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	<title>DeWiki - Contributions [fr]</title>
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		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=La_d%C3%A9sinstitutionalisation_dans_le_champ_de_l%27%C3%A9ducation_sp%C3%A9ciale_1960-1980&amp;diff=9317</id>
		<title>La désinstitutionalisation dans le champ de l&#039;éducation spéciale 1960-1980</title>
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		<updated>2012-01-10T22:09:52Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Cécilia Zuccone : /* Méthodologie */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;[[user:Kleinpa0|P. Klein]],&lt;br /&gt;
[[user:Natalina m|N. M.]],&lt;br /&gt;
[[user:Ruchat|Martine Ruchat]],&lt;br /&gt;
[[user:Tatiana-vinhas|T Vinhas]],&lt;br /&gt;
[[user:Sandra wirz|S. Wirz]] et&lt;br /&gt;
[[user:Cécilia Zuccone|C. Zuccone]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Université de Genève&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Introduction  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A l&#039;heure où l&#039;on constate de &amp;quot;nouvelles exclusions&amp;quot; au nom de la protection des citoyennes et des citoyens inquiétantes pour certains, car laissant entrevoir des régressions sur le plan des politiques sociales &amp;quot;ruinant ainsi des décennies d&#039;efforts de déségrégation, désexclusion, de &amp;quot;retour du schizophrène dans la cité&amp;quot; comme l&#039;écrit le médecin Patrick Lemoine [[Bibliographie]] (p.69), un certain nombre de questions se posent pour mieux comprendre l&#039;histoire de l&#039;éducation spéciale Une histoire à la fois politique (antipsychiatrie, sectorisation), sociale et culturelle (intégration, normalisation, désinstitutionalisation, communauté de vie, communauté thérapeutique) dans les décennies des Trente glorieuses (1960-1990) pendant lesquelles a soufflé un vent de contestation des politiques institutionnelles. Un esprit contestataire a émergé en particulier dès les années 1970 (post soixante-huit) provoquant dans le champ de la prise en charge des personnes dites aujourd&#039;hui &amp;quot;à besoins particuliers&amp;quot; un élan de remise en question de l&#039;institution, du pouvoir des médecins, de la contrainte institutionnelle et médicamenteuse. Peu de travaux ont encore exploré ce champ, à Genève, sinon pour étudier l&#039;histoire de Mai 68 et du mouvement féministe. (voir notamment Julie [[Bibliographie|De Dardel]].)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La recherche proposée vise à mieux comprendre comment, à Genève, le champ de l&#039;éducation spéciale et celui de la psychiatrie ont été touchés par cette contestation. Elle fait suite à celles engagées en 2010 et 2011 sur l&#039;histoire de l&#039;intégration scolaire des enfants handicapés mentaux [[Pionniers de l&#039;intégration scolaire des enfants handicapés à Genève]] et La génération intégration 1970-1980: un slogan pour quelles réalités sociales? [[Article 2011]]. Ces recherches précédentes ont montré à la fois la complexité des pratiques d&#039;intégration amenant souvent un écart entre discours et pratiques, ainsi que les résistances à penser le handicap sans mettre une ligne de démarcation entre norme et hors norme, entre enfant éducable et non éducable, limites souvent mal définies et dépendantes des représentations sociales des actrices et acteurs des champs d&#039;intervention sociale et du public (malédiction du handicap). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A la fin des années 1950, l&#039;intégration apparaît pour les parents dont les enfants sont encore entièrement à leur charge dans la famille être synonyme de placement dans des institutions qu&#039;il reste encore à créer. Le concept de [[Dictionnaire|normalisation]] qui vient s&#039;accoler à celui d&#039;intégration pour rapprocher toute déviance d&#039;une norme sociale (en terme d&#039;habitat, d&#039;activité, voire de comportements) prête alors à confusion. Ainsi le milieu ouvert (comme Aigues-Verte par exemple) peut apparaître comme plus proche d&#039;une vie quotidienne &amp;quot;normale&amp;quot; et donc plus intégrant que la vie en famille. Le Pavillon des Grand Bois à l&#039;hôpital psychiatrique de Bel-Air représente encore une solution &amp;quot;intégratrice&amp;quot; pour les enfants les plus difficiles à éduquer et les moins autonomes leur permettant qui sait de &amp;quot;suivre&amp;quot; l&#039;école comme les autres enfants même dans un milieu hospitalier. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le terme [[Dictionnaire|désinstitutionalisation]], quant à lui, qui fait l&#039;objet de cette nouvelle recherche est d&#039;abord issu des milieux de l&#039;antipsychiatrie (et donc ni des associations de parents ni des milieux pédagogiques) et même être un terme journalistique. On peut néanmoins apparenter idéologiquement ce mouvement antipsychiatrique avec cet objectif de normalisation dans le sens de rapprocher les personnes prises en charge d&#039;une vie quotidienne de tout un chacun. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi bien qu&#039;ayant leurs propres origines et histoires, ces différents courants peuvent être associés au courant libertaire qui a influencé différents champs du social entre 1970 et 1990. C&#039;est dans une perspective de compréhension de l&#039;histoire des idées et des pratiques du mouvement antipsychiatrique genevois que s&#039;inscrit donc cette recherche. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un premier temps, cette page d&#039;histoire sera située dans une &amp;quot;tradition&amp;quot;: d&#039;une part celle du traitement dans le respect des besoins des individus considérés comme différents (arriérés, anormaux, exceptionnels), notamment depuis les travaux des psycho-pédagogues du début du 20e siècle comme Alfred Binet à Paris, Edouard Claparède à Genève ou Ovide Decroly à Bruxelles); et d&#039;autre part dans une tentative dès les années vingt en Angleterre (voir Libre enfants de Summerhill de Neill), mais surtout pendant et dans l&#039;après deuxième guerre mondiale (voire les communautés d&#039;enfants victimes de la guerre), de multiplier les expériences de vie communautaire issues du scoutisme, des mouvements de jeunesse, de l&#039;éducation nouvelle et de l&#039;éducation internationaliste et pacifiste, des colonies de vacances et camps CEMEA, s&#039;opposant à la tradition hospitalière (couvent, Bon Pasteur, Hospice, institutions de prises en charge spécialisées). Ce faisant, nous dégagerons des signes précurseurs de &amp;quot;désinstitutionalisation&amp;quot; dans ces structures plus petites, parfois médicalisées (les écoles de plein-air), mais avant tout proches de la nature et des besoins des individus. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un second temps, nous étudierons la période 1960-1980, laquelle a vu émerger un mouvement antipsychiatrique (critique de l&#039;hôpital, du pouvoir médical, de la médicalisation à outrance et de la contrainte) pour une critique radicale visant le pouvoir institutionnel et entraînant des pratiques novatrices, lesquelles demandent à être mieux étudiées: 1. dans leurs objectifs (désinstitutionalisation ou déshospitalisation versus sectorisation)? 2. dans le choix fait des traitements: médicaux (traitement ambulatoire) ou éducatif et thérapeutique? 3. dans l&#039;évaluation faite des populations concernées par une prise en charge alternative 4. dans le rôle joué par la psychanalyse comme alternative au traitement médicaux et comme modèle thérapeutique (notamment dans les communautés cf. film de Catherine Scheuchzer, Dans l&#039;aventure du non de la parole) 5. dans le rôle donné aux familles et le poids qui leur est fait supporter (en terme financier, de responsabilité, de culpabilité,...) et en particulier à l&#039;égard des mères et des femmes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il s&#039;agira de mieux comprendre si l&#039;antipsychiatrie est dans les années 1960-1980 une nouvelle manière de faire de la psychiatrie ou si elle est une véritable contestation de l&#039;institution asilaire, et si les modèles alternatifs proposés ne seraient pas sous couvert d&#039;idéologie libertaire une façon de baisser les coûts de la santé en temps de crise. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour ce faire, nous avons lu des articles et consulté une bibliographie d&#039;ouvrages &amp;quot;classiques&amp;quot;, livres de références pour les acteurs/trices de la période considérées, puis nous avons dépouillé des revues professionnelles pour saisir les thématiques qui ont alors traversé le champs de la psychiatrie et de l&#039;éducation spécialisée; dans un second temps, la recherche s&#039;est portée sur un fond d&#039;archives de l&#039;Association Les archives contestataires (fonds Alain Riesen/Schuler) dont les donateurs d&#039;archives, sont les fondateurs de l&#039;Arcade 84 et militant de l&#039;antipsychiatrie genevoise. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un troisième temps nous avons effectué un entretien vidéo (un plan fixe) avec Alain Riesen afin de lui poser cinq questions issues de la recherche dans les archives et dans la littérature afin d&#039;avoir son témoignage sur l&#039;histoire de l&#039;antipsychiatrie, de la désinstitutionalisation et des communautés thérapeutiques entre 1960 et 1980.[[Plan de recherche 2012]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Revue de la littérature  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On constate qu&#039;il n&#039;y a guère d&#039;articles et d&#039;ouvrages concernant cette page de l&#039;histoire genevoise. Un article sur la naissance de la psychiatrie d&#039;Alain Riesen et un autre de Cléopâtre Montandon, qui relève plus d&#039;une histoire des liens entre psychiatrie et justice [[bibliographie]] ont en quelque sorte donné le feu aux poudres à notre recherche. Mais pour approcher l&#039;histoire des changements apparus dans les années soixante sur le plan de l&#039;éducation spéciale dans le traitement des troubles psychiques, il a fallu d&#039;abord s&#039;intéresser à l&#039;histoire de l&#039;antipsychiatrie, puis celle de la désinstitutionnalisation et enfin celle des communautés thérapeutiques, sujet introduit par le [http://edutechwiki.unige.ch/dewiki/R%C3%A9sum%C3%A9_film_de_Catherine_Scheuchzer film de Catherine Scheuchter]. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Faute de littérature de seconde main concernant l&#039;histoire genevoise, nous avons étudié en particulier les fonds d&#039;archives aux [http://www.archivescontestataires.ch Archives Contestataires] qui rassemblent les documents produits par les mouvements contestataires de la seconde moitié du XXe siècle. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Puis une plongée dans quelques revues professionnelles et journalistiques nous a permis de mieux comprendre la place prise par ces thématiques dans les années concernées. Ainsi, un certain nombre de revues professionnelles ont été dépouillées pour la période 1970-1980. Soit: Sauvegarde de l&#039;enfance, Déviance et Société, L&#039;Evolution psychiatrique. S&#039;y sont ajoutés les Cahiers Médico-sociaux entre 1956 et 1981, ainsi que le journal &amp;quot;Tout va bien&amp;quot; ( voir [[Notes sur journal Tout va bien]]) dépouillé pour les années 1970 à 1983, qui a consacré trois numéros entiers aux problèmes de la psychiatrie à Genève et surtout au mouvement antipsychiatrique lié au scandale de l&#039;institution psychiatrique de Bel-Air en 1980. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt; Durant la période de 1970 à 1985, la revue &amp;quot;Sauvegarde de l&#039;enfance&amp;quot; n&#039;a publié aucune revue, voire même aucun article consacré au thème de notre étude, à savoir la désinstitutionnalisation dans le champ de l&#039;éducation spéciale. Au premier abord on pourrait donc tirer la conclusion selon laquelle ce champ d&#039;étude ou ce mouvement n&#039;était que peu présent à cette époque. Toutefois, en se penchant davantage sur les sujets traités dans cette revue, on se rend compte que les auteurs de celle-ci n&#039;ont pas abordé la désinstitutionnalisation en tant que telle, mais l&#039;ont abordée par les effets qu&#039;elle a pu engendrer à cette époque. Effectivement, on peut observer des thèmes comme la formation des éducateurs en centre de jour ou en maison d&#039;accueil, la relation entre famille et société, l&#039;école ordinaire, l&#039;adolescence et la violence ou encore l&#039;aide sociale, autant de thèmes qui ont largement découlé de ce mouvement désinstitutionnel. Il est donc fort intéressant de se pencher sur les champs d&#039;action de ce type de revues, afin de mieux comprendre quel était le climat politique, les préoccupations, les tendances de la période qui nous intéresse. D&#039;ailleurs, nous retrouverons tout au long de cet article de nombreuses références aux thèmes traités par la revue &#039;&#039;Sauvegarde de l&#039;enfance&#039;&#039;.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Entre 1972 et 1974&#039;&#039;, [[L&#039;évolution psychiatrique|L&#039; Évolution psychiatrique]]&#039;&#039; consacre deux numéros au thème de l&#039;antipsychiatrie. Dans ces deux numéros, les articles sont rédigés par des médecins psychiatres non antipsychiatres qui s&#039;efforcent, dans un premier temps, de reconnaître les bienfaits des problématiques soulevées par le mouvement antipsychiatrique. Dans un deuxième temps, ces psychiatres contestent les thèses du mouvement, les critiquent et se distancent franchement des solutions proposées par les antipsychiatres pour répondre aux problématiques de départ. Après 1974, il n&#039;y a plus de numéros ou d&#039;articles consacrés à l&#039;antipsychiatrie. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La [[Revue Déviance et Société|Revue Déviance et Société]] aborde la problématique du traitement de la déviance essentiellement du point de vue pénale et de l’analyse  des normes. Les quelques articles relevés entre 1977 et 1982 en lien avec notre problématique témoignent bien du questionnement autour des normes, de la responsabilité et du processus de formation de la déviance et de la stigmatisation. Il est ainsi possible de constater que l’incursion de la psychiatrie dans le domaine pénal est perçue comme une menace ou une déresponsabilisation des actes délinquants ou criminels. Et que les arguments invoqués pour l’application d’une évaluation psychiatrique est bien celle d’une aliénation, mais en dehors ou en parallèle du milieu carcéral. Concernant notamment la prise en charge des mineurs, l’article de Jean-Marie Renouard (1982) relate bien les mouvements conceptuels ayant eu lieu. De l’identification de l’enfant «&amp;amp;nbsp;inadapté&amp;amp;nbsp;» à par la suite l’identification de l’enfant «&amp;amp;nbsp;handicapé&amp;amp;nbsp;», les concepts de l’exclusion qui s’en suivent sont passés d’une stigmatisation dans le but «&amp;amp;nbsp;d’extraire&amp;amp;nbsp;» (dénoncés par la sociologie et le mouvement antipsychiatrique) à un droit à l’exclusion dans une visée de réintégration. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Les cahiers médico-sociaux]] se dédient aux questions contemporaines liées à la santé publique et médico-sociales. C’est d’un point de vue «&amp;amp;nbsp;mesuré&amp;amp;nbsp;» que cette revue nous indique de façon précieuse quelles étaient les dispositions prises au niveau des politiques sociales (Assurances Invalidité, lois) et du traitement médical ou thérapeutique (services, institutions, approches thérapeutiques, relation praticien-patient). Les articles retenus concernent essentiellement l&#039;hygiène mentale et son appréhension. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt; Cette revue de la littérature montre que les années 60 à 80 ont été fortement teintées par une volonté de sortir les personnes malades de l&#039;institution névrosante, des ghettos asilaires, et de viser plutôt une ouverture vers la communauté. C&#039;est la recherche de la normalisation, donnant de l&#039;ampleur à un certain courant humaniste. Est apparue la notion de Droit des patients: toute personne a le droit de vivre dans son milieu et de participer à la vie de sa communauté. La nécessité d&#039;être acteur de son processus de guérison est devenue prioritaire. Mais jusqu&#039;où est-on allé? Où se situe la limite d&#039;une &amp;quot;vie comme tout le monde&amp;quot; lorsque l&#039;on souffre, que l&#039;on a des besoins spécifiques? Les années 70 ont été permissives et ont laissé beaucoup d&#039;autonomie aux personnes handicapées ou malades, mais se sont-elles senties mieux?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Méthodologie  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le travail de recherche a mêlé plusieurs méthodologies. Outre l&#039;apprentissage de l&#039;usage d&#039;un wiki qui a cimenté comme il se doit cette &amp;quot;communauté de travail&amp;quot; de six membres, ceux-ci ont travaillé dans trois directions: la recherche documentaire et bibliographique, l&#039;étude d&#039;un fonds d&#039;archives (le Fonds Riesen/Schuler de l&#039;Association les Archives contestataire) et la construction d&#039;une grille de questions à poser au &amp;quot;grand témoin&amp;quot;, Alain Riesen. Ces quatre outils méthodologiques ont donc fondé cette étude. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1. De l&#039;usage du wiki &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La pratique de l&#039;intelligence collective oblige à mettre en mouvement deux réseaux: le réseau que forme les membres de la communauté qui travaillent constamment ensemble pour alimenter le site Dewiki et le &amp;quot;réseau&amp;quot; des pages de rédaction qu&#039;il offre, soit: celles de l&#039;article, du dictionnaire des concepts, de la bibliographie et des résumés. Reste évidemment la page d&#039;accueil qui permet de visualiser l&#039;ensemble et de suivre les tâches à effectuer d&#039;une semaine à l&#039;autre. Ce travail de recherche mêle des moments de rencontre sur le web (notamment par les pages de discussion autour d&#039;une activité), mais aussi réellement en salle de cours, afin surtout d&#039;assurer le rythme d&#039;avancement de la démarche et d&#039;échanger du point de vue intellectuel et du point de vue technologique. L&#039;évaluation de la démarche se fait aussi dans une même perspective d&#039;intelligence collective qui nécessite un engagement des personnes pour le &amp;quot;bien commun&amp;quot; à savoir le résultat de l&#039;ensemble des activités qui forment cette recherche originale. Une autoévaluation collective clôt la démarche un mois après la fin de l&#039;expérience collective pour permettre d&#039;ajuster les rythmes individuels et de peaufiner les textes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
2. De la recherche documentaire et bibliographique &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Afin de mieux comprendre les positions des différents acteurs dans les domaines que nous avons étudiés, il a été nécessaire de se plonger dans différentes revues professionnelles ou sociales. La plupart d&#039;entre elles étant gardées en version papier dans différents lieux d&#039;archives ou bibliothèques, nous nous sommes rendues dans les bibliothèques universitaires de plusieurs facultés (psychologie et sciences de l&#039;éducation, lettres, médecine,...) afin d&#039;avoir accès aux articles de l&#039;époque. La plupart de ces thématiques n&#039;étant pas directement liées à nos propres études, il nous a fallu, dans un premier temps, saisir tout un lexique, une pensée, un domaine parfois méconnus, voire inconnus. Dans un deuxième temps, il a fallu comprendre comment ce qui avait été lu pouvait s&#039;inscrire dans cette période entre 1960 et 1980, quelles étaient les sources d&#039;inspirations et les revendications de cette époque particulière. Nous avons également fait appel à des ouvrages, des livres que nous avons trouvé en bibliothèque afin d&#039;étayer notre recherche.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
3. De la recherche en archives &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous sommes allées deux matins aux Archives Contestataires, afin de faire de la recherche sur le fond Riesen/Schuler. Avoir en mains des documents manuscrits, de vieux journaux, et de la documentation provenant de ces militants (médecins ou non) a été enthousiasmant nous amenant à découvrir une nouvelle façon de faire de la recherche en sciences de l&#039;éducation. Aussi, cela nous a permis de mieux comprendre notre objet d&#039;étude dans le cadre genevois et ainsi de pouvoir préparer les différentes questions que nous allions poser à Alain Riesen lors de notre entretien.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
4. La constitution d&#039;une archive orale &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
N&#039;ayant trouvé que peu d&#039;archives écrites sur le mouvement de contestation de la psychiatrie à Genève entre 1960 et 1980, nous avons eu la chance de pouvoir interviewer Monsieur Alain Riesen, ergothérapeute et co-fondateur d&#039;Arcade 84. En relation avec les thématiques propres à chacune selon les revues consultées ou les ouvrages lus, nous avons pu l&#039;interroger d&#039;abord sur sa position de professionnel de la psychiatrie et son statut de militant. Dans un deuxième temps, nous lui avons demandé qu&#039;elles étaient ses lectures de référence, sa conception de la maladie mentale, et sa vision du partenariat avec les familles des malades. Finalement, nous l&#039;avons interrogé sur les apports de toutes ces années de militantisme, notamment au sein de l&#039;ADUPSY et du réseau alternatif à la psychiatrie.([[Plan de recherche 2012|Questions]]). Cet entretien nous a tout d&#039;abord permis de mieux comprendre ce qui s&#039;était réellement passé à Genève durant la période étudiée, et surtout d&#039;avoir des éléments précis et concrets de cette période de désinstitutionnalisation. C&#039;est ainsi que nous avons pu compléter notre article en regard des propos de Monsieur Riesen.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Panorama historique général  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Des prisons à l&#039;asile pour les personnes atteintes d&#039;affections mentales&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Jusqu&#039;à la fin du XVIIIe siècle, les hôpitaux psychiatriques internaient une population bien différente de celle accueillie au XXe siècle. [[Bibliographie|Cléopâtre Montandon&amp;amp;nbsp;(1978)]]&amp;amp;nbsp; nous rappelle que les populations désignées comme relevant de l&#039;univers psychiatrique étaient très fortement liées à l&#039;univers carcéral. Effectivement, jusqu&#039;au XVIIIe siècle, les criminels étaient considérés comme &amp;quot;fous&amp;quot; ou &amp;quot;aliénés&amp;quot; et se voyaient enfermés, voire même enchaînés dans des &amp;quot;maisons de discipline&amp;quot; ou dans des &amp;quot;hôpitaux pour fous&amp;quot;. A cette époque, seule la justice décidait du lieu d&#039;incarcération des individus criminels. Peu à peu, des distinctions se sont faites pour montrer que certains criminels aliénés relevaient davantage de la psychiatrie, et se définissaient essentiellement par une responsabilité restreinte et une santé mentale défaillante. Ce sont alors ces personnes, désignées comme ne pouvant accomplir leur rôle social, que les hôpitaux psychiatriques ont admis dans leurs locaux. Pour décider et justifier ces internements, la justice ne pouvait agir seule. C&#039;est à partir de 1838 qu&#039;une loi voit le jour à Genève concernant l&#039;internement des &amp;quot;aliénés&amp;quot;: loi sur le placement et la surveillance des aliénés (5 février 1838). On parlera dès lors de &#039;&#039;placement&#039;&#039; des aliénés, et non plus de l&#039;enfermement ou de l&#039;internement de ces derniers.&amp;lt;br&amp;gt; &amp;quot;Ce n&#039;est qu&#039;à partir de 1936 que l&#039;autorisation d&#039;un internement est délivrée sur vue d&#039;un certificat médical par le Département de la prévoyance sociale et de la santé publique&amp;quot;. Ainsi, on voit combien la société évolue en définissant clairement et sur preuves médicales qui peut être &#039;&#039;placé&#039;&#039; en hôpital psychiatrique. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On peut également noter que les préoccupations principales de la période du XVIIIe au début du XXe siècle se restreignaient principalement à la sécurité, et de fait au &#039;&#039;placement&#039;&#039; de ces personnes. Où pouvait-on mettre physiquement ces personnes différentes pour qu&#039;elles ne nuisent pas à la société? Que pouvait-on faire d&#039;elles? Qui pouvait s&#039;en occuper? Que faire avec ces personnes? On observe dès lors que, pendant plusieurs siècles, ces personnes étaient enfermées, considérées comme étant dénuées de tous sens, de toute sensibilité, et par conséquent ne recevaient aucune éducation. Il faudra alors attendre la fin du XIXe siècle pour entrevoir une forme d&#039;éducation de ces personnes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans son article, &amp;quot;[[Bibliographie|La naissance de l&#039;institutions pour aliénés]]&amp;quot; à Genève au 19e siècle, Alain Riesen montre que la problématique de l&#039;internement est grandissante et que &amp;quot;l&#039;inhumanité de l&#039;enfermement&amp;quot; (Riesen, 1981) est au cœur des préoccupations. Il relate également une nouvelle conception du milieu asilaire&amp;amp;nbsp;: &amp;quot;la possibilité d&#039;améliorer l&#039;état des aliénés, ou même les guérir, si de bonnes conditions sont réunies&amp;quot;. En d&#039;autres termes, il s&#039;agirait de pouvoir administrer un traitement aux malades de manière à guérir, à soigner leur folie; à l&#039;époque nommé &#039;&#039;traitement de la folie. &#039;&#039;Plusieurs types de traitements font alors leur apparition et notamment l&#039;isolement. Il s&#039;agissait d&#039;éloigner le malade des conditions de vie qui l&#039;ont rendu &#039;&#039;fou&#039;&#039; &amp;quot;afin de le soustraire à leur influence&amp;quot;. La médication fut également un des traitements de la folie.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette nouvelle manière de penser l&#039;internement étant accomplie, plusieurs dérives ont vu le jour, et notamment les placements abusifs effectués par le Département de Justice et Police. En 1895, la Loi de 1838 est revue de manière à éclaircir la procédure d&#039;admission des aliénés.&amp;amp;nbsp;&amp;quot;Même si la loi de 1838 ne rend pas obligatoire l&#039;avis médical pour procéder au placement, dans la pratique, le médecin se fondant sur une &#039;&#039;science&#039;&#039; de l&#039;aliénisme en plein développement, va jouer un rôle de plus en plus important dans le placement et la sortie des aliénés&amp;quot; ([[Bibliographie|ADUPSY]]). L&#039;avis médical devient dès lors requis pour tout placement. Enfin, la réforme de 1936 met en évidence la nécessité et l&#039;exigence d&#039;un certificat médical pour être placé. Quiconque ne peut pas être défini comme &amp;quot;fou&amp;quot; ou &amp;quot;aliéné&amp;quot; sans avis médical suivant des règles précises.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;L&#039;éducation...&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au début du XXe siècle, Binet et Simon (1907)&amp;amp;nbsp; &#039;&#039;donnent une nouvelle forme cognitive de l&#039;éducation spéciale qui perdurera au moins jusqu&#039;au années 1960&#039;&#039; ([[Bibliographie|Chauvière et Plaisance, 2003, p. 32]]).&amp;amp;nbsp; A cette époque, on distinguait les arriérés d&#039;asiles, non éducables et à laisser entre les mains des médecins, des arriérés d&#039;école. Ainsi, des institutions apparaissent entre l&#039;hôpital et la classe ordinaire: les classes spéciales (ou classes de développement) et les instituts médico-pédagogiques. Dans ces nouveaux lieux, la pédagogie était &#039;&#039;inspirée par l&#039;atelier, c&#039;est-à-dire guidée par la mise en œuvre de travaux manuels et d&#039;exercices pratiques &#039;&#039;([[Bibliographie|Chauvière et Plaisance, 2003, p. 33]]). A Genève, c&#039;est le médecin et psychologue Edouard Claparède qui sera appelé pour réorganiser les classes spéciales sur un mode scientifique, c&#039;est-à-dire en tenant compte du diagnostic effectué sur l&#039;enfant et du pronostic d&#039;éducabilité. Voir [[Bibliographie|Ruchat]] &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En Grande-Bretagne, dans les années 1920, A.S Neill, puis dans les années 1960, David Cooper ont mis en place de nouveaux lieux pour exercer une forme innovante de psychiatrie et d&#039;éducation, remettant en question l&#039;internement psychiatrique des malades mentaux. C&#039;est en effet à travers des expériences comme [[Résumé de l&#039;ouvrage Libres enfants de Summerhill|Libres enfants de Summerhill]] de [[Bibliographie|Neill]] en 1921 ou Pavillon 21 menée par [[Bibliographie|Cooper]] en 1962 que l&#039;antipsychiatrie semble voir le jour. Effectivement, plusieurs principes régissent ce nouveau type de lieu à savoir la liberté des individus, le self-government, les apprentissages facultatifs... en ayant pour hypothèses que le mal-être et la maladie mentale de ces individus sont en partie dus aux contraintes du monde dans lequel ils évoluent et apprennent. Dès lors, il convient de créer des institutions, des lieux éloignés de toute coercition et de toute autorité. Notons également que Maud Mannoni, dans la préface de l&#039;ouvrage Libres enfants de Summerhill, relate que Neil faisait partie de &amp;quot;la lignée anarchisante qui donna naissance à l&#039;antipsychiatrie&amp;quot; ([[Bibliographie|Mannoni, dans Neill, 1979, p. 9]]).&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais on constate aussi, en France, que la période 1945-1960 est également bouleversée et traversée par de nouveaux modèles éducatifs avec la naissance de lieu de vie où l&#039;enfant inadapté est accueilli, non pas à travers sa maladie ou sa différence, mais plus à travers le fait qu&#039;il est un enfant et qu&#039;il doit être éduqué. Jean Lagarde, fondateur de l&#039;association de la sauvegarde des enfants invalides dans la période après guerre, souhaitait effectivement faire &amp;quot;l&#039;expérience d&#039;éducation toujours dans un creuset communautaire&amp;quot; ([[Bibliographie|Capul, 2002, p.141]]). Lagarde avait pour objectif de créer un lieu où les soins médicaux puissent être administrés aux enfants qui en nécessitaient, tout en leur proposant un accueil éducatif. Nous pourrions plutôt dire qu&#039;il désirait créer une école, un lieu de vie où un suivi médical était envisageable. Il s&#039;agissait en effet d&#039;éloigner l&#039;enfant du lieu médical pour qu&#039;il devienne élève et que, de fait, il puisse apprendre. Dans cette optique, équipe pédagogique et équipe médical devaient collaborer étroitement. Cette expérience est à nouveau le témoin d&#039;une nouvelle forme de prise en charge. Il est possible de faire le lien entre cette expérience et l&#039;approche de Maud Mannoni en 1969, avec la création de l&#039;Ecole expérimentale de Bonneuil-sur-Marne où il s&#039;agissait également de séparer les lieux d&#039;analyse et les lieux de vie (lieux pédagogiques).&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La désinstitutionalisation  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon des sources internet, le mouvement de désinstitutionalisation semble avoir débuté vers 1960 (même s’il semble qu’il y ait eu un prélude à la désinstitutionnalisation au début du 19e siècle (L’Institut universitaire en santé mentale de Québec par exemple - La désinstitutionnalisation, http://caringminds.ca/index.php?option=com_content&amp;amp;amp;view=article&amp;amp;amp;id=62&amp;amp;amp;Itemid=43&amp;amp;amp;lang=fr&amp;amp;amp;limitstart=7). Certains observent le début de ce mouvement en Scandinavie, d’autres au Québec. Dans tous les cas, il s’agit d’un mouvement d&#039;ouverture vers la communauté, d’une volonté de «normalisation»[[Normalisation]] &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le mouvement de désinstitutionnalisation s&#039;appuie avant tout sur une philosophie qui met l&#039;accent sur les droits et les libertés des individus, et elle vise à humaniser les soins de santé mentale. ([http://agora-2.org/thematiques/inaptitude.nsf/Dossiers/Desinstitutionnalisation Encyclopédie de l’Agora]). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;horreur suscitée par les politiques nazies du meurtre eugénique des malades psychiatriques et les camps de concentration pendant la Seconde guerre mondiale, ont attiré l’attention sur les pratiques «&amp;amp;nbsp;déshumanisantes&amp;amp;nbsp;» dans les soins psychiatriques en santé mentale, (séquestration, mauvais traitements en tout genre, manque de formation des professionnels). (Voir [http://id.erudit.org/iderudit/032417ar Martin, 1984 et Claire Henderson et Graham Thornicroft], Santé mentale au Québec, vol. 22, n° 2, 1997, p. 88-114. ) Les années d’après-guerre ont vu un accroissement de l’intérêt porté à l’institution comme objet d’étude. Certains auteurs parlent de l’institution comme étant «&amp;amp;nbsp;névrosante&amp;amp;nbsp;», «&amp;amp;nbsp;façonnant et codifiant les gens dans le rôle de patient psychiatrique&amp;amp;nbsp;» (Goffman (1961). On observe dans les années 60 une disparition du personnel religieux des hôpitaux. Naît alors une nouvelle conception de l’individu, une évolution des attitudes envers le malade&amp;amp;nbsp;; on veut le sortir des murs de l’asile psychiatrique. On commence à parler, à cette époque, du «&amp;amp;nbsp;droit de la personne&amp;amp;nbsp;». Des idéaux humanitaires amènent alors à une nouvelle vision de la maladie mentale. Il semble que ce mouvement de désinstitutionnalisation soit également lié à l’apparition des pratiques de pharmacopée. Effectivement, «&amp;amp;nbsp;Ces nouveaux médicaments permettaient de calmer les malades agités, délirants, hallucinés et ainsi permettre d&#039;envisager et de généraliser des traitements psychiques dans des conditions plus réalistes ou encore, lorsque c&#039;était possible, d&#039;envisager un retour au domicile ou dans des structures intermédiaires&amp;amp;nbsp;».([http://fr.wikipedia.org/wiki/Psychiatrie déf. du mot «&amp;amp;nbsp;psychiatrie&amp;amp;nbsp;»]). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On a le désir de «normaliser&amp;amp;nbsp;» leurs conditions de vie. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les années 60, si la personne «&amp;amp;nbsp;déficiente intellectuellement&amp;amp;nbsp;» est encore considérée comme un «&amp;amp;nbsp;malade&amp;amp;nbsp;», le malade mental ne l&#039;est plus, mais davantage comme un sujet pouvant être aidé et guéri. On met en avant le fait que la maladie mentale ne nécessite pas nécessairement une hospitalisation, et qu’elle doit être considérée comme une quelconque maladie. On externalise, on invente la psychiatrie de secteurs, on commence à intégrer des services pour les malades mentaux dans des hôpitaux ou cliniques. On évite ainsi la stigmatisation des malades mentaux placés pour de longues périodes en asile psychiatrique, et on leur évite la perte de leurs facultés leur permettant de se réintégrer dans la société. On redonne alors un rôle à la communauté, tout en accordant des responsabilités aux familles. Le patient devient alors le cœur de l&#039;intérêt des praticiens. ([http://www.promentesana.org/upload/application/trimes_43.pdf in Lettre trimestrielle de l’association romande Pro Mente Sana])&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La désinstitutionalisation a permis aux personnes présentant des troubles psychiatriques de sortir de ce milieu assimilé pendant de nombreuses années, au milieu carcéral. Mais une fois &amp;quot;libérées&amp;quot; où vont ces personnes? A ce sujet,&amp;amp;nbsp; [[Bibliographie|N. Carpentier (2001)]] affirme dans son article que 60 à 70&amp;amp;nbsp;% des patients retournent dans leur famille après l’hospitalisation. Mais plusieurs auteurs ont démontré que l&#039;arrivée d&#039;un malade dans une famille, avait de lourde conséquence sur celle-ci. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Avant d’en venir aux conséquences, il semble nécessaire de revenir sur la représentation qu&#039;ont les professionnels des familles des patients. Pour cela, il est intéressant de revenir sur l&#039;évolution de leur vision. En d&#039;autres termes, comment la famille, alors qu&#039;elle était considérée comme coupable de la maladie de l&#039;un de ses membres, est devenue un partenaire idéal?&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au début du XXème siècle, celle-ci était considérée comme étant la cause, l&#039;origine de la maladie de l&#039;enfant. Les professionnels affirmaient que la maladie mentale était un problème génétique, héritée de plusieurs générations antérieures. Ensuite, les années cinquante ont apporté un premier renversement dans cette représentation. En effet, la famille était perçue comme étant un «&amp;amp;nbsp;système réagissant aux troubles mentaux de l’un de ses membres, plutôt qu’en tant que système causant des désordres psychiques&amp;amp;nbsp;» ([[Bibliographie|Carpentier, 2001, p.84]]). Ce changement de perspective est en lien avec l’arrivée d’une politique qui favorise les hospitalisations de courte durée. En d’autres termes, les familles commencent à être perçues comme une solution aux changements politiques. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les années 60, la psychiatrie adopte une vision centrée sur la communauté. Ce changement va être très favorable pour les familles, puisqu’il permet à ces dernières de se déresponsabiliser des troubles mentaux. Ainsi, toujours selon Carpentier, à cette époque «&amp;amp;nbsp;les désordres psychiques [doivent être étudiés] sous l’angle de l’isolement social, des désavantages sociaux, puis selon la présence de stresseurs sociaux et économique&amp;amp;nbsp;»( p.89) .&amp;lt;br&amp;gt;Ainsi, au fur et à mesure que le mouvement de désinstitutionalisation est mis en place, les politiciens et les professionnels considèrent la famille comme étant une solution au problème. En effet, cette dernière est perçue comme «&amp;amp;nbsp;une source privilégiée de soutien émotionnel et social ainsi que comme place de choix pour relocaliser le patient psychiatrique.&amp;amp;nbsp;» ([[Bibliographie|Carpentier, 2001, p.91]].) &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Du côté des familles, il semblerait selon [[Bibliographie|R. Therrien (1990)]] que sur le plan économique et émotionnel, la désinstitutionnalisation leur demande beaucoup, en particulier aux femmes. En effet, toujours selon R.Therrien, avoir quelqu&#039;un ayant des problèmes mentaux à la maison provoque beaucoup de stress. Chez certains, un malade peut devenir un véritable &amp;quot;fardeau&amp;quot;, puisque celui-ci impose beaucoup de contraintes. Effectivement, avoir une personne malade à la maison peut engendrer des conséquences telles que la réduction des loisirs habituels, les sorties avec les amis, par peur d&#039;être jugé, ou encore d&#039;avoir des problèmes avec les voisins, car les comportements de la personne dérange. Tous ces problèmes ont un impacte très fort sur la famille d&#039;autant plus qu&#039;elle n&#039;est pas aidée, ni reconnue pour tout ce qu&#039;elle fait pour la personne malade. &amp;amp;nbsp; &amp;lt;br&amp;gt; A propos de la lourde responsabilité des parents, on peut se demander si les familles ne finiraient pas elles aussi à un moment donné par tomber malade. A ce sujet, le témoignage d&#039;[[Bibliographie|Alain Riesen]] souligne que lorsqu&#039;une famille prend en charge un de ses membres malade, il ne faut pas qu&#039;elle reste seule, mais qu&#039;elle en parle, partage ce qu&#039;elle vivait au quotidien. C&#039;est donc, pour ces raisons-là que des thérapies familiales ont vu le jour.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La communauté: un modèle alternatif à l&#039;institution fermée  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La communauté comme mode de prise en charge a, dans le champ de l&#039;éducation spéciale et spécialisée, sa propre histoire. Relevant d&#039;une approche démocratique et souvent pacifiste, la communauté est une forme de gouvernement par les personnes elles-mêmes (y compris les enfants). La notion de self-government a été développé dans le cadre de l&#039;éducation nouvelle pour définir de telles pratiques dès la fin du XIXe siècle. Lors de la seconde guerre mondiale des communautés d&#039;enfants victimes de la guerre ont vu le jour partout en Europe. Se référent à des modèles antérieurs comme les écoles nouvelles à la campagne de l&#039;éducation nouvelle (et donc du self-government) , de la république d&#039;enfants, de la cité des enfants, leurs fondateurs ont contribué au relèvement de l&#039;éducation en Europe par un modèle visant la participation des enfants à la gestion de la communauté et leur autonomie. Souvent, transformé dès les années 1950 en foyer pour enfants (malheureux, difficiles voire délinquants), le modèle des communautés d&#039;enfants semble être circonscrit à une période temporelle courte et particulièrement difficile sur le plan économique. On peut donc se demander si ce type de modèle ne serait pas &amp;quot;choisi&amp;quot; particulièrement en temps de crise et de manque de ressources financières donnant ainsi plus de pouvoir aux &amp;quot;usagers&amp;quot; permettant ainsi un moindre encadrement institutionnel. [[https://plone2.unige.ch/aref2010/search?SearchableText=communautés+d%27enfants]]. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des «&amp;amp;nbsp;communautés thérapeutiques&amp;amp;nbsp;» ont été créées en réaction aux enfermements asilaires prônés jusque-là mais qui commençaient à être pointés du doigt, car considérés comme déshumanisants. Bien que créées tout d&#039;abord pour répondre aux phénomènes de dépendances (toxicomanies, par exemple), on trouve, dès la fin des années 60, des communautés thérapeutiques en Angleterre, en France, en Suisse et au Québec, destinées au secteur de la psychiatrie. Avec la naissance de ces communautés thérapeutiques, une nouvelle approche de la psychose en-dehors des lieux de soins traditionnels s&#039;est développée (Schatzman, 1969; Barnes et Berke, 1973; Fabre, 1978; Lecomte et Tourigny, 1983a). Leur but est de créer un milieu &amp;quot;naturel&amp;quot;, en reconstituant les structures d’une «&amp;amp;nbsp;macro famille&amp;amp;nbsp;» ou d’une «&amp;amp;nbsp;mini société&amp;amp;nbsp;», plus rassurantes&amp;amp;nbsp;: on trouve par exemple la Communauté des Sablons, (Maison d&#039;enfants à caractère social et familial (76270 Saint-Saire), ou, en Suisse, le foyer de Tavel qui a vécu cinq ans (1975-1980). Dans le [http://edutechwiki.unige.ch/dewiki/R%C3%A9sum%C3%A9_film_de_Catherine_Scheuchzer film de Catherine Scheuchzer], «&amp;amp;nbsp;Dans l’aventure du non, la parole&amp;amp;nbsp;», (tourné à Boulens, dans la campagne vaudoise, dans les années 70 ), on découvre, dans un décor post soixante huitard, très simplement, dans un rythme extrêmement lent, des adultes et des enfants en interaction, «&amp;amp;nbsp;comme dans la vraie vie&amp;amp;nbsp;». Cette expérience est décrite comme «&amp;amp;nbsp;une véritable expérience d’éveil à la vie&amp;amp;nbsp;», qui «&amp;amp;nbsp;prend le contre-pied du placement en institution psychiatrique&amp;amp;nbsp;» (L’Est vaudois, 19.11.92). Plutôt que de considérer cette population d&#039;enfants, comme on le faisait en asile, comme des fous, murés dans leur silence. On veut les considérer comme des partenaires, des interlocuteurs. Le but est effectivement de les faire participer au quotidien d’une maisonnée, plutôt que de créer des ateliers protégés artificiels. De la sorte, ils sont poussés à se dépasser, à faire des expériences par eux-mêmes, sans avoir nécessairement recours au soutien d’un adulte. Il semble qu&#039;à cette époque, cette nouvelle façon de considérer les enfants autistes comme étant capables d’autonomie, capables d’agir, ait apporté un peu d’humanité dans leur prise en charge. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;enfant&amp;amp;nbsp; ainsi placé dans une communauté thérapeutique vaudoise est-il plus &amp;quot;intégré&amp;quot; que s&#039;il l&#039;était dans une institution considérée par ces acteurs alternatifs du &amp;quot;système&amp;quot; comme un ghetto? Il en va de même avec le terme désinstitutionalisation? Qu&#039;est-ce que l&#039;institution? Il y en a des &amp;quot;bonnes&amp;quot; (maternantes, enveloppantes, naturelles...) et de &amp;quot;mauvaises&amp;quot; (contraignantes, mortifères) (sur ce point les travaux de Fernand Oury puis de Jacques Pain mériteraient qu&#039;on s&#039;y attache (voir la psychothérapie institutionnelle sur le site de Jacques Pain: http://www.jacques-pain.fr).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Prémisses à l&#039;antipsychiatrie==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les années 60, Michel Foucault a tenté d&#039;amorcer &amp;quot;un dialogue entre la psychiatrie et ses sujets&amp;quot; ([[Bibliographie|Rose, 2006, p.113]]) et dès 1971 avec la sortie de son ouvrage sur les prisons, c&#039;est à la critique de l&#039;univers carcéral et des rapports de pouvoir qu&#039;il s&#039;attelle (Surveiller et punir, 1971). Ces critiques, plus tard regroupées sous le nom d&#039;antipsychiatrie, visaient à remettre en question &amp;quot;la manière dont le pouvoir du médecin était impliqué dans la vérité de ce qu&#039;il disait et, inversement, la manière dont celle-ci pouvait être fabriquée et compromise par son pouvoir ([[Bibliographie|Rose, 2006, p.120-121]]). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En Italie, Franco Basaglia, qui s’est appuyé entre autres sur les modèles de l’antipsychiatrie anglaise et française pour mener sa lutte ([[Bibliographie|Cooper, Lang, Foucault, Castel]]), s&#039;en est pris aux conditions de vie moyenâgeuses réservées aux malades mentaux. En quelques années, il démantèle l’asile et expérimente les premiers éléments de sa conception territoriale (et non plus institutionnelle) de la folie&amp;amp;nbsp;: le malade est soigné dans son milieu social&amp;amp;nbsp;» (TVB 10 octobre 80).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;institution comme lieu d&#039;exclusion est mise à mal par une volonté de certains de supprimer ces lieux de contrainte, pour une vie libre dans la Cité (sectorisation) ou dans des communautés thérapeutiques (de préférence à la campagne) partant du présupposé que les conditions de vie des personnes sont déterminantes dans leur état de santé (avant même tout diagnostic). Par ailleurs, dans ces années-là, la vie quotidienne devient un objet d&#039;étude (la sociologie de la vie quotidienne), terreau de multiples expériences pédagogiques et thérapeutiques. Le slogan &amp;quot;La liberté est thérapeutique&amp;quot; s&#039;allie à une critique de la contrainte médicamenteuse et des pratiques de contention psychiatrique: elle donne ainsi une place à de nouvelles formes d&#039;&amp;quot;éducation spéciale&amp;quot;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Symptôme de ce changement le terme d&#039;&amp;quot;usagers&amp;quot; vient reléguer celui de &amp;quot;patients&amp;quot; donnant un nouveau statut aux personnes, écorchant ainsi le sacro saint pouvoir des médecins et des directions des institutions.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En Suisse, en se fondant sur des principes similaires à ceux de Neil et de Cooper, dès les années 1960,&amp;amp;nbsp; de nombreuses institutions privées pour enfants handicapés ou en difficultés se développent en Suisse, majoritairement sous l&#039;impulsion d&#039;associations de parents. Ces derniers ont été amenés à &#039;&#039;créer et à gérer des institutions de type médico-éducatif&#039;&#039; &#039;&#039;pour éviter à leurs enfants d&#039;être relégués dans des services d&#039;hôpitaux psychiatriques ou d&#039;être seulement en survie à leur domicile&#039;&#039; (Chauvière et Plaisance, 2003, p.35). Aujourd&#039;hui, les institutions, à Genève, semblent toujours être un peu sur le même modèle, celui de &amp;quot;l&#039;alliance&amp;quot; entre le médical et le pédagogique (qui regroupe aussi l&#039;aspect éducatif). Si on ne cherche peut-être plus à éviter aux élèves la relégation en psychiatrie, on les place dans des lieux parfois hors de tout cursus ordinaire et loin de la norme. Ce qui questionne enfin sur qu&#039;est-ce que la normalisation? Et où mettre la limite à une vie comme tout le monde avec un handicap: la liberté (permissivité, autonomie) des années 1970 a-t-elle fait l&#039;impasse sur la souffrance des individus face aux exigences thérapeutiques et pédagogiques? La communauté d&#039;enfants (pédagogique, institutionnelle, thérapeutique) est-elle un modèle &amp;quot;utile&amp;quot; en temps de crise des institutions: peu coûteux, demandant un engagement au quotidien (vie quotidienne) du collectif pédagogique et thérapeutique (donc assurant un &amp;quot;contrôle social&amp;quot; maximal.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au sujet de la question de l&#039;influence du modèle des communautés thérapeutiques sur le processus de désinstitutionnalisation et antipsychiatrique des années 1960 à 1980, Alain Riesen met en évidence dans ses propos qu&#039;il est important de créer un parallèle entre le passé et le présent de manière à situer le contexte historique et politique, mais surtout de manière à voir sur quoi reposent nos agissements. Ainsi, selon lui, la naissance de ces communautés thérapeutiques comme détaillée précédemment dans ce chapitre, est un pas dans l&#039;histoire de la désinstitutionnalisation. Effectivement, ces communautés thérapeutiques se développent comme une alternative à l&#039;hospitalisation traditionnelle dans un contexte qui remet en question les rapports de pouvoir dans l&#039;institution, mais également au niveau de l&#039;éducation, de la santé ou encore des rapports entre hommes et femmes.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Toutefois, Riesen pointe le fait que ces communautés thérapeutiques prônant à l&#039;époque leur volonté de travailler dans la relation à l&#039;autre en utilisant les moyens les moins coercitifs possibles pour entrer en relation, soigner et atténuer la souffrance psychique des patients, ne se sont pas développées sur le long terme. En effet, cette alternative à l&#039;hospitalisation est vécue par certains comme plus dure et comme provoquant plus de souffrance en raison de la non médicalisation qu&#039;elle préconise. De plus, cette approche thérapeutique est très coûteuse en personnel soignant qualifié et ne pourra donc être soutenue par l&#039;état. Bien que cette tentative ne soit pas celle qui ait perduré, Riesen relève le fait qu&#039;elle ait tout de même eu son importance dans l&#039;histoire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Psychiatrie et antipsychiatrie  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;apparition de la médication au début des années 1960 permet d&#039;éviter l&#039;internement. Elle soutient fortement le changement qui s’opère dans les pratiques et donne l&#039;impression de pouvoir faire quelque chose. Elle fait transparaître un espoir aussi bien pour les praticiens que pour les patients puisque grâce à l&#039;administration de médicaments, il y a une diminution des hospitalisations, une augmentation des prises en charge ambulatoires et une augmentation des consultations. L&#039;avancée de la médecine et l’essor de la psychopharmacologie permettent alors de développer de nouvelles perspectives thérapeutiques et de nouveaux défis comme le soutien au patient et à sa famille, et la mise en place de nouvelles structures. Il s&#039;agit ainsi de &amp;quot;jeter un pont entre l&#039;hôpital et la ville&amp;quot; (CMS, 1963, 7ème année, n°2 &amp;quot;L’assistance psychiatrique&amp;quot;). Les personnes dites &amp;quot;folles&amp;quot; ne sont plus à enfermer, mais des personnes souffrant de troubles mentaux qu&#039;il faut soutenir dans leur autonomie et contenir dans leur pathologie ([[bibliographie|Kovess-Masféty, Boisson, Godot &amp;amp;amp; Sauneron, 2010]]). Cependant, les connaissances récentes sur les effets de la médication et les abus sur son utilisation sont également soulevés. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;antipsychiatrie se veut aussi anti-thérapeutique, ce qui lui est vivement reproché par les anti antipsychiatres. Selon ces derniers, les antipsychiatres considèrent que &amp;quot;les traitements sont à proscrire&amp;quot; ([[Bibliographie|Maurel, 1972]], p. 79). &amp;quot;Traiter, écrit Cooper, c&#039;est être intéressé à rendre le patient plus acceptable pour les autres...et lui faire manifester de moindre façon sa détresse&amp;quot; ([[Bibliographie|Maurel, 1972]], p. 79). Les anti antipsychiatres militent ainsi pour une guérison grâce à des médicaments &#039;&#039;efficaces&#039;&#039; (au sens médical), selon des avis rapportés par les patients eux-mêmes. Selon les psychiatres opposés au courant antipsychiatrique, ce-dernier vise &amp;quot;sans toujours l&#039;avouer à &amp;quot;soigner&amp;quot; clandestinement les &amp;quot;malades&amp;quot;&amp;quot; (Maurel, 1972, p.80), ce qui est selon Maurel et ses collègues, une contradiction.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le mouvement antipsychiatrique&amp;amp;nbsp; &amp;quot;s&#039;oppose d&#039;abord et avant tout à une forme de monopole du savoir médical&amp;quot; ([[Bibliographie|Mannoni, 1970]], p. 9). Il dénonce l&#039;autorité morale et policière du psychiatre. Toutefois, psychiatres et partisans de l&#039;antipsychiatrie s&#039;accorde sur le fait que &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;la société place le psychiatre dans une position ambiguë&amp;amp;nbsp;: il est au service d&#039;un patient dont il a à défendre les droits mais il se trouve également placé en position d&#039;auxiliaire de la police dans un programme d&#039;internement qui est un processus d&#039;obligation de soins&#039;&#039; (Mannoni, 1970, p. 168). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les réponses apportées par les uns et par les autres pour essayer de lever cette ambiguïté sont toutefois différentes. Si l&#039;antipsychiatrie cherche plutôt à démystifier &amp;quot;le rôle que la société fait jouer à la psychiatrie&amp;quot; (Mannoni, 1970, p.168), à créer des lieux où la maladie mentale pourrait être réinterrogée (allant même jusqu&#039;à nier la notion de maladie mentale) et à s&#039;éloigner des conceptions scientistes, certains psychiatres cherchent à remettre sur le devant de la scène un discours scientifique. &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;---Quand l&#039;antipsychiatrie est critique radicale de l&#039;institution, je suis antipsychiatre; mais quand elle se réfugie dans la négation de la maladie mentale, je suis contre&#039;&#039;--- ([[Bibliographie|Sztulman, 1972]], p.107).&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les archives de la revue &amp;quot;&#039;&#039;L&#039; Évolution psychiatrique&#039;&#039;&amp;quot;, les psychiatres non antipsychiatres se sont attelés, au début des années 70, à défendre leur point de vue scientifique et médical. Face au mouvement de protestation, ils ont écrit plusieurs articles afin de réhabiliter la psychiatrie et montrer les incohérences du mouvement antipsychiatrique, non seulement dans ce qu&#039;il dénonce, mais également dans les solutions qu&#039;il propose. S&#039;ils reconnaissent un certain succès à l&#039;antipsychiatrie &amp;quot;dans sa position de refus et de provocation&amp;quot; ([[Bibliographie|Barte, 1972]], p. 46), les solutions qu&#039;elle propose ne les satisfont guère. Pour certains membres de ce corps médical, la maladie mentale doit être reconnue comme &#039;&#039;phénomène nature&#039;&#039;l ([[Bibliographie|Ey, 1972]], p. 53). &amp;quot;En faisant volatiliser dans le néan l&#039;objet même de la psychiatrie qu&#039;est le malade mental, l&#039;antipsychiatrie nie la souffrance humaine, nie le drame authentiquement humain que vit chaque malade mental (Barte, 1972, p. 46). Pour défendre ces patients malades, &amp;quot;fous&amp;quot;, pour les réhabiliter, il est nécessaire de &amp;quot;passer par la reconnaissance même de la psychiatrie, science critique et autonome et qui ne peut se fonder que sur la notion de maladie mentale conçue ni comme simple maladie des organes, ni comme simple maladie psychique&amp;quot; (Barte, 1972, p.47). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le malaise asilaire est reconnu par les non antipsychiatres et les antipsychiatres. Il importe de traiter l&#039;institution en même temps que ses pensionnaires. Cependant, les non antipsychiatres récusent la responsabilité de l&#039;hôpital psychiatrique dans la création de la folie, &amp;quot;même s&#039;il concourt parfois à statufier certaines présentations cliniques&amp;quot;. (Sztulman, 1972, p. 106). Face aux critiques sur l&#039;hôpital, notamment face à certains qui, comme Basaglia, refusaient l&#039;idée de traitement de malades et de médecins, les non antipsychiatres dénoncent la destruction de l&#039;hôpital au profit d&#039;assemblées générales peu organisées. Sztulman (1972) pose la question&amp;amp;nbsp;: &amp;quot;A quoi ça sert&amp;amp;nbsp;? A quoi ça sert d&#039;être psychiatre là, ou femme de service, ou ergothérapeute puisque de tout façon chacun est dépouillé de son statut, et que les rôles sont inventés en permanence&amp;amp;nbsp;?&amp;quot; (p.102). Pour ces médecins, la négation de l&#039;inconscient et celle de la maladie mentale dans le mouvement antipsychiatrique amène des &#039;&#039;attitudes thérapeutiques particulièrement incohérentes &#039;&#039;(Sztulman, 1972, p. 101). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La question de l&#039;attribution de la maladie mentale à un fait organique, ou plutôt à un fait culturel était alors au cœur de la bataille entre antipsychiatres et non antipsychiatres. Lors de l&#039;entretien mené avec Monsieur Alain Riesen, ce dernier nous a expliqué que cette question est toujours d&#039;actualité et qu&#039;il n&#039;y a pas, aujourd&#039;hui encore, de définition claire de la part de la communauté scientifique. Dans les années 1970, les non antipsychiatres critiquaient l&#039;erreur de l&#039;antipsychiatrie dans sa croyance &amp;quot;&#039;&#039;en un principe de causalité univoque et direct de la psychose&amp;quot;&amp;amp;nbsp;&#039;&#039;(Sztulman, 1972, p.105). Dans le même article, Sztulamn déclare encore: &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&amp;quot;&#039;&#039;il est dogmatique et naïf de dire que la folie se développe en dehors de toute culture. Il est dogmatique et naïf de dire qu&#039;elle se limite à un fait culturel. De tout évidence, il n&#039;y a pas un modèle qu&#039;il soit organo, psycho ou socio-génétique de la maladie mentale, mais pluridéterminisme à pondération variable suivant les cas&#039;&#039;&amp;quot; (p. 105). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Monsieur Alain Riesen a bien décrit cette vision de &#039;&#039;pluridéterminisme&#039;&#039;. Il nous a expliqué que la conception de la maladie mentale comme unique produit d&#039;un système qui disfonctionne semble devoir se ranger derrière un système bio-psycho-social qui rencontre actuellement le plus de soutient de la part des professionnels du domaine psychiatrique.(voir [[La santé mentale aujourd&#039;hui]]) &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un peu plus tard, en 1974, L&#039;évolution psychiatrique a à nouveau consacré un numéro à l&#039;antipsychiatrie. Le vent de révolte de la part des non antipsychiatres semble s&#039;être calmé, comme s&#039;ils avaient été entendus et reconnus, comme s&#039;ils avaient &amp;quot;résisté à l&#039;agression psychiatricide de l&#039;antipsychiatrie&amp;quot; ([[Bibliographie|Sztulman, 1974]], p.129). Les mêmes auteurs qu&#039;en 1972 relèvent toujours l&#039;importance de l&#039;antipsychiatrie dans une démarche de contestation et d&#039;identification des difficultés de l&#039;institution psychiatrique. &amp;quot;L&#039;antipsychiatrie nous aide quand elle montre comme s&#039;est organisé le refus, la ségrégation de la maladie mentale et quand elle rappelle que chacun, dans la santé mentale et dans la folie, est la victime d&#039;une répression collective&amp;quot; (Sztulman, 1974, p. 129). Toutefois, ces mêmes psychiatres rappellent leur opposition à l&#039;étiologie de la maladie mentale revendiquée par les antipsychiatres. Ces années de remise en question et de refonte de la l’institution psychiatrique ont facilité un réel rétablissement de l&#039;institution de la psychothérapie, puis de la psychothérapie de l&#039;institution. En guise de plaidoyer Pro-Psychiatrie, voici ce que dit Minkowiski, cité par Sztulman (1974, p. 132) et qui résume la vision de non antipsychiatre de ce que devrait être leur profession:&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;Quelque part entre le fantasme de la faute et l&#039;illusion de la toute-puissance se trouve le chemin malaisé d&#039;une psychiatrie nouvelle, à réinventer tous les jours où le psychiatre refuse à la fois la facilité de n&#039;être qu&#039;un instrument passif, indifférent et anenchéphalique de la conservation de l&#039;ordre social et le plaisir narcissique de se situer au-delà d&#039;une réalité clinique ignorée, niée et finalement forclose, parce que angoissante. &#039;&#039;&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Elan contestataire et anti-psychiatrie à Genève dans les années 70  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En Suisse un même mouvement historique a été observé. Selon le médecin Christian Monney, on y a dénoncé les mêmes agissements qu’ailleurs&amp;amp;nbsp;: enfermement, répression, qui étaient là non pour aider le malade, mais pour protéger l’ordre public. On y mêlait, écrit-il, infirmes, orphelins, indigents et fous… (Dr Christian MONNEY, 1999, à l’occasion des 100 ans de l’Hôpital de Malévoz). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Or, dès 1965, des consultations ambulatoires sont créées et les séjours hospitaliers peuvent ainsi se raccourcir. Les moyens de contention sont contestés. Des établissements médico-éducatifs apparaissent, comme [http://www.castalie.ch/home.php?include=textes&amp;amp;lng=1&amp;amp;id=18&amp;amp;idmenu=14 la Castalie en Valais], grâce au Dr Rey-Belley, en 1972 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Genève, l&#039;élan contestataire débute lorsque Julian de Ajuriaguerra est nommé directeur de Bel-Air en 1959. A son arrivée, il décide d&#039;ouvrir des pavillons et d’introduire une nouvelle idée&amp;amp;nbsp;: «&amp;amp;nbsp;l’hospitalisation de courte durée, dans le but de remplacer, le plus vite possible, le patient dans son milieu naturel&amp;amp;nbsp;». [[Bibliographie|Archives contestataire, boite Riesen/Schuler, Réseau suisse-romand. Alternative à la psychiatrie, 1976.]] C&#039;est donc à ce moment-là que le mouvement de désinstitutionnalisation naît. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme en témoigne Alain Riesen, c’est notamment grâce à l’impulsion de praticiens militants que s’élabore la réflexion autour du statut et des droits fondamentaux des patients. C’est en se positionnant face à la violence institutionnelle ([[Violence symbolique]]) et en s’inspirant des expériences ayant lieu dans d’autre pays (Italie, France, Hollande, Angleterre) qu’il crée le Réseau Suisse-romand d’Alternative à la psychiatrie. Le collectif a pour toile de fond toute la réflexion critique autour du pouvoir médico-psychiatrique (sans pour autant nier la nécessité de prononcer sur ce qu’est le trouble psychique) et des dispositifs institutionnels, le but est avant tout de mettre en avant le questionnement sur les approches thérapeutiques et les droits des patients. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En effet, on commence à critiquer les asiles et à vouloir modifier le fonctionnement de l&#039;hôpital psychiatrique. Les patients psychiatriques commencent à bénéficier des mêmes droits que les patients non-psychiatriques. De ce fait, entre les années 1963 à 1970, il se développe un système psychiatrique extra-hospitalier complet. Ensuite, pendant les années 70-80, cet élan continue avec la volonté de baser les soins sur des approches psychotérapeutiques.[[Bibliographie|Rey-Bellet, Bardet Blochet, Ferrero, 2010, p.90-95]] &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dès les années 1970, l&#039;ADUPSY (l&#039;association pour les droits des usagers de la psychiatrie) se questionne à propos du placement des malades qui garde, malgré la loi de 1936, un caractère prégnant d&#039;enfermement, et à propos de la limitation des droits des personnes que ces lois entrainent. En effet, l&#039;ADUPSY estime que les malades mentaux n&#039;ont pas le choix de leur placement (internement), cela se fait de force, et que leurs droits sont dès lors limités puisqu&#039;ils n&#039;ont pas de droit de regard sur le traitement qui leur est administré. A cet effet, cette association relate par exemple qu&#039; &amp;quot;en 1975, la majorité des malades mentaux entrent encore à Bel-Air contre leur gré&amp;quot; ([[Bibliographie|ADUPSY, 1979, p. 7]]). Les droits de l&#039;Homme, et dans ce cas présent du malade, sont donc au cœur du débat. L&#039;association défend alors l&#039;idée que tout &#039;&#039;internement psychiatrique&#039;&#039; devrait être pensé comme une hospitalisation qui respecte les droits du malade mental en assurant sa protection et sa dignité, qui rende le patient actif dans son traitement, qu&#039;il peut d&#039;ailleurs refuser, qui n&#039;a pas comme raison la dangerosité potentielle du patient, qui rappelle au patient quels sont ses &amp;quot;droits en matière d&#039;hospitalisation et de traitement&amp;quot; (p. 13), et qui devrait &amp;quot;nécessiter obligatoirement de deux certificats médicaux&amp;quot; (p. 13) de manière à justifier ce placement sur plusieurs avis de provenance différentes. Dans cette optique, on se rend compte de l&#039;évolution de la prise en charge des malades mentaux. Que ce soit au niveau des termes employés, de la procédure ou des droits des patients, l&#039;ensemble de cette prise en charge évolue. L&#039;époque semble donc propice à des changements radicaux. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En réponse à ce nouveau regard sur la question de la prise en charge des malades mentaux, la question de l&#039;éducation semble elle aussi être en mouvance durant cette période.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt; Dès les années 70, le journal mensuel &amp;quot;Tout Va Bien&amp;quot; a consacré de nombreuses pages et numéros à la question de l&#039;antipsychiatrie. Dès 1973, un groupe d’enquête s’est constitué pour dénoncer une certaine violence et certains abus de pouvoir au sein des asiles psychiatriques. Leur volonté était de déterritorialiser la psychiatrie. «&amp;amp;nbsp;La psychiatrie, c’est l’affaire de tout le monde&amp;amp;nbsp;». Ils voulaient faire exploser la loi du silence qui régnait dans ces lieux. Ils ont voulu dénoncer les rapports de pouvoir sévissant à l&#039;intérieur des murs psychiatriques, la soumission du malade à l’infirmier, la soumission de l’infirmier au médecin, la soumission du médecin aux pouvoirs de l’administrateur bailleur de fonds. Selon ce journal, le mouvement antipsychiatrique serait né au début des années 60: La clinique psychiatrique de Bel Air, créée en 1900, a commencé à construire des pavillons ouverts avec l’arrivée de son nouveau directeur en 1959, Julian Ajuriaguerra. Son intention était de favoriser le retour de l’interné au plus vite dans leur milieu naturel, grâce à une hospitalisation de courte durée. A Genève, depuis 1963, le travail psychiatrique est sectorisé. On commence à organiser les soins dans des centres de consultation de quartier. Les premières tentatives alternatives apparaissent en Suisse. Des travailleurs sociaux poursuivent une critique des institutions et contribuent à la création et au fonctionnement de centres (qui se différencient des institutions récupératrices) qui ont pour but de venir en aide à toute personne en crise. Exemple&amp;amp;nbsp;: le centre Liotard à Genève, créé par le réseau d’alternative à la psychiatrie de Suisse romande. En janvier 1975 se tient le premier congrès d’alternative à la psychiatrie de secteur (Congrès de Bruxelles, auquel participe un groupe de Genève: il s’en est inspiré pour animer des débats au centre Liotard&amp;amp;nbsp;: recherche d’alternatives concrètes répondant aux besoins des malades. A Lausanne, le 24 janvier 1976, est créé un réseau alternatif à la psychiatrie pour la Suisse romande, dont l’un des membres actifs s’appelle Alain Riesen, du Centre Liotard. Une commission formée aussi bien de psychiatrisés que de soignants s’est alors formée. Elle a remis en question le pouvoir des soignants. Selon cette commission, le but d’une alternative au secteur doit être la prise en main progressive par le malade de ses propres difficultés. Suite à des tentatives d’internement forcé, des tracts ont circulé, dénonçant les abus du pouvoir psychiatrique (voir les archives contestataires de Genève, Classeur Alain Riesen). Dès ce moment-là, une prise de conscience s&#039;opère: le patient ne veut plus être manipulé, il ne veut plus être le cobaye, il ne veut plus être muselé par le pouvoir du médecin. Il veut choisir son mode de guérison, il veut être actif dans le processus de guérison. Il convient alors de faire en sorte que ce soit le patient qui choisisse ou non son hospitalisation. Effectivement, médecins, contestataires et familles se sont rendus compte de l&#039;importance du choix du malade dans sa propre guérison. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A la fin des années 70, d&#039;autres mouvements antipsychiatriques se répandent en Suisse et ailleurs: par exemple à la clinique de Bellelay, où son nouveau directeur a souhaité ouvrir les murs à son arrivée, et mettre à disposition des appartements protégés, voire même une maison de vacances pour ses patients. Le but était &amp;quot;que les malades puissent le plus possible avoir des contacts humains et une vie «&amp;amp;nbsp;normale&amp;amp;nbsp;» (TVB avril-mai 80). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Suite à la mort atroce d&#039;Alain Urban lors d&#039;une cure de sommeil forcé à la clinique de Bel-Air, l&#039;ADUPSY ainsi que l&#039;Association des Médecins Progressiste ont déployé maints efforts pour alerter l&#039;opinion publique à propos des agissements soupçonneux de la clinique en question. Leurs revendications ont porté sur la suppression des isolements, la priorité données aux instruments de soin ambulatoire, l&#039;augmentation des effectifs globaux du personnel soignant, etc. Ils expriment également leur soutien aux revendications concernant le droit des patients&amp;amp;nbsp;: «&amp;amp;nbsp;Le consentement du patient ou de son entourage immédiat doit toujours être recherché, dans la thérapeutique comme dans la recherche&amp;amp;nbsp;». &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après les drames qui ont secoué Bel-Air, une commission d&#039;enquête a été créée, et c&#039;est non seulement le Directeur de cette clinique qui a été interrogé, mais également les patients, les soignants, ainsi que les cadres. Dès cet instant, &amp;quot;tout est ressorti&amp;quot;, témoigne Alain Riesen, amenant à une première évolution forte: la réforme de l&#039;institution psychiatrique. Le Pr Tissot est destitué, et un changement au niveau de la législation se fait: le droit de recours apparaît, le patient peut désormais exiger de faire valoir ses droits. Jusque là, le Réseau d&#039;Alternative à la psychiatrie pouvait intervenir sur demande, mais n&#039;avait pas de statut officiel. A partir de cette période, une Commission de surveillance fut mise sur pied (réunissant un juriste, un médecin indépendant, un représentant du Droit des patients), et quatre associations de défense du Droit des patients sont nées: l&#039;Association RÊVE (les &amp;quot;Entendeurs de voix&amp;quot;), l&#039;ADPED (Association des personnes ayant des troubles bi-polaires et dépressifs), l&#039;Expérience (travail artisanal double d&#039;un travail d&#039;entraide), et l&#039;AETOC (Association des personnes ayant des troubles obsessionnels et compulsifs). Selon Alain Riesen, l&#039;institution, malgré l&#039;avancée significative qui a été faite quant au droit des patients, garde les stigmates de l&#039;institution asilaire. &amp;quot;Il y a encore beaucoup de travail à faire pour faire éclater l&#039;institution dans sa dimension totalitaire&amp;quot;, dit-il en conclusion de son récit.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Conclusion: l&#039;antipsychiatrie un débat déplacé ? ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;analyse des documents d&#039;archives, du contenus des revues, ainsi que celui du témoignage d&#039;Alain Riesen ont permis d&#039;entrevoir la richesse des débats autour d&#039;une gestion humaniste de la question de la folie. Tout autant que le traitement proprement dit c&#039;est aussi statut de la personne considérée comme inadaptée à la vie &amp;quot;normale&amp;quot; qui est remis en question. D&#039;un côté on privilégie un mode de vie au plus près de la &amp;quot;normale&amp;quot; d&#039;une vie quotidienne allant jusqu&#039;à vouloir supprimer les médicaments pour être plus près de la vérité de l&#039;humain et de l&#039;autre c&#039;est le droit des patients, des usagers des secteurs qui est revendiquer leur donnant ainsi un statut d&#039;être social et donc de citoyen.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les différents mouvements contestataires, qui sont passés de la désinstitutionnalisation à la sectorisation en passant par la création de communautés thérapeutiques, ont amené à une critique du pouvoir institutionnel et des médecins. Le médecin n&#039;est plus tout-puissant et le consentement du patient ou de son entourage doit être obtenu avant tout traitement. Le patient a des droits et il doit les faire respecter.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De l&#039;enfermement asilaire on est allé vers une continuité des soins entre l&#039;hospitalier et l&#039;extra-hospitalier; en effet, sous prétexte que le patient nécessitait des soins, on l&#039;extrayait de  la société pour le placer en hôpital, on cherchait à le &amp;quot;normaliser&amp;quot; en l’excluant du système!: qui voulait-on protéger? Le patient ou la société? En bénéficiant de soins tout en continuant à être inséré dans la société, le patient ne souffre-t-il pas d&#039;un isolement qui rendrait sa réinsertion encore plus difficile? Mais ainsi il bénéficie d&#039;un réseau de soutien (famille, amis) qui a une part essentielle à jouer dans le processus de guérison. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce souffle libertaire a eu le mérite de remettre en question bien des idées arrêtées sur la fonction de l&#039;hôpital, le statut des médecins et des soignants, cependant, il semblerait que même si beaucoup de progrès ont été accomplis dans le domaine de la prise en considération de la personne malade, l&#039;institution a toujours maintenu les stigmates de l&#039;asile totalitaire et que les expériences novatrices aient pu se faire en dehors de l&#039;aile dans des structures plus petites, communautaires qui d&#039;ailleurs ne sont pas à l&#039;abri de processus d&#039;exclusion et de pratiques de pouvoirs. L&#039;alternative à l&#039;internement restant toujours la prise en charge ambulatoire...&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Cécilia Zuccone</name></author>
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		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=La_d%C3%A9sinstitutionalisation_dans_le_champ_de_l%27%C3%A9ducation_sp%C3%A9ciale_1960-1980&amp;diff=9316</id>
		<title>La désinstitutionalisation dans le champ de l&#039;éducation spéciale 1960-1980</title>
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		<updated>2012-01-10T22:09:05Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Cécilia Zuccone : /* Revue de la littérature */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;[[user:Kleinpa0|P. Klein]],&lt;br /&gt;
[[user:Natalina m|N. M.]],&lt;br /&gt;
[[user:Ruchat|Martine Ruchat]],&lt;br /&gt;
[[user:Tatiana-vinhas|T Vinhas]],&lt;br /&gt;
[[user:Sandra wirz|S. Wirz]] et&lt;br /&gt;
[[user:Cécilia Zuccone|C. Zuccone]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Université de Genève&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Introduction  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A l&#039;heure où l&#039;on constate de &amp;quot;nouvelles exclusions&amp;quot; au nom de la protection des citoyennes et des citoyens inquiétantes pour certains, car laissant entrevoir des régressions sur le plan des politiques sociales &amp;quot;ruinant ainsi des décennies d&#039;efforts de déségrégation, désexclusion, de &amp;quot;retour du schizophrène dans la cité&amp;quot; comme l&#039;écrit le médecin Patrick Lemoine [[Bibliographie]] (p.69), un certain nombre de questions se posent pour mieux comprendre l&#039;histoire de l&#039;éducation spéciale Une histoire à la fois politique (antipsychiatrie, sectorisation), sociale et culturelle (intégration, normalisation, désinstitutionalisation, communauté de vie, communauté thérapeutique) dans les décennies des Trente glorieuses (1960-1990) pendant lesquelles a soufflé un vent de contestation des politiques institutionnelles. Un esprit contestataire a émergé en particulier dès les années 1970 (post soixante-huit) provoquant dans le champ de la prise en charge des personnes dites aujourd&#039;hui &amp;quot;à besoins particuliers&amp;quot; un élan de remise en question de l&#039;institution, du pouvoir des médecins, de la contrainte institutionnelle et médicamenteuse. Peu de travaux ont encore exploré ce champ, à Genève, sinon pour étudier l&#039;histoire de Mai 68 et du mouvement féministe. (voir notamment Julie [[Bibliographie|De Dardel]].)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La recherche proposée vise à mieux comprendre comment, à Genève, le champ de l&#039;éducation spéciale et celui de la psychiatrie ont été touchés par cette contestation. Elle fait suite à celles engagées en 2010 et 2011 sur l&#039;histoire de l&#039;intégration scolaire des enfants handicapés mentaux [[Pionniers de l&#039;intégration scolaire des enfants handicapés à Genève]] et La génération intégration 1970-1980: un slogan pour quelles réalités sociales? [[Article 2011]]. Ces recherches précédentes ont montré à la fois la complexité des pratiques d&#039;intégration amenant souvent un écart entre discours et pratiques, ainsi que les résistances à penser le handicap sans mettre une ligne de démarcation entre norme et hors norme, entre enfant éducable et non éducable, limites souvent mal définies et dépendantes des représentations sociales des actrices et acteurs des champs d&#039;intervention sociale et du public (malédiction du handicap). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A la fin des années 1950, l&#039;intégration apparaît pour les parents dont les enfants sont encore entièrement à leur charge dans la famille être synonyme de placement dans des institutions qu&#039;il reste encore à créer. Le concept de [[Dictionnaire|normalisation]] qui vient s&#039;accoler à celui d&#039;intégration pour rapprocher toute déviance d&#039;une norme sociale (en terme d&#039;habitat, d&#039;activité, voire de comportements) prête alors à confusion. Ainsi le milieu ouvert (comme Aigues-Verte par exemple) peut apparaître comme plus proche d&#039;une vie quotidienne &amp;quot;normale&amp;quot; et donc plus intégrant que la vie en famille. Le Pavillon des Grand Bois à l&#039;hôpital psychiatrique de Bel-Air représente encore une solution &amp;quot;intégratrice&amp;quot; pour les enfants les plus difficiles à éduquer et les moins autonomes leur permettant qui sait de &amp;quot;suivre&amp;quot; l&#039;école comme les autres enfants même dans un milieu hospitalier. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le terme [[Dictionnaire|désinstitutionalisation]], quant à lui, qui fait l&#039;objet de cette nouvelle recherche est d&#039;abord issu des milieux de l&#039;antipsychiatrie (et donc ni des associations de parents ni des milieux pédagogiques) et même être un terme journalistique. On peut néanmoins apparenter idéologiquement ce mouvement antipsychiatrique avec cet objectif de normalisation dans le sens de rapprocher les personnes prises en charge d&#039;une vie quotidienne de tout un chacun. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi bien qu&#039;ayant leurs propres origines et histoires, ces différents courants peuvent être associés au courant libertaire qui a influencé différents champs du social entre 1970 et 1990. C&#039;est dans une perspective de compréhension de l&#039;histoire des idées et des pratiques du mouvement antipsychiatrique genevois que s&#039;inscrit donc cette recherche. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un premier temps, cette page d&#039;histoire sera située dans une &amp;quot;tradition&amp;quot;: d&#039;une part celle du traitement dans le respect des besoins des individus considérés comme différents (arriérés, anormaux, exceptionnels), notamment depuis les travaux des psycho-pédagogues du début du 20e siècle comme Alfred Binet à Paris, Edouard Claparède à Genève ou Ovide Decroly à Bruxelles); et d&#039;autre part dans une tentative dès les années vingt en Angleterre (voir Libre enfants de Summerhill de Neill), mais surtout pendant et dans l&#039;après deuxième guerre mondiale (voire les communautés d&#039;enfants victimes de la guerre), de multiplier les expériences de vie communautaire issues du scoutisme, des mouvements de jeunesse, de l&#039;éducation nouvelle et de l&#039;éducation internationaliste et pacifiste, des colonies de vacances et camps CEMEA, s&#039;opposant à la tradition hospitalière (couvent, Bon Pasteur, Hospice, institutions de prises en charge spécialisées). Ce faisant, nous dégagerons des signes précurseurs de &amp;quot;désinstitutionalisation&amp;quot; dans ces structures plus petites, parfois médicalisées (les écoles de plein-air), mais avant tout proches de la nature et des besoins des individus. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un second temps, nous étudierons la période 1960-1980, laquelle a vu émerger un mouvement antipsychiatrique (critique de l&#039;hôpital, du pouvoir médical, de la médicalisation à outrance et de la contrainte) pour une critique radicale visant le pouvoir institutionnel et entraînant des pratiques novatrices, lesquelles demandent à être mieux étudiées: 1. dans leurs objectifs (désinstitutionalisation ou déshospitalisation versus sectorisation)? 2. dans le choix fait des traitements: médicaux (traitement ambulatoire) ou éducatif et thérapeutique? 3. dans l&#039;évaluation faite des populations concernées par une prise en charge alternative 4. dans le rôle joué par la psychanalyse comme alternative au traitement médicaux et comme modèle thérapeutique (notamment dans les communautés cf. film de Catherine Scheuchzer, Dans l&#039;aventure du non de la parole) 5. dans le rôle donné aux familles et le poids qui leur est fait supporter (en terme financier, de responsabilité, de culpabilité,...) et en particulier à l&#039;égard des mères et des femmes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il s&#039;agira de mieux comprendre si l&#039;antipsychiatrie est dans les années 1960-1980 une nouvelle manière de faire de la psychiatrie ou si elle est une véritable contestation de l&#039;institution asilaire, et si les modèles alternatifs proposés ne seraient pas sous couvert d&#039;idéologie libertaire une façon de baisser les coûts de la santé en temps de crise. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour ce faire, nous avons lu des articles et consulté une bibliographie d&#039;ouvrages &amp;quot;classiques&amp;quot;, livres de références pour les acteurs/trices de la période considérées, puis nous avons dépouillé des revues professionnelles pour saisir les thématiques qui ont alors traversé le champs de la psychiatrie et de l&#039;éducation spécialisée; dans un second temps, la recherche s&#039;est portée sur un fond d&#039;archives de l&#039;Association Les archives contestataires (fonds Alain Riesen/Schuler) dont les donateurs d&#039;archives, sont les fondateurs de l&#039;Arcade 84 et militant de l&#039;antipsychiatrie genevoise. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un troisième temps nous avons effectué un entretien vidéo (un plan fixe) avec Alain Riesen afin de lui poser cinq questions issues de la recherche dans les archives et dans la littérature afin d&#039;avoir son témoignage sur l&#039;histoire de l&#039;antipsychiatrie, de la désinstitutionalisation et des communautés thérapeutiques entre 1960 et 1980.[[Plan de recherche 2012]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Revue de la littérature  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On constate qu&#039;il n&#039;y a guère d&#039;articles et d&#039;ouvrages concernant cette page de l&#039;histoire genevoise. Un article sur la naissance de la psychiatrie d&#039;Alain Riesen et un autre de Cléopâtre Montandon, qui relève plus d&#039;une histoire des liens entre psychiatrie et justice [[bibliographie]] ont en quelque sorte donné le feu aux poudres à notre recherche. Mais pour approcher l&#039;histoire des changements apparus dans les années soixante sur le plan de l&#039;éducation spéciale dans le traitement des troubles psychiques, il a fallu d&#039;abord s&#039;intéresser à l&#039;histoire de l&#039;antipsychiatrie, puis celle de la désinstitutionnalisation et enfin celle des communautés thérapeutiques, sujet introduit par le [http://edutechwiki.unige.ch/dewiki/R%C3%A9sum%C3%A9_film_de_Catherine_Scheuchzer film de Catherine Scheuchter]. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Faute de littérature de seconde main concernant l&#039;histoire genevoise, nous avons étudié en particulier les fonds d&#039;archives aux [http://www.archivescontestataires.ch Archives Contestataires] qui rassemblent les documents produits par les mouvements contestataires de la seconde moitié du XXe siècle. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Puis une plongée dans quelques revues professionnelles et journalistiques nous a permis de mieux comprendre la place prise par ces thématiques dans les années concernées. Ainsi, un certain nombre de revues professionnelles ont été dépouillées pour la période 1970-1980. Soit: Sauvegarde de l&#039;enfance, Déviance et Société, L&#039;Evolution psychiatrique. S&#039;y sont ajoutés les Cahiers Médico-sociaux entre 1956 et 1981, ainsi que le journal &amp;quot;Tout va bien&amp;quot; ( voir [[Notes sur journal Tout va bien]]) dépouillé pour les années 1970 à 1983, qui a consacré trois numéros entiers aux problèmes de la psychiatrie à Genève et surtout au mouvement antipsychiatrique lié au scandale de l&#039;institution psychiatrique de Bel-Air en 1980. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt; Durant la période de 1970 à 1985, la revue &amp;quot;Sauvegarde de l&#039;enfance&amp;quot; n&#039;a publié aucune revue, voire même aucun article consacré au thème de notre étude, à savoir la désinstitutionnalisation dans le champ de l&#039;éducation spéciale. Au premier abord on pourrait donc tirer la conclusion selon laquelle ce champ d&#039;étude ou ce mouvement n&#039;était que peu présent à cette époque. Toutefois, en se penchant davantage sur les sujets traités dans cette revue, on se rend compte que les auteurs de celle-ci n&#039;ont pas abordé la désinstitutionnalisation en tant que telle, mais l&#039;ont abordée par les effets qu&#039;elle a pu engendrer à cette époque. Effectivement, on peut observer des thèmes comme la formation des éducateurs en centre de jour ou en maison d&#039;accueil, la relation entre famille et société, l&#039;école ordinaire, l&#039;adolescence et la violence ou encore l&#039;aide sociale, autant de thèmes qui ont largement découlé de ce mouvement désinstitutionnel. Il est donc fort intéressant de se pencher sur les champs d&#039;action de ce type de revues, afin de mieux comprendre quel était le climat politique, les préoccupations, les tendances de la période qui nous intéresse. D&#039;ailleurs, nous retrouverons tout au long de cet article de nombreuses références aux thèmes traités par la revue &#039;&#039;Sauvegarde de l&#039;enfance&#039;&#039;.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Entre 1972 et 1974&#039;&#039;, [[L&#039;évolution psychiatrique|L&#039; Évolution psychiatrique]]&#039;&#039; consacre deux numéros au thème de l&#039;antipsychiatrie. Dans ces deux numéros, les articles sont rédigés par des médecins psychiatres non antipsychiatres qui s&#039;efforcent, dans un premier temps, de reconnaître les bienfaits des problématiques soulevées par le mouvement antipsychiatrique. Dans un deuxième temps, ces psychiatres contestent les thèses du mouvement, les critiquent et se distancent franchement des solutions proposées par les antipsychiatres pour répondre aux problématiques de départ. Après 1974, il n&#039;y a plus de numéros ou d&#039;articles consacrés à l&#039;antipsychiatrie. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La [[Revue Déviance et Société|Revue Déviance et Société]] aborde la problématique du traitement de la déviance essentiellement du point de vue pénale et de l’analyse  des normes. Les quelques articles relevés entre 1977 et 1982 en lien avec notre problématique témoignent bien du questionnement autour des normes, de la responsabilité et du processus de formation de la déviance et de la stigmatisation. Il est ainsi possible de constater que l’incursion de la psychiatrie dans le domaine pénal est perçue comme une menace ou une déresponsabilisation des actes délinquants ou criminels. Et que les arguments invoqués pour l’application d’une évaluation psychiatrique est bien celle d’une aliénation, mais en dehors ou en parallèle du milieu carcéral. Concernant notamment la prise en charge des mineurs, l’article de Jean-Marie Renouard (1982) relate bien les mouvements conceptuels ayant eu lieu. De l’identification de l’enfant «&amp;amp;nbsp;inadapté&amp;amp;nbsp;» à par la suite l’identification de l’enfant «&amp;amp;nbsp;handicapé&amp;amp;nbsp;», les concepts de l’exclusion qui s’en suivent sont passés d’une stigmatisation dans le but «&amp;amp;nbsp;d’extraire&amp;amp;nbsp;» (dénoncés par la sociologie et le mouvement antipsychiatrique) à un droit à l’exclusion dans une visée de réintégration. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Les cahiers médico-sociaux]] se dédient aux questions contemporaines liées à la santé publique et médico-sociales. C’est d’un point de vue «&amp;amp;nbsp;mesuré&amp;amp;nbsp;» que cette revue nous indique de façon précieuse quelles étaient les dispositions prises au niveau des politiques sociales (Assurances Invalidité, lois) et du traitement médical ou thérapeutique (services, institutions, approches thérapeutiques, relation praticien-patient). Les articles retenus concernent essentiellement l&#039;hygiène mentale et son appréhension. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt; Cette revue de la littérature montre que les années 60 à 80 ont été fortement teintées par une volonté de sortir les personnes malades de l&#039;institution névrosante, des ghettos asilaires, et de viser plutôt une ouverture vers la communauté. C&#039;est la recherche de la normalisation, donnant de l&#039;ampleur à un certain courant humaniste. Est apparue la notion de Droit des patients: toute personne a le droit de vivre dans son milieu et de participer à la vie de sa communauté. La nécessité d&#039;être acteur de son processus de guérison est devenue prioritaire. Mais jusqu&#039;où est-on allé? Où se situe la limite d&#039;une &amp;quot;vie comme tout le monde&amp;quot; lorsque l&#039;on souffre, que l&#039;on a des besoins spécifiques? Les années 70 ont été permissives et ont laissé beaucoup d&#039;autonomie aux personnes handicapées ou malades, mais se sont-elles senties mieux?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Méthodologie  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le travail de recherche a mêlé plusieurs méthodologies. Outre l&#039;apprentissage de l&#039;usage d&#039;un wiki qui a cimenté comme il se doit cette &amp;quot;communauté de travail&amp;quot; de six membres, ceux-ci ont travaillé dans trois directions: la recherche documentaire et bibliographique, l&#039;étude d&#039;un fonds d&#039;archives (le Fonds Riesen/Schuler de l&#039;Association les Archives contestataire) et la construction d&#039;une grille de questions à poser au &amp;quot;grand témoin&amp;quot;, Alain Riesen. Ces quatre outils méthodologiques ont donc fondé cette étude. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1. De l&#039;usage du wiki &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La pratique de l&#039;intelligence collective oblige à mettre en mouvement deux réseaux: le réseau que forme les membres de la communauté qui travaillent constamment ensemble pour alimenter le site Dewiki et le &amp;quot;réseau&amp;quot; des pages de rédaction qu&#039;il offre le site, soit: celles de l&#039;article, du dictionnaire des concepts, de la bibliographie et des résumés. Reste évidemment la page d&#039;accueil qui permet de visualiser l&#039;ensemble et de suivre les tâches à effectuer d&#039;une semaine à l&#039;autre. Ce travail de recherche mêle des moments de rencontre sur le web (notamment par les pages de discussion autour d&#039;une activité), mais aussi réellement en salle de cours, afin surtout d&#039;assurer le rythme d&#039;avancement de la démarche et d&#039;échanger du point de vue intellectuel et du point de vue technologique. L&#039;évaluation de la démarche se fait aussi dans une même perspective d&#039;intelligence collective qui nécessite un engagement des personnes pour le &amp;quot;bien commun&amp;quot; à savoir le résultat de l&#039;ensemble des activités qui forment cette recherche originale. Une autoévaluation collective clôt la démarche un mois après la fin de l&#039;expérience collective pour permettre d&#039;ajuster les rythmes individuels et de peaufiner les textes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
2. De la recherche documentaire et bibliographique &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Afin de mieux comprendre les positions des différents acteurs dans les domaines que nous avons étudiés, il a été nécessaire de se plonger dans différentes revues professionnelles ou sociales. La plupart d&#039;entre elles étant gardées en version papier dans différents lieux d&#039;archives ou bibliothèques, nous nous sommes rendues dans les bibliothèques universitaires de plusieurs facultés (psychologie et sciences de l&#039;éducation, lettres, médecine,...) afin d&#039;avoir accès aux articles de l&#039;époque. La plupart de ces thématiques n&#039;étant pas directement liées à nos propres études, il nous a fallu, dans un premier temps, saisir tout un lexique, une pensée, un domaine parfois méconnus, voire inconnus. Dans un deuxième temps, il a fallu comprendre comment ce qui avait été lu pouvait s&#039;inscrire dans cette période entre 1960 et 1980, quelles étaient les sources d&#039;inspirations et les revendications de cette époque particulière. Nous avons également fait appel à des ouvrages, des livres que nous avons trouvé en bibliothèque afin d&#039;étayer notre recherche.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
3. De la recherche en archives &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous sommes allées deux matins aux Archives Contestataires, afin de faire de la recherche sur le fond Riesen/Schuler. Avoir en mains des documents manuscrits, de vieux journaux, et de la documentation provenant de ces militants (médecins ou non) a été enthousiasmant nous amenant à découvrir une nouvelle façon de faire de la recherche en sciences de l&#039;éducation. Aussi, cela nous a permis de mieux comprendre notre objet d&#039;étude dans le cadre genevois et ainsi de pouvoir préparer les différentes questions que nous allions posées à Alain Riesen lors de notre entretien.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
4. La constitution d&#039;une archive orale &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
N&#039;ayant trouvé que peu d&#039;archives écrites sur le mouvement de contestation de la psychiatrie à Genève entre 1960 et 1980, nous avons eu la chance de pouvoir interviewer Monsieur Alain Riesen, ergothérapeute et co-fondateur d&#039;Arcade 84. En relation avec les thématiques propres à chacune selon les revues consultées ou les ouvrages lus, nous avons pu l&#039;interroger d&#039;abord sur sa position de professionnel de la psychiatrie et son statut de militant. Dans un deuxième temps, nous lui avons demandé qu&#039;elles étaient ses lectures de référence, sa conception de la maladie mentale, et sa vision du partenariat avec les familles des malades. Finalement, nous l&#039;avons interrogé sur les apports de toutes ces années de militantisme, notamment au sein de l&#039;ADUPSY et du réseau alternatif à la psychiatrie.([[Plan de recherche 2012|Questions]]). Cet entretien nous a tout d&#039;abord permis de mieux comprendre ce qui s&#039;était réellement passé à Genève durant la période étudiée, et surtout d&#039;avoir des éléments précis et concrets de cette période de désinstitutionnalisation. C&#039;est ainsi que nous avons pu compléter notre article en regard des propos de Monsieur Riesen.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Panorama historique général  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Des prisons à l&#039;asile pour les personnes atteintes d&#039;affections mentales&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Jusqu&#039;à la fin du XVIIIe siècle, les hôpitaux psychiatriques internaient une population bien différente de celle accueillie au XXe siècle. [[Bibliographie|Cléopâtre Montandon&amp;amp;nbsp;(1978)]]&amp;amp;nbsp; nous rappelle que les populations désignées comme relevant de l&#039;univers psychiatrique étaient très fortement liées à l&#039;univers carcéral. Effectivement, jusqu&#039;au XVIIIe siècle, les criminels étaient considérés comme &amp;quot;fous&amp;quot; ou &amp;quot;aliénés&amp;quot; et se voyaient enfermés, voire même enchaînés dans des &amp;quot;maisons de discipline&amp;quot; ou dans des &amp;quot;hôpitaux pour fous&amp;quot;. A cette époque, seule la justice décidait du lieu d&#039;incarcération des individus criminels. Peu à peu, des distinctions se sont faites pour montrer que certains criminels aliénés relevaient davantage de la psychiatrie, et se définissaient essentiellement par une responsabilité restreinte et une santé mentale défaillante. Ce sont alors ces personnes, désignées comme ne pouvant accomplir leur rôle social, que les hôpitaux psychiatriques ont admis dans leurs locaux. Pour décider et justifier ces internements, la justice ne pouvait agir seule. C&#039;est à partir de 1838 qu&#039;une loi voit le jour à Genève concernant l&#039;internement des &amp;quot;aliénés&amp;quot;: loi sur le placement et la surveillance des aliénés (5 février 1838). On parlera dès lors de &#039;&#039;placement&#039;&#039; des aliénés, et non plus de l&#039;enfermement ou de l&#039;internement de ces derniers.&amp;lt;br&amp;gt; &amp;quot;Ce n&#039;est qu&#039;à partir de 1936 que l&#039;autorisation d&#039;un internement est délivrée sur vue d&#039;un certificat médical par le Département de la prévoyance sociale et de la santé publique&amp;quot;. Ainsi, on voit combien la société évolue en définissant clairement et sur preuves médicales qui peut être &#039;&#039;placé&#039;&#039; en hôpital psychiatrique. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On peut également noter que les préoccupations principales de la période du XVIIIe au début du XXe siècle se restreignaient principalement à la sécurité, et de fait au &#039;&#039;placement&#039;&#039; de ces personnes. Où pouvait-on mettre physiquement ces personnes différentes pour qu&#039;elles ne nuisent pas à la société? Que pouvait-on faire d&#039;elles? Qui pouvait s&#039;en occuper? Que faire avec ces personnes? On observe dès lors que, pendant plusieurs siècles, ces personnes étaient enfermées, considérées comme étant dénuées de tous sens, de toute sensibilité, et par conséquent ne recevaient aucune éducation. Il faudra alors attendre la fin du XIXe siècle pour entrevoir une forme d&#039;éducation de ces personnes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans son article, &amp;quot;[[Bibliographie|La naissance de l&#039;institutions pour aliénés]]&amp;quot; à Genève au 19e siècle, Alain Riesen montre que la problématique de l&#039;internement est grandissante et que &amp;quot;l&#039;inhumanité de l&#039;enfermement&amp;quot; (Riesen, 1981) est au cœur des préoccupations. Il relate également une nouvelle conception du milieu asilaire&amp;amp;nbsp;: &amp;quot;la possibilité d&#039;améliorer l&#039;état des aliénés, ou même les guérir, si de bonnes conditions sont réunies&amp;quot;. En d&#039;autres termes, il s&#039;agirait de pouvoir administrer un traitement aux malades de manière à guérir, à soigner leur folie; à l&#039;époque nommé &#039;&#039;traitement de la folie. &#039;&#039;Plusieurs types de traitements font alors leur apparition et notamment l&#039;isolement. Il s&#039;agissait d&#039;éloigner le malade des conditions de vie qui l&#039;ont rendu &#039;&#039;fou&#039;&#039; &amp;quot;afin de le soustraire à leur influence&amp;quot;. La médication fut également un des traitements de la folie.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette nouvelle manière de penser l&#039;internement étant accomplie, plusieurs dérives ont vu le jour, et notamment les placements abusifs effectués par le Département de Justice et Police. En 1895, la Loi de 1838 est revue de manière à éclaircir la procédure d&#039;admission des aliénés.&amp;amp;nbsp;&amp;quot;Même si la loi de 1838 ne rend pas obligatoire l&#039;avis médical pour procéder au placement, dans la pratique, le médecin se fondant sur une &#039;&#039;science&#039;&#039; de l&#039;aliénisme en plein développement, va jouer un rôle de plus en plus important dans le placement et la sortie des aliénés&amp;quot; ([[Bibliographie|ADUPSY]]). L&#039;avis médical devient dès lors requis pour tout placement. Enfin, la réforme de 1936 met en évidence la nécessité et l&#039;exigence d&#039;un certificat médical pour être placé. Quiconque ne peut pas être défini comme &amp;quot;fou&amp;quot; ou &amp;quot;aliéné&amp;quot; sans avis médical suivant des règles précises.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;L&#039;éducation...&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au début du XXe siècle, Binet et Simon (1907)&amp;amp;nbsp; &#039;&#039;donnent une nouvelle forme cognitive de l&#039;éducation spéciale qui perdurera au moins jusqu&#039;au années 1960&#039;&#039; ([[Bibliographie|Chauvière et Plaisance, 2003, p. 32]]).&amp;amp;nbsp; A cette époque, on distinguait les arriérés d&#039;asiles, non éducables et à laisser entre les mains des médecins, des arriérés d&#039;école. Ainsi, des institutions apparaissent entre l&#039;hôpital et la classe ordinaire: les classes spéciales (ou classes de développement) et les instituts médico-pédagogiques. Dans ces nouveaux lieux, la pédagogie était &#039;&#039;inspirée par l&#039;atelier, c&#039;est-à-dire guidée par la mise en œuvre de travaux manuels et d&#039;exercices pratiques &#039;&#039;([[Bibliographie|Chauvière et Plaisance, 2003, p. 33]]). A Genève, c&#039;est le médecin et psychologue Edouard Claparède qui sera appelé pour réorganiser les classes spéciales sur un mode scientifique, c&#039;est-à-dire en tenant compte du diagnostic effectué sur l&#039;enfant et du pronostic d&#039;éducabilité. Voir [[Bibliographie|Ruchat]] &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En Grande-Bretagne, dans les années 1920, A.S Neill, puis dans les années 1960, David Cooper ont mis en place de nouveaux lieux pour exercer une forme innovante de psychiatrie et d&#039;éducation, remettant en question l&#039;internement psychiatrique des malades mentaux. C&#039;est en effet à travers des expériences comme [[Résumé de l&#039;ouvrage Libres enfants de Summerhill|Libres enfants de Summerhill]] de [[Bibliographie|Neill]] en 1921 ou Pavillon 21 menée par [[Bibliographie|Cooper]] en 1962 que l&#039;antipsychiatrie semble voir le jour. Effectivement, plusieurs principes régissent ce nouveau type de lieu à savoir la liberté des individus, le self-government, les apprentissages facultatifs... en ayant pour hypothèses que le mal-être et la maladie mentale de ces individus sont en partie dus aux contraintes du monde dans lequel ils évoluent et apprennent. Dès lors, il convient de créer des institutions, des lieux éloignés de toute coercition et de toute autorité. Notons également que Maud Mannoni, dans la préface de l&#039;ouvrage Libres enfants de Summerhill, relate que Neil faisait partie de &amp;quot;la lignée anarchisante qui donna naissance à l&#039;antipsychiatrie&amp;quot; ([[Bibliographie|Mannoni, dans Neill, 1979, p. 9]]).&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais on constate aussi, en France, que la période 1945-1960 est également bouleversée et traversée par de nouveaux modèles éducatifs avec la naissance de lieu de vie où l&#039;enfant inadapté est accueilli, non pas à travers sa maladie ou sa différence, mais plus à travers le fait qu&#039;il est un enfant et qu&#039;il doit être éduqué. Jean Lagarde, fondateur de l&#039;association de la sauvegarde des enfants invalides dans la période après guerre, souhaitait effectivement faire &amp;quot;l&#039;expérience d&#039;éducation toujours dans un creuset communautaire&amp;quot; ([[Bibliographie|Capul, 2002, p.141]]). Lagarde avait pour objectif de créer un lieu où les soins médicaux puissent être administrés aux enfants qui en nécessitaient, tout en leur proposant un accueil éducatif. Nous pourrions plutôt dire qu&#039;il désirait créer une école, un lieu de vie où un suivi médical était envisageable. Il s&#039;agissait en effet d&#039;éloigner l&#039;enfant du lieu médical pour qu&#039;il devienne élève et que, de fait, il puisse apprendre. Dans cette optique, équipe pédagogique et équipe médical devaient collaborer étroitement. Cette expérience est à nouveau le témoin d&#039;une nouvelle forme de prise en charge. Il est possible de faire le lien entre cette expérience et l&#039;approche de Maud Mannoni en 1969, avec la création de l&#039;Ecole expérimentale de Bonneuil-sur-Marne où il s&#039;agissait également de séparer les lieux d&#039;analyse et les lieux de vie (lieux pédagogiques).&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La désinstitutionalisation  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon des sources internet, le mouvement de désinstitutionalisation semble avoir débuté vers 1960 (même s’il semble qu’il y ait eu un prélude à la désinstitutionnalisation au début du 19e siècle (L’Institut universitaire en santé mentale de Québec par exemple - La désinstitutionnalisation, http://caringminds.ca/index.php?option=com_content&amp;amp;amp;view=article&amp;amp;amp;id=62&amp;amp;amp;Itemid=43&amp;amp;amp;lang=fr&amp;amp;amp;limitstart=7). Certains observent le début de ce mouvement en Scandinavie, d’autres au Québec. Dans tous les cas, il s’agit d’un mouvement d&#039;ouverture vers la communauté, d’une volonté de «normalisation»[[Normalisation]] &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le mouvement de désinstitutionnalisation s&#039;appuie avant tout sur une philosophie qui met l&#039;accent sur les droits et les libertés des individus, et elle vise à humaniser les soins de santé mentale. ([http://agora-2.org/thematiques/inaptitude.nsf/Dossiers/Desinstitutionnalisation Encyclopédie de l’Agora]). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;horreur suscitée par les politiques nazies du meurtre eugénique des malades psychiatriques et les camps de concentration pendant la Seconde guerre mondiale, ont attiré l’attention sur les pratiques «&amp;amp;nbsp;déshumanisantes&amp;amp;nbsp;» dans les soins psychiatriques en santé mentale, (séquestration, mauvais traitements en tout genre, manque de formation des professionnels). (Voir [http://id.erudit.org/iderudit/032417ar Martin, 1984 et Claire Henderson et Graham Thornicroft], Santé mentale au Québec, vol. 22, n° 2, 1997, p. 88-114. ) Les années d’après-guerre ont vu un accroissement de l’intérêt porté à l’institution comme objet d’étude. Certains auteurs parlent de l’institution comme étant «&amp;amp;nbsp;névrosante&amp;amp;nbsp;», «&amp;amp;nbsp;façonnant et codifiant les gens dans le rôle de patient psychiatrique&amp;amp;nbsp;» (Goffman (1961). On observe dans les années 60 une disparition du personnel religieux des hôpitaux. Naît alors une nouvelle conception de l’individu, une évolution des attitudes envers le malade&amp;amp;nbsp;; on veut le sortir des murs de l’asile psychiatrique. On commence à parler, à cette époque, du «&amp;amp;nbsp;droit de la personne&amp;amp;nbsp;». Des idéaux humanitaires amènent alors à une nouvelle vision de la maladie mentale. Il semble que ce mouvement de désinstitutionnalisation soit également lié à l’apparition des pratiques de pharmacopée. Effectivement, «&amp;amp;nbsp;Ces nouveaux médicaments permettaient de calmer les malades agités, délirants, hallucinés et ainsi permettre d&#039;envisager et de généraliser des traitements psychiques dans des conditions plus réalistes ou encore, lorsque c&#039;était possible, d&#039;envisager un retour au domicile ou dans des structures intermédiaires&amp;amp;nbsp;».([http://fr.wikipedia.org/wiki/Psychiatrie déf. du mot «&amp;amp;nbsp;psychiatrie&amp;amp;nbsp;»]). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On a le désir de «normaliser&amp;amp;nbsp;» leurs conditions de vie. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les années 60, si la personne «&amp;amp;nbsp;déficiente intellectuellement&amp;amp;nbsp;» est encore considérée comme un «&amp;amp;nbsp;malade&amp;amp;nbsp;», le malade mental ne l&#039;est plus, mais davantage comme un sujet pouvant être aidé et guéri. On met en avant le fait que la maladie mentale ne nécessite pas nécessairement une hospitalisation, et qu’elle doit être considérée comme une quelconque maladie. On externalise, on invente la psychiatrie de secteurs, on commence à intégrer des services pour les malades mentaux dans des hôpitaux ou cliniques. On évite ainsi la stigmatisation des malades mentaux placés pour de longues périodes en asile psychiatrique, et on leur évite la perte de leurs facultés leur permettant de se réintégrer dans la société. On redonne alors un rôle à la communauté, tout en accordant des responsabilités aux familles. Le patient devient alors le cœur de l&#039;intérêt des praticiens. ([http://www.promentesana.org/upload/application/trimes_43.pdf in Lettre trimestrielle de l’association romande Pro Mente Sana])&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La désinstitutionalisation a permis aux personnes présentant des troubles psychiatriques de sortir de ce milieu assimilé pendant de nombreuses années, au milieu carcéral. Mais une fois &amp;quot;libérées&amp;quot; où vont ces personnes? A ce sujet,&amp;amp;nbsp; [[Bibliographie|N. Carpentier (2001)]] affirme dans son article que 60 à 70&amp;amp;nbsp;% des patients retournent dans leur famille après l’hospitalisation. Mais plusieurs auteurs ont démontré que l&#039;arrivée d&#039;un malade dans une famille, avait de lourde conséquence sur celle-ci. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Avant d’en venir aux conséquences, il semble nécessaire de revenir sur la représentation qu&#039;ont les professionnels des familles des patients. Pour cela, il est intéressant de revenir sur l&#039;évolution de leur vision. En d&#039;autres termes, comment la famille, alors qu&#039;elle était considérée comme coupable de la maladie de l&#039;un de ses membres, est devenue un partenaire idéal?&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au début du XXème siècle, celle-ci était considérée comme étant la cause, l&#039;origine de la maladie de l&#039;enfant. Les professionnels affirmaient que la maladie mentale était un problème génétique, héritée de plusieurs générations antérieures. Ensuite, les années cinquante ont apporté un premier renversement dans cette représentation. En effet, la famille était perçue comme étant un «&amp;amp;nbsp;système réagissant aux troubles mentaux de l’un de ses membres, plutôt qu’en tant que système causant des désordres psychiques&amp;amp;nbsp;» ([[Bibliographie|Carpentier, 2001, p.84]]). Ce changement de perspective est en lien avec l’arrivée d’une politique qui favorise les hospitalisations de courte durée. En d’autres termes, les familles commencent à être perçues comme une solution aux changements politiques. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les années 60, la psychiatrie adopte une vision centrée sur la communauté. Ce changement va être très favorable pour les familles, puisqu’il permet à ces dernières de se déresponsabiliser des troubles mentaux. Ainsi, toujours selon Carpentier, à cette époque «&amp;amp;nbsp;les désordres psychiques [doivent être étudiés] sous l’angle de l’isolement social, des désavantages sociaux, puis selon la présence de stresseurs sociaux et économique&amp;amp;nbsp;»( p.89) .&amp;lt;br&amp;gt;Ainsi, au fur et à mesure que le mouvement de désinstitutionalisation est mis en place, les politiciens et les professionnels considèrent la famille comme étant une solution au problème. En effet, cette dernière est perçue comme «&amp;amp;nbsp;une source privilégiée de soutien émotionnel et social ainsi que comme place de choix pour relocaliser le patient psychiatrique.&amp;amp;nbsp;» ([[Bibliographie|Carpentier, 2001, p.91]].) &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Du côté des familles, il semblerait selon [[Bibliographie|R. Therrien (1990)]] que sur le plan économique et émotionnel, la désinstitutionnalisation leur demande beaucoup, en particulier aux femmes. En effet, toujours selon R.Therrien, avoir quelqu&#039;un ayant des problèmes mentaux à la maison provoque beaucoup de stress. Chez certains, un malade peut devenir un véritable &amp;quot;fardeau&amp;quot;, puisque celui-ci impose beaucoup de contraintes. Effectivement, avoir une personne malade à la maison peut engendrer des conséquences telles que la réduction des loisirs habituels, les sorties avec les amis, par peur d&#039;être jugé, ou encore d&#039;avoir des problèmes avec les voisins, car les comportements de la personne dérange. Tous ces problèmes ont un impacte très fort sur la famille d&#039;autant plus qu&#039;elle n&#039;est pas aidée, ni reconnue pour tout ce qu&#039;elle fait pour la personne malade. &amp;amp;nbsp; &amp;lt;br&amp;gt; A propos de la lourde responsabilité des parents, on peut se demander si les familles ne finiraient pas elles aussi à un moment donné par tomber malade. A ce sujet, le témoignage d&#039;[[Bibliographie|Alain Riesen]] souligne que lorsqu&#039;une famille prend en charge un de ses membres malade, il ne faut pas qu&#039;elle reste seule, mais qu&#039;elle en parle, partage ce qu&#039;elle vivait au quotidien. C&#039;est donc, pour ces raisons-là que des thérapies familiales ont vu le jour.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La communauté: un modèle alternatif à l&#039;institution fermée  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La communauté comme mode de prise en charge a, dans le champ de l&#039;éducation spéciale et spécialisée, sa propre histoire. Relevant d&#039;une approche démocratique et souvent pacifiste, la communauté est une forme de gouvernement par les personnes elles-mêmes (y compris les enfants). La notion de self-government a été développé dans le cadre de l&#039;éducation nouvelle pour définir de telles pratiques dès la fin du XIXe siècle. Lors de la seconde guerre mondiale des communautés d&#039;enfants victimes de la guerre ont vu le jour partout en Europe. Se référent à des modèles antérieurs comme les écoles nouvelles à la campagne de l&#039;éducation nouvelle (et donc du self-government) , de la république d&#039;enfants, de la cité des enfants, leurs fondateurs ont contribué au relèvement de l&#039;éducation en Europe par un modèle visant la participation des enfants à la gestion de la communauté et leur autonomie. Souvent, transformé dès les années 1950 en foyer pour enfants (malheureux, difficiles voire délinquants), le modèle des communautés d&#039;enfants semble être circonscrit à une période temporelle courte et particulièrement difficile sur le plan économique. On peut donc se demander si ce type de modèle ne serait pas &amp;quot;choisi&amp;quot; particulièrement en temps de crise et de manque de ressources financières donnant ainsi plus de pouvoir aux &amp;quot;usagers&amp;quot; permettant ainsi un moindre encadrement institutionnel. [[https://plone2.unige.ch/aref2010/search?SearchableText=communautés+d%27enfants]]. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des «&amp;amp;nbsp;communautés thérapeutiques&amp;amp;nbsp;» ont été créées en réaction aux enfermements asilaires prônés jusque-là mais qui commençaient à être pointés du doigt, car considérés comme déshumanisants. Bien que créées tout d&#039;abord pour répondre aux phénomènes de dépendances (toxicomanies, par exemple), on trouve, dès la fin des années 60, des communautés thérapeutiques en Angleterre, en France, en Suisse et au Québec, destinées au secteur de la psychiatrie. Avec la naissance de ces communautés thérapeutiques, une nouvelle approche de la psychose en-dehors des lieux de soins traditionnels s&#039;est développée (Schatzman, 1969; Barnes et Berke, 1973; Fabre, 1978; Lecomte et Tourigny, 1983a). Leur but est de créer un milieu &amp;quot;naturel&amp;quot;, en reconstituant les structures d’une «&amp;amp;nbsp;macro famille&amp;amp;nbsp;» ou d’une «&amp;amp;nbsp;mini société&amp;amp;nbsp;», plus rassurantes&amp;amp;nbsp;: on trouve par exemple la Communauté des Sablons, (Maison d&#039;enfants à caractère social et familial (76270 Saint-Saire), ou, en Suisse, le foyer de Tavel qui a vécu cinq ans (1975-1980). Dans le [http://edutechwiki.unige.ch/dewiki/R%C3%A9sum%C3%A9_film_de_Catherine_Scheuchzer film de Catherine Scheuchzer], «&amp;amp;nbsp;Dans l’aventure du non, la parole&amp;amp;nbsp;», (tourné à Boulens, dans la campagne vaudoise, dans les années 70 ), on découvre, dans un décor post soixante huitard, très simplement, dans un rythme extrêmement lent, des adultes et des enfants en interaction, «&amp;amp;nbsp;comme dans la vraie vie&amp;amp;nbsp;». Cette expérience est décrite comme «&amp;amp;nbsp;une véritable expérience d’éveil à la vie&amp;amp;nbsp;», qui «&amp;amp;nbsp;prend le contre-pied du placement en institution psychiatrique&amp;amp;nbsp;» (L’Est vaudois, 19.11.92). Plutôt que de considérer cette population d&#039;enfants, comme on le faisait en asile, comme des fous, murés dans leur silence. On veut les considérer comme des partenaires, des interlocuteurs. Le but est effectivement de les faire participer au quotidien d’une maisonnée, plutôt que de créer des ateliers protégés artificiels. De la sorte, ils sont poussés à se dépasser, à faire des expériences par eux-mêmes, sans avoir nécessairement recours au soutien d’un adulte. Il semble qu&#039;à cette époque, cette nouvelle façon de considérer les enfants autistes comme étant capables d’autonomie, capables d’agir, ait apporté un peu d’humanité dans leur prise en charge. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;enfant&amp;amp;nbsp; ainsi placé dans une communauté thérapeutique vaudoise est-il plus &amp;quot;intégré&amp;quot; que s&#039;il l&#039;était dans une institution considérée par ces acteurs alternatifs du &amp;quot;système&amp;quot; comme un ghetto? Il en va de même avec le terme désinstitutionalisation? Qu&#039;est-ce que l&#039;institution? Il y en a des &amp;quot;bonnes&amp;quot; (maternantes, enveloppantes, naturelles...) et de &amp;quot;mauvaises&amp;quot; (contraignantes, mortifères) (sur ce point les travaux de Fernand Oury puis de Jacques Pain mériteraient qu&#039;on s&#039;y attache (voir la psychothérapie institutionnelle sur le site de Jacques Pain: http://www.jacques-pain.fr).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Prémisses à l&#039;antipsychiatrie==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les années 60, Michel Foucault a tenté d&#039;amorcer &amp;quot;un dialogue entre la psychiatrie et ses sujets&amp;quot; ([[Bibliographie|Rose, 2006, p.113]]) et dès 1971 avec la sortie de son ouvrage sur les prisons, c&#039;est à la critique de l&#039;univers carcéral et des rapports de pouvoir qu&#039;il s&#039;attelle (Surveiller et punir, 1971). Ces critiques, plus tard regroupées sous le nom d&#039;antipsychiatrie, visaient à remettre en question &amp;quot;la manière dont le pouvoir du médecin était impliqué dans la vérité de ce qu&#039;il disait et, inversement, la manière dont celle-ci pouvait être fabriquée et compromise par son pouvoir ([[Bibliographie|Rose, 2006, p.120-121]]). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En Italie, Franco Basaglia, qui s’est appuyé entre autres sur les modèles de l’antipsychiatrie anglaise et française pour mener sa lutte ([[Bibliographie|Cooper, Lang, Foucault, Castel]]), s&#039;en est pris aux conditions de vie moyenâgeuses réservées aux malades mentaux. En quelques années, il démantèle l’asile et expérimente les premiers éléments de sa conception territoriale (et non plus institutionnelle) de la folie&amp;amp;nbsp;: le malade est soigné dans son milieu social&amp;amp;nbsp;» (TVB 10 octobre 80).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;institution comme lieu d&#039;exclusion est mise à mal par une volonté de certains de supprimer ces lieux de contrainte, pour une vie libre dans la Cité (sectorisation) ou dans des communautés thérapeutiques (de préférence à la campagne) partant du présupposé que les conditions de vie des personnes sont déterminantes dans leur état de santé (avant même tout diagnostic). Par ailleurs, dans ces années-là, la vie quotidienne devient un objet d&#039;étude (la sociologie de la vie quotidienne), terreau de multiples expériences pédagogiques et thérapeutiques. Le slogan &amp;quot;La liberté est thérapeutique&amp;quot; s&#039;allie à une critique de la contrainte médicamenteuse et des pratiques de contention psychiatrique: elle donne ainsi une place à de nouvelles formes d&#039;&amp;quot;éducation spéciale&amp;quot;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Symptôme de ce changement le terme d&#039;&amp;quot;usagers&amp;quot; vient reléguer celui de &amp;quot;patients&amp;quot; donnant un nouveau statut aux personnes, écorchant ainsi le sacro saint pouvoir des médecins et des directions des institutions.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En Suisse, en se fondant sur des principes similaires à ceux de Neil et de Cooper, dès les années 1960,&amp;amp;nbsp; de nombreuses institutions privées pour enfants handicapés ou en difficultés se développent en Suisse, majoritairement sous l&#039;impulsion d&#039;associations de parents. Ces derniers ont été amenés à &#039;&#039;créer et à gérer des institutions de type médico-éducatif&#039;&#039; &#039;&#039;pour éviter à leurs enfants d&#039;être relégués dans des services d&#039;hôpitaux psychiatriques ou d&#039;être seulement en survie à leur domicile&#039;&#039; (Chauvière et Plaisance, 2003, p.35). Aujourd&#039;hui, les institutions, à Genève, semblent toujours être un peu sur le même modèle, celui de &amp;quot;l&#039;alliance&amp;quot; entre le médical et le pédagogique (qui regroupe aussi l&#039;aspect éducatif). Si on ne cherche peut-être plus à éviter aux élèves la relégation en psychiatrie, on les place dans des lieux parfois hors de tout cursus ordinaire et loin de la norme. Ce qui questionne enfin sur qu&#039;est-ce que la normalisation? Et où mettre la limite à une vie comme tout le monde avec un handicap: la liberté (permissivité, autonomie) des années 1970 a-t-elle fait l&#039;impasse sur la souffrance des individus face aux exigences thérapeutiques et pédagogiques? La communauté d&#039;enfants (pédagogique, institutionnelle, thérapeutique) est-elle un modèle &amp;quot;utile&amp;quot; en temps de crise des institutions: peu coûteux, demandant un engagement au quotidien (vie quotidienne) du collectif pédagogique et thérapeutique (donc assurant un &amp;quot;contrôle social&amp;quot; maximal.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au sujet de la question de l&#039;influence du modèle des communautés thérapeutiques sur le processus de désinstitutionnalisation et antipsychiatrique des années 1960 à 1980, Alain Riesen met en évidence dans ses propos qu&#039;il est important de créer un parallèle entre le passé et le présent de manière à situer le contexte historique et politique, mais surtout de manière à voir sur quoi reposent nos agissements. Ainsi, selon lui, la naissance de ces communautés thérapeutiques comme détaillée précédemment dans ce chapitre, est un pas dans l&#039;histoire de la désinstitutionnalisation. Effectivement, ces communautés thérapeutiques se développent comme une alternative à l&#039;hospitalisation traditionnelle dans un contexte qui remet en question les rapports de pouvoir dans l&#039;institution, mais également au niveau de l&#039;éducation, de la santé ou encore des rapports entre hommes et femmes.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Toutefois, Riesen pointe le fait que ces communautés thérapeutiques prônant à l&#039;époque leur volonté de travailler dans la relation à l&#039;autre en utilisant les moyens les moins coercitifs possibles pour entrer en relation, soigner et atténuer la souffrance psychique des patients, ne se sont pas développées sur le long terme. En effet, cette alternative à l&#039;hospitalisation est vécue par certains comme plus dure et comme provoquant plus de souffrance en raison de la non médicalisation qu&#039;elle préconise. De plus, cette approche thérapeutique est très coûteuse en personnel soignant qualifié et ne pourra donc être soutenue par l&#039;état. Bien que cette tentative ne soit pas celle qui ait perduré, Riesen relève le fait qu&#039;elle ait tout de même eu son importance dans l&#039;histoire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Psychiatrie et antipsychiatrie  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;apparition de la médication au début des années 1960 permet d&#039;éviter l&#039;internement. Elle soutient fortement le changement qui s’opère dans les pratiques et donne l&#039;impression de pouvoir faire quelque chose. Elle fait transparaître un espoir aussi bien pour les praticiens que pour les patients puisque grâce à l&#039;administration de médicaments, il y a une diminution des hospitalisations, une augmentation des prises en charge ambulatoires et une augmentation des consultations. L&#039;avancée de la médecine et l’essor de la psychopharmacologie permettent alors de développer de nouvelles perspectives thérapeutiques et de nouveaux défis comme le soutien au patient et à sa famille, et la mise en place de nouvelles structures. Il s&#039;agit ainsi de &amp;quot;jeter un pont entre l&#039;hôpital et la ville&amp;quot; (CMS, 1963, 7ème année, n°2 &amp;quot;L’assistance psychiatrique&amp;quot;). Les personnes dites &amp;quot;folles&amp;quot; ne sont plus à enfermer, mais des personnes souffrant de troubles mentaux qu&#039;il faut soutenir dans leur autonomie et contenir dans leur pathologie ([[bibliographie|Kovess-Masféty, Boisson, Godot &amp;amp;amp; Sauneron, 2010]]). Cependant, les connaissances récentes sur les effets de la médication et les abus sur son utilisation sont également soulevés. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;antipsychiatrie se veut aussi anti-thérapeutique, ce qui lui est vivement reproché par les anti antipsychiatres. Selon ces derniers, les antipsychiatres considèrent que &amp;quot;les traitements sont à proscrire&amp;quot; ([[Bibliographie|Maurel, 1972]], p. 79). &amp;quot;Traiter, écrit Cooper, c&#039;est être intéressé à rendre le patient plus acceptable pour les autres...et lui faire manifester de moindre façon sa détresse&amp;quot; ([[Bibliographie|Maurel, 1972]], p. 79). Les anti antipsychiatres militent ainsi pour une guérison grâce à des médicaments &#039;&#039;efficaces&#039;&#039; (au sens médical), selon des avis rapportés par les patients eux-mêmes. Selon les psychiatres opposés au courant antipsychiatrique, ce-dernier vise &amp;quot;sans toujours l&#039;avouer à &amp;quot;soigner&amp;quot; clandestinement les &amp;quot;malades&amp;quot;&amp;quot; (Maurel, 1972, p.80), ce qui est selon Maurel et ses collègues, une contradiction.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le mouvement antipsychiatrique&amp;amp;nbsp; &amp;quot;s&#039;oppose d&#039;abord et avant tout à une forme de monopole du savoir médical&amp;quot; ([[Bibliographie|Mannoni, 1970]], p. 9). Il dénonce l&#039;autorité morale et policière du psychiatre. Toutefois, psychiatres et partisans de l&#039;antipsychiatrie s&#039;accorde sur le fait que &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;la société place le psychiatre dans une position ambiguë&amp;amp;nbsp;: il est au service d&#039;un patient dont il a à défendre les droits mais il se trouve également placé en position d&#039;auxiliaire de la police dans un programme d&#039;internement qui est un processus d&#039;obligation de soins&#039;&#039; (Mannoni, 1970, p. 168). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les réponses apportées par les uns et par les autres pour essayer de lever cette ambiguïté sont toutefois différentes. Si l&#039;antipsychiatrie cherche plutôt à démystifier &amp;quot;le rôle que la société fait jouer à la psychiatrie&amp;quot; (Mannoni, 1970, p.168), à créer des lieux où la maladie mentale pourrait être réinterrogée (allant même jusqu&#039;à nier la notion de maladie mentale) et à s&#039;éloigner des conceptions scientistes, certains psychiatres cherchent à remettre sur le devant de la scène un discours scientifique. &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;---Quand l&#039;antipsychiatrie est critique radicale de l&#039;institution, je suis antipsychiatre; mais quand elle se réfugie dans la négation de la maladie mentale, je suis contre&#039;&#039;--- ([[Bibliographie|Sztulman, 1972]], p.107).&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les archives de la revue &amp;quot;&#039;&#039;L&#039; Évolution psychiatrique&#039;&#039;&amp;quot;, les psychiatres non antipsychiatres se sont attelés, au début des années 70, à défendre leur point de vue scientifique et médical. Face au mouvement de protestation, ils ont écrit plusieurs articles afin de réhabiliter la psychiatrie et montrer les incohérences du mouvement antipsychiatrique, non seulement dans ce qu&#039;il dénonce, mais également dans les solutions qu&#039;il propose. S&#039;ils reconnaissent un certain succès à l&#039;antipsychiatrie &amp;quot;dans sa position de refus et de provocation&amp;quot; ([[Bibliographie|Barte, 1972]], p. 46), les solutions qu&#039;elle propose ne les satisfont guère. Pour certains membres de ce corps médical, la maladie mentale doit être reconnue comme &#039;&#039;phénomène nature&#039;&#039;l ([[Bibliographie|Ey, 1972]], p. 53). &amp;quot;En faisant volatiliser dans le néan l&#039;objet même de la psychiatrie qu&#039;est le malade mental, l&#039;antipsychiatrie nie la souffrance humaine, nie le drame authentiquement humain que vit chaque malade mental (Barte, 1972, p. 46). Pour défendre ces patients malades, &amp;quot;fous&amp;quot;, pour les réhabiliter, il est nécessaire de &amp;quot;passer par la reconnaissance même de la psychiatrie, science critique et autonome et qui ne peut se fonder que sur la notion de maladie mentale conçue ni comme simple maladie des organes, ni comme simple maladie psychique&amp;quot; (Barte, 1972, p.47). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le malaise asilaire est reconnu par les non antipsychiatres et les antipsychiatres. Il importe de traiter l&#039;institution en même temps que ses pensionnaires. Cependant, les non antipsychiatres récusent la responsabilité de l&#039;hôpital psychiatrique dans la création de la folie, &amp;quot;même s&#039;il concourt parfois à statufier certaines présentations cliniques&amp;quot;. (Sztulman, 1972, p. 106). Face aux critiques sur l&#039;hôpital, notamment face à certains qui, comme Basaglia, refusaient l&#039;idée de traitement de malades et de médecins, les non antipsychiatres dénoncent la destruction de l&#039;hôpital au profit d&#039;assemblées générales peu organisées. Sztulman (1972) pose la question&amp;amp;nbsp;: &amp;quot;A quoi ça sert&amp;amp;nbsp;? A quoi ça sert d&#039;être psychiatre là, ou femme de service, ou ergothérapeute puisque de tout façon chacun est dépouillé de son statut, et que les rôles sont inventés en permanence&amp;amp;nbsp;?&amp;quot; (p.102). Pour ces médecins, la négation de l&#039;inconscient et celle de la maladie mentale dans le mouvement antipsychiatrique amène des &#039;&#039;attitudes thérapeutiques particulièrement incohérentes &#039;&#039;(Sztulman, 1972, p. 101). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La question de l&#039;attribution de la maladie mentale à un fait organique, ou plutôt à un fait culturel était alors au cœur de la bataille entre antipsychiatres et non antipsychiatres. Lors de l&#039;entretien mené avec Monsieur Alain Riesen, ce dernier nous a expliqué que cette question est toujours d&#039;actualité et qu&#039;il n&#039;y a pas, aujourd&#039;hui encore, de définition claire de la part de la communauté scientifique. Dans les années 1970, les non antipsychiatres critiquaient l&#039;erreur de l&#039;antipsychiatrie dans sa croyance &amp;quot;&#039;&#039;en un principe de causalité univoque et direct de la psychose&amp;quot;&amp;amp;nbsp;&#039;&#039;(Sztulman, 1972, p.105). Dans le même article, Sztulamn déclare encore: &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&amp;quot;&#039;&#039;il est dogmatique et naïf de dire que la folie se développe en dehors de toute culture. Il est dogmatique et naïf de dire qu&#039;elle se limite à un fait culturel. De tout évidence, il n&#039;y a pas un modèle qu&#039;il soit organo, psycho ou socio-génétique de la maladie mentale, mais pluridéterminisme à pondération variable suivant les cas&#039;&#039;&amp;quot; (p. 105). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Monsieur Alain Riesen a bien décrit cette vision de &#039;&#039;pluridéterminisme&#039;&#039;. Il nous a expliqué que la conception de la maladie mentale comme unique produit d&#039;un système qui disfonctionne semble devoir se ranger derrière un système bio-psycho-social qui rencontre actuellement le plus de soutient de la part des professionnels du domaine psychiatrique.(voir [[La santé mentale aujourd&#039;hui]]) &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un peu plus tard, en 1974, L&#039;évolution psychiatrique a à nouveau consacré un numéro à l&#039;antipsychiatrie. Le vent de révolte de la part des non antipsychiatres semble s&#039;être calmé, comme s&#039;ils avaient été entendus et reconnus, comme s&#039;ils avaient &amp;quot;résisté à l&#039;agression psychiatricide de l&#039;antipsychiatrie&amp;quot; ([[Bibliographie|Sztulman, 1974]], p.129). Les mêmes auteurs qu&#039;en 1972 relèvent toujours l&#039;importance de l&#039;antipsychiatrie dans une démarche de contestation et d&#039;identification des difficultés de l&#039;institution psychiatrique. &amp;quot;L&#039;antipsychiatrie nous aide quand elle montre comme s&#039;est organisé le refus, la ségrégation de la maladie mentale et quand elle rappelle que chacun, dans la santé mentale et dans la folie, est la victime d&#039;une répression collective&amp;quot; (Sztulman, 1974, p. 129). Toutefois, ces mêmes psychiatres rappellent leur opposition à l&#039;étiologie de la maladie mentale revendiquée par les antipsychiatres. Ces années de remise en question et de refonte de la l’institution psychiatrique ont facilité un réel rétablissement de l&#039;institution de la psychothérapie, puis de la psychothérapie de l&#039;institution. En guise de plaidoyer Pro-Psychiatrie, voici ce que dit Minkowiski, cité par Sztulman (1974, p. 132) et qui résume la vision de non antipsychiatre de ce que devrait être leur profession:&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;Quelque part entre le fantasme de la faute et l&#039;illusion de la toute-puissance se trouve le chemin malaisé d&#039;une psychiatrie nouvelle, à réinventer tous les jours où le psychiatre refuse à la fois la facilité de n&#039;être qu&#039;un instrument passif, indifférent et anenchéphalique de la conservation de l&#039;ordre social et le plaisir narcissique de se situer au-delà d&#039;une réalité clinique ignorée, niée et finalement forclose, parce que angoissante. &#039;&#039;&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Elan contestataire et anti-psychiatrie à Genève dans les années 70  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En Suisse un même mouvement historique a été observé. Selon le médecin Christian Monney, on y a dénoncé les mêmes agissements qu’ailleurs&amp;amp;nbsp;: enfermement, répression, qui étaient là non pour aider le malade, mais pour protéger l’ordre public. On y mêlait, écrit-il, infirmes, orphelins, indigents et fous… (Dr Christian MONNEY, 1999, à l’occasion des 100 ans de l’Hôpital de Malévoz). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Or, dès 1965, des consultations ambulatoires sont créées et les séjours hospitaliers peuvent ainsi se raccourcir. Les moyens de contention sont contestés. Des établissements médico-éducatifs apparaissent, comme [http://www.castalie.ch/home.php?include=textes&amp;amp;lng=1&amp;amp;id=18&amp;amp;idmenu=14 la Castalie en Valais], grâce au Dr Rey-Belley, en 1972 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Genève, l&#039;élan contestataire débute lorsque Julian de Ajuriaguerra est nommé directeur de Bel-Air en 1959. A son arrivée, il décide d&#039;ouvrir des pavillons et d’introduire une nouvelle idée&amp;amp;nbsp;: «&amp;amp;nbsp;l’hospitalisation de courte durée, dans le but de remplacer, le plus vite possible, le patient dans son milieu naturel&amp;amp;nbsp;». [[Bibliographie|Archives contestataire, boite Riesen/Schuler, Réseau suisse-romand. Alternative à la psychiatrie, 1976.]] C&#039;est donc à ce moment-là que le mouvement de désinstitutionnalisation naît. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme en témoigne Alain Riesen, c’est notamment grâce à l’impulsion de praticiens militants que s’élabore la réflexion autour du statut et des droits fondamentaux des patients. C’est en se positionnant face à la violence institutionnelle ([[Violence symbolique]]) et en s’inspirant des expériences ayant lieu dans d’autre pays (Italie, France, Hollande, Angleterre) qu’il crée le Réseau Suisse-romand d’Alternative à la psychiatrie. Le collectif a pour toile de fond toute la réflexion critique autour du pouvoir médico-psychiatrique (sans pour autant nier la nécessité de prononcer sur ce qu’est le trouble psychique) et des dispositifs institutionnels, le but est avant tout de mettre en avant le questionnement sur les approches thérapeutiques et les droits des patients. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En effet, on commence à critiquer les asiles et à vouloir modifier le fonctionnement de l&#039;hôpital psychiatrique. Les patients psychiatriques commencent à bénéficier des mêmes droits que les patients non-psychiatriques. De ce fait, entre les années 1963 à 1970, il se développe un système psychiatrique extra-hospitalier complet. Ensuite, pendant les années 70-80, cet élan continue avec la volonté de baser les soins sur des approches psychotérapeutiques.[[Bibliographie|Rey-Bellet, Bardet Blochet, Ferrero, 2010, p.90-95]] &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dès les années 1970, l&#039;ADUPSY (l&#039;association pour les droits des usagers de la psychiatrie) se questionne à propos du placement des malades qui garde, malgré la loi de 1936, un caractère prégnant d&#039;enfermement, et à propos de la limitation des droits des personnes que ces lois entrainent. En effet, l&#039;ADUPSY estime que les malades mentaux n&#039;ont pas le choix de leur placement (internement), cela se fait de force, et que leurs droits sont dès lors limités puisqu&#039;ils n&#039;ont pas de droit de regard sur le traitement qui leur est administré. A cet effet, cette association relate par exemple qu&#039; &amp;quot;en 1975, la majorité des malades mentaux entrent encore à Bel-Air contre leur gré&amp;quot; ([[Bibliographie|ADUPSY, 1979, p. 7]]). Les droits de l&#039;Homme, et dans ce cas présent du malade, sont donc au cœur du débat. L&#039;association défend alors l&#039;idée que tout &#039;&#039;internement psychiatrique&#039;&#039; devrait être pensé comme une hospitalisation qui respecte les droits du malade mental en assurant sa protection et sa dignité, qui rende le patient actif dans son traitement, qu&#039;il peut d&#039;ailleurs refuser, qui n&#039;a pas comme raison la dangerosité potentielle du patient, qui rappelle au patient quels sont ses &amp;quot;droits en matière d&#039;hospitalisation et de traitement&amp;quot; (p. 13), et qui devrait &amp;quot;nécessiter obligatoirement de deux certificats médicaux&amp;quot; (p. 13) de manière à justifier ce placement sur plusieurs avis de provenance différentes. Dans cette optique, on se rend compte de l&#039;évolution de la prise en charge des malades mentaux. Que ce soit au niveau des termes employés, de la procédure ou des droits des patients, l&#039;ensemble de cette prise en charge évolue. L&#039;époque semble donc propice à des changements radicaux. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En réponse à ce nouveau regard sur la question de la prise en charge des malades mentaux, la question de l&#039;éducation semble elle aussi être en mouvance durant cette période.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt; Dès les années 70, le journal mensuel &amp;quot;Tout Va Bien&amp;quot; a consacré de nombreuses pages et numéros à la question de l&#039;antipsychiatrie. Dès 1973, un groupe d’enquête s’est constitué pour dénoncer une certaine violence et certains abus de pouvoir au sein des asiles psychiatriques. Leur volonté était de déterritorialiser la psychiatrie. «&amp;amp;nbsp;La psychiatrie, c’est l’affaire de tout le monde&amp;amp;nbsp;». Ils voulaient faire exploser la loi du silence qui régnait dans ces lieux. Ils ont voulu dénoncer les rapports de pouvoir sévissant à l&#039;intérieur des murs psychiatriques, la soumission du malade à l’infirmier, la soumission de l’infirmier au médecin, la soumission du médecin aux pouvoirs de l’administrateur bailleur de fonds. Selon ce journal, le mouvement antipsychiatrique serait né au début des années 60: La clinique psychiatrique de Bel Air, créée en 1900, a commencé à construire des pavillons ouverts avec l’arrivée de son nouveau directeur en 1959, Julian Ajuriaguerra. Son intention était de favoriser le retour de l’interné au plus vite dans leur milieu naturel, grâce à une hospitalisation de courte durée. A Genève, depuis 1963, le travail psychiatrique est sectorisé. On commence à organiser les soins dans des centres de consultation de quartier. Les premières tentatives alternatives apparaissent en Suisse. Des travailleurs sociaux poursuivent une critique des institutions et contribuent à la création et au fonctionnement de centres (qui se différencient des institutions récupératrices) qui ont pour but de venir en aide à toute personne en crise. Exemple&amp;amp;nbsp;: le centre Liotard à Genève, créé par le réseau d’alternative à la psychiatrie de Suisse romande. En janvier 1975 se tient le premier congrès d’alternative à la psychiatrie de secteur (Congrès de Bruxelles, auquel participe un groupe de Genève: il s’en est inspiré pour animer des débats au centre Liotard&amp;amp;nbsp;: recherche d’alternatives concrètes répondant aux besoins des malades. A Lausanne, le 24 janvier 1976, est créé un réseau alternatif à la psychiatrie pour la Suisse romande, dont l’un des membres actifs s’appelle Alain Riesen, du Centre Liotard. Une commission formée aussi bien de psychiatrisés que de soignants s’est alors formée. Elle a remis en question le pouvoir des soignants. Selon cette commission, le but d’une alternative au secteur doit être la prise en main progressive par le malade de ses propres difficultés. Suite à des tentatives d’internement forcé, des tracts ont circulé, dénonçant les abus du pouvoir psychiatrique (voir les archives contestataires de Genève, Classeur Alain Riesen). Dès ce moment-là, une prise de conscience s&#039;opère: le patient ne veut plus être manipulé, il ne veut plus être le cobaye, il ne veut plus être muselé par le pouvoir du médecin. Il veut choisir son mode de guérison, il veut être actif dans le processus de guérison. Il convient alors de faire en sorte que ce soit le patient qui choisisse ou non son hospitalisation. Effectivement, médecins, contestataires et familles se sont rendus compte de l&#039;importance du choix du malade dans sa propre guérison. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A la fin des années 70, d&#039;autres mouvements antipsychiatriques se répandent en Suisse et ailleurs: par exemple à la clinique de Bellelay, où son nouveau directeur a souhaité ouvrir les murs à son arrivée, et mettre à disposition des appartements protégés, voire même une maison de vacances pour ses patients. Le but était &amp;quot;que les malades puissent le plus possible avoir des contacts humains et une vie «&amp;amp;nbsp;normale&amp;amp;nbsp;» (TVB avril-mai 80). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Suite à la mort atroce d&#039;Alain Urban lors d&#039;une cure de sommeil forcé à la clinique de Bel-Air, l&#039;ADUPSY ainsi que l&#039;Association des Médecins Progressiste ont déployé maints efforts pour alerter l&#039;opinion publique à propos des agissements soupçonneux de la clinique en question. Leurs revendications ont porté sur la suppression des isolements, la priorité données aux instruments de soin ambulatoire, l&#039;augmentation des effectifs globaux du personnel soignant, etc. Ils expriment également leur soutien aux revendications concernant le droit des patients&amp;amp;nbsp;: «&amp;amp;nbsp;Le consentement du patient ou de son entourage immédiat doit toujours être recherché, dans la thérapeutique comme dans la recherche&amp;amp;nbsp;». &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après les drames qui ont secoué Bel-Air, une commission d&#039;enquête a été créée, et c&#039;est non seulement le Directeur de cette clinique qui a été interrogé, mais également les patients, les soignants, ainsi que les cadres. Dès cet instant, &amp;quot;tout est ressorti&amp;quot;, témoigne Alain Riesen, amenant à une première évolution forte: la réforme de l&#039;institution psychiatrique. Le Pr Tissot est destitué, et un changement au niveau de la législation se fait: le droit de recours apparaît, le patient peut désormais exiger de faire valoir ses droits. Jusque là, le Réseau d&#039;Alternative à la psychiatrie pouvait intervenir sur demande, mais n&#039;avait pas de statut officiel. A partir de cette période, une Commission de surveillance fut mise sur pied (réunissant un juriste, un médecin indépendant, un représentant du Droit des patients), et quatre associations de défense du Droit des patients sont nées: l&#039;Association RÊVE (les &amp;quot;Entendeurs de voix&amp;quot;), l&#039;ADPED (Association des personnes ayant des troubles bi-polaires et dépressifs), l&#039;Expérience (travail artisanal double d&#039;un travail d&#039;entraide), et l&#039;AETOC (Association des personnes ayant des troubles obsessionnels et compulsifs). Selon Alain Riesen, l&#039;institution, malgré l&#039;avancée significative qui a été faite quant au droit des patients, garde les stigmates de l&#039;institution asilaire. &amp;quot;Il y a encore beaucoup de travail à faire pour faire éclater l&#039;institution dans sa dimension totalitaire&amp;quot;, dit-il en conclusion de son récit.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Conclusion: l&#039;antipsychiatrie un débat déplacé ? ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;analyse des documents d&#039;archives, du contenus des revues, ainsi que celui du témoignage d&#039;Alain Riesen ont permis d&#039;entrevoir la richesse des débats autour d&#039;une gestion humaniste de la question de la folie. Tout autant que le traitement proprement dit c&#039;est aussi statut de la personne considérée comme inadaptée à la vie &amp;quot;normale&amp;quot; qui est remis en question. D&#039;un côté on privilégie un mode de vie au plus près de la &amp;quot;normale&amp;quot; d&#039;une vie quotidienne allant jusqu&#039;à vouloir supprimer les médicaments pour être plus près de la vérité de l&#039;humain et de l&#039;autre c&#039;est le droit des patients, des usagers des secteurs qui est revendiquer leur donnant ainsi un statut d&#039;être social et donc de citoyen.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les différents mouvements contestataires, qui sont passés de la désinstitutionnalisation à la sectorisation en passant par la création de communautés thérapeutiques, ont amené à une critique du pouvoir institutionnel et des médecins. Le médecin n&#039;est plus tout-puissant et le consentement du patient ou de son entourage doit être obtenu avant tout traitement. Le patient a des droits et il doit les faire respecter.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De l&#039;enfermement asilaire on est allé vers une continuité des soins entre l&#039;hospitalier et l&#039;extra-hospitalier; en effet, sous prétexte que le patient nécessitait des soins, on l&#039;extrayait de  la société pour le placer en hôpital, on cherchait à le &amp;quot;normaliser&amp;quot; en l’excluant du système!: qui voulait-on protéger? Le patient ou la société? En bénéficiant de soins tout en continuant à être inséré dans la société, le patient ne souffre-t-il pas d&#039;un isolement qui rendrait sa réinsertion encore plus difficile? Mais ainsi il bénéficie d&#039;un réseau de soutien (famille, amis) qui a une part essentielle à jouer dans le processus de guérison. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce souffle libertaire a eu le mérite de remettre en question bien des idées arrêtées sur la fonction de l&#039;hôpital, le statut des médecins et des soignants, cependant, il semblerait que même si beaucoup de progrès ont été accomplis dans le domaine de la prise en considération de la personne malade, l&#039;institution a toujours maintenu les stigmates de l&#039;asile totalitaire et que les expériences novatrices aient pu se faire en dehors de l&#039;aile dans des structures plus petites, communautaires qui d&#039;ailleurs ne sont pas à l&#039;abri de processus d&#039;exclusion et de pratiques de pouvoirs. L&#039;alternative à l&#039;internement restant toujours la prise en charge ambulatoire...&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Cécilia Zuccone</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=La_d%C3%A9sinstitutionalisation_dans_le_champ_de_l%27%C3%A9ducation_sp%C3%A9ciale_1960-1980&amp;diff=9315</id>
		<title>La désinstitutionalisation dans le champ de l&#039;éducation spéciale 1960-1980</title>
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		<updated>2012-01-10T22:04:32Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Cécilia Zuccone : /* Introduction */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;[[user:Kleinpa0|P. Klein]],&lt;br /&gt;
[[user:Natalina m|N. M.]],&lt;br /&gt;
[[user:Ruchat|Martine Ruchat]],&lt;br /&gt;
[[user:Tatiana-vinhas|T Vinhas]],&lt;br /&gt;
[[user:Sandra wirz|S. Wirz]] et&lt;br /&gt;
[[user:Cécilia Zuccone|C. Zuccone]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Université de Genève&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Introduction  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A l&#039;heure où l&#039;on constate de &amp;quot;nouvelles exclusions&amp;quot; au nom de la protection des citoyennes et des citoyens inquiétantes pour certains, car laissant entrevoir des régressions sur le plan des politiques sociales &amp;quot;ruinant ainsi des décennies d&#039;efforts de déségrégation, désexclusion, de &amp;quot;retour du schizophrène dans la cité&amp;quot; comme l&#039;écrit le médecin Patrick Lemoine [[Bibliographie]] (p.69), un certain nombre de questions se posent pour mieux comprendre l&#039;histoire de l&#039;éducation spéciale Une histoire à la fois politique (antipsychiatrie, sectorisation), sociale et culturelle (intégration, normalisation, désinstitutionalisation, communauté de vie, communauté thérapeutique) dans les décennies des Trente glorieuses (1960-1990) pendant lesquelles a soufflé un vent de contestation des politiques institutionnelles. Un esprit contestataire a émergé en particulier dès les années 1970 (post soixante-huit) provoquant dans le champ de la prise en charge des personnes dites aujourd&#039;hui &amp;quot;à besoins particuliers&amp;quot; un élan de remise en question de l&#039;institution, du pouvoir des médecins, de la contrainte institutionnelle et médicamenteuse. Peu de travaux ont encore exploré ce champ, à Genève, sinon pour étudier l&#039;histoire de Mai 68 et du mouvement féministe. (voir notamment Julie [[Bibliographie|De Dardel]].)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La recherche proposée vise à mieux comprendre comment, à Genève, le champ de l&#039;éducation spéciale et celui de la psychiatrie ont été touchés par cette contestation. Elle fait suite à celles engagées en 2010 et 2011 sur l&#039;histoire de l&#039;intégration scolaire des enfants handicapés mentaux [[Pionniers de l&#039;intégration scolaire des enfants handicapés à Genève]] et La génération intégration 1970-1980: un slogan pour quelles réalités sociales? [[Article 2011]]. Ces recherches précédentes ont montré à la fois la complexité des pratiques d&#039;intégration amenant souvent un écart entre discours et pratiques, ainsi que les résistances à penser le handicap sans mettre une ligne de démarcation entre norme et hors norme, entre enfant éducable et non éducable, limites souvent mal définies et dépendantes des représentations sociales des actrices et acteurs des champs d&#039;intervention sociale et du public (malédiction du handicap). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A la fin des années 1950, l&#039;intégration apparaît pour les parents dont les enfants sont encore entièrement à leur charge dans la famille être synonyme de placement dans des institutions qu&#039;il reste encore à créer. Le concept de [[Dictionnaire|normalisation]] qui vient s&#039;accoler à celui d&#039;intégration pour rapprocher toute déviance d&#039;une norme sociale (en terme d&#039;habitat, d&#039;activité, voire de comportements) prête alors à confusion. Ainsi le milieu ouvert (comme Aigues-Verte par exemple) peut apparaître comme plus proche d&#039;une vie quotidienne &amp;quot;normale&amp;quot; et donc plus intégrant que la vie en famille. Le Pavillon des Grand Bois à l&#039;hôpital psychiatrique de Bel-Air représente encore une solution &amp;quot;intégratrice&amp;quot; pour les enfants les plus difficiles à éduquer et les moins autonomes leur permettant qui sait de &amp;quot;suivre&amp;quot; l&#039;école comme les autres enfants même dans un milieu hospitalier. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le terme [[Dictionnaire|désinstitutionalisation]], quant à lui, qui fait l&#039;objet de cette nouvelle recherche est d&#039;abord issu des milieux de l&#039;antipsychiatrie (et donc ni des associations de parents ni des milieux pédagogiques) et même être un terme journalistique. On peut néanmoins apparenter idéologiquement ce mouvement antipsychiatrique avec cet objectif de normalisation dans le sens de rapprocher les personnes prises en charge d&#039;une vie quotidienne de tout un chacun. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi bien qu&#039;ayant leurs propres origines et histoires, ces différents courants peuvent être associés au courant libertaire qui a influencé différents champs du social entre 1970 et 1990. C&#039;est dans une perspective de compréhension de l&#039;histoire des idées et des pratiques du mouvement antipsychiatrique genevois que s&#039;inscrit donc cette recherche. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un premier temps, cette page d&#039;histoire sera située dans une &amp;quot;tradition&amp;quot;: d&#039;une part celle du traitement dans le respect des besoins des individus considérés comme différents (arriérés, anormaux, exceptionnels), notamment depuis les travaux des psycho-pédagogues du début du 20e siècle comme Alfred Binet à Paris, Edouard Claparède à Genève ou Ovide Decroly à Bruxelles); et d&#039;autre part dans une tentative dès les années vingt en Angleterre (voir Libre enfants de Summerhill de Neill), mais surtout pendant et dans l&#039;après deuxième guerre mondiale (voire les communautés d&#039;enfants victimes de la guerre), de multiplier les expériences de vie communautaire issues du scoutisme, des mouvements de jeunesse, de l&#039;éducation nouvelle et de l&#039;éducation internationaliste et pacifiste, des colonies de vacances et camps CEMEA, s&#039;opposant à la tradition hospitalière (couvent, Bon Pasteur, Hospice, institutions de prises en charge spécialisées). Ce faisant, nous dégagerons des signes précurseurs de &amp;quot;désinstitutionalisation&amp;quot; dans ces structures plus petites, parfois médicalisées (les écoles de plein-air), mais avant tout proches de la nature et des besoins des individus. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un second temps, nous étudierons la période 1960-1980, laquelle a vu émerger un mouvement antipsychiatrique (critique de l&#039;hôpital, du pouvoir médical, de la médicalisation à outrance et de la contrainte) pour une critique radicale visant le pouvoir institutionnel et entraînant des pratiques novatrices, lesquelles demandent à être mieux étudiées: 1. dans leurs objectifs (désinstitutionalisation ou déshospitalisation versus sectorisation)? 2. dans le choix fait des traitements: médicaux (traitement ambulatoire) ou éducatif et thérapeutique? 3. dans l&#039;évaluation faite des populations concernées par une prise en charge alternative 4. dans le rôle joué par la psychanalyse comme alternative au traitement médicaux et comme modèle thérapeutique (notamment dans les communautés cf. film de Catherine Scheuchzer, Dans l&#039;aventure du non de la parole) 5. dans le rôle donné aux familles et le poids qui leur est fait supporter (en terme financier, de responsabilité, de culpabilité,...) et en particulier à l&#039;égard des mères et des femmes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il s&#039;agira de mieux comprendre si l&#039;antipsychiatrie est dans les années 1960-1980 une nouvelle manière de faire de la psychiatrie ou si elle est une véritable contestation de l&#039;institution asilaire, et si les modèles alternatifs proposés ne seraient pas sous couvert d&#039;idéologie libertaire une façon de baisser les coûts de la santé en temps de crise. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour ce faire, nous avons lu des articles et consulté une bibliographie d&#039;ouvrages &amp;quot;classiques&amp;quot;, livres de références pour les acteurs/trices de la période considérées, puis nous avons dépouillé des revues professionnelles pour saisir les thématiques qui ont alors traversé le champs de la psychiatrie et de l&#039;éducation spécialisée; dans un second temps, la recherche s&#039;est portée sur un fond d&#039;archives de l&#039;Association Les archives contestataires (fonds Alain Riesen/Schuler) dont les donateurs d&#039;archives, sont les fondateurs de l&#039;Arcade 84 et militant de l&#039;antipsychiatrie genevoise. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un troisième temps nous avons effectué un entretien vidéo (un plan fixe) avec Alain Riesen afin de lui poser cinq questions issues de la recherche dans les archives et dans la littérature afin d&#039;avoir son témoignage sur l&#039;histoire de l&#039;antipsychiatrie, de la désinstitutionalisation et des communautés thérapeutiques entre 1960 et 1980.[[Plan de recherche 2012]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Revue de la littérature  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On constate qu&#039;il n&#039;y a guère d&#039;articles et d&#039;ouvrages concernant cette page de l&#039;histoire genevoise. Un article sur la naissance de la psychiatrie d&#039;Alain Riesen et un autre de Cléopâtre Montandon, qui relève plus d&#039;une histoire des liens entre psychiatrie et justice [[bibliographie]] ont en quelque sorte donné le feu aux poudres à notre recherche. Mais pour approcher l&#039;histoire des changements apparus dans les années soixante sur le plan de l&#039;éducation spéciale dans le traitement des troubles psychiques, il a fallu d&#039;abord s&#039;intéresser à l&#039;histoire de l&#039;antipsychiatrie, puis celle de la désinstitutionnalisation et enfin celle des communautés thérapeutiques, sujet introduit par le [http://edutechwiki.unige.ch/dewiki/R%C3%A9sum%C3%A9_film_de_Catherine_Scheuchzer film de Catherine Scheuchter]. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Faute de littérature de seconde main concernant l&#039;histoire genevoise, nous avons étudié en particulier les fonds d&#039;archives aux [http://www.archivescontestataires.ch Archives Contestataires] qui rassemblent les documents produits par les mouvements contestataires de la seconde moitié du XXe siècle. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Puis une plongée dans quelques revues professionnelles et journalistiques nous a permis de mieux comprendre la place prise par ces thématiques dans les années concernées. Ainsi, un certain nombre de revues professionnelles ont été dépouillées pour la période 1970-1980. Soit: Sauvegarde de l&#039;enfance, Déviance et Société, L&#039;Evolution psychiatrique. S&#039;y sont ajoutés les Cahiers Médico-sociaux entre 1956 et 1981, ainsi que le journal &amp;quot;Tout va bien&amp;quot; ( voir [[Notes sur journal Tout va bien]]) dépouillé pour les années 1970 à 1983, qui a consacré trois numéros entiers aux problèmes de la psychiatrie à Genève et surtout au mouvement antipsychiatrique lié au scandale de l&#039;institution psychiatrique de Bel-Air en 1980. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt; Durant la période de 1970 à 1985, la revue &amp;quot;Sauvegarde de l&#039;enfance&amp;quot; n&#039;a publié aucune revue, voire même aucun article consacré au thème de notre étude, à savoir la désinstitutionnalisation dans le champ de l&#039;éducation spéciale. Au premier abord on pourrait donc tirer la conclusion selon laquelle ce champ d&#039;étude ou ce mouvement n&#039;était que peu présent à cette époque. Toutefois, en se penchant davantage sur les sujets traités dans cette revue, on se rend compte que les auteurs de celle-ci n&#039;ont pas abordé la désinstitutionnalisation en tant que telle, mais l&#039;ont abordée par les effets qu&#039;elle a pu engendrer à cette époque. Effectivement, on peut observer des thèmes comme la formation des éducateurs en centre de jour ou en maison d&#039;accueil, la relation entre famille et société, l&#039;école ordinaire, l&#039;adolescence et la violence ou encore l&#039;aide sociale, autant de thèmes qui ont largement découlé de ce mouvement désinstitutionnel. Il est donc fort intéressant de se pencher sur les champs d&#039;action de ce type de revues, afin de mieux comprendre quel était le climat politique, les préoccupations, les tendances de la période qui nous intéresse. D&#039;ailleurs, nous retrouverons tout au long de cet article de nombreuses références aux thèmes traités par la revue &#039;&#039;Sauvegarde de l&#039;enfance&#039;&#039;.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Entre 1972 et 1974&#039;&#039;, [[L&#039;évolution psychiatrique|L&#039; Évolution psychiatrique]]&#039;&#039; consacre deux numéros au thème de l&#039;antipsychiatrie. Dans ces deux numéros, les articles sont rédigés par des médecins psychiatres non antipsychiatres qui s&#039;efforcent, dans un premier temps, de reconnaître les bienfaits des problématiques soulevées par le mouvement antipsychiatrique. Dans un deuxième temps, ces psychiatres contestent les thèses du mouvement, les critiquent et se distancent franchement des solutions proposées par les antipsychiatres pour répondre aux problématiques de départ. Après 1974, il n&#039;y a plus de numéros ou d&#039;articles consacrés à l&#039;antipsychiatrie. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La [[Revue Déviance et Société|Revue Déviance et Société]] aborde la problématique du traitement de la déviance essentiellement du point de vue pénale et de l’analyse  des normes. Les quelques articles relevés entre 1977 et 1982 en lien avec notre problématique témoignent bien du questionnement autour des normes, de la responsabilité et du processus de formation de la déviance et de la stigmatisation. Il est ainsi possible de constater que l’incursion de la psychiatrie dans le domaine pénal est perçue comme une menace ou une déresponsabilisation des actes délinquants ou criminels. Et que les arguments invoqués pour l’application d’une évaluation psychiatrique est bien celle d’une aliénation, mais en dehors ou en parallèle du milieu carcéral. Concernant notamment la prise en charge des mineurs, l’article de Jean-Marie Renouard (1982) relate bien les mouvements conceptuels ayant eu lieu. De l’identification de l’enfant «&amp;amp;nbsp;inadapté&amp;amp;nbsp;» à par la suite l’identification de l’enfant «&amp;amp;nbsp;handicapé&amp;amp;nbsp;», les concepts de l’exclusion qui s’en suivent sont passés d’une stigmatisation dans le but «&amp;amp;nbsp;d’extraire&amp;amp;nbsp;» (dénoncés par la sociologie et le mouvement antipsychiatrique) à un droit à l’exclusion dans une visée de réintégration. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Les cahiers médico-sociaux]] se dédient aux questions contemporaines liées à la santé publique et médico-sociales. C’est d’un point de vue «&amp;amp;nbsp;mesuré&amp;amp;nbsp;» que cette revue nous indique de façon précieuse quelles étaient les dispositions prises au niveau des politiques sociales (Assurances Invalidité, lois) et du traitement médical ou thérapeutique (services, institutions, approches thérapeutiques, relation praticien-patient). Les articles retenus concernent essentiellement l&#039;hygiène mentale et son appréhension. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt; Cette revue de la littérature montre que les années 60 à 80 ont été fortement teintées par une volonté de sortir les personnes malades de l&#039;institution névrosante, des ghettos asilaires, et de viser plutôt une ouverture vers la communauté. C&#039;est la recherche de la normalisation, donnant de l&#039;ampleur à un certain courant humaniste. Est apparue la notion de Droit des patients: toute personne a le droit de vivre dans son milieu et de participer à la vie de sa communauté. La nécessité d&#039;être acteur de son processus de guérison est devenue prioritaire. Mais jusqu&#039;où est-on allé? Ou se situe la limite d&#039;une &amp;quot;vie comme tout le monde&amp;quot; lorsque l&#039;on souffre, que l&#039;on a des besoins spécifiques? Les années 70 ont été permissives et ont laissé beaucoup d&#039;autonomie aux personnes handicapées ou malades, mais se sont-elles senties mieux?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Méthodologie  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le travail de recherche a mêlé plusieurs méthodologies. Outre l&#039;apprentissage de l&#039;usage d&#039;un wiki qui a cimenté comme il se doit cette &amp;quot;communauté de travail&amp;quot; de six membres, ceux-ci ont travaillé dans trois directions: la recherche documentaire et bibliographique, l&#039;étude d&#039;un fonds d&#039;archives (le Fonds Riesen/Schuler de l&#039;Association les Archives contestataire) et la construction d&#039;une grille de questions à poser au &amp;quot;grand témoin&amp;quot;, Alain Riesen. Ces quatre outils méthodologiques ont donc fondé cette étude. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1. De l&#039;usage du wiki &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La pratique de l&#039;intelligence collective oblige à mettre en mouvement deux réseaux: le réseau que forme les membres de la communauté qui travaillent constamment ensemble pour alimenter le site Dewiki et le &amp;quot;réseau&amp;quot; des pages de rédaction qu&#039;il offre le site, soit: celles de l&#039;article, du dictionnaire des concepts, de la bibliographie et des résumés. Reste évidemment la page d&#039;accueil qui permet de visualiser l&#039;ensemble et de suivre les tâches à effectuer d&#039;une semaine à l&#039;autre. Ce travail de recherche mêle des moments de rencontre sur le web (notamment par les pages de discussion autour d&#039;une activité), mais aussi réellement en salle de cours, afin surtout d&#039;assurer le rythme d&#039;avancement de la démarche et d&#039;échanger du point de vue intellectuel et du point de vue technologique. L&#039;évaluation de la démarche se fait aussi dans une même perspective d&#039;intelligence collective qui nécessite un engagement des personnes pour le &amp;quot;bien commun&amp;quot; à savoir le résultat de l&#039;ensemble des activités qui forment cette recherche originale. Une autoévaluation collective clôt la démarche un mois après la fin de l&#039;expérience collective pour permettre d&#039;ajuster les rythmes individuels et de peaufiner les textes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
2. De la recherche documentaire et bibliographique &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Afin de mieux comprendre les positions des différents acteurs dans les domaines que nous avons étudiés, il a été nécessaire de se plonger dans différentes revues professionnelles ou sociales. La plupart d&#039;entre elles étant gardées en version papier dans différents lieux d&#039;archives ou bibliothèques, nous nous sommes rendues dans les bibliothèques universitaires de plusieurs facultés (psychologie et sciences de l&#039;éducation, lettres, médecine,...) afin d&#039;avoir accès aux articles de l&#039;époque. La plupart de ces thématiques n&#039;étant pas directement liées à nos propres études, il nous a fallu, dans un premier temps, saisir tout un lexique, une pensée, un domaine parfois méconnus, voire inconnus. Dans un deuxième temps, il a fallu comprendre comment ce qui avait été lu pouvait s&#039;inscrire dans cette période entre 1960 et 1980, quelles étaient les sources d&#039;inspirations et les revendications de cette époque particulière. Nous avons également fait appel à des ouvrages, des livres que nous avons trouvé en bibliothèque afin d&#039;étayer notre recherche.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
3. De la recherche en archives &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous sommes allées deux matins aux Archives Contestataires, afin de faire de la recherche sur le fond Riesen/Schuler. Avoir en mains des documents manuscrits, de vieux journaux, et de la documentation provenant de ces militants (médecins ou non) a été enthousiasmant nous amenant à découvrir une nouvelle façon de faire de la recherche en sciences de l&#039;éducation. Aussi, cela nous a permis de mieux comprendre notre objet d&#039;étude dans le cadre genevois et ainsi de pouvoir préparer les différentes questions que nous allions posées à Alain Riesen lors de notre entretien.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
4. La constitution d&#039;une archive orale &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
N&#039;ayant trouvé que peu d&#039;archives écrites sur le mouvement de contestation de la psychiatrie à Genève entre 1960 et 1980, nous avons eu la chance de pouvoir interviewer Monsieur Alain Riesen, ergothérapeute et co-fondateur d&#039;Arcade 84. En relation avec les thématiques propres à chacune selon les revues consultées ou les ouvrages lus, nous avons pu l&#039;interroger d&#039;abord sur sa position de professionnel de la psychiatrie et son statut de militant. Dans un deuxième temps, nous lui avons demandé qu&#039;elles étaient ses lectures de référence, sa conception de la maladie mentale, et sa vision du partenariat avec les familles des malades. Finalement, nous l&#039;avons interrogé sur les apports de toutes ces années de militantisme, notamment au sein de l&#039;ADUPSY et du réseau alternatif à la psychiatrie.([[Plan de recherche 2012|Questions]]). Cet entretien nous a tout d&#039;abord permis de mieux comprendre ce qui s&#039;était réellement passé à Genève durant la période étudiée, et surtout d&#039;avoir des éléments précis et concrets de cette période de désinstitutionnalisation. C&#039;est ainsi que nous avons pu compléter notre article en regard des propos de Monsieur Riesen.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Panorama historique général  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Des prisons à l&#039;asile pour les personnes atteintes d&#039;affections mentales&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Jusqu&#039;à la fin du XVIIIe siècle, les hôpitaux psychiatriques internaient une population bien différente de celle accueillie au XXe siècle. [[Bibliographie|Cléopâtre Montandon&amp;amp;nbsp;(1978)]]&amp;amp;nbsp; nous rappelle que les populations désignées comme relevant de l&#039;univers psychiatrique étaient très fortement liées à l&#039;univers carcéral. Effectivement, jusqu&#039;au XVIIIe siècle, les criminels étaient considérés comme &amp;quot;fous&amp;quot; ou &amp;quot;aliénés&amp;quot; et se voyaient enfermés, voire même enchaînés dans des &amp;quot;maisons de discipline&amp;quot; ou dans des &amp;quot;hôpitaux pour fous&amp;quot;. A cette époque, seule la justice décidait du lieu d&#039;incarcération des individus criminels. Peu à peu, des distinctions se sont faites pour montrer que certains criminels aliénés relevaient davantage de la psychiatrie, et se définissaient essentiellement par une responsabilité restreinte et une santé mentale défaillante. Ce sont alors ces personnes, désignées comme ne pouvant accomplir leur rôle social, que les hôpitaux psychiatriques ont admis dans leurs locaux. Pour décider et justifier ces internements, la justice ne pouvait agir seule. C&#039;est à partir de 1838 qu&#039;une loi voit le jour à Genève concernant l&#039;internement des &amp;quot;aliénés&amp;quot;: loi sur le placement et la surveillance des aliénés (5 février 1838). On parlera dès lors de &#039;&#039;placement&#039;&#039; des aliénés, et non plus de l&#039;enfermement ou de l&#039;internement de ces derniers.&amp;lt;br&amp;gt; &amp;quot;Ce n&#039;est qu&#039;à partir de 1936 que l&#039;autorisation d&#039;un internement est délivrée sur vue d&#039;un certificat médical par le Département de la prévoyance sociale et de la santé publique&amp;quot;. Ainsi, on voit combien la société évolue en définissant clairement et sur preuves médicales qui peut être &#039;&#039;placé&#039;&#039; en hôpital psychiatrique. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On peut également noter que les préoccupations principales de la période du XVIIIe au début du XXe siècle se restreignaient principalement à la sécurité, et de fait au &#039;&#039;placement&#039;&#039; de ces personnes. Où pouvait-on mettre physiquement ces personnes différentes pour qu&#039;elles ne nuisent pas à la société? Que pouvait-on faire d&#039;elles? Qui pouvait s&#039;en occuper? Que faire avec ces personnes? On observe dès lors que, pendant plusieurs siècles, ces personnes étaient enfermées, considérées comme étant dénuées de tous sens, de toute sensibilité, et par conséquent ne recevaient aucune éducation. Il faudra alors attendre la fin du XIXe siècle pour entrevoir une forme d&#039;éducation de ces personnes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans son article, &amp;quot;[[Bibliographie|La naissance de l&#039;institutions pour aliénés]]&amp;quot; à Genève au 19e siècle, Alain Riesen montre que la problématique de l&#039;internement est grandissante et que &amp;quot;l&#039;inhumanité de l&#039;enfermement&amp;quot; (Riesen, 1981) est au cœur des préoccupations. Il relate également une nouvelle conception du milieu asilaire&amp;amp;nbsp;: &amp;quot;la possibilité d&#039;améliorer l&#039;état des aliénés, ou même les guérir, si de bonnes conditions sont réunies&amp;quot;. En d&#039;autres termes, il s&#039;agirait de pouvoir administrer un traitement aux malades de manière à guérir, à soigner leur folie; à l&#039;époque nommé &#039;&#039;traitement de la folie. &#039;&#039;Plusieurs types de traitements font alors leur apparition et notamment l&#039;isolement. Il s&#039;agissait d&#039;éloigner le malade des conditions de vie qui l&#039;ont rendu &#039;&#039;fou&#039;&#039; &amp;quot;afin de le soustraire à leur influence&amp;quot;. La médication fut également un des traitements de la folie.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette nouvelle manière de penser l&#039;internement étant accomplie, plusieurs dérives ont vu le jour, et notamment les placements abusifs effectués par le Département de Justice et Police. En 1895, la Loi de 1838 est revue de manière à éclaircir la procédure d&#039;admission des aliénés.&amp;amp;nbsp;&amp;quot;Même si la loi de 1838 ne rend pas obligatoire l&#039;avis médical pour procéder au placement, dans la pratique, le médecin se fondant sur une &#039;&#039;science&#039;&#039; de l&#039;aliénisme en plein développement, va jouer un rôle de plus en plus important dans le placement et la sortie des aliénés&amp;quot; ([[Bibliographie|ADUPSY]]). L&#039;avis médical devient dès lors requis pour tout placement. Enfin, la réforme de 1936 met en évidence la nécessité et l&#039;exigence d&#039;un certificat médical pour être placé. Quiconque ne peut pas être défini comme &amp;quot;fou&amp;quot; ou &amp;quot;aliéné&amp;quot; sans avis médical suivant des règles précises.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;L&#039;éducation...&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au début du XXe siècle, Binet et Simon (1907)&amp;amp;nbsp; &#039;&#039;donnent une nouvelle forme cognitive de l&#039;éducation spéciale qui perdurera au moins jusqu&#039;au années 1960&#039;&#039; ([[Bibliographie|Chauvière et Plaisance, 2003, p. 32]]).&amp;amp;nbsp; A cette époque, on distinguait les arriérés d&#039;asiles, non éducables et à laisser entre les mains des médecins, des arriérés d&#039;école. Ainsi, des institutions apparaissent entre l&#039;hôpital et la classe ordinaire: les classes spéciales (ou classes de développement) et les instituts médico-pédagogiques. Dans ces nouveaux lieux, la pédagogie était &#039;&#039;inspirée par l&#039;atelier, c&#039;est-à-dire guidée par la mise en œuvre de travaux manuels et d&#039;exercices pratiques &#039;&#039;([[Bibliographie|Chauvière et Plaisance, 2003, p. 33]]). A Genève, c&#039;est le médecin et psychologue Edouard Claparède qui sera appelé pour réorganiser les classes spéciales sur un mode scientifique, c&#039;est-à-dire en tenant compte du diagnostic effectué sur l&#039;enfant et du pronostic d&#039;éducabilité. Voir [[Bibliographie|Ruchat]] &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En Grande-Bretagne, dans les années 1920, A.S Neill, puis dans les années 1960, David Cooper ont mis en place de nouveaux lieux pour exercer une forme innovante de psychiatrie et d&#039;éducation, remettant en question l&#039;internement psychiatrique des malades mentaux. C&#039;est en effet à travers des expériences comme [[Résumé de l&#039;ouvrage Libres enfants de Summerhill|Libres enfants de Summerhill]] de [[Bibliographie|Neill]] en 1921 ou Pavillon 21 menée par [[Bibliographie|Cooper]] en 1962 que l&#039;antipsychiatrie semble voir le jour. Effectivement, plusieurs principes régissent ce nouveau type de lieu à savoir la liberté des individus, le self-government, les apprentissages facultatifs... en ayant pour hypothèses que le mal-être et la maladie mentale de ces individus sont en partie dus aux contraintes du monde dans lequel ils évoluent et apprennent. Dès lors, il convient de créer des institutions, des lieux éloignés de toute coercition et de toute autorité. Notons également que Maud Mannoni, dans la préface de l&#039;ouvrage Libres enfants de Summerhill, relate que Neil faisait partie de &amp;quot;la lignée anarchisante qui donna naissance à l&#039;antipsychiatrie&amp;quot; ([[Bibliographie|Mannoni, dans Neill, 1979, p. 9]]).&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais on constate aussi, en France, que la période 1945-1960 est également bouleversée et traversée par de nouveaux modèles éducatifs avec la naissance de lieu de vie où l&#039;enfant inadapté est accueilli, non pas à travers sa maladie ou sa différence, mais plus à travers le fait qu&#039;il est un enfant et qu&#039;il doit être éduqué. Jean Lagarde, fondateur de l&#039;association de la sauvegarde des enfants invalides dans la période après guerre, souhaitait effectivement faire &amp;quot;l&#039;expérience d&#039;éducation toujours dans un creuset communautaire&amp;quot; ([[Bibliographie|Capul, 2002, p.141]]). Lagarde avait pour objectif de créer un lieu où les soins médicaux puissent être administrés aux enfants qui en nécessitaient, tout en leur proposant un accueil éducatif. Nous pourrions plutôt dire qu&#039;il désirait créer une école, un lieu de vie où un suivi médical était envisageable. Il s&#039;agissait en effet d&#039;éloigner l&#039;enfant du lieu médical pour qu&#039;il devienne élève et que, de fait, il puisse apprendre. Dans cette optique, équipe pédagogique et équipe médical devaient collaborer étroitement. Cette expérience est à nouveau le témoin d&#039;une nouvelle forme de prise en charge. Il est possible de faire le lien entre cette expérience et l&#039;approche de Maud Mannoni en 1969, avec la création de l&#039;Ecole expérimentale de Bonneuil-sur-Marne où il s&#039;agissait également de séparer les lieux d&#039;analyse et les lieux de vie (lieux pédagogiques).&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La désinstitutionalisation  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon des sources internet, le mouvement de désinstitutionalisation semble avoir débuté vers 1960 (même s’il semble qu’il y ait eu un prélude à la désinstitutionnalisation au début du 19e siècle (L’Institut universitaire en santé mentale de Québec par exemple - La désinstitutionnalisation, http://caringminds.ca/index.php?option=com_content&amp;amp;amp;view=article&amp;amp;amp;id=62&amp;amp;amp;Itemid=43&amp;amp;amp;lang=fr&amp;amp;amp;limitstart=7). Certains observent le début de ce mouvement en Scandinavie, d’autres au Québec. Dans tous les cas, il s’agit d’un mouvement d&#039;ouverture vers la communauté, d’une volonté de «normalisation»[[Normalisation]] &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le mouvement de désinstitutionnalisation s&#039;appuie avant tout sur une philosophie qui met l&#039;accent sur les droits et les libertés des individus, et elle vise à humaniser les soins de santé mentale. ([http://agora-2.org/thematiques/inaptitude.nsf/Dossiers/Desinstitutionnalisation Encyclopédie de l’Agora]). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;horreur suscitée par les politiques nazies du meurtre eugénique des malades psychiatriques et les camps de concentration pendant la Seconde guerre mondiale, ont attiré l’attention sur les pratiques «&amp;amp;nbsp;déshumanisantes&amp;amp;nbsp;» dans les soins psychiatriques en santé mentale, (séquestration, mauvais traitements en tout genre, manque de formation des professionnels). (Voir [http://id.erudit.org/iderudit/032417ar Martin, 1984 et Claire Henderson et Graham Thornicroft], Santé mentale au Québec, vol. 22, n° 2, 1997, p. 88-114. ) Les années d’après-guerre ont vu un accroissement de l’intérêt porté à l’institution comme objet d’étude. Certains auteurs parlent de l’institution comme étant «&amp;amp;nbsp;névrosante&amp;amp;nbsp;», «&amp;amp;nbsp;façonnant et codifiant les gens dans le rôle de patient psychiatrique&amp;amp;nbsp;» (Goffman (1961). On observe dans les années 60 une disparition du personnel religieux des hôpitaux. Naît alors une nouvelle conception de l’individu, une évolution des attitudes envers le malade&amp;amp;nbsp;; on veut le sortir des murs de l’asile psychiatrique. On commence à parler, à cette époque, du «&amp;amp;nbsp;droit de la personne&amp;amp;nbsp;». Des idéaux humanitaires amènent alors à une nouvelle vision de la maladie mentale. Il semble que ce mouvement de désinstitutionnalisation soit également lié à l’apparition des pratiques de pharmacopée. Effectivement, «&amp;amp;nbsp;Ces nouveaux médicaments permettaient de calmer les malades agités, délirants, hallucinés et ainsi permettre d&#039;envisager et de généraliser des traitements psychiques dans des conditions plus réalistes ou encore, lorsque c&#039;était possible, d&#039;envisager un retour au domicile ou dans des structures intermédiaires&amp;amp;nbsp;».([http://fr.wikipedia.org/wiki/Psychiatrie déf. du mot «&amp;amp;nbsp;psychiatrie&amp;amp;nbsp;»]). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On a le désir de «normaliser&amp;amp;nbsp;» leurs conditions de vie. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les années 60, si la personne «&amp;amp;nbsp;déficiente intellectuellement&amp;amp;nbsp;» est encore considérée comme un «&amp;amp;nbsp;malade&amp;amp;nbsp;», le malade mental ne l&#039;est plus, mais davantage comme un sujet pouvant être aidé et guéri. On met en avant le fait que la maladie mentale ne nécessite pas nécessairement une hospitalisation, et qu’elle doit être considérée comme une quelconque maladie. On externalise, on invente la psychiatrie de secteurs, on commence à intégrer des services pour les malades mentaux dans des hôpitaux ou cliniques. On évite ainsi la stigmatisation des malades mentaux placés pour de longues périodes en asile psychiatrique, et on leur évite la perte de leurs facultés leur permettant de se réintégrer dans la société. On redonne alors un rôle à la communauté, tout en accordant des responsabilités aux familles. Le patient devient alors le cœur de l&#039;intérêt des praticiens. ([http://www.promentesana.org/upload/application/trimes_43.pdf in Lettre trimestrielle de l’association romande Pro Mente Sana])&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La désinstitutionalisation a permis aux personnes présentant des troubles psychiatriques de sortir de ce milieu assimilé pendant de nombreuses années, au milieu carcéral. Mais une fois &amp;quot;libérées&amp;quot; où vont ces personnes? A ce sujet,&amp;amp;nbsp; [[Bibliographie|N. Carpentier (2001)]] affirme dans son article que 60 à 70&amp;amp;nbsp;% des patients retournent dans leur famille après l’hospitalisation. Mais plusieurs auteurs ont démontré que l&#039;arrivée d&#039;un malade dans une famille, avait de lourde conséquence sur celle-ci. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Avant d’en venir aux conséquences, il semble nécessaire de revenir sur la représentation qu&#039;ont les professionnels des familles des patients. Pour cela, il est intéressant de revenir sur l&#039;évolution de leur vision. En d&#039;autres termes, comment la famille, alors qu&#039;elle était considérée comme coupable de la maladie de l&#039;un de ses membres, est devenue un partenaire idéal?&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au début du XXème siècle, celle-ci était considérée comme étant la cause, l&#039;origine de la maladie de l&#039;enfant. Les professionnels affirmaient que la maladie mentale était un problème génétique, héritée de plusieurs générations antérieures. Ensuite, les années cinquante ont apporté un premier renversement dans cette représentation. En effet, la famille était perçue comme étant un «&amp;amp;nbsp;système réagissant aux troubles mentaux de l’un de ses membres, plutôt qu’en tant que système causant des désordres psychiques&amp;amp;nbsp;» ([[Bibliographie|Carpentier, 2001, p.84]]). Ce changement de perspective est en lien avec l’arrivée d’une politique qui favorise les hospitalisations de courte durée. En d’autres termes, les familles commencent à être perçues comme une solution aux changements politiques. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les années 60, la psychiatrie adopte une vision centrée sur la communauté. Ce changement va être très favorable pour les familles, puisqu’il permet à ces dernières de se déresponsabiliser des troubles mentaux. Ainsi, toujours selon Carpentier, à cette époque «&amp;amp;nbsp;les désordres psychiques [doivent être étudiés] sous l’angle de l’isolement social, des désavantages sociaux, puis selon la présence de stresseurs sociaux et économique&amp;amp;nbsp;»( p.89) .&amp;lt;br&amp;gt;Ainsi, au fur et à mesure que le mouvement de désinstitutionalisation est mis en place, les politiciens et les professionnels considèrent la famille comme étant une solution au problème. En effet, cette dernière est perçue comme «&amp;amp;nbsp;une source privilégiée de soutien émotionnel et social ainsi que comme place de choix pour relocaliser le patient psychiatrique.&amp;amp;nbsp;» ([[Bibliographie|Carpentier, 2001, p.91]].) &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Du côté des familles, il semblerait selon [[Bibliographie|R. Therrien (1990)]] que sur le plan économique et émotionnel, la désinstitutionnalisation leur demande beaucoup, en particulier aux femmes. En effet, toujours selon R.Therrien, avoir quelqu&#039;un ayant des problèmes mentaux à la maison provoque beaucoup de stress. Chez certains, un malade peut devenir un véritable &amp;quot;fardeau&amp;quot;, puisque celui-ci impose beaucoup de contraintes. Effectivement, avoir une personne malade à la maison peut engendrer des conséquences telles que la réduction des loisirs habituels, les sorties avec les amis, par peur d&#039;être jugé, ou encore d&#039;avoir des problèmes avec les voisins, car les comportements de la personne dérange. Tous ces problèmes ont un impacte très fort sur la famille d&#039;autant plus qu&#039;elle n&#039;est pas aidée, ni reconnue pour tout ce qu&#039;elle fait pour la personne malade. &amp;amp;nbsp; &amp;lt;br&amp;gt; A propos de la lourde responsabilité des parents, on peut se demander si les familles ne finiraient pas elles aussi à un moment donné par tomber malade. A ce sujet, le témoignage d&#039;[[Bibliographie|Alain Riesen]] souligne que lorsqu&#039;une famille prend en charge un de ses membres malade, il ne faut pas qu&#039;elle reste seule, mais qu&#039;elle en parle, partage ce qu&#039;elle vivait au quotidien. C&#039;est donc, pour ces raisons-là que des thérapies familiales ont vu le jour.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La communauté: un modèle alternatif à l&#039;institution fermée  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La communauté comme mode de prise en charge a, dans le champ de l&#039;éducation spéciale et spécialisée, sa propre histoire. Relevant d&#039;une approche démocratique et souvent pacifiste, la communauté est une forme de gouvernement par les personnes elles-mêmes (y compris les enfants). La notion de self-government a été développé dans le cadre de l&#039;éducation nouvelle pour définir de telles pratiques dès la fin du XIXe siècle. Lors de la seconde guerre mondiale des communautés d&#039;enfants victimes de la guerre ont vu le jour partout en Europe. Se référent à des modèles antérieurs comme les écoles nouvelles à la campagne de l&#039;éducation nouvelle (et donc du self-government) , de la république d&#039;enfants, de la cité des enfants, leurs fondateurs ont contribué au relèvement de l&#039;éducation en Europe par un modèle visant la participation des enfants à la gestion de la communauté et leur autonomie. Souvent, transformé dès les années 1950 en foyer pour enfants (malheureux, difficiles voire délinquants), le modèle des communautés d&#039;enfants semble être circonscrit à une période temporelle courte et particulièrement difficile sur le plan économique. On peut donc se demander si ce type de modèle ne serait pas &amp;quot;choisi&amp;quot; particulièrement en temps de crise et de manque de ressources financières donnant ainsi plus de pouvoir aux &amp;quot;usagers&amp;quot; permettant ainsi un moindre encadrement institutionnel. [[https://plone2.unige.ch/aref2010/search?SearchableText=communautés+d%27enfants]]. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des «&amp;amp;nbsp;communautés thérapeutiques&amp;amp;nbsp;» ont été créées en réaction aux enfermements asilaires prônés jusque-là mais qui commençaient à être pointés du doigt, car considérés comme déshumanisants. Bien que créées tout d&#039;abord pour répondre aux phénomènes de dépendances (toxicomanies, par exemple), on trouve, dès la fin des années 60, des communautés thérapeutiques en Angleterre, en France, en Suisse et au Québec, destinées au secteur de la psychiatrie. Avec la naissance de ces communautés thérapeutiques, une nouvelle approche de la psychose en-dehors des lieux de soins traditionnels s&#039;est développée (Schatzman, 1969; Barnes et Berke, 1973; Fabre, 1978; Lecomte et Tourigny, 1983a). Leur but est de créer un milieu &amp;quot;naturel&amp;quot;, en reconstituant les structures d’une «&amp;amp;nbsp;macro famille&amp;amp;nbsp;» ou d’une «&amp;amp;nbsp;mini société&amp;amp;nbsp;», plus rassurantes&amp;amp;nbsp;: on trouve par exemple la Communauté des Sablons, (Maison d&#039;enfants à caractère social et familial (76270 Saint-Saire), ou, en Suisse, le foyer de Tavel qui a vécu cinq ans (1975-1980). Dans le [http://edutechwiki.unige.ch/dewiki/R%C3%A9sum%C3%A9_film_de_Catherine_Scheuchzer film de Catherine Scheuchzer], «&amp;amp;nbsp;Dans l’aventure du non, la parole&amp;amp;nbsp;», (tourné à Boulens, dans la campagne vaudoise, dans les années 70 ), on découvre, dans un décor post soixante huitard, très simplement, dans un rythme extrêmement lent, des adultes et des enfants en interaction, «&amp;amp;nbsp;comme dans la vraie vie&amp;amp;nbsp;». Cette expérience est décrite comme «&amp;amp;nbsp;une véritable expérience d’éveil à la vie&amp;amp;nbsp;», qui «&amp;amp;nbsp;prend le contre-pied du placement en institution psychiatrique&amp;amp;nbsp;» (L’Est vaudois, 19.11.92). Plutôt que de considérer cette population d&#039;enfants, comme on le faisait en asile, comme des fous, murés dans leur silence. On veut les considérer comme des partenaires, des interlocuteurs. Le but est effectivement de les faire participer au quotidien d’une maisonnée, plutôt que de créer des ateliers protégés artificiels. De la sorte, ils sont poussés à se dépasser, à faire des expériences par eux-mêmes, sans avoir nécessairement recours au soutien d’un adulte. Il semble qu&#039;à cette époque, cette nouvelle façon de considérer les enfants autistes comme étant capables d’autonomie, capables d’agir, ait apporté un peu d’humanité dans leur prise en charge. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;enfant&amp;amp;nbsp; ainsi placé dans une communauté thérapeutique vaudoise est-il plus &amp;quot;intégré&amp;quot; que s&#039;il l&#039;était dans une institution considérée par ces acteurs alternatifs du &amp;quot;système&amp;quot; comme un ghetto? Il en va de même avec le terme désinstitutionalisation? Qu&#039;est-ce que l&#039;institution? Il y en a des &amp;quot;bonnes&amp;quot; (maternantes, enveloppantes, naturelles...) et de &amp;quot;mauvaises&amp;quot; (contraignantes, mortifères) (sur ce point les travaux de Fernand Oury puis de Jacques Pain mériteraient qu&#039;on s&#039;y attache (voir la psychothérapie institutionnelle sur le site de Jacques Pain: http://www.jacques-pain.fr).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Prémisses à l&#039;antipsychiatrie==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les années 60, Michel Foucault a tenté d&#039;amorcer &amp;quot;un dialogue entre la psychiatrie et ses sujets&amp;quot; ([[Bibliographie|Rose, 2006, p.113]]) et dès 1971 avec la sortie de son ouvrage sur les prisons, c&#039;est à la critique de l&#039;univers carcéral et des rapports de pouvoir qu&#039;il s&#039;attelle (Surveiller et punir, 1971). Ces critiques, plus tard regroupées sous le nom d&#039;antipsychiatrie, visaient à remettre en question &amp;quot;la manière dont le pouvoir du médecin était impliqué dans la vérité de ce qu&#039;il disait et, inversement, la manière dont celle-ci pouvait être fabriquée et compromise par son pouvoir ([[Bibliographie|Rose, 2006, p.120-121]]). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En Italie, Franco Basaglia, qui s’est appuyé entre autres sur les modèles de l’antipsychiatrie anglaise et française pour mener sa lutte ([[Bibliographie|Cooper, Lang, Foucault, Castel]]), s&#039;en est pris aux conditions de vie moyenâgeuses réservées aux malades mentaux. En quelques années, il démantèle l’asile et expérimente les premiers éléments de sa conception territoriale (et non plus institutionnelle) de la folie&amp;amp;nbsp;: le malade est soigné dans son milieu social&amp;amp;nbsp;» (TVB 10 octobre 80).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;institution comme lieu d&#039;exclusion est mise à mal par une volonté de certains de supprimer ces lieux de contrainte, pour une vie libre dans la Cité (sectorisation) ou dans des communautés thérapeutiques (de préférence à la campagne) partant du présupposé que les conditions de vie des personnes sont déterminantes dans leur état de santé (avant même tout diagnostic). Par ailleurs, dans ces années-là, la vie quotidienne devient un objet d&#039;étude (la sociologie de la vie quotidienne), terreau de multiples expériences pédagogiques et thérapeutiques. Le slogan &amp;quot;La liberté est thérapeutique&amp;quot; s&#039;allie à une critique de la contrainte médicamenteuse et des pratiques de contention psychiatrique: elle donne ainsi une place à de nouvelles formes d&#039;&amp;quot;éducation spéciale&amp;quot;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Symptôme de ce changement le terme d&#039;&amp;quot;usagers&amp;quot; vient reléguer celui de &amp;quot;patients&amp;quot; donnant un nouveau statut aux personnes, écorchant ainsi le sacro saint pouvoir des médecins et des directions des institutions.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En Suisse, en se fondant sur des principes similaires à ceux de Neil et de Cooper, dès les années 1960,&amp;amp;nbsp; de nombreuses institutions privées pour enfants handicapés ou en difficultés se développent en Suisse, majoritairement sous l&#039;impulsion d&#039;associations de parents. Ces derniers ont été amenés à &#039;&#039;créer et à gérer des institutions de type médico-éducatif&#039;&#039; &#039;&#039;pour éviter à leurs enfants d&#039;être relégués dans des services d&#039;hôpitaux psychiatriques ou d&#039;être seulement en survie à leur domicile&#039;&#039; (Chauvière et Plaisance, 2003, p.35). Aujourd&#039;hui, les institutions, à Genève, semblent toujours être un peu sur le même modèle, celui de &amp;quot;l&#039;alliance&amp;quot; entre le médical et le pédagogique (qui regroupe aussi l&#039;aspect éducatif). Si on ne cherche peut-être plus à éviter aux élèves la relégation en psychiatrie, on les place dans des lieux parfois hors de tout cursus ordinaire et loin de la norme. Ce qui questionne enfin sur qu&#039;est-ce que la normalisation? Et où mettre la limite à une vie comme tout le monde avec un handicap: la liberté (permissivité, autonomie) des années 1970 a-t-elle fait l&#039;impasse sur la souffrance des individus face aux exigences thérapeutiques et pédagogiques? La communauté d&#039;enfants (pédagogique, institutionnelle, thérapeutique) est-elle un modèle &amp;quot;utile&amp;quot; en temps de crise des institutions: peu coûteux, demandant un engagement au quotidien (vie quotidienne) du collectif pédagogique et thérapeutique (donc assurant un &amp;quot;contrôle social&amp;quot; maximal.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au sujet de la question de l&#039;influence du modèle des communautés thérapeutiques sur le processus de désinstitutionnalisation et antipsychiatrique des années 1960 à 1980, Alain Riesen met en évidence dans ses propos qu&#039;il est important de créer un parallèle entre le passé et le présent de manière à situer le contexte historique et politique, mais surtout de manière à voir sur quoi reposent nos agissements. Ainsi, selon lui, la naissance de ces communautés thérapeutiques comme détaillée précédemment dans ce chapitre, est un pas dans l&#039;histoire de la désinstitutionnalisation. Effectivement, ces communautés thérapeutiques se développent comme une alternative à l&#039;hospitalisation traditionnelle dans un contexte qui remet en question les rapports de pouvoir dans l&#039;institution, mais également au niveau de l&#039;éducation, de la santé ou encore des rapports entre hommes et femmes.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Toutefois, Riesen pointe le fait que ces communautés thérapeutiques prônant à l&#039;époque leur volonté de travailler dans la relation à l&#039;autre en utilisant les moyens les moins coercitifs possibles pour entrer en relation, soigner et atténuer la souffrance psychique des patients, ne se sont pas développées sur le long terme. En effet, cette alternative à l&#039;hospitalisation est vécue par certains comme plus dure et comme provoquant plus de souffrance en raison de la non médicalisation qu&#039;elle préconise. De plus, cette approche thérapeutique est très coûteuse en personnel soignant qualifié et ne pourra donc être soutenue par l&#039;état. Bien que cette tentative ne soit pas celle qui ait perduré, Riesen relève le fait qu&#039;elle ait tout de même eu son importance dans l&#039;histoire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Psychiatrie et antipsychiatrie  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;apparition de la médication au début des années 1960 permet d&#039;éviter l&#039;internement. Elle soutient fortement le changement qui s’opère dans les pratiques et donne l&#039;impression de pouvoir faire quelque chose. Elle fait transparaître un espoir aussi bien pour les praticiens que pour les patients puisque grâce à l&#039;administration de médicaments, il y a une diminution des hospitalisations, une augmentation des prises en charge ambulatoires et une augmentation des consultations. L&#039;avancée de la médecine et l’essor de la psychopharmacologie permettent alors de développer de nouvelles perspectives thérapeutiques et de nouveaux défis comme le soutien au patient et à sa famille, et la mise en place de nouvelles structures. Il s&#039;agit ainsi de &amp;quot;jeter un pont entre l&#039;hôpital et la ville&amp;quot; (CMS, 1963, 7ème année, n°2 &amp;quot;L’assistance psychiatrique&amp;quot;). Les personnes dites &amp;quot;folles&amp;quot; ne sont plus à enfermer, mais des personnes souffrant de troubles mentaux qu&#039;il faut soutenir dans leur autonomie et contenir dans leur pathologie ([[bibliographie|Kovess-Masféty, Boisson, Godot &amp;amp;amp; Sauneron, 2010]]). Cependant, les connaissances récentes sur les effets de la médication et les abus sur son utilisation sont également soulevés. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;antipsychiatrie se veut aussi anti-thérapeutique, ce qui lui est vivement reproché par les anti antipsychiatres. Selon ces derniers, les antipsychiatres considèrent que &amp;quot;les traitements sont à proscrire&amp;quot; ([[Bibliographie|Maurel, 1972]], p. 79). &amp;quot;Traiter, écrit Cooper, c&#039;est être intéressé à rendre le patient plus acceptable pour les autres...et lui faire manifester de moindre façon sa détresse&amp;quot; ([[Bibliographie|Maurel, 1972]], p. 79). Les anti antipsychiatres militent ainsi pour une guérison grâce à des médicaments &#039;&#039;efficaces&#039;&#039; (au sens médical), selon des avis rapportés par les patients eux-mêmes. Selon les psychiatres opposés au courant antipsychiatrique, ce-dernier vise &amp;quot;sans toujours l&#039;avouer à &amp;quot;soigner&amp;quot; clandestinement les &amp;quot;malades&amp;quot;&amp;quot; (Maurel, 1972, p.80), ce qui est selon Maurel et ses collègues, une contradiction.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le mouvement antipsychiatrique&amp;amp;nbsp; &amp;quot;s&#039;oppose d&#039;abord et avant tout à une forme de monopole du savoir médical&amp;quot; ([[Bibliographie|Mannoni, 1970]], p. 9). Il dénonce l&#039;autorité morale et policière du psychiatre. Toutefois, psychiatres et partisans de l&#039;antipsychiatrie s&#039;accorde sur le fait que &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;la société place le psychiatre dans une position ambiguë&amp;amp;nbsp;: il est au service d&#039;un patient dont il a à défendre les droits mais il se trouve également placé en position d&#039;auxiliaire de la police dans un programme d&#039;internement qui est un processus d&#039;obligation de soins&#039;&#039; (Mannoni, 1970, p. 168). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les réponses apportées par les uns et par les autres pour essayer de lever cette ambiguïté sont toutefois différentes. Si l&#039;antipsychiatrie cherche plutôt à démystifier &amp;quot;le rôle que la société fait jouer à la psychiatrie&amp;quot; (Mannoni, 1970, p.168), à créer des lieux où la maladie mentale pourrait être réinterrogée (allant même jusqu&#039;à nier la notion de maladie mentale) et à s&#039;éloigner des conceptions scientistes, certains psychiatres cherchent à remettre sur le devant de la scène un discours scientifique. &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;---Quand l&#039;antipsychiatrie est critique radicale de l&#039;institution, je suis antipsychiatre; mais quand elle se réfugie dans la négation de la maladie mentale, je suis contre&#039;&#039;--- ([[Bibliographie|Sztulman, 1972]], p.107).&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les archives de la revue &amp;quot;&#039;&#039;L&#039; Évolution psychiatrique&#039;&#039;&amp;quot;, les psychiatres non antipsychiatres se sont attelés, au début des années 70, à défendre leur point de vue scientifique et médical. Face au mouvement de protestation, ils ont écrit plusieurs articles afin de réhabiliter la psychiatrie et montrer les incohérences du mouvement antipsychiatrique, non seulement dans ce qu&#039;il dénonce, mais également dans les solutions qu&#039;il propose. S&#039;ils reconnaissent un certain succès à l&#039;antipsychiatrie &amp;quot;dans sa position de refus et de provocation&amp;quot; ([[Bibliographie|Barte, 1972]], p. 46), les solutions qu&#039;elle propose ne les satisfont guère. Pour certains membres de ce corps médical, la maladie mentale doit être reconnue comme &#039;&#039;phénomène nature&#039;&#039;l ([[Bibliographie|Ey, 1972]], p. 53). &amp;quot;En faisant volatiliser dans le néan l&#039;objet même de la psychiatrie qu&#039;est le malade mental, l&#039;antipsychiatrie nie la souffrance humaine, nie le drame authentiquement humain que vit chaque malade mental (Barte, 1972, p. 46). Pour défendre ces patients malades, &amp;quot;fous&amp;quot;, pour les réhabiliter, il est nécessaire de &amp;quot;passer par la reconnaissance même de la psychiatrie, science critique et autonome et qui ne peut se fonder que sur la notion de maladie mentale conçue ni comme simple maladie des organes, ni comme simple maladie psychique&amp;quot; (Barte, 1972, p.47). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le malaise asilaire est reconnu par les non antipsychiatres et les antipsychiatres. Il importe de traiter l&#039;institution en même temps que ses pensionnaires. Cependant, les non antipsychiatres récusent la responsabilité de l&#039;hôpital psychiatrique dans la création de la folie, &amp;quot;même s&#039;il concourt parfois à statufier certaines présentations cliniques&amp;quot;. (Sztulman, 1972, p. 106). Face aux critiques sur l&#039;hôpital, notamment face à certains qui, comme Basaglia, refusaient l&#039;idée de traitement de malades et de médecins, les non antipsychiatres dénoncent la destruction de l&#039;hôpital au profit d&#039;assemblées générales peu organisées. Sztulman (1972) pose la question&amp;amp;nbsp;: &amp;quot;A quoi ça sert&amp;amp;nbsp;? A quoi ça sert d&#039;être psychiatre là, ou femme de service, ou ergothérapeute puisque de tout façon chacun est dépouillé de son statut, et que les rôles sont inventés en permanence&amp;amp;nbsp;?&amp;quot; (p.102). Pour ces médecins, la négation de l&#039;inconscient et celle de la maladie mentale dans le mouvement antipsychiatrique amène des &#039;&#039;attitudes thérapeutiques particulièrement incohérentes &#039;&#039;(Sztulman, 1972, p. 101). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La question de l&#039;attribution de la maladie mentale à un fait organique, ou plutôt à un fait culturel était alors au cœur de la bataille entre antipsychiatres et non antipsychiatres. Lors de l&#039;entretien mené avec Monsieur Alain Riesen, ce dernier nous a expliqué que cette question est toujours d&#039;actualité et qu&#039;il n&#039;y a pas, aujourd&#039;hui encore, de définition claire de la part de la communauté scientifique. Dans les années 1970, les non antipsychiatres critiquaient l&#039;erreur de l&#039;antipsychiatrie dans sa croyance &amp;quot;&#039;&#039;en un principe de causalité univoque et direct de la psychose&amp;quot;&amp;amp;nbsp;&#039;&#039;(Sztulman, 1972, p.105). Dans le même article, Sztulamn déclare encore: &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&amp;quot;&#039;&#039;il est dogmatique et naïf de dire que la folie se développe en dehors de toute culture. Il est dogmatique et naïf de dire qu&#039;elle se limite à un fait culturel. De tout évidence, il n&#039;y a pas un modèle qu&#039;il soit organo, psycho ou socio-génétique de la maladie mentale, mais pluridéterminisme à pondération variable suivant les cas&#039;&#039;&amp;quot; (p. 105). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Monsieur Alain Riesen a bien décrit cette vision de &#039;&#039;pluridéterminisme&#039;&#039;. Il nous a expliqué que la conception de la maladie mentale comme unique produit d&#039;un système qui disfonctionne semble devoir se ranger derrière un système bio-psycho-social qui rencontre actuellement le plus de soutient de la part des professionnels du domaine psychiatrique.(voir [[La santé mentale aujourd&#039;hui]]) &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un peu plus tard, en 1974, L&#039;évolution psychiatrique a à nouveau consacré un numéro à l&#039;antipsychiatrie. Le vent de révolte de la part des non antipsychiatres semble s&#039;être calmé, comme s&#039;ils avaient été entendus et reconnus, comme s&#039;ils avaient &amp;quot;résisté à l&#039;agression psychiatricide de l&#039;antipsychiatrie&amp;quot; ([[Bibliographie|Sztulman, 1974]], p.129). Les mêmes auteurs qu&#039;en 1972 relèvent toujours l&#039;importance de l&#039;antipsychiatrie dans une démarche de contestation et d&#039;identification des difficultés de l&#039;institution psychiatrique. &amp;quot;L&#039;antipsychiatrie nous aide quand elle montre comme s&#039;est organisé le refus, la ségrégation de la maladie mentale et quand elle rappelle que chacun, dans la santé mentale et dans la folie, est la victime d&#039;une répression collective&amp;quot; (Sztulman, 1974, p. 129). Toutefois, ces mêmes psychiatres rappellent leur opposition à l&#039;étiologie de la maladie mentale revendiquée par les antipsychiatres. Ces années de remise en question et de refonte de la l’institution psychiatrique ont facilité un réel rétablissement de l&#039;institution de la psychothérapie, puis de la psychothérapie de l&#039;institution. En guise de plaidoyer Pro-Psychiatrie, voici ce que dit Minkowiski, cité par Sztulman (1974, p. 132) et qui résume la vision de non antipsychiatre de ce que devrait être leur profession:&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;Quelque part entre le fantasme de la faute et l&#039;illusion de la toute-puissance se trouve le chemin malaisé d&#039;une psychiatrie nouvelle, à réinventer tous les jours où le psychiatre refuse à la fois la facilité de n&#039;être qu&#039;un instrument passif, indifférent et anenchéphalique de la conservation de l&#039;ordre social et le plaisir narcissique de se situer au-delà d&#039;une réalité clinique ignorée, niée et finalement forclose, parce que angoissante. &#039;&#039;&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Elan contestataire et anti-psychiatrie à Genève dans les années 70  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En Suisse un même mouvement historique a été observé. Selon le médecin Christian Monney, on y a dénoncé les mêmes agissements qu’ailleurs&amp;amp;nbsp;: enfermement, répression, qui étaient là non pour aider le malade, mais pour protéger l’ordre public. On y mêlait, écrit-il, infirmes, orphelins, indigents et fous… (Dr Christian MONNEY, 1999, à l’occasion des 100 ans de l’Hôpital de Malévoz). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Or, dès 1965, des consultations ambulatoires sont créées et les séjours hospitaliers peuvent ainsi se raccourcir. Les moyens de contention sont contestés. Des établissements médico-éducatifs apparaissent, comme [http://www.castalie.ch/home.php?include=textes&amp;amp;lng=1&amp;amp;id=18&amp;amp;idmenu=14 la Castalie en Valais], grâce au Dr Rey-Belley, en 1972 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Genève, l&#039;élan contestataire débute lorsque Julian de Ajuriaguerra est nommé directeur de Bel-Air en 1959. A son arrivée, il décide d&#039;ouvrir des pavillons et d’introduire une nouvelle idée&amp;amp;nbsp;: «&amp;amp;nbsp;l’hospitalisation de courte durée, dans le but de remplacer, le plus vite possible, le patient dans son milieu naturel&amp;amp;nbsp;». [[Bibliographie|Archives contestataire, boite Riesen/Schuler, Réseau suisse-romand. Alternative à la psychiatrie, 1976.]] C&#039;est donc à ce moment-là que le mouvement de désinstitutionnalisation naît. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme en témoigne Alain Riesen, c’est notamment grâce à l’impulsion de praticiens militants que s’élabore la réflexion autour du statut et des droits fondamentaux des patients. C’est en se positionnant face à la violence institutionnelle ([[Violence symbolique]]) et en s’inspirant des expériences ayant lieu dans d’autre pays (Italie, France, Hollande, Angleterre) qu’il crée le Réseau Suisse-romand d’Alternative à la psychiatrie. Le collectif a pour toile de fond toute la réflexion critique autour du pouvoir médico-psychiatrique (sans pour autant nier la nécessité de prononcer sur ce qu’est le trouble psychique) et des dispositifs institutionnels, le but est avant tout de mettre en avant le questionnement sur les approches thérapeutiques et les droits des patients. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En effet, on commence à critiquer les asiles et à vouloir modifier le fonctionnement de l&#039;hôpital psychiatrique. Les patients psychiatriques commencent à bénéficier des mêmes droits que les patients non-psychiatriques. De ce fait, entre les années 1963 à 1970, il se développe un système psychiatrique extra-hospitalier complet. Ensuite, pendant les années 70-80, cet élan continue avec la volonté de baser les soins sur des approches psychotérapeutiques.[[Bibliographie|Rey-Bellet, Bardet Blochet, Ferrero, 2010, p.90-95]] &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dès les années 1970, l&#039;ADUPSY (l&#039;association pour les droits des usagers de la psychiatrie) se questionne à propos du placement des malades qui garde, malgré la loi de 1936, un caractère prégnant d&#039;enfermement, et à propos de la limitation des droits des personnes que ces lois entrainent. En effet, l&#039;ADUPSY estime que les malades mentaux n&#039;ont pas le choix de leur placement (internement), cela se fait de force, et que leurs droits sont dès lors limités puisqu&#039;ils n&#039;ont pas de droit de regard sur le traitement qui leur est administré. A cet effet, cette association relate par exemple qu&#039; &amp;quot;en 1975, la majorité des malades mentaux entrent encore à Bel-Air contre leur gré&amp;quot; ([[Bibliographie|ADUPSY, 1979, p. 7]]). Les droits de l&#039;Homme, et dans ce cas présent du malade, sont donc au cœur du débat. L&#039;association défend alors l&#039;idée que tout &#039;&#039;internement psychiatrique&#039;&#039; devrait être pensé comme une hospitalisation qui respecte les droits du malade mental en assurant sa protection et sa dignité, qui rende le patient actif dans son traitement, qu&#039;il peut d&#039;ailleurs refuser, qui n&#039;a pas comme raison la dangerosité potentielle du patient, qui rappelle au patient quels sont ses &amp;quot;droits en matière d&#039;hospitalisation et de traitement&amp;quot; (p. 13), et qui devrait &amp;quot;nécessiter obligatoirement de deux certificats médicaux&amp;quot; (p. 13) de manière à justifier ce placement sur plusieurs avis de provenance différentes. Dans cette optique, on se rend compte de l&#039;évolution de la prise en charge des malades mentaux. Que ce soit au niveau des termes employés, de la procédure ou des droits des patients, l&#039;ensemble de cette prise en charge évolue. L&#039;époque semble donc propice à des changements radicaux. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En réponse à ce nouveau regard sur la question de la prise en charge des malades mentaux, la question de l&#039;éducation semble elle aussi être en mouvance durant cette période.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt; Dès les années 70, le journal mensuel &amp;quot;Tout Va Bien&amp;quot; a consacré de nombreuses pages et numéros à la question de l&#039;antipsychiatrie. Dès 1973, un groupe d’enquête s’est constitué pour dénoncer une certaine violence et certains abus de pouvoir au sein des asiles psychiatriques. Leur volonté était de déterritorialiser la psychiatrie. «&amp;amp;nbsp;La psychiatrie, c’est l’affaire de tout le monde&amp;amp;nbsp;». Ils voulaient faire exploser la loi du silence qui régnait dans ces lieux. Ils ont voulu dénoncer les rapports de pouvoir sévissant à l&#039;intérieur des murs psychiatriques, la soumission du malade à l’infirmier, la soumission de l’infirmier au médecin, la soumission du médecin aux pouvoirs de l’administrateur bailleur de fonds. Selon ce journal, le mouvement antipsychiatrique serait né au début des années 60: La clinique psychiatrique de Bel Air, créée en 1900, a commencé à construire des pavillons ouverts avec l’arrivée de son nouveau directeur en 1959, Julian Ajuriaguerra. Son intention était de favoriser le retour de l’interné au plus vite dans leur milieu naturel, grâce à une hospitalisation de courte durée. A Genève, depuis 1963, le travail psychiatrique est sectorisé. On commence à organiser les soins dans des centres de consultation de quartier. Les premières tentatives alternatives apparaissent en Suisse. Des travailleurs sociaux poursuivent une critique des institutions et contribuent à la création et au fonctionnement de centres (qui se différencient des institutions récupératrices) qui ont pour but de venir en aide à toute personne en crise. Exemple&amp;amp;nbsp;: le centre Liotard à Genève, créé par le réseau d’alternative à la psychiatrie de Suisse romande. En janvier 1975 se tient le premier congrès d’alternative à la psychiatrie de secteur (Congrès de Bruxelles, auquel participe un groupe de Genève: il s’en est inspiré pour animer des débats au centre Liotard&amp;amp;nbsp;: recherche d’alternatives concrètes répondant aux besoins des malades. A Lausanne, le 24 janvier 1976, est créé un réseau alternatif à la psychiatrie pour la Suisse romande, dont l’un des membres actifs s’appelle Alain Riesen, du Centre Liotard. Une commission formée aussi bien de psychiatrisés que de soignants s’est alors formée. Elle a remis en question le pouvoir des soignants. Selon cette commission, le but d’une alternative au secteur doit être la prise en main progressive par le malade de ses propres difficultés. Suite à des tentatives d’internement forcé, des tracts ont circulé, dénonçant les abus du pouvoir psychiatrique (voir les archives contestataires de Genève, Classeur Alain Riesen). Dès ce moment-là, une prise de conscience s&#039;opère: le patient ne veut plus être manipulé, il ne veut plus être le cobaye, il ne veut plus être muselé par le pouvoir du médecin. Il veut choisir son mode de guérison, il veut être actif dans le processus de guérison. Il convient alors de faire en sorte que ce soit le patient qui choisisse ou non son hospitalisation. Effectivement, médecins, contestataires et familles se sont rendus compte de l&#039;importance du choix du malade dans sa propre guérison. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A la fin des années 70, d&#039;autres mouvements antipsychiatriques se répandent en Suisse et ailleurs: par exemple à la clinique de Bellelay, où son nouveau directeur a souhaité ouvrir les murs à son arrivée, et mettre à disposition des appartements protégés, voire même une maison de vacances pour ses patients. Le but était &amp;quot;que les malades puissent le plus possible avoir des contacts humains et une vie «&amp;amp;nbsp;normale&amp;amp;nbsp;» (TVB avril-mai 80). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Suite à la mort atroce d&#039;Alain Urban lors d&#039;une cure de sommeil forcé à la clinique de Bel-Air, l&#039;ADUPSY ainsi que l&#039;Association des Médecins Progressiste ont déployé maints efforts pour alerter l&#039;opinion publique à propos des agissements soupçonneux de la clinique en question. Leurs revendications ont porté sur la suppression des isolements, la priorité données aux instruments de soin ambulatoire, l&#039;augmentation des effectifs globaux du personnel soignant, etc. Ils expriment également leur soutien aux revendications concernant le droit des patients&amp;amp;nbsp;: «&amp;amp;nbsp;Le consentement du patient ou de son entourage immédiat doit toujours être recherché, dans la thérapeutique comme dans la recherche&amp;amp;nbsp;». &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après les drames qui ont secoué Bel-Air, une commission d&#039;enquête a été créée, et c&#039;est non seulement le Directeur de cette clinique qui a été interrogé, mais également les patients, les soignants, ainsi que les cadres. Dès cet instant, &amp;quot;tout est ressorti&amp;quot;, témoigne Alain Riesen, amenant à une première évolution forte: la réforme de l&#039;institution psychiatrique. Le Pr Tissot est destitué, et un changement au niveau de la législation se fait: le droit de recours apparaît, le patient peut désormais exiger de faire valoir ses droits. Jusque là, le Réseau d&#039;Alternative à la psychiatrie pouvait intervenir sur demande, mais n&#039;avait pas de statut officiel. A partir de cette période, une Commission de surveillance fut mise sur pied (réunissant un juriste, un médecin indépendant, un représentant du Droit des patients), et quatre associations de défense du Droit des patients sont nées: l&#039;Association RÊVE (les &amp;quot;Entendeurs de voix&amp;quot;), l&#039;ADPED (Association des personnes ayant des troubles bi-polaires et dépressifs), l&#039;Expérience (travail artisanal double d&#039;un travail d&#039;entraide), et l&#039;AETOC (Association des personnes ayant des troubles obsessionnels et compulsifs). Selon Alain Riesen, l&#039;institution, malgré l&#039;avancée significative qui a été faite quant au droit des patients, garde les stigmates de l&#039;institution asilaire. &amp;quot;Il y a encore beaucoup de travail à faire pour faire éclater l&#039;institution dans sa dimension totalitaire&amp;quot;, dit-il en conclusion de son récit.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Conclusion: l&#039;antipsychiatrie un débat déplacé ? ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;analyse des documents d&#039;archives, du contenus des revues, ainsi que celui du témoignage d&#039;Alain Riesen ont permis d&#039;entrevoir la richesse des débats autour d&#039;une gestion humaniste de la question de la folie. Tout autant que le traitement proprement dit c&#039;est aussi statut de la personne considérée comme inadaptée à la vie &amp;quot;normale&amp;quot; qui est remis en question. D&#039;un côté on privilégie un mode de vie au plus près de la &amp;quot;normale&amp;quot; d&#039;une vie quotidienne allant jusqu&#039;à vouloir supprimer les médicaments pour être plus près de la vérité de l&#039;humain et de l&#039;autre c&#039;est le droit des patients, des usagers des secteurs qui est revendiquer leur donnant ainsi un statut d&#039;être social et donc de citoyen.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les différents mouvements contestataires, qui sont passés de la désinstitutionnalisation à la sectorisation en passant par la création de communautés thérapeutiques, ont amené à une critique du pouvoir institutionnel et des médecins. Le médecin n&#039;est plus tout-puissant et le consentement du patient ou de son entourage doit être obtenu avant tout traitement. Le patient a des droits et il doit les faire respecter.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De l&#039;enfermement asilaire on est allé vers une continuité des soins entre l&#039;hospitalier et l&#039;extra-hospitalier; en effet, sous prétexte que le patient nécessitait des soins, on l&#039;extrayait de  la société pour le placer en hôpital, on cherchait à le &amp;quot;normaliser&amp;quot; en l’excluant du système!: qui voulait-on protéger? Le patient ou la société? En bénéficiant de soins tout en continuant à être inséré dans la société, le patient ne souffre-t-il pas d&#039;un isolement qui rendrait sa réinsertion encore plus difficile? Mais ainsi il bénéficie d&#039;un réseau de soutien (famille, amis) qui a une part essentielle à jouer dans le processus de guérison. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce souffle libertaire a eu le mérite de remettre en question bien des idées arrêtées sur la fonction de l&#039;hôpital, le statut des médecins et des soignants, cependant, il semblerait que même si beaucoup de progrès ont été accomplis dans le domaine de la prise en considération de la personne malade, l&#039;institution a toujours maintenu les stigmates de l&#039;asile totalitaire et que les expériences novatrices aient pu se faire en dehors de l&#039;aile dans des structures plus petites, communautaires qui d&#039;ailleurs ne sont pas à l&#039;abri de processus d&#039;exclusion et de pratiques de pouvoirs. L&#039;alternative à l&#039;internement restant toujours la prise en charge ambulatoire...&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Cécilia Zuccone</name></author>
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		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=La_d%C3%A9sinstitutionalisation_dans_le_champ_de_l%27%C3%A9ducation_sp%C3%A9ciale_1960-1980&amp;diff=9248</id>
		<title>La désinstitutionalisation dans le champ de l&#039;éducation spéciale 1960-1980</title>
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		<updated>2012-01-08T22:17:31Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Cécilia Zuccone : /* Psychiatrie et anti-psychiatrie */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;[[user:Kleinpa0|P. Klein]],&lt;br /&gt;
[[user:Natalina m|N. M.]],&lt;br /&gt;
[[user:Ruchat|Martine Ruchat]],&lt;br /&gt;
[[user:Tatiana-vinhas|T Vinhas]],&lt;br /&gt;
[[user:Sandra wirz|S. Wirz]] et&lt;br /&gt;
[[user:Cécilia Zuccone|C. Zuccone]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Université de Genève&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Introduction  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A l&#039;heure où l&#039;on peut constater de &amp;quot;nouvelles exclusions&amp;quot; au nom de la protection des citoyennes et des citoyens inquiétantes pour certains, car &amp;quot;ruinant ainsi des décennies d&#039;efforts de déségrégation, désexclusion, de &amp;quot;retour du schizophrène dans la cité&amp;quot; (Dr.Patrick Lemoine, Le mystère du nocebo, Paris. Odile Jacob, 2011, p.69), un certain nombre de questions se posent pour mieux comprendre l&#039;histoire de l&#039;éducation spéciale, une histoire à la fois politique (anti-psychiatrie, sectorisation), sociale et culturelle (intégration, normalisation, désinstitutionalisation, communauté de vie, communauté thérapeutique) dans les décennies des Trente glorieuses (1960-1990) pendant lesquelles a soufflé un vent de contestation des politiques institutionnelles. Un esprit contestataire a émergé en particulier dès les années 1970 (post soixante-huit) provoquant dans le champ de la prise en charge des personnes dites aujourd&#039;hui &amp;quot;à besoins particuliers&amp;quot; un élan de remise en question de l&#039;institution, du pouvoir des médecins, de la contrainte institutionnelle et médicamenteuse. Peu de travaux ont encore exploré ce champ, à Genève, sinon pour étudier l&#039;histoire de Mai 68 et du mouvement féministe. (voir notamment Julie de Dardel, Révolution sexuelle et Mouvement de libération des femmes à Genève (1970-1977). Lausanne: Antipode, 2007). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La recherche proposée vise à mieux comprendre comment, à Genève, le champ de l&#039;éducation spéciale et celui de la psychiatrie a été touché par cette contestation. Elle fait suite à celle engagée en 2010 et 2011 sur l&#039;histoire de l&#039;intégration scolaire des enfants handicapés mentaux [[Pionniers de l&#039;intégration scolaire des enfants handicapés à Genève]] et [[Article 2011]]. Les recherches précédentes ont montré à la fois la complexité des pratiques d&#039;intégration amenant souvent un écart entre discours et pratique, ainsi que les résistances à penser le handicap sans mettre une ligne de démarcation entre norme et hors norme, entre enfant éducable et non éducable, limite souvent mal définie et dépendante des représentations (malédiction du handicap). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au début des années 60, l&#039;intégration apparaît être pour les parents, dont les enfants sont encore entièrement dans la famille, une intégration dans des institutions à créer. Le concept de [[Dictionnaire|normalisation]] vient s&#039;accoler à celui d&#039;intégration pour rapprocher toute déviance d&#039;une norme sociale (en terme d&#039;habitat, d&#039;activité, voire de comportements). Ainsi le milieu ouvert (comme Aigues-Verte par exemple) peut apparaître comme plus proche d&#039;une vie quotidenne &amp;quot;normale&amp;quot; et donc plus intégrant. Le Pavillon des Grand Bois à l&#039;hôpital psychiatrique de Bel-Air représente encore une solution &amp;quot;intégratrice&amp;quot; pour les enfants les plus difficiles à éduquer et les moins autonomes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La [[Dictionnaire|désinstitutionalisation]] qui fait l&#039;objet de cette nouvelle recherche est d&#039;abord issue des milieux de l&#039;anti-psychiatrie (et donc ni des associations de parents ni des milieux pédagogiques); on peut apparenter idéologiquement ce mouvement anti-psychiatrique avec un objectif de normalisation dans le sens de rapprocher les personnes prises en charge de la vie quotidienne de tout un chacun. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi malgré des différences d&#039;application ces différents courants pourraient être affiliés à celui libertaire qui a essaimé dans différents champs du social entre 1970 et 1990. C&#039;est dans une perspective de compréhension de l&#039;histoire des idées et des pratiques du mouvement anti-psychiatrique genevois que s&#039;inscrit cette recherche. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un premier temps, cette page d&#039;histoire sera située dans une &amp;quot;tradition&amp;quot;: d&#039;une part celle du traitement de la différence (notamment depuis les travaux des psycho-pédagogues du début du 20e siècle comme Alfred Binet à Paris, Edouard Claparède à Genève ou Ovide Decroly à Bruxelles); et d&#039;autre part dans une tentative dès les années vingt en Angleterre (voir Libre enfants de Summerhill), mais surtout pendant et dans l&#039;après deuxième guerre mondiale (voire les communautés d&#039;enfants victimes de la guerre), de multiplier les expériences de vie communautaire issue du scoutisme, des mouvements de jeunesse, de l&#039;éducation nouvelle et de l&#039;éducation internationaliste et pacifiste, des colonies de vacances et camps CEMEA, s&#039;opposant à la tradition hospitalière (couvent, Bon Pasteur, Hospice, institutions de prises en charge spécialisées). Ce faisant, nous dégagerons des signes précurseurs de &amp;quot;désinstitutionalisation&amp;quot; avec ces structures plus petites, parfois médicalisées (les écoles de plein-air), mais avant tout proches de la nature et des besoins des individus. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un second temps, nous étudierons la période 1960-1980, laquelle a vu émerger un mouvement anti-psychiatrique (critique de l&#039;hôpital, du pouvoir médical, de la médicalisation à outrance et de la contrainte) pour une critique radicale visant le pouvoir institutionnel et entraînant des pratiques novatrices, lesquelles demandent à être mieux étudiées: 1. dans leurs objectifs (désinstitutionalisation ou déshospitalisation versus sectorisation)? 2. dans le choix fait des traitements: médicaux (traitement ambulatoire) ou éducatif et thérapeutique? 3. dans l&#039;évaluation faite des populations concernées par une prise en charge alternative 4. dans le rôle joué par la psychanalyse comme alternative au traitement médicaux et comme modèle thérapeutique (notamment dans les communautés cf. film de Catherine Scheuchzer, Dans l&#039;aventure du non de la parole) 5. dans le rôle donné aux familles et le poids qui leur est fait supporter (en terme financier, de responsabilité, de culpabilité,...) et en particulier à l&#039;égard des mères et des femmes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il s&#039;agira de mieux comprendre si l&#039;anti-psychiatrie est dans les années 1960-1980 une nouvelle manière de faire de la psychiatrie ou si elle est une véritable contestation de l&#039;institution asilaire, et si les modèles alternatifs proposés ne seraient pas sous couvert d&#039;idéologie libertaire une façon de baisser les coût de la santé en temps de crise. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour ce faire, nous avons lu des articles et consulté une bibliographie d&#039;ouvrages &amp;quot;classiques&amp;quot;, livres de références pour les acteurs/trices de la période considérées, puis nous avons dépouillé des revues professionnelles pour saisir les thématiques qui ont traversé alors le champs de la psychiatrie et de l&#039;éducation spécialisée; dans un second temps, la recherche s&#039;est portée sur un fond d&#039;archives de l&#039;Association Les archives contestataires (fonds Alain Riesen/Schuller) dont les donateurs d&#039;archives, sont fondateurs de l&#039;Arcade 84 et militant de l&#039;anti-psychiatrie genevoise. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un troisième temps nous avons effectué un entretien vidéo (un plan fixe) avec Alain Riesen afin de lui poser cinq questions issues de la recherche dans les archives et dans la littérature afin d&#039;avoir son témoignage sur l&#039;histoire de l&#039;anti-psychiatrie, de la désinstitutionalisation et des communautés thérapeutiques entre 1960 et 1980.[[Plan de recherche 2012]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Revue de la littérature  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On constate qu&#039;il n&#039;y a guère d&#039;articles et d&#039;ouvrages concernant cette page de l&#039;histoire genevoise. Seul un article d&#039;Alain Riesen a en quelque sorte donné le feu aux poudres. Un autre article de Montandon relève plus d&#039;une histoire des liens entre psychiatrie et justice. Ainsi pour approcher l&#039;histoire des changements apparus dans les années soixante sur le plan de l&#039;éducation spéciale dans le traitement des troubles psychiques, il a fallu d&#039;abord s&#039;intéresser à l&#039;histoire de l&#039;anti-psychiatrie, puis de la désinstitutionnalisation et enfin des communautés thérapeutiques, sujet introduit par le [http://edutechwiki.unige.ch/dewiki/R%C3%A9sum%C3%A9_film_de_Catherine_Scheuchzer film de Catherine Scheuchter]. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C&#039;est pourquoi nous avons en particulier étudié les fonds d&#039;archives aux [http://www.archivescontestataires.ch Archives Contestataires] qui rassemblent les documents produits par les mouvements contestataires de la seconde moitié du XXe siècle. A travers une plongée dans quelques revues professionnelles et journalistiques, cela nous a permis de mieux comprendre la place prise par ces thématiques dans les années concernées. Ainsi, un certain nombre de revues professionnelles ont été dépouillées pour la période 1970-1980. Soit Sauvegarde de l&#039;enfance, Déviance et Société, L&#039;Evolution psychiatrique. S&#039;y sont ajoutés les Cahiers Médico-sociaux entre 1956 et 1981, ainsi que le journal &amp;quot;Tout va bien&amp;quot; ( voir [[Notes sur journal Tout va bien]]) dépouillé pour les années 1970 à 1983, qui a consacré trois numéros entiers aux problèmes de la psychiatrie à Genève et surtout au mouvement anti-psychiatrique lié au scandale de l&#039;institution psychiatrique de Bel-Air en 1980. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt; Durant la période de 1970 à 1985, la revue &amp;quot;Sauvegarde de l&#039;enfance&amp;quot; n&#039;a publié aucune revue, voire même aucun article consacré au thème de notre étude, à savoir la désinstitutionnalisation dans le champ de l&#039;éducation spéciale. Au premier abord on pourrait donc tirer la conclusion selon laquelle ce champ d&#039;étude ou ce mouvement n&#039;était que peu présent à cette époque. Toutefois, en se penchant davantage sur les sujets traités dans cette revue, on se rend compte que les auteurs de celle-ci n&#039;ont pas abordé la désinstitutionnalisation en tant que telle, mais l&#039;ont abordée par les effets qu&#039;elle a pu engendré à cette époque. Effectivement, on peut observer des thèmes comme la formation des éducateurs en centre de jour ou en maison d&#039;accueil, la relation entre famille et société, l&#039;école ordinaire, l&#039;adolescence et la violence ou encore l&#039;aide sociale, autant de thèmes qui ont largement découlé de ce mouvement désinstitutionnel. Il est donc fort intéressant de se pencher sur les champs d&#039;action de ce type de revues, afin de mieux comprendre quel était le climat politique, les préoccupations, les tendances de la période qui nous intéresse. D&#039;ailleurs, nous retrouverons tout au long de cet article de nombreuses références aux thèmes traités par le revue &#039;&#039;Sauvegarde de l&#039;enfance&#039;&#039;.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Entre 1972 et 1974&#039;&#039;, [[L&#039;évolution psychiatrique|L&#039; Évolution psychiatrique]]&#039;&#039; consacre deux numéros au thème de l&#039;antipsychiatrie. Dans ces deux numéros, les articles sont rédigés par des médecins psychiatres non antipsychiatres qui s&#039;efforcent, dans un premier temps, de reconnaître les bienfaits des problématiques soulevées par le mouvement antipsychiatrique. Dans un deuxième temps, ces psychiatres soulèvent les thèses du mouvement, les critiquent et se distancent franchement des solutions proposées par les antipsychiatres pour répondre aux problématiques de départ. Après 1974, il n&#039;y a plus de numéros ou d&#039;articles consacrés à l&#039;antipsychiatrie. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La [[Revue Déviance et Société|Revue Déviance et Société]] aborde la problématique du traitement de la déviance essentiellement du point de vue pénale et de l’analyse du mouvement des normes. Les quelques articles relevés entre 1977 et 1982 en lien avec notre problématique témoignent bien du questionnement autour des normes, de la responsabilité et du processus de formation de la déviance et de la stigmatisation. Il est ainsi possible de constater que l’incursion de la psychiatrie dans le domaine pénal est perçue comme une menace ou une déresponsabilisation des actes délinquants ou criminels. Et que les arguments invoqués pour l’application d’une évaluation psychiatrique est bien celle d’une aliénation, mais en dehors ou en parallèle du milieu carcéral. Concernant notamment la prise en charge des mineurs, l’article de Jean-Marie Renouard (1982) relate bien les mouvements conceptuels ayant eu lieu. De l’identification de l’enfant «&amp;amp;nbsp;inadapté&amp;amp;nbsp;» à par la suite l’identification de l’enfant «&amp;amp;nbsp;handicapé&amp;amp;nbsp;», les concepts de l’exclusion qui s’en suivent sont passés d’une stigmatisation dans le but «&amp;amp;nbsp;d’extraire&amp;amp;nbsp;» (dénoncés par la sociologie et le mouvement anti-psychiatrique) à un droit à l’exclusion dans une visée de réintégration. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Les cahiers médico-sociaux]] se dédient aux questions contemporaines liées à la santé publique et médico-sociales. C’est d’un point de vue «&amp;amp;nbsp;mesuré&amp;amp;nbsp;» que cette revue nous indique de façon précieuse quelles étaient les dispositions prises au niveau des politiques sociales (Assurances Invalidité, lois) et du traitement médical ou thérapeutique (services, institutions, approches thérapeutiques, relation praticien-patient). Les articles retenus concernent essentiellement l&#039;hygiène mentale et son appréhension. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt; Cette revue de la littérature montre que les années 60 à 80 ont été fortement teintées par une volonté de sortir les personnes malades de l&#039;institution névrosante, des ghettos asilaires, et de viser plutôt une ouverture vers la communauté. C&#039;est la recherche de la normalisation, donnant de l&#039;ampleur à un certain courant humaniste. Est apparue la notion de Droit des patients: toute personne a le droit de vivre dans son milieu et de participer à la vie de sa communauté. La nécessité d&#039;être acteur de son processus de guérison est devenue prioritaire. Mais jusqu&#039;où est-on allé? Ou se situe la limite d&#039;une &amp;quot;vie comme tout le monde&amp;quot; lorsque l&#039;on souffre, que l&#039;on a des besoins spécifiques? Les années 70 ont été permissives et ont laissé beaucoup d&#039;autonomie aux personnes handicapées ou malades, mais se sont-elles senties mieux?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Méthodologie  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le travail de recherche a mêlé plusieurs méthodologies. Outre l&#039;apprentissage de l&#039;usage d&#039;un wiki qui a cimenté comme il se doit cette &amp;quot;communauté de travail&amp;quot; de six membres, ceux-ci ont travaillé dans trois directions: la recherche documentaire et bibliographique, l&#039;étude d&#039;un fonds d&#039;archives (le Fonds Riesen/Schuler de l&#039;Association les Archives contestataire) et la construction d&#039;une grille de questions à poser au &amp;quot;grand témoin&amp;quot;, Alain Riesen. Ces quatre outils méthodologiques ont donc fondé cette étude. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1. De l&#039;usage du wiki &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La pratique de l&#039;intelligence collective oblige à mettre en mouvement deux réseaux: le réseau que forme les membres de la communauté qui travaillent constamment ensemble pour alimenter le site dewiki et le &amp;quot;réseau&amp;quot; des pages de rédaction qu&#039;offre le site wiki, soit: l&#039;espace de l&#039;article, celui du dictionnaire des concepts, celui de la bibliographie et celui des résumés. Reste évidemment la page d&#039;accueil qui permet de visualiser l&#039;ensemble et de suivre les tâches à effectuer d&#039;une semaine à l&#039;autre. Ce travail de recherche mêle des moments de rencontre sur le web (notamment par les pages de discussion autour d&#039;une activité), mais aussi réellement en salle de cours afin surtout d&#039;assurer le rythme d&#039;avancement de la démarche et d&#039;échanger du point de vue intellectuel et du point de vue technologique. L&#039;évaluation de la démarche se fait aussi dans une même perspective d&#039;intelligence collective qui nécessite un engagement des personnes pour le &amp;quot;bien commun&amp;quot; à savoir le résultat de l&#039;ensemble des activités qui forment cette recherche originale. Une autoévaluation collective clôt la démarche un mois après la fin de l&#039;expérience collective pour permettre d&#039;ajuster les rythme individuel et de peaufiner les textes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
2. De la recherche documentaire et bibliographique &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Afin de mieux comprendre les positions des différents acteurs dans les domaines que nous avons étudiés, il a été nécessaire de se plonger dans différentes revues professionnelles ou sociales. La plupart d&#039;entre elles étant gardées en version papier dans différents lieux d&#039;archives ou bibliothèques, nous nous sommes rendues dans les bibliothèques universitaires de plusieurs facultés (psychologie et sciences de l&#039;éducation, lettres, médecine,...) afin d&#039;avoir accès aux articles de l&#039;époque. La plupart de ces thématiques n&#039;étant pas directement liées à nos propres études, il nous a fallu, dans un premier temps, saisir tout un lexique, une pensée, un domaine parfois méconnus, voire inconnus. Dans un deuxième temps, il a fallu comprendre comment ce qui avait été lu pouvait s&#039;inscrire dans cette période entre 1960 et 1980, quelles étaient les sources d&#039;inspirations et les revendications de cette époque particulière.Nous avons également fait appel à des ouvrages, des livres que nous avons trouvé en bibliothèque afin d&#039;étayer notre recherche.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
3. De la recherche en archives &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous sommes allées deux matins aux Archives Contestataires, afin de faire de la recherche sur le fond Riesen/Schuler. Ce fut très intéressant de toucher des documents manuscrits, de vieux journaux, et de la documentation provenant des médecins. Ce fut pour nous toutes une découverte intéressante de faire de la recherche d&#039;une autre manière. Aussi, cela nous a permis de mieux comprendre notre objet d&#039;étude dans le cadre genevois et ains de pouvoir préparer les différentes questions que nous allions posées à Alain Riesen lors de notre entretien.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
4. La constitution d&#039;une archive orale &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
