BASES:Cours BASES 2020-21/Comment favoriser l’autonomie de l’apprenant dans une formation hybride et quelle est la place de l’organisation dans cette dernière ?

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Auteur : Elias El Hamdaoui

1 Mon groupe de travail

Je fais partie du groupe «Bleu» qui est composé de deux membres : Guillaume Ismaili et moi-même.
Notre axe est celui de l’hybridité présence-distance. Le thème que nous avons choisi est d’établir comment favoriser l’autonomie dans une formation hybride et d’identifier la place de la motivation et de l’organisation dans cette dernière.

2 Problématique et questions de recherches

2.1 Problématique

En cette période particulière que représente la crise sanitaire, les outils technologiques à notre disposition et notre capacité d’adaptation ont été mis à rude épreuve. Apprenants comme formateurs ont dû s’apparenter à de ne nouveaux moyens pour favoriser l’apprentissage en terre parfois inconnue. De l’enseignement à distance en allant jusqu’aux examens en ligne, nous faisons face à une ère disruptive mais innovante. L’utilisation des technologies dans l’enseignement devient au fur et à mesure du temps monnaie courante. Les étudiants sont ainsi mis face à une situation ou l’autonomie se voit être un incontournable afin de pouvoir mener leur apprentissage à terme. L’autonomie est donc un concept essentiel que nous avons choisi d’étudier sous deux axes : la motivation et l’organisation. Ma question individuelle est d’établir comment favoriser l’autonomie dans une formation hybride et d’identifier la place de l’organisation dans cette dernière. En effet, une bonne organisation est nécessaire afin de réussir des études supérieures «classiques», mais il faut savoir que les formations hybrides demandent encore plus d’organisation que les formations présentielles.

2.2 Questions de recherche

Questions de recherche Pertinence des questions de recherche Dimensions relatives aux technologies éducatives
Quel est le lien entre l’organisation et l’autonomie et comment ces deux entités favorisent-elles l’apprentissage ? L'objectif de cette sous-question est d'établir comment l'organisation et l'autonomie favorisent l'apprentissage qui est au centre de toute formation hybride. Apprentissage
Par quels moyens les enseignants peuvent-ils favoriser l’autonomie des apprenants à travers l’organisation ? Les enseignants possèdent un rôle important dans l'autonomie ainsi que dans l'organisation des apprenants, c'est pourquoi je souhaite établir par quels moyens ils peuvent y parvenir. Enseignement et pédagogie
Les technologies sont-elles un atout pour l’organisation et l’autonomie des apprenants ? Les technologies sont au cœur de toute formation, d'autant plus dans les formations hybrides et distancielles. Il est donc important d'établir si elles sont un atout pour l'organisation et l'autonomie des apprenants dans ces dernières. Technologies

3 Réponses aux questions de recherche

3.1 Quel est le lien entre l’organisation et l’autonomie et comment ces deux entités favorisent-elles l’apprentissage ?

Dans un premier temps, il me semble important de définir les notions d’autonomie et d’organisation.
L’autonomie est définie par André-Jacques Deschênes comme «la gestion d’un ou des aspects de son activité d’apprentissage» (1991).
L’organisation d’un apprenant est un concept large qui peut être défini comme la capacité d’autorégulation, de gestion du temps et de gestion de l’espace de ce dernier. Cependant, j’ai décidé de restreindre la notion d’organisation à l’autorégulation et à la gestion du temps car je n’ai pas trouvé assez de documentation traitant de la gestion de l’espace des apprenants dans le cadre de formations hybrides.
Pour les étudiants, la flexibilité est à la fois une nécessité et un défi dans la régulation individuelle et collective des temps de formation (Romero, 2010). En plus de la gestion du temps, autoréguler son apprentissage nécessite de définir des buts à atteindre, de disposer de stratégies d’autorégulation pour parvenir à ces buts et de s’observer en train d’apprendre (Cosnefroy, 2010).
L’autorégulation est ici décrite par Cosnefroy comme faisant partie de la définition de l’autonomie énoncée précédemment, et cette même autorégulation s’avère nécessaire comme base pour l’organisation temporelle de tout étudiant. De plus, Cosnefroy explique dans un autre article que l’organisation temporelle des tâches à accomplir implique de définir des priorités entre les objectifs à atteindre, d’allouer des ressources de temps pour leur réalisation, mais aussi d’imaginer les situations favorables pour se mettre au travail (2012), mettant en évidence en quoi l’organisation temporelle favorise l’apprentissage dans une formation à distance.

