femmes à l&#039;avortement. L&#039;article présentera également les différents mouvements féministes réalisés dans les années 1970 sur le droit à l&#039;avortement.Ceci nous montreras que la Suisse, n’a pas été la première à lutter pour le droit à l’avortement, mais que le phénomène est mondial. Les États-Unis ont été sans aucun doute les précurseurs, mais la lutte s&#039;est diffusée et reproduite dans différents pays du monde amenant à des dates différentes à autoriser l’avortement.  L&#039;article se centrera sur la lutte des femmes en Suisse et les différentes lois qui en sont ressorties et cherchera à comprendre la part qu’ont joué les deux témoins interrogées dans cette histoire récente (1970 à aujourd&#039;hui). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour ce faire, nous avons constitué une bibliographie, à partir d’ouvrages sur les mouvements féministes en général, sur la chronologie des contestations. Nous avons lu des articles scientifiques qui présentent la situation en Suisse, épluché  des informations sur les deux témoins qui ont été interrogés et consulté les archives contestataires à Carouge. &lt;br /&gt;
Nous avons également pu rencontré deux femmes militantes à Genève sur ce thème. On a donc effectué deux entretiens audio avec Madame [[Amélia Christinat]] et Madame [[Rina Nissim]] pour obtenir leur témoignage sur l’histoire des mouvements féministes des années 1960 à 1980, principalement sur la question de l’avortement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L&#039;Histoire du droit des femmes == &lt;br /&gt;
Actuellement des auteures telles que Marcella Iacub et Judith Butler font de la problématique féministe une occasion de débattre la question du genre, des identités sexuelles et limites entre les sexes (intersexe, queer, etc), laquelle peut nous aider à repenser la lutte féministe. Or, celle des années 70 (en amont en Suisse de l&#039;accession des femmes à la citoyenneté) est celle d&#039;une longue marche marquée par des féministes de l&#039;après guerre comme Simone de Beauvoir avec sa formule historique &amp;quot;On ne naît pas femme on le devient&amp;quot;, soulignant le déterminisme social de la féminité et la &amp;quot;fabrication&amp;quot; culturelle. &lt;br /&gt;
Pour tenter de comprendre ce qui s&#039;est passé durant cette époque nous allons revenir sur les faits marquants. Pour la compréhension de ce qui va suivre nous vous conseillons de lire [[Frise Chronologique du droit à l&#039;avortement|la frise chronologique]] des événements marquants pour le droit à l&#039;avortement en Suisse. &lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
=== Mouvements féministes : Buts et démarches ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce n&#039;est que dans la deuxième moitié du XIXème siècle que le féminisme se démarque en tant que mouvement collectif de luttes de femmes. &amp;quot;Ces luttes reposent sur la reconnaissance des femmes comme spécifiquement et systématiquement opprimées, l&#039;affirmation que les relations entre hommes et femmes ne sont pas inscrites dans la nature mais que la possibilité politique de leur transformation existe.&amp;quot;[3] En effet, les femmes ont dû faire face à de nombreuses inégalités et cela dans de nombreux domaines: le travail, la santé, la politique... Nous constatons encore aujourd&#039;hui que de nombreuses inégalités persistent sur le droit des femmes mais elles sont moindres ou de nature différentes que dans les années 1960-80. Pour pouvoir entrer dans un processus de revendication politique du féminisme, il faut qu&#039;il y ait une &amp;quot;relation avec une conceptualisation de droits humains universels;elle s&#039;ancre dans les théories des droits de la personne dontles premières formulations juridiques sont issues des révolutions américaines puis françaises.&amp;quot; &amp;lt;ref&amp;gt;Hirata H, et al,2000, &amp;quot;Dictionnaire critique du féminisme&amp;quot;, Paris : Presse Universitaires de France, p. 225&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
Il convient de faire une distinction entre les mouvements féministes et les mouvements populaires des femmes. En effet, les mouvements populaires des femmes ne mettent pas directement en avant l&#039;exigence de droits spécifiques pour les femmes. C&#039;est l&#039;emploi du mot féministe qui va changer les représentations que l&#039;on se fait à cette époque. Pour certains les féministes sont &amp;quot;trop bourgeoises au XIXème siècle et au début du XXème siècle trop radicales et ennemies des hommes après les années 1970&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;Hirata H, et al,2000, &amp;quot;Dictionnaire critique du féminisme&amp;quot;, Paris : Presse Universitaires de France., p. 126&amp;lt;/ref&amp;gt;. Quant à l&#039;expression &amp;quot;mouvement des femmes&amp;quot;, elle est plus souvent utilisée comme raccourci pour mouvement de libération des femmes. Voila pourquoi elle a pu être associée au féminisme le plus radical et explique la confusion entre les deux termes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lorsque nous parlons de &amp;quot;mouvements féministes&amp;quot; nous désignons sous une même dénomination &amp;quot;les diverses formes des mouvements de femmes, le féminisme libéral ou &amp;quot;bourgeois, le féminisme radical, les femmes marxistes ou socialistes, les femmes lesbiennes, les femmes noires et toutes les dimensions catégorielles des mouvements actuels&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;Hirata H, et al,2000, &amp;quot;Dictionnaire critique du féminisme&amp;quot;, Paris : Presse Universitaires de France, p. 127&amp;lt;/ref&amp;gt;. Dès lors, l&#039;expression&amp;quot; mouvement des femmes &amp;quot; représente les mobilisations de femmes en Amérique Latine ou les mouvements pour la paix en Irlande ou au moyen-Orient&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;Hirata H, et al,2000, &amp;quot;Dictionnaire critique du féminisme&amp;quot;, Paris : Presse Universitaires de France., p.126&amp;lt;/ref&amp;gt; Dans la littérature, deux types de mouvements féministes se démarquent. Une première vague a émergé dans la seconde moitié du XIXème siècle. Elle est souvent présentée autour des revendications du droit de vote.  Au début du XXème siècle, ou les mouvements sont qualifiés de &amp;quot;néo féminisme&amp;quot;, les exigences ne se fondent pas sur une seule exigence d&#039;égalité mais sur une reconnaissance &amp;quot;de l&#039;impossibilité sociale de fonder cette égalité dans un système patriarcal&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;Hirata H, et al,2000, &amp;quot;Dictionnaire critique du féminisme&amp;quot;, Paris : Presse Universitaires de France, p. 126&amp;lt;/ref&amp;gt;. Le féminisme des années 1970, se fait connaitre par des mouvements anti-autoritaires, par des groupes de parole, il met en avant les formes les plus spontanées de manifestation et refuse toute organisation hiérarchique. &amp;quot; L&#039;appartenance au mouvement représente la mise en acte d&#039;une nouvelle idéologie, la recherche de sens et de valeurs communs.&amp;quot; &amp;lt;ref&amp;gt;Hirata H, et al,2000, &amp;quot;Dictionnaire critique du féminisme&amp;quot;, Paris : Presse Universitaires de France, p.128&amp;lt;/ref&amp;gt;. C&#039;est entre la fin des années 1960 et le début des années 1970 que le féminisme connait une ampleur internationale. &amp;quot;L&#039;onde de choc part des Etats-Unis et gagne très rapidement la Grande-Bretagne et l&#039;Allemagne dans les années 60&amp;quot;. Il faut ajouter qu&#039;en &amp;quot;dépit de son caractère extra parlementaire, le mouvement de libération des femmes a la capacité de susciter de larges mobilisations auprès des femmes syndiquées, des femmes de partis de gauche et de droite ou des associations luttant pour les droits des femmes comme le planning familial. Ce sont d&#039;abord les campagnes pour la liberté d&#039;avorter qui constituent les événements les plus importants et les plus marquants &amp;lt;ref&amp;gt;Hirata H, et al,2000, &amp;quot;Dictionnaire critique du féminisme&amp;quot;, Paris : Presse Universitaires de France, p. 128&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En ce qui concerne la Suisse, c’est dans la continuité du mouvement de la jeunesse estudiantine de 1968 que naît le nouveau mouvement féministe. C’est à Zurich que se sont réunies des femmes de gauche, que l’on appellera « Frauenbefreiungsbewegung » ou plus communément le FBB. Elles critiquent le fait que les femmes sont oppressées et qu’il s’agit d’une « contradiction sociale fondamentale ». Le [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]], pour la Suisse romande et le MFT au Tessin vont très rapidement suivre la création du FBB, avec comme objectif commun de « récuser l’organisation hiérarchique des associations et de la politique traditionnelle » &amp;lt;ref&amp;gt;Commission fédérale, &#039;&#039;Femmes Pouvoir Histoire&#039;&#039;, 1.3, p. 1, consulté le 27 Novembre sur http://webcache.googleusercontent.com/search?q=cache:UpvKGVSBak0J:www.ekf.admin.ch/dokumentation/00444/00517/index.html%3Flang%3Dfr%26download%3DNHzLpZeg7t,lnp6I0NTU042l2Z6ln1ae2IZn4Z2qZpnO2Yuq2Z6gpJCDdH58hGym162epYbg2c_JjKbNoKSn6A--+&amp;amp;cd=2&amp;amp;hl=fr&amp;amp;ct=clnk&amp;amp;gl=ch&amp;amp;client=firefox-a&amp;lt;/ref&amp;gt; inspirés des mouvements français et américains préalablement abordés. Cependant, des divergences existent entre tous ces mouvements sur différentes questions telles que l’avortement ou encore la possibilité pour le sexe féminin de faire l’armée. Une chronologie a été rédigée dans l’article suivant : &amp;quot;Le nouveau mouvement féministe et les organisations féminines depuis 1968&amp;quot; de la Commission fédérale pour les questions féminines de la Confédération Suisse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
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&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La période  entre 1940-50 : une période restrictive ===&lt;br /&gt;
Pour comprendre la lutte pour l&#039;avortement comme droit de la personne il nous faut revenir sur le contexte de l&#039;après guerre. La législation suisse sur l’avortement est l’une des plus restrictives d’Europe.  Les premières dispositions du Code pénal suisse à ce sujet ont été définies en 1942 et prévoient, à cette époque, l’emprisonnement de la femme qui avorte, ainsi que de la personne qui l’aide à pratiquer cet acte. En revanche, une exception existe : si la grossesse comporte un danger pour la mère et que l’interruption de grossesse est pratiquée par un médecin, l&#039;avis étant approuvé par un second médecin, l’avortement n’est alors pas punissable. On comprend alors que la conséquence a été un nombre considérable d’avortements illégaux. Cependant, la mise en place de dispositifs de préventions et d’une diffusion d’informations contribua à faire diminuer le nombre d’avortements autant illégaux, que légaux. Par ailleurs, l’Organisation Mondiale de la Santé ([http://www.who.int/fr/ OMS]) a étendu la notion de « santé » en y insérant les dimensions de bien-être psychique et social : « la santé ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité ; elle est un état de complet bien-être physique, mental et social. »&amp;lt;ref&amp;gt;Rey, A.-M., 2013, &#039;&#039;Tendance à la libéralisation&#039;&#039;, USPDA. Consulté le 7 Novembre sur http://www.svss-uspda.ch/fr/suisse/liberal.htm&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ceci légalise aussi la pratique d’interruption de grossesse et écarte la menace d’emprisonnement. &amp;lt;ref&amp;gt;Rey, A.-M., 2013, &#039;&#039;L&#039;ancienne législation de 1942&#039;&#039;, USPDA. Consulté le 7 Novembre sur http://www.svss-uspda.ch/fr/suisse/loi_1942.htm&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
Cependant, cette législation attise la colère et la montée d’une révolte. Au début du XXème siècle, on voit s’élever des mouvements, tels que les organisations ouvrières, pour lutter en faveur de la décriminalisation de l’avortement.&lt;br /&gt;
De plus, dans cette période, il existe une différence entre les cantons au niveau de la législation sur l&#039;avortement. Ceci met donc les professionnels dans l&#039;embarras puisqu&#039;ils n&#039;ont pas une pratique généralisée au niveau de l&#039;état, et cela soulève également une inégalité entre les femmes des différents cantons de la Suisse. Des mesures fédérales strictes ont donc été prises pour tenter de généraliser les pratiques et s&#039;accorder sur la pratique de l&#039;avortement : « l’institutionnalisation juridique d’une interruption de grossesse pouvant être légalement pratiquée par un médecin sous haute surveillance de l’Etat : consultation obligatoire d’un second médecin, qui doit être un spécialiste et en plus agréé par les autorités cantonales compétentes, et qui doit donner par écrit un « avis conforme ». Il faut également le consentement écrit de la femme enceinte. ». Ainsi à cette époque nous constatons que les femmes n&#039;ont pas la maitrise de leur corps et que de ce fait la maternité ne peut se contrôler. Ce contexte illustre la réalité des femmes, soit elles ont la chance de pouvoir trouver deux médecins qui l&#039;estime en danger, soit elles décident de pratiquer un avortement illégal ce qui comporte de grands risques pour leur santé (hémorragie et infection qui peuvent entrainer la mort de la femme).&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La période 1960-70 : les premiers changements ===&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Fichier:Graphiquefemme.jpeg|vignette|gauche|Graphique représentant les condamnations des femmes]]&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Le graphique ci-contre nous montre la condamnation des femmes en ce qui concerne l&#039;avortement.&amp;lt;ref&amp;gt;Rey, A.-M., 2013, &#039;&#039;Interruption de grossesse en Suisse : les faits et les données&#039;&#039;, USPDA. Consulté le 18 Novembre sur http://www.svss-uspda.ch/pdf/faits-et-donnees.pdf &amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt; En effet, nous voyons que le pic le plus élevé se situe dans l&#039;année 1950, avec 550 condamnées. Puis lors de la commercialisation de la pilule, l&#039;emprisonnement des femmes diminue fortement l&#039;année suivante, passant d&#039;environ 400 condamnations à environ 260. De manière générale, ce graphique montre que les condamnations sur la période 1960-1980 n&#039;ont cessé de baisser. &lt;br /&gt;
Les années 60 sont donc marquées par l&#039;arrivée de la pilule contraceptive en Suisse. En effet, en 1961, la commercialisation de celle-ci fait reculer le nombre d&#039;avortement pratiqué en Suisse puisque les femmes ont un contrôle sur leur reproductibilité. Malgré tout, la pilule contraceptive circule à l&#039;époque discrètement, puisque aucune loi ne précise son autorisation. En 1965, la création du premier planning familial en Suisse au HUG permettra de conseiller les familles. L&#039;établissement ouvrira donc un pôle dédié à l&#039;information familiale et aux régulations des naissances.&amp;lt;ref&amp;gt;Fert-Bek, D., (s.d.), &#039;&#039;Historique&#039;&#039;, Le service du planning familial de Genève a 40 ans,Genève, HUG. Consulté le 18 Novembre 2013 sur http://planning-familial.hug-ge.ch/nous/historique.html&amp;lt;/ref&amp;gt; Dans cet établissement les professionnels conseillent les parents sur la manière d&#039;avoir un contrôle sur l&#039;élargissement de leur famille. Ainsi, grâce à cette structure, la pilule contraceptive a pu circuler dans le territoire helvétique. La pilule était considéré pour certain comme un enjeux économique : elle permettait de contrôler les naissances et donc de préserver la richesse, et pour d&#039;autres comme un moyen de débrider la sexualité des femmes&amp;lt;ref&amp;gt;L&#039;illustré, (s.d.) &#039;&#039;La pilule qui a changé le monde&#039;&#039;, Archives, Consulté le 18 Novembre 2013 sur http://www.illustre.ch/la_pilule_qui_a_change_le_monde_45372_.html&amp;lt;/ref&amp;gt;.   &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Mlf.jpeg|vignette|gauche|Affiche du Front des Bonnes Femmes]][[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|Le Mouvement de Libération des Femmes (MLF)]] a démarré aux Etats-Unis, et a encouragé les militants des autres pays à lutter pour améliorer les conditions féminines. Le [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]] créé en 1969 à Zurich,que l&#039;on retrouvait également dans d&#039;autres cantons  (Genève et Tessin par exemple) se base &amp;quot;sur les mouvements de libération du Tiers monde pour encourager les femmes à se libérer des contraintes inhérentes à la famille nucléaire (Rôle des sexes).&amp;quot; &amp;lt;ref&amp;gt;Jorris, E., 2009, &#039;&#039;Mouvement de libération des femmes (MLF)&#039;&#039;. Consulté le 19 Novembre 2013 sur http://www.hls-dhs-dss.ch/textes/f/F16504.php&amp;lt;/ref&amp;gt;. Sur le canton de Genève plus précisément, des groupes de certains partis de gauche militaient en ces faveurs (ils étaient très hiérarchisés et ne plaisaient pas à toutes les femmes militantes). C&#039;est donc principalement grâce à Madame Brodmann (qui a milité aux Etats-Unis) et Madame Gramoni qu&#039;il y a eu dans un premier temps le front des Bonne-Femmes (où militait aussi Rina Nissim). Leur premier slogan a été &amp;quot;Femmes décolonisons-nous !&amp;quot; avec des affiches placardées sur les façades des grandes banques : les femmes insistaient donc pour la ré-appropriation de leur corps (avortement, pilule contraceptive, ...).&amp;lt;ref&amp;gt;Roussopoulos Carole, Debout ! Une histoire du mouvement des femmes 1970-80, 1999. Consulté le 19 Novembre 2013 sur http://ballonsonde.org/wikiSonde/videos/Femmes_Debout.htm&amp;lt;/ref&amp;gt; &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Les femmes pensent donc vivre singulièrement des situations d&#039;exclusion et d&#039;injustices, or le fait de discuter ensemble elles se rendent compte qu&#039;elles vivent toutes ce genre de situation. Cette prise de conscience favorise donc la mobilisation des femmes pour combattre ces injustices dont elles sont victimes. Les communautés ou ce que l&#039;on pourrait appeler regroupements permettent donc aux femmes de prendre consciences mais aussi de prendre du pouvoir dans la société. L&#039;effet de groupe a permis de de faire rassembler dans les rues des milliers de femmes pour manifester ensemble contre des inégalités entre sexe ([[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]]).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans le même temps, il ne faut pas oublier que les avortements illégaux continuent à être pratiqués à cette période. En effet, le nombre d&#039;avortements, légaux et illégaux, est estimé à 50 000 en 1966. Les avortements légaux s&#039;élevaient à environ 17 000 en 1966 (16 000 en 1978 et 1980, 14 000 en 1985, 13 000 en 1990, 12 000 en 1995, 13 000 en 1996 et 1998). Les avortements clandestins diminuèrent grâce : &lt;br /&gt;
* à la raréfaction avec l&#039;élargissement des indications médicales dans les cantons libéraux (Zurich, Bâle-Ville, Berne, Vaud, Neuchâtel, Genève) dès les années 1950&lt;br /&gt;
* la libéralisation progressive dans d&#039;autres cantons(Tessin dès les années 1970; Argovie, Bâle-Campagne, Glaris, Schaffhouse, Soleure, Jura au cours des années 1990)&lt;br /&gt;
* la généralisation des centres de planning familial, des cours d&#039;éducation sexuelle, la diffusion de moyens de contraception sûrs dès les années 1960 &lt;br /&gt;
* le remboursement de l&#039;intervention par les caisses maladie).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On remarque que malgré les mesures juridiques fédérales restrictives, les cantons adoptent des pratiques très différentes les uns des autres. Ainsi, les dimensions d’ordre psychologique et social sont incluses dans les indications médicales des cantons libéraux, alors que la pratique est seulement tolérée dans les cantons conservateurs catholiques. Face à cette inégalité juridique, les cantons libéraux accueillent des femmes vivant dans ces cantons restrictifs pour se faire avorter. On assiste à une forme de tourisme « gynécologique ». Cela amène les cantons à réfléchir sur ces pratiques. Notamment le canton de Neuchâtel, où plusieurs affaires d&#039;avortements sont jugées. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La période 1970-1980 : La période clé ===&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
A la suite de ces scandales, le député radical Maurice Favre dépose en mars 1971 une [http://www.amtsdruckschriften.bar.admin.ch/viewOrigDoc.do?id=10100953 motion] en faveur d&#039;une initiative cantonale demandant la suppression des articles 118 à 121 du CP.  &lt;br /&gt;
Cette démarche est suivie du lancement, en juin de la même année, par un comité de cinq personnes, de l&#039;initiative populaire fédérale pour la décriminalisation de l&#039;avortement, largement soutenue notamment par le mouvement des femmes. En 1972, les milieux chrétiens conservateurs font circuler une pétition &amp;quot;Oui à la vie, non à l&#039;avortement&amp;quot;. A partir de ce moment-là, nous voyons apparaître les organisations et les mouvements féministes qui organisent des manifestations en faveur de l’interruption de grossesses libres et gratuites, ainsi que pour revendiquer [http://www.svss-uspda.ch/index.html la décriminalisation de l’avortement].  Il y a dons deux propositions faites : accorder un délais pour l&#039;avortement (par exemple : les avortements pourront être légal pendant les 10 premières semaines de grossesse)ou élargir les motifs pour l&#039;avortement (par exemple : souffrances psychiques, douleurs physique, ...)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C&#039;est une lutte qui se fait contre des mentalités traditionnelles où l&#039;homme est dominant dans la société. La prise de conscience des femmes et de leurs conditions se fait petit-à-petit, en prenant plus d&#039;ampleur au milieu des années 70. C&#039;est la réunion de plusieurs milliers de femmes qui fait que l&#039;on puisse qualifier le [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]] de mouvement. Ce sont des femmes de tout âge qui se battent pour l&#039;amélioration de leurs conditions de vie. Ces mouvements veulent principalement lutter pour le droit du libre choix des femmes ou de manière générale à ce que l&#039;on nomme l&#039;autonomie des femmes. A cette époque, il y a &amp;quot;deux types de femmes&amp;quot; :  celles qui font des études mais qui restent à la maison pour materner, ou bien celle qui font des études et qui travaillent. Ces dernières se trouvent confrontées à la réalité sociale : avec le même titre professionnel, les femmes obtiennent des salaires bien inférieurs à ceux des hommes. C&#039;est suite à cette prise de conscience face au [http://www.scienceshumaines.com/peut-on-en-finir-avec-le-plafond-de-verre_fr_22408.html Plafond de Verre], que les femmes se réunissent pour échanger leurs histoires. Elles se mobilisent donc afin de pouvoir avoir le contrôle sur leur vie, et sur leur corps. L&#039;une des grandes luttes se fait autour du contrôle de leur corps : ce qu&#039;elles nomment la mobilisation pour la ré-appropriation du corps. Il s&#039;agit de donner aux femmes la possibilité de choisir leur maternité, leur contraception, et leur médicamentation. En 1978, sur le canton de Genève, l&#039;ouverture du Dispensaire des femmes (par [[Rina Nissim]]) leur permet d&#039;être accueillies dans un lieu où on leur donne des conseils, des listes de gynécologues tolérants face aux choix d&#039;avorter ainsi que différentes méthodes pour soigner les maladies génitales, ... De plus, les femmes peuvent si elles le veulent accéder au groupe action Self-Help du [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]] ; qui est un lieu où l&#039;on échange sur son vécu, et où l&#039;on pratique des examens concrets pour découvrir son corps. L&#039;instruction, comme l&#039;évoque [[Amélia Christinat|Mme Christinat]] permet aux femmes de comprendre les injustices auxquelles elles sont confrontées et de se mobiliser pour que toute les sociétés reconnaissent les femmes comme des personnes avec un cerveau. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans le même temps, une nouvelle réglementation sur l’avortement est considérée par le Conseil fédéral, et trois variantes sont discutées : la première, appelée &amp;quot;solutions des indications&amp;quot; autorise l’avortement dans les situations où la grossesse menace la vie ou la santé de la femme, en cas de viol, ou encore si l’enfant présente un trouble ou une déficience physique et/ou mentale. Une autre variante est celle des « indications sociales » qui prend en compte la situation sociale précaire de la femme. Finalement, la troisième, « solution des délais », permet l’avortement pendant les douze premières semaines de grossesse. Il en va sans dire que les partis politiques, les organisations et les cantons conservateurs catholiques sont en faveur de la solution la plus restrictive, alors que leurs rivales refusent les trois types de variantes et revendiquent l’avortement libre et gratuit. Le Conseil fédéral  rejette l’initiative pour la décriminalisation de l’avortement, mais opte finalement pour la solution des indications élargies, attisant ainsi le mécontentement des deux camps. &lt;br /&gt;
Face au rejet de l’initiative populaire pour la décriminalisation de l’avortement, [http://www.svss-uspda.ch/index.html l’Union Suisse pour la Décriminalisation de l’Avortement] (USPDA) (dont fait partie [[Amélia Christinat]])propose un compromis et lance une initiative qui cette fois rejoint l’idée de la solution des délais. « L’initiative réclament la décriminalisation de l’avortement s’il est pratiqué par un  médecin avec le consentement de la femme pendant les douze semaines qui suivent les dernières règles ». Cependant, celle-ci essuie à nouveau un échec : elle est rejetée par la majorité des cantons. &lt;br /&gt;
Les années suivantes toutes les propositions d&#039;initiatives,pour ou contre l&#039;avortement, sont sans cesse rejetées. Mais les luttes féminines pour le droit à l&#039;avortement s&#039;amplifient dans cette période pour pouvoir faire changer les droits de la personne et principalement les droits de la femme. Ce n’est qu’en 1990, que l’idée d’une révision de la loi relative à l’avortement est remise sur le devant de la scène. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous constatons que cette période est une période riche pour la mobilisation des droits des femmes ; de multitudes groupes se forment à l&#039;intérieur du MLF, des nouveaux établissements pour les femmes se créent, ...mais ce qui se fait ressentir c&#039;est  surtout l&#039;envie de faire changer la mentalité de la société pour que les femmes aient les même droits que les hommes. Nous avions déjà retrouver ce point en 1791 en France où est apparue la [http://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9claration_des_droits_de_la_femme_et_de_la_citoyenne Déclaration des Droits de la Femme et de la Citoyenne] se basant sur la [http://www.textes.justice.gouv.fr/textes-fondamentaux-10086/droits-de-lhomme-et-libertes-fondamentales-10087/declaration-des-droits-de-lhomme-et-du-citoyen-de-1789-10116.html version originale] et dont le but était de montrer l&#039;égalité juridique entre homme et femme.   &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Depuis 1990 ===&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Les différentes mobilisations des femmes soixanthuitardes ont permis la diminution d&#039;une multitude d&#039;inégalités pour lesquelles elles se mobilisaient.&lt;br /&gt;
Tout d&#039;abord, en 1994, on constate un net recul du nombre d’avortements légaux. Ceci peut s’expliquer par une diffusion de l’information (éducation sexuelle) et la libre disposition de moyens contraceptifs. Ce phénomène vient appuyer l’idée que la libéralisation ne conduit pas à une augmentation des avortements, bien au contraire. Plusieurs services se sont donc installées suite au manifestations des femmes dans les rues. A partir de là, les choses commencent à changer et vont en faveur de la décriminalisation de l’avortement. En effet, le Conseil National adopte en 1995 &amp;quot;la solution des délais&amp;quot;. En 1996, la Commission des Affaires Juridiques du Conseil National ratifie un projet de loi qui prévoie la décriminalisation de l’avortement pendant les 14 premières semaines après les dernières règles. On voit mêmes les femmes du parti démocratique-chrétien (PDC) aller en faveur du droit de la femme à l’autodétermination et pour &amp;quot;la solution des délais&amp;quot;. De nombreuses organisations telles que la Fédération suisse des Eglises protestantes, les groupes des femmes radicales de Suisse, accueillent cette solution des délais comme un compromis tolérable. Toutefois, le Conseil Fédéral rejette une fois de plus la &amp;quot;solution du délai&amp;quot; en 1998. Nous constatons donc que les manifestations pendant plus de 15ans, ne suffisent pas pour que la Suisse autorise l&#039;avortement. Contrairement à la France par exemple où le droit à l&#039;avortement est proclamé depuis [http://fr.wikipedia.org/wiki/Loi_Veil_du_17_janvier_1975_sur_l&#039;interruption_volontaire_de_grossesse 1975] suite [http://fr.wikipedia.org/wiki/Manifeste_des_343 aux manifestes des 343] de 1971. &lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Par ailleurs, la pilule abortive Mifegyne (RU 486) est admise et commercialisée en Suisse dès 1999. Cette méthode médicamenteuse est soumise aux mêmes dispositions pénales que l’avortement et est prescrite uniquement par le corps médical.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Finalement, le Parlement adopte la solution du délai en mars 2001 et est rentré en vigueur en 2002. « Ainsi l’avortement n’est pas punissable pendant les 12 premières semaines de la grossesse à condition que la femme fasse valoir une situation de détresse. Les cantons doivent décider quels cabinets et établissement peuvent pratiquer l’intervention. » &amp;lt;ref&amp;gt;Rey, A.-M., 2013, Régime du délais, USPDA. Consulté le 7 Décembre sur http://www.svss-uspda.ch/fr/suisse/loi.htm&amp;lt;/ref&amp;gt; De plus, Rey (2013), illustre les modifications entre l&#039;ancienne et la nouvelle loi de 2002, relatif à l&#039;avortement. &amp;lt;ref&amp;gt;Rey, A.-M., 2013, Comparaison ancienne et nouvelle législation, USPDA. Consulté le 7 Décembre sur http://www.svss-uspda.ch/fr/suisse/comparaison.htm &amp;lt;/ref&amp;gt; Depuis ce jour, la femme est la seule personne qui ait le droit de choisir ou non l&#039;avortement. En aucun cas, une personne tierce (et même si celle-ci a une blouse blanche) ne pourra refuser l&#039;avortement d&#039;une femme dans les douze premières semaines de grossesse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous pouvons donc conclure que « les discussions provoquées en 1971 par l’initiative en faveur de la décriminalisation de l’avortement ont été à l’origine d’un changement des mentalités et d’une prise de conscience ».&amp;lt;ref&amp;gt;Rey, A.-M., 2013, Chronologie des événements dès 1970, USPDA. Consulté le 7 Décembre sur http://www.svss-uspda.ch/fr/suisse/chronologie.htm &amp;lt;/ref&amp;gt; En effet, on assiste à une diminution du nombre de condamnations et à une libéralisation de la pratique de l’avortement. Par ailleurs, on se rend compte qu’à travers la mise en place de centres de plannings familiaux et des dispositifs d’informations, comme l’éducation sexuelle, on parvient à lutter contre l’avortement.  La prévention prévaut donc à la pénalisation. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cependant on constate que la réglementation à ce sujet peut encore être modifiée, car ce droit à l’avortement est sans cesse remis en question. En effet, en 2010, le mouvement anti-avortement « Mamma », qui s&#039;intitulait auparavant &amp;quot;Pour la mère en l’enfant&amp;quot;  lance une initiative populaire : « Financer l’avortement est une affaire privée ». Il s’agit d’une initiative qui demande que l’IVG ne soit plus pris en compte par les prestations de l’assurance maladie de base, et ce en invoquant l’idée qu’il s’agit d’une décision d’ordre privé, et que de ce fait le financement public n’a pas de sens. Cependant, on remarque que le droit à donner la vie est également de l’ordre du privé, et pourtant celui-ci n’est pas contesté. [[Entretien Rina Nissim|Rina Nissim]], nous met en garde sur la tournure que prend les événements d&#039;aujourd&#039;hui (concernant le financement de l&#039;avortement). En effet, selon elle, nous serions en pleine régression concernant le libre choix de la femme. A contrario des générations d&#039;après 70, il faut que les générations d&#039;aujourd&#039;hui se mobilisent pour faire en sorte de garder un droit durement acquis par les femmes soixanthuitardes. La votation de Février 2014 qui se prépare pourrait modifier les droits que nous avons jusqu&#039;à présent. Si les générations de maintenant et les suivantes veulent elles aussi avoir la possibilité de choisir leur grossesse, elles se doivent de s&#039;impliquer pour faire en sorte de ne pas perdre les droits acquis.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les témoins qui ont participé aux changements ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous avons décidé d&#039;interroger des personnes qui se sont mobilisées en Suisse pour le droit à l&#039;avortement. Elles pourront donc faire ressortir des éléments personnels sur le contexte de l&#039;époque, et les problèmes qu&#039;elles ont pu rencontré pour la mise en place de ce droit. &lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Nous avons dans un premier temps contacté Mme [[Amélia Christinat|Christinat Amélia]], avec qui l&#039;une de nous avait déjà travaillé il y a quelques années. Cette personne a donc accepté de participer à notre recherche en répondant à nos questions lors d&#039;un entretien.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un second temps nous avons contacté Mme [[Salika Wenger|Wenger Salika]], marraine de l&#039;association &amp;quot;Ni pute, Ni soumise&amp;quot; qui est actuellement impliquée dans la politique sur Genève puisqu&#039;elle fait partie du Conseil Administratif de la ville de Genève. Deux d&#039;entre nous l&#039;ont connue lors de sa venue à [http://www.infrarouge.ch/ir/1858-seins-nouvelle-arme-feministes l&#039;émission télévisée Infrarouge (RTS)] dédié aux mouvements des Femens (novembre 2011). Après discussion téléphonique, nous avons eu des éléments pertinents qui pourraient nous intéresser pour notre recherche, cependant [[Salika Wenger|Mme Wenger]] est très occupée et ne pourra pas nous accorder un entretien avant Janvier 2014. C&#039;est pourquoi après réflexion, nous avons décidé de contacter une troisième personne qui pourrait éventuellement être plus disponible : Mme [[Rina Nissim|Nissim Rina]]. Par l&#039;intermédiaire de Mme Ruchat nous avons obtenu ses coordonnées téléphoniques et avons pu avoir un rendez vous rapidement.&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Afin de leur éviter quelconque déplacement,nous avons rencontré ses personnes à leur domicile. De plus, pour des raisons pratiques et également afin de ne pas abuser de leur hospitalité, nous avons décidé de mener ces entretiens par groupes de trois.&lt;br /&gt;