N&#039;ayant trouvé que peu d&#039;archives écrites sur le mouvement de contestation de la psychiatrie à Genève entre 1960 et 1980, nous avons eu la chance de pouvoir interviewer Monsieur Alain Riesen, ergothérapeute et co-fondateur d&#039;Arcade 84. En relation avec les thématiques propres à chacune selon les revues consultées ou les ouvrages lus, nous avons pu l&#039;interroger d&#039;abord sur sa position de professionnel de la psychiatrie et son statut de militant. Dans un deuxième temps, nous lui avons demandé qu&#039;elles étaient ses lectures de références, sa conception de la maladie mentale, et sa vision du partenariat avec les familles des malades. Finalement, nous l&#039;avons interrogé sur les apports de toutes ces années de militantisme, notamment au sein de l&#039;ADUPSY et du réseau alternatif à la psychiatrie.([[Plan de recherche 2012|Questions]]). Cet entretien nous a tout d&#039;abord permis de mieux comprendre ce qui s&#039;était réellement passé à Genève durant la période étudiée, et surtout d&#039;avoir des éléments précis et concrêt de cette période de désinstitutionnalisation. C&#039;est ainsi que nous avons pu compléter notre article en regard des propos de Monsieur Riesen.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Panorama historique général  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Des prisons à l&#039;asile pour les personnes atteintes d&#039;affections mentales&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Jusqu&#039;à la fin du XVIIIe siècle, les hôpitaux psychiatriques internaient une population bien différente de celle accueillie au XXe siècle. [[Bibliographie|Cléopâtre Montandon&amp;amp;nbsp;(1978)]]&amp;amp;nbsp; nous dévoile que les populations désignées comme relevant de l&#039;univers psychiatrique étaient très fortement liées à l&#039;univers carcéral. Effectivement, jusqu&#039;au XVIIIe siècle, les criminels étaient considérés comme &amp;quot;fous&amp;quot; ou &amp;quot;aliénés&amp;quot; et se voyaient enfermés, voire même enchaînés dans des &amp;quot;maisons de discipline&amp;quot; ou dans des &amp;quot;hôpitaux pour fous&amp;quot;. A cette époque, seule la justice décidait du lieu d&#039;incarcération des individus criminels. Peu à peu, des distinctions se sont faites pour montrer que certains criminels aliénés relevaient davantage de la psychiatrie, et se définissaient essentiellement par une responsabilité restreinte et une santé mentale défaillante. Ce sont alors ces personnes, désignées comme ne pouvant accomplir leur rôle social, que les hôpitaux psychiatriques ont admis dans leurs locaux. Pour décider et justifier ces internements, la justice ne pouvait agir seule. C&#039;est à partir de 1838 qu&#039;une loi voit le jour à Genève concernant l&#039;internement des &amp;quot;aliénés&amp;quot;: loi sur le placement et la surveillance des aliénés (5 février 1838). On parlera dès lors de &#039;&#039;placement&#039;&#039; des aliénés, et non plus de l&#039;enfermement ou de l&#039;internement de ces derniers.&amp;lt;br&amp;gt; &amp;quot;Ce n&#039;est qu&#039;à partir de 1936 que l&#039;autorisation d&#039;un internement est délivré sur vue d&#039;un certificat médical par le Département de la prévoyance sociale et de la santé publique&amp;quot;. Ainsi, on voit combien la société évolue en définissant clairement et sur preuves médicales qui peut être &#039;&#039;placé&#039;&#039; en hôpital psychiatrique. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On peut également noter que les préoccupations principales de la période du XVIIIe au début du XXe siècle se restreignaient principalement à la sécurité, et de fait au &#039;&#039;placement&#039;&#039; de ces personnes. Où pouvait-on mettre physiquement ces personnes différentes pour qu&#039;elles ne nuisent pas à la société? Que pouvait-on faire d&#039;elles? Qui pouvait s&#039;en occuper? Que faire avec ces personnes? On observe dès lors que, pendant plusieurs siècles, ces personnes étaient enfermées, considérées comme étant dénuées de tous sens, de toute sensibilité, et par conséquent ne recevaient aucune éducation. Il faudra alors attendre la fin du XIXe siècle pour entrevoir une forme d&#039;éducation de ces personnes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans son article, &amp;quot;[[Bibliographie|La naissance de l&#039;institutions pour aliénés]]&amp;quot; à Genève au 19e siècle, Alain Riesen montre que la problématique de l&#039;internement est grandissante et que &amp;quot;l&#039;inhumanité de l&#039;enfermement&amp;quot; (Riesen, 1981) est au coeur des préoccupations. Il relate également une nouvelle conception du milieu asilaire&amp;amp;nbsp;: &amp;quot;la possibilité d&#039;améliorer l&#039;état des aliénés, ou même les guérir, si de bonnes conditions sont réunies&amp;quot;. En d&#039;autres termes, il s&#039;agirait de pouvoir administrer un traitement aux malades de manière à guérir, à soigner leur folie; à l&#039;époque nommé &#039;&#039;traitement de la folie. &#039;&#039;Plusieurs types de traitements font alors leur apparition et notamment l&#039;isolement. Il s&#039;agissait d&#039;éloigner le malade des conditions de vie qui l&#039;ont rendu &#039;&#039;fou&#039;&#039; &amp;quot;afin de le soustraire à leur influence&amp;quot;. La médication fut également un des traitements de la folie.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette nouvelle manière de penser l&#039;internement étant accomplie, plusieurs dérives ont vu le jour, et notamment les placements abusifs effectués par le Département de Justice et Police. En 1895, la Loi de 1838 est revue de manière à éclaircir la procédure d&#039;admission des aliénés.&amp;amp;nbsp;&amp;quot;Même si la loi de 1838 ne rend pas obligatoire l&#039;avis médical pour procéder au placement, dans la pratique, le médecin se fondant sur une &#039;&#039;science&#039;&#039; de l&#039;aliénisme en plein développment, va jouer un rôle de plus en plus important dans le placement et la sortie des aliénés&amp;quot; ([[Bibliographie|ADUPSY]]). L&#039;avis médical devient dès lors requis pour tout placement. Enfin, la réforme de 1936 met en évidence la nécessité et l&#039;exigence d&#039;un certificat médical pour être placé. Quiconque ne peut pas être déféni comme &amp;quot;fou&amp;quot; ou &amp;quot;aliéné&amp;quot; sans avis médical suivant des règles précises.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;L&#039;éducation...&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au début du XXe siècle, Binet et Simon (1907)&amp;amp;nbsp; &#039;&#039;donnent une nouvelle forme cognitive de l&#039;éducation spéciale qui perdurera au moins jusqu&#039;au années 1960&#039;&#039; ([[Bibliographie|Chauvière et Plaisance, 2003, p. 32]]).&amp;amp;nbsp; A cette époque, on distinguait les arriérés d&#039;asiles, non éducables et à laisser entre les mains des médecins, des arriérés d&#039;école. Ainsi, des institutions apparaissent entre l&#039;hôpital et la classe ordinaire: les classes spéciales (ou classes de développement) et les instituts médico-pédagogiques. Dans ces nouveaux lieux, la pédagogie était &#039;&#039;inspirée par l&#039;atelier, c&#039;est-à-dire guidée par la mise en oeuvre de travaux manuels et d&#039;exercices pratiques &#039;&#039;([[Bibliographie|Chauvière et Plaisance, 2003, p. 33]]). A Genève, c&#039;est le médecin et psychologue Edouard Claparède qui sera appelé pour réorganiser les classes spéciales sur un mode scientifique, c&#039;est-à-dire en tenant compte du diagnostic effectué sur l&#039;enfant et du pronostic d&#039;éducabilité. [[Bibliographie|Ruchat]] &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En grande-Bretagne, dans les années 1920, A.S Neill, puis dans les années 1960, David Cooper ont mis en place de nouveaux lieux pour exercer une forme innovante de psychiatrie et d&#039;éducation, remise en question de l&#039;internement psychiatrique des malades mentaux. C&#039;est en effet à travers des expériences comme [[Résumé de l&#039;ouvrage Libres enfants de Summerhill|Libres enfants de Summerhill]] de [[Bibliographie|Neill]] en 1921 ou Pavillon 21 menée par [[Bibliographie|Cooper]] en 1962 que l&#039;anti-psychiatrie semble voir le jour. Effectivement, plusieurs principes régissent ce nouveau type de lieu à savoir la liberté des individus, le self-governement, les apprentissages facultatifs... en ayant pour hypothèses que le mal-être et la maladie mentale de ces individus sont en partie dû aux contraintes du monde dans lequel ils évoluent et apprennent. Dès lors, il convient de créer des institutions, des lieux éloignés de toute coercition et de toute autorité. Notons également que Maud Mannoni, dans la préface de l&#039;ouvrage Libres enfants de Summerhill, relate que Neil faisait partie de &amp;quot;la lignée anarchisante qui donna naissance à l&#039;antipsychiatrie&amp;quot; ([[Bibliographie|Mannoni, dans Neill, 1979, p. 9]]).&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais on constate aussi, en France, que la période 1945-1960 est également bouleversée et traversée par de nouveaux modèles éducatifs avec la naissance de lieu de vie où l&#039;enfant inadapté est accueilli, non pas à travers sa maladie ou sa différence, mais plus à travers le fait qu&#039;il est un enfant et qu&#039;il doit être éduqué. Jean Lagarde, fondateur de l&#039;association de la sauvegarde des enfants invalides dans la période après guerre, souhaitait effectivement faire &amp;quot;l&#039;expérience d&#039;éducation toujours dans un creuset communautaire&amp;quot; ([[Bibliographie|Capul, 2002, p.141]]). Lagarde avait pour objectif de créer un lieu où les soins médicaux puissent être administrés aux enfants qui en nécessitaient, tout en leur proposant un accueil éducatif. Nous pourrions plutôt dire qu&#039;il désirait créer une école, un lieu de vie où un suivi médical était envisageable. Il s&#039;agissait en effet d&#039;éloigner l&#039;enfant du lieu médical pour qu&#039;il devienne élève et que, de fait, il puisse apprendre. Dans cette optique, équipe pédagogique et équipe médical devaient collaborer étroitement. Cette expérience est à nouveau le témoin d&#039;une nouvelle forme d&#039;hospitalisation. Il est possible de faire le lien entre cette expérience et l&#039;approche de Maud Mannoni en 1969, avec la création de l&#039;Ecole expérimentale de Bonneuil-sur-Marne où il s&#039;agissait également de séparer les lieux d&#039;analyse et les lieux de vie (lieux pédagogiques).&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Et en Suisse?&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En se fondant sur des principes similaires à ceux de Neil et de Cooper, dès les années 1960,&amp;amp;nbsp; de nombreuses institutions privées pour enfants handicapés ou en difficultés se développent en Suisse, majoritairement sous l&#039;impulsion d&#039;associations de parents. Ces derniers ont été amenés à &#039;&#039;créer et à gérer des institutions de type médico-éducatif&#039;&#039; &#039;&#039;pour éviter à leurs enfants d&#039;être relégués dans des services d&#039;hôpitaux psychiatriques ou d&#039;être seulement en survie à leur domicile&#039;&#039; (Chauvière er Plaisance, 2003, p.35). Aujourd&#039;hui, les institutions, à Genève, semblent toujours être un peu sur le même modèle, celui de &amp;quot;l&#039;alliance&amp;quot; entre le médical et le pédagogique (qui regroupe aussi l&#039;aspect éducatif). Si on ne cherche peut-être plus à éviter aux élèves la reléguation en psychiatrie, on les place dans des lieux parfois hors de tout cursus ordinaire et loin de la norme. Ce qui questionne enfin sur qu&#039;est-ce que la normalisation? Et où mettre la limite à une vie comme tout le monde avec un handicap: la liberté (permissivité, autonomie) des années 1970 a-t-elle fait l&#039;impasse sur la souffrance des individus face aux exigences thérapeutiques et pédagogiques? La communauté d&#039;enfants (pédagogique, institutionnelle, thérapeutique) est-elle un modèle &amp;quot;utile&amp;quot; en temps de crise des institutions: peu coûteux, demandant un engagement au quotidien (vie quotidienne) du collectif pédagogique et thérapeutique (donc assurant un &amp;quot;contrôle social&amp;quot; maximal.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Ce qu&#039;en dit Riesen...&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour ce chapitre, nous avons interrogé Alain Riesen au sujet de la question des communautés thérapeutiques, afin de voir si celles-ci ont influencé ou non le processus de désinstitutionnalisation et antipsychiatrique des années 1960 à 1980. Tout d&#039;abord, Riesen met en évidence dans ses propos qu&#039;il est important de créer un parallèle entre le passé et le présent de manière à situer le contexte historique et politique, mais surtout de manière à voir sur quoi reposent nos agissements. Ainsi, selon Riesen, la naissance de ces communautés thérapeutiques comme détaillée précédemment dans ce chapitre, est un pas de l&#039;histoire de la désinstitutionnalisation. Effectivement, ces communautés thérapeutiques se développent comme une alternative à l&#039;hospitalisation traditionnelle dans un contexte qui remet en question les rapports de pouvoir dans l&#039;institution, mais également au niveau de l&#039;éducation, de la santé ou encore des rapports entre hommes et femmes.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Toutefois, Riesen pointe le fait que ces communautés thérapeutiques prônant à l&#039;époque leur volonté de travailler dans la relation à l&#039;autre en utilisant les moyens les moins cohercitifs possibles pour entre en relation, soigner et atténuer la souffrance psychique des patients, ne se sont pas développées sur le long terme. En effet, cette alternative à l&#039;hospitalisation est vécue par certains comme plus dure et comme provoquant plus de souffrance en raison de la non médicalisation qu&#039;elle préconise. De plus, cette approche thérapeutique est très coûteuse en personnel soignant qualifié et ne pourra donc être soutenue par l&#039;état. Bien que cette cette tentative ne soit pas celle qui est perdurée, Riesen relève le fait qu&#039;elle est tout de même eu son importance dans l&#039;histoire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Prémisses à l&#039;anti-psychiatrie==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les années 60, Michel Foucault a tenté d&#039;amorcer &amp;quot;un dialogue entre la psychiatrie et ses sujets&amp;quot; ([[Bibliographie|Rose, 2006, p.113]]) et dès 1971 avec la sortie de son ouvrage sur les prisons, c&#039;est à la critique de l&#039;univers carcéral et des rapports de pouvoir qu&#039;il s&#039;attelle (Surveiller et punir, 1971). Ces critiques, plus tard regroupées sous le nom d&#039;antipsychiatrie, visaient à remettre en question &amp;quot;la manière dont le pouvoir du médecin était impliqué dans la vérité de ce qu&#039;il disait et, inversement, la manière dont celle-ci pouvait être fabriquée et compromise par son pouvoir ([[Bibliographie|Rose, 2006, p.120-121]]). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En Italie, Franco Basaglia, qui s’est appuyé entre autres sur les modèles de l’anti-psychiatrie anglaise et française pour mener sa lutte ([[Bibliographie|Cooper, Lang, Foucault, Caxtel]]), s&#039;en est pris aux conditions de vie moyenâgeuses réservées aux malades mentaux. En quelques années, il démantèle l’asile et expérimente les premiers éléments de sa conception territoriale (et non plus institutionnelle) de la folie&amp;amp;nbsp;: le malade est soigné dans son milieu social&amp;amp;nbsp;» (TVB 10 octobre 80).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;institution comme lieu d&#039;exclusion est mise à mal par une volonté de certains de supprimer ces lieux de contrainte, pour une vie libre dans la Cité (sectorisation) ou dans des communautés thérapeutiques (de préférence à la campagne) partant du présupposé que les conditions de vie des personnes sont déterminantes dans leur état de santé (avant même tout diagnostic). Par ailleurs, dans ces années-là, la vie quotidienne devient un objet d&#039;étude (la sociologie de la vie quotidienne), terreau de multiples expériences pédagogiques et thérapeutiques. Le slogan &amp;quot;La liberté est thérapeutique&amp;quot; s&#039;allie à une critique de la contrainte médicamenteuse et des pratiques de contention psychiatrique: elle donne ainsi une place à de nouvelles formes d&#039;&amp;quot;éducation spéciale&amp;quot;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Symptôme de ce changement le terme d&#039;&amp;quot;usagers&amp;quot; vient reléguer celui de &amp;quot;patients&amp;quot; donnant un nouveau statut aux personnes, écorchant ainsi le sacro saint pouvoir des médecins et des directions des institutions.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La fonction du médicament dans l&#039;approche anti-psychiatrique  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;apparition de la médication au début des années 1960 permet d&#039;éviter l&#039;internement. Elle soutient fortement le changement qui s’opère dans les pratiques et donne l&#039;impression de pouvoir faire quelque chose. Elle fait transparaître un espoir aussi bien pour les praticiens que pour les patients puisque grâce à l&#039;administration de médicaments, il y a une diminution des hospitalisations, une augmentation des prises en charge ambulatoires et une augmentation des consultations. L&#039;avancée de la médecine et l’essor de la psychopharmacologie permettent alors de développer de nouvelles perspectives thérapeutiques et de nouveaux défis comme le soutien au patient et à sa famille, et la mise en place de nouvelles structures. Il s&#039;agit ainsi de &amp;quot;jeter un pont entre l&#039;hôpital et la ville&amp;quot; (CMS, 1963, 7ème année, n°2 &amp;quot;L’assistance psychiatrique&amp;quot;). Les personnes dites &amp;quot;folles&amp;quot; ne sont plus à enfermer, mais des personnes souffrant de troubles mentaux qu&#039;il faut soutenir dans leur autonomie et contenir dans leur pathologie ([[bibliographie|Kovess-Masféty, Boisson, Godot &amp;amp;amp; Sauneron, 2010]]). Cependant, les connaissances récentes sur les effets de la médication et les abus sur son utilisation sont également soulevés. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;anti-psychiatrie se veut aussi anti-thérapeutique, ce qui lui est vivement reproché par les anti anti-psychiatres. Selon ces derniers, les anti-psychiatres considèrent que &amp;quot;les traitements sont à proscrire&amp;quot; ([[Bibliographie|Maurel, 1972]], p. 79). &amp;quot;Traiter, écrit Cooper, c&#039;est être intéressé à rendre le patient plus acceptable pour les autres...et lui faire manifester de moindre façon sa détresse&amp;quot; ([[Bibliographie|Maurel, 1972]], p. 79). Les anti anti-psychiatres militent ainsi pour une guérison grâce à des médicaments &#039;&#039;efficaces&#039;&#039; (au sens médical), selon des avis rapportés par les patients eux-mêmes. Selon les psychiatres opposés au courant anti-psychiatrique, ce-dernier vise &amp;quot;sans toujours l&#039;avouer à &amp;quot;soigner&amp;quot; clandestinement les &amp;quot;malades&amp;quot;&amp;quot; (Maurel, 1972, p.80), ce qui est selon Maurel et ses collègues, une contradiction.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Psychiatrie et anti-psychiatrie  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le mouvement d&#039;anti-psychiatrie&amp;amp;nbsp; &amp;quot;s&#039;oppose d&#039;abord et avant tout à une forme de monopole du savoir médical&amp;quot; ([[Bibliographie|Mannoni, 1970]], p. 9). Il dénonce l&#039;autorité morale et policière du psychiatre. Toutefois, psychiatres et partisants de l&#039;anti-psychiatrie s&#039;accorde sur le fait que &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;la société place le psychiatre dans une position ambiguë&amp;amp;nbsp;: il est au service d&#039;un patient dont il a à défendre les droits mais il se trouve également placé en position d&#039;auxiliaire de la police dans un programme d&#039;internement qui est un processus d&#039;obligation de soins&#039;&#039; (Mannoni, 1970, p. 168). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les réponses apportées par les uns et par les autres pour essayer de lever cette ambiguité sont toutefois différentes. Si l&#039;anti-psychiatrie cherche plutôt à démystifier &amp;quot;le rôle que la société fait jouer à la psychiatrie&amp;quot; (Mannoni, 1970, p.168), à créer des lieux où la maladie mentale pourrait être réintérrogée (allant même jusqu&#039;à nier la notion de maladie mentale) et à s&#039;éloigner des conceptions scientistes, certains psychiatres cherchent à remettre sur le devant de la scène un discours scientifique. &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;---Quand l&#039;antipsychiatrie est critique radicale de l&#039;institution, je suis antipsychiatre; mais quand elle se réfugie dans la négation de la maladie mentale, je suis contre&#039;&#039;--- ([[Bibliographie|Sztulman, 1972]], p.107).&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les archives de la revue &amp;quot;&#039;&#039;L&#039; Évolution psychiatrique&#039;&#039;&amp;quot;, les psychiatres non antipsychiatres se sont attelés, au début des années 70, à défendre leur point de vue scientifique et médical. Face au mouvement de protestation, ils ont écrit plusieurs articles afin de réhabiliter la psychiatrie et montrer les incohérences du mouvement antipsychiatrique, non seulement dans ce qu&#039;il dénonce, mais également dans les solutions qu&#039;il propose. S&#039;ils reconnaissent un certain succès à l&#039;antipsychiatrie &amp;quot;dans sa position de refus et de provocation&amp;quot; ([[Bibliographie|Barte, 1972]], p. 46), les solutions qu&#039;elle propose ne les satisfont guère. Pour certains membres de ce corps médical, la maladie mentale doit être reconnue comme &#039;&#039;phénomène nature&#039;&#039;l ([[Bibliographie|Ey, 1972]], p. 53). &amp;quot;En faisant volatiliser dans le néan l&#039;objet même de la psychiatrie qu&#039;est le malade mental, l&#039;antipsychiatrie nie la souffrance humaine, nie le drame authentiquement humain que vit chaque malade mental (Barte, 1972, p. 46). Pour défendre ces patients malades, &amp;quot;fous&amp;quot;, pour les réhabiliter, il est nécessaire de &amp;quot;passer par la reconnaissance même de la psychiatrie, science critique et autonome et qui ne peut se fonder que sur la notion de maladie mentale conçue ni comme simple maladie des organes, ni comme simple maladie psychique&amp;quot; (Barte, 1972, p.47). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le malaise asilaire est reconnu par les non antipsychiatres et les antipsychiatres. Il importe de traiter l&#039;institution en même termps que ses pensionnaires. Cependant, les non antipsychiatres récusent la responsabilité de l&#039;hôpital psychiatrique dans la création de la folie, &amp;quot;même s&#039;il concourt parfois à statufier certaines présentations cliniques&amp;quot;. (Sztulman, 1972, p. 106). Face aux critiques sur l&#039;hôpital, notamment face à certains qui, comme Basaglia, refusaient l&#039;idée de traitement de malades et de médecins, les non antipsychiatres dénoncent la destruction de l&#039;hôpital au profit d&#039;assemblées générales peu organisées. Sztulman (1972) pose la question&amp;amp;nbsp;: &amp;quot;A quoi ça sert&amp;amp;nbsp;? A quoi ça sert d&#039;être psychiatre là, ou femme de service, ou ergothérapeute puisque de tout façon chacun est dépouillé de son statut, et que les rôles sont inventés en permanence&amp;amp;nbsp;?&amp;quot; (p.102). Pour ces médecins, la négation de l&#039;inconscient et celle de la maladie mentale dans le mouvement antipsychiatrique amène des &#039;&#039;attitudes thérapeutiques particulièrement incohérentes &#039;&#039;(Sztulman, 1972, p. 101). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La question de l&#039;attribution de la maladie mentale à un fait organique, ou plutôt à un fait culturel était alors au coeur de la bataille entre antipsychiatres et non antipsychiatres. Lors de l&#039;entretien mené avec Monsieur Alain Riesen, ce dernier nous a expliqué que cette question est toujours d&#039;actualité et qu&#039;il n&#039;y a pas, aujourd&#039;hui encore, de définition claire de la part de la communauté scientifique (voir [[La santé mentale aujourd&#039;hui]]). Dans les années 1970, les non antipsychiatres critiquaient l&#039;erreur de l&#039;antipsychiatrie dans sa croyance &amp;quot;&#039;&#039;en un principe de causalité univoque et direct de la psychose&amp;quot;&amp;amp;nbsp;&#039;&#039;(Sztulman, 1972, p.105). Dans le même article, Sztulamn déclare encore: &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&amp;quot;&#039;&#039;il est dogmatique et naïf de dire que la folie se développe en dehors de toute culture. Il est dogmatique et naïf de dire qu&#039;elle se limite à un fait culturel. De tout évidence, il n&#039;y a pas un modèle qu&#039;il soit organo, psycho ou socio-génétique de la maladie mentale, mais pluridéterminisme à pondération variable suivant les cas&#039;&#039;&amp;quot; (p. 105). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Monsieur Alain Riesen a bien décrit cette vision de &#039;&#039;pluridéterminisme&#039;&#039;. Il nous a expliqué que la conception de la maladie mentale comme unique produit d&#039;un système qui disfonctionne semble devoir se ranger derrière un système bio-psycho-social qui rencontre actuellement le plus de soutient de la part des professionnels du domaine psychiatrique. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un peu plus tard, en 1974, L&#039;évolution psychiatrique a à nouveau consacré un numéro à l&#039;antipsychiatrie. Le vent de révolte de la part des non antipsychiatres semble s&#039;être calmé, comme s&#039;ils avaient été entendus et reconnus, comme s&#039;ils avaient &amp;quot;résisté à l&#039;agression psychiatricide de l&#039;antipsychiatrie&amp;quot; ([[Bibliographie|Sztulman, 1974]], p.129). Les mêmes auteurs qu&#039;en 1972 relèvent toujours l&#039;importance de l&#039;antipsychiatrie dans une démarche de contestation et d&#039;identification des difficultés de l&#039;institution psychiatrique. &amp;quot;L&#039;antipsychiatrie nous aide quand elle montre comme s&#039;est organisé le refus, la ségrégation de la maladie mentale et quand elle rappelle que chacun, dans la santé mentale et dans la folie, est la victime d&#039;une répression collective&amp;quot; (Sztulman, 1974, p. 129). Toutefois, ces mêmes psychiatres rapellent leur opposition à l&#039;étiologie de la maladie mentale revendiquée par les antipsychiatres. Ces années de remise en question et de refonte de la l&#039;insitution psychiatrique ont facilité un réel rétablissement de l&#039;institution de la psychothérapie, puis de la psychothérapie de l&#039;institution. En guise de plaidoyer Pro-Psychiatrie, voici ce que dit Minkowiski, cité par Sztulman (1974, p. 132) et qui résume la vision de non antipsychiatre de ce que devrait être leur profession:&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;Quelque part entre le fantasme de la faute et l&#039;illusion de la toute-puissance se trouve le chemin malaisé d&#039;une psychiatrie nouvelle, à réinventer tous les jours où le psychiatre refuse à la fois la facilité de n&#039;être qu&#039;un instrument passif, indifférent et anenchéphalique de la conservation de l&#039;ordre social et le plaisir narcissique de se situer au-delà d&#039;une réalité clinique ignorée, niée et finalement forclose, parce que angoissante. &#039;&#039;&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La désinstitutionalisation  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon des sources internet, le mouvement de désinstitutionalisation semble avoir débuté vers 1960 (même s’il semble qu’il y ait eu un prélude à la désinstitutionnalisation au début du 19e siècle (L’Institut universitaire en santé mentale de Québec par exemple - La désinstitutionnalisation, http://caringminds.ca/index.php?option=com_content&amp;amp;amp;view=article&amp;amp;amp;id=62&amp;amp;amp;Itemid=43&amp;amp;amp;lang=fr&amp;amp;amp;limitstart=7). Certains observent le début de ce mouvement en Scandinavie, d’autres au Québec. Dans tous les cas, il s’agit d’un mouvement d&#039;ouverture vers la communauté, d’une volonté de «normalisation»[[Normalisation]] &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le mouvement de désinstitutionnalisation s&#039;appuie avant tout sur une philosophie qui met l&#039;accent sur les droits et les libertés des individus, et elle vise à humaniser les soins de santé mentale. ([http://agora-2.org/thematiques/inaptitude.nsf/Dossiers/Desinstitutionnalisation Encyclopédie de l’Agora]). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;horreur suscitée par les politiques nazies du meurtre eugénique des malades psychiatriques et les camps de concentration pendant la Seconde guerre mondiale, ont attirer l’attention sur les pratiques «&amp;amp;nbsp;déshumanisantes&amp;amp;nbsp;» dans les soins psychiatriques en santé mentale, (séquestration, mauvais traitements en tout genre, manque de formation des professionnels). (Voir [http://id.erudit.org/iderudit/032417ar Martin, 1984 et Claire Henderson et Graham Thornicroft], Santé mentale au Québec, vol. 22, n° 2, 1997, p. 88-114. ) Les années d’après-guerre ont vu un accroissement de l’intérêt porté à l’institution comme objet d’étude. Certains auteurs parlent de l’institution comme étant «&amp;amp;nbsp;névrosante&amp;amp;nbsp;», «&amp;amp;nbsp;façonnant et codifiant les gens dans le rôle de patient psychiatrique&amp;amp;nbsp;» (Goffman (1961). On observe dans les années 60 une disparition du personnel religieux des hôpitaux. Naît alors une nouvelle conception de l’individu, une évolution des attitudes envers le malade&amp;amp;nbsp;; on veut le sortir des murs de l’asile psychiatrique. On commence à parler, à cette époque, du «&amp;amp;nbsp;droit de la personne&amp;amp;nbsp;». Des idéaux humanitaires amènent alors à une nouvelle vision de la maladie mentale. Il semble que ce mouvement de désinstitutionnalisation soit également lié à l’apparition des pratiques de pharmacopée. Effectivement, «&amp;amp;nbsp;Ces nouveaux médicaments permettaient de calmer les malades agités, délirants, hallucinés et ainsi permettre d&#039;envisager et de généraliser des traitements psychiques dans des conditions plus réalistes ou encore, lorsque c&#039;était possible, d&#039;envisager un retour au domicile ou dans des structures intermédiaires&amp;amp;nbsp;».([http://fr.wikipedia.org/wiki/Psychiatrie déf. du mot «&amp;amp;nbsp;psychiatrie&amp;amp;nbsp;»]). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On a le désir de «normaliser&amp;amp;nbsp;» leurs conditions de vie. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les années 60, si la personne «&amp;amp;nbsp;déficiente intellectuellement&amp;amp;nbsp;» est encore considérée comme un «&amp;amp;nbsp;malade&amp;amp;nbsp;», le malade mental ne l&#039;est plus, mais davantage comme un sujet pouvant être aidé et guéri. On met en avant le fait que la maladie mentale ne nécessite pas nécessairement une hospitalisation, et qu’elle doit être considérée comme une quelconque maladie. On externalise, on invente la psychiatrie de secteurs, on commence à intégrer des services pour les malades mentaux dans des hôpitaux ou cliniques. On évite ainsi la stigmatisation des malades mentaux placés pour de longues périodes en asile psychiatrique, et on leur évite la perte de leurs facultés leur permettant de se réintégrer dans la société. On redonne alors un rôle à la communauté, tout en accordant des responsabilités aux familles. La patient devient alors le coeur de l&#039;intérêt des praticiens. ([http://www.promentesana.org/upload/application/trimes_43.pdf in Lettre trimestrielle de l’association romande Pro Mente Sana])&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La désinstitutionalisation a permis aux personnes présentant des troubles psychiatriques de sortir de ce milieu assimilé pendant de nombreuses années, au milieu carcéral. Mais une fois &amp;quot;libérées&amp;quot; où vont ces personnes? A ce sujet,&amp;amp;nbsp; [[Bibliographie|N. Carpentier (2001)]] affirme dans son article que 60 à 70&amp;amp;nbsp;% des patients retournent dans leur famille après l’hospitalisation. Mais plusieurs auteurs ont démontré que l&#039;arrivée d&#039;un malade dans une famille, avait de lourde conséquence sur celle-ci. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Avant d’en venir aux conséquences, il semble nécessaire de revenir sur la représentation qu&#039;ont les professionnels des familles des patients. Pour cela, il est intéressant de revenir sur l&#039;évolution de leur vision. En d&#039;autres termes, comment la famille, alors qu&#039;elle était considérée comme coupable de la maladie de l&#039;un de ses membre, est devenue un partenaire idéal?&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au début du XXème siècle, celle-ci était considérée comme étant la cause, l&#039;origine de la maladie de l&#039;enfant. Les professionnels affirmaient que la maladie mentale était un problème génétique, héritée de plusieurs générations antérieures. Ensuite, les années cinquante ont apporté un premier renversement dans cette représentation. En effet, la famille était perçue comme étant un «&amp;amp;nbsp;système réagissant aux troubles mentaux de l’un de ses membres, plutôt qu’en tant que système causant des désordres psychiques&amp;amp;nbsp;» ([[Bibliographie|Carpentier, 2001, p.84]]). Ce changement de perspective est en lien avec l’arrivée d’une politique qui favorise les hospitalisations de courte durée. En d’autres termes, les familles commencent à être perçues comme une solution aux changements politiques. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les années 60, la psychiatrie adopte une vision centrée sur la communauté. Ce changement va être très favorable pour les familles, puisqu’il permet à ces dernières de se déresponsabiliser des troubles mentaux. Ainsi, toujours selon Carpentier, à cette époque «&amp;amp;nbsp;les désordres psychiques [doivent être étudiés] sous l’angle de l’isolement social, des désavantages sociaux, puis selon la présence de stresseurs sociaux et économique&amp;amp;nbsp;»( p.89) .&amp;lt;br&amp;gt;Ainsi, au fur et à mesure que le mouvement de désinstitutionalisation est mis en place, les politiciens et les professionnels considèrent la famille comme étant une solution au problème. En effet, cette dernière est perçue comme «&amp;amp;nbsp;une source privilégiée de soutien émotionnel et social ainsi que comme place de choix pour relocaliser le patient psychiatrique.&amp;amp;nbsp;» ([[Bibliographie|Carpentier, 2001, p.91]]. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Du côté des familles, il semblerait selon  [[Bibliographie|R. Therrien (1990)]] que sur le plan économique et émotionnel, la désinstitutionnalisation leur demande beaucoup, en particulier aux femmes. En effet, toujours selon R.Therrien, avoir quelqu&#039;un ayant des problèmes mentaux à la maison provoque beaucoup de stress. Chez certains, un malade peut devenir un véritable &amp;quot;fardeau&amp;quot;, puisque celui-ci impose beaucoup de contraintes. Effectivement, avoir une personne malade à la maison peut engendrer des conséquences telles que la réduction des loisirs habituels, les sorties avec les amis, par peur d&#039;être jugé, ou encore d&#039;avoir des problèmes avec les voisins, car les comportement de la personne dérange. Tous ces problèmes ont un impacte très fort sur la famille d&#039;autant plus qu&#039;elle n&#039;est pas aidée, ni reconnue pour tout ce qu&#039;elle fait pour la personne malade. &amp;amp;nbsp; &amp;lt;br&amp;gt; A propos de la lourde responsabilité des parents, on peut se demander si les familles ne finiraient pas elles aussi à un moment donné par tomber malade. A ce sujet,  le témoignage d&#039;[[Bibliographie|Alain Riesen]] souligne que lorsqu&#039;une famille prend en charge un de ses membres malade, il ne faut pas qu&#039;elle reste seule, mais qu&#039;elle en parle, partage ce qu&#039;elle vivait au quotidien. C&#039;est donc, pour ces raisons-là que des thérapies familiales ont vu le jours.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La communauté: un modèle alternatif à l&#039;institution fermée  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La communauté comme mode de prise en charge a, dans le champ de l&#039;éducation spéciale et spécialisée, sa propre histoire. Relevant d&#039;une approche démocratique et souvent pacifiste, la communauté est une forme de gouvernement par les personnes elles-mêmes (y compris les enfants). La notion de self-government a été développé dans le cadre de l&#039;éducation nouvelle pour définir de telles pratiques dès la fin du XIXe siècle. Lors de la seconde guerre mondiale des communautés d&#039;enfants victimes de la guerre ont vu le jour partout en Europe. Se référent à des modèles antérieurs comme les écoles nouvelles à la campagne de l&#039;éducation nouvelle (et donc du self-government) , de la république d&#039;enfants, de la cité des enfants, leurs fondateurs ont contribué au relèvement de l&#039;éducation en Europe par un modèle visant la participation des enfants à la gestion de la communauté et leur autonomie. Souvent, transformé dès les années 1950 en foyer pour enfants (malheureux, difficiles voire délinquants), le modèle des communautés d&#039;enfants semble être circonscrit à une période temporelle courte et particulièrement difficile sur le plan économique. On peut donc se demander si ce type de modèle ne serait pas &amp;quot;choisi&amp;quot; particulièrement en temps de crise et de manque de ressources financières donnant ainsi plus de pouvoir aux &amp;quot;usagers&amp;quot; permettant ainsi un moindre encadrement institutionnel. [[https://plone2.unige.ch/aref2010/search?SearchableText=communautés+d%27enfants]]. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des «&amp;amp;nbsp;communautés thérapeutiques&amp;amp;nbsp;» ont été créées en réaction aux enfermements asilaires prônés jusque-là mais qui commençaient à être pointés du doigt, car considérés comme déshumanisants. Bien que créées tout d&#039;abord pour répondre aux phénomènes de dépendances (toxicomanies, par exemple), on trouve, dès la fin des années 60, des communautés thérapeutiques en Angleterre, en France, en Suisse et au Québec, destinées au secteur de la psychiatrie. Avec la naissance de ces communautés thérapeutiques, une nouvelle approche de la psychose en-dehors des lieux de soins traditionnels s&#039;est développée (Schatzman, 1969; Barnes et Berke, 1973; Fabre, 1978; Lecomte et Tourigny, 1983a). Leur but est de créer un milieu &amp;quot;naturel&amp;quot;, en reconstituant les structures d’une «&amp;amp;nbsp;macro famille&amp;amp;nbsp;» ou d’une «&amp;amp;nbsp;mini société&amp;amp;nbsp;», plus rassurantes&amp;amp;nbsp;: on trouve par exemple la Communauté des Sablons, (Maison d&#039;enfants à caractère social et familial (76270 Saint-Saire), ou, en Suisse, le foyer de Tavel qui a vécu cinq ans (1975-1980). Dans le [http://edutechwiki.unige.ch/dewiki/R%C3%A9sum%C3%A9_film_de_Catherine_Scheuchzer film de Catherine Scheuchzer], «&amp;amp;nbsp;Dans l’aventure du non, la parole&amp;amp;nbsp;», (tourné à Boulens, dans la campagne vaudoise, dans les années 70 ), on découvre, dans un décor post soixante huitard, très simplement, dans un rythme extrêmement lent, des adultes et des enfants en interaction, «&amp;amp;nbsp;comme dans la vraie vie&amp;amp;nbsp;». Cette expérience est décrite comme «&amp;amp;nbsp;une véritable expérience d’éveil à la vie&amp;amp;nbsp;», qui «&amp;amp;nbsp;prend le contre-pied du placement en institution psychiatrique&amp;amp;nbsp;» (L’Est vaudois, 19.11.92). Plutôt que de considérer cette population d&#039;enfants, comme on le faisait en asile, comme des fous, murés dans leur silence. On veut les considérer comme des partenaires, des interlocuteurs. Le but est effectivement de les faire participer au quotidien d’une maisonnée, plutôt que de créer des ateliers protégés artificiels. De la sorte, ils sont poussés à se dépasser, à faire des expériences par eux-mêmes, sans avoir nécessairement recours au soutien d’un adulte. Il semble qu&#039;à cette époque, cette nouvelle façon de considérer les enfants autistes comme étant capables d’autonomie, capables d’agir, ait apporté un peu d’humanité dans leur prise en charge. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;enfant&amp;amp;nbsp; ainsi placé dans une communauté thérapeutique vaudoise est-il plus &amp;quot;intégré&amp;quot; que s&#039;il l&#039;était dans une institution considérée par ces acteurs alternatifs du &amp;quot;système&amp;quot; comme un ghetto? Il en va de même avec le terme désinstitutionalisation? Qu&#039;est-ce que l&#039;institution? Il y en a des &amp;quot;bonnes&amp;quot; (maternantes, enveloppantes, naturelles...) et de &amp;quot;mauvaises&amp;quot; (contraignantes, mortifères) (sur ce point les travaux de Fernand Oury puis de Jacques Pain mériteraient qu&#039;on s&#039;y attache (voir la psychothérapie institutionnelle sur le site de Jacques Pain: http://www.jacques-pain.fr).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L&#039;élan contestataire des années 70 à Genève  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En Suisse un même mouvement historique a été observé. Selon le médecin Christian Monney, on y a dénoncé les mêmes agissements qu’ailleurs&amp;amp;nbsp;: enfermement, répression, qui étaient là non pour aider le malade, mais pour protéger l’ordre public. On y mêlait, écrit-il, infirmes, orphelins, indigents et fous… (Dr Christian MONNEY, 1999, à l’occasion des 100 ans de l’Hôpital de Malévoz). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Or, dès 1965, des consultations ambulatoires sont créées et les séjours hospitaliers peuvent ainsi se raccourcir. Les moyens de contention sont contestés. Des établissements médico-éducatifs apparaissent, comme [http://www.castalie.ch/home.php?include=textes&amp;amp;lng=1&amp;amp;id=18&amp;amp;idmenu=14 la Castalie en Valais], grâce au Dr Rey-Belley, en 1972 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Genève, l&#039;élan contestataire débute lorsque Julian de Ajuriaguerra est nommé directeur de Bel-Air en 1959. A son arrivée, il décide d&#039;ouvrir des pavillons et d’introduire une nouvelle idée&amp;amp;nbsp;: «&amp;amp;nbsp;l’hospitalisation de courte durée, dans le but de remplacer, le plus vite possible, le patient dans son milieu naturel&amp;amp;nbsp;». [[Bibliographie|Archives contestataire, boite Riesen/Schuler, Réseau suisse-romand. Alternative à la psychiatrie, 1976.]] C&#039;est donc à ce moment-là que le mouvement de désinstitutionnalisation naît. En effet, on commence à critiquer les asiles et à vouloir modifier le fonctionnement de l&#039;hôpital psychiatrique. Les patients psychiatriques commencent à bénéficier des mêmes droits que les patients non-psychiatriques. De ce fait, entre les années 1963 à 1970, il se développe un système psychiatrique extra-hospitalier complet. Ensuite, pendant les années 70-80, cet élan continue avec la volonté de baser les soins sur des approches psychotérapeutiques.[[Bibliographie|Rey-Bellet, Bardet Blochet, Ferrero, 2010, p.90-95]] &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dès les années 1970, l&#039;ADUPSY (l&#039;association pour les droits des usagers de la psychiatrie) se questionne à propos du placement des malades qui garde, malgré la loi de 1936, un caractère prégnant d&#039;enfermement, et à propos de la limitation des droits des personnes que ces lois entrainent. En effet, l&#039;ADUPSY estime que les malades mentaux n&#039;ont pas le choix de leur placement (internement), cela se fait de force, et que leurs droits sont dès lors limités puisqu&#039;ils n&#039;ont pas de droit de regard sur le traitement qui leur est admistré. A cet effet, cette association relate par exemple qu&#039; &amp;quot;en 1975, la majorité des malades mentaux entrent encore à Bel-Air contre leur gré&amp;quot; ([[Bibliographie|ADUPSY, 1979, p. 7]]). Les droits de l&#039;Homme, et dans ce cas présent du malade, sont donc au coeur du débat. L&#039;association défend alors l&#039;idée que tout &#039;&#039;internement psychiatrique&#039;&#039; devrait être pensé comme une hospitalisation qui respecte les droits du malade mental en assurant sa protection et sa dignité, qui rende le patient actif dans son traitement, qu&#039;il peut d&#039;ailleurs refusé, qui n&#039;a pas comme raison la dangerosité potentielle du patient, qui rappelle au patient quels sont ses &amp;quot;droits en matière d&#039;hospitalisation et de traitement&amp;quot; (p. 13), et qui devrait &amp;quot;nécessité obligatoirement de deux certificats médicaux&amp;quot; (p. 13) de manière à justifier ce placement saur plusieurs avis de provenance différentes. Dans cette optique, on se rend compte de l&#039;évolution de la prise en charge des malades mentaux. Que ce soit au niveau des termes employés, de la procédure ou des droits des patients, l&#039;ensemble de cette prise en charge évolue. L&#039;époque semble donc propice à des changements radicaux. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En réponse à ce nouveau regard sur la question de la prise en charge des malades mentaux, la question de l&#039;éducation semble elle aussi être en mouvance durant cette période.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L&#039;anti-psychiatrie à Genève: une nouvelle politique de la prise en charge  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dès les années 70, le journal mensuel &amp;quot;Tout Va Bien&amp;quot; a consacré de nombreuses pages et numéros à la question de l&#039;anti-psychiatrie. Dès 1973, un groupe d’enquête s’est constitué pour dénoncer une certaine violence et certains abus de pouvoir au sein des asiles psychiatriques. Leur volonté était de déterritorialiser la psychiatrie. «&amp;amp;nbsp;La psychiatrie, c’est l’affaire de tout le monde&amp;amp;nbsp;». Ils voulaient faire exploser la loi du silence qui régnait dans ces lieux. Ils ont voulu dénoncer les rapports de pouvoir sévissant à l&#039;intérieur des murs psychiatriques, la soumission du malade à l’infirmier, la soumission de l’infirmier au médecin, la soumission du médecin aux pouvoirs de l’administrateur bailleur de fonds. Selon ce journal, le mouvement anti-psychiatrique serait né au début des années 60: La clinique psychiatrique de Bel Air, créée en 1900, a commencé à construire des pavillons ouverts avec l’arrivée de son nouveau directeur en 1959, Julian Ajuriaguerra. Son intention était de favoriser le retour de l’interné au plus vite dans leur milieu naturel, grâce à une hospitalisation de courte durée. A Genève, depuis 1963, le travail psychiatrique est sectorisé. On commence à organiser les soins dans des centres de consultation de quartier. Les premières tentatives alternatives apparaissent en Suisse. Des travailleurs sociaux poursuivent une critique des institutions et contribuent à la création et au fonctionnement de centres (qui se différencient des institutions récupératrices) qui ont pour but de venir en aide à toute personne en crise. Exemple&amp;amp;nbsp;: le centre Liotard à Genève, créé par le réseau d’alternative à la psychiatrie de Suisse romande. En janvier 1975 se tient le premier congrès d’alternative à la psychiatrie de secteur (Congrès de Bruxelles, auquel participe un groupe de Genève: il s’en est inspiré pour animer des débats au centre Liotard&amp;amp;nbsp;: recherche d’alternatives concrètes répondant aux besoins des malades. A Lausanne, le 24 janvier 1976, est créé un réseau alternatif à la psychiatrie pour la Suisse romande, dont l’un des membres actifs s’appelle Alain Riesen, du Centre Liotard. Une commission formée aussi bien de psychiatrisés que de soignants s’est alors formée. Elle a remis en question le pouvoir des soignants. Selon cette commission, le but d’une alternative au secteur doit être la prise en main progressive par le malade de ses propres difficultés. Suite à des tentatives d’internement forcé, des tracts ont circulé, dénonçant les abus du pouvoir psychiatrique (voir les archives contestataires de Genève, Classeur Alain Riesen). Dès ce moment-là, une prise de conscience s&#039;opère: le patient ne veut plus être manipulé, il ne veut plus être le cobaye, il ne veut plus être muselé par le pouvoir du médecin. Il veut choisir son mode de guérison, il veut être actif dans le processus de guérison. Il convient alors de faire en sorte que ce soit le patient qui choisisse ou non son hospitalisation. Effectivement, médecins, contestataires et familles se sont rendus compte de l&#039;importance du choix du malade dans sa propre guérison. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A la fin des années 70, d&#039;autres mouvements anti-psychiatriques se répandent en Suisse et ailleurs: par exemple à la clinique de Bellelay, où son nouveau directeur a souhaité ouvrir les murs à son arrivée, et mettre à disposition des appartements protégés, voire même une maison de vacances pour ses patients. Le but était &amp;quot;que les malades puissent le plus possible avoir des contacts humains et une vie «&amp;amp;nbsp;normale&amp;amp;nbsp;» (TVB avril-mai 80). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Suite à la mort atroce d&#039;Alain Urban lors d&#039;une cure de sommeil forcé à la clinique de Bel-Air, l&#039;ADUPSY ainsi que l&#039;Association des Médecins Progressiste ont déployé maints efforts pour alerter l&#039;opinion publique à propos des agissements soupçonneux de la clinque en question. Leurs revedications ont porté sur la suppression des isolements, la priorité données aux instruments de soin ambulatoire, l&#039;augmentation des effectifs globaux du personnel soignant, etc. Ils expriment également leur soutien aux revendications concernant le droit des patients&amp;amp;nbsp;: «&amp;amp;nbsp;Le consentement du patient ou de son entourage immédiat doit toujours être recherché, dans la thérapeutique comme dans la recherche&amp;amp;nbsp;». &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après les drames qui ont secoué Bel-Air, une commission d&#039;enquête a été créée, et c&#039;est non seulement le Directeur de cette clinique qui a été interrogé, mais également les patients, les soignants, ainsi que les cadres. Dès cet instant, &amp;quot;tout est ressorti&amp;quot;, témoigne Alain Riesen, amenant à une première évolution forte: la réforme de l&#039;institution psychiatrique. Le Pr Tissot est déstitué, et un changement au niveau de la législation se fait: le droit de recours apparaît, le patient peut désormais exiger de faire valoir ses droits. Jusque là, le Réseau d&#039;Alternative à la psychiatrie pouvait intervenir sur demande, mais n&#039;avait pas de statut officiel. A partir de cette période, une Commission de surveillance fut mise sur pied (réunissant un juriste, un médecin indépendant, un représentant du Droit des patients), et quatre associations de défense du Droit des patients sont nées: l&#039;Association RÊVE (les &amp;quot;Entendeurs de voix&amp;quot;), l&#039;ADPED (Association des personnes ayant des troubles bi-polaires et dépressifs), l&#039;Expérience (travail artisanal double d&#039;un travail d&#039;entraide), et l&#039;AETOC (Association des personnes ayant des troubles obsessionnels et compulsifs). Selon Alain Riesen, l&#039;institution, malgré l&#039;avancée significative qui a été faite quant au droit des patients, garde les stigmates de l&#039;institution asilaire. &amp;quot;Il y a encore beaucoup de travail à faire pour faire éclater l&#039;institution dans sa dimension totalitaire&amp;quot;, dit-il en conclusion de son récit.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Conclusion: l&#039;anti-psychiatrie un débat déplacé ? ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Point de vue: de l&#039;institution, des droits, considération de la maladie mentale, etc.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les différents mouvements contestataires, qui sont passés de la désinstitutionnalisation à la sectorisation en passant par la création de communautés thérapeutiques, ont amené à une critique du pouvoir institutionnel et des médecins. Le médecin n&#039;est plus tout-puissant et le consentement du patient ou de son entourage doit être obtenu avant tout traitement. Le patient a des droits et il doit les faire respecter.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De l&#039;enfermement asilaire on est allé vers une continuité des soins entre l&#039;hospitalier et l&#039;extra-hospitalier; en effet, sous prétexte que le patient nécessitait des soins, on l&#039;extrayait de  la société pour le placer en hôpital, on cherchait à le &amp;quot;normaliser&amp;quot; en l’excluant du système!: qui voulait-on protéger? Le patient ou la société? En bénéficiant de soins tout en continuant à être inséré dans la société, le patient ne souffre pas d&#039;un isolement qui rendrait sa réinsertion encore plus difficile. En restant inséré, il bénéficie d&#039;un réseau de soutien (famille, amis) qui a une part essentielle à jouer dans le processus de guérison.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cependant, il semblerait que même si beaucoup de progrès ont été accompli dans le domaine de la prise en considération de la personne malade, l&#039;institution garde encore toujours les stigmates de l&#039;asile totalitaire...&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Cécilia Zuccone</name></author>
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		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=La_d%C3%A9sinstitutionalisation_dans_le_champ_de_l%27%C3%A9ducation_sp%C3%A9ciale_1960-1980&amp;diff=9245</id>
		<title>La désinstitutionalisation dans le champ de l&#039;éducation spéciale 1960-1980</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=La_d%C3%A9sinstitutionalisation_dans_le_champ_de_l%27%C3%A9ducation_sp%C3%A9ciale_1960-1980&amp;diff=9245"/>
		<updated>2012-01-08T22:09:45Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Cécilia Zuccone : /* La fonction du médicament dans l&amp;#039;approche anti-psychiatrique */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;[[user:Kleinpa0|P. Klein]],&lt;br /&gt;
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[[user:Cécilia Zuccone|C. Zuccone]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Université de Genève&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Introduction  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A l&#039;heure où l&#039;on peut constater de &amp;quot;nouvelles exclusions&amp;quot; au nom de la protection des citoyennes et des citoyens inquiétantes pour certains, car &amp;quot;ruinant ainsi des décennies d&#039;efforts de déségrégation, désexclusion, de &amp;quot;retour du schizophrène dans la cité&amp;quot; (Dr.Patrick Lemoine, Le mystère du nocebo, Paris. Odile Jacob, 2011, p.69), un certain nombre de questions se posent pour mieux comprendre l&#039;histoire de l&#039;éducation spéciale, une histoire à la fois politique (anti-psychiatrie, sectorisation), sociale et culturelle (intégration, normalisation, désinstitutionalisation, communauté de vie, communauté thérapeutique) dans les décennies des Trente glorieuses (1960-1990) pendant lesquelles a soufflé un vent de contestation des politiques institutionnelles. Un esprit contestataire a émergé en particulier dès les années 1970 (post soixante-huit) provoquant dans le champ de la prise en charge des personnes dites aujourd&#039;hui &amp;quot;à besoins particuliers&amp;quot; un élan de remise en question de l&#039;institution, du pouvoir des médecins, de la contrainte institutionnelle et médicamenteuse. Peu de travaux ont encore exploré ce champ, à Genève, sinon pour étudier l&#039;histoire de Mai 68 et du mouvement féministe. (voir notamment Julie de Dardel, Révolution sexuelle et Mouvement de libération des femmes à Genève (1970-1977). Lausanne: Antipode, 2007). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La recherche proposée vise à mieux comprendre comment, à Genève, le champ de l&#039;éducation spéciale et celui de la psychiatrie a été touché par cette contestation. Elle fait suite à celle engagée en 2010 et 2011 sur l&#039;histoire de l&#039;intégration scolaire des enfants handicapés mentaux [[Pionniers de l&#039;intégration scolaire des enfants handicapés à Genève]] et [[Article 2011]]. Les recherches précédentes ont montré à la fois la complexité des pratiques d&#039;intégration amenant souvent un écart entre discours et pratique, ainsi que les résistances à penser le handicap sans mettre une ligne de démarcation entre norme et hors norme, entre enfant éducable et non éducable, limite souvent mal définie et dépendante des représentations (malédiction du handicap). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au début des années 60, l&#039;intégration apparaît être pour les parents, dont les enfants sont encore entièrement dans la famille, une intégration dans des institutions à créer. Le concept de [[Dictionnaire|normalisation]] vient s&#039;accoler à celui d&#039;intégration pour rapprocher toute déviance d&#039;une norme sociale (en terme d&#039;habitat, d&#039;activité, voire de comportements). Ainsi le milieu ouvert (comme Aigues-Verte par exemple) peut apparaître comme plus proche d&#039;une vie quotidenne &amp;quot;normale&amp;quot; et donc plus intégrant. Le Pavillon des Grand Bois à l&#039;hôpital psychiatrique de Bel-Air représente encore une solution &amp;quot;intégratrice&amp;quot; pour les enfants les plus difficiles à éduquer et les moins autonomes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La [[Dictionnaire|désinstitutionalisation]] qui fait l&#039;objet de cette nouvelle recherche est d&#039;abord issue des milieux de l&#039;anti-psychiatrie (et donc ni des associations de parents ni des milieux pédagogiques); on peut apparenter idéologiquement ce mouvement anti-psychiatrique avec un objectif de normalisation dans le sens de rapprocher les personnes prises en charge de la vie quotidienne de tout un chacun. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi malgré des différences d&#039;application ces différents courants pourraient être affiliés à celui libertaire qui a essaimé dans différents champs du social entre 1970 et 1990. C&#039;est dans une perspective de compréhension de l&#039;histoire des idées et des pratiques du mouvement anti-psychiatrique genevois que s&#039;inscrit cette recherche. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un premier temps, cette page d&#039;histoire sera située dans une &amp;quot;tradition&amp;quot;: d&#039;une part celle du traitement de la différence (notamment depuis les travaux des psycho-pédagogues du début du 20e siècle comme Alfred Binet à Paris, Edouard Claparède à Genève ou Ovide Decroly à Bruxelles); et d&#039;autre part dans une tentative dès les années vingt en Angleterre (voir Libre enfants de Summerhill), mais surtout pendant et dans l&#039;après deuxième guerre mondiale (voire les communautés d&#039;enfants victimes de la guerre), de multiplier les expériences de vie communautaire issue du scoutisme, des mouvements de jeunesse, de l&#039;éducation nouvelle et de l&#039;éducation internationaliste et pacifiste, des colonies de vacances et camps CEMEA, s&#039;opposant à la tradition hospitalière (couvent, Bon Pasteur, Hospice, institutions de prises en charge spécialisées). Ce faisant, nous dégagerons des signes précurseurs de &amp;quot;désinstitutionalisation&amp;quot; avec ces structures plus petites, parfois médicalisées (les écoles de plein-air), mais avant tout proches de la nature et des besoins des individus. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un second temps, nous étudierons la période 1960-1980, laquelle a vu émerger un mouvement anti-psychiatrique (critique de l&#039;hôpital, du pouvoir médical, de la médicalisation à outrance et de la contrainte) pour une critique radicale visant le pouvoir institutionnel et entraînant des pratiques novatrices, lesquelles demandent à être mieux étudiées: 1. dans leurs objectifs (désinstitutionalisation ou déshospitalisation versus sectorisation)? 2. dans le choix fait des traitements: médicaux (traitement ambulatoire) ou éducatif et thérapeutique? 3. dans l&#039;évaluation faite des populations concernées par une prise en charge alternative 4. dans le rôle joué par la psychanalyse comme alternative au traitement médicaux et comme modèle thérapeutique (notamment dans les communautés cf. film de Catherine Scheuchzer, Dans l&#039;aventure du non de la parole) 5. dans le rôle donné aux familles et le poids qui leur est fait supporter (en terme financier, de responsabilité, de culpabilité,...) et en particulier à l&#039;égard des mères et des femmes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il s&#039;agira de mieux comprendre si l&#039;anti-psychiatrie est dans les années 1960-1980 une nouvelle manière de faire de la psychiatrie ou si elle est une véritable contestation de l&#039;institution asilaire, et si les modèles alternatifs proposés ne seraient pas sous couvert d&#039;idéologie libertaire une façon de baisser les coût de la santé en temps de crise. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour ce faire, nous avons lu des articles et consulté une bibliographie d&#039;ouvrages &amp;quot;classiques&amp;quot;, livres de références pour les acteurs/trices de la période considérées, puis nous avons dépouillé des revues professionnelles pour saisir les thématiques qui ont traversé alors le champs de la psychiatrie et de l&#039;éducation spécialisée; dans un second temps, la recherche s&#039;est portée sur un fond d&#039;archives de l&#039;Association Les archives contestataires (fonds Alain Riesen/Schuller) dont les donateurs d&#039;archives, sont fondateurs de l&#039;Arcade 84 et militant de l&#039;anti-psychiatrie genevoise. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un troisième temps nous avons effectué un entretien vidéo (un plan fixe) avec Alain Riesen afin de lui poser cinq questions issues de la recherche dans les archives et dans la littérature afin d&#039;avoir son témoignage sur l&#039;histoire de l&#039;anti-psychiatrie, de la désinstitutionalisation et des communautés thérapeutiques entre 1960 et 1980.[[Plan de recherche 2012]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Revue de la littérature  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On constate qu&#039;il n&#039;y a guère d&#039;articles et d&#039;ouvrages concernant cette page de l&#039;histoire genevoise. Seul un article d&#039;Alain Riesen a en quelque sorte donné le feu aux poudres. Un autre article de Montandon relève plus d&#039;une histoire des liens entre psychiatrie et justice. Ainsi pour approcher l&#039;histoire des changements apparus dans les années soixante sur le plan de l&#039;éducation spéciale dans le traitement des troubles psychiques, il a fallu d&#039;abord s&#039;intéresser à l&#039;histoire de l&#039;anti-psychiatrie, puis de la désinstitutionnalisation et enfin des communautés thérapeutiques, sujet introduit par le [http://edutechwiki.unige.ch/dewiki/R%C3%A9sum%C3%A9_film_de_Catherine_Scheuchzer film de Catherine Scheuchter]. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C&#039;est pourquoi nous avons en particulier étudié les fonds d&#039;archives aux [http://www.archivescontestataires.ch Archives Contestataires] qui rassemblent les documents produits par les mouvements contestataires de la seconde moitié du XXe siècle. A travers une plongée dans quelques revues professionnelles et journalistiques, cela nous a permis de mieux comprendre la place prise par ces thématiques dans les années concernées. Ainsi, un certain nombre de revues professionnelles ont été dépouillées pour la période 1970-1980. Soit Sauvegarde de l&#039;enfance, Déviance et Société, L&#039;Evolution psychiatrique. S&#039;y sont ajoutés les Cahiers Médico-sociaux entre 1956 et 1981, ainsi que le journal &amp;quot;Tout va bien&amp;quot; ( voir [[Notes sur journal Tout va bien]]) dépouillé pour les années 1970 à 1983, qui a consacré trois numéros entiers aux problèmes de la psychiatrie à Genève et surtout au mouvement anti-psychiatrique lié au scandale de l&#039;institution psychiatrique de Bel-Air en 1980. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt; Durant la période de 1970 à 1985, la revue &amp;quot;Sauvegarde de l&#039;enfance&amp;quot; n&#039;a publié aucune revue, voire même aucun article consacré au thème de notre étude, à savoir la désinstitutionnalisation dans le champ de l&#039;éducation spéciale. Au premier abord on pourrait donc tirer la conclusion selon laquelle ce champ d&#039;étude ou ce mouvement n&#039;était que peu présent à cette époque. Toutefois, en se penchant davantage sur les sujets traités dans cette revue, on se rend compte que les auteurs de celle-ci n&#039;ont pas abordé la désinstitutionnalisation en tant que telle, mais l&#039;ont abordée par les effets qu&#039;elle a pu engendré à cette époque. Effectivement, on peut observer des thèmes comme la formation des éducateurs en centre de jour ou en maison d&#039;accueil, la relation entre famille et société, l&#039;école ordinaire, l&#039;adolescence et la violence ou encore l&#039;aide sociale, autant de thèmes qui ont largement découlé de ce mouvement désinstitutionnel. Il est donc fort intéressant de se pencher sur les champs d&#039;action de ce type de revues, afin de mieux comprendre quel était le climat politique, les préoccupations, les tendances de la période qui nous intéresse. D&#039;ailleurs, nous retrouverons tout au long de cet article de nombreuses références aux thèmes traités par le revue &#039;&#039;Sauvegarde de l&#039;enfance&#039;&#039;.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Entre 1972 et 1974&#039;&#039;, [[L&#039;évolution psychiatrique|L&#039; Évolution psychiatrique]]&#039;&#039; consacre deux numéros au thème de l&#039;antipsychiatrie. Dans ces deux numéros, les articles sont rédigés par des médecins psychiatres non antipsychiatres qui s&#039;efforcent, dans un premier temps, de reconnaître les bienfaits des problématiques soulevées par le mouvement antipsychiatrique. Dans un deuxième temps, ces psychiatres soulèvent les thèses du mouvement, les critiquent et se distancent franchement des solutions proposées par les antipsychiatres pour répondre aux problématiques de départ. Après 1974, il n&#039;y a plus de numéros ou d&#039;articles consacrés à l&#039;antipsychiatrie. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La [[Revue Déviance et Société|Revue Déviance et Société]] aborde la problématique du traitement de la déviance essentiellement du point de vue pénale et de l’analyse du mouvement des normes. Les quelques articles relevés entre 1977 et 1982 en lien avec notre problématique témoignent bien du questionnement autour des normes, de la responsabilité et du processus de formation de la déviance et de la stigmatisation. Il est ainsi possible de constater que l’incursion de la psychiatrie dans le domaine pénal est perçue comme une menace ou une déresponsabilisation des actes délinquants ou criminels. Et que les arguments invoqués pour l’application d’une évaluation psychiatrique est bien celle d’une aliénation, mais en dehors ou en parallèle du milieu carcéral. Concernant notamment la prise en charge des mineurs, l’article de Jean-Marie Renouard (1982) relate bien les mouvements conceptuels ayant eu lieu. De l’identification de l’enfant «&amp;amp;nbsp;inadapté&amp;amp;nbsp;» à par la suite l’identification de l’enfant «&amp;amp;nbsp;handicapé&amp;amp;nbsp;», les concepts de l’exclusion qui s’en suivent sont passés d’une stigmatisation dans le but «&amp;amp;nbsp;d’extraire&amp;amp;nbsp;» (dénoncés par la sociologie et le mouvement anti-psychiatrique) à un droit à l’exclusion dans une visée de réintégration. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Les cahiers médico-sociaux]] se dédient aux questions contemporaines liées à la santé publique et médico-sociales. C’est d’un point de vue «&amp;amp;nbsp;mesuré&amp;amp;nbsp;» que cette revue nous indique de façon précieuse quelles étaient les dispositions prises au niveau des politiques sociales (Assurances Invalidité, lois) et du traitement médical ou thérapeutique (services, institutions, approches thérapeutiques, relation praticien-patient). Les articles retenus concernent essentiellement l&#039;hygiène mentale et son appréhension. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt; Cette revue de la littérature montre que les années 60 à 80 ont été fortement teintées par une volonté de sortir les personnes malades de l&#039;institution névrosante, des ghettos asilaires, et de viser plutôt une ouverture vers la communauté. C&#039;est la recherche de la normalisation, donnant de l&#039;ampleur à un certain courant humaniste. Est apparue la notion de Droit des patients: toute personne a le droit de vivre dans son milieu et de participer à la vie de sa communauté. La nécessité d&#039;être acteur de son processus de guérison est devenue prioritaire. Mais jusqu&#039;où est-on allé? Ou se situe la limite d&#039;une &amp;quot;vie comme tout le monde&amp;quot; lorsque l&#039;on souffre, que l&#039;on a des besoins spécifiques? Les années 70 ont été permissives et ont laissé beaucoup d&#039;autonomie aux personnes handicapées ou malades, mais se sont-elles senties mieux?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Méthodologie  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le travail de recherche a mêlé plusieurs méthodologies. Outre l&#039;apprentissage de l&#039;usage d&#039;un wiki qui a cimenté comme il se doit cette &amp;quot;communauté de travail&amp;quot; de six membres, ceux-ci ont travaillé dans trois directions: la recherche documentaire et bibliographique, l&#039;étude d&#039;un fonds d&#039;archives (le Fonds Riesen/Schuler de l&#039;Association les Archives contestataire) et la construction d&#039;une grille de questions à poser au &amp;quot;grand témoin&amp;quot;, Alain Riesen. Ces quatre outils méthodologiques ont donc fondé cette étude. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1. De l&#039;usage du wiki &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La pratique de l&#039;intelligence collective oblige à mettre en mouvement deux réseaux: le réseau que forme les membres de la communauté qui travaillent constamment ensemble pour alimenter le site dewiki et le &amp;quot;réseau&amp;quot; des pages de rédaction qu&#039;offre le site wiki, soit: l&#039;espace de l&#039;article, celui du dictionnaire des concepts, celui de la bibliographie et celui des résumés. Reste évidemment la page d&#039;accueil qui permet de visualiser l&#039;ensemble et de suivre les tâches à effectuer d&#039;une semaine à l&#039;autre. Ce travail de recherche mêle des moments de rencontre sur le web (notamment par les pages de discussion autour d&#039;une activité), mais aussi réellement en salle de cours afin surtout d&#039;assurer le rythme d&#039;avancement de la démarche et d&#039;échanger du point de vue intellectuel et du point de vue technologique. L&#039;évaluation de la démarche se fait aussi dans une même perspective d&#039;intelligence collective qui nécessite un engagement des personnes pour le &amp;quot;bien commun&amp;quot; à savoir le résultat de l&#039;ensemble des activités qui forment cette recherche originale. Une autoévaluation collective clôt la démarche un mois après la fin de l&#039;expérience collective pour permettre d&#039;ajuster les rythme individuel et de peaufiner les textes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
2. De la recherche documentaire et bibliographique &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Afin de mieux comprendre les positions des différents acteurs dans les domaines que nous avons étudiés, il a été nécessaire de se plonger dans différentes revues professionnelles ou sociales. La plupart d&#039;entre elles étant gardées en version papier dans différents lieux d&#039;archives ou bibliothèques, nous nous sommes rendues dans les bibliothèques universitaires de plusieurs facultés (psychologie et sciences de l&#039;éducation, lettres, médecine,...) afin d&#039;avoir accès aux articles de l&#039;époque. La plupart de ces thématiques n&#039;étant pas directement liées à nos propres études, il nous a fallu, dans un premier temps, saisir tout un lexique, une pensée, un domaine parfois méconnus, voire inconnus. Dans un deuxième temps, il a fallu comprendre comment ce qui avait été lu pouvait s&#039;inscrire dans cette période entre 1960 et 1980, quelles étaient les sources d&#039;inspirations et les revendications de cette époque particulière.Nous avons également fait appel à des ouvrages, des livres que nous avons trouvé en bibliothèque afin d&#039;étayer notre recherche.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
3. De la recherche en archives &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous sommes allées deux matins aux Archives Contestataires, afin de faire de la recherche sur le fond Riesen/Schuler. Ce fut très intéressant de toucher des documents manuscrits, de vieux journaux, et de la documentation provenant des médecins. Ce fut pour nous toutes une découverte intéressante de faire de la recherche d&#039;une autre manière. Aussi, cela nous a permis de mieux comprendre notre objet d&#039;étude dans le cadre genevois et ains de pouvoir préparer les différentes questions que nous allions posées à Alain Riesen lors de notre entretien.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
4. La constitution d&#039;une archive orale &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
N&#039;ayant trouvé que peu d&#039;archives écrites sur le mouvement de contestation de la psychiatrie à Genève entre 1960 et 1980, nous avons eu la chance de pouvoir interviewer Monsieur Alain Riesen, ergothérapeute et co-fondateur d&#039;Arcade 84. En relation avec les thématiques propres à chacune selon les revues consultées ou les ouvrages lus, nous avons pu l&#039;interroger d&#039;abord sur sa position de professionnel de la psychiatrie et son statut de militant. Dans un deuxième temps, nous lui avons demandé qu&#039;elles étaient ses lectures de références, sa conception de la maladie mentale, et sa vision du partenariat avec les familles des malades. Finalement, nous l&#039;avons interrogé sur les apports de toutes ces années de militantisme, notamment au sein de l&#039;ADUPSY et du réseau alternatif à la psychiatrie.([[Plan de recherche 2012|Questions]]). Cet entretien nous a tout d&#039;abord permis de mieux comprendre ce qui s&#039;était réellement passé à Genève durant la période étudiée, et surtout d&#039;avoir des éléments précis et concrêt de cette période de désinstitutionnalisation. C&#039;est ainsi que nous avons pu compléter notre article en regard des propos de Monsieur Riesen.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Panorama historique général  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Des prisons à l&#039;asile pour les personnes atteintes d&#039;affections mentales&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Jusqu&#039;à la fin du XVIIIe siècle, les hôpitaux psychiatriques internaient une population bien différente de celle accueillie au XXe siècle. [[Bibliographie|Cléopâtre Montandon&amp;amp;nbsp;(1978)]]&amp;amp;nbsp; nous dévoile que les populations désignées comme relevant de l&#039;univers psychiatrique étaient très fortement liées à l&#039;univers carcéral. Effectivement, jusqu&#039;au XVIIIe siècle, les criminels étaient considérés comme &amp;quot;fous&amp;quot; ou &amp;quot;aliénés&amp;quot; et se voyaient enfermés, voire même enchaînés dans des &amp;quot;maisons de discipline&amp;quot; ou dans des &amp;quot;hôpitaux pour fous&amp;quot;. A cette époque, seule la justice décidait du lieu d&#039;incarcération des individus criminels. Peu à peu, des distinctions se sont faites pour montrer que certains criminels aliénés relevaient davantage de la psychiatrie, et se définissaient essentiellement par une responsabilité restreinte et une santé mentale défaillante. Ce sont alors ces personnes, désignées comme ne pouvant accomplir leur rôle social, que les hôpitaux psychiatriques ont admis dans leurs locaux. Pour décider et justifier ces internements, la justice ne pouvait agir seule. C&#039;est à partir de 1838 qu&#039;une loi voit le jour à Genève concernant l&#039;internement des &amp;quot;aliénés&amp;quot;: loi sur le placement et la surveillance des aliénés (5 février 1838). On parlera dès lors de &#039;&#039;placement&#039;&#039; des aliénés, et non plus de l&#039;enfermement ou de l&#039;internement de ces derniers.&amp;lt;br&amp;gt; &amp;quot;Ce n&#039;est qu&#039;à partir de 1936 que l&#039;autorisation d&#039;un internement est délivré sur vue d&#039;un certificat médical par le Département de la prévoyance sociale et de la santé publique&amp;quot;. Ainsi, on voit combien la société évolue en définissant clairement et sur preuves médicales qui peut être &#039;&#039;placé&#039;&#039; en hôpital psychiatrique. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On peut également noter que les préoccupations principales de la période du XVIIIe au début du XXe siècle se restreignaient principalement à la sécurité, et de fait au &#039;&#039;placement&#039;&#039; de ces personnes. Où pouvait-on mettre physiquement ces personnes différentes pour qu&#039;elles ne nuisent pas à la société? Que pouvait-on faire d&#039;elles? Qui pouvait s&#039;en occuper? Que faire avec ces personnes? On observe dès lors que, pendant plusieurs siècles, ces personnes étaient enfermées, considérées comme étant dénuées de tous sens, de toute sensibilité, et par conséquent ne recevaient aucune éducation. Il faudra alors attendre la fin du XIXe siècle pour entrevoir une forme d&#039;éducation de ces personnes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans son article, &amp;quot;[[Bibliographie|La naissance de l&#039;institutions pour aliénés]]&amp;quot; à Genève au 19e siècle, Alain Riesen montre que la problématique de l&#039;internement est grandissante et que &amp;quot;l&#039;inhumanité de l&#039;enfermement&amp;quot; (Riesen, 1981) est au coeur des préoccupations. Il relate également une nouvelle conception du milieu asilaire&amp;amp;nbsp;: &amp;quot;la possibilité d&#039;améliorer l&#039;état des aliénés, ou même les guérir, si de bonnes conditions sont réunies&amp;quot;. En d&#039;autres termes, il s&#039;agirait de pouvoir administrer un traitement aux malades de manière à guérir, à soigner leur folie; à l&#039;époque nommé &#039;&#039;traitement de la folie. &#039;&#039;Plusieurs types de traitements font alors leur apparition et notamment l&#039;isolement. Il s&#039;agissait d&#039;éloigner le malade des conditions de vie qui l&#039;ont rendu &#039;&#039;fou&#039;&#039; &amp;quot;afin de le soustraire à leur influence&amp;quot;. La médication fut également un des traitements de la folie.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette nouvelle manière de penser l&#039;internement étant accomplie, plusieurs dérives ont vu le jour, et notamment les placements abusifs effectués par le Département de Justice et Police. En 1895, la Loi de 1838 est revue de manière à éclaircir la procédure d&#039;admission des aliénés.&amp;amp;nbsp;&amp;quot;Même si la loi de 1838 ne rend pas obligatoire l&#039;avis médical pour procéder au placement, dans la pratique, le médecin se fondant sur une &#039;&#039;science&#039;&#039; de l&#039;aliénisme en plein développment, va jouer un rôle de plus en plus important dans le placement et la sortie des aliénés&amp;quot; ([[Bibliographie|ADUPSY]]). L&#039;avis médical devient dès lors requis pour tout placement. Enfin, la réforme de 1936 met en évidence la nécessité et l&#039;exigence d&#039;un certificat médical pour être placé. Quiconque ne peut pas être déféni comme &amp;quot;fou&amp;quot; ou &amp;quot;aliéné&amp;quot; sans avis médical suivant des règles précises.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;L&#039;éducation...&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au début du XXe siècle, Binet et Simon (1907)&amp;amp;nbsp; &#039;&#039;donnent une nouvelle forme cognitive de l&#039;éducation spéciale qui perdurera au moins jusqu&#039;au années 1960&#039;&#039; ([[Bibliographie|Chauvière et Plaisance, 2003, p. 32]]).&amp;amp;nbsp; A cette époque, on distinguait les arriérés d&#039;asiles, non éducables et à laisser entre les mains des médecins, des arriérés d&#039;école. Ainsi, des institutions apparaissent entre l&#039;hôpital et la classe ordinaire: les classes spéciales (ou classes de développement) et les instituts médico-pédagogiques. Dans ces nouveaux lieux, la pédagogie était &#039;&#039;inspirée par l&#039;atelier, c&#039;est-à-dire guidée par la mise en oeuvre de travaux manuels et d&#039;exercices pratiques &#039;&#039;([[Bibliographie|Chauvière et Plaisance, 2003, p. 33]]). A Genève, c&#039;est le médecin et psychologue Edouard Claparède qui sera appelé pour réorganiser les classes spéciales sur un mode scientifique, c&#039;est-à-dire en tenant compte du diagnostic effectué sur l&#039;enfant et du pronostic d&#039;éducabilité. [[Bibliographie|Ruchat]] &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En grande-Bretagne, dans les années 1920, A.S Neill, puis dans les années 1960, David Cooper ont mis en place de nouveaux lieux pour exercer une forme innovante de psychiatrie et d&#039;éducation, remise en question de l&#039;internement psychiatrique des malades mentaux. C&#039;est en effet à travers des expériences comme [[Résumé de l&#039;ouvrage Libres enfants de Summerhill|Libres enfants de Summerhill]] de [[Bibliographie|Neill]] en 1921 ou Pavillon 21 menée par [[Bibliographie|Cooper]] en 1962 que l&#039;anti-psychiatrie semble voir le jour. Effectivement, plusieurs principes régissent ce nouveau type de lieu à savoir la liberté des individus, le self-governement, les apprentissages facultatifs... en ayant pour hypothèses que le mal-être et la maladie mentale de ces individus sont en partie dû aux contraintes du monde dans lequel ils évoluent et apprennent. Dès lors, il convient de créer des institutions, des lieux éloignés de toute coercition et de toute autorité. Notons également que Maud Mannoni, dans la préface de l&#039;ouvrage Libres enfants de Summerhill, relate que Neil faisait partie de &amp;quot;la lignée anarchisante qui donna naissance à l&#039;antipsychiatrie&amp;quot; ([[Bibliographie|Mannoni, dans Neill, 1979, p. 9]]).&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais on constate aussi, en France, que la période 1945-1960 est également bouleversée et traversée par de nouveaux modèles éducatifs avec la naissance de lieu de vie où l&#039;enfant inadapté est accueilli, non pas à travers sa maladie ou sa différence, mais plus à travers le fait qu&#039;il est un enfant et qu&#039;il doit être éduqué. Jean Lagarde, fondateur de l&#039;association de la sauvegarde des enfants invalides dans la période après guerre, souhaitait effectivement faire &amp;quot;l&#039;expérience d&#039;éducation toujours dans un creuset communautaire&amp;quot; ([[Bibliographie|Capul, 2002, p.141]]). Lagarde avait pour objectif de créer un lieu où les soins médicaux puissent être administrés aux enfants qui en nécessitaient, tout en leur proposant un accueil éducatif. Nous pourrions plutôt dire qu&#039;il désirait créer une école, un lieu de vie où un suivi médical était envisageable. Il s&#039;agissait en effet d&#039;éloigner l&#039;enfant du lieu médical pour qu&#039;il devienne élève et que, de fait, il puisse apprendre. Dans cette optique, équipe pédagogique et équipe médical devaient collaborer étroitement. Cette expérience est à nouveau le témoin d&#039;une nouvelle forme d&#039;hospitalisation. Il est possible de faire le lien entre cette expérience et l&#039;approche de Maud Mannoni en 1969, avec la création de l&#039;Ecole expérimentale de Bonneuil-sur-Marne où il s&#039;agissait également de séparer les lieux d&#039;analyse et les lieux de vie (lieux pédagogiques).&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Et en Suisse?&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En se fondant sur des principes similaires à ceux de Neil et de Cooper, dès les années 1960,&amp;amp;nbsp; de nombreuses institutions privées pour enfants handicapés ou en difficultés se développent en Suisse, majoritairement sous l&#039;impulsion d&#039;associations de parents. Ces derniers ont été amenés à &#039;&#039;créer et à gérer des institutions de type médico-éducatif&#039;&#039; &#039;&#039;pour éviter à leurs enfants d&#039;être relégués dans des services d&#039;hôpitaux psychiatriques ou d&#039;être seulement en survie à leur domicile&#039;&#039; (Chauvière er Plaisance, 2003, p.35). Aujourd&#039;hui, les institutions, à Genève, semblent toujours être un peu sur le même modèle, celui de &amp;quot;l&#039;alliance&amp;quot; entre le médical et le pédagogique (qui regroupe aussi l&#039;aspect éducatif). Si on ne cherche peut-être plus à éviter aux élèves la reléguation en psychiatrie, on les place dans des lieux parfois hors de tout cursus ordinaire et loin de la norme. Ce qui questionne enfin sur qu&#039;est-ce que la normalisation? Et où mettre la limite à une vie comme tout le monde avec un handicap: la liberté (permissivité, autonomie) des années 1970 a-t-elle fait l&#039;impasse sur la souffrance des individus face aux exigences thérapeutiques et pédagogiques? La communauté d&#039;enfants (pédagogique, institutionnelle, thérapeutique) est-elle un modèle &amp;quot;utile&amp;quot; en temps de crise des institutions: peu coûteux, demandant un engagement au quotidien (vie quotidienne) du collectif pédagogique et thérapeutique (donc assurant un &amp;quot;contrôle social&amp;quot; maximal.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Ce qu&#039;en dit Riesen...&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour ce chapitre, nous avons interrogé Alain Riesen au sujet de la question des communautés thérapeutiques, afin de voir si celles-ci ont influencé ou non le processus de désinstitutionnalisation et antipsychiatrique des années 1960 à 1980. Tout d&#039;abord, Riesen met en évidence dans ses propos qu&#039;il est important de créer un parallèle entre le passé et le présent de manière à situer le contexte historique et politique, mais surtout de manière à voir sur quoi reposent nos agissements. Ainsi, selon Riesen, la naissance de ces communautés thérapeutiques comme détaillée précédemment dans ce chapitre, est un pas de l&#039;histoire de la désinstitutionnalisation. Effectivement, ces communautés thérapeutiques se développent comme une alternative à l&#039;hospitalisation traditionnelle dans un contexte qui remet en question les rapports de pouvoir dans l&#039;institution, mais également au niveau de l&#039;éducation, de la santé ou encore des rapports entre hommes et femmes.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Toutefois, Riesen pointe le fait que ces communautés thérapeutiques prônant à l&#039;époque leur volonté de travailler dans la relation à l&#039;autre en utilisant les moyens les moins cohercitifs possibles pour entre en relation, soigner et atténuer la souffrance psychique des patients, ne se sont pas développées sur le long terme. En effet, cette alternative à l&#039;hospitalisation est vécue par certains comme plus dure et comme provoquant plus de souffrance en raison de la non médicalisation qu&#039;elle préconise. De plus, cette approche thérapeutique est très coûteuse en personnel soignant qualifié et ne pourra donc être soutenue par l&#039;état. Bien que cette cette tentative ne soit pas celle qui est perdurée, Riesen relève le fait qu&#039;elle est tout de même eu son importance dans l&#039;histoire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Prémisses à l&#039;anti-psychiatrie==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les années 60, Michel Foucault a tenté d&#039;amorcer &amp;quot;un dialogue entre la psychiatrie et ses sujets&amp;quot; ([[Bibliographie|Rose, 2006, p.113]]) et dès 1971 avec la sortie de son ouvrage sur les prisons, c&#039;est à la critique de l&#039;univers carcéral et des rapports de pouvoir qu&#039;il s&#039;attelle (Surveiller et punir, 1971). Ces critiques, plus tard regroupées sous le nom d&#039;antipsychiatrie, visaient à remettre en question &amp;quot;la manière dont le pouvoir du médecin était impliqué dans la vérité de ce qu&#039;il disait et, inversement, la manière dont celle-ci pouvait être fabriquée et compromise par son pouvoir ([[Bibliographie|Rose, 2006, p.120-121]]). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En Italie, Franco Basaglia, qui s’est appuyé entre autres sur les modèles de l’anti-psychiatrie anglaise et française pour mener sa lutte ([[Bibliographie|Cooper, Lang, Foucault, Caxtel]]), s&#039;en est pris aux conditions de vie moyenâgeuses réservées aux malades mentaux. En quelques années, il démantèle l’asile et expérimente les premiers éléments de sa conception territoriale (et non plus institutionnelle) de la folie&amp;amp;nbsp;: le malade est soigné dans son milieu social&amp;amp;nbsp;» (TVB 10 octobre 80).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;institution comme lieu d&#039;exclusion est mise à mal par une volonté de certains de supprimer ces lieux de contrainte, pour une vie libre dans la Cité (sectorisation) ou dans des communautés thérapeutiques (de préférence à la campagne) partant du présupposé que les conditions de vie des personnes sont déterminantes dans leur état de santé (avant même tout diagnostic). Par ailleurs, dans ces années-là, la vie quotidienne devient un objet d&#039;étude (la sociologie de la vie quotidienne), terreau de multiples expériences pédagogiques et thérapeutiques. Le slogan &amp;quot;La liberté est thérapeutique&amp;quot; s&#039;allie à une critique de la contrainte médicamenteuse et des pratiques de contention psychiatrique: elle donne ainsi une place à de nouvelles formes d&#039;&amp;quot;éducation spéciale&amp;quot;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Symptôme de ce changement le terme d&#039;&amp;quot;usagers&amp;quot; vient reléguer celui de &amp;quot;patients&amp;quot; donnant un nouveau statut aux personnes, écorchant ainsi le sacro saint pouvoir des médecins et des directions des institutions.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La fonction du médicament dans l&#039;approche anti-psychiatrique  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;apparition de la médication au début des années 1960 permet d&#039;éviter l&#039;internement. Elle soutient fortement le changement qui s’opère dans les pratiques et donne l&#039;impression de pouvoir faire quelque chose. Elle fait transparaître un espoir aussi bien pour les praticiens que pour les patients puisque grâce à l&#039;administration de médicaments, il y a une diminution des hospitalisations, une augmentation des prises en charge ambulatoires et une augmentation des consultations. L&#039;avancée de la médecine et l’essor de la psychopharmacologie permettent alors de développer de nouvelles perspectives thérapeutiques et de nouveaux défis comme le soutien au patient et à sa famille, et la mise en place de nouvelles structures. Il s&#039;agit ainsi de &amp;quot;jeter un pont entre l&#039;hôpital et la ville&amp;quot; (CMS, 1963, 7ème année, n°2 &amp;quot;L’assistance psychiatrique&amp;quot;). Les personnes dites &amp;quot;folles&amp;quot; ne sont plus à enfermer, mais des personnes souffrant de troubles mentaux qu&#039;il faut soutenir dans leur autonomie et contenir dans leur pathologie (Kovess-Masféty, Boisson, Godot &amp;amp;amp; Sauneron, 2010). Cependant, les connaissances récentes sur les effets de la médication et les abus sur son utilisation sont également soulevés. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;anti-psychiatrie se veut aussi anti-thérapeutique, ce qui lui est vivement reproché par les anti anti-psychiatres. Selon ces derniers, les anti-psychiatres considèrent que &amp;quot;les traitements sont à proscrire&amp;quot; ([[Bibliographie|Maurel, 1972]], p. 79). &amp;quot;Traiter, écrit Cooper, c&#039;est être intéressé à rendre le patient plus acceptable pour les autres...et lui faire manifester de moindre façon sa détresse&amp;quot; ([[Bibliographie|Maurel, 1972]], p. 79). Les anti anti-psychiatres militent ainsi pour une guérison grâce à des médicaments &#039;&#039;efficaces&#039;&#039; (au sens médical), selon des avis rapportés par les patients eux-mêmes. Selon les psychiatres opposés au courant anti-psychiatrique, ce-dernier vise &amp;quot;sans toujours l&#039;avouer à &amp;quot;soigner&amp;quot; clandestinement les &amp;quot;malades&amp;quot;&amp;quot; (Maurel, 1972, p.80), ce qui est selon Maurel et ses collègues, une contradiction.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Psychiatrie et anti-psychiatrie  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le mouvement d&#039;anti-psychiatrie&amp;amp;nbsp; &amp;quot;s&#039;oppose d&#039;abord et avant tout à une forme de monopole du savoir médical&amp;quot; ([[Bibliographie|Mannoni, 1970]], p. 9). Il dénonce l&#039;autorité morale et policière&amp;amp;nbsp; du psychiatre. Toutefois, psychiatres et partisants de l&#039;anti-psychiatrie s&#039;accorde sur le fait que &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;la société place le psychiatre dans une position ambiguë&amp;amp;nbsp;: il est au service d&#039;un patient dont il a à défendre les droits mais il se trouve également placé en position d&#039;auxiliaire de la police dans un programme d&#039;internement qui est un processus d&#039;obligation de soins&#039;&#039; (Mannoni, 1970, p. 168). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les réponses apportées par les uns et par les autres pour essayer de lever cette ambiguité sont toutefois différentes. Si l&#039;anti-psychiatrie cherche plutôt à démystifier &amp;quot;le rôle que la société fait jouer à la psychiatrie&amp;quot; (Mannoni, 1970, p.168), à créer des lieux où la maladie mentale pourrait être réintérrogée (allant même jusqu&#039;à nier la notion de maladie mentale) et à s&#039;éloigner des conceptions scientistes, certains psychiatres cherchent à remettre sur le devant de la scène un discours scientifique. &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;---Quand l&#039;antipsychiatrie est critique radicale de l&#039;institution, je suis antipsychiatre; mais quand elle se réfugie dans la négation de la maladie mentale, je suis contre&#039;&#039;--- ([[Bibliographie|Sztulman, 1972]], p.107).&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les archives de la revue &amp;quot;&#039;&#039;L&#039; Évolution psychiatrique&#039;&#039;&amp;quot;, les psychiatres non antipsychiatres se sont attelés, au début des années 70, à défendre leur point de vue scientifique et médical. Face au mouvement de protestation, ils ont écrits plusieurs articles afin de réhabiliter la psychiatrie et montrer les incohérences du mouvement antipsychiatrique, non seulement dans ce qu&#039;il dénonce, mais également dans les solutions qu&#039;il propose. S&#039;ils reconnaissent un certain succès à l&#039;antipsychiatrie &amp;quot;dans sa position de refus et de provocation&amp;quot; ([[Bibliographie|Barte, 1972]], p. 46), les solutions qu&#039;elle propose ne les satisfont guère. Pour certains membres de ce corps médical, la maladie mentale doit être reconnue comme &#039;&#039;phénomène nature&#039;&#039;l ([[Bibliographie|Ey, 1972]], p. 53). &amp;quot;En faisant volatiliser dans le néan l&#039;objet même de la psychiatrie qu&#039;est le malade mental, l&#039;antipsychiatrie nie la souffrance humaine, nie le drame authentiquement humain que vit chaque malade mental (Barte, 1972, p. 46). Pour défendre ces patients malades, &amp;quot;fous&amp;quot;, pour les réhabiliter, il est nécessaire de &amp;quot;passer par la reconnaissance même de la psychiatrie, science critique et autonome et qui ne peut se fonder que sur la notion de maladie mentale conçue ni comme simple maladie des organes, ni comme simple maladie psychique&amp;quot; (Barte, 1972, p.47). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le malaise asilaire est reconnu par les non antipsychiatres et les antipsychiatres. Il importe de traiter l&#039;institution en même termps que ses pensionnaires. Cependant, les non antipsychiatres récusent la responsabilité de l&#039;hôpital psychiatrique dans la création de la folie, &amp;quot;même s&#039;il concourt parfois à statufier certaines présentations cliniques&amp;quot;. (Sztulman, 1972, p. 106). Face aux critiques sur l&#039;hôpital, notamment face à certains qui, comme Basaglia, refusaient l&#039;idée de traitement de malades et de médecins, les non antipsychiatres dénoncent la destruction de l&#039;hôpital au profit d&#039;assemblées générales peu organisées. Sztulman (1972) pose la question&amp;amp;nbsp;: &amp;quot;A quoi ça sert&amp;amp;nbsp;? A quoi ça sert d&#039;être psychiatre là, ou femme de service,&amp;amp;nbsp; ou ergothérapeute puisque de tout façon chacun est dépouillé de son statut, et que les rôles sont&amp;amp;nbsp; inventer en permanence&amp;amp;nbsp;?&amp;quot; (p.102). Pour ces médecins, la négation de l&#039;inconscient et celle de la maladie mentale dans le mouvement antipsychiatrique amène des &#039;&#039;attitudes thérapeutiques particulièrement incohérentes &#039;&#039;(Sztulman, 1972, p. 101). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La question de l&#039;attribution de la maladie mentale à un fait organique ou plutôt à un fait culturel était alors au coeur de la bataille entre antipsychiatres et non antipsychiatres. Lors de l&#039;entretien mené avec Monsieur Alain Riesen, ce dernier nous a expliqué que cette question est toujours d&#039;actualité et qu&#039;il n&#039;y a pas, aujourd&#039;hui encore, de définition claire de la part de la communauté scientifique (voir [[La santé mentale aujourd&#039;hui]]). Dans les années 1970, les non antipsychiatres critiquaient l&#039;erreur de l&#039;antipsychiatrie dans sa croyance &amp;quot;&#039;&#039;en un principe de causalité univoque et direct de la psychose&amp;quot;&amp;amp;nbsp;&#039;&#039;(Sztulman, 1972, p.105). Dans le même article, Sztulamn déclare encore: &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&amp;quot;&#039;&#039;il est dogmatique et naïf de dire que la folie se développe en dehors de toute culture. Il est dogmatique et naïf de dire qu&#039;elle se limite à un fait culturel. De tout évidence, il n&#039;y a pas un modèle qu&#039;il soit organo, psycho ou socio-génétique de la maladie mentale, mais pluridéterminisme à pondération variable suivant les cas&#039;&#039;&amp;quot; (p. 105). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Monsieur Alain Riesen a bien décrit cette vision de &#039;&#039;pluridéterminisme&#039;&#039;. Il nous a expliqué que la conception de la maladie mentale comme unique produit d&#039;un système qui disfonctionne semble devoir se ranger derrière un système bio-psycho-social qui rencontre actuellement le plus de soutient de la part des professionnels du domaine psychiatrique. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un peu plus tard, en 1974, L&#039;évolution psychiatrique a consacré à nouveau un numéro à l&#039;antipsychiatrie. Le vent de révolte de la part des non antipsychiatres semble s&#039;être calmé, comme s&#039;ils avaient été entendus et reconnus, comme s&#039;ils avaient &amp;quot;résisté à l&#039;agression psychiatricide de l&#039;antipsychiatrie&amp;quot; ([[Bibliographie|Sztulman, 1974]], p.129). Les mêmes auteurs qu&#039;en 1972 relèvent toujours l&#039;importance de l&#039;antipsychiatrie dans une démarche de contestation et d&#039;identification des difficultés de l&#039;institution psychiatrique. &amp;quot;L&#039;antipsychiatrie nous aide quand elle montre comme s&#039;est organisé le refus, la ségrégation de la maladie mentale et quand elle rappelle que chacun, dans la santé mentale et dans la folie, est la victime d&#039;une répression collective&amp;quot; (Sztulman, 1974, p. 129). Toutefois, ces mêmes psychiatres rapellent leur opposition à l&#039;étiologie de la maladie mentale revendiquée par les antipsychiatres. Ces années de remise en question et de refonte de la l&#039;insitution psychiatrique ont facilité un réel rétablissement de l&#039;institution de la psychothérapie, puis de la psychothérapie de l&#039;institution. En quise de plaidoyer Pro-Psychiatrie, voici ce que dit Minkowiski, cité par Sztulman (1974, p. 132) et qui résume la vision de non antipsychiatre de ce que devrait être leur profession:&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;Quelque part entre le fantasme de la faute et l&#039;illusion de la toute-puissance se trouve le chemin malaisé d&#039;une psychiatrie nouvelle, à réinventer tous les jours où le psychiatre refuse à la fois la facilité de n&#039;être qu&#039;un instrument passif, indifférent et anenchéphalique de la conservation de l&#039;ordre social et le plaisir narcissique de se situer au-delà d&#039;une réalité clinique ignorée, niée et finalement forclose, parce que angoissante. &#039;&#039;&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La désinstitutionalisation  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon des sources internet, le mouvement de désinstitutionalisation semble avoir débuté vers 1960 (même s’il semble qu’il y ait eu un prélude à la désinstitutionnalisation au début du 19e siècle (L’Institut universitaire en santé mentale de Québec par exemple - La désinstitutionnalisation, http://caringminds.ca/index.php?option=com_content&amp;amp;amp;view=article&amp;amp;amp;id=62&amp;amp;amp;Itemid=43&amp;amp;amp;lang=fr&amp;amp;amp;limitstart=7). Certains observent le début de ce mouvement en Scandinavie, d’autres au Québec. Dans tous les cas, il s’agit d’un mouvement d&#039;ouverture vers la communauté, d’une volonté de «normalisation»[[Normalisation]] &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le mouvement de désinstitutionnalisation s&#039;appuie avant tout sur une philosophie qui met l&#039;accent sur les droits et les libertés des individus, et elle vise à humaniser les soins de santé mentale. ([http://agora-2.org/thematiques/inaptitude.nsf/Dossiers/Desinstitutionnalisation Encyclopédie de l’Agora]). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;horreur suscitée par les politiques nazies du meurtre eugénique des malades psychiatriques et les camps de concentration pendant la Seconde guerre mondiale, ont attirer l’attention sur les pratiques «&amp;amp;nbsp;déshumanisantes&amp;amp;nbsp;» dans les soins psychiatriques en santé mentale, (séquestration, mauvais traitements en tout genre, manque de formation des professionnels). (Voir [http://id.erudit.org/iderudit/032417ar Martin, 1984 et Claire Henderson et Graham Thornicroft], Santé mentale au Québec, vol. 22, n° 2, 1997, p. 88-114. ) Les années d’après-guerre ont vu un accroissement de l’intérêt porté à l’institution comme objet d’étude. Certains auteurs parlent de l’institution comme étant «&amp;amp;nbsp;névrosante&amp;amp;nbsp;», «&amp;amp;nbsp;façonnant et codifiant les gens dans le rôle de patient psychiatrique&amp;amp;nbsp;» (Goffman (1961). On observe dans les années 60 une disparition du personnel religieux des hôpitaux. Naît alors une nouvelle conception de l’individu, une évolution des attitudes envers le malade&amp;amp;nbsp;; on veut le sortir des murs de l’asile psychiatrique. On commence à parler, à cette époque, du «&amp;amp;nbsp;droit de la personne&amp;amp;nbsp;». Des idéaux humanitaires amènent alors à une nouvelle vision de la maladie mentale. Il semble que ce mouvement de désinstitutionnalisation soit également lié à l’apparition des pratiques de pharmacopée. Effectivement, «&amp;amp;nbsp;Ces nouveaux médicaments permettaient de calmer les malades agités, délirants, hallucinés et ainsi permettre d&#039;envisager et de généraliser des traitements psychiques dans des conditions plus réalistes ou encore, lorsque c&#039;était possible, d&#039;envisager un retour au domicile ou dans des structures intermédiaires&amp;amp;nbsp;».([http://fr.wikipedia.org/wiki/Psychiatrie déf. du mot «&amp;amp;nbsp;psychiatrie&amp;amp;nbsp;»]). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On a le désir de «normaliser&amp;amp;nbsp;» leurs conditions de vie. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les années 60, si la personne «&amp;amp;nbsp;déficiente intellectuellement&amp;amp;nbsp;» est encore considérée comme un «&amp;amp;nbsp;malade&amp;amp;nbsp;», le malade mental ne l&#039;est plus, mais davantage comme un sujet pouvant être aidé et guéri. On met en avant le fait que la maladie mentale ne nécessite pas nécessairement une hospitalisation, et qu’elle doit être considérée comme une quelconque maladie. On externalise, on invente la psychiatrie de secteurs, on commence à intégrer des services pour les malades mentaux dans des hôpitaux ou cliniques. On évite ainsi la stigmatisation des malades mentaux placés pour de longues périodes en asile psychiatrique, et on leur évite la perte de leurs facultés leur permettant de se réintégrer dans la société. On redonne alors un rôle à la communauté, tout en accordant des responsabilités aux familles. La patient devient alors le coeur de l&#039;intérêt des praticiens. ([http://www.promentesana.org/upload/application/trimes_43.pdf in Lettre trimestrielle de l’association romande Pro Mente Sana])&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La désinstitutionalisation a permis aux personnes présentant des troubles psychiatriques de sortir de ce milieu assimilé pendant de nombreuses années, au milieu carcéral. Mais une fois &amp;quot;libérées&amp;quot; où vont ces personnes? A ce sujet,&amp;amp;nbsp; [[Bibliographie|N. Carpentier (2001)]] affirme dans son article que 60 à 70&amp;amp;nbsp;% des patients retournent dans leur famille après l’hospitalisation. Mais plusieurs auteurs ont démontré que l&#039;arrivée d&#039;un malade dans une famille, avait de lourde conséquence sur celle-ci. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Avant d’en venir aux conséquences, il semble nécessaire de revenir sur la représentation qu&#039;ont les professionnels des familles des patients. Pour cela, il est intéressant de revenir sur l&#039;évolution de leur vision. En d&#039;autres termes, comment la famille, alors qu&#039;elle était considérée comme coupable de la maladie de l&#039;un de ses membre, est devenue un partenaire idéal?&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au début du XXème siècle, celle-ci était considérée comme étant la cause, l&#039;origine de la maladie de l&#039;enfant. Les professionnels affirmaient que la maladie mentale était un problème génétique, héritée de plusieurs générations antérieures. Ensuite, les années cinquante ont apporté un premier renversement dans cette représentation. En effet, la famille était perçue comme étant un «&amp;amp;nbsp;système réagissant aux troubles mentaux de l’un de ses membres, plutôt qu’en tant que système causant des désordres psychiques&amp;amp;nbsp;» ([[Bibliographie|Carpentier, 2001, p.84]]). Ce changement de perspective est en lien avec l’arrivée d’une politique qui favorise les hospitalisations de courte durée. En d’autres termes, les familles commencent à être perçues comme une solution aux changements politiques. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les années 60, la psychiatrie adopte une vision centrée sur la communauté. Ce changement va être très favorable pour les familles, puisqu’il permet à ces dernières de se déresponsabiliser des troubles mentaux. Ainsi, toujours selon Carpentier, à cette époque «&amp;amp;nbsp;les désordres psychiques [doivent être étudiés] sous l’angle de l’isolement social, des désavantages sociaux, puis selon la présence de stresseurs sociaux et économique&amp;amp;nbsp;»( p.89) .&amp;lt;br&amp;gt;Ainsi, au fur et à mesure que le mouvement de désinstitutionalisation est mis en place, les politiciens et les professionnels considèrent la famille comme étant une solution au problème. En effet, cette dernière est perçue comme «&amp;amp;nbsp;une source privilégiée de soutien émotionnel et social ainsi que comme place de choix pour relocaliser le patient psychiatrique.&amp;amp;nbsp;» ([[Bibliographie|Carpentier, 2001, p.91]]. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Du côté des familles, il semblerait selon  [[Bibliographie|R. Therrien (1990)]] que sur le plan économique et émotionnel, la désinstitutionnalisation leur demande beaucoup, en particulier aux femmes. En effet, toujours selon R.Therrien, avoir quelqu&#039;un ayant des problèmes mentaux à la maison provoque beaucoup de stress. Chez certains, un malade peut devenir un véritable &amp;quot;fardeau&amp;quot;, puisque celui-ci impose beaucoup de contraintes. Effectivement, avoir une personne malade à la maison peut engendrer des conséquences telles que la réduction des loisirs habituels, les sorties avec les amis, par peur d&#039;être jugé, ou encore d&#039;avoir des problèmes avec les voisins, car les comportement de la personne dérange. Tous ces problèmes ont un impacte très fort sur la famille d&#039;autant plus qu&#039;elle n&#039;est pas aidée, ni reconnue pour tout ce qu&#039;elle fait pour la personne malade. &amp;amp;nbsp; &amp;lt;br&amp;gt; A propos de la lourde responsabilité des parents, on peut se demander si les familles ne finiraient pas elles aussi à un moment donné par tomber malade. A ce sujet,  le témoignage d&#039;[[Bibliographie|Alain Riesen]] souligne que lorsqu&#039;une famille prend en charge un de ses membres malade, il ne faut pas qu&#039;elle reste seule, mais qu&#039;elle en parle, partage ce qu&#039;elle vivait au quotidien. C&#039;est donc, pour ces raisons-là que des thérapies familiales ont vu le jours.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La communauté: un modèle alternatif à l&#039;institution fermée  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La communauté comme mode de prise en charge a, dans le champ de l&#039;éducation spéciale et spécialisée, sa propre histoire. Relevant d&#039;une approche démocratique et souvent pacifiste, la communauté est une forme de gouvernement par les personnes elles-mêmes (y compris les enfants). La notion de self-government a été développé dans le cadre de l&#039;éducation nouvelle pour définir de telles pratiques dès la fin du XIXe siècle. Lors de la seconde guerre mondiale des communautés d&#039;enfants victimes de la guerre ont vu le jour partout en Europe. Se référent à des modèles antérieurs comme les écoles nouvelles à la campagne de l&#039;éducation nouvelle (et donc du self-government) , de la république d&#039;enfants, de la cité des enfants, leurs fondateurs ont contribué au relèvement de l&#039;éducation en Europe par un modèle visant la participation des enfants à la gestion de la communauté et leur autonomie. Souvent, transformé dès les années 1950 en foyer pour enfants (malheureux, difficiles voire délinquants), le modèle des communautés d&#039;enfants semble être circonscrit à une période temporelle courte et particulièrement difficile sur le plan économique. On peut donc se demander si ce type de modèle ne serait pas &amp;quot;choisi&amp;quot; particulièrement en temps de crise et de manque de ressources financières donnant ainsi plus de pouvoir aux &amp;quot;usagers&amp;quot; permettant ainsi un moindre encadrement institutionnel. [[https://plone2.unige.ch/aref2010/search?SearchableText=communautés+d%27enfants]]. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des «&amp;amp;nbsp;communautés thérapeutiques&amp;amp;nbsp;» ont été créées en réaction aux enfermements asilaires prônés jusque-là mais qui commençaient à être pointés du doigt, car considérés comme déshumanisants. Bien que créées tout d&#039;abord pour répondre aux phénomènes de dépendances (toxicomanies, par exemple), on trouve, dès la fin des années 60, des communautés thérapeutiques en Angleterre, en France, en Suisse et au Québec, destinées au secteur de la psychiatrie. Avec la naissance de ces communautés thérapeutiques, une nouvelle approche de la psychose en-dehors des lieux de soins traditionnels s&#039;est développée (Schatzman, 1969; Barnes et Berke, 1973; Fabre, 1978; Lecomte et Tourigny, 1983a). Leur but est de créer un milieu &amp;quot;naturel&amp;quot;, en reconstituant les structures d’une «&amp;amp;nbsp;macro famille&amp;amp;nbsp;» ou d’une «&amp;amp;nbsp;mini société&amp;amp;nbsp;», plus rassurantes&amp;amp;nbsp;: on trouve par exemple la Communauté des Sablons, (Maison d&#039;enfants à caractère social et familial (76270 Saint-Saire), ou, en Suisse, le foyer de Tavel qui a vécu cinq ans (1975-1980). Dans le [http://edutechwiki.unige.ch/dewiki/R%C3%A9sum%C3%A9_film_de_Catherine_Scheuchzer film de Catherine Scheuchzer], «&amp;amp;nbsp;Dans l’aventure du non, la parole&amp;amp;nbsp;», (tourné à Boulens, dans la campagne vaudoise, dans les années 70 ), on découvre, dans un décor post soixante huitard, très simplement, dans un rythme extrêmement lent, des adultes et des enfants en interaction, «&amp;amp;nbsp;comme dans la vraie vie&amp;amp;nbsp;». Cette expérience est décrite comme «&amp;amp;nbsp;une véritable expérience d’éveil à la vie&amp;amp;nbsp;», qui «&amp;amp;nbsp;prend le contre-pied du placement en institution psychiatrique&amp;amp;nbsp;» (L’Est vaudois, 19.11.92). Plutôt que de considérer cette population d&#039;enfants, comme on le faisait en asile, comme des fous, murés dans leur silence. On veut les considérer comme des partenaires, des interlocuteurs. Le but est effectivement de les faire participer au quotidien d’une maisonnée, plutôt que de créer des ateliers protégés artificiels. De la sorte, ils sont poussés à se dépasser, à faire des expériences par eux-mêmes, sans avoir nécessairement recours au soutien d’un adulte. Il semble qu&#039;à cette époque, cette nouvelle façon de considérer les enfants autistes comme étant capables d’autonomie, capables d’agir, ait apporté un peu d’humanité dans leur prise en charge. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;enfant&amp;amp;nbsp; ainsi placé dans une communauté thérapeutique vaudoise est-il plus &amp;quot;intégré&amp;quot; que s&#039;il l&#039;était dans une institution considérée par ces acteurs alternatifs du &amp;quot;système&amp;quot; comme un ghetto? Il en va de même avec le terme désinstitutionalisation? Qu&#039;est-ce que l&#039;institution? Il y en a des &amp;quot;bonnes&amp;quot; (maternantes, enveloppantes, naturelles...) et de &amp;quot;mauvaises&amp;quot; (contraignantes, mortifères) (sur ce point les travaux de Fernand Oury puis de Jacques Pain mériteraient qu&#039;on s&#039;y attache (voir la psychothérapie institutionnelle sur le site de Jacques Pain: http://www.jacques-pain.fr).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L&#039;élan contestataire des années 70 à Genève  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En Suisse un même mouvement historique a été observé. Selon le médecin Christian Monney, on y a dénoncé les mêmes agissements qu’ailleurs&amp;amp;nbsp;: enfermement, répression, qui étaient là non pour aider le malade, mais pour protéger l’ordre public. On y mêlait, écrit-il, infirmes, orphelins, indigents et fous… (Dr Christian MONNEY, 1999, à l’occasion des 100 ans de l’Hôpital de Malévoz). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Or, dès 1965, des consultations ambulatoires sont créées et les séjours hospitaliers peuvent ainsi se raccourcir. Les moyens de contention sont contestés. Des établissements médico-éducatifs apparaissent, comme [http://www.castalie.ch/home.php?include=textes&amp;amp;lng=1&amp;amp;id=18&amp;amp;idmenu=14 la Castalie en Valais], grâce au Dr Rey-Belley, en 1972 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Genève, l&#039;élan contestataire débute lorsque Julian de Ajuriaguerra est nommé directeur de Bel-Air en 1959. A son arrivée, il décide d&#039;ouvrir des pavillons et d’introduire une nouvelle idée&amp;amp;nbsp;: «&amp;amp;nbsp;l’hospitalisation de courte durée, dans le but de remplacer, le plus vite possible, le patient dans son milieu naturel&amp;amp;nbsp;». [[Bibliographie|Archives contestataire, boite Riesen/Schuler, Réseau suisse-romand. Alternative à la psychiatrie, 1976.]] C&#039;est donc à ce moment-là que le mouvement de désinstitutionnalisation naît. En effet, on commence à critiquer les asiles et à vouloir modifier le fonctionnement de l&#039;hôpital psychiatrique. Les patients psychiatriques commencent à bénéficier des mêmes droits que les patients non-psychiatriques. De ce fait, entre les années 1963 à 1970, il se développe un système psychiatrique extra-hospitalier complet. Ensuite, pendant les années 70-80, cet élan continue avec la volonté de baser les soins sur des approches psychotérapeutiques.[[Bibliographie|Rey-Bellet, Bardet Blochet, Ferrero, 2010, p.90-95]] &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dès les années 1970, l&#039;ADUPSY (l&#039;association pour les droits des usagers de la psychiatrie) se questionne à propos du placement des malades qui garde, malgré la loi de 1936, un caractère prégnant d&#039;enfermement, et à propos de la limitation des droits des personnes que ces lois entrainent. En effet, l&#039;ADUPSY estime que les malades mentaux n&#039;ont pas le choix de leur placement (internement), cela se fait de force, et que leurs droits sont dès lors limités puisqu&#039;ils n&#039;ont pas de droit de regard sur le traitement qui leur est admistré. A cet effet, cette association relate par exemple qu&#039; &amp;quot;en 1975, la majorité des malades mentaux entrent encore à Bel-Air contre leur gré&amp;quot; ([[Bibliographie|ADUPSY, 1979, p. 7]]). Les droits de l&#039;Homme, et dans ce cas présent du malade, sont donc au coeur du débat. L&#039;association défend alors l&#039;idée que tout &#039;&#039;internement psychiatrique&#039;&#039; devrait être pensé comme une hospitalisation qui respecte les droits du malade mental en assurant sa protection et sa dignité, qui rende le patient actif dans son traitement, qu&#039;il peut d&#039;ailleurs refusé, qui n&#039;a pas comme raison la dangerosité potentielle du patient, qui rappelle au patient quels sont ses &amp;quot;droits en matière d&#039;hospitalisation et de traitement&amp;quot; (p. 13), et qui devrait &amp;quot;nécessité obligatoirement de deux certificats médicaux&amp;quot; (p. 13) de manière à justifier ce placement saur plusieurs avis de provenance différentes. Dans cette optique, on se rend compte de l&#039;évolution de la prise en charge des malades mentaux. Que ce soit au niveau des termes employés, de la procédure ou des droits des patients, l&#039;ensemble de cette prise en charge évolue. L&#039;époque semble donc propice à des changements radicaux. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En réponse à ce nouveau regard sur la question de la prise en charge des malades mentaux, la question de l&#039;éducation semble elle aussi être en mouvance durant cette période.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L&#039;anti-psychiatrie à Genève: une nouvelle politique de la prise en charge  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dès les années 70, le journal mensuel &amp;quot;Tout Va Bien&amp;quot; a consacré de nombreuses pages et numéros à la question de l&#039;anti-psychiatrie. Dès 1973, un groupe d’enquête s’est constitué pour dénoncer une certaine violence et certains abus de pouvoir au sein des asiles psychiatriques. Leur volonté était de déterritorialiser la psychiatrie. «&amp;amp;nbsp;La psychiatrie, c’est l’affaire de tout le monde&amp;amp;nbsp;». Ils voulaient faire exploser la loi du silence qui régnait dans ces lieux. Ils ont voulu dénoncer les rapports de pouvoir sévissant à l&#039;intérieur des murs psychiatriques, la soumission du malade à l’infirmier, la soumission de l’infirmier au médecin, la soumission du médecin aux pouvoirs de l’administrateur bailleur de fonds. Selon ce journal, le mouvement anti-psychiatrique serait né au début des années 60: La clinique psychiatrique de Bel Air, créée en 1900, a commencé à construire des pavillons ouverts avec l’arrivée de son nouveau directeur en 1959, Julian Ajuriaguerra. Son intention était de favoriser le retour de l’interné au plus vite dans leur milieu naturel, grâce à une hospitalisation de courte durée. A Genève, depuis 1963, le travail psychiatrique est sectorisé. On commence à organiser les soins dans des centres de consultation de quartier. Les premières tentatives alternatives apparaissent en Suisse. Des travailleurs sociaux poursuivent une critique des institutions et contribuent à la création et au fonctionnement de centres (qui se différencient des institutions récupératrices) qui ont pour but de venir en aide à toute personne en crise. Exemple&amp;amp;nbsp;: le centre Liotard à Genève, créé par le réseau d’alternative à la psychiatrie de Suisse romande. En janvier 1975 se tient le premier congrès d’alternative à la psychiatrie de secteur (Congrès de Bruxelles, auquel participe un groupe de Genève: il s’en est inspiré pour animer des débats au centre Liotard&amp;amp;nbsp;: recherche d’alternatives concrètes répondant aux besoins des malades. A Lausanne, le 24 janvier 1976, est créé un réseau alternatif à la psychiatrie pour la Suisse romande, dont l’un des membres actifs s’appelle Alain Riesen, du Centre Liotard. Une commission formée aussi bien de psychiatrisés que de soignants s’est alors formée. Elle a remis en question le pouvoir des soignants. Selon cette commission, le but d’une alternative au secteur doit être la prise en main progressive par le malade de ses propres difficultés. Suite à des tentatives d’internement forcé, des tracts ont circulé, dénonçant les abus du pouvoir psychiatrique (voir les archives contestataires de Genève, Classeur Alain Riesen). Dès ce moment-là, une prise de conscience s&#039;opère: le patient ne veut plus être manipulé, il ne veut plus être le cobaye, il ne veut plus être muselé par le pouvoir du médecin. Il veut choisir son mode de guérison, il veut être actif dans le processus de guérison. Il convient alors de faire en sorte que ce soit le patient qui choisisse ou non son hospitalisation. Effectivement, médecins, contestataires et familles se sont rendus compte de l&#039;importance du choix du malade dans sa propre guérison. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A la fin des années 70, d&#039;autres mouvements anti-psychiatriques se répandent en Suisse et ailleurs: par exemple à la clinique de Bellelay, où son nouveau directeur a souhaité ouvrir les murs à son arrivée, et mettre à disposition des appartements protégés, voire même une maison de vacances pour ses patients. Le but était &amp;quot;que les malades puissent le plus possible avoir des contacts humains et une vie «&amp;amp;nbsp;normale&amp;amp;nbsp;» (TVB avril-mai 80). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Suite à la mort atroce d&#039;Alain Urban lors d&#039;une cure de sommeil forcé à la clinique de Bel-Air, l&#039;ADUPSY ainsi que l&#039;Association des Médecins Progressiste ont déployé maints efforts pour alerter l&#039;opinion publique à propos des agissements soupçonneux de la clinque en question. Leurs revedications ont porté sur la suppression des isolements, la priorité données aux instruments de soin ambulatoire, l&#039;augmentation des effectifs globaux du personnel soignant, etc. Ils expriment également leur soutien aux revendications concernant le droit des patients&amp;amp;nbsp;: «&amp;amp;nbsp;Le consentement du patient ou de son entourage immédiat doit toujours être recherché, dans la thérapeutique comme dans la recherche&amp;amp;nbsp;». &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après les drames qui ont secoué Bel-Air, une commission d&#039;enquête a été créée, et c&#039;est non seulement le Directeur de cette clinique qui a été interrogé, mais également les patients, les soignants, ainsi que les cadres. Dès cet instant, &amp;quot;tout est ressorti&amp;quot;, témoigne Alain Riesen, amenant à une première évolution forte: la réforme de l&#039;institution psychiatrique. Le Pr Tissot est déstitué, et un changement au niveau de la législation se fait: le droit de recours apparaît, le patient peut désormais exiger de faire valoir ses droits. Jusque là, le Réseau d&#039;Alternative à la psychiatrie pouvait intervenir sur demande, mais n&#039;avait pas de statut officiel. A partir de cette période, une Commission de surveillance fut mise sur pied (réunissant un juriste, un médecin indépendant, un représentant du Droit des patients), et quatre associations de défense du Droit des patients sont nées: l&#039;Association RÊVE (les &amp;quot;Entendeurs de voix&amp;quot;), l&#039;ADPED (Association des personnes ayant des troubles bi-polaires et dépressifs), l&#039;Expérience (travail artisanal double d&#039;un travail d&#039;entraide), et l&#039;AETOC (Association des personnes ayant des troubles obsessionnels et compulsifs). Selon Alain Riesen, l&#039;institution, malgré l&#039;avancée significative qui a été faite quant au droit des patients, garde les stigmates de l&#039;institution asilaire. &amp;quot;Il y a encore beaucoup de travail à faire pour faire éclater l&#039;institution dans sa dimension totalitaire&amp;quot;, dit-il en conclusion de son récit.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Conclusion: l&#039;anti-psychiatrie un débat déplacé ? ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Point de vue: de l&#039;institution, des droits, considération de la maladie mentale, etc.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les différents mouvements contestataires, qui sont passés de la désinstitutionnalisation à la sectorisation en passant par la création de communautés thérapeutiques, ont amené à une critique du pouvoir institutionnel et des médecins. Le médecin n&#039;est plus tout-puissant et le consentement du patient ou de son entourage doit être obtenu avant tout traitement. Le patient a des droits et il doit les faire respecter.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De l&#039;enfermement asilaire on est allé vers une continuité des soins entre l&#039;hospitalier et l&#039;extra-hospitalier; en effet, sous prétexte que le patient nécessitait des soins, on l&#039;extrayait de  la société pour le placer en hôpital, on cherchait à le &amp;quot;normaliser&amp;quot; en l’excluant du système!: qui voulait-on protéger? Le patient ou la société? En bénéficiant de soins tout en continuant à être inséré dans la société, le patient ne souffre pas d&#039;un isolement qui rendrait sa réinsertion encore plus difficile. En restant inséré, il bénéficie d&#039;un réseau de soutien (famille, amis) qui a une part essentielle à jouer dans le processus de guérison.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cependant, il semblerait que même si beaucoup de progrès ont été accompli dans le domaine de la prise en considération de la personne malade, l&#039;institution garde encore toujours les stigmates de l&#039;asile totalitaire...&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Cécilia Zuccone</name></author>
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		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=La_d%C3%A9sinstitutionalisation_dans_le_champ_de_l%27%C3%A9ducation_sp%C3%A9ciale_1960-1980&amp;diff=9243</id>
		<title>La désinstitutionalisation dans le champ de l&#039;éducation spéciale 1960-1980</title>
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		<updated>2012-01-08T22:04:05Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Cécilia Zuccone : /* Prémisses à l&amp;#039;anti-psychiatrie */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;[[user:Kleinpa0|P. Klein]],&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
Université de Genève&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Introduction  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A l&#039;heure où l&#039;on peut constater de &amp;quot;nouvelles exclusions&amp;quot; au nom de la protection des citoyennes et des citoyens inquiétantes pour certains, car &amp;quot;ruinant ainsi des décennies d&#039;efforts de déségrégation, désexclusion, de &amp;quot;retour du schizophrène dans la cité&amp;quot; (Dr.Patrick Lemoine, Le mystère du nocebo, Paris. Odile Jacob, 2011, p.69), un certain nombre de questions se posent pour mieux comprendre l&#039;histoire de l&#039;éducation spéciale, une histoire à la fois politique (anti-psychiatrie, sectorisation), sociale et culturelle (intégration, normalisation, désinstitutionalisation, communauté de vie, communauté thérapeutique) dans les décennies des Trente glorieuses (1960-1990) pendant lesquelles a soufflé un vent de contestation des politiques institutionnelles. Un esprit contestataire a émergé en particulier dès les années 1970 (post soixante-huit) provoquant dans le champ de la prise en charge des personnes dites aujourd&#039;hui &amp;quot;à besoins particuliers&amp;quot; un élan de remise en question de l&#039;institution, du pouvoir des médecins, de la contrainte institutionnelle et médicamenteuse. Peu de travaux ont encore exploré ce champ, à Genève, sinon pour étudier l&#039;histoire de Mai 68 et du mouvement féministe. (voir notamment Julie de Dardel, Révolution sexuelle et Mouvement de libération des femmes à Genève (1970-1977). Lausanne: Antipode, 2007). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La recherche proposée vise à mieux comprendre comment, à Genève, le champ de l&#039;éducation spéciale et celui de la psychiatrie a été touché par cette contestation. Elle fait suite à celle engagée en 2010 et 2011 sur l&#039;histoire de l&#039;intégration scolaire des enfants handicapés mentaux [[Pionniers de l&#039;intégration scolaire des enfants handicapés à Genève]] et [[Article 2011]]. Les recherches précédentes ont montré à la fois la complexité des pratiques d&#039;intégration amenant souvent un écart entre discours et pratique, ainsi que les résistances à penser le handicap sans mettre une ligne de démarcation entre norme et hors norme, entre enfant éducable et non éducable, limite souvent mal définie et dépendante des représentations (malédiction du handicap). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au début des années 60, l&#039;intégration apparaît être pour les parents, dont les enfants sont encore entièrement dans la famille, une intégration dans des institutions à créer. Le concept de [[Dictionnaire|normalisation]] vient s&#039;accoler à celui d&#039;intégration pour rapprocher toute déviance d&#039;une norme sociale (en terme d&#039;habitat, d&#039;activité, voire de comportements). Ainsi le milieu ouvert (comme Aigues-Verte par exemple) peut apparaître comme plus proche d&#039;une vie quotidenne &amp;quot;normale&amp;quot; et donc plus intégrant. Le Pavillon des Grand Bois à l&#039;hôpital psychiatrique de Bel-Air représente encore une solution &amp;quot;intégratrice&amp;quot; pour les enfants les plus difficiles à éduquer et les moins autonomes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La [[Dictionnaire|désinstitutionalisation]] qui fait l&#039;objet de cette nouvelle recherche est d&#039;abord issue des milieux de l&#039;anti-psychiatrie (et donc ni des associations de parents ni des milieux pédagogiques); on peut apparenter idéologiquement ce mouvement anti-psychiatrique avec un objectif de normalisation dans le sens de rapprocher les personnes prises en charge de la vie quotidienne de tout un chacun. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi malgré des différences d&#039;application ces différents courants pourraient être affiliés à celui libertaire qui a essaimé dans différents champs du social entre 1970 et 1990. C&#039;est dans une perspective de compréhension de l&#039;histoire des idées et des pratiques du mouvement anti-psychiatrique genevois que s&#039;inscrit cette recherche. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un premier temps, cette page d&#039;histoire sera située dans une &amp;quot;tradition&amp;quot;: d&#039;une part celle du traitement de la différence (notamment depuis les travaux des psycho-pédagogues du début du 20e siècle comme Alfred Binet à Paris, Edouard Claparède à Genève ou Ovide Decroly à Bruxelles); et d&#039;autre part dans une tentative dès les années vingt en Angleterre (voir Libre enfants de Summerhill), mais surtout pendant et dans l&#039;après deuxième guerre mondiale (voire les communautés d&#039;enfants victimes de la guerre), de multiplier les expériences de vie communautaire issue du scoutisme, des mouvements de jeunesse, de l&#039;éducation nouvelle et de l&#039;éducation internationaliste et pacifiste, des colonies de vacances et camps CEMEA, s&#039;opposant à la tradition hospitalière (couvent, Bon Pasteur, Hospice, institutions de prises en charge spécialisées). Ce faisant, nous dégagerons des signes précurseurs de &amp;quot;désinstitutionalisation&amp;quot; avec ces structures plus petites, parfois médicalisées (les écoles de plein-air), mais avant tout proches de la nature et des besoins des individus. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un second temps, nous étudierons la période 1960-1980, laquelle a vu émerger un mouvement anti-psychiatrique (critique de l&#039;hôpital, du pouvoir médical, de la médicalisation à outrance et de la contrainte) pour une critique radicale visant le pouvoir institutionnel et entraînant des pratiques novatrices, lesquelles demandent à être mieux étudiées: 1. dans leurs objectifs (désinstitutionalisation ou déshospitalisation versus sectorisation)? 2. dans le choix fait des traitements: médicaux (traitement ambulatoire) ou éducatif et thérapeutique? 3. dans l&#039;évaluation faite des populations concernées par une prise en charge alternative 4. dans le rôle joué par la psychanalyse comme alternative au traitement médicaux et comme modèle thérapeutique (notamment dans les communautés cf. film de Catherine Scheuchzer, Dans l&#039;aventure du non de la parole) 5. dans le rôle donné aux familles et le poids qui leur est fait supporter (en terme financier, de responsabilité, de culpabilité,...) et en particulier à l&#039;égard des mères et des femmes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il s&#039;agira de mieux comprendre si l&#039;anti-psychiatrie est dans les années 1960-1980 une nouvelle manière de faire de la psychiatrie ou si elle est une véritable contestation de l&#039;institution asilaire, et si les modèles alternatifs proposés ne seraient pas sous couvert d&#039;idéologie libertaire une façon de baisser les coût de la santé en temps de crise. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour ce faire, nous avons lu des articles et consulté une bibliographie d&#039;ouvrages &amp;quot;classiques&amp;quot;, livres de références pour les acteurs/trices de la période considérées, puis nous avons dépouillé des revues professionnelles pour saisir les thématiques qui ont traversé alors le champs de la psychiatrie et de l&#039;éducation spécialisée; dans un second temps, la recherche s&#039;est portée sur un fond d&#039;archives de l&#039;Association Les archives contestataires (fonds Alain Riesen/Schuller) dont les donateurs d&#039;archives, sont fondateurs de l&#039;Arcade 84 et militant de l&#039;anti-psychiatrie genevoise. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un troisième temps nous avons effectué un entretien vidéo (un plan fixe) avec Alain Riesen afin de lui poser cinq questions issues de la recherche dans les archives et dans la littérature afin d&#039;avoir son témoignage sur l&#039;histoire de l&#039;anti-psychiatrie, de la désinstitutionalisation et des communautés thérapeutiques entre 1960 et 1980.[[Plan de recherche 2012]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Revue de la littérature  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On constate qu&#039;il n&#039;y a guère d&#039;articles et d&#039;ouvrages concernant cette page de l&#039;histoire genevoise. Seul un article d&#039;Alain Riesen a en quelque sorte donné le feu aux poudres. Un autre article de Montandon relève plus d&#039;une histoire des liens entre psychiatrie et justice. Ainsi pour approcher l&#039;histoire des changements apparus dans les années soixante sur le plan de l&#039;éducation spéciale dans le traitement des troubles psychiques, il a fallu d&#039;abord s&#039;intéresser à l&#039;histoire de l&#039;anti-psychiatrie, puis de la désinstitutionnalisation et enfin des communautés thérapeutiques, sujet introduit par le [http://edutechwiki.unige.ch/dewiki/R%C3%A9sum%C3%A9_film_de_Catherine_Scheuchzer film de Catherine Scheuchter]. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C&#039;est pourquoi nous avons en particulier étudié les fonds d&#039;archives aux [http://www.archivescontestataires.ch Archives Contestataires] qui rassemblent les documents produits par les mouvements contestataires de la seconde moitié du XXe siècle. A travers une plongée dans quelques revues professionnelles et journalistiques, cela nous a permis de mieux comprendre la place prise par ces thématiques dans les années concernées. Ainsi, un certain nombre de revues professionnelles ont été dépouillées pour la période 1970-1980. Soit Sauvegarde de l&#039;enfance, Déviance et Société, L&#039;Evolution psychiatrique. S&#039;y sont ajoutés les Cahiers Médico-sociaux entre 1956 et 1981, ainsi que le journal &amp;quot;Tout va bien&amp;quot; ( voir [[Notes sur journal Tout va bien]]) dépouillé pour les années 1970 à 1983, qui a consacré trois numéros entiers aux problèmes de la psychiatrie à Genève et surtout au mouvement anti-psychiatrique lié au scandale de l&#039;institution psychiatrique de Bel-Air en 1980. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt; Durant la période de 1970 à 1985, la revue &amp;quot;Sauvegarde de l&#039;enfance&amp;quot; n&#039;a publié aucune revue, voire même aucun article consacré au thème de notre étude, à savoir la désinstitutionnalisation dans le champ de l&#039;éducation spéciale. Au premier abord on pourrait donc tirer la conclusion selon laquelle ce champ d&#039;étude ou ce mouvement n&#039;était que peu présent à cette époque. Toutefois, en se penchant davantage sur les sujets traités dans cette revue, on se rend compte que les auteurs de celle-ci n&#039;ont pas abordé la désinstitutionnalisation en tant que telle, mais l&#039;ont abordée par les effets qu&#039;elle a pu engendré à cette époque. Effectivement, on peut observer des thèmes comme la formation des éducateurs en centre de jour ou en maison d&#039;accueil, la relation entre famille et société, l&#039;école ordinaire, l&#039;adolescence et la violence ou encore l&#039;aide sociale, autant de thèmes qui ont largement découlé de ce mouvement désinstitutionnel. Il est donc fort intéressant de se pencher sur les champs d&#039;action de ce type de revues, afin de mieux comprendre quel était le climat politique, les préoccupations, les tendances de la période qui nous intéresse. D&#039;ailleurs, nous retrouverons tout au long de cet article de nombreuses références aux thèmes traités par le revue &#039;&#039;Sauvegarde de l&#039;enfance&#039;&#039;.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Entre 1972 et 1974&#039;&#039;, [[L&#039;évolution psychiatrique|L&#039; Évolution psychiatrique]]&#039;&#039; consacre deux numéros au thème de l&#039;antipsychiatrie. Dans ces deux numéros, les articles sont rédigés par des médecins psychiatres non antipsychiatres qui s&#039;efforcent, dans un premier temps, de reconnaître les bienfaits des problématiques soulevées par le mouvement antipsychiatrique. Dans un deuxième temps, ces psychiatres soulèvent les thèses du mouvement, les critiquent et se distancent franchement des solutions proposées par les antipsychiatres pour répondre aux problématiques de départ. Après 1974, il n&#039;y a plus de numéros ou d&#039;articles consacrés à l&#039;antipsychiatrie. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La [[Revue Déviance et Société|Revue Déviance et Société]] aborde la problématique du traitement de la déviance essentiellement du point de vue pénale et de l’analyse du mouvement des normes. Les quelques articles relevés entre 1977 et 1982 en lien avec notre problématique témoignent bien du questionnement autour des normes, de la responsabilité et du processus de formation de la déviance et de la stigmatisation. Il est ainsi possible de constater que l’incursion de la psychiatrie dans le domaine pénal est perçue comme une menace ou une déresponsabilisation des actes délinquants ou criminels. Et que les arguments invoqués pour l’application d’une évaluation psychiatrique est bien celle d’une aliénation, mais en dehors ou en parallèle du milieu carcéral. Concernant notamment la prise en charge des mineurs, l’article de Jean-Marie Renouard (1982) relate bien les mouvements conceptuels ayant eu lieu. De l’identification de l’enfant «&amp;amp;nbsp;inadapté&amp;amp;nbsp;» à par la suite l’identification de l’enfant «&amp;amp;nbsp;handicapé&amp;amp;nbsp;», les concepts de l’exclusion qui s’en suivent sont passés d’une stigmatisation dans le but «&amp;amp;nbsp;d’extraire&amp;amp;nbsp;» (dénoncés par la sociologie et le mouvement anti-psychiatrique) à un droit à l’exclusion dans une visée de réintégration. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Les cahiers médico-sociaux]] se dédient aux questions contemporaines liées à la santé publique et médico-sociales. C’est d’un point de vue «&amp;amp;nbsp;mesuré&amp;amp;nbsp;» que cette revue nous indique de façon précieuse quelles étaient les dispositions prises au niveau des politiques sociales (Assurances Invalidité, lois) et du traitement médical ou thérapeutique (services, institutions, approches thérapeutiques, relation praticien-patient). Les articles retenus concernent essentiellement l&#039;hygiène mentale et son appréhension. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt; Cette revue de la littérature montre que les années 60 à 80 ont été fortement teintées par une volonté de sortir les personnes malades de l&#039;institution névrosante, des ghettos asilaires, et de viser plutôt une ouverture vers la communauté. C&#039;est la recherche de la normalisation, donnant de l&#039;ampleur à un certain courant humaniste. Est apparue la notion de Droit des patients: toute personne a le droit de vivre dans son milieu et de participer à la vie de sa communauté. La nécessité d&#039;être acteur de son processus de guérison est devenue prioritaire. Mais jusqu&#039;où est-on allé? Ou se situe la limite d&#039;une &amp;quot;vie comme tout le monde&amp;quot; lorsque l&#039;on souffre, que l&#039;on a des besoins spécifiques? Les années 70 ont été permissives et ont laissé beaucoup d&#039;autonomie aux personnes handicapées ou malades, mais se sont-elles senties mieux?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Méthodologie  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le travail de recherche a mêlé plusieurs méthodologies. Outre l&#039;apprentissage de l&#039;usage d&#039;un wiki qui a cimenté comme il se doit cette &amp;quot;communauté de travail&amp;quot; de six membres, ceux-ci ont travaillé dans trois directions: la recherche documentaire et bibliographique, l&#039;étude d&#039;un fonds d&#039;archives (le Fonds Riesen/Schuler de l&#039;Association les Archives contestataire) et la construction d&#039;une grille de questions à poser au &amp;quot;grand témoin&amp;quot;, Alain Riesen. Ces quatre outils méthodologiques ont donc fondé cette étude. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1. De l&#039;usage du wiki &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La pratique de l&#039;intelligence collective oblige à mettre en mouvement deux réseaux: le réseau que forme les membres de la communauté qui travaillent constamment ensemble pour alimenter le site dewiki et le &amp;quot;réseau&amp;quot; des pages de rédaction qu&#039;offre le site wiki, soit: l&#039;espace de l&#039;article, celui du dictionnaire des concepts, celui de la bibliographie et celui des résumés. Reste évidemment la page d&#039;accueil qui permet de visualiser l&#039;ensemble et de suivre les tâches à effectuer d&#039;une semaine à l&#039;autre. Ce travail de recherche mêle des moments de rencontre sur le web (notamment par les pages de discussion autour d&#039;une activité), mais aussi réellement en salle de cours afin surtout d&#039;assurer le rythme d&#039;avancement de la démarche et d&#039;échanger du point de vue intellectuel et du point de vue technologique. L&#039;évaluation de la démarche se fait aussi dans une même perspective d&#039;intelligence collective qui nécessite un engagement des personnes pour le &amp;quot;bien commun&amp;quot; à savoir le résultat de l&#039;ensemble des activités qui forment cette recherche originale. Une autoévaluation collective clôt la démarche un mois après la fin de l&#039;expérience collective pour permettre d&#039;ajuster les rythme individuel et de peaufiner les textes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
2. De la recherche documentaire et bibliographique &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Afin de mieux comprendre les positions des différents acteurs dans les domaines que nous avons étudiés, il a été nécessaire de se plonger dans différentes revues professionnelles ou sociales. La plupart d&#039;entre elles étant gardées en version papier dans différents lieux d&#039;archives ou bibliothèques, nous nous sommes rendues dans les bibliothèques universitaires de plusieurs facultés (psychologie et sciences de l&#039;éducation, lettres, médecine,...) afin d&#039;avoir accès aux articles de l&#039;époque. La plupart de ces thématiques n&#039;étant pas directement liées à nos propres études, il nous a fallu, dans un premier temps, saisir tout un lexique, une pensée, un domaine parfois méconnus, voire inconnus. Dans un deuxième temps, il a fallu comprendre comment ce qui avait été lu pouvait s&#039;inscrire dans cette période entre 1960 et 1980, quelles étaient les sources d&#039;inspirations et les revendications de cette époque particulière.Nous avons également fait appel à des ouvrages, des livres que nous avons trouvé en bibliothèque afin d&#039;étayer notre recherche.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
3. De la recherche en archives &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous sommes allées deux matins aux Archives Contestataires, afin de faire de la recherche sur le fond Riesen/Schuler. Ce fut très intéressant de toucher des documents manuscrits, de vieux journaux, et de la documentation provenant des médecins. Ce fut pour nous toutes une découverte intéressante de faire de la recherche d&#039;une autre manière. Aussi, cela nous a permis de mieux comprendre notre objet d&#039;étude dans le cadre genevois et ains de pouvoir préparer les différentes questions que nous allions posées à Alain Riesen lors de notre entretien.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
4. La constitution d&#039;une archive orale &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
N&#039;ayant trouvé que peu d&#039;archives écrites sur le mouvement de contestation de la psychiatrie à Genève entre 1960 et 1980, nous avons eu la chance de pouvoir interviewer Monsieur Alain Riesen, ergothérapeute et co-fondateur d&#039;Arcade 84. En relation avec les thématiques propres à chacune selon les revues consultées ou les ouvrages lus, nous avons pu l&#039;interroger d&#039;abord sur sa position de professionnel de la psychiatrie et son statut de militant. Dans un deuxième temps, nous lui avons demandé qu&#039;elles étaient ses lectures de références, sa conception de la maladie mentale, et sa vision du partenariat avec les familles des malades. Finalement, nous l&#039;avons interrogé sur les apports de toutes ces années de militantisme, notamment au sein de l&#039;ADUPSY et du réseau alternatif à la psychiatrie.([[Plan de recherche 2012|Questions]]). Cet entretien nous a tout d&#039;abord permis de mieux comprendre ce qui s&#039;était réellement passé à Genève durant la période étudiée, et surtout d&#039;avoir des éléments précis et concrêt de cette période de désinstitutionnalisation. C&#039;est ainsi que nous avons pu compléter notre article en regard des propos de Monsieur Riesen.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Panorama historique général  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Des prisons à l&#039;asile pour les personnes atteintes d&#039;affections mentales&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Jusqu&#039;à la fin du XVIIIe siècle, les hôpitaux psychiatriques internaient une population bien différente de celle accueillie au XXe siècle. [[Bibliographie|Cléopâtre Montandon&amp;amp;nbsp;(1978)]]&amp;amp;nbsp; nous dévoile que les populations désignées comme relevant de l&#039;univers psychiatrique étaient très fortement liées à l&#039;univers carcéral. Effectivement, jusqu&#039;au XVIIIe siècle, les criminels étaient considérés comme &amp;quot;fous&amp;quot; ou &amp;quot;aliénés&amp;quot; et se voyaient enfermés, voire même enchaînés dans des &amp;quot;maisons de discipline&amp;quot; ou dans des &amp;quot;hôpitaux pour fous&amp;quot;. A cette époque, seule la justice décidait du lieu d&#039;incarcération des individus criminels. Peu à peu, des distinctions se sont faites pour montrer que certains criminels aliénés relevaient davantage de la psychiatrie, et se définissaient essentiellement par une responsabilité restreinte et une santé mentale défaillante. Ce sont alors ces personnes, désignées comme ne pouvant accomplir leur rôle social, que les hôpitaux psychiatriques ont admis dans leurs locaux. Pour décider et justifier ces internements, la justice ne pouvait agir seule. C&#039;est à partir de 1838 qu&#039;une loi voit le jour à Genève concernant l&#039;internement des &amp;quot;aliénés&amp;quot;: loi sur le placement et la surveillance des aliénés (5 février 1838). On parlera dès lors de &#039;&#039;placement&#039;&#039; des aliénés, et non plus de l&#039;enfermement ou de l&#039;internement de ces derniers.&amp;lt;br&amp;gt; &amp;quot;Ce n&#039;est qu&#039;à partir de 1936 que l&#039;autorisation d&#039;un internement est délivré sur vue d&#039;un certificat médical par le Département de la prévoyance sociale et de la santé publique&amp;quot;. Ainsi, on voit combien la société évolue en définissant clairement et sur preuves médicales qui peut être &#039;&#039;placé&#039;&#039; en hôpital psychiatrique. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On peut également noter que les préoccupations principales de la période du XVIIIe au début du XXe siècle se restreignaient principalement à la sécurité, et de fait au &#039;&#039;placement&#039;&#039; de ces personnes. Où pouvait-on mettre physiquement ces personnes différentes pour qu&#039;elles ne nuisent pas à la société? Que pouvait-on faire d&#039;elles? Qui pouvait s&#039;en occuper? Que faire avec ces personnes? On observe dès lors que, pendant plusieurs siècles, ces personnes étaient enfermées, considérées comme étant dénuées de tous sens, de toute sensibilité, et par conséquent ne recevaient aucune éducation. Il faudra alors attendre la fin du XIXe siècle pour entrevoir une forme d&#039;éducation de ces personnes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans son article, &amp;quot;[[Bibliographie|La naissance de l&#039;institutions pour aliénés]]&amp;quot; à Genève au 19e siècle, Alain Riesen montre que la problématique de l&#039;internement est grandissante et que &amp;quot;l&#039;inhumanité de l&#039;enfermement&amp;quot; (Riesen, 1981) est au coeur des préoccupations. Il relate également une nouvelle conception du milieu asilaire&amp;amp;nbsp;: &amp;quot;la possibilité d&#039;améliorer l&#039;état des aliénés, ou même les guérir, si de bonnes conditions sont réunies&amp;quot;. En d&#039;autres termes, il s&#039;agirait de pouvoir administrer un traitement aux malades de manière à guérir, à soigner leur folie; à l&#039;époque nommé &#039;&#039;traitement de la folie. &#039;&#039;Plusieurs types de traitements font alors leur apparition et notamment l&#039;isolement. Il s&#039;agissait d&#039;éloigner le malade des conditions de vie qui l&#039;ont rendu &#039;&#039;fou&#039;&#039; &amp;quot;afin de le soustraire à leur influence&amp;quot;. La médication fut également un des traitements de la folie.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette nouvelle manière de penser l&#039;internement étant accomplie, plusieurs dérives ont vu le jour, et notamment les placements abusifs effectués par le Département de Justice et Police. En 1895, la Loi de 1838 est revue de manière à éclaircir la procédure d&#039;admission des aliénés.&amp;amp;nbsp;&amp;quot;Même si la loi de 1838 ne rend pas obligatoire l&#039;avis médical pour procéder au placement, dans la pratique, le médecin se fondant sur une &#039;&#039;science&#039;&#039; de l&#039;aliénisme en plein développment, va jouer un rôle de plus en plus important dans le placement et la sortie des aliénés&amp;quot; ([[Bibliographie|ADUPSY]]). L&#039;avis médical devient dès lors requis pour tout placement. Enfin, la réforme de 1936 met en évidence la nécessité et l&#039;exigence d&#039;un certificat médical pour être placé. Quiconque ne peut pas être déféni comme &amp;quot;fou&amp;quot; ou &amp;quot;aliéné&amp;quot; sans avis médical suivant des règles précises.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;L&#039;éducation...&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au début du XXe siècle, Binet et Simon (1907)&amp;amp;nbsp; &#039;&#039;donnent une nouvelle forme cognitive de l&#039;éducation spéciale qui perdurera au moins jusqu&#039;au années 1960&#039;&#039; ([[Bibliographie|Chauvière et Plaisance, 2003, p. 32]]).&amp;amp;nbsp; A cette époque, on distinguait les arriérés d&#039;asiles, non éducables et à laisser entre les mains des médecins, des arriérés d&#039;école. Ainsi, des institutions apparaissent entre l&#039;hôpital et la classe ordinaire: les classes spéciales (ou classes de développement) et les instituts médico-pédagogiques. Dans ces nouveaux lieux, la pédagogie était &#039;&#039;inspirée par l&#039;atelier, c&#039;est-à-dire guidée par la mise en oeuvre de travaux manuels et d&#039;exercices pratiques &#039;&#039;([[Bibliographie|Chauvière et Plaisance, 2003, p. 33]]). A Genève, c&#039;est le médecin et psychologue Edouard Claparède qui sera appelé pour réorganiser les classes spéciales sur un mode scientifique, c&#039;est-à-dire en tenant compte du diagnostic effectué sur l&#039;enfant et du pronostic d&#039;éducabilité. [[Bibliographie|Ruchat]] &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En grande-Bretagne, dans les années 1920, A.S Neill, puis dans les années 1960, David Cooper ont mis en place de nouveaux lieux pour exercer une forme innovante de psychiatrie et d&#039;éducation, remise en question de l&#039;internement psychiatrique des malades mentaux. C&#039;est en effet à travers des expériences comme [[Résumé de l&#039;ouvrage Libres enfants de Summerhill|Libres enfants de Summerhill]] de [[Bibliographie|Neill]] en 1921 ou Pavillon 21 menée par [[Bibliographie|Cooper]] en 1962 que l&#039;anti-psychiatrie semble voir le jour. Effectivement, plusieurs principes régissent ce nouveau type de lieu à savoir la liberté des individus, le self-governement, les apprentissages facultatifs... en ayant pour hypothèses que le mal-être et la maladie mentale de ces individus sont en partie dû aux contraintes du monde dans lequel ils évoluent et apprennent. Dès lors, il convient de créer des institutions, des lieux éloignés de toute coercition et de toute autorité. Notons également que Maud Mannoni, dans la préface de l&#039;ouvrage Libres enfants de Summerhill, relate que Neil faisait partie de &amp;quot;la lignée anarchisante qui donna naissance à l&#039;antipsychiatrie&amp;quot; ([[Bibliographie|Mannoni, dans Neill, 1979, p. 9]]).&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais on constate aussi, en France, que la période 1945-1960 est également bouleversée et traversée par de nouveaux modèles éducatifs avec la naissance de lieu de vie où l&#039;enfant inadapté est accueilli, non pas à travers sa maladie ou sa différence, mais plus à travers le fait qu&#039;il est un enfant et qu&#039;il doit être éduqué. Jean Lagarde, fondateur de l&#039;association de la sauvegarde des enfants invalides dans la période après guerre, souhaitait effectivement faire &amp;quot;l&#039;expérience d&#039;éducation toujours dans un creuset communautaire&amp;quot; ([[Bibliographie|Capul, 2002, p.141]]). Lagarde avait pour objectif de créer un lieu où les soins médicaux puissent être administrés aux enfants qui en nécessitaient, tout en leur proposant un accueil éducatif. Nous pourrions plutôt dire qu&#039;il désirait créer une école, un lieu de vie où un suivi médical était envisageable. Il s&#039;agissait en effet d&#039;éloigner l&#039;enfant du lieu médical pour qu&#039;il devienne élève et que, de fait, il puisse apprendre. Dans cette optique, équipe pédagogique et équipe médical devaient collaborer étroitement. Cette expérience est à nouveau le témoin d&#039;une nouvelle forme d&#039;hospitalisation. Il est possible de faire le lien entre cette expérience et l&#039;approche de Maud Mannoni en 1969, avec la création de l&#039;Ecole expérimentale de Bonneuil-sur-Marne où il s&#039;agissait également de séparer les lieux d&#039;analyse et les lieux de vie (lieux pédagogiques).&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Et en Suisse?&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En se fondant sur des principes similaires à ceux de Neil et de Cooper, dès les années 1960,&amp;amp;nbsp; de nombreuses institutions privées pour enfants handicapés ou en difficultés se développent en Suisse, majoritairement sous l&#039;impulsion d&#039;associations de parents. Ces derniers ont été amenés à &#039;&#039;créer et à gérer des institutions de type médico-éducatif&#039;&#039; &#039;&#039;pour éviter à leurs enfants d&#039;être relégués dans des services d&#039;hôpitaux psychiatriques ou d&#039;être seulement en survie à leur domicile&#039;&#039; (Chauvière er Plaisance, 2003, p.35). Aujourd&#039;hui, les institutions, à Genève, semblent toujours être un peu sur le même modèle, celui de &amp;quot;l&#039;alliance&amp;quot; entre le médical et le pédagogique (qui regroupe aussi l&#039;aspect éducatif). Si on ne cherche peut-être plus à éviter aux élèves la reléguation en psychiatrie, on les place dans des lieux parfois hors de tout cursus ordinaire et loin de la norme. Ce qui questionne enfin sur qu&#039;est-ce que la normalisation? Et où mettre la limite à une vie comme tout le monde avec un handicap: la liberté (permissivité, autonomie) des années 1970 a-t-elle fait l&#039;impasse sur la souffrance des individus face aux exigences thérapeutiques et pédagogiques? La communauté d&#039;enfants (pédagogique, institutionnelle, thérapeutique) est-elle un modèle &amp;quot;utile&amp;quot; en temps de crise des institutions: peu coûteux, demandant un engagement au quotidien (vie quotidienne) du collectif pédagogique et thérapeutique (donc assurant un &amp;quot;contrôle social&amp;quot; maximal.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Ce qu&#039;en dit Riesen...&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour ce chapitre, nous avons interrogé Alain Riesen au sujet de la question des communautés thérapeutiques, afin de voir si celles-ci ont influencé ou non le processus de désinstitutionnalisation et antipsychiatrique des années 1960 à 1980. Tout d&#039;abord, Riesen met en évidence dans ses propos qu&#039;il est important de créer un parallèle entre le passé et le présent de manière à situer le contexte historique et politique, mais surtout de manière à voir sur quoi reposent nos agissements. Ainsi, selon Riesen, la naissance de ces communautés thérapeutiques comme détaillée précédemment dans ce chapitre, est un pas de l&#039;histoire de la désinstitutionnalisation. Effectivement, ces communautés thérapeutiques se développent comme une alternative à l&#039;hospitalisation traditionnelle dans un contexte qui remet en question les rapports de pouvoir dans l&#039;institution, mais également au niveau de l&#039;éducation, de la santé ou encore des rapports entre hommes et femmes.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Toutefois, Riesen pointe le fait que ces communautés thérapeutiques prônant à l&#039;époque leur volonté de travailler dans la relation à l&#039;autre en utilisant les moyens les moins cohercitifs possibles pour entre en relation, soigner et atténuer la souffrance psychique des patients, ne se sont pas développées sur le long terme. En effet, cette alternative à l&#039;hospitalisation est vécue par certains comme plus dure et comme provoquant plus de souffrance en raison de la non médicalisation qu&#039;elle préconise. De plus, cette approche thérapeutique est très coûteuse en personnel soignant qualifié et ne pourra donc être soutenue par l&#039;état. Bien que cette cette tentative ne soit pas celle qui est perdurée, Riesen relève le fait qu&#039;elle est tout de même eu son importance dans l&#039;histoire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Prémisses à l&#039;anti-psychiatrie==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les années 60, Michel Foucault a tenté d&#039;amorcer &amp;quot;un dialogue entre la psychiatrie et ses sujets&amp;quot; ([[Bibliographie|Rose, 2006, p.113]]) et dès 1971 avec la sortie de son ouvrage sur les prisons, c&#039;est à la critique de l&#039;univers carcéral et des rapports de pouvoir qu&#039;il s&#039;attelle (Surveiller et punir, 1971). Ces critiques, plus tard regroupées sous le nom d&#039;antipsychiatrie, visaient à remettre en question &amp;quot;la manière dont le pouvoir du médecin était impliqué dans la vérité de ce qu&#039;il disait et, inversement, la manière dont celle-ci pouvait être fabriquée et compromise par son pouvoir ([[Bibliographie|Rose, 2006, p.120-121]]). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En Italie, Franco Basaglia, qui s’est appuyé entre autres sur les modèles de l’anti-psychiatrie anglaise et française pour mener sa lutte ([[Bibliographie|Cooper, Lang, Foucault, Caxtel]]), s&#039;en est pris aux conditions de vie moyenâgeuses réservées aux malades mentaux. En quelques années, il démantèle l’asile et expérimente les premiers éléments de sa conception territoriale (et non plus institutionnelle) de la folie&amp;amp;nbsp;: le malade est soigné dans son milieu social&amp;amp;nbsp;» (TVB 10 octobre 80).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;institution comme lieu d&#039;exclusion est mise à mal par une volonté de certains de supprimer ces lieux de contrainte, pour une vie libre dans la Cité (sectorisation) ou dans des communautés thérapeutiques (de préférence à la campagne) partant du présupposé que les conditions de vie des personnes sont déterminantes dans leur état de santé (avant même tout diagnostic). Par ailleurs, dans ces années-là, la vie quotidienne devient un objet d&#039;étude (la sociologie de la vie quotidienne), terreau de multiples expériences pédagogiques et thérapeutiques. Le slogan &amp;quot;La liberté est thérapeutique&amp;quot; s&#039;allie à une critique de la contrainte médicamenteuse et des pratiques de contention psychiatrique: elle donne ainsi une place à de nouvelles formes d&#039;&amp;quot;éducation spéciale&amp;quot;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Symptôme de ce changement le terme d&#039;&amp;quot;usagers&amp;quot; vient reléguer celui de &amp;quot;patients&amp;quot; donnant un nouveau statut aux personnes, écorchant ainsi le sacro saint pouvoir des médecins et des directions des institutions.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La fonction du médicament dans l&#039;approche anti-psychiatrique  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;apparition de la médication au début des années 1960 permet d&#039;éviter l&#039;internement. Elle soutient fortement le changement qui s’opère dans les pratiques et donne l&#039;impression de pouvoir faire quelque chose. Elle fait transparaître un espoir aussi bien pour les praticiens que pour les patients puisque grâce aux médicaments il y a une diminution des hospitalisations, une augmentation des prises en charge ambulatoires et une augmentation des consultations. L&#039;avancée de la médecine et l’essor de la psychopharmacologie permettent alors de développer de nouvelles perspectives thérapeutiques et de nouveaux défis comme le soutien au patient et à sa famille, la mise en place de nouvelles structures. Il s&#039;agit ainsi de &amp;quot;jeter un pont entre l&#039;hôpital et la ville&amp;quot; (CMS, 1963, 7ème année, n°2 &amp;quot;L’assistance psychiatrique&amp;quot;). Les personnes dites &amp;quot;folles&amp;quot; ne sont plus à enfermer, mais des personnes souffrant de troubles mentaux qu&#039;il faut soutenir dans leur autonomie et contenir dans leur pathologie (Kovess-Masféty, Boisson, Godot &amp;amp; Sauneron, 2010). Cependant, les connaissances récentes sur les effets de la médication et les abus sur son utilisation sont également soulevés. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;anti-psychiatrie se veut aussi anti-thérapeutique, ce qui lui est&amp;amp;nbsp; vivement reproché par les anti anti-psychiatres. Selon ces derniers, les anti-psychiatres considèrent que &amp;quot;les traitements sont à proscrire&amp;quot; ([[Bibliographie|Maurel, 1972]], p. 79). &amp;quot;Traiter, écrit Cooper, c&#039;est être intéressé à rendre le patient plus acceptable pour les autres...et lui faire manifester de moindre façon sa détresse&amp;quot; ([[Bibliographie|Maurel, 1972]], p. 79). Les anti anti-psychiatres militent ainsi pour une guérison grâce à des médicaments &#039;&#039;efficaces&#039;&#039; (au sens médical), selon des avis rapportés par les patients eux-mêmes. Selon les psychiatres opposés au courant anti-psychiatrique, ce-dernier vise &amp;quot;sans toujours l&#039;avouer à &amp;quot;soigner&amp;quot; clandestinement les &amp;quot;malades&amp;quot;&amp;quot; (Maurel, 1972, p.80), ce qui est selon Maurel et ses collègues, une contradiction.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Psychiatrie et anti-psychiatrie  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le mouvement d&#039;anti-psychiatrie&amp;amp;nbsp; &amp;quot;s&#039;oppose d&#039;abord et avant tout à une forme de monopole du savoir médical&amp;quot; ([[Bibliographie|Mannoni, 1970]], p. 9). Il dénonce l&#039;autorité morale et policière&amp;amp;nbsp; du psychiatre. Toutefois, psychiatres et partisants de l&#039;anti-psychiatrie s&#039;accorde sur le fait que &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;la société place le psychiatre dans une position ambiguë&amp;amp;nbsp;: il est au service d&#039;un patient dont il a à défendre les droits mais il se trouve également placé en position d&#039;auxiliaire de la police dans un programme d&#039;internement qui est un processus d&#039;obligation de soins&#039;&#039; (Mannoni, 1970, p. 168). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les réponses apportées par les uns et par les autres pour essayer de lever cette ambiguité sont toutefois différentes. Si l&#039;anti-psychiatrie cherche plutôt à démystifier &amp;quot;le rôle que la société fait jouer à la psychiatrie&amp;quot; (Mannoni, 1970, p.168), à créer des lieux où la maladie mentale pourrait être réintérrogée (allant même jusqu&#039;à nier la notion de maladie mentale) et à s&#039;éloigner des conceptions scientistes, certains psychiatres cherchent à remettre sur le devant de la scène un discours scientifique. &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;---Quand l&#039;antipsychiatrie est critique radicale de l&#039;institution, je suis antipsychiatre; mais quand elle se réfugie dans la négation de la maladie mentale, je suis contre&#039;&#039;--- ([[Bibliographie|Sztulman, 1972]], p.107).&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les archives de la revue &amp;quot;&#039;&#039;L&#039; Évolution psychiatrique&#039;&#039;&amp;quot;, les psychiatres non antipsychiatres se sont attelés, au début des années 70, à défendre leur point de vue scientifique et médical. Face au mouvement de protestation, ils ont écrits plusieurs articles afin de réhabiliter la psychiatrie et montrer les incohérences du mouvement antipsychiatrique, non seulement dans ce qu&#039;il dénonce, mais également dans les solutions qu&#039;il propose. S&#039;ils reconnaissent un certain succès à l&#039;antipsychiatrie &amp;quot;dans sa position de refus et de provocation&amp;quot; ([[Bibliographie|Barte, 1972]], p. 46), les solutions qu&#039;elle propose ne les satisfont guère. Pour certains membres de ce corps médical, la maladie mentale doit être reconnue comme &#039;&#039;phénomène nature&#039;&#039;l ([[Bibliographie|Ey, 1972]], p. 53). &amp;quot;En faisant volatiliser dans le néan l&#039;objet même de la psychiatrie qu&#039;est le malade mental, l&#039;antipsychiatrie nie la souffrance humaine, nie le drame authentiquement humain que vit chaque malade mental (Barte, 1972, p. 46). Pour défendre ces patients malades, &amp;quot;fous&amp;quot;, pour les réhabiliter, il est nécessaire de &amp;quot;passer par la reconnaissance même de la psychiatrie, science critique et autonome et qui ne peut se fonder que sur la notion de maladie mentale conçue ni comme simple maladie des organes, ni comme simple maladie psychique&amp;quot; (Barte, 1972, p.47). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le malaise asilaire est reconnu par les non antipsychiatres et les antipsychiatres. Il importe de traiter l&#039;institution en même termps que ses pensionnaires. Cependant, les non antipsychiatres récusent la responsabilité de l&#039;hôpital psychiatrique dans la création de la folie, &amp;quot;même s&#039;il concourt parfois à statufier certaines présentations cliniques&amp;quot;. (Sztulman, 1972, p. 106). Face aux critiques sur l&#039;hôpital, notamment face à certains qui, comme Basaglia, refusaient l&#039;idée de traitement de malades et de médecins, les non antipsychiatres dénoncent la destruction de l&#039;hôpital au profit d&#039;assemblées générales peu organisées. Sztulman (1972) pose la question&amp;amp;nbsp;: &amp;quot;A quoi ça sert&amp;amp;nbsp;? A quoi ça sert d&#039;être psychiatre là, ou femme de service,&amp;amp;nbsp; ou ergothérapeute puisque de tout façon chacun est dépouillé de son statut, et que les rôles sont&amp;amp;nbsp; inventer en permanence&amp;amp;nbsp;?&amp;quot; (p.102). Pour ces médecins, la négation de l&#039;inconscient et celle de la maladie mentale dans le mouvement antipsychiatrique amène des &#039;&#039;attitudes thérapeutiques particulièrement incohérentes &#039;&#039;(Sztulman, 1972, p. 101). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La question de l&#039;attribution de la maladie mentale à un fait organique ou plutôt à un fait culturel était alors au coeur de la bataille entre antipsychiatres et non antipsychiatres. Lors de l&#039;entretien mené avec Monsieur Alain Riesen, ce dernier nous a expliqué que cette question est toujours d&#039;actualité et qu&#039;il n&#039;y a pas, aujourd&#039;hui encore, de définition claire de la part de la communauté scientifique (voir [[La santé mentale aujourd&#039;hui]]). Dans les années 1970, les non antipsychiatres critiquaient l&#039;erreur de l&#039;antipsychiatrie dans sa croyance &amp;quot;&#039;&#039;en un principe de causalité univoque et direct de la psychose&amp;quot;&amp;amp;nbsp;&#039;&#039;(Sztulman, 1972, p.105). Dans le même article, Sztulamn déclare encore: &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&amp;quot;&#039;&#039;il est dogmatique et naïf de dire que la folie se développe en dehors de toute culture. Il est dogmatique et naïf de dire qu&#039;elle se limite à un fait culturel. De tout évidence, il n&#039;y a pas un modèle qu&#039;il soit organo, psycho ou socio-génétique de la maladie mentale, mais pluridéterminisme à pondération variable suivant les cas&#039;&#039;&amp;quot; (p. 105). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Monsieur Alain Riesen a bien décrit cette vision de &#039;&#039;pluridéterminisme&#039;&#039;. Il nous a expliqué que la conception de la maladie mentale comme unique produit d&#039;un système qui disfonctionne semble devoir se ranger derrière un système bio-psycho-social qui rencontre actuellement le plus de soutient de la part des professionnels du domaine psychiatrique. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un peu plus tard, en 1974, L&#039;évolution psychiatrique a consacré à nouveau un numéro à l&#039;antipsychiatrie. Le vent de révolte de la part des non antipsychiatres semble s&#039;être calmé, comme s&#039;ils avaient été entendus et reconnus, comme s&#039;ils avaient &amp;quot;résisté à l&#039;agression psychiatricide de l&#039;antipsychiatrie&amp;quot; ([[Bibliographie|Sztulman, 1974]], p.129). Les mêmes auteurs qu&#039;en 1972 relèvent toujours l&#039;importance de l&#039;antipsychiatrie dans une démarche de contestation et d&#039;identification des difficultés de l&#039;institution psychiatrique. &amp;quot;L&#039;antipsychiatrie nous aide quand elle montre comme s&#039;est organisé le refus, la ségrégation de la maladie mentale et quand elle rappelle que chacun, dans la santé mentale et dans la folie, est la victime d&#039;une répression collective&amp;quot; (Sztulman, 1974, p. 129). Toutefois, ces mêmes psychiatres rapellent leur opposition à l&#039;étiologie de la maladie mentale revendiquée par les antipsychiatres. Ces années de remise en question et de refonte de la l&#039;insitution psychiatrique ont facilité un réel rétablissement de l&#039;institution de la psychothérapie, puis de la psychothérapie de l&#039;institution. En quise de plaidoyer Pro-Psychiatrie, voici ce que dit Minkowiski, cité par Sztulman (1974, p. 132) et qui résume la vision de non antipsychiatre de ce que devrait être leur profession:&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;Quelque part entre le fantasme de la faute et l&#039;illusion de la toute-puissance se trouve le chemin malaisé d&#039;une psychiatrie nouvelle, à réinventer tous les jours où le psychiatre refuse à la fois la facilité de n&#039;être qu&#039;un instrument passif, indifférent et anenchéphalique de la conservation de l&#039;ordre social et le plaisir narcissique de se situer au-delà d&#039;une réalité clinique ignorée, niée et finalement forclose, parce que angoissante. &#039;&#039;&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La désinstitutionalisation  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon des sources internet, le mouvement de désinstitutionalisation semble avoir débuté vers 1960 (même s’il semble qu’il y ait eu un prélude à la désinstitutionnalisation au début du 19e siècle (L’Institut universitaire en santé mentale de Québec par exemple - La désinstitutionnalisation, http://caringminds.ca/index.php?option=com_content&amp;amp;amp;view=article&amp;amp;amp;id=62&amp;amp;amp;Itemid=43&amp;amp;amp;lang=fr&amp;amp;amp;limitstart=7). Certains observent le début de ce mouvement en Scandinavie, d’autres au Québec. Dans tous les cas, il s’agit d’un mouvement d&#039;ouverture vers la communauté, d’une volonté de «normalisation»[[Normalisation]] &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le mouvement de désinstitutionnalisation s&#039;appuie avant tout sur une philosophie qui met l&#039;accent sur les droits et les libertés des individus, et elle vise à humaniser les soins de santé mentale. ([http://agora-2.org/thematiques/inaptitude.nsf/Dossiers/Desinstitutionnalisation Encyclopédie de l’Agora]). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;horreur suscitée par les politiques nazies du meurtre eugénique des malades psychiatriques et les camps de concentration pendant la Seconde guerre mondiale, ont attirer l’attention sur les pratiques «&amp;amp;nbsp;déshumanisantes&amp;amp;nbsp;» dans les soins psychiatriques en santé mentale, (séquestration, mauvais traitements en tout genre, manque de formation des professionnels). (Voir [http://id.erudit.org/iderudit/032417ar Martin, 1984 et Claire Henderson et Graham Thornicroft], Santé mentale au Québec, vol. 22, n° 2, 1997, p. 88-114. ) Les années d’après-guerre ont vu un accroissement de l’intérêt porté à l’institution comme objet d’étude. Certains auteurs parlent de l’institution comme étant «&amp;amp;nbsp;névrosante&amp;amp;nbsp;», «&amp;amp;nbsp;façonnant et codifiant les gens dans le rôle de patient psychiatrique&amp;amp;nbsp;» (Goffman (1961). On observe dans les années 60 une disparition du personnel religieux des hôpitaux. Naît alors une nouvelle conception de l’individu, une évolution des attitudes envers le malade&amp;amp;nbsp;; on veut le sortir des murs de l’asile psychiatrique. On commence à parler, à cette époque, du «&amp;amp;nbsp;droit de la personne&amp;amp;nbsp;». Des idéaux humanitaires amènent alors à une nouvelle vision de la maladie mentale. Il semble que ce mouvement de désinstitutionnalisation soit également lié à l’apparition des pratiques de pharmacopée. Effectivement, «&amp;amp;nbsp;Ces nouveaux médicaments permettaient de calmer les malades agités, délirants, hallucinés et ainsi permettre d&#039;envisager et de généraliser des traitements psychiques dans des conditions plus réalistes ou encore, lorsque c&#039;était possible, d&#039;envisager un retour au domicile ou dans des structures intermédiaires&amp;amp;nbsp;».([http://fr.wikipedia.org/wiki/Psychiatrie déf. du mot «&amp;amp;nbsp;psychiatrie&amp;amp;nbsp;»]). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On a le désir de «normaliser&amp;amp;nbsp;» leurs conditions de vie. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les années 60, si la personne «&amp;amp;nbsp;déficiente intellectuellement&amp;amp;nbsp;» est encore considérée comme un «&amp;amp;nbsp;malade&amp;amp;nbsp;», le malade mental ne l&#039;est plus, mais davantage comme un sujet pouvant être aidé et guéri. On met en avant le fait que la maladie mentale ne nécessite pas nécessairement une hospitalisation, et qu’elle doit être considérée comme une quelconque maladie. On externalise, on invente la psychiatrie de secteurs, on commence à intégrer des services pour les malades mentaux dans des hôpitaux ou cliniques. On évite ainsi la stigmatisation des malades mentaux placés pour de longues périodes en asile psychiatrique, et on leur évite la perte de leurs facultés leur permettant de se réintégrer dans la société. On redonne alors un rôle à la communauté, tout en accordant des responsabilités aux familles. La patient devient alors le coeur de l&#039;intérêt des praticiens. ([http://www.promentesana.org/upload/application/trimes_43.pdf in Lettre trimestrielle de l’association romande Pro Mente Sana])&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La désinstitutionalisation a permis aux personnes présentant des troubles psychiatriques de sortir de ce milieu assimilé pendant de nombreuses années, au milieu carcéral. Mais une fois &amp;quot;libérées&amp;quot; où vont ces personnes? A ce sujet,&amp;amp;nbsp; [[Bibliographie|N. Carpentier (2001)]] affirme dans son article que 60 à 70&amp;amp;nbsp;% des patients retournent dans leur famille après l’hospitalisation. Mais plusieurs auteurs ont démontré que l&#039;arrivée d&#039;un malade dans une famille, avait de lourde conséquence sur celle-ci. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Avant d’en venir aux conséquences, il semble nécessaire de revenir sur la représentation qu&#039;ont les professionnels des familles des patients. Pour cela, il est intéressant de revenir sur l&#039;évolution de leur vision. En d&#039;autres termes, comment la famille, alors qu&#039;elle était considérée comme coupable de la maladie de l&#039;un de ses membre, est devenue un partenaire idéal?&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au début du XXème siècle, celle-ci était considérée comme étant la cause, l&#039;origine de la maladie de l&#039;enfant. Les professionnels affirmaient que la maladie mentale était un problème génétique, héritée de plusieurs générations antérieures. Ensuite, les années cinquante ont apporté un premier renversement dans cette représentation. En effet, la famille était perçue comme étant un «&amp;amp;nbsp;système réagissant aux troubles mentaux de l’un de ses membres, plutôt qu’en tant que système causant des désordres psychiques&amp;amp;nbsp;» ([[Bibliographie|Carpentier, 2001, p.84]]). Ce changement de perspective est en lien avec l’arrivée d’une politique qui favorise les hospitalisations de courte durée. En d’autres termes, les familles commencent à être perçues comme une solution aux changements politiques. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les années 60, la psychiatrie adopte une vision centrée sur la communauté. Ce changement va être très favorable pour les familles, puisqu’il permet à ces dernières de se déresponsabiliser des troubles mentaux. Ainsi, toujours selon Carpentier, à cette époque «&amp;amp;nbsp;les désordres psychiques [doivent être étudiés] sous l’angle de l’isolement social, des désavantages sociaux, puis selon la présence de stresseurs sociaux et économique&amp;amp;nbsp;»( p.89) .&amp;lt;br&amp;gt;Ainsi, au fur et à mesure que le mouvement de désinstitutionalisation est mis en place, les politiciens et les professionnels considèrent la famille comme étant une solution au problème. En effet, cette dernière est perçue comme «&amp;amp;nbsp;une source privilégiée de soutien émotionnel et social ainsi que comme place de choix pour relocaliser le patient psychiatrique.&amp;amp;nbsp;» ([[Bibliographie|Carpentier, 2001, p.91]]. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Du côté des familles, il semblerait selon  [[Bibliographie|R. Therrien (1990)]] que sur le plan économique et émotionnel, la désinstitutionnalisation leur demande beaucoup, en particulier aux femmes. En effet, toujours selon R.Therrien, avoir quelqu&#039;un ayant des problèmes mentaux à la maison provoque beaucoup de stress. Chez certains, un malade peut devenir un véritable &amp;quot;fardeau&amp;quot;, puisque celui-ci impose beaucoup de contraintes. Effectivement, avoir une personne malade à la maison peut engendrer des conséquences telles que la réduction des loisirs habituels, les sorties avec les amis, par peur d&#039;être jugé, ou encore d&#039;avoir des problèmes avec les voisins, car les comportement de la personne dérange. Tous ces problèmes ont un impacte très fort sur la famille d&#039;autant plus qu&#039;elle n&#039;est pas aidée, ni reconnue pour tout ce qu&#039;elle fait pour la personne malade. &amp;amp;nbsp; &amp;lt;br&amp;gt; A propos de la lourde responsabilité des parents, on peut se demander si les familles ne finiraient pas elles aussi à un moment donné par tomber malade. A ce sujet,  le témoignage d&#039;[[Bibliographie|Alain Riesen]] souligne que lorsqu&#039;une famille prend en charge un de ses membres malade, il ne faut pas qu&#039;elle reste seule, mais qu&#039;elle en parle, partage ce qu&#039;elle vivait au quotidien. C&#039;est donc, pour ces raisons-là que des thérapies familiales ont vu le jours.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La communauté: un modèle alternatif à l&#039;institution fermée  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La communauté comme mode de prise en charge a, dans le champ de l&#039;éducation spéciale et spécialisée, sa propre histoire. Relevant d&#039;une approche démocratique et souvent pacifiste, la communauté est une forme de gouvernement par les personnes elles-mêmes (y compris les enfants). La notion de self-government a été développé dans le cadre de l&#039;éducation nouvelle pour définir de telles pratiques dès la fin du XIXe siècle. Lors de la seconde guerre mondiale des communautés d&#039;enfants victimes de la guerre ont vu le jour partout en Europe. Se référent à des modèles antérieurs comme les écoles nouvelles à la campagne de l&#039;éducation nouvelle (et donc du self-government) , de la république d&#039;enfants, de la cité des enfants, leurs fondateurs ont contribué au relèvement de l&#039;éducation en Europe par un modèle visant la participation des enfants à la gestion de la communauté et leur autonomie. Souvent, transformé dès les années 1950 en foyer pour enfants (malheureux, difficiles voire délinquants), le modèle des communautés d&#039;enfants semble être circonscrit à une période temporelle courte et particulièrement difficile sur le plan économique. On peut donc se demander si ce type de modèle ne serait pas &amp;quot;choisi&amp;quot; particulièrement en temps de crise et de manque de ressources financières donnant ainsi plus de pouvoir aux &amp;quot;usagers&amp;quot; permettant ainsi un moindre encadrement institutionnel. [[https://plone2.unige.ch/aref2010/search?SearchableText=communautés+d%27enfants]]. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des «&amp;amp;nbsp;communautés thérapeutiques&amp;amp;nbsp;» ont été créées en réaction aux enfermements asilaires prônés jusque-là mais qui commençaient à être pointés du doigt, car considérés comme déshumanisants. Bien que créées tout d&#039;abord pour répondre aux phénomènes de dépendances (toxicomanies, par exemple), on trouve, dès la fin des années 60, des communautés thérapeutiques en Angleterre, en France, en Suisse et au Québec, destinées au secteur de la psychiatrie. Avec la naissance de ces communautés thérapeutiques, une nouvelle approche de la psychose en-dehors des lieux de soins traditionnels s&#039;est développée (Schatzman, 1969; Barnes et Berke, 1973; Fabre, 1978; Lecomte et Tourigny, 1983a). Leur but est de créer un milieu &amp;quot;naturel&amp;quot;, en reconstituant les structures d’une «&amp;amp;nbsp;macro famille&amp;amp;nbsp;» ou d’une «&amp;amp;nbsp;mini société&amp;amp;nbsp;», plus rassurantes&amp;amp;nbsp;: on trouve par exemple la Communauté des Sablons, (Maison d&#039;enfants à caractère social et familial (76270 Saint-Saire), ou, en Suisse, le foyer de Tavel qui a vécu cinq ans (1975-1980). Dans le [http://edutechwiki.unige.ch/dewiki/R%C3%A9sum%C3%A9_film_de_Catherine_Scheuchzer film de Catherine Scheuchzer], «&amp;amp;nbsp;Dans l’aventure du non, la parole&amp;amp;nbsp;», (tourné à Boulens, dans la campagne vaudoise, dans les années 70 ), on découvre, dans un décor post soixante huitard, très simplement, dans un rythme extrêmement lent, des adultes et des enfants en interaction, «&amp;amp;nbsp;comme dans la vraie vie&amp;amp;nbsp;». Cette expérience est décrite comme «&amp;amp;nbsp;une véritable expérience d’éveil à la vie&amp;amp;nbsp;», qui «&amp;amp;nbsp;prend le contre-pied du placement en institution psychiatrique&amp;amp;nbsp;» (L’Est vaudois, 19.11.92). Plutôt que de considérer cette population d&#039;enfants, comme on le faisait en asile, comme des fous, murés dans leur silence. On veut les considérer comme des partenaires, des interlocuteurs. Le but est effectivement de les faire participer au quotidien d’une maisonnée, plutôt que de créer des ateliers protégés artificiels. De la sorte, ils sont poussés à se dépasser, à faire des expériences par eux-mêmes, sans avoir nécessairement recours au soutien d’un adulte. Il semble qu&#039;à cette époque, cette nouvelle façon de considérer les enfants autistes comme étant capables d’autonomie, capables d’agir, ait apporté un peu d’humanité dans leur prise en charge. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;enfant&amp;amp;nbsp; ainsi placé dans une communauté thérapeutique vaudoise est-il plus &amp;quot;intégré&amp;quot; que s&#039;il l&#039;était dans une institution considérée par ces acteurs alternatifs du &amp;quot;système&amp;quot; comme un ghetto? Il en va de même avec le terme désinstitutionalisation? Qu&#039;est-ce que l&#039;institution? Il y en a des &amp;quot;bonnes&amp;quot; (maternantes, enveloppantes, naturelles...) et de &amp;quot;mauvaises&amp;quot; (contraignantes, mortifères) (sur ce point les travaux de Fernand Oury puis de Jacques Pain mériteraient qu&#039;on s&#039;y attache (voir la psychothérapie institutionnelle sur le site de Jacques Pain: http://www.jacques-pain.fr).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L&#039;élan contestataire des années 70 à Genève  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En Suisse un même mouvement historique a été observé. Selon le médecin Christian Monney, on y a dénoncé les mêmes agissements qu’ailleurs&amp;amp;nbsp;: enfermement, répression, qui étaient là non pour aider le malade, mais pour protéger l’ordre public. On y mêlait, écrit-il, infirmes, orphelins, indigents et fous… (Dr Christian MONNEY, 1999, à l’occasion des 100 ans de l’Hôpital de Malévoz). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Or, dès 1965, des consultations ambulatoires sont créées et les séjours hospitaliers peuvent ainsi se raccourcir. Les moyens de contention sont contestés. Des établissements médico-éducatifs apparaissent, comme [http://www.castalie.ch/home.php?include=textes&amp;amp;lng=1&amp;amp;id=18&amp;amp;idmenu=14 la Castalie en Valais], grâce au Dr Rey-Belley, en 1972 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Genève, l&#039;élan contestataire débute lorsque Julian de Ajuriaguerra est nommé directeur de Bel-Air en 1959. A son arrivée, il décide d&#039;ouvrir des pavillons et d’introduire une nouvelle idée&amp;amp;nbsp;: «&amp;amp;nbsp;l’hospitalisation de courte durée, dans le but de remplacer, le plus vite possible, le patient dans son milieu naturel&amp;amp;nbsp;». [[Bibliographie|Archives contestataire, boite Riesen/Schuler, Réseau suisse-romand. Alternative à la psychiatrie, 1976.]] C&#039;est donc à ce moment-là que le mouvement de désinstitutionnalisation naît. En effet, on commence à critiquer les asiles et à vouloir modifier le fonctionnement de l&#039;hôpital psychiatrique. Les patients psychiatriques commencent à bénéficier des mêmes droits que les patients non-psychiatriques. De ce fait, entre les années 1963 à 1970, il se développe un système psychiatrique extra-hospitalier complet. Ensuite, pendant les années 70-80, cet élan continue avec la volonté de baser les soins sur des approches psychotérapeutiques.[[Bibliographie|Rey-Bellet, Bardet Blochet, Ferrero, 2010, p.90-95]] &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dès les années 1970, l&#039;ADUPSY (l&#039;association pour les droits des usagers de la psychiatrie) se questionne à propos du placement des malades qui garde, malgré la loi de 1936, un caractère prégnant d&#039;enfermement, et à propos de la limitation des droits des personnes que ces lois entrainent. En effet, l&#039;ADUPSY estime que les malades mentaux n&#039;ont pas le choix de leur placement (internement), cela se fait de force, et que leurs droits sont dès lors limités puisqu&#039;ils n&#039;ont pas de droit de regard sur le traitement qui leur est admistré. A cet effet, cette association relate par exemple qu&#039; &amp;quot;en 1975, la majorité des malades mentaux entrent encore à Bel-Air contre leur gré&amp;quot; ([[Bibliographie|ADUPSY, 1979, p. 7]]). Les droits de l&#039;Homme, et dans ce cas présent du malade, sont donc au coeur du débat. L&#039;association défend alors l&#039;idée que tout &#039;&#039;internement psychiatrique&#039;&#039; devrait être pensé comme une hospitalisation qui respecte les droits du malade mental en assurant sa protection et sa dignité, qui rende le patient actif dans son traitement, qu&#039;il peut d&#039;ailleurs refusé, qui n&#039;a pas comme raison la dangerosité potentielle du patient, qui rappelle au patient quels sont ses &amp;quot;droits en matière d&#039;hospitalisation et de traitement&amp;quot; (p. 13), et qui devrait &amp;quot;nécessité obligatoirement de deux certificats médicaux&amp;quot; (p. 13) de manière à justifier ce placement saur plusieurs avis de provenance différentes. Dans cette optique, on se rend compte de l&#039;évolution de la prise en charge des malades mentaux. Que ce soit au niveau des termes employés, de la procédure ou des droits des patients, l&#039;ensemble de cette prise en charge évolue. L&#039;époque semble donc propice à des changements radicaux. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En réponse à ce nouveau regard sur la question de la prise en charge des malades mentaux, la question de l&#039;éducation semble elle aussi être en mouvance durant cette période.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L&#039;anti-psychiatrie à Genève: une nouvelle politique de la prise en charge  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dès les années 70, le journal mensuel &amp;quot;Tout Va Bien&amp;quot; a consacré de nombreuses pages et numéros à la question de l&#039;anti-psychiatrie. Dès 1973, un groupe d’enquête s’est constitué pour dénoncer une certaine violence et certains abus de pouvoir au sein des asiles psychiatriques. Leur volonté était de déterritorialiser la psychiatrie. «&amp;amp;nbsp;La psychiatrie, c’est l’affaire de tout le monde&amp;amp;nbsp;». Ils voulaient faire exploser la loi du silence qui régnait dans ces lieux. Ils ont voulu dénoncer les rapports de pouvoir sévissant à l&#039;intérieur des murs psychiatriques, la soumission du malade à l’infirmier, la soumission de l’infirmier au médecin, la soumission du médecin aux pouvoirs de l’administrateur bailleur de fonds. Selon ce journal, le mouvement anti-psychiatrique serait né au début des années 60: La clinique psychiatrique de Bel Air, créée en 1900, a commencé à construire des pavillons ouverts avec l’arrivée de son nouveau directeur en 1959, Julian Ajuriaguerra. Son intention était de favoriser le retour de l’interné au plus vite dans leur milieu naturel, grâce à une hospitalisation de courte durée. A Genève, depuis 1963, le travail psychiatrique est sectorisé. On commence à organiser les soins dans des centres de consultation de quartier. Les premières tentatives alternatives apparaissent en Suisse. Des travailleurs sociaux poursuivent une critique des institutions et contribuent à la création et au fonctionnement de centres (qui se différencient des institutions récupératrices) qui ont pour but de venir en aide à toute personne en crise. Exemple&amp;amp;nbsp;: le centre Liotard à Genève, créé par le réseau d’alternative à la psychiatrie de Suisse romande. En janvier 1975 se tient le premier congrès d’alternative à la psychiatrie de secteur (Congrès de Bruxelles, auquel participe un groupe de Genève: il s’en est inspiré pour animer des débats au centre Liotard&amp;amp;nbsp;: recherche d’alternatives concrètes répondant aux besoins des malades. A Lausanne, le 24 janvier 1976, est créé un réseau alternatif à la psychiatrie pour la Suisse romande, dont l’un des membres actifs s’appelle Alain Riesen, du Centre Liotard. Une commission formée aussi bien de psychiatrisés que de soignants s’est alors formée. Elle a remis en question le pouvoir des soignants. Selon cette commission, le but d’une alternative au secteur doit être la prise en main progressive par le malade de ses propres difficultés. Suite à des tentatives d’internement forcé, des tracts ont circulé, dénonçant les abus du pouvoir psychiatrique (voir les archives contestataires de Genève, Classeur Alain Riesen). Dès ce moment-là, une prise de conscience s&#039;opère: le patient ne veut plus être manipulé, il ne veut plus être le cobaye, il ne veut plus être muselé par le pouvoir du médecin. Il veut choisir son mode de guérison, il veut être actif dans le processus de guérison. Il convient alors de faire en sorte que ce soit le patient qui choisisse ou non son hospitalisation. Effectivement, médecins, contestataires et familles se sont rendus compte de l&#039;importance du choix du malade dans sa propre guérison. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A la fin des années 70, d&#039;autres mouvements anti-psychiatriques se répandent en Suisse et ailleurs: par exemple à la clinique de Bellelay, où son nouveau directeur a souhaité ouvrir les murs à son arrivée, et mettre à disposition des appartements protégés, voire même une maison de vacances pour ses patients. Le but était &amp;quot;que les malades puissent le plus possible avoir des contacts humains et une vie «&amp;amp;nbsp;normale&amp;amp;nbsp;» (TVB avril-mai 80). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Suite à la mort atroce d&#039;Alain Urban lors d&#039;une cure de sommeil forcé à la clinique de Bel-Air, l&#039;ADUPSY ainsi que l&#039;Association des Médecins Progressiste ont déployé maints efforts pour alerter l&#039;opinion publique à propos des agissements soupçonneux de la clinque en question. Leurs revedications ont porté sur la suppression des isolements, la priorité données aux instruments de soin ambulatoire, l&#039;augmentation des effectifs globaux du personnel soignant, etc. Ils expriment également leur soutien aux revendications concernant le droit des patients&amp;amp;nbsp;: «&amp;amp;nbsp;Le consentement du patient ou de son entourage immédiat doit toujours être recherché, dans la thérapeutique comme dans la recherche&amp;amp;nbsp;». &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après les drames qui ont secoué Bel-Air, une commission d&#039;enquête a été créée, et c&#039;est non seulement le Directeur de cette clinique qui a été interrogé, mais également les patients, les soignants, ainsi que les cadres. Dès cet instant, &amp;quot;tout est ressorti&amp;quot;, témoigne Alain Riesen, amenant à une première évolution forte: la réforme de l&#039;institution psychiatrique. Le Pr Tissot est déstitué, et un changement au niveau de la législation se fait: le droit de recours apparaît, le patient peut désormais exiger de faire valoir ses droits. Jusque là, le Réseau d&#039;Alternative à la psychiatrie pouvait intervenir sur demande, mais n&#039;avait pas de statut officiel. A partir de cette période, une Commission de surveillance fut mise sur pied (réunissant un juriste, un médecin indépendant, un représentant du Droit des patients), et quatre associations de défense du Droit des patients sont nées: l&#039;Association RÊVE (les &amp;quot;Entendeurs de voix&amp;quot;), l&#039;ADPED (Association des personnes ayant des troubles bi-polaires et dépressifs), l&#039;Expérience (travail artisanal double d&#039;un travail d&#039;entraide), et l&#039;AETOC (Association des personnes ayant des troubles obsessionnels et compulsifs). Selon Alain Riesen, l&#039;institution, malgré l&#039;avancée significative qui a été faite quant au droit des patients, garde les stigmates de l&#039;institution asilaire. &amp;quot;Il y a encore beaucoup de travail à faire pour faire éclater l&#039;institution dans sa dimension totalitaire&amp;quot;, dit-il en conclusion de son récit.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Conclusion: l&#039;anti-psychiatrie un débat déplacé ? ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Point de vue: de l&#039;institution, des droits, considération de la maladie mentale, etc.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les différents mouvements contestataires, qui sont passés de la désinstitutionnalisation à la sectorisation en passant par la création de communautés thérapeutiques, ont amené à une critique du pouvoir institutionnel et des médecins. Le médecin n&#039;est plus tout-puissant et le consentement du patient ou de son entourage doit être obtenu avant tout traitement. Le patient a des droits et il doit les faire respecter.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De l&#039;enfermement asilaire on est allé vers une continuité des soins entre l&#039;hospitalier et l&#039;extra-hospitalier; en effet, sous prétexte que le patient nécessitait des soins, on l&#039;extrayait de  la société pour le placer en hôpital, on cherchait à le &amp;quot;normaliser&amp;quot; en l’excluant du système!: qui voulait-on protéger? Le patient ou la société? En bénéficiant de soins tout en continuant à être inséré dans la société, le patient ne souffre pas d&#039;un isolement qui rendrait sa réinsertion encore plus difficile. En restant inséré, il bénéficie d&#039;un réseau de soutien (famille, amis) qui a une part essentielle à jouer dans le processus de guérison.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cependant, il semblerait que même si beaucoup de progrès ont été accompli dans le domaine de la prise en considération de la personne malade, l&#039;institution garde encore toujours les stigmates de l&#039;asile totalitaire...&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Cécilia Zuccone</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=La_d%C3%A9sinstitutionalisation_dans_le_champ_de_l%27%C3%A9ducation_sp%C3%A9ciale_1960-1980&amp;diff=9242</id>
		<title>La désinstitutionalisation dans le champ de l&#039;éducation spéciale 1960-1980</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=La_d%C3%A9sinstitutionalisation_dans_le_champ_de_l%27%C3%A9ducation_sp%C3%A9ciale_1960-1980&amp;diff=9242"/>
		<updated>2012-01-08T22:01:53Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Cécilia Zuccone : /* Méthodologie */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;[[user:Kleinpa0|P. Klein]],&lt;br /&gt;
[[user:Natalina m|N. M.]],&lt;br /&gt;
[[user:Ruchat|Martine Ruchat]],&lt;br /&gt;
[[user:Tatiana-vinhas|T Vinhas]],&lt;br /&gt;
[[user:Sandra wirz|S. Wirz]] et&lt;br /&gt;
[[user:Cécilia Zuccone|C. Zuccone]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Université de Genève&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Introduction  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A l&#039;heure où l&#039;on peut constater de &amp;quot;nouvelles exclusions&amp;quot; au nom de la protection des citoyennes et des citoyens inquiétantes pour certains, car &amp;quot;ruinant ainsi des décennies d&#039;efforts de déségrégation, désexclusion, de &amp;quot;retour du schizophrène dans la cité&amp;quot; (Dr.Patrick Lemoine, Le mystère du nocebo, Paris. Odile Jacob, 2011, p.69), un certain nombre de questions se posent pour mieux comprendre l&#039;histoire de l&#039;éducation spéciale, une histoire à la fois politique (anti-psychiatrie, sectorisation), sociale et culturelle (intégration, normalisation, désinstitutionalisation, communauté de vie, communauté thérapeutique) dans les décennies des Trente glorieuses (1960-1990) pendant lesquelles a soufflé un vent de contestation des politiques institutionnelles. Un esprit contestataire a émergé en particulier dès les années 1970 (post soixante-huit) provoquant dans le champ de la prise en charge des personnes dites aujourd&#039;hui &amp;quot;à besoins particuliers&amp;quot; un élan de remise en question de l&#039;institution, du pouvoir des médecins, de la contrainte institutionnelle et médicamenteuse. Peu de travaux ont encore exploré ce champ, à Genève, sinon pour étudier l&#039;histoire de Mai 68 et du mouvement féministe. (voir notamment Julie de Dardel, Révolution sexuelle et Mouvement de libération des femmes à Genève (1970-1977). Lausanne: Antipode, 2007). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La recherche proposée vise à mieux comprendre comment, à Genève, le champ de l&#039;éducation spéciale et celui de la psychiatrie a été touché par cette contestation. Elle fait suite à celle engagée en 2010 et 2011 sur l&#039;histoire de l&#039;intégration scolaire des enfants handicapés mentaux [[Pionniers de l&#039;intégration scolaire des enfants handicapés à Genève]] et [[Article 2011]]. Les recherches précédentes ont montré à la fois la complexité des pratiques d&#039;intégration amenant souvent un écart entre discours et pratique, ainsi que les résistances à penser le handicap sans mettre une ligne de démarcation entre norme et hors norme, entre enfant éducable et non éducable, limite souvent mal définie et dépendante des représentations (malédiction du handicap). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au début des années 60, l&#039;intégration apparaît être pour les parents, dont les enfants sont encore entièrement dans la famille, une intégration dans des institutions à créer. Le concept de [[Dictionnaire|normalisation]] vient s&#039;accoler à celui d&#039;intégration pour rapprocher toute déviance d&#039;une norme sociale (en terme d&#039;habitat, d&#039;activité, voire de comportements). Ainsi le milieu ouvert (comme Aigues-Verte par exemple) peut apparaître comme plus proche d&#039;une vie quotidenne &amp;quot;normale&amp;quot; et donc plus intégrant. Le Pavillon des Grand Bois à l&#039;hôpital psychiatrique de Bel-Air représente encore une solution &amp;quot;intégratrice&amp;quot; pour les enfants les plus difficiles à éduquer et les moins autonomes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La [[Dictionnaire|désinstitutionalisation]] qui fait l&#039;objet de cette nouvelle recherche est d&#039;abord issue des milieux de l&#039;anti-psychiatrie (et donc ni des associations de parents ni des milieux pédagogiques); on peut apparenter idéologiquement ce mouvement anti-psychiatrique avec un objectif de normalisation dans le sens de rapprocher les personnes prises en charge de la vie quotidienne de tout un chacun. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi malgré des différences d&#039;application ces différents courants pourraient être affiliés à celui libertaire qui a essaimé dans différents champs du social entre 1970 et 1990. C&#039;est dans une perspective de compréhension de l&#039;histoire des idées et des pratiques du mouvement anti-psychiatrique genevois que s&#039;inscrit cette recherche. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un premier temps, cette page d&#039;histoire sera située dans une &amp;quot;tradition&amp;quot;: d&#039;une part celle du traitement de la différence (notamment depuis les travaux des psycho-pédagogues du début du 20e siècle comme Alfred Binet à Paris, Edouard Claparède à Genève ou Ovide Decroly à Bruxelles); et d&#039;autre part dans une tentative dès les années vingt en Angleterre (voir Libre enfants de Summerhill), mais surtout pendant et dans l&#039;après deuxième guerre mondiale (voire les communautés d&#039;enfants victimes de la guerre), de multiplier les expériences de vie communautaire issue du scoutisme, des mouvements de jeunesse, de l&#039;éducation nouvelle et de l&#039;éducation internationaliste et pacifiste, des colonies de vacances et camps CEMEA, s&#039;opposant à la tradition hospitalière (couvent, Bon Pasteur, Hospice, institutions de prises en charge spécialisées). Ce faisant, nous dégagerons des signes précurseurs de &amp;quot;désinstitutionalisation&amp;quot; avec ces structures plus petites, parfois médicalisées (les écoles de plein-air), mais avant tout proches de la nature et des besoins des individus. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un second temps, nous étudierons la période 1960-1980, laquelle a vu émerger un mouvement anti-psychiatrique (critique de l&#039;hôpital, du pouvoir médical, de la médicalisation à outrance et de la contrainte) pour une critique radicale visant le pouvoir institutionnel et entraînant des pratiques novatrices, lesquelles demandent à être mieux étudiées: 1. dans leurs objectifs (désinstitutionalisation ou déshospitalisation versus sectorisation)? 2. dans le choix fait des traitements: médicaux (traitement ambulatoire) ou éducatif et thérapeutique? 3. dans l&#039;évaluation faite des populations concernées par une prise en charge alternative 4. dans le rôle joué par la psychanalyse comme alternative au traitement médicaux et comme modèle thérapeutique (notamment dans les communautés cf. film de Catherine Scheuchzer, Dans l&#039;aventure du non de la parole) 5. dans le rôle donné aux familles et le poids qui leur est fait supporter (en terme financier, de responsabilité, de culpabilité,...) et en particulier à l&#039;égard des mères et des femmes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il s&#039;agira de mieux comprendre si l&#039;anti-psychiatrie est dans les années 1960-1980 une nouvelle manière de faire de la psychiatrie ou si elle est une véritable contestation de l&#039;institution asilaire, et si les modèles alternatifs proposés ne seraient pas sous couvert d&#039;idéologie libertaire une façon de baisser les coût de la santé en temps de crise. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour ce faire, nous avons lu des articles et consulté une bibliographie d&#039;ouvrages &amp;quot;classiques&amp;quot;, livres de références pour les acteurs/trices de la période considérées, puis nous avons dépouillé des revues professionnelles pour saisir les thématiques qui ont traversé alors le champs de la psychiatrie et de l&#039;éducation spécialisée; dans un second temps, la recherche s&#039;est portée sur un fond d&#039;archives de l&#039;Association Les archives contestataires (fonds Alain Riesen/Schuller) dont les donateurs d&#039;archives, sont fondateurs de l&#039;Arcade 84 et militant de l&#039;anti-psychiatrie genevoise. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un troisième temps nous avons effectué un entretien vidéo (un plan fixe) avec Alain Riesen afin de lui poser cinq questions issues de la recherche dans les archives et dans la littérature afin d&#039;avoir son témoignage sur l&#039;histoire de l&#039;anti-psychiatrie, de la désinstitutionalisation et des communautés thérapeutiques entre 1960 et 1980.[[Plan de recherche 2012]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Revue de la littérature  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On constate qu&#039;il n&#039;y a guère d&#039;articles et d&#039;ouvrages concernant cette page de l&#039;histoire genevoise. Seul un article d&#039;Alain Riesen a en quelque sorte donné le feu aux poudres. Un autre article de Montandon relève plus d&#039;une histoire des liens entre psychiatrie et justice. Ainsi pour approcher l&#039;histoire des changements apparus dans les années soixante sur le plan de l&#039;éducation spéciale dans le traitement des troubles psychiques, il a fallu d&#039;abord s&#039;intéresser à l&#039;histoire de l&#039;anti-psychiatrie, puis de la désinstitutionnalisation et enfin des communautés thérapeutiques, sujet introduit par le [http://edutechwiki.unige.ch/dewiki/R%C3%A9sum%C3%A9_film_de_Catherine_Scheuchzer film de Catherine Scheuchter]. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C&#039;est pourquoi nous avons en particulier étudié les fonds d&#039;archives aux [http://www.archivescontestataires.ch Archives Contestataires] qui rassemblent les documents produits par les mouvements contestataires de la seconde moitié du XXe siècle. A travers une plongée dans quelques revues professionnelles et journalistiques, cela nous a permis de mieux comprendre la place prise par ces thématiques dans les années concernées. Ainsi, un certain nombre de revues professionnelles ont été dépouillées pour la période 1970-1980. Soit Sauvegarde de l&#039;enfance, Déviance et Société, L&#039;Evolution psychiatrique. S&#039;y sont ajoutés les Cahiers Médico-sociaux entre 1956 et 1981, ainsi que le journal &amp;quot;Tout va bien&amp;quot; ( voir [[Notes sur journal Tout va bien]]) dépouillé pour les années 1970 à 1983, qui a consacré trois numéros entiers aux problèmes de la psychiatrie à Genève et surtout au mouvement anti-psychiatrique lié au scandale de l&#039;institution psychiatrique de Bel-Air en 1980. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt; Durant la période de 1970 à 1985, la revue &amp;quot;Sauvegarde de l&#039;enfance&amp;quot; n&#039;a publié aucune revue, voire même aucun article consacré au thème de notre étude, à savoir la désinstitutionnalisation dans le champ de l&#039;éducation spéciale. Au premier abord on pourrait donc tirer la conclusion selon laquelle ce champ d&#039;étude ou ce mouvement n&#039;était que peu présent à cette époque. Toutefois, en se penchant davantage sur les sujets traités dans cette revue, on se rend compte que les auteurs de celle-ci n&#039;ont pas abordé la désinstitutionnalisation en tant que telle, mais l&#039;ont abordée par les effets qu&#039;elle a pu engendré à cette époque. Effectivement, on peut observer des thèmes comme la formation des éducateurs en centre de jour ou en maison d&#039;accueil, la relation entre famille et société, l&#039;école ordinaire, l&#039;adolescence et la violence ou encore l&#039;aide sociale, autant de thèmes qui ont largement découlé de ce mouvement désinstitutionnel. Il est donc fort intéressant de se pencher sur les champs d&#039;action de ce type de revues, afin de mieux comprendre quel était le climat politique, les préoccupations, les tendances de la période qui nous intéresse. D&#039;ailleurs, nous retrouverons tout au long de cet article de nombreuses références aux thèmes traités par le revue &#039;&#039;Sauvegarde de l&#039;enfance&#039;&#039;.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Entre 1972 et 1974&#039;&#039;, [[L&#039;évolution psychiatrique|L&#039; Évolution psychiatrique]]&#039;&#039; consacre deux numéros au thème de l&#039;antipsychiatrie. Dans ces deux numéros, les articles sont rédigés par des médecins psychiatres non antipsychiatres qui s&#039;efforcent, dans un premier temps, de reconnaître les bienfaits des problématiques soulevées par le mouvement antipsychiatrique. Dans un deuxième temps, ces psychiatres soulèvent les thèses du mouvement, les critiquent et se distancent franchement des solutions proposées par les antipsychiatres pour répondre aux problématiques de départ. Après 1974, il n&#039;y a plus de numéros ou d&#039;articles consacrés à l&#039;antipsychiatrie. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La [[Revue Déviance et Société|Revue Déviance et Société]] aborde la problématique du traitement de la déviance essentiellement du point de vue pénale et de l’analyse du mouvement des normes. Les quelques articles relevés entre 1977 et 1982 en lien avec notre problématique témoignent bien du questionnement autour des normes, de la responsabilité et du processus de formation de la déviance et de la stigmatisation. Il est ainsi possible de constater que l’incursion de la psychiatrie dans le domaine pénal est perçue comme une menace ou une déresponsabilisation des actes délinquants ou criminels. Et que les arguments invoqués pour l’application d’une évaluation psychiatrique est bien celle d’une aliénation, mais en dehors ou en parallèle du milieu carcéral. Concernant notamment la prise en charge des mineurs, l’article de Jean-Marie Renouard (1982) relate bien les mouvements conceptuels ayant eu lieu. De l’identification de l’enfant «&amp;amp;nbsp;inadapté&amp;amp;nbsp;» à par la suite l’identification de l’enfant «&amp;amp;nbsp;handicapé&amp;amp;nbsp;», les concepts de l’exclusion qui s’en suivent sont passés d’une stigmatisation dans le but «&amp;amp;nbsp;d’extraire&amp;amp;nbsp;» (dénoncés par la sociologie et le mouvement anti-psychiatrique) à un droit à l’exclusion dans une visée de réintégration. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Les cahiers médico-sociaux]] se dédient aux questions contemporaines liées à la santé publique et médico-sociales. C’est d’un point de vue «&amp;amp;nbsp;mesuré&amp;amp;nbsp;» que cette revue nous indique de façon précieuse quelles étaient les dispositions prises au niveau des politiques sociales (Assurances Invalidité, lois) et du traitement médical ou thérapeutique (services, institutions, approches thérapeutiques, relation praticien-patient). Les articles retenus concernent essentiellement l&#039;hygiène mentale et son appréhension. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt; Cette revue de la littérature montre que les années 60 à 80 ont été fortement teintées par une volonté de sortir les personnes malades de l&#039;institution névrosante, des ghettos asilaires, et de viser plutôt une ouverture vers la communauté. C&#039;est la recherche de la normalisation, donnant de l&#039;ampleur à un certain courant humaniste. Est apparue la notion de Droit des patients: toute personne a le droit de vivre dans son milieu et de participer à la vie de sa communauté. La nécessité d&#039;être acteur de son processus de guérison est devenue prioritaire. Mais jusqu&#039;où est-on allé? Ou se situe la limite d&#039;une &amp;quot;vie comme tout le monde&amp;quot; lorsque l&#039;on souffre, que l&#039;on a des besoins spécifiques? Les années 70 ont été permissives et ont laissé beaucoup d&#039;autonomie aux personnes handicapées ou malades, mais se sont-elles senties mieux?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Méthodologie  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le travail de recherche a mêlé plusieurs méthodologies. Outre l&#039;apprentissage de l&#039;usage d&#039;un wiki qui a cimenté comme il se doit cette &amp;quot;communauté de travail&amp;quot; de six membres, ceux-ci ont travaillé dans trois directions: la recherche documentaire et bibliographique, l&#039;étude d&#039;un fonds d&#039;archives (le Fonds Riesen/Schuler de l&#039;Association les Archives contestataire) et la construction d&#039;une grille de questions à poser au &amp;quot;grand témoin&amp;quot;, Alain Riesen. Ces quatre outils méthodologiques ont donc fondé cette étude. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1. De l&#039;usage du wiki &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La pratique de l&#039;intelligence collective oblige à mettre en mouvement deux réseaux: le réseau que forme les membres de la communauté qui travaillent constamment ensemble pour alimenter le site dewiki et le &amp;quot;réseau&amp;quot; des pages de rédaction qu&#039;offre le site wiki, soit: l&#039;espace de l&#039;article, celui du dictionnaire des concepts, celui de la bibliographie et celui des résumés. Reste évidemment la page d&#039;accueil qui permet de visualiser l&#039;ensemble et de suivre les tâches à effectuer d&#039;une semaine à l&#039;autre. Ce travail de recherche mêle des moments de rencontre sur le web (notamment par les pages de discussion autour d&#039;une activité), mais aussi réellement en salle de cours afin surtout d&#039;assurer le rythme d&#039;avancement de la démarche et d&#039;échanger du point de vue intellectuel et du point de vue technologique. L&#039;évaluation de la démarche se fait aussi dans une même perspective d&#039;intelligence collective qui nécessite un engagement des personnes pour le &amp;quot;bien commun&amp;quot; à savoir le résultat de l&#039;ensemble des activités qui forment cette recherche originale. Une autoévaluation collective clôt la démarche un mois après la fin de l&#039;expérience collective pour permettre d&#039;ajuster les rythme individuel et de peaufiner les textes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
2. De la recherche documentaire et bibliographique &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Afin de mieux comprendre les positions des différents acteurs dans les domaines que nous avons étudiés, il a été nécessaire de se plonger dans différentes revues professionnelles ou sociales. La plupart d&#039;entre elles étant gardées en version papier dans différents lieux d&#039;archives ou bibliothèques, nous nous sommes rendues dans les bibliothèques universitaires de plusieurs facultés (psychologie et sciences de l&#039;éducation, lettres, médecine,...) afin d&#039;avoir accès aux articles de l&#039;époque. La plupart de ces thématiques n&#039;étant pas directement liées à nos propres études, il nous a fallu, dans un premier temps, saisir tout un lexique, une pensée, un domaine parfois méconnus, voire inconnus. Dans un deuxième temps, il a fallu comprendre comment ce qui avait été lu pouvait s&#039;inscrire dans cette période entre 1960 et 1980, quelles étaient les sources d&#039;inspirations et les revendications de cette époque particulière.Nous avons également fait appel à des ouvrages, des livres que nous avons trouvé en bibliothèque afin d&#039;étayer notre recherche.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
3. De la recherche en archives &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous sommes allées deux matins aux Archives Contestataires, afin de faire de la recherche sur le fond Riesen/Schuler. Ce fut très intéressant de toucher des documents manuscrits, de vieux journaux, et de la documentation provenant des médecins. Ce fut pour nous toutes une découverte intéressante de faire de la recherche d&#039;une autre manière. Aussi, cela nous a permis de mieux comprendre notre objet d&#039;étude dans le cadre genevois et ains de pouvoir préparer les différentes questions que nous allions posées à Alain Riesen lors de notre entretien.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
4. La constitution d&#039;une archive orale &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
N&#039;ayant trouvé que peu d&#039;archives écrites sur le mouvement de contestation de la psychiatrie à Genève entre 1960 et 1980, nous avons eu la chance de pouvoir interviewer Monsieur Alain Riesen, ergothérapeute et co-fondateur d&#039;Arcade 84. En relation avec les thématiques propres à chacune selon les revues consultées ou les ouvrages lus, nous avons pu l&#039;interroger d&#039;abord sur sa position de professionnel de la psychiatrie et son statut de militant. Dans un deuxième temps, nous lui avons demandé qu&#039;elles étaient ses lectures de références, sa conception de la maladie mentale, et sa vision du partenariat avec les familles des malades. Finalement, nous l&#039;avons interrogé sur les apports de toutes ces années de militantisme, notamment au sein de l&#039;ADUPSY et du réseau alternatif à la psychiatrie.([[Plan de recherche 2012|Questions]]). Cet entretien nous a tout d&#039;abord permis de mieux comprendre ce qui s&#039;était réellement passé à Genève durant la période étudiée, et surtout d&#039;avoir des éléments précis et concrêt de cette période de désinstitutionnalisation. C&#039;est ainsi que nous avons pu compléter notre article en regard des propos de Monsieur Riesen.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Panorama historique général  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Des prisons à l&#039;asile pour les personnes atteintes d&#039;affections mentales&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Jusqu&#039;à la fin du XVIIIe siècle, les hôpitaux psychiatriques internaient une population bien différente de celle accueillie au XXe siècle. [[Bibliographie|Cléopâtre Montandon&amp;amp;nbsp;(1978)]]&amp;amp;nbsp; nous dévoile que les populations désignées comme relevant de l&#039;univers psychiatrique étaient très fortement liées à l&#039;univers carcéral. Effectivement, jusqu&#039;au XVIIIe siècle, les criminels étaient considérés comme &amp;quot;fous&amp;quot; ou &amp;quot;aliénés&amp;quot; et se voyaient enfermés, voire même enchaînés dans des &amp;quot;maisons de discipline&amp;quot; ou dans des &amp;quot;hôpitaux pour fous&amp;quot;. A cette époque, seule la justice décidait du lieu d&#039;incarcération des individus criminels. Peu à peu, des distinctions se sont faites pour montrer que certains criminels aliénés relevaient davantage de la psychiatrie, et se définissaient essentiellement par une responsabilité restreinte et une santé mentale défaillante. Ce sont alors ces personnes, désignées comme ne pouvant accomplir leur rôle social, que les hôpitaux psychiatriques ont admis dans leurs locaux. Pour décider et justifier ces internements, la justice ne pouvait agir seule. C&#039;est à partir de 1838 qu&#039;une loi voit le jour à Genève concernant l&#039;internement des &amp;quot;aliénés&amp;quot;: loi sur le placement et la surveillance des aliénés (5 février 1838). On parlera dès lors de &#039;&#039;placement&#039;&#039; des aliénés, et non plus de l&#039;enfermement ou de l&#039;internement de ces derniers.&amp;lt;br&amp;gt; &amp;quot;Ce n&#039;est qu&#039;à partir de 1936 que l&#039;autorisation d&#039;un internement est délivré sur vue d&#039;un certificat médical par le Département de la prévoyance sociale et de la santé publique&amp;quot;. Ainsi, on voit combien la société évolue en définissant clairement et sur preuves médicales qui peut être &#039;&#039;placé&#039;&#039; en hôpital psychiatrique. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On peut également noter que les préoccupations principales de la période du XVIIIe au début du XXe siècle se restreignaient principalement à la sécurité, et de fait au &#039;&#039;placement&#039;&#039; de ces personnes. Où pouvait-on mettre physiquement ces personnes différentes pour qu&#039;elles ne nuisent pas à la société? Que pouvait-on faire d&#039;elles? Qui pouvait s&#039;en occuper? Que faire avec ces personnes? On observe dès lors que, pendant plusieurs siècles, ces personnes étaient enfermées, considérées comme étant dénuées de tous sens, de toute sensibilité, et par conséquent ne recevaient aucune éducation. Il faudra alors attendre la fin du XIXe siècle pour entrevoir une forme d&#039;éducation de ces personnes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans son article, &amp;quot;[[Bibliographie|La naissance de l&#039;institutions pour aliénés]]&amp;quot; à Genève au 19e siècle, Alain Riesen montre que la problématique de l&#039;internement est grandissante et que &amp;quot;l&#039;inhumanité de l&#039;enfermement&amp;quot; (Riesen, 1981) est au coeur des préoccupations. Il relate également une nouvelle conception du milieu asilaire&amp;amp;nbsp;: &amp;quot;la possibilité d&#039;améliorer l&#039;état des aliénés, ou même les guérir, si de bonnes conditions sont réunies&amp;quot;. En d&#039;autres termes, il s&#039;agirait de pouvoir administrer un traitement aux malades de manière à guérir, à soigner leur folie; à l&#039;époque nommé &#039;&#039;traitement de la folie. &#039;&#039;Plusieurs types de traitements font alors leur apparition et notamment l&#039;isolement. Il s&#039;agissait d&#039;éloigner le malade des conditions de vie qui l&#039;ont rendu &#039;&#039;fou&#039;&#039; &amp;quot;afin de le soustraire à leur influence&amp;quot;. La médication fut également un des traitements de la folie.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette nouvelle manière de penser l&#039;internement étant accomplie, plusieurs dérives ont vu le jour, et notamment les placements abusifs effectués par le Département de Justice et Police. En 1895, la Loi de 1838 est revue de manière à éclaircir la procédure d&#039;admission des aliénés.&amp;amp;nbsp;&amp;quot;Même si la loi de 1838 ne rend pas obligatoire l&#039;avis médical pour procéder au placement, dans la pratique, le médecin se fondant sur une &#039;&#039;science&#039;&#039; de l&#039;aliénisme en plein développment, va jouer un rôle de plus en plus important dans le placement et la sortie des aliénés&amp;quot; ([[Bibliographie|ADUPSY]]). L&#039;avis médical devient dès lors requis pour tout placement. Enfin, la réforme de 1936 met en évidence la nécessité et l&#039;exigence d&#039;un certificat médical pour être placé. Quiconque ne peut pas être déféni comme &amp;quot;fou&amp;quot; ou &amp;quot;aliéné&amp;quot; sans avis médical suivant des règles précises.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;L&#039;éducation...&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au début du XXe siècle, Binet et Simon (1907)&amp;amp;nbsp; &#039;&#039;donnent une nouvelle forme cognitive de l&#039;éducation spéciale qui perdurera au moins jusqu&#039;au années 1960&#039;&#039; ([[Bibliographie|Chauvière et Plaisance, 2003, p. 32]]).&amp;amp;nbsp; A cette époque, on distinguait les arriérés d&#039;asiles, non éducables et à laisser entre les mains des médecins, des arriérés d&#039;école. Ainsi, des institutions apparaissent entre l&#039;hôpital et la classe ordinaire: les classes spéciales (ou classes de développement) et les instituts médico-pédagogiques. Dans ces nouveaux lieux, la pédagogie était &#039;&#039;inspirée par l&#039;atelier, c&#039;est-à-dire guidée par la mise en oeuvre de travaux manuels et d&#039;exercices pratiques &#039;&#039;([[Bibliographie|Chauvière et Plaisance, 2003, p. 33]]). A Genève, c&#039;est le médecin et psychologue Edouard Claparède qui sera appelé pour réorganiser les classes spéciales sur un mode scientifique, c&#039;est-à-dire en tenant compte du diagnostic effectué sur l&#039;enfant et du pronostic d&#039;éducabilité. [[Bibliographie|Ruchat]] &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En grande-Bretagne, dans les années 1920, A.S Neill, puis dans les années 1960, David Cooper ont mis en place de nouveaux lieux pour exercer une forme innovante de psychiatrie et d&#039;éducation, remise en question de l&#039;internement psychiatrique des malades mentaux. C&#039;est en effet à travers des expériences comme [[Résumé de l&#039;ouvrage Libres enfants de Summerhill|Libres enfants de Summerhill]] de [[Bibliographie|Neill]] en 1921 ou Pavillon 21 menée par [[Bibliographie|Cooper]] en 1962 que l&#039;anti-psychiatrie semble voir le jour. Effectivement, plusieurs principes régissent ce nouveau type de lieu à savoir la liberté des individus, le self-governement, les apprentissages facultatifs... en ayant pour hypothèses que le mal-être et la maladie mentale de ces individus sont en partie dû aux contraintes du monde dans lequel ils évoluent et apprennent. Dès lors, il convient de créer des institutions, des lieux éloignés de toute coercition et de toute autorité. Notons également que Maud Mannoni, dans la préface de l&#039;ouvrage Libres enfants de Summerhill, relate que Neil faisait partie de &amp;quot;la lignée anarchisante qui donna naissance à l&#039;antipsychiatrie&amp;quot; ([[Bibliographie|Mannoni, dans Neill, 1979, p. 9]]).&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais on constate aussi, en France, que la période 1945-1960 est également bouleversée et traversée par de nouveaux modèles éducatifs avec la naissance de lieu de vie où l&#039;enfant inadapté est accueilli, non pas à travers sa maladie ou sa différence, mais plus à travers le fait qu&#039;il est un enfant et qu&#039;il doit être éduqué. Jean Lagarde, fondateur de l&#039;association de la sauvegarde des enfants invalides dans la période après guerre, souhaitait effectivement faire &amp;quot;l&#039;expérience d&#039;éducation toujours dans un creuset communautaire&amp;quot; ([[Bibliographie|Capul, 2002, p.141]]). Lagarde avait pour objectif de créer un lieu où les soins médicaux puissent être administrés aux enfants qui en nécessitaient, tout en leur proposant un accueil éducatif. Nous pourrions plutôt dire qu&#039;il désirait créer une école, un lieu de vie où un suivi médical était envisageable. Il s&#039;agissait en effet d&#039;éloigner l&#039;enfant du lieu médical pour qu&#039;il devienne élève et que, de fait, il puisse apprendre. Dans cette optique, équipe pédagogique et équipe médical devaient collaborer étroitement. Cette expérience est à nouveau le témoin d&#039;une nouvelle forme d&#039;hospitalisation. Il est possible de faire le lien entre cette expérience et l&#039;approche de Maud Mannoni en 1969, avec la création de l&#039;Ecole expérimentale de Bonneuil-sur-Marne où il s&#039;agissait également de séparer les lieux d&#039;analyse et les lieux de vie (lieux pédagogiques).&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Et en Suisse?&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En se fondant sur des principes similaires à ceux de Neil et de Cooper, dès les années 1960,&amp;amp;nbsp; de nombreuses institutions privées pour enfants handicapés ou en difficultés se développent en Suisse, majoritairement sous l&#039;impulsion d&#039;associations de parents. Ces derniers ont été amenés à &#039;&#039;créer et à gérer des institutions de type médico-éducatif&#039;&#039; &#039;&#039;pour éviter à leurs enfants d&#039;être relégués dans des services d&#039;hôpitaux psychiatriques ou d&#039;être seulement en survie à leur domicile&#039;&#039; (Chauvière er Plaisance, 2003, p.35). Aujourd&#039;hui, les institutions, à Genève, semblent toujours être un peu sur le même modèle, celui de &amp;quot;l&#039;alliance&amp;quot; entre le médical et le pédagogique (qui regroupe aussi l&#039;aspect éducatif). Si on ne cherche peut-être plus à éviter aux élèves la reléguation en psychiatrie, on les place dans des lieux parfois hors de tout cursus ordinaire et loin de la norme. Ce qui questionne enfin sur qu&#039;est-ce que la normalisation? Et où mettre la limite à une vie comme tout le monde avec un handicap: la liberté (permissivité, autonomie) des années 1970 a-t-elle fait l&#039;impasse sur la souffrance des individus face aux exigences thérapeutiques et pédagogiques? La communauté d&#039;enfants (pédagogique, institutionnelle, thérapeutique) est-elle un modèle &amp;quot;utile&amp;quot; en temps de crise des institutions: peu coûteux, demandant un engagement au quotidien (vie quotidienne) du collectif pédagogique et thérapeutique (donc assurant un &amp;quot;contrôle social&amp;quot; maximal.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Ce qu&#039;en dit Riesen...&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour ce chapitre, nous avons interrogé Alain Riesen au sujet de la question des communautés thérapeutiques, afin de voir si celles-ci ont influencé ou non le processus de désinstitutionnalisation et antipsychiatrique des années 1960 à 1980. Tout d&#039;abord, Riesen met en évidence dans ses propos qu&#039;il est important de créer un parallèle entre le passé et le présent de manière à situer le contexte historique et politique, mais surtout de manière à voir sur quoi reposent nos agissements. Ainsi, selon Riesen, la naissance de ces communautés thérapeutiques comme détaillée précédemment dans ce chapitre, est un pas de l&#039;histoire de la désinstitutionnalisation. Effectivement, ces communautés thérapeutiques se développent comme une alternative à l&#039;hospitalisation traditionnelle dans un contexte qui remet en question les rapports de pouvoir dans l&#039;institution, mais également au niveau de l&#039;éducation, de la santé ou encore des rapports entre hommes et femmes.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Toutefois, Riesen pointe le fait que ces communautés thérapeutiques prônant à l&#039;époque leur volonté de travailler dans la relation à l&#039;autre en utilisant les moyens les moins cohercitifs possibles pour entre en relation, soigner et atténuer la souffrance psychique des patients, ne se sont pas développées sur le long terme. En effet, cette alternative à l&#039;hospitalisation est vécue par certains comme plus dure et comme provoquant plus de souffrance en raison de la non médicalisation qu&#039;elle préconise. De plus, cette approche thérapeutique est très coûteuse en personnel soignant qualifié et ne pourra donc être soutenue par l&#039;état. Bien que cette cette tentative ne soit pas celle qui est perdurée, Riesen relève le fait qu&#039;elle est tout de même eu son importance dans l&#039;histoire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Prémisses à l&#039;anti-psychiatrie==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les années 60, Michel Foucault a tenté d&#039;amorcer &amp;quot;un dialogue entre la psychiatrie et ses sujets&amp;quot; ([[Bibliographie|Rose, 2006, p.113]]) et dès 1971 avec la sortie de son ouvrage sur les prisons, c&#039;est à la critique de l&#039;univers carcéral et des rapports de pouvoir qu&#039;il s&#039;attelle (Surveiller et punir, 1971). Ces critiques, plus tard regroupées sous le nom d&#039;antipsychiatrie, visaient à remettre en question &amp;quot;la manière dont le pouvoir du médecin était impliqué dans la vérité de ce qu&#039;il disait et, inversement, la manière dont celle-ci pouvait être fabriquée et compromise par son pouvoir ([[Bibliographie|Rose, 2006, p.120-121]]). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En Italie, Franco Basaglia, qui s’est appuyé entre autres sur les modèles de l’anti-psychiatrie anglaise et française pour mener sa lutte ([[Bibliographie|Cooper, Lang, Foucault, Caxtel]]), s&#039;en est pris aux conditions de vie moyenâgeuses réservées aux malades mentaux. En quelques années, il démantèle l’asile et expérimente les premiers éléments de sa conception territoriale (et non plus institutionnelle) de la folie&amp;amp;nbsp;: le malade est soigné dans son milieu social&amp;amp;nbsp;» (TVB 10 octobre 80).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;institution comme lieu d&#039;exclusion est mise à mal par une volonté de certains de supprimer ces lieux de contrainte, pour une vie libre dans la Cité (sectorisation) ou dans des communautés thérapeutiques (de préférence à la campagne) partant du présupposé que les conditions de vie des personnes sont déterminantes dans leur état de santé (avant même tout diagnostic). Par ailleurs, dans ces années-là, la vie quotidienne devient un objet d&#039;étude (la sociologie de la vie quotidienne), terreau de multiples expériences pédagogiques et thérapeutiques. Le slogan &amp;quot;La liberté est thérapeutique&amp;quot; s&#039;allie à une critique de la contrainte médicamenteuse et des pratiques de contention psychiatrique: elle donne ainsi une place à de nouvelles formes d&#039;&amp;quot;éducation spéciale&amp;quot; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Symptôme de ce changement le terme d&#039;&amp;quot;usagers&amp;quot; vient reléguer celui de &amp;quot;patients&amp;quot; donnant un nouveau statut aux personnes, écorchant ainsi le sacro saint pouvoir des médecins et des directions des institutions.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La fonction du médicament dans l&#039;approche anti-psychiatrique  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;apparition de la médication au début des années 1960 permet d&#039;éviter l&#039;internement. Elle soutient fortement le changement qui s’opère dans les pratiques et donne l&#039;impression de pouvoir faire quelque chose. Elle fait transparaître un espoir aussi bien pour les praticiens que pour les patients puisque grâce aux médicaments il y a une diminution des hospitalisations, une augmentation des prises en charge ambulatoires et une augmentation des consultations. L&#039;avancée de la médecine et l’essor de la psychopharmacologie permettent alors de développer de nouvelles perspectives thérapeutiques et de nouveaux défis comme le soutien au patient et à sa famille, la mise en place de nouvelles structures. Il s&#039;agit ainsi de &amp;quot;jeter un pont entre l&#039;hôpital et la ville&amp;quot; (CMS, 1963, 7ème année, n°2 &amp;quot;L’assistance psychiatrique&amp;quot;). Les personnes dites &amp;quot;folles&amp;quot; ne sont plus à enfermer, mais des personnes souffrant de troubles mentaux qu&#039;il faut soutenir dans leur autonomie et contenir dans leur pathologie (Kovess-Masféty, Boisson, Godot &amp;amp; Sauneron, 2010). Cependant, les connaissances récentes sur les effets de la médication et les abus sur son utilisation sont également soulevés. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;anti-psychiatrie se veut aussi anti-thérapeutique, ce qui lui est&amp;amp;nbsp; vivement reproché par les anti anti-psychiatres. Selon ces derniers, les anti-psychiatres considèrent que &amp;quot;les traitements sont à proscrire&amp;quot; ([[Bibliographie|Maurel, 1972]], p. 79). &amp;quot;Traiter, écrit Cooper, c&#039;est être intéressé à rendre le patient plus acceptable pour les autres...et lui faire manifester de moindre façon sa détresse&amp;quot; ([[Bibliographie|Maurel, 1972]], p. 79). Les anti anti-psychiatres militent ainsi pour une guérison grâce à des médicaments &#039;&#039;efficaces&#039;&#039; (au sens médical), selon des avis rapportés par les patients eux-mêmes. Selon les psychiatres opposés au courant anti-psychiatrique, ce-dernier vise &amp;quot;sans toujours l&#039;avouer à &amp;quot;soigner&amp;quot; clandestinement les &amp;quot;malades&amp;quot;&amp;quot; (Maurel, 1972, p.80), ce qui est selon Maurel et ses collègues, une contradiction.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Psychiatrie et anti-psychiatrie  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le mouvement d&#039;anti-psychiatrie&amp;amp;nbsp; &amp;quot;s&#039;oppose d&#039;abord et avant tout à une forme de monopole du savoir médical&amp;quot; ([[Bibliographie|Mannoni, 1970]], p. 9). Il dénonce l&#039;autorité morale et policière&amp;amp;nbsp; du psychiatre. Toutefois, psychiatres et partisants de l&#039;anti-psychiatrie s&#039;accorde sur le fait que &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;la société place le psychiatre dans une position ambiguë&amp;amp;nbsp;: il est au service d&#039;un patient dont il a à défendre les droits mais il se trouve également placé en position d&#039;auxiliaire de la police dans un programme d&#039;internement qui est un processus d&#039;obligation de soins&#039;&#039; (Mannoni, 1970, p. 168). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les réponses apportées par les uns et par les autres pour essayer de lever cette ambiguité sont toutefois différentes. Si l&#039;anti-psychiatrie cherche plutôt à démystifier &amp;quot;le rôle que la société fait jouer à la psychiatrie&amp;quot; (Mannoni, 1970, p.168), à créer des lieux où la maladie mentale pourrait être réintérrogée (allant même jusqu&#039;à nier la notion de maladie mentale) et à s&#039;éloigner des conceptions scientistes, certains psychiatres cherchent à remettre sur le devant de la scène un discours scientifique. &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;---Quand l&#039;antipsychiatrie est critique radicale de l&#039;institution, je suis antipsychiatre; mais quand elle se réfugie dans la négation de la maladie mentale, je suis contre&#039;&#039;--- ([[Bibliographie|Sztulman, 1972]], p.107).&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les archives de la revue &amp;quot;&#039;&#039;L&#039; Évolution psychiatrique&#039;&#039;&amp;quot;, les psychiatres non antipsychiatres se sont attelés, au début des années 70, à défendre leur point de vue scientifique et médical. Face au mouvement de protestation, ils ont écrits plusieurs articles afin de réhabiliter la psychiatrie et montrer les incohérences du mouvement antipsychiatrique, non seulement dans ce qu&#039;il dénonce, mais également dans les solutions qu&#039;il propose. S&#039;ils reconnaissent un certain succès à l&#039;antipsychiatrie &amp;quot;dans sa position de refus et de provocation&amp;quot; ([[Bibliographie|Barte, 1972]], p. 46), les solutions qu&#039;elle propose ne les satisfont guère. Pour certains membres de ce corps médical, la maladie mentale doit être reconnue comme &#039;&#039;phénomène nature&#039;&#039;l ([[Bibliographie|Ey, 1972]], p. 53). &amp;quot;En faisant volatiliser dans le néan l&#039;objet même de la psychiatrie qu&#039;est le malade mental, l&#039;antipsychiatrie nie la souffrance humaine, nie le drame authentiquement humain que vit chaque malade mental (Barte, 1972, p. 46). Pour défendre ces patients malades, &amp;quot;fous&amp;quot;, pour les réhabiliter, il est nécessaire de &amp;quot;passer par la reconnaissance même de la psychiatrie, science critique et autonome et qui ne peut se fonder que sur la notion de maladie mentale conçue ni comme simple maladie des organes, ni comme simple maladie psychique&amp;quot; (Barte, 1972, p.47). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le malaise asilaire est reconnu par les non antipsychiatres et les antipsychiatres. Il importe de traiter l&#039;institution en même termps que ses pensionnaires. Cependant, les non antipsychiatres récusent la responsabilité de l&#039;hôpital psychiatrique dans la création de la folie, &amp;quot;même s&#039;il concourt parfois à statufier certaines présentations cliniques&amp;quot;. (Sztulman, 1972, p. 106). Face aux critiques sur l&#039;hôpital, notamment face à certains qui, comme Basaglia, refusaient l&#039;idée de traitement de malades et de médecins, les non antipsychiatres dénoncent la destruction de l&#039;hôpital au profit d&#039;assemblées générales peu organisées. Sztulman (1972) pose la question&amp;amp;nbsp;: &amp;quot;A quoi ça sert&amp;amp;nbsp;? A quoi ça sert d&#039;être psychiatre là, ou femme de service,&amp;amp;nbsp; ou ergothérapeute puisque de tout façon chacun est dépouillé de son statut, et que les rôles sont&amp;amp;nbsp; inventer en permanence&amp;amp;nbsp;?&amp;quot; (p.102). Pour ces médecins, la négation de l&#039;inconscient et celle de la maladie mentale dans le mouvement antipsychiatrique amène des &#039;&#039;attitudes thérapeutiques particulièrement incohérentes &#039;&#039;(Sztulman, 1972, p. 101). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La question de l&#039;attribution de la maladie mentale à un fait organique ou plutôt à un fait culturel était alors au coeur de la bataille entre antipsychiatres et non antipsychiatres. Lors de l&#039;entretien mené avec Monsieur Alain Riesen, ce dernier nous a expliqué que cette question est toujours d&#039;actualité et qu&#039;il n&#039;y a pas, aujourd&#039;hui encore, de définition claire de la part de la communauté scientifique (voir [[La santé mentale aujourd&#039;hui]]). Dans les années 1970, les non antipsychiatres critiquaient l&#039;erreur de l&#039;antipsychiatrie dans sa croyance &amp;quot;&#039;&#039;en un principe de causalité univoque et direct de la psychose&amp;quot;&amp;amp;nbsp;&#039;&#039;(Sztulman, 1972, p.105). Dans le même article, Sztulamn déclare encore: &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&amp;quot;&#039;&#039;il est dogmatique et naïf de dire que la folie se développe en dehors de toute culture. Il est dogmatique et naïf de dire qu&#039;elle se limite à un fait culturel. De tout évidence, il n&#039;y a pas un modèle qu&#039;il soit organo, psycho ou socio-génétique de la maladie mentale, mais pluridéterminisme à pondération variable suivant les cas&#039;&#039;&amp;quot; (p. 105). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Monsieur Alain Riesen a bien décrit cette vision de &#039;&#039;pluridéterminisme&#039;&#039;. Il nous a expliqué que la conception de la maladie mentale comme unique produit d&#039;un système qui disfonctionne semble devoir se ranger derrière un système bio-psycho-social qui rencontre actuellement le plus de soutient de la part des professionnels du domaine psychiatrique. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un peu plus tard, en 1974, L&#039;évolution psychiatrique a consacré à nouveau un numéro à l&#039;antipsychiatrie. Le vent de révolte de la part des non antipsychiatres semble s&#039;être calmé, comme s&#039;ils avaient été entendus et reconnus, comme s&#039;ils avaient &amp;quot;résisté à l&#039;agression psychiatricide de l&#039;antipsychiatrie&amp;quot; ([[Bibliographie|Sztulman, 1974]], p.129). Les mêmes auteurs qu&#039;en 1972 relèvent toujours l&#039;importance de l&#039;antipsychiatrie dans une démarche de contestation et d&#039;identification des difficultés de l&#039;institution psychiatrique. &amp;quot;L&#039;antipsychiatrie nous aide quand elle montre comme s&#039;est organisé le refus, la ségrégation de la maladie mentale et quand elle rappelle que chacun, dans la santé mentale et dans la folie, est la victime d&#039;une répression collective&amp;quot; (Sztulman, 1974, p. 129). Toutefois, ces mêmes psychiatres rapellent leur opposition à l&#039;étiologie de la maladie mentale revendiquée par les antipsychiatres. Ces années de remise en question et de refonte de la l&#039;insitution psychiatrique ont facilité un réel rétablissement de l&#039;institution de la psychothérapie, puis de la psychothérapie de l&#039;institution. En quise de plaidoyer Pro-Psychiatrie, voici ce que dit Minkowiski, cité par Sztulman (1974, p. 132) et qui résume la vision de non antipsychiatre de ce que devrait être leur profession:&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;Quelque part entre le fantasme de la faute et l&#039;illusion de la toute-puissance se trouve le chemin malaisé d&#039;une psychiatrie nouvelle, à réinventer tous les jours où le psychiatre refuse à la fois la facilité de n&#039;être qu&#039;un instrument passif, indifférent et anenchéphalique de la conservation de l&#039;ordre social et le plaisir narcissique de se situer au-delà d&#039;une réalité clinique ignorée, niée et finalement forclose, parce que angoissante. &#039;&#039;&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La désinstitutionalisation  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon des sources internet, le mouvement de désinstitutionalisation semble avoir débuté vers 1960 (même s’il semble qu’il y ait eu un prélude à la désinstitutionnalisation au début du 19e siècle (L’Institut universitaire en santé mentale de Québec par exemple - La désinstitutionnalisation, http://caringminds.ca/index.php?option=com_content&amp;amp;amp;view=article&amp;amp;amp;id=62&amp;amp;amp;Itemid=43&amp;amp;amp;lang=fr&amp;amp;amp;limitstart=7). Certains observent le début de ce mouvement en Scandinavie, d’autres au Québec. Dans tous les cas, il s’agit d’un mouvement d&#039;ouverture vers la communauté, d’une volonté de «normalisation»[[Normalisation]] &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le mouvement de désinstitutionnalisation s&#039;appuie avant tout sur une philosophie qui met l&#039;accent sur les droits et les libertés des individus, et elle vise à humaniser les soins de santé mentale. ([http://agora-2.org/thematiques/inaptitude.nsf/Dossiers/Desinstitutionnalisation Encyclopédie de l’Agora]). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;horreur suscitée par les politiques nazies du meurtre eugénique des malades psychiatriques et les camps de concentration pendant la Seconde guerre mondiale, ont attirer l’attention sur les pratiques «&amp;amp;nbsp;déshumanisantes&amp;amp;nbsp;» dans les soins psychiatriques en santé mentale, (séquestration, mauvais traitements en tout genre, manque de formation des professionnels). (Voir [http://id.erudit.org/iderudit/032417ar Martin, 1984 et Claire Henderson et Graham Thornicroft], Santé mentale au Québec, vol. 22, n° 2, 1997, p. 88-114. ) Les années d’après-guerre ont vu un accroissement de l’intérêt porté à l’institution comme objet d’étude. Certains auteurs parlent de l’institution comme étant «&amp;amp;nbsp;névrosante&amp;amp;nbsp;», «&amp;amp;nbsp;façonnant et codifiant les gens dans le rôle de patient psychiatrique&amp;amp;nbsp;» (Goffman (1961). On observe dans les années 60 une disparition du personnel religieux des hôpitaux. Naît alors une nouvelle conception de l’individu, une évolution des attitudes envers le malade&amp;amp;nbsp;; on veut le sortir des murs de l’asile psychiatrique. On commence à parler, à cette époque, du «&amp;amp;nbsp;droit de la personne&amp;amp;nbsp;». Des idéaux humanitaires amènent alors à une nouvelle vision de la maladie mentale. Il semble que ce mouvement de désinstitutionnalisation soit également lié à l’apparition des pratiques de pharmacopée. Effectivement, «&amp;amp;nbsp;Ces nouveaux médicaments permettaient de calmer les malades agités, délirants, hallucinés et ainsi permettre d&#039;envisager et de généraliser des traitements psychiques dans des conditions plus réalistes ou encore, lorsque c&#039;était possible, d&#039;envisager un retour au domicile ou dans des structures intermédiaires&amp;amp;nbsp;».([http://fr.wikipedia.org/wiki/Psychiatrie déf. du mot «&amp;amp;nbsp;psychiatrie&amp;amp;nbsp;»]). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On a le désir de «normaliser&amp;amp;nbsp;» leurs conditions de vie. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les années 60, si la personne «&amp;amp;nbsp;déficiente intellectuellement&amp;amp;nbsp;» est encore considérée comme un «&amp;amp;nbsp;malade&amp;amp;nbsp;», le malade mental ne l&#039;est plus, mais davantage comme un sujet pouvant être aidé et guéri. On met en avant le fait que la maladie mentale ne nécessite pas nécessairement une hospitalisation, et qu’elle doit être considérée comme une quelconque maladie. On externalise, on invente la psychiatrie de secteurs, on commence à intégrer des services pour les malades mentaux dans des hôpitaux ou cliniques. On évite ainsi la stigmatisation des malades mentaux placés pour de longues périodes en asile psychiatrique, et on leur évite la perte de leurs facultés leur permettant de se réintégrer dans la société. On redonne alors un rôle à la communauté, tout en accordant des responsabilités aux familles. La patient devient alors le coeur de l&#039;intérêt des praticiens. ([http://www.promentesana.org/upload/application/trimes_43.pdf in Lettre trimestrielle de l’association romande Pro Mente Sana])&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La désinstitutionalisation a permis aux personnes présentant des troubles psychiatriques de sortir de ce milieu assimilé pendant de nombreuses années, au milieu carcéral. Mais une fois &amp;quot;libérées&amp;quot; où vont ces personnes? A ce sujet,&amp;amp;nbsp; [[Bibliographie|N. Carpentier (2001)]] affirme dans son article que 60 à 70&amp;amp;nbsp;% des patients retournent dans leur famille après l’hospitalisation. Mais plusieurs auteurs ont démontré que l&#039;arrivée d&#039;un malade dans une famille, avait de lourde conséquence sur celle-ci. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Avant d’en venir aux conséquences, il semble nécessaire de revenir sur la représentation qu&#039;ont les professionnels des familles des patients. Pour cela, il est intéressant de revenir sur l&#039;évolution de leur vision. En d&#039;autres termes, comment la famille, alors qu&#039;elle était considérée comme coupable de la maladie de l&#039;un de ses membre, est devenue un partenaire idéal?&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au début du XXème siècle, celle-ci était considérée comme étant la cause, l&#039;origine de la maladie de l&#039;enfant. Les professionnels affirmaient que la maladie mentale était un problème génétique, héritée de plusieurs générations antérieures. Ensuite, les années cinquante ont apporté un premier renversement dans cette représentation. En effet, la famille était perçue comme étant un «&amp;amp;nbsp;système réagissant aux troubles mentaux de l’un de ses membres, plutôt qu’en tant que système causant des désordres psychiques&amp;amp;nbsp;» ([[Bibliographie|Carpentier, 2001, p.84]]). Ce changement de perspective est en lien avec l’arrivée d’une politique qui favorise les hospitalisations de courte durée. En d’autres termes, les familles commencent à être perçues comme une solution aux changements politiques. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les années 60, la psychiatrie adopte une vision centrée sur la communauté. Ce changement va être très favorable pour les familles, puisqu’il permet à ces dernières de se déresponsabiliser des troubles mentaux. Ainsi, toujours selon Carpentier, à cette époque «&amp;amp;nbsp;les désordres psychiques [doivent être étudiés] sous l’angle de l’isolement social, des désavantages sociaux, puis selon la présence de stresseurs sociaux et économique&amp;amp;nbsp;»( p.89) .&amp;lt;br&amp;gt;Ainsi, au fur et à mesure que le mouvement de désinstitutionalisation est mis en place, les politiciens et les professionnels considèrent la famille comme étant une solution au problème. En effet, cette dernière est perçue comme «&amp;amp;nbsp;une source privilégiée de soutien émotionnel et social ainsi que comme place de choix pour relocaliser le patient psychiatrique.&amp;amp;nbsp;» ([[Bibliographie|Carpentier, 2001, p.91]]. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Du côté des familles, il semblerait selon  [[Bibliographie|R. Therrien (1990)]] que sur le plan économique et émotionnel, la désinstitutionnalisation leur demande beaucoup, en particulier aux femmes. En effet, toujours selon R.Therrien, avoir quelqu&#039;un ayant des problèmes mentaux à la maison provoque beaucoup de stress. Chez certains, un malade peut devenir un véritable &amp;quot;fardeau&amp;quot;, puisque celui-ci impose beaucoup de contraintes. Effectivement, avoir une personne malade à la maison peut engendrer des conséquences telles que la réduction des loisirs habituels, les sorties avec les amis, par peur d&#039;être jugé, ou encore d&#039;avoir des problèmes avec les voisins, car les comportement de la personne dérange. Tous ces problèmes ont un impacte très fort sur la famille d&#039;autant plus qu&#039;elle n&#039;est pas aidée, ni reconnue pour tout ce qu&#039;elle fait pour la personne malade. &amp;amp;nbsp; &amp;lt;br&amp;gt; A propos de la lourde responsabilité des parents, on peut se demander si les familles ne finiraient pas elles aussi à un moment donné par tomber malade. A ce sujet,  le témoignage d&#039;[[Bibliographie|Alain Riesen]] souligne que lorsqu&#039;une famille prend en charge un de ses membres malade, il ne faut pas qu&#039;elle reste seule, mais qu&#039;elle en parle, partage ce qu&#039;elle vivait au quotidien. C&#039;est donc, pour ces raisons-là que des thérapies familiales ont vu le jours.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La communauté: un modèle alternatif à l&#039;institution fermée  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La communauté comme mode de prise en charge a, dans le champ de l&#039;éducation spéciale et spécialisée, sa propre histoire. Relevant d&#039;une approche démocratique et souvent pacifiste, la communauté est une forme de gouvernement par les personnes elles-mêmes (y compris les enfants). La notion de self-government a été développé dans le cadre de l&#039;éducation nouvelle pour définir de telles pratiques dès la fin du XIXe siècle. Lors de la seconde guerre mondiale des communautés d&#039;enfants victimes de la guerre ont vu le jour partout en Europe. Se référent à des modèles antérieurs comme les écoles nouvelles à la campagne de l&#039;éducation nouvelle (et donc du self-government) , de la république d&#039;enfants, de la cité des enfants, leurs fondateurs ont contribué au relèvement de l&#039;éducation en Europe par un modèle visant la participation des enfants à la gestion de la communauté et leur autonomie. Souvent, transformé dès les années 1950 en foyer pour enfants (malheureux, difficiles voire délinquants), le modèle des communautés d&#039;enfants semble être circonscrit à une période temporelle courte et particulièrement difficile sur le plan économique. On peut donc se demander si ce type de modèle ne serait pas &amp;quot;choisi&amp;quot; particulièrement en temps de crise et de manque de ressources financières donnant ainsi plus de pouvoir aux &amp;quot;usagers&amp;quot; permettant ainsi un moindre encadrement institutionnel. [[https://plone2.unige.ch/aref2010/search?SearchableText=communautés+d%27enfants]]. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des «&amp;amp;nbsp;communautés thérapeutiques&amp;amp;nbsp;» ont été créées en réaction aux enfermements asilaires prônés jusque-là mais qui commençaient à être pointés du doigt, car considérés comme déshumanisants. Bien que créées tout d&#039;abord pour répondre aux phénomènes de dépendances (toxicomanies, par exemple), on trouve, dès la fin des années 60, des communautés thérapeutiques en Angleterre, en France, en Suisse et au Québec, destinées au secteur de la psychiatrie. Avec la naissance de ces communautés thérapeutiques, une nouvelle approche de la psychose en-dehors des lieux de soins traditionnels s&#039;est développée (Schatzman, 1969; Barnes et Berke, 1973; Fabre, 1978; Lecomte et Tourigny, 1983a). Leur but est de créer un milieu &amp;quot;naturel&amp;quot;, en reconstituant les structures d’une «&amp;amp;nbsp;macro famille&amp;amp;nbsp;» ou d’une «&amp;amp;nbsp;mini société&amp;amp;nbsp;», plus rassurantes&amp;amp;nbsp;: on trouve par exemple la Communauté des Sablons, (Maison d&#039;enfants à caractère social et familial (76270 Saint-Saire), ou, en Suisse, le foyer de Tavel qui a vécu cinq ans (1975-1980). Dans le [http://edutechwiki.unige.ch/dewiki/R%C3%A9sum%C3%A9_film_de_Catherine_Scheuchzer film de Catherine Scheuchzer], «&amp;amp;nbsp;Dans l’aventure du non, la parole&amp;amp;nbsp;», (tourné à Boulens, dans la campagne vaudoise, dans les années 70 ), on découvre, dans un décor post soixante huitard, très simplement, dans un rythme extrêmement lent, des adultes et des enfants en interaction, «&amp;amp;nbsp;comme dans la vraie vie&amp;amp;nbsp;». Cette expérience est décrite comme «&amp;amp;nbsp;une véritable expérience d’éveil à la vie&amp;amp;nbsp;», qui «&amp;amp;nbsp;prend le contre-pied du placement en institution psychiatrique&amp;amp;nbsp;» (L’Est vaudois, 19.11.92). Plutôt que de considérer cette population d&#039;enfants, comme on le faisait en asile, comme des fous, murés dans leur silence. On veut les considérer comme des partenaires, des interlocuteurs. Le but est effectivement de les faire participer au quotidien d’une maisonnée, plutôt que de créer des ateliers protégés artificiels. De la sorte, ils sont poussés à se dépasser, à faire des expériences par eux-mêmes, sans avoir nécessairement recours au soutien d’un adulte. Il semble qu&#039;à cette époque, cette nouvelle façon de considérer les enfants autistes comme étant capables d’autonomie, capables d’agir, ait apporté un peu d’humanité dans leur prise en charge. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;enfant&amp;amp;nbsp; ainsi placé dans une communauté thérapeutique vaudoise est-il plus &amp;quot;intégré&amp;quot; que s&#039;il l&#039;était dans une institution considérée par ces acteurs alternatifs du &amp;quot;système&amp;quot; comme un ghetto? Il en va de même avec le terme désinstitutionalisation? Qu&#039;est-ce que l&#039;institution? Il y en a des &amp;quot;bonnes&amp;quot; (maternantes, enveloppantes, naturelles...) et de &amp;quot;mauvaises&amp;quot; (contraignantes, mortifères) (sur ce point les travaux de Fernand Oury puis de Jacques Pain mériteraient qu&#039;on s&#039;y attache (voir la psychothérapie institutionnelle sur le site de Jacques Pain: http://www.jacques-pain.fr).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L&#039;élan contestataire des années 70 à Genève  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En Suisse un même mouvement historique a été observé. Selon le médecin Christian Monney, on y a dénoncé les mêmes agissements qu’ailleurs&amp;amp;nbsp;: enfermement, répression, qui étaient là non pour aider le malade, mais pour protéger l’ordre public. On y mêlait, écrit-il, infirmes, orphelins, indigents et fous… (Dr Christian MONNEY, 1999, à l’occasion des 100 ans de l’Hôpital de Malévoz). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Or, dès 1965, des consultations ambulatoires sont créées et les séjours hospitaliers peuvent ainsi se raccourcir. Les moyens de contention sont contestés. Des établissements médico-éducatifs apparaissent, comme [http://www.castalie.ch/home.php?include=textes&amp;amp;lng=1&amp;amp;id=18&amp;amp;idmenu=14 la Castalie en Valais], grâce au Dr Rey-Belley, en 1972 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Genève, l&#039;élan contestataire débute lorsque Julian de Ajuriaguerra est nommé directeur de Bel-Air en 1959. A son arrivée, il décide d&#039;ouvrir des pavillons et d’introduire une nouvelle idée&amp;amp;nbsp;: «&amp;amp;nbsp;l’hospitalisation de courte durée, dans le but de remplacer, le plus vite possible, le patient dans son milieu naturel&amp;amp;nbsp;». [[Bibliographie|Archives contestataire, boite Riesen/Schuler, Réseau suisse-romand. Alternative à la psychiatrie, 1976.]] C&#039;est donc à ce moment-là que le mouvement de désinstitutionnalisation naît. En effet, on commence à critiquer les asiles et à vouloir modifier le fonctionnement de l&#039;hôpital psychiatrique. Les patients psychiatriques commencent à bénéficier des mêmes droits que les patients non-psychiatriques. De ce fait, entre les années 1963 à 1970, il se développe un système psychiatrique extra-hospitalier complet. Ensuite, pendant les années 70-80, cet élan continue avec la volonté de baser les soins sur des approches psychotérapeutiques.[[Bibliographie|Rey-Bellet, Bardet Blochet, Ferrero, 2010, p.90-95]] &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dès les années 1970, l&#039;ADUPSY (l&#039;association pour les droits des usagers de la psychiatrie) se questionne à propos du placement des malades qui garde, malgré la loi de 1936, un caractère prégnant d&#039;enfermement, et à propos de la limitation des droits des personnes que ces lois entrainent. En effet, l&#039;ADUPSY estime que les malades mentaux n&#039;ont pas le choix de leur placement (internement), cela se fait de force, et que leurs droits sont dès lors limités puisqu&#039;ils n&#039;ont pas de droit de regard sur le traitement qui leur est admistré. A cet effet, cette association relate par exemple qu&#039; &amp;quot;en 1975, la majorité des malades mentaux entrent encore à Bel-Air contre leur gré&amp;quot; ([[Bibliographie|ADUPSY, 1979, p. 7]]). Les droits de l&#039;Homme, et dans ce cas présent du malade, sont donc au coeur du débat. L&#039;association défend alors l&#039;idée que tout &#039;&#039;internement psychiatrique&#039;&#039; devrait être pensé comme une hospitalisation qui respecte les droits du malade mental en assurant sa protection et sa dignité, qui rende le patient actif dans son traitement, qu&#039;il peut d&#039;ailleurs refusé, qui n&#039;a pas comme raison la dangerosité potentielle du patient, qui rappelle au patient quels sont ses &amp;quot;droits en matière d&#039;hospitalisation et de traitement&amp;quot; (p. 13), et qui devrait &amp;quot;nécessité obligatoirement de deux certificats médicaux&amp;quot; (p. 13) de manière à justifier ce placement saur plusieurs avis de provenance différentes. Dans cette optique, on se rend compte de l&#039;évolution de la prise en charge des malades mentaux. Que ce soit au niveau des termes employés, de la procédure ou des droits des patients, l&#039;ensemble de cette prise en charge évolue. L&#039;époque semble donc propice à des changements radicaux. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En réponse à ce nouveau regard sur la question de la prise en charge des malades mentaux, la question de l&#039;éducation semble elle aussi être en mouvance durant cette période.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L&#039;anti-psychiatrie à Genève: une nouvelle politique de la prise en charge  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dès les années 70, le journal mensuel &amp;quot;Tout Va Bien&amp;quot; a consacré de nombreuses pages et numéros à la question de l&#039;anti-psychiatrie. Dès 1973, un groupe d’enquête s’est constitué pour dénoncer une certaine violence et certains abus de pouvoir au sein des asiles psychiatriques. Leur volonté était de déterritorialiser la psychiatrie. «&amp;amp;nbsp;La psychiatrie, c’est l’affaire de tout le monde&amp;amp;nbsp;». Ils voulaient faire exploser la loi du silence qui régnait dans ces lieux. Ils ont voulu dénoncer les rapports de pouvoir sévissant à l&#039;intérieur des murs psychiatriques, la soumission du malade à l’infirmier, la soumission de l’infirmier au médecin, la soumission du médecin aux pouvoirs de l’administrateur bailleur de fonds. Selon ce journal, le mouvement anti-psychiatrique serait né au début des années 60: La clinique psychiatrique de Bel Air, créée en 1900, a commencé à construire des pavillons ouverts avec l’arrivée de son nouveau directeur en 1959, Julian Ajuriaguerra. Son intention était de favoriser le retour de l’interné au plus vite dans leur milieu naturel, grâce à une hospitalisation de courte durée. A Genève, depuis 1963, le travail psychiatrique est sectorisé. On commence à organiser les soins dans des centres de consultation de quartier. Les premières tentatives alternatives apparaissent en Suisse. Des travailleurs sociaux poursuivent une critique des institutions et contribuent à la création et au fonctionnement de centres (qui se différencient des institutions récupératrices) qui ont pour but de venir en aide à toute personne en crise. Exemple&amp;amp;nbsp;: le centre Liotard à Genève, créé par le réseau d’alternative à la psychiatrie de Suisse romande. En janvier 1975 se tient le premier congrès d’alternative à la psychiatrie de secteur (Congrès de Bruxelles, auquel participe un groupe de Genève: il s’en est inspiré pour animer des débats au centre Liotard&amp;amp;nbsp;: recherche d’alternatives concrètes répondant aux besoins des malades. A Lausanne, le 24 janvier 1976, est créé un réseau alternatif à la psychiatrie pour la Suisse romande, dont l’un des membres actifs s’appelle Alain Riesen, du Centre Liotard. Une commission formée aussi bien de psychiatrisés que de soignants s’est alors formée. Elle a remis en question le pouvoir des soignants. Selon cette commission, le but d’une alternative au secteur doit être la prise en main progressive par le malade de ses propres difficultés. Suite à des tentatives d’internement forcé, des tracts ont circulé, dénonçant les abus du pouvoir psychiatrique (voir les archives contestataires de Genève, Classeur Alain Riesen). Dès ce moment-là, une prise de conscience s&#039;opère: le patient ne veut plus être manipulé, il ne veut plus être le cobaye, il ne veut plus être muselé par le pouvoir du médecin. Il veut choisir son mode de guérison, il veut être actif dans le processus de guérison. Il convient alors de faire en sorte que ce soit le patient qui choisisse ou non son hospitalisation. Effectivement, médecins, contestataires et familles se sont rendus compte de l&#039;importance du choix du malade dans sa propre guérison. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A la fin des années 70, d&#039;autres mouvements anti-psychiatriques se répandent en Suisse et ailleurs: par exemple à la clinique de Bellelay, où son nouveau directeur a souhaité ouvrir les murs à son arrivée, et mettre à disposition des appartements protégés, voire même une maison de vacances pour ses patients. Le but était &amp;quot;que les malades puissent le plus possible avoir des contacts humains et une vie «&amp;amp;nbsp;normale&amp;amp;nbsp;» (TVB avril-mai 80). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Suite à la mort atroce d&#039;Alain Urban lors d&#039;une cure de sommeil forcé à la clinique de Bel-Air, l&#039;ADUPSY ainsi que l&#039;Association des Médecins Progressiste ont déployé maints efforts pour alerter l&#039;opinion publique à propos des agissements soupçonneux de la clinque en question. Leurs revedications ont porté sur la suppression des isolements, la priorité données aux instruments de soin ambulatoire, l&#039;augmentation des effectifs globaux du personnel soignant, etc. Ils expriment également leur soutien aux revendications concernant le droit des patients&amp;amp;nbsp;: «&amp;amp;nbsp;Le consentement du patient ou de son entourage immédiat doit toujours être recherché, dans la thérapeutique comme dans la recherche&amp;amp;nbsp;». &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après les drames qui ont secoué Bel-Air, une commission d&#039;enquête a été créée, et c&#039;est non seulement le Directeur de cette clinique qui a été interrogé, mais également les patients, les soignants, ainsi que les cadres. Dès cet instant, &amp;quot;tout est ressorti&amp;quot;, témoigne Alain Riesen, amenant à une première évolution forte: la réforme de l&#039;institution psychiatrique. Le Pr Tissot est déstitué, et un changement au niveau de la législation se fait: le droit de recours apparaît, le patient peut désormais exiger de faire valoir ses droits. Jusque là, le Réseau d&#039;Alternative à la psychiatrie pouvait intervenir sur demande, mais n&#039;avait pas de statut officiel. A partir de cette période, une Commission de surveillance fut mise sur pied (réunissant un juriste, un médecin indépendant, un représentant du Droit des patients), et quatre associations de défense du Droit des patients sont nées: l&#039;Association RÊVE (les &amp;quot;Entendeurs de voix&amp;quot;), l&#039;ADPED (Association des personnes ayant des troubles bi-polaires et dépressifs), l&#039;Expérience (travail artisanal double d&#039;un travail d&#039;entraide), et l&#039;AETOC (Association des personnes ayant des troubles obsessionnels et compulsifs). Selon Alain Riesen, l&#039;institution, malgré l&#039;avancée significative qui a été faite quant au droit des patients, garde les stigmates de l&#039;institution asilaire. &amp;quot;Il y a encore beaucoup de travail à faire pour faire éclater l&#039;institution dans sa dimension totalitaire&amp;quot;, dit-il en conclusion de son récit.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Conclusion: l&#039;anti-psychiatrie un débat déplacé ? ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Point de vue: de l&#039;institution, des droits, considération de la maladie mentale, etc.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les différents mouvements contestataires, qui sont passés de la désinstitutionnalisation à la sectorisation en passant par la création de communautés thérapeutiques, ont amené à une critique du pouvoir institutionnel et des médecins. Le médecin n&#039;est plus tout-puissant et le consentement du patient ou de son entourage doit être obtenu avant tout traitement. Le patient a des droits et il doit les faire respecter.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De l&#039;enfermement asilaire on est allé vers une continuité des soins entre l&#039;hospitalier et l&#039;extra-hospitalier; en effet, sous prétexte que le patient nécessitait des soins, on l&#039;extrayait de  la société pour le placer en hôpital, on cherchait à le &amp;quot;normaliser&amp;quot; en l’excluant du système!: qui voulait-on protéger? Le patient ou la société? En bénéficiant de soins tout en continuant à être inséré dans la société, le patient ne souffre pas d&#039;un isolement qui rendrait sa réinsertion encore plus difficile. En restant inséré, il bénéficie d&#039;un réseau de soutien (famille, amis) qui a une part essentielle à jouer dans le processus de guérison.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cependant, il semblerait que même si beaucoup de progrès ont été accompli dans le domaine de la prise en considération de la personne malade, l&#039;institution garde encore toujours les stigmates de l&#039;asile totalitaire...&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Cécilia Zuccone</name></author>
	</entry>
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		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=La_d%C3%A9sinstitutionalisation_dans_le_champ_de_l%27%C3%A9ducation_sp%C3%A9ciale_1960-1980&amp;diff=9239</id>
		<title>La désinstitutionalisation dans le champ de l&#039;éducation spéciale 1960-1980</title>
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		<updated>2012-01-08T21:58:30Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Cécilia Zuccone : /* Introduction */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;[[user:Kleinpa0|P. Klein]],&lt;br /&gt;
[[user:Natalina m|N. M.]],&lt;br /&gt;
[[user:Ruchat|Martine Ruchat]],&lt;br /&gt;
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[[user:Sandra wirz|S. Wirz]] et&lt;br /&gt;
[[user:Cécilia Zuccone|C. Zuccone]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Université de Genève&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Introduction  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A l&#039;heure où l&#039;on peut constater de &amp;quot;nouvelles exclusions&amp;quot; au nom de la protection des citoyennes et des citoyens inquiétantes pour certains, car &amp;quot;ruinant ainsi des décennies d&#039;efforts de déségrégation, désexclusion, de &amp;quot;retour du schizophrène dans la cité&amp;quot; (Dr.Patrick Lemoine, Le mystère du nocebo, Paris. Odile Jacob, 2011, p.69), un certain nombre de questions se posent pour mieux comprendre l&#039;histoire de l&#039;éducation spéciale, une histoire à la fois politique (anti-psychiatrie, sectorisation), sociale et culturelle (intégration, normalisation, désinstitutionalisation, communauté de vie, communauté thérapeutique) dans les décennies des Trente glorieuses (1960-1990) pendant lesquelles a soufflé un vent de contestation des politiques institutionnelles. Un esprit contestataire a émergé en particulier dès les années 1970 (post soixante-huit) provoquant dans le champ de la prise en charge des personnes dites aujourd&#039;hui &amp;quot;à besoins particuliers&amp;quot; un élan de remise en question de l&#039;institution, du pouvoir des médecins, de la contrainte institutionnelle et médicamenteuse. Peu de travaux ont encore exploré ce champ, à Genève, sinon pour étudier l&#039;histoire de Mai 68 et du mouvement féministe. (voir notamment Julie de Dardel, Révolution sexuelle et Mouvement de libération des femmes à Genève (1970-1977). Lausanne: Antipode, 2007). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La recherche proposée vise à mieux comprendre comment, à Genève, le champ de l&#039;éducation spéciale et celui de la psychiatrie a été touché par cette contestation. Elle fait suite à celle engagée en 2010 et 2011 sur l&#039;histoire de l&#039;intégration scolaire des enfants handicapés mentaux [[Pionniers de l&#039;intégration scolaire des enfants handicapés à Genève]] et [[Article 2011]]. Les recherches précédentes ont montré à la fois la complexité des pratiques d&#039;intégration amenant souvent un écart entre discours et pratique, ainsi que les résistances à penser le handicap sans mettre une ligne de démarcation entre norme et hors norme, entre enfant éducable et non éducable, limite souvent mal définie et dépendante des représentations (malédiction du handicap). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au début des années 60, l&#039;intégration apparaît être pour les parents, dont les enfants sont encore entièrement dans la famille, une intégration dans des institutions à créer. Le concept de [[Dictionnaire|normalisation]] vient s&#039;accoler à celui d&#039;intégration pour rapprocher toute déviance d&#039;une norme sociale (en terme d&#039;habitat, d&#039;activité, voire de comportements). Ainsi le milieu ouvert (comme Aigues-Verte par exemple) peut apparaître comme plus proche d&#039;une vie quotidenne &amp;quot;normale&amp;quot; et donc plus intégrant. Le Pavillon des Grand Bois à l&#039;hôpital psychiatrique de Bel-Air représente encore une solution &amp;quot;intégratrice&amp;quot; pour les enfants les plus difficiles à éduquer et les moins autonomes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La [[Dictionnaire|désinstitutionalisation]] qui fait l&#039;objet de cette nouvelle recherche est d&#039;abord issue des milieux de l&#039;anti-psychiatrie (et donc ni des associations de parents ni des milieux pédagogiques); on peut apparenter idéologiquement ce mouvement anti-psychiatrique avec un objectif de normalisation dans le sens de rapprocher les personnes prises en charge de la vie quotidienne de tout un chacun. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi malgré des différences d&#039;application ces différents courants pourraient être affiliés à celui libertaire qui a essaimé dans différents champs du social entre 1970 et 1990. C&#039;est dans une perspective de compréhension de l&#039;histoire des idées et des pratiques du mouvement anti-psychiatrique genevois que s&#039;inscrit cette recherche. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un premier temps, cette page d&#039;histoire sera située dans une &amp;quot;tradition&amp;quot;: d&#039;une part celle du traitement de la différence (notamment depuis les travaux des psycho-pédagogues du début du 20e siècle comme Alfred Binet à Paris, Edouard Claparède à Genève ou Ovide Decroly à Bruxelles); et d&#039;autre part dans une tentative dès les années vingt en Angleterre (voir Libre enfants de Summerhill), mais surtout pendant et dans l&#039;après deuxième guerre mondiale (voire les communautés d&#039;enfants victimes de la guerre), de multiplier les expériences de vie communautaire issue du scoutisme, des mouvements de jeunesse, de l&#039;éducation nouvelle et de l&#039;éducation internationaliste et pacifiste, des colonies de vacances et camps CEMEA, s&#039;opposant à la tradition hospitalière (couvent, Bon Pasteur, Hospice, institutions de prises en charge spécialisées). Ce faisant, nous dégagerons des signes précurseurs de &amp;quot;désinstitutionalisation&amp;quot; avec ces structures plus petites, parfois médicalisées (les écoles de plein-air), mais avant tout proches de la nature et des besoins des individus. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un second temps, nous étudierons la période 1960-1980, laquelle a vu émerger un mouvement anti-psychiatrique (critique de l&#039;hôpital, du pouvoir médical, de la médicalisation à outrance et de la contrainte) pour une critique radicale visant le pouvoir institutionnel et entraînant des pratiques novatrices, lesquelles demandent à être mieux étudiées: 1. dans leurs objectifs (désinstitutionalisation ou déshospitalisation versus sectorisation)? 2. dans le choix fait des traitements: médicaux (traitement ambulatoire) ou éducatif et thérapeutique? 3. dans l&#039;évaluation faite des populations concernées par une prise en charge alternative 4. dans le rôle joué par la psychanalyse comme alternative au traitement médicaux et comme modèle thérapeutique (notamment dans les communautés cf. film de Catherine Scheuchzer, Dans l&#039;aventure du non de la parole) 5. dans le rôle donné aux familles et le poids qui leur est fait supporter (en terme financier, de responsabilité, de culpabilité,...) et en particulier à l&#039;égard des mères et des femmes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il s&#039;agira de mieux comprendre si l&#039;anti-psychiatrie est dans les années 1960-1980 une nouvelle manière de faire de la psychiatrie ou si elle est une véritable contestation de l&#039;institution asilaire, et si les modèles alternatifs proposés ne seraient pas sous couvert d&#039;idéologie libertaire une façon de baisser les coût de la santé en temps de crise. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour ce faire, nous avons lu des articles et consulté une bibliographie d&#039;ouvrages &amp;quot;classiques&amp;quot;, livres de références pour les acteurs/trices de la période considérées, puis nous avons dépouillé des revues professionnelles pour saisir les thématiques qui ont traversé alors le champs de la psychiatrie et de l&#039;éducation spécialisée; dans un second temps, la recherche s&#039;est portée sur un fond d&#039;archives de l&#039;Association Les archives contestataires (fonds Alain Riesen/Schuller) dont les donateurs d&#039;archives, sont fondateurs de l&#039;Arcade 84 et militant de l&#039;anti-psychiatrie genevoise. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un troisième temps nous avons effectué un entretien vidéo (un plan fixe) avec Alain Riesen afin de lui poser cinq questions issues de la recherche dans les archives et dans la littérature afin d&#039;avoir son témoignage sur l&#039;histoire de l&#039;anti-psychiatrie, de la désinstitutionalisation et des communautés thérapeutiques entre 1960 et 1980.[[Plan de recherche 2012]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Revue de la littérature  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On constate qu&#039;il n&#039;y a guère d&#039;articles et d&#039;ouvrages concernant cette page de l&#039;histoire genevoise. Seul un article d&#039;Alain Riesen a en quelque sorte donné le feu aux poudres. Un autre article de Montandon relève plus d&#039;une histoire des liens entre psychiatrie et justice. Ainsi pour approcher l&#039;histoire des changements apparus dans les années soixante sur le plan de l&#039;éducation spéciale dans le traitement des troubles psychiques, il a fallu d&#039;abord s&#039;intéresser à l&#039;histoire de l&#039;anti-psychiatrie, puis de la désinstitutionnalisation et enfin des communautés thérapeutiques, sujet introduit par le [http://edutechwiki.unige.ch/dewiki/R%C3%A9sum%C3%A9_film_de_Catherine_Scheuchzer film de Catherine Scheuchter]. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C&#039;est pourquoi nous avons en particulier étudié les fonds d&#039;archives aux [http://www.archivescontestataires.ch Archives Contestataires] qui rassemblent les documents produits par les mouvements contestataires de la seconde moitié du XXe siècle. A travers une plongée dans quelques revues professionnelles et journalistiques, cela nous a permis de mieux comprendre la place prise par ces thématiques dans les années concernées. Ainsi, un certain nombre de revues professionnelles ont été dépouillées pour la période 1970-1980. Soit Sauvegarde de l&#039;enfance, Déviance et Société, L&#039;Evolution psychiatrique. S&#039;y sont ajoutés les Cahiers Médico-sociaux entre 1956 et 1981, ainsi que le journal &amp;quot;Tout va bien&amp;quot; ( voir [[Notes sur journal Tout va bien]]) dépouillé pour les années 1970 à 1983, qui a consacré trois numéros entiers aux problèmes de la psychiatrie à Genève et surtout au mouvement anti-psychiatrique lié au scandale de l&#039;institution psychiatrique de Bel-Air en 1980. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt; Durant la période de 1970 à 1985, la revue &amp;quot;Sauvegarde de l&#039;enfance&amp;quot; n&#039;a publié aucune revue, voire même aucun article consacré au thème de notre étude, à savoir la désinstitutionnalisation dans le champ de l&#039;éducation spéciale. Au premier abord on pourrait donc tirer la conclusion selon laquelle ce champ d&#039;étude ou ce mouvement n&#039;était que peu présent à cette époque. Toutefois, en se penchant davantage sur les sujets traités dans cette revue, on se rend compte que les auteurs de celle-ci n&#039;ont pas abordé la désinstitutionnalisation en tant que telle, mais l&#039;ont abordée par les effets qu&#039;elle a pu engendré à cette époque. Effectivement, on peut observer des thèmes comme la formation des éducateurs en centre de jour ou en maison d&#039;accueil, la relation entre famille et société, l&#039;école ordinaire, l&#039;adolescence et la violence ou encore l&#039;aide sociale, autant de thèmes qui ont largement découlé de ce mouvement désinstitutionnel. Il est donc fort intéressant de se pencher sur les champs d&#039;action de ce type de revues, afin de mieux comprendre quel était le climat politique, les préoccupations, les tendances de la période qui nous intéresse. D&#039;ailleurs, nous retrouverons tout au long de cet article de nombreuses références aux thèmes traités par le revue &#039;&#039;Sauvegarde de l&#039;enfance&#039;&#039;.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Entre 1972 et 1974&#039;&#039;, [[L&#039;évolution psychiatrique|L&#039; Évolution psychiatrique]]&#039;&#039; consacre deux numéros au thème de l&#039;antipsychiatrie. Dans ces deux numéros, les articles sont rédigés par des médecins psychiatres non antipsychiatres qui s&#039;efforcent, dans un premier temps, de reconnaître les bienfaits des problématiques soulevées par le mouvement antipsychiatrique. Dans un deuxième temps, ces psychiatres soulèvent les thèses du mouvement, les critiquent et se distancent franchement des solutions proposées par les antipsychiatres pour répondre aux problématiques de départ. Après 1974, il n&#039;y a plus de numéros ou d&#039;articles consacrés à l&#039;antipsychiatrie. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La [[Revue Déviance et Société|Revue Déviance et Société]] aborde la problématique du traitement de la déviance essentiellement du point de vue pénale et de l’analyse du mouvement des normes. Les quelques articles relevés entre 1977 et 1982 en lien avec notre problématique témoignent bien du questionnement autour des normes, de la responsabilité et du processus de formation de la déviance et de la stigmatisation. Il est ainsi possible de constater que l’incursion de la psychiatrie dans le domaine pénal est perçue comme une menace ou une déresponsabilisation des actes délinquants ou criminels. Et que les arguments invoqués pour l’application d’une évaluation psychiatrique est bien celle d’une aliénation, mais en dehors ou en parallèle du milieu carcéral. Concernant notamment la prise en charge des mineurs, l’article de Jean-Marie Renouard (1982) relate bien les mouvements conceptuels ayant eu lieu. De l’identification de l’enfant «&amp;amp;nbsp;inadapté&amp;amp;nbsp;» à par la suite l’identification de l’enfant «&amp;amp;nbsp;handicapé&amp;amp;nbsp;», les concepts de l’exclusion qui s’en suivent sont passés d’une stigmatisation dans le but «&amp;amp;nbsp;d’extraire&amp;amp;nbsp;» (dénoncés par la sociologie et le mouvement anti-psychiatrique) à un droit à l’exclusion dans une visée de réintégration. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Les cahiers médico-sociaux]] se dédient aux questions contemporaines liées à la santé publique et médico-sociales. C’est d’un point de vue «&amp;amp;nbsp;mesuré&amp;amp;nbsp;» que cette revue nous indique de façon précieuse quelles étaient les dispositions prises au niveau des politiques sociales (Assurances Invalidité, lois) et du traitement médical ou thérapeutique (services, institutions, approches thérapeutiques, relation praticien-patient). Les articles retenus concernent essentiellement l&#039;hygiène mentale et son appréhension. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt; Cette revue de la littérature montre que les années 60 à 80 ont été fortement teintées par une volonté de sortir les personnes malades de l&#039;institution névrosante, des ghettos asilaires, et de viser plutôt une ouverture vers la communauté. C&#039;est la recherche de la normalisation, donnant de l&#039;ampleur à un certain courant humaniste. Est apparue la notion de Droit des patients: toute personne a le droit de vivre dans son milieu et de participer à la vie de sa communauté. La nécessité d&#039;être acteur de son processus de guérison est devenue prioritaire. Mais jusqu&#039;où est-on allé? Ou se situe la limite d&#039;une &amp;quot;vie comme tout le monde&amp;quot; lorsque l&#039;on souffre, que l&#039;on a des besoins spécifiques? Les années 70 ont été permissives et ont laissé beaucoup d&#039;autonomie aux personnes handicapées ou malades, mais se sont-elles senties mieux?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Méthodologie  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le travail de recherche a mêlé plusieurs méthodologies. Outre l&#039;apprentissage de l&#039;usage d&#039;un wiki qui a cimenté comme il se doit cette &amp;quot;communauté de travail&amp;quot; de six membres, ceux-ci ont travaillé dans trois directions: la recherche documentaire et bibliographique, l&#039;étude d&#039;un fonds d&#039;archives (le Fonds Riesen/Schuler de l&#039;Association les Archives contestataire) et la construction d&#039;une grille de questions à poser au &amp;quot;grand témoin&amp;quot;, Alain Riesen. Ces quatre outils méthodologiques ont donc fondé cette étude. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1. De l&#039;usage du wiki &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La pratique de l&#039;intelligence collective oblige à mettre en mouvement deux réseaux: le réseau que forme les membres de la communauté qui travaillent constamment ensemble pour alimenter le site dewiki et le &amp;quot;réseau&amp;quot; des pages de rédaction qu&#039;offre le site wiki, soit: l&#039;espace de l&#039;article, celui du dictionnaire des concepts, celui de la bibliographie et celui des résumés. Reste évidemment la page d&#039;accueil qui permet de visualiser l&#039;ensemble et de suivre les tâches à effectuer d&#039;une semaine à l&#039;autre. Ce travail de recherche mêle des moments de rencontre sur le web (notamment par les pages de discussion autour d&#039;une activité), mais aussi réellement en salle de cours afin surtout d&#039;assurer le rythme d&#039;avancement de la démarche et d&#039;échanger du point de vue intellectuel et du point de vue technologique. L&#039;évaluation de la démarche se fait aussi dans une même perspective d&#039;intelligence collective qui nécessite un engagement des personnes pour le &amp;quot;bien commun&amp;quot; à savoir le résultat de l&#039;ensemble des activités qui forment cette recherche originale. Une autoévaluation collective clôt la démarche un mois après la fin de l&#039;expérience collective pour permettre d&#039;ajuster les rythme individuel et de peaufiner les textes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
2. De la recherche documentaire et bibliographique &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Afin de mieux comprendre les positions des différents acteurs dans les domaines que nous avons étudiés, il a été nécessaire de se plonger dans différentes revues professionnelles ou sociales. La plupart d&#039;entre elles étant gardées en version papier dans différents lieux d&#039;archives ou bibliothèques, nous nous sommes rendues dans les bibliothèques universitaires de plusieurs facultés (psychologie et sciences de l&#039;éducation, lettres, médecine,...) afin d&#039;avoir accès aux articles de l&#039;époque. La plupart de ces thématiques n&#039;étant pas directement liées à nos propres études, il nous a fallu, dans un premier temps, saisir tout un lexique, une pensée, un domaine parfois méconnus, voire inconnus. Dans un deuxième temps, il a fallu comprendre comment ce qui avait été lu pouvait s&#039;inscrire dans cette période entre 1960 et 1980, quelles étaient les sources d&#039;inspirations et les revendications de cette époque particulière.Nous avons également fait appel à des ouvrages, des livres que nous avons trouvé en bibliothèque afin d&#039;étayer notre recherche.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt; 3. De la recherche en archives &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous sommes allées deux matins aux Archives Contestataires, afin de faire de la recherche sur le fond Riesen/Schuler. Ce fut très intéressant de toucher des documents manuscrits, de vieux journaux, et de la documentation provenant des médecins. Ce fut pour nous toutes une découverte intéressante de faire de la recherche d&#039;une autre manière. Aussi, cela nous a permis de mieux comprendre notre objet d&#039;étude dans le cadre genevois et ains de pouvoir préparer les différentes questions que nous allions posées à Alain Riesen lors de notre entretien.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
4. La constitution d&#039;une archive orale &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
