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	<title>DeWiki - Contributions [fr]</title>
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		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Entretien_avec_M._Alain_Riesen&amp;diff=13051</id>
		<title>Entretien avec M. Alain Riesen</title>
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		<updated>2014-01-13T21:34:31Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Jessy Herrera : /* Entretien avec M. Alain Riesen */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;== Entretien avec M. Alain Riesen ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
E : Depuis quand et avec qui (quel groupe) vous êtes-vous engagé dans la lutte pour les droits de la personne et quel était à ce moment-là votre statut (ou fonction)?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
R : L’engagement proprement dit c’était dans les années ’71-’72, ma première expérience c’était en 1967. À [http://fr.wikipedia.org/wiki/Clinique_de_Belle-Id%C3%A9e la clinique psychiatrique de Belle-Air], à l’époque on appelait ça Belle-Air. C’était dans un pavillon fermé : admission hommes et pendant un mois j’étais aide soignant avant de décider de faire mon école de [http://fr.wikipedia.org/wiki/Ergoth%C3%A9rapie ergothérapie.] C’est ma première expérience où j’ai vu, ce qu’on appelle la violence institutionnelle, c’est à dire un ensemble de patients dans une salle, à peu près deux foi comme celle-ci (4x2m.), nue, avec deux tables fixées au sol, deux WC ouverts sans portes et puis des hommes mélangés : troubles psychotiques, handicaps physiques en chaise roulante, handicaps mentales enfin un mélange. Ils passaient la journée dans cette salle et il y avait toujours un aide soignant ou un infirmier qui était là en train de les surveiller. On leurs donnait à manger à midi, une espèce de porridge, purée… Ils mangeaient vers 16.30, 17.00 heure et après on les couchaient. Il y en a qui étaient attachés sur leurs lit, soi-disant qu’ils faisaient leurs urines, et ils étalaient leur excréments sur les murs, alors on les attachaient. Ils restaient attachés toute la nuit. Ça c’est ma première expérience, jeune: j’avais 17-18 ans… Dans cette salle là on fermait à clé et puis les infirmiers me regardait à travers les vitres et les rideaux pour voir si j’allais supporter cette réalité-là… Voilà c’est ma première expérience où je me suis rendu compte après, que je ne connaissais pas… c’est vrai que la psychiatrie, c’était la première fois que je voyais des… et je me disais tient, voilà, c’est comme ça qu’on traite des personnes adultes qui ont des problèmes psychiatriques. À partir de là je suis parti faire des voyages en Europe, en Allemagne j’ai aussi vu des associations pour handicapés, j’ai fait des stages à l’hôpital cantonal, comme aide infirmier ou transporteur, je voulais connaître ce domaine et je voulais comprendre si je pouvais y travailler, si j’avais envie, si c’était mon désir de travailler dans ce domaine là. J’ai décidé malgré cette expérience forte: j’ai travaillé à l’hôpital cantonal à Beau Séjour, en rééducation physique et psychiatrie. J’ai décidé de faire de l’ergothérapie. La formation d’ergothérapeute, donc à la base j’ai une formation d’ergothérapeute et puis après mon école j’ai fait des stages à [http://fr.wikipedia.org/wiki/Clinique_de_Belle-Id%C3%A9e Belle-Idée]. C’est pendant mes stages qu’on a créé déjà le premier groupe de réflexion et d’action qui s’appelait le CAS: Comité d’Action de Santé, avec des professionnels, des médecins, des infirmiers, des ergothérapeutes, des socio-thérapeutes pour réfléchir sur la réalité de l’institution, pas seulement psychiatrique, mais aussi globalement dans le domaine de la santé, une réflexion politique, de la politique institutionnelle. Donc voilà mon parcours... Mes premières actions étaient des actions de réflexion, assez rapidement, une années après je me suis engagé en psychiatrie institutionnelle et la question des droits des patients c’est posée; surtout sur le point de vue des conditions de vie, de la question de l’internement psychiatrique, de la question de l’hospitalisation non volontaire, la question de la sortie, toutes ces questions-là, le lien entre ce qu’on a appelé à l’époque la violence institutionnelle, ou institution totalitaire, c’est à dire une notion qui est venue de [http://fr.wikipedia.org/wiki/Erving_Goffman Goffman], le sociologue. C’est intéressant à lire, même s’il date, mais c’est le premier qui à conceptualisé l’institution totalitaire. Puis après, mes références étaient plutôt [http://fr.wikipedia.org/wiki/Robert_Castel_%28sociologue%29 Robert Castel], autre sociologue français qui a écrit l’ordre psychiatrique. Pour moi, c’est une des mes références, avec Foucault, [http://fr.wikipedia.org/wiki/Foucault_Michel Michel Foucault] au niveau de la réflexion institutionnelle. L’institution totalitaire se caractérise par l’identité de la personne, la personne est incurable, elle est dangereuse et elle doit être hospitalisée à vie, c’est à dire l’hôpital est le lieu de vie. C’est ça la conception qui vient des années 1850, la psychiatrie moderne se construit de 1850 à 1950, elle se construit sur un siècle de processus de médicalisation de la folie, des troubles psychiques. On 1900 On crée la clinique psychiatrique ici à Genève. Donc il y a deux éléments forts : c’est cette conception de la personne, incurable, dangereuse, on doit l’hospitaliser à vie parce qu’on ne peut pas la soigner dans un lieu clos ; donc on lui donne tous les éléments, on répond à tous ses besoins : manger, dormir, avoir quelques activités et quelques soins. Voilà… c’est un lieu fermé. C’est à partir de cette expérience là et de la prise de conscience de cette manière de concevoir l’autre ayant des troubles psychiques, que petit à petit se révèle la question des droits de la personne, petit à petit dans ce domaine, il surgit la nécessité de changer l’institution, changer les lois, de changer les pratiques etc. Il y a un ensemble d’éléments. Ce qui constitue une politique de santé mentale c’est l’institution. On appelait ça le dispositif institutionnel, c’est la théorie, c’est à dire la [http://fr.wikipedia.org/wiki/Psychopathologie psychopathologie], la manière de définir l’identité de la personne, les corps des professionnels, les questions législatives, les droits des patients, le cinquième élément c’est… je ne me rappelle plus. Mais il y a cinq éléments qui constituent une politique de santé mentale, et ces cinq éléments sont articulés les uns aux autres, quand vous changez un élément tous les autres éléments changent, quand vous changez de manière significative. Au moment où il y a l’arrivée des neuroleptiques comme nouveau médicament, on peut enlever les barreaux dans le dispositif institutionnel, on peut considérer les professionnels comme des soignants et pas comme des gardiens de « prison », on peut éliminer les traitements de choc progressivement, etc. Un élément de ce dispositif, lors qu’il change de manière significative, il change aussi les autre, ils sont interconnectés. C’est cette prise de conscience de l’ensemble de ces éléments, puisqu’à l’époque on avait encore les grandes cures de sommeil, on avait les cures d’insuline pour provoquer, on avait les grandes cures d’électrochocs, tout ça se pratiquait sans le consentement du patient, puisqu’il était incurable et qu’il n’avait pas la capacité de discernement, il n’avait pas la capacité de dire « oui » ou « non » ; puisqu’il était fou, donc ce sont ces éléments-là. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’engagement, l’action plus spécifique pour les droits des patients c’est à partir d’évènements concrets, c’est à dire à partir d’une tentative d’hospitalisation d’une femme commerçante du quartier de Sant-Gervais, parce qu’elle, je ne vous raconte pas toute l’histoire, mais pour vous dire que c’est toujours un événement concret qui fait surgir sur la dimension globale, c’est à dire la micro-conflictualité qui fait surgir une dimension globale et qui fait qu’il y a un débat publique, dans les journaux, à la radio, à la télévision, et que tout le monde s’empare de cette situation. Il y a trois éléments forts dans ces années-là, ‘71-‘75. Une tentative d’hospitalisation d’une commerçante du quartier de Sant-Gervais qui échoue, c’est à dire la police qui arrive avec l’ambulance, les infirmiers, ces commerçants téléphonent à leur avocat pour dire « ils veulent nous hospitaliser » parce qu’ils refusaient de déménager du lieu où ils étaient. Ils refusaient de déménager parce qu’ils avaient un commerce et dans ce commerce un jour la fille a dit « si vous m’expulsez je vais me tuer », elle a fait cette expression-là donc le procureur, toute la juridiction qui était lié à ce commerce a dit « ah, on va faire un examen psychiatrique ». Ils ont fait un examen psychiatrique avec un médecin, le médecin est venu dans le commerce et a fait un bon d’hospitalisation non volontaire, une semaine après l’ambulance arrivait. Durant ce moment très fort, elle a réussie à téléphoner aux avocats, les avocats sont arrivés, il y a des gens de la rue qui se sont attroupés autour du commerce et ils n’ont pas réussi à prendre cette femme pour l’hospitaliser à Belle-Idée, ça a fait la une des journaux, ça a fait un scandale… Cette femme a vécu vingt ans sans problèmes dans son commerce, mais pour vous montrer qu’il y avait une utilisation, de « l’arme psychiatrique » pour résoudre ce que, à l’occurrence, c’était un conflit lié à une personne qui ne voulais pas quitter son commerce, il y avait des mesures d’expulsion pour construire un beau bâtiment. Elle était dans un petit commerce, elle vendait des habits. Voilà je m’arrête là, je vous ai fait un film sur cette situation. J’ai fait une interview avec cette femme qui expliquait comme elle a subit l’examen psychiatrique à l’intérieur de son commerce, le médecin psychiatre est venu dans son commerce pour lui dire qu’elle devait subir un examen psychiatrique et c’est lui qui a fait un bon d’hospitalisation non volontaire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Donc, en deux mots, c’est à partir de mon expérience et des situations conflictuelles, il y en a trois ou quatre encore que je pourrais citer, qui a émergé la nécessité d’un mouvement pour les droits des patients &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
E : Est-ce qu’il y a aussi une influence extérieure qui a fait qu’ils ont commencé toutes ces luttes, tous ces débats contre la psychiatrie ? &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
R : Alors, les événements extérieurs, le moment fort c’est [http://fr.wikipedia.org/wiki/Mouvements_sociaux_de_1968_dans_le_monde mai ’68]. C’est le mouvement qui n’est pas seulement un mouvement, c’est un mouvement global au niveau de l’ensemble des pouvoir institutionnels en Europe, aux Etats-Unis, en Amérique latine. Il y a un moment de contestation extrêmement puissant des pouvoirs constitués, des pouvoirs institutionnels, que ça soit, la famille, l’usine, la santé, l’éducation etc. Il y a un mouvement de contestation des normes institutionnelles, ça c’est le mouvement global. Nous, comme jeunes étudiants et professionnels, on est dans cette dynamique-là, on est dans une dynamique de réflexion, de contestation des pouvoirs institués. Dans le domaine du champ spécifique de la santé mentale, il y a la création du réseau d’alternative à la psychiatrie. Vous pouvez aller chercher les documents dans les archives contestataires. Il y avait notamment un groupe, une association qui s’était créé pour récolter des archives liées au mouvement des femmes, à la santé, à l’éducation, etc. Et nous nous avons donnés nos archives sur le réseau d’alternative à la psychiatrie. Donc ce qui est extérieur, c’est des professionnels et des patients qui réfléchissent à une autre manière de pratiquer le soin. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Donc c’est l’expérience italienne de [http://fr.wikipedia.org/wiki/Franco_Basaglia Basaglia] et Giovanni Jervis, qui est la fermeture de l’hôpital psychiatrique de Trieste. Donc moi, je vais dans les premières réunions qui étaient à Venise, les premières réunions du réseau d’alternative à la psychiatrie avec quatre ou cinq pôles. L’expérience italienne dont la réflexion était: il faut fermer les hôpitaux psychiatriques et développer un dispositif institutionnel sur le territoire. C’est ça l’idée de base. Avec différents courants, ils n’étaient pas tous au même niveau. Il y avait des courants: il y avait le courant Basaglia, institutionnel, il y avait le courant de Giovanni Jervis, dans une des villes italiennes près de Bologne; il y avait plusieurs courants en Italie. En gros, le courant fort était la fermeture des hôpitaux qui va se produire dans les années ’80 avec la Loi X qui dicte la fermeture des hôpitaux psychiatriques. Qui posait là un problème parce qu’il y a des régions qui ont très bien joué le changement et d’autres régions qui n’ont rien fait. Donc les gens se sont trouvés à la rue, sas foyer, sans atelier, etc. Parce qu’il y avait des régions qui étaient plus avancées que d’autres en Italie. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il y a le courant anglais, c’est la création des communautés thérapeutiques. Ça c’est l’expérience de [http://fr.wikipedia.org/wiki/Ronald_Laing Laing] et [http://fr.wikipedia.org/wiki/David_Cooper Cooper]. Cooper a fait partie du réseau d’alternative à la psychiatrie, on a travaillé ensemble avec Cooper. Vous pouvez lire les différents livres de Laing et Cooper. L’idée est de rompre avec l’hôpital traditionnel et de créer des espaces de communautés thérapeutiques avec peu ou pas de médicaments. Où la personne va vivre sa crise psychotique sans médicaments. Une des expériences fortes de ce courant-là, c’est le livre de [http://en.wikipedia.org/wiki/Mary_Barnes Mary Barnes], qui a écrit, c’est le patient qui a écrit son parcours pendant deux ans dans la communauté thérapeutique de Cooper et Laing. Ça c’est le courant anglais, anglo-saxon.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il y a le courant belge, avec un psychiatre marocain-belge, qui a fait une expérience de communauté thérapeutique aux Etats-Unis dans le Bronx. Avec les communautés noires, africaines à New York et qui a développé une expérience en Belgique à Bruxelles, dans le quartier de Schaerbeek, un quartier qui est composé majoritairement de marocains, les populations qui viennent travailler, vivre en Belgique… et qui a développé un réseau d’institutions pour des gens qui ont des problèmes psychiatriques en dehors de l’hôpital psychiatrique. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il y a le courant hollandais qui a encore une autre approche.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est un réseau, après il y a encore le courant français avec Foucault, Castel et Guattari, [http://fr.wikipedia.org/wiki/F%C3%A9lix_Guattari Félix Guattari], qui ont développé l’institution de la Borde, près de Paris. Une petite institution psychiatrique privée, avec un mode de pratique autogéré. Il y a un directeur, qui existe toujours maintenant. Guattari est décédé, mais il y avait un mode de gestion de la vie quotidienne entre soignants et soignés, où les personnes discutaient chaque jour de comment vivre ensemble, dans un lieu pour des gens qui ont des problèmes psychiatriques, avec une antenne à Paris. Une antenne où les gens qui sortaient pouvaient aller vivre après dans un quartier à Paris et puis il y avait plusieurs lieux de consultation ouverts, avec beaucoup de créativité, dans l’esprit en fait que les gens ont des capacités même si ils ont des troubles psychiques, et donc ces capacités, il faut leurs permettre de vivre avec. Voilà, les influences, c’est le réseau d’alternative à la psychiatrie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une des dernières réunions du réseau, ce réseau se faisait, il y a avait des réunions annuelles à Paris, à Trieste, vers Amsterdam, en Belgique à Bruxelles, on réunissait des groupes de professionnels avec des groupes de patients, parce que comme c’est à surgir des groupes de patients autonomes, indépendants, qui commençaient à prendre une certaine place. C’est-à-dire que le point de vue du patient n’est pas seulement une interprétation du professionnel, même bien veillant, même luttant pour ses droits, mais avec l’idée que les personnes concernées peuvent s’organiser pour avoir un réseau entre elles et avoir une parole, une action par rapport à leurs conditions de vie, leurs conditions de soin. C’est à partir d’une expérience, une dernière réunion à Genève, à la maison de quartier de la Jonction, du réseau d’alternative à la psychiatrie, où des équipes de tous les pays européens viennent et on discute des différentes expériences, qu’un groupe de patients de Genève est venu participer à cette réunion. Ils n’ont rien dit, ils ont écouté et, à la fin de cette réunion, ils sont venus vers nous, on était quatre ou cinq, médecins, ergothérapeutes, infirmiers, et ils nous ont dit, dans la rue, je me rappelle très bien, sur le trottoir, ils nous ont dit: « c’est le moment de créer un groupe, une association, un collectif pour défendre nos droits. Nous, seuls, on ne peut pas le faire, c’est trop difficile. Il faut qu’il y a une alliance entre des professionnels, des familles, des patients et des avocats, etc. » On a créé [http://www.rolfhimmelberger.ch/wp-content/uploads/2012/03/Adupsy-face-a-Revision-Loi-pers-atteintes-aff-mentales_1936_79.09.pdf l’ADUPSY,] l’association pour les droits des usagers de la psychiatrie. C’était la première association et on a fait un travail pendant plusieurs années pour accueillir les demandes, les plaintes, les critiques des patients. On a fait une permanence, donc c’était un travail hors professionnel, on était tous au même niveau, on était membres de l’association pour les droits des usagers de la psychiatrie. Un des patients, une des personnes qui nous avait sollicité est morte lors d’une hospitalisation à la clinique psychiatrique de Belle-Idée, lors d’une cure de sommeil à haute dose, dans une chambre fermée. C’était un des évènements qui a aussi été extrêmement puissant, qui a mis en évidence la réalité de l’institution psychiatrique. À la suite de ce drame, il y a eu une commission d’enquête qui a été faite et qui a mis en cause… La parole s’est libérée, si vous voulez. La commission d’enquête était composée de professeurs de psychiatrie et de professeurs de droit, qui ont eu l’intelligence d’interviewer pas seulement la direction mais aussi le personnel de la clinique. Tout ce que je vous ai expliqué au début, sur ce qu’on appelle la violence institutionnelle, a surgit. Ca a été un moment de crise important de l’institution, le directeur a été destitué. C’était une décision politique. La dimension du travail dans la communauté a été reconnue comme une dimension importante, à savoir diminuer le nombre de lits à l’intérieur de l’hôpital psychiatrique. On est passé de 600 à 300 lits en plusieurs années, et développer le secteur, la sectorisation, qui est le modèle institutionnel aujourd’hui encore en vigueur. C’est-à-dire diviser la ville en quatre secteurs et à ces quatre secteurs doivent correspondre un centre de consultation, un hôpital de jour, une unité hospitalière, mais où il y a une cohérence entre ses dispositifs institutionnels.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’histoire du secteur va être trop longue à vous expliquer. Allez voir les textes français sur la sectorisation, ça vient de l’expérience pendant la dernière guerre mondiale. Le drame qui a vécu les patients psychiatriques en Europe, en Allemagne bien sûr, puisqu’ils étaient tués, exterminés beaucoup, handicapés mentaux et psychiatriques. Mais en France aussi, beaucoup de patients sont morts dans les hôpitaux psychiatriques pendant la dernière guerre. Ils sont morts de faim et de froid. C’est à dire qu’il n’y avait pas assez à manger. Donc les médecins de l’époque, les médecins progressistes, ceux qui avaient une conscience, ils ont ouvert les portes des hôpitaux et ils ont laissé aller vivre ces patients à l’extérieur pour éviter qu’ils meurent de faim et de froid. Après la guerre ils se sont aperçus que ces personnes avaient très bien vécu. Ils avaient donc des capacités d’intégration. C’est là qu’on a pensé qu’il fallait développer cela. Bien sûre, qu‘aujourd’hui c’est une évidence. Arrêter que l’hôpital soit le lieu de vie des gens, faire que l’unité de crise soit uniquement pour la crise et puis que les gens vivent à l’extérieur, c’est à dire dans la communauté. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Voilà, ça c’est l’expérience de [http://www.rolfhimmelberger.ch/wp-content/uploads/2012/03/Adupsy-face-a-Revision-Loi-pers-atteintes-aff-mentales_1936_79.09.pdf l’ADUPSY], l’association pour les droits des usagers de la psychiatrie. Puis après j’ai participé à la création de la fondation [http://www.promentesana.ch/ Pro Mente Sana,] c’est une fondation nationale qui a un secrétariat, où on pouvait aller interviewer. Ce sont maintenant des gens extrêmement compétents sur la question des droits des patients. Chirin Atant, est la juriste de cette fondation, secrétariat romand. Julien Dubouché est le secrétaire général, qui fait un travail pour développer, promouvoir, stimuler, accompagner toute la question des droits des patients psychiatriques. Donc j’ai participé à la création de cette fondation, fondation qui existait en Suisse allemande. J’ai participé à la création du secrétariat romand et en 1984, j’ai créé ce lieu avec un collègue.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Donc voilà, un tout petit peu, les éléments du parcours, où on a abouti aujourd’hui à un dispositif des droits des patients multiforme. Nous, on a toujours privilégié le soutien et l’accompagnement des groupes de patients. Aujourd’hui il y a quatre groupes de patients autonomes, c’est-à-dire sans qu’il ait des professionnels dans le groupe.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le REV, c’est le groupe des entendeurs de voix. Vous avez entendu parler ? Alors, il y a quatre groupes, le REV: réseau des entendeurs de voix. C’est un très beau titre pour dire qu’il y a la problématique de gens qui ont des troubles, classiquement défini comme des hallucinations auditive. Ils se considèrent comme des gens qui entendent des voix et ils se réunissent et ils réfléchissent à la signification de ce que c’est ces processus extra-sensoriels. Ils essaient de sortir de la définition psychopathologique du délire et de l’hallucination auditive, sensorielle, visuelle. Pour réfléchir, ils se réunissent régulièrement, on leurs prêt le local ici. C’est notre contribution au groupe de patient. Ils viennent se réunir là, et une fois par mois ils ont des multiples activités. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il y a le groupe AETOC, l’association des personnes qui ont des troubles obsessionnels compulsifs, les tocs. Vous voyez ce que c’est ? Ils sont réunis en association et ils font un travail, je dirais, entre eux. Principalement de débat, de réflexion sur la problématique des troubles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il y a [http://www.l-experience-association.ch/ l’association l’Expérience], qqui a développé des activités. Ils ont un local près de Lignon. Ce sont des gens qui sont à l’AI, qui ont des troubles psychiques et qui ont développé une activité propre. Puis ils font de la photo, ils font de la peinture, ils font plusieurs activités, mais aussi avec l’idée: « ce n’est pas parce qu’on est à l’AI, pour des raisons psychique qu’on ne peut avoir un point de vue sur les questions sociales, sur les questions institutionnelles, sur la question des droits…». Donc c’est un groupe qui s’auto-organise.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le quatrième, [http://www.association-atb.org/ l’association ATB], l’association des personnes qui ont des troubles bipolaires et dépressifs. L’ATBEP, l’association des personnes qui ont des troubles bipolaires et dépressifs, qui font aussi un travail entre elle, de débat, de discussion sur ce que c’est de vivre avec ce type de trouble.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Donc aujourd’hui, si vous voulez, ce qui me parait intéressant c’est l’avancée de ces groupes et la réflexion, le lien qu’on peut avoir avec ces groupes comme professionnels. La question des droits est toujours d’actualité, parce que la question de l’hospitalisation non volontaire et la question du traitement, du type de traitement qu’on propose, je, dis « propose » ou « impose » suivant le niveau de la crise dans laquelle la personne se trouve, est toujours quelque chose qui va être présent historiquement. Même si on trouve des modes d’accueil de la crise différents que le mode traditionnel, c’est-à-dire l’enfermement dans une chambre fermée, j’ai toujours pensé qu’il faillait développer des alternatives à ça. L’alternative qui me parait la plus intéressante, c’est la communauté thérapeutique. Il existe en Suisse une communauté thérapeutique, à Berne, qui s’appelle Soteria, l’association Soteria. C’est un professeur de psychiatrie qui a développé cette association qui existait aux Etats-Unis, qui est un modèle d’accueil de la crise, différent du modèle classique, traditionnel, où la personne est hospitalisé contre son gré, a un traitement de type neuroleptique pour réduire la crise, elle retrouve ses capacités relationnelles et sort de la clinique sur un temps relativement court. La communauté thérapeutique, ce n’est pas, ou peu de médicaments. Le temps de la crise est plu long, il est plus difficile, c’est douloureux de vivre une crise psychotique. Mais la personne a l’occasion de réfléchir sur son processus. Donc ce qui me paraît intéressant aujourd’hui dans le débat c’est la possibilité d’un choix, un choix à l’intérieur du cadre législatif. Je ne pense pas qu’on arrivera à éliminer toutes contraintes par rapport à la question de la crise, à la question de l’urgence psychiatrique; ou du moins le débat est ouvert: « est-ce que c’est possible d’éviter pour toutes situations une contrainte du type médico-policier ? » Parce que c’est ça ce qui se passe quand une personne a une crise. On fait appel au médecin de garde à l’urgence et à la police. Est-il possible ? Une des vraies questions sur les droits est celle-ci : « Est-il possible de développer une autre approche dans la crise qu’une contrainte ? » De mon expérience, je dis non. Je dis non, parce que la réalité de la crise, même si on ne sait pas pourquoi une partie de la population va développer un processus atteint du type psychotique, n’empêche que la crise existe réellement et il y a vraiment une déconnexion de la personne par rapport à la réalité. La question de la dangerosité, que ce n’est pas une question médicale, c’est une question médico-sociale, de société, qu’est-ce que c’est la dangerosité ? Elle est à évaluer, même si c’est deux médecins en face d’une personne en crise qui menace autrui, auront une évaluation de la dangerosité différente. Le médecin qui a 25 ans d’expérience il aura une autre manière d’aborder la dangerosité que le jeune médecin qui a 3 ans d’expérience. La question de l’interprétation et de la compréhension, par exemple, de la notion de dangerosité, qui est une des notions essentielles pour hospitaliser une personne contre son gré, est essentielle. Il faut que la réalité du trouble, il faut que le médecin dit qu’il y a un trouble, il doit dire qu’il y a une dangerosité par rapport à soi-même ou autrui, et il doit dire qu’on ne peut pas faire autrement que le placer dans un hôpital psychiatrique. Il faut ces trois conditions sur la question des droits des patients. S‘il y a une de condition qui n’est pas remplie, on ne le fait pas. Il faut que les trois conditions soient réunies au même moment pour qu’une personne soit hospitalisée contre son gré. Mais tout de suite. Après son hospitalisation, elle doit recevoir ses droits, de dire, elle doit pouvoir contester son hospitalisation forcée. Ça c’est toute la dialectique. Il y a des patients qui disent que la réalité du trouble n’existe pas et, des personne qui contesteront systématiquement leur hospitalisation parce qu’il ne se considère pas comme malade. Ça c’est une question qui faut prendre bien au sérieux, bien entendu. De mon point de vue il n’y a pas tellement des statistiques, mais il doit y avoir un 10-20% de personnes qui ont des troubles, qui font des hospitalisations et qui sortent et qui ne se font pas soigner parce que de leur point de vue, ils ne sont pas malade. C’est la société, c’est vous qui êtes les agresseurs de cette personne. Vous voyez ? Ça c’est un vrai problème parce que ce sont les gens les moins défendus. Pourquoi ? Parce qu’ils n’ont pas de soin, ils sont dans une zone grise de la société, ils vont plutôt dans des espace de type SDF, pour les gens qui sont en situation précaire, ils vont au Carré, à la Couloure, dans ces espaces là et ils ont une forme de survie. Les autres les considèrent comme ayant des troubles, eux même ne se considèrent pas comme ayant des troubles, donc ils vivent dans ce qu’on appelle, une zone grise de la société. On commence à prendre en considération ces groupes de personnes et on commence à penser qu’il faut aller vers eux, là où ils vivent, des fois dans la rue, des fois dans des squats, des fois dans des lieux de vie précaire, des fois dans des hôtels, etc. Il y a toute une population qui ne démarche pas auprès de l’institution de soin et qui a des besoins spécifiques bien sûre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
E : Y a-t-il des valeurs que vous avez eu le sentiment d’avoir porté en avant et si oui lesquelles étaient-elle ? &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
R : Des valeurs ? Dans le sens ? Quoi vous pensez comme valeurs ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
E : Par exemple l’autodétermination, la liberté…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
R : Oui, tout à fait. L’autodétermination c’est une valeur aujourd’hui qui est dominante. Il faudrait la définir car elle peut être ambiguë... Quelle autodétermination pour une personne qui a une forme de dépendance ou de trouble, qui justement limite son autodétermination ? Donc toute la question de l’autodétermination, c’est un concept intéressant, mais il faut voir comment il s’articule avec la réalité du trouble psychique. Ces valeurs pour moi, je les rapprocherais de ce qui s’est passé avec différents atteintes à la santé comme le [http://fr.wikipedia.org/wiki/Syndrome_d%27immunod%C3%A9ficience_acquise SIDA], par exemple. Le [http://fr.wikipedia.org/wiki/VIH VIH], où progressivement s’est mis en place. Pour ces personnes qui avaient le VIH, avec lesquelles on a travaillé ici, pas mal de personnes qui avaient des troubles psychiatriques ont eu le VIH. Pour moi l’autodétermination est beaucoup liée à la capacité de travailler collectivement. C’est-à-dire avoir une solidarité, un lien collectif et qui a fait émerger, ce qu’on appelle, vivre avec, avoir la capacité de vivre avec son trouble. C’est à dire de ne pas avoir l’illusion que ce trouble va disparaître par magie, parce qu‘un médicament, un traitement va pouvoir faire qu’on va retrouver sa pleine santé. Donc la question de l’autodétermination, c’est un nouveau mot, mais moi je l’ai toujours appliqué, depuis que je travaille. En gros on n’est pas dans des rapports de pouvoir, même s’il y a, est institué certaines formes de pouvoir, on accompagne des personnes dans un processus de vie, qui est d’améliorer constamment la qualité de vie des gens. Faire que le maximum de liberté ou d’autonomie, qui est propre de notre métier, l’ergothérapie c’est la possibilité de donner aux gens l’autonomie dans leur vie quotidienne, vie sociale, relationnelle, d’activité au maximum. Mais ça vous devez le faire même si la situation, la santé dégrade, parce que la réalité des personnes qui vivent avec des troubles psychiques, et ça c’est les études épidémiologiques qui le montrent, un tiers des personnes, quelle que soit la prise en charge, le traitement, etc. La situation de base se dégrade, c’est-à-dire ils vont perdre certaines capacités d’autonomie, à la place de vivre de manière indépendant dans un appartement, ils vont devoir aller vivre dans un foyer. Ça c’est sur plusieurs années, quand vous voyez un focus sur un ou deux ans vous ne savez pas si cette personne est dans un processus de dégradation, de stabilisation ou d’amélioration, voire de guérison. Vous le voyez sur des temps long, sur dix ou vingt ans. Donc la question de l’autodétermination elle doit être constante par rapport à la personne et au collectif, mais aussi dans la représentation qu’on peut en avoir, c’est-à-dire une partie, un tiers des personnes la situation va se dégrader. On travaille avec une personne dont on sait qu’elle ne va pas retrouver toutes ses pleines capacités. Un tiers des personnes en situation, ça c’est une étude sur mille personnes, c’est les grandes études qui sont très rares, qui coutent très chère, parce que vous étudiez sur vingt ans l’évolution de la maladie. Deux grandes études, une en Angleterre et une à Lausanne. Et à Lausanne, elle a été reproduite deux fois. Vous pouvez aller voir dans la littérature, les études épidémiologiques de l’école de Lausanne et qui montrent cette évolution. Un tiers des personnes améliorent sensiblement leur état de santé ou guérissent. On n’a pas cette représentation par rapport aux troubles psychotiques. On a plutôt une représentation où les gens vont vivre toute leur vie avec un trouble psychotique. Quand je dis trouble psychotique, ça peut être aussi une dépression chronique, un trouble bipolaire, etc. Ce sont tous les troubles qui handicapent la personne, qui limitent son autonomie. Donc un tiers des personnes améliorent ou guérissent. Quand ces études sont sorties, même les milieux médico n’y croyaient pas. On disant : « ce n’est pas vrai, on ne guérit pas d’une psychose.» Vous voyez ? Mais les études le montrent. Donc voilà, ce sont des valeurs, sur la question de l’autodétermination et de la liberté, ce sont des valeurs aussi qui doivent se construire à la mesure de votre statut. Quand vous êtes professionnel vous avez une certaine compréhension, une certaine vision des troubles. Lorsque vous êtes chercheur, vous avez une autre vision. Lorsque vous êtes patient, vous avez une autre vision. Si vous êtes un avocat, un avocat il va défendre quel que soit la « réalité » du trouble. Il va défendre à fond son client pour qu’il sorte. Si son client est dans l’hôpital et lui dit: « je veux sortir de cet hôpital », il va tout mettre en œuvre pour faire que cette personne sorte de l’hôpital, même si son client est devant lui en train de lui dire qui fait partie de la CIA ou du KGB, etc. Il est dans un rapport où la question de la liberté répond aux besoins de la personne, dans cette expression qu’elle a : « je suis enfermé à cause d’une organisation qui a décidé de m’enfermer.» Quel est la part d’interprétation, d’évaluation, de ce que vous faites… Ça existe la CIA, ça existe des gens qui le font, c’est réel. Qu’est-ce que vous savez que la personne est soumise à… Voilà, c’est facile de dire qu’elle a un délire. Il faut en premier aller voir si elle n’est pas liée à une organisation. Point d’interrogation… Si vous êtes un professionnel de la santé mentale, vous dites ça c’est un délire, si vous êtes un avocat vous dites autre chose…  Donc la question de la liberté est aussi relative. Le plus intéressant est de travailler en interprofessionnel, en inter-discipline, parce que vous avez une capacité, vous avez un regard, des regards croisés, donc vous avez une autre approche que strictement un regard de médecin, d’infirmier, de chercheur ou d’avocat, ou de juriste. L’intéressant c’est de toujours se poser les questions avec un point de vue différent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
E : Qu’en est-il aujourd’hui de cette lutte et des acquis et des risques de retour en arrière ? Sur quoi faudrait-il continuer de se battre, de lutter ? Est-ce que vous continuez aujourd’hui de vous engager et sur quoi ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
R : Alors, au niveau de la lutte, c’est entre guillemets. Toute la lutte liée aux droits des patients, elle s’est un peu institutionnalisée. C’est-à-dire qu’il y a des structures qui se sont mises en place pour défendre les droits des patients, les droits des assurés. Tout ça s’est construit, ça c’est un peu figé avec des aspects positifs et des aspects négatifs. Les aspects positifs c’est que c’est pour tout le monde et c’est la possibilité d’accéder à un service, c’est des lois qui ont changées, c’est la reconnaissance par exemple. Il y a la loi sur l’hospitalisation non volontaire, il y a une commission de surveillance des professions de la santé et des droits des patients. Si vous voulez, dans la loi qui est notre expression politique de la question du droit, elle est inscrite dans la constitution, dans les lois. Les droits des patients sont inscrits dans la loi. En 1950, ’60, ’70, ça n’existait pas. Aujourd’hui ce l’est. Cette commission de surveillance des professions médicales et de la santé est composée de représentants, de personnes qui sont dans des organisations de défense des droits des patients. Si quelqu’un conteste une hospitalisation, ou un traitement, il va y avoir une commission composé d’un avocat, d’un médecin et d’un représentant des droits des patients. Vous pourriez y être, si vous êtes dans une organisation qui est reconnue comme faisant partie de la défense des droits des patients. Vous pourriez aller voir ce patient avec un médecin et un avocat et écouter la personne qui va dire pourquoi elle conteste son hospitalisation … Ça c’est nouveau. Ca c’est une vraie avancée de reconnaissance. Est-ce que ça a changé la pratique ? Des fois oui, des fois non. Parce que la puissance du pouvoir médical est toujours très, très forte. Ce n’est pas facile de contester un diagnostic. Est-ce que vous pourriez contester un diagnostic de schizophrénie, dire autre chose ? Non, cette personne n’est pas schizophrène. Aujourd’hui la référence c’est le corps médical psychiatrique qui le donne. La référence, entre guillemets, scientifique et idéologique c’est le pouvoir médical. Donc la question à se poser c’est la place de la force, de la puissance du pouvoir médical. C’est extrêmement rare qu’un médecin soit contesté, même s’il y a trois ou quatre contre expertises. Mais c’est toujours les médecins qui définissent l’identité psychopathologique de la personne. C’est une avancé qui a eu des représentants des droits, mais c’est suivant qu’elle est la personne aussi, les personnes sont importantes, leurs expériences, leur capacité à contester le point de vue du médecin avec l’avocat, il y a toujours un avocat, un juriste. Donc de nouveau, il y a une réunion de trois personnes qui vont aller vers le patient, qui vont l’écouter, puis après qui prennent une décision, et des fois ils prennent une décision que la personne peut sortir: « là, on ne comprend pas pourquoi vous la retenez à l’hôpital…» ; mais c’est plutôt rare. Le pouvoir médical est encore celui qui est puissant dans son expertise, dans sa capacité de convaincre et de faire peur. C’est à dire : « si vous sortez cette personne le risque de dangerosité existe toujours.» Quand vous dites ça à une commission ou à un groupe, le médecin dit : « attention, le risque que cette personne soit de nouveau dangereuse à l’extérieur, puisqu’elle a, imaginons qu’elle a menacé ces voisins. » Vous hésitez à libérer cette personne. Donc il y a des avancées institutionnelles, il y a des droits reconnus, les personnes peuvent y faire appel. On a même à Genève introduit la notion de conseiller accompagnant. Toute personne hospitalisées peut faire appelle à une personne à l’extérieure, simplement pour faire valoir son point de vue. On appelle ça des conseillés accompagnant, on ne peut pas vous opposer, on ne peut pas vous dire : «non, vous êtes trop malade, vous n’avez pas le droit à un conseiller d’accompagnement». Nous c’est ce qu’on faisait comme militant, maintenant c’est institué, il y a un groupe de six accompagnants, dix accompagnants, la personne est à l’hôpital, elle conteste son hospitalisation, elle a la loi où c’est marqué : « vous pouvez faire appel à un conseiller accompagnant ». Pourquoi c’est important ? Parce que quand on a une crise, souvent, tout le réseau autour de vous éclate et vous vous retrouvez seul dans l’institution. Quand vous êtes seul c’est extrêmement dur. C’est pénible de se retrouver seul face à l’institution, d’où l’importance d’avoir une personne de l’extérieur qui va être à coté de vous et qui va vous aider à exprimer votre point de vue. Ça c’est une autre avancé législative, dans la loi il y a cette possibilité-là.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce qui a changé: le mouvement général de contestation des formes traditionnelles de la psychiatrie est un peu moins fort qu’avant, ça c’est la réalité. Il y a même des régressions, ça c’est mon point de vue. Devant la montée de l’extrême droite et des mouvements populiste il y a des formes de stigmatisation de groupes, de populations, avant le de l’extrême droit était axée sur les étrangers, sur les populations, sur l’immigration, sur le danger des étrangers qui viennent manger le pain des suisses et prendre la place des suisses. Maintenant ils ont décidé de cibler d‘autres groupes de population, des personnes qui sont assistées, qui abusent de l’assistance, les personnes qui sont handicapés psychiques, qui abusent des revenues de l’assistance. On est dans des formes, aujourd’hui, de régression sociale et politique par rapport à il y a vingt ans. Très concrètement grâce à ces mouvements de extrême droite, qui s’attaque à des groupes de population qui n’ont pas les capacités, d’abord une représentation politique forte, ils réussissent premièrement à, progressivement avoir des stratégies de prise de pouvoir politique, ils sont de plus en plus importants, donc il faut faire très attention à ces groupes là, mais au même temps ils limitent les droits des personnes concernées. Dans le domaine psychique, très clairement, c’est grâce à ces groupes là que la question financière, de financement des hôpitaux est questionnée. Il y a eu une contestation de l’hôpital psychiatrique sur les réductions budgétaires par rapport aux hôpitaux psychiatriques, donc une pression beaucoup plus accrue sur le personnel. Il y a eu un médecin qui s’est suicidé dernièrement, un chef de clinique. un jour après être venu ici avec des patients. C’était un type très, très intéressant, qui a vécu un burnout et  s’est suicidé. Il a laissé une lettre qui conteste le pouvoir psychiatrique de son chef. Aujourd’hui, c’est un directeur de la clinique, enfin de tout le dispositif institutionnel, très intelligent, extrêmement fin comme analyse, mais très autoritaire et qui suit la logique de réduction des moyens. Donc il y a une réduction des moyens, une réduction du personnel et il y a une augmentation du nombre de personnes qui sont en crise, qui souffrent. Ça crée des tensions. Donc, on est dans des processus de régression et puis on est, par rapport à la population, on le voit bien, il y a moins de tolérance, il y a moins d’acceptation des personnes qui ont des troubles psychiques. Parce qu’on revient sur le discours sécuritaire, qui est un discours dominant aujourd’hui, c’est–à-dire mettre en place des moyen de sécurité pour la population. Ce discours sécuritaire fait que vous avez souvent des amalgames entre troubles psychiques et danger. On l’a vu dernièrement: la mort de cette jeune femme, vous avez suivi l’actualité… Cet homme qui était en prison et qui a tué cette socio-thérapeute. On voit bien qu’à travers ces événements-là, il va y avoir une augmentation des mesures sécuritaires, des mesures d’enfermement. On va revenir progressivement à des formes, en France ce l’est déjà, la loi a déjà changé par rapport à l’hospitalisation telle que je vous l’expliquait, sous l’effet de deux ou trois événement graves et puis chez nous ça va bientôt se préparer. On est en train de construire la nouvelle prison psychiatrique à l’intérieur de Champ-Dollon. Vous en avez entendu parler? Ils vont construire l’unité psychiatrique à l’intérieur de la prison pour les personnes qui ont des troubles psychiques et qui sont dangereuses. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Donc je dirai il y a des avancés législatives, au niveau des droits, mais il y a des régressions aussi sous l’effet des politiques publiques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
E : Est-ce que vous pourriez juste nous dire si vous continuez être engagé…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
R : Toujours au niveau personnel, au niveau de l’esprit. Au niveau concret, un peu moins parce que je suis à la retraite. Je travaille toujours, mais j’ai un peu plus de distance. Avant je faisais partie du conseiller accompagnant. Aujourd’hui, je me tiens à disposition. Enfin, j’ai toujours une pratique ici mais je vais la diminuer progressivement… Après, je crois que j’irai faire un petit peu moins qu’avant, mais je reste toujours disponible s’il faut se battre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
E : J’aurais juste une question, ou réflexion… si dans les années qu’on est en train de voir, années ’60-’80, le niveau d’acceptation, pouvait être lié au fait de connaître ces personnes… aujourd’hui se relie plutôt, comme vous avez dit à tout cette conception de sécurité de la société, de protection…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
R : Tout à fait, on est un peu dans ce mouvement-là. Mais le mouvement d’intégration il est quand même fort.  Le mouvement d’intégration, les gens, globalement, qui ont des troubles psychiques, ils vivent dans la communauté, ils sont dans des foyers, ils sont dans des… On a créé des néo institutions totalitaires, pour être provocateur. Au lieu d’être 800 dans un lieu clos, ils sont 3&#039;000 - 4&#039;000 dans le territoire, mais dans des mini institutions. Ils viennent chez nous, ils dorment dans un foyer, ils ont un réseau un peu « néo-institution-totalitaire ». C’est-à-dire, est-ce qu’ils sont véritablement intégrés ? Qu’est-ce que c’est l’intégration ? Est-ce qu’ils travaillent dans le même lieu de travail ? Est-ce qu’ils vivent dans les mêmes immeubles ? Est-ce qu’ils côtoient le même… Il y a tous les niveaux là, je pense. Depuis que des gens qui doivent être dans des foyers parce qu’ils n’arrivent pas à vivre concrètement dans un immeuble à leurs besoins de la vie quotidienne, mais il y a des gens qui ont un niveau d’intégration, entre guillemets, normal. Parce que la question du handicap n’est pas liée à la personne, leur handicap c’est une interaction entre des facteurs des contextes d’environnement et des limitations fonctionnelles et relationnelle de la personne. Le handicap c’est cette interaction. Jusqu’à présent on a une vision du handicap liée à la personne : « ah, vous êtes handicapé, vous avez un trouble, vous ne pouvez pas passer l’aspirateur, etc. vous avez un trouble fonctionnel » Mais on ne le voit jamais en fonction du contexte. Pour moi, les limitations dans le handicap c’est cette interaction, qui est presque une construction sociale. Suivant l’environnement, si vous avez un environnement très discriminant, vous êtes bien sûre, entre guillemets, très limité. Si vous avez un environnement complètement intégré, vos limitations ont moins de force. C’est vraiment cette interaction qui est importante pour moi. D’où l’importance d’agir sur l’environnement et pas seulement faire du soin, de l’éducation… il faut faire en sorte que les structures changent, que la société change dans ses formes d’organisation: le logement, l’entreprise, le travail… Il faut avoir une action là-dessus.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
E : Juste une dernière… Si on parle des neuroleptiques, il y avait tout un débat dans les années ’60 sur enfermer la folie ou libérer la personne, libérer la folie enfermer la personne. Vu que aujourd’hui il n’y a plus cette notion, cette pratique de vraiment enferment… Les neuroleptiques ça serait plus enfermer la folie ou enfermer la personne en tant que individu, singularité ou possibilité d’expression&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
R : Oui, c’est très complexe. La question du médicament est très, très complexe parce que le médicament n’agit pas sur les causes. L’étiologie on ne le sait pas, il faut être claire. En tout cas, la communauté scientifique n’arrive pas expliquer pourquoi une personne développe un trouble de type psychotique. On a que des hypothèses, mais une hypothèse n’est pas une vérité. Du coup, ce qu’on a développé comme traitement, c’est des traitements symptomatologiques, on agit sur le symptôme, on agit sur le processus délirant. Le médicament coupe le processus, quand vous arrêtez le médicament le processus revient. Donc on est dans un rapport de… alors, des fois ça fonctionne, ça coupe le délire, ça coupe l’hallucination, mais des fois pas. Le médicament n‘arrive pas, la force du symptôme est beaucoup plus puissante que le médicament. Vous avez des personnes qui ont des symptômes et qui ont encore des processus délirants; mais le médicament agit là-dessus. Alors, la question des médicaments est la question de l’interaction, c’est le rapport entre soignant et soigné. C’est la relation que vous avez avec votre soignant qui détermine la question du traitement. Si vous êtes dans la communauté, vous avez le droit de refuser le traitement, vous pouvez totalement dire : « je n’ai pas besoin, je ne veux pas ce traitement ». Vous avez la capacité, la liberté de dire non. Forcement quand vous faites une crise, deux crises, cinq crises, petit à petit, vous comprenez que le médicament vous évite cela et vous le prenez. Mais le médicament restreint, car le neuroleptique, la première génération il couvrait tout le champ de l’imaginaire, tout le champ de la conscience, donc c’était extrêmement dur à vivre. Le médicament non seulement coupait un symptôme, mais il vous empêchait d’imaginer. Vous aviez des formes de vie figées, même au niveau de l’esprit. Donc pour les gens, à un moment donné, ça devient insupportable; donc ils arrêtaient le médicament. Ils étaient mieux et tout d’un coup les crises reviennent. Le médicament psychotrope est un moindre mal devant quelque chose plus douloureux à vivre. Parce que vivre la crise psychiatrique, si vous avez des témoignages, c’est une souffrance terrible, mais terrible. J’ai donné des cours et je montre des témoignages de patients, de femmes et de hommes, qui décrivent ce que c’est la crise psychotique… c’est vraiment une souffrance infinie. Donc la question médicament est très délicate. Les nouveaux neuroleptique, la nouvelle génération cible de manière plus précise les processus des neurotransmetteurs, donc elle envahit moins la conscience, l’imaginaire, la capacité du désir, du plaisir, des relations, etc. Mais tout de même, ces médicaments restent puissants. Donc à un moment donné, les gens n’en peuvent plus, ils arrêtent. Mais arrêter brutalement, c’est dangereux. Il faut faire un processus de sevrage contrôlé médicalement. Donc la question des neuroleptiques est une question centrale, dans la question des troubles psychiques, que ça soit les neuroleptiques, les antidépresseurs, ou pour les [http://fr.wikipedia.org/wiki/Troubles_bipolaires troubles bipolaires] ou lithium, ou n’importe quel psychotrope. Donc c’est toujours une question que le soignant, la personne et son entourage doivent se poser. C’est légitime, à un moment donné, dire : « j’arrête ! » ou « Je veux voir comment ça se passe sans traitement.» Il faut toujours donner la possibilité à la personne d’être, justement, dans ce tiers de personne qui va guérir ; qui n’aurait pas besoin, qui n’aurait plus besoin de médicaments. On pourrait faire des heures sur le sujet…&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Jessy Herrera</name></author>
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		<title>Entretien avec M. Alain Riesen</title>
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		<updated>2014-01-13T21:23:49Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Jessy Herrera : /* Entretien avec M. Alain Riesen */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;== Entretien avec M. Alain Riesen ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