Nous proposerons aux différents acteurs de partager leurs souvenirs concernant les années 1970 à Genève afin que nous comprenions la situation actuelle du droit à l&#039;avortement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Retour sur les entretiens==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== [[Entretien Rina Nissim|Entretien]] de [[Rina Nissim]] ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Notre premier entretien s&#039;est déroulée le mercredi 27 Novembre. A trois étudiantes nous nous sommes rendues au cabinet de Rina Nissim. L&#039;entretien qui en découle nous a projeter dans un univers très différent du notre : où la femme n&#039;avaient que très peu de droits. C&#039;est de part son discours, que la militante Rina Nissim, nous a partagé des informations sur l&#039;ambiance, la mobilisation et la persévérances des actrices de cette époque. C&#039;est par la réalisation de plusieurs injustices que les femmes se regroupent pour se mobiliser contre une société qui octroie peu de considération envers les femmes. Le [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]], lutte donc de manière générale pour plusieurs droits (droit à l&#039;égalité salariale, droit à la contraception, droit à l&#039;avortement, ...). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== [[Entretien Amélia Christinat|Entretien]] d&#039;[[Amélia Christinat]] ===&lt;br /&gt;
Le second entretien s&#039;est déroulé le 5 décembre chez Christinat Amélia. A notre arrivée, nous lui avons dit que nous avions déjà des questions précises à lui poser et que ces questions seraient les mêmes pour tous les groupes. En effet, sachant que c&#039;est une femme très bavarde nous avons préférer poser le cadre dès le départ. &lt;br /&gt;
Nous avons pu constater en rentrant dans son salon qu&#039;elle avait préparé différents articles concernant le droit à l&#039;avortement - des articles qu&#039;elle nous a présenté tout au long de l&#039;interview -.&lt;br /&gt;
C&#039;est avec beaucoup d&#039;émotion qu&#039;elle a répondu à nos questions et qu&#039;elle a raconté son combat pour les différents droit de la femme - droit de vote, droit à l&#039;avortement etc.-. Nous avons vraiment ressenti, à travers ses propos, l&#039;importance que ces combats ont eu pour elle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Points communs entre les entretiens=== &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plusieurs points communs ressortent de ces deux entretiens.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout d&#039;abord, nous constatons que le droit à la réappropriation du corps ou plutôt à l&#039;autonomie des femmes, comme cité par [[Rina Nissim]] représente l&#039;un des combats des années 1960-80. Si les femmes, par leur combats, manifestations ont réussit à faire valoir leur droit à l&#039;avortement, elles ont aussi lutter pour la mise en place d&#039;autres valeurs tels que le droit à la contraception, le droit de vote, le droit d&#039;accès aux études. Toutes ces luttes sont évoqués par les deux femmes interrogés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Afin de parvenir à ces changements, il a fallu se réunir entre femmes. A partir du moment où nous souhaitons un changement important, il est nécessaire d&#039;obtenir une mobilisation importante. Rina Nissim part d&#039;un petit groupe, le [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]] qui finalement va prendre une grande ampleur et [[Amélia Christinat|Amélia Christianat]] s&#039;impose dans la politique. Il parait donc évident pour ces deux protagonistes, que pour espérer un changement, il faut se réunir en groupe. La notion de communauté prend donc toute son importance. La notion de communauté est définie comme étant un état de ce qui est commun à plusieurs personnes, similitudes, groupe constituant une société, mise en commun des biens entre époux. Au sens étymologique originel : cum munus. La communauté est donc un groupe de personnes (cum) qui partagent quelque chose (&amp;quot;munus&amp;quot;)- un bien, une ressource, ou bien au contraire une obligation, une dette.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Même si le concept de communauté n&#039;est pas dit explicitement dans nos entretiens, il apparaît tout au long puisque chacune d&#039;entre elles a rejoint un groupe dans lequel elles éprouvaient des intérêts communs. Chaque membre décide alors en quoi, comment et quand il contribuera à ce groupe. Dans ce cas, [[Rina Nissim]] et [[Amélia Christinat]] en tant que féministes se sont engagées et ont lutté pour le droit des femmes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Enfin, il est intéressant de constater que nos deux intervenantes tirent un bilan mitigé quant à ces luttes pour les droits des femmes. [[Amélia Christinat]] dit :&amp;quot; Alors en fait tout changement, toute progression que l’on peut interpréter comme sociale n’est jamais définitivement acquise. Donc en fait, il faut veiller continuellement, défendre continuellement où que vous soyez et avec qui que vous soyez.&amp;quot; Quant à [[Rina Nissim]], elle dit :&amp;quot;Malheureusement dans la société c’est comme ça, il faut tout le temps se battre. Ça c’est un point sur lequel on est en recul.&amp;quot;, On est en plein recul. Donc y a un ou deux pays qui ont avancé pour l’instant y en a douze qui ont régressé. Donc cela ne va pas du tout cette affaire, on a une très mauvaise posture.&amp;quot; Ainsi, la question des droits pour la personne n&#039;est jamais complètement acquis. Il faut sans arrêt se battre pour continuer à faire valoir ses droits en tant que personne.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il convient à présent de reprendre l&#039;ensemble des questions posés et d&#039;en ressortir les éléments importants :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- &#039;&#039;&#039;Depuis quand et avec qui vous vous êtes engagés dans la lutte pour les droits de la femme et quel était à ce moment votre statut (ou fonction)? Dans quel contexte s&#039;est inséré cette démarche ?&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les deux personnes interrogés ont un parcours différents et leur action ne s&#039;est pas faite au même niveau. Rina Nissim, après son interruption de grossesse à 19 ans, trouve un tract dans un local d&#039;anarchiste. C&#039;est un tract du MLF qui invite des femmes à les joindre dans leur groupe. Rina Nissim est intéressée et entre alors au MLF. Elle est alors la plus jeune de la bande. Il n&#039;y avait pas de statut en tant que tel mais chacune apportait ses connaissances et son envie de se battre pour obtenir plus de droit pour la femme. Quant à Amélia, elle agit plutôt a un niveau politique et va faire un long parcours en passant par le législatif, le cantonal puis le niveau national afin d&#039;apporter des changements reconnus dans toute la Suisse. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- &#039;&#039;&#039;Y a-t-il eu un événement originel? Pourriez vous nous raconter un ou des événements marquant que vous avez mené ou qui vous ont frappé dans cette période en faveur de ces droits ?&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;un des droits qui a frappé Rina Nissim dans cette période est l&#039;accès à l&#039;avortement libre et gratuit ainsi que l&#039;accès à la contraception. Elle explique que c&#039;est l’accessibilité à l&#039;avortement qui était problématique.Le planning familial a été une grande innovation mais n&#039;était pas encore présent dans les mentalités de tous et ce notamment chez les gynécologue qui n&#039;acceptait pas tous de donner la pilule. Le MLF faisait des listes des médecins d&#039;accord de prescrire cette pilule et dirigeait les femmes au bon endroit.Cependant, elle ne nous décrit pas un événement très précis, une action qu&#039;elle a effectué qui a pu entraîner ces changements. C&#039;est néanmoins des manifestations importantes et à plusieurs reprises qui ont permis ces évolutions. Amélia considère aussi que le droit à l&#039;avortement est un événement phare de cette époque et ajoute que le droit de vote pour la femme est aussi l&#039;un des événements marquants. Elle donne comme exemple les luttes ouvrières françaises qui allaient en Belgique pour se faire avorter parce que c&#039;était défendu en France et qu&#039;elles n&#039;avaient pas d&#039;argent. C&#039;est un événement particulièrement marquant et touchant selon elle. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- &#039;&#039;&#039;Quels ont été les changements les plus importants auxquelles vous ayez assisté ?&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Rina évoque plusieurs changements auxquels elle a pu assister. Elle parle de la libération des femmes. C&#039;est se considérer comme un individu à part entière qui peut décidé de soi-même, d&#039;être un vrai sujet dans leur vie, dans leur sexualité, dans leur contraception, dans leur choix professionnel. D&#039;après elle, il y a donc eu plusieurs droit : celui de l&#039;avortement avec pour commencer le remboursement par les caisses maladies en 81, le droit au divorce, le divorce. Amélia ajoute à l&#039;ensemble de ces changements le droit de vote, en disant qu&#039;à partir du moment où nous avons le bulletin, c&#039;est quelque chose de très important puisque les femmes sont considéré comme une personne. Nous pouvons rattacher cela à l&#039;ensemble de cette étude qui étudie le droit des personnes. Dans le cas des différentes luttes pour le droit des femmes, nous cherchons à mettre en avant qu&#039;elles sont avant tout des personnes qui doivent avoir la liberté de choisir, de donner leur avis. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-&#039;&#039;&#039; Y a-t-il eu des valeurs que vous avez eu le sentiment d’avoir porter en avant et si oui lesquels  ?&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Différentes valeurs sont mises en avant par les deux femmes interrogés. C&#039;est le féminisme, l&#039;humanisme, le socialisme, l&#039;anarchisme. De manière générale l&#039;autonomie des femmes marqué par la réappropriation de son corps. Dans leur discours, les deux femmes montrent bien qu&#039;auparavant nous étions considérés comme femme de.., fille de... que les femmes ont toujours du être meilleure que les hommes. Elles devaient tout faire. De ce fait, les femmes n&#039;étaient pas des sujets en tant que telle. Ce n&#039;est qu&#039;après de nombreuses luttes que nous avons mis en avant le fait que les femmes soient avant tout des personnes. Elles sont maintenant devenues comme les hommes. Bien que pour les deux femmes, ce n&#039;est pas un acquis et cette évolution à tendance à reculer. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039; Mais qu’en est-il aujourd’hui de cette lutte et des acquis et des risques de retour en arrière ?&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le maître mot de ces deux femmes concernant cette lutte est que rien n&#039;est acquis. Il faut toujours se battre parce que les choses ont tendance à régresser. Aujourd&#039;hui le droit de vote, le droit d&#039;accès aux études est l&#039;un des points acquis. Cependant, la question de l&#039;avortement est remis en cause et fait l&#039;objet de tension puisqu&#039;il est question de supprimer le remboursement des avortements. C&#039;est donc l&#039;une des causes pour lesquels il faut continue à se battre et faire valoir ses droits si l&#039;on ne veut pas revenir en arrière.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Références bibliographiques ==&lt;br /&gt;
&amp;lt;references/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Boutin, G., 2006, &#039;&#039;L&#039;entretien de Recherche qualitatif&#039;&#039;, Presses de l&#039;Université du Québec.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Roussopoulos Carole, &#039;&#039;Debout ! Une histoire du mouvement des femmes 1970-80&#039;&#039;, 1999. Consulté le 19 Novembre 2013 sur http://ballonsonde.org/wikiSonde/videos/Femmes_Debout.htm&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
– Hirata H, et al,2000, &amp;quot;Dictionnaire critique du féminisme&amp;quot;, Paris : Presse Universitaires de France.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Archives contestataires de Genève, Mouvements de Liberté des Femmes : 1970-90[[Fichier:MLF femme.pdf|vignette|Document des archives contestataires]]&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Archives contestataires de Genève, Mouvements de Liberté des Femmes : 1970-90[[Fichier:MLF archives.pdf|vignette|Documents des archives contestataires]]&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Archives contestataires de Genève, Mouvements de Liberté des Femmes : 1970-90 [[Fichier:MLF assez.pdf|vignette|document des archives contestataires]]&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Archives contestataires de Genève, Mouvements de Liberté des Femmes : 1970-90 [[Fichier:MLF avorter.pdf|vignette|Document des archives contestataires]]&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Archives contestataires de Genève, Mouvements de Liberté des Femmes : 1970-90 [[Fichier:MLF personne.pdf|vignette|Document des archives contestataires ]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Julie</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Droits_des_femmes&amp;diff=11921</id>
		<title>Droits des femmes</title>
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		<updated>2013-12-16T21:50:03Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Julie : /* Depuis 1990 */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Introduction  == &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Actuellement le droit à l&#039;avortement pour les femmes subit encore des contestations et même une offensive de remise en question: pouvons nous encore le qualifier comme  un droit de la femme s&#039;interrogent certains ? Tout au long de cette page nous nous centrerons sur le droit à l&#039;avortement pour les femmes depuis 1970. En effet, les mouvements féministes sont présents depuis longtemps dans l&#039;histoire des droits des personnes. Dans la période de l&#039;après guerre, les femmes se sont mobilisées plus fortement pour acquérir des droits identiques à ceux des hommes. C&#039;est par la lutte pour le droit à un travail rémunéré que les mouvements prennent de l&#039;ampleur  : &amp;quot;L&#039;essort du féminisme dans cette période serait intimement lié à celui du travail salarié&amp;quot; &amp;lt;ref&amp;gt;Riot-Sarcey, M., 2008, &#039;&#039;Histoire du féminisme&#039;&#039;, Paris, La Découvertes, Repères. p. 73 &amp;lt;/ref&amp;gt;. La question de la procréation est aussi au cœur de leur mouvement, puisqu&#039;il est question de &amp;quot;repeupler&amp;quot; des pays détruits : &amp;quot;Après l&#039;hécatombe de la guerre, jusqu&#039;alors la plus meurtrière, il est nécessaire, plus que jamais de &amp;quot;remplir les berceaux vides&amp;quot;&amp;quot; &amp;lt;ref&amp;gt;Riot-Sarcey, M., 2008, &#039;&#039;Histoire du féminisme&#039;&#039;, Paris, La Découvertes, Repères. p. 73 &amp;lt;/ref&amp;gt;. Il ne faut pas non plus oublier leurs luttes pour l&#039;accès à la politique : plus précisément le droit de vote pour les femmes, qui prend de l&#039;ampleur bien avant la guerre. C&#039;est dans ce contexte d&#039;après guerre, que les femmes resurgissent au front pour valoriser des droits égalitaires et propres à leur vie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cet article est fondé à la fois sur une recherche documentaire et sur la récolte de témoignages de deux personnes pionnières dans l&#039;avancée du droit des femmes à l&#039;avortement. L&#039;article présentera également les différents mouvements féministes réalisés dans les années 1970 sur le droit à l&#039;avortement.Ceci nous montreras que la Suisse, n’a pas été la première à lutter pour le droit à l’avortement, mais que le phénomène est mondial. Les États-Unis ont été sans aucun doute les précurseurs, mais la lutte s&#039;est diffusée et reproduite dans différents pays du monde amenant à des dates différentes à autoriser l’avortement.  L&#039;article se centrera sur la lutte des femmes en Suisse et les différentes lois qui en sont ressorties et cherchera à comprendre la part qu’ont joué les deux témoins interrogées dans cette histoire récente (1970 à aujourd&#039;hui). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour ce faire, nous avons constitué une bibliographie, à partir d’ouvrages sur les mouvements féministes en général, sur la chronologie des contestations. Nous avons lu des articles scientifiques qui présentent la situation en Suisse, épluché  des informations sur les deux témoins qui ont été interrogés et consulté les archives contestataires à Carouge. &lt;br /&gt;
Nous avons également pu rencontré deux femmes militantes à Genève sur ce thème. On a donc effectué deux entretiens audio avec Madame [[Amélia Christinat]] et Madame [[Rina Nissim]] pour obtenir leur témoignage sur l’histoire des mouvements féministes des années 1960 à 1980, principalement sur la question de l’avortement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L&#039;Histoire du droit des femmes == &lt;br /&gt;
Actuellement des auteures telles que Marcella Iacub et Judith Butler font de la problématique féministe une occasion de débattre la question du genre, des identités sexuelles et limites entre les sexes (intersexe, queer, etc), laquelle peut nous aider à repenser la lutte féministe. Or, celle des années 70 (en amont en Suisse de l&#039;accession des femmes à la citoyenneté) est celle d&#039;une longue marche marquée par des féministes de l&#039;après guerre comme Simone de Beauvoir avec sa formule historique &amp;quot;On ne naît pas femme on le devient&amp;quot;, soulignant le déterminisme social de la féminité et la &amp;quot;fabrication&amp;quot; culturelle. &lt;br /&gt;
Pour tenter de comprendre ce qui s&#039;est passé durant cette époque nous allons revenir sur les faits marquants. Pour la compréhension de ce qui va suivre nous vous conseillons de lire [[Frise Chronologique du droit à l&#039;avortement|la frise chronologique]] des événements marquants pour le droit à l&#039;avortement en Suisse. &lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
=== Mouvements féministes : Buts et démarches ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce n&#039;est que dans la deuxième moitié du XIXème siècle que le féminisme se démarque en tant que mouvement collectif de luttes de femmes. &amp;quot;Ces luttes reposent sur la reconnaissance des femmes comme spécifiquement et systématiquement opprimées, l&#039;affirmation que les relations entre hommes et femmes ne sont pas inscrites dans la nature mais que la possibilité politique de leur transformation existe.&amp;quot;[3] En effet, les femmes ont dû faire face à de nombreuses inégalités et cela dans de nombreux domaines: le travail, la santé, la politique... Nous constatons encore aujourd&#039;hui que de nombreuses inégalités persistent sur le droit des femmes mais elles sont moindres ou de nature différentes que dans les années 1960-80. Pour pouvoir entrer dans un processus de revendication politique du féminisme, il faut qu&#039;il y ait une &amp;quot;relation avec une conceptualisation de droits humains universels;elle s&#039;ancre dans les théories des droits de la personne dontles premières formulations juridiques sont issues des révolutions américaines puis françaises.&amp;quot; &amp;lt;ref&amp;gt;Hirata H, et al,2000, &amp;quot;Dictionnaire critique du féminisme&amp;quot;, Paris : Presse Universitaires de France, p. 225&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
Il convient de faire une distinction entre les mouvements féministes et les mouvements populaires des femmes. En effet, les mouvements populaires des femmes ne mettent pas directement en avant l&#039;exigence de droits spécifiques pour les femmes. C&#039;est l&#039;emploi du mot féministe qui va changer les représentations que l&#039;on se fait à cette époque. Pour certains les féministes sont &amp;quot;trop bourgeoises au XIXème siècle et au début du XXème siècle trop radicales et ennemies des hommes après les années 1970&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;Hirata H, et al,2000, &amp;quot;Dictionnaire critique du féminisme&amp;quot;, Paris : Presse Universitaires de France., p. 126&amp;lt;/ref&amp;gt;. Quant à l&#039;expression &amp;quot;mouvement des femmes&amp;quot;, elle est plus souvent utilisée comme raccourci pour mouvement de libération des femmes. Voila pourquoi elle a pu être associée au féminisme le plus radical et explique la confusion entre les deux termes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lorsque nous parlons de &amp;quot;mouvements féministes&amp;quot; nous désignons sous une même dénomination &amp;quot;les diverses formes des mouvements de femmes, le féminisme libéral ou &amp;quot;bourgeois, le féminisme radical, les femmes marxistes ou socialistes, les femmes lesbiennes, les femmes noires et toutes les dimensions catégorielles des mouvements actuels&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;Hirata H, et al,2000, &amp;quot;Dictionnaire critique du féminisme&amp;quot;, Paris : Presse Universitaires de France, p. 127&amp;lt;/ref&amp;gt;. Dès lors, l&#039;expression&amp;quot; mouvement des femmes &amp;quot; représente les mobilisations de femmes en Amérique Latine ou les mouvements pour la paix en Irlande ou au moyen-Orient&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;Hirata H, et al,2000, &amp;quot;Dictionnaire critique du féminisme&amp;quot;, Paris : Presse Universitaires de France., p.126&amp;lt;/ref&amp;gt; Dans la littérature, deux types de mouvements féministes se démarquent. Une première vague a émergé dans la seconde moitié du XIXème siècle. Elle est souvent présentée autour des revendications du droit de vote.  Au début du XXème siècle, ou les mouvements sont qualifiés de &amp;quot;néo féminisme&amp;quot;, les exigences ne se fondent pas sur une seule exigence d&#039;égalité mais sur une reconnaissance &amp;quot;de l&#039;impossibilité sociale de fonder cette égalité dans un système patriarcal&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;Hirata H, et al,2000, &amp;quot;Dictionnaire critique du féminisme&amp;quot;, Paris : Presse Universitaires de France, p. 126&amp;lt;/ref&amp;gt;. Le féminisme des années 1970, se fait connaitre par des mouvements anti-autoritaires, par des groupes de parole, il met en avant les formes les plus spontanées de manifestation et refuse toute organisation hiérarchique. &amp;quot; L&#039;appartenance au mouvement représente la mise en acte d&#039;une nouvelle idéologie, la recherche de sens et de valeurs communs.&amp;quot; &amp;lt;ref&amp;gt;Hirata H, et al,2000, &amp;quot;Dictionnaire critique du féminisme&amp;quot;, Paris : Presse Universitaires de France, p.128&amp;lt;/ref&amp;gt;. C&#039;est entre la fin des années 1960 et le début des années 1970 que le féminisme connait une ampleur internationale. &amp;quot;L&#039;onde de choc part des Etats-Unis et gagne très rapidement la Grande-Bretagne et l&#039;Allemagne dans les années 60&amp;quot;. Il faut ajouter qu&#039;en &amp;quot;dépit de son caractère extra parlementaire, le mouvement de libération des femmes a la capacité de susciter de larges mobilisations auprès des femmes syndiquées, des femmes de partis de gauche et de droite ou des associations luttant pour les droits des femmes comme le planning familial. Ce sont d&#039;abord les campagnes pour la liberté d&#039;avorter qui constituent les événements les plus importants et les plus marquants &amp;lt;ref&amp;gt;Hirata H, et al,2000, &amp;quot;Dictionnaire critique du féminisme&amp;quot;, Paris : Presse Universitaires de France, p. 128&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En ce qui concerne la Suisse, c’est dans la continuité du mouvement de la jeunesse estudiantine de 1968 que naît le nouveau mouvement féministe. C’est à Zurich que se sont réunies des femmes de gauche, que l’on appellera « Frauenbefreiungsbewegung » ou plus communément le FBB. Elles critiquent le fait que les femmes sont oppressées et qu’il s’agit d’une « contradiction sociale fondamentale ». Le [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]], pour la Suisse romande et le MFT au Tessin vont très rapidement suivre la création du FBB, avec comme objectif commun de « récuser l’organisation hiérarchique des associations et de la politique traditionnelle » &amp;lt;ref&amp;gt;Commission fédérale, &#039;&#039;Femmes Pouvoir Histoire&#039;&#039;, 1.3, p. 1, consulté le 27 Novembre sur http://webcache.googleusercontent.com/search?q=cache:UpvKGVSBak0J:www.ekf.admin.ch/dokumentation/00444/00517/index.html%3Flang%3Dfr%26download%3DNHzLpZeg7t,lnp6I0NTU042l2Z6ln1ae2IZn4Z2qZpnO2Yuq2Z6gpJCDdH58hGym162epYbg2c_JjKbNoKSn6A--+&amp;amp;cd=2&amp;amp;hl=fr&amp;amp;ct=clnk&amp;amp;gl=ch&amp;amp;client=firefox-a&amp;lt;/ref&amp;gt; inspirés des mouvements français et américains préalablement abordés. Cependant, des divergences existent entre tous ces mouvements sur différentes questions telles que l’avortement ou encore la possibilité pour le sexe féminin de faire l’armée. Une chronologie a été rédigée dans l’article suivant : &amp;quot;Le nouveau mouvement féministe et les organisations féminines depuis 1968&amp;quot; de la Commission fédérale pour les questions féminines de la Confédération Suisse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
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&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La période  entre 1940-50 : une période restrictive ===&lt;br /&gt;
Pour comprendre la lutte pour l&#039;avortement comme droit de la personne il nous faut revenir sur le contexte de l&#039;après guerre. La législation suisse sur l’avortement est l’une des plus restrictives d’Europe.  Les premières dispositions du Code pénal suisse à ce sujet ont été définies en 1942 et prévoient, à cette époque, l’emprisonnement de la femme qui avorte, ainsi que de la personne qui l’aide à pratiquer cet acte. En revanche, une exception existe : si la grossesse comporte un danger pour la mère et que l’interruption de grossesse est pratiquée par un médecin, l&#039;avis étant approuvé par un second médecin, l’avortement n’est alors pas punissable. On comprend alors que la conséquence a été un nombre considérable d’avortements illégaux. Cependant, la mise en place de dispositifs de préventions et d’une diffusion d’informations contribua à faire diminuer le nombre d’avortements autant illégaux, que légaux. Par ailleurs, l’Organisation Mondiale de la Santé ([http://www.who.int/fr/ OMS]) a étendu la notion de « santé » en y insérant les dimensions de bien-être psychique et social : « la santé ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité ; elle est un état de complet bien-être physique, mental et social. »&amp;lt;ref&amp;gt;Rey, A.-M., 2013, &#039;&#039;Tendance à la libéralisation&#039;&#039;, USPDA. Consulté le 7 Novembre sur http://www.svss-uspda.ch/fr/suisse/liberal.htm&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ceci légalise aussi la pratique d’interruption de grossesse et écarte la menace d’emprisonnement. &amp;lt;ref&amp;gt;Rey, A.-M., 2013, &#039;&#039;L&#039;ancienne législation de 1942&#039;&#039;, USPDA. Consulté le 7 Novembre sur http://www.svss-uspda.ch/fr/suisse/loi_1942.htm&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
Cependant, cette législation attise la colère et la montée d’une révolte. Au début du XXème siècle, on voit s’élever des mouvements, tels que les organisations ouvrières, pour lutter en faveur de la décriminalisation de l’avortement.&lt;br /&gt;
De plus, dans cette période, il existe une différence entre les cantons au niveau de la législation sur l&#039;avortement. Ceci met donc les professionnels dans l&#039;embarras puisqu&#039;ils n&#039;ont pas une pratique généralisée au niveau de l&#039;état, et cela soulève également une inégalité entre les femmes des différents cantons de la Suisse. Des mesures fédérales strictes ont donc été prises pour tenter de généraliser les pratiques et s&#039;accorder sur la pratique de l&#039;avortement : « l’institutionnalisation juridique d’une interruption de grossesse pouvant être légalement pratiquée par un médecin sous haute surveillance de l’Etat : consultation obligatoire d’un second médecin, qui doit être un spécialiste et en plus agréé par les autorités cantonales compétentes, et qui doit donner par écrit un « avis conforme ». Il faut également le consentement écrit de la femme enceinte. ». Ainsi à cette époque nous constatons que les femmes n&#039;ont pas la maitrise de leur corps et que de ce fait la maternité ne peut se contrôler. Ce contexte illustre la réalité des femmes, soit elles ont la chance de pouvoir trouver deux médecins qui l&#039;estime en danger, soit elles décident de pratiquer un avortement illégal ce qui comporte de grands risques pour leur santé (hémorragie et infection qui peuvent entrainer la mort de la femme).&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La période 1960-70 : les premiers changements ===&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Fichier:Graphiquefemme.jpeg|vignette|gauche|Graphique représentant les condamnations des femmes]]&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Le graphique ci-contre nous montre la condamnation des femmes en ce qui concerne l&#039;avortement.&amp;lt;ref&amp;gt;Rey, A.-M., 2013, &#039;&#039;Interruption de grossesse en Suisse : les faits et les données&#039;&#039;, USPDA. Consulté le 18 Novembre sur http://www.svss-uspda.ch/pdf/faits-et-donnees.pdf &amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt; En effet, nous voyons que le pic le plus élevé se situe dans l&#039;année 1950, avec 550 condamnées. Puis lors de la commercialisation de la pilule, l&#039;emprisonnement des femmes diminue fortement l&#039;année suivante, passant d&#039;environ 400 condamnations à environ 260. De manière générale, ce graphique montre que les condamnations sur la période 1960-1980 n&#039;ont cessé de baisser. &lt;br /&gt;
Les années 60 sont donc marquées par l&#039;arrivée de la pilule contraceptive en Suisse. En effet, en 1961, la commercialisation de celle-ci fait reculer le nombre d&#039;avortement pratiqué en Suisse puisque les femmes ont un contrôle sur leur reproductibilité. Malgré tout, la pilule contraceptive circule à l&#039;époque discrètement, puisque aucune loi ne précise son autorisation. En 1965, la création du premier planning familial en Suisse au HUG permettra de conseiller les familles. L&#039;établissement ouvrira donc un pôle dédié à l&#039;information familiale et aux régulations des naissances.&amp;lt;ref&amp;gt;Fert-Bek, D., (s.d.), &#039;&#039;Historique&#039;&#039;, Le service du planning familial de Genève a 40 ans,Genève, HUG. Consulté le 18 Novembre 2013 sur http://planning-familial.hug-ge.ch/nous/historique.html&amp;lt;/ref&amp;gt; Dans cet établissement les professionnels conseillent les parents sur la manière d&#039;avoir un contrôle sur l&#039;élargissement de leur famille. Ainsi, grâce à cette structure, la pilule contraceptive a pu circuler dans le territoire helvétique. La pilule était considéré pour certain comme un enjeux économique : elle permettait de contrôler les naissances et donc de préserver la richesse, et pour d&#039;autres comme un moyen de débrider la sexualité des femmes&amp;lt;ref&amp;gt;L&#039;illustré, (s.d.) &#039;&#039;La pilule qui a changé le monde&#039;&#039;, Archives, Consulté le 18 Novembre 2013 sur http://www.illustre.ch/la_pilule_qui_a_change_le_monde_45372_.html&amp;lt;/ref&amp;gt;.   &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Mlf.jpeg|vignette|gauche|Affiche du Front des Bonnes Femmes]][[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|Le Mouvement de Libération des Femmes (MLF)]] a démarré aux Etats-Unis, et a encouragé les militants des autres pays à lutter pour améliorer les conditions féminines. Le [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]] créé en 1969 à Zurich,que l&#039;on retrouvait également dans d&#039;autres cantons  (Genève et Tessin par exemple) se base &amp;quot;sur les mouvements de libération du Tiers monde pour encourager les femmes à se libérer des contraintes inhérentes à la famille nucléaire (Rôle des sexes).&amp;quot; &amp;lt;ref&amp;gt;Jorris, E., 2009, &#039;&#039;Mouvement de libération des femmes (MLF)&#039;&#039;. Consulté le 19 Novembre 2013 sur http://www.hls-dhs-dss.ch/textes/f/F16504.php&amp;lt;/ref&amp;gt;. Sur le canton de Genève plus précisément, des groupes de certains partis de gauche militaient en ces faveurs (ils étaient très hiérarchisés et ne plaisaient pas à toutes les femmes militantes). C&#039;est donc principalement grâce à Madame Brodmann (qui a milité aux Etats-Unis) et Madame Gramoni qu&#039;il y a eu dans un premier temps le front des Bonne-Femmes (où militait aussi Rina Nissim). Leur premier slogan a été &amp;quot;Femmes décolonisons-nous !&amp;quot; avec des affiches placardées sur les façades des grandes banques : les femmes insistaient donc pour la ré-appropriation de leur corps (avortement, pilule contraceptive, ...).&amp;lt;ref&amp;gt;Roussopoulos Carole, Debout ! Une histoire du mouvement des femmes 1970-80, 1999. Consulté le 19 Novembre 2013 sur http://ballonsonde.org/wikiSonde/videos/Femmes_Debout.htm&amp;lt;/ref&amp;gt; &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Les femmes pensent donc vivre singulièrement des situations d&#039;exclusion et d&#039;injustices, or le fait de discuter ensemble elles se rendent compte qu&#039;elles vivent toutes ce genre de situation. Cette prise de conscience favorise donc la mobilisation des femmes pour combattre ces injustices dont elles sont victimes. Les communautés ou ce que l&#039;on pourrait appeler regroupements permettent donc aux femmes de prendre consciences mais aussi de prendre du pouvoir dans la société. L&#039;effet de groupe a permis de de faire rassembler dans les rues des milliers de femmes pour manifester ensemble contre des inégalités entre sexe ([[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]]).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans le même temps, il ne faut pas oublier que les avortements illégaux continuent à être pratiqués à cette période. En effet, le nombre d&#039;avortements, légaux et illégaux, est estimé à 50 000 en 1966. Les avortements légaux s&#039;élevaient à environ 17 000 en 1966 (16 000 en 1978 et 1980, 14 000 en 1985, 13 000 en 1990, 12 000 en 1995, 13 000 en 1996 et 1998). Les avortements clandestins diminuèrent grâce : &lt;br /&gt;
