Autonomie

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1 Introduction

La notion d'autonomie est souvent associée à l'autoformation et se pose comme compétence incontournable pour cheminer et réussir dans une formation à distance.

2 Définition

Selon Linard (2003), "l'autonomie au sens large définit le mode plus ou moins indépendant de fonctionnement et d'action d'une entité en relation avec son environnement." Ce concept réflexif renvoie à soi et donc relève d'une complexité importante. Linard distingue deux niveaux d'autonomie:

  • Le premier est celui du réflexe. En effet, on peut le considérer sous l'aspect d'un niveau élémentaire et il relève d'automatismes communs à tous. De plus, il permet le maintien de l'identité et de l'activité en lien avec l'extérieur par ses propres moyens.
  • Le second est celui de la réflexion. Celui-ci peut être considéré sous l'aspect du niveau supérieur et relève d'une liberté individuelle. Par conséquent, il est à l'origine de la décision d'une action volontaire, réfléchie, intelligente et émotionnellement pensée. On peut également ajouter que ce niveau apporte une ouverture sur des choix et initiatives en lien avec ses valeurs et buts poursuivis.

Ce concept d'autonomie présuppose des compétences que tout apprenant n'a pas ou n'a pas forcément envie d'acquérir. C'est une capacité cognitive et psycho-sociale n'ayant rien d'innée. Le développement de l'autonomie se construit et doit donc s'apprendre. Comment cet apprentissage peut-il être facilité? Un dispositif d'autoformation peut aider à la construction de cette autonomie tout en imposant des contraintes qui peuvent être perçues comme paradoxales dans l'élaboration de ce processus. La discussion qui suit tentera d'aborder certains de ces questionnements.

3 Autoformation et TIC

Les TIC impliquent une modification du rapport espace/temps. Les limites s'estompent et les instruments permettent un accès rapide et permanents à la connaissance, à la résolution des problèmes. Les actions deviennent de plus en plus efficaces et rapides mais ce rythme imposé devient alors difficile à suivre. Pour pouvoir continuer à évoluer dans ce monde, il faut développer de nouvelles compétences comme l'autonomie définie ainsi par Prigogine et Stengers (1979), "c'est seulement la latitude de réaliser au mieux son parcours dans un chaos de déterminismes". Cette nécessité de s'adapter constamment aux changements permanents devient un critère central tant dans le monde du travail que dans celui de la formation. L'autonomie des acteurs devient alors une compétence incontournable pour s'orienter entre réalités institutionnelles et actions individuelles. Toute démarche de formation est définie par une transformation de soi touchant l'intelligence, l'affect et la relation sociale. Dans les dispositifs de formation à distance, ce n'est plus l'enseignant qui impose mais bien l'apprenant qui au travers de son orientation décide de son parcours en fonction de ses motivations et de son mode d'apprendre. Comme le rappelle Linard (2002), "il faut instrumenter l'autonomie" pour accepter que cette injonction paradoxale du "sois autonome!" devienne un moteur pour l'apprentissage. L'individu autonome sera capable d'affronter des situations imprévues, instables et sera à même de décider les axes qu'il désire ou qu'il doit privilégier ceci dans un contexte donné. Cet aspect prend particulièrement écho dans le cadre des formations professionnelles du domaine de la santé (auxquelles j'appartiens) face à des professionnels devant de plus en plus répondre à des situations complexes, variées, multiples et individuelles dont aucune solution n'existe réellement. Dans un dispositif d'autoformation,ce sont les individus les plus autonomes, motivés et indépendants qui s'y retrouvent le mieux et ceux pour lequel le dispositif offre une accompagnement humain important permettant de soutenir, accompagner, aider l'apprenant à développer sa capacité d'être autonome (lire à ce sujet les pages sur le Tutorat).

4 Références

  • Linard, M.(2003). Autoformation, éthique et technologies: enjeux et paradoxes de l'autonomie. In Albero, B. (Ed.). Autoformation et enseignement supérieur (pp.241-263). Paris: Hermes.
  • Education Permanente. (2002). Les TIC au service des nouveaux dispositifs de formation, 152.


BrigitteCh 21 juillet 2007 à 10:58