E : Depuis quand et avec qui (quel groupe) vous êtes-vous engagé dans la lutte pour les droits de la personne et quel était à ce moment-là votre statut (ou fonction)?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
R : L’engagement proprement dit c’était dans les années ’71-’72, ma première expérience c’était en 1967. À [http://fr.wikipedia.org/wiki/Clinique_de_Belle-Id%C3%A9e la clinique psychiatrique de Belle-Air], à l’époque on appelait ça Belle-Air. C’était dans un pavillon fermé : admission hommes et pendant un mois j’étais aide soignant avant de décider de faire mon école de [http://fr.wikipedia.org/wiki/Ergoth%C3%A9rapie ergothérapie.] C’est ma première expérience où j’ai vu, ce qu’on appelle la violence institutionnelle, c’est à dire un ensemble de patients dans une salle, à peu près deux foi comme celle-ci (4x2m.), nue, avec deux tables fixées au sol, deux WC ouverts sans portes et puis des hommes mélangés : troubles psychotiques, handicaps physiques en chaise roulante, handicaps mentales enfin un mélange. Ils passaient la journée dans cette salle et il y avait toujours un aide soignant ou un infirmier qui était là en train de les surveiller. On leurs donnait à manger à midi, une espèce de porridge, purée… Ils mangeaient vers 16.30, 17.00 heure et après on les couchaient. Il y en a qui étaient attachés sur leurs lit, soi-disant qu’ils faisaient leurs urines, et ils étalaient leur excréments sur les murs, alors on les attachaient. Ils restaient attachés toute la nuit. Ça c’est ma première expérience, jeune: j’avais 17-18 ans… Dans cette salle là on fermait à clé et puis les infirmiers me regardait à travers les vitres et les rideaux pour voir si j’allais supporter cette réalité-là… Voilà c’est ma première expérience où je me suis rendu compte après, que je ne connaissais pas… c’est vrai que la psychiatrie, c’était la première fois que je voyais des… et je me disais tient, voilà, c’est comme ça qu’on traite des personnes adultes qui ont des problèmes psychiatriques. À partir de là je suis parti faire des voyages en Europe, en Allemagne j’ai aussi vu des associations pour handicapés, j’ai fait des stages à l’hôpital cantonal, comme aide infirmier ou transporteur, je voulais connaître ce domaine et je voulais comprendre si je pouvais y travailler, si j’avais envie, si c’était mon désir de travailler dans ce domaine là. J’ai décidé malgré cette expérience forte: j’ai travaillé à l’hôpital cantonal à Beau Séjour, en rééducation physique et psychiatrie. J’ai décidé de faire de l’ergothérapie. La formation d’ergothérapeute, donc à la base j’ai une formation d’ergothérapeute et puis après mon école j’ai fait des stages à [http://fr.wikipedia.org/wiki/Clinique_de_Belle-Id%C3%A9e Belle-Idée]. C’est pendant mes stages qu’on a créé déjà le premier groupe de réflexion et d’action qui s’appelait le CAS: Comité d’Action de Santé, avec des professionnels, des médecins, des infirmiers, des ergothérapeutes, des socio-thérapeutes pour réfléchir sur la réalité de l’institution, pas seulement psychiatrique, mais aussi globalement dans le domaine de la santé, une réflexion politique, de la politique institutionnelle. Donc voilà mon parcours... Mes premières actions étaient des actions de réflexion, assez rapidement, une années après je me suis engagé en psychiatrie institutionnelle et la question des droits des patients c’est posée; surtout sur le point de vue des conditions de vie, de la question de l’internement psychiatrique, de la question de l’hospitalisation non volontaire, la question de la sortie, toutes ces questions-là, le lien entre ce qu’on a appelé à l’époque la violence institutionnelle, ou institution totalitaire, c’est à dire une notion qui est venue de [http://fr.wikipedia.org/wiki/Erving_Goffman Goffman], le sociologue. C’est intéressant à lire, même s’il date, mais c’est le premier qui à conceptualisé l’institution totalitaire. Puis après, mes références étaient plutôt [http://fr.wikipedia.org/wiki/Robert_Castel_%28sociologue%29 Robert Castel], autre sociologue français qui a écrit l’ordre psychiatrique. Pour moi, c’est une des mes références, avec Foucault, [http://fr.wikipedia.org/wiki/Foucault_Michel Michel Foucault] au niveau de la réflexion institutionnelle. L’institution totalitaire se caractérise par l’identité de la personne, la personne est incurable, elle est dangereuse et elle doit être hospitalisée à vie, c’est à dire l’hôpital est le lieu de vie. C’est ça la conception qui vient des années 1850, la psychiatrie moderne se construit de 1850 à 1950, elle se construit sur un siècle de processus de médicalisation de la folie, des troubles psychiques. On 1900 On crée la clinique psychiatrique ici à Genève. Donc il y a deux éléments forts : c’est cette conception de la personne, incurable, dangereuse, on doit l’hospitaliser à vie parce qu’on ne peut pas la soigner dans un lieu clos ; donc on lui donne tous les éléments, on répond à tous ses besoins : manger, dormir, avoir quelques activités et quelques soins. Voilà… c’est un lieu fermé. C’est à partir de cette expérience là et de la prise de conscience de cette manière de concevoir l’autre ayant des troubles psychiques, que petit à petit se révèle la question des droits de la personne, petit à petit dans ce domaine, il surgit la nécessité de changer l’institution, changer les lois, de changer les pratiques etc. Il y a un ensemble d’éléments. Ce qui constitue une politique de santé mentale c’est l’institution. On appelait ça le dispositif institutionnel, c’est la théorie, c’est à dire la [http://fr.wikipedia.org/wiki/Psychopathologie psychopathologie], la manière de définir l’identité de la personne, les corps des professionnels, les questions législatives, les droits des patients, le cinquième élément c’est… je ne me rappelle plus. Mais il y a cinq éléments qui constituent une politique de santé mentale, et ces cinq éléments sont articulés les uns aux autres, quand vous changez un élément tous les autres éléments changent, quand vous changez de manière significative. Au moment où il y a l’arrivée des neuroleptiques comme nouveau médicament, on peut enlever les barreaux dans le dispositif institutionnel, on peut considérer les professionnels comme des soignants et pas comme des gardiens de « prison », on peut éliminer les traitements de choc progressivement, etc. Un élément de ce dispositif, lors qu’il change de manière significative, il change aussi les autre, ils sont interconnectés. C’est cette prise de conscience de l’ensemble de ces éléments, puisqu’à l’époque on avait encore les grandes cures de sommeil, on avait les cures d’insuline pour provoquer, on avait les grandes cures d’électrochocs, tout ça se pratiquait sans le consentement du patient, puisqu’il était incurable et qu’il n’avait pas la capacité de discernement, il n’avait pas la capacité de dire « oui » ou « non » ; puisqu’il était fou, donc ce sont ces éléments-là. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’engagement, l’action plus spécifique pour les droits des patients c’est à partir d’évènements concrets, c’est à dire à partir d’une tentative d’hospitalisation d’une femme commerçante du quartier de Sant-Gervais, parce qu’elle, je ne vous raconte pas toute l’histoire, mais pour vous dire que c’est toujours un événement concret qui fait surgir sur la dimension globale, c’est à dire la micro-conflictualité qui fait surgir une dimension globale et qui fait qu’il y a un débat publique, dans les journaux, à la radio, à la télévision, et que tout le monde s’empare de cette situation. Il y a trois éléments forts dans ces années-là, ‘71-‘75. Une tentative d’hospitalisation d’une commerçante du quartier de Sant-Gervais qui échoue, c’est à dire la police qui arrive avec l’ambulance, les infirmiers, ces commerçants téléphonent à leur avocat pour dire « ils veulent nous hospitaliser » parce qu’ils refusaient de déménager du lieu où ils étaient. Ils refusaient de déménager parce qu’ils avaient un commerce et dans ce commerce un jour la fille a dit « si vous m’expulsez je vais me tuer », elle a fait cette expression-là donc le procureur, toute la juridiction qui était lié à ce commerce a dit « ah, on va faire un examen psychiatrique ». Ils ont fait un examen psychiatrique avec un médecin, le médecin est venu dans le commerce et a fait un bon d’hospitalisation non volontaire, une semaine après l’ambulance arrivait. Durant ce moment très fort, elle a réussie à téléphoner aux avocats, les avocats sont arrivés, il y a des gens de la rue qui se sont attroupés autour du commerce et ils n’ont pas réussi à prendre cette femme pour l’hospitaliser à Belle-Idée, ça a fait la une des journaux, ça a fait un scandale… Cette femme a vécu vingt ans sans problèmes dans son commerce, mais pour vous montrer qu’il y avait une utilisation, de « l’arme psychiatrique » pour résoudre ce que, à l’occurrence, c’était un conflit lié à une personne qui ne voulais pas quitter son commerce, il y avait des mesures d’expulsion pour construire un beau bâtiment. Elle était dans un petit commerce, elle vendait des habits. Voilà je m’arrête là, je vous ai fait un film sur cette situation. J’ai fait une interview avec cette femme qui expliquait comme elle a subit l’examen psychiatrique à l’intérieur de son commerce, le médecin psychiatre est venu dans son commerce pour lui dire qu’elle devait subir un examen psychiatrique et c’est lui qui a fait un bon d’hospitalisation non volontaire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Donc, en deux mots, c’est à partir de mon expérience et des situations conflictuelles, il y en a trois ou quatre encore que je pourrais citer, qui a émergé la nécessité d’un mouvement pour les droits des patients &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
E : Est-ce qu’il y a aussi une influence extérieure qui a fait qu’ils ont commencé toutes ces luttes, tous ces débats contre la psychiatrie ? &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
R : Alors, les événements extérieurs, le moment fort c’est [http://fr.wikipedia.org/wiki/Mouvements_sociaux_de_1968_dans_le_monde mai ’68]. C’est le mouvement qui n’est pas seulement un mouvement, c’est un mouvement global au niveau de l’ensemble des pouvoir institutionnels en Europe, aux Etats-Unis, en Amérique latine. Il y a un moment de contestation extrêmement puissant des pouvoirs constitués, des pouvoirs institutionnels, que ça soit, la famille, l’usine, la santé, l’éducation etc. Il y a un mouvement de contestation des normes institutionnelles, ça c’est le mouvement global. Nous, comme jeunes étudiants et professionnels, on est dans cette dynamique-là, on est dans une dynamique de réflexion, de contestation des pouvoirs institués. Dans le domaine du champ spécifique de la santé mentale, il y a la création du réseau d’alternative à la psychiatrie. Vous pouvez aller chercher les documents dans les archives contestataires. Il y avait notamment un groupe, une association qui s’était créé pour récolter des archives liées au mouvement des femmes, à la santé, à l’éducation, etc. Et nous nous avons donnés nos archives sur le réseau d’alternative à la psychiatrie. Donc ce qui est extérieur, c’est des professionnels et des patients qui réfléchissent à une autre manière de pratiquer le soin. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Donc c’est l’expérience italienne de [http://fr.wikipedia.org/wiki/Franco_Basaglia Basaglia] et Giovanni Jervis, qui est la fermeture de l’hôpital psychiatrique de Trieste. Donc moi, je vais dans les premières réunions qui étaient à Venise, les premières réunions du réseau d’alternative à la psychiatrie avec quatre ou cinq pôles. L’expérience italienne dont la réflexion était: il faut fermer les hôpitaux psychiatriques et développer un dispositif institutionnel sur le territoire. C’est ça l’idée de base. Avec différents courants, ils n’étaient pas tous au même niveau. Il y avait des courants: il y avait le courant Basaglia, institutionnel, il y avait le courant de Giovanni Jervis, dans une des villes italiennes près de Bologne; il y avait plusieurs courants en Italie. En gros, le courant fort était la fermeture des hôpitaux qui va se produire dans les années ’80 avec la Loi X qui dicte la fermeture des hôpitaux psychiatriques. Qui posait là un problème parce qu’il y a des régions qui ont très bien joué le changement et d’autres régions qui n’ont rien fait. Donc les gens se sont trouvés à la rue, sas foyer, sans atelier, etc. Parce qu’il y avait des régions qui étaient plus avancées que d’autres en Italie. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il y a le courant anglais, c’est la création des communautés thérapeutiques. Ça c’est l’expérience de [http://fr.wikipedia.org/wiki/Ronald_Laing Laing] et [http://fr.wikipedia.org/wiki/David_Cooper Cooper]. Cooper a fait partie du réseau d’alternative à la psychiatrie, on a travaillé ensemble avec Cooper. Vous pouvez lire les différents livres de Laing et Cooper. L’idée est de rompre avec l’hôpital traditionnel et de créer des espaces de communautés thérapeutiques avec peu ou pas de médicaments. Où la personne va vivre sa crise psychotique sans médicaments. Une des expériences fortes de ce courant-là, c’est le livre de [http://en.wikipedia.org/wiki/Mary_Barnes Mary Barnes], qui a écrit, c’est le patient qui a écrit son parcours pendant deux ans dans la communauté thérapeutique de Cooper et Laing. Ça c’est le courant anglais, anglo-saxon.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il y a le courant belge, avec un psychiatre marocain-belge, qui a fait une expérience de communauté thérapeutique aux Etats-Unis dans le Bronx. Avec les communautés noires, africaines à New York et qui a développé une expérience en Belgique à Bruxelles, dans le quartier de Schaerbeek, un quartier qui est composé majoritairement de marocains, les populations qui viennent travailler, vivre en Belgique… et qui a développé un réseau d’institutions pour des gens qui ont des problèmes psychiatriques en dehors de l’hôpital psychiatrique. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il y a le courant hollandais qui a encore une autre approche.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est un réseau, après il y a encore le courant français avec Foucault, Castel et Guattari, [http://fr.wikipedia.org/wiki/F%C3%A9lix_Guattari Félix Guattari], qui ont développé l’institution de la Borde, près de Paris. Une petite institution psychiatrique privée, avec un mode de pratique autogéré. Il y a un directeur, qui existe toujours maintenant. Guattari est décédé, mais il y avait un mode de gestion de la vie quotidienne entre soignants et soignés, où les personnes discutaient chaque jour de comment vivre ensemble, dans un lieu pour des gens qui ont des problèmes psychiatriques, avec une antenne à Paris. Une antenne où les gens qui sortaient pouvaient aller vivre après dans un quartier à Paris et puis il y avait plusieurs lieux de consultation ouverts, avec beaucoup de créativité, dans l’esprit en fait que les gens ont des capacités même si ils ont des troubles psychiques, et donc ces capacités, il faut leurs permettre de vivre avec. Voilà, les influences, c’est le réseau d’alternative à la psychiatrie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une des dernières réunions du réseau, ce réseau se faisait, il y a avait des réunions annuelles à Paris, à Trieste, vers Amsterdam, en Belgique à Bruxelles, on réunissait des groupes de professionnels avec des groupes de patients, parce que comme c’est à surgir des groupes de patients autonomes, indépendants, qui commençaient à prendre une certaine place. C’est-à-dire que le point de vue du patient n’est pas seulement une interprétation du professionnel, même bien veillant, même luttant pour ses droits, mais avec l’idée que les personnes concernées peuvent s’organiser pour avoir un réseau entre elles et avoir une parole, une action par rapport à leurs conditions de vie, leurs conditions de soin. C’est à partir d’une expérience, une dernière réunion à Genève, à la maison de quartier de la Jonction, du réseau d’alternative à la psychiatrie, où des équipes de tous les pays européens viennent et on discute des différentes expériences, qu’un groupe de patients de Genève est venu participer à cette réunion. Ils n’ont rien dit, ils ont écouté et, à la fin de cette réunion, ils sont venus vers nous, on était quatre ou cinq, médecins, ergothérapeutes, infirmiers, et ils nous ont dit, dans la rue, je me rappelle très bien, sur le trottoir, ils nous ont dit: « c’est le moment de créer un groupe, une association, un collectif pour défendre nos droits. Nous, seuls, on ne peut pas le faire, c’est trop difficile. Il faut qu’il y a une alliance entre des professionnels, des familles, des patients et des avocats, etc. » On a créé [http://www.rolfhimmelberger.ch/wp-content/uploads/2012/03/Adupsy-face-a-Revision-Loi-pers-atteintes-aff-mentales_1936_79.09.pdf l’ADUPSY,] l’association pour les droits des usagers de la psychiatrie. C’était la première association et on a fait un travail pendant plusieurs années pour accueillir les demandes, les plaintes, les critiques des patients. On a fait une permanence, donc c’était un travail hors professionnel, on était tous au même niveau, on était membres de l’association pour les droits des usagers de la psychiatrie. Un des patients, une des personnes qui nous avait sollicité est morte lors d’une hospitalisation à la clinique psychiatrique de Belle-Idée, lors d’une cure de sommeil à haute dose, dans une chambre fermée. C’était un des évènements qui a aussi été extrêmement puissant, qui a mis en évidence la réalité de l’institution psychiatrique. À la suite de ce drame, il y a eu une commission d’enquête qui a été faite et qui a mis en cause… La parole s’est libérée, si vous voulez. La commission d’enquête était composée de professeurs de psychiatrie et de professeurs de droit, qui ont eu l’intelligence d’interviewer pas seulement la direction mais aussi le personnel de la clinique. Tout ce que je vous ai expliqué au début, sur ce qu’on appelle la violence institutionnelle, a surgit. Ca a été un moment de crise important de l’institution, le directeur a été destitué. C’était une décision politique. La dimension du travail dans la communauté a été reconnue comme une dimension importante, à savoir diminuer le nombre de lits à l’intérieur de l’hôpital psychiatrique. On est passé de 600 à 300 lits en plusieurs années, et développer le secteur, la sectorisation, qui est le modèle institutionnel aujourd’hui encore en vigueur. C’est-à-dire diviser la ville en quatre secteurs et à ces quatre secteurs doivent correspondre un centre de consultation, un hôpital de jour, une unité hospitalière, mais où il y a une cohérence entre ses dispositifs institutionnels.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’histoire du secteur va être trop longue à vous expliquer. Allez voir les textes français sur la sectorisation, ça vient de l’expérience pendant la dernière guerre mondiale. Le drame qui a vécu les patients psychiatriques en Europe, en Allemagne bien sûr, puisqu’ils étaient tués, exterminés beaucoup, handicapés mentaux et psychiatriques. Mais en France aussi, beaucoup de patients sont morts dans les hôpitaux psychiatriques pendant la dernière guerre. Ils sont morts de faim et de froid. C’est à dire qu’il n’y avait pas assez à manger. Donc les médecins de l’époque, les médecins progressistes, ceux qui avaient une conscience, ils ont ouvert les portes des hôpitaux et ils ont laissé aller vivre ces patients à l’extérieur pour éviter qu’ils meurent de faim et de froid. Après la guerre ils se sont aperçus que ces personnes avaient très bien vécu. Ils avaient donc des capacités d’intégration. C’est là qu’on a pensé qu’il fallait développer cela. Bien sûre, qu‘aujourd’hui c’est une évidence. Arrêter que l’hôpital soit le lieu de vie des gens, faire que l’unité de crise soit uniquement pour la crise et puis que les gens vivent à l’extérieur, c’est à dire dans la communauté. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Voilà, ça c’est l’expérience de [http://www.rolfhimmelberger.ch/wp-content/uploads/2012/03/Adupsy-face-a-Revision-Loi-pers-atteintes-aff-mentales_1936_79.09.pdf l’ADUPSY], l’association pour les droits des usagers de la psychiatrie. Puis après j’ai participé à la création de la fondation [http://www.promentesana.ch/ Pro Mente Sana,] c’est une fondation nationale qui a un secrétariat, où on pouvait aller interviewer, ce sont maintenant des gens extrêmement compétents sur la question des droits des patients. Chirin Atant,( ?! 27.33) est la juriste de cette fondation, secrétariat romand. Julien Dubouché( ?!) est le secrétariat général, qui fait un travail pour développer, promouvoir, stimuler, accompagner toute la question des droits des patients psychiatriques. Donc j’ai participé à la création de cette fondation, fondation qui existait en Suisse allemande, j’ai participé à la création du secrétariat romand et en 1984 j’ai créé ce lieu avec un collègue.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Donc voilà, un tout petit peu, les éléments du parcours, où on a abouti aujourd’hui à un dispositif des droits des patients multiforme. Nous, on a toujours privilégié le soutien et l’accompagnement des groupes de patients. Aujourd’hui il y a quatre groupes de patients autonomes, c’est à dire sans qui ait des professionnels dans le groupe.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le REEV ( ?! 28.40), c’est le groupe des entendeurs de voix. Vous avez entendu parler ? Alors, il y a quatre groupes, le REEV : réseau des entendeurs de voix. C’est un très beau titre pour dire qu’il y a la problématique de gens qui ont des, classiquement défini comme des hallucinations auditive. Eux se considèrent comme des gens qui entendent des voix et ils se réunissent et ils réfléchissent à la signification de qu’est-ce que c’est ces processus extra-sensoriels. Ils essaient de sortir de la définition psychopathologique du délire et de l’hallucination auditive, sensorielle, visuelle, pour réfléchir, ils se réunissent régulièrement, on leurs prêt le local ici, c’est notre contribution si vous voulez au groupe de patient, ils viennent se réunir là ; une fois par mois ils ont multiples activités. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il y a le groupe AETOC ( ?! 29.50), l’association des personnes qui ont des troubles obsessionnels compulsifs, les toc, qui sont des personnes qui ont des problèmes de toc. Vous voyez ce que c’est ? Ils sont réunis en association et ils font un travail, je dirais, entre elle. Principalement de débat, de réflexion sur la problématique des troubles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il y a [http://www.l-experience-association.ch/ l’association l’Expérience], qui a développé des activités. Ils ont un local près de Lignon, ce sont des gens qui sont à l’AI, qui ont des troubles psychiques et qui ont développé une activité propre, puis ils font de la photo, ils font de la peinture, ils font plusieurs activités, mais aussi avec l’idée : « ce n’est pas parce qu’on est à l’AI, pour des raisons psychique qu’on ne peut avoir un point de vue sur les questions sociales, sur les questions institutionnelles, sur la question des droits, etc. Donc c’est un groupe qui s’auto-organise.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le quatrième, [http://www.association-atb.org/ l’association ATB], l’association des personnes qui ont des troubles bipolaires et dépressifs. L’ATBEP, l’association des personnes qui ont des troubles bipolaires et dépressifs, qui font aussi un travail entre elle, de débat, de discussion sur qu’est-ce que c’est vivre avec ce type de trouble.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Donc aujourd’hui si vous voulez, ce qui me parait intéressant c’est l’avancée de ces groupes et la réflexion, le lien qu’on peut avoir avec ces groupes comme professionnels. La question des droits est toujours d’actualité, parce que la question de l’hospitalisation non volontaire et la question du traitement, du type de traitement qu’on propose, je dis propose ou impose suivant le niveau de la crise dans laquelle la personne se trouve est toujours quelque chose qui va être présente historiquement. Même si on trouve des modes d’accueil de la crise différents que le mode traditionnel, c’est à dire l’enfermement dans une chambre fermée, moi j’ai toujours pensé qu’il faillait développer des alternatives par rapport à ça, c’est à dire l’alternative qui me parais la plus intéressante c’est la communauté thérapeutique. Il existe en Suisse une communauté thérapeutique, à Berne qui s’appelle Soteria, l’association Soteria, c’est un professeur de psychiatrie qui a développé cet association qui existait aux Etats-Unis, qui est un modèle d’accueil de la crise différent que le modèle classique, traditionnel où la personne est hospitalisé contre son gré, a un traitement de type neuroleptique pour réduire la crise, elle retrouve ses capacités relationnelles et sort de la clinique sur un temps relativement court. La communauté thérapeutique, c’est par médicaments ou peu de médicaments, le temps de la crise est plu long, il est plus difficile, c’est douloureux de vivre une crise psychotique, mais la personne a l’occasion de réfléchir sur son processus. Donc ce qui me paraît intéressant aujourd’hui dans le débat c’est la possibilité d’un choix, un choix à l’intérieur du cadre législatif. Je ne pense pas qu’on arrivera à éliminer toutes contraintes par rapport à la question de la crise, à la question d’urgence psychiatrique ; ou du moins le débat est ouvert : « est-ce que c’est possible d’éviter pour toutes situations une contrainte du type médico-policier ? » Parce que c’est ça qui se passe quand une personne a une crise, on fait appel au médecin de garde à l’urgence et à la police. Est-il possible ? Une des vraies questions sur les droits est celle-ci : « Est-il possible de développer une autre approche dans la crise qu’une contrainte ? » De mon expérience je dis non, je dis non parce que la réalité de la crise, même si on ne sait pas pourquoi une partie de la population va développer un processus d’atteint du type  psychotique, n’empêche que la crise existe réellement et il y a vraiment une déconnexion de la personne par rapport à la réalité. La question de la dangerosité, que ce n’est pas une question médicale, c’est une question médico-sociale, de société, qu’est-ce que c’est la dangerosité, elle est à évaluer, même si c’est deux médecins en face d’une personne en crise qui menace autrui auront une évaluation de la dangerosité différente. Le médecin qui a 25 ans d’expérience il aura une autre manière d’aborder la dangerosité que le jeune médecin qui a 3 ans d’expérience. Vous voyez ce que je veux dire? La question de l’interprétation et de la compréhension, par exemple, de la notion de dangerosité, qui est une des notions essentielles pour hospitaliser une personne contre son gré est essentielle. Il faut que la réalité du trouble, il faut que le médecin dit qu’il y a un trouble, il doit dire qu’il y a une dangerosité par rapport à soi-même ou autrui et il doit dire qu’on ne peut pas faire autrement que le placer dans un hôpital psychiatrique. Il faut ces trois conditions sur la question des droits des patients, si il y a une de condition qui n’est pas réunie, on ne le fait pas, il faut que les trois conditions soient réunies dans le même moment pour qu’une personne soit hospitalisée contre son gré. Mais tout de suite après son hospitalisation elle doit recevoir ses droits, de dire, elle doit pouvoir contester son hospitalisation forcée. Ça c’est toute la dialectique entre, voilà, il y a des patients qui disent que la réalité du trouble n’existe pas et (XXXavis ?! 36.52) des personne qui contesteront systématiquement leur hospitalisation, parce qu’il ne se considère pas comme malade. Ça c’est une question qui faut prendre bien au sérieux bien entendu. De mon point de vue il n’y a pas tellement des statistiques, mais il doit y avoir un 10-20% de personnes qui ont des troubles, qui font des hospitalisation et qui sortent et qu’il ne se font pas soigner ; parce que de leur point de vue ils ne sont pas malade, c’est la société, c’est vous qui êtes les agresseurs de cet personne. Vous voyez ? Ça c’est un vrai problème parce que ce sont les gens les moins défendus. Pourquoi ? Parce qu’il n’ont pas de soin, ils sont dans une zone grise de la société, ils vont plutôt dans des espace de type SDF, pour les gens qui sont en situation précaire, ils vont au Carré, à la Couloure ( ?!37.51), dans ces espaces là et ils ont une forme de survie. Les autres les considèrent comme ayant des troubles, eux même ne se considèrent pas comme ayant des troubles, donc ils vivent dans une espèce de, ce qu’on appelle, une zone grise de la société. On commence à prendre en considération ces groupes de personnes et on commence à penser qu’il faut aller vers eux, là où ils vivent, des fois dans la rue, des fois dans des squats, des fois dans des lieux de vie précaire, des fois dans des hôtels, etc. Il y a toute une population qui émarche ?! 38.40 pas à l’institution de soin et qui à des besoins spécifiques bien sûre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
E : Y a-t-il des valeurs que vous avez eu le sentiment d’avoir porté en avant et si oui lesquelles étaient-elle ? &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
R : Des valeurs ? Dans le sens ? Quoi vous pensez comme valeurs ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
E : Par exemple l’autodétermination, la liberté…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
R : Oui, tout à fait. L’autodétermination c’est une valeur aujourd’hui qui est dominante, il faudrait la définir, elle peut être ambiguë l’autodétermination pour une personne qui est dépendante. Quelle autodétermination pour une personne qui a une forme de dépendance ou de trouble, qui justement limite son autodétermination ? Donc toute la question de l’autodétermination, c’est un concept intéressant, mais il faut voir comment il s’articule avec la réalité du trouble psychique. Ces valeurs disons, pour moi, je les rapprocherais de ce qui s’est passé avec différents atteintes à la santé comme le [http://fr.wikipedia.org/wiki/Syndrome_d%27immunod%C3%A9ficience_acquise SIDA], par exemple. Le [http://fr.wikipedia.org/wiki/VIH VIH], où progressivement c’est mis en place, pour ces personnes qui avaient le VIH, avec lesquelles on a travaillé ici, pas mal de personnes qui avaient des troubles psychiatriques ont eu le VIH, c’est mis en place un groupe de personnes vivant avec le virus et qui se sont organisées. Pour moi l’autodétermination est beaucoup liée à la capacité de travailler collectivement, c’est à dire avoir une solidarité, un lien collectif et qui a fait émerger, ce qu’on appelle, vivre avec, avoir la capacité de vivre avec son trouble. C’est à dire de ne pas avoir l’illusion que ce trouble va disparaître par magie, parce que un médicament, un traitement va pouvoir faire qu’on va retrouver sa pleine santé, sa pleine capacité. Donc la question de l’autodétermination, c’est un nouveau mot mais moi je l’ai toujours appliqué, depuis que je travaille. En gros on n’est pas dans des rapports de pouvoir, même s’il y a, est institué certaines formes de pouvoir, on accompagne des personnes dans un processus de vie qui est améliorer constamment la qualité de vie des gens. Faire que le maximum de liberté ou d’autonomie, qui est propre de notre métier, l’ergothérapie c’est la possibilité de donner aux gens l’autonomie dans leur vie quotidienne, vie sociale, relationnelle d’activité au maximum. Mais ça vous devez le faire même si la situation, la santé dégrade, parce que la réalité des personnes qui vivent avec des troubles psychiques, et ça c’est les études épidémiologiques qui le montrent, un tiers des personnes, quelle que soit la prise en charge, le traitement, etc. La situation base dégradée, c’est à dire ils vont perdre certaines capacités d’autonomie, à la place de vivre de manière indépendant dans un appartement, et bien ils vont devoir aller vivre dans un foyer. Ça c’est sur plusieurs années, quand vous voyez un focus sur un ou deux ans vous ne savez pas si cette personne est dans un processus de dégradation, de stabilisation ou d’amélioration ou de guérison. Vous le voyez sur des temps long, sur dix ou vingt ans. Donc la question de l’autodétermination elle doit être constante par rapport à la personne et au collectif, mais aussi dans la représentation qu’on peut en avoir, c’est à dire une partie, un tiers des personnes la situation va se dégrader. On travaille avec une personne dont on sait qu’elle ne va pas retrouver toutes ses pleines capacités. Un tiers des personnes en situation, ça c’est une étude sur mille personnes, c’est les grandes études qui sont très rares, qui coutent très chère, parce que vous étudiez sur vingt ans l’évolution de la maladie. Deux grandes études, une en Angleterre et une à Lausanne, et à Lausanne a était reproduit deux fois, vous pouvez aller voir dans la littérature les études épidémiologiques de l’école de Lausanne et qui montrent cet évolution. Un tiers des personne améliorent sensiblement leur état de santé ou guérissent. On n’a pas cette représentation par rapport aux troubles psychotiques, on a plutôt une représentation où les gens vont vivre toute leur vie avec un trouble psychotique. Quand je dis trouble psychotique ça peut être aussi une dépression chronique, un trouble bipolaire, etc. Ce sont tous les troubles qui handicapent la personne, qui limitent son autonomie. Donc un tiers des personnes améliorent ou guérissent. Quand ces études sont sortis, même les milieux médico n’y croyaient pas on disant : « ce n’est pas vrai, on ne guérit pas d’une psychose. » Vous voyez ? Mais les études le montrent. Donc voilà, ce sont des valeurs, sur la question de l’autodétermination et de la liberté, ce sont des valeurs aussi qui doivent se construire à la mesure de votre statut. Quand vous êtes professionnel vous avez une certaine compréhension, une certaine vision des troubles, lors que vous êtes chercheur vous avez une autre vision, lors que vous êtes patient vous avez une autre vision, vous êtes un avocat, un avocat il va défendre quel que soit la « réalité » du trouble, il va défendre à fond son client pour qu’il sorte, si son client il est dans l’hôpital et lui dit : « je veux sortir de cet hôpital », il va tout mettre en œuvre pour faire que cette personne sorte de l’hôpital, même si son client il est devant lui en train de lui dire qui fait partie de la CIA ou du KGB, etc. Il est dans un rapport où la question de la liberté répond aux besoins de la personne, dans cette expression qu’elle a : « je suis enfermé à cause d’une organisation qui a décidé de m’enfermer. » Quel est la parte d’interprétation, d’évaluation, de ce que vous faites… Ça existe la CIA, ça existe des gens qui le font, c’est réel. Qu’est-ce que vous savez que la personne est soumise à… Voilà, c’est facile de dire qu’elle a un délire. Il faut en premier aller voir si elle n’est pas liée à une organisation. Point d’interrogation… Si vous êtes un professionnel de la santé mentale, vous dites ça c’est un délire, si vous êtes un avocat vous dites autre chose, si vous êtes, etc. Donc la question de la liberté est aussi relative. Le plus intéressant est de travailler en inter-professionnel, en inter-discipline, parce que vous avez une capacité, vous avez un regard, des regards croisés, donc vous avez une autre approche que strictement un regard de médecin, d’infirmier, de chercheur ou d’avocat, etc. ou de juriste. L’intéressant c’est de toujours se poser les questions avec un point de vue différent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
E : Qu’en est-il aujourd’hui de cette lutte et des acquis et des risques de retour en arrière ? Sur quoi faudrait-il continuer de se battre, de lutter ? Est-ce que vous continuez aujourd’hui de vous engager et sur quoi ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
R : Alors, au niveau de la lutte elle c’est en guillemets, toute la lutte liée aux droits des patients, elle c’est un peu institutionnalisée. C’est à dire qu’il y a des structures qu’elles sont mises en place pour défendre les droits des patients, les droits des assurés. Tout ça s’est construit, ça c’est un peu figé avec des aspects positifs et des aspects négatifs. Les aspects positifs c’est que c’est pour tout le monde et c’est la possibilité d’accéder à un service, c’est des lois qui ont changées, c’est la reconnaissance par exemple, il y a la loi sur l’hospitalisation non volontaire, il y a une commission de surveillance des professions de la santé et des droits des patients. Si vous voulez, dans la loi qui est notre expression politique de la question du droit, elle est inscrite dans la constitution, dans les lois. Les droits des patients sont inscrits dans la loi. En 1950, ’60, ’70, ça n’existait pas, aujourd’hui c’est inscrit. Cette commission de surveillance des professions médicales et de la santé est composée de représentants, de personnes qui sont dans des organisations de défense des droits des patients. Si quelqu’un conteste une hospitalisation, ou un traitement il va y avoir une commission composé d’un avocat, d’un médecin et d’un représentant des droits des patients. Vous pourriez être, si vous êtes dans une organisation qui est reconnue comme faisant partie de la défense des droits des patients, vous pourriez aller voir ce patient avec un médecin et un avocat et écouter la personne qui va dire pourquoi il conteste son hospitalisation, pourquoi il conteste… Ça c’est nouveau, ça c’est une vraie  avancée de reconnaissance. Est-ce que ça a changé la pratique ? Des fois oui, des fois non. Parce que la puissance du pouvoir médical est toujours très, très forte, parce que allez contester un diagnostic. Est-ce que vous pourriez contester un diagnostic de schizophrénie, dire autre chose ?  Non, cette personne n’est pas schizophrène. Si vous voulez, aujourd’hui la référence c’est le corps médical, psychiatrique qui le donne. La référence, entre guillemets, scientifique et idéologique c’est le pouvoir médical. Donc la question à se poser c’est la place de la force, de la puissance du pouvoir médical. C’est extrêmement rare qu’un médecin soit contesté, même s’il y a trois ou quatre contre expertises, voilà il y aura une contre expertise, une contre expertise, une contre et puis il y aura (XXX51.26), mais c’est toujours les médecins qui définissent l’identité psychopathologique de la personne. C’est une avancé qui a eu des représentants des droits, mais c’est suivant qu’elle est la personne aussi, les personnes sont importantes, leurs expériences, leur capacité à contester le point de vue du médecin avec l’avocat, il y a toujours un avocat, un juriste. Donc de nouveau là il y a une réunion de trois personnes qui vont aller vers le patient, qui vont l’écouter, puis après qui prennent une décision, et des fois ils prennent une décision que la personne peut sortir : « là, on ne comprend pas pourquoi vous la retenez à l’hôpital.. » ; mais c’est plutôt rare. Le pouvoir médical est encore celui qui est puissant dans son expertise, dans sa capacité de convaincre et de faire peur. C’est à dire : «  si vous sortez cette personne le risque de dangerosité existe toujours. » Quand vous dites ça à une commission ou un groupe, le médecin dit : « attention, le risque que cette personne soit de nouveau dangereuse à l’extérieur, puisqu’elle a, imaginons qu’elle a menacé ces voisins, vous hésitez à dire de libérer cette personne. Vous voyez… Voilà, il y a des avancées institutionnelles, il y a des droits reconnus, les personnes peuvent y faire appel. On a même à Genève introduit la notion de conseiller accompagnant, toute personne hospitalisées peut faire appelle à une personne à l’extérieure, simplement pour faire valoir son point de vue, on appelle ça des conseillés accompagnant, on ne peut pas vous opposer, on ne peut pas vous dire : «non, vous êtes trop malade, vous n’avez pas le droit à un conseiller d’accompagnement. Nous c’est ce qu’on faisaient comme militante, maintenant c’est institué il y a un groupe de six accompagnants, dix accompagnants, la personne est à l’hôpital, elle conteste son hospitalisation, elle a la loi où c’est marqué : « vous pouvez faire appel à un conseiller accompagnant ». Pourquoi c’est important, parce que quand on a une crise, souvent, tout le réseau autour de vous éclate et vous vous retrouvé seul dans l’institution. Quand vous êtes seul c’est extrêmement dur, c’est pénible de se retrouver seul face à l’institution, d’où l’importance d’avoir une personne de l’extérieur qui va être à coté de vous et qui va vous aider à exprimer votre point de vue. Ça c’est une autre avancé législative, dans la loi il y a cette possibilité-là.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce qui a changé : le mouvement général de contestation des formes traditionnelles de la psychiatrie est un peu moins fort qu’avant, ça c’est la réalité. Il y a même des régressions, ça c’est mon point de vue, devant la montée de l’extrême droite et des mouvements populiste il y a des formes, si vous voulez, de stigmatisation de groupes, de populations, avant le (XXX 55.00) de l’extrême droit était axée sur les étrangers, sur les populations, sur l’immigration, sur le danger des étrangers qui viennent manger le pain des suisses et prendre la place des suisses. Maintenant ils ont décidé de cibler des autres groupes de population, des personnes qui sont assistées, qui abusent de l’assistance, les personnes qui sont handicapés psychiques, qui abusent des revenues de l’assistance. On est dans des formes, aujourd’hui, de régression sociale et politique par rapport à il y a vingt ans. Très concrètement grâce à ces mouvements de extrême droite, qui s’attaque à des groupes de population qui n’ont pas les capacités, d’abord une représentation politique forte, ils réussissent premièrement à, progressivement avoir des stratégies de prise de pouvoir politique, ils sont de plus en plus importants, donc il faut faire très attention à ces groupes là, mais au même temps ils limitent les droits des personnes concernées. Dans le demain psychique très clairement c’est grâce à ces groupes là que la question financière, de financement des hôpitaux, vous avez vu dernièrement ? Il y a eu une contestation de l’hôpital psychiatrique sur les réductions budgétaires par rapport aux hôpitaux psychiatriques la santière ?!?!56.41 générale, donc une pression beaucoup plus accru sur le personnels et il y a eu un médecin qui s’est suicidé dernièrement, un chef de clinique que un jour, après être venu ici avec des patients, un type très , très intéressant qui a vécu un burnout, il s’est suicidé. Il a laissé une lettre qui conteste le pouvoir psychiatrique de son chef, aujourd’hui c’est un directeur de la clinique, enfin de tout le dispositif institutionnel, très intelligente, extrêmement fin comme analyse mais très autoritaire qui suit la logique de réduction des moyens. Donc il y a une réduction des moyens, une réduction du personnel et il y a une augmentation du nombre de personnes qui sont en crise, qui souffrent. Ça fait des scratch si vous voulez. Donc on est dans des processus de régression et puis on est, par rapport à la population on le voit bien, il y a moins de tolérance, il y a moins d’acceptation des personnes qui ont des troubles psychiques. Parce qu’on revient, si vous voulez, sur le discours sécuritaire, qui est un discours dominant aujourd’hui, c’est à dire mettre en place des moyen de sécurité pour la population. Ce discours sécuritaire fait que vous avez souvent des amalgames entre troubles psychiques et danger. On l’a vu dernièrement : la mort de cette jeune femme, vous avez suivi l’actualité… Cet homme qui a tué cette socio-thérapeute, qui était en prison. On voit bien qu’à travers, ou travers ces événements là, il va y avoir une augmentation des mesures sécuritaires, des mesures d’enfermement. C’est à dire on va revenir progressivement à des formes, en France c’est déjà, la loi a déjà changé par rapport à l’hospitalisation telle que je vous l’expliquait, sous l’effet de deux ou trois événement graves et puis chez nous ça va bientôt se préparer. On est en train de construire la nouvelle prison psychiatrique à l’intérieur de Champ-Dollon. Vous avez entendu parler de i? Ils vont construire l’unité psychiatrique à l’intérieur de la prison pour les personnes qui ont des troubles psychiques et qui sont dangereuses.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Donc je dirai il y a des avancés législatives, au niveau des droits, mais il y a des régressions aussi sous l’effet des politiques publiques. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
E : Est-ce que vous pourriez juste nous dire si vous continuez être engagé…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
R : Toujours au niveau personnel, au niveau de l’esprit, au niveau concret un peu moins parce que je suis à la retraite, mais je travaille toujours, mais j’ai passé l’âge de la retraite ; donc j’ai un peu plus de distance. Avant je faisais partie du conseiller accompagnant, avant… Je me tiens à disposition, je suis moins, enfin j’ai toujours une pratique ici, je vais la diminuer progressivement. Après je crois j’irai faire un petit peu moins qu’avant, mais toujours disponible s’il faut se battre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
E : J’aurais juste une question, ou réflexion… si dans les années qu’on est en train de voir, années ’60-’80, le niveau d’acceptation, pouvait être lié au fait de connaître ces personnes… aujourd’hui se relie plutôt, comme vous avez dit à tout cette conception de sécurité de la société, de protection…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
R : Tout à fait, on est un peu dans ce mouvement là. Mais le mouvement d’intégration il est quand même fort, vous voyez ? Le mouvement d’intégration, les gens, globalement, qui ont des troubles psychiques ils vivent dans la communauté, ils sont dans des foyers, ils sont dans des… On a créé des néo institutions totalitaires, pour être provocateur. À la place qui soient 800 dans un lieu clos ils sont 3&#039;000 - 4&#039;000 dans le territoire, mais dans des mini institutions, vous voyez ? Ils viennent chez nous, ils dorment dans un foyer, ils ont un réseau peu, un pourrait dire, néo-institution-totalitaire. C’est à dire, est-ce qu’ils sont véritablement intégrés ? Qu’est-ce que c’est l’intégration ? Qu’est-ce que c’est ? Est-ce qu’ils travaillent dans le même lieu de travail ? Est-ce qu’ils vivent dans le mêmes immeubles ? Est-ce qu’ils côtoient le même… Vous voyez ? Il y a tous les niveaux là, je pense, depuis des gens qui doivent être dans des foyers parce qu’ils n’arrivent pas à vivre concrètement dans un immeuble (XXX07.48) à leurs besoins de la vie quotidienne, mais il y a des gens qui ont un niveau d’intégration, entre guillemets, normal. Parce que la question du handicap n’est pas liée à la personne, leur handicap c’est une interaction entre des facteurs des contextes d’environnement et des limitations fonctionnelles et relationnelle de la personne. Le handicap c’est cette interaction. Jusqu’à présent on a une vision du handicap liée à la personne : « ah, vous êtes handicapé, vous avez une (XXX01.03.15), vous avez un trouble, vous avez… vous ne pouvez pas passer l’aspirateur, etc. vous avez un trouble fonctionnel » Mais on ne le voit jamais en fonction du contexte. Pour moi les limitations dans le handicap c’est cette interaction, qui est presque une construction sociale. Suivant l’environnement, si vous avez un environnement très discriminant, vous êtes bien sûre, en guillemets, très limité, si vous avez un environnement complètement intégré, vos limitations ont moins de force. C’est vraiment cette interaction qui est importante pour moi. D’où l’importance d’agir sur l’environnement et pas seulement faire du soin, de l’éducation… il faut faire que les structures changent, que la société change dans ses formes d’organisation : le logement, l’entreprise, le travail… Il faut avoir une action là dessus.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
E : Juste une dernière… Si on parle des neuroleptiques, il y avait tout un débat dans les années ’60 sur enfermer la folie ou libérer la personne, libérer la folie enfermer la personne. Vu que aujourd’hui il n’y a plus cette notion, cette pratique de vraiment enferment… Les neuroleptiques ça serait plus enfermer la folie ou enfermer la personne en tant que individu, singularité ou possibilité d’expression&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
R : Oui, c’est très complexe. La question du médicament elle est très, très complexe parce que le médicament n’agit pas sur les causes, l’étiologie on ne le sait pas, il faut être claire. En tout cas la communauté scientifique n’arrive pas expliquer pourquoi une personne développe un trouble de type psychotique. On a que des hypothèses, mais une hypothèse n’est pas une vérité. Du coup cout ce qu’on a développé comme traitement, c’est des traitement symptomatologiques ( ?! 01.05.43), on agit sur le symptôme, on agit sur le processus délirant. Le médicament il coupe le processus, quand vous arrêtez le médicament le processus il revient. On est d’accord… Donc on est dans un rapport de… alors, des fois ça fonctionne, ça coupe le délire, ça coupe l’hallucination, puis des fois pas. Le médicament, il n’y arrive pas, la force du symptôme est beaucoup plus puissante que le médicament. Vous avez des personnes qui ont des symptômes et qui ont encore des processus délirants ; mais le médicament agit là dessus. Alors, la question des médicaments est la question de l’interaction, c’est le rapport entre soignant et soigné. C’est la relation que vous avez avec votre soignant, qui détermine la question du traitement. Si vous êtes dans la communauté vous avez le droit de refuser le traitement, vous pouvez totalement dire : « je n’ai pas besoin, je ne veux pas ce traitement ». Vous avez la capacité, la liberté de dire non. Forcement quand vous faites une crise, deux crises, cinq crises, six crises, petit à petit vous comprenez que le médicament vous évite cette crise, vous le prenez. Mais le médicament il restreint, parce que le neuroleptique, la première génération il couvrait tout le champ de l’imaginaire, tout le champs de la conscience, donc c’était extrêmement dur à vivre. Le médicament non seulement il coupait un (XXX 01.07.30) symptôme, mais il vous empêchait d’imaginer. Vous aviez des formes de vie figées, même au niveau de l’esprit. Donc les gens, à moment donné, c’est insupportable ; donc ils arrêtaient le médicament. Ils étaient mieux et tout d’un coup la crise revient. Vous voyez ? Le médicament psychotrope il est un moindre mal devant quelque chose plus douloureux à vivre. Parce que vivre la crise psychiatrique, si vous avez des témoignages c’est une souffrance terrible, mais terrible. Moi j’ai donne des cours et je montre des témoignages de patients, de femmes et de hommes, qui décrivent qu’est-ce que c’est la crise psychotique… c’est vraiment une souffrance infinie. Donc voilà, la question médicament est très délicate. Les nouveaux neuroleptique, la nouvelle génération elle cible de manier plus précise les processus des neurotransmetteurs, donc elle envahisse moins la conscience, l’imaginaire, la capacité du désir, du plaisir, des relations, etc. un peu moins, mais quand même ces médicaments sont puissants. Donc à un moment donné les gens ils en peuvent plus, ils disent j’arrête. Mais arrêter brutalement c’est dangereux, il faut faire un processus de sevrage contrôlé médicalement. Donc la question des neuroleptiques est une question centrale, dans la question des troubles psychiques, que ça soit les neuroleptiques, les antidépresseurs, ou pour les [http://fr.wikipedia.org/wiki/Troubles_bipolaires troubles bipolaires] ou lithium, ou n’importe quel psychotrope. Donc c’est toujours une question que le soignant et la personne, son entourage doivent se poser. C’est légitime, à un moment donné, dire : « j’arrête ! » ou « Je veux voir comment ça se passe sans traitement» Il faut toujours donner la possibilité à la personne d’être, justement, dans ce tiers de personne qui va guérir ; qu’il n’aurait pas besoin, qu’il n’aurait pas plus besoin de médicaments. On pourrait faire des heures sur le sujet…&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Jessy Herrera</name></author>
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		<title>Entretien avec M. Alain Riesen</title>