* à la raréfaction avec l&#039;élargissement des indications médicales dans les cantons libéraux (Zurich, Bâle-Ville, Berne, Vaud, Neuchâtel, Genève) dès les années 1950&lt;br /&gt;
* la libéralisation progressive dans d&#039;autres cantons(Tessin dès les années 1970; Argovie, Bâle-Campagne, Glaris, Schaffhouse, Soleure, Jura au cours des années 1990)&lt;br /&gt;
* la généralisation des centres de planning familial, des cours d&#039;éducation sexuelle, la diffusion de moyens de contraception sûrs dès les années 1960 &lt;br /&gt;
* le remboursement de l&#039;intervention par les caisses maladie).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On remarque que malgré les mesures juridiques fédérales restrictives, les cantons adoptent des pratiques très différentes les uns des autres. Ainsi, les dimensions d’ordre psychologique et social sont incluses dans les indications médicales des cantons libéraux, alors que la pratique est seulement tolérée dans les cantons conservateurs catholiques. Face à cette inégalité juridique, les cantons libéraux accueillent des femmes vivant dans ces cantons restrictifs pour se faire avorter. On assiste à une forme de tourisme « gynécologique ». Cela amène les cantons à réfléchir sur ces pratiques. Notamment le canton de Neuchâtel, où plusieurs affaires d&#039;avortements sont jugées. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La période 1970-1980 : La période clé ===&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
A la suite de ces scandales, le député radical Maurice Favre dépose en mars 1971 une [http://www.amtsdruckschriften.bar.admin.ch/viewOrigDoc.do?id=10100953 motion] en faveur d&#039;une initiative cantonale demandant la suppression des articles 118 à 121 du CP.  &lt;br /&gt;
Cette démarche est suivie du lancement, en juin de la même année, par un comité de cinq personnes, de l&#039;initiative populaire fédérale pour la décriminalisation de l&#039;avortement, largement soutenue notamment par le mouvement des femmes. En 1972, les milieux chrétiens conservateurs font circuler une pétition &amp;quot;Oui à la vie, non à l&#039;avortement&amp;quot;. A partir de ce moment-là, nous voyons apparaître les organisations et les mouvements féministes qui organisent des manifestations en faveur de l’interruption de grossesses libres et gratuites, ainsi que pour revendiquer [http://www.svss-uspda.ch/index.html la décriminalisation de l’avortement].  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C&#039;est une lutte qui se fait contre des mentalités traditionnelles où l&#039;homme est dominant dans la société. La prise de conscience des femmes et de leurs conditions se fait petit-à-petit, en prenant plus d&#039;ampleur au milieu des années 70. C&#039;est la réunion de plusieurs milliers de femmes qui fait que l&#039;on puisse qualifier le [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]] de mouvement. Ce sont des femmes de tout âge qui se battent pour l&#039;amélioration de leurs conditions de vie. Ces mouvements veulent principalement lutter pour le droit du libre choix des femmes. A cette époque, il y a &amp;quot;deux types de femmes&amp;quot; :  celles qui font des études mais qui restent à la maison pour materner, ou bien celle qui font des études et qui travaillent. Ces dernières se trouvent confrontées à la réalité sociale : avec le même titre professionnel, les femmes obtiennent des salaires bien inférieurs à ceux des hommes. C&#039;est suite à cette prise de conscience face au Plafond de Verre, que les femmes se réunissent pour échanger leurs histoires. Elles se mobilisent donc afin de pouvoir avoir le contrôle sur leur vie, et sur leur corps. L&#039;une des grandes luttes se fait autour du contrôle de leur corps : ce qu&#039;elles nomment la mobilisation pour la ré-appropriation du corps. Il s&#039;agit de donner aux femmes la possibilité de choisir leur maternité, leur contraception, et leur médicamentation. En 1978, L&#039;ouverture du Dispensaire des femmes (par [[Rina Nissim]]) leur permet d&#039;être accueillies dans un lieu où on leur donne des conseils, des listes de gynécologues tolérants face aux choix d&#039;avorter ainsi que différentes méthodes pour soigner les maladies génitales, ... Les femmes peuvent si elles le veulent accéder au groupe action Self-Help du [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]] ; qui est un lieu où l&#039;on échange sur notre vécu, et où l&#039;on pratique des examens concrets pour découvrir son corps. L&#039;instruction, comme l&#039;évoque [[Amélia Christinat|Mme Christinat]] permet aux femmes de comprendre les injustices auxquelles elles sont confrontées et de se mobiliser pour que toute les sociétés reconnaissent les femmes comme des personnes avec un cerveau. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans le même temps, une nouvelle réglementation sur l’avortement est considérée par le Conseil fédéral, et trois variantes sont discutées : la première, appelée &amp;quot;solutions des indications&amp;quot; autorise l’avortement dans les situations où la grossesse menace la vie ou la santé de la femme, en cas de viol, ou encore si l’enfant présente un trouble ou une déficience physique et/ou mentale. Une autre variante est celle des « indications sociales » qui prend en compte la situation sociale précaire de la femme. Finalement, la troisième, « solution des délais », permet l’avortement pendant les douze premières semaines de grossesse. Il en va sans dire que les partis politiques, les organisations et les cantons conservateurs catholiques sont en faveur de la solution la plus restrictive, alors que leurs rivales refusent les trois types de variantes et revendiquent l’avortement libre et gratuit. Le Conseil fédéral  rejette l’initiative pour la décriminalisation de l’avortement, mais opte finalement pour la solution des indications élargies, attisant ainsi le mécontentement des deux camps. &lt;br /&gt;
Face au rejet de l’initiative populaire pour la décriminalisation de l’avortement, [http://www.svss-uspda.ch/index.html l’Union Suisse pour la Décriminalisation de l’Avortement] (USPDA) (dont fait partie [[Amélia Christinat]])propose un compromis et lance une initiative qui cette fois rejoint l’idée de la solution des délais. « L’initiative réclament la décriminalisation de l’avortement s’il est pratiqué par un  médecin avec le consentement de la femme pendant les douze semaines qui suivent les dernières règles ». Cependant, celle-ci essuie à nouveau un échec : elle est rejetée par la majorité des cantons. &lt;br /&gt;
Les années suivantes toutes les propositions d&#039;initiatives,pour ou contre l&#039;avortement, sont sans cesse rejetées. Ce n’est qu’en 1990, que l’idée d’une révision de la loi relative à l’avortement est remise sur le devant de la scène. &lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Depuis 1990 ===&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Les différentes mobilisations des femmes soixanthuitardes ont permis la diminution d&#039;une multitude d&#039;inégalités pour lesquelles elles se mobilisaient.&lt;br /&gt;
Tout d&#039;abord, en 1994, on constate un net recul du nombre d’avortements légaux. Ceci peut s’expliquer par une diffusion de l’information (éducation sexuelle) et la libre disposition de moyens contraceptifs. Ce phénomène vient appuyer l’idée que la libéralisation ne conduit pas à une augmentation des avortements, bien au contraire. Plusieurs services se sont donc installées suite au manifestations des femmes dans les rues. A partir de là, les choses commencent à changer et vont en faveur de la décriminalisation de l’avortement. En effet, le Conseil National adopte en 1995 &amp;quot;la solution des délais&amp;quot;. En 1996, la Commission des Affaires Juridiques du Conseil National ratifie un projet de loi qui prévoie la décriminalisation de l’avortement pendant les 14 premières semaines après les dernières règles. On voit mêmes les femmes du parti démocratique-chrétien (PDC) aller en faveur du droit de la femme à l’autodétermination et pour &amp;quot;la solution des délais&amp;quot;. De nombreuses organisations telles que la Fédération suisse des Eglises protestantes, les groupes des femmes radicales de Suisse, accueillent cette solution des délais comme un compromis tolérable. Toutefois, le Conseil Fédéral rejette une fois de plus la &amp;quot;solution du délai&amp;quot; en 1998. Nous constatons donc que les manifestations pendant plus de 15ans, ne suffisent pas pour que la Suisse autorise l&#039;avortement. Contrairement à la France par exemple où le droit à l&#039;avortement est proclamé depuis [http://fr.wikipedia.org/wiki/Loi_Veil_du_17_janvier_1975_sur_l&#039;interruption_volontaire_de_grossesse 1975] suite [http://fr.wikipedia.org/wiki/Manifeste_des_343 aux manifestes des 343] de 1971. &lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Par ailleurs, la pilule abortive Mifegyne (RU 486) est admise et commercialisée en Suisse dès 1999. Cette méthode médicamenteuse est soumise aux mêmes dispositions pénales que l’avortement et est prescrite uniquement par le corps médical.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Finalement, le Parlement adopte la solution du délai en mars 2001 et est rentré en vigueur en 2002. « Ainsi l’avortement n’est pas punissable pendant les 12 premières semaines de la grossesse à condition que la femme fasse valoir une situation de détresse. Les cantons doivent décider quels cabinets et établissement peuvent pratiquer l’intervention. » &amp;lt;ref&amp;gt;Rey, A.-M., 2013, Régime du délais, USPDA. Consulté le 7 Décembre sur http://www.svss-uspda.ch/fr/suisse/loi.htm&amp;lt;/ref&amp;gt; De plus, Rey (2013), illustre les modifications entre l&#039;ancienne et la nouvelle loi de 2002, relatif à l&#039;avortement. &amp;lt;ref&amp;gt;Rey, A.-M., 2013, Comparaison ancienne et nouvelle législation, USPDA. Consulté le 7 Décembre sur http://www.svss-uspda.ch/fr/suisse/comparaison.htm &amp;lt;/ref&amp;gt; Depuis ce jour, la femme est la seule personne qui ait le droit de choisir ou non l&#039;avortement. En aucun cas, une personne tierce (et même si celle-ci a une blouse blanche) ne pourra refuser l&#039;avortement d&#039;une femme dans les douze premières semaines de grossesse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous pouvons donc conclure que « les discussions provoquées en 1971 par l’initiative en faveur de la décriminalisation de l’avortement ont été à l’origine d’un changement des mentalités et d’une prise de conscience ».&amp;lt;ref&amp;gt;Rey, A.-M., 2013, Chronologie des événements dès 1970, USPDA. Consulté le 7 Décembre sur http://www.svss-uspda.ch/fr/suisse/chronologie.htm &amp;lt;/ref&amp;gt; En effet, on assiste à une diminution du nombre de condamnations et à une libéralisation de la pratique de l’avortement. Par ailleurs, on se rend compte qu’à travers la mise en place de centres de plannings familiaux et des dispositifs d’informations, comme l’éducation sexuelle, on parvient à lutter contre l’avortement.  La prévention prévaut donc à la pénalisation. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cependant on constate que la réglementation à ce sujet peut encore être modifiée, car ce droit à l’avortement est sans cesse remis en question. En effet, en 2010, le mouvement anti-avortement « Mamma », qui s&#039;intitulait auparavant &amp;quot;Pour la mère en l’enfant&amp;quot;  lance une initiative populaire : « Financer l’avortement est une affaire privée ». Il s’agit d’une initiative qui demande que l’IVG ne soit plus pris en compte par les prestations de l’assurance maladie de base, et ce en invoquant l’idée qu’il s’agit d’une décision d’ordre privé, et que de ce fait le financement public n’a pas de sens. Cependant, on remarque que le droit à donner la vie est également de l’ordre du privé, et pourtant celui-ci n’est pas contesté. [[Entretien Rina Nissim|Rina Nissim]], nous met en garde sur la tournure que prend les événements d&#039;aujourd&#039;hui (concernant le financement de l&#039;avortement). En effet, selon elle, nous serions en pleine régression concernant le libre choix de la femme. A contrario des générations d&#039;après 70, il faut que les générations d&#039;aujourd&#039;hui se mobilisent pour faire en sorte de garder un droit durement acquis par les femmes soixanthuitardes. La votation de Février 2014 qui se prépare pourrait modifier les droits que nous avons jusqu&#039;à présent. Si les générations de maintenant et les suivantes veulent elles aussi avoir la possibilité de choisir leur grossesse, elles se doivent de s&#039;impliquer pour faire en sorte de ne pas perdre les droits acquis.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les témoins qui ont participé aux changements ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous avons décidé d&#039;interroger des personnes qui se sont mobilisées en Suisse pour le droit à l&#039;avortement. Elles pourront donc faire ressortir des éléments personnels sur le contexte de l&#039;époque, et les problèmes qu&#039;elles ont pu rencontré pour la mise en place de ce droit. &lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Nous avons dans un premier temps contacté Mme [[Amélia Christinat|Christinat Amélia]], avec qui l&#039;une de nous avait déjà travaillé il y a quelques années. Cette personne a donc accepté de participer à notre recherche en répondant à nos questions lors d&#039;un entretien.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un second temps nous avons contacté Mme [[Salika Wenger|Wenger Salika]], marraine de l&#039;association &amp;quot;Ni pute, Ni soumise&amp;quot; qui est actuellement impliquée dans la politique sur Genève puisqu&#039;elle fait partie du Conseil Administratif de la ville de Genève. Deux d&#039;entre nous l&#039;ont connue lors de sa venue à [http://www.infrarouge.ch/ir/1858-seins-nouvelle-arme-feministes l&#039;émission télévisée Infrarouge (RTS)] dédié aux mouvements des Femens (novembre 2011). Après discussion téléphonique, nous avons eu des éléments pertinents qui pourraient nous intéresser pour notre recherche, cependant [[Salika Wenger|Mme Wenger]] est très occupée et ne pourra pas nous accorder un entretien avant Janvier 2014. C&#039;est pourquoi après réflexion, nous avons décidé de contacter une troisième personne qui pourrait éventuellement être plus disponible : Mme [[Rina Nissim|Nissim Rina]]. Par l&#039;intermédiaire de Mme Ruchat nous avons obtenu ses coordonnées téléphoniques et avons pu avoir un rendez vous rapidement.&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Afin de leur éviter quelconque déplacement,nous avons rencontré ses personnes à leur domicile. De plus, pour des raisons pratiques et également afin de ne pas abuser de leur hospitalité, nous avons décidé de mener ces entretiens par groupes de trois.&lt;br /&gt;
Nous proposerons aux différents acteurs de partager leurs souvenirs concernant les années 1970 à Genève afin que nous comprenions la situation actuelle du droit à l&#039;avortement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Retour sur les entretiens==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== [[Entretien Rina Nissim|Entretien]] de [[Rina Nissim]] ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Notre premier entretien s&#039;est déroulée le mercredi 27 Novembre. A trois étudiantes nous nous sommes rendues au cabinet de Rina Nissim. L&#039;entretien qui en découle nous a projeter dans un univers très différent du notre : où la femme n&#039;avaient que très peu de droits. C&#039;est de part son discours, que la militante Rina Nissim, nous a partagé des informations sur l&#039;ambiance, la mobilisation et la persévérances des actrices de cette époque. C&#039;est par la réalisation de plusieurs injustices que les femmes se regroupent pour se mobiliser contre une société qui octroie peu de considération envers les femmes. Le [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]], lutte donc de manière générale pour plusieurs droits (droit à l&#039;égalité salariale, droit à la contraception, droit à l&#039;avortement, ...). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== [[Entretien Amélia Christinat|Entretien]] d&#039;[[Amélia Christinat]] ===&lt;br /&gt;
Le second entretien s&#039;est déroulé le 5 décembre chez Christinat Amélia. A notre arrivée, nous lui avons dit que nous avions déjà des questions précises à lui poser et que ces questions seraient les mêmes pour tous les groupes. En effet, sachant que c&#039;est une femme très bavarde nous avons préférer poser le cadre dès le départ. &lt;br /&gt;
Nous avons pu constater en rentrant dans son salon qu&#039;elle avait préparé différents articles concernant le droit à l&#039;avortement - des articles qu&#039;elle nous a présenté tout au long de l&#039;interview -.&lt;br /&gt;
C&#039;est avec beaucoup d&#039;émotion qu&#039;elle a répondu à nos questions et qu&#039;elle a raconté son combat pour les différents droit de la femme - droit de vote, droit à l&#039;avortement etc.-. Nous avons vraiment ressenti, à travers ses propos, l&#039;importance que ces combats ont eu pour elle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Points communs entre les entretiens=== &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plusieurs points communs ressortent de ces deux entretiens.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout d&#039;abord, nous constatons que le droit à la réappropriation du corps ou plutôt à l&#039;autonomie des femmes, comme cité par [[Rina Nissim]] représente l&#039;un des combats des années 1960-80. Si les femmes, par leur combats, manifestations ont réussit à faire valoir leur droit à l&#039;avortement, elles ont aussi lutter pour la mise en place d&#039;autres valeurs tels que le droit à la contraception, le droit de vote, le droit d&#039;accès aux études. Toutes ces luttes sont évoqués par les deux femmes interrogés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Afin de parvenir à ces changements, il a fallu se réunir entre femmes. A partir du moment où nous souhaitons un changement important, il est nécessaire d&#039;obtenir une mobilisation importante. Rina Nissim part d&#039;un petit groupe, le [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]] qui finalement va prendre une grande ampleur et [[Amélia Christinat|Amélia Christianat]] s&#039;impose dans la politique. Il parait donc évident pour ces deux protagonistes, que pour espérer un changement, il faut se réunir en groupe. La notion de communauté prend donc toute son importance. La notion de communauté est définie comme étant un état de ce qui est commun à plusieurs personnes, similitudes, groupe constituant une société, mise en commun des biens entre époux. Au sens étymologique originel : cum munus. La communauté est donc un groupe de personnes (cum) qui partagent quelque chose (&amp;quot;munus&amp;quot;)- un bien, une ressource, ou bien au contraire une obligation, une dette.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Même si le concept de communauté n&#039;est pas dit explicitement dans nos entretiens, il apparaît tout au long puisque chacune d&#039;entre elles a rejoint un groupe dans lequel elles éprouvaient des intérêts communs. Chaque membre décide alors en quoi, comment et quand il contribuera à ce groupe. Dans ce cas, [[Rina Nissim]] et [[Amélia Christinat]] en tant que féministes se sont engagées et ont lutté pour le droit des femmes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Enfin, il est intéressant de constater que nos deux intervenantes tirent un bilan mitigé quant à ces luttes pour les droits des femmes. [[Amélia Christinat]] dit :&amp;quot; Alors en fait tout changement, toute progression que l’on peut interpréter comme sociale n’est jamais définitivement acquise. Donc en fait, il faut veiller continuellement, défendre continuellement où que vous soyez et avec qui que vous soyez.&amp;quot; Quant à [[Rina Nissim]], elle dit :&amp;quot;Malheureusement dans la société c’est comme ça, il faut tout le temps se battre. Ça c’est un point sur lequel on est en recul.&amp;quot;, On est en plein recul. Donc y a un ou deux pays qui ont avancé pour l’instant y en a douze qui ont régressé. Donc cela ne va pas du tout cette affaire, on a une très mauvaise posture.&amp;quot; Ainsi, la question des droits pour la personne n&#039;est jamais complètement acquis. Il faut sans arrêt se battre pour continuer à faire valoir ses droits en tant que personne.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;A rédiger synthétiquement et finir&#039;&#039;&#039; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il convient à présent de reprendre l&#039;ensemble des questions posés et d&#039;en ressortir les éléments importants :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Depuis quand et avec qui vous vous êtes engagés dans la lutte pour les droits de la femme et quel était à ce moment votre statut (ou fonction)? Dans quel contexte s&#039;est inséré cette démarche ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Rina . Moi je suis rentré au MLF après mon interruption de grossesse, donc a 19 ans et j’ ai trouvé un tract qui trainait dans un local anarchiste je ne sais plus ou à la pénisserie et je me suis dit : tiens tiens très intéressant il y a un MLF qui débute donc je vais aller voir. J’étais parmi les plus jeunes de la bande. &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Amélia :  Alors pour pouvoir faire des interventions sur un plan législatif il a fallu que je fasse un long parcours car comme c’était une modification fédérale, il a fallu que je passe par le national. Donc c’est d’abord législatif, la ville, ensuite le canton puis la nation donc conseil municipal, grand conseil…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Y a-t-il eu un événement originel? Pourriez vous nous raconter un ou des événements marquant que vous avez mené ou qui vous ont frappé dans cette période en faveur de ces droits ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Rina l&#039;avortement libre et gratuit, c&#039;était l&#039;accès à la contraception&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Amélia Je dirais que le droit à l’avortement était un peu au même niveau que le droit de vote pour la femme. &lt;br /&gt;
Oui il y a eu des ouvrières françaises qui allaient en Belgique pour se faire avorter parce que c’était défendu en France et qu’elles n’avaient pas d’argent. Je comprends pas comment je fais de la politique, c’était pas fait pour moi…. Moi je voyais des ouvrières partir la nuit se faire avorter, rentrer le même soir et reprendre le travail le lendemain. Ça j’ai trouvé ça horrible !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
- Quels ont été les changements les plus importants auxquelles vous ayez assisté ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Rina : On a assisté à la libération des femmes ! Qui ont pris leurs mains en vie, qui ont décidé d’être elle-même, d’être un vrai sujet dans leur vie, dans leur sexualité, dans leur contraception, dans leur choix professionnel, relationnel, … je sais pas quoi. On a assisté au droit du divorce. On a assisté au droit pour l’avortement. Enfin déjà au remboursement par les caisses maladies en 81. Ce serait quand même une honte de supprimer cela aujourd’hui. Alors que c’est un acquis qui date même avant la légalisation de l’avortement, donc c’est quand même un peu fort le café. On a assisté à beaucoup de changement de cet ordre là, et cela fait depuis un moment que l’on est en total régression.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Amélia :  plus gros c’est le droit de vote, parce qu’à partir du moment où nous avons le bulletin, c’est quelque chose de très important, on nous considère comme une personne&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Y a-t-il eu des valeurs que vous avez eu le sentiment d’avoir porter en avant et si oui lesquels  ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Mais qu’en est-il aujourd’hui de cette lutte et des acquis et des risques de retour en arrière ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Références bibliographiques ==&lt;br /&gt;
&amp;lt;references/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Boutin, G., 2006, &#039;&#039;L&#039;entretien de Recherche qualitatif&#039;&#039;, Presses de l&#039;Université du Québec.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Roussopoulos Carole, &#039;&#039;Debout ! Une histoire du mouvement des femmes 1970-80&#039;&#039;, 1999. Consulté le 19 Novembre 2013 sur http://ballonsonde.org/wikiSonde/videos/Femmes_Debout.htm&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
– Hirata H, et al,2000, &amp;quot;Dictionnaire critique du féminisme&amp;quot;, Paris : Presse Universitaires de France.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Archives contestataires de Genève, Mouvements de Liberté des Femmes : 1970-90[[Fichier:MLF femme.pdf|vignette|Document des archives contestataires]]&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Archives contestataires de Genève, Mouvements de Liberté des Femmes : 1970-90[[Fichier:MLF archives.pdf|vignette|Documents des archives contestataires]]&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Archives contestataires de Genève, Mouvements de Liberté des Femmes : 1970-90 [[Fichier:MLF assez.pdf|vignette|document des archives contestataires]]&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Archives contestataires de Genève, Mouvements de Liberté des Femmes : 1970-90 [[Fichier:MLF avorter.pdf|vignette|Document des archives contestataires]]&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Archives contestataires de Genève, Mouvements de Liberté des Femmes : 1970-90 [[Fichier:MLF personne.pdf|vignette|Document des archives contestataires ]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Julie</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Droits_des_femmes&amp;diff=11917</id>
		<title>Droits des femmes</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Droits_des_femmes&amp;diff=11917"/>
		<updated>2013-12-16T21:22:33Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Julie : /* La période 1960-70 : les premiers changements */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Introduction  == &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Actuellement le droit à l&#039;avortement pour les femmes subit encore des contestations et même une offensive de remise en question: pouvons nous encore le qualifier comme  un droit de la femme s&#039;interrogent certains ? Tout au long de cette page nous nous centrerons sur le droit à l&#039;avortement pour les femmes depuis 1970. En effet, les mouvements féministes sont présents depuis longtemps dans l&#039;histoire des droits des personnes. Dans la période de l&#039;après guerre, les femmes se sont mobilisées plus fortement pour acquérir des droits identiques à ceux des hommes. C&#039;est par la lutte pour le droit à un travail rémunéré que les mouvements prennent de l&#039;ampleur  : &amp;quot;L&#039;essort du féminisme dans cette période serait intimement lié à celui du travail salarié&amp;quot; &amp;lt;ref&amp;gt;Riot-Sarcey, M., 2008, &#039;&#039;Histoire du féminisme&#039;&#039;, Paris, La Découvertes, Repères. p. 73 &amp;lt;/ref&amp;gt;. La question de la procréation est aussi au cœur de leur mouvement, puisqu&#039;il est question de &amp;quot;repeupler&amp;quot; des pays détruits : &amp;quot;Après l&#039;hécatombe de la guerre, jusqu&#039;alors la plus meurtrière, il est nécessaire, plus que jamais de &amp;quot;remplir les berceaux vides&amp;quot;&amp;quot; &amp;lt;ref&amp;gt;Riot-Sarcey, M., 2008, &#039;&#039;Histoire du féminisme&#039;&#039;, Paris, La Découvertes, Repères. p. 73 &amp;lt;/ref&amp;gt;. Il ne faut pas non plus oublier leurs luttes pour l&#039;accès à la politique : plus précisément le droit de vote pour les femmes, qui prend de l&#039;ampleur bien avant la guerre. C&#039;est dans ce contexte d&#039;après guerre, que les femmes resurgissent au front pour valoriser des droits égalitaires et propres à leur vie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cet article est fondé à la fois sur une recherche documentaire et sur la récolte de témoignages de deux personnes pionnières dans l&#039;avancée du droit des femmes à l&#039;avortement. L&#039;article présentera également les différents mouvements féministes réalisés dans les années 1970 sur le droit à l&#039;avortement.Ceci nous montreras que la Suisse, n’a pas été la première à lutter pour le droit à l’avortement, mais que le phénomène est mondial. Les États-Unis ont été sans aucun doute les précurseurs, mais la lutte s&#039;est diffusée et reproduite dans différents pays du monde amenant à des dates différentes à autoriser l’avortement.  L&#039;article se centrera sur la lutte des femmes en Suisse et les différentes lois qui en sont ressorties et cherchera à comprendre la part qu’ont joué les deux témoins interrogées dans cette histoire récente (1970 à aujourd&#039;hui). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour ce faire, nous avons constitué une bibliographie, à partir d’ouvrages sur les mouvements féministes en général, sur la chronologie des contestations. Nous avons lu des articles scientifiques qui présentent la situation en Suisse, épluché  des informations sur les deux témoins qui ont été interrogés et consulté les archives contestataires à Carouge. &lt;br /&gt;
Nous avons également pu rencontré deux femmes militantes à Genève sur ce thème. On a donc effectué deux entretiens audio avec Madame [[Amélia Christinat]] et Madame [[Rina Nissim]] pour obtenir leur témoignage sur l’histoire des mouvements féministes des années 1960 à 1980, principalement sur la question de l’avortement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L&#039;Histoire du droit des femmes == &lt;br /&gt;
Actuellement des auteures telles que Marcella Iacub et Judith Butler font de la problématique féministe une occasion de débattre la question du genre, des identités sexuelles et limites entre les sexes (intersexe, queer, etc), laquelle peut nous aider à repenser la lutte féministe. Or, celle des années 70 (en amont en Suisse de l&#039;accession des femmes à la citoyenneté) est celle d&#039;une longue marche marquée par des féministes de l&#039;après guerre comme Simone de Beauvoir avec sa formule historique &amp;quot;On ne naît pas femme on le devient&amp;quot;, soulignant le déterminisme social de la féminité et la &amp;quot;fabrication&amp;quot; culturelle. &lt;br /&gt;
Pour tenter de comprendre ce qui s&#039;est passé durant cette époque nous allons revenir sur les faits marquants. Pour la compréhension de ce qui va suivre nous vous conseillons de lire [[Frise Chronologique du droit à l&#039;avortement|la frise chronologique]] des événements marquants pour le droit à l&#039;avortement en Suisse. &lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
=== Mouvements féministes : Buts et démarches ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce n&#039;est que dans la deuxième moitié du XIXème siècle que le féminisme se démarque en tant que mouvement collectif de luttes de femmes. &amp;quot;Ces luttes reposent sur la reconnaissance des femmes comme spécifiquement et systématiquement opprimées, l&#039;affirmation que les relations entre hommes et femmes ne sont pas inscrites dans la nature mais que la possibilité politique de leur transformation existe.&amp;quot;[3] En effet, les femmes ont dû faire face à de nombreuses inégalités et cela dans de nombreux domaines: le travail, la santé, la politique... Nous constatons encore aujourd&#039;hui que de nombreuses inégalités persistent sur le droit des femmes mais elles sont moindres ou de nature différentes que dans les années 1960-80. Pour pouvoir entrer dans un processus de revendication politique du féminisme, il faut qu&#039;il y ait une &amp;quot;relation avec une conceptualisation de droits humains universels;elle s&#039;ancre dans les théories des droits de la personne dontles premières formulations juridiques sont issues des révolutions américaines puis françaises.&amp;quot; &amp;lt;ref&amp;gt;Hirata H, et al,2000, &amp;quot;Dictionnaire critique du féminisme&amp;quot;, Paris : Presse Universitaires de France, p. 225&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