N&#039;ayant trouvé que peu d&#039;archives écrites sur le mouvement de contestation de la psychiatrie à Genève entre 1960 et 1980, nous avons eu la chance de pouvoir interviewer Monsieur Alain Riesen, ergothérapeute et co-fondateur d&#039;Arcade 84. En relation avec les thématiques propres à chacune selon les revues consultées ou les ouvrages lus, nous avons pu l&#039;interroger d&#039;abord sur sa position de professionnel de la psychiatrie et son statut de militant. Dans un deuxième temps, nous lui avons demandé qu&#039;elles étaient ses lectures de références, sa conception de la maladie mentale, et sa vision du partenariat avec les familles des malades. Finalement, nous l&#039;avons interrogé sur les apports de toutes ces années de militantisme, notamment au sein de l&#039;ADUPSY et du réseau alternatif à la psychiatrie.([[Plan de recherche 2012|Questions]]). Cet entretien nous a tout d&#039;abord permis de mieux comprendre ce qui s&#039;était réellement passé à Genève durant la période étudiée, et surtout d&#039;avoir des éléments précis et concrêt de cette période de désinstitutionnalisation. C&#039;est ainsi que nous avons pu compléter notre article en regard des propos de Monsieur Riesen.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Panorama historique général  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Des prisons à l&#039;asile pour les personnes atteintes d&#039;affections mentales&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Jusqu&#039;à la fin du XVIIIe siècle, les hôpitaux psychiatriques internaient une population bien différente de celle accueillie au XXe siècle. [[Bibliographie|Cléopâtre Montandon&amp;amp;nbsp;(1978)]]&amp;amp;nbsp; nous dévoile que les populations désignées comme relevant de l&#039;univers psychiatrique étaient très fortement liées à l&#039;univers carcéral. Effectivement, jusqu&#039;au XVIIIe siècle, les criminels étaient considérés comme &amp;quot;fous&amp;quot; ou &amp;quot;aliénés&amp;quot; et se voyaient enfermés, voire même enchaînés dans des &amp;quot;maisons de discipline&amp;quot; ou dans des &amp;quot;hôpitaux pour fous&amp;quot;. A cette époque, seule la justice décidait du lieu d&#039;incarcération des individus criminels. Peu à peu, des distinctions se sont faites pour montrer que certains criminels aliénés relevaient davantage de la psychiatrie, et se définissaient essentiellement par une responsabilité restreinte et une santé mentale défaillante. Ce sont alors ces personnes, désignées comme ne pouvant accomplir leur rôle social, que les hôpitaux psychiatriques ont admis dans leurs locaux. Pour décider et justifier ces internements, la justice ne pouvait agir seule. C&#039;est à partir de 1838 qu&#039;une loi voit le jour à Genève concernant l&#039;internement des &amp;quot;aliénés&amp;quot;: loi sur le placement et la surveillance des aliénés (5 février 1838). On parlera dès lors de &#039;&#039;placement&#039;&#039; des aliénés, et non plus de l&#039;enfermement ou de l&#039;internement de ces derniers.&amp;lt;br&amp;gt; &amp;quot;Ce n&#039;est qu&#039;à partir de 1936 que l&#039;autorisation d&#039;un internement est délivré sur vue d&#039;un certificat médical par le Département de la prévoyance sociale et de la santé publique&amp;quot;. Ainsi, on voit combien la société évolue en définissant clairement et sur preuves médicales qui peut être &#039;&#039;placé&#039;&#039; en hôpital psychiatrique. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On peut également noter que les préoccupations principales de la période du XVIIIe au début du XXe siècle se restreignaient principalement à la sécurité, et de fait au &#039;&#039;placement&#039;&#039; de ces personnes. Où pouvait-on mettre physiquement ces personnes différentes pour qu&#039;elles ne nuisent pas à la société? Que pouvait-on faire d&#039;elles? Qui pouvait s&#039;en occuper? Que faire avec ces personnes? On observe dès lors que, pendant plusieurs siècles, ces personnes étaient enfermées, considérées comme étant dénuées de tous sens, de toute sensibilité, et par conséquent ne recevaient aucune éducation. Il faudra alors attendre la fin du XIXe siècle pour entrevoir une forme d&#039;éducation de ces personnes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans son article, &amp;quot;[[Bibliographie|La naissance de l&#039;institutions pour aliénés]]&amp;quot; à Genève au 19e siècle, Alain Riesen montre que la problématique de l&#039;internement est grandissante et que &amp;quot;l&#039;inhumanité de l&#039;enfermement&amp;quot; (Riesen, 1981) est au coeur des préoccupations. Il relate également une nouvelle conception du milieu asilaire&amp;amp;nbsp;: &amp;quot;la possibilité d&#039;améliorer l&#039;état des aliénés, ou même les guérir, si de bonnes conditions sont réunies&amp;quot;. En d&#039;autres termes, il s&#039;agirait de pouvoir administrer un traitement aux malades de manière à guérir, à soigner leur folie; à l&#039;époque nommé &#039;&#039;traitement de la folie. &#039;&#039;Plusieurs types de traitements font alors leur apparition et notamment l&#039;isolement. Il s&#039;agissait d&#039;éloigner le malade des conditions de vie qui l&#039;ont rendu &#039;&#039;fou&#039;&#039; &amp;quot;afin de le soustraire à leur influence&amp;quot;. La médication fut également un des traitements de la folie.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette nouvelle manière de penser l&#039;internement étant accomplie, plusieurs dérives ont vu le jour, et notamment les placements abusifs effectués par le Département de Justice et Police. En 1895, la Loi de 1838 est revue de manière à éclaircir la procédure d&#039;admission des aliénés.&amp;amp;nbsp;&amp;quot;Même si la loi de 1838 ne rend pas obligatoire l&#039;avis médical pour procéder au placement, dans la pratique, le médecin se fondant sur une &#039;&#039;science&#039;&#039; de l&#039;aliénisme en plein développment, va jouer un rôle de plus en plus important dans le placement et la sortie des aliénés&amp;quot; ([[Bibliographie|ADUPSY]]). L&#039;avis médical devient dès lors requis pour tout placement. Enfin, la réforme de 1936 met en évidence la nécessité et l&#039;exigence d&#039;un certificat médical pour être placé. Quiconque ne peut pas être déféni comme &amp;quot;fou&amp;quot; ou &amp;quot;aliéné&amp;quot; sans avis médical suivant des règles précises.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;L&#039;éducation...&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au début du XXe siècle, Binet et Simon (1907)&amp;amp;nbsp; &#039;&#039;donnent une nouvelle forme cognitive de l&#039;éducation spéciale qui perdurera au moins jusqu&#039;au années 1960&#039;&#039; ([[Bibliographie|Chauvière et Plaisance, 2003, p. 32]]).&amp;amp;nbsp; A cette époque, on distinguait les arriérés d&#039;asiles, non éducables et à laisser entre les mains des médecins, des arriérés d&#039;école. Ainsi, des institutions apparaissent entre l&#039;hôpital et la classe ordinaire: les classes spéciales (ou classes de développement) et les instituts médico-pédagogiques. Dans ces nouveaux lieux, la pédagogie était &#039;&#039;inspirée par l&#039;atelier, c&#039;est-à-dire guidée par la mise en oeuvre de travaux manuels et d&#039;exercices pratiques &#039;&#039;([[Bibliographie|Chauvière et Plaisance, 2003, p. 33]]). A Genève, c&#039;est le médecin et psychologue Edouard Claparède qui sera appelé pour réorganiser les classes spéciales sur un mode scientifique, c&#039;est-à-dire en tenant compte du diagnostic effectué sur l&#039;enfant et du pronostic d&#039;éducabilité. [[Bibliographie|Ruchat]] &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En grande-Bretagne, dans les années 1920, A.S Neill, puis dans les années 1960, David Cooper ont mis en place de nouveaux lieux pour exercer une forme innovante de psychiatrie et d&#039;éducation, remise en question de l&#039;internement psychiatrique des malades mentaux. C&#039;est en effet à travers des expériences comme [[Résumé de l&#039;ouvrage Libres enfants de Summerhill|Libres enfants de Summerhill]] de [[Bibliographie|Neill]] en 1921 ou Pavillon 21 menée par [[Bibliographie|Cooper]] en 1962 que l&#039;anti-psychiatrie semble voir le jour. Effectivement, plusieurs principes régissent ce nouveau type de lieu à savoir la liberté des individus, le self-governement, les apprentissages facultatifs... en ayant pour hypothèses que le mal-être et la maladie mentale de ces individus sont en partie dû aux contraintes du monde dans lequel ils évoluent et apprennent. Dès lors, il convient de créer des institutions, des lieux éloignés de toute coercition et de toute autorité. Notons également que Maud Mannoni, dans la préface de l&#039;ouvrage Libres enfants de Summerhill, relate que Neil faisait partie de &amp;quot;la lignée anarchisante qui donna naissance à l&#039;antipsychiatrie&amp;quot; ([[Bibliographie|Mannoni, dans Neill, 1979, p. 9]]).&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais on constate aussi, en France, que la période 1945-1960 est également bouleversée et traversée par de nouveaux modèles éducatifs avec la naissance de lieu de vie où l&#039;enfant inadapté est accueilli, non pas à travers sa maladie ou sa différence, mais plus à travers le fait qu&#039;il est un enfant et qu&#039;il doit être éduqué. Jean Lagarde, fondateur de l&#039;association de la sauvegarde des enfants invalides dans la période après guerre, souhaitait effectivement faire &amp;quot;l&#039;expérience d&#039;éducation toujours dans un creuset communautaire&amp;quot; ([[Bibliographie|Capul, 2002, p.141]]). Lagarde avait pour objectif de créer un lieu où les soins médicaux puissent être administrés aux enfants qui en nécessitaient, tout en leur proposant un accueil éducatif. Nous pourrions plutôt dire qu&#039;il désirait créer une école, un lieu de vie où un suivi médical était envisageable. Il s&#039;agissait en effet d&#039;éloigner l&#039;enfant du lieu médical pour qu&#039;il devienne élève et que, de fait, il puisse apprendre. Dans cette optique, équipe pédagogique et équipe médical devaient collaborer étroitement. Cette expérience est à nouveau le témoin d&#039;une nouvelle forme d&#039;hospitalisation. Il est possible de faire le lien entre cette expérience et l&#039;approche de Maud Mannoni en 1969, avec la création de l&#039;Ecole expérimentale de Bonneuil-sur-Marne où il s&#039;agissait également de séparer les lieux d&#039;analyse et les lieux de vie (lieux pédagogiques).&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Et en Suisse?&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En se fondant sur des principes similaires à ceux de Neil et de Cooper, dès les années 1960,&amp;amp;nbsp; de nombreuses institutions privées pour enfants handicapés ou en difficultés se développent en Suisse, majoritairement sous l&#039;impulsion d&#039;associations de parents. Ces derniers ont été amenés à &#039;&#039;créer et à gérer des institutions de type médico-éducatif&#039;&#039; &#039;&#039;pour éviter à leurs enfants d&#039;être relégués dans des services d&#039;hôpitaux psychiatriques ou d&#039;être seulement en survie à leur domicile&#039;&#039; (Chauvière er Plaisance, 2003, p.35). Aujourd&#039;hui, les institutions, à Genève, semblent toujours être un peu sur le même modèle, celui de &amp;quot;l&#039;alliance&amp;quot; entre le médical et le pédagogique (qui regroupe aussi l&#039;aspect éducatif). Si on ne cherche peut-être plus à éviter aux élèves la reléguation en psychiatrie, on les place dans des lieux parfois hors de tout cursus ordinaire et loin de la norme. Ce qui questionne enfin sur qu&#039;est-ce que la normalisation? Et où mettre la limite à une vie comme tout le monde avec un handicap: la liberté (permissivité, autonomie) des années 1970 a-t-elle fait l&#039;impasse sur la souffrance des individus face aux exigences thérapeutiques et pédagogiques? La communauté d&#039;enfants (pédagogique, institutionnelle, thérapeutique) est-elle un modèle &amp;quot;utile&amp;quot; en temps de crise des institutions: peu coûteux, demandant un engagement au quotidien (vie quotidienne) du collectif pédagogique et thérapeutique (donc assurant un &amp;quot;contrôle social&amp;quot; maximal.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Ce qu&#039;en dit Riesen...&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour ce chapitre, nous avons interrogé Alain Riesen au sujet de la question des communautés thérapeutiques, afin de voir si celles-ci ont influencé ou non le processus de désinstitutionnalisation et antipsychiatrique des années 1960 à 1980. Tout d&#039;abord, Riesen met en évidence dans ses propos qu&#039;il est important de créer un parallèle entre le passé et le présent de manière à situer le contexte historique et politique, mais surtout de manière à voir sur quoi reposent nos agissements. Ainsi, selon Riesen, la naissance de ces communautés thérapeutiques comme détaillée précédemment dans ce chapitre, est un pas de l&#039;histoire de la désinstitutionnalisation. Effectivement, ces communautés thérapeutiques se développent comme une alternative à l&#039;hospitalisation traditionnelle dans un contexte qui remet en question les rapports de pouvoir dans l&#039;institution, mais également au niveau de l&#039;éducation, de la santé ou encore des rapports entre hommes et femmes.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Toutefois, Riesen pointe le fait que ces communautés thérapeutiques prônant à l&#039;époque leur volonté de travailler dans la relation à l&#039;autre en utilisant les moyens les moins cohercitifs possibles pour entre en relation, soigner et atténuer la souffrance psychique des patients, ne se sont pas développées sur le long terme. En effet, cette alternative à l&#039;hospitalisation est vécue par certains comme plus dure et comme provoquant plus de souffrance en raison de la non médicalisation qu&#039;elle préconise. De plus, cette approche thérapeutique est très coûteuse en personnel soignant qualifié et ne pourra donc être soutenue par l&#039;état. Bien que cette cette tentative ne soit pas celle qui est perdurée, Riesen relève le fait qu&#039;elle est tout de même eu son importance dans l&#039;histoire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Prémisses à l&#039;anti-psychiatrie==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les années 60, Michel Foucault a tenté d&#039;amorcer &amp;quot;un dialogue entre la psychiatrie et ses sujets&amp;quot; ([[Bibliographie|Rose, 2006, p.113]]) et dès 1971 avec la sortie de son ouvrage sur les prisons, c&#039;est à la critique de l&#039;univers carcéral et des rapports de pouvoir qu&#039;il s&#039;attelle (Surveiller et punir, 1971). Ces critiques, plus tard regroupées sous le nom d&#039;antipsychiatrie, visaient à remettre en question &amp;quot;la manière dont le pouvoir du médecin était impliqué dans la vérité de ce qu&#039;il disait et, inversement, la manière dont celle-ci pouvait être fabriquée et compromise par son pouvoir ([[Bibliographie|Rose, 2006, p.120-121]]). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En Italie, Franco Basaglia, qui s’est appuyé entre autres sur les modèles de l’anti-psychiatrie anglaise et française pour mener sa lutte ([[Bibliographie|Cooper, Lang, Foucault, Caxtel]]), s&#039;en est pris aux conditions de vie moyenâgeuses réservées aux malades mentaux. En quelques années, il démantèle l’asile et expérimente les premiers éléments de sa conception territoriale (et non plus institutionnelle) de la folie&amp;amp;nbsp;: le malade est soigné dans son milieu social&amp;amp;nbsp;» (TVB 10 octobre 80).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;institution comme lieu d&#039;exclusion est mise à mal par une volonté de certains de supprimer ces lieux de contrainte, pour une vie libre dans la Cité (sectorisation) ou dans des communautés thérapeutiques (de préférence à la campagne) partant du présupposé que les conditions de vie des personnes sont déterminantes dans leur état de santé (avant même tout diagnostic). Par ailleurs, dans ces années-là, la vie quotidienne devient un objet d&#039;étude (la sociologie de la vie quotidienne), terreau de multiples expériences pédagogiques et thérapeutiques. Le slogan &amp;quot;La liberté est thérapeutique&amp;quot; s&#039;allie à une critique de la contrainte médicamenteuse et des pratiques de contention psychiatrique: elle donne ainsi une place à de nouvelles formes d&#039;&amp;quot;éducation spéciale&amp;quot; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Symptôme de ce changement le terme d&#039;&amp;quot;usagers&amp;quot; vient reléguer celui de &amp;quot;patients&amp;quot; donnant un nouveau statut aux personnes, écorchant ainsi le sacro saint pouvoir des médecins et des directions des institutions.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La fonction du médicament dans l&#039;approche anti-psychiatrique  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;apparition de la médication au début des années 1960 permet d&#039;éviter l&#039;internement. Elle soutient fortement le changement qui s’opère dans les pratiques et donne l&#039;impression de pouvoir faire quelque chose. Elle fait transparaître un espoir aussi bien pour les praticiens que pour les patients puisque grâce aux médicaments il y a une diminution des hospitalisations, une augmentation des prises en charge ambulatoires et une augmentation des consultations. L&#039;avancée de la médecine et l’essor de la psychopharmacologie permettent alors de développer de nouvelles perspectives thérapeutiques et de nouveaux défis comme le soutien au patient et à sa famille, la mise en place de nouvelles structures. Il s&#039;agit ainsi de &amp;quot;jeter un pont entre l&#039;hôpital et la ville&amp;quot; (CMS, 1963, 7ème année, n°2 &amp;quot;L’assistance psychiatrique&amp;quot;). Les personnes dites &amp;quot;folles&amp;quot; ne sont plus à enfermer, mais des personnes souffrant de troubles mentaux qu&#039;il faut soutenir dans leur autonomie et contenir dans leur pathologie (Kovess-Masféty, Boisson, Godot &amp;amp; Sauneron, 2010). Cependant, les connaissances récentes sur les effets de la médication et les abus sur son utilisation sont également soulevés. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;anti-psychiatrie se veut aussi anti-thérapeutique, ce qui lui est&amp;amp;nbsp; vivement reproché par les anti anti-psychiatres. Selon ces derniers, les anti-psychiatres considèrent que &amp;quot;les traitements sont à proscrire&amp;quot; ([[Bibliographie|Maurel, 1972]], p. 79). &amp;quot;Traiter, écrit Cooper, c&#039;est être intéressé à rendre le patient plus acceptable pour les autres...et lui faire manifester de moindre façon sa détresse&amp;quot; ([[Bibliographie|Maurel, 1972]], p. 79). Les anti anti-psychiatres militent ainsi pour une guérison grâce à des médicaments &#039;&#039;efficaces&#039;&#039; (au sens médical), selon des avis rapportés par les patients eux-mêmes. Selon les psychiatres opposés au courant anti-psychiatrique, ce-dernier vise &amp;quot;sans toujours l&#039;avouer à &amp;quot;soigner&amp;quot; clandestinement les &amp;quot;malades&amp;quot;&amp;quot; (Maurel, 1972, p.80), ce qui est selon Maurel et ses collègues, une contradiction.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Psychiatrie et anti-psychiatrie  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le mouvement d&#039;anti-psychiatrie&amp;amp;nbsp; &amp;quot;s&#039;oppose d&#039;abord et avant tout à une forme de monopole du savoir médical&amp;quot; ([[Bibliographie|Mannoni, 1970]], p. 9). Il dénonce l&#039;autorité morale et policière&amp;amp;nbsp; du psychiatre. Toutefois, psychiatres et partisants de l&#039;anti-psychiatrie s&#039;accorde sur le fait que &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;la société place le psychiatre dans une position ambiguë&amp;amp;nbsp;: il est au service d&#039;un patient dont il a à défendre les droits mais il se trouve également placé en position d&#039;auxiliaire de la police dans un programme d&#039;internement qui est un processus d&#039;obligation de soins&#039;&#039; (Mannoni, 1970, p. 168). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les réponses apportées par les uns et par les autres pour essayer de lever cette ambiguité sont toutefois différentes. Si l&#039;anti-psychiatrie cherche plutôt à démystifier &amp;quot;le rôle que la société fait jouer à la psychiatrie&amp;quot; (Mannoni, 1970, p.168), à créer des lieux où la maladie mentale pourrait être réintérrogée (allant même jusqu&#039;à nier la notion de maladie mentale) et à s&#039;éloigner des conceptions scientistes, certains psychiatres cherchent à remettre sur le devant de la scène un discours scientifique. &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;---Quand l&#039;antipsychiatrie est critique radicale de l&#039;institution, je suis antipsychiatre; mais quand elle se réfugie dans la négation de la maladie mentale, je suis contre&#039;&#039;--- ([[Bibliographie|Sztulman, 1972]], p.107).&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les archives de la revue &amp;quot;&#039;&#039;L&#039; Évolution psychiatrique&#039;&#039;&amp;quot;, les psychiatres non antipsychiatres se sont attelés, au début des années 70, à défendre leur point de vue scientifique et médical. Face au mouvement de protestation, ils ont écrits plusieurs articles afin de réhabiliter la psychiatrie et montrer les incohérences du mouvement antipsychiatrique, non seulement dans ce qu&#039;il dénonce, mais également dans les solutions qu&#039;il propose. S&#039;ils reconnaissent un certain succès à l&#039;antipsychiatrie &amp;quot;dans sa position de refus et de provocation&amp;quot; ([[Bibliographie|Barte, 1972]], p. 46), les solutions qu&#039;elle propose ne les satisfont guère. Pour certains membres de ce corps médical, la maladie mentale doit être reconnue comme &#039;&#039;phénomène nature&#039;&#039;l ([[Bibliographie|Ey, 1972]], p. 53). &amp;quot;En faisant volatiliser dans le néan l&#039;objet même de la psychiatrie qu&#039;est le malade mental, l&#039;antipsychiatrie nie la souffrance humaine, nie le drame authentiquement humain que vit chaque malade mental (Barte, 1972, p. 46). Pour défendre ces patients malades, &amp;quot;fous&amp;quot;, pour les réhabiliter, il est nécessaire de &amp;quot;passer par la reconnaissance même de la psychiatrie, science critique et autonome et qui ne peut se fonder que sur la notion de maladie mentale conçue ni comme simple maladie des organes, ni comme simple maladie psychique&amp;quot; (Barte, 1972, p.47). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le malaise asilaire est reconnu par les non antipsychiatres et les antipsychiatres. Il importe de traiter l&#039;institution en même termps que ses pensionnaires. Cependant, les non antipsychiatres récusent la responsabilité de l&#039;hôpital psychiatrique dans la création de la folie, &amp;quot;même s&#039;il concourt parfois à statufier certaines présentations cliniques&amp;quot;. (Sztulman, 1972, p. 106). Face aux critiques sur l&#039;hôpital, notamment face à certains qui, comme Basaglia, refusaient l&#039;idée de traitement de malades et de médecins, les non antipsychiatres dénoncent la destruction de l&#039;hôpital au profit d&#039;assemblées générales peu organisées. Sztulman (1972) pose la question&amp;amp;nbsp;: &amp;quot;A quoi ça sert&amp;amp;nbsp;? A quoi ça sert d&#039;être psychiatre là, ou femme de service,&amp;amp;nbsp; ou ergothérapeute puisque de tout façon chacun est dépouillé de son statut, et que les rôles sont&amp;amp;nbsp; inventer en permanence&amp;amp;nbsp;?&amp;quot; (p.102). Pour ces médecins, la négation de l&#039;inconscient et celle de la maladie mentale dans le mouvement antipsychiatrique amène des &#039;&#039;attitudes thérapeutiques particulièrement incohérentes &#039;&#039;(Sztulman, 1972, p. 101). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La question de l&#039;attribution de la maladie mentale à un fait organique ou plutôt à un fait culturel était alors au coeur de la bataille entre antipsychiatres et non antipsychiatres. Lors de l&#039;entretien mené avec Monsieur Alain Riesen, ce dernier nous a expliqué que cette question est toujours d&#039;actualité et qu&#039;il n&#039;y a pas, aujourd&#039;hui encore, de définition claire de la part de la communauté scientifique (voir [[La santé mentale aujourd&#039;hui]]). Dans les années 1970, les non antipsychiatres critiquaient l&#039;erreur de l&#039;antipsychiatrie dans sa croyance &amp;quot;&#039;&#039;en un principe de causalité univoque et direct de la psychose&amp;quot;&amp;amp;nbsp;&#039;&#039;(Sztulman, 1972, p.105). Dans le même article, Sztulamn déclare encore: &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&amp;quot;&#039;&#039;il est dogmatique et naïf de dire que la folie se développe en dehors de toute culture. Il est dogmatique et naïf de dire qu&#039;elle se limite à un fait culturel. De tout évidence, il n&#039;y a pas un modèle qu&#039;il soit organo, psycho ou socio-génétique de la maladie mentale, mais pluridéterminisme à pondération variable suivant les cas&#039;&#039;&amp;quot; (p. 105). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Monsieur Alain Riesen a bien décrit cette vision de &#039;&#039;pluridéterminisme&#039;&#039;. Il nous a expliqué que la conception de la maladie mentale comme unique produit d&#039;un système qui disfonctionne semble devoir se ranger derrière un système bio-psycho-social qui rencontre actuellement le plus de soutient de la part des professionnels du domaine psychiatrique. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un peu plus tard, en 1974, L&#039;évolution psychiatrique a consacré à nouveau un numéro à l&#039;antipsychiatrie. Le vent de révolte de la part des non antipsychiatres semble s&#039;être calmé, comme s&#039;ils avaient été entendus et reconnus, comme s&#039;ils avaient &amp;quot;résisté à l&#039;agression psychiatricide de l&#039;antipsychiatrie&amp;quot; ([[Bibliographie|Sztulman, 1974]], p.129). Les mêmes auteurs qu&#039;en 1972 relèvent toujours l&#039;importance de l&#039;antipsychiatrie dans une démarche de contestation et d&#039;identification des difficultés de l&#039;institution psychiatrique. &amp;quot;L&#039;antipsychiatrie nous aide quand elle montre comme s&#039;est organisé le refus, la ségrégation de la maladie mentale et quand elle rappelle que chacun, dans la santé mentale et dans la folie, est la victime d&#039;une répression collective&amp;quot; (Sztulman, 1974, p. 129). Toutefois, ces mêmes psychiatres rapellent leur opposition à l&#039;étiologie de la maladie mentale revendiquée par les antipsychiatres. Ces années de remise en question et de refonte de la l&#039;insitution psychiatrique ont facilité un réel rétablissement de l&#039;institution de la psychothérapie, puis de la psychothérapie de l&#039;institution. En quise de plaidoyer Pro-Psychiatrie, voici ce que dit Minkowiski, cité par Sztulman (1974, p. 132) et qui résume la vision de non antipsychiatre de ce que devrait être leur profession:&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;Quelque part entre le fantasme de la faute et l&#039;illusion de la toute-puissance se trouve le chemin malaisé d&#039;une psychiatrie nouvelle, à réinventer tous les jours où le psychiatre refuse à la fois la facilité de n&#039;être qu&#039;un instrument passif, indifférent et anenchéphalique de la conservation de l&#039;ordre social et le plaisir narcissique de se situer au-delà d&#039;une réalité clinique ignorée, niée et finalement forclose, parce que angoissante. &#039;&#039;&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La désinstitutionalisation  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon des sources internet, le mouvement de désinstitutionalisation semble avoir débuté vers 1960 (même s’il semble qu’il y ait eu un prélude à la désinstitutionnalisation au début du 19e siècle (L’Institut universitaire en santé mentale de Québec par exemple - La désinstitutionnalisation, http://caringminds.ca/index.php?option=com_content&amp;amp;amp;view=article&amp;amp;amp;id=62&amp;amp;amp;Itemid=43&amp;amp;amp;lang=fr&amp;amp;amp;limitstart=7). Certains observent le début de ce mouvement en Scandinavie, d’autres au Québec. Dans tous les cas, il s’agit d’un mouvement d&#039;ouverture vers la communauté, d’une volonté de «normalisation»[[Normalisation]] &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le mouvement de désinstitutionnalisation s&#039;appuie avant tout sur une philosophie qui met l&#039;accent sur les droits et les libertés des individus, et elle vise à humaniser les soins de santé mentale. ([http://agora-2.org/thematiques/inaptitude.nsf/Dossiers/Desinstitutionnalisation Encyclopédie de l’Agora]). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;horreur suscitée par les politiques nazies du meurtre eugénique des malades psychiatriques et les camps de concentration pendant la Seconde guerre mondiale, ont attirer l’attention sur les pratiques «&amp;amp;nbsp;déshumanisantes&amp;amp;nbsp;» dans les soins psychiatriques en santé mentale, (séquestration, mauvais traitements en tout genre, manque de formation des professionnels). (Voir [http://id.erudit.org/iderudit/032417ar Martin, 1984 et Claire Henderson et Graham Thornicroft], Santé mentale au Québec, vol. 22, n° 2, 1997, p. 88-114. ) Les années d’après-guerre ont vu un accroissement de l’intérêt porté à l’institution comme objet d’étude. Certains auteurs parlent de l’institution comme étant «&amp;amp;nbsp;névrosante&amp;amp;nbsp;», «&amp;amp;nbsp;façonnant et codifiant les gens dans le rôle de patient psychiatrique&amp;amp;nbsp;» (Goffman (1961). On observe dans les années 60 une disparition du personnel religieux des hôpitaux. Naît alors une nouvelle conception de l’individu, une évolution des attitudes envers le malade&amp;amp;nbsp;; on veut le sortir des murs de l’asile psychiatrique. On commence à parler, à cette époque, du «&amp;amp;nbsp;droit de la personne&amp;amp;nbsp;». Des idéaux humanitaires amènent alors à une nouvelle vision de la maladie mentale. Il semble que ce mouvement de désinstitutionnalisation soit également lié à l’apparition des pratiques de pharmacopée. Effectivement, «&amp;amp;nbsp;Ces nouveaux médicaments permettaient de calmer les malades agités, délirants, hallucinés et ainsi permettre d&#039;envisager et de généraliser des traitements psychiques dans des conditions plus réalistes ou encore, lorsque c&#039;était possible, d&#039;envisager un retour au domicile ou dans des structures intermédiaires&amp;amp;nbsp;».([http://fr.wikipedia.org/wiki/Psychiatrie déf. du mot «&amp;amp;nbsp;psychiatrie&amp;amp;nbsp;»]). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On a le désir de «normaliser&amp;amp;nbsp;» leurs conditions de vie. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les années 60, si la personne «&amp;amp;nbsp;déficiente intellectuellement&amp;amp;nbsp;» est encore considérée comme un «&amp;amp;nbsp;malade&amp;amp;nbsp;», le malade mental ne l&#039;est plus, mais davantage comme un sujet pouvant être aidé et guéri. On met en avant le fait que la maladie mentale ne nécessite pas nécessairement une hospitalisation, et qu’elle doit être considérée comme une quelconque maladie. On externalise, on invente la psychiatrie de secteurs, on commence à intégrer des services pour les malades mentaux dans des hôpitaux ou cliniques. On évite ainsi la stigmatisation des malades mentaux placés pour de longues périodes en asile psychiatrique, et on leur évite la perte de leurs facultés leur permettant de se réintégrer dans la société. On redonne alors un rôle à la communauté, tout en accordant des responsabilités aux familles. La patient devient alors le coeur de l&#039;intérêt des praticiens. ([http://www.promentesana.org/upload/application/trimes_43.pdf in Lettre trimestrielle de l’association romande Pro Mente Sana])&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La désinstitutionalisation a permis aux personnes présentant des troubles psychiatriques de sortir de ce milieu assimilé pendant de nombreuses années, au milieu carcéral. Mais une fois &amp;quot;libérées&amp;quot; où vont ces personnes? A ce sujet,&amp;amp;nbsp; [[Bibliographie|N. Carpentier (2001)]] affirme dans son article que 60 à 70&amp;amp;nbsp;% des patients retournent dans leur famille après l’hospitalisation. Mais plusieurs auteurs ont démontré que l&#039;arrivée d&#039;un malade dans une famille, avait de lourde conséquence sur celle-ci. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Avant d’en venir aux conséquences, il semble nécessaire de revenir sur la représentation qu&#039;ont les professionnels des familles des patients. Pour cela, il est intéressant de revenir sur l&#039;évolution de leur vision. En d&#039;autres termes, comment la famille, alors qu&#039;elle était considérée comme coupable de la maladie de l&#039;un de ses membre, est devenue un partenaire idéal?&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au début du XXème siècle, celle-ci était considérée comme étant la cause, l&#039;origine de la maladie de l&#039;enfant. Les professionnels affirmaient que la maladie mentale était un problème génétique, héritée de plusieurs générations antérieures. Ensuite, les années cinquante ont apporté un premier renversement dans cette représentation. En effet, la famille était perçue comme étant un «&amp;amp;nbsp;système réagissant aux troubles mentaux de l’un de ses membres, plutôt qu’en tant que système causant des désordres psychiques&amp;amp;nbsp;» ([[Bibliographie|Carpentier, 2001, p.84]]). Ce changement de perspective est en lien avec l’arrivée d’une politique qui favorise les hospitalisations de courte durée. En d’autres termes, les familles commencent à être perçues comme une solution aux changements politiques. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les années 60, la psychiatrie adopte une vision centrée sur la communauté. Ce changement va être très favorable pour les familles, puisqu’il permet à ces dernières de se déresponsabiliser des troubles mentaux. Ainsi, toujours selon Carpentier, à cette époque «&amp;amp;nbsp;les désordres psychiques [doivent être étudiés] sous l’angle de l’isolement social, des désavantages sociaux, puis selon la présence de stresseurs sociaux et économique&amp;amp;nbsp;»( p.89) .&amp;lt;br&amp;gt;Ainsi, au fur et à mesure que le mouvement de désinstitutionalisation est mis en place, les politiciens et les professionnels considèrent la famille comme étant une solution au problème. En effet, cette dernière est perçue comme «&amp;amp;nbsp;une source privilégiée de soutien émotionnel et social ainsi que comme place de choix pour relocaliser le patient psychiatrique.&amp;amp;nbsp;» ([[Bibliographie|Carpentier, 2001, p.91]]. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Du côté des familles, il semblerait selon  [[Bibliographie|R. Therrien (1990)]] que sur le plan économique et émotionnel, la désinstitutionnalisation leur demande beaucoup, en particulier aux femmes. En effet, toujours selon R.Therrien, avoir quelqu&#039;un ayant des problèmes mentaux à la maison provoque beaucoup de stress. Chez certains, un malade peut devenir un véritable &amp;quot;fardeau&amp;quot;, puisque celui-ci impose beaucoup de contraintes. Effectivement, avoir une personne malade à la maison peut engendrer des conséquences telles que la réduction des loisirs habituels, les sorties avec les amis, par peur d&#039;être jugé, ou encore d&#039;avoir des problèmes avec les voisins, car les comportement de la personne dérange. Tous ces problèmes ont un impacte très fort sur la famille d&#039;autant plus qu&#039;elle n&#039;est pas aidée, ni reconnue pour tout ce qu&#039;elle fait pour la personne malade. &amp;amp;nbsp; &amp;lt;br&amp;gt; A propos de la lourde responsabilité des parents, on peut se demander si les familles ne finiraient pas elles aussi à un moment donné par tomber malade. A ce sujet,  le témoignage d&#039;[[Bibliographie|Alain Riesen]] souligne que lorsqu&#039;une famille prend en charge un de ses membres malade, il ne faut pas qu&#039;elle reste seule, mais qu&#039;elle en parle, partage ce qu&#039;elle vivait au quotidien. C&#039;est donc, pour ces raisons-là que des thérapies familiales ont vu le jours.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La communauté: un modèle alternatif à l&#039;institution fermée  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La communauté comme mode de prise en charge a, dans le champ de l&#039;éducation spéciale et spécialisée, sa propre histoire. Relevant d&#039;une approche démocratique et souvent pacifiste, la communauté est une forme de gouvernement par les personnes elles-mêmes (y compris les enfants). La notion de self-government a été développé dans le cadre de l&#039;éducation nouvelle pour définir de telles pratiques dès la fin du XIXe siècle. Lors de la seconde guerre mondiale des communautés d&#039;enfants victimes de la guerre ont vu le jour partout en Europe. Se référent à des modèles antérieurs comme les écoles nouvelles à la campagne de l&#039;éducation nouvelle (et donc du self-government) , de la république d&#039;enfants, de la cité des enfants, leurs fondateurs ont contribué au relèvement de l&#039;éducation en Europe par un modèle visant la participation des enfants à la gestion de la communauté et leur autonomie. Souvent, transformé dès les années 1950 en foyer pour enfants (malheureux, difficiles voire délinquants), le modèle des communautés d&#039;enfants semble être circonscrit à une période temporelle courte et particulièrement difficile sur le plan économique. On peut donc se demander si ce type de modèle ne serait pas &amp;quot;choisi&amp;quot; particulièrement en temps de crise et de manque de ressources financières donnant ainsi plus de pouvoir aux &amp;quot;usagers&amp;quot; permettant ainsi un moindre encadrement institutionnel. [[https://plone2.unige.ch/aref2010/search?SearchableText=communautés+d%27enfants]]. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des «&amp;amp;nbsp;communautés thérapeutiques&amp;amp;nbsp;» ont été créées en réaction aux enfermements asilaires prônés jusque-là mais qui commençaient à être pointés du doigt, car considérés comme déshumanisants. Bien que créées tout d&#039;abord pour répondre aux phénomènes de dépendances (toxicomanies, par exemple), on trouve, dès la fin des années 60, des communautés thérapeutiques en Angleterre, en France, en Suisse et au Québec, destinées au secteur de la psychiatrie. Avec la naissance de ces communautés thérapeutiques, une nouvelle approche de la psychose en-dehors des lieux de soins traditionnels s&#039;est développée (Schatzman, 1969; Barnes et Berke, 1973; Fabre, 1978; Lecomte et Tourigny, 1983a). Leur but est de créer un milieu &amp;quot;naturel&amp;quot;, en reconstituant les structures d’une «&amp;amp;nbsp;macro famille&amp;amp;nbsp;» ou d’une «&amp;amp;nbsp;mini société&amp;amp;nbsp;», plus rassurantes&amp;amp;nbsp;: on trouve par exemple la Communauté des Sablons, (Maison d&#039;enfants à caractère social et familial (76270 Saint-Saire), ou, en Suisse, le foyer de Tavel qui a vécu cinq ans (1975-1980). Dans le [http://edutechwiki.unige.ch/dewiki/R%C3%A9sum%C3%A9_film_de_Catherine_Scheuchzer film de Catherine Scheuchzer], «&amp;amp;nbsp;Dans l’aventure du non, la parole&amp;amp;nbsp;», (tourné à Boulens, dans la campagne vaudoise, dans les années 70 ), on découvre, dans un décor post soixante huitard, très simplement, dans un rythme extrêmement lent, des adultes et des enfants en interaction, «&amp;amp;nbsp;comme dans la vraie vie&amp;amp;nbsp;». Cette expérience est décrite comme «&amp;amp;nbsp;une véritable expérience d’éveil à la vie&amp;amp;nbsp;», qui «&amp;amp;nbsp;prend le contre-pied du placement en institution psychiatrique&amp;amp;nbsp;» (L’Est vaudois, 19.11.92). Plutôt que de considérer cette population d&#039;enfants, comme on le faisait en asile, comme des fous, murés dans leur silence. On veut les considérer comme des partenaires, des interlocuteurs. Le but est effectivement de les faire participer au quotidien d’une maisonnée, plutôt que de créer des ateliers protégés artificiels. De la sorte, ils sont poussés à se dépasser, à faire des expériences par eux-mêmes, sans avoir nécessairement recours au soutien d’un adulte. Il semble qu&#039;à cette époque, cette nouvelle façon de considérer les enfants autistes comme étant capables d’autonomie, capables d’agir, ait apporté un peu d’humanité dans leur prise en charge. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;enfant&amp;amp;nbsp; ainsi placé dans une communauté thérapeutique vaudoise est-il plus &amp;quot;intégré&amp;quot; que s&#039;il l&#039;était dans une institution considérée par ces acteurs alternatifs du &amp;quot;système&amp;quot; comme un ghetto? Il en va de même avec le terme désinstitutionalisation? Qu&#039;est-ce que l&#039;institution? Il y en a des &amp;quot;bonnes&amp;quot; (maternantes, enveloppantes, naturelles...) et de &amp;quot;mauvaises&amp;quot; (contraignantes, mortifères) (sur ce point les travaux de Fernand Oury puis de Jacques Pain mériteraient qu&#039;on s&#039;y attache (voir la psychothérapie institutionnelle sur le site de Jacques Pain: http://www.jacques-pain.fr).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L&#039;élan contestataire des années 70 à Genève  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En Suisse un même mouvement historique a été observé. Selon le médecin Christian Monney, on y a dénoncé les mêmes agissements qu’ailleurs&amp;amp;nbsp;: enfermement, répression, qui étaient là non pour aider le malade, mais pour protéger l’ordre public. On y mêlait, écrit-il, infirmes, orphelins, indigents et fous… (Dr Christian MONNEY, 1999, à l’occasion des 100 ans de l’Hôpital de Malévoz). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Or, dès 1965, des consultations ambulatoires sont créées et les séjours hospitaliers peuvent ainsi se raccourcir. Les moyens de contention sont contestés. Des établissements médico-éducatifs apparaissent, comme [http://www.castalie.ch/home.php?include=textes&amp;amp;lng=1&amp;amp;id=18&amp;amp;idmenu=14 la Castalie en Valais], grâce au Dr Rey-Belley, en 1972 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Genève, l&#039;élan contestataire débute lorsque Julian de Ajuriaguerra est nommé directeur de Bel-Air en 1959. A son arrivée, il décide d&#039;ouvrir des pavillons et d’introduire une nouvelle idée&amp;amp;nbsp;: «&amp;amp;nbsp;l’hospitalisation de courte durée, dans le but de remplacer, le plus vite possible, le patient dans son milieu naturel&amp;amp;nbsp;». [[Bibliographie|Archives contestataire, boite Riesen/Schuler, Réseau suisse-romand. Alternative à la psychiatrie, 1976.]] C&#039;est donc à ce moment-là que le mouvement de désinstitutionnalisation naît. En effet, on commence à critiquer les asiles et à vouloir modifier le fonctionnement de l&#039;hôpital psychiatrique. Les patients psychiatriques commencent à bénéficier des mêmes droits que les patients non-psychiatriques. De ce fait, entre les années 1963 à 1970, il se développe un système psychiatrique extra-hospitalier complet. Ensuite, pendant les années 70-80, cet élan continue avec la volonté de baser les soins sur des approches psychotérapeutiques.[[Bibliographie|Rey-Bellet, Bardet Blochet, Ferrero, 2010, p.90-95]] &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dès les années 1970, l&#039;ADUPSY (l&#039;association pour les droits des usagers de la psychiatrie) se questionne à propos du placement des malades qui garde, malgré la loi de 1936, un caractère prégnant d&#039;enfermement, et à propos de la limitation des droits des personnes que ces lois entrainent. En effet, l&#039;ADUPSY estime que les malades mentaux n&#039;ont pas le choix de leur placement (internement), cela se fait de force, et que leurs droits sont dès lors limités puisqu&#039;ils n&#039;ont pas de droit de regard sur le traitement qui leur est admistré. A cet effet, cette association relate par exemple qu&#039; &amp;quot;en 1975, la majorité des malades mentaux entrent encore à Bel-Air contre leur gré&amp;quot; ([[Bibliographie|ADUPSY, 1979, p. 7]]). Les droits de l&#039;Homme, et dans ce cas présent du malade, sont donc au coeur du débat. L&#039;association défend alors l&#039;idée que tout &#039;&#039;internement psychiatrique&#039;&#039; devrait être pensé comme une hospitalisation qui respecte les droits du malade mental en assurant sa protection et sa dignité, qui rende le patient actif dans son traitement, qu&#039;il peut d&#039;ailleurs refusé, qui n&#039;a pas comme raison la dangerosité potentielle du patient, qui rappelle au patient quels sont ses &amp;quot;droits en matière d&#039;hospitalisation et de traitement&amp;quot; (p. 13), et qui devrait &amp;quot;nécessité obligatoirement de deux certificats médicaux&amp;quot; (p. 13) de manière à justifier ce placement saur plusieurs avis de provenance différentes. Dans cette optique, on se rend compte de l&#039;évolution de la prise en charge des malades mentaux. Que ce soit au niveau des termes employés, de la procédure ou des droits des patients, l&#039;ensemble de cette prise en charge évolue. L&#039;époque semble donc propice à des changements radicaux. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En réponse à ce nouveau regard sur la question de la prise en charge des malades mentaux, la question de l&#039;éducation semble elle aussi être en mouvance durant cette période.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L&#039;anti-psychiatrie à Genève: une nouvelle politique de la prise en charge  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dès les années 70, le journal mensuel &amp;quot;Tout Va Bien&amp;quot; a consacré de nombreuses pages et numéros à la question de l&#039;anti-psychiatrie. Dès 1973, un groupe d’enquête s’est constitué pour dénoncer une certaine violence et certains abus de pouvoir au sein des asiles psychiatriques. Leur volonté était de déterritorialiser la psychiatrie. «&amp;amp;nbsp;La psychiatrie, c’est l’affaire de tout le monde&amp;amp;nbsp;». Ils voulaient faire exploser la loi du silence qui régnait dans ces lieux. Ils ont voulu dénoncer les rapports de pouvoir sévissant à l&#039;intérieur des murs psychiatriques, la soumission du malade à l’infirmier, la soumission de l’infirmier au médecin, la soumission du médecin aux pouvoirs de l’administrateur bailleur de fonds. Selon ce journal, le mouvement anti-psychiatrique serait né au début des années 60: La clinique psychiatrique de Bel Air, créée en 1900, a commencé à construire des pavillons ouverts avec l’arrivée de son nouveau directeur en 1959, Julian Ajuriaguerra. Son intention était de favoriser le retour de l’interné au plus vite dans leur milieu naturel, grâce à une hospitalisation de courte durée. A Genève, depuis 1963, le travail psychiatrique est sectorisé. On commence à organiser les soins dans des centres de consultation de quartier. Les premières tentatives alternatives apparaissent en Suisse. Des travailleurs sociaux poursuivent une critique des institutions et contribuent à la création et au fonctionnement de centres (qui se différencient des institutions récupératrices) qui ont pour but de venir en aide à toute personne en crise. Exemple&amp;amp;nbsp;: le centre Liotard à Genève, créé par le réseau d’alternative à la psychiatrie de Suisse romande. En janvier 1975 se tient le premier congrès d’alternative à la psychiatrie de secteur (Congrès de Bruxelles, auquel participe un groupe de Genève: il s’en est inspiré pour animer des débats au centre Liotard&amp;amp;nbsp;: recherche d’alternatives concrètes répondant aux besoins des malades. A Lausanne, le 24 janvier 1976, est créé un réseau alternatif à la psychiatrie pour la Suisse romande, dont l’un des membres actifs s’appelle Alain Riesen, du Centre Liotard. Une commission formée aussi bien de psychiatrisés que de soignants s’est alors formée. Elle a remis en question le pouvoir des soignants. Selon cette commission, le but d’une alternative au secteur doit être la prise en main progressive par le malade de ses propres difficultés. Suite à des tentatives d’internement forcé, des tracts ont circulé, dénonçant les abus du pouvoir psychiatrique (voir les archives contestataires de Genève, Classeur Alain Riesen). Dès ce moment-là, une prise de conscience s&#039;opère: le patient ne veut plus être manipulé, il ne veut plus être le cobaye, il ne veut plus être muselé par le pouvoir du médecin. Il veut choisir son mode de guérison, il veut être actif dans le processus de guérison. Il convient alors de faire en sorte que ce soit le patient qui choisisse ou non son hospitalisation. Effectivement, médecins, contestataires et familles se sont rendus compte de l&#039;importance du choix du malade dans sa propre guérison. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A la fin des années 70, d&#039;autres mouvements anti-psychiatriques se répandent en Suisse et ailleurs: par exemple à la clinique de Bellelay, où son nouveau directeur a souhaité ouvrir les murs à son arrivée, et mettre à disposition des appartements protégés, voire même une maison de vacances pour ses patients. Le but était &amp;quot;que les malades puissent le plus possible avoir des contacts humains et une vie «&amp;amp;nbsp;normale&amp;amp;nbsp;» (TVB avril-mai 80). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Suite à la mort atroce d&#039;Alain Urban lors d&#039;une cure de sommeil forcé à la clinique de Bel-Air, l&#039;ADUPSY ainsi que l&#039;Association des Médecins Progressiste ont déployé maints efforts pour alerter l&#039;opinion publique à propos des agissements soupçonneux de la clinque en question. Leurs revedications ont porté sur la suppression des isolements, la priorité données aux instruments de soin ambulatoire, l&#039;augmentation des effectifs globaux du personnel soignant, etc. Ils expriment également leur soutien aux revendications concernant le droit des patients&amp;amp;nbsp;: «&amp;amp;nbsp;Le consentement du patient ou de son entourage immédiat doit toujours être recherché, dans la thérapeutique comme dans la recherche&amp;amp;nbsp;». &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après les drames qui ont secoué Bel-Air, une commission d&#039;enquête a été créée, et c&#039;est non seulement le Directeur de cette clinique qui a été interrogé, mais également les patients, les soignants, ainsi que les cadres. Dès cet instant, &amp;quot;tout est ressorti&amp;quot;, témoigne Alain Riesen, amenant à une première évolution forte: la réforme de l&#039;institution psychiatrique. Le Pr Tissot est déstitué, et un changement au niveau de la législation se fait: le droit de recours apparaît, le patient peut désormais exiger de faire valoir ses droits. Jusque là, le Réseau d&#039;Alternative à la psychiatrie pouvait intervenir sur demande, mais n&#039;avait pas de statut officiel. A partir de cette période, une Commission de surveillance fut mise sur pied (réunissant un juriste, un médecin indépendant, un représentant du Droit des patients), et quatre associations de défense du Droit des patients sont nées: l&#039;Association RÊVE (les &amp;quot;Entendeurs de voix&amp;quot;), l&#039;ADPED (Association des personnes ayant des troubles bi-polaires et dépressifs), l&#039;Expérience (travail artisanal double d&#039;un travail d&#039;entraide), et l&#039;AETOC (Association des personnes ayant des troubles obsessionnels et compulsifs). Selon Alain Riesen, l&#039;institution, malgré l&#039;avancée significative qui a été faite quant au droit des patients, garde les stigmates de l&#039;institution asilaire. &amp;quot;Il y a encore beaucoup de travail à faire pour faire éclater l&#039;institution dans sa dimension totalitaire&amp;quot;, dit-il en conclusion de son récit.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Conclusion: l&#039;anti-psychiatrie un débat déplacé ? ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Point de vue: de l&#039;institution, des droits, considération de la maladie mentale, etc.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les différents mouvements contestataires, qui sont passés de la désinstitutionnalisation à la sectorisation en passant par la création de communautés thérapeutiques, ont amené à une critique du pouvoir institutionnel et des médecins. Le médecin n&#039;est plus tout-puissant et le consentement du patient ou de son entourage doit être obtenu avant tout traitement. Le patient a des droits et il doit les faire respecter.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De l&#039;enfermement asilaire on est allé vers une continuité des soins entre l&#039;hospitalier et l&#039;extra-hospitalier; en effet, sous prétexte que le patient nécessitait des soins, on l&#039;extrayait de  la société pour le placer en hôpital, on cherchait à le &amp;quot;normaliser&amp;quot; en l’excluant du système!: qui voulait-on protéger? Le patient ou la société? En bénéficiant de soins tout en continuant à être inséré dans la société, le patient ne souffre pas d&#039;un isolement qui rendrait sa réinsertion encore plus difficile. En restant inséré, il bénéficie d&#039;un réseau de soutien (famille, amis) qui a une part essentielle à jouer dans le processus de guérison.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cependant, il semblerait que même si beaucoup de progrès ont été accompli dans le domaine de la prise en considération de la personne malade, l&#039;institution garde encore toujours les stigmates de l&#039;asile totalitaire...&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Cécilia Zuccone</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Institution&amp;diff=9227</id>
		<title>Institution</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Institution&amp;diff=9227"/>
		<updated>2012-01-08T16:18:17Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Cécilia Zuccone : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Une institution est une structure d&#039;accueil pour les personnes présentant divers troubles moteurs ou psychiques. Les deux objectifs principaux des institutions sont les soins et l&#039;éducation. En effet, celles-ci permettent à la fois à un personnel soignant qualifié de donner un traitement aux patients (ce traitement peut être d&#039;ordre médicamenteux ou relevé de la psychanalse par exemple), et à la fois d&#039;instruire et d&#039;éduquer les différents patients. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au début du XXe siècle, l&#039;institution se réfèrait plus à un hôpital de jour, et s&#039;est vu transformé peu à peu en lieu d&#039;apprentissage. Pour cela, le droit des patients, la relation au pouvoir des médecins et du personnels soignants ont fortément été modifiés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Category:Dictionnaire]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Cécilia Zuccone</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=La_d%C3%A9sinstitutionalisation_dans_le_champ_de_l%27%C3%A9ducation_sp%C3%A9ciale_1960-1980&amp;diff=9226</id>
		<title>La désinstitutionalisation dans le champ de l&#039;éducation spéciale 1960-1980</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=La_d%C3%A9sinstitutionalisation_dans_le_champ_de_l%27%C3%A9ducation_sp%C3%A9ciale_1960-1980&amp;diff=9226"/>
		<updated>2012-01-08T16:05:26Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Cécilia Zuccone : /* Panorama historique général */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;[[user:Kleinpa0|P. Klein]],&lt;br /&gt;
[[user:Natalina m|N. M.]],&lt;br /&gt;
[[user:Ruchat|Martine Ruchat]],&lt;br /&gt;
[[user:Tatiana-vinhas|T Vinhas]],&lt;br /&gt;
[[user:Sandra wirz|S. Wirz]] et&lt;br /&gt;
[[user:Cécilia Zuccone|C. Zuccone]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Université de Genève&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Introduction  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A l&#039;heure où l&#039;on peut constater de &amp;quot;nouvelles exclusions&amp;quot; au nom de la protection des citoyennes et des citoyens inquiétantes pour certains, car &amp;quot;ruinant ainsi des décennies d&#039;efforts de déségrégation, désexclusion, de &amp;quot;retour du schizophrène dans la cité&amp;quot; (Dr.Patrick Lemoine, Le mystère du nocebo, Paris. Odile Jacob, 2011, p.69), un certain nombre de questions se posent pour mieux comprendre l&#039;histoire de l&#039;éducation spéciale, une histoire à la fois politique (anti-psychiatrie, sectorisation), sociale et culturelle (intégration, normalisation, désinstitutionalisation, communauté de vie, communauté thérapeutique) dans les décennies des Trente glorieuses (1960-1990) pendant lesquelles a soufflé un vent de contestation des politiques institutionnelles. Un esprit contestataire a émergé en particulier dès les années 1970 (post soixante-huit) provoquant dans le champ de la prise en charge des personnes dites aujourd&#039;hui &amp;quot;à besoins particuliers&amp;quot; un élan de remise en question de l&#039;institution, du pouvoir des médecins, de la contrainte institutionnelle et médicamenteuse. Peu de travaux ont encore exploré ce champ, à Genève, sinon pour étudier l&#039;histoire de Mai 68 et du mouvement féministe. (voir notamment Julie de Dardel, Révolution sexuelle et Mouvement de libération des femmes à Genève (1970-1977). Lausanne: Antipode, 2007). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La recherche proposée vise à mieux comprendre comment, à Genève, le champ de l&#039;éducation spéciale et celui de la psychiatrie a été touché par cette contestation. Elle fait suite à celle engagée en 2010 et 2011 sur l&#039;histoire de l&#039;intégration scolaire des enfants handicapés mentaux [[Pionniers de l&#039;intégration scolaire des enfants handicapés à Genève]] et [[Article 2011]]. Les recherches précédentes ont montré à la fois la complexité des pratiques d&#039;intégration amenant souvent un écart entre discours et pratique, ainsi que les résistances à penser le handicap sans mettre une ligne de démarcation entre norme et hors norme, entre enfant éducable et non éducable, limite souvent mal définie et dépendante des représentations (malédiction du handicap). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au début des années 60, l&#039;intégration apparaît être pour les parents, dont les enfants sont encore entièrement dans la famille, une intégration dans des institutions à créer.  Le concept de [[Dictionnaire|normalisation]] vient s&#039;accoler à celui d&#039;intégration pour rapprocher toute déviance d&#039;une norme sociale (en terme d&#039;habitat, d&#039;activité, voire de comportements). Ainsi le milieu ouvert (comme Aigues-Verte par exemple) peut apparaître comme plus proche d&#039;une vie quotidenne &amp;quot;normale&amp;quot; et donc plus intégrant. Le Pavillon des Grand Bois à l&#039;hôpital psychiatrique de Bel-Air représente encore une solution &amp;quot;intégratrice&amp;quot; pour les enfants les plus difficiles à éduquer et les moins autonomes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La [[Dictionnaire|désinstitutionalisation]] qui fait l&#039;objet de cette nouvelle recherche est d&#039;abord issue des milieux de l&#039;anti-psychiatrie (et donc ni des associations de parents ni des milieux pédagogiques); on peut apparenter idéologiquement ce mouvement anti-psychiatrique avec un objectif de normalisation dans le sens de rapprocher les personnes prises en charge de la vie quotidienne de tout un chacun. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi malgré des différences d&#039;application ces différents courants pourraient être affiliés à celui libertaire qui a essaimé dans différents champs du social entre 1970 et 1990. C&#039;est dans une perspective de compréhension de l&#039;histoire des idées et des pratiques du mouvement anti-psychiatrique genevois que s&#039;inscrit cette recherche. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un premier temps, cette page d&#039;histoire sera située dans une &amp;quot;tradition&amp;quot;: d&#039;une part celle du traitement de la différence (notamment depuis les travaux des psycho-pédagogues du début du 20e siècle comme Alfred Binet à Paris, Edouard Claparède à Genève ou Ovide Decroly à Bruxelles); et d&#039;autre part dans une tentative dès les années vingt en Angleterre (voir Libre enfants de Summerhill), mais surtout pendant et dans l&#039;après deuxième guerre mondiale (voire les communautés d&#039;enfants victimes de la guerre), de multiplier les expériences de vie communautaire issue du scoutisme, des mouvements de jeunesse, de l&#039;éducation nouvelle et de l&#039;éducation internationaliste et pacifiste, des colonies de vacances et camps CEMEA, s&#039;opposant à la tradition hospitalière (couvent, Bon Pasteur, Hospice, institutions de prises en charge spécialisées). Ce faisant, nous dégagerons des signes précurseurs de &amp;quot;désinstitutionalisation&amp;quot; avec ces structures plus petites, parfois médicalisées (les écoles de plein-air), mais avant tout proches de la nature et des besoins des individus. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un second temps, nous étudierons la période 1960-1980 laquelle a vu émerger un mouvement anti-psychiatrique (critique de l&#039;hôpital, du pouvoir médical, de la médicalisation à outrance et de la contrainte) pour une critique radicale visant le pouvoir institutionnel et entraînant des pratiques novatrices, lesquelles demandent à être mieux étudiées: 1. dans leurs objectifs (désinstitutionalisation ou déshospitalisation versus sectorisation)? 2. dans le choix fait des traitements: médicaux (traitement ambulatoire) ou éducatif et thérapeutique? 3. dans l&#039;évaluation faite des populations concernées par une prise en charge alternative 4. dans le rôle joué par la psychanalyse comme alternative au traitement médicaux et comme modèle thérapeutique (notamment dans les communautés cf. film de Catherine Scheuchzer, Dans l&#039;aventure du non de la parole) 5. dans le rôle donné aux familles et le poids qui leur est fait supporter (en terme financier, de responsabilité, de culpabilité,...) et en particulier à l&#039;égard des mères et des femmes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il s&#039;agira de mieux comprendre si l&#039;anti-psychiatrie est dans les années 1960-1980 une nouvelle manière de faire de la psychiatrie ou si elle est une véritable contestation de l&#039;institution asilaire et si les modèles alternatifs proposés ne seraient pas sous couvert d&#039;idéologie libertaire une façon de baisser les coût de la santé en temps de crise. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour ce faire, nous avons lu des articles et consulté une bibliographie d&#039;ouvrages &amp;quot;classiques&amp;quot;, livres de références pour les acteurs/trices de la période considérées, puis nous avons dépouillé des revues professionnelles pour saisir les thématiques qui ont traversé alors le champs de la psychiatrie et de l&#039;éducation spécialisée; dans un second temps la recherche s&#039;est portée sur un fond d&#039;archives de l&#039;Association Les archives contestataires (fonds Alain Riesen/Schuller) dont les donateurs d&#039;archives, sont fondateurs de l&#039;Arcade 84 et militant de l&#039;anti-psychiatrie genevoise. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un troisième temps nous avons effectué un entretien vidéo (un plan fixe) avec Alain Riesen afin de lui poser cinq questions issues de la recherche dans les archives et dans la littérature afin d&#039;avoir son témoignage sur l&#039;histoire de l&#039;anti-psychiatrie, de la désinstitutionalisation et des communautés thérapeutiques entre 1960 et 1980.[[plan de recherche 2012]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Revue de la littérature  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On constate qu&#039;il n&#039;y a guère d&#039;articles et d&#039;ouvrages concernant cette page de l&#039;histoire genevoise. Seul un article d&#039;Alain Riesen a en quelque sorte donné le feu aux poudres. Un autre article de Montandon relève plus d&#039;une histoire des liens entre psychiatrie et justice. Ainsi pour approcher l&#039;histoire des changements apparus dans les années soixante sur le plan de l&#039;éducation spéciale dans le traitement des troubles psychiques, il a fallu d&#039;abord s&#039;intéresser à l&#039;histoire de l&#039;anti-psychiatrie, puis de la désinstitutionnalisation et enfin des communautés thérapeutiques, sujet introduit par le [http://edutechwiki.unige.ch/dewiki/R%C3%A9sum%C3%A9_film_de_Catherine_Scheuchzer film de Catherine Scheuchter]. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C&#039;est pourquoi nous avons en particulier étudié les fonds d&#039;archives aux [http://www.archivescontestataires.ch Archives Contestataires] qui rassemblent les documents produits par les mouvements contestataires de la seconde moitié du XXe siècle. A travers une plongée dans quelques revues professionnelles et journalistiques, cela nous a permis de mieux comprendre la place prise par ces thématiques dans les années concernées. Ainsi, un certain nombre de revues professionnelles ont été dépouillées pour la période 1970-1980. Soit Sauvegarde de l&#039;enfance, Déviance et Société, L&#039;Evolution psychiatrique. S&#039;y sont ajoutés les Cahiers Médico-sociaux entre 1956 et 1981, ainsi que le journal &amp;quot;Tout va bien&amp;quot; ( voir [[Notes sur journal Tout va bien]]) dépouillé pour les années 1970 à 1983, qui a consacré trois numéros entiers aux problèmes de la psychiatrie à Genève et surtout au mouvement anti-psychiatrique lié au scandale de l&#039;institution psychiatrique de Bel-Air en 1980. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt; Durant la période de 1970 à 1985, la revue &amp;quot;Sauvegarde de l&#039;enfance&amp;quot; n&#039;a publié aucune revue, voire même aucun article consacré au thème de notre étude, à savoir la désinstitutionnalisation dans le champ de l&#039;éducation spéciale. Au premier abord on pourrait donc tirer la conclusion selon laquelle ce champ d&#039;étude ou ce mouvement n&#039;était que peu présent à cette époque. Toutefois, en se penchant davantage sur les sujets traités dans cette revue, on se rend compte que les auteurs de celle-ci n&#039;ont pas abordé la désinstitutionnalisation en tant que telle, mais l&#039;ont abordée par les effets qu&#039;elle a pu engendré à cette époque. Effectivement, on peut observer des thèmes comme la formation des éducateurs en centre de jour ou en maison d&#039;accueil, la relation entre famille et société, l&#039;école ordinaire, l&#039;adolescence et la violence ou encore l&#039;aide sociale, autant de thèmes qui ont largement découlé de ce mouvement désinstitutionnel. Il est donc fort intéressant de se pencher sur les champs d&#039;action de ce type de revues, afin de mieux comprendre quel était le climat politique, les préoccupations, les tendances de la période qui nous intéresse. D&#039;ailleurs, nous retrouverons tout au long de cet article de nombreuses références aux thèmes traités par le revue &#039;&#039;Sauvegarde de l&#039;enfance&#039;&#039;.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Entre 1972 et 1974&#039;&#039;, [[L&#039;évolution psychiatrique|L&#039; Évolution psychiatrique]]&#039;&#039; consacre deux numéros au thème de l&#039;antipsychiatrie. Dans ces deux numéros, les articles sont rédigés par des médecins psychiatres non antipsychiatres qui s&#039;efforcent, dans un premier temps, de reconnaître les bienfaits des problématiques soulevées par le mouvement antipsychiatrique. Dans un deuxième temps, ces psychiatres soulèvent les thèses du mouvement, les critiquent et se distancent franchement des solutions proposées par les antipsychiatres pour répondre aux problématiques de départ. Après 1974, il n&#039;y a plus de numéros ou d&#039;articles consacrés à l&#039;antipsychiatrie. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La [[Revue Déviance et Société|Revue Déviance et Société]] aborde la problématique du traitement de la déviance essentiellement du point de vue pénale et de l’analyse du mouvement des normes. Les quelques articles relevés entre 1977 et 1982 en lien avec notre problématique témoignent bien du questionnement autour des normes, de la responsabilité et du processus de formation de la déviance et de la stigmatisation. Il est ainsi possible de constater que l’incursion de la psychiatrie dans le domaine pénal est perçue comme une menace ou une déresponsabilisation des actes délinquants ou criminels. Et que les arguments invoqués pour l’application d’une évaluation psychiatrique est bien celle d’une aliénation, mais en dehors ou en parallèle du milieu carcéral. Concernant notamment la prise en charge des mineurs, l’article de Jean-Marie Renouard (1982) relate bien les mouvements conceptuels ayant eu lieu. De l’identification de l’enfant «&amp;amp;nbsp;inadapté&amp;amp;nbsp;» à par la suite l’identification de l’enfant «&amp;amp;nbsp;handicapé&amp;amp;nbsp;», les concepts de l’exclusion qui s’en suivent sont passés d’une stigmatisation dans le but «&amp;amp;nbsp;d’extraire&amp;amp;nbsp;» (dénoncés par la sociologie et le mouvement anti-psychiatrique) à un droit à l’exclusion dans une visée de réintégration. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Les cahiers médico-sociaux]] se dédient aux questions contemporaines liées à la santé publique et médico-sociales. C’est d’un point de vue «&amp;amp;nbsp;mesuré&amp;amp;nbsp;» que cette revue nous indique de façon précieuse quelles étaient les dispositions prises au niveau des politiques sociales (Assurances Invalidité, lois) et du traitement médical ou thérapeutique (services, institutions, approches thérapeutiques, relation praticien-patient). Les articles retenus concernent essentiellement l&#039;hygiène mentale et son appréhension. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt; Cette revue de la littérature montre que les années 60 à 80 ont été fortement teintées par une volonté de sortir les personnes malades de l&#039;institution névrosante, des ghettos asilaires, et de viser plutôt une ouverture vers la communauté. C&#039;est la recherche de la normalisation, donnant de l&#039;ampleur à un certain courant humaniste. Est apparue la notion de Droit des patients: toute personne a le droit de vivre dans son milieu et de participer à la vie de sa communauté. La nécessité d&#039;être acteur de son processus de guérison est devenue prioritaire. Mais jusqu&#039;où est-on allé? Ou se situe la limite d&#039;une &amp;quot;vie comme tout le monde&amp;quot; lorsque l&#039;on souffre, que l&#039;on a des besoins spécifiques? Les années 70 ont été permissives et ont laissé beaucoup d&#039;autonomie aux personnes handicapées ou malades, mais se sont-elles senties mieux?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Méthodologie  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le travail de recherche a mêlé plusieurs méthodologies. Outre l&#039;apprentissage de l&#039;usage d&#039;un wiki qui a cimenté comme il se doit cette &amp;quot;communauté de travail&amp;quot; de six membres, ceux-ci ont travaillé dans trois directions: la recherche documentaire et bibliographique, l&#039;étude d&#039;un fonds d&#039;archives (le Fonds Riesen/Schuler de l&#039;Association les Archives contestataire) et la construction d&#039;une grille de questions à poser au &amp;quot;grand témoin&amp;quot;, Alain Riesen. Ces quatre outils méthodologiques ont donc fondé cette étude. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1. De l&#039;usage du wiki &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La pratique de l&#039;intelligence collective oblige à mettre en mouvement deux réseaux: le réseau que forme les membres de la communauté qui travaillent constamment ensemble pour alimenter le site dewiki et le &amp;quot;réseau&amp;quot; des pages de rédaction qu&#039;offre le site wiki, soit: l&#039;espace de l&#039;article, celui du dictionnaire des concepts, celui de la bibliographie et celui des résumés. Reste évidemment la page d&#039;accueil qui permet de visualiser l&#039;ensemble et de suivre les tâches à effectuer d&#039;une semaine à l&#039;autre. Ce travail de recherche mêle des moments de rencontre sur le web (notamment par les pages de discussion autour d&#039;une activité), mais aussi réellement en salle de cours afin surtout d&#039;assurer le rythme d&#039;avancement de la démarche et d&#039;échanger du point de vue intellectuel et du point de vue technologique. L&#039;évaluation de la démarche se fait aussi dans une même perspective d&#039;intelligence collective qui nécessite un engagement des personnes pour le &amp;quot;bien commun&amp;quot; à savoir le résultat de l&#039;ensemble des activités qui forment cette recherche originale. Une autoévaluation collective clôt la démarche un mois après la fin de l&#039;expérience collective pour permettre d&#039;ajuster les rythme individuel et de peaufiner les textes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
2. De la recherche documentaire et bibliographique &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Afin de mieux comprendre les positions des différents acteurs dans les domaines que nous avons étudiés, il a été nécessaire de se plonger dans différentes revues professionnelles ou sociales. La plupart d&#039;entre elles étant gardées en version papier dans différents lieux d&#039;archives ou bibliothèques, nous nous sommes rendues dans les bibliothèques universitaires de plusieurs facultés (psychologie et sciences de l&#039;éducation, lettres, médecine,...) afin d&#039;avoir accès aux articles de l&#039;époque. La plupart de ces thématiques n&#039;étant pas directement liées à nos propres études, il nous a fallu, dans un premier temps, saisir tout un lexique, une pensée, un domaine parfois méconnus, voire inconnus. Dans un deuxième temps, il a fallu comprendre comment ce qui avait été lu pouvait s&#039;inscrire dans cette période entre 1960 et 1980, quelles étaient les sources d&#039;inspirations et les revendications de cette époque particulière.Nous avons également fait appel à des ouvrages, des livres que nous avons trouvé en bibliothèque afin d&#039;étayer notre recherche.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt; 3. De la recherche en archives &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous sommes allées deux matins aux Archives Contestataires, afin de faire de la recherche sur le fond Riesen/Schuler. Ce fut très intéressant de toucher des documents manuscrits, de vieux journaux, et de la documentation provenant des médecins. Ce fut pour nous toutes une découverte intéressante de faire de la recherche d&#039;une autre manière. Aussi, cela nous a permis de mieux comprendre notre objet d&#039;étude dans le cadre genevois et ains de pouvoir préparer les différentes questions que nous allions posées à Alain Riesen lors de notre entretien.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
4. La constitution d&#039;une archive orale &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
N&#039;ayant trouvé que peu d&#039;archives écrites sur le mouvement de contestation de la psychiatrie à Genève entre 1960 et 1980, nous avons eu la chance de pouvoir interviewer Monsieur Alain Riesen, ergothérapeute et co-fondateur d&#039;Arcade 84. En relation avec les thématiques propres à chacune selon les revues consultées ou les ouvrages lus, nous avons pu l&#039;interroger d&#039;abord sur sa position de professionnel de la psychiatrie et son statut de militant. Dans un deuxième temps, nous lui avons demandé qu&#039;elles étaient ses lectures de références, sa conception de la maladie mentale, et sa vision du partenariat avec les familles des malades. Finalement, nous l&#039;avons interrogé sur les apports de toutes ces années de militantisme, notamment au sein de l&#039;ADUPSY et du réseau alternatif à la psychiatrie.([[Plan de recherche 2012|Questions]]). Cet entretien nous a tout d&#039;abord permis de mieux comprendre ce qui s&#039;était réellement passé à Genève durant la période étudiée, et surtout d&#039;avoir des éléments précis et concrêt de cette période de désinstitutionnalisation. C&#039;est ainsi que nous avons pu compléter notre article en regard des propos de Monsieur Riesen.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Panorama historique général  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Des prisons à l&#039;asile pour les personnes atteintes d&#039;affections mentales&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Jusqu&#039;à la fin du XVIIIe siècle, les hôpitaux psychiatriques internaient une population bien différente de celle accueillie au XXe siècle. [[Bibliographie|Cléopâtre Montandon&amp;amp;nbsp;(1978)]]&amp;amp;nbsp; nous dévoile que les populations désignées comme relevant de l&#039;univers psychiatrique étaient très fortement liées à l&#039;univers carcéral. Effectivement, jusqu&#039;au XVIIIe siècle, les criminels étaient considérés comme &amp;quot;fous&amp;quot; ou &amp;quot;aliénés&amp;quot; et se voyaient enfermés, voire même enchaînés dans des &amp;quot;maisons de discipline&amp;quot; ou dans des &amp;quot;hôpitaux pour fous&amp;quot;. A cette époque, seule la justice décidait du lieu d&#039;incarcération des individus criminels. Peu à peu, des distinctions se sont faites pour montrer que certains criminels aliénés relevaient davantage de la psychiatrie, et se définissaient essentiellement par une responsabilité restreinte et une santé mentale défaillante. Ce sont alors ces personnes, désignées comme ne pouvant accomplir leur rôle social, que les hôpitaux psychiatriques ont admis dans leurs locaux. Pour décider et justifier ces internements, la justice ne pouvait agir seule. C&#039;est à partir de 1838 qu&#039;une loi voit le jour à Genève concernant l&#039;internement des &amp;quot;aliénés&amp;quot;: loi sur le placement et la surveillance des aliénés (5 février 1838). On parlera dès lors de &#039;&#039;placement&#039;&#039; des aliénés, et non plus de l&#039;enfermement ou de l&#039;internement de ces derniers.&amp;lt;br&amp;gt; &amp;quot;Ce n&#039;est qu&#039;à partir de 1936 que l&#039;autorisation d&#039;un internement est délivré sur vue d&#039;un certificat médical par le Département de la prévoyance sociale et de la santé publique&amp;quot;. Ainsi, on voit combien la société évolue en définissant clairement et sur preuves médicales qui peut être &#039;&#039;placé&#039;&#039; en hôpital psychiatrique. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On peut également noter que les préoccupations principales de la période du XVIIIe au début du XXe siècle se restreignaient principalement à la sécurité, et de fait au &#039;&#039;placement&#039;&#039; de ces personnes. Où pouvait-on mettre physiquement ces personnes différentes pour qu&#039;elles ne nuisent pas à la société? Que pouvait-on faire d&#039;elles? Qui pouvait s&#039;en occuper? Que faire avec ces personnes? On observe dès lors que, pendant plusieurs siècles, ces personnes étaient enfermées, considérées comme étant dénuées de tous sens, de toute sensibilité, et par conséquent ne recevaient aucune éducation. Il faudra alors attendre la fin du XIXe siècle pour entrevoir une forme d&#039;éducation de ces personnes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans son article, &amp;quot;[[Bibliographie|La naissance de l&#039;institutions pour aliénés]]&amp;quot; à Genève au 19e siècle, Alain Riesen montre que la problématique de l&#039;internement est grandissante et que &amp;quot;l&#039;inhumanité de l&#039;enfermement&amp;quot; (Riesen, 1981) est au coeur des préoccupations. Il relate également une nouvelle conception du milieu asilaire&amp;amp;nbsp;: &amp;quot;la possibilité d&#039;améliorer l&#039;état des aliénés, ou même les guérir, si de bonnes conditions sont réunies&amp;quot;. En d&#039;autres termes, il s&#039;agirait de pouvoir administrer un traitement aux malades de manière à guérir, à soigner leur folie; à l&#039;époque nommé &#039;&#039;traitement de la folie. &#039;&#039;Plusieurs types de traitements font alors leur apparition et notamment l&#039;isolement. Il s&#039;agissait d&#039;éloigner le malade des conditions de vie qui l&#039;ont rendu &#039;&#039;fou&#039;&#039; &amp;quot;afin de le soustraire à leur influence&amp;quot;. La médication fut également un des traitements de la folie.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette nouvelle manière de penser l&#039;internement étant accomplie, plusieurs dérives ont vu le jour, et notamment les placements abusifs effectués par le Département de Justice et Police. En 1895, la Loi de 1838 est revue de manière à éclaircir la procédure d&#039;admission des aliénés.&amp;amp;nbsp;&amp;quot;Même si la loi de 1838 ne rend pas obligatoire l&#039;avis médical pour procéder au placement, dans la pratique, le médecin se fondant sur une &#039;&#039;science&#039;&#039; de l&#039;aliénisme en plein développment, va jouer un rôle de plus en plus important dans le placement et la sortie des aliénés&amp;quot; ([[Bibliographie|ADUPSY]]). L&#039;avis médical devient dès lors requis pour tout placement. Enfin, la réforme de 1936 met en évidence la nécessité et l&#039;exigence d&#039;un certificat médical pour être placé. Quiconque ne peut pas être déféni comme &amp;quot;fou&amp;quot; ou &amp;quot;aliéné&amp;quot; sans avis médical suivant des règles précises.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;L&#039;éducation...&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au début du XXe siècle, Binet et Simon (1907)&amp;amp;nbsp; &#039;&#039;donnent une nouvelle forme cognitive de l&#039;éducation spéciale qui perdurera au moins jusqu&#039;au années 1960&#039;&#039; ([[Bibliographie|Chauvière et Plaisance, 2003, p. 32]]).&amp;amp;nbsp; A cette époque, on distinguait les arriérés d&#039;asiles, non éducables et à laisser entre les mains des médecins, des arriérés d&#039;école. Ainsi, des institutions apparaissent entre l&#039;hôpital et la classe ordinaire: les classes spéciales (ou classes de développement) et les instituts médico-pédagogiques. Dans ces nouveaux lieux, la pédagogie était &#039;&#039;inspirée par l&#039;atelier, c&#039;est-à-dire guidée par la mise en oeuvre de travaux manuels et d&#039;exercices pratiques &#039;&#039;([[Bibliographie|Chauvière et Plaisance, 2003, p. 33]]). A Genève, c&#039;est le médecin et psychologue Edouard Claparède qui sera appelé pour réorganiser les classes spéciales sur un mode scientifique, c&#039;est-à-dire en tenant compte du diagnostic effectué sur l&#039;enfant et du pronostic d&#039;éducabilité. [[Bibliographie|Ruchat]] &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En grande-Bretagne, dans les années 1920, A.S Neill, puis dans les années 1960, David Cooper ont mis en place de nouveaux lieux pour exercer une forme innovante de psychiatrie et d&#039;éducation, remise en question de l&#039;internement psychiatrique des malades mentaux. C&#039;est en effet à travers des expériences comme [[Résumé de l&#039;ouvrage Libres enfants de Summerhill|Libres enfants de Summerhill]] de [[Bibliographie|Neill]] en 1921 ou Pavillon 21 menée par [[Bibliographie|Cooper]] en 1962 que l&#039;anti-psychiatrie semble voir le jour. Effectivement, plusieurs principes régissent ce nouveau type de lieu à savoir la liberté des individus, le self-governement, les apprentissages facultatifs... en ayant pour hypothèses que le mal-être et la maladie mentale de ces individus sont en partie dû aux contraintes du monde dans lequel ils évoluent et apprennent. Dès lors, il convient de créer des institutions, des lieux éloignés de toute coercition et de toute autorité. Notons également que Maud Mannoni, dans la préface de l&#039;ouvrage Libres enfants de Summerhill, relate que Neil faisait partie de &amp;quot;la lignée anarchisante qui donna naissance à l&#039;antipsychiatrie&amp;quot; ([[Bibliographie|Mannoni, dans Neill, 1979, p. 9]]).&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais on constate aussi, en France, que la période 1945-1960 est également bouleversée et traversée par de nouveaux modèles éducatifs avec la naissance de lieu de vie où l&#039;enfant inadapté est accueilli, non pas à travers sa maladie ou sa différence, mais plus à travers le fait qu&#039;il est un enfant et qu&#039;il doit être éduqué. Jean Lagarde, fondateur de l&#039;association de la sauvegarde des enfants invalides dans la période après guerre, souhaitait effectivement faire &amp;quot;l&#039;expérience d&#039;éducation toujours dans un creuset communautaire&amp;quot; ([[Bibliographie|Capul, 2002, p.141]]). Lagarde avait pour objectif de créer un lieu où les soins médicaux puissent être administrés aux enfants qui en nécessitaient, tout en leur proposant un accueil éducatif. Nous pourrions plutôt dire qu&#039;il désirait créer une école, un lieu de vie où un suivi médical était envisageable. Il s&#039;agissait en effet d&#039;éloigner l&#039;enfant du lieu médical pour qu&#039;il devienne élève et que, de fait, il puisse apprendre. Dans cette optique, équipe pédagogique et équipe médical devaient collaborer étroitement. Cette expérience est à nouveau le témoin d&#039;une nouvelle forme d&#039;hospitalisation. Il est possible de faire le lien entre cette expérience et l&#039;approche de Maud Mannoni en 1969, avec la création de l&#039;Ecole expérimentale de Bonneuil-sur-Marne où il s&#039;agissait également de séparer les lieux d&#039;analyse et les lieux de vie (lieux pédagogiques).&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Et en Suisse?&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En se fondant sur des principes similaires à ceux de Neil et de Cooper, dès les années 1960,&amp;amp;nbsp; de nombreuses institutions privées pour enfants handicapés ou en difficultés se développent en Suisse, majoritairement sous l&#039;impulsion d&#039;associations de parents. Ces derniers ont été amenés à &#039;&#039;créer et à gérer des institutions de type médico-éducatif&#039;&#039; &#039;&#039;pour éviter à leurs enfants d&#039;être relégués dans des services d&#039;hôpitaux psychiatriques ou d&#039;être seulement en survie à leur domicile&#039;&#039; (Chauvière er Plaisance, 2003, p.35). Aujourd&#039;hui, les institutions, à Genève, semblent toujours être un peu sur le même modèle, celui de &amp;quot;l&#039;alliance&amp;quot; entre le médical et le pédagogique (qui regroupe aussi l&#039;aspect éducatif). Si on ne cherche peut-être plus à éviter aux élèves la reléguation en psychiatrie, on les place dans des lieux parfois hors de tout cursus ordinaire et loin de la norme. Ce qui questionne enfin sur qu&#039;est-ce que la normalisation? Et où mettre la limite à une vie comme tout le monde avec un handicap: la liberté (permissivité, autonomie) des années 1970 a-t-elle fait l&#039;impasse sur la souffrance des individus face aux exigences thérapeutiques et pédagogiques? La communauté d&#039;enfants (pédagogique, institutionnelle, thérapeutique) est-elle un modèle &amp;quot;utile&amp;quot; en temps de crise des institutions: peu coûteux, demandant un engagement au quotidien (vie quotidienne) du collectif pédagogique et thérapeutique (donc assurant un &amp;quot;contrôle social&amp;quot; maximal.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Ce qu&#039;en dit Riesen...&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour ce chapitre, nous avons interrogé Alain Riesen au sujet de la question des communautés thérapeutiques, afin de voir si celles-ci ont influencé ou non le processus de désinstitutionnalisation et antipsychiatrique des années 1960 à 1980. Tout d&#039;abord, Riesen met en évidence dans ses propos qu&#039;il est important de créer un parallèle entre le passé et le présent de manière à situer le contexte historique et politique, mais surtout de manière à voir sur quoi reposent nos agissements. Ainsi, selon Riesen, la naissance de ces communautés thérapeutiques comme détaillée précédemment dans ce chapitre, est un pas de l&#039;histoire de la désinstitutionnalisation. Effectivement, ces communautés thérapeutiques se développent comme une alternative à l&#039;hospitalisation traditionnelle dans un contexte qui remet en question les rapports de pouvoir dans l&#039;institution, mais également au niveau de l&#039;éducation, de la santé ou encore des rapports entre hommes et femmes.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Toutefois, Riesen pointe le fait que ces communautés thérapeutiques prônant à l&#039;époque leur volonté de travailler dans la relation à l&#039;autre en utilisant les moyens les moins cohercitifs possibles pour entre en relation, soigner et atténuer la souffrance psychique des patients, ne se sont pas développées sur le long terme. En effet, cette alternative à l&#039;hospitalisation est vécue par certains comme plus dure et comme provoquant plus de souffrance en raison de la non médicalisation qu&#039;elle préconise. De plus, cette approche thérapeutique est très coûteuse en personnel soignant qualifié et ne pourra donc être soutenue par l&#039;état. Bien que cette cette tentative ne soit pas celle qui est perdurée, Riesen relève le fait qu&#039;elle est tout de même eu son importance dans l&#039;histoire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Prémisses à l&#039;anti-psychiatrie==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les années 60, Michel Foucault a tenté d&#039;amorcer &amp;quot;un dialogue entre la psychiatrie et ses sujets&amp;quot; ([[Bibliographie|Rose, 2006, p.113]]) et dès 1971 avec la sortie de son ouvrage sur les prisons, c&#039;est à la critique de l&#039;univers carcéral et des rapports de pouvoir qu&#039;il s&#039;attelle (Surveiller et punir, 1971). Ces critiques, plus tard regroupées sous le nom d&#039;antipsychiatrie, visaient à remettre en question &amp;quot;la manière dont le pouvoir du médecin était impliqué dans la vérité de ce qu&#039;il disait et, inversement, la manière dont celle-ci pouvait être fabriquée et compromise par son pouvoir ([[Bibliographie|Rose, 2006, p.120-121]]). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En Italie, Franco Basaglia, qui s’est appuyé entre autres sur les modèles de l’anti-psychiatrie anglaise et française pour mener sa lutte ([[Bibliographie|Cooper, Lang, Foucault, Caxtel]]), s&#039;en est pris aux conditions de vie moyenâgeuses réservées aux malades mentaux. En quelques années, il démantèle l’asile et expérimente les premiers éléments de sa conception territoriale (et non plus institutionnelle) de la folie&amp;amp;nbsp;: le malade est soigné dans son milieu social&amp;amp;nbsp;» (TVB 10 octobre 80).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;institution comme lieu d&#039;exclusion est mise à mal par une volonté de certains de supprimer ces lieux de contrainte, pour une vie libre dans la Cité (sectorisation) ou dans des communautés thérapeutiques (de préférence à la campagne) partant du présupposé que les conditions de vie des personnes sont déterminantes dans leur état de santé (avant même tout diagnostic). Par ailleurs, dans ces années-là, la vie quotidienne devient un objet d&#039;étude (la sociologie de la vie quotidienne), terreau de multiples expériences pédagogiques et thérapeutiques. Le slogan &amp;quot;La liberté est thérapeutique&amp;quot; s&#039;allie à une critique de la contrainte médicamenteuse et des pratiques de contention psychiatrique: elle donne ainsi une place à de nouvelles formes d&#039;&amp;quot;éducation spéciale&amp;quot; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Symptôme de ce changement le terme d&#039;&amp;quot;usagers&amp;quot; vient reléguer celui de &amp;quot;patients&amp;quot; donnant un nouveau statut aux personnes, écorchant ainsi le sacro saint pouvoir des médecins et des directions des institutions.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La fonction du médicament dans l&#039;approche anti-psychiatrique  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;apparition de la médication au début des années 1960 permet d&#039;éviter l&#039;internement. Elle soutient fortement le changement qui s’opère dans les pratiques et donne l&#039;impression de pouvoir faire quelque chose. Elle fait transparaître un espoir aussi bien pour les praticiens que pour les patients puisque grâce aux médicaments il y a une diminution des hospitalisations, une augmentation des prises en charge ambulatoires et une augmentation des consultations. L&#039;avancée de la médecine et l’essor de la psychopharmacologie permettent alors de développer de nouvelles perspectives thérapeutiques et de nouveaux défis comme le soutien au patient et à sa famille, la mise en place de nouvelles structures. Il s&#039;agit ainsi de &amp;quot;jeter un pont entre l&#039;hôpital et la ville&amp;quot; (CMS, 1963, 7ème année, n°2 &amp;quot;L’assistance psychiatrique&amp;quot;). Les personnes dites &amp;quot;folles&amp;quot; ne sont plus à enfermer, mais des personnes souffrant de troubles mentaux qu&#039;il faut soutenir dans leur autonomie et contenir dans leur pathologie (Kovess-Masféty, Boisson, Godot &amp;amp; Sauneron, 2010). Cependant, les connaissances récentes sur les effets de la médication et les abus sur son utilisation sont également soulevés. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;anti-psychiatrie se veut aussi anti-thérapeutique, ce qui lui est&amp;amp;nbsp; vivement reproché par les anti anti-psychiatres. Selon ces derniers, les anti-psychiatres considèrent que &amp;quot;les traitements sont à proscrire&amp;quot; ([[Bibliographie|Maurel, 1972]], p. 79). &amp;quot;Traiter, écrit Cooper, c&#039;est être intéressé à rendre le patient plus acceptable pour les autres...et lui faire manifester de moindre façon sa détresse&amp;quot; ([[Bibliographie|Maurel, 1972]], p. 79). Les anti anti-psychiatres militent ainsi pour une guérison grâce à des médicaments &#039;&#039;efficaces&#039;&#039; (au sens médical), selon des avis rapportés par les patients eux-mêmes. Selon les psychiatres opposés au courant anti-psychiatrique, ce-dernier vise &amp;quot;sans toujours l&#039;avouer à &amp;quot;soigner&amp;quot; clandestinement les &amp;quot;malades&amp;quot;&amp;quot; (Maurel, 1972, p.80), ce qui est selon Maurel et ses collègues, une contradiction.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Psychiatrie et anti-psychiatrie  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le mouvement d&#039;anti-psychiatrie&amp;amp;nbsp; &amp;quot;s&#039;oppose d&#039;abord et avant tout à une forme de monopole du savoir médical&amp;quot; ([[Bibliographie|Mannoni, 1970]], p. 9). Il dénonce l&#039;autorité morale et policière&amp;amp;nbsp; du psychiatre. Toutefois, psychiatres et partisants de l&#039;anti-psychiatrie s&#039;accorde sur le fait que &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;la société place le psychiatre dans une position ambiguë&amp;amp;nbsp;: il est au service d&#039;un patient dont il a à défendre les droits mais il se trouve également placé en position d&#039;auxiliaire de la police dans un programme d&#039;internement qui est un processus d&#039;obligation de soins&#039;&#039; (Mannoni, 1970, p. 168). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les réponses apportées par les uns et par les autres pour essayer de lever cette ambiguité sont toutefois différentes. Si l&#039;anti-psychiatrie cherche plutôt à démystifier &amp;quot;le rôle que la société fait jouer à la psychiatrie&amp;quot; (Mannoni, 1970, p.168), à créer des lieux où la maladie mentale pourrait être réintérrogée (allant même jusqu&#039;à nier la notion de maladie mentale) et à s&#039;éloigner des conceptions scientistes, certains psychiatres cherchent à remettre sur le devant de la scène un discours scientifique. &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;---Quand l&#039;antipsychiatrie est critique radicale de l&#039;institution, je suis antipsychiatre; mais quand elle se réfugie dans la négation de la maladie mentale, je suis contre&#039;&#039;--- ([[Bibliographie|Sztulman, 1972]], p.107).&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les archives de la revue &amp;quot;&#039;&#039;L&#039; Évolution psychiatrique&#039;&#039;&amp;quot;, les psychiatres non antipsychiatres se sont attelés, au début des années 70, à défendre leur point de vue scientifique et médical. Face au mouvement de protestation, ils ont écrits plusieurs articles afin de réhabiliter la psychiatrie et montrer les incohérences du mouvement antipsychiatrique, non seulement dans ce qu&#039;il dénonce, mais également dans les solutions qu&#039;il propose. S&#039;ils reconnaissent un certain succès à l&#039;antipsychiatrie &amp;quot;dans sa position de refus et de provocation&amp;quot; ([[Bibliographie|Barte, 1972]], p. 46), les solutions qu&#039;elle propose ne les satisfont guère. Pour certains membres de ce corps médical, la maladie mentale doit être reconnue comme &#039;&#039;phénomène nature&#039;&#039;l ([[Bibliographie|Ey, 1972]], p. 53). &amp;quot;En faisant volatiliser dans le néan l&#039;objet même de la psychiatrie qu&#039;est le malade mental, l&#039;antipsychiatrie nie la souffrance humaine, nie le drame authentiquement humain que vit chaque malade mental (Barte, 1972, p. 46). Pour défendre ces patients malades, &amp;quot;fous&amp;quot;, pour les réhabiliter, il est nécessaire de &amp;quot;passer par la reconnaissance même de la psychiatrie, science critique et autonome et qui ne peut se fonder que sur la notion de maladie mentale conçue ni comme simple maladie des organes, ni comme simple maladie psychique&amp;quot; (Barte, 1972, p.47). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le malaise asilaire est reconnu par les non antipsychiatres et les antipsychiatres. Il importe de traiter l&#039;institution en même termps que ses pensionnaires. Cependant, les non antipsychiatres récusent la responsabilité de l&#039;hôpital psychiatrique dans la création de la folie, &amp;quot;même s&#039;il concourt parfois à statufier certaines présentations cliniques&amp;quot;. (Sztulman, 1972, p. 106). Face aux critiques sur l&#039;hôpital, notamment face à certains qui, comme Basaglia, refusaient l&#039;idée de traitement de malades et de médecins, les non antipsychiatres dénoncent la destruction de l&#039;hôpital au profit d&#039;assemblées générales peu organisées. Sztulman (1972) pose la question&amp;amp;nbsp;: &amp;quot;A quoi ça sert&amp;amp;nbsp;? A quoi ça sert d&#039;être psychiatre là, ou femme de service,&amp;amp;nbsp; ou ergothérapeute puisque de tout façon chacun est dépouillé de son statut, et que les rôles sont&amp;amp;nbsp; inventer en permanence&amp;amp;nbsp;?&amp;quot; (p.102). Pour ces médecins, la négation de l&#039;inconscient et celle de la maladie mentale dans le mouvement antipsychiatrique amène des &#039;&#039;attitudes thérapeutiques particulièrement incohérentes &#039;&#039;(Sztulman, 1972, p. 101). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La question de l&#039;attribution de la maladie mentale à un fait organique ou plutôt à un fait culturel était alors au coeur de la bataille entre antipsychiatres et non antipsychiatres. Lors de l&#039;entretien mené avec Monsieur Alain Riesen, ce dernier nous a expliqué que cette question est toujours d&#039;actualité et qu&#039;il n&#039;y a pas, aujourd&#039;hui encore, de définition claire de la part de la communauté scientifique. Dans les années 1970, les non antipsychiatres critiquaient l&#039;erreur de l&#039;antipsychiatrie dans sa croyance &amp;quot;&#039;&#039;en un principe de causalité univoque et direct de la psychose&amp;quot;&amp;amp;nbsp;&#039;&#039;(Sztulman, 1972, p.105). Dans le même article, Sztulamn déclare encore: &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&amp;quot;&#039;&#039;il est dogmatique et naïf de dire que la folie se développe en dehors de toute culture. Il est dogmatique et naïf de dire qu&#039;elle se limite à un fait culturel. De tout évidence, il n&#039;y a pas un modèle qu&#039;il soit organo, psycho ou socio-génétique de la maladie mentale, mais pluridéterminisme à pondération variable suivant les cas&#039;&#039;&amp;quot; (p. 105). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Monsieur Alain Riesen a bien décrit cette vision de &#039;&#039;pluridéterminisme&#039;&#039;. Il nous a expliqué que la conception de la maladie mentale comme unique produit d&#039;un système qui disfonctionne semble devoir se ranger derrière un système bio-psycho-social qui rencontre actuellement le plus de soutient de la part des professionnels du domaine psychiatrique. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un peu plus tard, en 1974, L&#039;évolution psychiatrique a consacré à nouveau un numéro à l&#039;antipsychiatrie. Le vent de révolte de la part des non antipsychiatres semble s&#039;être calmé, comme s&#039;ils avaient été entendus et reconnus, comme s&#039;ils avaient &amp;quot;résisté à l&#039;agression psychiatricide de l&#039;antipsychiatrie&amp;quot; ([[Bibliographie|Sztulman, 1974]], p.129). Les mêmes auteurs qu&#039;en 1972 relèvent toujours l&#039;importance de l&#039;antipsychiatrie dans une démarche de contestation et d&#039;identification des difficultés de l&#039;institution psychiatrique. &amp;quot;L&#039;antipsychiatrie nous aide quand elle montre comme s&#039;est organisé le refus, la ségrégation de la maladie mentale et quand elle rappelle que chacun, dans la santé mentale et dans la folie, est la victime d&#039;une répression collective&amp;quot; (Sztulman, 1974, p. 129). Toutefois, ces mêmes psychiatres rapellent leur opposition à l&#039;étiologie de la maladie mentale revendiquée par les antipsychiatres. Ces années de remise en question et de refonte de la l&#039;insitution psychiatrique ont facilité un réel rétablissement de l&#039;institution de la psychothérapie, puis de la psychothérapie de l&#039;institution. En quise de plaidoyer Pro-Psychiatrie, voici ce que dit Minkowiski, cité par Sztulman (1974, p. 132) et qui résume la vision de non antipsychiatre de ce que devrait être leur profession:&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;Quelque part entre le fantasme de la faute et l&#039;illusion de la toute-puissance se trouve le chemin malaisé d&#039;une psychiatrie nouvelle, à réinventer tous les jours où le psychiatre refuse à la fois la facilité de n&#039;être qu&#039;un instrument passif, indifférent et anenchéphalique de la conservation de l&#039;ordre social et le plaisir narcissique de se situer au-delà d&#039;une réalité clinique ignorée, niée et finalement forclose, parce que angoissante. &#039;&#039;&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La désinstitutionalisation  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon des sources internet, le mouvement de désinstitutionalisation semble avoir débuté vers 1960 (même s’il semble qu’il y ait eu un prélude à la désinstitutionnalisation au début du 19e siècle (L’Institut universitaire en santé mentale de Québec par exemple - La désinstitutionnalisation, http://caringminds.ca/index.php?option=com_content&amp;amp;amp;view=article&amp;amp;amp;id=62&amp;amp;amp;Itemid=43&amp;amp;amp;lang=fr&amp;amp;amp;limitstart=7). Certains observent le début de ce mouvement en Scandinavie, d’autres au Québec. Dans tous les cas, il s’agit d’un mouvement d&#039;ouverture vers la communauté, d’une volonté de «normalisation»[[Normalisation]] &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le mouvement de désinstitutionnalisation s&#039;appuie avant tout sur une philosophie qui met l&#039;accent sur les droits et les libertés des individus, et elle vise à humaniser les soins de santé mentale. ([http://agora-2.org/thematiques/inaptitude.nsf/Dossiers/Desinstitutionnalisation Encyclopédie de l’Agora]). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;horreur suscitée par les politiques nazies du meurtre eugénique des malades psychiatriques et les camps de concentration pendant la Seconde guerre mondiale, ont attirer l’attention sur les pratiques «&amp;amp;nbsp;déshumanisantes&amp;amp;nbsp;» dans les soins psychiatriques en santé mentale, (séquestration, mauvais traitements en tout genre, manque de formation des professionnels). (Voir [http://id.erudit.org/iderudit/032417ar Martin, 1984 et Claire Henderson et Graham Thornicroft], Santé mentale au Québec, vol. 22, n° 2, 1997, p. 88-114. ) Les années d’après-guerre ont vu un accroissement de l’intérêt porté à l’institution comme objet d’étude. Certains auteurs parlent de l’institution comme étant «&amp;amp;nbsp;névrosante&amp;amp;nbsp;», «&amp;amp;nbsp;façonnant et codifiant les gens dans le rôle de patient psychiatrique&amp;amp;nbsp;» (Goffman (1961). On observe dans les années 60 une disparition du personnel religieux des hôpitaux. Naît alors une nouvelle conception de l’individu, une évolution des attitudes envers le malade&amp;amp;nbsp;; on veut le sortir des murs de l’asile psychiatrique. On commence à parler, à cette époque, du «&amp;amp;nbsp;droit de la personne&amp;amp;nbsp;». Des idéaux humanitaires amènent alors à une nouvelle vision de la maladie mentale. Il semble que ce mouvement de désinstitutionnalisation soit également lié à l’apparition des pratiques de pharmacopée. Effectivement, «&amp;amp;nbsp;Ces nouveaux médicaments permettaient de calmer les malades agités, délirants, hallucinés et ainsi permettre d&#039;envisager et de généraliser des traitements psychiques dans des conditions plus réalistes ou encore, lorsque c&#039;était possible, d&#039;envisager un retour au domicile ou dans des structures intermédiaires&amp;amp;nbsp;».([http://fr.wikipedia.org/wiki/Psychiatrie déf. du mot «&amp;amp;nbsp;psychiatrie&amp;amp;nbsp;»]). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On a le désir de «normaliser&amp;amp;nbsp;» leurs conditions de vie. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les années 60, si la personne «&amp;amp;nbsp;déficiente intellectuellement&amp;amp;nbsp;» est encore considérée comme un «&amp;amp;nbsp;malade&amp;amp;nbsp;», le malade mental ne l&#039;est plus, mais davantage comme un sujet pouvant être aidé et guéri. On met en avant le fait que la maladie mentale ne nécessite pas nécessairement une hospitalisation, et qu’elle doit être considérée comme une quelconque maladie. On externalise, on invente la psychiatrie de secteurs, on commence à intégrer des services pour les malades mentaux dans des hôpitaux ou cliniques. On évite ainsi la stigmatisation des malades mentaux placés pour de longues périodes en asile psychiatrique, et on leur évite la perte de leurs facultés leur permettant de se réintégrer dans la société. On redonne alors un rôle à la communauté, tout en accordant des responsabilités aux familles. La patient devient alors le coeur de l&#039;intérêt des praticiens. ([http://www.promentesana.org/upload/application/trimes_43.pdf in Lettre trimestrielle de l’association romande Pro Mente Sana])&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La désinstitutionalisation a permis aux personnes présentant des troubles psychiatriques de sortir de ce milieu assimilé pendant de nombreuses années, au milieu carcéral. Mais une fois &amp;quot;libérées&amp;quot; où vont ces personnes? A ce sujet,&amp;amp;nbsp; [[Bibliographie|N. Carpentier (2001)]] affirme dans son article que 60 à 70&amp;amp;nbsp;% des patients retournent dans leur famille après l’hospitalisation. Mais plusieurs auteurs ont démontré que l&#039;arrivée d&#039;un malade dans une famille, avait de lourde conséquence sur celle-ci. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Avant d’en venir aux conséquences, il semble nécessaire de revenir sur la représentation qu&#039;ont les professionnels des familles des patients. Pour cela, il est intéressant de revenir sur l&#039;évolution de leur vision. En d&#039;autres termes, comment la famille, alors qu&#039;elle était considérée comme coupable de la maladie de l&#039;un de ses membre, est devenue un partenaire idéal?&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au début du XXème siècle, celle-ci était considérée comme étant la cause, l&#039;origine de la maladie de l&#039;enfant. Les professionnels affirmaient que la maladie mentale était un problème génétique, héritée de plusieurs générations antérieures. Ensuite, les années cinquante ont apporté un premier renversement dans cette représentation. En effet, la famille était perçue comme étant un «&amp;amp;nbsp;système réagissant aux troubles mentaux de l’un de ses membres, plutôt qu’en tant que système causant des désordres psychiques&amp;amp;nbsp;» ([[Bibliographie|Carpentier, 2001, p.84]]). Ce changement de perspective est en lien avec l’arrivée d’une politique qui favorise les hospitalisations de courte durée. En d’autres termes, les familles commencent à être perçues comme une solution aux changements politiques. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les années 60, la psychiatrie adopte une vision centrée sur la communauté. Ce changement va être très favorable pour les familles, puisqu’il permet à ces dernières de se déresponsabiliser des troubles mentaux. Ainsi, toujours selon Carpentier, à cette époque «&amp;amp;nbsp;les désordres psychiques [doivent être étudiés] sous l’angle de l’isolement social, des désavantages sociaux, puis selon la présence de stresseurs sociaux et économique&amp;amp;nbsp;»( p.89) .&amp;lt;br&amp;gt;Ainsi, au fur et à mesure que le mouvement de désinstitutionalisation est mis en place, les politiciens et les professionnels considèrent la famille comme étant une solution au problème. En effet, cette dernière est perçue comme «&amp;amp;nbsp;une source privilégiée de soutien émotionnel et social ainsi que comme place de choix pour relocaliser le patient psychiatrique.&amp;amp;nbsp;» ([[Bibliographie|Carpentier, 2001, p.91]]. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Du côté des familles, il semblerait selon  [[Bibliographie|R. Therrien (1990)]] que sur le plan économique et émotionnel, la désinstitutionnalisation leur demande beaucoup, en particulier aux femmes. En effet, toujours selon R.Therrien, avoir quelqu&#039;un ayant des problèmes mentaux à la maison provoque beaucoup de stress. Chez certains, un malade peut devenir un véritable &amp;quot;fardeau&amp;quot;, puisque celui-ci impose beaucoup de contraintes. Effectivement, avoir une personne malade à la maison peut engendrer des conséquences telles que la réduction des loisirs habituels, les sorties avec les amis, par peur d&#039;être jugé, ou encore d&#039;avoir des problèmes avec les voisins, car les comportement de la personne dérange. Tous ces problèmes ont un impacte très fort sur la famille d&#039;autant plus qu&#039;elle n&#039;est pas aidée, ni reconnue pour tout ce qu&#039;elle fait pour la personne malade. &amp;amp;nbsp; &amp;lt;br&amp;gt; A propos de la lourde responsabilité des parents, on peut se demander si les familles ne finiraient pas elles aussi à un moment donné par tomber malade. A ce sujet,  le témoignage d&#039;[[Bibliographie|Alain Riesen]] souligne que lorsqu&#039;une famille prend en charge un de ses membres malade, il ne faut pas qu&#039;elle reste seule, mais qu&#039;elle en parle, partage ce qu&#039;elle vivait au quotidien. C&#039;est donc, pour ces raisons-là que des thérapies familiales ont vu le jours.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La communauté: un modèle alternatif à l&#039;institution fermée  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La communauté comme mode de prise en charge a, dans le champ de l&#039;éducation spéciale et spécialisée, sa propre histoire. Relevant d&#039;une approche démocratique et souvent pacifiste, la communauté est une forme de gouvernement par les personnes elles-mêmes (y compris les enfants). La notion de self-government a été développé dans le cadre de l&#039;éducation nouvelle pour définir de telles pratiques dès la fin du XIXe siècle. Lors de la seconde guerre mondiale des communautés d&#039;enfants victimes de la guerre ont vu le jour partout en Europe. Se référent à des modèles antérieurs comme les écoles nouvelles à la campagne de l&#039;éducation nouvelle (et donc du self-government) , de la république d&#039;enfants, de la cité des enfants, leurs fondateurs ont contribué au relèvement de l&#039;éducation en Europe par un modèle visant la participation des enfants à la gestion de la communauté et leur autonomie. Souvent, transformé dès les années 1950 en foyer pour enfants (malheureux, difficiles voire délinquants), le modèle des communautés d&#039;enfants semble être circonscrit à une période temporelle courte et particulièrement difficile sur le plan économique. On peut donc se demander si ce type de modèle ne serait pas &amp;quot;choisi&amp;quot; particulièrement en temps de crise et de manque de ressources financières donnant ainsi plus de pouvoir aux &amp;quot;usagers&amp;quot; permettant ainsi un moindre encadrement institutionnel. [[https://plone2.unige.ch/aref2010/search?SearchableText=communautés+d%27enfants]]. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des «&amp;amp;nbsp;communautés thérapeutiques&amp;amp;nbsp;» ont été créées en réaction aux enfermements asilaires prônés jusque-là mais qui commençaient à être pointés du doigt, car considérés comme déshumanisants. Bien que créées tout d&#039;abord pour répondre aux phénomènes de dépendances (toxicomanies, par exemple), on trouve, dès la fin des années 60, des communautés thérapeutiques en Angleterre, en France, en Suisse et au Québec, destinées au secteur de la psychiatrie. Avec la naissance de ces communautés thérapeutiques, une nouvelle approche de la psychose en-dehors des lieux de soins traditionnels s&#039;est développée (Schatzman, 1969; Barnes et Berke, 1973; Fabre, 1978; Lecomte et Tourigny, 1983a). Leur but est de créer un milieu &amp;quot;naturel&amp;quot;, en reconstituant les structures d’une «&amp;amp;nbsp;macro famille&amp;amp;nbsp;» ou d’une «&amp;amp;nbsp;mini société&amp;amp;nbsp;», plus rassurantes&amp;amp;nbsp;: on trouve par exemple la Communauté des Sablons, (Maison d&#039;enfants à caractère social et familial (76270 Saint-Saire), ou, en Suisse, le foyer de Tavel qui a vécu cinq ans (1975-1980). Dans le [http://edutechwiki.unige.ch/dewiki/R%C3%A9sum%C3%A9_film_de_Catherine_Scheuchzer film de Catherine Scheuchzer], «&amp;amp;nbsp;Dans l’aventure du non, la parole&amp;amp;nbsp;», (tourné à Boulens, dans la campagne vaudoise, dans les années 70 ), on découvre, dans un décor post soixante huitard, très simplement, dans un rythme extrêmement lent, des adultes et des enfants en interaction, «&amp;amp;nbsp;comme dans la vraie vie&amp;amp;nbsp;». Cette expérience est décrite comme «&amp;amp;nbsp;une véritable expérience d’éveil à la vie&amp;amp;nbsp;», qui «&amp;amp;nbsp;prend le contre-pied du placement en institution psychiatrique&amp;amp;nbsp;» (L’Est vaudois, 19.11.92). Plutôt que de considérer cette population d&#039;enfants, comme on le faisait en asile, comme des fous, murés dans leur silence. On veut les considérer comme des partenaires, des interlocuteurs. Le but est effectivement de les faire participer au quotidien d’une maisonnée, plutôt que de créer des ateliers protégés artificiels. De la sorte, ils sont poussés à se dépasser, à faire des expériences par eux-mêmes, sans avoir nécessairement recours au soutien d’un adulte. Il semble qu&#039;à cette époque, cette nouvelle façon de considérer les enfants autistes comme étant capables d’autonomie, capables d’agir, ait apporté un peu d’humanité dans leur prise en charge. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;enfant&amp;amp;nbsp; ainsi placé dans une communauté thérapeutique vaudoise est-il plus &amp;quot;intégré&amp;quot; que s&#039;il l&#039;était dans une institution considérée par ces acteurs alternatifs du &amp;quot;système&amp;quot; comme un ghetto? Il en va de même avec le terme désinstitutionalisation? Qu&#039;est-ce que l&#039;institution? Il y en a des &amp;quot;bonnes&amp;quot; (maternantes, enveloppantes, naturelles...) et de &amp;quot;mauvaises&amp;quot; (contraignantes, mortifères) (sur ce point les travaux de Fernand Oury puis de Jacques Pain mériteraient qu&#039;on s&#039;y attache (voir la psychothérapie institutionnelle sur le site de Jacques Pain: http://www.jacques-pain.fr).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L&#039;élan contestataire des années 70 à Genève  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En Suisse un même mouvement historique a été observé. Selon le médecin Christian Monney, on y a dénoncé les mêmes agissements qu’ailleurs&amp;amp;nbsp;: enfermement, répression, qui étaient là non pour aider le malade, mais pour protéger l’ordre public. On y mêlait, écrit-il, infirmes, orphelins, indigents et fous… (Dr Christian MONNEY, 1999, à l’occasion des 100 ans de l’Hôpital de Malévoz). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Or, dès 1965, des consultations ambulatoires sont créées et les séjours hospitaliers peuvent ainsi se raccourcir. Les moyens de contention sont contestés. Des établissements médico-éducatifs apparaissent, comme [http://www.castalie.ch/home.php?include=textes&amp;amp;lng=1&amp;amp;id=18&amp;amp;idmenu=14 la Castalie en Valais], grâce au Dr Rey-Belley, en 1972 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Genève, l&#039;élan contestataire débute lorsque Julian de Ajuriaguerra est nommé directeur de Bel-Air en 1959. A son arrivée, il décide d&#039;ouvrir des pavillons et d’introduire une nouvelle idée&amp;amp;nbsp;: «&amp;amp;nbsp;l’hospitalisation de courte durée, dans le but de remplacer, le plus vite possible, le patient dans son milieu naturel&amp;amp;nbsp;». [[Bibliographie|Archives contestataire, boite Riesen/Schuler, Réseau suisse-romand. Alternative à la psychiatrie, 1976.]] C&#039;est donc à ce moment-là que le mouvement de désinstitutionnalisation naît. En effet, on commence à critiquer les asiles et à vouloir modifier le fonctionnement de l&#039;hôpital psychiatrique. Les patients psychiatriques commencent à bénéficier des mêmes droits que les patients non-psychiatriques. De ce fait, entre les années 1963 à 1970, il se développe un système psychiatrique extra-hospitalier complet. Ensuite, pendant les années 70-80, cet élan continue avec la volonté de baser les soins sur des approches psychotérapeutiques.[[Bibliographie|Rey-Bellet, Bardet Blochet, Ferrero, 2010, p.90-95]] &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dès les années 1970, l&#039;ADUPSY (l&#039;association pour les droits des usagers de la psychiatrie) se questionne à propos du placement des malades qui garde, malgré la loi de 1936, un caractère prégnant d&#039;enfermement, et à propos de la limitation des droits des personnes que ces lois entrainent. En effet, l&#039;ADUPSY estime que les malades mentaux n&#039;ont pas le choix de leur placement (internement), cela se fait de force, et que leurs droits sont dès lors limités puisqu&#039;ils n&#039;ont pas de droit de regard sur le traitement qui leur est admistré. A cet effet, cette association relate par exemple qu&#039; &amp;quot;en 1975, la majorité des malades mentaux entrent encore à Bel-Air contre leur gré&amp;quot; ([[Bibliographie|ADUPSY, 1979, p. 7]]). Les droits de l&#039;Homme, et dans ce cas présent du malade, sont donc au coeur du débat. L&#039;association défend alors l&#039;idée que tout &#039;&#039;internement psychiatrique&#039;&#039; devrait être pensé comme une hospitalisation qui respecte les droits du malade mental en assurant sa protection et sa dignité, qui rende le patient actif dans son traitement, qu&#039;il peut d&#039;ailleurs refusé, qui n&#039;a pas comme raison la dangerosité potentielle du patient, qui rappelle au patient quels sont ses &amp;quot;droits en matière d&#039;hospitalisation et de traitement&amp;quot; (p. 13), et qui devrait &amp;quot;nécessité obligatoirement de deux certificats médicaux&amp;quot; (p. 13) de manière à justifier ce placement saur plusieurs avis de provenance différentes. Dans cette optique, on se rend compte de l&#039;évolution de la prise en charge des malades mentaux. Que ce soit au niveau des termes employés, de la procédure ou des droits des patients, l&#039;ensemble de cette prise en charge évolue. L&#039;époque semble donc propice à des changements radicaux. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En réponse à ce nouveau regard sur la question de la prise en charge des malades mentaux, la question de l&#039;éducation semble elle aussi être en mouvance durant cette période.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L&#039;anti-psychiatrie à Genève: une nouvelle politique de la prise en charge  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dès les années 70, le journal mensuel &amp;quot;Tout Va Bien&amp;quot; a consacré de nombreuses pages et numéros à la question de l&#039;anti-psychiatrie. Dès 1973, un groupe d’enquête s’est constitué pour dénoncer une certaine violence et certains abus de pouvoir au sein des asiles psychiatriques. Leur volonté était de déterritorialiser la psychiatrie. «&amp;amp;nbsp;La psychiatrie, c’est l’affaire de tout le monde&amp;amp;nbsp;». Ils voulaient faire exploser la loi du silence qui régnait dans ces lieux. Ils ont voulu dénoncer les rapports de pouvoir sévissant à l&#039;intérieur des murs psychiatriques, la soumission du malade à l’infirmier, la soumission de l’infirmier au médecin, la soumission du médecin aux pouvoirs de l’administrateur bailleur de fonds. Selon ce journal, le mouvement anti-psychiatrique serait né au début des années 60: La clinique psychiatrique de Bel Air, créée en 1900, a commencé à construire des pavillons ouverts avec l’arrivée de son nouveau directeur en 1959, Julian Ajuriaguerra. Son intention était de favoriser le retour de l’interné au plus vite dans leur milieu naturel, grâce à une hospitalisation de courte durée. A Genève, depuis 1963, le travail psychiatrique est sectorisé. On commence à organiser les soins dans des centres de consultation de quartier. Les premières tentatives alternatives apparaissent en Suisse. Des travailleurs sociaux poursuivent une critique des institutions et contribuent à la création et au fonctionnement de centres (qui se différencient des institutions récupératrices) qui ont pour but de venir en aide à toute personne en crise. Exemple&amp;amp;nbsp;: le centre Liotard à Genève, créé par le réseau d’alternative à la psychiatrie de Suisse romande. En janvier 1975 se tient le premier congrès d’alternative à la psychiatrie de secteur (Congrès de Bruxelles, auquel participe un groupe de Genève: il s’en est inspiré pour animer des débats au centre Liotard&amp;amp;nbsp;: recherche d’alternatives concrètes répondant aux besoins des malades. A Lausanne, le 24 janvier 1976, est créé un réseau alternatif à la psychiatrie pour la Suisse romande, dont l’un des membres actifs s’appelle Alain Riesen, du Centre Liotard. Une commission formée aussi bien de psychiatrisés que de soignants s’est alors formée. Elle a remis en question le pouvoir des soignants. Selon cette commission, le but d’une alternative au secteur doit être la prise en main progressive par le malade de ses propres difficultés. Suite à des tentatives d’internement forcé, des tracts ont circulé, dénonçant les abus du pouvoir psychiatrique (voir les archives contestataires de Genève, Classeur Alain Riesen). Dès ce moment-là, une prise de conscience s&#039;opère: le patient ne veut plus être manipulé, il ne veut plus être le cobaye, il ne veut plus être muselé par le pouvoir du médecin. Il veut choisir son mode de guérison, il veut être actif dans le processus de guérison. Il convient alors de faire en sorte que ce soit le patient qui choisisse ou non son hospitalisation. Effectivement, médecins, contestataires et familles se sont rendus compte de l&#039;importance du choix du malade dans sa propre guérison. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A la fin des années 70, d&#039;autres mouvements anti-psychiatriques se répandent en Suisse et ailleurs: par exemple à la clinique de Bellelay, où son nouveau directeur a souhaité ouvrir les murs à son arrivée, et mettre à disposition des appartements protégés, voire même une maison de vacances pour ses patients. Le but était &amp;quot;que les malades puissent le plus possible avoir des contacts humains et une vie «&amp;amp;nbsp;normale&amp;amp;nbsp;» (TVB avril-mai 80). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Suite à la mort atroce d&#039;Alain Urban lors d&#039;une cure de sommeil forcé à la clinique de Bel-Air, l&#039;ADUPSY ainsi que l&#039;Association des Médecins Progressiste ont déployé maints efforts pour alerter l&#039;opinion publique à propos des agissements soupçonneux de la clinque en question. Leurs revedications ont porté sur la suppression des isolements, la priorité données aux instruments de soin ambulatoire, l&#039;augmentation des effectifs globaux du personnel soignant, etc. Ils expriment également leur soutien aux revendications concernant le droit des patients&amp;amp;nbsp;: «&amp;amp;nbsp;Le consentement du patient ou de son entourage immédiat doit toujours être recherché, dans la thérapeutique comme dans la recherche&amp;amp;nbsp;». &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après les drames qui ont secoué Bel-Air, une commission d&#039;enquête a été créée, et c&#039;est non seulement le Directeur de cette clinique qui a été interrogé, mais également les patients, les soignants, ainsi que les cadres. Dès cet instant, &amp;quot;tout est ressorti&amp;quot;, témoigne Alain Riesen, amenant à une première évolution forte: la réforme de l&#039;institution psychiatrique. Le Pr Tissot est déstitué, et un changement au niveau de la législation se fait: le droit de recours apparaît, le patient peut désormais exiger de faire valoir ses droits. Jusque là, le Réseau d&#039;Alternative à la psychiatrie pouvait intervenir sur demande, mais n&#039;avait pas de statut officiel. A partir de cette période, une Commission de surveillance fut mise sur pied (réunissant un juriste, un médecin indépendant, un représentant du Droit des patients), et quatre associations de défense du Droit des patients sont nées: l&#039;Association RÊVE (les &amp;quot;Entendeurs de voix&amp;quot;), l&#039;ADPED (Association des personnes ayant des troubles bi-polaires et dépressifs), l&#039;Expérience (travail artisanal double d&#039;un travail d&#039;entraide), et l&#039;AETOC (Association des personnes ayant des troubles obsessionnels et compulsifs). Selon Alain Riesen, l&#039;institution, malgré l&#039;avancée significative qui a été faite quant au droit des patients, garde les stigmates de l&#039;institution asilaire. &amp;quot;Il y a encore beaucoup de travail à faire pour faire éclater l&#039;institution dans sa dimension totalitaire&amp;quot;, dit-il en conclusion de son récit.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Conclusion: l&#039;anti-psychiatrie un débat déplacé ? ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Point de vue: de l&#039;institution, des droits, considération de la maladie mentale, etc.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les différents mouvements contestataires, qui sont passés de la désinstitutionnalisation à la sectorisation en passant par la création de communautés thérapeutiques, ont amené à une critique du pouvoir institutionnel et des médecins. Le médecin n&#039;est plus tout-puissant et le consentement du patient ou de son entourage doit être obtenu avant tout traitement. Le patient a des droits et il doit les faire respecter.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De l&#039;enfermement asilaire on est allé vers une continuité des soins entre l&#039;hospitalier et l&#039;extra-hospitalier; en effet, sous prétexte que le patient nécessitait des soins, on l&#039;extrayait de  la société pour le placer en hôpital, on cherchait à le &amp;quot;normaliser&amp;quot; en l’excluant du système!: qui voulait-on protéger? Le patient ou la société? En bénéficiant de soins tout en continuant à être inséré dans la société, le patient ne souffre pas d&#039;un isolement qui rendrait sa réinsertion encore plus difficile. En restant inséré, il bénéficie d&#039;un réseau de soutien (famille, amis) qui a une part essentielle à jouer dans le processus de guérison.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cependant, il semblerait que même si beaucoup de progrès ont été accompli dans le domaine de la prise en considération de la personne malade, l&#039;institution garde encore toujours les stigmates de l&#039;asile totalitaire...&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Cécilia Zuccone</name></author>
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		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=La_d%C3%A9sinstitutionalisation_dans_le_champ_de_l%27%C3%A9ducation_sp%C3%A9ciale_1960-1980&amp;diff=9225</id>
		<title>La désinstitutionalisation dans le champ de l&#039;éducation spéciale 1960-1980</title>
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		<updated>2012-01-08T16:01:29Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Cécilia Zuccone : /* Panorama historique général */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;[[user:Kleinpa0|P. Klein]],&lt;br /&gt;
[[user:Natalina m|N. M.]],&lt;br /&gt;
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[[user:Cécilia Zuccone|C. Zuccone]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Université de Genève&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Introduction  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A l&#039;heure où l&#039;on peut constater de &amp;quot;nouvelles exclusions&amp;quot; au nom de la protection des citoyennes et des citoyens inquiétantes pour certains, car &amp;quot;ruinant ainsi des décennies d&#039;efforts de déségrégation, désexclusion, de &amp;quot;retour du schizophrène dans la cité&amp;quot; (Dr.Patrick Lemoine, Le mystère du nocebo, Paris. Odile Jacob, 2011, p.69), un certain nombre de questions se posent pour mieux comprendre l&#039;histoire de l&#039;éducation spéciale, une histoire à la fois politique (anti-psychiatrie, sectorisation), sociale et culturelle (intégration, normalisation, désinstitutionalisation, communauté de vie, communauté thérapeutique) dans les décennies des Trente glorieuses (1960-1990) pendant lesquelles a soufflé un vent de contestation des politiques institutionnelles. Un esprit contestataire a émergé en particulier dès les années 1970 (post soixante-huit) provoquant dans le champ de la prise en charge des personnes dites aujourd&#039;hui &amp;quot;à besoins particuliers&amp;quot; un élan de remise en question de l&#039;institution, du pouvoir des médecins, de la contrainte institutionnelle et médicamenteuse. Peu de travaux ont encore exploré ce champ, à Genève, sinon pour étudier l&#039;histoire de Mai 68 et du mouvement féministe. (voir notamment Julie de Dardel, Révolution sexuelle et Mouvement de libération des femmes à Genève (1970-1977). Lausanne: Antipode, 2007). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La recherche proposée vise à mieux comprendre comment, à Genève, le champ de l&#039;éducation spéciale et celui de la psychiatrie a été touché par cette contestation. Elle fait suite à celle engagée en 2010 et 2011 sur l&#039;histoire de l&#039;intégration scolaire des enfants handicapés mentaux [[Pionniers de l&#039;intégration scolaire des enfants handicapés à Genève]] et [[Article 2011]]. Les recherches précédentes ont montré à la fois la complexité des pratiques d&#039;intégration amenant souvent un écart entre discours et pratique, ainsi que les résistances à penser le handicap sans mettre une ligne de démarcation entre norme et hors norme, entre enfant éducable et non éducable, limite souvent mal définie et dépendante des représentations (malédiction du handicap). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au début des années 60, l&#039;intégration apparaît être pour les parents, dont les enfants sont encore entièrement dans la famille, une intégration dans des institutions à créer.  Le concept de [[Dictionnaire|normalisation]] vient s&#039;accoler à celui d&#039;intégration pour rapprocher toute déviance d&#039;une norme sociale (en terme d&#039;habitat, d&#039;activité, voire de comportements). Ainsi le milieu ouvert (comme Aigues-Verte par exemple) peut apparaître comme plus proche d&#039;une vie quotidenne &amp;quot;normale&amp;quot; et donc plus intégrant. Le Pavillon des Grand Bois à l&#039;hôpital psychiatrique de Bel-Air représente encore une solution &amp;quot;intégratrice&amp;quot; pour les enfants les plus difficiles à éduquer et les moins autonomes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La [[Dictionnaire|désinstitutionalisation]] qui fait l&#039;objet de cette nouvelle recherche est d&#039;abord issue des milieux de l&#039;anti-psychiatrie (et donc ni des associations de parents ni des milieux pédagogiques); on peut apparenter idéologiquement ce mouvement anti-psychiatrique avec un objectif de normalisation dans le sens de rapprocher les personnes prises en charge de la vie quotidienne de tout un chacun. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi malgré des différences d&#039;application ces différents courants pourraient être affiliés à celui libertaire qui a essaimé dans différents champs du social entre 1970 et 1990. C&#039;est dans une perspective de compréhension de l&#039;histoire des idées et des pratiques du mouvement anti-psychiatrique genevois que s&#039;inscrit cette recherche. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un premier temps, cette page d&#039;histoire sera située dans une &amp;quot;tradition&amp;quot;: d&#039;une part celle du traitement de la différence (notamment depuis les travaux des psycho-pédagogues du début du 20e siècle comme Alfred Binet à Paris, Edouard Claparède à Genève ou Ovide Decroly à Bruxelles); et d&#039;autre part dans une tentative dès les années vingt en Angleterre (voir Libre enfants de Summerhill), mais surtout pendant et dans l&#039;après deuxième guerre mondiale (voire les communautés d&#039;enfants victimes de la guerre), de multiplier les expériences de vie communautaire issue du scoutisme, des mouvements de jeunesse, de l&#039;éducation nouvelle et de l&#039;éducation internationaliste et pacifiste, des colonies de vacances et camps CEMEA, s&#039;opposant à la tradition hospitalière (couvent, Bon Pasteur, Hospice, institutions de prises en charge spécialisées). Ce faisant, nous dégagerons des signes précurseurs de &amp;quot;désinstitutionalisation&amp;quot; avec ces structures plus petites, parfois médicalisées (les écoles de plein-air), mais avant tout proches de la nature et des besoins des individus. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un second temps, nous étudierons la période 1960-1980 laquelle a vu émerger un mouvement anti-psychiatrique (critique de l&#039;hôpital, du pouvoir médical, de la médicalisation à outrance et de la contrainte) pour une critique radicale visant le pouvoir institutionnel et entraînant des pratiques novatrices, lesquelles demandent à être mieux étudiées: 1. dans leurs objectifs (désinstitutionalisation ou déshospitalisation versus sectorisation)? 2. dans le choix fait des traitements: médicaux (traitement ambulatoire) ou éducatif et thérapeutique? 3. dans l&#039;évaluation faite des populations concernées par une prise en charge alternative 4. dans le rôle joué par la psychanalyse comme alternative au traitement médicaux et comme modèle thérapeutique (notamment dans les communautés cf. film de Catherine Scheuchzer, Dans l&#039;aventure du non de la parole) 5. dans le rôle donné aux familles et le poids qui leur est fait supporter (en terme financier, de responsabilité, de culpabilité,...) et en particulier à l&#039;égard des mères et des femmes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il s&#039;agira de mieux comprendre si l&#039;anti-psychiatrie est dans les années 1960-1980 une nouvelle manière de faire de la psychiatrie ou si elle est une véritable contestation de l&#039;institution asilaire et si les modèles alternatifs proposés ne seraient pas sous couvert d&#039;idéologie libertaire une façon de baisser les coût de la santé en temps de crise. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour ce faire, nous avons lu des articles et consulté une bibliographie d&#039;ouvrages &amp;quot;classiques&amp;quot;, livres de références pour les acteurs/trices de la période considérées, puis nous avons dépouillé des revues professionnelles pour saisir les thématiques qui ont traversé alors le champs de la psychiatrie et de l&#039;éducation spécialisée; dans un second temps la recherche s&#039;est portée sur un fond d&#039;archives de l&#039;Association Les archives contestataires (fonds Alain Riesen/Schuller) dont les donateurs d&#039;archives, sont fondateurs de l&#039;Arcade 84 et militant de l&#039;anti-psychiatrie genevoise. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un troisième temps nous avons effectué un entretien vidéo (un plan fixe) avec Alain Riesen afin de lui poser cinq questions issues de la recherche dans les archives et dans la littérature afin d&#039;avoir son témoignage sur l&#039;histoire de l&#039;anti-psychiatrie, de la désinstitutionalisation et des communautés thérapeutiques entre 1960 et 1980.[[plan de recherche 2012]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Revue de la littérature  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On constate qu&#039;il n&#039;y a guère d&#039;articles et d&#039;ouvrages concernant cette page de l&#039;histoire genevoise. Seul un article d&#039;Alain Riesen a en quelque sorte donné le feu aux poudres. Un autre article de Montandon relève plus d&#039;une histoire des liens entre psychiatrie et justice. Ainsi pour approcher l&#039;histoire des changements apparus dans les années soixante sur le plan de l&#039;éducation spéciale dans le traitement des troubles psychiques, il a fallu d&#039;abord s&#039;intéresser à l&#039;histoire de l&#039;anti-psychiatrie, puis de la désinstitutionnalisation et enfin des communautés thérapeutiques, sujet introduit par le [http://edutechwiki.unige.ch/dewiki/R%C3%A9sum%C3%A9_film_de_Catherine_Scheuchzer film de Catherine Scheuchter]. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C&#039;est pourquoi nous avons en particulier étudié les fonds d&#039;archives aux [http://www.archivescontestataires.ch Archives Contestataires] qui rassemblent les documents produits par les mouvements contestataires de la seconde moitié du XXe siècle. A travers une plongée dans quelques revues professionnelles et journalistiques, cela nous a permis de mieux comprendre la place prise par ces thématiques dans les années concernées. Ainsi, un certain nombre de revues professionnelles ont été dépouillées pour la période 1970-1980. Soit Sauvegarde de l&#039;enfance, Déviance et Société, L&#039;Evolution psychiatrique. S&#039;y sont ajoutés les Cahiers Médico-sociaux entre 1956 et 1981, ainsi que le journal &amp;quot;Tout va bien&amp;quot; ( voir [[Notes sur journal Tout va bien]]) dépouillé pour les années 1970 à 1983, qui a consacré trois numéros entiers aux problèmes de la psychiatrie à Genève et surtout au mouvement anti-psychiatrique lié au scandale de l&#039;institution psychiatrique de Bel-Air en 1980. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt; Durant la période de 1970 à 1985, la revue &amp;quot;Sauvegarde de l&#039;enfance&amp;quot; n&#039;a publié aucune revue, voire même aucun article consacré au thème de notre étude, à savoir la désinstitutionnalisation dans le champ de l&#039;éducation spéciale. Au premier abord on pourrait donc tirer la conclusion selon laquelle ce champ d&#039;étude ou ce mouvement n&#039;était que peu présent à cette époque. Toutefois, en se penchant davantage sur les sujets traités dans cette revue, on se rend compte que les auteurs de celle-ci n&#039;ont pas abordé la désinstitutionnalisation en tant que telle, mais l&#039;ont abordée par les effets qu&#039;elle a pu engendré à cette époque. Effectivement, on peut observer des thèmes comme la formation des éducateurs en centre de jour ou en maison d&#039;accueil, la relation entre famille et société, l&#039;école ordinaire, l&#039;adolescence et la violence ou encore l&#039;aide sociale, autant de thèmes qui ont largement découlé de ce mouvement désinstitutionnel. Il est donc fort intéressant de se pencher sur les champs d&#039;action de ce type de revues, afin de mieux comprendre quel était le climat politique, les préoccupations, les tendances de la période qui nous intéresse. D&#039;ailleurs, nous retrouverons tout au long de cet article de nombreuses références aux thèmes traités par le revue &#039;&#039;Sauvegarde de l&#039;enfance&#039;&#039;.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Entre 1972 et 1974&#039;&#039;, [[L&#039;évolution psychiatrique|L&#039; Évolution psychiatrique]]&#039;&#039; consacre deux numéros au thème de l&#039;antipsychiatrie. Dans ces deux numéros, les articles sont rédigés par des médecins psychiatres non antipsychiatres qui s&#039;efforcent, dans un premier temps, de reconnaître les bienfaits des problématiques soulevées par le mouvement antipsychiatrique. Dans un deuxième temps, ces psychiatres soulèvent les thèses du mouvement, les critiquent et se distancent franchement des solutions proposées par les antipsychiatres pour répondre aux problématiques de départ. Après 1974, il n&#039;y a plus de numéros ou d&#039;articles consacrés à l&#039;antipsychiatrie. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La [[Revue Déviance et Société|Revue Déviance et Société]] aborde la problématique du traitement de la déviance essentiellement du point de vue pénale et de l’analyse du mouvement des normes. Les quelques articles relevés entre 1977 et 1982 en lien avec notre problématique témoignent bien du questionnement autour des normes, de la responsabilité et du processus de formation de la déviance et de la stigmatisation. Il est ainsi possible de constater que l’incursion de la psychiatrie dans le domaine pénal est perçue comme une menace ou une déresponsabilisation des actes délinquants ou criminels. Et que les arguments invoqués pour l’application d’une évaluation psychiatrique est bien celle d’une aliénation, mais en dehors ou en parallèle du milieu carcéral. Concernant notamment la prise en charge des mineurs, l’article de Jean-Marie Renouard (1982) relate bien les mouvements conceptuels ayant eu lieu. De l’identification de l’enfant «&amp;amp;nbsp;inadapté&amp;amp;nbsp;» à par la suite l’identification de l’enfant «&amp;amp;nbsp;handicapé&amp;amp;nbsp;», les concepts de l’exclusion qui s’en suivent sont passés d’une stigmatisation dans le but «&amp;amp;nbsp;d’extraire&amp;amp;nbsp;» (dénoncés par la sociologie et le mouvement anti-psychiatrique) à un droit à l’exclusion dans une visée de réintégration. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Les cahiers médico-sociaux]] se dédient aux questions contemporaines liées à la santé publique et médico-sociales. C’est d’un point de vue «&amp;amp;nbsp;mesuré&amp;amp;nbsp;» que cette revue nous indique de façon précieuse quelles étaient les dispositions prises au niveau des politiques sociales (Assurances Invalidité, lois) et du traitement médical ou thérapeutique (services, institutions, approches thérapeutiques, relation praticien-patient). Les articles retenus concernent essentiellement l&#039;hygiène mentale et son appréhension. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt; Cette revue de la littérature montre que les années 60 à 80 ont été fortement teintées par une volonté de sortir les personnes malades de l&#039;institution névrosante, des ghettos asilaires, et de viser plutôt une ouverture vers la communauté. C&#039;est la recherche de la normalisation, donnant de l&#039;ampleur à un certain courant humaniste. Est apparue la notion de Droit des patients: toute personne a le droit de vivre dans son milieu et de participer à la vie de sa communauté. La nécessité d&#039;être acteur de son processus de guérison est devenue prioritaire. Mais jusqu&#039;où est-on allé? Ou se situe la limite d&#039;une &amp;quot;vie comme tout le monde&amp;quot; lorsque l&#039;on souffre, que l&#039;on a des besoins spécifiques? Les années 70 ont été permissives et ont laissé beaucoup d&#039;autonomie aux personnes handicapées ou malades, mais se sont-elles senties mieux?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Méthodologie  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le travail de recherche a mêlé plusieurs méthodologies. Outre l&#039;apprentissage de l&#039;usage d&#039;un wiki qui a cimenté comme il se doit cette &amp;quot;communauté de travail&amp;quot; de six membres, ceux-ci ont travaillé dans trois directions: la recherche documentaire et bibliographique, l&#039;étude d&#039;un fonds d&#039;archives (le Fonds Riesen/Schuler de l&#039;Association les Archives contestataire) et la construction d&#039;une grille de questions à poser au &amp;quot;grand témoin&amp;quot;, Alain Riesen. Ces quatre outils méthodologiques ont donc fondé cette étude. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1. De l&#039;usage du wiki &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La pratique de l&#039;intelligence collective oblige à mettre en mouvement deux réseaux: le réseau que forme les membres de la communauté qui travaillent constamment ensemble pour alimenter le site dewiki et le &amp;quot;réseau&amp;quot; des pages de rédaction qu&#039;offre le site wiki, soit: l&#039;espace de l&#039;article, celui du dictionnaire des concepts, celui de la bibliographie et celui des résumés. Reste évidemment la page d&#039;accueil qui permet de visualiser l&#039;ensemble et de suivre les tâches à effectuer d&#039;une semaine à l&#039;autre. Ce travail de recherche mêle des moments de rencontre sur le web (notamment par les pages de discussion autour d&#039;une activité), mais aussi réellement en salle de cours afin surtout d&#039;assurer le rythme d&#039;avancement de la démarche et d&#039;échanger du point de vue intellectuel et du point de vue technologique. L&#039;évaluation de la démarche se fait aussi dans une même perspective d&#039;intelligence collective qui nécessite un engagement des personnes pour le &amp;quot;bien commun&amp;quot; à savoir le résultat de l&#039;ensemble des activités qui forment cette recherche originale. Une autoévaluation collective clôt la démarche un mois après la fin de l&#039;expérience collective pour permettre d&#039;ajuster les rythme individuel et de peaufiner les textes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
2. De la recherche documentaire et bibliographique &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Afin de mieux comprendre les positions des différents acteurs dans les domaines que nous avons étudiés, il a été nécessaire de se plonger dans différentes revues professionnelles ou sociales. La plupart d&#039;entre elles étant gardées en version papier dans différents lieux d&#039;archives ou bibliothèques, nous nous sommes rendues dans les bibliothèques universitaires de plusieurs facultés (psychologie et sciences de l&#039;éducation, lettres, médecine,...) afin d&#039;avoir accès aux articles de l&#039;époque. La plupart de ces thématiques n&#039;étant pas directement liées à nos propres études, il nous a fallu, dans un premier temps, saisir tout un lexique, une pensée, un domaine parfois méconnus, voire inconnus. Dans un deuxième temps, il a fallu comprendre comment ce qui avait été lu pouvait s&#039;inscrire dans cette période entre 1960 et 1980, quelles étaient les sources d&#039;inspirations et les revendications de cette époque particulière.Nous avons également fait appel à des ouvrages, des livres que nous avons trouvé en bibliothèque afin d&#039;étayer notre recherche.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt; 3. De la recherche en archives &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous sommes allées deux matins aux Archives Contestataires, afin de faire de la recherche sur le fond Riesen/Schuler. Ce fut très intéressant de toucher des documents manuscrits, de vieux journaux, et de la documentation provenant des médecins. Ce fut pour nous toutes une découverte intéressante de faire de la recherche d&#039;une autre manière. Aussi, cela nous a permis de mieux comprendre notre objet d&#039;étude dans le cadre genevois et ains de pouvoir préparer les différentes questions que nous allions posées à Alain Riesen lors de notre entretien.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
4. La constitution d&#039;une archive orale &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
N&#039;ayant trouvé que peu d&#039;archives écrites sur le mouvement de contestation de la psychiatrie à Genève entre 1960 et 1980, nous avons eu la chance de pouvoir interviewer Monsieur Alain Riesen, ergothérapeute et co-fondateur d&#039;Arcade 84. En relation avec les thématiques propres à chacune selon les revues consultées ou les ouvrages lus, nous avons pu l&#039;interroger d&#039;abord sur sa position de professionnel de la psychiatrie et son statut de militant. Dans un deuxième temps, nous lui avons demandé qu&#039;elles étaient ses lectures de références, sa conception de la maladie mentale, et sa vision du partenariat avec les familles des malades. Finalement, nous l&#039;avons interrogé sur les apports de toutes ces années de militantisme, notamment au sein de l&#039;ADUPSY et du réseau alternatif à la psychiatrie.([[Plan de recherche 2012|Questions]]). Cet entretien nous a tout d&#039;abord permis de mieux comprendre ce qui s&#039;était réellement passé à Genève durant la période étudiée, et surtout d&#039;avoir des éléments précis et concrêt de cette période de désinstitutionnalisation. C&#039;est ainsi que nous avons pu compléter notre article en regard des propos de Monsieur Riesen.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Panorama historique général  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Des prisons à l&#039;asile pour les personnes atteintes d&#039;affections mentales&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Jusqu&#039;à la fin du XVIIIe siècle, les hôpitaux psychiatriques internaient une population bien différente de celle accueillie au XXe siècle. [[Bibliographie|Cléopâtre Montandon&amp;amp;nbsp;(1978)]]&amp;amp;nbsp; nous dévoile que les populations désignées comme relevant de l&#039;univers psychiatrique étaient très fortement liées à l&#039;univers carcéral. Effectivement, jusqu&#039;au XVIIIe siècle, les criminels étaient considérés comme &amp;quot;fous&amp;quot; ou &amp;quot;aliénés&amp;quot; et se voyaient enfermés, voire même enchaînés dans des &amp;quot;maisons de discipline&amp;quot; ou dans des &amp;quot;hôpitaux pour fous&amp;quot;. A cette époque, seule la justice décidait du lieu d&#039;incarcération des individus criminels. Peu à peu, des distinctions se sont faites pour montrer que certains criminels aliénés relevaient davantage de la psychiatrie, et se définissaient essentiellement par une responsabilité restreinte et une santé mentale défaillante. Ce sont alors ces personnes, désignées comme ne pouvant accomplir leur rôle social, que les hôpitaux psychiatriques ont admis dans leurs locaux. Pour décider et justifier ces internements, la justice ne pouvait agir seule. C&#039;est à partir de 1838 qu&#039;une loi voit le jour à Genève concernant l&#039;internement des &amp;quot;aliénés&amp;quot;: loi sur le placement et la surveillance des aliénés (5 février 1838). On parlera dès lors de &#039;&#039;placement&#039;&#039; des aliénés, et non plus de l&#039;enfermement ou de l&#039;internement de ces derniers.&amp;lt;br&amp;gt; &amp;quot;Ce n&#039;est qu&#039;à partir de 1936 que l&#039;autorisation d&#039;un internement est délivré sur vue d&#039;un certificat médical par le Département de la prévoyance sociale et de la santé publique&amp;quot;. Ainsi, on voit combien la société évolue en définissant clairement et sur preuves médicales qui peut être &#039;&#039;placé&#039;&#039; en hôpital psychiatrique. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On peut également noter que les préoccupations principales de la période du XVIIIe au début du XXe siècle se restreignaient principalement à la sécurité, et de fait au &#039;&#039;placement&#039;&#039; de ces personnes. Où pouvait-on mettre physiquement ces personnes différentes pour qu&#039;elles ne nuisent pas à la société? Que pouvait-on faire d&#039;elles? Qui pouvait s&#039;en occuper? Que faire avec ces personnes? On observe dès lors que, pendant plusieurs siècles, ces personnes étaient enfermées, considérées comme étant dénuées de tous sens, de toute sensibilité, et par conséquent ne recevaient aucune éducation. Il faudra alors attendre la fin du XIXe siècle pour entrevoir une forme d&#039;éducation de ces personnes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans son article, &amp;quot;[[Bibliographie|La naissance de l&#039;institutions pour aliénés]]&amp;quot; à Genève au 19e siècle, Alain Riesen montre que la problématique de l&#039;internement est grandissante et que &amp;quot;l&#039;inhumanité de l&#039;enfermement&amp;quot; (Riesen, 1981) est au coeur des préoccupations. Il relate également une nouvelle conception du milieu asilaire&amp;amp;nbsp;: &amp;quot;la possibilité d&#039;améliorer l&#039;état des aliénés, ou même les guérir, si de bonnes conditions sont réunies&amp;quot;. En d&#039;autres termes, il s&#039;agirait de pouvoir administrer un traitement aux malades de manière à guérir, à soigner leur folie; à l&#039;époque nommé &#039;&#039;traitement de la folie. &#039;&#039;Plusieurs types de traitements font alors leur apparition et notamment l&#039;isolement. Il s&#039;agissait d&#039;éloigner le malade des conditions de vie qui l&#039;ont rendu &#039;&#039;fou&#039;&#039; &amp;quot;afin de le soustraire à leur influence&amp;quot;. La médication fut également un des traitements de la folie.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette nouvelle manière de penser l&#039;internement étant accomplie, plusieurs dérives ont vu le jour, et notamment les placements abusifs effectués par le Département de Justice et Police. En 1895, la Loi de 1838 est revue de manière à éclaircir la procédure d&#039;admission des aliénés.&amp;amp;nbsp;&amp;quot;Même si la loi de 1838 ne rend pas obligatoire l&#039;avis médical pour procéder au placement, dans la pratique, le médecin se fondant sur une &#039;&#039;science&#039;&#039; de l&#039;aliénisme en plein développment, va jouer un rôle de plus en plus important dans le placement et la sortie des aliénés&amp;quot; ([[Bibliographie|ADUPSY]]). L&#039;avis médical devient dès lors requis pour tout placement. Enfin, la réforme de 1936 met en évidence la nécessité et l&#039;exigence d&#039;un certificat médical pour être placé. Quiconque ne peut pas être déféni comme &amp;quot;fou&amp;quot; ou &amp;quot;aliéné&amp;quot; sans avis médical suivant des règles précises.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;L&#039;éducation...&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au début du XXe siècle, Binet et Simon (1907)&amp;amp;nbsp; &#039;&#039;donnent une nouvelle forme cognitive de l&#039;éducation spéciale qui perdurera au moins jusqu&#039;au années 1960&#039;&#039; ([[Bibliographie|Chauvière et Plaisance, 2003, p. 32]]).&amp;amp;nbsp; A cette époque, on distinguait les arriérés d&#039;asiles, non éducables et à laisser entre les mains des médecins, des arriérés d&#039;école. Ainsi, des institutions apparaissent entre l&#039;hôpital et la classe ordinaire: les classes spéciales (ou classes de développement) et les instituts médico-pédagogiques. Dans ces nouveaux lieux, la pédagogie était &#039;&#039;inspirée par l&#039;atelier, c&#039;est-à-dire guidée par la mise en oeuvre de travaux manuels et d&#039;exercices pratiques &#039;&#039;([[Bibliographie|Chauvière et Plaisance, 2003, p. 33]]). A Genève, c&#039;est le médecin et psychologue Edouard Claparède qui sera appelé pour réorganiser les classes spéciales sur un mode scientifique, c&#039;est-à-dire en tenant compte du diagnostic effectué sur l&#039;enfant et du pronostic d&#039;éducabilité. [[Bibliographie|Ruchat]] &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En grande-Bretagne, dans les années 1920, A.S Neill, puis dans les années 1960, David Cooper ont mis en place de nouveaux lieux pour exercer une forme innovante de psychiatrie et d&#039;éducation, remise en question de l&#039;internement psychiatrique des malades mentaux. C&#039;est en effet à travers des expériences comme [[Résumé de l&#039;ouvrage Libres enfants de Summerhill|Libres enfants de Summerhill]] de [[Bibliographie|Neill]] en 1921 ou Pavillon 21 menée par [[Bibliographie|Cooper]] en 1962 que l&#039;anti-psychiatrie semble voir le jour. Effectivement, plusieurs principes régissent ce nouveau type de lieu à savoir la liberté des individus, le self-governement, les apprentissages facultatifs... en ayant pour hypothèses que le mal-être et la maladie mentale de ces individus sont en partie dû aux contraintes du monde dans lequel ils évoluent et apprennent. Dès lors, il convient de créer des institutions, des lieux éloignés de toute coercition et de toute autorité. Notons également que Maud Mannoni, dans la préface de l&#039;ouvrage Libres enfants de Summerhill, relate que Neil faisait partie de &amp;quot;la lignée anarchisante qui donna naissance à l&#039;antipsychiatrie&amp;quot; ([[Bibliographie|Mannoni, dans Neill, 1979, p. 9]]).&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais on constate aussi, en France, que la période 1945-1960 est également bouleversée et traversée par de nouveaux modèles éducatifs avec la naissance de lieu de vie où l&#039;enfant inadapté est accueilli, non pas à travers sa maladie ou sa différence, mais plus à travers le fait qu&#039;il est un enfant et qu&#039;il doit être éduqué. Jean Lagarde, fondateur de l&#039;association de la sauvegarde des enfants invalides dans la période après guerre, souhaitait effectivement faire &amp;quot;l&#039;expérience d&#039;éducation toujours dans un creuset communautaire&amp;quot; ([[Bibliographie|Capul, 2002, p.141]]). Lagarde avait pour objectif de créer un lieu où les soins médicaux puissent être administrés aux enfants qui en nécessitaient, tout en leur proposant un accueil éducatif. Nous pourrions plutôt dire qu&#039;il désirait créer une école, un lieu de vie où un suivi médical était envisageable. Il s&#039;agissait en effet d&#039;éloigner l&#039;enfant du lieu médical pour qu&#039;il devienne élève et que, de fait, il puisse apprendre. Dans cette optique, équipe pédagogique et équipe médical devaient collaborer étroitement. Cette expérience est à nouveau le témoin d&#039;une nouvelle forme d&#039;hospitalisation. Il est possible de faire le lien entre cette expérience et l&#039;approche de Maud Mannoni en 1969, avec la création de l&#039;Ecole expérimentale de Bonneuil-sur-Marne où il s&#039;agissait également de séparer les lieux d&#039;analyse et les lieux de vie (lieux pédagogiques).&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Et en Suisse?&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En se fondant sur des principes similaires à ceux de Neil et de Cooper, dès les années 1960,&amp;amp;nbsp; de nombreuses institutions privées pour enfants handicapés ou en difficultés se développent en Suisse, majoritairement sous l&#039;impulsion d&#039;associations de parents. Ces derniers ont été amenés à &#039;&#039;créer et à gérer des institutions de type médico-éducatif&#039;&#039; &#039;&#039;pour éviter à leurs enfants d&#039;être relégués dans des services d&#039;hôpitaux psychiatriques ou d&#039;être seulement en survie à leur domicile&#039;&#039; (Chauvière er Plaisance, 2003, p.35). Aujourd&#039;hui, les institutions, à Genève, semblent toujours être un peu sur le même modèle, celui de &amp;quot;l&#039;alliance&amp;quot; entre le médical et le pédagogique (qui regroupe aussi l&#039;aspect éducatif). Si on ne cherche peut-être plus à éviter aux élèves la reléguation en psychiatrie, on les place dans des lieux parfois hors de tout cursus ordinaire et loin de la norme. Ce qui questionne enfin sur qu&#039;est-ce que la normalisation? Et où mettre la limite à une vie comme tout le monde avec un handicap: la liberté (permissivité, autonomie) des années 1970 a-t-elle fait l&#039;impasse sur la souffrance des individus face aux exigences thérapeutiques et pédagogiques? La communauté d&#039;enfants (pédagogique, institutionnelle, thérapeutique) est-elle un modèle &amp;quot;utile&amp;quot; en temps de crise des institutions: peu coûteux, demandant un engagement au quotidien (vie quotidienne) du collectif pédagogique et thérapeutique (donc assurant un &amp;quot;contrôle social&amp;quot; maximal.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Ce qu&#039;en dit Riesen...&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour ce chapitre, nous avons interrogé Alain Riesen au sujet de la question des communautés thérapeutiques afin de voir si celles-ci ont influencé ou non le processus de désinstitutionnalisation et antipsychiatrique des années 1960 à 1980. Tout d&#039;abord, Riesen met en évidence dans ses propos qu&#039;il est important de créer un parallèle entre le passé et le présent de manière à situer le contexte historique et politique, mais surtout de manière à voir sur quoi repose nos agissements. Ainsi, pour lui la naissance de ces communautés thérapeutiques comme détaillée précédemment dans ce chapitre, est un pas de l&#039;histoire de la désinstitutionnalisation.Effectivement, ces communautés thérapeutiques se développent comme une alternative à l&#039;hospitalisation traditionnelle dans un contexte qui remet en question les rapports de pouvoir dans l&#039;institution, mais également au niveau de l&#039;éducation, de la santé ou encore des rapports entre hommes et femmes.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Toutefois, Riesen pointe le fait que ces communautés thérapeutiques prônant à l&#039;époque leur volonté de travailler dans la relation à l&#039;autre en utilisant les moyens les moins cohercitifs possibles pour entre en relation, soigner et atténuer la souffrance psychique des patients, ne se sont pas développées sur le long terme. En effet, cette alternative à l&#039;hospitalisation est vécue par certains comme plus dure et comme provoquant plus de souffrance en raison de la non médicalisation qu&#039;elle préconise. De plus, cette approche thérapeutique est très coûteuse en personnel soignant qualifié et ne pourra donc être soutenue par l&#039;état.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Prémisses à l&#039;anti-psychiatrie==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les années 60, Michel Foucault a tenté d&#039;amorcer &amp;quot;un dialogue entre la psychiatrie et ses sujets&amp;quot; ([[Bibliographie|Rose, 2006, p.113]]) et dès 1971 avec la sortie de son ouvrage sur les prisons, c&#039;est à la critique de l&#039;univers carcéral et des rapports de pouvoir qu&#039;il s&#039;attelle (Surveiller et punir, 1971). Ces critiques, plus tard regroupées sous le nom d&#039;antipsychiatrie, visaient à remettre en question &amp;quot;la manière dont le pouvoir du médecin était impliqué dans la vérité de ce qu&#039;il disait et, inversement, la manière dont celle-ci pouvait être fabriquée et compromise par son pouvoir ([[Bibliographie|Rose, 2006, p.120-121]]). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En Italie, Franco Basaglia, qui s’est appuyé entre autres sur les modèles de l’anti-psychiatrie anglaise et française pour mener sa lutte ([[Bibliographie|Cooper, Lang, Foucault, Caxtel]]), s&#039;en est pris aux conditions de vie moyenâgeuses réservées aux malades mentaux. En quelques années, il démantèle l’asile et expérimente les premiers éléments de sa conception territoriale (et non plus institutionnelle) de la folie&amp;amp;nbsp;: le malade est soigné dans son milieu social&amp;amp;nbsp;» (TVB 10 octobre 80).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;institution comme lieu d&#039;exclusion est mise à mal par une volonté de certains de supprimer ces lieux de contrainte, pour une vie libre dans la Cité (sectorisation) ou dans des communautés thérapeutiques (de préférence à la campagne) partant du présupposé que les conditions de vie des personnes sont déterminantes dans leur état de santé (avant même tout diagnostic). Par ailleurs, dans ces années-là, la vie quotidienne devient un objet d&#039;étude (la sociologie de la vie quotidienne), terreau de multiples expériences pédagogiques et thérapeutiques. Le slogan &amp;quot;La liberté est thérapeutique&amp;quot; s&#039;allie à une critique de la contrainte médicamenteuse et des pratiques de contention psychiatrique: elle donne ainsi une place à de nouvelles formes d&#039;&amp;quot;éducation spéciale&amp;quot; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Symptôme de ce changement le terme d&#039;&amp;quot;usagers&amp;quot; vient reléguer celui de &amp;quot;patients&amp;quot; donnant un nouveau statut aux personnes, écorchant ainsi le sacro saint pouvoir des médecins et des directions des institutions.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La fonction du médicament dans l&#039;approche anti-psychiatrique  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;apparition de la médication au début des années 1960 permet d&#039;éviter l&#039;internement. Elle soutient fortement le changement qui s’opère dans les pratiques et donne l&#039;impression de pouvoir faire quelque chose. Elle fait transparaître un espoir aussi bien pour les praticiens que pour les patients puisque grâce aux médicaments il y a une diminution des hospitalisations, une augmentation des prises en charge ambulatoires et une augmentation des consultations. L&#039;avancée de la médecine et l’essor de la psychopharmacologie permettent alors de développer de nouvelles perspectives thérapeutiques et de nouveaux défis comme le soutien au patient et à sa famille, la mise en place de nouvelles structures. Il s&#039;agit ainsi de &amp;quot;jeter un pont entre l&#039;hôpital et la ville&amp;quot; (CMS, 1963, 7ème année, n°2 &amp;quot;L’assistance psychiatrique&amp;quot;). Les personnes dites &amp;quot;folles&amp;quot; ne sont plus à enfermer, mais des personnes souffrant de troubles mentaux qu&#039;il faut soutenir dans leur autonomie et contenir dans leur pathologie (Kovess-Masféty, Boisson, Godot &amp;amp; Sauneron, 2010). Cependant, les connaissances récentes sur les effets de la médication et les abus sur son utilisation sont également soulevés. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;anti-psychiatrie se veut aussi anti-thérapeutique, ce qui lui est&amp;amp;nbsp; vivement reproché par les anti anti-psychiatres. Selon ces derniers, les anti-psychiatres considèrent que &amp;quot;les traitements sont à proscrire&amp;quot; ([[Bibliographie|Maurel, 1972]], p. 79). &amp;quot;Traiter, écrit Cooper, c&#039;est être intéressé à rendre le patient plus acceptable pour les autres...et lui faire manifester de moindre façon sa détresse&amp;quot; ([[Bibliographie|Maurel, 1972]], p. 79). Les anti anti-psychiatres militent ainsi pour une guérison grâce à des médicaments &#039;&#039;efficaces&#039;&#039; (au sens médical), selon des avis rapportés par les patients eux-mêmes. Selon les psychiatres opposés au courant anti-psychiatrique, ce-dernier vise &amp;quot;sans toujours l&#039;avouer à &amp;quot;soigner&amp;quot; clandestinement les &amp;quot;malades&amp;quot;&amp;quot; (Maurel, 1972, p.80), ce qui est selon Maurel et ses collègues, une contradiction.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Psychiatrie et anti-psychiatrie  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le mouvement d&#039;anti-psychiatrie&amp;amp;nbsp; &amp;quot;s&#039;oppose d&#039;abord et avant tout à une forme de monopole du savoir médical&amp;quot; ([[Bibliographie|Mannoni, 1970]], p. 9). Il dénonce l&#039;autorité morale et policière&amp;amp;nbsp; du psychiatre. Toutefois, psychiatres et partisants de l&#039;anti-psychiatrie s&#039;accorde sur le fait que &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;la société place le psychiatre dans une position ambiguë&amp;amp;nbsp;: il est au service d&#039;un patient dont il a à défendre les droits mais il se trouve également placé en position d&#039;auxiliaire de la police dans un programme d&#039;internement qui est un processus d&#039;obligation de soins&#039;&#039; (Mannoni, 1970, p. 168). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les réponses apportées par les uns et par les autres pour essayer de lever cette ambiguité sont toutefois différentes. Si l&#039;anti-psychiatrie cherche plutôt à démystifier &amp;quot;le rôle que la société fait jouer à la psychiatrie&amp;quot; (Mannoni, 1970, p.168), à créer des lieux où la maladie mentale pourrait être réintérrogée (allant même jusqu&#039;à nier la notion de maladie mentale) et à s&#039;éloigner des conceptions scientistes, certains psychiatres cherchent à remettre sur le devant de la scène un discours scientifique. &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;---Quand l&#039;antipsychiatrie est critique radicale de l&#039;institution, je suis antipsychiatre; mais quand elle se réfugie dans la négation de la maladie mentale, je suis contre&#039;&#039;--- ([[Bibliographie|Sztulman, 1972]], p.107).&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les archives de la revue &amp;quot;&#039;&#039;L&#039; Évolution psychiatrique&#039;&#039;&amp;quot;, les psychiatres non antipsychiatres se sont attelés, au début des années 70, à défendre leur point de vue scientifique et médical. Face au mouvement de protestation, ils ont écrits plusieurs articles afin de réhabiliter la psychiatrie et montrer les incohérences du mouvement antipsychiatrique, non seulement dans ce qu&#039;il dénonce, mais également dans les solutions qu&#039;il propose. S&#039;ils reconnaissent un certain succès à l&#039;antipsychiatrie &amp;quot;dans sa position de refus et de provocation&amp;quot; ([[Bibliographie|Barte, 1972]], p. 46), les solutions qu&#039;elle propose ne les satisfont guère. Pour certains membres de ce corps médical, la maladie mentale doit être reconnue comme &#039;&#039;phénomène nature&#039;&#039;l ([[Bibliographie|Ey, 1972]], p. 53). &amp;quot;En faisant volatiliser dans le néan l&#039;objet même de la psychiatrie qu&#039;est le malade mental, l&#039;antipsychiatrie nie la souffrance humaine, nie le drame authentiquement humain que vit chaque malade mental (Barte, 1972, p. 46). Pour défendre ces patients malades, &amp;quot;fous&amp;quot;, pour les réhabiliter, il est nécessaire de &amp;quot;passer par la reconnaissance même de la psychiatrie, science critique et autonome et qui ne peut se fonder que sur la notion de maladie mentale conçue ni comme simple maladie des organes, ni comme simple maladie psychique&amp;quot; (Barte, 1972, p.47). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le malaise asilaire est reconnu par les non antipsychiatres et les antipsychiatres. Il importe de traiter l&#039;institution en même termps que ses pensionnaires. Cependant, les non antipsychiatres récusent la responsabilité de l&#039;hôpital psychiatrique dans la création de la folie, &amp;quot;même s&#039;il concourt parfois à statufier certaines présentations cliniques&amp;quot;. (Sztulman, 1972, p. 106). Face aux critiques sur l&#039;hôpital, notamment face à certains qui, comme Basaglia, refusaient l&#039;idée de traitement de malades et de médecins, les non antipsychiatres dénoncent la destruction de l&#039;hôpital au profit d&#039;assemblées générales peu organisées. Sztulman (1972) pose la question&amp;amp;nbsp;: &amp;quot;A quoi ça sert&amp;amp;nbsp;? A quoi ça sert d&#039;être psychiatre là, ou femme de service,&amp;amp;nbsp; ou ergothérapeute puisque de tout façon chacun est dépouillé de son statut, et que les rôles sont&amp;amp;nbsp; inventer en permanence&amp;amp;nbsp;?&amp;quot; (p.102). Pour ces médecins, la négation de l&#039;inconscient et celle de la maladie mentale dans le mouvement antipsychiatrique amène des &#039;&#039;attitudes thérapeutiques particulièrement incohérentes &#039;&#039;(Sztulman, 1972, p. 101). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La question de l&#039;attribution de la maladie mentale à un fait organique ou plutôt à un fait culturel était alors au coeur de la bataille entre antipsychiatres et non antipsychiatres. Lors de l&#039;entretien mené avec Monsieur Alain Riesen, ce dernier nous a expliqué que cette question est toujours d&#039;actualité et qu&#039;il n&#039;y a pas, aujourd&#039;hui encore, de définition claire de la part de la communauté scientifique. Dans les années 1970, les non antipsychiatres critiquaient l&#039;erreur de l&#039;antipsychiatrie dans sa croyance &amp;quot;&#039;&#039;en un principe de causalité univoque et direct de la psychose&amp;quot;&amp;amp;nbsp;&#039;&#039;(Sztulman, 1972, p.105). Dans le même article, Sztulamn déclare encore: &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&amp;quot;&#039;&#039;il est dogmatique et naïf de dire que la folie se développe en dehors de toute culture. Il est dogmatique et naïf de dire qu&#039;elle se limite à un fait culturel. De tout évidence, il n&#039;y a pas un modèle qu&#039;il soit organo, psycho ou socio-génétique de la maladie mentale, mais pluridéterminisme à pondération variable suivant les cas&#039;&#039;&amp;quot; (p. 105). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Monsieur Alain Riesen a bien décrit cette vision de &#039;&#039;pluridéterminisme&#039;&#039;. Il nous a expliqué que la conception de la maladie mentale comme unique produit d&#039;un système qui disfonctionne semble devoir se ranger derrière un système bio-psycho-social qui rencontre actuellement le plus de soutient de la part des professionnels du domaine psychiatrique. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un peu plus tard, en 1974, L&#039;évolution psychiatrique a consacré à nouveau un numéro à l&#039;antipsychiatrie. Le vent de révolte de la part des non antipsychiatres semble s&#039;être calmé, comme s&#039;ils avaient été entendus et reconnus, comme s&#039;ils avaient &amp;quot;résisté à l&#039;agression psychiatricide de l&#039;antipsychiatrie&amp;quot; ([[Bibliographie|Sztulman, 1974]], p.129). Les mêmes auteurs qu&#039;en 1972 relèvent toujours l&#039;importance de l&#039;antipsychiatrie dans une démarche de contestation et d&#039;identification des difficultés de l&#039;institution psychiatrique. &amp;quot;L&#039;antipsychiatrie nous aide quand elle montre comme s&#039;est organisé le refus, la ségrégation de la maladie mentale et quand elle rappelle que chacun, dans la santé mentale et dans la folie, est la victime d&#039;une répression collective&amp;quot; (Sztulman, 1974, p. 129). Toutefois, ces mêmes psychiatres rapellent leur opposition à l&#039;étiologie de la maladie mentale revendiquée par les antipsychiatres. Ces années de remise en question et de refonte de la l&#039;insitution psychiatrique ont facilité un réel rétablissement de l&#039;institution de la psychothérapie, puis de la psychothérapie de l&#039;institution. En quise de plaidoyer Pro-Psychiatrie, voici ce que dit Minkowiski, cité par Sztulman (1974, p. 132) et qui résume la vision de non antipsychiatre de ce que devrait être leur profession:&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;Quelque part entre le fantasme de la faute et l&#039;illusion de la toute-puissance se trouve le chemin malaisé d&#039;une psychiatrie nouvelle, à réinventer tous les jours où le psychiatre refuse à la fois la facilité de n&#039;être qu&#039;un instrument passif, indifférent et anenchéphalique de la conservation de l&#039;ordre social et le plaisir narcissique de se situer au-delà d&#039;une réalité clinique ignorée, niée et finalement forclose, parce que angoissante. &#039;&#039;&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La désinstitutionalisation  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon des sources internet, le mouvement de désinstitutionalisation semble avoir débuté vers 1960 (même s’il semble qu’il y ait eu un prélude à la désinstitutionnalisation au début du 19e siècle (L’Institut universitaire en santé mentale de Québec par exemple - La désinstitutionnalisation, http://caringminds.ca/index.php?option=com_content&amp;amp;amp;view=article&amp;amp;amp;id=62&amp;amp;amp;Itemid=43&amp;amp;amp;lang=fr&amp;amp;amp;limitstart=7). Certains observent le début de ce mouvement en Scandinavie, d’autres au Québec. Dans tous les cas, il s’agit d’un mouvement d&#039;ouverture vers la communauté, d’une volonté de «normalisation»[[Normalisation]] &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le mouvement de désinstitutionnalisation s&#039;appuie avant tout sur une philosophie qui met l&#039;accent sur les droits et les libertés des individus, et elle vise à humaniser les soins de santé mentale. ([http://agora-2.org/thematiques/inaptitude.nsf/Dossiers/Desinstitutionnalisation Encyclopédie de l’Agora]). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;horreur suscitée par les politiques nazies du meurtre eugénique des malades psychiatriques et les camps de concentration pendant la Seconde guerre mondiale, ont attirer l’attention sur les pratiques «&amp;amp;nbsp;déshumanisantes&amp;amp;nbsp;» dans les soins psychiatriques en santé mentale, (séquestration, mauvais traitements en tout genre, manque de formation des professionnels). (Voir [http://id.erudit.org/iderudit/032417ar Martin, 1984 et Claire Henderson et Graham Thornicroft], Santé mentale au Québec, vol. 22, n° 2, 1997, p. 88-114. ) Les années d’après-guerre ont vu un accroissement de l’intérêt porté à l’institution comme objet d’étude. Certains auteurs parlent de l’institution comme étant «&amp;amp;nbsp;névrosante&amp;amp;nbsp;», «&amp;amp;nbsp;façonnant et codifiant les gens dans le rôle de patient psychiatrique&amp;amp;nbsp;» (Goffman (1961). On observe dans les années 60 une disparition du personnel religieux des hôpitaux. Naît alors une nouvelle conception de l’individu, une évolution des attitudes envers le malade&amp;amp;nbsp;; on veut le sortir des murs de l’asile psychiatrique. On commence à parler, à cette époque, du «&amp;amp;nbsp;droit de la personne&amp;amp;nbsp;». Des idéaux humanitaires amènent alors à une nouvelle vision de la maladie mentale. Il semble que ce mouvement de désinstitutionnalisation soit également lié à l’apparition des pratiques de pharmacopée. Effectivement, «&amp;amp;nbsp;Ces nouveaux médicaments permettaient de calmer les malades agités, délirants, hallucinés et ainsi permettre d&#039;envisager et de généraliser des traitements psychiques dans des conditions plus réalistes ou encore, lorsque c&#039;était possible, d&#039;envisager un retour au domicile ou dans des structures intermédiaires&amp;amp;nbsp;».([http://fr.wikipedia.org/wiki/Psychiatrie déf. du mot «&amp;amp;nbsp;psychiatrie&amp;amp;nbsp;»]). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On a le désir de «normaliser&amp;amp;nbsp;» leurs conditions de vie. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les années 60, si la personne «&amp;amp;nbsp;déficiente intellectuellement&amp;amp;nbsp;» est encore considérée comme un «&amp;amp;nbsp;malade&amp;amp;nbsp;», le malade mental ne l&#039;est plus, mais davantage comme un sujet pouvant être aidé et guéri. On met en avant le fait que la maladie mentale ne nécessite pas nécessairement une hospitalisation, et qu’elle doit être considérée comme une quelconque maladie. On externalise, on invente la psychiatrie de secteurs, on commence à intégrer des services pour les malades mentaux dans des hôpitaux ou cliniques. On évite ainsi la stigmatisation des malades mentaux placés pour de longues périodes en asile psychiatrique, et on leur évite la perte de leurs facultés leur permettant de se réintégrer dans la société. On redonne alors un rôle à la communauté, tout en accordant des responsabilités aux familles. La patient devient alors le coeur de l&#039;intérêt des praticiens. ([http://www.promentesana.org/upload/application/trimes_43.pdf in Lettre trimestrielle de l’association romande Pro Mente Sana])&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La désinstitutionalisation a permis aux personnes présentant des troubles psychiatriques de sortir de ce milieu assimilé pendant de nombreuses années, au milieu carcéral. Mais une fois &amp;quot;libérées&amp;quot; où vont ces personnes? A ce sujet,&amp;amp;nbsp; [[Bibliographie|N. Carpentier (2001)]] affirme dans son article que 60 à 70&amp;amp;nbsp;% des patients retournent dans leur famille après l’hospitalisation. Mais plusieurs auteurs ont démontré que l&#039;arrivée d&#039;un malade dans une famille, avait de lourde conséquence sur celle-ci. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Avant d’en venir aux conséquences, il semble nécessaire de revenir sur la représentation qu&#039;ont les professionnels des familles des patients. Pour cela, il est intéressant de revenir sur l&#039;évolution de leur vision. En d&#039;autres termes, comment la famille, alors qu&#039;elle était considérée comme coupable de la maladie de l&#039;un de ses membre, est devenue un partenaire idéal?&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au début du XXème siècle, celle-ci était considérée comme étant la cause, l&#039;origine de la maladie de l&#039;enfant. Les professionnels affirmaient que la maladie mentale était un problème génétique, héritée de plusieurs générations antérieures. Ensuite, les années cinquante ont apporté un premier renversement dans cette représentation. En effet, la famille était perçue comme étant un «&amp;amp;nbsp;système réagissant aux troubles mentaux de l’un de ses membres, plutôt qu’en tant que système causant des désordres psychiques&amp;amp;nbsp;» ([[Bibliographie|Carpentier, 2001, p.84]]). Ce changement de perspective est en lien avec l’arrivée d’une politique qui favorise les hospitalisations de courte durée. En d’autres termes, les familles commencent à être perçues comme une solution aux changements politiques. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les années 60, la psychiatrie adopte une vision centrée sur la communauté. Ce changement va être très favorable pour les familles, puisqu’il permet à ces dernières de se déresponsabiliser des troubles mentaux. Ainsi, toujours selon Carpentier, à cette époque «&amp;amp;nbsp;les désordres psychiques [doivent être étudiés] sous l’angle de l’isolement social, des désavantages sociaux, puis selon la présence de stresseurs sociaux et économique&amp;amp;nbsp;»( p.89) .&amp;lt;br&amp;gt;Ainsi, au fur et à mesure que le mouvement de désinstitutionalisation est mis en place, les politiciens et les professionnels considèrent la famille comme étant une solution au problème. En effet, cette dernière est perçue comme «&amp;amp;nbsp;une source privilégiée de soutien émotionnel et social ainsi que comme place de choix pour relocaliser le patient psychiatrique.&amp;amp;nbsp;» ([[Bibliographie|Carpentier, 2001, p.91]]. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Du côté des familles, il semblerait selon  [[Bibliographie|R. Therrien (1990)]] que sur le plan économique et émotionnel, la désinstitutionnalisation leur demande beaucoup, en particulier aux femmes. En effet, toujours selon R.Therrien, avoir quelqu&#039;un ayant des problèmes mentaux à la maison provoque beaucoup de stress. Chez certains, un malade peut devenir un véritable &amp;quot;fardeau&amp;quot;, puisque celui-ci impose beaucoup de contraintes. Effectivement, avoir une personne malade à la maison peut engendrer des conséquences telles que la réduction des loisirs habituels, les sorties avec les amis, par peur d&#039;être jugé, ou encore d&#039;avoir des problèmes avec les voisins, car les comportement de la personne dérange. Tous ces problèmes ont un impacte très fort sur la famille d&#039;autant plus qu&#039;elle n&#039;est pas aidée, ni reconnue pour tout ce qu&#039;elle fait pour la personne malade. &amp;amp;nbsp; &amp;lt;br&amp;gt; A propos de la lourde responsabilité des parents, on peut se demander si les familles ne finiraient pas elles aussi à un moment donné par tomber malade. A ce sujet,  le témoignage d&#039;[[Bibliographie|Alain Riesen]] souligne que lorsqu&#039;une famille prend en charge un de ses membres malade, il ne faut pas qu&#039;elle reste seule, mais qu&#039;elle en parle, partage ce qu&#039;elle vivait au quotidien. C&#039;est donc, pour ces raisons-là que des thérapies familiales ont vu le jours.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La communauté: un modèle alternatif à l&#039;institution fermée  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La communauté comme mode de prise en charge a, dans le champ de l&#039;éducation spéciale et spécialisée, sa propre histoire. Relevant d&#039;une approche démocratique et souvent pacifiste, la communauté est une forme de gouvernement par les personnes elles-mêmes (y compris les enfants). La notion de self-government a été développé dans le cadre de l&#039;éducation nouvelle pour définir de telles pratiques dès la fin du XIXe siècle. Lors de la seconde guerre mondiale des communautés d&#039;enfants victimes de la guerre ont vu le jour partout en Europe. Se référent à des modèles antérieurs comme les écoles nouvelles à la campagne de l&#039;éducation nouvelle (et donc du self-government) , de la république d&#039;enfants, de la cité des enfants, leurs fondateurs ont contribué au relèvement de l&#039;éducation en Europe par un modèle visant la participation des enfants à la gestion de la communauté et leur autonomie. Souvent, transformé dès les années 1950 en foyer pour enfants (malheureux, difficiles voire délinquants), le modèle des communautés d&#039;enfants semble être circonscrit à une période temporelle courte et particulièrement difficile sur le plan économique. On peut donc se demander si ce type de modèle ne serait pas &amp;quot;choisi&amp;quot; particulièrement en temps de crise et de manque de ressources financières donnant ainsi plus de pouvoir aux &amp;quot;usagers&amp;quot; permettant ainsi un moindre encadrement institutionnel. [[https://plone2.unige.ch/aref2010/search?SearchableText=communautés+d%27enfants]]. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des «&amp;amp;nbsp;communautés thérapeutiques&amp;amp;nbsp;» ont été créées en réaction aux enfermements asilaires prônés jusque-là mais qui commençaient à être pointés du doigt, car considérés comme déshumanisants. Bien que créées tout d&#039;abord pour répondre aux phénomènes de dépendances (toxicomanies, par exemple), on trouve, dès la fin des années 60, des communautés thérapeutiques en Angleterre, en France, en Suisse et au Québec, destinées au secteur de la psychiatrie. Avec la naissance de ces communautés thérapeutiques, une nouvelle approche de la psychose en-dehors des lieux de soins traditionnels s&#039;est développée (Schatzman, 1969; Barnes et Berke, 1973; Fabre, 1978; Lecomte et Tourigny, 1983a). Leur but est de créer un milieu &amp;quot;naturel&amp;quot;, en reconstituant les structures d’une «&amp;amp;nbsp;macro famille&amp;amp;nbsp;» ou d’une «&amp;amp;nbsp;mini société&amp;amp;nbsp;», plus rassurantes&amp;amp;nbsp;: on trouve par exemple la Communauté des Sablons, (Maison d&#039;enfants à caractère social et familial (76270 Saint-Saire), ou, en Suisse, le foyer de Tavel qui a vécu cinq ans (1975-1980). Dans le [http://edutechwiki.unige.ch/dewiki/R%C3%A9sum%C3%A9_film_de_Catherine_Scheuchzer film de Catherine Scheuchzer], «&amp;amp;nbsp;Dans l’aventure du non, la parole&amp;amp;nbsp;», (tourné à Boulens, dans la campagne vaudoise, dans les années 70 ), on découvre, dans un décor post soixante huitard, très simplement, dans un rythme extrêmement lent, des adultes et des enfants en interaction, «&amp;amp;nbsp;comme dans la vraie vie&amp;amp;nbsp;». Cette expérience est décrite comme «&amp;amp;nbsp;une véritable expérience d’éveil à la vie&amp;amp;nbsp;», qui «&amp;amp;nbsp;prend le contre-pied du placement en institution psychiatrique&amp;amp;nbsp;» (L’Est vaudois, 19.11.92). Plutôt que de considérer cette population d&#039;enfants, comme on le faisait en asile, comme des fous, murés dans leur silence. On veut les considérer comme des partenaires, des interlocuteurs. Le but est effectivement de les faire participer au quotidien d’une maisonnée, plutôt que de créer des ateliers protégés artificiels. De la sorte, ils sont poussés à se dépasser, à faire des expériences par eux-mêmes, sans avoir nécessairement recours au soutien d’un adulte. Il semble qu&#039;à cette époque, cette nouvelle façon de considérer les enfants autistes comme étant capables d’autonomie, capables d’agir, ait apporté un peu d’humanité dans leur prise en charge. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;enfant&amp;amp;nbsp; ainsi placé dans une communauté thérapeutique vaudoise est-il plus &amp;quot;intégré&amp;quot; que s&#039;il l&#039;était dans une institution considérée par ces acteurs alternatifs du &amp;quot;système&amp;quot; comme un ghetto? Il en va de même avec le terme désinstitutionalisation? Qu&#039;est-ce que l&#039;institution? Il y en a des &amp;quot;bonnes&amp;quot; (maternantes, enveloppantes, naturelles...) et de &amp;quot;mauvaises&amp;quot; (contraignantes, mortifères) (sur ce point les travaux de Fernand Oury puis de Jacques Pain mériteraient qu&#039;on s&#039;y attache (voir la psychothérapie institutionnelle sur le site de Jacques Pain: http://www.jacques-pain.fr).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L&#039;élan contestataire des années 70 à Genève  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En Suisse un même mouvement historique a été observé. Selon le médecin Christian Monney, on y a dénoncé les mêmes agissements qu’ailleurs&amp;amp;nbsp;: enfermement, répression, qui étaient là non pour aider le malade, mais pour protéger l’ordre public. On y mêlait, écrit-il, infirmes, orphelins, indigents et fous… (Dr Christian MONNEY, 1999, à l’occasion des 100 ans de l’Hôpital de Malévoz). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Or, dès 1965, des consultations ambulatoires sont créées et les séjours hospitaliers peuvent ainsi se raccourcir. Les moyens de contention sont contestés. Des établissements médico-éducatifs apparaissent, comme [http://www.castalie.ch/home.php?include=textes&amp;amp;lng=1&amp;amp;id=18&amp;amp;idmenu=14 la Castalie en Valais], grâce au Dr Rey-Belley, en 1972 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Genève, l&#039;élan contestataire débute lorsque Julian de Ajuriaguerra est nommé directeur de Bel-Air en 1959. A son arrivée, il décide d&#039;ouvrir des pavillons et d’introduire une nouvelle idée&amp;amp;nbsp;: «&amp;amp;nbsp;l’hospitalisation de courte durée, dans le but de remplacer, le plus vite possible, le patient dans son milieu naturel&amp;amp;nbsp;». [[Bibliographie|Archives contestataire, boite Riesen/Schuler, Réseau suisse-romand. Alternative à la psychiatrie, 1976.]] C&#039;est donc à ce moment-là que le mouvement de désinstitutionnalisation naît. En effet, on commence à critiquer les asiles et à vouloir modifier le fonctionnement de l&#039;hôpital psychiatrique. Les patients psychiatriques commencent à bénéficier des mêmes droits que les patients non-psychiatriques. De ce fait, entre les années 1963 à 1970, il se développe un système psychiatrique extra-hospitalier complet. Ensuite, pendant les années 70-80, cet élan continue avec la volonté de baser les soins sur des approches psychotérapeutiques.[[Bibliographie|Rey-Bellet, Bardet Blochet, Ferrero, 2010, p.90-95]] &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dès les années 1970, l&#039;ADUPSY (l&#039;association pour les droits des usagers de la psychiatrie) se questionne à propos du placement des malades qui garde, malgré la loi de 1936, un caractère prégnant d&#039;enfermement, et à propos de la limitation des droits des personnes que ces lois entrainent. En effet, l&#039;ADUPSY estime que les malades mentaux n&#039;ont pas le choix de leur placement (internement), cela se fait de force, et que leurs droits sont dès lors limités puisqu&#039;ils n&#039;ont pas de droit de regard sur le traitement qui leur est admistré. A cet effet, cette association relate par exemple qu&#039; &amp;quot;en 1975, la majorité des malades mentaux entrent encore à Bel-Air contre leur gré&amp;quot; ([[Bibliographie|ADUPSY, 1979, p. 7]]). Les droits de l&#039;Homme, et dans ce cas présent du malade, sont donc au coeur du débat. L&#039;association défend alors l&#039;idée que tout &#039;&#039;internement psychiatrique&#039;&#039; devrait être pensé comme une hospitalisation qui respecte les droits du malade mental en assurant sa protection et sa dignité, qui rende le patient actif dans son traitement, qu&#039;il peut d&#039;ailleurs refusé, qui n&#039;a pas comme raison la dangerosité potentielle du patient, qui rappelle au patient quels sont ses &amp;quot;droits en matière d&#039;hospitalisation et de traitement&amp;quot; (p. 13), et qui devrait &amp;quot;nécessité obligatoirement de deux certificats médicaux&amp;quot; (p. 13) de manière à justifier ce placement saur plusieurs avis de provenance différentes. Dans cette optique, on se rend compte de l&#039;évolution de la prise en charge des malades mentaux. Que ce soit au niveau des termes employés, de la procédure ou des droits des patients, l&#039;ensemble de cette prise en charge évolue. L&#039;époque semble donc propice à des changements radicaux. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En réponse à ce nouveau regard sur la question de la prise en charge des malades mentaux, la question de l&#039;éducation semble elle aussi être en mouvance durant cette période.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L&#039;anti-psychiatrie à Genève: une nouvelle politique de la prise en charge  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dès les années 70, le journal mensuel &amp;quot;Tout Va Bien&amp;quot; a consacré de nombreuses pages et numéros à la question de l&#039;anti-psychiatrie. Dès 1973, un groupe d’enquête s’est constitué pour dénoncer une certaine violence et certains abus de pouvoir au sein des asiles psychiatriques. Leur volonté était de déterritorialiser la psychiatrie. «&amp;amp;nbsp;La psychiatrie, c’est l’affaire de tout le monde&amp;amp;nbsp;». Ils voulaient faire exploser la loi du silence qui régnait dans ces lieux. Ils ont voulu dénoncer les rapports de pouvoir sévissant à l&#039;intérieur des murs psychiatriques, la soumission du malade à l’infirmier, la soumission de l’infirmier au médecin, la soumission du médecin aux pouvoirs de l’administrateur bailleur de fonds. Selon ce journal, le mouvement anti-psychiatrique serait né au début des années 60: La clinique psychiatrique de Bel Air, créée en 1900, a commencé à construire des pavillons ouverts avec l’arrivée de son nouveau directeur en 1959, Julian Ajuriaguerra. Son intention était de favoriser le retour de l’interné au plus vite dans leur milieu naturel, grâce à une hospitalisation de courte durée. A Genève, depuis 1963, le travail psychiatrique est sectorisé. On commence à organiser les soins dans des centres de consultation de quartier. Les premières tentatives alternatives apparaissent en Suisse. Des travailleurs sociaux poursuivent une critique des institutions et contribuent à la création et au fonctionnement de centres (qui se différencient des institutions récupératrices) qui ont pour but de venir en aide à toute personne en crise. Exemple&amp;amp;nbsp;: le centre Liotard à Genève, créé par le réseau d’alternative à la psychiatrie de Suisse romande. En janvier 1975 se tient le premier congrès d’alternative à la psychiatrie de secteur (Congrès de Bruxelles, auquel participe un groupe de Genève: il s’en est inspiré pour animer des débats au centre Liotard&amp;amp;nbsp;: recherche d’alternatives concrètes répondant aux besoins des malades. A Lausanne, le 24 janvier 1976, est créé un réseau alternatif à la psychiatrie pour la Suisse romande, dont l’un des membres actifs s’appelle Alain Riesen, du Centre Liotard. Une commission formée aussi bien de psychiatrisés que de soignants s’est alors formée. Elle a remis en question le pouvoir des soignants. Selon cette commission, le but d’une alternative au secteur doit être la prise en main progressive par le malade de ses propres difficultés. Suite à des tentatives d’internement forcé, des tracts ont circulé, dénonçant les abus du pouvoir psychiatrique (voir les archives contestataires de Genève, Classeur Alain Riesen). Dès ce moment-là, une prise de conscience s&#039;opère: le patient ne veut plus être manipulé, il ne veut plus être le cobaye, il ne veut plus être muselé par le pouvoir du médecin. Il veut choisir son mode de guérison, il veut être actif dans le processus de guérison. Il convient alors de faire en sorte que ce soit le patient qui choisisse ou non son hospitalisation. Effectivement, médecins, contestataires et familles se sont rendus compte de l&#039;importance du choix du malade dans sa propre guérison. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A la fin des années 70, d&#039;autres mouvements anti-psychiatriques se répandent en Suisse et ailleurs: par exemple à la clinique de Bellelay, où son nouveau directeur a souhaité ouvrir les murs à son arrivée, et mettre à disposition des appartements protégés, voire même une maison de vacances pour ses patients. Le but était &amp;quot;que les malades puissent le plus possible avoir des contacts humains et une vie «&amp;amp;nbsp;normale&amp;amp;nbsp;» (TVB avril-mai 80). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Suite à la mort atroce d&#039;Alain Urban lors d&#039;une cure de sommeil forcé à la clinique de Bel-Air, l&#039;ADUPSY ainsi que l&#039;Association des Médecins Progressiste ont déployé maints efforts pour alerter l&#039;opinion publique à propos des agissements soupçonneux de la clinque en question. Leurs revedications ont porté sur la suppression des isolements, la priorité données aux instruments de soin ambulatoire, l&#039;augmentation des effectifs globaux du personnel soignant, etc. Ils expriment également leur soutien aux revendications concernant le droit des patients&amp;amp;nbsp;: «&amp;amp;nbsp;Le consentement du patient ou de son entourage immédiat doit toujours être recherché, dans la thérapeutique comme dans la recherche&amp;amp;nbsp;». &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après les drames qui ont secoué Bel-Air, une commission d&#039;enquête a été créée, et c&#039;est non seulement le Directeur de cette clinique qui a été interrogé, mais également les patients, les soignants, ainsi que les cadres. Dès cet instant, &amp;quot;tout est ressorti&amp;quot;, témoigne Alain Riesen, amenant à une première évolution forte: la réforme de l&#039;institution psychiatrique. Le Pr Tissot est déstitué, et un changement au niveau de la législation se fait: le droit de recours apparaît, le patient peut désormais exiger de faire valoir ses droits. Jusque là, le Réseau d&#039;Alternative à la psychiatrie pouvait intervenir sur demande, mais n&#039;avait pas de statut officiel. A partir de cette période, une Commission de surveillance fut mise sur pied (réunissant un juriste, un médecin indépendant, un représentant du Droit des patients), et quatre associations de défense du Droit des patients sont nées: l&#039;Association RÊVE (les &amp;quot;Entendeurs de voix&amp;quot;), l&#039;ADPED (Association des personnes ayant des troubles bi-polaires et dépressifs), l&#039;Expérience (travail artisanal double d&#039;un travail d&#039;entraide), et l&#039;AETOC (Association des personnes ayant des troubles obsessionnels et compulsifs). Selon Alain Riesen, l&#039;institution, malgré l&#039;avancée significative qui a été faite quant au droit des patients, garde les stigmates de l&#039;institution asilaire. &amp;quot;Il y a encore beaucoup de travail à faire pour faire éclater l&#039;institution dans sa dimension totalitaire&amp;quot;, dit-il en conclusion de son récit.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Conclusion: l&#039;anti-psychiatrie un débat déplacé ? ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Point de vue: de l&#039;institution, des droits, considération de la maladie mentale, etc.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les différents mouvements contestataires, qui sont passés de la désinstitutionnalisation à la sectorisation en passant par la création de communautés thérapeutiques, ont amené à une critique du pouvoir institutionnel et des médecins. Le médecin n&#039;est plus tout-puissant et le consentement du patient ou de son entourage doit être obtenu avant tout traitement. Le patient a des droits et il doit les faire respecter.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De l&#039;enfermement asilaire on est allé vers une continuité des soins entre l&#039;hospitalier et l&#039;extra-hospitalier; en effet, sous prétexte que le patient nécessitait des soins, on l&#039;extrayait de  la société pour le placer en hôpital, on cherchait à le &amp;quot;normaliser&amp;quot; en l’excluant du système!: qui voulait-on protéger? Le patient ou la société? En bénéficiant de soins tout en continuant à être inséré dans la société, le patient ne souffre pas d&#039;un isolement qui rendrait sa réinsertion encore plus difficile. En restant inséré, il bénéficie d&#039;un réseau de soutien (famille, amis) qui a une part essentielle à jouer dans le processus de guérison.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cependant, il semblerait que même si beaucoup de progrès ont été accompli dans le domaine de la prise en considération de la personne malade, l&#039;institution garde encore toujours les stigmates de l&#039;asile totalitaire...&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Cécilia Zuccone</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=La_d%C3%A9sinstitutionalisation_dans_le_champ_de_l%27%C3%A9ducation_sp%C3%A9ciale_1960-1980&amp;diff=9224</id>
		<title>La désinstitutionalisation dans le champ de l&#039;éducation spéciale 1960-1980</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=La_d%C3%A9sinstitutionalisation_dans_le_champ_de_l%27%C3%A9ducation_sp%C3%A9ciale_1960-1980&amp;diff=9224"/>
		<updated>2012-01-08T15:54:41Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Cécilia Zuccone : /* Panorama historique général */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;[[user:Kleinpa0|P. Klein]],&lt;br /&gt;
[[user:Natalina m|N. M.]],&lt;br /&gt;
[[user:Ruchat|Martine Ruchat]],&lt;br /&gt;
[[user:Tatiana-vinhas|T Vinhas]],&lt;br /&gt;
[[user:Sandra wirz|S. Wirz]] et&lt;br /&gt;
[[user:Cécilia Zuccone|C. Zuccone]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Université de Genève&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Introduction  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A l&#039;heure où l&#039;on peut constater de &amp;quot;nouvelles exclusions&amp;quot; au nom de la protection des citoyennes et des citoyens inquiétantes pour certains, car &amp;quot;ruinant ainsi des décennies d&#039;efforts de déségrégation, désexclusion, de &amp;quot;retour du schizophrène dans la cité&amp;quot; (Dr.Patrick Lemoine, Le mystère du nocebo, Paris. Odile Jacob, 2011, p.69), un certain nombre de questions se posent pour mieux comprendre l&#039;histoire de l&#039;éducation spéciale, une histoire à la fois politique (anti-psychiatrie, sectorisation), sociale et culturelle (intégration, normalisation, désinstitutionalisation, communauté de vie, communauté thérapeutique) dans les décennies des Trente glorieuses (1960-1990) pendant lesquelles a soufflé un vent de contestation des politiques institutionnelles. Un esprit contestataire a émergé en particulier dès les années 1970 (post soixante-huit) provoquant dans le champ de la prise en charge des personnes dites aujourd&#039;hui &amp;quot;à besoins particuliers&amp;quot; un élan de remise en question de l&#039;institution, du pouvoir des médecins, de la contrainte institutionnelle et médicamenteuse. Peu de travaux ont encore exploré ce champ, à Genève, sinon pour étudier l&#039;histoire de Mai 68 et du mouvement féministe. (voir notamment Julie de Dardel, Révolution sexuelle et Mouvement de libération des femmes à Genève (1970-1977). Lausanne: Antipode, 2007). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La recherche proposée vise à mieux comprendre comment, à Genève, le champ de l&#039;éducation spéciale et celui de la psychiatrie a été touché par cette contestation. Elle fait suite à celle engagée en 2010 et 2011 sur l&#039;histoire de l&#039;intégration scolaire des enfants handicapés mentaux [[Pionniers de l&#039;intégration scolaire des enfants handicapés à Genève]] et [[Article 2011]]. Les recherches précédentes ont montré à la fois la complexité des pratiques d&#039;intégration amenant souvent un écart entre discours et pratique, ainsi que les résistances à penser le handicap sans mettre une ligne de démarcation entre norme et hors norme, entre enfant éducable et non éducable, limite souvent mal définie et dépendante des représentations (malédiction du handicap). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au début des années 60, l&#039;intégration apparaît être pour les parents, dont les enfants sont encore entièrement dans la famille, une intégration dans des institutions à créer.  Le concept de [[Dictionnaire|normalisation]] vient s&#039;accoler à celui d&#039;intégration pour rapprocher toute déviance d&#039;une norme sociale (en terme d&#039;habitat, d&#039;activité, voire de comportements). Ainsi le milieu ouvert (comme Aigues-Verte par exemple) peut apparaître comme plus proche d&#039;une vie quotidenne &amp;quot;normale&amp;quot; et donc plus intégrant. Le Pavillon des Grand Bois à l&#039;hôpital psychiatrique de Bel-Air représente encore une solution &amp;quot;intégratrice&amp;quot; pour les enfants les plus difficiles à éduquer et les moins autonomes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La [[Dictionnaire|désinstitutionalisation]] qui fait l&#039;objet de cette nouvelle recherche est d&#039;abord issue des milieux de l&#039;anti-psychiatrie (et donc ni des associations de parents ni des milieux pédagogiques); on peut apparenter idéologiquement ce mouvement anti-psychiatrique avec un objectif de normalisation dans le sens de rapprocher les personnes prises en charge de la vie quotidienne de tout un chacun. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi malgré des différences d&#039;application ces différents courants pourraient être affiliés à celui libertaire qui a essaimé dans différents champs du social entre 1970 et 1990. C&#039;est dans une perspective de compréhension de l&#039;histoire des idées et des pratiques du mouvement anti-psychiatrique genevois que s&#039;inscrit cette recherche. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un premier temps, cette page d&#039;histoire sera située dans une &amp;quot;tradition&amp;quot;: d&#039;une part celle du traitement de la différence (notamment depuis les travaux des psycho-pédagogues du début du 20e siècle comme Alfred Binet à Paris, Edouard Claparède à Genève ou Ovide Decroly à Bruxelles); et d&#039;autre part dans une tentative dès les années vingt en Angleterre (voir Libre enfants de Summerhill), mais surtout pendant et dans l&#039;après deuxième guerre mondiale (voire les communautés d&#039;enfants victimes de la guerre), de multiplier les expériences de vie communautaire issue du scoutisme, des mouvements de jeunesse, de l&#039;éducation nouvelle et de l&#039;éducation internationaliste et pacifiste, des colonies de vacances et camps CEMEA, s&#039;opposant à la tradition hospitalière (couvent, Bon Pasteur, Hospice, institutions de prises en charge spécialisées). Ce faisant, nous dégagerons des signes précurseurs de &amp;quot;désinstitutionalisation&amp;quot; avec ces structures plus petites, parfois médicalisées (les écoles de plein-air), mais avant tout proches de la nature et des besoins des individus. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un second temps, nous étudierons la période 1960-1980 laquelle a vu émerger un mouvement anti-psychiatrique (critique de l&#039;hôpital, du pouvoir médical, de la médicalisation à outrance et de la contrainte) pour une critique radicale visant le pouvoir institutionnel et entraînant des pratiques novatrices, lesquelles demandent à être mieux étudiées: 1. dans leurs objectifs (désinstitutionalisation ou déshospitalisation versus sectorisation)? 2. dans le choix fait des traitements: médicaux (traitement ambulatoire) ou éducatif et thérapeutique? 3. dans l&#039;évaluation faite des populations concernées par une prise en charge alternative 4. dans le rôle joué par la psychanalyse comme alternative au traitement médicaux et comme modèle thérapeutique (notamment dans les communautés cf. film de Catherine Scheuchzer, Dans l&#039;aventure du non de la parole) 5. dans le rôle donné aux familles et le poids qui leur est fait supporter (en terme financier, de responsabilité, de culpabilité,...) et en particulier à l&#039;égard des mères et des femmes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il s&#039;agira de mieux comprendre si l&#039;anti-psychiatrie est dans les années 1960-1980 une nouvelle manière de faire de la psychiatrie ou si elle est une véritable contestation de l&#039;institution asilaire et si les modèles alternatifs proposés ne seraient pas sous couvert d&#039;idéologie libertaire une façon de baisser les coût de la santé en temps de crise. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour ce faire, nous avons lu des articles et consulté une bibliographie d&#039;ouvrages &amp;quot;classiques&amp;quot;, livres de références pour les acteurs/trices de la période considérées, puis nous avons dépouillé des revues professionnelles pour saisir les thématiques qui ont traversé alors le champs de la psychiatrie et de l&#039;éducation spécialisée; dans un second temps la recherche s&#039;est portée sur un fond d&#039;archives de l&#039;Association Les archives contestataires (fonds Alain Riesen/Schuller) dont les donateurs d&#039;archives, sont fondateurs de l&#039;Arcade 84 et militant de l&#039;anti-psychiatrie genevoise. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un troisième temps nous avons effectué un entretien vidéo (un plan fixe) avec Alain Riesen afin de lui poser cinq questions issues de la recherche dans les archives et dans la littérature afin d&#039;avoir son témoignage sur l&#039;histoire de l&#039;anti-psychiatrie, de la désinstitutionalisation et des communautés thérapeutiques entre 1960 et 1980.[[plan de recherche 2012]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Revue de la littérature  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On constate qu&#039;il n&#039;y a guère d&#039;articles et d&#039;ouvrages concernant cette page de l&#039;histoire genevoise. Seul un article d&#039;Alain Riesen a en quelque sorte donné le feu aux poudres. Un autre article de Montandon relève plus d&#039;une histoire des liens entre psychiatrie et justice. Ainsi pour approcher l&#039;histoire des changements apparus dans les années soixante sur le plan de l&#039;éducation spéciale dans le traitement des troubles psychiques, il a fallu d&#039;abord s&#039;intéresser à l&#039;histoire de l&#039;anti-psychiatrie, puis de la désinstitutionnalisation et enfin des communautés thérapeutiques, sujet introduit par le [http://edutechwiki.unige.ch/dewiki/R%C3%A9sum%C3%A9_film_de_Catherine_Scheuchzer film de Catherine Scheuchter]. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C&#039;est pourquoi nous avons en particulier étudié les fonds d&#039;archives aux [http://www.archivescontestataires.ch Archives Contestataires] qui rassemblent les documents produits par les mouvements contestataires de la seconde moitié du XXe siècle. A travers une plongée dans quelques revues professionnelles et journalistiques, cela nous a permis de mieux comprendre la place prise par ces thématiques dans les années concernées. Ainsi, un certain nombre de revues professionnelles ont été dépouillées pour la période 1970-1980. Soit Sauvegarde de l&#039;enfance, Déviance et Société, L&#039;Evolution psychiatrique. S&#039;y sont ajoutés les Cahiers Médico-sociaux entre 1956 et 1981, ainsi que le journal &amp;quot;Tout va bien&amp;quot; ( voir [[Notes sur journal Tout va bien]]) dépouillé pour les années 1970 à 1983, qui a consacré trois numéros entiers aux problèmes de la psychiatrie à Genève et surtout au mouvement anti-psychiatrique lié au scandale de l&#039;institution psychiatrique de Bel-Air en 1980. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt; Durant la période de 1970 à 1985, la revue &amp;quot;Sauvegarde de l&#039;enfance&amp;quot; n&#039;a publié aucune revue, voire même aucun article consacré au thème de notre étude, à savoir la désinstitutionnalisation dans le champ de l&#039;éducation spéciale. Au premier abord on pourrait donc tirer la conclusion selon laquelle ce champ d&#039;étude ou ce mouvement n&#039;était que peu présent à cette époque. Toutefois, en se penchant davantage sur les sujets traités dans cette revue, on se rend compte que les auteurs de celle-ci n&#039;ont pas abordé la désinstitutionnalisation en tant que telle, mais l&#039;ont abordée par les effets qu&#039;elle a pu engendré à cette époque. Effectivement, on peut observer des thèmes comme la formation des éducateurs en centre de jour ou en maison d&#039;accueil, la relation entre famille et société, l&#039;école ordinaire, l&#039;adolescence et la violence ou encore l&#039;aide sociale, autant de thèmes qui ont largement découlé de ce mouvement désinstitutionnel. Il est donc fort intéressant de se pencher sur les champs d&#039;action de ce type de revues, afin de mieux comprendre quel était le climat politique, les préoccupations, les tendances de la période qui nous intéresse. D&#039;ailleurs, nous retrouverons tout au long de cet article de nombreuses références aux thèmes traités par le revue &#039;&#039;Sauvegarde de l&#039;enfance&#039;&#039;.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Entre 1972 et 1974&#039;&#039;, [[L&#039;évolution psychiatrique|L&#039; Évolution psychiatrique]]&#039;&#039; consacre deux numéros au thème de l&#039;antipsychiatrie. Dans ces deux numéros, les articles sont rédigés par des médecins psychiatres non antipsychiatres qui s&#039;efforcent, dans un premier temps, de reconnaître les bienfaits des problématiques soulevées par le mouvement antipsychiatrique. Dans un deuxième temps, ces psychiatres soulèvent les thèses du mouvement, les critiquent et se distancent franchement des solutions proposées par les antipsychiatres pour répondre aux problématiques de départ. Après 1974, il n&#039;y a plus de numéros ou d&#039;articles consacrés à l&#039;antipsychiatrie. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La [[Revue Déviance et Société|Revue Déviance et Société]] aborde la problématique du traitement de la déviance essentiellement du point de vue pénale et de l’analyse du mouvement des normes. Les quelques articles relevés entre 1977 et 1982 en lien avec notre problématique témoignent bien du questionnement autour des normes, de la responsabilité et du processus de formation de la déviance et de la stigmatisation. Il est ainsi possible de constater que l’incursion de la psychiatrie dans le domaine pénal est perçue comme une menace ou une déresponsabilisation des actes délinquants ou criminels. Et que les arguments invoqués pour l’application d’une évaluation psychiatrique est bien celle d’une aliénation, mais en dehors ou en parallèle du milieu carcéral. Concernant notamment la prise en charge des mineurs, l’article de Jean-Marie Renouard (1982) relate bien les mouvements conceptuels ayant eu lieu. De l’identification de l’enfant «&amp;amp;nbsp;inadapté&amp;amp;nbsp;» à par la suite l’identification de l’enfant «&amp;amp;nbsp;handicapé&amp;amp;nbsp;», les concepts de l’exclusion qui s’en suivent sont passés d’une stigmatisation dans le but «&amp;amp;nbsp;d’extraire&amp;amp;nbsp;» (dénoncés par la sociologie et le mouvement anti-psychiatrique) à un droit à l’exclusion dans une visée de réintégration. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Les cahiers médico-sociaux]] se dédient aux questions contemporaines liées à la santé publique et médico-sociales. C’est d’un point de vue «&amp;amp;nbsp;mesuré&amp;amp;nbsp;» que cette revue nous indique de façon précieuse quelles étaient les dispositions prises au niveau des politiques sociales (Assurances Invalidité, lois) et du traitement médical ou thérapeutique (services, institutions, approches thérapeutiques, relation praticien-patient). Les articles retenus concernent essentiellement l&#039;hygiène mentale et son appréhension. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt; Cette revue de la littérature montre que les années 60 à 80 ont été fortement teintées par une volonté de sortir les personnes malades de l&#039;institution névrosante, des ghettos asilaires, et de viser plutôt une ouverture vers la communauté. C&#039;est la recherche de la normalisation, donnant de l&#039;ampleur à un certain courant humaniste. Est apparue la notion de Droit des patients: toute personne a le droit de vivre dans son milieu et de participer à la vie de sa communauté. La nécessité d&#039;être acteur de son processus de guérison est devenue prioritaire. Mais jusqu&#039;où est-on allé? Ou se situe la limite d&#039;une &amp;quot;vie comme tout le monde&amp;quot; lorsque l&#039;on souffre, que l&#039;on a des besoins spécifiques? Les années 70 ont été permissives et ont laissé beaucoup d&#039;autonomie aux personnes handicapées ou malades, mais se sont-elles senties mieux?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Méthodologie  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le travail de recherche a mêlé plusieurs méthodologies. Outre l&#039;apprentissage de l&#039;usage d&#039;un wiki qui a cimenté comme il se doit cette &amp;quot;communauté de travail&amp;quot; de six membres, ceux-ci ont travaillé dans trois directions: la recherche documentaire et bibliographique, l&#039;étude d&#039;un fonds d&#039;archives (le Fonds Riesen/Schuler de l&#039;Association les Archives contestataire) et la construction d&#039;une grille de questions à poser au &amp;quot;grand témoin&amp;quot;, Alain Riesen. Ces quatre outils méthodologiques ont donc fondé cette étude. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1. De l&#039;usage du wiki &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La pratique de l&#039;intelligence collective oblige à mettre en mouvement deux réseaux: le réseau que forme les membres de la communauté qui travaillent constamment ensemble pour alimenter le site dewiki et le &amp;quot;réseau&amp;quot; des pages de rédaction qu&#039;offre le site wiki, soit: l&#039;espace de l&#039;article, celui du dictionnaire des concepts, celui de la bibliographie et celui des résumés. Reste évidemment la page d&#039;accueil qui permet de visualiser l&#039;ensemble et de suivre les tâches à effectuer d&#039;une semaine à l&#039;autre. Ce travail de recherche mêle des moments de rencontre sur le web (notamment par les pages de discussion autour d&#039;une activité), mais aussi réellement en salle de cours afin surtout d&#039;assurer le rythme d&#039;avancement de la démarche et d&#039;échanger du point de vue intellectuel et du point de vue technologique. L&#039;évaluation de la démarche se fait aussi dans une même perspective d&#039;intelligence collective qui nécessite un engagement des personnes pour le &amp;quot;bien commun&amp;quot; à savoir le résultat de l&#039;ensemble des activités qui forment cette recherche originale. Une autoévaluation collective clôt la démarche un mois après la fin de l&#039;expérience collective pour permettre d&#039;ajuster les rythme individuel et de peaufiner les textes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
2. De la recherche documentaire et bibliographique &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Afin de mieux comprendre les positions des différents acteurs dans les domaines que nous avons étudiés, il a été nécessaire de se plonger dans différentes revues professionnelles ou sociales. La plupart d&#039;entre elles étant gardées en version papier dans différents lieux d&#039;archives ou bibliothèques, nous nous sommes rendues dans les bibliothèques universitaires de plusieurs facultés (psychologie et sciences de l&#039;éducation, lettres, médecine,...) afin d&#039;avoir accès aux articles de l&#039;époque. La plupart de ces thématiques n&#039;étant pas directement liées à nos propres études, il nous a fallu, dans un premier temps, saisir tout un lexique, une pensée, un domaine parfois méconnus, voire inconnus. Dans un deuxième temps, il a fallu comprendre comment ce qui avait été lu pouvait s&#039;inscrire dans cette période entre 1960 et 1980, quelles étaient les sources d&#039;inspirations et les revendications de cette époque particulière.Nous avons également fait appel à des ouvrages, des livres que nous avons trouvé en bibliothèque afin d&#039;étayer notre recherche.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt; 3. De la recherche en archives &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous sommes allées deux matins aux Archives Contestataires, afin de faire de la recherche sur le fond Riesen/Schuler. Ce fut très intéressant de toucher des documents manuscrits, de vieux journaux, et de la documentation provenant des médecins. Ce fut pour nous toutes une découverte intéressante de faire de la recherche d&#039;une autre manière. Aussi, cela nous a permis de mieux comprendre notre objet d&#039;étude dans le cadre genevois et ains de pouvoir préparer les différentes questions que nous allions posées à Alain Riesen lors de notre entretien.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
4. La constitution d&#039;une archive orale &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
N&#039;ayant trouvé que peu d&#039;archives écrites sur le mouvement de contestation de la psychiatrie à Genève entre 1960 et 1980, nous avons eu la chance de pouvoir interviewer Monsieur Alain Riesen, ergothérapeute et co-fondateur d&#039;Arcade 84. En relation avec les thématiques propres à chacune selon les revues consultées ou les ouvrages lus, nous avons pu l&#039;interroger d&#039;abord sur sa position de professionnel de la psychiatrie et son statut de militant. Dans un deuxième temps, nous lui avons demandé qu&#039;elles étaient ses lectures de références, sa conception de la maladie mentale, et sa vision du partenariat avec les familles des malades. Finalement, nous l&#039;avons interrogé sur les apports de toutes ces années de militantisme, notamment au sein de l&#039;ADUPSY et du réseau alternatif à la psychiatrie.([[Plan de recherche 2012|Questions]]). Cet entretien nous a tout d&#039;abord permis de mieux comprendre ce qui s&#039;était réellement passé à Genève durant la période étudiée, et surtout d&#039;avoir des éléments précis et concrêt de cette période de désinstitutionnalisation. C&#039;est ainsi que nous avons pu compléter notre article en regard des propos de Monsieur Riesen.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Panorama historique général  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Des prisons à l&#039;asile pour les personnes atteintes d&#039;affections mentales&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Jusqu&#039;à la fin du XVIIIe siècle, les hôpitaux psychiatriques internaient une population bien différente de celle accueillie au XXe siècle. [[Bibliographie|Cléopâtre Montandon&amp;amp;nbsp;(1978)]]&amp;amp;nbsp; nous dévoile que les populations désignées comme relevant de l&#039;univers psychiatrique étaient très fortement liées à l&#039;univers carcéral. Effectivement, jusqu&#039;au XVIIIe siècle, les criminels étaient considérés comme &amp;quot;fous&amp;quot; ou &amp;quot;aliénés&amp;quot; et se voyaient enfermés, voire même enchaînés dans des &amp;quot;maisons de discipline&amp;quot; ou dans des &amp;quot;hôpitaux pour fous&amp;quot;. A cette époque, seule la justice décidait du lieu d&#039;incarcération des individus criminels. Peu à peu, des distinctions se sont faites pour montrer que certains criminels aliénés relevaient davantage de la psychiatrie, et se définissaient essentiellement par une responsabilité restreinte et une santé mentale défaillante. Ce sont alors ces personnes, désignées comme ne pouvant accomplir leur rôle social, que les hôpitaux psychiatriques ont admis dans leurs locaux. Pour décider et justifier ces internements, la justice ne pouvait agir seule. C&#039;est à partir de 1838 qu&#039;une loi voit le jour à Genève concernant l&#039;internement des &amp;quot;aliénés&amp;quot;: loi sur le placement et la surveillance des aliénés (5 février 1838). On parlera dès lors de &#039;&#039;placement&#039;&#039; des aliénés, et non plus de l&#039;enfermement ou de l&#039;internement de ces derniers.&amp;lt;br&amp;gt; &amp;quot;Ce n&#039;est qu&#039;à partir de 1936 que l&#039;autorisation d&#039;un internement est délivré sur vue d&#039;un certificat médical par le Département de la prévoyance sociale et de la santé publique&amp;quot;. Ainsi, on voit combien la société évolue en définissant clairement et sur preuves médicales qui peut être &#039;&#039;placé&#039;&#039; en hôpital psychiatrique. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On peut également noter que les préoccupations principales de la période du XVIIIe au début du XXe siècle se restreignaient principalement à la sécurité, et de fait au &#039;&#039;placement&#039;&#039; de ces personnes. Où pouvait-on mettre physiquement ces personnes différentes pour qu&#039;elles ne nuisent pas à la société? Que pouvait-on faire d&#039;elles? Qui pouvait s&#039;en occuper? Que faire avec ces personnes? On observe dès lors que, pendant plusieurs siècles, ces personnes étaient enfermées, considérées comme étant dénuées de tous sens, de toute sensibilité, et par conséquent ne recevaient aucune éducation. Il faudra alors attendre la fin du XIXe siècle pour entrevoir une forme d&#039;éducation de ces personnes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans son article, &amp;quot;[[Bibliographie|La naissance de l&#039;institutions pour aliénés]]&amp;quot; à Genève au 19e siècle, Alain Riesen montre que la problématique de l&#039;internement est grandissante et que &amp;quot;l&#039;inhumanité de l&#039;enfermement&amp;quot; (Riesen, 1981) est au coeur des préoccupations. Il relate également une nouvelle conception du milieu asilaire&amp;amp;nbsp;: &amp;quot;la possibilité d&#039;améliorer l&#039;état des aliénés, ou même les guérir, si de bonnes conditions sont réunies&amp;quot;. En d&#039;autres termes, il s&#039;agirait de pouvoir administrer un traitement aux malades de manière à guérir, à soigner leur folie; à l&#039;époque nommé &#039;&#039;traitement de la folie. &#039;&#039;Plusieurs types de traitements font alors leur apparition et notamment l&#039;isolement. Il s&#039;agissait d&#039;éloigner le malade des conditions de vie qui l&#039;ont rendu &#039;&#039;fou&#039;&#039; &amp;quot;afin de le soustraire à leur influence&amp;quot;. La médication fut également un des traitements de la folie.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette nouvelle manière de penser l&#039;internement étant accomplie, plusieurs dérives ont vu le jour, et notamment les placements abusifs effectués par le Département de Justice et Police. En 1895, la Loi de 1838 est revue de manière à éclaircir la procédure d&#039;admission des aliénés.&amp;amp;nbsp;&amp;quot;Même si la loi de 1838 ne rend pas obligatoire l&#039;avis médical pour procéder au placement, dans la pratique, le médecin se fondant sur une &#039;&#039;science&#039;&#039; de l&#039;aliénisme en plein développment, va jouer un rôle de plus en plus important dans le placement et la sortie des aliénés&amp;quot; ([[Bibliographie|ADUPSY]]). L&#039;avis médical devient dès lors requis pour tout placement. Enfin, la réforme de 1936 met en évidence la nécessité et l&#039;exigence d&#039;un certificat médical pour être placé. Quiconque ne peut pas être déféni comme &amp;quot;fou&amp;quot; ou &amp;quot;aliéné&amp;quot; sans avis médical suivant des règles précises.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;L&#039;éducation...&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au début du XXe siècle, Binet et Simon (1907)&amp;amp;nbsp; &#039;&#039;donnent une nouvelle forme cognitive de l&#039;éducation spéciale qui perdurera au moins jusqu&#039;au années 1960&#039;&#039; ([[Bibliographie|Chauvière et Plaisance, 2003, p. 32]]).&amp;amp;nbsp; A cette époque, on distinguait les arriérés d&#039;asiles, non éducables et à laisser entre les mains des médecins, des arriérés d&#039;école. Ainsi, des institutions apparaissent entre l&#039;hôpital et la classe ordinaire: les classes spéciales (ou classes de développement) et les instituts médico-pédagogiques. Dans ces nouveaux lieux, la pédagogie était &#039;&#039;inspirée par l&#039;atelier, c&#039;est-à-dire guidée par la mise en oeuvre de travaux manuels et d&#039;exercices pratiques &#039;&#039;([[Bibliographie|Chauvière et Plaisance, 2003, p. 33]]). A Genève, c&#039;est le médecin et psychologue Edouard Claparède qui sera appelé pour réorganiser les classes spéciales sur un mode scientifique, c&#039;est-à-dire en tenant compte du diagnostic effectué sur l&#039;enfant et du pronostic d&#039;éducabilité. [[Bibliographie|Ruchat]] &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En grande-Bretagne, dans les années 1920, A.S Neill, puis dans les années 1960, David Cooper ont mis en place de nouveaux lieux pour exercer une forme innovante de psychiatrie et d&#039;éducation, remise en question de l&#039;internement psychiatrique des malades mentaux. C&#039;est en effet à travers des expériences comme [[Résumé de l&#039;ouvrage Libres enfants de Summerhill|Libres enfants de Summerhill]] de [[Bibliographie|Neill]] en 1921 ou Pavillon 21 menée par [[Bibliographie|Cooper]] en 1962 que l&#039;anti-psychiatrie semble voir le jour. Effectivement, plusieurs principes régissent ce nouveau type de lieu à savoir la liberté des individus, le self-governement, les apprentissages facultatifs... en ayant pour hypothèses que le mal-être et la maladie mentale de ces individus sont en partie dû aux contraintes du monde dans lequel ils évoluent et apprennent. Dès lors, il convient de créer des institutions, des lieux éloignés de toute coercition et de toute autorité. Notons également que Maud Mannoni, dans la préface de l&#039;ouvrage Libres enfants de Summerhill, relate que Neil faisait partie de &amp;quot;la lignée anarchisante qui donna naissance à l&#039;antipsychiatrie&amp;quot; ([[Bibliographie|Mannoni, dans Neill, 1979, p. 9]]).&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais on constate aussi, en France, que la période 1945-1960 est également bouleversée et traversée par de nouveaux modèles éducatifs avec la naissance de lieu de vie où l&#039;enfant inadapté est accueilli, non pas à travers sa maladie ou sa différence, mais plus à travers le fait qu&#039;il est un enfant et qu&#039;il doit être éduqué. Jean Lagarde, fondateur de l&#039;association de la sauvegarde des enfants invalides dans la période après guerre, souhaitait effectivement faire &amp;quot;l&#039;expérience d&#039;éducation toujours dans un creuset communautaire&amp;quot; ([[Bibliographie|Capul, 2002, p.141]]). Lagarde avait pour objectif de créer un lieu où les soins médicaux puissent être administrés aux enfants qui en nécessitaient, tout en leur proposant un accueil éducatif. Nous pourrions plutôt dire qu&#039;il désirait créer une école, un lieu de vie où un suivi médical était envisageable. Il s&#039;agissait en effet d&#039;éloigner l&#039;enfant du lieu médical pour qu&#039;il devienne élève et que, de fait, il puisse apprendre. Dans cette optique, équipe pédagogique et équipe médical devaient collaborer étroitement. Cette expérience est à nouveau le témoin d&#039;une nouvelle forme d&#039;hospitalisation. Il est possible de faire le lien entre cette expérience et l&#039;approche de Maud Mannoni en 1969, avec la création de l&#039;Ecole expérimentale de Bonneuil-sur-Marne où il s&#039;agissait également de séparer les lieux d&#039;analyse et les lieux de vie (lieux pédagogiques).&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Et en Suisse?&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En se fondant sur des principes similaires à ceux de Neil et de Cooper, dès les années 1960,&amp;amp;nbsp; de nombreuses institutions privées pour enfants handicapés ou en difficultés se développent en Suisse, majoritairement sous l&#039;impulsion d&#039;associations de parents. Ces derniers ont été amenés à &#039;&#039;créer et à gérer des institutions de type médico-éducatif&#039;&#039; &#039;&#039;pour éviter à leurs enfants d&#039;être relégués dans des services d&#039;hôpitaux psychiatriques ou d&#039;être seulement en survie à leur domicile&#039;&#039; (Chauvière er Plaisance, 2003, p.35). Aujourd&#039;hui, les institutions, à Genève, semblent toujours être un peu sur le même modèle, celui de &amp;quot;l&#039;alliance&amp;quot; entre le médical et le pédagogique (qui regroupe aussi l&#039;aspect éducatif). Si on ne cherche peut-être plus à éviter aux élèves la reléguation en psychiatrie, on les place dans des lieux parfois hors de tout cursus ordinaire et loin de la norme. Ce qui questionne enfin sur qu&#039;est-ce que la normalisation? Et où mettre la limite à une vie comme tout le monde avec un handicap: la liberté (permissivité, autonomie) des années 1970 a-t-elle fait l&#039;impasse sur la souffrance des individus face aux exigences thérapeutiques et pédagogiques? La communauté d&#039;enfants (pédagogique, institutionnelle, thérapeutique) est-elle un modèle &amp;quot;utile&amp;quot; en temps de crise des institutions: peu coûteux, demandant un engagement au quotidien (vie quotidienne) du collectif pédagogique et thérapeutique (donc assurant un &amp;quot;contrôle social&amp;quot; maximal.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Ce qu&#039;en dit Riesen...&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour ce chapitre, nous avons interrogé Alain Riesen au sujet de la question des communautés thérapeutiques afin de voir si celles-ci ont influencé ou non le processus de désinstitutionnalisation et antipsychiatrique des années 1960 à 1980. Tout d&#039;abord, Riesen met en évidence dans ses propos qu&#039;il est important de créer un parallèle entre le passé et le présent de manière à situer le contexte historique et politique, mais surtout de manière à voir sur quoi repose nos agissements. Ainsi, pour lui la naissance de ces communautés thérapeutiques comme détaillée précédemment dans ce chapitre, est un pas de l&#039;histoire de la désinstitutionnalisation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Prémisses à l&#039;anti-psychiatrie==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les années 60, Michel Foucault a tenté d&#039;amorcer &amp;quot;un dialogue entre la psychiatrie et ses sujets&amp;quot; ([[Bibliographie|Rose, 2006, p.113]]) et dès 1971 avec la sortie de son ouvrage sur les prisons, c&#039;est à la critique de l&#039;univers carcéral et des rapports de pouvoir qu&#039;il s&#039;attelle (Surveiller et punir, 1971). Ces critiques, plus tard regroupées sous le nom d&#039;antipsychiatrie, visaient à remettre en question &amp;quot;la manière dont le pouvoir du médecin était impliqué dans la vérité de ce qu&#039;il disait et, inversement, la manière dont celle-ci pouvait être fabriquée et compromise par son pouvoir ([[Bibliographie|Rose, 2006, p.120-121]]). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En Italie, Franco Basaglia, qui s’est appuyé entre autres sur les modèles de l’anti-psychiatrie anglaise et française pour mener sa lutte ([[Bibliographie|Cooper, Lang, Foucault, Caxtel]]), s&#039;en est pris aux conditions de vie moyenâgeuses réservées aux malades mentaux. En quelques années, il démantèle l’asile et expérimente les premiers éléments de sa conception territoriale (et non plus institutionnelle) de la folie&amp;amp;nbsp;: le malade est soigné dans son milieu social&amp;amp;nbsp;» (TVB 10 octobre 80).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;institution comme lieu d&#039;exclusion est mise à mal par une volonté de certains de supprimer ces lieux de contrainte, pour une vie libre dans la Cité (sectorisation) ou dans des communautés thérapeutiques (de préférence à la campagne) partant du présupposé que les conditions de vie des personnes sont déterminantes dans leur état de santé (avant même tout diagnostic). Par ailleurs, dans ces années-là, la vie quotidienne devient un objet d&#039;étude (la sociologie de la vie quotidienne), terreau de multiples expériences pédagogiques et thérapeutiques. Le slogan &amp;quot;La liberté est thérapeutique&amp;quot; s&#039;allie à une critique de la contrainte médicamenteuse et des pratiques de contention psychiatrique: elle donne ainsi une place à de nouvelles formes d&#039;&amp;quot;éducation spéciale&amp;quot; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Symptôme de ce changement le terme d&#039;&amp;quot;usagers&amp;quot; vient reléguer celui de &amp;quot;patients&amp;quot; donnant un nouveau statut aux personnes, écorchant ainsi le sacro saint pouvoir des médecins et des directions des institutions.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La fonction du médicament dans l&#039;approche anti-psychiatrique  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;apparition de la médication au début des années 1960 permet d&#039;éviter l&#039;internement. Elle soutient fortement le changement qui s’opère dans les pratiques et donne l&#039;impression de pouvoir faire quelque chose. Elle fait transparaître un espoir aussi bien pour les praticiens que pour les patients puisque grâce aux médicaments il y a une diminution des hospitalisations, une augmentation des prises en charge ambulatoires et une augmentation des consultations. L&#039;avancée de la médecine et l’essor de la psychopharmacologie permettent alors de développer de nouvelles perspectives thérapeutiques et de nouveaux défis comme le soutien au patient et à sa famille, la mise en place de nouvelles structures. Il s&#039;agit ainsi de &amp;quot;jeter un pont entre l&#039;hôpital et la ville&amp;quot; (CMS, 1963, 7ème année, n°2 &amp;quot;L’assistance psychiatrique&amp;quot;). Les personnes dites &amp;quot;folles&amp;quot; ne sont plus à enfermer, mais des personnes souffrant de troubles mentaux qu&#039;il faut soutenir dans leur autonomie et contenir dans leur pathologie (Kovess-Masféty, Boisson, Godot &amp;amp; Sauneron, 2010). Cependant, les connaissances récentes sur les effets de la médication et les abus sur son utilisation sont également soulevés. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;anti-psychiatrie se veut aussi anti-thérapeutique, ce qui lui est&amp;amp;nbsp; vivement reproché par les anti anti-psychiatres. Selon ces derniers, les anti-psychiatres considèrent que &amp;quot;les traitements sont à proscrire&amp;quot; ([[Bibliographie|Maurel, 1972]], p. 79). &amp;quot;Traiter, écrit Cooper, c&#039;est être intéressé à rendre le patient plus acceptable pour les autres...et lui faire manifester de moindre façon sa détresse&amp;quot; ([[Bibliographie|Maurel, 1972]], p. 79). Les anti anti-psychiatres militent ainsi pour une guérison grâce à des médicaments &#039;&#039;efficaces&#039;&#039; (au sens médical), selon des avis rapportés par les patients eux-mêmes. Selon les psychiatres opposés au courant anti-psychiatrique, ce-dernier vise &amp;quot;sans toujours l&#039;avouer à &amp;quot;soigner&amp;quot; clandestinement les &amp;quot;malades&amp;quot;&amp;quot; (Maurel, 1972, p.80), ce qui est selon Maurel et ses collègues, une contradiction.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Psychiatrie et anti-psychiatrie  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le mouvement d&#039;anti-psychiatrie&amp;amp;nbsp; &amp;quot;s&#039;oppose d&#039;abord et avant tout à une forme de monopole du savoir médical&amp;quot; ([[Bibliographie|Mannoni, 1970]], p. 9). Il dénonce l&#039;autorité morale et policière&amp;amp;nbsp; du psychiatre. Toutefois, psychiatres et partisants de l&#039;anti-psychiatrie s&#039;accorde sur le fait que &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;la société place le psychiatre dans une position ambiguë&amp;amp;nbsp;: il est au service d&#039;un patient dont il a à défendre les droits mais il se trouve également placé en position d&#039;auxiliaire de la police dans un programme d&#039;internement qui est un processus d&#039;obligation de soins&#039;&#039; (Mannoni, 1970, p. 168). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les réponses apportées par les uns et par les autres pour essayer de lever cette ambiguité sont toutefois différentes. Si l&#039;anti-psychiatrie cherche plutôt à démystifier &amp;quot;le rôle que la société fait jouer à la psychiatrie&amp;quot; (Mannoni, 1970, p.168), à créer des lieux où la maladie mentale pourrait être réintérrogée (allant même jusqu&#039;à nier la notion de maladie mentale) et à s&#039;éloigner des conceptions scientistes, certains psychiatres cherchent à remettre sur le devant de la scène un discours scientifique. &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;---Quand l&#039;antipsychiatrie est critique radicale de l&#039;institution, je suis antipsychiatre; mais quand elle se réfugie dans la négation de la maladie mentale, je suis contre&#039;&#039;--- ([[Bibliographie|Sztulman, 1972]], p.107).&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les archives de la revue &amp;quot;&#039;&#039;L&#039; Évolution psychiatrique&#039;&#039;&amp;quot;, les psychiatres non antipsychiatres se sont attelés, au début des années 70, à défendre leur point de vue scientifique et médical. Face au mouvement de protestation, ils ont écrits plusieurs articles afin de réhabiliter la psychiatrie et montrer les incohérences du mouvement antipsychiatrique, non seulement dans ce qu&#039;il dénonce, mais également dans les solutions qu&#039;il propose. S&#039;ils reconnaissent un certain succès à l&#039;antipsychiatrie &amp;quot;dans sa position de refus et de provocation&amp;quot; ([[Bibliographie|Barte, 1972]], p. 46), les solutions qu&#039;elle propose ne les satisfont guère. Pour certains membres de ce corps médical, la maladie mentale doit être reconnue comme &#039;&#039;phénomène nature&#039;&#039;l ([[Bibliographie|Ey, 1972]], p. 53). &amp;quot;En faisant volatiliser dans le néan l&#039;objet même de la psychiatrie qu&#039;est le malade mental, l&#039;antipsychiatrie nie la souffrance humaine, nie le drame authentiquement humain que vit chaque malade mental (Barte, 1972, p. 46). Pour défendre ces patients malades, &amp;quot;fous&amp;quot;, pour les réhabiliter, il est nécessaire de &amp;quot;passer par la reconnaissance même de la psychiatrie, science critique et autonome et qui ne peut se fonder que sur la notion de maladie mentale conçue ni comme simple maladie des organes, ni comme simple maladie psychique&amp;quot; (Barte, 1972, p.47). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le malaise asilaire est reconnu par les non antipsychiatres et les antipsychiatres. Il importe de traiter l&#039;institution en même termps que ses pensionnaires. Cependant, les non antipsychiatres récusent la responsabilité de l&#039;hôpital psychiatrique dans la création de la folie, &amp;quot;même s&#039;il concourt parfois à statufier certaines présentations cliniques&amp;quot;. (Sztulman, 1972, p. 106). Face aux critiques sur l&#039;hôpital, notamment face à certains qui, comme Basaglia, refusaient l&#039;idée de traitement de malades et de médecins, les non antipsychiatres dénoncent la destruction de l&#039;hôpital au profit d&#039;assemblées générales peu organisées. Sztulman (1972) pose la question&amp;amp;nbsp;: &amp;quot;A quoi ça sert&amp;amp;nbsp;? A quoi ça sert d&#039;être psychiatre là, ou femme de service,&amp;amp;nbsp; ou ergothérapeute puisque de tout façon chacun est dépouillé de son statut, et que les rôles sont&amp;amp;nbsp; inventer en permanence&amp;amp;nbsp;?&amp;quot; (p.102). Pour ces médecins, la négation de l&#039;inconscient et celle de la maladie mentale dans le mouvement antipsychiatrique amène des &#039;&#039;attitudes thérapeutiques particulièrement incohérentes &#039;&#039;(Sztulman, 1972, p. 101). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La question de l&#039;attribution de la maladie mentale à un fait organique ou plutôt à un fait culturel était alors au coeur de la bataille entre antipsychiatres et non antipsychiatres. Lors de l&#039;entretien mené avec Monsieur Alain Riesen, ce dernier nous a expliqué que cette question est toujours d&#039;actualité et qu&#039;il n&#039;y a pas, aujourd&#039;hui encore, de définition claire de la part de la communauté scientifique. Dans les années 1970, les non antipsychiatres critiquaient l&#039;erreur de l&#039;antipsychiatrie dans sa croyance &amp;quot;&#039;&#039;en un principe de causalité univoque et direct de la psychose&amp;quot;&amp;amp;nbsp;&#039;&#039;(Sztulman, 1972, p.105). Dans le même article, Sztulamn déclare encore: &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&amp;quot;&#039;&#039;il est dogmatique et naïf de dire que la folie se développe en dehors de toute culture. Il est dogmatique et naïf de dire qu&#039;elle se limite à un fait culturel. De tout évidence, il n&#039;y a pas un modèle qu&#039;il soit organo, psycho ou socio-génétique de la maladie mentale, mais pluridéterminisme à pondération variable suivant les cas&#039;&#039;&amp;quot; (p. 105). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Monsieur Alain Riesen a bien décrit cette vision de &#039;&#039;pluridéterminisme&#039;&#039;. Il nous a expliqué que la conception de la maladie mentale comme unique produit d&#039;un système qui disfonctionne semble devoir se ranger derrière un système bio-psycho-social qui rencontre actuellement le plus de soutient de la part des professionnels du domaine psychiatrique. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un peu plus tard, en 1974, L&#039;évolution psychiatrique a consacré à nouveau un numéro à l&#039;antipsychiatrie. Le vent de révolte de la part des non antipsychiatres semble s&#039;être calmé, comme s&#039;ils avaient été entendus et reconnus, comme s&#039;ils avaient &amp;quot;résisté à l&#039;agression psychiatricide de l&#039;antipsychiatrie&amp;quot; ([[Bibliographie|Sztulman, 1974]], p.129). Les mêmes auteurs qu&#039;en 1972 relèvent toujours l&#039;importance de l&#039;antipsychiatrie dans une démarche de contestation et d&#039;identification des difficultés de l&#039;institution psychiatrique. &amp;quot;L&#039;antipsychiatrie nous aide quand elle montre comme s&#039;est organisé le refus, la ségrégation de la maladie mentale et quand elle rappelle que chacun, dans la santé mentale et dans la folie, est la victime d&#039;une répression collective&amp;quot; (Sztulman, 1974, p. 129). Toutefois, ces mêmes psychiatres rapellent leur opposition à l&#039;étiologie de la maladie mentale revendiquée par les antipsychiatres. Ces années de remise en question et de refonte de la l&#039;insitution psychiatrique ont facilité un réel rétablissement de l&#039;institution de la psychothérapie, puis de la psychothérapie de l&#039;institution. En quise de plaidoyer Pro-Psychiatrie, voici ce que dit Minkowiski, cité par Sztulman (1974, p. 132) et qui résume la vision de non antipsychiatre de ce que devrait être leur profession:&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;Quelque part entre le fantasme de la faute et l&#039;illusion de la toute-puissance se trouve le chemin malaisé d&#039;une psychiatrie nouvelle, à réinventer tous les jours où le psychiatre refuse à la fois la facilité de n&#039;être qu&#039;un instrument passif, indifférent et anenchéphalique de la conservation de l&#039;ordre social et le plaisir narcissique de se situer au-delà d&#039;une réalité clinique ignorée, niée et finalement forclose, parce que angoissante. &#039;&#039;&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La désinstitutionalisation  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon des sources internet, le mouvement de désinstitutionalisation semble avoir débuté vers 1960 (même s’il semble qu’il y ait eu un prélude à la désinstitutionnalisation au début du 19e siècle (L’Institut universitaire en santé mentale de Québec par exemple - La désinstitutionnalisation, http://caringminds.ca/index.php?option=com_content&amp;amp;amp;view=article&amp;amp;amp;id=62&amp;amp;amp;Itemid=43&amp;amp;amp;lang=fr&amp;amp;amp;limitstart=7). Certains observent le début de ce mouvement en Scandinavie, d’autres au Québec. Dans tous les cas, il s’agit d’un mouvement d&#039;ouverture vers la communauté, d’une volonté de «normalisation»[[Normalisation]] &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le mouvement de désinstitutionnalisation s&#039;appuie avant tout sur une philosophie qui met l&#039;accent sur les droits et les libertés des individus, et elle vise à humaniser les soins de santé mentale. ([http://agora-2.org/thematiques/inaptitude.nsf/Dossiers/Desinstitutionnalisation Encyclopédie de l’Agora]). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;horreur suscitée par les politiques nazies du meurtre eugénique des malades psychiatriques et les camps de concentration pendant la Seconde guerre mondiale, ont attirer l’attention sur les pratiques «&amp;amp;nbsp;déshumanisantes&amp;amp;nbsp;» dans les soins psychiatriques en santé mentale, (séquestration, mauvais traitements en tout genre, manque de formation des professionnels). (Voir [http://id.erudit.org/iderudit/032417ar Martin, 1984 et Claire Henderson et Graham Thornicroft], Santé mentale au Québec, vol. 22, n° 2, 1997, p. 88-114. ) Les années d’après-guerre ont vu un accroissement de l’intérêt porté à l’institution comme objet d’étude. Certains auteurs parlent de l’institution comme étant «&amp;amp;nbsp;névrosante&amp;amp;nbsp;», «&amp;amp;nbsp;façonnant et codifiant les gens dans le rôle de patient psychiatrique&amp;amp;nbsp;» (Goffman (1961). On observe dans les années 60 une disparition du personnel religieux des hôpitaux. Naît alors une nouvelle conception de l’individu, une évolution des attitudes envers le malade&amp;amp;nbsp;; on veut le sortir des murs de l’asile psychiatrique. On commence à parler, à cette époque, du «&amp;amp;nbsp;droit de la personne&amp;amp;nbsp;». Des idéaux humanitaires amènent alors à une nouvelle vision de la maladie mentale. Il semble que ce mouvement de désinstitutionnalisation soit également lié à l’apparition des pratiques de pharmacopée. Effectivement, «&amp;amp;nbsp;Ces nouveaux médicaments permettaient de calmer les malades agités, délirants, hallucinés et ainsi permettre d&#039;envisager et de généraliser des traitements psychiques dans des conditions plus réalistes ou encore, lorsque c&#039;était possible, d&#039;envisager un retour au domicile ou dans des structures intermédiaires&amp;amp;nbsp;».([http://fr.wikipedia.org/wiki/Psychiatrie déf. du mot «&amp;amp;nbsp;psychiatrie&amp;amp;nbsp;»]). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On a le désir de «normaliser&amp;amp;nbsp;» leurs conditions de vie. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les années 60, si la personne «&amp;amp;nbsp;déficiente intellectuellement&amp;amp;nbsp;» est encore considérée comme un «&amp;amp;nbsp;malade&amp;amp;nbsp;», le malade mental ne l&#039;est plus, mais davantage comme un sujet pouvant être aidé et guéri. On met en avant le fait que la maladie mentale ne nécessite pas nécessairement une hospitalisation, et qu’elle doit être considérée comme une quelconque maladie. On externalise, on invente la psychiatrie de secteurs, on commence à intégrer des services pour les malades mentaux dans des hôpitaux ou cliniques. On évite ainsi la stigmatisation des malades mentaux placés pour de longues périodes en asile psychiatrique, et on leur évite la perte de leurs facultés leur permettant de se réintégrer dans la société. On redonne alors un rôle à la communauté, tout en accordant des responsabilités aux familles. La patient devient alors le coeur de l&#039;intérêt des praticiens. ([http://www.promentesana.org/upload/application/trimes_43.pdf in Lettre trimestrielle de l’association romande Pro Mente Sana])&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La désinstitutionalisation a permis aux personnes présentant des troubles psychiatriques de sortir de ce milieu assimilé pendant de nombreuses années, au milieu carcéral. Mais une fois &amp;quot;libérées&amp;quot; où vont ces personnes? A ce sujet,&amp;amp;nbsp; [[Bibliographie|N. Carpentier (2001)]] affirme dans son article que 60 à 70&amp;amp;nbsp;% des patients retournent dans leur famille après l’hospitalisation. Mais plusieurs auteurs ont démontré que l&#039;arrivée d&#039;un malade dans une famille, avait de lourde conséquence sur celle-ci. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Avant d’en venir aux conséquences, il semble nécessaire de revenir sur la représentation qu&#039;ont les professionnels des familles des patients. Pour cela, il est intéressant de revenir sur l&#039;évolution de leur vision. En d&#039;autres termes, comment la famille, alors qu&#039;elle était considérée comme coupable de la maladie de l&#039;un de ses membre, est devenue un partenaire idéal?&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au début du XXème siècle, celle-ci était considérée comme étant la cause, l&#039;origine de la maladie de l&#039;enfant. Les professionnels affirmaient que la maladie mentale était un problème génétique, héritée de plusieurs générations antérieures. Ensuite, les années cinquante ont apporté un premier renversement dans cette représentation. En effet, la famille était perçue comme étant un «&amp;amp;nbsp;système réagissant aux troubles mentaux de l’un de ses membres, plutôt qu’en tant que système causant des désordres psychiques&amp;amp;nbsp;» ([[Bibliographie|Carpentier, 2001, p.84]]). Ce changement de perspective est en lien avec l’arrivée d’une politique qui favorise les hospitalisations de courte durée. En d’autres termes, les familles commencent à être perçues comme une solution aux changements politiques. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les années 60, la psychiatrie adopte une vision centrée sur la communauté. Ce changement va être très favorable pour les familles, puisqu’il permet à ces dernières de se déresponsabiliser des troubles mentaux. Ainsi, toujours selon Carpentier, à cette époque «&amp;amp;nbsp;les désordres psychiques [doivent être étudiés] sous l’angle de l’isolement social, des désavantages sociaux, puis selon la présence de stresseurs sociaux et économique&amp;amp;nbsp;»( p.89) .&amp;lt;br&amp;gt;Ainsi, au fur et à mesure que le mouvement de désinstitutionalisation est mis en place, les politiciens et les professionnels considèrent la famille comme étant une solution au problème. En effet, cette dernière est perçue comme «&amp;amp;nbsp;une source privilégiée de soutien émotionnel et social ainsi que comme place de choix pour relocaliser le patient psychiatrique.&amp;amp;nbsp;» ([[Bibliographie|Carpentier, 2001, p.91]]. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Du côté des familles, il semblerait selon  [[Bibliographie|R. Therrien (1990)]] que sur le plan économique et émotionnel, la désinstitutionnalisation leur demande beaucoup, en particulier aux femmes. En effet, toujours selon R.Therrien, avoir quelqu&#039;un ayant des problèmes mentaux à la maison provoque beaucoup de stress. Chez certains, un malade peut devenir un véritable &amp;quot;fardeau&amp;quot;, puisque celui-ci impose beaucoup de contraintes. Effectivement, avoir une personne malade à la maison peut engendrer des conséquences telles que la réduction des loisirs habituels, les sorties avec les amis, par peur d&#039;être jugé, ou encore d&#039;avoir des problèmes avec les voisins, car les comportement de la personne dérange. Tous ces problèmes ont un impacte très fort sur la famille d&#039;autant plus qu&#039;elle n&#039;est pas aidée, ni reconnue pour tout ce qu&#039;elle fait pour la personne malade. &amp;amp;nbsp; &amp;lt;br&amp;gt; A propos de la lourde responsabilité des parents, on peut se demander si les familles ne finiraient pas elles aussi à un moment donné par tomber malade. A ce sujet,  le témoignage d&#039;[[Bibliographie|Alain Riesen]] souligne que lorsqu&#039;une famille prend en charge un de ses membres malade, il ne faut pas qu&#039;elle reste seule, mais qu&#039;elle en parle, partage ce qu&#039;elle vivait au quotidien. C&#039;est donc, pour ces raisons-là que des thérapies familiales ont vu le jours.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La communauté: un modèle alternatif à l&#039;institution fermée  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La communauté comme mode de prise en charge a, dans le champ de l&#039;éducation spéciale et spécialisée, sa propre histoire. Relevant d&#039;une approche démocratique et souvent pacifiste, la communauté est une forme de gouvernement par les personnes elles-mêmes (y compris les enfants). La notion de self-government a été développé dans le cadre de l&#039;éducation nouvelle pour définir de telles pratiques dès la fin du XIXe siècle. Lors de la seconde guerre mondiale des communautés d&#039;enfants victimes de la guerre ont vu le jour partout en Europe. Se référent à des modèles antérieurs comme les écoles nouvelles à la campagne de l&#039;éducation nouvelle (et donc du self-government) , de la république d&#039;enfants, de la cité des enfants, leurs fondateurs ont contribué au relèvement de l&#039;éducation en Europe par un modèle visant la participation des enfants à la gestion de la communauté et leur autonomie. Souvent, transformé dès les années 1950 en foyer pour enfants (malheureux, difficiles voire délinquants), le modèle des communautés d&#039;enfants semble être circonscrit à une période temporelle courte et particulièrement difficile sur le plan économique. On peut donc se demander si ce type de modèle ne serait pas &amp;quot;choisi&amp;quot; particulièrement en temps de crise et de manque de ressources financières donnant ainsi plus de pouvoir aux &amp;quot;usagers&amp;quot; permettant ainsi un moindre encadrement institutionnel. [[https://plone2.unige.ch/aref2010/search?SearchableText=communautés+d%27enfants]]. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des «&amp;amp;nbsp;communautés thérapeutiques&amp;amp;nbsp;» ont été créées en réaction aux enfermements asilaires prônés jusque-là mais qui commençaient à être pointés du doigt, car considérés comme déshumanisants. Bien que créées tout d&#039;abord pour répondre aux phénomènes de dépendances (toxicomanies, par exemple), on trouve, dès la fin des années 60, des communautés thérapeutiques en Angleterre, en France, en Suisse et au Québec, destinées au secteur de la psychiatrie. Avec la naissance de ces communautés thérapeutiques, une nouvelle approche de la psychose en-dehors des lieux de soins traditionnels s&#039;est développée (Schatzman, 1969; Barnes et Berke, 1973; Fabre, 1978; Lecomte et Tourigny, 1983a). Leur but est de créer un milieu &amp;quot;naturel&amp;quot;, en reconstituant les structures d’une «&amp;amp;nbsp;macro famille&amp;amp;nbsp;» ou d’une «&amp;amp;nbsp;mini société&amp;amp;nbsp;», plus rassurantes&amp;amp;nbsp;: on trouve par exemple la Communauté des Sablons, (Maison d&#039;enfants à caractère social et familial (76270 Saint-Saire), ou, en Suisse, le foyer de Tavel qui a vécu cinq ans (1975-1980). Dans le [http://edutechwiki.unige.ch/dewiki/R%C3%A9sum%C3%A9_film_de_Catherine_Scheuchzer film de Catherine Scheuchzer], «&amp;amp;nbsp;Dans l’aventure du non, la parole&amp;amp;nbsp;», (tourné à Boulens, dans la campagne vaudoise, dans les années 70 ), on découvre, dans un décor post soixante huitard, très simplement, dans un rythme extrêmement lent, des adultes et des enfants en interaction, «&amp;amp;nbsp;comme dans la vraie vie&amp;amp;nbsp;». Cette expérience est décrite comme «&amp;amp;nbsp;une véritable expérience d’éveil à la vie&amp;amp;nbsp;», qui «&amp;amp;nbsp;prend le contre-pied du placement en institution psychiatrique&amp;amp;nbsp;» (L’Est vaudois, 19.11.92). Plutôt que de considérer cette population d&#039;enfants, comme on le faisait en asile, comme des fous, murés dans leur silence. On veut les considérer comme des partenaires, des interlocuteurs. Le but est effectivement de les faire participer au quotidien d’une maisonnée, plutôt que de créer des ateliers protégés artificiels. De la sorte, ils sont poussés à se dépasser, à faire des expériences par eux-mêmes, sans avoir nécessairement recours au soutien d’un adulte. Il semble qu&#039;à cette époque, cette nouvelle façon de considérer les enfants autistes comme étant capables d’autonomie, capables d’agir, ait apporté un peu d’humanité dans leur prise en charge. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;enfant&amp;amp;nbsp; ainsi placé dans une communauté thérapeutique vaudoise est-il plus &amp;quot;intégré&amp;quot; que s&#039;il l&#039;était dans une institution considérée par ces acteurs alternatifs du &amp;quot;système&amp;quot; comme un ghetto? Il en va de même avec le terme désinstitutionalisation? Qu&#039;est-ce que l&#039;institution? Il y en a des &amp;quot;bonnes&amp;quot; (maternantes, enveloppantes, naturelles...) et de &amp;quot;mauvaises&amp;quot; (contraignantes, mortifères) (sur ce point les travaux de Fernand Oury puis de Jacques Pain mériteraient qu&#039;on s&#039;y attache (voir la psychothérapie institutionnelle sur le site de Jacques Pain: http://www.jacques-pain.fr).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L&#039;élan contestataire des années 70 à Genève  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En Suisse un même mouvement historique a été observé. Selon le médecin Christian Monney, on y a dénoncé les mêmes agissements qu’ailleurs&amp;amp;nbsp;: enfermement, répression, qui étaient là non pour aider le malade, mais pour protéger l’ordre public. On y mêlait, écrit-il, infirmes, orphelins, indigents et fous… (Dr Christian MONNEY, 1999, à l’occasion des 100 ans de l’Hôpital de Malévoz). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Or, dès 1965, des consultations ambulatoires sont créées et les séjours hospitaliers peuvent ainsi se raccourcir. Les moyens de contention sont contestés. Des établissements médico-éducatifs apparaissent, comme [http://www.castalie.ch/home.php?include=textes&amp;amp;lng=1&amp;amp;id=18&amp;amp;idmenu=14 la Castalie en Valais], grâce au Dr Rey-Belley, en 1972 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Genève, l&#039;élan contestataire débute lorsque Julian de Ajuriaguerra est nommé directeur de Bel-Air en 1959. A son arrivée, il décide d&#039;ouvrir des pavillons et d’introduire une nouvelle idée&amp;amp;nbsp;: «&amp;amp;nbsp;l’hospitalisation de courte durée, dans le but de remplacer, le plus vite possible, le patient dans son milieu naturel&amp;amp;nbsp;». [[Bibliographie|Archives contestataire, boite Riesen/Schuler, Réseau suisse-romand. Alternative à la psychiatrie, 1976.]] C&#039;est donc à ce moment-là que le mouvement de désinstitutionnalisation naît. En effet, on commence à critiquer les asiles et à vouloir modifier le fonctionnement de l&#039;hôpital psychiatrique. Les patients psychiatriques commencent à bénéficier des mêmes droits que les patients non-psychiatriques. De ce fait, entre les années 1963 à 1970, il se développe un système psychiatrique extra-hospitalier complet. Ensuite, pendant les années 70-80, cet élan continue avec la volonté de baser les soins sur des approches psychotérapeutiques.[[Bibliographie|Rey-Bellet, Bardet Blochet, Ferrero, 2010, p.90-95]] &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dès les années 1970, l&#039;ADUPSY (l&#039;association pour les droits des usagers de la psychiatrie) se questionne à propos du placement des malades qui garde, malgré la loi de 1936, un caractère prégnant d&#039;enfermement, et à propos de la limitation des droits des personnes que ces lois entrainent. En effet, l&#039;ADUPSY estime que les malades mentaux n&#039;ont pas le choix de leur placement (internement), cela se fait de force, et que leurs droits sont dès lors limités puisqu&#039;ils n&#039;ont pas de droit de regard sur le traitement qui leur est admistré. A cet effet, cette association relate par exemple qu&#039; &amp;quot;en 1975, la majorité des malades mentaux entrent encore à Bel-Air contre leur gré&amp;quot; ([[Bibliographie|ADUPSY, 1979, p. 7]]). Les droits de l&#039;Homme, et dans ce cas présent du malade, sont donc au coeur du débat. L&#039;association défend alors l&#039;idée que tout &#039;&#039;internement psychiatrique&#039;&#039; devrait être pensé comme une hospitalisation qui respecte les droits du malade mental en assurant sa protection et sa dignité, qui rende le patient actif dans son traitement, qu&#039;il peut d&#039;ailleurs refusé, qui n&#039;a pas comme raison la dangerosité potentielle du patient, qui rappelle au patient quels sont ses &amp;quot;droits en matière d&#039;hospitalisation et de traitement&amp;quot; (p. 13), et qui devrait &amp;quot;nécessité obligatoirement de deux certificats médicaux&amp;quot; (p. 13) de manière à justifier ce placement saur plusieurs avis de provenance différentes. Dans cette optique, on se rend compte de l&#039;évolution de la prise en charge des malades mentaux. Que ce soit au niveau des termes employés, de la procédure ou des droits des patients, l&#039;ensemble de cette prise en charge évolue. L&#039;époque semble donc propice à des changements radicaux. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En réponse à ce nouveau regard sur la question de la prise en charge des malades mentaux, la question de l&#039;éducation semble elle aussi être en mouvance durant cette période.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L&#039;anti-psychiatrie à Genève: une nouvelle politique de la prise en charge  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dès les années 70, le journal mensuel &amp;quot;Tout Va Bien&amp;quot; a consacré de nombreuses pages et numéros à la question de l&#039;anti-psychiatrie. Dès 1973, un groupe d’enquête s’est constitué pour dénoncer une certaine violence et certains abus de pouvoir au sein des asiles psychiatriques. Leur volonté était de déterritorialiser la psychiatrie. «&amp;amp;nbsp;La psychiatrie, c’est l’affaire de tout le monde&amp;amp;nbsp;». Ils voulaient faire exploser la loi du silence qui régnait dans ces lieux. Ils ont voulu dénoncer les rapports de pouvoir sévissant à l&#039;intérieur des murs psychiatriques, la soumission du malade à l’infirmier, la soumission de l’infirmier au médecin, la soumission du médecin aux pouvoirs de l’administrateur bailleur de fonds. Selon ce journal, le mouvement anti-psychiatrique serait né au début des années 60: La clinique psychiatrique de Bel Air, créée en 1900, a commencé à construire des pavillons ouverts avec l’arrivée de son nouveau directeur en 1959, Julian Ajuriaguerra. Son intention était de favoriser le retour de l’interné au plus vite dans leur milieu naturel, grâce à une hospitalisation de courte durée. A Genève, depuis 1963, le travail psychiatrique est sectorisé. On commence à organiser les soins dans des centres de consultation de quartier. Les premières tentatives alternatives apparaissent en Suisse. Des travailleurs sociaux poursuivent une critique des institutions et contribuent à la création et au fonctionnement de centres (qui se différencient des institutions récupératrices) qui ont pour but de venir en aide à toute personne en crise. Exemple&amp;amp;nbsp;: le centre Liotard à Genève, créé par le réseau d’alternative à la psychiatrie de Suisse romande. En janvier 1975 se tient le premier congrès d’alternative à la psychiatrie de secteur (Congrès de Bruxelles, auquel participe un groupe de Genève: il s’en est inspiré pour animer des débats au centre Liotard&amp;amp;nbsp;: recherche d’alternatives concrètes répondant aux besoins des malades. A Lausanne, le 24 janvier 1976, est créé un réseau alternatif à la psychiatrie pour la Suisse romande, dont l’un des membres actifs s’appelle Alain Riesen, du Centre Liotard. Une commission formée aussi bien de psychiatrisés que de soignants s’est alors formée. Elle a remis en question le pouvoir des soignants. Selon cette commission, le but d’une alternative au secteur doit être la prise en main progressive par le malade de ses propres difficultés. Suite à des tentatives d’internement forcé, des tracts ont circulé, dénonçant les abus du pouvoir psychiatrique (voir les archives contestataires de Genève, Classeur Alain Riesen). Dès ce moment-là, une prise de conscience s&#039;opère: le patient ne veut plus être manipulé, il ne veut plus être le cobaye, il ne veut plus être muselé par le pouvoir du médecin. Il veut choisir son mode de guérison, il veut être actif dans le processus de guérison. Il convient alors de faire en sorte que ce soit le patient qui choisisse ou non son hospitalisation. Effectivement, médecins, contestataires et familles se sont rendus compte de l&#039;importance du choix du malade dans sa propre guérison. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A la fin des années 70, d&#039;autres mouvements anti-psychiatriques se répandent en Suisse et ailleurs: par exemple à la clinique de Bellelay, où son nouveau directeur a souhaité ouvrir les murs à son arrivée, et mettre à disposition des appartements protégés, voire même une maison de vacances pour ses patients. Le but était &amp;quot;que les malades puissent le plus possible avoir des contacts humains et une vie «&amp;amp;nbsp;normale&amp;amp;nbsp;» (TVB avril-mai 80). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Suite à la mort atroce d&#039;Alain Urban lors d&#039;une cure de sommeil forcé à la clinique de Bel-Air, l&#039;ADUPSY ainsi que l&#039;Association des Médecins Progressiste ont déployé maints efforts pour alerter l&#039;opinion publique à propos des agissements soupçonneux de la clinque en question. Leurs revedications ont porté sur la suppression des isolements, la priorité données aux instruments de soin ambulatoire, l&#039;augmentation des effectifs globaux du personnel soignant, etc. Ils expriment également leur soutien aux revendications concernant le droit des patients&amp;amp;nbsp;: «&amp;amp;nbsp;Le consentement du patient ou de son entourage immédiat doit toujours être recherché, dans la thérapeutique comme dans la recherche&amp;amp;nbsp;». &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après les drames qui ont secoué Bel-Air, une commission d&#039;enquête a été créée, et c&#039;est non seulement le Directeur de cette clinique qui a été interrogé, mais également les patients, les soignants, ainsi que les cadres. Dès cet instant, &amp;quot;tout est ressorti&amp;quot;, témoigne Alain Riesen, amenant à une première évolution forte: la réforme de l&#039;institution psychiatrique. Le Pr Tissot est déstitué, et un changement au niveau de la législation se fait: le droit de recours apparaît, le patient peut désormais exiger de faire valoir ses droits. Jusque là, le Réseau d&#039;Alternative à la psychiatrie pouvait intervenir sur demande, mais n&#039;avait pas de statut officiel. A partir de cette période, une Commission de surveillance fut mise sur pied (réunissant un juriste, un médecin indépendant, un représentant du Droit des patients), et quatre associations de défense du Droit des patients sont nées: l&#039;Association RÊVE (les &amp;quot;Entendeurs de voix&amp;quot;), l&#039;ADPED (Association des personnes ayant des troubles bi-polaires et dépressifs), l&#039;Expérience (travail artisanal double d&#039;un travail d&#039;entraide), et l&#039;AETOC (Association des personnes ayant des troubles obsessionnels et compulsifs). Selon Alain Riesen, l&#039;institution, malgré l&#039;avancée significative qui a été faite quant au droit des patients, garde les stigmates de l&#039;institution asilaire. &amp;quot;Il y a encore beaucoup de travail à faire pour faire éclater l&#039;institution dans sa dimension totalitaire&amp;quot;, dit-il en conclusion de son récit.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Conclusion: l&#039;anti-psychiatrie un débat déplacé ? ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Point de vue: de l&#039;institution, des droits, considération de la maladie mentale, etc.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les différents mouvements contestataires, qui sont passés de la désinstitutionnalisation à la sectorisation en passant par la création de communautés thérapeutiques, ont amené à une critique du pouvoir institutionnel et des médecins. Le médecin n&#039;est plus tout-puissant et le consentement du patient ou de son entourage doit être obtenu avant tout traitement. Le patient a des droits et il doit les faire respecter.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De l&#039;enfermement asilaire on est allé vers une continuité des soins entre l&#039;hospitalier et l&#039;extra-hospitalier; en effet, sous prétexte que le patient nécessitait des soins, on l&#039;extrayait de  la société pour le placer en hôpital, on cherchait à le &amp;quot;normaliser&amp;quot; en l’excluant du système!: qui voulait-on protéger? Le patient ou la société? En bénéficiant de soins tout en continuant à être inséré dans la société, le patient ne souffre pas d&#039;un isolement qui rendrait sa réinsertion encore plus difficile. En restant inséré, il bénéficie d&#039;un réseau de soutien (famille, amis) qui a une part essentielle à jouer dans le processus de guérison.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cependant, il semblerait que même si beaucoup de progrès ont été accompli dans le domaine de la prise en considération de la personne malade, l&#039;institution garde encore toujours les stigmates de l&#039;asile totalitaire...&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Cécilia Zuccone</name></author>