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		<updated>2014-01-13T21:20:51Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Jessy Herrera : /* Entretien avec M. Alain Riesen */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;== Entretien avec M. Alain Riesen ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
E : Depuis quand et avec qui (quel groupe) vous êtes-vous engagé dans la lutte pour les droits de la personne et quel était à ce moment-là votre statut (ou fonction)?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
R : L’engagement proprement dit c’était dans les années ’71-’72, ma première expérience c’était en 1967. À [http://fr.wikipedia.org/wiki/Clinique_de_Belle-Id%C3%A9e la clinique psychiatrique de Belle-Air], à l’époque on appelait ça Belle-Air. C’était dans un pavillon fermé : admission hommes et pendant un mois j’étais aide soignant avant de décider de faire mon école de [http://fr.wikipedia.org/wiki/Ergoth%C3%A9rapie ergothérapie.] C’est ma première expérience où j’ai vu, ce qu’on appelle la violence institutionnelle, c’est à dire un ensemble de patients dans une salle, à peu près deux foi comme celle-ci (4x2m.), nue, avec deux tables fixées au sol, deux WC ouverts sans portes et puis des hommes mélangés : troubles psychotiques, handicaps physiques en chaise roulante, handicaps mentales enfin un mélange. Ils passaient la journée dans cette salle et il y avait toujours un aide soignant ou un infirmier qui était là en train de les surveiller. On leurs donnait à manger à midi, une espèce de porridge, purée… Ils mangeaient vers 16.30, 17.00 heure et après on les couchaient. Il y en a qui étaient attachés sur leurs lit, soi-disant qu’ils faisaient leurs urines, et ils étalaient leur excréments sur les murs, alors on les attachaient. Ils restaient attachés toute la nuit. Ça c’est ma première expérience, jeune: j’avais 17-18 ans… Dans cette salle là on fermait à clé et puis les infirmiers me regardait à travers les vitres et les rideaux pour voir si j’allais supporter cette réalité-là… Voilà c’est ma première expérience où je me suis rendu compte après, que je ne connaissais pas… c’est vrai que la psychiatrie, c’était la première fois que je voyais des… et je me disais tient, voilà, c’est comme ça qu’on traite des personnes adultes qui ont des problèmes psychiatriques. À partir de là je suis parti faire des voyages en Europe, en Allemagne j’ai aussi vu des associations pour handicapés, j’ai fait des stages à l’hôpital cantonal, comme aide infirmier ou transporteur, je voulais connaître ce domaine et je voulais comprendre si je pouvais y travailler, si j’avais envie, si c’était mon désir de travailler dans ce domaine là. J’ai décidé malgré cette expérience forte: j’ai travaillé à l’hôpital cantonal à Beau Séjour, en rééducation physique et psychiatrie. J’ai décidé de faire de l’ergothérapie. La formation d’ergothérapeute, donc à la base j’ai une formation d’ergothérapeute et puis après mon école j’ai fait des stages à [http://fr.wikipedia.org/wiki/Clinique_de_Belle-Id%C3%A9e Belle-Idée]. C’est pendant mes stages qu’on a créé déjà le premier groupe de réflexion et d’action qui s’appelait le CAS: Comité d’Action de Santé, avec des professionnels, des médecins, des infirmiers, des ergothérapeutes, des socio-thérapeutes pour réfléchir sur la réalité de l’institution, pas seulement psychiatrique, mais aussi globalement dans le domaine de la santé, une réflexion politique, de la politique institutionnelle. Donc voilà mon parcours... Mes premières actions étaient des actions de réflexion, assez rapidement, une années après je me suis engagé en psychiatrie institutionnelle et la question des droits des patients c’est posée; surtout sur le point de vue des conditions de vie, de la question de l’internement psychiatrique, de la question de l’hospitalisation non volontaire, la question de la sortie, toutes ces questions-là, le lien entre ce qu’on a appelé à l’époque la violence institutionnelle, ou institution totalitaire, c’est à dire une notion qui est venue de [http://fr.wikipedia.org/wiki/Erving_Goffman Goffman], le sociologue. C’est intéressant à lire, même s’il date, mais c’est le premier qui à conceptualisé l’institution totalitaire. Puis après, mes références étaient plutôt [http://fr.wikipedia.org/wiki/Robert_Castel_%28sociologue%29 Robert Castel], autre sociologue français qui a écrit l’ordre psychiatrique. Pour moi, c’est une des mes références, avec Foucault, [http://fr.wikipedia.org/wiki/Foucault_Michel Michel Foucault] au niveau de la réflexion institutionnelle. L’institution totalitaire se caractérise par l’identité de la personne, la personne est incurable, elle est dangereuse et elle doit être hospitalisée à vie, c’est à dire l’hôpital est le lieu de vie. C’est ça la conception qui vient des années 1850, la psychiatrie moderne se construit de 1850 à 1950, elle se construit sur un siècle de processus de médicalisation de la folie, des troubles psychiques. On 1900 On crée la clinique psychiatrique ici à Genève. Donc il y a deux éléments forts : c’est cette conception de la personne, incurable, dangereuse, on doit l’hospitaliser à vie parce qu’on ne peut pas la soigner dans un lieu clos ; donc on lui donne tous les éléments, on répond à tous ses besoins : manger, dormir, avoir quelques activités et quelques soins. Voilà… c’est un lieu fermé. C’est à partir de cette expérience là et de la prise de conscience de cette manière de concevoir l’autre ayant des troubles psychiques, que petit à petit se révèle la question des droits de la personne, petit à petit dans ce domaine, il surgit la nécessité de changer l’institution, changer les lois, de changer les pratiques etc. Il y a un ensemble d’éléments. Ce qui constitue une politique de santé mentale c’est l’institution. On appelait ça le dispositif institutionnel, c’est la théorie, c’est à dire la [http://fr.wikipedia.org/wiki/Psychopathologie psychopathologie], la manière de définir l’identité de la personne, les corps des professionnels, les questions législatives, les droits des patients, le cinquième élément c’est… je ne me rappelle plus. Mais il y a cinq éléments qui constituent une politique de santé mentale, et ces cinq éléments sont articulés les uns aux autres, quand vous changez un élément tous les autres éléments changent, quand vous changez de manière significative. Au moment où il y a l’arrivée des neuroleptiques comme nouveau médicament, on peut enlever les barreaux dans le dispositif institutionnel, on peut considérer les professionnels comme des soignants et pas comme des gardiens de « prison », on peut éliminer les traitements de choc progressivement, etc. Un élément de ce dispositif, lors qu’il change de manière significative, il change aussi les autre, ils sont interconnectés. C’est cette prise de conscience de l’ensemble de ces éléments, puisqu’à l’époque on avait encore les grandes cures de sommeil, on avait les cures d’insuline pour provoquer, on avait les grandes cures d’électrochocs, tout ça se pratiquait sans le consentement du patient, puisqu’il était incurable et qu’il n’avait pas la capacité de discernement, il n’avait pas la capacité de dire « oui » ou « non » ; puisqu’il était fou, donc ce sont ces éléments-là. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’engagement, l’action plus spécifique pour les droits des patients c’est à partir d’évènements concrets, c’est à dire à partir d’une tentative d’hospitalisation d’une femme commerçante du quartier de Sant-Gervais, parce qu’elle, je ne vous raconte pas toute l’histoire, mais pour vous dire que c’est toujours un événement concret qui fait surgir sur la dimension globale, c’est à dire la micro-conflictualité qui fait surgir une dimension globale et qui fait qu’il y a un débat publique, dans les journaux, à la radio, à la télévision, et que tout le monde s’empare de cette situation. Il y a trois éléments forts dans ces années-là, ‘71-‘75. Une tentative d’hospitalisation d’une commerçante du quartier de Sant-Gervais qui échoue, c’est à dire la police qui arrive avec l’ambulance, les infirmiers, ces commerçants téléphonent à leur avocat pour dire « ils veulent nous hospitaliser » parce qu’ils refusaient de déménager du lieu où ils étaient. Ils refusaient de déménager parce qu’ils avaient un commerce et dans ce commerce un jour la fille a dit « si vous m’expulsez je vais me tuer », elle a fait cette expression-là donc le procureur, toute la juridiction qui était lié à ce commerce a dit « ah, on va faire un examen psychiatrique ». Ils ont fait un examen psychiatrique avec un médecin, le médecin est venu dans le commerce et a fait un bon d’hospitalisation non volontaire, une semaine après l’ambulance arrivait. Durant ce moment très fort, elle a réussie à téléphoner aux avocats, les avocats sont arrivés, il y a des gens de la rue qui se sont attroupés autour du commerce et ils n’ont pas réussi à prendre cette femme pour l’hospitaliser à Belle-Idée, ça a fait la une des journaux, ça a fait un scandale… Cette femme a vécu vingt ans sans problèmes dans son commerce, mais pour vous montrer qu’il y avait une utilisation, de « l’arme psychiatrique » pour résoudre ce que, à l’occurrence, c’était un conflit lié à une personne qui ne voulais pas quitter son commerce, il y avait des mesures d’expulsion pour construire un beau bâtiment. Elle était dans un petit commerce, elle vendait des habits. Voilà je m’arrête là, je vous ai fait un film sur cette situation. J’ai fait une interview avec cette femme qui expliquait comme elle a subit l’examen psychiatrique à l’intérieur de son commerce, le médecin psychiatre est venu dans son commerce pour lui dire qu’elle devait subir un examen psychiatrique et c’est lui qui a fait un bon d’hospitalisation non volontaire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Donc, en deux mots, c’est à partir de mon expérience et des situations conflictuelles, il y en a trois ou quatre encore que je pourrais citer, qui a émergé la nécessité d’un mouvement pour les droits des patients &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
E : Est-ce qu’il y a aussi une influence extérieure qui a fait qu’ils ont commencé toutes ces luttes, tous ces débats contre la psychiatrie ? &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
R : Alors, les événements extérieurs, le moment fort c’est [http://fr.wikipedia.org/wiki/Mouvements_sociaux_de_1968_dans_le_monde mai ’68]. C’est le mouvement qui n’est pas seulement un mouvement, c’est un mouvement global au niveau de l’ensemble des pouvoir institutionnels en Europe, aux Etats-Unis, en Amérique latine. Il y a un moment de contestation extrêmement puissant des pouvoirs constitués, des pouvoirs institutionnels, que ça soit, la famille, l’usine, la santé, l’éducation etc. Il y a un mouvement de contestation des normes institutionnelles, ça c’est le mouvement global. Nous, comme jeunes étudiants et professionnels, on est dans cette dynamique-là, on est dans une dynamique de réflexion, de contestation des pouvoirs institués. Dans le domaine du champ spécifique de la santé mentale, il y a la création du réseau d’alternative à la psychiatrie. Vous pouvez aller chercher les documents dans les archives contestataires. Il y avait notamment un groupe, une association qui s’était créé pour récolter des archives liées au mouvement des femmes, à la santé, à l’éducation, etc. Et nous nous avons donnés nos archives sur le réseau d’alternative à la psychiatrie. Donc ce qui est extérieur, c’est des professionnels et des patients qui réfléchissent à une autre manière de pratiquer le soin. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Donc c’est l’expérience italienne de [http://fr.wikipedia.org/wiki/Franco_Basaglia Basaglia] et Giovanni Jervis, qui est la fermeture de l’hôpital psychiatrique de Trieste. Donc moi, je vais dans les premières réunions qui étaient à Venise, les premières réunions du réseau d’alternative à la psychiatrie avec quatre ou cinq pôles. L’expérience italienne dont la réflexion était: il faut fermer les hôpitaux psychiatriques et développer un dispositif institutionnel sur le territoire. C’est ça l’idée de base. Avec différents courants, ils n’étaient pas tous au même niveau. Il y avait des courants: il y avait le courant Basaglia, institutionnel, il y avait le courant de Giovanni Jervis, dans une des villes italiennes près de Bologne; il y avait plusieurs courants en Italie. En gros, le courant fort était la fermeture des hôpitaux qui va se produire dans les années ’80 avec la Loi X qui dicte la fermeture des hôpitaux psychiatriques. Qui posait là un problème parce qu’il y a des régions qui ont très bien joué le changement et d’autres régions qui n’ont rien fait. Donc les gens se sont trouvés à la rue, sas foyer, sans atelier, etc. Parce qu’il y avait des régions qui étaient plus avancées que d’autres en Italie. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il y a le courant anglais, c’est la création des communautés thérapeutiques. Ça c’est l’expérience de [http://fr.wikipedia.org/wiki/Ronald_Laing Laing] et [http://fr.wikipedia.org/wiki/David_Cooper Cooper]. Cooper a fait partie du réseau d’alternative à la psychiatrie, on a travaillé ensemble avec Cooper. Vous pouvez lire les différents livres de Laing et Cooper. L’idée est de rompre avec l’hôpital traditionnel et de créer des espaces de communautés thérapeutiques avec peu ou pas de médicaments. Où la personne va vivre sa crise psychotique sans médicaments. Une des expériences fortes de ce courant-là, c’est le livre de [http://en.wikipedia.org/wiki/Mary_Barnes Mary Barnes], qui a écrit, c’est le patient qui a écrit son parcours pendant deux ans dans la communauté thérapeutique de Cooper et Laing. Ça c’est le courant anglais, anglo-saxon.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il y a le courant belge, avec un psychiatre marocain-belge, qui a fait une expérience de communauté thérapeutique aux Etats-Unis dans le Bronx. Avec les communautés noires, africaines à New York et qui a développé une expérience en Belgique à Bruxelles, dans le quartier de Schaerbeek, un quartier qui est composé majoritairement de marocains, les populations qui viennent travailler, vivre en Belgique… et qui a développé un réseau d’institutions pour des gens qui ont des problèmes psychiatriques en dehors de l’hôpital psychiatrique. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il y a le courant hollandais qui a encore une autre approche.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est un réseau, après il y a encore le courant français avec Foucault, Castel et Guattari, [http://fr.wikipedia.org/wiki/F%C3%A9lix_Guattari Félix Guattari], qui ont développé l’institution de la Borde près de Paris. Une petite institution psychiatrique privée, avec un mode de pratique autogéré. Il y a un directeur, qui existe toujours maintenant, Guattari est décédé, mais il y avait un mode de gestion de la vie quotidienne entre soignants et soignés. Où les personnes discutaient chaque jour de comment vivre ensemble, dans un lieu pour des gens qui ont des problèmes psychiatriques, avec une antenne à Paris. Une antenne où les gens qui sortaient pouvaient aller vivre après dans un quartier à Paris et puis il y avait plusieurs lieux de consultation ouverts, avec beaucoup de créativité, dans l’esprit en fait que les gens ont des capacités même si ils ont des troubles psychiques et donc ces capacités il faut leurs permettre de vivre avec. Voilà, les influences c’est le réseau d’alternative à la psychiatrie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une des dernières réunions du réseau, ce réseau se faisait, il y a avait des réunions annuelles à Paris, à Trieste, vers Amsterdam, en Belgique à Bruxelles, on se réunissait des groupes de professionnels avec des groupes de patients, parce que comme c’est à surgir des groupes de patients autonomes, indépendants, qui commençaient à prendre une certaine place. C’est à dire que le point de vue du patient n’est pas seulement une interprétation du professionnel, même bien veillant, même luttant pour ses droits, mais avec l’idée que les personnes concernées peuvent s’organiser pour avoir un réseau entre elles et avoir une parole, une action par rapport à leurs conditions de vie, leurs conditions de soin. C’est à partir d’une expérience, une dernière réunion à Genève, à la maison de quartier de la Jonction, du réseau d’alternative à la psychiatrie, où des équipes de tous les pays européens viennent et on discute des différentes expériences, que un groupe de patients de Genève est venu participer à cette réunion, ils n’ont rien dit, ils ont écouté et à la fin de cette réunion ils sont venus vers nous, on était quatre ou cinq, médecins, ergothérapeutes, infirmiers, et ils nous ont dit, dans la rue, je me rappelle très bien, sur le trottoir, ils nous ont dit : « c’est le moment de créer un groupe, une association, un collectif pour défendre nos droits, nous seuls on ne peut pas le faire, c’est trop difficile, il faut qu’il y a une alliance entre des professionnels, des familles, des patients et des avocats, etc. » On a créé [http://www.rolfhimmelberger.ch/wp-content/uploads/2012/03/Adupsy-face-a-Revision-Loi-pers-atteintes-aff-mentales_1936_79.09.pdf l’ADUPSY,] l’association pour les droits des usagers de la psychiatrie. C’était la première association et on a fait un travail pendant plusieurs années pour accueillir les demandes, les plaintes, les critiques des patients. On a fait une permanence, donc c’était un travail hors professionnel, on était tous au même niveau, on était membres de l’association pour les droits des usagers de la psychiatrie. Un des patients, une des personnes qui nous avait sollicité est morte lors d’une hospitalisation à la clinique psychiatrique de Belle-Idée, lors d’une cure de sommeil à haute dose, dans une chambre fermée. C’était un des évènements qui a aussi était extrêmement puissant, qui a mis en évidence la réalité de l’institution psychiatrique. À la suite de ce drame, il y a eu une commission d’enquête qui était faite et qui a mis en cause… la parole c’est libérée, si vous voulez. La commission d’enquête était faite de professeurs de psychiatrie et de professeurs de droit, qui ont eu l’intelligence d’interviewer pas seulement la direction mais aussi le personnel de la clinique. Tout ce que je vous ai expliqué au début, sur ce qu’on appelle la violence institutionnelle a surgit. Ca a était un moment de crise important de l’institution, le directeur a été destitué, il était éliminé, c’est la commission d’enquête, c’était une décision politique. La dimension du travail dans la communauté a été reconnue comme une dimension importante, c’est à dire, diminuer le nombre de lits à l’intérieur de l’hôpital psychiatrique, on est passé de 600 lits à 300 lits en plusieurs années, et développer le secteur, la sectorisation qui est le modèle institutionnel aujourd’hui encore en vigueur. C’est à dire diviser la ville en quatre secteurs et à ces quatre secteurs doivent correspondre un centre de consultation, un hôpital de jour, une unité hospitalière, mais où il y a une cohérence entre ses dispositifs institutionnels.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’histoire du secteur va être trop longue à vous expliquer, aller voir les textes français sur la sectorisation, ça vient de l’expérience pendant la dernière guerre mondiale. Le drame qui ont vécu les patients psychiatriques en Europe, en Allemagne bien sûr, puisqu’ils étaient tués, exterminés beaucoup, handicapés mentaux et psychiatriques. Mais en France aussi beaucoup de patients sont morts dans les hôpitaux psychiatriques pendant la dernière guerre, ils sont morts de faim et de froid. C’est à dire qu’il n’y avait pas assez à manger. Donc les médecins de l’époque, les médecins progressistes, ce qui avaient une conscience, ils ont ouvert les portes des hôpitaux et ils ont laissé aller vivre ces patients à l’extérieur pour éviter qu’ils meurent de faim et de froid. Après la guerre ils se sont aperçus que ces personnes avaient très bien vécu, ça veut dire qu’ils avaient des capacités d’intégration. C’est là qui ont pensé qu’il fallait développer bien sûre ce que aujourd’hui est une évidence, c’est à dire arrêter que l’hôpital soit le lieu de vie des gens, faire que l’unité de crise soit uniquement pour la crise et puis que les gens vivent à l’extérieur, c’est à dire dans la communauté.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Voilà, ça c’est l’expérience de [http://www.rolfhimmelberger.ch/wp-content/uploads/2012/03/Adupsy-face-a-Revision-Loi-pers-atteintes-aff-mentales_1936_79.09.pdf l’ADUPSY], l’association pour les droits des usagers de la psychiatrie. Puis après j’ai participé à la création de la fondation [http://www.promentesana.ch/ Pro Mente Sana,] c’est une fondation nationale qui a un secrétariat, où on pouvait aller interviewer, ce sont maintenant des gens extrêmement compétents sur la question des droits des patients. Chirin Atant,( ?! 27.33) est la juriste de cette fondation, secrétariat romand. Julien Dubouché( ?!) est le secrétariat général, qui fait un travail pour développer, promouvoir, stimuler, accompagner toute la question des droits des patients psychiatriques. Donc j’ai participé à la création de cette fondation, fondation qui existait en Suisse allemande, j’ai participé à la création du secrétariat romand et en 1984 j’ai créé ce lieu avec un collègue.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Donc voilà, un tout petit peu, les éléments du parcours, où on a abouti aujourd’hui à un dispositif des droits des patients multiforme. Nous, on a toujours privilégié le soutien et l’accompagnement des groupes de patients. Aujourd’hui il y a quatre groupes de patients autonomes, c’est à dire sans qui ait des professionnels dans le groupe.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le REEV ( ?! 28.40), c’est le groupe des entendeurs de voix. Vous avez entendu parler ? Alors, il y a quatre groupes, le REEV : réseau des entendeurs de voix. C’est un très beau titre pour dire qu’il y a la problématique de gens qui ont des, classiquement défini comme des hallucinations auditive. Eux se considèrent comme des gens qui entendent des voix et ils se réunissent et ils réfléchissent à la signification de qu’est-ce que c’est ces processus extra-sensoriels. Ils essaient de sortir de la définition psychopathologique du délire et de l’hallucination auditive, sensorielle, visuelle, pour réfléchir, ils se réunissent régulièrement, on leurs prêt le local ici, c’est notre contribution si vous voulez au groupe de patient, ils viennent se réunir là ; une fois par mois ils ont multiples activités. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il y a le groupe AETOC ( ?! 29.50), l’association des personnes qui ont des troubles obsessionnels compulsifs, les toc, qui sont des personnes qui ont des problèmes de toc. Vous voyez ce que c’est ? Ils sont réunis en association et ils font un travail, je dirais, entre elle. Principalement de débat, de réflexion sur la problématique des troubles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il y a [http://www.l-experience-association.ch/ l’association l’Expérience], qui a développé des activités. Ils ont un local près de Lignon, ce sont des gens qui sont à l’AI, qui ont des troubles psychiques et qui ont développé une activité propre, puis ils font de la photo, ils font de la peinture, ils font plusieurs activités, mais aussi avec l’idée : « ce n’est pas parce qu’on est à l’AI, pour des raisons psychique qu’on ne peut avoir un point de vue sur les questions sociales, sur les questions institutionnelles, sur la question des droits, etc. Donc c’est un groupe qui s’auto-organise.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le quatrième, [http://www.association-atb.org/ l’association ATB], l’association des personnes qui ont des troubles bipolaires et dépressifs. L’ATBEP, l’association des personnes qui ont des troubles bipolaires et dépressifs, qui font aussi un travail entre elle, de débat, de discussion sur qu’est-ce que c’est vivre avec ce type de trouble.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Donc aujourd’hui si vous voulez, ce qui me parait intéressant c’est l’avancée de ces groupes et la réflexion, le lien qu’on peut avoir avec ces groupes comme professionnels. La question des droits est toujours d’actualité, parce que la question de l’hospitalisation non volontaire et la question du traitement, du type de traitement qu’on propose, je dis propose ou impose suivant le niveau de la crise dans laquelle la personne se trouve est toujours quelque chose qui va être présente historiquement. Même si on trouve des modes d’accueil de la crise différents que le mode traditionnel, c’est à dire l’enfermement dans une chambre fermée, moi j’ai toujours pensé qu’il faillait développer des alternatives par rapport à ça, c’est à dire l’alternative qui me parais la plus intéressante c’est la communauté thérapeutique. Il existe en Suisse une communauté thérapeutique, à Berne qui s’appelle Soteria, l’association Soteria, c’est un professeur de psychiatrie qui a développé cet association qui existait aux Etats-Unis, qui est un modèle d’accueil de la crise différent que le modèle classique, traditionnel où la personne est hospitalisé contre son gré, a un traitement de type neuroleptique pour réduire la crise, elle retrouve ses capacités relationnelles et sort de la clinique sur un temps relativement court. La communauté thérapeutique, c’est par médicaments ou peu de médicaments, le temps de la crise est plu long, il est plus difficile, c’est douloureux de vivre une crise psychotique, mais la personne a l’occasion de réfléchir sur son processus. Donc ce qui me paraît intéressant aujourd’hui dans le débat c’est la possibilité d’un choix, un choix à l’intérieur du cadre législatif. Je ne pense pas qu’on arrivera à éliminer toutes contraintes par rapport à la question de la crise, à la question d’urgence psychiatrique ; ou du moins le débat est ouvert : « est-ce que c’est possible d’éviter pour toutes situations une contrainte du type médico-policier ? » Parce que c’est ça qui se passe quand une personne a une crise, on fait appel au médecin de garde à l’urgence et à la police. Est-il possible ? Une des vraies questions sur les droits est celle-ci : « Est-il possible de développer une autre approche dans la crise qu’une contrainte ? » De mon expérience je dis non, je dis non parce que la réalité de la crise, même si on ne sait pas pourquoi une partie de la population va développer un processus d’atteint du type  psychotique, n’empêche que la crise existe réellement et il y a vraiment une déconnexion de la personne par rapport à la réalité. La question de la dangerosité, que ce n’est pas une question médicale, c’est une question médico-sociale, de société, qu’est-ce que c’est la dangerosité, elle est à évaluer, même si c’est deux médecins en face d’une personne en crise qui menace autrui auront une évaluation de la dangerosité différente. Le médecin qui a 25 ans d’expérience il aura une autre manière d’aborder la dangerosité que le jeune médecin qui a 3 ans d’expérience. Vous voyez ce que je veux dire? La question de l’interprétation et de la compréhension, par exemple, de la notion de dangerosité, qui est une des notions essentielles pour hospitaliser une personne contre son gré est essentielle. Il faut que la réalité du trouble, il faut que le médecin dit qu’il y a un trouble, il doit dire qu’il y a une dangerosité par rapport à soi-même ou autrui et il doit dire qu’on ne peut pas faire autrement que le placer dans un hôpital psychiatrique. Il faut ces trois conditions sur la question des droits des patients, si il y a une de condition qui n’est pas réunie, on ne le fait pas, il faut que les trois conditions soient réunies dans le même moment pour qu’une personne soit hospitalisée contre son gré. Mais tout de suite après son hospitalisation elle doit recevoir ses droits, de dire, elle doit pouvoir contester son hospitalisation forcée. Ça c’est toute la dialectique entre, voilà, il y a des patients qui disent que la réalité du trouble n’existe pas et (XXXavis ?! 36.52) des personne qui contesteront systématiquement leur hospitalisation, parce qu’il ne se considère pas comme malade. Ça c’est une question qui faut prendre bien au sérieux bien entendu. De mon point de vue il n’y a pas tellement des statistiques, mais il doit y avoir un 10-20% de personnes qui ont des troubles, qui font des hospitalisation et qui sortent et qu’il ne se font pas soigner ; parce que de leur point de vue ils ne sont pas malade, c’est la société, c’est vous qui êtes les agresseurs de cet personne. Vous voyez ? Ça c’est un vrai problème parce que ce sont les gens les moins défendus. Pourquoi ? Parce qu’il n’ont pas de soin, ils sont dans une zone grise de la société, ils vont plutôt dans des espace de type SDF, pour les gens qui sont en situation précaire, ils vont au Carré, à la Couloure ( ?!37.51), dans ces espaces là et ils ont une forme de survie. Les autres les considèrent comme ayant des troubles, eux même ne se considèrent pas comme ayant des troubles, donc ils vivent dans une espèce de, ce qu’on appelle, une zone grise de la société. On commence à prendre en considération ces groupes de personnes et on commence à penser qu’il faut aller vers eux, là où ils vivent, des fois dans la rue, des fois dans des squats, des fois dans des lieux de vie précaire, des fois dans des hôtels, etc. Il y a toute une population qui émarche ?! 38.40 pas à l’institution de soin et qui à des besoins spécifiques bien sûre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
E : Y a-t-il des valeurs que vous avez eu le sentiment d’avoir porté en avant et si oui lesquelles étaient-elle ? &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
R : Des valeurs ? Dans le sens ? Quoi vous pensez comme valeurs ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
E : Par exemple l’autodétermination, la liberté…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
R : Oui, tout à fait. L’autodétermination c’est une valeur aujourd’hui qui est dominante, il faudrait la définir, elle peut être ambiguë l’autodétermination pour une personne qui est dépendante. Quelle autodétermination pour une personne qui a une forme de dépendance ou de trouble, qui justement limite son autodétermination ? Donc toute la question de l’autodétermination, c’est un concept intéressant, mais il faut voir comment il s’articule avec la réalité du trouble psychique. Ces valeurs disons, pour moi, je les rapprocherais de ce qui s’est passé avec différents atteintes à la santé comme le [http://fr.wikipedia.org/wiki/Syndrome_d%27immunod%C3%A9ficience_acquise SIDA], par exemple. Le [http://fr.wikipedia.org/wiki/VIH VIH], où progressivement c’est mis en place, pour ces personnes qui avaient le VIH, avec lesquelles on a travaillé ici, pas mal de personnes qui avaient des troubles psychiatriques ont eu le VIH, c’est mis en place un groupe de personnes vivant avec le virus et qui se sont organisées. Pour moi l’autodétermination est beaucoup liée à la capacité de travailler collectivement, c’est à dire avoir une solidarité, un lien collectif et qui a fait émerger, ce qu’on appelle, vivre avec, avoir la capacité de vivre avec son trouble. C’est à dire de ne pas avoir l’illusion que ce trouble va disparaître par magie, parce que un médicament, un traitement va pouvoir faire qu’on va retrouver sa pleine santé, sa pleine capacité. Donc la question de l’autodétermination, c’est un nouveau mot mais moi je l’ai toujours appliqué, depuis que je travaille. En gros on n’est pas dans des rapports de pouvoir, même s’il y a, est institué certaines formes de pouvoir, on accompagne des personnes dans un processus de vie qui est améliorer constamment la qualité de vie des gens. Faire que le maximum de liberté ou d’autonomie, qui est propre de notre métier, l’ergothérapie c’est la possibilité de donner aux gens l’autonomie dans leur vie quotidienne, vie sociale, relationnelle d’activité au maximum. Mais ça vous devez le faire même si la situation, la santé dégrade, parce que la réalité des personnes qui vivent avec des troubles psychiques, et ça c’est les études épidémiologiques qui le montrent, un tiers des personnes, quelle que soit la prise en charge, le traitement, etc. La situation base dégradée, c’est à dire ils vont perdre certaines capacités d’autonomie, à la place de vivre de manière indépendant dans un appartement, et bien ils vont devoir aller vivre dans un foyer. Ça c’est sur plusieurs années, quand vous voyez un focus sur un ou deux ans vous ne savez pas si cette personne est dans un processus de dégradation, de stabilisation ou d’amélioration ou de guérison. Vous le voyez sur des temps long, sur dix ou vingt ans. Donc la question de l’autodétermination elle doit être constante par rapport à la personne et au collectif, mais aussi dans la représentation qu’on peut en avoir, c’est à dire une partie, un tiers des personnes la situation va se dégrader. On travaille avec une personne dont on sait qu’elle ne va pas retrouver toutes ses pleines capacités. Un tiers des personnes en situation, ça c’est une étude sur mille personnes, c’est les grandes études qui sont très rares, qui coutent très chère, parce que vous étudiez sur vingt ans l’évolution de la maladie. Deux grandes études, une en Angleterre et une à Lausanne, et à Lausanne a était reproduit deux fois, vous pouvez aller voir dans la littérature les études épidémiologiques de l’école de Lausanne et qui montrent cet évolution. Un tiers des personne améliorent sensiblement leur état de santé ou guérissent. On n’a pas cette représentation par rapport aux troubles psychotiques, on a plutôt une représentation où les gens vont vivre toute leur vie avec un trouble psychotique. Quand je dis trouble psychotique ça peut être aussi une dépression chronique, un trouble bipolaire, etc. Ce sont tous les troubles qui handicapent la personne, qui limitent son autonomie. Donc un tiers des personnes améliorent ou guérissent. Quand ces études sont sortis, même les milieux médico n’y croyaient pas on disant : « ce n’est pas vrai, on ne guérit pas d’une psychose. » Vous voyez ? Mais les études le montrent. Donc voilà, ce sont des valeurs, sur la question de l’autodétermination et de la liberté, ce sont des valeurs aussi qui doivent se construire à la mesure de votre statut. Quand vous êtes professionnel vous avez une certaine compréhension, une certaine vision des troubles, lors que vous êtes chercheur vous avez une autre vision, lors que vous êtes patient vous avez une autre vision, vous êtes un avocat, un avocat il va défendre quel que soit la « réalité » du trouble, il va défendre à fond son client pour qu’il sorte, si son client il est dans l’hôpital et lui dit : « je veux sortir de cet hôpital », il va tout mettre en œuvre pour faire que cette personne sorte de l’hôpital, même si son client il est devant lui en train de lui dire qui fait partie de la CIA ou du KGB, etc. Il est dans un rapport où la question de la liberté répond aux besoins de la personne, dans cette expression qu’elle a : « je suis enfermé à cause d’une organisation qui a décidé de m’enfermer. » Quel est la parte d’interprétation, d’évaluation, de ce que vous faites… Ça existe la CIA, ça existe des gens qui le font, c’est réel. Qu’est-ce que vous savez que la personne est soumise à… Voilà, c’est facile de dire qu’elle a un délire. Il faut en premier aller voir si elle n’est pas liée à une organisation. Point d’interrogation… Si vous êtes un professionnel de la santé mentale, vous dites ça c’est un délire, si vous êtes un avocat vous dites autre chose, si vous êtes, etc. Donc la question de la liberté est aussi relative. Le plus intéressant est de travailler en inter-professionnel, en inter-discipline, parce que vous avez une capacité, vous avez un regard, des regards croisés, donc vous avez une autre approche que strictement un regard de médecin, d’infirmier, de chercheur ou d’avocat, etc. ou de juriste. L’intéressant c’est de toujours se poser les questions avec un point de vue différent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
E : Qu’en est-il aujourd’hui de cette lutte et des acquis et des risques de retour en arrière ? Sur quoi faudrait-il continuer de se battre, de lutter ? Est-ce que vous continuez aujourd’hui de vous engager et sur quoi ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
R : Alors, au niveau de la lutte elle c’est en guillemets, toute la lutte liée aux droits des patients, elle c’est un peu institutionnalisée. C’est à dire qu’il y a des structures qu’elles sont mises en place pour défendre les droits des patients, les droits des assurés. Tout ça s’est construit, ça c’est un peu figé avec des aspects positifs et des aspects négatifs. Les aspects positifs c’est que c’est pour tout le monde et c’est la possibilité d’accéder à un service, c’est des lois qui ont changées, c’est la reconnaissance par exemple, il y a la loi sur l’hospitalisation non volontaire, il y a une commission de surveillance des professions de la santé et des droits des patients. Si vous voulez, dans la loi qui est notre expression politique de la question du droit, elle est inscrite dans la constitution, dans les lois. Les droits des patients sont inscrits dans la loi. En 1950, ’60, ’70, ça n’existait pas, aujourd’hui c’est inscrit. Cette commission de surveillance des professions médicales et de la santé est composée de représentants, de personnes qui sont dans des organisations de défense des droits des patients. Si quelqu’un conteste une hospitalisation, ou un traitement il va y avoir une commission composé d’un avocat, d’un médecin et d’un représentant des droits des patients. Vous pourriez être, si vous êtes dans une organisation qui est reconnue comme faisant partie de la défense des droits des patients, vous pourriez aller voir ce patient avec un médecin et un avocat et écouter la personne qui va dire pourquoi il conteste son hospitalisation, pourquoi il conteste… Ça c’est nouveau, ça c’est une vraie  avancée de reconnaissance. Est-ce que ça a changé la pratique ? Des fois oui, des fois non. Parce que la puissance du pouvoir médical est toujours très, très forte, parce que allez contester un diagnostic. Est-ce que vous pourriez contester un diagnostic de schizophrénie, dire autre chose ?  Non, cette personne n’est pas schizophrène. Si vous voulez, aujourd’hui la référence c’est le corps médical, psychiatrique qui le donne. La référence, entre guillemets, scientifique et idéologique c’est le pouvoir médical. Donc la question à se poser c’est la place de la force, de la puissance du pouvoir médical. C’est extrêmement rare qu’un médecin soit contesté, même s’il y a trois ou quatre contre expertises, voilà il y aura une contre expertise, une contre expertise, une contre et puis il y aura (XXX51.26), mais c’est toujours les médecins qui définissent l’identité psychopathologique de la personne. C’est une avancé qui a eu des représentants des droits, mais c’est suivant qu’elle est la personne aussi, les personnes sont importantes, leurs expériences, leur capacité à contester le point de vue du médecin avec l’avocat, il y a toujours un avocat, un juriste. Donc de nouveau là il y a une réunion de trois personnes qui vont aller vers le patient, qui vont l’écouter, puis après qui prennent une décision, et des fois ils prennent une décision que la personne peut sortir : « là, on ne comprend pas pourquoi vous la retenez à l’hôpital.. » ; mais c’est plutôt rare. Le pouvoir médical est encore celui qui est puissant dans son expertise, dans sa capacité de convaincre et de faire peur. C’est à dire : «  si vous sortez cette personne le risque de dangerosité existe toujours. » Quand vous dites ça à une commission ou un groupe, le médecin dit : « attention, le risque que cette personne soit de nouveau dangereuse à l’extérieur, puisqu’elle a, imaginons qu’elle a menacé ces voisins, vous hésitez à dire de libérer cette personne. Vous voyez… Voilà, il y a des avancées institutionnelles, il y a des droits reconnus, les personnes peuvent y faire appel. On a même à Genève introduit la notion de conseiller accompagnant, toute personne hospitalisées peut faire appelle à une personne à l’extérieure, simplement pour faire valoir son point de vue, on appelle ça des conseillés accompagnant, on ne peut pas vous opposer, on ne peut pas vous dire : «non, vous êtes trop malade, vous n’avez pas le droit à un conseiller d’accompagnement. Nous c’est ce qu’on faisaient comme militante, maintenant c’est institué il y a un groupe de six accompagnants, dix accompagnants, la personne est à l’hôpital, elle conteste son hospitalisation, elle a la loi où c’est marqué : « vous pouvez faire appel à un conseiller accompagnant ». Pourquoi c’est important, parce que quand on a une crise, souvent, tout le réseau autour de vous éclate et vous vous retrouvé seul dans l’institution. Quand vous êtes seul c’est extrêmement dur, c’est pénible de se retrouver seul face à l’institution, d’où l’importance d’avoir une personne de l’extérieur qui va être à coté de vous et qui va vous aider à exprimer votre point de vue. Ça c’est une autre avancé législative, dans la loi il y a cette possibilité-là.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce qui a changé : le mouvement général de contestation des formes traditionnelles de la psychiatrie est un peu moins fort qu’avant, ça c’est la réalité. Il y a même des régressions, ça c’est mon point de vue, devant la montée de l’extrême droite et des mouvements populiste il y a des formes, si vous voulez, de stigmatisation de groupes, de populations, avant le (XXX 55.00) de l’extrême droit était axée sur les étrangers, sur les populations, sur l’immigration, sur le danger des étrangers qui viennent manger le pain des suisses et prendre la place des suisses. Maintenant ils ont décidé de cibler des autres groupes de population, des personnes qui sont assistées, qui abusent de l’assistance, les personnes qui sont handicapés psychiques, qui abusent des revenues de l’assistance. On est dans des formes, aujourd’hui, de régression sociale et politique par rapport à il y a vingt ans. Très concrètement grâce à ces mouvements de extrême droite, qui s’attaque à des groupes de population qui n’ont pas les capacités, d’abord une représentation politique forte, ils réussissent premièrement à, progressivement avoir des stratégies de prise de pouvoir politique, ils sont de plus en plus importants, donc il faut faire très attention à ces groupes là, mais au même temps ils limitent les droits des personnes concernées. Dans le demain psychique très clairement c’est grâce à ces groupes là que la question financière, de financement des hôpitaux, vous avez vu dernièrement ? Il y a eu une contestation de l’hôpital psychiatrique sur les réductions budgétaires par rapport aux hôpitaux psychiatriques la santière ?!?!56.41 générale, donc une pression beaucoup plus accru sur le personnels et il y a eu un médecin qui s’est suicidé dernièrement, un chef de clinique que un jour, après être venu ici avec des patients, un type très , très intéressant qui a vécu un burnout, il s’est suicidé. Il a laissé une lettre qui conteste le pouvoir psychiatrique de son chef, aujourd’hui c’est un directeur de la clinique, enfin de tout le dispositif institutionnel, très intelligente, extrêmement fin comme analyse mais très autoritaire qui suit la logique de réduction des moyens. Donc il y a une réduction des moyens, une réduction du personnel et il y a une augmentation du nombre de personnes qui sont en crise, qui souffrent. Ça fait des scratch si vous voulez. Donc on est dans des processus de régression et puis on est, par rapport à la population on le voit bien, il y a moins de tolérance, il y a moins d’acceptation des personnes qui ont des troubles psychiques. Parce qu’on revient, si vous voulez, sur le discours sécuritaire, qui est un discours dominant aujourd’hui, c’est à dire mettre en place des moyen de sécurité pour la population. Ce discours sécuritaire fait que vous avez souvent des amalgames entre troubles psychiques et danger. On l’a vu dernièrement : la mort de cette jeune femme, vous avez suivi l’actualité… Cet homme qui a tué cette socio-thérapeute, qui était en prison. On voit bien qu’à travers, ou travers ces événements là, il va y avoir une augmentation des mesures sécuritaires, des mesures d’enfermement. C’est à dire on va revenir progressivement à des formes, en France c’est déjà, la loi a déjà changé par rapport à l’hospitalisation telle que je vous l’expliquait, sous l’effet de deux ou trois événement graves et puis chez nous ça va bientôt se préparer. On est en train de construire la nouvelle prison psychiatrique à l’intérieur de Champ-Dollon. Vous avez entendu parler de i? Ils vont construire l’unité psychiatrique à l’intérieur de la prison pour les personnes qui ont des troubles psychiques et qui sont dangereuses.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Donc je dirai il y a des avancés législatives, au niveau des droits, mais il y a des régressions aussi sous l’effet des politiques publiques. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
E : Est-ce que vous pourriez juste nous dire si vous continuez être engagé…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
R : Toujours au niveau personnel, au niveau de l’esprit, au niveau concret un peu moins parce que je suis à la retraite, mais je travaille toujours, mais j’ai passé l’âge de la retraite ; donc j’ai un peu plus de distance. Avant je faisais partie du conseiller accompagnant, avant… Je me tiens à disposition, je suis moins, enfin j’ai toujours une pratique ici, je vais la diminuer progressivement. Après je crois j’irai faire un petit peu moins qu’avant, mais toujours disponible s’il faut se battre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
E : J’aurais juste une question, ou réflexion… si dans les années qu’on est en train de voir, années ’60-’80, le niveau d’acceptation, pouvait être lié au fait de connaître ces personnes… aujourd’hui se relie plutôt, comme vous avez dit à tout cette conception de sécurité de la société, de protection…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
R : Tout à fait, on est un peu dans ce mouvement là. Mais le mouvement d’intégration il est quand même fort, vous voyez ? Le mouvement d’intégration, les gens, globalement, qui ont des troubles psychiques ils vivent dans la communauté, ils sont dans des foyers, ils sont dans des… On a créé des néo institutions totalitaires, pour être provocateur. À la place qui soient 800 dans un lieu clos ils sont 3&#039;000 - 4&#039;000 dans le territoire, mais dans des mini institutions, vous voyez ? Ils viennent chez nous, ils dorment dans un foyer, ils ont un réseau peu, un pourrait dire, néo-institution-totalitaire. C’est à dire, est-ce qu’ils sont véritablement intégrés ? Qu’est-ce que c’est l’intégration ? Qu’est-ce que c’est ? Est-ce qu’ils travaillent dans le même lieu de travail ? Est-ce qu’ils vivent dans le mêmes immeubles ? Est-ce qu’ils côtoient le même… Vous voyez ? Il y a tous les niveaux là, je pense, depuis des gens qui doivent être dans des foyers parce qu’ils n’arrivent pas à vivre concrètement dans un immeuble (XXX07.48) à leurs besoins de la vie quotidienne, mais il y a des gens qui ont un niveau d’intégration, entre guillemets, normal. Parce que la question du handicap n’est pas liée à la personne, leur handicap c’est une interaction entre des facteurs des contextes d’environnement et des limitations fonctionnelles et relationnelle de la personne. Le handicap c’est cette interaction. Jusqu’à présent on a une vision du handicap liée à la personne : « ah, vous êtes handicapé, vous avez une (XXX01.03.15), vous avez un trouble, vous avez… vous ne pouvez pas passer l’aspirateur, etc. vous avez un trouble fonctionnel » Mais on ne le voit jamais en fonction du contexte. Pour moi les limitations dans le handicap c’est cette interaction, qui est presque une construction sociale. Suivant l’environnement, si vous avez un environnement très discriminant, vous êtes bien sûre, en guillemets, très limité, si vous avez un environnement complètement intégré, vos limitations ont moins de force. C’est vraiment cette interaction qui est importante pour moi. D’où l’importance d’agir sur l’environnement et pas seulement faire du soin, de l’éducation… il faut faire que les structures changent, que la société change dans ses formes d’organisation : le logement, l’entreprise, le travail… Il faut avoir une action là dessus.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
E : Juste une dernière… Si on parle des neuroleptiques, il y avait tout un débat dans les années ’60 sur enfermer la folie ou libérer la personne, libérer la folie enfermer la personne. Vu que aujourd’hui il n’y a plus cette notion, cette pratique de vraiment enferment… Les neuroleptiques ça serait plus enfermer la folie ou enfermer la personne en tant que individu, singularité ou possibilité d’expression&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
R : Oui, c’est très complexe. La question du médicament elle est très, très complexe parce que le médicament n’agit pas sur les causes, l’étiologie on ne le sait pas, il faut être claire. En tout cas la communauté scientifique n’arrive pas expliquer pourquoi une personne développe un trouble de type psychotique. On a que des hypothèses, mais une hypothèse n’est pas une vérité. Du coup cout ce qu’on a développé comme traitement, c’est des traitement symptomatologiques ( ?! 01.05.43), on agit sur le symptôme, on agit sur le processus délirant. Le médicament il coupe le processus, quand vous arrêtez le médicament le processus il revient. On est d’accord… Donc on est dans un rapport de… alors, des fois ça fonctionne, ça coupe le délire, ça coupe l’hallucination, puis des fois pas. Le médicament, il n’y arrive pas, la force du symptôme est beaucoup plus puissante que le médicament. Vous avez des personnes qui ont des symptômes et qui ont encore des processus délirants ; mais le médicament agit là dessus. Alors, la question des médicaments est la question de l’interaction, c’est le rapport entre soignant et soigné. C’est la relation que vous avez avec votre soignant, qui détermine la question du traitement. Si vous êtes dans la communauté vous avez le droit de refuser le traitement, vous pouvez totalement dire : « je n’ai pas besoin, je ne veux pas ce traitement ». Vous avez la capacité, la liberté de dire non. Forcement quand vous faites une crise, deux crises, cinq crises, six crises, petit à petit vous comprenez que le médicament vous évite cette crise, vous le prenez. Mais le médicament il restreint, parce que le neuroleptique, la première génération il couvrait tout le champ de l’imaginaire, tout le champs de la conscience, donc c’était extrêmement dur à vivre. Le médicament non seulement il coupait un (XXX 01.07.30) symptôme, mais il vous empêchait d’imaginer. Vous aviez des formes de vie figées, même au niveau de l’esprit. Donc les gens, à moment donné, c’est insupportable ; donc ils arrêtaient le médicament. Ils étaient mieux et tout d’un coup la crise revient. Vous voyez ? Le médicament psychotrope il est un moindre mal devant quelque chose plus douloureux à vivre. Parce que vivre la crise psychiatrique, si vous avez des témoignages c’est une souffrance terrible, mais terrible. Moi j’ai donne des cours et je montre des témoignages de patients, de femmes et de hommes, qui décrivent qu’est-ce que c’est la crise psychotique… c’est vraiment une souffrance infinie. Donc voilà, la question médicament est très délicate. Les nouveaux neuroleptique, la nouvelle génération elle cible de manier plus précise les processus des neurotransmetteurs, donc elle envahisse moins la conscience, l’imaginaire, la capacité du désir, du plaisir, des relations, etc. un peu moins, mais quand même ces médicaments sont puissants. Donc à un moment donné les gens ils en peuvent plus, ils disent j’arrête. Mais arrêter brutalement c’est dangereux, il faut faire un processus de sevrage contrôlé médicalement. Donc la question des neuroleptiques est une question centrale, dans la question des troubles psychiques, que ça soit les neuroleptiques, les antidépresseurs, ou pour les [http://fr.wikipedia.org/wiki/Troubles_bipolaires troubles bipolaires] ou lithium, ou n’importe quel psychotrope. Donc c’est toujours une question que le soignant et la personne, son entourage doivent se poser. C’est légitime, à un moment donné, dire : « j’arrête ! » ou « Je veux voir comment ça se passe sans traitement» Il faut toujours donner la possibilité à la personne d’être, justement, dans ce tiers de personne qui va guérir ; qu’il n’aurait pas besoin, qu’il n’aurait pas plus besoin de médicaments. On pourrait faire des heures sur le sujet…&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Jessy Herrera</name></author>