Il convient de faire une distinction entre les mouvements féministes et les mouvements populaires des femmes. En effet, les mouvements populaires des femmes ne mettent pas directement en avant l&#039;exigence de droits spécifiques pour les femmes. C&#039;est l&#039;emploi du mot féministe qui va changer les représentations que l&#039;on se fait à cette époque. Pour certains les féministes sont &amp;quot;trop bourgeoises au XIXème siècle et au début du XXème siècle trop radicales et ennemies des hommes après les années 1970&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;Hirata H, et al,2000, &amp;quot;Dictionnaire critique du féminisme&amp;quot;, Paris : Presse Universitaires de France., p. 126&amp;lt;/ref&amp;gt;. Quant à l&#039;expression &amp;quot;mouvement des femmes&amp;quot;, elle est plus souvent utilisée comme raccourci pour mouvement de libération des femmes. Voila pourquoi elle a pu être associée au féminisme le plus radical et explique la confusion entre les deux termes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lorsque nous parlons de &amp;quot;mouvements féministes&amp;quot; nous désignons sous une même dénomination &amp;quot;les diverses formes des mouvements de femmes, le féminisme libéral ou &amp;quot;bourgeois, le féminisme radical, les femmes marxistes ou socialistes, les femmes lesbiennes, les femmes noires et toutes les dimensions catégorielles des mouvements actuels&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;Hirata H, et al,2000, &amp;quot;Dictionnaire critique du féminisme&amp;quot;, Paris : Presse Universitaires de France, p. 127&amp;lt;/ref&amp;gt;. Dès lors, l&#039;expression&amp;quot; mouvement des femmes &amp;quot; représente les mobilisations de femmes en Amérique Latine ou les mouvements pour la paix en Irlande ou au moyen-Orient&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;Hirata H, et al,2000, &amp;quot;Dictionnaire critique du féminisme&amp;quot;, Paris : Presse Universitaires de France., p.126&amp;lt;/ref&amp;gt; Dans la littérature, deux types de mouvements féministes se démarquent. Une première vague a émergé dans la seconde moitié du XIXème siècle. Elle est souvent présentée autour des revendications du droit de vote.  Au début du XXème siècle, ou les mouvements sont qualifiés de &amp;quot;néo féminisme&amp;quot;, les exigences ne se fondent pas sur une seule exigence d&#039;égalité mais sur une reconnaissance &amp;quot;de l&#039;impossibilité sociale de fonder cette égalité dans un système patriarcal&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;Hirata H, et al,2000, &amp;quot;Dictionnaire critique du féminisme&amp;quot;, Paris : Presse Universitaires de France, p. 126&amp;lt;/ref&amp;gt;. Le féminisme des années 1970, se fait connaitre par des mouvements anti-autoritaires, par des groupes de parole, il met en avant les formes les plus spontanées de manifestation et refuse toute organisation hiérarchique. &amp;quot; L&#039;appartenance au mouvement représente la mise en acte d&#039;une nouvelle idéologie, la recherche de sens et de valeurs communs.&amp;quot; &amp;lt;ref&amp;gt;Hirata H, et al,2000, &amp;quot;Dictionnaire critique du féminisme&amp;quot;, Paris : Presse Universitaires de France, p.128&amp;lt;/ref&amp;gt;. C&#039;est entre la fin des années 1960 et le début des années 1970 que le féminisme connait une ampleur internationale. &amp;quot;L&#039;onde de choc part des Etats-Unis et gagne très rapidement la Grande-Bretagne et l&#039;Allemagne dans les années 60&amp;quot;. Il faut ajouter qu&#039;en &amp;quot;dépit de son caractère extra parlementaire, le mouvement de libération des femmes a la capacité de susciter de larges mobilisations auprès des femmes syndiquées, des femmes de partis de gauche et de droite ou des associations luttant pour les droits des femmes comme le planning familial. Ce sont d&#039;abord les campagnes pour la liberté d&#039;avorter qui constituent les événements les plus importants et les plus marquants &amp;lt;ref&amp;gt;Hirata H, et al,2000, &amp;quot;Dictionnaire critique du féminisme&amp;quot;, Paris : Presse Universitaires de France, p. 128&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En ce qui concerne la Suisse, c’est dans la continuité du mouvement de la jeunesse estudiantine de 1968 que naît le nouveau mouvement féministe. C’est à Zurich que se sont réunies des femmes de gauche, que l’on appellera « Frauenbefreiungsbewegung » ou plus communément le FBB. Elles critiquent le fait que les femmes sont oppressées et qu’il s’agit d’une « contradiction sociale fondamentale ». Le [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]], pour la Suisse romande et le MFT au Tessin vont très rapidement suivre la création du FBB, avec comme objectif commun de « récuser l’organisation hiérarchique des associations et de la politique traditionnelle » &amp;lt;ref&amp;gt;Commission fédérale, &#039;&#039;Femmes Pouvoir Histoire&#039;&#039;, 1.3, p. 1, consulté le 27 Novembre sur http://webcache.googleusercontent.com/search?q=cache:UpvKGVSBak0J:www.ekf.admin.ch/dokumentation/00444/00517/index.html%3Flang%3Dfr%26download%3DNHzLpZeg7t,lnp6I0NTU042l2Z6ln1ae2IZn4Z2qZpnO2Yuq2Z6gpJCDdH58hGym162epYbg2c_JjKbNoKSn6A--+&amp;amp;cd=2&amp;amp;hl=fr&amp;amp;ct=clnk&amp;amp;gl=ch&amp;amp;client=firefox-a&amp;lt;/ref&amp;gt; inspirés des mouvements français et américains préalablement abordés. Cependant, des divergences existent entre tous ces mouvements sur différentes questions telles que l’avortement ou encore la possibilité pour le sexe féminin de faire l’armée. Une chronologie a été rédigée dans l’article suivant : &amp;quot;Le nouveau mouvement féministe et les organisations féminines depuis 1968&amp;quot; de la Commission fédérale pour les questions féminines de la Confédération Suisse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La période  entre 1940-50 : une période restrictive ===&lt;br /&gt;
Pour comprendre la lutte pour l&#039;avortement comme droit de la personne il nous faut revenir sur le contexte de l&#039;après guerre. La législation suisse sur l’avortement est l’une des plus restrictives d’Europe.  Les premières dispositions du Code pénal suisse à ce sujet ont été définies en 1942 et prévoient, à cette époque, l’emprisonnement de la femme qui avorte, ainsi que de la personne qui l’aide à pratiquer cet acte. En revanche, une exception existe : si la grossesse comporte un danger pour la mère et que l’interruption de grossesse est pratiquée par un médecin, l&#039;avis étant approuvé par un second médecin, l’avortement n’est alors pas punissable. On comprend alors que la conséquence a été un nombre considérable d’avortements illégaux. Cependant, la mise en place de dispositifs de préventions et d’une diffusion d’informations contribua à faire diminuer le nombre d’avortements autant illégaux, que légaux. Par ailleurs, l’Organisation Mondiale de la Santé ([http://www.who.int/fr/ OMS]) a étendu la notion de « santé » en y insérant les dimensions de bien-être psychique et social : « la santé ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité ; elle est un état de complet bien-être physique, mental et social. »&amp;lt;ref&amp;gt;Rey, A.-M., 2013, &#039;&#039;Tendance à la libéralisation&#039;&#039;, USPDA. Consulté le 7 Novembre sur http://www.svss-uspda.ch/fr/suisse/liberal.htm&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ceci légalise aussi la pratique d’interruption de grossesse et écarte la menace d’emprisonnement. &amp;lt;ref&amp;gt;Rey, A.-M., 2013, &#039;&#039;L&#039;ancienne législation de 1942&#039;&#039;, USPDA. Consulté le 7 Novembre sur http://www.svss-uspda.ch/fr/suisse/loi_1942.htm&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
Cependant, cette législation attise la colère et la montée d’une révolte. Au début du XXème siècle, on voit s’élever des mouvements, tels que les organisations ouvrières, pour lutter en faveur de la décriminalisation de l’avortement.&lt;br /&gt;
De plus, dans cette période, il existe une différence entre les cantons au niveau de la législation sur l&#039;avortement. Ceci met donc les professionnels dans l&#039;embarras puisqu&#039;ils n&#039;ont pas une pratique généralisée au niveau de l&#039;état, et cela soulève également une inégalité entre les femmes des différents cantons de la Suisse. Des mesures fédérales strictes ont donc été prises pour tenter de généraliser les pratiques et s&#039;accorder sur la pratique de l&#039;avortement : « l’institutionnalisation juridique d’une interruption de grossesse pouvant être légalement pratiquée par un médecin sous haute surveillance de l’Etat : consultation obligatoire d’un second médecin, qui doit être un spécialiste et en plus agréé par les autorités cantonales compétentes, et qui doit donner par écrit un « avis conforme ». Il faut également le consentement écrit de la femme enceinte. ». Ainsi à cette époque nous constatons que les femmes n&#039;ont pas la maitrise de leur corps et que de ce fait la maternité ne peut se contrôler. Ce contexte illustre la réalité des femmes, soit elles ont la chance de pouvoir trouver deux médecins qui l&#039;estime en danger, soit elles décident de pratiquer un avortement illégal ce qui comporte de grands risques pour leur santé (hémorragie et infection qui peuvent entrainer la mort de la femme).&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La période 1960-70 : les premiers changements ===&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Fichier:Graphiquefemme.jpeg|vignette|gauche|Graphique représentant les condamnations des femmes]]&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Le graphique ci-contre nous montre la condamnation des femmes en ce qui concerne l&#039;avortement.&amp;lt;ref&amp;gt;Rey, A.-M., 2013, &#039;&#039;Interruption de grossesse en Suisse : les faits et les données&#039;&#039;, USPDA. Consulté le 18 Novembre sur http://www.svss-uspda.ch/pdf/faits-et-donnees.pdf &amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt; En effet, nous voyons que le pic le plus élevé se situe dans l&#039;année 1950, avec 550 condamnées. Puis lors de la commercialisation de la pilule, l&#039;emprisonnement des femmes diminue fortement l&#039;année suivante, passant d&#039;environ 400 condamnations à environ 260. De manière générale, ce graphique montre que les condamnations sur la période 1960-1980 n&#039;ont cessé de baisser. &lt;br /&gt;
Les années 60 sont donc marquées par l&#039;arrivée de la pilule contraceptive en Suisse. En effet, en 1961, la commercialisation de celle-ci fait reculer le nombre d&#039;avortement pratiqué en Suisse puisque les femmes ont un contrôle sur leur reproductibilité. Malgré tout, la pilule contraceptive circule à l&#039;époque discrètement, puisque aucune loi ne précise son autorisation. En 1965, la création du premier planning familial en Suisse au HUG permettra de conseiller les familles. L&#039;établissement ouvrira donc un pôle dédié à l&#039;information familiale et aux régulations des naissances.&amp;lt;ref&amp;gt;Fert-Bek, D., (s.d.), &#039;&#039;Historique&#039;&#039;, Le service du planning familial de Genève a 40 ans,Genève, HUG. Consulté le 18 Novembre 2013 sur http://planning-familial.hug-ge.ch/nous/historique.html&amp;lt;/ref&amp;gt; Dans cet établissement les professionnels conseillent les parents sur la manière d&#039;avoir un contrôle sur l&#039;élargissement de leur famille. Ainsi, grâce à cette structure, la pilule contraceptive a pu circuler dans le territoire helvétique. La pilule était considéré pour certain comme un enjeux économique : elle permettait de contrôler les naissances et donc de préserver la richesse, et pour d&#039;autres comme un moyen de débrider la sexualité des femmes&amp;lt;ref&amp;gt;L&#039;illustré, (s.d.) &#039;&#039;La pilule qui a changé le monde&#039;&#039;, Archives, Consulté le 18 Novembre 2013 sur http://www.illustre.ch/la_pilule_qui_a_change_le_monde_45372_.html&amp;lt;/ref&amp;gt;.   &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Mlf.jpeg|vignette|gauche|Affiche du Front des Bonnes Femmes]][[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|Le Mouvement de Libération des Femmes (MLF)]] a démarré aux Etats-Unis, et a encouragé les militants des autres pays à lutter pour améliorer les conditions féminines. Le [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]] créé en 1969 à Zurich,que l&#039;on retrouvait également dans d&#039;autres cantons  (Genève et Tessin par exemple) se base &amp;quot;sur les mouvements de libération du Tiers monde pour encourager les femmes à se libérer des contraintes inhérentes à la famille nucléaire (Rôle des sexes).&amp;quot; &amp;lt;ref&amp;gt;Jorris, E., 2009, &#039;&#039;Mouvement de libération des femmes (MLF)&#039;&#039;. Consulté le 19 Novembre 2013 sur http://www.hls-dhs-dss.ch/textes/f/F16504.php&amp;lt;/ref&amp;gt;. Sur le canton de Genève plus précisément, des groupes de certains partis de gauche militaient en ces faveurs (ils étaient très hiérarchisés et ne plaisaient pas à toutes les femmes militantes). C&#039;est donc principalement grâce à Madame Brodmann (qui a milité aux Etats-Unis) et Madame Gramoni qu&#039;il y a eu dans un premier temps le front des Bonne-Femmes (où militait aussi Rina Nissim). Leur premier slogan a été &amp;quot;Femmes décolonisons-nous !&amp;quot; avec des affiches placardées sur les façades des grandes banques : les femmes insistaient donc pour la ré-appropriation de leur corps (avortement, pilule contraceptive, ...).&amp;lt;ref&amp;gt;Roussopoulos Carole, Debout ! Une histoire du mouvement des femmes 1970-80, 1999. Consulté le 19 Novembre 2013 sur http://ballonsonde.org/wikiSonde/videos/Femmes_Debout.htm&amp;lt;/ref&amp;gt; &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Les femmes pensent donc vivre singulièrement des situations d&#039;exclusion et d&#039;injustices, or le fait de discuter ensemble elles se rendent compte qu&#039;elles vivent toutes ce genre de situation. Cette prise de conscience favorise donc la mobilisation des femmes pour combattre ces injustices dont elles sont victimes. Les communautés ou ce que l&#039;on pourrait appeler regroupements permettent donc aux femmes de prendre consciences mais aussi de prendre du pouvoir dans la société. L&#039;effet de groupe a permis de de faire rassembler dans les rues des milliers de femmes pour manifester ensemble contre des inégalités entre sexe ([[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]]).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans le même temps, il ne faut pas oublier que les avortements illégaux continuent à être pratiqués à cette période. En effet, le nombre d&#039;avortements, légaux et illégaux, est estimé à 50 000 en 1966. Les avortements légaux s&#039;élevaient à environ 17 000 en 1966 (16 000 en 1978 et 1980, 14 000 en 1985, 13 000 en 1990, 12 000 en 1995, 13 000 en 1996 et 1998). Les avortements clandestins diminuèrent grâce : &lt;br /&gt;
* à la raréfaction avec l&#039;élargissement des indications médicales dans les cantons libéraux (Zurich, Bâle-Ville, Berne, Vaud, Neuchâtel, Genève) dès les années 1950&lt;br /&gt;
* la libéralisation progressive dans d&#039;autres cantons(Tessin dès les années 1970; Argovie, Bâle-Campagne, Glaris, Schaffhouse, Soleure, Jura au cours des années 1990)&lt;br /&gt;
* la généralisation des centres de planning familial, des cours d&#039;éducation sexuelle, la diffusion de moyens de contraception sûrs dès les années 1960 &lt;br /&gt;
* le remboursement de l&#039;intervention par les caisses maladie).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On remarque que malgré les mesures juridiques fédérales restrictives, les cantons adoptent des pratiques très différentes les uns des autres. Ainsi, les dimensions d’ordre psychologique et social sont incluses dans les indications médicales des cantons libéraux, alors que la pratique est seulement tolérée dans les cantons conservateurs catholiques. Face à cette inégalité juridique, les cantons libéraux accueillent des femmes vivant dans ces cantons restrictifs pour se faire avorter. On assiste à une forme de tourisme « gynécologique ». Cela amène les cantons à réfléchir sur ces pratiques. Notamment le canton de Neuchâtel, où plusieurs affaires d&#039;avortements sont jugées. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La période 1970-1980 : La période clé ===&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
A la suite de ces scandales, le député radical Maurice Favre dépose en mars 1971 une [http://www.amtsdruckschriften.bar.admin.ch/viewOrigDoc.do?id=10100953 motion] en faveur d&#039;une initiative cantonale demandant la suppression des articles 118 à 121 du CP.  &lt;br /&gt;
Cette démarche est suivie du lancement, en juin de la même année, par un comité de cinq personnes, de l&#039;initiative populaire fédérale pour la décriminalisation de l&#039;avortement, largement soutenue notamment par le mouvement des femmes. En 1972, les milieux chrétiens conservateurs font circuler une pétition &amp;quot;Oui à la vie, non à l&#039;avortement&amp;quot;. A partir de ce moment-là, nous voyons apparaître les organisations et les mouvements féministes qui organisent des manifestations en faveur de l’interruption de grossesses libres et gratuites, ainsi que pour revendiquer [http://www.svss-uspda.ch/index.html la décriminalisation de l’avortement].  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C&#039;est une lutte qui se fait contre des mentalités traditionnelles où l&#039;homme est dominant dans la société. La prise de conscience des femmes et de leurs conditions se fait petit-à-petit, en prenant plus d&#039;ampleur au milieu des années 70. C&#039;est la réunion de plusieurs milliers de femmes qui fait que l&#039;on puisse qualifier le [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]] de mouvement. Ce sont des femmes de tout âge qui se battent pour l&#039;amélioration de leurs conditions de vie. Ces mouvements veulent principalement lutter pour le droit du libre choix des femmes. A cette époque, il y a &amp;quot;deux types de femmes&amp;quot; :  celles qui font des études mais qui restent à la maison pour materner, ou bien celle qui font des études et qui travaillent. Ces dernières se trouvent confrontées à la réalité sociale : avec le même titre professionnel, les femmes obtiennent des salaires bien inférieurs à ceux des hommes. C&#039;est suite à cette prise de conscience face au Plafond de Verre, que les femmes se réunissent pour échanger leurs histoires. Elles se mobilisent donc afin de pouvoir avoir le contrôle sur leur vie, et sur leur corps. L&#039;une des grandes luttes se fait autour du contrôle de leur corps : ce qu&#039;elles nomment la mobilisation pour la ré-appropriation du corps. Il s&#039;agit de donner aux femmes la possibilité de choisir leur maternité, leur contraception, et leur médicamentation. En 1978, L&#039;ouverture du Dispensaire des femmes (par [[Rina Nissim]]) leur permet d&#039;être accueillies dans un lieu où on leur donne des conseils, des listes de gynécologues tolérants face aux choix d&#039;avorter ainsi que différentes méthodes pour soigner les maladies génitales, ... Les femmes peuvent si elles le veulent accéder au groupe action Self-Help du [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]] ; qui est un lieu où l&#039;on échange sur notre vécu, et où l&#039;on pratique des examens concrets pour découvrir son corps. L&#039;instruction, comme l&#039;évoque [[Amélia Christinat|Mme Christinat]] permet aux femmes de comprendre les injustices auxquelles elles sont confrontées et de se mobiliser pour que toute les sociétés reconnaissent les femmes comme des personnes avec un cerveau. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans le même temps, une nouvelle réglementation sur l’avortement est considérée par le Conseil fédéral, et trois variantes sont discutées : la première, appelée &amp;quot;solutions des indications&amp;quot; autorise l’avortement dans les situations où la grossesse menace la vie ou la santé de la femme, en cas de viol, ou encore si l’enfant présente un trouble ou une déficience physique et/ou mentale. Une autre variante est celle des « indications sociales » qui prend en compte la situation sociale précaire de la femme. Finalement, la troisième, « solution des délais », permet l’avortement pendant les douze premières semaines de grossesse. Il en va sans dire que les partis politiques, les organisations et les cantons conservateurs catholiques sont en faveur de la solution la plus restrictive, alors que leurs rivales refusent les trois types de variantes et revendiquent l’avortement libre et gratuit. Le Conseil fédéral  rejette l’initiative pour la décriminalisation de l’avortement, mais opte finalement pour la solution des indications élargies, attisant ainsi le mécontentement des deux camps. &lt;br /&gt;
Face au rejet de l’initiative populaire pour la décriminalisation de l’avortement, [http://www.svss-uspda.ch/index.html l’Union Suisse pour la Décriminalisation de l’Avortement] (USPDA) (dont fait partie [[Amélia Christinat]])propose un compromis et lance une initiative qui cette fois rejoint l’idée de la solution des délais. « L’initiative réclament la décriminalisation de l’avortement s’il est pratiqué par un  médecin avec le consentement de la femme pendant les douze semaines qui suivent les dernières règles ». Cependant, celle-ci essuie à nouveau un échec : elle est rejetée par la majorité des cantons. &lt;br /&gt;
Les années suivantes toutes les propositions d&#039;initiatives,pour ou contre l&#039;avortement, sont sans cesse rejetées. Ce n’est qu’en 1990, que l’idée d’une révision de la loi relative à l’avortement est remise sur le devant de la scène. &lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Depuis 1990 ===&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
En 1994, on constate un net recul du nombre d’avortements légaux. Ceci peut s’expliquer par une diffusion de l’information (éducation sexuelle) et la libre disposition de moyens contraceptifs. Ce phénomène vient appuyer l’idée que la libéralisation ne conduit pas à une augmentation des avortements, bien au contraire. A partir de là, les choses commencent à changer et vont en faveur de la décriminalisation de l’avortement. En effet, le Conseil national adopte en 1995 &amp;quot;la solution des délais&amp;quot;. En 1996, la Commission des affaires juridiques du Conseil national ratifie un projet de loi qui prévoie la décriminalisation de l’avortement pendant les 14 premières semaines après les dernières règles. On voit mêmes les femmes du parti démocratique-chrétien (PDC) aller en faveur du droit de la femme à l’autodétermination et pour &amp;quot;la solution des délais&amp;quot;. De nombreuses organisations telles que la Fédération suisse des Eglises protestantes, les groupes des femmes radicales de Suisse, accueillent cette solution des délais comme un compromis tolérable. Toutefois, le Conseil fédéral rejette une fois de plus la &amp;quot;solution du délai&amp;quot; en 1998.&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Par ailleurs, la pilule abortive Mifegyne (RU 486) est admise et commercialisée en Suisse dès 1999. Cette méthode médicamenteuse est soumise aux mêmes dispositions pénales que l’avortement et est prescrite uniquement par le corps médical.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Finalement, le Parlement adopte la solution du délai en mars 2001 et est rentré en vigueur en 2002. « Ainsi l’avortement n’est pas punissable pendant les 12 premières semaines de la grossesse à condition que la femme fasse valoir une situation de détresse. Les cantons doivent décider quels cabinets et établissement peuvent pratiquer l’intervention. » &amp;lt;ref&amp;gt;Rey, A.-M., 2013, Régime du délais, USPDA. Consulté le 7 Décembre sur http://www.svss-uspda.ch/fr/suisse/loi.htm&amp;lt;/ref&amp;gt; De plus, Rey (2013), illustre les modifications entre l&#039;ancienne et la nouvelle loi de 2002, relatif à l&#039;avortement. &amp;lt;ref&amp;gt;Rey, A.-M., 2013, Comparaison ancienne et nouvelle législation, USPDA. Consulté le 7 Décembre sur http://www.svss-uspda.ch/fr/suisse/comparaison.htm &amp;lt;/ref&amp;gt; Depuis ce jour, la femme est la seule personne qui ait le droit de choisir ou non l&#039;avortement. En aucun cas, une personne tierce (et même si celle-ci a une blouse blanche) ne pourra refuser l&#039;avortement d&#039;une femme dans les douze premières semaines de grossesse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous pouvons donc conclure que « les discussions provoquées en 1971 par l’initiative en faveur de la décriminalisation de l’avortement ont été à l’origine d’un changement des mentalités et d’une prise de conscience ».&amp;lt;ref&amp;gt;Rey, A.-M., 2013, Chronologie des événements dès 1970, USPDA. Consulté le 7 Décembre sur http://www.svss-uspda.ch/fr/suisse/chronologie.htm &amp;lt;/ref&amp;gt; En effet, on assiste à une diminution du nombre de condamnations et à une libéralisation de la pratique de l’avortement. Par ailleurs, on se rend compte qu’à travers la mise en place de centres de plannings familiaux et des dispositifs d’informations, comme l’éducation sexuelle, on parvient à lutter contre l’avortement.  La prévention prévaut donc à la pénalisation. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cependant on constate que la réglementation à ce sujet peut encore être modifiée, car ce droit à l’avortement est sans cesse remis en question. En effet, en 2010, le mouvement anti-avortement « Mamma », qui s&#039;intitulait auparavant &amp;quot;Pour la mère en l’enfant&amp;quot;  lance une initiative populaire : « Financer l’avortement est une affaire privée ». Il s’agit d’une initiative qui demande que l’IVG ne soit plus pris en compte par les prestations de l’assurance maladie de base, et ce en invoquant l’idée qu’il s’agit d’une décision d’ordre privé, et que de ce fait le financement public n’a pas de sens. Cependant, on remarque que le droit à donner la vie est également de l’ordre du privé, et pourtant celui-ci n’est pas contesté. [[Entretien Rina Nissim|Rina Nissim]], nous met en garde sur la tournure que prend les événements d&#039;aujourd&#039;hui (concernant le financement de l&#039;avortement). En effet, selon elle, nous serions en pleine régression concernant le libre choix de la femme. A contrario des générations d&#039;après 70, il faut que les générations d&#039;aujourd&#039;hui se mobilisent pour faire en sorte de garder un droit durement acquis par les femmes soixanthuitardes. La votation de Février 2014 qui se prépare pourrait modifier les droits que nous avons jusqu&#039;à présent. Si les générations de maintenant et les suivantes veulent elles aussi avoir la possibilité de choisir leur grossesse, elles se doivent de s&#039;impliquer pour faire en sorte de ne pas perdre les droits acquis.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les témoins qui ont participé aux changements ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous avons décidé d&#039;interroger des personnes qui se sont mobilisées en Suisse pour le droit à l&#039;avortement. Elles pourront donc faire ressortir des éléments personnels sur le contexte de l&#039;époque, et les problèmes qu&#039;elles ont pu rencontré pour la mise en place de ce droit. &lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Nous avons dans un premier temps contacté Mme [[Amélia Christinat|Christinat Amélia]], avec qui l&#039;une de nous avait déjà travaillé il y a quelques années. Cette personne a donc accepté de participer à notre recherche en répondant à nos questions lors d&#039;un entretien.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un second temps nous avons contacté Mme [[Salika Wenger|Wenger Salika]], marraine de l&#039;association &amp;quot;Ni pute, Ni soumise&amp;quot; qui est actuellement impliquée dans la politique sur Genève puisqu&#039;elle fait partie du Conseil Administratif de la ville de Genève. Deux d&#039;entre nous l&#039;ont connue lors de sa venue à [http://www.infrarouge.ch/ir/1858-seins-nouvelle-arme-feministes l&#039;émission télévisée Infrarouge (RTS)] dédié aux mouvements des Femens (novembre 2011). Après discussion téléphonique, nous avons eu des éléments pertinents qui pourraient nous intéresser pour notre recherche, cependant [[Salika Wenger|Mme Wenger]] est très occupée et ne pourra pas nous accorder un entretien avant Janvier 2014. C&#039;est pourquoi après réflexion, nous avons décidé de contacter une troisième personne qui pourrait éventuellement être plus disponible : Mme [[Rina Nissim|Nissim Rina]]. Par l&#039;intermédiaire de Mme Ruchat nous avons obtenu ses coordonnées téléphoniques et avons pu avoir un rendez vous rapidement.&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Afin de leur éviter quelconque déplacement,nous avons rencontré ses personnes à leur domicile. De plus, pour des raisons pratiques et également afin de ne pas abuser de leur hospitalité, nous avons décidé de mener ces entretiens par groupes de trois.&lt;br /&gt;
Nous proposerons aux différents acteurs de partager leurs souvenirs concernant les années 1970 à Genève afin que nous comprenions la situation actuelle du droit à l&#039;avortement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Retour sur les entretiens==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== [[Entretien Rina Nissim|Entretien]] de [[Rina Nissim]] ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Notre premier entretien s&#039;est déroulée le mercredi 27 Novembre. A trois étudiantes nous nous sommes rendues au cabinet de Rina Nissim. L&#039;entretien qui en découle nous a projeter dans un univers très différent du notre : où la femme n&#039;avaient que très peu de droits. C&#039;est de part son discours, que la militante Rina Nissim, nous a partagé des informations sur l&#039;ambiance, la mobilisation et la persévérances des actrices de cette époque. C&#039;est par la réalisation de plusieurs injustices que les femmes se regroupent pour se mobiliser contre une société qui octroie peu de considération envers les femmes. Le [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]], lutte donc de manière générale pour plusieurs droits (droit à l&#039;égalité salariale, droit à la contraception, droit à l&#039;avortement, ...). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== [[Entretien Amélia Christinat|Entretien]] d&#039;[[Amélia Christinat]] ===&lt;br /&gt;
Le second entretien s&#039;est déroulé le 5 décembre chez Christinat Amélia. A notre arrivée, nous lui avons dit que nous avions déjà des questions précises à lui poser et que ces questions seraient les mêmes pour tous les groupes. En effet, sachant que c&#039;est une femme très bavarde nous avons préférer poser le cadre dès le départ. &lt;br /&gt;
Nous avons pu constater en rentrant dans son salon qu&#039;elle avait préparé différents articles concernant le droit à l&#039;avortement - des articles qu&#039;elle nous a présenté tout au long de l&#039;interview -.&lt;br /&gt;
C&#039;est avec beaucoup d&#039;émotion qu&#039;elle a répondu à nos questions et qu&#039;elle a raconté son combat pour les différents droit de la femme - droit de vote, droit à l&#039;avortement etc.-. Nous avons vraiment ressenti, à travers ses propos, l&#039;importance que ces combats ont eu pour elle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Points communs entre les entretiens=== &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plusieurs points communs ressortent de ces deux entretiens.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout d&#039;abord, nous constatons que le droit à la réappropriation du corps ou plutôt à l&#039;autonomie des femmes, comme cité par [[Rina Nissim]] représente l&#039;un des combats des années 1960-80. Si les femmes, par leur combats, manifestations ont réussit à faire valoir leur droit à l&#039;avortement, elles ont aussi lutter pour la mise en place d&#039;autres valeurs tels que le droit à la contraception, le droit de vote, le droit d&#039;accès aux études. Toutes ces luttes sont évoqués par les deux femmes interrogés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Afin de parvenir à ces changements, il a fallu se réunir entre femmes. A partir du moment où nous souhaitons un changement important, il est nécessaire d&#039;obtenir une mobilisation importante. Rina Nissim part d&#039;un petit groupe, le [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]] qui finalement va prendre une grande ampleur et [[Amélia Christinat|Amélia Christianat]] s&#039;impose dans la politique. Il parait donc évident pour ces deux protagonistes, que pour espérer un changement, il faut se réunir en groupe. La notion de communauté prend donc toute son importance. La notion de communauté est définie comme étant un état de ce qui est commun à plusieurs personnes, similitudes, groupe constituant une société, mise en commun des biens entre époux. Au sens étymologique originel : cum munus. La communauté est donc un groupe de personnes (cum) qui partagent quelque chose (&amp;quot;munus&amp;quot;)- un bien, une ressource, ou bien au contraire une obligation, une dette.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Même si le concept de communauté n&#039;est pas dit explicitement dans nos entretiens, il apparaît tout au long puisque chacune d&#039;entre elles a rejoint un groupe dans lequel elles éprouvaient des intérêts communs. Chaque membre décide alors en quoi, comment et quand il contribuera à ce groupe. Dans ce cas, [[Rina Nissim]] et [[Amélia Christinat]] en tant que féministes se sont engagées et ont lutté pour le droit des femmes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Enfin, il est intéressant de constater que nos deux intervenantes tirent un bilan mitigé quant à ces luttes pour les droits des femmes. [[Amélia Christinat]] dit :&amp;quot; Alors en fait tout changement, toute progression que l’on peut interpréter comme sociale n’est jamais définitivement acquise. Donc en fait, il faut veiller continuellement, défendre continuellement où que vous soyez et avec qui que vous soyez.&amp;quot; Quant à [[Rina Nissim]], elle dit :&amp;quot;Malheureusement dans la société c’est comme ça, il faut tout le temps se battre. Ça c’est un point sur lequel on est en recul.&amp;quot;, On est en plein recul. Donc y a un ou deux pays qui ont avancé pour l’instant y en a douze qui ont régressé. Donc cela ne va pas du tout cette affaire, on a une très mauvaise posture.&amp;quot; Ainsi, la question des droits pour la personne n&#039;est jamais complètement acquis. Il faut sans arrêt se battre pour continuer à faire valoir ses droits en tant que personne.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;A rédiger synthétiquement et finir&#039;&#039;&#039; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il convient à présent de reprendre l&#039;ensemble des questions posés et d&#039;en ressortir les éléments importants :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Depuis quand et avec qui vous vous êtes engagés dans la lutte pour les droits de la femme et quel était à ce moment votre statut (ou fonction)? Dans quel contexte s&#039;est inséré cette démarche ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Rina . Moi je suis rentré au MLF après mon interruption de grossesse, donc a 19 ans et j’ ai trouvé un tract qui trainait dans un local anarchiste je ne sais plus ou à la pénisserie et je me suis dit : tiens tiens très intéressant il y a un MLF qui débute donc je vais aller voir. J’étais parmi les plus jeunes de la bande. &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Amélia :  Alors pour pouvoir faire des interventions sur un plan législatif il a fallu que je fasse un long parcours car comme c’était une modification fédérale, il a fallu que je passe par le national. Donc c’est d’abord législatif, la ville, ensuite le canton puis la nation donc conseil municipal, grand conseil…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Y a-t-il eu un événement originel? Pourriez vous nous raconter un ou des événements marquant que vous avez mené ou qui vous ont frappé dans cette période en faveur de ces droits ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Rina l&#039;avortement libre et gratuit, c&#039;était l&#039;accès à la contraception&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Amélia Je dirais que le droit à l’avortement était un peu au même niveau que le droit de vote pour la femme. &lt;br /&gt;
Oui il y a eu des ouvrières françaises qui allaient en Belgique pour se faire avorter parce que c’était défendu en France et qu’elles n’avaient pas d’argent. Je comprends pas comment je fais de la politique, c’était pas fait pour moi…. Moi je voyais des ouvrières partir la nuit se faire avorter, rentrer le même soir et reprendre le travail le lendemain. Ça j’ai trouvé ça horrible !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