	</entry>
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		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=La_d%C3%A9sinstitutionalisation_dans_le_champ_de_l%27%C3%A9ducation_sp%C3%A9ciale_1960-1980&amp;diff=9223</id>
		<title>La désinstitutionalisation dans le champ de l&#039;éducation spéciale 1960-1980</title>
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		<updated>2012-01-08T15:48:26Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Cécilia Zuccone : /* Revue de la littérature */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;[[user:Kleinpa0|P. Klein]],&lt;br /&gt;
[[user:Natalina m|N. M.]],&lt;br /&gt;
[[user:Ruchat|Martine Ruchat]],&lt;br /&gt;
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[[user:Sandra wirz|S. Wirz]] et&lt;br /&gt;
[[user:Cécilia Zuccone|C. Zuccone]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Université de Genève&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Introduction  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A l&#039;heure où l&#039;on peut constater de &amp;quot;nouvelles exclusions&amp;quot; au nom de la protection des citoyennes et des citoyens inquiétantes pour certains, car &amp;quot;ruinant ainsi des décennies d&#039;efforts de déségrégation, désexclusion, de &amp;quot;retour du schizophrène dans la cité&amp;quot; (Dr.Patrick Lemoine, Le mystère du nocebo, Paris. Odile Jacob, 2011, p.69), un certain nombre de questions se posent pour mieux comprendre l&#039;histoire de l&#039;éducation spéciale, une histoire à la fois politique (anti-psychiatrie, sectorisation), sociale et culturelle (intégration, normalisation, désinstitutionalisation, communauté de vie, communauté thérapeutique) dans les décennies des Trente glorieuses (1960-1990) pendant lesquelles a soufflé un vent de contestation des politiques institutionnelles. Un esprit contestataire a émergé en particulier dès les années 1970 (post soixante-huit) provoquant dans le champ de la prise en charge des personnes dites aujourd&#039;hui &amp;quot;à besoins particuliers&amp;quot; un élan de remise en question de l&#039;institution, du pouvoir des médecins, de la contrainte institutionnelle et médicamenteuse. Peu de travaux ont encore exploré ce champ, à Genève, sinon pour étudier l&#039;histoire de Mai 68 et du mouvement féministe. (voir notamment Julie de Dardel, Révolution sexuelle et Mouvement de libération des femmes à Genève (1970-1977). Lausanne: Antipode, 2007). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La recherche proposée vise à mieux comprendre comment, à Genève, le champ de l&#039;éducation spéciale et celui de la psychiatrie a été touché par cette contestation. Elle fait suite à celle engagée en 2010 et 2011 sur l&#039;histoire de l&#039;intégration scolaire des enfants handicapés mentaux [[Pionniers de l&#039;intégration scolaire des enfants handicapés à Genève]] et [[Article 2011]]. Les recherches précédentes ont montré à la fois la complexité des pratiques d&#039;intégration amenant souvent un écart entre discours et pratique, ainsi que les résistances à penser le handicap sans mettre une ligne de démarcation entre norme et hors norme, entre enfant éducable et non éducable, limite souvent mal définie et dépendante des représentations (malédiction du handicap). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au début des années 60, l&#039;intégration apparaît être pour les parents, dont les enfants sont encore entièrement dans la famille, une intégration dans des institutions à créer.  Le concept de [[Dictionnaire|normalisation]] vient s&#039;accoler à celui d&#039;intégration pour rapprocher toute déviance d&#039;une norme sociale (en terme d&#039;habitat, d&#039;activité, voire de comportements). Ainsi le milieu ouvert (comme Aigues-Verte par exemple) peut apparaître comme plus proche d&#039;une vie quotidenne &amp;quot;normale&amp;quot; et donc plus intégrant. Le Pavillon des Grand Bois à l&#039;hôpital psychiatrique de Bel-Air représente encore une solution &amp;quot;intégratrice&amp;quot; pour les enfants les plus difficiles à éduquer et les moins autonomes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La [[Dictionnaire|désinstitutionalisation]] qui fait l&#039;objet de cette nouvelle recherche est d&#039;abord issue des milieux de l&#039;anti-psychiatrie (et donc ni des associations de parents ni des milieux pédagogiques); on peut apparenter idéologiquement ce mouvement anti-psychiatrique avec un objectif de normalisation dans le sens de rapprocher les personnes prises en charge de la vie quotidienne de tout un chacun. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi malgré des différences d&#039;application ces différents courants pourraient être affiliés à celui libertaire qui a essaimé dans différents champs du social entre 1970 et 1990. C&#039;est dans une perspective de compréhension de l&#039;histoire des idées et des pratiques du mouvement anti-psychiatrique genevois que s&#039;inscrit cette recherche. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un premier temps, cette page d&#039;histoire sera située dans une &amp;quot;tradition&amp;quot;: d&#039;une part celle du traitement de la différence (notamment depuis les travaux des psycho-pédagogues du début du 20e siècle comme Alfred Binet à Paris, Edouard Claparède à Genève ou Ovide Decroly à Bruxelles); et d&#039;autre part dans une tentative dès les années vingt en Angleterre (voir Libre enfants de Summerhill), mais surtout pendant et dans l&#039;après deuxième guerre mondiale (voire les communautés d&#039;enfants victimes de la guerre), de multiplier les expériences de vie communautaire issue du scoutisme, des mouvements de jeunesse, de l&#039;éducation nouvelle et de l&#039;éducation internationaliste et pacifiste, des colonies de vacances et camps CEMEA, s&#039;opposant à la tradition hospitalière (couvent, Bon Pasteur, Hospice, institutions de prises en charge spécialisées). Ce faisant, nous dégagerons des signes précurseurs de &amp;quot;désinstitutionalisation&amp;quot; avec ces structures plus petites, parfois médicalisées (les écoles de plein-air), mais avant tout proches de la nature et des besoins des individus. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un second temps, nous étudierons la période 1960-1980 laquelle a vu émerger un mouvement anti-psychiatrique (critique de l&#039;hôpital, du pouvoir médical, de la médicalisation à outrance et de la contrainte) pour une critique radicale visant le pouvoir institutionnel et entraînant des pratiques novatrices, lesquelles demandent à être mieux étudiées: 1. dans leurs objectifs (désinstitutionalisation ou déshospitalisation versus sectorisation)? 2. dans le choix fait des traitements: médicaux (traitement ambulatoire) ou éducatif et thérapeutique? 3. dans l&#039;évaluation faite des populations concernées par une prise en charge alternative 4. dans le rôle joué par la psychanalyse comme alternative au traitement médicaux et comme modèle thérapeutique (notamment dans les communautés cf. film de Catherine Scheuchzer, Dans l&#039;aventure du non de la parole) 5. dans le rôle donné aux familles et le poids qui leur est fait supporter (en terme financier, de responsabilité, de culpabilité,...) et en particulier à l&#039;égard des mères et des femmes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il s&#039;agira de mieux comprendre si l&#039;anti-psychiatrie est dans les années 1960-1980 une nouvelle manière de faire de la psychiatrie ou si elle est une véritable contestation de l&#039;institution asilaire et si les modèles alternatifs proposés ne seraient pas sous couvert d&#039;idéologie libertaire une façon de baisser les coût de la santé en temps de crise. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour ce faire, nous avons lu des articles et consulté une bibliographie d&#039;ouvrages &amp;quot;classiques&amp;quot;, livres de références pour les acteurs/trices de la période considérées, puis nous avons dépouillé des revues professionnelles pour saisir les thématiques qui ont traversé alors le champs de la psychiatrie et de l&#039;éducation spécialisée; dans un second temps la recherche s&#039;est portée sur un fond d&#039;archives de l&#039;Association Les archives contestataires (fonds Alain Riesen/Schuller) dont les donateurs d&#039;archives, sont fondateurs de l&#039;Arcade 84 et militant de l&#039;anti-psychiatrie genevoise. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un troisième temps nous avons effectué un entretien vidéo (un plan fixe) avec Alain Riesen afin de lui poser cinq questions issues de la recherche dans les archives et dans la littérature afin d&#039;avoir son témoignage sur l&#039;histoire de l&#039;anti-psychiatrie, de la désinstitutionalisation et des communautés thérapeutiques entre 1960 et 1980.[[plan de recherche 2012]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Revue de la littérature  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On constate qu&#039;il n&#039;y a guère d&#039;articles et d&#039;ouvrages concernant cette page de l&#039;histoire genevoise. Seul un article d&#039;Alain Riesen a en quelque sorte donné le feu aux poudres. Un autre article de Montandon relève plus d&#039;une histoire des liens entre psychiatrie et justice. Ainsi pour approcher l&#039;histoire des changements apparus dans les années soixante sur le plan de l&#039;éducation spéciale dans le traitement des troubles psychiques, il a fallu d&#039;abord s&#039;intéresser à l&#039;histoire de l&#039;anti-psychiatrie, puis de la désinstitutionnalisation et enfin des communautés thérapeutiques, sujet introduit par le [http://edutechwiki.unige.ch/dewiki/R%C3%A9sum%C3%A9_film_de_Catherine_Scheuchzer film de Catherine Scheuchter]. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C&#039;est pourquoi nous avons en particulier étudié les fonds d&#039;archives aux [http://www.archivescontestataires.ch Archives Contestataires] qui rassemblent les documents produits par les mouvements contestataires de la seconde moitié du XXe siècle. A travers une plongée dans quelques revues professionnelles et journalistiques, cela nous a permis de mieux comprendre la place prise par ces thématiques dans les années concernées. Ainsi, un certain nombre de revues professionnelles ont été dépouillées pour la période 1970-1980. Soit Sauvegarde de l&#039;enfance, Déviance et Société, L&#039;Evolution psychiatrique. S&#039;y sont ajoutés les Cahiers Médico-sociaux entre 1956 et 1981, ainsi que le journal &amp;quot;Tout va bien&amp;quot; ( voir [[Notes sur journal Tout va bien]]) dépouillé pour les années 1970 à 1983, qui a consacré trois numéros entiers aux problèmes de la psychiatrie à Genève et surtout au mouvement anti-psychiatrique lié au scandale de l&#039;institution psychiatrique de Bel-Air en 1980. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt; Durant la période de 1970 à 1985, la revue &amp;quot;Sauvegarde de l&#039;enfance&amp;quot; n&#039;a publié aucune revue, voire même aucun article consacré au thème de notre étude, à savoir la désinstitutionnalisation dans le champ de l&#039;éducation spéciale. Au premier abord on pourrait donc tirer la conclusion selon laquelle ce champ d&#039;étude ou ce mouvement n&#039;était que peu présent à cette époque. Toutefois, en se penchant davantage sur les sujets traités dans cette revue, on se rend compte que les auteurs de celle-ci n&#039;ont pas abordé la désinstitutionnalisation en tant que telle, mais l&#039;ont abordée par les effets qu&#039;elle a pu engendré à cette époque. Effectivement, on peut observer des thèmes comme la formation des éducateurs en centre de jour ou en maison d&#039;accueil, la relation entre famille et société, l&#039;école ordinaire, l&#039;adolescence et la violence ou encore l&#039;aide sociale, autant de thèmes qui ont largement découlé de ce mouvement désinstitutionnel. Il est donc fort intéressant de se pencher sur les champs d&#039;action de ce type de revues, afin de mieux comprendre quel était le climat politique, les préoccupations, les tendances de la période qui nous intéresse. D&#039;ailleurs, nous retrouverons tout au long de cet article de nombreuses références aux thèmes traités par le revue &#039;&#039;Sauvegarde de l&#039;enfance&#039;&#039;.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Entre 1972 et 1974&#039;&#039;, [[L&#039;évolution psychiatrique|L&#039; Évolution psychiatrique]]&#039;&#039; consacre deux numéros au thème de l&#039;antipsychiatrie. Dans ces deux numéros, les articles sont rédigés par des médecins psychiatres non antipsychiatres qui s&#039;efforcent, dans un premier temps, de reconnaître les bienfaits des problématiques soulevées par le mouvement antipsychiatrique. Dans un deuxième temps, ces psychiatres soulèvent les thèses du mouvement, les critiquent et se distancent franchement des solutions proposées par les antipsychiatres pour répondre aux problématiques de départ. Après 1974, il n&#039;y a plus de numéros ou d&#039;articles consacrés à l&#039;antipsychiatrie. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La [[Revue Déviance et Société|Revue Déviance et Société]] aborde la problématique du traitement de la déviance essentiellement du point de vue pénale et de l’analyse du mouvement des normes. Les quelques articles relevés entre 1977 et 1982 en lien avec notre problématique témoignent bien du questionnement autour des normes, de la responsabilité et du processus de formation de la déviance et de la stigmatisation. Il est ainsi possible de constater que l’incursion de la psychiatrie dans le domaine pénal est perçue comme une menace ou une déresponsabilisation des actes délinquants ou criminels. Et que les arguments invoqués pour l’application d’une évaluation psychiatrique est bien celle d’une aliénation, mais en dehors ou en parallèle du milieu carcéral. Concernant notamment la prise en charge des mineurs, l’article de Jean-Marie Renouard (1982) relate bien les mouvements conceptuels ayant eu lieu. De l’identification de l’enfant «&amp;amp;nbsp;inadapté&amp;amp;nbsp;» à par la suite l’identification de l’enfant «&amp;amp;nbsp;handicapé&amp;amp;nbsp;», les concepts de l’exclusion qui s’en suivent sont passés d’une stigmatisation dans le but «&amp;amp;nbsp;d’extraire&amp;amp;nbsp;» (dénoncés par la sociologie et le mouvement anti-psychiatrique) à un droit à l’exclusion dans une visée de réintégration. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Les cahiers médico-sociaux]] se dédient aux questions contemporaines liées à la santé publique et médico-sociales. C’est d’un point de vue «&amp;amp;nbsp;mesuré&amp;amp;nbsp;» que cette revue nous indique de façon précieuse quelles étaient les dispositions prises au niveau des politiques sociales (Assurances Invalidité, lois) et du traitement médical ou thérapeutique (services, institutions, approches thérapeutiques, relation praticien-patient). Les articles retenus concernent essentiellement l&#039;hygiène mentale et son appréhension. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt; Cette revue de la littérature montre que les années 60 à 80 ont été fortement teintées par une volonté de sortir les personnes malades de l&#039;institution névrosante, des ghettos asilaires, et de viser plutôt une ouverture vers la communauté. C&#039;est la recherche de la normalisation, donnant de l&#039;ampleur à un certain courant humaniste. Est apparue la notion de Droit des patients: toute personne a le droit de vivre dans son milieu et de participer à la vie de sa communauté. La nécessité d&#039;être acteur de son processus de guérison est devenue prioritaire. Mais jusqu&#039;où est-on allé? Ou se situe la limite d&#039;une &amp;quot;vie comme tout le monde&amp;quot; lorsque l&#039;on souffre, que l&#039;on a des besoins spécifiques? Les années 70 ont été permissives et ont laissé beaucoup d&#039;autonomie aux personnes handicapées ou malades, mais se sont-elles senties mieux?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Méthodologie  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le travail de recherche a mêlé plusieurs méthodologies. Outre l&#039;apprentissage de l&#039;usage d&#039;un wiki qui a cimenté comme il se doit cette &amp;quot;communauté de travail&amp;quot; de six membres, ceux-ci ont travaillé dans trois directions: la recherche documentaire et bibliographique, l&#039;étude d&#039;un fonds d&#039;archives (le Fonds Riesen/Schuler de l&#039;Association les Archives contestataire) et la construction d&#039;une grille de questions à poser au &amp;quot;grand témoin&amp;quot;, Alain Riesen. Ces quatre outils méthodologiques ont donc fondé cette étude. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1. De l&#039;usage du wiki &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La pratique de l&#039;intelligence collective oblige à mettre en mouvement deux réseaux: le réseau que forme les membres de la communauté qui travaillent constamment ensemble pour alimenter le site dewiki et le &amp;quot;réseau&amp;quot; des pages de rédaction qu&#039;offre le site wiki, soit: l&#039;espace de l&#039;article, celui du dictionnaire des concepts, celui de la bibliographie et celui des résumés. Reste évidemment la page d&#039;accueil qui permet de visualiser l&#039;ensemble et de suivre les tâches à effectuer d&#039;une semaine à l&#039;autre. Ce travail de recherche mêle des moments de rencontre sur le web (notamment par les pages de discussion autour d&#039;une activité), mais aussi réellement en salle de cours afin surtout d&#039;assurer le rythme d&#039;avancement de la démarche et d&#039;échanger du point de vue intellectuel et du point de vue technologique. L&#039;évaluation de la démarche se fait aussi dans une même perspective d&#039;intelligence collective qui nécessite un engagement des personnes pour le &amp;quot;bien commun&amp;quot; à savoir le résultat de l&#039;ensemble des activités qui forment cette recherche originale. Une autoévaluation collective clôt la démarche un mois après la fin de l&#039;expérience collective pour permettre d&#039;ajuster les rythme individuel et de peaufiner les textes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
2. De la recherche documentaire et bibliographique &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Afin de mieux comprendre les positions des différents acteurs dans les domaines que nous avons étudiés, il a été nécessaire de se plonger dans différentes revues professionnelles ou sociales. La plupart d&#039;entre elles étant gardées en version papier dans différents lieux d&#039;archives ou bibliothèques, nous nous sommes rendues dans les bibliothèques universitaires de plusieurs facultés (psychologie et sciences de l&#039;éducation, lettres, médecine,...) afin d&#039;avoir accès aux articles de l&#039;époque. La plupart de ces thématiques n&#039;étant pas directement liées à nos propres études, il nous a fallu, dans un premier temps, saisir tout un lexique, une pensée, un domaine parfois méconnus, voire inconnus. Dans un deuxième temps, il a fallu comprendre comment ce qui avait été lu pouvait s&#039;inscrire dans cette période entre 1960 et 1980, quelles étaient les sources d&#039;inspirations et les revendications de cette époque particulière.Nous avons également fait appel à des ouvrages, des livres que nous avons trouvé en bibliothèque afin d&#039;étayer notre recherche.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt; 3. De la recherche en archives &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous sommes allées deux matins aux Archives Contestataires, afin de faire de la recherche sur le fond Riesen/Schuler. Ce fut très intéressant de toucher des documents manuscrits, de vieux journaux, et de la documentation provenant des médecins. Ce fut pour nous toutes une découverte intéressante de faire de la recherche d&#039;une autre manière. Aussi, cela nous a permis de mieux comprendre notre objet d&#039;étude dans le cadre genevois et ains de pouvoir préparer les différentes questions que nous allions posées à Alain Riesen lors de notre entretien.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
4. La constitution d&#039;une archive orale &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
N&#039;ayant trouvé que peu d&#039;archives écrites sur le mouvement de contestation de la psychiatrie à Genève entre 1960 et 1980, nous avons eu la chance de pouvoir interviewer Monsieur Alain Riesen, ergothérapeute et co-fondateur d&#039;Arcade 84. En relation avec les thématiques propres à chacune selon les revues consultées ou les ouvrages lus, nous avons pu l&#039;interroger d&#039;abord sur sa position de professionnel de la psychiatrie et son statut de militant. Dans un deuxième temps, nous lui avons demandé qu&#039;elles étaient ses lectures de références, sa conception de la maladie mentale, et sa vision du partenariat avec les familles des malades. Finalement, nous l&#039;avons interrogé sur les apports de toutes ces années de militantisme, notamment au sein de l&#039;ADUPSY et du réseau alternatif à la psychiatrie.([[Plan de recherche 2012|Questions]]). Cet entretien nous a tout d&#039;abord permis de mieux comprendre ce qui s&#039;était réellement passé à Genève durant la période étudiée, et surtout d&#039;avoir des éléments précis et concrêt de cette période de désinstitutionnalisation. C&#039;est ainsi que nous avons pu compléter notre article en regard des propos de Monsieur Riesen.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Panorama historique général  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Des prisons à l&#039;asile pour les personnes atteintes d&#039;affections mentales&#039;&#039;&#039;&#039;&#039; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt; Jusqu&#039;à la fin du XVIIIe siècle, les hôpitaux psychiatriques internaient une population bien différente de celle accueillie au XXe siècle. [[Bibliographie|Cléopâtre Montandon&amp;amp;nbsp;(1978)]]&amp;amp;nbsp; nous dévoile que les populations désignées comme relevant de l&#039;univers psychiatrique étaient très fortement liées à l&#039;univers carcéral. Effectivement, jusqu&#039;au XVIIIe siècle, les criminels étaient considérés comme &amp;quot;fous&amp;quot; ou &amp;quot;aliénés&amp;quot; et se voyaient enfermés, voire même enchaînés dans des &amp;quot;maisons de discipline&amp;quot; ou dans des &amp;quot;hôpitaux pour fous&amp;quot;. A cette époque, seule la justice décidait du lieu d&#039;incarcération des individus criminels. Peu à peu, des distinctions se sont faites pour montrer que certains criminels aliénés relevaient davantage de la psychiatrie, et se définissaient essentiellement par une responsabilité restreinte et une santé mentale défaillante. Ce sont alors ces personnes, désignées comme ne pouvant accomplir leur rôle social, que les hôpitaux psychiatriques ont admis dans leurs locaux. Pour décider et justifier ces internements, la justice ne pouvait agir seule. C&#039;est à partir de 1838 qu&#039;une loi voit le jour à Genève concernant l&#039;internement des &amp;quot;aliénés&amp;quot;: loi sur le placement et la surveillance des aliénés (5 février 1838). On parlera dès lors de &#039;&#039;placement&#039;&#039; des aliénés, et non plus de l&#039;enfermement ou de l&#039;internement de ces derniers.&amp;lt;br&amp;gt; &amp;quot;Ce n&#039;est qu&#039;à partir de 1936 que l&#039;autorisation d&#039;un internement est délivré sur vue d&#039;un certificat médical par le Département de la prévoyance sociale et de la santé publique&amp;quot;. Ainsi, on voit combien la société évolue en définissant clairement et sur preuves médicales qui peut être &#039;&#039;placé&#039;&#039; en hôpital psychiatrique. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On peut également noter que les préoccupations principales de la période du XVIIIe au début du XXe siècle se restreignaient principalement à la sécurité, et de fait au &#039;&#039;placement&#039;&#039; de ces personnes. Où pouvait-on mettre physiquement ces personnes différentes pour qu&#039;elles ne nuisent pas à la société? Que pouvait-on faire d&#039;elles? Qui pouvait s&#039;en occuper? Que faire avec ces personnes? On observe dès lors que, pendant plusieurs siècles, ces personnes étaient enfermées, considérées comme étant dénuées de tous sens, de toute sensibilité, et par conséquent ne recevaient aucune éducation. Il faudra alors attendre la fin du XIXe siècle pour entrevoir une forme d&#039;éducation de ces personnes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans son article, &amp;quot;[[Bibliographie|La naissance de l&#039;institutions pour aliénés]]&amp;quot; à Genève au 19e siècle, Alain Riesen montre que la problématique de l&#039;internement est grandissante et que &amp;quot;l&#039;inhumanité de l&#039;enfermement&amp;quot; (Riesen, 1981) est au coeur des préoccupations. Il relate également une nouvelle conception du milieu asilaire&amp;amp;nbsp;: &amp;quot;la possibilité d&#039;améliorer l&#039;état des aliénés, ou même les guérir, si de bonnes conditions sont réunies&amp;quot;. En d&#039;autres termes, il s&#039;agirait de pouvoir administrer un traitement aux malades de manière à guérir, à soigner leur folie; à l&#039;époque nommé &#039;&#039;traitement de la folie. &#039;&#039;Plusieurs types de traitements font alors leur apparition et notamment l&#039;isolement. Il s&#039;agissait d&#039;éloigner le malade des conditions de vie qui l&#039;ont rendu &#039;&#039;fou&#039;&#039; &amp;quot;afin de le soustraire à leur influence&amp;quot;. La médication fut également un des traitements de la folie.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette nouvelle manière de penser l&#039;internement étant accomplie, plusieurs dérives ont vu le jour, et notamment les placements abusifs effectués par le Département de Justice et Police. En 1895, la Loi de 1838 est revue de manière à éclaircir la procédure d&#039;admission des aliénés.&amp;amp;nbsp;&amp;quot;Même si la loi de 1838 ne rend pas obligatoire l&#039;avis médical pour procéder au placement, dans la pratique, le médecin se fondant sur une &#039;&#039;science&#039;&#039; de l&#039;aliénisme en plein développment, va jouer un rôle de plus en plus important dans le placement et la sortie des aliénés&amp;quot; ([[Bibliographie|ADUPSY]]). L&#039;avis médical devient dès lors requis pour tout placement. Enfin, la réforme de 1936 met en évidence la nécessité et l&#039;exigence d&#039;un certificat médical pour être placé. Quiconque ne peut pas être déféni comme &amp;quot;fou&amp;quot; ou &amp;quot;aliéné&amp;quot; sans avis médical suivant des règles précises.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt; &#039;&#039;&#039;&#039;&#039;L&#039;éducation...&#039;&#039;&#039;&#039;&#039; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au début du XXe siècle, Binet et Simon (1907)&amp;amp;nbsp; &#039;&#039;donnent une nouvelle forme cognitive de l&#039;éducation spéciale qui perdurera au moins jusqu&#039;au années 1960&#039;&#039; ([[Bibliographie|Chauvière et Plaisance, 2003, p. 32]]).&amp;amp;nbsp; A cette époque, on distinguait les arriérés d&#039;asiles, non éducables et à laisser entre les mains des médecins, des arriérés d&#039;école. Ainsi, des institutions apparaissent entre l&#039;hôpital et la classe ordinaire: les classes spéciales (ou classes de développement) et les instituts médico-pédagogiques. Dans ces nouveaux lieux, la pédagogie était &#039;&#039;inspirée par l&#039;atelier, c&#039;est-à-dire guidée par la mise en oeuvre de travaux manuels et d&#039;exercices pratiques &#039;&#039;([[Bibliographie|Chauvière et Plaisance, 2003, p. 33]]). A Genève, c&#039;est le médecin et psychologue Edouard Claparède qui sera appelé pour réorganiser les classes spéciales sur un mode scientifique, c&#039;est-à-dire en tenant compte du diagnostic effectué sur l&#039;enfant et du pronostic d&#039;éducabilité. [[Bibliographie|Ruchat]] &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En grande-Bretagne, dans les années 1920, A.S Neill, puis dans les années 1960, David Cooper ont mis en place de nouveaux lieux pour exercer une forme innovante de psychiatrie et d&#039;éducation, remise en question de l&#039;internement psychiatrique des malades mentaux. C&#039;est en effet à travers des expériences comme [[Résumé de l&#039;ouvrage Libres enfants de Summerhill|Libres enfants de Summerhill]] de [[Bibliographie|Neill]] en 1921 ou Pavillon 21 menée par [[Bibliographie|Cooper]] en 1962 que l&#039;anti-psychiatrie semble voir le jour. Effectivement, plusieurs principes régissent ce nouveau type de lieu à savoir la liberté des individus, le self-governement, les apprentissages facultatifs... en ayant pour hypothèses que le mal-être et la maladie mentale de ces individus sont en partie dû aux contraintes du monde dans lequel ils évoluent et apprennent. Dès lors, il convient de créer des institutions, des lieux éloignés de toute coercition et de toute autorité. Notons également que Maud Mannoni, dans la préface de l&#039;ouvrage Libres enfants de Summerhill, relate que Neil faisait partie de &amp;quot;la lignée anarchisante qui donna naissance à l&#039;antipsychiatrie&amp;quot; ([[Bibliographie|Mannoni, dans Neill, 1979, p. 9]]).&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais on constate aussi, en France, que la période 1945-1960 est également bouleversée et traversée par de nouveaux modèles éducatifs avec la naissance de lieu de vie où l&#039;enfant inadapté est accueilli, non pas à travers sa maladie ou sa différence, mais plus à travers le fait qu&#039;il est un enfant et qu&#039;il doit être éduqué. Jean Lagarde, fondateur de l&#039;association de la sauvegarde des enfants invalides dans la période après guerre, souhaitait effectivement faire &amp;quot;l&#039;expérience d&#039;éducation toujours dans un creuset communautaire&amp;quot; ([[Bibliographie|Capul, 2002, p.141]]). Lagarde avait pour objectif de créer un lieu où les soins médicaux puissent être administrés aux enfants qui en nécessitaient, tout en leur proposant un accueil éducatif. Nous pourrions plutôt dire qu&#039;il désirait créer une école, un lieu de vie où un suivi médical était envisageable. Il s&#039;agissait en effet d&#039;éloigner l&#039;enfant du lieu médical pour qu&#039;il devienne élève et que, de fait, il puisse apprendre. Dans cette optique, équipe pédagogique et équipe médical devaient collaborer étroitement. Cette expérience est à nouveau le témoin d&#039;une nouvelle forme d&#039;hospitalisation. Il est possible de faire le lien entre cette expérience et l&#039;approche de Maud Mannoni en 1969, avec la création de l&#039;Ecole expérimentale de Bonneuil-sur-Marne où il s&#039;agissait également de séparer les lieux d&#039;analyse et les lieux de vie (lieux pédagogiques).&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt; &#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Et en Suisse?&#039;&#039;&#039;&#039;&#039; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En se fondant sur des principes similaires à ceux de Neil et de Cooper, dès les années 1960,&amp;amp;nbsp; de nombreuses institutions privées pour enfants handicapés ou en difficultés se développent en Suisse, majoritairement sous l&#039;impulsion d&#039;associations de parents. Ces derniers ont été amenés à &#039;&#039;créer et à gérer des institutions de type médico-éducatif&#039;&#039; &#039;&#039;pour éviter à leurs enfants d&#039;être relégués dans des services d&#039;hôpitaux psychiatriques ou d&#039;être seulement en survie à leur domicile&#039;&#039; (Chauvière er Plaisance, 2003, p.35). Aujourd&#039;hui, les institutions, à Genève, semblent toujours être un peu sur le même modèle, celui de &amp;quot;l&#039;alliance&amp;quot; entre le médical et le pédagogique (qui regroupe aussi l&#039;aspect éducatif). Si on ne cherche peut-être plus à éviter aux élèves la reléguation en psychiatrie, on les place dans des lieux parfois hors de tout cursus ordinaire et loin de la norme. Ce qui questionne enfin sur qu&#039;est-ce que la normalisation? Et où mettre la limite à une vie comme tout le monde avec un handicap: la liberté (permissivité, autonomie) des années 1970 a-t-elle fait l&#039;impasse sur la souffrance des individus face aux exigences thérapeutiques et pédagogiques? La communauté d&#039;enfants (pédagogique, institutionnelle, thérapeutique) est-elle un modèle &amp;quot;utile&amp;quot; en temps de crise des institutions: peu coûteux, demandant un engagement au quotidien (vie quotidienne) du collectif pédagogique et thérapeutique (donc assurant un &amp;quot;contrôle social&amp;quot; maximal.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Ce qu&#039;en dit Riesen...&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Prémisses à l&#039;anti-psychiatrie==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les années 60, Michel Foucault a tenté d&#039;amorcer &amp;quot;un dialogue entre la psychiatrie et ses sujets&amp;quot; ([[Bibliographie|Rose, 2006, p.113]]) et dès 1971 avec la sortie de son ouvrage sur les prisons, c&#039;est à la critique de l&#039;univers carcéral et des rapports de pouvoir qu&#039;il s&#039;attelle (Surveiller et punir, 1971). Ces critiques, plus tard regroupées sous le nom d&#039;antipsychiatrie, visaient à remettre en question &amp;quot;la manière dont le pouvoir du médecin était impliqué dans la vérité de ce qu&#039;il disait et, inversement, la manière dont celle-ci pouvait être fabriquée et compromise par son pouvoir ([[Bibliographie|Rose, 2006, p.120-121]]). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En Italie, Franco Basaglia, qui s’est appuyé entre autres sur les modèles de l’anti-psychiatrie anglaise et française pour mener sa lutte ([[Bibliographie|Cooper, Lang, Foucault, Caxtel]]), s&#039;en est pris aux conditions de vie moyenâgeuses réservées aux malades mentaux. En quelques années, il démantèle l’asile et expérimente les premiers éléments de sa conception territoriale (et non plus institutionnelle) de la folie&amp;amp;nbsp;: le malade est soigné dans son milieu social&amp;amp;nbsp;» (TVB 10 octobre 80).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;institution comme lieu d&#039;exclusion est mise à mal par une volonté de certains de supprimer ces lieux de contrainte, pour une vie libre dans la Cité (sectorisation) ou dans des communautés thérapeutiques (de préférence à la campagne) partant du présupposé que les conditions de vie des personnes sont déterminantes dans leur état de santé (avant même tout diagnostic). Par ailleurs, dans ces années-là, la vie quotidienne devient un objet d&#039;étude (la sociologie de la vie quotidienne), terreau de multiples expériences pédagogiques et thérapeutiques. Le slogan &amp;quot;La liberté est thérapeutique&amp;quot; s&#039;allie à une critique de la contrainte médicamenteuse et des pratiques de contention psychiatrique: elle donne ainsi une place à de nouvelles formes d&#039;&amp;quot;éducation spéciale&amp;quot; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Symptôme de ce changement le terme d&#039;&amp;quot;usagers&amp;quot; vient reléguer celui de &amp;quot;patients&amp;quot; donnant un nouveau statut aux personnes, écorchant ainsi le sacro saint pouvoir des médecins et des directions des institutions.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La fonction du médicament dans l&#039;approche anti-psychiatrique  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;apparition de la médication au début des années 1960 permet d&#039;éviter l&#039;internement. Elle soutient fortement le changement qui s’opère dans les pratiques et donne l&#039;impression de pouvoir faire quelque chose. Elle fait transparaître un espoir aussi bien pour les praticiens que pour les patients puisque grâce aux médicaments il y a une diminution des hospitalisations, une augmentation des prises en charge ambulatoires et une augmentation des consultations. L&#039;avancée de la médecine et l’essor de la psychopharmacologie permettent alors de développer de nouvelles perspectives thérapeutiques et de nouveaux défis comme le soutien au patient et à sa famille, la mise en place de nouvelles structures. Il s&#039;agit ainsi de &amp;quot;jeter un pont entre l&#039;hôpital et la ville&amp;quot; (CMS, 1963, 7ème année, n°2 &amp;quot;L’assistance psychiatrique&amp;quot;). Les personnes dites &amp;quot;folles&amp;quot; ne sont plus à enfermer, mais des personnes souffrant de troubles mentaux qu&#039;il faut soutenir dans leur autonomie et contenir dans leur pathologie (Kovess-Masféty, Boisson, Godot &amp;amp; Sauneron, 2010). Cependant, les connaissances récentes sur les effets de la médication et les abus sur son utilisation sont également soulevés. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;anti-psychiatrie se veut aussi anti-thérapeutique, ce qui lui est&amp;amp;nbsp; vivement reproché par les anti anti-psychiatres. Selon ces derniers, les anti-psychiatres considèrent que &amp;quot;les traitements sont à proscrire&amp;quot; ([[Bibliographie|Maurel, 1972]], p. 79). &amp;quot;Traiter, écrit Cooper, c&#039;est être intéressé à rendre le patient plus acceptable pour les autres...et lui faire manifester de moindre façon sa détresse&amp;quot; ([[Bibliographie|Maurel, 1972]], p. 79). Les anti anti-psychiatres militent ainsi pour une guérison grâce à des médicaments &#039;&#039;efficaces&#039;&#039; (au sens médical), selon des avis rapportés par les patients eux-mêmes. Selon les psychiatres opposés au courant anti-psychiatrique, ce-dernier vise &amp;quot;sans toujours l&#039;avouer à &amp;quot;soigner&amp;quot; clandestinement les &amp;quot;malades&amp;quot;&amp;quot; (Maurel, 1972, p.80), ce qui est selon Maurel et ses collègues, une contradiction.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Psychiatrie et anti-psychiatrie  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le mouvement d&#039;anti-psychiatrie&amp;amp;nbsp; &amp;quot;s&#039;oppose d&#039;abord et avant tout à une forme de monopole du savoir médical&amp;quot; ([[Bibliographie|Mannoni, 1970]], p. 9). Il dénonce l&#039;autorité morale et policière&amp;amp;nbsp; du psychiatre. Toutefois, psychiatres et partisants de l&#039;anti-psychiatrie s&#039;accorde sur le fait que &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;la société place le psychiatre dans une position ambiguë&amp;amp;nbsp;: il est au service d&#039;un patient dont il a à défendre les droits mais il se trouve également placé en position d&#039;auxiliaire de la police dans un programme d&#039;internement qui est un processus d&#039;obligation de soins&#039;&#039; (Mannoni, 1970, p. 168). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les réponses apportées par les uns et par les autres pour essayer de lever cette ambiguité sont toutefois différentes. Si l&#039;anti-psychiatrie cherche plutôt à démystifier &amp;quot;le rôle que la société fait jouer à la psychiatrie&amp;quot; (Mannoni, 1970, p.168), à créer des lieux où la maladie mentale pourrait être réintérrogée (allant même jusqu&#039;à nier la notion de maladie mentale) et à s&#039;éloigner des conceptions scientistes, certains psychiatres cherchent à remettre sur le devant de la scène un discours scientifique. &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;---Quand l&#039;antipsychiatrie est critique radicale de l&#039;institution, je suis antipsychiatre; mais quand elle se réfugie dans la négation de la maladie mentale, je suis contre&#039;&#039;--- ([[Bibliographie|Sztulman, 1972]], p.107).&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les archives de la revue &amp;quot;&#039;&#039;L&#039; Évolution psychiatrique&#039;&#039;&amp;quot;, les psychiatres non antipsychiatres se sont attelés, au début des années 70, à défendre leur point de vue scientifique et médical. Face au mouvement de protestation, ils ont écrits plusieurs articles afin de réhabiliter la psychiatrie et montrer les incohérences du mouvement antipsychiatrique, non seulement dans ce qu&#039;il dénonce, mais également dans les solutions qu&#039;il propose. S&#039;ils reconnaissent un certain succès à l&#039;antipsychiatrie &amp;quot;dans sa position de refus et de provocation&amp;quot; ([[Bibliographie|Barte, 1972]], p. 46), les solutions qu&#039;elle propose ne les satisfont guère. Pour certains membres de ce corps médical, la maladie mentale doit être reconnue comme &#039;&#039;phénomène nature&#039;&#039;l ([[Bibliographie|Ey, 1972]], p. 53). &amp;quot;En faisant volatiliser dans le néan l&#039;objet même de la psychiatrie qu&#039;est le malade mental, l&#039;antipsychiatrie nie la souffrance humaine, nie le drame authentiquement humain que vit chaque malade mental (Barte, 1972, p. 46). Pour défendre ces patients malades, &amp;quot;fous&amp;quot;, pour les réhabiliter, il est nécessaire de &amp;quot;passer par la reconnaissance même de la psychiatrie, science critique et autonome et qui ne peut se fonder que sur la notion de maladie mentale conçue ni comme simple maladie des organes, ni comme simple maladie psychique&amp;quot; (Barte, 1972, p.47). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le malaise asilaire est reconnu par les non antipsychiatres et les antipsychiatres. Il importe de traiter l&#039;institution en même termps que ses pensionnaires. Cependant, les non antipsychiatres récusent la responsabilité de l&#039;hôpital psychiatrique dans la création de la folie, &amp;quot;même s&#039;il concourt parfois à statufier certaines présentations cliniques&amp;quot;. (Sztulman, 1972, p. 106). Face aux critiques sur l&#039;hôpital, notamment face à certains qui, comme Basaglia, refusaient l&#039;idée de traitement de malades et de médecins, les non antipsychiatres dénoncent la destruction de l&#039;hôpital au profit d&#039;assemblées générales peu organisées. Sztulman (1972) pose la question&amp;amp;nbsp;: &amp;quot;A quoi ça sert&amp;amp;nbsp;? A quoi ça sert d&#039;être psychiatre là, ou femme de service,&amp;amp;nbsp; ou ergothérapeute puisque de tout façon chacun est dépouillé de son statut, et que les rôles sont&amp;amp;nbsp; inventer en permanence&amp;amp;nbsp;?&amp;quot; (p.102). Pour ces médecins, la négation de l&#039;inconscient et celle de la maladie mentale dans le mouvement antipsychiatrique amène des &#039;&#039;attitudes thérapeutiques particulièrement incohérentes &#039;&#039;(Sztulman, 1972, p. 101). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La question de l&#039;attribution de la maladie mentale à un fait organique ou plutôt à un fait culturel était alors au coeur de la bataille entre antipsychiatres et non antipsychiatres. Lors de l&#039;entretien mené avec Monsieur Alain Riesen, ce dernier nous a expliqué que cette question est toujours d&#039;actualité et qu&#039;il n&#039;y a pas, aujourd&#039;hui encore, de définition claire de la part de la communauté scientifique. Dans les années 1970, les non antipsychiatres critiquaient l&#039;erreur de l&#039;antipsychiatrie dans sa croyance &amp;quot;&#039;&#039;en un principe de causalité univoque et direct de la psychose&amp;quot;&amp;amp;nbsp;&#039;&#039;(Sztulman, 1972, p.105). Dans le même article, Sztulamn déclare encore: &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&amp;quot;&#039;&#039;il est dogmatique et naïf de dire que la folie se développe en dehors de toute culture. Il est dogmatique et naïf de dire qu&#039;elle se limite à un fait culturel. De tout évidence, il n&#039;y a pas un modèle qu&#039;il soit organo, psycho ou socio-génétique de la maladie mentale, mais pluridéterminisme à pondération variable suivant les cas&#039;&#039;&amp;quot; (p. 105). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Monsieur Alain Riesen a bien décrit cette vision de &#039;&#039;pluridéterminisme&#039;&#039;. Il nous a expliqué que la conception de la maladie mentale comme unique produit d&#039;un système qui disfonctionne semble devoir se ranger derrière un système bio-psycho-social qui rencontre actuellement le plus de soutient de la part des professionnels du domaine psychiatrique. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un peu plus tard, en 1974, L&#039;évolution psychiatrique a consacré à nouveau un numéro à l&#039;antipsychiatrie. Le vent de révolte de la part des non antipsychiatres semble s&#039;être calmé, comme s&#039;ils avaient été entendus et reconnus, comme s&#039;ils avaient &amp;quot;résisté à l&#039;agression psychiatricide de l&#039;antipsychiatrie&amp;quot; ([[Bibliographie|Sztulman, 1974]], p.129). Les mêmes auteurs qu&#039;en 1972 relèvent toujours l&#039;importance de l&#039;antipsychiatrie dans une démarche de contestation et d&#039;identification des difficultés de l&#039;institution psychiatrique. &amp;quot;L&#039;antipsychiatrie nous aide quand elle montre comme s&#039;est organisé le refus, la ségrégation de la maladie mentale et quand elle rappelle que chacun, dans la santé mentale et dans la folie, est la victime d&#039;une répression collective&amp;quot; (Sztulman, 1974, p. 129). Toutefois, ces mêmes psychiatres rapellent leur opposition à l&#039;étiologie de la maladie mentale revendiquée par les antipsychiatres. Ces années de remise en question et de refonte de la l&#039;insitution psychiatrique ont facilité un réel rétablissement de l&#039;institution de la psychothérapie, puis de la psychothérapie de l&#039;institution. En quise de plaidoyer Pro-Psychiatrie, voici ce que dit Minkowiski, cité par Sztulman (1974, p. 132) et qui résume la vision de non antipsychiatre de ce que devrait être leur profession:&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;Quelque part entre le fantasme de la faute et l&#039;illusion de la toute-puissance se trouve le chemin malaisé d&#039;une psychiatrie nouvelle, à réinventer tous les jours où le psychiatre refuse à la fois la facilité de n&#039;être qu&#039;un instrument passif, indifférent et anenchéphalique de la conservation de l&#039;ordre social et le plaisir narcissique de se situer au-delà d&#039;une réalité clinique ignorée, niée et finalement forclose, parce que angoissante. &#039;&#039;&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La désinstitutionalisation  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon des sources internet, le mouvement de désinstitutionalisation semble avoir débuté vers 1960 (même s’il semble qu’il y ait eu un prélude à la désinstitutionnalisation au début du 19e siècle (L’Institut universitaire en santé mentale de Québec par exemple - La désinstitutionnalisation, http://caringminds.ca/index.php?option=com_content&amp;amp;amp;view=article&amp;amp;amp;id=62&amp;amp;amp;Itemid=43&amp;amp;amp;lang=fr&amp;amp;amp;limitstart=7). Certains observent le début de ce mouvement en Scandinavie, d’autres au Québec. Dans tous les cas, il s’agit d’un mouvement d&#039;ouverture vers la communauté, d’une volonté de «normalisation»[[Normalisation]] &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le mouvement de désinstitutionnalisation s&#039;appuie avant tout sur une philosophie qui met l&#039;accent sur les droits et les libertés des individus, et elle vise à humaniser les soins de santé mentale. ([http://agora-2.org/thematiques/inaptitude.nsf/Dossiers/Desinstitutionnalisation Encyclopédie de l’Agora]). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;horreur suscitée par les politiques nazies du meurtre eugénique des malades psychiatriques et les camps de concentration pendant la Seconde guerre mondiale, ont attirer l’attention sur les pratiques «&amp;amp;nbsp;déshumanisantes&amp;amp;nbsp;» dans les soins psychiatriques en santé mentale, (séquestration, mauvais traitements en tout genre, manque de formation des professionnels). (Voir [http://id.erudit.org/iderudit/032417ar Martin, 1984 et Claire Henderson et Graham Thornicroft], Santé mentale au Québec, vol. 22, n° 2, 1997, p. 88-114. ) Les années d’après-guerre ont vu un accroissement de l’intérêt porté à l’institution comme objet d’étude. Certains auteurs parlent de l’institution comme étant «&amp;amp;nbsp;névrosante&amp;amp;nbsp;», «&amp;amp;nbsp;façonnant et codifiant les gens dans le rôle de patient psychiatrique&amp;amp;nbsp;» (Goffman (1961). On observe dans les années 60 une disparition du personnel religieux des hôpitaux. Naît alors une nouvelle conception de l’individu, une évolution des attitudes envers le malade&amp;amp;nbsp;; on veut le sortir des murs de l’asile psychiatrique. On commence à parler, à cette époque, du «&amp;amp;nbsp;droit de la personne&amp;amp;nbsp;». Des idéaux humanitaires amènent alors à une nouvelle vision de la maladie mentale. Il semble que ce mouvement de désinstitutionnalisation soit également lié à l’apparition des pratiques de pharmacopée. Effectivement, «&amp;amp;nbsp;Ces nouveaux médicaments permettaient de calmer les malades agités, délirants, hallucinés et ainsi permettre d&#039;envisager et de généraliser des traitements psychiques dans des conditions plus réalistes ou encore, lorsque c&#039;était possible, d&#039;envisager un retour au domicile ou dans des structures intermédiaires&amp;amp;nbsp;».([http://fr.wikipedia.org/wiki/Psychiatrie déf. du mot «&amp;amp;nbsp;psychiatrie&amp;amp;nbsp;»]). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On a le désir de «normaliser&amp;amp;nbsp;» leurs conditions de vie. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les années 60, si la personne «&amp;amp;nbsp;déficiente intellectuellement&amp;amp;nbsp;» est encore considérée comme un «&amp;amp;nbsp;malade&amp;amp;nbsp;», le malade mental ne l&#039;est plus, mais davantage comme un sujet pouvant être aidé et guéri. On met en avant le fait que la maladie mentale ne nécessite pas nécessairement une hospitalisation, et qu’elle doit être considérée comme une quelconque maladie. On externalise, on invente la psychiatrie de secteurs, on commence à intégrer des services pour les malades mentaux dans des hôpitaux ou cliniques. On évite ainsi la stigmatisation des malades mentaux placés pour de longues périodes en asile psychiatrique, et on leur évite la perte de leurs facultés leur permettant de se réintégrer dans la société. On redonne alors un rôle à la communauté, tout en accordant des responsabilités aux familles. La patient devient alors le coeur de l&#039;intérêt des praticiens. ([http://www.promentesana.org/upload/application/trimes_43.pdf in Lettre trimestrielle de l’association romande Pro Mente Sana])&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La désinstitutionalisation a permis aux personnes présentant des troubles psychiatriques de sortir de ce milieu assimilé pendant de nombreuses années, au milieu carcéral. Mais une fois &amp;quot;libérées&amp;quot; où vont ces personnes? A ce sujet,&amp;amp;nbsp; [[Bibliographie|N. Carpentier (2001)]] affirme dans son article que 60 à 70&amp;amp;nbsp;% des patients retournent dans leur famille après l’hospitalisation. Mais plusieurs auteurs ont démontré que l&#039;arrivée d&#039;un malade dans une famille, avait de lourde conséquence sur celle-ci. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Avant d’en venir aux conséquences, il semble nécessaire de revenir sur la représentation qu&#039;ont les professionnels des familles des patients. Pour cela, il est intéressant de revenir sur l&#039;évolution de leur vision. En d&#039;autres termes, comment la famille, alors qu&#039;elle était considérée comme coupable de la maladie de l&#039;un de ses membre, est devenue un partenaire idéal?&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au début du XXème siècle, celle-ci était considérée comme étant la cause, l&#039;origine de la maladie de l&#039;enfant. Les professionnels affirmaient que la maladie mentale était un problème génétique, héritée de plusieurs générations antérieures. Ensuite, les années cinquante ont apporté un premier renversement dans cette représentation. En effet, la famille était perçue comme étant un «&amp;amp;nbsp;système réagissant aux troubles mentaux de l’un de ses membres, plutôt qu’en tant que système causant des désordres psychiques&amp;amp;nbsp;» ([[Bibliographie|Carpentier, 2001, p.84]]). Ce changement de perspective est en lien avec l’arrivée d’une politique qui favorise les hospitalisations de courte durée. En d’autres termes, les familles commencent à être perçues comme une solution aux changements politiques. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les années 60, la psychiatrie adopte une vision centrée sur la communauté. Ce changement va être très favorable pour les familles, puisqu’il permet à ces dernières de se déresponsabiliser des troubles mentaux. Ainsi, toujours selon Carpentier, à cette époque «&amp;amp;nbsp;les désordres psychiques [doivent être étudiés] sous l’angle de l’isolement social, des désavantages sociaux, puis selon la présence de stresseurs sociaux et économique&amp;amp;nbsp;»( p.89) .&amp;lt;br&amp;gt;Ainsi, au fur et à mesure que le mouvement de désinstitutionalisation est mis en place, les politiciens et les professionnels considèrent la famille comme étant une solution au problème. En effet, cette dernière est perçue comme «&amp;amp;nbsp;une source privilégiée de soutien émotionnel et social ainsi que comme place de choix pour relocaliser le patient psychiatrique.&amp;amp;nbsp;» ([[Bibliographie|Carpentier, 2001, p.91]]. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Du côté des familles, il semblerait selon  [[Bibliographie|R. Therrien (1990)]] que sur le plan économique et émotionnel, la désinstitutionnalisation leur demande beaucoup, en particulier aux femmes. En effet, toujours selon R.Therrien, avoir quelqu&#039;un ayant des problèmes mentaux à la maison provoque beaucoup de stress. Chez certains, un malade peut devenir un véritable &amp;quot;fardeau&amp;quot;, puisque celui-ci impose beaucoup de contraintes. Effectivement, avoir une personne malade à la maison peut engendrer des conséquences telles que la réduction des loisirs habituels, les sorties avec les amis, par peur d&#039;être jugé, ou encore d&#039;avoir des problèmes avec les voisins, car les comportement de la personne dérange. Tous ces problèmes ont un impacte très fort sur la famille d&#039;autant plus qu&#039;elle n&#039;est pas aidée, ni reconnue pour tout ce qu&#039;elle fait pour la personne malade. &amp;amp;nbsp; &amp;lt;br&amp;gt; A propos de la lourde responsabilité des parents, on peut se demander si les familles ne finiraient pas elles aussi à un moment donné par tomber malade. A ce sujet,  le témoignage d&#039;[[Bibliographie|Alain Riesen]] souligne que lorsqu&#039;une famille prend en charge un de ses membres malade, il ne faut pas qu&#039;elle reste seule, mais qu&#039;elle en parle, partage ce qu&#039;elle vivait au quotidien. C&#039;est donc, pour ces raisons-là que des thérapies familiales ont vu le jours.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La communauté: un modèle alternatif à l&#039;institution fermée  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La communauté comme mode de prise en charge a, dans le champ de l&#039;éducation spéciale et spécialisée, sa propre histoire. Relevant d&#039;une approche démocratique et souvent pacifiste, la communauté est une forme de gouvernement par les personnes elles-mêmes (y compris les enfants). La notion de self-government a été développé dans le cadre de l&#039;éducation nouvelle pour définir de telles pratiques dès la fin du XIXe siècle. Lors de la seconde guerre mondiale des communautés d&#039;enfants victimes de la guerre ont vu le jour partout en Europe. Se référent à des modèles antérieurs comme les écoles nouvelles à la campagne de l&#039;éducation nouvelle (et donc du self-government) , de la république d&#039;enfants, de la cité des enfants, leurs fondateurs ont contribué au relèvement de l&#039;éducation en Europe par un modèle visant la participation des enfants à la gestion de la communauté et leur autonomie. Souvent, transformé dès les années 1950 en foyer pour enfants (malheureux, difficiles voire délinquants), le modèle des communautés d&#039;enfants semble être circonscrit à une période temporelle courte et particulièrement difficile sur le plan économique. On peut donc se demander si ce type de modèle ne serait pas &amp;quot;choisi&amp;quot; particulièrement en temps de crise et de manque de ressources financières donnant ainsi plus de pouvoir aux &amp;quot;usagers&amp;quot; permettant ainsi un moindre encadrement institutionnel. [[https://plone2.unige.ch/aref2010/search?SearchableText=communautés+d%27enfants]]. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des «&amp;amp;nbsp;communautés thérapeutiques&amp;amp;nbsp;» ont été créées en réaction aux enfermements asilaires prônés jusque-là mais qui commençaient à être pointés du doigt, car considérés comme déshumanisants. Bien que créées tout d&#039;abord pour répondre aux phénomènes de dépendances (toxicomanies, par exemple), on trouve, dès la fin des années 60, des communautés thérapeutiques en Angleterre, en France, en Suisse et au Québec, destinées au secteur de la psychiatrie. Avec la naissance de ces communautés thérapeutiques, une nouvelle approche de la psychose en-dehors des lieux de soins traditionnels s&#039;est développée (Schatzman, 1969; Barnes et Berke, 1973; Fabre, 1978; Lecomte et Tourigny, 1983a). Leur but est de créer un milieu &amp;quot;naturel&amp;quot;, en reconstituant les structures d’une «&amp;amp;nbsp;macro famille&amp;amp;nbsp;» ou d’une «&amp;amp;nbsp;mini société&amp;amp;nbsp;», plus rassurantes&amp;amp;nbsp;: on trouve par exemple la Communauté des Sablons, (Maison d&#039;enfants à caractère social et familial (76270 Saint-Saire), ou, en Suisse, le foyer de Tavel qui a vécu cinq ans (1975-1980). Dans le [http://edutechwiki.unige.ch/dewiki/R%C3%A9sum%C3%A9_film_de_Catherine_Scheuchzer film de Catherine Scheuchzer], «&amp;amp;nbsp;Dans l’aventure du non, la parole&amp;amp;nbsp;», (tourné à Boulens, dans la campagne vaudoise, dans les années 70 ), on découvre, dans un décor post soixante huitard, très simplement, dans un rythme extrêmement lent, des adultes et des enfants en interaction, «&amp;amp;nbsp;comme dans la vraie vie&amp;amp;nbsp;». Cette expérience est décrite comme «&amp;amp;nbsp;une véritable expérience d’éveil à la vie&amp;amp;nbsp;», qui «&amp;amp;nbsp;prend le contre-pied du placement en institution psychiatrique&amp;amp;nbsp;» (L’Est vaudois, 19.11.92). Plutôt que de considérer cette population d&#039;enfants, comme on le faisait en asile, comme des fous, murés dans leur silence. On veut les considérer comme des partenaires, des interlocuteurs. Le but est effectivement de les faire participer au quotidien d’une maisonnée, plutôt que de créer des ateliers protégés artificiels. De la sorte, ils sont poussés à se dépasser, à faire des expériences par eux-mêmes, sans avoir nécessairement recours au soutien d’un adulte. Il semble qu&#039;à cette époque, cette nouvelle façon de considérer les enfants autistes comme étant capables d’autonomie, capables d’agir, ait apporté un peu d’humanité dans leur prise en charge. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;enfant&amp;amp;nbsp; ainsi placé dans une communauté thérapeutique vaudoise est-il plus &amp;quot;intégré&amp;quot; que s&#039;il l&#039;était dans une institution considérée par ces acteurs alternatifs du &amp;quot;système&amp;quot; comme un ghetto? Il en va de même avec le terme désinstitutionalisation? Qu&#039;est-ce que l&#039;institution? Il y en a des &amp;quot;bonnes&amp;quot; (maternantes, enveloppantes, naturelles...) et de &amp;quot;mauvaises&amp;quot; (contraignantes, mortifères) (sur ce point les travaux de Fernand Oury puis de Jacques Pain mériteraient qu&#039;on s&#039;y attache (voir la psychothérapie institutionnelle sur le site de Jacques Pain: http://www.jacques-pain.fr).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L&#039;élan contestataire des années 70 à Genève  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En Suisse un même mouvement historique a été observé. Selon le médecin Christian Monney, on y a dénoncé les mêmes agissements qu’ailleurs&amp;amp;nbsp;: enfermement, répression, qui étaient là non pour aider le malade, mais pour protéger l’ordre public. On y mêlait, écrit-il, infirmes, orphelins, indigents et fous… (Dr Christian MONNEY, 1999, à l’occasion des 100 ans de l’Hôpital de Malévoz). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Or, dès 1965, des consultations ambulatoires sont créées et les séjours hospitaliers peuvent ainsi se raccourcir. Les moyens de contention sont contestés. Des établissements médico-éducatifs apparaissent, comme [http://www.castalie.ch/home.php?include=textes&amp;amp;lng=1&amp;amp;id=18&amp;amp;idmenu=14 la Castalie en Valais], grâce au Dr Rey-Belley, en 1972 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Genève, l&#039;élan contestataire débute lorsque Julian de Ajuriaguerra est nommé directeur de Bel-Air en 1959. A son arrivée, il décide d&#039;ouvrir des pavillons et d’introduire une nouvelle idée&amp;amp;nbsp;: «&amp;amp;nbsp;l’hospitalisation de courte durée, dans le but de remplacer, le plus vite possible, le patient dans son milieu naturel&amp;amp;nbsp;». [[Bibliographie|Archives contestataire, boite Riesen/Schuler, Réseau suisse-romand. Alternative à la psychiatrie, 1976.]] C&#039;est donc à ce moment-là que le mouvement de désinstitutionnalisation naît. En effet, on commence à critiquer les asiles et à vouloir modifier le fonctionnement de l&#039;hôpital psychiatrique. Les patients psychiatriques commencent à bénéficier des mêmes droits que les patients non-psychiatriques. De ce fait, entre les années 1963 à 1970, il se développe un système psychiatrique extra-hospitalier complet. Ensuite, pendant les années 70-80, cet élan continue avec la volonté de baser les soins sur des approches psychotérapeutiques.[[Bibliographie|Rey-Bellet, Bardet Blochet, Ferrero, 2010, p.90-95]] &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dès les années 1970, l&#039;ADUPSY (l&#039;association pour les droits des usagers de la psychiatrie) se questionne à propos du placement des malades qui garde, malgré la loi de 1936, un caractère prégnant d&#039;enfermement, et à propos de la limitation des droits des personnes que ces lois entrainent. En effet, l&#039;ADUPSY estime que les malades mentaux n&#039;ont pas le choix de leur placement (internement), cela se fait de force, et que leurs droits sont dès lors limités puisqu&#039;ils n&#039;ont pas de droit de regard sur le traitement qui leur est admistré. A cet effet, cette association relate par exemple qu&#039; &amp;quot;en 1975, la majorité des malades mentaux entrent encore à Bel-Air contre leur gré&amp;quot; ([[Bibliographie|ADUPSY, 1979, p. 7]]). Les droits de l&#039;Homme, et dans ce cas présent du malade, sont donc au coeur du débat. L&#039;association défend alors l&#039;idée que tout &#039;&#039;internement psychiatrique&#039;&#039; devrait être pensé comme une hospitalisation qui respecte les droits du malade mental en assurant sa protection et sa dignité, qui rende le patient actif dans son traitement, qu&#039;il peut d&#039;ailleurs refusé, qui n&#039;a pas comme raison la dangerosité potentielle du patient, qui rappelle au patient quels sont ses &amp;quot;droits en matière d&#039;hospitalisation et de traitement&amp;quot; (p. 13), et qui devrait &amp;quot;nécessité obligatoirement de deux certificats médicaux&amp;quot; (p. 13) de manière à justifier ce placement saur plusieurs avis de provenance différentes. Dans cette optique, on se rend compte de l&#039;évolution de la prise en charge des malades mentaux. Que ce soit au niveau des termes employés, de la procédure ou des droits des patients, l&#039;ensemble de cette prise en charge évolue. L&#039;époque semble donc propice à des changements radicaux. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En réponse à ce nouveau regard sur la question de la prise en charge des malades mentaux, la question de l&#039;éducation semble elle aussi être en mouvance durant cette période.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L&#039;anti-psychiatrie à Genève: une nouvelle politique de la prise en charge  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dès les années 70, le journal mensuel &amp;quot;Tout Va Bien&amp;quot; a consacré de nombreuses pages et numéros à la question de l&#039;anti-psychiatrie. Dès 1973, un groupe d’enquête s’est constitué pour dénoncer une certaine violence et certains abus de pouvoir au sein des asiles psychiatriques. Leur volonté était de déterritorialiser la psychiatrie. «&amp;amp;nbsp;La psychiatrie, c’est l’affaire de tout le monde&amp;amp;nbsp;». Ils voulaient faire exploser la loi du silence qui régnait dans ces lieux. Ils ont voulu dénoncer les rapports de pouvoir sévissant à l&#039;intérieur des murs psychiatriques, la soumission du malade à l’infirmier, la soumission de l’infirmier au médecin, la soumission du médecin aux pouvoirs de l’administrateur bailleur de fonds. Selon ce journal, le mouvement anti-psychiatrique serait né au début des années 60: La clinique psychiatrique de Bel Air, créée en 1900, a commencé à construire des pavillons ouverts avec l’arrivée de son nouveau directeur en 1959, Julian Ajuriaguerra. Son intention était de favoriser le retour de l’interné au plus vite dans leur milieu naturel, grâce à une hospitalisation de courte durée. A Genève, depuis 1963, le travail psychiatrique est sectorisé. On commence à organiser les soins dans des centres de consultation de quartier. Les premières tentatives alternatives apparaissent en Suisse. Des travailleurs sociaux poursuivent une critique des institutions et contribuent à la création et au fonctionnement de centres (qui se différencient des institutions récupératrices) qui ont pour but de venir en aide à toute personne en crise. Exemple&amp;amp;nbsp;: le centre Liotard à Genève, créé par le réseau d’alternative à la psychiatrie de Suisse romande. En janvier 1975 se tient le premier congrès d’alternative à la psychiatrie de secteur (Congrès de Bruxelles, auquel participe un groupe de Genève: il s’en est inspiré pour animer des débats au centre Liotard&amp;amp;nbsp;: recherche d’alternatives concrètes répondant aux besoins des malades. A Lausanne, le 24 janvier 1976, est créé un réseau alternatif à la psychiatrie pour la Suisse romande, dont l’un des membres actifs s’appelle Alain Riesen, du Centre Liotard. Une commission formée aussi bien de psychiatrisés que de soignants s’est alors formée. Elle a remis en question le pouvoir des soignants. Selon cette commission, le but d’une alternative au secteur doit être la prise en main progressive par le malade de ses propres difficultés. Suite à des tentatives d’internement forcé, des tracts ont circulé, dénonçant les abus du pouvoir psychiatrique (voir les archives contestataires de Genève, Classeur Alain Riesen). Dès ce moment-là, une prise de conscience s&#039;opère: le patient ne veut plus être manipulé, il ne veut plus être le cobaye, il ne veut plus être muselé par le pouvoir du médecin. Il veut choisir son mode de guérison, il veut être actif dans le processus de guérison. Il convient alors de faire en sorte que ce soit le patient qui choisisse ou non son hospitalisation. Effectivement, médecins, contestataires et familles se sont rendus compte de l&#039;importance du choix du malade dans sa propre guérison. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A la fin des années 70, d&#039;autres mouvements anti-psychiatriques se répandent en Suisse et ailleurs: par exemple à la clinique de Bellelay, où son nouveau directeur a souhaité ouvrir les murs à son arrivée, et mettre à disposition des appartements protégés, voire même une maison de vacances pour ses patients. Le but était &amp;quot;que les malades puissent le plus possible avoir des contacts humains et une vie «&amp;amp;nbsp;normale&amp;amp;nbsp;» (TVB avril-mai 80). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Suite à la mort atroce d&#039;Alain Urban lors d&#039;une cure de sommeil forcé à la clinique de Bel-Air, l&#039;ADUPSY ainsi que l&#039;Association des Médecins Progressiste ont déployé maints efforts pour alerter l&#039;opinion publique à propos des agissements soupçonneux de la clinque en question. Leurs revedications ont porté sur la suppression des isolements, la priorité données aux instruments de soin ambulatoire, l&#039;augmentation des effectifs globaux du personnel soignant, etc. Ils expriment également leur soutien aux revendications concernant le droit des patients&amp;amp;nbsp;: «&amp;amp;nbsp;Le consentement du patient ou de son entourage immédiat doit toujours être recherché, dans la thérapeutique comme dans la recherche&amp;amp;nbsp;». &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après les drames qui ont secoué Bel-Air, une commission d&#039;enquête a été créée, et c&#039;est non seulement le Directeur de cette clinique qui a été interrogé, mais également les patients, les soignants, ainsi que les cadres. Dès cet instant, &amp;quot;tout est ressorti&amp;quot;, témoigne Alain Riesen, amenant à une première évolution forte: la réforme de l&#039;institution psychiatrique. Le Pr Tissot est déstitué, et un changement au niveau de la législation se fait: le droit de recours apparaît, le patient peut désormais exiger de faire valoir ses droits. Jusque là, le Réseau d&#039;Alternative à la psychiatrie pouvait intervenir sur demande, mais n&#039;avait pas de statut officiel. A partir de cette période, une Commission de surveillance fut mise sur pied (réunissant un juriste, un médecin indépendant, un représentant du Droit des patients), et quatre associations de défense du Droit des patients sont nées: l&#039;Association RÊVE (les &amp;quot;Entendeurs de voix&amp;quot;), l&#039;ADPED (Association des personnes ayant des troubles bi-polaires et dépressifs), l&#039;Expérience (travail artisanal double d&#039;un travail d&#039;entraide), et l&#039;AETOC (Association des personnes ayant des troubles obsessionnels et compulsifs). Selon Alain Riesen, l&#039;institution, malgré l&#039;avancée significative qui a été faite quant au droit des patients, garde les stigmates de l&#039;institution asilaire. &amp;quot;Il y a encore beaucoup de travail à faire pour faire éclater l&#039;institution dans sa dimension totalitaire&amp;quot;, dit-il en conclusion de son récit.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Conclusion: l&#039;anti-psychiatrie un débat déplacé ? ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Point de vue: de l&#039;institution, des droits, considération de la maladie mentale, etc.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les différents mouvements contestataires, qui sont passés de la désinstitutionnalisation à la sectorisation en passant par la création de communautés thérapeutiques, ont amené à une critique du pouvoir institutionnel et des médecins. Le médecin n&#039;est plus tout-puissant et le consentement du patient ou de son entourage doit être obtenu avant tout traitement. Le patient a des droits et il doit les faire respecter.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De l&#039;enfermement asilaire on est allé vers une continuité des soins entre l&#039;hospitalier et l&#039;extra-hospitalier; en effet, sous prétexte que le patient nécessitait des soins, on l&#039;extrayait de  la société pour le placer en hôpital, on cherchait à le &amp;quot;normaliser&amp;quot; en l’excluant du système!: qui voulait-on protéger? Le patient ou la société? En bénéficiant de soins tout en continuant à être inséré dans la société, le patient ne souffre pas d&#039;un isolement qui rendrait sa réinsertion encore plus difficile. En restant inséré, il bénéficie d&#039;un réseau de soutien (famille, amis) qui a une part essentielle à jouer dans le processus de guérison.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cependant, il semblerait que même si beaucoup de progrès ont été accompli dans le domaine de la prise en considération de la personne malade, l&#039;institution garde encore toujours les stigmates de l&#039;asile totalitaire...&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Cécilia Zuccone</name></author>
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		<summary type="html">&lt;p&gt;Cécilia Zuccone : &lt;/p&gt;
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		<author><name>Cécilia Zuccone</name></author>
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		<updated>2012-01-08T15:13:28Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Cécilia Zuccone : Page créée avec « ... »&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
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		<author><name>Cécilia Zuccone</name></author>
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		<title>La désinstitutionalisation dans le champ de l&#039;éducation spéciale 1960-1980</title>
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		<updated>2012-01-08T15:08:59Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Cécilia Zuccone : /* Méthodologie */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;[[user:Kleinpa0|P. Klein]],&lt;br /&gt;
[[user:Natalina m|N. M.]],&lt;br /&gt;
[[user:Ruchat|Martine Ruchat]],&lt;br /&gt;
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[[user:Sandra wirz|S. Wirz]] et&lt;br /&gt;
[[user:Cécilia Zuccone|C. Zuccone]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Université de Genève&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Introduction  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A l&#039;heure où l&#039;on peut constater de &amp;quot;nouvelles exclusions&amp;quot; au nom de la protection des citoyennes et des citoyens inquiétantes pour certains, car &amp;quot;ruinant ainsi des décennies d&#039;efforts de déségrégation, désexclusion, de &amp;quot;retour du schizophrène dans la cité&amp;quot; (Dr.Patrick Lemoine, Le mystère du nocebo, Paris. Odile Jacob, 2011, p.69), un certain nombre de questions se posent pour mieux comprendre l&#039;histoire de l&#039;éducation spéciale, une histoire à la fois politique (anti-psychiatrie, sectorisation), sociale et culturelle (intégration, normalisation, désinstitutionalisation, communauté de vie, communauté thérapeutique) dans les décennies des Trente glorieuses (1960-1990) pendant lesquelles a soufflé un vent de contestation des politiques institutionnelles. Un esprit contestataire a émergé en particulier dès les années 1970 (post soixante-huit) provoquant dans le champ de la prise en charge des personnes dites aujourd&#039;hui &amp;quot;à besoins particuliers&amp;quot; un élan de remise en question de l&#039;institution, du pouvoir des médecins, de la contrainte institutionnelle et médicamenteuse. Peu de travaux ont encore exploré ce champ, à Genève, sinon pour étudier l&#039;histoire de Mai 68 et du mouvement féministe. (voir notamment Julie de Dardel, Révolution sexuelle et Mouvement de libération des femmes à Genève (1970-1977). Lausanne: Antipode, 2007). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La recherche proposée vise à mieux comprendre comment, à Genève, le champ de l&#039;éducation spéciale et celui de la psychiatrie a été touché par cette contestation. Elle fait suite à celle engagée en 2010 et 2011 sur l&#039;histoire de l&#039;intégration scolaire des enfants handicapés mentaux [[Pionniers de l&#039;intégration scolaire des enfants handicapés à Genève]] et [[Article 2011]]. Les recherches précédentes ont montré à la fois la complexité des pratiques d&#039;intégration amenant souvent un écart entre discours et pratique, ainsi que les résistances à penser le handicap sans mettre une ligne de démarcation entre norme et hors norme, entre enfant éducable et non éducable, limite souvent mal définie et dépendante des représentations (malédiction du handicap). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au début des années 60, l&#039;intégration apparaît être pour les parents, dont les enfants sont encore entièrement dans la famille, une intégration dans des institutions à créer.  Le concept de [[Dictionnaire|normalisation]] vient s&#039;accoler à celui d&#039;intégration pour rapprocher toute déviance d&#039;une norme sociale (en terme d&#039;habitat, d&#039;activité, voire de comportements). Ainsi le milieu ouvert (comme Aigues-Verte par exemple) peut apparaître comme plus proche d&#039;une vie quotidenne &amp;quot;normale&amp;quot; et donc plus intégrant. Le Pavillon des Grand Bois à l&#039;hôpital psychiatrique de Bel-Air représente encore une solution &amp;quot;intégratrice&amp;quot; pour les enfants les plus difficiles à éduquer et les moins autonomes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La [[Dictionnaire|désinstitutionalisation]] qui fait l&#039;objet de cette nouvelle recherche est d&#039;abord issue des milieux de l&#039;anti-psychiatrie (et donc ni des associations de parents ni des milieux pédagogiques); on peut apparenter idéologiquement ce mouvement anti-psychiatrique avec un objectif de normalisation dans le sens de rapprocher les personnes prises en charge de la vie quotidienne de tout un chacun. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi malgré des différences d&#039;application ces différents courants pourraient être affiliés à celui libertaire qui a essaimé dans différents champs du social entre 1970 et 1990. C&#039;est dans une perspective de compréhension de l&#039;histoire des idées et des pratiques du mouvement anti-psychiatrique genevois que s&#039;inscrit cette recherche. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un premier temps, cette page d&#039;histoire sera située dans une &amp;quot;tradition&amp;quot;: d&#039;une part celle du traitement de la différence (notamment depuis les travaux des psycho-pédagogues du début du 20e siècle comme Alfred Binet à Paris, Edouard Claparède à Genève ou Ovide Decroly à Bruxelles); et d&#039;autre part dans une tentative dès les années vingt en Angleterre (voir Libre enfants de Summerhill), mais surtout pendant et dans l&#039;après deuxième guerre mondiale (voire les communautés d&#039;enfants victimes de la guerre), de multiplier les expériences de vie communautaire issue du scoutisme, des mouvements de jeunesse, de l&#039;éducation nouvelle et de l&#039;éducation internationaliste et pacifiste, des colonies de vacances et camps CEMEA, s&#039;opposant à la tradition hospitalière (couvent, Bon Pasteur, Hospice, institutions de prises en charge spécialisées). Ce faisant, nous dégagerons des signes précurseurs de &amp;quot;désinstitutionalisation&amp;quot; avec ces structures plus petites, parfois médicalisées (les écoles de plein-air), mais avant tout proches de la nature et des besoins des individus. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un second temps, nous étudierons la période 1960-1980 laquelle a vu émerger un mouvement anti-psychiatrique (critique de l&#039;hôpital, du pouvoir médical, de la médicalisation à outrance et de la contrainte) pour une critique radicale visant le pouvoir institutionnel et entraînant des pratiques novatrices, lesquelles demandent à être mieux étudiées: 1. dans leurs objectifs (désinstitutionalisation ou déshospitalisation versus sectorisation)? 2. dans le choix fait des traitements: médicaux (traitement ambulatoire) ou éducatif et thérapeutique? 3. dans l&#039;évaluation faite des populations concernées par une prise en charge alternative 4. dans le rôle joué par la psychanalyse comme alternative au traitement médicaux et comme modèle thérapeutique (notamment dans les communautés cf. film de Catherine Scheuchzer, Dans l&#039;aventure du non de la parole) 5. dans le rôle donné aux familles et le poids qui leur est fait supporter (en terme financier, de responsabilité, de culpabilité,...) et en particulier à l&#039;égard des mères et des femmes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il s&#039;agira de mieux comprendre si l&#039;anti-psychiatrie est dans les années 1960-1980 une nouvelle manière de faire de la psychiatrie ou si elle est une véritable contestation de l&#039;institution asilaire et si les modèles alternatifs proposés ne seraient pas sous couvert d&#039;idéologie libertaire une façon de baisser les coût de la santé en temps de crise. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour ce faire, nous avons lu des articles et consulté une bibliographie d&#039;ouvrages &amp;quot;classiques&amp;quot;, livres de références pour les acteurs/trices de la période considérées, puis nous avons dépouillé des revues professionnelles pour saisir les thématiques qui ont traversé alors le champs de la psychiatrie et de l&#039;éducation spécialisée; dans un second temps la recherche s&#039;est portée sur un fond d&#039;archives de l&#039;Association Les archives contestataires (fonds Alain Riesen/Schuller) dont les donateurs d&#039;archives, sont fondateurs de l&#039;Arcade 84 et militant de l&#039;anti-psychiatrie genevoise. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un troisième temps nous avons effectué un entretien vidéo (un plan fixe) avec Alain Riesen afin de lui poser cinq questions issues de la recherche dans les archives et dans la littérature afin d&#039;avoir son témoignage sur l&#039;histoire de l&#039;anti-psychiatrie, de la désinstitutionalisation et des communautés thérapeutiques entre 1960 et 1980.[[plan de recherche 2012]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Revue de la littérature  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On constate qu&#039;il n&#039;y a guère d&#039;articles et d&#039;ouvrages concernant cette page de l&#039;histoire genevoise. Seul un article d&#039;Alain Riesen a en quelque sorte donné le feu aux poudres. Un autre article de Montandon relève plus d&#039;une histoire des liens entre psychiatrie et justice. Ainsi pour approcher l&#039;histoire des changements apparus dans les années soixante sur le plan de l&#039;éducation spéciale dans le traitement des troubles psychiques, il a fallu d&#039;abord s&#039;intéresser à l&#039;histoire de l&#039;anti-psychiatrie, puis de la désinstitutionnalisation et enfin des communautés thérapeutiques, sujet introduit par le [http://edutechwiki.unige.ch/dewiki/R%C3%A9sum%C3%A9_film_de_Catherine_Scheuchzer film de Catherine Scheuchter]. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C&#039;est pourquoi nous avons en particulier étudié les fonds d&#039;archives aux [http://www.archivescontestataires.ch Archives Contestataires] qui rassemblent les documents produits par les mouvements contestataires de la seconde moitié du XXe siècle. &lt;br /&gt;
A travers une plongée dans quelques revues professionnelles et journalistiques, cela nous a permis de mieux comprendre la place prise par ces thématiques dans les années concernées. Ainsi, un certain nombre de revues professionnelles ont été dépouillées pour la période 1970-1980. Soit Sauvegarde de l&#039;enfance, Déviance et Société, L&#039;Evolution psychiatrique. S&#039;y sont ajoutés les Cahiers Médico-sociaux entre 1956 et 1981, ainsi que le journal &amp;quot;Tout va bien&amp;quot; ( voir [[Notes sur journal Tout va bien]]) dépouillé pour les années 1970 à 1983, qui a consacré trois numéros entiers aux problèmes de la psychiatrie à Genève et surtout au mouvement anti-psychiatrique lié au scandale de l&#039;institution psychiatrique de Bel-Air en 1980.&lt;br /&gt;
  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Durant la période de 1970 à 1985, la revue &amp;quot;Sauvegarde de l&#039;enfance&amp;quot; n&#039;a publié aucune revue, voire même aucun article consacrés au thème de notre étude, à savoir la désinstitutionnalisation dans le champ de l&#039;éducation spéciale. Au premier abord on pourrait donc tirer la conclusion selon laquelle ce champ d&#039;étude ou ce mouvement n&#039;était que peu présent à cette époque. Toutefois, en se penchant davantage sur les sujets traités dans cette revue, on se rend compte que les auteurs de celle-ci n&#039;ont pas abordé la désinstitutionnalisation en tant que telle, mais l&#039;ont abordée par les effets qu&#039;elle a pu engendré à cette époque. Effectivement, on peut observer des thèmes comme la formation des éducateurs en centre de jour ou en maison d&#039;accueil, la relation entre famille et société, l&#039;école ordinaire, l&#039;adolescence et la violence ou encore l&#039;aide sociale, autant de thèmes qui ont largement découlé de ce mouvement désinstitutionnel. Il est donc fort intéressant de se pencher sur les champs d&#039;action de ce type de revues, afin de mieux comprendre quel était le climat politique, les préoccupations, les tendances de la période qui nous intéresse. D&#039;ailleurs, nous retrouverons tout au long de cet article de nombreuses références aux thèmes traités par le revue &#039;&#039;Sauvegarde de l&#039;enfance&#039;&#039;.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Entre 1972 et 1974&#039;&#039;, [[L&#039;évolution psychiatrique|L&#039; Évolution psychiatrique]]&#039;&#039; consacre deux numéros au thème de l&#039;antipsychiatrie. Dans ces deux numéros, les articles sont rédigés par des médecins psychiatres non antipsychiatres qui s&#039;efforcent, dans un premier temps, de reconnaître les bienfaits des problématiques soulevées par le mouvement antipsychiatrique. Dans un deuxième temps, ces psychiatres soulèvent les thèses du mouvement, les critiquent et se distancent franchement des solutions proposées par les antipsychiatres pour répondre aux problématiques de départ. Après 1974, il n&#039;y a plus de numéros ou d&#039;articles consacrés à l&#039;antipsychiatrie. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La [[Revue Déviance et Société|Revue Déviance et Société]] aborde la problématique du traitement de la déviance essentiellement du point de vue pénale et de l’analyse du mouvement des normes. Les quelques articles relevés entre 1977 et 1982 en lien avec notre problématique témoignent bien du questionnement autour des normes, de la responsabilité et du processus de formation de la déviance et de la stigmatisation. Il est ainsi possible de constater que l’incursion de la psychiatrie dans le domaine pénal est perçue comme une menace ou une déresponsabilisation des actes délinquants ou criminels. Et que les arguments invoqués pour l’application d’une évaluation psychiatrique est bien celle d’une aliénation, mais en dehors ou en parallèle du milieu carcéral. Concernant notamment la prise en charge des mineurs, l’article de Jean-Marie Renouard (1982) relate bien les mouvements conceptuels ayant eu lieu. De l’identification de l’enfant «&amp;amp;nbsp;inadapté&amp;amp;nbsp;» à par la suite l’identification de l’enfant «&amp;amp;nbsp;handicapé&amp;amp;nbsp;», les concepts de l’exclusion qui s’en suivent sont passés d’une stigmatisation dans le but «&amp;amp;nbsp;d’extraire&amp;amp;nbsp;» (dénoncés par la sociologie et le mouvement anti-psychiatrique) à un droit à l’exclusion dans une visée de réintégration. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Les cahiers médico-sociaux]] se dédient aux questions contemporaines liées à la santé publique et médico-sociales. C’est d’un point de vue «&amp;amp;nbsp;mesuré&amp;amp;nbsp;» que cette revue nous indique de façon précieuse quelles étaient les dispositions prises au niveau des politiques sociales (Assurances Invalidité, lois) et du traitement médical ou thérapeutique (services, institutions, approches thérapeutiques, relation praticien-patient). Les articles retenus concernent essentiellement l&#039;hygiène mentale et son appréhension. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt; &amp;lt;br&amp;gt; Cette revue de la littérature montre que... (dire ce qu&#039;on peut conclure de ce panorama)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
... que les années 60 à 80 ont été fortement teintées par une volonté de sortir les personnes malades de l&#039;institution névrosante, des ghettos asilaires, et de viser plutôt une ouverture vers la communauté. C&#039;est la recherche de la normalisation, donnant de l&#039;ampleur à un certain courant humaniste.  Est apparue la notion de Droit des patients: toute personne a le droit de vivre dans son milieu et de participer à la vie de sa communauté. La nécessité d&#039;être acteur de son processus de guérison est devenue prioritaire. Mais jusqu&#039;où est-on allé? Ou se situe la limite d&#039;une &amp;quot;vie comme tout le monde&amp;quot; lorsque l&#039;on souffre, que l&#039;on a des besoins spécifiques?  Les années 70 ont été permissives et ont laissé beaucoup d&#039;autonomie aux personnes handicapées ou malades, mais se sont-elles senties mieux?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Méthodologie  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le travail de recherche a mêlé plusieurs méthodologies. Outre l&#039;apprentissage de l&#039;usage d&#039;un wiki qui a cimenté comme il se doit cette &amp;quot;communauté de travail&amp;quot; de six membres, ceux-ci ont travaillé dans trois directions: la recherche documentaire et bibliographique, l&#039;étude d&#039;un fonds d&#039;archives (le Fonds Riesen/Schuler de l&#039;Association les Archives contestataire) et la construction d&#039;une grille de questions à poser au &amp;quot;grand témoin&amp;quot;, Alain Riesen. Ces quatre outils méthodologiques ont donc fondé cette étude. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1. De l&#039;usage du wiki &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La pratique de l&#039;intelligence collective oblige à mettre en mouvement deux réseaux: le réseau que forme les membres de la communauté qui travaillent constamment ensemble pour alimenter le site dewiki et le &amp;quot;réseau&amp;quot; des pages de rédaction qu&#039;offre le site wiki, soit: l&#039;espace de l&#039;article, celui du dictionnaire des concepts, celui de la bibliographie et celui des résumés. Reste évidemment la page d&#039;accueil qui permet de visualiser l&#039;ensemble et de suivre les tâches à effectuer d&#039;une semaine à l&#039;autre. Ce travail de recherche mêle des moments de rencontre sur le web (notamment par les pages de discussion autour d&#039;une activité), mais aussi réellement en salle de cours afin surtout d&#039;assurer le rythme d&#039;avancement de la démarche et d&#039;échanger du point de vue intellectuel et du point de vue technologique. L&#039;évaluation de la démarche se fait aussi dans une même perspective d&#039;intelligence collective qui nécessite un engagement des personnes pour le &amp;quot;bien commun&amp;quot; à savoir le résultat de l&#039;ensemble des activités qui forment cette recherche originale. Une autoévaluation collective clôt la démarche un mois après la fin de l&#039;expérience collective pour permettre d&#039;ajuster les rythme individuel et de peaufiner les textes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
2. De la recherche documentaire et bibliographique &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Afin de mieux comprendre les positions des différents acteurs dans les domaines que nous avons étudiés, il a été nécessaire de se plonger dans différentes revues professionnelles ou sociales. La plupart d&#039;entre elles étant gardées en version papier dans différents lieux d&#039;archives ou bibliothèques, nous nous sommes rendues dans les bibliothèques universitaires de plusieurs facultés (psychologie et sciences de l&#039;éducation, lettres, médecine,...) afin d&#039;avoir accès aux articles de l&#039;époque. La plupart de ces thématiques n&#039;étant pas directement liées à nos propres études, il nous a fallu, dans un premier temps, saisir tout un lexique, une pensée, un domaine parfois méconnus, voire inconnus. Dans un deuxième temps, il a fallu comprendre comment ce qui avait été lu pouvait s&#039;inscrire dans cette période entre 1960 et 1980, quelles étaient les sources d&#039;inspirations et les revendications de cette époque particulière.Nous avons également fait appel à des ouvrages, des livres que nous avons trouvé en bibliothèque afin d&#039;étayer notre recherche.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt; 3. De la recherche en archives &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous sommes allées deux matins aux Archives Contestataires, afin de faire de la recherche sur le fond Riesen/Schuler. Ce fut très intéressant de toucher des documents manuscrits, de vieux journaux, et de la documentation provenant des médecins. Ce fut pour nous toutes une découverte intéressante de faire de la recherche d&#039;une autre manière. Aussi, cela nous a permis de mieux comprendre notre objet d&#039;étude dans le cadre genevois et ains de pouvoir préparer les différentes questions que nous allions posées à Alain Riesen lors de notre entretien.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
4. La constitution d&#039;une archive orale &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
N&#039;ayant trouvé que peu d&#039;archives écrites sur le mouvement de contestation de la psychiatrie à Genève entre 1960 et 1980, nous avons eu la chance de pouvoir interviewer Monsieur Alain Riesen, ergothérapeute et co-fondateur d&#039;Arcade 84. En relation avec les thématiques propres à chacune selon les revues consultées ou les ouvrages lus, nous avons pu l&#039;interroger d&#039;abord sur sa position de professionnel de la psychiatrie et son statut de militant. Dans un deuxième temps, nous lui avons demandé qu&#039;elles étaient ses lectures de références, sa conception de la maladie mentale, et sa vision du partenariat avec les familles des malades. Finalement, nous l&#039;avons interrogé sur les apports de toutes ces années de militantisme, notamment au sein de l&#039;ADUPSY et du réseau alternatif à la psychiatrie.([[Plan de recherche 2012|Questions]]). Cet entretien nous a tout d&#039;abord permis de mieux comprendre ce qui s&#039;était réellement passé à Genève durant la période étudiée, et surtout d&#039;avoir des éléments précis et concrêt de cette période de désinstitutionnalisation. C&#039;est ainsi que nous avons pu compléter notre article en regard des propos de Monsieur Riesen.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Panorama historique général  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Des prisons à l&#039;asile pour les personnes atteintes d&#039;affections mentales&#039;&#039;&#039;&#039;&#039; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt; Jusqu&#039;à la fin du XVIIIe siècle, les hôpitaux psychiatriques internaient une population bien différente de celle accueillie au XXe siècle. [[Bibliographie|Cléopâtre Montandon&amp;amp;nbsp;(1978)]]&amp;amp;nbsp; nous dévoile que les populations désignées comme relevant de l&#039;univers psychiatrique étaient très fortement liées à l&#039;univers carcéral. Effectivement, jusqu&#039;au XVIIIe siècle, les criminels étaient considérés comme &amp;quot;fous&amp;quot; ou &amp;quot;aliénés&amp;quot; et se voyaient enfermés, voire même enchaînés dans des &amp;quot;maisons de discipline&amp;quot; ou dans des &amp;quot;hôpitaux pour fous&amp;quot;. A cette époque, seule la justice décidait du lieu d&#039;incarcération des individus criminels. Peu à peu, des distinctions se sont faites pour montrer que certains criminels aliénés relevaient davantage de la psychiatrie, et se définissaient essentiellement par une responsabilité restreinte et une santé mentale défaillante. Ce sont alors ces personnes, désignées comme ne pouvant accomplir leur rôle social, que les hôpitaux psychiatriques ont admis dans leurs locaux. Pour décider et justifier ces internements, la justice ne pouvait agir seule. C&#039;est à partir de 1838 qu&#039;une loi voit le jour à Genève concernant l&#039;internement des &amp;quot;aliénés&amp;quot;: loi sur le placement et la surveillance des aliénés (5 février 1838). On parlera dès lors de &#039;&#039;placement&#039;&#039; des aliénés, et non plus de l&#039;enfermement ou de l&#039;internement de ces derniers.&amp;lt;br&amp;gt; &amp;quot;Ce n&#039;est qu&#039;à partir de 1936 que l&#039;autorisation d&#039;un internement est délivré sur vue d&#039;un certificat médical par le Département de la prévoyance sociale et de la santé publique&amp;quot;. Ainsi, on voit combien la société évolue en définissant clairement et sur preuves médicales qui peut être &#039;&#039;placé&#039;&#039; en hôpital psychiatrique. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On peut également noter que les préoccupations principales de la période du XVIIIe au début du XXe siècle se restreignaient principalement à la sécurité, et de fait au &#039;&#039;placement&#039;&#039; de ces personnes. Où pouvait-on mettre physiquement ces personnes différentes pour qu&#039;elles ne nuisent pas à la société? Que pouvait-on faire d&#039;elles? Qui pouvait s&#039;en occuper? Que faire avec ces personnes? On observe dès lors que, pendant plusieurs siècles, ces personnes étaient enfermées, considérées comme étant dénuées de tous sens, de toute sensibilité, et par conséquent ne recevaient aucune éducation. Il faudra alors attendre la fin du XIXe siècle pour entrevoir une forme d&#039;éducation de ces personnes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans son article, &amp;quot;[[Bibliographie|La naissance de l&#039;institutions pour aliénés]]&amp;quot; à Genève au 19e siècle, Alain Riesen montre que la problématique de l&#039;internement est grandissante et que &amp;quot;l&#039;inhumanité de l&#039;enfermement&amp;quot; (Riesen, 1981) est au coeur des préoccupations. Il relate également une nouvelle conception du milieu asilaire&amp;amp;nbsp;: &amp;quot;la possibilité d&#039;améliorer l&#039;état des aliénés, ou même les guérir, si de bonnes conditions sont réunies&amp;quot;. En d&#039;autres termes, il s&#039;agirait de pouvoir administrer un traitement aux malades de manière à guérir, à soigner leur folie; à l&#039;époque nommé &#039;&#039;traitement de la folie. &#039;&#039;Plusieurs types de traitements font alors leur apparition et notamment l&#039;isolement. Il s&#039;agissait d&#039;éloigner le malade des conditions de vie qui l&#039;ont rendu &#039;&#039;fou&#039;&#039; &amp;quot;afin de le soustraire à leur influence&amp;quot;. La médication fut également un des traitements de la folie.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette nouvelle manière de penser l&#039;internement étant accomplie, plusieurs dérives ont vu le jour, et notamment les placements abusifs effectués par le Département de Justice et Police. En 1895, la Loi de 1838 est revue de manière à éclaircir la procédure d&#039;admission des aliénés.&amp;amp;nbsp;&amp;quot;Même si la loi de 1838 ne rend pas obligatoire l&#039;avis médical pour procéder au placement, dans la pratique, le médecin se fondant sur une &#039;&#039;science&#039;&#039; de l&#039;aliénisme en plein développment, va jouer un rôle de plus en plus important dans le placement et la sortie des aliénés&amp;quot; ([[Bibliographie|ADUPSY]]). L&#039;avis médical devient dès lors requis pour tout placement. Enfin, la réforme de 1936 met en évidence la nécessité et l&#039;exigence d&#039;un certificat médical pour être placé. Quiconque ne peut pas être déféni comme &amp;quot;fou&amp;quot; ou &amp;quot;aliéné&amp;quot; sans avis médical suivant des règles précises.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt; &#039;&#039;&#039;&#039;&#039;L&#039;éducation...&#039;&#039;&#039;&#039;&#039; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au début du XXe siècle, Binet et Simon (1907)&amp;amp;nbsp; &#039;&#039;donnent une nouvelle forme cognitive de l&#039;éducation spéciale qui perdurera au moins jusqu&#039;au années 1960&#039;&#039; ([[Bibliographie|Chauvière et Plaisance, 2003, p. 32]]).&amp;amp;nbsp; A cette époque, on distinguait les arriérés d&#039;asiles, non éducables et à laisser entre les mains des médecins, des arriérés d&#039;école. Ainsi, des institutions apparaissent entre l&#039;hôpital et la classe ordinaire: les classes spéciales (ou classes de développement) et les instituts médico-pédagogiques. Dans ces nouveaux lieux, la pédagogie était &#039;&#039;inspirée par l&#039;atelier, c&#039;est-à-dire guidée par la mise en oeuvre de travaux manuels et d&#039;exercices pratiques &#039;&#039;([[Bibliographie|Chauvière et Plaisance, 2003, p. 33]]). A Genève, c&#039;est le médecin et psychologue Edouard Claparède qui sera appelé pour réorganiser les classes spéciales sur un mode scientifique, c&#039;est-à-dire en tenant compte du diagnostic effectué sur l&#039;enfant et du pronostic d&#039;éducabilité. [[Bibliographie|Ruchat]] &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En grande-Bretagne, dans les années 1920, A.S Neill, puis dans les années 1960, David Cooper ont mis en place de nouveaux lieux pour exercer une forme innovante de psychiatrie et d&#039;éducation, remise en question de l&#039;internement psychiatrique des malades mentaux. C&#039;est en effet à travers des expériences comme [[Résumé de l&#039;ouvrage Libres enfants de Summerhill|Libres enfants de Summerhill]] de [[Bibliographie|Neill]] en 1921 ou Pavillon 21 menée par [[Bibliographie|Cooper]] en 1962 que l&#039;anti-psychiatrie semble voir le jour. Effectivement, plusieurs principes régissent ce nouveau type de lieu à savoir la liberté des individus, le self-governement, les apprentissages facultatifs... en ayant pour hypothèses que le mal-être et la maladie mentale de ces individus sont en partie dû aux contraintes du monde dans lequel ils évoluent et apprennent. Dès lors, il convient de créer des institutions, des lieux éloignés de toute coercition et de toute autorité. Notons également que Maud Mannoni, dans la préface de l&#039;ouvrage Libres enfants de Summerhill, relate que Neil faisait partie de &amp;quot;la lignée anarchisante qui donna naissance à l&#039;antipsychiatrie&amp;quot; ([[Bibliographie|Mannoni, dans Neill, 1979, p. 9]]).&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais on constate aussi, en France, que la période 1945-1960 est également bouleversée et traversée par de nouveaux modèles éducatifs avec la naissance de lieu de vie où l&#039;enfant inadapté est accueilli, non pas à travers sa maladie ou sa différence, mais plus à travers le fait qu&#039;il est un enfant et qu&#039;il doit être éduqué. Jean Lagarde, fondateur de l&#039;association de la sauvegarde des enfants invalides dans la période après guerre, souhaitait effectivement faire &amp;quot;l&#039;expérience d&#039;éducation toujours dans un creuset communautaire&amp;quot; ([[Bibliographie|Capul, 2002, p.141]]). Lagarde avait pour objectif de créer un lieu où les soins médicaux puissent être administrés aux enfants qui en nécessitaient, tout en leur proposant un accueil éducatif. Nous pourrions plutôt dire qu&#039;il désirait créer une école, un lieu de vie où un suivi médical était envisageable. Il s&#039;agissait en effet d&#039;éloigner l&#039;enfant du lieu médical pour qu&#039;il devienne élève et que, de fait, il puisse apprendre. Dans cette optique, équipe pédagogique et équipe médical devaient collaborer étroitement. Cette expérience est à nouveau le témoin d&#039;une nouvelle forme d&#039;hospitalisation. Il est possible de faire le lien entre cette expérience et l&#039;approche de Maud Mannoni en 1969, avec la création de l&#039;Ecole expérimentale de Bonneuil-sur-Marne où il s&#039;agissait également de séparer les lieux d&#039;analyse et les lieux de vie (lieux pédagogiques).&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt; &#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Et en Suisse?&#039;&#039;&#039;&#039;&#039; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En se fondant sur des principes similaires à ceux de Neil et de Cooper, dès les années 1960,&amp;amp;nbsp; de nombreuses institutions privées pour enfants handicapés ou en difficultés se développent en Suisse, majoritairement sous l&#039;impulsion d&#039;associations de parents. Ces derniers ont été amenés à &#039;&#039;créer et à gérer des institutions de type médico-éducatif&#039;&#039; &#039;&#039;pour éviter à leurs enfants d&#039;être relégués dans des services d&#039;hôpitaux psychiatriques ou d&#039;être seulement en survie à leur domicile&#039;&#039; (Chauvière er Plaisance, 2003, p.35). Aujourd&#039;hui, les institutions, à Genève, semblent toujours être un peu sur le même modèle, celui de &amp;quot;l&#039;alliance&amp;quot; entre le médical et le pédagogique (qui regroupe aussi l&#039;aspect éducatif). Si on ne cherche peut-être plus à éviter aux élèves la reléguation en psychiatrie, on les place dans des lieux parfois hors de tout cursus ordinaire et loin de la norme. Ce qui questionne enfin sur qu&#039;est-ce que la normalisation? Et où mettre la limite à une vie comme tout le monde avec un handicap: la liberté (permissivité, autonomie) des années 1970 a-t-elle fait l&#039;impasse sur la souffrance des individus face aux exigences thérapeutiques et pédagogiques? La communauté d&#039;enfants (pédagogique, institutionnelle, thérapeutique) est-elle un modèle &amp;quot;utile&amp;quot; en temps de crise des institutions: peu coûteux, demandant un engagement au quotidien (vie quotidienne) du collectif pédagogique et thérapeutique (donc assurant un &amp;quot;contrôle social&amp;quot; maximal.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Ce qu&#039;en dit Riesen...&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Prémisses à l&#039;anti-psychiatrie==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les années 60, Michel Foucault a tenté d&#039;amorcer &amp;quot;un dialogue entre la psychiatrie et ses sujets&amp;quot; ([[Bibliographie|Rose, 2006, p.113]]) et dès 1971 avec la sortie de son ouvrage sur les prisons, c&#039;est à la critique de l&#039;univers carcéral et des rapports de pouvoir qu&#039;il s&#039;attelle (Surveiller et punir, 1971). Ces critiques, plus tard regroupées sous le nom d&#039;antipsychiatrie, visaient à remettre en question &amp;quot;la manière dont le pouvoir du médecin était impliqué dans la vérité de ce qu&#039;il disait et, inversement, la manière dont celle-ci pouvait être fabriquée et compromise par son pouvoir ([[Bibliographie|Rose, 2006, p.120-121]]). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En Italie, Franco Basaglia, qui s’est appuyé entre autres sur les modèles de l’anti-psychiatrie anglaise et française pour mener sa lutte ([[Bibliographie|Cooper, Lang, Foucault, Caxtel]]), s&#039;en est pris aux conditions de vie moyenâgeuses réservées aux malades mentaux. En quelques années, il démantèle l’asile et expérimente les premiers éléments de sa conception territoriale (et non plus institutionnelle) de la folie&amp;amp;nbsp;: le malade est soigné dans son milieu social&amp;amp;nbsp;» (TVB 10 octobre 80).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;institution comme lieu d&#039;exclusion est mise à mal par une volonté de certains de supprimer ces lieux de contrainte, pour une vie libre dans la Cité (sectorisation) ou dans des communautés thérapeutiques (de préférence à la campagne) partant du présupposé que les conditions de vie des personnes sont déterminantes dans leur état de santé (avant même tout diagnostic). Par ailleurs, dans ces années-là, la vie quotidienne devient un objet d&#039;étude (la sociologie de la vie quotidienne), terreau de multiples expériences pédagogiques et thérapeutiques. Le slogan &amp;quot;La liberté est thérapeutique&amp;quot; s&#039;allie à une critique de la contrainte médicamenteuse et des pratiques de contention psychiatrique: elle donne ainsi une place à de nouvelles formes d&#039;&amp;quot;éducation spéciale&amp;quot; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Symptôme de ce changement le terme d&#039;&amp;quot;usagers&amp;quot; vient reléguer celui de &amp;quot;patients&amp;quot; donnant un nouveau statut aux personnes, écorchant ainsi le sacro saint pouvoir des médecins et des directions des institutions.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La fonction du médicament dans l&#039;approche anti-psychiatrique  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;apparition de la médication au début des années 1960 permet d&#039;éviter l&#039;internement. Elle soutient le changement qui s’opère dans les pratiques et donne l&#039;impression de pouvoir faire quelque chose. Elle fait transparaître un espoir aussi bien pour les praticiens que pour les patients puisque grâce aux médicaments il y a une diminution des hospitalisations, une augmentation des prises en charge ambulatoires et une augmentation des consultations. L&#039;avancée de la médecine et l’essor de la psychopharmacologie permettent alors de développer de nouvelles perspectives thérapeutiques et de nouveaux défis comme le soutien au patient et à sa famille, la mise en place de nouvelles structures. Il s&#039;agit ainsi de &amp;quot;jeter un pont entre l&#039;hôpital et la ville&amp;quot; (CMS, 1963, 7ème année, n°2 &amp;quot;L’assistance psychiatrique). Cependant, les connaissances récentes sur les effets de la médication et les abus sur son utilisation sont également soulevés. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;anti-psychiatrie se veut aussi anti-thérapeutique, ce qui lui est&amp;amp;nbsp; vivement reproché par les anti anti-psychiatres. Selon ces derniers, les anti-psychiatres considèrent que &amp;quot;les traitements sont à proscrire&amp;quot; ([[Bibliographie|Maurel, 1972]], p. 79). &amp;quot;Traiter, écrit Cooper, c&#039;est être intéressé à rendre le patient plus acceptable pour les autres...et lui faire manifester de moindre façon sa détresse&amp;quot; ([[Bibliographie|Maurel, 1972]], p. 79). Les anti anti-psychiatres militent ainsi pour une guérison grâce à des médicaments &#039;&#039;efficaces&#039;&#039; (au sens médical), selon des avis rapportés par les patients eux-mêmes. Selon les psychiatres opposés au courant anti-psychiatrique, ce-dernier vise &amp;quot;sans toujours l&#039;avouer à &amp;quot;soigner&amp;quot; clandestinement les &amp;quot;malades&amp;quot;&amp;quot; (Maurel, 1972, p.80), ce qui est selon Maurel et ses collègues, une contradiction.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Psychiatrie et anti-psychiatrie  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le mouvement d&#039;anti-psychiatrie&amp;amp;nbsp; &amp;quot;s&#039;oppose d&#039;abord et avant tout à une forme de monopole du savoir médical&amp;quot; ([[Bibliographie|Mannoni, 1970]], p. 9). Il dénonce l&#039;autorité morale et policière&amp;amp;nbsp; du psychiatre. Toutefois, psychiatres et partisants de l&#039;anti-psychiatrie s&#039;accorde sur le fait que &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;la société place le psychiatre dans une position ambiguë&amp;amp;nbsp;: il est au service d&#039;un patient dont il a à défendre les droits mais il se trouve également placé en position d&#039;auxiliaire de la police dans un programme d&#039;internement qui est un processus d&#039;obligation de soins&#039;&#039; (Mannoni, 1970, p. 168). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les réponses apportées par les uns et par les autres pour essayer de lever cette ambiguité sont toutefois différentes. Si l&#039;anti-psychiatrie cherche plutôt à démystifier &amp;quot;le rôle que la société fait jouer à la psychiatrie&amp;quot; (Mannoni, 1970, p.168), à créer des lieux où la maladie mentale pourrait être réintérrogée (allant même jusqu&#039;à nier la notion de maladie mentale) et à s&#039;éloigner des conceptions scientistes, certains psychiatres cherchent à remettre sur le devant de la scène un discours scientifique. &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;---Quand l&#039;antipsychiatrie est critique radicale de l&#039;institution, je suis antipsychiatre; mais quand elle se réfugie dans la négation de la maladie mentale, je suis contre&#039;&#039;--- ([[Bibliographie|Sztulman, 1972]], p.107).&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les archives de la revue &amp;quot;&#039;&#039;L&#039; Évolution psychiatrique&#039;&#039;&amp;quot;, les psychiatres non antipsychiatres se sont attelés, au début des années 70, à défendre leur point de vue scientifique et médical. Face au mouvement de protestation, ils ont écrits plusieurs articles afin de réhabiliter la psychiatrie et montrer les incohérences du mouvement antipsychiatrique, non seulement dans ce qu&#039;il dénonce, mais également dans les solutions qu&#039;il propose. S&#039;ils reconnaissent un certain succès à l&#039;antipsychiatrie &amp;quot;dans sa position de refus et de provocation&amp;quot; ([[Bibliographie|Barte, 1972]], p. 46), les solutions qu&#039;elle propose ne les satisfont guère. Pour certains membres de ce corps médical, la maladie mentale doit être reconnue comme &#039;&#039;phénomène nature&#039;&#039;l ([[Bibliographie|Ey, 1972]], p. 53). &amp;quot;En faisant volatiliser dans le néan l&#039;objet même de la psychiatrie qu&#039;est le malade mental, l&#039;antipsychiatrie nie la souffrance humaine, nie le drame authentiquement humain que vit chaque malade mental (Barte, 1972, p. 46). Pour défendre ces patients malades, &amp;quot;fous&amp;quot;, pour les réhabiliter, il est nécessaire de &amp;quot;passer par la reconnaissance même de la psychiatrie, science critique et autonome et qui ne peut se fonder que sur la notion de maladie mentale conçue ni comme simple maladie des organes, ni comme simple maladie psychique&amp;quot; (Barte, 1972, p.47). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le malaise asilaire est reconnu par les non antipsychiatres et les antipsychiatres. Il importe de traiter l&#039;institution en même termps que ses pensionnaires. Cependant, les non antipsychiatres récusent la responsabilité de l&#039;hôpital psychiatrique dans la création de la folie, &amp;quot;même s&#039;il concourt parfois à statufier certaines présentations cliniques&amp;quot;. (Sztulman, 1972, p. 106). Face aux critiques sur l&#039;hôpital, notamment face à certains qui, comme Basaglia, refusaient l&#039;idée de traitement de malades et de médecins, les non antipsychiatres dénoncent la destruction de l&#039;hôpital au profit d&#039;assemblées générales peu organisées. Sztulman (1972) pose la question&amp;amp;nbsp;: &amp;quot;A quoi ça sert&amp;amp;nbsp;? A quoi ça sert d&#039;être psychiatre là, ou femme de service,&amp;amp;nbsp; ou ergothérapeute puisque de tout façon chacun est dépouillé de son statut, et que les rôles sont&amp;amp;nbsp; inventer en permanence&amp;amp;nbsp;?&amp;quot; (p.102). Pour ces médecins, la négation de l&#039;inconscient et celle de la maladie mentale dans le mouvement antipsychiatrique amène des &#039;&#039;attitudes thérapeutiques particulièrement incohérentes &#039;&#039;(Sztulman, 1972, p. 101). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La question de l&#039;attribution de la maladie mentale à un fait organique ou plutôt à un fait culturel était alors au coeur de la bataille entre antipsychiatres et non antipsychiatres. Lors de l&#039;entretien mené avec Monsieur Alain Riesen, ce dernier nous a expliqué que cette question est toujours d&#039;actualité et qu&#039;il n&#039;y a pas, aujourd&#039;hui encore, de définition claire de la part de la communauté scientifique. Dans les années 1970, les non antipsychiatres critiquaient l&#039;erreur de l&#039;antipsychiatrie dans sa croyance &amp;quot;&#039;&#039;en un principe de causalité univoque et direct de la psychose&amp;quot;&amp;amp;nbsp;&#039;&#039;(Sztulman, 1972, p.105). Dans le même article, Sztulamn déclare encore: &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&amp;quot;&#039;&#039;il est dogmatique et naïf de dire que la folie se développe en dehors de toute culture. Il est dogmatique et naïf de dire qu&#039;elle se limite à un fait culturel. De tout évidence, il n&#039;y a pas un modèle qu&#039;il soit organo, psycho ou socio-génétique de la maladie mentale, mais pluridéterminisme à pondération variable suivant les cas&#039;&#039;&amp;quot; (p. 105). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Monsieur Alain Riesen a bien décrit cette vision de &#039;&#039;pluridéterminisme&#039;&#039;. Il nous a expliqué que la conception de la maladie mentale comme unique produit d&#039;un système qui disfonctionne semble devoir se ranger derrière un système bio-psycho-social qui rencontre actuellement le plus de soutient de la part des professionnels du domaine psychiatrique. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un peu plus tard, en 1974, L&#039;évolution psychiatrique a consacré à nouveau un numéro à l&#039;antipsychiatrie. Le vent de révolte de la part des non antipsychiatres semble s&#039;être calmé, comme s&#039;ils avaient été entendus et reconnus, comme s&#039;ils avaient &amp;quot;résisté à l&#039;agression psychiatricide de l&#039;antipsychiatrie&amp;quot; ([[Bibliographie|Sztulman, 1974]], p.129). Les mêmes auteurs qu&#039;en 1972 relèvent toujours l&#039;importance de l&#039;antipsychiatrie dans une démarche de contestation et d&#039;identification des difficultés de l&#039;institution psychiatrique. &amp;quot;L&#039;antipsychiatrie nous aide quand elle montre comme s&#039;est organisé le refus, la ségrégation de la maladie mentale et quand elle rappelle que chacun, dans la santé mentale et dans la folie, est la victime d&#039;une répression collective&amp;quot; (Sztulman, 1974, p. 129). Toutefois, ces mêmes psychiatres rapellent leur opposition à l&#039;étiologie de la maladie mentale revendiquée par les antipsychiatres. Ces années de remise en question et de refonte de la l&#039;insitution psychiatrique ont facilité un réel rétablissement de l&#039;institution de la psychothérapie, puis de la psychothérapie de l&#039;institution. En quise de plaidoyer Pro-Psychiatrie, voici ce que dit Minkowiski, cité par Sztulman (1974, p. 132) et qui résume la vision de non antipsychiatre de ce que devrait être leur profession:&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;Quelque part entre le fantasme de la faute et l&#039;illusion de la toute-puissance se trouve le chemin malaisé d&#039;une psychiatrie nouvelle, à réinventer tous les jours où le psychiatre refuse à la fois la facilité de n&#039;être qu&#039;un instrument passif, indifférent et anenchéphalique de la conservation de l&#039;ordre social et le plaisir narcissique de se situer au-delà d&#039;une réalité clinique ignorée, niée et finalement forclose, parce que angoissante. &#039;&#039;&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La désinstitutionalisation  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon des sources internet, le mouvement de désinstitutionalisation semble avoir débuté vers 1960 (même s’il semble qu’il y ait eu un prélude à la désinstitutionnalisation au début du 19e siècle (L’Institut universitaire en santé mentale de Québec par exemple - La désinstitutionnalisation, http://caringminds.ca/index.php?option=com_content&amp;amp;amp;view=article&amp;amp;amp;id=62&amp;amp;amp;Itemid=43&amp;amp;amp;lang=fr&amp;amp;amp;limitstart=7). Certains observent le début de ce mouvement en Scandinavie, d’autres au Québec. Dans tous les cas, il s’agit d’un mouvement d&#039;ouverture vers la communauté, d’une volonté de «normalisation»[[Normalisation]] &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le mouvement de désinstitutionnalisation s&#039;appuie avant tout sur une philosophie qui met l&#039;accent sur les droits et les libertés des individus, et elle vise à humaniser les soins de santé mentale. ([http://agora-2.org/thematiques/inaptitude.nsf/Dossiers/Desinstitutionnalisation Encyclopédie de l’Agora]). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;horreur suscitée par les politiques nazies du meurtre eugénique des malades psychiatriques et les camps de concentration pendant la Seconde guerre mondiale, ont attirer l’attention sur les pratiques «&amp;amp;nbsp;déshumanisantes&amp;amp;nbsp;» dans les soins psychiatriques en santé mentale, (séquestration, mauvais traitements en tout genre, manque de formation des professionnels). (Voir [http://id.erudit.org/iderudit/032417ar Martin, 1984 et Claire Henderson et Graham Thornicroft], Santé mentale au Québec, vol. 22, n° 2, 1997, p. 88-114. ) Les années d’après-guerre ont vu un accroissement de l’intérêt porté à l’institution comme objet d’étude. Certains auteurs parlent de l’institution comme étant «&amp;amp;nbsp;névrosante&amp;amp;nbsp;», «&amp;amp;nbsp;façonnant et codifiant les gens dans le rôle de patient psychiatrique&amp;amp;nbsp;» (Goffman (1961). On observe dans les années 60 une disparition du personnel religieux des hôpitaux. Naît alors une nouvelle conception de l’individu, une évolution des attitudes envers le malade&amp;amp;nbsp;; on veut le sortir des murs de l’asile psychiatrique. On commence à parler, à cette époque, du «&amp;amp;nbsp;droit de la personne&amp;amp;nbsp;». Des idéaux humanitaires amènent alors à une nouvelle vision de la maladie mentale. Il semble que ce mouvement de désinstitutionnalisation soit également lié à l’apparition des pratiques de pharmacopée. Effectivement, «&amp;amp;nbsp;Ces nouveaux médicaments permettaient de calmer les malades agités, délirants, hallucinés et ainsi permettre d&#039;envisager et de généraliser des traitements psychiques dans des conditions plus réalistes ou encore, lorsque c&#039;était possible, d&#039;envisager un retour au domicile ou dans des structures intermédiaires&amp;amp;nbsp;».([http://fr.wikipedia.org/wiki/Psychiatrie déf. du mot «&amp;amp;nbsp;psychiatrie&amp;amp;nbsp;»]). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On a le désir de «normaliser&amp;amp;nbsp;» leurs conditions de vie. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les années 60, si la personne «&amp;amp;nbsp;déficiente intellectuellement&amp;amp;nbsp;» est encore considérée comme un «&amp;amp;nbsp;malade&amp;amp;nbsp;», le malade mental ne l&#039;est plus, mais davantage comme un sujet pouvant être aidé et guéri. On met en avant le fait que la maladie mentale ne nécessite pas nécessairement une hospitalisation, et qu’elle doit être considérée comme une quelconque maladie. On externalise, on invente la psychiatrie de secteurs, on commence à intégrer des services pour les malades mentaux dans des hôpitaux ou cliniques. On évite ainsi la stigmatisation des malades mentaux placés pour de longues périodes en asile psychiatrique, et on leur évite la perte de leurs facultés leur permettant de se réintégrer dans la société. On redonne alors un rôle à la communauté, tout en accordant des responsabilités aux familles. La patient devient alors le coeur de l&#039;intérêt des praticiens. ([http://www.promentesana.org/upload/application/trimes_43.pdf in Lettre trimestrielle de l’association romande Pro Mente Sana])&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La désinstitutionalisation a permis aux personnes présentant des troubles psychiatriques de sortir de ce milieu assimilé pendant de nombreuses années, au milieu carcéral. Mais une fois &amp;quot;libérées&amp;quot; où vont ces personnes? A ce sujet,&amp;amp;nbsp; [[Bibliographie|N. Carpentier (2001)]] affirme dans son article que 60 à 70&amp;amp;nbsp;% des patients retournent dans leur famille après l’hospitalisation. Mais plusieurs auteurs ont démontré que l&#039;arrivée d&#039;un malade dans une famille, avait de lourde conséquence sur celle-ci. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Avant d’en venir aux conséquences, il semble nécessaire de revenir sur la représentation qu&#039;ont les professionnels des familles des patients. Pour cela, il est intéressant de revenir sur l&#039;évolution de leur vision. En d&#039;autres termes, comment la famille, alors qu&#039;elle était considérée comme coupable de la maladie de l&#039;un de ses membre, est devenue un partenaire idéal?&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au début du XXème siècle, celle-ci était considérée comme étant la cause, l&#039;origine de la maladie de l&#039;enfant. Les professionnels affirmaient que la maladie mentale était un problème génétique, héritée de plusieurs générations antérieures. Ensuite, les années cinquante ont apporté un premier renversement dans cette représentation. En effet, la famille était perçue comme étant un «&amp;amp;nbsp;système réagissant aux troubles mentaux de l’un de ses membres, plutôt qu’en tant que système causant des désordres psychiques&amp;amp;nbsp;» ([[Bibliographie|Carpentier, 2001, p.84]]). Ce changement de perspective est en lien avec l’arrivée d’une politique qui favorise les hospitalisations de courte durée. En d’autres termes, les familles commencent à être perçues comme une solution aux changements politiques. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les années 60, la psychiatrie adopte une vision centrée sur la communauté. Ce changement va être très favorable pour les familles, puisqu’il permet à ces dernières de se déresponsabiliser des troubles mentaux. Ainsi, toujours selon Carpentier, à cette époque «&amp;amp;nbsp;les désordres psychiques [doivent être étudiés] sous l’angle de l’isolement social, des désavantages sociaux, puis selon la présence de stresseurs sociaux et économique&amp;amp;nbsp;»( p.89) .&amp;lt;br&amp;gt;Ainsi, au fur et à mesure que le mouvement de désinstitutionalisation est mis en place, les politiciens et les professionnels considèrent la famille comme étant une solution au problème. En effet, cette dernière est perçue comme «&amp;amp;nbsp;une source privilégiée de soutien émotionnel et social ainsi que comme place de choix pour relocaliser le patient psychiatrique.&amp;amp;nbsp;» ([[Bibliographie|Carpentier, 2001, p.91]]. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Du côté des familles, il semblerait selon  [[Bibliographie|R. Therrien (1990)]] que sur le plan économique et émotionnel, la désinstitutionnalisation leur demande beaucoup, en particulier aux femmes. En effet, toujours selon R.Therrien, avoir quelqu&#039;un ayant des problèmes mentaux à la maison provoque beaucoup de stress. Chez certains, un malade peut devenir un véritable &amp;quot;fardeau&amp;quot;, puisque celui-ci impose beaucoup de contraintes. Effectivement, avoir une personne malade à la maison peut engendrer des conséquences telles que la réduction des loisirs habituels, les sorties avec les amis, par peur d&#039;être jugé, ou encore d&#039;avoir des problèmes avec les voisins, car les comportement de la personne dérange. Tous ces problèmes ont un impacte très fort sur la famille d&#039;autant plus qu&#039;elle n&#039;est pas aidée, ni reconnue pour tout ce qu&#039;elle fait pour la personne malade. &amp;amp;nbsp; &amp;lt;br&amp;gt; A propos de la lourde responsabilité des parents, on peut se demander si les familles ne finiraient pas elles aussi à un moment donné par tomber malade. A ce sujet,  le témoignage d&#039;[[Bibliographie|Alain Riesen]] souligne que lorsqu&#039;une famille prend en charge un de ses membres malade, il ne faut pas qu&#039;elle reste seule, mais qu&#039;elle en parle, partage ce qu&#039;elle vivait au quotidien. C&#039;est donc, pour ces raisons-là que des thérapies familiales ont vu le jours.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La communauté: un modèle alternatif à l&#039;institution fermée  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La communauté comme mode de prise en charge a, dans le champ de l&#039;éducation spéciale et spécialisée, sa propre histoire. Relevant d&#039;une approche démocratique et souvent pacifiste, la communauté est une forme de gouvernement par les personnes elles-mêmes (y compris les enfants). La notion de self-government a été développé dans le cadre de l&#039;éducation nouvelle pour définir de telles pratiques dès la fin du XIXe siècle. Lors de la seconde guerre mondiale des communautés d&#039;enfants victimes de la guerre ont vu le jour partout en Europe. Se référent à des modèles antérieurs comme les écoles nouvelles à la campagne de l&#039;éducation nouvelle (et donc du self-government) , de la république d&#039;enfants, de la cité des enfants, leurs fondateurs ont contribué au relèvement de l&#039;éducation en Europe par un modèle visant la participation des enfants à la gestion de la communauté et leur autonomie. Souvent, transformé dès les années 1950 en foyer pour enfants (malheureux, difficiles voire délinquants), le modèle des communautés d&#039;enfants semble être circonscrit à une période temporelle courte et particulièrement difficile sur le plan économique. On peut donc se demander si ce type de modèle ne serait pas &amp;quot;choisi&amp;quot; particulièrement en temps de crise et de manque de ressources financières donnant ainsi plus de pouvoir aux &amp;quot;usagers&amp;quot; permettant ainsi un moindre encadrement institutionnel. [[https://plone2.unige.ch/aref2010/search?SearchableText=communautés+d%27enfants]]. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des «&amp;amp;nbsp;communautés thérapeutiques&amp;amp;nbsp;» ont été créées en réaction aux enfermements asilaires prônés jusque-là mais qui commençaient à être pointés du doigt, car considérés comme déshumanisants. Bien que créées tout d&#039;abord pour répondre aux phénomènes de dépendances (toxicomanies, par exemple), on trouve, dès la fin des années 60, des communautés thérapeutiques en Angleterre, en France, en Suisse et au Québec, destinées au secteur de la psychiatrie. Avec la naissance de ces communautés thérapeutiques, une nouvelle approche de la psychose en-dehors des lieux de soins traditionnels s&#039;est développée (Schatzman, 1969; Barnes et Berke, 1973; Fabre, 1978; Lecomte et Tourigny, 1983a). Leur but est de créer un milieu &amp;quot;naturel&amp;quot;, en reconstituant les structures d’une «&amp;amp;nbsp;macro famille&amp;amp;nbsp;» ou d’une «&amp;amp;nbsp;mini société&amp;amp;nbsp;», plus rassurantes&amp;amp;nbsp;: on trouve par exemple la Communauté des Sablons, (Maison d&#039;enfants à caractère social et familial (76270 Saint-Saire), ou, en Suisse, le foyer de Tavel qui a vécu cinq ans (1975-1980). Dans le [http://edutechwiki.unige.ch/dewiki/R%C3%A9sum%C3%A9_film_de_Catherine_Scheuchzer film de Catherine Scheuchzer], «&amp;amp;nbsp;Dans l’aventure du non, la parole&amp;amp;nbsp;», (tourné à Boulens, dans la campagne vaudoise, dans les années 70 ), on découvre, dans un décor post soixante huitard, très simplement, dans un rythme extrêmement lent, des adultes et des enfants en interaction, «&amp;amp;nbsp;comme dans la vraie vie&amp;amp;nbsp;». Cette expérience est décrite comme «&amp;amp;nbsp;une véritable expérience d’éveil à la vie&amp;amp;nbsp;», qui «&amp;amp;nbsp;prend le contre-pied du placement en institution psychiatrique&amp;amp;nbsp;» (L’Est vaudois, 19.11.92). Plutôt que de considérer cette population d&#039;enfants, comme on le faisait en asile, comme des fous, murés dans leur silence. On veut les considérer comme des partenaires, des interlocuteurs. Le but est effectivement de les faire participer au quotidien d’une maisonnée, plutôt que de créer des ateliers protégés artificiels. De la sorte, ils sont poussés à se dépasser, à faire des expériences par eux-mêmes, sans avoir nécessairement recours au soutien d’un adulte. Il semble qu&#039;à cette époque, cette nouvelle façon de considérer les enfants autistes comme étant capables d’autonomie, capables d’agir, ait apporté un peu d’humanité dans leur prise en charge. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;enfant&amp;amp;nbsp; ainsi placé dans une communauté thérapeutique vaudoise est-il plus &amp;quot;intégré&amp;quot; que s&#039;il l&#039;était dans une institution considérée par ces acteurs alternatifs du &amp;quot;système&amp;quot; comme un ghetto? Il en va de même avec le terme désinstitutionalisation? Qu&#039;est-ce que l&#039;institution? Il y en a des &amp;quot;bonnes&amp;quot; (maternantes, enveloppantes, naturelles...) et de &amp;quot;mauvaises&amp;quot; (contraignantes, mortifères) (sur ce point les travaux de Fernand Oury puis de Jacques Pain mériteraient qu&#039;on s&#039;y attache (voir la psychothérapie institutionnelle sur le site de Jacques Pain: http://www.jacques-pain.fr).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L&#039;élan contestataire des années 70 à Genève  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En Suisse un même mouvement historique a été observé. Selon le médecin Christian Monney, on y a dénoncé les mêmes agissements qu’ailleurs&amp;amp;nbsp;: enfermement, répression, qui étaient là non pour aider le malade, mais pour protéger l’ordre public. On y mêlait, écrit-il, infirmes, orphelins, indigents et fous… (Dr Christian MONNEY, 1999, à l’occasion des 100 ans de l’Hôpital de Malévoz). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Or, dès 1965, des consultations ambulatoires sont créées et les séjours hospitaliers peuvent ainsi se raccourcir. Les moyens de contention sont contestés. Des établissements médico-éducatifs apparaissent, comme [http://www.castalie.ch/home.php?include=textes&amp;amp;lng=1&amp;amp;id=18&amp;amp;idmenu=14 la Castalie en Valais], grâce au Dr Rey-Belley, en 1972 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Genève, l&#039;élan contestataire débute lorsque Julian de Ajuriaguerra est nommé directeur de Bel-Air en 1959. A son arrivée, il décide d&#039;ouvrir des pavillons et d’introduire une nouvelle idée&amp;amp;nbsp;: «&amp;amp;nbsp;l’hospitalisation de courte durée, dans le but de remplacer, le plus vite possible, le patient dans son milieu naturel&amp;amp;nbsp;». [[Bibliographie|Archives contestataire, boite Riesen/Schuler, Réseau suisse-romand. Alternative à la psychiatrie, 1976.]] C&#039;est donc à ce moment-là que le mouvement de désinstitutionnalisation naît. En effet, on commence à critiquer les asiles et à vouloir modifier le fonctionnement de l&#039;hôpital psychiatrique. Les patients psychiatriques commencent à bénéficier des mêmes droits que les patients non-psychiatriques. De ce fait, entre les années 1963 à 1970, il se développe un système psychiatrique extra-hospitalier complet. Ensuite, pendant les années 70-80, cet élan continue avec la volonté de baser les soins sur des approches psychotérapeutiques.[[Bibliographie|Rey-Bellet, Bardet Blochet, Ferrero, 2010, p.90-95]] &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dès les années 1970, l&#039;ADUPSY (l&#039;association pour les droits des usagers de la psychiatrie) se questionne à propos du placement des malades qui garde, malgré la loi de 1936, un caractère prégnant d&#039;enfermement, et à propos de la limitation des droits des personnes que ces lois entrainent. En effet, l&#039;ADUPSY estime que les malades mentaux n&#039;ont pas le choix de leur placement (internement), cela se fait de force, et que leurs droits sont dès lors limités puisqu&#039;ils n&#039;ont pas de droit de regard sur le traitement qui leur est admistré. A cet effet, cette association relate par exemple qu&#039; &amp;quot;en 1975, la majorité des malades mentaux entrent encore à Bel-Air contre leur gré&amp;quot; ([[Bibliographie|ADUPSY, 1979, p. 7]]). Les droits de l&#039;Homme, et dans ce cas présent du malade, sont donc au coeur du débat. L&#039;association défend alors l&#039;idée que tout &#039;&#039;internement psychiatrique&#039;&#039; devrait être pensé comme une hospitalisation qui respecte les droits du malade mental en assurant sa protection et sa dignité, qui rende le patient actif dans son traitement, qu&#039;il peut d&#039;ailleurs refusé, qui n&#039;a pas comme raison la dangerosité potentielle du patient, qui rappelle au patient quels sont ses &amp;quot;droits en matière d&#039;hospitalisation et de traitement&amp;quot; (p. 13), et qui devrait &amp;quot;nécessité obligatoirement de deux certificats médicaux&amp;quot; (p. 13) de manière à justifier ce placement saur plusieurs avis de provenance différentes. Dans cette optique, on se rend compte de l&#039;évolution de la prise en charge des malades mentaux. Que ce soit au niveau des termes employés, de la procédure ou des droits des patients, l&#039;ensemble de cette prise en charge évolue. L&#039;époque semble donc propice à des changements radicaux. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En réponse à ce nouveau regard sur la question de la prise en charge des malades mentaux, la question de l&#039;éducation semble elle aussi être en mouvance durant cette période.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L&#039;anti-psychiatrie à Genève: une nouvelle politique de la prise en charge  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dès les années 70, le journal mensuel &amp;quot;Tout Va Bien&amp;quot; a consacré de nombreuses pages et numéros à la question de l&#039;anti-psychiatrie. Dès 1973, un groupe d’enquête s’est constitué pour dénoncer une certaine violence et certains abus de pouvoir au sein des asiles psychiatriques. Leur volonté était de déterritorialiser la psychiatrie. «&amp;amp;nbsp;La psychiatrie, c’est l’affaire de tout le monde&amp;amp;nbsp;». Ils voulaient faire exploser la loi du silence qui régnait dans ces lieux. Ils ont voulu dénoncer les rapports de pouvoir sévissant à l&#039;intérieur des murs psychiatriques, la soumission du malade à l’infirmier, la soumission de l’infirmier au médecin, la soumission du médecin aux pouvoirs de l’administrateur bailleur de fonds. Selon ce journal, le mouvement anti-psychiatrique serait né au début des années 60: La clinique psychiatrique de Bel Air, créée en 1900, a commencé à construire des pavillons ouverts avec l’arrivée de son nouveau directeur en 1959, Julian Ajuriaguerra. Son intention était de favoriser le retour de l’interné au plus vite dans leur milieu naturel, grâce à une hospitalisation de courte durée. A Genève, depuis 1963, le travail psychiatrique est sectorisé. On commence à organiser les soins dans des centres de consultation de quartier. Les premières tentatives alternatives apparaissent en Suisse. Des travailleurs sociaux poursuivent une critique des institutions et contribuent à la création et au fonctionnement de centres (qui se différencient des institutions récupératrices) qui ont pour but de venir en aide à toute personne en crise. Exemple&amp;amp;nbsp;: le centre Liotard à Genève, créé par le réseau d’alternative à la psychiatrie de Suisse romande. En janvier 1975 se tient le premier congrès d’alternative à la psychiatrie de secteur (Congrès de Bruxelles, auquel participe un groupe de Genève: il s’en est inspiré pour animer des débats au centre Liotard&amp;amp;nbsp;: recherche d’alternatives concrètes répondant aux besoins des malades. A Lausanne, le 24 janvier 1976, est créé un réseau alternatif à la psychiatrie pour la Suisse romande, dont l’un des membres actifs s’appelle Alain Riesen, du Centre Liotard. Une commission formée aussi bien de psychiatrisés que de soignants s’est alors formée. Elle a remis en question le pouvoir des soignants. Selon cette commission, le but d’une alternative au secteur doit être la prise en main progressive par le malade de ses propres difficultés. Suite à des tentatives d’internement forcé, des tracts ont circulé, dénonçant les abus du pouvoir psychiatrique (voir les archives contestataires de Genève, Classeur Alain Riesen). Dès ce moment-là, une prise de conscience s&#039;opère: le patient ne veut plus être manipulé, il ne veut plus être le cobaye, il ne veut plus être muselé par le pouvoir du médecin. Il veut choisir son mode de guérison, il veut être actif dans le processus de guérison. Il convient alors de faire en sorte que ce soit le patient qui choisisse ou non son hospitalisation. Effectivement, médecins, contestataires et familles se sont rendus compte de l&#039;importance du choix du malade dans sa propre guérison. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A la fin des années 70, d&#039;autres mouvements anti-psychiatriques se répandent en Suisse et ailleurs: par exemple à la clinique de Bellelay, où son nouveau directeur a souhaité ouvrir les murs à son arrivée, et mettre à disposition des appartements protégés, voire même une maison de vacances pour ses patients. Le but était &amp;quot;que les malades puissent le plus possible avoir des contacts humains et une vie «&amp;amp;nbsp;normale&amp;amp;nbsp;» (TVB avril-mai 80). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Suite à la mort atroce d&#039;Alain Urban lors d&#039;une cure de sommeil forcé à la clinique de Bel-Air, l&#039;ADUPSY ainsi que l&#039;Association des Médecins Progressiste ont déployé maints efforts pour alerter l&#039;opinion publique à propos des agissements soupçonneux de la clinque en question. Leurs revedications ont porté sur la suppression des isolements, la priorité données aux instruments de soin ambulatoire, l&#039;augmentation des effectifs globaux du personnel soignant, etc. Ils expriment également leur soutien aux revendications concernant le droit des patients&amp;amp;nbsp;: «&amp;amp;nbsp;Le consentement du patient ou de son entourage immédiat doit toujours être recherché, dans la thérapeutique comme dans la recherche&amp;amp;nbsp;». &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après les drames qui ont secoué Bel-Air, une commission d&#039;enquête a été créée, et c&#039;est non seulement le Directeur de cette clinique qui a été interrogé, mais également les patients, les soignants, ainsi que les cadres. Dès cet instant, &amp;quot;tout est ressorti&amp;quot;, témoigne Alain Riesen, amenant à une première évolution forte: la réforme de l&#039;institution psychiatrique. Le Pr Tissot est déstitué, et un changement au niveau de la législation se fait: le droit de recours apparaît, le patient peut désormais exiger de faire valoir ses droits. Jusque là, le Réseau d&#039;Alternative à la psychiatrie pouvait intervenir sur demande, mais n&#039;avait pas de statut officiel. A partir de cette période, une Commission de surveillance fut mise sur pied (réunissant un juriste, un médecin indépendant, un représentant du Droit des patients), et quatre associations de défense du Droit des patients sont nées: l&#039;Association RÊVE (les &amp;quot;Entendeurs de voix&amp;quot;), l&#039;ADPED (Association des personnes ayant des troubles bi-polaires et dépressifs), l&#039;Expérience (travail artisanal double d&#039;un travail d&#039;entraide), et l&#039;AETOC (Association des personnes ayant des troubles obsessionnels et compulsifs). Selon Alain Riesen, l&#039;institution, malgré l&#039;avancée significative qui a été faite quant au droit des patients, garde les stigmates de l&#039;institution asilaire. &amp;quot;Il y a encore beaucoup de travail à faire pour faire éclater l&#039;institution dans sa dimension totalitaire&amp;quot;, dit-il en conclusion de son récit.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Conclusion: l&#039;anti-psychiatrie un débat déplacé ? ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Point de vue: de l&#039;institution, des droits, considération de la maladie mentale, etc.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les différents mouvements contestataires, qui sont passés de la désinstitutionnalisation à la sectorisation en passant par la création de communautés thérapeutiques, ont amené à une critique du pouvoir institutionnel et des médecins. Le médecin n&#039;est plus tout-puissant et le consentement du patient ou de son entourage doit être obtenu avant tout traitement. Le patient a des droits et il doit les faire respecter.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De l&#039;enfermement asilaire on est allé vers une continuité des soins entre l&#039;hospitalier et l&#039;extra-hospitalier; en effet, sous prétexte que le patient nécessitait des soins, on l&#039;extrayait de  la société pour le placer en hôpital, on cherchait à le &amp;quot;normaliser&amp;quot; en l’excluant du système!: qui voulait-on protéger? Le patient ou la société? En bénéficiant de soins tout en continuant à être inséré dans la société, le patient ne souffre pas d&#039;un isolement qui rendrait sa réinsertion encore plus difficile. En restant inséré, il bénéficie d&#039;un réseau de soutien (famille, amis) qui a une part essentielle à jouer dans le processus de guérison.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cependant, il semblerait que même si beaucoup de progrès ont été accompli dans le domaine de la prise en considération de la personne malade, l&#039;institution garde encore toujours les stigmates de l&#039;asile totalitaire...&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Cécilia Zuccone</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=La_d%C3%A9sinstitutionalisation_dans_le_champ_de_l%27%C3%A9ducation_sp%C3%A9ciale_1960-1980&amp;diff=9217</id>
		<title>La désinstitutionalisation dans le champ de l&#039;éducation spéciale 1960-1980</title>
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		<updated>2012-01-08T14:58:29Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Cécilia Zuccone : /* Panorama historique général */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;[[user:Kleinpa0|P. Klein]],&lt;br /&gt;
[[user:Natalina m|N. M.]],&lt;br /&gt;
[[user:Ruchat|Martine Ruchat]],&lt;br /&gt;
[[user:Tatiana-vinhas|T Vinhas]],&lt;br /&gt;
[[user:Sandra wirz|S. Wirz]] et&lt;br /&gt;
[[user:Cécilia Zuccone|C. Zuccone]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Université de Genève&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Introduction  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A l&#039;heure où l&#039;on peut constater de &amp;quot;nouvelles exclusions&amp;quot; au nom de la protection des citoyennes et des citoyens inquiétantes pour certains, car &amp;quot;ruinant ainsi des décennies d&#039;efforts de déségrégation, désexclusion, de &amp;quot;retour du schizophrène dans la cité&amp;quot; (Dr.Patrick Lemoine, Le mystère du nocebo, Paris. Odile Jacob, 2011, p.69), un certain nombre de questions se posent pour mieux comprendre l&#039;histoire de l&#039;éducation spéciale, une histoire à la fois politique (anti-psychiatrie, sectorisation), sociale et culturelle (intégration, normalisation, désinstitutionalisation, communauté de vie, communauté thérapeutique) dans les décennies des Trente glorieuses (1960-1990) pendant lesquelles a soufflé un vent de contestation des politiques institutionnelles. Un esprit contestataire a émergé en particulier dès les années 1970 (post soixante-huit) provoquant dans le champ de la prise en charge des personnes dites aujourd&#039;hui &amp;quot;à besoins particuliers&amp;quot; un élan de remise en question de l&#039;institution, du pouvoir des médecins, de la contrainte institutionnelle et médicamenteuse. Peu de travaux ont encore exploré ce champ, à Genève, sinon pour étudier l&#039;histoire de Mai 68 et du mouvement féministe. (voir notamment Julie de Dardel, Révolution sexuelle et Mouvement de libération des femmes à Genève (1970-1977). Lausanne: Antipode, 2007). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La recherche proposée vise à mieux comprendre comment, à Genève, le champ de l&#039;éducation spéciale et celui de la psychiatrie a été touché par cette contestation. Elle fait suite à celle engagée en 2010 et 2011 sur l&#039;histoire de l&#039;intégration scolaire des enfants handicapés mentaux [[Pionniers de l&#039;intégration scolaire des enfants handicapés à Genève]] et [[Article 2011]]. Les recherches précédentes ont montré à la fois la complexité des pratiques d&#039;intégration amenant souvent un écart entre discours et pratique, ainsi que les résistances à penser le handicap sans mettre une ligne de démarcation entre norme et hors norme, entre enfant éducable et non éducable, limite souvent mal définie et dépendante des représentations (malédiction du handicap). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au début des années 60, l&#039;intégration apparaît être pour les parents, dont les enfants sont encore entièrement dans la famille, une intégration dans des institutions à créer.  Le concept de [[Dictionnaire|normalisation]] vient s&#039;accoler à celui d&#039;intégration pour rapprocher toute déviance d&#039;une norme sociale (en terme d&#039;habitat, d&#039;activité, voire de comportements). Ainsi le milieu ouvert (comme Aigues-Verte par exemple) peut apparaître comme plus proche d&#039;une vie quotidenne &amp;quot;normale&amp;quot; et donc plus intégrant. Le Pavillon des Grand Bois à l&#039;hôpital psychiatrique de Bel-Air représente encore une solution &amp;quot;intégratrice&amp;quot; pour les enfants les plus difficiles à éduquer et les moins autonomes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La [[Dictionnaire|désinstitutionalisation]] qui fait l&#039;objet de cette nouvelle recherche est d&#039;abord issue des milieux de l&#039;anti-psychiatrie (et donc ni des associations de parents ni des milieux pédagogiques); on peut apparenter idéologiquement ce mouvement anti-psychiatrique avec un objectif de normalisation dans le sens de rapprocher les personnes prises en charge de la vie quotidienne de tout un chacun. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi malgré des différences d&#039;application ces différents courants pourraient être affiliés à celui libertaire qui a essaimé dans différents champs du social entre 1970 et 1990. C&#039;est dans une perspective de compréhension de l&#039;histoire des idées et des pratiques du mouvement anti-psychiatrique genevois que s&#039;inscrit cette recherche. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un premier temps, cette page d&#039;histoire sera située dans une &amp;quot;tradition&amp;quot;: d&#039;une part celle du traitement de la différence (notamment depuis les travaux des psycho-pédagogues du début du 20e siècle comme Alfred Binet à Paris, Edouard Claparède à Genève ou Ovide Decroly à Bruxelles); et d&#039;autre part dans une tentative dès les années vingt en Angleterre (voir Libre enfants de Summerhill), mais surtout pendant et dans l&#039;après deuxième guerre mondiale (voire les communautés d&#039;enfants victimes de la guerre), de multiplier les expériences de vie communautaire issue du scoutisme, des mouvements de jeunesse, de l&#039;éducation nouvelle et de l&#039;éducation internationaliste et pacifiste, des colonies de vacances et camps CEMEA, s&#039;opposant à la tradition hospitalière (couvent, Bon Pasteur, Hospice, institutions de prises en charge spécialisées). Ce faisant, nous dégagerons des signes précurseurs de &amp;quot;désinstitutionalisation&amp;quot; avec ces structures plus petites, parfois médicalisées (les écoles de plein-air), mais avant tout proches de la nature et des besoins des individus. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un second temps, nous étudierons la période 1960-1980 laquelle a vu émerger un mouvement anti-psychiatrique (critique de l&#039;hôpital, du pouvoir médical, de la médicalisation à outrance et de la contrainte) pour une critique radicale visant le pouvoir institutionnel et entraînant des pratiques novatrices, lesquelles demandent à être mieux étudiées: 1. dans leurs objectifs (désinstitutionalisation ou déshospitalisation versus sectorisation)? 2. dans le choix fait des traitements: médicaux (traitement ambulatoire) ou éducatif et thérapeutique? 3. dans l&#039;évaluation faite des populations concernées par une prise en charge alternative 4. dans le rôle joué par la psychanalyse comme alternative au traitement médicaux et comme modèle thérapeutique (notamment dans les communautés cf. film de Catherine Scheuchzer, Dans l&#039;aventure du non de la parole) 5. dans le rôle donné aux familles et le poids qui leur est fait supporter (en terme financier, de responsabilité, de culpabilité,...) et en particulier à l&#039;égard des mères et des femmes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il s&#039;agira de mieux comprendre si l&#039;anti-psychiatrie est dans les années 1960-1980 une nouvelle manière de faire de la psychiatrie ou si elle est une véritable contestation de l&#039;institution asilaire et si les modèles alternatifs proposés ne seraient pas sous couvert d&#039;idéologie libertaire une façon de baisser les coût de la santé en temps de crise. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour ce faire, nous avons lu des articles et consulté une bibliographie d&#039;ouvrages &amp;quot;classiques&amp;quot;, livres de références pour les acteurs/trices de la période considérées, puis nous avons dépouillé des revues professionnelles pour saisir les thématiques qui ont traversé alors le champs de la psychiatrie et de l&#039;éducation spécialisée; dans un second temps la recherche s&#039;est portée sur un fond d&#039;archives de l&#039;Association Les archives contestataires (fonds Alain Riesen/Schuller) dont les donateurs d&#039;archives, sont fondateurs de l&#039;Arcade 84 et militant de l&#039;anti-psychiatrie genevoise. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un troisième temps nous avons effectué un entretien vidéo (un plan fixe) avec Alain Riesen afin de lui poser cinq questions issues de la recherche dans les archives et dans la littérature afin d&#039;avoir son témoignage sur l&#039;histoire de l&#039;anti-psychiatrie, de la désinstitutionalisation et des communautés thérapeutiques entre 1960 et 1980.[[plan de recherche 2012]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Revue de la littérature  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On constate qu&#039;il n&#039;y a guère d&#039;articles et d&#039;ouvrages concernant cette page de l&#039;histoire genevoise. Seul un article d&#039;Alain Riesen a en quelque sorte donné le feu aux poudres. Un autre article de Montandon relève plus d&#039;une histoire des liens entre psychiatrie et justice. Ainsi pour approcher l&#039;histoire des changements apparus dans les années soixante sur le plan de l&#039;éducation spéciale dans le traitement des troubles psychiques, il a fallu d&#039;abord s&#039;intéresser à l&#039;histoire de l&#039;anti-psychiatrie, puis de la désinstitutionnalisation et enfin des communautés thérapeutiques, sujet introduit par le [http://edutechwiki.unige.ch/dewiki/R%C3%A9sum%C3%A9_film_de_Catherine_Scheuchzer film de Catherine Scheuchter]. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C&#039;est pourquoi nous avons en particulier étudié les fonds d&#039;archives aux [http://www.archivescontestataires.ch Archives Contestataires] qui rassemblent les documents produits par les mouvements contestataires de la seconde moitié du XXe siècle. &lt;br /&gt;
A travers une plongée dans quelques revues professionnelles et journalistiques, cela nous a permis de mieux comprendre la place prise par ces thématiques dans les années concernées. Ainsi, un certain nombre de revues professionnelles ont été dépouillées pour la période 1970-1980. Soit Sauvegarde de l&#039;enfance, Déviance et Société, L&#039;Evolution psychiatrique. S&#039;y sont ajoutés les Cahiers Médico-sociaux entre 1956 et 1981, ainsi que le journal &amp;quot;Tout va bien&amp;quot; ( voir [[Notes sur journal Tout va bien]]) dépouillé pour les années 1970 à 1983, qui a consacré trois numéros entiers aux problèmes de la psychiatrie à Genève et surtout au mouvement anti-psychiatrique lié au scandale de l&#039;institution psychiatrique de Bel-Air en 1980.&lt;br /&gt;
  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Durant la période de 1970 à 1985, la revue &amp;quot;Sauvegarde de l&#039;enfance&amp;quot; n&#039;a publié aucune revue, voire même aucun article consacrés au thème de notre étude, à savoir la désinstitutionnalisation dans le champ de l&#039;éducation spéciale. Au premier abord on pourrait donc tirer la conclusion selon laquelle ce champ d&#039;étude ou ce mouvement n&#039;était que peu présent à cette époque. Toutefois, en se penchant davantage sur les sujets traités dans cette revue, on se rend compte que les auteurs de celle-ci n&#039;ont pas abordé la désinstitutionnalisation en tant que telle, mais l&#039;ont abordée par les effets qu&#039;elle a pu engendré à cette époque. Effectivement, on peut observer des thèmes comme la formation des éducateurs en centre de jour ou en maison d&#039;accueil, la relation entre famille et société, l&#039;école ordinaire, l&#039;adolescence et la violence ou encore l&#039;aide sociale, autant de thèmes qui ont largement découlé de ce mouvement désinstitutionnel. Il est donc fort intéressant de se pencher sur les champs d&#039;action de ce type de revues, afin de mieux comprendre quel était le climat politique, les préoccupations, les tendances de la période qui nous intéresse. D&#039;ailleurs, nous retrouverons tout au long de cet article de nombreuses références aux thèmes traités par le revue &#039;&#039;Sauvegarde de l&#039;enfance&#039;&#039;.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Entre 1972 et 1974&#039;&#039;, [[L&#039;évolution psychiatrique|L&#039; Évolution psychiatrique]]&#039;&#039; consacre deux numéros au thème de l&#039;antipsychiatrie. Dans ces deux numéros, les articles sont rédigés par des médecins psychiatres non antipsychiatres qui s&#039;efforcent, dans un premier temps, de reconnaître les bienfaits des problématiques soulevées par le mouvement antipsychiatrique. Dans un deuxième temps, ces psychiatres soulèvent les thèses du mouvement, les critiquent et se distancent franchement des solutions proposées par les antipsychiatres pour répondre aux problématiques de départ. Après 1974, il n&#039;y a plus de numéros ou d&#039;articles consacrés à l&#039;antipsychiatrie. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La [[Revue Déviance et Société|Revue Déviance et Société]] aborde la problématique du traitement de la déviance essentiellement du point de vue pénale et de l’analyse du mouvement des normes. Les quelques articles relevés entre 1977 et 1982 en lien avec notre problématique témoignent bien du questionnement autour des normes, de la responsabilité et du processus de formation de la déviance et de la stigmatisation. Il est ainsi possible de constater que l’incursion de la psychiatrie dans le domaine pénal est perçue comme une menace ou une déresponsabilisation des actes délinquants ou criminels. Et que les arguments invoqués pour l’application d’une évaluation psychiatrique est bien celle d’une aliénation, mais en dehors ou en parallèle du milieu carcéral. Concernant notamment la prise en charge des mineurs, l’article de Jean-Marie Renouard (1982) relate bien les mouvements conceptuels ayant eu lieu. De l’identification de l’enfant «&amp;amp;nbsp;inadapté&amp;amp;nbsp;» à par la suite l’identification de l’enfant «&amp;amp;nbsp;handicapé&amp;amp;nbsp;», les concepts de l’exclusion qui s’en suivent sont passés d’une stigmatisation dans le but «&amp;amp;nbsp;d’extraire&amp;amp;nbsp;» (dénoncés par la sociologie et le mouvement anti-psychiatrique) à un droit à l’exclusion dans une visée de réintégration. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Les cahiers médico-sociaux]] se dédient aux questions contemporaines liées à la santé publique et médico-sociales. C’est d’un point de vue «&amp;amp;nbsp;mesuré&amp;amp;nbsp;» que cette revue nous indique de façon précieuse quelles étaient les dispositions prises au niveau des politiques sociales (Assurances Invalidité, lois) et du traitement médical ou thérapeutique (services, institutions, approches thérapeutiques, relation praticien-patient). Les articles retenus concernent essentiellement l&#039;hygiène mentale et son appréhension. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt; &amp;lt;br&amp;gt; Cette revue de la littérature montre que... (dire ce qu&#039;on peut conclure de ce panorama)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
... que les années 60 à 80 ont été fortement teintées par une volonté de sortir les personnes malades de l&#039;institution névrosante, des ghettos asilaires, et de viser plutôt une ouverture vers la communauté. C&#039;est la recherche de la normalisation, donnant de l&#039;ampleur à un certain courant humaniste.  Est apparue la notion de Droit des patients: toute personne a le droit de vivre dans son milieu et de participer à la vie de sa communauté. La nécessité d&#039;être acteur de son processus de guérison est devenue prioritaire. Mais jusqu&#039;où est-on allé? Ou se situe la limite d&#039;une &amp;quot;vie comme tout le monde&amp;quot; lorsque l&#039;on souffre, que l&#039;on a des besoins spécifiques?  Les années 70 ont été permissives et ont laissé beaucoup d&#039;autonomie aux personnes handicapées ou malades, mais se sont-elles senties mieux?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Méthodologie  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le travail de recherche a mêlé plusieurs méthodologies. Outre l&#039;apprentissage de l&#039;usage d&#039;un wiki qui a cimenté comme il se doit cette &amp;quot;communauté de travail&amp;quot; de six membres, ceux-ci ont travaillé dans trois directions: la recherche documentaire et bibliographique, l&#039;étude d&#039;un fonds d&#039;archives (le Fonds Riesen/Schuler de l&#039;Association les Archives contestataire) et la construction d&#039;une grille de questions à poser au &amp;quot;grand témoin&amp;quot;, Alain Riesen. Ces quatre outils méthodologiques ont donc fondé cette étude. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1. De l&#039;usage du wiki &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La pratique de l&#039;intelligence collective oblige à mettre en mouvement deux réseaux: le réseau que forme les membres de la communauté qui travaillent constamment ensemble pour alimenter le site dewiki et le &amp;quot;réseau&amp;quot; des pages de rédaction qu&#039;offre le site wiki, soit: l&#039;espace de l&#039;article, celui du dictionnaire des concepts, celui de la bibliographie et celui des résumés. Reste évidemment la page d&#039;accueil qui permet de visualiser l&#039;ensemble et de suivre les tâches à effectuer d&#039;une semaine à l&#039;autre. Ce travail de recherche mêle des moments de rencontre sur le web (notamment par les pages de discussion autour d&#039;une activité), mais aussi réellement en salle de cours afin surtout d&#039;assurer le rythme d&#039;avancement de la démarche et d&#039;échanger du point de vue intellectuel et du point de vue technologique. L&#039;évaluation de la démarche se fait aussi dans une même perspective d&#039;intelligence collective qui nécessite un engagement des personnes pour le &amp;quot;bien commun&amp;quot; à savoir le résultat de l&#039;ensemble des activités qui forment cette recherche originale. Une autoévaluation collective clôt la démarche un mois après la fin de l&#039;expérience collective pour permettre d&#039;ajuster les rythme individuel et de peaufiner les textes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
2. De la recherche documentaire et bibliographique &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Afin de mieux comprendre les positions des différents acteurs dans les domaines que nous avons étudiés, il a été nécessaire de se plonger dans différentes revues professionnelles ou sociales. La plupart d&#039;entre elles étant gardées en version papier dans différents lieux d&#039;archives ou bibliothèques, nous nous sommes rendues dans les bibliothèques universitaires de plusieurs facultés (psychologie et sciences de l&#039;éducation, lettres, médecine,...) afin d&#039;avoir accès aux articles de l&#039;époque. La plupart de ces thématiques n&#039;étant pas directement liées à nos propres études, il nous a fallu, dans un premier temps, saisir tout un lexique, une pensée, un domaine parfois méconnus, voire inconnus. Dans un deuxième temps, il a fallu comprendre comment ce qui avait été lu pouvait s&#039;inscrire dans cette période entre 1960 et 1980, quelles étaient les sources d&#039;inspirations et les revendications de cette époque particulière. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt; 3. De la recherche en archives &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous sommes allées deux matins aux Archives Contestataires, afin de faire de la recherche sur le fond Riesen/Schuler. Ce fut très intéressant de toucher des documents manuscrits, de vieux journaux, et de la documentation provenant des médecins. Ce fut pour nous toutes une découverte intéressante de faire de la recherche d&#039;une autre manière. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
4. La constitution d&#039;une archive orale &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
N&#039;ayant trouvé que peu d&#039;archives écrites sur le mouvement de contestation de la psychiatrie à Genève entre 1960 et 1980, nous avons eu la chance de pouvoir interviewer Monsieur Alain Riesen, ergothérapeute et co-fondateur d&#039;Arcade 84. En relation avec les thématiques propres à chacune selon les revues consultées ou les ouvrages lus, nous avons pu l&#039;interroger d&#039;abord sur sa position de professionnel de la psychiatrie et son statut de militant. Dans un deuxième temps, nous lui avons demandé ses lectures de références, sa conception de la maladie mentale, sa vision du partenariat avec les familles des malades. Finalement, nous l&#039;avons interrogé sur les apports de toutes ces années de militantisme, notamment au sein de l&#039;ADUPSY et du réseau alternatif à la psychiatrie.([[Plan_de_recherche_2012|Questions]])&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Panorama historique général  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Des prisons à l&#039;asile pour les personnes atteintes d&#039;affections mentales&#039;&#039;&#039;&#039;&#039; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt; Jusqu&#039;à la fin du XVIIIe siècle, les hôpitaux psychiatriques internaient une population bien différente de celle accueillie au XXe siècle. [[Bibliographie|Cléopâtre Montandon&amp;amp;nbsp;(1978)]]&amp;amp;nbsp; nous dévoile que les populations désignées comme relevant de l&#039;univers psychiatrique étaient très fortement liées à l&#039;univers carcéral. Effectivement, jusqu&#039;au XVIIIe siècle, les criminels étaient considérés comme &amp;quot;fous&amp;quot; ou &amp;quot;aliénés&amp;quot; et se voyaient enfermés, voire même enchaînés dans des &amp;quot;maisons de discipline&amp;quot; ou dans des &amp;quot;hôpitaux pour fous&amp;quot;. A cette époque, seule la justice décidait du lieu d&#039;incarcération des individus criminels. Peu à peu, des distinctions se sont faites pour montrer que certains criminels aliénés relevaient davantage de la psychiatrie, et se définissaient essentiellement par une responsabilité restreinte et une santé mentale défaillante. Ce sont alors ces personnes, désignées comme ne pouvant accomplir leur rôle social, que les hôpitaux psychiatriques ont admis dans leurs locaux. Pour décider et justifier ces internements, la justice ne pouvait agir seule. C&#039;est à partir de 1838 qu&#039;une loi voit le jour à Genève concernant l&#039;internement des &amp;quot;aliénés&amp;quot;: loi sur le placement et la surveillance des aliénés (5 février 1838). On parlera dès lors de &#039;&#039;placement&#039;&#039; des aliénés, et non plus de l&#039;enfermement ou de l&#039;internement de ces derniers.&amp;lt;br&amp;gt; &amp;quot;Ce n&#039;est qu&#039;à partir de 1936 que l&#039;autorisation d&#039;un internement est délivré sur vue d&#039;un certificat médical par le Département de la prévoyance sociale et de la santé publique&amp;quot;. Ainsi, on voit combien la société évolue en définissant clairement et sur preuves médicales qui peut être &#039;&#039;placé&#039;&#039; en hôpital psychiatrique. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On peut également noter que les préoccupations principales de la période du XVIIIe au début du XXe siècle se restreignaient principalement à la sécurité, et de fait au &#039;&#039;placement&#039;&#039; de ces personnes. Où pouvait-on mettre physiquement ces personnes différentes pour qu&#039;elles ne nuisent pas à la société? Que pouvait-on faire d&#039;elles? Qui pouvait s&#039;en occuper? Que faire avec ces personnes? On observe dès lors que, pendant plusieurs siècles, ces personnes étaient enfermées, considérées comme étant dénuées de tous sens, de toute sensibilité, et par conséquent ne recevaient aucune éducation. Il faudra alors attendre la fin du XIXe siècle pour entrevoir une forme d&#039;éducation de ces personnes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans son article, &amp;quot;[[Bibliographie|La naissance de l&#039;institutions pour aliénés]]&amp;quot; à Genève au 19e siècle, Alain Riesen montre que la problématique de l&#039;internement est grandissante et que &amp;quot;l&#039;inhumanité de l&#039;enfermement&amp;quot; (Riesen, 1981) est au coeur des préoccupations. Il relate également une nouvelle conception du milieu asilaire&amp;amp;nbsp;: &amp;quot;la possibilité d&#039;améliorer l&#039;état des aliénés, ou même les guérir, si de bonnes conditions sont réunies&amp;quot;. En d&#039;autres termes, il s&#039;agirait de pouvoir administrer un traitement aux malades de manière à guérir, à soigner leur folie; à l&#039;époque nommé &#039;&#039;traitement de la folie. &#039;&#039;Plusieurs types de traitements font alors leur apparition et notamment l&#039;isolement. Il s&#039;agissait d&#039;éloigner le malade des conditions de vie qui l&#039;ont rendu &#039;&#039;fou&#039;&#039; &amp;quot;afin de le soustraire à leur influence&amp;quot;. La médication fut également un des traitements de la folie.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette nouvelle manière de penser l&#039;internement étant accomplie, plusieurs dérives ont vu le jour, et notamment les placements abusifs effectués par le Département de Justice et Police. En 1895, la Loi de 1838 est revue de manière à éclaircir la procédure d&#039;admission des aliénés.&amp;amp;nbsp;&amp;quot;Même si la loi de 1838 ne rend pas obligatoire l&#039;avis médical pour procéder au placement, dans la pratique, le médecin se fondant sur une &#039;&#039;science&#039;&#039; de l&#039;aliénisme en plein développment, va jouer un rôle de plus en plus important dans le placement et la sortie des aliénés&amp;quot; ([[Bibliographie|ADUPSY]]). L&#039;avis médical devient dès lors requis pour tout placement. Enfin, la réforme de 1936 met en évidence la nécessité et l&#039;exigence d&#039;un certificat médical pour être placé. Quiconque ne peut pas être déféni comme &amp;quot;fou&amp;quot; ou &amp;quot;aliéné&amp;quot; sans avis médical suivant des règles précises.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt; &#039;&#039;&#039;&#039;&#039;L&#039;éducation...&#039;&#039;&#039;&#039;&#039; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au début du XXe siècle, Binet et Simon (1907)&amp;amp;nbsp; &#039;&#039;donnent une nouvelle forme cognitive de l&#039;éducation spéciale qui perdurera au moins jusqu&#039;au années 1960&#039;&#039; ([[Bibliographie|Chauvière et Plaisance, 2003, p. 32]]).&amp;amp;nbsp; A cette époque, on distinguait les arriérés d&#039;asiles, non éducables et à laisser entre les mains des médecins, des arriérés d&#039;école. Ainsi, des institutions apparaissent entre l&#039;hôpital et la classe ordinaire: les classes spéciales (ou classes de développement) et les instituts médico-pédagogiques. Dans ces nouveaux lieux, la pédagogie était &#039;&#039;inspirée par l&#039;atelier, c&#039;est-à-dire guidée par la mise en oeuvre de travaux manuels et d&#039;exercices pratiques &#039;&#039;([[Bibliographie|Chauvière et Plaisance, 2003, p. 33]]). A Genève, c&#039;est le médecin et psychologue Edouard Claparède qui sera appelé pour réorganiser les classes spéciales sur un mode scientifique, c&#039;est-à-dire en tenant compte du diagnostic effectué sur l&#039;enfant et du pronostic d&#039;éducabilité. [[Bibliographie|Ruchat]] &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En grande-Bretagne, dans les années 1920, A.S Neill, puis dans les années 1960, David Cooper ont mis en place de nouveaux lieux pour exercer une forme innovante de psychiatrie et d&#039;éducation, remise en question de l&#039;internement psychiatrique des malades mentaux. C&#039;est en effet à travers des expériences comme [[Résumé de l&#039;ouvrage Libres enfants de Summerhill|Libres enfants de Summerhill]] de [[Bibliographie|Neill]] en 1921 ou Pavillon 21 menée par [[Bibliographie|Cooper]] en 1962 que l&#039;anti-psychiatrie semble voir le jour. Effectivement, plusieurs principes régissent ce nouveau type de lieu à savoir la liberté des individus, le self-governement, les apprentissages facultatifs... en ayant pour hypothèses que le mal-être et la maladie mentale de ces individus sont en partie dû aux contraintes du monde dans lequel ils évoluent et apprennent. Dès lors, il convient de créer des institutions, des lieux éloignés de toute coercition et de toute autorité. Notons également que Maud Mannoni, dans la préface de l&#039;ouvrage Libres enfants de Summerhill, relate que Neil faisait partie de &amp;quot;la lignée anarchisante qui donna naissance à l&#039;antipsychiatrie&amp;quot; ([[Bibliographie|Mannoni, dans Neill, 1979, p. 9]]).&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais on constate aussi, en France, que la période 1945-1960 est également bouleversée et traversée par de nouveaux modèles éducatifs avec la naissance de lieu de vie où l&#039;enfant inadapté est accueilli, non pas à travers sa maladie ou sa différence, mais plus à travers le fait qu&#039;il est un enfant et qu&#039;il doit être éduqué. Jean Lagarde, fondateur de l&#039;association de la sauvegarde des enfants invalides dans la période après guerre, souhaitait effectivement faire &amp;quot;l&#039;expérience d&#039;éducation toujours dans un creuset communautaire&amp;quot; ([[Bibliographie|Capul, 2002, p.141]]). Lagarde avait pour objectif de créer un lieu où les soins médicaux puissent être administrés aux enfants qui en nécessitaient, tout en leur proposant un accueil éducatif. Nous pourrions plutôt dire qu&#039;il désirait créer une école, un lieu de vie où un suivi médical était envisageable. Il s&#039;agissait en effet d&#039;éloigner l&#039;enfant du lieu médical pour qu&#039;il devienne élève et que, de fait, il puisse apprendre. Dans cette optique, équipe pédagogique et équipe médical devaient collaborer étroitement. Cette expérience est à nouveau le témoin d&#039;une nouvelle forme d&#039;hospitalisation. Il est possible de faire le lien entre cette expérience et l&#039;approche de Maud Mannoni en 1969, avec la création de l&#039;Ecole expérimentale de Bonneuil-sur-Marne où il s&#039;agissait également de séparer les lieux d&#039;analyse et les lieux de vie (lieux pédagogiques).&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt; &#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Et en Suisse?&#039;&#039;&#039;&#039;&#039; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En se fondant sur des principes similaires à ceux de Neil et de Cooper, dès les années 1960,&amp;amp;nbsp; de nombreuses institutions privées pour enfants handicapés ou en difficultés se développent en Suisse, majoritairement sous l&#039;impulsion d&#039;associations de parents. Ces derniers ont été amenés à &#039;&#039;créer et à gérer des institutions de type médico-éducatif&#039;&#039; &#039;&#039;pour éviter à leurs enfants d&#039;être relégués dans des services d&#039;hôpitaux psychiatriques ou d&#039;être seulement en survie à leur domicile&#039;&#039; (Chauvière er Plaisance, 2003, p.35). Aujourd&#039;hui, les institutions, à Genève, semblent toujours être un peu sur le même modèle, celui de &amp;quot;l&#039;alliance&amp;quot; entre le médical et le pédagogique (qui regroupe aussi l&#039;aspect éducatif). Si on ne cherche peut-être plus à éviter aux élèves la reléguation en psychiatrie, on les place dans des lieux parfois hors de tout cursus ordinaire et loin de la norme. Ce qui questionne enfin sur qu&#039;est-ce que la normalisation? Et où mettre la limite à une vie comme tout le monde avec un handicap: la liberté (permissivité, autonomie) des années 1970 a-t-elle fait l&#039;impasse sur la souffrance des individus face aux exigences thérapeutiques et pédagogiques? La communauté d&#039;enfants (pédagogique, institutionnelle, thérapeutique) est-elle un modèle &amp;quot;utile&amp;quot; en temps de crise des institutions: peu coûteux, demandant un engagement au quotidien (vie quotidienne) du collectif pédagogique et thérapeutique (donc assurant un &amp;quot;contrôle social&amp;quot; maximal.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Ce qu&#039;en dit Riesen...&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Prémisses à l&#039;anti-psychiatrie==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les années 60, Michel Foucault a tenté d&#039;amorcer &amp;quot;un dialogue entre la psychiatrie et ses sujets&amp;quot; ([[Bibliographie|Rose, 2006, p.113]]) et dès 1971 avec la sortie de son ouvrage sur les prisons, c&#039;est à la critique de l&#039;univers carcéral et des rapports de pouvoir qu&#039;il s&#039;attelle (Surveiller et punir, 1971). Ces critiques, plus tard regroupées sous le nom d&#039;antipsychiatrie, visaient à remettre en question &amp;quot;la manière dont le pouvoir du médecin était impliqué dans la vérité de ce qu&#039;il disait et, inversement, la manière dont celle-ci pouvait être fabriquée et compromise par son pouvoir ([[Bibliographie|Rose, 2006, p.120-121]]). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En Italie, Franco Basaglia, qui s’est appuyé entre autres sur les modèles de l’anti-psychiatrie anglaise et française pour mener sa lutte ([[Bibliographie|Cooper, Lang, Foucault, Caxtel]]), s&#039;en est pris aux conditions de vie moyenâgeuses réservées aux malades mentaux. En quelques années, il démantèle l’asile et expérimente les premiers éléments de sa conception territoriale (et non plus institutionnelle) de la folie&amp;amp;nbsp;: le malade est soigné dans son milieu social&amp;amp;nbsp;» (TVB 10 octobre 80).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;institution comme lieu d&#039;exclusion est mise à mal par une volonté de certains de supprimer ces lieux de contrainte, pour une vie libre dans la Cité (sectorisation) ou dans des communautés thérapeutiques (de préférence à la campagne) partant du présupposé que les conditions de vie des personnes sont déterminantes dans leur état de santé (avant même tout diagnostic). Par ailleurs, dans ces années-là, la vie quotidienne devient un objet d&#039;étude (la sociologie de la vie quotidienne), terreau de multiples expériences pédagogiques et thérapeutiques. Le slogan &amp;quot;La liberté est thérapeutique&amp;quot; s&#039;allie à une critique de la contrainte médicamenteuse et des pratiques de contention psychiatrique: elle donne ainsi une place à de nouvelles formes d&#039;&amp;quot;éducation spéciale&amp;quot; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Symptôme de ce changement le terme d&#039;&amp;quot;usagers&amp;quot; vient reléguer celui de &amp;quot;patients&amp;quot; donnant un nouveau statut aux personnes, écorchant ainsi le sacro saint pouvoir des médecins et des directions des institutions.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La fonction du médicament dans l&#039;approche anti-psychiatrique  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;apparition de la médication au début des années 1960 permet d&#039;éviter l&#039;internement. Elle soutient le changement qui s’opère dans les pratiques et donne l&#039;impression de pouvoir faire quelque chose. Elle fait transparaître un espoir aussi bien pour les praticiens que pour les patients puisque grâce aux médicaments il y a une diminution des hospitalisations, une augmentation des prises en charge ambulatoires et une augmentation des consultations. L&#039;avancée de la médecine et l’essor de la psychopharmacologie permettent alors de développer de nouvelles perspectives thérapeutiques et de nouveaux défis comme le soutien au patient et à sa famille, la mise en place de nouvelles structures. Il s&#039;agit ainsi de &amp;quot;jeter un pont entre l&#039;hôpital et la ville&amp;quot; (CMS, 1963, 7ème année, n°2 &amp;quot;L’assistance psychiatrique). Cependant, les connaissances récentes sur les effets de la médication et les abus sur son utilisation sont également soulevés. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;anti-psychiatrie se veut aussi anti-thérapeutique, ce qui lui est&amp;amp;nbsp; vivement reproché par les anti anti-psychiatres. Selon ces derniers, les anti-psychiatres considèrent que &amp;quot;les traitements sont à proscrire&amp;quot; ([[Bibliographie|Maurel, 1972]], p. 79). &amp;quot;Traiter, écrit Cooper, c&#039;est être intéressé à rendre le patient plus acceptable pour les autres...et lui faire manifester de moindre façon sa détresse&amp;quot; ([[Bibliographie|Maurel, 1972]], p. 79). Les anti anti-psychiatres militent ainsi pour une guérison grâce à des médicaments &#039;&#039;efficaces&#039;&#039; (au sens médical), selon des avis rapportés par les patients eux-mêmes. Selon les psychiatres opposés au courant anti-psychiatrique, ce-dernier vise &amp;quot;sans toujours l&#039;avouer à &amp;quot;soigner&amp;quot; clandestinement les &amp;quot;malades&amp;quot;&amp;quot; (Maurel, 1972, p.80), ce qui est selon Maurel et ses collègues, une contradiction.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Psychiatrie et anti-psychiatrie  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le mouvement d&#039;anti-psychiatrie&amp;amp;nbsp; &amp;quot;s&#039;oppose d&#039;abord et avant tout à une forme de monopole du savoir médical&amp;quot; ([[Bibliographie|Mannoni, 1970]], p. 9). Il dénonce l&#039;autorité morale et policière&amp;amp;nbsp; du psychiatre. Toutefois, psychiatres et partisants de l&#039;anti-psychiatrie s&#039;accorde sur le fait que &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;la société place le psychiatre dans une position ambiguë&amp;amp;nbsp;: il est au service d&#039;un patient dont il a à défendre les droits mais il se trouve également placé en position d&#039;auxiliaire de la police dans un programme d&#039;internement qui est un processus d&#039;obligation de soins&#039;&#039; (Mannoni, 1970, p. 168). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les réponses apportées par les uns et par les autres pour essayer de lever cette ambiguité sont toutefois différentes. Si l&#039;anti-psychiatrie cherche plutôt à démystifier &amp;quot;le rôle que la société fait jouer à la psychiatrie&amp;quot; (Mannoni, 1970, p.168), à créer des lieux où la maladie mentale pourrait être réintérrogée (allant même jusqu&#039;à nier la notion de maladie mentale) et à s&#039;éloigner des conceptions scientistes, certains psychiatres cherchent à remettre sur le devant de la scène un discours scientifique. &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;---Quand l&#039;antipsychiatrie est critique radicale de l&#039;institution, je suis antipsychiatre; mais quand elle se réfugie dans la négation de la maladie mentale, je suis contre&#039;&#039;--- ([[Bibliographie|Sztulman, 1972]], p.107).&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les archives de la revue &amp;quot;&#039;&#039;L&#039; Évolution psychiatrique&#039;&#039;&amp;quot;, les psychiatres non antipsychiatres se sont attelés, au début des années 70, à défendre leur point de vue scientifique et médical. Face au mouvement de protestation, ils ont écrits plusieurs articles afin de réhabiliter la psychiatrie et montrer les incohérences du mouvement antipsychiatrique, non seulement dans ce qu&#039;il dénonce, mais également dans les solutions qu&#039;il propose. S&#039;ils reconnaissent un certain succès à l&#039;antipsychiatrie &amp;quot;dans sa position de refus et de provocation&amp;quot; ([[Bibliographie|Barte, 1972]], p. 46), les solutions qu&#039;elle propose ne les satisfont guère. Pour certains membres de ce corps médical, la maladie mentale doit être reconnue comme &#039;&#039;phénomène nature&#039;&#039;l ([[Bibliographie|Ey, 1972]], p. 53). &amp;quot;En faisant volatiliser dans le néan l&#039;objet même de la psychiatrie qu&#039;est le malade mental, l&#039;antipsychiatrie nie la souffrance humaine, nie le drame authentiquement humain que vit chaque malade mental (Barte, 1972, p. 46). Pour défendre ces patients malades, &amp;quot;fous&amp;quot;, pour les réhabiliter, il est nécessaire de &amp;quot;passer par la reconnaissance même de la psychiatrie, science critique et autonome et qui ne peut se fonder que sur la notion de maladie mentale conçue ni comme simple maladie des organes, ni comme simple maladie psychique&amp;quot; (Barte, 1972, p.47). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le malaise asilaire est reconnu par les non antipsychiatres et les antipsychiatres. Il importe de traiter l&#039;institution en même termps que ses pensionnaires. Cependant, les non antipsychiatres récusent la responsabilité de l&#039;hôpital psychiatrique dans la création de la folie, &amp;quot;même s&#039;il concourt parfois à statufier certaines présentations cliniques&amp;quot;. (Sztulman, 1972, p. 106). Face aux critiques sur l&#039;hôpital, notamment face à certains qui, comme Basaglia, refusaient l&#039;idée de traitement de malades et de médecins, les non antipsychiatres dénoncent la destruction de l&#039;hôpital au profit d&#039;assemblées générales peu organisées. Sztulman (1972) pose la question&amp;amp;nbsp;: &amp;quot;A quoi ça sert&amp;amp;nbsp;? A quoi ça sert d&#039;être psychiatre là, ou femme de service,&amp;amp;nbsp; ou ergothérapeute puisque de tout façon chacun est dépouillé de son statut, et que les rôles sont&amp;amp;nbsp; inventer en permanence&amp;amp;nbsp;?&amp;quot; (p.102). Pour ces médecins, la négation de l&#039;inconscient et celle de la maladie mentale dans le mouvement antipsychiatrique amène des &#039;&#039;attitudes thérapeutiques particulièrement incohérentes &#039;&#039;(Sztulman, 1972, p. 101). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La question de l&#039;attribution de la maladie mentale à un fait organique ou plutôt à un fait culturel était alors au coeur de la bataille entre antipsychiatres et non antipsychiatres. Lors de l&#039;entretien mené avec Monsieur Alain Riesen, ce dernier nous a expliqué que cette question est toujours d&#039;actualité et qu&#039;il n&#039;y a pas, aujourd&#039;hui encore, de définition claire de la part de la communauté scientifique. Dans les années 1970, les non antipsychiatres critiquaient l&#039;erreur de l&#039;antipsychiatrie dans sa croyance &amp;quot;&#039;&#039;en un principe de causalité univoque et direct de la psychose&amp;quot;&amp;amp;nbsp;&#039;&#039;(Sztulman, 1972, p.105). Dans le même article, Sztulamn déclare encore: &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&amp;quot;&#039;&#039;il est dogmatique et naïf de dire que la folie se développe en dehors de toute culture. Il est dogmatique et naïf de dire qu&#039;elle se limite à un fait culturel. De tout évidence, il n&#039;y a pas un modèle qu&#039;il soit organo, psycho ou socio-génétique de la maladie mentale, mais pluridéterminisme à pondération variable suivant les cas&#039;&#039;&amp;quot; (p. 105). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Monsieur Alain Riesen a bien décrit cette vision de &#039;&#039;pluridéterminisme&#039;&#039;. Il nous a expliqué que la conception de la maladie mentale comme unique produit d&#039;un système qui disfonctionne semble devoir se ranger derrière un système bio-psycho-social qui rencontre actuellement le plus de soutient de la part des professionnels du domaine psychiatrique. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un peu plus tard, en 1974, L&#039;évolution psychiatrique a consacré à nouveau un numéro à l&#039;antipsychiatrie. Le vent de révolte de la part des non antipsychiatres semble s&#039;être calmé, comme s&#039;ils avaient été entendus et reconnus, comme s&#039;ils avaient &amp;quot;résisté à l&#039;agression psychiatricide de l&#039;antipsychiatrie&amp;quot; ([[Bibliographie|Sztulman, 1974]], p.129). Les mêmes auteurs qu&#039;en 1972 relèvent toujours l&#039;importance de l&#039;antipsychiatrie dans une démarche de contestation et d&#039;identification des difficultés de l&#039;institution psychiatrique. &amp;quot;L&#039;antipsychiatrie nous aide quand elle montre comme s&#039;est organisé le refus, la ségrégation de la maladie mentale et quand elle rappelle que chacun, dans la santé mentale et dans la folie, est la victime d&#039;une répression collective&amp;quot; (Sztulman, 1974, p. 129). Toutefois, ces mêmes psychiatres rapellent leur opposition à l&#039;étiologie de la maladie mentale revendiquée par les antipsychiatres. Ces années de remise en question et de refonte de la l&#039;insitution psychiatrique ont facilité un réel rétablissement de l&#039;institution de la psychothérapie, puis de la psychothérapie de l&#039;institution. En quise de plaidoyer Pro-Psychiatrie, voici ce que dit Minkowiski, cité par Sztulman (1974, p. 132) et qui résume la vision de non antipsychiatre de ce que devrait être leur profession:&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;Quelque part entre le fantasme de la faute et l&#039;illusion de la toute-puissance se trouve le chemin malaisé d&#039;une psychiatrie nouvelle, à réinventer tous les jours où le psychiatre refuse à la fois la facilité de n&#039;être qu&#039;un instrument passif, indifférent et anenchéphalique de la conservation de l&#039;ordre social et le plaisir narcissique de se situer au-delà d&#039;une réalité clinique ignorée, niée et finalement forclose, parce que angoissante. &#039;&#039;&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La désinstitutionalisation  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon des sources internet, le mouvement de désinstitutionalisation semble avoir débuté vers 1960 (même s’il semble qu’il y ait eu un prélude à la désinstitutionnalisation au début du 19e siècle (L’Institut universitaire en santé mentale de Québec par exemple - La désinstitutionnalisation, http://caringminds.ca/index.php?option=com_content&amp;amp;amp;view=article&amp;amp;amp;id=62&amp;amp;amp;Itemid=43&amp;amp;amp;lang=fr&amp;amp;amp;limitstart=7). Certains observent le début de ce mouvement en Scandinavie, d’autres au Québec. Dans tous les cas, il s’agit d’un mouvement d&#039;ouverture vers la communauté, d’une volonté de «normalisation»[[Normalisation]] &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le mouvement de désinstitutionnalisation s&#039;appuie avant tout sur une philosophie qui met l&#039;accent sur les droits et les libertés des individus, et elle vise à humaniser les soins de santé mentale. ([http://agora-2.org/thematiques/inaptitude.nsf/Dossiers/Desinstitutionnalisation Encyclopédie de l’Agora]). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;horreur suscitée par les politiques nazies du meurtre eugénique des malades psychiatriques et les camps de concentration pendant la Seconde guerre mondiale, ont attirer l’attention sur les pratiques «&amp;amp;nbsp;déshumanisantes&amp;amp;nbsp;» dans les soins psychiatriques en santé mentale, (séquestration, mauvais traitements en tout genre, manque de formation des professionnels). (Voir [http://id.erudit.org/iderudit/032417ar Martin, 1984 et Claire Henderson et Graham Thornicroft], Santé mentale au Québec, vol. 22, n° 2, 1997, p. 88-114. ) Les années d’après-guerre ont vu un accroissement de l’intérêt porté à l’institution comme objet d’étude. Certains auteurs parlent de l’institution comme étant «&amp;amp;nbsp;névrosante&amp;amp;nbsp;», «&amp;amp;nbsp;façonnant et codifiant les gens dans le rôle de patient psychiatrique&amp;amp;nbsp;» (Goffman (1961). On observe dans les années 60 une disparition du personnel religieux des hôpitaux. Naît alors une nouvelle conception de l’individu, une évolution des attitudes envers le malade&amp;amp;nbsp;; on veut le sortir des murs de l’asile psychiatrique. On commence à parler, à cette époque, du «&amp;amp;nbsp;droit de la personne&amp;amp;nbsp;». Des idéaux humanitaires amènent alors à une nouvelle vision de la maladie mentale. Il semble que ce mouvement de désinstitutionnalisation soit également lié à l’apparition des pratiques de pharmacopée. Effectivement, «&amp;amp;nbsp;Ces nouveaux médicaments permettaient de calmer les malades agités, délirants, hallucinés et ainsi permettre d&#039;envisager et de généraliser des traitements psychiques dans des conditions plus réalistes ou encore, lorsque c&#039;était possible, d&#039;envisager un retour au domicile ou dans des structures intermédiaires&amp;amp;nbsp;».([http://fr.wikipedia.org/wiki/Psychiatrie déf. du mot «&amp;amp;nbsp;psychiatrie&amp;amp;nbsp;»]). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On a le désir de «normaliser&amp;amp;nbsp;» leurs conditions de vie. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les années 60, si la personne «&amp;amp;nbsp;déficiente intellectuellement&amp;amp;nbsp;» est encore considérée comme un «&amp;amp;nbsp;malade&amp;amp;nbsp;», le malade mental ne l&#039;est plus, mais davantage comme un sujet pouvant être aidé et guéri. On met en avant le fait que la maladie mentale ne nécessite pas nécessairement une hospitalisation, et qu’elle doit être considérée comme une quelconque maladie. On externalise, on invente la psychiatrie de secteurs, on commence à intégrer des services pour les malades mentaux dans des hôpitaux ou cliniques. On évite ainsi la stigmatisation des malades mentaux placés pour de longues périodes en asile psychiatrique, et on leur évite la perte de leurs facultés leur permettant de se réintégrer dans la société. On redonne alors un rôle à la communauté, tout en accordant des responsabilités aux familles. La patient devient alors le coeur de l&#039;intérêt des praticiens. ([http://www.promentesana.org/upload/application/trimes_43.pdf in Lettre trimestrielle de l’association romande Pro Mente Sana])&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La désinstitutionalisation a permis aux personnes présentant des troubles psychiatriques de sortir de ce milieu assimilé pendant de nombreuses années, au milieu carcéral. Mais une fois &amp;quot;libérées&amp;quot; où vont ces personnes? A ce sujet,&amp;amp;nbsp; [[Bibliographie|N. Carpentier (2001)]] affirme dans son article que 60 à 70&amp;amp;nbsp;% des patients retournent dans leur famille après l’hospitalisation. Mais plusieurs auteurs ont démontré que l&#039;arrivée d&#039;un malade dans une famille, avait de lourde conséquence sur celle-ci. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Avant d’en venir aux conséquences, il semble nécessaire de revenir sur la représentation qu&#039;ont les professionnels des familles des patients. Pour cela, il est intéressant de revenir sur l&#039;évolution de leur vision. En d&#039;autres termes, comment la famille, alors qu&#039;elle était considérée comme coupable de la maladie de l&#039;un de ses membre, est devenue un partenaire idéal?&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au début du XXème siècle, celle-ci était considérée comme étant la cause, l&#039;origine de la maladie de l&#039;enfant. Les professionnels affirmaient que la maladie mentale était un problème génétique, héritée de plusieurs générations antérieures. Ensuite, les années cinquante ont apporté un premier renversement dans cette représentation. En effet, la famille était perçue comme étant un «&amp;amp;nbsp;système réagissant aux troubles mentaux de l’un de ses membres, plutôt qu’en tant que système causant des désordres psychiques&amp;amp;nbsp;» ([[Bibliographie|Carpentier, 2001, p.84]]). Ce changement de perspective est en lien avec l’arrivée d’une politique qui favorise les hospitalisations de courte durée. En d’autres termes, les familles commencent à être perçues comme une solution aux changements politiques. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les années 60, la psychiatrie adopte une vision centrée sur la communauté. Ce changement va être très favorable pour les familles, puisqu’il permet à ces dernières de se déresponsabiliser des troubles mentaux. Ainsi, toujours selon Carpentier, à cette époque «&amp;amp;nbsp;les désordres psychiques [doivent être étudiés] sous l’angle de l’isolement social, des désavantages sociaux, puis selon la présence de stresseurs sociaux et économique&amp;amp;nbsp;»( p.89) .&amp;lt;br&amp;gt;Ainsi, au fur et à mesure que le mouvement de désinstitutionalisation est mis en place, les politiciens et les professionnels considèrent la famille comme étant une solution au problème. En effet, cette dernière est perçue comme «&amp;amp;nbsp;une source privilégiée de soutien émotionnel et social ainsi que comme place de choix pour relocaliser le patient psychiatrique.&amp;amp;nbsp;» ([[Bibliographie|Carpentier, 2001, p.91]]. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Du côté des familles, il semblerait selon  [[Bibliographie|R. Therrien (1990)]] que sur le plan économique et émotionnel, la désinstitutionnalisation leur demande beaucoup, en particulier aux femmes. En effet, toujours selon R.Therrien, avoir quelqu&#039;un ayant des problèmes mentaux à la maison provoque beaucoup de stress. Chez certains, un malade peut devenir un véritable &amp;quot;fardeau&amp;quot;, puisque celui-ci impose beaucoup de contraintes. Effectivement, avoir une personne malade à la maison peut engendrer des conséquences telles que la réduction des loisirs habituels, les sorties avec les amis, par peur d&#039;être jugé, ou encore d&#039;avoir des problèmes avec les voisins, car les comportement de la personne dérange. Tous ces problèmes ont un impacte très fort sur la famille d&#039;autant plus qu&#039;elle n&#039;est pas aidée, ni reconnue pour tout ce qu&#039;elle fait pour la personne malade. &amp;amp;nbsp; &amp;lt;br&amp;gt; A propos de la lourde responsabilité des parents, on peut se demander si les familles ne finiraient pas elles aussi à un moment donné par tomber malade. A ce sujet,  le témoignage d&#039;[[Bibliographie|Alain Riesen]] souligne que lorsqu&#039;une famille prend en charge un de ses membres malade, il ne faut pas qu&#039;elle reste seule, mais qu&#039;elle en parle, partage ce qu&#039;elle vivait au quotidien. C&#039;est donc, pour ces raisons-là que des thérapies familiales ont vu le jours.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La communauté: un modèle alternatif à l&#039;institution fermée  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La communauté comme mode de prise en charge a, dans le champ de l&#039;éducation spéciale et spécialisée, sa propre histoire. Relevant d&#039;une approche démocratique et souvent pacifiste, la communauté est une forme de gouvernement par les personnes elles-mêmes (y compris les enfants). La notion de self-government a été développé dans le cadre de l&#039;éducation nouvelle pour définir de telles pratiques dès la fin du XIXe siècle. Lors de la seconde guerre mondiale des communautés d&#039;enfants victimes de la guerre ont vu le jour partout en Europe. Se référent à des modèles antérieurs comme les écoles nouvelles à la campagne de l&#039;éducation nouvelle (et donc du self-government) , de la république d&#039;enfants, de la cité des enfants, leurs fondateurs ont contribué au relèvement de l&#039;éducation en Europe par un modèle visant la participation des enfants à la gestion de la communauté et leur autonomie. Souvent, transformé dès les années 1950 en foyer pour enfants (malheureux, difficiles voire délinquants), le modèle des communautés d&#039;enfants semble être circonscrit à une période temporelle courte et particulièrement difficile sur le plan économique. On peut donc se demander si ce type de modèle ne serait pas &amp;quot;choisi&amp;quot; particulièrement en temps de crise et de manque de ressources financières donnant ainsi plus de pouvoir aux &amp;quot;usagers&amp;quot; permettant ainsi un moindre encadrement institutionnel. [[https://plone2.unige.ch/aref2010/search?SearchableText=communautés+d%27enfants]]. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des «&amp;amp;nbsp;communautés thérapeutiques&amp;amp;nbsp;» ont été créées en réaction aux enfermements asilaires prônés jusque-là mais qui commençaient à être pointés du doigt, car considérés comme déshumanisants. Bien que créées tout d&#039;abord pour répondre aux phénomènes de dépendances (toxicomanies, par exemple), on trouve, dès la fin des années 60, des communautés thérapeutiques en Angleterre, en France, en Suisse et au Québec, destinées au secteur de la psychiatrie. Avec la naissance de ces communautés thérapeutiques, une nouvelle approche de la psychose en-dehors des lieux de soins traditionnels s&#039;est développée (Schatzman, 1969; Barnes et Berke, 1973; Fabre, 1978; Lecomte et Tourigny, 1983a). Leur but est de créer un milieu &amp;quot;naturel&amp;quot;, en reconstituant les structures d’une «&amp;amp;nbsp;macro famille&amp;amp;nbsp;» ou d’une «&amp;amp;nbsp;mini société&amp;amp;nbsp;», plus rassurantes&amp;amp;nbsp;: on trouve par exemple la Communauté des Sablons, (Maison d&#039;enfants à caractère social et familial (76270 Saint-Saire), ou, en Suisse, le foyer de Tavel qui a vécu cinq ans (1975-1980). Dans le [http://edutechwiki.unige.ch/dewiki/R%C3%A9sum%C3%A9_film_de_Catherine_Scheuchzer film de Catherine Scheuchzer], «&amp;amp;nbsp;Dans l’aventure du non, la parole&amp;amp;nbsp;», (tourné à Boulens, dans la campagne vaudoise, dans les années 70 ), on découvre, dans un décor post soixante huitard, très simplement, dans un rythme extrêmement lent, des adultes et des enfants en interaction, «&amp;amp;nbsp;comme dans la vraie vie&amp;amp;nbsp;». Cette expérience est décrite comme «&amp;amp;nbsp;une véritable expérience d’éveil à la vie&amp;amp;nbsp;», qui «&amp;amp;nbsp;prend le contre-pied du placement en institution psychiatrique&amp;amp;nbsp;» (L’Est vaudois, 19.11.92). Plutôt que de considérer cette population d&#039;enfants, comme on le faisait en asile, comme des fous, murés dans leur silence. On veut les considérer comme des partenaires, des interlocuteurs. Le but est effectivement de les faire participer au quotidien d’une maisonnée, plutôt que de créer des ateliers protégés artificiels. De la sorte, ils sont poussés à se dépasser, à faire des expériences par eux-mêmes, sans avoir nécessairement recours au soutien d’un adulte. Il semble qu&#039;à cette époque, cette nouvelle façon de considérer les enfants autistes comme étant capables d’autonomie, capables d’agir, ait apporté un peu d’humanité dans leur prise en charge. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;enfant&amp;amp;nbsp; ainsi placé dans une communauté thérapeutique vaudoise est-il plus &amp;quot;intégré&amp;quot; que s&#039;il l&#039;était dans une institution considérée par ces acteurs alternatifs du &amp;quot;système&amp;quot; comme un ghetto? Il en va de même avec le terme désinstitutionalisation? Qu&#039;est-ce que l&#039;institution? Il y en a des &amp;quot;bonnes&amp;quot; (maternantes, enveloppantes, naturelles...) et de &amp;quot;mauvaises&amp;quot; (contraignantes, mortifères) (sur ce point les travaux de Fernand Oury puis de Jacques Pain mériteraient qu&#039;on s&#039;y attache (voir la psychothérapie institutionnelle sur le site de Jacques Pain: http://www.jacques-pain.fr).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L&#039;élan contestataire des années 70 à Genève  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En Suisse un même mouvement historique a été observé. Selon le médecin Christian Monney, on y a dénoncé les mêmes agissements qu’ailleurs&amp;amp;nbsp;: enfermement, répression, qui étaient là non pour aider le malade, mais pour protéger l’ordre public. On y mêlait, écrit-il, infirmes, orphelins, indigents et fous… (Dr Christian MONNEY, 1999, à l’occasion des 100 ans de l’Hôpital de Malévoz). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Or, dès 1965, des consultations ambulatoires sont créées et les séjours hospitaliers peuvent ainsi se raccourcir. Les moyens de contention sont contestés. Des établissements médico-éducatifs apparaissent, comme [http://www.castalie.ch/home.php?include=textes&amp;amp;lng=1&amp;amp;id=18&amp;amp;idmenu=14 la Castalie en Valais], grâce au Dr Rey-Belley, en 1972 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Genève, l&#039;élan contestataire débute lorsque Julian de Ajuriaguerra est nommé directeur de Bel-Air en 1959. A son arrivée, il décide d&#039;ouvrir des pavillons et d’introduire une nouvelle idée&amp;amp;nbsp;: «&amp;amp;nbsp;l’hospitalisation de courte durée, dans le but de remplacer, le plus vite possible, le patient dans son milieu naturel&amp;amp;nbsp;». [[Bibliographie|Archives contestataire, boite Riesen/Schuler, Réseau suisse-romand. Alternative à la psychiatrie, 1976.]] C&#039;est donc à ce moment-là que le mouvement de désinstitutionnalisation naît. En effet, on commence à critiquer les asiles et à vouloir modifier le fonctionnement de l&#039;hôpital psychiatrique. Les patients psychiatriques commencent à bénéficier des mêmes droits que les patients non-psychiatriques. De ce fait, entre les années 1963 à 1970, il se développe un système psychiatrique extra-hospitalier complet. Ensuite, pendant les années 70-80, cet élan continue avec la volonté de baser les soins sur des approches psychotérapeutiques.[[Bibliographie|Rey-Bellet, Bardet Blochet, Ferrero, 2010, p.90-95]] &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dès les années 1970, l&#039;ADUPSY (l&#039;association pour les droits des usagers de la psychiatrie) se questionne à propos du placement des malades qui garde, malgré la loi de 1936, un caractère prégnant d&#039;enfermement, et à propos de la limitation des droits des personnes que ces lois entrainent. En effet, l&#039;ADUPSY estime que les malades mentaux n&#039;ont pas le choix de leur placement (internement), cela se fait de force, et que leurs droits sont dès lors limités puisqu&#039;ils n&#039;ont pas de droit de regard sur le traitement qui leur est admistré. A cet effet, cette association relate par exemple qu&#039; &amp;quot;en 1975, la majorité des malades mentaux entrent encore à Bel-Air contre leur gré&amp;quot; ([[Bibliographie|ADUPSY, 1979, p. 7]]). Les droits de l&#039;Homme, et dans ce cas présent du malade, sont donc au coeur du débat. L&#039;association défend alors l&#039;idée que tout &#039;&#039;internement psychiatrique&#039;&#039; devrait être pensé comme une hospitalisation qui respecte les droits du malade mental en assurant sa protection et sa dignité, qui rende le patient actif dans son traitement, qu&#039;il peut d&#039;ailleurs refusé, qui n&#039;a pas comme raison la dangerosité potentielle du patient, qui rappelle au patient quels sont ses &amp;quot;droits en matière d&#039;hospitalisation et de traitement&amp;quot; (p. 13), et qui devrait &amp;quot;nécessité obligatoirement de deux certificats médicaux&amp;quot; (p. 13) de manière à justifier ce placement saur plusieurs avis de provenance différentes. Dans cette optique, on se rend compte de l&#039;évolution de la prise en charge des malades mentaux. Que ce soit au niveau des termes employés, de la procédure ou des droits des patients, l&#039;ensemble de cette prise en charge évolue. L&#039;époque semble donc propice à des changements radicaux. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En réponse à ce nouveau regard sur la question de la prise en charge des malades mentaux, la question de l&#039;éducation semble elle aussi être en mouvance durant cette période.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L&#039;anti-psychiatrie à Genève: une nouvelle politique de la prise en charge  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dès les années 70, le journal mensuel &amp;quot;Tout Va Bien&amp;quot; a consacré de nombreuses pages et numéros à la question de l&#039;anti-psychiatrie. Dès 1973, un groupe d’enquête s’est constitué pour dénoncer une certaine violence et certains abus de pouvoir au sein des asiles psychiatriques. Leur volonté était de déterritorialiser la psychiatrie. «&amp;amp;nbsp;La psychiatrie, c’est l’affaire de tout le monde&amp;amp;nbsp;». Ils voulaient faire exploser la loi du silence qui régnait dans ces lieux. Ils ont voulu dénoncer les rapports de pouvoir sévissant à l&#039;intérieur des murs psychiatriques, la soumission du malade à l’infirmier, la soumission de l’infirmier au médecin, la soumission du médecin aux pouvoirs de l’administrateur bailleur de fonds. Selon ce journal, le mouvement anti-psychiatrique serait né au début des années 60: La clinique psychiatrique de Bel Air, créée en 1900, a commencé à construire des pavillons ouverts avec l’arrivée de son nouveau directeur en 1959, Julian Ajuriaguerra. Son intention était de favoriser le retour de l’interné au plus vite dans leur milieu naturel, grâce à une hospitalisation de courte durée. A Genève, depuis 1963, le travail psychiatrique est sectorisé. On commence à organiser les soins dans des centres de consultation de quartier. Les premières tentatives alternatives apparaissent en Suisse. Des travailleurs sociaux poursuivent une critique des institutions et contribuent à la création et au fonctionnement de centres (qui se différencient des institutions récupératrices) qui ont pour but de venir en aide à toute personne en crise. Exemple&amp;amp;nbsp;: le centre Liotard à Genève, créé par le réseau d’alternative à la psychiatrie de Suisse romande. En janvier 1975 se tient le premier congrès d’alternative à la psychiatrie de secteur (Congrès de Bruxelles, auquel participe un groupe de Genève: il s’en est inspiré pour animer des débats au centre Liotard&amp;amp;nbsp;: recherche d’alternatives concrètes répondant aux besoins des malades. A Lausanne, le 24 janvier 1976, est créé un réseau alternatif à la psychiatrie pour la Suisse romande, dont l’un des membres actifs s’appelle Alain Riesen, du Centre Liotard. Une commission formée aussi bien de psychiatrisés que de soignants s’est alors formée. Elle a remis en question le pouvoir des soignants. Selon cette commission, le but d’une alternative au secteur doit être la prise en main progressive par le malade de ses propres difficultés. Suite à des tentatives d’internement forcé, des tracts ont circulé, dénonçant les abus du pouvoir psychiatrique (voir les archives contestataires de Genève, Classeur Alain Riesen). Dès ce moment-là, une prise de conscience s&#039;opère: le patient ne veut plus être manipulé, il ne veut plus être le cobaye, il ne veut plus être muselé par le pouvoir du médecin. Il veut choisir son mode de guérison, il veut être actif dans le processus de guérison. Il convient alors de faire en sorte que ce soit le patient qui choisisse ou non son hospitalisation. Effectivement, médecins, contestataires et familles se sont rendus compte de l&#039;importance du choix du malade dans sa propre guérison. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A la fin des années 70, d&#039;autres mouvements anti-psychiatriques se répandent en Suisse et ailleurs: par exemple à la clinique de Bellelay, où son nouveau directeur a souhaité ouvrir les murs à son arrivée, et mettre à disposition des appartements protégés, voire même une maison de vacances pour ses patients. Le but était &amp;quot;que les malades puissent le plus possible avoir des contacts humains et une vie «&amp;amp;nbsp;normale&amp;amp;nbsp;» (TVB avril-mai 80). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Suite à la mort atroce d&#039;Alain Urban lors d&#039;une cure de sommeil forcé à la clinique de Bel-Air, l&#039;ADUPSY ainsi que l&#039;Association des Médecins Progressiste ont déployé maints efforts pour alerter l&#039;opinion publique à propos des agissements soupçonneux de la clinque en question. Leurs revedications ont porté sur la suppression des isolements, la priorité données aux instruments de soin ambulatoire, l&#039;augmentation des effectifs globaux du personnel soignant, etc. Ils expriment également leur soutien aux revendications concernant le droit des patients&amp;amp;nbsp;: «&amp;amp;nbsp;Le consentement du patient ou de son entourage immédiat doit toujours être recherché, dans la thérapeutique comme dans la recherche&amp;amp;nbsp;». &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après les drames qui ont secoué Bel-Air, une commission d&#039;enquête a été créée, et c&#039;est non seulement le Directeur de cette clinique qui a été interrogé, mais également les patients, les soignants, ainsi que les cadres. Dès cet instant, &amp;quot;tout est ressorti&amp;quot;, témoigne Alain Riesen, amenant à une première évolution forte: la réforme de l&#039;institution psychiatrique. Le Pr Tissot est déstitué, et un changement au niveau de la législation se fait: le droit de recours apparaît, le patient peut désormais exiger de faire valoir ses droits. Jusque là, le Réseau d&#039;Alternative à la psychiatrie pouvait intervenir sur demande, mais n&#039;avait pas de statut officiel. A partir de cette période, une Commission de surveillance fut mise sur pied (réunissant un juriste, un médecin indépendant, un représentant du Droit des patients), et quatre associations de défense du Droit des patients sont nées: l&#039;Association RÊVE (les &amp;quot;Entendeurs de voix&amp;quot;), l&#039;ADPED (Association des personnes ayant des troubles bi-polaires et dépressifs), l&#039;Expérience (travail artisanal double d&#039;un travail d&#039;entraide), et l&#039;AETOC (Association des personnes ayant des troubles obsessionnels et compulsifs). Selon Alain Riesen, l&#039;institution, malgré l&#039;avancée significative qui a été faite quant au droit des patients, garde les stigmates de l&#039;institution asilaire. &amp;quot;Il y a encore beaucoup de travail à faire pour faire éclater l&#039;institution dans sa dimension totalitaire&amp;quot;, dit-il en conclusion de son récit.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Conclusion: l&#039;anti-psychiatrie un débat déplacé ? ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Point de vue: de l&#039;institution, des droits, considération de la maladie mentale, etc.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les différents mouvements contestataires, qui sont passés de la désinstitutionnalisation à la sectorisation en passant par la création de communautés thérapeutiques, ont amené à une critique du pouvoir institutionnel et des médecins. Le médecin n&#039;est plus tout-puissant et le consentement du patient ou de son entourage doit être obtenu avant tout traitement. Le patient a des droits et il doit les faire respecter.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De l&#039;enfermement asilaire on est allé vers une continuité des soins entre l&#039;hospitalier et l&#039;extra-hospitalier; en effet, sous prétexte que le patient nécessitait des soins, on l&#039;extrayait de  la société pour le placer en hôpital, on cherchait à le &amp;quot;normaliser&amp;quot; en l’excluant du système!: qui voulait-on protéger? Le patient ou la société? En bénéficiant de soins tout en continuant à être inséré dans la société, le patient ne souffre pas d&#039;un isolement qui rendrait sa réinsertion encore plus difficile. En restant inséré, il bénéficie d&#039;un réseau de soutien (famille, amis) qui a une part essentielle à jouer dans le processus de guérison.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cependant, il semblerait que même si beaucoup de progrès ont été accompli dans le domaine de la prise en considération de la personne malade, l&#039;institution garde encore toujours les stigmates de l&#039;asile totalitaire...&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Cécilia Zuccone</name></author>
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		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=La_d%C3%A9sinstitutionalisation_dans_le_champ_de_l%27%C3%A9ducation_sp%C3%A9ciale_1960-1980&amp;diff=9066</id>
		<title>La désinstitutionalisation dans le champ de l&#039;éducation spéciale 1960-1980</title>
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		<updated>2011-12-13T22:44:09Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Cécilia Zuccone : /* Prémisses de critiques aux institutions traditionnelles */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;[[user:Kleinpa0|P. Klein]],&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
Université de Genève&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Introduction  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A l&#039;heure où l&#039;on peut constater de &amp;quot;nouvelles exclusions&amp;quot; au nom de la protection des citoyennes et des citoyens inquiétantes pour certains, car &amp;quot;ruinant ainsi des décennies d&#039;efforts de déségrégation, désexclusion, de &amp;quot;retour du schizophrène dans la cité&amp;quot; (Dr.Patrick Lemoine, Le mystère du nocebo, Paris. Odile Jacob, 2011, p.69), un certain nombre de questions se posent pour mieux comprendre l&#039;histoire de l&#039;éducation spéciale, à la fois politique (anti-psychiatrie, sectorisation), sociale et culturelle (intégration, normalisation, désinstitutionalisation, communauté de vie, communauté thérapeutique) dans les décennies des Trente glorieuses (1960-1990) pendant lesquelles a soufflé un vent de contestation des politiques institutionnelles. Un esprit contestataire a émergé en particulier dès les années 1970 (post soixante-huit) provoquant dans le champ de la prise en charge des personnes dites aujourd&#039;hui &amp;quot;à besoins particuliers&amp;quot; un élan de remise en question de l&#039;institution, du pouvoir des médecins, de la contrainte institutionnelle et médicamenteuse. Peu de travaux ont encore exploré ce champ, à Genève, sinon pour étudier l&#039;histoire de Mai 68 et du mouvement féministe. (voir notamment Julie de Dardel, Révolution sexuelle et Mouvement de libération des femmes à Genève (1970-1977). Lausanne: Antipode, 2007).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La recherche proposée vise à mieux comprendre comment, à Genève, le champ de l&#039;éducation spéciale et celui de la psychiatrie a été touché par cette contestation. Elle fait suite à celle engagée en 2010 et 2011 sur l&#039;histoire de l&#039;intégration scolaire des enfants handicapés mentaux [[Pionniers de l&#039;intégration scolaire des enfants handicapés à Genève]] et La génération intégration 1970-1980: un slogan pour quelles réalités sociales? [[Article 2011]]. Les recherches précédentes ont montré à la fois la complexité des pratiques d&#039;intégration amenant souvent un écart entre discours et pratique, ainsi que les résistances à penser le handicap sans mettre une ligne de démarcation entre norme et hors norme, entre enfant éducable et non éducable, limite souvent mal définie et dépendante des représentations (malédiction du handicap). Au début des années 60, l&#039;intégration apparaît d&#039;abord pour les parents, dont les enfants étaient encore entièrement dans la famille, une intégration dans des institutions à créer. Le Pavillon des Grand Bois à l&#039;hôpital psychiatrique de Bel-Air représentant encore une solution &amp;quot;intégratrice&amp;quot; pour les enfants les plus difficiles à éduquer et les moins autonomes. Le concept de [[Dictionnaire|normalisation]] vient s&#039;accoler à celui d&#039;intégration pour rapprocher toute déviance d&#039;une norme sociale (en terme d&#039;habitat, d&#039;activité, voire de comportements). Ainsi le milieu ouvert (comme Aigues-Verte par exemple) peut apparaître comme plus proche d&#039;une vie quotidenne &amp;quot;normale&amp;quot; et donc plus intégrant. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La [[Dictionnaire|désinstitutionalisation]] qui fait l&#039;objet de cette nouvelle recherche est d&#039;abord issue des milieux de l&#039;anti-psychiatrie (et donc ni des associations de parents ni des milieux pédagogiques); on peut apparenter idéologiquement ce mouvement anti-psychiatrique avec un objectif de normalisation dans le sens de rapprocher les personnes prises en charge de la vie quotidienne de tout un chacun. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi malgré des différences d&#039;application ces différents courants pourraient être affiliés à celui libertaire qui a essaimé dans différents champs du social entre 1970 et 1990. C&#039;est dans une perspective de compréhension de l&#039;histoire des idées et des pratiques du mouvement anti-psychiatrique genevois que s&#039;inscrit cette recherche. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un premier temps, cette page d&#039;histoire sera située dans une &amp;quot;tradition&amp;quot;: d&#039;une part celle du traitement de la différence (notamment depuis les travaux des psycho-pédagogues du début du 20e siècle comme Alfred Binet à Paris, Edouard Claparède à Genève ou Ovide Decroly à Bruxelles); et d&#039;autre part dans une tentative dès les années vingt en Angleterre (voir Libre enfants de Summerhill), mais surtout pendant et dans l&#039;après deuxième guerre mondiale (voire les communautés d&#039;enfants victimes de la guerre), de multiplier les expériences de vie communautaire issue du scoutisme, des mouvements de jeunesse, de l&#039;éducation nouvelle et de l&#039;éducation internationaliste et pacifiste, des colonies de vacances et camps CEMEA, s&#039;opposant à une autre tradition hospitalière (couvent, Bon Pasteur, Hospice, institutions de prises en charge spécialisées). Ce faisant, nous dégagerons des signes précurseurs de &amp;quot;désinstitutionalisation&amp;quot; pour des structures plus petites, parfois médicalisées (les écoles de plein-air), mais avant tout proches de la nature et des besoins des individus. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un second temps, nous étudierons la période 1960-1980 laquelle a vu émerger un mouvement anti-psychiatrique (critique de l&#039;hôpital, du pouvoir médical, de la médicalisation à outrance et de la contrainte) pour une critique radicale visant le pouvoir institutionnel et entraînant des pratiques novatrices, lesquelles demandent à être mieux étudiées nbsp: 1. dans leurs objectifs (désinstitutionalisation ou déshospitalisation versus sectorisation)? 2. dans le choix fait des traitements: médicaux (traitement ambulatoire) ou éducatif et thérapeutique? 3. dans l&#039;évaluation faite des populations concernées par une prise en charge alternative 4. dans le rôle joué par la psychanalyse comme alternative au traitement médicaux et comme modèle thérapeutique (notamment dans les communautés cf. film de Catherine Scheuchzer) 5. dans le rôle donné aux familles et le poids qui leur est fait supporter (en terme financier, de responsabilité, de culpabilité,...) et en particulier à l&#039;égard des mères et des femmes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il s&#039;agira de mieux comprendre si l&#039;anti-psychiatrie est dans les années 1960-1980 une nouvelle manière de faire de la psychiatrie ou si elle est une véritable contestation de l&#039;institution asilaire et si les modèles alternatifs proposés ne seraient pas sous couvert d&#039;idéologie libertaire une façon de baisser les coût de la santé en temps de crise. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour ce faire, nous avons travaillé sur des articles et avec une bibliographie d&#039;ouvrages &amp;quot;classiques&amp;quot;, livres de références pour les acteurs/trices de la période considérées, puis nous avons dépouillé des revues professionnelles pour saisir les thématiques qui ont traversé alors le champs de la psychiatrie et de l&#039;éducation spécialisée; dans un second temps la recherche s&#039;est portée sur un fond d&#039;archives de l&#039;Association Les archives contestataires (fonds Alain Riesen/Schuller) dont un des donateurs d&#039;archives, Alain Riesen, est le fondateur de l&#039;Arcade 84 et militant de l&#039;anti-psychiatrie genevoise. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un troisième temps nous avons effectué un entretien vidéo (un plan fixe) afin de lui poser cinq questions issues de la recherche collective dans les archives et dans la littérature afin d&#039;avoir son témoignage sur l&#039;histoire de l&#039;anti-psychiatrie, de la désinstitutionalisation et des communautés thérapeutiques entre 1960 et 1980.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Revue de la littérature  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les revues professionnelles et contestataires entre 1970 et 1990  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un certains nombres de revues professionnelles ont été dépouillée pour la période 1970-1980. Soit Sauvegarde de l&#039;enfance, Déviance et Soicété,... &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Durant la période de 1970 à 1985, la revue &amp;quot;Sauvegarde de l&#039;enfance&amp;quot; n&#039;a publié aucune revue, voire même aucun article consacrés au thème de notre étude, à savoir la désinstitutionnalisation dans le champ de l&#039;éducation spéciale. Au premier abord on pourrait donc tirer la conclusion selon laquelle ce champ d&#039;étude ou ce mouvement n&#039;était que peu présent à cette époque. Toutefois, en se penchant davantage sur les sujets traités dans cette revue, on se rend compte que les auteurs de celle-ci n&#039;ont pas abordé la désinstitutionnalisation en tant que telle, mais l&#039;ont abordée par les effets qu&#039;elle a pu engendré à cette époque. Effectivement, on peut observer des thèmes comme la formation des éducateur en centre de jour ou en maison d&#039;accueil, la relation entre famille et société, l&#039;école ordinaire, l&#039;adolescence et la violence ou encore l&#039;aide sociale, autant de thèmes qui ont largement découlé de ce mouvement désinstitutionnel. Il est donc fort intéressant de se pencher sur les champs d&#039;action de ce type de revues, afin de mieux comprendre quel était le climat politique, les préoccupations, les tendances de la période qui nous intéresse. D&#039;ailleurs, nous retrouverons tout au long de cet article de nombreuses références aux thèmes traités par le revue &#039;&#039;Sauvegarde de l&#039;enfance&#039;&#039;.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Prémisses de critiques aux institutions traditionnelles  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Des prisons à l&#039;asile pour les personnes atteintes d&#039;affections mentales&#039;&#039;&#039;&#039;&#039; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Jusqu&#039;à la fin du XVIIIe siècle, les hôpitaux psychiatriques internaient une population bien différente de celle accueillie au XXe siècle. [[Bibliographie|Cléopâtre Montandon&amp;amp;nbsp;(1978)]]&amp;amp;nbsp; nous dévoile que les populations désignées comme relevant de l&#039;univers psychiatrique étaient très fortement liées à l&#039;univers carcéral. Effectivement, jusqu&#039;au XVIIIe siècle, les criminels étaient considérés comme &amp;quot;fous&amp;quot; ou &amp;quot;aliénés&amp;quot; et se voyaient enfermés, voire même enchaînés dans des &amp;quot;maisons de discipline&amp;quot; ou dans des &amp;quot;hôpitaux pour fous&amp;quot;. A cette époque, seule la justice décidait du lieu d&#039;incarcération des individus criminels. Peu à peu, des distinctions se sont faites pour montrer que certains criminels aliénés relevaient davantage de la psychiatrie, et se définissaient essentiellement par une responsabilité restreinte et une santé mentale défaillante. Ce sont alors ces personnes, désignées comme ne pouvant accomplir leur rôle social, que les hôpitaux psychiatriques ont admis dans leurs locaux. Pour décider et justifier ces internements, la justice ne pouvait agir seule. &amp;quot;Ce n&#039;est qu&#039;à partir de 1936 que l&#039;autorisation d&#039;un internement est délivré sur vue d&#039;un certificat médical par le Département de la prévoyance sociale et de la santé publique&amp;quot;. Ainsi, on voit combien la société évolue en définissant clairement et sur preuves médicales qui peut être &#039;&#039;placé&#039;&#039; en hôpital psychiatrique. D&#039;ailleurs, c&#039;est à partir de 1838 qu&#039;une loi voit le jour à Genève concernant l&#039;internement des &amp;quot;aliénés&amp;quot;: loi sur le placement et la surveillance des aliénés (5 février 1838). On parlera dès lors de &#039;&#039;placement&#039;&#039;des aliénés, et non plus de l&#039;enfermemenr ou de l&#039;internement de ces derniers.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On peut également noter que les préoccupations principales de la période du XVIIIe au début du XXe siècle se restreignaient principalement à la sécurité, et de fait au &#039;&#039;placement&#039;&#039; de ces personnes. Où pouvait-on mettre physiquement ces personnes différentes pour qu&#039;elles ne nuisent pas à la société? Que pouvait-on faire d&#039;elles? Qui pouvait s&#039;en occuper? Que faire avec ces personnes? On observe dès lors que, pendant plusieurs siècles, ces personnes étaient enfermées, dénuées de tous sens, de toute sensibilité, et de toute éducation, en recevant néanmoins de plus en plus de médicaments censés les calmer ou les soigner. Il faudra alors attendre la fin du XIXe siècle pour entrevoir une forme d&#039;éducation de ces personnes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans son article, &amp;quot;[[Bibliographie|La naissance de l&#039;institutions pour aliénés]]&amp;quot; à Genève au 19e siècle, Alain Riesen montre que la problématique de l&#039;internement est grandissante et que &amp;quot;l&#039;inhumanité de l&#039;enfermement&amp;quot; (Riesen, 1981) est au coeur des préoccupations. Il relate également une nouvelle conception du milieu asilaire&amp;amp;nbsp;: &amp;quot;la possibilité d&#039;améliorer l&#039;état des aliénés, ou même les guérir, si de bonnes conditions sont réunies&amp;quot;. En d&#039;autres termes, il s&#039;agirait de pouvoir administrer un traitement aux malades de manière à guérir, à soigner leur folie; à l&#039;époque nommé &#039;&#039;traitement de la folie. &#039;&#039;Plusieurs types de traitements font alors leur apparition et notamment l&#039;isolement. Il s&#039;agissait d&#039;éloigner le malade des conditions de vie qui l&#039;ont rendu &#039;&#039;fou&#039;&#039; &amp;quot;afin de le soustraire à leur influence&amp;quot;. La médication fut également un des traitements de la folie.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette nouvelle manière de penser l&#039;internement étant accomplie, plusieurs dérives ont vu le jour, et notamment les placements abusifs effectués par le Département de Justice et Police. En 1895, la Loi de 1838 est revue de manière à éclaircir la procédure d&#039;admission des aliénés.&amp;amp;nbsp;&amp;quot;Même si la loi de 1838 ne rend pas obligatoire l&#039;avis médical pour procéder au placement, dans la pratique, le médecin se fondant sur une &#039;&#039;science&#039;&#039; de l&#039;aliénisme en plein développment, va jouer un rôle de plus en plus important dans le placement et la sortie des aliénés&amp;quot; ([[Bibliographie|ADUPSY]]). L&#039;avis médical devient dès lors requis pour tout placement. Enfin, la réforme de 1936 met en évidence la nécessité et l&#039;exigence d&#039;un certificat médical pour être placé. Quiconque ne peut pas être déféni comme &amp;quot;fou&amp;quot; ou &amp;quot;aliéné&amp;quot; sans avis médical suivant des règles précises.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dès les années 70, l&#039;ADUPSY (l&#039;association pour les droits des usagers de la psychiatrie) se questionne à propos du placement des malades qui garde, malgré la loi de 1936, un caractère prégnant d&#039;enfermement, et à propos de la limitation des droits des personnes que ces lois entrainent. En effet, l&#039;ADUPSY estime que les malades mentaux n&#039;ont pas le choix de leur placement (internement), cela se fait de force, et que leurs droits sont dès lors limités puisqu&#039;ils n&#039;ont pas de droit de regard sur le traitement qui leur est admistré. A cet effet, cette association relate par exemple qu&#039; &amp;quot;en 1975, la majorité des malades metaux entrent encore à Bel-Air contre leur gré&amp;quot; ([[Bibliographie|ADUPSY, 1979, p. 7]]). Les droits de l&#039;Homme, et dans ce cas présent du malade, sont donc au coeur du débat. L&#039;association défend alors l&#039;idée que tout &#039;&#039;internement psychiatrique&#039;&#039; devrait être pensé comme une hospitalisation qui respecte les droits du malade mental en assurant sa protection et sa dignité, qui rende le patient actif dans son traitement, qu&#039;il peut d&#039;ailleurs refusé, qui n&#039;a pas comme raison la dangerosité potentielle du patient, qui rappelle au patient quels sont ses &amp;quot;droits en matière d&#039;hospitalisation et de traitement&amp;quot; (p. 13), et qui devrait &amp;quot;nécessité obligatoirement de deux certificats médicaux&amp;quot; (p. 13) de manière à justifier ce placement saur plsuieurs avis de provenance différentes. Dans cette optique, on se rend compte de l&#039;évolution de la prise en charge des malades mentaux. Que ce soit au niveau des termes employés, de la procédure ou des droits des patients, l&#039;ensemble de cette prise en charge évolue. L&#039;époque semble donc propice à des changements radicaux. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En réponse à ce nouveau regard sur la question de la prise en charge des malades mentaux, la question de l&#039;éducation semble elle aussi être en mouvance durant cette période.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;L&#039;éducation...&#039;&#039;&#039;&#039;&#039; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au début du XXe siècle, Binet et Simon (1907)&amp;amp;nbsp; &#039;&#039;donnent une nouvelle forme cognitive de l&#039;éducation spéciale qui perdurera au moins jusqu&#039;au années 1960&#039;&#039; ([[Bibliographie|Chauvière et Plaisance, 2003, p. 32]]).&amp;amp;nbsp; A cette époque, on distinguait les arriérés d&#039;asiles, non éducables et à laisser entre les mains des médecins, des arriérés d&#039;école. Ainsi, des institutions apparurent en servant d&#039;intermédiaire entre l&#039;hôpital et la classe ordinaire. Dans ces premières institutions, la pédagogie était &#039;&#039;inspirée par l&#039;atelier, c&#039;est-à-dire guidée par la mise en oeuvre de travaux manuels et d&#039;exercices pratiques &#039;&#039;([[Bibliographie|Chauvière et Plaisance, 2003, p. 33]]). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plusieurs modèles du même type virent le jour en Grande-Bretagne où par exemple Neill ou Cooper mirent en place de nouveaux lieux pour exercer une forme innovante de psychiatrie et d&#039;éducation. Comme nous l&#039;avons mentionné dans les paragraphes précédents, l&#039;internement psychiatrique des malades mentaux a soulevé de nombreuses questions éthiques, c&#039;est pourquoi des formes nouvelles de l&#039;exercice de la psychiatrie apparaissent. C&#039;est à travers des expériences comme Pavillon 21 menée par [[Bibliographie|Cooper]] en 1962 ou [[Résumé de l&#039;ouvrage Libres enfants de Summerhill|Libres enfants de Summerhill]] de [[Bibliographie|Neill]] en 1921 que l&#039;anti-psychiatrie semble voir le jour. Effectivement, plusieurs principes régissent ce nouveau type de lieu à savoir la liberté des individus, le self-governement, les apprentissages facultatifs... en ayant pour hypothèses que le mal-être et la maladie mentale de ces individus étaient en partie dû aux contraintes du monde dans lequel ils évoluent et apprennent. Dès lors, il convient de créer des institutions, des lieux éloignés de toute coercition et de toute autorité. Notons également que Maud Mannoni, dans la préface de l&#039;ouvrage Libres enfants de Summerhill, relate que Neil faisait partie de &amp;quot;la lignée anarchisante qui donna naissance à l&#039;antipsychiatrie&amp;quot; ([[Bibliographie|Mannoni, dans Neill, 1979, p. 9]]).&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On constate que la période 1945-1960 est également bouleversée et traversée par de nouveaux modèles éducatifs avec la naissance de lieu de vie où l&#039;enfant inadapté est accueilli, non pas à travers sa maladie ou sa différence, mais plus à travers le fait qu&#039;il est un enfant et qu&#039;il doit être éduqué. Jean Lagarde, fondateur de l&#039;association de la sauvegarde des enfants invalides dans la période après guerre, souhaitait effectivement faire &amp;quot;l&#039;expérience d&#039;éducation toujours dans un creuset communautaire&amp;quot; ([[Bibliographie|Capul, 2002, p.141]]). Lagarde avait pour objectif de créer un lieu où les soins médicaux puissent être administrés aux enfants qui en nécessitaient, tout en leur proposant un accueil éducatif. Nous pourrions plutôt dire qu&#039;il désirait créer une école, un lieu de vie où un suivi médical était envisageable. Il s&#039;agissait en effet d&#039;éloigner l&#039;enfant du lieu médical pour qu&#039;il devienne élève et que, de fait, il puisse apprendre. Dans cette optiquet, équipe pédagogique et équipe médical devaient collaborer étroitement. Cette expérience est à nouveau le témoin d&#039;une nouvelle forme d&#039;hospitalisation. Il est possible de faire le lien entre cette expérience et l&#039;approche de Maud Mannoni en 1969, avec la création de l&#039;Ecole expérimentale de Bonneuil-sur-Marne où il s&#039;agissait également de séparer les lieux d&#039;analyse et les lieux de vie (lieux pédagogiques).&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En se fondant sur des principes similaires à ceux de Neil et de Cooper, dès les années 1960,&amp;amp;nbsp; de nombreuses institutions privées pour enfants handicapés ou en difficultés se développent en Suisse, majoritairement sous l&#039;impulsion d&#039;associations de parents. Ces derniers ont été amenés à &#039;&#039;créer et à gérer des institutions de type médico-éducatif&#039;&#039; &#039;&#039;pour éviter à leurs enfants d&#039;être relégués dans des services d&#039;hôpitaux psychiatriques ou d&#039;être seulement en survie à leur domicile&#039;&#039; (Chauvière er Plaisance, 2003, p.35). Aujourd&#039;hui, les institutions, à Genève, semblent toujours être un peu sur le même modèle, celui de &amp;quot;l&#039;alliance&amp;quot; entre le médical et le pédagogique (qui regroupe aussi l&#039;aspect éducatif). Si on ne cherche peut-être plus à éviter aux élèves la reléguation en psychiatrie, on les place dans des lieux parfois hors de tout cursus ordinaire et loin de la norme. Ce qui questionne enfin sur qu&#039;est-ce que la normalisation? Et où mettre la limite à une vie comme tout le monde avec un handicap: la liberté (permissivité, autonomie) des années 1970 a-t-elle fait l&#039;impasse sur la souffrance des individus face aux exigences thérapeutiques et pédagogiques? La communauté d&#039;enfants (pédagogique, institutionnelle, thérapeutique) est-elle un modèle &amp;quot;utile&amp;quot; en temps de crise des institutions: peu coûteux, demandant un engagement au quotidien (vie quotidienne) du collectif pédagogique et thérapeutique (donc assurant un &amp;quot;contrôle social&amp;quot; maximal.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
(A ajouter&amp;amp;nbsp;: le regard de Alain Riesen sur ces apports.)&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La communauté: un modèle alternatif à l&#039;institution fermée  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des «&amp;amp;nbsp;communautés thérapeutiques&amp;amp;nbsp;» ont été créées en réaction aux enfermements asilaires prônés jusque-là mais qui commençaient à être pointés du doigt, car considérés comme déshumanisants. Bien que créées tout d&#039;abord pour répondre aux phénomènes de dépendances (toxicomanies, par exemple), on trouve, dès la fin des années 60, des communautés thérapeutiques en Angleterre, en France, en Suisse et au Québec, destinées au secteur de la psychiatrie. Avec la naissance de ces communautés thérapeutiques, une nouvelle approche de la psychose en-dehors des lieux de soins traditionnels s&#039;est développée (Schatzman, 1969; Barnes et Berke, 1973; Fabre, 1978; Lecomte et Tourigny, 1983a). Leur but est de créer un milieu &amp;quot;naturel&amp;quot;, en reconstituant les structures d’une «&amp;amp;nbsp;macro famille&amp;amp;nbsp;» ou d’une «&amp;amp;nbsp;mini société&amp;amp;nbsp;», plus rassurantes : on trouve par exemple la Communauté des Sablons, (Maison d&#039;enfants à caractère social et familial (76270 Saint-Saire), ou, en Suisse, le foyer de Tavel qui a vécu cinq ans (1975-1980). Dans le film de Catherine Scheuchzer, «&amp;amp;nbsp;Dans l’aventure du non, la parole&amp;amp;nbsp;», (tourné à Boulens, dans la campagne vaudoise, dans les années 70 ), on découvre, dans un décor post soixante huitard, très simplement, dans un rythme extrêmement lent, des adultes et des enfants en interaction, «&amp;amp;nbsp;comme dans la vraie vie&amp;amp;nbsp;». Cette expérience est décrite comme «&amp;amp;nbsp;une véritable expérience d’éveil à la vie&amp;amp;nbsp;», qui «&amp;amp;nbsp;prend le contre-pied du placement en institution psychiatrique&amp;amp;nbsp;» (L’Est vaudois, 19.11.92). Plutôt que de considérer cette population d&#039;enfants, comme on le faisait en asile, comme des fous, murés dans leur silence, leurs excentricités, on veut les considérer comme des partenaires, des interlocuteurs. Le but est effectivement de les faire participer au quotidien d’une maisonnée, plutôt que de créer des ateliers protégés artificiels. De la sorte, ils sont poussés à se dépasser, à faire des expériences par eux-mêmes, sans avoir nécessairement recours au soutien d’un adulte. Il semble qu&#039;à cette époque, cette nouvelle façon de considérer les enfants autistes comme étant capables d’autonomie, capables d’agir, ait apporté un peu d’humanité dans leur prise en charge. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;enfant&amp;amp;nbsp; ainsi placé dans une communauté thérapeutique vaudoise est-il plus &amp;quot;intégré&amp;quot; que s&#039;il était dans une institution considérée par ces acteurs alternatifs du &amp;quot;système&amp;quot; comme un ghetto? Il en va de même avec le terme désinstitutionalisation? Qu&#039;est-ce que l&#039;institution? Il y en a des &amp;quot;bonnes&amp;quot; (maternantes, enveloppantes, naturelles...) et de &amp;quot;mauvaises&amp;quot; (contraignantes, mortifères) (sur ce point les travaux de Fernand Oury puis de Jacques Pain mériteraient qu&#039;on s&#039;y attache (voir la psychothérapie institutionnelle sur le site de Jacques Pain: http://www.jacques-pain.fr).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La désinstitutionalisation  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon des sources internet, le mouvement de désinstitutionalisation semble avoir débuté vers 1960 (même s’il semble qu’il y ait eu un prélude à la désinstitutionnalisation au début du 19e siècle (L’Institut universitaire en santé mentale de Québec par exemple - La désinstitutionnalisation, http://caringminds.ca/index.php?option=com_content&amp;amp;amp;view=article&amp;amp;amp;id=62&amp;amp;amp;Itemid=43&amp;amp;amp;lang=fr&amp;amp;amp;limitstart=7). Certains observent le début de ce mouvement en Scandinavie, d’autres au Québec. Dans tous les cas, il s’agit d’un mouvement d&#039;ouverture vers la communauté, d’une volonté de «normalisation»[[Normalisation]] &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le mouvement de désinstitutionnalisation s&#039;appuie avant tout sur une philosophie qui met l&#039;accent sur les droits et les libertés des individus, et elle vise à humaniser les soins de santé mentale. ([http://agora-2.org/thematiques/inaptitude.nsf/Dossiers/Desinstitutionnalisation Encyclopédie de l’Agora]). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;horreur suscitée par les politiques nazies du meurtre eugénique des malades psychiatriques et les camps de concentration pendant la Seconde guerre mondiale, ont attirer l’attention sur les pratiques «&amp;amp;nbsp;déshumanisantes&amp;amp;nbsp;» dans les soins psychiatriques en santé mentale, (séquestration, mauvais traitements en tout genre, manque de formation des professionnels). (Voir [http://id.erudit.org/iderudit/032417ar Martin, 1984 et Claire Henderson et Graham Thornicroft], Santé mentale au Québec, vol. 22, n° 2, 1997, p. 88-114. ) Les années d’après-guerre ont vu un accroissement de l’intérêt porté à l’institution comme objet d’étude. Certains auteurs parlent de l’institution comme étant «&amp;amp;nbsp;névrosante&amp;amp;nbsp;», «&amp;amp;nbsp;façonnant et codifiant les gens dans le rôle de patient psychiatrique&amp;amp;nbsp;» (Goffman (1961). On observe dans les années 60 une disparition du personnel religieux des hôpitaux. Naît alors une nouvelle conception de l’individu, une évolution des attitudes envers le malade&amp;amp;nbsp;; on veut le sortir des murs de l’asile psychiatrique. On commence à parler, à cette époque, du «&amp;amp;nbsp;droit de la personne&amp;amp;nbsp;». Des idéaux humanitaires amènent alors à une nouvelle vision de la maladie mentale. Il semble que ce mouvement de désinstitutionnalisation soit également lié à l’apparition des pratiques de pharmacopée. Effectivement, «&amp;amp;nbsp;Ces nouveaux médicaments permettaient de calmer les malades agités, délirants, hallucinés et ainsi permettre d&#039;envisager et de généraliser des traitements psychiques dans des conditions plus réalistes ou encore, lorsque c&#039;était possible, d&#039;envisager un retour au domicile ou dans des structures intermédiaires&amp;amp;nbsp;».([http://fr.wikipedia.org/wiki/Psychiatrie déf. du mot «&amp;amp;nbsp;psychiatrie&amp;amp;nbsp;»]). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On a le désir de «normaliser&amp;amp;nbsp;» leurs conditions de vie. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les années 60, la personne «&amp;amp;nbsp;déficiente intellectuellement&amp;amp;nbsp;» est encore considérée comme un «&amp;amp;nbsp;malade&amp;amp;nbsp;». Toutefois, on ne considère plus le malade mental comme un malade incurable, mais davantage comme un sujet pouvant être aidé et guéri. On met en avant le fait que la maladie mentale ne nécessite pas nécessairement une hospitalisation, et qu’elle doit être considérée comme une quelconque maladie. On externalise, on invente la psychiatrie de secteurs, on commence à intégrer des services pour les malades mentaux dans des hôpitaux ou cliniques. On évite ainsi la stigmatisation des malades mentaux placés pour de longues périodes en asile psychiatrique, et on leur évite la perte de leurs facultés leur permettant de se réintégrer dans la société. On redonne alors un rôle à la communauté, tout en accordant des responsabilités aux familles. La patient devient alors le coeur de l&#039;intérêt des praticiens. ([http://www.promentesana.org/upload/application/trimes_43.pdf in Lettre trimestrielle de l’association romande Pro Mente Sana])&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme il l&#039;a déjà été dit, la désinstitutionalisation a permis aux personnes présentant des troubles psychiatriques de sortir de ce milieu assimilé pendant de nombreuses années, au milieu carcéral. Mais une fois &amp;quot;libérées&amp;quot; où vont ces personnes? A ce sujet,&amp;amp;nbsp; [[Bibliographie|N. Carpentier (2001)]] affirme dans son article que 60 à 70&amp;amp;nbsp;% des patients retournent dans leur famille après l’hospitalisation. Plusieurs articles ont démontré que l&#039;arrivée d&#039;un malade dans une famille, avait de lourde conséquence sur celle-ci. Avant d’en venir aux conséquences, il me semble nécessaire de revenir sur la représentation des professionnels, sur les familles des patients. Pour cela, il est intéressant de revenir sur l&#039;évolution de la vision des professionnels sur la famille. En d&#039;autres termes, comment la famille, alors qu&#039;elle était considérée comme coupable de la maladie de l&#039;un de ses membre, est devenue un partenaire idéal?&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour développer ceci, revenons tout d&#039;abord au début du XXème siècle. A cette époque, la famille était considérée comme étant la cause, à l&#039;origine de la maladie de leur enfant. Autrement dit, les professionnels affirmaient que la maladie mentale était un problème génétique, héritée de plusieurs générations antérieures. Ensuite, les années cinquante ont apporté un premier renversement dans la vision des familles sur la maladie de leur enfant. En effet, la famille était perçue comme étant un «&amp;amp;nbsp;système réagissant aux troubles mentaux de l’un de ses membres, plutôt qu’en tant que système causant des désordres psychiques&amp;amp;nbsp;» ([[Bibliographie|Carpentier, 2001, p.84]]). Ce changement de perspective est en lien avec l’arrivée d’une politique qui favorise les hospitalisations de courte durée. En d’autres termes, les familles commencent à être perçues comme une solution aux changements politiques. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les années 60, la psychiatrie adopte une vision centrée sur la communauté. Ce changement va être très favorable pour les familles, puisqu’il permet à ces dernières de se déresponsabiliser des troubles mentaux. Ainsi, toujours selon Carpentier, à cette époque «&amp;amp;nbsp;les désordres psychiques [doivent être étudiés] sous l’angle de l’isolement social, des désavantages sociaux, puis selon la présence de stresseurs sociaux et économique&amp;amp;nbsp;»( p.89) .&amp;lt;br&amp;gt;Ainsi, au fur et à mesure que le mouvement de désinstitutionalisation est mis en place, les politiciens et les professionnels considèrent la famille comme étant une solution au problème. En effet, la famille est perçue comme «&amp;amp;nbsp;une source privilégiée de soutien émotionnel et social ainsi que comme place de choix pour relocaliser le patient psychiatrique.&amp;amp;nbsp;» ([[Bibliographie|Carpentier, 2001, p.91]]. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Jusqu&#039;à présent, nous avons relevé l&#039;évolution de la perception de la famille aux yeux des professionnels. Mais comment la famille voit-elle ce changement? A ce sujet, [[Bibliographie|R. Therrien (1990)]] affirme que sur le plan économique et émotionnel, la désinstitutionnalisation demande beaucoup aux familles, surtout aux femmes. En effet, toujours selon R.Therrien, avoir quelqu&#039;un ayant des problèmes mentaux à la maison provoque beaucoup de stress chez les familles. Dans certaines familles, un malade peut devenir un véritable &amp;quot;fardeau&amp;quot;, puisque celui-ci impose beaucoup de contraintes. Effectivement, avoir une personne malade à la maison peut engendrer des conséquences telles que la réduction des loisirs habituels, les sorties avec nos amis, par peur d&#039;être jugé, ou encore avoir des problèmes avec nos voisins, car les comportement de notre enfant, ou mari dérange. Tous ces problèmes ont un impacte très fort sur la famille d&#039;autant plus qu&#039;elle n&#039;est pas aidée, ni reconnue pour tout ce qu&#039;elle fait pour la personne malade. &amp;amp;nbsp; &amp;lt;br&amp;gt; A propos de la lourde responsabilité des parents, il me vint une autre question: est-ce que les familles ne finissent pas elles aussi à un moment donné par tomber malade? A ce sujet, monsieur [[Bibliographie|Alain Riesen]] a témoigné que selon lui, quand une famille devait prendre en charge un de ses membres malade, il ne fallait pas qu&#039;elle reste seul, mais elle devait en parler, faire partager ce qu&#039;elle vivait au quotidien. C&#039;est donc, pour ces raisons-là que des thérapies familiales ont vu le jours.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L&#039;élan contestataire des années 70 à Genève  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En Suisse un même mouvement historique a été observé. Selon le médecin Christian Monney, on y a dénoncé les mêmes agissements qu’ailleurs&amp;amp;nbsp;: enfermement, répression, qui étaient là non pour aider le malade, mais pour protéger l’ordre public. On y mêlait, écrit-il, infirmes, orphelins, indigents et fous… (Dr Christian MONNEY, 1999, à l’occasion des 100 ans de l’Hôpital de Malévoz). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Or, dès 1965, des consultations ambulatoires sont créées et les séjours hospitaliers peuvent ainsi se raccourcir. Les moyens de contention sont contestés. Des établissements médico-éducatifs apparaissent, comme [http://www.castalie.ch/home.php?include=textes&amp;amp;lng=1&amp;amp;id=18&amp;amp;idmenu=14 la Castalie en Valais], grâce au Dr Rey-Belley, en 1972 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Genève, l&#039;élan contestataire débute lorsque Julian de Ajuriaguerra est nommé directeur de Bel-Air en 1959. C&#039;est donc à ce moment-là que le mouvement de désinstitutionnalisation naît. En effet, on commence à critiquer les asiles et à vouloir modifier le fonctionnement de l&#039;hôpital psychiatrique. Les patients psychiatriques commencent à bénéficier des mêmes droits que les patients non-psychiatriques. Ensuite, pendant les années 70-80, cet élan continue avec la volonté de baser les soins sur des approches psychotérapeutiques.[[Bibliographie|Rey-Bellet, Bardet Blochet, Ferrero, 2010, p.90-95]] &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L&#039;anti-psychiatrie: une nouvelle politique de la prise en charge  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les années 60, Michel Foucault a tenté d&#039;amorcer &amp;quot;un dialogue entre la psychiatrie et ses sujets&amp;quot; ([[Bibliographie|Rose, 2006, p.113]]) et dès 1971 avec la sortie de son ouvrage sur les prisons, c&#039;est à la critique de l&#039;univers carcéral et des rapports de pouvoir qu&#039;il s&#039;attelle (Surveiller et punir, 1971). Ces critiques, plus tard regroupées sous le nom d&#039;antipsychiatrie, visaient à remettre en question &amp;quot;la manière dont le pouvoir du médecin était impliqué dans la vérité de ce qu&#039;il disait et, inversement, la manière dont celle-ci pouvait être fabriquée et compromise par son pouvoir ([[Bibliographie|Rose, 2006, p.120-121]]). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;institution comme lieu d&#039;exclusion est mise à mal par une volonté de certains de supprimer ces lieux de contrainte, pour une vie libre dans la Cité (sectorisation) ou dans des communautés thérapeutiques (de préférence à la campagne) partant du présupposé que les conditions de vie des personnes sont déterminantes dans leur état de santé (avant même tout diagnostic). Par ailleurs, dans ces années-là, la vie quotidienne devient un objet d&#039;étude (la sociologie de la vie quotidienne), terreau de multiples expériences pédagogiques et thérapeutiques. Le slogan &amp;quot;La liberté est thérapeutique&amp;quot; s&#039;allie à une critique de la contrainte médicamenteuse et des pratiques de contention psychiatrique: elle donne ainsi une place à de nouvelles formes d&#039;&amp;quot;éducation spéciale&amp;quot; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Symptôme de ce changement le terme d&#039;&amp;quot;usagers&amp;quot; vient reléguer celui de &amp;quot;patients&amp;quot; donnant un nouveau statut aux personnes, écorchant ainsi le sacro saint pouvoir des médecins et des directions des institutions. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dès les années 70, le journal mensuel &amp;quot;Tout Va Bien&amp;quot; a consacré de nombreuses pages et numéros à la question de l&#039;anti-psychiatrie. Dès 1973, un groupe d’enquête s’est constitué pour dénoncer une certaine violence et certains abus de pouvoir au sein des asiles psychiatriques. Leur volonté était de déterritorialiser la psychiatrie. «&amp;amp;nbsp;La psychiatrie, c’est l’affaire de tout le monde&amp;amp;nbsp;». Ils voulaient faire exploser la loi du silence qui régnait dans ces lieux. Ils ont voulu dénoncer les rapports de pouvoir sévissant à l&#039;intérieur des murs psychiatriques, la soumission du malade à l’infirmier, la soumission de l’infirmier au médecin, la soumission du médecin aux pouvoirs de l’administrateur bailleur de fonds. Selon ce journal, le mouvement anti-psychiatrique serait né au début des années 60: La clinique psychiatrique de Bel Air, créée en 1900, a commencé à construire des pavillons ouverts avec l’arrivée de son nouveau directeur en 1959, Julian Ajuriaguerra. Son intention était de favoriser le retour de l’interné au plus vite dans leur milieu naturel, grâce à une hospitalisation de courte durée. Depuis 1963, le travail psychiatrique est sectorisé. On commence à organiser les soins dans des centres de consultation de quartier. Ainsi, les premières tentatives alternatives apparaissent en Suisse. Des travailleurs sociaux poursuivent une critique des institutions et contribuent à la création et au fonctionnement de centres (qui se différencient des institutions récupératrices) qui ont pour but de venir en aide à toute personne en crise. Exemple&amp;amp;nbsp;: le centre Liotard à Genève, créé par le réseau d’alternative à la psychiatrie de Suisse romande. En janvier 1975 se tient le premier congrès d’alternative à la psychiatrie de secteur (Congrès de Bruxelles, auquel participe un groupe de Genève: il s’en est inspiré pour animer des débats au centre Liotard&amp;amp;nbsp;: recherche d’alternatives concrètes répondant aux besoins des malades. A Lausanne, le 24 janvier 1976, est créé un réseau alternatif à la psychiatrie pour la Suisse romande, dont l’un des membres actifs s’appelle Alain Riesen, du Centre Liotard. Une commission formée aussi bien de psychiatrisés que de soignants s’est alors formée. Elle a remis en question le pouvoir des soignants. Selon cette commission, le but d’une alternative au secteur doit être la prise en main progressive par le malade de ses propres difficultés. Suite à des tentatives d’internement forcé, des tracts ont circulé, dénonçant les abus du pouvoir psychiatrique (voir les archives contestataires de Genève, Classeur Alain Riesen). Dès ce moment-là, une prise de conscience s&#039;opère: le patient ne veut plus être manipulé, il ne veut plus être le cobaye, il ne veut plus être muselé par le pouvoir du médecin. Il veut choisir son mode de guérison, il veut être actif dans le processus de guérison. Il convient alors de faire en sorte que ce soit le patient qui choisisse ou non son hospitalisation. Effectivement, médecins, contestataires et familles se sont rendus compte de l&#039;importance du choix du malade dans sa propre guérison. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A la fin des années 70, d&#039;autres mouvements anti-psychiatriques se répandent en Suisse et ailleurs: par exemple à la clinique de Bellelay, où son nouveau directeur a souhaité ouvrir les murs à son arrivée, et mettre à disposition des appartements protégés, voire même une maison de vacances pour ses patients. Le but était &amp;quot;que les malades puissent le plus possible avoir des contacts humains et une vie «&amp;amp;nbsp;normale&amp;amp;nbsp;» (TVB avril-mai 80). En Italie, Franco Basaglia, qui s’est appuyé entre autres sur les modèles de l’anti-psychiatrie anglaise et française pour mener sa lutte ([[Bibliographie|Cooper, Lang, Foucault, Caxtel]]), s&#039;en est pris aux conditions de vie moyenâgeuses réservées aux malades mentaux. En quelques années, il démantèle l’asile et expérimente les premiers éléments de sa conception territoriale (et non plus institutionnelle) de la folie&amp;amp;nbsp;: le malade est soigné dans son milieu social&amp;amp;nbsp;» (TVB 10 octobre 80). Suite à la mort atroce d&#039;Alain Urban lors d&#039;une cure de sommeil forcé à la clinique de Bel-Air, l&#039;ADUPSY ainsi que l&#039;Association des Médecins Progressiste ont déployé maints efforts pour alerter l&#039;opinion publique à propos des agissements soupçonneux de la clinque en question. Leurs revedications ont porté sur la suppression des isolements, la priorité données aux instruments de soin ambulatoire, l&#039;augmentation des effectifs globaux du personnel soignant, etc. Ils expriment également leur soutien aux revendications concernant le droit des patients&amp;amp;nbsp;: «&amp;amp;nbsp;Le consentement du patient ou de son entourage immédiat doit toujours être recherché, dans la thérapeutique comme dans la recherche&amp;amp;nbsp;». &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Alain Riesen nous a appris qu&#039;après les drames qui ont secoué Bel-Air, une commission d&#039;enquête a été créée, et c&#039;est non seulement le Directeur de cette clinique qui a été interrogé, mais également les patients, les soignants, ainsi que les cadres. Dès cet instant, &amp;quot;tout est ressorti&amp;quot;, amenant à une première évolution forte: la réforme de l&#039;institution psychiatrique. Le Pr Tissot est déstitué, et un changement au niveau de la législation se fait: le droit de recours apparaît, Le patient peut désormais exiger de faire valoir ses droits. Jusque là, le Réseau d&#039;Alternative à la psychiatrie pouvait intervenir sur demande, mais n&#039;avait pas de statut officiel. A partir de cette période, une Commission de surveillance fut mise sur pied (réunissant un juriste, un médecin indépendant, un représentant du Droit des patients), et quatre associations de défense du Droit des patients sont nées: l&#039;Association RÊVE (les &amp;quot;Entendeurs de voix&amp;quot;), l&#039;ADPED (Association des personnes ayant des troubles bi-polaires et dépressifs), l&#039;Expérience (travail artisanal double d&#039;un travail d&#039;entraide), et l&#039;AETOC (Association des personnes ayant des troubles obsessionnels et compulsifs). Selon Alain Riesen, l&#039;institution, malgré l&#039;avancée significative qui a été faite quant au droit des patients, garde les stigmates de l&#039;institution asilaire. &amp;quot;Il y a encore beaucoup de travail à faire pour faire éclater l&#039;institution dans sa dimension totalitaire&amp;quot;, dit-il en conclusion.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Psychiatrie et anti-psychiatrie  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le mouvement d&#039;anti-psychiatrie qui &amp;quot;s&#039;oppose d&#039;abord et avant tout à une forme de monopole du savoir médical&amp;quot; ([[Bibliographie|Mannoni, 1970]], p. 9) dénonce l&#039;autorité &amp;quot;morale et policière&amp;quot; (Mannoni, 1970, p. 21) du psychiatre. Toutefois, psychiatres et partisants de l&#039;anti-psychiatrie s&#039;accorde sur le fait que &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;la société place le psychiatre dans une position ambiguë&amp;amp;nbsp;: il est au service d&#039;un patient dont il a à défendre les droits mais il se trouve également placé en position d&#039;auxiliaire de la police dans un programme d&#039;internement qui est un processus d&#039;obligation de soins&#039;&#039; (Mannoni, 1970, p. 168). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les réponses apportées par les uns et par les autres pour essayer de lever cette ambiguité sont toutefois différentes. Si l&#039;anti-psychiatrie cherche plutôt à démystifier &amp;quot;le rôle que la société fait jouer à la psychiatrie&amp;quot; (Mannoni, 1970, p.168), à créer des lieux où la maladie mentale pourrait être réintérrogée (allant même jusqu&#039;à nier la notion de maladie mentale (Mannoni, 1970, p. 175) et à s&#039;éloigner des conceptions scientistes, certains psychiatres cherchent à remettre sur le devant de la scène un discours scientifique. &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;---Quand l&#039;antipsychiatrie est critique radicale de l&#039;institution, je suis antipychiatre; mais quand elle se réfugie dans la négation de la maladie mentale, je suis contre&#039;&#039;--- ([[Bibliographie|Sztulman, 1972]], p.107).&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les archives de la revue &amp;quot;L&#039;évolution psychiatrique&amp;quot;, les psychiatres non antipsychiatres se sont attelés, au début des années 70, à défendre leur point de vue scientifique et médical. Face au mouvement de protestation, ils ont écrits plusieurs articles afin de réhabiliter la psychiatrie et montrer les incohérences du mouvement anti-psychiatrique, non seulement dans ce qu&#039;il dénonce, mais également dans les solutions qu&#039;il propose. S&#039;ils reconnaissent un certain succès à l&#039;anti-psychiatrie &amp;quot;dans sa position de refus et de provocation&amp;quot; ([[Bibliographie|Barte, 1972]], p. 46), les solutions qu&#039;elle propose ne les satisfont guère. Pour certains membres de ce corps médical, la maladie mentale doit être reconnue comme &#039;&#039;phénomène nature&#039;&#039;l ([[Bibliographie|Ey, 1972]], p. 53). &amp;quot;En faisant volatiliser dans le néan l&#039;objet même de la psychiatrie qu&#039;est le malade mental, l&#039;anti-psychiatrie nie la souffrance humaine, nie le drame authentiquement humain que vit chaque malade mental (Barte, 1972, p. 46). Pour défendre ces patients malades, &amp;quot;fous&amp;quot;, pour les réhabiliter, il est nécessaire de &amp;quot;passer par la reconnaissance même de la psychiatrie, science critique et autonome et qui ne peut se fonder que sur la notion de maladie mentale conçue ni comme simple maladie des organes, ni comme simple maladie psychique&amp;quot; (Barte, 1972, p.47). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le malaise asilaire est reconnu par les non antipsychiatres et les antispychiatres. Il importe de traiter l&#039;institution en même termps que ses pensionnaires. Cependant, les non antipsychiatre récusent la résponsabilité de l&#039;hôpital psychiatrique dans la création de la folie, &amp;quot;même s&#039;il concourt parfois à statufier certaines présentations cliniques&amp;quot;. (Sztulman, 1972, p. 106). Face aux critiques sur l&#039;hôpital, notamment face à certains qui, comme Basaglia, refusaient l&#039;idée de traitement de malades et de médecins, les non antipsychiatres dénoncent la déstruction de l&#039;hôpital au profit d&#039;assemblées générales peu organisées. Sztulman (1972) pose la question&amp;amp;nbsp;: &amp;quot;A quoi ça sert&amp;amp;nbsp;? A quoi ça sert d&#039;être psychiatre là, ou femme de service,&amp;amp;nbsp; ou ergothérapeute puisque de tout façon chacun est dépouillé de son statut, et que les rôles sont&amp;amp;nbsp; inventer en permanence&amp;amp;nbsp;?&amp;quot; (p.102). Pour ces médecins, la négation de l&#039;inconscient et celle de la maladie mentale dans le mouvement antipsychiatrique amène des &#039;&#039;attitudes thérapeutiques particulièrement incohérentes &#039;&#039;(Sztulman, 1972, p. 101). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La question de l&#039;attribution de la maladie mentale à un fait organique ou plutôt à un fait culturel était alors au coeur de la bataille entre antipsychiatres et non antipsychiatres. Lors de l&#039;entretien mené avec Monsieur A. Riesen, ce dernier nous a expliqué que cette question est toujours d&#039;actualité et qu&#039;il n&#039;y a pas, aujourd&#039;hui encore, de définition claire de la part de la communauté scientifique. Dans les années 1970, les non antipsychiatres critiquaient l&#039;erreur de l&#039;antipsychiatrie dans sa croyance &amp;quot;&#039;&#039;en un principe de causalité univoque et direct de la psychose&amp;quot;&amp;amp;nbsp;&#039;&#039;(Sztulman, 1972, p.105). Dans le même article, Sztulamn déclare encore: &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&amp;quot;&#039;&#039;il est dogmatique et naïf de dire que la folie se développe en dehors de toute culture. Il est dogmatique et naïf de dire qu&#039;elle se limite à un fait culturel. De tout évidence, il n&#039;y a pas un modèle qu&#039;il soit organo, psycho ou socio-génétique de la maladie mentale, mais pluridéterminisme à pondération variable suivant les cas&#039;&#039;&amp;quot; (p. 105). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Monsieur Alain Riesen a bien décrit cette vision de &#039;&#039;pluridéterminisme&#039;&#039;. Il nous a expliqué que la conception de la maladie mentale comme unique produit d&#039;un système qui disfonctionne semble devoir se ranger derrière un système bio-psycho-social qui rencontre actuellement le plus de soutient de la part des professionnels du domaine psychiatrique. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un peu plus tard, en 1974, L&#039;évolution psychiatrique a consacré à nouveau un numéro à l&#039;antipsychiatrie. Le vent de révolte de la part des non antipsychiatres semble s&#039;être calmé, comme s&#039;ils avaient été entendus et reconnus, comme s&#039;ils avaient &amp;quot;résisté à l&#039;agression psychiatricide de l&#039;antipsychiatrie&amp;quot; ([[Bibliographie|Sztulman, 1974]], p.129). Les mêmes auteurs qu&#039;en 1972 relèvent toujours l&#039;importance de l&#039;antipsychiatrie dans une démarche de contestation et d&#039;identification des difficultés de l&#039;institution psychiatrique. &amp;quot;L&#039;antipsychiatrie nous aide quand elle montre comme s&#039;est organisé le refus, la ségrégation de la maladie mentale et quand elle rappelle que chacun, dans la santé mentale et dans la folie, est la victime d&#039;une répression collective&amp;quot; (Sztulman, 1974, p. 129). Toutefois, ces mêmes psychiatres rapellent leur opposition à l&#039;étiologie de la maladie mentale revendiquée par les antipsychiatres. Ces années de remise en question et de refonte de la l&#039;insitution psychiatrique ont facilité un réel rétablissement de l&#039;institution de la psychothérapie, puis de la psychothérapie de l&#039;institution. En quise de plaidoyer Pro-Psychiatrie, voici ce que dit Minkowiski, cité par Sztulman (1974, p. 132) et qui résume la vision de non antipsychiatre de ce que devrait être leur profession:&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;Quelque part entre le fantasme de la faute et l&#039;illusion de la toute-puissance se trouve le chemin malaisé d&#039;une psychiatrie nouvelle, à réinventer tous les jours où le psychiatre refuse à la fois la facilité de n&#039;être qu&#039;un instrument passif, indifférent et anenchéphalique de la conservation de l&#039;ordre social et le plaisir narcissique de se situer au-delà d&#039;une réalité clinique ignorée, niée et finalement forclose, parce que angoissante. &#039;&#039;&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La fonction du médicament dans l&#039;approche anti-psychiatrique  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;apparition de la médication au début des années 1960 permet d&#039;éviter l&#039;internement. Elle soutient le changement qui s’opère dans les pratiques et donne l&#039;impression de pouvoir faire quelque chose. Elle fait transparaître un espoir aussi bien pour les praticiens que pour les patients puisque grâce aux médicaments il y a une diminution des hospitalisations, une augmentation des prises en charge ambulatoires et une augmentation des consultations. L&#039;avancée de la médecine et l’essor de la psychopharmacologie permettent alors de développer de nouvelles perspectives thérapeutiques et de nouveaux défis comme le soutien au patient et à sa famille, la mise en place de nouvelles structures. Il s&#039;agit ainsi de &amp;quot;jeter un pont entre l&#039;hôpital et la ville&amp;quot; (CMS, 1963, 7ème année, n°2 &amp;quot;L’assistance psychiatrique). Cependant, les connaissances récentes sur les effets de la médication et les abus sur son utilisation sont également soulevés. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;anti-psychiatrie se veut aussi anti-thérapeutique, ce qui lui est&amp;amp;nbsp; vivement reproché par les anti anti-psychiatres. Selon ces derniers, les anti-psychiatres considèrent que &amp;quot;les traitements sont à proscrire&amp;quot; ([[Bibliographie|Maurel, 1972]], p. 79). &amp;quot;Traiter, écrit Cooper, c&#039;est être intéressé à rendre le patient plus acceptable pour les autres...et lui faire manifester de moindre façon sa détresse&amp;quot; ([[Bibliographie|Maurel, 1972]], p. 79). Les anti anti-psychiatres militent ainsi pour une guérison grâce à des médicaments &#039;&#039;efficaces&#039;&#039; (au sens médical), selon des avis rapportés par les patients eux-mêmes. Selon les psychiatres opposés au courant anti-psychiatrique, ce-dernier vise &amp;quot;sans toujours l&#039;avouer à &amp;quot;soigner&amp;quot; clandestinement les &amp;quot;malades&amp;quot;&amp;quot; (Maurel, 1972, p.80), ce qui est selon Maurel et ses collègues, une contradiction.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L&#039;influence du concept de normalisation dans l&#039;anti-psychiatrie ==&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Cécilia Zuccone</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=La_d%C3%A9sinstitutionalisation_dans_le_champ_de_l%27%C3%A9ducation_sp%C3%A9ciale_1960-1980&amp;diff=9065</id>