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		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Entretien_avec_M._Alain_Riesen&amp;diff=12412</id>
		<title>Entretien avec M. Alain Riesen</title>
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		<updated>2014-01-05T09:37:25Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Jessy Herrera : /* Entretien avec M. Alain Riesen */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;== Entretien avec M. Alain Riesen ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
E : Depuis quand et avec qui (quel groupe) vous êtes-vous engagé dans la lutte pour les droits de la personne et quel était à ce moment-là votre statut (ou fonction)?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
R : L’engagement proprement dit c’était dans les années ’71-’72, ma première expérience c’était en 1967. À [http://fr.wikipedia.org/wiki/Clinique_de_Belle-Id%C3%A9e la clinique psychiatrique de Belle-Air], à l’époque on appelait ça Belle-Air. C’était dans un pavillon fermé : admission hommes et pendant un mois j’étais aide soignant avant de décider de faire mon école de [http://fr.wikipedia.org/wiki/Ergoth%C3%A9rapie ergothérapie.] C’est ma première expérience où j’ai vu, ce qu’on appelle la violence institutionnelle, c’est à dire un ensemble de patients dans une salle, à peu près deux foi comme celle-ci (4x2m.), nue, avec deux tables fixées au sol, deux WC ouverts sans portes et puis des hommes mélangés : troubles psychotiques, handicaps physiques en chaise roulante, handicaps mentales enfin un mélange. Ils passaient la journée dans cette salle et il y avait toujours un aide soignant ou un infirmier qui était là en train de les surveiller. On leurs donnait à manger à midi, une espèce de porridge, purée… Ils mangeaient vers 16.30, 17.00 heure et après on les couchaient. Il y en a qui étaient attachés sur leurs lit, soi-disant qu’ils faisaient leurs urines, et ils étalaient leur excréments sur les murs, alors on les attachaient. Ils restaient attachés toute la nuit. Ça c’est ma première expérience, jeune: j’avais 17-18 ans… Dans cette salle là on fermait à clé et puis les infirmiers me regardait à travers les vitres et les rideaux pour voir si j’allais supporter cette réalité-là… Voilà c’est ma première expérience où je me suis rendu compte après, que je ne connaissais pas… c’est vrai que la psychiatrie, c’était la première fois que je voyais des… et je me disais tient, voilà, c’est comme ça qu’on traite des personnes adultes qui ont des problèmes psychiatriques. À partir de là je suis parti faire des voyages en Europe, en Allemagne j’ai aussi vu des associations pour handicapés, j’ai fait des stages à l’hôpital cantonal, comme aide infirmier ou transporteur, je voulais connaître ce domaine et je voulais comprendre si je pouvais y travailler, si j’avais envie, si c’était mon désir de travailler dans ce domaine là. J’ai décidé malgré cette expérience forte: j’ai travaillé à l’hôpital cantonal à Beau Séjour, en rééducation physique et psychiatrie. J’ai décidé de faire de l’ergothérapie. La formation d’ergothérapeute, donc à la base j’ai une formation d’ergothérapeute et puis après mon école j’ai fait des stages à [http://fr.wikipedia.org/wiki/Clinique_de_Belle-Id%C3%A9e Belle-Idée]. C’est pendant mes stages qu’on a créé déjà le premier groupe de réflexion et d’action qui s’appelait le CAS: Comité d’Action de Santé, avec des professionnels, des médecins, des infirmiers, des ergothérapeutes, des socio-thérapeutes pour réfléchir sur la réalité de l’institution, pas seulement psychiatrique, mais aussi globalement dans le domaine de la santé, une réflexion politique, de la politique institutionnelle. Donc voilà mon parcours... Mes premières actions étaient des actions de réflexion, assez rapidement, une années après je me suis engagé en psychiatrie institutionnelle et la question des droits des patients c’est posée; surtout sur le point de vue des conditions de vie, de la question de l’internement psychiatrique, de la question de l’hospitalisation non volontaire, la question de la sortie, toutes ces questions-là, le lien entre ce qu’on a appelé à l’époque la violence institutionnelle, ou institution totalitaire, c’est à dire une notion qui est venue de [http://fr.wikipedia.org/wiki/Erving_Goffman Goffman], le sociologue. C’est intéressant à lire, même s’il date, mais c’est le premier qui à conceptualisé l’institution totalitaire. Puis après, mes références étaient plutôt [http://fr.wikipedia.org/wiki/Robert_Castel_%28sociologue%29 Robert Castel], autre sociologue français qui a écrit l’ordre psychiatrique. Pour moi, c’est une des mes références, avec Foucault, [http://fr.wikipedia.org/wiki/Foucault_Michel Michel Foucault] au niveau de la réflexion institutionnelle. L’institution totalitaire se caractérise par l’identité de la personne, la personne est incurable, elle est dangereuse et elle doit être hospitalisée à vie, c’est à dire l’hôpital est le lieu de vie. C’est ça la conception qui vient des années 1850, la psychiatrie moderne se construit de 1850 à 1950, elle se construit sur un siècle de processus de médicalisation de la folie, des troubles psychiques. On 1900 On crée la clinique psychiatrique ici à Genève. Donc il y a deux éléments forts : c’est cette conception de la personne, incurable, dangereuse, on doit l’hospitaliser à vie parce qu’on ne peut pas la soigner dans un lieu clos ; donc on lui donne tous les éléments, on répond à tous ses besoins : manger, dormir, avoir quelques activités et quelques soins. Voilà… c’est un lieu fermé. C’est à partir de cette expérience là et de la prise de conscience de cette manière de concevoir l’autre ayant des troubles psychiques, que petit à petit se révèle la question des droits de la personne, petit à petit dans ce domaine, il surgit la nécessité de changer l’institution, changer les lois, de changer les pratiques etc. Il y a un ensemble d’éléments. Ce qui constitue une politique de santé mentale c’est l’institution. On appelait ça le dispositif institutionnel, c’est la théorie, c’est à dire la [http://fr.wikipedia.org/wiki/Psychopathologie psychopathologie], la manière de définir l’identité de la personne, les corps des professionnels, les questions législatives, les droits des patients, le cinquième élément c’est… je ne me rappelle plus. Mais il y a cinq éléments qui constituent une politique de santé mentale, et ces cinq éléments sont articulés les uns aux autres, quand vous changez un élément tous les autres éléments changent, quand vous changez de manière significative. Au moment où il y a l’arrivée des neuroleptiques comme nouveau médicament, on peut enlever les barreaux dans le dispositif institutionnel, on peut considérer les professionnels comme des soignants et pas comme des gardiens de « prison », on peut éliminer les traitements de choc progressivement, etc. Un élément de ce dispositif, lors qu’il change de manière significative, il change aussi les autre, ils sont interconnectés. C’est cette prise de conscience de l’ensemble de ces éléments, puisqu’à l’époque on avait encore les grandes cures de sommeil, on avait les cures d’insuline pour provoquer, on avait les grandes cures d’électrochocs, tout ça se pratiquait sans le consentement du patient, puisqu’il était incurable et qu’il n’avait pas la capacité de discernement, il n’avait pas la capacité de dire « oui » ou « non » ; puisqu’il était fou, donc ce sont ces éléments-là. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’engagement, l’action plus spécifique pour les droits des patients c’est à partir d’évènements concrets, c’est à dire à partir d’une tentative d’hospitalisation d’une femme commerçante du quartier de Sant-Gervais, parce qu’elle, je ne vous raconte pas toute l’histoire, mais pour vous dire que c’est toujours un événement concret qui fait surgir sur la dimension globale, c’est à dire la micro-conflictualité qui fait surgir une dimension globale et qui fait qu’il y a un débat publique, dans les journaux, à la radio, à la télévision, et que tout le monde s’empare de cette situation. Il y a trois éléments forts dans ces années-là, ‘71-‘75. Une tentative d’hospitalisation d’une commerçante du quartier de Sant-Gervais qui échoue, c’est à dire la police qui arrive avec l’ambulance, les infirmiers, ces commerçants téléphonent à leur avocat pour dire « ils veulent nous hospitaliser » parce qu’ils refusaient de déménager du lieu où ils étaient. Ils refusaient de déménager parce qu’ils avaient un commerce et dans ce commerce un jour la fille a dit « si vous m’expulsez je vais me tuer », elle a fait cette expression-là donc le procureur, toute la juridiction qui était lié à ce commerce a dit « ah, on va faire un examen psychiatrique ». Ils ont fait un examen psychiatrique avec un médecin, le médecin est venu dans le commerce et a fait un bon d’hospitalisation non volontaire, une semaine après l’ambulance arrivait. Durant ce moment très fort, elle a réussie à téléphoner aux avocats, les avocats sont arrivés, il y a des gens de la rue qui se sont attroupés autour du commerce et ils n’ont pas réussi à prendre cette femme pour l’hospitaliser à Belle-Idée, ça a fait la une des journaux, ça a fait un scandale… Cette femme a vécu vingt ans sans problèmes dans son commerce, mais pour vous montrer qu’il y avait une utilisation, de « l’arme psychiatrique » pour résoudre ce que, à l’occurrence, c’était un conflit lié à une personne qui ne voulais pas quitter son commerce, il y avait des mesures d’expulsion pour construire un beau bâtiment. Elle était dans un petit commerce, elle vendait des habits. Voilà je m’arrête là, je vous ai fait un film sur cette situation. J’ai fait une interview avec cette femme qui expliquait comme elle a subit l’examen psychiatrique à l’intérieur de son commerce, le médecin psychiatre est venu dans son commerce pour lui dire qu’elle devait subir un examen psychiatrique et c’est lui qui a fait un bon d’hospitalisation non volontaire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Donc, en deux mots, c’est à partir de mon expérience et des situations conflictuelles, il y en a trois ou quatre encore que je pourrais citer, qui a émergé la nécessité d’un mouvement pour les droits des patients &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
E : Est-ce qu’il y a aussi une influence extérieure qui a fait qu’ils ont commencé toutes ces luttes, tous ces débats contre la psychiatrie ? &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
R : Alors, les événements extérieurs, le moment fort c’est [http://fr.wikipedia.org/wiki/Mouvements_sociaux_de_1968_dans_le_monde mai ’68] , c’est le mouvement, qui n’est pas seulement un mouvement, c’est un mouvement globale au niveau de l’ensemble des pouvoir institutionnels en Europe, aux Etats-Unis, en Amérique latine, il y a un moment de contestation extrêmement puissant des pouvoirs constitués, des pouvoirs institutionnels, que ça soit, la famille, l’usine, la santé, l’éducation etc. Il y a un mouvement de contestation des normes institutionnelles, ça c’est le mouvement global. Nous, comme jeunes étudiants et professionnels on est dans cette dynamique là, on est dans une dynamique de réflexion, de contestation des pouvoirs institués. Dans le domaine du champ spécifique de la santé mentale, il y a la création du réseau d’alternative à la psychiatrie. Vous pouvez aller chercher les documents dans les archives contestataires. Je ne sais pas si Martine vous a expliqué qu’il y avait un group, une association qui s’était crée pour récolter des archives liées au mouvement des femmes, à la santé, à l’éducation, etc. et nous nous avons donnés nos archives sur le réseau d’alternative à la psychiatrie. Donc ce qui est extérieur c’est des professionnels et des patients qui réfléchissent à une autre manière de pratiquer le soin.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Donc c’est l’expérience italienne de [http://fr.wikipedia.org/wiki/Franco_Basaglia Basaglia] et Giovanni Jervis qui est la fermeture de l’hôpital psychiatrique de Trieste. Donc moi je vais dans les premières réunions étaient à Venezia, les premières réunions du réseau d’alternative à la psychiatrie avec quatre ou cinq pôles. L’expérience italienne dont la réflexion était : il faut fermer les hôpitaux psychiatriques et développer un dispositif institutionnel sur le territoire. C’est ça l’idée de base. Avec différents courants, ils n’étaient pas tous au même niveau. Il y avait des courants : il y avait le courant Basaglia, institutionnel, il y avait le courant de Giovanni Jervis, dans une des villes italiennes près de Bologne ; il y avait plusieurs courants en Italie. En gros le courant fort c’était la fermeture des hôpitaux qui va se produire dans les années ’80 avec la Loi X qui dit fermeture des hôpitaux psychiatriques. Qui posait là un problème parce qu’il y a des régions qui ont très bien joué le changement et d’autres régions qui n’ont rien fait. Donc les gens se sont trouvés à la rue, sas foyer, sans atelier, etc. Parce qu’il y avait des régions qui étaient plus avancées que d’autres en Italie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il y a le courant anglais, c’est la création des communautés thérapeutiques. Ça c’est l’expérience de [http://fr.wikipedia.org/wiki/Ronald_Laing Laing] et [http://fr.wikipedia.org/wiki/David_Cooper Cooper]. Cooper a fait partie du réseau d’alternative à la psychiatrie, on a travaillé ensemble avec Cooper. Vous pouvez lire les différents livres de Laing et Cooper. L’idée c’est de rompre avec l’hôpital traditionnel et de créer des espaces de communautés thérapeutiques avec peu ou pas de médicaments. Où la personne va vivre sa crise psychotique sans médicaments. Une des expérience forte de ce courant là c’est le livre de [http://en.wikipedia.org/wiki/Mary_Barnes Mary Barnes], qui a écrit, c’est le patient qui a écrit son parcours pendant deux ans dans la communauté thérapeutique de Cooper et Laing. Ça c’est le courant anglais, anglo-saxon.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il y a le courant belge, avec un psychiatre marocain-belge, qui a fait une expérience de communauté thérapeutique aux Etats-Unis dans le Bronx. Avec les communautés noirs, africaines à New York et qui a développé une expérience en Belgique à Bruxelles, dans le quartier de Schaerbeek, un quartier qui est composé majoritairement de marocains, les populations qui viennent travailler, vivre en Belgique… et qui a développé un réseau d’institutions pour des gens qui ont des problèmes psychiatriques en dehors de l’hôpital psychiatrique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il y a le courant hollandais qui a encore une autre approche.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est un réseau, après il y a encore le courant français avec Foucault, Castel et Guattari, [http://fr.wikipedia.org/wiki/F%C3%A9lix_Guattari Félix Guattari], qui ont développé l’institution de la Borde près de Paris. Une petite institution psychiatrique privée, avec un mode de pratique autogéré. Il y a un directeur, qui existe toujours maintenant, Guattari est décédé, mais il y avait un mode de gestion de la vie quotidienne entre soignants et soignés. Où les personnes discutaient chaque jour de comment vivre ensemble, dans un lieu pour des gens qui ont des problèmes psychiatriques, avec une antenne à Paris. Une antenne où les gens qui sortaient pouvaient aller vivre après dans un quartier à Paris et puis il y avait plusieurs lieux de consultation ouverts, avec beaucoup de créativité, dans l’esprit en fait que les gens ont des capacités même si ils ont des troubles psychiques et donc ces capacités il faut leurs permettre de vivre avec. Voilà, les influences c’est le réseau d’alternative à la psychiatrie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une des dernières réunions du réseau, ce réseau se faisait, il y a avait des réunions annuelles à Paris, à Trieste, vers Amsterdam, en Belgique à Bruxelles, on se réunissait des groupes de professionnels avec des groupes de patients, parce que comme c’est à surgir des groupes de patients autonomes, indépendants, qui commençaient à prendre une certaine place. C’est à dire que le point de vue du patient n’est pas seulement une interprétation du professionnel, même bien veillant, même luttant pour ses droits, mais avec l’idée que les personnes concernées peuvent s’organiser pour avoir un réseau entre elles et avoir une parole, une action par rapport à leurs conditions de vie, leurs conditions de soin. C’est à partir d’une expérience, une dernière réunion à Genève, à la maison de quartier de la Jonction, du réseau d’alternative à la psychiatrie, où des équipes de tous les pays européens viennent et on discute des différentes expériences, que un groupe de patients de Genève est venu participer à cette réunion, ils n’ont rien dit, ils ont écouté et à la fin de cette réunion ils sont venus vers nous, on était quatre ou cinq, médecins, ergothérapeutes, infirmiers, et ils nous ont dit, dans la rue, je me rappelle très bien, sur le trottoir, ils nous ont dit : « c’est le moment de créer un groupe, une association, un collectif pour défendre nos droits, nous seuls on ne peut pas le faire, c’est trop difficile, il faut qu’il y a une alliance entre des professionnels, des familles, des patients et des avocats, etc. » On a créé [http://www.rolfhimmelberger.ch/wp-content/uploads/2012/03/Adupsy-face-a-Revision-Loi-pers-atteintes-aff-mentales_1936_79.09.pdf l’ADUPSY,] l’association pour les droits des usagers de la psychiatrie. C’était la première association et on a fait un travail pendant plusieurs années pour accueillir les demandes, les plaintes, les critiques des patients. On a fait une permanence, donc c’était un travail hors professionnel, on était tous au même niveau, on était membres de l’association pour les droits des usagers de la psychiatrie. Un des patients, une des personnes qui nous avait sollicité est morte lors d’une hospitalisation à la clinique psychiatrique de Belle-Idée, lors d’une cure de sommeil à haute dose, dans une chambre fermée. C’était un des évènements qui a aussi était extrêmement puissant, qui a mis en évidence la réalité de l’institution psychiatrique. À la suite de ce drame, il y a eu une commission d’enquête qui était faite et qui a mis en cause… la parole c’est libérée, si vous voulez. La commission d’enquête était faite de professeurs de psychiatrie et de professeurs de droit, qui ont eu l’intelligence d’interviewer pas seulement la direction mais aussi le personnel de la clinique. Tout ce que je vous ai expliqué au début, sur ce qu’on appelle la violence institutionnelle a surgit. Ca a était un moment de crise important de l’institution, le directeur a été destitué, il était éliminé, c’est la commission d’enquête, c’était une décision politique. La dimension du travail dans la communauté a été reconnue comme une dimension importante, c’est à dire, diminuer le nombre de lits à l’intérieur de l’hôpital psychiatrique, on est passé de 600 lits à 300 lits en plusieurs années, et développer le secteur, la sectorisation qui est le modèle institutionnel aujourd’hui encore en vigueur. C’est à dire diviser la ville en quatre secteurs et à ces quatre secteurs doivent correspondre un centre de consultation, un hôpital de jour, une unité hospitalière, mais où il y a une cohérence entre ses dispositifs institutionnels.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’histoire du secteur va être trop longue à vous expliquer, aller voir les textes français sur la sectorisation, ça vient de l’expérience pendant la dernière guerre mondiale. Le drame qui ont vécu les patients psychiatriques en Europe, en Allemagne bien sûr, puisqu’ils étaient tués, exterminés beaucoup, handicapés mentaux et psychiatriques. Mais en France aussi beaucoup de patients sont morts dans les hôpitaux psychiatriques pendant la dernière guerre, ils sont morts de faim et de froid. C’est à dire qu’il n’y avait pas assez à manger. Donc les médecins de l’époque, les médecins progressistes, ce qui avaient une conscience, ils ont ouvert les portes des hôpitaux et ils ont laissé aller vivre ces patients à l’extérieur pour éviter qu’ils meurent de faim et de froid. Après la guerre ils se sont aperçus que ces personnes avaient très bien vécu, ça veut dire qu’ils avaient des capacités d’intégration. C’est là qui ont pensé qu’il fallait développer bien sûre ce que aujourd’hui est une évidence, c’est à dire arrêter que l’hôpital soit le lieu de vie des gens, faire que l’unité de crise soit uniquement pour la crise et puis que les gens vivent à l’extérieur, c’est à dire dans la communauté.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Voilà, ça c’est l’expérience de [http://www.rolfhimmelberger.ch/wp-content/uploads/2012/03/Adupsy-face-a-Revision-Loi-pers-atteintes-aff-mentales_1936_79.09.pdf l’ADUPSY], l’association pour les droits des usagers de la psychiatrie. Puis après j’ai participé à la création de la fondation [http://www.promentesana.ch/ Pro Mente Sana,] c’est une fondation nationale qui a un secrétariat, où on pouvait aller interviewer, ce sont maintenant des gens extrêmement compétents sur la question des droits des patients. Chirin Atant,( ?! 27.33) est la juriste de cette fondation, secrétariat romand. Julien Dubouché( ?!) est le secrétariat général, qui fait un travail pour développer, promouvoir, stimuler, accompagner toute la question des droits des patients psychiatriques. Donc j’ai participé à la création de cette fondation, fondation qui existait en Suisse allemande, j’ai participé à la création du secrétariat romand et en 1984 j’ai créé ce lieu avec un collègue.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Donc voilà, un tout petit peu, les éléments du parcours, où on a abouti aujourd’hui à un dispositif des droits des patients multiforme. Nous, on a toujours privilégié le soutien et l’accompagnement des groupes de patients. Aujourd’hui il y a quatre groupes de patients autonomes, c’est à dire sans qui ait des professionnels dans le groupe.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le REEV ( ?! 28.40), c’est le groupe des entendeurs de voix. Vous avez entendu parler ? Alors, il y a quatre groupes, le REEV : réseau des entendeurs de voix. C’est un très beau titre pour dire qu’il y a la problématique de gens qui ont des, classiquement défini comme des hallucinations auditive. Eux se considèrent comme des gens qui entendent des voix et ils se réunissent et ils réfléchissent à la signification de qu’est-ce que c’est ces processus extra-sensoriels. Ils essaient de sortir de la définition psychopathologique du délire et de l’hallucination auditive, sensorielle, visuelle, pour réfléchir, ils se réunissent régulièrement, on leurs prêt le local ici, c’est notre contribution si vous voulez au groupe de patient, ils viennent se réunir là ; une fois par mois ils ont multiples activités. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il y a le groupe AETOC ( ?! 29.50), l’association des personnes qui ont des troubles obsessionnels compulsifs, les toc, qui sont des personnes qui ont des problèmes de toc. Vous voyez ce que c’est ? Ils sont réunis en association et ils font un travail, je dirais, entre elle. Principalement de débat, de réflexion sur la problématique des troubles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il y a [http://www.l-experience-association.ch/ l’association l’Expérience], qui a développé des activités. Ils ont un local près de Lignon, ce sont des gens qui sont à l’AI, qui ont des troubles psychiques et qui ont développé une activité propre, puis ils font de la photo, ils font de la peinture, ils font plusieurs activités, mais aussi avec l’idée : « ce n’est pas parce qu’on est à l’AI, pour des raisons psychique qu’on ne peut avoir un point de vue sur les questions sociales, sur les questions institutionnelles, sur la question des droits, etc. Donc c’est un groupe qui s’auto-organise.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le quatrième, [http://www.association-atb.org/ l’association ATB], l’association des personnes qui ont des troubles bipolaires et dépressifs. L’ATBEP, l’association des personnes qui ont des troubles bipolaires et dépressifs, qui font aussi un travail entre elle, de débat, de discussion sur qu’est-ce que c’est vivre avec ce type de trouble.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Donc aujourd’hui si vous voulez, ce qui me parait intéressant c’est l’avancée de ces groupes et la réflexion, le lien qu’on peut avoir avec ces groupes comme professionnels. La question des droits est toujours d’actualité, parce que la question de l’hospitalisation non volontaire et la question du traitement, du type de traitement qu’on propose, je dis propose ou impose suivant le niveau de la crise dans laquelle la personne se trouve est toujours quelque chose qui va être présente historiquement. Même si on trouve des modes d’accueil de la crise différents que le mode traditionnel, c’est à dire l’enfermement dans une chambre fermée, moi j’ai toujours pensé qu’il faillait développer des alternatives par rapport à ça, c’est à dire l’alternative qui me parais la plus intéressante c’est la communauté thérapeutique. Il existe en Suisse une communauté thérapeutique, à Berne qui s’appelle Soteria, l’association Soteria, c’est un professeur de psychiatrie qui a développé cet association qui existait aux Etats-Unis, qui est un modèle d’accueil de la crise différent que le modèle classique, traditionnel où la personne est hospitalisé contre son gré, a un traitement de type neuroleptique pour réduire la crise, elle retrouve ses capacités relationnelles et sort de la clinique sur un temps relativement court. La communauté thérapeutique, c’est par médicaments ou peu de médicaments, le temps de la crise est plu long, il est plus difficile, c’est douloureux de vivre une crise psychotique, mais la personne a l’occasion de réfléchir sur son processus. Donc ce qui me paraît intéressant aujourd’hui dans le débat c’est la possibilité d’un choix, un choix à l’intérieur du cadre législatif. Je ne pense pas qu’on arrivera à éliminer toutes contraintes par rapport à la question de la crise, à la question d’urgence psychiatrique ; ou du moins le débat est ouvert : « est-ce que c’est possible d’éviter pour toutes situations une contrainte du type médico-policier ? » Parce que c’est ça qui se passe quand une personne a une crise, on fait appel au médecin de garde à l’urgence et à la police. Est-il possible ? Une des vraies questions sur les droits est celle-ci : « Est-il possible de développer une autre approche dans la crise qu’une contrainte ? » De mon expérience je dis non, je dis non parce que la réalité de la crise, même si on ne sait pas pourquoi une partie de la population va développer un processus d’atteint du type  psychotique, n’empêche que la crise existe réellement et il y a vraiment une déconnexion de la personne par rapport à la réalité. La question de la dangerosité, que ce n’est pas une question médicale, c’est une question médico-sociale, de société, qu’est-ce que c’est la dangerosité, elle est à évaluer, même si c’est deux médecins en face d’une personne en crise qui menace autrui auront une évaluation de la dangerosité différente. Le médecin qui a 25 ans d’expérience il aura une autre manière d’aborder la dangerosité que le jeune médecin qui a 3 ans d’expérience. Vous voyez ce que je veux dire? La question de l’interprétation et de la compréhension, par exemple, de la notion de dangerosité, qui est une des notions essentielles pour hospitaliser une personne contre son gré est essentielle. Il faut que la réalité du trouble, il faut que le médecin dit qu’il y a un trouble, il doit dire qu’il y a une dangerosité par rapport à soi-même ou autrui et il doit dire qu’on ne peut pas faire autrement que le placer dans un hôpital psychiatrique. Il faut ces trois conditions sur la question des droits des patients, si il y a une de condition qui n’est pas réunie, on ne le fait pas, il faut que les trois conditions soient réunies dans le même moment pour qu’une personne soit hospitalisée contre son gré. Mais tout de suite après son hospitalisation elle doit recevoir ses droits, de dire, elle doit pouvoir contester son hospitalisation forcée. Ça c’est toute la dialectique entre, voilà, il y a des patients qui disent que la réalité du trouble n’existe pas et (XXXavis ?! 36.52) des personne qui contesteront systématiquement leur hospitalisation, parce qu’il ne se considère pas comme malade. Ça c’est une question qui faut prendre bien au sérieux bien entendu. De mon point de vue il n’y a pas tellement des statistiques, mais il doit y avoir un 10-20% de personnes qui ont des troubles, qui font des hospitalisation et qui sortent et qu’il ne se font pas soigner ; parce que de leur point de vue ils ne sont pas malade, c’est la société, c’est vous qui êtes les agresseurs de cet personne. Vous voyez ? Ça c’est un vrai problème parce que ce sont les gens les moins défendus. Pourquoi ? Parce qu’il n’ont pas de soin, ils sont dans une zone grise de la société, ils vont plutôt dans des espace de type SDF, pour les gens qui sont en situation précaire, ils vont au Carré, à la Couloure ( ?!37.51), dans ces espaces là et ils ont une forme de survie. Les autres les considèrent comme ayant des troubles, eux même ne se considèrent pas comme ayant des troubles, donc ils vivent dans une espèce de, ce qu’on appelle, une zone grise de la société. On commence à prendre en considération ces groupes de personnes et on commence à penser qu’il faut aller vers eux, là où ils vivent, des fois dans la rue, des fois dans des squats, des fois dans des lieux de vie précaire, des fois dans des hôtels, etc. Il y a toute une population qui émarche ?! 38.40 pas à l’institution de soin et qui à des besoins spécifiques bien sûre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
E : Y a-t-il des valeurs que vous avez eu le sentiment d’avoir porté en avant et si oui lesquelles étaient-elle ? &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
R : Des valeurs ? Dans le sens ? Quoi vous pensez comme valeurs ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
E : Par exemple l’autodétermination, la liberté…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
R : Oui, tout à fait. L’autodétermination c’est une valeur aujourd’hui qui est dominante, il faudrait la définir, elle peut être ambiguë l’autodétermination pour une personne qui est dépendante. Quelle autodétermination pour une personne qui a une forme de dépendance ou de trouble, qui justement limite son autodétermination ? Donc toute la question de l’autodétermination, c’est un concept intéressant, mais il faut voir comment il s’articule avec la réalité du trouble psychique. Ces valeurs disons, pour moi, je les rapprocherais de ce qui s’est passé avec différents atteintes à la santé comme le [http://fr.wikipedia.org/wiki/Syndrome_d%27immunod%C3%A9ficience_acquise SIDA], par exemple. Le [http://fr.wikipedia.org/wiki/VIH VIH], où progressivement c’est mis en place, pour ces personnes qui avaient le VIH, avec lesquelles on a travaillé ici, pas mal de personnes qui avaient des troubles psychiatriques ont eu le VIH, c’est mis en place un groupe de personnes vivant avec le virus et qui se sont organisées. Pour moi l’autodétermination est beaucoup liée à la capacité de travailler collectivement, c’est à dire avoir une solidarité, un lien collectif et qui a fait émerger, ce qu’on appelle, vivre avec, avoir la capacité de vivre avec son trouble. C’est à dire de ne pas avoir l’illusion que ce trouble va disparaître par magie, parce que un médicament, un traitement va pouvoir faire qu’on va retrouver sa pleine santé, sa pleine capacité. Donc la question de l’autodétermination, c’est un nouveau mot mais moi je l’ai toujours appliqué, depuis que je travaille. En gros on n’est pas dans des rapports de pouvoir, même s’il y a, est institué certaines formes de pouvoir, on accompagne des personnes dans un processus de vie qui est améliorer constamment la qualité de vie des gens. Faire que le maximum de liberté ou d’autonomie, qui est propre de notre métier, l’ergothérapie c’est la possibilité de donner aux gens l’autonomie dans leur vie quotidienne, vie sociale, relationnelle d’activité au maximum. Mais ça vous devez le faire même si la situation, la santé dégrade, parce que la réalité des personnes qui vivent avec des troubles psychiques, et ça c’est les études épidémiologiques qui le montrent, un tiers des personnes, quelle que soit la prise en charge, le traitement, etc. La situation base dégradée, c’est à dire ils vont perdre certaines capacités d’autonomie, à la place de vivre de manière indépendant dans un appartement, et bien ils vont devoir aller vivre dans un foyer. Ça c’est sur plusieurs années, quand vous voyez un focus sur un ou deux ans vous ne savez pas si cette personne est dans un processus de dégradation, de stabilisation ou d’amélioration ou de guérison. Vous le voyez sur des temps long, sur dix ou vingt ans. Donc la question de l’autodétermination elle doit être constante par rapport à la personne et au collectif, mais aussi dans la représentation qu’on peut en avoir, c’est à dire une partie, un tiers des personnes la situation va se dégrader. On travaille avec une personne dont on sait qu’elle ne va pas retrouver toutes ses pleines capacités. Un tiers des personnes en situation, ça c’est une étude sur mille personnes, c’est les grandes études qui sont très rares, qui coutent très chère, parce que vous étudiez sur vingt ans l’évolution de la maladie. Deux grandes études, une en Angleterre et une à Lausanne, et à Lausanne a était reproduit deux fois, vous pouvez aller voir dans la littérature les études épidémiologiques de l’école de Lausanne et qui montrent cet évolution. Un tiers des personne améliorent sensiblement leur état de santé ou guérissent. On n’a pas cette représentation par rapport aux troubles psychotiques, on a plutôt une représentation où les gens vont vivre toute leur vie avec un trouble psychotique. Quand je dis trouble psychotique ça peut être aussi une dépression chronique, un trouble bipolaire, etc. Ce sont tous les troubles qui handicapent la personne, qui limitent son autonomie. Donc un tiers des personnes améliorent ou guérissent. Quand ces études sont sortis, même les milieux médico n’y croyaient pas on disant : « ce n’est pas vrai, on ne guérit pas d’une psychose. » Vous voyez ? Mais les études le montrent. Donc voilà, ce sont des valeurs, sur la question de l’autodétermination et de la liberté, ce sont des valeurs aussi qui doivent se construire à la mesure de votre statut. Quand vous êtes professionnel vous avez une certaine compréhension, une certaine vision des troubles, lors que vous êtes chercheur vous avez une autre vision, lors que vous êtes patient vous avez une autre vision, vous êtes un avocat, un avocat il va défendre quel que soit la « réalité » du trouble, il va défendre à fond son client pour qu’il sorte, si son client il est dans l’hôpital et lui dit : « je veux sortir de cet hôpital », il va tout mettre en œuvre pour faire que cette personne sorte de l’hôpital, même si son client il est devant lui en train de lui dire qui fait partie de la CIA ou du KGB, etc. Il est dans un rapport où la question de la liberté répond aux besoins de la personne, dans cette expression qu’elle a : « je suis enfermé à cause d’une organisation qui a décidé de m’enfermer. » Quel est la parte d’interprétation, d’évaluation, de ce que vous faites… Ça existe la CIA, ça existe des gens qui le font, c’est réel. Qu’est-ce que vous savez que la personne est soumise à… Voilà, c’est facile de dire qu’elle a un délire. Il faut en premier aller voir si elle n’est pas liée à une organisation. Point d’interrogation… Si vous êtes un professionnel de la santé mentale, vous dites ça c’est un délire, si vous êtes un avocat vous dites autre chose, si vous êtes, etc. Donc la question de la liberté est aussi relative. Le plus intéressant est de travailler en inter-professionnel, en inter-discipline, parce que vous avez une capacité, vous avez un regard, des regards croisés, donc vous avez une autre approche que strictement un regard de médecin, d’infirmier, de chercheur ou d’avocat, etc. ou de juriste. L’intéressant c’est de toujours se poser les questions avec un point de vue différent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
E : Qu’en est-il aujourd’hui de cette lutte et des acquis et des risques de retour en arrière ? Sur quoi faudrait-il continuer de se battre, de lutter ? Est-ce que vous continuez aujourd’hui de vous engager et sur quoi ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
R : Alors, au niveau de la lutte elle c’est en guillemets, toute la lutte liée aux droits des patients, elle c’est un peu institutionnalisée. C’est à dire qu’il y a des structures qu’elles sont mises en place pour défendre les droits des patients, les droits des assurés. Tout ça s’est construit, ça c’est un peu figé avec des aspects positifs et des aspects négatifs. Les aspects positifs c’est que c’est pour tout le monde et c’est la possibilité d’accéder à un service, c’est des lois qui ont changées, c’est la reconnaissance par exemple, il y a la loi sur l’hospitalisation non volontaire, il y a une commission de surveillance des professions de la santé et des droits des patients. Si vous voulez, dans la loi qui est notre expression politique de la question du droit, elle est inscrite dans la constitution, dans les lois. Les droits des patients sont inscrits dans la loi. En 1950, ’60, ’70, ça n’existait pas, aujourd’hui c’est inscrit. Cette commission de surveillance des professions médicales et de la santé est composée de représentants, de personnes qui sont dans des organisations de défense des droits des patients. Si quelqu’un conteste une hospitalisation, ou un traitement il va y avoir une commission composé d’un avocat, d’un médecin et d’un représentant des droits des patients. Vous pourriez être, si vous êtes dans une organisation qui est reconnue comme faisant partie de la défense des droits des patients, vous pourriez aller voir ce patient avec un médecin et un avocat et écouter la personne qui va dire pourquoi il conteste son hospitalisation, pourquoi il conteste… Ça c’est nouveau, ça c’est une vraie  avancée de reconnaissance. Est-ce que ça a changé la pratique ? Des fois oui, des fois non. Parce que la puissance du pouvoir médical est toujours très, très forte, parce que allez contester un diagnostic. Est-ce que vous pourriez contester un diagnostic de schizophrénie, dire autre chose ?  Non, cette personne n’est pas schizophrène. Si vous voulez, aujourd’hui la référence c’est le corps médical, psychiatrique qui le donne. La référence, entre guillemets, scientifique et idéologique c’est le pouvoir médical. Donc la question à se poser c’est la place de la force, de la puissance du pouvoir médical. C’est extrêmement rare qu’un médecin soit contesté, même s’il y a trois ou quatre contre expertises, voilà il y aura une contre expertise, une contre expertise, une contre et puis il y aura (XXX51.26), mais c’est toujours les médecins qui définissent l’identité psychopathologique de la personne. C’est une avancé qui a eu des représentants des droits, mais c’est suivant qu’elle est la personne aussi, les personnes sont importantes, leurs expériences, leur capacité à contester le point de vue du médecin avec l’avocat, il y a toujours un avocat, un juriste. Donc de nouveau là il y a une réunion de trois personnes qui vont aller vers le patient, qui vont l’écouter, puis après qui prennent une décision, et des fois ils prennent une décision que la personne peut sortir : « là, on ne comprend pas pourquoi vous la retenez à l’hôpital.. » ; mais c’est plutôt rare. Le pouvoir médical est encore celui qui est puissant dans son expertise, dans sa capacité de convaincre et de faire peur. C’est à dire : «  si vous sortez cette personne le risque de dangerosité existe toujours. » Quand vous dites ça à une commission ou un groupe, le médecin dit : « attention, le risque que cette personne soit de nouveau dangereuse à l’extérieur, puisqu’elle a, imaginons qu’elle a menacé ces voisins, vous hésitez à dire de libérer cette personne. Vous voyez… Voilà, il y a des avancées institutionnelles, il y a des droits reconnus, les personnes peuvent y faire appel. On a même à Genève introduit la notion de conseiller accompagnant, toute personne hospitalisées peut faire appelle à une personne à l’extérieure, simplement pour faire valoir son point de vue, on appelle ça des conseillés accompagnant, on ne peut pas vous opposer, on ne peut pas vous dire : «non, vous êtes trop malade, vous n’avez pas le droit à un conseiller d’accompagnement. Nous c’est ce qu’on faisaient comme militante, maintenant c’est institué il y a un groupe de six accompagnants, dix accompagnants, la personne est à l’hôpital, elle conteste son hospitalisation, elle a la loi où c’est marqué : « vous pouvez faire appel à un conseiller accompagnant ». Pourquoi c’est important, parce que quand on a une crise, souvent, tout le réseau autour de vous éclate et vous vous retrouvé seul dans l’institution. Quand vous êtes seul c’est extrêmement dur, c’est pénible de se retrouver seul face à l’institution, d’où l’importance d’avoir une personne de l’extérieur qui va être à coté de vous et qui va vous aider à exprimer votre point de vue. Ça c’est une autre avancé législative, dans la loi il y a cette possibilité-là.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce qui a changé : le mouvement général de contestation des formes traditionnelles de la psychiatrie est un peu moins fort qu’avant, ça c’est la réalité. Il y a même des régressions, ça c’est mon point de vue, devant la montée de l’extrême droite et des mouvements populiste il y a des formes, si vous voulez, de stigmatisation de groupes, de populations, avant le (XXX 55.00) de l’extrême droit était axée sur les étrangers, sur les populations, sur l’immigration, sur le danger des étrangers qui viennent manger le pain des suisses et prendre la place des suisses. Maintenant ils ont décidé de cibler des autres groupes de population, des personnes qui sont assistées, qui abusent de l’assistance, les personnes qui sont handicapés psychiques, qui abusent des revenues de l’assistance. On est dans des formes, aujourd’hui, de régression sociale et politique par rapport à il y a vingt ans. Très concrètement grâce à ces mouvements de extrême droite, qui s’attaque à des groupes de population qui n’ont pas les capacités, d’abord une représentation politique forte, ils réussissent premièrement à, progressivement avoir des stratégies de prise de pouvoir politique, ils sont de plus en plus importants, donc il faut faire très attention à ces groupes là, mais au même temps ils limitent les droits des personnes concernées. Dans le demain psychique très clairement c’est grâce à ces groupes là que la question financière, de financement des hôpitaux, vous avez vu dernièrement ? Il y a eu une contestation de l’hôpital psychiatrique sur les réductions budgétaires par rapport aux hôpitaux psychiatriques la santière ?!?!56.41 générale, donc une pression beaucoup plus accru sur le personnels et il y a eu un médecin qui s’est suicidé dernièrement, un chef de clinique que un jour, après être venu ici avec des patients, un type très , très intéressant qui a vécu un burnout, il s’est suicidé. Il a laissé une lettre qui conteste le pouvoir psychiatrique de son chef, aujourd’hui c’est un directeur de la clinique, enfin de tout le dispositif institutionnel, très intelligente, extrêmement fin comme analyse mais très autoritaire qui suit la logique de réduction des moyens. Donc il y a une réduction des moyens, une réduction du personnel et il y a une augmentation du nombre de personnes qui sont en crise, qui souffrent. Ça fait des scratch si vous voulez. Donc on est dans des processus de régression et puis on est, par rapport à la population on le voit bien, il y a moins de tolérance, il y a moins d’acceptation des personnes qui ont des troubles psychiques. Parce qu’on revient, si vous voulez, sur le discours sécuritaire, qui est un discours dominant aujourd’hui, c’est à dire mettre en place des moyen de sécurité pour la population. Ce discours sécuritaire fait que vous avez souvent des amalgames entre troubles psychiques et danger. On l’a vu dernièrement : la mort de cette jeune femme, vous avez suivi l’actualité… Cet homme qui a tué cette socio-thérapeute, qui était en prison. On voit bien qu’à travers, ou travers ces événements là, il va y avoir une augmentation des mesures sécuritaires, des mesures d’enfermement. C’est à dire on va revenir progressivement à des formes, en France c’est déjà, la loi a déjà changé par rapport à l’hospitalisation telle que je vous l’expliquait, sous l’effet de deux ou trois événement graves et puis chez nous ça va bientôt se préparer. On est en train de construire la nouvelle prison psychiatrique à l’intérieur de Champ-Dollon. Vous avez entendu parler de i? Ils vont construire l’unité psychiatrique à l’intérieur de la prison pour les personnes qui ont des troubles psychiques et qui sont dangereuses.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Donc je dirai il y a des avancés législatives, au niveau des droits, mais il y a des régressions aussi sous l’effet des politiques publiques. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
E : Est-ce que vous pourriez juste nous dire si vous continuez être engagé…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
R : Toujours au niveau personnel, au niveau de l’esprit, au niveau concret un peu moins parce que je suis à la retraite, mais je travaille toujours, mais j’ai passé l’âge de la retraite ; donc j’ai un peu plus de distance. Avant je faisais partie du conseiller accompagnant, avant… Je me tiens à disposition, je suis moins, enfin j’ai toujours une pratique ici, je vais la diminuer progressivement. Après je crois j’irai faire un petit peu moins qu’avant, mais toujours disponible s’il faut se battre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
E : J’aurais juste une question, ou réflexion… si dans les années qu’on est en train de voir, années ’60-’80, le niveau d’acceptation, pouvait être lié au fait de connaître ces personnes… aujourd’hui se relie plutôt, comme vous avez dit à tout cette conception de sécurité de la société, de protection…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
R : Tout à fait, on est un peu dans ce mouvement là. Mais le mouvement d’intégration il est quand même fort, vous voyez ? Le mouvement d’intégration, les gens, globalement, qui ont des troubles psychiques ils vivent dans la communauté, ils sont dans des foyers, ils sont dans des… On a créé des néo institutions totalitaires, pour être provocateur. À la place qui soient 800 dans un lieu clos ils sont 3&#039;000 - 4&#039;000 dans le territoire, mais dans des mini institutions, vous voyez ? Ils viennent chez nous, ils dorment dans un foyer, ils ont un réseau peu, un pourrait dire, néo-institution-totalitaire. C’est à dire, est-ce qu’ils sont véritablement intégrés ? Qu’est-ce que c’est l’intégration ? Qu’est-ce que c’est ? Est-ce qu’ils travaillent dans le même lieu de travail ? Est-ce qu’ils vivent dans le mêmes immeubles ? Est-ce qu’ils côtoient le même… Vous voyez ? Il y a tous les niveaux là, je pense, depuis des gens qui doivent être dans des foyers parce qu’ils n’arrivent pas à vivre concrètement dans un immeuble (XXX07.48) à leurs besoins de la vie quotidienne, mais il y a des gens qui ont un niveau d’intégration, entre guillemets, normal. Parce que la question du handicap n’est pas liée à la personne, leur handicap c’est une interaction entre des facteurs des contextes d’environnement et des limitations fonctionnelles et relationnelle de la personne. Le handicap c’est cette interaction. Jusqu’à présent on a une vision du handicap liée à la personne : « ah, vous êtes handicapé, vous avez une (XXX01.03.15), vous avez un trouble, vous avez… vous ne pouvez pas passer l’aspirateur, etc. vous avez un trouble fonctionnel » Mais on ne le voit jamais en fonction du contexte. Pour moi les limitations dans le handicap c’est cette interaction, qui est presque une construction sociale. Suivant l’environnement, si vous avez un environnement très discriminant, vous êtes bien sûre, en guillemets, très limité, si vous avez un environnement complètement intégré, vos limitations ont moins de force. C’est vraiment cette interaction qui est importante pour moi. D’où l’importance d’agir sur l’environnement et pas seulement faire du soin, de l’éducation… il faut faire que les structures changent, que la société change dans ses formes d’organisation : le logement, l’entreprise, le travail… Il faut avoir une action là dessus.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
E : Juste une dernière… Si on parle des neuroleptiques, il y avait tout un débat dans les années ’60 sur enfermer la folie ou libérer la personne, libérer la folie enfermer la personne. Vu que aujourd’hui il n’y a plus cette notion, cette pratique de vraiment enferment… Les neuroleptiques ça serait plus enfermer la folie ou enfermer la personne en tant que individu, singularité ou possibilité d’expression&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
R : Oui, c’est très complexe. La question du médicament elle est très, très complexe parce que le médicament n’agit pas sur les causes, l’étiologie on ne le sait pas, il faut être claire. En tout cas la communauté scientifique n’arrive pas expliquer pourquoi une personne développe un trouble de type psychotique. On a que des hypothèses, mais une hypothèse n’est pas une vérité. Du coup cout ce qu’on a développé comme traitement, c’est des traitement symptomatologiques ( ?! 01.05.43), on agit sur le symptôme, on agit sur le processus délirant. Le médicament il coupe le processus, quand vous arrêtez le médicament le processus il revient. On est d’accord… Donc on est dans un rapport de… alors, des fois ça fonctionne, ça coupe le délire, ça coupe l’hallucination, puis des fois pas. Le médicament, il n’y arrive pas, la force du symptôme est beaucoup plus puissante que le médicament. Vous avez des personnes qui ont des symptômes et qui ont encore des processus délirants ; mais le médicament agit là dessus. Alors, la question des médicaments est la question de l’interaction, c’est le rapport entre soignant et soigné. C’est la relation que vous avez avec votre soignant, qui détermine la question du traitement. Si vous êtes dans la communauté vous avez le droit de refuser le traitement, vous pouvez totalement dire : « je n’ai pas besoin, je ne veux pas ce traitement ». Vous avez la capacité, la liberté de dire non. Forcement quand vous faites une crise, deux crises, cinq crises, six crises, petit à petit vous comprenez que le médicament vous évite cette crise, vous le prenez. Mais le médicament il restreint, parce que le neuroleptique, la première génération il couvrait tout le champ de l’imaginaire, tout le champs de la conscience, donc c’était extrêmement dur à vivre. Le médicament non seulement il coupait un (XXX 01.07.30) symptôme, mais il vous empêchait d’imaginer. Vous aviez des formes de vie figées, même au niveau de l’esprit. Donc les gens, à moment donné, c’est insupportable ; donc ils arrêtaient le médicament. Ils étaient mieux et tout d’un coup la crise revient. Vous voyez ? Le médicament psychotrope il est un moindre mal devant quelque chose plus douloureux à vivre. Parce que vivre la crise psychiatrique, si vous avez des témoignages c’est une souffrance terrible, mais terrible. Moi j’ai donne des cours et je montre des témoignages de patients, de femmes et de hommes, qui décrivent qu’est-ce que c’est la crise psychotique… c’est vraiment une souffrance infinie. Donc voilà, la question médicament est très délicate. Les nouveaux neuroleptique, la nouvelle génération elle cible de manier plus précise les processus des neurotransmetteurs, donc elle envahisse moins la conscience, l’imaginaire, la capacité du désir, du plaisir, des relations, etc. un peu moins, mais quand même ces médicaments sont puissants. Donc à un moment donné les gens ils en peuvent plus, ils disent j’arrête. Mais arrêter brutalement c’est dangereux, il faut faire un processus de sevrage contrôlé médicalement. Donc la question des neuroleptiques est une question centrale, dans la question des troubles psychiques, que ça soit les neuroleptiques, les antidépresseurs, ou pour les [http://fr.wikipedia.org/wiki/Troubles_bipolaires troubles bipolaires] ou lithium, ou n’importe quel psychotrope. Donc c’est toujours une question que le soignant et la personne, son entourage doivent se poser. C’est légitime, à un moment donné, dire : « j’arrête ! » ou « Je veux voir comment ça se passe sans traitement» Il faut toujours donner la possibilité à la personne d’être, justement, dans ce tiers de personne qui va guérir ; qu’il n’aurait pas besoin, qu’il n’aurait pas plus besoin de médicaments. On pourrait faire des heures sur le sujet…&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Jessy Herrera</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Droits_des_patients_psychiatriques&amp;diff=11620</id>