- Quels ont été les changements les plus importants auxquelles vous ayez assisté ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Rina : On a assisté à la libération des femmes ! Qui ont pris leurs mains en vie, qui ont décidé d’être elle-même, d’être un vrai sujet dans leur vie, dans leur sexualité, dans leur contraception, dans leur choix professionnel, relationnel, … je sais pas quoi. On a assisté au droit du divorce. On a assisté au droit pour l’avortement. Enfin déjà au remboursement par les caisses maladies en 81. Ce serait quand même une honte de supprimer cela aujourd’hui. Alors que c’est un acquis qui date même avant la légalisation de l’avortement, donc c’est quand même un peu fort le café. On a assisté à beaucoup de changement de cet ordre là, et cela fait depuis un moment que l’on est en total régression.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Amélia :  plus gros c’est le droit de vote, parce qu’à partir du moment où nous avons le bulletin, c’est quelque chose de très important, on nous considère comme une personne&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Y a-t-il eu des valeurs que vous avez eu le sentiment d’avoir porter en avant et si oui lesquels  ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Mais qu’en est-il aujourd’hui de cette lutte et des acquis et des risques de retour en arrière ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Références bibliographiques ==&lt;br /&gt;
&amp;lt;references/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Boutin, G., 2006, &#039;&#039;L&#039;entretien de Recherche qualitatif&#039;&#039;, Presses de l&#039;Université du Québec.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Roussopoulos Carole, &#039;&#039;Debout ! Une histoire du mouvement des femmes 1970-80&#039;&#039;, 1999. Consulté le 19 Novembre 2013 sur http://ballonsonde.org/wikiSonde/videos/Femmes_Debout.htm&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
– Hirata H, et al,2000, &amp;quot;Dictionnaire critique du féminisme&amp;quot;, Paris : Presse Universitaires de France.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Archives contestataires de Genève, Mouvements de Liberté des Femmes : 1970-90[[Fichier:MLF femme.pdf|vignette|Document des archives contestataires]]&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
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Archives contestataires de Genève, Mouvements de Liberté des Femmes : 1970-90[[Fichier:MLF archives.pdf|vignette|Documents des archives contestataires]]&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
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Archives contestataires de Genève, Mouvements de Liberté des Femmes : 1970-90 [[Fichier:MLF personne.pdf|vignette|Document des archives contestataires ]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Julie</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Droits_des_femmes&amp;diff=11916</id>
		<title>Droits des femmes</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Droits_des_femmes&amp;diff=11916"/>
		<updated>2013-12-16T21:05:08Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Julie : /* Mouvements féministes : Buts et démarches */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Introduction  == &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Actuellement le droit à l&#039;avortement pour les femmes subit encore des contestations et même une offensive de remise en question: pouvons nous encore le qualifier comme  un droit de la femme s&#039;interrogent certains ? Tout au long de cette page nous nous centrerons sur le droit à l&#039;avortement pour les femmes depuis 1970. En effet, les mouvements féministes sont présents depuis longtemps dans l&#039;histoire des droits des personnes. Dans la période de l&#039;après guerre, les femmes se sont mobilisées plus fortement pour acquérir des droits identiques à ceux des hommes. C&#039;est par la lutte pour le droit à un travail rémunéré que les mouvements prennent de l&#039;ampleur  : &amp;quot;L&#039;essort du féminisme dans cette période serait intimement lié à celui du travail salarié&amp;quot; &amp;lt;ref&amp;gt;Riot-Sarcey, M., 2008, &#039;&#039;Histoire du féminisme&#039;&#039;, Paris, La Découvertes, Repères. p. 73 &amp;lt;/ref&amp;gt;. La question de la procréation est aussi au cœur de leur mouvement, puisqu&#039;il est question de &amp;quot;repeupler&amp;quot; des pays détruits : &amp;quot;Après l&#039;hécatombe de la guerre, jusqu&#039;alors la plus meurtrière, il est nécessaire, plus que jamais de &amp;quot;remplir les berceaux vides&amp;quot;&amp;quot; &amp;lt;ref&amp;gt;Riot-Sarcey, M., 2008, &#039;&#039;Histoire du féminisme&#039;&#039;, Paris, La Découvertes, Repères. p. 73 &amp;lt;/ref&amp;gt;. Il ne faut pas non plus oublier leurs luttes pour l&#039;accès à la politique : plus précisément le droit de vote pour les femmes, qui prend de l&#039;ampleur bien avant la guerre. C&#039;est dans ce contexte d&#039;après guerre, que les femmes resurgissent au front pour valoriser des droits égalitaires et propres à leur vie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cet article est fondé à la fois sur une recherche documentaire et sur la récolte de témoignages de deux personnes pionnières dans l&#039;avancée du droit des femmes à l&#039;avortement. L&#039;article présentera également les différents mouvements féministes réalisés dans les années 1970 sur le droit à l&#039;avortement.Ceci nous montreras que la Suisse, n’a pas été la première à lutter pour le droit à l’avortement, mais que le phénomène est mondial. Les États-Unis ont été sans aucun doute les précurseurs, mais la lutte s&#039;est diffusée et reproduite dans différents pays du monde amenant à des dates différentes à autoriser l’avortement.  L&#039;article se centrera sur la lutte des femmes en Suisse et les différentes lois qui en sont ressorties et cherchera à comprendre la part qu’ont joué les deux témoins interrogées dans cette histoire récente (1970 à aujourd&#039;hui). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour ce faire, nous avons constitué une bibliographie, à partir d’ouvrages sur les mouvements féministes en général, sur la chronologie des contestations. Nous avons lu des articles scientifiques qui présentent la situation en Suisse, épluché  des informations sur les deux témoins qui ont été interrogés et consulté les archives contestataires à Carouge. &lt;br /&gt;
Nous avons également pu rencontré deux femmes militantes à Genève sur ce thème. On a donc effectué deux entretiens audio avec Madame [[Amélia Christinat]] et Madame [[Rina Nissim]] pour obtenir leur témoignage sur l’histoire des mouvements féministes des années 1960 à 1980, principalement sur la question de l’avortement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L&#039;Histoire du droit des femmes == &lt;br /&gt;
Actuellement des auteures telles que Marcella Iacub et Judith Butler font de la problématique féministe une occasion de débattre la question du genre, des identités sexuelles et limites entre les sexes (intersexe, queer, etc), laquelle peut nous aider à repenser la lutte féministe. Or, celle des années 70 (en amont en Suisse de l&#039;accession des femmes à la citoyenneté) est celle d&#039;une longue marche marquée par des féministes de l&#039;après guerre comme Simone de Beauvoir avec sa formule historique &amp;quot;On ne naît pas femme on le devient&amp;quot;, soulignant le déterminisme social de la féminité et la &amp;quot;fabrication&amp;quot; culturelle. &lt;br /&gt;
Pour tenter de comprendre ce qui s&#039;est passé durant cette époque nous allons revenir sur les faits marquants. Pour la compréhension de ce qui va suivre nous vous conseillons de lire [[Frise Chronologique du droit à l&#039;avortement|la frise chronologique]] des événements marquants pour le droit à l&#039;avortement en Suisse. &lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
=== Mouvements féministes : Buts et démarches ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce n&#039;est que dans la deuxième moitié du XIXème siècle que le féminisme se démarque en tant que mouvement collectif de luttes de femmes. &amp;quot;Ces luttes reposent sur la reconnaissance des femmes comme spécifiquement et systématiquement opprimées, l&#039;affirmation que les relations entre hommes et femmes ne sont pas inscrites dans la nature mais que la possibilité politique de leur transformation existe.&amp;quot;[3] En effet, les femmes ont dû faire face à de nombreuses inégalités et cela dans de nombreux domaines: le travail, la santé, la politique... Nous constatons encore aujourd&#039;hui que de nombreuses inégalités persistent sur le droit des femmes mais elles sont moindres ou de nature différentes que dans les années 1960-80. Pour pouvoir entrer dans un processus de revendication politique du féminisme, il faut qu&#039;il y ait une &amp;quot;relation avec une conceptualisation de droits humains universels;elle s&#039;ancre dans les théories des droits de la personne dontles premières formulations juridiques sont issues des révolutions américaines puis françaises.&amp;quot; &amp;lt;ref&amp;gt;Hirata H, et al,2000, &amp;quot;Dictionnaire critique du féminisme&amp;quot;, Paris : Presse Universitaires de France, p. 225&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
Il convient de faire une distinction entre les mouvements féministes et les mouvements populaires des femmes. En effet, les mouvements populaires des femmes ne mettent pas directement en avant l&#039;exigence de droits spécifiques pour les femmes. C&#039;est l&#039;emploi du mot féministe qui va changer les représentations que l&#039;on se fait à cette époque. Pour certains les féministes sont &amp;quot;trop bourgeoises au XIXème siècle et au début du XXème siècle trop radicales et ennemies des hommes après les années 1970&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;Hirata H, et al,2000, &amp;quot;Dictionnaire critique du féminisme&amp;quot;, Paris : Presse Universitaires de France., p. 126&amp;lt;/ref&amp;gt;. Quant à l&#039;expression &amp;quot;mouvement des femmes&amp;quot;, elle est plus souvent utilisée comme raccourci pour mouvement de libération des femmes. Voila pourquoi elle a pu être associée au féminisme le plus radical et explique la confusion entre les deux termes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lorsque nous parlons de &amp;quot;mouvements féministes&amp;quot; nous désignons sous une même dénomination &amp;quot;les diverses formes des mouvements de femmes, le féminisme libéral ou &amp;quot;bourgeois, le féminisme radical, les femmes marxistes ou socialistes, les femmes lesbiennes, les femmes noires et toutes les dimensions catégorielles des mouvements actuels&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;Hirata H, et al,2000, &amp;quot;Dictionnaire critique du féminisme&amp;quot;, Paris : Presse Universitaires de France, p. 127&amp;lt;/ref&amp;gt;. Dès lors, l&#039;expression&amp;quot; mouvement des femmes &amp;quot; représente les mobilisations de femmes en Amérique Latine ou les mouvements pour la paix en Irlande ou au moyen-Orient&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;Hirata H, et al,2000, &amp;quot;Dictionnaire critique du féminisme&amp;quot;, Paris : Presse Universitaires de France., p.126&amp;lt;/ref&amp;gt; Dans la littérature, deux types de mouvements féministes se démarquent. Une première vague a émergé dans la seconde moitié du XIXème siècle. Elle est souvent présentée autour des revendications du droit de vote.  Au début du XXème siècle, ou les mouvements sont qualifiés de &amp;quot;néo féminisme&amp;quot;, les exigences ne se fondent pas sur une seule exigence d&#039;égalité mais sur une reconnaissance &amp;quot;de l&#039;impossibilité sociale de fonder cette égalité dans un système patriarcal&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;Hirata H, et al,2000, &amp;quot;Dictionnaire critique du féminisme&amp;quot;, Paris : Presse Universitaires de France, p. 126&amp;lt;/ref&amp;gt;. Le féminisme des années 1970, se fait connaitre par des mouvements anti-autoritaires, par des groupes de parole, il met en avant les formes les plus spontanées de manifestation et refuse toute organisation hiérarchique. &amp;quot; L&#039;appartenance au mouvement représente la mise en acte d&#039;une nouvelle idéologie, la recherche de sens et de valeurs communs.&amp;quot; &amp;lt;ref&amp;gt;Hirata H, et al,2000, &amp;quot;Dictionnaire critique du féminisme&amp;quot;, Paris : Presse Universitaires de France, p.128&amp;lt;/ref&amp;gt;. C&#039;est entre la fin des années 1960 et le début des années 1970 que le féminisme connait une ampleur internationale. &amp;quot;L&#039;onde de choc part des Etats-Unis et gagne très rapidement la Grande-Bretagne et l&#039;Allemagne dans les années 60&amp;quot;. Il faut ajouter qu&#039;en &amp;quot;dépit de son caractère extra parlementaire, le mouvement de libération des femmes a la capacité de susciter de larges mobilisations auprès des femmes syndiquées, des femmes de partis de gauche et de droite ou des associations luttant pour les droits des femmes comme le planning familial. Ce sont d&#039;abord les campagnes pour la liberté d&#039;avorter qui constituent les événements les plus importants et les plus marquants &amp;lt;ref&amp;gt;Hirata H, et al,2000, &amp;quot;Dictionnaire critique du féminisme&amp;quot;, Paris : Presse Universitaires de France, p. 128&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En ce qui concerne la Suisse, c’est dans la continuité du mouvement de la jeunesse estudiantine de 1968 que naît le nouveau mouvement féministe. C’est à Zurich que se sont réunies des femmes de gauche, que l’on appellera « Frauenbefreiungsbewegung » ou plus communément le FBB. Elles critiquent le fait que les femmes sont oppressées et qu’il s’agit d’une « contradiction sociale fondamentale ». Le [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]], pour la Suisse romande et le MFT au Tessin vont très rapidement suivre la création du FBB, avec comme objectif commun de « récuser l’organisation hiérarchique des associations et de la politique traditionnelle » &amp;lt;ref&amp;gt;Commission fédérale, &#039;&#039;Femmes Pouvoir Histoire&#039;&#039;, 1.3, p. 1, consulté le 27 Novembre sur http://webcache.googleusercontent.com/search?q=cache:UpvKGVSBak0J:www.ekf.admin.ch/dokumentation/00444/00517/index.html%3Flang%3Dfr%26download%3DNHzLpZeg7t,lnp6I0NTU042l2Z6ln1ae2IZn4Z2qZpnO2Yuq2Z6gpJCDdH58hGym162epYbg2c_JjKbNoKSn6A--+&amp;amp;cd=2&amp;amp;hl=fr&amp;amp;ct=clnk&amp;amp;gl=ch&amp;amp;client=firefox-a&amp;lt;/ref&amp;gt; inspirés des mouvements français et américains préalablement abordés. Cependant, des divergences existent entre tous ces mouvements sur différentes questions telles que l’avortement ou encore la possibilité pour le sexe féminin de faire l’armée. Une chronologie a été rédigée dans l’article suivant : &amp;quot;Le nouveau mouvement féministe et les organisations féminines depuis 1968&amp;quot; de la Commission fédérale pour les questions féminines de la Confédération Suisse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La période  entre 1940-50 : une période restrictive ===&lt;br /&gt;
Pour comprendre la lutte pour l&#039;avortement comme droit de la personne il nous faut revenir sur le contexte de l&#039;après guerre. La législation suisse sur l’avortement est l’une des plus restrictives d’Europe.  Les premières dispositions du Code pénal suisse à ce sujet ont été définies en 1942 et prévoient, à cette époque, l’emprisonnement de la femme qui avorte, ainsi que de la personne qui l’aide à pratiquer cet acte. En revanche, une exception existe : si la grossesse comporte un danger pour la mère et que l’interruption de grossesse est pratiquée par un médecin, l&#039;avis étant approuvé par un second médecin, l’avortement n’est alors pas punissable. On comprend alors que la conséquence a été un nombre considérable d’avortements illégaux. Cependant, la mise en place de dispositifs de préventions et d’une diffusion d’informations contribua à faire diminuer le nombre d’avortements autant illégaux, que légaux. Par ailleurs, l’Organisation Mondiale de la Santé ([http://www.who.int/fr/ OMS]) a étendu la notion de « santé » en y insérant les dimensions de bien-être psychique et social : « la santé ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité ; elle est un état de complet bien-être physique, mental et social. »&amp;lt;ref&amp;gt;Rey, A.-M., 2013, &#039;&#039;Tendance à la libéralisation&#039;&#039;, USPDA. Consulté le 7 Novembre sur http://www.svss-uspda.ch/fr/suisse/liberal.htm&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ceci légalise aussi la pratique d’interruption de grossesse et écarte la menace d’emprisonnement. &amp;lt;ref&amp;gt;Rey, A.-M., 2013, &#039;&#039;L&#039;ancienne législation de 1942&#039;&#039;, USPDA. Consulté le 7 Novembre sur http://www.svss-uspda.ch/fr/suisse/loi_1942.htm&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
Cependant, cette législation attise la colère et la montée d’une révolte. Au début du XXème siècle, on voit s’élever des mouvements, tels que les organisations ouvrières, pour lutter en faveur de la décriminalisation de l’avortement.&lt;br /&gt;
De plus, dans cette période, il existe une différence entre les cantons au niveau de la législation sur l&#039;avortement. Ceci met donc les professionnels dans l&#039;embarras puisqu&#039;ils n&#039;ont pas une pratique généralisée au niveau de l&#039;état, et cela soulève également une inégalité entre les femmes des différents cantons de la Suisse. Des mesures fédérales strictes ont donc été prises pour tenter de généraliser les pratiques et s&#039;accorder sur la pratique de l&#039;avortement : « l’institutionnalisation juridique d’une interruption de grossesse pouvant être légalement pratiquée par un médecin sous haute surveillance de l’Etat : consultation obligatoire d’un second médecin, qui doit être un spécialiste et en plus agréé par les autorités cantonales compétentes, et qui doit donner par écrit un « avis conforme ». Il faut également le consentement écrit de la femme enceinte. ». Ainsi à cette époque nous constatons que les femmes n&#039;ont pas la maitrise de leur corps et que de ce fait la maternité ne peut se contrôler. Ce contexte illustre la réalité des femmes, soit elles ont la chance de pouvoir trouver deux médecins qui l&#039;estime en danger, soit elles décident de pratiquer un avortement illégal ce qui comporte de grands risques pour leur santé (hémorragie et infection qui peuvent entrainer la mort de la femme).&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La période 1960-70 : les premiers changements ===&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Fichier:Graphiquefemme.jpeg|vignette|gauche|Graphique représentant les condamnations des femmes]]&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Le graphique ci-contre nous montre la condamnation des femmes en ce qui concerne l&#039;avortement.&amp;lt;ref&amp;gt;Rey, A.-M., 2013, &#039;&#039;Interruption de grossesse en Suisse : les faits et les données&#039;&#039;, USPDA. Consulté le 18 Novembre sur http://www.svss-uspda.ch/pdf/faits-et-donnees.pdf &amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt; En effet, nous voyons que le pic le plus élevé se situe dans l&#039;année 1950, avec 550 condamnées. Puis lors de la commercialisation de la pilule, l&#039;emprisonnement des femmes diminue fortement l&#039;année suivante, passant d&#039;environ 400 condamnations à environ 260. De manière générale, ce graphique montre que les condamnations sur la période 1960-1980 n&#039;ont cessé de baisser. &lt;br /&gt;
Les années 60 sont donc marquées par l&#039;arrivée de la pilule contraceptive en Suisse. En effet, en 1961, la commercialisation de celle-ci fait reculer le nombre d&#039;avortement pratiqué en Suisse puisque les femmes ont un contrôle sur leur reproductibilité. Malgré tout, la pilule contraceptive circule à l&#039;époque discrètement, puisque aucune loi ne précise son autorisation. En 1965, la création du premier planning familial en Suisse au HUG permettra de conseiller les familles. L&#039;établissement ouvrira donc un pôle dédié à l&#039;information familiale et aux régulations des naissances.&amp;lt;ref&amp;gt;Fert-Bek, D., (s.d.), &#039;&#039;Historique&#039;&#039;, Le service du planning familial de Genève a 40 ans,Genève, HUG. Consulté le 18 Novembre 2013 sur http://planning-familial.hug-ge.ch/nous/historique.html&amp;lt;/ref&amp;gt; Dans cet établissement les professionnels conseillent les parents sur la manière d&#039;avoir un contrôle sur l&#039;élargissement de leur famille. Ainsi, grâce à cette structure, la pilule contraceptive a pu circuler dans le territoire helvétique. La pilule était considéré pour certain comme un enjeux économique : elle permettait de contrôler les naissances et donc de préserver la richesse, et pour d&#039;autres comme un moyen de débrider la sexualité des femmes&amp;lt;ref&amp;gt;L&#039;illustré, (s.d.) &#039;&#039;La pilule qui a changé le monde&#039;&#039;, Archives, Consulté le 18 Novembre 2013 sur http://www.illustre.ch/la_pilule_qui_a_change_le_monde_45372_.html&amp;lt;/ref&amp;gt;.   &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Mlf.jpeg|vignette|gauche|Affiche du Front des Bonnes Femmes]][[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|Le Mouvement de Libération des Femmes (MLF)]] a démarré aux Etats-Unis, et a encouragé les militants des autres pays à lutter pour améliorer les conditions féminines. Le [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]] créé en 1969 à Zurich,que l&#039;on retrouvait également dans d&#039;autres cantons  (Genève et Tessin par exemple) se base &amp;quot;sur les mouvements de libération du Tiers monde pour encourager les femmes à se libérer des contraintes inhérentes à la famille nucléaire (Rôle des sexes).&amp;quot; &amp;lt;ref&amp;gt;Jorris, E., 2009, &#039;&#039;Mouvement de libération des femmes (MLF)&#039;&#039;. Consulté le 19 Novembre 2013 sur http://www.hls-dhs-dss.ch/textes/f/F16504.php&amp;lt;/ref&amp;gt;. Sur le canton de Genève plus précisément, des groupes de certains partis de gauche militaient en ces faveurs (ils étaient très hiérarchisés et ne plaisaient pas à toutes les femmes militantes). C&#039;est donc principalement grâce à Madame Brodmann (qui a milité aux Etats-Unis) et Madame Gramoni qu&#039;il y a eu dans un premier temps le front des Bonne-Femmes (où militait aussi Rina Nissim). Leur premier slogan a été &amp;quot;Femmes décolonisons-nous !&amp;quot; avec des affiches placardées sur les façades des grandes banques : les femmes insistaient donc pour la ré-appropriation de leur corps (avortement, pilule contraceptive, ...).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans le même temps, il ne faut pas oublier que les avortements illégaux continuent à être pratiqués à cette période. En effet,  le nombre d&#039;avortements, légaux et illégaux, est estimé à 50 000 en 1966. Les avortements légaux s&#039;élevaient à environ 17 000 en 1966 (16 000 en 1978 et 1980, 14 000 en 1985, 13 000 en 1990, 12 000 en 1995, 13 000 en 1996 et 1998). Les avortements clandestins diminuèrent grâce : &lt;br /&gt;
* à la raréfaction avec l&#039;élargissement des indications médicales dans les cantons libéraux (Zurich, Bâle-Ville, Berne, Vaud, Neuchâtel, Genève) dès les années 1950&lt;br /&gt;
* la libéralisation progressive dans d&#039;autres cantons(Tessin dès les années 1970; Argovie, Bâle-Campagne, Glaris, Schaffhouse, Soleure, Jura au cours des années 1990)&lt;br /&gt;
* la généralisation des centres de planning familial, des cours d&#039;éducation sexuelle, la diffusion de moyens de contraception sûrs dès les années 1960 &lt;br /&gt;
* le remboursement de l&#039;intervention par les caisses maladie).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On remarque que malgré les mesures juridiques fédérales restrictives, les cantons adoptent des pratiques très différentes les uns des autres. Ainsi, les dimensions d’ordre psychologique et social sont incluses dans les indications médicales des cantons libéraux, alors que la pratique est seulement tolérée dans les cantons conservateurs catholiques. Face à cette inégalité juridique, les cantons libéraux accueillent des femmes vivant dans ces cantons restrictifs pour se faire avorter. On assiste à une forme de tourisme « gynécologique ». Cela amène les cantons à réfléchir sur ces pratiques. Notamment le canton de Neuchâtel, où plusieurs affaires d&#039;avortements sont jugées. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La période 1970-1980 : La période clé ===&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
A la suite de ces scandales, le député radical Maurice Favre dépose en mars 1971 une [http://www.amtsdruckschriften.bar.admin.ch/viewOrigDoc.do?id=10100953 motion] en faveur d&#039;une initiative cantonale demandant la suppression des articles 118 à 121 du CP.  &lt;br /&gt;
Cette démarche est suivie du lancement, en juin de la même année, par un comité de cinq personnes, de l&#039;initiative populaire fédérale pour la décriminalisation de l&#039;avortement, largement soutenue notamment par le mouvement des femmes. En 1972, les milieux chrétiens conservateurs font circuler une pétition &amp;quot;Oui à la vie, non à l&#039;avortement&amp;quot;. A partir de ce moment-là, nous voyons apparaître les organisations et les mouvements féministes qui organisent des manifestations en faveur de l’interruption de grossesses libres et gratuites, ainsi que pour revendiquer [http://www.svss-uspda.ch/index.html la décriminalisation de l’avortement].  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C&#039;est une lutte qui se fait contre des mentalités traditionnelles où l&#039;homme est dominant dans la société. La prise de conscience des femmes et de leurs conditions se fait petit-à-petit, en prenant plus d&#039;ampleur au milieu des années 70. C&#039;est la réunion de plusieurs milliers de femmes qui fait que l&#039;on puisse qualifier le [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]] de mouvement. Ce sont des femmes de tout âge qui se battent pour l&#039;amélioration de leurs conditions de vie. Ces mouvements veulent principalement lutter pour le droit du libre choix des femmes. A cette époque, il y a &amp;quot;deux types de femmes&amp;quot; :  celles qui font des études mais qui restent à la maison pour materner, ou bien celle qui font des études et qui travaillent. Ces dernières se trouvent confrontées à la réalité sociale : avec le même titre professionnel, les femmes obtiennent des salaires bien inférieurs à ceux des hommes. C&#039;est suite à cette prise de conscience face au Plafond de Verre, que les femmes se réunissent pour échanger leurs histoires. Elles se mobilisent donc afin de pouvoir avoir le contrôle sur leur vie, et sur leur corps. L&#039;une des grandes luttes se fait autour du contrôle de leur corps : ce qu&#039;elles nomment la mobilisation pour la ré-appropriation du corps. Il s&#039;agit de donner aux femmes la possibilité de choisir leur maternité, leur contraception, et leur médicamentation. En 1978, L&#039;ouverture du Dispensaire des femmes (par [[Rina Nissim]]) leur permet d&#039;être accueillies dans un lieu où on leur donne des conseils, des listes de gynécologues tolérants face aux choix d&#039;avorter ainsi que différentes méthodes pour soigner les maladies génitales, ... Les femmes peuvent si elles le veulent accéder au groupe action Self-Help du [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]] ; qui est un lieu où l&#039;on échange sur notre vécu, et où l&#039;on pratique des examens concrets pour découvrir son corps. L&#039;instruction, comme l&#039;évoque [[Amélia Christinat|Mme Christinat]] permet aux femmes de comprendre les injustices auxquelles elles sont confrontées et de se mobiliser pour que toute les sociétés reconnaissent les femmes comme des personnes avec un cerveau. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans le même temps, une nouvelle réglementation sur l’avortement est considérée par le Conseil fédéral, et trois variantes sont discutées : la première, appelée &amp;quot;solutions des indications&amp;quot; autorise l’avortement dans les situations où la grossesse menace la vie ou la santé de la femme, en cas de viol, ou encore si l’enfant présente un trouble ou une déficience physique et/ou mentale. Une autre variante est celle des « indications sociales » qui prend en compte la situation sociale précaire de la femme. Finalement, la troisième, « solution des délais », permet l’avortement pendant les douze premières semaines de grossesse. Il en va sans dire que les partis politiques, les organisations et les cantons conservateurs catholiques sont en faveur de la solution la plus restrictive, alors que leurs rivales refusent les trois types de variantes et revendiquent l’avortement libre et gratuit. Le Conseil fédéral  rejette l’initiative pour la décriminalisation de l’avortement, mais opte finalement pour la solution des indications élargies, attisant ainsi le mécontentement des deux camps. &lt;br /&gt;
Face au rejet de l’initiative populaire pour la décriminalisation de l’avortement, [http://www.svss-uspda.ch/index.html l’Union Suisse pour la Décriminalisation de l’Avortement] (USPDA) (dont fait partie [[Amélia Christinat]])propose un compromis et lance une initiative qui cette fois rejoint l’idée de la solution des délais. « L’initiative réclament la décriminalisation de l’avortement s’il est pratiqué par un  médecin avec le consentement de la femme pendant les douze semaines qui suivent les dernières règles ». Cependant, celle-ci essuie à nouveau un échec : elle est rejetée par la majorité des cantons. &lt;br /&gt;
Les années suivantes toutes les propositions d&#039;initiatives,pour ou contre l&#039;avortement, sont sans cesse rejetées. Ce n’est qu’en 1990, que l’idée d’une révision de la loi relative à l’avortement est remise sur le devant de la scène. &lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Depuis 1990 ===&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
En 1994, on constate un net recul du nombre d’avortements légaux. Ceci peut s’expliquer par une diffusion de l’information (éducation sexuelle) et la libre disposition de moyens contraceptifs. Ce phénomène vient appuyer l’idée que la libéralisation ne conduit pas à une augmentation des avortements, bien au contraire. A partir de là, les choses commencent à changer et vont en faveur de la décriminalisation de l’avortement. En effet, le Conseil national adopte en 1995 &amp;quot;la solution des délais&amp;quot;. En 1996, la Commission des affaires juridiques du Conseil national ratifie un projet de loi qui prévoie la décriminalisation de l’avortement pendant les 14 premières semaines après les dernières règles. On voit mêmes les femmes du parti démocratique-chrétien (PDC) aller en faveur du droit de la femme à l’autodétermination et pour &amp;quot;la solution des délais&amp;quot;. De nombreuses organisations telles que la Fédération suisse des Eglises protestantes, les groupes des femmes radicales de Suisse, accueillent cette solution des délais comme un compromis tolérable. Toutefois, le Conseil fédéral rejette une fois de plus la &amp;quot;solution du délai&amp;quot; en 1998.&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Par ailleurs, la pilule abortive Mifegyne (RU 486) est admise et commercialisée en Suisse dès 1999. Cette méthode médicamenteuse est soumise aux mêmes dispositions pénales que l’avortement et est prescrite uniquement par le corps médical.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Finalement, le Parlement adopte la solution du délai en mars 2001 et est rentré en vigueur en 2002. « Ainsi l’avortement n’est pas punissable pendant les 12 premières semaines de la grossesse à condition que la femme fasse valoir une situation de détresse. Les cantons doivent décider quels cabinets et établissement peuvent pratiquer l’intervention. » &amp;lt;ref&amp;gt;Rey, A.-M., 2013, Régime du délais, USPDA. Consulté le 7 Décembre sur http://www.svss-uspda.ch/fr/suisse/loi.htm&amp;lt;/ref&amp;gt; De plus, Rey (2013), illustre les modifications entre l&#039;ancienne et la nouvelle loi de 2002, relatif à l&#039;avortement. &amp;lt;ref&amp;gt;Rey, A.-M., 2013, Comparaison ancienne et nouvelle législation, USPDA. Consulté le 7 Décembre sur http://www.svss-uspda.ch/fr/suisse/comparaison.htm &amp;lt;/ref&amp;gt; Depuis ce jour, la femme est la seule personne qui ait le droit de choisir ou non l&#039;avortement. En aucun cas, une personne tierce (et même si celle-ci a une blouse blanche) ne pourra refuser l&#039;avortement d&#039;une femme dans les douze premières semaines de grossesse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous pouvons donc conclure que « les discussions provoquées en 1971 par l’initiative en faveur de la décriminalisation de l’avortement ont été à l’origine d’un changement des mentalités et d’une prise de conscience ».&amp;lt;ref&amp;gt;Rey, A.-M., 2013, Chronologie des événements dès 1970, USPDA. Consulté le 7 Décembre sur http://www.svss-uspda.ch/fr/suisse/chronologie.htm &amp;lt;/ref&amp;gt; En effet, on assiste à une diminution du nombre de condamnations et à une libéralisation de la pratique de l’avortement. Par ailleurs, on se rend compte qu’à travers la mise en place de centres de plannings familiaux et des dispositifs d’informations, comme l’éducation sexuelle, on parvient à lutter contre l’avortement.  La prévention prévaut donc à la pénalisation. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cependant on constate que la réglementation à ce sujet peut encore être modifiée, car ce droit à l’avortement est sans cesse remis en question. En effet, en 2010, le mouvement anti-avortement « Mamma », qui s&#039;intitulait auparavant &amp;quot;Pour la mère en l’enfant&amp;quot;  lance une initiative populaire : « Financer l’avortement est une affaire privée ». Il s’agit d’une initiative qui demande que l’IVG ne soit plus pris en compte par les prestations de l’assurance maladie de base, et ce en invoquant l’idée qu’il s’agit d’une décision d’ordre privé, et que de ce fait le financement public n’a pas de sens. Cependant, on remarque que le droit à donner la vie est également de l’ordre du privé, et pourtant celui-ci n’est pas contesté. [[Entretien Rina Nissim|Rina Nissim]], nous met en garde sur la tournure que prend les événements d&#039;aujourd&#039;hui (concernant le financement de l&#039;avortement). En effet, selon elle, nous serions en pleine régression concernant le libre choix de la femme. A contrario des générations d&#039;après 70, il faut que les générations d&#039;aujourd&#039;hui se mobilisent pour faire en sorte de garder un droit durement acquis par les femmes soixanthuitardes. La votation de Février 2014 qui se prépare pourrait modifier les droits que nous avons jusqu&#039;à présent. Si les générations de maintenant et les suivantes veulent elles aussi avoir la possibilité de choisir leur grossesse, elles se doivent de s&#039;impliquer pour faire en sorte de ne pas perdre les droits acquis.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les témoins qui ont participé aux changements ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous avons décidé d&#039;interroger des personnes qui se sont mobilisées en Suisse pour le droit à l&#039;avortement. Elles pourront donc faire ressortir des éléments personnels sur le contexte de l&#039;époque, et les problèmes qu&#039;elles ont pu rencontré pour la mise en place de ce droit. &lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Nous avons dans un premier temps contacté Mme [[Amélia Christinat|Christinat Amélia]], avec qui l&#039;une de nous avait déjà travaillé il y a quelques années. Cette personne a donc accepté de participer à notre recherche en répondant à nos questions lors d&#039;un entretien.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un second temps nous avons contacté Mme [[Salika Wenger|Wenger Salika]], marraine de l&#039;association &amp;quot;Ni pute, Ni soumise&amp;quot; qui est actuellement impliquée dans la politique sur Genève puisqu&#039;elle fait partie du Conseil Administratif de la ville de Genève. Deux d&#039;entre nous l&#039;ont connue lors de sa venue à [http://www.infrarouge.ch/ir/1858-seins-nouvelle-arme-feministes l&#039;émission télévisée Infrarouge (RTS)] dédié aux mouvements des Femens (novembre 2011). Après discussion téléphonique, nous avons eu des éléments pertinents qui pourraient nous intéresser pour notre recherche, cependant [[Salika Wenger|Mme Wenger]] est très occupée et ne pourra pas nous accorder un entretien avant Janvier 2014. C&#039;est pourquoi après réflexion, nous avons décidé de contacter une troisième personne qui pourrait éventuellement être plus disponible : Mme [[Rina Nissim|Nissim Rina]]. Par l&#039;intermédiaire de Mme Ruchat nous avons obtenu ses coordonnées téléphoniques et avons pu avoir un rendez vous rapidement.&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Afin de leur éviter quelconque déplacement,nous avons rencontré ses personnes à leur domicile. De plus, pour des raisons pratiques et également afin de ne pas abuser de leur hospitalité, nous avons décidé de mener ces entretiens par groupes de trois.&lt;br /&gt;