		<title>La désinstitutionalisation dans le champ de l&#039;éducation spéciale 1960-1980</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=La_d%C3%A9sinstitutionalisation_dans_le_champ_de_l%27%C3%A9ducation_sp%C3%A9ciale_1960-1980&amp;diff=9065"/>
		<updated>2011-12-13T22:41:48Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Cécilia Zuccone : /* Prémisses de critiques aux institutions traditionnelles */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;[[user:Kleinpa0|P. Klein]],&lt;br /&gt;
[[user:Natalina m|N. M.]],&lt;br /&gt;
[[user:Ruchat|Martine Ruchat]],&lt;br /&gt;
[[user:Tatiana-vinhas|T Vinhas]],&lt;br /&gt;
[[user:Sandra wirz|S. Wirz]] et&lt;br /&gt;
[[user:Cécilia Zuccone|C. Zuccone]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Université de Genève&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Introduction  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A l&#039;heure où l&#039;on peut constater de &amp;quot;nouvelles exclusions&amp;quot; au nom de la protection des citoyennes et des citoyens inquiétantes pour certains, car &amp;quot;ruinant ainsi des décennies d&#039;efforts de déségrégation, désexclusion, de &amp;quot;retour du schizophrène dans la cité&amp;quot; (Dr.Patrick Lemoine, Le mystère du nocebo, Paris. Odile Jacob, 2011, p.69), un certain nombre de questions se posent pour mieux comprendre l&#039;histoire de l&#039;éducation spéciale, à la fois politique (anti-psychiatrie, sectorisation), sociale et culturelle (intégration, normalisation, désinstitutionalisation, communauté de vie, communauté thérapeutique) dans les décennies des Trente glorieuses (1960-1990) pendant lesquelles a soufflé un vent de contestation des politiques institutionnelles. Un esprit contestataire a émergé en particulier dès les années 1970 (post soixante-huit) provoquant dans le champ de la prise en charge des personnes dites aujourd&#039;hui &amp;quot;à besoins particuliers&amp;quot; un élan de remise en question de l&#039;institution, du pouvoir des médecins, de la contrainte institutionnelle et médicamenteuse. Peu de travaux ont encore exploré ce champ, à Genève, sinon pour étudier l&#039;histoire de Mai 68 et du mouvement féministe. (voir notamment Julie de Dardel, Révolution sexuelle et Mouvement de libération des femmes à Genève (1970-1977). Lausanne: Antipode, 2007).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La recherche proposée vise à mieux comprendre comment, à Genève, le champ de l&#039;éducation spéciale et celui de la psychiatrie a été touché par cette contestation. Elle fait suite à celle engagée en 2010 et 2011 sur l&#039;histoire de l&#039;intégration scolaire des enfants handicapés mentaux [[Pionniers de l&#039;intégration scolaire des enfants handicapés à Genève]] et La génération intégration 1970-1980: un slogan pour quelles réalités sociales? [[Article 2011]]. Les recherches précédentes ont montré à la fois la complexité des pratiques d&#039;intégration amenant souvent un écart entre discours et pratique, ainsi que les résistances à penser le handicap sans mettre une ligne de démarcation entre norme et hors norme, entre enfant éducable et non éducable, limite souvent mal définie et dépendante des représentations (malédiction du handicap). Au début des années 60, l&#039;intégration apparaît d&#039;abord pour les parents, dont les enfants étaient encore entièrement dans la famille, une intégration dans des institutions à créer. Le Pavillon des Grand Bois à l&#039;hôpital psychiatrique de Bel-Air représentant encore une solution &amp;quot;intégratrice&amp;quot; pour les enfants les plus difficiles à éduquer et les moins autonomes. Le concept de [[Dictionnaire|normalisation]] vient s&#039;accoler à celui d&#039;intégration pour rapprocher toute déviance d&#039;une norme sociale (en terme d&#039;habitat, d&#039;activité, voire de comportements). Ainsi le milieu ouvert (comme Aigues-Verte par exemple) peut apparaître comme plus proche d&#039;une vie quotidenne &amp;quot;normale&amp;quot; et donc plus intégrant. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La [[Dictionnaire|désinstitutionalisation]] qui fait l&#039;objet de cette nouvelle recherche est d&#039;abord issue des milieux de l&#039;anti-psychiatrie (et donc ni des associations de parents ni des milieux pédagogiques); on peut apparenter idéologiquement ce mouvement anti-psychiatrique avec un objectif de normalisation dans le sens de rapprocher les personnes prises en charge de la vie quotidienne de tout un chacun. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi malgré des différences d&#039;application ces différents courants pourraient être affiliés à celui libertaire qui a essaimé dans différents champs du social entre 1970 et 1990. C&#039;est dans une perspective de compréhension de l&#039;histoire des idées et des pratiques du mouvement anti-psychiatrique genevois que s&#039;inscrit cette recherche. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un premier temps, cette page d&#039;histoire sera située dans une &amp;quot;tradition&amp;quot;: d&#039;une part celle du traitement de la différence (notamment depuis les travaux des psycho-pédagogues du début du 20e siècle comme Alfred Binet à Paris, Edouard Claparède à Genève ou Ovide Decroly à Bruxelles); et d&#039;autre part dans une tentative dès les années vingt en Angleterre (voir Libre enfants de Summerhill), mais surtout pendant et dans l&#039;après deuxième guerre mondiale (voire les communautés d&#039;enfants victimes de la guerre), de multiplier les expériences de vie communautaire issue du scoutisme, des mouvements de jeunesse, de l&#039;éducation nouvelle et de l&#039;éducation internationaliste et pacifiste, des colonies de vacances et camps CEMEA, s&#039;opposant à une autre tradition hospitalière (couvent, Bon Pasteur, Hospice, institutions de prises en charge spécialisées). Ce faisant, nous dégagerons des signes précurseurs de &amp;quot;désinstitutionalisation&amp;quot; pour des structures plus petites, parfois médicalisées (les écoles de plein-air), mais avant tout proches de la nature et des besoins des individus. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un second temps, nous étudierons la période 1960-1980 laquelle a vu émerger un mouvement anti-psychiatrique (critique de l&#039;hôpital, du pouvoir médical, de la médicalisation à outrance et de la contrainte) pour une critique radicale visant le pouvoir institutionnel et entraînant des pratiques novatrices, lesquelles demandent à être mieux étudiées nbsp: 1. dans leurs objectifs (désinstitutionalisation ou déshospitalisation versus sectorisation)? 2. dans le choix fait des traitements: médicaux (traitement ambulatoire) ou éducatif et thérapeutique? 3. dans l&#039;évaluation faite des populations concernées par une prise en charge alternative 4. dans le rôle joué par la psychanalyse comme alternative au traitement médicaux et comme modèle thérapeutique (notamment dans les communautés cf. film de Catherine Scheuchzer) 5. dans le rôle donné aux familles et le poids qui leur est fait supporter (en terme financier, de responsabilité, de culpabilité,...) et en particulier à l&#039;égard des mères et des femmes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il s&#039;agira de mieux comprendre si l&#039;anti-psychiatrie est dans les années 1960-1980 une nouvelle manière de faire de la psychiatrie ou si elle est une véritable contestation de l&#039;institution asilaire et si les modèles alternatifs proposés ne seraient pas sous couvert d&#039;idéologie libertaire une façon de baisser les coût de la santé en temps de crise. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour ce faire, nous avons travaillé sur des articles et avec une bibliographie d&#039;ouvrages &amp;quot;classiques&amp;quot;, livres de références pour les acteurs/trices de la période considérées, puis nous avons dépouillé des revues professionnelles pour saisir les thématiques qui ont traversé alors le champs de la psychiatrie et de l&#039;éducation spécialisée; dans un second temps la recherche s&#039;est portée sur un fond d&#039;archives de l&#039;Association Les archives contestataires (fonds Alain Riesen/Schuller) dont un des donateurs d&#039;archives, Alain Riesen, est le fondateur de l&#039;Arcade 84 et militant de l&#039;anti-psychiatrie genevoise. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un troisième temps nous avons effectué un entretien vidéo (un plan fixe) afin de lui poser cinq questions issues de la recherche collective dans les archives et dans la littérature afin d&#039;avoir son témoignage sur l&#039;histoire de l&#039;anti-psychiatrie, de la désinstitutionalisation et des communautés thérapeutiques entre 1960 et 1980.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Revue de la littérature  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les revues professionnelles et contestataires entre 1970 et 1990  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un certains nombres de revues professionnelles ont été dépouillée pour la période 1970-1980. Soit Sauvegarde de l&#039;enfance, Déviance et Soicété,... &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Durant la période de 1970 à 1985, la revue &amp;quot;Sauvegarde de l&#039;enfance&amp;quot; n&#039;a publié aucune revue, voire même aucun article consacrés au thème de notre étude, à savoir la désinstitutionnalisation dans le champ de l&#039;éducation spéciale. Au premier abord on pourrait donc tirer la conclusion selon laquelle ce champ d&#039;étude ou ce mouvement n&#039;était que peu présent à cette époque. Toutefois, en se penchant davantage sur les sujets traités dans cette revue, on se rend compte que les auteurs de celle-ci n&#039;ont pas abordé la désinstitutionnalisation en tant que telle, mais l&#039;ont abordée par les effets qu&#039;elle a pu engendré à cette époque. Effectivement, on peut observer des thèmes comme la formation des éducateur en centre de jour ou en maison d&#039;accueil, la relation entre famille et société, l&#039;école ordinaire, l&#039;adolescence et la violence ou encore l&#039;aide sociale, autant de thèmes qui ont largement découlé de ce mouvement désinstitutionnel. Il est donc fort intéressant de se pencher sur les champs d&#039;action de ce type de revues, afin de mieux comprendre quel était le climat politique, les préoccupations, les tendances de la période qui nous intéresse. D&#039;ailleurs, nous retrouverons tout au long de cet article de nombreuses références aux thèmes traités par le revue &#039;&#039;Sauvegarde de l&#039;enfance&#039;&#039;.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Prémisses de critiques aux institutions traditionnelles  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Des prisons à l&#039;asile pour les personnes atteintes d&#039;affections mentales&#039;&#039;&#039;&#039;&#039; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Jusqu&#039;à la fin du XVIIIe siècle, les hôpitaux psychiatriques internaient une population bien différente de celle accueillie au XXe siècle. [[Bibliographie|Cléopâtre Montandon&amp;amp;nbsp;(1978)]]&amp;amp;nbsp; nous dévoile que les populations désignées comme relevant de l&#039;univers psychiatrique étaient très fortement liées à l&#039;univers carcéral. Effectivement, jusqu&#039;au XVIIIe siècle, les criminels étaient considérés comme &amp;quot;fous&amp;quot; ou &amp;quot;aliénés&amp;quot; et se voyaient enfermés, voire même enchaînés dans des &amp;quot;maisons de discipline&amp;quot; ou dans des &amp;quot;hôpitaux pour fous&amp;quot;. A cette époque, seule la justice décidait du lieu d&#039;incarcération des individus criminels. Peu à peu, des distinctions se sont faites pour montrer que certains criminels aliénés relevaient davantage de la psychiatrie, et se définissaient essentiellement par une responsabilité restreinte et une santé mentale défaillante. Ce sont alors ces personnes, désignées comme ne pouvant accomplir leur rôle social, que les hôpitaux psychiatriques ont admis dans leurs locaux. Pour décider et justifier ces internements, la justice ne pouvait agir seule. &amp;quot;Ce n&#039;est qu&#039;à partir de 1936 que l&#039;autorisation d&#039;un internement est délivré sur vue d&#039;un certificat médical par le Département de la prévoyance sociale et de la santé publique&amp;quot;. Ainsi, on voit combien la société évolue en définissant clairement et sur preuves médicales qui peut être &#039;&#039;placé&#039;&#039; en hôpital psychiatrique. D&#039;ailleurs, c&#039;est à partir de 1838 qu&#039;une loi voit le jour à Genève concernant l&#039;internement des &amp;quot;aliénés&amp;quot;: loi sur le placement et la surveillance des aliénés (5 février 1838). On parlera dès lors de &#039;&#039;placement&#039;&#039;des aliénés, et non plus de l&#039;enfermemenr ou de l&#039;internement de ces derniers.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On peut également noter que les préoccupations principales de la période du XVIIIe au début du XXe siècle se restreignaient principalement à la sécurité, et de fait au &#039;&#039;placement&#039;&#039; de ces personnes. Où pouvait-on mettre physiquement ces personnes différentes pour qu&#039;elles ne nuisent pas à la société? Que pouvait-on faire d&#039;elles? Qui pouvait s&#039;en occuper? Que faire avec ces personnes? On observe dès lors que, pendant plusieurs siècles, ces personnes étaient enfermées, dénuées de tous sens, de toute sensibilité, et de toute éducation, en recevant néanmoins de plus en plus de médicaments censés les calmer ou les soigner. Il faudra alors attendre la fin du XIXe siècle pour entrevoir une forme d&#039;éducation de ces personnes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans son article, &amp;quot;[[Bibliographie|La naissance de l&#039;institutions pour aliénés]]&amp;quot; à Genève au 19e siècle, Alain Riesen montre que la problématique de l&#039;internement est grandissante et que &amp;quot;l&#039;inhumanité de l&#039;enfermement&amp;quot; (Riesen, 1981) est au coeur des préoccupations. Il relate également une nouvelle conception du milieu asilaire&amp;amp;nbsp;: &amp;quot;la possibilité d&#039;améliorer l&#039;état des aliénés, ou même les guérir, si de bonnes conditions sont réunies&amp;quot;.En d&#039;autres termes, il s&#039;agirait de pouvoir administrer un traitement aux malades de manière à guérir, à soigner leur folie; à l&#039;époque nommé &#039;&#039;traitement de la folie. &#039;&#039;Plusieurs types de traitements font alors leur apparition et notamment l&#039;isolement. Il s&#039;agissait d&#039;éloigner le malade des conditions de vie qui l&#039;ont rendu &#039;&#039;fou&#039;&#039; &amp;quot;afin de le soustraire à leur influence&amp;quot;. La médication fut également un des traitements de la folie.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette nouvelle manière de penser l&#039;internement étant accomplie, plusieurs dérives ont vu le jour, et notamment les placements abusifs effectués par le Département de Justice et Police. En 1895, la Loi de 1838 est revue de manière à éclaircir la procédure d&#039;admission des aliénés.&amp;amp;nbsp;&amp;quot;Même si la loi de 1838 ne rend pas obligatoire l&#039;avis médical pour procéder au placement, dans la pratique, le médecin se fondant sur une &#039;&#039;science&#039;&#039; de l&#039;aliénisme en plein développment, va jouer un rôle de plus en plus important dans le placement et la sortie des aliénés&amp;quot; ([[Bibliographie|ADUPSY]]). L&#039;avis médical devient dès lors requis pour tout placement. Enfin, la réforme de 1936 met en évidence la nécessité et l&#039;exigence d&#039;un certificat médical pour être placé. Quiconque ne peut pas être déféni comme &amp;quot;fou&amp;quot; ou &amp;quot;aliéné&amp;quot; sans avis médical suivant des règles précises.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dès les années 70, l&#039;ADUPSY (l&#039;association pour les droits des usagers de la psychiatrie) se questionne à propos du placement des malades qui garde, malgré la loi de 1936, un caractère prégnant d&#039;enfermement, et à propos de la limitation des droits des personnes que ces lois entrainent. En effet, l&#039;ADUPSY estime que les malades mentaux n&#039;ont pas le choix de leur placement (internement), cela se fait de force, et que leurs droits sont dès lors limités puisqu&#039;ils n&#039;ont pas de droit de regard sur le traitement qui leur est admistré. A cet effet, cette association relate par exemple qu&#039; &amp;quot;en 1975, la majorité des malades metaux entrent encore à Bel-Air contre leur gré&amp;quot; ([[Bibliographie|ADUPSY, 1979, p. 7]]). Les droits de l&#039;Homme, et dans ce cas présent du malade, sont donc au coeur du débat. L&#039;association défend alors l&#039;idée que tout &#039;&#039;internement psychiatrique&#039;&#039; devrait être pensé comme une hospitalisation qui respecte les droits du malade mental en assurant sa protection et sa dignité, qui rende le patient actif dans son traitement, qu&#039;il peut d&#039;ailleurs refusé, qui n&#039;a pas comme raison la dangerosité potentielle du patient, qui rappelle au patient quels sont ses &amp;quot;droits en matière d&#039;hospitalisation et de traitement&amp;quot; (p. 13), et qui devrait &amp;quot;nécessité obligatoirement de deux certificats médicaux&amp;quot; (p. 13) de manière à justifier ce placement saur plsuieurs avis de provenance différentes. Dans cette optique, on se rend compte de l&#039;évolution de la prise en charge des malades mentaux. Que ce soit au niveau des termes employés, de la procédure ou des droits des patients, l&#039;ensemble de cette prise en charge évolue. L&#039;époque semble donc propice à des changements radicaux. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En réponse à ce nouveau regard sur la question de la prise en charge des malades mentaux, la question de l&#039;éducation semble elle aussi être en mouvance durant cette période.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;L&#039;éducation...&#039;&#039;&#039;&#039;&#039; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au début du XXe siècle, Binet et Simon (1907)&amp;amp;nbsp; &#039;&#039;donnent une nouvelle forme cognitive de l&#039;éducation spéciale qui perdurera au moins jusqu&#039;au années 1960&#039;&#039; ([[Bibliographie|Chauvière et Plaisance, 2003, p. 32]]).&amp;amp;nbsp; A cette époque, on distinguait les arriérés d&#039;asiles, non éducables et à laisser entre les mains des médecins, des arriérés d&#039;école. Ainsi, des institutions apparurent en servant d&#039;intermédiaire entre l&#039;hôpital et la classe ordinaire. Dans ces premières institutions, la pédagogie était &#039;&#039;inspirée par l&#039;atelier, c&#039;est-à-dire guidée par la mise en oeuvre de travaux manuels et d&#039;exercices pratiques &#039;&#039;([[Bibliographie|Chauvière et Plaisance, 2003, p. 33]]). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plusieurs modèles du même type virent le jour en Grande-Bretagne où par exemple Neill ou Cooper mirent en place de nouveaux lieux pour exercer une forme innovante de psychiatrie et d&#039;éducation. Comme nous l&#039;avons mentionné dans les paragraphes précédents, l&#039;internement psychiatrique des malades mentaux a soulevé de nombreuses questions éthiques, c&#039;est pourquoi des formes nouvelles de l&#039;exercice de la psychiatrie apparaissent. C&#039;est à travers des expériences comme Pavillon 21 menée par [[Bibliographie|Cooper]] en 1962 ou [[Résumé_de_l&#039;ouvrage_Libres_enfants_de_Summerhill|Libres enfants de Summerhill]] de [[Bibliographie|Neill]] en 1921 que l&#039;anti-psychiatrie semble voir le jour. Effectivement, plusieurs principes régissent ce nouveau type de lieu à savoir la liberté des individus, le self-governement, les apprentissages facultatifs... en ayant pour hypothèses que le mal-être et la maladie mentale de ces individus étaient en partie dû aux contraintes du monde dans lequel ils évoluent et apprennent. Dès lors, il convient de créer des institutions, des lieux éloignés de toute coercition et de toute autorité. Notons éagelemtn que Maud Mannoni, dans la préface de l&#039;ouvrage Libres enfants de Summerhill, relate que Neil faisait partie de &amp;quot;la lignée anarchisante qui donna naissance à l&#039;antipsychiatrie&amp;quot; ([[Bibliographie|Mannoni, dans Neill, 1979, p. 9]]).&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On constate que la période 1945-1960 est également bouleversée et traversée par de nouveaux modèles éducatifs avec la naissance de lieu de vie où l&#039;enfant inadapté est accueilli, non pas à travers sa maladie ou sa différence, mais plus à travers le fait qu&#039;il est un enfant et qu&#039;il doit être éduqué. Jean Lagarde, fondateur de l&#039;association de la sauvegarde des enfants invalides dans la période après guerre, souhaitait effectivement faire &amp;quot;l&#039;expérience d&#039;éducation toujours dans un creuset communautaire&amp;quot; ([[Bibliographie|Capul, 2002, p.141]]). Lagarde avait pour objectif de créer un lieu où les soins médicaux puissent être administrés aux enfants qui en nécessitaient, tout en leur proposant un accueil éducatif. Nous pourrions plutôt dire qu&#039;il désirait créer une école, un lieu de vie où un suivi médical était envisageable. Il s&#039;agissait en effet d&#039;éloigner l&#039;enfant du lieu médical pour qu&#039;il devienne élève et que, de fait, il puisse apprendre. Dans cette optiquet, équipe pédagogique et équipe médical devaient collaborer étroitement. Cette expérience est à nouveau le témoin d&#039;une nouvelle forme d&#039;hospitalisation. Il est possible de faire le lien entre cette expérience et l&#039;approche de Maud Mannoni en 1969, avec la création de l&#039;Ecole expérimentale de Bonneuil-sur-Marne où il s&#039;agissait également de séparer les lieux d&#039;analyse et les lieux de vie (lieux pédagogiques).&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En se fondant sur des principes similaires à ceux de Neil et de Cooper, dès les années 1960,&amp;amp;nbsp; de nombreuses institutions privées pour enfants handicapés ou en difficultés se développent en Suisse, majoritairement sous l&#039;impulsion d&#039;associations de parents. Ces derniers ont été amenés à &#039;&#039;créer et à gérer des institutions de type médico-éducatif&#039;&#039; &#039;&#039;pour éviter à leurs enfants d&#039;être relégués dans des services d&#039;hôpitaux psychiatriques ou d&#039;être seulement en survie à leur domicile&#039;&#039; (Chauvière er Plaisance, 2003, p.35). Aujourd&#039;hui, les institutions, à Genève, semblent toujours être un peu sur le même modèle, celui de &amp;quot;l&#039;alliance&amp;quot; entre le médical et le pédagogique (qui regroupe aussi l&#039;aspect éducatif). Si on ne cherche peut-être plus à éviter aux élèves la reléguation en psychiatrie, on les place dans des lieux parfois hors de tout cursus ordinaire et loin de la norme. Ce qui questionne enfin sur qu&#039;est-ce que la normalisation? Et où mettre la limite à une vie comme tout le monde avec un handicap: la liberté (permissivité, autonomie) des années 1970 a-t-elle fait l&#039;impasse sur la souffrance des individus face aux exigences thérapeutiques et pédagogiques? La communauté d&#039;enfants (pédagogique, institutionnelle, thérapeutique) est-elle un modèle &amp;quot;utile&amp;quot; en temps de crise des institutions: peu coûteux, demandant un engagement au quotidien (vie quotidienne) du collectif pédagogique et thérapeutique (donc assurant un &amp;quot;contrôle social&amp;quot; maximal.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
(A ajouter : le regard de Alain Riesen sur ces apports.)&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La communauté: un modèle alternatif à l&#039;institution fermée  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des «&amp;amp;nbsp;communautés thérapeutiques&amp;amp;nbsp;» ont été créées en réaction aux enfermements asilaires prônés jusque-là mais qui commençaient à être pointés du doigt, car considérés comme déshumanisants. Bien que créées tout d&#039;abord pour répondre aux phénomènes de dépendances (toxicomanies, par exemple), on trouve, dès la fin des années 60, des communautés thérapeutiques en Angleterre, en France, en Suisse et au Québec, destinées au secteur de la psychiatrie. Avec la naissance de ces communautés thérapeutiques, une nouvelle approche de la psychose en-dehors des lieux de soins traditionnels s&#039;est développée (Schatzman, 1969; Barnes et Berke, 1973; Fabre, 1978; Lecomte et Tourigny, 1983a). Leur but est de créer un milieu &amp;quot;naturel&amp;quot;, en reconstituant les structures d’une «&amp;amp;nbsp;macro famille&amp;amp;nbsp;» ou d’une «&amp;amp;nbsp;mini société&amp;amp;nbsp;», plus rassurantes : on trouve par exemple la Communauté des Sablons, (Maison d&#039;enfants à caractère social et familial (76270 Saint-Saire), ou, en Suisse, le foyer de Tavel qui a vécu cinq ans (1975-1980). Dans le film de Catherine Scheuchzer, «&amp;amp;nbsp;Dans l’aventure du non, la parole&amp;amp;nbsp;», (tourné à Boulens, dans la campagne vaudoise, dans les années 70 ), on découvre, dans un décor post soixante huitard, très simplement, dans un rythme extrêmement lent, des adultes et des enfants en interaction, «&amp;amp;nbsp;comme dans la vraie vie&amp;amp;nbsp;». Cette expérience est décrite comme «&amp;amp;nbsp;une véritable expérience d’éveil à la vie&amp;amp;nbsp;», qui «&amp;amp;nbsp;prend le contre-pied du placement en institution psychiatrique&amp;amp;nbsp;» (L’Est vaudois, 19.11.92). Plutôt que de considérer cette population d&#039;enfants, comme on le faisait en asile, comme des fous, murés dans leur silence, leurs excentricités, on veut les considérer comme des partenaires, des interlocuteurs. Le but est effectivement de les faire participer au quotidien d’une maisonnée, plutôt que de créer des ateliers protégés artificiels. De la sorte, ils sont poussés à se dépasser, à faire des expériences par eux-mêmes, sans avoir nécessairement recours au soutien d’un adulte. Il semble qu&#039;à cette époque, cette nouvelle façon de considérer les enfants autistes comme étant capables d’autonomie, capables d’agir, ait apporté un peu d’humanité dans leur prise en charge. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;enfant&amp;amp;nbsp; ainsi placé dans une communauté thérapeutique vaudoise est-il plus &amp;quot;intégré&amp;quot; que s&#039;il était dans une institution considérée par ces acteurs alternatifs du &amp;quot;système&amp;quot; comme un ghetto? Il en va de même avec le terme désinstitutionalisation? Qu&#039;est-ce que l&#039;institution? Il y en a des &amp;quot;bonnes&amp;quot; (maternantes, enveloppantes, naturelles...) et de &amp;quot;mauvaises&amp;quot; (contraignantes, mortifères) (sur ce point les travaux de Fernand Oury puis de Jacques Pain mériteraient qu&#039;on s&#039;y attache (voir la psychothérapie institutionnelle sur le site de Jacques Pain: http://www.jacques-pain.fr).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La désinstitutionalisation  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon des sources internet, le mouvement de désinstitutionalisation semble avoir débuté vers 1960 (même s’il semble qu’il y ait eu un prélude à la désinstitutionnalisation au début du 19e siècle (L’Institut universitaire en santé mentale de Québec par exemple - La désinstitutionnalisation, http://caringminds.ca/index.php?option=com_content&amp;amp;amp;view=article&amp;amp;amp;id=62&amp;amp;amp;Itemid=43&amp;amp;amp;lang=fr&amp;amp;amp;limitstart=7). Certains observent le début de ce mouvement en Scandinavie, d’autres au Québec. Dans tous les cas, il s’agit d’un mouvement d&#039;ouverture vers la communauté, d’une volonté de «normalisation»[[Normalisation]] &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le mouvement de désinstitutionnalisation s&#039;appuie avant tout sur une philosophie qui met l&#039;accent sur les droits et les libertés des individus, et elle vise à humaniser les soins de santé mentale. ([http://agora-2.org/thematiques/inaptitude.nsf/Dossiers/Desinstitutionnalisation Encyclopédie de l’Agora]). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;horreur suscitée par les politiques nazies du meurtre eugénique des malades psychiatriques et les camps de concentration pendant la Seconde guerre mondiale, ont attirer l’attention sur les pratiques «&amp;amp;nbsp;déshumanisantes&amp;amp;nbsp;» dans les soins psychiatriques en santé mentale, (séquestration, mauvais traitements en tout genre, manque de formation des professionnels). (Voir [http://id.erudit.org/iderudit/032417ar Martin, 1984 et Claire Henderson et Graham Thornicroft], Santé mentale au Québec, vol. 22, n° 2, 1997, p. 88-114. ) Les années d’après-guerre ont vu un accroissement de l’intérêt porté à l’institution comme objet d’étude. Certains auteurs parlent de l’institution comme étant «&amp;amp;nbsp;névrosante&amp;amp;nbsp;», «&amp;amp;nbsp;façonnant et codifiant les gens dans le rôle de patient psychiatrique&amp;amp;nbsp;» (Goffman (1961). On observe dans les années 60 une disparition du personnel religieux des hôpitaux. Naît alors une nouvelle conception de l’individu, une évolution des attitudes envers le malade&amp;amp;nbsp;; on veut le sortir des murs de l’asile psychiatrique. On commence à parler, à cette époque, du «&amp;amp;nbsp;droit de la personne&amp;amp;nbsp;». Des idéaux humanitaires amènent alors à une nouvelle vision de la maladie mentale. Il semble que ce mouvement de désinstitutionnalisation soit également lié à l’apparition des pratiques de pharmacopée. Effectivement, «&amp;amp;nbsp;Ces nouveaux médicaments permettaient de calmer les malades agités, délirants, hallucinés et ainsi permettre d&#039;envisager et de généraliser des traitements psychiques dans des conditions plus réalistes ou encore, lorsque c&#039;était possible, d&#039;envisager un retour au domicile ou dans des structures intermédiaires&amp;amp;nbsp;».([http://fr.wikipedia.org/wiki/Psychiatrie déf. du mot «&amp;amp;nbsp;psychiatrie&amp;amp;nbsp;»]). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On a le désir de «normaliser&amp;amp;nbsp;» leurs conditions de vie. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les années 60, la personne «&amp;amp;nbsp;déficiente intellectuellement&amp;amp;nbsp;» est encore considérée comme un «&amp;amp;nbsp;malade&amp;amp;nbsp;». Toutefois, on ne considère plus le malade mental comme un malade incurable, mais davantage comme un sujet pouvant être aidé et guéri. On met en avant le fait que la maladie mentale ne nécessite pas nécessairement une hospitalisation, et qu’elle doit être considérée comme une quelconque maladie. On externalise, on invente la psychiatrie de secteurs, on commence à intégrer des services pour les malades mentaux dans des hôpitaux ou cliniques. On évite ainsi la stigmatisation des malades mentaux placés pour de longues périodes en asile psychiatrique, et on leur évite la perte de leurs facultés leur permettant de se réintégrer dans la société. On redonne alors un rôle à la communauté, tout en accordant des responsabilités aux familles. La patient devient alors le coeur de l&#039;intérêt des praticiens. ([http://www.promentesana.org/upload/application/trimes_43.pdf in Lettre trimestrielle de l’association romande Pro Mente Sana])&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme il l&#039;a déjà été dit, la désinstitutionalisation a permis aux personnes présentant des troubles psychiatriques de sortir de ce milieu assimilé pendant de nombreuses années, au milieu carcéral. Mais une fois &amp;quot;libérées&amp;quot; où vont ces personnes? A ce sujet,&amp;amp;nbsp; [[Bibliographie|N. Carpentier (2001)]] affirme dans son article que 60 à 70&amp;amp;nbsp;% des patients retournent dans leur famille après l’hospitalisation. Plusieurs articles ont démontré que l&#039;arrivée d&#039;un malade dans une famille, avait de lourde conséquence sur celle-ci. Avant d’en venir aux conséquences, il me semble nécessaire de revenir sur la représentation des professionnels, sur les familles des patients. Pour cela, il est intéressant de revenir sur l&#039;évolution de la vision des professionnels sur la famille. En d&#039;autres termes, comment la famille, alors qu&#039;elle était considérée comme coupable de la maladie de l&#039;un de ses membre, est devenue un partenaire idéal?&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour développer ceci, revenons tout d&#039;abord au début du XXème siècle. A cette époque, la famille était considérée comme étant la cause, à l&#039;origine de la maladie de leur enfant. Autrement dit, les professionnels affirmaient que la maladie mentale était un problème génétique, héritée de plusieurs générations antérieures. Ensuite, les années cinquante ont apporté un premier renversement dans la vision des familles sur la maladie de leur enfant. En effet, la famille était perçue comme étant un «&amp;amp;nbsp;système réagissant aux troubles mentaux de l’un de ses membres, plutôt qu’en tant que système causant des désordres psychiques&amp;amp;nbsp;» ([[Bibliographie|Carpentier, 2001, p.84]]). Ce changement de perspective est en lien avec l’arrivée d’une politique qui favorise les hospitalisations de courte durée. En d’autres termes, les familles commencent à être perçues comme une solution aux changements politiques. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les années 60, la psychiatrie adopte une vision centrée sur la communauté. Ce changement va être très favorable pour les familles, puisqu’il permet à ces dernières de se déresponsabiliser des troubles mentaux. Ainsi, toujours selon Carpentier, à cette époque «&amp;amp;nbsp;les désordres psychiques [doivent être étudiés] sous l’angle de l’isolement social, des désavantages sociaux, puis selon la présence de stresseurs sociaux et économique&amp;amp;nbsp;»( p.89) .&amp;lt;br&amp;gt;Ainsi, au fur et à mesure que le mouvement de désinstitutionalisation est mis en place, les politiciens et les professionnels considèrent la famille comme étant une solution au problème. En effet, la famille est perçue comme «&amp;amp;nbsp;une source privilégiée de soutien émotionnel et social ainsi que comme place de choix pour relocaliser le patient psychiatrique.&amp;amp;nbsp;» ([[Bibliographie|Carpentier, 2001, p.91]]. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Jusqu&#039;à présent, nous avons relevé l&#039;évolution de la perception de la famille aux yeux des professionnels. Mais comment la famille voit-elle ce changement? A ce sujet, [[Bibliographie|R. Therrien (1990)]] affirme que sur le plan économique et émotionnel, la désinstitutionnalisation demande beaucoup aux familles, surtout aux femmes. En effet, toujours selon R.Therrien, avoir quelqu&#039;un ayant des problèmes mentaux à la maison provoque beaucoup de stress chez les familles. Dans certaines familles, un malade peut devenir un véritable &amp;quot;fardeau&amp;quot;, puisque celui-ci impose beaucoup de contraintes. Effectivement, avoir une personne malade à la maison peut engendrer des conséquences telles que la réduction des loisirs habituels, les sorties avec nos amis, par peur d&#039;être jugé, ou encore avoir des problèmes avec nos voisins, car les comportement de notre enfant, ou mari dérange. Tous ces problèmes ont un impacte très fort sur la famille d&#039;autant plus qu&#039;elle n&#039;est pas aidée, ni reconnue pour tout ce qu&#039;elle fait pour la personne malade. &amp;amp;nbsp; &amp;lt;br&amp;gt; A propos de la lourde responsabilité des parents, il me vint une autre question: est-ce que les familles ne finissent pas elles aussi à un moment donné par tomber malade? A ce sujet, monsieur [[Bibliographie|Alain Riesen]] a témoigné que selon lui, quand une famille devait prendre en charge un de ses membres malade, il ne fallait pas qu&#039;elle reste seul, mais elle devait en parler, faire partager ce qu&#039;elle vivait au quotidien. C&#039;est donc, pour ces raisons-là que des thérapies familiales ont vu le jours.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L&#039;élan contestataire des années 70 à Genève  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En Suisse un même mouvement historique a été observé. Selon le médecin Christian Monney, on y a dénoncé les mêmes agissements qu’ailleurs&amp;amp;nbsp;: enfermement, répression, qui étaient là non pour aider le malade, mais pour protéger l’ordre public. On y mêlait, écrit-il, infirmes, orphelins, indigents et fous… (Dr Christian MONNEY, 1999, à l’occasion des 100 ans de l’Hôpital de Malévoz). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Or, dès 1965, des consultations ambulatoires sont créées et les séjours hospitaliers peuvent ainsi se raccourcir. Les moyens de contention sont contestés. Des établissements médico-éducatifs apparaissent, comme [http://www.castalie.ch/home.php?include=textes&amp;amp;lng=1&amp;amp;id=18&amp;amp;idmenu=14 la Castalie en Valais], grâce au Dr Rey-Belley, en 1972 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Genève, l&#039;élan contestataire débute lorsque Julian de Ajuriaguerra est nommé directeur de Bel-Air en 1959. C&#039;est donc à ce moment-là que le mouvement de désinstitutionnalisation naît. En effet, on commence à critiquer les asiles et à vouloir modifier le fonctionnement de l&#039;hôpital psychiatrique. Les patients psychiatriques commencent à bénéficier des mêmes droits que les patients non-psychiatriques. Ensuite, pendant les années 70-80, cet élan continue avec la volonté de baser les soins sur des approches psychotérapeutiques.[[Bibliographie|Rey-Bellet, Bardet Blochet, Ferrero, 2010, p.90-95]] &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L&#039;anti-psychiatrie: une nouvelle politique de la prise en charge  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les années 60, Michel Foucault a tenté d&#039;amorcer &amp;quot;un dialogue entre la psychiatrie et ses sujets&amp;quot; ([[Bibliographie|Rose, 2006, p.113]]) et dès 1971 avec la sortie de son ouvrage sur les prisons, c&#039;est à la critique de l&#039;univers carcéral et des rapports de pouvoir qu&#039;il s&#039;attelle (Surveiller et punir, 1971). Ces critiques, plus tard regroupées sous le nom d&#039;antipsychiatrie, visaient à remettre en question &amp;quot;la manière dont le pouvoir du médecin était impliqué dans la vérité de ce qu&#039;il disait et, inversement, la manière dont celle-ci pouvait être fabriquée et compromise par son pouvoir ([[Bibliographie|Rose, 2006, p.120-121]]). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;institution comme lieu d&#039;exclusion est mise à mal par une volonté de certains de supprimer ces lieux de contrainte, pour une vie libre dans la Cité (sectorisation) ou dans des communautés thérapeutiques (de préférence à la campagne) partant du présupposé que les conditions de vie des personnes sont déterminantes dans leur état de santé (avant même tout diagnostic). Par ailleurs, dans ces années-là, la vie quotidienne devient un objet d&#039;étude (la sociologie de la vie quotidienne), terreau de multiples expériences pédagogiques et thérapeutiques. Le slogan &amp;quot;La liberté est thérapeutique&amp;quot; s&#039;allie à une critique de la contrainte médicamenteuse et des pratiques de contention psychiatrique: elle donne ainsi une place à de nouvelles formes d&#039;&amp;quot;éducation spéciale&amp;quot; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Symptôme de ce changement le terme d&#039;&amp;quot;usagers&amp;quot; vient reléguer celui de &amp;quot;patients&amp;quot; donnant un nouveau statut aux personnes, écorchant ainsi le sacro saint pouvoir des médecins et des directions des institutions. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dès les années 70, le journal mensuel &amp;quot;Tout Va Bien&amp;quot; a consacré de nombreuses pages et numéros à la question de l&#039;anti-psychiatrie. Dès 1973, un groupe d’enquête s’est constitué pour dénoncer une certaine violence et certains abus de pouvoir au sein des asiles psychiatriques. Leur volonté était de déterritorialiser la psychiatrie. «&amp;amp;nbsp;La psychiatrie, c’est l’affaire de tout le monde&amp;amp;nbsp;». Ils voulaient faire exploser la loi du silence qui régnait dans ces lieux. Ils ont voulu dénoncer les rapports de pouvoir sévissant à l&#039;intérieur des murs psychiatriques, la soumission du malade à l’infirmier, la soumission de l’infirmier au médecin, la soumission du médecin aux pouvoirs de l’administrateur bailleur de fonds. Selon ce journal, le mouvement anti-psychiatrique serait né au début des années 60: La clinique psychiatrique de Bel Air, créée en 1900, a commencé à construire des pavillons ouverts avec l’arrivée de son nouveau directeur en 1959, Julian Ajuriaguerra. Son intention était de favoriser le retour de l’interné au plus vite dans leur milieu naturel, grâce à une hospitalisation de courte durée. Depuis 1963, le travail psychiatrique est sectorisé. On commence à organiser les soins dans des centres de consultation de quartier. Ainsi, les premières tentatives alternatives apparaissent en Suisse. Des travailleurs sociaux poursuivent une critique des institutions et contribuent à la création et au fonctionnement de centres (qui se différencient des institutions récupératrices) qui ont pour but de venir en aide à toute personne en crise. Exemple&amp;amp;nbsp;: le centre Liotard à Genève, créé par le réseau d’alternative à la psychiatrie de Suisse romande. En janvier 1975 se tient le premier congrès d’alternative à la psychiatrie de secteur (Congrès de Bruxelles, auquel participe un groupe de Genève: il s’en est inspiré pour animer des débats au centre Liotard&amp;amp;nbsp;: recherche d’alternatives concrètes répondant aux besoins des malades. A Lausanne, le 24 janvier 1976, est créé un réseau alternatif à la psychiatrie pour la Suisse romande, dont l’un des membres actifs s’appelle Alain Riesen, du Centre Liotard. Une commission formée aussi bien de psychiatrisés que de soignants s’est alors formée. Elle a remis en question le pouvoir des soignants. Selon cette commission, le but d’une alternative au secteur doit être la prise en main progressive par le malade de ses propres difficultés. Suite à des tentatives d’internement forcé, des tracts ont circulé, dénonçant les abus du pouvoir psychiatrique (voir les archives contestataires de Genève, Classeur Alain Riesen). Dès ce moment-là, une prise de conscience s&#039;opère: le patient ne veut plus être manipulé, il ne veut plus être le cobaye, il ne veut plus être muselé par le pouvoir du médecin. Il veut choisir son mode de guérison, il veut être actif dans le processus de guérison. Il convient alors de faire en sorte que ce soit le patient qui choisisse ou non son hospitalisation. Effectivement, médecins, contestataires et familles se sont rendus compte de l&#039;importance du choix du malade dans sa propre guérison. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A la fin des années 70, d&#039;autres mouvements anti-psychiatriques se répandent en Suisse et ailleurs: par exemple à la clinique de Bellelay, où son nouveau directeur a souhaité ouvrir les murs à son arrivée, et mettre à disposition des appartements protégés, voire même une maison de vacances pour ses patients. Le but était &amp;quot;que les malades puissent le plus possible avoir des contacts humains et une vie «&amp;amp;nbsp;normale&amp;amp;nbsp;» (TVB avril-mai 80). En Italie, Franco Basaglia, qui s’est appuyé entre autres sur les modèles de l’anti-psychiatrie anglaise et française pour mener sa lutte ([[Bibliographie|Cooper, Lang, Foucault, Caxtel]]), s&#039;en est pris aux conditions de vie moyenâgeuses réservées aux malades mentaux. En quelques années, il démantèle l’asile et expérimente les premiers éléments de sa conception territoriale (et non plus institutionnelle) de la folie&amp;amp;nbsp;: le malade est soigné dans son milieu social&amp;amp;nbsp;» (TVB 10 octobre 80). Suite à la mort atroce d&#039;Alain Urban lors d&#039;une cure de sommeil forcé à la clinique de Bel-Air, l&#039;ADUPSY ainsi que l&#039;Association des Médecins Progressiste ont déployé maints efforts pour alerter l&#039;opinion publique à propos des agissements soupçonneux de la clinque en question. Leurs revedications ont porté sur la suppression des isolements, la priorité données aux instruments de soin ambulatoire, l&#039;augmentation des effectifs globaux du personnel soignant, etc. Ils expriment également leur soutien aux revendications concernant le droit des patients&amp;amp;nbsp;: «&amp;amp;nbsp;Le consentement du patient ou de son entourage immédiat doit toujours être recherché, dans la thérapeutique comme dans la recherche&amp;amp;nbsp;». &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Alain Riesen nous a appris qu&#039;après les drames qui ont secoué Bel-Air, une commission d&#039;enquête a été créée, et c&#039;est non seulement le Directeur de cette clinique qui a été interrogé, mais également les patients, les soignants, ainsi que les cadres. Dès cet instant, &amp;quot;tout est ressorti&amp;quot;, amenant à une première évolution forte: la réforme de l&#039;institution psychiatrique. Le Pr Tissot est déstitué, et un changement au niveau de la législation se fait: le droit de recours apparaît, Le patient peut désormais exiger de faire valoir ses droits. Jusque là, le Réseau d&#039;Alternative à la psychiatrie pouvait intervenir sur demande, mais n&#039;avait pas de statut officiel. A partir de cette période, une Commission de surveillance fut mise sur pied (réunissant un juriste, un médecin indépendant, un représentant du Droit des patients), et quatre associations de défense du Droit des patients sont nées: l&#039;Association RÊVE (les &amp;quot;Entendeurs de voix&amp;quot;), l&#039;ADPED (Association des personnes ayant des troubles bi-polaires et dépressifs), l&#039;Expérience (travail artisanal double d&#039;un travail d&#039;entraide), et l&#039;AETOC (Association des personnes ayant des troubles obsessionnels et compulsifs). Selon Alain Riesen, l&#039;institution, malgré l&#039;avancée significative qui a été faite quant au droit des patients, garde les stigmates de l&#039;institution asilaire. &amp;quot;Il y a encore beaucoup de travail à faire pour faire éclater l&#039;institution dans sa dimension totalitaire&amp;quot;, dit-il en conclusion.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Psychiatrie et anti-psychiatrie  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le mouvement d&#039;anti-psychiatrie qui &amp;quot;s&#039;oppose d&#039;abord et avant tout à une forme de monopole du savoir médical&amp;quot; ([[Bibliographie|Mannoni, 1970]], p. 9) dénonce l&#039;autorité &amp;quot;morale et policière&amp;quot; (Mannoni, 1970, p. 21) du psychiatre. Toutefois, psychiatres et partisants de l&#039;anti-psychiatrie s&#039;accorde sur le fait que &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;la société place le psychiatre dans une position ambiguë&amp;amp;nbsp;: il est au service d&#039;un patient dont il a à défendre les droits mais il se trouve également placé en position d&#039;auxiliaire de la police dans un programme d&#039;internement qui est un processus d&#039;obligation de soins&#039;&#039; (Mannoni, 1970, p. 168). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les réponses apportées par les uns et par les autres pour essayer de lever cette ambiguité sont toutefois différentes. Si l&#039;anti-psychiatrie cherche plutôt à démystifier &amp;quot;le rôle que la société fait jouer à la psychiatrie&amp;quot; (Mannoni, 1970, p.168), à créer des lieux où la maladie mentale pourrait être réintérrogée (allant même jusqu&#039;à nier la notion de maladie mentale (Mannoni, 1970, p. 175) et à s&#039;éloigner des conceptions scientistes, certains psychiatres cherchent à remettre sur le devant de la scène un discours scientifique. &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;---Quand l&#039;antipsychiatrie est critique radicale de l&#039;institution, je suis antipychiatre; mais quand elle se réfugie dans la négation de la maladie mentale, je suis contre&#039;&#039;--- ([[Bibliographie|Sztulman, 1972]], p.107).&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les archives de la revue &amp;quot;L&#039;évolution psychiatrique&amp;quot;, les psychiatres non antipsychiatres se sont attelés, au début des années 70, à défendre leur point de vue scientifique et médical. Face au mouvement de protestation, ils ont écrits plusieurs articles afin de réhabiliter la psychiatrie et montrer les incohérences du mouvement anti-psychiatrique, non seulement dans ce qu&#039;il dénonce, mais également dans les solutions qu&#039;il propose. S&#039;ils reconnaissent un certain succès à l&#039;anti-psychiatrie &amp;quot;dans sa position de refus et de provocation&amp;quot; ([[Bibliographie|Barte, 1972]], p. 46), les solutions qu&#039;elle propose ne les satisfont guère. Pour certains membres de ce corps médical, la maladie mentale doit être reconnue comme &#039;&#039;phénomène nature&#039;&#039;l ([[Bibliographie|Ey, 1972]], p. 53). &amp;quot;En faisant volatiliser dans le néan l&#039;objet même de la psychiatrie qu&#039;est le malade mental, l&#039;anti-psychiatrie nie la souffrance humaine, nie le drame authentiquement humain que vit chaque malade mental (Barte, 1972, p. 46). Pour défendre ces patients malades, &amp;quot;fous&amp;quot;, pour les réhabiliter, il est nécessaire de &amp;quot;passer par la reconnaissance même de la psychiatrie, science critique et autonome et qui ne peut se fonder que sur la notion de maladie mentale conçue ni comme simple maladie des organes, ni comme simple maladie psychique&amp;quot; (Barte, 1972, p.47). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le malaise asilaire est reconnu par les non antipsychiatres et les antispychiatres. Il importe de traiter l&#039;institution en même termps que ses pensionnaires. Cependant, les non antipsychiatre récusent la résponsabilité de l&#039;hôpital psychiatrique dans la création de la folie, &amp;quot;même s&#039;il concourt parfois à statufier certaines présentations cliniques&amp;quot;. (Sztulman, 1972, p. 106). Face aux critiques sur l&#039;hôpital, notamment face à certains qui, comme Basaglia, refusaient l&#039;idée de traitement de malades et de médecins, les non antipsychiatres dénoncent la déstruction de l&#039;hôpital au profit d&#039;assemblées générales peu organisées. Sztulman (1972) pose la question&amp;amp;nbsp;: &amp;quot;A quoi ça sert&amp;amp;nbsp;? A quoi ça sert d&#039;être psychiatre là, ou femme de service,&amp;amp;nbsp; ou ergothérapeute puisque de tout façon chacun est dépouillé de son statut, et que les rôles sont&amp;amp;nbsp; inventer en permanence&amp;amp;nbsp;?&amp;quot; (p.102). Pour ces médecins, la négation de l&#039;inconscient et celle de la maladie mentale dans le mouvement antipsychiatrique amène des &#039;&#039;attitudes thérapeutiques particulièrement incohérentes &#039;&#039;(Sztulman, 1972, p. 101). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La question de l&#039;attribution de la maladie mentale à un fait organique ou plutôt à un fait culturel était alors au coeur de la bataille entre antipsychiatres et non antipsychiatres. Lors de l&#039;entretien mené avec Monsieur A. Riesen, ce dernier nous a expliqué que cette question est toujours d&#039;actualité et qu&#039;il n&#039;y a pas, aujourd&#039;hui encore, de définition claire de la part de la communauté scientifique. Dans les années 1970, les non antipsychiatres critiquaient l&#039;erreur de l&#039;antipsychiatrie dans sa croyance &amp;quot;&#039;&#039;en un principe de causalité univoque et direct de la psychose&amp;quot;&amp;amp;nbsp;&#039;&#039;(Sztulman, 1972, p.105). Dans le même article, Sztulamn déclare encore: &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&amp;quot;&#039;&#039;il est dogmatique et naïf de dire que la folie se développe en dehors de toute culture. Il est dogmatique et naïf de dire qu&#039;elle se limite à un fait culturel. De tout évidence, il n&#039;y a pas un modèle qu&#039;il soit organo, psycho ou socio-génétique de la maladie mentale, mais pluridéterminisme à pondération variable suivant les cas&#039;&#039;&amp;quot; (p. 105). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Monsieur Alain Riesen a bien décrit cette vision de &#039;&#039;pluridéterminisme&#039;&#039;. Il nous a expliqué que la conception de la maladie mentale comme unique produit d&#039;un système qui disfonctionne semble devoir se ranger derrière un système bio-psycho-social qui rencontre actuellement le plus de soutient de la part des professionnels du domaine psychiatrique. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un peu plus tard, en 1974, L&#039;évolution psychiatrique a consacré à nouveau un numéro à l&#039;antipsychiatrie. Le vent de révolte de la part des non antipsychiatres semble s&#039;être calmé, comme s&#039;ils avaient été entendus et reconnus, comme s&#039;ils avaient &amp;quot;résisté à l&#039;agression psychiatricide de l&#039;antipsychiatrie&amp;quot; ([[Bibliographie|Sztulman, 1974]], p.129). Les mêmes auteurs qu&#039;en 1972 relèvent toujours l&#039;importance de l&#039;antipsychiatrie dans une démarche de contestation et d&#039;identification des difficultés de l&#039;institution psychiatrique. &amp;quot;L&#039;antipsychiatrie nous aide quand elle montre comme s&#039;est organisé le refus, la ségrégation de la maladie mentale et quand elle rappelle que chacun, dans la santé mentale et dans la folie, est la victime d&#039;une répression collective&amp;quot; (Sztulman, 1974, p. 129). Toutefois, ces mêmes psychiatres rapellent leur opposition à l&#039;étiologie de la maladie mentale revendiquée par les antipsychiatres. Ces années de remise en question et de refonte de la l&#039;insitution psychiatrique ont facilité un réel rétablissement de l&#039;institution de la psychothérapie, puis de la psychothérapie de l&#039;institution. En quise de plaidoyer Pro-Psychiatrie, voici ce que dit Minkowiski, cité par Sztulman (1974, p. 132) et qui résume la vision de non antipsychiatre de ce que devrait être leur profession:&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;Quelque part entre le fantasme de la faute et l&#039;illusion de la toute-puissance se trouve le chemin malaisé d&#039;une psychiatrie nouvelle, à réinventer tous les jours où le psychiatre refuse à la fois la facilité de n&#039;être qu&#039;un instrument passif, indifférent et anenchéphalique de la conservation de l&#039;ordre social et le plaisir narcissique de se situer au-delà d&#039;une réalité clinique ignorée, niée et finalement forclose, parce que angoissante. &#039;&#039;&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La fonction du médicament dans l&#039;approche anti-psychiatrique  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;apparition de la médication au début des années 1960 permet d&#039;éviter l&#039;internement. Elle soutient le changement qui s’opère dans les pratiques et donne l&#039;impression de pouvoir faire quelque chose. Elle fait transparaître un espoir aussi bien pour les praticiens que pour les patients puisque grâce aux médicaments il y a une diminution des hospitalisations, une augmentation des prises en charge ambulatoires et une augmentation des consultations. L&#039;avancée de la médecine et l’essor de la psychopharmacologie permettent alors de développer de nouvelles perspectives thérapeutiques et de nouveaux défis comme le soutien au patient et à sa famille, la mise en place de nouvelles structures. Il s&#039;agit ainsi de &amp;quot;jeter un pont entre l&#039;hôpital et la ville&amp;quot; (CMS, 1963, 7ème année, n°2 &amp;quot;L’assistance psychiatrique). Cependant, les connaissances récentes sur les effets de la médication et les abus sur son utilisation sont également soulevés. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;anti-psychiatrie se veut aussi anti-thérapeutique, ce qui lui est&amp;amp;nbsp; vivement reproché par les anti anti-psychiatres. Selon ces derniers, les anti-psychiatres considèrent que &amp;quot;les traitements sont à proscrire&amp;quot; ([[Bibliographie|Maurel, 1972]], p. 79). &amp;quot;Traiter, écrit Cooper, c&#039;est être intéressé à rendre le patient plus acceptable pour les autres...et lui faire manifester de moindre façon sa détresse&amp;quot; ([[Bibliographie|Maurel, 1972]], p. 79). Les anti anti-psychiatres militent ainsi pour une guérison grâce à des médicaments &#039;&#039;efficaces&#039;&#039; (au sens médical), selon des avis rapportés par les patients eux-mêmes. Selon les psychiatres opposés au courant anti-psychiatrique, ce-dernier vise &amp;quot;sans toujours l&#039;avouer à &amp;quot;soigner&amp;quot; clandestinement les &amp;quot;malades&amp;quot;&amp;quot; (Maurel, 1972, p.80), ce qui est selon Maurel et ses collègues, une contradiction.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L&#039;influence du concept de normalisation dans l&#039;anti-psychiatrie ==&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Cécilia Zuccone</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=La_d%C3%A9sinstitutionalisation_dans_le_champ_de_l%27%C3%A9ducation_sp%C3%A9ciale_1960-1980&amp;diff=9062</id>
		<title>La désinstitutionalisation dans le champ de l&#039;éducation spéciale 1960-1980</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=La_d%C3%A9sinstitutionalisation_dans_le_champ_de_l%27%C3%A9ducation_sp%C3%A9ciale_1960-1980&amp;diff=9062"/>
		<updated>2011-12-13T21:57:54Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Cécilia Zuccone : /* Prémisses de critiques aux institutions traditionnelles */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;[[user:Kleinpa0|P. Klein]],&lt;br /&gt;
[[user:Natalina m|N. M.]],&lt;br /&gt;
[[user:Ruchat|Martine Ruchat]],&lt;br /&gt;
[[user:Tatiana-vinhas|T Vinhas]],&lt;br /&gt;
[[user:Sandra wirz|S. Wirz]] et&lt;br /&gt;
[[user:Cécilia Zuccone|C. Zuccone]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Université de Genève&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Introduction  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A l&#039;heure où l&#039;on peut constater de &amp;quot;nouvelles exclusions&amp;quot; au nom de la protection des citoyennes et des citoyens inquiétantes pour certains, car &amp;quot;ruinant ainsi des décennies d&#039;efforts de déségrégation, désexclusion, de &amp;quot;retour du schizophrène dans la cité&amp;quot; (Dr.Patrick Lemoine, Le mystère du nocebo, Paris. Odile Jacob, 2011, p.69), un certain nombre de questions se posent pour mieux comprendre l&#039;histoire de l&#039;éducation spéciale, à la fois politique (anti-psychiatrie, sectorisation), sociale et culturelle (intégration, normalisation, désinstitutionalisation, communauté de vie, communauté thérapeutique) dans les décennies des Trente glorieuses (1960-1990) pendant lesquelles a soufflé un vent de contestation des politiques institutionnelles. Un esprit contestataire a émergé en particulier dès les années 1970 (post soixante-huit) provoquant dans le champ de la prise en charge des personnes dites aujourd&#039;hui &amp;quot;à besoins particuliers&amp;quot; un élan de remise en question de l&#039;institution, du pouvoir des médecins, de la contrainte institutionnelle et médicamenteuse. Peu de travaux ont encore exploré ce champ, à Genève, sinon pour étudier l&#039;histoire de Mai 68 et du mouvement féministe. (voir notamment Julie de Dardel, Révolution sexuelle et Mouvement de libération des femmes à Genève (1970-1977). Lausanne: Antipode, 2007).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La recherche proposée vise à mieux comprendre comment, à Genève, le champ de l&#039;éducation spéciale et celui de la psychiatrie a été touché par cette contestation. Elle fait suite à celle engagée en 2010 et 2011 sur l&#039;histoire de l&#039;intégration scolaire des enfants handicapés mentaux [[Pionniers de l&#039;intégration scolaire des enfants handicapés à Genève]] et La génération intégration 1970-1980: un slogan pour quelles réalités sociales? [[Article 2011]]. Les recherches précédentes ont montré à la fois la complexité des pratiques d&#039;intégration amenant souvent un écart entre discours et pratique, ainsi que les résistances à penser le handicap sans mettre une ligne de démarcation entre norme et hors norme, entre enfant éducable et non éducable, limite souvent mal définie et dépendante des représentations (malédiction du handicap). Au début des années 60, l&#039;intégration apparaît d&#039;abord pour les parents, dont les enfants étaient encore entièrement dans la famille, une intégration dans des institutions à créer. Le Pavillon des Grand Bois à l&#039;hôpital psychiatrique de Bel-Air représentant encore une solution &amp;quot;intégratrice&amp;quot; pour les enfants les plus difficiles à éduquer et les moins autonomes. Le concept de [[Dictionnaire|normalisation]] vient s&#039;accoler à celui d&#039;intégration pour rapprocher toute déviance d&#039;une norme sociale (en terme d&#039;habitat, d&#039;activité, voire de comportements). Ainsi le milieu ouvert (comme Aigues-Verte par exemple) peut apparaître comme plus proche d&#039;une vie quotidenne &amp;quot;normale&amp;quot; et donc plus intégrant. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La [[Dictionnaire|désinstitutionalisation]] qui fait l&#039;objet de cette nouvelle recherche est d&#039;abord issue des milieux de l&#039;anti-psychiatrie (et donc ni des associations de parents ni des milieux pédagogiques); on peut apparenter idéologiquement ce mouvement anti-psychiatrique avec un objectif de normalisation dans le sens de rapprocher les personnes prises en charge de la vie quotidienne de tout un chacun. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi malgré des différences d&#039;application ces différents courants pourraient être affiliés à celui libertaire qui a essaimé dans différents champs du social entre 1970 et 1990. C&#039;est dans une perspective de compréhension de l&#039;histoire des idées et des pratiques du mouvement anti-psychiatrique genevois que s&#039;inscrit cette recherche. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un premier temps, cette page d&#039;histoire sera située dans une &amp;quot;tradition&amp;quot;: d&#039;une part celle du traitement de la différence (notamment depuis les travaux des psycho-pédagogues du début du 20e siècle comme Alfred Binet à Paris, Edouard Claparède à Genève ou Ovide Decroly à Bruxelles); et d&#039;autre part dans une tentative dès les années vingt en Angleterre (voir Libre enfants de Summerhill), mais surtout pendant et dans l&#039;après deuxième guerre mondiale (voire les communautés d&#039;enfants victimes de la guerre), de multiplier les expériences de vie communautaire issue du scoutisme, des mouvements de jeunesse, de l&#039;éducation nouvelle et de l&#039;éducation internationaliste et pacifiste, des colonies de vacances et camps CEMEA, s&#039;opposant à une autre tradition hospitalière (couvent, Bon Pasteur, Hospice, institutions de prises en charge spécialisées). Ce faisant, nous dégagerons des signes précurseurs de &amp;quot;désinstitutionalisation&amp;quot; pour des structures plus petites, parfois médicalisées (les écoles de plein-air), mais avant tout proches de la nature et des besoins des individus. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un second temps, nous étudierons la période 1960-1980 laquelle a vu émerger un mouvement anti-psychiatrique (critique de l&#039;hôpital, du pouvoir médical, de la médicalisation à outrance et de la contrainte) pour une critique radicale visant le pouvoir institutionnel et entraînant des pratiques novatrices, lesquelles demandent à être mieux étudiées nbsp: 1. dans leurs objectifs (désinstitutionalisation ou déshospitalisation versus sectorisation)? 2. dans le choix fait des traitements: médicaux (traitement ambulatoire) ou éducatif et thérapeutique? 3. dans l&#039;évaluation faite des populations concernées par une prise en charge alternative 4. dans le rôle joué par la psychanalyse comme alternative au traitement médicaux et comme modèle thérapeutique (notamment dans les communautés cf. film de Catherine Scheuchzer) 5. dans le rôle donné aux familles et le poids qui leur est fait supporter (en terme financier, de responsabilité, de culpabilité,...) et en particulier à l&#039;égard des mères et des femmes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il s&#039;agira de mieux comprendre si l&#039;anti-psychiatrie est dans les années 1960-1980 une nouvelle manière de faire de la psychiatrie ou si elle est une véritable contestation de l&#039;institution asilaire et si les modèles alternatifs proposés ne seraient pas sous couvert d&#039;idéologie libertaire une façon de baisser les coût de la santé en temps de crise. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour ce faire, nous avons travaillé sur des articles et avec une bibliographie d&#039;ouvrages &amp;quot;classiques&amp;quot;, livres de références pour les acteurs/trices de la période considérées, puis nous avons dépouillé des revues professionnelles pour saisir les thématiques qui ont traversé alors le champs de la psychiatrie et de l&#039;éducation spécialisée; dans un second temps la recherche s&#039;est portée sur un fond d&#039;archives de l&#039;Association Les archives contestataires (fonds Alain Riesen/Schuller) dont un des donateurs d&#039;archives, Alain Riesen, est le fondateur de l&#039;Arcade 84 et militant de l&#039;anti-psychiatrie genevoise. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un troisième temps nous avons effectué un entretien vidéo (un plan fixe) afin de lui poser cinq questions issues de la recherche collective dans les archives et dans la littérature afin d&#039;avoir son témoignage sur l&#039;histoire de l&#039;anti-psychiatrie, de la désinstitutionalisation et des communautés thérapeutiques entre 1960 et 1980.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Revue de la littérature  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les revues professionnelles et contestataires entre 1970 et 1990  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un certains nombres de revues professionnelles ont été dépouillée pour la période 1970-1980. Soit Sauvegarde de l&#039;enfance, Déviance et Soicété,... &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Durant la période de 1970 à 1985, la revue &amp;quot;Sauvegarde de l&#039;enfance&amp;quot; n&#039;a publié aucune revue, voire même aucun article consacrés au thème de notre étude, à savoir la désinstitutionnalisation dans le champ de l&#039;éducation spéciale. Au premier abord on pourrait donc tirer la conclusion selon laquelle ce champ d&#039;étude ou ce mouvement n&#039;était que peu présent à cette époque. Toutefois, en se penchant davantage sur les sujets traités dans cette revue, on se rend compte que les auteurs de celle-ci n&#039;ont pas abordé la désinstitutionnalisation en tant que telle, mais l&#039;ont abordée par les effets qu&#039;elle a pu engendré à cette époque. Effectivement, on peut observer des thèmes comme la formation des éducateur en centre de jour ou en maison d&#039;accueil, la relation entre famille et société, l&#039;école ordinaire, l&#039;adolescence et la violence ou encore l&#039;aide sociale, autant de thèmes qui ont largement découlé de ce mouvement désinstitutionnel. Il est donc fort intéressant de se pencher sur les champs d&#039;action de ce type de revues, afin de mieux comprendre quel était le climat politique, les préoccupations, les tendances de la période qui nous intéresse. D&#039;ailleurs, nous retrouverons tout au long de cet article de nombreuses références aux thèmes traités par le revue &#039;&#039;Sauvegarde de l&#039;enfance&#039;&#039;.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Prémisses de critiques aux institutions traditionnelles  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Des prisons à l&#039;asile pour les personnes atteintes d&#039;affections mentales&#039;&#039;&#039;&#039;&#039; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Jusqu&#039;à la fin du XVIIIe siècle, les hôpitaux psychiatriques internaient une population bien différente de celle accueillie au XXe siècle. [[Bibliographie|Cléopâtre Montandon&amp;amp;nbsp;(1978)]]&amp;amp;nbsp; nous dévoile que les populations désignées comme relevant de l&#039;univers psychiatrique étaient très fortement liées à l&#039;univers carcéral. Effectivement, jusqu&#039;au XVIIIe siècle, les criminels étaient considérés comme &amp;quot;fous&amp;quot; ou &amp;quot;aliénés&amp;quot; et se voyaient enfermés, voire même enchaînés dans des &amp;quot;maisons de discipline&amp;quot; ou dans des &amp;quot;hôpitaux pour fous&amp;quot;. A cette époque, seule la justice décidait du lieu d&#039;incarcération des individus criminels. Peu à peu, des distinctions se sont faites pour montrer que certains criminels aliénés relevaient davantage de la psychiatrie, et se définissaient essentiellement par une responsabilité restreinte et une santé mentale défaillante. Ce sont alors ces personnes, désignées comme ne pouvant accomplir leur rôle social, que les hôpitaux psychiatriques ont admis dans leurs locaux. Pour décider et justifier ces internements, la justice ne pouvait agir seule. &amp;quot;Ce n&#039;est qu&#039;à partir de 1936 que l&#039;autorisation d&#039;un internement est délivré sur vue d&#039;un certificat médical par le Département de la prévoyance sociale et de la santé publique&amp;quot;. Ainsi, on voit combien la société évolue en définissant clairement et sur preuves médicales qui peut être &#039;&#039;placé&#039;&#039; en hôpital psychiatrique. D&#039;ailleurs, c&#039;est à partir de 1838 qu&#039;une loi voit le jour à Genève concernant l&#039;internement des &amp;quot;aliénés&amp;quot;: loi sur le placement et la surveillance des aliénés (5 février 1838). On parlera dès lors de &#039;&#039;placement&#039;&#039;des aliénés, et non plus de l&#039;enfermemenr ou de l&#039;internement de ces derniers.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On peut également noter que les préoccupations principales de la période du XVIIIe au début du XXe siècle se restreignaient principalement à la sécurité, et de fait au &#039;&#039;placement&#039;&#039; de ces personnes. Où pouvait-on mettre physiquement ces personnes différentes pour qu&#039;elles ne nuisent pas à la société? Que pouvait-on faire d&#039;elles? Qui pouvait s&#039;en occuper? Que faire avec ces personnes? On observe dès lors que, pendant plusieurs siècles, ces personnes étaient enfermées, dénuées de tous sens, de toute sensibilité, et de toute éducation, en recevant néanmoins de plus en plus de médicaments censés les calmer ou les soigner. Il faudra alors attendre la fin du XIXe siècle pour entrevoir une forme d&#039;éducation de ces personnes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans son article, &amp;quot;[[Bibliographie|La naissance de l&#039;institutions pour aliénés]]&amp;quot; à Genève au 19e siècle, Alain Riesen montre que la problématique de l&#039;internement est grandissante et que &amp;quot;l&#039;inhumanité de l&#039;enfermement&amp;quot; (Riesen, 1981) est au coeur des préoccupations. Il relate également une nouvelle conception du milieu asilaire&amp;amp;nbsp;: &amp;quot;la possibilité d&#039;améliorer l&#039;état des aliénés, ou même les guérir, si de bonnes conditions sont réunies&amp;quot;.En d&#039;autres termes, il s&#039;agirait de pouvoir administrer un traitement aux malades de manière à guérir, à soigner leur folie; à l&#039;époque nommé &#039;&#039;traitement de la folie. &#039;&#039;Plusieurs types de traitements font alors leur apparition et notamment l&#039;isolement. Il s&#039;agissait d&#039;éloigner le malade des conditions de vie qui l&#039;ont rendu &#039;&#039;fou&#039;&#039; &amp;quot;afin de le soustraire à leur influence&amp;quot;. La médication fut également un des traitements de la folie.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette nouvelle manière de penser l&#039;internement étant accomplie, plusieurs dérives ont vu le jour, et notamment les placements abusifs effectués par le Département de Justice et Police. En 1895, la Loi de 1838 est revue de manière à éclaircir la procédure d&#039;admission des aliénés.&amp;amp;nbsp;&amp;quot;Même si la loi de 1838 ne rend pas obligatoire l&#039;avis médical pour procéder au placement, dans la pratique, le médecin se fondant sur une &#039;&#039;science&#039;&#039; de l&#039;aliénisme en plein développment, va jouer un rôle de plus en plus important dans le placement et la sortie des aliénés&amp;quot; ([[Bibliographie|ADUPSY]]). L&#039;avis médical devient dès lors requis pour tout placement. Enfin, la réforme de 1936 met en évidence la nécessité et l&#039;exigence d&#039;un certificat médical pour être placé. Quiconque ne peut pas être déféni comme &amp;quot;fou&amp;quot; ou &amp;quot;aliéné&amp;quot; sans avis médical suivant des règles précises.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dès les années 70, l&#039;ADUPSY (l&#039;association pour les droits des usagers de la psychiatrie) se questionne à propos du placement des malades qui garde, malgré la loi de 1936, un caractère prégnant d&#039;enfermement, et à propos de la limitation des droits des personnes que ces lois entrainent. En effet, l&#039;ADUPSY estime que les malades mentaux n&#039;ont pas le choix de leur placement (internement), cela se fait de force, et que leurs droits sont dès lors limités puisqu&#039;ils n&#039;ont pas de droit de regard sur le traitement qui leur est admistré. A cet effet, cette association relate par exemple qu&#039; &amp;quot;en 1975, la majorité des malades metaux entrent encore à Bel-Air contre leur gré&amp;quot; ([[Bibliographie|ADUPSY, 1979, p. 7]]). Les droits de l&#039;Homme, et dans ce cas présent du malade, sont donc au coeur du débat. L&#039;association défend alors l&#039;idée que tout &#039;&#039;internement psychiatrique&#039;&#039; devrait être pensé comme une hospitalisation qui respecte les droits du malade mental en assurant sa protection et sa dignité, qui rende le patient actif dans son traitement, qu&#039;il peut d&#039;ailleurs refusé, qui n&#039;a pas comme raison la dangerosité potentielle du patient, qui rappelle au patient quels sont ses &amp;quot;droits en matière d&#039;hospitalisation et de traitement&amp;quot; (p. 13), et qui devrait &amp;quot;nécessité obligatoirement de deux certificats médicaux&amp;quot; (p. 13) de manière à justifier ce placement saur plsuieurs avis de provenance différentes. Dans cette optique, on se rend compte de l&#039;évolution de la prise en charge des malades mentaux. Que ce soit au niveau des termes employés, de la procédure ou des droits des patients, l&#039;ensemble de cette prise en charge évolue. L&#039;époque semble donc propice à des changements radicaux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En réponse à ce nouveau regard sur la question de la prise en charge des malades mentaux, la question de l&#039;éducation semble elle aussi être en mouvance durant cette période.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;L&#039;éducation...&#039;&#039;&#039;&#039;&#039; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au début du XXe siècle, Binet et Simon (1907)&amp;amp;nbsp; &#039;&#039;donnent une nouvelle forme cognitive de l&#039;éducation spéciale qui perdurera au moins jusqu&#039;au années 1960&#039;&#039; ([[Bibliographie|Chauvière et Plaisance, 2003, p. 32]]).&amp;amp;nbsp; A cette époque, on distinguait les arriérés d&#039;asiles, non éducables et à laisser entre les mains des médecins, des arriérés d&#039;école. Ainsi, des institutions apparurent en servant d&#039;intermédiaire entre l&#039;hôpital et la classe ordinaire. Dans ces premières institutions, la pédagogie était &#039;&#039;inspirée par l&#039;atelier, c&#039;est-à-dire guidée par la mise en oeuvre de travaux manuels et d&#039;exercices pratiques &#039;&#039;([[Bibliographie|Chauvière et Plaisance, 2003, p. 33]]). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plusieurs modèles du même type virent le jour en Grande-Bretagne où Laing, Cooper ou encore Neil mirent en place de nouveaux lieux pour exercer une forme de psychiatrie et d&#039;éducation. Comme nous l&#039;avons mentionné dans les paragraphes précédents, l&#039;internement psychiatrique des malades mentaux a soulevé de nombreuses questions éthiques, c&#039;est pourquoi des formes nouvelles de l&#039;exercice de la psychiatrie apparaissent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dès les années 1960,&amp;amp;nbsp; de nombreuses institutions privées pour enfants handicapés ou en difficultés se développent, majoritairement sous l&#039;impulsion d&#039;associations de parents. Ces derniers ont été amenés à &#039;&#039;créer et à gérer des institutions de type médico-éducatif&#039;&#039; &#039;&#039;pour éviter à leurs enfants d&#039;être relégués dans des services d&#039;hôpitaux psychiatriques ou d&#039;être seulement en survie à leur domicile&#039;&#039; (Chauvière er Plaisance, 2003, p.35). Aujourd&#039;hui, les institutions, à Genève, semblent toujours être un peu sur le même modèle, celui de &amp;quot;l&#039;alliance&amp;quot; entre le médical et le pédagogique (qui regroupe aussi l&#039;aspect éducatif). Si on ne cherche peut-être plus à éviter aux élèves la reléguation en psychiatrie, on les place dans des lieux parfois hors de tout cursus ordinaire et loin de la norme. Ce qui questionne enfin sur qu&#039;est-ce que la normalisation? Et où mettre la limite à une vie comme tout le monde avec un handicap: la liberté (permissivité, autonomie) des années 1970 a-t-elle fait l&#039;impasse sur la souffrance des individus face aux exigences thérapeutiques et pédagogiques? La communauté d&#039;enfants (pédagogique, institutionnelle, thérapeutique) est-elle un modèle &amp;quot;utile&amp;quot; en temps de crise des institutions: peu coûteux, demandant un engagement au quotidien (vie quotidienne) du collectif pédagogique et thérapeutique (donc assurant un &amp;quot;contrôle social&amp;quot; maximal), ....&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La communauté: un modèle alternatif à l&#039;institution fermée  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des «&amp;amp;nbsp;communautés thérapeutiques&amp;amp;nbsp;» ont été créées en réaction aux enfermements asilaires prônés jusque-là mais qui commençaient à être pointés du doigt, car considérés comme déshumanisants. Bien que créées tout d&#039;abord pour répondre aux phénomènes de dépendances (toxicomanies, par exemple), on trouve, dès la fin des années 60, des communautés thérapeutiques en Angleterre, en France, en Suisse et au Québec, destinées au secteur de la psychiatrie. Avec la naissance de ces communautés thérapeutiques, une nouvelle approche de la psychose en-dehors des lieux de soins traditionnels s&#039;est développée (Schatzman, 1969; Barnes et Berke, 1973; Fabre, 1978; Lecomte et Tourigny, 1983a). Leur but est de créer un milieu &amp;quot;naturel&amp;quot;, en reconstituant les structures d’une «&amp;amp;nbsp;macro famille&amp;amp;nbsp;» ou d’une «&amp;amp;nbsp;mini société&amp;amp;nbsp;», plus rassurantes : on trouve par exemple la Communauté des Sablons, (Maison d&#039;enfants à caractère social et familial (76270 Saint-Saire), ou, en Suisse, le foyer de Tavel qui a vécu cinq ans (1975-1980). Dans le film de Catherine Scheuchzer, «&amp;amp;nbsp;Dans l’aventure du non, la parole&amp;amp;nbsp;», (tourné à Boulens, dans la campagne vaudoise, dans les années 70 ), on découvre, dans un décor post soixante huitard, très simplement, dans un rythme extrêmement lent, des adultes et des enfants en interaction, «&amp;amp;nbsp;comme dans la vraie vie&amp;amp;nbsp;». Cette expérience est décrite comme «&amp;amp;nbsp;une véritable expérience d’éveil à la vie&amp;amp;nbsp;», qui «&amp;amp;nbsp;prend le contre-pied du placement en institution psychiatrique&amp;amp;nbsp;» (L’Est vaudois, 19.11.92). Plutôt que de considérer cette population d&#039;enfants, comme on le faisait en asile, comme des fous, murés dans leur silence, leurs excentricités, on veut les considérer comme des partenaires, des interlocuteurs. Le but est effectivement de les faire participer au quotidien d’une maisonnée, plutôt que de créer des ateliers protégés artificiels. De la sorte, ils sont poussés à se dépasser, à faire des expériences par eux-mêmes, sans avoir nécessairement recours au soutien d’un adulte. Il semble qu&#039;à cette époque, cette nouvelle façon de considérer les enfants autistes comme étant capables d’autonomie, capables d’agir, ait apporté un peu d’humanité dans leur prise en charge. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;enfant&amp;amp;nbsp; ainsi placé dans une communauté thérapeutique vaudoise est-il plus &amp;quot;intégré&amp;quot; que s&#039;il était dans une institution considérée par ces acteurs alternatifs du &amp;quot;système&amp;quot; comme un ghetto? Il en va de même avec le terme désinstitutionalisation? Qu&#039;est-ce que l&#039;institution? Il y en a des &amp;quot;bonnes&amp;quot; (maternantes, enveloppantes, naturelles...) et de &amp;quot;mauvaises&amp;quot; (contraignantes, mortifères) (sur ce point les travaux de Fernand Oury puis de Jacques Pain mériteraient qu&#039;on s&#039;y attache (voir la psychothérapie institutionnelle sur le site de Jacques Pain: http://www.jacques-pain.fr).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La désinstitutionalisation  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon des sources internet, le mouvement de désinstitutionalisation semble avoir débuté vers 1960 (même s’il semble qu’il y ait eu un prélude à la désinstitutionnalisation au début du 19e siècle (L’Institut universitaire en santé mentale de Québec par exemple - La désinstitutionnalisation, http://caringminds.ca/index.php?option=com_content&amp;amp;amp;view=article&amp;amp;amp;id=62&amp;amp;amp;Itemid=43&amp;amp;amp;lang=fr&amp;amp;amp;limitstart=7). Certains observent le début de ce mouvement en Scandinavie, d’autres au Québec. Dans tous les cas, il s’agit d’un mouvement d&#039;ouverture vers la communauté, d’une volonté de «normalisation»[[Normalisation]] &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le mouvement de désinstitutionnalisation s&#039;appuie avant tout sur une philosophie qui met l&#039;accent sur les droits et les libertés des individus, et elle vise à humaniser les soins de santé mentale. ([http://agora-2.org/thematiques/inaptitude.nsf/Dossiers/Desinstitutionnalisation Encyclopédie de l’Agora]). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;horreur suscitée par les politiques nazies du meurtre eugénique des malades psychiatriques et les camps de concentration pendant la Seconde guerre mondiale, ont attirer l’attention sur les pratiques «&amp;amp;nbsp;déshumanisantes&amp;amp;nbsp;» dans les soins psychiatriques en santé mentale, (séquestration, mauvais traitements en tout genre, manque de formation des professionnels). (Voir [http://id.erudit.org/iderudit/032417ar Martin, 1984 et Claire Henderson et Graham Thornicroft], Santé mentale au Québec, vol. 22, n° 2, 1997, p. 88-114. ) Les années d’après-guerre ont vu un accroissement de l’intérêt porté à l’institution comme objet d’étude. Certains auteurs parlent de l’institution comme étant «&amp;amp;nbsp;névrosante&amp;amp;nbsp;», «&amp;amp;nbsp;façonnant et codifiant les gens dans le rôle de patient psychiatrique&amp;amp;nbsp;» (Goffman (1961). On observe dans les années 60 une disparition du personnel religieux des hôpitaux. Naît alors une nouvelle conception de l’individu, une évolution des attitudes envers le malade&amp;amp;nbsp;; on veut le sortir des murs de l’asile psychiatrique. On commence à parler, à cette époque, du «&amp;amp;nbsp;droit de la personne&amp;amp;nbsp;». Des idéaux humanitaires amènent alors à une nouvelle vision de la maladie mentale. Il semble que ce mouvement de désinstitutionnalisation soit également lié à l’apparition des pratiques de pharmacopée. Effectivement, «&amp;amp;nbsp;Ces nouveaux médicaments permettaient de calmer les malades agités, délirants, hallucinés et ainsi permettre d&#039;envisager et de généraliser des traitements psychiques dans des conditions plus réalistes ou encore, lorsque c&#039;était possible, d&#039;envisager un retour au domicile ou dans des structures intermédiaires&amp;amp;nbsp;».([http://fr.wikipedia.org/wiki/Psychiatrie déf. du mot «&amp;amp;nbsp;psychiatrie&amp;amp;nbsp;»]). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On a le désir de «normaliser&amp;amp;nbsp;» leurs conditions de vie. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les années 60, la personne «&amp;amp;nbsp;déficiente intellectuellement&amp;amp;nbsp;» est encore considérée comme un «&amp;amp;nbsp;malade&amp;amp;nbsp;». Toutefois, on ne considère plus le malade mental comme un malade incurable, mais davantage comme un sujet pouvant être aidé et guéri. On met en avant le fait que la maladie mentale ne nécessite pas nécessairement une hospitalisation, et qu’elle doit être considérée comme une quelconque maladie. On externalise, on invente la psychiatrie de secteurs, on commence à intégrer des services pour les malades mentaux dans des hôpitaux ou cliniques. On évite ainsi la stigmatisation des malades mentaux placés pour de longues périodes en asile psychiatrique, et on leur évite la perte de leurs facultés leur permettant de se réintégrer dans la société. On redonne alors un rôle à la communauté, tout en accordant des responsabilités aux familles. La patient devient alors le coeur de l&#039;intérêt des praticiens. ([http://www.promentesana.org/upload/application/trimes_43.pdf in Lettre trimestrielle de l’association romande Pro Mente Sana])&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme il l&#039;a déjà été dit, la désinstitutionalisation a permis aux personnes présentant des troubles psychiatriques de sortir de ce milieu assimilé pendant de nombreuses années, au milieu carcéral. Mais une fois &amp;quot;libérées&amp;quot; où vont ces personnes? A ce sujet,&amp;amp;nbsp; [[Bibliographie|N. Carpentier (2001)]] affirme dans son article que 60 à 70&amp;amp;nbsp;% des patients retournent dans leur famille après l’hospitalisation. Plusieurs articles ont démontré que l&#039;arrivée d&#039;un malade dans une famille, avait de lourde conséquence sur celle-ci. Avant d’en venir aux conséquences, il me semble nécessaire de revenir sur la représentation des professionnels, sur les familles des patients. Pour cela, il est intéressant de revenir sur l&#039;évolution de la vision des professionnels sur la famille. En d&#039;autres termes, comment la famille, alors qu&#039;elle était considérée comme coupable de la maladie de l&#039;un de ses membre, est devenue un partenaire idéal?&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour développer ceci, revenons tout d&#039;abord au début du XXème siècle. A cette époque, la famille était considérée comme étant la cause, à l&#039;origine de la maladie de leur enfant. Autrement dit, les professionnels affirmaient que la maladie mentale était un problème génétique, héritée de plusieurs générations antérieures. Ensuite, les années cinquante ont apporté un premier renversement dans la vision des familles sur la maladie de leur enfant. En effet, la famille était perçue comme étant un «&amp;amp;nbsp;système réagissant aux troubles mentaux de l’un de ses membres, plutôt qu’en tant que système causant des désordres psychiques&amp;amp;nbsp;» ([[Bibliographie|Carpentier, 2001, p.84]]). Ce changement de perspective est en lien avec l’arrivée d’une politique qui favorise les hospitalisations de courte durée. En d’autres termes, les familles commencent à être perçues comme une solution aux changements politiques. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les années 60, la psychiatrie adopte une vision centrée sur la communauté. Ce changement va être très favorable pour les familles, puisqu’il permet à ces dernières de se déresponsabiliser des troubles mentaux. Ainsi, toujours selon Carpentier, à cette époque «&amp;amp;nbsp;les désordres psychiques [doivent être étudiés] sous l’angle de l’isolement social, des désavantages sociaux, puis selon la présence de stresseurs sociaux et économique&amp;amp;nbsp;»( p.89) .&amp;lt;br&amp;gt;Ainsi, au fur et à mesure que le mouvement de désinstitutionalisation est mis en place, les politiciens et les professionnels considèrent la famille comme étant une solution au problème. En effet, la famille est perçue comme «&amp;amp;nbsp;une source privilégiée de soutien émotionnel et social ainsi que comme place de choix pour relocaliser le patient psychiatrique.&amp;amp;nbsp;» ([[Bibliographie|Carpentier, 2001, p.91]]. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Jusqu&#039;à présent, nous avons relevé l&#039;évolution de la perception de la famille aux yeux des professionnels. Mais comment la famille voit-elle ce changement? A ce sujet, [[Bibliographie|R. Therrien (1990)]] affirme que sur le plan économique et émotionnel, la désinstitutionnalisation demande beaucoup aux familles, surtout aux femmes. En effet, toujours selon R.Therrien, avoir quelqu&#039;un ayant des problèmes mentaux à la maison provoque beaucoup de stress chez les familles. Dans certaines familles, un malade peut devenir un véritable &amp;quot;fardeau&amp;quot;, puisque celui-ci impose beaucoup de contraintes. Effectivement, avoir une personne malade à la maison peut engendrer des conséquences telles que la réduction des loisirs habituels, les sorties avec nos amis, par peur d&#039;être jugé, ou encore avoir des problèmes avec nos voisins, car les comportement de notre enfant, ou mari dérange. Tous ces problèmes ont un impacte très fort sur la famille d&#039;autant plus qu&#039;elle n&#039;est pas aidée, ni reconnue pour tout ce qu&#039;elle fait pour la personne malade. &amp;amp;nbsp; &amp;lt;br&amp;gt; A propos de la lourde responsabilité des parents, il me vint une autre question: est-ce que les familles ne finissent pas elles aussi à un moment donné par tomber malade? A ce sujet, monsieur [[Bibliographie|Alain Riesen]] a témoigné que selon lui, quand une famille devait prendre en charge un de ses membres malade, il ne fallait pas qu&#039;elle reste seul, mais elle devait en parler, faire partager ce qu&#039;elle vivait au quotidien. C&#039;est donc, pour ces raisons-là que des thérapies familiales ont vu le jours.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L&#039;élan contestataire des années 70 à Genève  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En Suisse un même mouvement historique a été observé. Selon le médecin Christian Monney, on y a dénoncé les mêmes agissements qu’ailleurs&amp;amp;nbsp;: enfermement, répression, qui étaient là non pour aider le malade, mais pour protéger l’ordre public. On y mêlait, écrit-il, infirmes, orphelins, indigents et fous… (Dr Christian MONNEY, 1999, à l’occasion des 100 ans de l’Hôpital de Malévoz). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Or, dès 1965, des consultations ambulatoires sont créées et les séjours hospitaliers peuvent ainsi se raccourcir. Les moyens de contention sont contestés. Des établissements médico-éducatifs apparaissent, comme [http://www.castalie.ch/home.php?include=textes&amp;amp;lng=1&amp;amp;id=18&amp;amp;idmenu=14 la Castalie en Valais], grâce au Dr Rey-Belley, en 1972 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Genève, l&#039;élan contestataire débute lorsque Julian de Ajuriaguerra est nommé directeur de Bel-Air en 1959. C&#039;est donc à ce moment-là que le mouvement de désinstitutionnalisation naît. En effet, on commence à critiquer les asiles et à vouloir modifier le fonctionnement de l&#039;hôpital psychiatrique. Les patients psychiatriques commencent à bénéficier des mêmes droits que les patients non-psychiatriques. Ensuite, pendant les années 70-80, cet élan continue avec la volonté de baser les soins sur des approches psychotérapeutiques.[[Bibliographie|Rey-Bellet, Bardet Blochet, Ferrero, 2010, p.90-95]] &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L&#039;anti-psychiatrie: une nouvelle politique de la prise en charge  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les années 60, Michel Foucault a tenté d&#039;amorcer &amp;quot;un dialogue entre la psychiatrie et ses sujets&amp;quot; ([[Bibliographie|Rose, 2006, p.113]]) et dès 1971 avec la sortie de son ouvrage sur les prisons, c&#039;est à la critique de l&#039;univers carcéral et des rapports de pouvoir qu&#039;il s&#039;attelle (Surveiller et punir, 1971). Ces critiques, plus tard regroupées sous le nom d&#039;antipsychiatrie, visaient à remettre en question &amp;quot;la manière dont le pouvoir du médecin était impliqué dans la vérité de ce qu&#039;il disait et, inversement, la manière dont celle-ci pouvait être fabriquée et compromise par son pouvoir ([[Bibliographie|Rose, 2006, p.120-121]]). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;institution comme lieu d&#039;exclusion est mise à mal par une volonté de certains de supprimer ces lieux de contrainte, pour une vie libre dans la Cité (sectorisation) ou dans des communautés thérapeutiques (de préférence à la campagne) partant du présupposé que les conditions de vie des personnes sont déterminantes dans leur état de santé (avant même tout diagnostic). Par ailleurs, dans ces années-là, la vie quotidienne devient un objet d&#039;étude (la sociologie de la vie quotidienne), terreau de multiples expériences pédagogiques et thérapeutiques. Le slogan &amp;quot;La liberté est thérapeutique&amp;quot; s&#039;allie à une critique de la contrainte médicamenteuse et des pratiques de contention psychiatrique: elle donne ainsi une place à de nouvelles formes d&#039;&amp;quot;éducation spéciale&amp;quot; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Symptôme de ce changement le terme d&#039;&amp;quot;usagers&amp;quot; vient reléguer celui de &amp;quot;patients&amp;quot; donnant un nouveau statut aux personnes, écorchant ainsi le sacro saint pouvoir des médecins et des directions des institutions. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dès les années 70, le journal mensuel &amp;quot;Tout Va Bien&amp;quot; a consacré de nombreuses pages et numéros à la question de l&#039;anti-psychiatrie. Dès 1973, un groupe d’enquête s’est constitué pour dénoncer une certaine violence et certains abus de pouvoir au sein des asiles psychiatriques. Leur volonté était de déterritorialiser la psychiatrie. «&amp;amp;nbsp;La psychiatrie, c’est l’affaire de tout le monde&amp;amp;nbsp;». Ils voulaient faire exploser la loi du silence qui régnait dans ces lieux. Ils ont voulu dénoncer les rapports de pouvoir sévissant à l&#039;intérieur des murs psychiatriques, la soumission du malade à l’infirmier, la soumission de l’infirmier au médecin, la soumission du médecin aux pouvoirs de l’administrateur bailleur de fonds. Selon ce journal, le mouvement anti-psychiatrique serait né au début des années 60: La clinique psychiatrique de Bel Air, créée en 1900, a commencé à construire des pavillons ouverts avec l’arrivée de son nouveau directeur en 1959, Julian Ajuriaguerra. Son intention était de favoriser le retour de l’interné au plus vite dans leur milieu naturel, grâce à une hospitalisation de courte durée. Depuis 1963, le travail psychiatrique est sectorisé. On commence à organiser les soins dans des centres de consultation de quartier. Ainsi, les premières tentatives alternatives apparaissent en Suisse. Des travailleurs sociaux poursuivent une critique des institutions et contribuent à la création et au fonctionnement de centres (qui se différencient des institutions récupératrices) qui ont pour but de venir en aide à toute personne en crise. Exemple&amp;amp;nbsp;: le centre Liotard à Genève, créé par le réseau d’alternative à la psychiatrie de Suisse romande. En janvier 1975 se tient le premier congrès d’alternative à la psychiatrie de secteur (Congrès de Bruxelles, auquel participe un groupe de Genève: il s’en est inspiré pour animer des débats au centre Liotard&amp;amp;nbsp;: recherche d’alternatives concrètes répondant aux besoins des malades. A Lausanne, le 24 janvier 1976, est créé un réseau alternatif à la psychiatrie pour la Suisse romande, dont l’un des membres actifs s’appelle Alain Riesen, du Centre Liotard. Une commission formée aussi bien de psychiatrisés que de soignants s’est alors formée. Elle a remis en question le pouvoir des soignants. Selon cette commission, le but d’une alternative au secteur doit être la prise en main progressive par le malade de ses propres difficultés. Suite à des tentatives d’internement forcé, des tracts ont circulé, dénonçant les abus du pouvoir psychiatrique (voir les archives contestataires de Genève, Classeur Alain Riesen). Dès ce moment-là, une prise de conscience s&#039;opère: le patient ne veut plus être manipulé, il ne veut plus être le cobaye, il ne veut plus être muselé par le pouvoir du médecin. Il veut choisir son mode de guérison, il veut être actif dans le processus de guérison. Il convient alors de faire en sorte que ce soit le patient qui choisisse ou non son hospitalisation. Effectivement, médecins, contestataires et familles se sont rendus compte de l&#039;importance du choix du malade dans sa propre guérison. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A la fin des années 70, d&#039;autres mouvements anti-psychiatriques se répandent en Suisse et ailleurs: par exemple à la clinique de Bellelay, où son nouveau directeur a souhaité ouvrir les murs à son arrivée, et mettre à disposition des appartements protégés, voire même une maison de vacances pour ses patients. Le but était &amp;quot;que les malades puissent le plus possible avoir des contacts humains et une vie «&amp;amp;nbsp;normale&amp;amp;nbsp;» (TVB avril-mai 80). En Italie, Franco Basaglia, qui s’est appuyé entre autres sur les modèles de l’anti-psychiatrie anglaise et française pour mener sa lutte ([[Bibliographie|Cooper, Lang, Foucault, Caxtel]]), s&#039;en est pris aux conditions de vie moyenâgeuses réservées aux malades mentaux. En quelques années, il démantèle l’asile et expérimente les premiers éléments de sa conception territoriale (et non plus institutionnelle) de la folie&amp;amp;nbsp;: le malade est soigné dans son milieu social&amp;amp;nbsp;» (TVB 10 octobre 80). Suite à la mort atroce d&#039;Alain Urban lors d&#039;une cure de sommeil forcé à la clinique de Bel-Air, l&#039;ADUPSY ainsi que l&#039;Association des Médecins Progressiste ont déployé maints efforts pour alerter l&#039;opinion publique à propos des agissements soupçonneux de la clinque en question. Leurs revedications ont porté sur la suppression des isolements, la priorité données aux instruments de soin ambulatoire, l&#039;augmentation des effectifs globaux du personnel soignant, etc. Ils expriment également leur soutien aux revendications concernant le droit des patients&amp;amp;nbsp;: «&amp;amp;nbsp;Le consentement du patient ou de son entourage immédiat doit toujours être recherché, dans la thérapeutique comme dans la recherche&amp;amp;nbsp;». &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Alain Riesen nous a appris qu&#039;après les drames qui ont secoué Bel-Air, une commission d&#039;enquête a été créée, et c&#039;est non seulement le Directeur de cette clinique qui a été interrogé, mais également les patients, les soignants, ainsi que les cadres. Dès cet instant, &amp;quot;tout est ressorti&amp;quot;, amenant à une première évolution forte: la réforme de l&#039;institution psychiatrique. Le Pr Tissot est déstitué, et un changement au niveau de la législation se fait: le droit de recours apparaît, Le patient peut désormais exiger de faire valoir ses droits. Jusque là, le Réseau d&#039;Alternative à la psychiatrie pouvait intervenir sur demande, mais n&#039;avait pas de statut officiel. A partir de cette période, une Commission de surveillance fut mise sur pied (réunissant un juriste, un médecin indépendant, un représentant du Droit des patients), et quatre associations de défense du Droit des patients sont nées: l&#039;Association RÊVE (les &amp;quot;Entendeurs de voix&amp;quot;), l&#039;ADPED (Association des personnes ayant des troubles bi-polaires et dépressifs), l&#039;Expérience (travail artisanal double d&#039;un travail d&#039;entraide), et l&#039;AETOC (Association des personnes ayant des troubles obsessionnels et compulsifs). Selon Alain Riesen, l&#039;institution, malgré l&#039;avancée significative qui a été faite quant au droit des patients, garde les stigmates de l&#039;institution asilaire. &amp;quot;Il y a encore beaucoup de travail à faire pour faire éclater l&#039;institution dans sa dimension totalitaire&amp;quot;, dit-il en conclusion.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Psychiatrie et anti-psychiatrie  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le mouvement d&#039;anti-psychiatrie qui &amp;quot;s&#039;oppose d&#039;abord et avant tout à une forme de monopole du savoir médical&amp;quot; ([[Bibliographie|Mannoni, 1970]], p. 9) dénonce l&#039;autorité &amp;quot;morale et policière&amp;quot; (Mannoni, 1970, p. 21) du psychiatre. Toutefois, psychiatres et partisants de l&#039;anti-psychiatrie s&#039;accorde sur le fait que &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;la société place le psychiatre dans une position ambiguë&amp;amp;nbsp;: il est au service d&#039;un patient dont il a à défendre les droits mais il se trouve également placé en position d&#039;auxiliaire de la police dans un programme d&#039;internement qui est un processus d&#039;obligation de soins&#039;&#039; (Mannoni, 1970, p. 168). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les réponses apportées par les uns et par les autres pour essayer de lever cette ambiguité sont toutefois différentes. Si l&#039;anti-psychiatrie cherche plutôt à démystifier &amp;quot;le rôle que la société fait jouer à la psychiatrie&amp;quot; (Mannoni, 1970, p.168), à créer des lieux où la maladie mentale pourrait être réintérrogée (allant même jusqu&#039;à nier la notion de maladie mentale (Mannoni, 1970, p. 175) et à s&#039;éloigner des conceptions scientistes, certains psychiatres cherchent à remettre sur le devant de la scène un discours scientifique. &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;---Quand l&#039;antipsychiatrie est critique radicale de l&#039;institution, je suis antipychiatre; mais quand elle se réfugie dans la négation de la maladie mentale, je suis contre&#039;&#039;--- ([[Bibliographie|Sztulman, 1972]], p.107).&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les archives de la revue &amp;quot;L&#039;évolution psychiatrique&amp;quot;, les psychiatres non antipsychiatres se sont attelés, au début des années 70, à défendre leur point de vue scientifique et médical. Face au mouvement de protestation, ils ont écrits plusieurs articles afin de réhabiliter la psychiatrie et montrer les incohérences du mouvement anti-psychiatrique, non seulement dans ce qu&#039;il dénonce, mais également dans les solutions qu&#039;il propose. S&#039;ils reconnaissent un certain succès à l&#039;anti-psychiatrie &amp;quot;dans sa position de refus et de provocation&amp;quot; ([[Bibliographie|Barte, 1972]], p. 46), les solutions qu&#039;elle propose ne les satisfont guère. Pour certains membres de ce corps médical, la maladie mentale doit être reconnue comme &#039;&#039;phénomène nature&#039;&#039;l ([[Bibliographie|Ey, 1972]], p. 53). &amp;quot;En faisant volatiliser dans le néan l&#039;objet même de la psychiatrie qu&#039;est le malade mental, l&#039;anti-psychiatrie nie la souffrance humaine, nie le drame authentiquement humain que vit chaque malade mental (Barte, 1972, p. 46). Pour défendre ces patients malades, &amp;quot;fous&amp;quot;, pour les réhabiliter, il est nécessaire de &amp;quot;passer par la reconnaissance même de la psychiatrie, science critique et autonome et qui ne peut se fonder que sur la notion de maladie mentale conçue ni comme simple maladie des organes, ni comme simple maladie psychique&amp;quot; (Barte, 1972, p.47). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le malaise asilaire est reconnu par les non antipsychiatres et les antispychiatres. Il importe de traiter l&#039;institution en même termps que ses pensionnaires. Cependant, les non antipsychiatre récusent la résponsabilité de l&#039;hôpital psychiatrique dans la création de la folie, &amp;quot;même s&#039;il concourt parfois à statufier certaines présentations cliniques&amp;quot;. (Sztulman, 1972, p. 106). Face aux critiques sur l&#039;hôpital, notamment face à certains qui, comme Basaglia, refusaient l&#039;idée de traitement de malades et de médecins, les non antipsychiatres dénoncent la déstruction de l&#039;hôpital au profit d&#039;assemblées générales peu organisées. Sztulman (1972) pose la question&amp;amp;nbsp;: &amp;quot;A quoi ça sert&amp;amp;nbsp;? A quoi ça sert d&#039;être psychiatre là, ou femme de service,&amp;amp;nbsp; ou ergothérapeute puisque de tout façon chacun est dépouillé de son statut, et que les rôles sont&amp;amp;nbsp; inventer en permanence&amp;amp;nbsp;?&amp;quot; (p.102). Pour ces médecins, la négation de l&#039;inconscient et celle de la maladie mentale dans le mouvement antipsychiatrique amène des &#039;&#039;attitudes thérapeutiques particulièrement incohérentes &#039;&#039;(Sztulman, 1972, p. 101). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La question de l&#039;attribution de la maladie mentale à un fait organique ou plutôt à un fait culturel était alors au coeur de la bataille entre antipsychiatres et non antipsychiatres. Lors de l&#039;entretien mené avec Monsieur A. Riesen, ce dernier nous a expliqué que cette question est toujours d&#039;actualité et qu&#039;il n&#039;y a pas, aujourd&#039;hui encore, de définition claire de la part de la communauté scientifique. Dans les années 1970, les non antipsychiatres critiquaient l&#039;erreur de l&#039;antipsychiatrie dans sa croyance &amp;quot;&#039;&#039;en un principe de causalité univoque et direct de la psychose&amp;quot;&amp;amp;nbsp;&#039;&#039;(Sztulman, 1972, p.105). Dans le même article, Sztulamn déclare encore: &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&amp;quot;&#039;&#039;il est dogmatique et naïf de dire que la folie se développe en dehors de toute culture. Il est dogmatique et naïf de dire qu&#039;elle se limite à un fait culturel. De tout évidence, il n&#039;y a pas un modèle qu&#039;il soit organo, psycho ou socio-génétique de la maladie mentale, mais pluridéterminisme à pondération variable suivant les cas&#039;&#039;&amp;quot; (p. 105). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Monsieur Alain Riesen a bien décrit cette vision de &#039;&#039;pluridéterminisme&#039;&#039;. Il nous a expliqué que la conception de la maladie mentale comme unique produit d&#039;un système qui disfonctionne semble devoir se ranger derrière un système bio-psycho-social qui rencontre actuellement le plus de soutient de la part des professionnels du domaine psychiatrique. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un peu plus tard, en 1974, L&#039;évolution psychiatrique a consacré à nouveau un numéro à l&#039;antipsychiatrie. Le vent de révolte de la part des non antipsychiatres semble s&#039;être calmé, comme s&#039;ils avaient été entendus et reconnus, comme s&#039;ils avaient &amp;quot;résisté à l&#039;agression psychiatricide de l&#039;antipsychiatrie&amp;quot; (Sztulman, 1974, p.129). Les mêmes auteurs qu&#039;en 1972 relèvent toujours l&#039;importance de l&#039;antipsychiatrie dans une démarche de contestation et d&#039;identification des difficultés de l&#039;institution psychiatrique. &amp;quot;L&#039;antipsychiatrie nous aide quand elle montre comme s&#039;est organisé le refus, la ségrégation de la maladie mentale et quand elle rappelle que chacun, dans la santé mentale et dans la folie, est la victime d&#039;une répression collective&amp;quot; (Sztulman, 1974, p. 129). Toutefois, ces mêmes psychiatres rapellent leur opposition à l&#039;étiologie de la maladie mentale revendiquée par les antipsychiatres.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La fonction du médicament dans l&#039;approche anti-psychiatrique  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;apparition de la médication au début des années 1960 permet d&#039;éviter l&#039;internement. Elle soutient le changement qui s’opère dans les pratiques et donne l&#039;impression de pouvoir faire quelque chose. Elle fait transparaître un espoir aussi bien pour les praticiens que pour les patients puisque grâce aux médicaments il y a une diminution des hospitalisations, une augmentation des prises en charge ambulatoires et une augmentation des consultations. L&#039;avancée de la médecine et l’essor de la psychopharmacologie permettent alors de développer de nouvelles perspectives thérapeutiques et de nouveaux défis comme le soutien au patient et à sa famille, la mise en place de nouvelles structures. Il s&#039;agit ainsi de &amp;quot;jeter un pont entre l&#039;hôpital et la ville&amp;quot; (CMS, 1963, 7ème année, n°2 &amp;quot;L’assistance psychiatrique). Cependant, les connaissances récentes sur les effets de la médication et les abus sur son utilisation sont également soulevés. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;anti-psychiatrie se veut aussi anti-thérapeutique, ce qui lui est&amp;amp;nbsp; vivement reproché par les anti anti-psychiatres. Selon ces derniers, les anti-psychiatres considèrent que &amp;quot;les traitements sont à proscrire&amp;quot; ([[Bibliographie|Maurel, 1972]], p. 79). &amp;quot;Traiter, écrit Cooper, c&#039;est être intéressé à rendre le patient plus acceptable pour les autres...et lui faire manifester de moindre façon sa détresse&amp;quot; ([[Bibliographie|Maurel, 1972]], p. 79). Les anti anti-psychiatres militent ainsi pour une guérison grâce à des médicaments &#039;&#039;efficaces&#039;&#039; (au sens médical), selon des avis rapportés par les patients eux-mêmes. Selon les psychiatres opposés au courant anti-psychiatrique, ce-dernier vise &amp;quot;sans toujours l&#039;avouer à &amp;quot;soigner&amp;quot; clandestinement les &amp;quot;malades&amp;quot;&amp;quot; (Maurel, 1972, p.80), ce qui est selon Maurel et ses collègues, une contradiction.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L&#039;influence du concept de normalisation dans l&#039;anti-psychiatrie ==&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Cécilia Zuccone</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=La_d%C3%A9sinstitutionalisation_dans_le_champ_de_l%27%C3%A9ducation_sp%C3%A9ciale_1960-1980&amp;diff=9060</id>
		<title>La désinstitutionalisation dans le champ de l&#039;éducation spéciale 1960-1980</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=La_d%C3%A9sinstitutionalisation_dans_le_champ_de_l%27%C3%A9ducation_sp%C3%A9ciale_1960-1980&amp;diff=9060"/>
		<updated>2011-12-13T21:42:57Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Cécilia Zuccone : /* Prémisses de critiques aux institutions traditionnelles */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;[[user:Kleinpa0|P. Klein]],&lt;br /&gt;
[[user:Natalina m|N. M.]],&lt;br /&gt;
[[user:Ruchat|Martine Ruchat]],&lt;br /&gt;
[[user:Tatiana-vinhas|T Vinhas]],&lt;br /&gt;
[[user:Sandra wirz|S. Wirz]] et&lt;br /&gt;
[[user:Cécilia Zuccone|C. Zuccone]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Université de Genève&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Introduction  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A l&#039;heure où l&#039;on peut constater de &amp;quot;nouvelles exclusions&amp;quot; au nom de la protection des citoyennes et des citoyens inquiétantes pour certains, car &amp;quot;ruinant ainsi des décennies d&#039;efforts de déségrégation, désexclusion, de &amp;quot;retour du schizophrène dans la cité&amp;quot; (Dr.Patrick Lemoine, Le mystère du nocebo, Paris. Odile Jacob, 2011, p.69), un certain nombre de questions se posent pour mieux comprendre l&#039;histoire de l&#039;éducation spéciale, à la fois politique (anti-psychiatrie, sectorisation), sociale et culturelle (intégration, normalisation, désinstitutionalisation, communauté de vie, communauté thérapeutique) dans les décennies des Trente glorieuses (1960-1990) pendant lesquelles a soufflé un vent de contestation des politiques institutionnelles. Un esprit contestataire a émergé en particulier dès les années 1970 (post soixante-huit) provoquant dans le champ de la prise en charge des personnes dites aujourd&#039;hui &amp;quot;à besoins particuliers&amp;quot; un élan de remise en question de l&#039;institution, du pouvoir des médecins, de la contrainte institutionnelle et médicamenteuse. Peu de travaux ont encore exploré ce champ, à Genève, sinon pour étudier l&#039;histoire de Mai 68 et du mouvement féministe. (voir notamment Julie de Dardel, Révolution sexuelle et Mouvement de libération des femmes à Genève (1970-1977). Lausanne: Antipode, 2007).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La recherche proposée vise à mieux comprendre comment, à Genève, le champ de l&#039;éducation spéciale et celui de la psychiatrie a été touché par cette contestation. Elle fait suite à celle engagée en 2010 et 2011 sur l&#039;histoire de l&#039;intégration scolaire des enfants handicapés mentaux [[Pionniers de l&#039;intégration scolaire des enfants handicapés à Genève]] et La génération intégration 1970-1980: un slogan pour quelles réalités sociales? [[Article 2011]]. Les recherches précédentes ont montré à la fois la complexité des pratiques d&#039;intégration amenant souvent un écart entre discours et pratique, ainsi que les résistances à penser le handicap sans mettre une ligne de démarcation entre norme et hors norme, entre enfant éducable et non éducable, limite souvent mal définie et dépendante des représentations (malédiction du handicap). Au début des années 60, l&#039;intégration apparaît d&#039;abord pour les parents, dont les enfants étaient encore entièrement dans la famille, une intégration dans des institutions à créer. Le Pavillon des Grand Bois à l&#039;hôpital psychiatrique de Bel-Air représentant encore une solution &amp;quot;intégratrice&amp;quot; pour les enfants les plus difficiles à éduquer et les moins autonomes. Le concept de [[Dictionnaire|normalisation]] vient s&#039;accoler à celui d&#039;intégration pour rapprocher toute déviance d&#039;une norme sociale (en terme d&#039;habitat, d&#039;activité, voire de comportements). Ainsi le milieu ouvert (comme Aigues-Verte par exemple) peut apparaître comme plus proche d&#039;une vie quotidenne &amp;quot;normale&amp;quot; et donc plus intégrant. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La [[Dictionnaire|désinstitutionalisation]] qui fait l&#039;objet de cette nouvelle recherche est d&#039;abord issue des milieux de l&#039;anti-psychiatrie (et donc ni des associations de parents ni des milieux pédagogiques); on peut apparenter idéologiquement ce mouvement anti-psychiatrique avec un objectif de normalisation dans le sens de rapprocher les personnes prises en charge de la vie quotidienne de tout un chacun. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi malgré des différences d&#039;application ces différents courants pourraient être affiliés à celui libertaire qui a essaimé dans différents champs du social entre 1970 et 1990. C&#039;est dans une perspective de compréhension de l&#039;histoire des idées et des pratiques du mouvement anti-psychiatrique genevois que s&#039;inscrit cette recherche. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un premier temps, cette page d&#039;histoire sera située dans une &amp;quot;tradition&amp;quot;: d&#039;une part celle du traitement de la différence (notamment depuis les travaux des psycho-pédagogues du début du 20e siècle comme Alfred Binet à Paris, Edouard Claparède à Genève ou Ovide Decroly à Bruxelles); et d&#039;autre part dans une tentative dès les années vingt en Angleterre (voir Libre enfants de Summerhill), mais surtout pendant et dans l&#039;après deuxième guerre mondiale (voire les communautés d&#039;enfants victimes de la guerre), de multiplier les expériences de vie communautaire issue du scoutisme, des mouvements de jeunesse, de l&#039;éducation nouvelle et de l&#039;éducation internationaliste et pacifiste, des colonies de vacances et camps CEMEA, s&#039;opposant à une autre tradition hospitalière (couvent, Bon Pasteur, Hospice, institutions de prises en charge spécialisées). Ce faisant, nous dégagerons des signes précurseurs de &amp;quot;désinstitutionalisation&amp;quot; pour des structures plus petites, parfois médicalisées (les écoles de plein-air), mais avant tout proches de la nature et des besoins des individus. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un second temps, nous étudierons la période 1960-1980 laquelle a vu émerger un mouvement anti-psychiatrique (critique de l&#039;hôpital, du pouvoir médical, de la médicalisation à outrance et de la contrainte) pour une critique radicale visant le pouvoir institutionnel et entraînant des pratiques novatrices, lesquelles demandent à être mieux étudiées nbsp: 1. dans leurs objectifs (désinstitutionalisation ou déshospitalisation versus sectorisation)? 2. dans le choix fait des traitements: médicaux (traitement ambulatoire) ou éducatif et thérapeutique? 3. dans l&#039;évaluation faite des populations concernées par une prise en charge alternative 4. dans le rôle joué par la psychanalyse comme alternative au traitement médicaux et comme modèle thérapeutique (notamment dans les communautés cf. film de Catherine Scheuchzer) 5. dans le rôle donné aux familles et le poids qui leur est fait supporter (en terme financier, de responsabilité, de culpabilité,...) et en particulier à l&#039;égard des mères et des femmes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il s&#039;agira de mieux comprendre si l&#039;anti-psychiatrie est dans les années 1960-1980 une nouvelle manière de faire de la psychiatrie ou si elle est une véritable contestation de l&#039;institution asilaire et si les modèles alternatifs proposés ne seraient pas sous couvert d&#039;idéologie libertaire une façon de baisser les coût de la santé en temps de crise. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour ce faire, nous avons travaillé sur des articles et avec une bibliographie d&#039;ouvrages &amp;quot;classiques&amp;quot;, livres de références pour les acteurs/trices de la période considérées, puis nous avons dépouillé des revues professionnelles pour saisir les thématiques qui ont traversé alors le champs de la psychiatrie et de l&#039;éducation spécialisée; dans un second temps la recherche s&#039;est portée sur un fond d&#039;archives de l&#039;Association Les archives contestataires (fonds Alain Riesen/Schuller) dont un des donateurs d&#039;archives, Alain Riesen, est le fondateur de l&#039;Arcade 84 et militant de l&#039;anti-psychiatrie genevoise. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un troisième temps nous avons effectué un entretien vidéo (un plan fixe) afin de lui poser cinq questions issues de la recherche collective dans les archives et dans la littérature afin d&#039;avoir son témoignage sur l&#039;histoire de l&#039;anti-psychiatrie, de la désinstitutionalisation et des communautés thérapeutiques entre 1960 et 1980.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Revue de la littérature  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les revues professionnelles et contestataires entre 1970 et 1990  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un certains nombres de revues professionnelles ont été dépouillée pour la période 1970-1980. Soit Sauvegarde de l&#039;enfance, Déviance et Soicété,... &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Durant la période de 1970 à 1985, la revue &amp;quot;Sauvegarde de l&#039;enfance&amp;quot; n&#039;a publié aucune revue, voire même aucun article consacrés au thème de notre étude, à savoir la désinstitutionnalisation dans le champ de l&#039;éducation spéciale. Au premier abord on pourrait donc tirer la conclusion selon laquelle ce champ d&#039;étude ou ce mouvement n&#039;était que peu présent à cette époque. Toutefois, en se penchant davantage sur les sujets traités dans cette revue, on se rend compte que les auteurs de celle-ci n&#039;ont pas abordé la désinstitutionnalisation en tant que telle, mais l&#039;ont abordée par les effets qu&#039;elle a pu engendré à cette époque. Effectivement, on peut observer des thèmes comme la formation des éducateur en centre de jour ou en maison d&#039;accueil, la relation entre famille et société, l&#039;école ordinaire, l&#039;adolescence et la violence ou encore l&#039;aide sociale, autant de thèmes qui ont largement découlé de ce mouvement désinstitutionnel. Il est donc fort intéressant de se pencher sur les champs d&#039;action de ce type de revues, afin de mieux comprendre quel était le climat politique, les préoccupations, les tendances de la période qui nous intéresse. D&#039;ailleurs, nous retrouverons tout au long de cet article de nombreuses références aux thèmes traités par le revue &#039;&#039;Sauvegarde de l&#039;enfance&#039;&#039;.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Prémisses de critiques aux institutions traditionnelles  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Des prisons à l&#039;asile pour les personnes atteintes d&#039;affections mentales&#039;&#039;&#039;&#039;&#039; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Jusqu&#039;à la fin du XVIIIe siècle, les hôpitaux psychiatriques internaient une population bien différente de celle accueillie au XXe siècle. [[Bibliographie|Cléopâtre Montandon&amp;amp;nbsp;(1978)]]&amp;amp;nbsp; nous dévoile que les populations désignées comme relevant de l&#039;univers psychiatrique étaient très fortement liées à l&#039;univers carcéral. Effectivement, jusqu&#039;au XVIIIe siècle, les criminels étaient considérés comme &amp;quot;fous&amp;quot; ou &amp;quot;aliénés&amp;quot; et se voyaient enfermés, voire même enchaînés dans des &amp;quot;maisons de discipline&amp;quot; ou dans des &amp;quot;hôpitaux pour fous&amp;quot;. A cette époque, seule la justice décidait du lieu d&#039;incarcération des individus criminels. Peu à peu, des distinctions se sont faites pour montrer que certains criminels aliénés relevaient davantage de la psychiatrie, et se définissaient essentiellement par une responsabilité restreinte et une santé mentale défaillante. Ce sont alors ces personnes, désignées comme ne pouvant accomplir leur rôle social, que les hôpitaux psychiatriques ont admis dans leurs locaux. Pour décider et justifier ces internements, la justice ne pouvait agir seule. &amp;quot;Ce n&#039;est qu&#039;à partir de 1936 que l&#039;autorisation d&#039;un internement est délivré sur vue d&#039;un certificat médical par le Département de la prévoyance sociale et de la santé publique&amp;quot;. Ainsi, on voit combien la société évolue en définissant clairement et sur preuves médicales qui peut être &#039;&#039;placé&#039;&#039; en hôpital psychiatrique. D&#039;ailleurs, c&#039;est à partir de 1838 qu&#039;une loi voit le jour à Genève concernant l&#039;internement des &amp;quot;aliénés&amp;quot;: loi sur le placement et la surveillance des aliénés (5 février 1838). On parlera dès lors de &#039;&#039;placement&#039;&#039;des aliénés, et non plus de l&#039;enfermemenr ou de l&#039;internement de ces derniers.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On peut également noter que les préoccupations principales de la période du XVIIIe au début du XXe siècle se restreignaient principalement à la sécurité, et de fait au &#039;&#039;placement&#039;&#039; de ces personnes. Où pouvait-on mettre physiquement ces personnes différentes pour qu&#039;elles ne nuisent pas à la société? Que pouvait-on faire d&#039;elles? Qui pouvait s&#039;en occuper? Que faire avec ces personnes? On observe dès lors que, pendant plusieurs siècles, ces personnes étaient enfermées, dénuées de tous sens, de toute sensibilité, et de toute éducation, en recevant néanmoins de plus en plus de médicaments censés les calmer ou les soigner. Il faudra alors attendre la fin du XIXe siècle pour entrevoir une forme d&#039;éducation de ces personnes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans son article, &amp;quot;[[Bibliographie|La naissance de l&#039;institutions pour aliénés]]&amp;quot; à Genève au 19e siècle, Alain Riesen montre que la problématique de l&#039;internement est grandissante et que &amp;quot;l&#039;inhumanité de l&#039;enfermement&amp;quot; (Riesen, 1981) est au coeur des préoccupations. Il relate également une nouvelle conception du milieu asilaire&amp;amp;nbsp;: &amp;quot;la possibilité d&#039;améliorer l&#039;état des aliénés, ou même les guérir, si de bonnes conditions sont réunies&amp;quot;.En d&#039;autres termes, il s&#039;agirait de pouvoir administrer un traitement aux malades de manière à guérir, à soigner leur folie; à l&#039;époque nommé &#039;&#039;traitement de la folie. &#039;&#039;Plusieurs types de traitements font alors leur apparition et notamment l&#039;isolement. Il s&#039;agissait d&#039;éloigner le malade des conditions de vie qui l&#039;ont rendu &#039;&#039;fou&#039;&#039; &amp;quot;afin de le soustraire à leur influence&amp;quot;. La médication fut également un des traitements de la folie.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette nouvelle manière de penser l&#039;internement étant accomplie, plusieurs dérives ont vu le jour, et notamment les placements abusifs effectués par le Département de Justice et Police. En 1895, la Loi de 1838 est revue de manière à éclaircir la procédure d&#039;admission des aliénés.&amp;amp;nbsp;&amp;quot;Même si la loi de 1838 ne rend pas obligatoire l&#039;avis médical pour procéder au placement, dans la pratique, le médecin se fondant sur une &#039;&#039;science&#039;&#039; de l&#039;aliénisme en plein développment, va jouer un rôle de plus en plus important dans le placement et la sortie des aliénés&amp;quot; ([[Bibliographie|ADUPSY]]). L&#039;avis médical devient dès lors requis pour tout placement. Enfin, la réforme de 1936 met en évidence la nécessité et l&#039;exigence d&#039;un certificat médical pour être placé. Quiconque ne peut pas être déféni comme &amp;quot;fou&amp;quot; ou &amp;quot;aliéné&amp;quot; sans avis médical suivant des règles précises.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dès les années 70, l&#039;ADUPSY (l&#039;association pour les droits des usagers de la psychiatrie) se questionne à propos du placement des malades qui garde, malgré la loi de 1936, un caractère prégnant d&#039;enfermement, et à propos de la limitation des droits des personnes que ces lois entrainent. En effet, l&#039;ADUPSY estime que les malades mentaux n&#039;ont pas le choix de leur placement (internement), cela se fait de force, et que leurs droits sont dès lors limités puisqu&#039;ils n&#039;ont pas de droit de regard sur le traitement qui leur est admistré. A cet effet, cette association relate par exemple qu&#039; &amp;quot;en 1975, la majorité des malades metaux entrent encore à Bel-Air contre leur gré&amp;quot; ([[Bibliographie|ADUPSY, 1979, p. 7]]). Les droits de l&#039;Homme, et dans ce cas présent du malade, sont donc au coeur du débat. L&#039;association défend alors l&#039;idée que tout &#039;&#039;internement psychiatrique&#039;&#039; devrait être pensé comme une hospitalisation qui respecte les droits du malade mental en assurant sa protection et sa dignité, qui rende le patient actif dans son traitement, qu&#039;il peut d&#039;ailleurs refusé, qui n&#039;a pas comme raison la dangerosité potentielle du patient, qui rappelle au patient quels sont ses &amp;quot;droits en matière d&#039;hospitalisation et de traitement&amp;quot; (p. 13), et qui devrait &amp;quot;nécessité obligatoirement de deux certificats médicaux&amp;quot; (p. 13) de manière à justifier ce placement saur plsuieurs avis de provenance différentes. Dans cette optique, on se rend compte de l&#039;évolution de la prise en charge des malades mentaux. Que soit au niveau termes employés, de la procédure ou des droits des patients, l&#039;ensemble de cette prise en charge évolue.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;L&#039;éducation...&#039;&#039;&#039;&#039;&#039; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au début du XXe siècle, Binet et Simon (1907)&amp;amp;nbsp; &#039;&#039;donnent une nouvelle forme cognitive de l&#039;éducation spéciale qui perdurera au moins jusqu&#039;au années 1960&#039;&#039; ([[Bibliographie|Chauvière et Plaisance, 2003, p. 32]]).&amp;amp;nbsp; A cette époque là, on distinguait les arriérés d&#039;asiles, non éducables et à laisser entre les mains des médecins, des arriérés d&#039;école. Ainsi, des institutions apparurent en servant d&#039;intermédiaire entre l&#039;hôpital et la classe ordinaire. Dans ces premières institutions, la pédagogie était &#039;&#039;inspirée par l&#039;atelier, c&#039;est-à-dire guidée par la mise en oeuvre de travaux manuels et d&#039;exercices pratiques &#039;&#039;([[Bibliographie|Chauvière et Plaisance, 2003, p. 33]]). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dès les années 1960,&amp;amp;nbsp; de nombreuses institutions privées pour enfants handicapés ou en difficultés se développent, majoritairement sous l&#039;impulsion d&#039;associations de parents. Ces derniers ont été amenés à &#039;&#039;créer et à gérer des institutions de type médico-éducatif&#039;&#039; &#039;&#039;pour éviter à leurs enfants d&#039;être relégués dans des services d&#039;hôpitaux psychiatriques ou d&#039;être seulement en survie à leur domicile&#039;&#039; (Chauvière er Plaisance, 2003, p.35). Aujourd&#039;hui, les institutions, à Genève, semblent toujours être un peu sur le même modèle, celui de &amp;quot;l&#039;alliance&amp;quot; entre le médical et le pédagogique (qui regroupe aussi l&#039;aspect éducatif). Si on ne cherche peut-être plus à éviter aux élèves la reléguation en psychiatrie, on les place dans des lieux parfois hors de tout cursus ordinaire et loin de la norme. Ce qui questionne enfin sur qu&#039;est-ce que la normalisation? Et où mettre la limite à une vie comme tout le monde avec un handicap: la liberté (permissivité, autonomie) des années 1970 a-t-elle fait l&#039;impasse sur la souffrance des individus face aux exigences thérapeutiques et pédagogiques? La communauté d&#039;enfants (pédagogique, institutionnelle, thérapeutique) est-elle un modèle &amp;quot;utile&amp;quot; en temps de crise des institutions: peu coûteux, demandant un engagement au quotidien (vie quotidienne) du collectif pédagogique et thérapeutique (donc assurant un &amp;quot;contrôle social&amp;quot; maximal), ....&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La communauté: un modèle alternatif à l&#039;institution fermée  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des «&amp;amp;nbsp;communautés thérapeutiques&amp;amp;nbsp;» ont été créées en réaction aux enfermements asilaires prônés jusque-là mais qui commençaient à être pointés du doigt, car considérés comme déshumanisants. Bien que créées tout d&#039;abord pour répondre aux phénomènes de dépendances (toxicomanies, par exemple), on trouve, dès la fin des années 60, des communautés thérapeutiques en Angleterre, en France, en Suisse et au Québec, destinées au secteur de la psychiatrie. Avec la naissance de ces communautés thérapeutiques, une nouvelle approche de la psychose en-dehors des lieux de soins traditionnels s&#039;est développée (Schatzman, 1969; Barnes et Berke, 1973; Fabre, 1978; Lecomte et Tourigny, 1983a). Leur but est de créer un milieu &amp;quot;naturel&amp;quot;, en reconstituant les structures d’une «&amp;amp;nbsp;macro famille&amp;amp;nbsp;» ou d’une «&amp;amp;nbsp;mini société&amp;amp;nbsp;», plus rassurantes : on trouve par exemple la Communauté des Sablons, (Maison d&#039;enfants à caractère social et familial (76270 Saint-Saire), ou, en Suisse, le foyer de Tavel qui a vécu cinq ans (1975-1980). Dans le film de Catherine Scheuchzer, «&amp;amp;nbsp;Dans l’aventure du non, la parole&amp;amp;nbsp;», (tourné à Boulens, dans la campagne vaudoise, dans les années 70 ), on découvre, dans un décor post soixante huitard, très simplement, dans un rythme extrêmement lent, des adultes et des enfants en interaction, «&amp;amp;nbsp;comme dans la vraie vie&amp;amp;nbsp;». Cette expérience est décrite comme «&amp;amp;nbsp;une véritable expérience d’éveil à la vie&amp;amp;nbsp;», qui «&amp;amp;nbsp;prend le contre-pied du placement en institution psychiatrique&amp;amp;nbsp;» (L’Est vaudois, 19.11.92). Plutôt que de considérer cette population d&#039;enfants, comme on le faisait en asile, comme des fous, murés dans leur silence, leurs excentricités, on veut les considérer comme des partenaires, des interlocuteurs. Le but est effectivement de les faire participer au quotidien d’une maisonnée, plutôt que de créer des ateliers protégés artificiels. De la sorte, ils sont poussés à se dépasser, à faire des expériences par eux-mêmes, sans avoir nécessairement recours au soutien d’un adulte. Il semble qu&#039;à cette époque, cette nouvelle façon de considérer les enfants autistes comme étant capables d’autonomie, capables d’agir, ait apporté un peu d’humanité dans leur prise en charge. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;enfant&amp;amp;nbsp; ainsi placé dans une communauté thérapeutique vaudoise est-il plus &amp;quot;intégré&amp;quot; que s&#039;il était dans une institution considérée par ces acteurs alternatifs du &amp;quot;système&amp;quot; comme un ghetto? Il en va de même avec le terme désinstitutionalisation? Qu&#039;est-ce que l&#039;institution? Il y en a des &amp;quot;bonnes&amp;quot; (maternantes, enveloppantes, naturelles...) et de &amp;quot;mauvaises&amp;quot; (contraignantes, mortifères) (sur ce point les travaux de Fernand Oury puis de Jacques Pain mériteraient qu&#039;on s&#039;y attache (voir la psychothérapie institutionnelle sur le site de Jacques Pain: http://www.jacques-pain.fr).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La désinstitutionalisation  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon des sources internet, le mouvement de désinstitutionalisation semble avoir débuté vers 1960 (même s’il semble qu’il y ait eu un prélude à la désinstitutionnalisation au début du 19e siècle (L’Institut universitaire en santé mentale de Québec par exemple - La désinstitutionnalisation, http://caringminds.ca/index.php?option=com_content&amp;amp;amp;view=article&amp;amp;amp;id=62&amp;amp;amp;Itemid=43&amp;amp;amp;lang=fr&amp;amp;amp;limitstart=7). Certains observent le début de ce mouvement en Scandinavie, d’autres au Québec. Dans tous les cas, il s’agit d’un mouvement d&#039;ouverture vers la communauté, d’une volonté de «normalisation»[[Normalisation]] &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le mouvement de désinstitutionnalisation s&#039;appuie avant tout sur une philosophie qui met l&#039;accent sur les droits et les libertés des individus, et elle vise à humaniser les soins de santé mentale. ([http://agora-2.org/thematiques/inaptitude.nsf/Dossiers/Desinstitutionnalisation Encyclopédie de l’Agora]). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;horreur suscitée par les politiques nazies du meurtre eugénique des malades psychiatriques et les camps de concentration pendant la Seconde guerre mondiale, ont attirer l’attention sur les pratiques «&amp;amp;nbsp;déshumanisantes&amp;amp;nbsp;» dans les soins psychiatriques en santé mentale, (séquestration, mauvais traitements en tout genre, manque de formation des professionnels). (Voir [http://id.erudit.org/iderudit/032417ar Martin, 1984 et Claire Henderson et Graham Thornicroft], Santé mentale au Québec, vol. 22, n° 2, 1997, p. 88-114. ) Les années d’après-guerre ont vu un accroissement de l’intérêt porté à l’institution comme objet d’étude. Certains auteurs parlent de l’institution comme étant «&amp;amp;nbsp;névrosante&amp;amp;nbsp;», «&amp;amp;nbsp;façonnant et codifiant les gens dans le rôle de patient psychiatrique&amp;amp;nbsp;» (Goffman (1961). On observe dans les années 60 une disparition du personnel religieux des hôpitaux. Naît alors une nouvelle conception de l’individu, une évolution des attitudes envers le malade&amp;amp;nbsp;; on veut le sortir des murs de l’asile psychiatrique. On commence à parler, à cette époque, du «&amp;amp;nbsp;droit de la personne&amp;amp;nbsp;». Des idéaux humanitaires amènent alors à une nouvelle vision de la maladie mentale. Il semble que ce mouvement de désinstitutionnalisation soit également lié à l’apparition des pratiques de pharmacopée. Effectivement, «&amp;amp;nbsp;Ces nouveaux médicaments permettaient de calmer les malades agités, délirants, hallucinés et ainsi permettre d&#039;envisager et de généraliser des traitements psychiques dans des conditions plus réalistes ou encore, lorsque c&#039;était possible, d&#039;envisager un retour au domicile ou dans des structures intermédiaires&amp;amp;nbsp;».([http://fr.wikipedia.org/wiki/Psychiatrie déf. du mot «&amp;amp;nbsp;psychiatrie&amp;amp;nbsp;»]). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On a le désir de «normaliser&amp;amp;nbsp;» leurs conditions de vie. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les années 60, la personne «&amp;amp;nbsp;déficiente intellectuellement&amp;amp;nbsp;» est encore considérée comme un «&amp;amp;nbsp;malade&amp;amp;nbsp;». Toutefois, on ne considère plus le malade mental comme un malade incurable, mais davantage comme un sujet pouvant être aidé et guéri. On met en avant le fait que la maladie mentale ne nécessite pas nécessairement une hospitalisation, et qu’elle doit être considérée comme une quelconque maladie. On externalise, on invente la psychiatrie de secteurs, on commence à intégrer des services pour les malades mentaux dans des hôpitaux ou cliniques. On évite ainsi la stigmatisation des malades mentaux placés pour de longues périodes en asile psychiatrique, et on leur évite la perte de leurs facultés leur permettant de se réintégrer dans la société. On redonne alors un rôle à la communauté, tout en accordant des responsabilités aux familles. La patient devient alors le coeur de l&#039;intérêt des praticiens. ([http://www.promentesana.org/upload/application/trimes_43.pdf in Lettre trimestrielle de l’association romande Pro Mente Sana])&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme il l&#039;a déjà été dit, la désinstitutionalisation a permis aux personnes présentant des troubles psychiatriques de sortir de ce milieu assimilé pendant de nombreuses années, au milieu carcéral. Mais une fois &amp;quot;libérées&amp;quot; où vont ces personnes? A ce sujet,&amp;amp;nbsp; [[Bibliographie|N. Carpentier (2001)]] affirme dans son article que 60 à 70&amp;amp;nbsp;% des patients retournent dans leur famille après l’hospitalisation. Plusieurs articles ont démontré que l&#039;arrivée d&#039;un malade dans une famille, avait de lourde conséquence sur celle-ci. Avant d’en venir aux conséquences, il me semble nécessaire de revenir sur la représentation des professionnels, sur les familles des patients. Pour cela, il est intéressant de revenir sur l&#039;évolution de la vision des professionnels sur la famille. En d&#039;autres termes, comment la famille, alors qu&#039;elle était considérée comme coupable de la maladie de l&#039;un de ses membre, est devenue un partenaire idéal?&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour développer ceci, revenons tout d&#039;abord au début du XXème siècle. A cette époque, la famille était considérée comme étant la cause, à l&#039;origine de la maladie de leur enfant. Autrement dit, les professionnels affirmaient que la maladie mentale était un problème génétique, héritée de plusieurs générations antérieures. Ensuite, les années cinquante ont apporté un premier renversement dans la vision des familles sur la maladie de leur enfant. En effet, la famille était perçue comme étant un «&amp;amp;nbsp;système réagissant aux troubles mentaux de l’un de ses membres, plutôt qu’en tant que système causant des désordres psychiques&amp;amp;nbsp;» ([[Bibliographie|Carpentier, 2001, p.84]]). Ce changement de perspective est en lien avec l’arrivée d’une politique qui favorise les hospitalisations de courte durée. En d’autres termes, les familles commencent à être perçues comme une solution aux changements politiques. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les années 60, la psychiatrie adopte une vision centrée sur la communauté. Ce changement va être très favorable pour les familles, puisqu’il permet à ces dernières de se déresponsabiliser des troubles mentaux. Ainsi, toujours selon Carpentier, à cette époque «&amp;amp;nbsp;les désordres psychiques [doivent être étudiés] sous l’angle de l’isolement social, des désavantages sociaux, puis selon la présence de stresseurs sociaux et économique&amp;amp;nbsp;»( p.89) .&amp;lt;br&amp;gt;Ainsi, au fur et à mesure que le mouvement de désinstitutionalisation est mis en place, les politiciens et les professionnels considèrent la famille comme étant une solution au problème. En effet, la famille est perçue comme «&amp;amp;nbsp;une source privilégiée de soutien émotionnel et social ainsi que comme place de choix pour relocaliser le patient psychiatrique.&amp;amp;nbsp;» ([[Bibliographie|Carpentier, 2001, p.91]]. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Jusqu&#039;à présent, nous avons relevé l&#039;évolution de la perception de la famille aux yeux des professionnels. Mais comment la famille voit-elle ce changement? A ce sujet, [[Bibliographie|R. Therrien (1990)]] affirme que sur le plan économique et émotionnel, la désinstitutionnalisation demande beaucoup aux familles, surtout aux femmes. En effet, toujours selon R.Therrien, avoir quelqu&#039;un ayant des problèmes mentaux à la maison provoque beaucoup de stress chez les familles. Dans certaines familles, un malade peut devenir un véritable &amp;quot;fardeau&amp;quot;, puisque celui-ci impose beaucoup de contraintes. Effectivement, avoir une personne malade à la maison peut engendrer des conséquences telles que la réduction des loisirs habituels, les sorties avec nos amis, par peur d&#039;être jugé, ou encore avoir des problèmes avec nos voisins, car les comportement de notre enfant, ou mari dérange. Tous ces problèmes ont un impacte très fort sur la famille d&#039;autant plus qu&#039;elle n&#039;est pas aidée, ni reconnue pour tout ce qu&#039;elle fait pour la personne malade. &amp;amp;nbsp; &amp;lt;br&amp;gt; A propos de la lourde responsabilité des parents, il me vint une autre question: est-ce que les familles ne finissent pas elles aussi à un moment donné par tomber malade? A ce sujet, monsieur [[Bibliographie|Alain Riesen]] a témoigné que selon lui, quand une famille devait prendre en charge un de ses membres malade, il ne fallait pas qu&#039;elle reste seul, mais elle devait en parler, faire partager ce qu&#039;elle vivait au quotidien. C&#039;est donc, pour ces raisons-là que des thérapies familiales ont vu le jours.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L&#039;élan contestataire des années 70 à Genève  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En Suisse un même mouvement historique a été observé. Selon le médecin Christian Monney, on y a dénoncé les mêmes agissements qu’ailleurs&amp;amp;nbsp;: enfermement, répression, qui étaient là non pour aider le malade, mais pour protéger l’ordre public. On y mêlait, écrit-il, infirmes, orphelins, indigents et fous… (Dr Christian MONNEY, 1999, à l’occasion des 100 ans de l’Hôpital de Malévoz). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Or, dès 1965, des consultations ambulatoires sont créées et les séjours hospitaliers peuvent ainsi se raccourcir. Les moyens de contention sont contestés. Des établissements médico-éducatifs apparaissent, comme [http://www.castalie.ch/home.php?include=textes&amp;amp;lng=1&amp;amp;id=18&amp;amp;idmenu=14 la Castalie en Valais], grâce au Dr Rey-Belley, en 1972 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Genève, l&#039;élan contestataire débute lorsque Julian de Ajuriaguerra est nommé directeur de Bel-Air en 1959. C&#039;est donc à ce moment-là que le mouvement de désinstitutionnalisation naît. En effet, on commence à critiquer les asiles et à vouloir modifier le fonctionnement de l&#039;hôpital psychiatrique. Les patients psychiatriques commencent à bénéficier des mêmes droits que les patients non-psychiatriques. Ensuite, pendant les années 70-80, cet élan continue avec la volonté de baser les soins sur des approches psychotérapeutiques.[[Bibliographie|Rey-Bellet, Bardet Blochet, Ferrero, 2010, p.90-95]] &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L&#039;anti-psychiatrie: une nouvelle politique de la prise en charge  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les années 60, Michel Foucault a tenté d&#039;amorcer &amp;quot;un dialogue entre la psychiatrie et ses sujets&amp;quot; ([[Bibliographie|Rose, 2006, p.113]]) et dès 1971 avec la sortie de son ouvrage sur les prisons, c&#039;est à la critique de l&#039;univers carcéral et des rapports de pouvoir qu&#039;il s&#039;attelle (Surveiller et punir, 1971). Ces critiques, plus tard regroupées sous le nom d&#039;antipsychiatrie, visaient à remettre en question &amp;quot;la manière dont le pouvoir du médecin était impliqué dans la vérité de ce qu&#039;il disait et, inversement, la manière dont celle-ci pouvait être fabriquée et compromise par son pouvoir ([[Bibliographie|Rose, 2006, p.120-121]]). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;institution comme lieu d&#039;exclusion est mise à mal par une volonté de certains de supprimer ces lieux de contrainte, pour une vie libre dans la Cité (sectorisation) ou dans des communautés thérapeutiques (de préférence à la campagne) partant du présupposé que les conditions de vie des personnes sont déterminantes dans leur état de santé (avant même tout diagnostic). Par ailleurs, dans ces années-là, la vie quotidienne devient un objet d&#039;étude (la sociologie de la vie quotidienne), terreau de multiples expériences pédagogiques et thérapeutiques. Le slogan &amp;quot;La liberté est thérapeutique&amp;quot; s&#039;allie à une critique de la contrainte médicamenteuse et des pratiques de contention psychiatrique: elle donne ainsi une place à de nouvelles formes d&#039;&amp;quot;éducation spéciale&amp;quot; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Symptôme de ce changement le terme d&#039;&amp;quot;usagers&amp;quot; vient reléguer celui de &amp;quot;patients&amp;quot; donnant un nouveau statut aux personnes, écorchant ainsi le sacro saint pouvoir des médecins et des directions des institutions. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dès les années 70, le journal mensuel &amp;quot;Tout Va Bien&amp;quot; a consacré de nombreuses pages et numéros à la question de l&#039;anti-psychiatrie. Dès 1973, un groupe d’enquête s’est constitué pour dénoncer une certaine violence et certains abus de pouvoir au sein des asiles psychiatriques. Leur volonté était de déterritorialiser la psychiatrie. «&amp;amp;nbsp;La psychiatrie, c’est l’affaire de tout le monde&amp;amp;nbsp;». Ils voulaient faire exploser la loi du silence qui régnait dans ces lieux. Ils ont voulu dénoncer les rapports de pouvoir sévissant à l&#039;intérieur des murs psychiatriques, la soumission du malade à l’infirmier, la soumission de l’infirmier au médecin, la soumission du médecin aux pouvoirs de l’administrateur bailleur de fonds. Selon ce journal, le mouvement anti-psychiatrique serait né au début des années 60: La clinique psychiatrique de Bel Air, créée en 1900, a commencé à construire des pavillons ouverts avec l’arrivée de son nouveau directeur en 1959, Julian Ajuriaguerra. Son intention était de favoriser le retour de l’interné au plus vite dans leur milieu naturel, grâce à une hospitalisation de courte durée. Depuis 1963, le travail psychiatrique est sectorisé. On commence à organiser les soins dans des centres de consultation de quartier. Ainsi, les premières tentatives alternatives apparaissent en Suisse. Des travailleurs sociaux poursuivent une critique des institutions et contribuent à la création et au fonctionnement de centres (qui se différencient des institutions récupératrices) qui ont pour but de venir en aide à toute personne en crise. Exemple&amp;amp;nbsp;: le centre Liotard à Genève, créé par le réseau d’alternative à la psychiatrie de Suisse romande. En janvier 1975 se tient le premier congrès d’alternative à la psychiatrie de secteur (Congrès de Bruxelles, auquel participe un groupe de Genève: il s’en est inspiré pour animer des débats au centre Liotard&amp;amp;nbsp;: recherche d’alternatives concrètes répondant aux besoins des malades. A Lausanne, le 24 janvier 1976, est créé un réseau alternatif à la psychiatrie pour la Suisse romande, dont l’un des membres actifs s’appelle Alain Riesen, du Centre Liotard. Une commission formée aussi bien de psychiatrisés que de soignants s’est alors formée. Elle a remis en question le pouvoir des soignants. Selon cette commission, le but d’une alternative au secteur doit être la prise en main progressive par le malade de ses propres difficultés. Suite à des tentatives d’internement forcé, des tracts ont circulé, dénonçant les abus du pouvoir psychiatrique (voir les archives contestataires de Genève, Classeur Alain Riesen). Dès ce moment-là, une prise de conscience s&#039;opère: le patient ne veut plus être manipulé, il ne veut plus être le cobaye, il ne veut plus être muselé par le pouvoir du médecin. Il veut choisir son mode de guérison, il veut être actif dans le processus de guérison. Il convient alors de faire en sorte que ce soit le patient qui choisisse ou non son hospitalisation. Effectivement, médecins, contestataires et familles se sont rendus compte de l&#039;importance du choix du malade dans sa propre guérison. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A la fin des années 70, d&#039;autres mouvements anti-psychiatriques se répandent en Suisse et ailleurs: par exemple à la clinique de Bellelay, où son nouveau directeur a souhaité ouvrir les murs à son arrivée, et mettre à disposition des appartements protégés, voire même une maison de vacances pour ses patients. Le but était &amp;quot;que les malades puissent le plus possible avoir des contacts humains et une vie «&amp;amp;nbsp;normale&amp;amp;nbsp;» (TVB avril-mai 80). En Italie, Franco Basaglia, qui s’est appuyé entre autres sur les modèles de l’anti-psychiatrie anglaise et française pour mener sa lutte ([[Bibliographie|Cooper, Lang, Foucault, Caxtel]]), s&#039;en est pris aux conditions de vie moyenâgeuses réservées aux malades mentaux. En quelques années, il démantèle l’asile et expérimente les premiers éléments de sa conception territoriale (et non plus institutionnelle) de la folie&amp;amp;nbsp;: le malade est soigné dans son milieu social&amp;amp;nbsp;» (TVB 10 octobre 80). Suite à la mort atroce d&#039;Alain Urban lors d&#039;une cure de sommeil forcé à la clinique de Bel-Air, l&#039;ADUPSY ainsi que l&#039;Association des Médecins Progressiste ont déployé maints efforts pour alerter l&#039;opinion publique à propos des agissements soupçonneux de la clinque en question. Leurs revedications ont porté sur la suppression des isolements, la priorité données aux instruments de soin ambulatoire, l&#039;augmentation des effectifs globaux du personnel soignant, etc. Ils expriment également leur soutien aux revendications concernant le droit des patients&amp;amp;nbsp;: «&amp;amp;nbsp;Le consentement du patient ou de son entourage immédiat doit toujours être recherché, dans la thérapeutique comme dans la recherche&amp;amp;nbsp;». &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Alain Riesen nous a appris qu&#039;après les drames qui ont secoué Bel-Air, une commission d&#039;enquête a été créée, et c&#039;est non seulement le Directeur de cette clinique qui a été interrogé, mais également les patients, les soignants, ainsi que les cadres. Dès cet instant, &amp;quot;tout est ressorti&amp;quot;, amenant à une première évolution forte: la réforme de l&#039;institution psychiatrique. Le Pr Tissot est déstitué, et un changement au niveau de la législation se fait: le droit de recours apparaît, Le patient peut désormais exiger de faire valoir ses droits. Jusque là, le Réseau d&#039;Alternative à la psychiatrie pouvait intervenir sur demande, mais n&#039;avait pas de statut officiel. A partir de cette période, une Commission de surveillance fut mise sur pied (réunissant un juriste, un médecin indépendant, un représentant du Droit des patients), et quatre associations de défense du Droit des patients sont nées: l&#039;Association RÊVE (les &amp;quot;Entendeurs de voix&amp;quot;), l&#039;ADPED (Association des personnes ayant des troubles bi-polaires et dépressifs), l&#039;Expérience (travail artisanal double d&#039;un travail d&#039;entraide), et l&#039;AETOC (Association des personnes ayant des troubles obsessionnels et compulsifs). Selon Alain Riesen, l&#039;institution, malgré l&#039;avancée significative qui a été faite quant au droit des patients, garde les stigmates de l&#039;institution asilaire. &amp;quot;Il y a encore beaucoup de travail à faire pour faire éclater l&#039;institution dans sa dimension totalitaire&amp;quot;, dit-il en conclusion.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Psychiatrie et anti-psychiatrie  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le mouvement d&#039;anti-psychiatrie qui &amp;quot;s&#039;oppose d&#039;abord et avant tout à une forme de monopole du savoir médical&amp;quot; ([[Bibliographie|Mannoni, 1970]], p. 9) dénonce l&#039;autorité &amp;quot;morale et policière&amp;quot; (Mannoni, 1970, p. 21) du psychiatre. Toutefois, psychiatres et partisants de l&#039;anti-psychiatrie s&#039;accorde sur le fait que &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;la société place le psychiatre dans une position ambiguë&amp;amp;nbsp;: il est au service d&#039;un patient dont il a à défendre les droits mais il se trouve également placé en position d&#039;auxiliaire de la police dans un programme d&#039;internement qui est un processus d&#039;obligation de soins&#039;&#039; (Mannoni, 1970, p. 168). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les réponses apportées par les uns et par les autres pour essayer de lever cette ambiguité sont toutefois différentes. Si l&#039;anti-psychiatrie cherche plutôt à démystifier &amp;quot;le rôle que la société fait jouer à la psychiatrie&amp;quot; (Mannoni, 1970, p.168), à créer des lieux où la maladie mentale pourrait être réintérrogée (allant même jusqu&#039;à nier la notion de maladie mentale (Mannoni, 1970, p. 175) et à s&#039;éloigner des conceptions scientistes, certains psychiatres cherchent à remettre sur le devant de la scène un discours scientifique. &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;---Quand l&#039;antipsychiatrie est critique radicale de l&#039;institution, je suis antipychiatre; mais quand elle se réfugie dans la négation de la maladie mentale, je suis contre&#039;&#039;--- ([[Bibliographie|Sztulman, 1972]], p.107).&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les archives de la revue &amp;quot;L&#039;évolution psychiatrique&amp;quot;, les psychiatres non antipsychiatres se sont attelés, au début des années 70, à défendre leur point de vue scientifique et médical. Face au mouvement de protestation, ils ont écrits plusieurs articles afin de réhabiliter la psychiatrie et montrer les incohérences du mouvement anti-psychiatrique, non seulement dans ce qu&#039;il dénonce, mais également dans les solutions qu&#039;il propose. S&#039;ils reconnaissent un certain succès à l&#039;anti-psychiatrie &amp;quot;dans sa position de refus et de provocation&amp;quot; ([[Bibliographie|Barte, 1972]], p. 46), les solutions qu&#039;elle propose ne les satisfont guère. Pour certains membres de ce corps médical, la maladie mentale doit être reconnue comme &#039;&#039;phénomène nature&#039;&#039;l ([[Bibliographie|Ey, 1972]], p. 53). &amp;quot;En faisant volatiliser dans le néan l&#039;objet même de la psychiatrie qu&#039;est le malade mental, l&#039;anti-psychiatrie nie la souffrance humaine, nie le drame authentiquement humain que vit chaque malade mental (Barte, 1972, p. 46). Pour défendre ces patients malades, &amp;quot;fous&amp;quot;, pour les réhabiliter, il est nécessaire de &amp;quot;passer par la reconnaissance même de la psychiatrie, science critique et autonome et qui ne peut se fonder que sur la notion de maladie mentale conçue ni comme simple maladie des organes, ni comme simple maladie psychique&amp;quot; (Barte, 1972, p.47). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le malaise asilaire est reconnu par les non antipsychiatres et les antispychiatres. Il importe de traiter l&#039;institution en même termps que ses pensionnaires. Cependant, les non antipsychiatre récusent la résponsabilité de l&#039;hôpital psychiatrique dans la création de la folie, &amp;quot;même s&#039;il concourt parfois à statufier certaines présentations cliniques&amp;quot;. (Sztulman, 1972, p. 106). Face aux critiques sur l&#039;hôpital, notamment face à certains qui, comme Basaglia, refusaient l&#039;idée de traitement de malades et de médecins, les non antipsychiatres dénoncent la déstruction de l&#039;hôpital au profit d&#039;assemblées générales peu organisées. Sztulman (1972) pose la question&amp;amp;nbsp;: &amp;quot;A quoi ça sert&amp;amp;nbsp;? A quoi ça sert d&#039;être psychiatre là, ou femme de service,&amp;amp;nbsp; ou ergothérapeute puisque de tout façon chacun est dépouillé de son statut, et que les rôles sont&amp;amp;nbsp; inventer en permanence&amp;amp;nbsp;?&amp;quot; (p.102). Pour ces médecins, la négation de l&#039;inconscient et celle de la maladie mentale dans le mouvement antipsychiatrique amène des &#039;&#039;attitudes thérapeutiques particulièrement incohérentes &#039;&#039;(Sztulman, 1972, p. 101). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La question de l&#039;attribution de la maladie mentale à un fait organique ou plutôt à un fait culturel était alors au coeur de la bataille entre antipsychiatres et non antipsychiatres. Lors de l&#039;entretien mené avec Monsieur A. Riesen, ce dernier nous a expliqué que cette question est toujours d&#039;actualité et qu&#039;il n&#039;y a pas, aujourd&#039;hui encore, de définition claire de la part de la communauté scientifique. Dans les années 1970, les non antipsychiatres critiquaient l&#039;erreur de l&#039;antipsychiatrie dans sa croyance &amp;quot;&#039;&#039;en un principe de causalité univoque et direct de la psychose&amp;quot;&amp;amp;nbsp;&#039;&#039;(Sztulman, 1972, p.105). Dans le même article, Sztulamn déclare encore: &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&amp;quot;&#039;&#039;il est dogmatique et naïf de dire que la folie se développe en dehors de toute culture. Il est dogmatique et naïf de dire qu&#039;elle se limite à un fait culturel. De tout évidence, il n&#039;y a pas un modèle qu&#039;il soit organo, psycho ou socio-génétique de la maladie mentale, mais pluridéterminisme à pondération variable suivant les cas&#039;&#039;&amp;quot; (p. 105). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Monsieur Alain Riesen a bien décrit cette vision de &#039;&#039;pluridéterminisme&#039;&#039;. Il nous a expliqué que la conception de la maladie mentale comme unique produit d&#039;un système qui disfonctionne semble devoir se ranger derrière un système bio-psycho-social qui rencontre actuellement le plus de soutient de la part des professionnels du domaine psychiatrique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La fonction du médicament dans l&#039;approche anti-psychiatrique  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;apparition de la médication au début des années 1960 permet d&#039;éviter l&#039;internement. Elle soutient le changement qui s’opère dans les pratiques et donne l&#039;impression de pouvoir faire quelque chose. Elle fait transparaître un espoir aussi bien pour les praticiens que pour les patients puisque grâce aux médicaments il y a une diminution des hospitalisations, une augmentation des prises en charge ambulatoires et une augmentation des consultations. L&#039;avancée de la médecine et l’essor de la psychopharmacologie permettent alors de développer de nouvelles perspectives thérapeutiques et de nouveaux défis comme le soutien au patient et à sa famille, la mise en place de nouvelles structures. Il s&#039;agit ainsi de &amp;quot;jeter un pont entre l&#039;hôpital et la ville&amp;quot; (CMS, 1963, 7ème année, n°2 &amp;quot;L’assistance psychiatrique). Cependant, les connaissances récentes sur les effets de la médication et les abus sur son utilisation sont également soulevés. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;anti-psychiatrie se veut aussi anti-thérapeutique, ce qui lui est&amp;amp;nbsp; vivement reproché par les anti anti-psychiatres. Selon ces derniers, les anti-psychiatres considèrent que &amp;quot;les traitements sont à proscrire&amp;quot; ([[Bibliographie|Maurel, 1972]], p. 79). &amp;quot;Traiter, écrit Cooper, c&#039;est être intéressé à rendre le patient plus acceptable pour les autres...et lui faire manifester de moindre façon sa détresse&amp;quot; ([[Bibliographie|Maurel, 1972]], p. 79). Les anti anti-psychiatres militent ainsi pour une guérison grâce à des médicaments &#039;&#039;efficaces&#039;&#039; (au sens médical), selon des avis rapportés par les patients eux-mêmes. Selon les psychiatres opposés au courant anti-psychiatrique, ce-dernier vise &amp;quot;sans toujours l&#039;avouer à &amp;quot;soigner&amp;quot; clandestinement les &amp;quot;malades&amp;quot;&amp;quot; (Maurel, 1972, p.80), ce qui est selon Maurel et ses collègues, une contradiction.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L&#039;influence du concept de normalisation dans l&#039;anti-psychiatrie ==&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Cécilia Zuccone</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=La_d%C3%A9sinstitutionalisation_dans_le_champ_de_l%27%C3%A9ducation_sp%C3%A9ciale_1960-1980&amp;diff=9059</id>
		<title>La désinstitutionalisation dans le champ de l&#039;éducation spéciale 1960-1980</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=La_d%C3%A9sinstitutionalisation_dans_le_champ_de_l%27%C3%A9ducation_sp%C3%A9ciale_1960-1980&amp;diff=9059"/>
		<updated>2011-12-13T21:32:40Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Cécilia Zuccone : /* Prémisses de critiques aux institutions traditionnelles */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;[[user:Kleinpa0|P. Klein]],&lt;br /&gt;
[[user:Natalina m|N. M.]],&lt;br /&gt;
[[user:Ruchat|Martine Ruchat]],&lt;br /&gt;
[[user:Tatiana-vinhas|T Vinhas]],&lt;br /&gt;
[[user:Sandra wirz|S. Wirz]] et&lt;br /&gt;
[[user:Cécilia Zuccone|C. Zuccone]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Université de Genève&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Introduction  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A l&#039;heure où l&#039;on peut constater de &amp;quot;nouvelles exclusions&amp;quot; au nom de la protection des citoyennes et des citoyens inquiétantes pour certains, car &amp;quot;ruinant ainsi des décennies d&#039;efforts de déségrégation, désexclusion, de &amp;quot;retour du schizophrène dans la cité&amp;quot; (Dr.Patrick Lemoine, Le mystère du nocebo, Paris. Odile Jacob, 2011, p.69), un certain nombre de questions se posent pour mieux comprendre l&#039;histoire de l&#039;éducation spéciale, à la fois politique (anti-psychiatrie, sectorisation), sociale et culturelle (intégration, normalisation, désinstitutionalisation, communauté de vie, communauté thérapeutique) dans les décennies des Trente glorieuses (1960-1990) pendant lesquelles a soufflé un vent de contestation des politiques institutionnelles. Un esprit contestataire a émergé en particulier dès les années 1970 (post soixante-huit) provoquant dans le champ de la prise en charge des personnes dites aujourd&#039;hui &amp;quot;à besoins particuliers&amp;quot; un élan de remise en question de l&#039;institution, du pouvoir des médecins, de la contrainte institutionnelle et médicamenteuse. Peu de travaux ont encore exploré ce champ, à Genève, sinon pour étudier l&#039;histoire de Mai 68 et du mouvement féministe. (voir notamment Julie de Dardel, Révolution sexuelle et Mouvement de libération des femmes à Genève (1970-1977). Lausanne: Antipode, 2007).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La recherche proposée vise à mieux comprendre comment, à Genève, le champ de l&#039;éducation spéciale et celui de la psychiatrie a été touché par cette contestation. Elle fait suite à celle engagée en 2010 et 2011 sur l&#039;histoire de l&#039;intégration scolaire des enfants handicapés mentaux [[Pionniers de l&#039;intégration scolaire des enfants handicapés à Genève]] et La génération intégration 1970-1980: un slogan pour quelles réalités sociales? [[Article 2011]]. Les recherches précédentes ont montré à la fois la complexité des pratiques d&#039;intégration amenant souvent un écart entre discours et pratique, ainsi que les résistances à penser le handicap sans mettre une ligne de démarcation entre norme et hors norme, entre enfant éducable et non éducable, limite souvent mal définie et dépendante des représentations (malédiction du handicap). Au début des années 60, l&#039;intégration apparaît d&#039;abord pour les parents, dont les enfants étaient encore entièrement dans la famille, une intégration dans des institutions à créer. Le Pavillon des Grand Bois à l&#039;hôpital psychiatrique de Bel-Air représentant encore une solution &amp;quot;intégratrice&amp;quot; pour les enfants les plus difficiles à éduquer et les moins autonomes. Le concept de [[Dictionnaire|normalisation]] vient s&#039;accoler à celui d&#039;intégration pour rapprocher toute déviance d&#039;une norme sociale (en terme d&#039;habitat, d&#039;activité, voire de comportements). Ainsi le milieu ouvert (comme Aigues-Verte par exemple) peut apparaître comme plus proche d&#039;une vie quotidenne &amp;quot;normale&amp;quot; et donc plus intégrant. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La [[Dictionnaire|désinstitutionalisation]] qui fait l&#039;objet de cette nouvelle recherche est d&#039;abord issue des milieux de l&#039;anti-psychiatrie (et donc ni des associations de parents ni des milieux pédagogiques); on peut apparenter idéologiquement ce mouvement anti-psychiatrique avec un objectif de normalisation dans le sens de rapprocher les personnes prises en charge de la vie quotidienne de tout un chacun. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi malgré des différences d&#039;application ces différents courants pourraient être affiliés à celui libertaire qui a essaimé dans différents champs du social entre 1970 et 1990. C&#039;est dans une perspective de compréhension de l&#039;histoire des idées et des pratiques du mouvement anti-psychiatrique genevois que s&#039;inscrit cette recherche. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un premier temps, cette page d&#039;histoire sera située dans une &amp;quot;tradition&amp;quot;: d&#039;une part celle du traitement de la différence (notamment depuis les travaux des psycho-pédagogues du début du 20e siècle comme Alfred Binet à Paris, Edouard Claparède à Genève ou Ovide Decroly à Bruxelles); et d&#039;autre part dans une tentative dès les années vingt en Angleterre (voir Libre enfants de Summerhill), mais surtout pendant et dans l&#039;après deuxième guerre mondiale (voire les communautés d&#039;enfants victimes de la guerre), de multiplier les expériences de vie communautaire issue du scoutisme, des mouvements de jeunesse, de l&#039;éducation nouvelle et de l&#039;éducation internationaliste et pacifiste, des colonies de vacances et camps CEMEA, s&#039;opposant à une autre tradition hospitalière (couvent, Bon Pasteur, Hospice, institutions de prises en charge spécialisées). Ce faisant, nous dégagerons des signes précurseurs de &amp;quot;désinstitutionalisation&amp;quot; pour des structures plus petites, parfois médicalisées (les écoles de plein-air), mais avant tout proches de la nature et des besoins des individus. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un second temps, nous étudierons la période 1960-1980 laquelle a vu émerger un mouvement anti-psychiatrique (critique de l&#039;hôpital, du pouvoir médical, de la médicalisation à outrance et de la contrainte) pour une critique radicale visant le pouvoir institutionnel et entraînant des pratiques novatrices, lesquelles demandent à être mieux étudiées nbsp: 1. dans leurs objectifs (désinstitutionalisation ou déshospitalisation versus sectorisation)? 2. dans le choix fait des traitements: médicaux (traitement ambulatoire) ou éducatif et thérapeutique? 3. dans l&#039;évaluation faite des populations concernées par une prise en charge alternative 4. dans le rôle joué par la psychanalyse comme alternative au traitement médicaux et comme modèle thérapeutique (notamment dans les communautés cf. film de Catherine Scheuchzer) 5. dans le rôle donné aux familles et le poids qui leur est fait supporter (en terme financier, de responsabilité, de culpabilité,...) et en particulier à l&#039;égard des mères et des femmes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il s&#039;agira de mieux comprendre si l&#039;anti-psychiatrie est dans les années 1960-1980 une nouvelle manière de faire de la psychiatrie ou si elle est une véritable contestation de l&#039;institution asilaire et si les modèles alternatifs proposés ne seraient pas sous couvert d&#039;idéologie libertaire une façon de baisser les coût de la santé en temps de crise. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour ce faire, nous avons travaillé sur des articles et avec une bibliographie d&#039;ouvrages &amp;quot;classiques&amp;quot;, livres de références pour les acteurs/trices de la période considérées, puis nous avons dépouillé des revues professionnelles pour saisir les thématiques qui ont traversé alors le champs de la psychiatrie et de l&#039;éducation spécialisée; dans un second temps la recherche s&#039;est portée sur un fond d&#039;archives de l&#039;Association Les archives contestataires (fonds Alain Riesen/Schuller) dont un des donateurs d&#039;archives, Alain Riesen, est le fondateur de l&#039;Arcade 84 et militant de l&#039;anti-psychiatrie genevoise. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un troisième temps nous avons effectué un entretien vidéo (un plan fixe) afin de lui poser cinq questions issues de la recherche collective dans les archives et dans la littérature afin d&#039;avoir son témoignage sur l&#039;histoire de l&#039;anti-psychiatrie, de la désinstitutionalisation et des communautés thérapeutiques entre 1960 et 1980.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Revue de la littérature  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les revues professionnelles et contestataires entre 1970 et 1990  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un certains nombres de revues professionnelles ont été dépouillée pour la période 1970-1980. Soit Sauvegarde de l&#039;enfance, Déviance et Soicété,... &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Durant la période de 1970 à 1985, la revue &amp;quot;Sauvegarde de l&#039;enfance&amp;quot; n&#039;a publié aucune revue, voire même aucun article consacrés au thème de notre étude, à savoir la désinstitutionnalisation dans le champ de l&#039;éducation spéciale. Au premier abord on pourrait donc tirer la conclusion selon laquelle ce champ d&#039;étude ou ce mouvement n&#039;était que peu présent à cette époque. Toutefois, en se penchant davantage sur les sujets traités dans cette revue, on se rend compte que les auteurs de celle-ci n&#039;ont pas abordé la désinstitutionnalisation en tant que telle, mais l&#039;ont abordée par les effets qu&#039;elle a pu engendré à cette époque. Effectivement, on peut observer des thèmes comme la formation des éducateur en centre de jour ou en maison d&#039;accueil, la relation entre famille et société, l&#039;école ordinaire, l&#039;adolescence et la violence ou encore l&#039;aide sociale, autant de thèmes qui ont largement découlé de ce mouvement désinstitutionnel. Il est donc fort intéressant de se pencher sur les champs d&#039;action de ce type de revues, afin de mieux comprendre quel était le climat politique, les préoccupations, les tendances de la période qui nous intéresse. D&#039;ailleurs, nous retrouverons tout au long de cet article de nombreuses références aux thèmes traités par le revue &#039;&#039;Sauvegarde de l&#039;enfance&#039;&#039;.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Prémisses de critiques aux institutions traditionnelles  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Des prisons à l&#039;asile pour les personnes atteintes d&#039;affections mentales&#039;&#039;&#039;&#039;&#039; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Jusqu&#039;à la fin du XVIIIe siècle, les hôpitaux psychiatriques internaient une population bien différente de celle accueillie au XXe siècle. [[Bibliographie|Cléopâtre Montandon&amp;amp;nbsp;(1978)]]&amp;amp;nbsp; nous dévoile que les populations désignées comme relevant de l&#039;univers psychiatrique étaient très fortement liées à l&#039;univers carcéral. Effectivement, jusqu&#039;au XVIIIe siècle, les criminels étaient considérés comme &amp;quot;fous&amp;quot; ou &amp;quot;aliénés&amp;quot; et se voyaient enfermés, voire même enchaînés dans des &amp;quot;maisons de discipline&amp;quot; ou dans des &amp;quot;hôpitaux pour fous&amp;quot;. A cette époque, seule la justice décidait du lieu d&#039;incarcération des individus criminels. Peu à peu, des distinctions se sont faites pour montrer que certains criminels aliénés relevaient davantage de la psychiatrie, et se définissaient essentiellement par une responsabilité restreinte et une santé mentale défaillante. Ce sont alors ces personnes, désignées comme ne pouvant accomplir leur rôle social, que les hôpitaux psychiatriques ont admis dans leurs locaux. Pour décider et justifier ces internements, la justice ne pouvait agir seule. &amp;quot;Ce n&#039;est qu&#039;à partir de 1936 que l&#039;autorisation d&#039;un internement est délivré sur vue d&#039;un certificat médical par le Département de la prévoyance sociale et de la santé publique&amp;quot;. Ainsi, on voit combien la société évolue en définissant clairement et sur preuves médicales qui peut être &#039;&#039;placé&#039;&#039; en hôpital psychiatrique. D&#039;ailleurs, c&#039;est à partir de 1838 qu&#039;une loi voit le jour à Genève concernant l&#039;internement des &amp;quot;aliénés&amp;quot;: loi sur le placement et la surveillance des aliénés (5 février 1838). On parlera dès lors de &#039;&#039;placement&#039;&#039;des aliénés, et non plus de l&#039;enfermemenr ou de l&#039;internement de ces derniers.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On peut également noter que les préoccupations principales de la période du XVIIIe au début du XXe siècle se restreignaient principalement à la sécurité, et de fait au &#039;&#039;placement&#039;&#039; de ces personnes. Où pouvait-on mettre physiquement ces personnes différentes pour qu&#039;elles ne nuisent pas à la société? Que pouvait-on faire d&#039;elles? Qui pouvait s&#039;en occuper? Que faire avec ces personnes? On observe dès lors que, pendant plusieurs siècles, ces personnes étaient enfermées, dénuées de tous sens, de toute sensibilité, et de toute éducation, en recevant néanmoins de plus en plus de médicaments censés les calmer ou les soigner. Il faudra alors attendre la fin du XIXe siècle pour entrevoir une forme d&#039;éducation de ces personnes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans son article, &amp;quot;[[Bibliographie|La naissance de l&#039;institutions pour aliénés]]&amp;quot; à Genève au 19e siècle, Alain Riesen montre que la problématique de l&#039;internement est grandissante et que &amp;quot;l&#039;inhumanité de l&#039;enfermement&amp;quot; (Riesen, 1981) est au coeur des préoccupations. Il relate également une nouvelle conception du milieu asilaire&amp;amp;nbsp;: &amp;quot;la possibilité d&#039;améliorer l&#039;état des aliénés, ou même les guérir, si de bonnes conditions sont réunies&amp;quot;.En d&#039;autres termes, il s&#039;agirait de pouvoir administrer un traitement aux malades de manière à guérir, à soigner leur folie; à l&#039;époque nommé &#039;&#039;traitement de la folie. &#039;&#039;Plusieurs types de traitements font alors leur apparition et notamment l&#039;isolement. Il s&#039;agissait d&#039;éloigner le malade des conditions de vie qui l&#039;ont rendu &#039;&#039;fou&#039;&#039; &amp;quot;afin de le soustraire à leur influence&amp;quot;. La médication fut également un des traitements de la folie.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette nouvelle manière de penser l&#039;internement étant accomplie, plusieurs dérives ont vu le jour, et notamment les placements abusifs effectués par le Département de Justice et Police. En 1895, la Loi de 1838 est revue de manière à éclaircir la procédure d&#039;admission des aliénés.&amp;amp;nbsp;&amp;quot;Même si la loi de 1838 ne rend pas obligatoire l&#039;avis médical pour procéder au placement, dans la pratique, le médecin se fondant sur une &#039;&#039;science&#039;&#039; de l&#039;aliénisme en plein développment, va jouer un rôle de plus en plus important dans le placement et la sortie des aliénés&amp;quot; ([[Bibliographie|ADUPSY]]). L&#039;avis médical devient dès lors requis pour tout placement. Enfin, la réforme de 1936 met en évidence la nécessité et l&#039;exigence d&#039;un certificat médical pour être placé. Quiconque ne peut pas être déféni comme &amp;quot;fou&amp;quot; ou &amp;quot;aliéné&amp;quot; sans avis médical suivant des règles précises.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dès les années 70, l&#039;ADUPSY (l&#039;association pour les droits des usagers de la psychiatrie) se questionne à propos du placement des malades qui garde, malgré la loi de 1936, son caractère d&#039;enfermement et à propos de la limitation des droits des personnes que ces lois entrainent. En effet, l&#039;ADUPSY estime que les malades mentaux n&#039;ont pas le choix de leur placement, cela se fait de force, et que leurs droits sont dès lors limités puisqu&#039;ils n&#039;ont pas de droit de regard sur le traitement qui leur est admistrés. A cet effet, cette association relate par exemple que &amp;quot;en 1975, la majorité des malades metaux entrent encore à Bel-Air contre leur gré&amp;quot; ([[Bibliographie|ADUPSY, 1979, p. 7]]). Les droits de l&#039;Homme et dans ce cas présent du malades sont donc au coeur du débat.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;L&#039;éducation...&#039;&#039;&#039;&#039;&#039; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au début du XXe siècle, Binet et Simon (1907)&amp;amp;nbsp; &#039;&#039;donnent une nouvelle forme cognitive de l&#039;éducation spéciale qui perdurera au moins jusqu&#039;au années 1960&#039;&#039; ([[Bibliographie|Chauvière et Plaisance, 2003, p. 32]]).&amp;amp;nbsp; A cette époque là, on distinguait les arriérés d&#039;asiles, non éducables et à laisser entre les mains des médecins, des arriérés d&#039;école. Ainsi, des institutions apparurent en servant d&#039;intermédiaire entre l&#039;hôpital et la classe ordinaire. Dans ces premières institutions, la pédagogie était &#039;&#039;inspirée par l&#039;atelier, c&#039;est-à-dire guidée par la mise en oeuvre de travaux manuels et d&#039;exercices pratiques &#039;&#039;([[Bibliographie|Chauvière et Plaisance, 2003, p. 33]]). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dès les années 1960,&amp;amp;nbsp; de nombreuses institutions privées pour enfants handicapés ou en difficultés se développent, majoritairement sous l&#039;impulsion d&#039;associations de parents. Ces derniers ont été amenés à &#039;&#039;créer et à gérer des institutions de type médico-éducatif&#039;&#039; &#039;&#039;pour éviter à leurs enfants d&#039;être relégués dans des services d&#039;hôpitaux psychiatriques ou d&#039;être seulement en survie à leur domicile&#039;&#039; (Chauvière er Plaisance, 2003, p.35). Aujourd&#039;hui, les institutions, à Genève, semblent toujours être un peu sur le même modèle, celui de &amp;quot;l&#039;alliance&amp;quot; entre le médical et le pédagogique (qui regroupe aussi l&#039;aspect éducatif). Si on ne cherche peut-être plus à éviter aux élèves la reléguation en psychiatrie, on les place dans des lieux parfois hors de tout cursus ordinaire et loin de la norme. Ce qui questionne enfin sur qu&#039;est-ce que la normalisation? Et où mettre la limite à une vie comme tout le monde avec un handicap: la liberté (permissivité, autonomie) des années 1970 a-t-elle fait l&#039;impasse sur la souffrance des individus face aux exigences thérapeutiques et pédagogiques? La communauté d&#039;enfants (pédagogique, institutionnelle, thérapeutique) est-elle un modèle &amp;quot;utile&amp;quot; en temps de crise des institutions: peu coûteux, demandant un engagement au quotidien (vie quotidienne) du collectif pédagogique et thérapeutique (donc assurant un &amp;quot;contrôle social&amp;quot; maximal), ....&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La communauté: un modèle alternatif à l&#039;institution fermée  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des «&amp;amp;nbsp;communautés thérapeutiques&amp;amp;nbsp;» ont été créées en réaction aux enfermements asilaires prônés jusque-là mais qui commençaient à être pointés du doigt, car considérés comme déshumanisants. Bien que créées tout d&#039;abord pour répondre aux phénomènes de dépendances (toxicomanies, par exemple), on trouve, dès la fin des années 60, des communautés thérapeutiques en Angleterre, en France, en Suisse et au Québec, destinées au secteur de la psychiatrie. Avec la naissance de ces communautés thérapeutiques, une nouvelle approche de la psychose en-dehors des lieux de soins traditionnels s&#039;est développée (Schatzman, 1969; Barnes et Berke, 1973; Fabre, 1978; Lecomte et Tourigny, 1983a). Leur but est de créer un milieu &amp;quot;naturel&amp;quot;, en reconstituant les structures d’une «&amp;amp;nbsp;macro famille&amp;amp;nbsp;» ou d’une «&amp;amp;nbsp;mini société&amp;amp;nbsp;», plus rassurantes : on trouve par exemple la Communauté des Sablons, (Maison d&#039;enfants à caractère social et familial (76270 Saint-Saire), ou, en Suisse, le foyer de Tavel qui a vécu cinq ans (1975-1980). Dans le film de Catherine Scheuchzer, «&amp;amp;nbsp;Dans l’aventure du non, la parole&amp;amp;nbsp;», (tourné à Boulens, dans la campagne vaudoise, dans les années 70 ), on découvre, dans un décor post soixante huitard, très simplement, dans un rythme extrêmement lent, des adultes et des enfants en interaction, «&amp;amp;nbsp;comme dans la vraie vie&amp;amp;nbsp;». Cette expérience est décrite comme «&amp;amp;nbsp;une véritable expérience d’éveil à la vie&amp;amp;nbsp;», qui «&amp;amp;nbsp;prend le contre-pied du placement en institution psychiatrique&amp;amp;nbsp;» (L’Est vaudois, 19.11.92). Plutôt que de considérer cette population d&#039;enfants, comme on le faisait en asile, comme des fous, murés dans leur silence, leurs excentricités, on veut les considérer comme des partenaires, des interlocuteurs. Le but est effectivement de les faire participer au quotidien d’une maisonnée, plutôt que de créer des ateliers protégés artificiels. De la sorte, ils sont poussés à se dépasser, à faire des expériences par eux-mêmes, sans avoir nécessairement recours au soutien d’un adulte. Il semble qu&#039;à cette époque, cette nouvelle façon de considérer les enfants autistes comme étant capables d’autonomie, capables d’agir, ait apporté un peu d’humanité dans leur prise en charge. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;enfant&amp;amp;nbsp; ainsi placé dans une communauté thérapeutique vaudoise est-il plus &amp;quot;intégré&amp;quot; que s&#039;il était dans une institution considérée par ces acteurs alternatifs du &amp;quot;système&amp;quot; comme un ghetto? Il en va de même avec le terme désinstitutionalisation? Qu&#039;est-ce que l&#039;institution? Il y en a des &amp;quot;bonnes&amp;quot; (maternantes, enveloppantes, naturelles...) et de &amp;quot;mauvaises&amp;quot; (contraignantes, mortifères) (sur ce point les travaux de Fernand Oury puis de Jacques Pain mériteraient qu&#039;on s&#039;y attache (voir la psychothérapie institutionnelle sur le site de Jacques Pain: http://www.jacques-pain.fr).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La désinstitutionalisation  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon des sources internet, le mouvement de désinstitutionalisation semble avoir débuté vers 1960 (même s’il semble qu’il y ait eu un prélude à la désinstitutionnalisation au début du 19e siècle (L’Institut universitaire en santé mentale de Québec par exemple - La désinstitutionnalisation, http://caringminds.ca/index.php?option=com_content&amp;amp;amp;view=article&amp;amp;amp;id=62&amp;amp;amp;Itemid=43&amp;amp;amp;lang=fr&amp;amp;amp;limitstart=7). Certains observent le début de ce mouvement en Scandinavie, d’autres au Québec. Dans tous les cas, il s’agit d’un mouvement d&#039;ouverture vers la communauté, d’une volonté de «normalisation»[[Normalisation]] &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le mouvement de désinstitutionnalisation s&#039;appuie avant tout sur une philosophie qui met l&#039;accent sur les droits et les libertés des individus, et elle vise à humaniser les soins de santé mentale. ([http://agora-2.org/thematiques/inaptitude.nsf/Dossiers/Desinstitutionnalisation Encyclopédie de l’Agora]). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;horreur suscitée par les politiques nazies du meurtre eugénique des malades psychiatriques et les camps de concentration pendant la Seconde guerre mondiale, ont attirer l’attention sur les pratiques «&amp;amp;nbsp;déshumanisantes&amp;amp;nbsp;» dans les soins psychiatriques en santé mentale, (séquestration, mauvais traitements en tout genre, manque de formation des professionnels). (Voir [http://id.erudit.org/iderudit/032417ar Martin, 1984 et Claire Henderson et Graham Thornicroft], Santé mentale au Québec, vol. 22, n° 2, 1997, p. 88-114. ) Les années d’après-guerre ont vu un accroissement de l’intérêt porté à l’institution comme objet d’étude. Certains auteurs parlent de l’institution comme étant «&amp;amp;nbsp;névrosante&amp;amp;nbsp;», «&amp;amp;nbsp;façonnant et codifiant les gens dans le rôle de patient psychiatrique&amp;amp;nbsp;» (Goffman (1961). On observe dans les années 60 une disparition du personnel religieux des hôpitaux. Naît alors une nouvelle conception de l’individu, une évolution des attitudes envers le malade&amp;amp;nbsp;; on veut le sortir des murs de l’asile psychiatrique. On commence à parler, à cette époque, du «&amp;amp;nbsp;droit de la personne&amp;amp;nbsp;». Des idéaux humanitaires amènent alors à une nouvelle vision de la maladie mentale. Il semble que ce mouvement de désinstitutionnalisation soit également lié à l’apparition des pratiques de pharmacopée. Effectivement, «&amp;amp;nbsp;Ces nouveaux médicaments permettaient de calmer les malades agités, délirants, hallucinés et ainsi permettre d&#039;envisager et de généraliser des traitements psychiques dans des conditions plus réalistes ou encore, lorsque c&#039;était possible, d&#039;envisager un retour au domicile ou dans des structures intermédiaires&amp;amp;nbsp;».([http://fr.wikipedia.org/wiki/Psychiatrie déf. du mot «&amp;amp;nbsp;psychiatrie&amp;amp;nbsp;»]). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On a le désir de «normaliser&amp;amp;nbsp;» leurs conditions de vie. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les années 60, la personne «&amp;amp;nbsp;déficiente intellectuellement&amp;amp;nbsp;» est encore considérée comme un «&amp;amp;nbsp;malade&amp;amp;nbsp;». Toutefois, on ne considère plus le malade mental comme un malade incurable, mais davantage comme un sujet pouvant être aidé et guéri. On met en avant le fait que la maladie mentale ne nécessite pas nécessairement une hospitalisation, et qu’elle doit être considérée comme une quelconque maladie. On externalise, on invente la psychiatrie de secteurs, on commence à intégrer des services pour les malades mentaux dans des hôpitaux ou cliniques. On évite ainsi la stigmatisation des malades mentaux placés pour de longues périodes en asile psychiatrique, et on leur évite la perte de leurs facultés leur permettant de se réintégrer dans la société. On redonne alors un rôle à la communauté, tout en accordant des responsabilités aux familles. La patient devient alors le coeur de l&#039;intérêt des praticiens. ([http://www.promentesana.org/upload/application/trimes_43.pdf in Lettre trimestrielle de l’association romande Pro Mente Sana])&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme il l&#039;a déjà été dit, la désinstitutionalisation a permis aux personnes présentant des troubles psychiatriques de sortir de ce milieu assimilé pendant de nombreuses années, au milieu carcéral. Mais une fois &amp;quot;libérées&amp;quot; où vont ces personnes? A ce sujet,&amp;amp;nbsp; [[Bibliographie|N. Carpentier (2001)]] affirme dans son article que 60 à 70&amp;amp;nbsp;% des patients retournent dans leur famille après l’hospitalisation. Plusieurs articles ont démontré que l&#039;arrivée d&#039;un malade dans une famille, avait de lourde conséquence sur celle-ci. Avant d’en venir aux conséquences, il me semble nécessaire de revenir sur la représentation des professionnels, sur les familles des patients. Pour cela, il est intéressant de revenir sur l&#039;évolution de la vision des professionnels sur la famille. En d&#039;autres termes, comment la famille, alors qu&#039;elle était considérée comme coupable de la maladie de l&#039;un de ses membre, est devenue un partenaire idéal?&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour développer ceci, revenons tout d&#039;abord au début du XXème siècle. A cette époque, la famille était considérée comme étant la cause, à l&#039;origine de la maladie de leur enfant. Autrement dit, les professionnels affirmaient que la maladie mentale était un problème génétique, héritée de plusieurs générations antérieures. Ensuite, les années cinquante ont apporté un premier renversement dans la vision des familles sur la maladie de leur enfant. En effet, la famille était perçue comme étant un «&amp;amp;nbsp;système réagissant aux troubles mentaux de l’un de ses membres, plutôt qu’en tant que système causant des désordres psychiques&amp;amp;nbsp;» ([[Bibliographie|Carpentier, 2001, p.84]]). Ce changement de perspective est en lien avec l’arrivée d’une politique qui favorise les hospitalisations de courte durée. En d’autres termes, les familles commencent à être perçues comme une solution aux changements politiques. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les années 60, la psychiatrie adopte une vision centrée sur la communauté. Ce changement va être très favorable pour les familles, puisqu’il permet à ces dernières de se déresponsabiliser des troubles mentaux. Ainsi, toujours selon Carpentier, à cette époque «&amp;amp;nbsp;les désordres psychiques [doivent être étudiés] sous l’angle de l’isolement social, des désavantages sociaux, puis selon la présence de stresseurs sociaux et économique&amp;amp;nbsp;»( p.89) .&amp;lt;br&amp;gt;Ainsi, au fur et à mesure que le mouvement de désinstitutionalisation est mis en place, les politiciens et les professionnels considèrent la famille comme étant une solution au problème. En effet, la famille est perçue comme «&amp;amp;nbsp;une source privilégiée de soutien émotionnel et social ainsi que comme place de choix pour relocaliser le patient psychiatrique.&amp;amp;nbsp;» ([[Bibliographie|Carpentier, 2001, p.91]]. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Jusqu&#039;à présent, nous avons relevé l&#039;évolution de la perception de la famille aux yeux des professionnels. Mais comment la famille voit-elle ce changement? A ce sujet, [[Bibliographie|R. Therrien (1990)]] affirme que sur le plan économique et émotionnel, la désinstitutionnalisation demande beaucoup aux familles, surtout aux femmes. En effet, toujours selon R.Therrien, avoir quelqu&#039;un ayant des problèmes mentaux à la maison provoque beaucoup de stress chez les familles. Dans certaines familles, un malade peut devenir un véritable &amp;quot;fardeau&amp;quot;, puisque celui-ci impose beaucoup de contraintes. Effectivement, avoir une personne malade à la maison peut engendrer des conséquences telles que la réduction des loisirs habituels, les sorties avec nos amis, par peur d&#039;être jugé, ou encore avoir des problèmes avec nos voisins, car les comportement de notre enfant, ou mari dérange. Tous ces problèmes ont un impacte très fort sur la famille d&#039;autant plus qu&#039;elle n&#039;est pas aidée, ni reconnue pour tout ce qu&#039;elle fait pour la personne malade. &amp;amp;nbsp; &amp;lt;br&amp;gt; A propos de la lourde responsabilité des parents, il me vint une autre question: est-ce que les familles ne finissent pas elles aussi à un moment donné par tomber malade? A ce sujet, monsieur [[Bibliographie|Alain Riesen]] a témoigné que selon lui, quand une famille devait prendre en charge un de ses membres malade, il ne fallait pas qu&#039;elle reste seul, mais elle devait en parler, faire partager ce qu&#039;elle vivait au quotidien. C&#039;est donc, pour ces raisons-là que des thérapies familiales ont vu le jours.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L&#039;élan contestataire des années 70 à Genève  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En Suisse un même mouvement historique a été observé. Selon le médecin Christian Monney, on y a dénoncé les mêmes agissements qu’ailleurs&amp;amp;nbsp;: enfermement, répression, qui étaient là non pour aider le malade, mais pour protéger l’ordre public. On y mêlait, écrit-il, infirmes, orphelins, indigents et fous… (Dr Christian MONNEY, 1999, à l’occasion des 100 ans de l’Hôpital de Malévoz). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Or, dès 1965, des consultations ambulatoires sont créées et les séjours hospitaliers peuvent ainsi se raccourcir. Les moyens de contention sont contestés. Des établissements médico-éducatifs apparaissent, comme [http://www.castalie.ch/home.php?include=textes&amp;amp;lng=1&amp;amp;id=18&amp;amp;idmenu=14 la Castalie en Valais], grâce au Dr Rey-Belley, en 1972 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Genève, l&#039;élan contestataire débute lorsque Julian de Ajuriaguerra est nommé directeur de Bel-Air en 1959. C&#039;est donc à ce moment-là que le mouvement de désinstitutionnalisation naît. En effet, on commence à critiquer les asiles et à vouloir modifier le fonctionnement de l&#039;hôpital psychiatrique. Les patients psychiatriques commencent à bénéficier des mêmes droits que les patients non-psychiatriques. Ensuite, pendant les années 70-80, cet élan continue avec la volonté de baser les soins sur des approches psychotérapeutiques.[[Bibliographie|Rey-Bellet, Bardet Blochet, Ferrero, 2010, p.90-95]] &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L&#039;anti-psychiatrie: une nouvelle politique de la prise en charge  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les années 60, Michel Foucault a tenté d&#039;amorcer &amp;quot;un dialogue entre la psychiatrie et ses sujets&amp;quot; ([[Bibliographie|Rose, 2006, p.113]]) et dès 1971 avec la sortie de son ouvrage sur les prisons, c&#039;est à la critique de l&#039;univers carcéral et des rapports de pouvoir qu&#039;il s&#039;attelle (Surveiller et punir, 1971). Ces critiques, plus tard regroupées sous le nom d&#039;antipsychiatrie, visaient à remettre en question &amp;quot;la manière dont le pouvoir du médecin était impliqué dans la vérité de ce qu&#039;il disait et, inversement, la manière dont celle-ci pouvait être fabriquée et compromise par son pouvoir ([[Bibliographie|Rose, 2006, p.120-121]]). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;institution comme lieu d&#039;exclusion est mise à mal par une volonté de certains de supprimer ces lieux de contrainte, pour une vie libre dans la Cité (sectorisation) ou dans des communautés thérapeutiques (de préférence à la campagne) partant du présupposé que les conditions de vie des personnes sont déterminantes dans leur état de santé (avant même tout diagnostic). Par ailleurs, dans ces années-là, la vie quotidienne devient un objet d&#039;étude (la sociologie de la vie quotidienne), terreau de multiples expériences pédagogiques et thérapeutiques. Le slogan &amp;quot;La liberté est thérapeutique&amp;quot; s&#039;allie à une critique de la contrainte médicamenteuse et des pratiques de contention psychiatrique: elle donne ainsi une place à de nouvelles formes d&#039;&amp;quot;éducation spéciale&amp;quot; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Symptôme de ce changement le terme d&#039;&amp;quot;usagers&amp;quot; vient reléguer celui de &amp;quot;patients&amp;quot; donnant un nouveau statut aux personnes, écorchant ainsi le sacro saint pouvoir des médecins et des directions des institutions. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dès les années 70, le journal mensuel &amp;quot;Tout Va Bien&amp;quot; a consacré de nombreuses pages et numéros à la question de l&#039;anti-psychiatrie. Dès 1973, un groupe d’enquête s’est constitué pour dénoncer une certaine violence et certains abus de pouvoir au sein des asiles psychiatriques. Leur volonté était de déterritorialiser la psychiatrie. «&amp;amp;nbsp;La psychiatrie, c’est l’affaire de tout le monde&amp;amp;nbsp;». Ils voulaient faire exploser la loi du silence qui régnait dans ces lieux. Ils ont voulu dénoncer les rapports de pouvoir sévissant à l&#039;intérieur des murs psychiatriques, la soumission du malade à l’infirmier, la soumission de l’infirmier au médecin, la soumission du médecin aux pouvoirs de l’administrateur bailleur de fonds. Selon ce journal, le mouvement anti-psychiatrique serait né au début des années 60: La clinique psychiatrique de Bel Air, créée en 1900, a commencé à construire des pavillons ouverts avec l’arrivée de son nouveau directeur en 1959, Julian Ajuriaguerra. Son intention était de favoriser le retour de l’interné au plus vite dans leur milieu naturel, grâce à une hospitalisation de courte durée. Depuis 1963, le travail psychiatrique est sectorisé. On commence à organiser les soins dans des centres de consultation de quartier. Ainsi, les premières tentatives alternatives apparaissent en Suisse. Des travailleurs sociaux poursuivent une critique des institutions et contribuent à la création et au fonctionnement de centres (qui se différencient des institutions récupératrices) qui ont pour but de venir en aide à toute personne en crise. Exemple&amp;amp;nbsp;: le centre Liotard à Genève, créé par le réseau d’alternative à la psychiatrie de Suisse romande. En janvier 1975 se tient le premier congrès d’alternative à la psychiatrie de secteur (Congrès de Bruxelles, auquel participe un groupe de Genève: il s’en est inspiré pour animer des débats au centre Liotard&amp;amp;nbsp;: recherche d’alternatives concrètes répondant aux besoins des malades. A Lausanne, le 24 janvier 1976, est créé un réseau alternatif à la psychiatrie pour la Suisse romande, dont l’un des membres actifs s’appelle Alain Riesen, du Centre Liotard. Une commission formée aussi bien de psychiatrisés que de soignants s’est alors formée. Elle a remis en question le pouvoir des soignants. Selon cette commission, le but d’une alternative au secteur doit être la prise en main progressive par le malade de ses propres difficultés. Suite à des tentatives d’internement forcé, des tracts ont circulé, dénonçant les abus du pouvoir psychiatrique (voir les archives contestataires de Genève, Classeur Alain Riesen). Dès ce moment-là, une prise de conscience s&#039;opère: le patient ne veut plus être manipulé, il ne veut plus être le cobaye, il ne veut plus être muselé par le pouvoir du médecin. Il veut choisir son mode de guérison, il veut être actif dans le processus de guérison. Il convient alors de faire en sorte que ce soit le patient qui choisisse ou non son hospitalisation. Effectivement, médecins, contestataires et familles se sont rendus compte de l&#039;importance du choix du malade dans sa propre guérison. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A la fin des années 70, d&#039;autres mouvements anti-psychiatriques se répandent en Suisse et ailleurs: par exemple à la clinique de Bellelay, où son nouveau directeur a souhaité ouvrir les murs à son arrivée, et mettre à disposition des appartements protégés, voire même une maison de vacances pour ses patients. Le but était &amp;quot;que les malades puissent le plus possible avoir des contacts humains et une vie «&amp;amp;nbsp;normale&amp;amp;nbsp;» (TVB avril-mai 80). En Italie, Franco Basaglia, qui s’est appuyé entre autres sur les modèles de l’anti-psychiatrie anglaise et française pour mener sa lutte ([[Bibliographie|Cooper, Lang, Foucault, Caxtel]]), s&#039;en est pris aux conditions de vie moyenâgeuses réservées aux malades mentaux. En quelques années, il démantèle l’asile et expérimente les premiers éléments de sa conception territoriale (et non plus institutionnelle) de la folie&amp;amp;nbsp;: le malade est soigné dans son milieu social&amp;amp;nbsp;» (TVB 10 octobre 80). Suite à la mort atroce d&#039;Alain Urban lors d&#039;une cure de sommeil forcé à la clinique de Bel-Air, l&#039;ADUPSY ainsi que l&#039;Association des Médecins Progressiste ont déployé maints efforts pour alerter l&#039;opinion publique à propos des agissements soupçonneux de la clinque en question. Leurs revedications ont porté sur la suppression des isolements, la priorité données aux instruments de soin ambulatoire, l&#039;augmentation des effectifs globaux du personnel soignant, etc. Ils expriment également leur soutien aux revendications concernant le droit des patients&amp;amp;nbsp;: «&amp;amp;nbsp;Le consentement du patient ou de son entourage immédiat doit toujours être recherché, dans la thérapeutique comme dans la recherche&amp;amp;nbsp;». &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Alain Riesen nous a appris qu&#039;après les drames qui ont secoué Bel-Air, une commission d&#039;enquête a été créée, et c&#039;est non seulement le Directeur de cette clinique qui a été interrogé, mais également les patients, les soignants, ainsi que les cadres. Dès cet instant, &amp;quot;tout est ressorti&amp;quot;, amenant à une première évolution forte: la réforme de l&#039;institution psychiatrique. Le Pr Tissot est déstitué, et un changement au niveau de la législation se fait: le droit de recours apparaît, Le patient peut désormais exiger de faire valoir ses droits. Jusque là, le Réseau d&#039;Alternative à la psychiatrie pouvait intervenir sur demande, mais n&#039;avait pas de statut officiel. A partir de cette période, une Commission de surveillance fut mise sur pied (réunissant un juriste, un médecin indépendant, un représentant du Droit des patients), et quatre associations de défense du Droit des patients sont nées: l&#039;Association RÊVE (les &amp;quot;Entendeurs de voix&amp;quot;), l&#039;ADPED (Association des personnes ayant des troubles bi-polaires et dépressifs), l&#039;Expérience (travail artisanal double d&#039;un travail d&#039;entraide), et l&#039;AETOC (Association des personnes ayant des troubles obsessionnels et compulsifs). Selon Alain Riesen, l&#039;institution, malgré l&#039;avancée significative qui a été faite quant au droit des patients, garde les stigmates de l&#039;institution asilaire. &amp;quot;Il y a encore beaucoup de travail à faire pour faire éclater l&#039;institution dans sa dimension totalitaire&amp;quot;, dit-il en conclusion.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Psychiatrie et anti-psychiatrie  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le mouvement d&#039;anti-psychiatrie qui &amp;quot;s&#039;oppose d&#039;abord et avant tout à une forme de monopole du savoir médical&amp;quot; ([[Bibliographie|Mannoni, 1970]], p. 9) dénonce l&#039;autorité &amp;quot;morale et policière&amp;quot; (Mannoni, 1970, p. 21) du psychiatre. Toutefois, psychiatres et partisants de l&#039;anti-psychiatrie s&#039;accorde sur le fait que &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;la société place le psychiatre dans une position ambiguë&amp;amp;nbsp;: il est au service d&#039;un patient dont il a à défendre les droits mais il se trouve également placé en position d&#039;auxiliaire de la police dans un programme d&#039;internement qui est un processus d&#039;obligation de soins&#039;&#039; (Mannoni, 1970, p. 168). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les réponses apportées par les uns et par les autres pour essayer de lever cette ambiguité sont toutefois différentes. Si l&#039;anti-psychiatrie cherche plutôt à démystifier &amp;quot;le rôle que la société fait jouer à la psychiatrie&amp;quot; (Mannoni, 1970, p.168), à créer des lieux où la maladie mentale pourrait être réintérrogée (allant même jusqu&#039;à nier la notion de maladie mentale (Mannoni, 1970, p. 175) et à s&#039;éloigner des conceptions scientistes, certains psychiatres cherchent à remettre sur le devant de la scène un discours scientifique. &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;---Quand l&#039;antipsychiatrie est critique radicale de l&#039;institution, je suis antipychiatre; mais quand elle se réfugie dans la négation de la maladie mentale, je suis contre&#039;&#039;--- ([[Bibliographie|Sztulman, 1972]], p.107).&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les archives de la revue &amp;quot;L&#039;évolution psychiatrique&amp;quot;, les psychiatres non antipsychiatres se sont attelés, au début des années 70, à défendre leur point de vue scientifique et médical. Face au mouvement de protestation, ils ont écrits plusieurs articles afin de réhabiliter la psychiatrie et montrer les incohérences du mouvement anti-psychiatrique, non seulement dans ce qu&#039;il dénonce, mais également dans les solutions qu&#039;il propose. S&#039;ils reconnaissent un certain succès à l&#039;anti-psychiatrie &amp;quot;dans sa position de refus et de provocation&amp;quot; ([[Bibliographie|Barte, 1972]], p. 46), les solutions qu&#039;elle propose ne les satisfont guère. Pour certains membres de ce corps médical, la maladie mentale doit être reconnue comme &#039;&#039;phénomène nature&#039;&#039;l ([[Bibliographie|Ey, 1972]], p. 53). &amp;quot;En faisant volatiliser dans le néan l&#039;objet même de la psychiatrie qu&#039;est le malade mental, l&#039;anti-psychiatrie nie la souffrance humaine, nie le drame authentiquement humain que vit chaque malade mental (Barte, 1972, p. 46). Pour défendre ces patients malades, &amp;quot;fous&amp;quot;, pour les réhabiliter, il est nécessaire de &amp;quot;passer par la reconnaissance même de la psychiatrie, science critique et autonome et qui ne peut se fonder que sur la notion de maladie mentale conçue ni comme simple maladie des organes, ni comme simple maladie psychique&amp;quot; (Barte, 1972, p.47). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le malaise asilaire est reconnu par les non antipsychiatres et les antispychiatres. Il importe de traiter l&#039;institution en même termps que ses pensionnaires. Cependant, les non antipsychiatre récusent la résponsabilité de l&#039;hôpital psychiatrique dans la création de la folie, &amp;quot;même s&#039;il concourt parfois à statufier certaines présentations cliniques&amp;quot;. (Sztulman, 1972, p. 106). Face aux critiques sur l&#039;hôpital, notamment face à certains qui, comme Basaglia, refusaient l&#039;idée de traitement de malades et de médecins, les non antipsychiatres dénoncent la déstruction de l&#039;hôpital au profit d&#039;assemblées générales peu organisées. Sztulman (1972) pose la question&amp;amp;nbsp;: &amp;quot;A quoi ça sert&amp;amp;nbsp;? A quoi ça sert d&#039;être psychiatre là, ou femme de service,&amp;amp;nbsp; ou ergothérapeute puisque de tout façon chacun est dépouillé de son statut, et que les rôles sont&amp;amp;nbsp; inventer en permanence&amp;amp;nbsp;?&amp;quot; (p.102). Pour ces médecins, la négation de l&#039;inconscient et celle de la maladie mentale dans le mouvement antipsychiatrique amène des &#039;&#039;attitudes thérapeutiques particulièrement incohérentes &#039;&#039;(Sztulman, 1972, p. 101). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La question de l&#039;attribution de la maladie mentale à un fait organique ou plutôt à un fait culturel était alors au coeur de la bataille entre antipsychiatres et non antipsychiatres. Lors de l&#039;entretien mené avec Monsieur A. Riesen, ce dernier nous a expliqué que cette question est toujours d&#039;actualité et qu&#039;il n&#039;y a pas, aujourd&#039;hui encore, de définition claire de la part de la communauté scientifique. Dans les années 1970, les non antipsychiatres critiquaient l&#039;erreur de l&#039;antipsychiatrie dans sa croyance &amp;quot;&#039;&#039;en un principe de causalité univoque et direct de la psychose&amp;quot;&amp;amp;nbsp;&#039;&#039;(Sztulman, 1972, p.105). Dans le même article, Sztulamn déclare encore: &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&amp;quot;&#039;&#039;il est dogmatique et naïf de dire que la folie se développe en dehors de toute culture. Il est dogmatique et naïf de dire qu&#039;elle se limite à un fait culturel. De tout évidence, il n&#039;y a pas un modèle qu&#039;il soit organo, psycho ou socio-génétique de la maladie mentale, mais pluridéterminisme à pondération variable suivant les cas&#039;&#039;&amp;quot; (p. 105). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Monsieur Alain Riesen a bien décrit cette vision de &#039;&#039;pluridéterminisme&#039;&#039;. Il nous a expliqué que la conception de la maladie mentale comme unique produit d&#039;un système qui disfonctionne semble devoir se ranger derrière un système bio-psycho-social qui rencontre actuellement le plus de soutient de la part des professionnels du domaine psychiatrique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La fonction du médicament dans l&#039;approche anti-psychiatrique  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;apparition de la médication au début des années 1960 permet d&#039;éviter l&#039;internement. Elle soutient le changement qui s’opère dans les pratiques et donne l&#039;impression de pouvoir faire quelque chose. Elle fait transparaître un espoir aussi bien pour les praticiens que pour les patients puisque grâce aux médicaments il y a une diminution des hospitalisations, une augmentation des prises en charge ambulatoires et une augmentation des consultations. L&#039;avancée de la médecine et l’essor de la psychopharmacologie permettent alors de développer de nouvelles perspectives thérapeutiques et de nouveaux défis comme le soutien au patient et à sa famille, la mise en place de nouvelles structures. Il s&#039;agit ainsi de &amp;quot;jeter un pont entre l&#039;hôpital et la ville&amp;quot; (CMS, 1963, 7ème année, n°2 &amp;quot;L’assistance psychiatrique). Cependant, les connaissances récentes sur les effets de la médication et les abus sur son utilisation sont également soulevés. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;anti-psychiatrie se veut aussi anti-thérapeutique, ce qui lui est&amp;amp;nbsp; vivement reproché par les anti anti-psychiatres. Selon ces derniers, les anti-psychiatres considèrent que &amp;quot;les traitements sont à proscrire&amp;quot; ([[Bibliographie|Maurel, 1972]], p. 79). &amp;quot;Traiter, écrit Cooper, c&#039;est être intéressé à rendre le patient plus acceptable pour les autres...et lui faire manifester de moindre façon sa détresse&amp;quot; ([[Bibliographie|Maurel, 1972]], p. 79). Les anti anti-psychiatres militent ainsi pour une guérison grâce à des médicaments &#039;&#039;efficaces&#039;&#039; (au sens médical), selon des avis rapportés par les patients eux-mêmes. Selon les psychiatres opposés au courant anti-psychiatrique, ce-dernier vise &amp;quot;sans toujours l&#039;avouer à &amp;quot;soigner&amp;quot; clandestinement les &amp;quot;malades&amp;quot;&amp;quot; (Maurel, 1972, p.80), ce qui est selon Maurel et ses collègues, une contradiction.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L&#039;influence du concept de normalisation dans l&#039;anti-psychiatrie ==&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Cécilia Zuccone</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=La_d%C3%A9sinstitutionalisation_dans_le_champ_de_l%27%C3%A9ducation_sp%C3%A9ciale_1960-1980&amp;diff=9058</id>
		<title>La désinstitutionalisation dans le champ de l&#039;éducation spéciale 1960-1980</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=La_d%C3%A9sinstitutionalisation_dans_le_champ_de_l%27%C3%A9ducation_sp%C3%A9ciale_1960-1980&amp;diff=9058"/>
		<updated>2011-12-13T21:22:11Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Cécilia Zuccone : /* Prémisses de critiques aux institutions traditionnelles */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;[[user:Kleinpa0|P. Klein]],&lt;br /&gt;
[[user:Natalina m|N. M.]],&lt;br /&gt;
[[user:Ruchat|Martine Ruchat]],&lt;br /&gt;
[[user:Tatiana-vinhas|T Vinhas]],&lt;br /&gt;
[[user:Sandra wirz|S. Wirz]] et&lt;br /&gt;
[[user:Cécilia Zuccone|C. Zuccone]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Université de Genève&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Introduction  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A l&#039;heure où l&#039;on peut constater de &amp;quot;nouvelles exclusions&amp;quot; au nom de la protection des citoyennes et des citoyens inquiétantes pour certains, car &amp;quot;ruinant ainsi des décennies d&#039;efforts de déségrégation, désexclusion, de &amp;quot;retour du schizophrène dans la cité&amp;quot; (Dr.Patrick Lemoine, Le mystère du nocebo, Paris. Odile Jacob, 2011, p.69), un certain nombre de questions se posent pour mieux comprendre l&#039;histoire de l&#039;éducation spéciale, à la fois politique (anti-psychiatrie, sectorisation), sociale et culturelle (intégration, normalisation, désinstitutionalisation, communauté de vie, communauté thérapeutique) dans les décennies des Trente glorieuses (1960-1990) pendant lesquelles a soufflé un vent de contestation des politiques institutionnelles. Un esprit contestataire a émergé en particulier dès les années 1970 (post soixante-huit) provoquant dans le champ de la prise en charge des personnes dites aujourd&#039;hui &amp;quot;à besoins particuliers&amp;quot; un élan de remise en question de l&#039;institution, du pouvoir des médecins, de la contrainte institutionnelle et médicamenteuse. Peu de travaux ont encore exploré ce champ, à Genève, sinon pour étudier l&#039;histoire de Mai 68 et du mouvement féministe. (voir notamment Julie de Dardel, Révolution sexuelle et Mouvement de libération des femmes à Genève (1970-1977). Lausanne: Antipode, 2007).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La recherche proposée vise à mieux comprendre comment, à Genève, le champ de l&#039;éducation spéciale et celui de la psychiatrie a été touché par cette contestation. Elle fait suite à celle engagée en 2010 et 2011 sur l&#039;histoire de l&#039;intégration scolaire des enfants handicapés mentaux [[Pionniers de l&#039;intégration scolaire des enfants handicapés à Genève]] et La génération intégration 1970-1980: un slogan pour quelles réalités sociales? [[Article 2011]]. Les recherches précédentes ont montré à la fois la complexité des pratiques d&#039;intégration amenant souvent un écart entre discours et pratique, ainsi que les résistances à penser le handicap sans mettre une ligne de démarcation entre norme et hors norme, entre enfant éducable et non éducable, limite souvent mal définie et dépendante des représentations (malédiction du handicap). Au début des années 60, l&#039;intégration apparaît d&#039;abord pour les parents, dont les enfants étaient encore entièrement dans la famille, une intégration dans des institutions à créer. Le Pavillon des Grand Bois à l&#039;hôpital psychiatrique de Bel-Air représentant encore une solution &amp;quot;intégratrice&amp;quot; pour les enfants les plus difficiles à éduquer et les moins autonomes. Le concept de [[Dictionnaire|normalisation]] vient s&#039;accoler à celui d&#039;intégration pour rapprocher toute déviance d&#039;une norme sociale (en terme d&#039;habitat, d&#039;activité, voire de comportements). Ainsi le milieu ouvert (comme Aigues-Verte par exemple) peut apparaître comme plus proche d&#039;une vie quotidenne &amp;quot;normale&amp;quot; et donc plus intégrant. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La [[Dictionnaire|désinstitutionalisation]] qui fait l&#039;objet de cette nouvelle recherche est d&#039;abord issue des milieux de l&#039;anti-psychiatrie (et donc ni des associations de parents ni des milieux pédagogiques); on peut apparenter idéologiquement ce mouvement anti-psychiatrique avec un objectif de normalisation dans le sens de rapprocher les personnes prises en charge de la vie quotidienne de tout un chacun. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi malgré des différences d&#039;application ces différents courants pourraient être affiliés à celui libertaire qui a essaimé dans différents champs du social entre 1970 et 1990. C&#039;est dans une perspective de compréhension de l&#039;histoire des idées et des pratiques du mouvement anti-psychiatrique genevois que s&#039;inscrit cette recherche. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un premier temps, cette page d&#039;histoire sera située dans une &amp;quot;tradition&amp;quot;: d&#039;une part celle du traitement de la différence (notamment depuis les travaux des psycho-pédagogues du début du 20e siècle comme Alfred Binet à Paris, Edouard Claparède à Genève ou Ovide Decroly à Bruxelles); et d&#039;autre part dans une tentative dès les années vingt en Angleterre (voir Libre enfants de Summerhill), mais surtout pendant et dans l&#039;après deuxième guerre mondiale (voire les communautés d&#039;enfants victimes de la guerre), de multiplier les expériences de vie communautaire issue du scoutisme, des mouvements de jeunesse, de l&#039;éducation nouvelle et de l&#039;éducation internationaliste et pacifiste, des colonies de vacances et camps CEMEA, s&#039;opposant à une autre tradition hospitalière (couvent, Bon Pasteur, Hospice, institutions de prises en charge spécialisées). Ce faisant, nous dégagerons des signes précurseurs de &amp;quot;désinstitutionalisation&amp;quot; pour des structures plus petites, parfois médicalisées (les écoles de plein-air), mais avant tout proches de la nature et des besoins des individus. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un second temps, nous étudierons la période 1960-1980 laquelle a vu émerger un mouvement anti-psychiatrique (critique de l&#039;hôpital, du pouvoir médical, de la médicalisation à outrance et de la contrainte) pour une critique radicale visant le pouvoir institutionnel et entraînant des pratiques novatrices, lesquelles demandent à être mieux étudiées nbsp: 1. dans leurs objectifs (désinstitutionalisation ou déshospitalisation versus sectorisation)? 2. dans le choix fait des traitements: médicaux (traitement ambulatoire) ou éducatif et thérapeutique? 3. dans l&#039;évaluation faite des populations concernées par une prise en charge alternative 4. dans le rôle joué par la psychanalyse comme alternative au traitement médicaux et comme modèle thérapeutique (notamment dans les communautés cf. film de Catherine Scheuchzer) 5. dans le rôle donné aux familles et le poids qui leur est fait supporter (en terme financier, de responsabilité, de culpabilité,...) et en particulier à l&#039;égard des mères et des femmes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il s&#039;agira de mieux comprendre si l&#039;anti-psychiatrie est dans les années 1960-1980 une nouvelle manière de faire de la psychiatrie ou si elle est une véritable contestation de l&#039;institution asilaire et si les modèles alternatifs proposés ne seraient pas sous couvert d&#039;idéologie libertaire une façon de baisser les coût de la santé en temps de crise. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour ce faire, nous avons travaillé sur des articles et avec une bibliographie d&#039;ouvrages &amp;quot;classiques&amp;quot;, livres de références pour les acteurs/trices de la période considérées, puis nous avons dépouillé des revues professionnelles pour saisir les thématiques qui ont traversé alors le champs de la psychiatrie et de l&#039;éducation spécialisée; dans un second temps la recherche s&#039;est portée sur un fond d&#039;archives de l&#039;Association Les archives contestataires (fonds Alain Riesen/Schuller) dont un des donateurs d&#039;archives, Alain Riesen, est le fondateur de l&#039;Arcade 84 et militant de l&#039;anti-psychiatrie genevoise. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un troisième temps nous avons effectué un entretien vidéo (un plan fixe) afin de lui poser cinq questions issues de la recherche collective dans les archives et dans la littérature afin d&#039;avoir son témoignage sur l&#039;histoire de l&#039;anti-psychiatrie, de la désinstitutionalisation et des communautés thérapeutiques entre 1960 et 1980.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Revue de la littérature  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les revues professionnelles et contestataires entre 1970 et 1990  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un certains nombres de revues professionnelles ont été dépouillée pour la période 1970-1980. Soit Sauvegarde de l&#039;enfance, Déviance et Soicété,... &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Durant la période de 1970 à 1985, la revue &amp;quot;Sauvegarde de l&#039;enfance&amp;quot; n&#039;a publié aucune revue, voire même aucun article consacrés au thème de notre étude, à savoir la désinstitutionnalisation dans le champ de l&#039;éducation spéciale. Au premier abord on pourrait donc tirer la conclusion selon laquelle ce champ d&#039;étude ou ce mouvement n&#039;était que peu présent à cette époque. Toutefois, en se penchant davantage sur les sujets traités dans cette revue, on se rend compte que les auteurs de celle-ci n&#039;ont pas abordé la désinstitutionnalisation en tant que telle, mais l&#039;ont abordée par les effets qu&#039;elle a pu engendré à cette époque. Effectivement, on peut observer des thèmes comme la formation des éducateur en centre de jour ou en maison d&#039;accueil, la relation entre famille et société, l&#039;école ordinaire, l&#039;adolescence et la violence ou encore l&#039;aide sociale, autant de thèmes qui ont largement découlé de ce mouvement désinstitutionnel. Il est donc fort intéressant de se pencher sur les champs d&#039;action de ce type de revues, afin de mieux comprendre quel était le climat politique, les préoccupations, les tendances de la période qui nous intéresse. D&#039;ailleurs, nous retrouverons tout au long de cet article de nombreuses références aux thèmes traités par le revue &#039;&#039;Sauvegarde de l&#039;enfance&#039;&#039;.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Prémisses de critiques aux institutions traditionnelles  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Des prisons à l&#039;asile pour les personnes atteintes d&#039;affections mentales&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Jusqu&#039;à la fin du XVIIIe siècle, les hôpitaux psychiatriques internaient une population bien différente de celle accueillie au XXe siècle. [[Bibliographie|Cléopâtre Montandon&amp;amp;nbsp;(1978)]]&amp;amp;nbsp; nous dévoile que les populations désignées comme relevant de l&#039;univers psychiatrique étaient très fortement liées à l&#039;univers carcéral. Effectivement, jusqu&#039;au XVIIIe siècle, les criminels étaient considérés comme &amp;quot;fous&amp;quot; ou &amp;quot;aliénés&amp;quot; et se voyaient enfermés, voire même enchaînés dans des &amp;quot;maisons de discipline&amp;quot; ou dans des &amp;quot;hôpitaux pour fous&amp;quot;. A cette époque, seule la justice décidait du lieu d&#039;incarcération des individus criminels. Peu à peu, des distinctions se sont faites pour montrer que certains criminels aliénés relevaient davantage de la psychiatrie, et se définissaient essentiellement par une responsabilité restreinte et une santé mentale défaillante. Ce sont alors ces personnes, désignées comme ne pouvant accomplir leur rôle social, que les hôpitaux psychiatriques ont admis dans leurs locaux. Pour décider et justifier ces internements, la justice ne pouvait agir seule. &amp;quot;Ce n&#039;est qu&#039;à partir de 1936 que l&#039;autorisation d&#039;un internement est délivré sur vue d&#039;un certificat médical par le Département de la prévoyance sociale et de la santé publique&amp;quot;. Ainsi, on voit combien la société évolue en définissant clairement et sur preuves médicales qui peut être &#039;&#039;placé&#039;&#039; en hôpital psychiatrique. D&#039;ailleurs, c&#039;est à partir de 1838 qu&#039;une loi voit le jour à Genève concernant l&#039;internement des &amp;quot;aliénés&amp;quot;: loi sur le placement et la surveillance des aliénés (5Février 1838). On parlera dès lors de &#039;&#039;placement&#039;&#039;des aliénés, et non plus de l&#039;enfermemenr ou de l&#039;internement de ces derniers.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On peut également noter que les préoccupations principales de la période du XVIIIe au début du XXe siècle se restreignaient principalement à la sécurité, et de fait au &#039;&#039;placement&#039;&#039; de ces personnes. Où pouvait-on mettre physiquement ces personnes différentes pour qu&#039;elles ne nuisent pas à la société? Que pouvait-on faire d&#039;elles? Qui pouvait s&#039;en occuper? Que faire avec ces personnes? On observe dès lors que, pendant plusieurs siècles, ces personnes étaient enfermées, dénuées de tous sens, de toute sensibilité, et de toute éducation, en recevant néanmoins de plus en plus de médicaments censés les calmer ou les soigner. Il faudra alors attendre la fin du XIXe siècle pour entrevoir une forme d&#039;éducation de ces personnes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans son article, &amp;quot;[[Bibliographie|La naissance de l&#039;institutions pour aliénés]]&amp;quot; à Genève au 19e siècle, Alain Riesen montre que la problématique de l&#039;internement est grandissante et que &amp;quot;l&#039;inhumanité de l&#039;enfermement&amp;quot; (Riesen, 1981) est au coeur des préoccupations. Il relate également une nouvelle conception du milieu asilaire&amp;amp;nbsp;: &amp;quot;la possibilité d&#039;améliorer l&#039;état des aliénés, ou même les guérir, si de bonnes conditions sont réunies&amp;quot;.En d&#039;autres termes, il s&#039;agirait de pouvoir administrer un traitement aux malades de manière à guérir, à soigner leur folie; à l&#039;époque nommé &#039;&#039;traitement de la folie. &#039;&#039;Plusieurs types de traitements font alors leur apparition et notamment l&#039;isolement. Il s&#039;agissait d&#039;éloigner le malade des conditions de vie qui l&#039;ont rendu &#039;&#039;fou&#039;&#039; &amp;quot;afin de le soustraire à leur influence&amp;quot;. La médication fut également un des traitements de la folie.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette nouvelle manière de penser l&#039;internement étant accomplie, plusieurs dérives ont vu le jour, et notamment les placements abusifs effectués par le Département de Justice et Police. En 1895, la Loi de 1838 est revue de manière à éclaircir la procédure d&#039;admission des aliénés.&amp;amp;nbsp;&amp;quot;Même si la loi de 1838 ne rend pas obligatoire l&#039;avis médical pour procéder au placement, dans la pratique, le médecin se fondant sur une &#039;&#039;science&#039;&#039; de l&#039;aliénisme en plein développment, va jouer un rôle de plus en plus important dans le placement et la sortie des aliénés&amp;quot; ([[Bibliographie|ADUPSY]]). L&#039;avis médical devient dès lors requis pour tout placement. Enfin, la réforme de 1936 met en évidence la nécessité et l&#039;exigence d&#039;un certificat médical pour être placé. Quiconque ne peut pas être déféni comme &amp;quot;fou&amp;quot; ou &amp;quot;aliéné&amp;quot; sans avis médical suivant des règles précises.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;ADUPSY (l&#039;association pour les droits des usagers de la psychiatrie) &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;L&#039;éducation...&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au début du XXe siècle, Binet et Simon (1907)&amp;amp;nbsp; &#039;&#039;donnent une nouvelle forme cognitive de l&#039;éducation spéciale qui perdurera au moins jusqu&#039;au années 1960&#039;&#039; ([[Bibliographie|Chauvière et Plaisance, 2003, p. 32]]).&amp;amp;nbsp; A cette époque là, on distinguait les arriérés d&#039;asiles, non éducables et à laisser entre les mains des médecins, des arriérés d&#039;école. Ainsi, des institutions apparurent en servant d&#039;intermédiaire entre l&#039;hôpital et la classe ordinaire. Dans ces premières institutions, la pédagogie était &#039;&#039;inspirée par l&#039;atelier, c&#039;est-à-dire guidée par la mise en oeuvre de travaux manuels et d&#039;exercices pratiques &#039;&#039;([[Bibliographie|Chauvière et Plaisance, 2003, p. 33]]). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dès les années 1960,&amp;amp;nbsp; de nombreuses institutions privées pour enfants handicapés ou en difficultés se développent, majoritairement sous l&#039;impulsion d&#039;associations de parents. Ces derniers ont été amenés à &#039;&#039;créer et à gérer des institutions de type médico-éducatif&#039;&#039; &#039;&#039;pour éviter à leurs enfants d&#039;être relégués dans des services d&#039;hôpitaux psychiatriques ou d&#039;être seulement en survie à leur domicile&#039;&#039; (Chauvière er Plaisance, 2003, p.35). Aujourd&#039;hui, les institutions, à Genève, semblent toujours être un peu sur le même modèle, celui de &amp;quot;l&#039;alliance&amp;quot; entre le médical et le pédagogique (qui regroupe aussi l&#039;aspect éducatif). Si on ne cherche peut-être plus à éviter aux élèves la reléguation en psychiatrie, on les place dans des lieux parfois hors de tout cursus ordinaire et loin de la norme. Ce qui questionne enfin sur qu&#039;est-ce que la normalisation? Et où mettre la limite à une vie comme tout le monde avec un handicap: la liberté (permissivité, autonomie) des années 1970 a-t-elle fait l&#039;impasse sur la souffrance des individus face aux exigences thérapeutiques et pédagogiques? La communauté d&#039;enfants (pédagogique, institutionnelle, thérapeutique) est-elle un modèle &amp;quot;utile&amp;quot; en temps de crise des institutions: peu coûteux, demandant un engagement au quotidien (vie quotidienne) du collectif pédagogique et thérapeutique (donc assurant un &amp;quot;contrôle social&amp;quot; maximal), ....&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La communauté: un modèle alternatif à l&#039;institution fermée  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des «&amp;amp;nbsp;communautés thérapeutiques&amp;amp;nbsp;» ont été créées en réaction aux enfermements asilaires prônés jusque-là mais qui commençaient à être pointés du doigt, car considérés comme déshumanisants. Bien que créées tout d&#039;abord pour répondre aux phénomènes de dépendances (toxicomanies, par exemple), on trouve, dès la fin des années 60, des communautés thérapeutiques en Angleterre, en France, en Suisse et au Québec, destinées au secteur de la psychiatrie. Avec la naissance de ces communautés thérapeutiques, une nouvelle approche de la psychose en-dehors des lieux de soins traditionnels s&#039;est développée (Schatzman, 1969; Barnes et Berke, 1973; Fabre, 1978; Lecomte et Tourigny, 1983a). Leur but est de créer un milieu &amp;quot;naturel&amp;quot;, en reconstituant les structures d’une «&amp;amp;nbsp;macro famille&amp;amp;nbsp;» ou d’une «&amp;amp;nbsp;mini société&amp;amp;nbsp;», plus rassurantes : on trouve par exemple la Communauté des Sablons, (Maison d&#039;enfants à caractère social et familial (76270 Saint-Saire), ou, en Suisse, le foyer de Tavel qui a vécu cinq ans (1975-1980). Dans le film de Catherine Scheuchzer, «&amp;amp;nbsp;Dans l’aventure du non, la parole&amp;amp;nbsp;», (tourné à Boulens, dans la campagne vaudoise, dans les années 70 ), on découvre, dans un décor post soixante huitard, très simplement, dans un rythme extrêmement lent, des adultes et des enfants en interaction, «&amp;amp;nbsp;comme dans la vraie vie&amp;amp;nbsp;». Cette expérience est décrite comme «&amp;amp;nbsp;une véritable expérience d’éveil à la vie&amp;amp;nbsp;», qui «&amp;amp;nbsp;prend le contre-pied du placement en institution psychiatrique&amp;amp;nbsp;» (L’Est vaudois, 19.11.92). Plutôt que de considérer cette population d&#039;enfants, comme on le faisait en asile, comme des fous, murés dans leur silence, leurs excentricités, on veut les considérer comme des partenaires, des interlocuteurs. Le but est effectivement de les faire participer au quotidien d’une maisonnée, plutôt que de créer des ateliers protégés artificiels. De la sorte, ils sont poussés à se dépasser, à faire des expériences par eux-mêmes, sans avoir nécessairement recours au soutien d’un adulte. Il semble qu&#039;à cette époque, cette nouvelle façon de considérer les enfants autistes comme étant capables d’autonomie, capables d’agir, ait apporté un peu d’humanité dans leur prise en charge. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;enfant&amp;amp;nbsp; ainsi placé dans une communauté thérapeutique vaudoise est-il plus &amp;quot;intégré&amp;quot; que s&#039;il était dans une institution considérée par ces acteurs alternatifs du &amp;quot;système&amp;quot; comme un ghetto? Il en va de même avec le terme désinstitutionalisation? Qu&#039;est-ce que l&#039;institution? Il y en a des &amp;quot;bonnes&amp;quot; (maternantes, enveloppantes, naturelles...) et de &amp;quot;mauvaises&amp;quot; (contraignantes, mortifères) (sur ce point les travaux de Fernand Oury puis de Jacques Pain mériteraient qu&#039;on s&#039;y attache (voir la psychothérapie institutionnelle sur le site de Jacques Pain: http://www.jacques-pain.fr).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La désinstitutionalisation  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon des sources internet, le mouvement de désinstitutionalisation semble avoir débuté vers 1960 (même s’il semble qu’il y ait eu un prélude à la désinstitutionnalisation au début du 19e siècle (L’Institut universitaire en santé mentale de Québec par exemple - La désinstitutionnalisation, http://caringminds.ca/index.php?option=com_content&amp;amp;amp;view=article&amp;amp;amp;id=62&amp;amp;amp;Itemid=43&amp;amp;amp;lang=fr&amp;amp;amp;limitstart=7). Certains observent le début de ce mouvement en Scandinavie, d’autres au Québec. Dans tous les cas, il s’agit d’un mouvement d&#039;ouverture vers la communauté, d’une volonté de «normalisation»[[Normalisation]] &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le mouvement de désinstitutionnalisation s&#039;appuie avant tout sur une philosophie qui met l&#039;accent sur les droits et les libertés des individus, et elle vise à humaniser les soins de santé mentale. ([http://agora-2.org/thematiques/inaptitude.nsf/Dossiers/Desinstitutionnalisation Encyclopédie de l’Agora]). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;horreur suscitée par les politiques nazies du meurtre eugénique des malades psychiatriques et les camps de concentration pendant la Seconde guerre mondiale, ont attirer l’attention sur les pratiques «&amp;amp;nbsp;déshumanisantes&amp;amp;nbsp;» dans les soins psychiatriques en santé mentale, (séquestration, mauvais traitements en tout genre, manque de formation des professionnels). (Voir [http://id.erudit.org/iderudit/032417ar Martin, 1984 et Claire Henderson et Graham Thornicroft], Santé mentale au Québec, vol. 22, n° 2, 1997, p. 88-114. ) Les années d’après-guerre ont vu un accroissement de l’intérêt porté à l’institution comme objet d’étude. Certains auteurs parlent de l’institution comme étant «&amp;amp;nbsp;névrosante&amp;amp;nbsp;», «&amp;amp;nbsp;façonnant et codifiant les gens dans le rôle de patient psychiatrique&amp;amp;nbsp;» (Goffman (1961). On observe dans les années 60 une disparition du personnel religieux des hôpitaux. Naît alors une nouvelle conception de l’individu, une évolution des attitudes envers le malade&amp;amp;nbsp;; on veut le sortir des murs de l’asile psychiatrique. On commence à parler, à cette époque, du «&amp;amp;nbsp;droit de la personne&amp;amp;nbsp;». Des idéaux humanitaires amènent alors à une nouvelle vision de la maladie mentale. Il semble que ce mouvement de désinstitutionnalisation soit également lié à l’apparition des pratiques de pharmacopée. Effectivement, «&amp;amp;nbsp;Ces nouveaux médicaments permettaient de calmer les malades agités, délirants, hallucinés et ainsi permettre d&#039;envisager et de généraliser des traitements psychiques dans des conditions plus réalistes ou encore, lorsque c&#039;était possible, d&#039;envisager un retour au domicile ou dans des structures intermédiaires&amp;amp;nbsp;».([http://fr.wikipedia.org/wiki/Psychiatrie déf. du mot «&amp;amp;nbsp;psychiatrie&amp;amp;nbsp;»]). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On a le désir de «normaliser&amp;amp;nbsp;» leurs conditions de vie. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les années 60, la personne «&amp;amp;nbsp;déficiente intellectuellement&amp;amp;nbsp;» est encore considérée comme un «&amp;amp;nbsp;malade&amp;amp;nbsp;». Toutefois, on ne considère plus le malade mental comme un malade incurable, mais davantage comme un sujet pouvant être aidé et guéri. On met en avant le fait que la maladie mentale ne nécessite pas nécessairement une hospitalisation, et qu’elle doit être considérée comme une quelconque maladie. On externalise, on invente la psychiatrie de secteurs, on commence à intégrer des services pour les malades mentaux dans des hôpitaux ou cliniques. On évite ainsi la stigmatisation des malades mentaux placés pour de longues périodes en asile psychiatrique, et on leur évite la perte de leurs facultés leur permettant de se réintégrer dans la société. On redonne alors un rôle à la communauté, tout en accordant des responsabilités aux familles. La patient devient alors le coeur de l&#039;intérêt des praticiens. ([http://www.promentesana.org/upload/application/trimes_43.pdf in Lettre trimestrielle de l’association romande Pro Mente Sana])&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme il l&#039;a déjà été dit, la désinstitutionalisation a permis aux personnes présentant des troubles psychiatriques de sortir de ce milieu assimilé pendant de nombreuses années, au milieu carcéral. Mais une fois &amp;quot;libérées&amp;quot; où vont ces personnes? A ce sujet,&amp;amp;nbsp; [[Bibliographie|N. Carpentier (2001)]] affirme dans son article que 60 à 70&amp;amp;nbsp;% des patients retournent dans leur famille après l’hospitalisation. Plusieurs articles ont démontré que l&#039;arrivée d&#039;un malade dans une famille, avait de lourde conséquence sur celle-ci. Avant d’en venir aux conséquences, il me semble nécessaire de revenir sur la représentation des professionnels, sur les familles des patients. Pour cela, il est intéressant de revenir sur l&#039;évolution de la vision des professionnels sur la famille. En d&#039;autres termes, comment la famille, alors qu&#039;elle était considérée comme coupable de la maladie de l&#039;un de ses membre, est devenue un partenaire idéal?&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour développer ceci, revenons tout d&#039;abord au début du XXème siècle. A cette époque, la famille était considérée comme étant la cause, à l&#039;origine de la maladie de leur enfant. Autrement dit, les professionnels affirmaient que la maladie mentale était un problème génétique, héritée de plusieurs générations antérieures. Ensuite, les années cinquante ont apporté un premier renversement dans la vision des familles sur la maladie de leur enfant. En effet, la famille était perçue comme étant un «&amp;amp;nbsp;système réagissant aux troubles mentaux de l’un de ses membres, plutôt qu’en tant que système causant des désordres psychiques&amp;amp;nbsp;» ([[Bibliographie|Carpentier, 2001, p.84]]). Ce changement de perspective est en lien avec l’arrivée d’une politique qui favorise les hospitalisations de courte durée. En d’autres termes, les familles commencent à être perçues comme une solution aux changements politiques. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les années 60, la psychiatrie adopte une vision centrée sur la communauté. Ce changement va être très favorable pour les familles, puisqu’il permet à ces dernières de se déresponsabiliser des troubles mentaux. Ainsi, toujours selon Carpentier, à cette époque «&amp;amp;nbsp;les désordres psychiques [doivent être étudiés] sous l’angle de l’isolement social, des désavantages sociaux, puis selon la présence de stresseurs sociaux et économique&amp;amp;nbsp;»( p.89) .&amp;lt;br&amp;gt;Ainsi, au fur et à mesure que le mouvement de désinstitutionalisation est mis en place, les politiciens et les professionnels considèrent la famille comme étant une solution au problème. En effet, la famille est perçue comme «&amp;amp;nbsp;une source privilégiée de soutien émotionnel et social ainsi que comme place de choix pour relocaliser le patient psychiatrique.&amp;amp;nbsp;» ([[Bibliographie|Carpentier, 2001, p.91]]. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Jusqu&#039;à présent, nous avons relevé l&#039;évolution de la perception de la famille aux yeux des professionnels. Mais comment la famille voit-elle ce changement? A ce sujet, [[Bibliographie|R. Therrien (1990)]] affirme que sur le plan économique et émotionnel, la désinstitutionnalisation demande beaucoup aux familles, surtout aux femmes. En effet, toujours selon R.Therrien, avoir quelqu&#039;un ayant des problèmes mentaux à la maison provoque beaucoup de stress chez les familles. Dans certaines familles, un malade peut devenir un véritable &amp;quot;fardeau&amp;quot;, puisque celui-ci impose beaucoup de contraintes. Effectivement, avoir une personne malade à la maison peut engendrer des conséquences telles que la réduction des loisirs habituels, les sorties avec nos amis, par peur d&#039;être jugé, ou encore avoir des problèmes avec nos voisins, car les comportement de notre enfant, ou mari dérange. Tous ces problèmes ont un impacte très fort sur la famille d&#039;autant plus qu&#039;elle n&#039;est pas aidée, ni reconnue pour tout ce qu&#039;elle fait pour la personne malade. &amp;amp;nbsp; &amp;lt;br&amp;gt; A propos de la lourde responsabilité des parents, il me vint une autre question: est-ce que les familles ne finissent pas elles aussi à un moment donné par tomber malade? A ce sujet, monsieur [[Bibliographie|Alain Riesen]] a témoigné que selon lui, quand une famille devait prendre en charge un de ses membres malade, il ne fallait pas qu&#039;elle reste seul, mais elle devait en parler, faire partager ce qu&#039;elle vivait au quotidien. C&#039;est donc, pour ces raisons-là que des thérapies familiales ont vu le jours.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L&#039;élan contestataire des années 70 à Genève  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En Suisse un même mouvement historique a été observé. Selon le médecin Christian Monney, on y a dénoncé les mêmes agissements qu’ailleurs&amp;amp;nbsp;: enfermement, répression, qui étaient là non pour aider le malade, mais pour protéger l’ordre public. On y mêlait, écrit-il, infirmes, orphelins, indigents et fous… (Dr Christian MONNEY, 1999, à l’occasion des 100 ans de l’Hôpital de Malévoz). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Or, dès 1965, des consultations ambulatoires sont créées et les séjours hospitaliers peuvent ainsi se raccourcir. Les moyens de contention sont contestés. Des établissements médico-éducatifs apparaissent, comme [http://www.castalie.ch/home.php?include=textes&amp;amp;lng=1&amp;amp;id=18&amp;amp;idmenu=14 la Castalie en Valais], grâce au Dr Rey-Belley, en 1972 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Genève, l&#039;élan contestataire débute lorsque Julian de Ajuriaguerra est nommé directeur de Bel-Air en 1959. C&#039;est donc à ce moment-là que le mouvement de désinstitutionnalisation naît. En effet, on commence à critiquer les asiles et à vouloir modifier le fonctionnement de l&#039;hôpital psychiatrique. Les patients psychiatriques commencent à bénéficier des mêmes droits que les patients non-psychiatriques. Ensuite, pendant les années 70-80, cet élan continue avec la volonté de baser les soins sur des approches psychotérapeutiques.[[Bibliographie|Rey-Bellet, Bardet Blochet, Ferrero, 2010, p.90-95]] &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L&#039;anti-psychiatrie: une nouvelle politique de la prise en charge  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les années 60, Michel Foucault a tenté d&#039;amorcer &amp;quot;un dialogue entre la psychiatrie et ses sujets&amp;quot; ([[Bibliographie|Rose, 2006, p.113]]) et dès 1971 avec la sortie de son ouvrage sur les prisons, c&#039;est à la critique de l&#039;univers carcéral et des rapports de pouvoir qu&#039;il s&#039;attelle (Surveiller et punir, 1971). Ces critiques, plus tard regroupées sous le nom d&#039;antipsychiatrie, visaient à remettre en question &amp;quot;la manière dont le pouvoir du médecin était impliqué dans la vérité de ce qu&#039;il disait et, inversement, la manière dont celle-ci pouvait être fabriquée et compromise par son pouvoir ([[Bibliographie|Rose, 2006, p.120-121]]). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;institution comme lieu d&#039;exclusion est mise à mal par une volonté de certains de supprimer ces lieux de contrainte, pour une vie libre dans la Cité (sectorisation) ou dans des communautés thérapeutiques (de préférence à la campagne) partant du présupposé que les conditions de vie des personnes sont déterminantes dans leur état de santé (avant même tout diagnostic). Par ailleurs, dans ces années-là, la vie quotidienne devient un objet d&#039;étude (la sociologie de la vie quotidienne), terreau de multiples expériences pédagogiques et thérapeutiques. Le slogan &amp;quot;La liberté est thérapeutique&amp;quot; s&#039;allie à une critique de la contrainte médicamenteuse et des pratiques de contention psychiatrique: elle donne ainsi une place à de nouvelles formes d&#039;&amp;quot;éducation spéciale&amp;quot; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Symptôme de ce changement le terme d&#039;&amp;quot;usagers&amp;quot; vient reléguer celui de &amp;quot;patients&amp;quot; donnant un nouveau statut aux personnes, écorchant ainsi le sacro saint pouvoir des médecins et des directions des institutions. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dès les années 70, le journal mensuel &amp;quot;Tout Va Bien&amp;quot; a consacré de nombreuses pages et numéros à la question de l&#039;anti-psychiatrie. Dès 1973, un groupe d’enquête s’est constitué pour dénoncer une certaine violence et certains abus de pouvoir au sein des asiles psychiatriques. Leur volonté était de déterritorialiser la psychiatrie. «&amp;amp;nbsp;La psychiatrie, c’est l’affaire de tout le monde&amp;amp;nbsp;». Ils voulaient faire exploser la loi du silence qui régnait dans ces lieux. Ils ont voulu dénoncer les rapports de pouvoir sévissant à l&#039;intérieur des murs psychiatriques, la soumission du malade à l’infirmier, la soumission de l’infirmier au médecin, la soumission du médecin aux pouvoirs de l’administrateur bailleur de fonds. Selon ce journal, le mouvement anti-psychiatrique serait né au début des années 60: La clinique psychiatrique de Bel Air, créée en 1900, a commencé à construire des pavillons ouverts avec l’arrivée de son nouveau directeur en 1959, Julian Ajuriaguerra. Son intention était de favoriser le retour de l’interné au plus vite dans leur milieu naturel, grâce à une hospitalisation de courte durée. Depuis 1963, le travail psychiatrique est sectorisé. On commence à organiser les soins dans des centres de consultation de quartier. Ainsi, les premières tentatives alternatives apparaissent en Suisse. Des travailleurs sociaux poursuivent une critique des institutions et contribuent à la création et au fonctionnement de centres (qui se différencient des institutions récupératrices) qui ont pour but de venir en aide à toute personne en crise. Exemple&amp;amp;nbsp;: le centre Liotard à Genève, créé par le réseau d’alternative à la psychiatrie de Suisse romande. En janvier 1975 se tient le premier congrès d’alternative à la psychiatrie de secteur (Congrès de Bruxelles, auquel participe un groupe de Genève: il s’en est inspiré pour animer des débats au centre Liotard&amp;amp;nbsp;: recherche d’alternatives concrètes répondant aux besoins des malades. A Lausanne, le 24 janvier 1976, est créé un réseau alternatif à la psychiatrie pour la Suisse romande, dont l’un des membres actifs s’appelle Alain Riesen, du Centre Liotard. Une commission formée aussi bien de psychiatrisés que de soignants s’est alors formée. Elle a remis en question le pouvoir des soignants. Selon cette commission, le but d’une alternative au secteur doit être la prise en main progressive par le malade de ses propres difficultés. Suite à des tentatives d’internement forcé, des tracts ont circulé, dénonçant les abus du pouvoir psychiatrique (voir les archives contestataires de Genève, Classeur Alain Riesen). Dès ce moment-là, une prise de conscience s&#039;opère: le patient ne veut plus être manipulé, il ne veut plus être le cobaye, il ne veut plus être muselé par le pouvoir du médecin. Il veut choisir son mode de guérison, il veut être actif dans le processus de guérison. Il convient alors de faire en sorte que ce soit le patient qui choisisse ou non son hospitalisation. Effectivement, médecins, contestataires et familles se sont rendus compte de l&#039;importance du choix du malade dans sa propre guérison. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A la fin des années 70, d&#039;autres mouvements anti-psychiatriques se répandent en Suisse et ailleurs: par exemple à la clinique de Bellelay, où son nouveau directeur a souhaité ouvrir les murs à son arrivée, et mettre à disposition des appartements protégés, voire même une maison de vacances pour ses patients. Le but était &amp;quot;que les malades puissent le plus possible avoir des contacts humains et une vie «&amp;amp;nbsp;normale&amp;amp;nbsp;» (TVB avril-mai 80). En Italie, Franco Basaglia, qui s’est appuyé entre autres sur les modèles de l’anti-psychiatrie anglaise et française pour mener sa lutte ([[Bibliographie|Cooper, Lang, Foucault, Caxtel]]), s&#039;en est pris aux conditions de vie moyenâgeuses réservées aux malades mentaux. En quelques années, il démantèle l’asile et expérimente les premiers éléments de sa conception territoriale (et non plus institutionnelle) de la folie&amp;amp;nbsp;: le malade est soigné dans son milieu social&amp;amp;nbsp;» (TVB 10 octobre 80). Suite à la mort atroce d&#039;Alain Urban lors d&#039;une cure de sommeil forcé à la clinique de Bel-Air, l&#039;ADUPSY ainsi que l&#039;Association des Médecins Progressiste ont déployé maints efforts pour alerter l&#039;opinion publique à propos des agissements soupçonneux de la clinque en question. Leurs revedications ont porté sur la suppression des isolements, la priorité données aux instruments de soin ambulatoire, l&#039;augmentation des effectifs globaux du personnel soignant, etc. Ils expriment également leur soutien aux revendications concernant le droit des patients&amp;amp;nbsp;: «&amp;amp;nbsp;Le consentement du patient ou de son entourage immédiat doit toujours être recherché, dans la thérapeutique comme dans la recherche&amp;amp;nbsp;». &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Alain Riesen nous a appris qu&#039;après les drames qui ont secoué Bel-Air, une commission d&#039;enquête a été créée, et c&#039;est non seulement le Directeur de cette clinique qui a été interrogé, mais également les patients, les soignants, ainsi que les cadres. Dès cet instant, &amp;quot;tout est ressorti&amp;quot;, amenant à une première évolution forte: la réforme de l&#039;institution psychiatrique. Le Pr Tissot est déstitué, et un changement au niveau de la législation se fait: le droit de recours apparaît, Le patient peut désormais exiger de faire valoir ses droits. Jusque là, le Réseau d&#039;Alternative à la psychiatrie pouvait intervenir sur demande, mais n&#039;avait pas de statut officiel. A partir de cette période, une Commission de surveillance fut mise sur pied (réunissant un juriste, un médecin indépendant, un représentant du Droit des patients), et quatre associations de défense du Droit des patients sont nées: l&#039;Association RÊVE (les &amp;quot;Entendeurs de voix&amp;quot;), l&#039;ADPED (Association des personnes ayant des troubles bi-polaires et dépressifs), l&#039;Expérience (travail artisanal double d&#039;un travail d&#039;entraide), et l&#039;AETOC (Association des personnes ayant des troubles obsessionnels et compulsifs). Selon Alain Riesen, l&#039;institution, malgré l&#039;avancée significative qui a été faite quant au droit des patients, garde les stigmates de l&#039;institution asilaire. &amp;quot;Il y a encore beaucoup de travail à faire pour faire éclater l&#039;institution dans sa dimension totalitaire&amp;quot;, dit-il en conclusion.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Psychiatrie et anti-psychiatrie  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le mouvement d&#039;anti-psychiatrie qui &amp;quot;s&#039;oppose d&#039;abord et avant tout à une forme de monopole du savoir médical&amp;quot; ([[Bibliographie|Mannoni, 1970]], p. 9) dénonce l&#039;autorité &amp;quot;morale et policière&amp;quot; (Mannoni, 1970, p. 21) du psychiatre. Toutefois, psychiatres et partisants de l&#039;anti-psychiatrie s&#039;accorde sur le fait que &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;la société place le psychiatre dans une position ambiguë&amp;amp;nbsp;: il est au service d&#039;un patient dont il a à défendre les droits mais il se trouve également placé en position d&#039;auxiliaire de la police dans un programme d&#039;internement qui est un processus d&#039;obligation de soins&#039;&#039; (Mannoni, 1970, p. 168). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les réponses apportées par les uns et par les autres pour essayer de lever cette ambiguité sont toutefois différentes. Si l&#039;anti-psychiatrie cherche plutôt à démystifier &amp;quot;le rôle que la société fait jouer à la psychiatrie&amp;quot; (Mannoni, 1970, p.168), à créer des lieux où la maladie mentale pourrait être réintérrogée (allant même jusqu&#039;à nier la notion de maladie mentale (Mannoni, 1970, p. 175) et à s&#039;éloigner des conceptions scientistes, certains psychiatres cherchent à remettre sur le devant de la scène un discours scientifique. &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;---Quand l&#039;antipsychiatrie est critique radicale de l&#039;institution, je suis antipychiatre; mais quand elle se réfugie dans la négation de la maladie mentale, je suis contre&#039;&#039;--- ([[Bibliographie|Sztulman, 1972]], p.107).&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les archives de la revue &amp;quot;L&#039;évolution psychiatrique&amp;quot;, les psychiatres non antipsychiatres se sont attelés, au début des années 70, à défendre leur point de vue scientifique et médical. Face au mouvement de protestation, ils ont écrits plusieurs articles afin de réhabiliter la psychiatrie et montrer les incohérences du mouvement anti-psychiatrique, non seulement dans ce qu&#039;il dénonce, mais également dans les solutions qu&#039;il propose. S&#039;ils reconnaissent un certain succès à l&#039;anti-psychiatrie &amp;quot;dans sa position de refus et de provocation&amp;quot; ([[Bibliographie|Barte, 1972]], p. 46), les solutions qu&#039;elle propose ne les satisfont guère. Pour certains membres de ce corps médical, la maladie mentale doit être reconnue comme &#039;&#039;phénomène nature&#039;&#039;l ([[Bibliographie|Ey, 1972]], p. 53). &amp;quot;En faisant volatiliser dans le néan l&#039;objet même de la psychiatrie qu&#039;est le malade mental, l&#039;anti-psychiatrie nie la souffrance humaine, nie le drame authentiquement humain que vit chaque malade mental (Barte, 1972, p. 46). Pour défendre ces patients malades, &amp;quot;fous&amp;quot;, pour les réhabiliter, il est nécessaire de &amp;quot;passer par la reconnaissance même de la psychiatrie, science critique et autonome et qui ne peut se fonder que sur la notion de maladie mentale conçue ni comme simple maladie des organes, ni comme simple maladie psychique&amp;quot; (Barte, 1972, p.47). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le malaise asilaire est reconnu par les non antipsychiatres et les antispychiatres. Il importe de traiter l&#039;institution en même termps que ses pensionnaires. Cependant, les non antipsychiatre récusent la résponsabilité de l&#039;hôpital psychiatrique dans la création de la folie, &amp;quot;même s&#039;il concourt parfois à statufier certaines présentations cliniques&amp;quot;. (Sztulman, 1972, p. 106). Face aux critiques sur l&#039;hôpital, notamment face à certains qui, comme Basaglia, refusaient l&#039;idée de traitement de malades et de médecins, les non antipsychiatres dénoncent la déstruction de l&#039;hôpital au profit d&#039;assemblées générales peu organisées. Sztulman (1972) pose la question&amp;amp;nbsp;: &amp;quot;A quoi ça sert&amp;amp;nbsp;? A quoi ça sert d&#039;être psychiatre là, ou femme de service,&amp;amp;nbsp; ou ergothérapeute puisque de tout façon chacun est dépouillé de son statut, et que les rôles sont&amp;amp;nbsp; inventer en permanence&amp;amp;nbsp;?&amp;quot; (p.102). Pour ces médecins, la négation de l&#039;inconscient et celle de la maladie mentale dans le mouvement antipsychiatrique amène des &#039;&#039;attitudes thérapeutiques particulièrement incohérentes &#039;&#039;(Sztulman, 1972, p. 101). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La question de l&#039;attribution de la maladie mentale à un fait organique ou plutôt à un fait culturel était alors au coeur de la bataille entre antipsychiatres et non antipsychiatres. Lors de l&#039;entretien mené avec Monsieur A. Riesen, ce dernier nous a expliqué que cette question est toujours d&#039;actualité et qu&#039;il n&#039;y a pas, aujourd&#039;hui encore, de définition claire de la part de la communauté scientifique. Dans les années 1970, les non antipsychiatres critiquaient l&#039;erreur de l&#039;antipsychiatrie dans sa croyance &amp;quot;&#039;&#039;en un principe de causalité univoque et direct de la psychose&amp;quot;&amp;amp;nbsp;&#039;&#039;(Sztulman, 1972, p.105). Dans le même article, Sztulamn déclare encore: &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&amp;quot;&#039;&#039;il est dogmatique et naïf de dire que la folie se développe en dehors de toute culture. Il est dogmatique et naïf de dire qu&#039;elle se limite à un fait culturel. De tout évidence, il n&#039;y a pas un modèle qu&#039;il soit organo, psycho ou socio-génétique de la maladie mentale, mais pluridéterminisme à pondération variable suivant les cas&#039;&#039;&amp;quot; (p. 105). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Monsieur Alain Riesen a bien décrit cette vision de &#039;&#039;pluridéterminisme&#039;&#039;. Il nous a expliqué que la conception de la maladie mentale comme unique produit d&#039;un système qui disfonctionne semble devoir se ranger derrière un système bio-psycho-social qui rencontre actuellement le plus de soutient de la part des professionnels du domaine psychiatrique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La fonction du médicament dans l&#039;approche anti-psychiatrique  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;apparition de la médication au début des années 1960 permet d&#039;éviter l&#039;internement. Elle soutient le changement qui s’opère dans les pratiques et donne l&#039;impression de pouvoir faire quelque chose. Elle fait transparaître un espoir aussi bien pour les praticiens que pour les patients puisque grâce aux médicaments il y a une diminution des hospitalisations, une augmentation des prises en charge ambulatoires et une augmentation des consultations. L&#039;avancée de la médecine et l’essor de la psychopharmacologie permettent alors de développer de nouvelles perspectives thérapeutiques et de nouveaux défis comme le soutien au patient et à sa famille, la mise en place de nouvelles structures. Il s&#039;agit ainsi de &amp;quot;jeter un pont entre l&#039;hôpital et la ville&amp;quot; (CMS, 1963, 7ème année, n°2 &amp;quot;L’assistance psychiatrique). Cependant, les connaissances récentes sur les effets de la médication et les abus sur son utilisation sont également soulevés. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;anti-psychiatrie se veut aussi anti-thérapeutique, ce qui lui est&amp;amp;nbsp; vivement reproché par les anti anti-psychiatres. Selon ces derniers, les anti-psychiatres considèrent que &amp;quot;les traitements sont à proscrire&amp;quot; ([[Bibliographie|Maurel, 1972]], p. 79). &amp;quot;Traiter, écrit Cooper, c&#039;est être intéressé à rendre le patient plus acceptable pour les autres...et lui faire manifester de moindre façon sa détresse&amp;quot; ([[Bibliographie|Maurel, 1972]], p. 79). Les anti anti-psychiatres militent ainsi pour une guérison grâce à des médicaments &#039;&#039;efficaces&#039;&#039; (au sens médical), selon des avis rapportés par les patients eux-mêmes. Selon les psychiatres opposés au courant anti-psychiatrique, ce-dernier vise &amp;quot;sans toujours l&#039;avouer à &amp;quot;soigner&amp;quot; clandestinement les &amp;quot;malades&amp;quot;&amp;quot; (Maurel, 1972, p.80), ce qui est selon Maurel et ses collègues, une contradiction.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L&#039;influence du concept de normalisation dans l&#039;anti-psychiatrie ==&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Cécilia Zuccone</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Bibliographie&amp;diff=9057</id>
		<title>Bibliographie</title>
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		<updated>2011-12-13T21:07:43Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Cécilia Zuccone : /* Ouvrage 2011-2012 */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;== Ouvrage 2011-2012  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Angelergues, R. (1972). Paradoxes dans la psychiatrie. &#039;&#039;L&#039;évolution psychiatrique, XXXVII, &#039;&#039;1, pp. 5-40.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Barte, H. (1972). Anti-psychiatrie&amp;amp;nbsp;: le discours politiques. &#039;&#039;L&#039;évolution psychiatrique, XXXVII,&#039;&#039; 1, pp. 41-48.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bungener Martine. Vivre hors les murs de l&#039;hôpital psychiatrique: le rôle incontournable de la famille en ce début de sciècle (Commentaire). In: sciences sociales et santé. Volume 19, n°1, 2001. pp 107-111. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Capul, M. (2002) Entretien avec jean Lagarde (1915-2002), Empan n° 47, pp. 136-150. (voir [[Entretien avec Jean Lagarde|résumé]])&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Carpentier Normand. Le long voyage des famillles: la relation entre la psychiatrie au cours du xxe sciècle. In: Sciences sociales et santé. Volume 19, n°1, 2001. pp. 79-106. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cooper, D. (1970). &#039;&#039;Psychiatrie et anti-psychiatrie&#039;&#039;,&#039;&#039;&amp;amp;nbsp;&#039;&#039;Paris&amp;amp;nbsp;: Editions du Seuil. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dupont, A. (1989). &#039;&#039;Psychiatrie et intégration communautaire.&#039;&#039; Genève&amp;amp;nbsp;: Editions des Deux Continents. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ey, H. (1972). L&#039;anti-psychiatrie ou les progrès de la science psychiatrique. &#039;&#039;L&#039;évolution psychiatrique, XXXVII&#039;&#039;, 1, pp. 49-67.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;L&#039;association pour les droits des usagers de la psychiatrie (ADUPSY) face à la révision de la Loi sur le régime des personnes atteintes d&#039;affections mentales du 14 mars 1936&#039;&#039;, Genève, Septembre 1979, Fond contestataire, Classeur Alain Riesen, Genève.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mannoni, M. (1970). &#039;&#039;Le psychiatre, son &amp;quot;fou&amp;quot; et la psychanalyse. &#039;&#039;Paris&amp;amp;nbsp;: Editions du Seuil&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Maurel, H. (1972). L&#039;&amp;quot;antipsychiatrie&amp;quot;&amp;amp;nbsp;: Réflexions sur une terminologie et une thématique. &#039;&#039;L&#039;évolution psychiatrique, XXXVII, &#039;&#039;1, pp. 73-82&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Montandon, Cléopâtre (1978), Naissance des relations entre justice et psychiatrie à Genève, &#039;&#039;Revue trimestrielle d&#039;histoire de la médecin et des sciences sociales&#039;&#039;, vol. 35, 1978 Riesen, Alain, (1981), La naissance de l&#039;institution psychiatrique pour &amp;quot;aliénés&amp;quot; à Genève au 19e siècle et la problématique de l&#039;internement, &#039;&#039;Les cahiers médico-sociaux, Genève, No2, p.97-19.&#039;&#039; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Neil, A.-S. (1970). &#039;&#039;Libres enfants de Summerhill&#039;&#039;, Paris: Librairie François Maspero.(voir [[Résumé de l&#039;ouvrage Libres enfants de Summerhill|résumé]])&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;amp;nbsp;Riesen, A.Témoignage, 30 novembre 2011 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Revue contestataire Tout Va Bien (mensuelle de 1972 à 1978, hebdomadaire de 1978 à 1983) &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Rey-Bellet, P., Bardet Blochet, A., Ferrero, F (2010), Hospitalisation non volontaires à Genève: la liberté sous contrainte?, &amp;quot;Schweizer archiv für neurologie und psychiatrie&amp;quot;, No3, p.90-9 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Rose, N. (2006). Foucault, Laing et le pouvoir psychiatrique. &#039;&#039;Sociologie et société, 38,&#039;&#039; 2, 113-131. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sztulman, H. (1972). Antipsychiatrie et psychiatrie . &#039;&#039;L&#039;évolution psychiatrique, XXXVII, &#039;&#039;1, pp. 83-109. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Therrien, Rita (1990), La désinstitutionnalisation, les malades, les familles et les femmes:des intérêts à concilier.In:Santé mental au Québec. Volume 15, n°1. pp.100-109. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Ouvrages 2010-2011  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Allain, C. (2008). Génération Y. Qui sont-ils&amp;amp;nbsp;? Comment les aborder&amp;amp;nbsp;? Un regard sur le choc des générations. Les éditions Logiques. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Alvarez de Toledo, S. (2007). Fernand Deligny Oeuvres. Paris: L&#039;Arachnéen. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Attias-Donfus, Claudine (2008). Sociologie des générations&amp;amp;nbsp;: l&#039;empreinte du temps. Paris&amp;amp;nbsp;: Presses univ. de France. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Baton, P. (1962). Inadaptés scolaires et enseignement spécial. Bruxelles: Les Editions de l&#039;Institut de sociologie. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bergier, Jacques (2003). Traces de mémoire. Pédopsychiatrie et protection de l’enfance dans le canton de Vaud au XXème siècle. Lausanne&amp;amp;nbsp;: EESP. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Basaglia, F. (1970). L&#039;insitution en négation. Edition du Seuil. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chauvel, Louis (1998). Le destin des générations. Paris&amp;amp;nbsp;: Puf. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chauvière, M. (1980). L&#039;enfance inadaptée: l&#039;héritage de Vichy. Paris: Les Editions ouvrières. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chauvière, M. &amp;amp;amp; Plaisance, E. (2003). L&#039;éducation spécialisée contre l&#039;éducation scolaire&amp;amp;nbsp;? Entre dynamique formelles et enjeux cognitifs. In G. Chatelelanat &amp;amp;amp; G. Pelgrims (Ed.), &#039;&#039;Education et enseignement spécialisés&amp;amp;nbsp;: entre ruptures et intégrations&#039;&#039; (pp. 29-55). Bruxelles&amp;amp;nbsp;: De Boeck. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chercheurs du CTNRHI (1982). Comme les autres ce sont des enfants: L&#039;intégration individuelle des jeunes handicapés en classes ordinaires. Paris: Les publications du CTNRHI. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chercheurs du CRESAS (1984). Intégration ou marginalisation&amp;amp;nbsp;? Aspects de l&#039;éducation spéciale. Paris: L&#039;Harmattan. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Copfermann, E. (1962, 2003). La génération des blousons noirs. Problèmes de la jeunesse française. Paris&amp;amp;nbsp;: La Découverte. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
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Intégration ou marginalisation&amp;amp;nbsp;?&amp;amp;nbsp;: aspects de l&#039;éducation spéciale, CRESAS. (1984. Paris: L&#039;Harmattan. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Leuenberger, M. Seglias, L. (2009). Enfants placés. Enfances perdues. Lausanne. Editions d’En Bas. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mannheim, K. (2005). Le problème des générations, Paris: Colin, Essais et recherches. &lt;br /&gt;