		<title>Droits des patients psychiatriques</title>
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		<updated>2013-12-09T14:25:02Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Jessy Herrera : /* Bibliographie */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&lt;br /&gt;
== Introduction ==&lt;br /&gt;
Il s&#039;agit dans ce chapitre de mieux comprendre comment les revendications des droits des patients psychiatriques relèvent des droits de la personne et d&#039;arriver à expliquer ce que cela recouvre concrètement dans le quotidien en terme de pratiques, mais aussi de désignations.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Car, il semble que la critique des classifications nosographiques (les [http://fr.wikipedia.org/wiki/Manuel_diagnostique_et_statistique_des_troubles_mentaux DSM]) qui existe depuis les années 20 – lesquelles classifications n&#039;ont été qu&#039;en augmentation (en 1990, 400 classifications: qu&#039;en est-il aujourd&#039;hui dans la dernière version?) – ont visé à la fois le pouvoir qui désigne, mais aussi peut-ête plus fondamentalement une manière de &amp;quot;donner sens&amp;quot; à un individu porteur de signes définis essentiellement par les médecins psychiatres notamment. L&#039;alternative serait de considérer la personne, sa parole, sa propre perception, sa conception aussi de la santé (et donc de la folie) dans une remise en question de la relation soignant-soigné. C&#039;est aussi évidemment une remise en question de rapport norme/déviance, mais aussi plus fondamentalement de cette réalité &amp;quot;faussement&amp;quot; ou &amp;quot;artificiellement&amp;quot; construite (symboliquement) par ceux qui détiennent le pouvoir de nommer. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La critique sociale et politique ne se doublerait-elle pas d&#039;une critique de l&#039;épistémologie du sujet pour mettre à la place une relation égalitaire et un respect de la personne?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Cadre théorique ==&lt;br /&gt;
=== Historique de la maladie mentale ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Toute société se trouve confronté à des personnes qui sortent du fonctionnement ordinaire, qui ne vivent pas selon les normes en vigueur, allant jusqu&#039;à perturber l’équilibre d&#039;un groupe social (famille, classe, atelier, entreprise, institution, etc.). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En traversant les âges et les cultures, la maladie mentale a connu les définitions et les explications les plus variées. En effet, « puisque la folie plonge ses racines aux sources de la culture, être fous est différent selon le pays ou la région dont on est originaire » (Le Sage De La Haye[[http://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Bibliographie&amp;amp;action=edit&amp;amp;section=1]], p.13).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En ce qui concerne l’Europe, Le Sage De La Haye met en évidence comment à partir de l’Antiquité on s’est occupé du problème des personnes déviantes en les bannissant et en les excluant de la société. Durant le Moyen Âge, en particulier en France, l’exclusion de la société se faisait par exemple en mettant les personnes qui dérangeaient sur une barque et en les abandonnant sur une rivière.  Au tour de l’année 1000, de l’exclusion et du bannissement en dehors des villes, il y a la mise en place d’un premier système d’enfermement. Dans les maladreries et les hostelleries (préludes des hôpitaux généraux), on commence à enfermer les malades mentaux avec tout sortes des personnes &amp;quot;marginales&amp;quot;. La promiscuité, l&#039;insalubrité, la surpopulation, ainsi que les maladies transformaient ces lieux en lieux d’extermination.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La religion avait une très grande influence durant toute cette période. La maladie mentale était interprétée comme la punition de Dieu en réponse à un péché. Le personne déviante était donc aussi enfermée pour protéger la société et pour qu’elle puisse faire amende honorable. Progressivement, mais surtout pendant le XIX, le pouvoir sur la maladie mentale passe entre les mains des médecins. En effet, ces derniers, écrit Le Sage de la Haye « […] vont devenir les responsables du traitement des malades mentaux et mêmes les directeurs des asiles d’aliénés » (p.22)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Mouvement de l&#039;antipsychiatrie ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pendant les années 1960 apparaissait un nouveau courant qui a explosé dans plusieurs pays, l&#039;Antipsychiatrie, qui prend le contre-pied de la psychiatrie. La critique vise à remettre en question non seulement la psychiatrie et la prise en charge des malades mentaux, mais aussi la société au sens large. Ce mouvement qui s&#039;exprime sous différentes formes dans plusieurs pays, offre une nouvelle conception de la liberté aux patients psychiatriques en leur donnant la voix et le pouvoir de choisir leur parcours de soins, condamne la société capitaliste qui rejet tout individu non rentable et qui ne se conforme pas au règles de fonctionnement de la société. Les prisons et les hôpitaux psychiatriques sont l&#039;expression de la mise à l&#039;écart de toute personne qui affiche une différence trop importante face à la norme. Ce courant de pensé est très révolutionnaire et prône la liberté des individus.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon, Le Sage de la Haye, l&#039;antipsychiatrie n&#039;est pas un courant de pensée, c&#039;est un vaste mouvement qui ne trouve pas une véritable unité concernant les théories et les pratiques des différents représentant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les préoccupations concernant la protections des droits des patients psychiatriques est un fait relativement récent qui débute dans les années 1960 et qui prend plus d&#039;ampleur dans les années 1970 au niveau national ainsi qu&#039;international. Dans plusieurs pays on assiste à des modifications législatives, mais les questionnements concernant le traitement des maladies mentales s&#039;opère aussi au niveau des droits internationales et de la liberté de la personne.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le terme «Antipsychiatrie» est utilisée pour la première fois par Cooper [http://fr.wikipedia.org/wiki/David_Cooper David Cooper] en 1967 dans son ouvrage «Psychiatrie et antipsychiatrie» où, et à travers ses expériences dans le &amp;quot;pavillon 21&amp;quot; à Kingsley Hall (Londres), il s&#039;oppose (grâce à sa pratique expérimentale) au système hiérarchique et aliénant qui conduit à l’internement des personnes et en les rendant des malades chroniques. Ainsi, il propose d&#039;étudier la personne dans son contexte pluriel et familial, relativisant le diagnostic et l&#039;étiquetage ou les attributs pré-assignés. Il est suivi par d’autres militants de ce courant idéologique, notamment par Aaron Esterson et [http://fr.wikipedia.org/wiki/Ronald_Laing Ronald David Laing]. Tous les trois travaillent en Grande-Bretagne et offrent une réponse plus sociale et communautaire en s&#039;opposant à la psychiatrie, au diagnostic, à la pratique et à la politique psychiatrique en vigueur.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un exemple intéressant est le livre qui raconte le parcours d’une patiente, [http://en.wikipedia.org/wiki/Mary_Barnes Mary Barnes], qui avait suivi une thérapie à Kingsley Hall avec le psychiatre [http://www.jhberke.com/index2.html%20 Joseph Berke] et sous la direction de Ronald David Laing. Le livre « Un voyage à travers la folie », écrit en 1976 par Mary Barnes avec la collaboration de [http://en.wikipedia.org/wiki/Joseph_Berke Joseph Berke] est un exemple du passage à travers la folie qui donne un point de vue différent et un soutient au mouvement de l&#039;antipsychiatrie. Il valorise la personne et ses droits en tant que patient, tout en se positionnent comme témoin dans le parcours du patient, montrant aux professionnels l’importance de l&#039;autodétermination personnelle et de l’intégration sociale. On peut trouver clairement une influence du philosophe [http://fr.wikipedia.org/wiki/Michel_Foucault Michel Foucault] dans la conception idéologique du mouvement, reflété dans son ouvrage de 1961 [http://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_de_la_folie_%C3%A0_l%27%C3%A2ge_classique «Histoire de la folie à l&#039;âge classique»]. Le livre analyse l&#039;évolution du concept de la folie en lien avec la pensée existante à chaque époque de l’histoire, et peut avoir aidé à la construction de la théorie de l’antipsychiatrie. En effet, Ronald Laing publie dans sa collection «Studies in existencialism and phenomenology» ce livre de Foucault.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Parallèlement, aux Etats-Unis, [http://fr.wikipedia.org/wiki/Erving_Goffman Erwin Goffman] publie en 1961 un ouvrage qui influencera aussi le courant de l&#039;antipsychiatrie [[Asiles, études sur la condition sociale des malades mentaux|&amp;quot;ASILES, études sur la condition des malades mentales&amp;quot;]], (basé sur des observations des comportements des patients et du personnel d&#039;un hôpital psychiatrique ). L’auteur commence par donner une définition des  « institutions totalitaires » qui se caractérisent par le niveau d’exclusion et de contrôle dans lequel se trouve le reclus. La vie dans de ce genre d’institution est décrite en négatif par comparaison avec le déroulement de la vie à l’extérieur. Une fois admis au sein de l&#039;institution l&#039;individu est mis sous tutelle et perd tous les droits dont il jouissait en tant que membre de la société et se trouve sous l&#039;emprise du pouvoir du médecin (Goffman). En 1963, avec son livre [http://fr.wikipedia.org/wiki/Stigmate_%28Erving_Goffman%29 «Stigmate&amp;quot;. Les usages sociaux des handicaps»], il continue à exprimer ses idées, selon lesquelles d&#039;une manière indirecte, influenceront les droits de l’homme. Goffman donne une définition plus élargie du stigmate en mettant en évidence un ensemble des concepts sur «l&#039;image social» des individus et ce qu&#039;ils peuvent transmettre d&#039;eux-mêmes aux autres en situations de confrontation. (Le stigmate permet de marquer une différence entre les personnes &amp;quot;dites normales&amp;quot; et celles qui présentent des caractéristiques déviantes de la norme.)(Stigmate Goffman)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Aux Etats Unis, [[Thomas_Szasz|Thomas Szas]], professeur en psychiatrie (et admirateur de Michel Foucault) pour ses dénonciations des abus de la psychiatrie, ne préconisait pas les mêmes solutions. Szasz défend vivement les droits des malades mentaux et fait une double critique à la psychiatrie: la maladie mental n’est pas une vrais maladie, mais une justification légitimant, avec l’appui de médecins et des avocats, l’intervention du pouvoir pour protéger les gens contre eux mêmes. La psychiatrie est ainsi utilisée comme un outil de contrôle social à grande échelle, au nom du bien-être des « normaux ». Szasz décrit et dénonce dans son célèbre livre [[Le mythe de la maladie mentale (Szasz)|&amp;quot;Le mythe de la maladie mentale&amp;quot;]], paru en 1961, l’utilisation de la psychiatrie comme moyen du contrôle social.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
En Italie, dans la même période, le mouvement trouve un représentant qui (ouvre pour le même objectif). [http://fr.wikipedia.org/wiki/Franco_Basaglia Franco Basaglia], mène au niveau politique une lutte pour avoir un traitement plus «humain», revendique à haut voix les droits des patients ainsi que la transformation institutionnel des centres psychiatriques afin de reconstruire la personne, son identité sociale et juridique. (L&#039;auteur de[[L&#039;institution en négation - Basaglia|&amp;quot;institution en négation&amp;quot;]] critique l&#039;enferment des malades mentaux comme n&#039;étant pas une solution) (La sage). Finalement la solution arrive en 1978, avec la Loi-180. La création de nombreux lieux alternatif, tels que de centres de jour, des foyer et d&#039;autres formes innovatrices, ainsi qu&#039;une participation nationale des syndicats, la partie communiste et le monde du travail, ont permis aux malades mentaux de réintégrer la vie en société. (La Sage).   &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En France, la psychothérapie institutionnelle est conçue. Des acteurs actifs importants sont le docteur Jean Oury et Felix Guattari avec la clinique de La Borde, à Cour-Cheverny crée en 1953. Guattari énonce la problématique des maladies causée par la société. Ils offrent une alternative aux patients, en créant de nouveaux « Lieux de vies», se positionnant contre la prise en charge proposée par les hôpitaux de l’époque.&lt;br /&gt;
(Le changement était lancé. Des représentants du nouveau courant, tels que Michel Foucault, Laing, Cooper, Basaglia, vont s’allier pour faire évoluer et échanger l’idéologie dominante en faveur des droits des personnes souffrant de maladies mentales). Pour  l’antipsychiatrie française, Maud Mannoni  a lui donne un style particulier en l’articulant a la psychanalyse. Très critique à l’égard des institutions habituelles, elle crée en 1969 l’Ecole expérimentale de Bonneuil-sur-Marne, lieu-dit d’antipsychiatrie, opposée à toute ségrégation, qui encourage le mouvement entre l’intérieur et l’extérieur, qui accueille les enfants en grande difficulté (psychoses infantiles), ou les adultes n’étaient pas là pour juger ou corriger, mais pour vivre avec les enfants et partager une expérience commune.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au niveau général, le mouvement essaye de se centrer dans l&#039;application d&#039;une thérapie dans le contexte du sujet (soit familial ou communautaire) et non pas dans le contexte clinique. Ils se sont opposés à toute annulation des droits des patients psychiatriques ainsi que contre les pratiques agressives utilisées, telles que la lobotomie et l’électrochoc. Ils font une véritable (auto)critique de la psychiatrie et du système politique qui se sert des centres psychiatriques pour contrôler les personnes hors norme.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour conclure, dans les années 60, l’antipsychiatrie apparaissait comme une réaction contre les mesures thérapeutiques dures appliques aux malades psychiques et comme une critique forte contre les psychothérapeutes et les institutions. Ce mouvement propose de modifier la relation entre psychothérapeutes et patients en donnant une autre vision sur la maladie psychique grave ; conteste l’appartenance des troubles psychiques au concept de maladie et la nécessité à n’importe quel type d’assistance psychiatrique. Le mouvement de l’antipsychiatrie a contribué pour : la sensibilisation des autorités et l’opinion publique, le fait de non-être stigmatise pour les personnes avec de trouble psychique, l’influence et l’aide de mouvement pour les droits des patients, la reformation du système par l’introduction des lois qui ont comme but de protéger les droits et d’améliorer les conditions d’assistance psychothérapeutique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Loi sur la psychiatrie ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
(Avant de rentrer dans le vif du sujet, il nous paraît important de contextualiser minimalement la thématique que nous allons traiter.) &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
(L’intérêt pour les problèmes liés à la santé mentale surgit dans les années d’après-guerre à cause d’une forte augmentation des cas pris en charge. À partir des années 1970, sur la voie des protestations anticonformistes de Mai 1968 et sous l’influence et la pression des familles, on commence à dénoncer les conditions précaires des malades mentaux. L’Italie sera un terrain de luttes essentiel dans ce mouvement, on y retrouve un phénomène traduit littéralement en « fièvre de grille » lequel souligne cette volonté  d&#039;ouvrir les portes des asiles voire de les fermer, sans se soucier d&#039;ailleurs des conséquences de tels actes (voir ci-après). dans le mouvement de l&#039;antipsychiatrie?!)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le mouvement antipsychiatrique, comme mentionné au paravent, a été le premier à se battre pour la fermeture des asiles en s’opposant à la psychiatrie traditionnelle avec des idées, des interprétations de la maladie mentale et surtout des actions subversives. Au niveau législatif, cela s&#039;est traduit par la [http://www.salute.gov.it/imgs/C_17_normativa_888_allegato.pdf Loi 180], qui a été la première et seule loi qui ordonne la fermeture des hôpitaux psychiatriques en Italie. Approuvé grâce au soutien de Franco Basaglia le 13 mai 1978 (elle est parfois appelée &amp;quot;loi Basaglia&amp;quot;), elle règle tous contrôles et traitements sanitaires volontaires et obligatoires pour des personnes avec une maladie mentale. Elle se base sur des principes tels que le respect de la dignité de la personne, des ses droits civils et politiques. Le droit de choisir librement son médecin et son lieu soin, ou encore le droit de communiquer avec qui ils désirent. Tous les traitements doivent être assurer par consensus et la participation de la personne. La &amp;quot;loi Basaglia&amp;quot; vise aussi à une &amp;quot;réforme sémiotique&amp;quot; des termes utilisés pour définir les patients psychiatriques. Elle supprime tout définition dans le code pénal comme &amp;quot;aliéné mental&amp;quot; ou &amp;quot;infirme mental&amp;quot;. Il s’agit d’une loi qui agit sur plusieurs niveaux, que ça soit sur les droits de la personne, sur les institutions soignantes ou encore à niveau pénal. Elle représente une réforme sociale et politique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Droits des patients psychiatriques ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1979 à Genève des personnes tels que médecins, psychiatres, psychologues, assistants sociaux, juristes et usagers de la psychiatrie fondent l’[http://www.rolfhimmelberger.ch/wp-content/uploads/2012/03/Adupsy-face-a-Revision-Loi-pers-atteintes-aff-mentales_1936_79.09.pdf ADUPSY], l’association pour les droits des usagers de la psychiatrie. Une association dont le but est de lutter contre toutes discriminations en défendant les droits démocratiques fondamentaux des personnes psychiatriques. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Face à la révision de la Loi sur le régime des personnes atteintes d’affections mentales du 1936, ils lancent des propositions qui viseront à combler les lacunes pratiques dont cette loi n’a pas su changer dans la pratique quotidienne de la prise en charge et de la reconnaissance de la personne psychiatrique. Comme par exemple recourir à l’internement lorsqu’il est réellement nécessaire, tandis qu’il s’agit encore d’une pratique naturelle, ordinaire à laquelle on recourt presque toujours, ou l’impossibilité du malade à faire recours lors de son internement ou au moment de la sortie, ou encore l’action faite par le Conseil de surveillance psychiatrique qui protège la société du malade mental en le stigmatisant encore plus ou lieu de protéger ce dernier. Ce sont tous des exemples de comment la loi ne s’est pas traduite en pratique selon ses principes.   &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;Adupsy lance ses propositions en essayant de modifier la réalité psychiatrique. Elle revendique la suppression totales des internements visant une modification de toutes pratiques psychiatriques. Elle croit dans une nouvelle législation qui tiendrait en compte des modifications du Code Civile Suisse, des recommandations de l’Assemblée parlementaire du Conseil d’Europe inhérent la situation des malades mentaux et des recommandations de l’OMS. Leurs propositions visent trois aspects principaux liés aux droits de la personne : l’admission, le droit de recours et les droits liés au traitement et à la participation à la recherche clinique. [ici il faudrait que l&#039;on sache sur quoi vous vous baser pour dire cela: les références manquent!!!]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il faut supprimer l’internement, l’admission doit être volontaire du début la fin du traitement, dans le sens que toute prise en charge ou action thérapeutique ne peut pas être efficace si le patient n’est pas d’accord. Le libre arbitre, le droit de choix ou de refus, une participation active sont des aspects nécessaires lors qu’on vise une prise en charge efficace, dans le respect de la personne.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le droit de recours doit être une instance judiciaire. Dans ce sens là le Conseil de surveillance psychiatrique doit être remplacé par la Chambre de révision psychiatrique. La personne psychiatrique ne devrait plus être stigmatisée au tant que malade, elle n’est pas dangereuse et donc la société ne doit pas être protégée par ce dernier. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le troisième objectif concernant les droits liés au traitement et à la participation à la recherche médicale implique l’abolition de tout traitement médical sans le consensus du patient, il faut présenter au patient les implications du traitement, les alternatives et s’il veut il peut consulter un autre médecin de son choix. &lt;br /&gt;
Ces trois aspects visent, comme écrit au paravent, une modification des conditions de prise en charge, des droits des patients en tant que personnes et du tout le système psychiatrique.   &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La période comprise entre les années ’60 et ’80 est témoin d’une grand révolution vis à vis des droits des patients psychiatriques. Même si elle reste une révolution idéologique, car tous principes, toutes actions ne sont pas traduites en pratique pour l’instant, elle représente le précurseur pour un nouvelle réalité où on envisage une meilleure considération des droits de la personne au tant que tel et pas en tant que malade mentale, où on reconsidère la pratique psychiatrie à fin d’améliorer la prise en charge et les réponses aux besoins de ces personnes… À modifier, continuer….&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Droit international ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Méthodologie ===&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;L&#039;entretien&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
Les méthodes d&#039;entretien se distinguent par la mise en ouvre des processus fondamentaux de communication et d&#039;interaction humaine. Ces processus permettent au chercheur de retirer de ses entretien des informations et éléments de réflexion riches en nuances. &lt;br /&gt;
Nous avons utilisé la variante entretien centré, avec une petite liste de questions-guides ouvertes afin qu&#039;il interviewé puisse parler ouvertement d&#039;un événement ou d&#039;une expérience précise sur ceux qui y ont participé. En ce cas Alain Riesen, militant de l’antipsychiatrie à Genève.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Entretien de Recherche ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Conclusion et discussion ==&lt;br /&gt;
== Bibliographie ==	&lt;br /&gt;
* [http://fr.wikipedia.org/wiki/David_Cooper  Cooper, D.] (1970). &#039;&#039;Psychiatry et anti-Psychiatry.&#039;&#039; Paris: Edition du Seuil.&lt;br /&gt;
* [http://fr.wikipedia.org/wiki/Michel_Foucault  Foucault, M.](1964) [http://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_de_la_folie_%C3%A0_l%27%C3%A2ge_classique &#039;&#039;Histoire de la folie à l&#039;âge classique&#039;&#039;], Paris : U.G.E., coll. « 10/18 »&lt;br /&gt;
* [http://es.wikipedia.org/wiki/Erving_Goffman Goffman, E.] (1975). &#039;&#039;Stigmates. Les usages sociaux des handicaps&#039;&#039;. Paris: Les Editions de Minuit.&lt;br /&gt;
* [http://fr.wikipedia.org/wiki/Thomas_S._Szasz Szasz, T.] (1975). [[Résumé :Le mythe de la maladie mentale (1975)|&#039;&#039;Le mythe de la maladie mentale&#039;&#039;]]. Paris: Payot.&lt;br /&gt;
* Triunfo Digital (s.d.) &#039;&#039;Josep Berke: &amp;quot;La sociedad está enloqueciendo a sus miembros&amp;quot;&#039;&#039;, Archives, Consulté le 8 Novembre 2013 [http://www.triunfodigital.com/ &amp;quot;Triunfo Digital&amp;quot;], [http://www.triunfodigital.com/mostradorn.php?a%F1o=XXVII&amp;amp;num=550&amp;amp;imagen=28&amp;amp;fecha=1973-04-14 p.1], [http://www.triunfodigital.com/mostradorn.php?a%F1o=XXVII&amp;amp;num=550&amp;amp;imagen=29&amp;amp;fecha=1973-04-14 p. 2], [http://www.triunfodigital.com/mostradorn.php?a%F1o=XXVII&amp;amp;num=550&amp;amp;imagen=30&amp;amp;fecha=1973-04-14 p.3], [http://www.triunfodigital.com/mostradorn.php?a%F1o=XXVII&amp;amp;num=550&amp;amp;imagen=31&amp;amp;fecha=1973-04-14 p.4]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Notes et références ==&lt;br /&gt;
http://www.rolfhimmelberger.ch/wp-content/uploads/2012/03/Adupsy-face-a-Revision-Loi-pers-atteintes-aff-mentales_1936_79.09.pdf&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
http://www.salute.gov.it/imgs/C_17_normativa_888_allegato.pdf&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
http://mamytartine.blog.lemonde.fr/mamytartine/2005/08/lantipsychiatri.html &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
http://www.e-monsite.com/isabellesamyn/rubrique-1012337.html&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
http://www.academia.edu/440584/Psychanalyse_Et_Antipsychiatrie&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Webographie ==&lt;br /&gt;
http://www.jhberke.com/index2.html Site web du Dr. Joseph H. Berke.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
http://vimeo.com/38575546 Ici vous trouverez un entretien à Mary Barnes (langue anglaise).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
http://www.dionyversite.org/cycle_08-11-A.html&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
http://www.cairn.info/revue-topique-2004-3-page-79.htm&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
http://www.geopsy.com/memoires_theses/la_folie.pdf&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
http://senon.pagesperso-orange.fr&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Jessy Herrera</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Index_de_personnes&amp;diff=11535</id>
		<title>Index de personnes</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Index_de_personnes&amp;diff=11535"/>
		<updated>2013-12-07T14:42:19Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Jessy Herrera : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Barnes, Mary : (artiste et écrivain) (1923–2001).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Basaglia, Franco psychiatre italien (1924-1980). Psychiatre et militant marxiste, Franco Basaglia s&#039;est engagé en de multiples domaines et a suscité des controverses variées. Né à Venise, il se tourne vers la psychiatrie en 1958, après des études de médecine puis une spécialisation en neurologie, qu&#039;il a achevée en 1952. C&#039;est en 1961 que débute l&#039;expérience de Gorizia, l&#039;hôpital psychiatrique proche de Trieste auquel il a attaché son nom. Après avoir décidé de faire sortir de l&#039;hôpital de Gorizia, marqué par une longue tradition asilaire, ceux qui y étaient internés, Basaglia s&#039;efforce de rendre compte, à l&#039;adresse de l&#039;Italie et des autres pays, de la signification politique de l&#039;événement et publie alors L&#039;Institution en négation. L&#039;expérience de cet hôpital des confins orientaux de la péninsule devient par là même un pôle d&#039;attraction international. Ce mélange d&#039;audace et de pragmatisme marquera les entreprises, toujours à la fois un peu folles et solidement préparées, qui, après Gorizia, se dérouleront à Trieste, à Parme puis à Rome. [[Utilisateur:Sandra Lançon|(Sandra)]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bercher, Yvonne : [http://www.yvonnebercher.org/ Yvonne Bercher] est née à Lausanne le 4 juin 1959. Elle est diplômée d&#039;un doctorat en Droit. Le sujet de son doctorat portait sur la procédure pénale. Elle a eu l&#039;occasion de faire plusieurs voyages en Afrique du Nord (Maroc, Tunisie). Ces voyages l&#039;ont beaucoup questionnée et lui ont permis de faire la découverte d&#039;autres cultures. En 2013, elle enseigne, depuis trois ans, à l’Institut de Management et de Sciences commerciales à Lausanne. Son parcours a été jalonné d&#039;articles et de livres, dont notamment l&#039;ouvrage, Au-delà des murs: témoignage et recherche sur l’univers carcéral suisse romand, qu&#039;elle a écrit en 1995.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bergier-Moreillon, Jacques (psychiatre du Service médico pédagogique vaudois)(1911-2002). Né à Morges, part pour vivre à Lausanne à l&#039;age de 9ans. De nature timide, il s&#039;engage dans le scoutisme, le sport et dans le théâtre afin de se mouvoir dans la société. Ainsi, il s&#039;est servi du psychodrame comme moyen privilégié pour comprendre et soigner les enfants perturbés. Directeur adjoint de l&#039;office médicopédagogique vaudois auprès de Dr. Lucien Bovet en 1945, il lui succède en 1952 après avoir survécu à la tuberculose (et suite au décès accidentel de Dr Bovet). Collabore également au Bercail, annexe psychothérapeutique de l&#039;Hôpital de l&#039;Enfance. En 1956, directeur de service ed l&#039;enfance (Protection de la Jeunesse auourd&#039;hui). Mai 1968 lui révèle son épanouissement pour les doctrines socio éducatives respectant la dynamique des groupes, la non-directivité, les approches centrée sur le corps... il abandonne alors la directiojn du Service de l&#039;Enfance pour enseigner à l&#039;Université, à l&#039;école des sciences soiales et politiques, la discipline de psychopédagogie médico-sociale. Il poursuit son activité du Bercail jusqu&#039;en 1983, année de sa retraite et travaille alors à la fondation Delafontaine pendant une dizaine d&#039;années pratiquant avec ferveur la musicothérapie auprès d&#039;adolescents handicapés. Il meurt suite à une brève maladie à l&#039;âge de 91 ans. [[Utilisateur:Sandra Lançon|(Sandra)]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bierens de Hahn, Bachtold. Psychiatre, ancien collaborateur CICR, Paris et Genève. [[Utilisateur:Sandra Lançon|(Sandra)]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Blanchet, André : Neuropsychiatre, Boston&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Burgmeister, Jean Jacques : Psychiatre, Médecin Chef Bel Air&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chatelanat, Gisela (professeure à la Faculté de Psychologie et des sciences de l’éducation)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chavanne, André (chef du DIP)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Amélia Christinat|Christinat, Amélia]] : personne qui s&#039;est mobilisée dans [[Droits des femmes|les droits des femmes]]. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[http://fr.wikipedia.org/wiki/David_Cooper Cooper, David], (1931-1986) a été l&#039;inventeur du mot “antipsychiatrie”. Il naquit au Cap, en Afrique du Sud, en 1931, dans une &amp;quot;famille ordinaire&amp;quot;. Il s&#039;orienta vers la médecine et obtient son diplôme en 1955. Il vint poursuivre ses études à Londres, pour obtenir en 1960 le diplôme de Psychological Medicine. En 1962, il ouvre le &amp;quot;pavillon 21&amp;quot;, une unité expérimentale pour schizophrènes, dans un hôpital psychiatrique londonien où il va mettre en pratique ses théories antipsychiatriques. Durant ces années, il s&#039;engagea dans les expériences hospitalières puis communautaires afin de créer des réseaux d&#039;alternative à la psychiatrie. Il avait une position critique du pouvoir et du rôle de l&#039;institution. Pour lui, l&#039;institution empêchait l&#039;émergence. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Darbellay&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Degoumois, Valy&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Deligny, Fernand (1913-1996), né en 1913 à Bergues. Après des études de psychologie et de philosophie, qu’il n&#039;a pas fini parce qu’il les à abandonné, il devient instituteur puis éducateur et responsable d&#039;établissements à l&#039;hôpital psychiatrique d&#039;Armentières (1938-1943), ou il travaille auprès des adolescentes qui pressent différents troubles. Il se fait remarque par sa tentation de transformer l’hôpital en proposant des activités et des sorties. Il supprime les sanctions, laisse aux jeunes une grande liberté, encourage les échanges avec l&#039;extérieur. De 1947 à 1950, il fonde à Paris un réseau appelé &#039;&#039;La Grande Cordée&#039;&#039;. En 1953 il décide d’aller  vivre à la campagne pour s&#039;occuper d&#039;enfants souffrant de troubles psychologiques plus graves.Il s&#039;installe à partir de 1967  dans les Cévennes, oú il organise l&#039;accueil d&#039;enfants autistes. Il meurt le 18 septembre 1996.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Diatkine&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dr Ajuriaguerra (1911-1933), est un neuropsychiatre et psychanalyste français d&#039;origine basque espagnole. Il est l&#039;un représentants d&#039;une psychiatrie éclectique, érudite et humaniste. Il est l&#039;un de ceux qui ont inauguré en France le système de psychiatrie de secteur, c&#039;est-à-dire une répartition de structures de soins de santé mentale. Il a remplacé le professeur Ferdinand Morel à l&#039;hôpital psychiatrique de Bel-Air à Genève entre 1959 et 1975. Ceci a permis à la psychiatrie genevoise de se développer et de devenir une référence. A Bel-Air, il côtoyait des neurologues et il s&#039;est surtout intéressé au développement de l&#039;enfant, essentiellement sur les désordres psychomoteurs et les troubles de l&#039;écriture. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Droz, Jean-Claude administrateur&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Eisenring, Jean-Jacques : Neuropsychiatre, thérapeute de famille (1937-1987) Médecin-Directeur de l’Hôpital psychiatrique de Marsens depuis janvier 1981. Il fait ses études médicales à Genève en les orientant sur les affections nerveuses de l’enfant. Il entre en 1968 dans les Institutions Universitaires de Psychiatrie de Genève où il suit sa formation psychiatrique sous la tutelle du Pr J. AJURIAGUERRA. Il met en place à Genève le Centre universitaire de diagnostic et de soins de la déficience mentale. Il prend la direction de l’Hôpital psychiatrique de Marsens et y crée une division de psychiatrie gériatrique et une division d’investigation et de traitement pour adolescents et jeunes adultes. Promu au grade de colonel, il devient chef du Service psychologique de l’armée. Source : « Thérapie familiale », n.1, 1987 [[Utilisateur:Aline Armeli|(Aline)]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Engler, Klaus : Éducateur de rue à Genève [[Utilisateur:Aline Armeli|(Aline)]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Fasel, Jacques : le fondateur de l’Association de Défense des Prisonniers de Suisse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Glardon, Michel : [http://dbserv1-bcu.unil.ch/persovd/detail.php?Num=2110 Michel Glardon] est né à Morges en 1943 et est mort le 22 juillet 2003. Michel Glardon décide d’étudier les sciences sociales à l&#039;Université de Lausanne puis poursuit ses études à Paris ainsi qu’à Toronto. En 1967, il part au Burundi où il va travailler pendant trois ans pour l&#039;Association internationale de développement rural. En 1970, de retour à Lausanne, il va être nommé tuteur général du canton de Vaud. Trois ans plus tard, il décide de démissionner de son poste, son employeur refusant qu’il soit nommé assistant social, tout cela à cause de son appartenance à la Ligue marxiste révolutionnaire. En 1976, il choisit de créer les Éditions d&#039;En Bas et crée également le Groupe action prisons (GAP). C’est en 1989 qu’il rejoint le parti Alternative socialiste verte. En 2001, Michel Glardon quitte la direction de la maison d’édition.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Garonne, Gaston : Psychiatre à Genève et successeur de Ajuriaguerra&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Grasset, François (psychiatre). Il a mis en place les ateliers protégés d&#039;occupation&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hainal, Prof.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Jervis, Giovanni collaborateur de Basaglia à l&#039;hôpital de Gorizia&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Jones, Maxwell psychiatre et père de la communauté thérapeutique&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Laing, Ronald: est né  en Écosse en 1927 Il commence ses études de médecine pendant la Seconde Guerre mondiale à l&#039;université de Glasgow. Pendant ses études, il s&#039;intéresse particulièrement à la psychiatrie. Laing est considérée  le pape de l’antipsychiatrie sur non donne pour Cooper, toujours  à fait de nombreuses recherche pour explorer et comprendre la maladie mentale. Laing fait partie du mouvement antipsychiatrique en Grande Bretagne avec David Cooper et Aaron Esterson qui condamnent la pratique psychiatrie institutionnel. Il écrit entre autres avec Esterson A. le livre : L&#039;Équilibre mental, la folie et la famille&lt;br /&gt;
En 1965, il fonde avec David Cooper et Aaron Esterson la Philadelphia&lt;br /&gt;
Association qui a pour but de créer des lieux d’accueils pour des patients considérés comme schizophrènes effectué dans cet établissement est relaté par Mary Barnes dans son ouvrage Un voyage à travers la folie.&lt;br /&gt;
Il meurt à Saint-Tropez en 1989.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lalive, Jacqueline&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Loizeau, Pierre-André: Directeur des Conservatoire et Jardin botaniques de la Ville de Genève; chargé de cours (biologie) à l&#039;Université de Lausanne.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Neill, Alexander Sutherland (1883-1973): Alexander S. Neill, psychanalyste et pédagogue écossais a fondé en 1921 l&#039;école de Summerhill, une école à la campagne basée sur la liberté des enfants.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Rina Nissim|Nissim, Rina]] : personne qui s&#039;est mobilisée dans la lutte contre l&#039;avortement ([[Droits des femmes|droits des femmes]]).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pahud, Claude : Directeur école sociale à Lausanne. Né le 29 mai 1959, Claude Pahud, licencié en sociologie et anthropologie de l&#039;Université de Lausanne travaille à la sortie de ses études comme libraire à la librairie Basta!, puis collabore au titre de rédacteur à l&#039;hebdomadaire Domaine Public. En 1995, Claude Pahud publie un guide alternatif sur Lausanne Lausanne, autrement puis crée dans la foulée les Éditions Antipodes, spécialisées principalement en sciences humaines (sociologie, sciences politiques, anthropologie, etc.) mais publiant également des textes littéraires. Composé en majorité de textes académiques, mais pas exclusivement, le catalogue réunit plusieurs disciplines et vise à éclairer des pans de la vie sociale, dissimulés sous les voiles de la pensée commune ou des intérêts particuliers. En 2006, Claude Pahud reçoit le Prix Thorens pour avoir créé et fait rayonner les Editions Antipodes. SOURCES: Julien Burri 24 Heures 2007/03/27, p. 36 [[Utilisateur:Aline Armeli|(Aline)]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pasche, Bernard (psychologue). Fait partie de l&#039;Association Vaudoise des Psychologues. Membre de la commission &amp;quot;Psychologues des institutions parapubliques&amp;quot;. [[Utilisateur:Sandra Lançon|(Sandra)]] &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pelletier, Jacques. Jacques Pelletier détient une maîtrise en administration publique et a fait des études doctorales en gestion (évaluation) et en psychologie sociale. Leader reconnu et spécialiste de la politique sociale dans le domaine de la déficience, au Canada et en Europe francophone, il a joué un rôle déterminant, au cours des trente dernières années, dans la transformation des services en établissement offerts par les systèmes communautaires, partout au Canada et en Europe. Au fil des ans, il a acquis une expertise liée à l&#039;élaboration de solutions personnalisées pour les personnes souffrant d&#039;exclusion sociale. Il a fait son travail le plus connu à Genève auprès d&#039;adultes ayant des déficiences psychiques. Ses principaux intérêts cliniques sont l&#039;élaboration d&#039;approches holistiques à la prestation de services, l&#039;incidence des environnements sur le comportement humain et l&#039;observation clinique. Il a développé une expertise conceptuelle et pratique reconnue mondialement dans les domaines de la réadaptation, de l&#039;économie sociale et de l&#039;observation du comportement humain. Il intervient comme consultant auprès de dirigeants de compagnies, d&#039;agences, d&#039;établissements et d&#039;associations dans ces secteurs.&lt;br /&gt;
Jacques Pelletier est associé à l&#039;École supérieure de management de l&#039;éthique et de la qualité dans les services humains, en France. À Genève, il est l&#039;associé de T-Interactions, un organisme privé sans but lucratif s&#039;occupant de psychiatrie sociale et d&#039;entreprises sociales ainsi que de AD-Consultant. De plus, il enseigne à l&#039;Institut de recherche évaluative et d&#039;intégration sociale et est coéditeur des Éditions des Deux Continents. En Amérique du Nord, il est associé à l&#039;organisme Shriver Nursing and Family Lives (situé à Boston) et à l&#039;Institut Valor, au Canada. En outre, il est l&#039;un des membres fondateurs d&#039;Integra International, un organisme international établi à Genève qui soutient l&#039;innovation dans le domaine des services humains. [[Utilisateur:Sandra Lançon|(Sandra)]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Regamay, Françoise (artiste)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Riesen, Alain  Militant, témoin et acteur de l’antipsychiatrie, raconte: &lt;br /&gt;
A Genève le débat est lancé en 1977 par l’internement forcé d’une commerçante du Quartier de St-Gervais, la commerçante a refusé et résisté à être délogée, et l’était a fait usage de la force. L’utilisation d’électro-choque sur une militant anti-nucléaire, que est mort par la suite ainsi que l’hospitalisation forcée d’un étudiant en droit, ont propulsé la question des droit des usagers de la psychiatrie sur les devants de la scène publique et politique Genevoise. C’est ainsi qu’apparut le mouvement antipsychiatrique à Genève et qui va influencer la vision du handicap et les droits des hommes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Rotelli, Franco : Psychiatre, Trieste, Naple&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Testuz, Muriel : Muriel Testuz est née le 3 août 1957. Elle a commencé à militer pour les droits des prisonniers alors qu′elle n′avait que 19 ans et qu′elle fréquentait le Gymnase. Elle a notamment milité avec l&#039;association GAP (Groupe Action Prison). Son parcours se poursuit avec des études dans une école d′études sociales et pédagogiques qui lui a permis de devenir travailleur social. Elle a travaillé pendant 9 ans dans un foyer pour adolescents en difficultés. A l′âge de 34 ans, elle décide de recommencer des études et suit des cours à la Faculté de Psychologie et Sciences de l′Éducation à Genève dans la section Culture et Société. Depuis 15 ans, elle gère un bistrot nommé «Le petit bar», tout en s′impliquant dans l′association [http://www.infoprisons.ch/ Infoprisons] qui permet de faire circuler les informations sur les prisons grâce à leurs bulletins électroniques publiés sur leur site internet. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Thorel, Marie-Louise (éducatrice spécialisée) &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tissot, René ( directeur médical de la clinique bel air / successeur d&#039;Ajuriaguerra / beaucoup de controverses à son sujet)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tosquelles François&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Uldry, Raymond &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Urban Alain&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Vaney, Louis (chargé de cours à la FAPSE). Enseignant en éducation spéciale. Psychopédagogue, consultant international. Directeur du Centre de Formation Continue pour Adultes (Genève), ancien responsable du secteur Education Spéciale Faculté de Psychologie et des Sciences de l’Education. Université de Genève : &amp;quot; Désinstitutionnalisation et intégration : quelle place pour les établissements spécialisés ?&amp;quot;. [[Utilisateur:Sandra Lançon|(Sandra)]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Wolfensberger, Wolf (VRS: valorisation des rôles sociaux). est né à Manheim en Allemagne en 1934 et a émigré aux États-Unis en 1950. Il a étudié la psychologie à la faculté de Siena à Memphis (Tennessee) et a obtenu une maîtrise de psychologie clinique à l&#039;Université St. Louis. Par la suite, il a complété un doctorat en psychologie à Peabody College for Teachers (qui fait maintenant partie de l&#039;Université Vanderbilt) où il s&#039;est spécialisé dans la déficience intellectuelle et l&#039;orthopédagogie. Il a effectué des recherches sur la déficience intellectuelle pour Nebraska Psychiatric Institute, à l&#039;University of Nebraska Medical School, Omaha entre 1964 et 1971. Entre 1971 et 1973, il était chercheur à l&#039;Association canadienne pour l&#039;intégration communautaire à Toronto, Canada. Il est présentement directeur du Training Institute for Human Service Planning, Leadership and Change Agentry à l&#039;Université Syracuse à Syracuse (New York). La majorité de son travail traite des idéologies, structures et l&#039;élaboration des systèmes de service à la personne, surtout en ce qui concerne les personnes présentant une déficience intellectuelle et leurs familles. Il est auteur ou co-auteur de plus de 40 livres et monographies, et a composé plus de 250 chapitres et articles. Ses œuvres, Changing Patterns in Residential Services for the Mentally Retarded, The Principle of Normalization, PASS et PASSING sont sans doute les plus reconnus. Son travail a été traduit en onze langues. Dr. Wolfensberger a créé le Parrainage Civique et la Valorisation de Rôles Sociaux et a été le principal promoteur de la normalisation en Amérique du Nord. En 1999, des représentants de sept grandes organisations dans le domaine de la déficience intellectuelle ont sélectionné Dr. Wolf Wolfensberger parmi les 35 individus ayant eu le plus grand impact sur la déficience intellectuelle au monde dans le XXe siècle. Au Québec, son œuvre et sa philosophie ont inspiré plusieurs citoyens à créer des organismes. Aujourd&#039;hui, le Regroupement québécois du parrainage civique (RQPC), qui existe depuis 1980, représente une vingtaine d&#039;organismes œuvrant en parrainage civique partout au Québec. [[Utilisateur:Sandra Lançon|(Sandra)]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Jessy Herrera</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Droits_des_patients_psychiatriques&amp;diff=11256</id>
		<title>Droits des patients psychiatriques</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Droits_des_patients_psychiatriques&amp;diff=11256"/>
		<updated>2013-12-01T20:04:26Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Jessy Herrera : /* Cadre théorique */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&lt;br /&gt;
== Introduction ==&lt;br /&gt;
Il s&#039;agit dans ce chapitre de mieux comprendre comment les revendications des droits des patients psychiatriques relèvent des droits de la personne et d&#039;arriver à expliquer ce que cela recouvre. Il semble que la critique des classifications nosographiques (les DSM) qui existe depuis les années 20 – lesquelles classifications n&#039;ont été qu&#039;en augmentation (en 1990, 400 classifications: qu&#039;en est-il aujourd&#039;hui dans la dernière version?) – vise à la fois le pouvoir qui désigne, mais aussi peut-ête plus fondamentalement une manière de &amp;quot;donner sens&amp;quot; à un individu porteur de signes définis par les médecins notamment. L&#039;alternative serait de considérer la personne, sa parole, sa propre perception, sa conception aussi de la santé (et donc de la folie). C&#039;est évidemment une remise en question de rapport norme/déviance, mais aussi plus fondamentalement de cette réalité &amp;quot;faussement&amp;quot; ou &amp;quot;artificiellement&amp;quot; construite par ceux qui détiennent le pouvoir. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La critique sociale et politique ne se doublerait-elle pas d&#039;une critique de l&#039;épistémologie du sujet pour mettre à la place une relation égalitaire et un respect de la personne?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Cadre théorique ==&lt;br /&gt;
=== Historique de la maladie mentale ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Historique de la “maladie mentale”&lt;br /&gt;
Toute société se trouve confronté avec des personnes qui sortent du fonctionnement ordinaire, qui ne vivent pas selon les normes en vigueur, allant jusqu&#039;à perturber l’équilibre du groupe. &lt;br /&gt;
En traversant les âges et les cultures, la maladie mentale a connu les définitions et les explications les plus variées. En effet, « puisque la folie plonge ses racines aux sources de la culture, être fous est différent selon le pays ou la région dont on est originaire » (Le Sage De La Haye, 2010, p.13).&lt;br /&gt;
En ce qui concerne l’Europe, Le Sage De La Haye (2010) met en évidence comme à partir de l’Antiquité on s’est occupé du problème des personnes déviantes en les bannissant et on les excluant de la société. Durant le Moyen Âge, en particulier en France, l’exclusion de la société se faisait par exemple en mettant les personnes qui dérangeaient sur une barque et en les abandonnant aux rivières.  &lt;br /&gt;
Au tour de l’année 1000, de l’exclusion et du bannissement en dehors des villes, il y a la mise en place d’un premier système d’enferment. Dans les Maladreries et les hostelleries (préludes des hôpitaux), on commence à enfermer les malades mentaux avec tout sortes des personnes marginales. La promiscuité, la salubrité, le surcroît ainsi que les maladies transformait ces lieux en lieux d’extermination.&lt;br /&gt;
La religion avait une très grande influence durant toute cette période. La maladie mentale était interprétée comme la punition de Dieu en réponse à un péché. Le personne déviante était ainsi enfermé pour protéger la société et pour qu’elle puisse faire amende.&lt;br /&gt;