Nous proposerons aux différents acteurs de partager leurs souvenirs concernant les années 1970 à Genève afin que nous comprenions la situation actuelle du droit à l&#039;avortement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Retour sur les entretiens==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== [[Entretien Rina Nissim|Entretien]] de [[Rina Nissim]] ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Notre premier entretien s&#039;est déroulée le mercredi 27 Novembre. A trois étudiantes nous nous sommes rendues au cabinet de Rina Nissim. L&#039;entretien qui en découle nous a projeter dans un univers très différent du notre : où la femme n&#039;avaient que très peu de droits. C&#039;est de part son discours, que la militante Rina Nissim, nous a partagé des informations sur l&#039;ambiance, la mobilisation et la persévérances des actrices de cette époque. C&#039;est par la réalisation de plusieurs injustices que les femmes se regroupent pour se mobiliser contre une société qui octroie peu de considération envers les femmes. Le [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]], lutte donc de manière générale pour plusieurs droits (droit à l&#039;égalité salariale, droit à la contraception, droit à l&#039;avortement, ...). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== [[Entretien Amélia Christinat|Entretien]] d&#039;[[Amélia Christinat]] ===&lt;br /&gt;
Le second entretien s&#039;est déroulé le 5 décembre chez Christinat Amélia. A notre arrivée, nous lui avons dit que nous avions déjà des questions précises à lui poser et que ces questions seraient les mêmes pour tous les groupes. En effet, sachant que c&#039;est une femme très bavarde nous avons préférer poser le cadre dès le départ. &lt;br /&gt;
Nous avons pu constater en rentrant dans son salon qu&#039;elle avait préparé différents articles concernant le droit à l&#039;avortement - des articles qu&#039;elle nous a présenté tout au long de l&#039;interview -.&lt;br /&gt;
C&#039;est avec beaucoup d&#039;émotion qu&#039;elle a répondu à nos questions et qu&#039;elle a raconté son combat pour les différents droit de la femme - droit de vote, droit à l&#039;avortement etc.-. Nous avons vraiment ressenti, à travers ses propos, l&#039;importance que ces combats ont eu pour elle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Points communs entre les entretiens=== &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plusieurs points communs ressortent de ces deux entretiens.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout d&#039;abord, nous constatons que le droit à la réappropriation du corps ou plutôt à l&#039;autonomie des femmes, comme cité par [[Rina Nissim]] représente l&#039;un des combats des années 1960-80. Si les femmes, par leur combats, manifestations ont réussit à faire valoir leur droit à l&#039;avortement, elles ont aussi lutter pour la mise en place d&#039;autres valeurs tels que le droit à la contraception, le droit de vote, le droit d&#039;accès aux études. Toutes ces luttes sont évoqués par les deux femmes interrogés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Afin de parvenir à ces changements, il a fallu se réunir entre femmes. A partir du moment où nous souhaitons un changement important, il est nécessaire d&#039;obtenir une mobilisation importante. Rina Nissim part d&#039;un petit groupe, le [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]] qui finalement va prendre une grande ampleur et [[Amélia Christinat|Amélia Christianat]] s&#039;impose dans la politique. Il parait donc évident pour ces deux protagonistes, que pour espérer un changement, il faut se réunir en groupe. La notion de communauté prend donc toute son importance. La notion de communauté est définie comme étant un état de ce qui est commun à plusieurs personnes, similitudes, groupe constituant une société, mise en commun des biens entre époux. Au sens étymologique originel : cum munus. La communauté est donc un groupe de personnes (cum) qui partagent quelque chose (&amp;quot;munus&amp;quot;)- un bien, une ressource, ou bien au contraire une obligation, une dette.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Même si le concept de communauté n&#039;est pas dit explicitement dans nos entretiens, il apparaît tout au long puisque chacune d&#039;entre elles a rejoint un groupe dans lequel elles éprouvaient des intérêts communs. Chaque membre décide alors en quoi, comment et quand il contribuera à ce groupe. Dans ce cas, [[Rina Nissim]] et [[Amélia Christinat]] en tant que féministes se sont engagées et ont lutté pour le droit des femmes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Enfin, il est intéressant de constater que nos deux intervenantes tirent un bilan mitigé quant à ces luttes pour les droits des femmes. [[Amélia Christinat]] dit :&amp;quot; Alors en fait tout changement, toute progression que l’on peut interpréter comme sociale n’est jamais définitivement acquise. Donc en fait, il faut veiller continuellement, défendre continuellement où que vous soyez et avec qui que vous soyez.&amp;quot; Quant à [[Rina Nissim]], elle dit :&amp;quot;Malheureusement dans la société c’est comme ça, il faut tout le temps se battre. Ça c’est un point sur lequel on est en recul.&amp;quot;, On est en plein recul. Donc y a un ou deux pays qui ont avancé pour l’instant y en a douze qui ont régressé. Donc cela ne va pas du tout cette affaire, on a une très mauvaise posture.&amp;quot; Ainsi, la question des droits pour la personne n&#039;est jamais complètement acquis. Il faut sans arrêt se battre pour continuer à faire valoir ses droits en tant que personne.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;A rédiger synthétiquement et finir&#039;&#039;&#039; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il convient à présent de reprendre l&#039;ensemble des questions posés et d&#039;en ressortir les éléments importants :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Depuis quand et avec qui vous vous êtes engagés dans la lutte pour les droits de la femme et quel était à ce moment votre statut (ou fonction)? Dans quel contexte s&#039;est inséré cette démarche ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Rina . Moi je suis rentré au MLF après mon interruption de grossesse, donc a 19 ans et j’ ai trouvé un tract qui trainait dans un local anarchiste je ne sais plus ou à la pénisserie et je me suis dit : tiens tiens très intéressant il y a un MLF qui débute donc je vais aller voir. J’étais parmi les plus jeunes de la bande. &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Amélia :  Alors pour pouvoir faire des interventions sur un plan législatif il a fallu que je fasse un long parcours car comme c’était une modification fédérale, il a fallu que je passe par le national. Donc c’est d’abord législatif, la ville, ensuite le canton puis la nation donc conseil municipal, grand conseil…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Y a-t-il eu un événement originel? Pourriez vous nous raconter un ou des événements marquant que vous avez mené ou qui vous ont frappé dans cette période en faveur de ces droits ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Rina l&#039;avortement libre et gratuit, c&#039;était l&#039;accès à la contraception&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Amélia Je dirais que le droit à l’avortement était un peu au même niveau que le droit de vote pour la femme. &lt;br /&gt;
Oui il y a eu des ouvrières françaises qui allaient en Belgique pour se faire avorter parce que c’était défendu en France et qu’elles n’avaient pas d’argent. Je comprends pas comment je fais de la politique, c’était pas fait pour moi…. Moi je voyais des ouvrières partir la nuit se faire avorter, rentrer le même soir et reprendre le travail le lendemain. Ça j’ai trouvé ça horrible !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
- Quels ont été les changements les plus importants auxquelles vous ayez assisté ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Rina : On a assisté à la libération des femmes ! Qui ont pris leurs mains en vie, qui ont décidé d’être elle-même, d’être un vrai sujet dans leur vie, dans leur sexualité, dans leur contraception, dans leur choix professionnel, relationnel, … je sais pas quoi. On a assisté au droit du divorce. On a assisté au droit pour l’avortement. Enfin déjà au remboursement par les caisses maladies en 81. Ce serait quand même une honte de supprimer cela aujourd’hui. Alors que c’est un acquis qui date même avant la légalisation de l’avortement, donc c’est quand même un peu fort le café. On a assisté à beaucoup de changement de cet ordre là, et cela fait depuis un moment que l’on est en total régression.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Amélia :  plus gros c’est le droit de vote, parce qu’à partir du moment où nous avons le bulletin, c’est quelque chose de très important, on nous considère comme une personne&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Y a-t-il eu des valeurs que vous avez eu le sentiment d’avoir porter en avant et si oui lesquels  ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Mais qu’en est-il aujourd’hui de cette lutte et des acquis et des risques de retour en arrière ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Références bibliographiques ==&lt;br /&gt;
&amp;lt;references/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Boutin, G., 2006, &#039;&#039;L&#039;entretien de Recherche qualitatif&#039;&#039;, Presses de l&#039;Université du Québec.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Roussopoulos Carole, &#039;&#039;Debout ! Une histoire du mouvement des femmes 1970-80&#039;&#039;, 1999. Consulté le 19 Novembre 2013 sur http://ballonsonde.org/wikiSonde/videos/Femmes_Debout.htm&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
– Hirata H, et al,2000, &amp;quot;Dictionnaire critique du féminisme&amp;quot;, Paris : Presse Universitaires de France.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Archives contestataires de Genève, Mouvements de Liberté des Femmes : 1970-90[[Fichier:MLF femme.pdf|vignette|Document des archives contestataires]]&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Archives contestataires de Genève, Mouvements de Liberté des Femmes : 1970-90[[Fichier:MLF archives.pdf|vignette|Documents des archives contestataires]]&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Archives contestataires de Genève, Mouvements de Liberté des Femmes : 1970-90 [[Fichier:MLF assez.pdf|vignette|document des archives contestataires]]&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Archives contestataires de Genève, Mouvements de Liberté des Femmes : 1970-90 [[Fichier:MLF avorter.pdf|vignette|Document des archives contestataires]]&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Archives contestataires de Genève, Mouvements de Liberté des Femmes : 1970-90 [[Fichier:MLF personne.pdf|vignette|Document des archives contestataires ]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Julie</name></author>
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	<entry>
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		<title>Droits des femmes</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Droits_des_femmes&amp;diff=11915"/>
		<updated>2013-12-16T21:00:06Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Julie : /* Points communs entre les entretiens */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Introduction  == &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Actuellement le droit à l&#039;avortement pour les femmes subit encore des contestations et même une offensive de remise en question: pouvons nous encore le qualifier comme  un droit de la femme s&#039;interrogent certains ? Tout au long de cette page nous nous centrerons sur le droit à l&#039;avortement pour les femmes depuis 1970. En effet, les mouvements féministes sont présents depuis longtemps dans l&#039;histoire des droits des personnes. Dans la période de l&#039;après guerre, les femmes se sont mobilisées plus fortement pour acquérir des droits identiques à ceux des hommes. C&#039;est par la lutte pour le droit à un travail rémunéré que les mouvements prennent de l&#039;ampleur  : &amp;quot;L&#039;essort du féminisme dans cette période serait intimement lié à celui du travail salarié&amp;quot; &amp;lt;ref&amp;gt;Riot-Sarcey, M., 2008, &#039;&#039;Histoire du féminisme&#039;&#039;, Paris, La Découvertes, Repères. p. 73 &amp;lt;/ref&amp;gt;. La question de la procréation est aussi au cœur de leur mouvement, puisqu&#039;il est question de &amp;quot;repeupler&amp;quot; des pays détruits : &amp;quot;Après l&#039;hécatombe de la guerre, jusqu&#039;alors la plus meurtrière, il est nécessaire, plus que jamais de &amp;quot;remplir les berceaux vides&amp;quot;&amp;quot; &amp;lt;ref&amp;gt;Riot-Sarcey, M., 2008, &#039;&#039;Histoire du féminisme&#039;&#039;, Paris, La Découvertes, Repères. p. 73 &amp;lt;/ref&amp;gt;. Il ne faut pas non plus oublier leurs luttes pour l&#039;accès à la politique : plus précisément le droit de vote pour les femmes, qui prend de l&#039;ampleur bien avant la guerre. C&#039;est dans ce contexte d&#039;après guerre, que les femmes resurgissent au front pour valoriser des droits égalitaires et propres à leur vie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cet article est fondé à la fois sur une recherche documentaire et sur la récolte de témoignages de deux personnes pionnières dans l&#039;avancée du droit des femmes à l&#039;avortement. L&#039;article présentera également les différents mouvements féministes réalisés dans les années 1970 sur le droit à l&#039;avortement.Ceci nous montreras que la Suisse, n’a pas été la première à lutter pour le droit à l’avortement, mais que le phénomène est mondial. Les États-Unis ont été sans aucun doute les précurseurs, mais la lutte s&#039;est diffusée et reproduite dans différents pays du monde amenant à des dates différentes à autoriser l’avortement.  L&#039;article se centrera sur la lutte des femmes en Suisse et les différentes lois qui en sont ressorties et cherchera à comprendre la part qu’ont joué les deux témoins interrogées dans cette histoire récente (1970 à aujourd&#039;hui). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour ce faire, nous avons constitué une bibliographie, à partir d’ouvrages sur les mouvements féministes en général, sur la chronologie des contestations. Nous avons lu des articles scientifiques qui présentent la situation en Suisse, épluché  des informations sur les deux témoins qui ont été interrogés et consulté les archives contestataires à Carouge. &lt;br /&gt;
Nous avons également pu rencontré deux femmes militantes à Genève sur ce thème. On a donc effectué deux entretiens audio avec Madame [[Amélia Christinat]] et Madame [[Rina Nissim]] pour obtenir leur témoignage sur l’histoire des mouvements féministes des années 1960 à 1980, principalement sur la question de l’avortement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L&#039;Histoire du droit des femmes == &lt;br /&gt;
Actuellement des auteures telles que Marcella Iacub et Judith Butler font de la problématique féministe une occasion de débattre la question du genre, des identités sexuelles et limites entre les sexes (intersexe, queer, etc), laquelle peut nous aider à repenser la lutte féministe. Or, celle des années 70 (en amont en Suisse de l&#039;accession des femmes à la citoyenneté) est celle d&#039;une longue marche marquée par des féministes de l&#039;après guerre comme Simone de Beauvoir avec sa formule historique &amp;quot;On ne naît pas femme on le devient&amp;quot;, soulignant le déterminisme social de la féminité et la &amp;quot;fabrication&amp;quot; culturelle. &lt;br /&gt;
Pour tenter de comprendre ce qui s&#039;est passé durant cette époque nous allons revenir sur les faits marquants. Pour la compréhension de ce qui va suivre nous vous conseillons de lire [[Frise Chronologique du droit à l&#039;avortement|la frise chronologique]] des événements marquants pour le droit à l&#039;avortement en Suisse. &lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
=== Mouvements féministes : Buts et démarches ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce n&#039;est que dans la deuxième moitié du XIXème siècle que le féminisme se démarque en tant que mouvement collectif de luttes de femmes. &amp;quot;Ces luttes reposent sur la reconnaissance des femmes comme spécifiquement et systématiquement opprimées, l&#039;affirmation que les relations entre hommes et femmes ne sont pas inscrites dans la nature mais que la possibilité politique de leur transformation existe.&amp;quot;[3] En effet, les femmes ont dû faire face à de nombreuses inégalités et cela dans de nombreux domaines: le travail, la santé, la politique... Nous constatons encore aujourd&#039;hui que de nombreuses inégalités persistent sur le droit des femmes mais elles sont moindres ou de nature différentes que dans les années 1960-80. Pour pouvoir entrer dans un processus de revendication politique du féminisme, il faut qu&#039;il y ait une &amp;quot;relation avec une conceptualisation de droits humains universels;elle s&#039;ancre dans les théories des droits de la personne dontles premières formulations juridiques sont issues des révolutions américaines puis françaises.&amp;quot; &amp;lt;ref&amp;gt;Hirata H, et al,2000, &amp;quot;Dictionnaire critique du féminisme&amp;quot;, Paris : Presse Universitaires de France, p. 225&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
Il convient de faire une distinction entre les mouvements féministes et les mouvements populaires des femmes. En effet, les mouvements populaires des femmes ne mettent pas directement en avant l&#039;exigence de droits spécifiques pour les femmes. C&#039;est l&#039;emploi du mot féministe qui va changer les représentations que l&#039;on se fait à cette époque. Pour certains les féministes sont &amp;quot;trop bourgeoises au XIXème siècle et au début du XXème siècle trop radicales et ennemies des hommes après les années 1970&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;Hirata H, et al,2000, &amp;quot;Dictionnaire critique du féminisme&amp;quot;, Paris : Presse Universitaires de France., p. 126&amp;lt;/ref&amp;gt;. Quant à l&#039;expression &amp;quot;mouvement des femmes&amp;quot;, elle est plus souvent utilisée comme raccourci pour mouvement de libération des femmes. Voila pourquoi elle a pu être associée au féminisme le plus radical et explique la confusion entre les deux termes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lorsque nous parlons de &amp;quot;mouvements féministes&amp;quot; nous désignons sous une même dénomination &amp;quot;les diverses formes des mouvements de femmes, le féminisme libéral ou &amp;quot;bourgeois, le féminisme radical, les femmes marxistes ou socialistes, les femmes lesbiennes, les femmes noires et toutes les dimensions catégorielles des mouvements actuels&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;Hirata H, et al,2000, &amp;quot;Dictionnaire critique du féminisme&amp;quot;, Paris : Presse Universitaires de France, p. 127&amp;lt;/ref&amp;gt;. Dès lors, l&#039;expression&amp;quot; mouvement des femmes &amp;quot; représente les mobilisations de femmes en Amérique Latine ou les mouvements pour la paix en Irlande ou au moyen-Orient&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;Hirata H, et al,2000, &amp;quot;Dictionnaire critique du féminisme&amp;quot;, Paris : Presse Universitaires de France., p.126&amp;lt;/ref&amp;gt; Dans la littérature, deux types de mouvements féministes se démarquent. Une première vague a émergé dans la seconde moitié du XIXème siècle. Elle est souvent présentée autour des revendications du droit de vote.  Au début du XXème siècle, ou les mouvements sont qualifiés de &amp;quot;néo féminisme&amp;quot;, les exigences ne se fondent pas sur une seule exigence d&#039;égalité mais sur une reconnaissance &amp;quot;de l&#039;impossibilité sociale de fonder cette égalité dans un système patriarcal&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;Hirata H, et al,2000, &amp;quot;Dictionnaire critique du féminisme&amp;quot;, Paris : Presse Universitaires de France, p. 126&amp;lt;/ref&amp;gt;. Le féminisme des années 1970, se fait connaitre par des mouvements anti-autoritaires, par des groupes de parole, il met en avant les formes les plus spontanées de manifestation et refuse toute organisation hiérarchique. &amp;quot; L&#039;appartenance au mouvement représente la mise en acte d&#039;une nouvelle idéologie, la recherche de sens et de valeurs communs.&amp;quot; &amp;lt;ref&amp;gt;Hirata H, et al,2000, &amp;quot;Dictionnaire critique du féminisme&amp;quot;, Paris : Presse Universitaires de France, p.128&amp;lt;/ref&amp;gt;. C&#039;est entre la fin des années 1960 et le début des années 1970 que le féminisme connait une ampleur internationale. &amp;quot;L&#039;onde de choc part des Etats-Unis et gagne très rapidement la Grande-Bretagne et l&#039;Allemagne dans les années 60&amp;quot;. Il faut ajouter qu&#039;en &amp;quot;dépit de son caractère extra parlementaire, le mouvement de libération des femmes a la capacité de susciter de larges mobilisations auprès des femmes syndiquées, des femmes de partis de gauche et de droite ou des associations luttant pour les droits des femmes comme le planning familial. Ce sont d&#039;abord les campagnes pour la liberté d&#039;avorter qui constituent les événements les plus importants et les plus marquants &amp;lt;ref&amp;gt;Hirata H, et al,2000, &amp;quot;Dictionnaire critique du féminisme&amp;quot;, Paris : Presse Universitaires de France, p. 128&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En ce qui concerne la Suisse, c’est dans la continuité du mouvement de la jeunesse estudiantine de 1968 que naît le nouveau mouvement féministe. C’est à Zurich que se sont réunies des femmes de gauche, que l’on appellera « Frauenbefreiungsbewegung » ou plus communément le FBB. Elles critiquent le fait que les femmes sont oppressées et qu’il s’agit d’une « contradiction sociale fondamentale ». Le MLF, pour la Suisse romande et le MFT au Tessin vont très rapidement suivre la création du FBB, avec comme objectif commun de « récuser l’organisation hiérarchique des associations et de la politique traditionnelle » &amp;lt;ref&amp;gt;Commission fédérale, &#039;&#039;Femmes Pouvoir Histoire&#039;&#039;, 1.3, p. 1, consulté le 27 Novembre sur http://webcache.googleusercontent.com/search?q=cache:UpvKGVSBak0J:www.ekf.admin.ch/dokumentation/00444/00517/index.html%3Flang%3Dfr%26download%3DNHzLpZeg7t,lnp6I0NTU042l2Z6ln1ae2IZn4Z2qZpnO2Yuq2Z6gpJCDdH58hGym162epYbg2c_JjKbNoKSn6A--+&amp;amp;cd=2&amp;amp;hl=fr&amp;amp;ct=clnk&amp;amp;gl=ch&amp;amp;client=firefox-a&amp;lt;/ref&amp;gt; inspirés des mouvements français et américains préalablement abordés. Cependant, des divergences existent entre tous ces mouvements sur différentes questions telles que l’avortement ou encore la possibilité pour le sexe féminin de faire l’armée. Une chronologie a été rédigée dans l’article suivant : &amp;quot;Le nouveau mouvement féministe et les organisations féminines depuis 1968&amp;quot; de la Commission fédérale pour les questions féminines de la Confédération Suisse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La période  entre 1940-50 : une période restrictive ===&lt;br /&gt;
Pour comprendre la lutte pour l&#039;avortement comme droit de la personne il nous faut revenir sur le contexte de l&#039;après guerre. La législation suisse sur l’avortement est l’une des plus restrictives d’Europe.  Les premières dispositions du Code pénal suisse à ce sujet ont été définies en 1942 et prévoient, à cette époque, l’emprisonnement de la femme qui avorte, ainsi que de la personne qui l’aide à pratiquer cet acte. En revanche, une exception existe : si la grossesse comporte un danger pour la mère et que l’interruption de grossesse est pratiquée par un médecin, l&#039;avis étant approuvé par un second médecin, l’avortement n’est alors pas punissable. On comprend alors que la conséquence a été un nombre considérable d’avortements illégaux. Cependant, la mise en place de dispositifs de préventions et d’une diffusion d’informations contribua à faire diminuer le nombre d’avortements autant illégaux, que légaux. Par ailleurs, l’Organisation Mondiale de la Santé ([http://www.who.int/fr/ OMS]) a étendu la notion de « santé » en y insérant les dimensions de bien-être psychique et social : « la santé ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité ; elle est un état de complet bien-être physique, mental et social. »&amp;lt;ref&amp;gt;Rey, A.-M., 2013, &#039;&#039;Tendance à la libéralisation&#039;&#039;, USPDA. Consulté le 7 Novembre sur http://www.svss-uspda.ch/fr/suisse/liberal.htm&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ceci légalise aussi la pratique d’interruption de grossesse et écarte la menace d’emprisonnement. &amp;lt;ref&amp;gt;Rey, A.-M., 2013, &#039;&#039;L&#039;ancienne législation de 1942&#039;&#039;, USPDA. Consulté le 7 Novembre sur http://www.svss-uspda.ch/fr/suisse/loi_1942.htm&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
Cependant, cette législation attise la colère et la montée d’une révolte. Au début du XXème siècle, on voit s’élever des mouvements, tels que les organisations ouvrières, pour lutter en faveur de la décriminalisation de l’avortement.&lt;br /&gt;
De plus, dans cette période, il existe une différence entre les cantons au niveau de la législation sur l&#039;avortement. Ceci met donc les professionnels dans l&#039;embarras puisqu&#039;ils n&#039;ont pas une pratique généralisée au niveau de l&#039;état, et cela soulève également une inégalité entre les femmes des différents cantons de la Suisse. Des mesures fédérales strictes ont donc été prises pour tenter de généraliser les pratiques et s&#039;accorder sur la pratique de l&#039;avortement : « l’institutionnalisation juridique d’une interruption de grossesse pouvant être légalement pratiquée par un médecin sous haute surveillance de l’Etat : consultation obligatoire d’un second médecin, qui doit être un spécialiste et en plus agréé par les autorités cantonales compétentes, et qui doit donner par écrit un « avis conforme ». Il faut également le consentement écrit de la femme enceinte. ». Ainsi à cette époque nous constatons que les femmes n&#039;ont pas la maitrise de leur corps et que de ce fait la maternité ne peut se contrôler. Ce contexte illustre la réalité des femmes, soit elles ont la chance de pouvoir trouver deux médecins qui l&#039;estime en danger, soit elles décident de pratiquer un avortement illégal ce qui comporte de grands risques pour leur santé (hémorragie et infection qui peuvent entrainer la mort de la femme).&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La période 1960-70 : les premiers changements ===&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Fichier:Graphiquefemme.jpeg|vignette|gauche|Graphique représentant les condamnations des femmes]]&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Le graphique ci-contre nous montre la condamnation des femmes en ce qui concerne l&#039;avortement.&amp;lt;ref&amp;gt;Rey, A.-M., 2013, &#039;&#039;Interruption de grossesse en Suisse : les faits et les données&#039;&#039;, USPDA. Consulté le 18 Novembre sur http://www.svss-uspda.ch/pdf/faits-et-donnees.pdf &amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt; En effet, nous voyons que le pic le plus élevé se situe dans l&#039;année 1950, avec 550 condamnées. Puis lors de la commercialisation de la pilule, l&#039;emprisonnement des femmes diminue fortement l&#039;année suivante, passant d&#039;environ 400 condamnations à environ 260. De manière générale, ce graphique montre que les condamnations sur la période 1960-1980 n&#039;ont cessé de baisser. &lt;br /&gt;
Les années 60 sont donc marquées par l&#039;arrivée de la pilule contraceptive en Suisse. En effet, en 1961, la commercialisation de celle-ci fait reculer le nombre d&#039;avortement pratiqué en Suisse puisque les femmes ont un contrôle sur leur reproductibilité. Malgré tout, la pilule contraceptive circule à l&#039;époque discrètement, puisque aucune loi ne précise son autorisation. En 1965, la création du premier planning familial en Suisse au HUG permettra de conseiller les familles. L&#039;établissement ouvrira donc un pôle dédié à l&#039;information familiale et aux régulations des naissances.&amp;lt;ref&amp;gt;Fert-Bek, D., (s.d.), &#039;&#039;Historique&#039;&#039;, Le service du planning familial de Genève a 40 ans,Genève, HUG. Consulté le 18 Novembre 2013 sur http://planning-familial.hug-ge.ch/nous/historique.html&amp;lt;/ref&amp;gt; Dans cet établissement les professionnels conseillent les parents sur la manière d&#039;avoir un contrôle sur l&#039;élargissement de leur famille. Ainsi, grâce à cette structure, la pilule contraceptive a pu circuler dans le territoire helvétique. La pilule était considéré pour certain comme un enjeux économique : elle permettait de contrôler les naissances et donc de préserver la richesse, et pour d&#039;autres comme un moyen de débrider la sexualité des femmes&amp;lt;ref&amp;gt;L&#039;illustré, (s.d.) &#039;&#039;La pilule qui a changé le monde&#039;&#039;, Archives, Consulté le 18 Novembre 2013 sur http://www.illustre.ch/la_pilule_qui_a_change_le_monde_45372_.html&amp;lt;/ref&amp;gt;.   &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Mlf.jpeg|vignette|gauche|Affiche du Front des Bonnes Femmes]][[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|Le Mouvement de Libération des Femmes (MLF)]] a démarré aux Etats-Unis, et a encouragé les militants des autres pays à lutter pour améliorer les conditions féminines. Le [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]] créé en 1969 à Zurich,que l&#039;on retrouvait également dans d&#039;autres cantons  (Genève et Tessin par exemple) se base &amp;quot;sur les mouvements de libération du Tiers monde pour encourager les femmes à se libérer des contraintes inhérentes à la famille nucléaire (Rôle des sexes).&amp;quot; &amp;lt;ref&amp;gt;Jorris, E., 2009, &#039;&#039;Mouvement de libération des femmes (MLF)&#039;&#039;. Consulté le 19 Novembre 2013 sur http://www.hls-dhs-dss.ch/textes/f/F16504.php&amp;lt;/ref&amp;gt;. Sur le canton de Genève plus précisément, des groupes de certains partis de gauche militaient en ces faveurs (ils étaient très hiérarchisés et ne plaisaient pas à toutes les femmes militantes). C&#039;est donc principalement grâce à Madame Brodmann (qui a milité aux Etats-Unis) et Madame Gramoni qu&#039;il y a eu dans un premier temps le front des Bonne-Femmes (où militait aussi Rina Nissim). Leur premier slogan a été &amp;quot;Femmes décolonisons-nous !&amp;quot; avec des affiches placardées sur les façades des grandes banques : les femmes insistaient donc pour la ré-appropriation de leur corps (avortement, pilule contraceptive, ...).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans le même temps, il ne faut pas oublier que les avortements illégaux continuent à être pratiqués à cette période. En effet,  le nombre d&#039;avortements, légaux et illégaux, est estimé à 50 000 en 1966. Les avortements légaux s&#039;élevaient à environ 17 000 en 1966 (16 000 en 1978 et 1980, 14 000 en 1985, 13 000 en 1990, 12 000 en 1995, 13 000 en 1996 et 1998). Les avortements clandestins diminuèrent grâce : &lt;br /&gt;
* à la raréfaction avec l&#039;élargissement des indications médicales dans les cantons libéraux (Zurich, Bâle-Ville, Berne, Vaud, Neuchâtel, Genève) dès les années 1950&lt;br /&gt;
* la libéralisation progressive dans d&#039;autres cantons(Tessin dès les années 1970; Argovie, Bâle-Campagne, Glaris, Schaffhouse, Soleure, Jura au cours des années 1990)&lt;br /&gt;
* la généralisation des centres de planning familial, des cours d&#039;éducation sexuelle, la diffusion de moyens de contraception sûrs dès les années 1960 &lt;br /&gt;
* le remboursement de l&#039;intervention par les caisses maladie).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On remarque que malgré les mesures juridiques fédérales restrictives, les cantons adoptent des pratiques très différentes les uns des autres. Ainsi, les dimensions d’ordre psychologique et social sont incluses dans les indications médicales des cantons libéraux, alors que la pratique est seulement tolérée dans les cantons conservateurs catholiques. Face à cette inégalité juridique, les cantons libéraux accueillent des femmes vivant dans ces cantons restrictifs pour se faire avorter. On assiste à une forme de tourisme « gynécologique ». Cela amène les cantons à réfléchir sur ces pratiques. Notamment le canton de Neuchâtel, où plusieurs affaires d&#039;avortements sont jugées. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La période 1970-1980 : La période clé ===&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