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Mead, Margaret (1979). Le fossé des générations. Paris&amp;amp;nbsp;: Denoël. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mendel, Gérard (1981). La crise des générations. Paris&amp;amp;nbsp;: Payot. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Menté, F. (1920). Les générations sociales. paris: Bossard. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Morard, Annick, De l&#039;émigré au déraciné&amp;amp;nbsp;: la &amp;quot;jeune génération&amp;quot; d&#039;écrivains russes à Paris, entre identité et esthétique (1920-1940), Lausanne, L&#039;Âge d&#039;Homme (à paraître 2010) &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Perrig-Chiello, P. Höpfinger, F. Suter, C. (2009). Génération-structures et relations. Rapports «&amp;amp;nbsp;Générations en Suisse&amp;amp;nbsp;». Zurich, Genève&amp;amp;nbsp;: Seismo. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
Débat sur le rapport de la commission de l&#039;enseignement et de l&#039;éducation sur la M32 (séance du 7 décembre 1979). Intervenants: Marie-Laure Beck, Simone Martin, Aliette Aubert, André Chavanne. &lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
Rapport de la commission de l&#039;enseignement et de l&#039;éducation chargée d&#039;étudier le projet de loi modifiant la loi sur l&#039;instruction publique (Intégration), 17.09.1986, Genève &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Rapport de la commission de l&#039;enseignement et de l&#039;éducation chargée d&#039;examiner la motion de Mme Marie-Laure Beck concernant l&#039;intégration des jeunes handicapés, M32 (31 octobre 1979). Genève. &lt;br /&gt;
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Tschoumi, J.-A., &amp;amp;amp; al. (1992).[[Une certaine idée de l&#039;école.]]. Neuchâtel: Communications. &lt;br /&gt;
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== Génération et valeurs sportives  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Attali, Michaël (ed.) (2004). [[Le sport et ses valeurs]]. Paris: La dispute, 210p.&lt;br /&gt;
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*Busset, Thomas et Christophe Jaccoud, (2001). [[Sports en formes. Acteurs, contextes et dynamiques d&#039;institutionnalisation.]]Lausanne, Antipodes, 262p.&lt;br /&gt;
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*Chauvel, Louis (1998) &#039;&#039;Le destin des générations&#039;&#039;, Puf.&lt;br /&gt;
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*Deliguieres, D. et Duret, P. (1989). &amp;quot; Valeurs physique et grandeur morale&amp;quot;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Mead, Margaret (1979) &#039;&#039;Le fossé des générations&#039;&#039;, Denoël.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Mendel, Gérard (1981) &#039;&#039;La crise des générations&#039;&#039;. Payot.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Meyer, S. (2009). &amp;quot;Gymnastique aux jeux nationaux&amp;quot; dans GYMlive.&lt;br /&gt;
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*Philotozzi, (2008). [[La transmission et l&#039;individualisme contemporain]], Colloque sur la périnatalité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Roy, P. (2004). [[Jeunesse et sport, transmission aux enfants des valeurs véhiculées par le sport]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Sirinelli, Jean-François (2007). [[Les baby-boomers: une génération 1945-69]]. Paris: Hachettes Litteratures, 323p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Terrail, Jean-Pierre (1995). &#039;&#039;La dynamique des générations.&#039;&#039; chez l&#039;harmattan&lt;br /&gt;
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*Thomas, Raymond, (1996). [[Sociologie du sport]]. Paris: Presses universitaires de France, 127p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Viévard, L. (2006). [[Le sport: outil d&#039;intégration et de mixité]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Quelques sites web en lien avec génération et valeurs sportives  ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Lien intéressant menant à &#039;&#039;Conversation d&#039;avenir:génération y&#039;&#039; avec Jacques Attali (2007): http://www.publicsenat.fr/cms/video-a-la-demande/vod.html?idE=56124&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Voici un site qui répertorie quelques valeurs sportives: http://jeux.vaulx.lympiques.free.fr/citoyen.php Allez voir la rubrique &amp;quot;valeurs sportives&amp;quot;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Placement  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Entrées surtout utilisées pour l&#039;article [[La place du parent au début d&#039;un processus de placement]] &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Jollien, A. (2002). Eloge de la faiblesse. Paris&amp;amp;nbsp;: Les Ed. du Cerf&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Bass, Denise. &#039;&#039;Pour suivre les parents des enfants placés&#039;&#039; Ramonville-Saint-Agne, Érès, 1996. 283p.(livre disponoble à l&#039;IES, bibliothèque fermée pendant les vacances de Pàques, COTE: 362.73 POU, Mélanie)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Bouchard, J.-M.; Pelchat, D.; Sorel, L.: Evaluation de l’enfant par les parents: stratégie de partenariat avec les intervenants. In: Kalubi, J.-C.; Michallet, B.; Korner-Bitensky, N.; Tétreault, S. (Eds.): Innovations, apprentissages &amp;amp;amp; réadaptations en déficience physique. Québec: IQ, 1998 (Julien)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Chrétien, Jacques. &#039;&#039;Les parents face à la séparation&amp;amp;nbsp;: le point de vue des parents dans les situations où leur enfant est orienté dans un dispositif de suppléance (internat ou famille d’accueil)&#039;&#039; Sauvegarde de l’enfance 56 (2)&amp;amp;nbsp;: 95-112, 2001. (revue disponible seulement depuis 2002, Vol: 57, Mélanie)&lt;br /&gt;
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*Durning, P. &amp;amp;amp; Chrétien, J. (2001). L’A.E.M.O en recherche, L’état des connaissances, l’état des questions, Vigneux sur Seine&amp;amp;nbsp;: Editions Matrice (Julien)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Delens-Ravier, Isabelle. &#039;&#039;Le placement d’enfants et les familles&amp;amp;nbsp;: recherche qualitative sur le point de vue de parents d’enfants placés.&#039;&#039; Liège, Éditions Jeunesse et Droit, 2001. 172p. (non trouvé, Mélanie)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Gendreau, Gilles; Baillargeon, Louise; Bouchard, Pierre. &#039;&#039;Comprendre la collaboration éducateurs parents dans un contexte de placement.&#039;&#039; Prisme 3 (4)&amp;amp;nbsp;: 542-554, 1993. (non trouvé, toutefois Gendreau a écrit un ouvrage disponible à l&#039;IES qui pourrait nous intéresser dans le cadre de la problématique du partenariat: &amp;quot; Partager ses compétences entre parents, jeune en difficulté et éducateurs&amp;quot;, Montréal. Sciences et culture,1995. Mélanie)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Lambert, Jean-Luc; Lambert Boite, Françoise. &amp;quot;Education familiale et handicap mental&amp;quot; . Fribourg&amp;amp;nbsp;: Editions Universitaires Fribourg Suisse, 1993. [[Utilisateur:Julien|Julien]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Pellé, Arlette. &#039;&#039;Le placement familial&amp;amp;nbsp;: les ruptures qui précèdent la séparation (p.23-29)&#039;&#039;. Dans Ruptures et consentements (La Lettre du Grappe; 44). Ramonville-Saint-Agne, Érès, 2001. 98p. (non trouvé, toutefois elle a écrit un autre ouvrage qui pourrait nous intéresser et qui est disponible à l&#039;IES: &amp;quot;Pour-suivre les parents des enfants placés&amp;quot;, Mélanie)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Poirier, Marie-Andrée. &#039;&#039;Le maintien des liens entre l’enfant placé et ses parents&amp;amp;nbsp;: analyse critique de travaux de recherche.&#039;&#039; Revue canadienne de service social 15 (1)&amp;amp;nbsp;: 9-23, 1998. (non trouvé)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Sakr, Zeina. &#039;&#039;Perception des parents de l’expérience de placement de leurs jeunes pour troubles de comportement sérieux.&#039;&#039; Montréal, Mémoire de maîtrise présenté à l’Université de Montréal, 1999. 109p. (non trouvé, Mélanie)&lt;br /&gt;
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*Sellenet, Catherine. &#039;&#039;Enfants placés, parents en mal d’oubli.&#039;&#039; L’École des parents (5)&amp;amp;nbsp;: 38-43, 1994. (non trouvé, Mélanie)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Vachon, Jacques; Gauthier, Jean; Labrèche, Jacqueline. &#039;&#039;Les parents face au placement&#039;&#039;. Montréal, CSSMM/Université de Sherbrooke, 1978. (non trouvé, Mélanie)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*http://www.cedias.org/download/down/60996.pdf: Du parent dysqualifié, au parent citoyen. La fonction parentale entre droit et profession sociale. (diplôme supérieur en travail social, Université de Bretagne) Mélanie&lt;br /&gt;
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*Sellenet, Catherine. (2003) Droits des parents et déni des droits en matière d&#039;accueil et de soins à leur enfant. &#039;&#039;Empan&#039;&#039;, (49), 90-97 (Mélanie)&lt;br /&gt;
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*Chatelanat, G.(2003). La notion de partenariat en éducation spéciale. In G. Chatelanat &amp;amp;amp; G. Pelgrims (Eds.), &#039;&#039;Education et enseignement spécialisés: ruptures et intégrations&#039;&#039; (pp.171-193). Bruxelles: De Boeck (Mélanie)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Chatelanat, G.; Panchaud Mingrone, I.; Martini-Willemin, B.-M.: Le partenariat: une nouvelle façon de collaborer&amp;amp;nbsp;? In: Pédagogie Spécialisée, no 4, 2001, p. 6-13 (Julien)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Delens-Ravier, I. (2000). &#039;&#039;Le placement d&#039;enfant et les familles&#039;&#039;.Paris: Ed. Jeunesse et droit&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
*Goffin, T.&amp;amp;amp; Rabau, C. (1993). Partenariat à sens multiple. In &#039;&#039;Association francophone des Semi-Internats&#039;&#039;(pp.67-71). France: Equipage Editions&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
=== Quelques site web, plus particulièrement sur les parents d&#039;enfants handicapés (Camille)  ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*[http://www.ctnerhi.com.fr/fichiers/ouvrages/trajectoires_phase_III.pdf Le vécu des parents d’enfants handicapés]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*[http://www.cairn.info/revue-dialogue-2002-3-page-99.htm Pour soutenir les parents d’enfant handicapé. Le groupe de parole ou le miroir renarcissisant]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*[http://www.cairn.info/revue-dialogue-2001-2.htm Parentalité défaillante]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*[http://www.fondationlou.com/?page=sem_intro Soutien aux parents autour du diagnostic du handicap]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*[http://pagesperso-orange.fr/fcs78/Gpe%20parents%20Camsp%20article%20original.pdf Le groupe de parents d’enfants handicapés]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*[http://www.moteurline.apf.asso.fr/ethique/documents/annonce_parentsAPF_une_ocr.pdf L’annonce du handicap, comment les parents l’ont vécumodèle:racine]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*[http://www.technimediaservices.fr/NOUVEAUSITE/evenement/mainframe/gerimoc2006/interventions/8.ppt L’enfant handicapé, ses parents les soignants..]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*[http://www.sante.gouv.fr/drees/etude-resultat/er565/er565.pdf Appréciation des parents sur la prise en charge du handicap de leur enfant]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*[http://www.erudit.org/revue/smq/1985/v10/n1/030266ar.pdf Les parents d’un enfant handicapé]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Maltraitance  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Dallaire Y.(2002). &#039;&#039;La violence faite aux hommes: une réalité taboue et complexe&#039;&#039;. Québec:Option Santé. &lt;br /&gt;
*Hurni M. - Stoll G. (1996). &#039;&#039;La haine de l&#039;amour. La perversion du lien&#039;&#039;. L&#039;Harmattan &lt;br /&gt;
*[[Masson, Maltraitances et violences, Sous la direction de Bernard Marc, article de Franck Dibouës, Paris (2004)]] &lt;br /&gt;
*Perrone R.- Nannini M. (1995). &#039;&#039;Violence et abus sexuels dans la famille&#039;&#039;. ESF &lt;br /&gt;
*Torrent S.(2001). &#039;&#039;L&#039;homme battu: un tabou au coeur du tabou.&#039;&#039; Québec: Option Santé. &lt;br /&gt;
*Welzer-Lang D. (1997). &#039;&#039;Les violences masculines domestiques. Un oubli de la sociologie de la famille&#039;&#039;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Bientraitance  ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Desmet H, Pourtois J.P., &amp;quot;Culture et bientraitance&amp;quot;, De Boeck Université, 2005.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Maltraitance des jeunes en prison  ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Aeby, S. &amp;amp;amp; Chloé MEIER &amp;quot;Evolution des conditions de détention, dans les prisons préventives genevoises&amp;quot;,Travail de recherche effectué dans le cadre de la formation INTEREC de L&#039;INSTITUTION D&#039;ETUDES SOCIALES de Genève, mars 1995.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Amnesty International, &amp;quot;Enfants torturés,des victimes trop souvent ignorées&amp;quot;. Rapport annuel 2000&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Amnesty International, &amp;quot;Les mauvais traitments dans les centres de détentions et autres institutions&amp;quot;. AGIR, www.amnesty.asso.fr.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Bonin Y., &amp;quot;Enfants et prison&amp;quot;, Eshel Editions, 1990.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Droits de l&#039;enfant en prison&amp;amp;nbsp;: situation des mineurs detenus a Gva&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Geert Cappelaere, &amp;quot;enfants priv; de liberte&amp;quot;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Mineurs: la fin de la prison?&amp;quot; dans Les cahiers d&#039;action juridique n°66, avril 1989&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Observatoire internationale des prisons, (1998) &amp;quot;Enfants en prison&amp;quot;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Richard, Alexandra, &amp;quot;Une solution latine pour la délinquance juvénile.&amp;quot; Swissinfo, 27.09.05&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Rubin Anne, &amp;quot;La détention des mineurs, un casse-tête suisse&amp;quot;. Swissinfo 2.12.03&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Ruchat, Martine (1998),&amp;quot;Des mineurs en Prison, agir plutot que punir.&amp;quot;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Ruchat M., &amp;quot;L&#039;oiseau et le cachot&amp;quot;, Zoé Editions, 1993.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Tomasevski, Katrarina (1989): &amp;quot;Des Enfants en prison&amp;quot;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Torrente, J, &amp;quot;La Maltraitance&amp;amp;nbsp;: regards pluridisciplinaires&amp;quot;, sous la direction de Joseph Torrente, Revigny-sur-Ornan&amp;amp;nbsp;: Hommes et perspectives, 2001&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Vinsonneau,G.(2000) &amp;quot;Culture et comportement&amp;quot;.Ed. Armand Colin&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Zambeaux, E. (2001). &amp;quot;en prison avec des ados&amp;quot;. Ed. Denoel impacts.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Maltraitance des enfants  ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Strauss, P., &amp;amp;amp; M. Manciaux (1982), &#039;&#039;L&#039;enfant maltraité&#039;&#039;, Paris: Fleurus.&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
*Renevey Fry, Chantal (dir) (2001), Pâtamodlé, l&#039;éducation des plus petits, 1815 à 1980, Service de la recherche en éducation et Musée d&#039;éthnographie, Genève.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
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		<author><name>Cécilia Zuccone</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=La_d%C3%A9sinstitutionalisation_dans_le_champ_de_l%27%C3%A9ducation_sp%C3%A9ciale_1960-1980&amp;diff=9056</id>
		<title>La désinstitutionalisation dans le champ de l&#039;éducation spéciale 1960-1980</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=La_d%C3%A9sinstitutionalisation_dans_le_champ_de_l%27%C3%A9ducation_sp%C3%A9ciale_1960-1980&amp;diff=9056"/>
		<updated>2011-12-13T21:04:21Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Cécilia Zuccone : /* Prémisses de critiques aux institutions traditionnelles */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;[[user:Kleinpa0|P. Klein]],&lt;br /&gt;
[[user:Natalina m|N. M.]],&lt;br /&gt;
[[user:Ruchat|Martine Ruchat]],&lt;br /&gt;
[[user:Tatiana-vinhas|T Vinhas]],&lt;br /&gt;
[[user:Sandra wirz|S. Wirz]] et&lt;br /&gt;
[[user:Cécilia Zuccone|C. Zuccone]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Université de Genève&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Introduction  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A l&#039;heure où l&#039;on peut constater de &amp;quot;nouvelles exclusions&amp;quot; au nom de la protection des citoyennes et des citoyens inquiétantes pour certains, car &amp;quot;ruinant ainsi des décennies d&#039;efforts de déségrégation, désexclusion, de &amp;quot;retour du schizophrène dans la cité&amp;quot; (Dr.Patrick Lemoine, Le mystère du nocebo, Paris. Odile Jacob, 2011, p.69), un certain nombre de questions se posent pour mieux comprendre l&#039;histoire de l&#039;éducation spéciale, à la fois politique (anti-psychiatrie, sectorisation), sociale et culturelle (intégration, normalisation, désinstitutionalisation, communauté de vie, communauté thérapeutique) dans les décennies des Trente glorieuses (1960-1990) pendant lesquelles a soufflé un vent de contestation des politiques institutionnelles. Un esprit contestataire a émergé en particulier dès les années 1970 (post soixante-huit) provoquant dans le champ de la prise en charge des personnes dites aujourd&#039;hui &amp;quot;à besoins particuliers&amp;quot; un élan de remise en question de l&#039;institution, du pouvoir des médecins, de la contrainte institutionnelle et médicamenteuse. Peu de travaux ont encore exploré ce champ, à Genève, sinon pour étudier l&#039;histoire de Mai 68 et du mouvement féministe. (voir notamment Julie de Dardel, Révolution sexuelle et Mouvement de libération des femmes à Genève (1970-1977). Lausanne: Antipode, 2007).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La recherche proposée vise à mieux comprendre comment, à Genève, le champ de l&#039;éducation spéciale et celui de la psychiatrie a été touché par cette contestation. Elle fait suite à celle engagée en 2010 et 2011 sur l&#039;histoire de l&#039;intégration scolaire des enfants handicapés mentaux [[Pionniers de l&#039;intégration scolaire des enfants handicapés à Genève]] et La génération intégration 1970-1980: un slogan pour quelles réalités sociales? [[Article 2011]]. Les recherches précédentes ont montré à la fois la complexité des pratiques d&#039;intégration amenant souvent un écart entre discours et pratique, ainsi que les résistances à penser le handicap sans mettre une ligne de démarcation entre norme et hors norme, entre enfant éducable et non éducable, limite souvent mal définie et dépendante des représentations (malédiction du handicap). Au début des années 60, l&#039;intégration apparaît d&#039;abord pour les parents, dont les enfants étaient encore entièrement dans la famille, une intégration dans des institutions à créer. Le Pavillon des Grand Bois à l&#039;hôpital psychiatrique de Bel-Air représentant encore une solution &amp;quot;intégratrice&amp;quot; pour les enfants les plus difficiles à éduquer et les moins autonomes. Le concept de [[Dictionnaire|normalisation]] vient s&#039;accoler à celui d&#039;intégration pour rapprocher toute déviance d&#039;une norme sociale (en terme d&#039;habitat, d&#039;activité, voire de comportements). Ainsi le milieu ouvert (comme Aigues-Verte par exemple) peut apparaître comme plus proche d&#039;une vie quotidenne &amp;quot;normale&amp;quot; et donc plus intégrant. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La [[Dictionnaire|désinstitutionalisation]] qui fait l&#039;objet de cette nouvelle recherche est d&#039;abord issue des milieux de l&#039;anti-psychiatrie (et donc ni des associations de parents ni des milieux pédagogiques); on peut apparenter idéologiquement ce mouvement anti-psychiatrique avec un objectif de normalisation dans le sens de rapprocher les personnes prises en charge de la vie quotidienne de tout un chacun. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi malgré des différences d&#039;application ces différents courants pourraient être affiliés à celui libertaire qui a essaimé dans différents champs du social entre 1970 et 1990. C&#039;est dans une perspective de compréhension de l&#039;histoire des idées et des pratiques du mouvement anti-psychiatrique genevois que s&#039;inscrit cette recherche. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un premier temps, cette page d&#039;histoire sera située dans une &amp;quot;tradition&amp;quot;: d&#039;une part celle du traitement de la différence (notamment depuis les travaux des psycho-pédagogues du début du 20e siècle comme Alfred Binet à Paris, Edouard Claparède à Genève ou Ovide Decroly à Bruxelles); et d&#039;autre part dans une tentative dès les années vingt en Angleterre (voir Libre enfants de Summerhill), mais surtout pendant et dans l&#039;après deuxième guerre mondiale (voire les communautés d&#039;enfants victimes de la guerre), de multiplier les expériences de vie communautaire issue du scoutisme, des mouvements de jeunesse, de l&#039;éducation nouvelle et de l&#039;éducation internationaliste et pacifiste, des colonies de vacances et camps CEMEA, s&#039;opposant à une autre tradition hospitalière (couvent, Bon Pasteur, Hospice, institutions de prises en charge spécialisées). Ce faisant, nous dégagerons des signes précurseurs de &amp;quot;désinstitutionalisation&amp;quot; pour des structures plus petites, parfois médicalisées (les écoles de plein-air), mais avant tout proches de la nature et des besoins des individus. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un second temps, nous étudierons la période 1960-1980 laquelle a vu émerger un mouvement anti-psychiatrique (critique de l&#039;hôpital, du pouvoir médical, de la médicalisation à outrance et de la contrainte) pour une critique radicale visant le pouvoir institutionnel et entraînant des pratiques novatrices, lesquelles demandent à être mieux étudiées nbsp: 1. dans leurs objectifs (désinstitutionalisation ou déshospitalisation versus sectorisation)? 2. dans le choix fait des traitements: médicaux (traitement ambulatoire) ou éducatif et thérapeutique? 3. dans l&#039;évaluation faite des populations concernées par une prise en charge alternative 4. dans le rôle joué par la psychanalyse comme alternative au traitement médicaux et comme modèle thérapeutique (notamment dans les communautés cf. film de Catherine Scheuchzer) 5. dans le rôle donné aux familles et le poids qui leur est fait supporter (en terme financier, de responsabilité, de culpabilité,...) et en particulier à l&#039;égard des mères et des femmes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il s&#039;agira de mieux comprendre si l&#039;anti-psychiatrie est dans les années 1960-1980 une nouvelle manière de faire de la psychiatrie ou si elle est une véritable contestation de l&#039;institution asilaire et si les modèles alternatifs proposés ne seraient pas sous couvert d&#039;idéologie libertaire une façon de baisser les coût de la santé en temps de crise. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour ce faire, nous avons travaillé sur des articles et avec une bibliographie d&#039;ouvrages &amp;quot;classiques&amp;quot;, livres de références pour les acteurs/trices de la période considérées, puis nous avons dépouillé des revues professionnelles pour saisir les thématiques qui ont traversé alors le champs de la psychiatrie et de l&#039;éducation spécialisée; dans un second temps la recherche s&#039;est portée sur un fond d&#039;archives de l&#039;Association Les archives contestataires (fonds Alain Riesen/Schuller) dont un des donateurs d&#039;archives, Alain Riesen, est le fondateur de l&#039;Arcade 84 et militant de l&#039;anti-psychiatrie genevoise. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un troisième temps nous avons effectué un entretien vidéo (un plan fixe) afin de lui poser cinq questions issues de la recherche collective dans les archives et dans la littérature afin d&#039;avoir son témoignage sur l&#039;histoire de l&#039;anti-psychiatrie, de la désinstitutionalisation et des communautés thérapeutiques entre 1960 et 1980.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Revue de la littérature  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les revues professionnelles et contestataires entre 1970 et 1990  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un certains nombres de revues professionnelles ont été dépouillée pour la période 1970-1980. Soit Sauvegarde de l&#039;enfance, Déviance et Soicété,... &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Durant la période de 1970 à 1985, la revue &amp;quot;Sauvegarde de l&#039;enfance&amp;quot; n&#039;a publié aucune revue, voire même aucun article consacrés au thème de notre étude, à savoir la désinstitutionnalisation dans le champ de l&#039;éducation spéciale. Au premier abord on pourrait donc tirer la conclusion selon laquelle ce champ d&#039;étude ou ce mouvement n&#039;était que peu présent à cette époque. Toutefois, en se penchant davantage sur les sujets traités dans cette revue, on se rend compte que les auteurs de celle-ci n&#039;ont pas abordé la désinstitutionnalisation en tant que telle, mais l&#039;ont abordée par les effets qu&#039;elle a pu engendré à cette époque. Effectivement, on peut observer des thèmes comme la formation des éducateur en centre de jour ou en maison d&#039;accueil, la relation entre famille et société, l&#039;école ordinaire, l&#039;adolescence et la violence ou encore l&#039;aide sociale, autant de thèmes qui ont largement découlé de ce mouvement désinstitutionnel. Il est donc fort intéressant de se pencher sur les champs d&#039;action de ce type de revues, afin de mieux comprendre quel était le climat politique, les préoccupations, les tendances de la période qui nous intéresse. D&#039;ailleurs, nous retrouverons tout au long de cet article de nombreuses références aux thèmes traités par le revue &#039;&#039;Sauvegarde de l&#039;enfance&#039;&#039;.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Prémisses de critiques aux institutions traditionnelles  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Jusqu&#039;à la fin du XVIIIe siècle, les hôpitaux psychiatriques internaient une population bien différente de celle accueillie au XXe siècle. [[Bibliographie|Cléopâtre Montandon&amp;amp;nbsp;(1978)]]&amp;amp;nbsp; nous dévoile que les populations désignées comme relevant de l&#039;univers psychiatrique étaient très fortement liées à l&#039;univers carcéral. Effectivement, jusqu&#039;au XVIIIe siècle, les criminels étaient considérés comme &amp;quot;fous&amp;quot; ou &amp;quot;aliénés&amp;quot; et se voyaient enfermés, voire même enchaînés dans des &amp;quot;maisons de discipline&amp;quot; ou dans des &amp;quot;hôpitaux pour fous&amp;quot;. A cette époque, seule la justice décidait du lieu d&#039;incarcération des individus criminels. Peu à peu, des distinctions se sont faites pour montrer que certains criminels aliénés relevaient davantage de la psychiatrie, et se définissaient essentiellement par une responsabilité restreinte et une santé mentale défaillante. Ce sont alors ces personnes, désignées comme ne pouvant accomplir leur rôle social, que les hôpitaux psychiatriques ont admis dans leurs locaux. Pour décider et justifier ces internements, la justice ne pouvait agir seule. &amp;quot;Ce n&#039;est qu&#039;à partir de 1936 que l&#039;autorisation d&#039;un internement est délivré sur vue d&#039;un certificat médical par le Département de la prévoyance sociale et de la santé publique&amp;quot;. Ainsi, on voit combien la société évolue en définissant clairement et sur preuves médicales qui peut être &#039;&#039;placé&#039;&#039; en hôpital psychiatrique. D&#039;ailleurs, c&#039;est à partir de 1838 qu&#039;une loi voit le jour à Genève concernant l&#039;internement des &amp;quot;aliénés&amp;quot;: loi sur le placement et la surveillance des aliénés (5Février 1838). On parlera dès lors de &#039;&#039;placement&#039;&#039;des aliénés, et non plus de l&#039;enfermemenr ou de l&#039;internement de ces derniers.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On peut également noter que les préoccupations principales de la période du XVIIIe au début du XXe siècle se restreignaient principalement à la sécurité, et de fait au &#039;&#039;placement&#039;&#039; de ces personnes. Où pouvait-on mettre physiquement ces personnes différentes pour qu&#039;elles ne nuisent pas à la société? Que pouvait-on faire d&#039;elles? Qui pouvait s&#039;en occuper? Que faire avec ces personnes? On observe dès lors que, pendant plusieurs siècles, ces personnes étaient enfermées, dénuées de tous sens, de toute sensibilité, et de toute éducation, en recevant néanmoins de plus en plus de médicaments censés les calmer ou les soigner. Il faudra alors attendre la fin du XIXe siècle pour entrevoir une forme d&#039;éducation de ces personnes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans son article, &amp;quot;[[Bibliographie|La naissance de l&#039;institutions pour aliénés]]&amp;quot; à Genève au 19e siècle, Alain Riesen montre que la problématique de l&#039;internement est grandissante et que &amp;quot;l&#039;inhumanité de l&#039;enfermement&amp;quot; (Riesen, 1981) est au coeur des préoccupations. Il relate également une nouvelle conception du milieu asilaire&amp;amp;nbsp;: &amp;quot;la possibilité d&#039;améliorer l&#039;état des aliénés, ou même les guérir, si de bonnes conditions sont réunies&amp;quot;.En d&#039;autres termes, il s&#039;agirait de pouvoir administrer un traitement aux malades de manière à guérir, à soigner leur folie; à l&#039;époque nommé &#039;&#039;traitement de la folie. &#039;&#039;Plusieurs types de traitements font alors leur apparition et notamment l&#039;isolement. Il s&#039;agissait d&#039;éloigner le malade des conditions de vie qui l&#039;ont rendu &#039;&#039;fou&#039;&#039; &amp;quot;afin de le soustraire à leur influence&amp;quot;. La médication fut également un des traitements de la folie.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette nouvelle manière de penser l&#039;internement étant accomplie, plusieurs dérives ont vu le jour, et notamment les placements abusifs. L&#039;ADUPSY ([[Bibliographie|l&#039;association pour les droits des usagers de la psychiatrie]])&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au début du XXe siècle, Binet et Simon (1907)&amp;amp;nbsp; &#039;&#039;donnent une nouvelle forme cognitive de l&#039;éducation spéciale qui perdurera au moins jusqu&#039;au années 1960&#039;&#039; ([[Bibliographie|Chauvière et Plaisance, 2003, p. 32]]).&amp;amp;nbsp; A cette époque là, on distinguait les arriérés d&#039;asiles, non éducables et à laisser entre les mains des médecins, des arriérés d&#039;école. Ainsi, des institutions apparurent en servant d&#039;intermédiaire entre l&#039;hôpital et la classe ordinaire. Dans ces premières institutions, la pédagogie était &#039;&#039;inspirée par l&#039;atelier, c&#039;est-à-dire guidée par la mise en oeuvre de travaux manuels et d&#039;exercices pratiques &#039;&#039;([[Bibliographie|Chauvière et Plaisance, 2003, p. 33]]). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dès les années 1960,&amp;amp;nbsp; de nombreuses institutions privées pour enfants handicapés ou en difficultés se développent, majoritairement sous l&#039;impulsion d&#039;associations de parents. Ces derniers ont été amenés à &#039;&#039;créer et à gérer des institutions de type médico-éducatif&#039;&#039; &#039;&#039;pour éviter à leurs enfants d&#039;être relégués dans des services d&#039;hôpitaux psychiatriques ou d&#039;être seulement en survie à leur domicile&#039;&#039; (Chauvière er Plaisance, 2003, p.35). Aujourd&#039;hui, les institutions, à Genève, semblent toujours être un peu sur le même modèle, celui de &amp;quot;l&#039;alliance&amp;quot; entre le médical et le pédagogique (qui regroupe aussi l&#039;aspect éducatif). Si on ne cherche peut-être plus à éviter aux élèves la reléguation en psychiatrie, on les place dans des lieux parfois hors de tout cursus ordinaire et loin de la norme. Ce qui questionne enfin sur qu&#039;est-ce que la normalisation? Et où mettre la limite à une vie comme tout le monde avec un handicap: la liberté (permissivité, autonomie) des années 1970 a-t-elle fait l&#039;impasse sur la souffrance des individus face aux exigences thérapeutiques et pédagogiques? La communauté d&#039;enfants (pédagogique, institutionnelle, thérapeutique) est-elle un modèle &amp;quot;utile&amp;quot; en temps de crise des institutions: peu coûteux, demandant un engagement au quotidien (vie quotidienne) du collectif pédagogique et thérapeutique (donc assurant un &amp;quot;contrôle social&amp;quot; maximal), ....&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La communauté: un modèle alternatif à l&#039;institution fermée  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des «&amp;amp;nbsp;communautés thérapeutiques&amp;amp;nbsp;» ont été créées en réaction aux enfermements asilaires prônés jusque-là mais qui commençaient à être pointés du doigt, car considérés comme déshumanisants. Bien que créées tout d&#039;abord pour répondre aux phénomènes de dépendances (toxicomanies, par exemple), on trouve, dès la fin des années 60, des communautés thérapeutiques en Angleterre, en France, en Suisse et au Québec, destinées au secteur de la psychiatrie. Avec la naissance de ces communautés thérapeutiques, une nouvelle approche de la psychose en-dehors des lieux de soins traditionnels s&#039;est développée (Schatzman, 1969; Barnes et Berke, 1973; Fabre, 1978; Lecomte et Tourigny, 1983a). Leur but est de créer un milieu &amp;quot;naturel&amp;quot;, en reconstituant les structures d’une «&amp;amp;nbsp;macro famille&amp;amp;nbsp;» ou d’une «&amp;amp;nbsp;mini société&amp;amp;nbsp;», plus rassurantes : on trouve par exemple la Communauté des Sablons, (Maison d&#039;enfants à caractère social et familial (76270 Saint-Saire), ou, en Suisse, le foyer de Tavel qui a vécu cinq ans (1975-1980). Dans le film de Catherine Scheuchzer, «&amp;amp;nbsp;Dans l’aventure du non, la parole&amp;amp;nbsp;», (tourné à Boulens, dans la campagne vaudoise, dans les années 70 ), on découvre, dans un décor post soixante huitard, très simplement, dans un rythme extrêmement lent, des adultes et des enfants en interaction, «&amp;amp;nbsp;comme dans la vraie vie&amp;amp;nbsp;». Cette expérience est décrite comme «&amp;amp;nbsp;une véritable expérience d’éveil à la vie&amp;amp;nbsp;», qui «&amp;amp;nbsp;prend le contre-pied du placement en institution psychiatrique&amp;amp;nbsp;» (L’Est vaudois, 19.11.92). Plutôt que de considérer cette population d&#039;enfants, comme on le faisait en asile, comme des fous, murés dans leur silence, leurs excentricités, on veut les considérer comme des partenaires, des interlocuteurs. Le but est effectivement de les faire participer au quotidien d’une maisonnée, plutôt que de créer des ateliers protégés artificiels. De la sorte, ils sont poussés à se dépasser, à faire des expériences par eux-mêmes, sans avoir nécessairement recours au soutien d’un adulte. Il semble qu&#039;à cette époque, cette nouvelle façon de considérer les enfants autistes comme étant capables d’autonomie, capables d’agir, ait apporté un peu d’humanité dans leur prise en charge. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;enfant&amp;amp;nbsp; ainsi placé dans une communauté thérapeutique vaudoise est-il plus &amp;quot;intégré&amp;quot; que s&#039;il était dans une institution considérée par ces acteurs alternatifs du &amp;quot;système&amp;quot; comme un ghetto? Il en va de même avec le terme désinstitutionalisation? Qu&#039;est-ce que l&#039;institution? Il y en a des &amp;quot;bonnes&amp;quot; (maternantes, enveloppantes, naturelles...) et de &amp;quot;mauvaises&amp;quot; (contraignantes, mortifères) (sur ce point les travaux de Fernand Oury puis de Jacques Pain mériteraient qu&#039;on s&#039;y attache (voir la psychothérapie institutionnelle sur le site de Jacques Pain: http://www.jacques-pain.fr).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La désinstitutionalisation  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon des sources internet, le mouvement de désinstitutionalisation semble avoir débuté vers 1960 (même s’il semble qu’il y ait eu un prélude à la désinstitutionnalisation au début du 19e siècle (L’Institut universitaire en santé mentale de Québec par exemple - La désinstitutionnalisation, http://caringminds.ca/index.php?option=com_content&amp;amp;amp;view=article&amp;amp;amp;id=62&amp;amp;amp;Itemid=43&amp;amp;amp;lang=fr&amp;amp;amp;limitstart=7). Certains observent le début de ce mouvement en Scandinavie, d’autres au Québec. Dans tous les cas, il s’agit d’un mouvement d&#039;ouverture vers la communauté, d’une volonté de «normalisation»[[Normalisation]] &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le mouvement de désinstitutionnalisation s&#039;appuie avant tout sur une philosophie qui met l&#039;accent sur les droits et les libertés des individus, et elle vise à humaniser les soins de santé mentale. ([http://agora-2.org/thematiques/inaptitude.nsf/Dossiers/Desinstitutionnalisation Encyclopédie de l’Agora]). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;horreur suscitée par les politiques nazies du meurtre eugénique des malades psychiatriques et les camps de concentration pendant la Seconde guerre mondiale, ont attirer l’attention sur les pratiques «&amp;amp;nbsp;déshumanisantes&amp;amp;nbsp;» dans les soins psychiatriques en santé mentale, (séquestration, mauvais traitements en tout genre, manque de formation des professionnels). (Voir [http://id.erudit.org/iderudit/032417ar Martin, 1984 et Claire Henderson et Graham Thornicroft], Santé mentale au Québec, vol. 22, n° 2, 1997, p. 88-114. ) Les années d’après-guerre ont vu un accroissement de l’intérêt porté à l’institution comme objet d’étude. Certains auteurs parlent de l’institution comme étant «&amp;amp;nbsp;névrosante&amp;amp;nbsp;», «&amp;amp;nbsp;façonnant et codifiant les gens dans le rôle de patient psychiatrique&amp;amp;nbsp;» (Goffman (1961). On observe dans les années 60 une disparition du personnel religieux des hôpitaux. Naît alors une nouvelle conception de l’individu, une évolution des attitudes envers le malade&amp;amp;nbsp;; on veut le sortir des murs de l’asile psychiatrique. On commence à parler, à cette époque, du «&amp;amp;nbsp;droit de la personne&amp;amp;nbsp;». Des idéaux humanitaires amènent alors à une nouvelle vision de la maladie mentale. Il semble que ce mouvement de désinstitutionnalisation soit également lié à l’apparition des pratiques de pharmacopée. Effectivement, «&amp;amp;nbsp;Ces nouveaux médicaments permettaient de calmer les malades agités, délirants, hallucinés et ainsi permettre d&#039;envisager et de généraliser des traitements psychiques dans des conditions plus réalistes ou encore, lorsque c&#039;était possible, d&#039;envisager un retour au domicile ou dans des structures intermédiaires&amp;amp;nbsp;».([http://fr.wikipedia.org/wiki/Psychiatrie déf. du mot «&amp;amp;nbsp;psychiatrie&amp;amp;nbsp;»]). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On a le désir de «normaliser&amp;amp;nbsp;» leurs conditions de vie. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les années 60, la personne «&amp;amp;nbsp;déficiente intellectuellement&amp;amp;nbsp;» est encore considérée comme un «&amp;amp;nbsp;malade&amp;amp;nbsp;». Toutefois, on ne considère plus le malade mental comme un malade incurable, mais davantage comme un sujet pouvant être aidé et guéri. On met en avant le fait que la maladie mentale ne nécessite pas nécessairement une hospitalisation, et qu’elle doit être considérée comme une quelconque maladie. On externalise, on invente la psychiatrie de secteurs, on commence à intégrer des services pour les malades mentaux dans des hôpitaux ou cliniques. On évite ainsi la stigmatisation des malades mentaux placés pour de longues périodes en asile psychiatrique, et on leur évite la perte de leurs facultés leur permettant de se réintégrer dans la société. On redonne alors un rôle à la communauté, tout en accordant des responsabilités aux familles. La patient devient alors le coeur de l&#039;intérêt des praticiens. ([http://www.promentesana.org/upload/application/trimes_43.pdf in Lettre trimestrielle de l’association romande Pro Mente Sana])&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme il l&#039;a déjà été dit, la désinstitutionalisation a permis aux personnes présentant des troubles psychiatriques de sortir de ce milieu assimilé pendant de nombreuses années, au milieu carcéral. Mais une fois &amp;quot;libérées&amp;quot; où vont ces personnes? A ce sujet,&amp;amp;nbsp; [[Bibliographie|N. Carpentier (2001)]] affirme dans son article que 60 à 70&amp;amp;nbsp;% des patients retournent dans leur famille après l’hospitalisation. Plusieurs articles ont démontré que l&#039;arrivée d&#039;un malade dans une famille, avait de lourde conséquence sur celle-ci. Avant d’en venir aux conséquences, il me semble nécessaire de revenir sur la représentation des professionnels, sur les familles des patients. Pour cela, il est intéressant de revenir sur l&#039;évolution de la vision des professionnels sur la famille. En d&#039;autres termes, comment la famille, alors qu&#039;elle était considérée comme coupable de la maladie de l&#039;un de ses membre, est devenue un partenaire idéal?&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour développer ceci, revenons tout d&#039;abord au début du XXème siècle. A cette époque, la famille était considérée comme étant la cause, à l&#039;origine de la maladie de leur enfant. Autrement dit, les professionnels affirmaient que la maladie mentale était un problème génétique, héritée de plusieurs générations antérieures. Ensuite, les années cinquante ont apporté un premier renversement dans la vision des familles sur la maladie de leur enfant. En effet, la famille était perçue comme étant un «&amp;amp;nbsp;système réagissant aux troubles mentaux de l’un de ses membres, plutôt qu’en tant que système causant des désordres psychiques&amp;amp;nbsp;» ([[Bibliographie|Carpentier, 2001, p.84]]). Ce changement de perspective est en lien avec l’arrivée d’une politique qui favorise les hospitalisations de courte durée. En d’autres termes, les familles commencent à être perçues comme une solution aux changements politiques. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les années 60, la psychiatrie adopte une vision centrée sur la communauté. Ce changement va être très favorable pour les familles, puisqu’il permet à ces dernières de se déresponsabiliser des troubles mentaux. Ainsi, toujours selon Carpentier, à cette époque «&amp;amp;nbsp;les désordres psychiques [doivent être étudiés] sous l’angle de l’isolement social, des désavantages sociaux, puis selon la présence de stresseurs sociaux et économique&amp;amp;nbsp;»( p.89) .&amp;lt;br&amp;gt;Ainsi, au fur et à mesure que le mouvement de désinstitutionalisation est mis en place, les politiciens et les professionnels considèrent la famille comme étant une solution au problème. En effet, la famille est perçue comme «&amp;amp;nbsp;une source privilégiée de soutien émotionnel et social ainsi que comme place de choix pour relocaliser le patient psychiatrique.&amp;amp;nbsp;» ([[Bibliographie|Carpentier, 2001, p.91]]. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Jusqu&#039;à présent, nous avons relevé l&#039;évolution de la perception de la famille aux yeux des professionnels. Mais comment la famille voit-elle ce changement? A ce sujet, [[Bibliographie|R. Therrien (1990)]] affirme que sur le plan économique et émotionnel, la désinstitutionnalisation demande beaucoup aux familles, surtout aux femmes. En effet, toujours selon R.Therrien, avoir quelqu&#039;un ayant des problèmes mentaux à la maison provoque beaucoup de stress chez les familles. Dans certaines familles, un malade peut devenir un véritable &amp;quot;fardeau&amp;quot;, puisque celui-ci impose beaucoup de contraintes. Effectivement, avoir une personne malade à la maison peut engendrer des conséquences telles que la réduction des loisirs habituels, les sorties avec nos amis, par peur d&#039;être jugé, ou encore avoir des problèmes avec nos voisins, car les comportement de notre enfant, ou mari dérange. Tous ces problèmes ont un impacte très fort sur la famille d&#039;autant plus qu&#039;elle n&#039;est pas aidée, ni reconnue pour tout ce qu&#039;elle fait pour la personne malade. &amp;amp;nbsp; &amp;lt;br&amp;gt; A propos de la lourde responsabilité des parents, il me vint une autre question: est-ce que les familles ne finissent pas elles aussi à un moment donné par tomber malade? A ce sujet, monsieur [[Bibliographie|Alain Riesen]] a témoigné que selon lui, quand une famille devait prendre en charge un de ses membres malade, il ne fallait pas qu&#039;elle reste seul, mais elle devait en parler, faire partager ce qu&#039;elle vivait au quotidien. C&#039;est donc, pour ces raisons-là que des thérapies familiales ont vu le jours.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L&#039;élan contestataire des années 70 à Genève  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En Suisse un même mouvement historique a été observé. Selon le médecin Christian Monney, on y a dénoncé les mêmes agissements qu’ailleurs&amp;amp;nbsp;: enfermement, répression, qui étaient là non pour aider le malade, mais pour protéger l’ordre public. On y mêlait, écrit-il, infirmes, orphelins, indigents et fous… (Dr Christian MONNEY, 1999, à l’occasion des 100 ans de l’Hôpital de Malévoz). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Or, dès 1965, des consultations ambulatoires sont créées et les séjours hospitaliers peuvent ainsi se raccourcir. Les moyens de contention sont contestés. Des établissements médico-éducatifs apparaissent, comme [http://www.castalie.ch/home.php?include=textes&amp;amp;lng=1&amp;amp;id=18&amp;amp;idmenu=14 la Castalie en Valais], grâce au Dr Rey-Belley, en 1972 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Genève, l&#039;élan contestataire débute lorsque Julian de Ajuriaguerra est nommé directeur de Bel-Air en 1959. C&#039;est donc à ce moment-là que le mouvement de désinstitutionnalisation naît. En effet, on commence à critiquer les asiles et à vouloir modifier le fonctionnement de l&#039;hôpital psychiatrique. Les patients psychiatriques commencent à bénéficier des mêmes droits que les patients non-psychiatriques. Ensuite, pendant les années 70-80, cet élan continue avec la volonté de baser les soins sur des approches psychotérapeutiques.[[Bibliographie|Rey-Bellet, Bardet Blochet, Ferrero, 2010, p.90-95]] &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L&#039;anti-psychiatrie: une nouvelle politique de la prise en charge  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les années 60, Michel Foucault a tenté d&#039;amorcer &amp;quot;un dialogue entre la psychiatrie et ses sujets&amp;quot; ([[Bibliographie|Rose, 2006, p.113]]) et dès 1971 avec la sortie de son ouvrage sur les prisons, c&#039;est à la critique de l&#039;univers carcéral et des rapports de pouvoir qu&#039;il s&#039;attelle (Surveiller et punir, 1971). Ces critiques, plus tard regroupées sous le nom d&#039;antipsychiatrie, visaient à remettre en question &amp;quot;la manière dont le pouvoir du médecin était impliqué dans la vérité de ce qu&#039;il disait et, inversement, la manière dont celle-ci pouvait être fabriquée et compromise par son pouvoir ([[Bibliographie|Rose, 2006, p.120-121]]). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;institution comme lieu d&#039;exclusion est mise à mal par une volonté de certains de supprimer ces lieux de contrainte, pour une vie libre dans la Cité (sectorisation) ou dans des communautés thérapeutiques (de préférence à la campagne) partant du présupposé que les conditions de vie des personnes sont déterminantes dans leur état de santé (avant même tout diagnostic). Par ailleurs, dans ces années-là, la vie quotidienne devient un objet d&#039;étude (la sociologie de la vie quotidienne), terreau de multiples expériences pédagogiques et thérapeutiques. Le slogan &amp;quot;La liberté est thérapeutique&amp;quot; s&#039;allie à une critique de la contrainte médicamenteuse et des pratiques de contention psychiatrique: elle donne ainsi une place à de nouvelles formes d&#039;&amp;quot;éducation spéciale&amp;quot; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Symptôme de ce changement le terme d&#039;&amp;quot;usagers&amp;quot; vient reléguer celui de &amp;quot;patients&amp;quot; donnant un nouveau statut aux personnes, écorchant ainsi le sacro saint pouvoir des médecins et des directions des institutions. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dès les années 70, le journal mensuel &amp;quot;Tout Va Bien&amp;quot; a consacré de nombreuses pages et numéros à la question de l&#039;anti-psychiatrie. Dès 1973, un groupe d’enquête s’est constitué pour dénoncer une certaine violence et certains abus de pouvoir au sein des asiles psychiatriques. Leur volonté était de déterritorialiser la psychiatrie. «&amp;amp;nbsp;La psychiatrie, c’est l’affaire de tout le monde&amp;amp;nbsp;». Ils voulaient faire exploser la loi du silence qui régnait dans ces lieux. Ils ont voulu dénoncer les rapports de pouvoir sévissant à l&#039;intérieur des murs psychiatriques, la soumission du malade à l’infirmier, la soumission de l’infirmier au médecin, la soumission du médecin aux pouvoirs de l’administrateur bailleur de fonds. Selon ce journal, le mouvement anti-psychiatrique serait né au début des années 60: La clinique psychiatrique de Bel Air, créée en 1900, a commencé à construire des pavillons ouverts avec l’arrivée de son nouveau directeur en 1959, Julian Ajuriaguerra. Son intention était de favoriser le retour de l’interné au plus vite dans leur milieu naturel, grâce à une hospitalisation de courte durée. Depuis 1963, le travail psychiatrique est sectorisé. On commence à organiser les soins dans des centres de consultation de quartier. Ainsi, les premières tentatives alternatives apparaissent en Suisse. Des travailleurs sociaux poursuivent une critique des institutions et contribuent à la création et au fonctionnement de centres (qui se différencient des institutions récupératrices) qui ont pour but de venir en aide à toute personne en crise. Exemple&amp;amp;nbsp;: le centre Liotard à Genève, créé par le réseau d’alternative à la psychiatrie de Suisse romande. En janvier 1975 se tient le premier congrès d’alternative à la psychiatrie de secteur (Congrès de Bruxelles, auquel participe un groupe de Genève: il s’en est inspiré pour animer des débats au centre Liotard&amp;amp;nbsp;: recherche d’alternatives concrètes répondant aux besoins des malades. A Lausanne, le 24 janvier 1976, est créé un réseau alternatif à la psychiatrie pour la Suisse romande, dont l’un des membres actifs s’appelle Alain Riesen, du Centre Liotard. Une commission formée aussi bien de psychiatrisés que de soignants s’est alors formée. Elle a remis en question le pouvoir des soignants. Selon cette commission, le but d’une alternative au secteur doit être la prise en main progressive par le malade de ses propres difficultés. Suite à des tentatives d’internement forcé, des tracts ont circulé, dénonçant les abus du pouvoir psychiatrique (voir les archives contestataires de Genève, Classeur Alain Riesen). Dès ce moment-là, une prise de conscience s&#039;opère: le patient ne veut plus être manipulé, il ne veut plus être le cobaye, il ne veut plus être muselé par le pouvoir du médecin. Il veut choisir son mode de guérison, il veut être actif dans le processus de guérison. Il convient alors de faire en sorte que ce soit le patient qui choisisse ou non son hospitalisation. Effectivement, médecins, contestataires et familles se sont rendus compte de l&#039;importance du choix du malade dans sa propre guérison. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A la fin des années 70, d&#039;autres mouvements anti-psychiatriques se répandent en Suisse et ailleurs: par exemple à la clinique de Bellelay, où son nouveau directeur a souhaité ouvrir les murs à son arrivée, et mettre à disposition des appartements protégés, voire même une maison de vacances pour ses patients. Le but était &amp;quot;que les malades puissent le plus possible avoir des contacts humains et une vie «&amp;amp;nbsp;normale&amp;amp;nbsp;» (TVB avril-mai 80). En Italie, Franco Basaglia, qui s’est appuyé entre autres sur les modèles de l’anti-psychiatrie anglaise et française pour mener sa lutte ([[Bibliographie|Cooper, Lang, Foucault, Caxtel]]), s&#039;en est pris aux conditions de vie moyenâgeuses réservées aux malades mentaux. En quelques années, il démantèle l’asile et expérimente les premiers éléments de sa conception territoriale (et non plus institutionnelle) de la folie&amp;amp;nbsp;: le malade est soigné dans son milieu social&amp;amp;nbsp;» (TVB 10 octobre 80). Suite à la mort atroce d&#039;Alain Urban lors d&#039;une cure de sommeil forcé à la clinique de Bel-Air, l&#039;ADUPSY ainsi que l&#039;Association des Médecins Progressiste ont déployé maints efforts pour alerter l&#039;opinion publique à propos des agissements soupçonneux de la clinque en question. Leurs revedications ont porté sur la suppression des isolements, la priorité données aux instruments de soin ambulatoire, l&#039;augmentation des effectifs globaux du personnel soignant, etc. Ils expriment également leur soutien aux revendications concernant le droit des patients&amp;amp;nbsp;: «&amp;amp;nbsp;Le consentement du patient ou de son entourage immédiat doit toujours être recherché, dans la thérapeutique comme dans la recherche&amp;amp;nbsp;». &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Alain Riesen nous a appris qu&#039;après les drames qui ont secoué Bel-Air, une commission d&#039;enquête a été créée, et c&#039;est non seulement le Directeur de cette clinique qui a été interrogé, mais également les patients, les soignants, ainsi que les cadres. Dès cet instant, &amp;quot;tout est ressorti&amp;quot;, amenant à une première évolution forte: la réforme de l&#039;institution psychiatrique. Le Pr Tissot est déstitué, et un changement au niveau de la législation se fait: le droit de recours apparaît, Le patient peut désormais exiger de faire valoir ses droits. Jusque là, le Réseau d&#039;Alternative à la psychiatrie pouvait intervenir sur demande, mais n&#039;avait pas de statut officiel. A partir de cette période, une Commission de surveillance fut mise sur pied (réunissant un juriste, un médecin indépendant, un représentant du Droit des patients), et quatre associations de défense du Droit des patients sont nées: l&#039;Association RÊVE (les &amp;quot;Entendeurs de voix&amp;quot;), l&#039;ADPED (Association des personnes ayant des troubles bi-polaires et dépressifs), l&#039;Expérience (travail artisanal double d&#039;un travail d&#039;entraide), et l&#039;AETOC (Association des personnes ayant des troubles obsessionnels et compulsifs). Selon Alain Riesen, l&#039;institution, malgré l&#039;avancée significative qui a été faite quant au droit des patients, garde les stigmates de l&#039;institution asilaire. &amp;quot;Il y a encore beaucoup de travail à faire pour faire éclater l&#039;institution dans sa dimension totalitaire&amp;quot;, dit-il en conclusion.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Psychiatrie et anti-psychiatrie  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le mouvement d&#039;anti-psychiatrie qui &amp;quot;s&#039;oppose d&#039;abord et avant tout à une forme de monopole du savoir médical&amp;quot; ([[Bibliographie|Mannoni, 1970]], p. 9) dénonce l&#039;autorité &amp;quot;morale et policière&amp;quot; (Mannoni, 1970, p. 21) du psychiatre. Toutefois, psychiatres et partisants de l&#039;anti-psychiatrie s&#039;accorde sur le fait que &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;la société place le psychiatre dans une position ambiguë&amp;amp;nbsp;: il est au service d&#039;un patient dont il a à défendre les droits mais il se trouve également placé en position d&#039;auxiliaire de la police dans un programme d&#039;internement qui est un processus d&#039;obligation de soins&#039;&#039; (Mannoni, 1970, p. 168). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les réponses apportées par les uns et par les autres pour essayer de lever cette ambiguité sont toutefois différentes. Si l&#039;anti-psychiatrie cherche plutôt à démystifier &amp;quot;le rôle que la société fait jouer à la psychiatrie&amp;quot; (Mannoni, 1970, p.168), à créer des lieux où la maladie mentale pourrait être réintérrogée (allant même jusqu&#039;à nier la notion de maladie mentale (Mannoni, 1970, p. 175) et à s&#039;éloigner des conceptions scientistes, certains psychiatres cherchent à remettre sur le devant de la scène un discours scientifique. &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;---Quand l&#039;antipsychiatrie est critique radicale de l&#039;institution, je suis antipychiatre; mais quand elle se réfugie dans la négation de la maladie mentale, je suis contre&#039;&#039;--- ([[Bibliographie|Sztulman, 1972]], p.107).&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les archives de la revue &amp;quot;L&#039;évolution psychiatrique&amp;quot;, les psychiatres non antipsychiatres se sont attelés, au début des années 70, à défendre leur point de vue scientifique et médical. Face au mouvement de protestation, ils ont écrits plusieurs articles afin de réhabiliter la psychiatrie et montrer les incohérences du mouvement anti-psychiatrique, non seulement dans ce qu&#039;il dénonce, mais également dans les solutions qu&#039;il propose. S&#039;ils reconnaissent un certain succès à l&#039;anti-psychiatrie &amp;quot;dans sa position de refus et de provocation&amp;quot; ([[Bibliographie|Barte, 1972]], p. 46), les solutions qu&#039;elle propose ne les satisfont guère. Pour certains membres de ce corps médical, la maladie mentale doit être reconnue comme &#039;&#039;phénomène nature&#039;&#039;l ([[Bibliographie|Ey, 1972]], p. 53). &amp;quot;En faisant volatiliser dans le néan l&#039;objet même de la psychiatrie qu&#039;est le malade mental, l&#039;anti-psychiatrie nie la souffrance humaine, nie le drame authentiquement humain que vit chaque malade mental (Barte, 1972, p. 46). Pour défendre ces patients malades, &amp;quot;fous&amp;quot;, pour les réhabiliter, il est nécessaire de &amp;quot;passer par la reconnaissance même de la psychiatrie, science critique et autonome et qui ne peut se fonder que sur la notion de maladie mentale conçue ni comme simple maladie des organes, ni comme simple maladie psychique&amp;quot; (Barte, 1972, p.47). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le malaise asilaire est reconnu par les non antipsychiatres et les antispychiatres. Il importe de traiter l&#039;institution en même termps que ses pensionnaires. Cependant, les non antipsychiatre récusent la résponsabilité de l&#039;hôpital psychiatrique dans la création de la folie, &amp;quot;même s&#039;il concourt parfois à statufier certaines présentations cliniques&amp;quot;. (Sztulman, 1972, p. 106). Face aux critiques sur l&#039;hôpital, notamment face à certains qui, comme Basaglia, refusaient l&#039;idée de traitement de malades et de médecins, les non antipsychiatres dénoncent la déstruction de l&#039;hôpital au profit d&#039;assemblées générales peu organisées. Sztulman (1972) pose la question&amp;amp;nbsp;: &amp;quot;A quoi ça sert&amp;amp;nbsp;? A quoi ça sert d&#039;être psychiatre là, ou femme de service,&amp;amp;nbsp; ou ergothérapeute puisque de tout façon chacun est dépouillé de son statut, et que les rôles sont&amp;amp;nbsp; inventer en permanence&amp;amp;nbsp;?&amp;quot; (p.102). Pour ces médecins, la négation de l&#039;inconscient et celle de la maladie mentale dans le mouvement antipsychiatrique amène des &#039;&#039;attitudes thérapeutiques particulièrement incohérentes &#039;&#039;(Sztulman, 1972, p. 101). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La question de l&#039;attribution de la maladie mentale à un fait organique ou plutôt à un fait culturel était alors au coeur de la bataille entre antipsychiatres et non antipsychiatres. Lors de l&#039;entretien mené avec Monsieur A. Riesen, ce dernier nous a expliqué que cette question est toujours d&#039;actualité et qu&#039;il n&#039;y a pas, aujourd&#039;hui encore, de définition claire de la part de la communauté scientifique. Dans les années 1970, les non antipsychiatres critiquaient l&#039;erreur de l&#039;antipsychiatrie dans sa croyance &amp;quot;&#039;&#039;en un principe de causalité univoque et direct de la psychose&amp;quot;&amp;amp;nbsp;&#039;&#039;(Sztulman, 1972, p.105). Dans le même article, Sztulamn déclare encore: &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&amp;quot;&#039;&#039;il est dogmatique et naïf de dire que la folie se développe en dehors de toute culture. Il est dogmatique et naïf de dire qu&#039;elle se limite à un fait culturel. De tout évidence, il n&#039;y a pas un modèle qu&#039;il soit organo, psycho ou socio-génétique de la maladie mentale, mais pluridéterminisme à pondération variable suivant les cas&#039;&#039;&amp;quot; (p. 105). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Monsieur Alain Riesen a bien décrit cette vision de &#039;&#039;pluridéterminisme&#039;&#039;. Il nous a expliqué que la conception de la maladie mentale comme unique produit d&#039;un système qui disfonctionne semble devoir se ranger derrière un système bio-psycho-social qui rencontre actuellement le plus de soutient de la part des professionnels du domaine psychiatrique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La fonction du médicament dans l&#039;approche anti-psychiatrique  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;apparition de la médication au début des années 1960 permet d&#039;éviter l&#039;internement. Elle soutient le changement qui s’opère dans les pratiques et donne l&#039;impression de pouvoir faire quelque chose. Elle fait transparaître un espoir aussi bien pour les praticiens que pour les patients puisque grâce aux médicaments il y a une diminution des hospitalisations, une augmentation des prises en charge ambulatoires et une augmentation des consultations. L&#039;avancée de la médecine et l’essor de la psychopharmacologie permettent alors de développer de nouvelles perspectives thérapeutiques et de nouveaux défis comme le soutien au patient et à sa famille, la mise en place de nouvelles structures. Il s&#039;agit ainsi de &amp;quot;jeter un pont entre l&#039;hôpital et la ville&amp;quot; (CMS, 1963, 7ème année, n°2 &amp;quot;L’assistance psychiatrique). Cependant, les connaissances récentes sur les effets de la médication et les abus sur son utilisation sont également soulevés. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;anti-psychiatrie se veut aussi anti-thérapeutique, ce qui lui est&amp;amp;nbsp; vivement reproché par les anti anti-psychiatres. Selon ces derniers, les anti-psychiatres considèrent que &amp;quot;les traitements sont à proscrire&amp;quot; ([[Bibliographie|Maurel, 1972]], p. 79). &amp;quot;Traiter, écrit Cooper, c&#039;est être intéressé à rendre le patient plus acceptable pour les autres...et lui faire manifester de moindre façon sa détresse&amp;quot; ([[Bibliographie|Maurel, 1972]], p. 79). Les anti anti-psychiatres militent ainsi pour une guérison grâce à des médicaments &#039;&#039;efficaces&#039;&#039; (au sens médical), selon des avis rapportés par les patients eux-mêmes. Selon les psychiatres opposés au courant anti-psychiatrique, ce-dernier vise &amp;quot;sans toujours l&#039;avouer à &amp;quot;soigner&amp;quot; clandestinement les &amp;quot;malades&amp;quot;&amp;quot; (Maurel, 1972, p.80), ce qui est selon Maurel et ses collègues, une contradiction.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L&#039;influence du concept de normalisation dans l&#039;anti-psychiatrie ==&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Cécilia Zuccone</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=La_d%C3%A9sinstitutionalisation_dans_le_champ_de_l%27%C3%A9ducation_sp%C3%A9ciale_1960-1980&amp;diff=9055</id>
		<title>La désinstitutionalisation dans le champ de l&#039;éducation spéciale 1960-1980</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=La_d%C3%A9sinstitutionalisation_dans_le_champ_de_l%27%C3%A9ducation_sp%C3%A9ciale_1960-1980&amp;diff=9055"/>
		<updated>2011-12-13T21:02:17Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Cécilia Zuccone : /* Prémisses de critiques aux institutions traditionnelles */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;[[user:Kleinpa0|P. Klein]],&lt;br /&gt;
[[user:Natalina m|N. M.]],&lt;br /&gt;
[[user:Ruchat|Martine Ruchat]],&lt;br /&gt;
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[[user:Sandra wirz|S. Wirz]] et&lt;br /&gt;
[[user:Cécilia Zuccone|C. Zuccone]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Université de Genève&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Introduction  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A l&#039;heure où l&#039;on peut constater de &amp;quot;nouvelles exclusions&amp;quot; au nom de la protection des citoyennes et des citoyens inquiétantes pour certains, car &amp;quot;ruinant ainsi des décennies d&#039;efforts de déségrégation, désexclusion, de &amp;quot;retour du schizophrène dans la cité&amp;quot; (Dr.Patrick Lemoine, Le mystère du nocebo, Paris. Odile Jacob, 2011, p.69), un certain nombre de questions se posent pour mieux comprendre l&#039;histoire de l&#039;éducation spéciale, à la fois politique (anti-psychiatrie, sectorisation), sociale et culturelle (intégration, normalisation, désinstitutionalisation, communauté de vie, communauté thérapeutique) dans les décennies des Trente glorieuses (1960-1990) pendant lesquelles a soufflé un vent de contestation des politiques institutionnelles. Un esprit contestataire a émergé en particulier dès les années 1970 (post soixante-huit) provoquant dans le champ de la prise en charge des personnes dites aujourd&#039;hui &amp;quot;à besoins particuliers&amp;quot; un élan de remise en question de l&#039;institution, du pouvoir des médecins, de la contrainte institutionnelle et médicamenteuse. Peu de travaux ont encore exploré ce champ, à Genève, sinon pour étudier l&#039;histoire de Mai 68 et du mouvement féministe. (voir notamment Julie de Dardel, Révolution sexuelle et Mouvement de libération des femmes à Genève (1970-1977). Lausanne: Antipode, 2007).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La recherche proposée vise à mieux comprendre comment, à Genève, le champ de l&#039;éducation spéciale et celui de la psychiatrie a été touché par cette contestation. Elle fait suite à celle engagée en 2010 et 2011 sur l&#039;histoire de l&#039;intégration scolaire des enfants handicapés mentaux [[Pionniers de l&#039;intégration scolaire des enfants handicapés à Genève]] et La génération intégration 1970-1980: un slogan pour quelles réalités sociales? [[Article 2011]]. Les recherches précédentes ont montré à la fois la complexité des pratiques d&#039;intégration amenant souvent un écart entre discours et pratique, ainsi que les résistances à penser le handicap sans mettre une ligne de démarcation entre norme et hors norme, entre enfant éducable et non éducable, limite souvent mal définie et dépendante des représentations (malédiction du handicap). Au début des années 60, l&#039;intégration apparaît d&#039;abord pour les parents, dont les enfants étaient encore entièrement dans la famille, une intégration dans des institutions à créer. Le Pavillon des Grand Bois à l&#039;hôpital psychiatrique de Bel-Air représentant encore une solution &amp;quot;intégratrice&amp;quot; pour les enfants les plus difficiles à éduquer et les moins autonomes. Le concept de [[Dictionnaire|normalisation]] vient s&#039;accoler à celui d&#039;intégration pour rapprocher toute déviance d&#039;une norme sociale (en terme d&#039;habitat, d&#039;activité, voire de comportements). Ainsi le milieu ouvert (comme Aigues-Verte par exemple) peut apparaître comme plus proche d&#039;une vie quotidenne &amp;quot;normale&amp;quot; et donc plus intégrant. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La [[Dictionnaire|désinstitutionalisation]] qui fait l&#039;objet de cette nouvelle recherche est d&#039;abord issue des milieux de l&#039;anti-psychiatrie (et donc ni des associations de parents ni des milieux pédagogiques); on peut apparenter idéologiquement ce mouvement anti-psychiatrique avec un objectif de normalisation dans le sens de rapprocher les personnes prises en charge de la vie quotidienne de tout un chacun. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi malgré des différences d&#039;application ces différents courants pourraient être affiliés à celui libertaire qui a essaimé dans différents champs du social entre 1970 et 1990. C&#039;est dans une perspective de compréhension de l&#039;histoire des idées et des pratiques du mouvement anti-psychiatrique genevois que s&#039;inscrit cette recherche. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un premier temps, cette page d&#039;histoire sera située dans une &amp;quot;tradition&amp;quot;: d&#039;une part celle du traitement de la différence (notamment depuis les travaux des psycho-pédagogues du début du 20e siècle comme Alfred Binet à Paris, Edouard Claparède à Genève ou Ovide Decroly à Bruxelles); et d&#039;autre part dans une tentative dès les années vingt en Angleterre (voir Libre enfants de Summerhill), mais surtout pendant et dans l&#039;après deuxième guerre mondiale (voire les communautés d&#039;enfants victimes de la guerre), de multiplier les expériences de vie communautaire issue du scoutisme, des mouvements de jeunesse, de l&#039;éducation nouvelle et de l&#039;éducation internationaliste et pacifiste, des colonies de vacances et camps CEMEA, s&#039;opposant à une autre tradition hospitalière (couvent, Bon Pasteur, Hospice, institutions de prises en charge spécialisées). Ce faisant, nous dégagerons des signes précurseurs de &amp;quot;désinstitutionalisation&amp;quot; pour des structures plus petites, parfois médicalisées (les écoles de plein-air), mais avant tout proches de la nature et des besoins des individus. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un second temps, nous étudierons la période 1960-1980 laquelle a vu émerger un mouvement anti-psychiatrique (critique de l&#039;hôpital, du pouvoir médical, de la médicalisation à outrance et de la contrainte) pour une critique radicale visant le pouvoir institutionnel et entraînant des pratiques novatrices, lesquelles demandent à être mieux étudiées nbsp: 1. dans leurs objectifs (désinstitutionalisation ou déshospitalisation versus sectorisation)? 2. dans le choix fait des traitements: médicaux (traitement ambulatoire) ou éducatif et thérapeutique? 3. dans l&#039;évaluation faite des populations concernées par une prise en charge alternative 4. dans le rôle joué par la psychanalyse comme alternative au traitement médicaux et comme modèle thérapeutique (notamment dans les communautés cf. film de Catherine Scheuchzer) 5. dans le rôle donné aux familles et le poids qui leur est fait supporter (en terme financier, de responsabilité, de culpabilité,...) et en particulier à l&#039;égard des mères et des femmes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il s&#039;agira de mieux comprendre si l&#039;anti-psychiatrie est dans les années 1960-1980 une nouvelle manière de faire de la psychiatrie ou si elle est une véritable contestation de l&#039;institution asilaire et si les modèles alternatifs proposés ne seraient pas sous couvert d&#039;idéologie libertaire une façon de baisser les coût de la santé en temps de crise. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour ce faire, nous avons travaillé sur des articles et avec une bibliographie d&#039;ouvrages &amp;quot;classiques&amp;quot;, livres de références pour les acteurs/trices de la période considérées, puis nous avons dépouillé des revues professionnelles pour saisir les thématiques qui ont traversé alors le champs de la psychiatrie et de l&#039;éducation spécialisée; dans un second temps la recherche s&#039;est portée sur un fond d&#039;archives de l&#039;Association Les archives contestataires (fonds Alain Riesen/Schuller) dont un des donateurs d&#039;archives, Alain Riesen, est le fondateur de l&#039;Arcade 84 et militant de l&#039;anti-psychiatrie genevoise. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un troisième temps nous avons effectué un entretien vidéo (un plan fixe) afin de lui poser cinq questions issues de la recherche collective dans les archives et dans la littérature afin d&#039;avoir son témoignage sur l&#039;histoire de l&#039;anti-psychiatrie, de la désinstitutionalisation et des communautés thérapeutiques entre 1960 et 1980.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Revue de la littérature  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les revues professionnelles et contestataires entre 1970 et 1990  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un certains nombres de revues professionnelles ont été dépouillée pour la période 1970-1980. Soit Sauvegarde de l&#039;enfance, Déviance et Soicété,... &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Durant la période de 1970 à 1985, la revue &amp;quot;Sauvegarde de l&#039;enfance&amp;quot; n&#039;a publié aucune revue, voire même aucun article consacrés au thème de notre étude, à savoir la désinstitutionnalisation dans le champ de l&#039;éducation spéciale. Au premier abord on pourrait donc tirer la conclusion selon laquelle ce champ d&#039;étude ou ce mouvement n&#039;était que peu présent à cette époque. Toutefois, en se penchant davantage sur les sujets traités dans cette revue, on se rend compte que les auteurs de celle-ci n&#039;ont pas abordé la désinstitutionnalisation en tant que telle, mais l&#039;ont abordée par les effets qu&#039;elle a pu engendré à cette époque. Effectivement, on peut observer des thèmes comme la formation des éducateur en centre de jour ou en maison d&#039;accueil, la relation entre famille et société, l&#039;école ordinaire, l&#039;adolescence et la violence ou encore l&#039;aide sociale, autant de thèmes qui ont largement découlé de ce mouvement désinstitutionnel. Il est donc fort intéressant de se pencher sur les champs d&#039;action de ce type de revues, afin de mieux comprendre quel était le climat politique, les préoccupations, les tendances de la période qui nous intéresse. D&#039;ailleurs, nous retrouverons tout au long de cet article de nombreuses références aux thèmes traités par le revue &#039;&#039;Sauvegarde de l&#039;enfance&#039;&#039;.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Prémisses de critiques aux institutions traditionnelles  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Jusqu&#039;à la fin du XVIIIe siècle, les hôpitaux psychiatriques internaient une population bien différente de celle accueillie au XXe siècle. [[Bibliographie|Cléopâtre Montandon&amp;amp;nbsp;(1978)]]&amp;amp;nbsp; nous dévoile que les populations désignées comme relevant de l&#039;univers psychiatrique étaient très fortement liées à l&#039;univers carcéral. Effectivement, jusqu&#039;au XVIIIe siècle, les criminels étaient considérés comme &amp;quot;fous&amp;quot; ou &amp;quot;aliénés&amp;quot; et se voyaient enfermés, voire même enchaînés dans des &amp;quot;maisons de discipline&amp;quot; ou dans des &amp;quot;hôpitaux pour fous&amp;quot;. A cette époque, seule la justice décidait du lieu d&#039;incarcération des individus criminels. Peu à peu, des distinctions se sont faites pour montrer que certains criminels aliénés relevaient davantage de la psychiatrie, et se définissaient essentiellement par une responsabilité restreinte et une santé mentale défaillante. Ce sont alors ces personnes, désignées comme ne pouvant accomplir leur rôle social, que les hôpitaux psychiatriques ont admis dans leurs locaux. Pour décider et justifier ces internements, la justice ne pouvait agir seule. &amp;quot;Ce n&#039;est qu&#039;à partir de 1936 que l&#039;autorisation d&#039;un internement est délivré sur vue d&#039;un certificat médical par le Département de la prévoyance sociale et de la santé publique&amp;quot;. Ainsi, on voit combien la société évolue en définissant clairement et sur preuves médicales qui peut être &#039;&#039;placé&#039;&#039; en hôpital psychiatrique. D&#039;ailleurs, c&#039;est à partir de 1838 qu&#039;une loi voit le jour à Genève concernant l&#039;internement des &amp;quot;aliénés&amp;quot;: loi sur le placement et la surveillance des aliénés (5Février 1838). On parlera dès lors de &#039;&#039;placement&#039;&#039;des aliénés, et non plus de l&#039;enfermemenr ou de l&#039;internement de ces derniers.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On peut également noter que les préoccupations principales de la période du XVIIIe au début du XXe siècle se restreignaient principalement à la sécurité, et de fait au &#039;&#039;placement&#039;&#039; de ces personnes. Où pouvait-on mettre physiquement ces personnes différentes pour qu&#039;elles ne nuisent pas à la société? Que pouvait-on faire d&#039;elles? Qui pouvait s&#039;en occuper? Que faire avec ces personnes? On observe dès lors que, pendant plusieurs siècles, ces personnes étaient enfermées, dénuées de tous sens, de toute sensibilité, et de toute éducation, en recevant néanmoins de plus en plus de médicaments censés les calmer ou les soigner. Il faudra alors attendre la fin du XIXe siècle pour entrevoir une forme d&#039;éducation de ces personnes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans son article, &amp;quot;[[Bibliographie|La naissance de l&#039;institutions pour aliénés]]&amp;quot; à Genève au 19e siècle, Alain Riesen montre que la problématique de l&#039;internement est grandissante et que &amp;quot;l&#039;inhumanité de l&#039;enfermement&amp;quot; (Riesen, 1981) est au coeur des préoccupations. Il relate également une nouvelle conception du milieu asilaire : &amp;quot;la possibilité d&#039;améliorer l&#039;état des aliénés, ou même les guérir, si de bonnes conditions sont réunies&amp;quot;.En d&#039;autres termes, il s&#039;agirait de pouvoir administrer un traitement aux malades de manière à guérir, à soigner leur folie; à l&#039;époque nommé &#039;&#039;traitement de la folie. &#039;&#039;Plusieurs types de traitements font alors leur apparition et notamment l&#039;isolement. Il s&#039;agissait d&#039;éloigner le malade des conditions de vie qui l&#039;ont rendu &#039;&#039;fou&#039;&#039; &amp;quot;afin de le soustraire à leur influence&amp;quot;. La médication fut également un des traitements de la folie.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette nouvelle manière de penser l&#039;internement était accomplie, plusieurs dérives&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au début du XXe siècle, Binet et Simon (1907)&amp;amp;nbsp; &#039;&#039;donnent une nouvelle forme cognitive de l&#039;éducation spéciale qui perdurera au moins jusqu&#039;au années 1960&#039;&#039; ([[Bibliographie|Chauvière et Plaisance, 2003, p. 32]]).&amp;amp;nbsp; A cette époque là, on distinguait les arriérés d&#039;asiles, non éducables et à laisser entre les mains des médecins, des arriérés d&#039;école. Ainsi, des institutions apparurent en servant d&#039;intermédiaire entre l&#039;hôpital et la classe ordinaire. Dans ces premières institutions, la pédagogie était &#039;&#039;inspirée par l&#039;atelier, c&#039;est-à-dire guidée par la mise en oeuvre de travaux manuels et d&#039;exercices pratiques &#039;&#039;([[Bibliographie|Chauvière et Plaisance, 2003, p. 33]]). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dès les années 1960,&amp;amp;nbsp; de nombreuses institutions privées pour enfants handicapés ou en difficultés se développent, majoritairement sous l&#039;impulsion d&#039;associations de parents. Ces derniers ont été amenés à &#039;&#039;créer et à gérer des institutions de type médico-éducatif&#039;&#039; &#039;&#039;pour éviter à leurs enfants d&#039;être relégués dans des services d&#039;hôpitaux psychiatriques ou d&#039;être seulement en survie à leur domicile&#039;&#039; (Chauvière er Plaisance, 2003, p.35). Aujourd&#039;hui, les institutions, à Genève, semblent toujours être un peu sur le même modèle, celui de &amp;quot;l&#039;alliance&amp;quot; entre le médical et le pédagogique (qui regroupe aussi l&#039;aspect éducatif). Si on ne cherche peut-être plus à éviter aux élèves la reléguation en psychiatrie, on les place dans des lieux parfois hors de tout cursus ordinaire et loin de la norme. Ce qui questionne enfin sur qu&#039;est-ce que la normalisation? Et où mettre la limite à une vie comme tout le monde avec un handicap: la liberté (permissivité, autonomie) des années 1970 a-t-elle fait l&#039;impasse sur la souffrance des individus face aux exigences thérapeutiques et pédagogiques? La communauté d&#039;enfants (pédagogique, institutionnelle, thérapeutique) est-elle un modèle &amp;quot;utile&amp;quot; en temps de crise des institutions: peu coûteux, demandant un engagement au quotidien (vie quotidienne) du collectif pédagogique et thérapeutique (donc assurant un &amp;quot;contrôle social&amp;quot; maximal), ....&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La communauté: un modèle alternatif à l&#039;institution fermée  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des «&amp;amp;nbsp;communautés thérapeutiques&amp;amp;nbsp;» ont été créées en réaction aux enfermements asilaires prônés jusque-là mais qui commençaient à être pointés du doigt, car considérés comme déshumanisants. Bien que créées tout d&#039;abord pour répondre aux phénomènes de dépendances (toxicomanies, par exemple), on trouve, dès la fin des années 60, des communautés thérapeutiques en Angleterre, en France, en Suisse et au Québec, destinées au secteur de la psychiatrie. Avec la naissance de ces communautés thérapeutiques, une nouvelle approche de la psychose en-dehors des lieux de soins traditionnels s&#039;est développée (Schatzman, 1969; Barnes et Berke, 1973; Fabre, 1978; Lecomte et Tourigny, 1983a). Leur but est de créer un milieu &amp;quot;naturel&amp;quot;, en reconstituant les structures d’une «&amp;amp;nbsp;macro famille&amp;amp;nbsp;» ou d’une «&amp;amp;nbsp;mini société&amp;amp;nbsp;», plus rassurantes : on trouve par exemple la Communauté des Sablons, (Maison d&#039;enfants à caractère social et familial (76270 Saint-Saire), ou, en Suisse, le foyer de Tavel qui a vécu cinq ans (1975-1980). Dans le film de Catherine Scheuchzer, «&amp;amp;nbsp;Dans l’aventure du non, la parole&amp;amp;nbsp;», (tourné à Boulens, dans la campagne vaudoise, dans les années 70 ), on découvre, dans un décor post soixante huitard, très simplement, dans un rythme extrêmement lent, des adultes et des enfants en interaction, «&amp;amp;nbsp;comme dans la vraie vie&amp;amp;nbsp;». Cette expérience est décrite comme «&amp;amp;nbsp;une véritable expérience d’éveil à la vie&amp;amp;nbsp;», qui «&amp;amp;nbsp;prend le contre-pied du placement en institution psychiatrique&amp;amp;nbsp;» (L’Est vaudois, 19.11.92). Plutôt que de considérer cette population d&#039;enfants, comme on le faisait en asile, comme des fous, murés dans leur silence, leurs excentricités, on veut les considérer comme des partenaires, des interlocuteurs. Le but est effectivement de les faire participer au quotidien d’une maisonnée, plutôt que de créer des ateliers protégés artificiels. De la sorte, ils sont poussés à se dépasser, à faire des expériences par eux-mêmes, sans avoir nécessairement recours au soutien d’un adulte. Il semble qu&#039;à cette époque, cette nouvelle façon de considérer les enfants autistes comme étant capables d’autonomie, capables d’agir, ait apporté un peu d’humanité dans leur prise en charge. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;enfant&amp;amp;nbsp; ainsi placé dans une communauté thérapeutique vaudoise est-il plus &amp;quot;intégré&amp;quot; que s&#039;il était dans une institution considérée par ces acteurs alternatifs du &amp;quot;système&amp;quot; comme un ghetto? Il en va de même avec le terme désinstitutionalisation? Qu&#039;est-ce que l&#039;institution? Il y en a des &amp;quot;bonnes&amp;quot; (maternantes, enveloppantes, naturelles...) et de &amp;quot;mauvaises&amp;quot; (contraignantes, mortifères) (sur ce point les travaux de Fernand Oury puis de Jacques Pain mériteraient qu&#039;on s&#039;y attache (voir la psychothérapie institutionnelle sur le site de Jacques Pain: http://www.jacques-pain.fr).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La désinstitutionalisation  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon des sources internet, le mouvement de désinstitutionalisation semble avoir débuté vers 1960 (même s’il semble qu’il y ait eu un prélude à la désinstitutionnalisation au début du 19e siècle (L’Institut universitaire en santé mentale de Québec par exemple - La désinstitutionnalisation, http://caringminds.ca/index.php?option=com_content&amp;amp;amp;view=article&amp;amp;amp;id=62&amp;amp;amp;Itemid=43&amp;amp;amp;lang=fr&amp;amp;amp;limitstart=7). Certains observent le début de ce mouvement en Scandinavie, d’autres au Québec. Dans tous les cas, il s’agit d’un mouvement d&#039;ouverture vers la communauté, d’une volonté de «normalisation»[[Normalisation]] &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le mouvement de désinstitutionnalisation s&#039;appuie avant tout sur une philosophie qui met l&#039;accent sur les droits et les libertés des individus, et elle vise à humaniser les soins de santé mentale. ([http://agora-2.org/thematiques/inaptitude.nsf/Dossiers/Desinstitutionnalisation Encyclopédie de l’Agora]). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;horreur suscitée par les politiques nazies du meurtre eugénique des malades psychiatriques et les camps de concentration pendant la Seconde guerre mondiale, ont attirer l’attention sur les pratiques «&amp;amp;nbsp;déshumanisantes&amp;amp;nbsp;» dans les soins psychiatriques en santé mentale, (séquestration, mauvais traitements en tout genre, manque de formation des professionnels). (Voir [http://id.erudit.org/iderudit/032417ar Martin, 1984 et Claire Henderson et Graham Thornicroft], Santé mentale au Québec, vol. 22, n° 2, 1997, p. 88-114. ) Les années d’après-guerre ont vu un accroissement de l’intérêt porté à l’institution comme objet d’étude. Certains auteurs parlent de l’institution comme étant «&amp;amp;nbsp;névrosante&amp;amp;nbsp;», «&amp;amp;nbsp;façonnant et codifiant les gens dans le rôle de patient psychiatrique&amp;amp;nbsp;» (Goffman (1961). On observe dans les années 60 une disparition du personnel religieux des hôpitaux. Naît alors une nouvelle conception de l’individu, une évolution des attitudes envers le malade&amp;amp;nbsp;; on veut le sortir des murs de l’asile psychiatrique. On commence à parler, à cette époque, du «&amp;amp;nbsp;droit de la personne&amp;amp;nbsp;». Des idéaux humanitaires amènent alors à une nouvelle vision de la maladie mentale. Il semble que ce mouvement de désinstitutionnalisation soit également lié à l’apparition des pratiques de pharmacopée. Effectivement, «&amp;amp;nbsp;Ces nouveaux médicaments permettaient de calmer les malades agités, délirants, hallucinés et ainsi permettre d&#039;envisager et de généraliser des traitements psychiques dans des conditions plus réalistes ou encore, lorsque c&#039;était possible, d&#039;envisager un retour au domicile ou dans des structures intermédiaires&amp;amp;nbsp;».([http://fr.wikipedia.org/wiki/Psychiatrie déf. du mot «&amp;amp;nbsp;psychiatrie&amp;amp;nbsp;»]). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On a le désir de «normaliser&amp;amp;nbsp;» leurs conditions de vie. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les années 60, la personne «&amp;amp;nbsp;déficiente intellectuellement&amp;amp;nbsp;» est encore considérée comme un «&amp;amp;nbsp;malade&amp;amp;nbsp;». Toutefois, on ne considère plus le malade mental comme un malade incurable, mais davantage comme un sujet pouvant être aidé et guéri. On met en avant le fait que la maladie mentale ne nécessite pas nécessairement une hospitalisation, et qu’elle doit être considérée comme une quelconque maladie. On externalise, on invente la psychiatrie de secteurs, on commence à intégrer des services pour les malades mentaux dans des hôpitaux ou cliniques. On évite ainsi la stigmatisation des malades mentaux placés pour de longues périodes en asile psychiatrique, et on leur évite la perte de leurs facultés leur permettant de se réintégrer dans la société. On redonne alors un rôle à la communauté, tout en accordant des responsabilités aux familles. La patient devient alors le coeur de l&#039;intérêt des praticiens. ([http://www.promentesana.org/upload/application/trimes_43.pdf in Lettre trimestrielle de l’association romande Pro Mente Sana])&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme il l&#039;a déjà été dit, la désinstitutionalisation a permis aux personnes présentant des troubles psychiatriques de sortir de ce milieu assimilé pendant de nombreuses années, au milieu carcéral. Mais une fois &amp;quot;libérées&amp;quot; où vont ces personnes? A ce sujet,&amp;amp;nbsp; [[Bibliographie|N. Carpentier (2001)]] affirme dans son article que 60 à 70&amp;amp;nbsp;% des patients retournent dans leur famille après l’hospitalisation. Plusieurs articles ont démontré que l&#039;arrivée d&#039;un malade dans une famille, avait de lourde conséquence sur celle-ci. Avant d’en venir aux conséquences, il me semble nécessaire de revenir sur la représentation des professionnels, sur les familles des patients. Pour cela, il est intéressant de revenir sur l&#039;évolution de la vision des professionnels sur la famille. En d&#039;autres termes, comment la famille, alors qu&#039;elle était considérée comme coupable de la maladie de l&#039;un de ses membre, est devenue un partenaire idéal?&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour développer ceci, revenons tout d&#039;abord au début du XXème siècle. A cette époque, la famille était considérée comme étant la cause, à l&#039;origine de la maladie de leur enfant. Autrement dit, les professionnels affirmaient que la maladie mentale était un problème génétique, héritée de plusieurs générations antérieures. Ensuite, les années cinquante ont apporté un premier renversement dans la vision des familles sur la maladie de leur enfant. En effet, la famille était perçue comme étant un «&amp;amp;nbsp;système réagissant aux troubles mentaux de l’un de ses membres, plutôt qu’en tant que système causant des désordres psychiques&amp;amp;nbsp;» ([[Bibliographie|Carpentier, 2001, p.84]]). Ce changement de perspective est en lien avec l’arrivée d’une politique qui favorise les hospitalisations de courte durée. En d’autres termes, les familles commencent à être perçues comme une solution aux changements politiques. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les années 60, la psychiatrie adopte une vision centrée sur la communauté. Ce changement va être très favorable pour les familles, puisqu’il permet à ces dernières de se déresponsabiliser des troubles mentaux. Ainsi, toujours selon Carpentier, à cette époque «&amp;amp;nbsp;les désordres psychiques [doivent être étudiés] sous l’angle de l’isolement social, des désavantages sociaux, puis selon la présence de stresseurs sociaux et économique&amp;amp;nbsp;»( p.89) .&amp;lt;br&amp;gt;Ainsi, au fur et à mesure que le mouvement de désinstitutionalisation est mis en place, les politiciens et les professionnels considèrent la famille comme étant une solution au problème. En effet, la famille est perçue comme «&amp;amp;nbsp;une source privilégiée de soutien émotionnel et social ainsi que comme place de choix pour relocaliser le patient psychiatrique.&amp;amp;nbsp;» ([[Bibliographie|Carpentier, 2001, p.91]]. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Jusqu&#039;à présent, nous avons relevé l&#039;évolution de la perception de la famille aux yeux des professionnels. Mais comment la famille voit-elle ce changement? A ce sujet, [[Bibliographie|R. Therrien (1990)]] affirme que sur le plan économique et émotionnel, la désinstitutionnalisation demande beaucoup aux familles, surtout aux femmes. En effet, toujours selon R.Therrien, avoir quelqu&#039;un ayant des problèmes mentaux à la maison provoque beaucoup de stress chez les familles. Dans certaines familles, un malade peut devenir un véritable &amp;quot;fardeau&amp;quot;, puisque celui-ci impose beaucoup de contraintes. Effectivement, avoir une personne malade à la maison peut engendrer des conséquences telles que la réduction des loisirs habituels, les sorties avec nos amis, par peur d&#039;être jugé, ou encore avoir des problèmes avec nos voisins, car les comportement de notre enfant, ou mari dérange. Tous ces problèmes ont un impacte très fort sur la famille d&#039;autant plus qu&#039;elle n&#039;est pas aidée, ni reconnue pour tout ce qu&#039;elle fait pour la personne malade. &amp;amp;nbsp; &amp;lt;br&amp;gt; A propos de la lourde responsabilité des parents, il me vint une autre question: est-ce que les familles ne finissent pas elles aussi à un moment donné par tomber malade? A ce sujet, monsieur [[Bibliographie|Alain Riesen]] a témoigné que selon lui, quand une famille devait prendre en charge un de ses membres malade, il ne fallait pas qu&#039;elle reste seul, mais elle devait en parler, faire partager ce qu&#039;elle vivait au quotidien. C&#039;est donc, pour ces raisons-là que des thérapies familiales ont vu le jours.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L&#039;élan contestataire des années 70 à Genève  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En Suisse un même mouvement historique a été observé. Selon le médecin Christian Monney, on y a dénoncé les mêmes agissements qu’ailleurs&amp;amp;nbsp;: enfermement, répression, qui étaient là non pour aider le malade, mais pour protéger l’ordre public. On y mêlait, écrit-il, infirmes, orphelins, indigents et fous… (Dr Christian MONNEY, 1999, à l’occasion des 100 ans de l’Hôpital de Malévoz). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Or, dès 1965, des consultations ambulatoires sont créées et les séjours hospitaliers peuvent ainsi se raccourcir. Les moyens de contention sont contestés. Des établissements médico-éducatifs apparaissent, comme [http://www.castalie.ch/home.php?include=textes&amp;amp;lng=1&amp;amp;id=18&amp;amp;idmenu=14 la Castalie en Valais], grâce au Dr Rey-Belley, en 1972 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Genève, l&#039;élan contestataire débute lorsque Julian de Ajuriaguerra est nommé directeur de Bel-Air en 1959. C&#039;est donc à ce moment-là que le mouvement de désinstitutionnalisation naît. En effet, on commence à critiquer les asiles et à vouloir modifier le fonctionnement de l&#039;hôpital psychiatrique. Les patients psychiatriques commencent à bénéficier des mêmes droits que les patients non-psychiatriques. Ensuite, pendant les années 70-80, cet élan continue avec la volonté de baser les soins sur des approches psychotérapeutiques.[[Bibliographie|Rey-Bellet, Bardet Blochet, Ferrero, 2010, p.90-95]] &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L&#039;anti-psychiatrie: une nouvelle politique de la prise en charge  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les années 60, Michel Foucault a tenté d&#039;amorcer &amp;quot;un dialogue entre la psychiatrie et ses sujets&amp;quot; ([[Bibliographie|Rose, 2006, p.113]]) et dès 1971 avec la sortie de son ouvrage sur les prisons, c&#039;est à la critique de l&#039;univers carcéral et des rapports de pouvoir qu&#039;il s&#039;attelle (Surveiller et punir, 1971). Ces critiques, plus tard regroupées sous le nom d&#039;antipsychiatrie, visaient à remettre en question &amp;quot;la manière dont le pouvoir du médecin était impliqué dans la vérité de ce qu&#039;il disait et, inversement, la manière dont celle-ci pouvait être fabriquée et compromise par son pouvoir ([[Bibliographie|Rose, 2006, p.120-121]]). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;institution comme lieu d&#039;exclusion est mise à mal par une volonté de certains de supprimer ces lieux de contrainte, pour une vie libre dans la Cité (sectorisation) ou dans des communautés thérapeutiques (de préférence à la campagne) partant du présupposé que les conditions de vie des personnes sont déterminantes dans leur état de santé (avant même tout diagnostic). Par ailleurs, dans ces années-là, la vie quotidienne devient un objet d&#039;étude (la sociologie de la vie quotidienne), terreau de multiples expériences pédagogiques et thérapeutiques. Le slogan &amp;quot;La liberté est thérapeutique&amp;quot; s&#039;allie à une critique de la contrainte médicamenteuse et des pratiques de contention psychiatrique: elle donne ainsi une place à de nouvelles formes d&#039;&amp;quot;éducation spéciale&amp;quot; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Symptôme de ce changement le terme d&#039;&amp;quot;usagers&amp;quot; vient reléguer celui de &amp;quot;patients&amp;quot; donnant un nouveau statut aux personnes, écorchant ainsi le sacro saint pouvoir des médecins et des directions des institutions. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dès les années 70, le journal mensuel &amp;quot;Tout Va Bien&amp;quot; a consacré de nombreuses pages et numéros à la question de l&#039;anti-psychiatrie. Dès 1973, un groupe d’enquête s’est constitué pour dénoncer une certaine violence et certains abus de pouvoir au sein des asiles psychiatriques. Leur volonté était de déterritorialiser la psychiatrie. «&amp;amp;nbsp;La psychiatrie, c’est l’affaire de tout le monde&amp;amp;nbsp;». Ils voulaient faire exploser la loi du silence qui régnait dans ces lieux. Ils ont voulu dénoncer les rapports de pouvoir sévissant à l&#039;intérieur des murs psychiatriques, la soumission du malade à l’infirmier, la soumission de l’infirmier au médecin, la soumission du médecin aux pouvoirs de l’administrateur bailleur de fonds. Selon ce journal, le mouvement anti-psychiatrique serait né au début des années 60: La clinique psychiatrique de Bel Air, créée en 1900, a commencé à construire des pavillons ouverts avec l’arrivée de son nouveau directeur en 1959, Julian Ajuriaguerra. Son intention était de favoriser le retour de l’interné au plus vite dans leur milieu naturel, grâce à une hospitalisation de courte durée. Depuis 1963, le travail psychiatrique est sectorisé. On commence à organiser les soins dans des centres de consultation de quartier. Ainsi, les premières tentatives alternatives apparaissent en Suisse. Des travailleurs sociaux poursuivent une critique des institutions et contribuent à la création et au fonctionnement de centres (qui se différencient des institutions récupératrices) qui ont pour but de venir en aide à toute personne en crise. Exemple&amp;amp;nbsp;: le centre Liotard à Genève, créé par le réseau d’alternative à la psychiatrie de Suisse romande. En janvier 1975 se tient le premier congrès d’alternative à la psychiatrie de secteur (Congrès de Bruxelles, auquel participe un groupe de Genève: il s’en est inspiré pour animer des débats au centre Liotard&amp;amp;nbsp;: recherche d’alternatives concrètes répondant aux besoins des malades. A Lausanne, le 24 janvier 1976, est créé un réseau alternatif à la psychiatrie pour la Suisse romande, dont l’un des membres actifs s’appelle Alain Riesen, du Centre Liotard. Une commission formée aussi bien de psychiatrisés que de soignants s’est alors formée. Elle a remis en question le pouvoir des soignants. Selon cette commission, le but d’une alternative au secteur doit être la prise en main progressive par le malade de ses propres difficultés. Suite à des tentatives d’internement forcé, des tracts ont circulé, dénonçant les abus du pouvoir psychiatrique (voir les archives contestataires de Genève, Classeur Alain Riesen). Dès ce moment-là, une prise de conscience s&#039;opère: le patient ne veut plus être manipulé, il ne veut plus être le cobaye, il ne veut plus être muselé par le pouvoir du médecin. Il veut choisir son mode de guérison, il veut être actif dans le processus de guérison. Il convient alors de faire en sorte que ce soit le patient qui choisisse ou non son hospitalisation. Effectivement, médecins, contestataires et familles se sont rendus compte de l&#039;importance du choix du malade dans sa propre guérison. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A la fin des années 70, d&#039;autres mouvements anti-psychiatriques se répandent en Suisse et ailleurs: par exemple à la clinique de Bellelay, où son nouveau directeur a souhaité ouvrir les murs à son arrivée, et mettre à disposition des appartements protégés, voire même une maison de vacances pour ses patients. Le but était &amp;quot;que les malades puissent le plus possible avoir des contacts humains et une vie «&amp;amp;nbsp;normale&amp;amp;nbsp;» (TVB avril-mai 80). En Italie, Franco Basaglia, qui s’est appuyé entre autres sur les modèles de l’anti-psychiatrie anglaise et française pour mener sa lutte ([[Bibliographie|Cooper, Lang, Foucault, Caxtel]]), s&#039;en est pris aux conditions de vie moyenâgeuses réservées aux malades mentaux. En quelques années, il démantèle l’asile et expérimente les premiers éléments de sa conception territoriale (et non plus institutionnelle) de la folie&amp;amp;nbsp;: le malade est soigné dans son milieu social&amp;amp;nbsp;» (TVB 10 octobre 80). Suite à la mort atroce d&#039;Alain Urban lors d&#039;une cure de sommeil forcé à la clinique de Bel-Air, l&#039;ADUPSY ainsi que l&#039;Association des Médecins Progressiste ont déployé maints efforts pour alerter l&#039;opinion publique à propos des agissements soupçonneux de la clinque en question. Leurs revedications ont porté sur la suppression des isolements, la priorité données aux instruments de soin ambulatoire, l&#039;augmentation des effectifs globaux du personnel soignant, etc. Ils expriment également leur soutien aux revendications concernant le droit des patients&amp;amp;nbsp;: «&amp;amp;nbsp;Le consentement du patient ou de son entourage immédiat doit toujours être recherché, dans la thérapeutique comme dans la recherche&amp;amp;nbsp;». &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Alain Riesen nous a appris qu&#039;après les drames qui ont secoué Bel-Air, une commission d&#039;enquête a été créée, et c&#039;est non seulement le Directeur de cette clinique qui a été interrogé, mais également les patients, les soignants, ainsi que les cadres. Dès cet instant, &amp;quot;tout est ressorti&amp;quot;, amenant à une première évolution forte: la réforme de l&#039;institution psychiatrique. Le Pr Tissot est déstitué, et un changement au niveau de la législation se fait: le droit de recours apparaît, Le patient peut désormais exiger de faire valoir ses droits. Jusque là, le Réseau d&#039;Alternative à la psychiatrie pouvait intervenir sur demande, mais n&#039;avait pas de statut officiel. A partir de cette période, une Commission de surveillance fut mise sur pied (réunissant un juriste, un médecin indépendant, un représentant du Droit des patients), et quatre associations de défense du Droit des patients sont nées: l&#039;Association RÊVE (les &amp;quot;Entendeurs de voix&amp;quot;), l&#039;ADPED (Association des personnes ayant des troubles bi-polaires et dépressifs), l&#039;Expérience (travail artisanal double d&#039;un travail d&#039;entraide), et l&#039;AETOC (Association des personnes ayant des troubles obsessionnels et compulsifs). Selon Alain Riesen, l&#039;institution, malgré l&#039;avancée significative qui a été faite quant au droit des patients, garde les stigmates de l&#039;institution asilaire. &amp;quot;Il y a encore beaucoup de travail à faire pour faire éclater l&#039;institution dans sa dimension totalitaire&amp;quot;, dit-il en conclusion.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Psychiatrie et anti-psychiatrie  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le mouvement d&#039;anti-psychiatrie qui &amp;quot;s&#039;oppose d&#039;abord et avant tout à une forme de monopole du savoir médical&amp;quot; ([[Bibliographie|Mannoni, 1970]], p. 9) dénonce l&#039;autorité &amp;quot;morale et policière&amp;quot; (Mannoni, 1970, p. 21) du psychiatre. Toutefois, psychiatres et partisants de l&#039;anti-psychiatrie s&#039;accorde sur le fait que &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;la société place le psychiatre dans une position ambiguë&amp;amp;nbsp;: il est au service d&#039;un patient dont il a à défendre les droits mais il se trouve également placé en position d&#039;auxiliaire de la police dans un programme d&#039;internement qui est un processus d&#039;obligation de soins&#039;&#039; (Mannoni, 1970, p. 168). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les réponses apportées par les uns et par les autres pour essayer de lever cette ambiguité sont toutefois différentes. Si l&#039;anti-psychiatrie cherche plutôt à démystifier &amp;quot;le rôle que la société fait jouer à la psychiatrie&amp;quot; (Mannoni, 1970, p.168), à créer des lieux où la maladie mentale pourrait être réintérrogée (allant même jusqu&#039;à nier la notion de maladie mentale (Mannoni, 1970, p. 175) et à s&#039;éloigner des conceptions scientistes, certains psychiatres cherchent à remettre sur le devant de la scène un discours scientifique. &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;---Quand l&#039;antipsychiatrie est critique radicale de l&#039;institution, je suis antipychiatre; mais quand elle se réfugie dans la négation de la maladie mentale, je suis contre&#039;&#039;--- ([[Bibliographie|Sztulman, 1972]], p.107).&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les archives de la revue &amp;quot;L&#039;évolution psychiatrique&amp;quot;, les psychiatres non antipsychiatres se sont attelés, au début des années 70, à défendre leur point de vue scientifique et médical. Face au mouvement de protestation, ils ont écrits plusieurs articles afin de réhabiliter la psychiatrie et montrer les incohérences du mouvement anti-psychiatrique, non seulement dans ce qu&#039;il dénonce, mais également dans les solutions qu&#039;il propose. S&#039;ils reconnaissent un certain succès à l&#039;anti-psychiatrie &amp;quot;dans sa position de refus et de provocation&amp;quot; ([[Bibliographie|Barte, 1972]], p. 46), les solutions qu&#039;elle propose ne les satisfont guère. Pour certains membres de ce corps médical, la maladie mentale doit être reconnue comme &#039;&#039;phénomène nature&#039;&#039;l ([[Bibliographie|Ey, 1972]], p. 53). &amp;quot;En faisant volatiliser dans le néan l&#039;objet même de la psychiatrie qu&#039;est le malade mental, l&#039;anti-psychiatrie nie la souffrance humaine, nie le drame authentiquement humain que vit chaque malade mental (Barte, 1972, p. 46). Pour défendre ces patients malades, &amp;quot;fous&amp;quot;, pour les réhabiliter, il est nécessaire de &amp;quot;passer par la reconnaissance même de la psychiatrie, science critique et autonome et qui ne peut se fonder que sur la notion de maladie mentale conçue ni comme simple maladie des organes, ni comme simple maladie psychique&amp;quot; (Barte, 1972, p.47). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le malaise asilaire est reconnu par les non antipsychiatres et les antispychiatres. Il importe de traiter l&#039;institution en même termps que ses pensionnaires. Cependant, les non antipsychiatre récusent la résponsabilité de l&#039;hôpital psychiatrique dans la création de la folie, &amp;quot;même s&#039;il concourt parfois à statufier certaines présentations cliniques&amp;quot;. (Sztulman, 1972, p. 106). Face aux critiques sur l&#039;hôpital, notamment face à certains qui, comme Basaglia, refusaient l&#039;idée de traitement de malades et de médecins, les non antipsychiatres dénoncent la déstruction de l&#039;hôpital au profit d&#039;assemblées générales peu organisées. Sztulman (1972) pose la question&amp;amp;nbsp;: &amp;quot;A quoi ça sert&amp;amp;nbsp;? A quoi ça sert d&#039;être psychiatre là, ou femme de service,&amp;amp;nbsp; ou ergothérapeute puisque de tout façon chacun est dépouillé de son statut, et que les rôles sont&amp;amp;nbsp; inventer en permanence&amp;amp;nbsp;?&amp;quot; (p.102). Pour ces médecins, la négation de l&#039;inconscient et celle de la maladie mentale dans le mouvement antipsychiatrique amène des &#039;&#039;attitudes thérapeutiques particulièrement incohérentes &#039;&#039;(Sztulman, 1972, p. 101). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La question de l&#039;attribution de la maladie mentale à un fait organique ou plutôt à un fait culturel était alors au coeur de la bataille entre antipsychiatres et non antipsychiatres. Lors de l&#039;entretien mené avec Monsieur A. Riesen, ce dernier nous a expliqué que cette question est toujours d&#039;actualité et qu&#039;il n&#039;y a pas, aujourd&#039;hui encore, de définition claire de la part de la communauté scientifique. Dans les années 1970, les non antipsychiatres critiquaient l&#039;erreur de l&#039;antipsychiatrie dans sa croyance &amp;quot;&#039;&#039;en un principe de causalité univoque et direct de la psychose&amp;quot;&amp;amp;nbsp;&#039;&#039;(Sztulman, 1972, p.105). Dans le même article, Sztulamn déclare encore: &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&amp;quot;&#039;&#039;il est dogmatique et naïf de dire que la folie se développe en dehors de toute culture. Il est dogmatique et naïf de dire qu&#039;elle se limite à un fait culturel. De tout évidence, il n&#039;y a pas un modèle qu&#039;il soit organo, psycho ou socio-génétique de la maladie mentale, mais pluridéterminisme à pondération variable suivant les cas&#039;&#039;&amp;quot; (p. 105). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Monsieur Alain Riesen a bien décrit cette vision de &#039;&#039;pluridéterminisme&#039;&#039;. Il nous a expliqué que la conception de la maladie mentale comme unique produit d&#039;un système qui disfonctionne semble devoir se ranger derrière un système bio-psycho-social qui rencontre actuellement le plus de soutient de la part des professionnels du domaine psychiatrique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La fonction du médicament dans l&#039;approche anti-psychiatrique  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;apparition de la médication au début des années 1960 permet d&#039;éviter l&#039;internement. Elle soutient le changement qui s’opère dans les pratiques et donne l&#039;impression de pouvoir faire quelque chose. Elle fait transparaître un espoir aussi bien pour les praticiens que pour les patients puisque grâce aux médicaments il y a une diminution des hospitalisations, une augmentation des prises en charge ambulatoires et une augmentation des consultations. L&#039;avancée de la médecine et l’essor de la psychopharmacologie permettent alors de développer de nouvelles perspectives thérapeutiques et de nouveaux défis comme le soutien au patient et à sa famille, la mise en place de nouvelles structures. Il s&#039;agit ainsi de &amp;quot;jeter un pont entre l&#039;hôpital et la ville&amp;quot; (CMS, 1963, 7ème année, n°2 &amp;quot;L’assistance psychiatrique). Cependant, les connaissances récentes sur les effets de la médication et les abus sur son utilisation sont également soulevés. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;anti-psychiatrie se veut aussi anti-thérapeutique, ce qui lui est&amp;amp;nbsp; vivement reproché par les anti anti-psychiatres. Selon ces derniers, les anti-psychiatres considèrent que &amp;quot;les traitements sont à proscrire&amp;quot; ([[Bibliographie|Maurel, 1972]], p. 79). &amp;quot;Traiter, écrit Cooper, c&#039;est être intéressé à rendre le patient plus acceptable pour les autres...et lui faire manifester de moindre façon sa détresse&amp;quot; ([[Bibliographie|Maurel, 1972]], p. 79). Les anti anti-psychiatres militent ainsi pour une guérison grâce à des médicaments &#039;&#039;efficaces&#039;&#039; (au sens médical), selon des avis rapportés par les patients eux-mêmes. Selon les psychiatres opposés au courant anti-psychiatrique, ce-dernier vise &amp;quot;sans toujours l&#039;avouer à &amp;quot;soigner&amp;quot; clandestinement les &amp;quot;malades&amp;quot;&amp;quot; (Maurel, 1972, p.80), ce qui est selon Maurel et ses collègues, une contradiction.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L&#039;influence du concept de normalisation dans l&#039;anti-psychiatrie ==&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Cécilia Zuccone</name></author>
	</entry>
	<entry>
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		<title>La désinstitutionalisation dans le champ de l&#039;éducation spéciale 1960-1980</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=La_d%C3%A9sinstitutionalisation_dans_le_champ_de_l%27%C3%A9ducation_sp%C3%A9ciale_1960-1980&amp;diff=9053"/>
		<updated>2011-12-13T20:43:55Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Cécilia Zuccone : /* Prémisses de critiques aux institutions traditionnelles */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
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&lt;br /&gt;
Université de Genève&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Introduction  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A l&#039;heure où l&#039;on peut constater de &amp;quot;nouvelles exclusions&amp;quot; au nom de la protection des citoyennes et des citoyens inquiétantes pour certains, car &amp;quot;ruinant ainsi des décennies d&#039;efforts de déségrégation, désexclusion, de &amp;quot;retour du schizophrène dans la cité&amp;quot; (Dr.Patrick Lemoine, Le mystère du nocebo, Paris. Odile Jacob, 2011, p.69), un certain nombre de questions se posent pour mieux comprendre l&#039;histoire de l&#039;éducation spéciale, à la fois politique (anti-psychiatrie, sectorisation), sociale et culturelle (intégration, normalisation, désinstitutionalisation, communauté de vie, communauté thérapeutique) dans les décennies des Trente glorieuses (1960-1990) pendant lesquelles a soufflé un vent de contestation des politiques institutionnelles. Un esprit contestataire a émergé en particulier dès les années 1970 (post soixante-huit) provoquant dans le champ de la prise en charge des personnes dites aujourd&#039;hui &amp;quot;à besoins particuliers&amp;quot; un élan de remise en question de l&#039;institution, du pouvoir des médecins, de la contrainte institutionnelle et médicamenteuse. Peu de travaux ont encore exploré ce champ, à Genève, sinon pour étudier l&#039;histoire de Mai 68 et du mouvement féministe. (voir notamment Julie de Dardel, Révolution sexuelle et Mouvement de libération des femmes à Genève (1970-1977). Lausanne: Antipode, 2007).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La recherche proposée vise à mieux comprendre comment, à Genève, le champ de l&#039;éducation spéciale et celui de la psychiatrie a été touché par cette contestation. Elle fait suite à celle engagée en 2010 et 2011 sur l&#039;histoire de l&#039;intégration scolaire des enfants handicapés mentaux [[Pionniers de l&#039;intégration scolaire des enfants handicapés à Genève]] et La génération intégration 1970-1980: un slogan pour quelles réalités sociales? [[Article 2011]]. Les recherches précédentes ont montré à la fois la complexité des pratiques d&#039;intégration amenant souvent un écart entre discours et pratique, ainsi que les résistances à penser le handicap sans mettre une ligne de démarcation entre norme et hors norme, entre enfant éducable et non éducable, limite souvent mal définie et dépendante des représentations (malédiction du handicap). Au début des années 60, l&#039;intégration apparaît d&#039;abord pour les parents, dont les enfants étaient encore entièrement dans la famille, une intégration dans des institutions à créer. Le Pavillon des Grand Bois à l&#039;hôpital psychiatrique de Bel-Air représentant encore une solution &amp;quot;intégratrice&amp;quot; pour les enfants les plus difficiles à éduquer et les moins autonomes. Le concept de [[Dictionnaire|normalisation]] vient s&#039;accoler à celui d&#039;intégration pour rapprocher toute déviance d&#039;une norme sociale (en terme d&#039;habitat, d&#039;activité, voire de comportements). Ainsi le milieu ouvert (comme Aigues-Verte par exemple) peut apparaître comme plus proche d&#039;une vie quotidenne &amp;quot;normale&amp;quot; et donc plus intégrant. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La [[Dictionnaire|désinstitutionalisation]] qui fait l&#039;objet de cette nouvelle recherche est d&#039;abord issue des milieux de l&#039;anti-psychiatrie (et donc ni des associations de parents ni des milieux pédagogiques); on peut apparenter idéologiquement ce mouvement anti-psychiatrique avec un objectif de normalisation dans le sens de rapprocher les personnes prises en charge de la vie quotidienne de tout un chacun. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi malgré des différences d&#039;application ces différents courants pourraient être affiliés à celui libertaire qui a essaimé dans différents champs du social entre 1970 et 1990. C&#039;est dans une perspective de compréhension de l&#039;histoire des idées et des pratiques du mouvement anti-psychiatrique genevois que s&#039;inscrit cette recherche. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un premier temps, cette page d&#039;histoire sera située dans une &amp;quot;tradition&amp;quot;: d&#039;une part celle du traitement de la différence (notamment depuis les travaux des psycho-pédagogues du début du 20e siècle comme Alfred Binet à Paris, Edouard Claparède à Genève ou Ovide Decroly à Bruxelles); et d&#039;autre part dans une tentative dès les années vingt en Angleterre (voir Libre enfants de Summerhill), mais surtout pendant et dans l&#039;après deuxième guerre mondiale (voire les communautés d&#039;enfants victimes de la guerre), de multiplier les expériences de vie communautaire issue du scoutisme, des mouvements de jeunesse, de l&#039;éducation nouvelle et de l&#039;éducation internationaliste et pacifiste, des colonies de vacances et camps CEMEA, s&#039;opposant à une autre tradition hospitalière (couvent, Bon Pasteur, Hospice, institutions de prises en charge spécialisées). Ce faisant, nous dégagerons des signes précurseurs de &amp;quot;désinstitutionalisation&amp;quot; pour des structures plus petites, parfois médicalisées (les écoles de plein-air), mais avant tout proches de la nature et des besoins des individus. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un second temps, nous étudierons la période 1960-1980 laquelle a vu émerger un mouvement anti-psychiatrique (critique de l&#039;hôpital, du pouvoir médical, de la médicalisation à outrance et de la contrainte) pour une critique radicale visant le pouvoir institutionnel et entraînant des pratiques novatrices, lesquelles demandent à être mieux étudiées nbsp: 1. dans leurs objectifs (désinstitutionalisation ou déshospitalisation versus sectorisation)? 2. dans le choix fait des traitements: médicaux (traitement ambulatoire) ou éducatif et thérapeutique? 3. dans l&#039;évaluation faite des populations concernées par une prise en charge alternative 4. dans le rôle joué par la psychanalyse comme alternative au traitement médicaux et comme modèle thérapeutique (notamment dans les communautés cf. film de Catherine Scheuchzer) 5. dans le rôle donné aux familles et le poids qui leur est fait supporter (en terme financier, de responsabilité, de culpabilité,...) et en particulier à l&#039;égard des mères et des femmes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il s&#039;agira de mieux comprendre si l&#039;anti-psychiatrie est dans les années 1960-1980 une nouvelle manière de faire de la psychiatrie ou si elle est une véritable contestation de l&#039;institution asilaire et si les modèles alternatifs proposés ne seraient pas sous couvert d&#039;idéologie libertaire une façon de baisser les coût de la santé en temps de crise. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour ce faire, nous avons travaillé sur des articles et avec une bibliographie d&#039;ouvrages &amp;quot;classiques&amp;quot;, livres de références pour les acteurs/trices de la période considérées, puis nous avons dépouillé des revues professionnelles pour saisir les thématiques qui ont traversé alors le champs de la psychiatrie et de l&#039;éducation spécialisée; dans un second temps la recherche s&#039;est portée sur un fond d&#039;archives de l&#039;Association Les archives contestataires (fonds Alain Riesen/Schuller) dont un des donateurs d&#039;archives, Alain Riesen, est le fondateur de l&#039;Arcade 84 et militant de l&#039;anti-psychiatrie genevoise. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un troisième temps nous avons effectué un entretien vidéo (un plan fixe) afin de lui poser cinq questions issues de la recherche collective dans les archives et dans la littérature afin d&#039;avoir son témoignage sur l&#039;histoire de l&#039;anti-psychiatrie, de la désinstitutionalisation et des communautés thérapeutiques entre 1960 et 1980.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Revue de la littérature  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les revues professionnelles et contestataires entre 1970 et 1990  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un certains nombres de revues professionnelles ont été dépouillée pour la période 1970-1980. Soit Sauvegarde de l&#039;enfance, Déviance et Soicété,... &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Durant la période de 1970 à 1985, la revue &amp;quot;Sauvegarde de l&#039;enfance&amp;quot; n&#039;a publié aucune revue, voire même aucun article consacrés au thème de notre étude, à savoir la désinstitutionnalisation dans le champ de l&#039;éducation spéciale. Au premier abord on pourrait donc tirer la conclusion selon laquelle ce champ d&#039;étude ou ce mouvement n&#039;était que peu présent à cette époque. Toutefois, en se penchant davantage sur les sujets traités dans cette revue, on se rend compte que les auteurs de celle-ci n&#039;ont pas abordé la désinstitutionnalisation en tant que telle, mais l&#039;ont abordée par les effets qu&#039;elle a pu engendré à cette époque. Effectivement, on peut observer des thèmes comme la formation des éducateur en centre de jour ou en maison d&#039;accueil, la relation entre famille et société, l&#039;école ordinaire, l&#039;adolescence et la violence ou encore l&#039;aide sociale, autant de thèmes qui ont largement découlé de ce mouvement désinstitutionnel. Il est donc fort intéressant de se pencher sur les champs d&#039;action de ce type de revues, afin de mieux comprendre quel était le climat politique, les préoccupations, les tendances de la période qui nous intéresse. D&#039;ailleurs, nous retrouverons tout au long de cet article de nombreuses références aux thèmes traités par le revue &#039;&#039;Sauvegarde de l&#039;enfance&#039;&#039;.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Prémisses de critiques aux institutions traditionnelles  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Jusqu&#039;à la fin du XVIIIe siècle, les hôpitaux psychiatriques internaient une population bien différente de celle accueillie au XXe siècle. [[Bibliographie|Cléopâtre Montandon&amp;amp;nbsp;(1978)]]&amp;amp;nbsp; nous dévoile que les populations désignées comme relevant de l&#039;univers psychiatrique étaient très fortement liées à l&#039;univers carcéral. Effectivement, jusqu&#039;au XVIIIe siècle, les criminels étaient considérés comme &amp;quot;fous&amp;quot; ou &amp;quot;aliénés&amp;quot; et se voyaient enfermés, voire même enchaînés dans des &amp;quot;maisons de discipline&amp;quot; ou dans des &amp;quot;hôpitaux pour fous&amp;quot;. A cette époque, seule la justice décidait du lieu d&#039;incarcération des individus criminels. Peu à peu, des distinctions se sont faites pour montrer que certains criminels aliénés relevaient davantage de la psychiatrie, et se définissaient essentiellement par une responsabilité restreinte et une santé mentale défaillante. Ce sont alors ces personnes, désignées comme ne pouvant accomplir leur rôle social, que les hôpitaux psychiatriques ont admis dans leurs locaux. Pour décider et justifier ces internements, la justice ne pouvait agir seule. &amp;quot;Ce n&#039;est qu&#039;à partir de 1936 que l&#039;autorisation d&#039;un internement est délivré sur vue d&#039;un certificat médical par le Département de la prévoyance sociale et de la santé publique&amp;quot;. Ainsi, on voit combien la société évolue en définissant clairement et sur preuves médicales qui peut être &#039;&#039;placé&#039;&#039; en hôpital psychiatrique. Da&#039;illeurs, c&#039;est à partir de 1838 qu&#039;une loi voit le jour à Genève concernant l&#039;internement des &amp;quot;aliénés&amp;quot;. On parlera dès lors de&#039;&#039;placement&#039;&#039;.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On peut également noter que les préoccupations principales de la période du XVIIIe au début du XXe siècle se restreignaient principalement à la sécurité, et de fait au &#039;&#039;placement&#039;&#039; de ces personnes. Où pouvait-on mettre physiquement ces personnes différentes pour qu&#039;elles ne nuisent pas à la société? Que pouvait-on faire d&#039;elles? Qui pouvait s&#039;en occuper? Que faire avec ces personnes? On observe dès lors que, pendant plusieurs siècles, ces personnes étaient enfermées, dénuées de tous sens, de toute sensibilité, et de toute éducation, en recevant néanmoins de plus en plus de médicaments censés les calmer ou les soigner. Il faudra alors attendre la fin du XIXe siècle pour entrevoir une forme d&#039;éducation de ces personnes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans son article, &amp;quot;La naissance de l&#039;institutions pour aliénés&amp;quot; à Genève au 19e siècle, Alain Riesen montre que la problématique de l&#039;internement est grandissante et que &amp;quot;l&#039;inhumanité de l&#039;enfermement&amp;quot; (Riesen, 198 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au début du XXe siècle, Binet et Simon (1907)&amp;amp;nbsp; &#039;&#039;donnent une nouvelle forme cognitive de l&#039;éducation spéciale qui perdurera au moins jusqu&#039;au années 1960&#039;&#039; ([[Bibliographie|Chauvière et Plaisance, 2003, p. 32]]).&amp;amp;nbsp; A cette époque là, on distinguait les arriérés d&#039;asiles, non éducables et à laisser entre les mains des médecins, des arriérés d&#039;école. Ainsi, des institutions apparurent en servant d&#039;intermédiaire entre l&#039;hôpital et la classe ordinaire. Dans ces premières institutions, la pédagogie était &#039;&#039;inspirée par l&#039;atelier, c&#039;est-à-dire guidée par la mise en oeuvre de travaux manuels et d&#039;exercices pratiques &#039;&#039;([[Bibliographie|Chauvière et Plaisance, 2003, p. 33]]). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dès les années 1960,&amp;amp;nbsp; de nombreuses institutions privées pour enfants handicapés ou en difficultés se développent, majoritairement sous l&#039;impulsion d&#039;associations de parents. Ces derniers ont été amenés à &#039;&#039;créer et à gérer des institutions de type médico-éducatif&#039;&#039; &#039;&#039;pour éviter à leurs enfants d&#039;être relégués dans des services d&#039;hôpitaux psychiatriques ou d&#039;être seulement en survie à leur domicile&#039;&#039; (Chauvière er Plaisance, 2003, p.35). Aujourd&#039;hui, les institutions, à Genève, semblent toujours être un peu sur le même modèle, celui de &amp;quot;l&#039;alliance&amp;quot; entre le médical et le pédagogique (qui regroupe aussi l&#039;aspect éducatif). Si on ne cherche peut-être plus à éviter aux élèves la reléguation en psychiatrie, on les place dans des lieux parfois hors de tout cursus ordinaire et loin de la norme. Ce qui questionne enfin sur qu&#039;est-ce que la normalisation? Et où mettre la limite à une vie comme tout le monde avec un handicap: la liberté (permissivité, autonomie) des années 1970 a-t-elle fait l&#039;impasse sur la souffrance des individus face aux exigences thérapeutiques et pédagogiques? La communauté d&#039;enfants (pédagogique, institutionnelle, thérapeutique) est-elle un modèle &amp;quot;utile&amp;quot; en temps de crise des institutions: peu coûteux, demandant un engagement au quotidien (vie quotidienne) du collectif pédagogique et thérapeutique (donc assurant un &amp;quot;contrôle social&amp;quot; maximal), ....&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La communauté: un modèle alternatif à l&#039;institution fermée  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des «&amp;amp;nbsp;communautés thérapeutiques&amp;amp;nbsp;» ont été créées en réaction aux enfermements asilaires prônés jusque-là mais qui commençaient à être pointés du doigt, car considérés comme déshumanisants. Bien que créées tout d&#039;abord pour répondre aux phénomènes de dépendances (toxicomanies, par exemple), on trouve, dès la fin des années 60, des communautés thérapeutiques en Angleterre, en France, en Suisse et au Québec, destinées au secteur de la psychiatrie. Avec la naissance de ces communautés thérapeutiques, une nouvelle approche de la psychose en-dehors des lieux de soins traditionnels s&#039;est développée (Schatzman, 1969; Barnes et Berke, 1973; Fabre, 1978; Lecomte et Tourigny, 1983a). Leur but est de créer un milieu &amp;quot;naturel&amp;quot;, en reconstituant les structures d’une «&amp;amp;nbsp;macro famille&amp;amp;nbsp;» ou d’une «&amp;amp;nbsp;mini société&amp;amp;nbsp;», plus rassurantes : on trouve par exemple la Communauté des Sablons, (Maison d&#039;enfants à caractère social et familial (76270 Saint-Saire), ou, en Suisse, le foyer de Tavel qui a vécu cinq ans (1975-1980). Dans le film de Catherine Scheuchzer, «&amp;amp;nbsp;Dans l’aventure du non, la parole&amp;amp;nbsp;», (tourné à Boulens, dans la campagne vaudoise, dans les années 70 ), on découvre, dans un décor post soixante huitard, très simplement, dans un rythme extrêmement lent, des adultes et des enfants en interaction, «&amp;amp;nbsp;comme dans la vraie vie&amp;amp;nbsp;». Cette expérience est décrite comme «&amp;amp;nbsp;une véritable expérience d’éveil à la vie&amp;amp;nbsp;», qui «&amp;amp;nbsp;prend le contre-pied du placement en institution psychiatrique&amp;amp;nbsp;» (L’Est vaudois, 19.11.92). Plutôt que de considérer cette population d&#039;enfants, comme on le faisait en asile, comme des fous, murés dans leur silence, leurs excentricités, on veut les considérer comme des partenaires, des interlocuteurs. Le but est effectivement de les faire participer au quotidien d’une maisonnée, plutôt que de créer des ateliers protégés artificiels. De la sorte, ils sont poussés à se dépasser, à faire des expériences par eux-mêmes, sans avoir nécessairement recours au soutien d’un adulte. Il semble qu&#039;à cette époque, cette nouvelle façon de considérer les enfants autistes comme étant capables d’autonomie, capables d’agir, ait apporté un peu d’humanité dans leur prise en charge. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;enfant&amp;amp;nbsp; ainsi placé dans une communauté thérapeutique vaudoise est-il plus &amp;quot;intégré&amp;quot; que s&#039;il était dans une institution considérée par ces acteurs alternatifs du &amp;quot;système&amp;quot; comme un ghetto? Il en va de même avec le terme désinstitutionalisation? Qu&#039;est-ce que l&#039;institution? Il y en a des &amp;quot;bonnes&amp;quot; (maternantes, enveloppantes, naturelles...) et de &amp;quot;mauvaises&amp;quot; (contraignantes, mortifères) (sur ce point les travaux de Fernand Oury puis de Jacques Pain mériteraient qu&#039;on s&#039;y attache (voir la psychothérapie institutionnelle sur le site de Jacques Pain: http://www.jacques-pain.fr).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La désinstitutionalisation  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon des sources internet, le mouvement de désinstitutionalisation semble avoir débuté vers 1960 (même s’il semble qu’il y ait eu un prélude à la désinstitutionnalisation au début du 19e siècle (L’Institut universitaire en santé mentale de Québec par exemple - La désinstitutionnalisation, http://caringminds.ca/index.php?option=com_content&amp;amp;amp;view=article&amp;amp;amp;id=62&amp;amp;amp;Itemid=43&amp;amp;amp;lang=fr&amp;amp;amp;limitstart=7). Certains observent le début de ce mouvement en Scandinavie, d’autres au Québec. Dans tous les cas, il s’agit d’un mouvement d&#039;ouverture vers la communauté, d’une volonté de «normalisation»[[Normalisation]] &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le mouvement de désinstitutionnalisation s&#039;appuie avant tout sur une philosophie qui met l&#039;accent sur les droits et les libertés des individus, et elle vise à humaniser les soins de santé mentale. ([http://agora-2.org/thematiques/inaptitude.nsf/Dossiers/Desinstitutionnalisation Encyclopédie de l’Agora]). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;horreur suscitée par les politiques nazies du meurtre eugénique des malades psychiatriques et les camps de concentration pendant la Seconde guerre mondiale, ont attirer l’attention sur les pratiques «&amp;amp;nbsp;déshumanisantes&amp;amp;nbsp;» dans les soins psychiatriques en santé mentale, (séquestration, mauvais traitements en tout genre, manque de formation des professionnels). (Voir [http://id.erudit.org/iderudit/032417ar Martin, 1984 et Claire Henderson et Graham Thornicroft], Santé mentale au Québec, vol. 22, n° 2, 1997, p. 88-114. ) Les années d’après-guerre ont vu un accroissement de l’intérêt porté à l’institution comme objet d’étude. Certains auteurs parlent de l’institution comme étant «&amp;amp;nbsp;névrosante&amp;amp;nbsp;», «&amp;amp;nbsp;façonnant et codifiant les gens dans le rôle de patient psychiatrique&amp;amp;nbsp;» (Goffman (1961). On observe dans les années 60 une disparition du personnel religieux des hôpitaux. Naît alors une nouvelle conception de l’individu, une évolution des attitudes envers le malade&amp;amp;nbsp;; on veut le sortir des murs de l’asile psychiatrique. On commence à parler, à cette époque, du «&amp;amp;nbsp;droit de la personne&amp;amp;nbsp;». Des idéaux humanitaires amènent alors à une nouvelle vision de la maladie mentale. Il semble que ce mouvement de désinstitutionnalisation soit également lié à l’apparition des pratiques de pharmacopée. Effectivement, «&amp;amp;nbsp;Ces nouveaux médicaments permettaient de calmer les malades agités, délirants, hallucinés et ainsi permettre d&#039;envisager et de généraliser des traitements psychiques dans des conditions plus réalistes ou encore, lorsque c&#039;était possible, d&#039;envisager un retour au domicile ou dans des structures intermédiaires&amp;amp;nbsp;».([http://fr.wikipedia.org/wiki/Psychiatrie déf. du mot «&amp;amp;nbsp;psychiatrie&amp;amp;nbsp;»]). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On a le désir de «normaliser&amp;amp;nbsp;» leurs conditions de vie. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les années 60, la personne «&amp;amp;nbsp;déficiente intellectuellement&amp;amp;nbsp;» est encore considérée comme un «&amp;amp;nbsp;malade&amp;amp;nbsp;». Toutefois, on ne considère plus le malade mental comme un malade incurable, mais davantage comme un sujet pouvant être aidé et guéri. On met en avant le fait que la maladie mentale ne nécessite pas nécessairement une hospitalisation, et qu’elle doit être considérée comme une quelconque maladie. On externalise, on invente la psychiatrie de secteurs, on commence à intégrer des services pour les malades mentaux dans des hôpitaux ou cliniques. On évite ainsi la stigmatisation des malades mentaux placés pour de longues périodes en asile psychiatrique, et on leur évite la perte de leurs facultés leur permettant de se réintégrer dans la société. On redonne alors un rôle à la communauté, tout en accordant des responsabilités aux familles. La patient devient alors le coeur de l&#039;intérêt des praticiens. ([http://www.promentesana.org/upload/application/trimes_43.pdf in Lettre trimestrielle de l’association romande Pro Mente Sana])&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme il l&#039;a déjà été dit, la désinstitutionalisation a permis aux personnes présentant des troubles psychiatriques de sortir de ce milieu assimilé pendant de nombreuses années, au milieu carcéral. Mais une fois &amp;quot;libérées&amp;quot; où vont ces personnes? A ce sujet,&amp;amp;nbsp; [[Bibliographie|N. Carpentier (2001)]] affirme dans son article que 60 à 70&amp;amp;nbsp;% des patients retournent dans leur famille après l’hospitalisation. Plusieurs articles ont démontré que l&#039;arrivée d&#039;un malade dans une famille, avait de lourde conséquence sur celle-ci. Avant d’en venir aux conséquences, il me semble nécessaire de revenir sur la représentation des professionnels, sur les familles des patients. Pour cela, il est intéressant de revenir sur l&#039;évolution de la vision des professionnels sur la famille. En d&#039;autres termes, comment la famille, alors qu&#039;elle était considérée comme coupable de la maladie de l&#039;un de ses membre, est devenue un partenaire idéal?&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour développer ceci, revenons tout d&#039;abord au début du XXème siècle. A cette époque, la famille était considérée comme étant la cause, à l&#039;origine de la maladie de leur enfant. Autrement dit, les professionnels affirmaient que la maladie mentale était un problème génétique, héritée de plusieurs générations antérieures. Ensuite, les années cinquante ont apporté un premier renversement dans la vision des familles sur la maladie de leur enfant. En effet, la famille était perçue comme étant un «&amp;amp;nbsp;système réagissant aux troubles mentaux de l’un de ses membres, plutôt qu’en tant que système causant des désordres psychiques&amp;amp;nbsp;» ([[Bibliographie|Carpentier, 2001, p.84]]). Ce changement de perspective est en lien avec l’arrivée d’une politique qui favorise les hospitalisations de courte durée. En d’autres termes, les familles commencent à être perçues comme une solution aux changements politiques. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les années 60, la psychiatrie adopte une vision centrée sur la communauté. Ce changement va être très favorable pour les familles, puisqu’il permet à ces dernières de se déresponsabiliser des troubles mentaux. Ainsi, toujours selon Carpentier, à cette époque «&amp;amp;nbsp;les désordres psychiques [doivent être étudiés] sous l’angle de l’isolement social, des désavantages sociaux, puis selon la présence de stresseurs sociaux et économique&amp;amp;nbsp;»( p.89) .&amp;lt;br&amp;gt;Ainsi, au fur et à mesure que le mouvement de désinstitutionalisation est mis en place, les politiciens et les professionnels considèrent la famille comme étant une solution au problème. En effet, la famille est perçue comme «&amp;amp;nbsp;une source privilégiée de soutien émotionnel et social ainsi que comme place de choix pour relocaliser le patient psychiatrique.&amp;amp;nbsp;» ([[Bibliographie|Carpentier, 2001, p.91]]. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Jusqu&#039;à présent, nous avons relevé l&#039;évolution de la perception de la famille aux yeux des professionnels. Mais comment la famille voit-elle ce changement? A ce sujet, [[Bibliographie|R. Therrien (1990)]] affirme que sur le plan économique et émotionnel, la désinstitutionnalisation demande beaucoup aux familles, surtout aux femmes. En effet, toujours selon R.Therrien, avoir quelqu&#039;un ayant des problèmes mentaux à la maison provoque beaucoup de stress chez les familles. Dans certaines familles, un malade peut devenir un véritable &amp;quot;fardeau&amp;quot;, puisque celui-ci impose beaucoup de contraintes. Effectivement, avoir une personne malade à la maison peut engendrer des conséquences telles que la réduction des loisirs habituels, les sorties avec nos amis, par peur d&#039;être jugé, ou encore avoir des problèmes avec nos voisins, car les comportement de notre enfant, ou mari dérange. Tous ces problèmes ont un impacte très fort sur la famille d&#039;autant plus qu&#039;elle n&#039;est pas aidée, ni reconnue pour tout ce qu&#039;elle fait pour la personne malade. &amp;amp;nbsp; &amp;lt;br&amp;gt; A propos de la lourde responsabilité des parents, il me vint une autre question: est-ce que les familles ne finissent pas elles aussi à un moment donné par tomber malade? A ce sujet, monsieur [[Bibliographie|Alain Riesen]] a témoigné que selon lui, quand une famille devait prendre en charge un de ses membres malade, il ne fallait pas qu&#039;elle reste seul, mais elle devait en parler, faire partager ce qu&#039;elle vivait au quotidien. C&#039;est donc, pour ces raisons-là que des thérapies familiales ont vu le jours.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L&#039;élan contestataire des années 70 à Genève  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En Suisse un même mouvement historique a été observé. Selon le médecin Christian Monney, on y a dénoncé les mêmes agissements qu’ailleurs&amp;amp;nbsp;: enfermement, répression, qui étaient là non pour aider le malade, mais pour protéger l’ordre public. On y mêlait, écrit-il, infirmes, orphelins, indigents et fous… (Dr Christian MONNEY, 1999, à l’occasion des 100 ans de l’Hôpital de Malévoz). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Or, dès 1965, des consultations ambulatoires sont créées et les séjours hospitaliers peuvent ainsi se raccourcir. Les moyens de contention sont contestés. Des établissements médico-éducatifs apparaissent, comme [http://www.castalie.ch/home.php?include=textes&amp;amp;lng=1&amp;amp;id=18&amp;amp;idmenu=14 la Castalie en Valais], grâce au Dr Rey-Belley, en 1972 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Genève, l&#039;élan contestataire débute lorsque Julian de Ajuriaguerra est nommé directeur de Bel-Air en 1959. C&#039;est donc à ce moment-là que le mouvement de désinstitutionnalisation naît. En effet, on commence à critiquer les asiles et à vouloir modifier le fonctionnement de l&#039;hôpital psychiatrique. Les patients psychiatriques commencent à bénéficier des mêmes droits que les patients non-psychiatriques. Ensuite, pendant les années 70-80, cet élan continue avec la volonté de baser les soins sur des approches psychotérapeutiques.[[Bibliographie|Rey-Bellet, Bardet Blochet, Ferrero, 2010, p.90-95]] &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L&#039;anti-psychiatrie: une nouvelle politique de la prise en charge  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les années 60, Michel Foucault a tenté d&#039;amorcer &amp;quot;un dialogue entre la psychiatrie et ses sujets&amp;quot; ([[Bibliographie|Rose, 2006, p.113]]) et dès 1971 avec la sortie de son ouvrage sur les prisons, c&#039;est à la critique de l&#039;univers carcéral et des rapports de pouvoir qu&#039;il s&#039;attelle (Surveiller et punir, 1971). Ces critiques, plus tard regroupées sous le nom d&#039;antipsychiatrie, visaient à remettre en question &amp;quot;la manière dont le pouvoir du médecin était impliqué dans la vérité de ce qu&#039;il disait et, inversement, la manière dont celle-ci pouvait être fabriquée et compromise par son pouvoir ([[Bibliographie|Rose, 2006, p.120-121]]). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;institution comme lieu d&#039;exclusion est mise à mal par une volonté de certains de supprimer ces lieux de contrainte, pour une vie libre dans la Cité (sectorisation) ou dans des communautés thérapeutiques (de préférence à la campagne) partant du présupposé que les conditions de vie des personnes sont déterminantes dans leur état de santé (avant même tout diagnostic). Par ailleurs, dans ces années-là, la vie quotidienne devient un objet d&#039;étude (la sociologie de la vie quotidienne), terreau de multiples expériences pédagogiques et thérapeutiques. Le slogan &amp;quot;La liberté est thérapeutique&amp;quot; s&#039;allie à une critique de la contrainte médicamenteuse et des pratiques de contention psychiatrique: elle donne ainsi une place à de nouvelles formes d&#039;&amp;quot;éducation spéciale&amp;quot; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Symptôme de ce changement le terme d&#039;&amp;quot;usagers&amp;quot; vient reléguer celui de &amp;quot;patients&amp;quot; donnant un nouveau statut aux personnes, écorchant ainsi le sacro saint pouvoir des médecins et des directions des institutions. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dès les années 70, le journal mensuel &amp;quot;Tout Va Bien&amp;quot; a consacré de nombreuses pages et numéros à la question de l&#039;anti-psychiatrie. Dès 1973, un groupe d’enquête s’est constitué pour dénoncer une certaine violence et certains abus de pouvoir au sein des asiles psychiatriques. Leur volonté était de déterritorialiser la psychiatrie. «&amp;amp;nbsp;La psychiatrie, c’est l’affaire de tout le monde&amp;amp;nbsp;». Ils voulaient faire exploser la loi du silence qui régnait dans ces lieux. Ils ont voulu dénoncer les rapports de pouvoir sévissant à l&#039;intérieur des murs psychiatriques, la soumission du malade à l’infirmier, la soumission de l’infirmier au médecin, la soumission du médecin aux pouvoirs de l’administrateur bailleur de fonds. Selon ce journal, le mouvement anti-psychiatrique serait né au début des années 60: La clinique psychiatrique de Bel Air, créée en 1900, a commencé à construire des pavillons ouverts avec l’arrivée de son nouveau directeur en 1959, Julian Ajuriaguerra. Son intention était de favoriser le retour de l’interné au plus vite dans leur milieu naturel, grâce à une hospitalisation de courte durée. Depuis 1963, le travail psychiatrique est sectorisé. On commence à organiser les soins dans des centres de consultation de quartier. Ainsi, les premières tentatives alternatives apparaissent en Suisse. Des travailleurs sociaux poursuivent une critique des institutions et contribuent à la création et au fonctionnement de centres (qui se différencient des institutions récupératrices) qui ont pour but de venir en aide à toute personne en crise. Exemple&amp;amp;nbsp;: le centre Liotard à Genève, créé par le réseau d’alternative à la psychiatrie de Suisse romande. En janvier 1975 se tient le premier congrès d’alternative à la psychiatrie de secteur (Congrès de Bruxelles, auquel participe un groupe de Genève: il s’en est inspiré pour animer des débats au centre Liotard&amp;amp;nbsp;: recherche d’alternatives concrètes répondant aux besoins des malades. A Lausanne, le 24 janvier 1976, est créé un réseau alternatif à la psychiatrie pour la Suisse romande, dont l’un des membres actifs s’appelle Alain Riesen, du Centre Liotard. Une commission formée aussi bien de psychiatrisés que de soignants s’est alors formée. Elle a remis en question le pouvoir des soignants. Selon cette commission, le but d’une alternative au secteur doit être la prise en main progressive par le malade de ses propres difficultés. Suite à des tentatives d’internement forcé, des tracts ont circulé, dénonçant les abus du pouvoir psychiatrique (voir les archives contestataires de Genève, Classeur Alain Riesen). Dès ce moment-là, une prise de conscience s&#039;opère: le patient ne veut plus être manipulé, il ne veut plus être le cobaye, il ne veut plus être muselé par le pouvoir du médecin. Il veut choisir son mode de guérison, il veut être actif dans le processus de guérison. Il convient alors de faire en sorte que ce soit le patient qui choisisse ou non son hospitalisation. Effectivement, médecins, contestataires et familles se sont rendus compte de l&#039;importance du choix du malade dans sa propre guérison. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A la fin des années 70, d&#039;autres mouvements anti-psychiatriques se répandent en Suisse et ailleurs: par exemple à la clinique de Bellelay, où son nouveau directeur a souhaité ouvrir les murs à son arrivée, et mettre à disposition des appartements protégés, voire même une maison de vacances pour ses patients. Le but était &amp;quot;que les malades puissent le plus possible avoir des contacts humains et une vie «&amp;amp;nbsp;normale&amp;amp;nbsp;» (TVB avril-mai 80). En Italie, Franco Basaglia, qui s’est appuyé entre autres sur les modèles de l’anti-psychiatrie anglaise et française pour mener sa lutte ([[Bibliographie|Cooper, Lang, Foucault, Caxtel]]), s&#039;en est pris aux conditions de vie moyenâgeuses réservées aux malades mentaux. En quelques années, il démantèle l’asile et expérimente les premiers éléments de sa conception territoriale (et non plus institutionnelle) de la folie&amp;amp;nbsp;: le malade est soigné dans son milieu social&amp;amp;nbsp;» (TVB 10 octobre 80). Suite à la mort atroce d&#039;Alain Urban lors d&#039;une cure de sommeil forcé à la clinique de Bel-Air, l&#039;ADUPSY ainsi que l&#039;Association des Médecins Progressiste ont déployé maints efforts pour alerter l&#039;opinion publique à propos des agissements soupçonneux de la clinque en question. Leurs revedications ont porté sur la suppression des isolements, la priorité données aux instruments de soin ambulatoire, l&#039;augmentation des effectifs globaux du personnel soignant, etc. Ils expriment également leur soutien aux revendications concernant le droit des patients&amp;amp;nbsp;: «&amp;amp;nbsp;Le consentement du patient ou de son entourage immédiat doit toujours être recherché, dans la thérapeutique comme dans la recherche&amp;amp;nbsp;». &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Alain Riesen nous a appris qu&#039;après les drames qui ont secoué Bel-Air, une commission d&#039;enquête a été créée, et c&#039;est non seulement le Directeur de cette clinique qui a été interrogé, mais également les patients, les soignants, ainsi que les cadres. Dès cet instant, &amp;quot;tout est ressorti&amp;quot;, amenant à une première évolution forte: la réforme de l&#039;institution psychiatrique. Le Pr Tissot est déstitué, et un changement au niveau de la législation se fait: le droit de recours apparaît, Le patient peut désormais exiger de faire valoir ses droits. Jusque là, le Réseau d&#039;Alternative à la psychiatrie pouvait intervenir sur demande, mais n&#039;avait pas de statut officiel. A partir de cette période, une Commission de surveillance fut mise sur pied (réunissant un juriste, un médecin indépendant, un représentant du Droit des patients), et quatre associations de défense du Droit des patients sont nées: l&#039;Association RÊVE (les &amp;quot;Entendeurs de voix&amp;quot;), l&#039;ADPED (Association des personnes ayant des troubles bi-polaires et dépressifs), l&#039;Expérience (travail artisanal double d&#039;un travail d&#039;entraide), et l&#039;AETOC (Association des personnes ayant des troubles obsessionnels et compulsifs). Selon Alain Riesen, l&#039;institution, malgré l&#039;avancée significative qui a été faite quant au droit des patients, garde les stigmates de l&#039;institution asilaire. &amp;quot;Il y a encore beaucoup de travail à faire pour faire éclater l&#039;institution dans sa dimension totalitaire&amp;quot;, dit-il en conclusion.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Psychiatrie et anti-psychiatrie  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le mouvement d&#039;anti-psychiatrie qui &amp;quot;s&#039;oppose d&#039;abord et avant tout à une forme de monopole du savoir médical&amp;quot; ([[Bibliographie|Mannoni, 1970]], p. 9) dénonce l&#039;autorité &amp;quot;morale et policière&amp;quot; (Mannoni, 1970, p. 21) du psychiatre. Toutefois, psychiatres et partisants de l&#039;anti-psychiatrie s&#039;accorde sur le fait que &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;la société place le psychiatre dans une position ambiguë&amp;amp;nbsp;: il est au service d&#039;un patient dont il a à défendre les droits mais il se trouve également placé en position d&#039;auxiliaire de la police dans un programme d&#039;internement qui est un processus d&#039;obligation de soins&#039;&#039; (Mannoni, 1970, p. 168). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les réponses apportées par les uns et par les autres pour essayer de lever cette ambiguité sont toutefois différentes. Si l&#039;anti-psychiatrie cherche plutôt à démystifier &amp;quot;le rôle que la société fait jouer à la psychiatrie&amp;quot; (Mannoni, 1970, p.168), à créer des lieux où la maladie mentale pourrait être réintérrogée (allant même jusqu&#039;à nier la notion de maladie mentale (Mannoni, 1970, p. 175) et à s&#039;éloigner des conceptions scientistes, certains psychiatres cherchent à remettre sur le devant de la scène un discours scientifique. &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;---Quand l&#039;antipsychiatrie est critique radicale de l&#039;institution, je suis antipychiatre; mais quand elle se réfugie dans la négation de la maladie mentale, je suis contre&#039;&#039;--- (Stzulman, 1972, p.107).&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les archives de la revue &amp;quot;L&#039;évolution psychiatrique&amp;quot;, les psychiatres non antipsychiatres se sont attelés, au début des années 70, à défendre leur point de vue scientifique et médical. Face au mouvement de protestation, ils ont écrits plusieurs articles afin de réhabiliter la psychiatrie et montrer les incohérences du mouvement anti-psychiatrique, non seulement dans ce qu&#039;il dénonce, mais également dans les solutions qu&#039;il propose. S&#039;ils reconnaissent un certain succès à l&#039;anti-psychiatrie &amp;quot;dans sa position de refus et de provocation&amp;quot; ([[Bibliographie|Barte, 1972]], p. 46), les solutions qu&#039;elle propose ne les satisfont guère. Pour certains membres de ce corps médical, la maladie mentale doit être reconnue comme &#039;&#039;phénomène nature&#039;&#039;l ([[Bibliographie|Ey, 1972]], p. 53). &amp;quot;En faisant volatiliser dans le néan l&#039;objet même de la psychiatrie qu&#039;est le malade mental, l&#039;anti-psychiatrie nie la souffrance humaine, nie le drame authentiquement humain que vit chaque malade mental (Barte, 1972, p. 46). Pour défendre ces patients malades, &amp;quot;fous&amp;quot;, pour les réhabiliter, il est nécessaire de &amp;quot;passer par la reconnaissance même de la psychiatrie, science critique et autonome et qui ne peut se fonder que sur la notion de maladie mentale conçue ni comme simple maladie des organes, ni comme simple maladie psychique&amp;quot; ([[Bibliographie|Barte, 1972]], p.47). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le malaise asilaire est reconnu par les non antipsychiatres et les antispychiatres. Il importe de traiter l&#039;institution en même termps que ses pensionnaires. Cependant, les non antipsychiatre récusent la résponsabilité de l&#039;hôpital psychiatrique dans la création de la folie, &amp;quot;même s&#039;il concourt parfois à statufier certaines présentations cliniques&amp;quot;. ([[Bibliographie|Sztulman, 1972]], p. 106). Face aux critiques sur l&#039;hôpital, notamment face à certains qui, comme Basaglia, refusaient l&#039;idée de traitement de malades et de médecins, les non antipsychiatres dénoncent la déstruction de l&#039;hôpital au profit d&#039;assemblées générales peu organisées. [[Bibliographie|Sztulman (1972)]] pose la question&amp;amp;nbsp;: &amp;quot;A quoi ça sert&amp;amp;nbsp;? A quoi ça sert d&#039;être psychiatre là, ou femme de service,&amp;amp;nbsp; ou ergothérapeute puisque de tout façon chacun est dépouillé de son statut, et que les rôles sont&amp;amp;nbsp; inventer en permanence&amp;amp;nbsp;?&amp;quot; (p.102). Pour ces médecins, la négation de l&#039;inconscient et celle de la maladie mentale dans le mouvement antipsychiatrique amène des &#039;&#039;attitudes thérapeutiques particulièrement incohérentes &#039;&#039;([[Bibliographie|Sztulman, 1972]], p. 101). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La question de l&#039;attribution de la maladie mentale à un fait organique ou plutôt à un fait culturel était alors au coeur de la bataille entre antipsychiatres et non antipsychiatres. Lors de l&#039;entretien mené avec Monsieur A. Riesen, ce dernier nous a expliqué que cette question est toujours d&#039;actualité et qu&#039;il n&#039;y a pas, aujourd&#039;hui encore, de définition claire de la part de la communauté scientifique. Dans les années 1970, les non antipsychiatres critiquaient l&#039;erreur de l&#039;antipsychiatrie dans sa croyance &amp;quot;&#039;&#039;en un principe de causalité univoque et direct de la psychose&amp;quot;&amp;amp;nbsp;&#039;&#039;([[Bibliographie|Sztulman, 1972]], p.105). Dans le même article, Sztulamn déclare encore: &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&amp;quot;&#039;&#039;il est dogmatique et naïf de dire que la folie se développe en dehors de toute culture. Il est dogmatique et naïf de dire qu&#039;elle se limite à un fait culturel. De tout évidence, il n&#039;y a pas un modèle qu&#039;il soit organo, psycho ou socio-génétique de la maladie mentale, mais pluridéterminisme à pondération variable suivant les cas&#039;&#039;&amp;quot; (p. 105). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Monsieur Alain Riesen a bien décrit cette vision &#039;&#039;pluridéterminisme&#039;&#039;,&amp;amp;nbsp; en expliquant que la conception de la maladie mentale comme unique produit d&#039;un système qui disfonctionne semble devoir se ranger derrière un système bio-psycho-social qui rencontre actuellement le plus de soutient de la part des professionnels du domaine psychiatrique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La fonction du médicament dans l&#039;approche anti-psychiatrique  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;apparition de la médication au début des années 1960 permet d&#039;éviter l&#039;internement. Elle soutient le changement qui s’opère dans les pratiques et donne l&#039;impression de pouvoir faire quelque chose. Elle fait transparaître un espoir aussi bien pour les praticiens que pour les patients puisque grâce aux médicaments il y a une diminution des hospitalisations, une augmentation des prises en charge ambulatoires et une augmentation des consultations. L&#039;avancée de la médecine et l’essor de la psychopharmacologie permettent alors de développer de nouvelles perspectives thérapeutiques et de nouveaux défis comme le soutien au patient et à sa famille, la mise en place de nouvelles structures. Il s&#039;agit ainsi de &amp;quot;jeter un pont entre l&#039;hôpital et la ville&amp;quot; (CMS, 1963, 7ème année, n°2 &amp;quot;L’assistance psychiatrique). Cependant, les connaissances récentes sur les effets de la médication et les abus sur son utilisation sont également soulevés. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;anti-psychiatrie se veut aussi anti-thérapeutique, ce qui lui est&amp;amp;nbsp; vivement reproché par les anti anti-psychiatres. Selon ces derniers, les anti-psychiatres considèrent que &amp;quot;les traitements sont à proscrire&amp;quot; ([[Bibliographie|Maurel, 1972]], p. 79). &amp;quot;Traiter, écrit Cooper, c&#039;est être intéressé à rendre le patient plus acceptable pour les autres...et lui faire manifester de moindre façon sa détresse&amp;quot; ([[Bibliographie|Maurel, 1972]], p. 79). Les anti anti-psychiatres militent ainsi pour une guérison grâce à des médicaments &#039;&#039;efficaces&#039;&#039; (au sens médical), selon des avis rapportés par les patients eux-mêmes. Selon les psychiatres opposés au courant anti-psychiatrique, ce-dernier vise &amp;quot;sans toujours l&#039;avouer à &amp;quot;soigner&amp;quot; clandestinement les &amp;quot;malades&amp;quot;&amp;quot; (Maurel, 1972, p.80), ce qui est selon Maurel et ses collègues, une contradiction.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L&#039;influence du concept de normalisation dans l&#039;anti-psychiatrie ==&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Cécilia Zuccone</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=La_d%C3%A9sinstitutionalisation_dans_le_champ_de_l%27%C3%A9ducation_sp%C3%A9ciale_1960-1980&amp;diff=9052</id>
		<title>La désinstitutionalisation dans le champ de l&#039;éducation spéciale 1960-1980</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=La_d%C3%A9sinstitutionalisation_dans_le_champ_de_l%27%C3%A9ducation_sp%C3%A9ciale_1960-1980&amp;diff=9052"/>
		<updated>2011-12-13T20:41:06Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Cécilia Zuccone : /* Prémisses de critiques aux institutions traditionnelles */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;[[user:Kleinpa0|P. Klein]],&lt;br /&gt;
[[user:Natalina m|N. M.]],&lt;br /&gt;
[[user:Ruchat|Martine Ruchat]],&lt;br /&gt;
[[user:Tatiana-vinhas|T Vinhas]],&lt;br /&gt;
[[user:Sandra wirz|S. Wirz]] et&lt;br /&gt;
[[user:Cécilia Zuccone|C. Zuccone]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Université de Genève&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Introduction  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A l&#039;heure où l&#039;on peut constater de &amp;quot;nouvelles exclusions&amp;quot; au nom de la protection des citoyennes et des citoyens inquiétantes pour certains, car &amp;quot;ruinant ainsi des décennies d&#039;efforts de déségrégation, désexclusion, de &amp;quot;retour du schizophrène dans la cité&amp;quot; (Dr.Patrick Lemoine, Le mystère du nocebo, Paris. Odile Jacob, 2011, p.69), un certain nombre de questions se posent pour mieux comprendre l&#039;histoire de l&#039;éducation spéciale, à la fois politique (anti-psychiatrie, sectorisation), sociale et culturelle (intégration, normalisation, désinstitutionalisation, communauté de vie, communauté thérapeutique) dans les décennies des Trente glorieuses (1960-1990) pendant lesquelles a soufflé un vent de contestation des politiques institutionnelles. Un esprit contestataire a émergé en particulier dès les années 1970 (post soixante-huit) provoquant dans le champ de la prise en charge des personnes dites aujourd&#039;hui &amp;quot;à besoins particuliers&amp;quot; un élan de remise en question de l&#039;institution, du pouvoir des médecins, de la contrainte institutionnelle et médicamenteuse. Peu de travaux ont encore exploré ce champ, à Genève, sinon pour étudier l&#039;histoire de Mai 68 et du mouvement féministe. (voir notamment Julie de Dardel, Révolution sexuelle et Mouvement de libération des femmes à Genève (1970-1977). Lausanne: Antipode, 2007).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La recherche proposée vise à mieux comprendre comment, à Genève, le champ de l&#039;éducation spéciale et celui de la psychiatrie a été touché par cette contestation. Elle fait suite à celle engagée en 2010 et 2011 sur l&#039;histoire de l&#039;intégration scolaire des enfants handicapés mentaux [[Pionniers de l&#039;intégration scolaire des enfants handicapés à Genève]] et La génération intégration 1970-1980: un slogan pour quelles réalités sociales? [[Article 2011]]. Les recherches précédentes ont montré à la fois la complexité des pratiques d&#039;intégration amenant souvent un écart entre discours et pratique, ainsi que les résistances à penser le handicap sans mettre une ligne de démarcation entre norme et hors norme, entre enfant éducable et non éducable, limite souvent mal définie et dépendante des représentations (malédiction du handicap). Au début des années 60, l&#039;intégration apparaît d&#039;abord pour les parents, dont les enfants étaient encore entièrement dans la famille, une intégration dans des institutions à créer. Le Pavillon des Grand Bois à l&#039;hôpital psychiatrique de Bel-Air représentant encore une solution &amp;quot;intégratrice&amp;quot; pour les enfants les plus difficiles à éduquer et les moins autonomes. Le concept de [[Dictionnaire|normalisation]] vient s&#039;accoler à celui d&#039;intégration pour rapprocher toute déviance d&#039;une norme sociale (en terme d&#039;habitat, d&#039;activité, voire de comportements). Ainsi le milieu ouvert (comme Aigues-Verte par exemple) peut apparaître comme plus proche d&#039;une vie quotidenne &amp;quot;normale&amp;quot; et donc plus intégrant. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La [[Dictionnaire|désinstitutionalisation]] qui fait l&#039;objet de cette nouvelle recherche est d&#039;abord issue des milieux de l&#039;anti-psychiatrie (et donc ni des associations de parents ni des milieux pédagogiques); on peut apparenter idéologiquement ce mouvement anti-psychiatrique avec un objectif de normalisation dans le sens de rapprocher les personnes prises en charge de la vie quotidienne de tout un chacun. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi malgré des différences d&#039;application ces différents courants pourraient être affiliés à celui libertaire qui a essaimé dans différents champs du social entre 1970 et 1990. C&#039;est dans une perspective de compréhension de l&#039;histoire des idées et des pratiques du mouvement anti-psychiatrique genevois que s&#039;inscrit cette recherche. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un premier temps, cette page d&#039;histoire sera située dans une &amp;quot;tradition&amp;quot;: d&#039;une part celle du traitement de la différence (notamment depuis les travaux des psycho-pédagogues du début du 20e siècle comme Alfred Binet à Paris, Edouard Claparède à Genève ou Ovide Decroly à Bruxelles); et d&#039;autre part dans une tentative dès les années vingt en Angleterre (voir Libre enfants de Summerhill), mais surtout pendant et dans l&#039;après deuxième guerre mondiale (voire les communautés d&#039;enfants victimes de la guerre), de multiplier les expériences de vie communautaire issue du scoutisme, des mouvements de jeunesse, de l&#039;éducation nouvelle et de l&#039;éducation internationaliste et pacifiste, des colonies de vacances et camps CEMEA, s&#039;opposant à une autre tradition hospitalière (couvent, Bon Pasteur, Hospice, institutions de prises en charge spécialisées). Ce faisant, nous dégagerons des signes précurseurs de &amp;quot;désinstitutionalisation&amp;quot; pour des structures plus petites, parfois médicalisées (les écoles de plein-air), mais avant tout proches de la nature et des besoins des individus. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un second temps, nous étudierons la période 1960-1980 laquelle a vu émerger un mouvement anti-psychiatrique (critique de l&#039;hôpital, du pouvoir médical, de la médicalisation à outrance et de la contrainte) pour une critique radicale visant le pouvoir institutionnel et entraînant des pratiques novatrices, lesquelles demandent à être mieux étudiées nbsp: 1. dans leurs objectifs (désinstitutionalisation ou déshospitalisation versus sectorisation)? 2. dans le choix fait des traitements: médicaux (traitement ambulatoire) ou éducatif et thérapeutique? 3. dans l&#039;évaluation faite des populations concernées par une prise en charge alternative 4. dans le rôle joué par la psychanalyse comme alternative au traitement médicaux et comme modèle thérapeutique (notamment dans les communautés cf. film de Catherine Scheuchzer) 5. dans le rôle donné aux familles et le poids qui leur est fait supporter (en terme financier, de responsabilité, de culpabilité,...) et en particulier à l&#039;égard des mères et des femmes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il s&#039;agira de mieux comprendre si l&#039;anti-psychiatrie est dans les années 1960-1980 une nouvelle manière de faire de la psychiatrie ou si elle est une véritable contestation de l&#039;institution asilaire et si les modèles alternatifs proposés ne seraient pas sous couvert d&#039;idéologie libertaire une façon de baisser les coût de la santé en temps de crise. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour ce faire, nous avons travaillé sur des articles et avec une bibliographie d&#039;ouvrages &amp;quot;classiques&amp;quot;, livres de références pour les acteurs/trices de la période considérées, puis nous avons dépouillé des revues professionnelles pour saisir les thématiques qui ont traversé alors le champs de la psychiatrie et de l&#039;éducation spécialisée; dans un second temps la recherche s&#039;est portée sur un fond d&#039;archives de l&#039;Association Les archives contestataires (fonds Alain Riesen/Schuller) dont un des donateurs d&#039;archives, Alain Riesen, est le fondateur de l&#039;Arcade 84 et militant de l&#039;anti-psychiatrie genevoise. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un troisième temps nous avons effectué un entretien vidéo (un plan fixe) afin de lui poser cinq questions issues de la recherche collective dans les archives et dans la littérature afin d&#039;avoir son témoignage sur l&#039;histoire de l&#039;anti-psychiatrie, de la désinstitutionalisation et des communautés thérapeutiques entre 1960 et 1980.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Revue de la littérature  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les revues professionnelles et contestataires entre 1970 et 1990  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un certains nombres de revues professionnelles ont été dépouillée pour la période 1970-1980. Soit Sauvegarde de l&#039;enfance, Déviance et Soicété,... &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Durant la période de 1970 à 1985, la revue &amp;quot;Sauvegarde de l&#039;enfance&amp;quot; n&#039;a publié aucune revue, voire même aucun article consacrés au thème de notre étude, à savoir la désinstitutionnalisation dans le champ de l&#039;éducation spéciale. Au premier abord on pourrait donc tirer la conclusion selon laquelle ce champ d&#039;étude ou ce mouvement n&#039;était que peu présent à cette époque. Toutefois, en se penchant davantage sur les sujets traités dans cette revue, on se rend compte que les auteurs de celle-ci n&#039;ont pas abordé la désinstitutionnalisation en tant que telle, mais l&#039;ont abordée par les effets qu&#039;elle a pu engendré à cette époque. Effectivement, on peut observer des thèmes comme la formation des éducateur en centre de jour ou en maison d&#039;accueil, la relation entre famille et société, l&#039;école ordinaire, l&#039;adolescence et la violence ou encore l&#039;aide sociale, autant de thèmes qui ont largement découlé de ce mouvement désinstitutionnel. Il est donc fort intéressant de se pencher sur les champs d&#039;action de ce type de revues, afin de mieux comprendre quel était le climat politique, les préoccupations, les tendances de la période qui nous intéresse. D&#039;ailleurs, nous retrouverons tout au long de cet article de nombreuses références aux thèmes traités par le revue &#039;&#039;Sauvegarde de l&#039;enfance&#039;&#039;.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Prémisses de critiques aux institutions traditionnelles  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Jusqu&#039;à la fin du XVIIIe siècle, les hôpitaux psychiatriques internaient une population bien différente de celle accueillie au XXe siècle. [[Bibliographie|Cléopâtre Montandon&amp;amp;nbsp;(1978)]]&amp;amp;nbsp; nous dévoile que les populations désignées comme relevant de l&#039;univers psychiatrique étaient très fortement liées à l&#039;univers carcéral. Effectivement, jusqu&#039;au XVIIIe siècle, les criminels étaient considérés comme &amp;quot;fous&amp;quot; ou &amp;quot;aliénés&amp;quot; et se voyaient enfermés, voire même enchaînés dans des &amp;quot;maisons de discipline&amp;quot; ou dans des &amp;quot;hôpitaux pour fous&amp;quot;. A cette époque, seule la justice décidait du lieu d&#039;incarcération des individus criminels. Peu à peu, des distinctions se sont faites pour montrer que certains criminels aliénés relevaient davantage de la psychiatrie, et se définissaient essentiellement par une responsabilité restreinte et une santé mentale défaillante. Ce sont alors ces personnes, désignées comme ne pouvant accomplir leur rôle social, que les hôpitaux psychiatriques ont admis dans leurs locaux. Pour décider et justifier ces internements, la justice ne pouvait agir seule. &amp;quot;Ce n&#039;est qu&#039;à partir de 1936 que l&#039;autorisation d&#039;un internement est délivré sur vue d&#039;un certificat médical par le Département de la prévoyance sociale et de la santé publique&amp;quot;. Ainsi, on voit combien la société évolue en définissant clairement et sur preuves médicales qui peut être &#039;&#039;placé&#039;&#039; en hôpital psychiatrique. Da&#039;illeurs, c&#039;est à partir de 1838 qu&#039;une loi voit le jour à Genève concernant l&#039;internement des &amp;quot;aliénés&amp;quot;. On parlera dès lors de&#039;&#039;placement&#039;&#039;.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On peut également noter que les préoccupations principales de la période du XVIIIe au début du XXe siècle se restreignaient principalement à la sécurité, et de fait au &#039;&#039;placement&#039;&#039; de ces personnes. Où pouvait-on mettre physiquement ces personnes différentes pour qu&#039;elles ne nuisent pas à la société? Que pouvait-on faire d&#039;elles? Qui pouvait s&#039;en occuper? Que faire avec ces personnes? On observe dès lors que, pendant plusieurs siècles, ces personnes étaient enfermées, dénuées de tous sens, de toute sensibilité, et de toute éducation, en recevant néanmoins de plus en plus de médicaments censés les calmer ou les soigner. Il faudra alors attendre la fin du XIXe siècle pour entrevoir une forme d&#039;éducation de ces personnes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans son article, &amp;quot;La naissance de l&#039;institutions pour aliénés&amp;quot; à Genève au 19e siècle, Alain Riesen montre que la problématique de l&#039;internement est grandissante et que &amp;quot;l&#039;inhumanité de l&#039;enfermement&amp;quot; (Riesen, 1981 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au début du XXe siècle, Binet et Simon (1907)&amp;amp;nbsp; &#039;&#039;donnent une nouvelle forme cognitive de l&#039;éducation spéciale qui perdurera au moins jusqu&#039;au années 1960&#039;&#039; ([[Bibliographie|Chauvière et Plaisance, 2003, p. 32]]).&amp;amp;nbsp; A cette époque là, on distinguait les arriérés d&#039;asiles, non éducables et à laisser entre les mains des médecins, des arriérés d&#039;école. Ainsi, des institutions apparurent en servant d&#039;intermédiaire entre l&#039;hôpital et la classe ordinaire. Dans ces premières institutions, la pédagogie était &#039;&#039;inspirée par l&#039;atelier, c&#039;est-à-dire guidée par la mise en oeuvre de travaux manuels et d&#039;exercices pratiques &#039;&#039;([[Bibliographie|Chauvière et Plaisance, 2003, p. 33]]). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dès les années 1960,&amp;amp;nbsp; de nombreuses institutions privées pour enfants handicapés ou en difficultés se développent, majoritairement sous l&#039;impulsion d&#039;associations de parents. Ces derniers ont été amenés à &#039;&#039;créer et à gérer des institutions de type médico-éducatif&#039;&#039; &#039;&#039;pour éviter à leurs enfants d&#039;être relégués dans des services d&#039;hôpitaux psychiatriques ou d&#039;être seulement en survie à leur domicile&#039;&#039; (Chauvière er Plaisance, 2003, p.35). Aujourd&#039;hui, les institutions, à Genève, semblent toujours être un peu sur le même modèle, celui de &amp;quot;l&#039;alliance&amp;quot; entre le médical et le pédagogique (qui regroupe aussi l&#039;aspect éducatif). Si on ne cherche peut-être plus à éviter aux élèves la reléguation en psychiatrie, on les place dans des lieux parfois hors de tout cursus ordinaire et loin de la norme. Ce qui questionne enfin sur qu&#039;est-ce que la normalisation? Et où mettre la limite à une vie comme tout le monde avec un handicap: la liberté (permissivité, autonomie) des années 1970 a-t-elle fait l&#039;impasse sur la souffrance des individus face aux exigences thérapeutiques et pédagogiques? La communauté d&#039;enfants (pédagogique, institutionnelle, thérapeutique) est-elle un modèle &amp;quot;utile&amp;quot; en temps de crise des institutions: peu coûteux, demandant un engagement au quotidien (vie quotidienne) du collectif pédagogique et thérapeutique (donc assurant un &amp;quot;contrôle social&amp;quot; maximal), ....&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La communauté: un modèle alternatif à l&#039;institution fermée  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des «&amp;amp;nbsp;communautés thérapeutiques&amp;amp;nbsp;» ont été créées en réaction aux enfermements asilaires prônés jusque-là mais qui commençaient à être pointés du doigt, car considérés comme déshumanisants. Bien que créées tout d&#039;abord pour répondre aux phénomènes de dépendances (toxicomanies, par exemple), on trouve, dès la fin des années 60, des communautés thérapeutiques en Angleterre, en France, en Suisse et au Québec, destinées au secteur de la psychiatrie. Avec la naissance de ces communautés thérapeutiques, une nouvelle approche de la psychose en-dehors des lieux de soins traditionnels s&#039;est développée (Schatzman, 1969; Barnes et Berke, 1973; Fabre, 1978; Lecomte et Tourigny, 1983a). Leur but est de créer un milieu &amp;quot;naturel&amp;quot;, en reconstituant les structures d’une «&amp;amp;nbsp;macro famille&amp;amp;nbsp;» ou d’une «&amp;amp;nbsp;mini société&amp;amp;nbsp;», plus rassurantes : on trouve par exemple la Communauté des Sablons, (Maison d&#039;enfants à caractère social et familial (76270 Saint-Saire), ou, en Suisse, le foyer de Tavel qui a vécu cinq ans (1975-1980). Dans le film de Catherine Scheuchzer, «&amp;amp;nbsp;Dans l’aventure du non, la parole&amp;amp;nbsp;», (tourné à Boulens, dans la campagne vaudoise, dans les années 70 ), on découvre, dans un décor post soixante huitard, très simplement, dans un rythme extrêmement lent, des adultes et des enfants en interaction, «&amp;amp;nbsp;comme dans la vraie vie&amp;amp;nbsp;». Cette expérience est décrite comme «&amp;amp;nbsp;une véritable expérience d’éveil à la vie&amp;amp;nbsp;», qui «&amp;amp;nbsp;prend le contre-pied du placement en institution psychiatrique&amp;amp;nbsp;» (L’Est vaudois, 19.11.92). Plutôt que de considérer cette population d&#039;enfants, comme on le faisait en asile, comme des fous, murés dans leur silence, leurs excentricités, on veut les considérer comme des partenaires, des interlocuteurs. Le but est effectivement de les faire participer au quotidien d’une maisonnée, plutôt que de créer des ateliers protégés artificiels. De la sorte, ils sont poussés à se dépasser, à faire des expériences par eux-mêmes, sans avoir nécessairement recours au soutien d’un adulte. Il semble qu&#039;à cette époque, cette nouvelle façon de considérer les enfants autistes comme étant capables d’autonomie, capables d’agir, ait apporté un peu d’humanité dans leur prise en charge. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;enfant&amp;amp;nbsp; ainsi placé dans une communauté thérapeutique vaudoise est-il plus &amp;quot;intégré&amp;quot; que s&#039;il était dans une institution considérée par ces acteurs alternatifs du &amp;quot;système&amp;quot; comme un ghetto? Il en va de même avec le terme désinstitutionalisation? Qu&#039;est-ce que l&#039;institution? Il y en a des &amp;quot;bonnes&amp;quot; (maternantes, enveloppantes, naturelles...) et de &amp;quot;mauvaises&amp;quot; (contraignantes, mortifères) (sur ce point les travaux de Fernand Oury puis de Jacques Pain mériteraient qu&#039;on s&#039;y attache (voir la psychothérapie institutionnelle sur le site de Jacques Pain: http://www.jacques-pain.fr).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La désinstitutionalisation  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon des sources internet, le mouvement de désinstitutionalisation semble avoir débuté vers 1960 (même s’il semble qu’il y ait eu un prélude à la désinstitutionnalisation au début du 19e siècle (L’Institut universitaire en santé mentale de Québec par exemple - La désinstitutionnalisation, http://caringminds.ca/index.php?option=com_content&amp;amp;amp;view=article&amp;amp;amp;id=62&amp;amp;amp;Itemid=43&amp;amp;amp;lang=fr&amp;amp;amp;limitstart=7). Certains observent le début de ce mouvement en Scandinavie, d’autres au Québec. Dans tous les cas, il s’agit d’un mouvement d&#039;ouverture vers la communauté, d’une volonté de «normalisation»[[Normalisation]] &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le mouvement de désinstitutionnalisation s&#039;appuie avant tout sur une philosophie qui met l&#039;accent sur les droits et les libertés des individus, et elle vise à humaniser les soins de santé mentale. ([http://agora-2.org/thematiques/inaptitude.nsf/Dossiers/Desinstitutionnalisation Encyclopédie de l’Agora]). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;horreur suscitée par les politiques nazies du meurtre eugénique des malades psychiatriques et les camps de concentration pendant la Seconde guerre mondiale, ont attirer l’attention sur les pratiques «&amp;amp;nbsp;déshumanisantes&amp;amp;nbsp;» dans les soins psychiatriques en santé mentale, (séquestration, mauvais traitements en tout genre, manque de formation des professionnels). (Voir [http://id.erudit.org/iderudit/032417ar Martin, 1984 et Claire Henderson et Graham Thornicroft], Santé mentale au Québec, vol. 22, n° 2, 1997, p. 88-114. ) Les années d’après-guerre ont vu un accroissement de l’intérêt porté à l’institution comme objet d’étude. Certains auteurs parlent de l’institution comme étant «&amp;amp;nbsp;névrosante&amp;amp;nbsp;», «&amp;amp;nbsp;façonnant et codifiant les gens dans le rôle de patient psychiatrique&amp;amp;nbsp;» (Goffman (1961). On observe dans les années 60 une disparition du personnel religieux des hôpitaux. Naît alors une nouvelle conception de l’individu, une évolution des attitudes envers le malade&amp;amp;nbsp;; on veut le sortir des murs de l’asile psychiatrique. On commence à parler, à cette époque, du «&amp;amp;nbsp;droit de la personne&amp;amp;nbsp;». Des idéaux humanitaires amènent alors à une nouvelle vision de la maladie mentale. Il semble que ce mouvement de désinstitutionnalisation soit également lié à l’apparition des pratiques de pharmacopée. Effectivement, «&amp;amp;nbsp;Ces nouveaux médicaments permettaient de calmer les malades agités, délirants, hallucinés et ainsi permettre d&#039;envisager et de généraliser des traitements psychiques dans des conditions plus réalistes ou encore, lorsque c&#039;était possible, d&#039;envisager un retour au domicile ou dans des structures intermédiaires&amp;amp;nbsp;».([http://fr.wikipedia.org/wiki/Psychiatrie déf. du mot «&amp;amp;nbsp;psychiatrie&amp;amp;nbsp;»]). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On a le désir de «normaliser&amp;amp;nbsp;» leurs conditions de vie. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les années 60, la personne «&amp;amp;nbsp;déficiente intellectuellement&amp;amp;nbsp;» est encore considérée comme un «&amp;amp;nbsp;malade&amp;amp;nbsp;». Toutefois, on ne considère plus le malade mental comme un malade incurable, mais davantage comme un sujet pouvant être aidé et guéri. On met en avant le fait que la maladie mentale ne nécessite pas nécessairement une hospitalisation, et qu’elle doit être considérée comme une quelconque maladie. On externalise, on invente la psychiatrie de secteurs, on commence à intégrer des services pour les malades mentaux dans des hôpitaux ou cliniques. On évite ainsi la stigmatisation des malades mentaux placés pour de longues périodes en asile psychiatrique, et on leur évite la perte de leurs facultés leur permettant de se réintégrer dans la société. On redonne alors un rôle à la communauté, tout en accordant des responsabilités aux familles. La patient devient alors le coeur de l&#039;intérêt des praticiens. ([http://www.promentesana.org/upload/application/trimes_43.pdf in Lettre trimestrielle de l’association romande Pro Mente Sana])&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme il l&#039;a déjà été dit, la désinstitutionalisation a permis aux personnes présentant des troubles psychiatriques de sortir de ce milieu assimilé pendant de nombreuses années, au milieu carcéral. Mais une fois &amp;quot;libérées&amp;quot; où vont ces personnes? A ce sujet,&amp;amp;nbsp; [[Bibliographie|N. Carpentier (2001)]] affirme dans son article que 60 à 70&amp;amp;nbsp;% des patients retournent dans leur famille après l’hospitalisation. Plusieurs articles ont démontré que l&#039;arrivée d&#039;un malade dans une famille, avait de lourde conséquence sur celle-ci. Avant d’en venir aux conséquences, il me semble nécessaire de revenir sur la représentation des professionnels, sur les familles des patients. Pour cela, il est intéressant de revenir sur l&#039;évolution de la vision des professionnels sur la famille. En d&#039;autres termes, comment la famille, alors qu&#039;elle était considérée comme coupable de la maladie de l&#039;un de ses membre, est devenue un partenaire idéal?&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour développer ceci, revenons tout d&#039;abord au début du XXème siècle. A cette époque, la famille était considérée comme étant la cause, à l&#039;origine de la maladie de leur enfant. Autrement dit, les professionnels affirmaient que la maladie mentale était un problème génétique, héritée de plusieurs générations antérieures. Ensuite, les années cinquante ont apporté un premier renversement dans la vision des familles sur la maladie de leur enfant. En effet, la famille était perçue comme étant un «&amp;amp;nbsp;système réagissant aux troubles mentaux de l’un de ses membres, plutôt qu’en tant que système causant des désordres psychiques&amp;amp;nbsp;» ([[Bibliographie|Carpentier, 2001, p.84]]). Ce changement de perspective est en lien avec l’arrivée d’une politique qui favorise les hospitalisations de courte durée. En d’autres termes, les familles commencent à être perçues comme une solution aux changements politiques. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les années 60, la psychiatrie adopte une vision centrée sur la communauté. Ce changement va être très favorable pour les familles, puisqu’il permet à ces dernières de se déresponsabiliser des troubles mentaux. Ainsi, toujours selon Carpentier, à cette époque «&amp;amp;nbsp;les désordres psychiques [doivent être étudiés] sous l’angle de l’isolement social, des désavantages sociaux, puis selon la présence de stresseurs sociaux et économique&amp;amp;nbsp;»( p.89) .&amp;lt;br&amp;gt;Ainsi, au fur et à mesure que le mouvement de désinstitutionalisation est mis en place, les politiciens et les professionnels considèrent la famille comme étant une solution au problème. En effet, la famille est perçue comme «&amp;amp;nbsp;une source privilégiée de soutien émotionnel et social ainsi que comme place de choix pour relocaliser le patient psychiatrique.&amp;amp;nbsp;» ([[Bibliographie|Carpentier, 2001, p.91]]. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Jusqu&#039;à présent, nous avons relevé l&#039;évolution de la perception de la famille aux yeux des professionnels. Mais comment la famille voit-elle ce changement? A ce sujet, [[Bibliographie|R. Therrien (1990)]] affirme que sur le plan économique et émotionnel, la désinstitutionnalisation demande beaucoup aux familles, surtout aux femmes. En effet, toujours selon R.Therrien, avoir quelqu&#039;un ayant des problèmes mentaux à la maison provoque beaucoup de stress chez les familles. Dans certaines familles, un malade peut devenir un véritable &amp;quot;fardeau&amp;quot;, puisque celui-ci impose beaucoup de contraintes. Effectivement, avoir une personne malade à la maison peut engendrer des conséquences telles que la réduction des loisirs habituels, les sorties avec nos amis, par peur d&#039;être jugé, ou encore avoir des problèmes avec nos voisins, car les comportement de notre enfant, ou mari dérange. Tous ces problèmes ont un impacte très fort sur la famille d&#039;autant plus qu&#039;elle n&#039;est pas aidée, ni reconnue pour tout ce qu&#039;elle fait pour la personne malade. &amp;amp;nbsp; &amp;lt;br&amp;gt; A propos de la lourde responsabilité des parents, il me vint une autre question: est-ce que les familles ne finissent pas elles aussi à un moment donné par tomber malade? A ce sujet, monsieur [[Bibliographie|Alain Riesen]] a témoigné que selon lui, quand une famille devait prendre en charge un de ses membres malade, il ne fallait pas qu&#039;elle reste seul, mais elle devait en parler, faire partager ce qu&#039;elle vivait au quotidien. C&#039;est donc, pour ces raisons-là que des thérapies familiales ont vu le jours.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L&#039;élan contestataire des années 70 à Genève  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En Suisse un même mouvement historique a été observé. Selon le médecin Christian Monney, on y a dénoncé les mêmes agissements qu’ailleurs&amp;amp;nbsp;: enfermement, répression, qui étaient là non pour aider le malade, mais pour protéger l’ordre public. On y mêlait, écrit-il, infirmes, orphelins, indigents et fous… (Dr Christian MONNEY, 1999, à l’occasion des 100 ans de l’Hôpital de Malévoz). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Or, dès 1965, des consultations ambulatoires sont créées et les séjours hospitaliers peuvent ainsi se raccourcir. Les moyens de contention sont contestés. Des établissements médico-éducatifs apparaissent, comme [http://www.castalie.ch/home.php?include=textes&amp;amp;lng=1&amp;amp;id=18&amp;amp;idmenu=14 la Castalie en Valais], grâce au Dr Rey-Belley, en 1972 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Genève, l&#039;élan contestataire débute lorsque Julian de Ajuriaguerra est nommé directeur de Bel-Air en 1959. C&#039;est donc à ce moment-là que le mouvement de désinstitutionnalisation naît. En effet, on commence à critiquer les asiles et à vouloir modifier le fonctionnement de l&#039;hôpital psychiatrique. Les patients psychiatriques commencent à bénéficier des mêmes droits que les patients non-psychiatriques. Ensuite, pendant les années 70-80, cet élan continue avec la volonté de baser les soins sur des approches psychotérapeutiques.[[Bibliographie|Rey-Bellet, Bardet Blochet, Ferrero, 2010, p.90-95]] &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L&#039;anti-psychiatrie: une nouvelle politique de la prise en charge  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les années 60, Michel Foucault a tenté d&#039;amorcer &amp;quot;un dialogue entre la psychiatrie et ses sujets&amp;quot; ([[Bibliographie|Rose, 2006, p.113]]) et dès 1971 avec la sortie de son ouvrage sur les prisons, c&#039;est à la critique de l&#039;univers carcéral et des rapports de pouvoir qu&#039;il s&#039;attelle (Surveiller et punir, 1971). Ces critiques, plus tard regroupées sous le nom d&#039;antipsychiatrie, visaient à remettre en question &amp;quot;la manière dont le pouvoir du médecin était impliqué dans la vérité de ce qu&#039;il disait et, inversement, la manière dont celle-ci pouvait être fabriquée et compromise par son pouvoir ([[Bibliographie|Rose, 2006, p.120-121]]). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;institution comme lieu d&#039;exclusion est mise à mal par une volonté de certains de supprimer ces lieux de contrainte, pour une vie libre dans la Cité (sectorisation) ou dans des communautés thérapeutiques (de préférence à la campagne) partant du présupposé que les conditions de vie des personnes sont déterminantes dans leur état de santé (avant même tout diagnostic). Par ailleurs, dans ces années-là, la vie quotidienne devient un objet d&#039;étude (la sociologie de la vie quotidienne), terreau de multiples expériences pédagogiques et thérapeutiques. Le slogan &amp;quot;La liberté est thérapeutique&amp;quot; s&#039;allie à une critique de la contrainte médicamenteuse et des pratiques de contention psychiatrique: elle donne ainsi une place à de nouvelles formes d&#039;&amp;quot;éducation spéciale&amp;quot; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Symptôme de ce changement le terme d&#039;&amp;quot;usagers&amp;quot; vient reléguer celui de &amp;quot;patients&amp;quot; donnant un nouveau statut aux personnes, écorchant ainsi le sacro saint pouvoir des médecins et des directions des institutions. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dès les années 70, le journal mensuel &amp;quot;Tout Va Bien&amp;quot; a consacré de nombreuses pages et numéros à la question de l&#039;anti-psychiatrie. Dès 1973, un groupe d’enquête s’est constitué pour dénoncer une certaine violence et certains abus de pouvoir au sein des asiles psychiatriques. Leur volonté était de déterritorialiser la psychiatrie. «&amp;amp;nbsp;La psychiatrie, c’est l’affaire de tout le monde&amp;amp;nbsp;». Ils voulaient faire exploser la loi du silence qui régnait dans ces lieux. Ils ont voulu dénoncer les rapports de pouvoir sévissant à l&#039;intérieur des murs psychiatriques, la soumission du malade à l’infirmier, la soumission de l’infirmier au médecin, la soumission du médecin aux pouvoirs de l’administrateur bailleur de fonds. Selon ce journal, le mouvement anti-psychiatrique serait né au début des années 60: La clinique psychiatrique de Bel Air, créée en 1900, a commencé à construire des pavillons ouverts avec l’arrivée de son nouveau directeur en 1959, Julian Ajuriaguerra. Son intention était de favoriser le retour de l’interné au plus vite dans leur milieu naturel, grâce à une hospitalisation de courte durée. Depuis 1963, le travail psychiatrique est sectorisé. On commence à organiser les soins dans des centres de consultation de quartier. Ainsi, les premières tentatives alternatives apparaissent en Suisse. Des travailleurs sociaux poursuivent une critique des institutions et contribuent à la création et au fonctionnement de centres (qui se différencient des institutions récupératrices) qui ont pour but de venir en aide à toute personne en crise. Exemple&amp;amp;nbsp;: le centre Liotard à Genève, créé par le réseau d’alternative à la psychiatrie de Suisse romande. En janvier 1975 se tient le premier congrès d’alternative à la psychiatrie de secteur (Congrès de Bruxelles, auquel participe un groupe de Genève: il s’en est inspiré pour animer des débats au centre Liotard&amp;amp;nbsp;: recherche d’alternatives concrètes répondant aux besoins des malades. A Lausanne, le 24 janvier 1976, est créé un réseau alternatif à la psychiatrie pour la Suisse romande, dont l’un des membres actifs s’appelle Alain Riesen, du Centre Liotard. Une commission formée aussi bien de psychiatrisés que de soignants s’est alors formée. Elle a remis en question le pouvoir des soignants. Selon cette commission, le but d’une alternative au secteur doit être la prise en main progressive par le malade de ses propres difficultés. Suite à des tentatives d’internement forcé, des tracts ont circulé, dénonçant les abus du pouvoir psychiatrique (voir les archives contestataires de Genève, Classeur Alain Riesen). Dès ce moment-là, une prise de conscience s&#039;opère: le patient ne veut plus être manipulé, il ne veut plus être le cobaye, il ne veut plus être muselé par le pouvoir du médecin. Il veut choisir son mode de guérison, il veut être actif dans le processus de guérison. Il convient alors de faire en sorte que ce soit le patient qui choisisse ou non son hospitalisation. Effectivement, médecins, contestataires et familles se sont rendus compte de l&#039;importance du choix du malade dans sa propre guérison. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A la fin des années 70, d&#039;autres mouvements anti-psychiatriques se répandent en Suisse et ailleurs: par exemple à la clinique de Bellelay, où son nouveau directeur a souhaité ouvrir les murs à son arrivée, et mettre à disposition des appartements protégés, voire même une maison de vacances pour ses patients. Le but était &amp;quot;que les malades puissent le plus possible avoir des contacts humains et une vie «&amp;amp;nbsp;normale&amp;amp;nbsp;» (TVB avril-mai 80). En Italie, Franco Basaglia, qui s’est appuyé entre autres sur les modèles de l’anti-psychiatrie anglaise et française pour mener sa lutte ([[Bibliographie|Cooper, Lang, Foucault, Caxtel]]), s&#039;en est pris aux conditions de vie moyenâgeuses réservées aux malades mentaux. En quelques années, il démantèle l’asile et expérimente les premiers éléments de sa conception territoriale (et non plus institutionnelle) de la folie&amp;amp;nbsp;: le malade est soigné dans son milieu social&amp;amp;nbsp;» (TVB 10 octobre 80). Suite à la mort atroce d&#039;Alain Urban lors d&#039;une cure de sommeil forcé à la clinique de Bel-Air, l&#039;ADUPSY ainsi que l&#039;Association des Médecins Progressiste ont déployé maints efforts pour alerter l&#039;opinion publique à propos des agissements soupçonneux de la clinque en question. Leurs revedications ont porté sur la suppression des isolements, la priorité données aux instruments de soin ambulatoire, l&#039;augmentation des effectifs globaux du personnel soignant, etc. Ils expriment également leur soutien aux revendications concernant le droit des patients&amp;amp;nbsp;: «&amp;amp;nbsp;Le consentement du patient ou de son entourage immédiat doit toujours être recherché, dans la thérapeutique comme dans la recherche&amp;amp;nbsp;». &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Alain Riesen nous a appris qu&#039;après les drames qui ont secoué Bel-Air, une commission d&#039;enquête a été créée, et c&#039;est non seulement le Directeur de cette clinique qui a été interrogé, mais également les patients, les soignants, ainsi que les cadres. Dès cet instant, &amp;quot;tout est ressorti&amp;quot;, amenant à une première évolution forte: la réforme de l&#039;institution psychiatrique. Le Pr Tissot est déstitué, et un changement au niveau de la législation se fait: le droit de recours apparaît, Le patient peut désormais exiger de faire valoir ses droits. Jusque là, le Réseau d&#039;Alternative à la psychiatrie pouvait intervenir sur demande, mais n&#039;avait pas de statut officiel. A partir de cette période, une Commission de surveillance fut mise sur pied (réunissant un juriste, un médecin indépendant, un représentant du Droit des patients), et quatre associations de défense du Droit des patients sont nées: l&#039;Association RÊVE (les &amp;quot;Entendeurs de voix&amp;quot;), l&#039;ADPED (Association des personnes ayant des troubles bi-polaires et dépressifs), l&#039;Expérience (travail artisanal double d&#039;un travail d&#039;entraide), et l&#039;AETOC (Association des personnes ayant des troubles obsessionnels et compulsifs). Selon Alain Riesen, l&#039;institution, malgré l&#039;avancée significative qui a été faite quant au droit des patients, garde les stigmates de l&#039;institution asilaire. &amp;quot;Il y a encore beaucoup de travail à faire pour faire éclater l&#039;institution dans sa dimension totalitaire&amp;quot;, dit-il en conclusion.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Psychiatrie et anti-psychiatrie  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le mouvement d&#039;anti-psychiatrie qui &amp;quot;s&#039;oppose d&#039;abord et avant tout à une forme de monopole du savoir médical&amp;quot; ([[Bibliographie|Mannoni, 1970]], p. 9) dénonce l&#039;autorité &amp;quot;morale et policière&amp;quot; (Mannoni, 1970, p. 21) du psychiatre. Toutefois, psychiatres et partisants de l&#039;anti-psychiatrie s&#039;accorde sur le fait que &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;la société place le psychiatre dans une position ambiguë&amp;amp;nbsp;: il est au service d&#039;un patient dont il a à défendre les droits mais il se trouve également placé en position d&#039;auxiliaire de la police dans un programme d&#039;internement qui est un processus d&#039;obligation de soins&#039;&#039; (Mannoni, 1970, p. 168). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les réponses apportées par les uns et par les autres pour essayer de lever cette ambiguité sont toutefois différentes. Si l&#039;anti-psychiatrie cherche plutôt à démystifier &amp;quot;le rôle que la société fait jouer à la psychiatrie&amp;quot; (Mannoni, 1970, p.168), à créer des lieux où la maladie mentale pourrait être réintérrogée (allant même jusqu&#039;à nier la notion de maladie mentale (Mannoni, 1970, p. 175) et à s&#039;éloigner des conceptions scientistes, certains psychiatres cherchent à remettre sur le devant de la scène un discours scientifique. &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;---Quand l&#039;antipsychiatrie est critique radicale de l&#039;institution, je suis antipychiatre; mais quand elle se réfugie dans la négation de la maladie mentale, je suis contre&#039;&#039;--- (Stzulman, 1972, p.107).&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les archives de la revue &amp;quot;L&#039;évolution psychiatrique&amp;quot;, les psychiatres non antipsychiatres se sont attelés, au début des années 70, à défendre leur point de vue scientifique et médical. Face au mouvement de protestation, ils ont écrits plusieurs articles afin de réhabiliter la psychiatrie et montrer les incohérences du mouvement anti-psychiatrique, non seulement dans ce qu&#039;il dénonce, mais également dans les solutions qu&#039;il propose. S&#039;ils reconnaissent un certain succès à l&#039;anti-psychiatrie &amp;quot;dans sa position de refus et de provocation&amp;quot; ([[Bibliographie|Barte, 1972]], p. 46), les solutions qu&#039;elle propose ne les satisfont guère. Pour certains membres de ce corps médical, la maladie mentale doit être reconnue comme &#039;&#039;phénomène nature&#039;&#039;l ([[Bibliographie|Ey, 1972]], p. 53). &amp;quot;En faisant volatiliser dans le néan l&#039;objet même de la psychiatrie qu&#039;est le malade mental, l&#039;anti-psychiatrie nie la souffrance humaine, nie le drame authentiquement humain que vit chaque malade mental (Barte, 1972, p. 46). Pour défendre ces patients malades, &amp;quot;fous&amp;quot;, pour les réhabiliter, il est nécessaire de &amp;quot;passer par la reconnaissance même de la psychiatrie, science critique et autonome et qui ne peut se fonder que sur la notion de maladie mentale conçue ni comme simple maladie des organes, ni comme simple maladie psychique&amp;quot; ([[Bibliographie|Barte, 1972]], p.47). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le malaise asilaire est reconnu par les non antipsychiatres et les antispychiatres. Il importe de traiter l&#039;institution en même termps que ses pensionnaires. Cependant, les non antipsychiatre récusent la résponsabilité de l&#039;hôpital psychiatrique dans la création de la folie, &amp;quot;même s&#039;il concourt parfois à statufier certaines présentations cliniques&amp;quot;. ([[Bibliographie|Sztulman, 1972]], p. 106). Face aux critiques sur l&#039;hôpital, notamment face à certains qui, comme Basaglia, refusaient l&#039;idée de traitement de malades et de médecins, les non antipsychiatres dénoncent la déstruction de l&#039;hôpital au profit d&#039;assemblées générales peu organisées. [[Bibliographie|Sztulman (1972)]] pose la question&amp;amp;nbsp;: &amp;quot;A quoi ça sert&amp;amp;nbsp;? A quoi ça sert d&#039;être psychiatre là, ou femme de service,&amp;amp;nbsp; ou ergothérapeute puisque de tout façon chacun est dépouillé de son statut, et que les rôles sont&amp;amp;nbsp; inventer en permanence&amp;amp;nbsp;?&amp;quot; (p.102). Pour ces médecins, la négation de l&#039;inconscient et celle de la maladie mentale dans le mouvement antipsychiatrique amène des &#039;&#039;attitudes thérapeutiques particulièrement incohérentes &#039;&#039;([[Bibliographie|Sztulman, 1972]], p. 101). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La question de l&#039;attribution de la maladie mentale à un fait organique ou plutôt à un fait culturel était alors au coeur de la bataille entre antipsychiatres et non antipsychiatres. Lors de l&#039;entretien mené avec Monsieur A. Riesen, ce dernier nous a expliqué que cette question est toujours d&#039;actualité et qu&#039;il n&#039;y a pas, aujourd&#039;hui encore, de définition claire de la part de la communauté scientifique. Dans les années 1970, les non antipsychiatres critiquaient l&#039;erreur de l&#039;antipsychiatrie dans sa croyance &amp;quot;&#039;&#039;en un principe de causalité univoque et direct de la psychose&amp;quot;&amp;amp;nbsp;&#039;&#039;([[Bibliographie|Sztulman, 1972]], p.105). Dans le même article, Sztulamn déclare encore: &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&amp;quot;&#039;&#039;il est dogmatique et naïf de dire que la folie se développe en dehors de toute culture. Il est dogmatique et naïf de dire qu&#039;elle se limite à un fait culturel. De tout évidence, il n&#039;y a pas un modèle qu&#039;il soit organo, psycho ou socio-génétique de la maladie mentale, mais pluridéterminisme à pondération variable suivant les cas&#039;&#039;&amp;quot; (p. 105). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Monsieur Alain Riesen a bien décrit cette vision &#039;&#039;pluridéterminisme&#039;&#039;,&amp;amp;nbsp; en expliquant que la conception de la maladie mentale comme unique produit d&#039;un système qui disfonctionne semble devoir se ranger derrière un système bio-psycho-social qui rencontre actuellement le plus de soutient de la part des professionnels du domaine psychiatrique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La fonction du médicament dans l&#039;approche anti-psychiatrique  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;apparition de la médication au début des années 1960 permet d&#039;éviter l&#039;internement. Elle soutient le changement qui s’opère dans les pratiques et donne l&#039;impression de pouvoir faire quelque chose. Elle fait transparaître un espoir aussi bien pour les praticiens que pour les patients puisque grâce aux médicaments il y a une diminution des hospitalisations, une augmentation des prises en charge ambulatoires et une augmentation des consultations. L&#039;avancée de la médecine et l’essor de la psychopharmacologie permettent alors de développer de nouvelles perspectives thérapeutiques et de nouveaux défis comme le soutien au patient et à sa famille, la mise en place de nouvelles structures. Il s&#039;agit ainsi de &amp;quot;jeter un pont entre l&#039;hôpital et la ville&amp;quot; (CMS, 1963, 7ème année, n°2 &amp;quot;L’assistance psychiatrique). Cependant, les connaissances récentes sur les effets de la médication et les abus sur son utilisation sont également soulevés. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;anti-psychiatrie se veut aussi anti-thérapeutique, ce qui lui est&amp;amp;nbsp; vivement reproché par les anti anti-psychiatres. Selon ces derniers, les anti-psychiatres considèrent que &amp;quot;les traitements sont à proscrire&amp;quot; ([[Bibliographie|Maurel, 1972]], p. 79). &amp;quot;Traiter, écrit Cooper, c&#039;est être intéressé à rendre le patient plus acceptable pour les autres...et lui faire manifester de moindre façon sa détresse&amp;quot; ([[Bibliographie|Maurel, 1972]], p. 79). Les anti anti-psychiatres militent ainsi pour une guérison grâce à des médicaments &#039;&#039;efficaces&#039;&#039; (au sens médical), selon des avis rapportés par les patients eux-mêmes. Selon les psychiatres opposés au courant anti-psychiatrique, ce-dernier vise &amp;quot;sans toujours l&#039;avouer à &amp;quot;soigner&amp;quot; clandestinement les &amp;quot;malades&amp;quot;&amp;quot; (Maurel, 1972, p.80), ce qui est selon Maurel et ses collègues, une contradiction.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L&#039;influence du concept de normalisation dans l&#039;anti-psychiatrie ==&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Cécilia Zuccone</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=La_d%C3%A9sinstitutionalisation_dans_le_champ_de_l%27%C3%A9ducation_sp%C3%A9ciale_1960-1980&amp;diff=9051</id>
		<title>La désinstitutionalisation dans le champ de l&#039;éducation spéciale 1960-1980</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=La_d%C3%A9sinstitutionalisation_dans_le_champ_de_l%27%C3%A9ducation_sp%C3%A9ciale_1960-1980&amp;diff=9051"/>
		<updated>2011-12-13T18:50:35Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Cécilia Zuccone : /* Prémisses de critiques aux institutions traditionnelles */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;[[user:Kleinpa0|P. Klein]],&lt;br /&gt;
[[user:Natalina m|N. M.]],&lt;br /&gt;
[[user:Ruchat|Martine Ruchat]],&lt;br /&gt;
[[user:Tatiana-vinhas|T Vinhas]],&lt;br /&gt;
[[user:Sandra wirz|S. Wirz]] et&lt;br /&gt;
[[user:Cécilia Zuccone|C. Zuccone]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Université de Genève&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Introduction  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A l&#039;heure où l&#039;on peut constater de &amp;quot;nouvelles exclusions&amp;quot; au nom de la protection des citoyennes et des citoyens inquiétantes pour certains, car &amp;quot;ruinant ainsi des décennies d&#039;efforts de déségrégation, désexclusion, de &amp;quot;retour du schizophrène dans la cité&amp;quot; (Dr.Patrick Lemoine, Le mystère du nocebo, Paris. Odile Jacob, 2011, p.69), un certain nombre de questions se posent pour mieux comprendre l&#039;histoire de l&#039;éducation spéciale, à la fois politique (anti-psychiatrie, sectorisation), sociale et culturelle (intégration, normalisation, désinstitutionalisation, communauté de vie, communauté thérapeutique) dans les décennies des Trente glorieuses (1960-1990) pendant lesquelles a soufflé un vent de contestation des politiques institutionnelles. Un esprit contestataire a émergé en particulier dès les années 1970 (post soixante-huit) provoquant dans le champ de la prise en charge des personnes dites aujourd&#039;hui &amp;quot;à besoins particuliers&amp;quot; un élan de remise en question de l&#039;institution, du pouvoir des médecins, de la contrainte institutionnelle et médicamenteuse. Peu de travaux ont encore exploré ce champ, à Genève, sinon pour étudier l&#039;histoire de Mai 68 et du mouvement féministe. (voir notamment Julie de Dardel, Révolution sexuelle et Mouvement de libération des femmes à Genève (1970-1977). Lausanne: Antipode, 2007).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La recherche proposée vise à mieux comprendre comment, à Genève, le champ de l&#039;éducation spéciale et celui de la psychiatrie a été touché par cette contestation. Elle fait suite à celle engagée en 2010 et 2011 sur l&#039;histoire de l&#039;intégration scolaire des enfants handicapés mentaux [[Pionniers de l&#039;intégration scolaire des enfants handicapés à Genève]] et La génération intégration 1970-1980: un slogan pour quelles réalités sociales? [[Article 2011]]. Les recherches précédentes ont montré à la fois la complexité des pratiques d&#039;intégration amenant souvent un écart entre discours et pratique, ainsi que les résistances à penser le handicap sans mettre une ligne de démarcation entre norme et hors norme, entre enfant éducable et non éducable, limite souvent mal définie et dépendante des représentations (malédiction du handicap). Au début des années 60, l&#039;intégration apparaît d&#039;abord pour les parents, dont les enfants étaient encore entièrement dans la famille, une intégration dans des institutions à créer. Le Pavillon des Grand Bois à l&#039;hôpital psychiatrique de Bel-Air représentant encore une solution &amp;quot;intégratrice&amp;quot; pour les enfants les plus difficiles à éduquer et les moins autonomes. Le concept de [[Dictionnaire|normalisation]] vient s&#039;accoler à celui d&#039;intégration pour rapprocher toute déviance d&#039;une norme sociale (en terme d&#039;habitat, d&#039;activité, voire de comportements). Ainsi le milieu ouvert (comme Aigues-Verte par exemple) peut apparaître comme plus proche d&#039;une vie quotidenne &amp;quot;normale&amp;quot; et donc plus intégrant. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La [[Dictionnaire|désinstitutionalisation]] qui fait l&#039;objet de cette nouvelle recherche est d&#039;abord issue des milieux de l&#039;anti-psychiatrie (et donc ni des associations de parents ni des milieux pédagogiques); on peut apparenter idéologiquement ce mouvement anti-psychiatrique avec un objectif de normalisation dans le sens de rapprocher les personnes prises en charge de la vie quotidienne de tout un chacun. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi malgré des différences d&#039;application ces différents courants pourraient être affiliés à celui libertaire qui a essaimé dans différents champs du social entre 1970 et 1990. C&#039;est dans une perspective de compréhension de l&#039;histoire des idées et des pratiques du mouvement anti-psychiatrique genevois que s&#039;inscrit cette recherche. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un premier temps, cette page d&#039;histoire sera située dans une &amp;quot;tradition&amp;quot;: d&#039;une part celle du traitement de la différence (notamment depuis les travaux des psycho-pédagogues du début du 20e siècle comme Alfred Binet à Paris, Edouard Claparède à Genève ou Ovide Decroly à Bruxelles); et d&#039;autre part dans une tentative dès les années vingt en Angleterre (voir Libre enfants de Summerhill), mais surtout pendant et dans l&#039;après deuxième guerre mondiale (voire les communautés d&#039;enfants victimes de la guerre), de multiplier les expériences de vie communautaire issue du scoutisme, des mouvements de jeunesse, de l&#039;éducation nouvelle et de l&#039;éducation internationaliste et pacifiste, des colonies de vacances et camps CEMEA, s&#039;opposant à une autre tradition hospitalière (couvent, Bon Pasteur, Hospice, institutions de prises en charge spécialisées). Ce faisant, nous dégagerons des signes précurseurs de &amp;quot;désinstitutionalisation&amp;quot; pour des structures plus petites, parfois médicalisées (les écoles de plein-air), mais avant tout proches de la nature et des besoins des individus. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un second temps, nous étudierons la période 1960-1980 laquelle a vu émerger un mouvement anti-psychiatrique (critique de l&#039;hôpital, du pouvoir médical, de la médicalisation à outrance et de la contrainte) pour une critique radicale visant le pouvoir institutionnel et entraînant des pratiques novatrices, lesquelles demandent à être mieux étudiées nbsp: 1. dans leurs objectifs (désinstitutionalisation ou déshospitalisation versus sectorisation)? 2. dans le choix fait des traitements: médicaux (traitement ambulatoire) ou éducatif et thérapeutique? 3. dans l&#039;évaluation faite des populations concernées par une prise en charge alternative 4. dans le rôle joué par la psychanalyse comme alternative au traitement médicaux et comme modèle thérapeutique (notamment dans les communautés cf. film de Catherine Scheuchzer) 5. dans le rôle donné aux familles et le poids qui leur est fait supporter (en terme financier, de responsabilité, de culpabilité,...) et en particulier à l&#039;égard des mères et des femmes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il s&#039;agira de mieux comprendre si l&#039;anti-psychiatrie est dans les années 1960-1980 une nouvelle manière de faire de la psychiatrie ou si elle est une véritable contestation de l&#039;institution asilaire et si les modèles alternatifs proposés ne seraient pas sous couvert d&#039;idéologie libertaire une façon de baisser les coût de la santé en temps de crise. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour ce faire, nous avons travaillé sur des articles et avec une bibliographie d&#039;ouvrages &amp;quot;classiques&amp;quot;, livres de références pour les acteurs/trices de la période considérées, puis nous avons dépouillé des revues professionnelles pour saisir les thématiques qui ont traversé alors le champs de la psychiatrie et de l&#039;éducation spécialisée; dans un second temps la recherche s&#039;est portée sur un fond d&#039;archives de l&#039;Association Les archives contestataires (fonds Alain Riesen/Schuller) dont un des donateurs d&#039;archives, Alain Riesen, est le fondateur de l&#039;Arcade 84 et militant de l&#039;anti-psychiatrie genevoise. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un troisième temps nous avons effectué un entretien vidéo (un plan fixe) afin de lui poser cinq questions issues de la recherche collective dans les archives et dans la littérature afin d&#039;avoir son témoignage sur l&#039;histoire de l&#039;anti-psychiatrie, de la désinstitutionalisation et des communautés thérapeutiques entre 1960 et 1980.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Revue de la littérature  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les revues professionnelles et contestataires entre 1970 et 1990  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un certains nombres de revues professionnelles ont été dépouillée pour la période 1970-1980. Soit Sauvegarde de l&#039;enfance, Déviance et Soicété,... &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Durant la période de 1970 à 1985, la revue &amp;quot;Sauvegarde de l&#039;enfance&amp;quot; n&#039;a publié aucune revue, voire même aucun article consacrés au thème de notre étude, à savoir la désinstitutionnalisation dans le champ de l&#039;éducation spéciale. Au premier abord on pourrait donc tirer la conclusion selon laquelle ce champ d&#039;étude ou ce mouvement n&#039;était que peu présent à cette époque. Toutefois, en se penchant davantage sur les sujets traités dans cette revue, on se rend compte que les auteurs de celle-ci n&#039;ont pas abordé la désinstitutionnalisation en tant que telle, mais l&#039;ont abordée par les effets qu&#039;elle a pu engendré à cette époque. Effectivement, on peut observer des thèmes comme la formation des éducateur en centre de jour ou en maison d&#039;accueil, la relation entre famille et société, l&#039;école ordinaire, l&#039;adolescence et la violence ou encore l&#039;aide sociale, autant de thèmes qui ont largement découlé de ce mouvement désinstitutionnel. Il est donc fort intéressant de se pencher sur les champs d&#039;action de ce type de revues, afin de mieux comprendre quel était le climat politique, les préoccupations, les tendances de la période qui nous intéresse. D&#039;ailleurs, nous retrouverons tout au long de cet article de nombreuses références aux thèmes traités par le revue &#039;&#039;Sauvegarde de l&#039;enfance&#039;&#039;.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Prémisses de critiques aux institutions traditionnelles  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Jusqu&#039;à la fin du XVIIIe siècle, les hôpitaux psychiatriques internaient une population bien différente de celle accueillie au XXe siècle. [[Bibliographie|Cléopâtre Montandon&amp;amp;nbsp;(1978)]]&amp;amp;nbsp; nous dévoile que les populations désignées comme relevant de l&#039;univers psychiatrique étaient très fortement liées à l&#039;univers carcéral. Effectivement, jusqu&#039;au XVIIIe siècle, les criminels étaient considérés comme &amp;quot;fous&amp;quot; ou &amp;quot;aliénés&amp;quot; et se voyaient enfermés, voire même enchaînés dans des &amp;quot;maisons de discipline&amp;quot; ou dans des &amp;quot;hôpitaux pour fous&amp;quot;. A cette époque, seule la justice décidait du lieu d&#039;incarcération des individus criminels. Peu à peu, des distinctions se sont faites pour montrer que certains criminels aliénés relevaient davantage de la psychiatrie, et se définissaient essentiellement par une responsabilité restreinte et une santé mentale défaillante. Ce sont alors ces personnes, désignées comme ne pouvant accomplir leur rôle social, que les hôpitaux psychiatriques ont admis dans leurs locaux. Pour décider et justifier ces internements, la justice ne pouvait agir seule. &amp;quot;Ce n&#039;est qu&#039;à partir de 1936 que l&#039;autorisation d&#039;un internement est délivré sur vue d&#039;un certificat médical par le Département de la prévoyance sociale et de la santé publique&amp;quot;. Ainsi, on voit combien la société évolue en définissant clairement et sur preuves médicales qui peut être &#039;&#039;placé&#039;&#039; en hôpital psychiatrique. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On peut également noter que les préoccupations principales de la période du XVIIIe au début du XXe siècle se restreignaient principalement à la sécurité, et de fait au &#039;&#039;placement&#039;&#039; de ces personnes. Où pouvait-on mettre physiquement ces personnes différentes pour qu&#039;elles ne nuisent pas à la société? Que pouvait-on faire d&#039;elles? Qui pouvait s&#039;en occuper? Que faire avec ces personnes? On observe dès lors que, pendant plusieurs siècles, ces personnes étaient enfermées, dénuées de tous sens, de toute sensibilité, et de toute éducation, en recevant néanmoins de plus en plus de médicaments censés les calmer ou les soigner. Il faudra alors attendre la fin du XIXe siècle pour entrevoir une forme d&#039;éducation de ces personnes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans son article, &amp;quot;La naissance de l&#039;institutions pour aliénés&amp;quot; à Genève au 19e siècle, Alain Riesen montre que la problématique de l&#039;internement .... &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au début du XXe siècle, Binet et Simon (1907)&amp;amp;nbsp; &#039;&#039;donnent une nouvelle forme cognitive de l&#039;éducation spéciale qui perdurera au moins jusqu&#039;au années 1960&#039;&#039; ([[Bibliographie|Chauvière et Plaisance, 2003, p. 32]]).&amp;amp;nbsp; A cette époque là, on distinguait les arriérés d&#039;asiles, non éducables et à laisser entre les mains des médecins, des arriérés d&#039;école. Ainsi, des institutions apparurent en servant d&#039;intermédiaire entre l&#039;hôpital et la classe ordinaire. Dans ces premières institutions, la pédagogie était &#039;&#039;inspirée par l&#039;atelier, c&#039;est-à-dire guidée par la mise en oeuvre de travaux manuels et d&#039;exercices pratiques &#039;&#039;([[Bibliographie|Chauvière et Plaisance, 2003, p. 33]]). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dès les années 1960,&amp;amp;nbsp; de nombreuses institutions privées pour enfants handicapés ou en difficultés se développent, majoritairement sous l&#039;impulsion d&#039;associations de parents. Ces derniers ont été amenés à &#039;&#039;créer et à gérer des institutions de type médico-éducatif&#039;&#039; &#039;&#039;pour éviter à leurs enfants d&#039;être relégués dans des services d&#039;hôpitaux psychiatriques ou d&#039;être seulement en survie à leur domicile&#039;&#039; (Chauvière er Plaisance, 2003, p.35). Aujourd&#039;hui, les institutions, à Genève, semblent toujours être un peu sur le même modèle, celui de &amp;quot;l&#039;alliance&amp;quot; entre le médical et le pédagogique (qui regroupe aussi l&#039;aspect éducatif). Si on ne cherche peut-être plus à éviter aux élèves la reléguation en psychiatrie, on les place dans des lieux parfois hors de tout cursus ordinaire et loin de la norme. Ce qui questionne enfin sur qu&#039;est-ce que la normalisation? Et où mettre la limite à une vie comme tout le monde avec un handicap: la liberté (permissivité, autonomie) des années 1970 a-t-elle fait l&#039;impasse sur la souffrance des individus face aux exigences thérapeutiques et pédagogiques? La communauté d&#039;enfants (pédagogique, institutionnelle, thérapeutique) est-elle un modèle &amp;quot;utile&amp;quot; en temps de crise des institutions: peu coûteux, demandant un engagement au quotidien (vie quotidienne) du collectif pédagogique et thérapeutique (donc assurant un &amp;quot;contrôle social&amp;quot; maximal), ....&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La communauté: un modèle alternatif à l&#039;institution fermée  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des «&amp;amp;nbsp;communautés thérapeutiques&amp;amp;nbsp;» ont été créées en réaction aux enfermements asilaires prônés jusque-là mais qui commençaient à être pointés du doigt, car considérés comme déshumanisants. Bien que créées tout d&#039;abord pour répondre aux phénomènes de dépendances (toxicomanies, par exemple), on trouve, dès la fin des années 60, des communautés thérapeutiques en Angleterre, en France, en Suisse et au Québec, destinées au secteur de la psychiatrie. Avec la naissance de ces communautés thérapeutiques, une nouvelle approche de la psychose en-dehors des lieux de soins traditionnels s&#039;est développée (Schatzman, 1969; Barnes et Berke, 1973; Fabre, 1978; Lecomte et Tourigny, 1983a). Leur but est de créer un milieu &amp;quot;naturel&amp;quot;, en reconstituant les structures d’une «&amp;amp;nbsp;macro famille&amp;amp;nbsp;» ou d’une «&amp;amp;nbsp;mini société&amp;amp;nbsp;», plus rassurantes : on trouve par exemple la Communauté des Sablons, (Maison d&#039;enfants à caractère social et familial (76270 Saint-Saire), ou, en Suisse, le foyer de Tavel qui a vécu cinq ans (1975-1980). Dans le film de Catherine Scheuchzer, «&amp;amp;nbsp;Dans l’aventure du non, la parole&amp;amp;nbsp;», (tourné à Boulens, dans la campagne vaudoise, dans les années 70 ), on découvre, dans un décor post soixante huitard, très simplement, dans un rythme extrêmement lent, des adultes et des enfants en interaction, «&amp;amp;nbsp;comme dans la vraie vie&amp;amp;nbsp;». Cette expérience est décrite comme «&amp;amp;nbsp;une véritable expérience d’éveil à la vie&amp;amp;nbsp;», qui «&amp;amp;nbsp;prend le contre-pied du placement en institution psychiatrique&amp;amp;nbsp;» (L’Est vaudois, 19.11.92). Plutôt que de considérer cette population d&#039;enfants, comme on le faisait en asile, comme des fous, murés dans leur silence, leurs excentricités, on veut les considérer comme des partenaires, des interlocuteurs. Le but est effectivement de les faire participer au quotidien d’une maisonnée, plutôt que de créer des ateliers protégés artificiels. De la sorte, ils sont poussés à se dépasser, à faire des expériences par eux-mêmes, sans avoir nécessairement recours au soutien d’un adulte. Il semble qu&#039;à cette époque, cette nouvelle façon de considérer les enfants autistes comme étant capables d’autonomie, capables d’agir, ait apporté un peu d’humanité dans leur prise en charge. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;enfant&amp;amp;nbsp; ainsi placé dans une communauté thérapeutique vaudoise est-il plus &amp;quot;intégré&amp;quot; que s&#039;il était dans une institution considérée par ces acteurs alternatifs du &amp;quot;système&amp;quot; comme un ghetto? Il en va de même avec le terme désinstitutionalisation? Qu&#039;est-ce que l&#039;institution? Il y en a des &amp;quot;bonnes&amp;quot; (maternantes, enveloppantes, naturelles...) et de &amp;quot;mauvaises&amp;quot; (contraignantes, mortifères) (sur ce point les travaux de Fernand Oury puis de Jacques Pain mériteraient qu&#039;on s&#039;y attache (voir la psychothérapie institutionnelle sur le site de Jacques Pain: http://www.jacques-pain.fr).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La désinstitutionalisation  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon des sources internet, le mouvement de désinstitutionalisation semble avoir débuté vers 1960 (même s’il semble qu’il y ait eu un prélude à la désinstitutionnalisation au début du 19e siècle (L’Institut universitaire en santé mentale de Québec par exemple - La désinstitutionnalisation, http://caringminds.ca/index.php?option=com_content&amp;amp;amp;view=article&amp;amp;amp;id=62&amp;amp;amp;Itemid=43&amp;amp;amp;lang=fr&amp;amp;amp;limitstart=7). Certains observent le début de ce mouvement en Scandinavie, d’autres au Québec. Dans tous les cas, il s’agit d’un mouvement d&#039;ouverture vers la communauté, d’une volonté de «normalisation»[[Normalisation]] &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le mouvement de désinstitutionnalisation s&#039;appuie avant tout sur une philosophie qui met l&#039;accent sur les droits et les libertés des individus, et elle vise à humaniser les soins de santé mentale. ([http://agora-2.org/thematiques/inaptitude.nsf/Dossiers/Desinstitutionnalisation Encyclopédie de l’Agora]). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;horreur suscitée par les politiques nazies du meurtre eugénique des malades psychiatriques et les camps de concentration pendant la Seconde guerre mondiale, ont attirer l’attention sur les pratiques «&amp;amp;nbsp;déshumanisantes&amp;amp;nbsp;» dans les soins psychiatriques en santé mentale, (séquestration, mauvais traitements en tout genre, manque de formation des professionnels). (Voir [http://id.erudit.org/iderudit/032417ar Martin, 1984 et Claire Henderson et Graham Thornicroft], Santé mentale au Québec, vol. 22, n° 2, 1997, p. 88-114. ) Les années d’après-guerre ont vu un accroissement de l’intérêt porté à l’institution comme objet d’étude. Certains auteurs parlent de l’institution comme étant «&amp;amp;nbsp;névrosante&amp;amp;nbsp;», «&amp;amp;nbsp;façonnant et codifiant les gens dans le rôle de patient psychiatrique&amp;amp;nbsp;» (Goffman (1961). On observe dans les années 60 une disparition du personnel religieux des hôpitaux. Naît alors une nouvelle conception de l’individu, une évolution des attitudes envers le malade&amp;amp;nbsp;; on veut le sortir des murs de l’asile psychiatrique. On commence à parler, à cette époque, du «&amp;amp;nbsp;droit de la personne&amp;amp;nbsp;». Des idéaux humanitaires amènent alors à une nouvelle vision de la maladie mentale. Il semble que ce mouvement de désinstitutionnalisation soit également lié à l’apparition des pratiques de pharmacopée. Effectivement, «&amp;amp;nbsp;Ces nouveaux médicaments permettaient de calmer les malades agités, délirants, hallucinés et ainsi permettre d&#039;envisager et de généraliser des traitements psychiques dans des conditions plus réalistes ou encore, lorsque c&#039;était possible, d&#039;envisager un retour au domicile ou dans des structures intermédiaires&amp;amp;nbsp;».([http://fr.wikipedia.org/wiki/Psychiatrie déf. du mot «&amp;amp;nbsp;psychiatrie&amp;amp;nbsp;»]). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On a le désir de «normaliser&amp;amp;nbsp;» leurs conditions de vie. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les années 60, la personne «&amp;amp;nbsp;déficiente intellectuellement&amp;amp;nbsp;» est encore considérée comme un «&amp;amp;nbsp;malade&amp;amp;nbsp;». Toutefois, on ne considère plus le malade mental comme un malade incurable, mais davantage comme un sujet pouvant être aidé et guéri. On met en avant le fait que la maladie mentale ne nécessite pas nécessairement une hospitalisation, et qu’elle doit être considérée comme une quelconque maladie. On externalise, on invente la psychiatrie de secteurs, on commence à intégrer des services pour les malades mentaux dans des hôpitaux ou cliniques. On évite ainsi la stigmatisation des malades mentaux placés pour de longues périodes en asile psychiatrique, et on leur évite la perte de leurs facultés leur permettant de se réintégrer dans la société. On redonne alors un rôle à la communauté, tout en accordant des responsabilités aux familles. La patient devient alors le coeur de l&#039;intérêt des praticiens. ([http://www.promentesana.org/upload/application/trimes_43.pdf in Lettre trimestrielle de l’association romande Pro Mente Sana])&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme il l&#039;a déjà été dit, la désinstitutionalisation a permis aux personnes présentant des troubles psychiatriques de sortir de ce milieu assimilé pendant de nombreuses années, au milieu carcéral. Mais une fois &amp;quot;libérées&amp;quot; où vont ces personnes? A ce sujet,&amp;amp;nbsp; [[Bibliographie|N. Carpentier (2001)]] affirme dans son article que 60 à 70&amp;amp;nbsp;% des patients retournent dans leur famille après l’hospitalisation. Plusieurs articles ont démontré que l&#039;arrivée d&#039;un malade dans une famille, avait de lourde conséquence sur celle-ci. Avant d’en venir aux conséquences, il me semble nécessaire de revenir sur la représentation des professionnels, sur les familles des patients. Pour cela, il est intéressant de revenir sur l&#039;évolution de la vision des professionnels sur la famille. En d&#039;autres termes, comment la famille, alors qu&#039;elle était considérée comme coupable de la maladie de l&#039;un de ses membre, est devenue un partenaire idéal?&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour développer ceci, revenons tout d&#039;abord au début du XXème siècle. A cette époque, la famille était considérée comme étant la cause, à l&#039;origine de la maladie de leur enfant. Autrement dit, les professionnels affirmaient que la maladie mentale était un problème génétique, héritée de plusieurs générations antérieures. Ensuite, les années cinquante ont apporté un premier renversement dans la vision des familles sur la maladie de leur enfant. En effet, la famille était perçue comme étant un «&amp;amp;nbsp;système réagissant aux troubles mentaux de l’un de ses membres, plutôt qu’en tant que système causant des désordres psychiques&amp;amp;nbsp;» ([[Bibliographie|Carpentier, 2001, p.84]]). Ce changement de perspective est en lien avec l’arrivée d’une politique qui favorise les hospitalisations de courte durée. En d’autres termes, les familles commencent à être perçues comme une solution aux changements politiques. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les années 60, la psychiatrie adopte une vision centrée sur la communauté. Ce changement va être très favorable pour les familles, puisqu’il permet à ces dernières de se déresponsabiliser des troubles mentaux. Ainsi, toujours selon Carpentier, à cette époque «&amp;amp;nbsp;les désordres psychiques [doivent être étudiés] sous l’angle de l’isolement social, des désavantages sociaux, puis selon la présence de stresseurs sociaux et économique&amp;amp;nbsp;»( p.89) .&amp;lt;br&amp;gt;Ainsi, au fur et à mesure que le mouvement de désinstitutionalisation est mis en place, les politiciens et les professionnels considèrent la famille comme étant une solution au problème. En effet, la famille est perçue comme «&amp;amp;nbsp;une source privilégiée de soutien émotionnel et social ainsi que comme place de choix pour relocaliser le patient psychiatrique.&amp;amp;nbsp;» ([[Bibliographie|Carpentier, 2001, p.91]]. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Jusqu&#039;à présent, nous avons relevé l&#039;évolution de la perception de la famille aux yeux des professionnels. Mais comment la famille voit-elle ce changement? A ce sujet, [[Bibliographie|R. Therrien (1990)]] affirme que sur le plan économique et émotionnel, la désinstitutionnalisation demande beaucoup aux familles, surtout aux femmes. En effet, toujours selon R.Therrien, avoir quelqu&#039;un ayant des problèmes mentaux à la maison provoque beaucoup de stress chez les familles. Dans certaines familles, un malade peut devenir un véritable &amp;quot;fardeau&amp;quot;, puisque celui-ci impose beaucoup de contraintes. Effectivement, avoir une personne malade à la maison peut engendrer des conséquences telles que la réduction des loisirs habituels, les sorties avec nos amis, par peur d&#039;être jugé, ou encore avoir des problèmes avec nos voisins, car les comportement de notre enfant, ou mari dérange. Tous ces problèmes ont un impacte très fort sur la famille d&#039;autant plus qu&#039;elle n&#039;est pas aidée, ni reconnue pour tout ce qu&#039;elle fait pour la personne malade. &amp;amp;nbsp; &amp;lt;br&amp;gt; A propos de la lourde responsabilité des parents, il me vint une autre question: est-ce que les familles ne finissent pas elles aussi à un moment donné par tomber malade? A ce sujet, monsieur [[Bibliographie|Alain Riesen]] a témoigné que selon lui, quand une famille devait prendre en charge un de ses membres malade, il ne fallait pas qu&#039;elle reste seul, mais elle devait en parler, faire partager ce qu&#039;elle vivait au quotidien. C&#039;est donc, pour ces raisons-là que des thérapies familiales ont vu le jours.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L&#039;élan contestataire des années 70 à Genève  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En Suisse un même mouvement historique a été observé. Selon le médecin Christian Monney, on y a dénoncé les mêmes agissements qu’ailleurs&amp;amp;nbsp;: enfermement, répression, qui étaient là non pour aider le malade, mais pour protéger l’ordre public. On y mêlait, écrit-il, infirmes, orphelins, indigents et fous… (Dr Christian MONNEY, 1999, à l’occasion des 100 ans de l’Hôpital de Malévoz). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Or, dès 1965, des consultations ambulatoires sont créées et les séjours hospitaliers peuvent ainsi se raccourcir. Les moyens de contention sont contestés. Des établissements médico-éducatifs apparaissent, comme [http://www.castalie.ch/home.php?include=textes&amp;amp;lng=1&amp;amp;id=18&amp;amp;idmenu=14 la Castalie en Valais], grâce au Dr Rey-Belley, en 1972 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Genève, l&#039;élan contestataire débute lorsque Julian de Ajuriaguerra est nommé directeur de Bel-Air en 1959. C&#039;est donc à ce moment-là que le mouvement de désinstitutionnalisation naît. En effet, on commence à critiquer les asiles et à vouloir modifier le fonctionnement de l&#039;hôpital psychiatrique. Les patients psychiatriques commencent à bénéficier des mêmes droits que les patients non-psychiatriques. Ensuite, pendant les années 70-80, cet élan continue avec la volonté de baser les soins sur des approches psychotérapeutiques.[[Bibliographie|Rey-Bellet, Bardet Blochet, Ferrero, 2010, p.90-95]] &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L&#039;anti-psychiatrie: une nouvelle politique de la prise en charge  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les années 60, Michel Foucault a tenté d&#039;amorcer &amp;quot;un dialogue entre la psychiatrie et ses sujets&amp;quot; ([[Bibliographie|Rose, 2006, p.113]]) et dès 1971 avec la sortie de son ouvrage sur les prisons, c&#039;est à la critique de l&#039;univers carcéral et des rapports de pouvoir qu&#039;il s&#039;attelle (Surveiller et punir, 1971). Ces critiques, plus tard regroupées sous le nom d&#039;antipsychiatrie, visaient à remettre en question &amp;quot;la manière dont le pouvoir du médecin était impliqué dans la vérité de ce qu&#039;il disait et, inversement, la manière dont celle-ci pouvait être fabriquée et compromise par son pouvoir ([[Bibliographie|Rose, 2006, p.120-121]]). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;institution comme lieu d&#039;exclusion est mise à mal par une volonté de certains de supprimer ces lieux de contrainte, pour une vie libre dans la Cité (sectorisation) ou dans des communautés thérapeutiques (de préférence à la campagne) partant du présupposé que les conditions de vie des personnes sont déterminantes dans leur état de santé (avant même tout diagnostic). Par ailleurs, dans ces années-là, la vie quotidienne devient un objet d&#039;étude (la sociologie de la vie quotidienne), terreau de multiples expériences pédagogiques et thérapeutiques. Le slogan &amp;quot;La liberté est thérapeutique&amp;quot; s&#039;allie à une critique de la contrainte médicamenteuse et des pratiques de contention psychiatrique: elle donne ainsi une place à de nouvelles formes d&#039;&amp;quot;éducation spéciale&amp;quot; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Symptôme de ce changement le terme d&#039;&amp;quot;usagers&amp;quot; vient reléguer celui de &amp;quot;patients&amp;quot; donnant un nouveau statut aux personnes, écorchant ainsi le sacro saint pouvoir des médecins et des directions des institutions. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dès les années 70, le journal mensuel &amp;quot;Tout Va Bien&amp;quot; a consacré de nombreuses pages et numéros à la question de l&#039;anti-psychiatrie. Dès 1973, un groupe d’enquête s’est constitué pour dénoncer une certaine violence et certains abus de pouvoir au sein des asiles psychiatriques. Leur volonté était de déterritorialiser la psychiatrie. «&amp;amp;nbsp;La psychiatrie, c’est l’affaire de tout le monde&amp;amp;nbsp;». Ils voulaient faire exploser la loi du silence qui régnait dans ces lieux. Ils ont voulu dénoncer les rapports de pouvoir sévissant à l&#039;intérieur des murs psychiatriques, la soumission du malade à l’infirmier, la soumission de l’infirmier au médecin, la soumission du médecin aux pouvoirs de l’administrateur bailleur de fonds. Selon ce journal, le mouvement anti-psychiatrique serait né au début des années 60: La clinique psychiatrique de Bel Air, créée en 1900, a commencé à construire des pavillons ouverts avec l’arrivée de son nouveau directeur en 1959, Julian Ajuriaguerra. Son intention était de favoriser le retour de l’interné au plus vite dans leur milieu naturel, grâce à une hospitalisation de courte durée. Depuis 1963, le travail psychiatrique est sectorisé. On commence à organiser les soins dans des centres de consultation de quartier. Ainsi, les premières tentatives alternatives apparaissent en Suisse. Des travailleurs sociaux poursuivent une critique des institutions et contribuent à la création et au fonctionnement de centres (qui se différencient des institutions récupératrices) qui ont pour but de venir en aide à toute personne en crise. Exemple&amp;amp;nbsp;: le centre Liotard à Genève, créé par le réseau d’alternative à la psychiatrie de Suisse romande. En janvier 1975 se tient le premier congrès d’alternative à la psychiatrie de secteur (Congrès de Bruxelles, auquel participe un groupe de Genève: il s’en est inspiré pour animer des débats au centre Liotard&amp;amp;nbsp;: recherche d’alternatives concrètes répondant aux besoins des malades. A Lausanne, le 24 janvier 1976, est créé un réseau alternatif à la psychiatrie pour la Suisse romande, dont l’un des membres actifs s’appelle Alain Riesen, du Centre Liotard. Une commission formée aussi bien de psychiatrisés que de soignants s’est alors formée. Elle a remis en question le pouvoir des soignants. Selon cette commission, le but d’une alternative au secteur doit être la prise en main progressive par le malade de ses propres difficultés. Suite à des tentatives d’internement forcé, des tracts ont circulé, dénonçant les abus du pouvoir psychiatrique (voir les archives contestataires de Genève, Classeur Alain Riesen). Dès ce moment-là, une prise de conscience s&#039;opère: le patient ne veut plus être manipulé, il ne veut plus être le cobaye, il ne veut plus être muselé par le pouvoir du médecin. Il veut choisir son mode de guérison, il veut être actif dans le processus de guérison. Il convient alors de faire en sorte que ce soit le patient qui choisisse ou non son hospitalisation. Effectivement, médecins, contestataires et familles se sont rendus compte de l&#039;importance du choix du malade dans sa propre guérison. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A la fin des années 70, d&#039;autres mouvements anti-psychiatriques se répandent en Suisse et ailleurs: par exemple à la clinique de Bellelay, où son nouveau directeur a souhaité ouvrir les murs à son arrivée, et mettre à disposition des appartements protégés, voire même une maison de vacances pour ses patients. Le but était &amp;quot;que les malades puissent le plus possible avoir des contacts humains et une vie «&amp;amp;nbsp;normale&amp;amp;nbsp;» (TVB avril-mai 80). En Italie, Franco Basaglia, qui s’est appuyé entre autres sur les modèles de l’anti-psychiatrie anglaise et française pour mener sa lutte ([[Bibliographie|Cooper, Lang, Foucault, Caxtel]]), s&#039;en est pris aux conditions de vie moyenâgeuses réservées aux malades mentaux. En quelques années, il démantèle l’asile et expérimente les premiers éléments de sa conception territoriale (et non plus institutionnelle) de la folie&amp;amp;nbsp;: le malade est soigné dans son milieu social&amp;amp;nbsp;» (TVB 10 octobre 80). Suite à la mort atroce d&#039;Alain Urban lors d&#039;une cure de sommeil forcé à la clinique de Bel-Air, l&#039;ADUPSY ainsi que l&#039;Association des Médecins Progressiste ont déployé maints efforts pour alerter l&#039;opinion publique à propos des agissements soupçonneux de la clinque en question. Leurs revedications ont porté sur la suppression des isolements, la priorité données aux instruments de soin ambulatoire, l&#039;augmentation des effectifs globaux du personnel soignant, etc. Ils expriment également leur soutien aux revendications concernant le droit des patients&amp;amp;nbsp;: «&amp;amp;nbsp;Le consentement du patient ou de son entourage immédiat doit toujours être recherché, dans la thérapeutique comme dans la recherche&amp;amp;nbsp;». &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Alain Riesen nous a appris qu&#039;après les drames qui ont secoué Bel-Air, une commission d&#039;enquête a été créée, et c&#039;est non seulement le Directeur de cette clinique qui a été interrogé, mais également les patients, les soignants, ainsi que les cadres. Dès cet instant, &amp;quot;tout est ressorti&amp;quot;, amenant à une première évolution forte: la réforme de l&#039;institution psychiatrique. Le Pr Tissot est déstitué, et un changement au niveau de la législation se fait: le droit de recours apparaît, Le patient peut désormais exiger de faire valoir ses droits. Jusque là, le Réseau d&#039;Alternative à la psychiatrie pouvait intervenir sur demande, mais n&#039;avait pas de statut officiel. A partir de cette période, une Commission de surveillance fut mise sur pied (réunissant un juriste, un médecin indépendant, un représentant du Droit des patients), et quatre associations de défense du Droit des patients sont nées: l&#039;Association RÊVE (les &amp;quot;Entendeurs de voix&amp;quot;), l&#039;ADPED (Association des personnes ayant des troubles bi-polaires et dépressifs), l&#039;Expérience (travail artisanal double d&#039;un travail d&#039;entraide), et l&#039;AETOC (Association des personnes ayant des troubles obsessionnels et compulsifs). Selon Alain Riesen, l&#039;institution, malgré l&#039;avancée significative qui a été faite quant au droit des patients, garde les stigmates de l&#039;institution asilaire. &amp;quot;Il y a encore beaucoup de travail à faire pour faire éclater l&#039;institution dans sa dimension totalitaire&amp;quot;, dit-il en conclusion.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Psychiatrie et anti-psychiatrie  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le mouvement d&#039;anti-psychiatrie qui &amp;quot;s&#039;oppose d&#039;abord et avant tout à une forme de monopole du savoir médical&amp;quot; ([[Bibliographie|Mannoni, 1970]], p. 9) dénonce l&#039;autorité &amp;quot;morale et policière&amp;quot; (Mannoni, 1970, p. 21) du psychiatre. Toutefois, psychiatres et partisants de l&#039;anti-psychiatrie s&#039;accorde sur le fait que &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;la société place le psychiatre dans une position ambiguë&amp;amp;nbsp;: il est au service d&#039;un patient dont il a à défendre les droits mais il se trouve également placé en position d&#039;auxiliaire de la police dans un programme d&#039;internement qui est un processus d&#039;obligation de soins&#039;&#039; (Mannoni, 1970, p. 168). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les réponses apportées par les uns et par les autres pour essayer de lever cette ambiguité sont toutefois différentes. Si l&#039;anti-psychiatrie cherche plutôt à démystifier &amp;quot;le rôle que la société fait jouer à la psychiatrie&amp;quot; (Mannoni, 1970, p.168), à créer des lieux où la maladie mentale pourrait être réintérrogée (allant même jusqu&#039;à nier la notion de maladie mentale (Mannoni, 1970, p. 175) et à s&#039;éloigner des conceptions scientistes, certains psychiatres cherchent à remettre sur le devant de la scène un discours scientifique. &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;---Quand l&#039;antipsychiatrie est critique radicale de l&#039;institution, je suis antipychiatre; mais quand elle se réfugie dans la négation de la maladie mentale, je suis contre&#039;&#039;--- (Stzulman, 1972, p.107).&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les archives de la revue &amp;quot;L&#039;évolution psychiatrique&amp;quot;, les psychiatres non antipsychiatres se sont attelés, au début des années 70, à défendre leur point de vue scientifique et médical. Face au mouvement de protestation, ils ont écrits plusieurs articles afin de réhabiliter la psychiatrie et montrer les incohérences du mouvement anti-psychiatrique, non seulement dans ce qu&#039;il dénonce, mais également dans les solutions qu&#039;il propose. S&#039;ils reconnaissent un certain succès à l&#039;anti-psychiatrie &amp;quot;dans sa position de refus et de provocation&amp;quot; ([[Bibliographie|Barte, 1972]], p. 46), les solutions qu&#039;elle propose ne les satisfont guère. Pour certains membres de ce corps médical, la maladie mentale doit être reconnue comme &#039;&#039;phénomène nature&#039;&#039;l ([[Bibliographie|Ey, 1972]], p. 53). &amp;quot;En faisant volatiliser dans le néan l&#039;objet même de la psychiatrie qu&#039;est le malade mental, l&#039;anti-psychiatrie nie la souffrance humaine, nie le drame authentiquement humain que vit chaque malade mental (Barte, 1972, p. 46). Pour défendre ces patients malades, &amp;quot;fous&amp;quot;, pour les réhabiliter, il est nécessaire de &amp;quot;passer par la reconnaissance même de la psychiatrie, science critique et autonome et qui ne peut se fonder que sur la notion de maladie mentale conçue ni comme simple maladie des organes, ni comme simple maladie psychique&amp;quot; ([[Bibliographie|Barte, 1972]], p.47). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le malaise asilaire est reconnu par les non antipsychiatres et les antispychiatres. Il importe de traiter l&#039;institution en même termps que ses pensionnaires. Cependant, les non antipsychiatre récusent la résponsabilité de l&#039;hôpital psychiatrique dans la création de la folie, &amp;quot;même s&#039;il concourt parfois à statufier certaines présentations cliniques&amp;quot;. ([[Bibliographie|Sztulman, 1972]], p. 106). Face aux critiques sur l&#039;hôpital, notamment face à certains qui, comme Basaglia, refusaient l&#039;idée de traitement de malades et de médecins, les non antipsychiatres dénoncent la déstruction de l&#039;hôpital au profit d&#039;assemblées générales peu organisées. [[Bibliographie|Sztulman (1972)]] pose la question&amp;amp;nbsp;: &amp;quot;A quoi ça sert&amp;amp;nbsp;? A quoi ça sert d&#039;être psychiatre là, ou femme de service,&amp;amp;nbsp; ou ergothérapeute puisque de tout façon chacun est dépouillé de son statut, et que les rôles sont&amp;amp;nbsp; inventer en permanence&amp;amp;nbsp;?&amp;quot; (p.102). Pour ces médecins, la négation de l&#039;inconscient et celle de la maladie mentale dans le mouvement antipsychiatrique amène des &#039;&#039;attitudes thérapeutiques particulièrement incohérentes &#039;&#039;([[Bibliographie|Sztulman, 1972]], p. 101). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La question de l&#039;attribution de la maladie mentale à un fait organique ou plutôt à un fait culturel était alors au coeur de la bataille entre antipsychiatres et non antipsychiatres. Lors de l&#039;entretien mené avec Monsieur A. Riesen, ce dernier nous a expliqué que cette question est toujours d&#039;actualité et qu&#039;il n&#039;y a pas, aujourd&#039;hui encore, de définition claire de la part de la communauté scientifique. Dans les années 1970, les non antipsychiatres critiquaient l&#039;erreur de l&#039;antipsychiatrie dans sa croyance &amp;quot;&#039;&#039;en un principe de causalité univoque et direct de la psychose&amp;quot;&amp;amp;nbsp;&#039;&#039;([[Bibliographie|Sztulman, 1972]], p.105). Dans le même article, Sztulamn déclare encore: &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&amp;quot;&#039;&#039;il est dogmatique et naïf de dire que la folie se développe en dehors de toute culture. Il est dogmatique et naïf de dire qu&#039;elle se limite à un fait culturel. De tout évidence, il n&#039;y a pas un modèle qu&#039;il soit organo, psycho ou socio-génétique de la maladie mentale, mais pluridéterminisme à pondération variable suivant les cas&#039;&#039;&amp;quot; (p. 105). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Monsieur Alain Riesen a bien décrit cette vision &#039;&#039;pluridéterminisme&#039;&#039;,&amp;amp;nbsp; en expliquant que la conception de la maladie mentale comme unique produit d&#039;un système qui disfonctionne semble devoir se ranger derrière un système bio-psycho-social qui rencontre actuellement le plus de soutient de la part des professionnels du domaine psychiatrique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La fonction du médicament dans l&#039;approche anti-psychiatrique  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;apparition de la médication au début des années 1960 permet d&#039;éviter l&#039;internement. Elle soutient le changement qui s’opère dans les pratiques et donne l&#039;impression de pouvoir faire quelque chose. Elle fait transparaître un espoir aussi bien pour les praticiens que pour les patients puisque grâce aux médicaments il y a une diminution des hospitalisations, une augmentation des prises en charge ambulatoires et une augmentation des consultations. L&#039;avancée de la médecine et l’essor de la psychopharmacologie permettent alors de développer de nouvelles perspectives thérapeutiques et de nouveaux défis comme le soutien au patient et à sa famille, la mise en place de nouvelles structures. Il s&#039;agit ainsi de &amp;quot;jeter un pont entre l&#039;hôpital et la ville&amp;quot; (CMS, 1963, 7ème année, n°2 &amp;quot;L’assistance psychiatrique). Cependant, les connaissances récentes sur les effets de la médication et les abus sur son utilisation sont également soulevés. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;anti-psychiatrie se veut aussi anti-thérapeutique, ce qui lui est&amp;amp;nbsp; vivement reproché par les anti anti-psychiatres. Selon ces derniers, les anti-psychiatres considèrent que &amp;quot;les traitements sont à proscrire&amp;quot; ([[Bibliographie|Maurel, 1972]], p. 79). &amp;quot;Traiter, écrit Cooper, c&#039;est être intéressé à rendre le patient plus acceptable pour les autres...et lui faire manifester de moindre façon sa détresse&amp;quot; ([[Bibliographie|Maurel, 1972]], p. 79). Les anti anti-psychiatres militent ainsi pour une guérison grâce à des médicaments &#039;&#039;efficaces&#039;&#039; (au sens médical), selon des avis rapportés par les patients eux-mêmes. Selon les psychiatres opposés au courant anti-psychiatrique, ce-dernier vise &amp;quot;sans toujours l&#039;avouer à &amp;quot;soigner&amp;quot; clandestinement les &amp;quot;malades&amp;quot;&amp;quot; (Maurel, 1972, p.80), ce qui est selon Maurel et ses collègues, une contradiction.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L&#039;influence du concept de normalisation dans l&#039;anti-psychiatrie ==&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Cécilia Zuccone</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=La_d%C3%A9sinstitutionalisation_dans_le_champ_de_l%27%C3%A9ducation_sp%C3%A9ciale_1960-1980&amp;diff=9029</id>
		<title>La désinstitutionalisation dans le champ de l&#039;éducation spéciale 1960-1980</title>