3.2 Par quels moyens les enseignants peuvent-ils favoriser l’autonomie des apprenants à travers l’organisation ?

«La généralisation d’Internet a permis à de nombreux adultes d’envisager des études universitaires à distance dans les Campus Virtuels. Cette modalité de formation présente de nouveaux défis pour les étudiants adultes» (Romero, 2010).
L’une des plus grandes difficultés rencontrées par les apprenants dans leur apprentissage est le fait que leur recours à l’aide des formateurs est limité par le délai pour l’obtenir (Dieumegard, 2005).
En effet, le fait que la communication soit asynchrone a comme conséquence le fait que si un apprenant possède une question, ce dernier devra attendre un certain temps avant d’obtenir une réponse et cela est un réel problème sur le long terme. On parle également dans la littérature scientifique du terme Désynchronisation. Cela correspond au fait que l’activité des apprenants est désynchronisée, et que lorsqu’ils rencontrent des situations problématiques, ils privilégient un délai de solution court en résolvant le problème seuls plutôt que de s’appuyer sur le soutien offert par les formateurs.
En définitive, malgré le fait que les formations à distance permettent aux apprenants une liberté dans leur organisation temporelle, cette liberté possède des inconvénients. Le rôle des enseignants dans ces formations est donc de transmettre leurs connaissances mais aussi de favoriser l’organisation et l’autonomie des apprenants en prenant en compte ces limites. Afin d’y parvenir, ces derniers doivent être conscients de toutes ces limites. Maintenant que nous connaissons les tenants et les aboutissants du problème concerné, une des solutions envisageable est de construire des dispositifs d’e-formation qui tiennent compte de la désynchronisation.
La solution idéale à la problématique énoncée précédemment serait que les formateurs soient en permanence prêts à répondre immédiatement aux questions des apprenants. Cependant, cette solution semble utopiste, et même en supposant qu’elle soit réalisable, cela risque de supprimer des opportunités d’apprentissage présentes dans les processus de solution que les apprenants entreprennent initialement par eux-mêmes.
Ainsi, la solution qui paraît le plus réaliste est d’analyser les situations problématiques typiques rencontrées par les apprenants grâce aux traces. Sur les bases de cette analyse, il serait alors possible de mettre en valeur les situations problématiques typiques qui offrent des opportunités d’apprentissage en rapport avec les objectifs de la formation. Le tout via des ressources pertinentes et un accompagnement approprié (qui reste cependant difficile à définir).

3.3 Les technologies sont-elles un atout pour l’organisation et l’autonomie des apprenants ?

Les technologies au cœur des formations à distance et hybrides sont celles dites «asynchrones», grâce auxquelles l’enseignement, l'apprentissage et les interactions entre apprenants et avec les formateurs sont temporellement indépendants (Dieumegard, 2005).
Tout d’abord, il est important de rappeler le fait que les technologies sont nécessaires dans les formations à distance et hybrides, donc bien que nous tentions ici d’établir si ces dernières sont un atout, il faut garder à l’esprit que même s’il s’avère qu’elles possèdent des limites, nous sommes contraint d’utiliser ces dernières dans ce cadre précis.
L’article de Dabbagh (2009) montre que les ILT (Integrative Learning Technologies) soutiennent l’apprentissage autorégulé et donc par extension l’organisation et l’autonomie des apprenants avec son approche basée autour des instructeurs. Nous pouvons également mentionner les EIAH (Environnement informatique pour l’apprentissage humain) qui sont désormais utilisés avec des traces (Georges. S et al., 2013). Les traces permettent d’analyser une activité (ici des apprenants) lors de l’utilisation d’un EIAH. Dans ce contexte, se baser sur ces dernières permet d’améliorer les formations grâce aux différentes données récoltées en amont.
Cela dit, paradoxalement à ce que nous venons de voir, pour obtenir une réflexivité réelle, il faudrait que le contrôle et la régulation soit à la charge de l’apprenant non de l’outil (Georges. S et al., 2013). Ainsi, l’interrogation reste encore une fois permise.
Une autre limite des technologies à souligner est le fait que tout le monde ne possède pas les compétences permettant d’utiliser ces dernières, notamment chez les adultes qui font partie du public cible des formations à distance et hybrides (Romero, 2010).

4 Discussion

Les formations hybrides avec de l’enseignement à distance intégrant les technologies de type «asynchrone» possèdent beaucoup d’avantages, le principal étant celui d’être accessible aux adultes sans que ces derniers aient forcément à quitter leur emploi (Romero, 2010).
Cependant, les formations hybrides possèdent également des limites qui sont malheureusement trop peu connues et donc pas suffisamment prises en compte, l’une d’entre elles est la difficulté d’autonomie des apprenants, ces derniers ont besoin d’être plus autonomes afin de réussir leurs formations.
L’organisation va jouer un rôle prépondérant dans ce processus, cependant il faut garder à l’esprit qu’afin d’y parvenir chaque acteur a un rôle à jouer :
Les chercheurs doivent étudier ce nouveau type de formations afin d’identifier les enjeux de ces dernières, cependant à l’heure actuelle la formation à distance est un domaine peu étudié (Dieumegard, 2004).
Les apprenants doivent quant à eux prendre le temps de s’organiser et les enseignants en étant formés aux enjeux de ce nouveau type de formations et en utilisant les technologies de façon efficiente.

5 Références

Cosnefroy, L. (2010). L'apprentissage autorégulé: perspectives en formation d'adultes. Savoirs, 2010/2 (23), 9-50.

Cosnefroy, L. (2012). Autonomie et formation à distance. Recherche et formation, (69), 111-118.

Dabbagh, N., & Kitsantas, A. (2009). Exploring how experienced online instructors report using integrative technologies to support self-regulated learning. International Journal of Technology in Teaching & Learning, 5(2).

Deschênes, A. J. (1991). Autonomie et enseignement à distance. Canadian Journal for the Study of Adult Education, 5(1), 32-54.

Dieumegard, G., Leblanc, S., Saury, J., & Durand, M. (2005). L’organisation temporelle de l’activité des apprenants dans un dispositif d’e-formation. International Journal of E-Learning & Distance Education/Revue internationale du e-learning et la formation à distance, 19(2), 59-76.

George, S., Michel C. & Ollagnier-Beldame, M. (2013) Usages réflexifs des traces dans les environnements informatiques pour l’apprentissage humain. In : Intellectica. Revue de l'Association pour la Recherche Cognitive, n°59, 2013/1. De la trace à la connaissance à l’ère du Web. pp. 205-241.

Paul, R. (2014). Organization and management of online and distance learning. Online distance education: Towards a research agenda, 175-196.

Romero, M. (2010). Gestion du temps dans les Activités Projet Médiatisées à Distance (Doctoral dissertation).