A la suite de ces scandales, le député radical Maurice Favre dépose en mars 1971 une [http://www.amtsdruckschriften.bar.admin.ch/viewOrigDoc.do?id=10100953 motion] en faveur d&#039;une initiative cantonale demandant la suppression des articles 118 à 121 du CP.  &lt;br /&gt;
Cette démarche est suivie du lancement, en juin de la même année, par un comité de cinq personnes, de l&#039;initiative populaire fédérale pour la décriminalisation de l&#039;avortement, largement soutenue notamment par le mouvement des femmes. En 1972, les milieux chrétiens conservateurs font circuler une pétition &amp;quot;Oui à la vie, non à l&#039;avortement&amp;quot;. A partir de ce moment-là, nous voyons apparaître les organisations et les mouvements féministes qui organisent des manifestations en faveur de l’interruption de grossesses libres et gratuites, ainsi que pour revendiquer [http://www.svss-uspda.ch/index.html la décriminalisation de l’avortement].  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C&#039;est une lutte qui se fait contre des mentalités traditionnelles où l&#039;homme est dominant dans la société. La prise de conscience des femmes et de leurs conditions se fait petit-à-petit, en prenant plus d&#039;ampleur au milieu des années 70. C&#039;est la réunion de plusieurs milliers de femmes qui fait que l&#039;on puisse qualifier le [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]] de mouvement. Ce sont des femmes de tout âge qui se battent pour l&#039;amélioration de leurs conditions de vie. Ces mouvements veulent principalement lutter pour le droit du libre choix des femmes. A cette époque, il y a &amp;quot;deux types de femmes&amp;quot; :  celles qui font des études mais qui restent à la maison pour materner, ou bien celle qui font des études et qui travaillent. Ces dernières se trouvent confrontées à la réalité sociale : avec le même titre professionnel, les femmes obtiennent des salaires bien inférieurs à ceux des hommes. C&#039;est suite à cette prise de conscience face au Plafond de Verre, que les femmes se réunissent pour échanger leurs histoires. Elles se mobilisent donc afin de pouvoir avoir le contrôle sur leur vie, et sur leur corps. L&#039;une des grandes luttes se fait autour du contrôle de leur corps : ce qu&#039;elles nomment la mobilisation pour la ré-appropriation du corps. Il s&#039;agit de donner aux femmes la possibilité de choisir leur maternité, leur contraception, et leur médicamentation. En 1978, L&#039;ouverture du Dispensaire des femmes (par [[Rina Nissim]]) leur permet d&#039;être accueillies dans un lieu où on leur donne des conseils, des listes de gynécologues tolérants face aux choix d&#039;avorter ainsi que différentes méthodes pour soigner les maladies génitales, ... Les femmes peuvent si elles le veulent accéder au groupe action Self-Help du [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]] ; qui est un lieu où l&#039;on échange sur notre vécu, et où l&#039;on pratique des examens concrets pour découvrir son corps. L&#039;instruction, comme l&#039;évoque [[Amélia Christinat|Mme Christinat]] permet aux femmes de comprendre les injustices auxquelles elles sont confrontées et de se mobiliser pour que toute les sociétés reconnaissent les femmes comme des personnes avec un cerveau. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans le même temps, une nouvelle réglementation sur l’avortement est considérée par le Conseil fédéral, et trois variantes sont discutées : la première, appelée &amp;quot;solutions des indications&amp;quot; autorise l’avortement dans les situations où la grossesse menace la vie ou la santé de la femme, en cas de viol, ou encore si l’enfant présente un trouble ou une déficience physique et/ou mentale. Une autre variante est celle des « indications sociales » qui prend en compte la situation sociale précaire de la femme. Finalement, la troisième, « solution des délais », permet l’avortement pendant les douze premières semaines de grossesse. Il en va sans dire que les partis politiques, les organisations et les cantons conservateurs catholiques sont en faveur de la solution la plus restrictive, alors que leurs rivales refusent les trois types de variantes et revendiquent l’avortement libre et gratuit. Le Conseil fédéral  rejette l’initiative pour la décriminalisation de l’avortement, mais opte finalement pour la solution des indications élargies, attisant ainsi le mécontentement des deux camps. &lt;br /&gt;
Face au rejet de l’initiative populaire pour la décriminalisation de l’avortement, [http://www.svss-uspda.ch/index.html l’Union Suisse pour la Décriminalisation de l’Avortement] (USPDA) (dont fait partie [[Amélia Christinat]])propose un compromis et lance une initiative qui cette fois rejoint l’idée de la solution des délais. « L’initiative réclament la décriminalisation de l’avortement s’il est pratiqué par un  médecin avec le consentement de la femme pendant les douze semaines qui suivent les dernières règles ». Cependant, celle-ci essuie à nouveau un échec : elle est rejetée par la majorité des cantons. &lt;br /&gt;
Les années suivantes toutes les propositions d&#039;initiatives,pour ou contre l&#039;avortement, sont sans cesse rejetées. Ce n’est qu’en 1990, que l’idée d’une révision de la loi relative à l’avortement est remise sur le devant de la scène. &lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Depuis 1990 ===&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
En 1994, on constate un net recul du nombre d’avortements légaux. Ceci peut s’expliquer par une diffusion de l’information (éducation sexuelle) et la libre disposition de moyens contraceptifs. Ce phénomène vient appuyer l’idée que la libéralisation ne conduit pas à une augmentation des avortements, bien au contraire. A partir de là, les choses commencent à changer et vont en faveur de la décriminalisation de l’avortement. En effet, le Conseil national adopte en 1995 &amp;quot;la solution des délais&amp;quot;. En 1996, la Commission des affaires juridiques du Conseil national ratifie un projet de loi qui prévoie la décriminalisation de l’avortement pendant les 14 premières semaines après les dernières règles. On voit mêmes les femmes du parti démocratique-chrétien (PDC) aller en faveur du droit de la femme à l’autodétermination et pour &amp;quot;la solution des délais&amp;quot;. De nombreuses organisations telles que la Fédération suisse des Eglises protestantes, les groupes des femmes radicales de Suisse, accueillent cette solution des délais comme un compromis tolérable. Toutefois, le Conseil fédéral rejette une fois de plus la &amp;quot;solution du délai&amp;quot; en 1998.&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Par ailleurs, la pilule abortive Mifegyne (RU 486) est admise et commercialisée en Suisse dès 1999. Cette méthode médicamenteuse est soumise aux mêmes dispositions pénales que l’avortement et est prescrite uniquement par le corps médical.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Finalement, le Parlement adopte la solution du délai en mars 2001 et est rentré en vigueur en 2002. « Ainsi l’avortement n’est pas punissable pendant les 12 premières semaines de la grossesse à condition que la femme fasse valoir une situation de détresse. Les cantons doivent décider quels cabinets et établissement peuvent pratiquer l’intervention. » &amp;lt;ref&amp;gt;Rey, A.-M., 2013, Régime du délais, USPDA. Consulté le 7 Décembre sur http://www.svss-uspda.ch/fr/suisse/loi.htm&amp;lt;/ref&amp;gt; De plus, Rey (2013), illustre les modifications entre l&#039;ancienne et la nouvelle loi de 2002, relatif à l&#039;avortement. &amp;lt;ref&amp;gt;Rey, A.-M., 2013, Comparaison ancienne et nouvelle législation, USPDA. Consulté le 7 Décembre sur http://www.svss-uspda.ch/fr/suisse/comparaison.htm &amp;lt;/ref&amp;gt; Depuis ce jour, la femme est la seule personne qui ait le droit de choisir ou non l&#039;avortement. En aucun cas, une personne tierce (et même si celle-ci a une blouse blanche) ne pourra refuser l&#039;avortement d&#039;une femme dans les douze premières semaines de grossesse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous pouvons donc conclure que « les discussions provoquées en 1971 par l’initiative en faveur de la décriminalisation de l’avortement ont été à l’origine d’un changement des mentalités et d’une prise de conscience ».&amp;lt;ref&amp;gt;Rey, A.-M., 2013, Chronologie des événements dès 1970, USPDA. Consulté le 7 Décembre sur http://www.svss-uspda.ch/fr/suisse/chronologie.htm &amp;lt;/ref&amp;gt; En effet, on assiste à une diminution du nombre de condamnations et à une libéralisation de la pratique de l’avortement. Par ailleurs, on se rend compte qu’à travers la mise en place de centres de plannings familiaux et des dispositifs d’informations, comme l’éducation sexuelle, on parvient à lutter contre l’avortement.  La prévention prévaut donc à la pénalisation. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cependant on constate que la réglementation à ce sujet peut encore être modifiée, car ce droit à l’avortement est sans cesse remis en question. En effet, en 2010, le mouvement anti-avortement « Mamma », qui s&#039;intitulait auparavant &amp;quot;Pour la mère en l’enfant&amp;quot;  lance une initiative populaire : « Financer l’avortement est une affaire privée ». Il s’agit d’une initiative qui demande que l’IVG ne soit plus pris en compte par les prestations de l’assurance maladie de base, et ce en invoquant l’idée qu’il s’agit d’une décision d’ordre privé, et que de ce fait le financement public n’a pas de sens. Cependant, on remarque que le droit à donner la vie est également de l’ordre du privé, et pourtant celui-ci n’est pas contesté. [[Entretien Rina Nissim|Rina Nissim]], nous met en garde sur la tournure que prend les événements d&#039;aujourd&#039;hui (concernant le financement de l&#039;avortement). En effet, selon elle, nous serions en pleine régression concernant le libre choix de la femme. A contrario des générations d&#039;après 70, il faut que les générations d&#039;aujourd&#039;hui se mobilisent pour faire en sorte de garder un droit durement acquis par les femmes soixanthuitardes. La votation de Février 2014 qui se prépare pourrait modifier les droits que nous avons jusqu&#039;à présent. Si les générations de maintenant et les suivantes veulent elles aussi avoir la possibilité de choisir leur grossesse, elles se doivent de s&#039;impliquer pour faire en sorte de ne pas perdre les droits acquis.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les témoins qui ont participé aux changements ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous avons décidé d&#039;interroger des personnes qui se sont mobilisées en Suisse pour le droit à l&#039;avortement. Elles pourront donc faire ressortir des éléments personnels sur le contexte de l&#039;époque, et les problèmes qu&#039;elles ont pu rencontré pour la mise en place de ce droit. &lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Nous avons dans un premier temps contacté Mme [[Amélia Christinat|Christinat Amélia]], avec qui l&#039;une de nous avait déjà travaillé il y a quelques années. Cette personne a donc accepté de participer à notre recherche en répondant à nos questions lors d&#039;un entretien.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un second temps nous avons contacté Mme [[Salika Wenger|Wenger Salika]], marraine de l&#039;association &amp;quot;Ni pute, Ni soumise&amp;quot; qui est actuellement impliquée dans la politique sur Genève puisqu&#039;elle fait partie du Conseil Administratif de la ville de Genève. Deux d&#039;entre nous l&#039;ont connue lors de sa venue à [http://www.infrarouge.ch/ir/1858-seins-nouvelle-arme-feministes l&#039;émission télévisée Infrarouge (RTS)] dédié aux mouvements des Femens (novembre 2011). Après discussion téléphonique, nous avons eu des éléments pertinents qui pourraient nous intéresser pour notre recherche, cependant [[Salika Wenger|Mme Wenger]] est très occupée et ne pourra pas nous accorder un entretien avant Janvier 2014. C&#039;est pourquoi après réflexion, nous avons décidé de contacter une troisième personne qui pourrait éventuellement être plus disponible : Mme [[Rina Nissim|Nissim Rina]]. Par l&#039;intermédiaire de Mme Ruchat nous avons obtenu ses coordonnées téléphoniques et avons pu avoir un rendez vous rapidement.&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Afin de leur éviter quelconque déplacement,nous avons rencontré ses personnes à leur domicile. De plus, pour des raisons pratiques et également afin de ne pas abuser de leur hospitalité, nous avons décidé de mener ces entretiens par groupes de trois.&lt;br /&gt;
Nous proposerons aux différents acteurs de partager leurs souvenirs concernant les années 1970 à Genève afin que nous comprenions la situation actuelle du droit à l&#039;avortement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Retour sur les entretiens==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== [[Entretien Rina Nissim|Entretien]] de [[Rina Nissim]] ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Notre premier entretien s&#039;est déroulée le mercredi 27 Novembre. A trois étudiantes nous nous sommes rendues au cabinet de Rina Nissim. L&#039;entretien qui en découle nous a projeter dans un univers très différent du notre : où la femme n&#039;avaient que très peu de droits. C&#039;est de part son discours, que la militante Rina Nissim, nous a partagé des informations sur l&#039;ambiance, la mobilisation et la persévérances des actrices de cette époque. C&#039;est par la réalisation de plusieurs injustices que les femmes se regroupent pour se mobiliser contre une société qui octroie peu de considération envers les femmes. Le [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]], lutte donc de manière générale pour plusieurs droits (droit à l&#039;égalité salariale, droit à la contraception, droit à l&#039;avortement, ...). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== [[Entretien Amélia Christinat|Entretien]] d&#039;[[Amélia Christinat]] ===&lt;br /&gt;
Le second entretien s&#039;est déroulé le 5 décembre chez Christinat Amélia. A notre arrivée, nous lui avons dit que nous avions déjà des questions précises à lui poser et que ces questions seraient les mêmes pour tous les groupes. En effet, sachant que c&#039;est une femme très bavarde nous avons préférer poser le cadre dès le départ. &lt;br /&gt;
Nous avons pu constater en rentrant dans son salon qu&#039;elle avait préparé différents articles concernant le droit à l&#039;avortement - des articles qu&#039;elle nous a présenté tout au long de l&#039;interview -.&lt;br /&gt;
C&#039;est avec beaucoup d&#039;émotion qu&#039;elle a répondu à nos questions et qu&#039;elle a raconté son combat pour les différents droit de la femme - droit de vote, droit à l&#039;avortement etc.-. Nous avons vraiment ressenti, à travers ses propos, l&#039;importance que ces combats ont eu pour elle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Points communs entre les entretiens=== &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plusieurs points communs ressortent de ces deux entretiens.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout d&#039;abord, nous constatons que le droit à la réappropriation du corps ou plutôt à l&#039;autonomie des femmes, comme cité par [[Rina Nissim]] représente l&#039;un des combats des années 1960-80. Si les femmes, par leur combats, manifestations ont réussit à faire valoir leur droit à l&#039;avortement, elles ont aussi lutter pour la mise en place d&#039;autres valeurs tels que le droit à la contraception, le droit de vote, le droit d&#039;accès aux études. Toutes ces luttes sont évoqués par les deux femmes interrogés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Afin de parvenir à ces changements, il a fallu se réunir entre femmes. A partir du moment où nous souhaitons un changement important, il est nécessaire d&#039;obtenir une mobilisation importante. Rina Nissim part d&#039;un petit groupe, le [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]] qui finalement va prendre une grande ampleur et [[Amélia Christinat|Amélia Christianat]] s&#039;impose dans la politique. Il parait donc évident pour ces deux protagonistes, que pour espérer un changement, il faut se réunir en groupe. La notion de communauté prend donc toute son importance. La notion de communauté est définie comme étant un état de ce qui est commun à plusieurs personnes, similitudes, groupe constituant une société, mise en commun des biens entre époux. Au sens étymologique originel : cum munus. La communauté est donc un groupe de personnes (cum) qui partagent quelque chose (&amp;quot;munus&amp;quot;)- un bien, une ressource, ou bien au contraire une obligation, une dette.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Même si le concept de communauté n&#039;est pas dit explicitement dans nos entretiens, il apparaît tout au long puisque chacune d&#039;entre elles a rejoint un groupe dans lequel elles éprouvaient des intérêts communs. Chaque membre décide alors en quoi, comment et quand il contribuera à ce groupe. Dans ce cas, [[Rina Nissim]] et [[Amélia Christinat]] en tant que féministes se sont engagées et ont lutté pour le droit des femmes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Enfin, il est intéressant de constater que nos deux intervenantes tirent un bilan mitigé quant à ces luttes pour les droits des femmes. [[Amélia Christinat]] dit :&amp;quot; Alors en fait tout changement, toute progression que l’on peut interpréter comme sociale n’est jamais définitivement acquise. Donc en fait, il faut veiller continuellement, défendre continuellement où que vous soyez et avec qui que vous soyez.&amp;quot; Quant à [[Rina Nissim]], elle dit :&amp;quot;Malheureusement dans la société c’est comme ça, il faut tout le temps se battre. Ça c’est un point sur lequel on est en recul.&amp;quot;, On est en plein recul. Donc y a un ou deux pays qui ont avancé pour l’instant y en a douze qui ont régressé. Donc cela ne va pas du tout cette affaire, on a une très mauvaise posture.&amp;quot; Ainsi, la question des droits pour la personne n&#039;est jamais complètement acquis. Il faut sans arrêt se battre pour continuer à faire valoir ses droits en tant que personne.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;A rédiger synthétiquement et finir&#039;&#039;&#039; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il convient à présent de reprendre l&#039;ensemble des questions posés et d&#039;en ressortir les éléments importants :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Depuis quand et avec qui vous vous êtes engagés dans la lutte pour les droits de la femme et quel était à ce moment votre statut (ou fonction)? Dans quel contexte s&#039;est inséré cette démarche ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Rina . Moi je suis rentré au MLF après mon interruption de grossesse, donc a 19 ans et j’ ai trouvé un tract qui trainait dans un local anarchiste je ne sais plus ou à la pénisserie et je me suis dit : tiens tiens très intéressant il y a un MLF qui débute donc je vais aller voir. J’étais parmi les plus jeunes de la bande. &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Amélia :  Alors pour pouvoir faire des interventions sur un plan législatif il a fallu que je fasse un long parcours car comme c’était une modification fédérale, il a fallu que je passe par le national. Donc c’est d’abord législatif, la ville, ensuite le canton puis la nation donc conseil municipal, grand conseil…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Y a-t-il eu un événement originel? Pourriez vous nous raconter un ou des événements marquant que vous avez mené ou qui vous ont frappé dans cette période en faveur de ces droits ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Rina l&#039;avortement libre et gratuit, c&#039;était l&#039;accès à la contraception&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Amélia Je dirais que le droit à l’avortement était un peu au même niveau que le droit de vote pour la femme. &lt;br /&gt;
Oui il y a eu des ouvrières françaises qui allaient en Belgique pour se faire avorter parce que c’était défendu en France et qu’elles n’avaient pas d’argent. Je comprends pas comment je fais de la politique, c’était pas fait pour moi…. Moi je voyais des ouvrières partir la nuit se faire avorter, rentrer le même soir et reprendre le travail le lendemain. Ça j’ai trouvé ça horrible !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
- Quels ont été les changements les plus importants auxquelles vous ayez assisté ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Rina : On a assisté à la libération des femmes ! Qui ont pris leurs mains en vie, qui ont décidé d’être elle-même, d’être un vrai sujet dans leur vie, dans leur sexualité, dans leur contraception, dans leur choix professionnel, relationnel, … je sais pas quoi. On a assisté au droit du divorce. On a assisté au droit pour l’avortement. Enfin déjà au remboursement par les caisses maladies en 81. Ce serait quand même une honte de supprimer cela aujourd’hui. Alors que c’est un acquis qui date même avant la légalisation de l’avortement, donc c’est quand même un peu fort le café. On a assisté à beaucoup de changement de cet ordre là, et cela fait depuis un moment que l’on est en total régression.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Amélia :  plus gros c’est le droit de vote, parce qu’à partir du moment où nous avons le bulletin, c’est quelque chose de très important, on nous considère comme une personne&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Y a-t-il eu des valeurs que vous avez eu le sentiment d’avoir porter en avant et si oui lesquels  ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Mais qu’en est-il aujourd’hui de cette lutte et des acquis et des risques de retour en arrière ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Références bibliographiques ==&lt;br /&gt;
&amp;lt;references/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Boutin, G., 2006, &#039;&#039;L&#039;entretien de Recherche qualitatif&#039;&#039;, Presses de l&#039;Université du Québec.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Roussopoulos Carole, &#039;&#039;Debout ! Une histoire du mouvement des femmes 1970-80&#039;&#039;, 1999. Consulté le 19 Novembre 2013 sur http://ballonsonde.org/wikiSonde/videos/Femmes_Debout.htm&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
– Hirata H, et al,2000, &amp;quot;Dictionnaire critique du féminisme&amp;quot;, Paris : Presse Universitaires de France.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Archives contestataires de Genève, Mouvements de Liberté des Femmes : 1970-90[[Fichier:MLF femme.pdf|vignette|Document des archives contestataires]]&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Archives contestataires de Genève, Mouvements de Liberté des Femmes : 1970-90[[Fichier:MLF archives.pdf|vignette|Documents des archives contestataires]]&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Archives contestataires de Genève, Mouvements de Liberté des Femmes : 1970-90 [[Fichier:MLF assez.pdf|vignette|document des archives contestataires]]&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Archives contestataires de Genève, Mouvements de Liberté des Femmes : 1970-90 [[Fichier:MLF avorter.pdf|vignette|Document des archives contestataires]]&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Archives contestataires de Genève, Mouvements de Liberté des Femmes : 1970-90 [[Fichier:MLF personne.pdf|vignette|Document des archives contestataires ]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Julie</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Droits_des_femmes&amp;diff=11914</id>
		<title>Droits des femmes</title>
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		<updated>2013-12-16T20:55:49Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Julie : /* Points communs entre les entretiens */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Introduction  == &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Actuellement le droit à l&#039;avortement pour les femmes subit encore des contestations et même une offensive de remise en question: pouvons nous encore le qualifier comme  un droit de la femme s&#039;interrogent certains ? Tout au long de cette page nous nous centrerons sur le droit à l&#039;avortement pour les femmes depuis 1970. En effet, les mouvements féministes sont présents depuis longtemps dans l&#039;histoire des droits des personnes. Dans la période de l&#039;après guerre, les femmes se sont mobilisées plus fortement pour acquérir des droits identiques à ceux des hommes. C&#039;est par la lutte pour le droit à un travail rémunéré que les mouvements prennent de l&#039;ampleur  : &amp;quot;L&#039;essort du féminisme dans cette période serait intimement lié à celui du travail salarié&amp;quot; &amp;lt;ref&amp;gt;Riot-Sarcey, M., 2008, &#039;&#039;Histoire du féminisme&#039;&#039;, Paris, La Découvertes, Repères. p. 73 &amp;lt;/ref&amp;gt;. La question de la procréation est aussi au cœur de leur mouvement, puisqu&#039;il est question de &amp;quot;repeupler&amp;quot; des pays détruits : &amp;quot;Après l&#039;hécatombe de la guerre, jusqu&#039;alors la plus meurtrière, il est nécessaire, plus que jamais de &amp;quot;remplir les berceaux vides&amp;quot;&amp;quot; &amp;lt;ref&amp;gt;Riot-Sarcey, M., 2008, &#039;&#039;Histoire du féminisme&#039;&#039;, Paris, La Découvertes, Repères. p. 73 &amp;lt;/ref&amp;gt;. Il ne faut pas non plus oublier leurs luttes pour l&#039;accès à la politique : plus précisément le droit de vote pour les femmes, qui prend de l&#039;ampleur bien avant la guerre. C&#039;est dans ce contexte d&#039;après guerre, que les femmes resurgissent au front pour valoriser des droits égalitaires et propres à leur vie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cet article est fondé à la fois sur une recherche documentaire et sur la récolte de témoignages de deux personnes pionnières dans l&#039;avancée du droit des femmes à l&#039;avortement. L&#039;article présentera également les différents mouvements féministes réalisés dans les années 1970 sur le droit à l&#039;avortement.Ceci nous montreras que la Suisse, n’a pas été la première à lutter pour le droit à l’avortement, mais que le phénomène est mondial. Les États-Unis ont été sans aucun doute les précurseurs, mais la lutte s&#039;est diffusée et reproduite dans différents pays du monde amenant à des dates différentes à autoriser l’avortement.  L&#039;article se centrera sur la lutte des femmes en Suisse et les différentes lois qui en sont ressorties et cherchera à comprendre la part qu’ont joué les deux témoins interrogées dans cette histoire récente (1970 à aujourd&#039;hui). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour ce faire, nous avons constitué une bibliographie, à partir d’ouvrages sur les mouvements féministes en général, sur la chronologie des contestations. Nous avons lu des articles scientifiques qui présentent la situation en Suisse, épluché  des informations sur les deux témoins qui ont été interrogés et consulté les archives contestataires à Carouge. &lt;br /&gt;
Nous avons également pu rencontré deux femmes militantes à Genève sur ce thème. On a donc effectué deux entretiens audio avec Madame [[Amélia Christinat]] et Madame [[Rina Nissim]] pour obtenir leur témoignage sur l’histoire des mouvements féministes des années 1960 à 1980, principalement sur la question de l’avortement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L&#039;Histoire du droit des femmes == &lt;br /&gt;
Actuellement des auteures telles que Marcella Iacub et Judith Butler font de la problématique féministe une occasion de débattre la question du genre, des identités sexuelles et limites entre les sexes (intersexe, queer, etc), laquelle peut nous aider à repenser la lutte féministe. Or, celle des années 70 (en amont en Suisse de l&#039;accession des femmes à la citoyenneté) est celle d&#039;une longue marche marquée par des féministes de l&#039;après guerre comme Simone de Beauvoir avec sa formule historique &amp;quot;On ne naît pas femme on le devient&amp;quot;, soulignant le déterminisme social de la féminité et la &amp;quot;fabrication&amp;quot; culturelle. &lt;br /&gt;
Pour tenter de comprendre ce qui s&#039;est passé durant cette époque nous allons revenir sur les faits marquants. Pour la compréhension de ce qui va suivre nous vous conseillons de lire [[Frise Chronologique du droit à l&#039;avortement|la frise chronologique]] des événements marquants pour le droit à l&#039;avortement en Suisse. &lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
=== Mouvements féministes : Buts et démarches ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce n&#039;est que dans la deuxième moitié du XIXème siècle que le féminisme se démarque en tant que mouvement collectif de luttes de femmes. &amp;quot;Ces luttes reposent sur la reconnaissance des femmes comme spécifiquement et systématiquement opprimées, l&#039;affirmation que les relations entre hommes et femmes ne sont pas inscrites dans la nature mais que la possibilité politique de leur transformation existe.&amp;quot;[3] En effet, les femmes ont dû faire face à de nombreuses inégalités et cela dans de nombreux domaines: le travail, la santé, la politique... Nous constatons encore aujourd&#039;hui que de nombreuses inégalités persistent sur le droit des femmes mais elles sont moindres ou de nature différentes que dans les années 1960-80. Pour pouvoir entrer dans un processus de revendication politique du féminisme, il faut qu&#039;il y ait une &amp;quot;relation avec une conceptualisation de droits humains universels;elle s&#039;ancre dans les théories des droits de la personne dontles premières formulations juridiques sont issues des révolutions américaines puis françaises.&amp;quot; &amp;lt;ref&amp;gt;Hirata H, et al,2000, &amp;quot;Dictionnaire critique du féminisme&amp;quot;, Paris : Presse Universitaires de France, p. 225&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
Il convient de faire une distinction entre les mouvements féministes et les mouvements populaires des femmes. En effet, les mouvements populaires des femmes ne mettent pas directement en avant l&#039;exigence de droits spécifiques pour les femmes. C&#039;est l&#039;emploi du mot féministe qui va changer les représentations que l&#039;on se fait à cette époque. Pour certains les féministes sont &amp;quot;trop bourgeoises au XIXème siècle et au début du XXème siècle trop radicales et ennemies des hommes après les années 1970&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;Hirata H, et al,2000, &amp;quot;Dictionnaire critique du féminisme&amp;quot;, Paris : Presse Universitaires de France., p. 126&amp;lt;/ref&amp;gt;. Quant à l&#039;expression &amp;quot;mouvement des femmes&amp;quot;, elle est plus souvent utilisée comme raccourci pour mouvement de libération des femmes. Voila pourquoi elle a pu être associée au féminisme le plus radical et explique la confusion entre les deux termes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lorsque nous parlons de &amp;quot;mouvements féministes&amp;quot; nous désignons sous une même dénomination &amp;quot;les diverses formes des mouvements de femmes, le féminisme libéral ou &amp;quot;bourgeois, le féminisme radical, les femmes marxistes ou socialistes, les femmes lesbiennes, les femmes noires et toutes les dimensions catégorielles des mouvements actuels&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;Hirata H, et al,2000, &amp;quot;Dictionnaire critique du féminisme&amp;quot;, Paris : Presse Universitaires de France, p. 127&amp;lt;/ref&amp;gt;. Dès lors, l&#039;expression&amp;quot; mouvement des femmes &amp;quot; représente les mobilisations de femmes en Amérique Latine ou les mouvements pour la paix en Irlande ou au moyen-Orient&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;Hirata H, et al,2000, &amp;quot;Dictionnaire critique du féminisme&amp;quot;, Paris : Presse Universitaires de France., p.126&amp;lt;/ref&amp;gt; Dans la littérature, deux types de mouvements féministes se démarquent. Une première vague a émergé dans la seconde moitié du XIXème siècle. Elle est souvent présentée autour des revendications du droit de vote.  Au début du XXème siècle, ou les mouvements sont qualifiés de &amp;quot;néo féminisme&amp;quot;, les exigences ne se fondent pas sur une seule exigence d&#039;égalité mais sur une reconnaissance &amp;quot;de l&#039;impossibilité sociale de fonder cette égalité dans un système patriarcal&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;Hirata H, et al,2000, &amp;quot;Dictionnaire critique du féminisme&amp;quot;, Paris : Presse Universitaires de France, p. 126&amp;lt;/ref&amp;gt;. Le féminisme des années 1970, se fait connaitre par des mouvements anti-autoritaires, par des groupes de parole, il met en avant les formes les plus spontanées de manifestation et refuse toute organisation hiérarchique. &amp;quot; L&#039;appartenance au mouvement représente la mise en acte d&#039;une nouvelle idéologie, la recherche de sens et de valeurs communs.&amp;quot; &amp;lt;ref&amp;gt;Hirata H, et al,2000, &amp;quot;Dictionnaire critique du féminisme&amp;quot;, Paris : Presse Universitaires de France, p.128&amp;lt;/ref&amp;gt;. C&#039;est entre la fin des années 1960 et le début des années 1970 que le féminisme connait une ampleur internationale. &amp;quot;L&#039;onde de choc part des Etats-Unis et gagne très rapidement la Grande-Bretagne et l&#039;Allemagne dans les années 60&amp;quot;. Il faut ajouter qu&#039;en &amp;quot;dépit de son caractère extra parlementaire, le mouvement de libération des femmes a la capacité de susciter de larges mobilisations auprès des femmes syndiquées, des femmes de partis de gauche et de droite ou des associations luttant pour les droits des femmes comme le planning familial. Ce sont d&#039;abord les campagnes pour la liberté d&#039;avorter qui constituent les événements les plus importants et les plus marquants &amp;lt;ref&amp;gt;Hirata H, et al,2000, &amp;quot;Dictionnaire critique du féminisme&amp;quot;, Paris : Presse Universitaires de France, p. 128&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En ce qui concerne la Suisse, c’est dans la continuité du mouvement de la jeunesse estudiantine de 1968 que naît le nouveau mouvement féministe. C’est à Zurich que se sont réunies des femmes de gauche, que l’on appellera « Frauenbefreiungsbewegung » ou plus communément le FBB. Elles critiquent le fait que les femmes sont oppressées et qu’il s’agit d’une « contradiction sociale fondamentale ». Le MLF, pour la Suisse romande et le MFT au Tessin vont très rapidement suivre la création du FBB, avec comme objectif commun de « récuser l’organisation hiérarchique des associations et de la politique traditionnelle » &amp;lt;ref&amp;gt;Commission fédérale, &#039;&#039;Femmes Pouvoir Histoire&#039;&#039;, 1.3, p. 1, consulté le 27 Novembre sur http://webcache.googleusercontent.com/search?q=cache:UpvKGVSBak0J:www.ekf.admin.ch/dokumentation/00444/00517/index.html%3Flang%3Dfr%26download%3DNHzLpZeg7t,lnp6I0NTU042l2Z6ln1ae2IZn4Z2qZpnO2Yuq2Z6gpJCDdH58hGym162epYbg2c_JjKbNoKSn6A--+&amp;amp;cd=2&amp;amp;hl=fr&amp;amp;ct=clnk&amp;amp;gl=ch&amp;amp;client=firefox-a&amp;lt;/ref&amp;gt; inspirés des mouvements français et américains préalablement abordés. Cependant, des divergences existent entre tous ces mouvements sur différentes questions telles que l’avortement ou encore la possibilité pour le sexe féminin de faire l’armée. Une chronologie a été rédigée dans l’article suivant : &amp;quot;Le nouveau mouvement féministe et les organisations féminines depuis 1968&amp;quot; de la Commission fédérale pour les questions féminines de la Confédération Suisse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