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		<updated>2011-12-11T21:59:35Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Cécilia Zuccone : /* La fonction du médicament dans l&amp;#039;approche anti-psychiatrique */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;== Introduction  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A l&#039;heure où l&#039;on peut constater de &amp;quot;nouvelles exclusions&amp;quot; au nom de la protection des citoyennes et des citoyens inquiétantes pour certains, car &amp;quot;ruinant ainsi des décennies d&#039;efforts de déségrégation, désexclusion, de &amp;quot;retour du schizophrène dans la cité&amp;quot; (Dr.Patrick Lemoine, Le mystère du nocebo, Paris. Odile Jacob, 2011, p.69), un certain nombre de questions se posent pour mieux comprendre l&#039;histoire de l&#039;éducation spéciale, à la fois politique (anti-psychiatrie, sectorisation), sociale et culturelle (intégration, normalisation, désinstitutionalisation, communauté de vie, communauté thérapeutique) dans les décennies des Trente glorieuses (1960-1990) pendant lesquelles a soufflé un vent de contestation des politiques institutionnelles. Un esprit contestataire a émergé en particulier dès les années 1970 (post soixante-huit) provoquant dans le champ de la prise en charge des personnes dites aujourd&#039;hui &amp;quot;à besoins particuliers&amp;quot; un élan de remise en question de l&#039;institution, du pouvoir des médecins, de la contrainte institutionnelle et médicamenteuse. Peu de travaux ont encore exploré ce champ, à Genève, sinon pour étudier l&#039;histoire de Mai 68 et du mouvement féministe. (voir notamment Julie de Dardel, Révolution sexuelle et Mouvement de libération des femmes à Genève (1970-1977). Lausanne: Antipode, 2007).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La recherche proposée vise à mieux comprendre comment, à Genève, le champ de l&#039;éducation spéciale et celui de la psychiatrie a été touché par cette contestation. Elle fait suite à celle engagée en 2010 et 2011 sur l&#039;histoire de l&#039;intégration scolaire des enfants handicapés mentaux [[Pionniers de l&#039;intégration scolaire des enfants handicapés à Genève]] et La génération intégration 1970-1980: un slogan pour quelles réalités sociales? [[Article 2011]]. Les recherches précédentes ont montré à la fois la complexité des pratiques d&#039;intégration amenant souvent un écart entre discours et pratique, ainsi que les résistances à penser le handicap sans mettre une ligne de démarcation entre norme et hors norme, entre enfant éducable et non éducable, limite souvent mal définie et dépendante des représentations (malédiction du handicap). Au début des années 60, l&#039;intégration apparaît d&#039;abord pour les parents, dont les enfants étaient encore entièrement dans la famille, une intégration dans des institutions à créer. Le Pavillon des Grand Bois à l&#039;hôpital psychiatrique de Bel-Air représentant encore une solution &amp;quot;intégratrice&amp;quot; pour les enfants les plus difficiles à éduquer et les moins autonomes. Le concept de [[Dictionnaire|normalisation]] vient s&#039;accoler à celui d&#039;intégration pour rapprocher toute déviance d&#039;une norme sociale (en terme d&#039;habitat, d&#039;activité, voire de comportements). Ainsi le milieu ouvert (comme Aigues-Verte par exemple) peut apparaître comme plus proche d&#039;une vie quotidenne &amp;quot;normale&amp;quot; et donc plus intégrant. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La [[Dictionnaire|désinstitutionalisation]] qui fait l&#039;objet de cette nouvelle recherche est d&#039;abord issue des milieux de l&#039;anti-psychiatrie (et donc ni des associations de parents ni des milieux pédagogiques); on peut apparenter idéologiquement ce mouvement anti-psychiatrique avec un objectif de normalisation dans le sens de rapprocher les personnes prises en charge de la vie quotidienne de tout un chacun. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi malgré des différences d&#039;application ces différents courants pourraient être affiliés à celui libertaire qui a essaimé dans différents champs du social entre 1970 et 1990. C&#039;est dans une perspective de compréhension de l&#039;histoire des idées et des pratiques du mouvement anti-psychiatrique genevois que s&#039;inscrit cette recherche. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un premier temps, cette page d&#039;histoire sera située dans une &amp;quot;tradition&amp;quot;: d&#039;une part celle du traitement de la différence (notamment depuis les travaux des psycho-pédagogues du début du 20e siècle comme Alfred Binet à Paris, Edouard Claparède à Genève ou Ovide Decroly à Bruxelles); et d&#039;autre part dans une tentative dès les années vingt en Angleterre (voir Libre enfants de Summerhill), mais surtout pendant et dans l&#039;après deuxième guerre mondiale (voire les communautés d&#039;enfants victimes de la guerre), de multiplier les expériences de vie communautaire issue du scoutisme, des mouvements de jeunesse, de l&#039;éducation nouvelle et de l&#039;éducation internationaliste et pacifiste, des colonies de vacances et camps CEMEA, s&#039;opposant à une autre tradition hospitalière (couvent, Bon Pasteur, Hospice, institutions de prises en charge spécialisées). Ce faisant, nous dégagerons des signes précurseurs de &amp;quot;désinstitutionalisation&amp;quot; pour des structures plus petites, parfois médicalisées (les écoles de plein-air), mais avant tout proches de la nature et des besoins des individus. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un second temps, nous étudierons la période 1960-1980 laquelle a vu émerger un mouvement anti-psychiatrique (critique de l&#039;hôpital, du pouvoir médical, de la médicalisation à outrance et de la contrainte) pour une critique radicale visant le pouvoir institutionnel et entraînant des pratiques novatrices, lesquelles demandent à être mieux étudiées nbsp: 1. dans leurs objectifs (désinstitutionalisation ou déshospitalisation versus sectorisation)? 2. dans le choix fait des traitements: médicaux (traitement ambulatoire) ou éducatif et thérapeutique? 3. dans l&#039;évaluation faite des populations concernées par une prise en charge alternative 4. dans le rôle joué par la psychanalyse comme alternative au traitement médicaux et comme modèle thérapeutique (notamment dans les communautés cf. film de Catherine Scheuchzer) 5. dans le rôle donné aux familles et le poids qui leur est fait supporter (en terme financier, de responsabilité, de culpabilité,...) et en particulier à l&#039;égard des mères et des femmes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il s&#039;agira de mieux comprendre si l&#039;anti-psychiatrie est dans les années 1960-1980 une nouvelle manière de faire de la psychiatrie ou si elle est une véritable contestation de l&#039;institution asilaire et si les modèles alternatifs proposés ne seraient pas sous couvert d&#039;idéologie libertaire une façon de baisser les coût de la santé en temps de crise. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour ce faire, nous avons travaillé sur des articles et avec une bibliographie d&#039;ouvrages &amp;quot;classiques&amp;quot;, livres de références pour les acteurs/trices de la période considérées, puis nous avons dépouillé des revues professionnelles pour saisir les thématiques qui ont traversé alors le champs de la psychiatrie et de l&#039;éducation spécialisée; dans un second temps la recherche s&#039;est portée sur un fond d&#039;archives de l&#039;Association Les archives contestataires (fonds Alain Riesen/Schuller) dont un des donateurs d&#039;archives, Alain Riesen, est le fondateur de l&#039;Arcade 84 et militant de l&#039;anti-psychiatrie genevoise. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un troisième temps nous avons effectué un entretien vidéo (un plan fixe) afin de lui poser cinq questions issues de la recherche collective dans les archives et dans la littérature afin d&#039;avoir son témoignage sur l&#039;histoire de l&#039;anti-psychiatrie, de la désinstitutionalisation et des communautés thérapeutiques entre 1960 et 1980.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Revue de la littérature  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les revues professionnelles et contestataires entre 1970 et 1990  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un certains nombres de revues professionnelles ont été dépouillée pour la période 1970-1980. Soit Sauvegarde de l&#039;enfance, Déviance et Soicété,... &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Durant la période de 1970 à 1985, la revue &amp;quot;Sauvegarde de l&#039;enfance&amp;quot; n&#039;a publié aucune revue, voire même aucun article consacrés au thème de notre étude, à savoir la désinstitutionnalisation dans le champ de l&#039;éducation spéciale. Au premier abord on pourrait donc tirer la conclusion selon laquelle ce champ d&#039;étude ou ce mouvement n&#039;était que peu présent à cette époque. Toutefois, en se penchant davantage sur les sujets traités dans cette revue, on se rend compte que les auteurs de celle-ci n&#039;ont pas abordé la désinstitutionnalisation en tant que telle, mais l&#039;ont abordée par les effets qu&#039;elle a pu engendré à cette époque. Effectivement, on peut observer des thèmes comme la formation des éducateur en centre de jour ou en maison d&#039;accueil, la relation entre famille et société, l&#039;école ordinaire, l&#039;adolescence et la violence ou encore l&#039;aide sociale, autant de thèmes qui ont largement découlé de ce mouvement désinstitutionnel. Il est donc fort intéressant de se pencher sur les champs d&#039;action de ce type de revues, afin de mieux comprendre quel était le climat politique, les préoccupations, les tendances de la période qui nous intéresse. D&#039;ailleurs, nous retrouverons tout au long de cet article de nombreuses références aux thèmes traités par le revue &#039;&#039;Sauvegarde de l&#039;enfance&#039;&#039;.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Prémisses de critiques aux institutions traditionnelles  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Jusqu&#039;à la fin du XVIIIe siècle, les hôpitaux psychiatriques internaient une population bien différente de celle accueillie au XXe siècle. [[Bibliographie|Cléopâtre Montandon&amp;amp;nbsp;(1978)]]&amp;amp;nbsp; nous dévoile que les populations désignées comme relevant de l&#039;univers psychiatrique étaient très fortement liées à l&#039;univers carcéral. Effectivement, jusqu&#039;au XVIIIe siècle, les criminels étaient considérés comme &amp;quot;fous&amp;quot; ou &amp;quot;aliénés&amp;quot; et se voyaient enfermés, voire même enchaînés dans des &amp;quot;maisons de discipline&amp;quot; ou dans des &amp;quot;hôpitaux pour fous&amp;quot;. A cette époque, seule la justice décidait du lieu d&#039;incarcération des individus criminels. Peu à peu, des distinctions se sont faites pour montrer que certains criminels aliénés relevaient davantage de la psychiatrie, et se définissaient essentiellement par une responsabilité restreinte et une santé mentale défaillante. Ce sont alors ces personnes, désignées comme ne pouvant accomplir leur rôle social, que les hôpitaux psychiatriques ont admis dans leurs locaux. Pour décider et justifier ces internements, la justice ne pouvait agir seule. &amp;quot;Ce n&#039;est qu&#039;à partir de 1936 que l&#039;autorisation d&#039;un internement est délivré sur vue d&#039;un certificat médical par le Département de la prévoyance sociale et de la santé publique&amp;quot;. Ainsi, on voit combien la société évolue en définissant clairement et sur preuves médicales qui peut être &#039;&#039;placé&#039;&#039; en hôpital psychiatrique. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On peut également noter que les préoccupations principales de la période du XVIIIe au début du XXe siècle se restreignaient principalement à la sécurité, et de fait au &#039;&#039;placement&#039;&#039; de ces personnes. Où pouvait-on mettre physiquement ces personnes différentes pour qu&#039;elles ne nuisent pas à la société? Que pouvait-on faire d&#039;elles? Qui pouvait s&#039;en occuper? Que faire avec ces personnes? On observe dès lors que, pendant plusieurs siècles, ces personnes étaient enfermées, dénuées de tous sens, de toute sensibilité, et de toute éducation, en recevant néanmoins de plus en plus de médicaments censés les calmer ou les soigner. Il faudra alors attendre la fin du XIXe siècle pour entrevoir un forme d&#039;éducation de ces personnes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans son article, &amp;quot;La naissance de l&#039;institutions pour aliénés&amp;quot; à Genève au 19e siècle, Alain Riesen montre que la problématique de l&#039;internement .... &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au début du XXe siècle, Binet et Simon (1907)&amp;amp;nbsp; &#039;&#039;donnent une nouvelle forme cognitive de l&#039;éducation spéciale qui perdurera au moins jusqu&#039;au années 1960&#039;&#039; ([[Bibliographie|Chauvière et Plaisance, 2003, p. 32]]).&amp;amp;nbsp; A cette époque là, on distinguait les arriérés d&#039;asiles, non éducables et à laisser entre les mains des médecins, des arriérés d&#039;école. Ainsi, des institutions apparurent en servant d&#039;intermédiaire entre l&#039;hôpital et la classe ordinaire. Dans ces premières institutions, la pédagogie était &#039;&#039;inspirée par l&#039;atelier, c&#039;est-à-dire guidée par la mise en oeuvre de travaux manuels et d&#039;exercices pratiques &#039;&#039;([[Bibliographie|Chauvière et Plaisance, 2003, p. 33]]). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dès les années 1960,&amp;amp;nbsp; de nombreuses institutions privées pour enfants handicapés ou en difficultés se développent, majoritairement sous l&#039;impulsion d&#039;associations de parents. Ces derniers ont été amenés à &#039;&#039;créer et à gérer des institutions de type médico-éducatif&#039;&#039; &#039;&#039;pour éviter à leurs enfants d&#039;être relégués dans des services d&#039;hôpitaux psychiatriques ou d&#039;être seulement en survie à leur domicile&#039;&#039; (Chauvière er Plaisance, 2003, p.35). Aujourd&#039;hui, les institutions, à Genève, semblent toujours être un peu sur le même modèle, celui de &amp;quot;l&#039;alliance&amp;quot; entre le médical et le pédagogique (qui regroupe aussi l&#039;aspect éducatif). Si on ne cherche peut-être plus à éviter aux élèves la reléguation en psychiatrie, on les place dans des lieux parfois hors de tout cursus ordinaire et loin de la norme. Ce qui questionne enfin sur qu&#039;est-ce que la normalisation? Et où mettre la limite à une vie comme tout le monde avec un handicap: la liberté (permissivité, autonomie) des années 1970 a-t-elle fait l&#039;impasse sur la souffrance des individus face aux exigences thérapeutiques et pédagogiques? La communauté d&#039;enfants (pédagogique, institutionnelle, thérapeutique) est-elle un modèle &amp;quot;utile&amp;quot; en temps de crise des institutions: peu coûteux, demandant un engagement au quotidien (vie quotidienne) du collectif pédagogique et thérapeutique (donc assurant un &amp;quot;contrôle social&amp;quot; maximal), ....&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La communauté: un modèle alternatif à l&#039;institution fermée  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des «&amp;amp;nbsp;communautés thérapeutiques&amp;amp;nbsp;» ont été créées en réaction aux enfermements asilaires prônés jusque-là mais qui commençaient à être pointés du doigt, car considérés comme déshumanisants. Bien que créées tout d&#039;abord pour répondre aux phénomènes de dépendances (toxicomanies, par exemple), on trouve, dès la fin des années 60, des communautés thérapeutiques en Angleterre, en France, en Suisse et au Québec, destinées au secteur de la psychiatrie. Avec la naissance de ces communautés thérapeutiques, une nouvelle approche de la psychose en-dehors des lieux de soins traditionnels s&#039;est développée (Schatzman, 1969; Barnes et Berke, 1973; Fabre, 1978; Lecomte et Tourigny, 1983a). Leur but est de créer un milieu &amp;quot;naturel&amp;quot;, en reconstituant les structures d’une «&amp;amp;nbsp;macro famille&amp;amp;nbsp;» ou d’une «&amp;amp;nbsp;mini société&amp;amp;nbsp;», plus rassurantes : on trouve par exemple la Communauté des Sablons, (Maison d&#039;enfants à caractère social et familial (76270 Saint-Saire), ou, en Suisse, le foyer de Tavel qui a vécu cinq ans (1975-1980). Dans le film de Catherine Scheuchzer, «&amp;amp;nbsp;Dans l’aventure du non, la parole&amp;amp;nbsp;», (tourné à Boulens, dans la campagne vaudoise, dans les années 70 ), on découvre, dans un décor post soixante huitard, très simplement, dans un rythme extrêmement lent, des adultes et des enfants en interaction, «&amp;amp;nbsp;comme dans la vraie vie&amp;amp;nbsp;». Cette expérience est décrite comme «&amp;amp;nbsp;une véritable expérience d’éveil à la vie&amp;amp;nbsp;», qui «&amp;amp;nbsp;prend le contre-pied du placement en institution psychiatrique&amp;amp;nbsp;» (L’Est vaudois, 19.11.92). Plutôt que de considérer cette population d&#039;enfants, comme on le faisait en asile, comme des fous, murés dans leur silence, leurs excentricités, on veut les considérer comme des partenaires, des interlocuteurs. Le but est effectivement de les faire participer au quotidien d’une maisonnée, plutôt que de créer des ateliers protégés artificiels. De la sorte, ils sont poussés à se dépasser, à faire des expériences par eux-mêmes, sans avoir nécessairement recours au soutien d’un adulte. Il semble qu&#039;à cette époque, cette nouvelle façon de considérer les enfants autistes comme étant capables d’autonomie, capables d’agir, ait apporté un peu d’humanité dans leur prise en charge. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;enfant&amp;amp;nbsp; ainsi placé dans une communauté thérapeutique vaudoise est-il plus &amp;quot;intégré&amp;quot; que s&#039;il était dans une institution considérée par ces acteurs alternatifs du &amp;quot;système&amp;quot; comme un ghetto? Il en va de même avec le terme désinstitutionalisation? Qu&#039;est-ce que l&#039;institution? Il y en a des &amp;quot;bonnes&amp;quot; (maternantes, enveloppantes, naturelles...) et de &amp;quot;mauvaises&amp;quot; (contraignantes, mortifères) (sur ce point les travaux de Fernand Oury puis de Jacques Pain mériteraient qu&#039;on s&#039;y attache (voir la psychothérapie institutionnelle sur le site de Jacques Pain: http://www.jacques-pain.fr).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La désinstitutionalisation  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon des sources internet, le mouvement de désinstitutionalisation semble avoir débuté vers 1960 (même s’il semble qu’il y ait eu un prélude à la désinstitutionnalisation au début du 19e siècle (L’Institut universitaire en santé mentale de Québec par exemple - La désinstitutionnalisation, http://caringminds.ca/index.php?option=com_content&amp;amp;amp;view=article&amp;amp;amp;id=62&amp;amp;amp;Itemid=43&amp;amp;amp;lang=fr&amp;amp;amp;limitstart=7). Certains observent le début de ce mouvement en Scandinavie, d’autres au Québec. Dans tous les cas, il s’agit d’un mouvement d&#039;ouverture vers la communauté, d’une volonté de «normalisation»[[Normalisation]] &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le mouvement de désinstitutionnalisation s&#039;appuie avant tout sur une philosophie qui met l&#039;accent sur les droits et les libertés des individus, et elle vise à humaniser les soins de santé mentale. ([http://agora-2.org/thematiques/inaptitude.nsf/Dossiers/Desinstitutionnalisation Encyclopédie de l’Agora]). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;horreur suscitée par les politiques nazies du meurtre eugénique des malades psychiatriques et les camps de concentration pendant la Seconde guerre mondiale, ont attirer l’attention sur les pratiques «&amp;amp;nbsp;déshumanisantes&amp;amp;nbsp;» dans les soins psychiatriques en santé mentale, (séquestration, mauvais traitements en tout genre, manque de formation des professionnels). (Voir [http://id.erudit.org/iderudit/032417ar Martin, 1984 et Claire Henderson et Graham Thornicroft], Santé mentale au Québec, vol. 22, n° 2, 1997, p. 88-114. ) Les années d’après-guerre ont vu un accroissement de l’intérêt porté à l’institution comme objet d’étude. Certains auteurs parlent de l’institution comme étant «&amp;amp;nbsp;névrosante&amp;amp;nbsp;», «&amp;amp;nbsp;façonnant et codifiant les gens dans le rôle de patient psychiatrique&amp;amp;nbsp;» (Goffman (1961). On observe dans les années 60 une disparition du personnel religieux des hôpitaux. Naît alors une nouvelle conception de l’individu, une évolution des attitudes envers le malade&amp;amp;nbsp;; on veut le sortir des murs de l’asile psychiatrique. On commence à parler, à cette époque, du «&amp;amp;nbsp;droit de la personne&amp;amp;nbsp;». Des idéaux humanitaires amènent alors à une nouvelle vision de la maladie mentale. Il semble que ce mouvement de désinstitutionnalisation soit également lié à l’apparition des pratiques de pharmacopée. Effectivement, «&amp;amp;nbsp;Ces nouveaux médicaments permettaient de calmer les malades agités, délirants, hallucinés et ainsi permettre d&#039;envisager et de généraliser des traitements psychiques dans des conditions plus réalistes ou encore, lorsque c&#039;était possible, d&#039;envisager un retour au domicile ou dans des structures intermédiaires&amp;amp;nbsp;».([http://fr.wikipedia.org/wiki/Psychiatrie déf. du mot «&amp;amp;nbsp;psychiatrie&amp;amp;nbsp;»]). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On a le désir de «normaliser&amp;amp;nbsp;» leurs conditions de vie. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les années 60, la personne «&amp;amp;nbsp;déficiente intellectuellement&amp;amp;nbsp;» est encore considérée comme un «&amp;amp;nbsp;malade&amp;amp;nbsp;». Toutefois, on ne considère plus le malade mental comme un malade incurable, mais davantage comme un sujet pouvant être aidé et guéri. On met en avant le fait que la maladie mentale ne nécessite pas nécessairement une hospitalisation, et qu’elle doit être considérée comme une quelconque maladie. On externalise, on invente la psychiatrie de secteurs, on commence à intégrer des services pour les malades mentaux dans des hôpitaux ou cliniques. On évite ainsi la stigmatisation des malades mentaux placés pour de longues périodes en asile psychiatrique, et on leur évite la perte de leurs facultés leur permettant de se réintégrer dans la société. On redonne alors un rôle à la communauté, tout en accordant des responsabilités aux familles. La patient devient alors le coeur de l&#039;intérêt des praticiens. ([http://www.promentesana.org/upload/application/trimes_43.pdf in Lettre trimestrielle de l’association romande Pro Mente Sana])&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme il l&#039;a déjà été dit, la désinstitutionalisation a permis aux personnes présentant des troubles psychiatriques de sortir de ce milieu assimilé pendant de nombreuses années, au milieu carcéral. Mais une fois &amp;quot;libérées&amp;quot; où vont ces personnes? A ce sujet,&amp;amp;nbsp; [[Bibliographie|N. Carpentier (2001)]] affirme dans son article que 60 à 70&amp;amp;nbsp;% des patients retournent dans leur famille après l’hospitalisation. Plusieurs articles ont démontré que l&#039;arrivée d&#039;un malade dans une famille, avait de lourde conséquence sur celle-ci. Avant d’en venir aux conséquences, il me semble nécessaire de revenir sur la représentation des professionnels, sur les familles des patients. Pour cela, il est intéressant de revenir sur l&#039;évolution de la vision des professionnels sur la famille. En d&#039;autres termes, comment la famille, alors qu&#039;elle était considérée comme coupable de la maladie de l&#039;un de ses membre, est devenue un partenaire idéal?&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour développer ceci, revenons tout d&#039;abord au début du XXème siècle. A cette époque, la famille était considérée comme étant la cause, à l&#039;origine de la maladie de leur enfant. Autrement dit, les professionnels affirmaient que la maladie mentale était un problème génétique, héritée de plusieurs générations antérieures. Ensuite, les années cinquantes ont apporté un premier renversement dans la vision des familles sur la maladie de leur enfant. En effet, la famille était perçue comme étant un «&amp;amp;nbsp;système réagissant aux troubles mentaux de l’un de ses membres, plutôt qu’en tant que système causant des désordres psychiques&amp;amp;nbsp;» ([[Bibliographie|Carpentier, 2001, p.84]]). Ce changement de perspective est en lien avec l’arrivée d’une politique qui favorise les hospitalisations de courte durée. En d’autres termes, les familles commencent à être perçues comme une solution aux changements politiques. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les années 60, la psychiatrie adopte une vision centrée sur la communauté. Ce changement va être très favorable pour les familles, puisqu’il permet à ces dernières de se déresponsabiliser des troubles mentaux. Ainsi, toujours selon Carpentier, à cette époque «&amp;amp;nbsp;les désordres psychiques [doivent être étudiés] sous l’angle de l’isolement social, des désavantages sociaux, puis selon la présence de stresseurs sociaux et économique&amp;amp;nbsp;»( p.89) .&amp;lt;br&amp;gt;Ainsi, au fur et à mesure que le mouvement de désinstitutionalisation est mis en place, les politiciens et les professionnels considèrent la famille comme étant une solution au problème. En effet, la famille est perçue comme «&amp;amp;nbsp;une source privilégiée de soutien émotionnel et social ainsi que comme place de choix pour relocaliser le patient psychiatrique.&amp;amp;nbsp;» ([[Bibliographie|Carpentier, 2001, p.91]]. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Jusqu&#039;à présent, nous avons relevé l&#039;évolution de la perception de la famille aux yeux des professionnels. Mais comment la famille voit-elle ce changement? A ce sujet, [[Bibliographie|R. Therrien (1990)]] affirme que sur le plan économique et émotionnel, la désinstitutionnalisation demande beaucoup aux familles, surtout aux femmes. En effet, toujours selon R.Therrien, avoir quelqu&#039;un ayant des problèmes mentaux à la maison provoque beaucoup de stress chez les familles. Dans certaines familles, un malade peut devenir un véritable &amp;quot;fardeau&amp;quot;, puisque celui-ci impose beaucoup de contraintes. Effectivement, avoir une personne malade à la maison peut engendrer des conséquences telles que la réduction des loisirs habituels, les sorties avec nos amis, par peur d&#039;être jugé, ou encore avoir des problèmes avec nos voisins, car les comportment de notre enfant, ou mari dérange. Tous ces problèmes ont un impacte très fort sur la famille d&#039;autant plus qu&#039;elle n&#039;est pas aidée, ni reconnue pour tout ce qu&#039;elle fait pour la personne malade. &amp;amp;nbsp; &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L&#039;élan contestataire des années 70 à Genève  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En Suisse un même mouvement historique a été observé. Selon le médecin Christian Monney, on y a dénoncé les mêmes agissements qu’ailleurs&amp;amp;nbsp;: enfermement, répression, qui étaient là non pour aider le malade, mais pour protéger l’ordre public. On y mêlait, écrit-il, infirmes, orphelins, indigents et fous… (Dr Christian MONNEY, 1999, à l’occasion des 100 ans de l’Hôpital de Malévoz). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Or, dès 1965, des consultations ambulatoires sont créées et les séjours hospitaliers peuvent ainsi se raccourcir. Les moyens de contention sont contestés. Des établissements médico-éducatifs apparaissent, comme [http://www.castalie.ch/home.php?include=textes&amp;amp;lng=1&amp;amp;id=18&amp;amp;idmenu=14 la Castalie en Valais], grâce au Dr Rey-Belley, en 1972 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Genève, l&#039;élan contestataire débute lorsque Julian de Ajuriaguerra est nommé directeur de Bel-Air en 1959. C&#039;est donc à ce moment-là que le mouvement de désinstitutionnalisation naît. En effet, on commence à critiquer les asiles et à vouloir modifier le fonctionnement de l&#039;hôpital psychiatrique. Les patients psychiatriques commencent à bénéficier des mêmes droits que les patients non-psychiatriques. Ensuite, pendant les années 70-80, cet élan continue avec la volonté de baser les soins sur des approches psychotérapeutiques.[[Bibliographie|Rey-Bellet, Bardet Blochet, Ferrero, 2010, p.90-95]] &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L&#039;anti-psychiatrie: une nouvelle politique de la prise en charge  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les années 60, Michel Foucault a tenté d&#039;amorcer &amp;quot;un dialogue entre la psychiatrie et ses sujets&amp;quot; ([[Bibliographie|Rose, 2006, p.113]]) et dès 1971 avec la sortie de son ouvrage sur les prisons, c&#039;est à la critique de l&#039;univers carcéral et des rapports de pouvoir qu&#039;il s&#039;attelle (Surveiller et punir, 1971). Ces critiques, plus tard regroupées sous le nom d&#039;antipsychiatrie, visaient à remettre en question &amp;quot;la manière dont le pouvoir du médecin était impliqué dans la vérité de ce qu&#039;il disait et, inversement, la manière dont celle-ci pouvait être fabriquée et compromise par son pouvoir ([[Bibliographie|Rose, 2006, p.120-121]]). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;institution comme lieu d&#039;exclusion est mise à mal par une volonté de certains de supprimer ces lieux de contrainte, pour une vie libre dans la Cité (sectorisation) ou dans des communautés thérapeutiques (de préférence à la campagne) partant du présupposé que les conditions de vie des personnes sont déterminantes dans leur état de santé (avant même tout diagnostic). Par ailleurs, dans ces années-là, la vie quotidienne devient un objet d&#039;étude (la sociologie de la vie quotidienne), terreau de multiples expériences pédagogiques et thérapeutiques. Le slogan &amp;quot;La liberté est thérapeutique&amp;quot; s&#039;allie à une critique de la contrainte médicamenteuse et des pratiques de contention psychiatrique: elle donne ainsi une place à de nouvelles formes d&#039;&amp;quot;éducation spéciale&amp;quot; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Symptôme de ce changement le terme d&#039;&amp;quot;usagers&amp;quot; vient reléguer celui de &amp;quot;patients&amp;quot; donnant un nouveau statut aux personnes, écorchant ainsi le sacro saint pouvoir des médecins et des directions des institutions. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dès les années 70, le journal mensuel &amp;quot;Tout Va Bien&amp;quot; a consacré de nombreuses pages et numéros à la question de l&#039;anti-psychiatrie. Dès 1973, un groupe d’enquête s’est constitué pour dénoncer une certaine violence et certains abus de pouvoir au sein des asiles psychiatriques. Leur volonté était de déterritorialiser la psychiatrie. «&amp;amp;nbsp;La psychiatrie, c’est l’affaire de tout le monde&amp;amp;nbsp;». Ils voulaient faire exploser la loi du silence qui régnait dans ces lieux. Ils ont voulu dénoncer les rapports de pouvoir sévissant à l&#039;intérieur des murs psychiatriques, la soumission du malade à l’infirmier, la soumission de l’infirmier au médecin, la soumission du médecin aux pouvoirs de l’administrateur bailleur de fonds. Selon ce journal, le mouvement anti-psychiatrique serait né au début des années 60: La clinique psychiatrique de Bel Air, créée en 1900, a commencé à construire des pavillons ouverts avec l’arrivée de son nouveau directeur en 1959, Julian Ajuriaguerra. Son intention était de favoriser le retour de l’interné au plus vite dans leur milieu naturel, grâce à une hospitalisation de courte durée. Depuis 1963, le travail psychiatrique est sectorisé. On commence à organiser les soins dans des centres de consultation de quartier. Ainsi, les premières tentatives alternatives apparaissent en Suisse. Des travailleurs sociaux poursuivent une critique des institutions et contribuent à la création et au fonctionnement de centres (qui se différencient des institutions récupératrices) qui ont pour but de venir en aide à toute personne en crise. Exemple&amp;amp;nbsp;: le centre Liotard à Genève, créé par le réseau d’alternative à la psychiatrie de Suisse romande. En janvier 1975 se tient le premier congrès d’alternative à la psychiatrie de secteur (Congrès de Bruxelles, auquel participe un groupe de Genève: il s’en est inspiré pour animer des débats au centre Liotard&amp;amp;nbsp;: recherche d’alternatives concrètes répondant aux besoins des malades. A Lausanne, le 24 janvier 1976, est créé un réseau alternatif à la psychiatrie pour la Suisse romande, dont l’un des membres actifs s’appelle Alain Riesen, du Centre Liotard. Une commission formée aussi bien de psychiatrisés que de soignants s’est alors formée. Elle a remis en question le pouvoir des soignants. Selon cette commission, le but d’une alternative au secteur doit être la prise en main progressive par le malade de ses propres difficultés. Suite à des tentatives d’internement forcé, des tracts ont circulé, dénonçant les abus du pouvoir psychiatrique (voir les archives contestataires de Genève, Classeur Alain Riesen). Dès ce moment-là, une prise de conscience s&#039;opère: le patient ne veut plus être manipulé, il ne veut plus être le cobaye, il ne veut plus être muselé par le pouvoir du médecin. Il veut choisir son mode de guérison, il veut être actif dans le processus de guérison. Il convient alors de faire en sorte que ce soit le patient qui choisisse ou non son hospitalisation. Effectivement, médecins, contestataires et familles se sont rendus compte de l&#039;importance du choix du malade dans sa propre guérison. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A la fin des années 70, d&#039;autres mouvements anti-psychiatriques se répandent en Suisse et ailleurs: par exemple à la clinique de Bellelay, où son nouveau directeur a souhaité ouvrir les murs à son arrivée, et mettre à disposition des appartements protégés, voire même une maison de vacances pour ses patients. Le but était &amp;quot;que les malades puissent le plus possible avoir des contacts humains et une vie «&amp;amp;nbsp;normale&amp;amp;nbsp;» (TVB avril-mai 80). En Italie, Franco Basaglia, qui s’est appuyé entre autres sur les modèles de l’anti-psychiatrie anglaise et française pour mener sa lutte ([[Bibliographie|Cooper, Lang, Foucault, Caxtel]]), s&#039;en est pris aux conditions de vie moyenâgeuses réservées aux malades mentaux. En quelques années, il démantèle l’asile et expérimente les premiers éléments de sa conception territoriale (et non plus institutionnelle) de la folie&amp;amp;nbsp;: le malade est soigné dans son milieu social&amp;amp;nbsp;» (TVB 10 octobre 80). Suite à la mort atroce d&#039;Alain Urban lors d&#039;une cure de sommeil forcé à la clinique de Bel-Air, l&#039;ADUPSY ainsi que l&#039;Association des Médecins Progressiste ont déployé maints efforts pour alerter l&#039;opinion publique à propos des agissements soupçonneux de la clinque en question. Leurs revedications ont porté sur la suppression des isolements, la priorité données aux instruments de soin ambulatoire, l&#039;augmentation des effectifs globaux du personnel soignant, etc. Ils expriment également leur soutien aux revendications concernant le droit des patients&amp;amp;nbsp;: «&amp;amp;nbsp;Le consentement du patient ou de son entourage immédiat doit toujours être recherché, dans la thérapeutique comme dans la recherche&amp;amp;nbsp;». &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Alain Riesen nous a appris qu&#039;après les drames qui ont secoué Bel-Air, une commission d&#039;enquête a été créée, et c&#039;est non seulement le Directeur de cette clinique qui a été interrogé, mais également les patients, les soignants, ainsi que les cadres. Dès cet instant, &amp;quot;tout est ressorti&amp;quot;, amenant à une première évolution forte: la réforme de l&#039;institution psychiatrique. Le Pr Tissot est déstitué, et un changement au niveau de la législation se fait: le droit de recours apparaît, Le patient peut désormais exiger de faire valoir ses droits. Jusque là, le Réseau d&#039;Alternative à la psychiatrie pouvait intervenir sur demande, mais n&#039;avait pas de statut officiel. A partir de cette période, une Commission de surveillance fut mise sur pied (réunissant un juriste, un médecin indépendant, un représentant du Droit des patients), et quatre associations de défense du Droit des patients sont nées: l&#039;Association RÊVE (les &amp;quot;Entendeurs de voix&amp;quot;), l&#039;ADPED (Association des personnes ayant des troubles bi-polaires et dépressifs), l&#039;Expérience (travail artisanal double d&#039;un travail d&#039;entraide), et l&#039;AETOC (Association des personnes ayant des troubles obsessionnels et compulsifs). Selon Alain Riesen, l&#039;institution, malgré l&#039;avancée significative qui a été faite quant au droit des patients, garde les stigmates de l&#039;institution asilaire. &amp;quot;Il y a encore beaucoup de travail à faire pour faire éclater l&#039;institution dans sa dimension totalitaire&amp;quot;, dit-il en conclusion.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Psychiatrie et anti-psychiatrie  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le mouvement d&#039;anti-psychiatrie qui &amp;quot;s&#039;oppose d&#039;abord et avant tout à une forme de monopole du savoir médical&amp;quot; ([[Bibliographie|Mannoni, 1970]], p. 9) dénonce l&#039;autorité &amp;quot;morale et policière&amp;quot; (Mannoni, 1970, p. 21) du psychiatre. Toutefois, psychiatres et partisants de l&#039;anti-psychiatrie s&#039;accorde sur le fait que &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;la société place le psychiatre dans une position ambiguë&amp;amp;nbsp;: il est au service d&#039;un patient dont il a à défendre les droits mais il se trouve également placé en position d&#039;auxiliaire de la police dans un programme d&#039;internement qui est un processus d&#039;obligation de soins&#039;&#039; (Mannoni, 1970, p. 168). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les réponses apportées par les uns et par les autres pour essayer de lever cette ambiguité sont toutefois différentes. Si l&#039;anti-psychiatrie cherche plutôt à démystifier &amp;quot;le rôle que la société fait jouer à la psychiatrie&amp;quot; (Mannoni, 1970, p.168), à créer des lieux où la maladie mentale pourrait être réintérrogée (allant même jusqu&#039;à nier la notion de maladie mentale (Mannoni, 1970, p. 175) et à s&#039;éloigner des conceptions scientistes, certains psychiatres cherchent à remettre sur le devant de la scène un discours scientifique. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les archives de la revue &amp;quot;L&#039;évolution psychiatrique&amp;quot;, les psychiatres non antipsychiatres se sont attelés, au début des années 70, à défendre leur point de vue scientifique et médical. Face au mouvement de protestation, ils ont écrits plusieurs articles afin de réhabiliter la psychiatrie et montrer les incohérences du mouvement anti-psychiatrique, non seulement dans ce qu&#039;il dénonce, mais également dans les solutions qu&#039;il propose. S&#039;ils reconnaissent un certain succès à l&#039;anti-psychiatrie &amp;quot;dans sa position de refus et de provocation&amp;quot; ([[Bibliographie|Barte, 1972]], p. 46), les solutions qu&#039;elle propose ne les satisfont guère. Pour certains membres de ce corps médical, la maladie mentale doit être reconnue comme &#039;&#039;phénomène nature&#039;&#039;l ([[Bibliographie|Ey, 1972]], p. 53). &amp;quot;En faisant volatiliser dans le néan l&#039;objet même de la psychiatrie qu&#039;est le malade mental, l&#039;anti-psychiatrie nie la souffrance humaine, nie le drame authentiquement humain que vit chaque malade mental (Barte, 1972, p. 46). Pour défendre ces patients malades, &amp;quot;fous&amp;quot;, pour les réhabiliter, il est nécessaire de &amp;quot;passer par la reconnaissance même de la psychiatrie, science critique et autonome et qui ne peut se fonder que sur la notion de maladie mentale conçue ni comme simple maladie des organes, ni comme simple maladie psychique&amp;quot; ([[Bibliographie|Barte, 1972]], p.47). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Face aux critiques sur l&#039;hôpital, notamment face à certains comme Basaglia qui refusaient l&#039;idée de traitement de malades et de médecins, les non antipsychiatres dénoncent la déstruction de l&#039;hôpital au profit d&#039;assemblées générales peu organisées. [[Bibliographie|Sztulman (1972)]] pose la question&amp;amp;nbsp;: &amp;quot;A quoi ça sert&amp;amp;nbsp;? A quoi ça sert d&#039;être psychiatre là, ou femme de service,&amp;amp;nbsp; ou ergothérapeute puisque de tout façon chacun est dépouillé de son statut, et que les rôles sont&amp;amp;nbsp; inventer en permanence&amp;amp;nbsp;?&amp;quot; (p.102). Pour ces médecins, la négation de l&#039;inconscient et celle de la maladie mentale dans le mouvement antipsychiatrique amène des &#039;&#039;attitudes thérapeutiques particulièrement incohérentes &#039;&#039;([[Bibliographie|Sztulman, 1972]], p. 101). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La question de l&#039;attribution de la maladie mentale à un fait organique ou plutôt à un fait culturel était alors au coeur de la bataille entre antipsychiatres et non antipsychiatres. Lors de l&#039;entretien mené avec Monsieur A. Riesen, ce dernier nous a expliqué que cette question est toujours d&#039;actualité et qu&#039;il n&#039;y a pas, aujourd&#039;hui encore, de définition claire de la part de la communauté scientifique. Cependant, la conception de la maladie mentale comme unique produit d&#039;un système qui disfonctionne semble devoir se ranger derrière un système bio-psycho-social qui rencontre actuellement le plus de soutient de la part des professionnels du domaine psychiatrique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La fonction du médicament dans l&#039;approche anti-psychiatrique  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;apparition de la médication au début des années 1960 permet d&#039;éviter l&#039;internement. Elle soutient le changement qui s’opère dans les pratiques et donne l&#039;impression de pouvoir faire quelque chose. Elle fait transparaître un espoir aussi bien pour les praticiens que pour les patients puisque grâce aux médicaments il y a une diminution des hospitalisations, une augmentation des prises en charge ambulatoires et une augmentation des consultations. L&#039;avancée de la médecine et l’essor de la psychopharmacologie permettent alors de développer de nouvelles perspectives thérapeutiques et de nouveaux défis comme le soutien au patient et à sa famille, la mise en place de nouvelles structures. Il s&#039;agit ainsi de &amp;quot;jeter un pont entre l&#039;hôpital et la ville&amp;quot; (CMS, 1963, 7ème année, n°2 &amp;quot;L’assistance psychiatrique). Cependant, les connaissances récentes sur les effets de la médication et les abus sur son utilisation sont également soulevés. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;anti-psychiatrie se veut aussi anti-thérapeutique, ce qui lui est&amp;amp;nbsp; vivement reproché par les anti anti-psychiatres. Selon ces derniers, les anti-psychiatres considèrent que &amp;quot;les traitements sont à proscrire&amp;quot; ([[Bibliographie|Maurel, 1972]], p. 79). &amp;quot;Traiter, écrit Cooper, c&#039;est être intéressé à rendre le patient plus acceptable pour les autres...et lui faire manifester de moindre façon sa détresse&amp;quot; ([[Bibliographie|Maurel, 1972]], p. 79). Les anti anti-psychiatres militent ainsi pour une guérison grâce à des médicaments &#039;&#039;efficaces&#039;&#039; (au sens médical), selon des avis rapportés par les patients eux-mêmes. Selon les psychiatres opposés au courant anti-psychiatrique, ce-dernier vise &amp;quot;sans toujours l&#039;avouer à &amp;quot;soigner&amp;quot; clandestinement les &amp;quot;malades&amp;quot;&amp;quot; (Maurel, 1972, p.80), ce qui est selon Maurel et ses collègues, une contradiction.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L&#039;influence du concept de normalisation dans l&#039;anti-psychiatrie ==&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Cécilia Zuccone</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=La_d%C3%A9sinstitutionalisation_dans_le_champ_de_l%27%C3%A9ducation_sp%C3%A9ciale_1960-1980&amp;diff=9028</id>
		<title>La désinstitutionalisation dans le champ de l&#039;éducation spéciale 1960-1980</title>
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		<updated>2011-12-11T21:57:40Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Cécilia Zuccone : /* Psychiatrie et anti-psychiatrie */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;== Introduction  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A l&#039;heure où l&#039;on peut constater de &amp;quot;nouvelles exclusions&amp;quot; au nom de la protection des citoyennes et des citoyens inquiétantes pour certains, car &amp;quot;ruinant ainsi des décennies d&#039;efforts de déségrégation, désexclusion, de &amp;quot;retour du schizophrène dans la cité&amp;quot; (Dr.Patrick Lemoine, Le mystère du nocebo, Paris. Odile Jacob, 2011, p.69), un certain nombre de questions se posent pour mieux comprendre l&#039;histoire de l&#039;éducation spéciale, à la fois politique (anti-psychiatrie, sectorisation), sociale et culturelle (intégration, normalisation, désinstitutionalisation, communauté de vie, communauté thérapeutique) dans les décennies des Trente glorieuses (1960-1990) pendant lesquelles a soufflé un vent de contestation des politiques institutionnelles. Un esprit contestataire a émergé en particulier dès les années 1970 (post soixante-huit) provoquant dans le champ de la prise en charge des personnes dites aujourd&#039;hui &amp;quot;à besoins particuliers&amp;quot; un élan de remise en question de l&#039;institution, du pouvoir des médecins, de la contrainte institutionnelle et médicamenteuse. Peu de travaux ont encore exploré ce champ, à Genève, sinon pour étudier l&#039;histoire de Mai 68 et du mouvement féministe. (voir notamment Julie de Dardel, Révolution sexuelle et Mouvement de libération des femmes à Genève (1970-1977). Lausanne: Antipode, 2007).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La recherche proposée vise à mieux comprendre comment, à Genève, le champ de l&#039;éducation spéciale et celui de la psychiatrie a été touché par cette contestation. Elle fait suite à celle engagée en 2010 et 2011 sur l&#039;histoire de l&#039;intégration scolaire des enfants handicapés mentaux [[Pionniers de l&#039;intégration scolaire des enfants handicapés à Genève]] et La génération intégration 1970-1980: un slogan pour quelles réalités sociales? [[Article 2011]]. Les recherches précédentes ont montré à la fois la complexité des pratiques d&#039;intégration amenant souvent un écart entre discours et pratique, ainsi que les résistances à penser le handicap sans mettre une ligne de démarcation entre norme et hors norme, entre enfant éducable et non éducable, limite souvent mal définie et dépendante des représentations (malédiction du handicap). Au début des années 60, l&#039;intégration apparaît d&#039;abord pour les parents, dont les enfants étaient encore entièrement dans la famille, une intégration dans des institutions à créer. Le Pavillon des Grand Bois à l&#039;hôpital psychiatrique de Bel-Air représentant encore une solution &amp;quot;intégratrice&amp;quot; pour les enfants les plus difficiles à éduquer et les moins autonomes. Le concept de [[Dictionnaire|normalisation]] vient s&#039;accoler à celui d&#039;intégration pour rapprocher toute déviance d&#039;une norme sociale (en terme d&#039;habitat, d&#039;activité, voire de comportements). Ainsi le milieu ouvert (comme Aigues-Verte par exemple) peut apparaître comme plus proche d&#039;une vie quotidenne &amp;quot;normale&amp;quot; et donc plus intégrant. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La [[Dictionnaire|désinstitutionalisation]] qui fait l&#039;objet de cette nouvelle recherche est d&#039;abord issue des milieux de l&#039;anti-psychiatrie (et donc ni des associations de parents ni des milieux pédagogiques); on peut apparenter idéologiquement ce mouvement anti-psychiatrique avec un objectif de normalisation dans le sens de rapprocher les personnes prises en charge de la vie quotidienne de tout un chacun. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi malgré des différences d&#039;application ces différents courants pourraient être affiliés à celui libertaire qui a essaimé dans différents champs du social entre 1970 et 1990. C&#039;est dans une perspective de compréhension de l&#039;histoire des idées et des pratiques du mouvement anti-psychiatrique genevois que s&#039;inscrit cette recherche. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un premier temps, cette page d&#039;histoire sera située dans une &amp;quot;tradition&amp;quot;: d&#039;une part celle du traitement de la différence (notamment depuis les travaux des psycho-pédagogues du début du 20e siècle comme Alfred Binet à Paris, Edouard Claparède à Genève ou Ovide Decroly à Bruxelles); et d&#039;autre part dans une tentative dès les années vingt en Angleterre (voir Libre enfants de Summerhill), mais surtout pendant et dans l&#039;après deuxième guerre mondiale (voire les communautés d&#039;enfants victimes de la guerre), de multiplier les expériences de vie communautaire issue du scoutisme, des mouvements de jeunesse, de l&#039;éducation nouvelle et de l&#039;éducation internationaliste et pacifiste, des colonies de vacances et camps CEMEA, s&#039;opposant à une autre tradition hospitalière (couvent, Bon Pasteur, Hospice, institutions de prises en charge spécialisées). Ce faisant, nous dégagerons des signes précurseurs de &amp;quot;désinstitutionalisation&amp;quot; pour des structures plus petites, parfois médicalisées (les écoles de plein-air), mais avant tout proches de la nature et des besoins des individus. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un second temps, nous étudierons la période 1960-1980 laquelle a vu émerger un mouvement anti-psychiatrique (critique de l&#039;hôpital, du pouvoir médical, de la médicalisation à outrance et de la contrainte) pour une critique radicale visant le pouvoir institutionnel et entraînant des pratiques novatrices, lesquelles demandent à être mieux étudiées nbsp: 1. dans leurs objectifs (désinstitutionalisation ou déshospitalisation versus sectorisation)? 2. dans le choix fait des traitements: médicaux (traitement ambulatoire) ou éducatif et thérapeutique? 3. dans l&#039;évaluation faite des populations concernées par une prise en charge alternative 4. dans le rôle joué par la psychanalyse comme alternative au traitement médicaux et comme modèle thérapeutique (notamment dans les communautés cf. film de Catherine Scheuchzer) 5. dans le rôle donné aux familles et le poids qui leur est fait supporter (en terme financier, de responsabilité, de culpabilité,...) et en particulier à l&#039;égard des mères et des femmes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il s&#039;agira de mieux comprendre si l&#039;anti-psychiatrie est dans les années 1960-1980 une nouvelle manière de faire de la psychiatrie ou si elle est une véritable contestation de l&#039;institution asilaire et si les modèles alternatifs proposés ne seraient pas sous couvert d&#039;idéologie libertaire une façon de baisser les coût de la santé en temps de crise. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour ce faire, nous avons travaillé sur des articles et avec une bibliographie d&#039;ouvrages &amp;quot;classiques&amp;quot;, livres de références pour les acteurs/trices de la période considérées, puis nous avons dépouillé des revues professionnelles pour saisir les thématiques qui ont traversé alors le champs de la psychiatrie et de l&#039;éducation spécialisée; dans un second temps la recherche s&#039;est portée sur un fond d&#039;archives de l&#039;Association Les archives contestataires (fonds Alain Riesen/Schuller) dont un des donateurs d&#039;archives, Alain Riesen, est le fondateur de l&#039;Arcade 84 et militant de l&#039;anti-psychiatrie genevoise. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un troisième temps nous avons effectué un entretien vidéo (un plan fixe) afin de lui poser cinq questions issues de la recherche collective dans les archives et dans la littérature afin d&#039;avoir son témoignage sur l&#039;histoire de l&#039;anti-psychiatrie, de la désinstitutionalisation et des communautés thérapeutiques entre 1960 et 1980.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Revue de la littérature  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les revues professionnelles et contestataires entre 1970 et 1990  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un certains nombres de revues professionnelles ont été dépouillée pour la période 1970-1980. Soit Sauvegarde de l&#039;enfance, Déviance et Soicété,... &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Durant la période de 1970 à 1985, la revue &amp;quot;Sauvegarde de l&#039;enfance&amp;quot; n&#039;a publié aucune revue, voire même aucun article consacrés au thème de notre étude, à savoir la désinstitutionnalisation dans le champ de l&#039;éducation spéciale. Au premier abord on pourrait donc tirer la conclusion selon laquelle ce champ d&#039;étude ou ce mouvement n&#039;était que peu présent à cette époque. Toutefois, en se penchant davantage sur les sujets traités dans cette revue, on se rend compte que les auteurs de celle-ci n&#039;ont pas abordé la désinstitutionnalisation en tant que telle, mais l&#039;ont abordée par les effets qu&#039;elle a pu engendré à cette époque. Effectivement, on peut observer des thèmes comme la formation des éducateur en centre de jour ou en maison d&#039;accueil, la relation entre famille et société, l&#039;école ordinaire, l&#039;adolescence et la violence ou encore l&#039;aide sociale, autant de thèmes qui ont largement découlé de ce mouvement désinstitutionnel. Il est donc fort intéressant de se pencher sur les champs d&#039;action de ce type de revues, afin de mieux comprendre quel était le climat politique, les préoccupations, les tendances de la période qui nous intéresse. D&#039;ailleurs, nous retrouverons tout au long de cet article de nombreuses références aux thèmes traités par le revue &#039;&#039;Sauvegarde de l&#039;enfance&#039;&#039;.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Prémisses de critiques aux institutions traditionnelles  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Jusqu&#039;à la fin du XVIIIe siècle, les hôpitaux psychiatriques internaient une population bien différente de celle accueillie au XXe siècle. [[Bibliographie|Cléopâtre Montandon&amp;amp;nbsp;(1978)]]&amp;amp;nbsp; nous dévoile que les populations désignées comme relevant de l&#039;univers psychiatrique étaient très fortement liées à l&#039;univers carcéral. Effectivement, jusqu&#039;au XVIIIe siècle, les criminels étaient considérés comme &amp;quot;fous&amp;quot; ou &amp;quot;aliénés&amp;quot; et se voyaient enfermés, voire même enchaînés dans des &amp;quot;maisons de discipline&amp;quot; ou dans des &amp;quot;hôpitaux pour fous&amp;quot;. A cette époque, seule la justice décidait du lieu d&#039;incarcération des individus criminels. Peu à peu, des distinctions se sont faites pour montrer que certains criminels aliénés relevaient davantage de la psychiatrie, et se définissaient essentiellement par une responsabilité restreinte et une santé mentale défaillante. Ce sont alors ces personnes, désignées comme ne pouvant accomplir leur rôle social, que les hôpitaux psychiatriques ont admis dans leurs locaux. Pour décider et justifier ces internements, la justice ne pouvait agir seule. &amp;quot;Ce n&#039;est qu&#039;à partir de 1936 que l&#039;autorisation d&#039;un internement est délivré sur vue d&#039;un certificat médical par le Département de la prévoyance sociale et de la santé publique&amp;quot;. Ainsi, on voit combien la société évolue en définissant clairement et sur preuves médicales qui peut être &#039;&#039;placé&#039;&#039; en hôpital psychiatrique. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On peut également noter que les préoccupations principales de la période du XVIIIe au début du XXe siècle se restreignaient principalement à la sécurité, et de fait au &#039;&#039;placement&#039;&#039; de ces personnes. Où pouvait-on mettre physiquement ces personnes différentes pour qu&#039;elles ne nuisent pas à la société? Que pouvait-on faire d&#039;elles? Qui pouvait s&#039;en occuper? Que faire avec ces personnes? On observe dès lors que, pendant plusieurs siècles, ces personnes étaient enfermées, dénuées de tous sens, de toute sensibilité, et de toute éducation, en recevant néanmoins de plus en plus de médicaments censés les calmer ou les soigner. Il faudra alors attendre la fin du XIXe siècle pour entrevoir un forme d&#039;éducation de ces personnes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans son article, &amp;quot;La naissance de l&#039;institutions pour aliénés&amp;quot; à Genève au 19e siècle, Alain Riesen montre que la problématique de l&#039;internement .... &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au début du XXe siècle, Binet et Simon (1907)&amp;amp;nbsp; &#039;&#039;donnent une nouvelle forme cognitive de l&#039;éducation spéciale qui perdurera au moins jusqu&#039;au années 1960&#039;&#039; ([[Bibliographie|Chauvière et Plaisance, 2003, p. 32]]).&amp;amp;nbsp; A cette époque là, on distinguait les arriérés d&#039;asiles, non éducables et à laisser entre les mains des médecins, des arriérés d&#039;école. Ainsi, des institutions apparurent en servant d&#039;intermédiaire entre l&#039;hôpital et la classe ordinaire. Dans ces premières institutions, la pédagogie était &#039;&#039;inspirée par l&#039;atelier, c&#039;est-à-dire guidée par la mise en oeuvre de travaux manuels et d&#039;exercices pratiques &#039;&#039;([[Bibliographie|Chauvière et Plaisance, 2003, p. 33]]). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dès les années 1960,&amp;amp;nbsp; de nombreuses institutions privées pour enfants handicapés ou en difficultés se développent, majoritairement sous l&#039;impulsion d&#039;associations de parents. Ces derniers ont été amenés à &#039;&#039;créer et à gérer des institutions de type médico-éducatif&#039;&#039; &#039;&#039;pour éviter à leurs enfants d&#039;être relégués dans des services d&#039;hôpitaux psychiatriques ou d&#039;être seulement en survie à leur domicile&#039;&#039; (Chauvière er Plaisance, 2003, p.35). Aujourd&#039;hui, les institutions, à Genève, semblent toujours être un peu sur le même modèle, celui de &amp;quot;l&#039;alliance&amp;quot; entre le médical et le pédagogique (qui regroupe aussi l&#039;aspect éducatif). Si on ne cherche peut-être plus à éviter aux élèves la reléguation en psychiatrie, on les place dans des lieux parfois hors de tout cursus ordinaire et loin de la norme. Ce qui questionne enfin sur qu&#039;est-ce que la normalisation? Et où mettre la limite à une vie comme tout le monde avec un handicap: la liberté (permissivité, autonomie) des années 1970 a-t-elle fait l&#039;impasse sur la souffrance des individus face aux exigences thérapeutiques et pédagogiques? La communauté d&#039;enfants (pédagogique, institutionnelle, thérapeutique) est-elle un modèle &amp;quot;utile&amp;quot; en temps de crise des institutions: peu coûteux, demandant un engagement au quotidien (vie quotidienne) du collectif pédagogique et thérapeutique (donc assurant un &amp;quot;contrôle social&amp;quot; maximal), ....&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La communauté: un modèle alternatif à l&#039;institution fermée  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des «&amp;amp;nbsp;communautés thérapeutiques&amp;amp;nbsp;» ont été créées en réaction aux enfermements asilaires prônés jusque-là mais qui commençaient à être pointés du doigt, car considérés comme déshumanisants. Bien que créées tout d&#039;abord pour répondre aux phénomènes de dépendances (toxicomanies, par exemple), on trouve, dès la fin des années 60, des communautés thérapeutiques en Angleterre, en France, en Suisse et au Québec, destinées au secteur de la psychiatrie. Avec la naissance de ces communautés thérapeutiques, une nouvelle approche de la psychose en-dehors des lieux de soins traditionnels s&#039;est développée (Schatzman, 1969; Barnes et Berke, 1973; Fabre, 1978; Lecomte et Tourigny, 1983a). Leur but est de créer un milieu &amp;quot;naturel&amp;quot;, en reconstituant les structures d’une «&amp;amp;nbsp;macro famille&amp;amp;nbsp;» ou d’une «&amp;amp;nbsp;mini société&amp;amp;nbsp;», plus rassurantes : on trouve par exemple la Communauté des Sablons, (Maison d&#039;enfants à caractère social et familial (76270 Saint-Saire), ou, en Suisse, le foyer de Tavel qui a vécu cinq ans (1975-1980). Dans le film de Catherine Scheuchzer, «&amp;amp;nbsp;Dans l’aventure du non, la parole&amp;amp;nbsp;», (tourné à Boulens, dans la campagne vaudoise, dans les années 70 ), on découvre, dans un décor post soixante huitard, très simplement, dans un rythme extrêmement lent, des adultes et des enfants en interaction, «&amp;amp;nbsp;comme dans la vraie vie&amp;amp;nbsp;». Cette expérience est décrite comme «&amp;amp;nbsp;une véritable expérience d’éveil à la vie&amp;amp;nbsp;», qui «&amp;amp;nbsp;prend le contre-pied du placement en institution psychiatrique&amp;amp;nbsp;» (L’Est vaudois, 19.11.92). Plutôt que de considérer cette population d&#039;enfants, comme on le faisait en asile, comme des fous, murés dans leur silence, leurs excentricités, on veut les considérer comme des partenaires, des interlocuteurs. Le but est effectivement de les faire participer au quotidien d’une maisonnée, plutôt que de créer des ateliers protégés artificiels. De la sorte, ils sont poussés à se dépasser, à faire des expériences par eux-mêmes, sans avoir nécessairement recours au soutien d’un adulte. Il semble qu&#039;à cette époque, cette nouvelle façon de considérer les enfants autistes comme étant capables d’autonomie, capables d’agir, ait apporté un peu d’humanité dans leur prise en charge. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;enfant&amp;amp;nbsp; ainsi placé dans une communauté thérapeutique vaudoise est-il plus &amp;quot;intégré&amp;quot; que s&#039;il était dans une institution considérée par ces acteurs alternatifs du &amp;quot;système&amp;quot; comme un ghetto? Il en va de même avec le terme désinstitutionalisation? Qu&#039;est-ce que l&#039;institution? Il y en a des &amp;quot;bonnes&amp;quot; (maternantes, enveloppantes, naturelles...) et de &amp;quot;mauvaises&amp;quot; (contraignantes, mortifères) (sur ce point les travaux de Fernand Oury puis de Jacques Pain mériteraient qu&#039;on s&#039;y attache (voir la psychothérapie institutionnelle sur le site de Jacques Pain: http://www.jacques-pain.fr).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La désinstitutionalisation  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon des sources internet, le mouvement de désinstitutionalisation semble avoir débuté vers 1960 (même s’il semble qu’il y ait eu un prélude à la désinstitutionnalisation au début du 19e siècle (L’Institut universitaire en santé mentale de Québec par exemple - La désinstitutionnalisation, http://caringminds.ca/index.php?option=com_content&amp;amp;amp;view=article&amp;amp;amp;id=62&amp;amp;amp;Itemid=43&amp;amp;amp;lang=fr&amp;amp;amp;limitstart=7). Certains observent le début de ce mouvement en Scandinavie, d’autres au Québec. Dans tous les cas, il s’agit d’un mouvement d&#039;ouverture vers la communauté, d’une volonté de «normalisation»[[Normalisation]] &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le mouvement de désinstitutionnalisation s&#039;appuie avant tout sur une philosophie qui met l&#039;accent sur les droits et les libertés des individus, et elle vise à humaniser les soins de santé mentale. ([http://agora-2.org/thematiques/inaptitude.nsf/Dossiers/Desinstitutionnalisation Encyclopédie de l’Agora]). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;horreur suscitée par les politiques nazies du meurtre eugénique des malades psychiatriques et les camps de concentration pendant la Seconde guerre mondiale, ont attirer l’attention sur les pratiques «&amp;amp;nbsp;déshumanisantes&amp;amp;nbsp;» dans les soins psychiatriques en santé mentale, (séquestration, mauvais traitements en tout genre, manque de formation des professionnels). (Voir [http://id.erudit.org/iderudit/032417ar Martin, 1984 et Claire Henderson et Graham Thornicroft], Santé mentale au Québec, vol. 22, n° 2, 1997, p. 88-114. ) Les années d’après-guerre ont vu un accroissement de l’intérêt porté à l’institution comme objet d’étude. Certains auteurs parlent de l’institution comme étant «&amp;amp;nbsp;névrosante&amp;amp;nbsp;», «&amp;amp;nbsp;façonnant et codifiant les gens dans le rôle de patient psychiatrique&amp;amp;nbsp;» (Goffman (1961). On observe dans les années 60 une disparition du personnel religieux des hôpitaux. Naît alors une nouvelle conception de l’individu, une évolution des attitudes envers le malade&amp;amp;nbsp;; on veut le sortir des murs de l’asile psychiatrique. On commence à parler, à cette époque, du «&amp;amp;nbsp;droit de la personne&amp;amp;nbsp;». Des idéaux humanitaires amènent alors à une nouvelle vision de la maladie mentale. Il semble que ce mouvement de désinstitutionnalisation soit également lié à l’apparition des pratiques de pharmacopée. Effectivement, «&amp;amp;nbsp;Ces nouveaux médicaments permettaient de calmer les malades agités, délirants, hallucinés et ainsi permettre d&#039;envisager et de généraliser des traitements psychiques dans des conditions plus réalistes ou encore, lorsque c&#039;était possible, d&#039;envisager un retour au domicile ou dans des structures intermédiaires&amp;amp;nbsp;».([http://fr.wikipedia.org/wiki/Psychiatrie déf. du mot «&amp;amp;nbsp;psychiatrie&amp;amp;nbsp;»]). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On a le désir de «normaliser&amp;amp;nbsp;» leurs conditions de vie. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les années 60, la personne «&amp;amp;nbsp;déficiente intellectuellement&amp;amp;nbsp;» est encore considérée comme un «&amp;amp;nbsp;malade&amp;amp;nbsp;». Toutefois, on ne considère plus le malade mental comme un malade incurable, mais davantage comme un sujet pouvant être aidé et guéri. On met en avant le fait que la maladie mentale ne nécessite pas nécessairement une hospitalisation, et qu’elle doit être considérée comme une quelconque maladie. On externalise, on invente la psychiatrie de secteurs, on commence à intégrer des services pour les malades mentaux dans des hôpitaux ou cliniques. On évite ainsi la stigmatisation des malades mentaux placés pour de longues périodes en asile psychiatrique, et on leur évite la perte de leurs facultés leur permettant de se réintégrer dans la société. On redonne alors un rôle à la communauté, tout en accordant des responsabilités aux familles. La patient devient alors le coeur de l&#039;intérêt des praticiens. ([http://www.promentesana.org/upload/application/trimes_43.pdf in Lettre trimestrielle de l’association romande Pro Mente Sana])&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme il l&#039;a déjà été dit, la désinstitutionalisation a permis aux personnes présentant des troubles psychiatriques de sortir de ce milieu assimilé pendant de nombreuses années, au milieu carcéral. Mais une fois &amp;quot;libérées&amp;quot; où vont ces personnes? A ce sujet,&amp;amp;nbsp; [[Bibliographie|N. Carpentier (2001)]] affirme dans son article que 60 à 70&amp;amp;nbsp;% des patients retournent dans leur famille après l’hospitalisation. Plusieurs articles ont démontré que l&#039;arrivée d&#039;un malade dans une famille, avait de lourde conséquence sur celle-ci. Avant d’en venir aux conséquences, il me semble nécessaire de revenir sur la représentation des professionnels, sur les familles des patients. Pour cela, il est intéressant de revenir sur l&#039;évolution de la vision des professionnels sur la famille. En d&#039;autres termes, comment la famille, alors qu&#039;elle était considérée comme coupable de la maladie de l&#039;un de ses membre, est devenue un partenaire idéal?&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour développer ceci, revenons tout d&#039;abord au début du XXème siècle. A cette époque, la famille était considérée comme étant la cause, à l&#039;origine de la maladie de leur enfant. Autrement dit, les professionnels affirmaient que la maladie mentale était un problème génétique, héritée de plusieurs générations antérieures. Ensuite, les années cinquantes ont apporté un premier renversement dans la vision des familles sur la maladie de leur enfant. En effet, la famille était perçue comme étant un «&amp;amp;nbsp;système réagissant aux troubles mentaux de l’un de ses membres, plutôt qu’en tant que système causant des désordres psychiques&amp;amp;nbsp;» ([[Bibliographie|Carpentier, 2001, p.84]]). Ce changement de perspective est en lien avec l’arrivée d’une politique qui favorise les hospitalisations de courte durée. En d’autres termes, les familles commencent à être perçues comme une solution aux changements politiques. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les années 60, la psychiatrie adopte une vision centrée sur la communauté. Ce changement va être très favorable pour les familles, puisqu’il permet à ces dernières de se déresponsabiliser des troubles mentaux. Ainsi, toujours selon Carpentier, à cette époque «&amp;amp;nbsp;les désordres psychiques [doivent être étudiés] sous l’angle de l’isolement social, des désavantages sociaux, puis selon la présence de stresseurs sociaux et économique&amp;amp;nbsp;»( p.89) .&amp;lt;br&amp;gt;Ainsi, au fur et à mesure que le mouvement de désinstitutionalisation est mis en place, les politiciens et les professionnels considèrent la famille comme étant une solution au problème. En effet, la famille est perçue comme «&amp;amp;nbsp;une source privilégiée de soutien émotionnel et social ainsi que comme place de choix pour relocaliser le patient psychiatrique.&amp;amp;nbsp;» ([[Bibliographie|Carpentier, 2001, p.91]]. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Jusqu&#039;à présent, nous avons relevé l&#039;évolution de la perception de la famille aux yeux des professionnels. Mais comment la famille voit-elle ce changement? A ce sujet, [[Bibliographie|R. Therrien (1990)]] affirme que sur le plan économique et émotionnel, la désinstitutionnalisation demande beaucoup aux familles, surtout aux femmes. En effet, toujours selon R.Therrien, avoir quelqu&#039;un ayant des problèmes mentaux à la maison provoque beaucoup de stress chez les familles. Dans certaines familles, un malade peut devenir un véritable &amp;quot;fardeau&amp;quot;, puisque celui-ci impose beaucoup de contraintes. Effectivement, avoir une personne malade à la maison peut engendrer des conséquences telles que la réduction des loisirs habituels, les sorties avec nos amis, par peur d&#039;être jugé, ou encore avoir des problèmes avec nos voisins, car les comportment de notre enfant, ou mari dérange. Tous ces problèmes ont un impacte très fort sur la famille d&#039;autant plus qu&#039;elle n&#039;est pas aidée, ni reconnue pour tout ce qu&#039;elle fait pour la personne malade. &amp;amp;nbsp; &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L&#039;élan contestataire des années 70 à Genève  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En Suisse un même mouvement historique a été observé. Selon le médecin Christian Monney, on y a dénoncé les mêmes agissements qu’ailleurs&amp;amp;nbsp;: enfermement, répression, qui étaient là non pour aider le malade, mais pour protéger l’ordre public. On y mêlait, écrit-il, infirmes, orphelins, indigents et fous… (Dr Christian MONNEY, 1999, à l’occasion des 100 ans de l’Hôpital de Malévoz). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Or, dès 1965, des consultations ambulatoires sont créées et les séjours hospitaliers peuvent ainsi se raccourcir. Les moyens de contention sont contestés. Des établissements médico-éducatifs apparaissent, comme [http://www.castalie.ch/home.php?include=textes&amp;amp;lng=1&amp;amp;id=18&amp;amp;idmenu=14 la Castalie en Valais], grâce au Dr Rey-Belley, en 1972 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Genève, l&#039;élan contestataire débute lorsque Julian de Ajuriaguerra est nommé directeur de Bel-Air en 1959. C&#039;est donc à ce moment-là que le mouvement de désinstitutionnalisation naît. En effet, on commence à critiquer les asiles et à vouloir modifier le fonctionnement de l&#039;hôpital psychiatrique. Les patients psychiatriques commencent à bénéficier des mêmes droits que les patients non-psychiatriques. Ensuite, pendant les années 70-80, cet élan continue avec la volonté de baser les soins sur des approches psychotérapeutiques.[[Bibliographie|Rey-Bellet, Bardet Blochet, Ferrero, 2010, p.90-95]] &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L&#039;anti-psychiatrie: une nouvelle politique de la prise en charge  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les années 60, Michel Foucault a tenté d&#039;amorcer &amp;quot;un dialogue entre la psychiatrie et ses sujets&amp;quot; ([[Bibliographie|Rose, 2006, p.113]]) et dès 1971 avec la sortie de son ouvrage sur les prisons, c&#039;est à la critique de l&#039;univers carcéral et des rapports de pouvoir qu&#039;il s&#039;attelle (Surveiller et punir, 1971). Ces critiques, plus tard regroupées sous le nom d&#039;antipsychiatrie, visaient à remettre en question &amp;quot;la manière dont le pouvoir du médecin était impliqué dans la vérité de ce qu&#039;il disait et, inversement, la manière dont celle-ci pouvait être fabriquée et compromise par son pouvoir ([[Bibliographie|Rose, 2006, p.120-121]]). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;institution comme lieu d&#039;exclusion est mise à mal par une volonté de certains de supprimer ces lieux de contrainte, pour une vie libre dans la Cité (sectorisation) ou dans des communautés thérapeutiques (de préférence à la campagne) partant du présupposé que les conditions de vie des personnes sont déterminantes dans leur état de santé (avant même tout diagnostic). Par ailleurs, dans ces années-là, la vie quotidienne devient un objet d&#039;étude (la sociologie de la vie quotidienne), terreau de multiples expériences pédagogiques et thérapeutiques. Le slogan &amp;quot;La liberté est thérapeutique&amp;quot; s&#039;allie à une critique de la contrainte médicamenteuse et des pratiques de contention psychiatrique: elle donne ainsi une place à de nouvelles formes d&#039;&amp;quot;éducation spéciale&amp;quot; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Symptôme de ce changement le terme d&#039;&amp;quot;usagers&amp;quot; vient reléguer celui de &amp;quot;patients&amp;quot; donnant un nouveau statut aux personnes, écorchant ainsi le sacro saint pouvoir des médecins et des directions des institutions. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dès les années 70, le journal mensuel &amp;quot;Tout Va Bien&amp;quot; a consacré de nombreuses pages et numéros à la question de l&#039;anti-psychiatrie. Dès 1973, un groupe d’enquête s’est constitué pour dénoncer une certaine violence et certains abus de pouvoir au sein des asiles psychiatriques. Leur volonté était de déterritorialiser la psychiatrie. «&amp;amp;nbsp;La psychiatrie, c’est l’affaire de tout le monde&amp;amp;nbsp;». Ils voulaient faire exploser la loi du silence qui régnait dans ces lieux. Ils ont voulu dénoncer les rapports de pouvoir sévissant à l&#039;intérieur des murs psychiatriques, la soumission du malade à l’infirmier, la soumission de l’infirmier au médecin, la soumission du médecin aux pouvoirs de l’administrateur bailleur de fonds. Selon ce journal, le mouvement anti-psychiatrique serait né au début des années 60: La clinique psychiatrique de Bel Air, créée en 1900, a commencé à construire des pavillons ouverts avec l’arrivée de son nouveau directeur en 1959, Julian Ajuriaguerra. Son intention était de favoriser le retour de l’interné au plus vite dans leur milieu naturel, grâce à une hospitalisation de courte durée. Depuis 1963, le travail psychiatrique est sectorisé. On commence à organiser les soins dans des centres de consultation de quartier. Ainsi, les premières tentatives alternatives apparaissent en Suisse. Des travailleurs sociaux poursuivent une critique des institutions et contribuent à la création et au fonctionnement de centres (qui se différencient des institutions récupératrices) qui ont pour but de venir en aide à toute personne en crise. Exemple&amp;amp;nbsp;: le centre Liotard à Genève, créé par le réseau d’alternative à la psychiatrie de Suisse romande. En janvier 1975 se tient le premier congrès d’alternative à la psychiatrie de secteur (Congrès de Bruxelles, auquel participe un groupe de Genève: il s’en est inspiré pour animer des débats au centre Liotard&amp;amp;nbsp;: recherche d’alternatives concrètes répondant aux besoins des malades. A Lausanne, le 24 janvier 1976, est créé un réseau alternatif à la psychiatrie pour la Suisse romande, dont l’un des membres actifs s’appelle Alain Riesen, du Centre Liotard. Une commission formée aussi bien de psychiatrisés que de soignants s’est alors formée. Elle a remis en question le pouvoir des soignants. Selon cette commission, le but d’une alternative au secteur doit être la prise en main progressive par le malade de ses propres difficultés. Suite à des tentatives d’internement forcé, des tracts ont circulé, dénonçant les abus du pouvoir psychiatrique (voir les archives contestataires de Genève, Classeur Alain Riesen). Dès ce moment-là, une prise de conscience s&#039;opère: le patient ne veut plus être manipulé, il ne veut plus être le cobaye, il ne veut plus être muselé par le pouvoir du médecin. Il veut choisir son mode de guérison, il veut être actif dans le processus de guérison. Il convient alors de faire en sorte que ce soit le patient qui choisisse ou non son hospitalisation. Effectivement, médecins, contestataires et familles se sont rendus compte de l&#039;importance du choix du malade dans sa propre guérison. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A la fin des années 70, d&#039;autres mouvements anti-psychiatriques se répandent en Suisse et ailleurs: par exemple à la clinique de Bellelay, où son nouveau directeur a souhaité ouvrir les murs à son arrivée, et mettre à disposition des appartements protégés, voire même une maison de vacances pour ses patients. Le but était &amp;quot;que les malades puissent le plus possible avoir des contacts humains et une vie «&amp;amp;nbsp;normale&amp;amp;nbsp;» (TVB avril-mai 80). En Italie, Franco Basaglia, qui s’est appuyé entre autres sur les modèles de l’anti-psychiatrie anglaise et française pour mener sa lutte ([[Bibliographie|Cooper, Lang, Foucault, Caxtel]]), s&#039;en est pris aux conditions de vie moyenâgeuses réservées aux malades mentaux. En quelques années, il démantèle l’asile et expérimente les premiers éléments de sa conception territoriale (et non plus institutionnelle) de la folie&amp;amp;nbsp;: le malade est soigné dans son milieu social&amp;amp;nbsp;» (TVB 10 octobre 80). Suite à la mort atroce d&#039;Alain Urban lors d&#039;une cure de sommeil forcé à la clinique de Bel-Air, l&#039;ADUPSY ainsi que l&#039;Association des Médecins Progressiste ont déployé maints efforts pour alerter l&#039;opinion publique à propos des agissements soupçonneux de la clinque en question. Leurs revedications ont porté sur la suppression des isolements, la priorité données aux instruments de soin ambulatoire, l&#039;augmentation des effectifs globaux du personnel soignant, etc. Ils expriment également leur soutien aux revendications concernant le droit des patients&amp;amp;nbsp;: «&amp;amp;nbsp;Le consentement du patient ou de son entourage immédiat doit toujours être recherché, dans la thérapeutique comme dans la recherche&amp;amp;nbsp;». &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Alain Riesen nous a appris qu&#039;après les drames qui ont secoué Bel-Air, une commission d&#039;enquête a été créée, et c&#039;est non seulement le Directeur de cette clinique qui a été interrogé, mais également les patients, les soignants, ainsi que les cadres. Dès cet instant, &amp;quot;tout est ressorti&amp;quot;, amenant à une première évolution forte: la réforme de l&#039;institution psychiatrique. Le Pr Tissot est déstitué, et un changement au niveau de la législation se fait: le droit de recours apparaît, Le patient peut désormais exiger de faire valoir ses droits. Jusque là, le Réseau d&#039;Alternative à la psychiatrie pouvait intervenir sur demande, mais n&#039;avait pas de statut officiel. A partir de cette période, une Commission de surveillance fut mise sur pied (réunissant un juriste, un médecin indépendant, un représentant du Droit des patients), et quatre associations de défense du Droit des patients sont nées: l&#039;Association RÊVE (les &amp;quot;Entendeurs de voix&amp;quot;), l&#039;ADPED (Association des personnes ayant des troubles bi-polaires et dépressifs), l&#039;Expérience (travail artisanal double d&#039;un travail d&#039;entraide), et l&#039;AETOC (Association des personnes ayant des troubles obsessionnels et compulsifs). Selon Alain Riesen, l&#039;institution, malgré l&#039;avancée significative qui a été faite quant au droit des patients, garde les stigmates de l&#039;institution asilaire. &amp;quot;Il y a encore beaucoup de travail à faire pour faire éclater l&#039;institution dans sa dimension totalitaire&amp;quot;, dit-il en conclusion.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Psychiatrie et anti-psychiatrie  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le mouvement d&#039;anti-psychiatrie qui &amp;quot;s&#039;oppose d&#039;abord et avant tout à une forme de monopole du savoir médical&amp;quot; ([[Bibliographie|Mannoni, 1970]], p. 9) dénonce l&#039;autorité &amp;quot;morale et policière&amp;quot; (Mannoni, 1970, p. 21) du psychiatre. Toutefois, psychiatres et partisants de l&#039;anti-psychiatrie s&#039;accorde sur le fait que &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;la société place le psychiatre dans une position ambiguë&amp;amp;nbsp;: il est au service d&#039;un patient dont il a à défendre les droits mais il se trouve également placé en position d&#039;auxiliaire de la police dans un programme d&#039;internement qui est un processus d&#039;obligation de soins&#039;&#039; (Mannoni, 1970, p. 168). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les réponses apportées par les uns et par les autres pour essayer de lever cette ambiguité sont toutefois différentes. Si l&#039;anti-psychiatrie cherche plutôt à démystifier &amp;quot;le rôle que la société fait jouer à la psychiatrie&amp;quot; (Mannoni, 1970, p.168), à créer des lieux où la maladie mentale pourrait être réintérrogée (allant même jusqu&#039;à nier la notion de maladie mentale (Mannoni, 1970, p. 175) et à s&#039;éloigner des conceptions scientistes, certains psychiatres cherchent à remettre sur le devant de la scène un discours scientifique. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les archives de la revue &amp;quot;L&#039;évolution psychiatrique&amp;quot;, les psychiatres non antipsychiatres se sont attelés, au début des années 70, à défendre leur point de vue scientifique et médical. Face au mouvement de protestation, ils ont écrits plusieurs articles afin de réhabiliter la psychiatrie et montrer les incohérences du mouvement anti-psychiatrique, non seulement dans ce qu&#039;il dénonce, mais également dans les solutions qu&#039;il propose. S&#039;ils reconnaissent un certain succès à l&#039;anti-psychiatrie &amp;quot;dans sa position de refus et de provocation&amp;quot; ([[Bibliographie|Barte, 1972]], p. 46), les solutions qu&#039;elle propose ne les satisfont guère. Pour certains membres de ce corps médical, la maladie mentale doit être reconnue comme &#039;&#039;phénomène nature&#039;&#039;l ([[Bibliographie|Ey, 1972]], p. 53). &amp;quot;En faisant volatiliser dans le néan l&#039;objet même de la psychiatrie qu&#039;est le malade mental, l&#039;anti-psychiatrie nie la souffrance humaine, nie le drame authentiquement humain que vit chaque malade mental (Barte, 1972, p. 46). Pour défendre ces patients malades, &amp;quot;fous&amp;quot;, pour les réhabiliter, il est nécessaire de &amp;quot;passer par la reconnaissance même de la psychiatrie, science critique et autonome et qui ne peut se fonder que sur la notion de maladie mentale conçue ni comme simple maladie des organes, ni comme simple maladie psychique&amp;quot; ([[Bibliographie|Barte, 1972]], p.47). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Face aux critiques sur l&#039;hôpital, notamment face à certains comme Basaglia qui refusaient l&#039;idée de traitement de malades et de médecins, les non antipsychiatres dénoncent la déstruction de l&#039;hôpital au profit d&#039;assemblées générales peu organisées. [[Bibliographie|Sztulman (1972)]] pose la question&amp;amp;nbsp;: &amp;quot;A quoi ça sert&amp;amp;nbsp;? A quoi ça sert d&#039;être psychiatre là, ou femme de service,&amp;amp;nbsp; ou ergothérapeute puisque de tout façon chacun est dépouillé de son statut, et que les rôles sont&amp;amp;nbsp; inventer en permanence&amp;amp;nbsp;?&amp;quot; (p.102). Pour ces médecins, la négation de l&#039;inconscient et celle de la maladie mentale dans le mouvement antipsychiatrique amène des &#039;&#039;attitudes thérapeutiques particulièrement incohérentes &#039;&#039;([[Bibliographie|Sztulman, 1972]], p. 101). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La question de l&#039;attribution de la maladie mentale à un fait organique ou plutôt à un fait culturel était alors au coeur de la bataille entre antipsychiatres et non antipsychiatres. Lors de l&#039;entretien mené avec Monsieur A. Riesen, ce dernier nous a expliqué que cette question est toujours d&#039;actualité et qu&#039;il n&#039;y a pas, aujourd&#039;hui encore, de définition claire de la part de la communauté scientifique. Cependant, la conception de la maladie mentale comme unique produit d&#039;un système qui disfonctionne semble devoir se ranger derrière un système bio-psycho-social qui rencontre actuellement le plus de soutient de la part des professionnels du domaine psychiatrique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La fonction du médicament dans l&#039;approche anti-psychiatrique  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;apparition de la médication au début des années 1960 permet d&#039;éviter l&#039;internement. Elle soutient le changement qui s’opère dans les pratiques et donne l&#039;impression de pouvoir faire quelque chose. Elle fait transparaître un espoir aussi bien pour les praticiens que pour les patients puisque grâce aux médicaments il y a une diminution des hospitalisations, une augmentation des prises en charge ambulatoires et une augmentation des consultations. L&#039;avancée de la médecine et l’essor de la psychopharmacologie permettent alors de développer de nouvelles perspectives thérapeutiques et de nouveaux défis comme le soutien au patient et à sa famille, la mise en place de nouvelles structures. Il s&#039;agit ainsi de &amp;quot;jeter un pont entre l&#039;hôpital et la ville&amp;quot; (CMS, 1963, 7ème année, n°2 &amp;quot;L’assistance psychiatrique). Cependant, les connaissances récentes sur les effets de la médication et les abus sur son utilisation sont également soulevés. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;anti-psychiatrie se veut aussi anti-thérapeutique, ce qui lui est&amp;amp;nbsp; vivement repproché par les anti anti-psychiatres. Selon ces derniers, les anti-psychiatres considèrent que &amp;quot;les traitements sont à proscire&amp;quot; ([[Bibliographie|Maurel, 1972]], p. 79). &amp;quot;Traiter, écrit Cooper, c&#039;est être intéressé à rendre le patient plus acceptable pour les autres...et lui faire manifester de moindre façon sa détresse&amp;quot; ([[Bibliographie|Maurel, 1972]], p. 79). Les anti anti-psychiatres militent pour une guérison grâce à des médicaments &#039;&#039;efficaces&#039;&#039; (au sens médical), selon des avis rapportés par les patients eux-mêmes. Selon les psychiatres opposés au courant anti-psychiatrique, ce-dernier vise &amp;quot;sans toujours l&#039;avouer à &amp;quot;soigner&amp;quot; clandestinement les &amp;quot;malades&amp;quot;&amp;quot; (Maurel, 1972, p.80), ce qui est selon Maurel et ses collègues, une contradiction.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L&#039;influence du concept de normalisation dans l&#039;anti-psychiatrie ==&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Cécilia Zuccone</name></author>
	</entry>
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		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=La_d%C3%A9sinstitutionalisation_dans_le_champ_de_l%27%C3%A9ducation_sp%C3%A9ciale_1960-1980&amp;diff=9027</id>
		<title>La désinstitutionalisation dans le champ de l&#039;éducation spéciale 1960-1980</title>
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		<updated>2011-12-11T21:53:31Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Cécilia Zuccone : /* L&amp;#039;anti-psychiatrie: une nouvelle politique de la prise en charge */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;== Introduction  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A l&#039;heure où l&#039;on peut constater de &amp;quot;nouvelles exclusions&amp;quot; au nom de la protection des citoyennes et des citoyens inquiétantes pour certains, car &amp;quot;ruinant ainsi des décennies d&#039;efforts de déségrégation, désexclusion, de &amp;quot;retour du schizophrène dans la cité&amp;quot; (Dr.Patrick Lemoine, Le mystère du nocebo, Paris. Odile Jacob, 2011, p.69), un certain nombre de questions se posent pour mieux comprendre l&#039;histoire de l&#039;éducation spéciale, à la fois politique (anti-psychiatrie, sectorisation), sociale et culturelle (intégration, normalisation, désinstitutionalisation, communauté de vie, communauté thérapeutique) dans les décennies des Trente glorieuses (1960-1990) pendant lesquelles a soufflé un vent de contestation des politiques institutionnelles. Un esprit contestataire a émergé en particulier dès les années 1970 (post soixante-huit) provoquant dans le champ de la prise en charge des personnes dites aujourd&#039;hui &amp;quot;à besoins particuliers&amp;quot; un élan de remise en question de l&#039;institution, du pouvoir des médecins, de la contrainte institutionnelle et médicamenteuse. Peu de travaux ont encore exploré ce champ, à Genève, sinon pour étudier l&#039;histoire de Mai 68 et du mouvement féministe. (voir notamment Julie de Dardel, Révolution sexuelle et Mouvement de libération des femmes à Genève (1970-1977). Lausanne: Antipode, 2007).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La recherche proposée vise à mieux comprendre comment, à Genève, le champ de l&#039;éducation spéciale et celui de la psychiatrie a été touché par cette contestation. Elle fait suite à celle engagée en 2010 et 2011 sur l&#039;histoire de l&#039;intégration scolaire des enfants handicapés mentaux [[Pionniers de l&#039;intégration scolaire des enfants handicapés à Genève]] et La génération intégration 1970-1980: un slogan pour quelles réalités sociales? [[Article 2011]]. Les recherches précédentes ont montré à la fois la complexité des pratiques d&#039;intégration amenant souvent un écart entre discours et pratique, ainsi que les résistances à penser le handicap sans mettre une ligne de démarcation entre norme et hors norme, entre enfant éducable et non éducable, limite souvent mal définie et dépendante des représentations (malédiction du handicap). Au début des années 60, l&#039;intégration apparaît d&#039;abord pour les parents, dont les enfants étaient encore entièrement dans la famille, une intégration dans des institutions à créer. Le Pavillon des Grand Bois à l&#039;hôpital psychiatrique de Bel-Air représentant encore une solution &amp;quot;intégratrice&amp;quot; pour les enfants les plus difficiles à éduquer et les moins autonomes. Le concept de [[Dictionnaire|normalisation]] vient s&#039;accoler à celui d&#039;intégration pour rapprocher toute déviance d&#039;une norme sociale (en terme d&#039;habitat, d&#039;activité, voire de comportements). Ainsi le milieu ouvert (comme Aigues-Verte par exemple) peut apparaître comme plus proche d&#039;une vie quotidenne &amp;quot;normale&amp;quot; et donc plus intégrant. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La [[Dictionnaire|désinstitutionalisation]] qui fait l&#039;objet de cette nouvelle recherche est d&#039;abord issue des milieux de l&#039;anti-psychiatrie (et donc ni des associations de parents ni des milieux pédagogiques); on peut apparenter idéologiquement ce mouvement anti-psychiatrique avec un objectif de normalisation dans le sens de rapprocher les personnes prises en charge de la vie quotidienne de tout un chacun. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi malgré des différences d&#039;application ces différents courants pourraient être affiliés à celui libertaire qui a essaimé dans différents champs du social entre 1970 et 1990. C&#039;est dans une perspective de compréhension de l&#039;histoire des idées et des pratiques du mouvement anti-psychiatrique genevois que s&#039;inscrit cette recherche. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un premier temps, cette page d&#039;histoire sera située dans une &amp;quot;tradition&amp;quot;: d&#039;une part celle du traitement de la différence (notamment depuis les travaux des psycho-pédagogues du début du 20e siècle comme Alfred Binet à Paris, Edouard Claparède à Genève ou Ovide Decroly à Bruxelles); et d&#039;autre part dans une tentative dès les années vingt en Angleterre (voir Libre enfants de Summerhill), mais surtout pendant et dans l&#039;après deuxième guerre mondiale (voire les communautés d&#039;enfants victimes de la guerre), de multiplier les expériences de vie communautaire issue du scoutisme, des mouvements de jeunesse, de l&#039;éducation nouvelle et de l&#039;éducation internationaliste et pacifiste, des colonies de vacances et camps CEMEA, s&#039;opposant à une autre tradition hospitalière (couvent, Bon Pasteur, Hospice, institutions de prises en charge spécialisées). Ce faisant, nous dégagerons des signes précurseurs de &amp;quot;désinstitutionalisation&amp;quot; pour des structures plus petites, parfois médicalisées (les écoles de plein-air), mais avant tout proches de la nature et des besoins des individus. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un second temps, nous étudierons la période 1960-1980 laquelle a vu émerger un mouvement anti-psychiatrique (critique de l&#039;hôpital, du pouvoir médical, de la médicalisation à outrance et de la contrainte) pour une critique radicale visant le pouvoir institutionnel et entraînant des pratiques novatrices, lesquelles demandent à être mieux étudiées nbsp: 1. dans leurs objectifs (désinstitutionalisation ou déshospitalisation versus sectorisation)? 2. dans le choix fait des traitements: médicaux (traitement ambulatoire) ou éducatif et thérapeutique? 3. dans l&#039;évaluation faite des populations concernées par une prise en charge alternative 4. dans le rôle joué par la psychanalyse comme alternative au traitement médicaux et comme modèle thérapeutique (notamment dans les communautés cf. film de Catherine Scheuchzer) 5. dans le rôle donné aux familles et le poids qui leur est fait supporter (en terme financier, de responsabilité, de culpabilité,...) et en particulier à l&#039;égard des mères et des femmes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il s&#039;agira de mieux comprendre si l&#039;anti-psychiatrie est dans les années 1960-1980 une nouvelle manière de faire de la psychiatrie ou si elle est une véritable contestation de l&#039;institution asilaire et si les modèles alternatifs proposés ne seraient pas sous couvert d&#039;idéologie libertaire une façon de baisser les coût de la santé en temps de crise. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour ce faire, nous avons travaillé sur des articles et avec une bibliographie d&#039;ouvrages &amp;quot;classiques&amp;quot;, livres de références pour les acteurs/trices de la période considérées, puis nous avons dépouillé des revues professionnelles pour saisir les thématiques qui ont traversé alors le champs de la psychiatrie et de l&#039;éducation spécialisée; dans un second temps la recherche s&#039;est portée sur un fond d&#039;archives de l&#039;Association Les archives contestataires (fonds Alain Riesen/Schuller) dont un des donateurs d&#039;archives, Alain Riesen, est le fondateur de l&#039;Arcade 84 et militant de l&#039;anti-psychiatrie genevoise. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un troisième temps nous avons effectué un entretien vidéo (un plan fixe) afin de lui poser cinq questions issues de la recherche collective dans les archives et dans la littérature afin d&#039;avoir son témoignage sur l&#039;histoire de l&#039;anti-psychiatrie, de la désinstitutionalisation et des communautés thérapeutiques entre 1960 et 1980.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Revue de la littérature  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les revues professionnelles et contestataires entre 1970 et 1990  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un certains nombres de revues professionnelles ont été dépouillée pour la période 1970-1980. Soit Sauvegarde de l&#039;enfance, Déviance et Soicété,... &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Durant la période de 1970 à 1985, la revue &amp;quot;Sauvegarde de l&#039;enfance&amp;quot; n&#039;a publié aucune revue, voire même aucun article consacrés au thème de notre étude, à savoir la désinstitutionnalisation dans le champ de l&#039;éducation spéciale. Au premier abord on pourrait donc tirer la conclusion selon laquelle ce champ d&#039;étude ou ce mouvement n&#039;était que peu présent à cette époque. Toutefois, en se penchant davantage sur les sujets traités dans cette revue, on se rend compte que les auteurs de celle-ci n&#039;ont pas abordé la désinstitutionnalisation en tant que telle, mais l&#039;ont abordée par les effets qu&#039;elle a pu engendré à cette époque. Effectivement, on peut observer des thèmes comme la formation des éducateur en centre de jour ou en maison d&#039;accueil, la relation entre famille et société, l&#039;école ordinaire, l&#039;adolescence et la violence ou encore l&#039;aide sociale, autant de thèmes qui ont largement découlé de ce mouvement désinstitutionnel. Il est donc fort intéressant de se pencher sur les champs d&#039;action de ce type de revues, afin de mieux comprendre quel était le climat politique, les préoccupations, les tendances de la période qui nous intéresse. D&#039;ailleurs, nous retrouverons tout au long de cet article de nombreuses références aux thèmes traités par le revue &#039;&#039;Sauvegarde de l&#039;enfance&#039;&#039;.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Prémisses de critiques aux institutions traditionnelles  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Jusqu&#039;à la fin du XVIIIe siècle, les hôpitaux psychiatriques internaient une population bien différente de celle accueillie au XXe siècle. [[Bibliographie|Cléopâtre Montandon&amp;amp;nbsp;(1978)]]&amp;amp;nbsp; nous dévoile que les populations désignées comme relevant de l&#039;univers psychiatrique étaient très fortement liées à l&#039;univers carcéral. Effectivement, jusqu&#039;au XVIIIe siècle, les criminels étaient considérés comme &amp;quot;fous&amp;quot; ou &amp;quot;aliénés&amp;quot; et se voyaient enfermés, voire même enchaînés dans des &amp;quot;maisons de discipline&amp;quot; ou dans des &amp;quot;hôpitaux pour fous&amp;quot;. A cette époque, seule la justice décidait du lieu d&#039;incarcération des individus criminels. Peu à peu, des distinctions se sont faites pour montrer que certains criminels aliénés relevaient davantage de la psychiatrie, et se définissaient essentiellement par une responsabilité restreinte et une santé mentale défaillante. Ce sont alors ces personnes, désignées comme ne pouvant accomplir leur rôle social, que les hôpitaux psychiatriques ont admis dans leurs locaux. Pour décider et justifier ces internements, la justice ne pouvait agir seule. &amp;quot;Ce n&#039;est qu&#039;à partir de 1936 que l&#039;autorisation d&#039;un internement est délivré sur vue d&#039;un certificat médical par le Département de la prévoyance sociale et de la santé publique&amp;quot;. Ainsi, on voit combien la société évolue en définissant clairement et sur preuves médicales qui peut être &#039;&#039;placé&#039;&#039; en hôpital psychiatrique. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On peut également noter que les préoccupations principales de la période du XVIIIe au début du XXe siècle se restreignaient principalement à la sécurité, et de fait au &#039;&#039;placement&#039;&#039; de ces personnes. Où pouvait-on mettre physiquement ces personnes différentes pour qu&#039;elles ne nuisent pas à la société? Que pouvait-on faire d&#039;elles? Qui pouvait s&#039;en occuper? Que faire avec ces personnes? On observe dès lors que, pendant plusieurs siècles, ces personnes étaient enfermées, dénuées de tous sens, de toute sensibilité, et de toute éducation, en recevant néanmoins de plus en plus de médicaments censés les calmer ou les soigner. Il faudra alors attendre la fin du XIXe siècle pour entrevoir un forme d&#039;éducation de ces personnes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans son article, &amp;quot;La naissance de l&#039;institutions pour aliénés&amp;quot; à Genève au 19e siècle, Alain Riesen montre que la problématique de l&#039;internement .... &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au début du XXe siècle, Binet et Simon (1907)&amp;amp;nbsp; &#039;&#039;donnent une nouvelle forme cognitive de l&#039;éducation spéciale qui perdurera au moins jusqu&#039;au années 1960&#039;&#039; ([[Bibliographie|Chauvière et Plaisance, 2003, p. 32]]).&amp;amp;nbsp; A cette époque là, on distinguait les arriérés d&#039;asiles, non éducables et à laisser entre les mains des médecins, des arriérés d&#039;école. Ainsi, des institutions apparurent en servant d&#039;intermédiaire entre l&#039;hôpital et la classe ordinaire. Dans ces premières institutions, la pédagogie était &#039;&#039;inspirée par l&#039;atelier, c&#039;est-à-dire guidée par la mise en oeuvre de travaux manuels et d&#039;exercices pratiques &#039;&#039;([[Bibliographie|Chauvière et Plaisance, 2003, p. 33]]). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dès les années 1960,&amp;amp;nbsp; de nombreuses institutions privées pour enfants handicapés ou en difficultés se développent, majoritairement sous l&#039;impulsion d&#039;associations de parents. Ces derniers ont été amenés à &#039;&#039;créer et à gérer des institutions de type médico-éducatif&#039;&#039; &#039;&#039;pour éviter à leurs enfants d&#039;être relégués dans des services d&#039;hôpitaux psychiatriques ou d&#039;être seulement en survie à leur domicile&#039;&#039; (Chauvière er Plaisance, 2003, p.35). Aujourd&#039;hui, les institutions, à Genève, semblent toujours être un peu sur le même modèle, celui de &amp;quot;l&#039;alliance&amp;quot; entre le médical et le pédagogique (qui regroupe aussi l&#039;aspect éducatif). Si on ne cherche peut-être plus à éviter aux élèves la reléguation en psychiatrie, on les place dans des lieux parfois hors de tout cursus ordinaire et loin de la norme. Ce qui questionne enfin sur qu&#039;est-ce que la normalisation? Et où mettre la limite à une vie comme tout le monde avec un handicap: la liberté (permissivité, autonomie) des années 1970 a-t-elle fait l&#039;impasse sur la souffrance des individus face aux exigences thérapeutiques et pédagogiques? La communauté d&#039;enfants (pédagogique, institutionnelle, thérapeutique) est-elle un modèle &amp;quot;utile&amp;quot; en temps de crise des institutions: peu coûteux, demandant un engagement au quotidien (vie quotidienne) du collectif pédagogique et thérapeutique (donc assurant un &amp;quot;contrôle social&amp;quot; maximal), ....&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La communauté: un modèle alternatif à l&#039;institution fermée  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des «&amp;amp;nbsp;communautés thérapeutiques&amp;amp;nbsp;» ont été créées en réaction aux enfermements asilaires prônés jusque-là mais qui commençaient à être pointés du doigt, car considérés comme déshumanisants. Bien que créées tout d&#039;abord pour répondre aux phénomènes de dépendances (toxicomanies, par exemple), on trouve, dès la fin des années 60, des communautés thérapeutiques en Angleterre, en France, en Suisse et au Québec, destinées au secteur de la psychiatrie. Avec la naissance de ces communautés thérapeutiques, une nouvelle approche de la psychose en-dehors des lieux de soins traditionnels s&#039;est développée (Schatzman, 1969; Barnes et Berke, 1973; Fabre, 1978; Lecomte et Tourigny, 1983a). Leur but est de créer un milieu &amp;quot;naturel&amp;quot;, en reconstituant les structures d’une «&amp;amp;nbsp;macro famille&amp;amp;nbsp;» ou d’une «&amp;amp;nbsp;mini société&amp;amp;nbsp;», plus rassurantes : on trouve par exemple la Communauté des Sablons, (Maison d&#039;enfants à caractère social et familial (76270 Saint-Saire), ou, en Suisse, le foyer de Tavel qui a vécu cinq ans (1975-1980). Dans le film de Catherine Scheuchzer, «&amp;amp;nbsp;Dans l’aventure du non, la parole&amp;amp;nbsp;», (tourné à Boulens, dans la campagne vaudoise, dans les années 70 ), on découvre, dans un décor post soixante huitard, très simplement, dans un rythme extrêmement lent, des adultes et des enfants en interaction, «&amp;amp;nbsp;comme dans la vraie vie&amp;amp;nbsp;». Cette expérience est décrite comme «&amp;amp;nbsp;une véritable expérience d’éveil à la vie&amp;amp;nbsp;», qui «&amp;amp;nbsp;prend le contre-pied du placement en institution psychiatrique&amp;amp;nbsp;» (L’Est vaudois, 19.11.92). Plutôt que de considérer cette population d&#039;enfants, comme on le faisait en asile, comme des fous, murés dans leur silence, leurs excentricités, on veut les considérer comme des partenaires, des interlocuteurs. Le but est effectivement de les faire participer au quotidien d’une maisonnée, plutôt que de créer des ateliers protégés artificiels. De la sorte, ils sont poussés à se dépasser, à faire des expériences par eux-mêmes, sans avoir nécessairement recours au soutien d’un adulte. Il semble qu&#039;à cette époque, cette nouvelle façon de considérer les enfants autistes comme étant capables d’autonomie, capables d’agir, ait apporté un peu d’humanité dans leur prise en charge. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;enfant&amp;amp;nbsp; ainsi placé dans une communauté thérapeutique vaudoise est-il plus &amp;quot;intégré&amp;quot; que s&#039;il était dans une institution considérée par ces acteurs alternatifs du &amp;quot;système&amp;quot; comme un ghetto? Il en va de même avec le terme désinstitutionalisation? Qu&#039;est-ce que l&#039;institution? Il y en a des &amp;quot;bonnes&amp;quot; (maternantes, enveloppantes, naturelles...) et de &amp;quot;mauvaises&amp;quot; (contraignantes, mortifères) (sur ce point les travaux de Fernand Oury puis de Jacques Pain mériteraient qu&#039;on s&#039;y attache (voir la psychothérapie institutionnelle sur le site de Jacques Pain: http://www.jacques-pain.fr).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La désinstitutionalisation  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon des sources internet, le mouvement de désinstitutionalisation semble avoir débuté vers 1960 (même s’il semble qu’il y ait eu un prélude à la désinstitutionnalisation au début du 19e siècle (L’Institut universitaire en santé mentale de Québec par exemple - La désinstitutionnalisation, http://caringminds.ca/index.php?option=com_content&amp;amp;amp;view=article&amp;amp;amp;id=62&amp;amp;amp;Itemid=43&amp;amp;amp;lang=fr&amp;amp;amp;limitstart=7). Certains observent le début de ce mouvement en Scandinavie, d’autres au Québec. Dans tous les cas, il s’agit d’un mouvement d&#039;ouverture vers la communauté, d’une volonté de «normalisation»[[Normalisation]] &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le mouvement de désinstitutionnalisation s&#039;appuie avant tout sur une philosophie qui met l&#039;accent sur les droits et les libertés des individus, et elle vise à humaniser les soins de santé mentale. ([http://agora-2.org/thematiques/inaptitude.nsf/Dossiers/Desinstitutionnalisation Encyclopédie de l’Agora]). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;horreur suscitée par les politiques nazies du meurtre eugénique des malades psychiatriques et les camps de concentration pendant la Seconde guerre mondiale, ont attirer l’attention sur les pratiques «&amp;amp;nbsp;déshumanisantes&amp;amp;nbsp;» dans les soins psychiatriques en santé mentale, (séquestration, mauvais traitements en tout genre, manque de formation des professionnels). (Voir [http://id.erudit.org/iderudit/032417ar Martin, 1984 et Claire Henderson et Graham Thornicroft], Santé mentale au Québec, vol. 22, n° 2, 1997, p. 88-114. ) Les années d’après-guerre ont vu un accroissement de l’intérêt porté à l’institution comme objet d’étude. Certains auteurs parlent de l’institution comme étant «&amp;amp;nbsp;névrosante&amp;amp;nbsp;», «&amp;amp;nbsp;façonnant et codifiant les gens dans le rôle de patient psychiatrique&amp;amp;nbsp;» (Goffman (1961). On observe dans les années 60 une disparition du personnel religieux des hôpitaux. Naît alors une nouvelle conception de l’individu, une évolution des attitudes envers le malade&amp;amp;nbsp;; on veut le sortir des murs de l’asile psychiatrique. On commence à parler, à cette époque, du «&amp;amp;nbsp;droit de la personne&amp;amp;nbsp;». Des idéaux humanitaires amènent alors à une nouvelle vision de la maladie mentale. Il semble que ce mouvement de désinstitutionnalisation soit également lié à l’apparition des pratiques de pharmacopée. Effectivement, «&amp;amp;nbsp;Ces nouveaux médicaments permettaient de calmer les malades agités, délirants, hallucinés et ainsi permettre d&#039;envisager et de généraliser des traitements psychiques dans des conditions plus réalistes ou encore, lorsque c&#039;était possible, d&#039;envisager un retour au domicile ou dans des structures intermédiaires&amp;amp;nbsp;».([http://fr.wikipedia.org/wiki/Psychiatrie déf. du mot «&amp;amp;nbsp;psychiatrie&amp;amp;nbsp;»]). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On a le désir de «normaliser&amp;amp;nbsp;» leurs conditions de vie. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les années 60, la personne «&amp;amp;nbsp;déficiente intellectuellement&amp;amp;nbsp;» est encore considérée comme un «&amp;amp;nbsp;malade&amp;amp;nbsp;». Toutefois, on ne considère plus le malade mental comme un malade incurable, mais davantage comme un sujet pouvant être aidé et guéri. On met en avant le fait que la maladie mentale ne nécessite pas nécessairement une hospitalisation, et qu’elle doit être considérée comme une quelconque maladie. On externalise, on invente la psychiatrie de secteurs, on commence à intégrer des services pour les malades mentaux dans des hôpitaux ou cliniques. On évite ainsi la stigmatisation des malades mentaux placés pour de longues périodes en asile psychiatrique, et on leur évite la perte de leurs facultés leur permettant de se réintégrer dans la société. On redonne alors un rôle à la communauté, tout en accordant des responsabilités aux familles. La patient devient alors le coeur de l&#039;intérêt des praticiens. ([http://www.promentesana.org/upload/application/trimes_43.pdf in Lettre trimestrielle de l’association romande Pro Mente Sana])&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme il l&#039;a déjà été dit, la désinstitutionalisation a permis aux personnes présentant des troubles psychiatriques de sortir de ce milieu assimilé pendant de nombreuses années, au milieu carcéral. Mais une fois &amp;quot;libérées&amp;quot; où vont ces personnes? A ce sujet,&amp;amp;nbsp; [[Bibliographie|N. Carpentier (2001)]] affirme dans son article que 60 à 70&amp;amp;nbsp;% des patients retournent dans leur famille après l’hospitalisation. Plusieurs articles ont démontré que l&#039;arrivée d&#039;un malade dans une famille, avait de lourde conséquence sur celle-ci. Avant d’en venir aux conséquences, il me semble nécessaire de revenir sur la représentation des professionnels, sur les familles des patients. Pour cela, il est intéressant de revenir sur l&#039;évolution de la vision des professionnels sur la famille. En d&#039;autres termes, comment la famille, alors qu&#039;elle était considérée comme coupable de la maladie de l&#039;un de ses membre, est devenue un partenaire idéal?&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour développer ceci, revenons tout d&#039;abord au début du XXème siècle. A cette époque, la famille était considérée comme étant la cause, à l&#039;origine de la maladie de leur enfant. Autrement dit, les professionnels affirmaient que la maladie mentale était un problème génétique, héritée de plusieurs générations antérieures. Ensuite, les années cinquantes ont apporté un premier renversement dans la vision des familles sur la maladie de leur enfant. En effet, la famille était perçue comme étant un «&amp;amp;nbsp;système réagissant aux troubles mentaux de l’un de ses membres, plutôt qu’en tant que système causant des désordres psychiques&amp;amp;nbsp;» ([[Bibliographie|Carpentier, 2001, p.84]]). Ce changement de perspective est en lien avec l’arrivée d’une politique qui favorise les hospitalisations de courte durée. En d’autres termes, les familles commencent à être perçues comme une solution aux changements politiques. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les années 60, la psychiatrie adopte une vision centrée sur la communauté. Ce changement va être très favorable pour les familles, puisqu’il permet à ces dernières de se déresponsabiliser des troubles mentaux. Ainsi, toujours selon Carpentier, à cette époque «&amp;amp;nbsp;les désordres psychiques [doivent être étudiés] sous l’angle de l’isolement social, des désavantages sociaux, puis selon la présence de stresseurs sociaux et économique&amp;amp;nbsp;»( p.89) .&amp;lt;br&amp;gt;Ainsi, au fur et à mesure que le mouvement de désinstitutionalisation est mis en place, les politiciens et les professionnels considèrent la famille comme étant une solution au problème. En effet, la famille est perçue comme «&amp;amp;nbsp;une source privilégiée de soutien émotionnel et social ainsi que comme place de choix pour relocaliser le patient psychiatrique.&amp;amp;nbsp;» ([[Bibliographie|Carpentier, 2001, p.91]]. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Jusqu&#039;à présent, nous avons relevé l&#039;évolution de la perception de la famille aux yeux des professionnels. Mais comment la famille voit-elle ce changement? A ce sujet, [[Bibliographie|R. Therrien (1990)]] affirme que sur le plan économique et émotionnel, la désinstitutionnalisation demande beaucoup aux familles, surtout aux femmes. En effet, toujours selon R.Therrien, avoir quelqu&#039;un ayant des problèmes mentaux à la maison provoque beaucoup de stress chez les familles. Dans certaines familles, un malade peut devenir un véritable &amp;quot;fardeau&amp;quot;, puisque celui-ci impose beaucoup de contraintes. Effectivement, avoir une personne malade à la maison peut engendrer des conséquences telles que la réduction des loisirs habituels, les sorties avec nos amis, par peur d&#039;être jugé, ou encore avoir des problèmes avec nos voisins, car les comportment de notre enfant, ou mari dérange. Tous ces problèmes ont un impacte très fort sur la famille d&#039;autant plus qu&#039;elle n&#039;est pas aidée, ni reconnue pour tout ce qu&#039;elle fait pour la personne malade. &amp;amp;nbsp; &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L&#039;élan contestataire des années 70 à Genève  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En Suisse un même mouvement historique a été observé. Selon le médecin Christian Monney, on y a dénoncé les mêmes agissements qu’ailleurs&amp;amp;nbsp;: enfermement, répression, qui étaient là non pour aider le malade, mais pour protéger l’ordre public. On y mêlait, écrit-il, infirmes, orphelins, indigents et fous… (Dr Christian MONNEY, 1999, à l’occasion des 100 ans de l’Hôpital de Malévoz). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Or, dès 1965, des consultations ambulatoires sont créées et les séjours hospitaliers peuvent ainsi se raccourcir. Les moyens de contention sont contestés. Des établissements médico-éducatifs apparaissent, comme [http://www.castalie.ch/home.php?include=textes&amp;amp;lng=1&amp;amp;id=18&amp;amp;idmenu=14 la Castalie en Valais], grâce au Dr Rey-Belley, en 1972 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Genève, l&#039;élan contestataire débute lorsque Julian de Ajuriaguerra est nommé directeur de Bel-Air en 1959. C&#039;est donc à ce moment-là que le mouvement de désinstitutionnalisation naît. En effet, on commence à critiquer les asiles et à vouloir modifier le fonctionnement de l&#039;hôpital psychiatrique. Les patients psychiatriques commencent à bénéficier des mêmes droits que les patients non-psychiatriques. Ensuite, pendant les années 70-80, cet élan continue avec la volonté de baser les soins sur des approches psychotérapeutiques.[[Bibliographie|Rey-Bellet, Bardet Blochet, Ferrero, 2010, p.90-95]] &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L&#039;anti-psychiatrie: une nouvelle politique de la prise en charge  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les années 60, Michel Foucault a tenté d&#039;amorcer &amp;quot;un dialogue entre la psychiatrie et ses sujets&amp;quot; ([[Bibliographie|Rose, 2006, p.113]]) et dès 1971 avec la sortie de son ouvrage sur les prisons, c&#039;est à la critique de l&#039;univers carcéral et des rapports de pouvoir qu&#039;il s&#039;attelle (Surveiller et punir, 1971). Ces critiques, plus tard regroupées sous le nom d&#039;antipsychiatrie, visaient à remettre en question &amp;quot;la manière dont le pouvoir du médecin était impliqué dans la vérité de ce qu&#039;il disait et, inversement, la manière dont celle-ci pouvait être fabriquée et compromise par son pouvoir ([[Bibliographie|Rose, 2006, p.120-121]]). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;institution comme lieu d&#039;exclusion est mise à mal par une volonté de certains de supprimer ces lieux de contrainte, pour une vie libre dans la Cité (sectorisation) ou dans des communautés thérapeutiques (de préférence à la campagne) partant du présupposé que les conditions de vie des personnes sont déterminantes dans leur état de santé (avant même tout diagnostic). Par ailleurs, dans ces années-là, la vie quotidienne devient un objet d&#039;étude (la sociologie de la vie quotidienne), terreau de multiples expériences pédagogiques et thérapeutiques. Le slogan &amp;quot;La liberté est thérapeutique&amp;quot; s&#039;allie à une critique de la contrainte médicamenteuse et des pratiques de contention psychiatrique: elle donne ainsi une place à de nouvelles formes d&#039;&amp;quot;éducation spéciale&amp;quot; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Symptôme de ce changement le terme d&#039;&amp;quot;usagers&amp;quot; vient reléguer celui de &amp;quot;patients&amp;quot; donnant un nouveau statut aux personnes, écorchant ainsi le sacro saint pouvoir des médecins et des directions des institutions. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dès les années 70, le journal mensuel &amp;quot;Tout Va Bien&amp;quot; a consacré de nombreuses pages et numéros à la question de l&#039;anti-psychiatrie. Dès 1973, un groupe d’enquête s’est constitué pour dénoncer une certaine violence et certains abus de pouvoir au sein des asiles psychiatriques. Leur volonté était de déterritorialiser la psychiatrie. «&amp;amp;nbsp;La psychiatrie, c’est l’affaire de tout le monde&amp;amp;nbsp;». Ils voulaient faire exploser la loi du silence qui régnait dans ces lieux. Ils ont voulu dénoncer les rapports de pouvoir sévissant à l&#039;intérieur des murs psychiatriques, la soumission du malade à l’infirmier, la soumission de l’infirmier au médecin, la soumission du médecin aux pouvoirs de l’administrateur bailleur de fonds. Selon ce journal, le mouvement anti-psychiatrique serait né au début des années 60: La clinique psychiatrique de Bel Air, créée en 1900, a commencé à construire des pavillons ouverts avec l’arrivée de son nouveau directeur en 1959, Julian Ajuriaguerra. Son intention était de favoriser le retour de l’interné au plus vite dans leur milieu naturel, grâce à une hospitalisation de courte durée. Depuis 1963, le travail psychiatrique est sectorisé. On commence à organiser les soins dans des centres de consultation de quartier. Ainsi, les premières tentatives alternatives apparaissent en Suisse. Des travailleurs sociaux poursuivent une critique des institutions et contribuent à la création et au fonctionnement de centres (qui se différencient des institutions récupératrices) qui ont pour but de venir en aide à toute personne en crise. Exemple&amp;amp;nbsp;: le centre Liotard à Genève, créé par le réseau d’alternative à la psychiatrie de Suisse romande. En janvier 1975 se tient le premier congrès d’alternative à la psychiatrie de secteur (Congrès de Bruxelles, auquel participe un groupe de Genève: il s’en est inspiré pour animer des débats au centre Liotard&amp;amp;nbsp;: recherche d’alternatives concrètes répondant aux besoins des malades. A Lausanne, le 24 janvier 1976, est créé un réseau alternatif à la psychiatrie pour la Suisse romande, dont l’un des membres actifs s’appelle Alain Riesen, du Centre Liotard. Une commission formée aussi bien de psychiatrisés que de soignants s’est alors formée. Elle a remis en question le pouvoir des soignants. Selon cette commission, le but d’une alternative au secteur doit être la prise en main progressive par le malade de ses propres difficultés. Suite à des tentatives d’internement forcé, des tracts ont circulé, dénonçant les abus du pouvoir psychiatrique (voir les archives contestataires de Genève, Classeur Alain Riesen). Dès ce moment-là, une prise de conscience s&#039;opère: le patient ne veut plus être manipulé, il ne veut plus être le cobaye, il ne veut plus être muselé par le pouvoir du médecin. Il veut choisir son mode de guérison, il veut être actif dans le processus de guérison. Il convient alors de faire en sorte que ce soit le patient qui choisisse ou non son hospitalisation. Effectivement, médecins, contestataires et familles se sont rendus compte de l&#039;importance du choix du malade dans sa propre guérison. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A la fin des années 70, d&#039;autres mouvements anti-psychiatriques se répandent en Suisse et ailleurs: par exemple à la clinique de Bellelay, où son nouveau directeur a souhaité ouvrir les murs à son arrivée, et mettre à disposition des appartements protégés, voire même une maison de vacances pour ses patients. Le but était &amp;quot;que les malades puissent le plus possible avoir des contacts humains et une vie «&amp;amp;nbsp;normale&amp;amp;nbsp;» (TVB avril-mai 80). En Italie, Franco Basaglia, qui s’est appuyé entre autres sur les modèles de l’anti-psychiatrie anglaise et française pour mener sa lutte ([[Bibliographie|Cooper, Lang, Foucault, Caxtel]]), s&#039;en est pris aux conditions de vie moyenâgeuses réservées aux malades mentaux. En quelques années, il démantèle l’asile et expérimente les premiers éléments de sa conception territoriale (et non plus institutionnelle) de la folie&amp;amp;nbsp;: le malade est soigné dans son milieu social&amp;amp;nbsp;» (TVB 10 octobre 80). Suite à la mort atroce d&#039;Alain Urban lors d&#039;une cure de sommeil forcé à la clinique de Bel-Air, l&#039;ADUPSY ainsi que l&#039;Association des Médecins Progressiste ont déployé maints efforts pour alerter l&#039;opinion publique à propos des agissements soupçonneux de la clinque en question. Leurs revedications ont porté sur la suppression des isolements, la priorité données aux instruments de soin ambulatoire, l&#039;augmentation des effectifs globaux du personnel soignant, etc. Ils expriment également leur soutien aux revendications concernant le droit des patients&amp;amp;nbsp;: «&amp;amp;nbsp;Le consentement du patient ou de son entourage immédiat doit toujours être recherché, dans la thérapeutique comme dans la recherche&amp;amp;nbsp;». &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Alain Riesen nous a appris qu&#039;après les drames qui ont secoué Bel-Air, une commission d&#039;enquête a été créée, et c&#039;est non seulement le Directeur de cette clinique qui a été interrogé, mais également les patients, les soignants, ainsi que les cadres. Dès cet instant, &amp;quot;tout est ressorti&amp;quot;, amenant à une première évolution forte: la réforme de l&#039;institution psychiatrique. Le Pr Tissot est déstitué, et un changement au niveau de la législation se fait: le droit de recours apparaît, Le patient peut désormais exiger de faire valoir ses droits. Jusque là, le Réseau d&#039;Alternative à la psychiatrie pouvait intervenir sur demande, mais n&#039;avait pas de statut officiel. A partir de cette période, une Commission de surveillance fut mise sur pied (réunissant un juriste, un médecin indépendant, un représentant du Droit des patients), et quatre associations de défense du Droit des patients sont nées: l&#039;Association RÊVE (les &amp;quot;Entendeurs de voix&amp;quot;), l&#039;ADPED (Association des personnes ayant des troubles bi-polaires et dépressifs), l&#039;Expérience (travail artisanal double d&#039;un travail d&#039;entraide), et l&#039;AETOC (Association des personnes ayant des troubles obsessionnels et compulsifs). Selon Alain Riesen, l&#039;institution, malgré l&#039;avancée significative qui a été faite quant au droit des patients, garde les stigmates de l&#039;institution asilaire. &amp;quot;Il y a encore beaucoup de travail à faire pour faire éclater l&#039;institution dans sa dimension totalitaire&amp;quot;, dit-il en conclusion.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Psychiatrie et anti-psychiatrie  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le mouvement d&#039;anti-psychiatrie qui &amp;quot;s&#039;oppose d&#039;abord et avant tout à une forme de monopole du savoir médical&amp;quot; ([[Bibliographie|Mannoni, 1970]], p. 9) dénonce l&#039;autorité &amp;quot;morale et policière&amp;quot; (Mannoni, 1970, p. 21) du psychiatre. Toutefois, psychiatres et partisants de l&#039;anti-psychiatrie s&#039;accorde sur le fait que &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;la société place le psychiatre dans une position ambiguë&amp;amp;nbsp;: il est au service d&#039;un patient dont il a à défendre les droits mais il se trouve également placé en position d&#039;auxiliaire de la police dans un programme d&#039;internement qui est un processus d&#039;obligation de soins&#039;&#039; (Mannoni, 1970, p. 168).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les réponses apportées par les uns et par les autres pour essayer de lever cette ambiguité sont toutefois différentes. Si l&#039;anti-psychiatrie cherche plutôt à démystifier &amp;quot;le rôle que la société fait jouer à la psychiatrie&amp;quot; (Mannoni, 1970, p.168), à créer des lieux où la maladie mentale pourrait être réintérrogée (allant même jusqu&#039;à nier la notion de maladie mentale (Mannoni, 1970, p. 175) et à s&#039;éloigner des conceptions scientistes, certains psychiatres cherchent à remettre sur le devant de la scène un discours scientifique. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les archives de la revue &amp;quot;L&#039;évolution psychiatrique&amp;quot;, les psychiatres non antipsychiatres se sont attelés, au début des années 70, à défendre leur point de vue scientifique et médical. Face au mouvement de protestation, ils ont écrits plusieurs articles afin de réhabiliter la psychiatrie et montrer les incohérences du mouvement anti-psychiatrique, non seulement dans ce qu&#039;il dénonce, mais également dans les solutions qu&#039;il propose. S&#039;ils reconnaissent un certain succès à l&#039;anti-psychiatrie &amp;quot;dans sa position de refus et de provocation&amp;quot; ([[Bibliographie|Barte, 1972]], p. 46), les solutions qu&#039;elle propose ne les satisfont guère. Pour certains membres de ce corps médical, la maladie mentale doit être reconnue comme &#039;&#039;phénomène nature&#039;&#039;l ([[Bibliographie|Ey, 1972]], p. 53). &amp;quot;En faisant volatiliser dans le néan l&#039;objet même de la psychiatrie qu&#039;est le malade mental, l&#039;anti-psychiatrie nie la souffrance humaine, nie le drame authentiquement humain que vit chaque malade mental (Barte, 1972, p. 46). Pour défendre ces patients malades, &amp;quot;fous&amp;quot;, pour les réhabiliter, il est nécessaire de &amp;quot;passer par la reconnaissance même de la psychiatrie, science critique et autonome et qui ne peut se fonder que sur la notion de maladie mentale conçue ni comme simple maladie des organes, ni comme simple maladie psychique&amp;quot; ([[Bibliographie|Barte, 1972]], p.47).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Face aux critiques sur l&#039;hôpital, notamment face à certains comme Basaglia qui refusaient l&#039;idée de traitement de malades et de médecins, les non antipsychiatres dénoncent la déstruction de l&#039;hôpital au profit d&#039;assemblées générales peu organisées. [[Bibliographie|Sztulman (1972)]] pose la question : &amp;quot;A quoi ça sert ? A quoi ça sert d&#039;être psychiatre là, ou femme de service,&amp;amp;nbsp; ou ergothérapeute puisque de tout façon chacun est dépouillé de son statut, et que les rôles sont&amp;amp;nbsp; inventer en permanence ?&amp;quot; (p.102). Pour ces médecins, la négation de l&#039;inconscient et celle de la maladie mentale dans le mouvement antipsychiatrique amène des &#039;&#039;attitudes thérapeutiques particulièrement incohérentes &#039;&#039;([[Bibliographie|Sztulman, 1972]], p. 101).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La question de l&#039;attribution de la maladie mentale à un fait organique ou plutôt à un fait culturel était alors au coeur de la bataille entre antipsychiatres et non antipsychiatres. Lors de l&#039;entretien, Monsieur A. Riesen nous a expliqué que cette question est toujours d&#039;actualité et qu&#039;il n&#039;y a pas, aujourd&#039;hui encore, de définition claire de la part de la communauté scientifique. Cependant, la conception de la maladie mentale comme unique produit d&#039;un système qui disfonctionne semble devoir se ranger derrière un système bio-psycho-social qui rencontre actuellement le plus de soutient de la part des professionnels du domaine psychiatrique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La fonction du médicament dans l&#039;approche anti-psychiatrique  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;apparition de la médication au début des années 1960 permet d&#039;éviter l&#039;internement. Elle soutient le changement qui s’opère dans les pratiques et donne l&#039;impression de pouvoir faire quelque chose. Elle fait transparaître un espoir aussi bien pour les praticiens que pour les patients puisque grâce aux médicaments il y a une diminution des hospitalisations, une augmentation des prises en charge ambulatoires et une augmentation des consultations. L&#039;avancée de la médecine et l’essor de la psychopharmacologie permettent alors de développer de nouvelles perspectives thérapeutiques et de nouveaux défis comme le soutien au patient et à sa famille, la mise en place de nouvelles structures. Il s&#039;agit ainsi de &amp;quot;jeter un pont entre l&#039;hôpital et la ville&amp;quot; (CMS, 1963, 7ème année, n°2 &amp;quot;L’assistance psychiatrique). Cependant, les connaissances récentes sur les effets de la médication et les abus sur son utilisation sont également soulevés. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;anti-psychiatrie se veut aussi anti-thérapeutique, ce qui lui est&amp;amp;nbsp; vivement repproché par les anti anti-psychiatres. Selon ces derniers, les anti-psychiatres considèrent que &amp;quot;les traitements sont à proscire&amp;quot; ([[Bibliographie|Maurel, 1972]], p. 79). &amp;quot;Traiter, écrit Cooper, c&#039;est être intéressé à rendre le patient plus acceptable pour les autres...et lui faire manifester de moindre façon sa détresse&amp;quot; ([[Bibliographie|Maurel, 1972]], p. 79). Les anti anti-psychiatres militent pour une guérison grâce à des médicaments &#039;&#039;efficaces&#039;&#039; (au sens médical), selon des avis rapportés par les patients eux-mêmes. Selon les psychiatres opposés au courant anti-psychiatrique, ce-dernier vise &amp;quot;sans toujours l&#039;avouer à &amp;quot;soigner&amp;quot; clandestinement les &amp;quot;malades&amp;quot;&amp;quot; (Maurel, 1972, p.80), ce qui est selon Maurel et ses collègues, une contradiction.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L&#039;influence du concept de normalisation dans l&#039;anti-psychiatrie ==&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Cécilia Zuccone</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=R%C3%A9sum%C3%A9_de_l%27ouvrage_Libres_enfants_de_Summerhill&amp;diff=9017</id>
		<title>Résumé de l&#039;ouvrage Libres enfants de Summerhill</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=R%C3%A9sum%C3%A9_de_l%27ouvrage_Libres_enfants_de_Summerhill&amp;diff=9017"/>
		<updated>2011-12-08T13:06:49Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Cécilia Zuccone : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Alexandre-S Neil crée avec sa femme en 1921 une école autogérée dans les environs de Londres. Il s&#039;agissait de proposer une structure où les enfants et le personnel sont au même niveau, et surtout où les enfants sont libres. Effectivement, Neil avait des idéaux pédagogiques particuliers et estimait que les enfants devaient être libres, devaient &amp;quot;vivre leur propre vie&amp;quot;. Il convient alors de responsabiliser les enfants et de les laisser faire leurs propres choix&amp;amp;nbsp;: gestion des lieux, des décisions, des biens... Neil s&#039;appuie donc sur le concept de &#039;&#039;self-governement&#039;&#039;.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans cette école, tous les enfants, quels qu&#039;ils soient, sont acceptés puisque Neil estime que tout le monde est normal. Aucun enfant ne pose de difficulté à la base. En somme, Neil présuppose que les difficultés que rencontrent certains enfants sont dues à la société, à la famille, et que &amp;quot;l&#039;enfant difficile est un enfant malheureux en guerre contre lui-même et par contrecoup avec le monde entier&amp;quot;. Ainsi, si l&#039;enfnat est libre et qu&#039;il peut libérer ses émotions, il pourra dès lors retrouver le goût à la vie et s&#039;intéresser à celle-ci en apprenant. &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Par ailleurs, Neil affirme que &amp;quot;les principaux éléments nécessaires à une cure sont l&#039;approbation, la confiance et la compréhension&amp;quot;. Neil propose donc une école où les enfants sont libres de manière à soigner le mal qui pourrait être en eux et évoluer comme ils le souhaitent. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;Dans la préface de cet ouvrage, Maud Mannoni affirme que &amp;quot; si Alexandre-S Neil était psychiatre [...] il se situerait dans la lignée anarchisante qui donna naissance à l&#039;antipsychiatrie&amp;quot; (p.9).&#039;&#039;&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Cécilia Zuccone</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Plan_de_recherche_2012&amp;diff=9009</id>
		<title>Plan de recherche 2012</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Plan_de_recherche_2012&amp;diff=9009"/>
		<updated>2011-11-29T23:07:27Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Cécilia Zuccone : /* Questions d&amp;#039;entretien */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;== Questions d&#039;entretien  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1. Vous apparaissez dans vos archives comme un militant de l&#039;anti-psychiatrie (un meneur). Et en 1981 vous écrivez un article (La naissance de l’instituions pour aliénés à Genève au XIX ième siècle et la problématique de l&#039;internement.) dans une revue professionnelle les Cahiers médico-sociaux: comment vous définiriez-vous entre professionnel de la psychiatrie et militant anti-psychiatrique? Patricia &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
2. Dans votre article sur l&#039;histoire de la naissance de l&#039;institution psychiatrique, vous détaillez l&#039;histoire de l&#039;asile, mais vous n&#039;avez pas évoqué la question des communautés thérapeutiques. Est-ce que aujourd&#039;hui vous pourriez nous dire si votre pratique anti-psychiatrique a été influencée par d&#039;autres expériences antérieures? Et si oui, lesquelles? Je vous pose effectivement cette question car en lisant Libres enfants de Summerhill, j&#039;ai eu le sentiment que l&#039;approche de Neil était proche des motivations énoncées par l&#039;anti-psychiatrie et la mise en place des communautés thérapeutiques ou communautés d&#039;enfants établies dans les années 60/70. En somme, l&#039;anti-psychiatrie a-t-elle, selon vous, été motivée entre autres par des expériences et mouvements antérieurs à sa période de réalisation effective? Quelles étaient alors en général dans ces années-là vos lectures de référence? Cécilia &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt; 3. Le mouvement anti-psychiatrique donne une image de la maladie mentale comme étant&amp;amp;nbsp; un produit culturel ou social. Vous avez dû,&amp;amp;nbsp; dans les années 70-80, vous confronter aux anti anti-psychiatres qui défendent un point de vue organiste, naturaliste ou scientiste de la maladie mentale. Ces ardents défenseurs de la reconnaissance de la psychiatrie comme science critique et autonome se sentaient légitimés à être les garants de la guérison de leurs patients. Comment réagissiez vous aux critiques sur les communautés thérapeutiques qui produisaient, selon les anti anti-psychiatres, les mêmes effets qu&#039;un internement&amp;amp;nbsp;? Quelle est/était votre conception de la maladie mentale? Natalina &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
4. Dans les archives du fonds Riesen /Schuler il y a peu de signes concernant les famille, or dans la conception de la désinstitutionalisation, les parents ont une lourde responsabilité (en présence, financièrement, lourdeur du &amp;quot;cas&amp;quot;: dans votre expérience quel a été le partenariat avec les familles et quel rôle les parents devaient jouer selon vous. Tatiana &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
5. Dans les archives de l&#039;Adupsy et à la lecture du Journal TVB, j&#039;ai appris qu&#039;en 1976 s&#039;est créé un réseau alternatif à la psychiatrie pour la Suisse romande, dont vous étiez l’un des membres actifs. Une commission formée aussi bien de psychiatrisés que de soignants s’est également formée, remettant en question le pouvoir des soignants. L&#039;ADUPSY ainsi que l&#039;Association des Médecins Progressiste ont déployé maints efforts pour alerter l&#039;opinion publique sur les agissements soupçonneux de certaines cliniques. Les revendications de tous ces acteurs étaient les suivantes: que le patient ne soit plus manipulé, muselé, qu&#039;il ne soit plus le cobaye, qu&#039;il puisse choisir son mode de guérison, qu&#039;il puisse être plus actif dans le processus de guérison. A quoi ce mouvement a-t-il abouti: quel bilan faites-vous aujourd&#039;hui&amp;amp;nbsp;? Sandra&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Cécilia Zuccone</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Plan_de_recherche_2012&amp;diff=9008</id>
		<title>Plan de recherche 2012</title>
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		<updated>2011-11-29T23:01:30Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Cécilia Zuccone : /* Questions d&amp;#039;entretien */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;== Questions d&#039;entretien  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1. Vous apparaissez dans vos archives comme un militant de l&#039;anti-psychiatrie (un meneur). Et en 1981 vous écrivez un article (La naissance de l’instituions pour aliénés à Genève au XIX ième siècle et la problématique de l&#039;internement.) dans une revue professionnelle les Cahiers médico-sociaux: comment vous définiriez-vous entre professionnel de la psychiatrie et militant anti-psychiatrique? Patricia &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
2. Dans votre article sur l&#039;histoire de la naissance de l&#039;institution psychiatrique, vous détaillez l&#039;histoire de l&#039;asile, mais vous n&#039;avez pas évoqué la question des communautés thérapeutiques. Est-ce que aujourd&#039;hui vous pourriez nous dire si votre pratique anti-psychiatrique a été influencée par d&#039;autres expériences antérieures? Et si oui, lesquelles? Je vous pose effectivement cette question car en lisant Libres enfants de Summerhill, j&#039;ai eu le sentiment que l&#039;approche de Neil était proche des motivations énoncées par l&#039;anti-psychiatrisme et la mise en place des communtautés thérapeutiques ou communautés d&#039;enfants établies dans les années 60/70. En somme, l&#039;anti-psychiatrisme a-t-il, selon vous, été motivé entre autres par des expériences et mouvements antérieurs? Quels étaient alors en général dans ces années-là vos lectures de référence? Cecilia &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt; 3. Le mouvement anti-psychiatrique donne une image de la maladie mentale comme étant&amp;amp;nbsp; un produit culturel ou social. Vous avez dû,&amp;amp;nbsp; dans les années 70-80, vous confronter aux anti anti-psychiatres qui défendent un point de vue organiste, naturaliste ou scientiste de la maladie mentale. Ces ardents défenseurs de la reconnaissance de la psychiatrie comme science critique et autonome se sentaient légitimés à être les garants de la guérison de leurs patients. Comment réagissiez vous aux critiques sur les communautés thérapeutiques qui produisaient, selon les anti anti-psychiatres, les mêmes effets qu&#039;un internement&amp;amp;nbsp;? Quelle est/était votre conception de la maladie mentale? Natalina &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
4. Dans les archives du fonds Riesen /Schuler il y a peu de signes concernant les famille, or dans la conception de la désinstitutionalisation, les parents ont une lourde responsabilité (en présence, financièrement, lourdeur du &amp;quot;cas&amp;quot;: dans votre expérience quel a été le partenariat avec les familles et quel rôle les parents devaient jouer selon vous. Tatiana &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
5. Dans les archives de l&#039;Adupsy et à la lecture du Journal TVB, j&#039;ai appris qu&#039;en 1976 s&#039;est créé un réseau alternatif à la psychiatrie pour la Suisse romande, dont vous étiez l’un des membres actifs. Une commission formée aussi bien de psychiatrisés que de soignants s’est également formée, remettant en question le pouvoir des soignants. L&#039;ADUPSY ainsi que l&#039;Association des Médecins Progressiste ont déployé maints efforts pour alerter l&#039;opinion publique sur les agissements soupçonneux de certaines cliniques. Les revendications de tous ces acteurs étaient les suivantes: que le patient ne soit plus manipulé, muselé, qu&#039;il ne soit plus le cobaye, qu&#039;il puisse choisir son mode de guérison, qu&#039;il puisse être plus actif dans le processus de guérison. A quoi ce mouvement a-t-il abouti: quel bilan faites-vous aujourd&#039;hui&amp;amp;nbsp;? Sandra&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Cécilia Zuccone</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Bibliographie&amp;diff=9007</id>
		<title>Bibliographie</title>
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		<updated>2011-11-29T22:52:46Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Cécilia Zuccone : /* Ouvrage 2011-2012 */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;== Ouvrage 2011-2012  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Angelergues, R. (1972). Paradoxes dans la psychiatrie. &#039;&#039;L&#039;évolution psychiatrique, XXXVII, &#039;&#039;1, pp. 5-40.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Barte, H. (1972). Anti-psychiatrie&amp;amp;nbsp;: le discours politiques. &#039;&#039;L&#039;évolution psychiatrique, XXXVII,&#039;&#039; 1, pp. 41-48.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bungener Martine. Vivre hors les murs de l&#039;hôpital psychiatrique: le rôle incontournable de la famille en ce début de sciècle (Commentaire). In: sciences sociales et santé. Volume 19, n°1, 2001. pp 107-111. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Capul, M. (2002) Entretien avec jean Lagarde (1915-2002), Empan n° 47, pp. 136-150. (voir [[Entretien avec Jean Lagarde|résumé]])&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Carpentier Normand. Le long voyage des famillles: la relation entre la psychiatrie au cours du xxe sciècle. In: Sciences sociales et santé. Volume 19, n°1, 2001. pp. 79-106. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cooper, D. (1970). &#039;&#039;Psychiatrie et anti-psychiatrie&#039;&#039;,&#039;&#039;&amp;amp;nbsp;&#039;&#039;Paris&amp;amp;nbsp;: Editions du Seuil. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dupont, A. (1989). &#039;&#039;Psychiatrie et intégration communautaire.&#039;&#039; Genève&amp;amp;nbsp;: Editions des Deux Continents. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ey, H. (1972). L&#039;anti-psychiatrie ou les progrès de la science psychiatrique. &#039;&#039;L&#039;évolution psychiatrique, XXXVII&#039;&#039;, 1, pp. 49-67.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mannoni, M. (1970). &#039;&#039;Le psychiatre, son &amp;quot;fou&amp;quot; et la psychanalyse. &#039;&#039;Paris&amp;amp;nbsp;: Editions du Seuil&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Maurel, H. (1972). L&#039;&amp;quot;antipsychiatrie&amp;quot;&amp;amp;nbsp;: Réflexions sur une terminologie et une thématique .&#039;&#039;L&#039;évolution psychiatrique, XXXVII, &#039;&#039;1, pp. 73-82&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Montandon, Cléopâtre (1978), Naissance des relations entre justice et psychiatrie à Genève, &#039;&#039;Revue trimestrielle d&#039;histoire de la médecin et des sciences sociales&#039;&#039;, vol. 35, 1978 Riesen, Alain, (1981), La naissance de l&#039;institution psychiatrique pour &amp;quot;aliénés&amp;quot; à Genève au 19e siècle et la problématique de l&#039;internement, &#039;&#039;Les cahiers médico-sociaux, Genève, No2, p.97-19.&#039;&#039; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Neil, A.-S. (1970). &#039;&#039;Libres enfants de Summerhill&#039;&#039;, Paris: Librairie François Maspero.(voir [[Résumé_de_l&#039;ouvrage_Libres_enfants_de_Summerhill|résumé]])&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Revue contestataire Tout Va Bien (mensuelle de 1972 à 1978, hebdomadaire de 1978 à 1983) &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Rey-Bellet, P., Bardet Blochet, A., Ferrero, F (2010), Hospitalisation non volontaires à Genève: la liberté sous contrainte?, &amp;quot;Schweizer archiv für neurologie und psychiatrie&amp;quot;, No3, p.90-9 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Rose, N. (2006). Foucault, Laing et le pouvoir psychiatrique. &#039;&#039;Sociologie et société, 38,&#039;&#039; 2, 113-131. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Therrien, Rita (1990), La désinstitutionnalisation, les malades, les familles et les femmes:des intérêts à concilier.In:Santé mental au Québec. Volume 15, n°1. pp.100-109. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Ouvrages 2010-2011  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Allain, C. (2008). Génération Y. Qui sont-ils&amp;amp;nbsp;? Comment les aborder&amp;amp;nbsp;? Un regard sur le choc des générations. Les éditions Logiques. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Alvarez de Toledo, S. (2007). Fernand Deligny Oeuvres. Paris: L&#039;Arachnéen. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Attias-Donfus, Claudine (2008). Sociologie des générations&amp;amp;nbsp;: l&#039;empreinte du temps. Paris&amp;amp;nbsp;: Presses univ. de France. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Baton, P. (1962). Inadaptés scolaires et enseignement spécial. Bruxelles: Les Editions de l&#039;Institut de sociologie. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bergier, Jacques (2003). Traces de mémoire. Pédopsychiatrie et protection de l’enfance dans le canton de Vaud au XXème siècle. Lausanne&amp;amp;nbsp;: EESP. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Basaglia, F. (1970). L&#039;insitution en négation. Edition du Seuil. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chauvel, Louis (1998). Le destin des générations. Paris&amp;amp;nbsp;: Puf. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chauvière, M. (1980). L&#039;enfance inadaptée: l&#039;héritage de Vichy. Paris: Les Editions ouvrières. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chauvière, M. &amp;amp;amp; Plaisance, E. (2003). L&#039;éducation spécialisée contre l&#039;éducation scolaire&amp;amp;nbsp;? Entre dynamique formelles et enjeux cognitifs. In G. Chatelelanat &amp;amp;amp; G. Pelgrims (Ed.), &#039;&#039;Education et enseignement spécialisés&amp;amp;nbsp;: entre ruptures et intégrations&#039;&#039; (pp. 29-55). Bruxelles&amp;amp;nbsp;: De Boeck. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chercheurs du CTNRHI (1982). Comme les autres ce sont des enfants: L&#039;intégration individuelle des jeunes handicapés en classes ordinaires. Paris: Les publications du CTNRHI. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chercheurs du CRESAS (1984). Intégration ou marginalisation&amp;amp;nbsp;? Aspects de l&#039;éducation spéciale. Paris: L&#039;Harmattan. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Copfermann, E. (1962, 2003). La génération des blousons noirs. Problèmes de la jeunesse française. Paris&amp;amp;nbsp;: La Découverte. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Coupland, Douglas (1991). Génération X. Paris&amp;amp;nbsp;: 10/18. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Curateur public Québec, (2006). Encyclopédie thématique: L&#039;inaptitude et la protection des personnes inaptes. Désintitutionnalisation. [version électronique]. Consultée le 11 janvier 2011 dans http://agora.qc.ca/thematiques/inaptitude.nsf/Dossiers/Desinstitutionnalisation &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dupont, A. (1991). Psychiatrie et intégration communautaire. Genève: Ed. des Deux Continents. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Errail, Jean-Pierre (1995). La dynamique des générations. Paris&amp;amp;nbsp;: L’Harmattan. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Fragnière, J.P. (2010). Solidarité entre génération. Lausanne&amp;amp;nbsp;: Réalités sociales. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Fragnières, J.P. (2004). Les relations entre les générations. Lausanne&amp;amp;nbsp;: Réalités sociales. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Heller, G. Avvanzino, P. Lacharme, C. (2005). Enfance sacrifiée. Témoignages d’enfants placés entre 1930 et 1970. Lausanne&amp;amp;nbsp;: EESP. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Heller, G., Pahud, C. Brossy, C. Avvanzino, P. (2004). La passion d’éduquer. Lausanne&amp;amp;nbsp;: EESP. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Intégration ou marginalisation&amp;amp;nbsp;?&amp;amp;nbsp;: aspects de l&#039;éducation spéciale, CRESAS. (1984. Paris: L&#039;Harmattan. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Leuenberger, M. Seglias, L. (2009). Enfants placés. Enfances perdues. Lausanne. Editions d’En Bas. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mannheim, K. (2005). Le problème des générations, Paris: Colin, Essais et recherches. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mead, Margaret (1979). Le fossé des générations. Paris&amp;amp;nbsp;: Denoël. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mendel, Gérard (1981). La crise des générations. Paris&amp;amp;nbsp;: Payot. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Menté, F. (1920). Les générations sociales. paris: Bossard. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
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Débat sur le rapport de la commission de l&#039;enseignement et de l&#039;éducation sur la M32 (séance du 7 décembre 1979). Intervenants: Marie-Laure Beck, Simone Martin, Aliette Aubert, André Chavanne. &lt;br /&gt;
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Rapport de la commission de l&#039;enseignement et de l&#039;éducation chargée d&#039;étudier le projet de loi modifiant la loi sur l&#039;instruction publique (Intégration), 17.09.1986, Genève &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Rapport de la commission de l&#039;enseignement et de l&#039;éducation chargée d&#039;examiner la motion de Mme Marie-Laure Beck concernant l&#039;intégration des jeunes handicapés, M32 (31 octobre 1979). Genève. &lt;br /&gt;
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== Génération et valeurs sportives  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Attali, Michaël (ed.) (2004). [[Le sport et ses valeurs]]. Paris: La dispute, 210p.&lt;br /&gt;
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*Busset, Thomas et Christophe Jaccoud, (2001). [[Sports en formes. Acteurs, contextes et dynamiques d&#039;institutionnalisation.]]Lausanne, Antipodes, 262p.&lt;br /&gt;
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*Chauvel, Louis (1998) &#039;&#039;Le destin des générations&#039;&#039;, Puf.&lt;br /&gt;
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*Deliguieres, D. et Duret, P. (1989). &amp;quot; Valeurs physique et grandeur morale&amp;quot;&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
*Mendel, Gérard (1981) &#039;&#039;La crise des générations&#039;&#039;. Payot.&lt;br /&gt;
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*Meyer, S. (2009). &amp;quot;Gymnastique aux jeux nationaux&amp;quot; dans GYMlive.&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
*Roy, P. (2004). [[Jeunesse et sport, transmission aux enfants des valeurs véhiculées par le sport]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Sirinelli, Jean-François (2007). [[Les baby-boomers: une génération 1945-69]]. Paris: Hachettes Litteratures, 323p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Terrail, Jean-Pierre (1995). &#039;&#039;La dynamique des générations.&#039;&#039; chez l&#039;harmattan&lt;br /&gt;
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*Thomas, Raymond, (1996). [[Sociologie du sport]]. Paris: Presses universitaires de France, 127p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Viévard, L. (2006). [[Le sport: outil d&#039;intégration et de mixité]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Quelques sites web en lien avec génération et valeurs sportives  ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Lien intéressant menant à &#039;&#039;Conversation d&#039;avenir:génération y&#039;&#039; avec Jacques Attali (2007): http://www.publicsenat.fr/cms/video-a-la-demande/vod.html?idE=56124&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Voici un site qui répertorie quelques valeurs sportives: http://jeux.vaulx.lympiques.free.fr/citoyen.php Allez voir la rubrique &amp;quot;valeurs sportives&amp;quot;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Placement  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Entrées surtout utilisées pour l&#039;article [[La place du parent au début d&#039;un processus de placement]] &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Jollien, A. (2002). Eloge de la faiblesse. Paris&amp;amp;nbsp;: Les Ed. du Cerf&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Bass, Denise. &#039;&#039;Pour suivre les parents des enfants placés&#039;&#039; Ramonville-Saint-Agne, Érès, 1996. 283p.(livre disponoble à l&#039;IES, bibliothèque fermée pendant les vacances de Pàques, COTE: 362.73 POU, Mélanie)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Bouchard, J.-M.; Pelchat, D.; Sorel, L.: Evaluation de l’enfant par les parents: stratégie de partenariat avec les intervenants. In: Kalubi, J.-C.; Michallet, B.; Korner-Bitensky, N.; Tétreault, S. (Eds.): Innovations, apprentissages &amp;amp;amp; réadaptations en déficience physique. Québec: IQ, 1998 (Julien)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Chrétien, Jacques. &#039;&#039;Les parents face à la séparation&amp;amp;nbsp;: le point de vue des parents dans les situations où leur enfant est orienté dans un dispositif de suppléance (internat ou famille d’accueil)&#039;&#039; Sauvegarde de l’enfance 56 (2)&amp;amp;nbsp;: 95-112, 2001. (revue disponible seulement depuis 2002, Vol: 57, Mélanie)&lt;br /&gt;
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*Durning, P. &amp;amp;amp; Chrétien, J. (2001). L’A.E.M.O en recherche, L’état des connaissances, l’état des questions, Vigneux sur Seine&amp;amp;nbsp;: Editions Matrice (Julien)&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
*Gendreau, Gilles; Baillargeon, Louise; Bouchard, Pierre. &#039;&#039;Comprendre la collaboration éducateurs parents dans un contexte de placement.&#039;&#039; Prisme 3 (4)&amp;amp;nbsp;: 542-554, 1993. (non trouvé, toutefois Gendreau a écrit un ouvrage disponible à l&#039;IES qui pourrait nous intéresser dans le cadre de la problématique du partenariat: &amp;quot; Partager ses compétences entre parents, jeune en difficulté et éducateurs&amp;quot;, Montréal. Sciences et culture,1995. Mélanie)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Lambert, Jean-Luc; Lambert Boite, Françoise. &amp;quot;Education familiale et handicap mental&amp;quot; . Fribourg&amp;amp;nbsp;: Editions Universitaires Fribourg Suisse, 1993. [[Utilisateur:Julien|Julien]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Pellé, Arlette. &#039;&#039;Le placement familial&amp;amp;nbsp;: les ruptures qui précèdent la séparation (p.23-29)&#039;&#039;. Dans Ruptures et consentements (La Lettre du Grappe; 44). Ramonville-Saint-Agne, Érès, 2001. 98p. (non trouvé, toutefois elle a écrit un autre ouvrage qui pourrait nous intéresser et qui est disponible à l&#039;IES: &amp;quot;Pour-suivre les parents des enfants placés&amp;quot;, Mélanie)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Poirier, Marie-Andrée. &#039;&#039;Le maintien des liens entre l’enfant placé et ses parents&amp;amp;nbsp;: analyse critique de travaux de recherche.&#039;&#039; Revue canadienne de service social 15 (1)&amp;amp;nbsp;: 9-23, 1998. (non trouvé)&lt;br /&gt;
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*Sakr, Zeina. &#039;&#039;Perception des parents de l’expérience de placement de leurs jeunes pour troubles de comportement sérieux.&#039;&#039; Montréal, Mémoire de maîtrise présenté à l’Université de Montréal, 1999. 109p. (non trouvé, Mélanie)&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
*Vachon, Jacques; Gauthier, Jean; Labrèche, Jacqueline. &#039;&#039;Les parents face au placement&#039;&#039;. Montréal, CSSMM/Université de Sherbrooke, 1978. (non trouvé, Mélanie)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*http://www.cedias.org/download/down/60996.pdf: Du parent dysqualifié, au parent citoyen. La fonction parentale entre droit et profession sociale. (diplôme supérieur en travail social, Université de Bretagne) Mélanie&lt;br /&gt;
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*Sellenet, Catherine. (2003) Droits des parents et déni des droits en matière d&#039;accueil et de soins à leur enfant. &#039;&#039;Empan&#039;&#039;, (49), 90-97 (Mélanie)&lt;br /&gt;
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*Chatelanat, G.(2003). La notion de partenariat en éducation spéciale. In G. Chatelanat &amp;amp;amp; G. Pelgrims (Eds.), &#039;&#039;Education et enseignement spécialisés: ruptures et intégrations&#039;&#039; (pp.171-193). Bruxelles: De Boeck (Mélanie)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Chatelanat, G.; Panchaud Mingrone, I.; Martini-Willemin, B.-M.: Le partenariat: une nouvelle façon de collaborer&amp;amp;nbsp;? In: Pédagogie Spécialisée, no 4, 2001, p. 6-13 (Julien)&lt;br /&gt;
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*Delens-Ravier, I. (2000). &#039;&#039;Le placement d&#039;enfant et les familles&#039;&#039;.Paris: Ed. Jeunesse et droit&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
=== Quelques site web, plus particulièrement sur les parents d&#039;enfants handicapés (Camille)  ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*[http://www.ctnerhi.com.fr/fichiers/ouvrages/trajectoires_phase_III.pdf Le vécu des parents d’enfants handicapés]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*[http://www.cairn.info/revue-dialogue-2002-3-page-99.htm Pour soutenir les parents d’enfant handicapé. Le groupe de parole ou le miroir renarcissisant]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*[http://www.cairn.info/revue-dialogue-2001-2.htm Parentalité défaillante]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*[http://www.fondationlou.com/?page=sem_intro Soutien aux parents autour du diagnostic du handicap]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*[http://pagesperso-orange.fr/fcs78/Gpe%20parents%20Camsp%20article%20original.pdf Le groupe de parents d’enfants handicapés]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*[http://www.moteurline.apf.asso.fr/ethique/documents/annonce_parentsAPF_une_ocr.pdf L’annonce du handicap, comment les parents l’ont vécumodèle:racine]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*[http://www.technimediaservices.fr/NOUVEAUSITE/evenement/mainframe/gerimoc2006/interventions/8.ppt L’enfant handicapé, ses parents les soignants..]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*[http://www.sante.gouv.fr/drees/etude-resultat/er565/er565.pdf Appréciation des parents sur la prise en charge du handicap de leur enfant]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*[http://www.erudit.org/revue/smq/1985/v10/n1/030266ar.pdf Les parents d’un enfant handicapé]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Maltraitance  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Dallaire Y.(2002). &#039;&#039;La violence faite aux hommes: une réalité taboue et complexe&#039;&#039;. Québec:Option Santé. &lt;br /&gt;
*Hurni M. - Stoll G. (1996). &#039;&#039;La haine de l&#039;amour. La perversion du lien&#039;&#039;. L&#039;Harmattan &lt;br /&gt;
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*Perrone R.- Nannini M. (1995). &#039;&#039;Violence et abus sexuels dans la famille&#039;&#039;. ESF &lt;br /&gt;
*Torrent S.(2001). &#039;&#039;L&#039;homme battu: un tabou au coeur du tabou.&#039;&#039; Québec: Option Santé. &lt;br /&gt;
*Welzer-Lang D. (1997). &#039;&#039;Les violences masculines domestiques. Un oubli de la sociologie de la famille&#039;&#039;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Bientraitance  ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Desmet H, Pourtois J.P., &amp;quot;Culture et bientraitance&amp;quot;, De Boeck Université, 2005.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Maltraitance des jeunes en prison  ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Aeby, S. &amp;amp;amp; Chloé MEIER &amp;quot;Evolution des conditions de détention, dans les prisons préventives genevoises&amp;quot;,Travail de recherche effectué dans le cadre de la formation INTEREC de L&#039;INSTITUTION D&#039;ETUDES SOCIALES de Genève, mars 1995.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Amnesty International, &amp;quot;Enfants torturés,des victimes trop souvent ignorées&amp;quot;. Rapport annuel 2000&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Amnesty International, &amp;quot;Les mauvais traitments dans les centres de détentions et autres institutions&amp;quot;. AGIR, www.amnesty.asso.fr.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Bonin Y., &amp;quot;Enfants et prison&amp;quot;, Eshel Editions, 1990.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Droits de l&#039;enfant en prison&amp;amp;nbsp;: situation des mineurs detenus a Gva&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Geert Cappelaere, &amp;quot;enfants priv; de liberte&amp;quot;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Mineurs: la fin de la prison?&amp;quot; dans Les cahiers d&#039;action juridique n°66, avril 1989&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Observatoire internationale des prisons, (1998) &amp;quot;Enfants en prison&amp;quot;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Richard, Alexandra, &amp;quot;Une solution latine pour la délinquance juvénile.&amp;quot; Swissinfo, 27.09.05&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Rubin Anne, &amp;quot;La détention des mineurs, un casse-tête suisse&amp;quot;. Swissinfo 2.12.03&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Ruchat, Martine (1998),&amp;quot;Des mineurs en Prison, agir plutot que punir.&amp;quot;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Ruchat M., &amp;quot;L&#039;oiseau et le cachot&amp;quot;, Zoé Editions, 1993.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Tomasevski, Katrarina (1989): &amp;quot;Des Enfants en prison&amp;quot;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Torrente, J, &amp;quot;La Maltraitance&amp;amp;nbsp;: regards pluridisciplinaires&amp;quot;, sous la direction de Joseph Torrente, Revigny-sur-Ornan&amp;amp;nbsp;: Hommes et perspectives, 2001&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Vinsonneau,G.(2000) &amp;quot;Culture et comportement&amp;quot;.Ed. Armand Colin&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Zambeaux, E. (2001). &amp;quot;en prison avec des ados&amp;quot;. Ed. Denoel impacts.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
=== Maltraitance des enfants  ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Strauss, P., &amp;amp;amp; M. Manciaux (1982), &#039;&#039;L&#039;enfant maltraité&#039;&#039;, Paris: Fleurus.&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
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*Renevey Fry, Chantal (dir) (2001), Pâtamodlé, l&#039;éducation des plus petits, 1815 à 1980, Service de la recherche en éducation et Musée d&#039;éthnographie, Genève.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
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		<author><name>Cécilia Zuccone</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=R%C3%A9sum%C3%A9s&amp;diff=9006</id>
		<title>Résumés</title>
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		<updated>2011-11-29T22:51:29Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Cécilia Zuccone : /* Antipsychiatrie et communauté */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Cette page contient une liste thématique de certains [[Catégorie:résumé|résumés]] et des articles produits par les étudiant(e)s des différentes volées. Voir aussi la [[:catégorie:Résumé|liste alphabétique des résumés]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Consignes  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*doit servir à la recherche (points les plus pertinents) &lt;br /&gt;
*identifier le contexte de la recherche (objet, période, temps, etc.) des auteurs &lt;br /&gt;
*doit servir aux autres (résumé) &lt;br /&gt;
*quantité: équivalent à 2 pages min. &lt;br /&gt;
*faire jouer l&#039;esprit de synthèse&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Note: Pour ajouter un nouveau résumé, insérez simplement le lien vers le résumé. Si ce résumé n&#039;existe pas encore faites pareillement: Par exemple &amp;lt;nowiki&amp;gt;[[Résumé du livre XXX YYY]]&amp;lt;/nowiki&amp;gt; donne [[Résumé du livre XXX YYY]] &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Psych|&amp;lt;br&amp;gt;]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Antipsychiatrie et communauté  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*[[Notes sur journal Tout va bien]] &lt;br /&gt;
*[[Entretien avec Jean Lagarde|Résumé de L&#039;entretien avec Jean Lagarde]] (voir [[Bibliographie|référence bibliographique]])&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
*[[Résumé de l&#039;ouvrage Libres enfants de Summerhill|Résumé de l&#039;ouvrage &#039;&#039;Libres enfants de Summerhill&#039;&#039;]] (voir [[Bibliographie|bibliographie]])&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Modèles éducatifs et générations  =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Résumés&#039;&#039;&#039; &lt;br /&gt;
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&amp;lt;br&amp;gt; &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Thème: Valeurs de la culture sportive =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Article:&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
* [[Transmission des valeurs de la culture sportive à travers les générations]] (2009)&lt;br /&gt;
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&#039;&#039;&#039;Résumés:&lt;br /&gt;
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* Busset, Thomas et Christophe Jaccoud. [[Sports en formes. Acteurs, contextes et dynamiques d&#039;institutionnalisation.]] Lausanne: Éditions Antipodes, 2001. 262p.&lt;br /&gt;
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&#039;&#039;&#039;Résumés&#039;&#039;&#039;:&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* [[Résumé de enfants placés et lien familial]], Delens Ravier Isabelle in La Revue internationale de l&#039;education familiale. 1997; 1 (1) : 37-54. [Malheureusement je ne suis pas parvenu à trouver cette revue, même à la BCU de Fribourg où elle est répertoriée, ils ne l&#039;ont pas trouvée dans leurs archives !! :( (Julien)]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* [[Résumé de l&#039;article:&amp;quot;Droits des parents et déni des droits en matière d&#039;accueil et de soins à leur enfant&amp;quot;]]. Sellenet, Catherine.(2003).&#039;&#039; Empan&#039;&#039;,(49), 90-97   (Mélanie)&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
*[[Résumé du chapitre: &amp;quot;la notion de partenariat en éducation spéciale&amp;quot;]], In G. Chatelanat &amp;amp; G. Pelgrims (Eds.), &#039;&#039;Education et enseignement spécialisés: ruptures et intégrations&#039;&#039; (pp.171-193). Bruxelles: De Boeck   (Mélanie)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*[[Résumé de étude de l&#039;appréciation des parents sur la prise en charge de leur enfant handicapé]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*[[&amp;quot;Ce que des parents pensent du placement de leurs enfants : Bebes, parents, professionnels&amp;quot;]], Bonte M.C., L&#039;art de tisser les liens, In Dialogue: Paris. 2000; (147) : 71-82. cf. texte imprimé par Mme Ruchat (Julien)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*[[&amp;quot;Enfants confies, parents méfiants ?; Educations : souci partagé, pratiques dispersées.&amp;quot;]], A. Pitrou in Informations sociales. Paris, 2001; (93) : 136-145 (Julien)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*[[Résumé du livre:&amp;quot;Pourquoi on nous a séparé? Récits de vie croisés: des enfants placés, des parents et des professionnels.&amp;quot;]] (Mélanie)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*[[&amp;quot;L&#039;Enfance en danger. Ils n&#039;ont rien vu ?&amp;quot;]], C. Sellenet. Paris : Belin, 2006. (Julien)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*[[Résumé du chapitre &amp;quot;Partenariat&amp;quot; du livre: &amp;quot;Lambert, Jean-Luc; Lambert Boite, Françoise. &amp;quot;Education familiale et handicap mental&amp;quot;]] Julien&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* [[Résumé du concept: &amp;quot;Quality4Children&amp;quot;, Standards pour le placement des enfants hors du foyer familial en Europe, VERSION FRANCAISE FINALE 19-12-2007]] (Camille)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Thème Maltraitance conjugale =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Articles&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
* [[Violence conjugale: De la femme battue à l&#039;homme battu...]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Résumés&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Résumé du livre Torrent S. (2001). &#039;&#039;L’homme battu, un tabou au cœur du tabou&#039;&#039;. Québec: Option Santé. [http://home.etu.unige.ch/~maneira4/fiche%20de%20lecture%20homme%20battu.pdf ] (Auteur:[[Utilisateur:Miguel|Miguel]]) &#039;&#039;Affiliation au groupe&#039;&#039;:[[L&#039;homme battu: le mâle...traité]]&lt;br /&gt;
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* Dallaire Y. (2002). &amp;quot;[[La violence faite aux hommes - une réalité taboue et complexe]]&amp;quot;. Québéc, Options santé. (Jean-Christophe). Groupe : [[L&#039;homme battu: le mâle...traité]]&lt;br /&gt;
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* De Puy J., Gillioz L. &amp;amp; Ducret V. &#039;&#039;Intimités piégées. La violence conjugale en Suisse&#039;&#039; in Nouvelles Questions Féministes (Vol. 21, 1/2000). Ce texte est le résumé d’un livre publié par les auteures, « Domination et violence envers la femme dans le couple » (Payot 1997)&lt;br /&gt;
** [http://home.etu.unige.ch/~maneira4/R_sum__aeticle.doc Résumé de l&#039;article par Chantal Cornut Piller]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Thème: Délinquance juvénile =&lt;br /&gt;
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* [[Délinquance juvénile à Genève de 1900 à aujourd&#039;hui: quelles sanctions pour les mineurs?]] (2005/2006)&lt;br /&gt;
* [[Parents démissionnaires: une réalité de la délinquance juvénile?]] (2006/2007)&lt;br /&gt;
* [[&amp;quot;Déscolarisation&amp;quot;/&amp;quot;décrochage scolaire&amp;quot;: mythes, réalités, enjeux]] (2006/2007)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Résumés&#039;&#039;&#039;:&lt;br /&gt;
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* [[Le debut de la nouvelle LF à travers deux documents:]] Stettler, M. (1980) &#039;&#039;L&#039;évolution de la condition pénale des jeunes délinquants examinée au travers du droit suisse et de quelques législations étrangères : les seuils de minorité pénale absolue ou relative confrontés aux données de la criminologie juvénile et aux impératifs de la prévention&#039;&#039; et Stettler, M. (1986)&#039;&#039;	 Avant-projet de la loi fédérale concernant la condition pénale des mineurs et rapport explicatif&#039;&#039; (Henrik). Groupe: [[Evolution des  réponses pénales et éducatives à la délinquance juvénile]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Thème [[Maltraitance en prison]] ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Articles&#039;&#039;&#039;:&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* [[La maltraitance sur les mineurs en prison]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Résumés&#039;&#039;&#039;:&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* [[CHAMP-DOLLON]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* MARIE: Résumé de : [[&amp;quot;Mineurs: la fin de la prison?&amp;quot; dans Les cahiers d&#039;action juridique n°66, avril 1989 ]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* ANDRé LIENHARD : Résumé : du livre: [[Torrente, J, &amp;quot;La Maltraitance, regards pluridisciplinaires&amp;quot;]], ainsi que de l&#039;émission [[temps présent du jeudi 17 février 2005, &amp;quot;En taule&amp;quot;]]. Résumé du travail de recherche effectué dans le cadre de la formation INTEREC de L&#039;INSTITUTION D&#039;ETUDES SOCIALES de Genève, Chloé MEIER, Sébastien AEBY, [[Evolution des conditions de détention, dans les prisons préventives genevoises]]&amp;quot;, mars 1995. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* JULIE: Résumé de Ruchat, Martine (1998): [[&amp;quot;Des mineurs en Prison, agir plutot que punir.&amp;quot;]] , ainsi que le [http://www.geneve.ch/penitent/champ-dollon résumé des informations sur Champ-Dollon récoltés sur leur site internet], Site de la TSR : plusieurs articles, dont La détention des mineurs, un casse tête suisse swissinfo, Anne Rubin(02.12.2003)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* BENOIT : Résumé de [[Zambeaux, Edouard: &amp;quot;En prison avec des ados, enquete au coeur de l-ecole du vice&amp;quot;]]  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* AURELIE : Résumé de quelques parties de Martine Ruchat: [[&amp;quot;L&#039;oiseau et le cachot, naissance de l&#039;éducation correctionnelle en suisse romande 1800-1913&amp;quot;]] &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* SIRA : La [[maltraitance]]. Résumé de passages de Tomasevski, Katrarina: &amp;quot;Des Enfants en prison&amp;quot;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* INTERVIEW: [[Résumé de l&#039;interview du directeur de la prison préventive La Croisée]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Thème: [[L&#039;évolution récente de la définition de la maltraitance des personnes âgées]]==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Articles&#039;&#039;&#039;:&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* [[L&#039;évolution récente de la définition de la maltraitance des personnes âgées]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Résumés&#039;&#039;&#039;:&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* [[Bertin, Evelyne (1999) Gérontologie, psychanalyse et déshumanisation : silence vieillesse... Paris : L&#039;Harmattan]] (Mélanie SAVOY)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* [[Gavillet&amp;amp;Grandrieux, Laurence&amp;amp;Véronique (2006) Ne touche pas à tes vieux, regards sur la maltraitance familiale des personnes âgées. Genève: IES Editions]] (Valérie SCHAUDER)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* [[De Saussure, Christian (1999) Vieillards martyrs tirelires : maltraitances des personnes âgées. Chêne-Bourg : Médecine et hygiène]] (Germain VON DER MUEHL)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* [[Masson, Maltraitances et violences, Sous la direction de Bernard Marc, article de Franck Dibouës, Paris (2004)]] (Stefania RODRIGUEZ)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* [[Hugonot, Robert (1990) Violences contre les vieux. Toulouse: Eres.]] (Sarah GROSSNIKLAUS)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* [[Yves Geneste (2004). Silence on frappe, De la maltraitance à la bientraitance des personnes âgées: Imagine]] (Tatiana CAVAGLIANI)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Thème: [[ La construction sociale de la problématique de la maltraitance infantile: du XIXème à nos jours ]]==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Articles&#039;&#039;&#039;:&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* [[De l&#039;enfance en danger à l&#039;enfant maltraité ou l&#039;intrusion progressive de l&#039;Etat dans les familles du XIXème siècle à nos jours]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Résumés&#039;&#039;&#039;:&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* [[Renevey Fry, Chantal (dir.) (2001) Pâtamodlé, l&#039;éducation des plus petits, 1815 à 1980, Service de la recherche en éducation et Musée d&#039;éthnographie, Genève]] (Marianne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Schulteis F., Frauenfelder A., Delay C. (avril 2005), [[La maltraitance envers les enfants: entre consensus moral, fausses évidences et enjeux sociaux ignorés, Analyse sociologique des transformations du rapport social à l&#039;enfance dans le cnaton de Genève depuis 1990]], Rapport final, Université de Genève, Faculté des sciences économiques et sociales, Département de sociologie. (Katia)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Hacking I., (2001), [[la fabrication d&#039;un genre:le cas de l&#039;enfance maltraitée, in Entre science et réalité, la construction de quoi?]] (Ana)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Delay-Malherbe N.(juin 1982), [[Enfance protégée, familles encadrées, Matériaux pour une histoire des services officiels de protection de l&#039;enfance à Genève]], Cahiers de la recherche sociologique, Genève. (Katia)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Thème: [[Les troubles de l&#039;alimentation: une forme d&#039;auto-maltraitance]] ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Articles&#039;&#039;&#039;:&lt;br /&gt;
* [[L&#039;anorexie: une forme d&#039;auto-maltraitance socialement déterminée]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Résumés&#039;&#039;&#039;:&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* [[Résumé du livre Guillemot A. &amp;amp; et Laxenaire M. (1997). Anorexie mentale et boulime le poids de la culture (2e éd.). Paris: Masson.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* [[Résumé du livre Darmon M.(2003).Devenir anorexique, une approche sociologique. Paris. La découverte.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*[[Résumé du livre Gordon R.A.(1990).Anorexia and bulimia, anatomy of a social epidemic. Oxford and Cambridge. Basil Blackwell]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*[[Résumé du livre Hepworth J. (1999). The Social Construction of Anorxia Nervosa. Londres: Sage.]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Cécilia Zuccone</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=R%C3%A9sum%C3%A9s&amp;diff=9005</id>
		<title>Résumés</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=R%C3%A9sum%C3%A9s&amp;diff=9005"/>
		<updated>2011-11-29T22:51:00Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Cécilia Zuccone : /* Antipsychiatrie et communauté */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Cette page contient une liste thématique de certains [[Catégorie:résumé|résumés]] et des articles produits par les étudiant(e)s des différentes volées. Voir aussi la [[:catégorie:Résumé|liste alphabétique des résumés]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Consignes  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*doit servir à la recherche (points les plus pertinents) &lt;br /&gt;
*identifier le contexte de la recherche (objet, période, temps, etc.) des auteurs &lt;br /&gt;
*doit servir aux autres (résumé) &lt;br /&gt;
*quantité: équivalent à 2 pages min. &lt;br /&gt;
*faire jouer l&#039;esprit de synthèse&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Note: Pour ajouter un nouveau résumé, insérez simplement le lien vers le résumé. Si ce résumé n&#039;existe pas encore faites pareillement: Par exemple &amp;lt;nowiki&amp;gt;[[Résumé du livre XXX YYY]]&amp;lt;/nowiki&amp;gt; donne [[Résumé du livre XXX YYY]] &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Psych|&amp;lt;br&amp;gt;]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Antipsychiatrie et communauté  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*[[Notes sur journal Tout va bien]] &lt;br /&gt;
*[[Entretien avec Jean Lagarde|Résumé de L&#039;entretien avec Jean Lagarde]] (voir [[Bibliographie|référence bibliographique]])&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
*[[Résumé_de_l&#039;ouvrage_Libres_enfants_de_Summerhill|Résumé de l&#039;ouvrage &#039;&#039;LIbres enfants de Summerhill&#039;&#039;]] (voir [[Bibliographie|bibliographie]])&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Modèles éducatifs et générations  =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Résumés&#039;&#039;&#039; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*[[Articles web sur Ivan Illich]] &lt;br /&gt;
*Beck, M.-L.(1979). [[Motion concernant l&#039;intégration des jeunes handicapés, M32]]. Genève. &lt;br /&gt;
*Chatelanat G. (2003).[[Résumé_du_chapitre:_&amp;quot;la_notion_de_partenariat_en_éducation_spéciale&amp;quot;]][[Éducation et enseignement spécialisés: ruptures et intégrations| ruptures et intégrations]] &lt;br /&gt;
*Houssaye, J.(1994). [[Quinze Pédagogues, Leur influence aujourd&#039;hui.]]. Paris: Armand Colin. &lt;br /&gt;
*Krsteva, B., &amp;amp;amp; Schaer, M. (2001). [[« Il était une fois… un enfant pas comme les autres ! », Travail d’immersion en communauté sur les enfants autistes]]. &lt;br /&gt;
*Oury, F., &amp;amp;amp; Vasquez, A.(1967). [[Vers une pédagogie institutionnelle?]]. Paris: Librairie Maspero. &lt;br /&gt;
*Tschoumi, J.-A. &amp;amp;amp; al.(1992).[[Une certaine idée de l&#039;école.]] Neuchâtel: Communications. &lt;br /&gt;
*Wormnaes, S. (2005). [[Vers l&#039;inclusion des enfants en situation de handicap]]. &#039;&#039;Reliance&#039;&#039;, n°16, p.75-83.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt; &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Thème: Valeurs de la culture sportive =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Article:&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
* [[Transmission des valeurs de la culture sportive à travers les générations]] (2009)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Résumés:&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Résumé Margaret Mead, [[Le fossé des générations]], Paris. Denoël/Gonthier, 1970&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Thomas, Raymond. [[Sociologie du sport]]. Paris: Presses universitaires de France, 1996. 127p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Sirinelli, Jean-François. [[Les baby-boomers: une génération 1945-69]]. Paris: Hachettes Litteratures, 2007. 323p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Attali, Michaël, dir. (2004). [[Le sport et ses valeurs]]. Paris: La dispute, 2004. 210p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Roy, P. (2004) [[Jeunesse et sport, transmission aux enfants des valeurs véhiculées par le sport]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Viévard, L. (2006) [[Le sport: outil d&#039;intégration et de mixité]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Busset, Thomas et Christophe Jaccoud. [[Sports en formes. Acteurs, contextes et dynamiques d&#039;institutionnalisation.]] Lausanne: Éditions Antipodes, 2001. 262p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= La problématique du placement =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Articles&#039;&#039;&#039;:&lt;br /&gt;
* [[La représentation de la place du parent au début d&#039;un processus de placement par des professionnels]] (2008)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Résumés&#039;&#039;&#039;:&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* [[Résumé de enfants placés et lien familial]], Delens Ravier Isabelle in La Revue internationale de l&#039;education familiale. 1997; 1 (1) : 37-54. [Malheureusement je ne suis pas parvenu à trouver cette revue, même à la BCU de Fribourg où elle est répertoriée, ils ne l&#039;ont pas trouvée dans leurs archives !! :( (Julien)]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* [[Résumé de l&#039;article:&amp;quot;Droits des parents et déni des droits en matière d&#039;accueil et de soins à leur enfant&amp;quot;]]. Sellenet, Catherine.(2003).&#039;&#039; Empan&#039;&#039;,(49), 90-97   (Mélanie)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* [[Résumé du travail de diplôme supérieur en travail social: &amp;quot;Du parent dysqualifié, au parent citoyen. La fonction parentale entre droit et profession sociale&amp;quot;]]. Université de Bretagne  (Mélanie)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*[[Résumé du chapitre: &amp;quot;la notion de partenariat en éducation spéciale&amp;quot;]], In G. Chatelanat &amp;amp; G. Pelgrims (Eds.), &#039;&#039;Education et enseignement spécialisés: ruptures et intégrations&#039;&#039; (pp.171-193). Bruxelles: De Boeck   (Mélanie)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*[[Résumé de étude de l&#039;appréciation des parents sur la prise en charge de leur enfant handicapé]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*[[&amp;quot;Ce que des parents pensent du placement de leurs enfants : Bebes, parents, professionnels&amp;quot;]], Bonte M.C., L&#039;art de tisser les liens, In Dialogue: Paris. 2000; (147) : 71-82. cf. texte imprimé par Mme Ruchat (Julien)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*[[&amp;quot;Enfants confies, parents méfiants ?; Educations : souci partagé, pratiques dispersées.&amp;quot;]], A. Pitrou in Informations sociales. Paris, 2001; (93) : 136-145 (Julien)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*[[Résumé du livre:&amp;quot;Pourquoi on nous a séparé? Récits de vie croisés: des enfants placés, des parents et des professionnels.&amp;quot;]] (Mélanie)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*[[&amp;quot;L&#039;Enfance en danger. Ils n&#039;ont rien vu ?&amp;quot;]], C. Sellenet. Paris : Belin, 2006. (Julien)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*[[Résumé du chapitre &amp;quot;Partenariat&amp;quot; du livre: &amp;quot;Lambert, Jean-Luc; Lambert Boite, Françoise. &amp;quot;Education familiale et handicap mental&amp;quot;]] Julien&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* [[Résumé du concept: &amp;quot;Quality4Children&amp;quot;, Standards pour le placement des enfants hors du foyer familial en Europe, VERSION FRANCAISE FINALE 19-12-2007]] (Camille)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Thème Maltraitance conjugale =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Articles&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
* [[Violence conjugale: De la femme battue à l&#039;homme battu...]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Résumés&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Résumé du livre Torrent S. (2001). &#039;&#039;L’homme battu, un tabou au cœur du tabou&#039;&#039;. Québec: Option Santé. [http://home.etu.unige.ch/~maneira4/fiche%20de%20lecture%20homme%20battu.pdf ] (Auteur:[[Utilisateur:Miguel|Miguel]]) &#039;&#039;Affiliation au groupe&#039;&#039;:[[L&#039;homme battu: le mâle...traité]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Dallaire Y. (2002). &amp;quot;[[La violence faite aux hommes - une réalité taboue et complexe]]&amp;quot;. Québéc, Options santé. (Jean-Christophe). Groupe : [[L&#039;homme battu: le mâle...traité]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Rey, H. et al. (2006). [[Les violences conjugales: pour une clinique du réel]]. &#039;&#039; Journal International de Victimologie&#039;&#039;. Année 4, No 1.  (Céline). Groupe : [[L&#039;homme battu: le mâle...traité]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Bretonnière-Fraysse et al. (2001). &#039;&#039;[[De la violence conjugale à la violence parentale]]&#039;&#039;. Eres  (Céline). Groupe : [[L&#039;homme battu: le mâle...traité]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* De Puy J., Gillioz L. &amp;amp; Ducret V. &#039;&#039;Intimités piégées. La violence conjugale en Suisse&#039;&#039; in Nouvelles Questions Féministes (Vol. 21, 1/2000). Ce texte est le résumé d’un livre publié par les auteures, « Domination et violence envers la femme dans le couple » (Payot 1997)&lt;br /&gt;
** [http://home.etu.unige.ch/~maneira4/R_sum__aeticle.doc Résumé de l&#039;article par Chantal Cornut Piller]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Thème: Délinquance juvénile =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Articles&#039;&#039;&#039;:&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* [[Délinquance juvénile à Genève de 1900 à aujourd&#039;hui: quelles sanctions pour les mineurs?]] (2005/2006)&lt;br /&gt;
* [[Parents démissionnaires: une réalité de la délinquance juvénile?]] (2006/2007)&lt;br /&gt;
* [[&amp;quot;Déscolarisation&amp;quot;/&amp;quot;décrochage scolaire&amp;quot;: mythes, réalités, enjeux]] (2006/2007)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Résumés&#039;&#039;&#039;:&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*[[Résumé du livre : Ruchat,M. (1998). Les chroniques du mal : le journal de l&#039;éducation correctionnelle 1850-1918.]] Genève : Passé présent. (virginie). Groupe : [[Evolution des  réponses pénales et éducatives à la délinquance juvénile]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* [[Résumé du livre : Pingeon, D. ( 1991). Adolescences délinquantes, sens et contresens, impasses et issues.]] Fribourg: DelVal (Cousset). (Christine). Groupe: [[Evolution des  réponses pénales et éducatives à la délinquance juvénile]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* [[Résumé du &amp;quot;livre&amp;quot;: Pingeon, D. (1982). La délinquance juvénile stigmatisée.]] Genève: université de Genève, faculté pscho et sciences de l&#039;éducation. (Véronique). Groupe: [[Evolution des  réponses pénales et éducatives à la délinquance juvénile]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* [[Résumé du livre: Petitclerc, J.M. (2001). Les nouvelles délinquances de jeunes: violences urbaines et réponses éducatives.]] (Henrik). Groupe: [[Evolution des  réponses pénales et éducatives à la délinquance juvénile]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* [[Le debut de la nouvelle LF à travers deux documents:]] Stettler, M. (1980) &#039;&#039;L&#039;évolution de la condition pénale des jeunes délinquants examinée au travers du droit suisse et de quelques législations étrangères : les seuils de minorité pénale absolue ou relative confrontés aux données de la criminologie juvénile et aux impératifs de la prévention&#039;&#039; et Stettler, M. (1986)&#039;&#039;	 Avant-projet de la loi fédérale concernant la condition pénale des mineurs et rapport explicatif&#039;&#039; (Henrik). Groupe: [[Evolution des  réponses pénales et éducatives à la délinquance juvénile]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Thème [[Maltraitance en prison]] ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Articles&#039;&#039;&#039;:&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* [[La maltraitance sur les mineurs en prison]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Résumés&#039;&#039;&#039;:&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* [[CHAMP-DOLLON]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* MARIE: Résumé de : [[&amp;quot;Mineurs: la fin de la prison?&amp;quot; dans Les cahiers d&#039;action juridique n°66, avril 1989 ]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* ANDRé LIENHARD : Résumé : du livre: [[Torrente, J, &amp;quot;La Maltraitance, regards pluridisciplinaires&amp;quot;]], ainsi que de l&#039;émission [[temps présent du jeudi 17 février 2005, &amp;quot;En taule&amp;quot;]]. Résumé du travail de recherche effectué dans le cadre de la formation INTEREC de L&#039;INSTITUTION D&#039;ETUDES SOCIALES de Genève, Chloé MEIER, Sébastien AEBY, [[Evolution des conditions de détention, dans les prisons préventives genevoises]]&amp;quot;, mars 1995. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* JULIE: Résumé de Ruchat, Martine (1998): [[&amp;quot;Des mineurs en Prison, agir plutot que punir.&amp;quot;]] , ainsi que le [http://www.geneve.ch/penitent/champ-dollon résumé des informations sur Champ-Dollon récoltés sur leur site internet], Site de la TSR : plusieurs articles, dont La détention des mineurs, un casse tête suisse swissinfo, Anne Rubin(02.12.2003)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* BENOIT : Résumé de [[Zambeaux, Edouard: &amp;quot;En prison avec des ados, enquete au coeur de l-ecole du vice&amp;quot;]]  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* AURELIE : Résumé de quelques parties de Martine Ruchat: [[&amp;quot;L&#039;oiseau et le cachot, naissance de l&#039;éducation correctionnelle en suisse romande 1800-1913&amp;quot;]] &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* SIRA : La [[maltraitance]]. Résumé de passages de Tomasevski, Katrarina: &amp;quot;Des Enfants en prison&amp;quot;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* INTERVIEW: [[Résumé de l&#039;interview du directeur de la prison préventive La Croisée]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Thème: [[L&#039;évolution récente de la définition de la maltraitance des personnes âgées]]==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Articles&#039;&#039;&#039;:&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* [[L&#039;évolution récente de la définition de la maltraitance des personnes âgées]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Résumés&#039;&#039;&#039;:&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* [[Bertin, Evelyne (1999) Gérontologie, psychanalyse et déshumanisation : silence vieillesse... Paris : L&#039;Harmattan]] (Mélanie SAVOY)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* [[Gavillet&amp;amp;Grandrieux, Laurence&amp;amp;Véronique (2006) Ne touche pas à tes vieux, regards sur la maltraitance familiale des personnes âgées. Genève: IES Editions]] (Valérie SCHAUDER)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* [[De Saussure, Christian (1999) Vieillards martyrs tirelires : maltraitances des personnes âgées. Chêne-Bourg : Médecine et hygiène]] (Germain VON DER MUEHL)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* [[Masson, Maltraitances et violences, Sous la direction de Bernard Marc, article de Franck Dibouës, Paris (2004)]] (Stefania RODRIGUEZ)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* [[Hugonot, Robert (1990) Violences contre les vieux. Toulouse: Eres.]] (Sarah GROSSNIKLAUS)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* [[Yves Geneste (2004). Silence on frappe, De la maltraitance à la bientraitance des personnes âgées: Imagine]] (Tatiana CAVAGLIANI)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Thème: [[ La construction sociale de la problématique de la maltraitance infantile: du XIXème à nos jours ]]==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Articles&#039;&#039;&#039;:&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* [[De l&#039;enfance en danger à l&#039;enfant maltraité ou l&#039;intrusion progressive de l&#039;Etat dans les familles du XIXème siècle à nos jours]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Résumés&#039;&#039;&#039;:&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* [[Renevey Fry, Chantal (dir.) (2001) Pâtamodlé, l&#039;éducation des plus petits, 1815 à 1980, Service de la recherche en éducation et Musée d&#039;éthnographie, Genève]] (Marianne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Schulteis F., Frauenfelder A., Delay C. (avril 2005), [[La maltraitance envers les enfants: entre consensus moral, fausses évidences et enjeux sociaux ignorés, Analyse sociologique des transformations du rapport social à l&#039;enfance dans le cnaton de Genève depuis 1990]], Rapport final, Université de Genève, Faculté des sciences économiques et sociales, Département de sociologie. (Katia)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Hacking I., (2001), [[la fabrication d&#039;un genre:le cas de l&#039;enfance maltraitée, in Entre science et réalité, la construction de quoi?]] (Ana)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Delay-Malherbe N.(juin 1982), [[Enfance protégée, familles encadrées, Matériaux pour une histoire des services officiels de protection de l&#039;enfance à Genève]], Cahiers de la recherche sociologique, Genève. (Katia)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Thème: [[Les troubles de l&#039;alimentation: une forme d&#039;auto-maltraitance]] ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Articles&#039;&#039;&#039;:&lt;br /&gt;
* [[L&#039;anorexie: une forme d&#039;auto-maltraitance socialement déterminée]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Résumés&#039;&#039;&#039;:&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* [[Résumé du livre Guillemot A. &amp;amp; et Laxenaire M. (1997). Anorexie mentale et boulime le poids de la culture (2e éd.). Paris: Masson.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* [[Résumé du livre Darmon M.(2003).Devenir anorexique, une approche sociologique. Paris. La découverte.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*[[Résumé du livre Gordon R.A.(1990).Anorexia and bulimia, anatomy of a social epidemic. Oxford and Cambridge. Basil Blackwell]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*[[Résumé du livre Hepworth J. (1999). The Social Construction of Anorxia Nervosa. Londres: Sage.]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Cécilia Zuccone</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=R%C3%A9sum%C3%A9_de_l%27ouvrage_Libres_enfants_de_Summerhill&amp;diff=9004</id>
		<title>Résumé de l&#039;ouvrage Libres enfants de Summerhill</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=R%C3%A9sum%C3%A9_de_l%27ouvrage_Libres_enfants_de_Summerhill&amp;diff=9004"/>
		<updated>2011-11-29T22:49:08Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Cécilia Zuccone : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Alexandre-S Neil crée avec sa femme en 1921 une école autogérée dans les environs de Londres. Il s&#039;agissait de proposer une structure où les enfants et le personnel sont au même niveau, et surtout où les enfants sont libres. Effectivement, Neil avait des idéaux pédagogiques particuliers et estimait que les enfants devaient être libres, devaient &amp;quot;vivre leur propre vie&amp;quot;. Il convient alors de responsabiliser les enfants et de les laisser faire leurs propres choix&amp;amp;nbsp;: gestion des lieux, des décisions, des biens... Neil crée ainsi le &#039;&#039;self-governement&#039;&#039;.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans cette école, tous les enfants, quels qu&#039;ils soient, sont acceptés puisque Neil estime que tout le monde est normal. Aucun enfant ne pose de difficulté à la base. En somme, Neil présuppose que les difficultés que rencontrent certains enfants sont dues à la société, à la famille, et que &amp;quot;l&#039;enfant difficile est un enfant malheureux en guerre contre lui-même et par contrecoup avec le monde entier&amp;quot;. Ainsi, si l&#039;enfnat est libre et qu&#039;il peut libérer ses émotions, il pourra dès lors retrouver le goût à la vie et s&#039;intéresser à celle-ci en apprenant. &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Par ailleurs, Neil affirme que &amp;quot;les principaux éléments nécessaires à une cure sont l&#039;approbation, la confiance et la compréhension&amp;quot;. Neil propose donc une école où les enfants sont libres de manière à soigner le mal qui pourrait être en eux et évoluer comme ils le souhaitent. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;Dans la préface de cet ouvrage, Maud Mannoni affirme que &amp;quot; si Alexandre-S Neil était psychiatre [...] il se situerait dans la lignée anarchisante qui donna naissance à l&#039;antipsychiatrie&amp;quot; (p.9).&#039;&#039;&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Cécilia Zuccone</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=R%C3%A9sum%C3%A9_de_l%27ouvrage_Libres_enfants_de_Summerhill&amp;diff=9003</id>
		<title>Résumé de l&#039;ouvrage Libres enfants de Summerhill</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=R%C3%A9sum%C3%A9_de_l%27ouvrage_Libres_enfants_de_Summerhill&amp;diff=9003"/>
		<updated>2011-11-29T22:44:46Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Cécilia Zuccone : Page créée avec « Alexandre-S Neil crée avec sa femme en 1921 une école autogérée dans les environs de Londres. Il s&amp;#039;agissait de proposer une structure où les enfants et le personnel sont... »&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Alexandre-S Neil crée avec sa femme en 1921 une école autogérée dans les environs de Londres. Il s&#039;agissait de proposer une structure où les enfants et le personnel sont au même niveau, et surtout où les enfants sont libres. Effectivement, Neil avait des idéaux pédagogiques particuliers et estimait que les enfants devaient être libres, devaient &amp;quot;vivre leur propre vie&amp;quot;. Il convient alors de responsabiliser les enfants et de les laisser faire leurs propres choix : gestion des lieux, des décisions, des biens... Neil crée ainsi le &#039;&#039;self-governement&#039;&#039;.&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans cette école, tous les enfants, quels qu&#039;ils soient, sont acceptés puisque Neil estime que tout le monde est normal. Aucun enfant ne pose de difficulté à la base. En somme, Neil présuppose que les difficultés que rencontrent certains enfants sont dues à la société, à la famille, et que &amp;quot;l&#039;enfant difficile est un enfant malheureux en guerre contre lui-même et par contrecoup avec le monde entier&amp;quot;. Ainsi, si l&#039;enfnat est libre et qu&#039;il peut libérer ses émotions, il pourra dès lors retrouver le goût à la vie et s&#039;intéresser à celle-ci en apprenant. &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Par ailleurs, Neil affirme que &amp;quot;les principaux éléments nécessaires à une cure sont l&#039;approbation, la confiance et la compréhension&amp;quot;. Neil propose donc une école où les enfants sont libres de manière à soigner le mal qui pourrait être en eux et évoluer comme ils le souhaitent.&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Cécilia Zuccone</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=La_d%C3%A9sinstitutionalisation_dans_le_champ_de_l%27%C3%A9ducation_sp%C3%A9ciale_1960-1980&amp;diff=9002</id>
		<title>La désinstitutionalisation dans le champ de l&#039;éducation spéciale 1960-1980</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=La_d%C3%A9sinstitutionalisation_dans_le_champ_de_l%27%C3%A9ducation_sp%C3%A9ciale_1960-1980&amp;diff=9002"/>
		<updated>2011-11-29T22:17:30Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Cécilia Zuccone : /* Psychiatrie et anti-psychiatrie */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;== Introduction  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A l&#039;heure où l&#039;on peut constater de &amp;quot;nouvelles exclusions&amp;quot; au nom de la protection des citoyennes et des citoyens inquiétantes pour certains, car &amp;quot;ruinant ainsi des décennies d&#039;efforts de déségrégation, désexclusion, de &amp;quot;retour du schizophrène dans la cité&amp;quot; (Dr.Patrick Lemoine, Le mystère du nocebo, Paris. Odile Jacob, 2011, p.69), un certain nombre de questions se posent pour mieux comprendre l&#039;histoire de l&#039;éducation spéciale, à la fois politique (anti-psychiatrie, sectorisation), sociale et culturelle (intégration, normalisation, désinstitutionalisation, communauté de vie, communauté thérapeutique) dans les décennies des Trente glorieuses (1960-1990) pendant lesquelles a soufflé un vent de contestation des politiques institutionnelles. Un esprit contestataire a émergé en particulier dès les années 1970 (post soixante-huit) provoquant dans le champ de la prise en charge des personnes dites aujourd&#039;hui &amp;quot;à besoins particuliers&amp;quot; un élan de remise en question de l&#039;institution, du pouvoir des médecins, de la contrainte institutionnelle et médicamenteuse. Peu de travaux ont encore exploré ce champ, à Genève, sinon pour étudier l&#039;histoire de Mai 68 et du mouvement féministe. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La recherche proposée vise à mieux comprendre comment, à Genève, le champ de l&#039;éducation spéciale et celui de la psychiatrie a été touché par cette contestation. Elle fait suite à celle engagée en 2010 et 2011 sur l&#039;histoire de l&#039;intégration scolaire des enfants handicapés mentaux [[Pionniers de l&#039;intégration scolaire des enfants handicapés à Genève]] et La génération intégration 1970-1980: un slogan pour quelles réalités sociales? [[Article 2011]]. Les recherches précédentes ont montré à la fois la complexité des pratiques d&#039;intégration amenant souvent un écart entre discours et pratique, ainsi que les résistance à penser le handicap sans mettre un ligne de démarcation entre norme et hors norme, entre enfant éducable et non éducable, limite souvent mal définie et dépendante des représentations (malédiction du handicap). Au début des années 60 l&#039;intégration apparaît d&#039;abord pour les parents comme celle de leur enfant (jusque là à domicile) dans des institutions (qu&#039;il a fallu créer). Le Pavillon des Grand Bois à l&#039;hôpital psychiatrique de Bel-Air représentant encore une solution &amp;quot;intégratrice&amp;quot; pour les enfants les plus difficiles à éduquer et les moins autonomes. Le concept de [[Dictionnaire|normalisation]] vient s&#039;accoler à celui d&#039;intégration pour rapprocher toute déviance d&#039;une norme sociale (en terme d&#039;habitat, d&#039;activité, voire de comportements). Ainsi le milieu ouvert (comme Aigues-Verte par exemple) peut apparaître comme plus proche d&#039;une vie quotidenne &amp;quot;normale&amp;quot; et donc plus intégrant. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La [[Dictionnaire|désinstituionalisation]] qui fait l&#039;objet de cette nouvelle recherche est d&#039;abord issu des milieux de l&#039;anti-psychiatrie (et donc ni des association de parents ni des milieux pédagogiques); on peut apparenter idéologiquement ce mouvement anti-psychiatrique avec un objectif de normalisation dans le sens de rapprocher les personnes prises en charge de la vie quotidienne de tout un chacun. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi malgré des différences d&#039;application ces différents courant pourraient être affilier à celui libertaire qui a essaimé dans différent champ du social entre 1970 et 1990. C&#039;est dans une perspective de compréhension de l&#039;histoire des idées et des pratiques du mouvement anti-psychiatrique genevois que s&#039;inscrit cette recherche. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un premier temps, cette page d&#039;histoire sera située dans une &amp;quot;tradition&amp;quot;: d&#039;une part celle du traitement de la différence (notamment depuis les travaux des psycho-pédagogues du début du 20e siècle comme Alfred Binet à Paris, Edouard Claparède à Genève ou Ovide Decroly à Bruxelles); et d&#039;autre part dans une tentative dès les années vingt en Angleterre (voir Libre enfants de Summerhill), mais surtout pendant et dans l&#039;après deuxième guerre mondiale (voire les communautés d&#039;enfants victimes de la guerre), de multiplier les expériences de vie communautaire issue du scoutisme, des mouvements de jeunesse, de l&#039;éducation nouvelle et de l&#039;éducation internationaliste et pacifiste, des colonies de vacances et camps CEMEA, s&#039;opposant à une autre tradition hospitalière (couvent, Bon Pasteur, Hospice, institutions de prises en charge spécialisées). Ce faisant, nous dégagerons des signes précurseurs de &amp;quot;désinstitutionalisation&amp;quot; pour des structures plus petites, parfois médicalisées (les écoles de plein-air), mais avant tout proches de la nature et des besoins des individus. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un second temps, nous étudierons la période 1960-1980 laquelle a vu émerger un mouvement anti-psychiatrique (critique de l&#039;hôpital, du pouvoir médical, de la médicalisation à outrance et de la contrainte) pour une critique radicale visant le pouvoir institutionnel et entrainant des pratiques novatrices, lesquelles demande à être mieux étudiées&amp;amp;nbsp;: 1. dans leurs objectifs (désinstitutionalisation ou déshospitalisation versus sectorisation)? 2. dans le choix fait des traitements: médicaux (traitement ambulatoire) ou éducatif et thérapeutique? 3. dans l&#039;évaluation faite des populations concernées par une prise en charge alternative 4. dans le rôle joué par la psychanalyse comme alternative au traitement médicaux et comme modèle thérapeutique (notamment dans les communauté cf. film de Catherine Scheuchter) 5. dans le rôle donné aux familles et le poids qui leur est fait supporté (en terme financier, de responsabilité, de culpabilité,...) et en particulier à l&#039;égard des mères et des femmes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il s&#039;agira de mieux comprendre si l&#039;anti-psychiatrie est dans les années 1960-1980 une nouvelle manière de faire de la psychiatrie ou si est-elle une véritable contestation de l&#039;institution asilaire et si les modèles alternatifs proposés ne seraient pas sous couvert d&#039;idéologie libertaire une façon de baisser les coût de la santé en temps de crise. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour ce faire, nous avons travailler sur des articles et avec une bibliographie d&#039;ouvrages &amp;quot;classiques&amp;quot;, livres de références pour les acteurs/trices de la période considérées, puis nous avons dépouillés des revues professionnelles pour saisir les thématiques qui ont traversés alors le champs de la psychiatrie et de l&#039;éducation spécialisée; dans un second temps la recherche s&#039;est portée sur un fond d&#039;archives de l&#039;Association Les archives contestataire (fonds Alain Riesen/Schuller) dont un des donateurs d&#039;archives Alain Riesen est le fondateur de l&#039;Arcade 84 et militant de l&#039;anti-psychiatrie genevoise). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un troisième temps nous avons effectué un entretien vidéo (un plan fixe) afin de lui poser cinq questions issues de la recherche collective dans les archives et dans la littérature afin d&#039;avoir son témoignage sur l&#039;histoire de l&#039;anti-psychiatrie, de la désinstitutionalisation et des communautés thérapeutiques entre 1960 et 1980. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Revue de la littérature  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les revues professionnelles et contestataires entre 1970 et 1990  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un certains nombres de revues professionnelles ont été dépouillée pour la période 1970-1980. Soit Sauvegarde de l&#039;enfance, Déviance et Soicété,... &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Durant la période de 1970 à 1985, la revue &amp;quot;Sauvegarde de l&#039;enfance&amp;quot; n&#039;a publié aucune revue, voire même aucun article consacrés au thème de notre étude, à savoir la désinstitutionnalisation dans le champ de l&#039;éducation spéciale. Au premier abord on pourrait donc tirer la conclusion selon laquelle ce champ d&#039;étude ou ce mouvement n&#039;était que peu présent à cette époque. Toutefois, en se penchant davantage sur les sujets traités dans cette revue, on se rend compte que les auteurs de celle-ci n&#039;ont pas abordé la désinstitutionnalisation en tant que telle, mais l&#039;ont abordée par les effets qu&#039;elle a pu engendré à cette époque. Effectivement, on peut observer des thèmes comme la formation des éducateur en centre de jour ou en maison d&#039;accueil, la relation entre famille et société, l&#039;école ordinaire, l&#039;adolescence et la violence ou encore l&#039;aide sociale, autant de thèmes qui ont largement découlé de ce mouvement désinstitutionnel. Il est donc fort intéressant de se pencher sur les champs d&#039;action de ce type de revues, afin de mieux comprendre quel était le climat politique, les préoccupations, les tendances de la période qui nous intéresse. D&#039;ailleurs, nous retrouverons tout au long de cet article de nombreuses références aux thèmes traités par le revue &#039;&#039;Sauvegarde de l&#039;enfance&#039;&#039;.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Prémisses de critiques aux institutions traditionnelles  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Jusqu&#039;à la fin du XVIIIe siècle, les hôpitaux psychiatriques internaient une population bien différente de celle accueillie au XXe siècle. [[Bibliographie|Cléopâtre Montandon&amp;amp;nbsp;(1978)]]&amp;amp;nbsp; nous dévoile que les populations désignées comme relevant de l&#039;univers psychiatrique étaient très fortement liées à l&#039;univers carcéral. Effectivement, jusqu&#039;au XVIIIe siècle, les criminels étaient considérés comme &amp;quot;fous&amp;quot; ou &amp;quot;aliénés&amp;quot; et se voyaient enfermés, voire même enchaînés dans des &amp;quot;maisons de discipline&amp;quot; ou dans des &amp;quot;hôpitaux pour fous&amp;quot;. A cette époque, seule la justice décidait du lieu d&#039;incarcération des individus criminels. Peu à peu, des distinctions se sont faites pour montrer que certains criminels aliénés relevaient davantage de la psychiatrie, et se définissaient essentiellement par une responsabilité restreinte et une santé mentale défaillante. Ce sont alors ces personnes, désignées comme ne pouvant accomplir leur rôle social, que les hôpitaux psychiatriques ont admis dans leurs locaux. Pour décider et justifier ces internements, la justice ne pouvait agir seule. &amp;quot;Ce n&#039;est qu&#039;à partir de 1936 que l&#039;autorisation d&#039;un internement est délivré sur vue d&#039;un certificat médical par le Département de la prévoyance sociale et de la santé publique&amp;quot;. Ainsi, on voit combien la société évolue en définissant clairement et sur preuves médicales qui peut être &#039;&#039;placé&#039;&#039; en hôpital psychiatrique. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On peut également noter que les préoccupations principales de la période du XVIIIe au début du XXe siècle se restreignaient principalement à la sécurité, et de fait au &#039;&#039;placement&#039;&#039; de ces personnes. Où pouvait-on mettre physiquement ces personnes différentes pour qu&#039;elles ne nuisent pas à la société? Que pouvait-on faire d&#039;elles? Qui pouvait s&#039;en occuper? Que faire avec ces personnes? On observe dès lors que, pendant plusieurs siècles, ces personnes étaient enfermées, dénuées de tous sens, de toute sensibilité, et de toute éducation, en recevant néanmoins de plus en plus de médicaments censés les calmer ou les soigner. Il faudra alors attendre la fin du XIXe siècle pour entrevoir un forme d&#039;éducation de ces personnes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans son article, &amp;quot;La naissance de l&#039;institutions pour aliénés&amp;quot; à Genève au 19e siècle, Alain Riesen montre que la problématique de l&#039;internement .... &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au début du XXe siècle, Binet et Simon (1907)&amp;amp;nbsp; &#039;&#039;donnent une nouvelle forme cognitive de l&#039;éducation spéciale qui perdurera au moins jusqu&#039;au années 1960&#039;&#039; ([[Bibliographie|Chauvière et Plaisance, 2003, p. 32]]).&amp;amp;nbsp; A cette époque là, on distinguait les arriérés d&#039;asiles, non éducables et à laisser entre les mains des médecins, des arriérés d&#039;école. Ainsi, des institutions apparurent en servant d&#039;intermédiaire entre l&#039;hôpital et la classe ordinaire. Dans ces premières institutions, la pédagogie était &#039;&#039;inspirée par l&#039;atelier, c&#039;est-à-dire guidée par la mise en oeuvre de travaux manuels et d&#039;exercices pratiques &#039;&#039;([[Bibliographie|Chauvière et Plaisance, 2003, p. 33]]). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dès les années 1960,&amp;amp;nbsp; de nombreuses institutions privées pour enfants handicapés ou en difficultés se développent, majoritairement sous l&#039;impulsion d&#039;associations de parents. Ces derniers ont été amenés à &#039;&#039;créer et à gérer des institutions de type médico-éducatif&#039;&#039; &#039;&#039;pour éviter à leurs enfants d&#039;être relégués dans des services d&#039;hôpitaux psychiatriques ou d&#039;être seulement en survie à leur domicile&#039;&#039; (Chauvière er Plaisance, 2003, p.35). Aujourd&#039;hui, les institutions, à Genève, semblent toujours être un peu sur le même modèle, celui de &amp;quot;l&#039;alliance&amp;quot; entre le médical et le pédagogique (qui regroupe aussi l&#039;aspect éducatif). Si on ne cherche peut-être plus à éviter aux élèves la reléguation en psychiatrie, on les place dans des lieux parfois hors de tout cursus ordinaire et loin de la norme. Ce qui questionne enfin sur qu&#039;est-ce que la normalisation? Et où mettre la limite à une vie comme tout le monde avec un handicap: la liberté (permissivité, autonomie) des années 1970 a-t-elle fait l&#039;impasse sur la souffrance des individus face aux exigences thérapeutiques et pédagogiques? La communauté d&#039;enfants (pédagogique, institutionnelle, thérapeutique) est-elle un modèle &amp;quot;utile&amp;quot; en temps de crise des institutions: peu coûteux, demandant un engagement au quotidien (vie quotidienne) du collectif pédagogique et thérapeutique (donc assurant un &amp;quot;contrôle social&amp;quot; maximal), ....&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La communauté: un modèle alternatif à l&#039;institution fermée  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des «&amp;amp;nbsp;communautés thérapeutiques&amp;amp;nbsp;» ont été créées en réaction aux enfermements asilaires prônés jusque-là mais qui commençaient à être pointés du doigt, car considérés comme déshumanisants. Bien que créées tout d&#039;abord pour répondre aux phénomènes de dépendances (toxicomanies, par exemple), on trouve, dès la fin des années 60, des communautés thérapeutiques en Angleterre, en France, en Suisse et au Québec, destinées au secteur de la psychiatrie. Avec la naissance de ces communautés thérapeutiques, une nouvelle approche de la psychose en-dehors des lieux de soins traditionnels s&#039;est développée (Schatzman, 1969; Barnes et Berke, 1973; Fabre, 1978; Lecomte et Tourigny, 1983a). Leur but est de créer un milieu &amp;quot;naturel&amp;quot;, en reconstituant les structures d’une «&amp;amp;nbsp;macro famille&amp;amp;nbsp;» ou d’une «&amp;amp;nbsp;mini société&amp;amp;nbsp;», plus rassurantes : on trouve par exemple la Communauté des Sablons, (Maison d&#039;enfants à caractère social et familial (76270 Saint-Saire), ou, en Suisse, le foyer de Tavel qui a vécu cinq ans (1975-1980). Dans le film de Catherine Scheuchzer, «&amp;amp;nbsp;Dans l’aventure du non, la parole&amp;amp;nbsp;», (tourné à Boulens, dans la campagne vaudoise, dans les années 70 ), on découvre, dans un décor post soixante huitard, très simplement, dans un rythme extrêmement lent, des adultes et des enfants en interaction, «&amp;amp;nbsp;comme dans la vraie vie&amp;amp;nbsp;». Cette expérience est décrite comme «&amp;amp;nbsp;une véritable expérience d’éveil à la vie&amp;amp;nbsp;», qui «&amp;amp;nbsp;prend le contre-pied du placement en institution psychiatrique&amp;amp;nbsp;» (L’Est vaudois, 19.11.92). Plutôt que de considérer cette population d&#039;enfants, comme on le faisait en asile, comme des fous, murés dans leur silence, leurs excentricités, on veut les considérer comme des partenaires, des interlocuteurs. Le but est effectivement de les faire participer au quotidien d’une maisonnée, plutôt que de créer des ateliers protégés artificiels. De la sorte, ils sont poussés à se dépasser, à faire des expériences par eux-mêmes, sans avoir nécessairement recours au soutien d’un adulte. Il semble qu&#039;à cette époque, cette nouvelle façon de considérer les enfants autistes comme étant capables d’autonomie, capables d’agir, ait apporté un peu d’humanité dans leur prise en charge. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;enfant&amp;amp;nbsp; ainsi placé dans une communauté thérapeutique vaudoise est-il plus &amp;quot;intégré&amp;quot; que s&#039;il était dans une institution considérée par ces acteurs alternatifs du &amp;quot;système&amp;quot; comme un ghetto? Il en va de même avec le terme désinstitutionalisation? Qu&#039;est-ce que l&#039;institution? Il y en a des &amp;quot;bonnes&amp;quot; (maternantes, enveloppantes, naturelles...) et de &amp;quot;mauvaises&amp;quot; (contraignantes, mortifères) (sur ce point les travaux de Fernand Oury puis de Jacques Pain mériteraient qu&#039;on s&#039;y attache (voir la psychothérapie institutionnelle sur le site de Jacques Pain: http://www.jacques-pain.fr).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La désinstitutionalisation  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon des sources internet, le mouvement de désinstitutionalisation semble avoir débuté vers 1960 (même s’il semble qu’il y ait eu un prélude à la désinstitutionnalisation au début du 19e siècle (L’Institut universitaire en santé mentale de Québec par exemple - La désinstitutionnalisation, http://caringminds.ca/index.php?option=com_content&amp;amp;amp;view=article&amp;amp;amp;id=62&amp;amp;amp;Itemid=43&amp;amp;amp;lang=fr&amp;amp;amp;limitstart=7). Certains observent le début de ce mouvement en Scandinavie, d’autres au Québec. Dans tous les cas, il s’agit d’un mouvement d&#039;ouverture vers la communauté, d’une volonté de «normalisation»[[Normalisation]] &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le mouvement de désinstitutionnalisation s&#039;appuie avant tout sur une philosophie qui met l&#039;accent sur les droits et les libertés des individus, et elle vise à humaniser les soins de santé mentale. ([http://agora-2.org/thematiques/inaptitude.nsf/Dossiers/Desinstitutionnalisation Encyclopédie de l’Agora]). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;horreur suscitée par les politiques nazies du meurtre eugénique des malades psychiatriques et les camps de concentration pendant la Seconde guerre mondiale, ont attirer l’attention sur les pratiques «&amp;amp;nbsp;déshumanisantes&amp;amp;nbsp;» dans les soins psychiatriques en santé mentale, (séquestration, mauvais traitements en tout genre, manque de formation des professionnels). (Voir [http://id.erudit.org/iderudit/032417ar Martin, 1984 et Claire Henderson et Graham Thornicroft], Santé mentale au Québec, vol. 22, n° 2, 1997, p. 88-114. ) Les années d’après-guerre ont vu un accroissement de l’intérêt porté à l’institution comme objet d’étude. Certains auteurs parlent de l’institution comme étant «&amp;amp;nbsp;névrosante&amp;amp;nbsp;», «&amp;amp;nbsp;façonnant et codifiant les gens dans le rôle de patient psychiatrique&amp;amp;nbsp;» (Goffman (1961). On observe dans les années 60 une disparition du personnel religieux des hôpitaux. Naît alors une nouvelle conception de l’individu, une évolution des attitudes envers le malade&amp;amp;nbsp;; on veut le sortir des murs de l’asile psychiatrique. On commence à parler, à cette époque, du «&amp;amp;nbsp;droit de la personne&amp;amp;nbsp;». Des idéaux humanitaires amènent alors à une nouvelle vision de la maladie mentale. Il semble que ce mouvement de désinstitutionnalisation soit également lié à l’apparition des pratiques de pharmacopée. Effectivement, «&amp;amp;nbsp;Ces nouveaux médicaments permettaient de calmer les malades agités, délirants, hallucinés et ainsi permettre d&#039;envisager et de généraliser des traitements psychiques dans des conditions plus réalistes ou encore, lorsque c&#039;était possible, d&#039;envisager un retour au domicile ou dans des structures intermédiaires&amp;amp;nbsp;».([http://fr.wikipedia.org/wiki/Psychiatrie déf. du mot «&amp;amp;nbsp;psychiatrie&amp;amp;nbsp;»]). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On a le désir de «normaliser&amp;amp;nbsp;» leurs conditions de vie. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les années 60, la personne «&amp;amp;nbsp;déficiente intellectuellement&amp;amp;nbsp;» est encore considérée comme un «&amp;amp;nbsp;malade&amp;amp;nbsp;». Toutefois, on ne considère plus le malade mental comme un malade incurable, mais davantage comme un sujet pouvant être aidé et guéri. On met en avant le fait que la maladie mentale ne nécessite pas nécessairement une hospitalisation, et qu’elle doit être considérée comme une quelconque maladie. On externalise, on invente la psychiatrie de secteurs, on commence à intégrer des services pour les malades mentaux dans des hôpitaux ou cliniques. On évite ainsi la stigmatisation des malades mentaux placés pour de longues périodes en asile psychiatrique, et on leur évite la perte de leurs facultés leur permettant de se réintégrer dans la société. On redonne alors un rôle à la communauté, tout en accordant des responsabilités aux familles. La patient devient alors le coeur de l&#039;intérêt des praticiens. ([http://www.promentesana.org/upload/application/trimes_43.pdf in Lettre trimestrielle de l’association romande Pro Mente Sana])&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme il l&#039;a déjà été dit, la désinstitutionalisation a permis aux personnes présentant des troubles psychiatriques de sortir de ce milieu assimilé pendant de nombreuses années, au milieu carcéral. Mais une fois &amp;quot;libérées&amp;quot; où vont ces personnes? A ce sujet,&amp;amp;nbsp; [[Bibliographie|N. Carpentier (2001)]] affirme dans son article que 60 à 70&amp;amp;nbsp;% des patients retournent dans leur famille après l’hospitalisation. Plusieurs articles ont démontré que l&#039;arrivée d&#039;un malade dans une famille, avait de lourde conséquence sur celle-ci. Avant d’en venir aux conséquences, il me semble nécessaire de revenir sur la représentation des professionnels, sur les familles des patients. Pour cela, il est intéressant de revenir sur l&#039;évolution de la vision des professionnels sur la famille. En d&#039;autres termes, comment la famille, alors qu&#039;elle était considérée comme coupable de la maladie de l&#039;un de ses membre, est devenue un partenaire idéal?&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour développer ceci, revenons tout d&#039;abord au début du XXème siècle. A cette époque, la famille était considérée comme étant la cause, à l&#039;origine de la maladie de leur enfant. Autrement dit, les professionnels affirmaient que la maladie mentale était un problème génétique, héritée de plusieurs générations antérieures. Ensuite, les années cinquantes ont apporté un premier renversement dans la vision des familles sur la maladie de leur enfant. En effet, la famille était perçue comme étant un «&amp;amp;nbsp;système réagissant aux troubles mentaux de l’un de ses membres, plutôt qu’en tant que système causant des désordres psychiques&amp;amp;nbsp;» ([[Bibliographie|Carpentier, 2001, p.84]]). Ce changement de perspective est en lien avec l’arrivée d’une politique qui favorise les hospitalisations de courte durée. En d’autres termes, les familles commencent à être perçues comme une solution aux changements politiques. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les années 60, la psychiatrie adopte une vision centrée sur la communauté. Ce changement va être très favorable pour les familles, puisqu’il permet à ces dernières de se déresponsabiliser des troubles mentaux. Ainsi, toujours selon Carpentier, à cette époque «&amp;amp;nbsp;les désordres psychiques [doivent être étudiés] sous l’angle de l’isolement social, des désavantages sociaux, puis selon la présence de stresseurs sociaux et économique&amp;amp;nbsp;»( p.89) .&amp;lt;br&amp;gt;Ainsi, au fur et à mesure que le mouvement de désinstitutionalisation est mis en place, les politiciens et les professionnels considèrent la famille comme étant une solution au problème. En effet, la famille est perçue comme «&amp;amp;nbsp;une source privilégiée de soutien émotionnel et social ainsi que comme place de choix pour relocaliser le patient psychiatrique.&amp;amp;nbsp;» ([[Bibliographie|Carpentier, 2001, p.91]]. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Jusqu&#039;à présent, nous avons relevé l&#039;évolution de la perception de la famille aux yeux des professionnels. Mais comment la famille voit-elle ce changement? A ce sujet, [[Bibliographie|R. Therrien (1990)]] affirme que sur le plan économique et émotionnel, la désinstitutionnalisation demande beaucoup aux familles, surtout aux femmes. En effet, toujours selon R.Therrien, avoir quelqu&#039;un ayant des problèmes mentaux à la maison provoque beaucoup de stress chez les familles. Dans certaines familles, un malade peut devenir un véritable &amp;quot;fardeau&amp;quot;, puisque celui-ci impose beaucoup de contraintes. Effectivement, avoir une personne malade à la maison peut engendrer des conséquences telles que la réduction des loisirs habituels, les sorties avec nos amis, par peur d&#039;être jugé, ou encore avoir des problèmes avec nos voisins, car les comportment de notre enfant, ou mari dérange. Tous ces problèmes ont un impacte très fort sur la famille d&#039;autant plus qu&#039;elle n&#039;est pas aidée, ni reconnue pour tout ce qu&#039;elle fait pour la personne malade. &amp;amp;nbsp; &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L&#039;élan contestataire des années 70 à Genève  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En Suisse un même mouvement historique a été observé. Selon le médecin Christian Monney, on y a dénoncé les mêmes agissements qu’ailleurs&amp;amp;nbsp;: enfermement, répression, qui étaient là non pour aider le malade, mais pour protéger l’ordre public. On y mêlait, écrit-il, infirmes, orphelins, indigents et fous… (Dr Christian MONNEY, 1999, à l’occasion des 100 ans de l’Hôpital de Malévoz). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Or, dès 1965, des consultations ambulatoires sont créées et les séjours hospitaliers peuvent ainsi se raccourcir. Les moyens de contention sont contestés. Des établissements médico-éducatifs apparaissent, comme [http://www.castalie.ch/home.php?include=textes&amp;amp;lng=1&amp;amp;id=18&amp;amp;idmenu=14 la Castalie en Valais], grâce au Dr Rey-Belley, en 1972 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Genève, l&#039;élan contestataire débute lorsque Julian de Ajuriaguerra est nommé directeur de Bel-Air en 1959. C&#039;est donc à ce moment-là que le mouvement de désinstitutionnalisation naît. En effet, on commence à critiquer les asiles et à vouloir modifier le fonctionnement de l&#039;hôpital psychiatrique. Les patients psychiatriques commencent à bénéficier des mêmes droits que les patients non-psychiatriques. Ensuite, pendant les années 70-80, cet élan continue avec la volonté de baser les soins sur des approches psychotérapeutiques.[[Bibliographie|Rey-Bellet, Bardet Blochet, Ferrero, 2010, p.90-95]] &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L&#039;anti-psychiatrie: une nouvelle politique de la prise en charge  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les années 60, Michel Foucault a tenté d&#039;amorcer &amp;quot;un dialogue entre la psychiatrie et ses sujets&amp;quot; ([[Bibliographie|Rose, 2006, p.113]]) et dès 1971 avec la sortie de son ouvrage sur les prisons, c&#039;est à la critique de l&#039;univers carcéral et des rapports de pouvoir qu&#039;il s&#039;attelle (Surveiller et punir, 1971). Ces critiques, plus tard regroupées sous le nom d&#039;antipsychiatrie, visaient à remettre en question &amp;quot;la manière dont le pouvoir du médecin était impliqué dans la vérité de ce qu&#039;il disait et, inversement, la manière dont celle-ci pouvait être fabriquée et compromise par son pouvoir ([[Bibliographie|Rose, 2006, p.120-121]]). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;institution comme lieu d&#039;exclusion est mise à mal par une volonté de certains de supprimer ces lieux de contrainte, pour une vie libre dans la Cité (sectorisation) ou dans des communautés thérapeutiques (de préférence à la campagne) partant du présupposé que les conditions de vie des personnes sont déterminantes dans leur état de santé (avant même tout diagnostic). Par ailleurs, dans ces années-là, la vie quotidienne devient un objet d&#039;étude (la sociologie de la vie quotidienne), terreau de multiples expériences pédagogiques et thérapeutiques. Le slogan &amp;quot;La liberté est thérapeutique&amp;quot; s&#039;allie à une critique de la contrainte médicamenteuse et des pratiques de contention psychiatrique: elle donne ainsi une place à de nouvelles formes d&#039;&amp;quot;éducation spéciale&amp;quot; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Symptôme de ce changement le terme d&#039;&amp;quot;usagers&amp;quot; vient reléguer celui de &amp;quot;patients&amp;quot; donnant un nouveau statut aux personnes, écorchant ainsi le sacro saint pouvoir des médecins et des directions des institutions. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dès les années 70, le journal mensuel &amp;quot;Tout Va Bien&amp;quot; a consacré de nombreuses pages et numéros à la question de l&#039;anti-psychiatrie. Dès 1973, un groupe d’enquête s’est constitué pour dénoncer une certaine violence et certains abus de pouvoir au sein des asiles psychiatriques. Leur volonté était de déterritorialiser la psychiatrie. «&amp;amp;nbsp;La psychiatrie, c’est l’affaire de tout le monde&amp;amp;nbsp;». Ils voulaient faire exploser la loi du silence qui régnait dans ces lieux. Ils ont voulu dénoncer les rapports de pouvoir sévissant à l&#039;intérieur des murs psychiatriques, la soumission du malade à l’infirmier, la soumission de l’infirmier au médecin, la soumission du médecin aux pouvoirs de l’administrateur bailleur de fonds. Selon ce journal, le mouvement anti-psychiatrique serait né au début des années 60: La clinique psychiatrique de Bel Air, créée en 1900, a commencé à construire des pavillons ouverts avec l’arrivée de son nouveau directeur en 1959, Julian Ajuriaguerra. Son intention était de favoriser le retour de l’interné au plus vite dans leur milieu naturel, grâce à une hospitalisation de courte durée. Depuis 1963, le travail psychiatrique est sectorisé. On commence à organiser les soins dans des centres de consultation de quartier. Ainsi, les premières tentatives alternatives apparaissent en Suisse. Des travailleurs sociaux poursuivent une critique des institutions et contribuent à la création et au fonctionnement de centres (qui se différencient des institutions récupératrices) qui ont pour but de venir en aide à toute personne en crise. Exemple&amp;amp;nbsp;: le centre Liotard à Genève, créé par le réseau d’alternative à la psychiatrie de Suisse romande. En janvier 1975 se tient le premier congrès d’alternative à la psychiatrie de secteur (Congrès de Bruxelles, auquel participe un groupe de Genève: il s’en est inspiré pour animer des débats au centre Liotard&amp;amp;nbsp;: recherche d’alternatives concrètes répondant aux besoins des malades. A Lausanne, le 24 janvier 1976, est créé un réseau alternatif à la psychiatrie pour la Suisse romande, dont l’un des membres actifs s’appelle Alain Riesen, du Centre Liotard. Une commission formée aussi bien de psychiatrisés que de soignants s’est alors formée. Elle a remis en question le pouvoir des soignants. Selon cette commission, le but d’une alternative au secteur doit être la prise en main progressive par le malade de ses propres difficultés. Suite à des tentatives d’internement forcé, des tracts ont circulé, dénonçant les abus du pouvoir psychiatrique (voir les archives contestataires de Genève, Classeur Alain Riesen). Dès ce moment-là, une prise de conscience s&#039;opère: le patient ne veut plus être manipulé, il ne veut plus être le cobaye, il ne veut plus être muselé par le pouvoir du médecin. Il veut choisir son mode de guérison, il veut être actif dans le processus de guérison. Il convient alors de faire en sorte que ce soit le patient qui choisisse ou non son hospitalisation. Effectivement, médecins, contestataires et familles se sont rendus compte de l&#039;importance du choix du malade dans sa propre guérison. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A la fin des années 70, d&#039;autres mouvements anti-psychiatriques se répandent en Suisse et ailleurs: par exemple à la clinique de Bellelay, où son nouveau directeur a souhaité ouvrir les murs à son arrivée, et mettre à disposition des appartements protégés, voire même une maison de vacances pour ses patients. Le but était &amp;quot;que les malades puissent le plus possible avoir des contacts humains et une vie «&amp;amp;nbsp;normale&amp;amp;nbsp;» (TVB avril-mai 80). En Italie, Franco Basaglia, qui s’est appuyé entre autres sur les modèles de l’anti-psychiatrie anglaise et française pour mener sa lutte ([[Bibliographie|Cooper, Lang, Foucault, Caxtel]]), s&#039;en est pris aux conditions de vie moyenâgeuses réservées aux malades mentaux. En quelques années, il démantèle l’asile et expérimente les premiers éléments de sa conception territoriale (et non plus institutionnelle) de la folie&amp;amp;nbsp;: le malade est soigné dans son milieu social&amp;amp;nbsp;» (TVB 10 octobre 80). Suite à la mort atroce d&#039;Alain Urban lors d&#039;une cure de sommeil forcé à la clinique de Bel-Air, l&#039;ADUPSY ainsi que l&#039;Association des Médecins Progressiste ont déployé maints efforts pour alerter l&#039;opinion publique à propos des agissements soupçonneux de la clinque en question. Leurs revedications ont porté sur la suppression des isolements, la priorité données aux instruments de soin ambulatoire, l&#039;augmentation des effectifs globaux du personnel soignant, etc. Ils expriment également leur soutien aux revendications concernant le droit des patients&amp;amp;nbsp;: «&amp;amp;nbsp;Le consentement du patient ou de son entourage immédiat doit toujours être recherché, dans la thérapeutique comme dans la recherche&amp;amp;nbsp;». &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Psychiatrie et anti-psychiatrie  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le mouvement d&#039;anti-psychiatrie qui &amp;quot;s&#039;oppose d&#039;abord et avant tout à une forme de monopole du savoir médical&amp;quot; ([[Bibliographie|Mannoni, 1970]], p. 9) dénonce l&#039;autorité &amp;quot;morale et policière&amp;quot; (Mannoni, 1970, p. 21) du psychiatre. Toutefois, psychiatres et partisants de l&#039;anti-psychiatrie s&#039;accorde sur le fait que &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;la société place le psychiatre dans une position ambiguë&amp;amp;nbsp;: il est au service d&#039;un patient dont il a à défendre les droits mais il se trouve également placé en position d&#039;auxiliaire de la police dans un programme d&#039;internement qui est un processus d&#039;obligation de soins&#039;&#039; (Mannoni, 1970, p. 168). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les réponses apportées par les uns et par les autres pour essayer de lever cette ambiguité sont toutefois différentes. Si l&#039;anti-psychiatrie cherche plutôt à démystifier &amp;quot;le rôle que la société fait jouer à la psychiatrie&amp;quot; (Mannoni, 1970, p.168), à créer des lieux où la maladie mentale pourrait être réintérrogée (allant même jusqu&#039;à nier la notion de maladie mentale (Mannoni, 1970, p. 175) et à s&#039;éloigner des conceptions scientistes, certains psychiatres cherchent à remettre sur le devant de la scène un discours scientifique. S&#039;ils reconnaissent un certain succès à l&#039;anti-psychiatrie &amp;quot;dans sa position de refus et de provocation&amp;quot; ([[Bibliographie|Barte, 1972]], p. 46), les solutions qu&#039;elles proposent ne les satisfont guère. Pour certains membres de ce corps médical, la maladie mentale doit être reconnue comme &#039;&#039;phénomène nature&#039;&#039;l ([[Bibliographie|Ey, 1972]], p. 53). &amp;quot;En faisant volatiliser dans le néan l&#039;objet même de la psychiatrie qu&#039;est le malade mental, l&#039;anti-psychiatrie nie la souffrance humaine, nie le drame authentiquement humain que vit chaque malade mental (Barte, 1972, p. 46). Pour défendre ces patients malades, &amp;quot;fous&amp;quot;, pour les réhabiliter, il est nécessaire de &amp;quot;passer par la reconnaissance même de la psychiatrie, science critique et autonome et qui ne peut se fonder que sur la notion de maladie mentale conçue ni comme simple maladie des organes, ni comme simple maladie psychique&amp;quot; ([[Bibliographie|Barte, 1972]], p.47).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La fonction du médicament dans l&#039;approche anti-psychiatrique  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;apparition de la médication au début des années 1960 permet d&#039;éviter l&#039;internement. Elle soutient le changement qui s’opère dans les pratiques et donne l&#039;impression de pouvoir faire quelque chose. Elle fait transparaître un espoir aussi bien pour les praticiens que pour les patients puisque grâce aux médicaments il y a une diminution des hospitalisations, une augmentation des prises en charge ambulatoires et une augmentation des consultations. L&#039;avancée de la médecine et l’essor de la psychopharmacologie permettent alors de développer de nouvelles perspectives thérapeutiques et de nouveaux défis comme le soutien au patient et à sa famille, la mise en place de nouvelles structures. Il s&#039;agit ainsi de &amp;quot;jeter un pont entre l&#039;hôpital et la ville&amp;quot; (CMS, 1963, 7ème année, n°2 &amp;quot;L’assistance psychiatrique). Cependant, les connaissances récentes sur les effets de la médication et les abus sur son utilisation sont également soulevés. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;anti-psychiatrie se veut aussi anti-thérapeutique, ce qui lui est&amp;amp;nbsp; vivement repproché par les anti anti-psychiatres. Selon ces derniers, les anti-psychiatres considèrent que &amp;quot;les traitements sont à proscire&amp;quot; ([[Bibliographie|Maurel, 1972]], p. 79). &amp;quot;Traiter, écrit Cooper, c&#039;est être intéressé à rendre le patient plus acceptable pour les autres...et lui faire manifester de moindre façon sa détresse&amp;quot; ([[Bibliographie|Maurel, 1972]], p. 79). Les anti anti-psychiatres militent pour une guérison grâce à des médicaments &#039;&#039;efficaces&#039;&#039; (au sens médical), selon des avis rapportés par les patients eux-mêmes. Selon les psychiatres opposés au courant anti-psychiatrique, ce-dernier vise &amp;quot;sans toujours l&#039;avouer à &amp;quot;soigner&amp;quot; clandestinement les &amp;quot;malades&amp;quot;&amp;quot; (Maurel, 1972, p.80), ce qui est selon Maurel et ses collègues, une contradiction.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L&#039;influence du concept de normalisation dans l&#039;anti-psychiatrie ==&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Cécilia Zuccone</name></author>
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	<entry>
		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=La_d%C3%A9sinstitutionalisation_dans_le_champ_de_l%27%C3%A9ducation_sp%C3%A9ciale_1960-1980&amp;diff=9001</id>
		<title>La désinstitutionalisation dans le champ de l&#039;éducation spéciale 1960-1980</title>
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		<updated>2011-11-29T22:14:58Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Cécilia Zuccone : /* L&amp;#039;anti-psychiatrie: une nouvelle politique de la prise en charge */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;== Introduction  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A l&#039;heure où l&#039;on peut constater de &amp;quot;nouvelles exclusions&amp;quot; au nom de la protection des citoyennes et des citoyens inquiétantes pour certains, car &amp;quot;ruinant ainsi des décennies d&#039;efforts de déségrégation, désexclusion, de &amp;quot;retour du schizophrène dans la cité&amp;quot; (Dr.Patrick Lemoine, Le mystère du nocebo, Paris. Odile Jacob, 2011, p.69), un certain nombre de questions se posent pour mieux comprendre l&#039;histoire de l&#039;éducation spéciale, à la fois politique (anti-psychiatrie, sectorisation), sociale et culturelle (intégration, normalisation, désinstitutionalisation, communauté de vie, communauté thérapeutique) dans les décennies des Trente glorieuses (1960-1990) pendant lesquelles a soufflé un vent de contestation des politiques institutionnelles. Un esprit contestataire a émergé en particulier dès les années 1970 (post soixante-huit) provoquant dans le champ de la prise en charge des personnes dites aujourd&#039;hui &amp;quot;à besoins particuliers&amp;quot; un élan de remise en question de l&#039;institution, du pouvoir des médecins, de la contrainte institutionnelle et médicamenteuse. Peu de travaux ont encore exploré ce champ, à Genève, sinon pour étudier l&#039;histoire de Mai 68 et du mouvement féministe. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La recherche proposée vise à mieux comprendre comment, à Genève, le champ de l&#039;éducation spéciale et celui de la psychiatrie a été touché par cette contestation. Elle fait suite à celle engagée en 2010 et 2011 sur l&#039;histoire de l&#039;intégration scolaire des enfants handicapés mentaux [[Pionniers de l&#039;intégration scolaire des enfants handicapés à Genève]] et La génération intégration 1970-1980: un slogan pour quelles réalités sociales? [[Article 2011]]. Les recherches précédentes ont montré à la fois la complexité des pratiques d&#039;intégration amenant souvent un écart entre discours et pratique, ainsi que les résistance à penser le handicap sans mettre un ligne de démarcation entre norme et hors norme, entre enfant éducable et non éducable, limite souvent mal définie et dépendante des représentations (malédiction du handicap). Au début des années 60 l&#039;intégration apparaît d&#039;abord pour les parents comme celle de leur enfant (jusque là à domicile) dans des institutions (qu&#039;il a fallu créer). Le Pavillon des Grand Bois à l&#039;hôpital psychiatrique de Bel-Air représentant encore une solution &amp;quot;intégratrice&amp;quot; pour les enfants les plus difficiles à éduquer et les moins autonomes. Le concept de [[Dictionnaire|normalisation]] vient s&#039;accoler à celui d&#039;intégration pour rapprocher toute déviance d&#039;une norme sociale (en terme d&#039;habitat, d&#039;activité, voire de comportements). Ainsi le milieu ouvert (comme Aigues-Verte par exemple) peut apparaître comme plus proche d&#039;une vie quotidenne &amp;quot;normale&amp;quot; et donc plus intégrant. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La [[Dictionnaire|désinstituionalisation]] qui fait l&#039;objet de cette nouvelle recherche est d&#039;abord issu des milieux de l&#039;anti-psychiatrie (et donc ni des association de parents ni des milieux pédagogiques); on peut apparenter idéologiquement ce mouvement anti-psychiatrique avec un objectif de normalisation dans le sens de rapprocher les personnes prises en charge de la vie quotidienne de tout un chacun. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi malgré des différences d&#039;application ces différents courant pourraient être affilier à celui libertaire qui a essaimé dans différent champ du social entre 1970 et 1990. C&#039;est dans une perspective de compréhension de l&#039;histoire des idées et des pratiques du mouvement anti-psychiatrique genevois que s&#039;inscrit cette recherche. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un premier temps, cette page d&#039;histoire sera située dans une &amp;quot;tradition&amp;quot;: d&#039;une part celle du traitement de la différence (notamment depuis les travaux des psycho-pédagogues du début du 20e siècle comme Alfred Binet à Paris, Edouard Claparède à Genève ou Ovide Decroly à Bruxelles); et d&#039;autre part dans une tentative dès les années vingt en Angleterre (voir Libre enfants de Summerhill), mais surtout pendant et dans l&#039;après deuxième guerre mondiale (voire les communautés d&#039;enfants victimes de la guerre), de multiplier les expériences de vie communautaire issue du scoutisme, des mouvements de jeunesse, de l&#039;éducation nouvelle et de l&#039;éducation internationaliste et pacifiste, des colonies de vacances et camps CEMEA, s&#039;opposant à une autre tradition hospitalière (couvent, Bon Pasteur, Hospice, institutions de prises en charge spécialisées). Ce faisant, nous dégagerons des signes précurseurs de &amp;quot;désinstitutionalisation&amp;quot; pour des structures plus petites, parfois médicalisées (les écoles de plein-air), mais avant tout proches de la nature et des besoins des individus. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un second temps, nous étudierons la période 1960-1980 laquelle a vu émerger un mouvement anti-psychiatrique (critique de l&#039;hôpital, du pouvoir médical, de la médicalisation à outrance et de la contrainte) pour une critique radicale visant le pouvoir institutionnel et entrainant des pratiques novatrices, lesquelles demande à être mieux étudiées&amp;amp;nbsp;: 1. dans leurs objectifs (désinstitutionalisation ou déshospitalisation versus sectorisation)? 2. dans le choix fait des traitements: médicaux (traitement ambulatoire) ou éducatif et thérapeutique? 3. dans l&#039;évaluation faite des populations concernées par une prise en charge alternative 4. dans le rôle joué par la psychanalyse comme alternative au traitement médicaux et comme modèle thérapeutique (notamment dans les communauté cf. film de Catherine Scheuchter) 5. dans le rôle donné aux familles et le poids qui leur est fait supporté (en terme financier, de responsabilité, de culpabilité,...) et en particulier à l&#039;égard des mères et des femmes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il s&#039;agira de mieux comprendre si l&#039;anti-psychiatrie est dans les années 1960-1980 une nouvelle manière de faire de la psychiatrie ou si est-elle une véritable contestation de l&#039;institution asilaire et si les modèles alternatifs proposés ne seraient pas sous couvert d&#039;idéologie libertaire une façon de baisser les coût de la santé en temps de crise. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour ce faire, nous avons travailler sur des articles et avec une bibliographie d&#039;ouvrages &amp;quot;classiques&amp;quot;, livres de références pour les acteurs/trices de la période considérées, puis nous avons dépouillés des revues professionnelles pour saisir les thématiques qui ont traversés alors le champs de la psychiatrie et de l&#039;éducation spécialisée; dans un second temps la recherche s&#039;est portée sur un fond d&#039;archives de l&#039;Association Les archives contestataire (fonds Alain Riesen/Schuller) dont un des donateurs d&#039;archives Alain Riesen est le fondateur de l&#039;Arcade 84 et militant de l&#039;anti-psychiatrie genevoise). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un troisième temps nous avons effectué un entretien vidéo (un plan fixe) afin de lui poser cinq questions issues de la recherche collective dans les archives et dans la littérature afin d&#039;avoir son témoignage sur l&#039;histoire de l&#039;anti-psychiatrie, de la désinstitutionalisation et des communautés thérapeutiques entre 1960 et 1980. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Revue de la littérature  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les revues professionnelles et contestataires entre 1970 et 1990  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un certains nombres de revues professionnelles ont été dépouillée pour la période 1970-1980. Soit Sauvegarde de l&#039;enfance, Déviance et Soicété,... &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Durant la période de 1970 à 1985, la revue &amp;quot;Sauvegarde de l&#039;enfance&amp;quot; n&#039;a publié aucune revue, voire même aucun article consacrés au thème de notre étude, à savoir la désinstitutionnalisation dans le champ de l&#039;éducation spéciale. Au premier abord on pourrait donc tirer la conclusion selon laquelle ce champ d&#039;étude ou ce mouvement n&#039;était que peu présent à cette époque. Toutefois, en se penchant davantage sur les sujets traités dans cette revue, on se rend compte que les auteurs de celle-ci n&#039;ont pas abordé la désinstitutionnalisation en tant que telle, mais l&#039;ont abordée par les effets qu&#039;elle a pu engendré à cette époque. Effectivement, on peut observer des thèmes comme la formation des éducateur en centre de jour ou en maison d&#039;accueil, la relation entre famille et société, l&#039;école ordinaire, l&#039;adolescence et la violence ou encore l&#039;aide sociale, autant de thèmes qui ont largement découlé de ce mouvement désinstitutionnel. Il est donc fort intéressant de se pencher sur les champs d&#039;action de ce type de revues, afin de mieux comprendre quel était le climat politique, les préoccupations, les tendances de la période qui nous intéresse. D&#039;ailleurs, nous retrouverons tout au long de cet article de nombreuses références aux thèmes traités par le revue &#039;&#039;Sauvegarde de l&#039;enfance&#039;&#039;.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Prémisses de critiques aux institutions traditionnelles  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Jusqu&#039;à la fin du XVIIIe siècle, les hôpitaux psychiatriques internaient une population bien différente de celle accueillie au XXe siècle. [[Bibliographie|Cléopâtre Montandon&amp;amp;nbsp;(1978)]]&amp;amp;nbsp; nous dévoile que les populations désignées comme relevant de l&#039;univers psychiatrique étaient très fortement liées à l&#039;univers carcéral. Effectivement, jusqu&#039;au XVIIIe siècle, les criminels étaient considérés comme &amp;quot;fous&amp;quot; ou &amp;quot;aliénés&amp;quot; et se voyaient enfermés, voire même enchaînés dans des &amp;quot;maisons de discipline&amp;quot; ou dans des &amp;quot;hôpitaux pour fous&amp;quot;. A cette époque, seule la justice décidait du lieu d&#039;incarcération des individus criminels. Peu à peu, des distinctions se sont faites pour montrer que certains criminels aliénés relevaient davantage de la psychiatrie, et se définissaient essentiellement par une responsabilité restreinte et une santé mentale défaillante. Ce sont alors ces personnes, désignées comme ne pouvant accomplir leur rôle social, que les hôpitaux psychiatriques ont admis dans leurs locaux. Pour décider et justifier ces internements, la justice ne pouvait agir seule. &amp;quot;Ce n&#039;est qu&#039;à partir de 1936 que l&#039;autorisation d&#039;un internement est délivré sur vue d&#039;un certificat médical par le Département de la prévoyance sociale et de la santé publique&amp;quot;. Ainsi, on voit combien la société évolue en définissant clairement et sur preuves médicales qui peut être &#039;&#039;placé&#039;&#039; en hôpital psychiatrique. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On peut également noter que les préoccupations principales de la période du XVIIIe au début du XXe siècle se restreignaient principalement à la sécurité, et de fait au &#039;&#039;placement&#039;&#039; de ces personnes. Où pouvait-on mettre physiquement ces personnes différentes pour qu&#039;elles ne nuisent pas à la société? Que pouvait-on faire d&#039;elles? Qui pouvait s&#039;en occuper? Que faire avec ces personnes? On observe dès lors que, pendant plusieurs siècles, ces personnes étaient enfermées, dénuées de tous sens, de toute sensibilité, et de toute éducation, en recevant néanmoins de plus en plus de médicaments censés les calmer ou les soigner. Il faudra alors attendre la fin du XIXe siècle pour entrevoir un forme d&#039;éducation de ces personnes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans son article, &amp;quot;La naissance de l&#039;institutions pour aliénés&amp;quot; à Genève au 19e siècle, Alain Riesen montre que la problématique de l&#039;internement .... &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au début du XXe siècle, Binet et Simon (1907)&amp;amp;nbsp; &#039;&#039;donnent une nouvelle forme cognitive de l&#039;éducation spéciale qui perdurera au moins jusqu&#039;au années 1960&#039;&#039; ([[Bibliographie|Chauvière et Plaisance, 2003, p. 32]]).&amp;amp;nbsp; A cette époque là, on distinguait les arriérés d&#039;asiles, non éducables et à laisser entre les mains des médecins, des arriérés d&#039;école. Ainsi, des institutions apparurent en servant d&#039;intermédiaire entre l&#039;hôpital et la classe ordinaire. Dans ces premières institutions, la pédagogie était &#039;&#039;inspirée par l&#039;atelier, c&#039;est-à-dire guidée par la mise en oeuvre de travaux manuels et d&#039;exercices pratiques &#039;&#039;([[Bibliographie|Chauvière et Plaisance, 2003, p. 33]]). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dès les années 1960,&amp;amp;nbsp; de nombreuses institutions privées pour enfants handicapés ou en difficultés se développent, majoritairement sous l&#039;impulsion d&#039;associations de parents. Ces derniers ont été amenés à &#039;&#039;créer et à gérer des institutions de type médico-éducatif&#039;&#039; &#039;&#039;pour éviter à leurs enfants d&#039;être relégués dans des services d&#039;hôpitaux psychiatriques ou d&#039;être seulement en survie à leur domicile&#039;&#039; (Chauvière er Plaisance, 2003, p.35). Aujourd&#039;hui, les institutions, à Genève, semblent toujours être un peu sur le même modèle, celui de &amp;quot;l&#039;alliance&amp;quot; entre le médical et le pédagogique (qui regroupe aussi l&#039;aspect éducatif). Si on ne cherche peut-être plus à éviter aux élèves la reléguation en psychiatrie, on les place dans des lieux parfois hors de tout cursus ordinaire et loin de la norme. Ce qui questionne enfin sur qu&#039;est-ce que la normalisation? Et où mettre la limite à une vie comme tout le monde avec un handicap: la liberté (permissivité, autonomie) des années 1970 a-t-elle fait l&#039;impasse sur la souffrance des individus face aux exigences thérapeutiques et pédagogiques? La communauté d&#039;enfants (pédagogique, institutionnelle, thérapeutique) est-elle un modèle &amp;quot;utile&amp;quot; en temps de crise des institutions: peu coûteux, demandant un engagement au quotidien (vie quotidienne) du collectif pédagogique et thérapeutique (donc assurant un &amp;quot;contrôle social&amp;quot; maximal), ....&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La communauté: un modèle alternatif à l&#039;institution fermée  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des «&amp;amp;nbsp;communautés thérapeutiques&amp;amp;nbsp;» ont été créées en réaction aux enfermements asilaires prônés jusque-là mais qui commençaient à être pointés du doigt, car considérés comme déshumanisants. Bien que créées tout d&#039;abord pour répondre aux phénomènes de dépendances (toxicomanies, par exemple), on trouve, dès la fin des années 60, des communautés thérapeutiques en Angleterre, en France, en Suisse et au Québec, destinées au secteur de la psychiatrie. Avec la naissance de ces communautés thérapeutiques, une nouvelle approche de la psychose en-dehors des lieux de soins traditionnels s&#039;est développée (Schatzman, 1969; Barnes et Berke, 1973; Fabre, 1978; Lecomte et Tourigny, 1983a). Leur but est de créer un milieu &amp;quot;naturel&amp;quot;, en reconstituant les structures d’une «&amp;amp;nbsp;macro famille&amp;amp;nbsp;» ou d’une «&amp;amp;nbsp;mini société&amp;amp;nbsp;», plus rassurantes : on trouve par exemple la Communauté des Sablons, (Maison d&#039;enfants à caractère social et familial (76270 Saint-Saire), ou, en Suisse, le foyer de Tavel qui a vécu cinq ans (1975-1980). Dans le film de Catherine Scheuchzer, «&amp;amp;nbsp;Dans l’aventure du non, la parole&amp;amp;nbsp;», (tourné à Boulens, dans la campagne vaudoise, dans les années 70 ), on découvre, dans un décor post soixante huitard, très simplement, dans un rythme extrêmement lent, des adultes et des enfants en interaction, «&amp;amp;nbsp;comme dans la vraie vie&amp;amp;nbsp;». Cette expérience est décrite comme «&amp;amp;nbsp;une véritable expérience d’éveil à la vie&amp;amp;nbsp;», qui «&amp;amp;nbsp;prend le contre-pied du placement en institution psychiatrique&amp;amp;nbsp;» (L’Est vaudois, 19.11.92). Plutôt que de considérer cette population d&#039;enfants, comme on le faisait en asile, comme des fous, murés dans leur silence, leurs excentricités, on veut les considérer comme des partenaires, des interlocuteurs. Le but est effectivement de les faire participer au quotidien d’une maisonnée, plutôt que de créer des ateliers protégés artificiels. De la sorte, ils sont poussés à se dépasser, à faire des expériences par eux-mêmes, sans avoir nécessairement recours au soutien d’un adulte. Il semble qu&#039;à cette époque, cette nouvelle façon de considérer les enfants autistes comme étant capables d’autonomie, capables d’agir, ait apporté un peu d’humanité dans leur prise en charge. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;enfant&amp;amp;nbsp; ainsi placé dans une communauté thérapeutique vaudoise est-il plus &amp;quot;intégré&amp;quot; que s&#039;il était dans une institution considérée par ces acteurs alternatifs du &amp;quot;système&amp;quot; comme un ghetto? Il en va de même avec le terme désinstitutionalisation? Qu&#039;est-ce que l&#039;institution? Il y en a des &amp;quot;bonnes&amp;quot; (maternantes, enveloppantes, naturelles...) et de &amp;quot;mauvaises&amp;quot; (contraignantes, mortifères) (sur ce point les travaux de Fernand Oury puis de Jacques Pain mériteraient qu&#039;on s&#039;y attache (voir la psychothérapie institutionnelle sur le site de Jacques Pain: http://www.jacques-pain.fr).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La désinstitutionalisation  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon des sources internet, le mouvement de désinstitutionalisation semble avoir débuté vers 1960 (même s’il semble qu’il y ait eu un prélude à la désinstitutionnalisation au début du 19e siècle (L’Institut universitaire en santé mentale de Québec par exemple - La désinstitutionnalisation, http://caringminds.ca/index.php?option=com_content&amp;amp;amp;view=article&amp;amp;amp;id=62&amp;amp;amp;Itemid=43&amp;amp;amp;lang=fr&amp;amp;amp;limitstart=7). Certains observent le début de ce mouvement en Scandinavie, d’autres au Québec. Dans tous les cas, il s’agit d’un mouvement d&#039;ouverture vers la communauté, d’une volonté de «normalisation»[[Normalisation]] &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le mouvement de désinstitutionnalisation s&#039;appuie avant tout sur une philosophie qui met l&#039;accent sur les droits et les libertés des individus, et elle vise à humaniser les soins de santé mentale. ([http://agora-2.org/thematiques/inaptitude.nsf/Dossiers/Desinstitutionnalisation Encyclopédie de l’Agora]). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;horreur suscitée par les politiques nazies du meurtre eugénique des malades psychiatriques et les camps de concentration pendant la Seconde guerre mondiale, ont attirer l’attention sur les pratiques «&amp;amp;nbsp;déshumanisantes&amp;amp;nbsp;» dans les soins psychiatriques en santé mentale, (séquestration, mauvais traitements en tout genre, manque de formation des professionnels). (Voir [http://id.erudit.org/iderudit/032417ar Martin, 1984 et Claire Henderson et Graham Thornicroft], Santé mentale au Québec, vol. 22, n° 2, 1997, p. 88-114. ) Les années d’après-guerre ont vu un accroissement de l’intérêt porté à l’institution comme objet d’étude. Certains auteurs parlent de l’institution comme étant «&amp;amp;nbsp;névrosante&amp;amp;nbsp;», «&amp;amp;nbsp;façonnant et codifiant les gens dans le rôle de patient psychiatrique&amp;amp;nbsp;» (Goffman (1961). On observe dans les années 60 une disparition du personnel religieux des hôpitaux. Naît alors une nouvelle conception de l’individu, une évolution des attitudes envers le malade&amp;amp;nbsp;; on veut le sortir des murs de l’asile psychiatrique. On commence à parler, à cette époque, du «&amp;amp;nbsp;droit de la personne&amp;amp;nbsp;». Des idéaux humanitaires amènent alors à une nouvelle vision de la maladie mentale. Il semble que ce mouvement de désinstitutionnalisation soit également lié à l’apparition des pratiques de pharmacopée. Effectivement, «&amp;amp;nbsp;Ces nouveaux médicaments permettaient de calmer les malades agités, délirants, hallucinés et ainsi permettre d&#039;envisager et de généraliser des traitements psychiques dans des conditions plus réalistes ou encore, lorsque c&#039;était possible, d&#039;envisager un retour au domicile ou dans des structures intermédiaires&amp;amp;nbsp;».([http://fr.wikipedia.org/wiki/Psychiatrie déf. du mot «&amp;amp;nbsp;psychiatrie&amp;amp;nbsp;»]). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On a le désir de «normaliser&amp;amp;nbsp;» leurs conditions de vie. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les années 60, la personne «&amp;amp;nbsp;déficiente intellectuellement&amp;amp;nbsp;» est encore considérée comme un «&amp;amp;nbsp;malade&amp;amp;nbsp;». Toutefois, on ne considère plus le malade mental comme un malade incurable, mais davantage comme un sujet pouvant être aidé et guéri. On met en avant le fait que la maladie mentale ne nécessite pas nécessairement une hospitalisation, et qu’elle doit être considérée comme une quelconque maladie. On externalise, on invente la psychiatrie de secteurs, on commence à intégrer des services pour les malades mentaux dans des hôpitaux ou cliniques. On évite ainsi la stigmatisation des malades mentaux placés pour de longues périodes en asile psychiatrique, et on leur évite la perte de leurs facultés leur permettant de se réintégrer dans la société. On redonne alors un rôle à la communauté, tout en accordant des responsabilités aux familles. La patient devient alors le coeur de l&#039;intérêt des praticiens. ([http://www.promentesana.org/upload/application/trimes_43.pdf in Lettre trimestrielle de l’association romande Pro Mente Sana])&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme il l&#039;a déjà été dit, la désinstitutionalisation a permis aux personnes présentant des troubles psychiatriques de sortir de ce milieu assimilé pendant de nombreuses années, au milieu carcéral. Mais une fois &amp;quot;libérées&amp;quot; où vont ces personnes? A ce sujet,&amp;amp;nbsp; [[Bibliographie|N. Carpentier (2001)]] affirme dans son article que 60 à 70&amp;amp;nbsp;% des patients retournent dans leur famille après l’hospitalisation. Plusieurs articles ont démontré que l&#039;arrivée d&#039;un malade dans une famille, avait de lourde conséquence sur celle-ci. Avant d’en venir aux conséquences, il me semble nécessaire de revenir sur la représentation des professionnels, sur les familles des patients. Pour cela, il est intéressant de revenir sur l&#039;évolution de la vision des professionnels sur la famille. En d&#039;autres termes, comment la famille, alors qu&#039;elle était considérée comme coupable de la maladie de l&#039;un de ses membre, est devenue un partenaire idéal?&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour développer ceci, revenons tout d&#039;abord au début du XXème siècle. A cette époque, la famille était considérée comme étant la cause, à l&#039;origine de la maladie de leur enfant. Autrement dit, les professionnels affirmaient que la maladie mentale était un problème génétique, héritée de plusieurs générations antérieures. Ensuite, les années cinquantes ont apporté un premier renversement dans la vision des familles sur la maladie de leur enfant. En effet, la famille était perçue comme étant un «&amp;amp;nbsp;système réagissant aux troubles mentaux de l’un de ses membres, plutôt qu’en tant que système causant des désordres psychiques&amp;amp;nbsp;» ([[Bibliographie|Carpentier, 2001, p.84]]). Ce changement de perspective est en lien avec l’arrivée d’une politique qui favorise les hospitalisations de courte durée. En d’autres termes, les familles commencent à être perçues comme une solution aux changements politiques. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les années 60, la psychiatrie adopte une vision centrée sur la communauté. Ce changement va être très favorable pour les familles, puisqu’il permet à ces dernières de se déresponsabiliser des troubles mentaux. Ainsi, toujours selon Carpentier, à cette époque «&amp;amp;nbsp;les désordres psychiques [doivent être étudiés] sous l’angle de l’isolement social, des désavantages sociaux, puis selon la présence de stresseurs sociaux et économique&amp;amp;nbsp;»( p.89) .&amp;lt;br&amp;gt;Ainsi, au fur et à mesure que le mouvement de désinstitutionalisation est mis en place, les politiciens et les professionnels considèrent la famille comme étant une solution au problème. En effet, la famille est perçue comme «&amp;amp;nbsp;une source privilégiée de soutien émotionnel et social ainsi que comme place de choix pour relocaliser le patient psychiatrique.&amp;amp;nbsp;» ([[Bibliographie|Carpentier, 2001, p.91]]. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Jusqu&#039;à présent, nous avons relevé l&#039;évolution de la perception de la famille aux yeux des professionnels. Mais comment la famille voit-elle ce changement? A ce sujet, [[Bibliographie|R. Therrien (1990)]] affirme que sur le plan économique et émotionnel, la désinstitutionnalisation demande beaucoup aux familles, surtout aux femmes. En effet, toujours selon R.Therrien, avoir quelqu&#039;un ayant des problèmes mentaux à la maison provoque beaucoup de stress chez les familles. Dans certaines familles, un malade peut devenir un véritable &amp;quot;fardeau&amp;quot;, puisque celui-ci impose beaucoup de contraintes. Effectivement, avoir une personne malade à la maison peut engendrer des conséquences telles que la réduction des loisirs habituels, les sorties avec nos amis, par peur d&#039;être jugé, ou encore avoir des problèmes avec nos voisins, car les comportment de notre enfant, ou mari dérange. Tous ces problèmes ont un impacte très fort sur la famille d&#039;autant plus qu&#039;elle n&#039;est pas aidée, ni reconnue pour tout ce qu&#039;elle fait pour la personne malade. &amp;amp;nbsp; &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L&#039;élan contestataire des années 70 à Genève  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En Suisse un même mouvement historique a été observé. Selon le médecin Christian Monney, on y a dénoncé les mêmes agissements qu’ailleurs&amp;amp;nbsp;: enfermement, répression, qui étaient là non pour aider le malade, mais pour protéger l’ordre public. On y mêlait, écrit-il, infirmes, orphelins, indigents et fous… (Dr Christian MONNEY, 1999, à l’occasion des 100 ans de l’Hôpital de Malévoz). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Or, dès 1965, des consultations ambulatoires sont créées et les séjours hospitaliers peuvent ainsi se raccourcir. Les moyens de contention sont contestés. Des établissements médico-éducatifs apparaissent, comme [http://www.castalie.ch/home.php?include=textes&amp;amp;lng=1&amp;amp;id=18&amp;amp;idmenu=14 la Castalie en Valais], grâce au Dr Rey-Belley, en 1972 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Genève, l&#039;élan contestataire débute lorsque Julian de Ajuriaguerra est nommé directeur de Bel-Air en 1959. C&#039;est donc à ce moment-là que le mouvement de désinstitutionnalisation naît. En effet, on commence à critiquer les asiles et à vouloir modifier le fonctionnement de l&#039;hôpital psychiatrique. Les patients psychiatriques commencent à bénéficier des mêmes droits que les patients non-psychiatriques. Ensuite, pendant les années 70-80, cet élan continue avec la volonté de baser les soins sur des approches psychotérapeutiques.[[Bibliographie|Rey-Bellet, Bardet Blochet, Ferrero, 2010, p.90-95]] &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L&#039;anti-psychiatrie: une nouvelle politique de la prise en charge  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les années 60, Michel Foucault a tenté d&#039;amorcer &amp;quot;un dialogue entre la psychiatrie et ses sujets&amp;quot; ([[Bibliographie|Rose, 2006, p.113]]) et dès 1971 avec la sortie de son ouvrage sur les prisons, c&#039;est à la critique de l&#039;univers carcéral et des rapports de pouvoir qu&#039;il s&#039;attelle (Surveiller et punir, 1971). Ces critiques, plus tard regroupées sous le nom d&#039;antipsychiatrie, visaient à remettre en question &amp;quot;la manière dont le pouvoir du médecin était impliqué dans la vérité de ce qu&#039;il disait et, inversement, la manière dont celle-ci pouvait être fabriquée et compromise par son pouvoir ([[Bibliographie|Rose, 2006, p.120-121]]). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;institution comme lieu d&#039;exclusion est mise à mal par une volonté de certains de supprimer ces lieux de contrainte, pour une vie libre dans la Cité (sectorisation) ou dans des communautés thérapeutiques (de préférence à la campagne) partant du présupposé que les conditions de vie des personnes sont déterminantes dans leur état de santé (avant même tout diagnostic). Par ailleurs, dans ces années-là, la vie quotidienne devient un objet d&#039;étude (la sociologie de la vie quotidienne), terreau de multiples expériences pédagogiques et thérapeutiques. Le slogan &amp;quot;La liberté est thérapeutique&amp;quot; s&#039;allie à une critique de la contrainte médicamenteuse et des pratiques de contention psychiatrique: elle donne ainsi une place à de nouvelles formes d&#039;&amp;quot;éducation spéciale&amp;quot; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Symptôme de ce changement le terme d&#039;&amp;quot;usagers&amp;quot; vient reléguer celui de &amp;quot;patients&amp;quot; donnant un nouveau statut aux personnes, écorchant ainsi le sacro saint pouvoir des médecins et des directions des institutions. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dès les années 70, le journal mensuel &amp;quot;Tout Va Bien&amp;quot; a consacré de nombreuses pages et numéros à la question de l&#039;anti-psychiatrie. Dès 1973, un groupe d’enquête s’est constitué pour dénoncer une certaine violence et certains abus de pouvoir au sein des asiles psychiatriques. Leur volonté était de déterritorialiser la psychiatrie. «&amp;amp;nbsp;La psychiatrie, c’est l’affaire de tout le monde&amp;amp;nbsp;». Ils voulaient faire exploser la loi du silence qui régnait dans ces lieux. Ils ont voulu dénoncer les rapports de pouvoir sévissant à l&#039;intérieur des murs psychiatriques, la soumission du malade à l’infirmier, la soumission de l’infirmier au médecin, la soumission du médecin aux pouvoirs de l’administrateur bailleur de fonds. Selon ce journal, le mouvement anti-psychiatrique serait né au début des années 60: La clinique psychiatrique de Bel Air, créée en 1900, a commencé à construire des pavillons ouverts avec l’arrivée de son nouveau directeur en 1959, Julian Ajuriaguerra. Son intention était de favoriser le retour de l’interné au plus vite dans leur milieu naturel, grâce à une hospitalisation de courte durée. Depuis 1963, le travail psychiatrique est sectorisé. On commence à organiser les soins dans des centres de consultation de quartier. Ainsi, les premières tentatives alternatives apparaissent en Suisse. Des travailleurs sociaux poursuivent une critique des institutions et contribuent à la création et au fonctionnement de centres (qui se différencient des institutions récupératrices) qui ont pour but de venir en aide à toute personne en crise. Exemple&amp;amp;nbsp;: le centre Liotard à Genève, créé par le réseau d’alternative à la psychiatrie de Suisse romande. En janvier 1975 se tient le premier congrès d’alternative à la psychiatrie de secteur (Congrès de Bruxelles, auquel participe un groupe de Genève: il s’en est inspiré pour animer des débats au centre Liotard&amp;amp;nbsp;: recherche d’alternatives concrètes répondant aux besoins des malades. A Lausanne, le 24 janvier 1976, est créé un réseau alternatif à la psychiatrie pour la Suisse romande, dont l’un des membres actifs s’appelle Alain Riesen, du Centre Liotard. Une commission formée aussi bien de psychiatrisés que de soignants s’est alors formée. Elle a remis en question le pouvoir des soignants. Selon cette commission, le but d’une alternative au secteur doit être la prise en main progressive par le malade de ses propres difficultés. Suite à des tentatives d’internement forcé, des tracts ont circulé, dénonçant les abus du pouvoir psychiatrique (voir les archives contestataires de Genève, Classeur Alain Riesen). Dès ce moment-là, une prise de conscience s&#039;opère: le patient ne veut plus être manipulé, il ne veut plus être le cobaye, il ne veut plus être muselé par le pouvoir du médecin. Il veut choisir son mode de guérison, il veut être actif dans le processus de guérison. Il convient alors de faire en sorte que ce soit le patient qui choisisse ou non son hospitalisation. Effectivement, médecins, contestataires et familles se sont rendus compte de l&#039;importance du choix du malade dans sa propre guérison. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A la fin des années 70, d&#039;autres mouvements anti-psychiatriques se répandent en Suisse et ailleurs: par exemple à la clinique de Bellelay, où son nouveau directeur a souhaité ouvrir les murs à son arrivée, et mettre à disposition des appartements protégés, voire même une maison de vacances pour ses patients. Le but était &amp;quot;que les malades puissent le plus possible avoir des contacts humains et une vie «&amp;amp;nbsp;normale&amp;amp;nbsp;» (TVB avril-mai 80). En Italie, Franco Basaglia, qui s’est appuyé entre autres sur les modèles de l’anti-psychiatrie anglaise et française pour mener sa lutte ([[Bibliographie|Cooper, Lang, Foucault, Caxtel]]), s&#039;en est pris aux conditions de vie moyenâgeuses réservées aux malades mentaux. En quelques années, il démantèle l’asile et expérimente les premiers éléments de sa conception territoriale (et non plus institutionnelle) de la folie&amp;amp;nbsp;: le malade est soigné dans son milieu social&amp;amp;nbsp;» (TVB 10 octobre 80). Suite à la mort atroce d&#039;Alain Urban lors d&#039;une cure de sommeil forcé à la clinique de Bel-Air, l&#039;ADUPSY ainsi que l&#039;Association des Médecins Progressiste ont déployé maints efforts pour alerter l&#039;opinion publique à propos des agissements soupçonneux de la clinque en question. Leurs revedications ont porté sur la suppression des isolements, la priorité données aux instruments de soin ambulatoire, l&#039;augmentation des effectifs globaux du personnel soignant, etc. Ils expriment également leur soutien aux revendications concernant le droit des patients&amp;amp;nbsp;: «&amp;amp;nbsp;Le consentement du patient ou de son entourage immédiat doit toujours être recherché, dans la thérapeutique comme dans la recherche&amp;amp;nbsp;». &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Psychiatrie et anti-psychiatrie  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le mouvement d&#039;anti-psychiatrie qui &amp;quot;s&#039;oppose d&#039;abord et avant tout à une forme de monopole du savoir médical&amp;quot; ([[Bibliographie|Mannoni, 1970]], p. 9) dénonce l&#039;autorité &amp;quot;morale et policière&amp;quot; (Mannoni, 1970, p. 21) du psychiatre. Toutefois, psychiatres et partisants de l&#039;anti-psychiatrie s&#039;accorde sur le fait que &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;la société place le psychiatre dans une position ambiguë&amp;amp;nbsp;: il est au service d&#039;un patient dont il a à défendre les droits mais il se trouve également placé en position d&#039;auxiliaire de la police dans un programme d&#039;internement qui est un processus d&#039;obligation de soins&#039;&#039; (Mannoni, 1970, p. 168). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les réponses apportées par les uns et par les autres pour essayer de lever cette ambiguité sont toutefois différentes. Si l&#039;anti-psychiatrie cherche plutôt à démystifier &amp;quot;le rôle que la société fait jouer à la psychiatrie&amp;quot; (Mannoni, 1970, p.168), à créer des lieux où la maladie mentale pourrait être réintérrogée (allant même jusqu&#039;à nier la notion de maladie mentale (Mannoni, 1970, p. 175) et à s&#039;éloigner des conceptions scientiste, certains psychiatres cherchent à remettre sur le devant de la scène un discours scientifique. S&#039;ils reconnaissent un certain succès à l&#039;anti-psychiatrie &amp;quot;dans sa position de refus et de provocation&amp;quot; ([[Bibliographie|Barte, 1972]], p. 46), les solutions qu&#039;elles proposent ne les satisfont guère. Pour certains membres de ce corps médical, la maladie mentale doit être reconnue comme &#039;&#039;phénomène nature&#039;&#039;l ([[Bibliographie|Ey, 1972]], p. 53). &amp;quot;En faisant volatiliser dans le néan l&#039;objet même de la psychiatrie qu&#039;est le malade mental, l&#039;anti-psychiatrie nie la souffrance humaine, nie le drame authentiquement humain que vit chaque malade mental (Barte, 1972, p. 46). Pour défendre ces patients malades, &amp;quot;fous&amp;quot;, pour les réhabiliter, il est nécessaire de &amp;quot;passer par la reconnaissance même de la psychiatrie, science critique et autonome et qui ne peut se fonder que sur la notion de maladie mentale conçue ni comme simple maladie des organes, ni comme simple maladie psychique&amp;quot; ([[Bibliographie|Barte, 1972]], p.47). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La fonction du médicament dans l&#039;approche anti-psychiatrique  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;apparition de la médication au début des années 1960 permet d&#039;éviter l&#039;internement. Elle soutient le changement qui s’opère dans les pratiques et donne l&#039;impression de pouvoir faire quelque chose. Elle fait transparaître un espoir aussi bien pour les praticiens que pour les patients puisque grâce aux médicaments il y a une diminution des hospitalisations, une augmentation des prises en charge ambulatoires et une augmentation des consultations. L&#039;avancée de la médecine et l’essor de la psychopharmacologie permettent alors de développer de nouvelles perspectives thérapeutiques et de nouveaux défis comme le soutien au patient et à sa famille, la mise en place de nouvelles structures. Il s&#039;agit ainsi de &amp;quot;jeter un pont entre l&#039;hôpital et la ville&amp;quot; (CMS, 1963, 7ème année, n°2 &amp;quot;L’assistance psychiatrique). Cependant, les connaissances récentes sur les effets de la médication et les abus sur son utilisation sont également soulevés. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;anti-psychiatrie se veut aussi anti-thérapeutique, ce qui lui est&amp;amp;nbsp; vivement repproché par les anti anti-psychiatres. Selon ces derniers, les anti-psychiatres considèrent que &amp;quot;les traitements sont à proscire&amp;quot; ([[Bibliographie|Maurel, 1972]], p. 79). &amp;quot;Traiter, écrit Cooper, c&#039;est être intéressé à rendre le patient plus acceptable pour les autres...et lui faire manifester de moindre façon sa détresse&amp;quot; ([[Bibliographie|Maurel, 1972]], p. 79). Les anti anti-psychiatres militent pour une guérison grâce à des médicaments &#039;&#039;efficaces&#039;&#039; (au sens médical), selon des avis rapportés par les patients eux-mêmes. Selon les psychiatres opposés au courant anti-psychiatrique, ce-dernier vise &amp;quot;sans toujours l&#039;avouer à &amp;quot;soigner&amp;quot; clandestinement les &amp;quot;malades&amp;quot;&amp;quot; (Maurel, 1972, p.80), ce qui est selon Maurel et ses collègues, une contradiction.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L&#039;influence du concept de normalisation dans l&#039;anti-psychiatrie ==&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Cécilia Zuccone</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=La_d%C3%A9sinstitutionalisation_dans_le_champ_de_l%27%C3%A9ducation_sp%C3%A9ciale_1960-1980&amp;diff=9000</id>
		<title>La désinstitutionalisation dans le champ de l&#039;éducation spéciale 1960-1980</title>