Progressivement, mais surtout pendant le XIX, le pouvoir sur le maladie mentale passe entre les mains des médecins. En effet, ces derniers « […] vont devenir les responsables du traitement des malades mentaux et mêmes les directeurs des asiles d’aliénés » (Le Sage De La Haye, 2010, p.22)         &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Mouvement de l&#039;antipsychiatrie ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pendant les années 60 apparaît un nouveau courant venu de l&#039;Angleterre: l&#039;Antipsychiatrie. Ce mouvement, promu entre autres par [http://fr.wikipedia.org/wiki/David_Cooper David Cooper], offre une nouvelle conception de la liberté aux patients psychiatriques en leur donnant la voix et le pouvoir de choisir leur parcours de soins.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le terme «Antipsychiatrie» est utilisée par première fois par Cooper en 1967 dans son ouvrage «Psychiatrie et antipsychiatrie» où, et à travers ses expériences dans le &amp;quot;pavillon 21&amp;quot; à Kingsley Hall (Londres), il s&#039;oppose (grâce à sa pratique expérimentale) au système hiérarchique et aliénant qui conduit à l’internement des personnes et en les rendant des malades chroniques. Ainsi, il propose d&#039;étudier la personne dans son contexte pluriel et familial, relativisant le diagnostic et l&#039;étiquetage ou les attributs pré-assignés. Il est suivi par d’autres militants de ce courant idéologique, notamment par Aaron Esterson et Ronald David Laing. Tous les trois travaillent en Grande-Bretagne et offrent une réponse plus sociale et communautaire en s&#039;opposant à la psychiatrie, au diagnostic, à la pratique et à la politique psychiatrique en vigueur.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un exemple intéressant est le livre qui raconte le parcours d’une patiente, [http://en.wikipedia.org/wiki/Mary_Barnes Mary Barnes], qui avait suivi une thérapie à Kingsley Hall avec le psychiatre Joseph Berke et sous la direction de Ronald David Laing. Le livre «Un voyage à travers la folie», écrit en 1976 par Mary Barnes avec la collaboration de Joseph Berke. Il est un exemple du passage à travers la folie qui donne un point de vue différent et un soutient au mouvement de l&#039;antipsychiatrie. Il valorise la personne et ses droits en tant que patient, tout en se positionnent comme témoin dans le parcours du patient, montrant aux professionnels l’importance de l&#039;autodétermination personnelle et de l’intégration sociale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On peut trouver clairement une influence du philosophe [http://fr.wikipedia.org/wiki/Michel_Foucault Michel Foucault] dans la conception idéologique du mouvement, reflété dans son ouvrage de 1961 «Histoire de la folie pendant l&#039;époque classique». Le livre analyse l&#039;évolution du concept de la folie en lien avec la pensée existante à chaque époque de l’histoire, et peut avoir aidé à la construction de la théorie de l’antipsychiatrie. En effet, Ronald Laing publie dans sa collection «Studies in existencialism and phenomenology» ce livre de Foucault.&lt;br /&gt;
Parallèlement, aux Etats-Unis, Erwin Goffman publie en 1961 un ouvrage qui influencera aussi le courant de l&#039;antipsychiatrie : « Asiles . Études sur la condition sociale des malades mentaux et autres reclus », basé sur des observations des comportements des patients et du personnel d&#039;un hôpital psychiatrique. En 1963, avec son livre «Stigmate, les usages sociaux des handicaps», il continue à exprimer ses idées, selon lesquelles d&#039;une manière indirecte, influenceront les droits de l’homme. Goffman donne une définition plus élargie du stigma en mettant en évidence un ensemble des concepts sur «l&#039;image social» des individus et ce qu&#039;ils peuvent transmettre d&#039;eux-mêmes aux autres en situations de confrontation. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Thomas Szas, professeur en psychiatrie et admirateur de Michel Foucault pour ses dénonciations des abus de la psychiatrie, ne préconisait pas les mêmes solutions. Szasz défend vivement les droits des malades mentaux et fait une double critique à la psychiatrie: la maladie mental n’est pas une vrais maladie, mais une justification légitimant, avec l’appui de médecins et des avocats, l’intervention du pouvoir pour protéger les gens contre eux mêmes. La psychiatrie est ainsi utilisée comme un outil de contrôle social à grande échelle, au nom du bien-être des « normaux ». Szasz décrit et dénonce dans son célèbre livre Le mythe de la maladie mentale, paru en 1961, l’utilisation de la psychiatrie comme moyen du contrôle social.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
En Italie, dans la même période, le mouvement trouve un représentant qui oevre pour le même objectif. [http://fr.wikipedia.org/wiki/Franco_Basaglia Franco Basaglia], mène au niveau politique une lute pour avoir un traitement plus «humain», revendique à haut voix les droits des patients ainsi que la transformation institutionnel des centres psychiatriques afin de reconstruire la personne, son identité sociale et juridique. Finalement la solution arrive en 1978, avec la Loi-180. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Par ailleurs, en France, la psychothérapie institutionnelle est conçue. Autres exemples d’acteurs actifs importants sont le docteur Jean Oury et Felix Guattari avec la clinique de La Borde, à Cour-Cheverny crée en 1953. M. Guattari énonce la problématique des maladies causée par la société. Ils offrent une alternative aux patients, en créant de nouveaux « Lieux de vies», se positionnant contre la prise en charge proposée par les hôpitaux de l’époque. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Continuer… &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au niveau général, le mouvement essaye de se centrer dans l&#039;application d&#039;une thérapie dans le contexte du sujet (soit familial ou communautaire) et non pas dans le contexte clinique. Ils se sont apposé à toute annulation des droits des patients psychiatriques ainsi que contre les pratiques agressives utilisées, telles que la lobotomie et l’électrochoc. Ils font une véritable autocritique de la psychiatrie et du système politique qui se sers des centres psychiatriques pour contrôler les personnes hors norme. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le changement était lancé. Des représentants du nouveau courant, tels que Michel Foucault, Laing, Cooper, Basaglia, vont s’allier pour faire évoluer et échanger l’idéologie dominante en faveur des droits des personnes souffrant de maladies mentales.&lt;br /&gt;
Continuer... &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1972 Cooper s’installe à Paris, ville généralement acquise à la cause antipsychiatrique, notamment par Félix Guattari. On compte parmi les auteurs ayant soutenu cette philosophie Bruno Bettelheim, Alice Miller, Maud Mannoni...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Loi sur la psychiatrie ===&lt;br /&gt;
Avant de rentrer dans le vif du sujet, il nous paraît convenable de contextualiser un minimum la thématique que nous allons traiter. L’intérêt pour les problèmes liés à la santé mentale surgit dans les années d’après-guerre à cause d’une forte augmentation des cas pris en charge. À partir des années ’70, sur la voie des protestations anticonformistes de Mai 1968 et sous l’influence et la pression des familles, on commence à dénoncer les conditions précaires des malades mentaux. L’Italie sera un terrain de lutte essentiel dans ce mouvement, on y retrouve un phénomène traduit littéralement en « fièvre de grille » ?????, qui explique une volonté de fermer les asiles et d&#039;ouvrir leurs portes sans se soucier des conséquences de tel acte (voir ci-après). Le mouvement antipsychiatrique a été le premier à s&#039;être battu pour la fermeture des asiles en s’opposant à la psychiatrie traditionnelle avec des idées, des interprétation de la maladie mentale et surtout des actions subversives. Au niveau législatif, cela s&#039;est traduit par la [http://www.salute.gov.it/imgs/C_17_normativa_888_allegato.pdf Loi 180], qui a été la première et seule loi qui ordonne la fermeture des hôpitaux psychiatriques. Approuvé grâce au soutien de Franco Basaglia le 13 mai 1978 (elle est parfois appelée &amp;quot;loi Basaglia&amp;quot;), elle règle tous contrôles et traitements sanitaires volontaires et obligatoires pour des personnes avec une maladie mentale. Elle se base sur des principes tels que le respect de la dignité de la personne, des ses droits civils et politiques. Le droit de choisir librement son médecin et son lieu soin, ou encore le droit de communiquer avec qui ils désirent. Tous les traitements doivent être assurer par consensus et la participation de la personne. La &amp;quot;loi Basaglia&amp;quot; vise aussi à une &amp;quot;réforme sémiotique&amp;quot; des termes utilisés pour définir les patients psychiatriques. Elle supprime tout définition dans le code pénal comme &amp;quot;aliéné mental&amp;quot; ou &amp;quot;infirme mental&amp;quot;. Il s’agit d’une loi qui agit sur plusieurs niveaux, que ça soit sur les droits de la personne, sur les institutions soignantes ou encore à niveau pénal. Elle représente une réforme sociale et politique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Droits des patients psychiatriques ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Parmi les premier à avoir dénoncé le statut des patients à l&#039;intérieur des hôpitaux psychiatriques on trouve Erving Goffman et son ouvrage &amp;quot;ASILES, études sur la condition des malades mentales&amp;quot;, publié en 1961. L’auteur commence par donner une définition des  « institutions totalitaires » qui se caractérisent par le niveau d’exclusion et de contrôle dans lequel se trouve le reclus.&lt;br /&gt;
La vie dans de ce genre d’institution est décrite en négatif par comparaison avec le déroulement de la vie à l’extérieur. Une fois admis au sein de l&#039;institution l&#039;individu est mis sous tutelle et perd tous les droits dont il jouissait en tant que membre de la société et se trouve sous l&#039;emprise du pouvoir du médecin. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1979 à Genève des personnes tels que médecins, psychiatres, psychologues, assistants sociaux, juristes et usagers de la psychiatrie fondent l’[http://www.rolfhimmelberger.ch/wp-content/uploads/2012/03/Adupsy-face-a-Revision-Loi-pers-atteintes-aff-mentales_1936_79.09.pdf ADUPSY], l’association pour les droits des usagers de la psychiatrie. Une association dont le but est de lutter contre toutes discriminations en défendant les droits démocratiques fondamentaux des personnes psychiatriques. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Face à la révision de la Loi sur le régime des personnes atteintes d’affections mentales du 1936, ils lancent des propositions qui viseront à combler les lacunes pratiques dont cette loi n’a pas su changer dans la pratique quotidienne de la prise en charge et de la reconnaissance de la personne psychiatrique. Comme par exemple recourir à l’internement lorsqu’il est réellement nécessaire, tandis qu’il s’agit encore d’une pratique naturelle, ordinaire à laquelle on recourt presque toujours, ou l’impossibilité du malade à faire recours lors de son internement ou au moment de la sortie, ou encore l’action faite par le Conseil de surveillance psychiatrique qui protège la société du malade mental en le stigmatisant encore plus ou lieu de protéger ce dernier. Ce sont tous des exemples de comment la loi ne s’est pas traduite en pratique selon ses principes.   &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;Adupsy lance ses propositions en essayant de modifier la réalité psychiatrique. Elle revendique la suppression totales des internements visant une modification de toutes pratiques psychiatriques. Elle croit dans une nouvelle législation qui tiendrait en compte des modifications du Code Civile Suisse, des recommandations de l’Assemblée parlementaire du Conseil d’Europe inhérent la situation des malades mentaux et des recommandations de l’OMS. Leurs propositions visent trois aspects principaux liés aux droits de la personne : l’admission, le droit de recours et les droits liés au traitement et à la participation à la recherche clinique. [ici il faudrait que l&#039;on sache sur quoi vous vous baser pour dire cela: les références manquent!!!]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il faut supprimer l’internement, l’admission doit être volontaire du début la fin du traitement, dans le sens que toute prise en charge ou action thérapeutique ne peut pas être efficace si le patient n’est pas d’accord. Le libre arbitre, le droit de choix ou de refus, une participation active sont des aspects nécessaires lors qu’on vise une prise en charge efficace, dans le respect de la personne.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le droit de recours doit être une instance judiciaire. Dans ce sens là le Conseil de surveillance psychiatrique doit être remplacé par la Chambre de révision psychiatrique. La personne psychiatrique ne devrait plus être stigmatisée au tant que malade, elle n’est pas dangereuse et donc la société ne doit pas être protégée par ce dernier. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le troisième objectif concernant les droits liés au traitement et à la participation à la recherche médicale implique l’abolition de tout traitement médical sans le consensus du patient, il faut présenter au patient les implications du traitement, les alternatives et s’il veut il peut consulter un autre médecin de son choix. &lt;br /&gt;
Ces trois aspects visent, comme écrit au paravent, une modification des conditions de prise en charge, des droits des patients en tant que personnes et du tout le système psychiatrique.   &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La période comprise entre les années ’60 et ’80 est témoin d’une grand révolution vis à vis des droits des patients psychiatriques. Même si elle reste une révolution idéologique, car tous principes, toutes actions ne sont pas traduites en pratique pour l’instant, elle représente le précurseur pour un nouvelle réalité où on envisage une meilleure considération des droits de la personne au tant que tel et pas en tant que malade mentale, où on reconsidère la pratique psychiatrie à fin d’améliorer la prise en charge et les réponses aux besoins de ces personnes… À modifier, continuer….&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Méthodologie ===&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;L&#039;entretien&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
Les méthodes d&#039;entretien se distinguent par la mise en ouvre des processus fondamentaux de communication et d&#039;interaction humaine. Ces processus permettent au chercheur de retirer de ses entretien des informations et éléments de réflexion riches en nuances. &lt;br /&gt;
Nous avons utilisé la variante entretien centré, avec une petite liste de questions-guides ouvertes afin qu&#039;il interviewé puisse parler ouvertement d&#039;un événement ou d&#039;une expérience précise sur ceux qui y ont participé. En ce cas Alain Riesen, militant de l’antipsychiatrie à Genève.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Entretien de Recherche ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Conclusion et discussion ==&lt;br /&gt;
== Bibliographie ==	&lt;br /&gt;
* Cooper D., &amp;quot;Psychiatry et anti-Psychiatry&amp;quot;, Grand-Bretagne, Travistock Pub. Ltd, 1967 (trad. française par Michael Braudeau&amp;quot;Psychiatrie et antipsychiatrie&amp;quot;, Paris,Edition du Seuil, 1970).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Notes et références ==&lt;br /&gt;
http://www.rolfhimmelberger.ch/wp-content/uploads/2012/03/Adupsy-face-a-Revision-Loi-pers-atteintes-aff-mentales_1936_79.09.pdf&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
http://www.salute.gov.it/imgs/C_17_normativa_888_allegato.pdf&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Jessy Herrera</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Droits_des_patients_psychiatriques&amp;diff=11253</id>
		<title>Droits des patients psychiatriques</title>
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		<updated>2013-12-01T12:06:27Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Jessy Herrera : /* Mouvement de l&amp;#039;antipsychiatrie */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&lt;br /&gt;
== Introduction ==&lt;br /&gt;
Il s&#039;agit dans ce chapitre de mieux comprendre comment les revendications des droits des patients psychiatriques relèvent des droits de la personne et d&#039;arriver à expliquer ce que cela recouvre. Il semble que la critique des classifications nosographiques (les DSM) qui existe depuis les années 20 – lesquelles classifications n&#039;ont été qu&#039;en augmentation (en 1990, 400 classifications: qu&#039;en est-il aujourd&#039;hui dans la dernière version?) – vise à la fois le pouvoir qui désigne, mais aussi peut-ête plus fondamentalement une manière de &amp;quot;donner sens&amp;quot; à un individu porteur de signes définis par les médecins notamment. L&#039;alternative serait de considérer la personne, sa parole, sa propre perception, sa conception aussi de la santé (et donc de la folie). C&#039;est évidemment une remise en question de rapport norme/déviance, mais aussi plus fondamentalement de cette réalité &amp;quot;faussement&amp;quot; ou &amp;quot;artificiellement&amp;quot; construite par ceux qui détiennent le pouvoir. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La critique sociale et politique ne se doublerait-elle pas d&#039;une critique de l&#039;épistémologie du sujet pour mettre à la place une relation égalitaire et un respect de la personne?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Cadre théorique ==&lt;br /&gt;
=== Mouvement de l&#039;antipsychiatrie ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pendant les années 60 apparaît un nouveau courant venu de l&#039;Angleterre: l&#039;Antipsychiatrie. Ce mouvement, promu entre autres par [http://fr.wikipedia.org/wiki/David_Cooper David Cooper], offre une nouvelle conception de la liberté aux patients psychiatriques en leur donnant la voix et le pouvoir de choisir leur parcours de soins.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le terme «Antipsychiatrie» est utilisée par première fois par Cooper en 1967 dans son ouvrage «Psychiatrie et antipsychiatrie» où, et à travers ses expériences dans le &amp;quot;pavillon 21&amp;quot; à Kingsley Hall (Londres), il s&#039;oppose (grâce à sa pratique expérimentale) au système hiérarchique et aliénant qui conduit à l’internement des personnes et en les rendant des malades chroniques. Ainsi, il propose d&#039;étudier la personne dans son contexte pluriel et familial, relativisant le diagnostic et l&#039;étiquetage ou les attributs pré-assignés. Il est suivi par d’autres militants de ce courant idéologique, notamment par Aaron Esterson et Ronald David Laing. Tous les trois travaillent en Grande-Bretagne et offrent une réponse plus sociale et communautaire en s&#039;opposant à la psychiatrie, au diagnostic, à la pratique et à la politique psychiatrique en vigueur.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un exemple intéressant est le livre qui raconte le parcours d’une patiente, [http://en.wikipedia.org/wiki/Mary_Barnes Mary Barnes], qui avait suivi une thérapie à Kingsley Hall avec le psychiatre Joseph Berke et sous la direction de Ronald David Laing. Le livre «Un voyage à travers la folie», écrit en 1976 par Mary Barnes avec la collaboration de Joseph Berke. Il est un exemple du passage à travers la folie qui donne un point de vue différent et un soutient au mouvement de l&#039;antipsychiatrie. Il valorise la personne et ses droits en tant que patient, tout en se positionnent comme témoin dans le parcours du patient, montrant aux professionnels l’importance de l&#039;autodétermination personnelle et de l’intégration sociale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On peut trouver clairement une influence du philosophe [http://fr.wikipedia.org/wiki/Michel_Foucault Michel Foucault] dans la conception idéologique du mouvement, reflété dans son ouvrage de 1961 «Histoire de la folie pendant l&#039;époque classique». Le livre analyse l&#039;évolution du concept de la folie en lien avec la pensée existante à chaque époque de l’histoire, et peut avoir aidé à la construction de la théorie de l’antipsychiatrie. En effet, Ronald Laing publie dans sa collection «Studies in existencialism and phenomenology» ce livre de Foucault.&lt;br /&gt;
Parallèlement, aux Etats-Unis, Erwin Goffman publie en 1961 un ouvrage qui influencera aussi le courant de l&#039;antipsychiatrie : « Asiles . Études sur la condition sociale des malades mentaux et autres reclus », basé sur des observations des comportements des patients et du personnel d&#039;un hôpital psychiatrique. En 1963, avec son livre «Stigmate, les usages sociaux des handicaps», il continue à exprimer ses idées, selon lesquelles d&#039;une manière indirecte, influenceront les droits de l’homme. Goffman donne une définition plus élargie du stigma en mettant en évidence un ensemble des concepts sur «l&#039;image social» des individus et ce qu&#039;ils peuvent transmettre d&#039;eux-mêmes aux autres en situations de confrontation. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Continuer… (Thomas Szasz. La Radical terapist norteamericaine..) &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En Italie, dans la même période, le mouvement trouve un représentant qui oevre pour le même objectif. [http://fr.wikipedia.org/wiki/Franco_Basaglia Franco Basaglia], mène au niveau politique une lute pour avoir un traitement plus «humain», revendique à haut voix les droits des patients ainsi que la transformation institutionnel des centres psychiatriques afin de reconstruire la personne, son identité sociale et juridique. Finalement la solution arrive en 1978, avec la Loi-180. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Par ailleurs, en France, la psychothérapie institutionnelle est conçue. Autres exemples d’acteurs actifs importants sont le docteur Jean Oury et Felix Guattari avec la clinique de La Borde, à Cour-Cheverny crée en 1953. M. Guattari énonce la problématique des maladies causée par la société. Ils offrent une alternative aux patients, en créant de nouveaux « Lieux de vies», se positionnant contre la prise en charge proposée par les hôpitaux de l’époque. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Continuer… &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au niveau général, le mouvement essaye de se centrer dans l&#039;application d&#039;une thérapie dans le contexte du sujet (soit familial ou communautaire) et non pas dans le contexte clinique. Ils se sont apposé à toute annulation des droits des patients psychiatriques ainsi que contre les pratiques agressives utilisées, telles que la lobotomie et l’électrochoc. Ils font une véritable autocritique de la psychiatrie et du système politique qui se sers des centres psychiatriques pour contrôler les personnes hors norme. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le changement était lancé. Des représentants du nouveau courant, tels que Michel Foucault, Laing, Cooper, Basaglia, vont s’allier pour faire évoluer et échanger l’idéologie dominante en faveur des droits des personnes souffrant de maladies mentales.&lt;br /&gt;
Continuer... &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1972 Cooper s’installe à Paris, ville généralement acquise à la cause antipsychiatrique, notamment par Félix Guattari. On compte parmi les auteurs ayant soutenu cette philosophie Bruno Bettelheim, Alice Miller, Maud Mannoni...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Loi sur la psychiatrie ===&lt;br /&gt;
Avant de rentrer dans le vif du sujet, il nous paraît convenable de contextualiser un minimum la thématique que nous allons traiter. L’intérêt pour les problèmes liés à la santé mentale surgit dans les années d’après-guerre à cause d’une forte augmentation des cas pris en charge. À partir des années ’70, sur la voie des protestations anticonformistes de Mai 1968 et sous l’influence et la pression des familles, on commence à dénoncer les conditions précaires des malades mentaux. L’Italie sera un terrain de lutte essentiel dans ce mouvement, on y retrouve un phénomène traduit littéralement en « fièvre de grille » ?????, qui explique une volonté de fermer les asiles et d&#039;ouvrir leurs portes sans se soucier des conséquences de tel acte (voir ci-après). Le mouvement antipsychiatrique a été le premier à s&#039;être battu pour la fermeture des asiles en s’opposant à la psychiatrie traditionnelle avec des idées, des interprétation de la maladie mentale et surtout des actions subversives. Au niveau législatif, cela s&#039;est traduit par la [http://www.salute.gov.it/imgs/C_17_normativa_888_allegato.pdf Loi 180], qui a été la première et seule loi qui ordonne la fermeture des hôpitaux psychiatriques. Approuvé grâce au soutien de Franco Basaglia le 13 mai 1978 (elle est parfois appelée &amp;quot;loi Basaglia&amp;quot;), elle règle tous contrôles et traitements sanitaires volontaires et obligatoires pour des personnes avec une maladie mentale. Elle se base sur des principes tels que le respect de la dignité de la personne, des ses droits civils et politiques. Le droit de choisir librement son médecin et son lieu soin, ou encore le droit de communiquer avec qui ils désirent. Tous les traitements doivent être assurer par consensus et la participation de la personne. La &amp;quot;loi Basaglia&amp;quot; vise aussi à une &amp;quot;réforme sémiotique&amp;quot; des termes utilisés pour définir les patients psychiatriques. Elle supprime tout définition dans le code pénal comme &amp;quot;aliéné mental&amp;quot; ou &amp;quot;infirme mental&amp;quot;. Il s’agit d’une loi qui agit sur plusieurs niveaux, que ça soit sur les droits de la personne, sur les institutions soignantes ou encore à niveau pénal. Elle représente une réforme sociale et politique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Droits des patients psychiatriques ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En suisse tous les patients ont droits aux soins. En tant que branche de la médecine, la psychiatrie se doit en principe de respecter les mêmes droits que n&#039;importe quel patient (ou tuteur). Dans la pratique les choses ne sont pas toujours si faciles, car il existe des situations dans lesquelles la loi (qui a été pensée pour la médecine) n&#039;arrive pas à répondre de façon optimale face à une personne ayant un trouble psychique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les principaux facteurs qui posent un problème aux juristes sont l&#039;urgence, le danger, ainsi que la capacité de discernement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La loi [LAQUELLE? + mettre un lien! ] défend les droits des patients en obligeant le médecin à toujours informer au mieux le patient, lequel, une fois reçu toutes les informations le concernant et les méthodes d&#039;interventions possibles, peut ainsi choisir le traitement qui lui convient le mieux. Aucun traitement ne peut être imposé, le consentement du patient (ou de son tuteur) est toujours nécessaire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout sujet est considéré comme compétent pour donner son consentement à moins qu&#039;on le prive de ce droit à travers une mise sous tutelle. Cette incapacité d&#039;exercer ses droits n&#039;est pourtant pas définitive, elle doit être réévaluée à chaque étape du traitement. Si aucun traitement ne peut être imposé au patient (sans son consentement ou celui de son tuteur), il est possible par contre de l&#039;interner dans les cas où il risque de se mettre en danger et que l&#039;urgence de la situation ne permette pas une autre solution. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La difficulté se trouve dans l&#039;impossibilité d&#039;établir de manière objective la capacité de discernement d&#039;une personne, ce qui laisse une grande marge d&#039;interprétation. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si d&#039;un côté la loi défend l&#039;autodétermination du patient, de l&#039;autre elle permet que certain droits lui soient retirés dans le but de le protéger.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1979 à Genève des personnes tels que médecins, psychiatres, psychologues, assistants sociaux, juristes et usagers de la psychiatrie fondent l’[http://www.rolfhimmelberger.ch/wp-content/uploads/2012/03/Adupsy-face-a-Revision-Loi-pers-atteintes-aff-mentales_1936_79.09.pdf ADUPSY], l’association pour les droits des usagers de la psychiatrie. Une association dont le but est de lutter contre toutes discriminations en défendant les droits démocratiques fondamentaux des personnes psychiatriques. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Face à la révision de la Loi sur le régime des personnes atteintes d’affections mentales du 1936, ils lancent des propositions qui viseront à combler les lacunes pratiques dont cette loi n’a pas su changer dans la pratique quotidienne de la prise en charge et de la reconnaissance de la personne psychiatrique. Comme par exemple recourir à l’internement lorsqu’il est réellement nécessaire, tandis qu’il s’agit encore d’une pratique naturelle, ordinaire à laquelle on recourt presque toujours, ou l’impossibilité du malade à faire recours lors de son internement ou au moment de la sortie, ou encore l’action faite par le Conseil de surveillance psychiatrique qui protège la société du malade mental en le stigmatisant encore plus ou lieu de protéger ce dernier. Ce sont tous des exemples de comment la loi ne s’est pas traduite en pratique selon ses principes.   &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;Adupsy lance ses propositions en essayant de modifier la réalité psychiatrique. Elle revendique la suppression totales des internements visant une modification de toutes pratiques psychiatriques. Elle croit dans une nouvelle législation qui tiendrait en compte des modifications du Code Civile Suisse, des recommandations de l’Assemblée parlementaire du Conseil d’Europe inhérent la situation des malades mentaux et des recommandations de l’OMS. Leurs propositions visent trois aspects principaux liés aux droits de la personne : l’admission, le droit de recours et les droits liés au traitement et à la participation à la recherche clinique. [ici il faudrait que l&#039;on sache sur quoi vous vous baser pour dire cela: les références manquent!!!]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il faut supprimer l’internement, l’admission doit être volontaire du début la fin du traitement, dans le sens que toute prise en charge ou action thérapeutique ne peut pas être efficace si le patient n’est pas d’accord. Le libre arbitre, le droit de choix ou de refus, une participation active sont des aspects nécessaires lors qu’on vise une prise en charge efficace, dans le respect de la personne.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le droit de recours doit être une instance judiciaire. Dans ce sens là le Conseil de surveillance psychiatrique doit être remplacé par la Chambre de révision psychiatrique. La personne psychiatrique ne devrait plus être stigmatisée au tant que malade, elle n’est pas dangereuse et donc la société ne doit pas être protégée par ce dernier. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le troisième objectif concernant les droits liés au traitement et à la participation à la recherche médicale implique l’abolition de tout traitement médical sans le consensus du patient, il faut présenter au patient les implications du traitement, les alternatives et s’il veut il peut consulter un autre médecin de son choix. &lt;br /&gt;
Ces trois aspects visent, comme écrit au paravent, une modification des conditions de prise en charge, des droits des patients en tant que personnes et du tout le système psychiatrique.   &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La période comprise entre les années ’60 et ’80 est témoin d’une grand révolution vis à vis des droits des patients psychiatriques. Même si elle reste une révolution idéologique, car tous principes, toutes actions ne sont pas traduites en pratique pour l’instant, elle représente le précurseur pour un nouvelle réalité où on envisage une meilleure considération des droits de la personne au tant que tel et pas en tant que malade mentale, où on reconsidère la pratique psychiatrie à fin d’améliorer la prise en charge et les réponses aux besoins de ces personnes… À modifier, continuer….&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Méthodologie ===&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;L&#039;entretien&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
Les méthodes d&#039;entretien se distinguent par la mise en ouvre des processus fondamentaux de communication et d&#039;interaction humaine. Ces processus permettent au chercheur de retirer de ses entretien des informations et éléments de réflexion riches en nuances. &lt;br /&gt;
Nous avons utilisé la variante entretien centré, avec une petite liste de questions-guides ouvertes afin qu&#039;il interviewé puisse parler ouvertement d&#039;un événement ou d&#039;une expérience précise sur ceux qui y ont participé. En ce cas Alain Riesen, militant de l’antipsychiatrie à Genève.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Entretien de Recherche ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Conclusion et discussion ==&lt;br /&gt;
== Bibliographie ==	&lt;br /&gt;
* Cooper D., &amp;quot;Psychiatry et anti-Psychiatry&amp;quot;, Grand-Bretagne, Travistock Pub. Ltd, 1967 (trad. française par Michael Braudeau&amp;quot;Psychiatrie et antipsychiatrie&amp;quot;, Paris,Edition du Seuil, 1970).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Notes et références ==&lt;br /&gt;
http://www.rolfhimmelberger.ch/wp-content/uploads/2012/03/Adupsy-face-a-Revision-Loi-pers-atteintes-aff-mentales_1936_79.09.pdf&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
http://www.salute.gov.it/imgs/C_17_normativa_888_allegato.pdf&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Jessy Herrera</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Droits_des_patients_psychiatriques&amp;diff=11171</id>
		<title>Droits des patients psychiatriques</title>
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		<updated>2013-11-29T11:57:26Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Jessy Herrera : /* Méthodologie */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&lt;br /&gt;
== Introduction ==&lt;br /&gt;
Il s&#039;agit dans ce chapitre de mieux comprendre comment les revendications des droits des patients psychiatriques relèvent des droits de la personne et d&#039;arriver à expliquer ce que cela recouvre. Il semble que la critique des classifications nosographiques (les DSM) qui existe depuis les années 20 – lesquelles classifications n&#039;ont été qu&#039;en augmentation (en 1990, 400 classifications: qu&#039;en est-il aujourd&#039;hui dans la dernière version?) – vise à la fois le pouvoir qui désigne, mais aussi peut-ête plus fondamentalement une manière de &amp;quot;donner sens&amp;quot; à un individu porteur de signes définis par les médecins notamment. L&#039;alternative serait de considérer la personne, sa parole, sa propre perception, sa conception aussi de la santé (et donc de la folie). C&#039;est évidemment une remise en question de rapport norme/déviance, mais aussi plus fondamentalement de cette réalité &amp;quot;faussement&amp;quot; ou &amp;quot;artificiellement&amp;quot; construite par ceux qui détiennent le pouvoir. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La critique sociale et politique ne se doublerait-elle pas d&#039;une critique de l&#039;épistémologie du sujet pour mettre à la place une relation égalitaire et un respect de la personne?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Cadre théorique ==&lt;br /&gt;
=== Mouvement de l&#039;antipsychiatrie ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pendant les années 60 apparaît un nouveau courant venu de l&#039;Angleterre: l&#039;Antipsychiatrie. Ce mouvement, promu entre autres par David Cooper, offre une nouvelle conception de la liberté aux patients psychiatriques en leur donnant la voix et le pouvoir de choisir leur parcours de soins. &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Le terme  «Antipsychiatrie»  est utilisée par première fois par Cooper en 1967 dans son ouvrage «Psychiatrie et antipsychiatrie» où, et à travers ses expériences dans le &amp;quot;pavillon 21&amp;quot; à Kingsley Hall (Londres), il s&#039;oppose (grâce à sa praxis expérimentale) au système hiérarchique et aliénant qui conduise, avec l’internement  des personnes, à faire des malades chroniques. Ainsi, il propose d&#039;étudier la personne dans son contexte pluriel et familial, relativisant le diagnostic et l&#039;étiquetage ou les attributs pré-assignés. Il est accompagné pour la militance de cette idéologie d&#039;Aaron Esterson et Ronald David Laing. Tous les trois travaillent en Grande-Bretagne en offrant une réponse plus sociale et communautaire en s&#039;opposant à la psychiatrie, au diagnostic,  à la pratique, et à la politique psychiatrique du moment.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un exemple vraiment intéressant est le livre qui raconte le parcours d’une patiente, Mary Barnes, qui avait suivi une thérapie à Kingsley Hall avec le psychiatre Joseph Berke et sous la direction de Ronald David Laing. Le livre  «Un voyage à travers de la folie», écrit en 1976 par Mary Barnes en collaboration avec Joseph Berke, est un  exemple du passage à travers de la folie qui donne le soutien et un autre point de vue au mouvement de l&#039;antipsychiatrie, en valorisant la personne et ses droits comme patiente, et au même temps en montrant au professionnel comme un témoin dans le parcours du patiente vers l&#039;autodétermination personnelle et l’intégration sociale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On peut trouver clairement une influence du philosophe M. Foucault dans la conception idéologique du mouvement, reflété dans son ouvrage de 1961 «Histoire de la folie pendant l&#039;époque classique». Le livre analyse l&#039;évolution du concept de la folie en lien avec la pensée existante à chaque époque de l’histoire, et peut avoir aidé à la construction des théories de l’antipsychiatrie. En fait, Ronald Laing publie dans sa collection «Studies in existencialism and phenomenology» ce livre de Foucault.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Parallèlement, Aux Etats-Unis, Erwin Goffman publie en 1961 un ouvrage qui influencera aussi le courant de l&#039;antipsychiatrie : &amp;quot;Asiles. Études sur la condition sociale des malades mentaux et autres reclus”, basé sur les observations des comportements des patients et du personnel d&#039;un hôpital psychiatrique. En 1963, avec son livre «Stigmate, les usages sociaux des handicaps», il continue à exprimer ses idées, lesquelles, d&#039;une manière indirecte, influenceront les droits de l’homme. Goffman donne une définition plus élargie du stigma en mettant en évidence un ensemble de concepts sur «l&#039;image social» des individus et ce qu&#039;ils peuvent transmettre d&#039;eux-mêmes aux autres en situations de confrontation. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Continuer… (Thomas Szasz. La Radical terapist norteamericaine..)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En Italie, dans la même période, le mouvement trouve un représentant qui se batte pour le même but. Franco Basaglia, même au niveau politique pour avoir un traitement plus «humain»,  revendique à haut voix les droits des patients ainsi comme la transformation institutionnel des centres psychiatriques afin de reconstruire la personne, son identité sociale et juridique. Finalement la solution arrive en 1978, avec la Loi-180.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Par ailleurs, en France, la psychothérapie institutionnelle est conçue. Autres exemples d’acteurs actifs importants sont le docteur Jean Oury et Felix Guattari avec la clinique de La Borde, à Cour-Cheverny crée en 1953… Guattari énonce la problématique des maladies à cause de la société. Ils offrent une alternative aux patients, en créant de nouvelles « Lieux de vies» en contre- position aux hôpitaux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Continuer…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au niveau général, le mouvement essaye de se centrer dans l&#039;application d&#039;une thérapie dans le contexte du sujet (soit celui-ci familial ou dans la communauté) et non pas dans le contexte de l&#039;hôpital. Ils se sont levés en contre de toute annulation des droits des patients psychiatriques ainsi comme contre les pratiques agressives utilisées, telles que la lobotomie et l’électrochoc...Ils font une vraie autocritique à l&#039;interne de la psychiatrie et du système politique qui se serve des centres psychiatriques pour contrôler les personnes en dehors de la norme.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Globalement l’entreprise pour se battre s’est formée. Représentants comme Marcel Foucault, Laing, Cooper, Basaglia…parmi autres, vont se rencontrer pour faire évoluer et échanger leurs idéologies en faveur des personnes souffrant de maladies mentales.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Continuer... D&#039;autres auteurs :&lt;br /&gt;
En 1972 Cooper s’installe à Paris, ville dans laquelle ses théories antipsychiatriques sont favorablement accueillies par Félix Guattari. Autres auteurs qui ont soutenu cette philosophie sont Bruno Bettelheim, Alice Miller, Maud Mannoni...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Loi sur la psychiatrie ===&lt;br /&gt;
Avant de rentrer dans le vif du sujet, il nous paraît convenable de contextualiser un minimum la thématique que nous allons traiter. L’intérêt pour les problèmes liés à la santé mentale surgit dans les années d’après-guerre à cause d’une forte augmentation des cas pris en charge. À partir des années ’70, sur la voie des protestations anticonformistes de Mai 1968 et sous l’influence et la pression des familles, on commence à dénoncer les conditions précaires des malades mentaux. L’Italie sera un terrain de lutte essentiel dans ce mouvement, on y retrouve un phénomène traduit littéralement en « fièvre de grille » ?????, qui explique une volonté de fermer les asiles et d&#039;ouvrir leurs portes sans se soucier des conséquences de tel acte (voir ci-après). Le mouvement antipsychiatrique a été le premier à s&#039;être battu pour la fermeture des asiles en s’opposant à la psychiatrie traditionnelle avec des idées, des interprétation de la maladie mentale et surtout des actions subversives. Au niveau législatif, cela s&#039;est traduit par la [http://www.salute.gov.it/imgs/C_17_normativa_888_allegato.pdf Loi 180], qui a été la première et seule loi qui ordonne la fermeture des hôpitaux psychiatriques. Approuvé grâce au soutien de Franco Basaglia le 13 mai 1978 (elle est parfois appelée &amp;quot;loi Basaglia&amp;quot;), elle règle tous contrôles et traitements sanitaires volontaires et obligatoires pour des personnes avec une maladie mentale. Elle se base sur des principes tels que le respect de la dignité de la personne, des ses droits civils et politiques. Le droit de choisir librement son médecin et son lieu soin, ou encore le droit de communiquer avec qui ils désirent. Tous les traitements doivent être assurer par consensus et la participation de la personne. La &amp;quot;loi Basaglia&amp;quot; vise aussi à une &amp;quot;réforme sémiotique&amp;quot; des termes utilisés pour définir les patients psychiatriques. Elle supprime tout définition dans le code pénal comme &amp;quot;aliéné mental&amp;quot; ou &amp;quot;infirme mental&amp;quot;. Il s’agit d’une loi qui agit sur plusieurs niveaux, que ça soit sur les droits de la personne, sur les institutions soignantes ou encore à niveau pénal. Elle représente une réforme sociale et politique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Droits des patients psychiatriques ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En suisse tous les patients ont droits aux soins. En tant que branche de la médecine, la psychiatrie se doit en principe de respecter les mêmes droits que n&#039;importe quel patient (ou tuteur). Dans la pratique les choses ne sont pas toujours si faciles, car il existe des situations dans lesquelles la loi (qui a été pensée pour la médecine) n&#039;arrive pas à répondre de façon optimale face à une personne ayant un trouble psychique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les principaux facteurs qui posent un problème aux juristes sont l&#039;urgence, le danger, ainsi que la capacité de discernement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La loi [LAQUELLE? + mettre un lien! ] défend les droits des patients en obligeant le médecin à toujours informer au mieux le patient, lequel, une fois reçu toutes les informations le concernant et les méthodes d&#039;interventions possibles, peut ainsi choisir le traitement qui lui convient le mieux. Aucun traitement ne peut être imposé, le consentement du patient (ou de son tuteur) est toujours nécessaire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout sujet est considéré comme compétent pour donner son consentement à moins qu&#039;on le prive de ce droit à travers une mise sous tutelle. Cette incapacité d&#039;exercer ses droits n&#039;est pourtant pas définitive, elle doit être réévaluée à chaque étape du traitement. Si aucun traitement ne peut être imposé au patient (sans son consentement ou celui de son tuteur), il est possible par contre de l&#039;interner dans les cas où il risque de se mettre en danger et que l&#039;urgence de la situation ne permette pas une autre solution. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La difficulté se trouve dans l&#039;impossibilité d&#039;établir de manière objective la capacité de discernement d&#039;une personne, ce qui laisse une grande marge d&#039;interprétation. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si d&#039;un côté la loi défend l&#039;autodétermination du patient, de l&#039;autre elle permet que certain droits lui soient retirés dans le but de le protéger.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1979 à Genève des personnes tels que médecins, psychiatres, psychologues, assistants sociaux, juristes et usagers de la psychiatrie fondent l’[http://www.rolfhimmelberger.ch/wp-content/uploads/2012/03/Adupsy-face-a-Revision-Loi-pers-atteintes-aff-mentales_1936_79.09.pdf ADUPSY], l’association pour les droits des usagers de la psychiatrie. Une association dont le but est de lutter contre toutes discriminations en défendant les droits démocratiques fondamentaux des personnes psychiatriques. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Face à la révision de la Loi sur le régime des personnes atteintes d’affections mentales du 1936, ils lancent des propositions qui viseront à combler les lacunes pratiques dont cette loi n’a pas su changer dans la pratique quotidienne de la prise en charge et de la reconnaissance de la personne psychiatrique. Comme par exemple recourir à l’internement lorsqu’il est réellement nécessaire, tandis qu’il s’agit encore d’une pratique naturelle, ordinaire à laquelle on recourt presque toujours, ou l’impossibilité du malade à faire recours lors de son internement ou au moment de la sortie, ou encore l’action faite par le Conseil de surveillance psychiatrique qui protège la société du malade mental en le stigmatisant encore plus ou lieu de protéger ce dernier. Ce sont tous des exemples de comment la loi ne s’est pas traduite en pratique selon ses principes.   &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;Adupsy lance ses propositions en essayant de modifier la réalité psychiatrique. Elle revendique la suppression totales des internements visant une modification de toutes pratiques psychiatriques. Elle croit dans une nouvelle législation qui tiendrait en compte des modifications du Code Civile Suisse, des recommandations de l’Assemblée parlementaire du Conseil d’Europe inhérent la situation des malades mentaux et des recommandations de l’OMS. Leurs propositions visent trois aspects principaux liés aux droits de la personne : l’admission, le droit de recours et les droits liés au traitement et à la participation à la recherche clinique. [ici il faudrait que l&#039;on sache sur quoi vous vous baser pour dire cela: les références manquent!!!]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il faut supprimer l’internement, l’admission doit être volontaire du début la fin du traitement, dans le sens que toute prise en charge ou action thérapeutique ne peut pas être efficace si le patient n’est pas d’accord. Le libre arbitre, le droit de choix ou de refus, une participation active sont des aspects nécessaires lors qu’on vise une prise en charge efficace, dans le respect de la personne.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le droit de recours doit être une instance judiciaire. Dans ce sens là le Conseil de surveillance psychiatrique doit être remplacé par la Chambre de révision psychiatrique. La personne psychiatrique ne devrait plus être stigmatisée au tant que malade, elle n’est pas dangereuse et donc la société ne doit pas être protégée par ce dernier. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le troisième objectif concernant les droits liés au traitement et à la participation à la recherche médicale implique l’abolition de tout traitement médical sans le consensus du patient, il faut présenter au patient les implications du traitement, les alternatives et s’il veut il peut consulter un autre médecin de son choix. &lt;br /&gt;
Ces trois aspects visent, comme écrit au paravent, une modification des conditions de prise en charge, des droits des patients en tant que personnes et du tout le système psychiatrique.   &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La période comprise entre les années ’60 et ’80 est témoin d’une grand révolution vis à vis des droits des patients psychiatriques. Même si elle reste une révolution idéologique, car tous principes, toutes actions ne sont pas traduites en pratique pour l’instant, elle représente le précurseur pour un nouvelle réalité où on envisage une meilleure considération des droits de la personne au tant que tel et pas en tant que malade mentale, où on reconsidère la pratique psychiatrie à fin d’améliorer la prise en charge et les réponses aux besoins de ces personnes… À modifier, continuer….&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Méthodologie ===&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;L&#039;entretien&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
Les méthodes d&#039;entretien se distinguent par la mise en ouvre des processus fondamentaux de communication et d&#039;interaction humaine. Ces processus permettent au chercheur de retirer de ses entretien des informations et éléments de réflexion riches en nuances. &lt;br /&gt;
Nous avons utilisé la variante entretien centré, avec une petite liste de questions-guides ouvertes afin qu&#039;il interviewé puisse parler ouvertement d&#039;un événement ou d&#039;une expérience précise sur ceux qui y ont participé. En ce cas Alain Riesen, militant de l’antipsychiatrie à Genève.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Entretien de Recherche ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Conclusion et discussion ==&lt;br /&gt;
== Bibliographie ==	&lt;br /&gt;
* Cooper D., &amp;quot;Psychiatry et anti-Psychiatry&amp;quot;, Grand-Bretagne, Travistock Pub. Ltd, 1967 (trad. française par Michael Braudeau&amp;quot;Psychiatrie et antipsychiatrie&amp;quot;, Paris,Edition du Seuil, 1970).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Notes et références ==&lt;br /&gt;
http://www.rolfhimmelberger.ch/wp-content/uploads/2012/03/Adupsy-face-a-Revision-Loi-pers-atteintes-aff-mentales_1936_79.09.pdf&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
http://www.salute.gov.it/imgs/C_17_normativa_888_allegato.pdf&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Jessy Herrera</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Index_de_personnes&amp;diff=11170</id>
		<title>Index de personnes</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Index_de_personnes&amp;diff=11170"/>
		<updated>2013-11-29T11:48:15Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Jessy Herrera : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&lt;br /&gt;