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&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La période  entre 1940-50 : une période restrictive ===&lt;br /&gt;
Pour comprendre la lutte pour l&#039;avortement comme droit de la personne il nous faut revenir sur le contexte de l&#039;après guerre. La législation suisse sur l’avortement est l’une des plus restrictives d’Europe.  Les premières dispositions du Code pénal suisse à ce sujet ont été définies en 1942 et prévoient, à cette époque, l’emprisonnement de la femme qui avorte, ainsi que de la personne qui l’aide à pratiquer cet acte. En revanche, une exception existe : si la grossesse comporte un danger pour la mère et que l’interruption de grossesse est pratiquée par un médecin, l&#039;avis étant approuvé par un second médecin, l’avortement n’est alors pas punissable. On comprend alors que la conséquence a été un nombre considérable d’avortements illégaux. Cependant, la mise en place de dispositifs de préventions et d’une diffusion d’informations contribua à faire diminuer le nombre d’avortements autant illégaux, que légaux. Par ailleurs, l’Organisation Mondiale de la Santé ([http://www.who.int/fr/ OMS]) a étendu la notion de « santé » en y insérant les dimensions de bien-être psychique et social : « la santé ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité ; elle est un état de complet bien-être physique, mental et social. »&amp;lt;ref&amp;gt;Rey, A.-M., 2013, &#039;&#039;Tendance à la libéralisation&#039;&#039;, USPDA. Consulté le 7 Novembre sur http://www.svss-uspda.ch/fr/suisse/liberal.htm&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ceci légalise aussi la pratique d’interruption de grossesse et écarte la menace d’emprisonnement. &amp;lt;ref&amp;gt;Rey, A.-M., 2013, &#039;&#039;L&#039;ancienne législation de 1942&#039;&#039;, USPDA. Consulté le 7 Novembre sur http://www.svss-uspda.ch/fr/suisse/loi_1942.htm&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
Cependant, cette législation attise la colère et la montée d’une révolte. Au début du XXème siècle, on voit s’élever des mouvements, tels que les organisations ouvrières, pour lutter en faveur de la décriminalisation de l’avortement.&lt;br /&gt;
De plus, dans cette période, il existe une différence entre les cantons au niveau de la législation sur l&#039;avortement. Ceci met donc les professionnels dans l&#039;embarras puisqu&#039;ils n&#039;ont pas une pratique généralisée au niveau de l&#039;état, et cela soulève également une inégalité entre les femmes des différents cantons de la Suisse. Des mesures fédérales strictes ont donc été prises pour tenter de généraliser les pratiques et s&#039;accorder sur la pratique de l&#039;avortement : « l’institutionnalisation juridique d’une interruption de grossesse pouvant être légalement pratiquée par un médecin sous haute surveillance de l’Etat : consultation obligatoire d’un second médecin, qui doit être un spécialiste et en plus agréé par les autorités cantonales compétentes, et qui doit donner par écrit un « avis conforme ». Il faut également le consentement écrit de la femme enceinte. ». Ainsi à cette époque nous constatons que les femmes n&#039;ont pas la maitrise de leur corps et que de ce fait la maternité ne peut se contrôler. Ce contexte illustre la réalité des femmes, soit elles ont la chance de pouvoir trouver deux médecins qui l&#039;estime en danger, soit elles décident de pratiquer un avortement illégal ce qui comporte de grands risques pour leur santé (hémorragie et infection qui peuvent entrainer la mort de la femme).&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La période 1960-70 : les premiers changements ===&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
[[Fichier:Graphiquefemme.jpeg|vignette|gauche|Graphique représentant les condamnations des femmes]]&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Le graphique ci-contre nous montre la condamnation des femmes en ce qui concerne l&#039;avortement.&amp;lt;ref&amp;gt;Rey, A.-M., 2013, &#039;&#039;Interruption de grossesse en Suisse : les faits et les données&#039;&#039;, USPDA. Consulté le 18 Novembre sur http://www.svss-uspda.ch/pdf/faits-et-donnees.pdf &amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;br /&amp;gt; En effet, nous voyons que le pic le plus élevé se situe dans l&#039;année 1950, avec 550 condamnées. Puis lors de la commercialisation de la pilule, l&#039;emprisonnement des femmes diminue fortement l&#039;année suivante, passant d&#039;environ 400 condamnations à environ 260. De manière générale, ce graphique montre que les condamnations sur la période 1960-1980 n&#039;ont cessé de baisser. &lt;br /&gt;
Les années 60 sont donc marquées par l&#039;arrivée de la pilule contraceptive en Suisse. En effet, en 1961, la commercialisation de celle-ci fait reculer le nombre d&#039;avortement pratiqué en Suisse puisque les femmes ont un contrôle sur leur reproductibilité. Malgré tout, la pilule contraceptive circule à l&#039;époque discrètement, puisque aucune loi ne précise son autorisation. En 1965, la création du premier planning familial en Suisse au HUG permettra de conseiller les familles. L&#039;établissement ouvrira donc un pôle dédié à l&#039;information familiale et aux régulations des naissances.&amp;lt;ref&amp;gt;Fert-Bek, D., (s.d.), &#039;&#039;Historique&#039;&#039;, Le service du planning familial de Genève a 40 ans,Genève, HUG. Consulté le 18 Novembre 2013 sur http://planning-familial.hug-ge.ch/nous/historique.html&amp;lt;/ref&amp;gt; Dans cet établissement les professionnels conseillent les parents sur la manière d&#039;avoir un contrôle sur l&#039;élargissement de leur famille. Ainsi, grâce à cette structure, la pilule contraceptive a pu circuler dans le territoire helvétique. La pilule était considéré pour certain comme un enjeux économique : elle permettait de contrôler les naissances et donc de préserver la richesse, et pour d&#039;autres comme un moyen de débrider la sexualité des femmes&amp;lt;ref&amp;gt;L&#039;illustré, (s.d.) &#039;&#039;La pilule qui a changé le monde&#039;&#039;, Archives, Consulté le 18 Novembre 2013 sur http://www.illustre.ch/la_pilule_qui_a_change_le_monde_45372_.html&amp;lt;/ref&amp;gt;.   &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Mlf.jpeg|vignette|gauche|Affiche du Front des Bonnes Femmes]][[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|Le Mouvement de Libération des Femmes (MLF)]] a démarré aux Etats-Unis, et a encouragé les militants des autres pays à lutter pour améliorer les conditions féminines. Le [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]] créé en 1969 à Zurich,que l&#039;on retrouvait également dans d&#039;autres cantons  (Genève et Tessin par exemple) se base &amp;quot;sur les mouvements de libération du Tiers monde pour encourager les femmes à se libérer des contraintes inhérentes à la famille nucléaire (Rôle des sexes).&amp;quot; &amp;lt;ref&amp;gt;Jorris, E., 2009, &#039;&#039;Mouvement de libération des femmes (MLF)&#039;&#039;. Consulté le 19 Novembre 2013 sur http://www.hls-dhs-dss.ch/textes/f/F16504.php&amp;lt;/ref&amp;gt;. Sur le canton de Genève plus précisément, des groupes de certains partis de gauche militaient en ces faveurs (ils étaient très hiérarchisés et ne plaisaient pas à toutes les femmes militantes). C&#039;est donc principalement grâce à Madame Brodmann (qui a milité aux Etats-Unis) et Madame Gramoni qu&#039;il y a eu dans un premier temps le front des Bonne-Femmes (où militait aussi Rina Nissim). Leur premier slogan a été &amp;quot;Femmes décolonisons-nous !&amp;quot; avec des affiches placardées sur les façades des grandes banques : les femmes insistaient donc pour la ré-appropriation de leur corps (avortement, pilule contraceptive, ...).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans le même temps, il ne faut pas oublier que les avortements illégaux continuent à être pratiqués à cette période. En effet,  le nombre d&#039;avortements, légaux et illégaux, est estimé à 50 000 en 1966. Les avortements légaux s&#039;élevaient à environ 17 000 en 1966 (16 000 en 1978 et 1980, 14 000 en 1985, 13 000 en 1990, 12 000 en 1995, 13 000 en 1996 et 1998). Les avortements clandestins diminuèrent grâce : &lt;br /&gt;
* à la raréfaction avec l&#039;élargissement des indications médicales dans les cantons libéraux (Zurich, Bâle-Ville, Berne, Vaud, Neuchâtel, Genève) dès les années 1950&lt;br /&gt;
* la libéralisation progressive dans d&#039;autres cantons(Tessin dès les années 1970; Argovie, Bâle-Campagne, Glaris, Schaffhouse, Soleure, Jura au cours des années 1990)&lt;br /&gt;
* la généralisation des centres de planning familial, des cours d&#039;éducation sexuelle, la diffusion de moyens de contraception sûrs dès les années 1960 &lt;br /&gt;
* le remboursement de l&#039;intervention par les caisses maladie).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On remarque que malgré les mesures juridiques fédérales restrictives, les cantons adoptent des pratiques très différentes les uns des autres. Ainsi, les dimensions d’ordre psychologique et social sont incluses dans les indications médicales des cantons libéraux, alors que la pratique est seulement tolérée dans les cantons conservateurs catholiques. Face à cette inégalité juridique, les cantons libéraux accueillent des femmes vivant dans ces cantons restrictifs pour se faire avorter. On assiste à une forme de tourisme « gynécologique ». Cela amène les cantons à réfléchir sur ces pratiques. Notamment le canton de Neuchâtel, où plusieurs affaires d&#039;avortements sont jugées. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La période 1970-1980 : La période clé ===&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
A la suite de ces scandales, le député radical Maurice Favre dépose en mars 1971 une [http://www.amtsdruckschriften.bar.admin.ch/viewOrigDoc.do?id=10100953 motion] en faveur d&#039;une initiative cantonale demandant la suppression des articles 118 à 121 du CP.  &lt;br /&gt;
Cette démarche est suivie du lancement, en juin de la même année, par un comité de cinq personnes, de l&#039;initiative populaire fédérale pour la décriminalisation de l&#039;avortement, largement soutenue notamment par le mouvement des femmes. En 1972, les milieux chrétiens conservateurs font circuler une pétition &amp;quot;Oui à la vie, non à l&#039;avortement&amp;quot;. A partir de ce moment-là, nous voyons apparaître les organisations et les mouvements féministes qui organisent des manifestations en faveur de l’interruption de grossesses libres et gratuites, ainsi que pour revendiquer [http://www.svss-uspda.ch/index.html la décriminalisation de l’avortement].  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C&#039;est une lutte qui se fait contre des mentalités traditionnelles où l&#039;homme est dominant dans la société. La prise de conscience des femmes et de leurs conditions se fait petit-à-petit, en prenant plus d&#039;ampleur au milieu des années 70. C&#039;est la réunion de plusieurs milliers de femmes qui fait que l&#039;on puisse qualifier le [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]] de mouvement. Ce sont des femmes de tout âge qui se battent pour l&#039;amélioration de leurs conditions de vie. Ces mouvements veulent principalement lutter pour le droit du libre choix des femmes. A cette époque, il y a &amp;quot;deux types de femmes&amp;quot; :  celles qui font des études mais qui restent à la maison pour materner, ou bien celle qui font des études et qui travaillent. Ces dernières se trouvent confrontées à la réalité sociale : avec le même titre professionnel, les femmes obtiennent des salaires bien inférieurs à ceux des hommes. C&#039;est suite à cette prise de conscience face au Plafond de Verre, que les femmes se réunissent pour échanger leurs histoires. Elles se mobilisent donc afin de pouvoir avoir le contrôle sur leur vie, et sur leur corps. L&#039;une des grandes luttes se fait autour du contrôle de leur corps : ce qu&#039;elles nomment la mobilisation pour la ré-appropriation du corps. Il s&#039;agit de donner aux femmes la possibilité de choisir leur maternité, leur contraception, et leur médicamentation. En 1978, L&#039;ouverture du Dispensaire des femmes (par [[Rina Nissim]]) leur permet d&#039;être accueillies dans un lieu où on leur donne des conseils, des listes de gynécologues tolérants face aux choix d&#039;avorter ainsi que différentes méthodes pour soigner les maladies génitales, ... Les femmes peuvent si elles le veulent accéder au groupe action Self-Help du [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]] ; qui est un lieu où l&#039;on échange sur notre vécu, et où l&#039;on pratique des examens concrets pour découvrir son corps. L&#039;instruction, comme l&#039;évoque [[Amélia Christinat|Mme Christinat]] permet aux femmes de comprendre les injustices auxquelles elles sont confrontées et de se mobiliser pour que toute les sociétés reconnaissent les femmes comme des personnes avec un cerveau. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans le même temps, une nouvelle réglementation sur l’avortement est considérée par le Conseil fédéral, et trois variantes sont discutées : la première, appelée &amp;quot;solutions des indications&amp;quot; autorise l’avortement dans les situations où la grossesse menace la vie ou la santé de la femme, en cas de viol, ou encore si l’enfant présente un trouble ou une déficience physique et/ou mentale. Une autre variante est celle des « indications sociales » qui prend en compte la situation sociale précaire de la femme. Finalement, la troisième, « solution des délais », permet l’avortement pendant les douze premières semaines de grossesse. Il en va sans dire que les partis politiques, les organisations et les cantons conservateurs catholiques sont en faveur de la solution la plus restrictive, alors que leurs rivales refusent les trois types de variantes et revendiquent l’avortement libre et gratuit. Le Conseil fédéral  rejette l’initiative pour la décriminalisation de l’avortement, mais opte finalement pour la solution des indications élargies, attisant ainsi le mécontentement des deux camps. &lt;br /&gt;
Face au rejet de l’initiative populaire pour la décriminalisation de l’avortement, [http://www.svss-uspda.ch/index.html l’Union Suisse pour la Décriminalisation de l’Avortement] (USPDA) (dont fait partie [[Amélia Christinat]])propose un compromis et lance une initiative qui cette fois rejoint l’idée de la solution des délais. « L’initiative réclament la décriminalisation de l’avortement s’il est pratiqué par un  médecin avec le consentement de la femme pendant les douze semaines qui suivent les dernières règles ». Cependant, celle-ci essuie à nouveau un échec : elle est rejetée par la majorité des cantons. &lt;br /&gt;
Les années suivantes toutes les propositions d&#039;initiatives,pour ou contre l&#039;avortement, sont sans cesse rejetées. Ce n’est qu’en 1990, que l’idée d’une révision de la loi relative à l’avortement est remise sur le devant de la scène. &lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Depuis 1990 ===&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
En 1994, on constate un net recul du nombre d’avortements légaux. Ceci peut s’expliquer par une diffusion de l’information (éducation sexuelle) et la libre disposition de moyens contraceptifs. Ce phénomène vient appuyer l’idée que la libéralisation ne conduit pas à une augmentation des avortements, bien au contraire. A partir de là, les choses commencent à changer et vont en faveur de la décriminalisation de l’avortement. En effet, le Conseil national adopte en 1995 &amp;quot;la solution des délais&amp;quot;. En 1996, la Commission des affaires juridiques du Conseil national ratifie un projet de loi qui prévoie la décriminalisation de l’avortement pendant les 14 premières semaines après les dernières règles. On voit mêmes les femmes du parti démocratique-chrétien (PDC) aller en faveur du droit de la femme à l’autodétermination et pour &amp;quot;la solution des délais&amp;quot;. De nombreuses organisations telles que la Fédération suisse des Eglises protestantes, les groupes des femmes radicales de Suisse, accueillent cette solution des délais comme un compromis tolérable. Toutefois, le Conseil fédéral rejette une fois de plus la &amp;quot;solution du délai&amp;quot; en 1998.&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Par ailleurs, la pilule abortive Mifegyne (RU 486) est admise et commercialisée en Suisse dès 1999. Cette méthode médicamenteuse est soumise aux mêmes dispositions pénales que l’avortement et est prescrite uniquement par le corps médical.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Finalement, le Parlement adopte la solution du délai en mars 2001 et est rentré en vigueur en 2002. « Ainsi l’avortement n’est pas punissable pendant les 12 premières semaines de la grossesse à condition que la femme fasse valoir une situation de détresse. Les cantons doivent décider quels cabinets et établissement peuvent pratiquer l’intervention. » &amp;lt;ref&amp;gt;Rey, A.-M., 2013, Régime du délais, USPDA. Consulté le 7 Décembre sur http://www.svss-uspda.ch/fr/suisse/loi.htm&amp;lt;/ref&amp;gt; De plus, Rey (2013), illustre les modifications entre l&#039;ancienne et la nouvelle loi de 2002, relatif à l&#039;avortement. &amp;lt;ref&amp;gt;Rey, A.-M., 2013, Comparaison ancienne et nouvelle législation, USPDA. Consulté le 7 Décembre sur http://www.svss-uspda.ch/fr/suisse/comparaison.htm &amp;lt;/ref&amp;gt; Depuis ce jour, la femme est la seule personne qui ait le droit de choisir ou non l&#039;avortement. En aucun cas, une personne tierce (et même si celle-ci a une blouse blanche) ne pourra refuser l&#039;avortement d&#039;une femme dans les douze premières semaines de grossesse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous pouvons donc conclure que « les discussions provoquées en 1971 par l’initiative en faveur de la décriminalisation de l’avortement ont été à l’origine d’un changement des mentalités et d’une prise de conscience ».&amp;lt;ref&amp;gt;Rey, A.-M., 2013, Chronologie des événements dès 1970, USPDA. Consulté le 7 Décembre sur http://www.svss-uspda.ch/fr/suisse/chronologie.htm &amp;lt;/ref&amp;gt; En effet, on assiste à une diminution du nombre de condamnations et à une libéralisation de la pratique de l’avortement. Par ailleurs, on se rend compte qu’à travers la mise en place de centres de plannings familiaux et des dispositifs d’informations, comme l’éducation sexuelle, on parvient à lutter contre l’avortement.  La prévention prévaut donc à la pénalisation. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cependant on constate que la réglementation à ce sujet peut encore être modifiée, car ce droit à l’avortement est sans cesse remis en question. En effet, en 2010, le mouvement anti-avortement « Mamma », qui s&#039;intitulait auparavant &amp;quot;Pour la mère en l’enfant&amp;quot;  lance une initiative populaire : « Financer l’avortement est une affaire privée ». Il s’agit d’une initiative qui demande que l’IVG ne soit plus pris en compte par les prestations de l’assurance maladie de base, et ce en invoquant l’idée qu’il s’agit d’une décision d’ordre privé, et que de ce fait le financement public n’a pas de sens. Cependant, on remarque que le droit à donner la vie est également de l’ordre du privé, et pourtant celui-ci n’est pas contesté. [[Entretien Rina Nissim|Rina Nissim]], nous met en garde sur la tournure que prend les événements d&#039;aujourd&#039;hui (concernant le financement de l&#039;avortement). En effet, selon elle, nous serions en pleine régression concernant le libre choix de la femme. A contrario des générations d&#039;après 70, il faut que les générations d&#039;aujourd&#039;hui se mobilisent pour faire en sorte de garder un droit durement acquis par les femmes soixanthuitardes. La votation de Février 2014 qui se prépare pourrait modifier les droits que nous avons jusqu&#039;à présent. Si les générations de maintenant et les suivantes veulent elles aussi avoir la possibilité de choisir leur grossesse, elles se doivent de s&#039;impliquer pour faire en sorte de ne pas perdre les droits acquis.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les témoins qui ont participé aux changements ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous avons décidé d&#039;interroger des personnes qui se sont mobilisées en Suisse pour le droit à l&#039;avortement. Elles pourront donc faire ressortir des éléments personnels sur le contexte de l&#039;époque, et les problèmes qu&#039;elles ont pu rencontré pour la mise en place de ce droit. &lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Nous avons dans un premier temps contacté Mme [[Amélia Christinat|Christinat Amélia]], avec qui l&#039;une de nous avait déjà travaillé il y a quelques années. Cette personne a donc accepté de participer à notre recherche en répondant à nos questions lors d&#039;un entretien.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un second temps nous avons contacté Mme [[Salika Wenger|Wenger Salika]], marraine de l&#039;association &amp;quot;Ni pute, Ni soumise&amp;quot; qui est actuellement impliquée dans la politique sur Genève puisqu&#039;elle fait partie du Conseil Administratif de la ville de Genève. Deux d&#039;entre nous l&#039;ont connue lors de sa venue à [http://www.infrarouge.ch/ir/1858-seins-nouvelle-arme-feministes l&#039;émission télévisée Infrarouge (RTS)] dédié aux mouvements des Femens (novembre 2011). Après discussion téléphonique, nous avons eu des éléments pertinents qui pourraient nous intéresser pour notre recherche, cependant [[Salika Wenger|Mme Wenger]] est très occupée et ne pourra pas nous accorder un entretien avant Janvier 2014. C&#039;est pourquoi après réflexion, nous avons décidé de contacter une troisième personne qui pourrait éventuellement être plus disponible : Mme [[Rina Nissim|Nissim Rina]]. Par l&#039;intermédiaire de Mme Ruchat nous avons obtenu ses coordonnées téléphoniques et avons pu avoir un rendez vous rapidement.&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Afin de leur éviter quelconque déplacement,nous avons rencontré ses personnes à leur domicile. De plus, pour des raisons pratiques et également afin de ne pas abuser de leur hospitalité, nous avons décidé de mener ces entretiens par groupes de trois.&lt;br /&gt;
Nous proposerons aux différents acteurs de partager leurs souvenirs concernant les années 1970 à Genève afin que nous comprenions la situation actuelle du droit à l&#039;avortement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Retour sur les entretiens==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== [[Entretien Rina Nissim|Entretien]] de [[Rina Nissim]] ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Notre premier entretien s&#039;est déroulée le mercredi 27 Novembre. A trois étudiantes nous nous sommes rendues au cabinet de Rina Nissim. L&#039;entretien qui en découle nous a projeter dans un univers très différent du notre : où la femme n&#039;avaient que très peu de droits. C&#039;est de part son discours, que la militante Rina Nissim, nous a partagé des informations sur l&#039;ambiance, la mobilisation et la persévérances des actrices de cette époque. C&#039;est par la réalisation de plusieurs injustices que les femmes se regroupent pour se mobiliser contre une société qui octroie peu de considération envers les femmes. Le [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]], lutte donc de manière générale pour plusieurs droits (droit à l&#039;égalité salariale, droit à la contraception, droit à l&#039;avortement, ...). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== [[Entretien Amélia Christinat|Entretien]] d&#039;[[Amélia Christinat]] ===&lt;br /&gt;
Le second entretien s&#039;est déroulé le 5 décembre chez Christinat Amélia. A notre arrivée, nous lui avons dit que nous avions déjà des questions précises à lui poser et que ces questions seraient les mêmes pour tous les groupes. En effet, sachant que c&#039;est une femme très bavarde nous avons préférer poser le cadre dès le départ. &lt;br /&gt;
Nous avons pu constater en rentrant dans son salon qu&#039;elle avait préparé différents articles concernant le droit à l&#039;avortement - des articles qu&#039;elle nous a présenté tout au long de l&#039;interview -.&lt;br /&gt;
C&#039;est avec beaucoup d&#039;émotion qu&#039;elle a répondu à nos questions et qu&#039;elle a raconté son combat pour les différents droit de la femme - droit de vote, droit à l&#039;avortement etc.-. Nous avons vraiment ressenti, à travers ses propos, l&#039;importance que ces combats ont eu pour elle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Points communs entre les entretiens=== &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plusieurs points communs ressortent de ces deux entretiens.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout d&#039;abord, nous constatons que le droit à la réappropriation du corps ou plutôt à l&#039;autonomie des femmes, comme cité par [[Rina Nissim]] représente l&#039;un des combats des années 1960-80. Si les femmes, par leur combats, manifestations ont réussit à faire valoir leur droit à l&#039;avortement, elles ont aussi lutter pour la mise en place d&#039;autres valeurs tels que le droit à la contraception, le droit de vote, le droit d&#039;accès aux études. Toutes ces luttes sont évoqués par les deux femmes interrogés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Afin de parvenir à ces changements, il a fallu se réunir entre femmes. A partir du moment où nous souhaitons un changement important, il est nécessaire d&#039;obtenir une mobilisation importante. Rina Nissim part d&#039;un petit groupe, le [[Mouvement de Libération des Femmes (MLF)|MLF]] qui finalement va prendre une grande ampleur et [[Amélia Christinat|Amélia Christianat]] s&#039;impose dans la politique. Il parait donc évident pour ces deux protagonistes, que pour espérer un changement, il faut se réunir en groupe. La notion de communauté prend donc toute son importance. La notion de communauté est définie comme étant un état de ce qui est commun à plusieurs personnes, similitudes, groupe constituant une société, mise en commun des biens entre époux. Au sens étymologique originel : cum munus. La communauté est donc un groupe de personnes (cum) qui partagent quelque chose (&amp;quot;munus&amp;quot;)- un bien, une ressource, ou bien au contraire une obligation, une dette.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Même si le concept de communauté n&#039;est pas dit explicitement dans nos entretiens, il apparaît tout au long puisque chacune d&#039;entre elles a rejoint un groupe dans lequel elles éprouvaient des intérêts communs. Chaque membre décide alors en quoi, comment et quand il contribuera à ce groupe. Dans ce cas, [[Rina Nissim]] et [[Amélia Christinat]] en tant que féministes se sont engagées et ont lutté pour le droit des femmes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Enfin, il est intéressant de constater que nos deux intervenantes tirent un bilan mitigé quant à ces luttes pour les droits des femmes. [[Amélia Christinat]] dit :&amp;quot; Alors en fait tout changement, toute progression que l’on peut interpréter comme sociale n’est jamais définitivement acquise. Donc en fait, il faut veiller continuellement, défendre continuellement où que vous soyez et avec qui que vous soyez.&amp;quot; Quant à [[Rina Nissim]], elle dit :&amp;quot;Malheureusement dans la société c’est comme ça, il faut tout le temps se battre. Ça c’est un point sur lequel on est en recul.&amp;quot;, On est en plein recul. Donc y a un ou deux pays qui ont avancé pour l’instant y en a douze qui ont régressé. Donc cela ne va pas du tout cette affaire, on a une très mauvaise posture.&amp;quot; Ainsi, la question des droits pour la personne n&#039;est jamais complètement acquis. Il faut sans arrêt se battre pour continuer à faire valoir ses droits en tant que personne.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A rédiger synthétiquement et finir &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il convient à présent de reprendre l&#039;ensemble des questions posés et d&#039;en ressortir les éléments importants :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Depuis quand et avec qui vous vous êtes engagés dans la lutte pour les droits de la femme et quel était à ce moment votre statut (ou fonction)? Dans quel contexte s&#039;est inséré cette démarche ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Rina . Moi je suis rentré au MLF après mon interruption de grossesse, donc a 19 ans et j’ ai trouvé un tract qui trainait dans un local anarchiste je ne sais plus ou à la pénisserie et je me suis dit : tiens tiens très intéressant il y a un MLF qui débute donc je vais aller voir. J’étais parmi les plus jeunes de la bande. &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Amélia :  Alors pour pouvoir faire des interventions sur un plan législatif il a fallu que je fasse un long parcours car comme c’était une modification fédérale, il a fallu que je passe par le national. Donc c’est d’abord législatif, la ville, ensuite le canton puis la nation donc conseil municipal, grand conseil…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Y a-t-il eu un événement originel? Pourriez vous nous raconter un ou des événements marquant que vous avez mené ou qui vous ont frappé dans cette période en faveur de ces droits ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Rina l&#039;avortement libre et gratuit, c&#039;était l&#039;accès à la contraception&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Amélia Je dirais que le droit à l’avortement était un peu au même niveau que le droit de vote pour la femme. &lt;br /&gt;
Oui il y a eu des ouvrières françaises qui allaient en Belgique pour se faire avorter parce que c’était défendu en France et qu’elles n’avaient pas d’argent. Je comprends pas comment je fais de la politique, c’était pas fait pour moi…. Moi je voyais des ouvrières partir la nuit se faire avorter, rentrer le même soir et reprendre le travail le lendemain. Ça j’ai trouvé ça horrible !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
- Quels ont été les changements les plus importants auxquelles vous ayez assisté ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Rina : On a assisté à la libération des femmes ! Qui ont pris leurs mains en vie, qui ont décidé d’être elle-même, d’être un vrai sujet dans leur vie, dans leur sexualité, dans leur contraception, dans leur choix professionnel, relationnel, … je sais pas quoi. On a assisté au droit du divorce. On a assisté au droit pour l’avortement. Enfin déjà au remboursement par les caisses maladies en 81. Ce serait quand même une honte de supprimer cela aujourd’hui. Alors que c’est un acquis qui date même avant la légalisation de l’avortement, donc c’est quand même un peu fort le café. On a assisté à beaucoup de changement de cet ordre là, et cela fait depuis un moment que l’on est en total régression.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Amélia :  plus gros c’est le droit de vote, parce qu’à partir du moment où nous avons le bulletin, c’est quelque chose de très important, on nous considère comme une personne&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Y a-t-il eu des valeurs que vous avez eu le sentiment d’avoir porter en avant et si oui lesquels  ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Mais qu’en est-il aujourd’hui de cette lutte et des acquis et des risques de retour en arrière ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Références bibliographiques ==&lt;br /&gt;
&amp;lt;references/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Boutin, G., 2006, &#039;&#039;L&#039;entretien de Recherche qualitatif&#039;&#039;, Presses de l&#039;Université du Québec.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Roussopoulos Carole, &#039;&#039;Debout ! Une histoire du mouvement des femmes 1970-80&#039;&#039;, 1999. Consulté le 19 Novembre 2013 sur http://ballonsonde.org/wikiSonde/videos/Femmes_Debout.htm&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
– Hirata H, et al,2000, &amp;quot;Dictionnaire critique du féminisme&amp;quot;, Paris : Presse Universitaires de France.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Archives contestataires de Genève, Mouvements de Liberté des Femmes : 1970-90[[Fichier:MLF femme.pdf|vignette|Document des archives contestataires]]&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Archives contestataires de Genève, Mouvements de Liberté des Femmes : 1970-90[[Fichier:MLF archives.pdf|vignette|Documents des archives contestataires]]&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Archives contestataires de Genève, Mouvements de Liberté des Femmes : 1970-90 [[Fichier:MLF assez.pdf|vignette|document des archives contestataires]]&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Archives contestataires de Genève, Mouvements de Liberté des Femmes : 1970-90 [[Fichier:MLF avorter.pdf|vignette|Document des archives contestataires]]&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Archives contestataires de Genève, Mouvements de Liberté des Femmes : 1970-90 [[Fichier:MLF personne.pdf|vignette|Document des archives contestataires ]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Julie</name></author>
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