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		<updated>2011-11-29T22:04:59Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Cécilia Zuccone : /* La désinstitutionalisation */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;== Introduction  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A l&#039;heure où l&#039;on peut constater de &amp;quot;nouvelles exclusions&amp;quot; au nom de la protection des citoyennes et des citoyens inquiétantes pour certains, car &amp;quot;ruinant ainsi des décennies d&#039;efforts de déségrégation, désexclusion, de &amp;quot;retour du schizophrène dans la cité&amp;quot; (Dr.Patrick Lemoine, Le mystère du nocebo, Paris. Odile Jacob, 2011, p.69), un certain nombre de questions se posent pour mieux comprendre l&#039;histoire de l&#039;éducation spéciale, à la fois politique (anti-psychiatrie, sectorisation), sociale et culturelle (intégration, normalisation, désinstitutionalisation, communauté de vie, communauté thérapeutique) dans les décennies des Trente glorieuses (1960-1990) pendant lesquelles a soufflé un vent de contestation des politiques institutionnelles. Un esprit contestataire a émergé en particulier dès les années 1970 (post soixante-huit) provoquant dans le champ de la prise en charge des personnes dites aujourd&#039;hui &amp;quot;à besoins particuliers&amp;quot; un élan de remise en question de l&#039;institution, du pouvoir des médecins, de la contrainte institutionnelle et médicamenteuse. Peu de travaux ont encore exploré ce champ, à Genève, sinon pour étudier l&#039;histoire de Mai 68 et du mouvement féministe. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La recherche proposée vise à mieux comprendre comment, à Genève, le champ de l&#039;éducation spéciale et celui de la psychiatrie a été touché par cette contestation. Elle fait suite à celle engagée en 2010 et 2011 sur l&#039;histoire de l&#039;intégration scolaire des enfants handicapés mentaux [[Pionniers de l&#039;intégration scolaire des enfants handicapés à Genève]] et La génération intégration 1970-1980: un slogan pour quelles réalités sociales? [[Article 2011]]. Les recherches précédentes ont montré à la fois la complexité des pratiques d&#039;intégration amenant souvent un écart entre discours et pratique, ainsi que les résistance à penser le handicap sans mettre un ligne de démarcation entre norme et hors norme, entre enfant éducable et non éducable, limite souvent mal définie et dépendante des représentations (malédiction du handicap). Au début des années 60 l&#039;intégration apparaît d&#039;abord pour les parents comme celle de leur enfant (jusque là à domicile) dans des institutions (qu&#039;il a fallu créer). Le Pavillon des Grand Bois à l&#039;hôpital psychiatrique de Bel-Air représentant encore une solution &amp;quot;intégratrice&amp;quot; pour les enfants les plus difficiles à éduquer et les moins autonomes. Le concept de [[Dictionnaire|normalisation]] vient s&#039;accoler à celui d&#039;intégration pour rapprocher toute déviance d&#039;une norme sociale (en terme d&#039;habitat, d&#039;activité, voire de comportements). Ainsi le milieu ouvert (comme Aigues-Verte par exemple) peut apparaître comme plus proche d&#039;une vie quotidenne &amp;quot;normale&amp;quot; et donc plus intégrant. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La [[Dictionnaire|désinstituionalisation]] qui fait l&#039;objet de cette nouvelle recherche est d&#039;abord issu des milieux de l&#039;anti-psychiatrie (et donc ni des association de parents ni des milieux pédagogiques); on peut apparenter idéologiquement ce mouvement anti-psychiatrique avec un objectif de normalisation dans le sens de rapprocher les personnes prises en charge de la vie quotidienne de tout un chacun. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi malgré des différences d&#039;application ces différents courant pourraient être affilier à celui libertaire qui a essaimé dans différent champ du social entre 1970 et 1990. C&#039;est dans une perspective de compréhension de l&#039;histoire des idées et des pratiques du mouvement anti-psychiatrique genevois que s&#039;inscrit cette recherche. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un premier temps, cette page d&#039;histoire sera située dans une &amp;quot;tradition&amp;quot;: d&#039;une part celle du traitement de la différence (notamment depuis les travaux des psycho-pédagogues du début du 20e siècle comme Alfred Binet à Paris, Edouard Claparède à Genève ou Ovide Decroly à Bruxelles); et d&#039;autre part dans une tentative dès les années vingt en Angleterre (voir Libre enfants de Summerhill), mais surtout pendant et dans l&#039;après deuxième guerre mondiale (voire les communautés d&#039;enfants victimes de la guerre), de multiplier les expériences de vie communautaire issue du scoutisme, des mouvements de jeunesse, de l&#039;éducation nouvelle et de l&#039;éducation internationaliste et pacifiste, des colonies de vacances et camps CEMEA, s&#039;opposant à une autre tradition hospitalière (couvent, Bon Pasteur, Hospice, institutions de prises en charge spécialisées). Ce faisant, nous dégagerons des signes précurseurs de &amp;quot;désinstitutionalisation&amp;quot; pour des structures plus petites, parfois médicalisées (les écoles de plein-air), mais avant tout proches de la nature et des besoins des individus. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un second temps, nous étudierons la période 1960-1980 laquelle a vu émerger un mouvement anti-psychiatrique (critique de l&#039;hôpital, du pouvoir médical, de la médicalisation à outrance et de la contrainte) pour une critique radicale visant le pouvoir institutionnel et entrainant des pratiques novatrices, lesquelles demande à être mieux étudiées&amp;amp;nbsp;: 1. dans leurs objectifs (désinstitutionalisation ou déshospitalisation versus sectorisation)? 2. dans le choix fait des traitements: médicaux (traitement ambulatoire) ou éducatif et thérapeutique? 3. dans l&#039;évaluation faite des populations concernées par une prise en charge alternative 4. dans le rôle joué par la psychanalyse comme alternative au traitement médicaux et comme modèle thérapeutique (notamment dans les communauté cf. film de Catherine Scheuchter) 5. dans le rôle donné aux familles et le poids qui leur est fait supporté (en terme financier, de responsabilité, de culpabilité,...) et en particulier à l&#039;égard des mères et des femmes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il s&#039;agira de mieux comprendre si l&#039;anti-psychiatrie est dans les années 1960-1980 une nouvelle manière de faire de la psychiatrie ou si est-elle une véritable contestation de l&#039;institution asilaire et si les modèles alternatifs proposés ne seraient pas sous couvert d&#039;idéologie libertaire une façon de baisser les coût de la santé en temps de crise. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour ce faire, nous avons travailler sur des articles et avec une bibliographie d&#039;ouvrages &amp;quot;classiques&amp;quot;, livres de références pour les acteurs/trices de la période considérées, puis nous avons dépouillés des revues professionnelles pour saisir les thématiques qui ont traversés alors le champs de la psychiatrie et de l&#039;éducation spécialisée; dans un second temps la recherche s&#039;est portée sur un fond d&#039;archives de l&#039;Association Les archives contestataire (fonds Alain Riesen/Schuller) dont un des donateurs d&#039;archives Alain Riesen est le fondateur de l&#039;Arcade 84 et militant de l&#039;anti-psychiatrie genevoise). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un troisième temps nous avons effectué un entretien vidéo (un plan fixe) afin de lui poser cinq questions issues de la recherche collective dans les archives et dans la littérature afin d&#039;avoir son témoignage sur l&#039;histoire de l&#039;anti-psychiatrie, de la désinstitutionalisation et des communautés thérapeutiques entre 1960 et 1980. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Revue de la littérature  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les revues professionnelles et contestataires entre 1970 et 1990  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un certains nombres de revues professionnelles ont été dépouillée pour la période 1970-1980. Soit Sauvegarde de l&#039;enfance, Déviance et Soicété,... &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Durant la période de 1970 à 1985, la revue &amp;quot;Sauvegarde de l&#039;enfance&amp;quot; n&#039;a publié aucune revue, voire même aucun article consacrés au thème de notre étude, à savoir la désinstitutionnalisation dans le champ de l&#039;éducation spéciale. Au premier abord on pourrait donc tirer la conclusion selon laquelle ce champ d&#039;étude ou ce mouvement n&#039;était que peu présent à cette époque. Toutefois, en se penchant davantage sur les sujets traités dans cette revue, on se rend compte que les auteurs de celle-ci n&#039;ont pas abordé la désinstitutionnalisation en tant que telle, mais l&#039;ont abordée par les effets qu&#039;elle a pu engendré à cette époque. Effectivement, on peut observer des thèmes comme la formation des éducateur en centre de jour ou en maison d&#039;accueil, la relation entre famille et société, l&#039;école ordinaire, l&#039;adolescence et la violence ou encore l&#039;aide sociale, autant de thèmes qui ont largement découlé de ce mouvement désinstitutionnel. Il est donc fort intéressant de se pencher sur les champs d&#039;action de ce type de revues, afin de mieux comprendre quel était le climat politique, les préoccupations, les tendances de la période qui nous intéresse. D&#039;ailleurs, nous retrouverons tout au long de cet article de nombreuses références aux thèmes traités par le revue &#039;&#039;Sauvegarde de l&#039;enfance&#039;&#039;.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Prémisses de critiques aux institutions traditionnelles  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Jusqu&#039;à la fin du XVIIIe siècle, les hôpitaux psychiatriques internaient une population bien différente de celle accueillie au XXe siècle. [[Bibliographie|Cléopâtre Montandon&amp;amp;nbsp;(1978)]]&amp;amp;nbsp; nous dévoile que les populations désignées comme relevant de l&#039;univers psychiatrique étaient très fortement liées à l&#039;univers carcéral. Effectivement, jusqu&#039;au XVIIIe siècle, les criminels étaient considérés comme &amp;quot;fous&amp;quot; ou &amp;quot;aliénés&amp;quot; et se voyaient enfermés, voire même enchaînés dans des &amp;quot;maisons de discipline&amp;quot; ou dans des &amp;quot;hôpitaux pour fous&amp;quot;. A cette époque, seule la justice décidait du lieu d&#039;incarcération des individus criminels. Peu à peu, des distinctions se sont faites pour montrer que certains criminels aliénés relevaient davantage de la psychiatrie, et se définissaient essentiellement par une responsabilité restreinte et une santé mentale défaillante. Ce sont alors ces personnes, désignées comme ne pouvant accomplir leur rôle social, que les hôpitaux psychiatriques ont admis dans leurs locaux. Pour décider et justifier ces internements, la justice ne pouvait agir seule. &amp;quot;Ce n&#039;est qu&#039;à partir de 1936 que l&#039;autorisation d&#039;un internement est délivré sur vue d&#039;un certificat médical par le Département de la prévoyance sociale et de la santé publique&amp;quot;. Ainsi, on voit combien la société évolue en définissant clairement et sur preuves médicales qui peut être &#039;&#039;placé&#039;&#039; en hôpital psychiatrique. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On peut également noter que les préoccupations principales de la période du XVIIIe au début du XXe siècle se restreignaient principalement à la sécurité, et de fait au &#039;&#039;placement&#039;&#039; de ces personnes. Où pouvait-on mettre physiquement ces personnes différentes pour qu&#039;elles ne nuisent pas à la société? Que pouvait-on faire d&#039;elles? Qui pouvait s&#039;en occuper? Que faire avec ces personnes? On observe dès lors que, pendant plusieurs siècles, ces personnes étaient enfermées, dénuées de tous sens, de toute sensibilité, et de toute éducation, en recevant néanmoins de plus en plus de médicaments censés les calmer ou les soigner. Il faudra alors attendre la fin du XIXe siècle pour entrevoir un forme d&#039;éducation de ces personnes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans son article, &amp;quot;La naissance de l&#039;institutions pour aliénés&amp;quot; à Genève au 19e siècle, Alain Riesen montre que la problématique de l&#039;internement .... &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au début du XXe siècle, Binet et Simon (1907)&amp;amp;nbsp; &#039;&#039;donnent une nouvelle forme cognitive de l&#039;éducation spéciale qui perdurera au moins jusqu&#039;au années 1960&#039;&#039; ([[Bibliographie|Chauvière et Plaisance, 2003, p. 32]]).&amp;amp;nbsp; A cette époque là, on distinguait les arriérés d&#039;asiles, non éducables et à laisser entre les mains des médecins, des arriérés d&#039;école. Ainsi, des institutions apparurent en servant d&#039;intermédiaire entre l&#039;hôpital et la classe ordinaire. Dans ces premières institutions, la pédagogie était &#039;&#039;inspirée par l&#039;atelier, c&#039;est-à-dire guidée par la mise en oeuvre de travaux manuels et d&#039;exercices pratiques &#039;&#039;([[Bibliographie|Chauvière et Plaisance, 2003, p. 33]]). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dès les années 1960,&amp;amp;nbsp; de nombreuses institutions privées pour enfants handicapés ou en difficultés se développent, majoritairement sous l&#039;impulsion d&#039;associations de parents. Ces derniers ont été amenés à &#039;&#039;créer et à gérer des institutions de type médico-éducatif&#039;&#039; &#039;&#039;pour éviter à leurs enfants d&#039;être relégués dans des services d&#039;hôpitaux psychiatriques ou d&#039;être seulement en survie à leur domicile&#039;&#039; (Chauvière er Plaisance, 2003, p.35). Aujourd&#039;hui, les institutions, à Genève, semblent toujours être un peu sur le même modèle, celui de &amp;quot;l&#039;alliance&amp;quot; entre le médical et le pédagogique (qui regroupe aussi l&#039;aspect éducatif). Si on ne cherche peut-être plus à éviter aux élèves la reléguation en psychiatrie, on les place dans des lieux parfois hors de tout cursus ordinaire et loin de la norme. Ce qui questionne enfin sur qu&#039;est-ce que la normalisation? Et où mettre la limite à une vie comme tout le monde avec un handicap: la liberté (permissivité, autonomie) des années 1970 a-t-elle fait l&#039;impasse sur la souffrance des individus face aux exigences thérapeutiques et pédagogiques? La communauté d&#039;enfants (pédagogique, institutionnelle, thérapeutique) est-elle un modèle &amp;quot;utile&amp;quot; en temps de crise des institutions: peu coûteux, demandant un engagement au quotidien (vie quotidienne) du collectif pédagogique et thérapeutique (donc assurant un &amp;quot;contrôle social&amp;quot; maximal), ....&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La communauté: un modèle alternatif à l&#039;institution fermée  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des «&amp;amp;nbsp;communautés thérapeutiques&amp;amp;nbsp;» ont été créées en réaction aux enfermements asilaires prônés jusque-là mais qui commençaient à être pointés du doigt, car considérés comme déshumanisants. Bien que créées tout d&#039;abord pour répondre aux phénomènes de dépendances (toxicomanies, par exemple), on trouve, dès la fin des années 60, des communautés thérapeutiques en Angleterre, en France, en Suisse et au Québec, destinées au secteur de la psychiatrie. Avec la naissance de ces communautés thérapeutiques, une nouvelle approche de la psychose en-dehors des lieux de soins traditionnels s&#039;est développée (Schatzman, 1969; Barnes et Berke, 1973; Fabre, 1978; Lecomte et Tourigny, 1983a). Leur but est de créer un milieu &amp;quot;naturel&amp;quot;, en reconstituant les structures d’une «&amp;amp;nbsp;macro famille&amp;amp;nbsp;» ou d’une «&amp;amp;nbsp;mini société&amp;amp;nbsp;», plus rassurantes : on trouve par exemple la Communauté des Sablons, (Maison d&#039;enfants à caractère social et familial (76270 Saint-Saire), ou, en Suisse, le foyer de Tavel qui a vécu cinq ans (1975-1980). Dans le film de Catherine Scheuchzer, «&amp;amp;nbsp;Dans l’aventure du non, la parole&amp;amp;nbsp;», (tourné à Boulens, dans la campagne vaudoise, dans les années 70 ), on découvre, dans un décor post soixante huitard, très simplement, dans un rythme extrêmement lent, des adultes et des enfants en interaction, «&amp;amp;nbsp;comme dans la vraie vie&amp;amp;nbsp;». Cette expérience est décrite comme «&amp;amp;nbsp;une véritable expérience d’éveil à la vie&amp;amp;nbsp;», qui «&amp;amp;nbsp;prend le contre-pied du placement en institution psychiatrique&amp;amp;nbsp;» (L’Est vaudois, 19.11.92). Plutôt que de considérer cette population d&#039;enfants, comme on le faisait en asile, comme des fous, murés dans leur silence, leurs excentricités, on veut les considérer comme des partenaires, des interlocuteurs. Le but est effectivement de les faire participer au quotidien d’une maisonnée, plutôt que de créer des ateliers protégés artificiels. De la sorte, ils sont poussés à se dépasser, à faire des expériences par eux-mêmes, sans avoir nécessairement recours au soutien d’un adulte. Il semble qu&#039;à cette époque, cette nouvelle façon de considérer les enfants autistes comme étant capables d’autonomie, capables d’agir, ait apporté un peu d’humanité dans leur prise en charge. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;enfant&amp;amp;nbsp; ainsi placé dans une communauté thérapeutique vaudoise est-il plus &amp;quot;intégré&amp;quot; que s&#039;il était dans une institution considérée par ces acteurs alternatifs du &amp;quot;système&amp;quot; comme un ghetto? Il en va de même avec le terme désinstitutionalisation? Qu&#039;est-ce que l&#039;institution? Il y en a des &amp;quot;bonnes&amp;quot; (maternantes, enveloppantes, naturelles...) et de &amp;quot;mauvaises&amp;quot; (contraignantes, mortifères) (sur ce point les travaux de Fernand Oury puis de Jacques Pain mériteraient qu&#039;on s&#039;y attache (voir la psychothérapie institutionnelle sur le site de Jacques Pain: http://www.jacques-pain.fr).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La désinstitutionalisation  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon des sources internet, le mouvement de désinstitutionalisation semble avoir débuté vers 1960 (même s’il semble qu’il y ait eu un prélude à la désinstitutionnalisation au début du 19e siècle (L’Institut universitaire en santé mentale de Québec par exemple - La désinstitutionnalisation, http://caringminds.ca/index.php?option=com_content&amp;amp;amp;view=article&amp;amp;amp;id=62&amp;amp;amp;Itemid=43&amp;amp;amp;lang=fr&amp;amp;amp;limitstart=7). Certains observent le début de ce mouvement en Scandinavie, d’autres au Québec. Dans tous les cas, il s’agit d’un mouvement d&#039;ouverture vers la communauté, d’une volonté de «normalisation»[[Normalisation]] &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le mouvement de désinstitutionnalisation s&#039;appuie avant tout sur une philosophie qui met l&#039;accent sur les droits et les libertés des individus, et elle vise à humaniser les soins de santé mentale. ([http://agora-2.org/thematiques/inaptitude.nsf/Dossiers/Desinstitutionnalisation Encyclopédie de l’Agora]). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;horreur suscitée par les politiques nazies du meurtre eugénique des malades psychiatriques et les camps de concentration pendant la Seconde guerre mondiale, ont attirer l’attention sur les pratiques «&amp;amp;nbsp;déshumanisantes&amp;amp;nbsp;» dans les soins psychiatriques en santé mentale, (séquestration, mauvais traitements en tout genre, manque de formation des professionnels). (Voir [http://id.erudit.org/iderudit/032417ar Martin, 1984 et Claire Henderson et Graham Thornicroft], Santé mentale au Québec, vol. 22, n° 2, 1997, p. 88-114. ) Les années d’après-guerre ont vu un accroissement de l’intérêt porté à l’institution comme objet d’étude. Certains auteurs parlent de l’institution comme étant «&amp;amp;nbsp;névrosante&amp;amp;nbsp;», «&amp;amp;nbsp;façonnant et codifiant les gens dans le rôle de patient psychiatrique&amp;amp;nbsp;» (Goffman (1961). On observe dans les années 60 une disparition du personnel religieux des hôpitaux. Naît alors une nouvelle conception de l’individu, une évolution des attitudes envers le malade&amp;amp;nbsp;; on veut le sortir des murs de l’asile psychiatrique. On commence à parler, à cette époque, du «&amp;amp;nbsp;droit de la personne&amp;amp;nbsp;». Des idéaux humanitaires amènent alors à une nouvelle vision de la maladie mentale. Il semble que ce mouvement de désinstitutionnalisation soit également lié à l’apparition des pratiques de pharmacopée. Effectivement, «&amp;amp;nbsp;Ces nouveaux médicaments permettaient de calmer les malades agités, délirants, hallucinés et ainsi permettre d&#039;envisager et de généraliser des traitements psychiques dans des conditions plus réalistes ou encore, lorsque c&#039;était possible, d&#039;envisager un retour au domicile ou dans des structures intermédiaires&amp;amp;nbsp;».([http://fr.wikipedia.org/wiki/Psychiatrie déf. du mot «&amp;amp;nbsp;psychiatrie&amp;amp;nbsp;»]). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On a le désir de «normaliser&amp;amp;nbsp;» leurs conditions de vie. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les années 60, la personne «&amp;amp;nbsp;déficiente intellectuellement&amp;amp;nbsp;» est encore considérée comme un «&amp;amp;nbsp;malade&amp;amp;nbsp;». Toutefois, on ne considère plus le malade mental comme un malade incurable, mais davantage comme un sujet pouvant être aidé et guéri. On met en avant le fait que la maladie mentale ne nécessite pas nécessairement une hospitalisation, et qu’elle doit être considérée comme une quelconque maladie. On externalise, on invente la psychiatrie de secteurs, on commence à intégrer des services pour les malades mentaux dans des hôpitaux ou cliniques. On évite ainsi la stigmatisation des malades mentaux placés pour de longues périodes en asile psychiatrique, et on leur évite la perte de leurs facultés leur permettant de se réintégrer dans la société. On redonne alors un rôle à la communauté, tout en accordant des responsabilités aux familles. La patient devient alors le coeur de l&#039;intérêt des praticiens. ([http://www.promentesana.org/upload/application/trimes_43.pdf in Lettre trimestrielle de l’association romande Pro Mente Sana])&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme il l&#039;a déjà été dit, la désinstitutionalisation a permis aux personnes présentant des troubles psychiatriques de sortir de ce milieu assimilé pendant de nombreuses années, au milieu carcéral. Mais une fois &amp;quot;libérées&amp;quot; où vont ces personnes? A ce sujet,&amp;amp;nbsp; [[Bibliographie|N. Carpentier (2001)]] affirme dans son article que 60 à 70&amp;amp;nbsp;% des patients retournent dans leur famille après l’hospitalisation. Plusieurs articles ont démontré que l&#039;arrivée d&#039;un malade dans une famille, avait de lourde conséquence sur celle-ci. Avant d’en venir aux conséquences, il me semble nécessaire de revenir sur la représentation des professionnels, sur les familles des patients. Pour cela, il est intéressant de revenir sur l&#039;évolution de la vision des professionnels sur la famille. En d&#039;autres termes, comment la famille, alors qu&#039;elle était considérée comme coupable de la maladie de l&#039;un de ses membre, est devenue un partenaire idéal?&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour développer ceci, revenons tout d&#039;abord au début du XXème siècle. A cette époque, la famille était considérée comme étant la cause, à l&#039;origine de la maladie de leur enfant. Autrement dit, les professionnels affirmaient que la maladie mentale était un problème génétique, héritée de plusieurs générations antérieures. Ensuite, les années cinquantes ont apporté un premier renversement dans la vision des familles sur la maladie de leur enfant. En effet, la famille était perçue comme étant un «&amp;amp;nbsp;système réagissant aux troubles mentaux de l’un de ses membres, plutôt qu’en tant que système causant des désordres psychiques&amp;amp;nbsp;» ([[Bibliographie|Carpentier, 2001, p.84]]). Ce changement de perspective est en lien avec l’arrivée d’une politique qui favorise les hospitalisations de courte durée. En d’autres termes, les familles commencent à être perçues comme une solution aux changements politiques. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les années 60, la psychiatrie adopte une vision centrée sur la communauté. Ce changement va être très favorable pour les familles, puisqu’il permet à ces dernières de se déresponsabiliser des troubles mentaux. Ainsi, toujours selon Carpentier, à cette époque «&amp;amp;nbsp;les désordres psychiques [doivent être étudiés] sous l’angle de l’isolement social, des désavantages sociaux, puis selon la présence de stresseurs sociaux et économique&amp;amp;nbsp;»( p.89) .&amp;lt;br&amp;gt;Ainsi, au fur et à mesure que le mouvement de désinstitutionalisation est mis en place, les politiciens et les professionnels considèrent la famille comme étant une solution au problème. En effet, la famille est perçue comme «&amp;amp;nbsp;une source privilégiée de soutien émotionnel et social ainsi que comme place de choix pour relocaliser le patient psychiatrique.&amp;amp;nbsp;» ([[Bibliographie|Carpentier, 2001, p.91]]. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Jusqu&#039;à présent, nous avons relevé l&#039;évolution de la perception de la famille aux yeux des professionnels. Mais comment la famille voit-elle ce changement? A ce sujet, [[Bibliographie|R. Therrien (1990)]] affirme que sur le plan économique et émotionnel, la désinstitutionnalisation demande beaucoup aux familles, surtout aux femmes. En effet, toujours selon R.Therrien, avoir quelqu&#039;un ayant des problèmes mentaux à la maison provoque beaucoup de stress chez les familles. Dans certaines familles, un malade peut devenir un véritable &amp;quot;fardeau&amp;quot;, puisque celui-ci impose beaucoup de contraintes. Effectivement, avoir une personne malade à la maison peut engendrer des conséquences telles que la réduction des loisirs habituels, les sorties avec nos amis, par peur d&#039;être jugé, ou encore avoir des problèmes avec nos voisins, car les comportment de notre enfant, ou mari dérange. Tous ces problèmes ont un impacte très fort sur la famille d&#039;autant plus qu&#039;elle n&#039;est pas aidée, ni reconnue pour tout ce qu&#039;elle fait pour la personne malade. &amp;amp;nbsp; &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L&#039;élan contestataire des années 70 à Genève  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En Suisse un même mouvement historique a été observé. Selon le médecin Christian Monney, on y a dénoncé les mêmes agissements qu’ailleurs&amp;amp;nbsp;: enfermement, répression, qui étaient là non pour aider le malade, mais pour protéger l’ordre public. On y mêlait, écrit-il, infirmes, orphelins, indigents et fous… (Dr Christian MONNEY, 1999, à l’occasion des 100 ans de l’Hôpital de Malévoz). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Or, dès 1965, des consultations ambulatoires sont créées et les séjours hospitaliers peuvent ainsi se raccourcir. Les moyens de contention sont contestés. Des établissements médico-éducatifs apparaissent, comme [http://www.castalie.ch/home.php?include=textes&amp;amp;lng=1&amp;amp;id=18&amp;amp;idmenu=14 la Castalie en Valais], grâce au Dr Rey-Belley, en 1972 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Genève, l&#039;élan contestataire débute lorsque Julian de Ajuriaguerra est nommé directeur de Bel-Air en 1959. C&#039;est donc à ce moment-là que le mouvement de désinstitutionnalisation naît. En effet, on commence à critiquer les asiles et à vouloir modifier le fonctionnement de l&#039;hôpital psychiatrique. Les patients psychiatriques commencent à bénéficier des mêmes droits que les patients non-psychiatriques. Ensuite, pendant les années 70-80, cet élan continue avec la volonté de baser les soins sur des approches psychotérapeutiques.[[Bibliographie|Rey-Bellet, Bardet Blochet, Ferrero, 2010, p.90-95]] &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L&#039;anti-psychiatrie: une nouvelle politique de la prise en charge  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les années 60, Michel Foucault a tenté d&#039;amorcer &amp;quot;un dialogue entre la psychiatrie et ses sujets&amp;quot; ([[Bibliographie|Rose, 2006, p.113]]) et dès 1971 avec la sortie de son ouvrage sur les prisons c&#039;est à la critique de l&#039;univers carcéral et des rapports de pouvoir qu&#039;il s&#039;attelle (Surveiller et punir, 1971). Ces critiques, plus tard regroupées sous le nom d&#039;antipsychiatrie visaient à remettre en question &amp;quot;la manière dont le pouvoir du médecin était impliqué dans la vérité de ce qu&#039;il disait et, inversement, la manière dont celle-ci pouvait être fabriquée et compromise par son pouvoir ([[Bibliographie|Rose, 2006, p.120-121]]). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;institution comme lieu d&#039;exclusion est mise à mal par une volonté de certains de supprimer ces lieux de contrainte, pour une vie libre dans la Cité (sectorisation) ou dans des communauté thérapeutiques (de préférence à la campagne) partant du présupposé que les conditions de vie des personnes sont déterminantes dans leur état de santé (avant même tout diagnostic). Par ailleurs, dans ces années-là, la vie quotidienne devient un objet d&#039;étude (la sociologie de la vie quotidienne), terreau de multiples expériences pédagogiques et thérapeutiques. Le slogan &amp;quot;La liberté est thérapeutique&amp;quot; s&#039;allie à une critique de la contrainte médicamenteuse et des pratiques de contention psychiatrique: elle donne ainsi une place à de nouvelles formes d&#039;&amp;quot;éducation spéciale&amp;quot; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Symptôme de ce changement le terme d&#039;&amp;quot;usagers&amp;quot; vient reléguer celui de &amp;quot;patients&amp;quot; donnant un nouveau statut aux personnes, écorchant ainsi le sacro saint pouvoir des médecins et des directions des institutions. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dès les années 70, le journal mensuel &amp;quot;Tout Va Bien&amp;quot; a consacré de nombreuses pages et numéros à la question de l&#039;anti-psychiatrie. Dès 1973, un groupe d’enquête s’est constitué pour dénoncer une certaine violence et certains abus de pouvoir au sein des asiles psychiatriques. Leur volonté était de déterritorialiser la psychiatrie. «&amp;amp;nbsp;La psychiatrie, c’est l’affaire de tout le monde&amp;amp;nbsp;». Ils voulaient faire exploser la loi du silence qui régnait dans ces lieux. Ils ont voulu dénoncer les rapports de pouvoir sévissant à l&#039;intérieur des murs psychiatriques, la soumission du malade à l’infirmier, la soumission de l’infirmier au médecin, la soumission du médecin aux pouvoirs de l’administrateur bailleur de fonds. Selon ce journal, le mouvement anti-psychiatrique serait né au début des années 60: La clinique psychiatrique de Bel Air, créé en 1900, a commencé à créer des pavillons ouverts avec l’arrivée de son nouveau directeur en 1959, Julian Ajuriaguerra. Son intention était de favoriser le retour de l’interné au plus vite dans leur milieu naturel, grâce à une hospitalisation de courte durée. Depuis 1963, le travail psychiatrique est sectorisé. On commence à organiser les soins dans des centres de consultation de quartier. Ainsi, les premières tentatives alternatives apparaissent en Suisse. Des travailleurs sociaux poursuivent une critique des institutions et contribuent à la création et au fonctionnement de centres (qui se différencient des institutions récupératrices) qui ont pour but de venir en aide à toute personne en crise. Exemple&amp;amp;nbsp;: le centre Liotard à Genève, créé par le réseau d’alternative à la psychiatrie de Suisse romande. En janvier 1975 se tient le premier congrès d’alternative à la psychiatrie de secteur (Congrès de Bruxelles, auquel participe un groupe de Genève: il s’en est inspiré pour animer des débats au centre Liotard&amp;amp;nbsp;: recherche d’alternatives concrètes répondant aux besoins des malades. A Lausanne, le 24 janvier 1976, est créé un réseau alternatif à la psychiatrie pour la Suisse romande, dont l’un des membres actifs s’appelle Alain Riesen, du Centre Liotard. Une commission formée aussi bien de psychiatrisés que de soignants s’est alors formée. Elle a remis en question le pouvoir des soignants. Selon cette commission, le but d’une alternative au secteur doit être la prise en main progressive par le malade de ses propres difficultés. Suite à des tentatives d’internement forcé, des tracts ont circulé, dénonçant les abus du pouvoir psychiatrique. Dès ce moment-là, une prise de conscience s&#039;opère: le patient ne veut plus être manipulé, il ne veut plus être le cobaye, il ne veut plus être muselé par le pouvoir du médecin. Il veut choisir son mode de guérison, il veut être actif dans le processus de guérison. Il convient alors de faire en sorte que ce soit le patient qui choisisse ou non son hospitalisation. Effectivement, médecins, contestataires et familles se sont rendus compte de l&#039;importance du choix du malade dans sa propre guérison. A la fin des années 70, d&#039;autres mouvements anti-psychiatriques se répandent en Suisse et ailleurs: par exemple à la clinique de Bellelay, où son nouveau directeur a souhaité ouvrir les murs à son arrivée, et mettre à disposition des appartements protégés, voire même une maison de vacances pour ses patients. Le but était &amp;quot;que les malades puissent le plus possible avoir des contacts humains et une vie «&amp;amp;nbsp;normale&amp;amp;nbsp;» (TVB avril-mai 80). En Italie, Franco Basaglia, qui s’est appuyé entre autres sur les modèles de l’anti-psychiatrie anglaise et française pour mener sa lutte (Cooper, Lang, Foucault, Caxtel), s&#039;en est pris aux conditions de vie moyenâgeuses réservées aux malades mentaux. En quelques années, il démantèle l’asile et expérimente les premiers éléments de sa conception territoriale (et non plus institutionnelle) de la folie&amp;amp;nbsp;: le malade est soigné dans son milieu social&amp;amp;nbsp;» (TVB 10 octobre 80). Suite à la mort atroce d&#039;Alain Urban lors d&#039;une cure de sommeil forcé à la clinique de Bel-Air, l&#039;ADUPSY ainsi que l&#039;Association des Médecins Progressiste ont déployé maints efforts pour alerter l&#039;opinion publique à propos des agissements soupçonneux de la clinque en question. Leurs revedications ont porté sur la suppression des isolements, la priorité données aux instruments de soin ambulatoire, l&#039;augmentation des effectifs globaux du personnel soignant, etc. Ils expriment également leur soutien aux revendications concernant le droit des patients&amp;amp;nbsp;: «&amp;amp;nbsp;Le consentement du patient ou de son entourage immédiat doit toujours être recherché, dans la thérapeutique comme dans le recherche&amp;amp;nbsp;». &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Psychiatrie et anti-psychiatrie  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le mouvement d&#039;anti-psychiatrie qui &amp;quot;s&#039;oppose d&#039;abord et avant tout à une forme de monopole du savoir médical&amp;quot; ([[Bibliographie|Mannoni, 1970]], p. 9) dénonce l&#039;autorité &amp;quot;morale et policière&amp;quot; (Mannoni, 1970, p. 21) du psychiatre. Toutefois, psychiatres et partisants de l&#039;anti-psychiatrie s&#039;accorde sur le fait que &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;la société place le psychiatre dans une position ambiguë&amp;amp;nbsp;: il est au service d&#039;un patient dont il a à défendre les droits mais il se trouve également placé en position d&#039;auxiliaire de la police dans un programme d&#039;internement qui est un processus d&#039;obligation de soins&#039;&#039; (Mannoni, 1970, p. 168). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les réponses apportées par les uns et par les autres pour essayer de lever cette ambiguité sont toutefois différentes. Si l&#039;anti-psychiatrie cherche plutôt à démystifier &amp;quot;le rôle que la société fait jouer à la psychiatrie&amp;quot; (Mannoni, 1970, p.168), à créer des lieux où la maladie mentale pourrait être réintérrogée (allant même jusqu&#039;à nier la notion de maladie mentale (Mannoni, 1970, p. 175) et à s&#039;éloigner des conceptions scientiste, certains psychiatres cherchent à remettre sur le devant de la scène un discours scientifique. S&#039;ils reconnaissent un certain succès à l&#039;anti-psychiatrie &amp;quot;dans sa position de refus et de provocation&amp;quot; ([[Bibliographie|Barte, 1972]], p. 46), les solutions qu&#039;elles proposent ne les satisfont guère. Pour certains membres de ce corps médical, la maladie mentale doit être reconnue comme &#039;&#039;phénomène nature&#039;&#039;l ([[Bibliographie|Ey, 1972]], p. 53). &amp;quot;En faisant volatiliser dans le néan l&#039;objet même de la psychiatrie qu&#039;est le malade mental, l&#039;anti-psychiatrie nie la souffrance humaine, nie le drame authentiquement humain que vit chaque malade mental (Barte, 1972, p. 46). Pour défendre ces patients malades, &amp;quot;fous&amp;quot;, pour les réhabiliter, il est nécessaire de &amp;quot;passer par la reconnaissance même de la psychiatrie, science critique et autonome et qui ne peut se fonder que sur la notion de maladie mentale conçue ni comme simple maladie des organes, ni comme simple maladie psychique&amp;quot; ([[Bibliographie|Barte, 1972]], p.47). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La fonction du médicament dans l&#039;approche anti-psychiatrique  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;apparition de la médication au début des années 1960 permet d&#039;éviter l&#039;internement. Elle soutient le changement qui s’opère dans les pratiques et donne l&#039;impression de pouvoir faire quelque chose. Elle fait transparaître un espoir aussi bien pour les praticiens que pour les patients puisque grâce aux médicaments il y a une diminution des hospitalisations, une augmentation des prises en charge ambulatoires et une augmentation des consultations. L&#039;avancée de la médecine et l’essor de la psychopharmacologie permettent alors de développer de nouvelles perspectives thérapeutiques et de nouveaux défis comme le soutien au patient et à sa famille, la mise en place de nouvelles structures. Il s&#039;agit ainsi de &amp;quot;jeter un pont entre l&#039;hôpital et la ville&amp;quot; (CMS, 1963, 7ème année, n°2 &amp;quot;L’assistance psychiatrique). Cependant, les connaissances récentes sur les effets de la médication et les abus sur son utilisation sont également soulevés. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;anti-psychiatrie se veut aussi anti-thérapeutique, ce qui lui est&amp;amp;nbsp; vivement repproché par les anti anti-psychiatres. Selon ces derniers, les anti-psychiatres considèrent que &amp;quot;les traitements sont à proscire&amp;quot; ([[Bibliographie|Maurel, 1972]], p. 79). &amp;quot;Traiter, écrit Cooper, c&#039;est être intéressé à rendre le patient plus acceptable pour les autres...et lui faire manifester de moindre façon sa détresse&amp;quot; ([[Bibliographie|Maurel, 1972]], p. 79). Les anti anti-psychiatres militent pour une guérison grâce à des médicaments &#039;&#039;efficaces&#039;&#039; (au sens médical), selon des avis rapportés par les patients eux-mêmes. Selon les psychiatres opposés au courant anti-psychiatrique, ce-dernier vise &amp;quot;sans toujours l&#039;avouer à &amp;quot;soigner&amp;quot; clandestinement les &amp;quot;malades&amp;quot;&amp;quot; (Maurel, 1972, p.80), ce qui est selon Maurel et ses collègues, une contradiction.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L&#039;influence du concept de normalisation dans l&#039;anti-psychiatrie ==&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Cécilia Zuccone</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=La_d%C3%A9sinstitutionalisation_dans_le_champ_de_l%27%C3%A9ducation_sp%C3%A9ciale_1960-1980&amp;diff=8997</id>
		<title>La désinstitutionalisation dans le champ de l&#039;éducation spéciale 1960-1980</title>
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		<updated>2011-11-29T21:41:50Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Cécilia Zuccone : /* La désinstitutionalisation */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;== Introduction  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A l&#039;heure où l&#039;on peut constater de &amp;quot;nouvelles exclusions&amp;quot; au nom de la protection des citoyennes et des citoyens inquiétantes pour certains, car &amp;quot;ruinant ainsi des décennies d&#039;efforts de déségrégation, désexclusion, de &amp;quot;retour du schizophrène dans la cité&amp;quot; (Dr.Patrick Lemoine, Le mystère du nocebo, Paris. Odile Jacob, 2011, p.69), un certain nombre de questions se posent pour mieux comprendre l&#039;histoire de l&#039;éducation spéciale, à la fois politique (anti-psychiatrie, sectorisation), sociale et culturelle (intégration, normalisation, désinstitutionalisation, communauté de vie, communauté thérapeutique) dans les décennies des Trente glorieuses (1960-1990) pendant lesquelles a soufflé un vent de contestation des politiques institutionnelles. Un esprit contestataire a émergé en particulier dès les années 1970 (post soixante-huit) provoquant dans le champ de la prise en charge des personnes dites aujourd&#039;hui &amp;quot;à besoins particuliers&amp;quot; un élan de remise en question de l&#039;institution, du pouvoir des médecins, de la contrainte institutionnelle et médicamenteuse. Peu de travaux ont encore exploré ce champ, à Genève, sinon pour étudier l&#039;histoire de Mai 68 et du mouvement féministe. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La recherche proposée vise à mieux comprendre comment, à Genève, le champ de l&#039;éducation spéciale et celui de la psychiatrie a été touché par cette contestation. Elle fait suite à celle engagée en 2010 et 2011 sur l&#039;histoire de l&#039;intégration scolaire des enfants handicapés mentaux [[Pionniers de l&#039;intégration scolaire des enfants handicapés à Genève]] et La génération intégration 1970-1980: un slogan pour quelles réalités sociales? [[Article 2011]]. Les recherches précédentes ont montré à la fois la complexité des pratiques d&#039;intégration amenant souvent un écart entre discours et pratique, ainsi que les résistance à penser le handicap sans mettre un ligne de démarcation entre norme et hors norme, entre enfant éducable et non éducable, limite souvent mal définie et dépendante des représentations (malédiction du handicap). Au début des années 60 l&#039;intégration apparaît d&#039;abord pour les parents comme celle de leur enfant (jusque là à domicile) dans des institutions (qu&#039;il a fallu créer). Le Pavillon des Grand Bois à l&#039;hôpital psychiatrique de Bel-Air représentant encore une solution &amp;quot;intégratrice&amp;quot; pour les enfants les plus difficiles à éduquer et les moins autonomes. Le concept de [[Dictionnaire|normalisation]] vient s&#039;accoler à celui d&#039;intégration pour rapprocher toute déviance d&#039;une norme sociale (en terme d&#039;habitat, d&#039;activité, voire de comportements). Ainsi le milieu ouvert (comme Aigues-Verte par exemple) peut apparaître comme plus proche d&#039;une vie quotidenne &amp;quot;normale&amp;quot; et donc plus intégrant. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La [[Dictionnaire|désinstituionalisation]] qui fait l&#039;objet de cette nouvelle recherche est d&#039;abord issu des milieux de l&#039;anti-psychiatrie (et donc ni des association de parents ni des milieux pédagogiques); on peut apparenter idéologiquement ce mouvement anti-psychiatrique avec un objectif de normalisation dans le sens de rapprocher les personnes prises en charge de la vie quotidienne de tout un chacun. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi malgré des différences d&#039;application ces différents courant pourraient être affilier à celui libertaire qui a essaimé dans différent champ du social entre 1970 et 1990. C&#039;est dans une perspective de compréhension de l&#039;histoire des idées et des pratiques du mouvement anti-psychiatrique genevois que s&#039;inscrit cette recherche. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un premier temps, cette page d&#039;histoire sera située dans une &amp;quot;tradition&amp;quot;: d&#039;une part celle du traitement de la différence (notamment depuis les travaux des psycho-pédagogues du début du 20e siècle comme Alfred Binet à Paris, Edouard Claparède à Genève ou Ovide Decroly à Bruxelles); et d&#039;autre part dans une tentative dès les années vingt en Angleterre (voir Libre enfants de Summerhill), mais surtout pendant et dans l&#039;après deuxième guerre mondiale (voire les communautés d&#039;enfants victimes de la guerre), de multiplier les expériences de vie communautaire issue du scoutisme, des mouvements de jeunesse, de l&#039;éducation nouvelle et de l&#039;éducation internationaliste et pacifiste, des colonies de vacances et camps CEMEA, s&#039;opposant à une autre tradition hospitalière (couvent, Bon Pasteur, Hospice, institutions de prises en charge spécialisées). Ce faisant, nous dégagerons des signes précurseurs de &amp;quot;désinstitutionalisation&amp;quot; pour des structures plus petites, parfois médicalisées (les écoles de plein-air), mais avant tout proches de la nature et des besoins des individus. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un second temps, nous étudierons la période 1960-1980 laquelle a vu émerger un mouvement anti-psychiatrique (critique de l&#039;hôpital, du pouvoir médical, de la médicalisation à outrance et de la contrainte) pour une critique radicale visant le pouvoir institutionnel et entrainant des pratiques novatrices, lesquelles demande à être mieux étudiées&amp;amp;nbsp;: 1. dans leurs objectifs (désinstitutionalisation ou déshospitalisation versus sectorisation)? 2. dans le choix fait des traitements: médicaux (traitement ambulatoire) ou éducatif et thérapeutique? 3. dans l&#039;évaluation faite des populations concernées par une prise en charge alternative 4. dans le rôle joué par la psychanalyse comme alternative au traitement médicaux et comme modèle thérapeutique (notamment dans les communauté cf. film de Catherine Scheuchter) 5. dans le rôle donné aux familles et le poids qui leur est fait supporté (en terme financier, de responsabilité, de culpabilité,...) et en particulier à l&#039;égard des mères et des femmes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il s&#039;agira de mieux comprendre si l&#039;anti-psychiatrie est dans les années 1960-1980 une nouvelle manière de faire de la psychiatrie ou si est-elle une véritable contestation de l&#039;institution asilaire et si les modèles alternatifs proposés ne seraient pas sous couvert d&#039;idéologie libertaire une façon de baisser les coût de la santé en temps de crise. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour ce faire, nous avons travailler sur des articles et avec une bibliographie d&#039;ouvrages &amp;quot;classiques&amp;quot;, livres de références pour les acteurs/trices de la période considérées, puis nous avons dépouillés des revues professionnelles pour saisir les thématiques qui ont traversés alors le champs de la psychiatrie et de l&#039;éducation spécialisée; dans un second temps la recherche s&#039;est portée sur un fond d&#039;archives de l&#039;Association Les archives contestataire (fonds Alain Riesen/Schuller) dont un des donateurs d&#039;archives Alain Riesen est le fondateur de l&#039;Arcade 84 et militant de l&#039;anti-psychiatrie genevoise). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un troisième temps nous avons effectué un entretien vidéo (un plan fixe) afin de lui poser cinq questions issues de la recherche collective dans les archives et dans la littérature afin d&#039;avoir son témoignage sur l&#039;histoire de l&#039;anti-psychiatrie, de la désinstitutionalisation et des communautés thérapeutiques entre 1960 et 1980. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Revue de la littérature  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les revues professionnelles et contestataires entre 1970 et 1990  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un certains nombres de revues professionnelles ont été dépouillée pour la période 1970-1980. Soit Sauvegarde de l&#039;enfance, Déviance et Soicété,... &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Durant la période de 1970 à 1985, la revue &amp;quot;Sauvegarde de l&#039;enfance&amp;quot; n&#039;a publié aucune revue, voire même aucun article consacrés au thème de notre étude, à savoir la désinstitutionnalisation dans le champ de l&#039;éducation spéciale. Au premier abord on pourrait donc tirer la conclusion selon laquelle ce champ d&#039;étude ou ce mouvement n&#039;était que peu présent à cette époque. Toutefois, en se penchant davantage sur les sujets traités dans cette revue, on se rend compte que les auteurs de celle-ci n&#039;ont pas abordé la désinstitutionnalisation en tant que telle, mais l&#039;ont abordée par les effets qu&#039;elle a pu engendré à cette époque. Effectivement, on peut observer des thèmes comme la formation des éducateur en centre de jour ou en maison d&#039;accueil, la relation entre famille et société, l&#039;école ordinaire, l&#039;adolescence et la violence ou encore l&#039;aide sociale, autant de thèmes qui ont largement découlé de ce mouvement désinstitutionnel. Il est donc fort intéressant de se pencher sur les champs d&#039;action de ce type de revues, afin de mieux comprendre quel était le climat politique, les préoccupations, les tendances de la période qui nous intéresse. D&#039;ailleurs, nous retrouverons tout au long de cet article de nombreuses références aux thèmes traités par le revue &#039;&#039;Sauvegarde de l&#039;enfance&#039;&#039;.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Prémisses de critiques aux institutions traditionnelles  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Jusqu&#039;à la fin du XVIIIe siècle, les hôpitaux psychiatriques internaient une population bien différente de celle accueillie au XXe siècle. [[Bibliographie|Cléopâtre Montandon&amp;amp;nbsp;(1978)]]&amp;amp;nbsp; nous dévoile que les populations désignées comme relevant de l&#039;univers psychiatrique étaient très fortement liées à l&#039;univers carcéral. Effectivement, jusqu&#039;au XVIIIe siècle, les criminels étaient considérés comme &amp;quot;fous&amp;quot; ou &amp;quot;aliénés&amp;quot; et se voyaient enfermés, voire même enchaînés dans des &amp;quot;maisons de discipline&amp;quot; ou dans des &amp;quot;hôpitaux pour fous&amp;quot;. A cette époque, seule la justice décidait du lieu d&#039;incarcération des individus criminels. Peu à peu, des distinctions se sont faites pour montrer que certains criminels aliénés relevaient davantage de la psychiatrie, et se définissaient essentiellement par une responsabilité restreinte et une santé mentale défaillante. Ce sont alors ces personnes, désignées comme ne pouvant accomplir leur rôle social, que les hôpitaux psychiatriques ont admis dans leurs locaux. Pour décider et justifier ces internements, la justice ne pouvait agir seule. &amp;quot;Ce n&#039;est qu&#039;à partir de 1936 que l&#039;autorisation d&#039;un internement est délivré sur vue d&#039;un certificat médical par le Département de la prévoyance sociale et de la santé publique&amp;quot;. Ainsi, on voit combien la société évolue en définissant clairement et sur preuves médicales qui peut être &#039;&#039;placé&#039;&#039; en hôpital psychiatrique. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On peut également noter que les préoccupations principales de la période du XVIIIe au début du XXe siècle se restreignaient principalement à la sécurité, et de fait au &#039;&#039;placement&#039;&#039; de ces personnes. Où pouvait-on mettre physiquement ces personnes différentes pour qu&#039;elles ne nuisent pas à la société? Que pouvait-on faire d&#039;elles? Qui pouvait s&#039;en occuper? Que faire avec ces personnes? On observe dès lors que, pendant plusieurs siècles, ces personnes étaient enfermées, dénuées de tous sens, de toute sensibilité, et de toute éducation, en recevant néanmoins de plus en plus de médicaments censés les calmer ou les soigner. Il faudra alors attendre la fin du XIXe siècle pour entrevoir un forme d&#039;éducation de ces personnes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans son article, &amp;quot;La naissance de l&#039;institutions pour aliénés&amp;quot; à Genève au 19e siècle, Alain Riesen montre que la problématique de l&#039;internement .... &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au début du XXe siècle, Binet et Simon (1907)&amp;amp;nbsp; &#039;&#039;donnent une nouvelle forme cognitive de l&#039;éducation spéciale qui perdurera au moins jusqu&#039;au années 1960&#039;&#039; ([[Bibliographie|Chauvière et Plaisance, 2003, p. 32]]).&amp;amp;nbsp; A cette époque là, on distinguait les arriérés d&#039;asiles, non éducables et à laisser entre les mains des médecins, des arriérés d&#039;école. Ainsi, des institutions apparurent en servant d&#039;intermédiaire entre l&#039;hôpital et la classe ordinaire. Dans ces premières institutions, la pédagogie était &#039;&#039;inspirée par l&#039;atelier, c&#039;est-à-dire guidée par la mise en oeuvre de travaux manuels et d&#039;exercices pratiques &#039;&#039;([[Bibliographie|Chauvière et Plaisance, 2003, p. 33]]). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dès les années 1960,&amp;amp;nbsp; de nombreuses institutions privées pour enfants handicapés ou en difficultés se développent, majoritairement sous l&#039;impulsion d&#039;associations de parents. Ces derniers ont été amenés à &#039;&#039;créer et à gérer des institutions de type médico-éducatif&#039;&#039; &#039;&#039;pour éviter à leurs enfants d&#039;être relégués dans des services d&#039;hôpitaux psychiatriques ou d&#039;être seulement en survie à leur domicile&#039;&#039; (Chauvière er Plaisance, 2003, p.35). Aujourd&#039;hui, les institutions, à Genève, semblent toujours être un peu sur le même modèle, celui de &amp;quot;l&#039;alliance&amp;quot; entre le médical et le pédagogique (qui regroupe aussi l&#039;aspect éducatif). Si on ne cherche peut-être plus à éviter aux élèves la reléguation en psychiatrie, on les place dans des lieux parfois hors de tout cursus ordinaire et loin de la norme. Ce qui questionne enfin sur qu&#039;est-ce que la normalisation? Et où mettre la limite à une vie comme tout le monde avec un handicap: la liberté (permissivité, autonomie) des années 1970 a-t-elle fait l&#039;impasse sur la souffrance des individus face aux exigences thérapeutiques et pédagogiques? La communauté d&#039;enfants (pédagogique, institutionnelle, thérapeutique) est-elle un modèle &amp;quot;utile&amp;quot; en temps de crise des institutions: peu coûteux, demandant un engagement au quotidien (vie quotidienne) du collectif pédagogique et thérapeutique (donc assurant un &amp;quot;contrôle social&amp;quot; maximal), ....&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La communauté: un modèle alternatif à l&#039;institution fermée  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des «&amp;amp;nbsp;communautés thérapeutiques&amp;amp;nbsp;» ont été créées en réaction aux enfermements asilaires prônés jusque-là mais qui commençaient à être pointés du doigt, car considérés comme déshumanisants. Bien que créées tout d&#039;abord pour répondre aux phénomènes de dépendances (toxicomanies, par exemple), on trouve, dès la fin des années 60, des communautés thérapeutiques en Angleterre, en France, en Suisse et au Québec, destinées au secteur de la psychiatrie. Avec la naissance de ces communautés thérapeutiques, une nouvelle approche de la psychose en-dehors des lieux de soins traditionnels s&#039;est développée (Schatzman, 1969; Barnes et Berke, 1973; Fabre, 1978; Lecomte et Tourigny, 1983a). Leur but est de créer un milieu &amp;quot;naturel&amp;quot;, en reconstituant les structures d’une «&amp;amp;nbsp;macro famille&amp;amp;nbsp;» ou d’une «&amp;amp;nbsp;mini société&amp;amp;nbsp;», plus rassurantes : on trouve par exemple la Communauté des Sablons, (Maison d&#039;enfants à caractère social et familial (76270 Saint-Saire), ou, en Suisse, le foyer de Tavel qui a vécu cinq ans (1975-1980). Dans le film de Catherine Scheuchzer, «&amp;amp;nbsp;Dans l’aventure du non, la parole&amp;amp;nbsp;», (tourné à Boulens, dans la campagne vaudoise, dans les années 70 ), on découvre, dans un décor post soixante huitard, très simplement, dans un rythme extrêmement lent, des adultes et des enfants en interaction, «&amp;amp;nbsp;comme dans la vraie vie&amp;amp;nbsp;». Cette expérience est décrite comme «&amp;amp;nbsp;une véritable expérience d’éveil à la vie&amp;amp;nbsp;», qui «&amp;amp;nbsp;prend le contre-pied du placement en institution psychiatrique&amp;amp;nbsp;» (L’Est vaudois, 19.11.92). Plutôt que de considérer cette population d&#039;enfants, comme on le faisait en asile, comme des fous, murés dans leur silence, leurs excentricités, on veut les considérer comme des partenaires, des interlocuteurs. Le but est effectivement de les faire participer au quotidien d’une maisonnée, plutôt que de créer des ateliers protégés artificiels. De la sorte, ils sont poussés à se dépasser, à faire des expériences par eux-mêmes, sans avoir nécessairement recours au soutien d’un adulte. Il semble qu&#039;à cette époque, cette nouvelle façon de considérer les enfants autistes comme étant capables d’autonomie, capables d’agir, ait apporté un peu d’humanité dans leur prise en charge. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;enfant&amp;amp;nbsp; ainsi placé dans une communauté thérapeutique vaudoise est-il plus &amp;quot;intégré&amp;quot; que s&#039;il était dans une institution considérée par ces acteurs alternatifs du &amp;quot;système&amp;quot; comme un ghetto? Il en va de même avec le terme désinstitutionalisation? Qu&#039;est-ce que l&#039;institution? Il y en a des &amp;quot;bonnes&amp;quot; (maternantes, enveloppantes, naturelles...) et de &amp;quot;mauvaises&amp;quot; (contraignantes, mortifères) (sur ce point les travaux de Fernand Oury puis de Jacques Pain mériteraient qu&#039;on s&#039;y attache (voir la psychothérapie institutionnelle sur le site de Jacques Pain: http://www.jacques-pain.fr).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La désinstitutionalisation  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon des sources internet, le mouvement de désinstitutionalisation semble avoir débuté vers 1960 (même s’il semble qu’il y ait eu un prélude à la désinstitutionnalisation au début du 19e siècle (L’Institut universitaire en santé mentale de Québec par exemple - La désinstitutionnalisation, http://caringminds.ca/index.php?option=com_content&amp;amp;amp;view=article&amp;amp;amp;id=62&amp;amp;amp;Itemid=43&amp;amp;amp;lang=fr&amp;amp;amp;limitstart=7). Certains observent le début de ce mouvement en Scandinavie, d’autres au Québec. Dans tous les cas, il s’agit d’un mouvement d&#039;ouverture vers la communauté, d’une volonté de «normalisation»[[Normalisation]] &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le mouvement de désinstitutionnalisation s&#039;appuie avant tout sur une philosophie qui met l&#039;accent sur les droits et les libertés des individus, et elle vise à humaniser les soins de santé mentale. ([http://agora-2.org/thematiques/inaptitude.nsf/Dossiers/Desinstitutionnalisation Encyclopédie de l’Agora]). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;horreur suscitée par les politiques nazies du meurtre eugénique des malades psychiatriques et les camps de concentration pendant la Seconde guerre mondiale, ont attirer l’attention sur les pratiques «&amp;amp;nbsp;déshumanisantes&amp;amp;nbsp;» dans les soins psychiatriques en santé mentale, (séquestration, mauvais traitements en tout genre, manque de formation des professionnels). (Voir [http://id.erudit.org/iderudit/032417ar Martin, 1984 et Claire Henderson et Graham Thornicroft], Santé mentale au Québec, vol. 22, n° 2, 1997, p. 88-114. ) Les années d’après-guerre ont vu un accroissement de l’intérêt porté à l’institution comme objet d’étude. Certains auteurs parlent de l’institution comme étant «&amp;amp;nbsp;névrosante&amp;amp;nbsp;», «&amp;amp;nbsp;façonnant et codifiant les gens dans le rôle de patient psychiatrique&amp;amp;nbsp;» (Goffman (1961). On observe dans les années 60 une disparition du personnel religieux des hôpitaux. Naît alors une nouvelle conception de l’individu, une évolution des attitudes envers le malade&amp;amp;nbsp;; on veut le sortir des murs de l’asile psychiatrique. On commence à parler, à cette époque, du «&amp;amp;nbsp;droit de la personne&amp;amp;nbsp;». Des idéaux humanitaires amènent à une nouvelle vision de la maladie mentale. Il semble que ce mouvement de désinstitutionnalisation soit lié aussi à l’apparition des pratiques de pharmacopée. «&amp;amp;nbsp;Ces nouveaux médicaments permettaient de calmer les malades agités, délirants, hallucinés et ainsi permettre d&#039;envisager et de généraliser des traitements psychiques dans des conditions plus réalistes ou encore, lorsque c&#039;était possible, d&#039;envisager un retour au domicile ou dans des structures intermédiaires&amp;amp;nbsp;».([http://fr.wikipedia.org/wiki/Psychiatrie déf. du mot «&amp;amp;nbsp;psychiatrie&amp;amp;nbsp;»]). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On a le désir de «normaliser&amp;amp;nbsp;» leurs conditions de vie. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les années 60, la personne «&amp;amp;nbsp;déficiente intellectuellement&amp;amp;nbsp;» est encore considérée comme une «&amp;amp;nbsp;malade&amp;amp;nbsp;». Mais on ne considère plus le malade mental comme un malade incurable, mais comme un sujet pouvant être aidé, guéri. On met en avant le fait que la maladie mentale ne nécessite pas forcément une hospitalisation, et qu’elle doit être considérée comme une autre maladie. On externalise, on invente la psychiatrie de secteurs, on commence à intégrer des services pour les malades mentaux dans des hôpitaux ou cliniques. On évite ainsi la stigmatisation des malades mentaux placés pour de longues périodes en asile psychiatrique, et on leur évite la perte de leurs facultés leur permettant de se réintégrer dans la société. On redonne alors un rôle à la communauté, on redonne des responsabilités aux familles. On se met à s’intéresser davantage au patient qu’à sa maladie. ([http://www.promentesana.org/upload/application/trimes_43.pdf in Lettre trimestrielle de l’association romande Pro Mente Sana])&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme il l&#039;a déjà été dit, la désinstitutionalisation a permis aux personnes présentant des troubles psychiatriques de sortir de ce milieu assimilé pendant de nombreuses années, au milieu carcéral. Mais une fois &amp;quot;libéré&amp;quot; où vont ces personnes? A ce sujet,&amp;amp;nbsp; [[Bibliographie|N. Carpentier (2001)]] affirme dans son article que 60 à 70&amp;amp;nbsp;% des patients retournent dans leur famille après l’hospitalisation. Plusieurs articles ont démontré que l&#039;arrivée d&#039;un malade dans une famille, avait de lourde conséquence sur celle-ci. Avant d’en venir aux conséquences, il me semble nécessaire de revenir sur la représentation des professionnels, sur les familles des patients. Pour cela, il est intéressant de revenir sur l&#039;évolution de la vision des professionnels sur la famille. C&#039;est-à-dire comment la famille, alors qu&#039;elle était considérée comme coupable de la maladie de l&#039;un de ses membre, est devenue un partenaire idéal?&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour développer ceci, revenons tout d&#039;abord au début du XXème siècle. A cette époque, la famille était considérée comme étant la cause de la maladie de leur enfant. En d’autres termes, les professionnels affirmaient que la maladie mentale était un problème génétique, qui était donc héritée de plusieurs générations antérieures. Ensuite, les années cinquantes ont apportées un premier renversement dans la vision des familles, sur la maladie de leur enfant. En effet, la famille était vu comme étant un «&amp;amp;nbsp;système réagissant aux troubles mentaux de l’un de ses membres, plutôt qu’en tant que système causant des désordres psychiques&amp;amp;nbsp;» (Carpentier,2001,p.84). Ce changement de perspective est en lien avec l’arrivée d’une politique qui favorise les hospitalisations de courte durée. En d’autres termes, les familles commencent à être perçues comme une solution aux changements politiques.&amp;amp;nbsp; Continuons à présent avec les années soixante. Dans ces années, la psychiatrie, adopte une vision plutôt basée sur la communauté. Ce changement, va être très favorable pour les familles, puisqu’il permet aux familles de&amp;amp;nbsp; se déresponsabiliser des troubles mentaux. Ainsi, toujours selon Carpentier, à cette époque «&amp;amp;nbsp;les désordres psychiques [doivent être étudiés] sous l’angle de l’isolement social, des désavantages sociaux, puis selon la présence de stresseurs sociaux et économique&amp;amp;nbsp;»( p.89) . &amp;lt;br&amp;gt;Ainsi, au fur et à mesure que le mouvement de désinstitutionalisation se met en place, les politiciens et les professionnels considèrent la famille comme étant une solution au problème. En effet, la famille est perçue comme «&amp;amp;nbsp;une source privilégiée de soutien émotionnel et social ainsi que comme place de choix pour relocaliser le patient psychiatrique.&amp;amp;nbsp;» (Carpentier,2001,p.91) &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Jusqu&#039;à présent, nous avons relevé l&#039;évolution de la perception de la famille aux yeux des professionnels. Mais comment la famille voit-elle ce changement? A ce sujet, [[Bibliographie|R. Therrien (1990)]] affirme que sur le plan économique et émotionnel, la désinstitutionnalisation demande beaucoup aux familles, surtout au femmes. En effet, toujours selon R.Therrien, avoir quelqu&#039;un ayant des problèmes mentaux à la maison provoque beaucoup de stress chez les familles. Dans certaines familles, un malade peut devenir un véritable &amp;quot;fardeau&amp;quot;, puisque celui-ci impose beaucoup de contraintes. Effectivement, avoir un malade à la maison peut avoir plusieurs conséquence, comme le fait de ne plus avoir nos loisirs habituels, pouvoir sortir avec nos amis, par peur d&#039;être jugé, ou encore avoir des problèmes avec nos voisins, car les comportment de notre enfant, ou mari dérange. Tous ces problèmes ont un impacte très fort sur la famille d&#039;autant plus qu&#039;elle n&#039;est pas aidée, ni reconnue pour tout ce qu&#039;elle fait pour le malade. &amp;amp;nbsp; &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L&#039;élan contestataire des années 70 à Genève  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En Suisse un même mouvement historique a été observé. Selon le médecin Christian Monney, on y a dénoncé les mêmes agissements qu’ailleurs&amp;amp;nbsp;: enfermement, répression, qui étaient là non pour aider le malade, mais pour protéger l’ordre public. On y mêlait, écrit-il, infirmes, orphelins, indigents et fous… (Dr Christian MONNEY, 1999, à l’occasion des 100 ans de l’Hôpital de Malévoz). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Or, dès 1965, des consultations ambulatoires sont créées et les séjours hospitaliers peuvent ainsi se raccourcir. Les moyens de contention sont contestés. Des établissements médico-éducatifs apparaissent, comme [http://www.castalie.ch/home.php?include=textes&amp;amp;lng=1&amp;amp;id=18&amp;amp;idmenu=14 la Castalie en Valais], grâce au Dr Rey-Belley, en 1972 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Genève, l&#039;élan contestataire débute lorsque Julian de Ajuriaguerra est nommé directeur de Bel-Air en 1959. C&#039;est donc à ce moment-là que le mouvement de désinstitutionnalisation naît. En effet, on commence à critiquer les asiles et à vouloir modifier le fonctionnement de l&#039;hôpital psychiatrique. Les patients psychiatriques commencent à bénéficier des mêmes droits que les patients non-psychiatriques. Ensuite, pendant les années 70-80, cet élan continue avec la volonté de baser les soins sur des approches psychotérapeutiques.[[Bibliographie|Rey-Bellet, Bardet Blochet, Ferrero, 2010, p.90-95]] &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L&#039;anti-psychiatrie: une nouvelle politique de la prise en charge  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les années 60, Michel Foucault a tenté d&#039;amorcer &amp;quot;un dialogue entre la psychiatrie et ses sujets&amp;quot; ([[Bibliographie|Rose, 2006, p.113]]) et dès 1971 avec la sortie de son ouvrage sur les prisons c&#039;est à la critique de l&#039;univers carcéral et des rapports de pouvoir qu&#039;il s&#039;attelle (Surveiller et punir, 1971). Ces critiques, plus tard regroupées sous le nom d&#039;antipsychiatrie visaient à remettre en question &amp;quot;la manière dont le pouvoir du médecin était impliqué dans la vérité de ce qu&#039;il disait et, inversement, la manière dont celle-ci pouvait être fabriquée et compromise par son pouvoir ([[Bibliographie|Rose, 2006, p.120-121]]). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;institution comme lieu d&#039;exclusion est mise à mal par une volonté de certains de supprimer ces lieux de contrainte, pour une vie libre dans la Cité (sectorisation) ou dans des communauté thérapeutiques (de préférence à la campagne) partant du présupposé que les conditions de vie des personnes sont déterminantes dans leur état de santé (avant même tout diagnostic). Par ailleurs, dans ces années-là, la vie quotidienne devient un objet d&#039;étude (la sociologie de la vie quotidienne), terreau de multiples expériences pédagogiques et thérapeutiques. Le slogan &amp;quot;La liberté est thérapeutique&amp;quot; s&#039;allie à une critique de la contrainte médicamenteuse et des pratiques de contention psychiatrique: elle donne ainsi une place à de nouvelles formes d&#039;&amp;quot;éducation spéciale&amp;quot; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Symptôme de ce changement le terme d&#039;&amp;quot;usagers&amp;quot; vient reléguer celui de &amp;quot;patients&amp;quot; donnant un nouveau statut aux personnes, écorchant ainsi le sacro saint pouvoir des médecins et des directions des institutions. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dès les années 70, le journal mensuel &amp;quot;Tout Va Bien&amp;quot; a consacré de nombreuses pages et numéros à la question de l&#039;anti-psychiatrie. Dès 1973, un groupe d’enquête s’est constitué pour dénoncer une certaine violence et certains abus de pouvoir au sein des asiles psychiatriques. Leur volonté était de déterritorialiser la psychiatrie. «&amp;amp;nbsp;La psychiatrie, c’est l’affaire de tout le monde&amp;amp;nbsp;». Ils voulaient faire exploser la loi du silence qui régnait dans ces lieux. Ils ont voulu dénoncer les rapports de pouvoir sévissant à l&#039;intérieur des murs psychiatriques, la soumission du malade à l’infirmier, la soumission de l’infirmier au médecin, la soumission du médecin aux pouvoirs de l’administrateur bailleur de fonds. Selon ce journal, le mouvement anti-psychiatrique serait né au début des années 60: La clinique psychiatrique de Bel Air, créé en 1900, a commencé à créer des pavillons ouverts avec l’arrivée de son nouveau directeur en 1959, Julian Ajuriaguerra. Son intention était de favoriser le retour de l’interné au plus vite dans leur milieu naturel, grâce à une hospitalisation de courte durée. Depuis 1963, le travail psychiatrique est sectorisé. On commence à organiser les soins dans des centres de consultation de quartier. Ainsi, les premières tentatives alternatives apparaissent en Suisse. Des travailleurs sociaux poursuivent une critique des institutions et contribuent à la création et au fonctionnement de centres (qui se différencient des institutions récupératrices) qui ont pour but de venir en aide à toute personne en crise. Exemple&amp;amp;nbsp;: le centre Liotard à Genève, créé par le réseau d’alternative à la psychiatrie de Suisse romande. En janvier 1975 se tient le premier congrès d’alternative à la psychiatrie de secteur (Congrès de Bruxelles, auquel participe un groupe de Genève: il s’en est inspiré pour animer des débats au centre Liotard&amp;amp;nbsp;: recherche d’alternatives concrètes répondant aux besoins des malades. A Lausanne, le 24 janvier 1976, est créé un réseau alternatif à la psychiatrie pour la Suisse romande, dont l’un des membres actifs s’appelle Alain Riesen, du Centre Liotard. Une commission formée aussi bien de psychiatrisés que de soignants s’est alors formée. Elle a remis en question le pouvoir des soignants. Selon cette commission, le but d’une alternative au secteur doit être la prise en main progressive par le malade de ses propres difficultés. Suite à des tentatives d’internement forcé, des tracts ont circulé, dénonçant les abus du pouvoir psychiatrique. Dès ce moment-là, une prise de conscience s&#039;opère: le patient ne veut plus être manipulé, il ne veut plus être le cobaye, il ne veut plus être muselé par le pouvoir du médecin. Il veut choisir son mode de guérison, il veut être actif dans le processus de guérison. Il convient alors de faire en sorte que ce soit le patient qui choisisse ou non son hospitalisation. Effectivement, médecins, contestataires et familles se sont rendus compte de l&#039;importance du choix du malade dans sa propre guérison. A la fin des années 70, d&#039;autres mouvements anti-psychiatriques se répandent en Suisse et ailleurs: par exemple à la clinique de Bellelay, où son nouveau directeur a souhaité ouvrir les murs à son arrivée, et mettre à disposition des appartements protégés, voire même une maison de vacances pour ses patients. Le but était &amp;quot;que les malades puissent le plus possible avoir des contacts humains et une vie «&amp;amp;nbsp;normale&amp;amp;nbsp;» (TVB avril-mai 80). En Italie, Franco Basaglia, qui s’est appuyé entre autres sur les modèles de l’anti-psychiatrie anglaise et française pour mener sa lutte (Cooper, Lang, Foucault, Caxtel), s&#039;en est pris aux conditions de vie moyenâgeuses réservées aux malades mentaux. En quelques années, il démantèle l’asile et expérimente les premiers éléments de sa conception territoriale (et non plus institutionnelle) de la folie&amp;amp;nbsp;: le malade est soigné dans son milieu social&amp;amp;nbsp;» (TVB 10 octobre 80). Suite à la mort atroce d&#039;Alain Urban lors d&#039;une cure de sommeil forcé à la clinique de Bel-Air, l&#039;ADUPSY ainsi que l&#039;Association des Médecins Progressiste ont déployé maints efforts pour alerter l&#039;opinion publique à propos des agissements soupçonneux de la clinque en question. Leurs revedications ont porté sur la suppression des isolements, la priorité données aux instruments de soin ambulatoire, l&#039;augmentation des effectifs globaux du personnel soignant, etc. Ils expriment également leur soutien aux revendications concernant le droit des patients&amp;amp;nbsp;: «&amp;amp;nbsp;Le consentement du patient ou de son entourage immédiat doit toujours être recherché, dans la thérapeutique comme dans le recherche&amp;amp;nbsp;». &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Psychiatrie et anti-psychiatrie  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le mouvement d&#039;anti-psychiatrie qui &amp;quot;s&#039;oppose d&#039;abord et avant tout à une forme de monopole du savoir médical&amp;quot; ([[Bibliographie|Mannoni, 1970]], p. 9) dénonce l&#039;autorité &amp;quot;morale et policière&amp;quot; (Mannoni, 1970, p. 21) du psychiatre. Toutefois, psychiatres et partisants de l&#039;anti-psychiatrie s&#039;accorde sur le fait que &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;la société place le psychiatre dans une position ambiguë&amp;amp;nbsp;: il est au service d&#039;un patient dont il a à défendre les droits mais il se trouve également placé en position d&#039;auxiliaire de la police dans un programme d&#039;internement qui est un processus d&#039;obligation de soins&#039;&#039; (Mannoni, 1970, p. 168). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les réponses apportées par les uns et par les autres pour essayer de lever cette ambiguité sont toutefois différentes. Si l&#039;anti-psychiatrie cherche plutôt à démystifier &amp;quot;le rôle que la société fait jouer à la psychiatrie&amp;quot; (Mannoni, 1970, p.168), à créer des lieux où la maladie mentale pourrait être réintérrogée (allant même jusqu&#039;à nier la notion de maladie mentale (Mannoni, 1970, p. 175) et à s&#039;éloigner des conceptions scientiste, certains psychiatres cherchent à remettre sur le devant de la scène un discours scientifique. S&#039;ils reconnaissent un certain succès à l&#039;anti-psychiatrie &amp;quot;dans sa position de refus et de provocation&amp;quot; ([[Bibliographie|Barte, 1972]], p. 46), les solutions qu&#039;elles proposent ne les satisfont guère. Pour certains membres de ce corps médical, la maladie mentale doit être reconnue comme &#039;&#039;phénomène nature&#039;&#039;l ([[Bibliographie|Ey, 1972]], p. 53). &amp;quot;En faisant volatiliser dans le néan l&#039;objet même de la psychiatrie qu&#039;est le malade mental, l&#039;anti-psychiatrie nie la souffrance humaine, nie le drame authentiquement humain que vit chaque malade mental (Barte, 1972, p. 46). Pour défendre ces patients malades, &amp;quot;fous&amp;quot;, pour les réhabiliter, il est nécessaire de &amp;quot;passer par la reconnaissance même de la psychiatrie, science critique et autonome et qui ne peut se fonder que sur la notion de maladie mentale conçue ni comme simple maladie des organes, ni comme simple maladie psychique&amp;quot; ([[Bibliographie|Barte, 1972]], p.47). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La fonction du médicament dans l&#039;approche anti-psychiatrique  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;apparition de la médication au début des années 1960 permet d&#039;éviter l&#039;internement. Elle soutient le changement qui s’opère dans les pratiques et donne l&#039;impression de pouvoir faire quelque chose. Elle fait transparaître un espoir aussi bien pour les praticiens que pour les patients puisque grâce aux médicaments il y a une diminution des hospitalisations, une augmentation des prises en charge ambulatoires et une augmentation des consultations. L&#039;avancée de la médecine et l’essor de la psychopharmacologie permettent alors de développer de nouvelles perspectives thérapeutiques et de nouveaux défis comme le soutien au patient et à sa famille, la mise en place de nouvelles structures. Il s&#039;agit ainsi de &amp;quot;jeter un pont entre l&#039;hôpital et la ville&amp;quot; (CMS, 1963, 7ème année, n°2 &amp;quot;L’assistance psychiatrique). Cependant, les connaissances récentes sur les effets de la médication et les abus sur son utilisation sont également soulevés. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;anti-psychiatrie se veut aussi anti-thérapeutique, ce qui lui est repproché par les anti anti-psychiatres. Selon ces derniers, les anti-psychiatres considèrent que &amp;quot;les traitements sont à proscire&amp;quot; ([[Bibliographie|Maurel, 1972]], p. 79). &amp;quot;Traiter, écrit Cooper, c&#039;est être intéressé à rendre le patient plus acceptable pour les autres...et lui faire manifester de moindre façon sa détresse&amp;quot; ([[Bibliographie|Maurel, 1972]], p. 79).&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L&#039;influence du concept de normalisation dans l&#039;anti-psychiatrie ==&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Cécilia Zuccone</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=La_d%C3%A9sinstitutionalisation_dans_le_champ_de_l%27%C3%A9ducation_sp%C3%A9ciale_1960-1980&amp;diff=8996</id>
		<title>La désinstitutionalisation dans le champ de l&#039;éducation spéciale 1960-1980</title>
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		<updated>2011-11-29T21:30:20Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Cécilia Zuccone : /* La désinstitutionalisation */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;== Introduction  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A l&#039;heure où l&#039;on peut constater de &amp;quot;nouvelles exclusions&amp;quot; au nom de la protection des citoyennes et des citoyens inquiétantes pour certains, car &amp;quot;ruinant ainsi des décennies d&#039;efforts de déségrégation, désexclusion, de &amp;quot;retour du schizophrène dans la cité&amp;quot; (Dr.Patrick Lemoine, Le mystère du nocebo, Paris. Odile Jacob, 2011, p.69), un certain nombre de questions se posent pour mieux comprendre l&#039;histoire de l&#039;éducation spéciale, à la fois politique (anti-psychiatrie, sectorisation), sociale et culturelle (intégration, normalisation, désinstitutionalisation, communauté de vie, communauté thérapeutique) dans les décennies des Trente glorieuses (1960-1990) pendant lesquelles a soufflé un vent de contestation des politiques institutionnelles. Un esprit contestataire a émergé en particulier dès les années 1970 (post soixante-huit) provoquant dans le champ de la prise en charge des personnes dites aujourd&#039;hui &amp;quot;à besoins particuliers&amp;quot; un élan de remise en question de l&#039;institution, du pouvoir des médecins, de la contrainte institutionnelle et médicamenteuse. Peu de travaux ont encore exploré ce champ, à Genève, sinon pour étudier l&#039;histoire de Mai 68 et du mouvement féministe. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La recherche proposée vise à mieux comprendre comment, à Genève, le champ de l&#039;éducation spéciale et celui de la psychiatrie a été touché par cette contestation. Elle fait suite à celle engagée en 2010 et 2011 sur l&#039;histoire de l&#039;intégration scolaire des enfants handicapés mentaux [[Pionniers de l&#039;intégration scolaire des enfants handicapés à Genève]] et La génération intégration 1970-1980: un slogan pour quelles réalités sociales? [[Article 2011]]. Les recherches précédentes ont montré à la fois la complexité des pratiques d&#039;intégration amenant souvent un écart entre discours et pratique, ainsi que les résistance à penser le handicap sans mettre un ligne de démarcation entre norme et hors norme, entre enfant éducable et non éducable, limite souvent mal définie et dépendante des représentations (malédiction du handicap). Au début des années 60 l&#039;intégration apparaît d&#039;abord pour les parents comme celle de leur enfant (jusque là à domicile) dans des institutions (qu&#039;il a fallu créer). Le Pavillon des Grand Bois à l&#039;hôpital psychiatrique de Bel-Air représentant encore une solution &amp;quot;intégratrice&amp;quot; pour les enfants les plus difficiles à éduquer et les moins autonomes. Le concept de [[Dictionnaire|normalisation]] vient s&#039;accoler à celui d&#039;intégration pour rapprocher toute déviance d&#039;une norme sociale (en terme d&#039;habitat, d&#039;activité, voire de comportements). Ainsi le milieu ouvert (comme Aigues-Verte par exemple) peut apparaître comme plus proche d&#039;une vie quotidenne &amp;quot;normale&amp;quot; et donc plus intégrant. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La [[Dictionnaire|désinstituionalisation]] qui fait l&#039;objet de cette nouvelle recherche est d&#039;abord issu des milieux de l&#039;anti-psychiatrie (et donc ni des association de parents ni des milieux pédagogiques); on peut apparenter idéologiquement ce mouvement anti-psychiatrique avec un objectif de normalisation dans le sens de rapprocher les personnes prises en charge de la vie quotidienne de tout un chacun. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi malgré des différences d&#039;application ces différents courant pourraient être affilier à celui libertaire qui a essaimé dans différent champ du social entre 1970 et 1990. C&#039;est dans une perspective de compréhension de l&#039;histoire des idées et des pratiques du mouvement anti-psychiatrique genevois que s&#039;inscrit cette recherche. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un premier temps, cette page d&#039;histoire sera située dans une &amp;quot;tradition&amp;quot;: d&#039;une part celle du traitement de la différence (notamment depuis les travaux des psycho-pédagogues du début du 20e siècle comme Alfred Binet à Paris, Edouard Claparède à Genève ou Ovide Decroly à Bruxelles); et d&#039;autre part dans une tentative dès les années vingt en Angleterre (voir Libre enfants de Summerhill), mais surtout pendant et dans l&#039;après deuxième guerre mondiale (voire les communautés d&#039;enfants victimes de la guerre), de multiplier les expériences de vie communautaire issue du scoutisme, des mouvements de jeunesse, de l&#039;éducation nouvelle et de l&#039;éducation internationaliste et pacifiste, des colonies de vacances et camps CEMEA, s&#039;opposant à une autre tradition hospitalière (couvent, Bon Pasteur, Hospice, institutions de prises en charge spécialisées). Ce faisant, nous dégagerons des signes précurseurs de &amp;quot;désinstitutionalisation&amp;quot; pour des structures plus petites, parfois médicalisées (les écoles de plein-air), mais avant tout proches de la nature et des besoins des individus. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un second temps, nous étudierons la période 1960-1980 laquelle a vu émerger un mouvement anti-psychiatrique (critique de l&#039;hôpital, du pouvoir médical, de la médicalisation à outrance et de la contrainte) pour une critique radicale visant le pouvoir institutionnel et entrainant des pratiques novatrices, lesquelles demande à être mieux étudiées&amp;amp;nbsp;: 1. dans leurs objectifs (désinstitutionalisation ou déshospitalisation versus sectorisation)? 2. dans le choix fait des traitements: médicaux (traitement ambulatoire) ou éducatif et thérapeutique? 3. dans l&#039;évaluation faite des populations concernées par une prise en charge alternative 4. dans le rôle joué par la psychanalyse comme alternative au traitement médicaux et comme modèle thérapeutique (notamment dans les communauté cf. film de Catherine Scheuchter) 5. dans le rôle donné aux familles et le poids qui leur est fait supporté (en terme financier, de responsabilité, de culpabilité,...) et en particulier à l&#039;égard des mères et des femmes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il s&#039;agira de mieux comprendre si l&#039;anti-psychiatrie est dans les années 1960-1980 une nouvelle manière de faire de la psychiatrie ou si est-elle une véritable contestation de l&#039;institution asilaire et si les modèles alternatifs proposés ne seraient pas sous couvert d&#039;idéologie libertaire une façon de baisser les coût de la santé en temps de crise. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour ce faire, nous avons travailler sur des articles et avec une bibliographie d&#039;ouvrages &amp;quot;classiques&amp;quot;, livres de références pour les acteurs/trices de la période considérées, puis nous avons dépouillés des revues professionnelles pour saisir les thématiques qui ont traversés alors le champs de la psychiatrie et de l&#039;éducation spécialisée; dans un second temps la recherche s&#039;est portée sur un fond d&#039;archives de l&#039;Association Les archives contestataire (fonds Alain Riesen/Schuller) dont un des donateurs d&#039;archives Alain Riesen est le fondateur de l&#039;Arcade 84 et militant de l&#039;anti-psychiatrie genevoise). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un troisième temps nous avons effectué un entretien vidéo (un plan fixe) afin de lui poser cinq questions issues de la recherche collective dans les archives et dans la littérature afin d&#039;avoir son témoignage sur l&#039;histoire de l&#039;anti-psychiatrie, de la désinstitutionalisation et des communautés thérapeutiques entre 1960 et 1980. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Revue de la littérature  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les revues professionnelles et contestataires entre 1970 et 1990  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un certains nombres de revues professionnelles ont été dépouillée pour la période 1970-1980. Soit Sauvegarde de l&#039;enfance, Déviance et Soicété,... &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Durant la période de 1970 à 1985, la revue &amp;quot;Sauvegarde de l&#039;enfance&amp;quot; n&#039;a publié aucune revue, voire même aucun article consacrés au thème de notre étude, à savoir la désinstitutionnalisation dans le champ de l&#039;éducation spéciale. Au premier abord on pourrait donc tirer la conclusion selon laquelle ce champ d&#039;étude ou ce mouvement n&#039;était que peu présent à cette époque. Toutefois, en se penchant davantage sur les sujets traités dans cette revue, on se rend compte que les auteurs de celle-ci n&#039;ont pas abordé la désinstitutionnalisation en tant que telle, mais l&#039;ont abordée par les effets qu&#039;elle a pu engendré à cette époque. Effectivement, on peut observer des thèmes comme la formation des éducateur en centre de jour ou en maison d&#039;accueil, la relation entre famille et société, l&#039;école ordinaire, l&#039;adolescence et la violence ou encore l&#039;aide sociale, autant de thèmes qui ont largement découlé de ce mouvement désinstitutionnel. Il est donc fort intéressant de se pencher sur les champs d&#039;action de ce type de revues, afin de mieux comprendre quel était le climat politique, les préoccupations, les tendances de la période qui nous intéresse. D&#039;ailleurs, nous retrouverons tout au long de cet article de nombreuses références aux thèmes traités par le revue &#039;&#039;Sauvegarde de l&#039;enfance&#039;&#039;.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Prémisses de critiques aux institutions traditionnelles  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Jusqu&#039;à la fin du XVIIIe siècle, les hôpitaux psychiatriques internaient une population bien différente de celle accueillie au XXe siècle. [[Bibliographie|Cléopâtre Montandon&amp;amp;nbsp;(1978)]]&amp;amp;nbsp; nous dévoile que les populations désignées comme relevant de l&#039;univers psychiatrique étaient très fortement liées à l&#039;univers carcéral. Effectivement, jusqu&#039;au XVIIIe siècle, les criminels étaient considérés comme &amp;quot;fous&amp;quot; ou &amp;quot;aliénés&amp;quot; et se voyaient enfermés, voire même enchaînés dans des &amp;quot;maisons de discipline&amp;quot; ou dans des &amp;quot;hôpitaux pour fous&amp;quot;. A cette époque, seule la justice décidait du lieu d&#039;incarcération des individus criminels. Peu à peu, des distinctions se sont faites pour montrer que certains criminels aliénés relevaient davantage de la psychiatrie, et se définissaient essentiellement par une responsabilité restreinte et une santé mentale défaillante. Ce sont alors ces personnes, désignées comme ne pouvant accomplir leur rôle social, que les hôpitaux psychiatriques ont admis dans leurs locaux. Pour décider et justifier ces internements, la justice ne pouvait agir seule. &amp;quot;Ce n&#039;est qu&#039;à partir de 1936 que l&#039;autorisation d&#039;un internement est délivré sur vue d&#039;un certificat médical par le Département de la prévoyance sociale et de la santé publique&amp;quot;. Ainsi, on voit combien la société évolue en définissant clairement et sur preuves médicales qui peut être &#039;&#039;placé&#039;&#039; en hôpital psychiatrique. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On peut également noter que les préoccupations principales de la période du XVIIIe au début du XXe siècle se restreignaient principalement à la sécurité, et de fait au &#039;&#039;placement&#039;&#039; de ces personnes. Où pouvait-on mettre physiquement ces personnes différentes pour qu&#039;elles ne nuisent pas à la société? Que pouvait-on faire d&#039;elles? Qui pouvait s&#039;en occuper? Que faire avec ces personnes? On observe dès lors que, pendant plusieurs siècles, ces personnes étaient enfermées, dénuées de tous sens, de toute sensibilité, et de toute éducation, en recevant néanmoins de plus en plus de médicaments censés les calmer ou les soigner. Il faudra alors attendre la fin du XIXe siècle pour entrevoir un forme d&#039;éducation de ces personnes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans son article, &amp;quot;La naissance de l&#039;institutions pour aliénés&amp;quot; à Genève au 19e siècle, Alain Riesen montre que la problématique de l&#039;internement .... &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au début du XXe siècle, Binet et Simon (1907)&amp;amp;nbsp; &#039;&#039;donnent une nouvelle forme cognitive de l&#039;éducation spéciale qui perdurera au moins jusqu&#039;au années 1960&#039;&#039; ([[Bibliographie|Chauvière et Plaisance, 2003, p. 32]]).&amp;amp;nbsp; A cette époque là, on distinguait les arriérés d&#039;asiles, non éducables et à laisser entre les mains des médecins, des arriérés d&#039;école. Ainsi, des institutions apparurent en servant d&#039;intermédiaire entre l&#039;hôpital et la classe ordinaire. Dans ces premières institutions, la pédagogie était &#039;&#039;inspirée par l&#039;atelier, c&#039;est-à-dire guidée par la mise en oeuvre de travaux manuels et d&#039;exercices pratiques &#039;&#039;([[Bibliographie|Chauvière et Plaisance, 2003, p. 33]]). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dès les années 1960,&amp;amp;nbsp; de nombreuses institutions privées pour enfants handicapés ou en difficultés se développent, majoritairement sous l&#039;impulsion d&#039;associations de parents. Ces derniers ont été amenés à &#039;&#039;créer et à gérer des institutions de type médico-éducatif&#039;&#039; &#039;&#039;pour éviter à leurs enfants d&#039;être relégués dans des services d&#039;hôpitaux psychiatriques ou d&#039;être seulement en survie à leur domicile&#039;&#039; (Chauvière er Plaisance, 2003, p.35). Aujourd&#039;hui, les institutions, à Genève, semblent toujours être un peu sur le même modèle, celui de &amp;quot;l&#039;alliance&amp;quot; entre le médical et le pédagogique (qui regroupe aussi l&#039;aspect éducatif). Si on ne cherche peut-être plus à éviter aux élèves la reléguation en psychiatrie, on les place dans des lieux parfois hors de tout cursus ordinaire et loin de la norme. Ce qui questionne enfin sur qu&#039;est-ce que la normalisation? Et où mettre la limite à une vie comme tout le monde avec un handicap: la liberté (permissivité, autonomie) des années 1970 a-t-elle fait l&#039;impasse sur la souffrance des individus face aux exigences thérapeutiques et pédagogiques? La communauté d&#039;enfants (pédagogique, institutionnelle, thérapeutique) est-elle un modèle &amp;quot;utile&amp;quot; en temps de crise des institutions: peu coûteux, demandant un engagement au quotidien (vie quotidienne) du collectif pédagogique et thérapeutique (donc assurant un &amp;quot;contrôle social&amp;quot; maximal), ....&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La communauté: un modèle alternatif à l&#039;institution fermée  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des «&amp;amp;nbsp;communautés thérapeutiques&amp;amp;nbsp;» ont été créées en réaction aux enfermements asilaires prônés jusque-là mais qui commençaient à être pointés du doigt, car considérés comme déshumanisants. Bien que créées tout d&#039;abord pour répondre aux phénomènes de dépendances (toxicomanies, par exemple), on trouve, dès la fin des années 60, des communautés thérapeutiques en Angleterre, en France, en Suisse et au Québec, destinées au secteur de la psychiatrie. Avec la naissance de ces communautés thérapeutiques, une nouvelle approche de la psychose en-dehors des lieux de soins traditionnels s&#039;est développée (Schatzman, 1969; Barnes et Berke, 1973; Fabre, 1978; Lecomte et Tourigny, 1983a). Leur but est de créer un milieu &amp;quot;naturel&amp;quot;, en reconstituant les structures d’une «&amp;amp;nbsp;macro famille&amp;amp;nbsp;» ou d’une «&amp;amp;nbsp;mini société&amp;amp;nbsp;», plus rassurantes : on trouve par exemple la Communauté des Sablons, (Maison d&#039;enfants à caractère social et familial (76270 Saint-Saire), ou, en Suisse, le foyer de Tavel qui a vécu cinq ans (1975-1980). Dans le film de Catherine Scheuchzer, «&amp;amp;nbsp;Dans l’aventure du non, la parole&amp;amp;nbsp;», (tourné à Boulens, dans la campagne vaudoise, dans les années 70 ), on découvre, dans un décor post soixante huitard, très simplement, dans un rythme extrêmement lent, des adultes et des enfants en interaction, «&amp;amp;nbsp;comme dans la vraie vie&amp;amp;nbsp;». Cette expérience est décrite comme «&amp;amp;nbsp;une véritable expérience d’éveil à la vie&amp;amp;nbsp;», qui «&amp;amp;nbsp;prend le contre-pied du placement en institution psychiatrique&amp;amp;nbsp;» (L’Est vaudois, 19.11.92). Plutôt que de considérer cette population d&#039;enfants, comme on le faisait en asile, comme des fous, murés dans leur silence, leurs excentricités, on veut les considérer comme des partenaires, des interlocuteurs. Le but est effectivement de les faire participer au quotidien d’une maisonnée, plutôt que de créer des ateliers protégés artificiels. De la sorte, ils sont poussés à se dépasser, à faire des expériences par eux-mêmes, sans avoir nécessairement recours au soutien d’un adulte. Il semble qu&#039;à cette époque, cette nouvelle façon de considérer les enfants autistes comme étant capables d’autonomie, capables d’agir, ait apporté un peu d’humanité dans leur prise en charge. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;enfant&amp;amp;nbsp; ainsi placé dans une communauté thérapeutique vaudoise est-il plus &amp;quot;intégré&amp;quot; que s&#039;il était dans une institution considérée par ces acteurs alternatifs du &amp;quot;système&amp;quot; comme un ghetto? Il en va de même avec le terme désinstitutionalisation? Qu&#039;est-ce que l&#039;institution? Il y en a des &amp;quot;bonnes&amp;quot; (maternantes, enveloppantes, naturelles...) et de &amp;quot;mauvaises&amp;quot; (contraignantes, mortifères) (sur ce point les travaux de Fernand Oury puis de Jacques Pain mériteraient qu&#039;on s&#039;y attache (voir la psychothérapie institutionnelle sur le site de Jacques Pain: http://www.jacques-pain.fr).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La désinstitutionalisation  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon des sources internet, le mouvement de désinstitutionalisation semble avoir débuté vers 1960 (même s’il semble qu’il y ait eu un prélude à la désinstitutionnalisation au début du 19e siècle (L’Institut universitaire en santé mentale de Québec par exemple - La désinstitutionnalisation, http://caringminds.ca/index.php?option=com_content&amp;amp;amp;view=article&amp;amp;amp;id=62&amp;amp;amp;Itemid=43&amp;amp;amp;lang=fr&amp;amp;amp;limitstart=7). Certains observent le début de ce mouvement en Scandinavie, d’autres au Québec. Dans tous les cas, il s’agit d’un mouvement d&#039;ouverture vers la communauté, d’une volonté de «normalisation»[[Normalisation]] &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le mouvement de désinstitutionnalisation s&#039;appuie avant tout sur une philosophie qui met l&#039;accent sur les droits et les libertés des individus, et elle vise à humaniser les soins de santé mentale. ([http://agora-2.org/thematiques/inaptitude.nsf/Dossiers/Desinstitutionnalisation Encyclopédie de l’Agora]). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;horreur suscitée par les politiques nazies du meurtre eugénique des malades psychiatriques et les camps de concentration pendant la Seconde guerre mondiale, ont attirer l’attention sur les pratiques «&amp;amp;nbsp;déshumanisantes&amp;amp;nbsp;» dans les soins psychiatriques en santé mentale, (séquestration, mauvais traitements en tout genre, manque de formation des professionnels). (Voir Martin, 1984 et Claire Henderson et Graham Thornicroft, Santé mentale au Québec, vol. 22, n° 2, 1997, p. 88-114. http://id.erudit.org/iderudit/032417ar ) Les années d’après-guerre ont vu un accroissement de l’intérêt porté à l’institution comme objet d’étude. Certains auteurs parlent de l’institution comme étant «&amp;amp;nbsp;névrosante&amp;amp;nbsp;», «&amp;amp;nbsp;façonnant et codifiant les gens dans le rôle de patient psychiatrique&amp;amp;nbsp;» (Goffman (1961). On observe dans les années 60 une disparition du personnel religieux des hôpitaux. Naît alors une nouvelle conception de l’individu, une évolution des attitudes envers le malade&amp;amp;nbsp;; on veut le sortir des murs de l’asile psychiatrique. On commence à parler, à cette époque, du «&amp;amp;nbsp;droit de la personne&amp;amp;nbsp;». Des idéaux humanitaires amènent à une nouvelle vision de la maladie mentale. Il semble que ce mouvement de désinstitutionnalisation soit lié aussi à l’apparition des pratiques de pharmacopée. «&amp;amp;nbsp;Ces nouveaux médicaments permettaient de calmer les malades agités, délirants, hallucinés et ainsi permettre d&#039;envisager et de généraliser des traitements psychiques dans des conditions plus réalistes ou encore, lorsque c&#039;était possible, d&#039;envisager un retour au domicile ou dans des structures intermédiaires&amp;amp;nbsp;».(déf. du mot «&amp;amp;nbsp;psychiatrie&amp;amp;nbsp;» http://fr.wikipedia.org/wiki/Psychiatrie ). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On a le désir de «normaliser&amp;amp;nbsp;» leurs conditions de vie. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les années 60, la personne «&amp;amp;nbsp;déficiente intellectuellement&amp;amp;nbsp;» est encore considérée comme une «&amp;amp;nbsp;malade&amp;amp;nbsp;». Mais on ne considère plus le malade mental comme un malade incurable, mais comme un sujet pouvant être aidé, guéri. On met en avant le fait que la maladie mentale ne nécessite pas forcément une hospitalisation, et qu’elle doit être considérée comme une autre maladie. On externalise, on invente la psychiatrie de secteurs, on commence à intégrer des services pour les malades mentaux dans des hôpitaux ou cliniques. On évite ainsi la stigmatisation des malades mentaux placés pour de longues périodes en asile psychiatrique, et on leur évite la perte de leurs facultés leur permettant de se réintégrer dans la société. On redonne alors un rôle à la communauté, on redonne des responsabilités aux familles. On se met à s’intéresser davantage au patient qu’à sa maladie. (in Lettre trimestrielle de l’association romande Pro Mente Sana http://www.promentesana.org/upload/application/trimes_43.pdf )&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme il l&#039;a déjà été dit, la désinstitutionalisation a permis aux personnes présentant des troubles psychiatriques de sortir de ce milieu assimilé pendant de nombreuses années, au milieu carcéral. Mais une fois &amp;quot;libéré&amp;quot; où vont ces personnes? A ce sujet,&amp;amp;nbsp; [[Bibliographie|N. Carpentier (2001)]] affirme dans son article que 60 à 70&amp;amp;nbsp;% des patients retournent dans leur famille après l’hospitalisation. Plusieurs articles ont démontré que l&#039;arrivée d&#039;un malade dans une famille, avait de lourde conséquence sur celle-ci. Avant d’en venir aux conséquences, il me semble nécessaire de revenir sur la représentation des professionnels, sur les familles des patients. Pour cela, il est intéressant de revenir sur l&#039;évolution de la vision des professionnels sur la famille. C&#039;est-à-dire comment la famille, alors qu&#039;elle était considérée comme coupable de la maladie de l&#039;un de ses membre, est devenue un partenaire idéal?&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour développer ceci, revenons tout d&#039;abord au début du XXème siècle. A cette époque, la famille était considérée comme étant la cause de la maladie de leur enfant. En d’autres termes, les professionnels affirmaient que la maladie mentale était un problème génétique, qui était donc héritée de plusieurs générations antérieures. Ensuite, les années cinquantes ont apportées un premier renversement dans la vision des familles, sur la maladie de leur enfant. En effet, la famille était vu comme étant un «&amp;amp;nbsp;système réagissant aux troubles mentaux de l’un de ses membres, plutôt qu’en tant que système causant des désordres psychiques&amp;amp;nbsp;» (Carpentier,2001,p.84). Ce changement de perspective est en lien avec l’arrivée d’une politique qui favorise les hospitalisations de courte durée. En d’autres termes, les familles commencent à être perçues comme une solution aux changements politiques.&amp;amp;nbsp; Continuons à présent avec les années soixante. Dans ces années, la psychiatrie, adopte une vision plutôt basée sur la communauté. Ce changement, va être très favorable pour les familles, puisqu’il permet aux familles de&amp;amp;nbsp; se déresponsabiliser des troubles mentaux. Ainsi, toujours selon Carpentier, à cette époque «&amp;amp;nbsp;les désordres psychiques [doivent être étudiés] sous l’angle de l’isolement social, des désavantages sociaux, puis selon la présence de stresseurs sociaux et économique&amp;amp;nbsp;»( p.89) . &amp;lt;br&amp;gt;Ainsi, au fur et à mesure que le mouvement de désinstitutionalisation se met en place, les politiciens et les professionnels considèrent la famille comme étant une solution au problème. En effet, la famille est perçue comme «&amp;amp;nbsp;une source privilégiée de soutien émotionnel et social ainsi que comme place de choix pour relocaliser le patient psychiatrique.&amp;amp;nbsp;» (Carpentier,2001,p.91) &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Jusqu&#039;à présent, nous avons relevé l&#039;évolution de la perception de la famille aux yeux des professionnels. Mais comment la famille voit-elle ce changement? A ce sujet,[[Bibliographie|R. Therrien (1990)]] affirme que sur le plan économique et émotionnel, la désinstitutionnalisation demande beaucoup aux familles, surtout au femmes. En effet, toujours selon R.Therrien, avoir quelqu&#039;un ayant des problèmes mentaux à la maison provoque beaucoup de stress chez les familles. Dans certaines familles, un malade peut devenir un véritable &amp;quot;fardeau&amp;quot;, puisque celui-ci impose beaucoup de contraintes. Effectivement, avoir un malade à la maison peut avoir plusieurs conséquence, comme le fait de ne plus avoir nos loisirs habituels, pouvoir sortir avec nos amis, par peur d&#039;être jugé, ou encore avoir des problèmes avec nos voisins, car les comportment de notre enfant, ou mari dérange. Tous ces problèmes ont un impacte très fort sur la famille d&#039;autant plus qu&#039;elle n&#039;est pas aidée, ni reconnue pour tout ce qu&#039;elle fait pour le malade. &amp;amp;nbsp; &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L&#039;élan contestataire des années 70 à Genève  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En Suisse un même mouvement historique a été observé. Selon le médecin Christian Monney, on y a dénoncé les mêmes agissements qu’ailleurs&amp;amp;nbsp;: enfermement, répression, qui étaient là non pour aider le malade, mais pour protéger l’ordre public. On y mêlait, écrit-il, infirmes, orphelins, indigents et fous… (Dr Christian MONNEY, 1999, à l’occasion des 100 ans de l’Hôpital de Malévoz). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Or, dès 1965, des consultations ambulatoires sont créées et les séjours hospitaliers peuvent ainsi se raccourcir. Les moyens de contention sont contestés. Des établissements médico-éducatifs apparaissent, comme [http://www.castalie.ch/home.php?include=textes&amp;amp;lng=1&amp;amp;id=18&amp;amp;idmenu=14 la Castalie en Valais], grâce au Dr Rey-Belley, en 1972 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Genève, l&#039;élan contestataire débute lorsque Julian de Ajuriaguerra est nommé directeur de Bel-Air en 1959. C&#039;est donc à ce moment-là que le mouvement de désinstitutionnalisation naît. En effet, on commence à critiquer les asiles et à vouloir modifier le fonctionnement de l&#039;hôpital psychiatrique. Les patients psychiatriques commencent à bénéficier des mêmes droits que les patients non-psychiatriques. Ensuite, pendant les années 70-80, cet élan continue avec la volonté de baser les soins sur des approches psychotérapeutiques.[[Bibliographie|Rey-Bellet, Bardet Blochet, Ferrero, 2010, p.90-95]] &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L&#039;anti-psychiatrie: une nouvelle politique de la prise en charge  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les années 60, Michel Foucault a tenté d&#039;amorcer &amp;quot;un dialogue entre la psychiatrie et ses sujets&amp;quot; ([[Bibliographie|Rose, 2006, p.113]]) et dès 1971 avec la sortie de son ouvrage sur les prisons c&#039;est à la critique de l&#039;univers carcéral et des rapports de pouvoir qu&#039;il s&#039;attelle (Surveiller et punir, 1971). Ces critiques, plus tard regroupées sous le nom d&#039;antipsychiatrie visaient à remettre en question &amp;quot;la manière dont le pouvoir du médecin était impliqué dans la vérité de ce qu&#039;il disait et, inversement, la manière dont celle-ci pouvait être fabriquée et compromise par son pouvoir ([[Bibliographie|Rose, 2006, p.120-121]]). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;institution comme lieu d&#039;exclusion est mise à mal par une volonté de certains de supprimer ces lieux de contrainte, pour une vie libre dans la Cité (sectorisation) ou dans des communauté thérapeutiques (de préférence à la campagne) partant du présupposé que les conditions de vie des personnes sont déterminantes dans leur état de santé (avant même tout diagnostic). Par ailleurs, dans ces années-là, la vie quotidienne devient un objet d&#039;étude (la sociologie de la vie quotidienne), terreau de multiples expériences pédagogiques et thérapeutiques. Le slogan &amp;quot;La liberté est thérapeutique&amp;quot; s&#039;allie à une critique de la contrainte médicamenteuse et des pratiques de contention psychiatrique: elle donne ainsi une place à de nouvelles formes d&#039;&amp;quot;éducation spéciale&amp;quot; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Symptôme de ce changement le terme d&#039;&amp;quot;usagers&amp;quot; vient reléguer celui de &amp;quot;patients&amp;quot; donnant un nouveau statut aux personnes, écorchant ainsi le sacro saint pouvoir des médecins et des directions des institutions. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dès les années 70, le journal mensuel &amp;quot;Tout Va Bien&amp;quot; a consacré de nombreuses pages et numéros à la question de l&#039;anti-psychiatrie. Dès 1973, un groupe d’enquête s’est constitué pour dénoncer une certaine violence et certains abus de pouvoir au sein des asiles psychiatriques. Leur volonté était de déterritorialiser la psychiatrie. «&amp;amp;nbsp;La psychiatrie, c’est l’affaire de tout le monde&amp;amp;nbsp;». Ils voulaient faire exploser la loi du silence qui régnait dans ces lieux. Ils ont voulu dénoncer les rapports de pouvoir sévissant à l&#039;intérieur des murs psychiatriques, la soumission du malade à l’infirmier, la soumission de l’infirmier au médecin, la soumission du médecin aux pouvoirs de l’administrateur bailleur de fonds. Selon ce journal, le mouvement anti-psychiatrique serait né au début des années 60: La clinique psychiatrique de Bel Air, créé en 1900, a commencé à créer des pavillons ouverts avec l’arrivée de son nouveau directeur en 1959, Julian Ajuriaguerra. Son intention était de favoriser le retour de l’interné au plus vite dans leur milieu naturel, grâce à une hospitalisation de courte durée. Depuis 1963, le travail psychiatrique est sectorisé. On commence à organiser les soins dans des centres de consultation de quartier. Ainsi, les premières tentatives alternatives apparaissent en Suisse. Des travailleurs sociaux poursuivent une critique des institutions et contribuent à la création et au fonctionnement de centres (qui se différencient des institutions récupératrices) qui ont pour but de venir en aide à toute personne en crise. Exemple&amp;amp;nbsp;: le centre Liotard à Genève, créé par le réseau d’alternative à la psychiatrie de Suisse romande. En janvier 1975 se tient le premier congrès d’alternative à la psychiatrie de secteur (Congrès de Bruxelles, auquel participe un groupe de Genève: il s’en est inspiré pour animer des débats au centre Liotard&amp;amp;nbsp;: recherche d’alternatives concrètes répondant aux besoins des malades. A Lausanne, le 24 janvier 1976, est créé un réseau alternatif à la psychiatrie pour la Suisse romande, dont l’un des membres actifs s’appelle Alain Riesen, du Centre Liotard. Une commission formée aussi bien de psychiatrisés que de soignants s’est alors formée. Elle a remis en question le pouvoir des soignants. Selon cette commission, le but d’une alternative au secteur doit être la prise en main progressive par le malade de ses propres difficultés. Suite à des tentatives d’internement forcé, des tracts ont circulé, dénonçant les abus du pouvoir psychiatrique. Dès ce moment-là, une prise de conscience s&#039;opère: le patient ne veut plus être manipulé, il ne veut plus être le cobaye, il ne veut plus être muselé par le pouvoir du médecin. Il veut choisir son mode de guérison, il veut être actif dans le processus de guérison. Il convient alors de faire en sorte que ce soit le patient qui choisisse ou non son hospitalisation. Effectivement, médecins, contestataires et familles se sont rendus compte de l&#039;importance du choix du malade dans sa propre guérison. A la fin des années 70, d&#039;autres mouvements anti-psychiatriques se répandent en Suisse et ailleurs: par exemple à la clinique de Bellelay, où son nouveau directeur a souhaité ouvrir les murs à son arrivée, et mettre à disposition des appartements protégés, voire même une maison de vacances pour ses patients. Le but était &amp;quot;que les malades puissent le plus possible avoir des contacts humains et une vie «&amp;amp;nbsp;normale&amp;amp;nbsp;» (TVB avril-mai 80). En Italie, Franco Basaglia, qui s’est appuyé entre autres sur les modèles de l’anti-psychiatrie anglaise et française pour mener sa lutte (Cooper, Lang, Foucault, Caxtel), s&#039;en est pris aux conditions de vie moyenâgeuses réservées aux malades mentaux. En quelques années, il démantèle l’asile et expérimente les premiers éléments de sa conception territoriale (et non plus institutionnelle) de la folie&amp;amp;nbsp;: le malade est soigné dans son milieu social&amp;amp;nbsp;» (TVB 10 octobre 80). Suite à la mort atroce d&#039;Alain Urban lors d&#039;une cure de sommeil forcé à la clinique de Bel-Air, l&#039;ADUPSY ainsi que l&#039;Association des Médecins Progressiste ont déployé maints efforts pour alerter l&#039;opinion publique à propos des agissements soupçonneux de la clinque en question. Leurs revedications ont porté sur la suppression des isolements, la priorité données aux instruments de soin ambulatoire, l&#039;augmentation des effectifs globaux du personnel soignant, etc. Ils expriment également leur soutien aux revendications concernant le droit des patients&amp;amp;nbsp;: «&amp;amp;nbsp;Le consentement du patient ou de son entourage immédiat doit toujours être recherché, dans la thérapeutique comme dans le recherche&amp;amp;nbsp;». &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Psychiatrie et anti-psychiatrie  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le mouvement d&#039;anti-psychiatrie qui &amp;quot;s&#039;oppose d&#039;abord et avant tout à une forme de monopole du savoir médical&amp;quot; ([[Bibliographie|Mannoni, 1970]], p. 9) dénonce l&#039;autorité &amp;quot;morale et policière&amp;quot; (Mannoni, 1970, p. 21) du psychiatre. Toutefois, psychiatres et partisants de l&#039;anti-psychiatrie s&#039;accorde sur le fait que &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;la société place le psychiatre dans une position ambiguë&amp;amp;nbsp;: il est au service d&#039;un patient dont il a à défendre les droits mais il se trouve également placé en position d&#039;auxiliaire de la police dans un programme d&#039;internement qui est un processus d&#039;obligation de soins&#039;&#039; (Mannoni, 1970, p. 168). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les réponses apportées par les uns et par les autres pour essayer de lever cette ambiguité sont toutefois différentes. Si l&#039;anti-psychiatrie cherche plutôt à démystifier &amp;quot;le rôle que la société fait jouer à la psychiatrie&amp;quot; (Mannoni, 1970, p.168), à créer des lieux où la maladie mentale pourrait être réintérrogée (allant même jusqu&#039;à nier la notion de maladie mentale (Mannoni, 1970, p. 175) et à s&#039;éloigner des conceptions scientiste, certains psychiatres cherchent à remettre sur le devant de la scène un discours scientifique. S&#039;ils reconnaissent un certain succès à l&#039;anti-psychiatrie &amp;quot;dans sa position de refus et de provocation&amp;quot; ([[Bibliographie|Barte, 1972]], p. 46), les solutions qu&#039;elles proposent ne les satisfont guère. Pour certains membres de ce corps médical, la maladie mentale doit être reconnue comme &#039;&#039;phénomène nature&#039;&#039;l ([[Bibliographie|Ey, 1972]], p. 53). &amp;quot;En faisant volatiliser dans le néan l&#039;objet même de la psychiatrie qu&#039;est le malade mental, l&#039;anti-psychiatrie nie la souffrance humaine, nie le drame authentiquement humain que vit chaque malade mental (Barte, 1972, p. 46). Pour défendre ces patients malades, &amp;quot;fous&amp;quot;, pour les réhabiliter, il est nécessaire de &amp;quot;passer par la reconnaissance même de la psychiatrie, science critique et autonome et qui ne peut se fonder que sur la notion de maladie mentale conçue ni comme simple maladie des organes, ni comme simple maladie psychique&amp;quot; ([[Bibliographie|Barte, 1972]], p.47). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La fonction du médicament dans l&#039;approche anti-psychiatrique  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;apparition de la médication au début des années 1960 permet d&#039;éviter l&#039;internement. Elle soutient le changement qui s’opère dans les pratiques et donne l&#039;impression de pouvoir faire quelque chose. Elle fait transparaître un espoir aussi bien pour les praticiens que pour les patients puisque grâce aux médicaments il y a une diminution des hospitalisations, une augmentation des prises en charge ambulatoires et une augmentation des consultations. L&#039;avancée de la médecine et l’essor de la psychopharmacologie permettent alors de développer de nouvelles perspectives thérapeutiques et de nouveaux défis comme le soutien au patient et à sa famille, la mise en place de nouvelles structures. Il s&#039;agit ainsi de &amp;quot;jeter un pont entre l&#039;hôpital et la ville&amp;quot; (CMS, 1963, 7ème année, n°2 &amp;quot;L’assistance psychiatrique). Cependant, les connaissances récentes sur les effets de la médication et les abus sur son utilisation sont également soulevés. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;anti-psychiatrie se veut aussi anti-thérapeutique, ce qui lui est repproché par les anti anti-psychiatres. Selon ces derniers, les anti-psychiatres considèrent que &amp;quot;les traitements sont à proscire&amp;quot; ([[Bibliographie|Maurel, 1972]], p. 79). &amp;quot;Traiter, écrit Cooper, c&#039;est être intéressé à rendre le patient plus acceptable pour les autres...et lui faire manifester de moindre façon sa détresse&amp;quot; ([[Bibliographie|Maurel, 1972]], p. 79).&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L&#039;influence du concept de normalisation dans l&#039;anti-psychiatrie ==&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Cécilia Zuccone</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=La_d%C3%A9sinstitutionalisation_dans_le_champ_de_l%27%C3%A9ducation_sp%C3%A9ciale_1960-1980&amp;diff=8995</id>
		<title>La désinstitutionalisation dans le champ de l&#039;éducation spéciale 1960-1980</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=La_d%C3%A9sinstitutionalisation_dans_le_champ_de_l%27%C3%A9ducation_sp%C3%A9ciale_1960-1980&amp;diff=8995"/>
		<updated>2011-11-29T21:28:44Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Cécilia Zuccone : /* La désinstitutionalisation */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;== Introduction  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A l&#039;heure où l&#039;on peut constater de &amp;quot;nouvelles exclusions&amp;quot; au nom de la protection des citoyennes et des citoyens inquiétantes pour certains, car &amp;quot;ruinant ainsi des décennies d&#039;efforts de déségrégation, désexclusion, de &amp;quot;retour du schizophrène dans la cité&amp;quot; (Dr.Patrick Lemoine, Le mystère du nocebo, Paris. Odile Jacob, 2011, p.69), un certain nombre de questions se posent pour mieux comprendre l&#039;histoire de l&#039;éducation spéciale, à la fois politique (anti-psychiatrie, sectorisation), sociale et culturelle (intégration, normalisation, désinstitutionalisation, communauté de vie, communauté thérapeutique) dans les décennies des Trente glorieuses (1960-1990) pendant lesquelles a soufflé un vent de contestation des politiques institutionnelles. Un esprit contestataire a émergé en particulier dès les années 1970 (post soixante-huit) provoquant dans le champ de la prise en charge des personnes dites aujourd&#039;hui &amp;quot;à besoins particuliers&amp;quot; un élan de remise en question de l&#039;institution, du pouvoir des médecins, de la contrainte institutionnelle et médicamenteuse. Peu de travaux ont encore exploré ce champ, à Genève, sinon pour étudier l&#039;histoire de Mai 68 et du mouvement féministe. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La recherche proposée vise à mieux comprendre comment, à Genève, le champ de l&#039;éducation spéciale et celui de la psychiatrie a été touché par cette contestation. Elle fait suite à celle engagée en 2010 et 2011 sur l&#039;histoire de l&#039;intégration scolaire des enfants handicapés mentaux [[Pionniers de l&#039;intégration scolaire des enfants handicapés à Genève]] et La génération intégration 1970-1980: un slogan pour quelles réalités sociales? [[Article 2011]]. Les recherches précédentes ont montré à la fois la complexité des pratiques d&#039;intégration amenant souvent un écart entre discours et pratique, ainsi que les résistance à penser le handicap sans mettre un ligne de démarcation entre norme et hors norme, entre enfant éducable et non éducable, limite souvent mal définie et dépendante des représentations (malédiction du handicap). Au début des années 60 l&#039;intégration apparaît d&#039;abord pour les parents comme celle de leur enfant (jusque là à domicile) dans des institutions (qu&#039;il a fallu créer). Le Pavillon des Grand Bois à l&#039;hôpital psychiatrique de Bel-Air représentant encore une solution &amp;quot;intégratrice&amp;quot; pour les enfants les plus difficiles à éduquer et les moins autonomes. Le concept de [[Dictionnaire|normalisation]] vient s&#039;accoler à celui d&#039;intégration pour rapprocher toute déviance d&#039;une norme sociale (en terme d&#039;habitat, d&#039;activité, voire de comportements). Ainsi le milieu ouvert (comme Aigues-Verte par exemple) peut apparaître comme plus proche d&#039;une vie quotidenne &amp;quot;normale&amp;quot; et donc plus intégrant. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La [[Dictionnaire|désinstituionalisation]] qui fait l&#039;objet de cette nouvelle recherche est d&#039;abord issu des milieux de l&#039;anti-psychiatrie (et donc ni des association de parents ni des milieux pédagogiques); on peut apparenter idéologiquement ce mouvement anti-psychiatrique avec un objectif de normalisation dans le sens de rapprocher les personnes prises en charge de la vie quotidienne de tout un chacun. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi malgré des différences d&#039;application ces différents courant pourraient être affilier à celui libertaire qui a essaimé dans différent champ du social entre 1970 et 1990. C&#039;est dans une perspective de compréhension de l&#039;histoire des idées et des pratiques du mouvement anti-psychiatrique genevois que s&#039;inscrit cette recherche. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un premier temps, cette page d&#039;histoire sera située dans une &amp;quot;tradition&amp;quot;: d&#039;une part celle du traitement de la différence (notamment depuis les travaux des psycho-pédagogues du début du 20e siècle comme Alfred Binet à Paris, Edouard Claparède à Genève ou Ovide Decroly à Bruxelles); et d&#039;autre part dans une tentative dès les années vingt en Angleterre (voir Libre enfants de Summerhill), mais surtout pendant et dans l&#039;après deuxième guerre mondiale (voire les communautés d&#039;enfants victimes de la guerre), de multiplier les expériences de vie communautaire issue du scoutisme, des mouvements de jeunesse, de l&#039;éducation nouvelle et de l&#039;éducation internationaliste et pacifiste, des colonies de vacances et camps CEMEA, s&#039;opposant à une autre tradition hospitalière (couvent, Bon Pasteur, Hospice, institutions de prises en charge spécialisées). Ce faisant, nous dégagerons des signes précurseurs de &amp;quot;désinstitutionalisation&amp;quot; pour des structures plus petites, parfois médicalisées (les écoles de plein-air), mais avant tout proches de la nature et des besoins des individus. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un second temps, nous étudierons la période 1960-1980 laquelle a vu émerger un mouvement anti-psychiatrique (critique de l&#039;hôpital, du pouvoir médical, de la médicalisation à outrance et de la contrainte) pour une critique radicale visant le pouvoir institutionnel et entrainant des pratiques novatrices, lesquelles demande à être mieux étudiées&amp;amp;nbsp;: 1. dans leurs objectifs (désinstitutionalisation ou déshospitalisation versus sectorisation)? 2. dans le choix fait des traitements: médicaux (traitement ambulatoire) ou éducatif et thérapeutique? 3. dans l&#039;évaluation faite des populations concernées par une prise en charge alternative 4. dans le rôle joué par la psychanalyse comme alternative au traitement médicaux et comme modèle thérapeutique (notamment dans les communauté cf. film de Catherine Scheuchter) 5. dans le rôle donné aux familles et le poids qui leur est fait supporté (en terme financier, de responsabilité, de culpabilité,...) et en particulier à l&#039;égard des mères et des femmes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il s&#039;agira de mieux comprendre si l&#039;anti-psychiatrie est dans les années 1960-1980 une nouvelle manière de faire de la psychiatrie ou si est-elle une véritable contestation de l&#039;institution asilaire et si les modèles alternatifs proposés ne seraient pas sous couvert d&#039;idéologie libertaire une façon de baisser les coût de la santé en temps de crise. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour ce faire, nous avons travailler sur des articles et avec une bibliographie d&#039;ouvrages &amp;quot;classiques&amp;quot;, livres de références pour les acteurs/trices de la période considérées, puis nous avons dépouillés des revues professionnelles pour saisir les thématiques qui ont traversés alors le champs de la psychiatrie et de l&#039;éducation spécialisée; dans un second temps la recherche s&#039;est portée sur un fond d&#039;archives de l&#039;Association Les archives contestataire (fonds Alain Riesen/Schuller) dont un des donateurs d&#039;archives Alain Riesen est le fondateur de l&#039;Arcade 84 et militant de l&#039;anti-psychiatrie genevoise). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un troisième temps nous avons effectué un entretien vidéo (un plan fixe) afin de lui poser cinq questions issues de la recherche collective dans les archives et dans la littérature afin d&#039;avoir son témoignage sur l&#039;histoire de l&#039;anti-psychiatrie, de la désinstitutionalisation et des communautés thérapeutiques entre 1960 et 1980. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Revue de la littérature  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les revues professionnelles et contestataires entre 1970 et 1990  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un certains nombres de revues professionnelles ont été dépouillée pour la période 1970-1980. Soit Sauvegarde de l&#039;enfance, Déviance et Soicété,... &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Durant la période de 1970 à 1985, la revue &amp;quot;Sauvegarde de l&#039;enfance&amp;quot; n&#039;a publié aucune revue, voire même aucun article consacrés au thème de notre étude, à savoir la désinstitutionnalisation dans le champ de l&#039;éducation spéciale. Au premier abord on pourrait donc tirer la conclusion selon laquelle ce champ d&#039;étude ou ce mouvement n&#039;était que peu présent à cette époque. Toutefois, en se penchant davantage sur les sujets traités dans cette revue, on se rend compte que les auteurs de celle-ci n&#039;ont pas abordé la désinstitutionnalisation en tant que telle, mais l&#039;ont abordée par les effets qu&#039;elle a pu engendré à cette époque. Effectivement, on peut observer des thèmes comme la formation des éducateur en centre de jour ou en maison d&#039;accueil, la relation entre famille et société, l&#039;école ordinaire, l&#039;adolescence et la violence ou encore l&#039;aide sociale, autant de thèmes qui ont largement découlé de ce mouvement désinstitutionnel. Il est donc fort intéressant de se pencher sur les champs d&#039;action de ce type de revues, afin de mieux comprendre quel était le climat politique, les préoccupations, les tendances de la période qui nous intéresse. D&#039;ailleurs, nous retrouverons tout au long de cet article de nombreuses références aux thèmes traités par le revue &#039;&#039;Sauvegarde de l&#039;enfance&#039;&#039;.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Prémisses de critiques aux institutions traditionnelles  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Jusqu&#039;à la fin du XVIIIe siècle, les hôpitaux psychiatriques internaient une population bien différente de celle accueillie au XXe siècle. [[Bibliographie|Cléopâtre Montandon&amp;amp;nbsp;(1978)]]&amp;amp;nbsp; nous dévoile que les populations désignées comme relevant de l&#039;univers psychiatrique étaient très fortement liées à l&#039;univers carcéral. Effectivement, jusqu&#039;au XVIIIe siècle, les criminels étaient considérés comme &amp;quot;fous&amp;quot; ou &amp;quot;aliénés&amp;quot; et se voyaient enfermés, voire même enchaînés dans des &amp;quot;maisons de discipline&amp;quot; ou dans des &amp;quot;hôpitaux pour fous&amp;quot;. A cette époque, seule la justice décidait du lieu d&#039;incarcération des individus criminels. Peu à peu, des distinctions se sont faites pour montrer que certains criminels aliénés relevaient davantage de la psychiatrie, et se définissaient essentiellement par une responsabilité restreinte et une santé mentale défaillante. Ce sont alors ces personnes, désignées comme ne pouvant accomplir leur rôle social, que les hôpitaux psychiatriques ont admis dans leurs locaux. Pour décider et justifier ces internements, la justice ne pouvait agir seule. &amp;quot;Ce n&#039;est qu&#039;à partir de 1936 que l&#039;autorisation d&#039;un internement est délivré sur vue d&#039;un certificat médical par le Département de la prévoyance sociale et de la santé publique&amp;quot;. Ainsi, on voit combien la société évolue en définissant clairement et sur preuves médicales qui peut être &#039;&#039;placé&#039;&#039; en hôpital psychiatrique. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On peut également noter que les préoccupations principales de la période du XVIIIe au début du XXe siècle se restreignaient principalement à la sécurité, et de fait au &#039;&#039;placement&#039;&#039; de ces personnes. Où pouvait-on mettre physiquement ces personnes différentes pour qu&#039;elles ne nuisent pas à la société? Que pouvait-on faire d&#039;elles? Qui pouvait s&#039;en occuper? Que faire avec ces personnes? On observe dès lors que, pendant plusieurs siècles, ces personnes étaient enfermées, dénuées de tous sens, de toute sensibilité, et de toute éducation, en recevant néanmoins de plus en plus de médicaments censés les calmer ou les soigner. Il faudra alors attendre la fin du XIXe siècle pour entrevoir un forme d&#039;éducation de ces personnes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans son article, &amp;quot;La naissance de l&#039;institutions pour aliénés&amp;quot; à Genève au 19e siècle, Alain Riesen montre que la problématique de l&#039;internement .... &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au début du XXe siècle, Binet et Simon (1907)&amp;amp;nbsp; &#039;&#039;donnent une nouvelle forme cognitive de l&#039;éducation spéciale qui perdurera au moins jusqu&#039;au années 1960&#039;&#039; ([[Bibliographie|Chauvière et Plaisance, 2003, p. 32]]).&amp;amp;nbsp; A cette époque là, on distinguait les arriérés d&#039;asiles, non éducables et à laisser entre les mains des médecins, des arriérés d&#039;école. Ainsi, des institutions apparurent en servant d&#039;intermédiaire entre l&#039;hôpital et la classe ordinaire. Dans ces premières institutions, la pédagogie était &#039;&#039;inspirée par l&#039;atelier, c&#039;est-à-dire guidée par la mise en oeuvre de travaux manuels et d&#039;exercices pratiques &#039;&#039;([[Bibliographie|Chauvière et Plaisance, 2003, p. 33]]). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dès les années 1960,&amp;amp;nbsp; de nombreuses institutions privées pour enfants handicapés ou en difficultés se développent, majoritairement sous l&#039;impulsion d&#039;associations de parents. Ces derniers ont été amenés à &#039;&#039;créer et à gérer des institutions de type médico-éducatif&#039;&#039; &#039;&#039;pour éviter à leurs enfants d&#039;être relégués dans des services d&#039;hôpitaux psychiatriques ou d&#039;être seulement en survie à leur domicile&#039;&#039; (Chauvière er Plaisance, 2003, p.35). Aujourd&#039;hui, les institutions, à Genève, semblent toujours être un peu sur le même modèle, celui de &amp;quot;l&#039;alliance&amp;quot; entre le médical et le pédagogique (qui regroupe aussi l&#039;aspect éducatif). Si on ne cherche peut-être plus à éviter aux élèves la reléguation en psychiatrie, on les place dans des lieux parfois hors de tout cursus ordinaire et loin de la norme. Ce qui questionne enfin sur qu&#039;est-ce que la normalisation? Et où mettre la limite à une vie comme tout le monde avec un handicap: la liberté (permissivité, autonomie) des années 1970 a-t-elle fait l&#039;impasse sur la souffrance des individus face aux exigences thérapeutiques et pédagogiques? La communauté d&#039;enfants (pédagogique, institutionnelle, thérapeutique) est-elle un modèle &amp;quot;utile&amp;quot; en temps de crise des institutions: peu coûteux, demandant un engagement au quotidien (vie quotidienne) du collectif pédagogique et thérapeutique (donc assurant un &amp;quot;contrôle social&amp;quot; maximal), ....&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La communauté: un modèle alternatif à l&#039;institution fermée  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des «&amp;amp;nbsp;communautés thérapeutiques&amp;amp;nbsp;» ont été créées en réaction aux enfermements asilaires prônés jusque-là mais qui commençaient à être pointés du doigt, car considérés comme déshumanisants. Bien que créées tout d&#039;abord pour répondre aux phénomènes de dépendances (toxicomanies, par exemple), on trouve, dès la fin des années 60, des communautés thérapeutiques en Angleterre, en France, en Suisse et au Québec, destinées au secteur de la psychiatrie. Avec la naissance de ces communautés thérapeutiques, une nouvelle approche de la psychose en-dehors des lieux de soins traditionnels s&#039;est développée (Schatzman, 1969; Barnes et Berke, 1973; Fabre, 1978; Lecomte et Tourigny, 1983a). Leur but est de créer un milieu &amp;quot;naturel&amp;quot;, en reconstituant les structures d’une «&amp;amp;nbsp;macro famille&amp;amp;nbsp;» ou d’une «&amp;amp;nbsp;mini société&amp;amp;nbsp;», plus rassurantes : on trouve par exemple la Communauté des Sablons, (Maison d&#039;enfants à caractère social et familial (76270 Saint-Saire), ou, en Suisse, le foyer de Tavel qui a vécu cinq ans (1975-1980). Dans le film de Catherine Scheuchzer, «&amp;amp;nbsp;Dans l’aventure du non, la parole&amp;amp;nbsp;», (tourné à Boulens, dans la campagne vaudoise, dans les années 70 ), on découvre, dans un décor post soixante huitard, très simplement, dans un rythme extrêmement lent, des adultes et des enfants en interaction, «&amp;amp;nbsp;comme dans la vraie vie&amp;amp;nbsp;». Cette expérience est décrite comme «&amp;amp;nbsp;une véritable expérience d’éveil à la vie&amp;amp;nbsp;», qui «&amp;amp;nbsp;prend le contre-pied du placement en institution psychiatrique&amp;amp;nbsp;» (L’Est vaudois, 19.11.92). Plutôt que de considérer cette population d&#039;enfants, comme on le faisait en asile, comme des fous, murés dans leur silence, leurs excentricités, on veut les considérer comme des partenaires, des interlocuteurs. Le but est effectivement de les faire participer au quotidien d’une maisonnée, plutôt que de créer des ateliers protégés artificiels. De la sorte, ils sont poussés à se dépasser, à faire des expériences par eux-mêmes, sans avoir nécessairement recours au soutien d’un adulte. Il semble qu&#039;à cette époque, cette nouvelle façon de considérer les enfants autistes comme étant capables d’autonomie, capables d’agir, ait apporté un peu d’humanité dans leur prise en charge. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;enfant&amp;amp;nbsp; ainsi placé dans une communauté thérapeutique vaudoise est-il plus &amp;quot;intégré&amp;quot; que s&#039;il était dans une institution considérée par ces acteurs alternatifs du &amp;quot;système&amp;quot; comme un ghetto? Il en va de même avec le terme désinstitutionalisation? Qu&#039;est-ce que l&#039;institution? Il y en a des &amp;quot;bonnes&amp;quot; (maternantes, enveloppantes, naturelles...) et de &amp;quot;mauvaises&amp;quot; (contraignantes, mortifères) (sur ce point les travaux de Fernand Oury puis de Jacques Pain mériteraient qu&#039;on s&#039;y attache (voir la psychothérapie institutionnelle sur le site de Jacques Pain: http://www.jacques-pain.fr).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La désinstitutionalisation  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon des sources internet, le mouvement de désinstitutionalisation semble avoir débuté vers 1960 (même s’il semble qu’il y ait eu un prélude à la désinstitutionnalisation au début du 19e siècle (L’Institut universitaire en santé mentale de Québec par exemple - La désinstitutionnalisation, http://caringminds.ca/index.php?option=com_content&amp;amp;amp;view=article&amp;amp;amp;id=62&amp;amp;amp;Itemid=43&amp;amp;amp;lang=fr&amp;amp;amp;limitstart=7). Certains observent le début de ce mouvement en Scandinavie, d’autres au Québec. Dans tous les cas, il s’agit d’un mouvement d&#039;ouverture vers la communauté, d’une volonté de «normalisation»[[Normalisation]] &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le mouvement de désinstitutionnalisation s&#039;appuie avant tout sur une philosophie qui met l&#039;accent sur les droits et libertés des individus et elle vise à humaniser les soins de santé mentale. (Encyclopédie de l’Agora, http://agora-2.org/thematiques/inaptitude.nsf/Dossiers/Desinstitutionnalisation). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;horreur suscitée par les politiques nazies du meurtre eugénique des malades psychiatriques et les camps de concentration pendant la Seconde guerre mondiale, ont attirer l’attention sur les pratiques «&amp;amp;nbsp;déshumanisantes&amp;amp;nbsp;» dans les soins psychiatriques en santé mentale, (séquestration, mauvais traitements en tout genre, manque de formation des professionnels). (Voir Martin, 1984 et Claire Henderson et Graham Thornicroft, Santé mentale au Québec, vol. 22, n° 2, 1997, p. 88-114. http://id.erudit.org/iderudit/032417ar ) Les années d’après-guerre ont vu un accroissement de l’intérêt porté à l’institution comme objet d’étude. Certains auteurs parlent de l’institution comme étant «&amp;amp;nbsp;névrosante&amp;amp;nbsp;», «&amp;amp;nbsp;façonnant et codifiant les gens dans le rôle de patient psychiatrique&amp;amp;nbsp;» (Goffman (1961). On observe dans les années 60 une disparition du personnel religieux des hôpitaux. Naît alors une nouvelle conception de l’individu, une évolution des attitudes envers le malade&amp;amp;nbsp;; on veut le sortir des murs de l’asile psychiatrique. On commence à parler, à cette époque, du «&amp;amp;nbsp;droit de la personne&amp;amp;nbsp;». Des idéaux humanitaires amènent à une nouvelle vision de la maladie mentale. Il semble que ce mouvement de désinstitutionnalisation soit lié aussi à l’apparition des pratiques de pharmacopée. «&amp;amp;nbsp;Ces nouveaux médicaments permettaient de calmer les malades agités, délirants, hallucinés et ainsi permettre d&#039;envisager et de généraliser des traitements psychiques dans des conditions plus réalistes ou encore, lorsque c&#039;était possible, d&#039;envisager un retour au domicile ou dans des structures intermédiaires&amp;amp;nbsp;».(déf. du mot «&amp;amp;nbsp;psychiatrie&amp;amp;nbsp;» http://fr.wikipedia.org/wiki/Psychiatrie ). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On a le désir de «normaliser&amp;amp;nbsp;» leurs conditions de vie. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les années 60, la personne «&amp;amp;nbsp;déficiente intellectuellement&amp;amp;nbsp;» est encore considérée comme une «&amp;amp;nbsp;malade&amp;amp;nbsp;». Mais on ne considère plus le malade mental comme un malade incurable, mais comme un sujet pouvant être aidé, guéri. On met en avant le fait que la maladie mentale ne nécessite pas forcément une hospitalisation, et qu’elle doit être considérée comme une autre maladie. On externalise, on invente la psychiatrie de secteurs, on commence à intégrer des services pour les malades mentaux dans des hôpitaux ou cliniques. On évite ainsi la stigmatisation des malades mentaux placés pour de longues périodes en asile psychiatrique, et on leur évite la perte de leurs facultés leur permettant de se réintégrer dans la société. On redonne alors un rôle à la communauté, on redonne des responsabilités aux familles. On se met à s’intéresser davantage au patient qu’à sa maladie. (in Lettre trimestrielle de l’association romande Pro Mente Sana http://www.promentesana.org/upload/application/trimes_43.pdf )&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme il l&#039;a déjà été dit, la désinstitutionalisation a permis aux personnes présentant des troubles psychiatriques de sortir de ce milieu assimilé pendant de nombreuses années, au milieu carcéral. Mais une fois &amp;quot;libéré&amp;quot; où vont ces personnes? A ce sujet,&amp;amp;nbsp; [[Bibliographie|N. Carpentier (2001)]] affirme dans son article que 60 à 70&amp;amp;nbsp;% des patients retournent dans leur famille après l’hospitalisation. Plusieurs articles ont démontré que l&#039;arrivée d&#039;un malade dans une famille, avait de lourde conséquence sur celle-ci. Avant d’en venir aux conséquences, il me semble nécessaire de revenir sur la représentation des professionnels, sur les familles des patients. Pour cela, il est intéressant de revenir sur l&#039;évolution de la vision des professionnels sur la famille. C&#039;est-à-dire comment la famille, alors qu&#039;elle était considérée comme coupable de la maladie de l&#039;un de ses membre, est devenue un partenaire idéal?&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour développer ceci, revenons tout d&#039;abord au début du XXème siècle. A cette époque, la famille était considérée comme étant la cause de la maladie de leur enfant. En d’autres termes, les professionnels affirmaient que la maladie mentale était un problème génétique, qui était donc héritée de plusieurs générations antérieures. Ensuite, les années cinquantes ont apportées un premier renversement dans la vision des familles, sur la maladie de leur enfant. En effet, la famille était vu comme étant un «&amp;amp;nbsp;système réagissant aux troubles mentaux de l’un de ses membres, plutôt qu’en tant que système causant des désordres psychiques&amp;amp;nbsp;» (Carpentier,2001,p.84). Ce changement de perspective est en lien avec l’arrivée d’une politique qui favorise les hospitalisations de courte durée. En d’autres termes, les familles commencent à être perçues comme une solution aux changements politiques.&amp;amp;nbsp; Continuons à présent avec les années soixante. Dans ces années, la psychiatrie, adopte une vision plutôt basée sur la communauté. Ce changement, va être très favorable pour les familles, puisqu’il permet aux familles de&amp;amp;nbsp; se déresponsabiliser des troubles mentaux. Ainsi, toujours selon Carpentier, à cette époque «&amp;amp;nbsp;les désordres psychiques [doivent être étudiés] sous l’angle de l’isolement social, des désavantages sociaux, puis selon la présence de stresseurs sociaux et économique&amp;amp;nbsp;»( p.89) . &amp;lt;br&amp;gt;Ainsi, au fur et à mesure que le mouvement de désinstitutionalisation se met en place, les politiciens et les professionnels considèrent la famille comme étant une solution au problème. En effet, la famille est perçue comme «&amp;amp;nbsp;une source privilégiée de soutien émotionnel et social ainsi que comme place de choix pour relocaliser le patient psychiatrique.&amp;amp;nbsp;» (Carpentier,2001,p.91) &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Jusqu&#039;à présent, nous avons relevé l&#039;évolution de la perception de la famille aux yeux des professionnels. Mais comment la famille voit-elle ce changement? A ce sujet,[[Bibliographie|R. Therrien (1990)]] affirme que sur le plan économique et émotionnel, la désinstitutionnalisation demande beaucoup aux familles, surtout au femmes. En effet, toujours selon R.Therrien, avoir quelqu&#039;un ayant des problèmes mentaux à la maison provoque beaucoup de stress chez les familles. Dans certaines familles, un malade peut devenir un véritable &amp;quot;fardeau&amp;quot;, puisque celui-ci impose beaucoup de contraintes. Effectivement, avoir un malade à la maison peut avoir plusieurs conséquence, comme le fait de ne plus avoir nos loisirs habituels, pouvoir sortir avec nos amis, par peur d&#039;être jugé, ou encore avoir des problèmes avec nos voisins, car les comportment de notre enfant, ou mari dérange. Tous ces problèmes ont un impacte très fort sur la famille d&#039;autant plus qu&#039;elle n&#039;est pas aidée, ni reconnue pour tout ce qu&#039;elle fait pour le malade. &amp;amp;nbsp; &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L&#039;élan contestataire des années 70 à Genève  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En Suisse un même mouvement historique a été observé. Selon le médecin Christian Monney, on y a dénoncé les mêmes agissements qu’ailleurs&amp;amp;nbsp;: enfermement, répression, qui étaient là non pour aider le malade, mais pour protéger l’ordre public. On y mêlait, écrit-il, infirmes, orphelins, indigents et fous… (Dr Christian MONNEY, 1999, à l’occasion des 100 ans de l’Hôpital de Malévoz). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Or, dès 1965, des consultations ambulatoires sont créées et les séjours hospitaliers peuvent ainsi se raccourcir. Les moyens de contention sont contestés. Des établissements médico-éducatifs apparaissent, comme [http://www.castalie.ch/home.php?include=textes&amp;amp;lng=1&amp;amp;id=18&amp;amp;idmenu=14 la Castalie en Valais], grâce au Dr Rey-Belley, en 1972 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Genève, l&#039;élan contestataire débute lorsque Julian de Ajuriaguerra est nommé directeur de Bel-Air en 1959. C&#039;est donc à ce moment-là que le mouvement de désinstitutionnalisation naît. En effet, on commence à critiquer les asiles et à vouloir modifier le fonctionnement de l&#039;hôpital psychiatrique. Les patients psychiatriques commencent à bénéficier des mêmes droits que les patients non-psychiatriques. Ensuite, pendant les années 70-80, cet élan continue avec la volonté de baser les soins sur des approches psychotérapeutiques.[[Bibliographie|Rey-Bellet, Bardet Blochet, Ferrero, 2010, p.90-95]] &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L&#039;anti-psychiatrie: une nouvelle politique de la prise en charge  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les années 60, Michel Foucault a tenté d&#039;amorcer &amp;quot;un dialogue entre la psychiatrie et ses sujets&amp;quot; ([[Bibliographie|Rose, 2006, p.113]]) et dès 1971 avec la sortie de son ouvrage sur les prisons c&#039;est à la critique de l&#039;univers carcéral et des rapports de pouvoir qu&#039;il s&#039;attelle (Surveiller et punir, 1971). Ces critiques, plus tard regroupées sous le nom d&#039;antipsychiatrie visaient à remettre en question &amp;quot;la manière dont le pouvoir du médecin était impliqué dans la vérité de ce qu&#039;il disait et, inversement, la manière dont celle-ci pouvait être fabriquée et compromise par son pouvoir ([[Bibliographie|Rose, 2006, p.120-121]]). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;institution comme lieu d&#039;exclusion est mise à mal par une volonté de certains de supprimer ces lieux de contrainte, pour une vie libre dans la Cité (sectorisation) ou dans des communauté thérapeutiques (de préférence à la campagne) partant du présupposé que les conditions de vie des personnes sont déterminantes dans leur état de santé (avant même tout diagnostic). Par ailleurs, dans ces années-là, la vie quotidienne devient un objet d&#039;étude (la sociologie de la vie quotidienne), terreau de multiples expériences pédagogiques et thérapeutiques. Le slogan &amp;quot;La liberté est thérapeutique&amp;quot; s&#039;allie à une critique de la contrainte médicamenteuse et des pratiques de contention psychiatrique: elle donne ainsi une place à de nouvelles formes d&#039;&amp;quot;éducation spéciale&amp;quot; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Symptôme de ce changement le terme d&#039;&amp;quot;usagers&amp;quot; vient reléguer celui de &amp;quot;patients&amp;quot; donnant un nouveau statut aux personnes, écorchant ainsi le sacro saint pouvoir des médecins et des directions des institutions. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dès les années 70, le journal mensuel &amp;quot;Tout Va Bien&amp;quot; a consacré de nombreuses pages et numéros à la question de l&#039;anti-psychiatrie. Dès 1973, un groupe d’enquête s’est constitué pour dénoncer une certaine violence et certains abus de pouvoir au sein des asiles psychiatriques. Leur volonté était de déterritorialiser la psychiatrie. «&amp;amp;nbsp;La psychiatrie, c’est l’affaire de tout le monde&amp;amp;nbsp;». Ils voulaient faire exploser la loi du silence qui régnait dans ces lieux. Ils ont voulu dénoncer les rapports de pouvoir sévissant à l&#039;intérieur des murs psychiatriques, la soumission du malade à l’infirmier, la soumission de l’infirmier au médecin, la soumission du médecin aux pouvoirs de l’administrateur bailleur de fonds. Selon ce journal, le mouvement anti-psychiatrique serait né au début des années 60: La clinique psychiatrique de Bel Air, créé en 1900, a commencé à créer des pavillons ouverts avec l’arrivée de son nouveau directeur en 1959, Julian Ajuriaguerra. Son intention était de favoriser le retour de l’interné au plus vite dans leur milieu naturel, grâce à une hospitalisation de courte durée. Depuis 1963, le travail psychiatrique est sectorisé. On commence à organiser les soins dans des centres de consultation de quartier. Ainsi, les premières tentatives alternatives apparaissent en Suisse. Des travailleurs sociaux poursuivent une critique des institutions et contribuent à la création et au fonctionnement de centres (qui se différencient des institutions récupératrices) qui ont pour but de venir en aide à toute personne en crise. Exemple&amp;amp;nbsp;: le centre Liotard à Genève, créé par le réseau d’alternative à la psychiatrie de Suisse romande. En janvier 1975 se tient le premier congrès d’alternative à la psychiatrie de secteur (Congrès de Bruxelles, auquel participe un groupe de Genève: il s’en est inspiré pour animer des débats au centre Liotard&amp;amp;nbsp;: recherche d’alternatives concrètes répondant aux besoins des malades. A Lausanne, le 24 janvier 1976, est créé un réseau alternatif à la psychiatrie pour la Suisse romande, dont l’un des membres actifs s’appelle Alain Riesen, du Centre Liotard. Une commission formée aussi bien de psychiatrisés que de soignants s’est alors formée. Elle a remis en question le pouvoir des soignants. Selon cette commission, le but d’une alternative au secteur doit être la prise en main progressive par le malade de ses propres difficultés. Suite à des tentatives d’internement forcé, des tracts ont circulé, dénonçant les abus du pouvoir psychiatrique. Dès ce moment-là, une prise de conscience s&#039;opère: le patient ne veut plus être manipulé, il ne veut plus être le cobaye, il ne veut plus être muselé par le pouvoir du médecin. Il veut choisir son mode de guérison, il veut être actif dans le processus de guérison. Il convient alors de faire en sorte que ce soit le patient qui choisisse ou non son hospitalisation. Effectivement, médecins, contestataires et familles se sont rendus compte de l&#039;importance du choix du malade dans sa propre guérison. A la fin des années 70, d&#039;autres mouvements anti-psychiatriques se répandent en Suisse et ailleurs: par exemple à la clinique de Bellelay, où son nouveau directeur a souhaité ouvrir les murs à son arrivée, et mettre à disposition des appartements protégés, voire même une maison de vacances pour ses patients. Le but était &amp;quot;que les malades puissent le plus possible avoir des contacts humains et une vie «&amp;amp;nbsp;normale&amp;amp;nbsp;» (TVB avril-mai 80). En Italie, Franco Basaglia, qui s’est appuyé entre autres sur les modèles de l’anti-psychiatrie anglaise et française pour mener sa lutte (Cooper, Lang, Foucault, Caxtel), s&#039;en est pris aux conditions de vie moyenâgeuses réservées aux malades mentaux. En quelques années, il démantèle l’asile et expérimente les premiers éléments de sa conception territoriale (et non plus institutionnelle) de la folie&amp;amp;nbsp;: le malade est soigné dans son milieu social&amp;amp;nbsp;» (TVB 10 octobre 80). Suite à la mort atroce d&#039;Alain Urban lors d&#039;une cure de sommeil forcé à la clinique de Bel-Air, l&#039;ADUPSY ainsi que l&#039;Association des Médecins Progressiste ont déployé maints efforts pour alerter l&#039;opinion publique à propos des agissements soupçonneux de la clinque en question. Leurs revedications ont porté sur la suppression des isolements, la priorité données aux instruments de soin ambulatoire, l&#039;augmentation des effectifs globaux du personnel soignant, etc. Ils expriment également leur soutien aux revendications concernant le droit des patients&amp;amp;nbsp;: «&amp;amp;nbsp;Le consentement du patient ou de son entourage immédiat doit toujours être recherché, dans la thérapeutique comme dans le recherche&amp;amp;nbsp;». &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Psychiatrie et anti-psychiatrie  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le mouvement d&#039;anti-psychiatrie qui &amp;quot;s&#039;oppose d&#039;abord et avant tout à une forme de monopole du savoir médical&amp;quot; ([[Bibliographie|Mannoni, 1970]], p. 9) dénonce l&#039;autorité &amp;quot;morale et policière&amp;quot; (Mannoni, 1970, p. 21) du psychiatre. Toutefois, psychiatres et partisants de l&#039;anti-psychiatrie s&#039;accorde sur le fait que &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;la société place le psychiatre dans une position ambiguë&amp;amp;nbsp;: il est au service d&#039;un patient dont il a à défendre les droits mais il se trouve également placé en position d&#039;auxiliaire de la police dans un programme d&#039;internement qui est un processus d&#039;obligation de soins&#039;&#039; (Mannoni, 1970, p. 168). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les réponses apportées par les uns et par les autres pour essayer de lever cette ambiguité sont toutefois différentes. Si l&#039;anti-psychiatrie cherche plutôt à démystifier &amp;quot;le rôle que la société fait jouer à la psychiatrie&amp;quot; (Mannoni, 1970, p.168), à créer des lieux où la maladie mentale pourrait être réintérrogée (allant même jusqu&#039;à nier la notion de maladie mentale (Mannoni, 1970, p. 175) et à s&#039;éloigner des conceptions scientiste, certains psychiatres cherchent à remettre sur le devant de la scène un discours scientifique. S&#039;ils reconnaissent un certain succès à l&#039;anti-psychiatrie &amp;quot;dans sa position de refus et de provocation&amp;quot; ([[Bibliographie|Barte, 1972]], p. 46), les solutions qu&#039;elles proposent ne les satisfont guère. Pour certains membres de ce corps médical, la maladie mentale doit être reconnue comme &#039;&#039;phénomène nature&#039;&#039;l ([[Bibliographie|Ey, 1972]], p. 53). &amp;quot;En faisant volatiliser dans le néan l&#039;objet même de la psychiatrie qu&#039;est le malade mental, l&#039;anti-psychiatrie nie la souffrance humaine, nie le drame authentiquement humain que vit chaque malade mental (Barte, 1972, p. 46). Pour défendre ces patients malades, &amp;quot;fous&amp;quot;, pour les réhabiliter, il est nécessaire de &amp;quot;passer par la reconnaissance même de la psychiatrie, science critique et autonome et qui ne peut se fonder que sur la notion de maladie mentale conçue ni comme simple maladie des organes, ni comme simple maladie psychique&amp;quot; ([[Bibliographie|Barte, 1972]], p.47). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La fonction du médicament dans l&#039;approche anti-psychiatrique  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;apparition de la médication au début des années 1960 permet d&#039;éviter l&#039;internement. Elle soutient le changement qui s’opère dans les pratiques et donne l&#039;impression de pouvoir faire quelque chose. Elle fait transparaître un espoir aussi bien pour les praticiens que pour les patients puisque grâce aux médicaments il y a une diminution des hospitalisations, une augmentation des prises en charge ambulatoires et une augmentation des consultations. L&#039;avancée de la médecine et l’essor de la psychopharmacologie permettent alors de développer de nouvelles perspectives thérapeutiques et de nouveaux défis comme le soutien au patient et à sa famille, la mise en place de nouvelles structures. Il s&#039;agit ainsi de &amp;quot;jeter un pont entre l&#039;hôpital et la ville&amp;quot; (CMS, 1963, 7ème année, n°2 &amp;quot;L’assistance psychiatrique). Cependant, les connaissances récentes sur les effets de la médication et les abus sur son utilisation sont également soulevés. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;anti-psychiatrie se veut aussi anti-thérapeutique, ce qui lui est repproché par les anti anti-psychiatres. Selon ces derniers, les anti-psychiatres considèrent que &amp;quot;les traitements sont à proscire&amp;quot; ([[Bibliographie|Maurel, 1972]], p. 79). &amp;quot;Traiter, écrit Cooper, c&#039;est être intéressé à rendre le patient plus acceptable pour les autres...et lui faire manifester de moindre façon sa détresse&amp;quot; ([[Bibliographie|Maurel, 1972]], p. 79).&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L&#039;influence du concept de normalisation dans l&#039;anti-psychiatrie ==&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Cécilia Zuccone</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=La_d%C3%A9sinstitutionalisation_dans_le_champ_de_l%27%C3%A9ducation_sp%C3%A9ciale_1960-1980&amp;diff=8994</id>
		<title>La désinstitutionalisation dans le champ de l&#039;éducation spéciale 1960-1980</title>
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		<updated>2011-11-29T21:27:02Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Cécilia Zuccone : /* La communauté: un modèle alternatif à l&amp;#039;institution fermée */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;== Introduction  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A l&#039;heure où l&#039;on peut constater de &amp;quot;nouvelles exclusions&amp;quot; au nom de la protection des citoyennes et des citoyens inquiétantes pour certains, car &amp;quot;ruinant ainsi des décennies d&#039;efforts de déségrégation, désexclusion, de &amp;quot;retour du schizophrène dans la cité&amp;quot; (Dr.Patrick Lemoine, Le mystère du nocebo, Paris. Odile Jacob, 2011, p.69), un certain nombre de questions se posent pour mieux comprendre l&#039;histoire de l&#039;éducation spéciale, à la fois politique (anti-psychiatrie, sectorisation), sociale et culturelle (intégration, normalisation, désinstitutionalisation, communauté de vie, communauté thérapeutique) dans les décennies des Trente glorieuses (1960-1990) pendant lesquelles a soufflé un vent de contestation des politiques institutionnelles. Un esprit contestataire a émergé en particulier dès les années 1970 (post soixante-huit) provoquant dans le champ de la prise en charge des personnes dites aujourd&#039;hui &amp;quot;à besoins particuliers&amp;quot; un élan de remise en question de l&#039;institution, du pouvoir des médecins, de la contrainte institutionnelle et médicamenteuse. Peu de travaux ont encore exploré ce champ, à Genève, sinon pour étudier l&#039;histoire de Mai 68 et du mouvement féministe. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La recherche proposée vise à mieux comprendre comment, à Genève, le champ de l&#039;éducation spéciale et celui de la psychiatrie a été touché par cette contestation. Elle fait suite à celle engagée en 2010 et 2011 sur l&#039;histoire de l&#039;intégration scolaire des enfants handicapés mentaux [[Pionniers de l&#039;intégration scolaire des enfants handicapés à Genève]] et La génération intégration 1970-1980: un slogan pour quelles réalités sociales? [[Article 2011]]. Les recherches précédentes ont montré à la fois la complexité des pratiques d&#039;intégration amenant souvent un écart entre discours et pratique, ainsi que les résistance à penser le handicap sans mettre un ligne de démarcation entre norme et hors norme, entre enfant éducable et non éducable, limite souvent mal définie et dépendante des représentations (malédiction du handicap). Au début des années 60 l&#039;intégration apparaît d&#039;abord pour les parents comme celle de leur enfant (jusque là à domicile) dans des institutions (qu&#039;il a fallu créer). Le Pavillon des Grand Bois à l&#039;hôpital psychiatrique de Bel-Air représentant encore une solution &amp;quot;intégratrice&amp;quot; pour les enfants les plus difficiles à éduquer et les moins autonomes. Le concept de [[Dictionnaire|normalisation]] vient s&#039;accoler à celui d&#039;intégration pour rapprocher toute déviance d&#039;une norme sociale (en terme d&#039;habitat, d&#039;activité, voire de comportements). Ainsi le milieu ouvert (comme Aigues-Verte par exemple) peut apparaître comme plus proche d&#039;une vie quotidenne &amp;quot;normale&amp;quot; et donc plus intégrant. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La [[Dictionnaire|désinstituionalisation]] qui fait l&#039;objet de cette nouvelle recherche est d&#039;abord issu des milieux de l&#039;anti-psychiatrie (et donc ni des association de parents ni des milieux pédagogiques); on peut apparenter idéologiquement ce mouvement anti-psychiatrique avec un objectif de normalisation dans le sens de rapprocher les personnes prises en charge de la vie quotidienne de tout un chacun. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi malgré des différences d&#039;application ces différents courant pourraient être affilier à celui libertaire qui a essaimé dans différent champ du social entre 1970 et 1990. C&#039;est dans une perspective de compréhension de l&#039;histoire des idées et des pratiques du mouvement anti-psychiatrique genevois que s&#039;inscrit cette recherche. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un premier temps, cette page d&#039;histoire sera située dans une &amp;quot;tradition&amp;quot;: d&#039;une part celle du traitement de la différence (notamment depuis les travaux des psycho-pédagogues du début du 20e siècle comme Alfred Binet à Paris, Edouard Claparède à Genève ou Ovide Decroly à Bruxelles); et d&#039;autre part dans une tentative dès les années vingt en Angleterre (voir Libre enfants de Summerhill), mais surtout pendant et dans l&#039;après deuxième guerre mondiale (voire les communautés d&#039;enfants victimes de la guerre), de multiplier les expériences de vie communautaire issue du scoutisme, des mouvements de jeunesse, de l&#039;éducation nouvelle et de l&#039;éducation internationaliste et pacifiste, des colonies de vacances et camps CEMEA, s&#039;opposant à une autre tradition hospitalière (couvent, Bon Pasteur, Hospice, institutions de prises en charge spécialisées). Ce faisant, nous dégagerons des signes précurseurs de &amp;quot;désinstitutionalisation&amp;quot; pour des structures plus petites, parfois médicalisées (les écoles de plein-air), mais avant tout proches de la nature et des besoins des individus. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un second temps, nous étudierons la période 1960-1980 laquelle a vu émerger un mouvement anti-psychiatrique (critique de l&#039;hôpital, du pouvoir médical, de la médicalisation à outrance et de la contrainte) pour une critique radicale visant le pouvoir institutionnel et entrainant des pratiques novatrices, lesquelles demande à être mieux étudiées&amp;amp;nbsp;: 1. dans leurs objectifs (désinstitutionalisation ou déshospitalisation versus sectorisation)? 2. dans le choix fait des traitements: médicaux (traitement ambulatoire) ou éducatif et thérapeutique? 3. dans l&#039;évaluation faite des populations concernées par une prise en charge alternative 4. dans le rôle joué par la psychanalyse comme alternative au traitement médicaux et comme modèle thérapeutique (notamment dans les communauté cf. film de Catherine Scheuchter) 5. dans le rôle donné aux familles et le poids qui leur est fait supporté (en terme financier, de responsabilité, de culpabilité,...) et en particulier à l&#039;égard des mères et des femmes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il s&#039;agira de mieux comprendre si l&#039;anti-psychiatrie est dans les années 1960-1980 une nouvelle manière de faire de la psychiatrie ou si est-elle une véritable contestation de l&#039;institution asilaire et si les modèles alternatifs proposés ne seraient pas sous couvert d&#039;idéologie libertaire une façon de baisser les coût de la santé en temps de crise. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour ce faire, nous avons travailler sur des articles et avec une bibliographie d&#039;ouvrages &amp;quot;classiques&amp;quot;, livres de références pour les acteurs/trices de la période considérées, puis nous avons dépouillés des revues professionnelles pour saisir les thématiques qui ont traversés alors le champs de la psychiatrie et de l&#039;éducation spécialisée; dans un second temps la recherche s&#039;est portée sur un fond d&#039;archives de l&#039;Association Les archives contestataire (fonds Alain Riesen/Schuller) dont un des donateurs d&#039;archives Alain Riesen est le fondateur de l&#039;Arcade 84 et militant de l&#039;anti-psychiatrie genevoise). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un troisième temps nous avons effectué un entretien vidéo (un plan fixe) afin de lui poser cinq questions issues de la recherche collective dans les archives et dans la littérature afin d&#039;avoir son témoignage sur l&#039;histoire de l&#039;anti-psychiatrie, de la désinstitutionalisation et des communautés thérapeutiques entre 1960 et 1980. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Revue de la littérature  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les revues professionnelles et contestataires entre 1970 et 1990  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un certains nombres de revues professionnelles ont été dépouillée pour la période 1970-1980. Soit Sauvegarde de l&#039;enfance, Déviance et Soicété,... &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Durant la période de 1970 à 1985, la revue &amp;quot;Sauvegarde de l&#039;enfance&amp;quot; n&#039;a publié aucune revue, voire même aucun article consacrés au thème de notre étude, à savoir la désinstitutionnalisation dans le champ de l&#039;éducation spéciale. Au premier abord on pourrait donc tirer la conclusion selon laquelle ce champ d&#039;étude ou ce mouvement n&#039;était que peu présent à cette époque. Toutefois, en se penchant davantage sur les sujets traités dans cette revue, on se rend compte que les auteurs de celle-ci n&#039;ont pas abordé la désinstitutionnalisation en tant que telle, mais l&#039;ont abordée par les effets qu&#039;elle a pu engendré à cette époque. Effectivement, on peut observer des thèmes comme la formation des éducateur en centre de jour ou en maison d&#039;accueil, la relation entre famille et société, l&#039;école ordinaire, l&#039;adolescence et la violence ou encore l&#039;aide sociale, autant de thèmes qui ont largement découlé de ce mouvement désinstitutionnel. Il est donc fort intéressant de se pencher sur les champs d&#039;action de ce type de revues, afin de mieux comprendre quel était le climat politique, les préoccupations, les tendances de la période qui nous intéresse. D&#039;ailleurs, nous retrouverons tout au long de cet article de nombreuses références aux thèmes traités par le revue &#039;&#039;Sauvegarde de l&#039;enfance&#039;&#039;.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Prémisses de critiques aux institutions traditionnelles  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Jusqu&#039;à la fin du XVIIIe siècle, les hôpitaux psychiatriques internaient une population bien différente de celle accueillie au XXe siècle. [[Bibliographie|Cléopâtre Montandon&amp;amp;nbsp;(1978)]]&amp;amp;nbsp; nous dévoile que les populations désignées comme relevant de l&#039;univers psychiatrique étaient très fortement liées à l&#039;univers carcéral. Effectivement, jusqu&#039;au XVIIIe siècle, les criminels étaient considérés comme &amp;quot;fous&amp;quot; ou &amp;quot;aliénés&amp;quot; et se voyaient enfermés, voire même enchaînés dans des &amp;quot;maisons de discipline&amp;quot; ou dans des &amp;quot;hôpitaux pour fous&amp;quot;. A cette époque, seule la justice décidait du lieu d&#039;incarcération des individus criminels. Peu à peu, des distinctions se sont faites pour montrer que certains criminels aliénés relevaient davantage de la psychiatrie, et se définissaient essentiellement par une responsabilité restreinte et une santé mentale défaillante. Ce sont alors ces personnes, désignées comme ne pouvant accomplir leur rôle social, que les hôpitaux psychiatriques ont admis dans leurs locaux. Pour décider et justifier ces internements, la justice ne pouvait agir seule. &amp;quot;Ce n&#039;est qu&#039;à partir de 1936 que l&#039;autorisation d&#039;un internement est délivré sur vue d&#039;un certificat médical par le Département de la prévoyance sociale et de la santé publique&amp;quot;. Ainsi, on voit combien la société évolue en définissant clairement et sur preuves médicales qui peut être &#039;&#039;placé&#039;&#039; en hôpital psychiatrique. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On peut également noter que les préoccupations principales de la période du XVIIIe au début du XXe siècle se restreignaient principalement à la sécurité, et de fait au &#039;&#039;placement&#039;&#039; de ces personnes. Où pouvait-on mettre physiquement ces personnes différentes pour qu&#039;elles ne nuisent pas à la société? Que pouvait-on faire d&#039;elles? Qui pouvait s&#039;en occuper? Que faire avec ces personnes? On observe dès lors que, pendant plusieurs siècles, ces personnes étaient enfermées, dénuées de tous sens, de toute sensibilité, et de toute éducation, en recevant néanmoins de plus en plus de médicaments censés les calmer ou les soigner. Il faudra alors attendre la fin du XIXe siècle pour entrevoir un forme d&#039;éducation de ces personnes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans son article, &amp;quot;La naissance de l&#039;institutions pour aliénés&amp;quot; à Genève au 19e siècle, Alain Riesen montre que la problématique de l&#039;internement .... &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au début du XXe siècle, Binet et Simon (1907)&amp;amp;nbsp; &#039;&#039;donnent une nouvelle forme cognitive de l&#039;éducation spéciale qui perdurera au moins jusqu&#039;au années 1960&#039;&#039; ([[Bibliographie|Chauvière et Plaisance, 2003, p. 32]]).&amp;amp;nbsp; A cette époque là, on distinguait les arriérés d&#039;asiles, non éducables et à laisser entre les mains des médecins, des arriérés d&#039;école. Ainsi, des institutions apparurent en servant d&#039;intermédiaire entre l&#039;hôpital et la classe ordinaire. Dans ces premières institutions, la pédagogie était &#039;&#039;inspirée par l&#039;atelier, c&#039;est-à-dire guidée par la mise en oeuvre de travaux manuels et d&#039;exercices pratiques &#039;&#039;([[Bibliographie|Chauvière et Plaisance, 2003, p. 33]]). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dès les années 1960,&amp;amp;nbsp; de nombreuses institutions privées pour enfants handicapés ou en difficultés se développent, majoritairement sous l&#039;impulsion d&#039;associations de parents. Ces derniers ont été amenés à &#039;&#039;créer et à gérer des institutions de type médico-éducatif&#039;&#039; &#039;&#039;pour éviter à leurs enfants d&#039;être relégués dans des services d&#039;hôpitaux psychiatriques ou d&#039;être seulement en survie à leur domicile&#039;&#039; (Chauvière er Plaisance, 2003, p.35). Aujourd&#039;hui, les institutions, à Genève, semblent toujours être un peu sur le même modèle, celui de &amp;quot;l&#039;alliance&amp;quot; entre le médical et le pédagogique (qui regroupe aussi l&#039;aspect éducatif). Si on ne cherche peut-être plus à éviter aux élèves la reléguation en psychiatrie, on les place dans des lieux parfois hors de tout cursus ordinaire et loin de la norme. Ce qui questionne enfin sur qu&#039;est-ce que la normalisation? Et où mettre la limite à une vie comme tout le monde avec un handicap: la liberté (permissivité, autonomie) des années 1970 a-t-elle fait l&#039;impasse sur la souffrance des individus face aux exigences thérapeutiques et pédagogiques? La communauté d&#039;enfants (pédagogique, institutionnelle, thérapeutique) est-elle un modèle &amp;quot;utile&amp;quot; en temps de crise des institutions: peu coûteux, demandant un engagement au quotidien (vie quotidienne) du collectif pédagogique et thérapeutique (donc assurant un &amp;quot;contrôle social&amp;quot; maximal), ....&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La communauté: un modèle alternatif à l&#039;institution fermée  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des «&amp;amp;nbsp;communautés thérapeutiques&amp;amp;nbsp;» ont été créées en réaction aux enfermements asilaires prônés jusque-là mais qui commençaient à être pointés du doigt, car considérés comme déshumanisants. Bien que créées tout d&#039;abord pour répondre aux phénomènes de dépendances (toxicomanies, par exemple), on trouve, dès la fin des années 60, des communautés thérapeutiques en Angleterre, en France, en Suisse et au Québec, destinées au secteur de la psychiatrie. Avec la naissance de ces communautés thérapeutiques, une nouvelle approche de la psychose en-dehors des lieux de soins traditionnels s&#039;est développée (Schatzman, 1969; Barnes et Berke, 1973; Fabre, 1978; Lecomte et Tourigny, 1983a). Leur but est de créer un milieu &amp;quot;naturel&amp;quot;, en reconstituant les structures d’une «&amp;amp;nbsp;macro famille&amp;amp;nbsp;» ou d’une «&amp;amp;nbsp;mini société&amp;amp;nbsp;», plus rassurantes : on trouve par exemple la Communauté des Sablons, (Maison d&#039;enfants à caractère social et familial (76270 Saint-Saire), ou, en Suisse, le foyer de Tavel qui a vécu cinq ans (1975-1980). Dans le film de Catherine Scheuchzer, «&amp;amp;nbsp;Dans l’aventure du non, la parole&amp;amp;nbsp;», (tourné à Boulens, dans la campagne vaudoise, dans les années 70 ), on découvre, dans un décor post soixante huitard, très simplement, dans un rythme extrêmement lent, des adultes et des enfants en interaction, «&amp;amp;nbsp;comme dans la vraie vie&amp;amp;nbsp;». Cette expérience est décrite comme «&amp;amp;nbsp;une véritable expérience d’éveil à la vie&amp;amp;nbsp;», qui «&amp;amp;nbsp;prend le contre-pied du placement en institution psychiatrique&amp;amp;nbsp;» (L’Est vaudois, 19.11.92). Plutôt que de considérer cette population d&#039;enfants, comme on le faisait en asile, comme des fous, murés dans leur silence, leurs excentricités, on veut les considérer comme des partenaires, des interlocuteurs. Le but est effectivement de les faire participer au quotidien d’une maisonnée, plutôt que de créer des ateliers protégés artificiels. De la sorte, ils sont poussés à se dépasser, à faire des expériences par eux-mêmes, sans avoir nécessairement recours au soutien d’un adulte. Il semble qu&#039;à cette époque, cette nouvelle façon de considérer les enfants autistes comme étant capables d’autonomie, capables d’agir, ait apporté un peu d’humanité dans leur prise en charge. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;enfant&amp;amp;nbsp; ainsi placé dans une communauté thérapeutique vaudoise est-il plus &amp;quot;intégré&amp;quot; que s&#039;il était dans une institution considérée par ces acteurs alternatifs du &amp;quot;système&amp;quot; comme un ghetto? Il en va de même avec le terme désinstitutionalisation? Qu&#039;est-ce que l&#039;institution? Il y en a des &amp;quot;bonnes&amp;quot; (maternantes, enveloppantes, naturelles...) et de &amp;quot;mauvaises&amp;quot; (contraignantes, mortifères) (sur ce point les travaux de Fernand Oury puis de Jacques Pain mériteraient qu&#039;on s&#039;y attache (voir la psychothérapie institutionnelle sur le site de Jacques Pain: http://www.jacques-pain.fr).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La désinstitutionalisation  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon des sources internet, le mouvement de désinstitutionalisation semble avoir débuté vers 1960 (même s’il semble qu’il y ait eu un prélude à la désinstitutionnalisation au début du 19e siècle (L’Institut universitaire en santé mentale de Québec par exemple - La désinstitutionnalisation, http://caringminds.ca/index.php?option=com_content&amp;amp;amp;view=article&amp;amp;amp;id=62&amp;amp;amp;Itemid=43&amp;amp;amp;lang=fr&amp;amp;amp;limitstart=7). Certains observent le début de ce mouvement en Scandinavie, d’autres au Québec. En tous les cas, il s’agit d’un mouvement d&#039;ouverture vers la communauté, d’une volonté de «normalisation»[[Normalisation]] &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le mouvement de désinstitutionnalisation s&#039;appuie avant tout sur une philosophie qui met l&#039;accent sur les droits et libertés des individus et elle vise à humaniser les soins de santé mentale. (Encyclopédie de l’Agora, http://agora-2.org/thematiques/inaptitude.nsf/Dossiers/Desinstitutionnalisation). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;horreur suscitée par les politiques nazies du meurtre eugénique des malades psychiatriques et les camps de concentration pendant la Seconde guerre mondiale, ont attirer l’attention sur les pratiques «&amp;amp;nbsp;déshumanisantes&amp;amp;nbsp;» dans les soins psychiatriques en santé mentale, (séquestration, mauvais traitements en tout genre, manque de formation des professionnels). (Voir Martin, 1984 et Claire Henderson et Graham Thornicroft, Santé mentale au Québec, vol. 22, n° 2, 1997, p. 88-114. http://id.erudit.org/iderudit/032417ar ) Les années d’après-guerre ont vu un accroissement de l’intérêt porté à l’institution comme objet d’étude. Certains auteurs parlent de l’institution comme étant «&amp;amp;nbsp;névrosante&amp;amp;nbsp;», «&amp;amp;nbsp;façonnant et codifiant les gens dans le rôle de patient psychiatrique&amp;amp;nbsp;» (Goffman (1961). On observe dans les années 60 une disparition du personnel religieux des hôpitaux. Naît alors une nouvelle conception de l’individu, une évolution des attitudes envers le malade&amp;amp;nbsp;; on veut le sortir des murs de l’asile psychiatrique. On commence à parler, à cette époque, du «&amp;amp;nbsp;droit de la personne&amp;amp;nbsp;». Des idéaux humanitaires amènent à une nouvelle vision de la maladie mentale. Il semble que ce mouvement de désinstitutionnalisation soit lié aussi à l’apparition des pratiques de pharmacopée. «&amp;amp;nbsp;Ces nouveaux médicaments permettaient de calmer les malades agités, délirants, hallucinés et ainsi permettre d&#039;envisager et de généraliser des traitements psychiques dans des conditions plus réalistes ou encore, lorsque c&#039;était possible, d&#039;envisager un retour au domicile ou dans des structures intermédiaires&amp;amp;nbsp;».(déf. du mot «&amp;amp;nbsp;psychiatrie&amp;amp;nbsp;» http://fr.wikipedia.org/wiki/Psychiatrie ). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On a le désir de «normaliser&amp;amp;nbsp;» leurs conditions de vie. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les années 60, la personne «&amp;amp;nbsp;déficiente intellectuellement&amp;amp;nbsp;» est encore considérée comme une «&amp;amp;nbsp;malade&amp;amp;nbsp;». Mais on ne considère plus le malade mental comme un malade incurable, mais comme un sujet pouvant être aidé, guéri. On met en avant le fait que la maladie mentale ne nécessite pas forcément une hospitalisation, et qu’elle doit être considérée comme une autre maladie. On externalise, on invente la psychiatrie de secteurs, on commence à intégrer des services pour les malades mentaux dans des hôpitaux ou cliniques. On évite ainsi la stigmatisation des malades mentaux placés pour de longues périodes en asile psychiatrique, et on leur évite la perte de leurs facultés leur permettant de se réintégrer dans la société. On redonne alors un rôle à la communauté, on redonne des responsabilités aux familles. On se met à s’intéresser davantage au patient qu’à sa maladie. (in Lettre trimestrielle de l’association romande Pro Mente Sana http://www.promentesana.org/upload/application/trimes_43.pdf )&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme il l&#039;a déjà été dit, la désinstitutionalisation a permis aux personnes présentant des troubles psychiatriques de sortir de ce milieu assimilé pendant de nombreuses années, au milieu carcéral. Mais une fois &amp;quot;libéré&amp;quot; où vont ces personnes? A ce sujet,&amp;amp;nbsp; [[Bibliographie|N. Carpentier (2001)]] affirme dans son article que 60 à 70&amp;amp;nbsp;% des patients retournent dans leur famille après l’hospitalisation. Plusieurs articles ont démontré que l&#039;arrivée d&#039;un malade dans une famille, avait de lourde conséquence sur celle-ci. Avant d’en venir aux conséquences, il me semble nécessaire de revenir sur la représentation des professionnels, sur les familles des patients. Pour cela, il est intéressant de revenir sur l&#039;évolution de la vision des professionnels sur la famille. C&#039;est-à-dire comment la famille, alors qu&#039;elle était considérée comme coupable de la maladie de l&#039;un de ses membre, est devenue un partenaire idéal?&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour développer ceci, revenons tout d&#039;abord au début du XXème siècle. A cette époque, la famille était considérée comme étant la cause de la maladie de leur enfant. En d’autres termes, les professionnels affirmaient que la maladie mentale était un problème génétique, qui était donc héritée de plusieurs générations antérieures. Ensuite, les années cinquantes ont apportées un premier renversement dans la vision des familles, sur la maladie de leur enfant. En effet, la famille était vu comme étant un «&amp;amp;nbsp;système réagissant aux troubles mentaux de l’un de ses membres, plutôt qu’en tant que système causant des désordres psychiques&amp;amp;nbsp;» (Carpentier,2001,p.84). Ce changement de perspective est en lien avec l’arrivée d’une politique qui favorise les hospitalisations de courte durée. En d’autres termes, les familles commencent à être perçues comme une solution aux changements politiques.&amp;amp;nbsp; Continuons à présent avec les années soixante. Dans ces années, la psychiatrie, adopte une vision plutôt basée sur la communauté. Ce changement, va être très favorable pour les familles, puisqu’il permet aux familles de&amp;amp;nbsp; se déresponsabiliser des troubles mentaux. Ainsi, toujours selon Carpentier, à cette époque «&amp;amp;nbsp;les désordres psychiques [doivent être étudiés] sous l’angle de l’isolement social, des désavantages sociaux, puis selon la présence de stresseurs sociaux et économique&amp;amp;nbsp;»( p.89) . &amp;lt;br&amp;gt;Ainsi, au fur et à mesure que le mouvement de désinstitutionalisation se met en place, les politiciens et les professionnels considèrent la famille comme étant une solution au problème. En effet, la famille est perçue comme «&amp;amp;nbsp;une source privilégiée de soutien émotionnel et social ainsi que comme place de choix pour relocaliser le patient psychiatrique.&amp;amp;nbsp;» (Carpentier,2001,p.91) &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Jusqu&#039;à présent, nous avons relevé l&#039;évolution de la perception de la famille aux yeux des professionnels. Mais comment la famille voit-elle ce changement? A ce sujet,[[Bibliographie|R. Therrien (1990)]] affirme que sur le plan économique et émotionnel, la désinstitutionnalisation demande beaucoup aux familles, surtout au femmes. En effet, toujours selon R.Therrien, avoir quelqu&#039;un ayant des problèmes mentaux à la maison provoque beaucoup de stress chez les familles. Dans certaines familles, un malade peut devenir un véritable &amp;quot;fardeau&amp;quot;, puisque celui-ci impose beaucoup de contraintes. Effectivement, avoir un malade à la maison peut avoir plusieurs conséquence, comme le fait de ne plus avoir nos loisirs habituels, pouvoir sortir avec nos amis, par peur d&#039;être jugé, ou encore avoir des problèmes avec nos voisins, car les comportment de notre enfant, ou mari dérange. Tous ces problèmes ont un impacte très fort sur la famille d&#039;autant plus qu&#039;elle n&#039;est pas aidée, ni reconnue pour tout ce qu&#039;elle fait pour le malade. &amp;amp;nbsp; &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L&#039;élan contestataire des années 70 à Genève  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En Suisse un même mouvement historique a été observé. Selon le médecin Christian Monney, on y a dénoncé les mêmes agissements qu’ailleurs&amp;amp;nbsp;: enfermement, répression, qui étaient là non pour aider le malade, mais pour protéger l’ordre public. On y mêlait, écrit-il, infirmes, orphelins, indigents et fous… (Dr Christian MONNEY, 1999, à l’occasion des 100 ans de l’Hôpital de Malévoz). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Or, dès 1965, des consultations ambulatoires sont créées et les séjours hospitaliers peuvent ainsi se raccourcir. Les moyens de contention sont contestés. Des établissements médico-éducatifs apparaissent, comme [http://www.castalie.ch/home.php?include=textes&amp;amp;lng=1&amp;amp;id=18&amp;amp;idmenu=14 la Castalie en Valais], grâce au Dr Rey-Belley, en 1972 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Genève, l&#039;élan contestataire débute lorsque Julian de Ajuriaguerra est nommé directeur de Bel-Air en 1959. C&#039;est donc à ce moment-là que le mouvement de désinstitutionnalisation naît. En effet, on commence à critiquer les asiles et à vouloir modifier le fonctionnement de l&#039;hôpital psychiatrique. Les patients psychiatriques commencent à bénéficier des mêmes droits que les patients non-psychiatriques. Ensuite, pendant les années 70-80, cet élan continue avec la volonté de baser les soins sur des approches psychotérapeutiques.[[Bibliographie|Rey-Bellet, Bardet Blochet, Ferrero, 2010, p.90-95]] &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L&#039;anti-psychiatrie: une nouvelle politique de la prise en charge  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les années 60, Michel Foucault a tenté d&#039;amorcer &amp;quot;un dialogue entre la psychiatrie et ses sujets&amp;quot; ([[Bibliographie|Rose, 2006, p.113]]) et dès 1971 avec la sortie de son ouvrage sur les prisons c&#039;est à la critique de l&#039;univers carcéral et des rapports de pouvoir qu&#039;il s&#039;attelle (Surveiller et punir, 1971). Ces critiques, plus tard regroupées sous le nom d&#039;antipsychiatrie visaient à remettre en question &amp;quot;la manière dont le pouvoir du médecin était impliqué dans la vérité de ce qu&#039;il disait et, inversement, la manière dont celle-ci pouvait être fabriquée et compromise par son pouvoir ([[Bibliographie|Rose, 2006, p.120-121]]). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;institution comme lieu d&#039;exclusion est mise à mal par une volonté de certains de supprimer ces lieux de contrainte, pour une vie libre dans la Cité (sectorisation) ou dans des communauté thérapeutiques (de préférence à la campagne) partant du présupposé que les conditions de vie des personnes sont déterminantes dans leur état de santé (avant même tout diagnostic). Par ailleurs, dans ces années-là, la vie quotidienne devient un objet d&#039;étude (la sociologie de la vie quotidienne), terreau de multiples expériences pédagogiques et thérapeutiques. Le slogan &amp;quot;La liberté est thérapeutique&amp;quot; s&#039;allie à une critique de la contrainte médicamenteuse et des pratiques de contention psychiatrique: elle donne ainsi une place à de nouvelles formes d&#039;&amp;quot;éducation spéciale&amp;quot; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Symptôme de ce changement le terme d&#039;&amp;quot;usagers&amp;quot; vient reléguer celui de &amp;quot;patients&amp;quot; donnant un nouveau statut aux personnes, écorchant ainsi le sacro saint pouvoir des médecins et des directions des institutions. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dès les années 70, le journal mensuel &amp;quot;Tout Va Bien&amp;quot; a consacré de nombreuses pages et numéros à la question de l&#039;anti-psychiatrie. Dès 1973, un groupe d’enquête s’est constitué pour dénoncer une certaine violence et certains abus de pouvoir au sein des asiles psychiatriques. Leur volonté était de déterritorialiser la psychiatrie. «&amp;amp;nbsp;La psychiatrie, c’est l’affaire de tout le monde&amp;amp;nbsp;». Ils voulaient faire exploser la loi du silence qui régnait dans ces lieux. Ils ont voulu dénoncer les rapports de pouvoir sévissant à l&#039;intérieur des murs psychiatriques, la soumission du malade à l’infirmier, la soumission de l’infirmier au médecin, la soumission du médecin aux pouvoirs de l’administrateur bailleur de fonds. Selon ce journal, le mouvement anti-psychiatrique serait né au début des années 60: La clinique psychiatrique de Bel Air, créé en 1900, a commencé à créer des pavillons ouverts avec l’arrivée de son nouveau directeur en 1959, Julian Ajuriaguerra. Son intention était de favoriser le retour de l’interné au plus vite dans leur milieu naturel, grâce à une hospitalisation de courte durée. Depuis 1963, le travail psychiatrique est sectorisé. On commence à organiser les soins dans des centres de consultation de quartier. Ainsi, les premières tentatives alternatives apparaissent en Suisse. Des travailleurs sociaux poursuivent une critique des institutions et contribuent à la création et au fonctionnement de centres (qui se différencient des institutions récupératrices) qui ont pour but de venir en aide à toute personne en crise. Exemple&amp;amp;nbsp;: le centre Liotard à Genève, créé par le réseau d’alternative à la psychiatrie de Suisse romande. En janvier 1975 se tient le premier congrès d’alternative à la psychiatrie de secteur (Congrès de Bruxelles, auquel participe un groupe de Genève: il s’en est inspiré pour animer des débats au centre Liotard&amp;amp;nbsp;: recherche d’alternatives concrètes répondant aux besoins des malades. A Lausanne, le 24 janvier 1976, est créé un réseau alternatif à la psychiatrie pour la Suisse romande, dont l’un des membres actifs s’appelle Alain Riesen, du Centre Liotard. Une commission formée aussi bien de psychiatrisés que de soignants s’est alors formée. Elle a remis en question le pouvoir des soignants. Selon cette commission, le but d’une alternative au secteur doit être la prise en main progressive par le malade de ses propres difficultés. Suite à des tentatives d’internement forcé, des tracts ont circulé, dénonçant les abus du pouvoir psychiatrique. Dès ce moment-là, une prise de conscience s&#039;opère: le patient ne veut plus être manipulé, il ne veut plus être le cobaye, il ne veut plus être muselé par le pouvoir du médecin. Il veut choisir son mode de guérison, il veut être actif dans le processus de guérison. Il convient alors de faire en sorte que ce soit le patient qui choisisse ou non son hospitalisation. Effectivement, médecins, contestataires et familles se sont rendus compte de l&#039;importance du choix du malade dans sa propre guérison. A la fin des années 70, d&#039;autres mouvements anti-psychiatriques se répandent en Suisse et ailleurs: par exemple à la clinique de Bellelay, où son nouveau directeur a souhaité ouvrir les murs à son arrivée, et mettre à disposition des appartements protégés, voire même une maison de vacances pour ses patients. Le but était &amp;quot;que les malades puissent le plus possible avoir des contacts humains et une vie «&amp;amp;nbsp;normale&amp;amp;nbsp;» (TVB avril-mai 80). En Italie, Franco Basaglia, qui s’est appuyé entre autres sur les modèles de l’anti-psychiatrie anglaise et française pour mener sa lutte (Cooper, Lang, Foucault, Caxtel), s&#039;en est pris aux conditions de vie moyenâgeuses réservées aux malades mentaux. En quelques années, il démantèle l’asile et expérimente les premiers éléments de sa conception territoriale (et non plus institutionnelle) de la folie&amp;amp;nbsp;: le malade est soigné dans son milieu social&amp;amp;nbsp;» (TVB 10 octobre 80). Suite à la mort atroce d&#039;Alain Urban lors d&#039;une cure de sommeil forcé à la clinique de Bel-Air, l&#039;ADUPSY ainsi que l&#039;Association des Médecins Progressiste ont déployé maints efforts pour alerter l&#039;opinion publique à propos des agissements soupçonneux de la clinque en question. Leurs revedications ont porté sur la suppression des isolements, la priorité données aux instruments de soin ambulatoire, l&#039;augmentation des effectifs globaux du personnel soignant, etc. Ils expriment également leur soutien aux revendications concernant le droit des patients&amp;amp;nbsp;: «&amp;amp;nbsp;Le consentement du patient ou de son entourage immédiat doit toujours être recherché, dans la thérapeutique comme dans le recherche&amp;amp;nbsp;». &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Psychiatrie et anti-psychiatrie  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le mouvement d&#039;anti-psychiatrie qui &amp;quot;s&#039;oppose d&#039;abord et avant tout à une forme de monopole du savoir médical&amp;quot; ([[Bibliographie|Mannoni, 1970]], p. 9) dénonce l&#039;autorité &amp;quot;morale et policière&amp;quot; (Mannoni, 1970, p. 21) du psychiatre. Toutefois, psychiatres et partisants de l&#039;anti-psychiatrie s&#039;accorde sur le fait que &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;la société place le psychiatre dans une position ambiguë&amp;amp;nbsp;: il est au service d&#039;un patient dont il a à défendre les droits mais il se trouve également placé en position d&#039;auxiliaire de la police dans un programme d&#039;internement qui est un processus d&#039;obligation de soins&#039;&#039; (Mannoni, 1970, p. 168). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les réponses apportées par les uns et par les autres pour essayer de lever cette ambiguité sont toutefois différentes. Si l&#039;anti-psychiatrie cherche plutôt à démystifier &amp;quot;le rôle que la société fait jouer à la psychiatrie&amp;quot; (Mannoni, 1970, p.168), à créer des lieux où la maladie mentale pourrait être réintérrogée (allant même jusqu&#039;à nier la notion de maladie mentale (Mannoni, 1970, p. 175) et à s&#039;éloigner des conceptions scientiste, certains psychiatres cherchent à remettre sur le devant de la scène un discours scientifique. S&#039;ils reconnaissent un certain succès à l&#039;anti-psychiatrie &amp;quot;dans sa position de refus et de provocation&amp;quot; ([[Bibliographie|Barte, 1972]], p. 46), les solutions qu&#039;elles proposent ne les satisfont guère. Pour certains membres de ce corps médical, la maladie mentale doit être reconnue comme &#039;&#039;phénomène nature&#039;&#039;l ([[Bibliographie|Ey, 1972]], p. 53). &amp;quot;En faisant volatiliser dans le néan l&#039;objet même de la psychiatrie qu&#039;est le malade mental, l&#039;anti-psychiatrie nie la souffrance humaine, nie le drame authentiquement humain que vit chaque malade mental (Barte, 1972, p. 46). Pour défendre ces patients malades, &amp;quot;fous&amp;quot;, pour les réhabiliter, il est nécessaire de &amp;quot;passer par la reconnaissance même de la psychiatrie, science critique et autonome et qui ne peut se fonder que sur la notion de maladie mentale conçue ni comme simple maladie des organes, ni comme simple maladie psychique&amp;quot; ([[Bibliographie|Barte, 1972]], p.47). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La fonction du médicament dans l&#039;approche anti-psychiatrique  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;apparition de la médication au début des années 1960 permet d&#039;éviter l&#039;internement. Elle soutient le changement qui s’opère dans les pratiques et donne l&#039;impression de pouvoir faire quelque chose. Elle fait transparaître un espoir aussi bien pour les praticiens que pour les patients puisque grâce aux médicaments il y a une diminution des hospitalisations, une augmentation des prises en charge ambulatoires et une augmentation des consultations. L&#039;avancée de la médecine et l’essor de la psychopharmacologie permettent alors de développer de nouvelles perspectives thérapeutiques et de nouveaux défis comme le soutien au patient et à sa famille, la mise en place de nouvelles structures. Il s&#039;agit ainsi de &amp;quot;jeter un pont entre l&#039;hôpital et la ville&amp;quot; (CMS, 1963, 7ème année, n°2 &amp;quot;L’assistance psychiatrique). Cependant, les connaissances récentes sur les effets de la médication et les abus sur son utilisation sont également soulevés. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;anti-psychiatrie se veut aussi anti-thérapeutique, ce qui lui est repproché par les anti anti-psychiatres. Selon ces derniers, les anti-psychiatres considèrent que &amp;quot;les traitements sont à proscire&amp;quot; ([[Bibliographie|Maurel, 1972]], p. 79). &amp;quot;Traiter, écrit Cooper, c&#039;est être intéressé à rendre le patient plus acceptable pour les autres...et lui faire manifester de moindre façon sa détresse&amp;quot; ([[Bibliographie|Maurel, 1972]], p. 79).&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L&#039;influence du concept de normalisation dans l&#039;anti-psychiatrie ==&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Cécilia Zuccone</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=La_d%C3%A9sinstitutionalisation_dans_le_champ_de_l%27%C3%A9ducation_sp%C3%A9ciale_1960-1980&amp;diff=8988</id>
		<title>La désinstitutionalisation dans le champ de l&#039;éducation spéciale 1960-1980</title>
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		<updated>2011-11-28T20:42:11Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Cécilia Zuccone : /* Prémisses de critiques aux institutions traditionnelles */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;== Introduction  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A l&#039;heure où l&#039;on peut constater de &amp;quot;nouvelles exclusions&amp;quot; au nom de la protection des citoyennes et des citoyens inquiétantes pour certains, car &amp;quot;ruinant ainsi des décennies d&#039;efforts de déségrégation, désexclusion, de &amp;quot;retour du schizophrène dans la cité&amp;quot; (Dr.Patrick Lemoine, Le mystère du nocebo, Paris. Odile Jacob, 2011, p.69), un certain nombre de questions se posent pour mieux comprendre l&#039;histoire de l&#039;éducation spéciale, à la fois politique (anti-psychiatrie, sectorisation), sociale et culturelle (intégration, normalisation, désinstitutionalisation, communauté de vie, communauté thérapeutique) dans les décennies des Trente glorieuses (1960-1990) pendant lesquelles a soufflé un vent de contestation des politiques institutionnelles. Un esprit contestataire a émergé en particulier dès les années 1970 (post soixante-huit) provoquant dans le champ de la prise en charge des personnes dites aujourd&#039;hui &amp;quot;à besoins particuliers&amp;quot; un élan de remise en question de l&#039;institution, du pouvoir des médecins, de la contrainte institutionnelle et médicamenteuse. Peu de travaux ont encore exploré ce champ, à Genève, sinon pour étudier l&#039;histoire de Mai 68 et du mouvement féministe. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La recherche proposée vise à mieux comprendre comment, à Genève, le champ de l&#039;éducation spéciale et celui de la psychiatrie a été touché par cette contestation. Elle fait suite à celle engagée en 2010 et 2011 sur l&#039;histoire de l&#039;intégration scolaire des enfants handicapés mentaux [[Pionniers de l&#039;intégration scolaire des enfants handicapés à Genève]] et La génération intégration 1970-1980: un slogan pour quelles réalités sociales? [[Article 2011]]. Les recherches précédentes ont montré à la fois la complexité des pratiques d&#039;intégration amenant souvent un écart entre discours et pratique, ainsi que les résistance à penser le handicap sans mettre un ligne de démarcation entre norme et hors norme, entre enfant éducable et non éducable, limite souvent mal définie et dépendante des représentations (malédiction du handicap). Au début des années 60 l&#039;intégration apparaît d&#039;abord pour les parents comme celle de leur enfant (jusque là à domicile) dans des institutions (qu&#039;il a fallu créer). Le Pavillon des Grand Bois à l&#039;hôpital psychiatrique de Bel-Air représentant encore une solution &amp;quot;intégratrice&amp;quot; pour les enfants les plus difficiles à éduquer et les moins autonomes. Le concept de [[Dictionnaire|normalisation]] vient s&#039;accoler à celui d&#039;intégration pour rapprocher toute déviance d&#039;une norme sociale (en terme d&#039;habitat, d&#039;activité, voire de comportements). Ainsi le milieu ouvert (comme Aigues-Verte par exemple) peut apparaître comme plus proche d&#039;une vie quotidenne &amp;quot;normale&amp;quot; et donc plus intégrant. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La [[Dictionnaire|désinstituionalisation]] qui fait l&#039;objet de cette nouvelle recherche est d&#039;abord issu des milieux de l&#039;anti-psychiatrie (et donc ni des association de parents ni des milieux pédagogiques); on peut apparenter idéologiquement ce mouvement anti-psychiatrique avec un objectif de normalisation dans le sens de rapprocher les personnes prises en charge de la vie quotidienne de tout un chacun. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi malgré des différences d&#039;application ces différents courant pourraient être affilier à celui libertaire qui a essaimé dans différent champ du social entre 1970 et 1990. C&#039;est dans une perspective de compréhension de l&#039;histoire des idées et des pratiques du mouvement anti-psychiatrique genevois que s&#039;inscrit cette recherche. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un premier temps, cette page d&#039;histoire sera située dans une &amp;quot;tradition&amp;quot;: d&#039;une part celle du traitement de la différence (notamment depuis les travaux des psycho-pédagogues du début du 20e siècle comme Alfred Binet à Paris, Edouard Claparède à Genève ou Ovide Decroly à Bruxelles); et d&#039;autre part dans une tentative dès les années vingt en Angleterre (voir Libre enfants de Summerhill), mais surtout pendant et dans l&#039;après deuxième guerre mondiale (voire les communautés d&#039;enfants victimes de la guerre), de multiplier les expériences de vie communautaire issue du scoutisme, des mouvements de jeunesse, de l&#039;éducation nouvelle et de l&#039;éducation internationaliste et pacifiste, des colonies de vacances et camps CEMEA, s&#039;opposant à une autre tradition hospitalière (couvent, Bon Pasteur, Hospice, institutions de prises en charge spécialisées). Ce faisant, nous dégagerons des signes précurseurs de &amp;quot;désinstitutionalisation&amp;quot; pour des structures plus petites, parfois médicalisées (les écoles de plein-air), mais avant tout proches de la nature et des besoins des individus. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un second temps, nous étudierons la période 1960-1980 laquelle a vu émerger un mouvement anti-psychiatrique (critique de l&#039;hôpital, du pouvoir médical, de la médicalisation à outrance et de la contrainte) pour une critique radicale visant le pouvoir institutionnel et entrainant des pratiques novatrices, lesquelles demande à être mieux étudiées&amp;amp;nbsp;: 1. dans leurs objectifs (désinstitutionalisation ou déshospitalisation versus sectorisation)? 2. dans le choix fait des traitements: médicaux (traitement ambulatoire) ou éducatif et thérapeutique? 3. dans l&#039;évaluation faite des populations concernées par une prise en charge alternative 4. dans le rôle joué par la psychanalyse comme alternative au traitement médicaux et comme modèle thérapeutique (notamment dans les communauté cf. film de Catherine Scheuchter) 5. dans le rôle donné aux familles et le poids qui leur est fait supporté (en terme financier, de responsabilité, de culpabilité,...) et en particulier à l&#039;égard des mères et des femmes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il s&#039;agira de mieux comprendre si l&#039;anti-psychiatrie est dans les années 1960-1980 une nouvelle manière de faire de la psychiatrie ou si est-elle une véritable contestation de l&#039;institution asilaire et si les modèles alternatifs proposés ne seraient pas sous couvert d&#039;idéologie libertaire une façon de baisser les coût de la santé en temps de crise. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour ce faire, nous avons travailler sur des articles et avec une bibliographie d&#039;ouvrages &amp;quot;classiques&amp;quot;, livres de références pour les acteurs/trices de la période considérées, puis nous avons dépouillés des revues professionnelles pour saisir les thématiques qui ont traversés alors le champs de la psychiatrie et de l&#039;éducation spécialisée; dans un second temps la recherche s&#039;est portée sur un fond d&#039;archives de l&#039;Association Les archives contestataire (fonds Alain Riesen/Schuller) dont un des donateurs d&#039;archives Alain Riesen est le fondateur de l&#039;Arcade 84 et militant de l&#039;anti-psychiatrie genevoise). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un troisième temps nous avons effectué un entretien vidéo (un plan fixe) afin de lui poser cinq questions issues de la recherche collective dans les archives et dans la littérature afin d&#039;avoir son témoignage sur l&#039;histoire de l&#039;anti-psychiatrie, de la désinstitutionalisation et des communautés thérapeutiques entre 1960 et 1980. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Revue de la littérature  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les revues professionnelles et contestataires entre 1970 et 1990  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un certains nombres de revues professionnelles ont été dépouillée pour la période 1970-1980. Soit Sauvegarde de l&#039;enfance, Déviance et Soicété,... &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Durant la période de 1970 à 1985, la revue &amp;quot;Sauvegarde de l&#039;enfance&amp;quot; n&#039;a publié aucune revue, voire même aucun article consacrés au thème de notre étude, à savoir la désinstitutionnalisation dans le champ de l&#039;éducation spéciale. Au premier abord on pourrait donc tirer la conclusion selon laquelle ce champ d&#039;étude ou ce mouvement n&#039;était que peu présent à cette époque. Toutefois, en se penchant davantage sur les sujets traités dans cette revue, on se rend compte que les auteurs de celle-ci n&#039;ont pas abordé la désinstitutionnalisation en tant que telle, mais l&#039;ont abordée par les effets qu&#039;elle a pu engendré à cette époque. Effectivement, on peut observer des thèmes comme la formation des éducateur en centre de jour ou en maison d&#039;accueil, la relation entre famille et société, l&#039;école ordinaire, l&#039;adolescence et la violence ou encore l&#039;aide sociale, autant de thèmes qui ont largement découlé de ce mouvement désinstitutionnel. Il est donc fort intéressant de se pencher sur les champs d&#039;action de ce type de revues, afin de mieux comprendre quel était le climat politique, les préoccupations, les tendances de la période qui nous intéresse. D&#039;ailleurs, nous retrouverons tout au long de cet article de nombreuses références aux thèmes traités par le revue &#039;&#039;Sauvegarde de l&#039;enfance&#039;&#039;.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Prémisses de critiques aux institutions traditionnelles  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Jusqu&#039;à la fin du XVIIIe siècle, les hôpitaux psychiatriques internaient une population bien différente de celle accueillie au XXe siècle. [[Bibliographie|Cléopâtre Montandon&amp;amp;nbsp;(1978)]]&amp;amp;nbsp; nous dévoile que les populations désignées comme relevant de l&#039;univers psychiatrique étaient très fortement liées à l&#039;univers carcéral. Effectivement, jusqu&#039;au XVIIIe siècle, les criminels étaient considérés comme &amp;quot;fous&amp;quot; ou &amp;quot;aliénés&amp;quot; et se voyaient enfermés, voire même enchaînés dans des &amp;quot;maisons de discipline&amp;quot; ou dans des &amp;quot;hôpitaux pour fous&amp;quot;. A cette époque, seule la justice décidait du lieu d&#039;incarcération des individus criminels. Peu à peu, des distinctions se sont faites pour montrer que certains criminels aliénés relevaient davantage de la psychiatrie, et se définissaient essentiellement par une responsabilité restreinte et une santé mentale défaillante. Ce sont alors ces personnes, désignées comme ne pouvant accomplir leur rôle social, que les hôpitaux psychiatriques ont admis dans leurs locaux. Pour décider et justifier ces internements, la justice ne pouvait agir seule. &amp;quot;Ce n&#039;est qu&#039;à partir de 1936 que l&#039;autorisation d&#039;un internement est délivré sur vue d&#039;un certificat médical par le Département de la prévoyance sociale et de la santé publique&amp;quot;. Ainsi, on voit combien la société évolue en définissant clairement et sur preuves médicales qui peut être &#039;&#039;placé&#039;&#039; en hôpital psychiatrique. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On peut également noter que les préoccupations principales de la période du XVIIIe au début du XXe siècle se restreignaient principalement à la sécurité, et de fait au &#039;&#039;placement&#039;&#039; de ces personnes. Où pouvait-on mettre physiquement ces personnes différentes pour qu&#039;elles ne nuisent pas à la société? Que pouvait-on faire d&#039;elles? Qui pouvait s&#039;en occuper? Que faire avec ces personnes? On observe dès lors que, pendant plusieurs siècles, ces personnes étaient enfermées, dénuées de tous sens, de toute sensibilité, et de toute éducation, en recevant néanmoins de plus en plus de médicaments censés les calmer ou les soigner. Il faudra alors attendre la fin du XIXe siècle pour entrevoir un forme d&#039;éducation de ces personnes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans son article, &amp;quot;La naissance de l&#039;institutions pour aliénés&amp;quot; à Genève au 19e siècle, Alain Riesen montre que la problématique de l&#039;internement .... &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au début du XXe siècle, Binet et Simon (1907)&amp;amp;nbsp; &#039;&#039;donnent une nouvelle forme cognitive de l&#039;éducation spéciale qui perdurera au moins jusqu&#039;au années 1960&#039;&#039; ([[Bibliographie|Chauvière et Plaisance, 2003, p. 32]]).&amp;amp;nbsp; A cette époque là, on distinguait les arriérés d&#039;asiles, non éducables et à laisser entre les mains des médecins, des arriérés d&#039;école. Ainsi, des institutions apparurent en servant d&#039;intermédiaire entre l&#039;hôpital et la classe ordinaire. Dans ces premières institutions, la pédagogie était &#039;&#039;inspirée par l&#039;atelier, c&#039;est-à-dire guidée par la mise en oeuvre de travaux manuels et d&#039;exercices pratiques &#039;&#039;([[Bibliographie|Chauvière et Plaisance, 2003, p. 33]]). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dès les années 1960,&amp;amp;nbsp; de nombreuses institutions privées pour enfants handicapés ou en difficultés se développent, majoritairement sous l&#039;impulsion d&#039;associations de parents. Ces derniers ont été amenés à &#039;&#039;créer et à gérer des institutions de type médico-éducatif&#039;&#039; &#039;&#039;pour éviter à leurs enfants d&#039;être relégués dans des services d&#039;hôpitaux psychiatriques ou d&#039;être seulement en survie à leur domicile&#039;&#039; (Chauvière er Plaisance, 2003, p.35). Aujourd&#039;hui, les institutions, à Genève, semblent toujours être un peu sur le même modèle, celui de &amp;quot;l&#039;alliance&amp;quot; entre le médical et le pédagogique (qui regroupe aussi l&#039;aspect éducatif). Si on ne cherche peut-être plus à éviter aux élèves la reléguation en psychiatrie, on les place dans des lieux parfois hors de tout cursus ordinaire et loin de la norme. Ce qui questionne enfin sur qu&#039;est-ce que la normalisation? Et où mettre la limite à une vie comme tout le monde avec un handicap: la liberté (permissivité, autonomie) des années 1970 a-t-elle fait l&#039;impasse sur la souffrance des individus face aux exigences thérapeutiques et pédagogiques? La communauté d&#039;enfants (pédagogique, institutionnelle, thérapeutique) est-elle un modèle &amp;quot;utile&amp;quot; en temps de crise des institutions: peu coûteux, demandant un engagement au quotidien (vie quotidienne) du collectif pédagogique et thérapeutique (donc assurant un &amp;quot;contrôle social&amp;quot; maximal), ....&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La communauté: un modèle alternatif à l&#039;institution fermée  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des «&amp;amp;nbsp;communautés thérapeutiques&amp;amp;nbsp;» ont été créées en réaction aux enfermements asilaires prônés jusque-là mais qui commençaient à être pointés du doigt, car considérés comme déshumanisants. Bien que créées tout d&#039;abord pour répondre aux phénomènes de dépendances (toxicomanies, par exemple), on trouve, dès la fin des années 60, des communautés thérapeutiques en Angleterre, en France, en Suisse et au Québec, destinées au secteur de la psychiatrie. Avec la naissance de ces communautés thérapeutiques est née une nouvelle manière d’approcher la psychose en-dehors des lieux de soins traditionnels(Schatzman, 1969; Barnes et Berke, 1973; Fabre, 1978; Lecomte et Tourigny, 1983a). Leur but est de créer un milieu &amp;quot;naturel&amp;quot;, en reconstituant les structures d’une «&amp;amp;nbsp;macro famille&amp;amp;nbsp;» ou d’une «&amp;amp;nbsp;mini société&amp;amp;nbsp;», plus rassurantes: Par exemple la Communauté des Sablons, (Maison d&#039;enfants à caractère social et familial (76270 Saint-Saire), ou, en Suisse, le foyer de Tavel qui a vécu cinq ans (1975-1980). Dans le film de Catherine Scheuchzer, «&amp;amp;nbsp;Dans l’aventure du non, la parole&amp;amp;nbsp;», (tourné à Boulens, dans la campagne vaudoise, dans les années 70 ), on découvre, dans un décor post soixante huitard, très simplement, dans un rythme extrêmement lent, des adultes et des enfants en interaction, «&amp;amp;nbsp;comme dans la vraie vie&amp;amp;nbsp;». Cette expérience est décrite comme «&amp;amp;nbsp;une véritable expérience d’éveil à la vie&amp;amp;nbsp;», qui «&amp;amp;nbsp;prend le contre-pied du placement en institution psychiatrique&amp;amp;nbsp;» (L’Est vaudois, 19.11.92). Plutôt que de les considérer, comme on le faisait en asile, comme des fous, murés dans leur silence, leurs excentricités, on veut les considérer comme des partenaires, des interlocuteurs. Le but est de les faire participer au quotidien d’une maisonnée, plutôt que de créer des ateliers protégés artificiels, pour les pousser à se dépasser, à faire des expériences par eux-mêmes, sans le soutien permanent d’un adulte. Il semble qu&#039;à cette époque, cette nouvelle façon de considérer les enfants autistes comme étant capables d’autonomie, capables d’agir, ait apporté un peu d’humanité dans leur prise en charge. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;enfant placé ainsi dans une communauté thérapeutique vaudoise est-il plus &amp;quot;intégré&amp;quot; que s&#039;il était dans une institution considérée par ces acteurs alternatifs du &amp;quot;système&amp;quot; comme un ghetto? Il en va de même avec le terme désinstitutionalisation? Qu&#039;est-ce que l&#039;institution? Il y en a des &amp;quot;bonnes&amp;quot; (maternantes, enveloppantes, naturelles...) et de &amp;quot;mauvaises&amp;quot; (contraignantes, mortifères) (sur ce point les travaux de Fernand Oury puis de Jacques Pain mériteraient qu&#039;on s&#039;y attache (voir la psychothérapie institutionnelle sur le site de Jacques Pain: http://www.jacques-pain.fr). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La désinstitutionalisation  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon des sources internet, le mouvement de désinstitutionalisation semble avoir débuté vers 1960 (même s’il semble qu’il y ait eu un prélude à la désinstitutionnalisation au début du 19e siècle (L’Institut universitaire en santé mentale de Québec par exemple - La désinstitutionnalisation, http://caringminds.ca/index.php?option=com_content&amp;amp;amp;view=article&amp;amp;amp;id=62&amp;amp;amp;Itemid=43&amp;amp;amp;lang=fr&amp;amp;amp;limitstart=7). Certains observent le début de ce mouvement en Scandinavie, d’autres au Québec. En tous les cas, il s’agit d’un mouvement d&#039;ouverture vers la communauté, d’une volonté de «normalisation»[[Normalisation]] &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le mouvement de désinstitutionnalisation s&#039;appuie avant tout sur une philosophie qui met l&#039;accent sur les droits et libertés des individus et elle vise à humaniser les soins de santé mentale. (Encyclopédie de l’Agora, http://agora-2.org/thematiques/inaptitude.nsf/Dossiers/Desinstitutionnalisation). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;horreur suscitée par les politiques nazies du meurtre eugénique des malades psychiatriques et les camps de concentration pendant la Seconde guerre mondiale, ont attirer l’attention sur les pratiques «&amp;amp;nbsp;déshumanisantes&amp;amp;nbsp;» dans les soins psychiatriques en santé mentale, (séquestration, mauvais traitements en tout genre, manque de formation des professionnels). (Voir Martin, 1984 et Claire Henderson et Graham Thornicroft, Santé mentale au Québec, vol. 22, n° 2, 1997, p. 88-114. http://id.erudit.org/iderudit/032417ar ) Les années d’après-guerre ont vu un accroissement de l’intérêt porté à l’institution comme objet d’étude. Certains auteurs parlent de l’institution comme étant «&amp;amp;nbsp;névrosante&amp;amp;nbsp;», «&amp;amp;nbsp;façonnant et codifiant les gens dans le rôle de patient psychiatrique&amp;amp;nbsp;» (Goffman (1961). On observe dans les années 60 une disparition du personnel religieux des hôpitaux. Naît alors une nouvelle conception de l’individu, une évolution des attitudes envers le malade&amp;amp;nbsp;; on veut le sortir des murs de l’asile psychiatrique. On commence à parler, à cette époque, du «&amp;amp;nbsp;droit de la personne&amp;amp;nbsp;». Des idéaux humanitaires amènent à une nouvelle vision de la maladie mentale. Il semble que ce mouvement de désinstitutionnalisation soit lié aussi à l’apparition des pratiques de pharmacopée. «&amp;amp;nbsp;Ces nouveaux médicaments permettaient de calmer les malades agités, délirants, hallucinés et ainsi permettre d&#039;envisager et de généraliser des traitements psychiques dans des conditions plus réalistes ou encore, lorsque c&#039;était possible, d&#039;envisager un retour au domicile ou dans des structures intermédiaires&amp;amp;nbsp;».(déf. du mot «&amp;amp;nbsp;psychiatrie&amp;amp;nbsp;» http://fr.wikipedia.org/wiki/Psychiatrie ). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On a le désir de «normaliser&amp;amp;nbsp;» leurs conditions de vie. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les années 60, la personne «&amp;amp;nbsp;déficiente intellectuellement&amp;amp;nbsp;» est encore considérée comme une «&amp;amp;nbsp;malade&amp;amp;nbsp;». Mais on ne considère plus le malade mental comme un malade incurable, mais comme un sujet pouvant être aidé, guéri. On met en avant le fait que la maladie mentale ne nécessite pas forcément une hospitalisation, et qu’elle doit être considérée comme une autre maladie. On externalise, on invente la psychiatrie de secteurs, on commence à intégrer des services pour les malades mentaux dans des hôpitaux ou cliniques. On évite ainsi la stigmatisation des malades mentaux placés pour de longues périodes en asile psychiatrique, et on leur évite la perte de leurs facultés leur permettant de se réintégrer dans la société. On redonne alors un rôle à la communauté, on redonne des responsabilités aux familles. On se met à s’intéresser davantage au patient qu’à sa maladie. (in Lettre trimestrielle de l’association romande Pro Mente Sana http://www.promentesana.org/upload/application/trimes_43.pdf )&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme il l&#039;a déjà été dit, la désinstitutionalisation a permis aux personnes présentant des troubles psychiatriques de sortir de ce milieu assimilé pendant de nombreuses années, au milieu carcéral. Mais une fois &amp;quot;libéré&amp;quot; où vont ces personnes? A ce sujet,&amp;amp;nbsp; [[Bibliographie|N. Carpentier (2001)]] affirme dans son article que 60 à 70&amp;amp;nbsp;% des patients retournent dans leur famille après l’hospitalisation. Plusieurs articles ont démontré que l&#039;arrivée d&#039;un malade dans une famille, avait de lourde conséquence sur celle-ci. Avant d’en venir aux conséquences, il me semble nécessaire de revenir sur la représentation des professionnels, sur les familles des patients. Pour cela, il est intéressant de revenir sur l&#039;évolution de la vision des professionnels sur la famille. C&#039;est-à-dire comment la famille, alors qu&#039;elle était considérée comme coupable de la maladie de l&#039;un de ses membre, est devenue un partenaire idéal?&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour développer ceci, revenons tout d&#039;abord au début du XXème siècle. A cette époque, la famille était considérée comme étant la cause de la maladie de leur enfant. En d’autres termes, les professionnels affirmaient que la maladie mentale était un problème génétique, qui était donc héritée de plusieurs générations antérieures. Ensuite, les années cinquantes ont apportées un premier renversement dans la vision des familles, sur la maladie de leur enfant. En effet, la famille était vu comme étant un «&amp;amp;nbsp;système réagissant aux troubles mentaux de l’un de ses membres, plutôt qu’en tant que système causant des désordres psychiques&amp;amp;nbsp;» (Carpentier,2001,p.84). Ce changement de perspective est en lien avec l’arrivée d’une politique qui favorise les hospitalisations de courte durée. En d’autres termes, les familles commencent à être perçues comme une solution aux changements politiques.&amp;amp;nbsp; Continuons à présent avec les années soixante. Dans ces années, la psychiatrie, adopte une vision plutôt basée sur la communauté. Ce changement, va être très favorable pour les familles, puisqu’il permet aux familles de&amp;amp;nbsp; se déresponsabiliser des troubles mentaux. Ainsi, toujours selon Carpentier, à cette époque «&amp;amp;nbsp;les désordres psychiques [doivent être étudiés] sous l’angle de l’isolement social, des désavantages sociaux, puis selon la présence de stresseurs sociaux et économique&amp;amp;nbsp;»( p.89) . &amp;lt;br&amp;gt;Ainsi, au fur et à mesure que le mouvement de désinstitutionalisation se met en place, les politiciens et les professionnels considèrent la famille comme étant une solution au problème. En effet, la famille est perçue comme «&amp;amp;nbsp;une source privilégiée de soutien émotionnel et social ainsi que comme place de choix pour relocaliser le patient psychiatrique.&amp;amp;nbsp;» (Carpentier,2001,p.91) &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Jusqu&#039;à présent, nous avons relevé l&#039;évolution de la perception de la famille aux yeux des professionnels. Mais comment la famille voit-elle ce changement? A ce sujet,[[Bibliographie|R. Therrien (1990)]] affirme que sur le plan économique et émotionnel, la désinstitutionnalisation demande beaucoup aux familles, surtout au femmes. En effet, toujours selon R.Therrien, avoir quelqu&#039;un ayant des problèmes mentaux à la maison provoque beaucoup de stress chez les familles. Dans certaines familles, un malade peut devenir un véritable &amp;quot;fardeau&amp;quot;, puisque celui-ci impose beaucoup de contraintes. Effectivement, avoir un malade à la maison peut avoir plusieurs conséquence, comme le fait de ne plus avoir nos loisirs habituels, pouvoir sortir avec nos amis, par peur d&#039;être jugé, ou encore avoir des problèmes avec nos voisins, car les comportment de notre enfant, ou mari dérange. Tous ces problèmes ont un impacte très fort sur la famille d&#039;autant plus qu&#039;elle n&#039;est pas aidée, ni reconnue pour tout ce qu&#039;elle fait pour le malade. &amp;amp;nbsp; &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L&#039;élan contestataire des années 70 à Genève  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En Suisse un même mouvement historique a été observé. Selon le médecin Christian Monney, on y a dénoncé les mêmes agissements qu’ailleurs&amp;amp;nbsp;: enfermement, répression, qui étaient là non pour aider le malade, mais pour protéger l’ordre public. On y mêlait, écrit-il, infirmes, orphelins, indigents et fous… (Dr Christian MONNEY, 1999, à l’occasion des 100 ans de l’Hôpital de Malévoz). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Or, dès 1965, des consultations ambulatoires sont créées et les séjours hospitaliers peuvent ainsi se raccourcir. Les moyens de contention sont contestés. Des établissements médico-éducatifs apparaissent, comme [http://www.castalie.ch/home.php?include=textes&amp;amp;lng=1&amp;amp;id=18&amp;amp;idmenu=14 la Castalie en Valais], grâce au Dr Rey-Belley, en 1972 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Genève, l&#039;élan contestataire débute lorsque Julian de Ajuriaguerra est nommé directeur de Bel-Air en 1959. C&#039;est donc à ce moment-là que le mouvement de désinstitutionnalisation naît. En effet, on commence à critiquer les asiles et à vouloir modifier le fonctionnement de l&#039;hôpital psychiatrique. Les patients psychiatriques commencent à bénéficier des mêmes droits que les patients non-psychiatriques. Ensuite, pendant les années 70-80, cet élan continue avec la volonté de baser les soins sur des approches psychotérapeutiques.[[Bibliographie|Rey-Bellet, Bardet Blochet, Ferrero, 2010, p.90-95]] &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L&#039;anti-psychiatrie: une nouvelle politique de la prise en charge  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les années 60, Michel Foucault a tenté d&#039;amorcer &amp;quot;un dialogue entre la psychiatrie et ses sujets&amp;quot; ([[Bibliographie|Rose, 2006, p.113]]) et dès 1971 avec la sortie de son ouvrage sur les prisons c&#039;est à la critique de l&#039;univers carcéral et des rapports de pouvoir qu&#039;il s&#039;attelle (Surveiller et punir, 1971). Ces critiques, plus tard regroupées sous le nom d&#039;antipsychiatrie visaient à remettre en question &amp;quot;la manière dont le pouvoir du médecin était impliqué dans la vérité de ce qu&#039;il disait et, inversement, la manière dont celle-ci pouvait être fabriquée et compromise par son pouvoir ([[Bibliographie|Rose, 2006, p.120-121]]). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;institution comme lieu d&#039;exclusion est mise à mal par une volonté de certains de supprimer ces lieux de contrainte, pour une vie libre dans la Cité (sectorisation) ou dans des communauté thérapeutiques (de préférence à la campagne) partant du présupposé que les conditions de vie des personnes sont déterminantes dans leur état de santé (avant même tout diagnostic). Par ailleurs, dans ces années-là, la vie quotidienne devient un objet d&#039;étude (la sociologie de la vie quotidienne), terreau de multiples expériences pédagogiques et thérapeutiques. Le slogan &amp;quot;La liberté est thérapeutique&amp;quot; s&#039;allie à une critique de la contrainte médicamenteuse et des pratiques de contention psychiatrique: elle donne ainsi une place à de nouvelles formes d&#039;&amp;quot;éducation spéciale&amp;quot; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Symptôme de ce changement le terme d&#039;&amp;quot;usagers&amp;quot; vient reléguer celui de &amp;quot;patients&amp;quot; donnant un nouveau statut aux personnes, écorchant ainsi le sacro saint pouvoir des médecins et des directions des institutions. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dès les années 70, le journal mensuel &amp;quot;Tout Va Bien&amp;quot; a consacré de nombreuses pages et numéros à la question de l&#039;anti-psychiatrie. Dès 1973, un groupe d’enquête s’est constitué pour dénoncer une certaine violence et certains abus de pouvoir au sein des asiles psychiatriques. Leur volonté était de déterritorialiser la psychiatrie. «&amp;amp;nbsp;La psychiatrie, c’est l’affaire de tout le monde&amp;amp;nbsp;». Ils voulaient faire exploser la loi du silence qui régnait dans ces lieux. Ils ont voulu dénoncer les rapports de pouvoir sévissant à l&#039;intérieur des murs psychiatriques, la soumission du malade à l’infirmier, la soumission de l’infirmier au médecin, la soumission du médecin aux pouvoirs de l’administrateur bailleur de fonds. Selon ce journal, le mouvement anti-psychiatrique serait né au début des années 60: La clinique psychiatrique de Bel Air, créé en 1900, a commencé à créer des pavillons ouverts avec l’arrivée de son nouveau directeur en 1959, Julian Ajuriaguerra. Son intention était de favoriser le retour de l’interné au plus vite dans leur milieu naturel, grâce à une hospitalisation de courte durée. Depuis 1963, le travail psychiatrique est sectorisé. On commence à organiser les soins dans des centres de consultation de quartier. Ainsi, les premières tentatives alternatives apparaissent en Suisse. Des travailleurs sociaux poursuivent une critique des institutions et contribuent à la création et au fonctionnement de centres (qui se différencient des institutions récupératrices) qui ont pour but de venir en aide à toute personne en crise. Exemple&amp;amp;nbsp;: le centre Liotard à Genève, créé par le réseau d’alternative à la psychiatrie de Suisse romande. En janvier 1975 se tient le premier congrès d’alternative à la psychiatrie de secteur (Congrès de Bruxelles, auquel participe un groupe de Genève: il s’en est inspiré pour animer des débats au centre Liotard&amp;amp;nbsp;: recherche d’alternatives concrètes répondant aux besoins des malades. A Lausanne, le 24 janvier 1976, est créé un réseau alternatif à la psychiatrie pour la Suisse romande, dont l’un des membres actifs s’appelle Alain Riesen, du Centre Liotard. Une commission formée aussi bien de psychiatrisés que de soignants s’est alors formée. Elle a remis en question le pouvoir des soignants. Selon cette commission, le but d’une alternative au secteur doit être la prise en main progressive par le malade de ses propres difficultés. Suite à des tentatives d’internement forcé, des tracts ont circulé, dénonçant les abus du pouvoir psychiatrique. Dès ce moment-là, une prise de conscience s&#039;opère: le patient ne veut plus être manipulé, il ne veut plus être le cobaye, il ne veut plus être muselé par le pouvoir du médecin. Il veut choisir son mode de guérison, il veut être actif dans le processus de guérison. Il convient alors de faire en sorte que ce soit le patient qui choisisse ou non son hospitalisation. Effectivement, médecins, contestataires et familles se sont rendus compte de l&#039;importance du choix du malade dans sa propre guérison. A la fin des années 70, d&#039;autres mouvements anti-psychiatriques se répandent en Suisse et ailleurs: par exemple à la clinique de Bellelay, où son nouveau directeur a souhaité ouvrir les murs à son arrivée, et mettre à disposition des appartements protégés, voire même une maison de vacances pour ses patients. Le but était &amp;quot;que les malades puissent le plus possible avoir des contacts humains et une vie «&amp;amp;nbsp;normale&amp;amp;nbsp;» (TVB avril-mai 80). En Italie, Franco Basaglia, qui s’est appuyé entre autres sur les modèles de l’anti-psychiatrie anglaise et française pour mener sa lutte (Cooper, Lang, Foucault, Caxtel), s&#039;en est pris aux conditions de vie moyenâgeuses réservées aux malades mentaux. En quelques années, il démantèle l’asile et expérimente les premiers éléments de sa conception territoriale (et non plus institutionnelle) de la folie&amp;amp;nbsp;: le malade est soigné dans son milieu social&amp;amp;nbsp;» (TVB 10 octobre 80). Suite à la mort atroce d&#039;Alain Urban lors d&#039;une cure de sommeil forcé à la clinique de Bel-Air, l&#039;ADUPSY ainsi que l&#039;Association des Médecins Progressiste ont déployé maints efforts pour alerter l&#039;opinion publique à propos des agissements soupçonneux de la clinque en question. Leurs revedications ont porté sur la suppression des isolements, la priorité données aux instruments de soin ambulatoire, l&#039;augmentation des effectifs globaux du personnel soignant, etc. Ils expriment également leur soutien aux revendications concernant le droit des patients&amp;amp;nbsp;: «&amp;amp;nbsp;Le consentement du patient ou de son entourage immédiat doit toujours être recherché, dans la thérapeutique comme dans le recherche&amp;amp;nbsp;». &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Psychiatrie et anti-psychiatrie  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le mouvement d&#039;anti-psychiatrie qui &amp;quot;s&#039;oppose d&#039;abord et avant tout à une forme de monopole du savoir médical&amp;quot; ([[Bibliographie|Mannoni, 1970]], p. 9) dénonce l&#039;autorité &amp;quot;morale et policière&amp;quot; (Mannoni, 1970, p. 21) du psychiatre. Toutefois, psychiatres et partisants de l&#039;anti-psychiatrie s&#039;accorde sur le fait que &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;la société place le psychiatre dans une position ambiguë&amp;amp;nbsp;: il est au service d&#039;un patient dont il a à défendre les droits mais il se trouve également placé en position d&#039;auxiliaire de la police dans un programme d&#039;internement qui est un processus d&#039;obligation de soins&#039;&#039; (Mannoni, 1970, p. 168). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les réponses apportées par les uns et par les autres pour essayer de lever cette ambiguité sont toutefois différentes. Si l&#039;anti-psychiatrie cherche plutôt à démystifier &amp;quot;le rôle que la société fait jouer à la psychiatrie&amp;quot; (Mannoni, 1970, p.168), à créer des lieux où la maladie mentale pourrait être réintérrogée (allant même jusqu&#039;à nier la notion de maladie mentale (Mannoni, 1970, p. 175) et à s&#039;éloigner des conceptions scientiste, certains psychiatres cherchent à remettre sur le devant de la scène un discours scientifique. S&#039;ils reconnaissent un certain succès à l&#039;anti-psychiatrie &amp;quot;dans sa position de refus et de provocation&amp;quot; ([[Bibliographie|Barte, 1972]], p. 46), les solutions qu&#039;elles proposent ne les satisfont guère. Pour certains membres de ce corps médical, la maladie mentale doit être reconnue comme &#039;&#039;phénomène nature&#039;&#039;l ([[Bibliographie|Ey, 1972]], p. 53). &amp;quot;En faisant volatiliser dans le néan l&#039;objet même de la psychiatrie qu&#039;est le malade mental, l&#039;anti-psychiatrie nie la souffrance humaine, nie le drame authentiquement humain que vit chaque malade mental (Barte, 1972, p. 46). Pour défendre ces patients malades, &amp;quot;fous&amp;quot;, pour les réhabiliter, il est nécessaire de &amp;quot;passer par la reconnaissance même de la psychiatrie, science critique et autonome et qui ne peut se fonder que sur la notion de maladie mentale conçue ni comme simple maladie des organes, ni comme simple maladie psychique&amp;quot; ([[Bibliographie|Barte, 1972]], p.47). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La fonction du médicament dans l&#039;approche anti-psychiatrique  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;apparition de la médication au début des années 1960 permet d&#039;éviter l&#039;internement. Elle soutient le changement qui s’opère dans les pratiques et donne l&#039;impression de pouvoir faire quelque chose. Elle fait transparaître un espoir aussi bien pour les praticiens que pour les patients puisque grâce aux médicaments il y a une diminution des hospitalisations, une augmentation des prises en charge ambulatoires et une augmentation des consultations. L&#039;avancée de la médecine et l’essor de la psychopharmacologie permettent de développer de nouvelles perspectives thérapeutiques et de nouveaux défis comme le soutien au patient et à sa famille, la mise en place de nouvelles structures. Il s&#039;agit alors de &amp;quot;jeter un pont entre l&#039;hôpital et la ville&amp;quot; (CMS, 1963, 7ème année, n°2 &amp;quot;L’assistance psychiatrique). &lt;br /&gt;
Cependant, les connaissances sur les effets de la médication et les abus sur son utilisation sont également soulevés, surtout en ce qui concerne les tranquillisants.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L&#039;influence du concept de normalisation dans l&#039;anti-psychiatrie ==&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Cécilia Zuccone</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Plan_de_recherche_2012&amp;diff=8987</id>
		<title>Plan de recherche 2012</title>
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		<updated>2011-11-28T20:37:59Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Cécilia Zuccone : /* Questions d&amp;#039;entretien */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;== Questions d&#039;entretien  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1. Vous apparaissez dans vos archives comme un militant de l&#039;anti-psychiatrie (un meneur). Et en 1981 vous écrivez un article (La naissance de l’instituions pour aliénés à Genève au XIX ième siècle et la problématique de l&#039;internement.) dans une revue professionnelle les Cahiers médico-sociaux: comment vous définiriez-vous entre professionnel de la psychiatrie et militant anti-psychiatrique? Patricia &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
2. Dans votre article sur l&#039;histoire de la naissance de l&#039;institution psychiatrique, vous détaillez l&#039;histoire de l&#039;asile, mais vous n&#039;avez pas évoqué la question des communautés thérapeutiques. Est-ce que aujourd&#039;hui vous pourriez nous dire si votre pratique anti-psychiatrique a été influencée par d&#039;autres expériences antérieures? Et si oui, lesquelles? Je vous pose effectivement cette question car en lisant Libre enfant de Summerhill, j&#039;ai eu le sentiment que l&#039;approche de Neil était proche des motivations énoncées par l&#039;anti-psychiatrisme et la mise en place des communtautés thérapeutiques ou communautés d&#039;enfants établies dans les années 60/70. En somme, l&#039;anti-psychiatrisme a-t-il, selon vous, été motivé entre autres par des expériences et mouvements antérieurs? Quels étaient alors en général dans ces années-là vos lectures de référence? Cecilia &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt; 3. Le mouvement anti-psychiatrique donne une image de la maladie mentale comme étant&amp;amp;nbsp; un produit culturel ou social. Vous avez dû,&amp;amp;nbsp; dans les années 70-80, vous confronter aux anti anti-psychiatres qui défendent un point de vue organiste, naturaliste ou scientiste de la maladie mentale. Ces ardents défenseurs de la reconnaissance de la psychiatrie comme science critique et autonome se sentaient légitimés à être les garants de la guérison de leurs patients. Comment réagissiez vous aux critiques sur les communautés thérapeutiques qui produisaient, selon les anti anti-psychiatres, les mêmes effets qu&#039;un internement&amp;amp;nbsp;? Quelle est/était votre conception de la maladie mentale? Natalina &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
4. Dans les archives du fonds Riesen /Schuler il y a peu de signes concernant les famille, or dans la conception de la désinstitutionalisation, les parents ont une lourde responsabilité (en présence, financièrement, lourdeur du &amp;quot;cas&amp;quot;: dans votre expérience quel a été le partenariat avec les familles et quel rôle les parents devaient jouer selon vous. Tatiana &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
5. Dans les archives de l&#039;Adupsy et à la lecture du Journal TVB, j&#039;ai appris qu&#039;en 1976 s&#039;est créé un réseau alternatif à la psychiatrie pour la Suisse romande, dont vous étiez l’un des membres actifs. Une commission formée aussi bien de psychiatrisés que de soignants s’est également formée, remettant en question le pouvoir des soignants. L&#039;ADUPSY ainsi que l&#039;Association des Médecins Progressiste ont déployé maints efforts pour alerter l&#039;opinion publique sur les agissements soupçonneux de certaines cliniques. Les revendications de tous ces acteurs étaient les suivantes: que le patient ne soit plus manipulé, muselé, qu&#039;il ne soit plus le cobaye, qu&#039;il puisse choisir son mode de guérison, qu&#039;il puisse être plus actif dans le processus de guérison. A quoi ce mouvement a-t-il abouti: quel bilan faites-vous aujourd&#039;hui&amp;amp;nbsp;? Sandra&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Cécilia Zuccone</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://edutechwiki.unige.ch/demediawiki/index.php?title=Bibliographie&amp;diff=8984</id>
		<title>Bibliographie</title>
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		<updated>2011-11-28T18:39:07Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Cécilia Zuccone : /* Ouvrage 2011-2012 */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;== Ouvrage 2011-2012  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Angelergues, R. (1972). Paradoxes dans la psychiatrie. &#039;&#039;L&#039;évolution psychiatrique, XXXVII, &#039;&#039;1, pp. 5-40.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Barte, H. (1972). Anti-psychiatrie&amp;amp;nbsp;: le discours politiques. &#039;&#039;L&#039;évolution psychiatrique, XXXVII,&#039;&#039; 1, pp. 41-48.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bungener Martine. Vivre hors les murs de l&#039;hôpital psychiatrique: le rôle incontournable de la famille en ce début de sciècle (Commentaire). In: sciences sociales et santé. Volume 19, n°1, 2001. pp 107-111. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Capul, M. (2002) Entretien avec jean Lagarde (1915-2002), Empan n° 47, pp. 136-150. (voir [[Entretien_avec_Jean_Lagarde|résumé]])&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Carpentier Normand. Le long voyage des famillles: la relation entre la psychiatrie au cours du xxe sciècle. In: Sciences sociales et santé. Volume 19, n°1, 2001. pp. 79-106. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cooper, D. (1970). &#039;&#039;Psychiatrie et anti-psychiatrie&#039;&#039;,&#039;&#039;&amp;amp;nbsp;&#039;&#039;Paris&amp;amp;nbsp;: Editions du Seuil. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dupont, A. (1989). &#039;&#039;Psychiatrie et intégration communautaire.&#039;&#039; Genève&amp;amp;nbsp;: Editions des Deux Continents. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ey, H. (1972). L&#039;anti-psychiatrie ou les progrès de la science psychiatrique. &#039;&#039;L&#039;évolution psychiatrique, XXXVII&#039;&#039;, 1, pp. 49-67.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mannoni, M. (1970). &#039;&#039;Le psychiatre, son &amp;quot;fou&amp;quot; et la psychanalyse. &#039;&#039;Paris&amp;amp;nbsp;: Editions du Seuil&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Montandon, Cléopâtre (1978), Naissance des relations entre justice et psychiatrie à Genève, &#039;&#039;Revue trimestrielle d&#039;histoire de la médecin et des sciences sociales&#039;&#039;, vol. 35, 1978 Riesen, Alain, (1981), La naissance de l&#039;institution psychiatrique pour &amp;quot;aliénés&amp;quot; à Genève au 19e siècle et la problématique de l&#039;internement, &#039;&#039;Les cahiers médico-sociaux, Genève, No2, p.97-19.&#039;&#039; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Neil, A.-S. (1970). &#039;&#039;Libres enfants de Summerhill&#039;&#039;, Paris: Librairie François Maspero. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Revue contestataire Tout Va Bien (mensuelle de 1972 à 1978, hebdomadaire de 1978 à 1983) &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Rey-Bellet, P., Bardet Blochet, A., Ferrero, F (2010), Hospitalisation non volontaires à Genève: la liberté sous contrainte?, &amp;quot;Schweizer archiv für neurologie und psychiatrie&amp;quot;, No3, p.90-9 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Rose, N. (2006). Foucault, Laing et le pouvoir psychiatrique. &#039;&#039;Sociologie et société, 38,&#039;&#039; 2, 113-131. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Therrien, Rita (1990), La désinstitutionnalisation, les malades, les familles et les femmes:des intérêts à concilier.In:Santé mental au Québec. Volume 15, n°1. pp.100-109. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Ouvrages 2010-2011  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Allain, C. (2008). Génération Y. Qui sont-ils&amp;amp;nbsp;? Comment les aborder&amp;amp;nbsp;? Un regard sur le choc des générations. Les éditions Logiques. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Alvarez de Toledo, S. (2007). Fernand Deligny Oeuvres. Paris: L&#039;Arachnéen. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Attias-Donfus, Claudine (2008). Sociologie des générations&amp;amp;nbsp;: l&#039;empreinte du temps. Paris&amp;amp;nbsp;: Presses univ. de France. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Baton, P. (1962). Inadaptés scolaires et enseignement spécial. Bruxelles: Les Editions de l&#039;Institut de sociologie. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bergier, Jacques (2003). Traces de mémoire. Pédopsychiatrie et protection de l’enfance dans le canton de Vaud au XXème siècle. Lausanne&amp;amp;nbsp;: EESP. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Basaglia, F. (1970). L&#039;insitution en négation. Edition du Seuil. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chauvel, Louis (1998). Le destin des générations. Paris&amp;amp;nbsp;: Puf. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chauvière, M. (1980). L&#039;enfance inadaptée: l&#039;héritage de Vichy. Paris: Les Editions ouvrières. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chauvière, M. &amp;amp;amp; Plaisance, E. (2003). L&#039;éducation spécialisée contre l&#039;éducation scolaire&amp;amp;nbsp;? Entre dynamique formelles et enjeux cognitifs. In G. Chatelelanat &amp;amp;amp; G. Pelgrims (Ed.), &#039;&#039;Education et enseignement spécialisés&amp;amp;nbsp;: entre ruptures et intégrations&#039;&#039; (pp. 29-55). Bruxelles&amp;amp;nbsp;: De Boeck. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chercheurs du CTNRHI (1982). Comme les autres ce sont des enfants: L&#039;intégration individuelle des jeunes handicapés en classes ordinaires. Paris: Les publications du CTNRHI. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chercheurs du CRESAS (1984). Intégration ou marginalisation&amp;amp;nbsp;? Aspects de l&#039;éducation spéciale. Paris: L&#039;Harmattan. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Copfermann, E. (1962, 2003). La génération des blousons noirs. Problèmes de la jeunesse française. Paris&amp;amp;nbsp;: La Découverte. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Coupland, Douglas (1991). Génération X. Paris&amp;amp;nbsp;: 10/18. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Curateur public Québec, (2006). Encyclopédie thématique: L&#039;inaptitude et la protection des personnes inaptes. Désintitutionnalisation. [version électronique]. Consultée le 11 janvier 2011 dans http://agora.qc.ca/thematiques/inaptitude.nsf/Dossiers/Desinstitutionnalisation &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dupont, A. (1991). Psychiatrie et intégration communautaire. Genève: Ed. des Deux Continents. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Errail, Jean-Pierre (1995). La dynamique des générations. Paris&amp;amp;nbsp;: L’Harmattan. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Fragnière, J.P. (2010). Solidarité entre génération. Lausanne&amp;amp;nbsp;: Réalités sociales. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Fragnières, J.P. (2004). Les relations entre les générations. Lausanne&amp;amp;nbsp;: Réalités sociales. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Heller, G. Avvanzino, P. Lacharme, C. (2005). Enfance sacrifiée. Témoignages d’enfants placés entre 1930 et 1970. Lausanne&amp;amp;nbsp;: EESP. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Heller, G., Pahud, C. Brossy, C. Avvanzino, P. (2004). La passion d’éduquer. Lausanne&amp;amp;nbsp;: EESP. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Intégration ou marginalisation&amp;amp;nbsp;?&amp;amp;nbsp;: aspects de l&#039;éducation spéciale, CRESAS. (1984. Paris: L&#039;Harmattan. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Leuenberger, M. Seglias, L. (2009). Enfants placés. Enfances perdues. Lausanne. Editions d’En Bas. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mannheim, K. (2005). Le problème des générations, Paris: Colin, Essais et recherches. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mead, Margaret (1979). Le fossé des générations. Paris&amp;amp;nbsp;: Denoël. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mendel, Gérard (1981). La crise des générations. Paris&amp;amp;nbsp;: Payot. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Menté, F. (1920). Les générations sociales. paris: Bossard. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Morard, Annick, De l&#039;émigré au déraciné&amp;amp;nbsp;: la &amp;quot;jeune génération&amp;quot; d&#039;écrivains russes à Paris, entre identité et esthétique (1920-1940), Lausanne, L&#039;Âge d&#039;Homme (à paraître 2010) &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Perrig-Chiello, P. Höpfinger, F. Suter, C. (2009). Génération-structures et relations. Rapports «&amp;amp;nbsp;Générations en Suisse&amp;amp;nbsp;». Zurich, Genève&amp;amp;nbsp;: Seismo. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sirinelli, Jean-François (2007). Les baby-boomers: une génération 1945-1969. Paris: Hachettes, Littératures. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sohn, A.M. (2001). Age tendre et tête de bois&amp;amp;nbsp;: histoire des jeunes des années 1960. Paris&amp;amp;nbsp;: Hachette. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bulletin de l&#039;Association genevoise de parents de handicapés mentaux (1970-1980). Enfant limités...Amour illimité! Genève. J.A. 1200 Genève &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Evaluation de la situation des personnes handicapées au Luxembourg: Plan d&#039;action en faveur des personnes handicapées.(1997)http://www.info-handicap.lu/index2.php?option=com_docman&amp;amp;amp;task=doc_view&amp;amp;amp;gid=36&amp;amp;amp;Itemid=26 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Wikipedia. Années 1970 et 1980. http://en.wikipedia.org/wiki/1970s ethttp://fr.wikipedia.org/wiki/Ann%C3%A9es_1980 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Wolfensberger, W. (1991). La valorisation des rôles sociaux. Genève: Editions des Deux Continents. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Pionniers de l&#039;intégration scolaire  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Arrêté du Conseil d&#039;Etat (1994). Liste des membres de la commission extra-parlementaire connsultative de l&#039;intégration scolaire des handicapés. Genève &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Article 4 de la loi sur l&#039;instruction publique, Nouvelle teneur dès le 15.08.1987, Genève &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Beck, M.-L. (9 février 1979). [[Motion concernant l&#039;intégration des jeunes handicapés, M32]]. Genève &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Boggio, Y., directeur d&#039;Evaluenda &amp;amp;amp; Dandelot, M. directeur pédagogique du DIP-OMP, Fonctionnement de l’enseignement spécialisé, rapport final, 31.01.10, Genève &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Boissard, G. (19 novembre 1991). Commission d&#039;intégration (historique). Genève. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Champy, P., &amp;amp;amp; Étévé,C. (Eds.) (1998). Dictionnaire encyclopédique de l&#039;éducation et de la formation. Nathan Université. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chatelanat, G. (2003). [[Résumé du chapitre:|Résumé du chapitre: &amp;quot;la notion de partenariat en éducation spéciale&amp;quot;]]. In G. Chatelanat et G. Pelgrims (Eds). Éducation et enseignement spécialisés: ruptures et intégrations. Bruxelles: De Boeck Université &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Commission de l&#039;enseignement et de l&#039;éducation (31 octobre 1979). Rapport sur la [[Motion concernant l&#039;intégration des jeunes handicapés, M32]]. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Coup d’œil, «&amp;amp;nbsp;les personnes handicapées dans le canton de Genève&amp;amp;nbsp;», 22.12.2009, office cantonale de la statistique &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Débat sur la proposition de la motion de Marie-Laure Beck, la M-32 (séance du 9 mars 1979). Intervenants: Marie-Laure Beck, Roland Vuataz, Olivier Vodoz, André Chavanne. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Débat sur le rapport du Conseil d&#039;Etat sur la motion de Marie-Laure Beck, M32 (séance du 4 décembre 1980). Intervenants: Marie-Laure Beck, Jacques-Simon Eggly, André chavanne. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Débat sur le rapport de la commission de l&#039;enseignement et de l&#039;éducation sur la M32 (séance du 7 décembre 1979). Intervenants: Marie-Laure Beck, Simone Martin, Aliette Aubert, André Chavanne. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Enseignement spécialisé - Etat de Genève, intégration et suivi des enfants handicapés, consulté le 05.06.10, dans http://www.ge.ch/enseignement_public/enseignement_specialise.asp &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Houssaye, J. (1994). [[Quinze Pédagogues, Leur influence aujourd&#039;hui.]]. Paris: Armand Colin. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Illich, Y. (1971). Une société sans école. Paris: Seuil (Résumé d&#039;[[Articles web sur Ivan Illich]] ) &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Krsteva, B., &amp;amp;amp; Schaer, M. (2001). [[« Il était une fois… un enfant pas comme les autres ! », Travail d’immersion en communauté sur les enfants autistes]] &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Legendre, R. (2005). Dictionnaire actuel de l&#039;éducation, Guérin Éditeur. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Liste des associations, fondations service et institutions genevois concernant l&#039;éducation spéciale, octobre 1987 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Oestricher, Ch., Vaney, L., Bouchardy, E., Premier rapport de la commission &amp;quot;intégration&amp;quot; de l&#039;APAH, janvier 1991 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Oury, F., &amp;amp;amp; Vasquez, A. (1967). [[Vers une pédagogie institutionnelle?]]. Paris: Librairie François Maspero. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Projet de loi modifiant la loi sur l&#039;instruction publique, 28.08.1985, Genève &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Rapport du Conseil d&#039;Etat sur la motion de Marie-Laure Beck, la M-32 (19 novembre 1980) à Genève. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Rapport de la commission de l&#039;enseignement et de l&#039;éducation chargée d&#039;étudier le projet de loi modifiant la loi sur l&#039;instruction publique (Intégration), 17.09.1986, Genève &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Rapport de la commission de l&#039;enseignement et de l&#039;éducation chargée d&#039;examiner la motion de Mme Marie-Laure Beck concernant l&#039;intégration des jeunes handicapés, M32 (31 octobre 1979). Genève. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tschoumi, J.-A., &amp;amp;amp; al. (1992).[[Une certaine idée de l&#039;école.]]. Neuchâtel: Communications. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
== Génération et valeurs sportives  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Attali, Michaël (ed.) (2004). [[Le sport et ses valeurs]]. Paris: La dispute, 210p.&lt;br /&gt;
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*Busset, Thomas et Christophe Jaccoud, (2001). [[Sports en formes. Acteurs, contextes et dynamiques d&#039;institutionnalisation.]]Lausanne, Antipodes, 262p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
*Mendel, Gérard (1981) &#039;&#039;La crise des générations&#039;&#039;. Payot.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Meyer, S. (2009). &amp;quot;Gymnastique aux jeux nationaux&amp;quot; dans GYMlive.&lt;br /&gt;
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*Roy, P. (2004). [[Jeunesse et sport, transmission aux enfants des valeurs véhiculées par le sport]].&lt;br /&gt;
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*Sirinelli, Jean-François (2007). [[Les baby-boomers: une génération 1945-69]]. Paris: Hachettes Litteratures, 323p.&lt;br /&gt;
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*Thomas, Raymond, (1996). [[Sociologie du sport]]. Paris: Presses universitaires de France, 127p.&lt;br /&gt;
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*Viévard, L. (2006). [[Le sport: outil d&#039;intégration et de mixité]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Quelques sites web en lien avec génération et valeurs sportives  ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Lien intéressant menant à &#039;&#039;Conversation d&#039;avenir:génération y&#039;&#039; avec Jacques Attali (2007): http://www.publicsenat.fr/cms/video-a-la-demande/vod.html?idE=56124&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Voici un site qui répertorie quelques valeurs sportives: http://jeux.vaulx.lympiques.free.fr/citoyen.php Allez voir la rubrique &amp;quot;valeurs sportives&amp;quot;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Placement  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Entrées surtout utilisées pour l&#039;article [[La place du parent au début d&#039;un processus de placement]] &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Jollien, A. (2002). Eloge de la faiblesse. Paris&amp;amp;nbsp;: Les Ed. du Cerf&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Bass, Denise. &#039;&#039;Pour suivre les parents des enfants placés&#039;&#039; Ramonville-Saint-Agne, Érès, 1996. 283p.(livre disponoble à l&#039;IES, bibliothèque fermée pendant les vacances de Pàques, COTE: 362.73 POU, Mélanie)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Bouchard, J.-M.; Pelchat, D.; Sorel, L.: Evaluation de l’enfant par les parents: stratégie de partenariat avec les intervenants. In: Kalubi, J.-C.; Michallet, B.; Korner-Bitensky, N.; Tétreault, S. (Eds.): Innovations, apprentissages &amp;amp;amp; réadaptations en déficience physique. Québec: IQ, 1998 (Julien)&lt;br /&gt;
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*Chrétien, Jacques. &#039;&#039;Les parents face à la séparation&amp;amp;nbsp;: le point de vue des parents dans les situations où leur enfant est orienté dans un dispositif de suppléance (internat ou famille d’accueil)&#039;&#039; Sauvegarde de l’enfance 56 (2)&amp;amp;nbsp;: 95-112, 2001. (revue disponible seulement depuis 2002, Vol: 57, Mélanie)&lt;br /&gt;
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*Delens-Ravier, Isabelle. &#039;&#039;Le placement d’enfants et les familles&amp;amp;nbsp;: recherche qualitative sur le point de vue de parents d’enfants placés.&#039;&#039; Liège, Éditions Jeunesse et Droit, 2001. 172p. (non trouvé, Mélanie)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Gendreau, Gilles; Baillargeon, Louise; Bouchard, Pierre. &#039;&#039;Comprendre la collaboration éducateurs parents dans un contexte de placement.&#039;&#039; Prisme 3 (4)&amp;amp;nbsp;: 542-554, 1993. (non trouvé, toutefois Gendreau a écrit un ouvrage disponible à l&#039;IES qui pourrait nous intéresser dans le cadre de la problématique du partenariat: &amp;quot; Partager ses compétences entre parents, jeune en difficulté et éducateurs&amp;quot;, Montréal. Sciences et culture,1995. Mélanie)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Lambert, Jean-Luc; Lambert Boite, Françoise. &amp;quot;Education familiale et handicap mental&amp;quot; . Fribourg&amp;amp;nbsp;: Editions Universitaires Fribourg Suisse, 1993. [[Utilisateur:Julien|Julien]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Pellé, Arlette. &#039;&#039;Le placement familial&amp;amp;nbsp;: les ruptures qui précèdent la séparation (p.23-29)&#039;&#039;. Dans Ruptures et consentements (La Lettre du Grappe; 44). Ramonville-Saint-Agne, Érès, 2001. 98p. (non trouvé, toutefois elle a écrit un autre ouvrage qui pourrait nous intéresser et qui est disponible à l&#039;IES: &amp;quot;Pour-suivre les parents des enfants placés&amp;quot;, Mélanie)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Poirier, Marie-Andrée. &#039;&#039;Le maintien des liens entre l’enfant placé et ses parents&amp;amp;nbsp;: analyse critique de travaux de recherche.&#039;&#039; Revue canadienne de service social 15 (1)&amp;amp;nbsp;: 9-23, 1998. (non trouvé)&lt;br /&gt;
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*Sakr, Zeina. &#039;&#039;Perception des parents de l’expérience de placement de leurs jeunes pour troubles de comportement sérieux.&#039;&#039; Montréal, Mémoire de maîtrise présenté à l’Université de Montréal, 1999. 109p. (non trouvé, Mélanie)&lt;br /&gt;
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*Sellenet, Catherine. &#039;&#039;Enfants placés, parents en mal d’oubli.&#039;&#039; L’École des parents (5)&amp;amp;nbsp;: 38-43, 1994. (non trouvé, Mélanie)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
*http://www.cedias.org/download/down/60996.pdf: Du parent dysqualifié, au parent citoyen. La fonction parentale entre droit et profession sociale. (diplôme supérieur en travail social, Université de Bretagne) Mélanie&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Sellenet, Catherine. (2003) Droits des parents et déni des droits en matière d&#039;accueil et de soins à leur enfant. &#039;&#039;Empan&#039;&#039;, (49), 90-97 (Mélanie)&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
*Chatelanat, G.; Panchaud Mingrone, I.; Martini-Willemin, B.-M.: Le partenariat: une nouvelle façon de collaborer&amp;amp;nbsp;? In: Pédagogie Spécialisée, no 4, 2001, p. 6-13 (Julien)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Delens-Ravier, I. (2000). &#039;&#039;Le placement d&#039;enfant et les familles&#039;&#039;.Paris: Ed. Jeunesse et droit&lt;br /&gt;
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*Albarello L., Digneffe F, Hiernaux J.-P. et all, Pratiques et méthodes de recherche en sciences sociales, Armand Colin, Paris, 1995.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
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*[http://www.ctnerhi.com.fr/fichiers/ouvrages/trajectoires_phase_III.pdf Le vécu des parents d’enfants handicapés]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*[http://www.cairn.info/revue-dialogue-2002-3-page-99.htm Pour soutenir les parents d’enfant handicapé. Le groupe de parole ou le miroir renarcissisant]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*[http://www.cairn.info/revue-dialogue-2001-2.htm Parentalité défaillante]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*[http://www.fondationlou.com/?page=sem_intro Soutien aux parents autour du diagnostic du handicap]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*[http://pagesperso-orange.fr/fcs78/Gpe%20parents%20Camsp%20article%20original.pdf Le groupe de parents d’enfants handicapés]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*[http://www.moteurline.apf.asso.fr/ethique/documents/annonce_parentsAPF_une_ocr.pdf L’annonce du handicap, comment les parents l’ont vécumodèle:racine]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*[http://www.technimediaservices.fr/NOUVEAUSITE/evenement/mainframe/gerimoc2006/interventions/8.ppt L’enfant handicapé, ses parents les soignants..]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*[http://www.sante.gouv.fr/drees/etude-resultat/er565/er565.pdf Appréciation des parents sur la prise en charge du handicap de leur enfant]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*[http://www.erudit.org/revue/smq/1985/v10/n1/030266ar.pdf Les parents d’un enfant handicapé]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Maltraitance  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Dallaire Y.(2002). &#039;&#039;La violence faite aux hommes: une réalité taboue et complexe&#039;&#039;. Québec:Option Santé. &lt;br /&gt;
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*Desmet H, Pourtois J.P., &amp;quot;Culture et bientraitance&amp;quot;, De Boeck Université, 2005.&lt;br /&gt;
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*Amnesty International, &amp;quot;Enfants torturés,des victimes trop souvent ignorées&amp;quot;. Rapport annuel 2000&lt;br /&gt;
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*Amnesty International, &amp;quot;Les mauvais traitments dans les centres de détentions et autres institutions&amp;quot;. AGIR, www.amnesty.asso.fr.&lt;br /&gt;
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*Bonin Y., &amp;quot;Enfants et prison&amp;quot;, Eshel Editions, 1990.&lt;br /&gt;
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*Droits de l&#039;enfant en prison&amp;amp;nbsp;: situation des mineurs detenus a Gva&lt;br /&gt;
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*Geert Cappelaere, &amp;quot;enfants priv; de liberte&amp;quot;&lt;br /&gt;
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*Richard, Alexandra, &amp;quot;Une solution latine pour la délinquance juvénile.&amp;quot; Swissinfo, 27.09.05&lt;br /&gt;
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*Rubin Anne, &amp;quot;La détention des mineurs, un casse-tête suisse&amp;quot;. Swissinfo 2.12.03&lt;br /&gt;
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*Ruchat, Martine (1998),&amp;quot;Des mineurs en Prison, agir plutot que punir.&amp;quot;&lt;br /&gt;
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*Ruchat M., &amp;quot;L&#039;oiseau et le cachot&amp;quot;, Zoé Editions, 1993.&lt;br /&gt;
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*Tomasevski, Katrarina (1989): &amp;quot;Des Enfants en prison&amp;quot;&lt;br /&gt;
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*Torrente, J, &amp;quot;La Maltraitance&amp;amp;nbsp;: regards pluridisciplinaires&amp;quot;, sous la direction de Joseph Torrente, Revigny-sur-Ornan&amp;amp;nbsp;: Hommes et perspectives, 2001&lt;br /&gt;
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*Vinsonneau,G.(2000) &amp;quot;Culture et comportement&amp;quot;.Ed. Armand Colin&lt;br /&gt;
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*Zambeaux, E. (2001). &amp;quot;en prison avec des ados&amp;quot;. Ed. Denoel impacts.&lt;br /&gt;
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*http://www.medicalforum.ch/pdf/pdf_f/2003/2003-20/2003-20-517.PDF#search=%22maltraitance%20infantile%22&lt;br /&gt;
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*http://www.swiss-paediatrics.org/paediatrica/vol11/n3/prot_enfance-fr.htm&lt;br /&gt;
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*http://www.medical-tribune.ch/francais/info_medicales/tm_49_11.php&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*http://www.geneve.ch/cepp/doc/rapport_maltraitance/Rapport_allege_Maltraitance.pdf&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
=== Maltraitance des personnes agées  ===&lt;br /&gt;
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*[[De Saussure, Christian (1999) Vieillards martyrs tirelires : maltraitances des personnes âgées. Chêne-Bourg : Médecine et hygiène]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*[[Gavillet&amp;amp;Grandrieux, Laurence&amp;amp;Véronique (2006) Ne touche pas à tes vieux, regards sur la maltraitance familiale des personnes âgées. Genève: IES Editions|Gavillet&amp;amp;amp;Grandrieux, Laurence&amp;amp;amp;Véronique (2006) Ne touche pas à tes vieux, regards sur la maltraitance familiale des personnes âgées. Genève: IES Editions]]&lt;br /&gt;
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*[[Hugonot, Robert (1990) Violences contre les vieux. Toulouse: Eres.]]&lt;br /&gt;
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*[[Yves Geneste (2004). Silence on frappe, De la maltraitance à la bientraitance des personnes âgées: Imagine]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
*Amnistie, Journal d&#039;action pour les droits humains, janvier 2006.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Amnistie: Le magazine pour les droits humains, &#039;&#039;Dossier Combattre la violence domestique&#039;&#039; No 44, février 2006.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Bretonnière-Fraysse et al. (2001). &#039;&#039;[[De la violence conjugale à la violence parentale]]&#039;&#039;. Eres.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
*Thérapie Familiale 1995, Vol. 16 no 3.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Thérapie Familiale 1999, Vol. 20 no 4.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Thérapie Familiale 2000, Vol. 21, no 4.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Thérapie Familiale 2001, Vol. 22 no 4.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Torrent S. (2001). L\u2019homme battu, un tabou au c\u0153ur du tabou. Québec: Option Santé. [http://home.etu.unige.ch/~maneira4/fiche%20de%20lecture%20homme%20battu.pdf Résumé du livre ]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*http://www.geneve.ch/egalite/doc/brochure-violence-2004.pdf&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
=== Auto-maltraitance  ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
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		<author><name>Cécilia Zuccone</name></author>
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