Basaglia, Franco psychiatre italien (1924-1980). Psychiatre et militant marxiste, Franco Basaglia s&#039;est engagé en de multiples domaines et a suscité des controverses variées. Né à Venise, il se tourne vers la psychiatrie en 1958, après des études de médecine puis une spécialisation en neurologie, qu&#039;il a achevée en 1952. C&#039;est en 1961 que débute l&#039;expérience de Gorizia, l&#039;hôpital psychiatrique proche de Trieste auquel il a attaché son nom. Après avoir décidé de faire sortir de l&#039;hôpital de Gorizia, marqué par une longue tradition asilaire, ceux qui y étaient internés, Basaglia s&#039;efforce de rendre compte, à l&#039;adresse de l&#039;Italie et des autres pays, de la signification politique de l&#039;événement et publie alors L&#039;Institution en négation. L&#039;expérience de cet hôpital des confins orientaux de la péninsule devient par là même un pôle d&#039;attraction international. Ce mélange d&#039;audace et de pragmatisme marquera les entreprises, toujours à la fois un peu folles et solidement préparées, qui, après Gorizia, se dérouleront à Trieste, à Parme puis à Rome. [[Utilisateur:Sandra Lançon|(Sandra)]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bercher, Yvonne : [http://www.yvonnebercher.org/ Yvonne Bercher] est née à Lausanne le 4 juin 1959. Elle est diplômée d&#039;un doctorat en Droit. Le sujet de son doctorat portait sur la procédure pénale. Elle a eu l&#039;occasion de faire plusieurs voyages en Afrique du Nord (Maroc, Tunisie). Ces voyages l&#039;ont beaucoup questionnée et lui ont permis de faire la découverte d&#039;autres cultures. En 2013, elle enseigne, depuis trois ans, à l’Institut de Management et de Sciences commerciales à Lausanne. Son parcours a été jalonné d&#039;articles et de livres, dont notamment l&#039;ouvrage, Au-delà des murs: témoignage et recherche sur l’univers carcéral suisse romand, qu&#039;elle a écrit en 1995.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bergier-Moreillon, Jacques (psychiatre du Service médico pédagogique vaudois)(1911-2002). Né à Morges, part pour vivre à Lausanne à l&#039;age de 9ans. De nature timide, il s&#039;engage dans le scoutisme, le sport et dans le théâtre afin de se mouvoir dans la société. Ainsi, il s&#039;est servi du psychodrame comme moyen privilégié pour comprendre et soigner les enfants perturbés. Directeur adjoint de l&#039;office médicopédagogique vaudois auprès de Dr. Lucien Bovet en 1945, il lui succède en 1952 après avoir survécu à la tuberculose (et suite au décès accidentel de Dr Bovet). Collabore également au Bercail, annexe psychothérapeutique de l&#039;Hôpital de l&#039;Enfance. En 1956, directeur de service ed l&#039;enfance (Protection de la Jeunesse auourd&#039;hui). Mai 1968 lui révèle son épanouissement pour les doctrines socio éducatives respectant la dynamique des groupes, la non-directivité, les approches centrée sur le corps... il abandonne alors la directiojn du Service de l&#039;Enfance pour enseigner à l&#039;Université, à l&#039;école des sciences soiales et politiques, la discipline de psychopédagogie médico-sociale. Il poursuit son activité du Bercail jusqu&#039;en 1983, année de sa retraite et travaille alors à la fondation Delafontaine pendant une dizaine d&#039;années pratiquant avec ferveur la musicothérapie auprès d&#039;adolescents handicapés. Il meurt suite à une brève maladie à l&#039;âge de 91 ans. [[Utilisateur:Sandra Lançon|(Sandra)]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bierens de Hahn, Bachtold. Psychiatre, ancien collaborateur CICR, Paris et Genève. [[Utilisateur:Sandra Lançon|(Sandra)]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Blanchet, André : Neuropsychiatre, Boston&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Burgmeister, Jean Jacques : Psychiatre, Médecin Chef Bel Air&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chatelanat, Gisela (professeure à la Faculté de Psychologie et des sciences de l’éducation)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chavanne, André (chef du DIP)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Amélia Christinat|Christinat, Amélia]] : personne qui s&#039;est mobilisée dans [[Droits des femmes|les droits des femmes]]. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cooper, David, (1931-1986) a été l&#039;inventeur du mot “antipsychiatrie”. Il naquit au Cap, en Afrique du Sud, en 1931, dans une &amp;quot;famille ordinaire&amp;quot;. Il s&#039;orienta vers la médecine et obtient son diplôme en 1955. Il vint poursuivre ses études à Londres, pour obtenir en 1960 le diplôme de Psychological Medicine. En 1962, il ouvre le &amp;quot;pavillon 21&amp;quot;, une unité expérimentale pour schizophrènes, dans un hôpital psychiatrique londonien où il va mettre en pratique ses théories antipsychiatriques. Durant ces années, il s&#039;engagea dans les expériences hospitalières puis communautaires afin de créer des réseaux d&#039;alternative à la psychiatrie. Il avait une position critique du pouvoir et du rôle de l&#039;institution. Pour lui, l&#039;institution empêchait l&#039;émergence. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Darbellay&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Degoumois, Valy&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Deligny, Fernand (1913-1996)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Diatkine&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dr Ajuriaguerra (1911-1933), est un neuropsychiatre et psychanalyste français d&#039;origine basque espagnole. Il est l&#039;un représentants d&#039;une psychiatrie éclectique, érudite et humaniste. Il est l&#039;un de ceux qui ont inauguré en France le système de psychiatrie de secteur, c&#039;est-à-dire une répartition de structures de soins de santé mentale. Il a remplacé le professeur Ferdinand Morel à l&#039;hôpital psychiatrique de Bel-Air à Genève entre 1959 et 1975. Ceci a permis à la psychiatrie genevoise de se développer et de devenir une référence. A Bel-Air, il côtoyait des neurologues et il s&#039;est surtout intéressé au développement de l&#039;enfant, essentiellement sur les désordres psychomoteurs et les troubles de l&#039;écriture. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Droz, Jean-Claude administrateur&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Eisenring, Jean-Jacques : Neuropsychiatre, thérapeute de famille (1937-1987) Médecin-Directeur de l’Hôpital psychiatrique de Marsens depuis janvier 1981. Il fait ses études médicales à Genève en les orientant sur les affections nerveuses de l’enfant. Il entre en 1968 dans les Institutions Universitaires de Psychiatrie de Genève où il suit sa formation psychiatrique sous la tutelle du Pr J. AJURIAGUERRA. Il met en place à Genève le Centre universitaire de diagnostic et de soins de la déficience mentale. Il prend la direction de l’Hôpital psychiatrique de Marsens et y crée une division de psychiatrie gériatrique et une division d’investigation et de traitement pour adolescents et jeunes adultes. Promu au grade de colonel, il devient chef du Service psychologique de l’armée. Source : « Thérapie familiale », n.1, 1987 [[Utilisateur:Aline Armeli|(Aline)]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Engler, Klaus : Éducateur de rue à Genève [[Utilisateur:Aline Armeli|(Aline)]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Fasel, Jacques : le fondateur de l’Association de Défense des Prisonniers de Suisse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Glardon, Michel : [http://dbserv1-bcu.unil.ch/persovd/detail.php?Num=2110 Michel Glardon] est né à Morges en 1943 et est mort le 22 juillet 2003. Michel Glardon décide d’étudier les sciences sociales à l&#039;Université de Lausanne puis poursuit ses études à Paris ainsi qu’à Toronto. En 1967, il part au Burundi où il va travailler pendant trois ans pour l&#039;Association internationale de développement rural. En 1970, de retour à Lausanne, il va être nommé tuteur général du canton de Vaud. Trois ans plus tard, il décide de démissionner de son poste, son employeur refusant qu’il soit nommé assistant social, tout cela à cause de son appartenance à la Ligue marxiste révolutionnaire. En 1976, il choisit de créer les Éditions d&#039;En Bas et crée également le Groupe action prisons (GAP). C’est en 1989 qu’il rejoint le parti Alternative socialiste verte. En 2001, Michel Glardon quitte la direction de la maison d’édition.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Garonne, Gaston : Psychiatre à Genève et successeur de Ajuriaguerra&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Grasset, François (psychiatre). Il a mis en place les ateliers protégés d&#039;occupation&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hainal, Prof.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Jervis, Giovanni collaborateur de Basaglia à l&#039;hôpital de Gorizia&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Jones, Maxwell psychiatre et père de la communauté thérapeutique&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Laing, Ronald: est né  en Écosse en 1927 Il commence ses études de médecine pendant la Seconde Guerre mondiale à l&#039;université de Glasgow. Pendant ses études, il s&#039;intéresse particulièrement à la psychiatrie. Laing est considérée  le pape de l’antipsychiatrie sur non donne pour Cooper, toujours  à fait de nombreuses recherche pour explorer et comprendre la maladie mentale. Laing fait partie du mouvement antipsychiatrique en Grande Bretagne avec David Cooper et Aaron Esterson qui condamnent la pratique psychiatrie institutionnel. Il écrit entre autres avec Esterson A. le livre : L&#039;Équilibre mental, la folie et la famille&lt;br /&gt;
En 1965, il fonde avec David Cooper et Aaron Esterson la Philadelphia&lt;br /&gt;
Association qui a pour but de créer des lieux d’accueils pour des patients considérés comme schizophrènes effectué dans cet établissement est relaté par Mary Barnes dans son ouvrage Un voyage à travers la folie.&lt;br /&gt;
Il meurt à Saint-Tropez en 1989.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lalive, Jacqueline&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Loizeau, Pierre-André: Directeur des Conservatoire et Jardin botaniques de la Ville de Genève; chargé de cours (biologie) à l&#039;Université de Lausanne.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Neill, Alexander Sutherland (1883-1973): Alexander S. Neill, psychanalyste et pédagogue écossais a fondé en 1921 l&#039;école de Summerhill, une école à la campagne basée sur la liberté des enfants.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Rina Nissim|Nissim, Rina]] : personne qui s&#039;est mobilisée dans la lutte contre l&#039;avortement ([[Droits des femmes|droits des femmes]]).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pahud, Claude : Directeur école sociale à Lausanne. Né le 29 mai 1959, Claude Pahud, licencié en sociologie et anthropologie de l&#039;Université de Lausanne travaille à la sortie de ses études comme libraire à la librairie Basta!, puis collabore au titre de rédacteur à l&#039;hebdomadaire Domaine Public. En 1995, Claude Pahud publie un guide alternatif sur Lausanne Lausanne, autrement puis crée dans la foulée les Éditions Antipodes, spécialisées principalement en sciences humaines (sociologie, sciences politiques, anthropologie, etc.) mais publiant également des textes littéraires. Composé en majorité de textes académiques, mais pas exclusivement, le catalogue réunit plusieurs disciplines et vise à éclairer des pans de la vie sociale, dissimulés sous les voiles de la pensée commune ou des intérêts particuliers. En 2006, Claude Pahud reçoit le Prix Thorens pour avoir créé et fait rayonner les Editions Antipodes. SOURCES: Julien Burri 24 Heures 2007/03/27, p. 36 [[Utilisateur:Aline Armeli|(Aline)]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pasche, Bernard (psychologue). Fait partie de l&#039;Association Vaudoise des Psychologues. Membre de la commission &amp;quot;Psychologues des institutions parapubliques&amp;quot;. [[Utilisateur:Sandra Lançon|(Sandra)]] &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pelletier, Jacques. Jacques Pelletier détient une maîtrise en administration publique et a fait des études doctorales en gestion (évaluation) et en psychologie sociale. Leader reconnu et spécialiste de la politique sociale dans le domaine de la déficience, au Canada et en Europe francophone, il a joué un rôle déterminant, au cours des trente dernières années, dans la transformation des services en établissement offerts par les systèmes communautaires, partout au Canada et en Europe. Au fil des ans, il a acquis une expertise liée à l&#039;élaboration de solutions personnalisées pour les personnes souffrant d&#039;exclusion sociale. Il a fait son travail le plus connu à Genève auprès d&#039;adultes ayant des déficiences psychiques. Ses principaux intérêts cliniques sont l&#039;élaboration d&#039;approches holistiques à la prestation de services, l&#039;incidence des environnements sur le comportement humain et l&#039;observation clinique. Il a développé une expertise conceptuelle et pratique reconnue mondialement dans les domaines de la réadaptation, de l&#039;économie sociale et de l&#039;observation du comportement humain. Il intervient comme consultant auprès de dirigeants de compagnies, d&#039;agences, d&#039;établissements et d&#039;associations dans ces secteurs.&lt;br /&gt;
Jacques Pelletier est associé à l&#039;École supérieure de management de l&#039;éthique et de la qualité dans les services humains, en France. À Genève, il est l&#039;associé de T-Interactions, un organisme privé sans but lucratif s&#039;occupant de psychiatrie sociale et d&#039;entreprises sociales ainsi que de AD-Consultant. De plus, il enseigne à l&#039;Institut de recherche évaluative et d&#039;intégration sociale et est coéditeur des Éditions des Deux Continents. En Amérique du Nord, il est associé à l&#039;organisme Shriver Nursing and Family Lives (situé à Boston) et à l&#039;Institut Valor, au Canada. En outre, il est l&#039;un des membres fondateurs d&#039;Integra International, un organisme international établi à Genève qui soutient l&#039;innovation dans le domaine des services humains. [[Utilisateur:Sandra Lançon|(Sandra)]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Regamay, Françoise (artiste)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Rotelli, Franco : Psychiatre, Trieste, Naple&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Testuz, Muriel :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Thorel, Marie-Louise (éducatrice spécialisée) &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tissot, René ( directeur médical de la clinique bel air / successeur d&#039;Ajuriaguerra / beaucoup de controverses à son sujet)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tosquelles François&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Uldry, Raymond &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Urban Alain&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Vaney, Louis (chargé de cours à la FAPSE). Enseignant en éducation spéciale. Psychopédagogue, consultant international. Directeur du Centre de Formation Continue pour Adultes (Genève), ancien responsable du secteur Education Spéciale Faculté de Psychologie et des Sciences de l’Education. Université de Genève : &amp;quot; Désinstitutionnalisation et intégration : quelle place pour les établissements spécialisés ?&amp;quot;. [[Utilisateur:Sandra Lançon|(Sandra)]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Wolfensberger, Wolf (VRS: valorisation des rôles sociaux). est né à Manheim en Allemagne en 1934 et a émigré aux États-Unis en 1950. Il a étudié la psychologie à la faculté de Siena à Memphis (Tennessee) et a obtenu une maîtrise de psychologie clinique à l&#039;Université St. Louis. Par la suite, il a complété un doctorat en psychologie à Peabody College for Teachers (qui fait maintenant partie de l&#039;Université Vanderbilt) où il s&#039;est spécialisé dans la déficience intellectuelle et l&#039;orthopédagogie. Il a effectué des recherches sur la déficience intellectuelle pour Nebraska Psychiatric Institute, à l&#039;University of Nebraska Medical School, Omaha entre 1964 et 1971. Entre 1971 et 1973, il était chercheur à l&#039;Association canadienne pour l&#039;intégration communautaire à Toronto, Canada. Il est présentement directeur du Training Institute for Human Service Planning, Leadership and Change Agentry à l&#039;Université Syracuse à Syracuse (New York). La majorité de son travail traite des idéologies, structures et l&#039;élaboration des systèmes de service à la personne, surtout en ce qui concerne les personnes présentant une déficience intellectuelle et leurs familles. Il est auteur ou co-auteur de plus de 40 livres et monographies, et a composé plus de 250 chapitres et articles. Ses œuvres, Changing Patterns in Residential Services for the Mentally Retarded, The Principle of Normalization, PASS et PASSING sont sans doute les plus reconnus. Son travail a été traduit en onze langues. Dr. Wolfensberger a créé le Parrainage Civique et la Valorisation de Rôles Sociaux et a été le principal promoteur de la normalisation en Amérique du Nord. En 1999, des représentants de sept grandes organisations dans le domaine de la déficience intellectuelle ont sélectionné Dr. Wolf Wolfensberger parmi les 35 individus ayant eu le plus grand impact sur la déficience intellectuelle au monde dans le XXe siècle. Au Québec, son œuvre et sa philosophie ont inspiré plusieurs citoyens à créer des organismes. Aujourd&#039;hui, le Regroupement québécois du parrainage civique (RQPC), qui existe depuis 1980, représente une vingtaine d&#039;organismes œuvrant en parrainage civique partout au Québec. [[Utilisateur:Sandra Lançon|(Sandra)]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Jessy Herrera</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Droits_des_patients_psychiatriques&amp;diff=11127</id>
		<title>Droits des patients psychiatriques</title>
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		<updated>2013-11-28T18:35:41Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Jessy Herrera : /* Méthodologie */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&lt;br /&gt;
== Introduction ==&lt;br /&gt;
Il s&#039;agit dans ce chapitre de mieux comprendre comment les revendications des droits des patients psychiatriques relèvent des droits de la personne et d&#039;arriver à expliquer ce que cela recouvre. Il semble que la critique des classifications nosographiques (les DSM) qui existe depuis les années 20 – lesquelles classifications n&#039;ont été qu&#039;en augmentation (en 1990, 400 classifications: qu&#039;en est-il aujourd&#039;hui dans la dernière version?) – vise à la fois le pouvoir qui désigne, mais aussi peut-ête plus fondamentalement une manière de &amp;quot;donner sens&amp;quot; à un individu porteur de signes définis par les médecins notamment. L&#039;alternative serait de considérer la personne, sa parole, sa propre perception, sa conception aussi de la santé (et donc de la folie). C&#039;est évidemment une remise en question de rapport norme/déviance, mais aussi plus fondamentalement de cette réalité &amp;quot;faussement&amp;quot; ou &amp;quot;artificiellement&amp;quot; construite par ceux qui détiennent le pouvoir. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La critique sociale et politique ne se doublerait-elle pas d&#039;une critique de l&#039;épistémologie du sujet pour mettre à la place une relation égalitaire et un respect de la personne?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Cadre théorique ==&lt;br /&gt;
=== Mouvement de l&#039;antipsychiatrie ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pendant les années 60 apparaît un nouveau courant venu de l&#039;Angleterre: l&#039;antipsychiatrie. Ce mouvement, promu entre autres par David Cooper, offre une nouvelle conception de la liberté aux patientes psychiatriques en leur donnant la voix et le pouvoir de choisir leur parcours de soins. Avec ses expériences dans le &amp;quot;pavillon 21&amp;quot;, Cooper s&#039;oppose grâce à sa praxis expérimentale au système hiérarchique et aliénant qui conduisait, à cause de l&#039;internement des personnes, à en faire des malades chroniques. Ainsi, il propose d&#039;étudier la personne dans son contexte pluriel et familial, relativisant le diagnostique et l&#039;étiquetage ou les attributs pré-assignés. Suivre... (autres: Aaron Esterson, Ronald David Laing (influencé par Marx et Sartres) en Grande-Bretagne)...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Aux Etats-Unis, Erwin Goffman publie en 1961 un ouvrage qui influencera aussi le courant de l&#039;antipsychiatrie. [[Asiles, études sur la condition sociale des malades mentaux|&amp;quot;Asiles. Études sur la condition sociale des malades mentaux et autres reclus”]] où il se base sur des observations des comportements des patients et du personnel d&#039;un hôpital psychiatrique. En 1963, avec son livre «stigmate, les usages sociaux des handicaps»,  il continue d&#039;exprimer des idées, lesquelles d&#039;une manière indirecte influenceront les droits de la personne. Il y donne une définition plus élargie du stigma en mettant en évidence un ensemble de concepts sur «l&#039;image social» des individus et ce qu&#039;ils peuvent transmettre d&#039;eux-mêmes aux autres en situations de confrontation.&lt;br /&gt;
Continuer, changer...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Loi sur la psychiatrie ===&lt;br /&gt;
Avant de rentrer dans le vif du sujet, il nous paraît convenable de contextualiser un minimum la thématique que nous allons traiter. L’intérêt pour les problèmes liés à la santé mentale surgit dans les années d’après-guerre à cause d’une forte augmentation des cas pris en charge. À partir des années ’70, sur la voie des protestations anticonformistes de Mai 1968 et sous l’influence et la pression des familles, on commence à dénoncer les conditions précaires des malades mentaux. L’Italie sera un terrain de lutte essentiel dans ce mouvement, on y retrouve un phénomène traduit littéralement en « fièvre de grille » ?????, qui explique une volonté de fermer les asiles et d&#039;ouvrir leurs portes sans se soucier des conséquences de tel acte (voir ci-après). Le mouvement antipsychiatrique a été le premier à s&#039;être battu pour la fermeture des asiles en s’opposant à la psychiatrie traditionnelle avec des idées, des interprétation de la maladie mentale et surtout des actions subversives. Au niveau législatif, cela s&#039;est traduit par la [http://www.salute.gov.it/imgs/C_17_normativa_888_allegato.pdf Loi 180], qui a été la première et seule loi qui ordonne la fermeture des hôpitaux psychiatriques. Approuvé grâce au soutien de Franco Basaglia le 13 mai 1978 (elle est parfois appelée &amp;quot;loi Basaglia&amp;quot;), elle règle tous contrôles et traitements sanitaires volontaires et obligatoires pour des personnes avec une maladie mentale. Elle se base sur des principes tels que le respect de la dignité de la personne, des ses droits civils et politiques. Le droit de choisir librement son médecin et son lieu soin, ou encore le droit de communiquer avec qui ils désirent. Tous les traitements doivent être assurer par consensus et la participation de la personne. La &amp;quot;loi Basaglia&amp;quot; vise aussi à une &amp;quot;réforme sémiotique&amp;quot; des termes utilisés pour définir les patients psychiatriques. Elle supprime tout définition dans le code pénal comme &amp;quot;aliéné mental&amp;quot; ou &amp;quot;infirme mental&amp;quot;. Il s’agit d’une loi qui agit sur plusieurs niveaux, que ça soit sur les droits de la personne, sur les institutions soignantes ou encore à niveau pénal. Elle représente une réforme sociale et politique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Droits des patients psychiatriques ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En suisse tous les patients ont droits aux soins. En tant que branche de la médecine, la psychiatrie se doit en principe de respecter les mêmes droits que n&#039;importe quel patient (ou tuteur). Dans la pratique les choses ne sont pas toujours si faciles, car il existe des situations dans lesquelles la loi (qui a été pensée pour la médecine) n&#039;arrive pas à répondre de façon optimale face à une personne ayant un trouble psychique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les principaux facteurs qui posent un problème aux juristes sont l&#039;urgence, le danger, ainsi que la capacité de discernement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La loi [LAQUELLE? + mettre un lien! ] défend les droits des patients en obligeant le médecin à toujours informer au mieux le patient, lequel, une fois reçu toutes les informations le concernant et les méthodes d&#039;interventions possibles, peut ainsi choisir le traitement qui lui convient le mieux. Aucun traitement ne peut être imposé, le consentement du patient (ou de son tuteur) est toujours nécessaire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout sujet est considéré comme compétent pour donner son consentement à moins qu&#039;on le prive de ce droit à travers une mise sous tutelle. Cette incapacité d&#039;exercer ses droits n&#039;est pourtant pas définitive, elle doit être réévaluée à chaque étape du traitement. Si aucun traitement ne peut être imposé au patient (sans son consentement ou celui de son tuteur), il est possible par contre de l&#039;interner dans les cas où il risque de se mettre en danger et que l&#039;urgence de la situation ne permette pas une autre solution. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La difficulté se trouve dans l&#039;impossibilité d&#039;établir de manière objective la capacité de discernement d&#039;une personne, ce qui laisse une grande marge d&#039;interprétation. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si d&#039;un côté la loi défend l&#039;autodétermination du patient, de l&#039;autre elle permet que certain droits lui soient retirés dans le but de le protéger.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1979 à Genève des personnes tels que médecins, psychiatres, psychologues, assistants sociaux, juristes et usagers de la psychiatrie fondent l’[http://www.rolfhimmelberger.ch/wp-content/uploads/2012/03/Adupsy-face-a-Revision-Loi-pers-atteintes-aff-mentales_1936_79.09.pdf ADUPSY], l’association pour les droits des usagers de la psychiatrie. Une association dont le but est de lutter contre toutes discriminations en défendant les droits démocratiques fondamentaux des personnes psychiatriques. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Face à la révision de la Loi sur le régime des personnes atteintes d’affections mentales du 1936, ils lancent des propositions qui viseront à combler les lacunes pratiques dont cette loi n’a pas su changer dans la pratique quotidienne de la prise en charge et de la reconnaissance de la personne psychiatrique. Comme par exemple recourir à l’internement lorsqu’il est réellement nécessaire, tandis qu’il s’agit encore d’une pratique naturelle, ordinaire à laquelle on recourt presque toujours, ou l’impossibilité du malade à faire recours lors de son internement ou au moment de la sortie, ou encore l’action faite par le Conseil de surveillance psychiatrique qui protège la société du malade mental en le stigmatisant encore plus ou lieu de protéger ce dernier. Ce sont tous des exemples de comment la loi ne s’est pas traduite en pratique selon ses principes.   &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;Adupsy lance ses propositions en essayant de modifier la réalité psychiatrique. Elle revendique la suppression totales des internements visant une modification de toutes pratiques psychiatriques. Elle croit dans une nouvelle législation qui tiendrait en compte des modifications du Code Civile Suisse, des recommandations de l’Assemblée parlementaire du Conseil d’Europe inhérent la situation des malades mentaux et des recommandations de l’OMS. Leurs propositions visent trois aspects principaux liés aux droits de la personne : l’admission, le droit de recours et les droits liés au traitement et à la participation à la recherche clinique. [ici il faudrait que l&#039;on sache sur quoi vous vous baser pour dire cela: les références manquent!!!]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il faut supprimer l’internement, l’admission doit être volontaire du début la fin du traitement, dans le sens que toute prise en charge ou action thérapeutique ne peut pas être efficace si le patient n’est pas d’accord. Le libre arbitre, le droit de choix ou de refus, une participation active sont des aspects nécessaires lors qu’on vise une prise en charge efficace, dans le respect de la personne.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le droit de recours doit être une instance judiciaire. Dans ce sens là le Conseil de surveillance psychiatrique doit être remplacé par la Chambre de révision psychiatrique. La personne psychiatrique ne devrait plus être stigmatisée au tant que malade, elle n’est pas dangereuse et donc la société ne doit pas être protégée par ce dernier. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le troisième objectif concernant les droits liés au traitement et à la participation à la recherche médicale implique l’abolition de tout traitement médical sans le consensus du patient, il faut présenter au patient les implications du traitement, les alternatives et s’il veut il peut consulter un autre médecin de son choix. &lt;br /&gt;
Ces trois aspects visent, comme écrit au paravent, une modification des conditions de prise en charge, des droits des patients en tant que personnes et du tout le système psychiatrique.   &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La période comprise entre les années ’60 et ’80 est témoin d’une grand révolution vis à vis des droits des patients psychiatriques. Même si elle reste une révolution idéologique, car tous principes, toutes actions ne sont pas traduites en pratique pour l’instant, elle représente le précurseur pour un nouvelle réalité où on envisage une meilleure considération des droits de la personne au tant que tel et pas en tant que malade mentale, où on reconsidère la pratique psychiatrie à fin d’améliorer la prise en charge et les réponses aux besoins de ces personnes… À modifier, continuer….&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Méthodologie ===&lt;br /&gt;
Les méthodes d&#039;entretien se distinguent par la mise en ouvre des processus fondamentaux de communication et d&#039;interaction humaine. Ces processus permettent au chercheur de retirer de ses entretien des informations et éléments de réflexion riches en nuances. &lt;br /&gt;
Nous avons utilisé la variante entretien centré, avec une petite liste de questions-guides ouvertes afin qu&#039;il interviewé puisse parler ouvertement d&#039;un événement ou d&#039;une expérience précise sur ceux qui y ont participé. En ce cas Alain Riesen, militant de l’antipsychiatrie à Genève.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Entretien de Recherche ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Conclusion et discussion ==&lt;br /&gt;
== Bibliographie ==	&lt;br /&gt;
* Cooper, D. (1970). &#039;&#039;Psychiatrie et anti-psychiatrie&#039;&#039;. Paris: Du Seuil&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Notes et références ==&lt;br /&gt;
http://www.rolfhimmelberger.ch/wp-content/uploads/2012/03/Adupsy-face-a-Revision-Loi-pers-atteintes-aff-mentales_1936_79.09.pdf&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
http://www.salute.gov.it/imgs/C_17_normativa_888_allegato.pdf&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Jessy Herrera</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Droits_des_patients_psychiatriques&amp;diff=11126</id>
		<title>Droits des patients psychiatriques</title>
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		<updated>2013-11-28T18:34:47Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Jessy Herrera : /* Méthodologie */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&lt;br /&gt;
== Introduction ==&lt;br /&gt;
Il s&#039;agit dans ce chapitre de mieux comprendre comment les revendications des droits des patients psychiatriques relèvent des droits de la personne et d&#039;arriver à expliquer ce que cela recouvre. Il semble que la critique des classifications nosographiques (les DSM) qui existe depuis les années 20 – lesquelles classifications n&#039;ont été qu&#039;en augmentation (en 1990, 400 classifications: qu&#039;en est-il aujourd&#039;hui dans la dernière version?) – vise à la fois le pouvoir qui désigne, mais aussi peut-ête plus fondamentalement une manière de &amp;quot;donner sens&amp;quot; à un individu porteur de signes définis par les médecins notamment. L&#039;alternative serait de considérer la personne, sa parole, sa propre perception, sa conception aussi de la santé (et donc de la folie). C&#039;est évidemment une remise en question de rapport norme/déviance, mais aussi plus fondamentalement de cette réalité &amp;quot;faussement&amp;quot; ou &amp;quot;artificiellement&amp;quot; construite par ceux qui détiennent le pouvoir. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La critique sociale et politique ne se doublerait-elle pas d&#039;une critique de l&#039;épistémologie du sujet pour mettre à la place une relation égalitaire et un respect de la personne?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Cadre théorique ==&lt;br /&gt;
=== Mouvement de l&#039;antipsychiatrie ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pendant les années 60 apparaît un nouveau courant venu de l&#039;Angleterre: l&#039;antipsychiatrie. Ce mouvement, promu entre autres par David Cooper, offre une nouvelle conception de la liberté aux patientes psychiatriques en leur donnant la voix et le pouvoir de choisir leur parcours de soins. Avec ses expériences dans le &amp;quot;pavillon 21&amp;quot;, Cooper s&#039;oppose grâce à sa praxis expérimentale au système hiérarchique et aliénant qui conduisait, à cause de l&#039;internement des personnes, à en faire des malades chroniques. Ainsi, il propose d&#039;étudier la personne dans son contexte pluriel et familial, relativisant le diagnostique et l&#039;étiquetage ou les attributs pré-assignés. Suivre... (autres: Aaron Esterson, Ronald David Laing (influencé par Marx et Sartres) en Grande-Bretagne)...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Aux Etats-Unis, Erwin Goffman publie en 1961 un ouvrage qui influencera aussi le courant de l&#039;antipsychiatrie. [[Asiles, études sur la condition sociale des malades mentaux|&amp;quot;Asiles. Études sur la condition sociale des malades mentaux et autres reclus”]] où il se base sur des observations des comportements des patients et du personnel d&#039;un hôpital psychiatrique. En 1963, avec son livre «stigmate, les usages sociaux des handicaps»,  il continue d&#039;exprimer des idées, lesquelles d&#039;une manière indirecte influenceront les droits de la personne. Il y donne une définition plus élargie du stigma en mettant en évidence un ensemble de concepts sur «l&#039;image social» des individus et ce qu&#039;ils peuvent transmettre d&#039;eux-mêmes aux autres en situations de confrontation.&lt;br /&gt;
Continuer, changer...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Loi sur la psychiatrie ===&lt;br /&gt;
Avant de rentrer dans le vif du sujet, il nous paraît convenable de contextualiser un minimum la thématique que nous allons traiter. L’intérêt pour les problèmes liés à la santé mentale surgit dans les années d’après-guerre à cause d’une forte augmentation des cas pris en charge. À partir des années ’70, sur la voie des protestations anticonformistes de Mai 1968 et sous l’influence et la pression des familles, on commence à dénoncer les conditions précaires des malades mentaux. L’Italie sera un terrain de lutte essentiel dans ce mouvement, on y retrouve un phénomène traduit littéralement en « fièvre de grille » ?????, qui explique une volonté de fermer les asiles et d&#039;ouvrir leurs portes sans se soucier des conséquences de tel acte (voir ci-après). Le mouvement antipsychiatrique a été le premier à s&#039;être battu pour la fermeture des asiles en s’opposant à la psychiatrie traditionnelle avec des idées, des interprétation de la maladie mentale et surtout des actions subversives. Au niveau législatif, cela s&#039;est traduit par la [http://www.salute.gov.it/imgs/C_17_normativa_888_allegato.pdf Loi 180], qui a été la première et seule loi qui ordonne la fermeture des hôpitaux psychiatriques. Approuvé grâce au soutien de Franco Basaglia le 13 mai 1978 (elle est parfois appelée &amp;quot;loi Basaglia&amp;quot;), elle règle tous contrôles et traitements sanitaires volontaires et obligatoires pour des personnes avec une maladie mentale. Elle se base sur des principes tels que le respect de la dignité de la personne, des ses droits civils et politiques. Le droit de choisir librement son médecin et son lieu soin, ou encore le droit de communiquer avec qui ils désirent. Tous les traitements doivent être assurer par consensus et la participation de la personne. La &amp;quot;loi Basaglia&amp;quot; vise aussi à une &amp;quot;réforme sémiotique&amp;quot; des termes utilisés pour définir les patients psychiatriques. Elle supprime tout définition dans le code pénal comme &amp;quot;aliéné mental&amp;quot; ou &amp;quot;infirme mental&amp;quot;. Il s’agit d’une loi qui agit sur plusieurs niveaux, que ça soit sur les droits de la personne, sur les institutions soignantes ou encore à niveau pénal. Elle représente une réforme sociale et politique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Droits des patients psychiatriques ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En suisse tous les patients ont droits aux soins. En tant que branche de la médecine, la psychiatrie se doit en principe de respecter les mêmes droits que n&#039;importe quel patient (ou tuteur). Dans la pratique les choses ne sont pas toujours si faciles, car il existe des situations dans lesquelles la loi (qui a été pensée pour la médecine) n&#039;arrive pas à répondre de façon optimale face à une personne ayant un trouble psychique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les principaux facteurs qui posent un problème aux juristes sont l&#039;urgence, le danger, ainsi que la capacité de discernement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La loi [LAQUELLE? + mettre un lien! ] défend les droits des patients en obligeant le médecin à toujours informer au mieux le patient, lequel, une fois reçu toutes les informations le concernant et les méthodes d&#039;interventions possibles, peut ainsi choisir le traitement qui lui convient le mieux. Aucun traitement ne peut être imposé, le consentement du patient (ou de son tuteur) est toujours nécessaire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout sujet est considéré comme compétent pour donner son consentement à moins qu&#039;on le prive de ce droit à travers une mise sous tutelle. Cette incapacité d&#039;exercer ses droits n&#039;est pourtant pas définitive, elle doit être réévaluée à chaque étape du traitement. Si aucun traitement ne peut être imposé au patient (sans son consentement ou celui de son tuteur), il est possible par contre de l&#039;interner dans les cas où il risque de se mettre en danger et que l&#039;urgence de la situation ne permette pas une autre solution. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La difficulté se trouve dans l&#039;impossibilité d&#039;établir de manière objective la capacité de discernement d&#039;une personne, ce qui laisse une grande marge d&#039;interprétation. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si d&#039;un côté la loi défend l&#039;autodétermination du patient, de l&#039;autre elle permet que certain droits lui soient retirés dans le but de le protéger.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1979 à Genève des personnes tels que médecins, psychiatres, psychologues, assistants sociaux, juristes et usagers de la psychiatrie fondent l’[http://www.rolfhimmelberger.ch/wp-content/uploads/2012/03/Adupsy-face-a-Revision-Loi-pers-atteintes-aff-mentales_1936_79.09.pdf ADUPSY], l’association pour les droits des usagers de la psychiatrie. Une association dont le but est de lutter contre toutes discriminations en défendant les droits démocratiques fondamentaux des personnes psychiatriques. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Face à la révision de la Loi sur le régime des personnes atteintes d’affections mentales du 1936, ils lancent des propositions qui viseront à combler les lacunes pratiques dont cette loi n’a pas su changer dans la pratique quotidienne de la prise en charge et de la reconnaissance de la personne psychiatrique. Comme par exemple recourir à l’internement lorsqu’il est réellement nécessaire, tandis qu’il s’agit encore d’une pratique naturelle, ordinaire à laquelle on recourt presque toujours, ou l’impossibilité du malade à faire recours lors de son internement ou au moment de la sortie, ou encore l’action faite par le Conseil de surveillance psychiatrique qui protège la société du malade mental en le stigmatisant encore plus ou lieu de protéger ce dernier. Ce sont tous des exemples de comment la loi ne s’est pas traduite en pratique selon ses principes.   &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;Adupsy lance ses propositions en essayant de modifier la réalité psychiatrique. Elle revendique la suppression totales des internements visant une modification de toutes pratiques psychiatriques. Elle croit dans une nouvelle législation qui tiendrait en compte des modifications du Code Civile Suisse, des recommandations de l’Assemblée parlementaire du Conseil d’Europe inhérent la situation des malades mentaux et des recommandations de l’OMS. Leurs propositions visent trois aspects principaux liés aux droits de la personne : l’admission, le droit de recours et les droits liés au traitement et à la participation à la recherche clinique. [ici il faudrait que l&#039;on sache sur quoi vous vous baser pour dire cela: les références manquent!!!]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il faut supprimer l’internement, l’admission doit être volontaire du début la fin du traitement, dans le sens que toute prise en charge ou action thérapeutique ne peut pas être efficace si le patient n’est pas d’accord. Le libre arbitre, le droit de choix ou de refus, une participation active sont des aspects nécessaires lors qu’on vise une prise en charge efficace, dans le respect de la personne.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le droit de recours doit être une instance judiciaire. Dans ce sens là le Conseil de surveillance psychiatrique doit être remplacé par la Chambre de révision psychiatrique. La personne psychiatrique ne devrait plus être stigmatisée au tant que malade, elle n’est pas dangereuse et donc la société ne doit pas être protégée par ce dernier. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le troisième objectif concernant les droits liés au traitement et à la participation à la recherche médicale implique l’abolition de tout traitement médical sans le consensus du patient, il faut présenter au patient les implications du traitement, les alternatives et s’il veut il peut consulter un autre médecin de son choix. &lt;br /&gt;
Ces trois aspects visent, comme écrit au paravent, une modification des conditions de prise en charge, des droits des patients en tant que personnes et du tout le système psychiatrique.   &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La période comprise entre les années ’60 et ’80 est témoin d’une grand révolution vis à vis des droits des patients psychiatriques. Même si elle reste une révolution idéologique, car tous principes, toutes actions ne sont pas traduites en pratique pour l’instant, elle représente le précurseur pour un nouvelle réalité où on envisage une meilleure considération des droits de la personne au tant que tel et pas en tant que malade mentale, où on reconsidère la pratique psychiatrie à fin d’améliorer la prise en charge et les réponses aux besoins de ces personnes… À modifier, continuer….&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Méthodologie ===&lt;br /&gt;
Les méthodes d&#039;entretien se distinguent par la mise en ouvre des processus fondamentaux de communication et d&#039;interaction humaine. Ces processus permettent au chercheur de retirer de ses entretien des informations et éléments de réflexion riches en nuances. &lt;br /&gt;
Nous avons utilisé la variante entretien centré, avec une petite liste de questions-guides ouvertes afin qu&#039;il interviewé puisse parler ouvertement d&#039;un événement ou d&#039;une expérience précise sur ceux qui y ont participé. En ce cas Alain Riesen, militant de l’antipsychiatrie à Genève.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Conclusion et discussion ==&lt;br /&gt;
== Bibliographie ==	&lt;br /&gt;
* Cooper, D. (1970). &#039;&#039;Psychiatrie et anti-psychiatrie&#039;&#039;. Paris: Du Seuil&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Notes et références ==&lt;br /&gt;
http://www.rolfhimmelberger.ch/wp-content/uploads/2012/03/Adupsy-face-a-Revision-Loi-pers-atteintes-aff-mentales_1936_79.09.pdf&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
http://www.salute.gov.it/imgs/C_17_normativa_888_allegato.pdf&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Jessy Herrera</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Droits_des_patients_psychiatriques&amp;diff=11125</id>
		<title>Droits des patients psychiatriques</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Droits_des_patients_psychiatriques&amp;diff=11125"/>
		<updated>2013-11-28T18:34:05Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Jessy Herrera : /* Entretien de Recherche */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&lt;br /&gt;
== Introduction ==&lt;br /&gt;
Il s&#039;agit dans ce chapitre de mieux comprendre comment les revendications des droits des patients psychiatriques relèvent des droits de la personne et d&#039;arriver à expliquer ce que cela recouvre. Il semble que la critique des classifications nosographiques (les DSM) qui existe depuis les années 20 – lesquelles classifications n&#039;ont été qu&#039;en augmentation (en 1990, 400 classifications: qu&#039;en est-il aujourd&#039;hui dans la dernière version?) – vise à la fois le pouvoir qui désigne, mais aussi peut-ête plus fondamentalement une manière de &amp;quot;donner sens&amp;quot; à un individu porteur de signes définis par les médecins notamment. L&#039;alternative serait de considérer la personne, sa parole, sa propre perception, sa conception aussi de la santé (et donc de la folie). C&#039;est évidemment une remise en question de rapport norme/déviance, mais aussi plus fondamentalement de cette réalité &amp;quot;faussement&amp;quot; ou &amp;quot;artificiellement&amp;quot; construite par ceux qui détiennent le pouvoir. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La critique sociale et politique ne se doublerait-elle pas d&#039;une critique de l&#039;épistémologie du sujet pour mettre à la place une relation égalitaire et un respect de la personne?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Cadre théorique ==&lt;br /&gt;
=== Mouvement de l&#039;antipsychiatrie ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pendant les années 60 apparaît un nouveau courant venu de l&#039;Angleterre: l&#039;antipsychiatrie. Ce mouvement, promu entre autres par David Cooper, offre une nouvelle conception de la liberté aux patientes psychiatriques en leur donnant la voix et le pouvoir de choisir leur parcours de soins. Avec ses expériences dans le &amp;quot;pavillon 21&amp;quot;, Cooper s&#039;oppose grâce à sa praxis expérimentale au système hiérarchique et aliénant qui conduisait, à cause de l&#039;internement des personnes, à en faire des malades chroniques. Ainsi, il propose d&#039;étudier la personne dans son contexte pluriel et familial, relativisant le diagnostique et l&#039;étiquetage ou les attributs pré-assignés. Suivre... (autres: Aaron Esterson, Ronald David Laing (influencé par Marx et Sartres) en Grande-Bretagne)...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Aux Etats-Unis, Erwin Goffman publie en 1961 un ouvrage qui influencera aussi le courant de l&#039;antipsychiatrie. [[Asiles, études sur la condition sociale des malades mentaux|&amp;quot;Asiles. Études sur la condition sociale des malades mentaux et autres reclus”]] où il se base sur des observations des comportements des patients et du personnel d&#039;un hôpital psychiatrique. En 1963, avec son livre «stigmate, les usages sociaux des handicaps»,  il continue d&#039;exprimer des idées, lesquelles d&#039;une manière indirecte influenceront les droits de la personne. Il y donne une définition plus élargie du stigma en mettant en évidence un ensemble de concepts sur «l&#039;image social» des individus et ce qu&#039;ils peuvent transmettre d&#039;eux-mêmes aux autres en situations de confrontation.&lt;br /&gt;
Continuer, changer...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Loi sur la psychiatrie ===&lt;br /&gt;
Avant de rentrer dans le vif du sujet, il nous paraît convenable de contextualiser un minimum la thématique que nous allons traiter. L’intérêt pour les problèmes liés à la santé mentale surgit dans les années d’après-guerre à cause d’une forte augmentation des cas pris en charge. À partir des années ’70, sur la voie des protestations anticonformistes de Mai 1968 et sous l’influence et la pression des familles, on commence à dénoncer les conditions précaires des malades mentaux. L’Italie sera un terrain de lutte essentiel dans ce mouvement, on y retrouve un phénomène traduit littéralement en « fièvre de grille » ?????, qui explique une volonté de fermer les asiles et d&#039;ouvrir leurs portes sans se soucier des conséquences de tel acte (voir ci-après). Le mouvement antipsychiatrique a été le premier à s&#039;être battu pour la fermeture des asiles en s’opposant à la psychiatrie traditionnelle avec des idées, des interprétation de la maladie mentale et surtout des actions subversives. Au niveau législatif, cela s&#039;est traduit par la [http://www.salute.gov.it/imgs/C_17_normativa_888_allegato.pdf Loi 180], qui a été la première et seule loi qui ordonne la fermeture des hôpitaux psychiatriques. Approuvé grâce au soutien de Franco Basaglia le 13 mai 1978 (elle est parfois appelée &amp;quot;loi Basaglia&amp;quot;), elle règle tous contrôles et traitements sanitaires volontaires et obligatoires pour des personnes avec une maladie mentale. Elle se base sur des principes tels que le respect de la dignité de la personne, des ses droits civils et politiques. Le droit de choisir librement son médecin et son lieu soin, ou encore le droit de communiquer avec qui ils désirent. Tous les traitements doivent être assurer par consensus et la participation de la personne. La &amp;quot;loi Basaglia&amp;quot; vise aussi à une &amp;quot;réforme sémiotique&amp;quot; des termes utilisés pour définir les patients psychiatriques. Elle supprime tout définition dans le code pénal comme &amp;quot;aliéné mental&amp;quot; ou &amp;quot;infirme mental&amp;quot;. Il s’agit d’une loi qui agit sur plusieurs niveaux, que ça soit sur les droits de la personne, sur les institutions soignantes ou encore à niveau pénal. Elle représente une réforme sociale et politique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Droits des patients psychiatriques ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En suisse tous les patients ont droits aux soins. En tant que branche de la médecine, la psychiatrie se doit en principe de respecter les mêmes droits que n&#039;importe quel patient (ou tuteur). Dans la pratique les choses ne sont pas toujours si faciles, car il existe des situations dans lesquelles la loi (qui a été pensée pour la médecine) n&#039;arrive pas à répondre de façon optimale face à une personne ayant un trouble psychique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les principaux facteurs qui posent un problème aux juristes sont l&#039;urgence, le danger, ainsi que la capacité de discernement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La loi [LAQUELLE? + mettre un lien! ] défend les droits des patients en obligeant le médecin à toujours informer au mieux le patient, lequel, une fois reçu toutes les informations le concernant et les méthodes d&#039;interventions possibles, peut ainsi choisir le traitement qui lui convient le mieux. Aucun traitement ne peut être imposé, le consentement du patient (ou de son tuteur) est toujours nécessaire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout sujet est considéré comme compétent pour donner son consentement à moins qu&#039;on le prive de ce droit à travers une mise sous tutelle. Cette incapacité d&#039;exercer ses droits n&#039;est pourtant pas définitive, elle doit être réévaluée à chaque étape du traitement. Si aucun traitement ne peut être imposé au patient (sans son consentement ou celui de son tuteur), il est possible par contre de l&#039;interner dans les cas où il risque de se mettre en danger et que l&#039;urgence de la situation ne permette pas une autre solution. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La difficulté se trouve dans l&#039;impossibilité d&#039;établir de manière objective la capacité de discernement d&#039;une personne, ce qui laisse une grande marge d&#039;interprétation. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si d&#039;un côté la loi défend l&#039;autodétermination du patient, de l&#039;autre elle permet que certain droits lui soient retirés dans le but de le protéger.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1979 à Genève des personnes tels que médecins, psychiatres, psychologues, assistants sociaux, juristes et usagers de la psychiatrie fondent l’[http://www.rolfhimmelberger.ch/wp-content/uploads/2012/03/Adupsy-face-a-Revision-Loi-pers-atteintes-aff-mentales_1936_79.09.pdf ADUPSY], l’association pour les droits des usagers de la psychiatrie. Une association dont le but est de lutter contre toutes discriminations en défendant les droits démocratiques fondamentaux des personnes psychiatriques. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Face à la révision de la Loi sur le régime des personnes atteintes d’affections mentales du 1936, ils lancent des propositions qui viseront à combler les lacunes pratiques dont cette loi n’a pas su changer dans la pratique quotidienne de la prise en charge et de la reconnaissance de la personne psychiatrique. Comme par exemple recourir à l’internement lorsqu’il est réellement nécessaire, tandis qu’il s’agit encore d’une pratique naturelle, ordinaire à laquelle on recourt presque toujours, ou l’impossibilité du malade à faire recours lors de son internement ou au moment de la sortie, ou encore l’action faite par le Conseil de surveillance psychiatrique qui protège la société du malade mental en le stigmatisant encore plus ou lieu de protéger ce dernier. Ce sont tous des exemples de comment la loi ne s’est pas traduite en pratique selon ses principes.   &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;Adupsy lance ses propositions en essayant de modifier la réalité psychiatrique. Elle revendique la suppression totales des internements visant une modification de toutes pratiques psychiatriques. Elle croit dans une nouvelle législation qui tiendrait en compte des modifications du Code Civile Suisse, des recommandations de l’Assemblée parlementaire du Conseil d’Europe inhérent la situation des malades mentaux et des recommandations de l’OMS. Leurs propositions visent trois aspects principaux liés aux droits de la personne : l’admission, le droit de recours et les droits liés au traitement et à la participation à la recherche clinique. [ici il faudrait que l&#039;on sache sur quoi vous vous baser pour dire cela: les références manquent!!!]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il faut supprimer l’internement, l’admission doit être volontaire du début la fin du traitement, dans le sens que toute prise en charge ou action thérapeutique ne peut pas être efficace si le patient n’est pas d’accord. Le libre arbitre, le droit de choix ou de refus, une participation active sont des aspects nécessaires lors qu’on vise une prise en charge efficace, dans le respect de la personne.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le droit de recours doit être une instance judiciaire. Dans ce sens là le Conseil de surveillance psychiatrique doit être remplacé par la Chambre de révision psychiatrique. La personne psychiatrique ne devrait plus être stigmatisée au tant que malade, elle n’est pas dangereuse et donc la société ne doit pas être protégée par ce dernier. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le troisième objectif concernant les droits liés au traitement et à la participation à la recherche médicale implique l’abolition de tout traitement médical sans le consensus du patient, il faut présenter au patient les implications du traitement, les alternatives et s’il veut il peut consulter un autre médecin de son choix. &lt;br /&gt;
Ces trois aspects visent, comme écrit au paravent, une modification des conditions de prise en charge, des droits des patients en tant que personnes et du tout le système psychiatrique.   &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La période comprise entre les années ’60 et ’80 est témoin d’une grand révolution vis à vis des droits des patients psychiatriques. Même si elle reste une révolution idéologique, car tous principes, toutes actions ne sont pas traduites en pratique pour l’instant, elle représente le précurseur pour un nouvelle réalité où on envisage une meilleure considération des droits de la personne au tant que tel et pas en tant que malade mentale, où on reconsidère la pratique psychiatrie à fin d’améliorer la prise en charge et les réponses aux besoins de ces personnes… À modifier, continuer….&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Méthodologie ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== &lt;br /&gt;
=== Entretien de Recheche===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Conclusion et discussion ==&lt;br /&gt;
== Bibliographie ==	&lt;br /&gt;
* Cooper, D. (1970). &#039;&#039;Psychiatrie et anti-psychiatrie&#039;&#039;. Paris: Du Seuil&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Notes et références ==&lt;br /&gt;
http://www.rolfhimmelberger.ch/wp-content/uploads/2012/03/Adupsy-face-a-Revision-Loi-pers-atteintes-aff-mentales_1936_79.09.pdf&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
http://www.salute.gov.it/imgs/C_17_normativa_888_allegato.pdf&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Jessy Herrera</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Droits_des_patients_psychiatriques&amp;diff=11123</id>
		<title>Droits des patients psychiatriques</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Droits_des_patients_psychiatriques&amp;diff=11123"/>
		<updated>2013-11-28T18:32:20Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Jessy Herrera : /* Entretien de Recherche */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&lt;br /&gt;
== Introduction ==&lt;br /&gt;
Il s&#039;agit dans ce chapitre de mieux comprendre comment les revendications des droits des patients psychiatriques relèvent des droits de la personne et d&#039;arriver à expliquer ce que cela recouvre. Il semble que la critique des classifications nosographiques (les DSM) qui existe depuis les années 20 – lesquelles classifications n&#039;ont été qu&#039;en augmentation (en 1990, 400 classifications: qu&#039;en est-il aujourd&#039;hui dans la dernière version?) – vise à la fois le pouvoir qui désigne, mais aussi peut-ête plus fondamentalement une manière de &amp;quot;donner sens&amp;quot; à un individu porteur de signes définis par les médecins notamment. L&#039;alternative serait de considérer la personne, sa parole, sa propre perception, sa conception aussi de la santé (et donc de la folie). C&#039;est évidemment une remise en question de rapport norme/déviance, mais aussi plus fondamentalement de cette réalité &amp;quot;faussement&amp;quot; ou &amp;quot;artificiellement&amp;quot; construite par ceux qui détiennent le pouvoir. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La critique sociale et politique ne se doublerait-elle pas d&#039;une critique de l&#039;épistémologie du sujet pour mettre à la place une relation égalitaire et un respect de la personne?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Cadre théorique ==&lt;br /&gt;
=== Mouvement de l&#039;antipsychiatrie ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pendant les années 60 apparaît un nouveau courant venu de l&#039;Angleterre: l&#039;antipsychiatrie. Ce mouvement, promu entre autres par David Cooper, offre une nouvelle conception de la liberté aux patientes psychiatriques en leur donnant la voix et le pouvoir de choisir leur parcours de soins. Avec ses expériences dans le &amp;quot;pavillon 21&amp;quot;, Cooper s&#039;oppose grâce à sa praxis expérimentale au système hiérarchique et aliénant qui conduisait, à cause de l&#039;internement des personnes, à en faire des malades chroniques. Ainsi, il propose d&#039;étudier la personne dans son contexte pluriel et familial, relativisant le diagnostique et l&#039;étiquetage ou les attributs pré-assignés. Suivre... (autres: Aaron Esterson, Ronald David Laing (influencé par Marx et Sartres) en Grande-Bretagne)...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Aux Etats-Unis, Erwin Goffman publie en 1961 un ouvrage qui influencera aussi le courant de l&#039;antipsychiatrie. [[Asiles, études sur la condition sociale des malades mentaux|&amp;quot;Asiles. Études sur la condition sociale des malades mentaux et autres reclus”]] où il se base sur des observations des comportements des patients et du personnel d&#039;un hôpital psychiatrique. En 1963, avec son livre «stigmate, les usages sociaux des handicaps»,  il continue d&#039;exprimer des idées, lesquelles d&#039;une manière indirecte influenceront les droits de la personne. Il y donne une définition plus élargie du stigma en mettant en évidence un ensemble de concepts sur «l&#039;image social» des individus et ce qu&#039;ils peuvent transmettre d&#039;eux-mêmes aux autres en situations de confrontation.&lt;br /&gt;
Continuer, changer...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Loi sur la psychiatrie ===&lt;br /&gt;
Avant de rentrer dans le vif du sujet, il nous paraît convenable de contextualiser un minimum la thématique que nous allons traiter. L’intérêt pour les problèmes liés à la santé mentale surgit dans les années d’après-guerre à cause d’une forte augmentation des cas pris en charge. À partir des années ’70, sur la voie des protestations anticonformistes de Mai 1968 et sous l’influence et la pression des familles, on commence à dénoncer les conditions précaires des malades mentaux. L’Italie sera un terrain de lutte essentiel dans ce mouvement, on y retrouve un phénomène traduit littéralement en « fièvre de grille » ?????, qui explique une volonté de fermer les asiles et d&#039;ouvrir leurs portes sans se soucier des conséquences de tel acte (voir ci-après). Le mouvement antipsychiatrique a été le premier à s&#039;être battu pour la fermeture des asiles en s’opposant à la psychiatrie traditionnelle avec des idées, des interprétation de la maladie mentale et surtout des actions subversives. Au niveau législatif, cela s&#039;est traduit par la [http://www.salute.gov.it/imgs/C_17_normativa_888_allegato.pdf Loi 180], qui a été la première et seule loi qui ordonne la fermeture des hôpitaux psychiatriques. Approuvé grâce au soutien de Franco Basaglia le 13 mai 1978 (elle est parfois appelée &amp;quot;loi Basaglia&amp;quot;), elle règle tous contrôles et traitements sanitaires volontaires et obligatoires pour des personnes avec une maladie mentale. Elle se base sur des principes tels que le respect de la dignité de la personne, des ses droits civils et politiques. Le droit de choisir librement son médecin et son lieu soin, ou encore le droit de communiquer avec qui ils désirent. Tous les traitements doivent être assurer par consensus et la participation de la personne. La &amp;quot;loi Basaglia&amp;quot; vise aussi à une &amp;quot;réforme sémiotique&amp;quot; des termes utilisés pour définir les patients psychiatriques. Elle supprime tout définition dans le code pénal comme &amp;quot;aliéné mental&amp;quot; ou &amp;quot;infirme mental&amp;quot;. Il s’agit d’une loi qui agit sur plusieurs niveaux, que ça soit sur les droits de la personne, sur les institutions soignantes ou encore à niveau pénal. Elle représente une réforme sociale et politique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Droits des patients psychiatriques ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En suisse tous les patients ont droits aux soins. En tant que branche de la médecine, la psychiatrie se doit en principe de respecter les mêmes droits que n&#039;importe quel patient (ou tuteur). Dans la pratique les choses ne sont pas toujours si faciles, car il existe des situations dans lesquelles la loi (qui a été pensée pour la médecine) n&#039;arrive pas à répondre de façon optimale face à une personne ayant un trouble psychique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les principaux facteurs qui posent un problème aux juristes sont l&#039;urgence, le danger, ainsi que la capacité de discernement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La loi [LAQUELLE? + mettre un lien! ] défend les droits des patients en obligeant le médecin à toujours informer au mieux le patient, lequel, une fois reçu toutes les informations le concernant et les méthodes d&#039;interventions possibles, peut ainsi choisir le traitement qui lui convient le mieux. Aucun traitement ne peut être imposé, le consentement du patient (ou de son tuteur) est toujours nécessaire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout sujet est considéré comme compétent pour donner son consentement à moins qu&#039;on le prive de ce droit à travers une mise sous tutelle. Cette incapacité d&#039;exercer ses droits n&#039;est pourtant pas définitive, elle doit être réévaluée à chaque étape du traitement. Si aucun traitement ne peut être imposé au patient (sans son consentement ou celui de son tuteur), il est possible par contre de l&#039;interner dans les cas où il risque de se mettre en danger et que l&#039;urgence de la situation ne permette pas une autre solution. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La difficulté se trouve dans l&#039;impossibilité d&#039;établir de manière objective la capacité de discernement d&#039;une personne, ce qui laisse une grande marge d&#039;interprétation. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si d&#039;un côté la loi défend l&#039;autodétermination du patient, de l&#039;autre elle permet que certain droits lui soient retirés dans le but de le protéger.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1979 à Genève des personnes tels que médecins, psychiatres, psychologues, assistants sociaux, juristes et usagers de la psychiatrie fondent l’[http://www.rolfhimmelberger.ch/wp-content/uploads/2012/03/Adupsy-face-a-Revision-Loi-pers-atteintes-aff-mentales_1936_79.09.pdf ADUPSY], l’association pour les droits des usagers de la psychiatrie. Une association dont le but est de lutter contre toutes discriminations en défendant les droits démocratiques fondamentaux des personnes psychiatriques. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Face à la révision de la Loi sur le régime des personnes atteintes d’affections mentales du 1936, ils lancent des propositions qui viseront à combler les lacunes pratiques dont cette loi n’a pas su changer dans la pratique quotidienne de la prise en charge et de la reconnaissance de la personne psychiatrique. Comme par exemple recourir à l’internement lorsqu’il est réellement nécessaire, tandis qu’il s’agit encore d’une pratique naturelle, ordinaire à laquelle on recourt presque toujours, ou l’impossibilité du malade à faire recours lors de son internement ou au moment de la sortie, ou encore l’action faite par le Conseil de surveillance psychiatrique qui protège la société du malade mental en le stigmatisant encore plus ou lieu de protéger ce dernier. Ce sont tous des exemples de comment la loi ne s’est pas traduite en pratique selon ses principes.   &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;Adupsy lance ses propositions en essayant de modifier la réalité psychiatrique. Elle revendique la suppression totales des internements visant une modification de toutes pratiques psychiatriques. Elle croit dans une nouvelle législation qui tiendrait en compte des modifications du Code Civile Suisse, des recommandations de l’Assemblée parlementaire du Conseil d’Europe inhérent la situation des malades mentaux et des recommandations de l’OMS. Leurs propositions visent trois aspects principaux liés aux droits de la personne : l’admission, le droit de recours et les droits liés au traitement et à la participation à la recherche clinique. [ici il faudrait que l&#039;on sache sur quoi vous vous baser pour dire cela: les références manquent!!!]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il faut supprimer l’internement, l’admission doit être volontaire du début la fin du traitement, dans le sens que toute prise en charge ou action thérapeutique ne peut pas être efficace si le patient n’est pas d’accord. Le libre arbitre, le droit de choix ou de refus, une participation active sont des aspects nécessaires lors qu’on vise une prise en charge efficace, dans le respect de la personne.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le droit de recours doit être une instance judiciaire. Dans ce sens là le Conseil de surveillance psychiatrique doit être remplacé par la Chambre de révision psychiatrique. La personne psychiatrique ne devrait plus être stigmatisée au tant que malade, elle n’est pas dangereuse et donc la société ne doit pas être protégée par ce dernier. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le troisième objectif concernant les droits liés au traitement et à la participation à la recherche médicale implique l’abolition de tout traitement médical sans le consensus du patient, il faut présenter au patient les implications du traitement, les alternatives et s’il veut il peut consulter un autre médecin de son choix. &lt;br /&gt;
Ces trois aspects visent, comme écrit au paravent, une modification des conditions de prise en charge, des droits des patients en tant que personnes et du tout le système psychiatrique.   &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La période comprise entre les années ’60 et ’80 est témoin d’une grand révolution vis à vis des droits des patients psychiatriques. Même si elle reste une révolution idéologique, car tous principes, toutes actions ne sont pas traduites en pratique pour l’instant, elle représente le précurseur pour un nouvelle réalité où on envisage une meilleure considération des droits de la personne au tant que tel et pas en tant que malade mentale, où on reconsidère la pratique psychiatrie à fin d’améliorer la prise en charge et les réponses aux besoins de ces personnes… À modifier, continuer….&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Méthodologie ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== &lt;br /&gt;
=== Entretien de Recherche === &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les méthodes d&#039;entretien se distinguent par la mise en ouvre des processus fondamentaux de communication et d&#039;interaction humaine. Ces processus permettent au chercheur de retirer de ses entretien des informations et éléments de réflexion riches en nuances. &lt;br /&gt;
Nous avons utilisé la variante entretien centré, avec une petite liste de questions-guides ouvertes afin qu&#039;il interviewé puisse parler ouvertement d&#039;un événement ou d&#039;une expérience précise sur ceux qui y ont participé. En ce cas Alain Riesen, militant de l’antipsychiatrie à Genève.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Conclusion et discussion ==&lt;br /&gt;
== Bibliographie ==	&lt;br /&gt;
* Cooper, D. (1970). &#039;&#039;Psychiatrie et anti-psychiatrie&#039;&#039;. Paris: Du Seuil&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Notes et références ==&lt;br /&gt;
http://www.rolfhimmelberger.ch/wp-content/uploads/2012/03/Adupsy-face-a-Revision-Loi-pers-atteintes-aff-mentales_1936_79.09.pdf&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
http://www.salute.gov.it/imgs/C_17_normativa_888_allegato.pdf&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Jessy Herrera</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Droits_des_patients_psychiatriques&amp;diff=11122</id>
		<title>Droits des patients psychiatriques</title>
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		<updated>2013-11-28T18:30:03Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Jessy Herrera : /* Méthodologie */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&lt;br /&gt;
== Introduction ==&lt;br /&gt;
Il s&#039;agit dans ce chapitre de mieux comprendre comment les revendications des droits des patients psychiatriques relèvent des droits de la personne et d&#039;arriver à expliquer ce que cela recouvre. Il semble que la critique des classifications nosographiques (les DSM) qui existe depuis les années 20 – lesquelles classifications n&#039;ont été qu&#039;en augmentation (en 1990, 400 classifications: qu&#039;en est-il aujourd&#039;hui dans la dernière version?) – vise à la fois le pouvoir qui désigne, mais aussi peut-ête plus fondamentalement une manière de &amp;quot;donner sens&amp;quot; à un individu porteur de signes définis par les médecins notamment. L&#039;alternative serait de considérer la personne, sa parole, sa propre perception, sa conception aussi de la santé (et donc de la folie). C&#039;est évidemment une remise en question de rapport norme/déviance, mais aussi plus fondamentalement de cette réalité &amp;quot;faussement&amp;quot; ou &amp;quot;artificiellement&amp;quot; construite par ceux qui détiennent le pouvoir. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La critique sociale et politique ne se doublerait-elle pas d&#039;une critique de l&#039;épistémologie du sujet pour mettre à la place une relation égalitaire et un respect de la personne?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Cadre théorique ==&lt;br /&gt;
=== Mouvement de l&#039;antipsychiatrie ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pendant les années 60 apparaît un nouveau courant venu de l&#039;Angleterre: l&#039;antipsychiatrie. Ce mouvement, promu entre autres par David Cooper, offre une nouvelle conception de la liberté aux patientes psychiatriques en leur donnant la voix et le pouvoir de choisir leur parcours de soins. Avec ses expériences dans le &amp;quot;pavillon 21&amp;quot;, Cooper s&#039;oppose grâce à sa praxis expérimentale au système hiérarchique et aliénant qui conduisait, à cause de l&#039;internement des personnes, à en faire des malades chroniques. Ainsi, il propose d&#039;étudier la personne dans son contexte pluriel et familial, relativisant le diagnostique et l&#039;étiquetage ou les attributs pré-assignés. Suivre... (autres: Aaron Esterson, Ronald David Laing (influencé par Marx et Sartres) en Grande-Bretagne)...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Aux Etats-Unis, Erwin Goffman publie en 1961 un ouvrage qui influencera aussi le courant de l&#039;antipsychiatrie. [[Asiles, études sur la condition sociale des malades mentaux|&amp;quot;Asiles. Études sur la condition sociale des malades mentaux et autres reclus”]] où il se base sur des observations des comportements des patients et du personnel d&#039;un hôpital psychiatrique. En 1963, avec son livre «stigmate, les usages sociaux des handicaps»,  il continue d&#039;exprimer des idées, lesquelles d&#039;une manière indirecte influenceront les droits de la personne. Il y donne une définition plus élargie du stigma en mettant en évidence un ensemble de concepts sur «l&#039;image social» des individus et ce qu&#039;ils peuvent transmettre d&#039;eux-mêmes aux autres en situations de confrontation.&lt;br /&gt;
Continuer, changer...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Loi sur la psychiatrie ===&lt;br /&gt;
Avant de rentrer dans le vif du sujet, il nous paraît convenable de contextualiser un minimum la thématique que nous allons traiter. L’intérêt pour les problèmes liés à la santé mentale surgit dans les années d’après-guerre à cause d’une forte augmentation des cas pris en charge. À partir des années ’70, sur la voie des protestations anticonformistes de Mai 1968 et sous l’influence et la pression des familles, on commence à dénoncer les conditions précaires des malades mentaux. L’Italie sera un terrain de lutte essentiel dans ce mouvement, on y retrouve un phénomène traduit littéralement en « fièvre de grille » ?????, qui explique une volonté de fermer les asiles et d&#039;ouvrir leurs portes sans se soucier des conséquences de tel acte (voir ci-après). Le mouvement antipsychiatrique a été le premier à s&#039;être battu pour la fermeture des asiles en s’opposant à la psychiatrie traditionnelle avec des idées, des interprétation de la maladie mentale et surtout des actions subversives. Au niveau législatif, cela s&#039;est traduit par la [http://www.salute.gov.it/imgs/C_17_normativa_888_allegato.pdf Loi 180], qui a été la première et seule loi qui ordonne la fermeture des hôpitaux psychiatriques. Approuvé grâce au soutien de Franco Basaglia le 13 mai 1978 (elle est parfois appelée &amp;quot;loi Basaglia&amp;quot;), elle règle tous contrôles et traitements sanitaires volontaires et obligatoires pour des personnes avec une maladie mentale. Elle se base sur des principes tels que le respect de la dignité de la personne, des ses droits civils et politiques. Le droit de choisir librement son médecin et son lieu soin, ou encore le droit de communiquer avec qui ils désirent. Tous les traitements doivent être assurer par consensus et la participation de la personne. La &amp;quot;loi Basaglia&amp;quot; vise aussi à une &amp;quot;réforme sémiotique&amp;quot; des termes utilisés pour définir les patients psychiatriques. Elle supprime tout définition dans le code pénal comme &amp;quot;aliéné mental&amp;quot; ou &amp;quot;infirme mental&amp;quot;. Il s’agit d’une loi qui agit sur plusieurs niveaux, que ça soit sur les droits de la personne, sur les institutions soignantes ou encore à niveau pénal. Elle représente une réforme sociale et politique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Droits des patients psychiatriques ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En suisse tous les patients ont droits aux soins. En tant que branche de la médecine, la psychiatrie se doit en principe de respecter les mêmes droits que n&#039;importe quel patient (ou tuteur). Dans la pratique les choses ne sont pas toujours si faciles, car il existe des situations dans lesquelles la loi (qui a été pensée pour la médecine) n&#039;arrive pas à répondre de façon optimale face à une personne ayant un trouble psychique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les principaux facteurs qui posent un problème aux juristes sont l&#039;urgence, le danger, ainsi que la capacité de discernement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La loi [LAQUELLE? + mettre un lien! ] défend les droits des patients en obligeant le médecin à toujours informer au mieux le patient, lequel, une fois reçu toutes les informations le concernant et les méthodes d&#039;interventions possibles, peut ainsi choisir le traitement qui lui convient le mieux. Aucun traitement ne peut être imposé, le consentement du patient (ou de son tuteur) est toujours nécessaire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout sujet est considéré comme compétent pour donner son consentement à moins qu&#039;on le prive de ce droit à travers une mise sous tutelle. Cette incapacité d&#039;exercer ses droits n&#039;est pourtant pas définitive, elle doit être réévaluée à chaque étape du traitement. Si aucun traitement ne peut être imposé au patient (sans son consentement ou celui de son tuteur), il est possible par contre de l&#039;interner dans les cas où il risque de se mettre en danger et que l&#039;urgence de la situation ne permette pas une autre solution. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La difficulté se trouve dans l&#039;impossibilité d&#039;établir de manière objective la capacité de discernement d&#039;une personne, ce qui laisse une grande marge d&#039;interprétation. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si d&#039;un côté la loi défend l&#039;autodétermination du patient, de l&#039;autre elle permet que certain droits lui soient retirés dans le but de le protéger.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1979 à Genève des personnes tels que médecins, psychiatres, psychologues, assistants sociaux, juristes et usagers de la psychiatrie fondent l’[http://www.rolfhimmelberger.ch/wp-content/uploads/2012/03/Adupsy-face-a-Revision-Loi-pers-atteintes-aff-mentales_1936_79.09.pdf ADUPSY], l’association pour les droits des usagers de la psychiatrie. Une association dont le but est de lutter contre toutes discriminations en défendant les droits démocratiques fondamentaux des personnes psychiatriques. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Face à la révision de la Loi sur le régime des personnes atteintes d’affections mentales du 1936, ils lancent des propositions qui viseront à combler les lacunes pratiques dont cette loi n’a pas su changer dans la pratique quotidienne de la prise en charge et de la reconnaissance de la personne psychiatrique. Comme par exemple recourir à l’internement lorsqu’il est réellement nécessaire, tandis qu’il s’agit encore d’une pratique naturelle, ordinaire à laquelle on recourt presque toujours, ou l’impossibilité du malade à faire recours lors de son internement ou au moment de la sortie, ou encore l’action faite par le Conseil de surveillance psychiatrique qui protège la société du malade mental en le stigmatisant encore plus ou lieu de protéger ce dernier. Ce sont tous des exemples de comment la loi ne s’est pas traduite en pratique selon ses principes.   &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;Adupsy lance ses propositions en essayant de modifier la réalité psychiatrique. Elle revendique la suppression totales des internements visant une modification de toutes pratiques psychiatriques. Elle croit dans une nouvelle législation qui tiendrait en compte des modifications du Code Civile Suisse, des recommandations de l’Assemblée parlementaire du Conseil d’Europe inhérent la situation des malades mentaux et des recommandations de l’OMS. Leurs propositions visent trois aspects principaux liés aux droits de la personne : l’admission, le droit de recours et les droits liés au traitement et à la participation à la recherche clinique. [ici il faudrait que l&#039;on sache sur quoi vous vous baser pour dire cela: les références manquent!!!]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il faut supprimer l’internement, l’admission doit être volontaire du début la fin du traitement, dans le sens que toute prise en charge ou action thérapeutique ne peut pas être efficace si le patient n’est pas d’accord. Le libre arbitre, le droit de choix ou de refus, une participation active sont des aspects nécessaires lors qu’on vise une prise en charge efficace, dans le respect de la personne.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le droit de recours doit être une instance judiciaire. Dans ce sens là le Conseil de surveillance psychiatrique doit être remplacé par la Chambre de révision psychiatrique. La personne psychiatrique ne devrait plus être stigmatisée au tant que malade, elle n’est pas dangereuse et donc la société ne doit pas être protégée par ce dernier. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le troisième objectif concernant les droits liés au traitement et à la participation à la recherche médicale implique l’abolition de tout traitement médical sans le consensus du patient, il faut présenter au patient les implications du traitement, les alternatives et s’il veut il peut consulter un autre médecin de son choix. &lt;br /&gt;
Ces trois aspects visent, comme écrit au paravent, une modification des conditions de prise en charge, des droits des patients en tant que personnes et du tout le système psychiatrique.   &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La période comprise entre les années ’60 et ’80 est témoin d’une grand révolution vis à vis des droits des patients psychiatriques. Même si elle reste une révolution idéologique, car tous principes, toutes actions ne sont pas traduites en pratique pour l’instant, elle représente le précurseur pour un nouvelle réalité où on envisage une meilleure considération des droits de la personne au tant que tel et pas en tant que malade mentale, où on reconsidère la pratique psychiatrie à fin d’améliorer la prise en charge et les réponses aux besoins de ces personnes… À modifier, continuer….&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Méthodologie ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Entretien de Recherche ==&lt;br /&gt;
 Les méthodes d&#039;entretien se distinguent par la mise en ouvre des processus fondamentaux de communication et d&#039;interaction humaine. Ces processus permettent au chercheur de retirer de ses entretien des informations et éléments de réflexion riches en nuances. &lt;br /&gt;
Nous avons utilisé la variante entretien centré, avec une petite liste de questions-guides ouvertes afin qu&#039;il interviewé puisse parler ouvertement d&#039;un événement ou d&#039;une expérience précise sur ceux qui y ont participé. En ce cas Alain Riesen, militant de l’antipsychiatrie à Genève.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Conclusion et discussion ==&lt;br /&gt;
== Bibliographie ==	&lt;br /&gt;
* Cooper, D. (1970). &#039;&#039;Psychiatrie et anti-psychiatrie&#039;&#039;. Paris: Du Seuil&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Notes et références ==&lt;br /&gt;
http://www.rolfhimmelberger.ch/wp-content/uploads/2012/03/Adupsy-face-a-Revision-Loi-pers-atteintes-aff-mentales_1936_79.09.pdf&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
http://www.salute.gov.it/imgs/C_17_normativa_888_allegato.pdf&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Jessy Herrera</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Les_vagabonds_efficaces_(Fernand_Deligny)&amp;diff=10292</id>
		<title>Les vagabonds efficaces (Fernand Deligny)</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Les_vagabonds_efficaces_(Fernand_Deligny)&amp;diff=10292"/>
		<updated>2013-11-04T13:52:38Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Jessy Herrera : /* Résumé du livre &amp;quot;Les Vagabonds Efficaces&amp;quot; */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&#039;&#039;&#039;Fernand Deligny- &amp;quot;Les vagabonds efficaces&amp;quot;&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
== Repères Chronologiques ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* 1913 : nait le 7 novembre à Bergues;&lt;br /&gt;
* 1931-1934: suit des des cours de philosophie et de psychologie à l&#039;Université de Lille ; &lt;br /&gt;
* 1942 : devient instituteur spécialisé à l&#039;asile d&#039;Armentieres;&lt;br /&gt;
* 1943-1944 : éducateur spécialisé, il révolutionne les conditions de vie en supprimant les sanctions;&lt;br /&gt;
* 1945 : est nommé directeur pédagogique du Centre d’observation et de triage de Lille; &lt;br /&gt;
* 1948 : création de La Grande Cordée : hébergement de délinquants, prédélinquants et caractériels;&lt;br /&gt;
* A partir des années 1960, il travail à la Clinique de la Borde et c&#039;est de la qu&#039;il part pour les Cevennes à Monoblet, vivre avec des jeunes autistes; &lt;br /&gt;
* 1996 : le 18 septembre, il décède a Graniers.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Résumé du livre &amp;quot;Les Vagabonds Efficaces&amp;quot;==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Paru en 1947, &#039;&#039;Les vagabonds efficaces&#039;&#039; est présenté comme un journal de vie. Deligny raconte les expériences suivi à cote des jeunes enfants qui viennent dans le foyer. Comme directeur de centre, il supprime les sanctions, laisse aux jeunes une grande liberté, encourage les échanges avec l&#039;extérieur, en faisant des séjours d&#039;essai chez les artisans et ayant comme but d&#039;apprendre un métier. Fernand Deligny est complètement contre un ordre imposé ce qui se répercute dans les activités des enfants et ses activités dans le centre, il les donne une complète de liberté pour pouvoir vivre et faire les choses qu’ils ont envie. Cette expérience est relatée dans &#039;&#039;Les vagabonds efficaces&#039;&#039; qui est une collection de récit de vie prises dans ce contexte là.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans ses histoires, on observe le sens critique apporté sur la mentalité de la société vis-à-vis de ces personnes, nommé par eux comme des anormaux, idée avec laquelle Deligny n&#039;est pas du tout d&#039;accord. Un autre élément qu&#039;on peut observer est la critique des éducateurs diplômés. L’arrivé des éducateurs dans asile révèle leur caractère au contact avec les enfants inadapté: trop de principes, anarchistes refoulés... Pour ce fait, Deligny ne prend pas des éducateurs bourgeois, le seul moniteur est un ancien ouvrier des textiles et les éducateurs sont choisis parmi les travailleurs du quartier.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;idée générale dans &#039;&#039;Les vagabonds efficaces&#039;&#039; est que l’expérience de la vie quotidienne fait qu’une personne forme son caractère. Priver une personne de ces expériences quotidiennes reviendrait à le priver aussi des opportunités requises à la formation de son propre caractère, les rendant inadaptés (d’une manière permanente) face à la réalité. C’est pour ça que l’auteur ne veut pas d’un monde très ordonné et aseptique. Il donne la liberté en assumant les risques et dit que &#039;&#039;ce que nous voulons pour ces gosses, c&#039;est leur apprendre à vivre, pas à mourir&#039;&#039; (Les vagabonds efficaces et autres récits, éd. Maspero, petite collection, 1975, p.128).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Analyse à partir des droits de la personne ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les droits ne sont pas exprimés directement, mais si on se réfère au concept, on pourra supposer, grâce au récit choisi par Deligny, que le droit de l’individu est lié au droit de la liberté de la personne. On trouve ça sur différents aspects : &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
# Au niveau institutionnel : en opposition à l’époque qui voit les institutions encore fermé, Deligny a expérimenté la possibilité de sortir. Il a ouvert les portes et a supprimé les sanctions en organisant des sorties, des jeux, des séances du sport, des ateliers;&lt;br /&gt;
# Au niveau de reconnaissance : les personnes viennent encore stigmatisés, ils sont considérés, définis comme des difficiles, des anormaux, des inadaptés… Tous des thermes qui ne considèrent pas la singularité de la personne, on ne les reconnait pas en tant que individu. Deligny défini les patients en tant que &#039;&#039; passagers &#039;&#039;, &#039;&#039;créateurs d&#039;occasions&#039;&#039; justement pour éviter cette stigmatisation.&lt;br /&gt;
# Au niveau éducatif : le choix des professionnels se refait aux personnes pas formés. Selon Deligny l’expérience de vie était le moyen le plus efficace pour éduquer, il contestait le monde bourgeois, et privilégiait les personnes du même niveau social des adolescents. En reprenant le concept de droit de liberté de la personne on peut encore parler de reconnaissance envers les personnes de tout milieu social, reconnaissance qui libère, enlève de cette exclusion donné par les classes sociales. &lt;br /&gt;
# Au niveau normatif : pour faire respecter les règles mais surtout les comportements souhaitables, on s’appuyait sur la liberté de choix. L’idée centrale est que les individus devraient se régler en tout liberté, face à la réalité et sans la pression de quelque implication extérieur, comme la punition ou les amandes, on ne se basait pas sur du chantage. Il disait &#039;&#039;laisser jouer l&#039;imprévu, que n&#039;importe quoi puisse arriver&#039;&#039;. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie: Résumé]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Jessy Herrera</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Les_vagabonds_efficaces_(Fernand_Deligny)&amp;diff=10291</id>
		<title>Les vagabonds efficaces (Fernand Deligny)</title>
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		<updated>2013-11-04T13:50:45Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Jessy Herrera : /* Résumé du livre &amp;quot;Les Vagabonds Efficaces&amp;quot; */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&#039;&#039;&#039;Fernand Deligny- &amp;quot;Les vagabonds efficaces&amp;quot;&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
== Repères Chronologiques ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* 1913 : nait le 7 novembre à Bergues;&lt;br /&gt;
* 1931-1934: suit des des cours de philosophie et de psychologie à l&#039;Université de Lille ; &lt;br /&gt;
* 1942 : devient instituteur spécialisé à l&#039;asile d&#039;Armentieres;&lt;br /&gt;
* 1943-1944 : éducateur spécialisé, il révolutionne les conditions de vie en supprimant les sanctions;&lt;br /&gt;
* 1945 : est nommé directeur pédagogique du Centre d’observation et de triage de Lille; &lt;br /&gt;
* 1948 : création de La Grande Cordée : hébergement de délinquants, prédélinquants et caractériels;&lt;br /&gt;
* A partir des années 1960, il travail à la Clinique de la Borde et c&#039;est de la qu&#039;il part pour les Cevennes à Monoblet, vivre avec des jeunes autistes; &lt;br /&gt;
* 1996 : le 18 septembre, il décède a Graniers.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Résumé du livre &amp;quot;Les Vagabonds Efficaces&amp;quot;==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Paru en 1947, &#039;&#039;Les vagabonds efficaces&#039;&#039; est présenté comme un journal de vie. Deligny raconte les expériences suivi à cote des jeunes enfants qui viennent dans le foyer. Comme directeur de centre, il supprime les sanctions, laisse aux jeunes une grande liberté, encourage les échanges avec l&#039;extérieur, en faisant des séjours d&#039;essai chez les artisans et ayant comme but d&#039;apprendre un métier. Fernand Deligny est complètement contre un ordre imposé ce qui se répercute dans les activités des enfants et ses activités dans le centre, il les donne une complète de liberté pour pouvoir vivre et faire les choses qu’ils ont envie. Cette expérience est relatée dans &#039;&#039;Les vagabonds efficaces&#039;&#039; qui est une collection de récit de vie prises dans ce contexte là.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans ses histoires, on observe le sens critique apporté sur la mentalité de la société vis-à-vis de ces personnes, nommé par eux comme des anormaux, idée avec laquelle Deligny n&#039;est pas du tout d&#039;accord. Un autre élément qu&#039;on peut observer est la critique des éducateurs diplômés. L’arrivé des éducateurs dans asile révèle leur caractère au contact avec les enfants inadapté: trop de principes, anarchistes refoulés... Pour ce fait, Deligny ne prend pas des éducateurs bourgeois, le seul moniteur est un ancien ouvrier des textiles et les éducateurs sont choisis parmi les travailleurs du quartier.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;idée générale dans &#039;&#039;Les vagabonds efficaces&#039;&#039; est que l’expérience de la vie quotidienne fait qu’une personne forme son caractère. Priver une personne de ces expériences quotidiennes reviendrait à le priver aussi des opportunités requises à la formation de son propre caractère, les rendant inadaptés (d’une manière permanente) face à la réalité. C’est pour ça que l’auteur ne veut pas d’un monde très ordonné et aseptique. Il donne la liberté en assumant les risques et dit que &#039;&#039;ce que nous voulons pour ces gosses, c&#039;est leur apprendre à vivre, pas à mourir&#039;&#039; (Les vagabonds efficaces et autres récits, éd. Maspero, petite collection, 1975, p.128).&lt;br /&gt;
Analyse à partir des droits de la personne &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les droits ne sont pas exprimés directement, mais si on se réfère au concept, on pourra supposer, grâce au récit choisi par Deligny, que le droit de l’individu est lié au droit de la liberté de la personne. On trouve ça sur différents aspects : &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
# Au niveau institutionnel : en opposition à l’époque qui voit les institutions encore fermé, Deligny a expérimenté la possibilité de sortir. Il a ouvert les portes et a supprimé les sanctions en organisant des sorties, des jeux, des séances du sport, des ateliers;&lt;br /&gt;
# Au niveau de reconnaissance : les personnes viennent encore stigmatisés, ils sont considérés, définis comme des difficiles, des anormaux, des inadaptés… Tous des thermes qui ne considèrent pas la singularité de la personne, on ne les reconnait pas en tant que individu. Deligny défini les patients en tant que &#039;&#039; passagers &#039;&#039;, &#039;&#039;créateurs d&#039;occasions&#039;&#039; justement pour éviter cette stigmatisation.&lt;br /&gt;
# Au niveau éducatif : le choix des professionnels se refait aux personnes pas formés. Selon Deligny l’expérience de vie était le moyen le plus efficace pour éduquer, il contestait le monde bourgeois, et privilégiait les personnes du même niveau social des adolescents. En reprenant le concept de droit de liberté de la personne on peut encore parler de reconnaissance envers les personnes de tout milieu social, reconnaissance qui libère, enlève de cette exclusion donné par les classes sociales. &lt;br /&gt;
# Au niveau normatif : pour faire respecter les règles mais surtout les comportements souhaitables, on s’appuyait sur la liberté de choix. L’idée centrale est que les individus devraient se régler en tout liberté, face à la réalité et sans la pression de quelque implication extérieur, comme la punition ou les amandes, on ne se basait pas sur du chantage. Il disait &#039;&#039;laisser jouer l&#039;imprévu, que n&#039;importe quoi puisse arriver&#039;&#039;. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie: Résumé]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Jessy Herrera</name></author>
	</entry>
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		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Utilisateur:Simona_lazar&amp;diff=10262</id>
		<title>Utilisateur:Simona lazar</title>
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		<updated>2013-11-01T10:14:47Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Jessy Herrera : Fernand Deligny- &amp;#039;&amp;#039;Les vagabonds efficaces&amp;#039;&amp;#039;&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Fernand Deligny- &#039;&#039;Les vagabonds efficaces&#039;&#039;&lt;br /&gt;
== Repères Chronologiques ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* 1913 : nait le 7 novembre à Bergues;&lt;br /&gt;
* 1931-1934: suit des des cours de philosophie et de psychologie à l&#039;Université de Lille ; &lt;br /&gt;
* 1942 : devient instituteur spécialisé à l&#039;asile d&#039;Armentieres;&lt;br /&gt;
* 1943-1944 : éducateur spécialisé, il révolutionne les conditions de vie en supprimant les sanctions;&lt;br /&gt;
* 1945 : est nommé directeur pédagogique du Centre d’observation et de triage de Lille; &lt;br /&gt;
* 1948 : création de La Grande Cordée : hébergement de délinquants, prédélinquants et caractériels;&lt;br /&gt;
* A partir des années 1960, il travail à la Clinique de la Borde et c&#039;est de la qu&#039;il part pour les Cevennes à Monoblet, vivre avec des jeunes autistes; &lt;br /&gt;
* 1996 : le 18 septembre, il décède a Graniers.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Résumé du livre &amp;quot;Les Vagabonds Efficaces&amp;quot;==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Paru en 1947, &#039;&#039;Les vagabonds efficaces&#039;&#039; est présenté comme un journal de vie. Deligny raconte les expériences suivi à cote des jeunes enfants qui viennent dans le foyer. Comme directeur de centre, il supprime les sanctions, laisse aux jeunes une grande liberté, encourage les échanges avec l&#039;extérieur, en faisant des séjours d&#039;essai chez les artisans et ayant comme but d&#039;apprendre un métier. Fernand Deligny est complètement contre un ordre imposé ce qui se répercute dans les activités des enfants et ses activités dans le centre, il les donne une complète de liberté pour pouvoir vivre et faire les choses qu’ils ont envie. Cette expérience est relatée dans &#039;&#039;Les vagabonds efficaces&#039;&#039; qui est une collection de récit de vie prises dans ce contexte là.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans ses histoires, on observe le sens critique apporté sur la mentalité de la société vis-à-vis de ces personnes, nommé par eux comme des anormaux, idée avec laquelle Deligny n&#039;est pas du tout d&#039;accord. Un autre élément qu&#039;on peut observer est la critique des éducateurs diplômés. L’arrivé des éducateurs dans asile révèle leur caractère au contact avec les enfants inadapté: trop de principes, anarchistes refoulés... Pour ce fait, Deligny ne prend pas des éducateurs bourgeois, le seul moniteur est un ancien ouvrier des textiles et les éducateurs sont choisis parmi les travailleurs du quartier.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;idée générale dans &#039;&#039;Les vagabonds efficaces&#039;&#039; est que l’expérience de la vie quotidienne fait qu’une personne forme son caractère. Priver une personne de ces expériences quotidiennes reviendrait à le priver aussi des opportunités requises à la formation de son propre caractère, les rendant inadaptés (d’une manière permanente) face à la réalité.&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Jessy Herrera</name></author>
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		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Utilisateur:Simona_lazar&amp;diff=10261</id>
		<title>Utilisateur:Simona lazar</title>
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		<updated>2013-11-01T10:09:11Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Jessy Herrera : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Fernand Deligny- &#039;&#039;Les vagabonds efficaces&#039;&#039;&lt;br /&gt;
* Repères chronologiques&lt;br /&gt;
* 1913 : nait le 7 novembre à Bergues;&lt;br /&gt;
* 1931-1934: suit des des cours de philosophie et de psychologie à l&#039;Université de Lille ; &lt;br /&gt;
* 1942 : devient instituteur spécialisé à l&#039;asile d&#039;Armentieres;&lt;br /&gt;
* 1943-1944 : éducateur spécialisé, il révolutionne les conditions de vie en supprimant les sanctions;&lt;br /&gt;
* 1945 : est nommé directeur pédagogique du Centre d’observation et de triage de Lille; &lt;br /&gt;
* 1948 : création de La Grande Cordée : hébergement de délinquants, prédélinquants et caractériels;&lt;br /&gt;
* A partir des années 1960, il travail à la Clinique de la Borde et c&#039;est de la qu&#039;il part pour les Cevennes à Monoblet, vivre avec des jeunes autistes; &lt;br /&gt;
* 1996 : le 18 septembre, il décède a Graniers.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Résumé du livre &#039;&#039; Les vagabonds efficaces&#039;&#039;==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Paru en 1947, &#039;&#039;Les vagabonds efficaces&#039;&#039; est présenté comme un journal de vie. Deligny raconte les expériences suivi à cote des jeunes enfants qui viennent dans le foyer. Comme directeur de centre, il supprime les sanctions, laisse aux jeunes une grande liberté, encourage les échanges avec l&#039;extérieur, en faisant des séjours d&#039;essai chez les artisans et ayant comme but d&#039;apprendre un métier. Fernand Deligny est complètement contre un ordre imposé ce qui se répercute dans les activités des enfants et ses activités dans le centre, il les donne une complète de liberté pour pouvoir vivre et faire les choses qu’ils ont envi. Cette expérience est relatée dans &#039;&#039;Les vagabonds efficaces&#039;&#039; qui est une collection de récit de vie prises dans ce contexte là.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans ses histoires, on observe le sens critique apporté sur la mentalité de la société vis-à-vis de ces personnes, nommé par eux comme des anormaux, idée avec laquelle Deligny n&#039;est pas du tout d&#039;accord. Un autre élément qu&#039;on peut observer est la critique des éducateurs diplômés. L’arrivé des éducateurs dans asile révèle leur caractère au contact avec les enfants inadapté: trop de principes, anarchistes refoulés... Pour ce fait, Deligny ne prend pas des éducateurs bourgeois, le seul moniteur est un ancien ouvrier des textiles et les éducateurs sont choisis parmi les travailleurs du quartier.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;idée générale dans &#039;&#039;Les vagabonds efficaces&#039;&#039; est que l’expérience de la vie quotidienne fait qu’une personne forme son caractère. Priver une personne de ces expériences quotidiennes reviendrait à le priver aussi des opportunités requises à la formation de son propre caractère, les rendant inadaptés (d’une manière permanente) face à la réalité.&lt;/div&gt;</summary>
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